Auteur du texte (23)
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Destinataire du texte (20)
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Détail
Liste
Résultats : 23 texte(s)
1
p. 42-43
MADRIGAL De Mademoiselle de Scudery, sur la Prise de Mastric.
Début :
En vous parlant des Vers qui ont esté faits sur la Prise / Mastric, quand de Louis vous recevez la loy, [...]
Mots clefs :
Prise de Maastricht, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL De Mademoiselle de Scudery, sur la Prise de Mastric.
vous parlant des Vers
qui ont este faits sur la Prise
de Mastric, j'ay oublié de
vous parler de ceux de Ma¬
demoisellle de Scudery.
Comme il ne sort rien de sa
Plume, qui ne soit conside¬
rable, je croy que vous ne
m'auriez pas pardonné
Elle a dit beaucoup en peu
de paroles, & voicy le Ma¬
drigal qu'elle a fait.
SOT.
GALANT.
43.
MADRIGAL
De Mademoiselle de Seudery, sur la
Prise de Mastric.
Astric, quand de Louis vous re¬
cevez la loy,
Soumettez vous avecque joye,
Vosre prise est un bien que le Cielvous
envoye:
Vous perdex cent Tyrans, & vous
gagnez un Roy,
Mais un Roy si puissant, si grand, s
redoutable,
Que son Nom seulement vous va
rendre imprenable.
qui ont este faits sur la Prise
de Mastric, j'ay oublié de
vous parler de ceux de Ma¬
demoisellle de Scudery.
Comme il ne sort rien de sa
Plume, qui ne soit conside¬
rable, je croy que vous ne
m'auriez pas pardonné
Elle a dit beaucoup en peu
de paroles, & voicy le Ma¬
drigal qu'elle a fait.
SOT.
GALANT.
43.
MADRIGAL
De Mademoiselle de Seudery, sur la
Prise de Mastric.
Astric, quand de Louis vous re¬
cevez la loy,
Soumettez vous avecque joye,
Vosre prise est un bien que le Cielvous
envoye:
Vous perdex cent Tyrans, & vous
gagnez un Roy,
Mais un Roy si puissant, si grand, s
redoutable,
Que son Nom seulement vous va
rendre imprenable.
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2
p. 367-368
« Il me reste encor à vous entretenir de l'Opéra / Apres tant de succés sur la Terre & sur l'Onde [...] »
Début :
Il me reste encor à vous entretenir de l'Opéra / Apres tant de succés sur la Terre & sur l'Onde [...]
Mots clefs :
Paix, Espagne, Hollande
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il me reste encor à vous entretenir de l'Opéra / Apres tant de succés sur la Terre & sur l'Onde [...] »
Il me reſte encor à vous en-
tretenir de l'Opéra deM' Boif-
ſet , qui fut repreſenté Lundy
dernier à S. Germain devant
Leurs Majeſtez, &de la mort
deMeſſieursd'Apremont,Rou-
jault , & Marin , mais je fuis
368
MER
.
GAL
.
4
obligé de remettre cesArticles,
ainſi que pluſieurs autres. Je
finis par celuy de la confirma-
tion de la Paix de l'Eſpagne &
de la Hollande. Je nedoute pas
que le bonheur dont elles vont
joüir, n'excite bientoſt tous les
Potentatsqui font en guerre, à
-conclure une Paix generale,
Comme ils ladévront au Roy,
toute l'Europe poura alors re-
tentirdu bruit de ces Vers.
Apres tantdeſuccèsfurlaTerre
&fur l'Onde,
Surses propres Exploits LOVIS
Sçait rencherirs
Cet Auguste Vainqueur donne la
Paix au Monde,
C'estplusquedele conquérir.
Jeſuis voſtre
tretenir de l'Opéra deM' Boif-
ſet , qui fut repreſenté Lundy
dernier à S. Germain devant
Leurs Majeſtez, &de la mort
deMeſſieursd'Apremont,Rou-
jault , & Marin , mais je fuis
368
MER
.
GAL
.
4
obligé de remettre cesArticles,
ainſi que pluſieurs autres. Je
finis par celuy de la confirma-
tion de la Paix de l'Eſpagne &
de la Hollande. Je nedoute pas
que le bonheur dont elles vont
joüir, n'excite bientoſt tous les
Potentatsqui font en guerre, à
-conclure une Paix generale,
Comme ils ladévront au Roy,
toute l'Europe poura alors re-
tentirdu bruit de ces Vers.
Apres tantdeſuccèsfurlaTerre
&fur l'Onde,
Surses propres Exploits LOVIS
Sçait rencherirs
Cet Auguste Vainqueur donne la
Paix au Monde,
C'estplusquedele conquérir.
Jeſuis voſtre
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3
p. 25-26
MADRIGAL SUR LA PAIX.
Début :
Vous avez eu raison d'aprouver le Quatrain qui finit / Jamais on n'avoit tantvanté [...]
Mots clefs :
Paix, Louis, Victoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL SUR LA PAIX.
Vous avez eu raifon
d'aprouver le Quatrain
qui finit ma derniere Letre,
Je vous lay envoyé
comme je l'avois confulément
entendu, mais jay
{ceu depuis que c'eftoit la
fin dun Madrigal de Mademoifelle
de Scudery. Je
vous l'envoye aujourd huy
entier, tout ce qui vient de
cette illuftre Perfonne cf
tant trop confidérable pour
en rien perdre,
Juillet. C
2.6 Mee MUN À
SUR LA PAIX.
Armais on R'avoil tantuante
E Ny Campagne a’ HTyver,ny
M Campugned Effe, .
XL OvzdLoiiis revenoit fuivy
dela Fill ire.
Quceile eff cette nouvelle gloire?
Sur fes propres Exploits a t-il px
Vehcherir,
Apres tant de fucces far la Terre
€^ furl’ Gude?
Oy, car donner la. Paix au
Afonde,
C'el plus que dele conquerir.
d'aprouver le Quatrain
qui finit ma derniere Letre,
Je vous lay envoyé
comme je l'avois confulément
entendu, mais jay
{ceu depuis que c'eftoit la
fin dun Madrigal de Mademoifelle
de Scudery. Je
vous l'envoye aujourd huy
entier, tout ce qui vient de
cette illuftre Perfonne cf
tant trop confidérable pour
en rien perdre,
Juillet. C
2.6 Mee MUN À
SUR LA PAIX.
Armais on R'avoil tantuante
E Ny Campagne a’ HTyver,ny
M Campugned Effe, .
XL OvzdLoiiis revenoit fuivy
dela Fill ire.
Quceile eff cette nouvelle gloire?
Sur fes propres Exploits a t-il px
Vehcherir,
Apres tant de fucces far la Terre
€^ furl’ Gude?
Oy, car donner la. Paix au
Afonde,
C'el plus que dele conquerir.
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4
p. 26-27
AU ROY.
Début :
Cette glorieuse Perte a donné lieu à Mademoiselle de Scudéry, / Faut-il donc toûjours vaincre, & forcer des Murailles ? [...]
Mots clefs :
Mademoiselle de Scudéry, Perte, Roi, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROY.
Cette glorieuse Perte a don-
né lieu à Mademoiselle de
Scudéry, de faire le Madri-
gal que j'adjoûte icy.
AU ROY.
F Aut-il donc toujours vaincre,
& forcer des Murailles?
N'aurons-nous des Héros que par
des Funérailles?
Non, pour Vous, GRAND LOÜIS,
tout devient glorieux;
Et le Monde étonné, doute quel vaut
le mieux,
Ou perdre des Procés, ou gagner
des Batailles.
né lieu à Mademoiselle de
Scudéry, de faire le Madri-
gal que j'adjoûte icy.
AU ROY.
F Aut-il donc toujours vaincre,
& forcer des Murailles?
N'aurons-nous des Héros que par
des Funérailles?
Non, pour Vous, GRAND LOÜIS,
tout devient glorieux;
Et le Monde étonné, doute quel vaut
le mieux,
Ou perdre des Procés, ou gagner
des Batailles.
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5
p. 163-165
A MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE.
Début :
Cette Naissance a fait faire quantité de Vers. Je vous en envoye / Venez, heureux Enfant, venez à la lumiere, [...]
Mots clefs :
Naissance, Duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE.
Cette
Naiffance a fait faire quantité
de Vers. Je vous en envoye
quelques-uns. En voicy de
l' illuflre Mademoiftlle de
Scudéry.
A ~f 0 ·N s Ê I G N E il R.
LE DUC DE BOURGOGNE,.
Enez,heureux E11f.1nt, venez
àla fttmiere,
Yom aU.ez... c~mmenccr t'ne ill1iflre
IJ
carrte,~e,
:Et le Soleil qui n4ift aux hords de
l'orient., ,
N'a PM d.. fà naiffence ''" écl,1t Ji•
yianr,,
Tout hriUe autour de ~or.JJ ; lts Jtux;
les Rû·, la Gloire,
]tartnt voflre Bercear'1 comme t1n.
Ch4r de Viél-oire.
M11Û, ô divitJ Enfant, IJ11and 1n fart
de Hér1s_,
on ne vit p~ /(}11-gtemps dan1 les
brM du Repos.
B1.JQe~-vo1u; qNe le c~rp,, l'ej}rit~
e(r le f Pttragc,
G A 1 A. T. 16.(9_i ~ ..ul . J
}(iJY{ClJ.t {es Loi.," dr1 t!WJf S , & les
Regles dei' lige; '. . _
PrJ.{/èz r11pidement les frivoles plat-
Jir1, .
Et concevez bie;ito1!f d~hfroïques ..
defirs.
P..oit-J l'ourrc z..J1N.rj1affir 111 ;.;.s les Pri;iceJ
~ ~
tii'n M onae ~
De vos prcn1iers Exploits rcmJ1lir
la terre & t~ondc;
Digne de vojlre N orn eftre adoré tle
f()U1'
Et vvir toeijo1J.r.s Lor I s, /,ien aa
de;/w de rvous,
Eclairer tous vos f a1, v~us jèr'lo'ir
de Mode f e;t
~ 1flre dtJ. Roy des .R.oys une Image
-hdeUe
J' 1 ' '
Le honhet1'r des Fr11ncoii, l'a.me dtJ
fis Etats,
Et l'exemple ctcrnct de tptJJ le,; Poi#....J
te1Jtats
Naiffance a fait faire quantité
de Vers. Je vous en envoye
quelques-uns. En voicy de
l' illuflre Mademoiftlle de
Scudéry.
A ~f 0 ·N s Ê I G N E il R.
LE DUC DE BOURGOGNE,.
Enez,heureux E11f.1nt, venez
àla fttmiere,
Yom aU.ez... c~mmenccr t'ne ill1iflre
IJ
carrte,~e,
:Et le Soleil qui n4ift aux hords de
l'orient., ,
N'a PM d.. fà naiffence ''" écl,1t Ji•
yianr,,
Tout hriUe autour de ~or.JJ ; lts Jtux;
les Rû·, la Gloire,
]tartnt voflre Bercear'1 comme t1n.
Ch4r de Viél-oire.
M11Û, ô divitJ Enfant, IJ11and 1n fart
de Hér1s_,
on ne vit p~ /(}11-gtemps dan1 les
brM du Repos.
B1.JQe~-vo1u; qNe le c~rp,, l'ej}rit~
e(r le f Pttragc,
G A 1 A. T. 16.(9_i ~ ..ul . J
}(iJY{ClJ.t {es Loi.," dr1 t!WJf S , & les
Regles dei' lige; '. . _
PrJ.{/èz r11pidement les frivoles plat-
Jir1, .
Et concevez bie;ito1!f d~hfroïques ..
defirs.
P..oit-J l'ourrc z..J1N.rj1affir 111 ;.;.s les Pri;iceJ
~ ~
tii'n M onae ~
De vos prcn1iers Exploits rcmJ1lir
la terre & t~ondc;
Digne de vojlre N orn eftre adoré tle
f()U1'
Et vvir toeijo1J.r.s Lor I s, /,ien aa
de;/w de rvous,
Eclairer tous vos f a1, v~us jèr'lo'ir
de Mode f e;t
~ 1flre dtJ. Roy des .R.oys une Image
-hdeUe
J' 1 ' '
Le honhet1'r des Fr11ncoii, l'a.me dtJ
fis Etats,
Et l'exemple ctcrnct de tptJJ le,; Poi#....J
te1Jtats
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6
p. 33-34
REPONSE DE SAPHO.
Début :
La Postérité curieuse [...]
Mots clefs :
Louis, Sapho, Postérité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPONSE DE SAPHO.
REPONSE DE SAPHO .
LA Poftérité curieuse
Nepourra pas douterdes Conquestes
du Roy;
Etle Rhin, que Strasbourgafoûmis
afa Loy, :
Inſtruira cette Soupçonneuse.
Tant de Combats fameux , tant de
Faits éclatans,
Tant d' Ennemis vaincus,font d'affiz
bons garands,
Leur témoignage enfin doit estre
irréprochable.
On nedouterapoint de leur fincerité,
Etcettegrande Verité
Aufenlnom du Hérosfera toûjours
croyable.
Comme il est des Autels leplusfolide
appuy,
34 MERCURE
LvDéeffe aux centvoix neſerapas
rebelle;
Saphodans tous les temps aurabesoin
de lay,
Et LOVIS est tropgrand pour avoir
besoin d'ellc
LA Poftérité curieuse
Nepourra pas douterdes Conquestes
du Roy;
Etle Rhin, que Strasbourgafoûmis
afa Loy, :
Inſtruira cette Soupçonneuse.
Tant de Combats fameux , tant de
Faits éclatans,
Tant d' Ennemis vaincus,font d'affiz
bons garands,
Leur témoignage enfin doit estre
irréprochable.
On nedouterapoint de leur fincerité,
Etcettegrande Verité
Aufenlnom du Hérosfera toûjours
croyable.
Comme il est des Autels leplusfolide
appuy,
34 MERCURE
LvDéeffe aux centvoix neſerapas
rebelle;
Saphodans tous les temps aurabesoin
de lay,
Et LOVIS est tropgrand pour avoir
besoin d'ellc
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7
p. 32
MADRIGAL
Début :
Ce Bras qui fit trembler tant de fiers Ennemis, [...]
Mots clefs :
Ennemis, Trembler
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL
MADRIGAL.
cE Brdi quifit trembler tintdt
fiers tnnemis,
Taitmaintenant tremblerUs Cœurs
les pltï<feûmisi
La France i'ddoroity &commence à
le plaindra
Maisnon! rendonsau Cieldesben-
neurs immort, Is,
Un Brds quifouticut lesAutels,
NeJçauroitatoir rien à crllindrt.
cE Brdi quifit trembler tintdt
fiers tnnemis,
Taitmaintenant tremblerUs Cœurs
les pltï<feûmisi
La France i'ddoroity &commence à
le plaindra
Maisnon! rendonsau Cieldesben-
neurs immort, Is,
Un Brds quifouticut lesAutels,
NeJçauroitatoir rien à crllindrt.
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8
p. 202-205
LA FAUVETTE, A SAPHO, Arrivant à son petit Bois le 25. Avril, selon sa coûtume.
Début :
Ces autres Vers, pour n'être pas adressez à Sa Majesté, / Apres l'Hyver rigoureux, [...]
Mots clefs :
Fauvette, Gloire, Bois, Acante, Roi, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA FAUVETTE, A SAPHO, Arrivant à son petit Bois le 25. Avril, selon sa coûtume.
Ces
autres
Vers
,
pour
n'ê-
tre
pas adreffez
à Sa Majeſté
,
ne
laiffent
pas
de
loüer ce
Grand
Monarque
.
Ils
font
de
l'illuftre
Mademoiſelle
deScudéry
.
Vous
fçavez
qu'elle
a
immortalifé
les
Fauvetes
par
le
langage
qu'elle leur
a
fait
tenir
.
Elle
a continué
,
&
voicy ce
que
la
Fauvete
defon
Bois a
dit cette
année
.
Les louanges redoublent
beaucoup de
prix
,
quand
la
maniere de
les
donner
eft
ingénicufe.
GALANT
.
203
LA FAUVETE.
A SAPHO
,
Arrivant
à
fon
petit
Bois
le
25
Avril
,
felon
la
coûtume
.
Α
Pres
l'Hyver
rigoureux
,
le
reviensfous
cet
ombrage
,
Are
Le
cœur
toûjours
amoureux
,
Et
preft
à vous
rendre
hommage
,
Selon
mon
foible
ramage
.
S2
Mais dans ces aimables Bois,
Dont la verdure m'enchante,
Ce n'eft plus comme autrefois,
Car l'ingénieux Acante
Ne répondplus à ma voix.
S &
Malgréfon
cruelfilence
,
204
MERCURE
Puis
qu'il
chanta
mes
amours
,
T'ay de la
reconnoiffance
,
Le
l'admireray toûjours
.
S&
I'ayfçeu dans malongue course,
Qu'iln'aime plus qu'un Grand Roy,
Quidu Levantjufqu'à l'ourſe
Porte l'amour, on l'effroy,
Etfoûmet tout à fa Loy.
$2
Quand
il
partit
de
verfailles
,
Je
vis
ce
Roy
fans
pareil
,
Tel
que
le
Dieu
des
Batailles
,
Plus
brillant
que
le
Soleil
.
SS
Ie penfay cent fois lefuivre,
Au lieu de venir à vous,
Etj'euffe bien voulu vivre
Aupres d'un Héros fi doux.
$2
Mais ayant veu la Victoire
GALANT
.
205
Qui
veloit
autour
de luy
,
Ie
connus
bien
que
la Gloire
Nous
l'arrachoit
aujourd'huy
.
Sa
Ie
crus
ouir
le
Tonnerre
,
Je
vis
briller
des
Eclairs
,
Ie
fentis
trembler
la
Terre
,
Erje
craignis
que
la
Guerre
N'allaft troubler
l'Univers
.
Sa
N'ayantpas
l'aile
affez
forte
Pour
cerapide Guerrier
,
Dans
le
zele
qui m'emporte
,
Je reviens
fur
mon
Meurier
,
Et
ne
ceffe
de
prier
Que
bientoft il
nous
apporte
,
Ou
l'olive
,
ou
le
Laurier
.
autres
Vers
,
pour
n'ê-
tre
pas adreffez
à Sa Majeſté
,
ne
laiffent
pas
de
loüer ce
Grand
Monarque
.
Ils
font
de
l'illuftre
Mademoiſelle
deScudéry
.
Vous
fçavez
qu'elle
a
immortalifé
les
Fauvetes
par
le
langage
qu'elle leur
a
fait
tenir
.
Elle
a continué
,
&
voicy ce
que
la
Fauvete
defon
Bois a
dit cette
année
.
Les louanges redoublent
beaucoup de
prix
,
quand
la
maniere de
les
donner
eft
ingénicufe.
GALANT
.
203
LA FAUVETE.
A SAPHO
,
Arrivant
à
fon
petit
Bois
le
25
Avril
,
felon
la
coûtume
.
Α
Pres
l'Hyver
rigoureux
,
le
reviensfous
cet
ombrage
,
Are
Le
cœur
toûjours
amoureux
,
Et
preft
à vous
rendre
hommage
,
Selon
mon
foible
ramage
.
S2
Mais dans ces aimables Bois,
Dont la verdure m'enchante,
Ce n'eft plus comme autrefois,
Car l'ingénieux Acante
Ne répondplus à ma voix.
S &
Malgréfon
cruelfilence
,
204
MERCURE
Puis
qu'il
chanta
mes
amours
,
T'ay de la
reconnoiffance
,
Le
l'admireray toûjours
.
S&
I'ayfçeu dans malongue course,
Qu'iln'aime plus qu'un Grand Roy,
Quidu Levantjufqu'à l'ourſe
Porte l'amour, on l'effroy,
Etfoûmet tout à fa Loy.
$2
Quand
il
partit
de
verfailles
,
Je
vis
ce
Roy
fans
pareil
,
Tel
que
le
Dieu
des
Batailles
,
Plus
brillant
que
le
Soleil
.
SS
Ie penfay cent fois lefuivre,
Au lieu de venir à vous,
Etj'euffe bien voulu vivre
Aupres d'un Héros fi doux.
$2
Mais ayant veu la Victoire
GALANT
.
205
Qui
veloit
autour
de luy
,
Ie
connus
bien
que
la Gloire
Nous
l'arrachoit
aujourd'huy
.
Sa
Ie
crus
ouir
le
Tonnerre
,
Je
vis
briller
des
Eclairs
,
Ie
fentis
trembler
la
Terre
,
Erje
craignis
que
la
Guerre
N'allaft troubler
l'Univers
.
Sa
N'ayantpas
l'aile
affez
forte
Pour
cerapide Guerrier
,
Dans
le
zele
qui m'emporte
,
Je reviens
fur
mon
Meurier
,
Et
ne
ceffe
de
prier
Que
bientoft il
nous
apporte
,
Ou
l'olive
,
ou
le
Laurier
.
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9
p. 160-161
MADRIGAL.
Début :
Les Muses ne sont pas demeurées muettes après la Prise / Fier Luxembourg, maintenant pitoyable, [...]
Mots clefs :
Prise de Luxembourg, Louis, Luxembourg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL.
Les,Muſes ne ſont pas
demeurées muettes apres la
PriſedeLuxembourg. Voicy
ce qu'elles ont fait dire à
GALANT. 161
P'illustre Mademoiselle de
Scudéry.
MADRIGAL.
AlerLuxcmsbourg,IerLuxembourg, maintenant
pitoyable,
Contre LOVIS vom n'avez på
tenir.
Consolez-vous d'unfort inévitable.
Vous vous trompiez devous croire
imprenable,
Maisenfes mains vous l'allez de.
(
venir.
demeurées muettes apres la
PriſedeLuxembourg. Voicy
ce qu'elles ont fait dire à
GALANT. 161
P'illustre Mademoiselle de
Scudéry.
MADRIGAL.
AlerLuxcmsbourg,IerLuxembourg, maintenant
pitoyable,
Contre LOVIS vom n'avez på
tenir.
Consolez-vous d'unfort inévitable.
Vous vous trompiez devous croire
imprenable,
Maisenfes mains vous l'allez de.
(
venir.
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10
p. 71-74
LA FAUVETE A SAPHO
Début :
Ces Vers me font souvenir de ceux que vous m'avez / Plus vîte qu'une Hyrondelle, [...]
Mots clefs :
Hirondelle, Amours, Troupeaux, Demi-dieux, Crime, Humilité, Doge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA FAUVETE A SAPHO
Ces Vers me font fouvenir
de ceux que vous m'avez
demandez de Mademoiſelle
de Scudery. Le trop de matiere
m'empefcha de vous les
envoyer la derniere fois .
72 MERCURE
LA FAUVETE
A SAPHO
En arrivant à fon petit Bois felon
fa coûtume, le Avril 1685.
15
Pieviens avec les beaux jours,.
Lus vite qu'une Hyrondelle,
Comme Fauvete fidelle,
Avant le mois des Amours.
SS
Jay trouvé fur mon paffage
Un Spectaclefort nouveau ;
Pour m'expliquer davantage,
C'est le Doge & fon Troupeau..
$ 2
Quoy, luy dis-je , entrer en France,
Et vous montrer en ces lieux!
Ony, dit- il, par la clémence
Du plus grand des Demy -Dieux.
Son
GALANT 73
Sa
Son coeur toujours magnanime,
Ne pouvant fe démentir,
Feut oublier noftre crime,
Voyant noftre repentir.
$2
Ab ! m'écriay-je ravie,
Ce Heros par fon grand coeur
Pardonne à qui s'humilie) 200
Et de luy mefme eft vainqueur.
Sa
Dieux ! quel bon -hour eft le vostre
D'aller recevoirfa loy!
Ie n'en voudrois jamais d'autre,
Mais ce bien n'eft pas pour moy.
$2
C'eft affez que ma Maiftreffe,
Souffre que mafoible voix
Chante & rechantefans ceffe,
Qu'ileft le Phoenix des Rois.
Juin 1685.
G
74 MERCURE
Sa
Allez , Doge , allez fans peine
Luy rendre grace à genoux;
La République Romaine
En cuft fait autant que vous.
de ceux que vous m'avez
demandez de Mademoiſelle
de Scudery. Le trop de matiere
m'empefcha de vous les
envoyer la derniere fois .
72 MERCURE
LA FAUVETE
A SAPHO
En arrivant à fon petit Bois felon
fa coûtume, le Avril 1685.
15
Pieviens avec les beaux jours,.
Lus vite qu'une Hyrondelle,
Comme Fauvete fidelle,
Avant le mois des Amours.
SS
Jay trouvé fur mon paffage
Un Spectaclefort nouveau ;
Pour m'expliquer davantage,
C'est le Doge & fon Troupeau..
$ 2
Quoy, luy dis-je , entrer en France,
Et vous montrer en ces lieux!
Ony, dit- il, par la clémence
Du plus grand des Demy -Dieux.
Son
GALANT 73
Sa
Son coeur toujours magnanime,
Ne pouvant fe démentir,
Feut oublier noftre crime,
Voyant noftre repentir.
$2
Ab ! m'écriay-je ravie,
Ce Heros par fon grand coeur
Pardonne à qui s'humilie) 200
Et de luy mefme eft vainqueur.
Sa
Dieux ! quel bon -hour eft le vostre
D'aller recevoirfa loy!
Ie n'en voudrois jamais d'autre,
Mais ce bien n'eft pas pour moy.
$2
C'eft affez que ma Maiftreffe,
Souffre que mafoible voix
Chante & rechantefans ceffe,
Qu'ileft le Phoenix des Rois.
Juin 1685.
G
74 MERCURE
Sa
Allez , Doge , allez fans peine
Luy rendre grace à genoux;
La République Romaine
En cuft fait autant que vous.
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Résumé : LA FAUVETE A SAPHO
En avril et juin 1685, une correspondance poétique relate une rencontre avec le Doge de Venise et sa troupe en France. L'auteur compare son arrivée rapide à celle d'une hirondelle au printemps. Le Doge justifie sa présence par la clémence de 'Louis XIV', surnommé le 'plus grand des Demi-Dieux', dont la générosité pardonne aux repentants. L'auteur exprime son admiration pour ce souverain et la joie de recevoir sa loyauté, bien que ce bonheur ne lui soit pas destiné. Elle évoque également sa maîtresse, qualifiée de 'Phoenix des Rois', à qui elle doit constamment chanter. Enfin, l'auteur invite le Doge à remercier la République Romaine pour ses actions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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11
p. 21-22
SUR LA CONVERSION des Heretiques.
Début :
Mademoiselle de Scudery, qui a publié tant de fois la gloire / D'un Zele sans pareil j'ay chanté mille fois [...]
Mots clefs :
Zèle, Gloire, Louis, Exploits, Vertus, Dieu, Louanges au roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA CONVERSION des Heretiques.
Mademoiſelle de Scudery , qui
a publié tant de fois la gloire du
Roy , n'a pû ſe taire dans une
occafion où elle entend parler
tout le monde. Voicy la Partie
qu'elle a tenue dans ce concert
de loüanges.
SUR LA CONVERSION
des Heretiques.
D'OnLele Sans pareil L'ay chan.
té mille fois
La gloire de LOUIS , &fesfameux
Exploits ,
รา MERCURE
Fay loüéfes vertus , j'ay vanté fon
courage ,
Et ma main fans trembler a tracé
fon Image ;
Mais cent Peuples rendus au Dieu
de l'Univers ,
Sont un trop grand fujet pour tous
nos foibles Vers.
La Terre doit fe taire : à de telles
loüanges
Ilfaut la voix du Ciel , & le con--
cert des Anges.
a publié tant de fois la gloire du
Roy , n'a pû ſe taire dans une
occafion où elle entend parler
tout le monde. Voicy la Partie
qu'elle a tenue dans ce concert
de loüanges.
SUR LA CONVERSION
des Heretiques.
D'OnLele Sans pareil L'ay chan.
té mille fois
La gloire de LOUIS , &fesfameux
Exploits ,
รา MERCURE
Fay loüéfes vertus , j'ay vanté fon
courage ,
Et ma main fans trembler a tracé
fon Image ;
Mais cent Peuples rendus au Dieu
de l'Univers ,
Sont un trop grand fujet pour tous
nos foibles Vers.
La Terre doit fe taire : à de telles
loüanges
Ilfaut la voix du Ciel , & le con--
cert des Anges.
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Résumé : SUR LA CONVERSION des Heretiques.
Mademoiselle de Scudery, célèbre pour ses écrits glorifiant le roi, a participé à un concert de louanges sur la conversion des hérétiques. Dans son poème, elle admire Louis et ses exploits, mais juge que la conversion des peuples au Dieu de l'Univers dépasse les capacités humaines. Elle estime que ces louanges méritent la voix du Ciel et le chant des anges.
