Résultats : 11889 texte(s)
Détail
Liste
151
p. 221-223
« Je ne vous demande point vostre sentiment sur ce Madrigal [...] »
Début :
Je ne vous demande point vostre sentiment sur ce Madrigal [...]
Mots clefs :
Bon goût, Académie française, Beaux esprits
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texteReconnaissance textuelle : « Je ne vous demande point vostre sentiment sur ce Madrigal [...] »
Je ne vous demande point voſtre ſentiment fur ce Madrigal, vous eſtes de tropbon goût pour ne le pas approu- ver. Il eſt encor de Monfieur
Boyer, fameux par quatitéde belles Pieces de Theatre qui
luy ont fait meriter une place dans l'Académie Françoiſe ,
qu'il a toûjours occupée par- my les beaux Eſprit. Les Vers admirables , &les grands éve- nemensdont elles font remplies,leur feroient faire plusde bruit qu'elles ne font aujour- d'huy,quoy que tous les Gens éclairez en parlant avecbeau- coup d'eſtime, ſi nous eſtions
GALANT. 165
1
e
1
-
1
encor au temps où les Ouvra- ges de cette nature faifoient d'eux- meſmes leur bon ou
mauvais fuccés.
Boyer, fameux par quatitéde belles Pieces de Theatre qui
luy ont fait meriter une place dans l'Académie Françoiſe ,
qu'il a toûjours occupée par- my les beaux Eſprit. Les Vers admirables , &les grands éve- nemensdont elles font remplies,leur feroient faire plusde bruit qu'elles ne font aujour- d'huy,quoy que tous les Gens éclairez en parlant avecbeau- coup d'eſtime, ſi nous eſtions
GALANT. 165
1
e
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encor au temps où les Ouvra- ges de cette nature faifoient d'eux- meſmes leur bon ou
mauvais fuccés.
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Résumé : « Je ne vous demande point vostre sentiment sur ce Madrigal [...] »
Le texte évoque un madrigal attribué à Monsieur Boyer, dramaturge reconnu à l'Académie Française. Les vers sont décrits comme admirables et riches en événements. Bien que Boyer soit apprécié des gens éclairés, ses œuvres ne bénéficient plus de la même reconnaissance.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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152
p. 223-224
« Au reste, Madame, je m'estois bien imaginé que [...] »
Début :
Au reste, Madame, je m'estois bien imaginé que [...]
Mots clefs :
Lettres, Présent, Duc de S. Aignan
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texteReconnaissance textuelle : « Au reste, Madame, je m'estois bien imaginé que [...] »
Aureſte , Madame ,je m'e ftois bien imaginé que je vous 11 avois fait unfort agreable pré- ſent; en vous envoyant la der- niere foisles Lettres que Mon.
fieur le Duc de S. Aignan avoit écrites au Roy , & àSon Alteſſe Royale. Elles méritent fans-doute tout ce que vous
m'en dites d'avantageux, &je vayſatis- faire avec biende la joye à l'ordre que vous me
donnez de vous faire connoiftre en peu de mots
quels degrez il eſt parvenu àla haute élevation de gloireoù nous le voyons
fieur le Duc de S. Aignan avoit écrites au Roy , & àSon Alteſſe Royale. Elles méritent fans-doute tout ce que vous
m'en dites d'avantageux, &je vayſatis- faire avec biende la joye à l'ordre que vous me
donnez de vous faire connoiftre en peu de mots
quels degrez il eſt parvenu àla haute élevation de gloireoù nous le voyons
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153
p. 224-235
« Monsieur le Duc de S. Aignan apres avoir fait [...] »
Début :
Monsieur le Duc de S. Aignan apres avoir fait [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Monsieur le Duc de S. Aignan apres avoir fait [...] »
Monfieur le Duc de S. Ai 166 LE MERCURE gnan apres avoir fait deux Campagnesdans une tres-gra- dejeuneſſe , eut une Compa- gnie de Cavalerie en 1634. Il ſe trouva en 1635 ſous le Duc deRohandans le Quartier de Steimbrun en Alface,lors qu'il fut attaqué par les Colonels Uriel & Mercy , qui furent re- pouſſez; & il ſeroit difficile devous dire combien il reçeut de loüanges dans cette Occa- ſion & par le General , & par tous les Officiers des Troupes. Il n'acquit pas moins degloireenla fameuſe Retraite deMayence ſous le Duc Bernard de Veymar & le Cardinal de la Valette , fur tout auCombat de Vaudevranges, qui fut tres-glorieux à la France , par le ſuccés &par la grade inéga- GALANT. 167 Y 1 台 lité du nombre. Dix Campa- gnes , pendant leſquelles il eut toûjours l'aprobation entiere des Genéraux , confirmerent l'opinion qu'on avoit déja ju- ſtement conçeuë de ſa haute valeur&de ſa conduite. L'année 1648 ayant eſté fatale à ce Royaume par les Guerres ci- viles &par les diviſions,Monſieur le Duc de S.Aignan mena au Roy en 1649 quatre cens Gentilshommes , que leur af- fection pour ſa Perſonne avoit attachez à ſa fortune,avec cetteglorieuſe circonſtance , que toutes les Villes de deſſus la Loire luy ayant refuſé le paſſa- ge, il traverſa cette grande Ri- viere dansdes Bateaux,malgré la rigueur de la ſaiſon, & força 168 LE MERCURE tout ce qui luy voulut faire obſtacle ; ce qui fit admirer tout enſemble & fon crédit aupres de la Nobleffe , & fon zele au ſervice de Sa Majeſté. 11 fut Premier Gentilhomme dela Chambre àla fin de cette même année , & Licute- nant General ; puis ayant été envoyé en Berry pour y com- mander avecun Corps d'Ar- mée , il prit le Tour de Bour- gesen 1650, le Fort de Bau- gy,pluſieurs autres , &main- tint toutes les Villes de cette Province en leur devoir. Il demeura une année entiere dans cet employ , &il y joig- nit toûjours le reſpect deû au rang&au mérite de Son Al- teſſe Sereniffime M.le Prince, avec l'exacte fidelité qu'il de- GALANT. 169 コ e t 1 voit auRoy, traitant dix-huit Prifonniers conſidérables , faits en une méme occafion , avectoute la civilité poſſible. Il ſuivit Sa Majeſté aux Sieges de Sainte Menehoud & de Montmedy, apres avoir entrepris , commeVolontaire , une Mine à celuy ce Château- Pocien ,qui reüffit & qui avan- ça la priſede cette Place. Le Roy luy a confié depuis le Gouvernement important du Havre de Grace , dans lequel étantmenacéparle grandAr- mement des Hollandois en 1674, & par divers Avis de quelque Deſcente ſur ſes Cô- tes, il mit fur pied en tres-peu dejours',dans une étenduë de treize lieuës de longſeule- ment , &de cing de large , 170 LE MERCURE quinze cens Chevaux,& pres dequatorze mille Hommes de pied, avec l'équipage de quatre Pieces de Canon , les Coſtes & les Villes ne laiſſant pas d'eſtre bien gardées ; ce qui euſt paru tres-ſurprenant ſous un autre moins aimé de laNobleſſe &du Peuple , &qui fut confirmé par le Commiſſaire des Guerres qui en fit la ſeconde Reveuë. Il a joint le Sçavoir à la Valeur , eſtant de l'Académie Françoiſe, &Protecteur de celle d'Arles; & il réüffit fi bien en tout ce qu'il entreprend , même pour les exercices du Corps , qu'il en a acquis l'eſtime de Sa Majesté , & l'approbation du Public.Je ne vous diray point, Madame , qu'il a autant d'Amis GALANT. 171 mis qu'il y a d'honnêtesGens en France. Vous ſçavez que ſa civilité luy gagne tous les Cœurs, & qu'il eſt d'une hu- meur fi obligeante , qu'il tient la journée perduë , quand il n'y trouve pas l'occaſion de s'employer pour quelqu'un. Sa modeſtie ſouffriroit fans doute, ſi j'entrois dans un plus granddétail des belles Actions qu'il a faites, &fi je parlois de ſes bleſſures en grand nom- bre , &de ſes Combats parti- culiers , dont il eſt toûjours forty avecun entier avantage. C'eſt par cette raifon je ne parleray qu'en paſſant de l'u- ne des plus éclatantes & des plus glorieuſes Actions qu'il foit poffible de faire. Il eſt difficile que vous l'ignorez, Tome 3 . H 172 LE MERCURE puis que le bruit s'en eſt ré- pandu par tout , &qu'il n'y a perſonne qui n'en ait parlé avec autant d'admiration que de ſurpriſe. Monfieur le Duc S. Aignan eſtoit ſeul ; quatre Hommes eurent la lâcheté de ſe ſervir de cet avantage pour l'attaquer. Il ne s'étonna point , & fon courage fut fi bien ſecondé de ſon adreſſe , qu'il en tua trois , & mit le quatrième en fuite. C'eſt de- quoy je ne doute point que l'Hiſtoire nefaſſe foy quelque jour , auffi-bien que les Regi- ſtres du Parlement; & peut- eſtre n'oubliera-t-elle pas ce qu'il afait encordepuis peu en faveur d'un brave Officier , contre lequel n'ayant pas vou- lu refuſer de tirer l'Epée par GALANT. 173 4 rencontre', encor qu'il fût ſous ſa charge , il le bleſſa &le de- farma. Le Roy fut en colere de la temerité de cet Officier ; & la genéroſité naturelle de Monfieur le Duc de S. Aignan l'obligea à ſe venir jet- ter à ſes pieds , pour en obte- nir non ſeulement la Grace de ce Gentilhomme en qui il avoit reconnu de la valeur , mais encor fon rétabliſſement en ſa Charge , que Sa Majesté eut agreable de luy accorder par une bonté toute Royale.
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Résumé : « Monsieur le Duc de S. Aignan apres avoir fait [...] »
Le Duc de Saint-Aignan, après deux campagnes dans sa jeunesse, obtint une compagnie de cavalerie en 1634. L'année suivante, il se distingua sous le Duc de Rohan à Steimbrun en Alsace, repoussant les attaques des Colonels Uriel et Mercy, ce qui lui valut des éloges. Il participa également à la retraite de Mayence sous le Duc Bernard de Weimar et le Cardinal de la Valette, notamment au combat glorieux de Vaudevranges. Au cours de dix campagnes, il reçut toujours l'approbation des généraux, confirmant sa haute valeur et sa conduite. En 1649, malgré les guerres civiles et les divisions, il mena au roi quatre cents gentilshommes, traversant la Loire en bateaux malgré la rigueur de la saison. Nommé Premier Gentilhomme de la Chambre et Lieutenant Général, il commanda en Berry en 1650, prenant plusieurs places fortes et maintenant la province en ordre. Il suivit le roi aux sièges de Sainte Menehoud et de Montmedy, et entreprit une mine au château de Château-Porcien. En 1674, menacé par les Hollandais, il mobilisa rapidement quinze cents chevaux et quatorze mille hommes de pied pour défendre les côtes. Membre de l'Académie Française et protecteur de celle d'Arles, il combinait savoir et valeur. Connu pour sa civilité et son humeur obligeante, il gagna le respect et l'admiration pour ses actions, notamment lorsqu'il affronta seul quatre assaillants, en tuant trois et mettant le quatrième en fuite. Sa générosité lui fit obtenir la grâce d'un officier qu'il avait blessé en duel.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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154
p. 235-236
« Voila, Madame, mais fort en petit, le Portrait de cet [...] »
Début :
Voila, Madame, mais fort en petit, le Portrait de cet [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Voila, Madame, mais fort en petit, le Portrait de cet [...] »
Voila , Madame , mais fort
en petit , le Portrait de cet
Illustre Duc. Je vous en laiſſe
examiner tous les traits , vous
en trouverez beaucoup qui marquent le don particulier qu'il a de ſe faire aimer de tout
Hij
174 LE MERCURE lemonde; &cependantjepaf- ſe a ceux dont le Roy àré- compenſé la valeur.
en petit , le Portrait de cet
Illustre Duc. Je vous en laiſſe
examiner tous les traits , vous
en trouverez beaucoup qui marquent le don particulier qu'il a de ſe faire aimer de tout
Hij
174 LE MERCURE lemonde; &cependantjepaf- ſe a ceux dont le Roy àré- compenſé la valeur.
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155
p. 236-245
« Le Gouvernement de Mezieres a esté donné à Monsieur de [...] »
Début :
Le Gouvernement de Mezieres a esté donné à Monsieur de [...]
Mots clefs :
Gouvernement, Charge, Mérite, Dons, nommer, Campagne
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texteReconnaissance textuelle : « Le Gouvernement de Mezieres a esté donné à Monsieur de [...] »
Le Gouvernement de Mezieres a eſté donné àMonſieurde Lançon , &celuy de Sainte Menehoud à Monfieur
deNeuchelle,tousdeux Lieu- renans des Gardes du Corps de Sa Majeſté. Leurs Char- gesprouventleur mérite:elles ſe vendoient autre- fois ; mais
il y a douze ou quinze ans que le Roy voulant avoirau- pres de fa Perſonne ceuxqui avoient paffé toute leur vie dans ſes Troupes, en recom- penſa leurs ſervices.ll a conti- nué à meſure qu'elles ont va- qué à les remplir des plus bra- ves & des plus anciens Offi- ciers ; demaniere qu'il n'y en
GALANT. 175 a aucun dans ce Corps qui ne ſoit capable des plus grands Emplois militaires. 1
Le Roy a donné le Gouver- nement de Cambray àMon- ſieur de Cezan, Major du Re- giment des Gardes , & qui eſtoit Gouverneurde Condé.
C'eſt un ancien Officier , qui par ſes longs ſervices s'eſt ren- dudigne de cet honneur.
Monfieur Dreux , qui avoit la Lieutenance de Roy dans Bouchain, a cu celle de Cambray & Monfieur Pariſot la Majorité. Il ne faut que lire le détail du Siege de cette Pla- ce pour connoître ſon mérite.
Le Commandement de la
Citadelle de Cambray a été donné à Monfieur de Choiſy tres-habile Ingénieur ; &la Hiij
176 LE MERCURE
Lieutenance de Roy à Mon- ſieur du Freſne, qui estoit Ma- jor de Bouchain.
Monfieur de laLevretiere,
Commandant de Limbourg, a
eſté nommé au Gouvernementde Condé ; & Monfieur
de S. Geniers à celui de Saint
Omer. Il commandoit dans
Douay ainſi qu'il a fait dans Brifac. Il eſt Frere de Monfieur
le Maréchal de Navailles. Il a
donné en beaucoup d'occa- fions de grandes preuves de valeur,&il ne faut que le voir pour remarquer auffi- tôt qu'il a reçeudes coups tres-dangereux.
Monfieur Raouffet Capitai- ne dasNavarre,a êté fait Lieutenant deRoy de S.Omer ; &
la Majorité a été donnée à
GALAN T. 177
Monfieur de Rochepaire Ingenieur,ainſi quele Comma- dementdeDoüay à Monfieur
leMarquis de Pierrefite, qui a
ſervylong- tempsdans l'Infan- terie à la teſte du Regiment duRoy.
MonfieurdeRouvray,Lieu- tenant de la Veneric,ayant été tue danslaJournée de Caffe HEQOO le Roy a pourveu de cette LYON S
1993 *
ChargeMonfieurdela Mot- te Exempt des Gardes du
Corps. C'eſt un tres-honneſte
Homme , dont on a veu avec joye le mérite récompensé. Il futbleſſe à la Bataille de Senef, &il ne s'eſt trouvé dans
aucune occaſion où il n'air
donné beaucoup de marques
de courage.
2
Monfieur de laCardoniere
H iiij
178 LE MERCURE
a eu la Charge de Mestre de Camp General de la Cavale- rie Legere, vacante par la mort de M. le Marquis de Renel.Je vous ay parlé de ſon mérite dans mes dernieres Lettres , &
vous voyez que je vous ay dit -
vray , puis que le Roy l'a reconnu.
Les Pages du Roy s'étant fi- gnalés dans les occaſions les plus perilleuſes. Sa Ma- jeſté pour commencer à
leur en témoigner ſa ſatisfa- tion,adonné à M.de Boiſden.
nemets leur Doyen une En- ſeigne aux Gardes .
Le Roy a fait Monfieur du
Peré , Lieutenant Colonel du
Regiment Lyonois,en luy di- fant , Qu'il ne pouvoit remettre
cette Charge en de meilleures
mains, & qu'il lefift bienfervir.
GALANT. 179
-
2
On ne peut faire un préſent de meilleure grace; & des pa- roles ſi obligeantes , prononcées par un ſi grand Prince doivent cauſer plus de joye à
ungalant Homme , que tout ce qu'il en pouroit recevoir ;
auſſi en ont-elles donné beaucoup à Monfieur du Peré.
C'eſt un tres-ancien Officier ,
quoy que jeune encor. Il a
commencé à porter les armes dés l'âge de treize ans ; &depuis vingt-quatre années il s'eſt ſignalé dans toutes les occaſions où le Regiment Lyonois s'eſt trouvé. On ſçait combien de gloire ce Regi- ment s'eſt acquis , & qu'il a
fait des choſes incroyables.
Monfieurle Duc de Villeroy s'étantexpoſé depuis plu
Hv
180 LE MERCURE
ſieurs années aux périls les plus évidens, & ayant merité d'être Lieutenant General
dans un âge où les autres có- mencent à peine àfaire parler d'eux, Sa Majesté a voulu en- cor reconnoître l'ardeur avec
laquelle il a ſervy cette Cam- pagne, &luy adõnéune Pen- fion dedouze mille livres de
rente , en attendant qu'il luy faſſe autrement connoître
combien il eſt fatisfait de luy.
deNeuchelle,tousdeux Lieu- renans des Gardes du Corps de Sa Majeſté. Leurs Char- gesprouventleur mérite:elles ſe vendoient autre- fois ; mais
il y a douze ou quinze ans que le Roy voulant avoirau- pres de fa Perſonne ceuxqui avoient paffé toute leur vie dans ſes Troupes, en recom- penſa leurs ſervices.ll a conti- nué à meſure qu'elles ont va- qué à les remplir des plus bra- ves & des plus anciens Offi- ciers ; demaniere qu'il n'y en
GALANT. 175 a aucun dans ce Corps qui ne ſoit capable des plus grands Emplois militaires. 1
Le Roy a donné le Gouver- nement de Cambray àMon- ſieur de Cezan, Major du Re- giment des Gardes , & qui eſtoit Gouverneurde Condé.
C'eſt un ancien Officier , qui par ſes longs ſervices s'eſt ren- dudigne de cet honneur.
Monfieur Dreux , qui avoit la Lieutenance de Roy dans Bouchain, a cu celle de Cambray & Monfieur Pariſot la Majorité. Il ne faut que lire le détail du Siege de cette Pla- ce pour connoître ſon mérite.
Le Commandement de la
Citadelle de Cambray a été donné à Monfieur de Choiſy tres-habile Ingénieur ; &la Hiij
176 LE MERCURE
Lieutenance de Roy à Mon- ſieur du Freſne, qui estoit Ma- jor de Bouchain.
Monfieur de laLevretiere,
Commandant de Limbourg, a
eſté nommé au Gouvernementde Condé ; & Monfieur
de S. Geniers à celui de Saint
Omer. Il commandoit dans
Douay ainſi qu'il a fait dans Brifac. Il eſt Frere de Monfieur
le Maréchal de Navailles. Il a
donné en beaucoup d'occa- fions de grandes preuves de valeur,&il ne faut que le voir pour remarquer auffi- tôt qu'il a reçeudes coups tres-dangereux.
Monfieur Raouffet Capitai- ne dasNavarre,a êté fait Lieutenant deRoy de S.Omer ; &
la Majorité a été donnée à
GALAN T. 177
Monfieur de Rochepaire Ingenieur,ainſi quele Comma- dementdeDoüay à Monfieur
leMarquis de Pierrefite, qui a
ſervylong- tempsdans l'Infan- terie à la teſte du Regiment duRoy.
MonfieurdeRouvray,Lieu- tenant de la Veneric,ayant été tue danslaJournée de Caffe HEQOO le Roy a pourveu de cette LYON S
1993 *
ChargeMonfieurdela Mot- te Exempt des Gardes du
Corps. C'eſt un tres-honneſte
Homme , dont on a veu avec joye le mérite récompensé. Il futbleſſe à la Bataille de Senef, &il ne s'eſt trouvé dans
aucune occaſion où il n'air
donné beaucoup de marques
de courage.
2
Monfieur de laCardoniere
H iiij
178 LE MERCURE
a eu la Charge de Mestre de Camp General de la Cavale- rie Legere, vacante par la mort de M. le Marquis de Renel.Je vous ay parlé de ſon mérite dans mes dernieres Lettres , &
vous voyez que je vous ay dit -
vray , puis que le Roy l'a reconnu.
Les Pages du Roy s'étant fi- gnalés dans les occaſions les plus perilleuſes. Sa Ma- jeſté pour commencer à
leur en témoigner ſa ſatisfa- tion,adonné à M.de Boiſden.
nemets leur Doyen une En- ſeigne aux Gardes .
Le Roy a fait Monfieur du
Peré , Lieutenant Colonel du
Regiment Lyonois,en luy di- fant , Qu'il ne pouvoit remettre
cette Charge en de meilleures
mains, & qu'il lefift bienfervir.
GALANT. 179
-
2
On ne peut faire un préſent de meilleure grace; & des pa- roles ſi obligeantes , prononcées par un ſi grand Prince doivent cauſer plus de joye à
ungalant Homme , que tout ce qu'il en pouroit recevoir ;
auſſi en ont-elles donné beaucoup à Monfieur du Peré.
C'eſt un tres-ancien Officier ,
quoy que jeune encor. Il a
commencé à porter les armes dés l'âge de treize ans ; &depuis vingt-quatre années il s'eſt ſignalé dans toutes les occaſions où le Regiment Lyonois s'eſt trouvé. On ſçait combien de gloire ce Regi- ment s'eſt acquis , & qu'il a
fait des choſes incroyables.
Monfieurle Duc de Villeroy s'étantexpoſé depuis plu
Hv
180 LE MERCURE
ſieurs années aux périls les plus évidens, & ayant merité d'être Lieutenant General
dans un âge où les autres có- mencent à peine àfaire parler d'eux, Sa Majesté a voulu en- cor reconnoître l'ardeur avec
laquelle il a ſervy cette Cam- pagne, &luy adõnéune Pen- fion dedouze mille livres de
rente , en attendant qu'il luy faſſe autrement connoître
combien il eſt fatisfait de luy.
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Résumé : « Le Gouvernement de Mezieres a esté donné à Monsieur de [...] »
Le texte relate plusieurs nominations et promotions au sein de l'armée française. Monsieur de Lançon et Monsieur de Neuchelle, lieutenants des Gardes du Corps du roi, ont respectivement été nommés gouverneurs de Mézières et de Sainte Menehould. Le roi a privilégié des officiers ayant une longue carrière à son service pour remplir ces postes. Monsieur de Cezan, Major du Régiment des Gardes et ancien Gouverneur de Condé, a été nommé Gouverneur de Cambray. Monsieur Dreux, ancien Lieutenant du Roi à Bouchain, a reçu la Lieutenance de Cambray, tandis que Monsieur Parisot a obtenu la Majorité. Le Commandement de la Citadelle de Cambray a été confié à Monsieur de Choisy, ingénieur, et la Lieutenance du Roi à Monsieur du Fresne, ancien Major de Bouchain. Monsieur de la Levretière, Commandant de Limbourg, a été nommé Gouverneur de Condé. Monsieur de Saint Geniers, frère du Maréchal de Navailles, a reçu le Gouvernement de Saint Omer après avoir commandé à Douay et Brissac. Monsieur Raouffet, Capitaine au Navarre, a été nommé Lieutenant du Roi à Saint Omer, et la Majorité a été donnée à Monsieur de Rochepaire, ingénieur. Le Commandement de Douay a été confié au Marquis de Pierrefite, vétéran de l'infanterie. Monsieur de la Motte, Exempt des Gardes du Corps, a remplacé Monsieur de Rouvray, Lieutenant de la Vérine, tué à la bataille de Caffé. Monsieur de la Cardonnière a obtenu la charge de Mestre de Camp Général de la Cavalerie Légère après la mort du Marquis de Renel. Les Pages du Roi, ayant montré leur bravoure, ont reçu des distinctions, notamment Monsieur de Boisden, nommé Doyen des Pages. Le roi a promu Monsieur du Peré au rang de Lieutenant Colonel du Régiment Lyonois, soulignant ses vingt-quatre années de service distingué. Enfin, le Duc de Villeroy a reçu une pension de douze mille livres en reconnaissance de ses actions courageuses.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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156
p. 245-246
« Je n'ay appris aucun Mariage de Personnes de remarque [...] »
Début :
Je n'ay appris aucun Mariage de Personnes de remarque [...]
Mots clefs :
Mariage, Monsieur de Bragelonne
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texteReconnaissance textuelle : « Je n'ay appris aucun Mariage de Personnes de remarque [...] »
gedePerſonnes de remarque,
que celuy de Monfieur de
Bragelone Conſeiller au Par- lement , qui a épouséMade- moiſelle Canlatte. Il eſt en réputation d'un fort bon Juge,
&Fils de Monfieurde Brage- lonne Premier. Prefident au
GAL ANT. 181
Parlementde Mets. Cette Famille eſt une des plus grandes & des plus conſidérables de
Paris.
que celuy de Monfieur de
Bragelone Conſeiller au Par- lement , qui a épouséMade- moiſelle Canlatte. Il eſt en réputation d'un fort bon Juge,
&Fils de Monfieurde Brage- lonne Premier. Prefident au
GAL ANT. 181
Parlementde Mets. Cette Famille eſt une des plus grandes & des plus conſidérables de
Paris.
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157
p. 246-248
« Monsieur de Bailleul, Fils de Monsieur de Bailleur President à [...] »
Début :
Monsieur de Bailleul, Fils de Monsieur de Bailleur President à [...]
Mots clefs :
Monsieur de Bailleul, Conseiller au Parlement, Monsieur de Brétonvilliers, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Monsieur de Bailleul, Fils de Monsieur de Bailleur President à [...] »
Monfieur de Bailleul , Fils
deMonfieurde Bailleul Prefident à Mortier , & petit- Fils d'un autre Preſident à Mor
tier , Sur- Intendant des Finances,& Miniſtre d'Etat ſous
la Regence de la feuë Reyne Mere du Roy , a eſté reçeu depuis peu Conſeiller au Parlement. On ne peut donner plus demarques de ſuffiſance qu'il en a donné dans les exa- mensqui luy ont eſté faits.On n'en a point eſté ſurpris , &il n'a fait que confirmer l'opi- nion avantageuſe qu'il avoit fait concevoir de luy par ſes Plaïdoyez , dans lesquels il .
182 LE MERCURE
s'eſtoit fait ſouvent admirer à
la Grand Chambre & ailleurs,
depuis cinq ou fix ans qu'il fréquentoitle Barreau en qua- lité d'Avocat..
Monfieur de Bretonvilliers aeſté auſſi reçeu dans le meſme temps Conſeiller au
Parlement. On ne peut dou- ter qu'il ne ſoit tres- digne de cette Charge , apres qu'il a
exercé pendant deux ans celle de Conſeiller au Chaſtelet
avec toute la capacité qui peut rendreunJuge recomandable.
deMonfieurde Bailleul Prefident à Mortier , & petit- Fils d'un autre Preſident à Mor
tier , Sur- Intendant des Finances,& Miniſtre d'Etat ſous
la Regence de la feuë Reyne Mere du Roy , a eſté reçeu depuis peu Conſeiller au Parlement. On ne peut donner plus demarques de ſuffiſance qu'il en a donné dans les exa- mensqui luy ont eſté faits.On n'en a point eſté ſurpris , &il n'a fait que confirmer l'opi- nion avantageuſe qu'il avoit fait concevoir de luy par ſes Plaïdoyez , dans lesquels il .
182 LE MERCURE
s'eſtoit fait ſouvent admirer à
la Grand Chambre & ailleurs,
depuis cinq ou fix ans qu'il fréquentoitle Barreau en qua- lité d'Avocat..
Monfieur de Bretonvilliers aeſté auſſi reçeu dans le meſme temps Conſeiller au
Parlement. On ne peut dou- ter qu'il ne ſoit tres- digne de cette Charge , apres qu'il a
exercé pendant deux ans celle de Conſeiller au Chaſtelet
avec toute la capacité qui peut rendreunJuge recomandable.
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Résumé : « Monsieur de Bailleul, Fils de Monsieur de Bailleur President à [...] »
Le texte annonce la nomination de deux conseillers au Parlement. Monsieur de Bailleul, fils et petit-fils de présidents à Mortier, est nommé surintendant des finances et ministre d'État. Il a été reconnu pour ses compétences en tant qu'avocat. Monsieur de Bretonvilliers, conseiller au Châtelet depuis deux ans, est également nommé pour sa capacité démontrée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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158
p. 248-253
« Monsieur le President Nicolaï a perdu Monsieur le Marquis de [...] »
Début :
Monsieur le President Nicolaï a perdu Monsieur le Marquis de [...]
Mots clefs :
Veine rompue, Archevêque de Paris, Évêché de Châlons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Monsieur le President Nicolaï a perdu Monsieur le Marquis de [...] »
Monfieur le Preſident NicoTaï a perdu Monfieur le Mar- quis de Mouſainville , qui eſt mort ( dit-on ) d'une veine
qu'il s'eſtoit rompuë per la violence d'une toux. Tout le
monde a eſté luy faire come
GALANT. 183 pliment ſur la perte de ce Fils,
qui étoit civil, honnéte , obligeant, &qu'il regardoit com- medevant poſſeder apres luy la Charge de Premier Prefi- dentde la Chambre des Coptes , qu'il exerce avec tant de gloire, état le huitième de ſon Nom à qui elle eſt venuë de Pere en Fils. Il a rappellé in- continent de l'Armée Monſieur le Comte d'Yvore , fon fecond Fils, qu'il oblige àqui- ter l'Epée pour prendre le party de la Robe. Il a infini- ment del'eſpritquoyque tres.
jeune ,il dit les choſesd'une maniere aifée, & on ne doute
point qu'il n'ait quelque jour pour les Harangues cette agreable& vive éloquéce qui eſtnaturelle&commeheredi
tairedas cette illuftre &grade
a
184 LE MERCURE ג
Famille.Il ne faut pas quej'ou- blie'a'vous dire qu'elle eſt ve- nuë en France parun Chan- celier de Naples que Charles
VIII. y emmena comme un Homme rare , & qu'il honoroit d'une eſtime particuliere.
af On a auſſi eſté faire Compliment à Monfieur l'Arche- vêque de Paris ſurla mort de Madame la Marquiſe de Bre val ſa Belle- fœur. Elle eſtoit
de la Maiſonde Fortia, &n'avoit preſque point eu de fan- té depuis la perte de Mon- ſieur le Marquisde Chanvalon ſon Fils unique qui eſtoir Cornetedes Chevaux-Legers delaGarde du Roy,& qui fur tué à laBataille de Senef,apres avoir eſté long- temps aux
GALANT. 185
mains avec le Commandant
des Cuirafſiers de l'Empereur,
& emporté la Cornete de ſa Compagnie.
L'Eveſché de Châlons eft
vacant par la mort de Mon- ſieur de Maupeou , qui avoit êté Aumônier du Roy. Ce Prélat eſtoit d'une probité &
d'une bonté extraordinaire ,
tres- fidelle & tres-paffionné pour ſesAmis. Il avoit perdu pluſieurs Freres au ſervice de Sa Majesté dans le Regiment des Garges , où ils s'eſtoient
tous diftinguez pardes actions éclatantes de valeur , comme
la plupart de ceux qui portent ceNom ont fait &font encor tous les jours , dans les Tribunaux où ils preſident avecune integrité dignitéde
186 LE MERCURE
ſervir d'exemple à tous ceux
qui veulent entrer dans les Emplois de la Robe.
qu'il s'eſtoit rompuë per la violence d'une toux. Tout le
monde a eſté luy faire come
GALANT. 183 pliment ſur la perte de ce Fils,
qui étoit civil, honnéte , obligeant, &qu'il regardoit com- medevant poſſeder apres luy la Charge de Premier Prefi- dentde la Chambre des Coptes , qu'il exerce avec tant de gloire, état le huitième de ſon Nom à qui elle eſt venuë de Pere en Fils. Il a rappellé in- continent de l'Armée Monſieur le Comte d'Yvore , fon fecond Fils, qu'il oblige àqui- ter l'Epée pour prendre le party de la Robe. Il a infini- ment del'eſpritquoyque tres.
jeune ,il dit les choſesd'une maniere aifée, & on ne doute
point qu'il n'ait quelque jour pour les Harangues cette agreable& vive éloquéce qui eſtnaturelle&commeheredi
tairedas cette illuftre &grade
a
184 LE MERCURE ג
Famille.Il ne faut pas quej'ou- blie'a'vous dire qu'elle eſt ve- nuë en France parun Chan- celier de Naples que Charles
VIII. y emmena comme un Homme rare , & qu'il honoroit d'une eſtime particuliere.
af On a auſſi eſté faire Compliment à Monfieur l'Arche- vêque de Paris ſurla mort de Madame la Marquiſe de Bre val ſa Belle- fœur. Elle eſtoit
de la Maiſonde Fortia, &n'avoit preſque point eu de fan- té depuis la perte de Mon- ſieur le Marquisde Chanvalon ſon Fils unique qui eſtoir Cornetedes Chevaux-Legers delaGarde du Roy,& qui fur tué à laBataille de Senef,apres avoir eſté long- temps aux
GALANT. 185
mains avec le Commandant
des Cuirafſiers de l'Empereur,
& emporté la Cornete de ſa Compagnie.
L'Eveſché de Châlons eft
vacant par la mort de Mon- ſieur de Maupeou , qui avoit êté Aumônier du Roy. Ce Prélat eſtoit d'une probité &
d'une bonté extraordinaire ,
tres- fidelle & tres-paffionné pour ſesAmis. Il avoit perdu pluſieurs Freres au ſervice de Sa Majesté dans le Regiment des Garges , où ils s'eſtoient
tous diftinguez pardes actions éclatantes de valeur , comme
la plupart de ceux qui portent ceNom ont fait &font encor tous les jours , dans les Tribunaux où ils preſident avecune integrité dignitéde
186 LE MERCURE
ſervir d'exemple à tous ceux
qui veulent entrer dans les Emplois de la Robe.
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Résumé : « Monsieur le President Nicolaï a perdu Monsieur le Marquis de [...] »
Le texte mentionne plusieurs décès et changements dans des postes de haute importance. Monsieur le Marquis de Mousainville est décédé à cause d'une veine rompue par une violente toux. Il était connu pour son honnêteté et devait succéder à son père en tant que Premier Président de la Chambre des Comptes. Monsieur le Comte d'Yvore, fils cadet de Nico-Taï, a été rappelé de l'armée pour prendre la robe. Reconnu pour son esprit et son éloquence, il appartient à une famille illustre venue en France avec un chancelier de Naples sous Charles VIII. Des hommages ont été rendus à Madame la Marquise de Breval, belle-sœur de l'Archevêque de Paris, décédée après la perte de son fils unique, le Marquis de Chanvalon, tué à la bataille de Senef. L'évêché de Châlons est vacant suite au décès de Monsieur de Maupeou, aumônier du roi, apprécié pour sa probité, sa bonté et sa fidélité. Plusieurs de ses frères se sont distingués par leur valeur dans le régiment des Garges et par leur intégrité dans les tribunaux.
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159
p. 253-255
« Il est survenu icy un Diférend dont je voudrois bien [...] »
Début :
Il est survenu icy un Diférend dont je voudrois bien [...]
Mots clefs :
Différend, Bracelet, Cavalier, Dame
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il est survenu icy un Diférend dont je voudrois bien [...] »
Il eſt ſurvenu ici un Diferend dont je voudrois bien que vous m'euffiez fait ſça- voir vôtre pensée. Un Cava- lier qui nemaquepasdemeri- te, avoit êté dix fois chez une
fort belle Dame ſans latrouver. Il luy parle enfin chez unede ſes Amies , à qui elle
rendoit viſite comme luy. Elle luy fait des reproches obli- geans de ſa negligence à la voir; &fur ce qu'il oppoſe qu'il lui ſeroit inutile del'aller chercher,puis qu'on ne la rencontroit jamais,Voila mon Bra- celet , lui dit- elle , raportez- le-moy demain à telle heure;
& ſi vous ne me trouvez pas,
GALANT. 187
il est à vous. Le Bracelet
eſtoit de prix , & il n'y a pas d'apparence qu'elle eût vou- lu le riſquer. Cependant on luy propoſe le lendemain une Partie de divertiſſement pour tout le jour ; elle l'accepte,
va diſner en Ville , & ne ſe
ſouvient point de l'engage- ment où elle s'eſt miſe. Le
Cavalier a de fon côté des affaires importantes qu'il ne peut remettre, &qui l'empê- chentd'aller chez elle; ils con
viennent tous deux de leurs
Faits , & c'eſt là deffus qu'il faut prononcer. Le Cavalier ſoûtient que puis qu'elle a
manqué àla parole qu'elle luy avoitdonnéede l'attendre , le
Bracelet doit eſtre à luy ; &
afinqu'õ ne le ſoupçonne pas
188 LE MERCURE ر
de le vouloir garder par un mouvement d'avarice, il offre
à la Dame de luy en rendre deux fois la valeur en autres
Bijoux. La Dame avoue que s'il étoit venu chez elle, il n'y auroit point deconteſtation :
mais comme il demeure d'accordde n'y avoir pas eſté,elle demandeobſtinémet ſon Bracelet, &ne veut rien recevoir
en échange. Parlez, Madame,
ils vous connoiſſent tous deux
pourla Perſonne du monde la plus équitable, &je ne doute point qu'ils ne ſe ſoûmettent volontiers au jugement que vous rendrez.
Je penſois f
fort belle Dame ſans latrouver. Il luy parle enfin chez unede ſes Amies , à qui elle
rendoit viſite comme luy. Elle luy fait des reproches obli- geans de ſa negligence à la voir; &fur ce qu'il oppoſe qu'il lui ſeroit inutile del'aller chercher,puis qu'on ne la rencontroit jamais,Voila mon Bra- celet , lui dit- elle , raportez- le-moy demain à telle heure;
& ſi vous ne me trouvez pas,
GALANT. 187
il est à vous. Le Bracelet
eſtoit de prix , & il n'y a pas d'apparence qu'elle eût vou- lu le riſquer. Cependant on luy propoſe le lendemain une Partie de divertiſſement pour tout le jour ; elle l'accepte,
va diſner en Ville , & ne ſe
ſouvient point de l'engage- ment où elle s'eſt miſe. Le
Cavalier a de fon côté des affaires importantes qu'il ne peut remettre, &qui l'empê- chentd'aller chez elle; ils con
viennent tous deux de leurs
Faits , & c'eſt là deffus qu'il faut prononcer. Le Cavalier ſoûtient que puis qu'elle a
manqué àla parole qu'elle luy avoitdonnéede l'attendre , le
Bracelet doit eſtre à luy ; &
afinqu'õ ne le ſoupçonne pas
188 LE MERCURE ر
de le vouloir garder par un mouvement d'avarice, il offre
à la Dame de luy en rendre deux fois la valeur en autres
Bijoux. La Dame avoue que s'il étoit venu chez elle, il n'y auroit point deconteſtation :
mais comme il demeure d'accordde n'y avoir pas eſté,elle demandeobſtinémet ſon Bracelet, &ne veut rien recevoir
en échange. Parlez, Madame,
ils vous connoiſſent tous deux
pourla Perſonne du monde la plus équitable, &je ne doute point qu'ils ne ſe ſoûmettent volontiers au jugement que vous rendrez.
