Résultats : 1121 textes (indexation en cours)
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Liste
1001
p. 121-140
MORTS.
Début :
Dame Anne Morin, veuve de Messire Henry Loüis Habert de [...]
Mots clefs :
Seigneur, Fille, Dame, Roi, Conseiller au Parlement, Femme, Famille, Enfants, Paris, Maître des requêtes
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS. ..
11.
Dame Anne Morin , veuve
de Meffire Henry Loüis Habert
de Montmor , Maiſtre
des Requeſtes , mourut le
Decembre 1715. fans poſteri.
té : Elle eſtoit fille de Jacques
Morin, Secretaire du Roy &
Maistre d'Hoſtel ordinaire de
Janvier 1716. L
:
122 MERCURE
Sa Majefté , & d'Anne Yvelin ;
Elle avoit pour fooeurs aifnées
feuë Dame Marie- Marguerite
Morin,femme de Meffire Jean
Comte d'Eſtrées , & de Tourpes
, Maréchal & Vice- Amiral
de France , Chevalier des
Ordres du Roy , duquel elle
a laiſſé pour enfants M. le
Maréchal d'Estrées & M. l'Ab .
bé d'Eſtrées , nommé à l'Ar
cheveſché de Cambray ; &
Dame Françoiſe Morin , premiere
femme de Meffire Phílippes
de Courcillon Marquis
de Dangeau , Chevalier des
Ordres du Roy , Chevalier
GALANT . 12
d'honneur de feuë Madame la
Dauphine , Grand Maiſtre des
Ordres de Mont Carmel &de
S. Lazare , Conſeiller d'Etat
d'Epée , & Gouverneur de la
Province de Touraine , morte
en 1682. laiſſant pour fille
unique Dame Marie - Anne-
Jeanne de Courcillon de Dangeau
, à preſent veuve deMeffire
Honoré Charles d'Albert,
Duc de Montfort , & mere de
M. le Duc de Luynes: feu
M. de Montmor avoit épouſé
en premieres noces Marie-
Claude Phelypeaux de Pontchartrain
, foeur de M. de Pont-
Lij
124 MERCURE
chartrain , ci devant Chancelick
de France , laquelle mourut
auſſi ſans enfans . Il eſtoit
frere de Meffire Louis Habert,
Evefque de Perpignan , mort
en 1695. de Meffire Jean
Loüis Habert , Seigneur du
Meſnil , Maiſtre des Requeſtes,
marié avec N... Nicole
de la Reynie, fille de feu M,
de la Reynie , Conſeiller d'Etat
ordinaire , de laquelle il n'a
point d'enfans ; d'Anne Loüife
Habert , femme de Meffire
Nicolas Jehannot de Bartillac,
Lieutenant General des Armées
du Roy , duquel elle a
GALANT . 125
laiflé des enfans ; & de Claude-
Magdelaine Habert , femme
de Bernard Del Rieu , premier
Maiſtre d'Hoſtel du Roy, dont
elle a eu M. de Rieu du Fargis,
Chambellan de Monseigneur
le Duc d'Orleans : Ils eſtoient
tous enfans de Meffire Henry
Loüis Habert , Seigneur de
Montmor , mort Doyen des
Maiſtres des Requeſtes , & de
Dame Henriette de Buade de
Frontenac ,& petits enfans de
Jean Habert , Seigneur de
Montmor , Treſorier General
de l'Erat des Guerres , lequel
eſtoit fils de Loüis Habert ,
Lij
- 126 MERCURE
Seigneur duMeſnil , Secretaire
dukoy,Treſorier de l'Extraordinaire
des Guerres en 1584,
&Confeiller d'Etat.
Meffire Philippes de la Porte,
Maistre des Comptes honoraire
, mourut le 14. Decembre
1715. laiſſant de feuë Anne
Picques ſon épouſe , morte
en 1694. Jacques de la Porte ,
reçû Maiſtre des Comptes au
lieu de ſon pere en 1697 &
Anne- Françoiſe de la Porte ,
femme de M.fſfire Claude Anjorrand,
Confeiller au Parlement
, & Commiſſaire au Requeſtes
du Palais , morte en
1709 . 4
GALANT. 127
.
Religieux Seigneur Frere
François du Moncel de Martinvaft
, Grand Croix de l'Ordre
de S. Jean de Jerufalem ,
GrandTreforier duditOrdre ,
&Commandeur de Villers au
Liege, mourut le 24. Decembre
1715. il avoit fait ſes preuves
pour ſa Reception dans cet
Ordre au Grand Prieuré de
France le 24. May 1653. par
leſquelles il ſe juſtifie qu'il fortoit
d'une famille ancienne &
diftinguée dans la Province de
Normandie , où elle ſubſiſte
encore dans l'Eveſché de Coutances
en la perſonne deM. de
Liiij
128 MERCURE
Martinvaſt, neveu de celuyqui
donne lieu à cet article .
Meffire Urfin Camus Durand
de Pontcarré , Conſeiller
au Parlement , mourut ſans alliance
le 25. Decembre 1715 .
âgé de 42. ans ; il portoit le
nom de Durand envertu d'une
ſubſtitution faite en ſa faveur
par Urfin Durand ſon ayeul
maternel : Il eſtoit frere de
Meffire Nicolas Camus , Scigneur
de Pontcarré , premier
Préfident, du Parlement de
Normandie , & fils de Nicolas
Camus , Seigneur de Pontcarré
, Confeiller au Parle-
!
GALANT 129
ment; & de ....... Durand ,
petit fils de Nicolas Camus ,
Seigneur de Pontcarré , Confeiller
au Parlement , & d'Helene
Hallé ,& arriere petit fils
de Nicolas Camus , Seigneur
de Pontcarré , auffi Conſeiller
au Parlement, lequel étoit fils
de Geoffroy Camus , Seigneur
de Pontcarré, Maiſtre des Requeſtes
en 1673 & de Jeanne
Sanguin de Livry. La famille
de Camus eft originaire de la
Ville de Lyon , où elle eſt con
nuë depuis prés de deux cens
ans ; elle s'eſt diviſée en pluſieurs
branches qui ſont celles
130 MERCURE
des Seigneurs de Chavignicu ,
du Perron , de S. Bonner de la
Chapelle,deBagnols,d'Ivours,
d'Argini& de Chaſtillon d'Azegues
,&c.
Meffire Charles Verret, Seigneur
de S. Sulpice , Inſpecteur
general de la Marine &
des Galeres , mourut le ....
Decembre 1715. laiſſant un
fils fort jeune de ſon mariage
avec .... Ragot de la Coudraye
, ſoeur de M. Ragot de
la Coudraye , Conſeiller en la
Cour des Aydes , & fille de ...
Ragot , Seigneur de la Coudraye
, Secretaire du Roy,&
GALANT. 131
deM. de Pontchartrain , cydevant
Chancelier de France.
M. de S. Sulpice fortoit d'une
famille noble originaire du
Bléfois .
re
DameMarie-Louiſe Lully,
femme de M Pierre Thierfault
, Seigneur de Meraucourt
, mourut le ... Decembre
1715. elle estoit fille du
celebre M. Lully , Surintendant
de la Muſique du Roy ,
& elle ne laiſſe qu'une fille
dont je vous appris le mariage
avec Ma le Comte de Sourches
de la Maiſon duBoucher,
dans mon Journal du mois de
132 MERCURE
Novembre dernier.
Meffire François Phelypeaux
, Maiſtre des Requeſtes,
mourut le 19. Decembre 1715.
âgé de 26. ans , laiſſant pluſieurs
enfans de Dame ......
Voyfin de faint Paul ſa femme
, il eſtoit frere puiſné de
Jean Louis Phelypeaux , Seigneur
de Montlhery , cy-devant
Avocat du Roy au Châ
telet de Paris , & fils de feu
Melfire Jean Phelypeaux Mattre
des Requeſtes , & Intens
dantde la Generalité de Paris ,
& Confeiller d'Eltat , & de
Dame Anne de Beauharnois ,
一番
GALANT 133
& neveu de M Louis Phelypeaux
Comte de Pontchar
train , cy devant Chancelier
de France. La famille de Phe
lypeaux eft fi generalement
connuepour une des plus illuftres
de laRobe, qu'il fuffi,
ra de vous dire icy , qu'outre
unChancelier de France , elle
aaccuu l'avantage dedonnerneuf
Secretaires d'Etat , pluſieurs
grands Officiers Comman
deurs des Ordres du Roy .
pluſieurs Archeveſques &Eveſques
,&pluſieurs Confeillers
d'Etat , & qu'elle s'eſt alliée
aux Maiſons de Neufville.
$34 MERCURE
Villeroy , Crevant - d'Humieres
, de Rochechouart !
Aubuflon , la Feüillade , la
Rochefoucaud , Roye , de
Mailly , du Blé d'Huxelles.
Dame Claude Colbert ,
veuve de Meffire JacquesOl
lier SeigneurdeVerneuilCon
feiller au Parlement de Paris,
mort en 1689. & qu'elle avoit
épousé en 1658. mourut le ...
Decembre 1715. ayant eu entre
autres enfans feu Jean-
Baptifte Jacques Olier , Scigneur
de Verneuil , Maiſtre
de la Garderobe de M. le Duc
d'Orleans , qui a laiſſé des en
GALANT. 135
fans de Dame...... de Mal
herbe du Bouillon ſa femme.
Je vous ay déja tant entretenu
de la famille de Colbert , &
elle vous doit eſtre ſi connuë
par les grands Hommes qui
en font fortis , & par les alliances
illuſtres qu'elle eſt en
poffeffion de contracter , que
je mecontenteray de vous dire
icy , que feu Madame de
Verneuil eſtoit fille de Meflire
Jean Baptifte Colbert Scigneur
de Saint Pouange &de
Villacerf Conſeiller du Roy
en tous fes: Conſeils , & de
Dame Claudele Tellier ,foeur
136 MERCURE
de M. le Tellier Chancelier
de France : pour la famille
d'Ollier , elle eſt diſtinguée
depuis un temps confiderable
dans la robe , & elle eſt alliée
à la Maiſon de la Baume ,
Montrevel , & aux familles de
Molé, deThurin , de Malonde
Bercy , Daubray , & de
Paris,&c.
DameDenise Bordier,épou
ſe de Meffire Adrien Morel ,
Seigneur deCourci , Gouverneur
des Ville & Chafteau de
Valogne , & avant deMeffire
Charles de Vaffan Prefident
de laChambre des Comptes,
mourut
L
GALANT . 137
mourut le premier de ce mois,
ayant eu pour fille de ſon premier
mariage Deniſe de Vaffan
, femme de .... Truchot
Greffier enchefde la Cour des
Aydes : elle estoit fille d'Hilaire
Bordier Preſident de la
Cour des Aydes de Paris ,&
de Deniſe de Heere..
Meffire Charles Brifard ,
Abbé de S Prix à S. Quentin
,& Confeiller dela Grand
Chambre du Parlement de
Paris , mourut le 5. Janvier
1716. âgé de 81. ans ; il étois
le ſeptiémeConſeiller au Parlement
,de fon nom , depuis
Janvier 1716. M
1
138 MERCURE
Jacques Brifart fon bis ayeul,
qui fut reçudans cet Office en
1535. cette famille eft ancienne&
originaire du Perche
où elle ſubſiſte encore en plu
fieurs branches , & à Paris
dans la perſonne de M. Brifart,
neveu de feu M l'Abbé
Brifart , Lieutenant dans le
Regiment des Gardes Fran.
çoiſes , où il ſertdepuis longtemps
avec beaucoup de reputation.
1
Mafire Jean Pierre Marcdat
,Conſeiller au Parlement
deMetz , mourutle 10. Jan-
Vier 1716. :
7
GALANT. 139
Dame Antoinette - Henriette
Canaye , épouſe de
Charles François leNormant,
Seigneur de Tournchem,cydevant
Fermier General de Sa
Majcité , mourut le .... Janvier
1716. elle estoit de même
famille que M. Canaye, Confeiller
au Parlement , & fille
de Frederic Canaye Seigneur
de Freſne , & de Dame Magdelaine
de Silhans de Crevilly,
&arriere petite fille du celebre
Philippes Canaye Seigneur de
Freſne , Conſeillerd'Etat ſous
les Rois Henry III . & Henry
IV. Ambaſſadeur en Angle-
Mij
140 MERCURE
terte , en Allemagne & àVenife
, & de Dame Renée de
Courcillon de Dangeau...
Jeremets au premier mois
à vous entretenir de pluſieurs
autres, perſonnes de confideration
, qui font encore mortes
dans celuy cy , & fur tout
de Madame la Ducheſſe de
Leſdiguieres.
11.
Dame Anne Morin , veuve
de Meffire Henry Loüis Habert
de Montmor , Maiſtre
des Requeſtes , mourut le
Decembre 1715. fans poſteri.
té : Elle eſtoit fille de Jacques
Morin, Secretaire du Roy &
Maistre d'Hoſtel ordinaire de
Janvier 1716. L
:
122 MERCURE
Sa Majefté , & d'Anne Yvelin ;
Elle avoit pour fooeurs aifnées
feuë Dame Marie- Marguerite
Morin,femme de Meffire Jean
Comte d'Eſtrées , & de Tourpes
, Maréchal & Vice- Amiral
de France , Chevalier des
Ordres du Roy , duquel elle
a laiſſé pour enfants M. le
Maréchal d'Estrées & M. l'Ab .
bé d'Eſtrées , nommé à l'Ar
cheveſché de Cambray ; &
Dame Françoiſe Morin , premiere
femme de Meffire Phílippes
de Courcillon Marquis
de Dangeau , Chevalier des
Ordres du Roy , Chevalier
GALANT . 12
d'honneur de feuë Madame la
Dauphine , Grand Maiſtre des
Ordres de Mont Carmel &de
S. Lazare , Conſeiller d'Etat
d'Epée , & Gouverneur de la
Province de Touraine , morte
en 1682. laiſſant pour fille
unique Dame Marie - Anne-
Jeanne de Courcillon de Dangeau
, à preſent veuve deMeffire
Honoré Charles d'Albert,
Duc de Montfort , & mere de
M. le Duc de Luynes: feu
M. de Montmor avoit épouſé
en premieres noces Marie-
Claude Phelypeaux de Pontchartrain
, foeur de M. de Pont-
Lij
124 MERCURE
chartrain , ci devant Chancelick
de France , laquelle mourut
auſſi ſans enfans . Il eſtoit
frere de Meffire Louis Habert,
Evefque de Perpignan , mort
en 1695. de Meffire Jean
Loüis Habert , Seigneur du
Meſnil , Maiſtre des Requeſtes,
marié avec N... Nicole
de la Reynie, fille de feu M,
de la Reynie , Conſeiller d'Etat
ordinaire , de laquelle il n'a
point d'enfans ; d'Anne Loüife
Habert , femme de Meffire
Nicolas Jehannot de Bartillac,
Lieutenant General des Armées
du Roy , duquel elle a
GALANT . 125
laiflé des enfans ; & de Claude-
Magdelaine Habert , femme
de Bernard Del Rieu , premier
Maiſtre d'Hoſtel du Roy, dont
elle a eu M. de Rieu du Fargis,
Chambellan de Monseigneur
le Duc d'Orleans : Ils eſtoient
tous enfans de Meffire Henry
Loüis Habert , Seigneur de
Montmor , mort Doyen des
Maiſtres des Requeſtes , & de
Dame Henriette de Buade de
Frontenac ,& petits enfans de
Jean Habert , Seigneur de
Montmor , Treſorier General
de l'Erat des Guerres , lequel
eſtoit fils de Loüis Habert ,
Lij
- 126 MERCURE
Seigneur duMeſnil , Secretaire
dukoy,Treſorier de l'Extraordinaire
des Guerres en 1584,
&Confeiller d'Etat.
Meffire Philippes de la Porte,
Maistre des Comptes honoraire
, mourut le 14. Decembre
1715. laiſſant de feuë Anne
Picques ſon épouſe , morte
en 1694. Jacques de la Porte ,
reçû Maiſtre des Comptes au
lieu de ſon pere en 1697 &
Anne- Françoiſe de la Porte ,
femme de M.fſfire Claude Anjorrand,
Confeiller au Parlement
, & Commiſſaire au Requeſtes
du Palais , morte en
1709 . 4
GALANT. 127
.
Religieux Seigneur Frere
François du Moncel de Martinvaft
, Grand Croix de l'Ordre
de S. Jean de Jerufalem ,
GrandTreforier duditOrdre ,
&Commandeur de Villers au
Liege, mourut le 24. Decembre
1715. il avoit fait ſes preuves
pour ſa Reception dans cet
Ordre au Grand Prieuré de
France le 24. May 1653. par
leſquelles il ſe juſtifie qu'il fortoit
d'une famille ancienne &
diftinguée dans la Province de
Normandie , où elle ſubſiſte
encore dans l'Eveſché de Coutances
en la perſonne deM. de
Liiij
128 MERCURE
Martinvaſt, neveu de celuyqui
donne lieu à cet article .
Meffire Urfin Camus Durand
de Pontcarré , Conſeiller
au Parlement , mourut ſans alliance
le 25. Decembre 1715 .
âgé de 42. ans ; il portoit le
nom de Durand envertu d'une
ſubſtitution faite en ſa faveur
par Urfin Durand ſon ayeul
maternel : Il eſtoit frere de
Meffire Nicolas Camus , Scigneur
de Pontcarré , premier
Préfident, du Parlement de
Normandie , & fils de Nicolas
Camus , Seigneur de Pontcarré
, Confeiller au Parle-
!
GALANT 129
ment; & de ....... Durand ,
petit fils de Nicolas Camus ,
Seigneur de Pontcarré , Confeiller
au Parlement , & d'Helene
Hallé ,& arriere petit fils
de Nicolas Camus , Seigneur
de Pontcarré , auffi Conſeiller
au Parlement, lequel étoit fils
de Geoffroy Camus , Seigneur
de Pontcarré, Maiſtre des Requeſtes
en 1673 & de Jeanne
Sanguin de Livry. La famille
de Camus eft originaire de la
Ville de Lyon , où elle eſt con
nuë depuis prés de deux cens
ans ; elle s'eſt diviſée en pluſieurs
branches qui ſont celles
130 MERCURE
des Seigneurs de Chavignicu ,
du Perron , de S. Bonner de la
Chapelle,deBagnols,d'Ivours,
d'Argini& de Chaſtillon d'Azegues
,&c.
Meffire Charles Verret, Seigneur
de S. Sulpice , Inſpecteur
general de la Marine &
des Galeres , mourut le ....
Decembre 1715. laiſſant un
fils fort jeune de ſon mariage
avec .... Ragot de la Coudraye
, ſoeur de M. Ragot de
la Coudraye , Conſeiller en la
Cour des Aydes , & fille de ...
Ragot , Seigneur de la Coudraye
, Secretaire du Roy,&
GALANT. 131
deM. de Pontchartrain , cydevant
Chancelier de France.
M. de S. Sulpice fortoit d'une
famille noble originaire du
Bléfois .
re
DameMarie-Louiſe Lully,
femme de M Pierre Thierfault
, Seigneur de Meraucourt
, mourut le ... Decembre
1715. elle estoit fille du
celebre M. Lully , Surintendant
de la Muſique du Roy ,
& elle ne laiſſe qu'une fille
dont je vous appris le mariage
avec Ma le Comte de Sourches
de la Maiſon duBoucher,
dans mon Journal du mois de
132 MERCURE
Novembre dernier.
Meffire François Phelypeaux
, Maiſtre des Requeſtes,
mourut le 19. Decembre 1715.
âgé de 26. ans , laiſſant pluſieurs
enfans de Dame ......
Voyfin de faint Paul ſa femme
, il eſtoit frere puiſné de
Jean Louis Phelypeaux , Seigneur
de Montlhery , cy-devant
Avocat du Roy au Châ
telet de Paris , & fils de feu
Melfire Jean Phelypeaux Mattre
des Requeſtes , & Intens
dantde la Generalité de Paris ,
& Confeiller d'Eltat , & de
Dame Anne de Beauharnois ,
一番
GALANT 133
& neveu de M Louis Phelypeaux
Comte de Pontchar
train , cy devant Chancelier
de France. La famille de Phe
lypeaux eft fi generalement
connuepour une des plus illuftres
de laRobe, qu'il fuffi,
ra de vous dire icy , qu'outre
unChancelier de France , elle
aaccuu l'avantage dedonnerneuf
Secretaires d'Etat , pluſieurs
grands Officiers Comman
deurs des Ordres du Roy .
pluſieurs Archeveſques &Eveſques
,&pluſieurs Confeillers
d'Etat , & qu'elle s'eſt alliée
aux Maiſons de Neufville.
$34 MERCURE
Villeroy , Crevant - d'Humieres
, de Rochechouart !
Aubuflon , la Feüillade , la
Rochefoucaud , Roye , de
Mailly , du Blé d'Huxelles.
Dame Claude Colbert ,
veuve de Meffire JacquesOl
lier SeigneurdeVerneuilCon
feiller au Parlement de Paris,
mort en 1689. & qu'elle avoit
épousé en 1658. mourut le ...
Decembre 1715. ayant eu entre
autres enfans feu Jean-
Baptifte Jacques Olier , Scigneur
de Verneuil , Maiſtre
de la Garderobe de M. le Duc
d'Orleans , qui a laiſſé des en
GALANT. 135
fans de Dame...... de Mal
herbe du Bouillon ſa femme.
Je vous ay déja tant entretenu
de la famille de Colbert , &
elle vous doit eſtre ſi connuë
par les grands Hommes qui
en font fortis , & par les alliances
illuſtres qu'elle eſt en
poffeffion de contracter , que
je mecontenteray de vous dire
icy , que feu Madame de
Verneuil eſtoit fille de Meflire
Jean Baptifte Colbert Scigneur
de Saint Pouange &de
Villacerf Conſeiller du Roy
en tous fes: Conſeils , & de
Dame Claudele Tellier ,foeur
136 MERCURE
de M. le Tellier Chancelier
de France : pour la famille
d'Ollier , elle eſt diſtinguée
depuis un temps confiderable
dans la robe , & elle eſt alliée
à la Maiſon de la Baume ,
Montrevel , & aux familles de
Molé, deThurin , de Malonde
Bercy , Daubray , & de
Paris,&c.
DameDenise Bordier,épou
ſe de Meffire Adrien Morel ,
Seigneur deCourci , Gouverneur
des Ville & Chafteau de
Valogne , & avant deMeffire
Charles de Vaffan Prefident
de laChambre des Comptes,
mourut
L
GALANT . 137
mourut le premier de ce mois,
ayant eu pour fille de ſon premier
mariage Deniſe de Vaffan
, femme de .... Truchot
Greffier enchefde la Cour des
Aydes : elle estoit fille d'Hilaire
Bordier Preſident de la
Cour des Aydes de Paris ,&
de Deniſe de Heere..
Meffire Charles Brifard ,
Abbé de S Prix à S. Quentin
,& Confeiller dela Grand
Chambre du Parlement de
Paris , mourut le 5. Janvier
1716. âgé de 81. ans ; il étois
le ſeptiémeConſeiller au Parlement
,de fon nom , depuis
Janvier 1716. M
1
138 MERCURE
Jacques Brifart fon bis ayeul,
qui fut reçudans cet Office en
1535. cette famille eft ancienne&
originaire du Perche
où elle ſubſiſte encore en plu
fieurs branches , & à Paris
dans la perſonne de M. Brifart,
neveu de feu M l'Abbé
Brifart , Lieutenant dans le
Regiment des Gardes Fran.
çoiſes , où il ſertdepuis longtemps
avec beaucoup de reputation.
1
Mafire Jean Pierre Marcdat
,Conſeiller au Parlement
deMetz , mourutle 10. Jan-
Vier 1716. :
7
GALANT. 139
Dame Antoinette - Henriette
Canaye , épouſe de
Charles François leNormant,
Seigneur de Tournchem,cydevant
Fermier General de Sa
Majcité , mourut le .... Janvier
1716. elle estoit de même
famille que M. Canaye, Confeiller
au Parlement , & fille
de Frederic Canaye Seigneur
de Freſne , & de Dame Magdelaine
de Silhans de Crevilly,
&arriere petite fille du celebre
Philippes Canaye Seigneur de
Freſne , Conſeillerd'Etat ſous
les Rois Henry III . & Henry
IV. Ambaſſadeur en Angle-
Mij
140 MERCURE
terte , en Allemagne & àVenife
, & de Dame Renée de
Courcillon de Dangeau...
Jeremets au premier mois
à vous entretenir de pluſieurs
autres, perſonnes de confideration
, qui font encore mortes
dans celuy cy , & fur tout
de Madame la Ducheſſe de
Leſdiguieres.
Fermer
1002
p. 140-141
« Rien, selon moy, ne va mieux aprés l'article des morts [...] »
Début :
Rien, selon moy, ne va mieux aprés l'article des morts [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Rien, selon moy, ne va mieux aprés l'article des morts [...] »
Rien , ſelon moy , ne va
mieux aprés l'articledes morts
que les Diſcours qui peuvent
avoir plus de rapport à eux ,
comme par exemple quelques
extraits desmeilleuresOraiſons
GALANT 14
Funebres qui ayent eſté prononcées
à la louange du feu
Roy.
mieux aprés l'articledes morts
que les Diſcours qui peuvent
avoir plus de rapport à eux ,
comme par exemple quelques
extraits desmeilleuresOraiſons
GALANT 14
Funebres qui ayent eſté prononcées
à la louange du feu
Roy.
Fermer
1003
p. 141-159
Extraits d'Oraisons Funebres. [titre d'après la table]
Début :
Celle que M. l'Abbé de la Fargue a prononcée [...]
Mots clefs :
Roi, Dieu, Vertus, Mort, Gloire, Paix, Coeur, Prince, Bonté, Abbé de la Fargue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extraits d'Oraisons Funebres. [titre d'après la table]
Celle que M. l'Abbé
de la Fargue a prononcée
dans l'Abbaye Royale de Saint
Cyr , le 6. du mois paffé
eſt incontestablement de ce
nombre. Elle eſt revêtue de
tous les ornemens de l'Eloquence
, & M. l'Abbé de la
Fargue n'y a omis aucune des
circonstancesglorieuſes que la
verité attache à la memoire du
Roy. Elle eſt en unmot remplie
detoute l'érudition& de
tous les ſentimens de pieté qui
peuvent diftinguer unOrateur
142 MERCURE
tel que M. l'Abbéde la Fargue.
Sa diviſion elt :un Roy trésmagnanime
, un Roy trés Chrétien.
Il apostrophe ainſi la
mort dans l'éxorde .
O mort !funeste mort ! vienstu
ravir d'un foul coup tant de
moiffons de gloire ,& finir des
jours fi prétieux. Plus puiſſante
que toute l'Europe ensemble , tu
triomphe de celuy qui a ſçû triompher
de tout , tu peux te vanter
de la dépoülle la plus glorieuse
que tu aye jamais remportée.
Pour conduire àla Paix de
Munster :il dit
٠١٠
Plus d'un laurier avoit déja
GALANT 143
ornéfon fceptre , lorsque l'olive
jalouſe prit plaisir àla couronner.
Bientoft la Paix volant fur les
rives de la Seine , luy aßúra à la
dixiéme année de ſon âge , plus
conquestes qu'il
tems d'en fouhaiter.
de n'avoit eu le
AuſujetdesGuerresCiviles,
voicy comme l'Auteur parle :
Quelles tenebres viennent troublerla
ferenité riante d'un temps
fi agréable&fidoux ! quelles funestes
vapeurs dérobent à nos
yeux ces brillantsflambeaux , la
gloire de cette Monarchie ! Quel
torrent precipité ébranle ces colomnes
, le plus ferme appuy de
144 MERCURE
la Couronne ! La difcordepale
tremblante s'étoit à peine retirée ,
qu'elle revint plus furieuse que
jamais , d'autantplus dangereuse,
qu'armant la France contre la
France même , ſa victoire comme
Sa défaite devoit toujours eftre
fatale al'Etat.
La Paix des Pyrenées & le
Mariage du Roi.
1
Apeinefes Troupes ontpaßé
les Pyrenées , que la Victoire vole
au nom du Heros. De tous côtez
les remparts tombent ,les Villesfe
rendent , les Provinces s'ouvrent,
la conſternationſe répand ; l'Efpagne
tremble jusques dans fes
fondements.
GALANT. 145
fondements. Espagne , raffeuretoy
? tu as moins àaccrraaiinnddrree qquu''àà
efperer de Loüis . L'alliance qu'il
te prepare ,fera pourtoy un éternel
monument de gloire , er la
preuve la plus certainedefa bonte;
tu as un threſor plus précieux
que tes richeſſes , pour luy faire
un preſent qui n'est pas indigne de
luy ; l'olive croit dans ton propre
fein. LachaſteColombeportant le
rameau pacifique , vint au-devant
de Loüis ,&ſe donna ellemême
pourgage de la Paix qu'-
elle venoit aßûver.
Sieges de Mons & de Namur.
Janvier 1716. N
146 MERCURE
Deuxfamenfes Places , reftes
orgueilleux d'une Province belliqueuſe
,ſe flattoient temerairement
d'éternifer leurgloire , &
de braver les plus puiſfants efforts:
la nature , l'artſembloient s'eftre
épuisez pour les rendre imprenables
; les élemens en courroux paroiffoient
armez en leurfaveur :
toute la Ligue rugiſſoit à l'entour.
Quelle entrepriſe parut jamais
plus difficile ,que la Conquête de
ces Places !
Loüis feul lajuge poſſible &
eſt ſeul capable de l'executer. Il
animefes troupes parsaprefence ,
GALANT . 147
1
on
ilpreße les travaux , il vole dans
les lignes , il commande aux attaques
, fon quartier est partout.
Quelfeu éclare tout à coup !
foudroie , on brûle , les Bastions
tombent , les murs , les rochers ſe
fendent,les remparts s'ouvrent ,
les eaux qui couvroient laCampagnefrem
ffent enſe retirant....
quarante jours suffisent pour ôter
le nom d'imprenable à Mons&à
Namur.
Le plus bel endroit eſt ſans
doute le portrait qu'il fait de la
derniere guerre , il y met dans
un beau jour les glorieuſes
Campagnes de S. A. R. Mon
Nij
148 MERCURE
ſeigneur le Duc d'Orleans
voicy une partie de ce qu'il en
dit.
,
Dieu avoit réſervé ceHeros ,
pour raffermir par ses mains
triomphantes une Couronne ébranlée
, pourfaire fleurir nos lauriers
furl'Ebre&fur la Segre , pour
abattre les formidables remparts
du fameux Lerida , autrefois l'écueil
des plus grands Capitaines,
enfin pour renouveller en Catalogne
, &en Arragon tous les prodiges
de Charlemagnefon ayeul.
La ſeconde partie commenceainfi.
Les titres les plus pompeux
GALANT. 149
que le monde accorde àſes Heros ,
neproduisent tout au plus dans
l'esprit, qu'une admiration fterile
&ne peuvent empêcher le coeur
deplaindre enfecret, celui dont on
fait l'éloge ; mais lorsque les vertus
chrétiennes accompagnent les
vertus guerrieres , & politiques
dans celui qu'on love quelle
douce conſolation ſe mêle aux juftes
regrets defa mort !
Il dit plus bas.
د
ADieu neplaiſe qu'à la face
des Autels , j'appelle lumiere , ce
qui ne l'eſt pas . Il n'appartient
qu'àl'antiquité Payenne , de réverer
dans les Rois,jusqu'àleurs
Niij
150 MERCURE
défauts ... eh pourquoi déguiſer
dans un Prince desfoibleſſes, pour
luy ôterla gloire de les avoirréparées
!leplus beau jour n'estpas
Sans nuage, l'astre le plus éclatant
s'éclipse quelquefois ... combien
d'écueils dans ces lieuxoù lefuneste
oubli de la mort s'entretient
Souventpar les charmes de la vie..
ou dans le ſein de l'abondance on
rend heureux les autres parfes
bienfaits , ou en faisant tout
trembler parfa fageße ou parfon
courage , on semble eſtre le Dieu
des mortels , remplißant le monde
àfon gréd'amour ou de crainte ,
deſurpriſe ou d'admiration.
GALANT. 151
4
L'Orateur dit ailleurs .
Si Loüis aouvert lesyeuxfur
les chofes de la terre ,
de combien
de vertus a- t-il orné un coeur ,
dont il a reconnuque ce monde n'étoit
pas digne ... Dieu aime fur
tout à triompher du coeur desRois ,
pour faire un chef- d'oeuvre de fa
mifericorde de ce
d'oeuvre de fa puiſſance.
Plus bas .
esté le chef- de cequi a esté.
Jamais il ne parutfireſpectable,
fi brillant d'éclat & de gloire ,
que lors qu'il s'humilioit devant
l'Arche nouvelle , adorant avec
une foy vive , la Majesté de
Dieu, ſous les voiles facrezqui
l'anéantiffent. Ninj
152 MERCURE
Dans un autre endroit.
Je ne viens plus louer un
Monarque qui a fait tout trembler
par sa puiſſance ; mais je
viens pleurer un Roy la victime
il n'attend pas de la mort ...
qu'on l'avertiſſe, il connoist luymesme
le danger , Cognovit occafum
fuum , lavé dans le
bainfalutaire de la Penitence ,
humilié , contrit , il reçoit laVi-
Etime adorable qui vivifie les
mourants par legage de l'immortalité
. Ilfent lapoudre retourner
eenn poudre ,&
....
nese trouble
point; il entend des foupirs
& des voeux mêlez avec trifGALANT.
153
teffe , es ne s'afflige pas à la vûc
du danger qui le menace. Il est le
Seul qui ne craintpas .
Ala fin ,l'Orateur dit , en
parlant du jeune Roy ,
C'est un Soleil qui ſe leve ,
&qui nous promet les jours les
plus beaux&les plus ferains. Il
n'ébloüitpas encore ; mais il commence
à ravir nos yeux. Déja il
ranime les cendres de fon illuftre
Bifayeul. Mille vertus naiffantes
ne nous font- elles pas esperer,
qu'un jour il égalera sa gloire ,
s'il ne lafurpaſſe point.
Quel bonheurpourluy , de retrouver
laſageſſe de ſon Pere ,
154 MERCURE
la bonté de fon Ayeul , la magnanimité
defon Bifayeul , fi
glorieusement reunies dans ce
GRAND PRINCE ,
que ſesſublimes&heroïques ta-
Lens , que nos voeux & noftre
choix auroient appellé à l'administration
de cette Monarchie , fi
faRoyalenaiſſance ne la luy avoit
destiné.C'estluy qui confervera
tous nos Traitez , qui fera
reviore le Commerce , qui ra .
menera les richeßes & l'abondance
, qui réparera une perte ,
qui ,ſans luy, auroit esté irreparable.
C'eſt luy que le Ciel a re-
Servépour estre à la France une
GALANT. 155
resource certaine , dans une affiction
fi generale ,&dans un
fipreffant besoin pour eftre le
Souveraindépositaire de la puiffance&
de l'autorité Royale ;
&pourſervir de modele & de
guide au jeune Roy Zelé pour
la Foy , il luy donnera parfon
attachement à la Religion , des
fentimens dignes du Fils aisné
de l'Eglife. Genereux , équitable,
il le formera à laplus hautewaleurparses
grands exemples ,&
àlaJusticeparſes ſages conſeils.
Bon , pacifique , il luy inſpirera
par sa clemence , la bonté pour
fespeuples,&l'amourde lapaix.
1
156 MERCURE
Toujours appliqué , il luy enfei
gnera par fa laborieuse vigilance
, que les foins doivent eftre
meſlez avec la douceur du Thrône.
Digne de regner luy-même ,
quel Prince fut jamais plus capable
que Philippes , d'enſeigner
l'art de regner.
Tout ce Diſcours en general
eſt rempli de beauté , & j'en
aurois fait un extrait plus étendu
, s'il n'étoit pas entre les
mains du publicqui eſt le Maître
de le trouver imprimé
chez le ſieur Loüis Guerin rue
S.Jacques , vis-à- vis la rue des
Mathurins , à S. Thomas d'A
GALANT. 157
quin ,&chez la veuve de Pierre
Bienfait fur le Quay des Augustins
, à l'Image Saint Pierre.
J'aurois entrepris de donner
au public un extrait du Difcours
que M. de la Motte a
prononcé dans l'Academie , à
la louange du Roy , fila grande
réputation de M. de la
Motte ne me preſcrivoit pas
de renvoyer le lecteur àl'Original
.