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12
p. 3-4
SUR L'INDISPOSITION DE SA MAJESTÉ.
Début :
Trop penible Vertu, Patience importune, [...]
Mots clefs :
Douleurs, Patience, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR L'INDISPOSITION DE SA MAJESTÉ.
SUR L'INDISPOSITlON
DE SA MAJESTE'.
TRop pénibleVertu, Patience
importune,
Portez vostre secours à quelque Ame
commune,
C'est aJJcZj pour LOVIS de vos aima-
blesSœurs,
-Eloignez,,vou-j de luy , mais avec les
douleurs,
Cherchez les malheureux; sa mer-
" veilleuseHistoire
N' a pa4 besoin de vous, ny de nou-
velle Gloire.
Plus vOUJ le rendez,Grand par sa
Tranquillité,
Plus nous sentons les maux dont il
esttourmenté
Vom charmez,ses douleurs,divine
Patience,
Mais toutesses douleurs sont celles de
la France,
Nousnevivons qu'enluy ,si ce Roy
genereux
Cern/If ses mauxpour rien, quand
l'Etat est heureux,
Nesentons plus aujji les biens qu'il
nous envoye,
Xi tant qu'ilsouffrira renonçons à lA
joye.
DE SA MAJESTE'.
TRop pénibleVertu, Patience
importune,
Portez vostre secours à quelque Ame
commune,
C'est aJJcZj pour LOVIS de vos aima-
blesSœurs,
-Eloignez,,vou-j de luy , mais avec les
douleurs,
Cherchez les malheureux; sa mer-
" veilleuseHistoire
N' a pa4 besoin de vous, ny de nou-
velle Gloire.
Plus vOUJ le rendez,Grand par sa
Tranquillité,
Plus nous sentons les maux dont il
esttourmenté
Vom charmez,ses douleurs,divine
Patience,
Mais toutesses douleurs sont celles de
la France,
Nousnevivons qu'enluy ,si ce Roy
genereux
Cern/If ses mauxpour rien, quand
l'Etat est heureux,
Nesentons plus aujji les biens qu'il
nous envoye,
Xi tant qu'ilsouffrira renonçons à lA
joye.
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13
p. 39-40
SAPHO A HOMERE.
Début :
Mademoiselle de Scudery répondit à ces Vers par ce Madrigal. / Homere, vous dormez encore, [...]
Mots clefs :
Héros, Grand, Homère, Iliade
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SAPHO A HOMERE.
Mademoiſelle de Scudery
répondit
à
ces
Vers par ce
Madrigal
.
40
MERCURE
SAPHO
A HOMERE
.
H
Le
Heros
Omere
,
vous
dormez
encore
,
Comme
vous dormiez
autre-
fois.
que la France adore
Eft
trop
grand
pour
ma
foible
voix
.
Si
vous
l'aviez
eu pour
modelle
Au
lieu
de
vos Heros
Gregeois
,
L'Iliade
en
feroit
plus
belle
s
Carfans
ce
grand Cheval de
bois
,
Et
par une plus
noble
voye
Il
vient
de
foumettre à
fes
Loix
Luxembourg
bienplus fort
que
Troye
,
Et
de
l'y
foumettre en
un
mois
répondit
à
ces
Vers par ce
Madrigal
.
40
MERCURE
SAPHO
A HOMERE
.
H
Le
Heros
Omere
,
vous
dormez
encore
,
Comme
vous dormiez
autre-
fois.
que la France adore
Eft
trop
grand
pour
ma
foible
voix
.
Si
vous
l'aviez
eu pour
modelle
Au
lieu
de
vos Heros
Gregeois
,
L'Iliade
en
feroit
plus
belle
s
Carfans
ce
grand Cheval de
bois
,
Et
par une plus
noble
voye
Il
vient
de
foumettre à
fes
Loix
Luxembourg
bienplus fort
que
Troye
,
Et
de
l'y
foumettre en
un
mois
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14
p. 68
MADRIGAL.
Début :
Fiers Ennemis, il faut vous rendre, [...]
Mots clefs :
Ennemis, Éléments, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL.
MADRIGAL.
FIers Ennemis , il faut vous
rendre
LaTerre& laMerfont pournous.
Sur quel autre Element pourriez-
vous vous défendre?
Dieu quiſoutient Louis,est leMaître
de tous
Mlle
deScudery
.
FIers Ennemis , il faut vous
rendre
LaTerre& laMerfont pournous.
Sur quel autre Element pourriez-
vous vous défendre?
Dieu quiſoutient Louis,est leMaître
de tous
Mlle
deScudery
.
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15
p. 222-224
SUR LA DEFAITE des Alliez en Piedmont.
Début :
Il auroit esté facheux pour la France qu'un si beau / Tous les Princes liguez sont prest de s'abismer. [...]
Mots clefs :
Turin, Louis, Victoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA DEFAITE des Alliez en Piedmont.
Ilauroit cfté facheux pour la France qu'un fi
beau morceau d Hiftoire cuft
efté ignoré de la Pofterité.
Cependant je vous envoye des
Vers qui ont efté faits fur la
GALANT. 223
derniere Bataille. Le premier
Madrigal cft de Mademoifelle de Scuderi .
SUR
LA DEFAITE
des Alliez en Piedmont.
Tous les Princes lignez fontprifts de s'abifmer .
L'un veut paffer le Pộ, l'autre paſſe
la mer.
Malgré leurs mouvemens , leurs projets , leurs menaces ,
Nous fauvons Pignerol , nous leur
prenons des Places;
Infpirez parLouis comme parle Dieu
Mars,
Aux partesde Turin unegrande Victoire
Tiiij
224 MERCURE
Couvre encor les François d'une nouvellegloire ,
Et nous voyons enfin vaincus de toutes parts
Les Aigles , les Lions , & les fiers
Leopards
beau morceau d Hiftoire cuft
efté ignoré de la Pofterité.
Cependant je vous envoye des
Vers qui ont efté faits fur la
GALANT. 223
derniere Bataille. Le premier
Madrigal cft de Mademoifelle de Scuderi .
SUR
LA DEFAITE
des Alliez en Piedmont.
Tous les Princes lignez fontprifts de s'abifmer .
L'un veut paffer le Pộ, l'autre paſſe
la mer.
Malgré leurs mouvemens , leurs projets , leurs menaces ,
Nous fauvons Pignerol , nous leur
prenons des Places;
Infpirez parLouis comme parle Dieu
Mars,
Aux partesde Turin unegrande Victoire
Tiiij
224 MERCURE
Couvre encor les François d'une nouvellegloire ,
Et nous voyons enfin vaincus de toutes parts
Les Aigles , les Lions , & les fiers
Leopards
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Résumé : SUR LA DEFAITE des Alliez en Piedmont.
Le texte relate une victoire militaire française en Piémont, malgré les efforts des princes étrangers. Inspirés par Louis XIV, les Français ont sauvé Pignerol et conquis d'autres places fortes. La bataille de Turin a été décisive, vainquant les symboles ennemis. Le poème, attribué à Madame de Scudéry, célèbre cette dernière bataille.
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16
p. 105-106
Réponse de Sapho au Temps.
Début :
Vous qui passez si viste, & pourtant lentement, [...]
Mots clefs :
Temps, Louis, Sapho
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponse de Sapho au Temps.
Réponse de Sapho au
Temps
Vous
qui
paßez
fi
viſte
,
&
pour-tant lentement
,
Ne vous arreſtez pas , écoutez feu-lement
.Fay
mille
graces
à
vous
rendre
De
l'Eloge
charmant que
j'acheved'entendre
,
Car
le
plus
éloquent
des
Dieux,
S'il
parloit
de
LOVIS
,
n'en parle
roit
pas
mieux
.
Fe l'ay vù tout brillant d'une écla-
tante gloire ,
Tel que
les Filles
de memoire
Le peignent tous lesjaurs pour la
Pofterité ,
Sans en
avoir
pu
faire
un
feul
Por
trait flaté
,
Et
de
vostre difcours
mon
ame
eſt
ſiravie
,
Que j'enferay l'Echo le refte de ma
vie
.
Parlerois-
je fans vous
du
plus
granddes Mortels
,
Qui du temps des Cefars auroit en
des Antels ?
Temps
Vous
qui
paßez
fi
viſte
,
&
pour-tant lentement
,
Ne vous arreſtez pas , écoutez feu-lement
.Fay
mille
graces
à
vous
rendre
De
l'Eloge
charmant que
j'acheved'entendre
,
Car
le
plus
éloquent
des
Dieux,
S'il
parloit
de
LOVIS
,
n'en parle
roit
pas
mieux
.
Fe l'ay vù tout brillant d'une écla-
tante gloire ,
Tel que
les Filles
de memoire
Le peignent tous lesjaurs pour la
Pofterité ,
Sans en
avoir
pu
faire
un
feul
Por
trait flaté
,
Et
de
vostre difcours
mon
ame
eſt
ſiravie
,
Que j'enferay l'Echo le refte de ma
vie
.
Parlerois-
je fans vous
du
plus
granddes Mortels
,
Qui du temps des Cefars auroit en
des Antels ?
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17
p. 49-50
Madrigaux de Mademoiselle de Scudery. [titre d'après la table]
Début :
Quand un leger frisson troublant nostre repos, [...]
Mots clefs :
Louis, Héros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Madrigaux de Mademoiselle de Scudery. [titre d'après la table]
Vand un leger friſſon troublant
noftre repos ,
Nous fit craindre un grand mal
pour noftre grand Heros ,
Tous les Ennemis de la France ,
Dans leurs Camps , dans leurs Forts
comptoient fur fon abfence,
Et fe réjouiffoient avec temerité i
Juin 1694.
E
so MERCURE
Mais , grace au jufte Ciel , ils ont
tous mal compté.
Tremblez, fiers Ennemis , LOVIS
eft en fanté.
Vous refafez la Paix , & bien - toft
la victoire
Va vous couvrir de honte , & le
combler de gloire »
Et de ce mefme bras qui vous vainquit
cent fois ,
Il va reduire enfin voftre Ligue
aux abors ,
Et par de nouvelles conqueftes
Achever d'étouffer cette by dre à tant
de teftes.
noftre repos ,
Nous fit craindre un grand mal
pour noftre grand Heros ,
Tous les Ennemis de la France ,
Dans leurs Camps , dans leurs Forts
comptoient fur fon abfence,
Et fe réjouiffoient avec temerité i
Juin 1694.
E
so MERCURE
Mais , grace au jufte Ciel , ils ont
tous mal compté.
Tremblez, fiers Ennemis , LOVIS
eft en fanté.
Vous refafez la Paix , & bien - toft
la victoire
Va vous couvrir de honte , & le
combler de gloire »
Et de ce mefme bras qui vous vainquit
cent fois ,
Il va reduire enfin voftre Ligue
aux abors ,
Et par de nouvelles conqueftes
Achever d'étouffer cette by dre à tant
de teftes.
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18
p. 50-52
« Voicy d'autres Vers que la mesme Mademoiselle de Scudery / Quoy ! Prince merveilleux, en un âge si tendre, [...] »
Début :
Voicy d'autres Vers que la mesme Mademoiselle de Scudery / Quoy ! Prince merveilleux, en un âge si tendre, [...]
Mots clefs :
Duc de Bourgogne, Histoire, Prince
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Voicy d'autres Vers que la mesme Mademoiselle de Scudery / Quoy ! Prince merveilleux, en un âge si tendre, [...] »
Voicy d'autres Vers que la
mefme Mademoiſelle de Scudery
a adreffez à Monſeigneur
le Duc de Bourgogne ,
GALANT.
51
fur une Traduction qu'il a
faite.
! Prince merveilleux , en
un age fi tendre,
Vous eftes un fidelle & charmant
Traducteur,
Et vous fçavez bien plus que ne
fceut Alexandre >
Aprés tant de leçons de fon grand
Precepteur ?
Mais je prévois pour vous encore
une victoire.
Vous allez furpaffer le premier des
Cefars ,
Qui d'une mefme main écrivit fon
Hiftoire ,
Vainquit fes Ennemis , & força
des remparts.
Aimez, aimez toujours les Filles de
Memoire ;
Eij
52 MERCURE
Imitez bien Louis dans les guerriers
hazards.
Nul n'a fceu comme luy le chemin
de la gloire ;
Vous ferez favory d'Apollon & de
Mars
mefme Mademoiſelle de Scudery
a adreffez à Monſeigneur
le Duc de Bourgogne ,
GALANT.
51
fur une Traduction qu'il a
faite.
! Prince merveilleux , en
un age fi tendre,
Vous eftes un fidelle & charmant
Traducteur,
Et vous fçavez bien plus que ne
fceut Alexandre >
Aprés tant de leçons de fon grand
Precepteur ?
Mais je prévois pour vous encore
une victoire.
Vous allez furpaffer le premier des
Cefars ,
Qui d'une mefme main écrivit fon
Hiftoire ,
Vainquit fes Ennemis , & força
des remparts.
Aimez, aimez toujours les Filles de
Memoire ;
Eij
52 MERCURE
Imitez bien Louis dans les guerriers
hazards.
Nul n'a fceu comme luy le chemin
de la gloire ;
Vous ferez favory d'Apollon & de
Mars
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19
p. 54-55
RÉPONSE De la Fauvette à Daphnis.
Début :
Mademoiselle de Scudery a fait répondre ainsi la Fauvette. / Ouy, ma Maistresse est mon modele ; [...]
Mots clefs :
Fauvette, Sapho, Acante, Fidélité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE De la Fauvette à Daphnis.
Mademoiſelle de Scudery
a fait répondre ainſi la Fauvette.
REPONSE
De la Fauvette à Daphnis .
O
Vy , ma Maifireffe eft mon
modele ;
Mais fi je veux la contenter .
Il faut que je chante comme elle,
Les vertus de celuy qui m'appris
chanter ;
Car avant le fameux Acante,
Ie chantois dans fon bois , mais
comme une ignorante ,
Et me taifois tous les Hivers :
Mais par fes admirables Vers
Ma voix fera douce & charmante
GALANT.
58
Iufqu'à la fin de l'Vnivers.
Comment pourrois -je eftre incon-
Aante ?
Ne me louez plus tant de ma fide
lité ,
le lay dois l'immortalitè.
a fait répondre ainſi la Fauvette.
REPONSE
De la Fauvette à Daphnis .
O
Vy , ma Maifireffe eft mon
modele ;
Mais fi je veux la contenter .
Il faut que je chante comme elle,
Les vertus de celuy qui m'appris
chanter ;
Car avant le fameux Acante,
Ie chantois dans fon bois , mais
comme une ignorante ,
Et me taifois tous les Hivers :
Mais par fes admirables Vers
Ma voix fera douce & charmante
GALANT.
58
Iufqu'à la fin de l'Vnivers.
Comment pourrois -je eftre incon-
Aante ?
Ne me louez plus tant de ma fide
lité ,
le lay dois l'immortalitè.
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20
p. 94-96
MADRIGAL,
Début :
Voicy des Vers de Mademoiselle de Scudery, sur la Victoire / Je vous l'avois bien dit, Ennemis de mon Roy, [...]
Mots clefs :
Victoire, Angleterre, Temple de la Gloire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL,
Voicy des Vers de Made-
GALANT. 95
moiſelle
de
Scudery
,
fur
la
Victoire
remportée
par
M
'
le
Maréchal de
Noailles
,
&
fur
les
Vaiſſeaux
brûlez
par
M
'
de
Chasteaurenaud
.
E
JE MADRIGAL
,
vous
l'avois
bien
dit
,
Ennemis
de
mon Roy
,
Le
Ciel
combat pour
luy
,
tout
re-
connoift
fa
loy
,
Et
fur
la
Mer
&
fur
la
Terre
,
Malgré
les
vains
efforts
de la
fiere
Angleterre
,
Et de
tous les
Auteurs de
cette in-
jufte
guerre
.
Vous pourriez le fléchir en deman-dant la
Paix
Mais
les
armes en
main
vous ne
vaincrez jamais »
96
'
MERCURE
Et
l'on
verra
toujours la
charmante
Victoire
Le
fuivre conftamment
au
Tem
.
ple
de
la gloire
.
GALANT. 95
moiſelle
de
Scudery
,
fur
la
Victoire
remportée
par
M
'
le
Maréchal de
Noailles
,
&
fur
les
Vaiſſeaux
brûlez
par
M
'
de
Chasteaurenaud
.
E
JE MADRIGAL
,
vous
l'avois
bien
dit
,
Ennemis
de
mon Roy
,
Le
Ciel
combat pour
luy
,
tout
re-
connoift
fa
loy
,
Et
fur
la
Mer
&
fur
la
Terre
,
Malgré
les
vains
efforts
de la
fiere
Angleterre
,
Et de
tous les
Auteurs de
cette in-
jufte
guerre
.
Vous pourriez le fléchir en deman-dant la
Paix
Mais
les
armes en
main
vous ne
vaincrez jamais »
96
'
MERCURE
Et
l'on
verra
toujours la
charmante
Victoire
Le
fuivre conftamment
au
Tem
.
ple
de
la gloire
.
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21
p. 9[6]-97
Réponse de Mademoiselle de Scudery. [titre d'après la table]
Début :
Voicy la réponse q[u]e Mademoiselle de Scudery a faite à / Vous vous plaignez en vain, heroïque Victoire, [...]
Mots clefs :
Victoire, Louis, Héros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponse de Mademoiselle de Scudery. [titre d'après la table]
Voicy la réponſe qe Mademoiſelle
de Scudery a faite
à la Victoire .
VONS
Ous vous plaignez en vain ,
beroique Victoire ,
Que l'encens pour Louis a de foibles
appas
.
Par ce charmant difcours vous ne
me trompez pas ;
Au
GALANT: 97
Au lieu de l'accufer vous publiez
fa gloire.
Vn Conquerant fans vanité
Voit au deẞous de luy toute l'Ang
tiquité ,
De qui les faux Heros , n'aimant
la fumée que ,
Ne cherchoient que la Renommée
;
Mais un Heros comme le mien,
Plus grand que tous vos Dieux
dont vous parlez fi bien ,
Sans faßte & fans orgueil , eft un
Heros Chreftien ,
de Scudery a faite
à la Victoire .
VONS
Ous vous plaignez en vain ,
beroique Victoire ,
Que l'encens pour Louis a de foibles
appas
.
Par ce charmant difcours vous ne
me trompez pas ;
Au
GALANT: 97
Au lieu de l'accufer vous publiez
fa gloire.
Vn Conquerant fans vanité
Voit au deẞous de luy toute l'Ang
tiquité ,
De qui les faux Heros , n'aimant
la fumée que ,
Ne cherchoient que la Renommée
;
Mais un Heros comme le mien,
Plus grand que tous vos Dieux
dont vous parlez fi bien ,
Sans faßte & fans orgueil , eft un
Heros Chreftien ,
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22
p. 102-103
« Mademoiselle de Scudery a répondu à ces Vers par ceux / Selon mon premier sentiment, [...] »
Début :
Mademoiselle de Scudery a répondu à ces Vers par ceux / Selon mon premier sentiment, [...]
Mots clefs :
Cyrus, Victoire, Louis, Victoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Mademoiselle de Scudery a répondu à ces Vers par ceux / Selon mon premier sentiment, [...] »
Mademoiſelle de Scudery
a répondu à ces Vers par ceuxqui
fuivent.
t
SElo
Elon man premier
(entiment
,
Le prix feroit pour la Victoire
.
La Renommée
affurement
Ne doit pas ufurper
fa gloire.
Tres fouvent
,fans difcerner
rien,
GALANT. 103
I
Elle dit le mal& le bien.
Par elle nous fçavons que ce Grand
Alexandre ,
Au fortir d'un feftin , mit un Pa-
Lais en cendre ,
Ettua de de fa main le malheureux
Clitus.
Elle blame à fon tour les Cefars , les
Cyrus ;
Enfin elle parle fans ceffe ,
Et plus en Femme qu'en Déeffe.
Mais comme par bonheur vous la
faites parler,
Ze conviens qu'aujoud' buy rien ne
peut l'égaleri
Qu'elle dit que Louis , que j'admire
&que j'aime ,
Ce qu'en pense mon coeur, ce que
j'en dis moy- mefme ,
Et qu'entre les Heros c'est le Heros
Suprime.
a répondu à ces Vers par ceuxqui
fuivent.
t
SElo
Elon man premier
(entiment
,
Le prix feroit pour la Victoire
.
La Renommée
affurement
Ne doit pas ufurper
fa gloire.
Tres fouvent
,fans difcerner
rien,
GALANT. 103
I
Elle dit le mal& le bien.
Par elle nous fçavons que ce Grand
Alexandre ,
Au fortir d'un feftin , mit un Pa-
Lais en cendre ,
Ettua de de fa main le malheureux
Clitus.
Elle blame à fon tour les Cefars , les
Cyrus ;
Enfin elle parle fans ceffe ,
Et plus en Femme qu'en Déeffe.
Mais comme par bonheur vous la
faites parler,
Ze conviens qu'aujoud' buy rien ne
peut l'égaleri
Qu'elle dit que Louis , que j'admire
&que j'aime ,
Ce qu'en pense mon coeur, ce que
j'en dis moy- mefme ,
Et qu'entre les Heros c'est le Heros
Suprime.
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23
p. 212-214
A Mr L'EVESQUE COMTE D'AGEN.
Début :
Vous sçavez, Madame, avec quel succès Mr l'Evêque d'Agen / Aprés avoir charmé des Courtisans sans nombre, [...]
Mots clefs :
Saint-Cyr, Vertu, Jeunesse, Sermon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Mr L'EVESQUE COMTE D'AGEN.
Vous sçavez, Madame
avec quel succésMrl'Evêque
d'Agen prêcha l'Avent dernier
à Versailles. Ilalla aussi
prêcher à Saint-Cyr, & c'est
sur ce Sermon que Mademoiselle
deScudery a fait le
Madrigal que vous allez lire.
A Mr L'EVESQUE
COMTE D'AGEN. APrés avoir charme des Cou,..
tifans [ant nombre,
ht luuche f1ortementles1 plus ambitieux
3 Vousallez,^ à Saint-Cyr
,
aefell deliceux,
Où ton voit la vertssans nuage &
sans ombre,
Telle quelledefceni des Cieux. 1
Dans tant de jeunescoeur;,voflr.,
vive éloquence
Pa fixer pour toujours lamour dî
t'innocence.
Comme un contre-foifan des injustes,
desirs,
Et des appastrompentsdes frivoles
plaisirs.
Que vous [erez^furptis de voir cette
jfeuneffe,
Sans le secours des ans, avoir tant
de (agefte,
Et remplir dignement les foins &
les souhaits
De cette Hero'ine Chrefltenne,
Quipar ce beaudejjein a fïgnalcr
la ifenne>
Et dont CiHuflrt nom ne périra
jamais.
avec quel succésMrl'Evêque
d'Agen prêcha l'Avent dernier
à Versailles. Ilalla aussi
prêcher à Saint-Cyr, & c'est
sur ce Sermon que Mademoiselle
deScudery a fait le
Madrigal que vous allez lire.
A Mr L'EVESQUE
COMTE D'AGEN. APrés avoir charme des Cou,..
tifans [ant nombre,
ht luuche f1ortementles1 plus ambitieux
3 Vousallez,^ à Saint-Cyr
,
aefell deliceux,
Où ton voit la vertssans nuage &
sans ombre,
Telle quelledefceni des Cieux. 1
Dans tant de jeunescoeur;,voflr.,
vive éloquence
Pa fixer pour toujours lamour dî
t'innocence.
Comme un contre-foifan des injustes,
desirs,
Et des appastrompentsdes frivoles
plaisirs.
Que vous [erez^furptis de voir cette
jfeuneffe,
Sans le secours des ans, avoir tant
de (agefte,
Et remplir dignement les foins &
les souhaits
De cette Hero'ine Chrefltenne,
Quipar ce beaudejjein a fïgnalcr
la ifenne>
Et dont CiHuflrt nom ne périra
jamais.
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Résultats : 20 texte(s)
1
p. 28-29
SUR LA PENSION donnée par le Roy à Mademoiselle de Scudery. I.
Début :
Sapho, ceux que LOUIS du comble de sa gloire [...]
Mots clefs :
Sapho, Louis, Temple de mémoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA PENSION donnée par le Roy à Mademoiselle de Scudery. I.
SUR LA PENSION
donnée par le Roy à Made-
-moiſelle de Scudery.
I.
SApho, ceux que
defagloire L
Favorifedeses regards,
4
du coble
Sans la faveur du Sort,ſansles travaux
de Mars,
Auront un rangillustre au Temple de
Mémoire:
GALANT. 29
Tout l'avenir dira de vous,
Contre elle le Deſtin déployoit
fon couroux,
Mais LOUIS corrigea fon Etoile
cruelle.
Plus grand que la grandeur dont
il fut reveſtu,
Il écoutoit toûjours la Verité
fidelle
Qui luy parloit pour laVertu .
donnée par le Roy à Made-
-moiſelle de Scudery.
I.
SApho, ceux que
defagloire L
Favorifedeses regards,
4
du coble
Sans la faveur du Sort,ſansles travaux
de Mars,
Auront un rangillustre au Temple de
Mémoire:
GALANT. 29
Tout l'avenir dira de vous,
Contre elle le Deſtin déployoit
fon couroux,
Mais LOUIS corrigea fon Etoile
cruelle.
Plus grand que la grandeur dont
il fut reveſtu,
Il écoutoit toûjours la Verité
fidelle
Qui luy parloit pour laVertu .
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2
p. 29-30
II.
Début :
Qu'on est heureux de voir couronner tes Ecrits ! [...]
Mots clefs :
Sapho, Louis, Mérite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : II.
II.
QU'on est heureux de voir cou-
ronner tes Ecrits!
Tout le monde, Sapho, te va rendre
visite,
Depuis que d'un Grand Roy l'eftime
en estle prix.
LOVIS qu'en ta faveur la gloire follicite,
Ciij
30 MERCURE
En récompenfant ton mérite,
A charmé tous les beaux Esprits.
QU'on est heureux de voir cou-
ronner tes Ecrits!
Tout le monde, Sapho, te va rendre
visite,
Depuis que d'un Grand Roy l'eftime
en estle prix.
LOVIS qu'en ta faveur la gloire follicite,
Ciij
30 MERCURE
En récompenfant ton mérite,
A charmé tous les beaux Esprits.
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3
p. 30
III.
Début :
La Fortune aujourd'huy se remet en crédit, [...]
Mots clefs :
Sapho, Louis, Mérite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : III.
III.
LA Fortune aujourd'huy se remet
en crédit,
On en avoit toûjours médit,
Souvent auvray
Mérite ellefaisoit outrage;
Mais enfin ils ont fait une étroite
union.
D'illustres mains devoient accomplir
cet Ouvrage,
LOVIS en estl'Autheur; Sapho, l'occafion.
LA Fortune aujourd'huy se remet
en crédit,
On en avoit toûjours médit,
Souvent auvray
Mérite ellefaisoit outrage;
Mais enfin ils ont fait une étroite
union.
D'illustres mains devoient accomplir
cet Ouvrage,
LOVIS en estl'Autheur; Sapho, l'occafion.
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4
p. 30-31
IV.
Début :
Sapho, cinq ou six beaux Esprits [...]
Mots clefs :
Sapho, Louis, Clélie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IV.
IV.
SApho, cing on fix beaux Ef- prits
Disputoient l'autrejour du prix
GALANT. 31
De tout ce qu'a produit ton excellent
génie;
Puis ayant balancé meûrement les
avis,
Ils prononcerent tous en faveur de
Clélie.
J'écoutayleur Arrest; apres quoy, je
leur dis
Sur tout ce qu'on a fait elle a de
l'avantage;
De Sapho cependant le plus
heureux Ouvrage,
. C'eſt d'avoir ſçeugagner l'eſtime
de LOUIS.
SApho, cing on fix beaux Ef- prits
Disputoient l'autrejour du prix
GALANT. 31
De tout ce qu'a produit ton excellent
génie;
Puis ayant balancé meûrement les
avis,
Ils prononcerent tous en faveur de
Clélie.
J'écoutayleur Arrest; apres quoy, je
leur dis
Sur tout ce qu'on a fait elle a de
l'avantage;
De Sapho cependant le plus
heureux Ouvrage,
. C'eſt d'avoir ſçeugagner l'eſtime
de LOUIS.
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5
p. 31-32
V.
Début :
La Postérité curieuse [...]
Mots clefs :
Sapho, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : V.
V.
LA Poftérité curieuse
Apprenant de LOVIS les Exploite
lesplus grands,
Trop incrédule&soupçonneuse,
Cij
32 MERCURE
N'ydonnerade foy quefur de bons
garands.