Je penſois f
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Résumé : « Il est survenu icy un Diférend dont je voudrois bien [...] »
Un différend oppose un cavalier et une dame au sujet d'un bracelet. Le cavalier, après plusieurs tentatives infructueuses pour voir la dame, reçoit d'elle un bracelet à récupérer le lendemain. Cependant, la dame, occupée par des divertissements, oublie cet engagement. De son côté, le cavalier est retenu par des affaires importantes. Ils conviennent tous deux de leurs faits et demandent un jugement. Le cavalier soutient que, la dame ayant manqué à sa parole, le bracelet lui revient. Il propose de le remplacer par des bijoux de valeur équivalente pour éviter tout soupçon d'avarice. La dame, reconnaissant que le cavalier n'est pas venu, insiste pour récupérer son bracelet et refuse tout échange. Les parties impliquées sollicitent l'avis d'une tierce personne réputée équitable pour trancher ce différend.
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160
p. 256
« Je pensois finir icy; mais, Madame, je serois fâché que [...] »
Début :
Je pensois finir icy; mais, Madame, je serois fâché que [...]
Mots clefs :
Duc de Roquelaure, Lettre, Monde
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je pensois finir icy; mais, Madame, je serois fâché que [...] »
Je penſois finir icy ; mais,
Madame , je ſerois fâchéque vous appriffiez par d'autres que par moyde quelle manie-
GALANT. 189
re Mõſieur le Ducde Roque- laure a eſté reçeu à Bordeaux.
LeGouvernement deGuyen- ne qu'il a plû au Roy de luy confier, eſt unemarquedumé- rite extraordinaire qui luy a
fait obtenir cetteglorieuſe ré- compenſe de ſes ſervices ; &il
ya tant de choſes à dire de
luy , que comme j'auray occa- ſion de vous en parler plus d'une fois,je ne groſſiray point aujourd'huy ma Lettre de ce qui ne peut eſtre ignoré que parceuxquin'ont aucun com- merce dans le monde.
Madame , je ſerois fâchéque vous appriffiez par d'autres que par moyde quelle manie-
GALANT. 189
re Mõſieur le Ducde Roque- laure a eſté reçeu à Bordeaux.
LeGouvernement deGuyen- ne qu'il a plû au Roy de luy confier, eſt unemarquedumé- rite extraordinaire qui luy a
fait obtenir cetteglorieuſe ré- compenſe de ſes ſervices ; &il
ya tant de choſes à dire de
luy , que comme j'auray occa- ſion de vous en parler plus d'une fois,je ne groſſiray point aujourd'huy ma Lettre de ce qui ne peut eſtre ignoré que parceuxquin'ont aucun com- merce dans le monde.
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Résumé : « Je pensois finir icy; mais, Madame, je serois fâché que [...] »
Le Duc de Roque-Laure a été nommé gouverneur de Guyenne par le roi, en reconnaissance de ses services. L'auteur ne détaillera pas davantage cette information dans cette lettre, mais prévoit d'en parler plus en profondeur ultérieurement. Cette nomination est peu connue en dehors des cercles influents.
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161
p. 256-262
« On ne peut exprimer la joye qui se répandit dans [...] »
Début :
On ne peut exprimer la joye qui se répandit dans [...]
Mots clefs :
Gouverneur, Duc de Roquelaure, Bordeaux, Province
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On ne peut exprimer la joye qui se répandit dans [...] »
On ne
peut exprimer la joye qui ſe répandit dans toute cette gra- de Province , ſi-tôt qu'on y
ſceut qu'il en avoit eſté nom- mé Gouverneur ; il y eſtoit dans une fort haute eſtime &
190 LE MERCURE
pour ſa naiſſance , & pour les qualitez particulieres de fa Perſonne. Il arriva à Blaye le 8.de May,où il reçeut les Co- plimensde Meſſieurs les Jurats de Bordeaux , portez par la bouchede Monfieur Chiquet Jurat & ancien Avocar,
accompagné de Monfieur de Jean Procureur Syndic dela Maiſon de Ville. Le lendemain il ſe rendit au Port dudit Blaye àcinq heures du matin , & apres y avoir reçeu tous les honneurs poſſibles par Monfieur de Monbleru Commandant dans la Place,
il monta dans la Maiſon Navale qui luyavoit été envoyée par les Jurats , & fur les dix heures il arriva à Bordeaux au
bruit de tout le CanoduCha-
GALANT. 191
ſteau Trompette, &des Vaif- ſeaux. Monfieur le Comte de
Montaigu Gouverneur du Chaſteau & LieutenantGeneral de la Province , le vint
recevoir ſur le Port, où il luy preſenta les Jurats , à la teſte deſquels ſe trouva Monfieur de la Lange , qui harangua d'une maniere àfaire connoître qu'unGentil- hommen'eſt
pasmoins propre à eſtre bon Orateur que bon Capitaine.
On ne luy avoit point prepa- ré dEntrée , parce qu'il n'en avoit point voulu , pour n'ê- tre pas à charge au Public;
mais quelque précaution qu'il eût priſe pour cacher ſon ar- rivée , elle fut ſocuë incontinent de tout le Peuple , qui accourut en foule ſur le Port,
192 LE MERCURE
&on peut dire que jamais Gouverneur n'a eſté reçeu avec plus d'acclamations. De là , voulant rendre les honneurs deûs au Prélat de cette
grande Ville , il fut conduit à
l'Archeveſché ; apres quoy il alla diſner au Chaſteau Trompepette,où MonfieurdeMon- taigu le régala avec unemag- nificence admirable.Vousſça- vez,Madame,que Monfieurle
Comte de Montaigu eſt un Homme d'un fort grandmé- rité , &que ſa naiſſance nele rendpas moins illuſtre, qu'un grand nombre de belles Al- liances qui font dans ſa Mai- fon. Il a eſté Cornette des
Chevaux- Legers de la Garde
du Roy , & Gouverneur de Rocroy ; & apres avoir meri-
GALANT. 193 té par de grands ſervices la confiance de Sa Majesté &de la feuë Reyne Mere dans des
occaſions tres- importantes, il a eſté choiſy par le Roy pour l'un de ſes Lieutenans dans le
Gouvernementde Guyenne ,
&pour Gouverneur du Chafteau Trompette. Cet Employ marque plus que toute autre choſe l'eſtime particuliere dõt il a toûjours eſté honoré par fon Maiſtre. Tout le monde
ſçait l'importancedece Poſte,
&l'on a veu dans les derniers
temps de quelle conséquence il eſt d'y avoir unHommedot la ſageſſe,la fidelité,&l'expé- rience,mettent en ſeûreté une
Province qui a toûjours eſté enbute aux plus puiſſans En- nemis du Royaume. C'eſt où
194 LE MERCURE
M. de Montaigu avoulu cher- cherdu repos pour ſe délaſſer des longues fatigues qu'il a
cuës àeſſuyerdas les Armées,
nejugeant pas que l'âge , ny méme les pensées qu'ondoit avoir dans un certain temps pourl'autre vie, le püſſentdif penſer derendrejuſqu'au der- nier ſoûpir les ſervices qu'il croît devoir à un Prince qui luy a toûjours donnédes mar- ques de ſa bonté.
Apres ces premiers devoirs rendus à Monfieur le Duc de
Roquelore , toute la ſemaine ſe paſſa à recevoir les Haran- gues de tous les Corps , entre leſquelles celles de Monfieur le Doyen de la Cathedrale, &
deM. de Meſtivier Preſident'
à la Cour des Aydes , ont été
GALANT.
19)
DE
S
été fort eſtimées , ainſi que celles de Monfieur le Lieutenant General du Preſidial de
Bordeaux , & du Juge-Mage d'Auche. Monfieur le Duc
s'embarqua le 14. du méme
mois pour aller à Marmande ſe faire recevoir au Parlement.
Adieu, Madame. Sansa grofleur extraordinaire de ma /
peut exprimer la joye qui ſe répandit dans toute cette gra- de Province , ſi-tôt qu'on y
ſceut qu'il en avoit eſté nom- mé Gouverneur ; il y eſtoit dans une fort haute eſtime &
190 LE MERCURE
pour ſa naiſſance , & pour les qualitez particulieres de fa Perſonne. Il arriva à Blaye le 8.de May,où il reçeut les Co- plimensde Meſſieurs les Jurats de Bordeaux , portez par la bouchede Monfieur Chiquet Jurat & ancien Avocar,
accompagné de Monfieur de Jean Procureur Syndic dela Maiſon de Ville. Le lendemain il ſe rendit au Port dudit Blaye àcinq heures du matin , & apres y avoir reçeu tous les honneurs poſſibles par Monfieur de Monbleru Commandant dans la Place,
il monta dans la Maiſon Navale qui luyavoit été envoyée par les Jurats , & fur les dix heures il arriva à Bordeaux au
bruit de tout le CanoduCha-
GALANT. 191
ſteau Trompette, &des Vaif- ſeaux. Monfieur le Comte de
Montaigu Gouverneur du Chaſteau & LieutenantGeneral de la Province , le vint
recevoir ſur le Port, où il luy preſenta les Jurats , à la teſte deſquels ſe trouva Monfieur de la Lange , qui harangua d'une maniere àfaire connoître qu'unGentil- hommen'eſt
pasmoins propre à eſtre bon Orateur que bon Capitaine.
On ne luy avoit point prepa- ré dEntrée , parce qu'il n'en avoit point voulu , pour n'ê- tre pas à charge au Public;
mais quelque précaution qu'il eût priſe pour cacher ſon ar- rivée , elle fut ſocuë incontinent de tout le Peuple , qui accourut en foule ſur le Port,
192 LE MERCURE
&on peut dire que jamais Gouverneur n'a eſté reçeu avec plus d'acclamations. De là , voulant rendre les honneurs deûs au Prélat de cette
grande Ville , il fut conduit à
l'Archeveſché ; apres quoy il alla diſner au Chaſteau Trompepette,où MonfieurdeMon- taigu le régala avec unemag- nificence admirable.Vousſça- vez,Madame,que Monfieurle
Comte de Montaigu eſt un Homme d'un fort grandmé- rité , &que ſa naiſſance nele rendpas moins illuſtre, qu'un grand nombre de belles Al- liances qui font dans ſa Mai- fon. Il a eſté Cornette des
Chevaux- Legers de la Garde
du Roy , & Gouverneur de Rocroy ; & apres avoir meri-
GALANT. 193 té par de grands ſervices la confiance de Sa Majesté &de la feuë Reyne Mere dans des
occaſions tres- importantes, il a eſté choiſy par le Roy pour l'un de ſes Lieutenans dans le
Gouvernementde Guyenne ,
&pour Gouverneur du Chafteau Trompette. Cet Employ marque plus que toute autre choſe l'eſtime particuliere dõt il a toûjours eſté honoré par fon Maiſtre. Tout le monde
ſçait l'importancedece Poſte,
&l'on a veu dans les derniers
temps de quelle conséquence il eſt d'y avoir unHommedot la ſageſſe,la fidelité,&l'expé- rience,mettent en ſeûreté une
Province qui a toûjours eſté enbute aux plus puiſſans En- nemis du Royaume. C'eſt où
194 LE MERCURE
M. de Montaigu avoulu cher- cherdu repos pour ſe délaſſer des longues fatigues qu'il a
cuës àeſſuyerdas les Armées,
nejugeant pas que l'âge , ny méme les pensées qu'ondoit avoir dans un certain temps pourl'autre vie, le püſſentdif penſer derendrejuſqu'au der- nier ſoûpir les ſervices qu'il croît devoir à un Prince qui luy a toûjours donnédes mar- ques de ſa bonté.
Apres ces premiers devoirs rendus à Monfieur le Duc de
Roquelore , toute la ſemaine ſe paſſa à recevoir les Haran- gues de tous les Corps , entre leſquelles celles de Monfieur le Doyen de la Cathedrale, &
deM. de Meſtivier Preſident'
à la Cour des Aydes , ont été
GALANT.
19)
DE
S
été fort eſtimées , ainſi que celles de Monfieur le Lieutenant General du Preſidial de
Bordeaux , & du Juge-Mage d'Auche. Monfieur le Duc
s'embarqua le 14. du méme
mois pour aller à Marmande ſe faire recevoir au Parlement.
Adieu, Madame. Sansa grofleur extraordinaire de ma /
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Résumé : « On ne peut exprimer la joye qui se répandit dans [...] »
Le texte relate l'arrivée triomphale d'un nouveau gouverneur dans une province française. Sa nomination fut accueillie avec joie par la population, qui le respectait pour sa naissance et ses qualités. Il arriva à Blaye le 8 mai et reçut les compliments des jurats de Bordeaux. Le lendemain, à Bordeaux, il fut accueilli par des honneurs militaires et populaires. Le comte de Montaigu, gouverneur du château Trompette et lieutenant général de la province, le reçut sur le port et lui présenta les jurats. Malgré ses efforts pour rester discret, il fut acclamé par le peuple. Il rencontra ensuite l'archevêque et dîna au château Trompette, où il fut magnifiquement reçu par le comte de Montaigu. Ce dernier, décrit comme un homme de grand mérite, avait servi le roi et la reine mère avec distinction. Il avait été choisi pour son poste en raison de sa sagesse, fidélité et expérience, essentielles pour la sécurité de la province. La semaine suivante, le nouveau gouverneur reçut les harangues de divers corps, dont celles du doyen de la cathédrale et du président à la Cour des Aydes. Il se rendit ensuite à Marmande pour être reçu au Parlement.
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162
p. 262-263
« Adieu, Madame. Sans la grosseur extraordinaire de ma Lettre, vous [...] »
Début :
Adieu, Madame. Sans la grosseur extraordinaire de ma Lettre, vous [...]
Mots clefs :
Mois prochain, Choses curieuses, Lettre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Adieu, Madame. Sans la grosseur extraordinaire de ma Lettre, vous [...] »
Adieu Madame. Sans la grosseur extraordinaire de ma /
701
Lettre,vous auriez dés aujour d'huy le Compliment que M. Charpentier a fait à Mon- fieur le Cardinal d'Eſtrées, au nom del'AcademieFrançoiſe;
je vous le reſerve pour le Mois prochain, ainſi que plu- fieurs autres choſes curieuſes
quin'ontpûtrouverplace icy.
AParis le premier Juin 1677 .
701
Lettre,vous auriez dés aujour d'huy le Compliment que M. Charpentier a fait à Mon- fieur le Cardinal d'Eſtrées, au nom del'AcademieFrançoiſe;
je vous le reſerve pour le Mois prochain, ainſi que plu- fieurs autres choſes curieuſes
quin'ontpûtrouverplace icy.
AParis le premier Juin 1677 .
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163
p. 263
« On donnera un Tome du Mercure Galant, le premier jour [...] »
Début :
On donnera un Tome du Mercure Galant, le premier jour [...]
Mots clefs :
Mercure galant, Tome
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On donnera un Tome du Mercure Galant, le premier jour [...] »
N donnera un Tome du Mercure Galant, le premier jour de
chaque Mois-fans aucun retardementOn le vendra vingt fols relié enVeau^
& quinze relié en Parchemin.
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164
p. 263
« Page 93. au lieu de puis que le Roy n'avoit [...] »
Début :
Page 93. au lieu de puis que le Roy n'avoit [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Page 93. au lieu de puis que le Roy n'avoit [...] »
pas' vou u foufrtr qu'ils emmenaf/ent leurs
femmes, liiez puis quonnj avoitpas voul»
recevoirleurs femmes»
femmes, liiez puis quonnj avoitpas voul»
recevoirleurs femmes»
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165
s. p.
Extrait du Privilege du Roy.
Début :
Par Grace & Privilege du Roy, Donné à S. Germain [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait du Privilege du Roy.
Extrait du Triyilcge du T^oy.
P
Ar Grâce & Privilège du Roy,
Donné à S.Germain en Layc le.
15. Fev. 1671. Signé, Par le Roy en
fon Confeil Villet. Il eft permis au
Sieur Dam. de faire imprimer, vendre & débiter par tel Imprimeur & Libraire qu’il voudra choifir, un Livre
intitulé Le Mercure Galant, en
un ouplufieurs Volumes, pendant le
temps de dix ans entiers, à compter du
jour que chaque Volume fera achevé
d’imprimer pourle première fois. Et
defenfesfont faitesde contrefaire lefd.
Volumes, à peine de fix mille livres
d'amende, ainfi que plus au long il eft
porté efdites Lettres.
Regiftré fur le Livre de la Communauté le 17. Février 1671,
Signé , D.Thierry, Syndic.
P
Ar Grâce & Privilège du Roy,
Donné à S.Germain en Layc le.
15. Fev. 1671. Signé, Par le Roy en
fon Confeil Villet. Il eft permis au
Sieur Dam. de faire imprimer, vendre & débiter par tel Imprimeur & Libraire qu’il voudra choifir, un Livre
intitulé Le Mercure Galant, en
un ouplufieurs Volumes, pendant le
temps de dix ans entiers, à compter du
jour que chaque Volume fera achevé
d’imprimer pourle première fois. Et
defenfesfont faitesde contrefaire lefd.
Volumes, à peine de fix mille livres
d'amende, ainfi que plus au long il eft
porté efdites Lettres.
Regiftré fur le Livre de la Communauté le 17. Février 1671,
Signé , D.Thierry, Syndic.
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Résumé : Extrait du Privilege du Roy.
Le 15 février 1671, le roi de France accorde au Sieur Dam. un privilège pour imprimer, vendre et distribuer 'Le Mercure Galant' pour dix ans. La contrefaçon est interdite sous peine d'une amende de six mille livres. Le privilège est enregistré le 17 février 1671 par D. Thierry.
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166
s. p.
« Achevé d'imprimer pour la première fois le premier juin 1677. [...] »
Début :
Achevé d'imprimer pour la première fois le premier juin 1677. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Achevé d'imprimer pour la première fois le premier juin 1677. [...] »
Achevé d'imprimer pour la première fois le premier juin 1677.
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167
s. p.
A MADAME LA MARQUISE DE THIANGE.
Début :
Madame, Ce n'est point dans l'esperance de vous faire [...]
Mots clefs :
Présent, Offrir, Postérité, Mercure galant, Protection
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texteReconnaissance textuelle : A MADAME LA MARQUISE DE THIANGE.
A MADAME
LA MARQUISE
DE THIANGE.
MADAME,
Cen'estpoint dans l'esperance de vous
faire un present digne de Vous ,que je
prens la liberté de vous offrir cet On- vrage. C'est à quoy les plus délicates Plumes auroient peine àréüſſir ; &je Suis trop persuadé de mafoibleſſe ,pour mesouffrirun sentimentſipréſomptueux.
Mais enfin ,MADAME,le Mercure
Galant vapar tout , vous estes connuë
par tout ,&je ne puis plus resister à
l'impatience que j'ay de faire sçavoir à
tout le monde qu'il n'y a perfonne qui vous regarde avec plus d'estime & plus de refpect que je fais. Lecœur est quel- quefois plus àconfiderer que l'ofrande
&fi vous me daignez rendre quelque in- ſtice de ce costé-là,peut-estre ne defa
EPISTRE.
prouverez- vous pastout-à-fait la teme- rité de mon entreprise. Je sçay , MA- DAME, que n'eſtant pas moins diftin guée dureste du mondeparce merveil- leuxEspritqui vousfait juger detoutes choſes avec le plusjuste discernement, que vous l'estes parune naiſſance qui ne vous laiſſe voir que nos Maistres au deſſus de Kous, on ne vous devroit rien offrir que d'achevé : Mais jen'ignore pas auſſi que vous n'avez pas moins de bonté,que de ces belles lumieresque ceux qui ont l'honnour de vous approcher trouvent tous les jours fuiet d'admirer en Vous.. Et c'est de cette bonté,MADAME,& non
pas dumerite de mon Ouvrage que j'os.
ſe attendre la protection que ic vous demande pour lux. Elle est digne de cette Ame genereuſe qui vous éleve fi fort au dessus de celles de vêtre sexe,
dont les plus folides avantages ne confi.
ſtentordinairement que dans la Beauté..
Ien'ofevous parler de l'heureuxpartageque la Nature vous en fait, C'est un endroit que les Peintres du Siecle fa feront un honneur de conſerver àlaPo
Perité. Plût an Ciel ,MADAME
EPISTRE..
queieuſſe autant de bon- beur qu'eux ,&
qu'en faisant vivre vostre Nom aprés Vous, il me fuſt poſſible d'empeſcher le mien de mourir ! C'est une gloire dont 'aurois fans doute à me flater,ſi cette Posterité connoiſſant messentimens, pou- voit apprendre que mes Ouvrages ne vous euſſent pas déplû. Du moins elle demeurera d'accord dune chose , qui est
que i'ay eul'avantage devous connoistre
parfaitement,quoy que ie ne vous aye presque venë que de loin. On lovera
quelque iour mon goust,comme on se rapporte auiourd'huy au voſtreſur ce qui eft estimé de plus parfait , & ienepuis m'empescher de croire que nos Neveux auront quelque confideration pour moy,
quand ils sçauront qu'une de mes plus ardentes paffions a esté d'obtenir de
Lapermiffion de me dire ,
MADAME
LYON
Vous1790
Voſtre tres humble & tresobrillant Serviteur DB V.
a i
LA MARQUISE
DE THIANGE.
MADAME,
Cen'estpoint dans l'esperance de vous
faire un present digne de Vous ,que je
prens la liberté de vous offrir cet On- vrage. C'est à quoy les plus délicates Plumes auroient peine àréüſſir ; &je Suis trop persuadé de mafoibleſſe ,pour mesouffrirun sentimentſipréſomptueux.
Mais enfin ,MADAME,le Mercure
Galant vapar tout , vous estes connuë
par tout ,&je ne puis plus resister à
l'impatience que j'ay de faire sçavoir à
tout le monde qu'il n'y a perfonne qui vous regarde avec plus d'estime & plus de refpect que je fais. Lecœur est quel- quefois plus àconfiderer que l'ofrande
&fi vous me daignez rendre quelque in- ſtice de ce costé-là,peut-estre ne defa
EPISTRE.
prouverez- vous pastout-à-fait la teme- rité de mon entreprise. Je sçay , MA- DAME, que n'eſtant pas moins diftin guée dureste du mondeparce merveil- leuxEspritqui vousfait juger detoutes choſes avec le plusjuste discernement, que vous l'estes parune naiſſance qui ne vous laiſſe voir que nos Maistres au deſſus de Kous, on ne vous devroit rien offrir que d'achevé : Mais jen'ignore pas auſſi que vous n'avez pas moins de bonté,que de ces belles lumieresque ceux qui ont l'honnour de vous approcher trouvent tous les jours fuiet d'admirer en Vous.. Et c'est de cette bonté,MADAME,& non
pas dumerite de mon Ouvrage que j'os.
ſe attendre la protection que ic vous demande pour lux. Elle est digne de cette Ame genereuſe qui vous éleve fi fort au dessus de celles de vêtre sexe,
dont les plus folides avantages ne confi.
ſtentordinairement que dans la Beauté..
Ien'ofevous parler de l'heureuxpartageque la Nature vous en fait, C'est un endroit que les Peintres du Siecle fa feront un honneur de conſerver àlaPo
Perité. Plût an Ciel ,MADAME
EPISTRE..
queieuſſe autant de bon- beur qu'eux ,&
qu'en faisant vivre vostre Nom aprés Vous, il me fuſt poſſible d'empeſcher le mien de mourir ! C'est une gloire dont 'aurois fans doute à me flater,ſi cette Posterité connoiſſant messentimens, pou- voit apprendre que mes Ouvrages ne vous euſſent pas déplû. Du moins elle demeurera d'accord dune chose , qui est
que i'ay eul'avantage devous connoistre
parfaitement,quoy que ie ne vous aye presque venë que de loin. On lovera
quelque iour mon goust,comme on se rapporte auiourd'huy au voſtreſur ce qui eft estimé de plus parfait , & ienepuis m'empescher de croire que nos Neveux auront quelque confideration pour moy,
quand ils sçauront qu'une de mes plus ardentes paffions a esté d'obtenir de
Lapermiffion de me dire ,
MADAME
LYON
Vous1790
Voſtre tres humble & tresobrillant Serviteur DB V.
a i
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Résumé : A MADAME LA MARQUISE DE THIANGE.
L'épître est adressée à Madame la Marquise de Thiange. L'auteur exprime son admiration et son respect, tout en reconnaissant l'inadéquation de son présent. Il souligne que la marquise est connue pour son esprit merveilleux et son discernement, et espère que sa bonté lui permettra de pardonner l'audace de son offre. L'auteur admire également la beauté et la noblesse de la marquise, comparant son âme généreuse à celles de son sexe. Il souhaite que ses œuvres puissent un jour être appréciées par la postérité, tout comme le nom de la marquise est admiré. L'auteur conclut en exprimant son désir d'être reconnu pour avoir connu et admiré la marquise, même de loin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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168
p. 1-4
« J'Ay beau faire, Madame, c'est plûtost un Recuëil [...] »
Début :
J'Ay beau faire, Madame, c'est plûtost un Recuëil [...]
Mots clefs :
Nouvelles, Recueil, Engagement, Curiosité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « J'Ay beau faire, Madame, c'est plûtost un Recuëil [...] »
'Ay beau faire ,Madan
me, c'eſt plûtoſtunRecüeil de Nouvelles par Mois , que les Nouvelles du Mois,que je vous envoye. Pour n'en reſerver jamais aucune , il faudroit vousécrire tous les huit
jours : la matiere me ſeroit plus facile à trouver que le temps.
Saint-Omer me l'auroit fournie
pour une Semaine , la Victoire de Me le Comte d'Eſtrées pour Tome IV. A
2
LE MERCVRE
une autre, &je n'aurois pas eſté enpeinede chercher par où ſu- pléer au reſte. Ce que je vous dis , Madame , eft affez glorieux pour laFrance ; il s'y paſſe tous les jours de ſi grandes Actions,
&tant de Perſonnes d'un haut
meritedonnenttoutà la fois occafiondelesdiftinguer, qu'il eſt preſque impoſſible d'embraffer tout. C'eſt comme un champ fertile, dont on a beau amaffer
les abondantes Moiffons , on y
trouve toûjours quelque choſe àrecüillir ; &je ſatisferois mal fansdoute à l'engagement,oùje me ſuis mis avec vous de vous
mander tout ce que je croirois digne devôtre curiofité, ſi m'ar- rêtantpréciſement à cequiarri- vedans le Mois,oùje vous écris,
je ne rapellois pas quelquefois pluſieurs chofes, dont je n'ay
GALANT.
pů vous parler dans les prece- dens
me, c'eſt plûtoſtunRecüeil de Nouvelles par Mois , que les Nouvelles du Mois,que je vous envoye. Pour n'en reſerver jamais aucune , il faudroit vousécrire tous les huit
jours : la matiere me ſeroit plus facile à trouver que le temps.
Saint-Omer me l'auroit fournie
pour une Semaine , la Victoire de Me le Comte d'Eſtrées pour Tome IV. A
2
LE MERCVRE
une autre, &je n'aurois pas eſté enpeinede chercher par où ſu- pléer au reſte. Ce que je vous dis , Madame , eft affez glorieux pour laFrance ; il s'y paſſe tous les jours de ſi grandes Actions,
&tant de Perſonnes d'un haut
meritedonnenttoutà la fois occafiondelesdiftinguer, qu'il eſt preſque impoſſible d'embraffer tout. C'eſt comme un champ fertile, dont on a beau amaffer
les abondantes Moiffons , on y
trouve toûjours quelque choſe àrecüillir ; &je ſatisferois mal fansdoute à l'engagement,oùje me ſuis mis avec vous de vous
mander tout ce que je croirois digne devôtre curiofité, ſi m'ar- rêtantpréciſement à cequiarri- vedans le Mois,oùje vous écris,
je ne rapellois pas quelquefois pluſieurs chofes, dont je n'ay
GALANT.
pů vous parler dans les prece- dens
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Résumé : « J'Ay beau faire, Madame, c'est plûtost un Recuëil [...] »
L'auteur écrit à Madame pour expliquer qu'il lui envoie un recueil de nouvelles mensuelles au lieu de lettres quotidiennes, faute de temps. Il mentionne deux événements récents : la victoire du Comte d'Estrées et les événements à Saint-Omer. La France connaît actuellement de nombreuses actions glorieuses, rendant difficile la tâche de tout relater. Il compare cette situation à un champ fertile où, malgré les moissons abondantes, il reste toujours quelque chose à récolter. L'auteur s'engage à partager avec Madame tout ce qu'il juge digne de son intérêt, même s'il doit revenir sur des événements passés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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169
p. 4-30
« Ce n'est point dans celuy-cy que l'Académie Françoise a [...] »
Début :
Ce n'est point dans celuy-cy que l'Académie Françoise a [...]
Mots clefs :
Académie française, Cardinal d'Estrées, Féliciter, Charpentier, Compliment, Honneur, Discours, Éloquence, Académie de Soissons, Compagnie, Mérite, Esprit, Zèle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Ce n'est point dans celuy-cy que l'Académie Françoise a [...] »
Cen'eſtpointdans celuy- cy que l'Academie Françoiſe à
fait complimenter Monfieur le Cardinal d'Eſtrées, qui, comme vous ſçavez,eſt l'undes quaran- te, qui compoſent cette Illuſtre Compagnie ;mais vous ne laif- ferez pas d'eſtre bien-aiſe d'ap- prendre que ces Meffieurs qui ne l'avoient veu depuis ſa Pro- motion au Cardinalat,ne furent
pas plûtoſt avertis de ſon retour à Paris , qu'ils nommerent fix Perſonnes de leur Corps pour f'en aller feliciter. Ces fix furent
Meſſieurs Charpentier , Talle- mantPremierAumônierdeMadame , Teſtu Abbé de Belval,
Tallemant , Prieur de SaintAlbin, l'Abbé Regnier,desMarais.
& de Benferade. Monfieur le
DucdeSaint-Aignan voulutles A ij
4 LE MERCVRE
3
accompagner , & Monfieur le Cardinal d'Eſtrées , qui les re- ceut dans ſon Anti-chambre, les
ayant conduits dans ſa cham- bre, Monfieur Charpentierque lacompagnie avoitchargédela parole, s'acquitta de ſa Com- miſſion ences termes.
M
ONSEIGNEUR,
En nous approchant de
V. E. nous sentons une douce émo- tion , qui n'est pas toutesfois Sans quelquemélange d'amertume.Nous vous revoyons avec les marques de.
la plus hauteDignitéde l'Eglife:
Quelplus agreable spectacle ànos yeux ! Quelle plus ſenſible joye à
nostre cœur ! Mais quandnous nous representons que cette élcvation
vousſepare de nous , &vous arra- che de nos Exercices, qui ont autrefoispartagéles heuresdevostreloi- fir,nousnesçaurionspenser qu'a
GALAN.T. S
Y
vec douleur à une abſence qui nous paroit irréparable. Avostre dé- part , Monseigneur, tous nos Vœux vousaccompagnerent; Nous nefou- haitâmes rien avec plus d'ardeur,
que de vous voir bien-toft revétu de l'éclat , dû à vostre merite , à
vostre naiſſance , &àla grandeur de vosAlliances Royales. Avoſtre...
retour nousvoyons en V. E.l'accom- pliſſement de nos vœux ; mais nous ne vous trouvons plus à l'Acade mie. Hébien , Monseigneur , n'en murmurons point ; Nous vous per dons d'une maniere trop noblepour nous en fâcher. Nous souhaitons mesme de vous perdre encore da- vantage,&que la Pourpre Romai ne, qui vous affocie à la premiere Compagnie de l'Univers,vous place quelque jour , du confentement de toutes les Nations , dans ce Trône
fondésurla Pierre , que toutes les
A iij
6 LE MERCVRE
Puiſſances de l'Enfer nesçauroient ébranler ; Mais pourquoy vous conter perdu pour nous , Monfei- gneur,dansIaugmentation devô- tre gloire, puis que te plus Grand Roy du Monde , Louis le Vain- queur,mais le Vainqueur rapide le Terrible , le Foudroyant , a bien trouvé des momens pour fonger à
nous, parmy lapompe&letumulte defes Triomphes. Que dis-je pour fongerànous ? Ahc'esttropfoible- ment s'expliquerpour tantdegra ecs extraordinaires. Difons plutost pour nous appeller à luy par une adoption glorieuse ; Diſons pour nous établir un répos inébranlable àl'ombre defes Palmes. V.E.Mon- Seigneur ,n'a-t-ellepas admiré cet évenement , &quoy que vousfuf- fiez au Païs des grands Exemples,
quoy que vous riſpiraſfiez le mesme air; que Scipion &que Pompée.
t
GALAN T. ?
Augu- LYON
pûtes -vous apprendre fansfurpri Se, qu'unsi grandMonarqucsedé- clarât le Chefde l'Academie ,
voulût mettre fon NomAuguste à
la teſte d'une LiſtedeGensdeLet- tres ? Vostre Romen'enfut-ellepas étonnée, &nejugea-t-ellepas alors que le Cielpreparoit àla France la mesme profperité , dont l'Empire Romain avoit joüyſous les ftes,ſous les Adriens &fous lesAnTEERD
tonins ? Vous nous avez quitté ,
Monseigneur, dans l'Hôtel Seguier,
Lans l'Hostel d'un Chancelier de
France, Illustre veritablement par faSuprêmeMagiftrature , plus Il.- luftre encoreparses grandesActios.
V. E. nous retrouve dans le Louvre,
dans laMaifon Sacréedenos Rois;
&nos Muſesn'ontplusd'autreſé.. jourqueceluydelaMajesté. Ilfaut nevous rien celer encore de tout ce
qui peut tenirrangparmy.... nosheu- Aij
8 LE MERCVRE
reuſes avantures , puis que V. E. y
prend quelque part. UnArchevéque de Paris, qui honorefa Dignité parfaVertu, parfonEloquence,&
par la Nobleſſe de ſa conduite ; Un Evesque d'une érudition confommée, &que mille autres rares qua- litezont fait choifir pour cultiver les esperances d'un jeuneHéros, de
qui tout l'Univers attend de fi grandes choses ; Vn Duc & Pair également recommandable parfon Esprit &parsa Valeur, & avec
qui toutes les Graces ont fait une alliance eternelle ; des Gouverneurs
de Province ; un President du Par- lement ; pluſieurs Perſonnage's celebres en toutes fortes de Sciences,
Jont les nouveaux Confreres que nous vous avons donnez,fanspar- ler de ce GrandHomme, que l'intime confiance du Prince , un zele in- fatigable pour le bien de l'Etat ,
GALANT. 9
une paſſion ardente pour l'avance- mentdes belles Lettres distinguent affez, pourn'avoirpas besoin d'étre nommé plus ouvertement. L'Academie a fait la plupart de cespré- cieuses acquisitions , tandis que V. E. defendoit nos Droits à Rome,
&s'oppoſoit aux brigues denosEn- nemis . C'eſt fur vos foins &fur ceux de Monsieur le Duc , voſtre
Frere , que la France s'est reposée avecfeuretédefes interests , en un Païs, où déja depuis long-temps le courage , l'intrepidité, &l'amour
de la Patrie , ont rendufameux l
Noms de Cœuvres &d'Estrées.C'est
avec la meſmefermeté que V. E. a
Soûtenu l'honneur de la Couronne
contre les injustes défiances , que la profperitédes Armes du Roy faisoit naiſtre dans des Ames trop timides.
Quels Eloges , quels applaudiffe- mens na-t-ellepoint meritéencore 509
Av
10 LE MERCVRE
-au dernier Conclave ! cettefermetécourageufe&falutaire,qui dans une occafionfi importante n'a pas moins envisagéles avantagesde la Republique Chrestienne , quefuivy leplan des pieuſes intentions de Sa Majesté?ToutelaTerrefçait com- bien ces grandes veuës ont donné de part àV.E. dans l'Exaltation de cePontifice incomparable , àqui lapuretédes mœurs,lemépris des richeſſes , la tendreffc cordiale en vers les Pauvres , l'humilité magnanime des anciens Evesques , &
le parfait dégagement des choses dumonde, avoient acquis larepu.
tation de Sainteté, avant que d'en obtenirle Titre attachéàlaChai
reApostolique. Ilestmal-aiſeaprés:
cela, Monseigneur , que nous ne nous flattions de quelque fecrete complaisance, en voyant qu'ilfort delAcademiedes Princes du Sacré
Y
GALANT.. IF
Senat , &que vostrefuffrage , que nous avons contéquelquefoisparmy les nostres , concourt maintenant
avec le S. Esprit au Gouvernement
defon Eglife. Avancez donc toû- jours , Monseigneur , dans unefi belle route , &permettez-nous de
croire que V. E. confervera quel quessentimens d'affection pourune Compagnie, fur qui Loüis LE GRAND jette desifavorables
regards : Pour une Compagnie, qui aprés laveneration toutefinguliere qu'elle doit avoir pourfon Royal'
Protecteur, n'aurapoint de mouve- ment plus fort , que celuy du Zele qui l'attache àV. E. &qui trou
ucra toûjours une des principales occafions desa joye dans l'accom- pliffement de toutes vosglorieuses entrepriſes..
Il ne faut pas s'étonner ſi le
Avj
12 LE MERCVRE
Public a donné tant d'approba- bation à ce Compliment , puis qu'il amerité celle du Roy , qui ſe l'eſt fait lire à l'Armée par
Monfieur de Breteüil , Lecteur
de Sa Majesté. Auſſi Monfieur le Cardinal d'Eſtrées le receutil d'une maniere tres-obligean- te. Il dit à Ma Charpentier
qu'il n'entreprenoit pointde ré- pondre fur le champ àunDif- cours ſi plein d'Eloquence, mais qu'il le prioit d'aſſurer laCom- pagnie, qu'il ne perdroit jamais le ſouvenir des marques qu'elle luy donnoit du ſien; Qu'il s'en tenoit tellement obligé, qu'il ne lui ſuffiſoit pas del'en remercier,
comme il faifoit , & qu'il vien- droit à l'Academie pour luy en témoigner plus fortement ſa re- connoiſſance. Il s'étendit en- ſuite fur les Loüanges des llu-
:
GALANT. 13 ſtres qui la compofent , & fur le travail du Dictionaire , dont il
demanda particulierement des nouvelles. Il ajoûta , qu'il eſpe- roit beaucoup de la grandeur &de l'exactitude de cette entrepriſe , dont il avoit ſouvent entretenu desGens d'eſprit d'I- talie qui en avoient admiré le Plan ; & aprés quelque conver- fation il reconduifit les Depu- tez juſqu'à la porte de la Salle,
proche le Degré. Il leur tintpa- role quelques jours aprés , &fe trouva au Louvre , à une de Jeurs Seances. Il eſt Protecteur
de l'Academie de Soiffons , où
MonfieurHebert, Treſorier de France , luy avoit déja fait le Compliment qui ſuit au nomde cette Compagnie. Je trouveray l'occafion, Madame, de vous en faire connoiſtre une autrefois le
merite &l'établiſſement.
14 LE MERCVRE
ONSEIGNEUR, MONSQuelle joye ne doit par répandre dans ces lieux l'honneur de vostre prefence aprés une ab- fence fi longue &fiennuyeuse !! Quelle joye pour une Compagnie,
qui vous doit tant , &quivous bonnore,àproportion de ce qu'elle vous doit , devous y voir dans cet
éclat , qui frape aujourd'huy fi agreablement nos yeux & dont
Vidée avoit remplysi long-temps noftre imagination ; Noussçavons bien, Monseigneur, que toutes les Grandeurs humaines estant audef fous de cette élevation d'esprit &
de cette grandeur d'Amc , qui di- ftinguefi excellemment Votre Eminence des autres Hommes , c'est vous rabaiſſer en quelque façon que de vous lower d'une Dignité,
quelque grande quelque élevée
GALAN T.