Il en eſt à mon égard de
même de l'Oraiſon Funebre
que M. l'Abbéde BarcosDocteur
de Sorbonne , Grand
Vicaire de Monſeigneur l'Ar-
,
15 MERCURE
chevêque de Lyon , a prononcée
dans l'Egliſe des Carmelites
de cette Ville , le cinq du
mois paffé. Ce Diſcours eſt un
chef-d'oeuvre d'Eloquence,&
un Tiflu continuel de grands
traits , plein de penſées neuves
exprimées avec toute la nobleſſe
de l'art. J'ay cû pour M.
l'Abbé deBarcos le même refpect
que pour M.dela Motte ,
&j'ay ſenti qu'il ne m'étoit
pas poſſible de faire l'extrait de
fonDifcours , ou plutôt qu'en
entreprennant de le faire , je
tomberois à chaque inſtant
dans la neceſſité de le copier
GALANT. 159
preſque entierement.
de la Fargue a prononcée
dans l'Abbaye Royale de Saint
Cyr , le 6. du mois paffé
eſt incontestablement de ce
nombre. Elle eſt revêtue de
tous les ornemens de l'Eloquence
, & M. l'Abbé de la
Fargue n'y a omis aucune des
circonstancesglorieuſes que la
verité attache à la memoire du
Roy. Elle eſt en unmot remplie
detoute l'érudition& de
tous les ſentimens de pieté qui
peuvent diftinguer unOrateur
142 MERCURE
tel que M. l'Abbéde la Fargue.
Sa diviſion elt :un Roy trésmagnanime
, un Roy trés Chrétien.
Il apostrophe ainſi la
mort dans l'éxorde .
O mort !funeste mort ! vienstu
ravir d'un foul coup tant de
moiffons de gloire ,& finir des
jours fi prétieux. Plus puiſſante
que toute l'Europe ensemble , tu
triomphe de celuy qui a ſçû triompher
de tout , tu peux te vanter
de la dépoülle la plus glorieuse
que tu aye jamais remportée.
Pour conduire àla Paix de
Munster :il dit
٠١٠
Plus d'un laurier avoit déja
GALANT 143
ornéfon fceptre , lorsque l'olive
jalouſe prit plaisir àla couronner.
Bientoft la Paix volant fur les
rives de la Seine , luy aßúra à la
dixiéme année de ſon âge , plus
conquestes qu'il
tems d'en fouhaiter.
de n'avoit eu le
AuſujetdesGuerresCiviles,
voicy comme l'Auteur parle :
Quelles tenebres viennent troublerla
ferenité riante d'un temps
fi agréable&fidoux ! quelles funestes
vapeurs dérobent à nos
yeux ces brillantsflambeaux , la
gloire de cette Monarchie ! Quel
torrent precipité ébranle ces colomnes
, le plus ferme appuy de
144 MERCURE
la Couronne ! La difcordepale
tremblante s'étoit à peine retirée ,
qu'elle revint plus furieuse que
jamais , d'autantplus dangereuse,
qu'armant la France contre la
France même , ſa victoire comme
Sa défaite devoit toujours eftre
fatale al'Etat.
La Paix des Pyrenées & le
Mariage du Roi.
1
Apeinefes Troupes ontpaßé
les Pyrenées , que la Victoire vole
au nom du Heros. De tous côtez
les remparts tombent ,les Villesfe
rendent , les Provinces s'ouvrent,
la conſternationſe répand ; l'Efpagne
tremble jusques dans fes
fondements.
GALANT. 145
fondements. Espagne , raffeuretoy
? tu as moins àaccrraaiinnddrree qquu''àà
efperer de Loüis . L'alliance qu'il
te prepare ,fera pourtoy un éternel
monument de gloire , er la
preuve la plus certainedefa bonte;
tu as un threſor plus précieux
que tes richeſſes , pour luy faire
un preſent qui n'est pas indigne de
luy ; l'olive croit dans ton propre
fein. LachaſteColombeportant le
rameau pacifique , vint au-devant
de Loüis ,&ſe donna ellemême
pourgage de la Paix qu'-
elle venoit aßûver.
Sieges de Mons & de Namur.
Janvier 1716. N
146 MERCURE
Deuxfamenfes Places , reftes
orgueilleux d'une Province belliqueuſe
,ſe flattoient temerairement
d'éternifer leurgloire , &
de braver les plus puiſfants efforts:
la nature , l'artſembloient s'eftre
épuisez pour les rendre imprenables
; les élemens en courroux paroiffoient
armez en leurfaveur :
toute la Ligue rugiſſoit à l'entour.
Quelle entrepriſe parut jamais
plus difficile ,que la Conquête de
ces Places !
Loüis feul lajuge poſſible &
eſt ſeul capable de l'executer. Il
animefes troupes parsaprefence ,
GALANT . 147
1
on
ilpreße les travaux , il vole dans
les lignes , il commande aux attaques
, fon quartier est partout.
Quelfeu éclare tout à coup !
foudroie , on brûle , les Bastions
tombent , les murs , les rochers ſe
fendent,les remparts s'ouvrent ,
les eaux qui couvroient laCampagnefrem
ffent enſe retirant....
quarante jours suffisent pour ôter
le nom d'imprenable à Mons&à
Namur.
Le plus bel endroit eſt ſans
doute le portrait qu'il fait de la
derniere guerre , il y met dans
un beau jour les glorieuſes
Campagnes de S. A. R. Mon
Nij
148 MERCURE
ſeigneur le Duc d'Orleans
voicy une partie de ce qu'il en
dit.
,
Dieu avoit réſervé ceHeros ,
pour raffermir par ses mains
triomphantes une Couronne ébranlée
, pourfaire fleurir nos lauriers
furl'Ebre&fur la Segre , pour
abattre les formidables remparts
du fameux Lerida , autrefois l'écueil
des plus grands Capitaines,
enfin pour renouveller en Catalogne
, &en Arragon tous les prodiges
de Charlemagnefon ayeul.
La ſeconde partie commenceainfi.
Les titres les plus pompeux
GALANT. 149
que le monde accorde àſes Heros ,
neproduisent tout au plus dans
l'esprit, qu'une admiration fterile
&ne peuvent empêcher le coeur
deplaindre enfecret, celui dont on
fait l'éloge ; mais lorsque les vertus
chrétiennes accompagnent les
vertus guerrieres , & politiques
dans celui qu'on love quelle
douce conſolation ſe mêle aux juftes
regrets defa mort !
Il dit plus bas.
د
ADieu neplaiſe qu'à la face
des Autels , j'appelle lumiere , ce
qui ne l'eſt pas . Il n'appartient
qu'àl'antiquité Payenne , de réverer
dans les Rois,jusqu'àleurs
Niij
150 MERCURE
défauts ... eh pourquoi déguiſer
dans un Prince desfoibleſſes, pour
luy ôterla gloire de les avoirréparées
!leplus beau jour n'estpas
Sans nuage, l'astre le plus éclatant
s'éclipse quelquefois ... combien
d'écueils dans ces lieuxoù lefuneste
oubli de la mort s'entretient
Souventpar les charmes de la vie..
ou dans le ſein de l'abondance on
rend heureux les autres parfes
bienfaits , ou en faisant tout
trembler parfa fageße ou parfon
courage , on semble eſtre le Dieu
des mortels , remplißant le monde
àfon gréd'amour ou de crainte ,
deſurpriſe ou d'admiration.
GALANT. 151
4
L'Orateur dit ailleurs .
Si Loüis aouvert lesyeuxfur
les chofes de la terre ,
de combien
de vertus a- t-il orné un coeur ,
dont il a reconnuque ce monde n'étoit
pas digne ... Dieu aime fur
tout à triompher du coeur desRois ,
pour faire un chef- d'oeuvre de fa
mifericorde de ce
d'oeuvre de fa puiſſance.
Plus bas .
esté le chef- de cequi a esté.
Jamais il ne parutfireſpectable,
fi brillant d'éclat & de gloire ,
que lors qu'il s'humilioit devant
l'Arche nouvelle , adorant avec
une foy vive , la Majesté de
Dieu, ſous les voiles facrezqui
l'anéantiffent. Ninj
152 MERCURE
Dans un autre endroit.
Je ne viens plus louer un
Monarque qui a fait tout trembler
par sa puiſſance ; mais je
viens pleurer un Roy la victime
il n'attend pas de la mort ...
qu'on l'avertiſſe, il connoist luymesme
le danger , Cognovit occafum
fuum , lavé dans le
bainfalutaire de la Penitence ,
humilié , contrit , il reçoit laVi-
Etime adorable qui vivifie les
mourants par legage de l'immortalité
. Ilfent lapoudre retourner
eenn poudre ,&
....
nese trouble
point; il entend des foupirs
& des voeux mêlez avec trifGALANT.
153
teffe , es ne s'afflige pas à la vûc
du danger qui le menace. Il est le
Seul qui ne craintpas .
Ala fin ,l'Orateur dit , en
parlant du jeune Roy ,
C'est un Soleil qui ſe leve ,
&qui nous promet les jours les
plus beaux&les plus ferains. Il
n'ébloüitpas encore ; mais il commence
à ravir nos yeux. Déja il
ranime les cendres de fon illuftre
Bifayeul. Mille vertus naiffantes
ne nous font- elles pas esperer,
qu'un jour il égalera sa gloire ,
s'il ne lafurpaſſe point.
Quel bonheurpourluy , de retrouver
laſageſſe de ſon Pere ,
154 MERCURE
la bonté de fon Ayeul , la magnanimité
defon Bifayeul , fi
glorieusement reunies dans ce
GRAND PRINCE ,
que ſesſublimes&heroïques ta-
Lens , que nos voeux & noftre
choix auroient appellé à l'administration
de cette Monarchie , fi
faRoyalenaiſſance ne la luy avoit
destiné.C'estluy qui confervera
tous nos Traitez , qui fera
reviore le Commerce , qui ra .
menera les richeßes & l'abondance
, qui réparera une perte ,
qui ,ſans luy, auroit esté irreparable.
C'eſt luy que le Ciel a re-
Servépour estre à la France une
GALANT. 155
resource certaine , dans une affiction
fi generale ,&dans un
fipreffant besoin pour eftre le
Souveraindépositaire de la puiffance&
de l'autorité Royale ;
&pourſervir de modele & de
guide au jeune Roy Zelé pour
la Foy , il luy donnera parfon
attachement à la Religion , des
fentimens dignes du Fils aisné
de l'Eglife. Genereux , équitable,
il le formera à laplus hautewaleurparses
grands exemples ,&
àlaJusticeparſes ſages conſeils.
Bon , pacifique , il luy inſpirera
par sa clemence , la bonté pour
fespeuples,&l'amourde lapaix.
1
156 MERCURE
Toujours appliqué , il luy enfei
gnera par fa laborieuse vigilance
, que les foins doivent eftre
meſlez avec la douceur du Thrône.
Digne de regner luy-même ,
quel Prince fut jamais plus capable
que Philippes , d'enſeigner
l'art de regner.
Tout ce Diſcours en general
eſt rempli de beauté , & j'en
aurois fait un extrait plus étendu
, s'il n'étoit pas entre les
mains du publicqui eſt le Maître
de le trouver imprimé
chez le ſieur Loüis Guerin rue
S.Jacques , vis-à- vis la rue des
Mathurins , à S. Thomas d'A
GALANT. 157
quin ,&chez la veuve de Pierre
Bienfait fur le Quay des Augustins
, à l'Image Saint Pierre.
J'aurois entrepris de donner
au public un extrait du Difcours
que M. de la Motte a
prononcé dans l'Academie , à
la louange du Roy , fila grande
réputation de M. de la
Motte ne me preſcrivoit pas
de renvoyer le lecteur àl'Original
.
Il en eſt à mon égard de
même de l'Oraiſon Funebre
que M. l'Abbéde BarcosDocteur
de Sorbonne , Grand
Vicaire de Monſeigneur l'Ar-
,
15 MERCURE
chevêque de Lyon , a prononcée
dans l'Egliſe des Carmelites
de cette Ville , le cinq du
mois paffé. Ce Diſcours eſt un
chef-d'oeuvre d'Eloquence,&
un Tiflu continuel de grands
traits , plein de penſées neuves
exprimées avec toute la nobleſſe
de l'art. J'ay cû pour M.
l'Abbé deBarcos le même refpect
que pour M.dela Motte ,
&j'ay ſenti qu'il ne m'étoit
pas poſſible de faire l'extrait de
fonDifcours , ou plutôt qu'en
entreprennant de le faire , je
tomberois à chaque inſtant
dans la neceſſité de le copier
GALANT. 159
preſque entierement.
Fermer
1004
p. 159-168
Extraits de Livres nouveaux. [titre d'après la table]
Début :
Il paroist depuis quelques jours un certain Livre intitulé Sphere [...]
Mots clefs :
Histoire, Prononciation, Orthographe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extraits de Livres nouveaux. [titre d'après la table]
Il paroiſt depuis quelques
jours un certainLivre intitulé
SphereHistorique : ce titre m'a
furpris d'abord,&en ſurprendra
biend'autres ,qui auront
peine à croire , qu'on puiffe
tirer aucunes Hiſtoires veritables
des Signes &desConſtellations
,ce qui m'a obligé de
le lire avec attention , l'Auteur
, quel qu'il ſoit , m'a paru
fort ſçavant dans l'Histoire
ancienne , profond dans les
réflexions , exact dans l'ordre,
&dans la méthode qu'il ob160
MERCURE
ſerve avec ſoin.
Peu d'Ecrivains ont expliqué
juſqu'à preſent les plus
beaux endroits de la Mytholo .
gie à la lettre , & dévclopé
les Enigmes des Poëtes fi à
fond : iléclaircitmême les plus
grandes difficultez de laChronologie
, en diftinguant les
perſonnes de même nom ; &
les divers noms de chaque perſonne
pour accorder les perſonnes
avec les temps & les
lieux.
Il donne auſſi un abregé
de l'Histoire des Dieux qui ont
donné commencement à l'Idolatrie
,
1
GALANT. 161
dolatrie,plus clairement & plus
ouvertement que Voffius; car
il nomme ces faux Dicux par
les noms propres , & par les
qualitez qu'ils avoient fur la
terre : &c'eſt là proprement la
clef de l'Histoire ancienne , &
l'origine de la Chronologic.
Son ſtile eſt ſimple & naturel
, & par conſequent ne ſeroit
pas ennuyeux , s'il ne
tomboit affez frequemment
dans des redites qu'il a peuteſtre
crû ne pouvoir éviter en
faveur de ceux qui ne font pas
verſez dans cette matiere , fon
Orthographe eſt à la moderne
Janvier 1716 .
162 MERCURE
il eſt fort fcrupuleux dans la
diſtinction des é par le moyen
des accens , pour rectifier la
prononciation des Etrangers ;
mais ily a quelques noms pro.
pres qu'il écrit d'une maniere
extraordinaire ,tels que font
Ené,Orphé, Perfé , Theſé, Eol,
Achil , Mercur , Hercul , &c.
diſant , que les noms d'hommes
ne doivent pas avoir d'é femimin
à la fin du mot :felon laRegle
de la Grammaire reçue de toutes
les Nations. Omne viro foli ,
c. Il écrit auffi Circée , Dircée
, Caffiopée , Hebée , par
deux é , comme étant des
GALANT. 163
noms
noms de femmes qu'on ne
peut diftinguer des
d'hommes , que par un é feminin
final; ſuivant la Regle
univerſellement requë. Eflo
femineum recipit quod femina ,
tantum.
Mais ildonne un avertiflementau
Lecteur de cette diverſité
d'écrire ; où il invite
les Sçavans à établir ce principe
important à toutes les Langues
vivantes ou mortes , par
lequel on puiſſe faire la differencedu
Maſculin & du Feminin;
puiſque nous avons un é
particulier , qui ne fert qu'à
O ij
164 MERCURE
cela , & que l'on appelle pour
ce ſujet éfeminin,éfinal : il eſt
de la derniere importance de
ne point confondre les ſexes
grammaticalement , non plus
que les nombres .
Dans cet avertiſſement , il
prie les Sçavans de faire attention,
ſur la difference qu'ily a
entre l'uſage de la parole , &
l'uſage de l'écriture : le premier
, dit-il , eſt libre , ſans
regles ,&ſujetà changement ;
le ſecond , au contraire , eſt
fixe , immuable , & fondé fur
les principes inviolables de la
Grammaire univerſelle , qu'il
GALANT. 165
4
dit eſtre des propofitions d'éternelle
verité. Propofitiones
aterna veritatis.
Ce qu'il tâche de prouver
parune comparaiſon fort fimple
& qui ne laiſſe pas d'eſtre
ingenieuſe&perfuafive :
Il dit qu'uunnee LLaanngguueevivante
eſt ſemblable à un cadran
d'Horloge , où il y a deux
choſes à remarquer , ſçavoir
l'éguille qui eſt toûjours en
mouvement & tourne ſans
ceffe ,comme une Langue vivante
, qui change de mots ,
change de prononciation ,
changede conſtruction , & de
166 MERCURE
modes. Les chiffres du cadran
quireprefentent par des lettres
capitales les heures , font fixes ,
& immuables , comme étant
fondez ſur les principes invio.
lables & non corrompus de la
Grammaire univerſelle ,& ils
reprefentent l'uſage de l'écriture
, ou orthographe.
Que l'on parle , & que l'on
prononce comme on voudra ,
l'écriture s'accommodera à
tout , ſuivant les principes des
lettres bien affermis & bien
reftituez chacune a leur effet
propre&naturel.
Ainſi l'uſage de parler
étant bien diftingué d'avec
GALANT. 167
au
l'uſage de l'écriture ; il foutient
que l'Orthographe conforme
à la prononciation , ne
changera jamais , non plus que
les chiffres du cadran. Vous
pourrez voir le reſte expliqué
bien au long dans l'Onginal ,
commencement de la Sphe.
reHiſtorique ,&dans les principes
de la noſtre en 1669. &
1670. Le corps du Livre eſt
agreable par ſes Hiſtoires curieuſes
; par les maximes de
morale , & par les anciens
principes d'Aftronomie ,prefqueperdus
& inufitez dans les
derniers fiecles .
CeLivre eſt dedié à S. A. R.
168 MERCURE
Monſeigneur leDuc d'Orleans
Regent du Royaume ,
jours un certainLivre intitulé
SphereHistorique : ce titre m'a
furpris d'abord,&en ſurprendra
biend'autres ,qui auront
peine à croire , qu'on puiffe
tirer aucunes Hiſtoires veritables
des Signes &desConſtellations
,ce qui m'a obligé de
le lire avec attention , l'Auteur
, quel qu'il ſoit , m'a paru
fort ſçavant dans l'Histoire
ancienne , profond dans les
réflexions , exact dans l'ordre,
&dans la méthode qu'il ob160
MERCURE
ſerve avec ſoin.
Peu d'Ecrivains ont expliqué
juſqu'à preſent les plus
beaux endroits de la Mytholo .
gie à la lettre , & dévclopé
les Enigmes des Poëtes fi à
fond : iléclaircitmême les plus
grandes difficultez de laChronologie
, en diftinguant les
perſonnes de même nom ; &
les divers noms de chaque perſonne
pour accorder les perſonnes
avec les temps & les
lieux.
Il donne auſſi un abregé
de l'Histoire des Dieux qui ont
donné commencement à l'Idolatrie
,
1
GALANT. 161
dolatrie,plus clairement & plus
ouvertement que Voffius; car
il nomme ces faux Dicux par
les noms propres , & par les
qualitez qu'ils avoient fur la
terre : &c'eſt là proprement la
clef de l'Histoire ancienne , &
l'origine de la Chronologic.
Son ſtile eſt ſimple & naturel
, & par conſequent ne ſeroit
pas ennuyeux , s'il ne
tomboit affez frequemment
dans des redites qu'il a peuteſtre
crû ne pouvoir éviter en
faveur de ceux qui ne font pas
verſez dans cette matiere , fon
Orthographe eſt à la moderne
Janvier 1716 .
162 MERCURE
il eſt fort fcrupuleux dans la
diſtinction des é par le moyen
des accens , pour rectifier la
prononciation des Etrangers ;
mais ily a quelques noms pro.
pres qu'il écrit d'une maniere
extraordinaire ,tels que font
Ené,Orphé, Perfé , Theſé, Eol,
Achil , Mercur , Hercul , &c.
diſant , que les noms d'hommes
ne doivent pas avoir d'é femimin
à la fin du mot :felon laRegle
de la Grammaire reçue de toutes
les Nations. Omne viro foli ,
c. Il écrit auffi Circée , Dircée
, Caffiopée , Hebée , par
deux é , comme étant des
GALANT. 163
noms
noms de femmes qu'on ne
peut diftinguer des
d'hommes , que par un é feminin
final; ſuivant la Regle
univerſellement requë. Eflo
femineum recipit quod femina ,
tantum.
Mais ildonne un avertiflementau
Lecteur de cette diverſité
d'écrire ; où il invite
les Sçavans à établir ce principe
important à toutes les Langues
vivantes ou mortes , par
lequel on puiſſe faire la differencedu
Maſculin & du Feminin;
puiſque nous avons un é
particulier , qui ne fert qu'à
O ij
164 MERCURE
cela , & que l'on appelle pour
ce ſujet éfeminin,éfinal : il eſt
de la derniere importance de
ne point confondre les ſexes
grammaticalement , non plus
que les nombres .
Dans cet avertiſſement , il
prie les Sçavans de faire attention,
ſur la difference qu'ily a
entre l'uſage de la parole , &
l'uſage de l'écriture : le premier
, dit-il , eſt libre , ſans
regles ,&ſujetà changement ;
le ſecond , au contraire , eſt
fixe , immuable , & fondé fur
les principes inviolables de la
Grammaire univerſelle , qu'il
GALANT. 165
4
dit eſtre des propofitions d'éternelle
verité. Propofitiones
aterna veritatis.
Ce qu'il tâche de prouver
parune comparaiſon fort fimple
& qui ne laiſſe pas d'eſtre
ingenieuſe&perfuafive :
Il dit qu'uunnee LLaanngguueevivante
eſt ſemblable à un cadran
d'Horloge , où il y a deux
choſes à remarquer , ſçavoir
l'éguille qui eſt toûjours en
mouvement & tourne ſans
ceffe ,comme une Langue vivante
, qui change de mots ,
change de prononciation ,
changede conſtruction , & de
166 MERCURE
modes. Les chiffres du cadran
quireprefentent par des lettres
capitales les heures , font fixes ,
& immuables , comme étant
fondez ſur les principes invio.
lables & non corrompus de la
Grammaire univerſelle ,& ils
reprefentent l'uſage de l'écriture
, ou orthographe.
Que l'on parle , & que l'on
prononce comme on voudra ,
l'écriture s'accommodera à
tout , ſuivant les principes des
lettres bien affermis & bien
reftituez chacune a leur effet
propre&naturel.
Ainſi l'uſage de parler
étant bien diftingué d'avec
GALANT. 167
au
l'uſage de l'écriture ; il foutient
que l'Orthographe conforme
à la prononciation , ne
changera jamais , non plus que
les chiffres du cadran. Vous
pourrez voir le reſte expliqué
bien au long dans l'Onginal ,
commencement de la Sphe.
reHiſtorique ,&dans les principes
de la noſtre en 1669. &
1670. Le corps du Livre eſt
agreable par ſes Hiſtoires curieuſes
; par les maximes de
morale , & par les anciens
principes d'Aftronomie ,prefqueperdus
& inufitez dans les
derniers fiecles .
CeLivre eſt dedié à S. A. R.
168 MERCURE
Monſeigneur leDuc d'Orleans
Regent du Royaume ,
Fermer
1005
p. 168-172
« aussi-bien que cet autre de M. l'Abbé Richard, qui [...] »
Début :
aussi-bien que cet autre de M. l'Abbé Richard, qui [...]
Mots clefs :
Cardinal, Évêques, Cardinal de Richelieu, Cardinal de Mazarin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « aussi-bien que cet autre de M. l'Abbé Richard, qui [...] »
auffibien
que cet autre de M.
l'Abbé Richard , qui a pour
titre : Parallele du Cardinal
de Richelieu , & du Cardinal
Mazarin , contenant les anecdotes
de leurs vies & de leurs
minifteres ; &c'eſt le premier
Ouvrage qui ait eſté dedié au
Regent , depuis que ce Prince
remplit fi dignement cette
place.
La lecture de l'avis au Lecteur
, nous apprend que le
même Auteur luy avoit déja
dedié le parallele du Cardinal
Ximenés
GALANT. 169
Ximenés & du Cardinal de
Richelieu , qui a eſté univerſellement
eſtimé dans toutel'Europeoù
il a eſté pluſieurs fois
imprimé , même traduit enEfpagnol
, il eſt à ſouhaiter que
l'Abbé Richard puiſſe trouver
letemps d'executer les grands
deſſeins qu'il a de faire dans le
même goût & avec le même
ſtile les paralleles de deux derniers
Archevêques de Paris ,
des deux derniers Evêques
de Meaux , des deux derniers
Evêques d'Orleans , des deux
derniers Evêques d'Evreux , &
des deux derniers Confeſſeurs
Janvier 1716 . P
170 MERCURE
du Roy , dont il a deja faitune
bonne partie ; on voit dans
celui-cy la difference du gouvernement
de Richelieu tous
Louis XIII . dans le miniſteré
de Mazarin ſous Louis XIV.
& en peu de mots il y fait
admirer les heureux commencemens
d'une Regence fous
Louis XV. il y rapporte hif
toriquement ce qui s'eſt paſſé
fous ces deux grands Cardinaux
, touchant le jugement
de la perſonne & de la doctrine
des Evêques , & la Cenfure
de l'Egliſe de France à
Poccafion de la Conftitution
GALANT. 171
d'Alexandre VII. fur le Janſeniſme
,& enfuite il tombe
fur ce qui vient de ſe paffer
depuis deux ans en France ,
pour la Conftitution Unigenitus
du Pape Clement XI . de
forte que dans ce volume in
12. on trouve des chofes trescurieuſes
ſur les affaires du
temps.Ce Livre ſe vend àParis
au Palais , chez Cavelier &
Brunet ; dans la rue S. Jacques
chez Etienne ; fur le Pont S.
Michel chez Bouillerot , &
chezCailleau ſur leQuay des
Auguftins.
10. Le même Auteur eft déja
Pij
172 MERCURE
:
connu dans la Republique des
Lettres , par pluſieurs ouvrages
d'Histoire & d'Erudition :
c'eſt luy qui avoit donné la
Vie du fameux Frere Joſeph
Capucin.
que cet autre de M.
l'Abbé Richard , qui a pour
titre : Parallele du Cardinal
de Richelieu , & du Cardinal
Mazarin , contenant les anecdotes
de leurs vies & de leurs
minifteres ; &c'eſt le premier
Ouvrage qui ait eſté dedié au
Regent , depuis que ce Prince
remplit fi dignement cette
place.
La lecture de l'avis au Lecteur
, nous apprend que le
même Auteur luy avoit déja
dedié le parallele du Cardinal
Ximenés
GALANT. 169
Ximenés & du Cardinal de
Richelieu , qui a eſté univerſellement
eſtimé dans toutel'Europeoù
il a eſté pluſieurs fois
imprimé , même traduit enEfpagnol
, il eſt à ſouhaiter que
l'Abbé Richard puiſſe trouver
letemps d'executer les grands
deſſeins qu'il a de faire dans le
même goût & avec le même
ſtile les paralleles de deux derniers
Archevêques de Paris ,
des deux derniers Evêques
de Meaux , des deux derniers
Evêques d'Orleans , des deux
derniers Evêques d'Evreux , &
des deux derniers Confeſſeurs
Janvier 1716 . P
170 MERCURE
du Roy , dont il a deja faitune
bonne partie ; on voit dans
celui-cy la difference du gouvernement
de Richelieu tous
Louis XIII . dans le miniſteré
de Mazarin ſous Louis XIV.
& en peu de mots il y fait
admirer les heureux commencemens
d'une Regence fous
Louis XV. il y rapporte hif
toriquement ce qui s'eſt paſſé
fous ces deux grands Cardinaux
, touchant le jugement
de la perſonne & de la doctrine
des Evêques , & la Cenfure
de l'Egliſe de France à
Poccafion de la Conftitution
GALANT. 171
d'Alexandre VII. fur le Janſeniſme
,& enfuite il tombe
fur ce qui vient de ſe paffer
depuis deux ans en France ,
pour la Conftitution Unigenitus
du Pape Clement XI . de
forte que dans ce volume in
12. on trouve des chofes trescurieuſes
ſur les affaires du
temps.Ce Livre ſe vend àParis
au Palais , chez Cavelier &
Brunet ; dans la rue S. Jacques
chez Etienne ; fur le Pont S.
Michel chez Bouillerot , &
chezCailleau ſur leQuay des
Auguftins.
10. Le même Auteur eft déja
Pij
172 MERCURE
:
connu dans la Republique des
Lettres , par pluſieurs ouvrages
d'Histoire & d'Erudition :
c'eſt luy qui avoit donné la
Vie du fameux Frere Joſeph
Capucin.
Fermer
1006
p. 172-182
EXTRAIT FRANCOIS d'un Poëme Latin intitulé, Annus-In cunis, l'Année au berceau, dedié & presenté par M. l'Abbé Jamoays le premier jour de l'an à Monseigneur le Duc d'Orleans Regent du Royaume.
Début :
Comme le Soleil & la Lune ne font l'année par leur mouvement [...]
Mots clefs :
Poème, Amour, Auteur, Duc d'Orléans, Peuples, Enfant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT FRANCOIS d'un Poëme Latin intitulé, Annus-In cunis, l'Année au berceau, dedié & presenté par M. l'Abbé Jamoays le premier jour de l'an à Monseigneur le Duc d'Orleans Regent du Royaume.
EXTRAIT FRANCOIS
d'un Poëme Latin intitulé,
Annus-In cunis, l'Année au
berceau , dedié & preſenté
parM. l'AbbéJamoays lepremier
jour de l'an à Monfeigneur
leDuc d'Orleans Regent
du Royaume.
Comme le Soleil & la LuGALANT.
173
ne font l'année par leurmouvement,
le Poete fait du nouvel
An un petit Dieu.
Le Ciel change de face,
s'ouvre tout à coup, & le nouvel
An deſcend dans un berceau
au Palais Royal .
Ce divin enfant , ce fils ai .
mable de l'Aſtre du jour , &
de l'Aſtre qui préſide à la nuit,
témoigne ſon empreſſement
pour ſaluer un Prince , qui eft
l'auteur du ſalut des François.
Il eſt porté par l'amour des
peuples , & par ces heures précieuſes
, que S. A. R. veut
bien facrifier au rétabliſſement
Piij
174 MERCURE
i
&au bonheur de la France.
L'amour grave ſur le berceau
avec des traits de flammes
les plus ardentes les vertus
, les qualités ſupericures&
lesbelles actions du Prince.
On voit d'abord un en
fant fur le Trône * que
Monſeigneur le Duc d'Orleans
ſoutient de la main.
La crainte & la fraude ſont
bannies du Troſne. Thémis
ſeule y préſide : la Pieté , la Fidelité
, la Foy & la Religion
tiennent la balance :la Liberté
en garde l'entrée.
* Loüis XV.
GALANT. 175
Les lis, les roſes &les fleurs
lesplus agréables naiſſent ſous
les pas deS.A.
Laclemence , les graces , la
candeur , la force & la faveur
avec un viſage prévenant, l'accompagnent
par tout.
J
L'honneur le plus bel enfant
des Dieux ,& qui eſt luymême
le pere des beautez ,
marche à la teſte ſuivi de la
renommée , de la gloire & des
loüanges.
On voit gravé ſur le berceau
en caracteres brillans d'or
ce jour cet heureux jour ,
auquel le Regent accompa-
Piiij
176 MERCURE
gné de la Famille Royale &
des Grands , entre au Parle
ment aux applaudiffemens de
ce Corps illuftre & des Parifiens.
Le Parlement admire l'air
majestueux du Prince,& tous
les traits d'éloquence , qui partent
de ſa bouche. Aftrée revient
inceſſamment du Ciel ,
pour luy mettre en main les
reſnes d'un puiſſant Empire ,
qu'il tenoit déja par la naiſſance
, &par ſon merite connu
depuis fi long-temps.
La Renommée vole avec
rapidité de ville en ville , pour
GALANT. 877
annoncer unenouvelle,que les
François dans leur douleur
attendoient avec impatience ,
&cli
Il faudroit traduire toute
Thiſtoire de ce Poëme , pour
endonner uneplus juſte idée;
mais l'Auteur pourroit ne me
ſçavoir aucun gré de ma traduction
qui ne ſerviroit peuteſtre
qu'à affoiblir les beautez
de l'Original qu'on trouvera
àParis , chez le Sieur Simon
Langlois,dans la rue S. Eſtienne
des Grez , à l'Enſeigne du
Bon Pasteur. 159
M. l'Abbé Jamoays , qui
178 MERCURE
۱
en eftl'Auteur , a fait le pres
mier Poeme ſur la mort du
Roy fur le nouveau Regne
&la Regence ,& a cû l'honneur
de le preſenter au jeune
Roy , & à Monſeigneur le
Duc d'Orleans. J'en ay parlé
au mois de Decembre dernier ;
il eſt intitulé;Ludovicus moriens,
Louismourant,
C'eſt encore icy le premier
Poeme, qui ait paru fur S. A.
R. depuis qu'elle tient les rênes
de l'Empire,le même Auteur
acû auffi Phonneur de le luy
preſenter &à Monfeigneur le
Ducde Chartres. L'un& l'au-
1
GALANT. 172
1
tre ont été également goûtez
de la Cour , & applaudis du
publicquoique dans un genre
different.
La premier eſt un enfantde
douleur , né parmi les larmes ,
&les ſoupirs.
Le ſecond eſt un enfant de
l'Amour ; mais d'un amour
pur , fincere & ardent des
peuples , & d'une tendreſſe
refpectueuſe du Pocte pour
S. A. R.
Celui làeſt dans le grand ;
la douceur , & la délicateſſe
font le caractere dominant de
celui- cy : les plaiſirs , la joye ,
180 MERCURE
Ies ris , les jeux innocens , ont
preſidéà fa naiſſance.
Ledeffein en eſt nouveau&
tres ingenieux, depuis le commencement
juſqu'à la fin la
nature y joue avec l'art , &
l'art avec la nature.
* L'Hiſtoire , la Fable , la
Theologie desAnciens,les ont
répanduesde toutes parts dans
cet Ouvrage , & par de continuelles
allégories on voit
renaître la France ſous le nouveau
Regne & la Regenee.
LeCiel , qui change tout à
coup de face , le nouvel an ,
fon berceau , les heures de S.
GALANT. 181
A. R. l'amour des peuples, font
autant de Symboles , à la ſuite
deſquels le Pocte fait paroître
une grande varieté d'images
peintes avec nobleſſe. Il s'elevepourtant
detemps en temps
fur tout dans l'épiſode des Sieges
,,des Batailles , & des Victoires
de S. A. R. &c.
e
Comme un Poeme Latin
perd dans un Extrait, ou Traduction
, cette vivacité, ce feu,
quien font l'ame , & ces couleurs
naturelles , qui le font
briller avec éclat , j'ay jugé à
propos de ne donner qu'une
idée de l'Ouvrage , & de ren182
MERCURE
voyer les Curieux à l'Ouvrage
Latin.
d'un Poëme Latin intitulé,
Annus-In cunis, l'Année au
berceau , dedié & preſenté
parM. l'AbbéJamoays lepremier
jour de l'an à Monfeigneur
leDuc d'Orleans Regent
du Royaume.
Comme le Soleil & la LuGALANT.
173
ne font l'année par leurmouvement,
le Poete fait du nouvel
An un petit Dieu.
Le Ciel change de face,
s'ouvre tout à coup, & le nouvel
An deſcend dans un berceau
au Palais Royal .
Ce divin enfant , ce fils ai .
mable de l'Aſtre du jour , &
de l'Aſtre qui préſide à la nuit,
témoigne ſon empreſſement
pour ſaluer un Prince , qui eft
l'auteur du ſalut des François.
Il eſt porté par l'amour des
peuples , & par ces heures précieuſes
, que S. A. R. veut
bien facrifier au rétabliſſement
Piij
174 MERCURE
i
&au bonheur de la France.
L'amour grave ſur le berceau
avec des traits de flammes
les plus ardentes les vertus
, les qualités ſupericures&
lesbelles actions du Prince.
On voit d'abord un en
fant fur le Trône * que
Monſeigneur le Duc d'Orleans
ſoutient de la main.
La crainte & la fraude ſont
bannies du Troſne. Thémis
ſeule y préſide : la Pieté , la Fidelité
, la Foy & la Religion
tiennent la balance :la Liberté
en garde l'entrée.
* Loüis XV.
GALANT. 175
Les lis, les roſes &les fleurs
lesplus agréables naiſſent ſous
les pas deS.A.
Laclemence , les graces , la
candeur , la force & la faveur
avec un viſage prévenant, l'accompagnent
par tout.
J
L'honneur le plus bel enfant
des Dieux ,& qui eſt luymême
le pere des beautez ,
marche à la teſte ſuivi de la
renommée , de la gloire & des
loüanges.
On voit gravé ſur le berceau
en caracteres brillans d'or
ce jour cet heureux jour ,
auquel le Regent accompa-
Piiij
176 MERCURE
gné de la Famille Royale &
des Grands , entre au Parle
ment aux applaudiffemens de
ce Corps illuftre & des Parifiens.