LaDivine Sapho, témoin irréprochable,
Dont l'esprit brille moins que lafincérité,
Fera direà laVerité
Ce quiparoiftra faux, ou du moins
incroyable.
LOVIS, tout grand qu'il eſt, aura
beſoind'appuy,
Sapho de tous les temps connoist l'efprit
rebelle;
Etfidanslepréſent elle a besoin de
luy,
Dans l'aveniril aura besoin d'elle.
LA Poftérité curieuse
Apprenant de LOVIS les Exploite
lesplus grands,
Trop incrédule&soupçonneuse,
Cij
32 MERCURE
N'ydonnerade foy quefur de bons
garands.
LaDivine Sapho, témoin irréprochable,
Dont l'esprit brille moins que lafincérité,
Fera direà laVerité
Ce quiparoiftra faux, ou du moins
incroyable.
LOVIS, tout grand qu'il eſt, aura
beſoind'appuy,
Sapho de tous les temps connoist l'efprit
rebelle;
Etfidanslepréſent elle a besoin de
luy,
Dans l'aveniril aura besoin d'elle.
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6
p. 241
Sur la Pension donnée à Mademoiselle de Scudery.
Début :
Sapho, depuis que de tes jours [...]
Mots clefs :
Pension, Sapho
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sur la Pension donnée à Mademoiselle de Scudery.
Sur la Penſion donnée à Mademoiſelle
de Scudery.
SApho, depuis que de tesjours Commença l'admirable cours,
En vain pour toy centfois cetteAvengle
chagrine,
Qui dufier Occeantirefon origine,
Avoulu s'accorder avecque la vertus
Ilfalloit un Soleil de ſplendeur
revestu,
Pourfurmonter ton Eloile maline.
de Scudery.
SApho, depuis que de tesjours Commença l'admirable cours,
En vain pour toy centfois cetteAvengle
chagrine,
Qui dufier Occeantirefon origine,
Avoulu s'accorder avecque la vertus
Ilfalloit un Soleil de ſplendeur
revestu,
Pourfurmonter ton Eloile maline.
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7
p. 200-202
A MADEMOISELLE DE SCUDERY, Sur l'Audience que le Roy luy a donnée.
Début :
Le Dieu, de qui l'éclat embellit tout le monde, [...]
Mots clefs :
Sapho, Audience, Apollon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADEMOISELLE DE SCUDERY, Sur l'Audience que le Roy luy a donnée.
A MADEMOISELLE
DE SCUDERY
,
Sur l'Audience que le Roy
luy a donnée.
L
E Dieu , de qui l'éclat embellia
tout le monde,
Unjour eftantforty du vaftefein de
l'onde,
Brillant de millefeux,
Abandonnefon Char, & defcend an
Parnaffe.
Mules, leur dit le Dieu , déguiſezmoy
de
grace,
Oftez-moy ces rayons, bruniſſez
mes cheveux ,
Je veux tromper Sapho, cette
admirable Fille.
GALANT. 201
Une Muſe auffitoft, & l'ajuste , &
l'habille;
Mais cet air tout divin, ces graces,
ces apas,
Quoy que bien déguisé, ne le quitterent
pas.
Alors dans un Palais , brillant &
magnifique,
Apollon enfecret, d'un air doux &
charmant,
Maispourtant héroïque ,
De l'illuftre Sapho reçeut le compliment.
Quellefut defon coeur l'agreable furprife!
Le plus puissant des Dieux, pour la
voir,fe déguife;
pût tromperfesyeux , maisjamais
fon efprit
Ne s'y méprits
D'un plaifir inconnu le charme inexplicable,
202 MERCURE
La fit fe récrier, Mortels audacieux
,
Malheur à vos apas , quand on a
veu les Dieux ,
On ne trouve plus rien d'aimable.
DE SCUDERY
,
Sur l'Audience que le Roy
luy a donnée.
L
E Dieu , de qui l'éclat embellia
tout le monde,
Unjour eftantforty du vaftefein de
l'onde,
Brillant de millefeux,
Abandonnefon Char, & defcend an
Parnaffe.
Mules, leur dit le Dieu , déguiſezmoy
de
grace,
Oftez-moy ces rayons, bruniſſez
mes cheveux ,
Je veux tromper Sapho, cette
admirable Fille.
GALANT. 201
Une Muſe auffitoft, & l'ajuste , &
l'habille;
Mais cet air tout divin, ces graces,
ces apas,
Quoy que bien déguisé, ne le quitterent
pas.
Alors dans un Palais , brillant &
magnifique,
Apollon enfecret, d'un air doux &
charmant,
Maispourtant héroïque ,
De l'illuftre Sapho reçeut le compliment.
Quellefut defon coeur l'agreable furprife!
Le plus puissant des Dieux, pour la
voir,fe déguife;
pût tromperfesyeux , maisjamais
fon efprit
Ne s'y méprits
D'un plaifir inconnu le charme inexplicable,
202 MERCURE
La fit fe récrier, Mortels audacieux
,
Malheur à vos apas , quand on a
veu les Dieux ,
On ne trouve plus rien d'aimable.
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8
p. 100-106
A Mlle DE SCUDERY.
Début :
Le croiras-tu, Sapho ? L'on veut que je m'engage [...]
Mots clefs :
Esprit, Vers, Épître, Sapho, Muse, Apollon, Vertu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Mlle DE SCUDERY.
A Mile DE SCUDERY.
Le queje
m'engage
E croiras - tu, Sapha ? L'on veut
A l'écrire une Epitre ; en ay je le
courage?
Ay je quelque Parterre, oùje trouve
des Fleurs .
Quifoientpeintes pour toy d'affez
vives couleurs ?
En ces Lieux reculez pres de la barbarie
,
Puis -je faire des Vers dignes de ton
génie?
En vain mon efprit rêve à quelques
traits nouveaux
A
Aux bords d'une Fontaine, au murmure
des Eaux.
1
GALANT. IOI
Loin du monde & du bruit, en vain
dans un Boisfombre
Ie confulte ma Muſe àla fraîcheur
de l'ombre,
Tous ces foins ne fçauroientfervir à
mon deffein.
Ce Bois eft éloigné de ceux de Sains
Germain,
Et les Eaux que répand cette claire
Fontaine,
Nefe vont pas mêler aux ondes de
la Seine.
Ainfi dois-je, Sapho, fans qu'il en 2
foit befoin,
Fatiguer mon efprit d'un inutile
Join ?
Pour lower tes vertus qu'Apollon
mesme chante,
Dois -je employer ma voix & grof
fiere & tremblante?
Non, je ne prétens pas d'un efprit
égaré
102 MERCURE
Faire aupied du Parnaffe un naufrage
affuré.
C'est ainsi que fur Mer un Nocher
iémeraire
Rend,feachant le danger, faperte
volontaire.
De mesfoibles efforts mon efprit
prévenu,
N'a garde de donner contre un écueil
connu .
Puis -je, aidéfoiblement des Filles
de Mémoire,
Toucher à tant d'endroits qui foùtiennent
la gloire?
Ce n'est paspar les voeux d'unefoule
d'Amans
,
Que ton Sexe reçoitfesplus beaux
ornemenss
Je ne compte pourrien qu'il tire par
fes charmes
Lefrivole tribut desfoupirs & des
larmes.
GALANT 103
Que ce Sexe eft orné defolides honneurs,
Quand lafeule vertu faitfes Adorateurs!
Que nete doit- il pas quand ta vertus
Sublime
T'auire des Sçavans le refpect légi
time?
< P >
Leurs efprits admirant tes Ouvrages
divers,
Sontinftruits par ta Profe, & charmez
par des Vers.
Quet eftten noblefeu ! quelle eft tare
politeffe !
La délicate Rome , & L'éloquente
Gréce ,
Ont elles plus montré d'attraits dans
Leur difcours
Qu'on en voit dans les tiens qui
brilléront toûjours?
Nom veux-tu prudemment remettre
en la mémoire
104 MERCURE
Lesplusgrands des Héros que célebre
l'Hiftoire
,
Ils ont dans tes Ecrits & leur air,
& leur tons
Céfarparle en Céfar, Caton parle en›
Caton.
Enfin quand il te plaift, ton efpritz
nous rameine
Et la vertu des Grecs, & la grandeur
Romaine.
Tu fais encore plus ; tes Ecrits im
martels
Sont dignes de LOVIS , ils parent
fes Autels.
Si tu veux quelquefois par une main
habile
Bedrefferde nos moeurs la route dif- ››
ficiles
Si tu veux, t'éloignant d'un fi grave,
projet,
De mille traits fleuris embellir un
Sujet,
GALANT 10
En quelques tours divèrs que tons
efprit fe plie,
Tu montres ton folide & fertile
génie,
Ilfe répand par tout, &ſon cours eft
heureux,
Semblable en cet état à ce FleuvC
fameux
Qui nefort defon litque pour rendre ,
féconde
Par le cours de fes eaux la Plaine
qu'il inonde..
Toute l'Europe fçait , Sapho, ce que
tu vaux.
Dois-je t'importuner par mes foibles:
travaux?
Le les connois affez ; n'est- ce pas à
bon titre
Queje n'ay pas voulu t'adreffer une
Epitre ?
Cependant jefinis, &je m'apperçois,
bien
106 MERCURE
Qu'ilfaut à ton efprit unplus noble
entretien.
Je n'ay tracé ces Vers, que pour te
pouvoir dire,poti bub
Mon illuftre Sapho , que je n'ofois
d'écrire.
Le queje
m'engage
E croiras - tu, Sapha ? L'on veut
A l'écrire une Epitre ; en ay je le
courage?
Ay je quelque Parterre, oùje trouve
des Fleurs .
Quifoientpeintes pour toy d'affez
vives couleurs ?
En ces Lieux reculez pres de la barbarie
,
Puis -je faire des Vers dignes de ton
génie?
En vain mon efprit rêve à quelques
traits nouveaux
A
Aux bords d'une Fontaine, au murmure
des Eaux.
1
GALANT. IOI
Loin du monde & du bruit, en vain
dans un Boisfombre
Ie confulte ma Muſe àla fraîcheur
de l'ombre,
Tous ces foins ne fçauroientfervir à
mon deffein.
Ce Bois eft éloigné de ceux de Sains
Germain,
Et les Eaux que répand cette claire
Fontaine,
Nefe vont pas mêler aux ondes de
la Seine.
Ainfi dois-je, Sapho, fans qu'il en 2
foit befoin,
Fatiguer mon efprit d'un inutile
Join ?
Pour lower tes vertus qu'Apollon
mesme chante,
Dois -je employer ma voix & grof
fiere & tremblante?
Non, je ne prétens pas d'un efprit
égaré
102 MERCURE
Faire aupied du Parnaffe un naufrage
affuré.
C'est ainsi que fur Mer un Nocher
iémeraire
Rend,feachant le danger, faperte
volontaire.
De mesfoibles efforts mon efprit
prévenu,
N'a garde de donner contre un écueil
connu .
Puis -je, aidéfoiblement des Filles
de Mémoire,
Toucher à tant d'endroits qui foùtiennent
la gloire?
Ce n'est paspar les voeux d'unefoule
d'Amans
,
Que ton Sexe reçoitfesplus beaux
ornemenss
Je ne compte pourrien qu'il tire par
fes charmes
Lefrivole tribut desfoupirs & des
larmes.
GALANT 103
Que ce Sexe eft orné defolides honneurs,
Quand lafeule vertu faitfes Adorateurs!
Que nete doit- il pas quand ta vertus
Sublime
T'auire des Sçavans le refpect légi
time?
< P >
Leurs efprits admirant tes Ouvrages
divers,
Sontinftruits par ta Profe, & charmez
par des Vers.
Quet eftten noblefeu ! quelle eft tare
politeffe !
La délicate Rome , & L'éloquente
Gréce ,
Ont elles plus montré d'attraits dans
Leur difcours
Qu'on en voit dans les tiens qui
brilléront toûjours?
Nom veux-tu prudemment remettre
en la mémoire
104 MERCURE
Lesplusgrands des Héros que célebre
l'Hiftoire
,
Ils ont dans tes Ecrits & leur air,
& leur tons
Céfarparle en Céfar, Caton parle en›
Caton.
Enfin quand il te plaift, ton efpritz
nous rameine
Et la vertu des Grecs, & la grandeur
Romaine.
Tu fais encore plus ; tes Ecrits im
martels
Sont dignes de LOVIS , ils parent
fes Autels.
Si tu veux quelquefois par une main
habile
Bedrefferde nos moeurs la route dif- ››
ficiles
Si tu veux, t'éloignant d'un fi grave,
projet,
De mille traits fleuris embellir un
Sujet,
GALANT 10
En quelques tours divèrs que tons
efprit fe plie,
Tu montres ton folide & fertile
génie,
Ilfe répand par tout, &ſon cours eft
heureux,
Semblable en cet état à ce FleuvC
fameux
Qui nefort defon litque pour rendre ,
féconde
Par le cours de fes eaux la Plaine
qu'il inonde..
Toute l'Europe fçait , Sapho, ce que
tu vaux.
Dois-je t'importuner par mes foibles:
travaux?
Le les connois affez ; n'est- ce pas à
bon titre
Queje n'ay pas voulu t'adreffer une
Epitre ?
Cependant jefinis, &je m'apperçois,
bien
106 MERCURE
Qu'ilfaut à ton efprit unplus noble
entretien.
Je n'ay tracé ces Vers, que pour te
pouvoir dire,poti bub
Mon illuftre Sapho , que je n'ofois
d'écrire.
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9
p. 34-39
HOMERE A MADEMOISELLE DE SCUDERY, En lui envoyant une Agathe où sa Figure est en relief.
Début :
Les vers qui suivent sont fort estimez. Ils furent faits / Si je pouvois, Sapho, m'éloigner de ces champs [...]
Mots clefs :
Galant, Sapho, Louis, Héros, Grand, Homère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HOMERE A MADEMOISELLE DE SCUDERY, En lui envoyant une Agathe où sa Figure est en relief.
Les Vers qui fuivent fontfort eftimez
.
Ils
furent faits
GALANT
.
35
dans
le
temps que
le
Roy
prit
Luxembourg
;
&
comme
cequi
eft
bon
,
eft
toûjours
nou-
veau
,
je
vous en
fais
part
,
ne
croyant
pas
que
vous
les
ayez
veus
.
GENERONDGATO DI COMED
HOMERE
A MADEMOISELLE
DE SCUDERY
,
En luy envoyant une Agathe
où la Figure eſt en relief.
Ije pouvois
,
Sapho
,
m'éloigner
de
ces
champs
Que
la
Parque a peuplez de nos
Ma-nes errans ,
36
MERCURE
courrois
à
mon
tour
à
voſtre
aimable
Fifte
,
De cent nouvelles fleurs j'ornerois vo-
ftre tefte ,
Et
j'irois
entouré des
eux
&
des
A-
mours
Pajjer encor
chez
vous
les
plus
beauxde mes
jours
.
Si Pluton oppofoit fes loix à mon
courage
,
Fe
volerois auffi
fur votre heureux
ri-
vage
,
Pour chanter d'un Heros les Explois
inou
.
Mais peindrois-je affz bien le Regne
de
LOUIS
,
Et
ma
trop foible
main
pourroit
elle
entreprendre
De dffiner l'Affiete ainfi que le Sca-
mandre ?
GALANT
.
37
C'est
vous qui par
des
traits
tous
nouveaux
,
tous
divers
,
Pouvez à
vostre
grémontrer
à
l'Uni-
vers
Durant
cette
Campagne
en
Lauriers
fi
fertile
,
LOVIS
plus
grand
qu'Hector
,
LOUIS
plus
grand
qu
'
Achille
.
Je
vous
rede
,
Sapho
;
vos Heros
font
mieux
peints
,
Leur
gloire
plus
brillante
augmente
entre
vos
mains
,
Et
vous
feule
pouvez
par
un
rare
avantage
,
Achever
de
LOUIS
une
éternelle
Image.
Mais comme
les
Heros
,
vous pei-
gnez
les
Amours
,
Et
Flore fous vos mains trouve
de
plus beaux jours
.
38
MERCURE
Tout
charme
en
vos
Portraits
,
&
les
Gracesplus
belles
"
Dés que vous les parez , ont des gra-
ces nouvelles.
Ah
!
fi
je
revenois encor
chez
les
Mortels
,
Ce
feroit
pourpouvoir vous
dreſſer
desAutels
,
Et peignant voftre Eſprit fi fameux
fur la Seine ,
Phabus
de
tout
fonfeu
rechauferoit
ma
Veine
;
Mais
un
fi
doux
plaiſir n'eflant
pas
un
des biens
Qu'une Ombre puiſſe attendre aux
Champs Eliziens,
Ce
que je puis
,
Sapho
,
pour
vous
marquer
mon
zele ,
C'eft
de vous envoyer
mon Image
fidelle
.
GALANT
.
39
(
Lyfippe , ce Sculpteurfi celebre autre-
fois
,
Quiluy mesme avec nous erre en nos
fombres Bois.
A
,
jufque
dans
le
cœur de
cette
Aga
the
dure
,
Sceu trouver tous mes traits , mon
air, & ma Figure.
Sa main nous fait revivre , & nous
remontre tous :
Mais rien ne peut tracer mon eftime
pour vous.
.
Ils
furent faits
GALANT
.
35
dans
le
temps que
le
Roy
prit
Luxembourg
;
&
comme
cequi
eft
bon
,
eft
toûjours
nou-
veau
,
je
vous en
fais
part
,
ne
croyant
pas
que
vous
les
ayez
veus
.
GENERONDGATO DI COMED
HOMERE
A MADEMOISELLE
DE SCUDERY
,
En luy envoyant une Agathe
où la Figure eſt en relief.
Ije pouvois
,
Sapho
,
m'éloigner
de
ces
champs
Que
la
Parque a peuplez de nos
Ma-nes errans ,
36
MERCURE
courrois
à
mon
tour
à
voſtre
aimable
Fifte
,
De cent nouvelles fleurs j'ornerois vo-
ftre tefte ,
Et
j'irois
entouré des
eux
&
des
A-
mours
Pajjer encor
chez
vous
les
plus
beauxde mes
jours
.
Si Pluton oppofoit fes loix à mon
courage
,
Fe
volerois auffi
fur votre heureux
ri-
vage
,
Pour chanter d'un Heros les Explois
inou
.
Mais peindrois-je affz bien le Regne
de
LOUIS
,
Et
ma
trop foible
main
pourroit
elle
entreprendre
De dffiner l'Affiete ainfi que le Sca-
mandre ?
GALANT
.
37
C'est
vous qui par
des
traits
tous
nouveaux
,
tous
divers
,
Pouvez à
vostre
grémontrer
à
l'Uni-
vers
Durant
cette
Campagne
en
Lauriers
fi
fertile
,
LOVIS
plus
grand
qu'Hector
,
LOUIS
plus
grand
qu
'
Achille
.
Je
vous
rede
,
Sapho
;
vos Heros
font
mieux
peints
,
Leur
gloire
plus
brillante
augmente
entre
vos
mains
,
Et
vous
feule
pouvez
par
un
rare
avantage
,
Achever
de
LOUIS
une
éternelle
Image.
Mais comme
les
Heros
,
vous pei-
gnez
les
Amours
,
Et
Flore fous vos mains trouve
de
plus beaux jours
.
38
MERCURE
Tout
charme
en
vos
Portraits
,
&
les
Gracesplus
belles
"
Dés que vous les parez , ont des gra-
ces nouvelles.
Ah
!
fi
je
revenois encor
chez
les
Mortels
,
Ce
feroit
pourpouvoir vous
dreſſer
desAutels
,
Et peignant voftre Eſprit fi fameux
fur la Seine ,
Phabus
de
tout
fonfeu
rechauferoit
ma
Veine
;
Mais
un
fi
doux
plaiſir n'eflant
pas
un
des biens
Qu'une Ombre puiſſe attendre aux
Champs Eliziens,
Ce
que je puis
,
Sapho
,
pour
vous
marquer
mon
zele ,
C'eft
de vous envoyer
mon Image
fidelle
.
GALANT
.
39
(
Lyfippe , ce Sculpteurfi celebre autre-
fois
,
Quiluy mesme avec nous erre en nos
fombres Bois.
A
,
jufque
dans
le
cœur de
cette
Aga
the
dure
,
Sceu trouver tous mes traits , mon
air, & ma Figure.
Sa main nous fait revivre , & nous
remontre tous :
Mais rien ne peut tracer mon eftime
pour vous.
Fermer
10
p. 67
A SAPHO.
Début :
Alexandre, il est vray, merite vostre Homere, [...]
Mots clefs :
Homère, Sapho, Alexandre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A SAPHO.
A
SAPHO
..
Lexandre
,
il
eft
vray
,
merite
voftre
Homere
,
Sapho
,
de
deux
coftez
j'admire
voftre
choix
iMais
ce
charmant
Heros
.
à
qui
vous voulez
plaire
.
"
Surpaffe
également d'une
commune
.
voix
,
Tout
ce
que
nous
faifons
&
tout
ce
que vous
faites
Lors que
vous luy donnez
le
plus
grand
des
Poëtes
,
Il vous rend
le
plus
grand
des
Rois
SAPHO
..
Lexandre
,
il
eft
vray
,
merite
voftre
Homere
,
Sapho
,
de
deux
coftez
j'admire
voftre
choix
iMais
ce
charmant
Heros
.
à
qui
vous voulez
plaire
.
"
Surpaffe
également d'une
commune
.
voix
,
Tout
ce
que
nous
faifons
&
tout
ce
que vous
faites
Lors que
vous luy donnez
le
plus
grand
des
Poëtes
,
Il vous rend
le
plus
grand
des
Rois
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11
p. 17-71
LETTRE D'UN PHILOSOPHE A MADEMOISELLE DE SCUDERY ; Sur les Maladies des Vapeurs.
Début :
Ce n'est pas sans raison, Mademoiselle, que j'ay peine [...]
Mots clefs :
Vapeurs, Chaleur, Parties, Maladie, Corps, Ventre, Matières, Médecins, Symptômes, Entrailles, Causes, Humeurs, Remèdes, Vie, Estomac, Cerveau, Veines, Esprit, Alambic, Expérience
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE D'UN PHILOSOPHE A MADEMOISELLE DE SCUDERY ; Sur les Maladies des Vapeurs.
LETTRE
D'UN PHILOSOPHE
A MADEMOISELLE
PE SCUDERY ;
C
Sur les Maladies
des
Vapeurs.
E n'eft pas fans raiſon
Mademoiselle,quejay peine
à me refoudre de donner au pu .
blic mes reflexions fur la ma-
Octobre 1691 .
B
18 MERCURE
ladie des Vapeurs , car fi tous
ceux qui mettent au jour des
fentimens qui ne font pas fort
éloignez de ceux du commun ;
ne laiffent pas de s'attirer fort
fouvent les traits piquants de la
critique , avec combien plus de
raifon dois-je les apprehender
puis que je m'éloigne entiere
ment du fentiment de l'Ecole ',
même de celuy de la pluspart
des hommes, & que je m'en
éloigne d'autant plus , que je táche
de defabufer le Public de
certaines preventions , qui ne font
guere moins difficiles à détruire ,
que s'il s'agiffoit d'un Article
GALANT. 19
de Foy ? Car quoy que l'intereft
de la vie foit un fort puiſſant
motif, pour porter le peuple à
faire quelque reflexion fur les
chofes qui la regardent › les Medecins
le tiennent tellement engagé
dans leurs opinions › qu'il
n'y ajoute pas moins de foy que
les Turcs à leur Alcoran. Ainfi
vous pouvez juger de la difficulté
de mon entrepriſe ; & commej'ay
les Anciens les Modernes
à combatre , & que
ple même a foufcrit à l'opinion
contre laquelle j'ay la hardieffe
de me declarer , jeje ne fçaurois
trouver parmy eux que
le
pessdes
Fu-
Bij
20 MERCURE
.
ges fufpects & des gens à ne ceder
ny à la raison , ny à l'expes
rience , à moins qu'ils n'y foient
portez par l'approbation d'un efprit
auffi éclairé que le vostre.
Ouy, Mademoiselle , c'est vous
feule , dont la vertu , le genie ,
le merite connus par toute
l'Europe , vous ont acquis une fi
jufte reputation , qui pouvezobliger
le Public à ne pas rejetter des
Sentimens qui font fondezfur la`
l'experience , & ày raifon
faire une meure reflexion , fans
s'arrefter aveuglement à des opinions
qui font aifées à détruire
quand on veut bien les examiGALANT.
21
>
ner de prés. Mr. Defcartes , ce
grand Philofophe , a euraifon de
dire , qu'à l'égard des matieres
phyfiques il falloit douter de
toutes chofes une fois en fa vie ,
pour en decouvrir la verité , car
'il n'y a que le doute qui nous
porte à faire des experiences ,&
ce n'est que l'experience qui nous
rend pleinement convaincus de
la verité d'une chofe . Si tous les
Medecins fuivoient la pensée de
ce Grand Homme , ils ne demeureroient
pas enfervelis dans des
erreurs , qui captivent fifort leur
entendement, qu'elles ne leur per
mettent pas de joüir des lumieres
22 MERCURE
qu'ils ont receuës de l'Auteur de
la Nature , & ce que je trouve
de plus extraordinaire , c'est que
malgré leur vaine pratique , ils
pretendent que leur art eft établi
fur l'experience & la raison , &
ne peuventfouffrir ceux qui fondezfur
de continuelles experiences,
raiſonnent autrement qu'eux.
Ils veulent qu'on foit aveugle
comme ils lefontes que l'on n'oppofe
rien à l'autorité des Anciens,
comme fi la Medecine , qui eft
le plus noble & le plus difficile
de tous les Arts , pouvoit avoir
acquis dans fon commencement
plus de perfection que tous les
GALANT.
23
que
autres , que nous voyons tous les
jours fe perfectionner. Ne fommes
nous pas en même droit , que
ceux qui font venus immediatement
aprés Hypocrate & Galien
, de verifier ce qu'ils ont
avancé dans leurs Ecrits ?
Y a- t-il rien de plus ridicule
d'alleguer qu'il eft impoffible que
tant d'habiles gens qui ont paru
avant nous , fe foient trompez ?
Pourquoy voulons- nous que ces
gens- là ayent decouvert plus que
nous, s'il est vray qu'ils en ayent
ufé de mefme que nous , & qu'ils
s'en foient entierement rapportez
à leurs Devanciers , fans y avoir
24 MERCURE
fait aucune reflexion ? Le nom-
"bre exceffifdes morts prématurées
la quantité des Malades
languiffans , non feulement des
femaines , des mois , & des années
entieres dans leur lit , mais mefme
toute leur vie , ne fourniſſent- ils
pas des preuves plus que fuffifantes
, pour faire connoiftre que
Medecine que l'on exerce à prefent
, n'eft qu'une ombre de celle
que Dieu a donnée à nos premiers
Peres ? Que fi je m'éloigne du
fentiment des Medecins fur la
nature de la maladie des Vapeurs ,
c'est que la raison & l'experience
me font connoiftre de jour en jour
la
GALANT.
25
la verité de mon hypothefe , &
pour ne pas tarder davantage à
vous decouvrir mon opinion , je
dis que la pretenduë maladie des
Vapeurs n'eft autre choſe que l'affection
hypocondriaque dont les
Anciens font mention . Mais
comme les Medecins croyent que
tous les fymptomes qui accompagnent
cette maladie, ne font qu'un
effet des vapeurs qui s'eflevent
des hypocondres jufques à la tefte,
ils ont nommé depuis quelque
temps cette maladie , Vapeurs , &
cela d'autant plus que ceux qui en
fon atteints ne peuvent fouffrir
ce nom d'affection hypocondria-
Oct. 1691.
C
26 MERCURE
que , comme fi cette maladie në
venoit pas de l'alteration des humeurs
comme les autres .
Il est certain que comme elle
est peu
de chofe dans fon commencement
il feroit aisé de
l'emporter fi l'on fe fervoit
des remedes convenables , mais
elle prend infenfiblement des ra
cines fi profondes que ceux qui
en font atteints fe voyent enfin
hors d'eftat de pouvoir guerir, ne
trouvant aucunfoulagement dans
l'ufage des remedes. Cela vient
de ce que les Medecins ne cherchent
qu'àrafraichir les entrailles
qu'ils croyent toujours embrafees,
GALANT.