,vous ne devez.
qu'ellefoit. Mais vous nous per-.
mettrez de vous dire , que regar- dant celle-cy , comme unpur effet de voffre merite
pas trouvermauvaisque nousnous
réjoüisions devousenvoirrevétu,
que nous vousfaſſions reſſouve- nirqu'en augmentant vôtre Gloire,, elle acheve &confomme celle de vostre Maison.. Cettegrande, cette illustre Maiſon,Monseigneur,fub
fiſtoit depuis plusieurs Siecles dans une fplendeur pen commune. Tout ceque laKaleur , unieàla conduite, peut acquerir des Titres écla
tans, tout cequelafidelité,,jointe
aux lumieres , peut procurerd'im
portansEmplois, tout cela, Mon- feigneur, s'y voyoit enfoule &de
tous les Honneurs de laTerre , on
peut dire que laſeule Pourpre luy manquoit. Mais le Ciel qui tra wailloit depuissi long-temps àfon
16 LE MERCVRE
:
1
agrandiſſement , qui par laprodu- Etion continuelle de tant deHéros
qu'il en faifoit fortir fucceßive.. ment , la diſpoſoit pourainſidireà
recevoir cet Honneur , fit naiſtre enfin V.E. avec toutes les Qualitez qui en pouvoient estre dignes.
Vous les reçeutes donc , Monfei- gneur, non pas , commelapluspart des Etrangers, fur lefeulraport de La Renommée , &fur la simple Nomination d'un Prince, qui le de.. mande pour fon Sujet. Rome vit bien deux. Royaumes fe difputer l'avantage de vous le procurer ;
mais avant qu'elle vous l'accordat , Rome vit außi briller à l'enwy ces belles, ces éclatantes Qua- litez. Elle connut voſtre merite,&م
ce fut fans doute ce qui la deter- mina dans cette grande conjon- Eture. Quel honneur pour vous,
Monseigneur, d'avoir acquis par
GALANT. 17 une voyefi belle une Dignitéfifu- blime ! Quelhonneur d'avoir mis le comble àlagloire d'une Maifon des premieres &des plusfameuses de l'Univers ! Mais quel honneur
pour l'Academie de Soiffons , de ſe
pouvoir glorifier d'un tel Prote- Etcur ! Quel honneur pour nous ,
que vostre Eminence ait bien vou
luse charger de ce Titre, &n'ait
Pas dédaignéde le joindre à tant d'autres fi glorieux ! Quelle joye
encore un coup de voir ce Prote- Eteur,&de luyparler !Mais quelle
peine de le voir pour ſi peu de temps , &de luy parlerfans pou- voir parler dignement de luy !
Quelembaras , quelle confusión de de voir tant & de pouvoir si peu
vendre, de fentir une reconnoiſſan- ce qu'on ne peut exprimer ! C'est
pourtant principalement cette re- connoissance , Monseigneur , que nous voudrions bien pouvoir dé.
18 LE MERCVRE
peindre à V. E. Plût àDieu que vous puissiez voir quels mouve mens elle excite dans nos cœurs ,
quels Vœux, quels fouhaits elley
forme. Nous les continuerens,Mon- feigneur, ces Vœux&cesfouhaits ;
&puis que nous ne pouvons autre chose,nousleferons du moinsavec tout le zele &toute l'ardeur dont
noussommes capables. Nous nedi- rons pas icy àVostre Eminence quel prefentement leur obict ; puis qu'il n'y a plus qu'un degré entre Le Ciel &Fous, il n'estpas mal- aisé de le comprendre. Nousvous dirons seulement , Monseigneur ,
qu'il fait quelque chofe de Suprê- me pour recompenfer unefuprême Vertu , qu'ainsi il n'y a rien de fi Grand, ny de fi Haut dans le Monde, où V.E. nepuiffepreten dre avecjustice , &où elle nefoit déja placéeparles ardens &justes defirs de cette Compagnic.
eft
!
fait complimenter Monfieur le Cardinal d'Eſtrées, qui, comme vous ſçavez,eſt l'undes quaran- te, qui compoſent cette Illuſtre Compagnie ;mais vous ne laif- ferez pas d'eſtre bien-aiſe d'ap- prendre que ces Meffieurs qui ne l'avoient veu depuis ſa Pro- motion au Cardinalat,ne furent
pas plûtoſt avertis de ſon retour à Paris , qu'ils nommerent fix Perſonnes de leur Corps pour f'en aller feliciter. Ces fix furent
Meſſieurs Charpentier , Talle- mantPremierAumônierdeMadame , Teſtu Abbé de Belval,
Tallemant , Prieur de SaintAlbin, l'Abbé Regnier,desMarais.
& de Benferade. Monfieur le
DucdeSaint-Aignan voulutles A ij
4 LE MERCVRE
3
accompagner , & Monfieur le Cardinal d'Eſtrées , qui les re- ceut dans ſon Anti-chambre, les
ayant conduits dans ſa cham- bre, Monfieur Charpentierque lacompagnie avoitchargédela parole, s'acquitta de ſa Com- miſſion ences termes.
M
ONSEIGNEUR,
En nous approchant de
V. E. nous sentons une douce émo- tion , qui n'est pas toutesfois Sans quelquemélange d'amertume.Nous vous revoyons avec les marques de.
la plus hauteDignitéde l'Eglife:
Quelplus agreable spectacle ànos yeux ! Quelle plus ſenſible joye à
nostre cœur ! Mais quandnous nous representons que cette élcvation
vousſepare de nous , &vous arra- che de nos Exercices, qui ont autrefoispartagéles heuresdevostreloi- fir,nousnesçaurionspenser qu'a
GALAN.T. S
Y
vec douleur à une abſence qui nous paroit irréparable. Avostre dé- part , Monseigneur, tous nos Vœux vousaccompagnerent; Nous nefou- haitâmes rien avec plus d'ardeur,
que de vous voir bien-toft revétu de l'éclat , dû à vostre merite , à
vostre naiſſance , &àla grandeur de vosAlliances Royales. Avoſtre...
retour nousvoyons en V. E.l'accom- pliſſement de nos vœux ; mais nous ne vous trouvons plus à l'Acade mie. Hébien , Monseigneur , n'en murmurons point ; Nous vous per dons d'une maniere trop noblepour nous en fâcher. Nous souhaitons mesme de vous perdre encore da- vantage,&que la Pourpre Romai ne, qui vous affocie à la premiere Compagnie de l'Univers,vous place quelque jour , du confentement de toutes les Nations , dans ce Trône
fondésurla Pierre , que toutes les
A iij
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Puiſſances de l'Enfer nesçauroient ébranler ; Mais pourquoy vous conter perdu pour nous , Monfei- gneur,dansIaugmentation devô- tre gloire, puis que te plus Grand Roy du Monde , Louis le Vain- queur,mais le Vainqueur rapide le Terrible , le Foudroyant , a bien trouvé des momens pour fonger à
nous, parmy lapompe&letumulte defes Triomphes. Que dis-je pour fongerànous ? Ahc'esttropfoible- ment s'expliquerpour tantdegra ecs extraordinaires. Difons plutost pour nous appeller à luy par une adoption glorieuse ; Diſons pour nous établir un répos inébranlable àl'ombre defes Palmes. V.E.Mon- Seigneur ,n'a-t-ellepas admiré cet évenement , &quoy que vousfuf- fiez au Païs des grands Exemples,
quoy que vous riſpiraſfiez le mesme air; que Scipion &que Pompée.
t
GALAN T. ?
Augu- LYON
pûtes -vous apprendre fansfurpri Se, qu'unsi grandMonarqucsedé- clarât le Chefde l'Academie ,
voulût mettre fon NomAuguste à
la teſte d'une LiſtedeGensdeLet- tres ? Vostre Romen'enfut-ellepas étonnée, &nejugea-t-ellepas alors que le Cielpreparoit àla France la mesme profperité , dont l'Empire Romain avoit joüyſous les ftes,ſous les Adriens &fous lesAnTEERD
tonins ? Vous nous avez quitté ,
Monseigneur, dans l'Hôtel Seguier,
Lans l'Hostel d'un Chancelier de
France, Illustre veritablement par faSuprêmeMagiftrature , plus Il.- luftre encoreparses grandesActios.
V. E. nous retrouve dans le Louvre,
dans laMaifon Sacréedenos Rois;
&nos Muſesn'ontplusd'autreſé.. jourqueceluydelaMajesté. Ilfaut nevous rien celer encore de tout ce
qui peut tenirrangparmy.... nosheu- Aij
8 LE MERCVRE
reuſes avantures , puis que V. E. y
prend quelque part. UnArchevéque de Paris, qui honorefa Dignité parfaVertu, parfonEloquence,&
par la Nobleſſe de ſa conduite ; Un Evesque d'une érudition confommée, &que mille autres rares qua- litezont fait choifir pour cultiver les esperances d'un jeuneHéros, de
qui tout l'Univers attend de fi grandes choses ; Vn Duc & Pair également recommandable parfon Esprit &parsa Valeur, & avec
qui toutes les Graces ont fait une alliance eternelle ; des Gouverneurs
de Province ; un President du Par- lement ; pluſieurs Perſonnage's celebres en toutes fortes de Sciences,
Jont les nouveaux Confreres que nous vous avons donnez,fanspar- ler de ce GrandHomme, que l'intime confiance du Prince , un zele in- fatigable pour le bien de l'Etat ,
GALANT. 9
une paſſion ardente pour l'avance- mentdes belles Lettres distinguent affez, pourn'avoirpas besoin d'étre nommé plus ouvertement. L'Academie a fait la plupart de cespré- cieuses acquisitions , tandis que V. E. defendoit nos Droits à Rome,
&s'oppoſoit aux brigues denosEn- nemis . C'eſt fur vos foins &fur ceux de Monsieur le Duc , voſtre
Frere , que la France s'est reposée avecfeuretédefes interests , en un Païs, où déja depuis long-temps le courage , l'intrepidité, &l'amour
de la Patrie , ont rendufameux l
Noms de Cœuvres &d'Estrées.C'est
avec la meſmefermeté que V. E. a
Soûtenu l'honneur de la Couronne
contre les injustes défiances , que la profperitédes Armes du Roy faisoit naiſtre dans des Ames trop timides.
Quels Eloges , quels applaudiffe- mens na-t-ellepoint meritéencore 509
Av
10 LE MERCVRE
-au dernier Conclave ! cettefermetécourageufe&falutaire,qui dans une occafionfi importante n'a pas moins envisagéles avantagesde la Republique Chrestienne , quefuivy leplan des pieuſes intentions de Sa Majesté?ToutelaTerrefçait com- bien ces grandes veuës ont donné de part àV.E. dans l'Exaltation de cePontifice incomparable , àqui lapuretédes mœurs,lemépris des richeſſes , la tendreffc cordiale en vers les Pauvres , l'humilité magnanime des anciens Evesques , &
le parfait dégagement des choses dumonde, avoient acquis larepu.
tation de Sainteté, avant que d'en obtenirle Titre attachéàlaChai
reApostolique. Ilestmal-aiſeaprés:
cela, Monseigneur , que nous ne nous flattions de quelque fecrete complaisance, en voyant qu'ilfort delAcademiedes Princes du Sacré
Y
GALANT.. IF
Senat , &que vostrefuffrage , que nous avons contéquelquefoisparmy les nostres , concourt maintenant
avec le S. Esprit au Gouvernement
defon Eglife. Avancez donc toû- jours , Monseigneur , dans unefi belle route , &permettez-nous de
croire que V. E. confervera quel quessentimens d'affection pourune Compagnie, fur qui Loüis LE GRAND jette desifavorables
regards : Pour une Compagnie, qui aprés laveneration toutefinguliere qu'elle doit avoir pourfon Royal'
Protecteur, n'aurapoint de mouve- ment plus fort , que celuy du Zele qui l'attache àV. E. &qui trou
ucra toûjours une des principales occafions desa joye dans l'accom- pliffement de toutes vosglorieuses entrepriſes..
Il ne faut pas s'étonner ſi le
Avj
12 LE MERCVRE
Public a donné tant d'approba- bation à ce Compliment , puis qu'il amerité celle du Roy , qui ſe l'eſt fait lire à l'Armée par
Monfieur de Breteüil , Lecteur
de Sa Majesté. Auſſi Monfieur le Cardinal d'Eſtrées le receutil d'une maniere tres-obligean- te. Il dit à Ma Charpentier
qu'il n'entreprenoit pointde ré- pondre fur le champ àunDif- cours ſi plein d'Eloquence, mais qu'il le prioit d'aſſurer laCom- pagnie, qu'il ne perdroit jamais le ſouvenir des marques qu'elle luy donnoit du ſien; Qu'il s'en tenoit tellement obligé, qu'il ne lui ſuffiſoit pas del'en remercier,
comme il faifoit , & qu'il vien- droit à l'Academie pour luy en témoigner plus fortement ſa re- connoiſſance. Il s'étendit en- ſuite fur les Loüanges des llu-
:
GALANT. 13 ſtres qui la compofent , & fur le travail du Dictionaire , dont il
demanda particulierement des nouvelles. Il ajoûta , qu'il eſpe- roit beaucoup de la grandeur &de l'exactitude de cette entrepriſe , dont il avoit ſouvent entretenu desGens d'eſprit d'I- talie qui en avoient admiré le Plan ; & aprés quelque conver- fation il reconduifit les Depu- tez juſqu'à la porte de la Salle,
proche le Degré. Il leur tintpa- role quelques jours aprés , &fe trouva au Louvre , à une de Jeurs Seances. Il eſt Protecteur
de l'Academie de Soiffons , où
MonfieurHebert, Treſorier de France , luy avoit déja fait le Compliment qui ſuit au nomde cette Compagnie. Je trouveray l'occafion, Madame, de vous en faire connoiſtre une autrefois le
merite &l'établiſſement.
14 LE MERCVRE
ONSEIGNEUR, MONSQuelle joye ne doit par répandre dans ces lieux l'honneur de vostre prefence aprés une ab- fence fi longue &fiennuyeuse !! Quelle joye pour une Compagnie,
qui vous doit tant , &quivous bonnore,àproportion de ce qu'elle vous doit , devous y voir dans cet
éclat , qui frape aujourd'huy fi agreablement nos yeux & dont
Vidée avoit remplysi long-temps noftre imagination ; Noussçavons bien, Monseigneur, que toutes les Grandeurs humaines estant audef fous de cette élevation d'esprit &
de cette grandeur d'Amc , qui di- ftinguefi excellemment Votre Eminence des autres Hommes , c'est vous rabaiſſer en quelque façon que de vous lower d'une Dignité,
quelque grande quelque élevée
GALAN T.
,vous ne devez.
qu'ellefoit. Mais vous nous per-.
mettrez de vous dire , que regar- dant celle-cy , comme unpur effet de voffre merite
pas trouvermauvaisque nousnous
réjoüisions devousenvoirrevétu,
que nous vousfaſſions reſſouve- nirqu'en augmentant vôtre Gloire,, elle acheve &confomme celle de vostre Maison.. Cettegrande, cette illustre Maiſon,Monseigneur,fub
fiſtoit depuis plusieurs Siecles dans une fplendeur pen commune. Tout ceque laKaleur , unieàla conduite, peut acquerir des Titres écla
tans, tout cequelafidelité,,jointe
aux lumieres , peut procurerd'im
portansEmplois, tout cela, Mon- feigneur, s'y voyoit enfoule &de
tous les Honneurs de laTerre , on
peut dire que laſeule Pourpre luy manquoit. Mais le Ciel qui tra wailloit depuissi long-temps àfon
16 LE MERCVRE
:
1
agrandiſſement , qui par laprodu- Etion continuelle de tant deHéros
qu'il en faifoit fortir fucceßive.. ment , la diſpoſoit pourainſidireà
recevoir cet Honneur , fit naiſtre enfin V.E. avec toutes les Qualitez qui en pouvoient estre dignes.
Vous les reçeutes donc , Monfei- gneur, non pas , commelapluspart des Etrangers, fur lefeulraport de La Renommée , &fur la simple Nomination d'un Prince, qui le de.. mande pour fon Sujet. Rome vit bien deux. Royaumes fe difputer l'avantage de vous le procurer ;
mais avant qu'elle vous l'accordat , Rome vit außi briller à l'enwy ces belles, ces éclatantes Qua- litez. Elle connut voſtre merite,&م
ce fut fans doute ce qui la deter- mina dans cette grande conjon- Eture. Quel honneur pour vous,
Monseigneur, d'avoir acquis par
GALANT. 17 une voyefi belle une Dignitéfifu- blime ! Quelhonneur d'avoir mis le comble àlagloire d'une Maifon des premieres &des plusfameuses de l'Univers ! Mais quel honneur
pour l'Academie de Soiffons , de ſe
pouvoir glorifier d'un tel Prote- Etcur ! Quel honneur pour nous ,
que vostre Eminence ait bien vou
luse charger de ce Titre, &n'ait
Pas dédaignéde le joindre à tant d'autres fi glorieux ! Quelle joye
encore un coup de voir ce Prote- Eteur,&de luyparler !Mais quelle
peine de le voir pour ſi peu de temps , &de luy parlerfans pou- voir parler dignement de luy !
Quelembaras , quelle confusión de de voir tant & de pouvoir si peu
vendre, de fentir une reconnoiſſan- ce qu'on ne peut exprimer ! C'est
pourtant principalement cette re- connoissance , Monseigneur , que nous voudrions bien pouvoir dé.
18 LE MERCVRE
peindre à V. E. Plût àDieu que vous puissiez voir quels mouve mens elle excite dans nos cœurs ,
quels Vœux, quels fouhaits elley
forme. Nous les continuerens,Mon- feigneur, ces Vœux&cesfouhaits ;
&puis que nous ne pouvons autre chose,nousleferons du moinsavec tout le zele &toute l'ardeur dont
noussommes capables. Nous nedi- rons pas icy àVostre Eminence quel prefentement leur obict ; puis qu'il n'y a plus qu'un degré entre Le Ciel &Fous, il n'estpas mal- aisé de le comprendre. Nousvous dirons seulement , Monseigneur ,
qu'il fait quelque chofe de Suprê- me pour recompenfer unefuprême Vertu , qu'ainsi il n'y a rien de fi Grand, ny de fi Haut dans le Monde, où V.E. nepuiffepreten dre avecjustice , &où elle nefoit déja placéeparles ardens &justes defirs de cette Compagnic.
eft
!
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Résumé : « Ce n'est point dans celuy-cy que l'Académie Françoise a [...] »
Le texte décrit la visite de six membres de l'Académie Française chez le Cardinal d'Estrées à son retour à Paris après sa promotion au cardinalat. Les membres présents étaient Charpentier, Tallemant, Testu, l'Abbé Regnier, et de Benferade, accompagnés du Duc de Saint-Aignan. Ils félicitent le Cardinal pour sa nouvelle dignité. Charpentier, en tant que porte-parole, exprime une émotion mêlée d'amertume en voyant le Cardinal revêtu de la pourpre cardinalice, soulignant que cette élévation le sépare des exercices académiques. Il exalte la grandeur du Cardinal et son lien avec le roi Louis XIV, comparant cette élévation à celle des grands hommes de l'histoire. Le discours mentionne également les nouvelles acquisitions de l'Académie, y compris un archevêque de Paris, un évêque érudit, et un duc pair. Le Cardinal d'Estrées, touché par le compliment, promet de conserver son affection pour l'Académie et s'intéresse au travail du dictionnaire en cours. Il exprime également son admiration pour les membres de l'Académie et leur travail. Le public et le roi approuvent ce compliment. Le Cardinal reçoit les députés de manière obligeante, discutant des louanges des lettres et du dictionnaire avant de les reconduire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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170
p. 30-31
« Pour passer de la Prose aux Vers, en voicy qui [...] »
Début :
Pour passer de la Prose aux Vers, en voicy qui [...]
Mots clefs :
Prose, Vers, Mr de la Citardie
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texteReconnaissance textuelle : « Pour passer de la Prose aux Vers, en voicy qui [...] »
Pour paffer de la Profe aux Vers , en voicyqui furent faits pour le Roy, incontinent aprés Les trois nouvelles Conqueſtes.
Jls font de Monfieurde laCitardie. C'est un Gentil-homme
qui n'a pas beſoin de parler long-temps , pour faire connoî- tre qu'il a infiniment d'eſprit ;
mais commeje ne tiens pas ces Vers de luy-meſme , & qu'il m'en est tombé entre les mains
pluſieurs copiesdifferentes, l'u-- ne de l'autre, je ne ſçay fi jau- ray choiſi la veritable.
Jls font de Monfieurde laCitardie. C'est un Gentil-homme
qui n'a pas beſoin de parler long-temps , pour faire connoî- tre qu'il a infiniment d'eſprit ;
mais commeje ne tiens pas ces Vers de luy-meſme , & qu'il m'en est tombé entre les mains
pluſieurs copiesdifferentes, l'u-- ne de l'autre, je ne ſçay fi jau- ray choiſi la veritable.
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171
p. 35-36
« Monsieur le Comte de Bregy dont je vous ay parlé [...] »
Début :
Monsieur le Comte de Bregy dont je vous ay parlé [...]
Mots clefs :
Comte de Brégy, Approbation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Monsieur le Comte de Bregy dont je vous ay parlé [...] »
Monfieur le Comte deBregy, dont je vous ay parlé dans ma Lettre precedente , a fait le Sonnet qui fuit pour Son Alteſſe Royale. Je croy que vous n'au- rez pasde peine à luy donner la meſme approbation qu'il a re- çeuë icy detout le monde.
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172
p. 38-39
« Rien ne sçauroit mieux suivre les Vers de Monsieur de [...] »
Début :
Rien ne sçauroit mieux suivre les Vers de Monsieur de [...]
Mots clefs :
Comte de Brégy, Comtesse de Brégy, Abbé Bourdelot, Médecin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Rien ne sçauroit mieux suivre les Vers de Monsieur de [...] »
Rien ne ſçauroit mieux ſui- vre les Vers de Monfieur de
Bregy , que la proſe de Mada-
GALANT. 25
k
05
A
cette
me la Comteffe de Bregy fa Femme. Jugez- en par Lettre.Elle eſt écrite àMonfieur
l'Abbé Bourdelot , ſi connu par ce grand merite , qui ayant fait bruit juſqu'en Suede , obligea la Reyne Chriſtine de l'y appel-'
ler aupres d'elle , non ſeulement commeuntres-habile Medecin,
mais comme un Homme confommé en toute forte de Sciences. Il n'y a perſonne qui ne ſcache l'eſtime particuliere dont Monfieur le Prince l'honnore,
# & la confiance qu'il prend en ſes conſeils ſur le regime de vie,
qui luy eſt neceſſaire pour ſa ſanté. Il fait des Vers fort agrea- bles quand ſes grandes occu- pations luy en peuvent laiſſer letemps , &nous en avons veu deluy ſur differentes matieres,
a
Tome IV. B
26 LE MERCVRE
qui ont eſté leus par tout avec plaifir.
Bregy , que la proſe de Mada-
GALANT. 25
k
05
A
cette
me la Comteffe de Bregy fa Femme. Jugez- en par Lettre.Elle eſt écrite àMonfieur
l'Abbé Bourdelot , ſi connu par ce grand merite , qui ayant fait bruit juſqu'en Suede , obligea la Reyne Chriſtine de l'y appel-'
ler aupres d'elle , non ſeulement commeuntres-habile Medecin,
mais comme un Homme confommé en toute forte de Sciences. Il n'y a perſonne qui ne ſcache l'eſtime particuliere dont Monfieur le Prince l'honnore,
# & la confiance qu'il prend en ſes conſeils ſur le regime de vie,
qui luy eſt neceſſaire pour ſa ſanté. Il fait des Vers fort agrea- bles quand ſes grandes occu- pations luy en peuvent laiſſer letemps , &nous en avons veu deluy ſur differentes matieres,
a
Tome IV. B
26 LE MERCVRE
qui ont eſté leus par tout avec plaifir.
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Résumé : « Rien ne sçauroit mieux suivre les Vers de Monsieur de [...] »
Le texte compare les vers de Monsieur de Bregy et la prose de Madame Galant. Il mentionne la Comtesse de Bregy et une lettre qu'elle a écrite à l'Abbé Bourdelot, médecin et homme de science de la Reine Christine de Suède. Le Prince apprécie les conseils de l'Abbé sur sa santé. Monsieur de Bregy compose des vers appréciés du public.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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173
p. 40-46
LETTRE DE MADAME la Comtesse de Bregy, A Monsieur l'Abbé Bourdelot.
Début :
Si vous me regardez du costé de la capacité, je [...]
Mots clefs :
Vers, Colbert, Mérite, Écrire, Médecine, Redevable
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE DE MADAME la Comtesse de Bregy, A Monsieur l'Abbé Bourdelot.
LETTRE DE MADAME
la Comteſſe deBregy ,
Si
A Monfieur l'Abbé Bourdelot.
d'ac- I vous me regardez du coſtéde la capacité,je demcure cord que mon dro't n'est pas bien fondé à me plaindre de vous , de ne m'avoir point montré vos Ou- vrages: Mais s'il vous avoit plû,
Monsieur , de confiderer ceux qui vous aiment le mieux , par cette regle là j'aurois receu devous les Vers que vous avez faits pour MonsieurColbert , dont lefeulha- zard mefit hier prefcnt. Cela est beau que ce nefoitpas devous que jeles aye reçeus. Nesçavez-vous
GALANT. 27
E
de
en
de
pasbien que tout ce qui sert àvo- ſtregloire,fert aussiàma joye ,
que d'ailleurs bien de choses ne m'en donnent pas tant qu'il foit neceffaire de m'en retrancher ? Ce n'est pas là ce que les Amis doivent faire , au contraire il faut qu'ils fongent à procurer à ceux
qu'ils aiment tous les petits biens,
westant pas en estat deleur en faire avoir de grands ; mais vous estes dans un embarras d'amour propre,
qui vous tient de trop pres pour vous laiſſer le temps de penserà
ceux , dequi vous estes aimé, &il
vous fait fans ceffe courir apres ceux , que l'Envie empesche de
convenirdevostremerite. Necherchezplusà les enconvaincre.Eftes- vous àſçavoirque la Verité s'éta- blit par elle-mesme , & que c'est 0145 fonprivilege depercertousles nua
tte
les
A
Y
eft
que
ges pourse découvrir ? C'est une
Bij
28 LE MERCVRE
preuve du parfait merite , de vi- vrc avec nonchalancefans briguer l'approbation, il faut qu'elle vien- ne à la fin payer tribut fans que lon' en prenne foin. Regardez le Héros , aupres de qui vous eſtes attaché. Voyezcomme il semble estre de loisir , il ne fait plus rien parce qu'ila tout fait,car iln'est point d'esprit qu'il n'ait parfaite- mentafſujetty à croire qu'il est un des plus grands Hommes du monde,
& pour peu qu'il commençât à
s'ennuyer dans sa folitude , ilfe trouve un remede tout prest. Il n'a qu'à tourner les yeux du cofté defa gloire,pourvoir le plus beau pe- Etacle , que jamais Mortel ait pû donnerà l'Univers. Avec une telle Sauvegardeiln'estpointde chagrin qui le puiſſe attaquer. La mort mesme , qui ofe tout nepourra rien contre luy , car lors qu'elle croira
GALANT. 29
-
le
es
le
съ
ift
te141
de
sestre enrichie d'unefi noble proye,
elle n'aurafait que le débaraſſerde
ce qu'il avoit de commun avec le
refte des Hommes , pour le laiffer
pluspurement en estat d'aller pren- dre place entre les Demy-Dieux.
Mais s'il trouvoitſon compte à cela,nousn'y trouverions
ftre en
Le no pas be le perdant ; c'est pourquoy Monsieur l'Abbé , ne fongez pas tant àécrire *7771
en beau langage , que vous ne reſviez profondement àce
que l'Art de la Medecine peut
Se fournir de Secrets, pour prolonger fur la terreunesi belle vie ; &par là voſtre Siecle vous fera beaucoup
plus redevablé , que de toutes les
chofes que vouspourriez d'ailleurs faire pour fon ornement. En mon.
particulier je ne vous quittepoint à moins de me promettre pour ce Grand Homme encore une centaine
L'années; & pour vous en récompu
elle
yin
ort
-ien
1
Biij
30 LE MERCVRE penſer,jeſouhaiteque toutle mon- de convienne avec moy que Mon- fieur l'AbbéBourdelot est tout com- pté &rabattu , un desHommes du
monde de laplus agreable conuer- fation
la Comteſſe deBregy ,
Si
A Monfieur l'Abbé Bourdelot.
d'ac- I vous me regardez du coſtéde la capacité,je demcure cord que mon dro't n'est pas bien fondé à me plaindre de vous , de ne m'avoir point montré vos Ou- vrages: Mais s'il vous avoit plû,
Monsieur , de confiderer ceux qui vous aiment le mieux , par cette regle là j'aurois receu devous les Vers que vous avez faits pour MonsieurColbert , dont lefeulha- zard mefit hier prefcnt. Cela est beau que ce nefoitpas devous que jeles aye reçeus. Nesçavez-vous
GALANT. 27
E
de
en
de
pasbien que tout ce qui sert àvo- ſtregloire,fert aussiàma joye ,
que d'ailleurs bien de choses ne m'en donnent pas tant qu'il foit neceffaire de m'en retrancher ? Ce n'est pas là ce que les Amis doivent faire , au contraire il faut qu'ils fongent à procurer à ceux
qu'ils aiment tous les petits biens,
westant pas en estat deleur en faire avoir de grands ; mais vous estes dans un embarras d'amour propre,
qui vous tient de trop pres pour vous laiſſer le temps de penserà
ceux , dequi vous estes aimé, &il
vous fait fans ceffe courir apres ceux , que l'Envie empesche de
convenirdevostremerite. Necherchezplusà les enconvaincre.Eftes- vous àſçavoirque la Verité s'éta- blit par elle-mesme , & que c'est 0145 fonprivilege depercertousles nua
tte
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Y
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que
ges pourse découvrir ? C'est une
Bij
28 LE MERCVRE
preuve du parfait merite , de vi- vrc avec nonchalancefans briguer l'approbation, il faut qu'elle vien- ne à la fin payer tribut fans que lon' en prenne foin. Regardez le Héros , aupres de qui vous eſtes attaché. Voyezcomme il semble estre de loisir , il ne fait plus rien parce qu'ila tout fait,car iln'est point d'esprit qu'il n'ait parfaite- mentafſujetty à croire qu'il est un des plus grands Hommes du monde,
& pour peu qu'il commençât à
s'ennuyer dans sa folitude , ilfe trouve un remede tout prest. Il n'a qu'à tourner les yeux du cofté defa gloire,pourvoir le plus beau pe- Etacle , que jamais Mortel ait pû donnerà l'Univers. Avec une telle Sauvegardeiln'estpointde chagrin qui le puiſſe attaquer. La mort mesme , qui ofe tout nepourra rien contre luy , car lors qu'elle croira
GALANT. 29
-
le
es
le
съ
ift
te141
de
sestre enrichie d'unefi noble proye,
elle n'aurafait que le débaraſſerde
ce qu'il avoit de commun avec le
refte des Hommes , pour le laiffer
pluspurement en estat d'aller pren- dre place entre les Demy-Dieux.
Mais s'il trouvoitſon compte à cela,nousn'y trouverions
ftre en
Le no pas be le perdant ; c'est pourquoy Monsieur l'Abbé , ne fongez pas tant àécrire *7771
en beau langage , que vous ne reſviez profondement àce
que l'Art de la Medecine peut
Se fournir de Secrets, pour prolonger fur la terreunesi belle vie ; &par là voſtre Siecle vous fera beaucoup
plus redevablé , que de toutes les
chofes que vouspourriez d'ailleurs faire pour fon ornement. En mon.
particulier je ne vous quittepoint à moins de me promettre pour ce Grand Homme encore une centaine
L'années; & pour vous en récompu
elle
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ort
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30 LE MERCVRE penſer,jeſouhaiteque toutle mon- de convienne avec moy que Mon- fieur l'AbbéBourdelot est tout com- pté &rabattu , un desHommes du
monde de laplus agreable conuer- fation
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Résumé : LETTRE DE MADAME la Comtesse de Bregy, A Monsieur l'Abbé Bourdelot.
Dans sa lettre à l'Abbé Bourdelot, la Comtesse de Bregy exprime son admiration pour ses œuvres et son désir de recevoir les vers qu'il a écrits pour Monsieur Colbert. Elle souligne que la gloire de l'Abbé lui procure de la joie et critique son habitude de ne pas partager ses œuvres avec ses proches, préférant chercher l'approbation de ceux qui sont jaloux de son mérite. La Comtesse compare l'Abbé à un héros indifférent aux approbations extérieures et l'encourage à se concentrer sur la médecine pour prolonger sa vie. Elle souhaite qu'il vive encore longtemps et continue à contribuer à la médecine, estimant que cela serait plus bénéfique pour son siècle que ses écrits.
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174
p. 46-61
« Je devrois estre déja devant S. Omer; mais je ne puis [...] »
Début :
Je devrois estre déja devant S. Omer; mais je ne puis [...]
Mots clefs :
Aventure, Cavalier, Dame, Conversation, Repas, Vin, Dormir, Dents
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je devrois estre déja devant S. Omer; mais je ne puis [...] »
Je devrois eſtre déja devant
S. Omer ; mais je ne puis me defendre de m'arreſter encor un
momenticy, pourvous faire rire d'une Avanture dont unCavalier , que vous connoiffez toutes les peines du monde àſe conſoler: c'eſt celuy , qui au dernier Voyage que vous fiſtes icy, vousdittant d'agreablesBa- gatelles aux Tuilleries. Vous
ſçavez , Madame , combienſa converſation eſt enjoüée. C'eſt un talent merveilleux pour ſe faire ſouhaiterpar tout. Il dit les chofes finement , fait un Conte
GALAN T. 31
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debonne grace, & il feroit pref- que fans defaut , s'il n'avoit pas celuy de ſe mettre quelquefois de trop bonne humeur , quand il reçoit un Défy dans la Dé- bauche. Il s'oublie pourtant af- ſez rarement la-deſſus &s'ilne
s'en corrige pas tout à fait, c'eſt parce , qu'iln'a que cequi s'ap- pelleunVingay,&que ſe don- nant ſeulement tout à la joye , il ne s'en eſt jamais fait d'affaires,
que celle que je vous vais con- ter. On l'avoit mis d'un fort
grandRepas chez Bergerat. Vn Comte & un Marquis de fes plus particuliers Amis s'y trou- verent : ils eſtoient tous deux de
ſa confidence , &ils avoient habitudel'un & l'autre chez une
Damequi ne montroit pas d'in- difference pour luy. La Dame eftoit digne de ſes ſoins , jeune,
Biv
32 LE MERCVRE
aimable , mais d'une fierté à
gronder long- tempspourpeude chofe. Toutes ces circonstances.
font àſçavoir pour l'intelligence de l'Histoire. On ſe metà Table , on rit, on chante , on dit
des folies , & le Cavalier porte fi loin la joye , qu'il la fait aller juſqu'a l'excés. Il boit la ſanté des Belles , exagere leur merite,
&laiſſe égarer ſa raiſon à force de vouloir raifonner Apresquel- ques rafadesun peu trop large- mentréïterées , il ſe jette ſur un Lit de repos , l'aſſoupiſſement l'y prend,&il eſt tel que l'heu- rede ſe ſeparer arrive avantqu'il aitceffé dedormir. Ses Amis ſe
croyent obligez d'en prendre foin. On le porte dans le Car- roffe du Comte , qui le fait me- ner chez luy. Ses Laquais le des- habillét,on le couche fans qu'il
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e
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1
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el
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Hre
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faffe autre choſe qu'ouvrir un peu les yeux &ſe rendormir. Ce long oubly de luy-meſme mer leComte en humeurde luy fai- re piece. Il oblige une de ſes Amies d'aller chez la Dame ,
dont je vous ay fait la peinture.
Elle la met ſur le chapitre du Cavalier , &luy demande fi elle eſtoit broüillée avec luy , parce qu'il s'eſtoit trouvé en lieu où il n'avoit pas parlé d'elle comme il devoit. La Dame eſtoit fiere,
elle prend feu , & luy prepare une froideur plus propre à le chagriner que ne pourroient faire ſes plaintes. C'eſtoit là ce que le Comtevouloit. Il va trou- ver le Marquis leur Amycom- mun , & concerte avec luy le perſonnage qu'il doit joüer. La nuit ſe paſſe , le Cavaliers'éveil- le ,&eft fort furpris de ſe trou
Bv
34 LE MERCVRE
ver chez le Comte , qui entre un
moment apresdans ſaChambre.
Il s'informe de l'enchantement
qui l'amis oùil ſe voit. Le Com- te foûrit , &luydemandes'il ne ſeſouvient plus detoutes les fo-- lies qu'il a faites depuis le Repas de Bergerat. Il luy fait croire qu'il l'avoit trouvé chez une Ducheſſe d'où il l'avoir ramené
chez luy , parce qu'iln'eſtoit pas dans ſon bon ſens. Il adjoûte qu'il venoitde ſçavoirqu'il avoit rendu viſite àſon Amie , à qui il avoitdit force impertinences;, qu'on ne luy avoit pû dire pré- cifément ce que c'eſtoit , mais qu'elle en eſtoit fort indignée,
&d'autant plus que c'eſtoit en preſence du Marquis qu'il luy avoitdit toutes les choſes deſobligeantes dont elleſe plaignoit.. LeCavalier ne ſçaitoù il en eſt.
GALAN T. 35
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Il ſe ſouvient duRepas deBer- gerat. Mais il neſe ſouvient de rien autre choſe. Il ne laiſſe pas d'eſtre perfuadé , que comme il eſt venu coucher chez le Comte ſans s'en eftre apperçeu, il peutbien avoir fait toutes lesex- travagances dont on l'accufe. W
courtchez le Marquis. LeMar٦١٨
*
quis , qui estoit inftruit, débute
auec luy par une grande Mercu- riale. Il luy ditqu'il ne comprend point comment il a pû s'oublier au point qu'il a fait , qu'on ne traite point une Femme qu'on eftime , comme il a traité ſon
Amie , & qu'il meritoit bien qu'elle ne renoüât jamais avec luy. Le Cavalier veut ſçavoir fon crime ; ce crime eſt qu'il a
reproché à la Dame devant luy qu'elle avoit de fauffe Dents,
qu'il ne s'eſt pas contenté de le Bvj
36 LE MERCVRE dire une fois qu'il l'a repeté , &.
qu'elle en eſt dans une fi grande colere, qu'il fera bien d'allerl'ap-- paiſerſur l'heure, afin qu'elle ne s'affermiſſe pas dans la refolutionde ne luy pardonner jamais:
Je ne vous puis dire , Madame,
ſi le Marquis crut ſuppoſer ce defaut àla Belle,où s'il ſçavoit qu'il fuſt effectif, mais la verité eſt que toutes ſes Dents n'ef- toient point à elle. Le malheur de les perdre eſt inévitable à
bien de Gens , & on n'eſt point:
blamable d'y remedier ; mais les Dames qui le cachent avec ſoin,
nefontpas bien aiſes qu'on s'ens apperçoive , & il faut toûjours avoir la difcretion de n'en rien
voir. Le Cavalier aimoit la Dame , il donne dans le panneau,
va chez elle , apres avoir quitté le Marquis ; & ne jugeant pas
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Din,
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qu'une injure de faufſes Dents reprochées ſoit difficile à ou blier , parce qu'il ne croit pas qu'elle en airde fauffes , il com- mence par des excuſes genera- lesd'avoir laiſſe échapper quel- que choſe quiluy air deplû. La Damequ'on eſtoit venue aver- tir dupeu de confideration qu'il avoit montré pour elle , répond fierement qu'elle semettoit fort peu en peine de ce qu'il avoit pû dire ſur ſon chapitre , que c'e- ſtoit tantpis pour luy ,&qu'elle ſe croyoit à couvertde toute for- te de cenfures , fi on ne diſoit
que des veritez . C'eſt parlà que le Cavalier pretend qu'on luy doit aifément pardonner , puis qu'eſtantdansuneſtat à ne ſça- voir pas trop bien ce qu'il diſoit,
il l'avoit accufée d'avoirde faufſes Dents , elle qui les avoit fi
38 LE MERCVRE belles & fi bien rangées par la Nature. La Dame qui ſe ſent attaquée par ſon foible ne peut plus ſe retenir ; elle croit qu'a- pres avoir mal parlé d'elle , il a
encor l'infolence de la venir infulter. Elle éclate; & plus elle marque de colere , plus il de- mande ce qu'ily a de criminel dans l'article ſuposé des fauſſes Dents. Elle le chaſſe, il s'obſtine
àdemeurer , revient encor à ſes
Dents , &la met dans une telle
impatience qu'elle le quitte, &
va s'enfermer dans ſon Cabinet..