Le Parlement admire l'air
majestueux du Prince,& tous
les traits d'éloquence , qui partent
de ſa bouche. Aftrée revient
inceſſamment du Ciel ,
pour luy mettre en main les
reſnes d'un puiſſant Empire ,
qu'il tenoit déja par la naiſſance
, &par ſon merite connu
depuis fi long-temps.
La Renommée vole avec
rapidité de ville en ville , pour
GALANT. 877
annoncer unenouvelle,que les
François dans leur douleur
attendoient avec impatience ,
&cli
Il faudroit traduire toute
Thiſtoire de ce Poëme , pour
endonner uneplus juſte idée;
mais l'Auteur pourroit ne me
ſçavoir aucun gré de ma traduction
qui ne ſerviroit peuteſtre
qu'à affoiblir les beautez
de l'Original qu'on trouvera
àParis , chez le Sieur Simon
Langlois,dans la rue S. Eſtienne
des Grez , à l'Enſeigne du
Bon Pasteur. 159
M. l'Abbé Jamoays , qui
178 MERCURE
۱
en eftl'Auteur , a fait le pres
mier Poeme ſur la mort du
Roy fur le nouveau Regne
&la Regence ,& a cû l'honneur
de le preſenter au jeune
Roy , & à Monſeigneur le
Duc d'Orleans. J'en ay parlé
au mois de Decembre dernier ;
il eſt intitulé;Ludovicus moriens,
Louismourant,
C'eſt encore icy le premier
Poeme, qui ait paru fur S. A.
R. depuis qu'elle tient les rênes
de l'Empire,le même Auteur
acû auffi Phonneur de le luy
preſenter &à Monfeigneur le
Ducde Chartres. L'un& l'au-
1
GALANT. 172
1
tre ont été également goûtez
de la Cour , & applaudis du
publicquoique dans un genre
different.
La premier eſt un enfantde
douleur , né parmi les larmes ,
&les ſoupirs.
Le ſecond eſt un enfant de
l'Amour ; mais d'un amour
pur , fincere & ardent des
peuples , & d'une tendreſſe
refpectueuſe du Pocte pour
S. A. R.
Celui làeſt dans le grand ;
la douceur , & la délicateſſe
font le caractere dominant de
celui- cy : les plaiſirs , la joye ,
180 MERCURE
Ies ris , les jeux innocens , ont
preſidéà fa naiſſance.
Ledeffein en eſt nouveau&
tres ingenieux, depuis le commencement
juſqu'à la fin la
nature y joue avec l'art , &
l'art avec la nature.
* L'Hiſtoire , la Fable , la
Theologie desAnciens,les ont
répanduesde toutes parts dans
cet Ouvrage , & par de continuelles
allégories on voit
renaître la France ſous le nouveau
Regne & la Regenee.
LeCiel , qui change tout à
coup de face , le nouvel an ,
fon berceau , les heures de S.
GALANT. 181
A. R. l'amour des peuples, font
autant de Symboles , à la ſuite
deſquels le Pocte fait paroître
une grande varieté d'images
peintes avec nobleſſe. Il s'elevepourtant
detemps en temps
fur tout dans l'épiſode des Sieges
,,des Batailles , & des Victoires
de S. A. R. &c.
e
Comme un Poeme Latin
perd dans un Extrait, ou Traduction
, cette vivacité, ce feu,
quien font l'ame , & ces couleurs
naturelles , qui le font
briller avec éclat , j'ay jugé à
propos de ne donner qu'une
idée de l'Ouvrage , & de ren182
MERCURE
voyer les Curieux à l'Ouvrage
Latin.
Fermer
1007
p. 182-188
« J'ay encore un nouveau petit Livre à vous presenter, [...] »
Début :
J'ay encore un nouveau petit Livre à vous presenter, [...]
Mots clefs :
Livre, Roi, Journal historique, Curiosités
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « J'ay encore un nouveau petit Livre à vous presenter, [...] »
J'ay encore un nouveau
petit Livre à vous preſenter ,
c'eſt une Differtation fur la
nouvelle découverte de l'hydropiſine
du conduit lachrimal,
fur les cauſes qui la produifent,
& fur les avantages que
l'on retirera de cette nouvelle
découverte , avec la maniere
de donner à boire par l'oeil ,
& un projet pour s'inſtruire
àfonds des maladies des yeux ,
preſentée à Meffieurs de l'Académie
Royale des Sciences
de Paris le 16. NovembrederGALANT
183
nier ,& iue dans inAffemblée
de la même Académie le 29;
du même mois. Ce Livre eft
de la compofitionde M.Anel,
Docteur en Chirurgie , &
Chirurgien Penſionnaire de
Madame Royale , mere du
Roy de Sicile , biſaycule du
Roy Tres Chrêtien , dediée à
S. A. R. Monſeigneur leDuc
d'Orleans , Regent du Royaume
: il ſe vend à Paris chez le
fieurJean-Baptiste del Eſpine,
rue S. Jacques , à l'Image faint
PaulFOC
On trouvera auffi chez le
ſieur Saugrain l'aifné , Libraire
184 MERCURE
fur le Quay des Auguſtins ,
prés la rue Pavée , à la Fleur de
Lys , un Livre nouveau intitulé
: Les Curiofitez de Paris ,
de Verſailles , de Marly , de
Vincennes galde S. Cloud , &
des environs , avec les adreſſes
neceſſaires pour trouver facilement
tout ce que ces beaux
lieux renferment d'agréable &
d'utile. Cet Ouvrage eſt enrichi
d'un grand nombre de figures
, & dedié au Roy Loüis
XV. par L. R. Le prix eft de
3. livres relié en veau On trou
vera chez le même Marchand
l'Hiſtoite de Zcloïde & d'A
manzarifdine ,
GALANT. 185
+
manzarifdine , Conte Arabe.
Ce Livre eſt ſorti avec ſuccés
de la plume d'un jeune homme
qui a beaucoup d'eſprit ,
& qui écrit bien ; c'eſt le jugement
de tous ceux qui ont
lû ſes Ouvrages.
Je vous parlerois maintenant
des miens ,& cela ſeroit
bien juſte , ſi je n'apprchen
dois de ſoulever encore une
fois les honnêtes gens qui ſe
ſont plaints que je parlois trop
ſouvent de moy ; mais d'un
autre coſté l'affaire eſt ſi im.
portante , que je ne ſçaurois
avoir la docilité de me foûmer-
Janvier 1716 .
186 MERCURE
tre à leurs déciſions ; je vous
diray donc encore , quoyqu'il
en ſoit ,que je ſuis l'Auteur
duJournal Hiſtorique de tous
les Evenements qui ont precedé
la mort du Roy , & de
tous ceux qui l'ont ſuivi fix
femaines aprés ; mais je ne
vous le repète que parce que
je ſuis eſtonné que le Public
n'ait receu qu'à demi tout au
plus , la façon dont je luy ay
annoncé M. de Villars ; fon
Eau merveilleuſe eſt d'une fi
grande refſſource contre toutes
les maladies du monde ,
quej'ay crû queperſonnen'heGALANT
. 187
د
fireroit à avoir recours à luy ,
&àmoy pour enavoir;le Lecteur
ſage & diferet fera de ce
troiſième avis l'uſagequ'il luy
plaira , il ne m'appartient pas
de luy donner des conſeils
mais la place que j'occupe me
preſcrit de luy propoſer tout
ce qui luy peut eſtre utile. S'il
aime ſa ſanté , & la conſerver
juſqu'à l'extrême vieilleſſe ,il
doit ſe munir de ce Livre qui
fe vend chez les Sieurs Jollet
& Lamelle , au bout du Pont
S. Michel , du coſté du Marche
Neuf , au Livre Royal ; il
y apprendra toutes les pro
Qij
188 MERCURE
prietez d'une Eau, que la quantité
des merveilles qu'elle opere
, peut incontestablement
faire paffer pour une Medecine
univerſelle.
petit Livre à vous preſenter ,
c'eſt une Differtation fur la
nouvelle découverte de l'hydropiſine
du conduit lachrimal,
fur les cauſes qui la produifent,
& fur les avantages que
l'on retirera de cette nouvelle
découverte , avec la maniere
de donner à boire par l'oeil ,
& un projet pour s'inſtruire
àfonds des maladies des yeux ,
preſentée à Meffieurs de l'Académie
Royale des Sciences
de Paris le 16. NovembrederGALANT
183
nier ,& iue dans inAffemblée
de la même Académie le 29;
du même mois. Ce Livre eft
de la compofitionde M.Anel,
Docteur en Chirurgie , &
Chirurgien Penſionnaire de
Madame Royale , mere du
Roy de Sicile , biſaycule du
Roy Tres Chrêtien , dediée à
S. A. R. Monſeigneur leDuc
d'Orleans , Regent du Royaume
: il ſe vend à Paris chez le
fieurJean-Baptiste del Eſpine,
rue S. Jacques , à l'Image faint
PaulFOC
On trouvera auffi chez le
ſieur Saugrain l'aifné , Libraire
184 MERCURE
fur le Quay des Auguſtins ,
prés la rue Pavée , à la Fleur de
Lys , un Livre nouveau intitulé
: Les Curiofitez de Paris ,
de Verſailles , de Marly , de
Vincennes galde S. Cloud , &
des environs , avec les adreſſes
neceſſaires pour trouver facilement
tout ce que ces beaux
lieux renferment d'agréable &
d'utile. Cet Ouvrage eſt enrichi
d'un grand nombre de figures
, & dedié au Roy Loüis
XV. par L. R. Le prix eft de
3. livres relié en veau On trou
vera chez le même Marchand
l'Hiſtoite de Zcloïde & d'A
manzarifdine ,
GALANT. 185
+
manzarifdine , Conte Arabe.
Ce Livre eſt ſorti avec ſuccés
de la plume d'un jeune homme
qui a beaucoup d'eſprit ,
& qui écrit bien ; c'eſt le jugement
de tous ceux qui ont
lû ſes Ouvrages.
Je vous parlerois maintenant
des miens ,& cela ſeroit
bien juſte , ſi je n'apprchen
dois de ſoulever encore une
fois les honnêtes gens qui ſe
ſont plaints que je parlois trop
ſouvent de moy ; mais d'un
autre coſté l'affaire eſt ſi im.
portante , que je ne ſçaurois
avoir la docilité de me foûmer-
Janvier 1716 .
186 MERCURE
tre à leurs déciſions ; je vous
diray donc encore , quoyqu'il
en ſoit ,que je ſuis l'Auteur
duJournal Hiſtorique de tous
les Evenements qui ont precedé
la mort du Roy , & de
tous ceux qui l'ont ſuivi fix
femaines aprés ; mais je ne
vous le repète que parce que
je ſuis eſtonné que le Public
n'ait receu qu'à demi tout au
plus , la façon dont je luy ay
annoncé M. de Villars ; fon
Eau merveilleuſe eſt d'une fi
grande refſſource contre toutes
les maladies du monde ,
quej'ay crû queperſonnen'heGALANT
. 187
د
fireroit à avoir recours à luy ,
&àmoy pour enavoir;le Lecteur
ſage & diferet fera de ce
troiſième avis l'uſagequ'il luy
plaira , il ne m'appartient pas
de luy donner des conſeils
mais la place que j'occupe me
preſcrit de luy propoſer tout
ce qui luy peut eſtre utile. S'il
aime ſa ſanté , & la conſerver
juſqu'à l'extrême vieilleſſe ,il
doit ſe munir de ce Livre qui
fe vend chez les Sieurs Jollet
& Lamelle , au bout du Pont
S. Michel , du coſté du Marche
Neuf , au Livre Royal ; il
y apprendra toutes les pro
Qij
188 MERCURE
prietez d'une Eau, que la quantité
des merveilles qu'elle opere
, peut incontestablement
faire paffer pour une Medecine
univerſelle.
Fermer
1008
p. 188-201
Discours sur le Bal de l'Opera, suivi d'une Avanture de Bal. [titre d'après la table]
Début :
Le spectacle de Paris, le plus suivi à present & le plus agréable [...]
Mots clefs :
Paris, Fortune, Homme, Bal, Amant, Dames, Église, Maîtresse, Bal de l'Opéra, Aventure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours sur le Bal de l'Opera, suivi d'une Avanture de Bal. [titre d'après la table]
Le ſpectacle de Paris, leplus
ſuivi à preſent & le plus agréa
ble en même temps , eft celui
dont les Directeurs de l'Opera
regalent le public tous les
Lundy , les Mereredy ,& les
Samedy de chaque ſemaine.
C'eſt un Bal établi avec tant
d'ordre , de lumieres , & de
propreté , qu'il eſt devenu le
divertiſſementde Paris le plus
GALANT. 189
à la mode. Chaque Maſquey
eft receu moyennant le prix
&fomme d'un écu. C'eſt à ce
titre qu'il acquiert le plaiſir
(quel qu'il foit )de danſer , ou
de s'entretenir à la faveur de
fon maſque , avec les plus diftinguées
& les plus jolies femmes
de France. S'il eſt entreprennant
, & qu'il ait de l'efprit
, il y peut faire fortune.
Pour moy , je vous avoue que
j'ay d'abord regardé ce Bal
comme une pepiniere d'avantures
, mais il y fait fi clair ,
qu'onn'y peut attrapertoutau
plus ,que quelques lambeaux
1,0 MERCURE
de converfation. Le jargon
de ce païs là tout déteſtable
qu'il eſt , eſt la plus amuſante
choſedu monde ,& il ſemble
qu'il a été donné à tous , par
un don particulier ( & l'efprit
àpart)la faculté de parler également
bien cette langue.Au
reſte cet établiſſement a été
inventé fort à propos , dans
une Ville comme Paris ,où il
faut abſolument des plaiſirs.
Cependant il y arrive tous les
jours une choſe dont le ridicule
eſt extrême ,& qui revolte
lesEtrangers , comme toutce
qu'il ya de François raiſonnaGALANT
. 191
bles. Enunmot on dit , & je
penſe comme ceux qui le
difent , qu'il eſttout à fait impertinent
de voir dans une
affemblée auffi brillante par le
nombre & les graces des Dames
qui s'y trouvent tous les
jours ,un tas de jeunes étourdisquidanſent
entr'cux , toute
les danſes qu'il leur plaît , pendant
que la pluſpart du temps
les Dames font debout , occupées
à les regarder faire leurs
exercices . Si ce Bal donne matiere
à quelquejolic avanture,
comme je l'efpere , je nemanqueraypas
d'en fairemonpro192
MERCURE
fit ,& d'en amuſer le public.
Je n'y ay vû , juſqu'à preſent
que de legeres ébauches de
galanterie; en voicy unc.
Le 25. de ce mois à minuit
, une grande , brillante ,
&belle Maſque entra dans le
Balde l'Opera , accompagnée
d'une perſonne preſque auffibien
miſe qu'elle. Ces deux
beaurez fendirent la fouledes
Maſques avecune fierté digne
de leur rang La fermeté de
leur démarche & la nobleſfe
de leur contenance leur attirerent
des civilitez , des hommages
, qui penſerent leur
faire
GALANT. 193
i
faire tourner la cervelle. Un
bien ,
jeune homme de condition
remarqua leur embarras , &
leur trouva en même temps ,
une ſi prodigieuſe quantité
degraces , qu'il les prit ſous ſa
protection. Ses ſoins & d'autres
objets écarterent la foule
desprétendans. Il fit enfin fi
leur trouva une
place dans un coin del'Orqueftre
du fond du Theatre. Ce
fut là qu'aux pieds de fa grande
Reine , il étala de fon mieux
tous les ſentimens de ſon
coeur. Il luy dit entre autres
choſes , qu'il ne voyoit rien
Janvier 1716.
,qu'il
R
194 MERCURE
د
de fibeau que l'énorme groffeur
de fon poitrail , qu'elle
avoit un embonpoint dont il
eſtoit enchanté ,& qu'il s'eſti- enchante
meroit trop favoriſé de l'amour
& de la fortune , s'il
pouvoit parvenir un jour à la
gloire de ſe voir l'heureux
nourriſſon d'une ſi belle Nourriffe.
Il ajoûta à ces douceurs
quantité d'autres belles choſes
que la memoire de Mercure
( qui ne manque jamais de ſe
trouver partout où ily a quelque
apparence d'avantures , )
n'a pas eu le courage de retenir
. Il eſt neanmoins bien vrai
GALANT. 195
qu'il ſuivit la converſation de
ces Maſques , & qu'il entendit
avant de les quitter , qu'ils ſe
fer , qu
donnoient un rendez - vous
pour le lendemain àmidy dans
l'Egliſe des Cordeliers , où les
Acteurs ne manquerent pas de
ſe trouver comme ils ſe l'étoient
promis . Leurs regards
& quelques fignaux reciproques
affûrerent leur reconnoifſance.
Ils ſe joignirent à la
porte de l'Eglife ,ils ſe parlerent
, & ſe ſeparerent aprés
eſtre convenus de ſe revoir l'apreſdinée
dans la maiſon même
de la belle Avanturiere.
Rij
196 MERCURE
Vers le ſoir le Cavalier fut
faire la viſite à laquelle il s'étoit
engagé le matin. Il heurta
à la porte qu'une ſervante alla
luy ouvrir pour le conduire
dans un Appartement magnifique
, où ſa Dame le receut
avec toute la joye & toute la
politeſſe imaginables. Sa viſite
finie , il ne fongea plus qu'à
chercher dans Paris quelqu'un
qui voulut recevoir la confidence
de ſa bonne fortune. Il
exagera fon bonheur , il éleva
ſa belle au- deſſus de toutes les
belles du monde , & ne ſe promit
en un mot rien moins
GALANT. 197
qu'unheureux& ſplendidehymen
avec une ſi aimable & fi
riche perſonne. Mais ſon indifcretion
luy coûra cher ; il
parla trop , il retourna mal-àpropos
au logis de la Dame de
ſes penſées , enfin il fit tantd'éloges
de ſa prétenduë felicité ,
qu'au bout de trois jours , il ne
luy reſta pour tout fruit de ſes
pas , que la honte de ſes ſoins .
Un particulier de ſa connoiffance
qui demeuroit dans le
vorfinage de ſa Maiſtreſſe ,devint
le dernier confident de
cette intrigue. Il congratula
cet Amant ſur le merite de fa
Riij
198 MERCURE
conqueſte ; mais un moment
aprés il luy dit qu'il voyoit
bienqu'il ignoroit à qui ilavoit
affaire , qu'il eſtoit bien ailede
luyapprendre que ſaMaiſtreſſe
eſtoit en liaiſon étroite avec
des gens qui ne luy convenoient
point , & que le lendemain
, s'il eſtoit curieux , il la
luy feroit voir dans un état qui
le dégoûteroit à jamais d'elle.
Le jeune homme accepta la
propoſition d'un air de confiance
qui annonçoit ſon incredulité
, & conſentit enfin à
ſe trouver à cinq heures du
matin chez celuy qui luy parGALANT
199
loit avec tantd'afleurance d'une
choſe qu'il ne pouvoit ſe
perfuader. L'heure du rendezvous
arrivée , il alla au logis de
fon amy , il le ſomma de luy
tenir parole , ce que l'autre fit
àl'inſtant. Ilmena l'Amant de
fa charmante voiſine juſqu'au
coin de l'Egliſe de S. Cômedu
côté de la ruë de la Harpe , il
fe mit avec luy en ſentinelle
fous une porte ,& aucoup de
fix heures , il luy recommenda
d'ouvrir ſi bien les yeux qu'il
ne luy pût rien échaper de ce
qu'il alloit voir . En effer , le
jeunehomme regardatant qu'
R iiij
200 MERCURE
il pût , & vit à la fin avecun
étonnement extrême ſon heroïne
arriver chargée de tout
l'équipage de ces honneſtes
Marchandes qui eſtabliſſent
tous les matins leurs boutiques
au coin des ruës,&reconnut
enfin , à la faveur de la lumiere
, que ſa chere Maiſtreſſe
ettoit une des plus graffes TripieresdeParis
.Al'inſtant,con.
fus de fon Avanture , il embraſſa
ſon indifcret amy , &
prit la fuite avec luy.
Le Lecteur n'avoüera-t- il
pas maintenant que ces deux
Amants alloient faire bien du
GALANT. 201
chemin enſemble , ſous l'étendart
de l'amour , fi ce jeune
étourdy n'avoit pas temerairement
confié ce ſecret important
à un homme trop inſtruit
des affaires de ſa Mantreffe.
ſuivi à preſent & le plus agréa
ble en même temps , eft celui
dont les Directeurs de l'Opera
regalent le public tous les
Lundy , les Mereredy ,& les
Samedy de chaque ſemaine.
C'eſt un Bal établi avec tant
d'ordre , de lumieres , & de
propreté , qu'il eſt devenu le
divertiſſementde Paris le plus
GALANT. 189
à la mode. Chaque Maſquey
eft receu moyennant le prix
&fomme d'un écu. C'eſt à ce
titre qu'il acquiert le plaiſir
(quel qu'il foit )de danſer , ou
de s'entretenir à la faveur de
fon maſque , avec les plus diftinguées
& les plus jolies femmes
de France. S'il eſt entreprennant
, & qu'il ait de l'efprit
, il y peut faire fortune.
Pour moy , je vous avoue que
j'ay d'abord regardé ce Bal
comme une pepiniere d'avantures
, mais il y fait fi clair ,
qu'onn'y peut attrapertoutau
plus ,que quelques lambeaux
1,0 MERCURE
de converfation. Le jargon
de ce païs là tout déteſtable
qu'il eſt , eſt la plus amuſante
choſedu monde ,& il ſemble
qu'il a été donné à tous , par
un don particulier ( & l'efprit
àpart)la faculté de parler également
bien cette langue.Au
reſte cet établiſſement a été
inventé fort à propos , dans
une Ville comme Paris ,où il
faut abſolument des plaiſirs.
Cependant il y arrive tous les
jours une choſe dont le ridicule
eſt extrême ,& qui revolte
lesEtrangers , comme toutce
qu'il ya de François raiſonnaGALANT
. 191
bles. Enunmot on dit , & je
penſe comme ceux qui le
difent , qu'il eſttout à fait impertinent
de voir dans une
affemblée auffi brillante par le
nombre & les graces des Dames
qui s'y trouvent tous les
jours ,un tas de jeunes étourdisquidanſent
entr'cux , toute
les danſes qu'il leur plaît , pendant
que la pluſpart du temps
les Dames font debout , occupées
à les regarder faire leurs
exercices . Si ce Bal donne matiere
à quelquejolic avanture,
comme je l'efpere , je nemanqueraypas
d'en fairemonpro192
MERCURE
fit ,& d'en amuſer le public.
Je n'y ay vû , juſqu'à preſent
que de legeres ébauches de
galanterie; en voicy unc.
Le 25. de ce mois à minuit
, une grande , brillante ,
&belle Maſque entra dans le
Balde l'Opera , accompagnée
d'une perſonne preſque auffibien
miſe qu'elle. Ces deux
beaurez fendirent la fouledes
Maſques avecune fierté digne
de leur rang La fermeté de
leur démarche & la nobleſfe
de leur contenance leur attirerent
des civilitez , des hommages
, qui penſerent leur
faire
GALANT. 193
i
faire tourner la cervelle. Un
bien ,
jeune homme de condition
remarqua leur embarras , &
leur trouva en même temps ,
une ſi prodigieuſe quantité
degraces , qu'il les prit ſous ſa
protection. Ses ſoins & d'autres
objets écarterent la foule
desprétendans. Il fit enfin fi
leur trouva une
place dans un coin del'Orqueftre
du fond du Theatre. Ce
fut là qu'aux pieds de fa grande
Reine , il étala de fon mieux
tous les ſentimens de ſon
coeur. Il luy dit entre autres
choſes , qu'il ne voyoit rien
Janvier 1716.
,qu'il
R
194 MERCURE
د
de fibeau que l'énorme groffeur
de fon poitrail , qu'elle
avoit un embonpoint dont il
eſtoit enchanté ,& qu'il s'eſti- enchante
meroit trop favoriſé de l'amour
& de la fortune , s'il
pouvoit parvenir un jour à la
gloire de ſe voir l'heureux
nourriſſon d'une ſi belle Nourriffe.
Il ajoûta à ces douceurs
quantité d'autres belles choſes
que la memoire de Mercure
( qui ne manque jamais de ſe
trouver partout où ily a quelque
apparence d'avantures , )
n'a pas eu le courage de retenir
. Il eſt neanmoins bien vrai
GALANT. 195
qu'il ſuivit la converſation de
ces Maſques , & qu'il entendit
avant de les quitter , qu'ils ſe
fer , qu
donnoient un rendez - vous
pour le lendemain àmidy dans
l'Egliſe des Cordeliers , où les
Acteurs ne manquerent pas de
ſe trouver comme ils ſe l'étoient
promis . Leurs regards
& quelques fignaux reciproques
affûrerent leur reconnoifſance.
Ils ſe joignirent à la
porte de l'Eglife ,ils ſe parlerent
, & ſe ſeparerent aprés
eſtre convenus de ſe revoir l'apreſdinée
dans la maiſon même
de la belle Avanturiere.
Rij
196 MERCURE
Vers le ſoir le Cavalier fut
faire la viſite à laquelle il s'étoit
engagé le matin. Il heurta
à la porte qu'une ſervante alla
luy ouvrir pour le conduire
dans un Appartement magnifique
, où ſa Dame le receut
avec toute la joye & toute la
politeſſe imaginables. Sa viſite
finie , il ne fongea plus qu'à
chercher dans Paris quelqu'un
qui voulut recevoir la confidence
de ſa bonne fortune. Il
exagera fon bonheur , il éleva
ſa belle au- deſſus de toutes les
belles du monde , & ne ſe promit
en un mot rien moins
GALANT. 197
qu'unheureux& ſplendidehymen
avec une ſi aimable & fi
riche perſonne. Mais ſon indifcretion
luy coûra cher ; il
parla trop , il retourna mal-àpropos
au logis de la Dame de
ſes penſées , enfin il fit tantd'éloges
de ſa prétenduë felicité ,
qu'au bout de trois jours , il ne
luy reſta pour tout fruit de ſes
pas , que la honte de ſes ſoins .
Un particulier de ſa connoiffance
qui demeuroit dans le
vorfinage de ſa Maiſtreſſe ,devint
le dernier confident de
cette intrigue. Il congratula
cet Amant ſur le merite de fa
Riij
198 MERCURE
conqueſte ; mais un moment
aprés il luy dit qu'il voyoit
bienqu'il ignoroit à qui ilavoit
affaire , qu'il eſtoit bien ailede
luyapprendre que ſaMaiſtreſſe
eſtoit en liaiſon étroite avec
des gens qui ne luy convenoient
point , & que le lendemain
, s'il eſtoit curieux , il la
luy feroit voir dans un état qui
le dégoûteroit à jamais d'elle.
Le jeune homme accepta la
propoſition d'un air de confiance
qui annonçoit ſon incredulité
, & conſentit enfin à
ſe trouver à cinq heures du
matin chez celuy qui luy parGALANT
199
loit avec tantd'afleurance d'une
choſe qu'il ne pouvoit ſe
perfuader. L'heure du rendezvous
arrivée , il alla au logis de
fon amy , il le ſomma de luy
tenir parole , ce que l'autre fit
àl'inſtant. Ilmena l'Amant de
fa charmante voiſine juſqu'au
coin de l'Egliſe de S. Cômedu
côté de la ruë de la Harpe , il
fe mit avec luy en ſentinelle
fous une porte ,& aucoup de
fix heures , il luy recommenda
d'ouvrir ſi bien les yeux qu'il
ne luy pût rien échaper de ce
qu'il alloit voir . En effer , le
jeunehomme regardatant qu'
R iiij
200 MERCURE
il pût , & vit à la fin avecun
étonnement extrême ſon heroïne
arriver chargée de tout
l'équipage de ces honneſtes
Marchandes qui eſtabliſſent
tous les matins leurs boutiques
au coin des ruës,&reconnut
enfin , à la faveur de la lumiere
, que ſa chere Maiſtreſſe
ettoit une des plus graffes TripieresdeParis
.Al'inſtant,con.
fus de fon Avanture , il embraſſa
ſon indifcret amy , &
prit la fuite avec luy.
Le Lecteur n'avoüera-t- il
pas maintenant que ces deux
Amants alloient faire bien du
GALANT. 201
chemin enſemble , ſous l'étendart
de l'amour , fi ce jeune
étourdy n'avoit pas temerairement
confié ce ſecret important
à un homme trop inſtruit
des affaires de ſa Mantreffe.
Fermer
1009
p. 201-202
« Voila déja une avanture du bal, il faut esperer qu'avec le [...] »
Début :
Voila déja une avanture du bal, il faut esperer qu'avec le [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Voila déja une avanture du bal, il faut esperer qu'avec le [...] »
Voila déja une avanture du
Bal , il faut efperer qu'avec le
temps , j'auray occafion de
vous en conter d'autres plus
intereffantes ; mais pendant
que nous ſommes fur le chapitre
des Bals , permettez moi
de vous inviter à lire la defcription
que je vais vous faire le
plus naturellement& le mieux
qu'il me fera poſſible , de ce-
3
202 MERCURE
luy que Monfieur l'Ambaffadeur
de Portugal a donné le
Mardy vingt-huit de ce mois ,
jour de S. François , à l'honneur
de la Feſte de la Princeffe-
Dona Francifca , foeur du Roy
de Portugal.
Bal , il faut efperer qu'avec le
temps , j'auray occafion de
vous en conter d'autres plus
intereffantes ; mais pendant
que nous ſommes fur le chapitre
des Bals , permettez moi
de vous inviter à lire la defcription
que je vais vous faire le
plus naturellement& le mieux
qu'il me fera poſſible , de ce-
3
202 MERCURE
luy que Monfieur l'Ambaffadeur
de Portugal a donné le
Mardy vingt-huit de ce mois ,
jour de S. François , à l'honneur
de la Feſte de la Princeffe-
Dona Francifca , foeur du Roy
de Portugal.
Fermer
1010
p. 202-218
Description modeste de la magnificence du Bal de M. l'Ambassadeur de Portugal. . [titre d'après la table]
Début :
Le Lecteur doit s'attendre icy à la vûë du plus brillant tableau [...]
Mots clefs :
Bal, Palais, Appartement, Ambassadeur, Portugal, Meubles, Étoffe, Diamants, Ambassadeur de Portugal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Description modeste de la magnificence du Bal de M. l'Ambassadeur de Portugal. . [titre d'après la table]
Le Lecteur doit s'attendre
icy à la vûë du plus brillant tableau
qu'on puifle offrir à ſes
yeux , fi le Peintre a l'art de
s'exprimer d'une façon qui réponde
aux idées que le public
a de la magnificence de cer
Ambaſſadeur. L'Entrée qu'il
fit en cetteVillele 18. du mois
d'Aouſt dernier parut ſi ſuperGALANT.
103
be , ſi ſplendide & fi riche ,
queperſonne àParis ne ſe ſouvientd'enavoir
vue une pareille.
La quantité de medailles
d'or & d'argent qui furent
alors jettées au peuple ,acheverent
dedonner de fa perſonne
la haute opinion que tout
lemonde en a. Attentif à fuivre
les temps pour ſe conferver
des fuffrages univerſels
dont nul particulier , quelque
diſtingué qu'il foit , ne peut
luy difputer l'avantage , il n'a
pas plutôt vû arriver le carnaval
, qu'il a établi que tous les
Mercredis ilyauroit une Af204
MERCURE
ſemblée dans ſa maiſon où
l'on recevroit d'une maniere
convenable à ſa dignité & à
ſes intentions , tout ce qu'il y
a d'honnêtes gens àla Cour &
à la Ville qui voudroient lui
faire leplaifir d'aller chez luy.
Cette Affemblée ſe tient régulierement
le Mercredy dans
pluſieurs falles de fon Hôtel ,
oùil y a concert , bal , jeux ,
& collations ſuperbes ; mais
ces fêtes reglées n'ont eſté que
le preludede celle qu'il a donnée
le 28. de ce mois.
Pour en tracer une idée ap
prochante de la verité , il eſt à
GALANT . 205
propos d'entrer dans un leger
détail de la ſituation de fa
maiſon .
L'Hôtel de Portugal connue
avant que M. le Comte
de Ribeira l'occupât , ſous le
nom de Bretonvilliers , eſt un
des plus beaux Palais de cette
Ville, je dis Palais , quoyque ce
terme ne foit pas en ufage en
France , pour diftinguer cette
maiſon d'une infinité d'autres
qui font fort belles , & qui
n'approchent point de la beauté
de celle cy.
CePalais eſt ſitué à la pointe
de l'Iſle de Nôtre-Dame
206 MERCURE
dans * l'exposition la plus char.
mante du monde. Son étenduë eft
capable de loger commodément un
des plus grands Seigneurs avec
unefuite nombreuse. Tout ce que
la vûë peut expoſer de plus fatisfaisanty
est offert avec abondance.
La rich ſſe des meubles
desdorures,ſculptures, marbres ,
bronzes ,glaces , c. y brille de
tous côtez. Les pieces les plus curieuſesſont
les tremaux de lafalle
baſſe quifont remplis d'excellen
tes copies que le celebre Mignard
afaitesfur les originaux de Ra
* Cet article eſt tiré des curiofitez
de Paris .
!
GALANT. 207
phaël d'Urbin : enfuite la galerie
du premier appartement qui eft
peinte entierement par Bourdon.
La chambre de cet appartement
eft enrichie de quatre merveilleux
Tableaux du fameux Pouffin qui
reprefentent l'enlevement des Sabines
par lesRomains , le Triomphe
de Venus ſur les eaux ,
Paffagede laMer rouge , & le
Veau d'or adoré dans le Defert.
Onyvoit encore un excellentTableau
de Michel Ange , c'estNôtre-
Seigneur porté dans le Tombeau
, & enfin dans une antichambre
l'admirable & inestima
ble Defcente de Croix ,peintepar
le
208 MERCURE
Danield Voltere. CeTableaueft
estimé leplus excellent que l'on ait
en France de cet habile Italien .
On ne peut ſe diſpenſerd'ajouter
à ces beautez la richeſſe
des tapifferies & des autres
meubles dont M. le Comte de
Ribeira a orné ce Palais. Le
dais ſous lequel eſt le Portrait
duRoyde Portugal eft comme
les chaiſes&lesportieresd'une
broderie de la Chine enrichie
d'or ,& admirable par la bizarerie
de ſon deſſein , & par la
fineſſe de ſes couleurs .
Dans un cabinet on remarque
parmi les Portraits de la
Famille
GALANT. 209
Famille du Roy de Portugal ,
celui de la belle Princeſſe quia
été le ſujet de la fête qu'adonnée
cet Ambaffadeur. Outre
une infinité de meubles de
differents damas galonnez d'or
qui ſont diftribuez dans les
bas appartements de ee Palais ,
en montant , on entre à droit
dans un appartement de quatre
grandes pieces dont la premiere
eſt tenduë d'une tapiſſerie
de haute lice qui repreſente
l'Histoire de Joſeph Dans la
ſeconde il y aundais de velours
cramorfi à fonds & franges d'or
pareilaux chaiſes : cette cham--
Janvier 1716 .
S
210 MERCURE
breeſt ornée d'un original de
Raphaël qui a pour ſujet les
travaux d'Hercule. Dans la
troifiéme on eſt ébloüi de la
magnificence d'un fuperbe lit
de parade qui,auſſi bien que le
reſte de l'emmeublement , eſt
d'une étoffe à fonds d'or garnie
d'unefrangede même.Decette
chambre on voit à travers une
porte de glaces , un cabinet
dont les murailles font garnies
d'un nombre infini de belles.
Porcelaines du Japon , & de
bijoux les plus rares & les plus
eftimez , & on y diftingue aiſfément
la beauté d'une toilette
GALANT. 211
L
qui eſt un chef- d'oeuvre d'Orfevrerie
; mais revenons , s'il
vous plaît , au bal qui a donné
lieu à cet abregé des richeſſes
de ce Palais.
La terraffe qui regne fur
la porte del'Hoſtel de Portugal
fut éclairée à onze heures
du foir d'un grand nombre de
gros flambeaux de cire blanche;
alors les Trompettes, les
Timbales , les Hautbois , &
pluſieurs Joueurs de differens
inſtruments y monterent , &
animez de la bonne chere &
des liqueurs dont ils avoient
amplement humecté leurs en-
Sij
212 MERCURE
trailles , ils entonnerent des
chants d'allegreffe ,& annoncerent
à toute la ville la magnificence
de cette fefte.
A onze heures &demi , les
Maſques commencerent à entrer
,ils furent reçus d'abord
dans une grande galerie éclai
rée de pluſieurs luftres , &d'un
grand nombre de plaques
d'Angleterre , qui portoient
chacune deux groſſes bougies.