27
**
au lieu de fortifier l'eftomach, &
d'empefcher la
generation des
humeurs
excrementeufes qui produifent
tous les
Symptomes 2
dont je feray le détail , & ce que
je trouve de plus pernicieux pour
les malades , c'eft la
prevention
de cette chaleur d'entrailles , dans
laquelle les Medecins les ont
tellement fortifiez par la comparaison
qu'ils leur font d'un
alembic au corps humain , qu'il
n'y a ny raifon ny experience à
laquelle ils veuillent ceder. Mais
pour vous faire voir la tromperie
de cette comparaison , je vais
faire la defcription d'un alembic.
Cij
28 MERCURE
de la maniere qu'on procede à
enfuite je la diftillation ,
feray voir fi les chofes fe paffent
dans le corps
un alembic.
humain comme dans
Un alembic eft un Vaiffeau
composé de deux parties , l'Inferieure
la Superieure . L'Inferieure
s'appelle Cucurbite , & la
Superieure Chapiteau . Ce Chapi
teau a un bec par où fort la liqueur
qui diftille . On met la matiere
dans la Cucurbite, on la
de fon chapiteau. On pofe cet a
lembic fur un trepied , ou fur un
Fourneau , fous lequel on met le
feu , qui ayant échaufe la Cucur
bite fait que l'humidité de la
couvre
GALANT. 29
matiere qu'elle contient s'éleve en
vapeurs , lesquelles paffant par le
col de la cucurbite , font portées
dans le Chapiteau , où par le moyen
de la froideur de l'air qui l'environne
, elles font condenfees en
eau, & cette eau diftille par le bec
du Chapiteau dans un recipiant.
Que s'il y avoit une ouverture
au col de la Cucurbite , les va
peurs pafferoient par cette ouverture
, ce qui eft à remarquer.
Cette comparaison qui a quel
que reffemblance dans fon exte
rieur , a eu l'applaudiffement de
tous ceux qui ne regardent que
l'écorce d'une chofe , mais je vais
Ciij
go MERCURE
faire voir qu'elle cloche dans
toutes fes parties , je commence
par l'operation du feu , premier
agent de la diftillation.
Tous les Medecins demeurent
le coeur est la partie
d'accord
que
la plus
chaude
du corps
, & par.
tant
il faudroit
pour
quadrer
à
leur
comparaison
, que le coeur
fût
placé
fous
le mefentere
, car eftant
placé
comme
il eft dans
la poitri
ne, il faut
de toute
neceffité
que
par
fa
chaleur
il precipite
les
vapeurs
en bas , de même
que
les Chymiftes
diftillent
certaines
matieres
par
depreffion
, ou per
defcenfum
, en mettant
le feu
GALANT.
31
la
allentour de la partie fuperieure
du vaiffeau qui contient la matiere.
Ils diront fans doute que
chaleur qui provient d'une bile
ou atrabile enflamée dans les entrailles
, eft beaucoup Superieure
à celle du coeur , & comme ils ne
peuvent donner aucune raison
qui faffe voir comment se fait
cette inflammation & chaleur
extraordinaire de bile , ils ont recours
aux diverfes effervescences
que les Chymiftes leur font remarquer
dans le meflange d'un
acide d'un alkali , & difent
que la bile fe meflant avec un
acide , il fe fait une grande effer-
Ciiij
32
22 MERCURE
le
vefcence , mais je les deffie , eux
tous les Anatomiftes , de trouver
dans le corps humain deux .
liqueurs qui meflées enfemble faffent
une effervescence tant foit
peu fenfible. Je fçay bien que
bas ventre n'est pas fans vapeurs,
mais je fçay bien auffi que ces
vapeurs ne peuvent pas eftre élevées
jufque dans le Cerveau , à
caufe des divers obftacles qui s'y
oppofent. Premierement le diaphragme
que la nature a eſtabli
fur le bas des coftes , tire au travers
du corps , jufques à l'efpine
du dos , tant pour aider à larefpiration
, que pour feparer les par
GALANT. 33
ties vitales d'avec les naturelles,
cela ne
& empefcher que les vapeurs des
excrements des vifceres naturels,
n'infectent les parties vitales ;
mais fuppofé , quoy que
foit pas , que ces vapeurs paffent
à travers le diaphragme , & entrent
dans la capacité de la poitrine
, par où fortiront- elles , puis
que la poitrine est revestuë d'une
membrane tres - épaiffe , qui ne
donne pas feulement paffage
l'air? Il faudra donc qu'elles foient
bumées é imbibées
par la
fuba
ftance molaffe des Poumons . Cela
eftant , elles feront jettées dehors
par la bouche en l'expiration .
34 MERCURE
Mais fuppofons , pour faire voir
plus amplement la fauffete de leur
hypothefe , qu'elles paſſent à travers
cette membrane qu'on nomme
plevre, & que les parties jugulaires
fi bien clofes , jointes &
uniesfous les clavicules ,foient af
Sez ouvertes
dilatées pour
que ces vapeurs y trouvent paffage
, quand elles auront paffé la
region du col , elles trouveront le
paffage de la bouche ouvert , par
lequel elles feront jettées dehors,
de mefme que fi un Alembic avoit
,
que
le
une ouverture plus bas
chapiteau , les vapeurs fortiroient
par cette ouverture , comme j'ay
GALANT.
35
dit cy-devant. Mais outre tous
ces obftacles , il y a l'os bafilaire
qui en eft un puiffant , & qui ne
leur donnant pas paffage , les
obligera à fortir par le nez. Mais
accordons leur , par fauſſe poſition
, un libre paffage par l'os bafilaire
, elles trouveront la dure
mere qui envelope le Cerveau ,
fi ferme , fiépaiffe , d'une tissure
fi bien battue , qu'elle ne donne
pas paffage à la moindre chofe,
pas même à l'efprit animal qui eft
d'une fubftance tres-fubtile.
Je croy avoir affez clairement
demonstré , que les vapeurs qui
pourroient s'eflever dans le bas
36 MERCURE
ventre , ne sçauroient eftre portées
jufque dans la tefte , à raison du
grand nombre des parties qui font
interpofées , lesquelles toutefois
donnent paffage à trois fortes de
vaißeaux , qui font les veines ,
les arteres , les nerfs , afin que
les humeurs neceffaires pour la
confervation de la vie puiffent
eftre portées dans toutes les parties
du corps . Puis qu'il n'y a
donc que ces trois conduits par
lefquels ce qui peut eftre porté à
la tete puiffe trouver paßage , il
faut de toute neceffité que ce foit
par leur capacité , ou partie interieure
, qui fe trouve pourtant fi
GALANT.
37
remplie de diverfes fubftances ,
qu'elle nesçauroit eftre affez va
fte pour donner paffage aux vapeurs
, car les veines font continuellement
pleines de fang. Les
arteres , quoy que moins remplies,
font encore moins capables de donner
paffage à des vapeurs , dont
la molleffe ne sçauroit penetrer
les fortes & epaiffes tuniques de
ces arteres , outre que quand même
elles y feroient entrées , elles
feroient diffipées confumées par
la grande ardeur du fang ) des
efprits vitaux. A l'egard des nerfs,
ils font fi remplis de la pulpe cerebrale
, qui eft plus condensée &
า
38 MERCURE
un peu plus feiche que n'eft le
corps du cerveau , que ces fubftances
vaporeuſes y trouveront enco
re moins de paffage que dans les
veines. Ajoutez à cela , que fi
ces vapeurs montoient par les
nerfs , elles s'y condenferoient en
eau , àraifon de la frigidité de ces
parties , qui eft beaucoup plus grande
celle du Cerveau.
que
Les Medecins tafchant d'éluder
la force de ce raisonnement
ne manqueront pas d'alleguer l'autorité
des Anciens lors que parlant
de l'épilepſie qui ſe fait par
Sympathie , ils difent que
peurmaligne monte dupiedpar les
ร
la va
GALANT:
39
les
parties mufculeufes &nerveuses
jufques à la tefte , ce qui ne pour
roit eftre , difent- ils , s'il n'y avoit
quelque efpace fuffifant en la
partie
interieure des nerfs pour luy
donner paffage. Fe fçay bien que
La fubftance maligne qui fait l'Epilepfie
, trouve paffage par
nerfspour monter jusques au cerveau
, mais il ne s'enfuit pas de
les vapeurs trouvent lies.
d'y paffer , car la fubftance maligne
qui fait l'Epilepfie , estant
auffi fubiile que celle de l'efprit
animal , eft bien differente de celle
des vapeurs qui eft groffiere comme
celle des vapeurs que nous
là
que
40 MERCURE
voyons s'élever de la terre. Mais
enfin files vapeurs du bus venire
montoient jufque dans la tefte,
nous aurions continuellement an
nez les odeurs puantes des matieres
excrementeufes , d'autant
plus que ces odeurs font d'une
fubftance beaucoup plus fubtile
les
que vapeurs.
Il eft facile de juger par ce que
je viens de dire , fi un alembic
dans lequel il n'y a nul obftacle
pour empefcher les vapeurs de
monter au chapiteau , fans parler
de la differente conftruction, peut
eftre comparé au corps humain ,
qui eft l'ouvrage vifible le plus
GALANT.
4I
admirable que Dieu ait fait ;
& pour voir que peu de choſe
change une operation , il n'y a
qu'à prendre du papier trempé
dans l'huile , ou une éponge , &
l'appliquer au fommet de la
cucurbite lors qu'on diftille du
vin , & l'on verra fi une chofe
interposée change l'operation :
car ce papier, ou cette éponge
laifferont paffer l'esprit du vin ,
& retiendront le phlegme , qui
s'éleve en vapeurs jusqu'à cette
interpofition . N'y ayant donc
pas de vapeurs qui montent jufque
dans la teste , non plus que
deprétendues effervescences d'en-
Oct. 1691. D
ந 4
42 MERCURE
trailles, il ne faut pas s'étonner
files Medecins ne peuvent guerir
ceux quifont atteints de cette
maladie , puis qu'ils n'en connoiffent
pas la caufe. Mais
afin que chacun puiffe mieux
juger de fa nature , je vais
faire un dénombrement des
Symptômes qui l'accompagnent,
enfuite je parleray de leur
cauſe.
Les fymptômes en general qui
accompagnent cette maladie, font
des rots aigres , des nauſées , vomiffemens
des chofes aigres , aufteres
, & acerbes
douleur &
onftipation de ventre , tenfion
→
GALANT.
43
aux hypocondres , palpitation de
coeur, compreffion des parties précordiales
refpiration difficile , &
quelquefois , crainte de fuffocation
& étranglement , de mesme
que les Femmes hyfleriques , pe-
Janteur & douleur de teste ,
bourdonnement aux oreilles , falivation
, ébloÿiſſement, vertige,
ardeur dans les hypocondres
bruit
vague
fiéures errantes ,
dans le ventre , laffitude fpontanée
, veilles ,fommeil interrompu,
crainte , triftoffe , chagrin , incon-
Stance & quelquefois convul
fions & delire. Tous ces fymptômes
ne ſe manifeftent pas à cha-
Dij
44 MERCURE
cun de ceux qui font atteints de
cette maladie ; car il ༧ en a qui
n'en reffentent qu'un , d'autres
deux , d'autres trois , & d'autres
davantage. Aux uns ces fymptômes
font fort legers , aux autres
fort violens felon la diverfe
dépravation du fang. & des efprits
; mais comme cette maladie
devient fort commune , je veux
tâcher de ne rien obmettre de ce
qui peut donner quelque lumiere
pour en connoiftre la vraye cause,
pour cet effet , je vous diray
qu'il y a certaines gens qui yfont
beaucoup plus fujets que
tres ; fçavoir ceux qui de naifd'auGALANT.
45
-
fance ont les vifceres naturels
debiles & mal conftituez ; ceux
qui fontfujets à la crapule ; ceux
qui mangent une grande divers
fité de viandes , menent une
vie fedentaire ; ceux qui travaillent
beaucoup d'esprit ,
principalement dès qu'ils ont pris
leur repas , & ceux qui perdent
quelque évacuation naturelle .
Toutes ces perfonnes - là font fu
jettes à des crudite d'eftomach,
qui font la fource de tous ces
Symptômes.
Ccux qui ont les viſceres nai
turels debiles & mal conftituez,
font fujets à cette maladie , parce
46 MERCURE
que
leurs vifceres ne faifant pas
bien leur for ction , à raifor de
leur foibleffe , les alimens ne reçoivent
pas une coction leüable ,
d'où procedent des humeurs excrementeufes
, cruës , acres , aufteres
, & acerbes , quife meflent
avec le fang, l'alterent ,forment
des obstructions , & caufent tous
les fymptômes dont nous avons
fait mention.
Ceux qui s'adonnent à la crapule
font fujets à cette maladie ,
parce que mangeant & beuvant.
à toute heure fans difcretion , &
fans que la digeftion foit faite,
il fe fait un mélange des parties.
GALANT.
47
ites du chile avec les cruës,
lesquelles eftant portées dans les
veines alterent le fang. & enfuite
les vifceres , & caufent ces
divers fymptômes.
Ceux qui mangent diverfité
de viandes ( quoy qu'is n'exce
dentpas en quantité ) menent
une vie fedentaire ,font fujets à
la même maladie, parce que quelques
petites parties trues des
viandes , moins fácilesà digerer,
étant entraînées par celles qui
font de facile digeftion , jufque
dans les veines ne sçauroient
eftre domptées par la chaleur naturelle
des parties , à raison
48 MERCURE
qu'elle est moins vigoureufe
ceux qui menent une vie fem
dentaire , qu'en ceux qui travaillent
, ce qui fait que ces pe
tites parties crues venant à fe
multiplier , caufent alteration
au fang & aux viſceres , &
produifent ces fymptômes.
Ceux qui travaillent beaucoup
de l'efprit , & fur tout immediatement
aprés le repas , ne
font pas moins fujets aux vaà
raison des crudite
peurs ,
qu'ils engendrent , parce que par
ta grande application & reflexion
fur quelque matiere , les
efprits des parties naturelles qui
doivent
GALANT
49
doivent s'occuper à la coction des
alimens,font attirez au cerveau,
ce qui fait que l'estomach fe
trouve dénué de la quantité neceffaire
des efprits pour faire la
coction des alimens , d'où s'enfuit
un chile crud , & indigefte , capable
de produire tous ces fymptômes
, par les raifons que j'ay
alleguées.
Ceux qui perdent quelque éva
cuation naturelle , comme les Filles
& les Femmes ,&les hommes
fujets au flux hémorrohidal , Se
trouvent auffi tourmentez de
vapeurs , parce que la maffe du
fang eftant purifiée de toutes les
Octobre 1691 . E
50 MERCURE
matieres fuperflues & heteroge
nes , par
le moyen de ces évacuations
, il
arrive que lors
qu'
elles viennent à ceſſer , le fang
& les efprits en restent alterez ,
& caufent divers fymptomes ,
comme l'on peut facilement remarquer
aux Filles & aux Femmes
qui perdent leurs menftruës
avant le temps.
On me pourra objecter qu'une
facheufe nouvelle de la mort
d'une perfonne que l'on aime
tendrement , ou de la ppeerrttee d'un
procés de confequence , peut produire
cette maladie , fans qu'on
en puiſſe attribuer la cause à
GALANT.
51
l'eftomach. Mais confiderez, s'il
vous plaift , les effets d'une facheufe
nouvelle, & vous verrez
que c'est l'estomach qui en pâtit
le premier ; car il eft conftant que
fi cette mauvaise nouvelle arrive
à un homme qui fe met à table
avec bon appetit , il le perd d'abord
,
parce que
les esprits eftant
agitez& troublezpar le rapport
qu'on luyfair, tiennent un mouvement
quipervertit l'oeconomie
de l'eftomach , d'où procedent enfiute
des cruditez,quietant aigres
coagulent le fang, embaraffent
les efprits , & caufent cette tri-
Steffe , qui fe manifefte fur le
E ij
52 MERCURE
vifage , & enfuite tous les autres
Symptomes.
Par toutes ces raisons il me
femble qu'on peut conclurre hardiment
, que la fource de cette maladie
eft à l'estomach , d'autant
plus que dans fon commencement,
ilfe manifefte des symptomes , qui
marquent affez que cette partie
est affectée , comme font les rots,
la nauſée , le vomiſſement & les
cruditez , fouvent pesanteur
à l'estomach aprés le repas . Il
faut maintenant examiner les
Symptomes , & principalement
ceux qui portent le plus les Medecins
à fe fervirde rafraichisans,
GALANT
53
comme font l'ardeur qu'on fent
aux entrailles , la conftipation
aftriction de ventre.
E
que ceux qui Il est constant
font atteints de cette maladie
fentent quelquefois une grande
ardeur aux entrailles ; mais il
eft vray de dire auffi que cette
ardeur n'est qu'un fymptome qui
nefuit pas mefme toujours cette
maladie. Cependant les Medecins
prétendent que c'est la chaleur
d'entrailles , foit qu'elle fe
manifefte oouu nnoonn ,, qui en eft
la caufe efficiente & c'est làdeffus
qu'ils fondent leur pratique
; mais malheur à ceux qui
E iij
54 MERCURE
par
ques
la fuivent. Fay fait affez voir
la Lettre que j'ay écrite à
"M Chapelas , Curé de S. Facde
la Boucherie , la verita
ble caufe des chaleurs extraor
dinaires que nous fentons , & il
feroit à fouhaiter que quelqu'un
de ces Meffieurs vouluſt prendre
la peine d'expliquer comme quoy
fe fait cette chaleur d'entrailles,
comment s'enflame la bile.
me ferois un grand plaifir de
leur repliquer, de leur faire
voir que cette chaleur est un effet
de l'indigeftion des cruditez ;
à quoy les rafraichiffans font
contraires , & ce n'est pas eftre
Fe
GALANT.
55
Medecin que de vouloir détruire
un fymptome par des remedes
tout- à-fait contraires à la cauſe
de la maladie du fymptome ;
&pour voir
fans font contraires à cette maladie
, quand me
que
les rafraichif
mesme
elle
proviendroit
d'une effervescence
caufée par le mélange de la bile
& d'un acide , il n'y a qu
confiderer que cet acide morbifi
que, qui est de qualité froide,provient
de l'indigeftion & des cru
ditez de l'eftomac , & partant
l'effet auffi- bien que fa caufe ,
demande des remedes chauds
pour aider la coction des alimens,
E iiij
56 MERCURE
& empefcher la generation de
l'acide , lequel estant détruit
il n'y fçauroit avoir aucune effervefcence
, comme ils fuppofent.
A l'égard de la conftipation du
ventre , ils pretendent auffi que
c'eſt un effet de la chaleur d'entrailles
, laquelle deffeche les matieres
excrementeufes ; mais fi
nous faifons reflexion fur ce qui
endurcit deffeche les matieres
humides , nous verrons qu'il
eft impoffible que la chaleur d'entrailles
puiffe endurcir &fecher
les matieres excrementeufes dans
les inteftins. Je remarque que
GALANT.
57
les fubftances molles & liquides
deviennent dures & feches par
trois voyes , fçavoir par la chaleur
qui en fait evaporer l'humidité
, ou par le froid qui en
arrefte le mouvement & les congele,
oupar l'intervention ou mélange,
de quelque matiere , qui en
lie & refferre les parties . Or
comme il n'y a dans le corps
main aucun feu materiel & vifible
, & que noftre feu interne
n'est que l'humide radical
qu'Hippocrate appelle ignis
mollis , qui fait toutes les fontions
&la chaleur du corps hu
main , il faut croire que
la
bucon58
MERCURE
ftipation du ventre exficcation
des matieres excrementeuses , ne
viennent pas d'une chaleur . Que
s'il y avoit unfeu dans le feu dans le corps
humain , capable de deffecher les
excrements fecaux , il est conftant
qu'il deffecheroit auparavant
les inteftins , car on ne peut
jamais deffecher une fubftance
humide dans un vaisseau humide
, que le vaiffeau ne foit
prealablement deffeché. Ainfi fi
les excrements fecaux étoient deffechezpar
la chaleur , il eft certain
qu'il faudroit que les inteftins
fuffent auparavant def-
Lechez ce qui ne peut arriver
f
7
59
GALANT.
qu'en perdant la vie . D'ailleurs
fi les matieres excrementeuses
étoient deffechées par la chaleur ,
l'humidité qui en evaporeroit
,
devroit infailliblement
paſſer par
l'eftomach
, enfuite fortir par
La bouche , par le nez &
ainfi caufer continuellement de
mauvaifes odeurs. Si la chaleur
eft la caufe de la conftipation du
ventre , d'où vient qu'il eft fou
vent trop libre , dans les fievres
les plus violentes ? Ce n'est pas
non plus la chaleur qui deffeche
les febricitans , c'est une era
reur de croire la
chaleur
qui
accompagne les hectiques , foit
que
60 MERCURE
caufe de leur ficcité & extenuation
, car cette chaleur n'eſt qu'un
Symptome auffi bien que laficcité,
qui provient de l'humeur excrementeuse
de la premiere digeftion ,
laquelle étant portée dans les veines
avec le chile , devient la caufe
occafionelle de la chaleur febrile
corrompant la maffe du
fang , la rend impropre pour la
nutrition des parties , lefquelles
ne pouvant jouir d'un aliment
convenable , pour reparer l'humide
radical qui fe confume continuellement,
il faut de toute necef
fité qu'elles fe deffechent , & remarquez
, s'il vous plaiſt , qu'un
GALANT. 61
arbre qui devient fec , eftant plan
té en terre , ne contracte pas cette
ficcité par l'ardeur du Soleil, mais
bien faute de pouvoir recevoir de
la terre fon aliment convenable.
Il me femble que jay fait
veir affez clairement que les matieres
excrementeufes ne font pas
durcies & fechées par le moyen
de la chaleur des entrailles , o
il ne me fera pas fort difficile de
perfuader qu'elles ne peuvent
estre durcies & coagulées par le
froid , parce qu'il n'y a qui que
ce foit qui ne fcache qu'un tel
degré de froideur dans le
humain cauferoit infailliblement
corps
62 MERCURE
la mort ; de forte que les matieres
excrementeufes ne pouvant
eftre durcies & fechées , ny par
la chaleur , ny par la froideur,
il faut donc que ce foit par le
mélange de quelque matiere qui
en lie & refferre les parties , de
mefme que nous voyons la liqueur
de Tartre & celle de l'Alum mêlées
enfemble former une craye
dure & feche, fans le fecours
d'aucune chaleur . Or comme nous
que
les bumeurs
avons fait voir
excrementeufes
de la premiere
coction font la caufe de tous les
Symptomes
qui accompagnent
cette maladie , & que
la confti2
63
GALANT.
que
pation de ventre en est un des
plus frequens , il eft vray de dire
les humeurs excrementeuses
qui proviennent de la premiere
coction eftant aigres , austeres
acerbes, font la cauſe de la conftipation
du ventre. Auffi voyonsnous
que le Vinaigre , les Coins ,
les Sorbes & le Verjus , qui font
aigres, austeres , & acerbes, font
astringens propres pour arrêter
les flux de ventre , & filon
confideroit que les fruits qui font
aigres , aufteres & acerbes avant
leur maturité , meuriffert & deviennent
doux par le moyen de
la chaleur du Soleil , on fe fer64
MERCURE
ture ,
viroit ,fuivant l'ordre de la na
des remedes chauds , ftomachiques
, & convenables pour
aider la coction de l'eftomach &
dulcifier ces humeurs aigres , aufteres
& acerbes , afin de les rendre
propres & utiles à la nutrition
des parties , & éviter tous
les fymptomes qu'elles produifent;
& mesme fi l'onfaifoit reflexion
fur l'ufage desClifteres rafraichif
fan on s'appercevroit bien qu'ils
ne font pas d'une grande utilité,
puis qu'en vuidant les inteftins,
ils les rendent plus propres à endurcir
les matieres excrementeufes.
Auffi l'on voit ordinairement
GALANT.
65
que ceux qui ufent ſouvent de
Clisteres , font toujours conftipez
du ventre , parce qu'ils refroidiffent
& refferrent les inteftins,
leur impriment une qualité
astringente.
Ayant affez verifié que ces
deux symptomes , fçavoir l'ardeur
des entrailles , & la conftipation
du ventre , viennent des
cruditez de la premiere coction ,
& partant qu'ils requierent des
remedes qui
échauffent & fortifient
l'eftomach, vous n'aurez pas
peine à croire que les naufées , les
vomiffemens , les rots aigres &
la falivation qui proviennent
O &. 1691. F
66 MERCURE
des humeurs cruës , indigestes &
acides de l'eftomach, & qui marquent
visiblement la foibleffe &
dépravation de la premiere coction
, veulent des remedes de la
mefme nature ; & quant aux
autres fymptomes, fi ces humeurs
excrementeuses font portées avec
le chile dans les veines , elles
affectent les parties où elles font
déchargées , & y cauſent divers
accidens , felon la diverfité des
parties & la qualité des humeurs .
Si c'est à la tefte , elles y caufent
douleur , vertige , bourdonnement
aux oreilles , & fi elle's
font portées à la poitrine , elles
GALANT: 67
caufent difficulté de respirer ,fuffocation
palpitation de coeur .Que
fi ellesfont portées au bas ventre ,
elles y caufent la colique , ardeur
, tenfion aux hypocondres ,
ainfi des autres parties . Mais
quelquefois par le fejour qu'el
les font dans quelque vifcere
elles acquiérent une malignité
dont les accidens font auffi dangereux
que ceux des plus pernicieux
poifons ; & ce qui est à
confidérer , c'est que ces humeurs
font capables de recevoir autant
d'impreffions malignes , qu'il y a
d'animaux , de vegetaux , & de
mineraux veneneux , & d'atta
Fij
68 MERCURE
quer
les mefmes parties du corps
humain que la fubstance maligne
de ces trois regnes attaque,
Car de mefme que l'Opium affoupit
les fens , que la Cantaride
bleffe particulièrement la veffie de
Purine ; & le Liévre marin , le
poumon ; & que la vertu de la
Torpille marine paffant à la main
du Pefcheur par la continuité du
bâton , dont il l'aura touchée , &
de la main au bras , puis confécutivement
au cerveau , caufe
une ftupeur engourdiffement
par tout le corps , & que le fouphre
arfenical des mineraux , caufe
des évacuations violentes par
GALANT.
69
2
haut & par bas , des fueurs froi
des & des fyncopes ; de mefme
ces - matieres excrementeuses
quand elles ont acquis la qualité
maligne de l'Opium , caufent les
affections comateuses . Si elles ac
quiérent la qualité des Cantarides
, elles caufent des ardeurs
d'urine , & ulceration à la
veffie. Si elles acquiérent la qualité
du Liévre marin , elles caufent
des Peripneumonies › Phtifies
, Aftmes , autres affections
des poumons . Si elles acquiérent
la qualité de la Torpille marine ,
elles caufent des Stupeurs & Pavalifies,
& fi elles acquiérent la
qualité du Souphre Arfenical
70 MERCURE
des Mineraux » elles cauſent des
fueursfroides, des fyncopes , des
vomiffemens , des diarrhées , &
cette dangereufe maladie qu'on
appelle Cholera morbus on Mi
ferere ; & ces Symptomes ve
nant de la mefme fource que
autres demandent les mefmes
remédes . Voila , Mademoiselle ,
quelles font mes reflexions fur
cette maladie , qui eft le fleau des
Medecins ; mais comme l'on n'ales
bandonne pasfacilement les préjugez,
& qu'on trouve toujours
quelques difficultez àoppofersj'of
fre de les refoudre à tous ceux qui
lefouhaiteront ; ils n'auront qu'à
GALANT . 71
prendre la peine de venir chez
moy , rue Bourtibourg › vis- à- vis
les Coches de Fontainebleau.
D'UN PHILOSOPHE
A MADEMOISELLE
PE SCUDERY ;
C
Sur les Maladies
des
Vapeurs.
E n'eft pas fans raiſon
Mademoiselle,quejay peine
à me refoudre de donner au pu .
blic mes reflexions fur la ma-
Octobre 1691 .
B
18 MERCURE
ladie des Vapeurs , car fi tous
ceux qui mettent au jour des
fentimens qui ne font pas fort
éloignez de ceux du commun ;
ne laiffent pas de s'attirer fort
fouvent les traits piquants de la
critique , avec combien plus de
raifon dois-je les apprehender
puis que je m'éloigne entiere
ment du fentiment de l'Ecole ',
même de celuy de la pluspart
des hommes, & que je m'en
éloigne d'autant plus , que je táche
de defabufer le Public de
certaines preventions , qui ne font
guere moins difficiles à détruire ,
que s'il s'agiffoit d'un Article
GALANT. 19
de Foy ? Car quoy que l'intereft
de la vie foit un fort puiſſant
motif, pour porter le peuple à
faire quelque reflexion fur les
chofes qui la regardent › les Medecins
le tiennent tellement engagé
dans leurs opinions › qu'il
n'y ajoute pas moins de foy que
les Turcs à leur Alcoran. Ainfi
vous pouvez juger de la difficulté
de mon entrepriſe ; & commej'ay
les Anciens les Modernes
à combatre , & que
ple même a foufcrit à l'opinion
contre laquelle j'ay la hardieffe
de me declarer , jeje ne fçaurois
trouver parmy eux que
le
pessdes
Fu-
Bij
20 MERCURE
.
ges fufpects & des gens à ne ceder
ny à la raison , ny à l'expes
rience , à moins qu'ils n'y foient
portez par l'approbation d'un efprit
auffi éclairé que le vostre.