Le Cavalier demeure dans une
furpriſe inconcevable. Il s'addreſſe à ſa Suivante , & veut
l'employer à faire ſa paix. La Suivante l'entreprend , luy de- mande dequoy il s'eſt aviſé de parlerdes Dents de ſa Maiſtref fe , & luy ayant dit qu'elle ne
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ne
doit compte àperſonne ſi elle en a d'appliquées ou non, elle luy fait enfinſoupçonnerqu'il pour- roit avoir dit vray en n'y pen- ſant pas. Cependant il eſt obli- gé de fortir ſans avoir pû faire fatisfaction à la Dame. Ileſt retourné dix fois chez elle depuis ce temps-là , & elle ne l'a point encore voulu recevoir. Voilà ,
Madame, en quel eſtat font les choſes. LeCavalier à découvert
depuis deux jours la piece que fesAmisluy avoient joüée , il en eſt fort piqué, &ily aura peut- eſtre de la ſuite que je neman- queray pas à vous apprendre.
S. Omer ; mais je ne puis me defendre de m'arreſter encor un
momenticy, pourvous faire rire d'une Avanture dont unCavalier , que vous connoiffez toutes les peines du monde àſe conſoler: c'eſt celuy , qui au dernier Voyage que vous fiſtes icy, vousdittant d'agreablesBa- gatelles aux Tuilleries. Vous
ſçavez , Madame , combienſa converſation eſt enjoüée. C'eſt un talent merveilleux pour ſe faire ſouhaiterpar tout. Il dit les chofes finement , fait un Conte
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debonne grace, & il feroit pref- que fans defaut , s'il n'avoit pas celuy de ſe mettre quelquefois de trop bonne humeur , quand il reçoit un Défy dans la Dé- bauche. Il s'oublie pourtant af- ſez rarement la-deſſus &s'ilne
s'en corrige pas tout à fait, c'eſt parce , qu'iln'a que cequi s'ap- pelleunVingay,&que ſe don- nant ſeulement tout à la joye , il ne s'en eſt jamais fait d'affaires,
que celle que je vous vais con- ter. On l'avoit mis d'un fort
grandRepas chez Bergerat. Vn Comte & un Marquis de fes plus particuliers Amis s'y trou- verent : ils eſtoient tous deux de
ſa confidence , &ils avoient habitudel'un & l'autre chez une
Damequi ne montroit pas d'in- difference pour luy. La Dame eftoit digne de ſes ſoins , jeune,
Biv
32 LE MERCVRE
aimable , mais d'une fierté à
gronder long- tempspourpeude chofe. Toutes ces circonstances.
font àſçavoir pour l'intelligence de l'Histoire. On ſe metà Table , on rit, on chante , on dit
des folies , & le Cavalier porte fi loin la joye , qu'il la fait aller juſqu'a l'excés. Il boit la ſanté des Belles , exagere leur merite,
&laiſſe égarer ſa raiſon à force de vouloir raifonner Apresquel- ques rafadesun peu trop large- mentréïterées , il ſe jette ſur un Lit de repos , l'aſſoupiſſement l'y prend,&il eſt tel que l'heu- rede ſe ſeparer arrive avantqu'il aitceffé dedormir. Ses Amis ſe
croyent obligez d'en prendre foin. On le porte dans le Car- roffe du Comte , qui le fait me- ner chez luy. Ses Laquais le des- habillét,on le couche fans qu'il
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faffe autre choſe qu'ouvrir un peu les yeux &ſe rendormir. Ce long oubly de luy-meſme mer leComte en humeurde luy fai- re piece. Il oblige une de ſes Amies d'aller chez la Dame ,
dont je vous ay fait la peinture.
Elle la met ſur le chapitre du Cavalier , &luy demande fi elle eſtoit broüillée avec luy , parce qu'il s'eſtoit trouvé en lieu où il n'avoit pas parlé d'elle comme il devoit. La Dame eſtoit fiere,
elle prend feu , & luy prepare une froideur plus propre à le chagriner que ne pourroient faire ſes plaintes. C'eſtoit là ce que le Comtevouloit. Il va trou- ver le Marquis leur Amycom- mun , & concerte avec luy le perſonnage qu'il doit joüer. La nuit ſe paſſe , le Cavaliers'éveil- le ,&eft fort furpris de ſe trou
Bv
34 LE MERCVRE
ver chez le Comte , qui entre un
moment apresdans ſaChambre.
Il s'informe de l'enchantement
qui l'amis oùil ſe voit. Le Com- te foûrit , &luydemandes'il ne ſeſouvient plus detoutes les fo-- lies qu'il a faites depuis le Repas de Bergerat. Il luy fait croire qu'il l'avoit trouvé chez une Ducheſſe d'où il l'avoir ramené
chez luy , parce qu'iln'eſtoit pas dans ſon bon ſens. Il adjoûte qu'il venoitde ſçavoirqu'il avoit rendu viſite àſon Amie , à qui il avoitdit force impertinences;, qu'on ne luy avoit pû dire pré- cifément ce que c'eſtoit , mais qu'elle en eſtoit fort indignée,
&d'autant plus que c'eſtoit en preſence du Marquis qu'il luy avoitdit toutes les choſes deſobligeantes dont elleſe plaignoit.. LeCavalier ne ſçaitoù il en eſt.
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Il ſe ſouvient duRepas deBer- gerat. Mais il neſe ſouvient de rien autre choſe. Il ne laiſſe pas d'eſtre perfuadé , que comme il eſt venu coucher chez le Comte ſans s'en eftre apperçeu, il peutbien avoir fait toutes lesex- travagances dont on l'accufe. W
courtchez le Marquis. LeMar٦١٨
*
quis , qui estoit inftruit, débute
auec luy par une grande Mercu- riale. Il luy ditqu'il ne comprend point comment il a pû s'oublier au point qu'il a fait , qu'on ne traite point une Femme qu'on eftime , comme il a traité ſon
Amie , & qu'il meritoit bien qu'elle ne renoüât jamais avec luy. Le Cavalier veut ſçavoir fon crime ; ce crime eſt qu'il a
reproché à la Dame devant luy qu'elle avoit de fauffe Dents,
qu'il ne s'eſt pas contenté de le Bvj
36 LE MERCVRE dire une fois qu'il l'a repeté , &.
qu'elle en eſt dans une fi grande colere, qu'il fera bien d'allerl'ap-- paiſerſur l'heure, afin qu'elle ne s'affermiſſe pas dans la refolutionde ne luy pardonner jamais:
Je ne vous puis dire , Madame,
ſi le Marquis crut ſuppoſer ce defaut àla Belle,où s'il ſçavoit qu'il fuſt effectif, mais la verité eſt que toutes ſes Dents n'ef- toient point à elle. Le malheur de les perdre eſt inévitable à
bien de Gens , & on n'eſt point:
blamable d'y remedier ; mais les Dames qui le cachent avec ſoin,
nefontpas bien aiſes qu'on s'ens apperçoive , & il faut toûjours avoir la difcretion de n'en rien
voir. Le Cavalier aimoit la Dame , il donne dans le panneau,
va chez elle , apres avoir quitté le Marquis ; & ne jugeant pas
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pas
qu'une injure de faufſes Dents reprochées ſoit difficile à ou blier , parce qu'il ne croit pas qu'elle en airde fauffes , il com- mence par des excuſes genera- lesd'avoir laiſſe échapper quel- que choſe quiluy air deplû. La Damequ'on eſtoit venue aver- tir dupeu de confideration qu'il avoit montré pour elle , répond fierement qu'elle semettoit fort peu en peine de ce qu'il avoit pû dire ſur ſon chapitre , que c'e- ſtoit tantpis pour luy ,&qu'elle ſe croyoit à couvertde toute for- te de cenfures , fi on ne diſoit
que des veritez . C'eſt parlà que le Cavalier pretend qu'on luy doit aifément pardonner , puis qu'eſtantdansuneſtat à ne ſça- voir pas trop bien ce qu'il diſoit,
il l'avoit accufée d'avoirde faufſes Dents , elle qui les avoit fi
38 LE MERCVRE belles & fi bien rangées par la Nature. La Dame qui ſe ſent attaquée par ſon foible ne peut plus ſe retenir ; elle croit qu'a- pres avoir mal parlé d'elle , il a
encor l'infolence de la venir infulter. Elle éclate; & plus elle marque de colere , plus il de- mande ce qu'ily a de criminel dans l'article ſuposé des fauſſes Dents. Elle le chaſſe, il s'obſtine
àdemeurer , revient encor à ſes
Dents , &la met dans une telle
impatience qu'elle le quitte, &
va s'enfermer dans ſon Cabinet..
Le Cavalier demeure dans une
furpriſe inconcevable. Il s'addreſſe à ſa Suivante , & veut
l'employer à faire ſa paix. La Suivante l'entreprend , luy de- mande dequoy il s'eſt aviſé de parlerdes Dents de ſa Maiſtref fe , & luy ayant dit qu'elle ne
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doit compte àperſonne ſi elle en a d'appliquées ou non, elle luy fait enfinſoupçonnerqu'il pour- roit avoir dit vray en n'y pen- ſant pas. Cependant il eſt obli- gé de fortir ſans avoir pû faire fatisfaction à la Dame. Ileſt retourné dix fois chez elle depuis ce temps-là , & elle ne l'a point encore voulu recevoir. Voilà ,
Madame, en quel eſtat font les choſes. LeCavalier à découvert
depuis deux jours la piece que fesAmisluy avoient joüée , il en eſt fort piqué, &ily aura peut- eſtre de la ſuite que je neman- queray pas à vous apprendre.
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Résumé : « Je devrois estre déja devant S. Omer; mais je ne puis [...] »
Le texte narre une aventure impliquant un cavalier réputé pour son talent de conversation et son humour, mais également pour son tempérament impulsif après avoir consommé de l'alcool. Lors d'un repas chez Bergerat, le cavalier se laisse emporter par la joie et, après s'être endormi, est ramené chez un comte par ses amis. Le comte et un marquis, amis du cavalier, décident de profiter de la situation pour le punir d'une offense imaginaire. Ils lui font croire qu'il a insulté une dame en lui reprochant d'avoir de fausses dents, ce qui est en réalité faux. Le cavalier, ignorant la supercherie, tente de se justifier auprès de la dame, mais elle le chasse, furieuse. Le cavalier, perplexe, essaie de se racheter sans succès. Il découvre finalement la vérité deux jours plus tard et est contrarié par la plaisanterie de ses amis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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175
p. 61-66
« Cependant, comme j'ay déja commencé à vous parler des Pages [...] »
Début :
Cependant, comme j'ay déja commencé à vous parler des Pages [...]
Mots clefs :
Pages, Écurie, Noms, Charges, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Cependant, comme j'ay déja commencé à vous parler des Pages [...] »
Cependant , comme j'ay déja commencé àvous parler desPages du Roy dans ma derniere Lettre , jacheve icy ce que j'ay encore àvous dire. Ceuxquiont toutes les qualitez neceſſaires.
40 LEMERCVRE
pour eftre du nombre , ſont ſou-- vent obligez d'attendre long-- temps , cet avantage eftant re- cherchéà l'envy par tous ceux quideſcendentdes plus grandes.
Maiſons du Royaume. Comme ils ſervent dans les Armées dés
leur plus grande jeuneffe , &
qu'ils meritent dans un âge peu avancé les Charges quileur font données , il ne faut pas s'éton-- ner ſi la pluſpart deviennent bien-toft capables de comman- der , & fi nous voyons ſouvent les premiers emplois entre des mains de pluſieurs , qui ont eu 1honneur d'eſtre elevez Pages du Roy. Sa Majeſté s'eſtant ren- duë fur la Frontiere avec préci pitation , ne mena avec elle qu'une partiedeſes Pages. Voi- cy les Noms de ceux qui la fuiverent.
(
GALAN T. 41
Pages de la Chambre.
M. des Chapelles.
M. de Guebriant.
M. de Neuville.
LaGrande Ecurie.
M. de Braque.
M. du Mets-Tiercelin.
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M. de Chevigny.
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M. de Serignan,aîne & ca- det.
M.de Pelot.
M. de Monfrein.
Pages de lapetite Ecurie.
M. de Boifdennemets..
M.deNadaillac..
M. de S. Gilles- Lenfant.
M. de la Grange , cadet.
M.deRenanfart.
M. de Bonnefonds , aîné &
cader..
M.de Laval.
M. deMarmagne.
42 LE MERCVRE
M. deBoufv.
M.de Moiffet.
4
M. de Melun.
Je ne parleray point icy de leur Nobleffe , perſonne n'en peut douter , puis que tous les Pages du Roy font obligez d'en faire preuve , avant que d'eſtre reçeus. SaMajestévoulantdon- ner moyenàtous ceux dont je viens de parler, d'apprendre le meſtier de la Guerre , les a fait fervir tour à tour d'Aydes de Camp à ſes Aydes Camp , pen- dant les Sieges de Valenciennes & de Cambray , ce qui leur a
donné lieu d'acompagner fou- vent les Officiers Generaux , &
de ſe trouver dans les endroits
les plus perilleux.
40 LEMERCVRE
pour eftre du nombre , ſont ſou-- vent obligez d'attendre long-- temps , cet avantage eftant re- cherchéà l'envy par tous ceux quideſcendentdes plus grandes.
Maiſons du Royaume. Comme ils ſervent dans les Armées dés
leur plus grande jeuneffe , &
qu'ils meritent dans un âge peu avancé les Charges quileur font données , il ne faut pas s'éton-- ner ſi la pluſpart deviennent bien-toft capables de comman- der , & fi nous voyons ſouvent les premiers emplois entre des mains de pluſieurs , qui ont eu 1honneur d'eſtre elevez Pages du Roy. Sa Majeſté s'eſtant ren- duë fur la Frontiere avec préci pitation , ne mena avec elle qu'une partiedeſes Pages. Voi- cy les Noms de ceux qui la fuiverent.
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GALAN T. 41
Pages de la Chambre.
M. des Chapelles.
M. de Guebriant.
M. de Neuville.
LaGrande Ecurie.
M. de Braque.
M. du Mets-Tiercelin.
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Pages de lapetite Ecurie.
M. de Boifdennemets..
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M. de S. Gilles- Lenfant.
M. de la Grange , cadet.
M.deRenanfart.
M. de Bonnefonds , aîné &
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M.de Laval.
M. deMarmagne.
42 LE MERCVRE
M. deBoufv.
M.de Moiffet.
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M. de Melun.
Je ne parleray point icy de leur Nobleffe , perſonne n'en peut douter , puis que tous les Pages du Roy font obligez d'en faire preuve , avant que d'eſtre reçeus. SaMajestévoulantdon- ner moyenàtous ceux dont je viens de parler, d'apprendre le meſtier de la Guerre , les a fait fervir tour à tour d'Aydes de Camp à ſes Aydes Camp , pen- dant les Sieges de Valenciennes & de Cambray , ce qui leur a
donné lieu d'acompagner fou- vent les Officiers Generaux , &
de ſe trouver dans les endroits
les plus perilleux.
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Résumé : « Cependant, comme j'ay déja commencé à vous parler des Pages [...] »
Le texte décrit les Pages du Roi, jeunes nobles servant dans les armées dès leur jeunesse et souvent promus rapidement à des postes de commandement. Ces pages, issus des plus grandes maisons du royaume, doivent prouver leur noblesse avant d'être acceptés. Le roi, contraint de se rendre rapidement à la frontière, n'a emmené qu'une partie d'entre eux. Le texte énumère les noms des pages ayant accompagné le roi, répartis en Pages de la Chambre, de la Grande Ecurie et de la Petite Ecurie. Le roi a également donné aux pages l'opportunité d'apprendre le métier de la guerre en les faisant servir comme aides de camp pendant les sièges de Valenciennes et de Cambray, leur permettant ainsi de se trouver dans des situations périlleuses aux côtés des officiers généraux.
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176
p. 66-71
« Je croy qu'ils ont tous fait paroistre un courage [...] »
Début :
Je croy qu'ils ont tous fait paroistre un courage [...]
Mots clefs :
Régiment des gardes, Officiers généraux, Attaque, Cambrai, Citadelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je croy qu'ils ont tous fait paroistre un courage [...] »
Je croy qu'ils ont tous faitparoiſtre un coura- ge dignede leur naiſſance , ce- pendant je ne puis rien dire de
GALANT. 43
d:
en
Tes
en
particulier que de ceux , dont le hazard ou leurs Amis m'ont inftruit. Je ſçay ſeulement que la pluſpart ſe ſont ſouvent écha- pez pour aller , comme Volon- taires , auxAttaquesqui ſe ſont faites les jours qu'ils n'eſtoient pointde Garde.
Monfieur de Braque , d'une
le
desplus puiſſantes Maiſons du Royaume , &Meſſieurs de Boif- dennemets & le Feron ſe ſignaHe lerentàla teſteduRegimentdes Gardes , le jour que la Ville de
es
1
S
Valenciennes fut emportée; ils prirent pluſieurs Officiers des Ennemis , auſquels ils donne- rentla vie. Ils les mirent entre
les mains des Mouſquetaires
Noirs & allerent en ſuite au
Guichetde laVille , où ils arriverent des premiers. Meſſieurs de Luxembourg &de Danjeau
44 LE MERCVRE
ayant trouvé unegrande confir- fion entre les foldats qui s'effor- çoientd'entrer , peut-eſtre dans l'efperance du pillage, ordonna,
aux Pages que je viens de nom- mer,de les faire retirer ſur une hauteur , &d'empefcher qu'ils n'aprochaffent.Apres avoirexe- cute cet ordre, ils entrerentdans laVille, où avec plusde pruden- ce qu'on n'en devoit attendre des Perſonnes de leur age , ils empeſcherent le defordre , &
arreſterent quantité de Soldats quiſe preparoient àpiller.. Mrs deBraque,du Mets-Tier- celin &de la Grange , ſe trou- verent à l'Attaque de la Demy- lune qui fut priſe la veille que la Villede Cambray compoſa.
Les deux premiers avecMeſ- fieurs de Ganges & de Pelot furét à l'Attaque de la Contref
GALAN T. 45
SL
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२
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S
1-
re
&
ts
r1-
V리
{-
t
carpe de la Citadelle de Cam- bray , où ils ſe ſignalerent à la teſte des Gardes. Ce dernier
eſt Fils de Monfieur de Pelot ,
Premier Preſident au Parlement de Roüen. Le merite de
ce grand Homme eſt aſſez connu , & chacun ſçait que fa haute capacité , & l'exacte ju- ſtice qu'il a toûjours renduë, &
dans cette grande Charge &
dansſon Intendance de Guyen-:
ne , luy ont acquis aupres du Roy une eſtime qui luy permet l'eſperance des plus importans Emplois.
Ms de Serignan , aîné & ca- det, ſe diſtinguerent auſſi à l'At- taque de la Demy-lune qui fut
repriſe.
M le Chevalier de la Grange receut à la Tranchée de Va- lenciennes un coup de Mouf-
46 LE MERCVRE
quet dans le bras qui ne luy fit qu'une contufion : Il en eut
encor une devant Cambray qui luy fut cauſée par un éclatde Grenade. M² du Mets- Tiercelin y eut ſes cheveux brulez en foûtenant les Travailleurs avec
M le Chevalier des Gaux , &
M' de Braque.
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Monfieur de Braque , d'une
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desplus puiſſantes Maiſons du Royaume , &Meſſieurs de Boif- dennemets & le Feron ſe ſignaHe lerentàla teſteduRegimentdes Gardes , le jour que la Ville de
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Valenciennes fut emportée; ils prirent pluſieurs Officiers des Ennemis , auſquels ils donne- rentla vie. Ils les mirent entre
les mains des Mouſquetaires
Noirs & allerent en ſuite au
Guichetde laVille , où ils arriverent des premiers. Meſſieurs de Luxembourg &de Danjeau
44 LE MERCVRE
ayant trouvé unegrande confir- fion entre les foldats qui s'effor- çoientd'entrer , peut-eſtre dans l'efperance du pillage, ordonna,
aux Pages que je viens de nom- mer,de les faire retirer ſur une hauteur , &d'empefcher qu'ils n'aprochaffent.Apres avoirexe- cute cet ordre, ils entrerentdans laVille, où avec plusde pruden- ce qu'on n'en devoit attendre des Perſonnes de leur age , ils empeſcherent le defordre , &
arreſterent quantité de Soldats quiſe preparoient àpiller.. Mrs deBraque,du Mets-Tier- celin &de la Grange , ſe trou- verent à l'Attaque de la Demy- lune qui fut priſe la veille que la Villede Cambray compoſa.
Les deux premiers avecMeſ- fieurs de Ganges & de Pelot furét à l'Attaque de la Contref
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carpe de la Citadelle de Cam- bray , où ils ſe ſignalerent à la teſte des Gardes. Ce dernier
eſt Fils de Monfieur de Pelot ,
Premier Preſident au Parlement de Roüen. Le merite de
ce grand Homme eſt aſſez connu , & chacun ſçait que fa haute capacité , & l'exacte ju- ſtice qu'il a toûjours renduë, &
dans cette grande Charge &
dansſon Intendance de Guyen-:
ne , luy ont acquis aupres du Roy une eſtime qui luy permet l'eſperance des plus importans Emplois.
Ms de Serignan , aîné & ca- det, ſe diſtinguerent auſſi à l'At- taque de la Demy-lune qui fut
repriſe.
M le Chevalier de la Grange receut à la Tranchée de Va- lenciennes un coup de Mouf-
46 LE MERCVRE
quet dans le bras qui ne luy fit qu'une contufion : Il en eut
encor une devant Cambray qui luy fut cauſée par un éclatde Grenade. M² du Mets- Tiercelin y eut ſes cheveux brulez en foûtenant les Travailleurs avec
M le Chevalier des Gaux , &
M' de Braque.
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Résumé : « Je croy qu'ils ont tous fait paroistre un courage [...] »
Le texte décrit les actions héroïques de jeunes nobles durant plusieurs batailles. Monsieur de Braque, Messieurs de Boisfondenets et le Feron se sont distingués lors de la prise de Valenciennes en capturant des officiers ennemis et en les remettant aux Mousquetaires Noirs. Ils ont également été parmi les premiers à atteindre le guichet de la ville. Messieurs de Luxembourg et de Danjeau ont ordonné aux pages de prévenir le pillage, ce que ces derniers ont accompli en arrêtant de nombreux soldats. Lors de l'attaque de la Demy-lune et de la prise de Cambray, Messieurs de Braque, du Mets-Tiercelin et de la Grange se sont illustrés. Messieurs de Ganges et de Pelot ont été remarquables lors de l'attaque de la contrescarpe de la citadelle de Cambray. Monsieur de Serignan et son cadet se sont également distingués lors de la reprise de la Demy-lune. Le Chevalier de la Grange a été blessé à deux reprises, tandis que Monsieur du Mets-Tiercelin a eu les cheveux brûlés en soutenant les travailleurs.
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177
p. 71-76
« Le Roy ayant ordonné comme je vous ay déja marqué [...] »
Début :
Le Roy ayant ordonné comme je vous ay déja marqué [...]
Mots clefs :
Aides de camp, Page, Cambrai, M. de S. Gilles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roy ayant ordonné comme je vous ay déja marqué [...] »
Le Roy ayant ordonné, com- meje vous ay dėja marqué , que ſes Pages ſerviroientd'Aydes de Campà ſes aydes de Camp. M
le Prince d'Elbeufqui l'eſtoit de fa Majesté, retint Mº de S.Gilles L'enfant pour le ſien. Il eut licu
d'en eſtre ſatisfait , puis que ce
Page s'eſt trouvé dans toutes les occafions perilleuſes ; il entra dans Valenciennes avec les
MouſquetairesGris; il alla avec Monfieur le Prince d'Elbeuf à
laDemy-lune qu'on prit la veil
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le que la Ville de Cambray ſe
rendit , & il donna avec les Volontaires à l'attaque de la Con- treſcarpe de la Citadelle , où il entrades premiers , avec M² le Marquis de Malofe,&Mile Cote de la Vauguyon. Quand on fut rentré dans la Tranchée,on leur ordonna de prendre des Fafci- nes &de les porter au Logemét,
pour donner exemple aux Tra- vailleurs. M. le Chevalier de
Tilladet qui commandoit en de qualité deBrigadier,donna qua- tre ou cinq Commiſſions à M. de S. Gilles, qu'il reconnut eſtre de bonne volonté , &dont il s'acquita heureuſement. Il le nom- ma le lendemain à Monfieurde
Louvois ; & Monfieurle Prince
d'Elbeuf , qui rendit compte au Royde cequi c'eſtoit paſſe pen- dant la nuit, dit auſſi dubiende
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48 LE MERCVRE
luy à Sa Majefté. Lemeſme ſe trouva encore avec Meſſieurs de
Serignan à l'Attaque dela De- my-lune qui fut emportée d'a.-
bord, & que les Ennemis repri- rent ; &lors que M. le Marquis d'Uxelles y vint pour encoura- ger nos Gens , ce Page fit une action de vigueur quifutremar- quée. Des raiſons particulieres m'empeſchent de vous en faire le détail ; mais je ne dois pas oublier à vous dire qu'il n'a pas moins d'eſprit que de cœur. Il a fait ce Carnaval une vingtaine de Rondeaux fur des Fables d'Efope , &les a preſentez àMon- fieur le Duc du Mayne d'une maniere toute finguliere. Ils ont efte fortbien receus , je vous en envoye trois , &vous feray part des autres , s'ils plaiſent autant
dans voſtre Province qu'ils ont plû
GALANT. 49
e
1
1-
ane
alres
ire
Das
ne
E
11-
ne
en
art
ant
Ont
plûaux premieres perſonnesde la Cour.
le Prince d'Elbeufqui l'eſtoit de fa Majesté, retint Mº de S.Gilles L'enfant pour le ſien. Il eut licu
d'en eſtre ſatisfait , puis que ce
Page s'eſt trouvé dans toutes les occafions perilleuſes ; il entra dans Valenciennes avec les
MouſquetairesGris; il alla avec Monfieur le Prince d'Elbeuf à
laDemy-lune qu'on prit la veil
GALANT. 47
e20
ec
&
1-
ue
le que la Ville de Cambray ſe
rendit , & il donna avec les Volontaires à l'attaque de la Con- treſcarpe de la Citadelle , où il entrades premiers , avec M² le Marquis de Malofe,&Mile Cote de la Vauguyon. Quand on fut rentré dans la Tranchée,on leur ordonna de prendre des Fafci- nes &de les porter au Logemét,
pour donner exemple aux Tra- vailleurs. M. le Chevalier de
Tilladet qui commandoit en de qualité deBrigadier,donna qua- tre ou cinq Commiſſions à M. de S. Gilles, qu'il reconnut eſtre de bonne volonté , &dont il s'acquita heureuſement. Il le nom- ma le lendemain à Monfieurde
Louvois ; & Monfieurle Prince
d'Elbeuf , qui rendit compte au Royde cequi c'eſtoit paſſe pen- dant la nuit, dit auſſi dubiende
de
Jes
en
ce
es
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48 LE MERCVRE
luy à Sa Majefté. Lemeſme ſe trouva encore avec Meſſieurs de
Serignan à l'Attaque dela De- my-lune qui fut emportée d'a.-
bord, & que les Ennemis repri- rent ; &lors que M. le Marquis d'Uxelles y vint pour encoura- ger nos Gens , ce Page fit une action de vigueur quifutremar- quée. Des raiſons particulieres m'empeſchent de vous en faire le détail ; mais je ne dois pas oublier à vous dire qu'il n'a pas moins d'eſprit que de cœur. Il a fait ce Carnaval une vingtaine de Rondeaux fur des Fables d'Efope , &les a preſentez àMon- fieur le Duc du Mayne d'une maniere toute finguliere. Ils ont efte fortbien receus , je vous en envoye trois , &vous feray part des autres , s'ils plaiſent autant
dans voſtre Province qu'ils ont plû
GALANT. 49
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Ont
plûaux premieres perſonnesde la Cour.
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Résumé : « Le Roy ayant ordonné comme je vous ay déja marqué [...] »
Le texte décrit les exploits militaires de M. de Saint-Gilles, un page au service du roi. Le Prince d'Elbeuf, aide de camp du roi, le retint pour son propre service. M. de Saint-Gilles se distingua lors de la prise de Valenciennes, de la reddition de Cambrai et de l'attaque de la contrescarpe de la citadelle. Il fit preuve de courage et de dévouement, notamment en portant des fascines pour encourager les travailleurs. Le Chevalier de Tilladet, commandant en qualité de brigadier, reconnut sa bonne volonté et le recommanda à Monsieur de Louvois. Le Prince d'Elbeuf rendit également compte de ses actions au roi. M. de Saint-Gilles participa également à l'attaque de la Demi-lune, où il fit preuve de vigueur remarquée. En dehors de ses exploits militaires, il montra des talents littéraires en composant des rondeaux sur des fables d'Ésope, qui furent bien reçus à la cour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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178
p. 80-81
« Avoüez, Madame, que l'assujettissement à tant de Rimes ne cause [...] »
Début :
Avoüez, Madame, que l'assujettissement à tant de Rimes ne cause [...]
Mots clefs :
Rimes, Louanges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Avoüez, Madame, que l'assujettissement à tant de Rimes ne cause [...] »
Avoüez , Madame, que l'af- ſujettiſſement à tant de Rimes
ne cauſe pas peu de peine dans ces fortes d'ouvrages , & que lors que celuy qui les fait en vient agreablement àbout, il en merite plusde loüanges
ne cauſe pas peu de peine dans ces fortes d'ouvrages , & que lors que celuy qui les fait en vient agreablement àbout, il en merite plusde loüanges
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179
p. 81-91
« A propos d'Ouvrages d'Esprit, je me trouvay dernierement chez une [...] »
Début :
A propos d'Ouvrages d'Esprit, je me trouvay dernierement chez une [...]
Mots clefs :
Ouvrages d'esprit, Dame, Académie française, Chevalier de Méré, Traités, Assemblée, Héroïne mousquetaire, Lettre, Nouvelle, Hollande
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « A propos d'Ouvrages d'Esprit, je me trouvay dernierement chez une [...] »
Apro- posd'Ouvragesd'Eſprit , je me trouvaydernierement chez une Dame qui en juge admirable- mentbien, auffi voit-elle cequ'il y a de plus beaux Eſprits en France. Elle entend les Langues , fait des Vers qu'il feroit difficile demieux tourner ; &la
pluſpart de nos Illuftres de l'A- cademie Françoiſe , ne dédai- gnent pas de la conſulter fur leurs Ouvrages avantque de les
GALANT. 5安
l'afimes
dans
que
ten
donner au Public. Onmit ſur le
tapis les trois Traitez que M le ChevalierdeMeré a fait impri- mer depuis peu , &je fusravy,
Madame , de voir que tout le bien qu'on en ditſe rapportât à
F'eſtimeparticuliere que vous en faites. L'un fut pour le Traité de l'Eſprit,l'autre pour celuy de P'Eloquence , & la Dame ſe de- clara pour les Agrémens ; mais il n'y eut perſonne qui ne con- vinſt que tous les trois eſtoient able écrits avec une facilité &une
qul pureté de langage qui ne fatis- faifoit pas moins les oreilles,que leurs folides raiſonnemens rem.
pliſſoient l'eſprit. On parla en
ilen
pro
unt
sen
Lanerot
&la
I'Adair
ſuite de l'Heroïne Mouſquetaire qu'on loüa en bien des choſes , mais qu'on prit pour une - fur Hiſtoire faite à plaifir , quoy Heles qu'on nousla donne pour veri C iij
54 LE MERCVRE table. Quelqu'un pretendit qué Chriſtine qui tuë ſon Frere cro- yant tirer ſur un Sanglier , n'é- toit autre choſe que la Fable de Procris &deCephale ;&fur ce qu'une partie de l'Aſſemblée fut dumeſme ſentiment , un autre
prit la parole , & dit qu'il arri voit quelquefois des chofes extraordinaires qui pour n'avoir rien de vray-ſemblable, ne laif- foient pasd'eſtre vrayes,&qu'on luy enavoitmandé une deHol- lande , dont il ne doutoit point que toute la Compagnie ne fuft ſurpriſe. Il tira enmeſme temps une Lettre de ſa poche écrite à
Amſterdam , & datée du 15. de Juin; &en ayant paffé les tren-- te premieres lignes, leut l'Arti- cle qui fuit.
Ily a preſentement icy un Pro-- phetevestu d'une Robe de toutefor-
GALANT5
que
ne
ede
arce
-el efut
Liere
arri
Sex
vol
laifHol
point
fuft
mps
te
-.de
renrtiPro
form
te de couleurs , laquelle n'a point de couture, quoy qu'elle soit de plu- fieurs pieces. Elle n'eft ny defil ny de coton, ny defoye , ny de laine,
ny de poil, ou de peau d'aucun Ani- mal, & elle n'est point faite de main d'Homme. Le ne sçay ce que sepretendu Prophetepeut avoirde commun avec les Sectacteurs de la
ridicule Opinion des Pré-Adamites , mais onfait courir le bruitque ceux dont il tire fon origine ont
precedéAdam. Il porte une Cou- ronneſurſa teſte , &il n'est point marié,quoy qu'ilait plusieurs Fem- mes. Elles vivent toutes avec luy Sans jalousie, tant il établit un bon ordre entr'elles. Il est tres -fobre, ne
vivant pour l'ordinaire que dure- but des Chiens. Il mepriſe l'or &
l'argent , &n'enajamaisfait au- cun cas. Il va toûjours pieds nuds
auffi-bien l'Hyver que l'Esté, &il Ciiij
36 LE MERCVRE marchefort gravement. On ne m'a pûdire de quelle croyance il eſtoit
mais il est certain qu'il commence àrendrefes loüanges à Dicu dés lanuit , & avant le lever du Soleil. Il les continuë prefque àtou tes les heures du jour ; &malgré ce Join il ne pratiquepoint l'humili
té, au contraire il est courageux &ficr. Ceux quise connoiffent en phiſionomie, pretendent qu'il court riſque de ne mourir point de fa
mort naturelle , mais d'une mort
violente.
Chacun raifonna fur cette
Nouvelle. Les uns dirent qu'il
n'eſtoit pas furprenant qu'on vit de temps en temps de ces faux Prophetes ou Sectaires en Hol- fande , parce qu'on y fouffroit toute forte de Religions , & ils adjoûterent qu'il n'y avoit pas encor long-temps qu'il s'y en
A
GALANT. 57
ost
de
So
touré
mili
gens
at
Cout
efi
mon
Cettt
qull
faux
Hol
froit
ils
pas
en
eſtoit rencontréunqui catechi- foit & prefchoit publiquement,
&qui avoit eſté enfin confiné
par le Magiſtrat dans une étroi- te Priſon àEmbden, où il devoit finir ſes jours , Qu'on n'ignoroit pasle bruitqu'avoit fait enAn- gleterre pendant l'interegne un Quakel , ou Chef des Trem- bleurs , àqui le Parlement avoit fait couper la langue ; & que vers l'Arabie on en avoit veuun
autre depuis douze ans , qui ſe diſoit le Meſſie ; qu'il eſtoitſuiuy quelquefois deplus de cinquan- te mille Hommes ; & que le Grand Seigneur avoiteſte obli- gé d'envoyer contre luy une Armée confiderable pour ledé- truire avec fon party. On revint àceluy de Hollande, &il n'y eur perſonne qui ne diſt qu'il meri- toit le feu , &que le Phiſiono
Cv
58 LE MERCVRE mifte avoit eu raiſon de juger que ſa mort ſeroit violente. Il
prit là-deſſus unfort gråd éclat de rire à celuy qui avoit mon- tré la Lettre. Il ne voulut plus cacher qu'il l'avoit fait écrire pour ſe divertir , qu'elle ne con- tenoit qu'unEnigme, &que le Prophete eſtoit le Coq qui an- nonçoit la venuë du jour. On n'eutpas de peine à faire l'appli- cationdu reſte,& cette folie fut
un agreable divertiſſement à
ceux qui n'avoient pointde part aux férieuſes reflexions qu'on y
avoitfaites.
pluſpart de nos Illuftres de l'A- cademie Françoiſe , ne dédai- gnent pas de la conſulter fur leurs Ouvrages avantque de les
GALANT. 5安
l'afimes
dans
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ten
donner au Public. Onmit ſur le
tapis les trois Traitez que M le ChevalierdeMeré a fait impri- mer depuis peu , &je fusravy,
Madame , de voir que tout le bien qu'on en ditſe rapportât à
F'eſtimeparticuliere que vous en faites. L'un fut pour le Traité de l'Eſprit,l'autre pour celuy de P'Eloquence , & la Dame ſe de- clara pour les Agrémens ; mais il n'y eut perſonne qui ne con- vinſt que tous les trois eſtoient able écrits avec une facilité &une
qul pureté de langage qui ne fatis- faifoit pas moins les oreilles,que leurs folides raiſonnemens rem.
pliſſoient l'eſprit. On parla en
ilen
pro
unt
sen
Lanerot
&la
I'Adair
ſuite de l'Heroïne Mouſquetaire qu'on loüa en bien des choſes , mais qu'on prit pour une - fur Hiſtoire faite à plaifir , quoy Heles qu'on nousla donne pour veri C iij
54 LE MERCVRE table. Quelqu'un pretendit qué Chriſtine qui tuë ſon Frere cro- yant tirer ſur un Sanglier , n'é- toit autre choſe que la Fable de Procris &deCephale ;&fur ce qu'une partie de l'Aſſemblée fut dumeſme ſentiment , un autre
prit la parole , & dit qu'il arri voit quelquefois des chofes extraordinaires qui pour n'avoir rien de vray-ſemblable, ne laif- foient pasd'eſtre vrayes,&qu'on luy enavoitmandé une deHol- lande , dont il ne doutoit point que toute la Compagnie ne fuft ſurpriſe. Il tira enmeſme temps une Lettre de ſa poche écrite à
Amſterdam , & datée du 15. de Juin; &en ayant paffé les tren-- te premieres lignes, leut l'Arti- cle qui fuit.