Avantd'arriver à cette galerie,
on eſtoit obligé de s'arreſter
dans le paffage , pour y admirer
l'éclat & la propreté des
fruits & des confitures ſeches
GALANT. 2.13
arrangez ſur des corbeilles &
des plats de la Chine dreff z .
en forme d'Amphitheatre , au
deſlous eſtoit une abondance
prodigieuſe de viandes exquiſes
,&vis à-vis ungrandbuffet
de la largeur de cette falle,
eſtoient pluſieurs Officiers
chargez du ſoin de donner
fans ceffe aux Maſques , tous
les raffraichiſſements qu'ils.
pourroient demander , & de
remplacer à chaque inſtant les
plats vuides par de nouveaux
fervices . Aux deux extremitez
de la galerie , qui eſt d'une
étenduë capable de contenir
214 MERCURE
mille perſonnes ,on avoit dref.
ſé deux Amphitheatres pour
la ſimphonie : Ce fut là que
d'abord tous les Maſquesarriverent
; mais cette galerie ſe
trouva fi pleine en moins d'une
heure , que chacun chercha
contre l'affluence du monde ,
un azile dans les differents appartements
de ce Palais, qui ſe
trouverent tous vers les trois
heures du matin auffi remplis
de Maſques , que la galerie.
Toutes les premieres Dames
& les plus grands Seigneurs
du Royaume voulu.
rent prendre leur partdes plaiGALANT.
215
firs de cette feſte, où unegrofſe
banque de Pharaon attira
pluſieurs Maſques , & dont
Ics Banquiers en furentquittes
pour la perte de la meilleure
partie de leur étalage.
Le principal ornement man--
queroit à la deſcription de ce
Bal , ſi je ne diſois rien de la
grace admirable avec laquelle
Madame l'Ambaſladrice a fait
les honneurs de cette feſte..
CetteDame eſt jeune , belle ,
& fibien faite , que perſonne
n'a la taille mieux priſe& plus
noble qu'elle. C'eſt un malheur
pour elle au Bal ; car fa
216 MERCURE
7
riche taule la démaſque partout.
Elle parut dans le ſien
fous differens habillemens ;
d'abord en Amazone Portugaiſe
ſous un habit d'écarlatte
brodé d'argent , avec une jupe
d'étoffe d'argent couverte
de diſtance en diſtance de lez
d'une autre étoffe brune & or.
Les glands de ſa cravate
étoient de diamants& de perles
d'une façon toute nouvelle.
Son chapeau avoit unbordé
de gros diamants ſurmonté
par un plumet blanc , avec
une agraffe de diamants à la
place du bouton.
Elle
GALANT. 217
Elle reparut enſuite enDomino
bleu garni de Rezeaux
d'argent: fous cet habillement
plus commode , elle donna
plus aifément à l'Affemblée
le plaifir de la voir danſer , ce
qu'elle fait avec toute la propreté
&toute la grace imaginable.
Enfin elle reſta dans le Bal
auſſi bien que M. le Comte
de Ribeira , juſqu'à huit heures
du matin , &tout le monde
depuis le premier juſqu'au
د
dernier Maſque en fortit
charmé des graces de Madame
l'Ambaſſadrice , & de la
Janvier 1716.
T
218 MERCURE
politeffe & de la magnificence
de M. l'Ambaſſadeur.
icy à la vûë du plus brillant tableau
qu'on puifle offrir à ſes
yeux , fi le Peintre a l'art de
s'exprimer d'une façon qui réponde
aux idées que le public
a de la magnificence de cer
Ambaſſadeur. L'Entrée qu'il
fit en cetteVillele 18. du mois
d'Aouſt dernier parut ſi ſuperGALANT.
103
be , ſi ſplendide & fi riche ,
queperſonne àParis ne ſe ſouvientd'enavoir
vue une pareille.
La quantité de medailles
d'or & d'argent qui furent
alors jettées au peuple ,acheverent
dedonner de fa perſonne
la haute opinion que tout
lemonde en a. Attentif à fuivre
les temps pour ſe conferver
des fuffrages univerſels
dont nul particulier , quelque
diſtingué qu'il foit , ne peut
luy difputer l'avantage , il n'a
pas plutôt vû arriver le carnaval
, qu'il a établi que tous les
Mercredis ilyauroit une Af204
MERCURE
ſemblée dans ſa maiſon où
l'on recevroit d'une maniere
convenable à ſa dignité & à
ſes intentions , tout ce qu'il y
a d'honnêtes gens àla Cour &
à la Ville qui voudroient lui
faire leplaifir d'aller chez luy.
Cette Affemblée ſe tient régulierement
le Mercredy dans
pluſieurs falles de fon Hôtel ,
oùil y a concert , bal , jeux ,
& collations ſuperbes ; mais
ces fêtes reglées n'ont eſté que
le preludede celle qu'il a donnée
le 28. de ce mois.
Pour en tracer une idée ap
prochante de la verité , il eſt à
GALANT . 205
propos d'entrer dans un leger
détail de la ſituation de fa
maiſon .
L'Hôtel de Portugal connue
avant que M. le Comte
de Ribeira l'occupât , ſous le
nom de Bretonvilliers , eſt un
des plus beaux Palais de cette
Ville, je dis Palais , quoyque ce
terme ne foit pas en ufage en
France , pour diftinguer cette
maiſon d'une infinité d'autres
qui font fort belles , & qui
n'approchent point de la beauté
de celle cy.
CePalais eſt ſitué à la pointe
de l'Iſle de Nôtre-Dame
206 MERCURE
dans * l'exposition la plus char.
mante du monde. Son étenduë eft
capable de loger commodément un
des plus grands Seigneurs avec
unefuite nombreuse. Tout ce que
la vûë peut expoſer de plus fatisfaisanty
est offert avec abondance.
La rich ſſe des meubles
desdorures,ſculptures, marbres ,
bronzes ,glaces , c. y brille de
tous côtez. Les pieces les plus curieuſesſont
les tremaux de lafalle
baſſe quifont remplis d'excellen
tes copies que le celebre Mignard
afaitesfur les originaux de Ra
* Cet article eſt tiré des curiofitez
de Paris .
!
GALANT. 207
phaël d'Urbin : enfuite la galerie
du premier appartement qui eft
peinte entierement par Bourdon.
La chambre de cet appartement
eft enrichie de quatre merveilleux
Tableaux du fameux Pouffin qui
reprefentent l'enlevement des Sabines
par lesRomains , le Triomphe
de Venus ſur les eaux ,
Paffagede laMer rouge , & le
Veau d'or adoré dans le Defert.
Onyvoit encore un excellentTableau
de Michel Ange , c'estNôtre-
Seigneur porté dans le Tombeau
, & enfin dans une antichambre
l'admirable & inestima
ble Defcente de Croix ,peintepar
le
208 MERCURE
Danield Voltere. CeTableaueft
estimé leplus excellent que l'on ait
en France de cet habile Italien .
On ne peut ſe diſpenſerd'ajouter
à ces beautez la richeſſe
des tapifferies & des autres
meubles dont M. le Comte de
Ribeira a orné ce Palais. Le
dais ſous lequel eſt le Portrait
duRoyde Portugal eft comme
les chaiſes&lesportieresd'une
broderie de la Chine enrichie
d'or ,& admirable par la bizarerie
de ſon deſſein , & par la
fineſſe de ſes couleurs .
Dans un cabinet on remarque
parmi les Portraits de la
Famille
GALANT. 209
Famille du Roy de Portugal ,
celui de la belle Princeſſe quia
été le ſujet de la fête qu'adonnée
cet Ambaffadeur. Outre
une infinité de meubles de
differents damas galonnez d'or
qui ſont diftribuez dans les
bas appartements de ee Palais ,
en montant , on entre à droit
dans un appartement de quatre
grandes pieces dont la premiere
eſt tenduë d'une tapiſſerie
de haute lice qui repreſente
l'Histoire de Joſeph Dans la
ſeconde il y aundais de velours
cramorfi à fonds & franges d'or
pareilaux chaiſes : cette cham--
Janvier 1716 .
S
210 MERCURE
breeſt ornée d'un original de
Raphaël qui a pour ſujet les
travaux d'Hercule. Dans la
troifiéme on eſt ébloüi de la
magnificence d'un fuperbe lit
de parade qui,auſſi bien que le
reſte de l'emmeublement , eſt
d'une étoffe à fonds d'or garnie
d'unefrangede même.Decette
chambre on voit à travers une
porte de glaces , un cabinet
dont les murailles font garnies
d'un nombre infini de belles.
Porcelaines du Japon , & de
bijoux les plus rares & les plus
eftimez , & on y diftingue aiſfément
la beauté d'une toilette
GALANT. 211
L
qui eſt un chef- d'oeuvre d'Orfevrerie
; mais revenons , s'il
vous plaît , au bal qui a donné
lieu à cet abregé des richeſſes
de ce Palais.
La terraffe qui regne fur
la porte del'Hoſtel de Portugal
fut éclairée à onze heures
du foir d'un grand nombre de
gros flambeaux de cire blanche;
alors les Trompettes, les
Timbales , les Hautbois , &
pluſieurs Joueurs de differens
inſtruments y monterent , &
animez de la bonne chere &
des liqueurs dont ils avoient
amplement humecté leurs en-
Sij
212 MERCURE
trailles , ils entonnerent des
chants d'allegreffe ,& annoncerent
à toute la ville la magnificence
de cette fefte.
A onze heures &demi , les
Maſques commencerent à entrer
,ils furent reçus d'abord
dans une grande galerie éclai
rée de pluſieurs luftres , &d'un
grand nombre de plaques
d'Angleterre , qui portoient
chacune deux groſſes bougies.
Avantd'arriver à cette galerie,
on eſtoit obligé de s'arreſter
dans le paffage , pour y admirer
l'éclat & la propreté des
fruits & des confitures ſeches
GALANT. 2.13
arrangez ſur des corbeilles &
des plats de la Chine dreff z .
en forme d'Amphitheatre , au
deſlous eſtoit une abondance
prodigieuſe de viandes exquiſes
,&vis à-vis ungrandbuffet
de la largeur de cette falle,
eſtoient pluſieurs Officiers
chargez du ſoin de donner
fans ceffe aux Maſques , tous
les raffraichiſſements qu'ils.
pourroient demander , & de
remplacer à chaque inſtant les
plats vuides par de nouveaux
fervices . Aux deux extremitez
de la galerie , qui eſt d'une
étenduë capable de contenir
214 MERCURE
mille perſonnes ,on avoit dref.
ſé deux Amphitheatres pour
la ſimphonie : Ce fut là que
d'abord tous les Maſquesarriverent
; mais cette galerie ſe
trouva fi pleine en moins d'une
heure , que chacun chercha
contre l'affluence du monde ,
un azile dans les differents appartements
de ce Palais, qui ſe
trouverent tous vers les trois
heures du matin auffi remplis
de Maſques , que la galerie.
Toutes les premieres Dames
& les plus grands Seigneurs
du Royaume voulu.
rent prendre leur partdes plaiGALANT.
215
firs de cette feſte, où unegrofſe
banque de Pharaon attira
pluſieurs Maſques , & dont
Ics Banquiers en furentquittes
pour la perte de la meilleure
partie de leur étalage.
Le principal ornement man--
queroit à la deſcription de ce
Bal , ſi je ne diſois rien de la
grace admirable avec laquelle
Madame l'Ambaſladrice a fait
les honneurs de cette feſte..
CetteDame eſt jeune , belle ,
& fibien faite , que perſonne
n'a la taille mieux priſe& plus
noble qu'elle. C'eſt un malheur
pour elle au Bal ; car fa
216 MERCURE
7
riche taule la démaſque partout.
Elle parut dans le ſien
fous differens habillemens ;
d'abord en Amazone Portugaiſe
ſous un habit d'écarlatte
brodé d'argent , avec une jupe
d'étoffe d'argent couverte
de diſtance en diſtance de lez
d'une autre étoffe brune & or.
Les glands de ſa cravate
étoient de diamants& de perles
d'une façon toute nouvelle.
Son chapeau avoit unbordé
de gros diamants ſurmonté
par un plumet blanc , avec
une agraffe de diamants à la
place du bouton.
Elle
GALANT. 217
Elle reparut enſuite enDomino
bleu garni de Rezeaux
d'argent: fous cet habillement
plus commode , elle donna
plus aifément à l'Affemblée
le plaifir de la voir danſer , ce
qu'elle fait avec toute la propreté
&toute la grace imaginable.
Enfin elle reſta dans le Bal
auſſi bien que M. le Comte
de Ribeira , juſqu'à huit heures
du matin , &tout le monde
depuis le premier juſqu'au
د
dernier Maſque en fortit
charmé des graces de Madame
l'Ambaſſadrice , & de la
Janvier 1716.
T
218 MERCURE
politeffe & de la magnificence
de M. l'Ambaſſadeur.
Fermer
1011
p. 218
« Il me prend à present envie, & je ne sçay pourquoy, [...] »
Début :
Il me prend à present envie, & je ne sçay pourquoy, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il me prend à present envie, & je ne sçay pourquoy, [...] »
Il me prend à preſent envie,&
je ne ſçay pourquoy ,
de fatiguer le Lecteur à force
de plaiſirs . En fortant duBal,
je le prie de ſe laiſſer mener à
la Comedie; c'eſt maintenant,
à dire vray , un plaifir bien
mince : mais il n'importe , c'eſt
un licu deſtiné à l'amusement
du public , & quelque ennuy
qu'ily trouve , & moy aufli ,
je ne ſçaurois me diſpenſer
d'en parler.
je ne ſçay pourquoy ,
de fatiguer le Lecteur à force
de plaiſirs . En fortant duBal,
je le prie de ſe laiſſer mener à
la Comedie; c'eſt maintenant,
à dire vray , un plaifir bien
mince : mais il n'importe , c'eſt
un licu deſtiné à l'amusement
du public , & quelque ennuy
qu'ily trouve , & moy aufli ,
je ne ſçaurois me diſpenſer
d'en parler.
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1012
p. 218-223
Nouvelles de la Comedie. [titre d'après la table]
Début :
Au commencement de ce mois, les Comediens ont remis sur [...]
Mots clefs :
Tragédie, Comédie, Succès, Prince, Molière
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Comedie. [titre d'après la table]
d'en parler.
Au commencement de ce
GALANT. 219
mois , les Comediens ont remis
fur leur Theatre , leBourgeois
Gentilhomme , Comedie
de Moliere. Cette piece a
elté repreſentée avec un ſuccés
tres mediocre,& les Spetateurs
ont trouvé fort mauvais
, que M. Quinaut qui a
de l'eſprit , ait voulu en avoir
plus que Moliere , & qu'il luy
ait plûde changer les divertiſſements
que cetilluſtreAuteur
avoit mis à propos dans ſa
Comedie, pour leur en ſubſtituer
de ſon invention. Item
M. Quinaut eft Muficien :
mais la muſiquedeMMddeeLully
Tij
220 MERCURE
luy déplaiſt ; il en a compoſétant
qu'il a pû , de ſa petite
façon , & en a farcy le Bourgeois
Gentilhomme ; ce qui a
raiſonnablement dégoûté le
public de cette Comedie.
Cet article me jette dans la
neceflité d'anticiper ſur le
mois de Février , pour vous
apprendre encore une nouvellede
ce païs. Vous ſçaurez
donc que le premier jour de
Février , les Comediens ont .
donné la premiere repréſentation
dela Tragedie de Semiramis
, qu'ils annonçoient depuis
pluſieurs mois , comme
GALANT 221
quelque choſe de bon : mais
il n'a fallu qu'une repréſentation
,pour détromper tout
le monde:& Semiramis a pafſe
ſur la ſcene , pour une extravagante
, qui n'avoit ni
fens , nirime , ni raifon. Son
Hiſtoire a été reçue comme
une miferable Fable , mal inventée
, & plus mal contée.
Les noms des principaux Acteurs
de cette Tragedie , ont
donné lieu à vingt ſobriquets.
Le Prince. Menon , le Prince
Arius , ont dit des choſes tresrares.
Le Prince Aretas a efté
furnommé le Prince Aretin ,
Tiij
222 MERCURE
&la Princefle Nicotris la Prin
ceffe Logogrif , & autrement
encore. Vous me direz que je
vous conte- là de pauvres cho
fes , eft ce ma faute ? Et ne
fuis -je pas obligé devous faire
un recit fidele du ſuccés des
nouvelles pieces ?C'eſt pourtant
biendommage , & l'Auteur
d'Habis , qui a certaine
ment autant de merite &d'efprit
qu'aucune perſonne de
fon ſexe, chargée des Lauriers
dontle ſuccés glorieux de ſa
premiere Tragedie,avoit cou
ronné fon front , devoit bien
ſe garder d'expoſer ſi vilaine
GALANT. 223
ment la déplorable Semiramis
: mais conſokz vous ,
Meffieurs , tous les ſpectacles
dela Foire qui fontmaintenant
ouverts , vont vanger
lepublicdes catastrophes de
la Comedic. Au reſte je ne
doute pas qu'on ne revoye
inceffamiment Semiramis à la
Foire.
Au commencement de ce
GALANT. 219
mois , les Comediens ont remis
fur leur Theatre , leBourgeois
Gentilhomme , Comedie
de Moliere. Cette piece a
elté repreſentée avec un ſuccés
tres mediocre,& les Spetateurs
ont trouvé fort mauvais
, que M. Quinaut qui a
de l'eſprit , ait voulu en avoir
plus que Moliere , & qu'il luy
ait plûde changer les divertiſſements
que cetilluſtreAuteur
avoit mis à propos dans ſa
Comedie, pour leur en ſubſtituer
de ſon invention. Item
M. Quinaut eft Muficien :
mais la muſiquedeMMddeeLully
Tij
220 MERCURE
luy déplaiſt ; il en a compoſétant
qu'il a pû , de ſa petite
façon , & en a farcy le Bourgeois
Gentilhomme ; ce qui a
raiſonnablement dégoûté le
public de cette Comedie.
Cet article me jette dans la
neceflité d'anticiper ſur le
mois de Février , pour vous
apprendre encore une nouvellede
ce païs. Vous ſçaurez
donc que le premier jour de
Février , les Comediens ont .
donné la premiere repréſentation
dela Tragedie de Semiramis
, qu'ils annonçoient depuis
pluſieurs mois , comme
GALANT 221
quelque choſe de bon : mais
il n'a fallu qu'une repréſentation
,pour détromper tout
le monde:& Semiramis a pafſe
ſur la ſcene , pour une extravagante
, qui n'avoit ni
fens , nirime , ni raifon. Son
Hiſtoire a été reçue comme
une miferable Fable , mal inventée
, & plus mal contée.
Les noms des principaux Acteurs
de cette Tragedie , ont
donné lieu à vingt ſobriquets.
Le Prince. Menon , le Prince
Arius , ont dit des choſes tresrares.
Le Prince Aretas a efté
furnommé le Prince Aretin ,
Tiij
222 MERCURE
&la Princefle Nicotris la Prin
ceffe Logogrif , & autrement
encore. Vous me direz que je
vous conte- là de pauvres cho
fes , eft ce ma faute ? Et ne
fuis -je pas obligé devous faire
un recit fidele du ſuccés des
nouvelles pieces ?C'eſt pourtant
biendommage , & l'Auteur
d'Habis , qui a certaine
ment autant de merite &d'efprit
qu'aucune perſonne de
fon ſexe, chargée des Lauriers
dontle ſuccés glorieux de ſa
premiere Tragedie,avoit cou
ronné fon front , devoit bien
ſe garder d'expoſer ſi vilaine
GALANT. 223
ment la déplorable Semiramis
: mais conſokz vous ,
Meffieurs , tous les ſpectacles
dela Foire qui fontmaintenant
ouverts , vont vanger
lepublicdes catastrophes de
la Comedic. Au reſte je ne
doute pas qu'on ne revoye
inceffamiment Semiramis à la
Foire.
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1013
p. 223-224
« Achevons, s'il se peut, ce volume par des recits de festes, [...] »
Début :
Achevons, s'il se peut, ce volume par des recits de festes, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Achevons, s'il se peut, ce volume par des recits de festes, [...] »
Achevons , s'il ſe peur , ce
volume par des recits de feftes,
où les Lecteurs & les Acteurs
trouvent raifonnablement de
quoy s'amufer. Des détails de
Matiages illuftres viennent
parfaitement à mon deffein ,
Tiiij
224 MERCURE
quoyqu'il en ſoit ( car je peux
me tromper)en voicyan
volume par des recits de feftes,
où les Lecteurs & les Acteurs
trouvent raifonnablement de
quoy s'amufer. Des détails de
Matiages illuftres viennent
parfaitement à mon deffein ,
Tiiij
224 MERCURE
quoyqu'il en ſoit ( car je peux
me tromper)en voicyan
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1014
p. 224-226
MARIAGES.
Début :
M. le Marquis d'Harcourt, Mestre de Camp d'un Regiment [...]
Mots clefs :
Roi, Duc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
M. le Marquis d'Harcourt,
Meſtre de Camp d'un Regiment
de Cavalerie&Capitaine
des Gardes du Corps du Roy,
fils aiſné de Meffire Henry
deHarcourt,Duc d'Harcourt,
Pair & Maréchal de France ,
Chevalier des Ordres du Roy,
Lieutenant General pour Sa
Majesté de la Province de
Normandie , & Capitaine de
fes Gardes du Corps , & de
GALANT. 225
Dame Maric Anne - Claude
deBrulart deGenlis , a épousé
le ... de ce mois N .. de Neufville
,Damoiſelle de Villeroy ,
fille aiſnée de Meſſire François
deNeufville, Duc de Villeroy,
Pair de France , Lieutenant
Generaldes Armées du Roy &
CapitainedesGardes du Corps
de Sa Majefté , & de feuë Dame
Marguerite le Tellier de
Louvoy , & petite fille de
Meffire François de Neufville,
Duc de Villeroy , Pair & Maréchal
de France , Chevalier
desOrdres du Roy , Gouverneur
des Provinces de Lyon226
MERCURE
nois, Forets&Beaujollois,&c.
La Maiſon d'Harcourt eft fr
ancienne& fi illuftre &cellede
Neufville eft finoble&fi décoséc,&
par confequent ficonnue,
queje nevousen diray rien
icy, me contentant de vous
renvoyer à l'Hiftoire des
Grands Officiers de la Couronne
, dans laquelle vous trouverez
amplement de quoy
fatisfaire voſtre curiofité fur
ces deux illuftres Maiſons.
M. le Marquis d'Harcourt,
Meſtre de Camp d'un Regiment
de Cavalerie&Capitaine
des Gardes du Corps du Roy,
fils aiſné de Meffire Henry
deHarcourt,Duc d'Harcourt,
Pair & Maréchal de France ,
Chevalier des Ordres du Roy,
Lieutenant General pour Sa
Majesté de la Province de
Normandie , & Capitaine de
fes Gardes du Corps , & de
GALANT. 225
Dame Maric Anne - Claude
deBrulart deGenlis , a épousé
le ... de ce mois N .. de Neufville
,Damoiſelle de Villeroy ,
fille aiſnée de Meſſire François
deNeufville, Duc de Villeroy,
Pair de France , Lieutenant
Generaldes Armées du Roy &
CapitainedesGardes du Corps
de Sa Majefté , & de feuë Dame
Marguerite le Tellier de
Louvoy , & petite fille de
Meffire François de Neufville,
Duc de Villeroy , Pair & Maréchal
de France , Chevalier
desOrdres du Roy , Gouverneur
des Provinces de Lyon226
MERCURE
nois, Forets&Beaujollois,&c.
La Maiſon d'Harcourt eft fr
ancienne& fi illuftre &cellede
Neufville eft finoble&fi décoséc,&
par confequent ficonnue,
queje nevousen diray rien
icy, me contentant de vous
renvoyer à l'Hiftoire des
Grands Officiers de la Couronne
, dans laquelle vous trouverez
amplement de quoy
fatisfaire voſtre curiofité fur
ces deux illuftres Maiſons.
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1015
p. 226-240
EPITHALAME pour Monsieur le Marquis d'Harcourt, & Mademoiselle de Villeroy.
Début :
M. de Beauchamp distingué encore nos Poetes François, / Un jour avint, chose qu'on ne voit guere, [...]
Mots clefs :
Amour, Hymen, Dieux, Temple, Coeur, Marquis d'Harcourt, Mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITHALAME pour Monsieur le Marquis d'Harcourt, & Mademoiselle de Villeroy.
M. de Beauchamp diftingué
entre nos Poetes François ,
&connu avec honneur dans
la République des Lettres , a
GALANT 227
fait ſur le Mariage de M. le
Marquis d'Harcourt avecMademoiselle
de Villeroy , le
gracieux Epithalame que je
vous preſente.
EPITHALAME
pourMonfieur le Marquis
d'Harcourt , & Mademoifelle
de Villeroy.
Un jour avint , choſe qu'on
ne voitguere ,
Que Cupidon se trouvant de
lotfir
Parpaſſe temsſe donna le plaisir
D'examiner les Chartres de
Cythere..
228 MERCURE
Làfont écrits en belles lettres d'or
Tous les ſujetsfoûmis àfon Em.
pire ,
Grand est le nombre ; ne crois
pas qu'encor
Ales compter aucun ait pûfuffire.
Or certain nom que cheriffent
les Dieux ,
Nomdés longtems connupar toute
terre ,
Nom dans la paix illustre&dans
la guerre ,
Et qui toûjours devient plus
glorieux,
En maint endroit couchéfur le
Regitre
GALANT. 229
Fût entre tous remarqué par
Amour';
Voilà ,dit-il , un nom qu'àjufte
tetre...
On doitfans fin celebrer dans ma
Cour;
Jeſuis amy de quiconque leporte,
Et ne connoy parmy tous les
Mortels
Aucun Heros , qui de plus digne
forte
Ait honoré mon culte , & mes
Autels.
Pendant qu'ainsi charmé de
Ses conquestes,
Le tendre Amour chantefesfa
1
voris
230 MERCURE
Et que pour eux il prepare des
feftes ,
Enfon Palais furvient Dame
Cypris ,
Qu'accompagnoit , n'est besoin de
le dire ,
Eſſain nombreux de plaisirs &
-deris.
Mon fils , dit-elle , avec un
doux fourire ,
D'où vient, qu'oiſif en ces lieux
enchantez ,
Vousnegligezvosdroits&vôtre
gloire?
Trop exaltez une foible victoire
Pour quelques coeurs que vous
avezdomptez.
GALANT. 284
Ileneſtun à vos armes rebelle,
Qui ne connoît l'usage desfoûpirs,
Qui du devoir disciple trop fidelle,
Surla vertu regle tousſes defirs ,
Si neregnezsur ce coeur inſenſible,
Devez pour rien compter tous
vos exploits ,
Doncfaites voir que tout vous
eft poffible ,
Partez,volez le soumettreà vos
loix.
Prés cette Ville en miracles
feconde ,
Séjour d'un Prince en qui bientôt
lemonde
Retrouvera du plus grand de fes
Rois,
232 MERCURE
La majesté ,laſageße profonde,
Dans un réduit, qu'habite la
Pudeur ,
Seroit un Temple , où Minerve
adorée
Donne la Loy. C'est là qu'est
refferée
Cette beauté dont l'extrême froideur
Fait àvos feux une cruelle offenfe.
La connoîtrez àſa noble naiffance,
Asajeunesse,àfon air degran-
- deur ,
Etplus encor àfon indifference.
Venusſe tût. Lorsfans perdre
en
GALANT. 233
en difcours
Un tems trop cher au deſſein qu'il
embraffe ,
Bien escorté d'une foule d'Amours
Vous l'euſſiez vû de l'airfendre
l'espace ,
Ettout à coup àParis defcendu ,
Se preſenter d'un air de petitmaître
A l'buy du Temple. Or qui fut
confondu ?
Cefut leDieu. Dés qu'on le vit
thparoître,
PPoouurr l'éconduire on fonna le
toesin ,
Et de ſes foeurs l'innocence en-
Janvier 1716. V
234 MERCURE
tourée,
Si vertement refifta , qu'à la fin
En luy ne fut de trouver une
entuée .
Dont s'en allant dépit & tout
bonteux,
Se lamentoit defa mesavanture ,
Quoy,difoit- il , tout plein defon
injure ,
On brave ainſi mon ppoouuvoir,
mesfeux?
Nefuis-jeplusAmour ?parquelle
audace
Refifte-t on au Souverain des
Dieux?
Boulleverſons & la Terre &les
Cieux,
GALANT. 235
1
Et ne cedons impunément laplace.
Tandis qu'à part il fait le
Se
furieux ,
promettant de bien gronderfa
mere
Il apperçoit non loin de luyfon
frere ,
Qui vers le Temple avançant à
grands pas ,
Menoit en main avec bruit
fracas
Un Damoifel. Il comprit le myftere
Et ne voulant perdre l'occafion ,
Droit dans le coeur du gentil pers
Jonnage
VaSe loger. Certés le coup fut
Vij
236 MERCURE
Sage,
Et ne fit oncplusprudente action ,
Rares vertus,illustre extraction ,
Noble maintien , &fublime courage
,
Douceur d'esprit ,fimplicité de
moeurs ,
Tout ce qui fert à conquerir les
coeurs
De fon captif est fans plus le
partage.
Hymen adonc ſeſervant de
fes droits
Introduifitprés de la Fouvencelle
Le Damoifeau. Comptant que
Maistre d'elle ,
Il alloit feul la rangerfousses
GALANT. 237
loix;
Mais fans fon Hofte il compta
cettefois ,
Ce qui pour luy n'est choſe trop
nouvelle.
Bien mieux Amour ſçût ordonner
du choix ;
Etfur le champ dans le coeur de
labelle
Il excita vifs & fi doux transports,
Que deſesyeux , malgré tousfes
efforts,
Sortoit defeu mainte & mainte
étincelle ;
Lors d'éclater tendreffe mutuelle
Soupirs confus,agréablelangueur,
238 MERCURE
Tendres regards , épanchement de
Propos charmans de constance
éternelle,
Que diray plus ? Amour estoit
vainqueur.
Trop plus charmé de parcille
avanture ,
Le bon hymen rioit outre mesure
Esfollement s'enrapportoit l'hon
neur.
C'est moy ,dit- il , c'est moyfeul
qui fais naiſtre
Lesfentimens que tous deuxfont
paroiſtre,
Mon frere en rien n'apart àleur
bonheur.
(
GALANT. 239
Pour le punir defon outrecui
dance,
Amourſe montre , &dit , mon
cher aîné,
Ne vous piquez fi fort d'independance,
Si grand honneur ne vous est
deftiné
Avez au plus pour la ceremonie
Droit d'aſſiſtance ,&non d'autorité
Si veux je bien qu'y soyezinvité..
Pour qu'entre nous fur ce point
foitfinie
Toute querelle. Aimſi fut arreſté.
Où l'Amour est hymen n'a rien
àdire
८
240 MERCURE
Obéifſfance est son lot affecté.
Par l'un & l'autre enfuite est
concerté
Le choix du jour. L'un &l'autre
àl'élire
Egalement s'empreffe. Heureux
Ероих!
D'un noeud fi beau, qui neferoit
jaloux
Douce union ! brillante destinée !
Enfans des Dieux ! il n'est donné
qu'à vous ,
Deréünir l'Amour l'Hymenée.
entre nos Poetes François ,
&connu avec honneur dans
la République des Lettres , a
GALANT 227
fait ſur le Mariage de M. le
Marquis d'Harcourt avecMademoiselle
de Villeroy , le
gracieux Epithalame que je
vous preſente.
EPITHALAME
pourMonfieur le Marquis
d'Harcourt , & Mademoifelle
de Villeroy.
Un jour avint , choſe qu'on
ne voitguere ,
Que Cupidon se trouvant de
lotfir
Parpaſſe temsſe donna le plaisir
D'examiner les Chartres de
Cythere..
228 MERCURE
Làfont écrits en belles lettres d'or
Tous les ſujetsfoûmis àfon Em.
pire ,
Grand est le nombre ; ne crois
pas qu'encor
Ales compter aucun ait pûfuffire.
Or certain nom que cheriffent
les Dieux ,
Nomdés longtems connupar toute
terre ,
Nom dans la paix illustre&dans
la guerre ,
Et qui toûjours devient plus
glorieux,
En maint endroit couchéfur le
Regitre
GALANT. 229
Fût entre tous remarqué par
Amour';
Voilà ,dit-il , un nom qu'àjufte
tetre...
On doitfans fin celebrer dans ma
Cour;
Jeſuis amy de quiconque leporte,
Et ne connoy parmy tous les
Mortels
Aucun Heros , qui de plus digne
forte
Ait honoré mon culte , & mes
Autels.
Pendant qu'ainsi charmé de
Ses conquestes,
Le tendre Amour chantefesfa
1
voris
230 MERCURE
Et que pour eux il prepare des
feftes ,
Enfon Palais furvient Dame
Cypris ,
Qu'accompagnoit , n'est besoin de
le dire ,
Eſſain nombreux de plaisirs &
-deris.
Mon fils , dit-elle , avec un
doux fourire ,
D'où vient, qu'oiſif en ces lieux
enchantez ,
Vousnegligezvosdroits&vôtre
gloire?
Trop exaltez une foible victoire
Pour quelques coeurs que vous
avezdomptez.
GALANT. 284
Ileneſtun à vos armes rebelle,
Qui ne connoît l'usage desfoûpirs,
Qui du devoir disciple trop fidelle,
Surla vertu regle tousſes defirs ,
Si neregnezsur ce coeur inſenſible,
Devez pour rien compter tous
vos exploits ,
Doncfaites voir que tout vous
eft poffible ,
Partez,volez le soumettreà vos
loix.
Prés cette Ville en miracles
feconde ,
Séjour d'un Prince en qui bientôt
lemonde
Retrouvera du plus grand de fes
Rois,
232 MERCURE
La majesté ,laſageße profonde,
Dans un réduit, qu'habite la
Pudeur ,
Seroit un Temple , où Minerve
adorée
Donne la Loy. C'est là qu'est
refferée
Cette beauté dont l'extrême froideur
Fait àvos feux une cruelle offenfe.
La connoîtrez àſa noble naiffance,
Asajeunesse,àfon air degran-
- deur ,
Etplus encor àfon indifference.
Venusſe tût. Lorsfans perdre
en
GALANT. 233
en difcours
Un tems trop cher au deſſein qu'il
embraffe ,
Bien escorté d'une foule d'Amours
Vous l'euſſiez vû de l'airfendre
l'espace ,
Ettout à coup àParis defcendu ,
Se preſenter d'un air de petitmaître
A l'buy du Temple. Or qui fut
confondu ?
Cefut leDieu. Dés qu'on le vit
thparoître,
PPoouurr l'éconduire on fonna le
toesin ,
Et de ſes foeurs l'innocence en-
Janvier 1716. V
234 MERCURE
tourée,
Si vertement refifta , qu'à la fin
En luy ne fut de trouver une
entuée .
Dont s'en allant dépit & tout
bonteux,
Se lamentoit defa mesavanture ,
Quoy,difoit- il , tout plein defon
injure ,
On brave ainſi mon ppoouuvoir,
mesfeux?
Nefuis-jeplusAmour ?parquelle
audace
Refifte-t on au Souverain des
Dieux?
Boulleverſons & la Terre &les
Cieux,
GALANT. 235
1
Et ne cedons impunément laplace.
Tandis qu'à part il fait le
Se
furieux ,
promettant de bien gronderfa
mere
Il apperçoit non loin de luyfon
frere ,
Qui vers le Temple avançant à
grands pas ,
Menoit en main avec bruit
fracas
Un Damoifel. Il comprit le myftere
Et ne voulant perdre l'occafion ,
Droit dans le coeur du gentil pers
Jonnage
VaSe loger. Certés le coup fut
Vij
236 MERCURE
Sage,
Et ne fit oncplusprudente action ,
Rares vertus,illustre extraction ,
Noble maintien , &fublime courage
,
Douceur d'esprit ,fimplicité de
moeurs ,
Tout ce qui fert à conquerir les
coeurs
De fon captif est fans plus le
partage.
Hymen adonc ſeſervant de
fes droits
Introduifitprés de la Fouvencelle
Le Damoifeau. Comptant que
Maistre d'elle ,
Il alloit feul la rangerfousses
GALANT. 237
loix;
Mais fans fon Hofte il compta
cettefois ,
Ce qui pour luy n'est choſe trop
nouvelle.
Bien mieux Amour ſçût ordonner
du choix ;
Etfur le champ dans le coeur de
labelle
Il excita vifs & fi doux transports,
Que deſesyeux , malgré tousfes
efforts,
Sortoit defeu mainte & mainte
étincelle ;
Lors d'éclater tendreffe mutuelle
Soupirs confus,agréablelangueur,
238 MERCURE
Tendres regards , épanchement de
Propos charmans de constance
éternelle,
Que diray plus ? Amour estoit
vainqueur.
Trop plus charmé de parcille
avanture ,
Le bon hymen rioit outre mesure
Esfollement s'enrapportoit l'hon
neur.