Ouy, Mademoiselle , c'est vous
feule , dont la vertu , le genie ,
le merite connus par toute
l'Europe , vous ont acquis une fi
jufte reputation , qui pouvezobliger
le Public à ne pas rejetter des
Sentimens qui font fondezfur la`
l'experience , & ày raifon
faire une meure reflexion , fans
s'arrefter aveuglement à des opinions
qui font aifées à détruire
quand on veut bien les examiGALANT.
21
>
ner de prés. Mr. Defcartes , ce
grand Philofophe , a euraifon de
dire , qu'à l'égard des matieres
phyfiques il falloit douter de
toutes chofes une fois en fa vie ,
pour en decouvrir la verité , car
'il n'y a que le doute qui nous
porte à faire des experiences ,&
ce n'est que l'experience qui nous
rend pleinement convaincus de
la verité d'une chofe . Si tous les
Medecins fuivoient la pensée de
ce Grand Homme , ils ne demeureroient
pas enfervelis dans des
erreurs , qui captivent fifort leur
entendement, qu'elles ne leur per
mettent pas de joüir des lumieres
22 MERCURE
qu'ils ont receuës de l'Auteur de
la Nature , & ce que je trouve
de plus extraordinaire , c'est que
malgré leur vaine pratique , ils
pretendent que leur art eft établi
fur l'experience & la raison , &
ne peuventfouffrir ceux qui fondezfur
de continuelles experiences,
raiſonnent autrement qu'eux.
Ils veulent qu'on foit aveugle
comme ils lefontes que l'on n'oppofe
rien à l'autorité des Anciens,
comme fi la Medecine , qui eft
le plus noble & le plus difficile
de tous les Arts , pouvoit avoir
acquis dans fon commencement
plus de perfection que tous les
GALANT.
23
que
autres , que nous voyons tous les
jours fe perfectionner. Ne fommes
nous pas en même droit , que
ceux qui font venus immediatement
aprés Hypocrate & Galien
, de verifier ce qu'ils ont
avancé dans leurs Ecrits ?
Y a- t-il rien de plus ridicule
d'alleguer qu'il eft impoffible que
tant d'habiles gens qui ont paru
avant nous , fe foient trompez ?
Pourquoy voulons- nous que ces
gens- là ayent decouvert plus que
nous, s'il est vray qu'ils en ayent
ufé de mefme que nous , & qu'ils
s'en foient entierement rapportez
à leurs Devanciers , fans y avoir
24 MERCURE
fait aucune reflexion ? Le nom-
"bre exceffifdes morts prématurées
la quantité des Malades
languiffans , non feulement des
femaines , des mois , & des années
entieres dans leur lit , mais mefme
toute leur vie , ne fourniſſent- ils
pas des preuves plus que fuffifantes
, pour faire connoiftre que
Medecine que l'on exerce à prefent
, n'eft qu'une ombre de celle
que Dieu a donnée à nos premiers
Peres ? Que fi je m'éloigne du
fentiment des Medecins fur la
nature de la maladie des Vapeurs ,
c'est que la raison & l'experience
me font connoiftre de jour en jour
la
GALANT.
25
la verité de mon hypothefe , &
pour ne pas tarder davantage à
vous decouvrir mon opinion , je
dis que la pretenduë maladie des
Vapeurs n'eft autre choſe que l'affection
hypocondriaque dont les
Anciens font mention . Mais
comme les Medecins croyent que
tous les fymptomes qui accompagnent
cette maladie, ne font qu'un
effet des vapeurs qui s'eflevent
des hypocondres jufques à la tefte,
ils ont nommé depuis quelque
temps cette maladie , Vapeurs , &
cela d'autant plus que ceux qui en
fon atteints ne peuvent fouffrir
ce nom d'affection hypocondria-
Oct. 1691.
C
26 MERCURE
que , comme fi cette maladie në
venoit pas de l'alteration des humeurs
comme les autres .
Il est certain que comme elle
est peu
de chofe dans fon commencement
il feroit aisé de
l'emporter fi l'on fe fervoit
des remedes convenables , mais
elle prend infenfiblement des ra
cines fi profondes que ceux qui
en font atteints fe voyent enfin
hors d'eftat de pouvoir guerir, ne
trouvant aucunfoulagement dans
l'ufage des remedes. Cela vient
de ce que les Medecins ne cherchent
qu'àrafraichir les entrailles
qu'ils croyent toujours embrafees,
GALANT.
27
**
au lieu de fortifier l'eftomach, &
d'empefcher la
generation des
humeurs
excrementeufes qui produifent
tous les
Symptomes 2
dont je feray le détail , & ce que
je trouve de plus pernicieux pour
les malades , c'eft la
prevention
de cette chaleur d'entrailles , dans
laquelle les Medecins les ont
tellement fortifiez par la comparaison
qu'ils leur font d'un
alembic au corps humain , qu'il
n'y a ny raifon ny experience à
laquelle ils veuillent ceder. Mais
pour vous faire voir la tromperie
de cette comparaison , je vais
faire la defcription d'un alembic.
Cij
28 MERCURE
de la maniere qu'on procede à
enfuite je la diftillation ,
feray voir fi les chofes fe paffent
dans le corps
un alembic.
humain comme dans
Un alembic eft un Vaiffeau
composé de deux parties , l'Inferieure
la Superieure . L'Inferieure
s'appelle Cucurbite , & la
Superieure Chapiteau . Ce Chapi
teau a un bec par où fort la liqueur
qui diftille . On met la matiere
dans la Cucurbite, on la
de fon chapiteau. On pofe cet a
lembic fur un trepied , ou fur un
Fourneau , fous lequel on met le
feu , qui ayant échaufe la Cucur
bite fait que l'humidité de la
couvre
GALANT. 29
matiere qu'elle contient s'éleve en
vapeurs , lesquelles paffant par le
col de la cucurbite , font portées
dans le Chapiteau , où par le moyen
de la froideur de l'air qui l'environne
, elles font condenfees en
eau, & cette eau diftille par le bec
du Chapiteau dans un recipiant.
Que s'il y avoit une ouverture
au col de la Cucurbite , les va
peurs pafferoient par cette ouverture
, ce qui eft à remarquer.
Cette comparaison qui a quel
que reffemblance dans fon exte
rieur , a eu l'applaudiffement de
tous ceux qui ne regardent que
l'écorce d'une chofe , mais je vais
Ciij
go MERCURE
faire voir qu'elle cloche dans
toutes fes parties , je commence
par l'operation du feu , premier
agent de la diftillation.
Tous les Medecins demeurent
le coeur est la partie
d'accord
que
la plus
chaude
du corps
, & par.
tant
il faudroit
pour
quadrer
à
leur
comparaison
, que le coeur
fût
placé
fous
le mefentere
, car eftant
placé
comme
il eft dans
la poitri
ne, il faut
de toute
neceffité
que
par
fa
chaleur
il precipite
les
vapeurs
en bas , de même
que
les Chymiftes
diftillent
certaines
matieres
par
depreffion
, ou per
defcenfum
, en mettant
le feu
GALANT.
31
la
allentour de la partie fuperieure
du vaiffeau qui contient la matiere.
Ils diront fans doute que
chaleur qui provient d'une bile
ou atrabile enflamée dans les entrailles
, eft beaucoup Superieure
à celle du coeur , & comme ils ne
peuvent donner aucune raison
qui faffe voir comment se fait
cette inflammation & chaleur
extraordinaire de bile , ils ont recours
aux diverfes effervescences
que les Chymiftes leur font remarquer
dans le meflange d'un
acide d'un alkali , & difent
que la bile fe meflant avec un
acide , il fe fait une grande effer-
Ciiij
32
22 MERCURE
le
vefcence , mais je les deffie , eux
tous les Anatomiftes , de trouver
dans le corps humain deux .
liqueurs qui meflées enfemble faffent
une effervescence tant foit
peu fenfible. Je fçay bien que
bas ventre n'est pas fans vapeurs,
mais je fçay bien auffi que ces
vapeurs ne peuvent pas eftre élevées
jufque dans le Cerveau , à
caufe des divers obftacles qui s'y
oppofent. Premierement le diaphragme
que la nature a eſtabli
fur le bas des coftes , tire au travers
du corps , jufques à l'efpine
du dos , tant pour aider à larefpiration
, que pour feparer les par
GALANT. 33
ties vitales d'avec les naturelles,
cela ne
& empefcher que les vapeurs des
excrements des vifceres naturels,
n'infectent les parties vitales ;
mais fuppofé , quoy que
foit pas , que ces vapeurs paffent
à travers le diaphragme , & entrent
dans la capacité de la poitrine
, par où fortiront- elles , puis
que la poitrine est revestuë d'une
membrane tres - épaiffe , qui ne
donne pas feulement paffage
l'air? Il faudra donc qu'elles foient
bumées é imbibées
par la
fuba
ftance molaffe des Poumons . Cela
eftant , elles feront jettées dehors
par la bouche en l'expiration .
34 MERCURE
Mais fuppofons , pour faire voir
plus amplement la fauffete de leur
hypothefe , qu'elles paſſent à travers
cette membrane qu'on nomme
plevre, & que les parties jugulaires
fi bien clofes , jointes &
uniesfous les clavicules ,foient af
Sez ouvertes
dilatées pour
que ces vapeurs y trouvent paffage
, quand elles auront paffé la
region du col , elles trouveront le
paffage de la bouche ouvert , par
lequel elles feront jettées dehors,
de mefme que fi un Alembic avoit
,
que
le
une ouverture plus bas
chapiteau , les vapeurs fortiroient
par cette ouverture , comme j'ay
GALANT.
35
dit cy-devant. Mais outre tous
ces obftacles , il y a l'os bafilaire
qui en eft un puiffant , & qui ne
leur donnant pas paffage , les
obligera à fortir par le nez. Mais
accordons leur , par fauſſe poſition
, un libre paffage par l'os bafilaire
, elles trouveront la dure
mere qui envelope le Cerveau ,
fi ferme , fiépaiffe , d'une tissure
fi bien battue , qu'elle ne donne
pas paffage à la moindre chofe,
pas même à l'efprit animal qui eft
d'une fubftance tres-fubtile.
Je croy avoir affez clairement
demonstré , que les vapeurs qui
pourroient s'eflever dans le bas
36 MERCURE
ventre , ne sçauroient eftre portées
jufque dans la tefte , à raison du
grand nombre des parties qui font
interpofées , lesquelles toutefois
donnent paffage à trois fortes de
vaißeaux , qui font les veines ,
les arteres , les nerfs , afin que
les humeurs neceffaires pour la
confervation de la vie puiffent
eftre portées dans toutes les parties
du corps . Puis qu'il n'y a
donc que ces trois conduits par
lefquels ce qui peut eftre porté à
la tete puiffe trouver paßage , il
faut de toute neceffité que ce foit
par leur capacité , ou partie interieure
, qui fe trouve pourtant fi
GALANT.
37
remplie de diverfes fubftances ,
qu'elle nesçauroit eftre affez va
fte pour donner paffage aux vapeurs
, car les veines font continuellement
pleines de fang. Les
arteres , quoy que moins remplies,
font encore moins capables de donner
paffage à des vapeurs , dont
la molleffe ne sçauroit penetrer
les fortes & epaiffes tuniques de
ces arteres , outre que quand même
elles y feroient entrées , elles
feroient diffipées confumées par
la grande ardeur du fang ) des
efprits vitaux. A l'egard des nerfs,
ils font fi remplis de la pulpe cerebrale
, qui eft plus condensée &
า
38 MERCURE
un peu plus feiche que n'eft le
corps du cerveau , que ces fubftances
vaporeuſes y trouveront enco
re moins de paffage que dans les
veines. Ajoutez à cela , que fi
ces vapeurs montoient par les
nerfs , elles s'y condenferoient en
eau , àraifon de la frigidité de ces
parties , qui eft beaucoup plus grande
celle du Cerveau.
que
Les Medecins tafchant d'éluder
la force de ce raisonnement
ne manqueront pas d'alleguer l'autorité
des Anciens lors que parlant
de l'épilepſie qui ſe fait par
Sympathie , ils difent que
peurmaligne monte dupiedpar les
ร
la va
GALANT:
39
les
parties mufculeufes &nerveuses
jufques à la tefte , ce qui ne pour
roit eftre , difent- ils , s'il n'y avoit
quelque efpace fuffifant en la
partie
interieure des nerfs pour luy
donner paffage. Fe fçay bien que
La fubftance maligne qui fait l'Epilepfie
, trouve paffage par
nerfspour monter jusques au cerveau
, mais il ne s'enfuit pas de
les vapeurs trouvent lies.
d'y paffer , car la fubftance maligne
qui fait l'Epilepfie , estant
auffi fubiile que celle de l'efprit
animal , eft bien differente de celle
des vapeurs qui eft groffiere comme
celle des vapeurs que nous
là
que
40 MERCURE
voyons s'élever de la terre. Mais
enfin files vapeurs du bus venire
montoient jufque dans la tefte,
nous aurions continuellement an
nez les odeurs puantes des matieres
excrementeufes , d'autant
plus que ces odeurs font d'une
fubftance beaucoup plus fubtile
les
que vapeurs.
Il eft facile de juger par ce que
je viens de dire , fi un alembic
dans lequel il n'y a nul obftacle
pour empefcher les vapeurs de
monter au chapiteau , fans parler
de la differente conftruction, peut
eftre comparé au corps humain ,
qui eft l'ouvrage vifible le plus
GALANT.
4I
admirable que Dieu ait fait ;
& pour voir que peu de choſe
change une operation , il n'y a
qu'à prendre du papier trempé
dans l'huile , ou une éponge , &
l'appliquer au fommet de la
cucurbite lors qu'on diftille du
vin , & l'on verra fi une chofe
interposée change l'operation :
car ce papier, ou cette éponge
laifferont paffer l'esprit du vin ,
& retiendront le phlegme , qui
s'éleve en vapeurs jusqu'à cette
interpofition . N'y ayant donc
pas de vapeurs qui montent jufque
dans la teste , non plus que
deprétendues effervescences d'en-
Oct. 1691. D
ந 4
42 MERCURE
trailles, il ne faut pas s'étonner
files Medecins ne peuvent guerir
ceux quifont atteints de cette
maladie , puis qu'ils n'en connoiffent
pas la caufe. Mais
afin que chacun puiffe mieux
juger de fa nature , je vais
faire un dénombrement des
Symptômes qui l'accompagnent,
enfuite je parleray de leur
cauſe.
Les fymptômes en general qui
accompagnent cette maladie, font
des rots aigres , des nauſées , vomiffemens
des chofes aigres , aufteres
, & acerbes
douleur &
onftipation de ventre , tenfion
→
GALANT.
43
aux hypocondres , palpitation de
coeur, compreffion des parties précordiales
refpiration difficile , &
quelquefois , crainte de fuffocation
& étranglement , de mesme
que les Femmes hyfleriques , pe-
Janteur & douleur de teste ,
bourdonnement aux oreilles , falivation
, ébloÿiſſement, vertige,
ardeur dans les hypocondres
bruit
vague
fiéures errantes ,
dans le ventre , laffitude fpontanée
, veilles ,fommeil interrompu,
crainte , triftoffe , chagrin , incon-
Stance & quelquefois convul
fions & delire. Tous ces fymptômes
ne ſe manifeftent pas à cha-
Dij
44 MERCURE
cun de ceux qui font atteints de
cette maladie ; car il ༧ en a qui
n'en reffentent qu'un , d'autres
deux , d'autres trois , & d'autres
davantage. Aux uns ces fymptômes
font fort legers , aux autres
fort violens felon la diverfe
dépravation du fang. & des efprits
; mais comme cette maladie
devient fort commune , je veux
tâcher de ne rien obmettre de ce
qui peut donner quelque lumiere
pour en connoiftre la vraye cause,
pour cet effet , je vous diray
qu'il y a certaines gens qui yfont
beaucoup plus fujets que
tres ; fçavoir ceux qui de naifd'auGALANT.
45
-
fance ont les vifceres naturels
debiles & mal conftituez ; ceux
qui fontfujets à la crapule ; ceux
qui mangent une grande divers
fité de viandes , menent une
vie fedentaire ; ceux qui travaillent
beaucoup d'esprit ,
principalement dès qu'ils ont pris
leur repas , & ceux qui perdent
quelque évacuation naturelle .
Toutes ces perfonnes - là font fu
jettes à des crudite d'eftomach,
qui font la fource de tous ces
Symptômes.
Ccux qui ont les viſceres nai
turels debiles & mal conftituez,
font fujets à cette maladie , parce
46 MERCURE
que
leurs vifceres ne faifant pas
bien leur for ction , à raifor de
leur foibleffe , les alimens ne reçoivent
pas une coction leüable ,
d'où procedent des humeurs excrementeufes
, cruës , acres , aufteres
, & acerbes , quife meflent
avec le fang, l'alterent ,forment
des obstructions , & caufent tous
les fymptômes dont nous avons
fait mention.
Ceux qui s'adonnent à la crapule
font fujets à cette maladie ,
parce que mangeant & beuvant.
à toute heure fans difcretion , &
fans que la digeftion foit faite,
il fe fait un mélange des parties.
GALANT.
47
ites du chile avec les cruës,
lesquelles eftant portées dans les
veines alterent le fang. & enfuite
les vifceres , & caufent ces
divers fymptômes.
Ceux qui mangent diverfité
de viandes ( quoy qu'is n'exce
dentpas en quantité ) menent
une vie fedentaire ,font fujets à
la même maladie, parce que quelques
petites parties trues des
viandes , moins fácilesà digerer,
étant entraînées par celles qui
font de facile digeftion , jufque
dans les veines ne sçauroient
eftre domptées par la chaleur naturelle
des parties , à raison
48 MERCURE
qu'elle est moins vigoureufe
ceux qui menent une vie fem
dentaire , qu'en ceux qui travaillent
, ce qui fait que ces pe
tites parties crues venant à fe
multiplier , caufent alteration
au fang & aux viſceres , &
produifent ces fymptômes.
Ceux qui travaillent beaucoup
de l'efprit , & fur tout immediatement
aprés le repas , ne
font pas moins fujets aux vaà
raison des crudite
peurs ,
qu'ils engendrent , parce que par
ta grande application & reflexion
fur quelque matiere , les
efprits des parties naturelles qui
doivent
GALANT
49
doivent s'occuper à la coction des
alimens,font attirez au cerveau,
ce qui fait que l'estomach fe
trouve dénué de la quantité neceffaire
des efprits pour faire la
coction des alimens , d'où s'enfuit
un chile crud , & indigefte , capable
de produire tous ces fymptômes
, par les raifons que j'ay
alleguées.
Ceux qui perdent quelque éva
cuation naturelle , comme les Filles
& les Femmes ,&les hommes
fujets au flux hémorrohidal , Se
trouvent auffi tourmentez de
vapeurs , parce que la maffe du
fang eftant purifiée de toutes les
Octobre 1691 . E
50 MERCURE
matieres fuperflues & heteroge
nes , par
le moyen de ces évacuations
, il
arrive que lors
qu'
elles viennent à ceſſer , le fang
& les efprits en restent alterez ,
& caufent divers fymptomes ,
comme l'on peut facilement remarquer
aux Filles & aux Femmes
qui perdent leurs menftruës
avant le temps.
On me pourra objecter qu'une
facheufe nouvelle de la mort
d'une perfonne que l'on aime
tendrement , ou de la ppeerrttee d'un
procés de confequence , peut produire
cette maladie , fans qu'on
en puiſſe attribuer la cause à
GALANT.
51
l'eftomach. Mais confiderez, s'il
vous plaift , les effets d'une facheufe
nouvelle, & vous verrez
que c'est l'estomach qui en pâtit
le premier ; car il eft conftant que
fi cette mauvaise nouvelle arrive
à un homme qui fe met à table
avec bon appetit , il le perd d'abord
,
parce que
les esprits eftant
agitez& troublezpar le rapport
qu'on luyfair, tiennent un mouvement
quipervertit l'oeconomie
de l'eftomach , d'où procedent enfiute
des cruditez,quietant aigres
coagulent le fang, embaraffent
les efprits , & caufent cette tri-
Steffe , qui fe manifefte fur le
E ij
52 MERCURE
vifage , & enfuite tous les autres
Symptomes.
Par toutes ces raisons il me
femble qu'on peut conclurre hardiment
, que la fource de cette maladie
eft à l'estomach , d'autant
plus que dans fon commencement,
ilfe manifefte des symptomes , qui
marquent affez que cette partie
est affectée , comme font les rots,
la nauſée , le vomiſſement & les
cruditez , fouvent pesanteur
à l'estomach aprés le repas . Il
faut maintenant examiner les
Symptomes , & principalement
ceux qui portent le plus les Medecins
à fe fervirde rafraichisans,
GALANT
53
comme font l'ardeur qu'on fent
aux entrailles , la conftipation
aftriction de ventre.
E
que ceux qui Il est constant
font atteints de cette maladie
fentent quelquefois une grande
ardeur aux entrailles ; mais il
eft vray de dire auffi que cette
ardeur n'est qu'un fymptome qui
nefuit pas mefme toujours cette
maladie. Cependant les Medecins
prétendent que c'est la chaleur
d'entrailles , foit qu'elle fe
manifefte oouu nnoonn ,, qui en eft
la caufe efficiente & c'est làdeffus
qu'ils fondent leur pratique
; mais malheur à ceux qui
E iij
54 MERCURE
par
ques
la fuivent. Fay fait affez voir
la Lettre que j'ay écrite à
"M Chapelas , Curé de S. Facde
la Boucherie , la verita
ble caufe des chaleurs extraor
dinaires que nous fentons , & il
feroit à fouhaiter que quelqu'un
de ces Meffieurs vouluſt prendre
la peine d'expliquer comme quoy
fe fait cette chaleur d'entrailles,
comment s'enflame la bile.
me ferois un grand plaifir de
leur repliquer, de leur faire
voir que cette chaleur est un effet
de l'indigeftion des cruditez ;
à quoy les rafraichiffans font
contraires , & ce n'est pas eftre
Fe
GALANT.
55
Medecin que de vouloir détruire
un fymptome par des remedes
tout- à-fait contraires à la cauſe
de la maladie du fymptome ;
&pour voir
fans font contraires à cette maladie
, quand me
que
les rafraichif
mesme
elle
proviendroit
d'une effervescence
caufée par le mélange de la bile
& d'un acide , il n'y a qu
confiderer que cet acide morbifi
que, qui est de qualité froide,provient
de l'indigeftion & des cru
ditez de l'eftomac , & partant
l'effet auffi- bien que fa caufe ,
demande des remedes chauds
pour aider la coction des alimens,
E iiij
56 MERCURE
& empefcher la generation de
l'acide , lequel estant détruit
il n'y fçauroit avoir aucune effervefcence
, comme ils fuppofent.
A l'égard de la conftipation du
ventre , ils pretendent auffi que
c'eſt un effet de la chaleur d'entrailles
, laquelle deffeche les matieres
excrementeufes ; mais fi
nous faifons reflexion fur ce qui
endurcit deffeche les matieres
humides , nous verrons qu'il
eft impoffible que la chaleur d'entrailles
puiffe endurcir &fecher
les matieres excrementeufes dans
les inteftins. Je remarque que
GALANT.
57
les fubftances molles & liquides
deviennent dures & feches par
trois voyes , fçavoir par la chaleur
qui en fait evaporer l'humidité
, ou par le froid qui en
arrefte le mouvement & les congele,
oupar l'intervention ou mélange,
de quelque matiere , qui en
lie & refferre les parties . Or
comme il n'y a dans le corps
main aucun feu materiel & vifible
, & que noftre feu interne
n'est que l'humide radical
qu'Hippocrate appelle ignis
mollis , qui fait toutes les fontions
&la chaleur du corps hu
main , il faut croire que
la
bucon58
MERCURE
ftipation du ventre exficcation
des matieres excrementeuses , ne
viennent pas d'une chaleur . Que
s'il y avoit unfeu dans le feu dans le corps
humain , capable de deffecher les
excrements fecaux , il est conftant
qu'il deffecheroit auparavant
les inteftins , car on ne peut
jamais deffecher une fubftance
humide dans un vaisseau humide
, que le vaiffeau ne foit
prealablement deffeché. Ainfi fi
les excrements fecaux étoient deffechezpar
la chaleur , il eft certain
qu'il faudroit que les inteftins
fuffent auparavant def-
Lechez ce qui ne peut arriver
f
7
59
GALANT.
qu'en perdant la vie . D'ailleurs
fi les matieres excrementeuses
étoient deffechées par la chaleur ,
l'humidité qui en evaporeroit
,
devroit infailliblement
paſſer par
l'eftomach
, enfuite fortir par
La bouche , par le nez &
ainfi caufer continuellement de
mauvaifes odeurs. Si la chaleur
eft la caufe de la conftipation du
ventre , d'où vient qu'il eft fou
vent trop libre , dans les fievres
les plus violentes ? Ce n'est pas
non plus la chaleur qui deffeche
les febricitans , c'est une era
reur de croire la
chaleur
qui
accompagne les hectiques , foit
que
60 MERCURE
caufe de leur ficcité & extenuation
, car cette chaleur n'eſt qu'un
Symptome auffi bien que laficcité,
qui provient de l'humeur excrementeuse
de la premiere digeftion ,
laquelle étant portée dans les veines
avec le chile , devient la caufe
occafionelle de la chaleur febrile
corrompant la maffe du
fang , la rend impropre pour la
nutrition des parties , lefquelles
ne pouvant jouir d'un aliment
convenable , pour reparer l'humide
radical qui fe confume continuellement,
il faut de toute necef
fité qu'elles fe deffechent , & remarquez
, s'il vous plaiſt , qu'un
GALANT. 61
arbre qui devient fec , eftant plan
té en terre , ne contracte pas cette
ficcité par l'ardeur du Soleil, mais
bien faute de pouvoir recevoir de
la terre fon aliment convenable.
Il me femble que jay fait
veir affez clairement que les matieres
excrementeufes ne font pas
durcies & fechées par le moyen
de la chaleur des entrailles , o
il ne me fera pas fort difficile de
perfuader qu'elles ne peuvent
estre durcies & coagulées par le
froid , parce qu'il n'y a qui que
ce foit qui ne fcache qu'un tel
degré de froideur dans le
humain cauferoit infailliblement
corps
62 MERCURE
la mort ; de forte que les matieres
excrementeufes ne pouvant
eftre durcies & fechées , ny par
la chaleur , ny par la froideur,
il faut donc que ce foit par le
mélange de quelque matiere qui
en lie & refferre les parties , de
mefme que nous voyons la liqueur
de Tartre & celle de l'Alum mêlées
enfemble former une craye
dure & feche, fans le fecours
d'aucune chaleur . Or comme nous
que
les bumeurs
avons fait voir
excrementeufes
de la premiere
coction font la caufe de tous les
Symptomes
qui accompagnent
cette maladie , & que
la confti2
63
GALANT.
que
pation de ventre en est un des
plus frequens , il eft vray de dire
les humeurs excrementeuses
qui proviennent de la premiere
coction eftant aigres , austeres
acerbes, font la cauſe de la conftipation
du ventre. Auffi voyonsnous
que le Vinaigre , les Coins ,
les Sorbes & le Verjus , qui font
aigres, austeres , & acerbes, font
astringens propres pour arrêter
les flux de ventre , & filon
confideroit que les fruits qui font
aigres , aufteres & acerbes avant
leur maturité , meuriffert & deviennent
doux par le moyen de
la chaleur du Soleil , on fe fer64
MERCURE
ture ,
viroit ,fuivant l'ordre de la na
des remedes chauds , ftomachiques
, & convenables pour
aider la coction de l'eftomach &
dulcifier ces humeurs aigres , aufteres
& acerbes , afin de les rendre
propres & utiles à la nutrition
des parties , & éviter tous
les fymptomes qu'elles produifent;
& mesme fi l'onfaifoit reflexion
fur l'ufage desClifteres rafraichif
fan on s'appercevroit bien qu'ils
ne font pas d'une grande utilité,
puis qu'en vuidant les inteftins,
ils les rendent plus propres à endurcir
les matieres excrementeufes.
Auffi l'on voit ordinairement
GALANT.