Ily a preſentement icy un Pro-- phetevestu d'une Robe de toutefor-
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te de couleurs , laquelle n'a point de couture, quoy qu'elle soit de plu- fieurs pieces. Elle n'eft ny defil ny de coton, ny defoye , ny de laine,
ny de poil, ou de peau d'aucun Ani- mal, & elle n'est point faite de main d'Homme. Le ne sçay ce que sepretendu Prophetepeut avoirde commun avec les Sectacteurs de la
ridicule Opinion des Pré-Adamites , mais onfait courir le bruitque ceux dont il tire fon origine ont
precedéAdam. Il porte une Cou- ronneſurſa teſte , &il n'est point marié,quoy qu'ilait plusieurs Fem- mes. Elles vivent toutes avec luy Sans jalousie, tant il établit un bon ordre entr'elles. Il est tres -fobre, ne
vivant pour l'ordinaire que dure- but des Chiens. Il mepriſe l'or &
l'argent , &n'enajamaisfait au- cun cas. Il va toûjours pieds nuds
auffi-bien l'Hyver que l'Esté, &il Ciiij
36 LE MERCVRE marchefort gravement. On ne m'a pûdire de quelle croyance il eſtoit
mais il est certain qu'il commence àrendrefes loüanges à Dicu dés lanuit , & avant le lever du Soleil. Il les continuë prefque àtou tes les heures du jour ; &malgré ce Join il ne pratiquepoint l'humili
té, au contraire il est courageux &ficr. Ceux quise connoiffent en phiſionomie, pretendent qu'il court riſque de ne mourir point de fa
mort naturelle , mais d'une mort
violente.
Chacun raifonna fur cette
Nouvelle. Les uns dirent qu'il
n'eſtoit pas furprenant qu'on vit de temps en temps de ces faux Prophetes ou Sectaires en Hol- fande , parce qu'on y fouffroit toute forte de Religions , & ils adjoûterent qu'il n'y avoit pas encor long-temps qu'il s'y en
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&qui avoit eſté enfin confiné
par le Magiſtrat dans une étroi- te Priſon àEmbden, où il devoit finir ſes jours , Qu'on n'ignoroit pasle bruitqu'avoit fait enAn- gleterre pendant l'interegne un Quakel , ou Chef des Trem- bleurs , àqui le Parlement avoit fait couper la langue ; & que vers l'Arabie on en avoit veuun
autre depuis douze ans , qui ſe diſoit le Meſſie ; qu'il eſtoitſuiuy quelquefois deplus de cinquan- te mille Hommes ; & que le Grand Seigneur avoiteſte obli- gé d'envoyer contre luy une Armée confiderable pour ledé- truire avec fon party. On revint àceluy de Hollande, &il n'y eur perſonne qui ne diſt qu'il meri- toit le feu , &que le Phiſiono
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58 LE MERCVRE mifte avoit eu raiſon de juger que ſa mort ſeroit violente. Il
prit là-deſſus unfort gråd éclat de rire à celuy qui avoit mon- tré la Lettre. Il ne voulut plus cacher qu'il l'avoit fait écrire pour ſe divertir , qu'elle ne con- tenoit qu'unEnigme, &que le Prophete eſtoit le Coq qui an- nonçoit la venuë du jour. On n'eutpas de peine à faire l'appli- cationdu reſte,& cette folie fut
un agreable divertiſſement à
ceux qui n'avoient pointde part aux férieuſes reflexions qu'on y
avoitfaites.
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Résumé : « A propos d'Ouvrages d'Esprit, je me trouvay dernierement chez une [...] »
Le texte décrit une réunion chez une dame reconnue pour son jugement et ses talents littéraires. Elle est entourée de membres de l'Académie française qui sollicitent ses avis sur leurs ouvrages. La conversation se concentre sur les traités du Chevalier de Méré, notamment ceux portant sur l'esprit, l'éloquence et les agréments. Ces traités sont loués pour leur facilité et leur pureté de langage. Les participants discutent également de l'Héroïne Mousquetaire, qu'ils considèrent comme une histoire plaisante plutôt que véridique. Un membre de l'assemblée mentionne une lettre provenant d'Amsterdam. Cette lettre décrit un prophète vêtu d'une robe sans couture, fabriquée à partir de matériaux inconnus, et vivant de manière ascétique. La lettre s'avère être une énigme, le prophète étant en réalité un coq. Cette révélation suscite amusement et divertissement parmi les convives.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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180
p. 91-95
« Enfin, Madame, me voila devant S. Omer, où l'abondance [...] »
Début :
Enfin, Madame, me voila devant S. Omer, où l'abondance [...]
Mots clefs :
Saint Omer, Ville, Siège, Abbaye, Lac
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Enfin, Madame, me voila devant S. Omer, où l'abondance [...] »
Enfin, Madame, me voilàdevant S. Omer, où l'abondance
de toutes les choſes que j'ay euës à vous dire m'a empefché d'arriver plutoſt. Avantque de paffer au recit de tout ce qui s'est fait pendant le Siege de
• GALANT. 59
HO
형
plas
rice
01-
ele
anOn
plifor
Dart
Hece
ay
he
de
ui
te
جم
cette Place, je croy vous en de- voir entretenir un moment. Elle
tire fon nom de celuy de Saint Omerqui estoit EvefquedeTe- rüoanne , & elle eſt ſi forte à
cauſe de ſa ſituation , & d'un
nombre infiny de Canaux qui l'environnent , que perſonne avant Loüis le GRAND navoit encore eu l'avantage de s'en pouvoir dire le Vainqueur.
Cettegloireeſtoit refervée à ſes Armes, qui luy ont fait perdre le titre de Pucelle, qu'elle avoir conſervéjuſques là. Ses edifices font tres-beaux, &elle le peut vanter d'avoir dans l'enclos de
ſes murailles unedes plusbelles Abbayes delEurope , foit pour ce qui regarde ſes Baſtimens,
foit pour ce qui regarde ſonRe- venu. CetteVille eſt la ſeconde
duComté d'Artois.Elle est tresi
Суj
60 LE MERCVRE
ancienne , &la Mer qui l'a au- trefois cottoyée, n'en eſt qu'à huit lieuës. Si l'on en croit Ortelius, le Port d'Iccius, où Cefar
s'embarqua pour paffer emAn gleterre y estoit autrefois. On.
voit aupres de la Ville un Lae
couvert de pluſieurs Iffles qui flotent fur l'eau. Elles vont où
le vent les pouffe , & elles font quelquefois agitées , commedes Vaiſſeaux , le vent qui donne dans lesArbres produiſant pref- que le meſme effet des voiles.
Quand le calme eſt grand on at tache des cordes à ces Arbres,
&on tire ces Ifles où l'on veut
Elles ſont ſouvent remplies de toutes fortes d'Animaux qu'on ymene paiſtre. Les Poiffons du Lac ſe retirent deſſous pour ſe mettre à couvert du froid , &
pour éviter les grandes ardeurs
GALANT. 61
M
12
Orfar
An
On
Lac
qui
Com
des
nne
ref
iles.
ar
res,
eut
de
on
du
rfe
&
curs
du Soleil , de maniere qu'on y
en trouve toûjours beaucoup.
On voit fur ce meſme Lac la
grande&belleAbbayedeClairmarets..
Revenons à la Ville. Lors
qu'on fit deffein de l'affieger ,
elle estoit munie de toutes les
choſes neceffaires pourune vi- goureuſe reſiſtance. Monfieur le Prince de Robec , de la Mai
fon de Montmorency, eſtoitde- dans en qualité de Gouverneur de la Provinced'Artois, &Mole
Comtede Saint.Venant comme
Gouverneur de la Ville.
de toutes les choſes que j'ay euës à vous dire m'a empefché d'arriver plutoſt. Avantque de paffer au recit de tout ce qui s'est fait pendant le Siege de
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tire fon nom de celuy de Saint Omerqui estoit EvefquedeTe- rüoanne , & elle eſt ſi forte à
cauſe de ſa ſituation , & d'un
nombre infiny de Canaux qui l'environnent , que perſonne avant Loüis le GRAND navoit encore eu l'avantage de s'en pouvoir dire le Vainqueur.
Cettegloireeſtoit refervée à ſes Armes, qui luy ont fait perdre le titre de Pucelle, qu'elle avoir conſervéjuſques là. Ses edifices font tres-beaux, &elle le peut vanter d'avoir dans l'enclos de
ſes murailles unedes plusbelles Abbayes delEurope , foit pour ce qui regarde ſes Baſtimens,
foit pour ce qui regarde ſonRe- venu. CetteVille eſt la ſeconde
duComté d'Artois.Elle est tresi
Суj
60 LE MERCVRE
ancienne , &la Mer qui l'a au- trefois cottoyée, n'en eſt qu'à huit lieuës. Si l'on en croit Ortelius, le Port d'Iccius, où Cefar
s'embarqua pour paffer emAn gleterre y estoit autrefois. On.
voit aupres de la Ville un Lae
couvert de pluſieurs Iffles qui flotent fur l'eau. Elles vont où
le vent les pouffe , & elles font quelquefois agitées , commedes Vaiſſeaux , le vent qui donne dans lesArbres produiſant pref- que le meſme effet des voiles.
Quand le calme eſt grand on at tache des cordes à ces Arbres,
&on tire ces Ifles où l'on veut
Elles ſont ſouvent remplies de toutes fortes d'Animaux qu'on ymene paiſtre. Les Poiffons du Lac ſe retirent deſſous pour ſe mettre à couvert du froid , &
pour éviter les grandes ardeurs
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du Soleil , de maniere qu'on y
en trouve toûjours beaucoup.
On voit fur ce meſme Lac la
grande&belleAbbayedeClairmarets..
Revenons à la Ville. Lors
qu'on fit deffein de l'affieger ,
elle estoit munie de toutes les
choſes neceffaires pourune vi- goureuſe reſiſtance. Monfieur le Prince de Robec , de la Mai
fon de Montmorency, eſtoitde- dans en qualité de Gouverneur de la Provinced'Artois, &Mole
Comtede Saint.Venant comme
Gouverneur de la Ville.
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Résumé : « Enfin, Madame, me voila devant S. Omer, où l'abondance [...] »
L'auteur d'une lettre relate son arrivée à Saint-Omer, une ville nommée d'après l'évêque de Thérouanne. Saint-Omer est connue pour sa position stratégique et ses nombreux canaux. Avant Louis XIV, aucune tentative de conquête n'avait abouti. La ville possède des édifices magnifiques et abrite l'une des plus belles abbayes d'Europe. Elle est la seconde ville du comté d'Artois et était autrefois bordée par la mer, à huit lieues de distance. Selon Ortelius, le port d'Iccius, où César s'embarqua pour l'Angleterre, se trouvait là. Près de la ville, un lac est couvert d'îles flottantes utilisées pour le pâturage et servant de refuge aux poissons. Le lac abrite également l'abbaye de Clairmarais. Lors du siège, Saint-Omer était bien préparée pour résister, avec le prince de Robec comme gouverneur de la province d'Artois et le comte de Saint-Venant comme gouverneur de la ville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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181
p. 95-98
« Il est temps de voir de quelle maniere ils se sont [...] »
Début :
Il est temps de voir de quelle maniere ils se sont [...]
Mots clefs :
Noms des officiers généraux, Lieutenants généraux, Brigadiers, Maréchaux de camp
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il est temps de voir de quelle maniere ils se sont [...] »
Il eſt.
temps de voir de quelle maniere ils ſe ſont defendus, &comment
ils ont eſté attaquez ; mais il faut que je vous diſe auparavant les Noms des Officiers Generaux qui ont fervi pendant ce Siege.....
62 LE MERCVRE
Monfieur de Humieres ,
Mareſchal de France..
• Lieutenans Generaux
;
M. le Comte du Pleffis . :
2
M. le Prince de Soubife.
M. le marquis de laTrouſſe.. Mareſchauxde Camp.
м. le marquis d'Albret.
M. de Sourdy.
4.
M. de la Motre, Commandant
d'Aire.
- м. Stoupp.
Brigadiers.. M. d'Aubarede.
м. de maulmont, Major Ge- neral.
luſieurs autres qui avoient :
mené des Troupes à Monfieur pour la Bataille deCaffel, ont ſervy enfuite pendant le Siege.. Monfieur de Tracy a efté de ce nombre.
2
GALAN T. 63
A
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eur
ont
e.
ce
২
Aydes de CampdeMonfieuKRED
M. le ChevalierdeTauriac. :
M. deGrave , fils ..
M. de Vertot.
M. le Chevalier de Silly.
OM
M. le Chevalier de Courtenay.. i
SonAlteffeRoyale fit enco-- re ſervir pluſieurs autres. Ie les
nommeray en vous marquant les Commiffions qu'elle leurs donna..
Monfieur le Marquis de la Fréſeliere a commandé l'Artil
lerie..
M' de Choiſy a ſervy de pre- mierIngenieur.
temps de voir de quelle maniere ils ſe ſont defendus, &comment
ils ont eſté attaquez ; mais il faut que je vous diſe auparavant les Noms des Officiers Generaux qui ont fervi pendant ce Siege.....
62 LE MERCVRE
Monfieur de Humieres ,
Mareſchal de France..
• Lieutenans Generaux
;
M. le Comte du Pleffis . :
2
M. le Prince de Soubife.
M. le marquis de laTrouſſe.. Mareſchauxde Camp.
м. le marquis d'Albret.
M. de Sourdy.
4.
M. de la Motre, Commandant
d'Aire.
- м. Stoupp.
Brigadiers.. M. d'Aubarede.
м. de maulmont, Major Ge- neral.
luſieurs autres qui avoient :
mené des Troupes à Monfieur pour la Bataille deCaffel, ont ſervy enfuite pendant le Siege.. Monfieur de Tracy a efté de ce nombre.
2
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M. le ChevalierdeTauriac. :
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nommeray en vous marquant les Commiffions qu'elle leurs donna..
Monfieur le Marquis de la Fréſeliere a commandé l'Artil
lerie..
M' de Choiſy a ſervy de pre- mierIngenieur.
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Résumé : « Il est temps de voir de quelle maniere ils se sont [...] »
Le texte présente les officiers généraux ayant servi pendant un siège, dirigé par le maréchal de France, Monsieur de Humieres. Les lieutenants généraux incluent le Comte du Plessis, le Prince de Soubise et le marquis de la Trousse. Les maréchaux de camp sont le marquis d'Albret, Monsieur de Sourdy, Monsieur de la Motre, commandant d'Aire, et Monsieur Stoupp. Les brigadiers sont Monsieur d'Aubarede et Monsieur de Maulmont, major général. Plusieurs officiers ayant participé à la bataille de Cassel, comme Monsieur de Tracy, ont également servi pendant le siège. Les aides de camp de Monsieur le Prince sont le Chevalier de Tauriac, Monsieur de Grave fils, Monsieur de Vertot, le Chevalier de Silly, et le Chevalier de Courtenay. Monsieur le Marquis de la Freslière a commandé l'artillerie, et Monsieur de Choisy a servi en tant que premier ingénieur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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p. 98-127
« Dès que Monsieur fut arrivé devant S. Omer, il visita [...] »
Début :
Dès que Monsieur fut arrivé devant S. Omer, il visita [...]
Mots clefs :
Saint Omer, Nuit, Ennemis, Fort, Tranchée, Troupes, Monsieur, Officiers, Canon, Soldats, Dragons, Rivière, Longueval, Chevalier de Lorraine
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texteReconnaissance textuelle : « Dès que Monsieur fut arrivé devant S. Omer, il visita [...] »
Dés que Monfieur fut arrivé
devant S. Omer , il viſita tous
les Quartiers, &choiſit celuyde Blander,parce qu'il eſtoit le plus proche,& qu'ille trouva leplus commode , pour avoir ſouvent
ELA
64 LE MERCVRE
re.
des nouveles dece qui ſe paſſe- roit. Il ne fit pendant pluſieurs jours que reconnoiſtre la Place,
examiner par où elle pouvoit eſtre ſecouruë , & obſerver les
Poſtes qui nous pouvoientmuiLes Ennemis occupoient deux Redoutes ,danslesquelles il y avoitdu Canon. Elles furent emportées par des Détachemens de Navarre , des Vaifſeaux & de Conry. Pendant ce temps ceux de la Place , qui eſtoient maiſtres du Fort de
S..Michel , ſitué ſur unTertre
naturel,également élevéde tous côtez,travailloient àfaire ache ver l'embelliſſementde ce Fort,
comme s'ils euffent eu deſſein
defaire admirer ce Bijou apres la réduction de la Ville , puis qu'il leur a toûjours eſté inutile,
quoy qu'il fuſt le plus parfait de
GALANT. 65
Eur
ace,
vaik
les
mi
ient
elles
Tem
he
aift ce
qui
de
rtre
cous
he
ort,
ein
res
uis
ile,
de
leurs Ouvrages. Quelques jours apres que la Place eut eſté blo- quée, un Cornete , qui n'avoit
pas encore quatorze ans , com- batit ſeul àſeul contre unColonel ennemy qui avoit la mine d'unMars , &le fit priſonnier.
- Monfieur ne peut ouvrir la Tranchée fi-toſt qu'il auroit voulu. Il avoit fi peu de Trou- pes que les Quartiers n'auroient pû ſe donner du fecours lesuns aux autres. La circonvallation
eſtoit grande , & il eſtoit impof- fible qu'elle fuſt autrement à
cauſe des marais ; de maniere
qu'il falloit plus de cent mille Hommes pour attaquer cette Placedans les formes , ou qu'elle fuſt aſſiegée par des François que le nombre n'ajamais épouvantez..
LesEnnemis firent une Sortie
66 LE MERCVRE
avant que la Tranchée fuft ou verte. Ils eſtoient cent Hommes
commandez par le major de la Place : ils attaquerent d'abord avec vigueur une Baterie &un Logementque Son Alteffe Rot yale avoit ordonné pour la foû renir. Cette Baterie devoit fervir contre le Fort des Vaches
qu'Elle avoit réſolu de faire attaquer.
Monfieur d'Albret ſoûtint
quelque tempsles Ennemis,puis il les pouffa l'épée à lamain. II cutunCheval tue ſous luy.Mon- feur le Chevalierde Souvray fit merveilles en cette occafion.
Monfieur le marquis de la Vieu- ville s'y trouva , & fon Ecuyer futtué àſes coſtez. Le Majorde laPlacequi commandoit la Sor- tie fut pris avec ſon Ayde-Ma- jor ,àvingt pas de la Contref-
GALANT. 67
ift o
mm
deh
abon
& m
Te Ro
lafou
Dit ferJaches
ireat
ûrint
s,puis ain. I
Monray fit
afion
Vieu
cuyer
orde
SorMarefcarpe. Monfieur ayant receu le 2. d'Avril quelques Troupes, &
des ordres du Roypour l'ouver- turede la Tranchée , donna les fiens dans toutfon Camp, &fit preparer toutes choſes pourl'e- xecution de ceuxde Sa Majefte.
LaNuit du 4aus
On ouvrit laTranchée.Monfieur vint àTatingue , Quartier de fonArtillerie , pour voir dé- filer la Garde de la Tranchée..
Il s'avança enſuite à l'endroit où eſtoit poſtée la Garde de laCa- valerie, afinde voir porter tou tes les fafcines , &d'encourager par ſa prefence les Soldats àfai- re beaucoup de travail. Son Al- teſſe Royale ne quitta qu'apres minuit, quoy que ſon Quartier fuft éloignédeplus d'une grande lieuë , & que poury retour- ner il faluſt paſſer dans des lieux
68 LE MERCVRE
marécageux , dont des gens moins ardens pourla gloire que des François n'auroient pû for- tir. Les Soldats ne laiſſferent pas d'avancer malgré le mauvais terrain ; & l'on peut juger de la peinequ'ils eurentpar l'avan- ture qui arriva à un Gentilhommede Monfieur le Chevalier de Lorraine. Il enfonça ft avant dans les bouës , que ne pouvantſe retirer, il demandale fecours de deux Soldats : il en
fut quitre pour ſes bottes qui y
reſterent , & pour quelque ar- gent qu'il donna à ceux qui luy preſterent la main. On monta la meſme nuit la Tranchée du
coſté du Fort des Vaches , &
l'on fit quelques Logemens fur laDigue du coſté de la grande Attaque..
.
E GALANT. 69
Lesau matin gen
e que
for
LesEnnemisquin'avoient pas fait grand feu pendant la nuit ,
tirerentlematincinqcens coups t pa
uva deCanon, dontun boulet em- ard porta Monfieur de Vins Briga- dierde Cavalerie.
avan ;
end
eva
ça f
ent
dak
il en
quiy
ar
iluy
onta
du
,&
fur
nde
Lanuit de 5 au 6
Les travaux ſejoignirent.On fit des communications , &l'on
avança juſques à fix-vingt pas de la Contreſcarpe.
Le6
M' de Soubiſe qui avoit fait conduire le Canon pendant la nuit , le fit tirer de fort bonne
heure , &il fut tres-bien ſervy.
Monfieurde Sourdy fit auſſi tra- vailler àuneBaterie. Nos Détachemens pouſſerent leur Tra- vaildu coſté du Fort des Vaches , &chaſſerent pendant le jourlesEnnemisde leurs Loge
70 LE MERCVRE mens. Onacheva un Batardeau
pour détourner le cours de la
Riviere ,& l'on prit un Soldat chargé d'une Lettre du Ducde Villa-Hermoſa , qui mandoit auxAfſiegez qu'ils feroient ſecourtus.
Lanuitdu6an7
On pouſſa desRamaux L'eau fut détournée , &donna lieu de
faire quelques Logemens. Une nouvelle Baterie commença à
tirer.
Lanuit du 7 au 8
Monfieur ayant choiſi leRe- giment des Dragons Dauphins pour attaquer le Fort des Va- ches , ordonna à Monfieur le
Comte de Longueval qui le commande,deſe trouveràl'en- tréedelanuitavecles fix Compagnies de fon Quartier à l'Ab- baye d'Arque , où Monfieur de
GALANT.
ellப
dot
ean
I de
Chevilly , Lieutenant Colonel,
ledevoitjoindre avec les ſix au- tres qu'il commandoit. La Compagniedes Grenadiers du Regi- ment de Humieres estoit au
Rendez vous pourfaire ce qu'on ordonneroit. Avant touteschoſes M de Longueval fit deux Détachemens de 60. Hommes,
commandez chacun par les Uit deuxpremiers Capitaines de ſon Cal Regiment , pour ſoûtenir les Grenadiers & commencer l'Attaque. Les fix premieres Com- pagnies marchoient apres eux,
&les fix autres ſuivoient àquel- que diſtance. Il eſtoit demeuré beaucoupde Dragons pourgar- der les deuxQuartiers , & ilne reſtoit que quatre cens Hom- mes pour l'Attaque. Les choſes eftant ainſi diſpofées , on mar- cha le long de laDigue droit à
Re
ins
Ja
le
m
bde
72 LE MERCVRE
la Baterie , où ayant pris les ordres deM' le Comte du Pleſſfis
d'attaquer aux trois premiers coups de Canon qu'on tireroit,
on avança environ centpasder- riere unpetit Logement que les Ennemisavoient abandonné , &
quelesNoſtres occupoient pour lors. Le terrain pour aller juf- qu'au Fort eſt tres-difficile. Sur lagauche, la Riviere eſt le long de la Digue. Elle paſſe aupied du Fort, &luy ſervant d'avant- foffé va entrer dans Saint Omer.
Au delà de la Riviere il y a une Campagne inondée juſques à
la Ville. Sur la droite eſt un
autre bras de Riviere ,qui tom- bant pareillement à l'autre cô- té du Fort , va paſſer auprés de la Contreſcarpe de la Place ſans y entrer. Le terrain qui eſt au delà de cette Riviere
G
n'eſt
GALANT. 73 n'eſt pas ſi inondé que celuy de la gauche , mais il eſt telle- ment plein de Canaux & de Foſſez , qu'il eſt preſque impof- ſible dele traverſer ; ſi bien que e pour aller au Fort , il faut de el neceſſité marcher entre deux
Do Rivieres , dont le terrain de l'u台
er
ne
jul. ne àl'autre n'a pas vingt pas de St front, aux endroits les plus lar- ges. L'heure de l'Attaque ap- prochant, on fit raſer une partie du Logement dont on a parlé deſſus, pourpouvoir paſſer plus aiſement , & MonfieurdeChevilly ayant eu ordre de M de Longueval de marcher , pen- dantquede fon coſté , pour ne point perdrede temps , il eſtoit occupé à faire porter desEchel- les &des Clayes , il s'avança à
deux cens pas du Fort. Il fit mettre alors tout fon mondefur
Tome IV.
2
I
D
74 LE MERCVRE le ventre , &alla reconnoître à
quelle diſtance on en eſtoit , &
fi ſans eſtre découvert onpou- voit encor s'en approcher. Il trouva que cela ſe pouvoit, les les Ennemis n'ayant point de Sentinelleavancée;fi bienqu'on ſe trouva inſenſiblement à cin
quante pas du Fort. Le ſoin qu'avoient eu les Grenadiers de cacher leurs méches,&le filenxe qu'on obſerva dans tous les mouvemensqu'on fit, contribua beaucoup à faire ſurprendre l'Ennemy , qui ne ſe réveilla qu'aux trois coups de Canon -qu'on tira environ deux heures Cavant le jour. Alors nos Gens commenceret parungrand feu,
mais celuy des Ennemis eſtant ſupérieur & plus ſeur , parce quils ne tiroient qu'à couvert,
nos Grenadiers , & noftre pre- 3
GALANT.
75
300
S
miere troupe de Dragons ſe trouverent bien-toſt hors de combat, la pluſpart des Officiers furent tuez ou bleſſez. La ſecondetroupe eſtant rebutée par ce méchant ſuccés , avoit de la peine à ſe reſoudre dedonner ;
ſi bien que Monfieur de Che- villy fut obligé de faire marcher les fix premieres Compagnies, à
la teſte deſquelles eſtoient tous les Officiers. Il les mena à la Paliſſade,&pour payer d'exem- ple, il ſauta par deſſus , n'ayant trouvé aucune ouverture, parce que le Canon ne l'avoit aucu- nement endommagée. On en arracha quelques-unes ; mais,
-ſoit pour la difficulté d'entrer ,
ſoit pour la trop grande défen- ce des Ennemis , Monfieur de Chevilly ne fut ſuivy que des Officiers,& d'unfortpetit nomk
10
ja
Dij
76 LE MERCVRE
bre de Dragons ; mais il les trou- va d'une fi bonne volonté,qu'a- prés avoir paſſé deux Foffez pleins d'eau , ils les chaſſerent l'épée à la main d'un Ouvrage à l'autre , juſques au Chemin couvert de la Redoute. Ce fut
là où ils firent plus de reſiſtan--
ce , & leur Commandant ayant raſſemblé les Officiers que les
Noftres trouverent teſte pour reſte , on difputa long-temps le terrain, &il yeut de fort grands coups de main donnez. M de Chevilly fut bleffé dans cemo- ment. Le Commandantluy ayat porté un coup de Pertuiſanne dans la cuiffe, qui ne l'atteignit que legerement , il fauta à luy pour la luyarracher ; mais s'é- tant trop avancé, il ſetrouva en- velopé de ſept ou huit Officiers des Ennemis , & fut en mefime
GALANT. 77
ام
temps bleſſe à l'épaule d'un coup dont il tomba , & les En- nemis ne ſe trouvant plus pref- fez des noſtres , eurent le loifir
de ſe rerirer dans leur Redoute,
aparemment pour y faire leur compofition : Mais cela ſervitderien; car Monfieur de
ne leur 00S
Longueval qui attaquoit le long dela Digue avec les fix autres1771
Compagnies , &qui avoit toît- jours chaſſe les Ennemis devant luy avec beaucoup de vigueur,
& tué tout ce qui luy avoit fait reſiſtance , ſe trouva à meſme
hauteur fur la Redoute. Les
Ennemis qui ſe virent pris des deux coſtez , perdirent toute efperance , &mettantles armes bas, ils demanderentquartier. Jl n'y eut que le Colonel Forfaits,
leur Commandant , qui n'en voulutpoint recevoir , & qui ai
Diij
78 LE MERCVRE ma mieux ſe faire tuer, que ſe
rendre. On pritdouzeOfficiers,
&environ cent Soldats ; le reſte
fut tué, le grand feu des goul- drons éclairant ſi bien , qu'on put aiſement n'en laiſſer écha- per aucun. Ainfi finit cette affaire, &l'on peut dire que dans cette Action il s'est fait deschoſes d'une intrepidité & d'une bravoure qu'il feroit difficile d'exprimer. Les Officiers & les
Soldats Ennemis avoient eſté
choiſis fur toute la Garnifon
pourdéfendre cePofte, qui leur eſtoit dela derniere conſequen- ce , comme il a paru dans la fuite par lapriſe dela Ville, &il falloit autant d'opiniâtreté &de fermeté qu'on en eut pour le forcer. Tous nos Officiers y fi- rent éclaterbeaucoupde valeur,
mais ceux qui s'y font le plus
- GALANT9
20
at diftinguez , apres Monfieur le Comte de Longueval , ſur qui roule tout l'honneur de l'Action,
font Meffieurs de Cazemont , le
Chevalierde Montmas, &l'Angellerie, tous trois Capitaines,&
tous trois bleffez : le premier en eſtmort. Monfieur le RouxMajor yaauffi tres-bien fait.
1100
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La priſe de ceForta eſté une des plus vigoureuſes Actions dont on ait ouy parler depuis long-temps. Il avoit efte atta- quédepuis quatre ou cinq jours parTranchée ouverte,& il avoit eſté batu inutilement par vingt- quatre Pieces de Canon. On
força dans la meſme nuit trois Retranchemens,& l'on paſſaun nombre infiny de Canaux qui défendoient l'approche duFort.
Il eſt de figure ronde , conſtruit de gazon & de terre àl'épreuve,
Dij
80 LE MERCVRE
duCanon. Il y a une Redoute au milieu,encor de figure ronde toute de brique, fur laquelle if
yavoit pluſieurs Pieces d'Artil- lerie. Elle eſt plus élevée que le Ye
Fort. Letout eſt environned'un
grand Foſſe plein d'eau de dix- huit à vingt pieds de large, fur lequel il n'y avoit qu'un petit Pontde deux planchespour en- trer dans le Fort. On l'attaqua partie à la nage , &partie ſur les deux planches. M le Comtede Longueval entra dedasdes pre- miers à la teſte de quelques Dragons, & força les Ennemis qui s'eſtoient retirez dans la Tour. Monfieur le Marefchal
de Humieres , & Monfieur le
Chevalier de Lorraine , vinrent quelque temps apres voir ce Fort : ils furent ſurpris , & ne croyoient pas qu'il fuſt ſi con
E GALANT. 8г
QUE
ent
שרen
fiderable. Ils feliciterent Monont fieur le Comtede Longuevalde i l'action qu'il venoit de faire.
Cependant il arriva des Nou- att velles à Monfieurde la marche
du Prince d'Orange , & ilen- voya Monfieur le Chevalier de Tillecourt dire à Monfieur le
Mareſchal de Humieres , àM
le Chevalier de Lorraine , & à
Monfieur le Comte du Pleſſis,
qu'il avoit quelque choſe àleur communiquer. Ces Meſſieurs les vinrent trouver , & on fe
prepara pour la Bataille. Je n'ay ✓ plus rien à vous en dire , maſeconde & ma troiſième Lettre
vous en ont aſſez parlé. Laif- fons- les donc aller au Combat,. &juſques àleurretour parlons d'autre choſeque de la Guerre.
devant S. Omer , il viſita tous
les Quartiers, &choiſit celuyde Blander,parce qu'il eſtoit le plus proche,& qu'ille trouva leplus commode , pour avoir ſouvent
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des nouveles dece qui ſe paſſe- roit. Il ne fit pendant pluſieurs jours que reconnoiſtre la Place,
examiner par où elle pouvoit eſtre ſecouruë , & obſerver les
Poſtes qui nous pouvoientmuiLes Ennemis occupoient deux Redoutes ,danslesquelles il y avoitdu Canon. Elles furent emportées par des Détachemens de Navarre , des Vaifſeaux & de Conry. Pendant ce temps ceux de la Place , qui eſtoient maiſtres du Fort de
S..Michel , ſitué ſur unTertre
naturel,également élevéde tous côtez,travailloient àfaire ache ver l'embelliſſementde ce Fort,
comme s'ils euffent eu deſſein
defaire admirer ce Bijou apres la réduction de la Ville , puis qu'il leur a toûjours eſté inutile,
quoy qu'il fuſt le plus parfait de
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pas encore quatorze ans , com- batit ſeul àſeul contre unColonel ennemy qui avoit la mine d'unMars , &le fit priſonnier.
- Monfieur ne peut ouvrir la Tranchée fi-toſt qu'il auroit voulu. Il avoit fi peu de Trou- pes que les Quartiers n'auroient pû ſe donner du fecours lesuns aux autres. La circonvallation
eſtoit grande , & il eſtoit impof- fible qu'elle fuſt autrement à
cauſe des marais ; de maniere
qu'il falloit plus de cent mille Hommes pour attaquer cette Placedans les formes , ou qu'elle fuſt aſſiegée par des François que le nombre n'ajamais épouvantez..
LesEnnemis firent une Sortie
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avant que la Tranchée fuft ou verte. Ils eſtoient cent Hommes
commandez par le major de la Place : ils attaquerent d'abord avec vigueur une Baterie &un Logementque Son Alteffe Rot yale avoit ordonné pour la foû renir. Cette Baterie devoit fervir contre le Fort des Vaches
qu'Elle avoit réſolu de faire attaquer.
Monfieur d'Albret ſoûtint
quelque tempsles Ennemis,puis il les pouffa l'épée à lamain. II cutunCheval tue ſous luy.Mon- feur le Chevalierde Souvray fit merveilles en cette occafion.
Monfieur le marquis de la Vieu- ville s'y trouva , & fon Ecuyer futtué àſes coſtez. Le Majorde laPlacequi commandoit la Sor- tie fut pris avec ſon Ayde-Ma- jor ,àvingt pas de la Contref-
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SorMarefcarpe. Monfieur ayant receu le 2. d'Avril quelques Troupes, &
des ordres du Roypour l'ouver- turede la Tranchée , donna les fiens dans toutfon Camp, &fit preparer toutes choſes pourl'e- xecution de ceuxde Sa Majefte.
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On ouvrit laTranchée.Monfieur vint àTatingue , Quartier de fonArtillerie , pour voir dé- filer la Garde de la Tranchée..
Il s'avança enſuite à l'endroit où eſtoit poſtée la Garde de laCa- valerie, afinde voir porter tou tes les fafcines , &d'encourager par ſa prefence les Soldats àfai- re beaucoup de travail. Son Al- teſſe Royale ne quitta qu'apres minuit, quoy que ſon Quartier fuft éloignédeplus d'une grande lieuë , & que poury retour- ner il faluſt paſſer dans des lieux
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marécageux , dont des gens moins ardens pourla gloire que des François n'auroient pû for- tir. Les Soldats ne laiſſferent pas d'avancer malgré le mauvais terrain ; & l'on peut juger de la peinequ'ils eurentpar l'avan- ture qui arriva à un Gentilhommede Monfieur le Chevalier de Lorraine. Il enfonça ft avant dans les bouës , que ne pouvantſe retirer, il demandale fecours de deux Soldats : il en
fut quitre pour ſes bottes qui y
reſterent , & pour quelque ar- gent qu'il donna à ceux qui luy preſterent la main. On monta la meſme nuit la Tranchée du
coſté du Fort des Vaches , &
l'on fit quelques Logemens fur laDigue du coſté de la grande Attaque..
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Les travaux ſejoignirent.On fit des communications , &l'on
avança juſques à fix-vingt pas de la Contreſcarpe.
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M' de Soubiſe qui avoit fait conduire le Canon pendant la nuit , le fit tirer de fort bonne
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Monfieurde Sourdy fit auſſi tra- vailler àuneBaterie. Nos Détachemens pouſſerent leur Tra- vaildu coſté du Fort des Vaches , &chaſſerent pendant le jourlesEnnemisde leurs Loge
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pour détourner le cours de la
Riviere ,& l'on prit un Soldat chargé d'une Lettre du Ducde Villa-Hermoſa , qui mandoit auxAfſiegez qu'ils feroient ſecourtus.
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On pouſſa desRamaux L'eau fut détournée , &donna lieu de
faire quelques Logemens. Une nouvelle Baterie commença à
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Lanuit du 7 au 8
Monfieur ayant choiſi leRe- giment des Dragons Dauphins pour attaquer le Fort des Va- ches , ordonna à Monfieur le
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commandez chacun par les Uit deuxpremiers Capitaines de ſon Cal Regiment , pour ſoûtenir les Grenadiers & commencer l'Attaque. Les fix premieres Com- pagnies marchoient apres eux,
&les fix autres ſuivoient àquel- que diſtance. Il eſtoit demeuré beaucoupde Dragons pourgar- der les deuxQuartiers , & ilne reſtoit que quatre cens Hom- mes pour l'Attaque. Les choſes eftant ainſi diſpofées , on mar- cha le long de laDigue droit à
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la Baterie , où ayant pris les ordres deM' le Comte du Pleſſfis
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quelesNoſtres occupoient pour lors. Le terrain pour aller juf- qu'au Fort eſt tres-difficile. Sur lagauche, la Riviere eſt le long de la Digue. Elle paſſe aupied du Fort, &luy ſervant d'avant- foffé va entrer dans Saint Omer.
Au delà de la Riviere il y a une Campagne inondée juſques à
la Ville. Sur la droite eſt un
autre bras de Riviere ,qui tom- bant pareillement à l'autre cô- té du Fort , va paſſer auprés de la Contreſcarpe de la Place ſans y entrer. Le terrain qui eſt au delà de cette Riviere
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Do Rivieres , dont le terrain de l'u台
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deux cens pas du Fort. Il fit mettre alors tout fon mondefur
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quelle diſtance on en eſtoit , &
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quante pas du Fort. Le ſoin qu'avoient eu les Grenadiers de cacher leurs méches,&le filenxe qu'on obſerva dans tous les mouvemensqu'on fit, contribua beaucoup à faire ſurprendre l'Ennemy , qui ne ſe réveilla qu'aux trois coups de Canon -qu'on tira environ deux heures Cavant le jour. Alors nos Gens commenceret parungrand feu,
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nos Grenadiers , & noftre pre- 3
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miere troupe de Dragons ſe trouverent bien-toſt hors de combat, la pluſpart des Officiers furent tuez ou bleſſez. La ſecondetroupe eſtant rebutée par ce méchant ſuccés , avoit de la peine à ſe reſoudre dedonner ;
ſi bien que Monfieur de Che- villy fut obligé de faire marcher les fix premieres Compagnies, à
la teſte deſquelles eſtoient tous les Officiers. Il les mena à la Paliſſade,&pour payer d'exem- ple, il ſauta par deſſus , n'ayant trouvé aucune ouverture, parce que le Canon ne l'avoit aucu- nement endommagée. On en arracha quelques-unes ; mais,
-ſoit pour la difficulté d'entrer ,
ſoit pour la trop grande défen- ce des Ennemis , Monfieur de Chevilly ne fut ſuivy que des Officiers,& d'unfortpetit nomk
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bre de Dragons ; mais il les trou- va d'une fi bonne volonté,qu'a- prés avoir paſſé deux Foffez pleins d'eau , ils les chaſſerent l'épée à la main d'un Ouvrage à l'autre , juſques au Chemin couvert de la Redoute. Ce fut
là où ils firent plus de reſiſtan--
ce , & leur Commandant ayant raſſemblé les Officiers que les
Noftres trouverent teſte pour reſte , on difputa long-temps le terrain, &il yeut de fort grands coups de main donnez. M de Chevilly fut bleffé dans cemo- ment. Le Commandantluy ayat porté un coup de Pertuiſanne dans la cuiffe, qui ne l'atteignit que legerement , il fauta à luy pour la luyarracher ; mais s'é- tant trop avancé, il ſetrouva en- velopé de ſept ou huit Officiers des Ennemis , & fut en mefime
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temps bleſſe à l'épaule d'un coup dont il tomba , & les En- nemis ne ſe trouvant plus pref- fez des noſtres , eurent le loifir
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aparemment pour y faire leur compofition : Mais cela ſervitderien; car Monfieur de
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Longueval qui attaquoit le long dela Digue avec les fix autres1771
Compagnies , &qui avoit toît- jours chaſſe les Ennemis devant luy avec beaucoup de vigueur,
& tué tout ce qui luy avoit fait reſiſtance , ſe trouva à meſme
hauteur fur la Redoute. Les
Ennemis qui ſe virent pris des deux coſtez , perdirent toute efperance , &mettantles armes bas, ils demanderentquartier. Jl n'y eut que le Colonel Forfaits,
leur Commandant , qui n'en voulutpoint recevoir , & qui ai
Diij
78 LE MERCVRE ma mieux ſe faire tuer, que ſe
rendre. On pritdouzeOfficiers,
&environ cent Soldats ; le reſte
fut tué, le grand feu des goul- drons éclairant ſi bien , qu'on put aiſement n'en laiſſer écha- per aucun. Ainfi finit cette affaire, &l'on peut dire que dans cette Action il s'est fait deschoſes d'une intrepidité & d'une bravoure qu'il feroit difficile d'exprimer. Les Officiers & les
Soldats Ennemis avoient eſté
choiſis fur toute la Garnifon
pourdéfendre cePofte, qui leur eſtoit dela derniere conſequen- ce , comme il a paru dans la fuite par lapriſe dela Ville, &il falloit autant d'opiniâtreté &de fermeté qu'on en eut pour le forcer. Tous nos Officiers y fi- rent éclaterbeaucoupde valeur,
mais ceux qui s'y font le plus
- GALANT9
20
at diftinguez , apres Monfieur le Comte de Longueval , ſur qui roule tout l'honneur de l'Action,
font Meffieurs de Cazemont , le
Chevalierde Montmas, &l'Angellerie, tous trois Capitaines,&
tous trois bleffez : le premier en eſtmort. Monfieur le RouxMajor yaauffi tres-bien fait.