C'est moy ,dit- il , c'est moyfeul
qui fais naiſtre
Lesfentimens que tous deuxfont
paroiſtre,
Mon frere en rien n'apart àleur
bonheur.
(
GALANT. 239
Pour le punir defon outrecui
dance,
Amourſe montre , &dit , mon
cher aîné,
Ne vous piquez fi fort d'independance,
Si grand honneur ne vous est
deftiné
Avez au plus pour la ceremonie
Droit d'aſſiſtance ,&non d'autorité
Si veux je bien qu'y soyezinvité..
Pour qu'entre nous fur ce point
foitfinie
Toute querelle. Aimſi fut arreſté.
Où l'Amour est hymen n'a rien
àdire
८
240 MERCURE
Obéifſfance est son lot affecté.
Par l'un & l'autre enfuite est
concerté
Le choix du jour. L'un &l'autre
àl'élire
Egalement s'empreffe. Heureux
Ероих!
D'un noeud fi beau, qui neferoit
jaloux
Douce union ! brillante destinée !
Enfans des Dieux ! il n'est donné
qu'à vous ,
Deréünir l'Amour l'Hymenée.
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1016
p. 240-243
Suite des Mariages. [titre d'après la table]
Début :
Messire ... du Fay, Comte de la Tour Maubourg, veuf de [...]
Mots clefs :
Dame, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Mariages. [titre d'après la table]
Meffire... du Fay , Comte
de la Tour Maubourg,veuf
de feueDame .... de la Vieuville
,
GALANT. 241
ville, a épousé le ... Baſin Damoiſelle
de Befons , fille aiſnée
de Moffire Jacques Baſin de
Befons , Maréchal de France ,
&de Dame Marie Marguerite
le Meneſtrel ; & niéce de
Meffire Armand Basin de Befons
Archevêque de Bordeaux.
M. le Comte de la Tour-Maubourg
fort d'une Maiſon
originaire du Vivarais , diftinguée
par ſon ancienneté & par
Les alliances : pour la famille
deBaſin deBefons , elle eſt une
des mieux alliées & des plus
diftinguées du Royaume.
Meflire ... de la Croix,Mar.
Janvier 1716. X
242 MERCURE
quis de Caftres , fils de Meffire
Joſeph François de la Croix ,
Marquis de Caftres , Chevalierd'honneur
de S. A. R. Ma.
dame la Duchefle d'Orleans ,
& de Dame Marie Elifabeth
de Rochechoüart , & petit fils
de Meffire René Gaspard de
la Croix, Marquis deCaftres ,
Lieutenant General des Armées
du Roy , Chevalier de
fes Ordres , Gouverneur des
Ville & Citadelle de Montpellier
, & de Dame Iſabeau de
Bonzi , ſa ſeconde femme , a
épouféle 20. de ce mois , Da
moiſelle ... du Mouceau , ſeconde
fille de Meffire Charles
GALANT. 243
...
du Mouceau Seigneur deWol .
lent,Intendant des Armées du
Roy , & de Dame Marie Charlotte
Camus des Touches , &
foeur puiſnée de ... du Mouceau
,mariée depuis peu d'années
à Meffire . Hennequin
, Seigneur d'Heſquerolles
: la Maiſon de la Croix
eſt originaire de la Ville de
Montpellier , où elle eſt connuë
il y a plus de 400. ans :
pour la famille du Mouceau ,
elle eſt diſtinguée depuis long.
temps & des mieux alliées de
la robe.
de la Tour Maubourg,veuf
de feueDame .... de la Vieuville
,
GALANT. 241
ville, a épousé le ... Baſin Damoiſelle
de Befons , fille aiſnée
de Moffire Jacques Baſin de
Befons , Maréchal de France ,
&de Dame Marie Marguerite
le Meneſtrel ; & niéce de
Meffire Armand Basin de Befons
Archevêque de Bordeaux.
M. le Comte de la Tour-Maubourg
fort d'une Maiſon
originaire du Vivarais , diftinguée
par ſon ancienneté & par
Les alliances : pour la famille
deBaſin deBefons , elle eſt une
des mieux alliées & des plus
diftinguées du Royaume.
Meflire ... de la Croix,Mar.
Janvier 1716. X
242 MERCURE
quis de Caftres , fils de Meffire
Joſeph François de la Croix ,
Marquis de Caftres , Chevalierd'honneur
de S. A. R. Ma.
dame la Duchefle d'Orleans ,
& de Dame Marie Elifabeth
de Rochechoüart , & petit fils
de Meffire René Gaspard de
la Croix, Marquis deCaftres ,
Lieutenant General des Armées
du Roy , Chevalier de
fes Ordres , Gouverneur des
Ville & Citadelle de Montpellier
, & de Dame Iſabeau de
Bonzi , ſa ſeconde femme , a
épouféle 20. de ce mois , Da
moiſelle ... du Mouceau , ſeconde
fille de Meffire Charles
GALANT. 243
...
du Mouceau Seigneur deWol .
lent,Intendant des Armées du
Roy , & de Dame Marie Charlotte
Camus des Touches , &
foeur puiſnée de ... du Mouceau
,mariée depuis peu d'années
à Meffire . Hennequin
, Seigneur d'Heſquerolles
: la Maiſon de la Croix
eſt originaire de la Ville de
Montpellier , où elle eſt connuë
il y a plus de 400. ans :
pour la famille du Mouceau ,
elle eſt diſtinguée depuis long.
temps & des mieux alliées de
la robe.
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1017
p. 243-246
CHANSON.
Début :
M** a crû ne pouvoir mieux témoigner son zele / Vos deux ames ne font qu'un coeur, [...]
Mots clefs :
Amour, Hymen, Musique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
M** a crû ne pouvoir
X ij
244 MERCURE
,
mieux témoigner ſon zele
pour ces nouveaux mariez
qu'en compoſant àl'honneur
de leur Hymen ces trois petits
couplets qu'il m'ainſtamment
prié de rendre publics . J'ay cû
toutl'égard queje dévois à fon
empreffement , pour m'y réfoudre.
Le Lecteur en jugera.
CHANSON.
Vosdeux ames nefont qu'un coeur,
Et vous êtes nez l'un pour l'autre,
Peut- onse former un bonheur
Plus desirable que levôtre.
2
Vivez heureux , vivez contents ,
Lajeuneſſe vousy convie ,
GALANT. 245
Que vosjours égalent nos ans
Pour faire durer voſtre vie.
&
Quevostre amourſoit immortel ,
Malgré les efforts de l'envie ,
Vous pourrez le rendre éternel
Par lasuite d'une autre vie.
S
Au reſte l'Auteur de cet
air nuptial ,& des trois petits
quatrains ne fait profeſſion ni
de Muſique , ni de Pocfie. Il
s'occupe à des Ouvrages plus
importants &plus ferieux . Celui
qui a pour titre , SphereHiftorique
, que je vous ay annoncé
dans ce volume , eſt de ſa
façon. D'ailleurs il ſouhaite
Xiij
246 MERCURE
que le public ſcache que le
fujet de ce petit Epithalame ,
eſt tiré d'un paſſage de S. Sidoine
Apollinaire , écrivant à fa
foeur pourun pareil ſujet. Anime
due , animus unus.
X ij
244 MERCURE
,
mieux témoigner ſon zele
pour ces nouveaux mariez
qu'en compoſant àl'honneur
de leur Hymen ces trois petits
couplets qu'il m'ainſtamment
prié de rendre publics . J'ay cû
toutl'égard queje dévois à fon
empreffement , pour m'y réfoudre.
Le Lecteur en jugera.
CHANSON.
Vosdeux ames nefont qu'un coeur,
Et vous êtes nez l'un pour l'autre,
Peut- onse former un bonheur
Plus desirable que levôtre.
2
Vivez heureux , vivez contents ,
Lajeuneſſe vousy convie ,
GALANT. 245
Que vosjours égalent nos ans
Pour faire durer voſtre vie.
&
Quevostre amourſoit immortel ,
Malgré les efforts de l'envie ,
Vous pourrez le rendre éternel
Par lasuite d'une autre vie.
S
Au reſte l'Auteur de cet
air nuptial ,& des trois petits
quatrains ne fait profeſſion ni
de Muſique , ni de Pocfie. Il
s'occupe à des Ouvrages plus
importants &plus ferieux . Celui
qui a pour titre , SphereHiftorique
, que je vous ay annoncé
dans ce volume , eſt de ſa
façon. D'ailleurs il ſouhaite
Xiij
246 MERCURE
que le public ſcache que le
fujet de ce petit Epithalame ,
eſt tiré d'un paſſage de S. Sidoine
Apollinaire , écrivant à fa
foeur pourun pareil ſujet. Anime
due , animus unus.
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1018
p. 246-250
« Messire ... de Pardaillan de Gondrin, Marquis de Belle-garde, fils [...] »
Début :
Messire ... de Pardaillan de Gondrin, Marquis de Belle-garde, fils [...]
Mots clefs :
Dame, Marquis, Fille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Messire ... de Pardaillan de Gondrin, Marquis de Belle-garde, fils [...] »
Meffire ... de Pardaillan
deGondrin, Marquis deBellegarde,
fils puiſné de Meffire
Loüis Antoine de Pardaillan
de Gondrin , Duc d'Antin ,
Pair de France , Marquis de
Monteſpan & de Gondrin ,
Seigneur des Duchez d'Epernon
& de Bellegarde , Lieutenant
General des Armées du
Roy ,Gouverneur & Lieutenant
General pour Sa Majeſté
GALANT. 247
des Ville & Duché d'Orleans
&Pays Orleannois , & Surintendant
des Bâtiments , Arts
& Manufactures de France ,
&ChefduConfeil établi pour
les affaires du dedans du
Royaume , &de Dame Julie-
Françoiſe deCruffol d'Uzés , a
épouſéle... DamoiſelleN...
de Verthamon , filleunique&
heritiere de Meffire François
de Verthamon , Marquis de
ManoeuvresSeigneur de Breau
&Confeiller du Roy en ſes
Conſeils , premier Preſident
du GrandConſeil , & de Dame
Marie-Françoiſe Bignon. La
Xinj
248 MERCURE
Maiſon de Pardaillan eft originaire
du Comté d'Armagnac ,
& l'une des plus illuftres du
Royaume, par ſonancienneté,
par ſes alliances , & par les
honneurs dont elle a eſté décorée
de tout temps. Pour la
famille de Verthamon elle eſt
originaire de Savoye , & pour
vous prouver qu'elle eſt des
premieres de la robe, il ſuffira
icyde vous dire que Mademoiſelle
de Verthamoneſt petite
fille de Meffire Michel de Verthamon
, Seigneur de Breau ,
Marquis de Manoeuvres
Maistre des Requeſtes ordinai.
re de l'Hôtel du Roy , & de
৮
GALANT. 249
DameMarie d'Aligre,remariée
depuis à Godefroy Comte
d'Eſtrade , Maréchal de France
, & fille & petite fille de
Meffire d'Aligre , Chancelier
&GardedesSceaux de France,
& arriere petite fille de François
de Vetthamon , Maiſtre
des Requêtes, puis Conſeiller
d'Etat ordinaire , & de Marie
Boucher d'Orçay Dame de
Breau , & ledit François de
Verthamon, fils d'autre François
de Verthamon , lequel
vint le premier de fon nom de
la Villede Limoges , s'établir
en celle de Paris , oùil fut receu
Conſeiller au Parlement le 17.
250 MERCURE
A
Aouſt 1588. Dame Elisabeth
de Verthamon , tante de Madame
la Marquiſe deBellegarde,
avoit épousé Meffire HenryAlbert
deCoffé de Briffac ,
Pair de France , & outre cette
grande alliance ſa famille s'eſt
alliée avec les Maiſons d'Aubuffon
, & d'Eſcart , de Perchyton
, de Comminges &
de Lambertier , & avec les
Familles de le Févre de Caumartin
, le Fevre d'Eaubonne ,
de Voiſin , la Noraye , deGoury
, & du Maitz.
deGondrin, Marquis deBellegarde,
fils puiſné de Meffire
Loüis Antoine de Pardaillan
de Gondrin , Duc d'Antin ,
Pair de France , Marquis de
Monteſpan & de Gondrin ,
Seigneur des Duchez d'Epernon
& de Bellegarde , Lieutenant
General des Armées du
Roy ,Gouverneur & Lieutenant
General pour Sa Majeſté
GALANT. 247
des Ville & Duché d'Orleans
&Pays Orleannois , & Surintendant
des Bâtiments , Arts
& Manufactures de France ,
&ChefduConfeil établi pour
les affaires du dedans du
Royaume , &de Dame Julie-
Françoiſe deCruffol d'Uzés , a
épouſéle... DamoiſelleN...
de Verthamon , filleunique&
heritiere de Meffire François
de Verthamon , Marquis de
ManoeuvresSeigneur de Breau
&Confeiller du Roy en ſes
Conſeils , premier Preſident
du GrandConſeil , & de Dame
Marie-Françoiſe Bignon. La
Xinj
248 MERCURE
Maiſon de Pardaillan eft originaire
du Comté d'Armagnac ,
& l'une des plus illuftres du
Royaume, par ſonancienneté,
par ſes alliances , & par les
honneurs dont elle a eſté décorée
de tout temps. Pour la
famille de Verthamon elle eſt
originaire de Savoye , & pour
vous prouver qu'elle eſt des
premieres de la robe, il ſuffira
icyde vous dire que Mademoiſelle
de Verthamoneſt petite
fille de Meffire Michel de Verthamon
, Seigneur de Breau ,
Marquis de Manoeuvres
Maistre des Requeſtes ordinai.
re de l'Hôtel du Roy , & de
৮
GALANT. 249
DameMarie d'Aligre,remariée
depuis à Godefroy Comte
d'Eſtrade , Maréchal de France
, & fille & petite fille de
Meffire d'Aligre , Chancelier
&GardedesSceaux de France,
& arriere petite fille de François
de Vetthamon , Maiſtre
des Requêtes, puis Conſeiller
d'Etat ordinaire , & de Marie
Boucher d'Orçay Dame de
Breau , & ledit François de
Verthamon, fils d'autre François
de Verthamon , lequel
vint le premier de fon nom de
la Villede Limoges , s'établir
en celle de Paris , oùil fut receu
Conſeiller au Parlement le 17.
250 MERCURE
A
Aouſt 1588. Dame Elisabeth
de Verthamon , tante de Madame
la Marquiſe deBellegarde,
avoit épousé Meffire HenryAlbert
deCoffé de Briffac ,
Pair de France , & outre cette
grande alliance ſa famille s'eſt
alliée avec les Maiſons d'Aubuffon
, & d'Eſcart , de Perchyton
, de Comminges &
de Lambertier , & avec les
Familles de le Févre de Caumartin
, le Fevre d'Eaubonne ,
de Voiſin , la Noraye , deGoury
, & du Maitz.
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1019
p. 250-252
Place de Conseiller d'Etat d'Eglise vacante par la mort de M. de la Hoguette, donnée par le Regent à M. l'Abbé Dubois. [titre d'après la table]
Début :
Une des trois places de Conseillers d'Etat d'Eglise, ayant [...]
Mots clefs :
Prince, Conseiller d'État d'Église, Régent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Place de Conseiller d'Etat d'Eglise vacante par la mort de M. de la Hoguette, donnée par le Regent à M. l'Abbé Dubois. [titre d'après la table]
Unedes trois places de Conſeillers
d'Estat d'Eglife , ayant
GALANT. 251
vaqué par la mort de feu M.
de la Hoguette , Archevêque
de Sens , elle a eſté donnée à
M. l'Abbédu Bois, cy-devant
Precepteur de S. A. R. Monſeigneur
le Duc d'Orleans.
Les ſoins qu'il avoit eu que ce
Prince futinſtruit dans toutes
lesmatieresqui pouvoient regarder
le Gouvernement public
, comme s'il avoit prévu
ſa deſtinée& la nôtre , le zele
&la capacité avec laquelle il
s'eſt acquité de divers Emplois
importans , & fon attachement
conſtant à la Perſonne
du Regent , ne pouvoient être
252 MERCURE
fuivis que de quelque grande
distinction de la part d'un
Prince auſſi juſte , & auffi reconnoiffant
que celuy qui
nous gouverne.
d'Estat d'Eglife , ayant
GALANT. 251
vaqué par la mort de feu M.
de la Hoguette , Archevêque
de Sens , elle a eſté donnée à
M. l'Abbédu Bois, cy-devant
Precepteur de S. A. R. Monſeigneur
le Duc d'Orleans.
Les ſoins qu'il avoit eu que ce
Prince futinſtruit dans toutes
lesmatieresqui pouvoient regarder
le Gouvernement public
, comme s'il avoit prévu
ſa deſtinée& la nôtre , le zele
&la capacité avec laquelle il
s'eſt acquité de divers Emplois
importans , & fon attachement
conſtant à la Perſonne
du Regent , ne pouvoient être
252 MERCURE
fuivis que de quelque grande
distinction de la part d'un
Prince auſſi juſte , & auffi reconnoiffant
que celuy qui
nous gouverne.
Fermer
1020
p. 252
« Je viens de recevoir le Portrait de ce Prince de la main [...] »
Début :
Je viens de recevoir le Portrait de ce Prince de la main [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je viens de recevoir le Portrait de ce Prince de la main [...] »
Je viens de recevoir le Portrait
de ce Prince de la main
d'un habilehomme : file Pein
tre n'approche pas affez de la
reffemblance , c'eſt qu'à cet
égard tous les coeurs font remplis
de certains ſentimens affectueux
, que tout l'art imaginable
ne peut exprimer.
de ce Prince de la main
d'un habilehomme : file Pein
tre n'approche pas affez de la
reffemblance , c'eſt qu'à cet
égard tous les coeurs font remplis
de certains ſentimens affectueux
, que tout l'art imaginable
ne peut exprimer.
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1021
p. 253-254
PORTRAIT de Son Altesse Royale Monseigneur Petit-Fils de France, Duc d'Orleans, Regent du Royaume.
Début :
Etre issu du sang de nos Rois, [...]
Mots clefs :
Duc d'Orléans, Régent du Royaume, Rois
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PORTRAIT de Son Altesse Royale Monseigneur Petit-Fils de France, Duc d'Orleans, Regent du Royaume.
PORTRAIT
de Son Alteſſe Royale Monſeigneur
Petit- Fils de France ,
Duc d'Orleans , Regent du
Royaume.
Etre iſſu dufangde nos Rois ,
Et par d'heroiques exploits
DesplusfameuxGuerriers,que nous
vante l'Histoire ,
Effacer le lustre&la gloire :
Poßeder cent talents divers ,
Qu'avec étonnement admire l'Univers
;
Et digne defervir même aux Rois
demodele ,
Faire éprouver à toussa bonté pa
ternelle :
Etre compatiffant , affable , ge
nereux ,
254 MERCURE
Mettre tout fon bonheur à faire
desheureux;
Et par les fruits naiſſants d'une
activeRegence,
Des peuples abattus relever l'efperance:
2
Compter,nouveau Titus,ſesjours
parses bienfaits ,
Et regnersurnos coeurs,fansregner
fur la France ,
Grand Prince , dont lavigilance
Travaille inceſſamment à remplir
nos fouhaits ,
Cesont là de tes moindres traits.
LE FORT DE LA MORINIERE.
de Son Alteſſe Royale Monſeigneur
Petit- Fils de France ,
Duc d'Orleans , Regent du
Royaume.
Etre iſſu dufangde nos Rois ,
Et par d'heroiques exploits
DesplusfameuxGuerriers,que nous
vante l'Histoire ,
Effacer le lustre&la gloire :
Poßeder cent talents divers ,
Qu'avec étonnement admire l'Univers
;
Et digne defervir même aux Rois
demodele ,
Faire éprouver à toussa bonté pa
ternelle :
Etre compatiffant , affable , ge
nereux ,
254 MERCURE
Mettre tout fon bonheur à faire
desheureux;
Et par les fruits naiſſants d'une
activeRegence,
Des peuples abattus relever l'efperance:
2
Compter,nouveau Titus,ſesjours
parses bienfaits ,
Et regnersurnos coeurs,fansregner
fur la France ,
Grand Prince , dont lavigilance
Travaille inceſſamment à remplir
nos fouhaits ,
Cesont là de tes moindres traits.
LE FORT DE LA MORINIERE.
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1022
p. 254-257
« Il faut assûrement que les Enigmes du mois passé soient bien [...] »
Début :
Il faut assûrement que les Enigmes du mois passé soient bien [...]
Mots clefs :
Énigmes, Logogriphe, Lettre E, Lettre V
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il faut assûrement que les Enigmes du mois passé soient bien [...] »
Il faut aſſûrement que les Enigmes
du mois paffé ſoient bien
belles , & bien envelopées , puifque
perſonne n'en a deviné le
mot, nymoynon plus.Cependant
:
GALANT. 255
l'Auteur de cesEnigmes m'a écrit
depuis peu de jours , que la premiere
étoit la Lettre E , & la ſeconde
la Lettre v. Pluſieurs perſonnes
les ont auſſi deviné aprés
luy,&voici leurs noms . LeMoufquetaire
en pied favorydes Muſes
, MademoiselleRaparye , Mademoiselle
Patron, Leclize & fon
amy , l'Amoureux oiſif des bords
de la Marne , mon amyMendoce,
le joly Profeſſeur du College de
Bayeux , Iaimable Jolie de la rue
de la Monnoye, le grosAnonyme,
& l'Amant des ſept Douleurs .
Pour le ſecond Logogrif, il a eſté
plus heureux , & bien des perfonnes
de confideration dont la
penetration eſt admirable , m'ont
fait l'honneur de m'écrire qu'il
fignifioit incontestablement , le
Regent qui ne l'aime ? ce qu'expri256
MERCURE
ment parfaitement toutes les
figures dont il est compofé. Le
premier Logogrife a eû un fort
plus malheureux encore que les
Enigmes , il a eſté plus indechiffrable
qu'elles ; & perſonne ne
m'en a envoyé le veritable ſens .
J'en appelle à fon Auteur. J'ay receu
ſur le chapitre des Logogrifs
une Lettre du gros. Anonyme ,
fort bien écrite ; mais s'il avoit
enviede voirimprimez quelques
uns de ſes Logogrifes , il devoit
prendre la peine de les faire graver.
Il n'avoit pour cela qu'à s'adreffer
àM. Jean-BaptisteAudry,
Profefleur del Academie dePeinture
,& tres habile Graveur ,
Auteur tres moderne d'un Livre
de Logogrifs gravez en taille
douce. Ce Livre ſe vend à Paris
chez
:
GALANT. 257
chez la veuve de S. Martin , au
Sofeil d'or , fur le Pont Noftre-
Dame , & ruë S. Jacques , vis-àvis
les Mathurins , au Mecenas.
En voilà je penſe aſſez de dit ſur
cet article , paffons auxEnigmes,
du mois paffé ſoient bien
belles , & bien envelopées , puifque
perſonne n'en a deviné le
mot, nymoynon plus.Cependant
:
GALANT. 255
l'Auteur de cesEnigmes m'a écrit
depuis peu de jours , que la premiere
étoit la Lettre E , & la ſeconde
la Lettre v. Pluſieurs perſonnes
les ont auſſi deviné aprés
luy,&voici leurs noms . LeMoufquetaire
en pied favorydes Muſes
, MademoiselleRaparye , Mademoiselle
Patron, Leclize & fon
amy , l'Amoureux oiſif des bords
de la Marne , mon amyMendoce,
le joly Profeſſeur du College de
Bayeux , Iaimable Jolie de la rue
de la Monnoye, le grosAnonyme,
& l'Amant des ſept Douleurs .
Pour le ſecond Logogrif, il a eſté
plus heureux , & bien des perfonnes
de confideration dont la
penetration eſt admirable , m'ont
fait l'honneur de m'écrire qu'il
fignifioit incontestablement , le
Regent qui ne l'aime ? ce qu'expri256
MERCURE
ment parfaitement toutes les
figures dont il est compofé. Le
premier Logogrife a eû un fort
plus malheureux encore que les
Enigmes , il a eſté plus indechiffrable
qu'elles ; & perſonne ne
m'en a envoyé le veritable ſens .
J'en appelle à fon Auteur. J'ay receu
ſur le chapitre des Logogrifs
une Lettre du gros. Anonyme ,
fort bien écrite ; mais s'il avoit
enviede voirimprimez quelques
uns de ſes Logogrifes , il devoit
prendre la peine de les faire graver.
Il n'avoit pour cela qu'à s'adreffer
àM. Jean-BaptisteAudry,
Profefleur del Academie dePeinture
,& tres habile Graveur ,
Auteur tres moderne d'un Livre
de Logogrifs gravez en taille
douce. Ce Livre ſe vend à Paris
chez
:
GALANT. 257
chez la veuve de S. Martin , au
Sofeil d'or , fur le Pont Noftre-
Dame , & ruë S. Jacques , vis-àvis
les Mathurins , au Mecenas.
En voilà je penſe aſſez de dit ſur
cet article , paffons auxEnigmes,
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1023
p. 257-258
ENIGME.
Début :
Je suis cheri de tous, un chacun me revere, [...]
Mots clefs :
Or
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME .
Jesuis cheri de tous , un chacun
me revere ,
Et l'on porte si loin le defir de
m'avoir ,
Qu'on va planter le fer jusqu'au
fein desa mere
Pour me rangerfous fon pouvoir.
F'entretiens le commence & l'amitié
des hommes ,
Bien que je cause aujji le defordre
&l'effroy ,
Et les plus puissans Roys dansle
Siecle où nous sommes ,
Janvier 1716 . Y
258 MERCURE
Nesçauroientse paſſer de moy.
Devinezqui je suis esprit incomparable
,
Quand vous aurez le temps d'y
penser à loisir ,
Alors vous m'avouërez un remede
admirable
Pour vivrefelon fon plaisir.
Jesuis cheri de tous , un chacun
me revere ,
Et l'on porte si loin le defir de
m'avoir ,
Qu'on va planter le fer jusqu'au
fein desa mere
Pour me rangerfous fon pouvoir.
F'entretiens le commence & l'amitié
des hommes ,
Bien que je cause aujji le defordre
&l'effroy ,
Et les plus puissans Roys dansle
Siecle où nous sommes ,
Janvier 1716 . Y
258 MERCURE
Nesçauroientse paſſer de moy.
Devinezqui je suis esprit incomparable
,
Quand vous aurez le temps d'y
penser à loisir ,
Alors vous m'avouërez un remede
admirable
Pour vivrefelon fon plaisir.
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1024
p. 258-259
AUTRE.
Début :
En batonnant ma mere on me sort de son sein, [...]
Mots clefs :
Blé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Enbatonnantma mere onmefort
defonsein ,
Et par un avare deſſein
Sans que je fois coupable , on me
metſous la roûe ;
Là l'on me fait souffrir ,&je ne
Sçaypourquoy ,
Etfans avoirpitié de moy ,
Chacun à qui mieux mieux à mes
dépens se jove.
Aprés m'avoir réduit plusqu'en
petits morceaux ,
t
GALAND. 259
On me met en pluſieurs monceaux ,
On me broye , on me tourne , on me
coupe , on m'entame ,
Et ces coeurs plus cruels que le Loup
raviſſant ,
Encore quejefois innocent,
Aprés m'avoir roué mejettentdans
laflame.
Bref m'ayant fait souffrir cent
Supplices ardens ,
On me déchire à belles dens ,
Nespachant plus comment exercer
voſtre envie ,
O ! trop ingrats mortels finiſſez
mon ennuy ,
Et ceßezd'affliger celuy
Qui n'ajamais rien fait que vous
donner la vie.
Ces deux Enigmes ſont faites
par l'aimable Guibour de la ruë
S. Honoré.
Enbatonnantma mere onmefort
defonsein ,
Et par un avare deſſein
Sans que je fois coupable , on me
metſous la roûe ;
Là l'on me fait souffrir ,&je ne
Sçaypourquoy ,
Etfans avoirpitié de moy ,
Chacun à qui mieux mieux à mes
dépens se jove.
Aprés m'avoir réduit plusqu'en
petits morceaux ,
t
GALAND. 259
On me met en pluſieurs monceaux ,
On me broye , on me tourne , on me
coupe , on m'entame ,
Et ces coeurs plus cruels que le Loup
raviſſant ,
Encore quejefois innocent,
Aprés m'avoir roué mejettentdans
laflame.
Bref m'ayant fait souffrir cent
Supplices ardens ,
On me déchire à belles dens ,
Nespachant plus comment exercer
voſtre envie ,
O ! trop ingrats mortels finiſſez
mon ennuy ,
Et ceßezd'affliger celuy
Qui n'ajamais rien fait que vous
donner la vie.
Ces deux Enigmes ſont faites
par l'aimable Guibour de la ruë
S. Honoré.
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1025
p. 260-262
AVERTISSEMENT.
Début :
Trois raisons, dont la meilleure ne vaut pas grand chose, [...]
Mots clefs :
Public, Mercure, Lecteurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
Trois raiſons , dont la meil
leure ne vaut pas grand chofe ,
m'ont empêché de continuer
l'Histoire de l'Ambaſſadeur de
Perſe . La premiere , c'eſt que
pendant les vingt premiers jours
de ce mois-cy , j'ay eû ma plume
enſevelie dans les glaces ,& mon
imagination ſi morfondue , qu'-
elle ne ſeroit peut- eſtre pas encore
degelée ſans le ſecours du
Bal , dont je n'ay pas manqué
d'eſtre un des plus affidus Acteurs
,&dequoy peu vous impor.
te. Enſecond lieu j'ay été preſque
épouvanté des menaces que quelques
Dames qui ont redouté mon
indifcretion mont fait faire,
,
GALANT. 261
pour me dégouter du ſoin d'accomplir
ce grand oeuvre ; mais
c'eſt une fauſſe allarme qu'elles
ont eû , & qu'elles m'ont donné.
Je leur annonce d'avance qu'elles
ne ſe reconnoiſtront dans cette
Hiſtoire , & ne s'y feront reconnoître,
qu'autant qu'il leur plaira
d'annoncer qu'elles s'y reconnoiffent.
Enfin j'ay eſté bien aife.
de voir à loiſir , comment le Public
la recevroit ; il l'a bien reçûë.
Tant mieux pour elle& pour luy :
fon indulgence me détermine à
luy en donner la ſuite.
Au reſte je n'ay qu'un mot a
dire pour me juſtifier d'avoir donné
le Mercure de ce mois plus
tard qu'à l'ordinaire , e papier ,
les Preſſes , & les doigts des
Imprimeurs ont eſté gelez pen
4
262 MERCURE
dant trois ſemaines.
Item , je n'ay joint à ce Mercure
, le Memoire Litteraire qui
eſt aprés ma Table , quoyqu'il
ait déja paru au commencement
de ce mois , que parce qu'il n'y
en a pas eû trois douzaines d'Exemplaires
répanduës, dans le
Public.
Enfinje vous ſouhaite bon jour,
bon an , & fuis , mes trés - chers
&trés genereux Lecteurs , avec
un parfait devoüement & un
trés profond reſpect , voſtre
trés -humble & trés - obéiffant
Serviteur , MERCURE.
Trois raiſons , dont la meil
leure ne vaut pas grand chofe ,
m'ont empêché de continuer
l'Histoire de l'Ambaſſadeur de
Perſe . La premiere , c'eſt que
pendant les vingt premiers jours
de ce mois-cy , j'ay eû ma plume
enſevelie dans les glaces ,& mon
imagination ſi morfondue , qu'-
elle ne ſeroit peut- eſtre pas encore
degelée ſans le ſecours du
Bal , dont je n'ay pas manqué
d'eſtre un des plus affidus Acteurs
,&dequoy peu vous impor.
te. Enſecond lieu j'ay été preſque
épouvanté des menaces que quelques
Dames qui ont redouté mon
indifcretion mont fait faire,
,
GALANT. 261
pour me dégouter du ſoin d'accomplir
ce grand oeuvre ; mais
c'eſt une fauſſe allarme qu'elles
ont eû , & qu'elles m'ont donné.
Je leur annonce d'avance qu'elles
ne ſe reconnoiſtront dans cette
Hiſtoire , & ne s'y feront reconnoître,
qu'autant qu'il leur plaira
d'annoncer qu'elles s'y reconnoiffent.
Enfin j'ay eſté bien aife.
de voir à loiſir , comment le Public
la recevroit ; il l'a bien reçûë.
Tant mieux pour elle& pour luy :
fon indulgence me détermine à
luy en donner la ſuite.
Au reſte je n'ay qu'un mot a
dire pour me juſtifier d'avoir donné
le Mercure de ce mois plus
tard qu'à l'ordinaire , e papier ,
les Preſſes , & les doigts des
Imprimeurs ont eſté gelez pen
4
262 MERCURE
dant trois ſemaines.
Item , je n'ay joint à ce Mercure
, le Memoire Litteraire qui
eſt aprés ma Table , quoyqu'il
ait déja paru au commencement
de ce mois , que parce qu'il n'y
en a pas eû trois douzaines d'Exemplaires
répanduës, dans le
Public.
Enfinje vous ſouhaite bon jour,
bon an , & fuis , mes trés - chers
&trés genereux Lecteurs , avec
un parfait devoüement & un
trés profond reſpect , voſtre
trés -humble & trés - obéiffant
Serviteur , MERCURE.
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1026
p. 262
« Une belle Inconnuë m'a envoyé un Logogrife assez juste ; c'est la [...] »
Début :
Une belle Inconnuë m'a envoyé un Logogrife assez juste ; c'est la [...]
Mots clefs :
Rien
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Une belle Inconnuë m'a envoyé un Logogrife assez juste ; c'est la [...] »
Une belleInconnuëm'a envoyé
un Logogrufe affez juſte ; c'eſt la
figure de Mercure telle qu'elle eſt
au commencement de ce Livre ,
avec ce mot fur la Figure, RIEN.
Je la remercie de ſon preſent.
un Logogrufe affez juſte ; c'eſt la
figure de Mercure telle qu'elle eſt
au commencement de ce Livre ,
avec ce mot fur la Figure, RIEN.
Je la remercie de ſon preſent.
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1027
s. p.
TABLE.
Début :
Prélude que l'Auteur voudroit, à la gloire de chaque Prince de l'Europe [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
P
Rélude quell''Auteurvoudroit àla
glovre de chaque Prince de l'Euro---
pe, copier tous les mois. 3
Nouvelles non extraites des Gazettes
deVe ise... 7
De Livourne. 13
DeRome. 17
Suite des Nouvelles de Venise. 40.
De Melilla , Ville d'Afrique , depuis
longtems affiegée parles Mores. 56
Relationdece qui s'eſt paſſé au Caire depuis
le 17. Septembre 1715. jusqu'au
24. duditmois. 70
Lettre écrite par un Curieux de Roven
àParis , àM. Gal , Docteur en Me
decine de l'Univerſité de Boulogne,..
Piece nouvelle ...
DeParis.
83
93
Odefurla mortde Louis leGrand. 105
Vandeville. 116
TABLE.
Morts. 121
Extraits d'Oraiſons Funebres. 141
Extraits de Livres nouveaux. 159
Discours fur le Bal de l'Opera , ſuivi
d'une Avanture de Bal 183
Description modeste de la magnificence
du Balde M. l' Ambaſſateur de Portugal..
201
Nouvellesde la Comedie. 218
Mariages. 224
Epithalame furle Mariage de M. le
moiselle de Villeroy..
Seite des Mariages.
doine Apolli aire afajoeur,
Marquis d'Harcourt avec Made-
Chanson tirée d'un Compliment de S. Si-
Place de Conseiller d'Etat d'Eglise va-
227
240
244
conte par la mort de M. de la Но-
gutte, donnée par le Regent à м.
Abbé Dubois. 250
Portrait du Regent. 253
Chapitre des Enigmes. 257
Avertiffment fingulier. 260
P
Rélude quell''Auteurvoudroit àla
glovre de chaque Prince de l'Euro---
pe, copier tous les mois. 3
Nouvelles non extraites des Gazettes
deVe ise... 7
De Livourne. 13
DeRome. 17
Suite des Nouvelles de Venise. 40.
De Melilla , Ville d'Afrique , depuis
longtems affiegée parles Mores. 56
Relationdece qui s'eſt paſſé au Caire depuis
le 17. Septembre 1715. jusqu'au
24. duditmois. 70
Lettre écrite par un Curieux de Roven
àParis , àM. Gal , Docteur en Me
decine de l'Univerſité de Boulogne,..
Piece nouvelle ...
DeParis.
83
93
Odefurla mortde Louis leGrand. 105
Vandeville. 116
TABLE.
Morts. 121
Extraits d'Oraiſons Funebres. 141
Extraits de Livres nouveaux. 159
Discours fur le Bal de l'Opera , ſuivi
d'une Avanture de Bal 183
Description modeste de la magnificence
du Balde M. l' Ambaſſateur de Portugal..
201
Nouvellesde la Comedie. 218
Mariages. 224
Epithalame furle Mariage de M. le
moiselle de Villeroy..