65
que ceux qui ufent ſouvent de
Clisteres , font toujours conftipez
du ventre , parce qu'ils refroidiffent
& refferrent les inteftins,
leur impriment une qualité
astringente.
Ayant affez verifié que ces
deux symptomes , fçavoir l'ardeur
des entrailles , & la conftipation
du ventre , viennent des
cruditez de la premiere coction ,
& partant qu'ils requierent des
remedes qui
échauffent & fortifient
l'eftomach, vous n'aurez pas
peine à croire que les naufées , les
vomiffemens , les rots aigres &
la falivation qui proviennent
O &. 1691. F
66 MERCURE
des humeurs cruës , indigestes &
acides de l'eftomach, & qui marquent
visiblement la foibleffe &
dépravation de la premiere coction
, veulent des remedes de la
mefme nature ; & quant aux
autres fymptomes, fi ces humeurs
excrementeuses font portées avec
le chile dans les veines , elles
affectent les parties où elles font
déchargées , & y cauſent divers
accidens , felon la diverfité des
parties & la qualité des humeurs .
Si c'est à la tefte , elles y caufent
douleur , vertige , bourdonnement
aux oreilles , & fi elle's
font portées à la poitrine , elles
GALANT: 67
caufent difficulté de respirer ,fuffocation
palpitation de coeur .Que
fi ellesfont portées au bas ventre ,
elles y caufent la colique , ardeur
, tenfion aux hypocondres ,
ainfi des autres parties . Mais
quelquefois par le fejour qu'el
les font dans quelque vifcere
elles acquiérent une malignité
dont les accidens font auffi dangereux
que ceux des plus pernicieux
poifons ; & ce qui est à
confidérer , c'est que ces humeurs
font capables de recevoir autant
d'impreffions malignes , qu'il y a
d'animaux , de vegetaux , & de
mineraux veneneux , & d'atta
Fij
68 MERCURE
quer
les mefmes parties du corps
humain que la fubstance maligne
de ces trois regnes attaque,
Car de mefme que l'Opium affoupit
les fens , que la Cantaride
bleffe particulièrement la veffie de
Purine ; & le Liévre marin , le
poumon ; & que la vertu de la
Torpille marine paffant à la main
du Pefcheur par la continuité du
bâton , dont il l'aura touchée , &
de la main au bras , puis confécutivement
au cerveau , caufe
une ftupeur engourdiffement
par tout le corps , & que le fouphre
arfenical des mineraux , caufe
des évacuations violentes par
GALANT.
69
2
haut & par bas , des fueurs froi
des & des fyncopes ; de mefme
ces - matieres excrementeuses
quand elles ont acquis la qualité
maligne de l'Opium , caufent les
affections comateuses . Si elles ac
quiérent la qualité des Cantarides
, elles caufent des ardeurs
d'urine , & ulceration à la
veffie. Si elles acquiérent la qualité
du Liévre marin , elles caufent
des Peripneumonies › Phtifies
, Aftmes , autres affections
des poumons . Si elles acquiérent
la qualité de la Torpille marine ,
elles caufent des Stupeurs & Pavalifies,
& fi elles acquiérent la
qualité du Souphre Arfenical
70 MERCURE
des Mineraux » elles cauſent des
fueursfroides, des fyncopes , des
vomiffemens , des diarrhées , &
cette dangereufe maladie qu'on
appelle Cholera morbus on Mi
ferere ; & ces Symptomes ve
nant de la mefme fource que
autres demandent les mefmes
remédes . Voila , Mademoiselle ,
quelles font mes reflexions fur
cette maladie , qui eft le fleau des
Medecins ; mais comme l'on n'ales
bandonne pasfacilement les préjugez,
& qu'on trouve toujours
quelques difficultez àoppofersj'of
fre de les refoudre à tous ceux qui
lefouhaiteront ; ils n'auront qu'à
GALANT . 71
prendre la peine de venir chez
moy , rue Bourtibourg › vis- à- vis
les Coches de Fontainebleau.
Fermer
12
p. 37-75
RÉPONSE A Lettre d'un Philosophe, touchant la Maladie des Vapeurs. A Mademoiselle de Scudery.
Début :
Je vous envoye une réponse au Traité des Vapeurs de / J'ay esté surpris, Mademoiselle, qu'un Philosophe de nos [...]
Mots clefs :
Vapeurs, Cerveau, Vapeur, Philosophe, Parties, Maladie, Corps, Matière, Symptôme, Affection, Femmes, Intestins, Hypocondriaque, Vin, Chaleur, Opinions, Diaphragme, Plèvre, Affection, Entrailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE A Lettre d'un Philosophe, touchant la Maladie des Vapeurs. A Mademoiselle de Scudery.
Jevous envoyé une réponse
au Traité des Vapeurs de
Mdela Brosse, donc je vous
fis part dans ma Lettre d'Oaobrc.
Elle est de MrChays,
Medecin du Bourg Saint Andeol
en Vivarest. Vous ferez
bien aise de voir le pour & le
contre.
REPONSE
A laLettre d'un Philosophe,
touchant la Maladie des - Vapeurs.
A Mademoiselle de Scudery.
J'Ayesté sur pris, Mademoilclle,
qu'un Philosophe de
nos jours
3
iQfeélé d'HcrcHc
en matière de Medecine, vous
ait adresse une Lettre que j'ay
veuë dans le Mercure du mois
d'Octobre, pour vous perfuader
ses opinions erronées,au !
préjudice de la veritable doctrine.
Je sçay bien que tous les
Herefiarquesonr une pratique
fcmblablc alafienne, en vou-
- lant persuader aux personnes
de credit & d'autorité leurs
nouvelles opinions, afin de
les faire ensuite glisser plus
facilement dans l'esprit du Public;
mais comme je sçay que
lavous vousplaisez à écouter vérité en toutes choses
, je
nne'ay point douté que vous reccuffiez favorablement
ce que j'ay à vous dire contre
des opinions qui Ce réfutent
assez d'elles-mcfmes.
- Si ce Philosophe avoit dumoins
eu quelque vénération
pour l'antiquité & n'eust
point déchiré la réputation
du Divin Hypocratc, & de
tanr de Grands Hommes qui
l'ont imité,Il n'auroit peutestre
point donneoccasion à
luy répondre
,
mais comme
il s'en prend & aux Anciens
& aux Docteurs modernes de
la Faculté, & qu'il veut abbatre
par là tous les fondemens
de
la Medecine, pour
establir ses sentimens sur leurs
ruines,je n'ay pu me dispenser
de luy répondre, pour luy
i prouver par de bonnesraisons
appuyées sur l'experience
:que » tout ce qu'il a avancé
n'est à proprement parler
, qu'une chimere & une illuiion.
Il estcertain que les vapeurs
caufentbeaucoup de fynipto.
mes au Corps humain,& sur
tout dans le siecle ou nous
: sommes, puisque c'est presenitement
une maladie à la mode,&
que bien des personnes,
tant de l'un que de l'autre
sexe, en sont attaquées. Cela
donne lieu de croire que les
saisons, les climats differens,
&les revolutions des années
nous causent souvent des maladies
djffcrcntesJmais quoy
que ce mot devapeurs foitun
mot vague & généralqui
comprend en soy beaucoup
de differens symptomes
,
&
qu'elles soient produites,
tantost par les hypocondres,
tantost par reftomach>&tantost
par les mouvemens & les
indispositions de la Mere, &
mesme par beaucoup d'autres
partiesducorps,ce Philofophe
neantmoins veut, que
tous ces s,ymiptomes differens,, qui sont compris fous le nom
de Vapeurs, ne partent que
d'une mesme source
>
& d'un
estomach foible & depravé.
Il donne le nom de cette maladie
à celle de l'affection hypocondriaque
; & veut faire
comprendre par là que tous
ceux qui sont atteints de vapeurs
sont infectez de cette
maladie,& qu'on n'ose la
nommer ainsi, à cause que
ce nom a quelque chose d'ignominieux.
Il veutensuite que ces memes
va peurs , que les Mede-
; cins supposent estreengendrées
dans le basventre, ne
puissent en aucune maniere
monterny au Cerveau,ny à
la Poitrine ,ny aux autres par.
ties superieures
,
& ainsi il
veut prouver que les Medecins
font dans l'erreur, de
donner lenom de vapeurs à
tous ces symptomes differens,
que nous voyons arriver tous
les jours aux Femmes qui sont
sujettesàla Mere,& aux hommesaussi
qui sont atteints de
beaucoup de maladies
,
qui
font causées par les va peurs.
Il allegue pour ses raisons,
que les vapeurs qui s'élevcat.
du bas ventre ne peuvent
monter au Cerveau, à cause
des obstacles quelles trouvent
en chemin,comme font
le diaphragme, & la plevre,
&tous les autres obstacles
qu'il rapporte;mais s'il veut
n'estre point prévenu de ses
sentimens, comme les Medecins
le font des leurs, à ce
qu'il dit,& ne s'attacher pas
aussi fortementàsonopinion,
que les Turcs font à leur Alcoran,
je puis aisement le detromper,
& luy faire voir
qu'il est dans l'erreur luy-
! meCmco.,
••
q;; ,: ':,'
<
Il rapporte que nos Anciens
Docteurs soustiennent que
l'Epilepsie sympathique pro-
- vient des parties basses,& Galien
dans le livre3. des lieux
affectez chap. 7.' rapporte
qu'un jeune homme cstantatteint
d'une Epilepsie Sympathique,
lors que le Paroxisme
l'attaquoit, sentoit monter, à
ce qu'il disoit - comme un
ventfroid, de la Jambe à la
Cuisse,& de laCuisse consecutivementpar
les autres parties,
jusquesau Cerveau, &
qu'il estoit ensuite attaqué de
ce fâcheux y m ptome. Ce
Philosophe qui est de bonne
soy, avouë du moins que si
ce n'est pas une vapeur, qui
causoit l'accident de ce jeune
homme, c'estoit, à ce qu'il
dit, une humeur maligne,
qui se glissoit par les parties
du corps de ce Malade,&qui
luy causoit l'Epilepsie. Mais
je croy qu'il devroit bien avouër
qu'une vapeur qui est
plus subule qu'une bumeur,
peut bien passer par lesmesmes
endroits que l'humeur
passera
,
& sur tout puisque
celaest autorité par le Malade,
qui disoit sentir comme
un vent froid qui luy montoit
de la Jambe jusques au
Cerveau. Cet argument doit
paroistre sans réplique, puisbqiueenqui
reçoit le plus peut
recevoir le moins.
Mais comme il ne veut
point adherer aux opinions
& aux autoritez de nos Dofleurs
,
& qu'il ne s'attache
qu'à ses idées particulieres,
je neveux me fcrvir ny
d'aucune autorité, ny d'aucune
preuve d'Hypocrate ny
de Galien. Je veux seulement
le convaincre par des raisons
ôz des experiences fort sensibles
) & que tout le monde
pUÎifC;
puisse comprendre, ce qui
pourtant devroit m'obligerà
ne point disputer avec luy,
parce qu'il nie les princi pes
dela Philosophiedonc il fait
f. profession. Contra negantem
principia , non est disputmdum.
i Jeluy demande donc, dllÙ
l vient que ceux qui boivent du vin plus qu'a l'ordinaire,
sentent bien-tost après avoir
beu troublerl'oeconomie de
leur Cerveau, & qu'ils perdent
en peu de temps l'ufJ,CTc
de la raison. Le vin cependantreste
dans leurestomach,
6iOu dans leurs intestins. Je
croyqu'il devroit avoüer de
bonne soy, que c'est la vapeur
du vin, qui pénétrant facilement
le Diaphragme,la
Plevre, & les autres obstacles
qu'il propose. va directement
pervertir lesfonctions de î'esprit
animal, & fait souffrir
aux Beuveurs la depravation
qui le fait dans leur Cerveau
pendant leur debauche; ou
bien cette mesme vapeur se
glissant dans les Veines &;
dans les Arteres
, contre le
sentiment du Philosophe,va
attaquer directement le
Cerveau.
Ce qui prouve forte[
ment ce que je viens de dire,
c'cft qu'ona veu des personnesaqui
estantencrées dans
une Cave, où les cuves étoient
remplies de vin nouveau,
la vapeur scule de ce
vin lesentièrementenyvrées,
quoy qu'elles n'eussent pour- tant pas beu. Ainsi il pour
com prendre que les vapeurs
agissant si fortement
, quoy
qu'elles viennent du dehors,
elles doivent agir avec plus de
violence lors qu'un homme a
fait la débauche, parce qu'elles
agissent au dedans.
Les Femmes qui font si souvent
attaquées. des Vapeurs
de Mere,nous fournissent enr
core un exemple, & une preuveincontestable
,
contrele
sentiment du Philosophe.
Car en effet, si c'estoit une
matiere quise portast des parties
baffes si facilement dans le
Cerveau, pour leur causer des
convulsions,&lesautres ac.,
cidens qui dépravent les fonctions
animales
, pourquoy
ces mcfmcs accidens passeroienr-
ils si vÎrc, & pourquoy
arriveroient -
ils si inopinement?
Ce n'est que le propre
des vapeurs de changer si fa*
cilement d'une partie à l'autre,
& de cau fer des accidcns,
qui font si faciles à naître,ÔC
si faciles à terminer.
Que si le Philosophe veut
que ce soit la malignité de
- l'humeur qui le trouve corrompuë
dans les parties basses
qui se communique par le
moyen de la circulation, ou
autrement, dans la capacité
du Cerveau
, pourquoy une
vapeur qui s'exhalera de cette
matiere corrompue
, ne pourra-
t elle pas faire le mesme esset
avec plus de disposition &:
pe promptitude?
Si je voulois encore pouffer
la chose plus avant, l'exemple
du Mercure me fournit
une occa sion fort propre à le,
faire revenir de ses sentimens. -
Je sçay par experiencc
, qu'ayant fait frotter plusieurs
fois d'un onguent fait avec ce , minéral, labplante des pieds
de ceux qui font atteints des
maladies Vénériennes le
Mercure ne manque point de
monter par les parties internés,
jusque dans le Cerveau,
sans que le Diaphragme,la
Plevre ,ny le Mediastin l'c
emperchent, quoy que de sa
nature ce mineral soit des
plus pesans, & qu'il tendenaturellement
en
-
bas ,par son
piqprc poids; & ce qui nous
prouve qu'il monte jusques
au Cerveau
,
c'est qu'il y produit
des symptomes qui ne
sont propres qu'à cette partie,
Ifie qu'en mettant quelque piece
d'or dans la bouche ,le
Mercure nemanque pas de s'y
attacher. Ainsi nous pouvons
scio,nclure&le Philosopheau£ que les vapeurs qui sont
plus legeres que ce mincral
Émeuvent bien monter jusques
tau Cerveau, puisqu'elles ten- -
dent naturellementen haut;
& qu'elles ne vont jamais en
bas, que par impulsion & par
violence Il est si vray que
noistre corpsest tout perspirable,
suivant le sentiment de
nos Docteurs, & que toutes
les parties ont une fort grande
communication &connexionentre
elles
,
qu'il faut
n'estre point Medecin pour
en douter;&ainsi les vapeurs
qui s'eflevent d'une matiere
maligne,causent en nous par
cette intime communication
&connexion,bien des symptomes
differens, suivant le
degré de corruption, &suivant
les parties où elless'attachent
,
sans qu'elles puissent
trouver des obstacles aIT,z
forts pour les empescher de
monter.
Si nous confidcrons auni
une especed'Hydropisie que
nous appelions Timpanite,
& qui est produite par des
vents & des vapeurs, qui font
contenus dans la capacité du
ventre JIil faut suivant son hypothese,
que ces mesmes vapeurs
passent au travers des
intestins
, & au travers des
cinqtegumens, lors que le
Malade vient à guérir, pour
pouvoir estredissipées; & cependant
le Diaphragme ny la
Plevre ne font pas de plus
forts obstaclesque ceux que
je viens de rapporter.
Et si dans la fausse Pleuresie,
qui n'est le plus souvent produite
que des vapeurs & des
vents, on voit d'ordinaire que
par l'application des topiques
qui ouvrent les pores,
ces mesmes vapeurs sont disfipées
par insensible transpiration,
en perçant les cinq
tegumens,elles pourront bien
aussi passer au travers duDia- -
phragme, qui n'est pas plus
épas que les cinq tegumens,
& si raB est convaincu que la
matiere purulente, qui bl(st
trouvée dans lapoitrine, s'est
quelquefois évacuée par les
urines, sans que rAnatcmic
ait trouvé jusqu'icy aucun
conduit par où le pus ait pû
passer jusque dans les reins, il
est immanquable que les va-
:peurs, qui sont & plus tranf- pirables & plus legeres, pouril
ront bien sortirde la pôuri-n
ne:& se frayer une voyc dans
le cerveau sansqu'aucun ob- jftacle les arreste,puis que le
pus en est bien sorty , tant il
est vray que nostre corps cft
tout transpirable
Pourquoy le sage Ouvrier
dela Nature auroit il donné à
nos corps tant de millions de
pores, si ce n'est pour en faire
sortir les vapeurs supeifluës,
qui s'exhalent continuellement,&
qui sont que lquefois
apparentes aux sens, comme
nous le voyons à ceux qui
suent, dont il fort une fumée
semblable àcelle qui fort d'une
marmite,&qui n'est autre
chose qu'une vapeur; & s'il
arrive que nous ne voyions
sortir aucune vapeur de nos
corps,c'est qu'elles font Ím- *
perceptibles. Que si le Philosophe
vouloit estre convaincu
par experience qu'il en fort
continuellement du lien, il
n'auroit qu'à s'exposer devant
unmiroir& y rcfpircr contre>
& il verroitpar les petû
: tes gouttes d'eau qui s'y attachent
, que ce qui fort de ses
poumons n'est autrechose
qu'une vapeur qui se condense
» &qui s'attache contre le
miroir, quoy que pourtant la
vapeur qui sort de ses poulmons
soit imperceptible.
Il doit cftre persuadé qu'il
s'exhale toujours des vapeurs
de toutes les parties de nostre
corps, comme j'ay déja montré
, & que ces vapeurs trouvent
en nous allez de conduits
pour monter jusquesau
cerveau, & dans les autres
parties; mais lors qu'elles partent
d'une matiere qui n'est
ny alterée, ny corrompuë, elles ne produisent en nous
aucun symptome qui soit facheux.
Que s'il arrive quelquefois
que les vapeurs dépravent
les fonctions, comme
nous voyons aux Femmes qui
font sujettes à, la Mere, à ceux
qui sont sujets à l'affection
hy pocondriaque, & à bien
d'autres,dont les vapeurs alterent
la santé, c'est que les
mesmes vapeurs partent d'une
matiere corrompuë & alterée.
Nous ne devons point douter
que les vapeurs ne soient
la cause de beaucoup de maÍ.
ladies qui nous arrivent, &
qui causentennous desaccidens
extraordinaires puisque
nous voyons mesme qu'elles
causent dans tout l'Univers
tant de çhofts surprenantes.
- - - -
Ne voyons-nous pas quela
pluye
,
le tonnerre, la gresle,
les tremblemens de terre, &
les choses mesme les plus naturelles
, & qui nous sont le
moins apparentes font formées
par des vapeurs? Cornment
pourrions-nous sentir
l'odeur d'une rose si ce n'est
par la vapeur qui s'exhale de
cette fleur? Jerapporte seulement
cet exemple afin qu'on
jugedetout ce qui se fait dans
la Nature par le moyen des
vapeurs; & peut- estre Dscartes
n'auroit-il pas mal faitde
donner le nom de vapeur à
ses atomes& frscorpufcules;
mais parce que c'estoit un
mot dont l'ancienne Ecole se
servoit, il a voulu déguiser sa
-
doctrine en changeant feulement
de terme, & la rendre
ainsi particuliere, quoy que
d'ailleurs ces changemens de
termes n'en puissentjamais
apporter,& neservent qu'à
caufcr de l'admiration en faveur
de ceux qui les inventent
; car enfin qu'est-ce
qu'une vapeur sinon des atomes
& des corpuscules de
mille fortes de figures, &
qu'est-ce que des atomes&
des corpuscules, qu'un amas
de ces petits corps qui composent
la vapeur?
Jereviens à l'affectionhypocondriaque
, à laquelle le
Philosophe rapporte la cause
detoutes les vapeurs;comme
si les Femmes qui font lujet*.
tesaux maladieshysteriques,
n'avoient point d'autres causes
de leurs vapeurs quecelle
de l'affection hypocondriaque.
Qn pourroit bien conclurre
,
si on vouloit ajoûter
foy à ses sentimens,que laffectionhypocondriaque
tfL
bien frequente & bien à la
mode, puis que nous voyons
tant de Femmes su jettes aux
vapeurs de Mere.
Mais si nostre Philosophe
vouloit bien reconnoistre une
, autre cause de l'affection hypocondriaque
que celle de la
foiblessed'estomac,il pourroit
aussien mesme temps en attribuer
une autre aux va peurs
des Femmes que celle de l'affection
hypocondriaque; car
si la foiblessed'estomacestoit
la seule cause de l'afft[tion
hypocondriaque, tous ceux
qui ont une foiblessed'estomac
,comme il arrive à ceux
qui font atteints de la Lienterir,,&
de la Leucophlegmatie,
auroient des symptomes encore
plus forts que ceux qui
ont l'affection h ypocondriaque,
ce qui n'arrive pourtant
pas. Il devroit reconnoistre,
comme font tous les habiles.
Medecins, qu'il yauneautre
cause de cette maladie, qui
est une melancolie atrabilaire
qui est contenuë dans les
hypocondres (c'est pour cela
qu'on appelle cette Maladie
bypocondriaque) & qui est la
causeprincipale de tous les
symptomes qui en procedent;
éC ce qui fait qu'on a quelque
espece d'horreur pour cette
maladie, c'est qu'elle affecte
le plus souvent le cerveau, &
déprave quelquefois la raison,
& tout cela par le moyen des
vapeurs
-
qu'elle y éleve en se
fermentant:ce quiestconfirmé
par l'évacuation du fang
melancolique qui se fait par
les Veines hemorrhoïdales
qui profite immanquablement
à cette maladie.
Nostre Philosophe combat
- fort la chaleur d'entrailles
dans cette maladie, quoy
qu'il convienne pourtant qu'il
peut y en avoir quelque fois,
mais il dit aussi que cette chaleur
d'entrailles provient immediatement
de l'indigestion
d'estomac
,
aussi bien que la
dessiccation des excremens,
comme si l'humide devoit
dessecher. & la chaleur ra..
fraischir ; & pour luy faire
voir par une seule experiencc)
que c'estla c haleur contre
nature qui estdans lecorps
qui échaufe & qui desseche
les exrcmens, il n'a qu'à
prendre un lirge trempé dans
de l'eau commune ,
& l'appliquer
ensuitte sur une partie
qui fera atteinte d'une Heresipelle
,
& il verra par là
, que
lelinge se dessechera plûtôt
que sion l'appliquoitsurune
autre partie qui se trouveroit
faine. A plus forte raison la
chaleur contre nature deffeche
lesexcremens quisetrouvcnt
dans le Corps
,
où elle
agic avec plus de force, puis
qu'elle desseche si fort les hu- j:mides qu'on luy oppose aux
parties externes. Je ne puis pas croire qu'un homme soit ca-
;:. pable de former une semblable
hypothese,de vouloit faile
comprendre que la chaleur
t
rafraischit, & que l'humide J
déniche; c'est ce que nous j
n'avons point encore veu.
Il dit encore que s'ilyavoit
un feu dans les Intestins capable
de dessecher les excremens
secaux
,
il est constant qu'il
diffecheroit auparavant les
Intestins, car on ne peut jamais
dessecher. une substance
humide
,
dans un vaisseau hu-:
mide, que le Vaisseau ne foit
préalablement desseché.Voila
Tes propres termes, mais
s'il prenoit garde que les Intestins
font toûjours humectez
par le suc nutriticr qui
y
yestporté pour leur nourriture
, & pour leur accroissement
» il demeureroit d'accord
que les excremens se
doivent dessecher, & non les
Intestins, parce que les excrcmens
n'ont point de vie,
&ne reçoivent aucune nourriture
pour les humecéter. Le
Soleil dessechera bien plustost
une branche d'un Arbre qui
ne recevra point de nourriture
de ses racines, qu'une autre
branche qui reçoit sa nourriture
du tronc & de ses racines.
t.. Quelle erreur de s'imaginer
que ce qui échauffe ou detre-z
checeux qui sontatteinsd'unesievre
ardente,ou d'une fievre
hectique,n'est autre chose
qu'une foiblesse d'estomach,
ou une indigestion J'ay veu
- de jeunes gens atteints de la
fièvre hcûtque fort échaufez,
& fort extenuez 5 qui mangeoient
& qui beuvoient
mieux que moy, & dontl'eftomach
faisoit fort bien sa
fonction.Ondevrôit -conclu.
re comme fai t nostre Philosophe
,
qu'il faudroit échaufer
&dessecher dans ces maladies.
Cependant j'en ay veu guerir
pluficurs par le fcul usage du
lait, qui n'est pas fort propre
pour fortifier l'estomach,
n'aurois jamais fait si je voulois
combatre tout ce qu'il
rapporte couchant les Maladies
des Vapeurs. C'est ce qui
demanderoit plustost un volume
qu'une Lettre Je suis
pourtant fortobligé
,
Mademoiselle,
à la Doctrine nouvelle
du Philosophe, puis
qu'elle m'a procuré l'honneur
de vous adresser cette response
,& de vous asseurer que je
fuis avec beaucoup de vénération,
Vostre tresse.
au Traité des Vapeurs de
Mdela Brosse, donc je vous
fis part dans ma Lettre d'Oaobrc.
Elle est de MrChays,
Medecin du Bourg Saint Andeol
en Vivarest. Vous ferez
bien aise de voir le pour & le
contre.
REPONSE
A laLettre d'un Philosophe,
touchant la Maladie des - Vapeurs.
A Mademoiselle de Scudery.
J'Ayesté sur pris, Mademoilclle,
qu'un Philosophe de
nos jours
3
iQfeélé d'HcrcHc
en matière de Medecine, vous
ait adresse une Lettre que j'ay
veuë dans le Mercure du mois
d'Octobre, pour vous perfuader
ses opinions erronées,au !
préjudice de la veritable doctrine.
Je sçay bien que tous les
Herefiarquesonr une pratique
fcmblablc alafienne, en vou-
- lant persuader aux personnes
de credit & d'autorité leurs
nouvelles opinions, afin de
les faire ensuite glisser plus
facilement dans l'esprit du Public;
mais comme je sçay que
lavous vousplaisez à écouter vérité en toutes choses
, je
nne'ay point douté que vous reccuffiez favorablement
ce que j'ay à vous dire contre
des opinions qui Ce réfutent
assez d'elles-mcfmes.
- Si ce Philosophe avoit dumoins
eu quelque vénération
pour l'antiquité & n'eust
point déchiré la réputation
du Divin Hypocratc, & de
tanr de Grands Hommes qui
l'ont imité,Il n'auroit peutestre
point donneoccasion à
luy répondre
,
mais comme
il s'en prend & aux Anciens
& aux Docteurs modernes de
la Faculté, & qu'il veut abbatre
par là tous les fondemens
de
la Medecine, pour
establir ses sentimens sur leurs
ruines,je n'ay pu me dispenser
de luy répondre, pour luy
i prouver par de bonnesraisons
appuyées sur l'experience
:que » tout ce qu'il a avancé
n'est à proprement parler
, qu'une chimere & une illuiion.
Il estcertain que les vapeurs
caufentbeaucoup de fynipto.
mes au Corps humain,& sur
tout dans le siecle ou nous
: sommes, puisque c'est presenitement
une maladie à la mode,&
que bien des personnes,
tant de l'un que de l'autre
sexe, en sont attaquées. Cela
donne lieu de croire que les
saisons, les climats differens,
&les revolutions des années
nous causent souvent des maladies
djffcrcntesJmais quoy
que ce mot devapeurs foitun
mot vague & généralqui
comprend en soy beaucoup
de differens symptomes
,
&
qu'elles soient produites,
tantost par les hypocondres,
tantost par reftomach>&tantost
par les mouvemens & les
indispositions de la Mere, &
mesme par beaucoup d'autres
partiesducorps,ce Philofophe
neantmoins veut, que
tous ces s,ymiptomes differens,, qui sont compris fous le nom
de Vapeurs, ne partent que
d'une mesme source
>
& d'un
estomach foible & depravé.
Il donne le nom de cette maladie
à celle de l'affection hypocondriaque
; & veut faire
comprendre par là que tous
ceux qui sont atteints de vapeurs
sont infectez de cette
maladie,& qu'on n'ose la
nommer ainsi, à cause que
ce nom a quelque chose d'ignominieux.