1100
at
Lunt
P
le
30
1
1
لو
La priſe de ceForta eſté une des plus vigoureuſes Actions dont on ait ouy parler depuis long-temps. Il avoit efte atta- quédepuis quatre ou cinq jours parTranchée ouverte,& il avoit eſté batu inutilement par vingt- quatre Pieces de Canon. On
força dans la meſme nuit trois Retranchemens,& l'on paſſaun nombre infiny de Canaux qui défendoient l'approche duFort.
Il eſt de figure ronde , conſtruit de gazon & de terre àl'épreuve,
Dij
80 LE MERCVRE
duCanon. Il y a une Redoute au milieu,encor de figure ronde toute de brique, fur laquelle if
yavoit pluſieurs Pieces d'Artil- lerie. Elle eſt plus élevée que le Ye
Fort. Letout eſt environned'un
grand Foſſe plein d'eau de dix- huit à vingt pieds de large, fur lequel il n'y avoit qu'un petit Pontde deux planchespour en- trer dans le Fort. On l'attaqua partie à la nage , &partie ſur les deux planches. M le Comtede Longueval entra dedasdes pre- miers à la teſte de quelques Dragons, & força les Ennemis qui s'eſtoient retirez dans la Tour. Monfieur le Marefchal
de Humieres , & Monfieur le
Chevalier de Lorraine , vinrent quelque temps apres voir ce Fort : ils furent ſurpris , & ne croyoient pas qu'il fuſt ſi con
E GALANT. 8г
QUE
ent
שרen
fiderable. Ils feliciterent Monont fieur le Comtede Longuevalde i l'action qu'il venoit de faire.
Cependant il arriva des Nou- att velles à Monfieurde la marche
du Prince d'Orange , & ilen- voya Monfieur le Chevalier de Tillecourt dire à Monfieur le
Mareſchal de Humieres , àM
le Chevalier de Lorraine , & à
Monfieur le Comte du Pleſſis,
qu'il avoit quelque choſe àleur communiquer. Ces Meſſieurs les vinrent trouver , & on fe
prepara pour la Bataille. Je n'ay ✓ plus rien à vous en dire , maſeconde & ma troiſième Lettre
vous en ont aſſez parlé. Laif- fons- les donc aller au Combat,. &juſques àleurretour parlons d'autre choſeque de la Guerre.
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Résumé : « Dès que Monsieur fut arrivé devant S. Omer, il visita [...] »
Le texte décrit les événements militaires autour de la ville de Saint-Omer. À son arrivée, Monfieur choisit le quartier de Blander pour sa proximité et sa commodité. Les ennemis occupaient deux redoutes armées de canons, rapidement prises par des détachements de Navarre, des vaisseaux et de Conry. Pendant ce temps, les défenseurs de la place fortifiaient le Fort Saint-Michel. Les travaux de siège commencèrent mais furent ralentis par le manque de troupes et les marais environnants. Une sortie ennemie fut repoussée, et la tranchée fut ouverte la nuit du 4 avril. Les travaux avancèrent malgré les difficultés du terrain et les tirs ennemis. Le 8 avril, une attaque fut lancée contre le Fort des Vaches. Malgré une résistance acharnée, les assaillants prirent le fort, capturant plusieurs officiers et soldats ennemis. Cette action fut marquée par un grand courage et une bravoure exceptionnelle. Le Fort des Vaches, bien défendu et construit pour résister aux canons, fut finalement pris après une lutte intense. Par ailleurs, le texte relate une communication entre des personnages historiques, sans préciser leur identité exacte. Un individu, non nommé, convoque le Chevalier de Lorraine et Monsieur le Comte du Plessis pour leur transmettre une information importante. Ces derniers se rendent à la convocation et se préparent pour une bataille. L'auteur mentionne qu'il n'a plus rien à ajouter sur le sujet, car ses deuxième et troisième lettres en ont déjà traité en détail. Il suggère de laisser les protagonistes aller au combat et de discuter d'autres sujets en attendant leur retour. Le texte se conclut par une transition vers un autre sujet de conversation, éloigné de la guerre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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183
p. 127-128
« Pendant qu'on pressoit en mesme temps les Sieges de [...] »
Début :
Pendant qu'on pressoit en mesme temps les Sieges de [...]
Mots clefs :
Auteur, Plaisir, Vers
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texteReconnaissance textuelle : « Pendant qu'on pressoit en mesme temps les Sieges de [...] »
Pendant qu'on preſſoit en
mémetemps les Sieges deCamDy
e
es
82 LE MERCVRE
bray & de Saint Omer , voicy des Vers qui furent faits à la gloire du Roy,& queje ne dou- te pas que vous ne lifiez avec plaiſir. Je ſuis fâché de n'en connoître pas l'Autheur pour vous le nommer. Il luy ſeratoûjours avantageux d'avoüer un Ou- vrage de la force de celuy- cy.. Il feint que Pallas preſente Monſeigneur le Dauphin aux Muſes, &qu'elle leurparle ainfi fur le Parnaſſe
mémetemps les Sieges deCamDy
e
es
82 LE MERCVRE
bray & de Saint Omer , voicy des Vers qui furent faits à la gloire du Roy,& queje ne dou- te pas que vous ne lifiez avec plaiſir. Je ſuis fâché de n'en connoître pas l'Autheur pour vous le nommer. Il luy ſeratoûjours avantageux d'avoüer un Ou- vrage de la force de celuy- cy.. Il feint que Pallas preſente Monſeigneur le Dauphin aux Muſes, &qu'elle leurparle ainfi fur le Parnaſſe
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184
p. 132-134
« J'ajoûteray à ces Stances une Lettre écrite à Madame la [...] »
Début :
J'ajoûteray à ces Stances une Lettre écrite à Madame la [...]
Mots clefs :
Lettre, Chanson, Actions
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texteReconnaissance textuelle : « J'ajoûteray à ces Stances une Lettre écrite à Madame la [...] »
'adjoûteray à ces Stancesune Lettre écrite à Madame la marquiſe de Louvois par Monfieur Galand, Secretaire du Cabinet.
Vous la trouverez d'une nouveauté finguliere. Elle eſt toute endifferensCouplets de Chan- fon, fur les Airs les plus connus.
Madame de Louvois eſtoit allée
paſſer quelques jours à la Cam- pagne, &MonfieurGaland, qui nele cede à perſonne endélica- teſſed'eſprit , euſt eupeine àluy marquer plus agreablement le chagrin qu'ilavoitde fon abfen ce. La Lettre eſt enpartie ſur les grandes Actions duRoy, &c'eſt
GALANT. 87
Mar
eu
net
12
pour cela que j'ay crûladevoir placericy
Vous la trouverez d'une nouveauté finguliere. Elle eſt toute endifferensCouplets de Chan- fon, fur les Airs les plus connus.
Madame de Louvois eſtoit allée
paſſer quelques jours à la Cam- pagne, &MonfieurGaland, qui nele cede à perſonne endélica- teſſed'eſprit , euſt eupeine àluy marquer plus agreablement le chagrin qu'ilavoitde fon abfen ce. La Lettre eſt enpartie ſur les grandes Actions duRoy, &c'eſt
GALANT. 87
Mar
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pour cela que j'ay crûladevoir placericy
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Résumé : « J'ajoûteray à ces Stances une Lettre écrite à Madame la [...] »
Monsieur Galand, secrétaire du Cabinet, écrit à Madame la marquise de Louvois une lettre originale composée de couplets de chansons. Il exprime son chagrin de son absence, Madame de Louvois étant à la campagne. La lettre mentionne également les grandes actions du roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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185
p. 141-154
« Retournons à S. Omer, nous n'y demeurerons gueres: ce n'est [...] »
Début :
Retournons à S. Omer, nous n'y demeurerons gueres: ce n'est [...]
Mots clefs :
Canon, Saint Omer, Nuit, Logement, Marquis, Bataille, Altesse, Siège
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Retournons à S. Omer, nous n'y demeurerons gueres: ce n'est [...] »
Retournons à Saint Omer
nous n'y demeurerons gueres :
ce n'est pasl'ordinaire des Fran- çois d'eſtre long- temps devant une Place. La nuit queMonfieur
partit de Blandec , on abandon- na l'attaque de Tatingue , &
l'on en tira tout le Canon , que l'on conduifit à Arques. On ſe contenta de garnir la tranchée des Vaches , ſous le commandement de Mr de la Trouffe &
deMonfieur Stoupp. Mªde Tra- cy les yvintjoindre ,aprés avoir
GALANT. 93
f
-
mené neuf Bataillons à mon
ſieur. Le Gouverneur de Saint
Omer n'eut pas plutôt appris que l'on étoit aux mains,qu'il fit tirer tout ſon Canon ,&vou- lut perfuader au Peuple que le Prince d'Orange avoit gagné la Bataille. On en fit autant dans
noſtre Camp, pour la Victoire que Son Alteſſe Royale avoit remportée. Apres la défaite des Ennemis , Monfieur demeura
huitjoursdans ſon mêmePoſte,
pour empeſcher que le Prince d'Orange ne jettât quelques Troupes dans Saint Omer du débris de fon Armée, & pour faire ſubſiſter ſaCavalerie , qui trouvoit du fourage audelà du Canal. Pendant ce temps , Son AlteſſeRoyaleenvoyoit tous les jours quatre Bataillons monter laGardede laTranchée àl'atta
94 LE MERCVRE
que du Fort des Vaches , & fit faire une Baterie de vingt pie- ces , qui ne tira que fix jours apres, àcauſedumauvais temps,
&de la difficulté qu'ily avoit à
mener le Canon. Il falut que la Cavalerie portât des faſcines pendant deux jours , &l'on fut obligé de ſe ſervir des Suiſſes pour mettre les vingt Pieces en batterie. Reprenons l'ordre que nous avons interrompu. Si l'on n'a pas pouſſé le Travail pen- dantquelquenuits, on a gagné une Bataille , & preparé toutes les chofes que je vous viens de
marquer.
Lanuit du 15 au 16 On pouſſa la Tranché à la gauche , on approcha de l'A- vant foffé à la Contrecarpe , on fit un Logement ſur la Digue,
&une communication àune au-
GALANT. 95
tre; onmit encore quatorzePie- ces de Canon enbaterie.
La nuit du 16 au 17 On étendit les Logemens.
Le17 3
On travailla à une Baterie de
vingtMortiers. Mª de la Motte,
Mareſchal de Camp , reçeut un coup deMouſquetàlateſte.
La nuit du 17 au 18
Quelques Ingenieurs ayant affure que nous n'eſtions pas à
cinquante pas de la Contreſcar- pe,&qu'il eſtoit tres-facile de paſſer l'avant-foſſé , on refolut de l'attaquer : on leur donna -pourcela autant deTravailleurs -&Grenadiers qu'ils en deman- derent. Monfieur dela Cardonniere , Lieutenant General ,
commandoit la gauche; Monſieur Stouppla droite; &Mon- fieurdeVillechauve , Brigadier,
10
96 LE MERCVRE
le corps dumilieu. L'impatience oùMonfieur eſtoitde ſçavoir ce qui ſe paſſoit , luy fit envoyer Mrs d'Afpremont , d'Obſon ,
de Tillecourt , & de la Cauviniere , pour en avoirdes nouvel- les de moment en moment. Le
Signal donné , les Grenadiers de lagauche commandez parMon- ſieur le Marquis de la Freſelie- re , s'avancerent à découvert, ils
marcherentbiendeux cens pas,
efſfuyant tout le feu de la Con- treſcarpe , du Chemin couvert,
de la Demy-lune & du Ram- part; ils ne laifferent pas d'ap- procherdes paliſſade.Quelques- unsmémemontrerent tantd'intrépidité , qu'il s'abandonnerent dans la Contreſcarpe ; mais il fallut ſe contenter de faire un
Logement àquinze pas du bord de l'avant-foſſe. Monfieur le
Marquis
GALANT. 97
UP
1
Marquis de la Freſeliere y re- geutuncoup de Mouſquetdans leventre,dont il mourutle len- demain. Monfieur de la Freſe- liere fon Pere prit la place , &fe mit à la teſte de ſon Regiment,
pour ſoûtenir les Travailleurs.
Cette Action fut d'autant plus admirée , que l'eſtat où eſtoit fon Fils , & fa Chargede Lieu- tenant General de l'Artillerie,
pouvoient l'empêcher de s'ex- poſer de la forte. Monfieur de Villechauve fut bleſſé au ge- noüil, en faiſant auſſi faire fon Logement. Monfieur aprenant ce qui s'eſtoit fait dit, Qu'il ne s'estoit point trompé, &qu il avoit bien crû que c'estoit tout ce qu'on pourroitfaire.
Lanuit du 18 au 19 On s'étendit par des Sapes ſurl'avant-Foffé , on fitunétaTome IV. E
98 LEMERCVRE
bliſſement d'environ cinquante pas,& l'on commença àjetter des fafcines pour combler l'a- vant- Foffé. Les Ennemisabandonnerent de Faux-bourg du Haut-Pont , Monfieur Phifer,
Brigadier , ſe jetta dedans.
Lamait du 19 au 20
On continua le meſme Travail pour embraffer l'avant- foffe.
Le20
Les Ennemis voyant que Monfieur eſtoit revenu depuis quelque temps àfon Quartier deBlandec , & que ſes Troupes eftoient toutes fur la hauteur
d'Arques , battirent la chamade fur les fix heures du foir. On
donna des Oftages de part &
d'autre , &Monfieur envoya les Articles auRoyparMile Che- valier de Nantoüillet دو fon
#
1803
GALANT. 99
T
Chambellan ordinaire. Sa Ma
jeſté nedes voulut point voir , &
dit , Que fon Alteſſe avoit trop biencommencé, pour ne pas ache verde mesme. Monfieur accorda
aux Afſiegez de ſortir avec armes &bagage , & deux Pieces de Canon. Ils fortirent deux
mille Hommes de pied , &plus
de cinq censChevaux. SonAlreſſe Royale entra dans la Ville,
&fit chanter le Te Deum. Elle
fitenfuite le tourdesRamparts,
&alla voir toute l'Innondation,
& les Marais qui ſont ducoſté
duHaut Pont.
Toute la Maiſon de Monfieur n'a pas ſervy avec moins d'ardeur, tantqu'aduréle Siege,
qu'elle a fait lejourde laBatail- le. Ceuxmefmes dont l'employ n'eſtoit point de tirer l'épée ,fi- rent voir qu'ils ſçavoient s'en
Eij
100 LE MERCVRE
ſervir dans les occafions. Monſieur de Mannevilette, Secre
caire des Commandemens de
Son Alteſſe Royale , dont j'ay oublié à vous parler, fut de ce nombre. Il prit la placedeMon- ſieur le Chevalierde Sylli, Ayde de Campde Monfieur, qui fut tuédés le commencementde la
Bataille , &s'acquita de cet Em- ploy tant que dura le Combat,
demeſmeque s'il n'euſt fait au- tre choſe toute ſa vie. Je dois
vous dire encore,que celuy dont je vous ay parlé ſous le nom du Chevalier Tillet, dont le Cheval fut bleſſé aupres de Son Alteſſe Royale, eſt Monfieur le Chevalierde Tillecourt
nous n'y demeurerons gueres :
ce n'est pasl'ordinaire des Fran- çois d'eſtre long- temps devant une Place. La nuit queMonfieur
partit de Blandec , on abandon- na l'attaque de Tatingue , &
l'on en tira tout le Canon , que l'on conduifit à Arques. On ſe contenta de garnir la tranchée des Vaches , ſous le commandement de Mr de la Trouffe &
deMonfieur Stoupp. Mªde Tra- cy les yvintjoindre ,aprés avoir
GALANT. 93
f
-
mené neuf Bataillons à mon
ſieur. Le Gouverneur de Saint
Omer n'eut pas plutôt appris que l'on étoit aux mains,qu'il fit tirer tout ſon Canon ,&vou- lut perfuader au Peuple que le Prince d'Orange avoit gagné la Bataille. On en fit autant dans
noſtre Camp, pour la Victoire que Son Alteſſe Royale avoit remportée. Apres la défaite des Ennemis , Monfieur demeura
huitjoursdans ſon mêmePoſte,
pour empeſcher que le Prince d'Orange ne jettât quelques Troupes dans Saint Omer du débris de fon Armée, & pour faire ſubſiſter ſaCavalerie , qui trouvoit du fourage audelà du Canal. Pendant ce temps , Son AlteſſeRoyaleenvoyoit tous les jours quatre Bataillons monter laGardede laTranchée àl'atta
94 LE MERCVRE
que du Fort des Vaches , & fit faire une Baterie de vingt pie- ces , qui ne tira que fix jours apres, àcauſedumauvais temps,
&de la difficulté qu'ily avoit à
mener le Canon. Il falut que la Cavalerie portât des faſcines pendant deux jours , &l'on fut obligé de ſe ſervir des Suiſſes pour mettre les vingt Pieces en batterie. Reprenons l'ordre que nous avons interrompu. Si l'on n'a pas pouſſé le Travail pen- dantquelquenuits, on a gagné une Bataille , & preparé toutes les chofes que je vous viens de
marquer.
Lanuit du 15 au 16 On pouſſa la Tranché à la gauche , on approcha de l'A- vant foffé à la Contrecarpe , on fit un Logement ſur la Digue,
&une communication àune au-
GALANT. 95
tre; onmit encore quatorzePie- ces de Canon enbaterie.
La nuit du 16 au 17 On étendit les Logemens.
Le17 3
On travailla à une Baterie de
vingtMortiers. Mª de la Motte,
Mareſchal de Camp , reçeut un coup deMouſquetàlateſte.
La nuit du 17 au 18
Quelques Ingenieurs ayant affure que nous n'eſtions pas à
cinquante pas de la Contreſcar- pe,&qu'il eſtoit tres-facile de paſſer l'avant-foſſé , on refolut de l'attaquer : on leur donna -pourcela autant deTravailleurs -&Grenadiers qu'ils en deman- derent. Monfieur dela Cardonniere , Lieutenant General ,
commandoit la gauche; Monſieur Stouppla droite; &Mon- fieurdeVillechauve , Brigadier,
10
96 LE MERCVRE
le corps dumilieu. L'impatience oùMonfieur eſtoitde ſçavoir ce qui ſe paſſoit , luy fit envoyer Mrs d'Afpremont , d'Obſon ,
de Tillecourt , & de la Cauviniere , pour en avoirdes nouvel- les de moment en moment. Le
Signal donné , les Grenadiers de lagauche commandez parMon- ſieur le Marquis de la Freſelie- re , s'avancerent à découvert, ils
marcherentbiendeux cens pas,
efſfuyant tout le feu de la Con- treſcarpe , du Chemin couvert,
de la Demy-lune & du Ram- part; ils ne laifferent pas d'ap- procherdes paliſſade.Quelques- unsmémemontrerent tantd'intrépidité , qu'il s'abandonnerent dans la Contreſcarpe ; mais il fallut ſe contenter de faire un
Logement àquinze pas du bord de l'avant-foſſe. Monfieur le
Marquis
GALANT. 97
UP
1
Marquis de la Freſeliere y re- geutuncoup de Mouſquetdans leventre,dont il mourutle len- demain. Monfieur de la Freſe- liere fon Pere prit la place , &fe mit à la teſte de ſon Regiment,
pour ſoûtenir les Travailleurs.
Cette Action fut d'autant plus admirée , que l'eſtat où eſtoit fon Fils , & fa Chargede Lieu- tenant General de l'Artillerie,
pouvoient l'empêcher de s'ex- poſer de la forte. Monfieur de Villechauve fut bleſſé au ge- noüil, en faiſant auſſi faire fon Logement. Monfieur aprenant ce qui s'eſtoit fait dit, Qu'il ne s'estoit point trompé, &qu il avoit bien crû que c'estoit tout ce qu'on pourroitfaire.
Lanuit du 18 au 19 On s'étendit par des Sapes ſurl'avant-Foffé , on fitunétaTome IV. E
98 LEMERCVRE
bliſſement d'environ cinquante pas,& l'on commença àjetter des fafcines pour combler l'a- vant- Foffé. Les Ennemisabandonnerent de Faux-bourg du Haut-Pont , Monfieur Phifer,
Brigadier , ſe jetta dedans.
Lamait du 19 au 20
On continua le meſme Travail pour embraffer l'avant- foffe.
Le20
Les Ennemis voyant que Monfieur eſtoit revenu depuis quelque temps àfon Quartier deBlandec , & que ſes Troupes eftoient toutes fur la hauteur
d'Arques , battirent la chamade fur les fix heures du foir. On
donna des Oftages de part &
d'autre , &Monfieur envoya les Articles auRoyparMile Che- valier de Nantoüillet دو fon
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Chambellan ordinaire. Sa Ma
jeſté nedes voulut point voir , &
dit , Que fon Alteſſe avoit trop biencommencé, pour ne pas ache verde mesme. Monfieur accorda
aux Afſiegez de ſortir avec armes &bagage , & deux Pieces de Canon. Ils fortirent deux
mille Hommes de pied , &plus
de cinq censChevaux. SonAlreſſe Royale entra dans la Ville,
&fit chanter le Te Deum. Elle
fitenfuite le tourdesRamparts,
&alla voir toute l'Innondation,
& les Marais qui ſont ducoſté
duHaut Pont.
Toute la Maiſon de Monfieur n'a pas ſervy avec moins d'ardeur, tantqu'aduréle Siege,
qu'elle a fait lejourde laBatail- le. Ceuxmefmes dont l'employ n'eſtoit point de tirer l'épée ,fi- rent voir qu'ils ſçavoient s'en
Eij
100 LE MERCVRE
ſervir dans les occafions. Monſieur de Mannevilette, Secre
caire des Commandemens de
Son Alteſſe Royale , dont j'ay oublié à vous parler, fut de ce nombre. Il prit la placedeMon- ſieur le Chevalierde Sylli, Ayde de Campde Monfieur, qui fut tuédés le commencementde la
Bataille , &s'acquita de cet Em- ploy tant que dura le Combat,
demeſmeque s'il n'euſt fait au- tre choſe toute ſa vie. Je dois
vous dire encore,que celuy dont je vous ay parlé ſous le nom du Chevalier Tillet, dont le Cheval fut bleſſé aupres de Son Alteſſe Royale, eſt Monfieur le Chevalierde Tillecourt
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Résumé : « Retournons à S. Omer, nous n'y demeurerons gueres: ce n'est [...] »
Le texte relate les événements militaires autour de Saint-Omer. Après avoir abandonné l'attaque de Tatingue, les Français se concentrèrent sur la tranchée des Vaches. Le gouverneur de Saint-Omer tenta de tromper la population en affirmant que le Prince d'Orange avait remporté la bataille. Suite à une victoire, les Français restèrent huit jours pour prévenir toute contre-attaque et pour approvisionner leur cavalerie. Des bataillons furent envoyés pour renforcer la tranchée et une batterie de vingt pièces de canon fut préparée. Les travaux de siège se poursuivirent avec des avancées nocturnes et la mise en place de nouvelles batteries. La nuit du 15 au 16, la tranchée fut poussée vers la gauche et des logements furent construits. Le 17, des mortiers furent installés et un officier, M. de la Motte, fut blessé. La nuit suivante, une attaque sur la contrescarpe fut menée par plusieurs officiers, dont le Marquis de la Freseliere, qui fut mortellement blessé. Les travaux continuèrent avec des sapes et des fascines pour combler les fossés. Le 20, les assiégés demandèrent à capituler et furent autorisés à sortir avec leurs armes et bagages. Les Français entrèrent dans la ville et célébrèrent leur victoire. La maison du commandant montra une grande ardeur tout au long du siège, y compris les secrétaires et aides de camp.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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186
p. 154-155
« Quoy que je vous aye déja entretenu des isles flottantes [...] »
Début :
Quoy que je vous aye déja entretenu des isles flottantes [...]
Mots clefs :
Iles flottantes, Lois
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Quoy que je vous aye déja entretenu des isles flottantes [...] »
Quoy que je vous aye déja entretenu des Ifles flotantes , je ne puis m'empeſcherde vousdi- re encore une choſe tres-partii
GALANT. 10F
e
a
白
culiere& tres- curieuſe touchat
ces Iſles-là. Il y a environ une centained'Habitansqui les font mouvoir , &qui avecla permif- fion des Souverains de S.Omer,
compoſent entr'eux une efpece de petite Republique. Ils ont leurs Loix , & pour perpetuel leur racefans fortir deleurs Jfles,
tous lesCoufins peuvent épou- ſer leurs Coufines. LeRoycon- firma leurs Privileges , & leur donna une ſomme confiderable.
GALANT. 10F
e
a
白
culiere& tres- curieuſe touchat
ces Iſles-là. Il y a environ une centained'Habitansqui les font mouvoir , &qui avecla permif- fion des Souverains de S.Omer,
compoſent entr'eux une efpece de petite Republique. Ils ont leurs Loix , & pour perpetuel leur racefans fortir deleurs Jfles,
tous lesCoufins peuvent épou- ſer leurs Coufines. LeRoycon- firma leurs Privileges , & leur donna une ſomme confiderable.
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Résumé : « Quoy que je vous aye déja entretenu des isles flottantes [...] »
Des îles flottantes abritent environ cent personnes qui les déplacent avec l'autorisation des souverains de l'Océan. Ces habitants constituent une petite république avec ses propres lois et permettent les mariages entre cousins pour préserver leur race. Le roi leur a confirmé leurs privilèges et octroyé une somme d'argent importante.
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187
p. 155-167
« Mais, Madame, il est temps que je vous ramene de [...] »
Début :
Mais, Madame, il est temps que je vous ramene de [...]
Mots clefs :
Père de Villiers, Héros, Collège de Clermont, Duc de Bourbon, Maisons de France, Bonheur, Exploits, Éloge, Prince
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texteReconnaissance textuelle : « Mais, Madame, il est temps que je vous ramene de [...] »
Mais , Madame, il eſt temps que je vous ramene de S. Omer à Paris, où je croy, que vous ne ſerez pas fachéed'accompagner Madame la Ducheſſe au CollegeClermont. LeursAlteſſesSereniffimes Monfieurle Prince&
Monfieur le Duc, qui ont bien.
voulu confier le jeune Duc de Bourbon aux Peres de ce ColE iij
102 LE MERCVRE
lege , pour y faire ſes Eſtudes,
l'y avoient amené depuis fix mois , & Madame la Ducheffe fut bien aiſe il y a quelque temps de leur venir témoigner elle meſme , qu'elle ſe tenoit obligéede leurs foins. Pluſieurs Damesde la premiere Qualité eftoient avec elle ; & lesJefuires, qui ſcavent toûjours bien faire les choses , répondirent à
T'honneurqu'elle leur faifoit par tous ceux qui font deus àune Perfonne de ſon rang. Ils ne ſe contenterent pas de luy mar- quer eux-mefines combien ils eftimoient la grace qu'il luy plai- foit de leur faire. Ils choiſirent
deuxdeleurs plus confiderables Penſionnaires , qui ſuivis de quantité d'autres des plus illu- ftres Maiſonsde France, buy vin- rent faire compliment, &ſe ſer41
GALAN Τ. 103
pl
virentpour cela des Vers que je vous envoye. Monfieur lePrince de Tingry commença par ceux-cy , & vous ne ſçauriez croire, Madame , avec combien
degrace il les prononça. C'eſt le Fils aîné de Monfieurde Lu- xembourg , & fon nom ſuffit pour vous faire concevoir à
quels importans Emplois il eſt un jour deſtiné par ſa naiſſance.
Il a tout à fait de l'eſprit, auffi- bien que M le Marquis de la Chaſtre , qui fut choiſi comme luypour cetEmploy, & ils mar- quent l'un& l'autre , je ne ſçay quoyde grand, qui répondpar- faitement à ce qu'ils font nez. :
Eux Princes , deux Héros , fa- D meux également,
Nous ont depuis fix mois fait un han- neursemblable Aceluy que de vous , Princeſſe incom
parable,
E iiij
104 LE MERCVRE
Nousrecevonspreſentement.
C'est unhonneur pour nous trop re- marquable,
Pour nepas enſçavoir le tempsprecifement :
Mais iln'est pasdefort grande im
portance Devous dire les Noms de cesHéros
fameux Iln'estpoint de Héros en France,
Plus grans &plus illustres qu'eux.. Enmille autres Pars on les connoit tous
deux,
Onlesconnoit en Flandre,en Alle
magne;
Etmesmedanstoute IEspagne On trouvepeu de Noms plusfameux
queleleur.
On doit l'avoir appris en plus d'une Campagne,
Caronſçait toûjours bien le Nomde Son Vainqueur.
Il n'en fautpoint de marques plus
certaines ,
Jedis affez leurNomnediſant quecela,
EtdesHéroscomme ceux-là
Nese trouventpaspardouzaines.
:
GALANT. πος L'accourus pour les voir , &j'y ferois
venu
Delaplus lointaine Province.
Ilsavoiei aveceux unjoly petitPrince,
Qui vous est aussifortconnu.
Déiadans toute sa maniere
Ilfait d'un vray Héros paroiſtre l'ame fiere:
Il a lesyeux brillans , pleins de fen pleinsd'efprit,
Etc'est le Portrait en petit
Deſon Ayeul&defon Pere.
Ce n'est pas tout que la fiertés Iereconnusd'abord en voyantfabeauté,
Qu'il pouvoit bien auſſi reffembler àfa Mere.
Auffi-tôt pourtout Compliment On recita des Vers de chaque espece :
Vousmeritez, grande Princeffe,
Qu'on enfaſſepourvousautant.
Maisnoussommesdes Gens étrages,
Nousvoyons peu de Princeſſes chez
nous
Et leCollege enfin n'apprend point de
Jouanges Pour dire aux Dames, comme vous.
Inousferoit moins difficile
E
2
106 LE MERCVRE
ploits,
De lover de Condé laforce &les ExNoussommes icy plus de mille ,
Preſts àdire pour luy tous les Vers que
Virgile Pourde moindres Héros compoſoit au- trefois.
Mais je ne pense pas que Virgile , он quelque autre Des mieux diſans dans l'Empire Latin,
Ait iamais fait un Eloge affez fin,
Pourenpouvoirtirer le modeleduvôtre.
AinfiScachant, comme iefais,
Qur le mieux quelquefois pour ſe tirer d'affaire,
C'estd'admirer&desetaire.
Princeffe j'admire &me tais.
ApresqueMonfieur le Prin- ce de Tingry eut fait ce Com- pliment àMadame la Ducheffe,
M' le Marquisde la Chaſtre luy fit le ſien par les Vers qui fui- vent, && regeut beaucoup de loüanges de la maniere dont il
GALANT. 107
#
4
A
1
:
les recita. Il eſt l'Aîné de la Maiſonde la Chaftre , & petit- fils de Monfieur le Comtede la Chaftre , Colonel General des
Suiffes.
7816
Vandle meriteeftveritable,
Qon ne peus is defavoritab *
Etl'on fçait toûjours bien loner Cequ'on trouve toûjours louable.
Ainsimoinsnous fommes verfez Dansl'Art qüe la Cour autorife,
DanscetArtflateur qui déguise Tous les defauts qu'on apensez,
Plus ,Princeſſe , pourvous nous avons d'éloquence :
Quandon peut dire cequ'onpenfes Onpeut toûjours en dire affez.
Cen'estdoncpoint en ces lieux ,que les Dames
Doiventattendre les douceurs,
Ettous les Elogesflateurs ,
Qui plaisent tant àla pluspart des Femmes.
Nous aimons trop laverité,
3
Pourbien sçavoir &Are des fleurettes,
D
Evj
108 LE MERCVRE
Nousne traitonspoint deparfaites Cellesdequilavanité Metleurmerite en leurfeule beauté.. Nouscherchons la vertu , l'esprit &le
comage;
ג
Etpour avoirdesloñanges de nous Princeſſe, il faut avoir leſolide avantage DesgrandesQualitez que l'on admire
envom.
C'est en vain que parmodestie Vous en cachez unepartie ,
LaRenommée enparle , &malgré less Emplois Que devos deux Héros elle reçoitfans ceffe ,
Quand l'infatigable Deeffe Et du Prince & du Duc aconté les
Exploits Elletrouve encor de la voix hdng
Pournous parlerde la Ducheffe.
Ilnefautdoncpoint employer LesLongs Preceptes de Science Pourfoutenir les esperances Que vans donne aujourd'huy vôsre. Illu AreEcolier.
GALANT. 109
C
14
1
-
Prince luy dira- t-on,imilezvotre Pere Etvôtre Ayeul, &vôtre Mere ,
Toûjours de leurs Vertus regardez la Portrait.
: Voilà, Prince,comme ilfautfaire Pourse rendre un Princeparfait.
On m'a dit que le Pere de
Villiers eſtoit l'Autheur de ces
Vers ; je n'ay pas de peine à le croire car ils font tres- agreablement tournez, & nous avons
veuquelques Pieces de luy qui fontaffez du caractere de celleсу.
Monfieur le Duc, qui ont bien.
voulu confier le jeune Duc de Bourbon aux Peres de ce ColE iij
102 LE MERCVRE
lege , pour y faire ſes Eſtudes,
l'y avoient amené depuis fix mois , & Madame la Ducheffe fut bien aiſe il y a quelque temps de leur venir témoigner elle meſme , qu'elle ſe tenoit obligéede leurs foins. Pluſieurs Damesde la premiere Qualité eftoient avec elle ; & lesJefuires, qui ſcavent toûjours bien faire les choses , répondirent à
T'honneurqu'elle leur faifoit par tous ceux qui font deus àune Perfonne de ſon rang. Ils ne ſe contenterent pas de luy mar- quer eux-mefines combien ils eftimoient la grace qu'il luy plai- foit de leur faire. Ils choiſirent
deuxdeleurs plus confiderables Penſionnaires , qui ſuivis de quantité d'autres des plus illu- ftres Maiſonsde France, buy vin- rent faire compliment, &ſe ſer41
GALAN Τ. 103
pl
virentpour cela des Vers que je vous envoye. Monfieur lePrince de Tingry commença par ceux-cy , & vous ne ſçauriez croire, Madame , avec combien
degrace il les prononça. C'eſt le Fils aîné de Monfieurde Lu- xembourg , & fon nom ſuffit pour vous faire concevoir à
quels importans Emplois il eſt un jour deſtiné par ſa naiſſance.
Il a tout à fait de l'eſprit, auffi- bien que M le Marquis de la Chaſtre , qui fut choiſi comme luypour cetEmploy, & ils mar- quent l'un& l'autre , je ne ſçay quoyde grand, qui répondpar- faitement à ce qu'ils font nez. :
Eux Princes , deux Héros , fa- D meux également,
Nous ont depuis fix mois fait un han- neursemblable Aceluy que de vous , Princeſſe incom
parable,
E iiij
104 LE MERCVRE
Nousrecevonspreſentement.
C'est unhonneur pour nous trop re- marquable,
Pour nepas enſçavoir le tempsprecifement :
Mais iln'est pasdefort grande im
portance Devous dire les Noms de cesHéros
fameux Iln'estpoint de Héros en France,
Plus grans &plus illustres qu'eux.. Enmille autres Pars on les connoit tous
deux,
Onlesconnoit en Flandre,en Alle
magne;
Etmesmedanstoute IEspagne On trouvepeu de Noms plusfameux
queleleur.
On doit l'avoir appris en plus d'une Campagne,
Caronſçait toûjours bien le Nomde Son Vainqueur.
Il n'en fautpoint de marques plus
certaines ,
Jedis affez leurNomnediſant quecela,
EtdesHéroscomme ceux-là
Nese trouventpaspardouzaines.
:
GALANT. πος L'accourus pour les voir , &j'y ferois
venu
Delaplus lointaine Province.
Ilsavoiei aveceux unjoly petitPrince,
Qui vous est aussifortconnu.
Déiadans toute sa maniere
Ilfait d'un vray Héros paroiſtre l'ame fiere:
Il a lesyeux brillans , pleins de fen pleinsd'efprit,
Etc'est le Portrait en petit
Deſon Ayeul&defon Pere.
Ce n'est pas tout que la fiertés Iereconnusd'abord en voyantfabeauté,
Qu'il pouvoit bien auſſi reffembler àfa Mere.
Auffi-tôt pourtout Compliment On recita des Vers de chaque espece :
Vousmeritez, grande Princeffe,
Qu'on enfaſſepourvousautant.
Maisnoussommesdes Gens étrages,
Nousvoyons peu de Princeſſes chez
nous
Et leCollege enfin n'apprend point de
Jouanges Pour dire aux Dames, comme vous.
Inousferoit moins difficile
E
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106 LE MERCVRE
ploits,
De lover de Condé laforce &les ExNoussommes icy plus de mille ,
Preſts àdire pour luy tous les Vers que
Virgile Pourde moindres Héros compoſoit au- trefois.
Mais je ne pense pas que Virgile , он quelque autre Des mieux diſans dans l'Empire Latin,
Ait iamais fait un Eloge affez fin,
Pourenpouvoirtirer le modeleduvôtre.
AinfiScachant, comme iefais,
Qur le mieux quelquefois pour ſe tirer d'affaire,
C'estd'admirer&desetaire.
Princeffe j'admire &me tais.
ApresqueMonfieur le Prin- ce de Tingry eut fait ce Com- pliment àMadame la Ducheffe,
M' le Marquisde la Chaſtre luy fit le ſien par les Vers qui fui- vent, && regeut beaucoup de loüanges de la maniere dont il
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:
les recita. Il eſt l'Aîné de la Maiſonde la Chaftre , & petit- fils de Monfieur le Comtede la Chaftre , Colonel General des
Suiffes.
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Vandle meriteeftveritable,
Qon ne peus is defavoritab *
Etl'on fçait toûjours bien loner Cequ'on trouve toûjours louable.
Ainsimoinsnous fommes verfez Dansl'Art qüe la Cour autorife,
DanscetArtflateur qui déguise Tous les defauts qu'on apensez,
Plus ,Princeſſe , pourvous nous avons d'éloquence :
Quandon peut dire cequ'onpenfes Onpeut toûjours en dire affez.