Seite des Mariages.
doine Apolli aire afajoeur,
Marquis d'Harcourt avec Made-
Chanson tirée d'un Compliment de S. Si-
Place de Conseiller d'Etat d'Eglise va-
227
240
244
conte par la mort de M. de la Но-
gutte, donnée par le Regent à м.
Abbé Dubois. 250
Portrait du Regent. 253
Chapitre des Enigmes. 257
Avertiffment fingulier. 260
Fermer
1028
s. p.
« L'Air doit regarder la page 244. [...] »
Début :
L'Air doit regarder la page 244. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Air doit regarder la page 244. [...] »
L'Air doit regarder la page 244.
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1029
p. 3-19
De Perpignan. Memoire accompagné de quelques Remarques historiques.
Début :
Le vingt Decembre dernier il se fit un Service trés-solemnel [...]
Mots clefs :
Roi, Bourgeois nobles, Nobles, Perpignan, Consuls, Gentilhommes, Service, Ville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Perpignan. Memoire accompagné de quelques Remarques historiques.
De Perpignan.
Mmoireaccompagné de quelques
Remarques kiftoriques.
E vingt Décembre
dernieril se fie un
Service trés-solemnel
pour le feu Roy,à Perpignan,
aux dépens de Meilleurs les
Consuls de cette Ville
,
furnommée
la trés-Fideue titre
glorieux que ses
*
Habitants
meritcrenc en 147J.du Roy
d'Arragon JeanII:en mémoire
de l'extrêmefijehtc
qu'ilsavoienc marquée
en foutenant
toutes les rigueurs de
la faim durant un Siege de
huit mois. Jean Blanc, Bourgeoisnoble,
& premier Consul
de la Ville
> y commandoit
alors encette derniere qualité;
& ses Compatriotes étcrnife.
rent sa confiante fidélité par
une Inscription honorable qui
se voit encore aujourdhuy à
la porte de sa maison,qui porteces
mots: Hujus domus Dvminus,
fidehtatc cunflos ftperavit
Romanos.
Le 19. les Consuls firent
annoncer par toure laVille la
lugubre ccremonic du lendemain.
QuatreTambours, leurs
caisses couvertes de drap noir,
prcccdoient à pied douze Cavaliers
vêtus de robes noires
avec des cha perons qui leur
couvroienc la tête
,
les chevaux
tous caparaçonnez de
dciiil. Cette triste Cavalcade
sariêtoic à tous IesCarrefours:1
quatre d'iccuxionnoienc de
leurs Trompettes avec des
sourdines: les huit autres qui
portoienc des clochettes d'une
grosseur raiionnable, les fonnoicnr
par cinqfrois, à quoy
les Trompettes répondoienc
chaque fois; puis l'un de ces
Crieurs annonçait triftemenc
la mort de LoilsXIV. & invitoit
le Public au Service qui
devoit se celebrer le lendemain.
Dans ItEgltfe de S. Jean qui
fert de Cat hedrale depuis l'an
1604. que par l'autorité du
PapeClcmcntVIII.à larequi£
jfionAu Roy dEfpJgnePhilippe
1,11, le Sicgq Episcopal
fyztransfère de laVilledElne
çn cctlc de Perpignanj dans
cptteEjgUfc, dis je >on avoic
dresse un carafalque quarré,
qOht la bafe
,
large de vingt
pieds
,
s'élevait par differenrs
degrezà la hauteur de trente>
iç toutcouvert de drap noir,
bordé à chaquedegré de galons
d'argent,& dessus quantité
déeuflons
,
de trophées
d'aimcs,dc cartouches representant
les différentes aébons
du Roy, & d'autres décorations
funtbres, & garni d'une
quantité extraordinaire de
cierges
y
de flambeaux, & d'autres
tumicres. Sur lacimeétoie
unefpecc de Tombeau, façon
de mar bre noir, Les bordures
fiçon de marbre blanc, sur iequel
on voyait un Manteau
Royal,une grande Couronne
à la lete couverte d'un crêpe
noir, & les autres fymbolcs
de la Royauté; le tout furmonté
d'un dais de velours
noir avec des crcfpines d'or.
Dés le matin du 10. toutes
les ParoilTcs de laVîlle
, toutes
les Communautez de Religieux
invitées par les Consuls,
fc rendirent pioceffionnellcment,
les unes après les autres,
àla Cathedrale, pour y faire
chacune une absoute autour
du catafalque. L'heure venue,
Meilleurs du Conleil Souverain
de Rouflillon yarrivèrent
en robes rouges, ayant àleur
tête M. le Comte d'Albarcr,
Premier PréfiJent
,
(uivis des
Juges des Cours fubalrcrnes,
des Avocats, & autres Officiers
de Justice ;puis Messieurs
les Conluls vinrent en habits
de ceremonie avec une nombreufe
fuite du Corps de Ville,
aprér, l'EtatMajor delaPlacc
en Corps
,
accompagné Idc:
tous les Officiers delàGarni*
son en d,üd,& ceux qui étoienc
obligez de porter l'habit d'ordonnancc
avoienc de arandef
êcharpes decrespeen bandoly
liere;U l'Eglifc qui eli vaste
fat remplie de tout ce qu'il y a
de plus confiJerable danstoui>
les Etats. non feulement de Uf
VIlle,mais encore de la Pio-
La Meflfe celebréc poptiÉU
vincc.
ce l tbréc poiitifi,
calcment , par M>flire JeanHervieu
Bazan de Fiamanvillc
J, Eveaue d'Elne, sur chantée
par un grand choeur de mufique
: aplés l'Evangile ,, M.
Xaupi, Abbéde Jau en Rouffillon
,
Dodtcur en Theologie
de la Faculté de Paris, & de la
Màifon&Société denavarre,
natif dePerpignan, & le premier
de son Pays qui foit entré
dans la Faculté de Thcolocic
de Paris,prononça lOraifoiï
funebre avec tant de succés,
que lesConfulsont fait la dépense
de la faire imprimer.Enfin
le tout fut terminé par l'abfoute
pontficalc
, accompagnée
des regrets de toute l'At:
fembléc.
,
Le premier Consul decette
annéeeil M. dcCa-tiiprcdon
Gentilhomme très zelé pour k service du Roy, & le fécond
M. Xlupi ,le fils
,
Bourgeois
noble de Perpignan, frere de
rOrareur. Leur pere JuffiBour.
geois noble, a remply plus d'une
fois les places de premier&dc
secons Consul. Sur quoyon
peut faire remarquer que le
Corps des Gentilshommes,&
ecluy des Bourgeois nobles) occupent
ces places à l'alternative,&
que ddaans l1',anné,e ou un
Gentilhomme cft premier
Consul (ilss'éltfènt la veillei
de S. J.an-Baptiste )le Corps
-des Bourgeois nobles a la droite
sur ccluy des Gentilshommes
dans les Aflcmblées de Ville,
ce qui change l'année suivante
où c'cfi un Bourgeois noble pour
premier Consul. Les trois autres
Consuls se prennent des
autres Etats dela Ville;le dernier
,
toûjours de celuy des
Ansmechaniques. lis portenc
tous cinq lepcc durant leur
Consulat, donnent leurs Audiances
fous un dais dans l'Hôtel
deVille en qualité de Ducs
de Vcrnet, petite Terre qui
appartient à la Ville, & qui cft
située à un demyquart de
lieue de Perpignan, laquelle
étoic jadis honorée du titre de
Duché.
Le Privilègedecréer tous
lesans des Bourgeois Nobles leur
est particulier. Ils ont un jour
fixé pour cela, qui cfi le if.
Juin, & n'en peuvent prendre
unautre. Les Consuls en année
s'assemblent avec ceux des
Bourgeois Nobles qui ont este
premiers ou fécond Consuls,
& doivent cftrc au moins
quatorze en tour. Là ils onc
le pouvoir de oboinr,quand il
leur plailt, deux ou trois personnes
qui aycnt les qualités
requîtes& de lesimmatriculer
à lia plutahrc des fuffiâges dans
laLitk des Bourgrois,NObles:
cc''ceHltaaïionlsiiqquu'I'illss'ecnnuserent il
y a quelques années en faveur
dufameux MRigaild, Peintre
du Roy,leur Les personnes ainsi choisies
n'ont nul besoin de Lettres
du Prince pour jouir des honneurs
attachez à leur nouveau rang. "-' ., Ce droit si singulier que l'on
trouveétabli aVarit leregne de
Jacques111Roy JArrngon,
qiWirioma (tirle \'Tiô,-r¿ th
11^1. a este depuis confirme
par plufi urs Souverains,entrautic
par FerdinandV dit le
Catholique, en 1510. par
:
Philippes II. en Jj81. par
Phihppes III. en 1559 &
par le feur Roy LouisXIV.
r
en 1 66o. & en dernier lieu par
un Arrest du Conseil d'Erac
rendu en 1701. qui exempte
les Bourgeois Nobles de Perpignan
de toute recherche pour
les Francs Fiefs
*
Eux & leurs defeendans à
perpétuité joiïiflent de toutes
les libertez,franchises,ipnmtlnicez,
faveurs & prérogatives
des Nobles, comme si ils
avoient
avoient cité armez Chevaliers
par le Roy luy.même ( c'est
ce que porte !Acte de leurs
Piivileges) sans pourtant eftic
obligez de fcrvir dans les Armées.
Ils peuvent timbrer l'E..
eusson de leurs Armoiries, &
portent l'épéc de quelque prosession
qu'ils soient. Onlestire
ordinairement du Corps des
Avocats, de ce lui des Mede.-
cins,de celui desNoraires, & de
ceux qui exercent les ArtsLi
beraux,ou qui vivent de leur
b;cn. Si par hazard il se trouve
un quartier de Bourgeofie Noble
dans les preuves d'un Gcnti'hommequ?
vcut entrer dans
1 Ordre de admis
Mais pendant que kRouC
fillon étoit uni à laCatalogne a ils n'avoient pas le droit d'entrer
dans l'Assemblée de*»Etats,
ainsi que tour Gentilhomme
l'a, à moins que le Roy ne leur
fit l'honneur.de les y appeller ;
de plus ils restent toujours eux
& leurs descendants dans le
Corps des Bourgeois nobles jufqu'à
la porternel.i plus reculée,
à moins que le Roy ne les en
tire par d{', Lettrcs particulières
poui les faire entrer dansceluy
des gentilshommes, de quoy
ilJ a plus d'un exemple,.
Mmoireaccompagné de quelques
Remarques kiftoriques.
E vingt Décembre
dernieril se fie un
Service trés-solemnel
pour le feu Roy,à Perpignan,
aux dépens de Meilleurs les
Consuls de cette Ville
,
furnommée
la trés-Fideue titre
glorieux que ses
*
Habitants
meritcrenc en 147J.du Roy
d'Arragon JeanII:en mémoire
de l'extrêmefijehtc
qu'ilsavoienc marquée
en foutenant
toutes les rigueurs de
la faim durant un Siege de
huit mois. Jean Blanc, Bourgeoisnoble,
& premier Consul
de la Ville
> y commandoit
alors encette derniere qualité;
& ses Compatriotes étcrnife.
rent sa confiante fidélité par
une Inscription honorable qui
se voit encore aujourdhuy à
la porte de sa maison,qui porteces
mots: Hujus domus Dvminus,
fidehtatc cunflos ftperavit
Romanos.
Le 19. les Consuls firent
annoncer par toure laVille la
lugubre ccremonic du lendemain.
QuatreTambours, leurs
caisses couvertes de drap noir,
prcccdoient à pied douze Cavaliers
vêtus de robes noires
avec des cha perons qui leur
couvroienc la tête
,
les chevaux
tous caparaçonnez de
dciiil. Cette triste Cavalcade
sariêtoic à tous IesCarrefours:1
quatre d'iccuxionnoienc de
leurs Trompettes avec des
sourdines: les huit autres qui
portoienc des clochettes d'une
grosseur raiionnable, les fonnoicnr
par cinqfrois, à quoy
les Trompettes répondoienc
chaque fois; puis l'un de ces
Crieurs annonçait triftemenc
la mort de LoilsXIV. & invitoit
le Public au Service qui
devoit se celebrer le lendemain.
Dans ItEgltfe de S. Jean qui
fert de Cat hedrale depuis l'an
1604. que par l'autorité du
PapeClcmcntVIII.à larequi£
jfionAu Roy dEfpJgnePhilippe
1,11, le Sicgq Episcopal
fyztransfère de laVilledElne
çn cctlc de Perpignanj dans
cptteEjgUfc, dis je >on avoic
dresse un carafalque quarré,
qOht la bafe
,
large de vingt
pieds
,
s'élevait par differenrs
degrezà la hauteur de trente>
iç toutcouvert de drap noir,
bordé à chaquedegré de galons
d'argent,& dessus quantité
déeuflons
,
de trophées
d'aimcs,dc cartouches representant
les différentes aébons
du Roy, & d'autres décorations
funtbres, & garni d'une
quantité extraordinaire de
cierges
y
de flambeaux, & d'autres
tumicres. Sur lacimeétoie
unefpecc de Tombeau, façon
de mar bre noir, Les bordures
fiçon de marbre blanc, sur iequel
on voyait un Manteau
Royal,une grande Couronne
à la lete couverte d'un crêpe
noir, & les autres fymbolcs
de la Royauté; le tout furmonté
d'un dais de velours
noir avec des crcfpines d'or.
Dés le matin du 10. toutes
les ParoilTcs de laVîlle
, toutes
les Communautez de Religieux
invitées par les Consuls,
fc rendirent pioceffionnellcment,
les unes après les autres,
àla Cathedrale, pour y faire
chacune une absoute autour
du catafalque. L'heure venue,
Meilleurs du Conleil Souverain
de Rouflillon yarrivèrent
en robes rouges, ayant àleur
tête M. le Comte d'Albarcr,
Premier PréfiJent
,
(uivis des
Juges des Cours fubalrcrnes,
des Avocats, & autres Officiers
de Justice ;puis Messieurs
les Conluls vinrent en habits
de ceremonie avec une nombreufe
fuite du Corps de Ville,
aprér, l'EtatMajor delaPlacc
en Corps
,
accompagné Idc:
tous les Officiers delàGarni*
son en d,üd,& ceux qui étoienc
obligez de porter l'habit d'ordonnancc
avoienc de arandef
êcharpes decrespeen bandoly
liere;U l'Eglifc qui eli vaste
fat remplie de tout ce qu'il y a
de plus confiJerable danstoui>
les Etats. non feulement de Uf
VIlle,mais encore de la Pio-
La Meflfe celebréc poptiÉU
vincc.
ce l tbréc poiitifi,
calcment , par M>flire JeanHervieu
Bazan de Fiamanvillc
J, Eveaue d'Elne, sur chantée
par un grand choeur de mufique
: aplés l'Evangile ,, M.
Xaupi, Abbéde Jau en Rouffillon
,
Dodtcur en Theologie
de la Faculté de Paris, & de la
Màifon&Société denavarre,
natif dePerpignan, & le premier
de son Pays qui foit entré
dans la Faculté de Thcolocic
de Paris,prononça lOraifoiï
funebre avec tant de succés,
que lesConfulsont fait la dépense
de la faire imprimer.Enfin
le tout fut terminé par l'abfoute
pontficalc
, accompagnée
des regrets de toute l'At:
fembléc.
,
Le premier Consul decette
annéeeil M. dcCa-tiiprcdon
Gentilhomme très zelé pour k service du Roy, & le fécond
M. Xlupi ,le fils
,
Bourgeois
noble de Perpignan, frere de
rOrareur. Leur pere JuffiBour.
geois noble, a remply plus d'une
fois les places de premier&dc
secons Consul. Sur quoyon
peut faire remarquer que le
Corps des Gentilshommes,&
ecluy des Bourgeois nobles) occupent
ces places à l'alternative,&
que ddaans l1',anné,e ou un
Gentilhomme cft premier
Consul (ilss'éltfènt la veillei
de S. J.an-Baptiste )le Corps
-des Bourgeois nobles a la droite
sur ccluy des Gentilshommes
dans les Aflcmblées de Ville,
ce qui change l'année suivante
où c'cfi un Bourgeois noble pour
premier Consul. Les trois autres
Consuls se prennent des
autres Etats dela Ville;le dernier
,
toûjours de celuy des
Ansmechaniques. lis portenc
tous cinq lepcc durant leur
Consulat, donnent leurs Audiances
fous un dais dans l'Hôtel
deVille en qualité de Ducs
de Vcrnet, petite Terre qui
appartient à la Ville, & qui cft
située à un demyquart de
lieue de Perpignan, laquelle
étoic jadis honorée du titre de
Duché.
Le Privilègedecréer tous
lesans des Bourgeois Nobles leur
est particulier. Ils ont un jour
fixé pour cela, qui cfi le if.
Juin, & n'en peuvent prendre
unautre. Les Consuls en année
s'assemblent avec ceux des
Bourgeois Nobles qui ont este
premiers ou fécond Consuls,
& doivent cftrc au moins
quatorze en tour. Là ils onc
le pouvoir de oboinr,quand il
leur plailt, deux ou trois personnes
qui aycnt les qualités
requîtes& de lesimmatriculer
à lia plutahrc des fuffiâges dans
laLitk des Bourgrois,NObles:
cc''ceHltaaïionlsiiqquu'I'illss'ecnnuserent il
y a quelques années en faveur
dufameux MRigaild, Peintre
du Roy,leur Les personnes ainsi choisies
n'ont nul besoin de Lettres
du Prince pour jouir des honneurs
attachez à leur nouveau rang. "-' ., Ce droit si singulier que l'on
trouveétabli aVarit leregne de
Jacques111Roy JArrngon,
qiWirioma (tirle \'Tiô,-r¿ th
11^1. a este depuis confirme
par plufi urs Souverains,entrautic
par FerdinandV dit le
Catholique, en 1510. par
:
Philippes II. en Jj81. par
Phihppes III. en 1559 &
par le feur Roy LouisXIV.
r
en 1 66o. & en dernier lieu par
un Arrest du Conseil d'Erac
rendu en 1701. qui exempte
les Bourgeois Nobles de Perpignan
de toute recherche pour
les Francs Fiefs
*
Eux & leurs defeendans à
perpétuité joiïiflent de toutes
les libertez,franchises,ipnmtlnicez,
faveurs & prérogatives
des Nobles, comme si ils
avoient
avoient cité armez Chevaliers
par le Roy luy.même ( c'est
ce que porte !Acte de leurs
Piivileges) sans pourtant eftic
obligez de fcrvir dans les Armées.
Ils peuvent timbrer l'E..
eusson de leurs Armoiries, &
portent l'épéc de quelque prosession
qu'ils soient. Onlestire
ordinairement du Corps des
Avocats, de ce lui des Mede.-
cins,de celui desNoraires, & de
ceux qui exercent les ArtsLi
beraux,ou qui vivent de leur
b;cn. Si par hazard il se trouve
un quartier de Bourgeofie Noble
dans les preuves d'un Gcnti'hommequ?
vcut entrer dans
1 Ordre de admis
Mais pendant que kRouC
fillon étoit uni à laCatalogne a ils n'avoient pas le droit d'entrer
dans l'Assemblée de*»Etats,
ainsi que tour Gentilhomme
l'a, à moins que le Roy ne leur
fit l'honneur.de les y appeller ;
de plus ils restent toujours eux
& leurs descendants dans le
Corps des Bourgeois nobles jufqu'à
la porternel.i plus reculée,
à moins que le Roy ne les en
tire par d{', Lettrcs particulières
poui les faire entrer dansceluy
des gentilshommes, de quoy
ilJ a plus d'un exemple,.
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1030
p. 19
« On a crû que ce morceau d'Histoire ne seroit pas indigne [...] »
Début :
On a crû que ce morceau d'Histoire ne seroit pas indigne [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On a crû que ce morceau d'Histoire ne seroit pas indigne [...] »
dH<ftoirc ne feroic pas indigne
dela curiositéduPubîic.
Il eti<dcs gens qui se phifent à
éstre instruits des u (age$, des
diflForcnccsVilles duRoyaume.
dela curiositéduPubîic.
Il eti<dcs gens qui se phifent à
éstre instruits des u (age$, des
diflForcnccsVilles duRoyaume.
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1031
p. 19-24
A Rome le 21. Decembre 1715
Début :
Le Pape joüit presentement d'une santé parfaite : outre la [...]
Mots clefs :
Cardinal, Sa Sainteté, Pape, Valets, Cour, Rome
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Rome le 21. Decembre 1715
.4Rome le 2.1. Decembre 171j
< Le Pape jouit prefenremenc
d'iine fanté parfaite: outre la
Promotion de fepr Cardinaux
qu'il Se dans le Confiltoire de
Lundy dernier, il fit aussi la
proposition de diver ses Eglises;
cntr'autrcs de celles de Brindefi
pour M. Perlas, de Volcerra
pour M. Pandolfy
,
& de Cortona
pour M. Pnecinc; Sa
Sainteté y dcclara aufli Lt'gac
d'UI bin leCardinal d'Avec,
Evcfque de Riminy,& confera
l'Eglise dOmette au nouveau
Cardinal Nuzzy;& celle
de d'Lfly au Cardinal Spinola.
La nuir du même jour Sa
Sainteté expedia M. Sala son
Cacnerier tècret pour porter
la calore au Cardinal Carraccioli
d'Aver sa. Comme ila lemoigné
cy. devant quelque
foi te de repugnance pour cettc
dignité, on cit dans l'attentc
de ravoir sil l'accepteraott
non."., r,éMardy SaSainteté déclara
Secrétaire de la Congrégation
des Evêques & des Reguliers
M. Petra, Napolitain
,
qui fc
démetra de la Secretaine du
Concile. On du. que le Pape
laifllra peut-estre le Gouvernement
de Rome jusques au -
Carême prochain au Cardinal
Scottyra comme aufli la Trcforctie
générale au Cardinal
Parrizy. On parle fort du Cardinal
Bussy pour le Vicariat de
Rome, en faveur duquel on
continue de faire divcrs mancgcs.
LeCâidina!Corradinydonc
f
la fumé n'dl pis fort bohne,
a cjuftrc cette Cour cL l'avis
des Mrdecms, quiluy ont confeillc
de changerd'air.
Le Ch -noineVanniny,,au.
trefois Camerier fecretdeClcment
IX. & Doyendes Chanoines
de S. Pierre , mouruc
ces jours paflfez. Sa Sainteté
donna aufTnôtfonCanonicat
aPAbbe MichclDjfte,neveu
du Cardinal de ce nom.
Dom François Alvarez,Efpignol,
Agent de 1 Empereur
en cette Cour
, a esié déclaré
par SA MujeftéRcgcncdeCollateral
deImpies.
Le Pcrc Ttatiro
,
ConfeCfcur
de tAmbjuddcur de Vc-
DlreJ qui suril y a quelque
tems conduit aux Pnfons du
S.Office par le Pere Commiffaiie
de ce Tnbunal
, a été relâché
à la puere de cette Excellence.
Ces jours passez comme la
Princesse de Monterra Altiery
rctournoitau logis,elle rencontra
à (on chemin la Marquiic
Serlupy qui refusa de
faire reculer Ion carrosse pour
lallfer le passage li bre àlaPrinccflc
Là, deflunsctllc-cy ordonna
a les Valets de pied de détacher
les chevaux du càtrolfc
de la M irquife
, ce qui fut fait
à Pinlhnt
,
le Cocher ayant
prrs la fuite: cnfuice ces Valets
de pied rangèrent euxmêmes
le carrosse
,
&letirèrent
à force de bras vers la
muraille
,
la Marquise eiant
toûjours dedans.
< Le Pape jouit prefenremenc
d'iine fanté parfaite: outre la
Promotion de fepr Cardinaux
qu'il Se dans le Confiltoire de
Lundy dernier, il fit aussi la
proposition de diver ses Eglises;
cntr'autrcs de celles de Brindefi
pour M. Perlas, de Volcerra
pour M. Pandolfy
,
& de Cortona
pour M. Pnecinc; Sa
Sainteté y dcclara aufli Lt'gac
d'UI bin leCardinal d'Avec,
Evcfque de Riminy,& confera
l'Eglise dOmette au nouveau
Cardinal Nuzzy;& celle
de d'Lfly au Cardinal Spinola.
La nuir du même jour Sa
Sainteté expedia M. Sala son
Cacnerier tècret pour porter
la calore au Cardinal Carraccioli
d'Aver sa. Comme ila lemoigné
cy. devant quelque
foi te de repugnance pour cettc
dignité, on cit dans l'attentc
de ravoir sil l'accepteraott
non."., r,éMardy SaSainteté déclara
Secrétaire de la Congrégation
des Evêques & des Reguliers
M. Petra, Napolitain
,
qui fc
démetra de la Secretaine du
Concile. On du. que le Pape
laifllra peut-estre le Gouvernement
de Rome jusques au -
Carême prochain au Cardinal
Scottyra comme aufli la Trcforctie
générale au Cardinal
Parrizy. On parle fort du Cardinal
Bussy pour le Vicariat de
Rome, en faveur duquel on
continue de faire divcrs mancgcs.
LeCâidina!Corradinydonc
f
la fumé n'dl pis fort bohne,
a cjuftrc cette Cour cL l'avis
des Mrdecms, quiluy ont confeillc
de changerd'air.
Le Ch -noineVanniny,,au.
trefois Camerier fecretdeClcment
IX. & Doyendes Chanoines
de S. Pierre , mouruc
ces jours paflfez. Sa Sainteté
donna aufTnôtfonCanonicat
aPAbbe MichclDjfte,neveu
du Cardinal de ce nom.
Dom François Alvarez,Efpignol,
Agent de 1 Empereur
en cette Cour
, a esié déclaré
par SA MujeftéRcgcncdeCollateral
deImpies.
Le Pcrc Ttatiro
,
ConfeCfcur
de tAmbjuddcur de Vc-
DlreJ qui suril y a quelque
tems conduit aux Pnfons du
S.Office par le Pere Commiffaiie
de ce Tnbunal
, a été relâché
à la puere de cette Excellence.
Ces jours passez comme la
Princesse de Monterra Altiery
rctournoitau logis,elle rencontra
à (on chemin la Marquiic
Serlupy qui refusa de
faire reculer Ion carrosse pour
lallfer le passage li bre àlaPrinccflc
Là, deflunsctllc-cy ordonna
a les Valets de pied de détacher
les chevaux du càtrolfc
de la M irquife
, ce qui fut fait
à Pinlhnt
,
le Cocher ayant
prrs la fuite: cnfuice ces Valets
de pied rangèrent euxmêmes
le carrosse
,
&letirèrent
à force de bras vers la
muraille
,
la Marquise eiant
toûjours dedans.
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1032
p. 24-33
De Rome le 28. Decembre 1715.
Début :
Le Pape ordinairement tient Chapelle de Noël à Sainte Marie [...]
Mots clefs :
Cardinal, Chapelle, Pape, Ambassadeur, Rome
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Rome le 28. Decembre 1715.
De Rome le18. Dcccmbre 1715-
Le Pape ordinairement tient
Chapelle le jour de Noël à
Sainte Marie majeure; mais le
mauvais temps l'empêcha ce
jour-là
jour-là d'y aller chanter la
Mcflc. Cette fonûion se fit
dans la Chapelle du Palais Quirinal
: immédiatement aprésSa
Sainteté rcccut du Cardinal
Doyen.. de la part du Sacré
Collège
,
le compliment des
bonnes Festes.
Le Courrier qui avoit esté
dépêché au Cardinal Carraccioli,
Evêque d'Aversa, est de
retour icy. Cette Eminence,
contre l'atèentepublique, a
accepté bien volontiers leCar.
dinalar.
Le Cmonicat de S. Pierre a
cfié conféré à M. Marcolini.
ce Prélat sellant démis de celui
qu'il avoir a Sainte Marie
ma jeure
,
lequel a esté donné
à M. Manti, fiere du General
des PoLles.
Les Galeres de e<n Etat font
enfin deretouràCivitaveche,
mais en rrcs- mauvais équipage
tant pour la bourasque qu"elles
ont efTuïées dans ltGolfe de
Salerne, que par la maladie qui
s'cft mHe: dans les Chiourmes,
ce qui a diminué & diminuë
chaque jour le nombre des
Forçats.
t.,
Le Pipe indigné des infultes
faites depuis quelque tems
à la Sbirrene de Rome par les
Domeftiqucs des Ambafladeurs,
qui ne veulent pas que
les Sbirres passent devant leur
Palais, Sa Saintetédéputa une
Congrégation de six Cardinaux
;sçavoir,Imperiali, Parluni,
Albani, Catoni,Origo
& Scotti, dans laquelle.,aprés
plusieursConférences, il aété
resolu que l'on ferait fignificr
aux Ambassadeurs qu'ils ayenc
à (e defirter de pareils attentacs,
sans quoy Sa Sainteté
prendroit là-dcflus des mcfures
qui ne leurs feroient
point agrcables. Cette fignification
a esté faite par M. Rafponi,
Sccrcraire d'Ambassade
deSaSainteté.
Les- nouveaux Cardinaux
après avoir rendu visire auCardinal
Doyen, n'ont pu les continuer
à cause de la gourre qui
eftfurvenue au CardinalPatrizzy.
-
On attend ici le Chevalier
MoroGni que la Republique
de Veniseenvoie au Pape en
- qualité d'Arnbalfadeur Extraordinaire;
il vient, diton,
demander des subsides aux
frais de la Guerre contre le
Turc.
,.
On attend le retour du
Courrier qui a esté dépêché à
M. Barronuy
,
Evêque de Novarra,
pour lui offnr le posse
deMaillre de Chambre de Sa
Sainteté; ontft cependant en
doute s'il l'acceptera.
*
On prétend que M Falconieri
est deftmé pour estre
Gouverneur de ilome; en cc
€as~il fcroit, dit on, obligé de
remettrelAuditoriat de Rote;
mais il ne paroît pas que cePrclat
veuille s'accommoder d'un
semblable parti.
LAmbanadcur de l'Empereur
ne fut point Vendredi
dernier à l'Audiance duPape;
l'on en attribue la cause à cc
que Sa Sainteté refuse de condefeendre
aux foJîiatations
faites par cc Miniftrc de la
part deSa Majesté Im perialeen
faveur de l'Abbé Relhni : cependant
leS Pere à quiunpareil
engagement donne assez
d'inquietude,envoï) pl ufieurs
fois demander aux Officiers de
la fale de son Appartement, si
l'on n'estok point venu faire
quelque loflance de la parc
duditAmbalTadeur pour avoir
Audiance
-
Ott trouve icy fort extraordinaire
une Ordonnance tresrigourcufe,
que le Viceroy de
Ndplcs a faitpublier, par laquelle
il deffend à toutes fortes
de personnes, fous peirie de
confiscation de biens, d: forcir
du Royaume.u**)
On écrit de Païenne que les
Jcfuites n'ayaotpas voulu fout.
frir que le Viccroy tint la Chapelle
accoutumée dans leur
Eghfe le jour de S. François
Xavier, leurs biens ont este
saisis, & leurs livres enlevez r
on ajoûte que l'Evesque de
Mazarra a écrit au Viceroy
,
&
luy a marqué que s'il ne se dcfille
des ses violences, il fera
obligéde publier l'interdit gênerai,
& que le Viceroy ayant
fait appeller le Prince de Sainte
Catherine, ncveu de cet Evêque,
il luy a ordonnéd'aller
fign:fîcr à son oncle, que s'il
cO: affz remeraire pour faire
cetce démarche,il ruinera sa
Misson julques à la quatrième
Generarion. Il fc préparé -
un feu qu'il ne fera pas facile
d'éteindre
Oi commence à cftre ici
fort inquiet des devins des
Turcs ;on tint hier, en prefence
de Sa Sainteté, une Congregation
d Etat sur cela: je
crois que les Vénitiens ne tons
pas moins inquiets, car ils y
font assezinteressez. M. Morofini
qui a elle ici Ambafladcur
de la République doit venir
incciïamment sans caraccerc.
Le Pape a p!us de bonne
volontéque de force. Il feroic
fort à souhaiter que 1 Empereur
s'cngageât plus qu'il ne
paroi st s'engager jusques à cette
heure Oi prétend que les
Turcs ne son- point difficulté
de publier qu'ils en veulent à
Rome &à Vienne:c'est beaucoup
tout à la fois.
Le Pape ordinairement tient
Chapelle le jour de Noël à
Sainte Marie majeure; mais le
mauvais temps l'empêcha ce
jour-là
jour-là d'y aller chanter la
Mcflc. Cette fonûion se fit
dans la Chapelle du Palais Quirinal
: immédiatement aprésSa
Sainteté rcccut du Cardinal
Doyen.. de la part du Sacré
Collège
,
le compliment des
bonnes Festes.
Le Courrier qui avoit esté
dépêché au Cardinal Carraccioli,
Evêque d'Aversa, est de
retour icy. Cette Eminence,
contre l'atèentepublique, a
accepté bien volontiers leCar.
dinalar.
Le Cmonicat de S. Pierre a
cfié conféré à M. Marcolini.
ce Prélat sellant démis de celui
qu'il avoir a Sainte Marie
ma jeure
,
lequel a esté donné
à M. Manti, fiere du General
des PoLles.
Les Galeres de e<n Etat font
enfin deretouràCivitaveche,
mais en rrcs- mauvais équipage
tant pour la bourasque qu"elles
ont efTuïées dans ltGolfe de
Salerne, que par la maladie qui
s'cft mHe: dans les Chiourmes,
ce qui a diminué & diminuë
chaque jour le nombre des
Forçats.
t.,
Le Pipe indigné des infultes
faites depuis quelque tems
à la Sbirrene de Rome par les
Domeftiqucs des Ambafladeurs,
qui ne veulent pas que
les Sbirres passent devant leur
Palais, Sa Saintetédéputa une
Congrégation de six Cardinaux
;sçavoir,Imperiali, Parluni,
Albani, Catoni,Origo
& Scotti, dans laquelle.,aprés
plusieursConférences, il aété
resolu que l'on ferait fignificr
aux Ambassadeurs qu'ils ayenc
à (e defirter de pareils attentacs,
sans quoy Sa Sainteté
prendroit là-dcflus des mcfures
qui ne leurs feroient
point agrcables. Cette fignification
a esté faite par M. Rafponi,
Sccrcraire d'Ambassade
deSaSainteté.
Les- nouveaux Cardinaux
après avoir rendu visire auCardinal
Doyen, n'ont pu les continuer
à cause de la gourre qui
eftfurvenue au CardinalPatrizzy.
-
On attend ici le Chevalier
MoroGni que la Republique
de Veniseenvoie au Pape en
- qualité d'Arnbalfadeur Extraordinaire;
il vient, diton,
demander des subsides aux
frais de la Guerre contre le
Turc.
,.
On attend le retour du
Courrier qui a esté dépêché à
M. Barronuy
,
Evêque de Novarra,
pour lui offnr le posse
deMaillre de Chambre de Sa
Sainteté; ontft cependant en
doute s'il l'acceptera.
*
On prétend que M Falconieri
est deftmé pour estre
Gouverneur de ilome; en cc
€as~il fcroit, dit on, obligé de
remettrelAuditoriat de Rote;
mais il ne paroît pas que cePrclat
veuille s'accommoder d'un
semblable parti.
LAmbanadcur de l'Empereur
ne fut point Vendredi
dernier à l'Audiance duPape;
l'on en attribue la cause à cc
que Sa Sainteté refuse de condefeendre
aux foJîiatations
faites par cc Miniftrc de la
part deSa Majesté Im perialeen
faveur de l'Abbé Relhni : cependant
leS Pere à quiunpareil
engagement donne assez
d'inquietude,envoï) pl ufieurs
fois demander aux Officiers de
la fale de son Appartement, si
l'on n'estok point venu faire
quelque loflance de la parc
duditAmbalTadeur pour avoir
Audiance
-
Ott trouve icy fort extraordinaire
une Ordonnance tresrigourcufe,
que le Viceroy de
Ndplcs a faitpublier, par laquelle
il deffend à toutes fortes
de personnes, fous peirie de
confiscation de biens, d: forcir
du Royaume.u**)
On écrit de Païenne que les
Jcfuites n'ayaotpas voulu fout.
frir que le Viccroy tint la Chapelle
accoutumée dans leur
Eghfe le jour de S. François
Xavier, leurs biens ont este
saisis, & leurs livres enlevez r
on ajoûte que l'Evesque de
Mazarra a écrit au Viceroy
,
&
luy a marqué que s'il ne se dcfille
des ses violences, il fera
obligéde publier l'interdit gênerai,
& que le Viceroy ayant
fait appeller le Prince de Sainte
Catherine, ncveu de cet Evêque,
il luy a ordonnéd'aller
fign:fîcr à son oncle, que s'il
cO: affz remeraire pour faire
cetce démarche,il ruinera sa
Misson julques à la quatrième
Generarion. Il fc préparé -
un feu qu'il ne fera pas facile
d'éteindre
Oi commence à cftre ici
fort inquiet des devins des
Turcs ;on tint hier, en prefence
de Sa Sainteté, une Congregation
d Etat sur cela: je
crois que les Vénitiens ne tons
pas moins inquiets, car ils y
font assezinteressez. M. Morofini
qui a elle ici Ambafladcur
de la République doit venir
incciïamment sans caraccerc.