Il veutensuite que ces memes
va peurs , que les Mede-
; cins supposent estreengendrées
dans le basventre, ne
puissent en aucune maniere
monterny au Cerveau,ny à
la Poitrine ,ny aux autres par.
ties superieures
,
& ainsi il
veut prouver que les Medecins
font dans l'erreur, de
donner lenom de vapeurs à
tous ces symptomes differens,
que nous voyons arriver tous
les jours aux Femmes qui sont
sujettesàla Mere,& aux hommesaussi
qui sont atteints de
beaucoup de maladies
,
qui
font causées par les va peurs.
Il allegue pour ses raisons,
que les vapeurs qui s'élevcat.
du bas ventre ne peuvent
monter au Cerveau, à cause
des obstacles quelles trouvent
en chemin,comme font
le diaphragme, & la plevre,
&tous les autres obstacles
qu'il rapporte;mais s'il veut
n'estre point prévenu de ses
sentimens, comme les Medecins
le font des leurs, à ce
qu'il dit,& ne s'attacher pas
aussi fortementàsonopinion,
que les Turcs font à leur Alcoran,
je puis aisement le detromper,
& luy faire voir
qu'il est dans l'erreur luy-
! meCmco.,
••
q;; ,: ':,'
<
Il rapporte que nos Anciens
Docteurs soustiennent que
l'Epilepsie sympathique pro-
- vient des parties basses,& Galien
dans le livre3. des lieux
affectez chap. 7.' rapporte
qu'un jeune homme cstantatteint
d'une Epilepsie Sympathique,
lors que le Paroxisme
l'attaquoit, sentoit monter, à
ce qu'il disoit - comme un
ventfroid, de la Jambe à la
Cuisse,& de laCuisse consecutivementpar
les autres parties,
jusquesau Cerveau, &
qu'il estoit ensuite attaqué de
ce fâcheux y m ptome. Ce
Philosophe qui est de bonne
soy, avouë du moins que si
ce n'est pas une vapeur, qui
causoit l'accident de ce jeune
homme, c'estoit, à ce qu'il
dit, une humeur maligne,
qui se glissoit par les parties
du corps de ce Malade,&qui
luy causoit l'Epilepsie. Mais
je croy qu'il devroit bien avouër
qu'une vapeur qui est
plus subule qu'une bumeur,
peut bien passer par lesmesmes
endroits que l'humeur
passera
,
& sur tout puisque
celaest autorité par le Malade,
qui disoit sentir comme
un vent froid qui luy montoit
de la Jambe jusques au
Cerveau. Cet argument doit
paroistre sans réplique, puisbqiueenqui
reçoit le plus peut
recevoir le moins.
Mais comme il ne veut
point adherer aux opinions
& aux autoritez de nos Dofleurs
,
& qu'il ne s'attache
qu'à ses idées particulieres,
je neveux me fcrvir ny
d'aucune autorité, ny d'aucune
preuve d'Hypocrate ny
de Galien. Je veux seulement
le convaincre par des raisons
ôz des experiences fort sensibles
) & que tout le monde
pUÎifC;
puisse comprendre, ce qui
pourtant devroit m'obligerà
ne point disputer avec luy,
parce qu'il nie les princi pes
dela Philosophiedonc il fait
f. profession. Contra negantem
principia , non est disputmdum.
i Jeluy demande donc, dllÙ
l vient que ceux qui boivent du vin plus qu'a l'ordinaire,
sentent bien-tost après avoir
beu troublerl'oeconomie de
leur Cerveau, & qu'ils perdent
en peu de temps l'ufJ,CTc
de la raison. Le vin cependantreste
dans leurestomach,
6iOu dans leurs intestins. Je
croyqu'il devroit avoüer de
bonne soy, que c'est la vapeur
du vin, qui pénétrant facilement
le Diaphragme,la
Plevre, & les autres obstacles
qu'il propose. va directement
pervertir lesfonctions de î'esprit
animal, & fait souffrir
aux Beuveurs la depravation
qui le fait dans leur Cerveau
pendant leur debauche; ou
bien cette mesme vapeur se
glissant dans les Veines &;
dans les Arteres
, contre le
sentiment du Philosophe,va
attaquer directement le
Cerveau.
Ce qui prouve forte[
ment ce que je viens de dire,
c'cft qu'ona veu des personnesaqui
estantencrées dans
une Cave, où les cuves étoient
remplies de vin nouveau,
la vapeur scule de ce
vin lesentièrementenyvrées,
quoy qu'elles n'eussent pour- tant pas beu. Ainsi il pour
com prendre que les vapeurs
agissant si fortement
, quoy
qu'elles viennent du dehors,
elles doivent agir avec plus de
violence lors qu'un homme a
fait la débauche, parce qu'elles
agissent au dedans.
Les Femmes qui font si souvent
attaquées. des Vapeurs
de Mere,nous fournissent enr
core un exemple, & une preuveincontestable
,
contrele
sentiment du Philosophe.
Car en effet, si c'estoit une
matiere quise portast des parties
baffes si facilement dans le
Cerveau, pour leur causer des
convulsions,&lesautres ac.,
cidens qui dépravent les fonctions
animales
, pourquoy
ces mcfmcs accidens passeroienr-
ils si vÎrc, & pourquoy
arriveroient -
ils si inopinement?
Ce n'est que le propre
des vapeurs de changer si fa*
cilement d'une partie à l'autre,
& de cau fer des accidcns,
qui font si faciles à naître,ÔC
si faciles à terminer.
Que si le Philosophe veut
que ce soit la malignité de
- l'humeur qui le trouve corrompuë
dans les parties basses
qui se communique par le
moyen de la circulation, ou
autrement, dans la capacité
du Cerveau
, pourquoy une
vapeur qui s'exhalera de cette
matiere corrompue
, ne pourra-
t elle pas faire le mesme esset
avec plus de disposition &:
pe promptitude?
Si je voulois encore pouffer
la chose plus avant, l'exemple
du Mercure me fournit
une occa sion fort propre à le,
faire revenir de ses sentimens. -
Je sçay par experiencc
, qu'ayant fait frotter plusieurs
fois d'un onguent fait avec ce , minéral, labplante des pieds
de ceux qui font atteints des
maladies Vénériennes le
Mercure ne manque point de
monter par les parties internés,
jusque dans le Cerveau,
sans que le Diaphragme,la
Plevre ,ny le Mediastin l'c
emperchent, quoy que de sa
nature ce mineral soit des
plus pesans, & qu'il tendenaturellement
en
-
bas ,par son
piqprc poids; & ce qui nous
prouve qu'il monte jusques
au Cerveau
,
c'est qu'il y produit
des symptomes qui ne
sont propres qu'à cette partie,
Ifie qu'en mettant quelque piece
d'or dans la bouche ,le
Mercure nemanque pas de s'y
attacher. Ainsi nous pouvons
scio,nclure&le Philosopheau£ que les vapeurs qui sont
plus legeres que ce mincral
Émeuvent bien monter jusques
tau Cerveau, puisqu'elles ten- -
dent naturellementen haut;
& qu'elles ne vont jamais en
bas, que par impulsion & par
violence Il est si vray que
noistre corpsest tout perspirable,
suivant le sentiment de
nos Docteurs, & que toutes
les parties ont une fort grande
communication &connexionentre
elles
,
qu'il faut
n'estre point Medecin pour
en douter;&ainsi les vapeurs
qui s'eflevent d'une matiere
maligne,causent en nous par
cette intime communication
&connexion,bien des symptomes
differens, suivant le
degré de corruption, &suivant
les parties où elless'attachent
,
sans qu'elles puissent
trouver des obstacles aIT,z
forts pour les empescher de
monter.
Si nous confidcrons auni
une especed'Hydropisie que
nous appelions Timpanite,
& qui est produite par des
vents & des vapeurs, qui font
contenus dans la capacité du
ventre JIil faut suivant son hypothese,
que ces mesmes vapeurs
passent au travers des
intestins
, & au travers des
cinqtegumens, lors que le
Malade vient à guérir, pour
pouvoir estredissipées; & cependant
le Diaphragme ny la
Plevre ne font pas de plus
forts obstaclesque ceux que
je viens de rapporter.
Et si dans la fausse Pleuresie,
qui n'est le plus souvent produite
que des vapeurs & des
vents, on voit d'ordinaire que
par l'application des topiques
qui ouvrent les pores,
ces mesmes vapeurs sont disfipées
par insensible transpiration,
en perçant les cinq
tegumens,elles pourront bien
aussi passer au travers duDia- -
phragme, qui n'est pas plus
épas que les cinq tegumens,
& si raB est convaincu que la
matiere purulente, qui bl(st
trouvée dans lapoitrine, s'est
quelquefois évacuée par les
urines, sans que rAnatcmic
ait trouvé jusqu'icy aucun
conduit par où le pus ait pû
passer jusque dans les reins, il
est immanquable que les va-
:peurs, qui sont & plus tranf- pirables & plus legeres, pouril
ront bien sortirde la pôuri-n
ne:& se frayer une voyc dans
le cerveau sansqu'aucun ob- jftacle les arreste,puis que le
pus en est bien sorty , tant il
est vray que nostre corps cft
tout transpirable
Pourquoy le sage Ouvrier
dela Nature auroit il donné à
nos corps tant de millions de
pores, si ce n'est pour en faire
sortir les vapeurs supeifluës,
qui s'exhalent continuellement,&
qui sont que lquefois
apparentes aux sens, comme
nous le voyons à ceux qui
suent, dont il fort une fumée
semblable àcelle qui fort d'une
marmite,&qui n'est autre
chose qu'une vapeur; & s'il
arrive que nous ne voyions
sortir aucune vapeur de nos
corps,c'est qu'elles font Ím- *
perceptibles. Que si le Philosophe
vouloit estre convaincu
par experience qu'il en fort
continuellement du lien, il
n'auroit qu'à s'exposer devant
unmiroir& y rcfpircr contre>
& il verroitpar les petû
: tes gouttes d'eau qui s'y attachent
, que ce qui fort de ses
poumons n'est autrechose
qu'une vapeur qui se condense
» &qui s'attache contre le
miroir, quoy que pourtant la
vapeur qui sort de ses poulmons
soit imperceptible.
Il doit cftre persuadé qu'il
s'exhale toujours des vapeurs
de toutes les parties de nostre
corps, comme j'ay déja montré
, & que ces vapeurs trouvent
en nous allez de conduits
pour monter jusquesau
cerveau, & dans les autres
parties; mais lors qu'elles partent
d'une matiere qui n'est
ny alterée, ny corrompuë, elles ne produisent en nous
aucun symptome qui soit facheux.
Que s'il arrive quelquefois
que les vapeurs dépravent
les fonctions, comme
nous voyons aux Femmes qui
font sujettes à, la Mere, à ceux
qui sont sujets à l'affection
hy pocondriaque, & à bien
d'autres,dont les vapeurs alterent
la santé, c'est que les
mesmes vapeurs partent d'une
matiere corrompuë & alterée.
Nous ne devons point douter
que les vapeurs ne soient
la cause de beaucoup de maÍ.
ladies qui nous arrivent, &
qui causentennous desaccidens
extraordinaires puisque
nous voyons mesme qu'elles
causent dans tout l'Univers
tant de çhofts surprenantes.
- - - -
Ne voyons-nous pas quela
pluye
,
le tonnerre, la gresle,
les tremblemens de terre, &
les choses mesme les plus naturelles
, & qui nous sont le
moins apparentes font formées
par des vapeurs? Cornment
pourrions-nous sentir
l'odeur d'une rose si ce n'est
par la vapeur qui s'exhale de
cette fleur? Jerapporte seulement
cet exemple afin qu'on
jugedetout ce qui se fait dans
la Nature par le moyen des
vapeurs; & peut- estre Dscartes
n'auroit-il pas mal faitde
donner le nom de vapeur à
ses atomes& frscorpufcules;
mais parce que c'estoit un
mot dont l'ancienne Ecole se
servoit, il a voulu déguiser sa
-
doctrine en changeant feulement
de terme, & la rendre
ainsi particuliere, quoy que
d'ailleurs ces changemens de
termes n'en puissentjamais
apporter,& neservent qu'à
caufcr de l'admiration en faveur
de ceux qui les inventent
; car enfin qu'est-ce
qu'une vapeur sinon des atomes
& des corpuscules de
mille fortes de figures, &
qu'est-ce que des atomes&
des corpuscules, qu'un amas
de ces petits corps qui composent
la vapeur?
Jereviens à l'affectionhypocondriaque
, à laquelle le
Philosophe rapporte la cause
detoutes les vapeurs;comme
si les Femmes qui font lujet*.
tesaux maladieshysteriques,
n'avoient point d'autres causes
de leurs vapeurs quecelle
de l'affection hypocondriaque.
Qn pourroit bien conclurre
,
si on vouloit ajoûter
foy à ses sentimens,que laffectionhypocondriaque
tfL
bien frequente & bien à la
mode, puis que nous voyons
tant de Femmes su jettes aux
vapeurs de Mere.
Mais si nostre Philosophe
vouloit bien reconnoistre une
, autre cause de l'affection hypocondriaque
que celle de la
foiblessed'estomac,il pourroit
aussien mesme temps en attribuer
une autre aux va peurs
des Femmes que celle de l'affection
hypocondriaque; car
si la foiblessed'estomacestoit
la seule cause de l'afft[tion
hypocondriaque, tous ceux
qui ont une foiblessed'estomac
,comme il arrive à ceux
qui font atteints de la Lienterir,,&
de la Leucophlegmatie,
auroient des symptomes encore
plus forts que ceux qui
ont l'affection h ypocondriaque,
ce qui n'arrive pourtant
pas. Il devroit reconnoistre,
comme font tous les habiles.
Medecins, qu'il yauneautre
cause de cette maladie, qui
est une melancolie atrabilaire
qui est contenuë dans les
hypocondres (c'est pour cela
qu'on appelle cette Maladie
bypocondriaque) & qui est la
causeprincipale de tous les
symptomes qui en procedent;
éC ce qui fait qu'on a quelque
espece d'horreur pour cette
maladie, c'est qu'elle affecte
le plus souvent le cerveau, &
déprave quelquefois la raison,
& tout cela par le moyen des
vapeurs
-
qu'elle y éleve en se
fermentant:ce quiestconfirmé
par l'évacuation du fang
melancolique qui se fait par
les Veines hemorrhoïdales
qui profite immanquablement
à cette maladie.
Nostre Philosophe combat
- fort la chaleur d'entrailles
dans cette maladie, quoy
qu'il convienne pourtant qu'il
peut y en avoir quelque fois,
mais il dit aussi que cette chaleur
d'entrailles provient immediatement
de l'indigestion
d'estomac
,
aussi bien que la
dessiccation des excremens,
comme si l'humide devoit
dessecher. & la chaleur ra..
fraischir ; & pour luy faire
voir par une seule experiencc)
que c'estla c haleur contre
nature qui estdans lecorps
qui échaufe & qui desseche
les exrcmens, il n'a qu'à
prendre un lirge trempé dans
de l'eau commune ,
& l'appliquer
ensuitte sur une partie
qui fera atteinte d'une Heresipelle
,
& il verra par là
, que
lelinge se dessechera plûtôt
que sion l'appliquoitsurune
autre partie qui se trouveroit
faine. A plus forte raison la
chaleur contre nature deffeche
lesexcremens quisetrouvcnt
dans le Corps
,
où elle
agic avec plus de force, puis
qu'elle desseche si fort les hu- j:mides qu'on luy oppose aux
parties externes. Je ne puis pas croire qu'un homme soit ca-
;:. pable de former une semblable
hypothese,de vouloit faile
comprendre que la chaleur
t
rafraischit, & que l'humide J
déniche; c'est ce que nous j
n'avons point encore veu.
Il dit encore que s'ilyavoit
un feu dans les Intestins capable
de dessecher les excremens
secaux
,
il est constant qu'il
diffecheroit auparavant les
Intestins, car on ne peut jamais
dessecher. une substance
humide
,
dans un vaisseau hu-:
mide, que le Vaisseau ne foit
préalablement desseché.Voila
Tes propres termes, mais
s'il prenoit garde que les Intestins
font toûjours humectez
par le suc nutriticr qui
y
yestporté pour leur nourriture
, & pour leur accroissement
» il demeureroit d'accord
que les excremens se
doivent dessecher, & non les
Intestins, parce que les excrcmens
n'ont point de vie,
&ne reçoivent aucune nourriture
pour les humecéter. Le
Soleil dessechera bien plustost
une branche d'un Arbre qui
ne recevra point de nourriture
de ses racines, qu'une autre
branche qui reçoit sa nourriture
du tronc & de ses racines.
t.. Quelle erreur de s'imaginer
que ce qui échauffe ou detre-z
checeux qui sontatteinsd'unesievre
ardente,ou d'une fievre
hectique,n'est autre chose
qu'une foiblesse d'estomach,
ou une indigestion J'ay veu
- de jeunes gens atteints de la
fièvre hcûtque fort échaufez,
& fort extenuez 5 qui mangeoient
& qui beuvoient
mieux que moy, & dontl'eftomach
faisoit fort bien sa
fonction.Ondevrôit -conclu.
re comme fai t nostre Philosophe
,
qu'il faudroit échaufer
&dessecher dans ces maladies.
Cependant j'en ay veu guerir
pluficurs par le fcul usage du
lait, qui n'est pas fort propre
pour fortifier l'estomach,
n'aurois jamais fait si je voulois
combatre tout ce qu'il
rapporte couchant les Maladies
des Vapeurs. C'est ce qui
demanderoit plustost un volume
qu'une Lettre Je suis
pourtant fortobligé
,
Mademoiselle,
à la Doctrine nouvelle
du Philosophe, puis
qu'elle m'a procuré l'honneur
de vous adresser cette response
,& de vous asseurer que je
fuis avec beaucoup de vénération,
Vostre tresse.
Fermer
13
p. 10-22
A MADEMOISELLE DE SCUDERY.
Début :
Vous serez bien-aise, sans doute, d'entendre encore parler du Roy /Que ne puis-je au lieu d'ancre écrire avec des pleurs ! [...]
Mots clefs :
Ami, Sapho, Gloire, Mémoire, Regret, Pelisson, Filles de mémoire, Esprit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADEMOISELLE DE SCUDERY.
Vous ferez bien- aife , fans
doute, d'entendre encore par
ler du Roy dans une Epiſtre
en Vers qui a efté écrite fur la
mort de M' Peliffon , dont les
GALANT.
II
grandes qualitez vous eftoient
connuës . Elle eft de Mr Betoulaud
, qui a esté approuvé
de tout le monde dans la juf
tice qu'il a renduë à cet illuftre
Défunt.
52255252 22 SSSSS25
A MADEMOISELLE
DE SCUDERY.
Q
écrire
avec
Ve ne puis -je au lieu d'ancre
écrire avec des pleurs !
Meslarmes vous peindroient mesfen
fibles douleurs ,
Et vous verriez, SAP HO, ma trif
teffe mortelle
12 MERCURE
Meflée avec le nom de noftre Amy fdelle.
Helas ! nous le perdons , & Peliffon
n'est plus.
Vos regrets & les miens maintenant
Superflus
Ne fçauroient l'arracher à la Parque
inflexible ,
Et c'est le feul miracle à vos mains.
impoffible.
Si la Religion, fil'Honneur ,fi Themiss
Si la rare Vertu qui lug fil tant d'Amisj
Si la Cour d'Apollon , fi l'Esprit , fi
la Gloire ,
Qui fuit les Favoris des Filles de
Memoire
Pouvoient ſe joindre à nouspour lug
rendre le jour ,
Ee d'une Ombre qui fuit procurer le
retour,
GALANT 13
Vainqueur des froids Cyprés qui couvrirent
fa biére
·Bien-toft ce cher Amy reverroit la lu
miere.
Mais que nous fert l'ardeur de ces
vaux impuiffans ,
Etqu'avez-vous pour luy qu'un pes
de foible encens ,
Quife mellant au bruit que fait la
Renommée ,
Exhale aprés les Morts un refte de
fumée ?
C'eft par là feulement que nous pou
vons guerir
La bleffure du coeur toujours preste à
s'ouvrir,
Quand d'un Amy qui fut l'ornement
de noftre âge
Nous nous traçons encor une lugubre
Image.
Les Mufes dont il fut fi tendrement
chery ,
14 MERCURE
De leur plus pur Nectar l'avoient
d'abord nourry
Pindare , Anacreon dans votre Cour
galante
Brillerent tour à tour fous l'heureux
nom d'Acante....
Homere en fa faveur reprenant le
pinceau
Tvint d'Eurimedon * achever le Tableau.
Mais des Cygnes fameux abandonnant
la place ,
Et s'élevant depuis plus haut que le
Parnaffe ,
En Aigle qui voloit dans le fein du
Soleil,
Et qui s'y remplißoit defon feufans
pareil ,
Il joignoit feulement à son culte fi
delle
Poëme fait dans la Baftille .
GALANT.
15
De nos facrez Autels la défenſe immortelle.
Ce n'eftoit plus l'Erreur fuccée avec
le lait ;
Ce monftre en fon efprit fincerement
défait,
Eftoit,grace à la Foy, grace aufçavoir
Sublime >
DesfaintesVeritezdevenu la victime.
Sapho , vous lefçavez , & vous fçavez
encor ,
Vous qui de fon efprit viftes le noble
effor,
Qu'aprés Dien qu'il fervoit d'une
ardeur fi conftante,
LOVIS feul fut l'objet de fa plume
éloquente.
Veiller pour le montrer aux fiecles à
venir ,
Tel qu'à peine nos yeux le peuvent
Soûtenirs
16 MERCURE
Unir tous les rayons qui composent
Sa gloire
Pour la mettre en dépoftan Temple de
Memoire ;
Le peindre environné d'heroïques
vertus ,
·D'Ennemis fubjuguez , de Monftres
}
abattus ,
Et démêler enfin cettefageffe immenfe
Qui de tout l'Universfait triompher
la France ,
Furent les dignes foins de noftre illuftre
Amy,
Qui pour ce grand Tableau qu'il n'a
fait qu'à demy,
Et dont la feule ébauche étonnera
l'Envie ,
Helas ! devoit encor avoir mille ans
de vie.
Mais fon efprit formé de tant d'ef
prits divers ,
GALANT 17
Admirable en Hiftoire , en Eloges , en
Vers
En Lettres
choifie ,
en Morale épurée &
En foudres pleins d'éclairs quifras
poient l'Herefie ,
Pouvoit-il égaler fon coeur fi genereux
;
Sigrand pour fes Amis heureux on
malheureux
,
Si
iplein de probité, d'égalité conftante,
D'équité , de candeur , de bonté bien.
faifante?
Homme du fiecle d'or qui vivoit parmy
nous,
On ne voyoit chez luy ny l'indigne
couroux ,
Ny l'attrait des plaifirs , ny l'amour
des richeffes ,
Ny l'oubly des bienfaits , ny les lâches
adreffes,
May 1693.
B
18 MERCURE
Ny la fecrete envie à l'oeil plein de
poison
D'un venin dangereux infecter fa
raison.
Ilfembloit que le Ciel,pourformerfa
belle Ame ,
De quelque Aftre brillant euft em
prunté fa flame ;
Mais cet Aftre, Sapho , s'est éteint à
nos yeux ,
Il s'eft perdu pour nous dans l'espace
des Cieux.
Comme on peut toutefois juſque dans
l'Empyrée ,
Et dans les vaftes champs de la voûte
azurée
Conferver de la terre un fouvenir
charmant ,
L'Image de LOVIS l'y fuit incef-
Samment.
J
Il s'y retrace encor ce Heros magnanime
GALANT. 19
Le comblant de bonte « luy donnant
fou eftime
Honneur qu'il préferoit aux plus ria
ches trésors ,
Et qui fçait le toucher même au fe➜
jour des Morts.
Ah! s'il pouvoit auffi, malgré la loy
preferite ,
Revenir fur la terre honorer le merite,
Sapho, bien-toft fon Ombre errante autour
de vous
Revoleroit aux foins qui luy furent
fi doux.
Il reviendroit bientoft environné de
gloire
Louer vostre courage à fauver sa
memoire ;
A le défendre encorjuſqu'an feiu du
tombeau ,
Et de la verité luy preftant leflambeau
Bij
20 MERCURE '
Diffiper l'impofture &fes noires tene
bres ,
Qui vouloient offufquer des vertus
fi celebres.
Illuftres Succeffeurs
qu'il a peints ,
des Sçavans
Et qui femblent toujours animez par
fes mains ,
Yous ,genereux Rivaux , dont l'art
noble &fublime
Sçait graver en traits d'or voftre éclatante
eftime,
Luy refuferez- vous ces marbres éternels
, a
Où vous fauvez les noms des plus
fameux Mortels ?
Pour moy, fi je pouvois avec la main
des Graces
De voſtre heureux burin fuivre à mon
tour les traces ,
Meffieurs de l'Academie Françoiſe.
GALANT. 21
Au lieu de me livrer en proye à mes
douleurs,
Sije pouvois tarir les fources de mer
pleurs
Vous me verriez bien-toft , dans l'ardeurde
mon zele ,
Elayer d'imiter votre adreſſe immortelle.
Mais qui pourra , Sapho , vous égaler
jamais ,
Dés que vous fufpendrez le cours de
vos regrets ?
Pelliffon paroiftra vivant &plein de
gloire ,
Sous les plus verts lauriers des Filles
de Memoire ,
Quand vous raffemblerez par voftre
art fans pareil
Mille rayons plus purs que tous ceux
du Soleil,
22 MERCURE
Pour peindre cet Amy , qui brillang
de lumiere
D'une trace d'éclairs a remply ſa
carriere .
doute, d'entendre encore par
ler du Roy dans une Epiſtre
en Vers qui a efté écrite fur la
mort de M' Peliffon , dont les
GALANT.
II
grandes qualitez vous eftoient
connuës . Elle eft de Mr Betoulaud
, qui a esté approuvé
de tout le monde dans la juf
tice qu'il a renduë à cet illuftre
Défunt.
52255252 22 SSSSS25
A MADEMOISELLE
DE SCUDERY.
Q
écrire
avec
Ve ne puis -je au lieu d'ancre
écrire avec des pleurs !
Meslarmes vous peindroient mesfen
fibles douleurs ,
Et vous verriez, SAP HO, ma trif
teffe mortelle
12 MERCURE
Meflée avec le nom de noftre Amy fdelle.
Helas ! nous le perdons , & Peliffon
n'est plus.
Vos regrets & les miens maintenant
Superflus
Ne fçauroient l'arracher à la Parque
inflexible ,
Et c'est le feul miracle à vos mains.
impoffible.
Si la Religion, fil'Honneur ,fi Themiss
Si la rare Vertu qui lug fil tant d'Amisj
Si la Cour d'Apollon , fi l'Esprit , fi
la Gloire ,
Qui fuit les Favoris des Filles de
Memoire
Pouvoient ſe joindre à nouspour lug
rendre le jour ,
Ee d'une Ombre qui fuit procurer le
retour,
GALANT 13
Vainqueur des froids Cyprés qui couvrirent
fa biére
·Bien-toft ce cher Amy reverroit la lu
miere.
Mais que nous fert l'ardeur de ces
vaux impuiffans ,
Etqu'avez-vous pour luy qu'un pes
de foible encens ,
Quife mellant au bruit que fait la
Renommée ,
Exhale aprés les Morts un refte de
fumée ?
C'eft par là feulement que nous pou
vons guerir
La bleffure du coeur toujours preste à
s'ouvrir,
Quand d'un Amy qui fut l'ornement
de noftre âge
Nous nous traçons encor une lugubre
Image.
Les Mufes dont il fut fi tendrement
chery ,
14 MERCURE
De leur plus pur Nectar l'avoient
d'abord nourry
Pindare , Anacreon dans votre Cour
galante
Brillerent tour à tour fous l'heureux
nom d'Acante....
Homere en fa faveur reprenant le
pinceau
Tvint d'Eurimedon * achever le Tableau.
Mais des Cygnes fameux abandonnant
la place ,
Et s'élevant depuis plus haut que le
Parnaffe ,
En Aigle qui voloit dans le fein du
Soleil,
Et qui s'y remplißoit defon feufans
pareil ,
Il joignoit feulement à son culte fi
delle
Poëme fait dans la Baftille .
GALANT.
15
De nos facrez Autels la défenſe immortelle.
Ce n'eftoit plus l'Erreur fuccée avec
le lait ;
Ce monftre en fon efprit fincerement
défait,
Eftoit,grace à la Foy, grace aufçavoir
Sublime >
DesfaintesVeritezdevenu la victime.