Cen'estdoncpoint en ces lieux ,que les Dames
Doiventattendre les douceurs,
Ettous les Elogesflateurs ,
Qui plaisent tant àla pluspart des Femmes.
Nous aimons trop laverité,
3
Pourbien sçavoir &Are des fleurettes,
D
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108 LE MERCVRE
Nousne traitonspoint deparfaites Cellesdequilavanité Metleurmerite en leurfeule beauté.. Nouscherchons la vertu , l'esprit &le
comage;
ג
Etpour avoirdesloñanges de nous Princeſſe, il faut avoir leſolide avantage DesgrandesQualitez que l'on admire
envom.
C'est en vain que parmodestie Vous en cachez unepartie ,
LaRenommée enparle , &malgré less Emplois Que devos deux Héros elle reçoitfans ceffe ,
Quand l'infatigable Deeffe Et du Prince & du Duc aconté les
Exploits Elletrouve encor de la voix hdng
Pournous parlerde la Ducheffe.
Ilnefautdoncpoint employer LesLongs Preceptes de Science Pourfoutenir les esperances Que vans donne aujourd'huy vôsre. Illu AreEcolier.
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Prince luy dira- t-on,imilezvotre Pere Etvôtre Ayeul, &vôtre Mere ,
Toûjours de leurs Vertus regardez la Portrait.
: Voilà, Prince,comme ilfautfaire Pourse rendre un Princeparfait.
On m'a dit que le Pere de
Villiers eſtoit l'Autheur de ces
Vers ; je n'ay pas de peine à le croire car ils font tres- agreablement tournez, & nous avons
veuquelques Pieces de luy qui fontaffez du caractere de celleсу.
Fermer
Résumé : « Mais, Madame, il est temps que je vous ramene de [...] »
Madame la Duchesse visita le Collège Clermont à Paris, accompagnée de plusieurs dames de haute qualité. Elle avait amené le jeune Duc de Bourbon pour ses études six mois auparavant. Les Jésuites, reconnaissants de la confiance accordée, organisèrent une réception en son honneur. Deux pensionnaires éminents, suivis de nombreux autres élèves issus de grandes familles françaises, lui rendirent hommage en récitant des vers. Le Prince de Tingry, fils aîné du Duc de Luxembourg, et le Marquis de la Chastre furent choisis pour prononcer ces vers. Ils louèrent les princes, comparant leur honneur à celui de la Duchesse. Les vers soulignèrent également la renommée des princes en France, en Flandre, en Allemagne et en Espagne, et mentionnèrent la présence du jeune prince, décrit comme ayant une âme fière et des traits ressemblant à ceux de ses ancêtres. Après les compliments, le Marquis de la Chastre récita à son tour des vers, recevant des éloges pour sa prestation. Il souligna l'importance de la vertu, de l'esprit et du courage, affirmant que les louanges doivent être méritées et non seulement basées sur la beauté. Le texte se conclut par des éloges adressés à la Duchesse et à ses héros, soulignant que les exploits des princes sont bien connus et admirés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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188
p. 167-168
« Deux mots, s'il vous plaist, sur une Avanture de l'Opéra [...] »
Début :
Deux mots, s'il vous plaist, sur une Avanture de l'Opéra [...]
Mots clefs :
Opéra, Aventure, Scarron, Divertissant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Deux mots, s'il vous plaist, sur une Avanture de l'Opéra [...] »
Deux mots, s'il vous plaiſt,
fur une Avanture de l'Opéra:
car commevous ſçavez ,Mada- me , l'Opéra est fort propre à
faire naiſtre des Avantures , &
depuis que les troiſiémes Loges qu'on a retranchées à la livrée,
s'occupent fans honte pardes perſonnes de Qualité , la ren-
LE MERCVRE
t
contre desBrancards de Scaron
eſt moins divertiſſante que cel- lesqu'onyfait tous les jours
fur une Avanture de l'Opéra:
car commevous ſçavez ,Mada- me , l'Opéra est fort propre à
faire naiſtre des Avantures , &
depuis que les troiſiémes Loges qu'on a retranchées à la livrée,
s'occupent fans honte pardes perſonnes de Qualité , la ren-
LE MERCVRE
t
contre desBrancards de Scaron
eſt moins divertiſſante que cel- lesqu'onyfait tous les jours
Fermer
189
p. 168-187
« Une Marquise du plus haut rang (il en est de [...] »
Début :
Une Marquise du plus haut rang (il en est de [...]
Mots clefs :
Bretonne, Étranger, Jalousie, Belles, Rivales, Qu'en dira-t-on, Vertu, Plaisirs, Mari, Opéra, Divertissement, Rendez-vous, Tête à tête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Une Marquise du plus haut rang (il en est de [...] »
Une Marquiſe du plus haut rang ( il en eft de toutesles ſor- tes ) mariée depuis fix ans àun des Principaux Officiers d'un fortgrandPrince , auroit d'affez méchantes heures à paffer par les frequens ſujets qu'il luydon- nede jalousie , fi elle n'avoit la prudence d'accommoder fon cœur à laneceffité deſa fortune.
Ce n'eſt pas qu'il n'
dreffe
'ait de laten-
&une confideration
toute particuliere pour elle ,
mais il ſe laiffe entraîner à un
penchant coquetqu'il ne ſcau- roit'vaincre , & quoy qu'il ne foit pas fort jeune, il est telle- ment ne avec la Galanterie ,
qu'il n'a pu s'en défaire par le Sacrement. Il fautqu'ilvoye les
GALANT. III
Belles. H les régale , les mene à
la Comédie & à l'Opéra , leur donnedes rétes ; &la fage маг- quife , qui ſçait combien l'éclat eſtdangereux avec un mary fur ces fortes de commerces , na
point trouvé de meilleur party à
prendre que celuydien plaifanı ter,&de ſe divertir de ſes Rivales, quandelle en peutdécou- vrir l'intrigue. Le Marquis, qui commence déja à grifonner , a
fait habitude depuis peu avec
tune aimable Bretonne , qui eft venue icy poursuivreun Procés avecſonMary. LaBelle est une de ces Femmes qui ne veulent point eſtre aimées àpetit bruit,
qui trouvent dela gloiredans le fracas , &qui aiment mieux en- tendre dire unpeu de mal d'el les ,quede n'enpoint faire par- ler. Elle n'est pas la ſeulede ce
W
112 LE MERCVRE
caractere , & nous en voyons .
tous les jours quiſemettent peu en peine du Qu'en dira-t-on pourveu qu'elles ſe puiſſent ju- ſtifier àelles-même du coſté de
leur vertu. Les apparences ſont contreelles tant qu'il vous plai- na,l'innocencedeleurs intrigues eſt untémoignage qui les fatis- fait , &n'ayant riende honteux àfe reprocher, ellespretendent que c'eſt une folie de s'aſſujet tir à vivre ſelon le caprice des Sots , qui fans vouloir penetrer les chofes, ne conſultent que leurmalignité dans le jugement qu'ils en font. Voilà l'humeur
delabelleBretonne. Le faſteluy plaift , & elle ne haït pas les Connoiſſancesd'éclat on abeau
en médire , il ſuffit qu'elle foir contented'elle-meſme,pourne pas renoncer aux plaiſirs qu'elle
GALANT. 113
5
J
s'en fait. Vne Viſite du grand
air la rejoüit ; &comme leMar- quis fait affez bonne figure à la Cour , elle s'accommoderoit
fortdes fiennes , fi enles faiſant
trop longues , il ne rompoit pas les meſures qu'elle prend pour ménager trois ou quatreProte- ſtans dont elle aime àſe divertir. Elle en a un Conſeiller , un
autrede profeffion de Bel Efprit (car il luy faut de tout ) & elle trouve moyen de rendre leurs pretentions comptables avec les foins d'unEtranger,dontla fina- ce &l'équipage luy font quel- quefois d'un fortgrand fecours.
LeMary n'y trouve rien àdire.Il aun Procés,qui luy tient plus an cœur que ſa Femme. Les fortes
Sollicitations font des abondan -
ces de Droit , qui ne ſe doivent
jamais negliger ; & de quelque
114 LE MERCVRE maniere que ce puiſſe eſtre,
quandonades lugesàfaire voir,
il est bon de ſe faire desAmis.
Le Marquis n'eut pas veutrois fois la Belle Bretonne , que la Marquiſeſa femme en fut aver- tie. Elle voulutvoir fi elle eſtoir
dignedes affiduitez defonMary,
ſe la fit montrer à l'Eglife , luy trouva de la Beauté ,&jugeant par les agrémens de ſa perſonne que l'attachement du Marquis pourroit avoir de la fuite,elle ne fongea plus qu'à sinformer à
fondde l'efprit &de la condui- te de fa nouvelle Rivale. Elle
'n'eut pas de peine à découvrir ſes habitudes. On luy nommma fur tout l'Etranger,qui luy eſtoit déja connu par la grande dé- penfe , qu'on luy voyoit faire.
Cet éclairciſſement ne luy fuffit pas. Elle pratiqua des Eſpions,
14
-
GALANT. τις qui la ſervirent fi fidellement,
qu'il ne ſe paſſoit plus rien chez la belle Bretonne,dont elle n'eût auſſi-tôt avis. Elle ſcavoit toutes les Viſites que luy rendoit fon Mary,les heures qu'elle mé- nageoit pour le Confeiller,& les teſte-à-teſte que l'Etranger en obtenoit. Sur ces lumieres elle
mouroitd'enviede trouver cette
Rivale en lieu où feignantdene la point connoiſtre , elle puſt luy rendre une partie du cha- grin qu'elle luy cauſoit. L'occa- fion s'en offrit parune rencon- tre fort inopinée. LaMarquiſe ſçavoit que fon Mary avoit re- tenu la Loge du Roy à l'Opéra,
quand ſes Efpions luy viennent dire que la belle Bretonne y al- loit auſſi ,ſans qu'ils euſſent pû découvrir avec qui. La Loge loüée par le Marquisneluyper
116 LE MERCURE
met point de douterque ce ne foit elle qu'il y mene. Elleveut eſtre témoin de ſes manieres
avec elle pendantce Divertiſſe -
ment. La choſe ne luy eſt pas difficile. Elle prendunhabit ne- gligé ;&avecuneſeule ſuivan- te ,elle fe fait ouvrir les troiſie- mes Loges , oppoſées àcelle ou devoit eſtre ſon Mary.. Elle y
trouve un Laquais qui gardoit desPlaces , reconnoiſt ſa livrée;
& s'imaginant qu'il y avoit de l'Avanture,parce que la précau- tionde les faire retenir au troifiéme rang,eſtoit une marque de Rédez-vous,elle prend les fien- nes ſurle méme Banc,&obferve
avecgrand foin ceux qui vien
nent unmoment apres occuper les autres. C'eſtoit l'Etranger avec une Dame , qui ayant ofté deux ou trois fois ſonLoup,tant
GALAN T. 117
E
1
acauſe de l'obſcurité du lieu ,
que dans la penſée qu'elle eût que rien ne luy devoit eſtre ſuſ- pect aux troiſiemes Loges , fit connoiſtre àlaMarquiſe.qu'elle avoit auprésd'elle cette meſme Bretonne , pour quielle croyoit que ſon Mary eût fait garder la Loge du Roy. L'occaſion eſtoit trop favorable pour n'en pas profiter. La Marquiſe demeure maſquée, les laifle joüir quelque moment du teſte-à-teſte , &fe
metenfin adroitemet dela converſation furdes matieres indifferentes. On commenced'allumer les chandelles , on ouvre
la Loge du Roy, le Marquisy
entre avec des Dames qu'il fait placer ; & l'Etranger l'ayant nommé d'abord , & adjoûte qu'il falloit qu'il fuſt toûjours avec les Belles , la Marquiſe
118 LE MERCVRE.
prend la parole , &dit qu'il y .
auroit dequoy faire unVolume de ſes differentes intriguesd'A- mour, fi on les ſçavoit auſſi par- ticulierement qu'elle. En mef- me temps elle commence l'Hi- ſtoire de deux ou trois Femmes, que labelle Bretonne n'é- toit pas fâchée d'écouter , s'i- maginant qu'elle ne viendroit pasjuſqu'àelle,ou que du moins elle ne parleroit que de quel- ques Viſites , qui ne devoient pas avoir fait grand bruit dans le monde. Cependant laMar- quiſe qui avoit ſon but , la vo- yant rire de quelque Avantu- re de fon Mary: ce qu'il ya de plaifant , pourſuit-elle , c'eſt que le bon Marquis , qui donne à
tout,aquité la Cour pourla Pro- vince ; c'eſt àdire qu'il fait pre- fentemet ſon quartier chezMa-
GALANT. : 419
10
16
dame de ***. C'eſt une Bretonne qui a des Amans de toute eſpece , qui les ménage tous àla fois , & qui entr'autres fait fa Dupe d'un Etranger , qu'on tient d'ailleurs honneſte Hom
me , & qui merireroit biende ne pas mettre , comme il fait , ſa tendreſſe à fonds perdu avec uneBelle , qui en aimant d'au- tres queluy,nele confidereque pourla dépenſe qu'il faitauprés d'elle. La Bretonne deſeſperée de ce commencement interrompt la marquiſe , &tâche à
tourner lediſcours ſur l'Opéra.
Mais elle a beau faire, l'Etranger qui eſt bien-aiſedes'éclaircirde cequile regarde,la priede con- tinuer , & malgré les interru- ptions de ſaRivale, la marquiſe informée de toute ſa conduite
par ſes Eſpions , n'oublie rien
د
420 LE MERCVRE
decequiluy eſt arrivé. L'Etran gerconnoîtparlàque quand el- le a quelquefois refusé de paf- ſer l'apreſdînée avec luy , c'eſt parce qu'elle l'avoit déja promi- ſe àunautre, &qu'elle neluy eſt venuë parler depuis huit jours dans ſon Anti-chambre, d'où elle avoitgrandhaſte de le conge- dier, que pour l'empeſcher de voir qu'elle dînoit teſte-à-teſte avec le marquis en l'abſence de ſon Mary. Toutes ces particula- ritez mettent la Bretonne dans
la derniere ſurpriſe , elle croit que le lieu où ils font , donne l'eſprit de Prophetie ou de Re- velation ; & l'Opéra commen- çant , elle feint de l'écouter ,
mais apparemment elle n'eſtoit pas fort en eftat de juger de la bonté de la muſique. La Mar- quiſe fort contente du rôle qu'- elle
i GALANT. 2
3
-
elle avoit joué , s'échapa avant la fin du cinquiéme Acte. Il eſt à croire que l'Etranger,qui étoit demeuré fort réveurdepuisl'ine ſtruction qu'il avoit reçeu,ditde bonnes choſes à la Bretonne
aprés le départ de la marquiſe.
On a ſçeu depuis, qu'ils avoient rompu enſemble , & voila com-- me quelquefois un Rendez- vous de teſte à teſte produn des effets tous contraires à cequ'on s'en promet
Ce n'eſt pas qu'il n'
dreffe
'ait de laten-
&une confideration
toute particuliere pour elle ,
mais il ſe laiffe entraîner à un
penchant coquetqu'il ne ſcau- roit'vaincre , & quoy qu'il ne foit pas fort jeune, il est telle- ment ne avec la Galanterie ,
qu'il n'a pu s'en défaire par le Sacrement. Il fautqu'ilvoye les
GALANT. III
Belles. H les régale , les mene à
la Comédie & à l'Opéra , leur donnedes rétes ; &la fage маг- quife , qui ſçait combien l'éclat eſtdangereux avec un mary fur ces fortes de commerces , na
point trouvé de meilleur party à
prendre que celuydien plaifanı ter,&de ſe divertir de ſes Rivales, quandelle en peutdécou- vrir l'intrigue. Le Marquis, qui commence déja à grifonner , a
fait habitude depuis peu avec
tune aimable Bretonne , qui eft venue icy poursuivreun Procés avecſonMary. LaBelle est une de ces Femmes qui ne veulent point eſtre aimées àpetit bruit,
qui trouvent dela gloiredans le fracas , &qui aiment mieux en- tendre dire unpeu de mal d'el les ,quede n'enpoint faire par- ler. Elle n'est pas la ſeulede ce
W
112 LE MERCVRE
caractere , & nous en voyons .
tous les jours quiſemettent peu en peine du Qu'en dira-t-on pourveu qu'elles ſe puiſſent ju- ſtifier àelles-même du coſté de
leur vertu. Les apparences ſont contreelles tant qu'il vous plai- na,l'innocencedeleurs intrigues eſt untémoignage qui les fatis- fait , &n'ayant riende honteux àfe reprocher, ellespretendent que c'eſt une folie de s'aſſujet tir à vivre ſelon le caprice des Sots , qui fans vouloir penetrer les chofes, ne conſultent que leurmalignité dans le jugement qu'ils en font. Voilà l'humeur
delabelleBretonne. Le faſteluy plaift , & elle ne haït pas les Connoiſſancesd'éclat on abeau
en médire , il ſuffit qu'elle foir contented'elle-meſme,pourne pas renoncer aux plaiſirs qu'elle
GALANT. 113
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J
s'en fait. Vne Viſite du grand
air la rejoüit ; &comme leMar- quis fait affez bonne figure à la Cour , elle s'accommoderoit
fortdes fiennes , fi enles faiſant
trop longues , il ne rompoit pas les meſures qu'elle prend pour ménager trois ou quatreProte- ſtans dont elle aime àſe divertir. Elle en a un Conſeiller , un
autrede profeffion de Bel Efprit (car il luy faut de tout ) & elle trouve moyen de rendre leurs pretentions comptables avec les foins d'unEtranger,dontla fina- ce &l'équipage luy font quel- quefois d'un fortgrand fecours.
LeMary n'y trouve rien àdire.Il aun Procés,qui luy tient plus an cœur que ſa Femme. Les fortes
Sollicitations font des abondan -
ces de Droit , qui ne ſe doivent
jamais negliger ; & de quelque
114 LE MERCVRE maniere que ce puiſſe eſtre,
quandonades lugesàfaire voir,
il est bon de ſe faire desAmis.
Le Marquis n'eut pas veutrois fois la Belle Bretonne , que la Marquiſeſa femme en fut aver- tie. Elle voulutvoir fi elle eſtoir
dignedes affiduitez defonMary,
ſe la fit montrer à l'Eglife , luy trouva de la Beauté ,&jugeant par les agrémens de ſa perſonne que l'attachement du Marquis pourroit avoir de la fuite,elle ne fongea plus qu'à sinformer à
fondde l'efprit &de la condui- te de fa nouvelle Rivale. Elle
'n'eut pas de peine à découvrir ſes habitudes. On luy nommma fur tout l'Etranger,qui luy eſtoit déja connu par la grande dé- penfe , qu'on luy voyoit faire.
Cet éclairciſſement ne luy fuffit pas. Elle pratiqua des Eſpions,
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GALANT. τις qui la ſervirent fi fidellement,
qu'il ne ſe paſſoit plus rien chez la belle Bretonne,dont elle n'eût auſſi-tôt avis. Elle ſcavoit toutes les Viſites que luy rendoit fon Mary,les heures qu'elle mé- nageoit pour le Confeiller,& les teſte-à-teſte que l'Etranger en obtenoit. Sur ces lumieres elle
mouroitd'enviede trouver cette
Rivale en lieu où feignantdene la point connoiſtre , elle puſt luy rendre une partie du cha- grin qu'elle luy cauſoit. L'occa- fion s'en offrit parune rencon- tre fort inopinée. LaMarquiſe ſçavoit que fon Mary avoit re- tenu la Loge du Roy à l'Opéra,
quand ſes Efpions luy viennent dire que la belle Bretonne y al- loit auſſi ,ſans qu'ils euſſent pû découvrir avec qui. La Loge loüée par le Marquisneluyper
116 LE MERCURE
met point de douterque ce ne foit elle qu'il y mene. Elleveut eſtre témoin de ſes manieres
avec elle pendantce Divertiſſe -
ment. La choſe ne luy eſt pas difficile. Elle prendunhabit ne- gligé ;&avecuneſeule ſuivan- te ,elle fe fait ouvrir les troiſie- mes Loges , oppoſées àcelle ou devoit eſtre ſon Mary.. Elle y
trouve un Laquais qui gardoit desPlaces , reconnoiſt ſa livrée;
& s'imaginant qu'il y avoit de l'Avanture,parce que la précau- tionde les faire retenir au troifiéme rang,eſtoit une marque de Rédez-vous,elle prend les fien- nes ſurle méme Banc,&obferve
avecgrand foin ceux qui vien
nent unmoment apres occuper les autres. C'eſtoit l'Etranger avec une Dame , qui ayant ofté deux ou trois fois ſonLoup,tant
GALAN T. 117
E
1
acauſe de l'obſcurité du lieu ,
que dans la penſée qu'elle eût que rien ne luy devoit eſtre ſuſ- pect aux troiſiemes Loges , fit connoiſtre àlaMarquiſe.qu'elle avoit auprésd'elle cette meſme Bretonne , pour quielle croyoit que ſon Mary eût fait garder la Loge du Roy. L'occaſion eſtoit trop favorable pour n'en pas profiter. La Marquiſe demeure maſquée, les laifle joüir quelque moment du teſte-à-teſte , &fe
metenfin adroitemet dela converſation furdes matieres indifferentes. On commenced'allumer les chandelles , on ouvre
la Loge du Roy, le Marquisy
entre avec des Dames qu'il fait placer ; & l'Etranger l'ayant nommé d'abord , & adjoûte qu'il falloit qu'il fuſt toûjours avec les Belles , la Marquiſe
118 LE MERCVRE.
prend la parole , &dit qu'il y .
auroit dequoy faire unVolume de ſes differentes intriguesd'A- mour, fi on les ſçavoit auſſi par- ticulierement qu'elle. En mef- me temps elle commence l'Hi- ſtoire de deux ou trois Femmes, que labelle Bretonne n'é- toit pas fâchée d'écouter , s'i- maginant qu'elle ne viendroit pasjuſqu'àelle,ou que du moins elle ne parleroit que de quel- ques Viſites , qui ne devoient pas avoir fait grand bruit dans le monde. Cependant laMar- quiſe qui avoit ſon but , la vo- yant rire de quelque Avantu- re de fon Mary: ce qu'il ya de plaifant , pourſuit-elle , c'eſt que le bon Marquis , qui donne à
tout,aquité la Cour pourla Pro- vince ; c'eſt àdire qu'il fait pre- fentemet ſon quartier chezMa-
GALANT. : 419
10
16
dame de ***. C'eſt une Bretonne qui a des Amans de toute eſpece , qui les ménage tous àla fois , & qui entr'autres fait fa Dupe d'un Etranger , qu'on tient d'ailleurs honneſte Hom
me , & qui merireroit biende ne pas mettre , comme il fait , ſa tendreſſe à fonds perdu avec uneBelle , qui en aimant d'au- tres queluy,nele confidereque pourla dépenſe qu'il faitauprés d'elle. La Bretonne deſeſperée de ce commencement interrompt la marquiſe , &tâche à
tourner lediſcours ſur l'Opéra.
Mais elle a beau faire, l'Etranger qui eſt bien-aiſedes'éclaircirde cequile regarde,la priede con- tinuer , & malgré les interru- ptions de ſaRivale, la marquiſe informée de toute ſa conduite
par ſes Eſpions , n'oublie rien
د
420 LE MERCVRE
decequiluy eſt arrivé. L'Etran gerconnoîtparlàque quand el- le a quelquefois refusé de paf- ſer l'apreſdînée avec luy , c'eſt parce qu'elle l'avoit déja promi- ſe àunautre, &qu'elle neluy eſt venuë parler depuis huit jours dans ſon Anti-chambre, d'où elle avoitgrandhaſte de le conge- dier, que pour l'empeſcher de voir qu'elle dînoit teſte-à-teſte avec le marquis en l'abſence de ſon Mary. Toutes ces particula- ritez mettent la Bretonne dans
la derniere ſurpriſe , elle croit que le lieu où ils font , donne l'eſprit de Prophetie ou de Re- velation ; & l'Opéra commen- çant , elle feint de l'écouter ,
mais apparemment elle n'eſtoit pas fort en eftat de juger de la bonté de la muſique. La Mar- quiſe fort contente du rôle qu'- elle
i GALANT. 2
3
-
elle avoit joué , s'échapa avant la fin du cinquiéme Acte. Il eſt à croire que l'Etranger,qui étoit demeuré fort réveurdepuisl'ine ſtruction qu'il avoit reçeu,ditde bonnes choſes à la Bretonne
aprés le départ de la marquiſe.
On a ſçeu depuis, qu'ils avoient rompu enſemble , & voila com-- me quelquefois un Rendez- vous de teſte à teſte produn des effets tous contraires à cequ'on s'en promet
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Résumé : « Une Marquise du plus haut rang (il en est de [...] »
Le texte raconte l'histoire d'une marquise mariée depuis six ans à un officier principal d'un grand prince. Bien que son mari lui porte affection, il est souvent sujet à des accès de jalousie en raison de son penchant pour la galanterie. La marquise, consciente des dangers de l'éclat dans de tels commerces, décide de se divertir de ses rivales lorsqu'elle en découvre l'intrigue. Le mari de la marquise, le marquis, entretient une relation avec une belle Bretonne venue à la cour pour un procès. Cette femme, qui aime l'éclat et la gloire, ne se soucie pas du qu'en-dira-t-on tant qu'elle peut se justifier à ses propres yeux. Elle fréquente plusieurs amants, dont un conseiller, un bel esprit, et un étranger fortuné. Informée de cette liaison par des espions, la marquise cherche à se venger. Elle découvre que la Bretonne assistera à l'opéra dans la loge du roi, retenue par son mari. Déguisée, elle se place dans une loge opposée et observe la Bretonne en compagnie de l'étranger. Lors de l'entracte, elle engage la conversation et révèle publiquement les infidélités de la Bretonne, mettant en lumière ses différentes liaisons. La Bretonne, désespérée, tente de changer de sujet, mais l'étranger insiste pour en savoir plus. La marquise, bien informée par ses espions, détaille les aventures de la Bretonne, qui finit par être profondément humiliée. La marquise quitte l'opéra avant la fin de la représentation, laissant la Bretonne et l'étranger dans l'embarras.
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190
p. 186-188
« Le Roy en partant de Cambray pour Dunkerque, nomma Monsieur [...] »
Début :
Le Roy en partant de Cambray pour Dunkerque, nomma Monsieur [...]
Mots clefs :
Dunkerque, Comte de Créqui, Comte de Sunderland
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roy en partant de Cambray pour Dunkerque, nomma Monsieur [...] »
Le Roy en partant de Cam- bray pourDunkerque , nomma Mr le Duc de Créqui Ambaſſa- deur Extraordinaire auprés de Sa Majeſte Britannique ,laquel- le en meſme temps fit choix de
Monfieur le Comte de Sunderland, pour venir en France avec la meſme qualité. De ſembla- bles Ceremonies ſe pratiquent Tome IV. F
122 LE MERCVRE
ordinairement entre les Roys,
lors qu'ils viſitent leurs Fron- tieres , &qu'ils approchent de celles de leurs Voiſins.Vousſca- vez, Madamedequelle maniere M.le DucdeCrequi ſoûtient de pareilsEmplois. il a de l'eſprit,
de la prudence , & un air de grandeurquin'eſt meſlé quede la fierté neceſſaire aux Perfonnes de fa Naiſſance, Monfieur
le Comte de Sunderland eſt
jeune encor , mais il entend tres-bien les Affaires ; & ceux
qui connoiſſent ſon merite l'e.
ſtiment infiniment. Monfieur le
Ducd'York envoya auſſi le mi- ford Duras pour faire compli- ment à Sa Majeſté. Il eſt de la Maiſon de Duras, Frere duDuc
de ce Nom , & deMonfieur le
Marefchal de Lorge. Son me- rite & ſa valeur l'ont fait efti-
1 GALANT. 123
10
1
merduRoy d'Angleterre , qui Juy a donné des Emplois dignes de fa Naiſſance pour le retenir dans ſaCour.
Monfieur le Comte de Sunderland, pour venir en France avec la meſme qualité. De ſembla- bles Ceremonies ſe pratiquent Tome IV. F
122 LE MERCVRE
ordinairement entre les Roys,
lors qu'ils viſitent leurs Fron- tieres , &qu'ils approchent de celles de leurs Voiſins.Vousſca- vez, Madamedequelle maniere M.le DucdeCrequi ſoûtient de pareilsEmplois. il a de l'eſprit,
de la prudence , & un air de grandeurquin'eſt meſlé quede la fierté neceſſaire aux Perfonnes de fa Naiſſance, Monfieur
le Comte de Sunderland eſt
jeune encor , mais il entend tres-bien les Affaires ; & ceux
qui connoiſſent ſon merite l'e.
ſtiment infiniment. Monfieur le
Ducd'York envoya auſſi le mi- ford Duras pour faire compli- ment à Sa Majeſté. Il eſt de la Maiſon de Duras, Frere duDuc
de ce Nom , & deMonfieur le
Marefchal de Lorge. Son me- rite & ſa valeur l'ont fait efti-
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merduRoy d'Angleterre , qui Juy a donné des Emplois dignes de fa Naiſſance pour le retenir dans ſaCour.
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Résumé : « Le Roy en partant de Cambray pour Dunkerque, nomma Monsieur [...] »
Le roi, lors de son déplacement de Cambray à Dunkerque, désigna le duc de Créqui comme ambassadeur extraordinaire auprès du roi britannique. En parallèle, il choisit le comte de Sunderland pour venir en France avec le même titre. Ces nominations sont courantes lorsque les rois se rendent aux frontières de leurs royaumes ou de ceux de leurs voisins. Le duc de Créqui est reconnu pour son esprit, sa prudence et son air de grandeur, modéré par une fierté conforme à sa naissance. Le comte de Sunderland, malgré son jeune âge, maîtrise bien les affaires et est très respecté pour son mérite. Par ailleurs, le duc d'York envoya le marquis de Duras pour présenter ses hommages au roi. Le marquis de Duras, issu de la maison de Duras, est le frère du duc de Duras et du maréchal de Lorge. Ses mérites et sa valeur lui ont valu des postes dignes de sa naissance de la part du roi d'Angleterre.
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191
p. 189-197
« Le Roy apres avoir visité les Places maritimes, revint à [...] »
Début :
Le Roy apres avoir visité les Places maritimes, revint à [...]
Mots clefs :
Saint Omer, Peuple, Porte, Ville, Roi, Visite
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texteReconnaissance textuelle : « Le Roy apres avoir visité les Places maritimes, revint à [...] »
LeRoy aprés avoir viſité les Places maritimes , revintàSaint
Omer. Il rencontra en Bataille
auprés de la Ville le Regiment des Dragons Dauphins, à la tê- teduquel il fut ſalué par m' le Duc d'Elbeuf, comme Gouverneur de la Province, & par Mr le Comte de Longueval , qui eſtoit accompagné dedeuxRe- gimensdeCavalerie. Sa majeſté demandaàvoir la Tranchée qui eſtoitdu coſté de la Porte-Neuve, &aprés l'avoir viſitée, de- puis la teſte juſqu'à la queue,
Elle alla en ſuite au Fortde faint
Michel , qui eſt àla portée du CanondelaVille. Elle le trouva admirable,tant pour ſa beati
Fij
124 LE MERCVRE
té , que pour ſes Fortifications.
Ce Pofte contient cinq cens Hommes de Garniſon. Le Roy en retournant à la Porte de la
Ville, viſita tous les Dehors , &
da Contreſcarpetres-bien palif- fadee,&accompagnée de belles &fortes Redoutes, qui auroient rendu l'abord du Foffe impre- nable, fi la Place avoit eſté attaquée par des Commandans moins hardis , &par des Soldats moins accoûtumez à vaincre.
LeRoy en continuant ſa Viſite,
raiſonnoit fur les endroits les
mieux fortifiez , d'une maniere
qui le faifoit admirer de tous ceux qui l'écoutoient. Sa Ma- jeſté fut haranguée à la Porte de la Ville par l'Abbé de Clair- marets , &en ſuite par tous les Magiſtrats , qui furent charmez deI obligeante reception que ce
OTARAGE
E
ot
لا
GALANT. 12
Prince leur fit. Quoy que la pluye , qui n'avoit point ceſſe depuis long- temps , continuât toûjours , il monta ſur le Rampart , accompagné de Monfieur le marefchal dela Fenillade, de
Monfieur de Louvois , de Monfieur de SaintGeniés,&de tres peude ſuite , ayantdonnéordre àtous fes Gardes de l'attendre
àl'entréede la Porte. Sa Majefté le viſita d'unbout àl'autre juf- qu'aux moindres endroits. Elle
en admira non ſeulement la beauté , mais la regularité des Fortifications qui font au deſſus desDemy- lunes, doubles &fre- quentes. Les Foffez luy paru- rent d'une prodigieuſe gradeur.
Ils font environnez de Canaux
&de marais d'une tres-grande étenduë, qui rendentles environsde laPlace inacceffibles. Le
Fiij
126 LE MERCVRE
Roy , qui eftoit montépar la droite, vintdécendrepar lagau- che, au même endroitduRempart , qui a dumoinsune lieuë de circonference. Sa majesté en- tra dans la Ville tofijours àChe- val , accompagnéede Monfieur &detoute laCour,&fuiviede ſesGardes, les ruës eftant bor- dées des Troupes de laGarni- fon. Les Dames eſtoient aux feneftres tres - parées , &mar- quoient beaucoup de jove de voir Sa Majefté, qui les faliatou- tes malgré la pluye continuelle.
LePeuple rempliffoit les Rem- parts,&eftoit en confufiondans lesPlaces publiques , & à l'en- trée des Ruës de traverſe. Les
uns crioient Vive leRoy, les au
tresViveleRoyde France,&&d'au- tres le Roy Loüis &noftre bon Roy.
Le lendemain ce Prince s'occu-
"!
GALANT. 127
he
pa tout le jour àviſiter les beaux endroits & les Forts , qui font hors de S. Omer. Il alla voir les
les flotantes, & le FortdesVa- ches, dont la priſe afort contri- bué àla réduction de la Ville. Ie
vous ay fait le détail de cette merveilleuſe action , dont Sa
Majeſté loüa la vigueur. Elle dit beaucoup de choſes obli- geantes àM le Comte de Lon- gueval ; & il fut lotie de toute la Cour, qui parla auſſi fort ava- rageuſement de tout le Corps des DragonsDauphins. LeRoy n'ayant plus rien à voir dans Saint Omer , en partit pourviſi- ter les autres Places , &conti- nua à prendre beaucoup de fa- rigues, pendant que les Troupes qu'il avoit fait mettre en Quar- tier de rafraichiſſement ſe repo- ſoient. J'ay oublié à vous dire,
Fiiij
128 LE MERCVRE
en vous parlant du Siege de S. Omer , qu'on ne peut mieux ſervir le Royqu'a fait Monfieur le Duc d'Aumont. Il y mena,
malgré les mauvais chemins ,
toutes les Milices du Boulonnois avec une diligence incon- cevable : Elles furent utiles à
beaucoup de choſes , &il feroit difficile d'en trouver des meilleures dans le Royaume.
Omer. Il rencontra en Bataille
auprés de la Ville le Regiment des Dragons Dauphins, à la tê- teduquel il fut ſalué par m' le Duc d'Elbeuf, comme Gouverneur de la Province, & par Mr le Comte de Longueval , qui eſtoit accompagné dedeuxRe- gimensdeCavalerie. Sa majeſté demandaàvoir la Tranchée qui eſtoitdu coſté de la Porte-Neuve, &aprés l'avoir viſitée, de- puis la teſte juſqu'à la queue,
Elle alla en ſuite au Fortde faint
Michel , qui eſt àla portée du CanondelaVille. Elle le trouva admirable,tant pour ſa beati
Fij
124 LE MERCVRE
té , que pour ſes Fortifications.
Ce Pofte contient cinq cens Hommes de Garniſon. Le Roy en retournant à la Porte de la
Ville, viſita tous les Dehors , &
da Contreſcarpetres-bien palif- fadee,&accompagnée de belles &fortes Redoutes, qui auroient rendu l'abord du Foffe impre- nable, fi la Place avoit eſté attaquée par des Commandans moins hardis , &par des Soldats moins accoûtumez à vaincre.
LeRoy en continuant ſa Viſite,
raiſonnoit fur les endroits les
mieux fortifiez , d'une maniere
qui le faifoit admirer de tous ceux qui l'écoutoient. Sa Ma- jeſté fut haranguée à la Porte de la Ville par l'Abbé de Clair- marets , &en ſuite par tous les Magiſtrats , qui furent charmez deI obligeante reception que ce
OTARAGE
E
ot
لا
GALANT. 12
Prince leur fit. Quoy que la pluye , qui n'avoit point ceſſe depuis long- temps , continuât toûjours , il monta ſur le Rampart , accompagné de Monfieur le marefchal dela Fenillade, de
Monfieur de Louvois , de Monfieur de SaintGeniés,&de tres peude ſuite , ayantdonnéordre àtous fes Gardes de l'attendre
àl'entréede la Porte. Sa Majefté le viſita d'unbout àl'autre juf- qu'aux moindres endroits. Elle
en admira non ſeulement la beauté , mais la regularité des Fortifications qui font au deſſus desDemy- lunes, doubles &fre- quentes. Les Foffez luy paru- rent d'une prodigieuſe gradeur.
Ils font environnez de Canaux
&de marais d'une tres-grande étenduë, qui rendentles environsde laPlace inacceffibles. Le
Fiij
126 LE MERCVRE
Roy , qui eftoit montépar la droite, vintdécendrepar lagau- che, au même endroitduRempart , qui a dumoinsune lieuë de circonference. Sa majesté en- tra dans la Ville tofijours àChe- val , accompagnéede Monfieur &detoute laCour,&fuiviede ſesGardes, les ruës eftant bor- dées des Troupes de laGarni- fon. Les Dames eſtoient aux feneftres tres - parées , &mar- quoient beaucoup de jove de voir Sa Majefté, qui les faliatou- tes malgré la pluye continuelle.
LePeuple rempliffoit les Rem- parts,&eftoit en confufiondans lesPlaces publiques , & à l'en- trée des Ruës de traverſe. Les
uns crioient Vive leRoy, les au
tresViveleRoyde France,&&d'au- tres le Roy Loüis &noftre bon Roy.
Le lendemain ce Prince s'occu-
"!
GALANT. 127
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pa tout le jour àviſiter les beaux endroits & les Forts , qui font hors de S. Omer. Il alla voir les
les flotantes, & le FortdesVa- ches, dont la priſe afort contri- bué àla réduction de la Ville. Ie
vous ay fait le détail de cette merveilleuſe action , dont Sa
Majeſté loüa la vigueur. Elle dit beaucoup de choſes obli- geantes àM le Comte de Lon- gueval ; & il fut lotie de toute la Cour, qui parla auſſi fort ava- rageuſement de tout le Corps des DragonsDauphins. LeRoy n'ayant plus rien à voir dans Saint Omer , en partit pourviſi- ter les autres Places , &conti- nua à prendre beaucoup de fa- rigues, pendant que les Troupes qu'il avoit fait mettre en Quar- tier de rafraichiſſement ſe repo- ſoient. J'ay oublié à vous dire,
Fiiij
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en vous parlant du Siege de S. Omer , qu'on ne peut mieux ſervir le Royqu'a fait Monfieur le Duc d'Aumont. Il y mena,
malgré les mauvais chemins ,
toutes les Milices du Boulonnois avec une diligence incon- cevable : Elles furent utiles à
beaucoup de choſes , &il feroit difficile d'en trouver des meilleures dans le Royaume.