Le Pape a p!us de bonne
volontéque de force. Il feroic
fort à souhaiter que 1 Empereur
s'cngageât plus qu'il ne
paroi st s'engager jusques à cette
heure Oi prétend que les
Turcs ne son- point difficulté
de publier qu'ils en veulent à
Rome &à Vienne:c'est beaucoup
tout à la fois.
Fermer
1033
p. 34-41
De Rome le 11. Janvier 1716.
Début :
Le jour de l'Epiphanie le Pape assista à la Chapelle, il [...]
Mots clefs :
Cardinal, Pape, Duc, Ambassadeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Rome le 11. Janvier 1716.
De Rome le II. Janvier ijl6.
Le jour de l'Epiphanie le
Pape affilia à la Chpelle
,
il
v
est toujours en parfaite famé.
Le foir du même jour le
Cardinal Ottobony fie tenir
rAcadcmie des Arcades dans
son appirremcnt,ensuite il y
eût concert) & un très- beau
souperjil y avoit environ cent
per Tonnes à table jentr'autres
TAmbaffcideur de l'Empereur,
& 14 Dames tant Princesses
que Duchesses : cette feste fût
tres - magn.fique & le repas
très fplcndide. ;
Les Ambailadeurs des Couronnes
témoignent faire peu
de cas de ce qui leur a este fignifié
au fujec de l'abolition
des Franclufcs qu'ils voudroient
rétablirais refufenc de
congédier leurs braves, cela irrite
toujours davantage leP-apc
qui a fait bannir fous peine de
la vie des gens de 1 AmbaITadeur
de I-Empereur, qui donnerent
des coups de bacons à
des Sbirres
,
il y a quelques
semaines..
*
Le Cardinal 0 lefcalqui est
sur son départ, il a eu du Pape
son Audiance de congé
,
&:
tout son domeftïqiieWaifa der-
-
Snierement la pantoufle de Sa
,dc Sainteté.
LeCardinalCarraccioly,
Provicaire, a fait present au
Pape,de diverseschoses dé
prix , entre autres d'un Reliqii
lire garny de diamants
,
&
d'autres pierres precieuses ;ce
preCentefteftimé yooo. écus.
Le Cardinal Nuzzy a aussi
envoyé au Pape un Tableau
deSalvator Rosa, d'une grandeur
extraordinaire.
Dernièrement le carresse
^de Dom Antoine Colonne
tenvetfalur laPlace du Jefus,J
celui du Duc Cetarini: il y
avait dedans le iiîs & la fiiîe
dece Duc,ils furent transpor-
- tcz au Pdlais Altiery
, pour se
remettre de la peur que cet
accident leur avoir causé,Dom
Antoine Colonna congedia
auflitôt le Cocher,&le Marquis
Acciviola alla chcz lcDuc
pour lui faire Jà-dc:ssus des excufes
de la part de Dom Antoine
Colonna, dont il est demeure
(atisfait.
Mardy matin le Marquis
Magnany
3
Ambassadeur de
Bologi¡CJ fût pour la premierc
fois à rAudlancc du Pape,cc
fut le ComteAluobrandy son
predecelfeurquile pretenta.
Dimancheau foir cinquième
ducourant, un Exprés apporta
la nomination que fait la
Villede Milan, pour l'Auditoriat
de Rotedecette Nation
vacant par la promotion du
Cardinal Scotty. Les fujecs
proposez font Meilleurs Corio
j
Stampa, & Vifconry. Le
premier ayant eû plus devoix
aefté déclaré par Sa Sainteté,
& l'empioy de Rotante di
Segretaria qu'il retenoit, a eslé
donné à l'Avocat Mcfmcr
Grifon.
LePJpe anomme encore
à d'autres Charges. L'i\bbé
Qgntilonyaesté fait fécond
Collaieial du Capitole
, ce
poftevacquoit par lamort de
l'AvocatLcvidy. L'Abbé Codcbo,
Rc£heurdçCar pentras,
aura, dit-on ,rEvêché de Cita
dJyCaftc!lo,& l'AbbéGafpariny,
Auditeur de la Legation
d'Avignon, fera Rcrâ: ur en (a
plaçe
,
auquel cas l'Avocat
Calcagniny Ferrarois, lui luccederoità
TAuditorat.
On tient des fréquentes
Congregations pour pourvoir
à la seureté & à la"d,.ffi:nfe des
codes de l'Eut Eccieh(tique;
on examine les moyens propofez
pourtrouver les fonds nccefljires
pour la fublîftance des
Vatdeauxqu'on doit donner
àlaRépublique de Vcoire)on
a déjà résoludiriger un mont
qui fera intituléCh.araccallc,
& les revenus de la grosse Abbaye
de ce nom vacante par la
mort de l'EIréteur de Treves
1 serviront à en payer les interefts.
On parle aussi d'augmenter
le sel d'un quatrin par livre.
Pour implorer la protection
divinedans les conjonctures
presentes le Pape a résolu
de
de faire une nouvelle Proceffion
le jour de la feste de la
Chaire de S. Pierre qui fera le
18. du courant.
Le jour de l'Epiphanie le
Pape affilia à la Chpelle
,
il
v
est toujours en parfaite famé.
Le foir du même jour le
Cardinal Ottobony fie tenir
rAcadcmie des Arcades dans
son appirremcnt,ensuite il y
eût concert) & un très- beau
souperjil y avoit environ cent
per Tonnes à table jentr'autres
TAmbaffcideur de l'Empereur,
& 14 Dames tant Princesses
que Duchesses : cette feste fût
tres - magn.fique & le repas
très fplcndide. ;
Les Ambailadeurs des Couronnes
témoignent faire peu
de cas de ce qui leur a este fignifié
au fujec de l'abolition
des Franclufcs qu'ils voudroient
rétablirais refufenc de
congédier leurs braves, cela irrite
toujours davantage leP-apc
qui a fait bannir fous peine de
la vie des gens de 1 AmbaITadeur
de I-Empereur, qui donnerent
des coups de bacons à
des Sbirres
,
il y a quelques
semaines..
*
Le Cardinal 0 lefcalqui est
sur son départ, il a eu du Pape
son Audiance de congé
,
&:
tout son domeftïqiieWaifa der-
-
Snierement la pantoufle de Sa
,dc Sainteté.
LeCardinalCarraccioly,
Provicaire, a fait present au
Pape,de diverseschoses dé
prix , entre autres d'un Reliqii
lire garny de diamants
,
&
d'autres pierres precieuses ;ce
preCentefteftimé yooo. écus.
Le Cardinal Nuzzy a aussi
envoyé au Pape un Tableau
deSalvator Rosa, d'une grandeur
extraordinaire.
Dernièrement le carresse
^de Dom Antoine Colonne
tenvetfalur laPlace du Jefus,J
celui du Duc Cetarini: il y
avait dedans le iiîs & la fiiîe
dece Duc,ils furent transpor-
- tcz au Pdlais Altiery
, pour se
remettre de la peur que cet
accident leur avoir causé,Dom
Antoine Colonna congedia
auflitôt le Cocher,&le Marquis
Acciviola alla chcz lcDuc
pour lui faire Jà-dc:ssus des excufes
de la part de Dom Antoine
Colonna, dont il est demeure
(atisfait.
Mardy matin le Marquis
Magnany
3
Ambassadeur de
Bologi¡CJ fût pour la premierc
fois à rAudlancc du Pape,cc
fut le ComteAluobrandy son
predecelfeurquile pretenta.
Dimancheau foir cinquième
ducourant, un Exprés apporta
la nomination que fait la
Villede Milan, pour l'Auditoriat
de Rotedecette Nation
vacant par la promotion du
Cardinal Scotty. Les fujecs
proposez font Meilleurs Corio
j
Stampa, & Vifconry. Le
premier ayant eû plus devoix
aefté déclaré par Sa Sainteté,
& l'empioy de Rotante di
Segretaria qu'il retenoit, a eslé
donné à l'Avocat Mcfmcr
Grifon.
LePJpe anomme encore
à d'autres Charges. L'i\bbé
Qgntilonyaesté fait fécond
Collaieial du Capitole
, ce
poftevacquoit par lamort de
l'AvocatLcvidy. L'Abbé Codcbo,
Rc£heurdçCar pentras,
aura, dit-on ,rEvêché de Cita
dJyCaftc!lo,& l'AbbéGafpariny,
Auditeur de la Legation
d'Avignon, fera Rcrâ: ur en (a
plaçe
,
auquel cas l'Avocat
Calcagniny Ferrarois, lui luccederoità
TAuditorat.
On tient des fréquentes
Congregations pour pourvoir
à la seureté & à la"d,.ffi:nfe des
codes de l'Eut Eccieh(tique;
on examine les moyens propofez
pourtrouver les fonds nccefljires
pour la fublîftance des
Vatdeauxqu'on doit donner
àlaRépublique de Vcoire)on
a déjà résoludiriger un mont
qui fera intituléCh.araccallc,
& les revenus de la grosse Abbaye
de ce nom vacante par la
mort de l'EIréteur de Treves
1 serviront à en payer les interefts.
On parle aussi d'augmenter
le sel d'un quatrin par livre.
Pour implorer la protection
divinedans les conjonctures
presentes le Pape a résolu
de
de faire une nouvelle Proceffion
le jour de la feste de la
Chaire de S. Pierre qui fera le
18. du courant.
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1034
p. 41-46
A Venise le 11. Janvier 1716.
Début :
Dimanche l'on fit ici l'Election d'un Capitaine General, [...]
Mots clefs :
Général, République
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Venise le 11. Janvier 1716.
A Vewfcle11. Janvier 1ji6.
Dimanche l'on fit ici l'Election
d'un Capitaine General
,
en la place de M. Grimani pour
succeder à M. Delphin. On en
avoit proposé 18. la veille dans
le Pregady
.)
dont la plufparc
n'ont jamais vu une épée nuë.II
en resta quatre qui furent balotez
Dimanche dans le grand'
Conseil, & le fort tomba sur
M. le Chevalier Morosini
neveu du Doyen & du General
de cenom ,
qui fit dans la derniere
guerre la conquêcedela
Morée. Tout son mérite ne
confillc que d'avoir dans sa
jeunede accompagné pendant
- quatre ans son oncle en qualité
de son Ayde de Camp,il connoift
lui-même son peu de
capacité pour la guerre & il a
demandé par un Mémoire la
permission de ne point accepter
cet employ. Cette demande
cft premièrement portée
au Conseil des neufenfuite
en plein Collegc, & enfin
dans le Pregadt, Elle passa
avant hier dans le Pregadi.
M. Delpbin reliera dans
cette Chargejmaisil fcmblc
que ce foit le piquer un peu
trop vivement
)
& que c'est
donner des dégoufts trop amercs
à un homme qui est niait
tre du fort de laRépubliquc.
Les nouveaux Palfcports
pour lesAmbaflTadeursExtraordinaires
qui doivent aller en
France ne font pas encore
délivrez.
M. le Chevalier MorofimV
qui est parti pour Florence5
Rome&les autres Cours dItalie
, pourra rencontrer de
grandes diflicultcz dans le
succés des commissions dont
il est chargé.
L'on preflfe les Arts & Metiers
decette Ville de fournir
les hommes qui leur ont esté
demandez pour lesChIourmes
& l'on lève aussi avec beaucoup
plus de rigueur les différentesimpositions
quiont esté
établies sur les sujets de la
Republique. Cependant les
préparatifs pour la campagne
prochaine vont fort lentement.
Lcsobitaclcs que l'ontrouveà
lalevée des croupes étrangères
, ont fait prendre la
résolution d'employer des
Milices du Ptpe. On en doit
choisir dix mille pour les envoyer
àCorfou & dansla Dai.
nlatie. On apprend dans cette
Province que M. le General
Emo devoit se rendre à Norencoiie,
pour ypaffer le rcite
delhyver
,
&donner ses
c r.
dres dececôté-là.
M le General SchuIcmbourg,
doit dans peu recevoir
l'ordre de se rendre par
Otrante à Corfou, pour vifiter
cette Place,& paffer de-là
en Dahruue
, pour en faire
autant. -- On dit qu'en cas qud'Em.
pereur fc détermine àconclure
avec la République une
Ligue contre les Turcs, ce
Prince veut avant de la signer,
s'informer de M. Schulcmbourg
rneme ,du vérita ble
état des.forcesdelàRépublique,&
de diversion qu'elle
pourra faire de son tôfé.C'cft
ce que l'on veut éviter ici,parce
qu'il ne pouiroit pas faire un
détail bien avantageux.
Dimanche l'on fit ici l'Election
d'un Capitaine General
,
en la place de M. Grimani pour
succeder à M. Delphin. On en
avoit proposé 18. la veille dans
le Pregady
.)
dont la plufparc
n'ont jamais vu une épée nuë.II
en resta quatre qui furent balotez
Dimanche dans le grand'
Conseil, & le fort tomba sur
M. le Chevalier Morosini
neveu du Doyen & du General
de cenom ,
qui fit dans la derniere
guerre la conquêcedela
Morée. Tout son mérite ne
confillc que d'avoir dans sa
jeunede accompagné pendant
- quatre ans son oncle en qualité
de son Ayde de Camp,il connoift
lui-même son peu de
capacité pour la guerre & il a
demandé par un Mémoire la
permission de ne point accepter
cet employ. Cette demande
cft premièrement portée
au Conseil des neufenfuite
en plein Collegc, & enfin
dans le Pregadt, Elle passa
avant hier dans le Pregadi.
M. Delpbin reliera dans
cette Chargejmaisil fcmblc
que ce foit le piquer un peu
trop vivement
)
& que c'est
donner des dégoufts trop amercs
à un homme qui est niait
tre du fort de laRépubliquc.
Les nouveaux Palfcports
pour lesAmbaflTadeursExtraordinaires
qui doivent aller en
France ne font pas encore
délivrez.
M. le Chevalier MorofimV
qui est parti pour Florence5
Rome&les autres Cours dItalie
, pourra rencontrer de
grandes diflicultcz dans le
succés des commissions dont
il est chargé.
L'on preflfe les Arts & Metiers
decette Ville de fournir
les hommes qui leur ont esté
demandez pour lesChIourmes
& l'on lève aussi avec beaucoup
plus de rigueur les différentesimpositions
quiont esté
établies sur les sujets de la
Republique. Cependant les
préparatifs pour la campagne
prochaine vont fort lentement.
Lcsobitaclcs que l'ontrouveà
lalevée des croupes étrangères
, ont fait prendre la
résolution d'employer des
Milices du Ptpe. On en doit
choisir dix mille pour les envoyer
àCorfou & dansla Dai.
nlatie. On apprend dans cette
Province que M. le General
Emo devoit se rendre à Norencoiie,
pour ypaffer le rcite
delhyver
,
&donner ses
c r.
dres dececôté-là.
M le General SchuIcmbourg,
doit dans peu recevoir
l'ordre de se rendre par
Otrante à Corfou, pour vifiter
cette Place,& paffer de-là
en Dahruue
, pour en faire
autant. -- On dit qu'en cas qud'Em.
pereur fc détermine àconclure
avec la République une
Ligue contre les Turcs, ce
Prince veut avant de la signer,
s'informer de M. Schulcmbourg
rneme ,du vérita ble
état des.forcesdelàRépublique,&
de diversion qu'elle
pourra faire de son tôfé.C'cft
ce que l'on veut éviter ici,parce
qu'il ne pouiroit pas faire un
détail bien avantageux.
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1035
p. 47-52
A Venise le 21. Decembre 1715.
Début :
M. le Chevalier Morosini qui a esté Ambassadeur à Rome [...]
Mots clefs :
République, Chevalier, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Venise le 21. Decembre 1715.
jiVeniJïleil.Décembre i71j.
M. le Chevalier Morosini
quiaesté Ambassadeur à Rome
, a rfté choisi par le Senat
pour passer à cette Cour,&
dans toutes les autres d Italie,
avec ordre de tâcher de les
porrer à envoyer des secours
à la République contre les entreprifes
des Turcs dans la
Campagne prochaine, & de
leur representer combien ilc-ftde
leursinteiets de concourir
à la défense de Corfou, & des
coRes de Dalnaacie,parce que
si ces Meflkuts ci avoient te
malheur de les perdre) l'Italie
rcftrroit entièrement cxpofée
aux courses des Infidèles. M.
le Chevalier Morosini n'ira cc
pendant point à Turin
, tant
àGaule que la République n'a
point encore reconnu le Duc
de Savoye en qualité de Roy
de Sicile, que par la crainte
de déplaire à la Cour de
Vienne.
M. Grimani qui avoir cfte*
c'lû Capitaine General des Forces
de)., République en la placc
de M Delphin, dont on paroiffoit
si fort mécontent,cft
tombé
tombe depuis peu malade dune
maladie fausse ou veritable,
& ce dernier continuëra à
avoir le commandement la
campagne prochaine. M. Grimani
est allé à Padouë pour Ce
faire guérir de cette prétendue
maladie.
L'on dit que M. le Comte
Schulembourg partira dans le
mois deFévrier pour aller faire
la visîte de Corfou,de Catraro,
ôldc Cartclriuovo, & par:
fera ensuite dans la Dalmatie
ou il reliera.I! ya lieu de croire
que ce General reliera peu de
temps au fervice de ces Mcffleursci,
qui ne paroillcnr pas
contents de la manière hautaine
avec laquelle il parle du
defordrequil a trouvé ici dans
lesaffaires de la Guerre. I ne
l'eit gueres luy même de voir
que les moyens manquent
pour la commuer avec (fperaoce
de luccés. Il alla J.udi
au College, &prêta ferment
de fidélité cntre les mains du
Doge. Il avoir presente une
Caution pour recevoir 10.mil
ducats à compte de ce qu'on
doit lui fournir pour l'achat
des 6000 hommes da Roy
Augulte. Cette caution n'a
pas esté agrée, & on luy a fait
entendre d'en presenter une
autre, ou qu autrement on ne
pourroit pas luy délivrer cet
argent.
Le Ptince Electoral de Biviere
n'est point encore arrivé
sur la fromiere, parcc qu'il sest
jlfreftéquelques jours à laCour
4c l'Archevêque de Sa!rzbourg
,& à ln(pruck auprès
du Prince Palatin.
1.
L'onetticy dans l'intention
de rendre laCapitation perpetuelle
, en la modérant cependant
,afin de former un fond
folidc & certain pour païer les
interests d'un emprunt conJlderable
que l'on a dessein de
faire pour les bcfoins de la
Guerre.
M. le Chevalier Morosini
quiaesté Ambassadeur à Rome
, a rfté choisi par le Senat
pour passer à cette Cour,&
dans toutes les autres d Italie,
avec ordre de tâcher de les
porrer à envoyer des secours
à la République contre les entreprifes
des Turcs dans la
Campagne prochaine, & de
leur representer combien ilc-ftde
leursinteiets de concourir
à la défense de Corfou, & des
coRes de Dalnaacie,parce que
si ces Meflkuts ci avoient te
malheur de les perdre) l'Italie
rcftrroit entièrement cxpofée
aux courses des Infidèles. M.
le Chevalier Morosini n'ira cc
pendant point à Turin
, tant
àGaule que la République n'a
point encore reconnu le Duc
de Savoye en qualité de Roy
de Sicile, que par la crainte
de déplaire à la Cour de
Vienne.
M. Grimani qui avoir cfte*
c'lû Capitaine General des Forces
de)., République en la placc
de M Delphin, dont on paroiffoit
si fort mécontent,cft
tombé
tombe depuis peu malade dune
maladie fausse ou veritable,
& ce dernier continuëra à
avoir le commandement la
campagne prochaine. M. Grimani
est allé à Padouë pour Ce
faire guérir de cette prétendue
maladie.
L'on dit que M. le Comte
Schulembourg partira dans le
mois deFévrier pour aller faire
la visîte de Corfou,de Catraro,
ôldc Cartclriuovo, & par:
fera ensuite dans la Dalmatie
ou il reliera.I! ya lieu de croire
que ce General reliera peu de
temps au fervice de ces Mcffleursci,
qui ne paroillcnr pas
contents de la manière hautaine
avec laquelle il parle du
defordrequil a trouvé ici dans
lesaffaires de la Guerre. I ne
l'eit gueres luy même de voir
que les moyens manquent
pour la commuer avec (fperaoce
de luccés. Il alla J.udi
au College, &prêta ferment
de fidélité cntre les mains du
Doge. Il avoir presente une
Caution pour recevoir 10.mil
ducats à compte de ce qu'on
doit lui fournir pour l'achat
des 6000 hommes da Roy
Augulte. Cette caution n'a
pas esté agrée, & on luy a fait
entendre d'en presenter une
autre, ou qu autrement on ne
pourroit pas luy délivrer cet
argent.
Le Ptince Electoral de Biviere
n'est point encore arrivé
sur la fromiere, parcc qu'il sest
jlfreftéquelques jours à laCour
4c l'Archevêque de Sa!rzbourg
,& à ln(pruck auprès
du Prince Palatin.
1.
L'onetticy dans l'intention
de rendre laCapitation perpetuelle
, en la modérant cependant
,afin de former un fond
folidc & certain pour païer les
interests d'un emprunt conJlderable
que l'on a dessein de
faire pour les bcfoins de la
Guerre.
Fermer
1036
p. 52-57
De Venise le 28. Decembre 1715.
Début :
On croyoit qu'un Courrier qui est arrivé de Vienne cette [...]
Mots clefs :
Turcs, Guerre, Courrier
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texteReconnaissance textuelle : De Venise le 28. Decembre 1715.
DcVmife le t-8.Dicembre 1715.
On croyoit qu'un Courrier
qui est arrivé de Vienne cette
semaine apporteroir la dernicre
resolution de l'Empereur
que ces Meilleurs ci lui
ont fait demander sur unerupture
avec les Turcs, donc
cependant il paroît que l'on
ne se flatte plus ici. Mais ce
Courrier a apportéfeulement
l'avis que ce Prince tiendroïc
un Conseil dans le mois de Février
,dans lequel on dclibereroit
sur cette affaire.
M. le Chevalier Morosini
dévoie partir cette semaine
pour passer à Rome,& dans
lesautres Çours d'Italie, oùil
doit demander de la part de la
République des secours contre
les Turcs.
M. Vituri
,
Capitaine du
Golfe,arencontrée pris prés
de Ragufc uneBarque desDulcigrçotes.
M Lando avoit presenté
un Mémoire pour demander
d'cftrçexcalé daccepterrAm.
baflade ordinaire de France;le
Scnat n'a point approuvé sa
demande:cependant elledoit
y cftreportée encore deux
fois, & si on continue à la rigueur,
ou il faudra qu'il ffie
cette Arubitfjde, ou qu'il encoure
les peines portées contre
ceux qui refusent de pareils
emplois.
Pour faire de l'argent donc
on a ici un besoin extrême
pour les dépenses extraordinaires
de la Guerre
, un S,)ge
avoit proposé de vendre plusieurs
Dignitez de Procura-
D
teur de S. Marc; mais le Senat
a rejette cette proposicion,
par la rai son que toutes les familles
riches achèteront ces
Dignitez, & qu'il ne se trouveroit
plus pcr (onne qui pûc
remplir les Ambassades: on
parle d'envoïer à la Guerre le
vieux Procurateur Soranzo
,
tant pour servir de conseil à
M. le General Delphin ,que
pour voir s'il feroit possible de
nouer quelque negotiation
avec les Turcs
,
de qui il csi
fort cittme, à caule qu'il s'opposaàla
déclaration dcGuerre
contre eux en 1684.
? Le Traité de laBarnereest
rompu, l'Empereur refuse de
le ratifier, &a rappelle à Vienne
le Comte de Konigfec.
Quoyque toutes les Gazet.
tes portent que le Comte de
Marr a esté batru en Ecosse
par le Duc d'Argile, les Lcttres
particulières d'Angleterre
portent cependant que le premier
a eu au contraire un trèsgrand
avantage ,
& que le dernier
a este obligé de se retirer
avec le reste de sa petite Armée
à EJimbourg
,
& qu'il deni
nJe des secours prompts- si
l'on veut éviter que les Mecon
tents ne fassent de plus grands
progrez. Le Chevalier de S.
Georges estoit debarqué le 5e.
cn Ecosse.
LaRepublique, par l'entremife
du Pape, a prié le Roy
de Portugal de lui accordée
une Escadre contre les Turcs.
On croyoit qu'un Courrier
qui est arrivé de Vienne cette
semaine apporteroir la dernicre
resolution de l'Empereur
que ces Meilleurs ci lui
ont fait demander sur unerupture
avec les Turcs, donc
cependant il paroît que l'on
ne se flatte plus ici. Mais ce
Courrier a apportéfeulement
l'avis que ce Prince tiendroïc
un Conseil dans le mois de Février
,dans lequel on dclibereroit
sur cette affaire.
M. le Chevalier Morosini
dévoie partir cette semaine
pour passer à Rome,& dans
lesautres Çours d'Italie, oùil
doit demander de la part de la
République des secours contre
les Turcs.
M. Vituri
,
Capitaine du
Golfe,arencontrée pris prés
de Ragufc uneBarque desDulcigrçotes.
M Lando avoit presenté
un Mémoire pour demander
d'cftrçexcalé daccepterrAm.
baflade ordinaire de France;le
Scnat n'a point approuvé sa
demande:cependant elledoit
y cftreportée encore deux
fois, & si on continue à la rigueur,
ou il faudra qu'il ffie
cette Arubitfjde, ou qu'il encoure
les peines portées contre
ceux qui refusent de pareils
emplois.
Pour faire de l'argent donc
on a ici un besoin extrême
pour les dépenses extraordinaires
de la Guerre
, un S,)ge
avoit proposé de vendre plusieurs
Dignitez de Procura-
D
teur de S. Marc; mais le Senat
a rejette cette proposicion,
par la rai son que toutes les familles
riches achèteront ces
Dignitez, & qu'il ne se trouveroit
plus pcr (onne qui pûc
remplir les Ambassades: on
parle d'envoïer à la Guerre le
vieux Procurateur Soranzo
,
tant pour servir de conseil à
M. le General Delphin ,que
pour voir s'il feroit possible de
nouer quelque negotiation
avec les Turcs
,
de qui il csi
fort cittme, à caule qu'il s'opposaàla
déclaration dcGuerre
contre eux en 1684.
? Le Traité de laBarnereest
rompu, l'Empereur refuse de
le ratifier, &a rappelle à Vienne
le Comte de Konigfec.
Quoyque toutes les Gazet.
tes portent que le Comte de
Marr a esté batru en Ecosse
par le Duc d'Argile, les Lcttres
particulières d'Angleterre
portent cependant que le premier
a eu au contraire un trèsgrand
avantage ,
& que le dernier
a este obligé de se retirer
avec le reste de sa petite Armée
à EJimbourg
,
& qu'il deni
nJe des secours prompts- si
l'on veut éviter que les Mecon
tents ne fassent de plus grands
progrez. Le Chevalier de S.
Georges estoit debarqué le 5e.
cn Ecosse.
LaRepublique, par l'entremife
du Pape, a prié le Roy
de Portugal de lui accordée
une Escadre contre les Turcs.
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1037
p. 57-61
A Livourne le 24. Janvier 1716.
Début :
Il vient d'arriver ici un Vaisseau Hollandois venant de [...]
Mots clefs :
Seigneur, Vaisseau, Vizir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Livourne le 24. Janvier 1716.
ALivournc lc24JanvierljlG.
1I vient d'arriver ici un VaiC.
seau Hollandois venant de
Smyme, donril est parti le1j.
duparte,parlequelonareceu
des Lettres qui portent que le
Grand Seigneur & son Armée
estoient arrivez Ir 19 Novembre
fous les murs deConlLntmoplc,
où ellepufLra1 hyver
fous les icmcsjcnun heu appelle
Azmedam, ainsi quil se
pratiqueen tems de Guerre;
le Grand Seigneur lui même ole passera dans un petit Serrait
qu'il a fait bânr prés de Conftanunople
,
& n'entrera pas
dans la Ville, non plus que le
Visir. Les Grands Seigneurs
ne font point lujets à dite déposez
tant qu'ils (ont hors de
leur Ca pitale & de leur Palais
Impérial, restant à la garde de
leur Armérqui leuraeslé toujours
fidele
,
quand ellea furtout
estéaufli bien payée que
ce Grand Seigneur paye ses
Troupes. Il forcit d'Andrinopie,
& s'avança jufquJà deux
lieues de la VilU-pour y recevoir
le grand Visir, auquel il
a fit un accueil des plus favorab!
cs,en lui donnant deux aigrettes
de diamants, & six chevaux
harnachez, dont la valeurest
estimée 500 mil écus.
Il lui remit de plus (a fille, qu'il
lui avoit promis depuis longtems,
& qui nest point encore
nubile.
Toute l'application du
grandScigneur & duVifir font
à prefcnt à augmenter les Armées
de Mer & de Terre, ôc
de faire toutes lesdilpoficions
pour une tres-grandc campagne
, sans qu'il paroisse néanmoins
aucuneenviedattaquer
l'Empereur
)
à moins qu'il ne
le prévienne.
Le Vaisseau de 104. pieces
de canons qui elioit forci cette
année de Conflantinople ne
servira pluslaproch aine ,
s'eftant
ouvert au troifiémecoup
qu'il tira de sa bjttcne baffe,
où il y a huit picccs de canon
de 104, livrés debile;mais on
travaille à Cooftantinople &
dans les Portsde la Mcr Noire
à la confiruétlon de quantité
de Bânmencs ql/on prétend
faire (eivif lacampagne prochaine.
1I vient d'arriver ici un VaiC.
seau Hollandois venant de
Smyme, donril est parti le1j.
duparte,parlequelonareceu
des Lettres qui portent que le
Grand Seigneur & son Armée
estoient arrivez Ir 19 Novembre
fous les murs deConlLntmoplc,
où ellepufLra1 hyver
fous les icmcsjcnun heu appelle
Azmedam, ainsi quil se
pratiqueen tems de Guerre;
le Grand Seigneur lui même ole passera dans un petit Serrait
qu'il a fait bânr prés de Conftanunople
,
& n'entrera pas
dans la Ville, non plus que le
Visir. Les Grands Seigneurs
ne font point lujets à dite déposez
tant qu'ils (ont hors de
leur Ca pitale & de leur Palais
Impérial, restant à la garde de
leur Armérqui leuraeslé toujours
fidele
,
quand ellea furtout
estéaufli bien payée que
ce Grand Seigneur paye ses
Troupes. Il forcit d'Andrinopie,
& s'avança jufquJà deux
lieues de la VilU-pour y recevoir
le grand Visir, auquel il
a fit un accueil des plus favorab!
cs,en lui donnant deux aigrettes
de diamants, & six chevaux
harnachez, dont la valeurest
estimée 500 mil écus.
Il lui remit de plus (a fille, qu'il
lui avoit promis depuis longtems,
& qui nest point encore
nubile.
Toute l'application du
grandScigneur & duVifir font
à prefcnt à augmenter les Armées
de Mer & de Terre, ôc
de faire toutes lesdilpoficions
pour une tres-grandc campagne
, sans qu'il paroisse néanmoins
aucuneenviedattaquer
l'Empereur
)
à moins qu'il ne
le prévienne.
Le Vaisseau de 104. pieces
de canons qui elioit forci cette
année de Conflantinople ne
servira pluslaproch aine ,
s'eftant
ouvert au troifiémecoup
qu'il tira de sa bjttcne baffe,
où il y a huit picccs de canon
de 104, livrés debile;mais on
travaille à Cooftantinople &
dans les Portsde la Mcr Noire
à la confiruétlon de quantité
de Bânmencs ql/on prétend
faire (eivif lacampagne prochaine.
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1038
p. 61-79
Extrait Curieux & Historique des Nouvelles de Lisbonne.
Début :
Il y a dans les nouvelles qui viennent de Goa beaucoup de [...]
Mots clefs :
Roi, Ports, Roi de Portugal, Vaisseaux, Guerre, Port, Europe, Portugais, Indes orientales
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait Curieux & Historique des Nouvelles de Lisbonne.
Extrait Curieux&H'florique
des Nouvelles de Lisbonne.
Il y a dans lesnouvellesqui
tiennent de Goabeaucoup de
chofcs- qui nous font souvenir
des premieres actions des Portugais
lor[qu)ils se rendirent
maistre des Indes Orientales.
Le Roy de Canara qui estvoifin
deGoa, ayant manquéà
la foy des Traitez anciens, &
refusé de payer le tnbuc accoutumé
au Roy de Poitugal
J
le
Viceioy Vasco Fernandcs Ccfar
mit une Armée sur pied
qui s'empara des principales
de Ces Places, & ayant mis en
même rcmps une Flotte en
Met fie des Je fcentes danstous
fc* Porrsde Mer, & après les
avoir saccagé &. brûlé mit le
feu pu coula à foncU plus de
80.de (es Vaisseaux parmi lefquels
il y en avoir pluficurs de
guerre,&retira touteIArtillerie
tant des Places, que' des
Vaisseaux
, ce qui obligea le
Canara à demander la Pa.x par
un Ambaffudcur
, aux conditiens
qu on luy voudroir im-* -porer:Çcpcoddnt apiéskTraitéfiçrnéîlvouluc
encorernan-
,
quer a l'obleiver,mais le Viceroy
ayant invertide nouveauune
de fès'Placc:s,ll prit le
parti d'envoyerunnouvel Afnhafladeur
, pour demander
pardon d'avoir manqué dr pa.
role,& consentit à unTiailé
qui nous fut encore plus avantageux
que le premier. 'r
L'Angria quiestunfameux
Pirate de ces M.rs, qui les ioquietoit
depuis long temps , & quis'éfeoit formé unecfpecc
de Royauté., ayantentrepris
•quelque choielur nos Vaiffeaux
Marchands, le Viceroy
y envoya une Escadre qui
-
après avoir donné la chasle à
sesVaidéaux
,
les avoit obligé
de fc renfermer dans ses Ports
où ils avoicntété bloquezplusieurs
mois sans qu'il y enrrâc
ni en (ortie aucun Vaisseau,
& on cfperoit qu'on les iroic
attaquer même dans les Ports,
quoyque d'une entréealrez
-difficile, après l'arrivéed'un
renfort qui devoit partir de
Goa.
L'Arabe qui caIa.puissance
maritimelaplus .confidcrablc
'é-. -. dans
dans les Indes, a de tout temps
eula guerre avec nous. LeVu
ccroy sçachant que la principale
partie de leursVaiffcaux de
guerre étoienc à la rade de
Surrate) &ayant pris d'abord
laréfolucion de les aller brûler
dans le Port ireme ,
il changea.
d'avis par rapporta l'amitle
que nous avons toujours
confcrvéavec le Grand Magol
a qui appartient le Port, &hc
attendre l'Armée Navale qu'il
y envoya ,
hors de la rade)
jusqua ce que les Vaissèaux
fulîent fortis
,
après quoy les
ayantcannoné deux jours durant
,
il en coula deux des
-
principaux à fonJs,en rua p!us
de 1300. sans les blessez
,
&
sans lanuit qui leur permit de
s'échaper & de se sauver à
Mafcite,ils ne s'en feroient pas
tirez àsi bon marché.
Ces succésaugmentèrent
tellement la réputation denos
Armes, & de la bravoure de
nôtre Viceroy, que la pluspart
des Princesvoisins y cnvoyerent
desAmbassades. LeGrand
Mogol lui écrivit une Lettre
b
fort obligeante dans laquelle
après lui avoir témoigné l'amitIé
qu'il conservoit pour les
Portugais
,
il lui dit qu'il avoit
dtffendu à sa consideration
dorefnavanc aux VaiflTeaux
Arabes
,
l'entrée dans ses
Ports; ce qui (si d'autant plus
clhmable, qucc'cft le Prince le
rplAusllreic.hl-eie&&lleepplulussppuuiisfsfainntt de
Le Roy de la Cochinchine
y a envoyé le Pere Arnedo
(on Mandarin des Mathématiques,
enqualité de sonAmballadeur
auprès du Viceroy y
de qui il sur magnifiquement
rccü,& défrayé durant son
séjour £ Goa. Il offroit aux
Portugais, un libre commetce
dans les Ports, &la ptrmiffion
d'envoyer des Missionnaires
pour y prêcher l'Evangile. Il
venoit encore chargé de pre-
[cnrs pour le Roy de Portugal;
fnais s'étant embarqué pour
ce voyage,il mouruc en chemin.
Il n'estpas hors de propos de
dire ici quelque chofc de ce que
leRoi dePortug d poli: de dans
rAGe, l'Afrique&l'Alnerique
qui comprend cent fois plusde
Pui\ qu'il n'en porteJe cnEuro.
pe.Cefurent Ie^Portugais qui
découvrirent les premiers, le
pafluge du Capde Bonne Efpcrancc
, l'an 1498 (oue; le
règne du Roi Emmanuel. Ils
y firent des exploits si memorables
,
& des conquêtes si fur- ;
prenantesn'é,tantqu'u, ne poignée
d'hommes,contre tous
les Rois de l'Afie, qu'ils furpaf:
ferent de beaucoup tour ce qui
a esté dit des anciens. Les deux
Sieges de Dio
, ceux de Chaul
& de Goa, soutenus par 300.