Sapho , vous lefçavez , & vous fçavez
encor ,
Vous qui de fon efprit viftes le noble
effor,
Qu'aprés Dien qu'il fervoit d'une
ardeur fi conftante,
LOVIS feul fut l'objet de fa plume
éloquente.
Veiller pour le montrer aux fiecles à
venir ,
Tel qu'à peine nos yeux le peuvent
Soûtenirs
16 MERCURE
Unir tous les rayons qui composent
Sa gloire
Pour la mettre en dépoftan Temple de
Memoire ;
Le peindre environné d'heroïques
vertus ,
·D'Ennemis fubjuguez , de Monftres
}
abattus ,
Et démêler enfin cettefageffe immenfe
Qui de tout l'Universfait triompher
la France ,
Furent les dignes foins de noftre illuftre
Amy,
Qui pour ce grand Tableau qu'il n'a
fait qu'à demy,
Et dont la feule ébauche étonnera
l'Envie ,
Helas ! devoit encor avoir mille ans
de vie.
Mais fon efprit formé de tant d'ef
prits divers ,
GALANT 17
Admirable en Hiftoire , en Eloges , en
Vers
En Lettres
choifie ,
en Morale épurée &
En foudres pleins d'éclairs quifras
poient l'Herefie ,
Pouvoit-il égaler fon coeur fi genereux
;
Sigrand pour fes Amis heureux on
malheureux
,
Si
iplein de probité, d'égalité conftante,
D'équité , de candeur , de bonté bien.
faifante?
Homme du fiecle d'or qui vivoit parmy
nous,
On ne voyoit chez luy ny l'indigne
couroux ,
Ny l'attrait des plaifirs , ny l'amour
des richeffes ,
Ny l'oubly des bienfaits , ny les lâches
adreffes,
May 1693.
B
18 MERCURE
Ny la fecrete envie à l'oeil plein de
poison
D'un venin dangereux infecter fa
raison.
Ilfembloit que le Ciel,pourformerfa
belle Ame ,
De quelque Aftre brillant euft em
prunté fa flame ;
Mais cet Aftre, Sapho , s'est éteint à
nos yeux ,
Il s'eft perdu pour nous dans l'espace
des Cieux.
Comme on peut toutefois juſque dans
l'Empyrée ,
Et dans les vaftes champs de la voûte
azurée
Conferver de la terre un fouvenir
charmant ,
L'Image de LOVIS l'y fuit incef-
Samment.
J
Il s'y retrace encor ce Heros magnanime
GALANT. 19
Le comblant de bonte « luy donnant
fou eftime
Honneur qu'il préferoit aux plus ria
ches trésors ,
Et qui fçait le toucher même au fe➜
jour des Morts.
Ah! s'il pouvoit auffi, malgré la loy
preferite ,
Revenir fur la terre honorer le merite,
Sapho, bien-toft fon Ombre errante autour
de vous
Revoleroit aux foins qui luy furent
fi doux.
Il reviendroit bientoft environné de
gloire
Louer vostre courage à fauver sa
memoire ;
A le défendre encorjuſqu'an feiu du
tombeau ,
Et de la verité luy preftant leflambeau
Bij
20 MERCURE '
Diffiper l'impofture &fes noires tene
bres ,
Qui vouloient offufquer des vertus
fi celebres.
Illuftres Succeffeurs
qu'il a peints ,
des Sçavans
Et qui femblent toujours animez par
fes mains ,
Yous ,genereux Rivaux , dont l'art
noble &fublime
Sçait graver en traits d'or voftre éclatante
eftime,
Luy refuferez- vous ces marbres éternels
, a
Où vous fauvez les noms des plus
fameux Mortels ?
Pour moy, fi je pouvois avec la main
des Graces
De voſtre heureux burin fuivre à mon
tour les traces ,
Meffieurs de l'Academie Françoiſe.
GALANT. 21
Au lieu de me livrer en proye à mes
douleurs,
Sije pouvois tarir les fources de mer
pleurs
Vous me verriez bien-toft , dans l'ardeurde
mon zele ,
Elayer d'imiter votre adreſſe immortelle.
Mais qui pourra , Sapho , vous égaler
jamais ,
Dés que vous fufpendrez le cours de
vos regrets ?
Pelliffon paroiftra vivant &plein de
gloire ,
Sous les plus verts lauriers des Filles
de Memoire ,
Quand vous raffemblerez par voftre
art fans pareil
Mille rayons plus purs que tous ceux
du Soleil,
22 MERCURE
Pour peindre cet Amy , qui brillang
de lumiere
D'une trace d'éclairs a remply ſa
carriere .
Fermer
14
p. 244-245
A MADEMOISELLE DE SCUDERY.
Début :
D'un heroïque Ami ne plaignez plus le sort, [...]
Mots clefs :
Sapho, Pelisson, Ami, Perte, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADEMOISELLE DE SCUDERY.
A
D
MADEMOISELLE
DE SCUDERY.
' Un heroïque Ami ne plaignez
plus le fort,
Confolez- vous , Sapho , la raiſon le
demande.
Vous perdez Peliffon , & cette perte eft
grande ;
Mais qui ne perd pas en fa mort ?
Le Roy perd un Sujet fidelle ,
La Robe un Magiftrat exact , jufle &
prudent ,
L'Eglife , un Défenfeur ardent,
Rempli de pieté , de doctrine & de
zele.
Pour chanter les fameux Exploits
De LOVIS redouté fur ce vafte Hemisphere
,
GALANT. 245
De LOVIS le plus grand des
Rois ,
Peliffen valoit un Homere.
Il fut des doctes Saurs le plus cher
Nourriffon ,
Et la France feroit fans ceffe
La Mere du Sçavoir & de la Politeffe,
Si chaque fiecle avoit un Peliſſon .
D
MADEMOISELLE
DE SCUDERY.
' Un heroïque Ami ne plaignez
plus le fort,
Confolez- vous , Sapho , la raiſon le
demande.
Vous perdez Peliffon , & cette perte eft
grande ;
Mais qui ne perd pas en fa mort ?
Le Roy perd un Sujet fidelle ,
La Robe un Magiftrat exact , jufle &
prudent ,
L'Eglife , un Défenfeur ardent,
Rempli de pieté , de doctrine & de
zele.
Pour chanter les fameux Exploits
De LOVIS redouté fur ce vafte Hemisphere
,
GALANT. 245
De LOVIS le plus grand des
Rois ,
Peliffen valoit un Homere.
Il fut des doctes Saurs le plus cher
Nourriffon ,
Et la France feroit fans ceffe
La Mere du Sçavoir & de la Politeffe,
Si chaque fiecle avoit un Peliſſon .
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15
p. 186-187
POUR MADEMOISELLE DE SCUDERY.
Début :
Mr Magnin, de l'Academie Royale d'Arles, a fait des / Le corps est une Aloüette qui s'éleve en chantant vers le [...]
Mots clefs :
Devises, Alouette, Soleil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POUR MADEMOISELLE DE SCUDERY.
M
'
Magnin
,
de l'Acade-
mie Royale
d'Arles
,
a fait
des
Deviles pour
toutes ces
Mu-
fes
.
GALANT. 187
"
I
POUR MADEMOISELLE
DE
SCUDERY
.
Le
corps
eft
une
Alouette
qui
s'éleve
en
chantant
vers
le
Soleil
.
Le
mot
;
ET PHOE
BO
SCIT DIGNA LOQUI.
Quand
cet
Aftre glorieux
Anime
fon
allegreffe
,
Elle
s'éleve
fans
ceffe
,
Et le cherche vers les Cieux .
Depuis le temps qu'elle chante,
Qui ne voit pas aujourd'huy,
Que fa voix douce & tou-
chante
N'eft
pas indigne de lay?
'
Magnin
,
de l'Acade-
mie Royale
d'Arles
,
a fait
des
Deviles pour
toutes ces
Mu-
fes
.
GALANT. 187
"
I
POUR MADEMOISELLE
DE
SCUDERY
.
Le
corps
eft
une
Alouette
qui
s'éleve
en
chantant
vers
le
Soleil
.
Le
mot
;
ET PHOE
BO
SCIT DIGNA LOQUI.
Quand
cet
Aftre glorieux
Anime
fon
allegreffe
,
Elle
s'éleve
fans
ceffe
,
Et le cherche vers les Cieux .
Depuis le temps qu'elle chante,
Qui ne voit pas aujourd'huy,
Que fa voix douce & tou-
chante
N'eft
pas indigne de lay?
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16
p. 102-105
LE TEMPS A Mademoiselle de Scudery,
Début :
Je vous ay déja parlé d'Etrennes. Il ne faut pas oublier / Ce n'est qu'un seul moment, Sapho, que je m'arreste, [...]
Mots clefs :
Sapho, Temps, Louis, Gloire, Victoire, Mémoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE TEMPS A Mademoiselle de Scudery,
Je vous ay
déja
parlé
d'E
trennes
.
Il
ne
Il
ne
faut
pas oublier
celles
que
M
'
de Betouland
envoya de
Bordeaux
à
Ma-
demoiſelle
de Scudery
,
le
premier
jour
de
cette
année
.
C'eftoit une belle Cornaline
antique
&
Grecque
,
fur
la-
quelle
le
Temps
eft
tres
-
bien
gravé, avec fes ailes déployées
& fa faux. Elle eftoit accom-
pagnée de ces Vers .
GALANT
.
103
LE
TEMPS
.
A
Mademoiſelle de Scudery
,
CE
'
E
n'eft
qu'un feul
moment
,
Sa-
pho
,
que
je
m'arreſte
Et pour
un
vol
leger-
mon
aile
eft
tou
jours
prefte ;
Mais malgré mon chemin qu'on ne
voit point finir ,
Et qui me conduira dans le vaſte
avenir
Pourray-je m'empefcher de respecter
Sans ceffe
De
voftre efprit
charmant
l'aimable
politeje
?
De ma
terrible
faux
ne craignez
point
les coups ,Elle
ne peut agir fur
LOVIS
,
ny
fur vous
.
I
iiij
104
MERCURE
F'ay
détruit
mille
Rois
&
mille
Etats
celebres
,
F'ay répandu
fur
eux
d'éternelles
tenebres
,
Leur nom mefme eft perdu dans le
cabos des ans ;
Mais
Louis
,
que
le
Ciel
guide à pas
éclatans
,
Doit-
il
craindre
un
tel
fort
pour Pil
luftre carriere
,
Où tout n'est que triomphe , &mira-
cle & lumiere ?
La
Victoire attachée
à son
nom
glo-
rieux
,
Le défend de
l'oubly
des
hommes
&
des
Dicux
.
Vous
le
Sçavez
,
Sapho
,
mais
un
inftant volage,
Apeine vous laiffant remarquer mon
vifage
?
Et mefentant gliffer fous mes pieds
fugitifs
GALANT
.
105
Peindrois-je ce grand Roy
affez vifs ?
de
rayons
Il
faut
plus de
repos
,
ma
courſe
eft
trop
rapide
,
Et
vous
tracerez
mieux
un
fi
fa-
meux
Alcide
.
Bacontez fes
hauts
faits
;
Echo
de
voftre
voix
Dans
lesfiecles
futursj'en
inſtruiray
cent Rois
,
Qui
malgré
mille exploits
d'immers
telle
memoire
,
Ne
pourront
égaler la
moitié
de
fa
gloire
déja
parlé
d'E
trennes
.
Il
ne
Il
ne
faut
pas oublier
celles
que
M
'
de Betouland
envoya de
Bordeaux
à
Ma-
demoiſelle
de Scudery
,
le
premier
jour
de
cette
année
.
C'eftoit une belle Cornaline
antique
&
Grecque
,
fur
la-
quelle
le
Temps
eft
tres
-
bien
gravé, avec fes ailes déployées
& fa faux. Elle eftoit accom-
pagnée de ces Vers .
GALANT
.
103
LE
TEMPS
.
A
Mademoiſelle de Scudery
,
CE
'
E
n'eft
qu'un feul
moment
,
Sa-
pho
,
que
je
m'arreſte
Et pour
un
vol
leger-
mon
aile
eft
tou
jours
prefte ;
Mais malgré mon chemin qu'on ne
voit point finir ,
Et qui me conduira dans le vaſte
avenir
Pourray-je m'empefcher de respecter
Sans ceffe
De
voftre efprit
charmant
l'aimable
politeje
?
De ma
terrible
faux
ne craignez
point
les coups ,Elle
ne peut agir fur
LOVIS
,
ny
fur vous
.
I
iiij
104
MERCURE
F'ay
détruit
mille
Rois
&
mille
Etats
celebres
,
F'ay répandu
fur
eux
d'éternelles
tenebres
,
Leur nom mefme eft perdu dans le
cabos des ans ;
Mais
Louis
,
que
le
Ciel
guide à pas
éclatans
,
Doit-
il
craindre
un
tel
fort
pour Pil
luftre carriere
,
Où tout n'est que triomphe , &mira-
cle & lumiere ?
La
Victoire attachée
à son
nom
glo-
rieux
,
Le défend de
l'oubly
des
hommes
&
des
Dicux
.
Vous
le
Sçavez
,
Sapho
,
mais
un
inftant volage,
Apeine vous laiffant remarquer mon
vifage
?
Et mefentant gliffer fous mes pieds
fugitifs
GALANT
.
105
Peindrois-je ce grand Roy
affez vifs ?
de
rayons
Il
faut
plus de
repos
,
ma
courſe
eft
trop
rapide
,
Et
vous
tracerez
mieux
un
fi
fa-
meux
Alcide
.
Bacontez fes
hauts
faits
;
Echo
de
voftre
voix
Dans
lesfiecles
futursj'en
inſtruiray
cent Rois
,
Qui
malgré
mille exploits
d'immers
telle
memoire
,
Ne
pourront
égaler la
moitié
de
fa
gloire
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17
p. 107
Madrigal sur le mesme sujet. [titre d'après la table]
Début :
Cette réponse de Mademoiselle de Scudery a donné lieu à / De ces Eloges éclatans [...]
Mots clefs :
Sapho, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Madrigal sur le mesme sujet. [titre d'après la table]
Cette réponse
de
Made-
moifelle
de Scudery
,
a
don-
né
lieu
à
M
'
de
Boifquillon
,
tres
digne Academicien
de
l'Academie de
Soiffons
,
de
luy
adreffer cc
Madrigal
.
DE
ces
Ꭰ
E
ces
Eloges
éclatans
Vous
avez
beau
combler le
Temps
;
Contre luy
je
fuis
en
colere
.
Sapho
, loin
de
paſſer
d'une
aile
fàlegere
,
Il devroit s'arrefter fur cent faits
inoüis.
Peut- il mieux s'employer qu'à celen
brer
LOVIS ?
de
Made-
moifelle
de Scudery
,
a
don-
né
lieu
à
M
'
de
Boifquillon
,
tres
digne Academicien
de
l'Academie de
Soiffons
,
de
luy
adreffer cc
Madrigal
.
DE
ces
Ꭰ
E
ces
Eloges
éclatans
Vous
avez
beau
combler le
Temps
;
Contre luy
je
fuis
en
colere
.
Sapho
, loin
de
paſſer
d'une
aile
fàlegere
,
Il devroit s'arrefter fur cent faits
inoüis.
Peut- il mieux s'employer qu'à celen
brer
LOVIS ?
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18
p. 52-53
DAPHNIS A LA FAUVETTE De l'Illustre Sapho.
Début :
Il n'y a personne à qui le Dialogue d'Acante & de la / Si-tost que le Zephir commence à soupirer [...]
Mots clefs :
Sapho, Acante, Fauvette
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DAPHNIS A LA FAUVETTE De l'Illustre Sapho.
Il n'y a perfonne à qui le
Dialogue d'Acante & de la
Fauvette ne foit connu. On
fçait qui eft ce fameux Acante
, & la Fauvette, que fes Vers
ont rendu fi confiderable ,
meritoit bien ceux que M' de
Bofquillon , l'un des Academiciens
de l'Academie Royale
de Soiffons , luy vient d'adreffer
fous ce titre.
GALANT.
53
C
11
11.
rs
1
DAPHNIS
A LA FAUV BT TE
De l'Illuftre Sapho .
I-toft que le Zephir commence
à foupirer S¹a
Pour les jeunes attraits de la charmante
Fiore ,
Le zele ardent qui te devore ,
Tous les ans vers Sapho prend fein
de l'attirer
L'excès d'une amitié fi conftante , fi
belle ,
Paroist à noftre fecle un fpectacle
nouveau ;
Mais taMaitreffe eft ton modele,
Soncoeur , pour fes Amis , generoux
& fidelle ,
Sçait porter la tendreſſe au delà du
tombeau.
Dialogue d'Acante & de la
Fauvette ne foit connu. On
fçait qui eft ce fameux Acante
, & la Fauvette, que fes Vers
ont rendu fi confiderable ,
meritoit bien ceux que M' de
Bofquillon , l'un des Academiciens
de l'Academie Royale
de Soiffons , luy vient d'adreffer
fous ce titre.
GALANT.
53
C
11
11.
rs
1
DAPHNIS
A LA FAUV BT TE
De l'Illuftre Sapho .
I-toft que le Zephir commence
à foupirer S¹a
Pour les jeunes attraits de la charmante
Fiore ,
Le zele ardent qui te devore ,
Tous les ans vers Sapho prend fein
de l'attirer
L'excès d'une amitié fi conftante , fi
belle ,
Paroist à noftre fecle un fpectacle
nouveau ;
Mais taMaitreffe eft ton modele,
Soncoeur , pour fes Amis , generoux
& fidelle ,
Sçait porter la tendreſſe au delà du
tombeau.
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19
p. 93-9[6]
LA VICTOIRE A Mademoiselle de Scudery.
Début :
Vous puis-je ouvrir, Sapho, tout le fond de mon ame ? [...]
Mots clefs :
Sapho, Victoire, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA VICTOIRE A Mademoiselle de Scudery.
LA VICTOIRE
A Mademoiſelle de Scudery .
Vo
Ous puis-je ouvrir, Sapho , tout
le fond mon ame ?
Il eft vray , LOVIS feul m'enflâme
,
Ie ne guide plus que fon Char.
En quelque lieu qu'il marche , en
quelque lien qu'il tonne,
Ie luy porte auffi - toft la Palme &
la Couronne ,
Que j'offrois jadis à Cefar.
$
De fes bords renommez Déeffe tu
telaire,
Pour le fervir , & pour luy
plaire ,
Sans regret je quitte les Cieux ,
94 MERCURE
Eft- il quelque rocher où pour luy
je ne grimpe ?
Tous fes Camps ont pour moy
attraits de l'Olympe ,
les
I'y croy voir le Maistre des
Dieux.
2
Cependant quandfon coeurfigrand,
fi magnanime ,
3
Iufqu'au bout du monde m'anime,
Et m'embrafe toute pour luy ,
Se peut -il qu'à fon tour , parmy
Le bruit des armes ,
Ce Heros trop modefte aux douceurs
de mes charmes
Soit fi peu fenfible aujourd'huy ?
Quoy! depuis fon berceau qu'il voit
mes (oins fidelles ,
Et que pour luy feul jay des
Sailes
,
GALANT.
95
Pour voler d'abord fur fes pas ,
Le verray je toujours fi prompt à
fe défendre
De ce encens fi pur qu' Alcide &
qu'Alexandre
Autrefois ne refufoient pas ?
Je viens m'en plaindre à vous dans
mon refpect extrême ;
N'ofant pas m'en plaindre à
gr luy-mesme ,
Ne pourriez vous point le changer
?
Est-ce que vofire efprit , que veſtre
noble adreffe ,
Sapho , d'une exceffive & trop haute
fageffe ,
Nefçauroient pas le corriger ?
Que les ordres d'un Roy fi fameux
fur la terregin ] DASS
92 MERCURE
Si femblable au Dieu de la
guerre ,
Soient par moy du moins tous
remplis ,
Et que du moins fa main fi brillante
de gloire
Se ferve auffi fouvent du Sceau de
la Victoire
Que de celuy des Fleurs de Lis.
A Mademoiſelle de Scudery .
Vo
Ous puis-je ouvrir, Sapho , tout
le fond mon ame ?
Il eft vray , LOVIS feul m'enflâme
,
Ie ne guide plus que fon Char.
En quelque lieu qu'il marche , en
quelque lien qu'il tonne,
Ie luy porte auffi - toft la Palme &
la Couronne ,
Que j'offrois jadis à Cefar.
$
De fes bords renommez Déeffe tu
telaire,
Pour le fervir , & pour luy
plaire ,
Sans regret je quitte les Cieux ,
94 MERCURE
Eft- il quelque rocher où pour luy
je ne grimpe ?
Tous fes Camps ont pour moy
attraits de l'Olympe ,
les
I'y croy voir le Maistre des
Dieux.
2
Cependant quandfon coeurfigrand,
fi magnanime ,
3
Iufqu'au bout du monde m'anime,
Et m'embrafe toute pour luy ,
Se peut -il qu'à fon tour , parmy
Le bruit des armes ,
Ce Heros trop modefte aux douceurs
de mes charmes
Soit fi peu fenfible aujourd'huy ?
Quoy! depuis fon berceau qu'il voit
mes (oins fidelles ,
Et que pour luy feul jay des
Sailes
,
GALANT.
95
Pour voler d'abord fur fes pas ,
Le verray je toujours fi prompt à
fe défendre
De ce encens fi pur qu' Alcide &
qu'Alexandre
Autrefois ne refufoient pas ?
Je viens m'en plaindre à vous dans
mon refpect extrême ;
N'ofant pas m'en plaindre à
gr luy-mesme ,
Ne pourriez vous point le changer
?
Est-ce que vofire efprit , que veſtre
noble adreffe ,
Sapho , d'une exceffive & trop haute
fageffe ,
Nefçauroient pas le corriger ?
Que les ordres d'un Roy fi fameux
fur la terregin ] DASS
92 MERCURE
Si femblable au Dieu de la
guerre ,
Soient par moy du moins tous
remplis ,
Et que du moins fa main fi brillante
de gloire
Se ferve auffi fouvent du Sceau de
la Victoire
Que de celuy des Fleurs de Lis.
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20
p. 97-102
Autres Vers à Mademoiselle de Scudery, avec réponse. [titre d'après la table]
Début :
Ces autres Vers ont esté adressez par Mr de Betoulaud / La prompte Renommée & l'aimable Victoire, [...]
Mots clefs :
Victoire, Héros, Louis, Temps
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autres Vers à Mademoiselle de Scudery, avec réponse. [titre d'après la table]
Ces autres Vers ont efte
adreffez par M' de Betoulaud
à Mademoiſelle de Scudery.
Octobre 1694.
I
28 MERCURE
Aprompte Renommée & l'aimable
Victoire
Fille de la valeur & Mere de la
gloire ,
Difputoient tour à tour qui d'elles
[ervoit mieux
Le Heros que le Ciel fait regner
en ces lieux.
La Victoire difait , Doutez- vous
de mon zele ?
Vous voyez mon ardeur dés que
LOVIS m'appelle .
Bien que l'Envie affreuse en gemiffe
aujourd'huy,
Garday-jomes Lauriers pour d'autres
que pour luy ?
Quel Hellar aujourd'huy refifte à
cet Achille ?
Et le Rhin & la Meufe enmiracles
fertiles ,
1
GALANT .
99
Erle Ter , & le Po fugitif , plein
d'effroy ,
Diront comme je vole au gré de ce
grand Roy.
Me laffai-je un inftant malgré le
nombre immenfe
De fes fiers Ennemis jaloux de fa
puiffance ?
Ne lai-je pas fuivi jufque fous
ces Rampars ,
D'où la Mort en fureur voloit de
toutes parts ?
Louis efface en moy par fon ame
intrepide
L'aimable fouvenir & de Mars &
d'Alcide.
Avoient-ils fur la terre , avoient¬
Bils fur les mers
A latter comme luy contre tout l'1-
·nivers ¿
Inerra
Jupiter que j'aidois à lancer le ton
I ij
100 MERCURE
Ne foudroya pas mieux les Geants
de la terre.
'La Renommée alors en élevant fa
voix
,
S'écria , Pouvez- vous me difputer
mes droits ?
Que feriez- vous fans moy , redoatable
Victoire ?
C'eft moy qui de Louis ay public la
[ loin ? gloire.
Pour quel autre Heros ai-je volé fi
Comme l'ardent Midy , le Nort en
eft témoin.
Mais ma voix , qu'on entend du
Couchant à l'Aurore ,
boar Per fes faits inouis feroit trop
foible encore.
Si,pour les porter même aux oreilles
des Dieux ,
Je ne la redoublois juſqu'auplas
haus des Cieux.
GALANT . 101
Vous prenez , il eft vrai , vos plus.
rapides ailes ,
Pour moiffonnerpour luy mille Pal
mes nouvelles ;
Icy vous prévenez, là vous fuivez
fes pas,
Et refervant pour luy vos plas
charmans appas ,
Vous voulez, en dépit de l'infernale
envie,
Conduire encor fon Char tout le
temps de fa vie.
Mais mes foins par fes jours ne
feront point bornez,
Et c'eft moy qui fans vous aux humains
étonnez,
En cent climats divèrs de la terre &
de l'onde { du monde
Conterai fes exploits jufqu'à lafin
Et jufga au dernierjour où le Temps
arrefté
I iij
102 MERCURE
Sur les ailes des ans ne fera plus
porté.
S
Vous qui prés de la Seine entendez
ces Déeffes ,
Des Heros & des Dieux immor-
Les
Maiftreffesưn
Et qui pouvezjuger comme un autre
Paris ,
A qui donnerez- vous la Couronne
& le Prix ?
adreffez par M' de Betoulaud
à Mademoiſelle de Scudery.
Octobre 1694.
I
28 MERCURE
Aprompte Renommée & l'aimable
Victoire
Fille de la valeur & Mere de la
gloire ,
Difputoient tour à tour qui d'elles
[ervoit mieux
Le Heros que le Ciel fait regner
en ces lieux.
La Victoire difait , Doutez- vous
de mon zele ?
Vous voyez mon ardeur dés que
LOVIS m'appelle .
Bien que l'Envie affreuse en gemiffe
aujourd'huy,
Garday-jomes Lauriers pour d'autres
que pour luy ?
Quel Hellar aujourd'huy refifte à
cet Achille ?
Et le Rhin & la Meufe enmiracles
fertiles ,
1
GALANT .
99
Erle Ter , & le Po fugitif , plein
d'effroy ,
Diront comme je vole au gré de ce
grand Roy.
Me laffai-je un inftant malgré le
nombre immenfe
De fes fiers Ennemis jaloux de fa
puiffance ?
Ne lai-je pas fuivi jufque fous
ces Rampars ,
D'où la Mort en fureur voloit de
toutes parts ?
Louis efface en moy par fon ame
intrepide
L'aimable fouvenir & de Mars &
d'Alcide.
Avoient-ils fur la terre , avoient¬
Bils fur les mers
A latter comme luy contre tout l'1-
·nivers ¿
Inerra
Jupiter que j'aidois à lancer le ton
I ij
100 MERCURE
Ne foudroya pas mieux les Geants
de la terre.
'La Renommée alors en élevant fa
voix
,
S'écria , Pouvez- vous me difputer
mes droits ?
Que feriez- vous fans moy , redoatable
Victoire ?
C'eft moy qui de Louis ay public la
[ loin ? gloire.
Pour quel autre Heros ai-je volé fi
Comme l'ardent Midy , le Nort en
eft témoin.
Mais ma voix , qu'on entend du
Couchant à l'Aurore ,
boar Per fes faits inouis feroit trop
foible encore.
Si,pour les porter même aux oreilles
des Dieux ,
Je ne la redoublois juſqu'auplas
haus des Cieux.
GALANT . 101
Vous prenez , il eft vrai , vos plus.
rapides ailes ,
Pour moiffonnerpour luy mille Pal
mes nouvelles ;
Icy vous prévenez, là vous fuivez
fes pas,
Et refervant pour luy vos plas
charmans appas ,
Vous voulez, en dépit de l'infernale
envie,
Conduire encor fon Char tout le
temps de fa vie.
Mais mes foins par fes jours ne
feront point bornez,
Et c'eft moy qui fans vous aux humains
étonnez,
En cent climats divèrs de la terre &
de l'onde { du monde
Conterai fes exploits jufqu'à lafin
Et jufga au dernierjour où le Temps
arrefté
I iij
102 MERCURE
Sur les ailes des ans ne fera plus
porté.
S
Vous qui prés de la Seine entendez
ces Déeffes ,
Des Heros & des Dieux immor-
Les
Maiftreffesưn
Et qui pouvezjuger comme un autre
Paris ,
A qui donnerez- vous la Couronne
& le Prix ?
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Pas de résultat.