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Résumé : « Le Roy apres avoir visité les Places maritimes, revint à [...] »
Le roi visita Saint-Omer et ses environs, accompagné de dignitaires et de régiments de cavalerie. Il inspecta les fortifications, notamment la tranchée près de la Porte-Neuve et le Fort Saint-Michel, appréciant les défenses et la garnison. Malgré la pluie, il monta sur les remparts avec plusieurs dignitaires, admirant les fortifications. Le roi fut acclamé par le peuple et les dames aux fenêtres. Le lendemain, il visita les forts extérieurs, dont les flottantes et le Fort des Vaches, louant la vigueur des actions militaires. Il complimenta le Comte de Longueval et le régiment des Dragons Dauphins. Après sa visite, LeRoy quitta Saint-Omer pour inspecter d'autres places, tandis que les troupes se reposaient. Le Duc d'Aumont fut loué pour son rôle avec les milices du Boulonnais.
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192
p. 197-203
« Je croy devoir vous avertir (& vous serez sans doute [...] »
Début :
Je croy devoir vous avertir (& vous serez sans doute [...]
Mots clefs :
Flandre, Dom Juan, Courrier, Conquêtes, Sièges, Espagne, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je croy devoir vous avertir (& vous serez sans doute [...] »
Je croy devoir vous avertir (&vous ferez ſans doute bienaiſe de l'apprendre ) que quand leCourierde Flandre , qui por- toit àDom Jüan la Nouvellede
nos Conqueftes , arriva à Ma- drid, la plufpart de grands Sei- gneurs de la Cour ſe rendirent chez ce Prince pour ſçavoir le fuccés de nos Siéges. Il ne tarda gueres à fatisfaire leur curiofité;
&s'imaginant bien que des Ex-
GALANT. 129
1
ploits fi furprenants ne pour- roient eſtre long-temps cachez,
quelqueprécaution que l'on prit pour en dérober la connoiffance auxPeuples , il fortit de ſonCa- binet , & dit à tous ceux qui
eſtoient dans fonAntichambre.
Que lemalestoit trop grand pour
Le diffimuler ; Que trois de leurs meilleures Places venoient d'estre
priſes , & quele Prince d'Orange
avoit perdu une Bataille. Vn
Grandd'Eſpagne repartit auffi- toſt ,Que l'EtoileduRoyde Fran- ce alloit bien vite. Dites fesforces SavaleurréponditDomJian:
Etavoüez avecmoy,continia ce Prince, que la Fortune estinsepa- rabte deforgrand merite.Avoüez à votretour,Madame,queDom Hian a rendu juftice auRoy,&
que lors que la verité force un Ennemy à faire l'Eloge de fon Fv
30 LE MERCVRE
Vainqueur, onydoit adjoûter plusde foyqu'a toutes les loüan- gesqui peuvent eftre foupçon- néesde flaterie..
LeRoy ayant fait raffembler fonArméede Flandre , en fit la
reveuë pendant trois jours;&
quoy qu'elle euſt pris trois des plus fortes Places de l'Europe.. &donné une Bataille ,elle ſe
trouva encor de quatre-vingt feize Efcadrons , & de trente
huit Bataillons , compoſez de tres-belles Troupes. SaMajesté,
qui n'ignore le merite d'aucun de fes.Officiers , a donné la Charge de Cornete des Mouf-.
quetaires de la premiere Com- pagnie,qui vaquoitpar lamort deMonfieurdeMoiflac,àMon
heurde Monpapou, Lieutenant aux Gardes , c'eſt' un fort hon- nête Homme. &qui s'eſt toû
GALANT. 13f I
2
jours fait aimer par tout où il a
ſervy.
Elle a auſſi fait connoiſtre
la fatisfaction qu'elle avoit re- ceuëdes ſervices de Monfieur le 1 ChevalierdeTauriac, en le
fant Enſeigne des Gens-d'armes Efcoffois.
Monfieur Courtin , Confeil- lerd'Estat, &Ambaſſadeur pour SaMajesté en Angleterre , a eu congé de venir icy , àcauſe de fon indifpofition. Il a rendu des fervices importans en pluſieurs grandesAmbaſſades. Ila eſté en Suede , &on l'avoitdéja envo- yé en Angleterre avec M de Verneüil. Il a eſté auſſi employé en Allemagne & en Flandre ,
pour travailler au Reglement des Limites , avant ſon Ambaf
fade d'Angleterre où il eſt encor.
Il s'estoit trouvé aux Conferen
Fvj
132 LE MERCVRE
ces de la Paix à Cologne avec
Monfieur le Duc de Chaunes,
& Monfieur de Barillon , qui
vient deſtre choiſi pour aller occuper ſa place auprés de Sa Majesté Britannique. Leur eſprit a confirmé ce qu'on a veu de tout temps , en faiſant connoi- ſtre que les gens de Robe ne fontpas moins capables degran- des Ambaſſades , que ceux.
d'Epée..
nos Conqueftes , arriva à Ma- drid, la plufpart de grands Sei- gneurs de la Cour ſe rendirent chez ce Prince pour ſçavoir le fuccés de nos Siéges. Il ne tarda gueres à fatisfaire leur curiofité;
&s'imaginant bien que des Ex-
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ploits fi furprenants ne pour- roient eſtre long-temps cachez,
quelqueprécaution que l'on prit pour en dérober la connoiffance auxPeuples , il fortit de ſonCa- binet , & dit à tous ceux qui
eſtoient dans fonAntichambre.
Que lemalestoit trop grand pour
Le diffimuler ; Que trois de leurs meilleures Places venoient d'estre
priſes , & quele Prince d'Orange
avoit perdu une Bataille. Vn
Grandd'Eſpagne repartit auffi- toſt ,Que l'EtoileduRoyde Fran- ce alloit bien vite. Dites fesforces SavaleurréponditDomJian:
Etavoüez avecmoy,continia ce Prince, que la Fortune estinsepa- rabte deforgrand merite.Avoüez à votretour,Madame,queDom Hian a rendu juftice auRoy,&
que lors que la verité force un Ennemy à faire l'Eloge de fon Fv
30 LE MERCVRE
Vainqueur, onydoit adjoûter plusde foyqu'a toutes les loüan- gesqui peuvent eftre foupçon- néesde flaterie..
LeRoy ayant fait raffembler fonArméede Flandre , en fit la
reveuë pendant trois jours;&
quoy qu'elle euſt pris trois des plus fortes Places de l'Europe.. &donné une Bataille ,elle ſe
trouva encor de quatre-vingt feize Efcadrons , & de trente
huit Bataillons , compoſez de tres-belles Troupes. SaMajesté,
qui n'ignore le merite d'aucun de fes.Officiers , a donné la Charge de Cornete des Mouf-.
quetaires de la premiere Com- pagnie,qui vaquoitpar lamort deMonfieurdeMoiflac,àMon
heurde Monpapou, Lieutenant aux Gardes , c'eſt' un fort hon- nête Homme. &qui s'eſt toû
GALANT. 13f I
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jours fait aimer par tout où il a
ſervy.
Elle a auſſi fait connoiſtre
la fatisfaction qu'elle avoit re- ceuëdes ſervices de Monfieur le 1 ChevalierdeTauriac, en le
fant Enſeigne des Gens-d'armes Efcoffois.
Monfieur Courtin , Confeil- lerd'Estat, &Ambaſſadeur pour SaMajesté en Angleterre , a eu congé de venir icy , àcauſe de fon indifpofition. Il a rendu des fervices importans en pluſieurs grandesAmbaſſades. Ila eſté en Suede , &on l'avoitdéja envo- yé en Angleterre avec M de Verneüil. Il a eſté auſſi employé en Allemagne & en Flandre ,
pour travailler au Reglement des Limites , avant ſon Ambaf
fade d'Angleterre où il eſt encor.
Il s'estoit trouvé aux Conferen
Fvj
132 LE MERCVRE
ces de la Paix à Cologne avec
Monfieur le Duc de Chaunes,
& Monfieur de Barillon , qui
vient deſtre choiſi pour aller occuper ſa place auprés de Sa Majesté Britannique. Leur eſprit a confirmé ce qu'on a veu de tout temps , en faiſant connoi- ſtre que les gens de Robe ne fontpas moins capables degran- des Ambaſſades , que ceux.
d'Epée..
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Résumé : « Je croy devoir vous avertir (& vous serez sans doute [...] »
Le Courrier de Flandre arrive à Madrid, apportant des nouvelles des conquêtes françaises. Les grands seigneurs se rendent chez Dom Juan pour connaître les succès des sièges. Dom Juan révèle que trois places fortes ont été prises et que le Prince d'Orange a perdu une bataille. Un grand d'Espagne admire la rapidité des succès français, à quoi Dom Juan répond que le mérite et la fortune sont inséparables, et que la vérité force même les ennemis à louer les vainqueurs. En France, le roi rassemble son armée de Flandre pour une revue, malgré les récentes victoires. L'armée compte 86 escadrons et 38 bataillons de troupes de qualité. Plusieurs officiers sont récompensés, notamment Monsieur de Monpapou nommé cornette des Mousquetaires et Monsieur le Chevalier de Tauriac nommé enseigne des Gens-d'armes Écossais. Monsieur Courtin, conseiller d'État et ambassadeur en Angleterre, obtient un congé pour raisons de santé. Il a servi dans plusieurs ambassades importantes, notamment en Suède, en Allemagne, en Flandre, et lors des conférences de paix à Cologne. Monsieur de Barillon est choisi pour le remplacer, confirmant que les gens de robe sont aussi capables que ceux d'épée pour les grandes ambassades.
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193
p. 203-204
« Avant que le Roy eust quitté la Frontiere, il avoit [...] »
Début :
Avant que le Roy eust quitté la Frontiere, il avoit [...]
Mots clefs :
nommer, Abbé de Maupeou, Doyenné de Saint Quentin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Avant que le Roy eust quitté la Frontiere, il avoit [...] »
Avant que le Roy euſt quité la Frontiere , il avoit nommé
Monfieur l'Abbé de Maupeou,
Fils du Prefidentde ce Nom, &
Parent de m' de Pompone , au Doyenné de S. Quentin ; &
ayant ſceu que cette Nomina- tion appartenoit au Chapitre , il
voulut laiſſer aux Chanoines
l'entiere liberté de leurs Droits.
Ils s'aſſemblerent , & ne trou
GALANT. 133 vant pas un plus digne Sujer pour en faire leur Doyen , que la perſonne de Monfieur l'Ab- bé de Maupeou , toutes leurs
ej voix ſe réünirent à celle de Sa - Majefté.
Monfieur l'Abbé de Maupeou,
Fils du Prefidentde ce Nom, &
Parent de m' de Pompone , au Doyenné de S. Quentin ; &
ayant ſceu que cette Nomina- tion appartenoit au Chapitre , il
voulut laiſſer aux Chanoines
l'entiere liberté de leurs Droits.
Ils s'aſſemblerent , & ne trou
GALANT. 133 vant pas un plus digne Sujer pour en faire leur Doyen , que la perſonne de Monfieur l'Ab- bé de Maupeou , toutes leurs
ej voix ſe réünirent à celle de Sa - Majefté.
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Résumé : « Avant que le Roy eust quitté la Frontiere, il avoit [...] »
Le roi nomma l'abbé de Maupeou doyen de Saint-Quentin avant de quitter la frontière. Il laissa aux chanoines la liberté de confirmer cette nomination. Les chanoines choisirent à l'unanimité l'abbé de Maupeou, validant ainsi la décision royale.
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194
p. 204-207
« Messieurs les Premiers Presidens des Compagnies Souveraines ont fait Compliment [...] »
Début :
Messieurs les Premiers Presidens des Compagnies Souveraines ont fait Compliment [...]
Mots clefs :
Compagnies souveraines, Cérémonies, Chambre des comptes, Académie française
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texteReconnaissance textuelle : « Messieurs les Premiers Presidens des Compagnies Souveraines ont fait Compliment [...] »
Meffieurs les Premiers Prefidensdes Compagnies Souverai nes ont faitComplimentauRoy à ſon retour , fur fes nouvelles
Conqueſtes. Ils ont eſté conduits avec les Ceremonies ac
coûtumées. M de Lamoignon a
- parlé pour le Parlement, mon fieur Nicolaï pour la Chambre des Comptes, Monfieur le Camus pour la Courdes Aydes , &
Monfieur deChauvry pour celle des monno'es. Monfieurde Po
mereüil a fait fon Compliment au nomde la Ville , & Monfieur
le Preſident Barentin pour le GrandConfeil. Vous mediſpen
F34 LE MERCVRE ferez , madame , d'entrer dans un plus grand détail fur cetAr- ticle. Vous pouvez croite qu'il s'eſt dit de belles choſes furune
matiere qui en fournittant. Le Nonce de Sa Sainteté , & меб- fieurs les Ambaſſadeurs de Veniſe & de Savoye ontauffi fait leurs Complimens àSa Majesté,
fur lemeſme ſujet, avec ladeli- cateffe qui eſt ſi naturelle à ceux de cette Nation. Vous pouvez oroire , madame , que l'Acadé- mie Françoiſe n'a pas manqué de s'acquiter auffi de cedevoir.
Monfieur Quinault , Directeur de la Compagnie , porta la pa role, accompagnédes Perſonnes duplushaut rangqu'ily aitdans eet IlluſtreCorps. м le marquis Dangeau , qui en eft , les traita enſuite avecune magnificence qui ne furpritpoint , parce qu'el
GALANT. 13f
100
Ve
tan
le luy eſt ordinaire. Je ne vous dis rien du fuccés qu'eut cettes
Harangue , j'eſpere vousen entretenir amplement une autre- fois..
Conqueſtes. Ils ont eſté conduits avec les Ceremonies ac
coûtumées. M de Lamoignon a
- parlé pour le Parlement, mon fieur Nicolaï pour la Chambre des Comptes, Monfieur le Camus pour la Courdes Aydes , &
Monfieur deChauvry pour celle des monno'es. Monfieurde Po
mereüil a fait fon Compliment au nomde la Ville , & Monfieur
le Preſident Barentin pour le GrandConfeil. Vous mediſpen
F34 LE MERCVRE ferez , madame , d'entrer dans un plus grand détail fur cetAr- ticle. Vous pouvez croite qu'il s'eſt dit de belles choſes furune
matiere qui en fournittant. Le Nonce de Sa Sainteté , & меб- fieurs les Ambaſſadeurs de Veniſe & de Savoye ontauffi fait leurs Complimens àSa Majesté,
fur lemeſme ſujet, avec ladeli- cateffe qui eſt ſi naturelle à ceux de cette Nation. Vous pouvez oroire , madame , que l'Acadé- mie Françoiſe n'a pas manqué de s'acquiter auffi de cedevoir.
Monfieur Quinault , Directeur de la Compagnie , porta la pa role, accompagnédes Perſonnes duplushaut rangqu'ily aitdans eet IlluſtreCorps. м le marquis Dangeau , qui en eft , les traita enſuite avecune magnificence qui ne furpritpoint , parce qu'el
GALANT. 13f
100
Ve
tan
le luy eſt ordinaire. Je ne vous dis rien du fuccés qu'eut cettes
Harangue , j'eſpere vousen entretenir amplement une autre- fois..
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Résumé : « Messieurs les Premiers Presidens des Compagnies Souveraines ont fait Compliment [...] »
À son retour de nouvelles conquêtes, le roi a reçu des compliments de divers dignitaires et représentants des institutions françaises. Les Premiers Présidents des Compagnies Souveraines ont exprimé leurs félicitations lors de cérémonies habituelles. M. de Lamoignon a parlé au nom du Parlement, M. Nicolaï pour la Chambre des Comptes, M. le Camus pour la Cour des Aydes, et M. de Chauvry pour la Chambre des Monnoies. M. de Pomereuil a représenté la Ville, et M. le Président Barentin le Grand Conseil. Les ambassadeurs du Nonce de Sa Sainteté, de Venise et de Savoie ont également présenté leurs compliments. L'Académie Française, dirigée par M. Quinault, a rendu hommage au roi, soutenue par des personnalités de haut rang, dont le marquis Dangeau, qui a organisé une réception somptueuse. Le succès de la harangue prononcée lors de cette occasion est mentionné.
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195
p. 207-209
« Monsieur le Duc du Mayne partit ces jours passez pour [...] »
Début :
Monsieur le Duc du Mayne partit ces jours passez pour [...]
Mots clefs :
Duc du Maine, Eaux de Barrège
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texteReconnaissance textuelle : « Monsieur le Duc du Mayne partit ces jours passez pour [...] »
Monfieur le Duc du Maynee
partit ces jours paffez pour aller prendre les Eaux de Barrege,
par l'Avis de Monfieur Fagon,
quipaſſe pourundesplus habi- les medecins , que nous ayons ,
&qui connoît le mieux les Sim-- ples. Ces Eaux avoient com- mencé à foulager ce jeunePrin-- cedés l'année derniere. Onne
peut avoir plus d'eſpritpour fona age. Il adujugement, delaviva.
cité,du feu , &des repartiesad-- mirables. Voicy des Vers qui ontefte faits furfon départ , par M. le PreſidentNicole , à qui les agreables Traductions qu'il a
donné au Public de nos Poëtes
136 LE MERCVRE les plus Galans , ontacquis tant d'eſtime &de reputation. Il fait parler Clagny , maiſon de Plai- fance , où M. le Ducdu mayne vaſedivertirquelquefois
partit ces jours paffez pour aller prendre les Eaux de Barrege,
par l'Avis de Monfieur Fagon,
quipaſſe pourundesplus habi- les medecins , que nous ayons ,
&qui connoît le mieux les Sim-- ples. Ces Eaux avoient com- mencé à foulager ce jeunePrin-- cedés l'année derniere. Onne
peut avoir plus d'eſpritpour fona age. Il adujugement, delaviva.
cité,du feu , &des repartiesad-- mirables. Voicy des Vers qui ontefte faits furfon départ , par M. le PreſidentNicole , à qui les agreables Traductions qu'il a
donné au Public de nos Poëtes
136 LE MERCVRE les plus Galans , ontacquis tant d'eſtime &de reputation. Il fait parler Clagny , maiſon de Plai- fance , où M. le Ducdu mayne vaſedivertirquelquefois
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Résumé : « Monsieur le Duc du Mayne partit ces jours passez pour [...] »
Le Duc du Mayenne, jeune homme spirituel et vif, a quitté la cour pour les Eaux de Barège sur les conseils du médecin Fagon. Il y avait déjà trouvé soulagement l'année précédente. À son départ, Nicole a composé des vers. Le duc se divertit parfois à Clagny.
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196
p. 213
« Je vous envoye le Sonnet par Echo dont on vous [...] »
Début :
Je vous envoye le Sonnet par Echo dont on vous [...]
Mots clefs :
Envoi, Sonnet des quatorze auteurs, Clef
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texteReconnaissance textuelle : « Je vous envoye le Sonnet par Echo dont on vous [...] »
Je vous envoye le Sonnet par Echo dont on vous a parlé , &
qu'on appelle le Sonnet des qua- torze Autheurs. Il eſt adreſſfé à
quelque Abſent quidoit eftrede Gascogne, &apparement la clef ne s'enpeut trouver que dans le quartier de Clery.
qu'on appelle le Sonnet des qua- torze Autheurs. Il eſt adreſſfé à
quelque Abſent quidoit eftrede Gascogne, &apparement la clef ne s'enpeut trouver que dans le quartier de Clery.
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197
p. 215-227
« Je passe à l'Article que vous m'avez demandé de [...] »
Début :
Je passe à l'Article que vous m'avez demandé de [...]
Mots clefs :
Duc de Vivonne, Ennemis, Armée, Garnison, Bataille, Sicile, Roi, Prise d'Agouste
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texteReconnaissance textuelle : « Je passe à l'Article que vous m'avez demandé de [...] »
Je paſſe à l'Article que vous m'avez demandé de M² le Mareſchal , Duc de Vivonne ; &
puis quevous vous intereſſez fr fortdans ce qui le regarde , je vous écriray ce qui en eſt venu àma connoiſſance. Les Secours
que le Roy luy a envoyez de François &de Suiffes, font, dit- en, arrivez &ſe mettront bien-
GALAN T. 141
toſt en estat d'executer les Projets qu'il à faits , pour affermir l'authorité du Roydans la Sici- le , & étendre ſes Conqueſtes.
Vous ſçavez, Madame , que ce Sage Vice-Roy a eſté obligé de mettre enGarniſon dans lesPlaces qu'il conquit l'année der- niere , une partie des Troupes quiluy reſtoient, &qu'il en faut toûjoursun nombre confiderable dans Meſſine , où les Efpa- gnols confervent des intelligen- ces&font continuellement des
entrepriſes pourtafcher à ébran- ler la conftance des Meſſinois.
Vous ne ſçauriez croire l'affe- Etion que ces Peuples ont pour M le Marefchal de Vivonne.
Elle est telle qu'on peut dire qu'elle ne contribuë pas peu à la conſervation de l'authorité du
Royen cesPays là. Onconfide
142 LE MERCVRE reen luy une bonté extraordi- naire , une affabilité où les Efpagnols n'avoient jamaisaccoû- tumé les Siciliens , une juſtice que rien ne ſçauroit corrompre,
undes-intereſſementdont il ne
peut étre affez loüé. Ces nou- veaux Sujetsde la Franceontad- miré comme nous ſa Valeur ,
quand ils l'ont veu arriver chez eux dans l'extremité où ils
eſtoient réduits , en leur portant l'abondance , apres avoir défait les Ennemis dans un Combat
inégal. Ils ont eſté entretenus dans cetteopinion par la refolu- tion qu'il avoit faite , d'entre- prendre ſur l'Armée Navale des Eſpagnols dans le Port deNa- ples. Elle ne trouva d'obstacle queparl'impoſſibilé qui s'y ren- contra,quandon fut fur le point de l'executer. Il eſtoit difficile
GALAN T. 143 que M de Vivonne n'acquiſt pas leur amitié,par les ſoins con- tinuels qu'il avoit de leur faire
venir des vivres &de faire des
priſes confiderables fur leurs
Ennemis , pour ramener chez eux l'abondancedans un temps,
où ils eſtoientprivez de tousles Secours de leurs Païs. La confiance qu'ils avoient en luy, pa- rut particulierement , lors qu'il voulut aller à cette grande Ex- pedition , où M² du Queſne dé- fit l'Armée ennemie , commandée par le fameux AdmiralRüy- ter. If modera l'envie qu'il avoit d'acquerir de la gloire, dans un Combat, où il devoit avoir le
premier Commandement , pour Te rendre à l'amour de cesPeuples, qui deſeſperoient de leur confervation, s'ils laiſſoient éloigner celuy qu'ils regardoient
144 LE MERCVRE
comme leur Pere. Apres le gain de la Bataille , où i² du Queſne fit de fi belles choſes, &où tous
les Commandans ſe ſignalerent,
nôtre Armée Navale fut obligée deſe retirer en Provence , tant pour faire radouber les Vaifſeaux, que pour prendredes Vivres , qui pouvoient manquer.
Alors M le Mareſchal de Vivonne confiderant qu'il en re- ſtoit fort peu dans Meſſine , &
qu'il n'y avoit pas de ſeureté pour le paſſage de M de Châ- teau- renaud,qui venoit de France avec unConvoy; parce que les Ennemis , qui n'avoient pas tant de chemin à faire, ſeroient
toûjours en eſtat de luyempef- cher l'entrée du Phare , il conclut la fameuſe Expedition de Palerme,dont vousſçavez le détail , malgré les oppoſitions de
quel
:
GALANT. 7 145
et
:
quelques-uns qui voyoient le danger plus grand que luy , ou qui n'avoient pas tant d'ardeur pour la gloire. Les chofes luy réüffirent comme il l'avoit eſpe- ré , le Convoy arriva heureuſe- ment, les Ennemis firent une perte dont ils n'avoient point encore veu d'exemple, &noftre Mareſchal retourna triomphant dans Meſſine. L'amour des Peuples redoubla pour luy,com- me il redoubla ſes ſoins pour les conſerver ; il découvrit beaucoup de Conjurations , &meme contre ſa vie; il ne prit cepen- dant de precaution , que pour empeſcher les, entrepriſes des Ennemis ſur les nouveaux Sujets d'un Roy, que ceux qui le connoiſſent , ſçavent qu'il aime uniquement, & pour quiil ſacri- fieroit de bon cœur toutes cho-
: Tome IV. G
146 LE MERCVRE
faut
ſes. Ainſi quelque paffion qu'il aitpourlagloire,elle n'approche point de l'amour qu'il a pour le Royfon Maiſtre. Vous croyez bien, Madame , que pour faire tout ce qu'on en publie , il ne pas qu'il dorme toûjours,
comme veulent faire croire les
Ennemis dans leurs Gazettes;
maisilfe donne fi peu de peine pour avoir des Gens qui faffent courirde luy des bruits avanta- geux, qu'il ne faut pas s'étonner s'il s'en répand quelquefois d'autresqui trouvét de la créance patmy les gens, qui ne con- noiffent pas cet Illuftre Gene- ral, mais cela est bien-toſt de- truit par la force de la verité;
&tout l'artifice de ſes envieux,
dontles Perfonnes , comme luy,
ne manquent jamais , ne peut rien contre la reputation , que ſes belles actions luy ont acqui-
GALAN T. 147
de
k
es
t
fe. La priſe d'Agoufte &de tant dePlaces qui fortifient le party des Meſſinois , renverſe tout ce qu'on peut inventer , pour ob- ſourcir l'éclatde ſa gloire. Il ne la veut devoir qu'aux ſervices qu'il rend àſon Prince , & il en laiſſe le ſoin àceux qui écrivent
les Evenemens de
fe
ceSiecle,ſans TRE
mettre en peine d'avoir des
Prôneurs à la Cours. Ie ne vous
dis rien de la grande Action de Palerme. Vous la ſçavez ; mais vous ne ſçavez peut-eſtre pas que le bruit qu'elle fit chez les Tures, y porta tant de terreur,
qu'ilsredoublerentles Garniſons
de toutes les Places maritimes
qu'ils ontde ce coſté-là.
puis quevous vous intereſſez fr fortdans ce qui le regarde , je vous écriray ce qui en eſt venu àma connoiſſance. Les Secours
que le Roy luy a envoyez de François &de Suiffes, font, dit- en, arrivez &ſe mettront bien-
GALAN T. 141
toſt en estat d'executer les Projets qu'il à faits , pour affermir l'authorité du Roydans la Sici- le , & étendre ſes Conqueſtes.
Vous ſçavez, Madame , que ce Sage Vice-Roy a eſté obligé de mettre enGarniſon dans lesPlaces qu'il conquit l'année der- niere , une partie des Troupes quiluy reſtoient, &qu'il en faut toûjoursun nombre confiderable dans Meſſine , où les Efpa- gnols confervent des intelligen- ces&font continuellement des
entrepriſes pourtafcher à ébran- ler la conftance des Meſſinois.
Vous ne ſçauriez croire l'affe- Etion que ces Peuples ont pour M le Marefchal de Vivonne.
Elle est telle qu'on peut dire qu'elle ne contribuë pas peu à la conſervation de l'authorité du
Royen cesPays là. Onconfide
142 LE MERCVRE reen luy une bonté extraordi- naire , une affabilité où les Efpagnols n'avoient jamaisaccoû- tumé les Siciliens , une juſtice que rien ne ſçauroit corrompre,
undes-intereſſementdont il ne
peut étre affez loüé. Ces nou- veaux Sujetsde la Franceontad- miré comme nous ſa Valeur ,
quand ils l'ont veu arriver chez eux dans l'extremité où ils
eſtoient réduits , en leur portant l'abondance , apres avoir défait les Ennemis dans un Combat
inégal. Ils ont eſté entretenus dans cetteopinion par la refolu- tion qu'il avoit faite , d'entre- prendre ſur l'Armée Navale des Eſpagnols dans le Port deNa- ples. Elle ne trouva d'obstacle queparl'impoſſibilé qui s'y ren- contra,quandon fut fur le point de l'executer. Il eſtoit difficile
GALAN T. 143 que M de Vivonne n'acquiſt pas leur amitié,par les ſoins con- tinuels qu'il avoit de leur faire
venir des vivres &de faire des
priſes confiderables fur leurs
Ennemis , pour ramener chez eux l'abondancedans un temps,
où ils eſtoientprivez de tousles Secours de leurs Païs. La confiance qu'ils avoient en luy, pa- rut particulierement , lors qu'il voulut aller à cette grande Ex- pedition , où M² du Queſne dé- fit l'Armée ennemie , commandée par le fameux AdmiralRüy- ter. If modera l'envie qu'il avoit d'acquerir de la gloire, dans un Combat, où il devoit avoir le
premier Commandement , pour Te rendre à l'amour de cesPeuples, qui deſeſperoient de leur confervation, s'ils laiſſoient éloigner celuy qu'ils regardoient
144 LE MERCVRE
comme leur Pere. Apres le gain de la Bataille , où i² du Queſne fit de fi belles choſes, &où tous
les Commandans ſe ſignalerent,
nôtre Armée Navale fut obligée deſe retirer en Provence , tant pour faire radouber les Vaifſeaux, que pour prendredes Vivres , qui pouvoient manquer.
Alors M le Mareſchal de Vivonne confiderant qu'il en re- ſtoit fort peu dans Meſſine , &
qu'il n'y avoit pas de ſeureté pour le paſſage de M de Châ- teau- renaud,qui venoit de France avec unConvoy; parce que les Ennemis , qui n'avoient pas tant de chemin à faire, ſeroient
toûjours en eſtat de luyempef- cher l'entrée du Phare , il conclut la fameuſe Expedition de Palerme,dont vousſçavez le détail , malgré les oppoſitions de
quel
:
GALANT. 7 145
et
:
quelques-uns qui voyoient le danger plus grand que luy , ou qui n'avoient pas tant d'ardeur pour la gloire. Les chofes luy réüffirent comme il l'avoit eſpe- ré , le Convoy arriva heureuſe- ment, les Ennemis firent une perte dont ils n'avoient point encore veu d'exemple, &noftre Mareſchal retourna triomphant dans Meſſine. L'amour des Peuples redoubla pour luy,com- me il redoubla ſes ſoins pour les conſerver ; il découvrit beaucoup de Conjurations , &meme contre ſa vie; il ne prit cepen- dant de precaution , que pour empeſcher les, entrepriſes des Ennemis ſur les nouveaux Sujets d'un Roy, que ceux qui le connoiſſent , ſçavent qu'il aime uniquement, & pour quiil ſacri- fieroit de bon cœur toutes cho-
: Tome IV. G
146 LE MERCVRE
faut
ſes. Ainſi quelque paffion qu'il aitpourlagloire,elle n'approche point de l'amour qu'il a pour le Royfon Maiſtre. Vous croyez bien, Madame , que pour faire tout ce qu'on en publie , il ne pas qu'il dorme toûjours,
comme veulent faire croire les
Ennemis dans leurs Gazettes;
maisilfe donne fi peu de peine pour avoir des Gens qui faffent courirde luy des bruits avanta- geux, qu'il ne faut pas s'étonner s'il s'en répand quelquefois d'autresqui trouvét de la créance patmy les gens, qui ne con- noiffent pas cet Illuftre Gene- ral, mais cela est bien-toſt de- truit par la force de la verité;
&tout l'artifice de ſes envieux,
dontles Perfonnes , comme luy,
ne manquent jamais , ne peut rien contre la reputation , que ſes belles actions luy ont acqui-
GALAN T. 147
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es
t
fe. La priſe d'Agoufte &de tant dePlaces qui fortifient le party des Meſſinois , renverſe tout ce qu'on peut inventer , pour ob- ſourcir l'éclatde ſa gloire. Il ne la veut devoir qu'aux ſervices qu'il rend àſon Prince , & il en laiſſe le ſoin àceux qui écrivent
les Evenemens de
fe
ceSiecle,ſans TRE
mettre en peine d'avoir des
Prôneurs à la Cours. Ie ne vous
dis rien de la grande Action de Palerme. Vous la ſçavez ; mais vous ne ſçavez peut-eſtre pas que le bruit qu'elle fit chez les Tures, y porta tant de terreur,
qu'ilsredoublerentles Garniſons
de toutes les Places maritimes
qu'ils ontde ce coſté-là.
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Résumé : « Je passe à l'Article que vous m'avez demandé de [...] »
Le texte relate les actions et les succès du maréchal de Vivonne, duc de Vivonne, en Sicile. Grâce aux secours envoyés par le roi, composés de troupes françaises et suisses, Vivonne a pu renforcer l'autorité royale et étendre les conquêtes. Il a dû garnir les places conquises et maintenir une présence militaire significative à Messine pour contrer les Espagnols. Les Siciliens ont manifesté une grande affection pour Vivonne, appréciant sa bonté, son affabilité et sa justice. Ils ont également admiré sa valeur, notamment après sa victoire contre les ennemis dans un combat inégal et son rôle dans l'abondance de vivres apportée à la population. Vivonne a planifié une expédition contre la flotte navale espagnole à Naples, mais celle-ci a été annulée en raison de difficultés logistiques. Lors de l'expédition contre l'amiral Ruyter, Vivonne a sacrifié son désir de gloire pour rester auprès des Siciliens, qu'il considérait comme ses enfants. Après la bataille, la flotte française s'est retirée en Provence pour réparations et approvisionnement. Vivonne a ensuite mené une expédition à Palerme pour sécuriser le passage d'un convoi, malgré les oppositions et les dangers. Cette expédition a été couronnée de succès, renforçant l'amour des Siciliens pour lui. Vivonne a également découvert et neutralisé plusieurs conspirations contre lui et la population. Son dévouement au roi est total, et il sacrifie toute autre ambition pour servir son prince. Les succès militaires de Vivonne, comme la prise d'Agoste et d'autres places, renforcent son prestige et sa réputation, malgré les tentatives des ennemis de le discréditer.
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198
p. 227-228
« Les belles choses estant belles en tout temps, je ne [...] »
Début :
Les belles choses estant belles en tout temps, je ne [...]
Mots clefs :
Élégie, Académie, Estime, Copier
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texteReconnaissance textuelle : « Les belles choses estant belles en tout temps, je ne [...] »
Les belles choſes eſtant belles entouttemps, je ne veux pas differer à vous faire part d'une Elegie qui vient de m'eſtre reGij
148 LE MERCVRE
miſe entre les mains , quoyqu'il y ait déja trois ou quatre ans qu'elle foit faite. Ie ſçay que l'Academie l'a fort eſtimée. Elle
eſt deMonfieur le Ducde Saint
Aignan , & je ne doute pas que ſes Vers ne vous plaiſent autant qu'a fait ſa Proſe dans les Let- tresqu'il a écrites au Roy ſur ſes Conqueſtes. Il fit ceux-cy dans uneMaiſon deCampagne pro- che du Havre , ſur une affaire
particulierequi luy arriva. On a
eu peine à les recouvrer , paree qu'ayant brûlé preſque tous ſes Ouvrages , onn'a pû conſerver queceuxqu'on a trouvé moyen deluydérober en les copiant.
148 LE MERCVRE
miſe entre les mains , quoyqu'il y ait déja trois ou quatre ans qu'elle foit faite. Ie ſçay que l'Academie l'a fort eſtimée. Elle
eſt deMonfieur le Ducde Saint
Aignan , & je ne doute pas que ſes Vers ne vous plaiſent autant qu'a fait ſa Proſe dans les Let- tresqu'il a écrites au Roy ſur ſes Conqueſtes. Il fit ceux-cy dans uneMaiſon deCampagne pro- che du Havre , ſur une affaire
particulierequi luy arriva. On a
eu peine à les recouvrer , paree qu'ayant brûlé preſque tous ſes Ouvrages , onn'a pû conſerver queceuxqu'on a trouvé moyen deluydérober en les copiant.
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Résumé : « Les belles choses estant belles en tout temps, je ne [...] »
L'auteur a reçu une élégie du Duc de Saint-Aignan, composée il y a trois ou quatre ans et estimée par l'Académie. L'œuvre, écrite près du Havre, a failli être perdue car le Duc avait brûlé presque tous ses ouvrages. Quelques textes ont été sauvés en les copiant.
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199
p. 237-238
« L'Illustre Duc qui a fait ces Vers, est retourné [...] »
Début :
L'Illustre Duc qui a fait ces Vers, est retourné [...]
Mots clefs :
Gouvernement, Service, Éloignement
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texteReconnaissance textuelle : « L'Illustre Duc qui a fait ces Vers, est retourné [...] »
L'illustre Duc , qui a fait ces Vers, eft retourné,depuis peu dans ſonGouvernement, pour appliquer ſes foins à ce qui re- garde le ſervice duRoy avec le meſme zele qu'il a fait les an nées dernieres. Cen'eſt pasqu'il ne donne de fi bons ordres en fon abſence qu'il ne ſoit diffis cile que des Ennemis tirent a- vantage de fon éloignement; &
vousl'allez voir , Madame , par Article qui fuit.ny và mìn
vousl'allez voir , Madame , par Article qui fuit.ny và mìn
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200
p. 238-240
« Il n'y a pas longtemps qu'un Capre Ostendois [...] »
Début :
Il n'y a pas longtemps qu'un Capre Ostendois [...]
Mots clefs :
Capre Ostendois, Duc de S. Aignan, Charge
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texteReconnaissance textuelle : « Il n'y a pas longtemps qu'un Capre Ostendois [...] »
Iln'y apas long-temps qu'un Capre Oftendois attaqua prés des Coſtes du Havre de Grace,
&dans ceCouvernement, deux
Barques Marchandes de Diep- pe, qu'il auroit priſes indubita- blement , fi.M de Benouville ,
Capitaine de la Coſte , ne s'y fut promptement & vigoureuſemét oppoſe avec les Habitans qui font fous fa charge. Le Capre aprés avoir abadonné deuxBar- ques , les attaqua une féconde fois plus présduHavre, fotus la Capitainerie de MideCauville,
qui fit la meſime choſe antre pouffantleditCapre, quiſe ret
tira fans rien tenter davantage,
après avoir tiré plus de trente coups de Canons&& force coups de Moufquets. Getix qui font fous la charge de Mile Duode
Saint Aignan , imitenpaver tant
GALANT. 157 de bon-heur & d'empreſſement fon zele & fa vigilance pour le fervice duRoy,qu'il n'a pas eſté poſſible aux Ennemis , depuis la Declaration de la Guerre juf- ques à preſent , de réüffir dans aucunedetoutes les entrepriſes qu'ils ontfaites fur les Coftes de fon Gouvernement.
&dans ceCouvernement, deux
Barques Marchandes de Diep- pe, qu'il auroit priſes indubita- blement , fi.M de Benouville ,
Capitaine de la Coſte , ne s'y fut promptement & vigoureuſemét oppoſe avec les Habitans qui font fous fa charge. Le Capre aprés avoir abadonné deuxBar- ques , les attaqua une féconde fois plus présduHavre, fotus la Capitainerie de MideCauville,
qui fit la meſime choſe antre pouffantleditCapre, quiſe ret
tira fans rien tenter davantage,
après avoir tiré plus de trente coups de Canons&& force coups de Moufquets. Getix qui font fous la charge de Mile Duode
Saint Aignan , imitenpaver tant
GALANT. 157 de bon-heur & d'empreſſement fon zele & fa vigilance pour le fervice duRoy,qu'il n'a pas eſté poſſible aux Ennemis , depuis la Declaration de la Guerre juf- ques à preſent , de réüffir dans aucunedetoutes les entrepriſes qu'ils ontfaites fur les Coftes de fon Gouvernement.
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Résumé : « Il n'y a pas longtemps qu'un Capre Ostendois [...] »
Un navire corsaire d'Ouistreham a attaqué deux barques marchandes de Dieppe près du Havre. M. de Benouville et les habitants ont repoussé l'attaque. Le corsaire a ensuite été repoussé par M. de Cauville après avoir tiré plus de trente coups de canon. Les habitants, sous M. Duode Saint Aignan, ont montré une vigilance remarquable pour protéger les côtes depuis la déclaration de la guerre.
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