Portuogais, contre trois cent
ZD milledes Ennemis munis de la
plus grolTeArtillerie qu'on aie
jamais vu portant plus de
deux cent livres de baie,la
durée des Sieges&la fureur
des affûtsioutcnus avec une
fermeté pus que naturelle
,
&
une infinité de conquêtes qui
les rendirent les nuilt* es d'une
étendue de plus demille lieues
de Côtes , & des Places les
plus importantes & pour les
Fortifications & pour le Commerce,
enfin tant de batailles
gagnées par Mer &par Terre,
mirent le non, Portugais à un
si h IlH point,qu'il cft difficile
de trouver dans toute l'hiftoirc
aucune çxcmple de l'importançe
&dela rapidité de leurs
ccnqueres.
Dans toutes les Costes de
TAfic on n'entend point d'autre
langue dansle commerce
que laportugalue, &tant les
Hollandois & autres- Nitions
d'Europe , que les naturels du
pïs, fontobligez de l'apptendre
pour pouvoir trafiquerr
dans leurs mêmes Ports, cette
langue étant devenuë commulne'Oporuiretonutte.
s lleessNN-o.mtitolonnssddee
* Dans l'Afrique le Roy de
Portugal possede les RoyaO"
mes dAngola de Congo, &
de Banguella) & plusieurs
Places Maritimes sur toute la
cofte du Ponant, sans compter
Mafagan qui elt dans le Roïaume
de Maroc:au delà du Cap
de Bonne Esperance il possede
Mozarobique,Sofala, &un
P.iïstrès- riche en or dansla
Riviere deSena.
Dans l'Amérique il poflfedc
cette vaste & belle érendue de
Pays qu'on nommr Bresis, plus
grand lui fcul qu'un des plus
grands Royaumes d'Europea
& très confiderabfe par les richefles
dont route l'Europe Ce
riflentvTes Sucres & ses Ta.
bacs en étant les délices; &
son or le soûtien par son con1,
rnercc"
i
Comme
Comme toute l'Europe est
attentive à ce qui se passe en
Ecosse,vousferez bien-aise
queje vous en sa(Te parr. M.
leChevalier de SGeorges après
avoir esté repoussé pluficurs
fois par la tempêce,s'elnbarqua
le i7.D:cembre 171 y. à Dunkerque,
sur un Vaisseau d'un
Mâichand d'eau-de-vieàaPres
avoir pasle en revue devant le
Gommifliire Anglois, ce Vaifseau,
avoic un Paffcporc de
M*"Stairsj il débarqua la nuit
du x.au Janviera Petcrhead
au Nord d Ecosse:ce VaiflTeau
ne parue pas plustost au Port
portant Bannière de France,
qu'une infinité d Ecossois y accoururent
pour s'informer des
nouvelles du Roy Jacques, s'il
arriveroit bientost; plusieurs
de fcs fujccs s'adresserent à
luymême; encreautre un
grand Montagnard quile conduifit
dans un cabaret où ils
mangèrent une épaule de mputon
; & le Montagnard beuc
& fit boire toute la compagnie
à la fante du Roy Jacques. Au
milieu du repas ayant examiné
leRoy,il seressouvintd'un de
ses Portraits qu'il avoir vu, &
qui lui rcflfcmbloic, il se leva
& se tint debout derrière la
chaise du Roy, sans qu'on pûc
plus le faire asseoir, quoy qu'-
on l'en preflâc : à la fin il en dit
la raison, en se jeetant à genoux
& baisant la main de
son Maistre. Le Roy alla erv*
fuite à Feteroffjoù il eut quelque
accès de fievre: & le 17.
à Dundee, où il fit son Entrée
pu blique, habillé en Montagnardy
c'est-à-dire avec un
manteau de velours & un bonet
de même, orné de pierreries
: il resta deux heures entieres
à cheval, donnant sa
main à baiser à tout lemonde;
il y en avoit un nombre prodigieux
qui étoir accouru de
toute t'Econe
, pour le voir,
& qui avoit fait des feux de
joye par tout aussi tost qu'on
eûtappris (on arrivée: de
Dundée il alla à Scoon, & de
Scoon à Penh
,
où il fie auffitost
Ton Entréepublique le
11. de Perth il retourna à
Scoon, qui est la Ville où l'on
a toûjours couronné les Rois
d'Ecoflfe,& où la pluspart des
Dames Ecofloifes luy ont envoyé
leurs pierreries pour or-
,ner sa Couronnejc'etf à Scoon
où il a cité couronné. Il a
donné plusieurs Declarations:
La première porte qu'on fera
des Prtcrespubtiqucs dans tous
fcs Royaumes, pour son heureuse
arrivée: La feconde que
tous Ces fujecs,depuis l'âge de
i6. ans jusqu'à 6o. en état de
porter les armes les prendront:
La troisiéme qu'il convoque
un Parlement libre à Perth
pour le 4. de Février, rompant
l'union qu'on en avoir
fait à celui d' Angleterre, & le
retablilLnt dans Ces anciens
Privilèges:La quatrième porte
qu'ild;ffnd, (ur peine de la
'vie, d'attentcr à la personne
dupucd Hanovre, quoyqu'il
luy aie usurpé la Couronne de
fesPvoyaumes,Déclaration qui
marque la magnanimiré de ce
Prince, le Par lement j'Angleterre
ayant mis satête à ccnt
cinquante mille livres sterlin.
Le Roy Georges a esté déjà
deux fois au Parlemenr, pour
demander du fccours, & pour
representer les besoins prcfsans,
difanc qu'il ne pouvoic
plus douter que le Prétendant
ne fut à la tcce des Re belles.
Le Roy J eques a fait le
Comte de Marr Chevalier de
la Jarretière, &le Vicomte de
Bullinbrok Comte.
des Nouvelles de Lisbonne.
Il y a dans lesnouvellesqui
tiennent de Goabeaucoup de
chofcs- qui nous font souvenir
des premieres actions des Portugais
lor[qu)ils se rendirent
maistre des Indes Orientales.
Le Roy de Canara qui estvoifin
deGoa, ayant manquéà
la foy des Traitez anciens, &
refusé de payer le tnbuc accoutumé
au Roy de Poitugal
J
le
Viceioy Vasco Fernandcs Ccfar
mit une Armée sur pied
qui s'empara des principales
de Ces Places, & ayant mis en
même rcmps une Flotte en
Met fie des Je fcentes danstous
fc* Porrsde Mer, & après les
avoir saccagé &. brûlé mit le
feu pu coula à foncU plus de
80.de (es Vaisseaux parmi lefquels
il y en avoir pluficurs de
guerre,&retira touteIArtillerie
tant des Places, que' des
Vaisseaux
, ce qui obligea le
Canara à demander la Pa.x par
un Ambaffudcur
, aux conditiens
qu on luy voudroir im-* -porer:Çcpcoddnt apiéskTraitéfiçrnéîlvouluc
encorernan-
,
quer a l'obleiver,mais le Viceroy
ayant invertide nouveauune
de fès'Placc:s,ll prit le
parti d'envoyerunnouvel Afnhafladeur
, pour demander
pardon d'avoir manqué dr pa.
role,& consentit à unTiailé
qui nous fut encore plus avantageux
que le premier. 'r
L'Angria quiestunfameux
Pirate de ces M.rs, qui les ioquietoit
depuis long temps , & quis'éfeoit formé unecfpecc
de Royauté., ayantentrepris
•quelque choielur nos Vaiffeaux
Marchands, le Viceroy
y envoya une Escadre qui
-
après avoir donné la chasle à
sesVaidéaux
,
les avoit obligé
de fc renfermer dans ses Ports
où ils avoicntété bloquezplusieurs
mois sans qu'il y enrrâc
ni en (ortie aucun Vaisseau,
& on cfperoit qu'on les iroic
attaquer même dans les Ports,
quoyque d'une entréealrez
-difficile, après l'arrivéed'un
renfort qui devoit partir de
Goa.
L'Arabe qui caIa.puissance
maritimelaplus .confidcrablc
'é-. -. dans
dans les Indes, a de tout temps
eula guerre avec nous. LeVu
ccroy sçachant que la principale
partie de leursVaiffcaux de
guerre étoienc à la rade de
Surrate) &ayant pris d'abord
laréfolucion de les aller brûler
dans le Port ireme ,
il changea.
d'avis par rapporta l'amitle
que nous avons toujours
confcrvéavec le Grand Magol
a qui appartient le Port, &hc
attendre l'Armée Navale qu'il
y envoya ,
hors de la rade)
jusqua ce que les Vaissèaux
fulîent fortis
,
après quoy les
ayantcannoné deux jours durant
,
il en coula deux des
-
principaux à fonJs,en rua p!us
de 1300. sans les blessez
,
&
sans lanuit qui leur permit de
s'échaper & de se sauver à
Mafcite,ils ne s'en feroient pas
tirez àsi bon marché.
Ces succésaugmentèrent
tellement la réputation denos
Armes, & de la bravoure de
nôtre Viceroy, que la pluspart
des Princesvoisins y cnvoyerent
desAmbassades. LeGrand
Mogol lui écrivit une Lettre
b
fort obligeante dans laquelle
après lui avoir témoigné l'amitIé
qu'il conservoit pour les
Portugais
,
il lui dit qu'il avoit
dtffendu à sa consideration
dorefnavanc aux VaiflTeaux
Arabes
,
l'entrée dans ses
Ports; ce qui (si d'autant plus
clhmable, qucc'cft le Prince le
rplAusllreic.hl-eie&&lleepplulussppuuiisfsfainntt de
Le Roy de la Cochinchine
y a envoyé le Pere Arnedo
(on Mandarin des Mathématiques,
enqualité de sonAmballadeur
auprès du Viceroy y
de qui il sur magnifiquement
rccü,& défrayé durant son
séjour £ Goa. Il offroit aux
Portugais, un libre commetce
dans les Ports, &la ptrmiffion
d'envoyer des Missionnaires
pour y prêcher l'Evangile. Il
venoit encore chargé de pre-
[cnrs pour le Roy de Portugal;
fnais s'étant embarqué pour
ce voyage,il mouruc en chemin.
Il n'estpas hors de propos de
dire ici quelque chofc de ce que
leRoi dePortug d poli: de dans
rAGe, l'Afrique&l'Alnerique
qui comprend cent fois plusde
Pui\ qu'il n'en porteJe cnEuro.
pe.Cefurent Ie^Portugais qui
découvrirent les premiers, le
pafluge du Capde Bonne Efpcrancc
, l'an 1498 (oue; le
règne du Roi Emmanuel. Ils
y firent des exploits si memorables
,
& des conquêtes si fur- ;
prenantesn'é,tantqu'u, ne poignée
d'hommes,contre tous
les Rois de l'Afie, qu'ils furpaf:
ferent de beaucoup tour ce qui
a esté dit des anciens. Les deux
Sieges de Dio
, ceux de Chaul
& de Goa, soutenus par 300.
Portuogais, contre trois cent
ZD milledes Ennemis munis de la
plus grolTeArtillerie qu'on aie
jamais vu portant plus de
deux cent livres de baie,la
durée des Sieges&la fureur
des affûtsioutcnus avec une
fermeté pus que naturelle
,
&
une infinité de conquêtes qui
les rendirent les nuilt* es d'une
étendue de plus demille lieues
de Côtes , & des Places les
plus importantes & pour les
Fortifications & pour le Commerce,
enfin tant de batailles
gagnées par Mer &par Terre,
mirent le non, Portugais à un
si h IlH point,qu'il cft difficile
de trouver dans toute l'hiftoirc
aucune çxcmple de l'importançe
&dela rapidité de leurs
ccnqueres.
Dans toutes les Costes de
TAfic on n'entend point d'autre
langue dansle commerce
que laportugalue, &tant les
Hollandois & autres- Nitions
d'Europe , que les naturels du
pïs, fontobligez de l'apptendre
pour pouvoir trafiquerr
dans leurs mêmes Ports, cette
langue étant devenuë commulne'Oporuiretonutte.
s lleessNN-o.mtitolonnssddee
* Dans l'Afrique le Roy de
Portugal possede les RoyaO"
mes dAngola de Congo, &
de Banguella) & plusieurs
Places Maritimes sur toute la
cofte du Ponant, sans compter
Mafagan qui elt dans le Roïaume
de Maroc:au delà du Cap
de Bonne Esperance il possede
Mozarobique,Sofala, &un
P.iïstrès- riche en or dansla
Riviere deSena.
Dans l'Amérique il poflfedc
cette vaste & belle érendue de
Pays qu'on nommr Bresis, plus
grand lui fcul qu'un des plus
grands Royaumes d'Europea
& très confiderabfe par les richefles
dont route l'Europe Ce
riflentvTes Sucres & ses Ta.
bacs en étant les délices; &
son or le soûtien par son con1,
rnercc"
i
Comme
Comme toute l'Europe est
attentive à ce qui se passe en
Ecosse,vousferez bien-aise
queje vous en sa(Te parr. M.
leChevalier de SGeorges après
avoir esté repoussé pluficurs
fois par la tempêce,s'elnbarqua
le i7.D:cembre 171 y. à Dunkerque,
sur un Vaisseau d'un
Mâichand d'eau-de-vieàaPres
avoir pasle en revue devant le
Gommifliire Anglois, ce Vaifseau,
avoic un Paffcporc de
M*"Stairsj il débarqua la nuit
du x.au Janviera Petcrhead
au Nord d Ecosse:ce VaiflTeau
ne parue pas plustost au Port
portant Bannière de France,
qu'une infinité d Ecossois y accoururent
pour s'informer des
nouvelles du Roy Jacques, s'il
arriveroit bientost; plusieurs
de fcs fujccs s'adresserent à
luymême; encreautre un
grand Montagnard quile conduifit
dans un cabaret où ils
mangèrent une épaule de mputon
; & le Montagnard beuc
& fit boire toute la compagnie
à la fante du Roy Jacques. Au
milieu du repas ayant examiné
leRoy,il seressouvintd'un de
ses Portraits qu'il avoir vu, &
qui lui rcflfcmbloic, il se leva
& se tint debout derrière la
chaise du Roy, sans qu'on pûc
plus le faire asseoir, quoy qu'-
on l'en preflâc : à la fin il en dit
la raison, en se jeetant à genoux
& baisant la main de
son Maistre. Le Roy alla erv*
fuite à Feteroffjoù il eut quelque
accès de fievre: & le 17.
à Dundee, où il fit son Entrée
pu blique, habillé en Montagnardy
c'est-à-dire avec un
manteau de velours & un bonet
de même, orné de pierreries
: il resta deux heures entieres
à cheval, donnant sa
main à baiser à tout lemonde;
il y en avoit un nombre prodigieux
qui étoir accouru de
toute t'Econe
, pour le voir,
& qui avoit fait des feux de
joye par tout aussi tost qu'on
eûtappris (on arrivée: de
Dundée il alla à Scoon, & de
Scoon à Penh
,
où il fie auffitost
Ton Entréepublique le
11. de Perth il retourna à
Scoon, qui est la Ville où l'on
a toûjours couronné les Rois
d'Ecoflfe,& où la pluspart des
Dames Ecofloifes luy ont envoyé
leurs pierreries pour or-
,ner sa Couronnejc'etf à Scoon
où il a cité couronné. Il a
donné plusieurs Declarations:
La première porte qu'on fera
des Prtcrespubtiqucs dans tous
fcs Royaumes, pour son heureuse
arrivée: La feconde que
tous Ces fujecs,depuis l'âge de
i6. ans jusqu'à 6o. en état de
porter les armes les prendront:
La troisiéme qu'il convoque
un Parlement libre à Perth
pour le 4. de Février, rompant
l'union qu'on en avoir
fait à celui d' Angleterre, & le
retablilLnt dans Ces anciens
Privilèges:La quatrième porte
qu'ild;ffnd, (ur peine de la
'vie, d'attentcr à la personne
dupucd Hanovre, quoyqu'il
luy aie usurpé la Couronne de
fesPvoyaumes,Déclaration qui
marque la magnanimiré de ce
Prince, le Par lement j'Angleterre
ayant mis satête à ccnt
cinquante mille livres sterlin.
Le Roy Georges a esté déjà
deux fois au Parlemenr, pour
demander du fccours, & pour
representer les besoins prcfsans,
difanc qu'il ne pouvoic
plus douter que le Prétendant
ne fut à la tcce des Re belles.
Le Roy J eques a fait le
Comte de Marr Chevalier de
la Jarretière, &le Vicomte de
Bullinbrok Comte.
Fermer
1039
p. 79
« En attendant que le temps nous amene une suite raisonnable [...] »
Début :
En attendant que le temps nous amene une suite raisonnable [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « En attendant que le temps nous amene une suite raisonnable [...] »
En attendant que le temps
nous amene une fuiteraifonnablc
de nouvelles des lieux
qui intereflent davantage la
curiosité des teneurs, passons
s'il vous plaît,à lafuite des
articles dece Livre
nous amene une fuiteraifonnablc
de nouvelles des lieux
qui intereflent davantage la
curiosité des teneurs, passons
s'il vous plaît,à lafuite des
articles dece Livre
Fermer
1040
p. 79-95
MORTS.
Début :
Dame Marie Guillaume de la Vieuville, veuve de Messire Pierre [...]
Mots clefs :
Roi, Seigneur, Chevalier, Chevalier, Famille, Commandement, Anglais, Maître des requêtes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Daine Marie Guillaume de
la Vieuville
, veuve deMcffirc
Pierre Pollars,Seigneur de
Villequoy, Conseiller au Parlement)
mourut le io. du mois
pafleâgée de 31.ans,lailfant
trois filles de Ton mariage. Elle
étoit foeur de Messire Alexandre
Guillaume de la Vieuville,
ci devant Secrétaire des Commandemens
de feue Madame
la Dau pliine,de Pierre Guillaume
de la Vieuville, Abbé
& de Dame Henriette Guillau.
me de la Vieuville
,
femme
de Médire Pierre Poulietier
,
Seigneur de Nlinvilie
,
Maiftre
des Requêtes.Elle étoit
sile de Mflire Joseph Guillaume
deL Vieuville, Marquis
de MiuKs, Mailire des Requêtes
ordinaire delHôteldu
Roy,& Secretaire des Commandemens
de feue Madame
laDuchesse de Bourgogne,&
de Marie Luilher, & petite fille
de Pierre Guillaume Seigneur
de la Vieuville, Tresorier de
France en Bretagne
,
forti
d'une famille noble de la Ville
de S. Miio, où elle efteonnue
depuis l'an 1400.
Louis Doger
,
Mirquis de
Cavoye, grand Muéchal des
Logis de la Misson du Roy,
mourut le troisiéme dtFévrier
de cette année; il étoit le dernier
d'une famille îllustre de
Picardie. Sa meic sortie de la
Mlifondc Strignan, Maison
dillinguéc dans leLanguedoc,
ZD D avoir ineriré pir son eiprit &
par savertu la confiance dela
Reine Anne d' Autriche. Son
pereaprèsavoir toujours servi
avec éclat, sur tuédans lemoment
qu'il touchoit aux plus
grands honneurs de la guerre.
Deux des frercs de M. de Cavoye,
ont eu le même fort que
leur pere.
: M de Cavoye commença
de se faire connoistre fous le
nom de Chevalier de Cavoye,
par une action tres brillante.
Ilétoitavec Mcfficurs les Chevaliers
de Lorraine & de Coaflin
& M. de Bu fca, sur le bord
de l'Amiral Ruyter, à la Bataille
Navale que les Hollandois
perdirent contre les Anglois
,
l'an 1666. au mois
d'Aoult. Ruyteraccablé par le
nombre faisoit cette belleretraite
qui luy acquit plus de
gloire qu'une victoire.UiiBrulot
Angjois qui venoit à luy
alloitinfailliblement le faire
perir. M de Cavoye proposa
le seul moyen de le lauver, 8c
pria l'Amiral Hollandois de
permettre aux quatre Seigneurs
François, d'aller dani
une chaloupe couperles cables
des chaloupes du brulot :il
obtintcette permissïonSepar
une démarche si intrepide contraignit
les Anglois de mettre
eux meries le feu à leur brulot.
Ilr'pussaau travers descnnemis&
revinr joindrel'Amiral
qu'ilavoit fauve.
L' Auteur de lavie de Ruyter
avoue que la confervarion
de la F.otte & peut êcrc de
l'Etat dépendoit de ce coup
périlleux. Les Etats Généraux
voulurent recom pcn fer d une
somme confi Jerable la bravouiedes
François ; mais les
quatre Seigneurs aufli libéraux
que vaillans firent difiribuer
cetargent à l'Equipage M. le
Maréchal de Turenne qui fc
connoifloit mieux qu'un autre
en grandes actions, fut si touchécelle
du Chevalier de Cav qu'il voulut leconnoiftre&
qu'illiaavec lui une
amitié ,.que rien dans la fuite
n'a pu affoiblir.
L'attachement de M. de
Cavoye, pour le Roy défunt,
a été infiniment plus fort
J
clevéau prés de cegrand Prince
désragedefept ans3il avoic
merk-é son anvitié la plus intime,
la fermcté, la droiture du
coeur de M. de Cavoye onc
été lesliaifons de cetteamitié*
LoUIS le Grand aimoit en
lui des qualitez qu'il pofledoic iîéminemment. M. de Cavoye
luiatoujours dittaveure sans
craindre de lui déplafre
, &
quoiqu'il ait cû pour ennemis
des perfonncs qui pouvoienc
beaucoup auprès du Roy;
quoi qu'on air mis tout en ufage
pour le perdre dans (on
cfprit
, on n'a jamais pû y
réüssir,onatravcrfé safortune
,il s'en foucioit peu; mais
on n'a pû lui ôtcr le coeur ni
l'eftimcdc son maiftrç, c'est
toutcequ'ilvouloit du Roy.
Il a fUIVl cc Prince dans toutes
ses CUmp^gnes, & (on iorrepidue
luiavoir mérité le nom de
brave Cavoye.- le Roi lui donna
la Chargede grand Maréchal
des Logis, en le mariant à
Loiïifedc Coëtlogon
,
fortic
d'uneancienneMufbn deBretagne,
fille&<oeurdes Lieutenants
deRoy de cettcProvince,
Fille d'Honneur de la Reine
Marie Therese d'Autriche. Sa
vertu l'avoit rendue favorite
de la fainte Reine, & roure
la France la regarde comme un
modeleaccompli de l'amour
conjugal ; il n'cft venu de ce
mariage qu'un fils mort après
sa naissance.
M. de Cavoye ne s'est jamais
fcrvi de son crédit que pour
faire du bien. La France est
pleine de personnes à qui ila
rendu service
,
son plus grand
plaisirétoit detirer dei'obscu.
rirélemériteinconnu,&il n'a
jamais manqué de prendre
hautement leparti de l'innocent
opprimécontrelesPuiffances
les plus redoutables ; il
fufËfoic d'estre malheureux
pour obtenir sa recommandation
tior\.& ceux qui ne pouvaient
trouver d'accèsjusquau'foône
en trouvoienc (eurement un
- par lui. Toute la Cour jùfqu'au
plus bas Officicr lui rend
ce témoignage : M. de Vaux,
Ecuyer du Roi
, rencontrant
un jour M. de Cavoye, dit à
des personnes à qui il vcnoit de
montrer les beautez de Ver-
(ailles : Voiry ce qtïilya de plus
rare à la Cour :.regardez un horllme
quin a jamais mentI &qui ne
s'efifervideson credit que pour
-' fairepUijjra tout lemonde. L'Eloge
étoic d'autant plus sincere
que M. de Cavoyc n'a jamais
eu d'oecafion de lervir M. de
Vaut.
On peut juger qu'on s'cmpressoit
d'être ami d'un homme
si officieux, mais il n'a jamais
accordé Con amitié qu'au
rncrite. Elle étoir pour ceux
qui l'obtenaient un titre de
probité.Laconfiance des deux
derniers Princes de Condé, du
feu Due de Bour bon,& du
feu Prince de Conti pour luy
aefte sans rererve.M.Colbert
ce arand Min'stre n'en a eû
c> pour per sonne autant que
pour M deCavoyejla fidélité
de MonGeur de Cavoye pour
M"de Seignelai son filsfcroit
feule son éloge.M. leMaréchal
de Noailles) M. le Maréchal
deBouflers ,ont été ses amis
particuliers
; mais hors M. de
Turenne il n'a point eu de
liaison plus étroite qu'avec M.
le Maréchal de Luxembourg;
c'est par son conseil
, que ce
grand homme prés d'être op.
primé par un ennemi puissant
& par une accusation adroitement
concertée, prit le dtiTein
d'aller lui-meme se rendre prifonnier
à la Bartille. On ne parlera
point ici de ses amis vi.
vans , on' peut dire que les
noms detout ce quily a
d'hoftnêtes gensen France fcroienc
dans ce catalogue &
qu'il enaformé plusieurs par
ses infiruébons & par ses cxemples
qui feront gloire
d'avoikrcequ'ils lui doivent.
Un de ses plus parfaits élèves a
estéRené Guy Edouard Comte
de Tournemine
, neveu de
Madame de Cavoye, Capitaine
Lieutenant des Gensdarmes
dela Reinea mort d'une
blessure aprèslabataille de
Malplaquet. On n'a oublié ni à la Cour, ni dans les Armées
la probité) la generofiré
, la
rcrmete, 6cu religionde cec
imitateur de M de Cavoye.
M. de Cavoye n'avoic
fait aucunes études ; mais il
avoit le goût excellent, en cela
(enlblableau Roy son Maître,
& il a toujours favorisé
les gens de lettres. M. Racine
lui étoit fort attaché, & M.
l'Abbé Genefl: reconnoît qu'il
contribua beaucoup à le
faire
connoître à laCour.
Une fin Chrêtienne a couronné
tant de vertus; depuis
vingt ans il faisoit professîon
d'une pieté solide & finccre,
xachetoit ses pechez par de
grandes aumônes. Unehydropille
de poitrine l'a emporté
après un an de maladie; il pa.
roifloir guéri quand la maladie
du Roy commença: la
douleur que lui a causé la mort
de ce Prince le fit rcromber,
& a rendu son mal incurable.
Il a envisagé la morten Heros
Chtctien, avec un grand mé.
pris pour la vie, un vif regret
de ne l'avoir pas mieux employée
, une confiance entiere
dans la mifcricorde du Sauveur
Les trois derniers jours
de sa vie ont été une prière
prefquc continuelle. Il a reçu
trois fois en quinze jours le
Corps de Nôtre Sclgneur,&
ille reçut encore ta nuit. même
de sa mort : il fit dire luy- même
& se fitexpliquer la recommandation
de l'amc. Sa femme
surmontant par la religion.
& par la vertu l'extrême «S}tc.
tion qui fait craindre pour sa
vie, aeû lecourage de l'exhorter
elle-même à la mort, il
avoit deux ans moins que le
Roy, cft mort âgé de soixante
& quinze ans accomplis du
mois de Septembre pasle.
Daine Marie Guillaume de
la Vieuville
, veuve deMcffirc
Pierre Pollars,Seigneur de
Villequoy, Conseiller au Parlement)
mourut le io. du mois
pafleâgée de 31.ans,lailfant
trois filles de Ton mariage. Elle
étoit foeur de Messire Alexandre
Guillaume de la Vieuville,
ci devant Secrétaire des Commandemens
de feue Madame
la Dau pliine,de Pierre Guillaume
de la Vieuville, Abbé
& de Dame Henriette Guillau.
me de la Vieuville
,
femme
de Médire Pierre Poulietier
,
Seigneur de Nlinvilie
,
Maiftre
des Requêtes.Elle étoit
sile de Mflire Joseph Guillaume
deL Vieuville, Marquis
de MiuKs, Mailire des Requêtes
ordinaire delHôteldu
Roy,& Secretaire des Commandemens
de feue Madame
laDuchesse de Bourgogne,&
de Marie Luilher, & petite fille
de Pierre Guillaume Seigneur
de la Vieuville, Tresorier de
France en Bretagne
,
forti
d'une famille noble de la Ville
de S. Miio, où elle efteonnue
depuis l'an 1400.
Louis Doger
,
Mirquis de
Cavoye, grand Muéchal des
Logis de la Misson du Roy,
mourut le troisiéme dtFévrier
de cette année; il étoit le dernier
d'une famille îllustre de
Picardie. Sa meic sortie de la
Mlifondc Strignan, Maison
dillinguéc dans leLanguedoc,
ZD D avoir ineriré pir son eiprit &
par savertu la confiance dela
Reine Anne d' Autriche. Son
pereaprèsavoir toujours servi
avec éclat, sur tuédans lemoment
qu'il touchoit aux plus
grands honneurs de la guerre.
Deux des frercs de M. de Cavoye,
ont eu le même fort que
leur pere.
: M de Cavoye commença
de se faire connoistre fous le
nom de Chevalier de Cavoye,
par une action tres brillante.
Ilétoitavec Mcfficurs les Chevaliers
de Lorraine & de Coaflin
& M. de Bu fca, sur le bord
de l'Amiral Ruyter, à la Bataille
Navale que les Hollandois
perdirent contre les Anglois
,
l'an 1666. au mois
d'Aoult. Ruyteraccablé par le
nombre faisoit cette belleretraite
qui luy acquit plus de
gloire qu'une victoire.UiiBrulot
Angjois qui venoit à luy
alloitinfailliblement le faire
perir. M de Cavoye proposa
le seul moyen de le lauver, 8c
pria l'Amiral Hollandois de
permettre aux quatre Seigneurs
François, d'aller dani
une chaloupe couperles cables
des chaloupes du brulot :il
obtintcette permissïonSepar
une démarche si intrepide contraignit
les Anglois de mettre
eux meries le feu à leur brulot.
Ilr'pussaau travers descnnemis&
revinr joindrel'Amiral
qu'ilavoit fauve.
L' Auteur de lavie de Ruyter
avoue que la confervarion
de la F.otte & peut êcrc de
l'Etat dépendoit de ce coup
périlleux. Les Etats Généraux
voulurent recom pcn fer d une
somme confi Jerable la bravouiedes
François ; mais les
quatre Seigneurs aufli libéraux
que vaillans firent difiribuer
cetargent à l'Equipage M. le
Maréchal de Turenne qui fc
connoifloit mieux qu'un autre
en grandes actions, fut si touchécelle
du Chevalier de Cav qu'il voulut leconnoiftre&
qu'illiaavec lui une
amitié ,.que rien dans la fuite
n'a pu affoiblir.
L'attachement de M. de
Cavoye, pour le Roy défunt,
a été infiniment plus fort
J
clevéau prés de cegrand Prince
désragedefept ans3il avoic
merk-é son anvitié la plus intime,
la fermcté, la droiture du
coeur de M. de Cavoye onc
été lesliaifons de cetteamitié*
LoUIS le Grand aimoit en
lui des qualitez qu'il pofledoic iîéminemment. M. de Cavoye
luiatoujours dittaveure sans
craindre de lui déplafre
, &
quoiqu'il ait cû pour ennemis
des perfonncs qui pouvoienc
beaucoup auprès du Roy;
quoi qu'on air mis tout en ufage
pour le perdre dans (on
cfprit
, on n'a jamais pû y
réüssir,onatravcrfé safortune
,il s'en foucioit peu; mais
on n'a pû lui ôtcr le coeur ni
l'eftimcdc son maiftrç, c'est
toutcequ'ilvouloit du Roy.
Il a fUIVl cc Prince dans toutes
ses CUmp^gnes, & (on iorrepidue
luiavoir mérité le nom de
brave Cavoye.- le Roi lui donna
la Chargede grand Maréchal
des Logis, en le mariant à
Loiïifedc Coëtlogon
,
fortic
d'uneancienneMufbn deBretagne,
fille&<oeurdes Lieutenants
deRoy de cettcProvince,
Fille d'Honneur de la Reine
Marie Therese d'Autriche. Sa
vertu l'avoit rendue favorite
de la fainte Reine, & roure
la France la regarde comme un
modeleaccompli de l'amour
conjugal ; il n'cft venu de ce
mariage qu'un fils mort après
sa naissance.
M. de Cavoye ne s'est jamais
fcrvi de son crédit que pour
faire du bien. La France est
pleine de personnes à qui ila
rendu service
,
son plus grand
plaisirétoit detirer dei'obscu.
rirélemériteinconnu,&il n'a
jamais manqué de prendre
hautement leparti de l'innocent
opprimécontrelesPuiffances
les plus redoutables ; il
fufËfoic d'estre malheureux
pour obtenir sa recommandation
tior\.& ceux qui ne pouvaient
trouver d'accèsjusquau'foône
en trouvoienc (eurement un
- par lui. Toute la Cour jùfqu'au
plus bas Officicr lui rend
ce témoignage : M. de Vaux,
Ecuyer du Roi
, rencontrant
un jour M. de Cavoye, dit à
des personnes à qui il vcnoit de
montrer les beautez de Ver-
(ailles : Voiry ce qtïilya de plus
rare à la Cour :.regardez un horllme
quin a jamais mentI &qui ne
s'efifervideson credit que pour
-' fairepUijjra tout lemonde. L'Eloge
étoic d'autant plus sincere
que M. de Cavoyc n'a jamais
eu d'oecafion de lervir M. de
Vaut.
On peut juger qu'on s'cmpressoit
d'être ami d'un homme
si officieux, mais il n'a jamais
accordé Con amitié qu'au
rncrite. Elle étoir pour ceux
qui l'obtenaient un titre de
probité.Laconfiance des deux
derniers Princes de Condé, du
feu Due de Bour bon,& du
feu Prince de Conti pour luy
aefte sans rererve.M.Colbert
ce arand Min'stre n'en a eû
c> pour per sonne autant que
pour M deCavoyejla fidélité
de MonGeur de Cavoye pour
M"de Seignelai son filsfcroit
feule son éloge.M. leMaréchal
de Noailles) M. le Maréchal
deBouflers ,ont été ses amis
particuliers
; mais hors M. de
Turenne il n'a point eu de
liaison plus étroite qu'avec M.
le Maréchal de Luxembourg;
c'est par son conseil
, que ce
grand homme prés d'être op.
primé par un ennemi puissant
& par une accusation adroitement
concertée, prit le dtiTein
d'aller lui-meme se rendre prifonnier
à la Bartille. On ne parlera
point ici de ses amis vi.
vans , on' peut dire que les
noms detout ce quily a
d'hoftnêtes gensen France fcroienc
dans ce catalogue &
qu'il enaformé plusieurs par
ses infiruébons & par ses cxemples
qui feront gloire
d'avoikrcequ'ils lui doivent.
Un de ses plus parfaits élèves a
estéRené Guy Edouard Comte
de Tournemine
, neveu de
Madame de Cavoye, Capitaine
Lieutenant des Gensdarmes
dela Reinea mort d'une
blessure aprèslabataille de
Malplaquet. On n'a oublié ni à la Cour, ni dans les Armées
la probité) la generofiré
, la
rcrmete, 6cu religionde cec
imitateur de M de Cavoye.
M. de Cavoye n'avoic
fait aucunes études ; mais il
avoit le goût excellent, en cela
(enlblableau Roy son Maître,
& il a toujours favorisé
les gens de lettres. M. Racine
lui étoit fort attaché, & M.
l'Abbé Genefl: reconnoît qu'il
contribua beaucoup à le
faire
connoître à laCour.
Une fin Chrêtienne a couronné
tant de vertus; depuis
vingt ans il faisoit professîon
d'une pieté solide & finccre,
xachetoit ses pechez par de
grandes aumônes. Unehydropille
de poitrine l'a emporté
après un an de maladie; il pa.
roifloir guéri quand la maladie
du Roy commença: la
douleur que lui a causé la mort
de ce Prince le fit rcromber,
& a rendu son mal incurable.
Il a envisagé la morten Heros
Chtctien, avec un grand mé.
pris pour la vie, un vif regret
de ne l'avoir pas mieux employée
, une confiance entiere
dans la mifcricorde du Sauveur
Les trois derniers jours
de sa vie ont été une prière
prefquc continuelle. Il a reçu
trois fois en quinze jours le
Corps de Nôtre Sclgneur,&
ille reçut encore ta nuit. même
de sa mort : il fit dire luy- même
& se fitexpliquer la recommandation
de l'amc. Sa femme
surmontant par la religion.
& par la vertu l'extrême «S}tc.
tion qui fait craindre pour sa
vie, aeû lecourage de l'exhorter
elle-même à la mort, il
avoit deux ans moins que le
Roy, cft mort âgé de soixante
& quinze ans accomplis du
mois de Septembre pasle.
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1041
p. 95-96
« Nous reprendrons cet article un autre endroit de ce Volume [...] »
Début :
Nous reprendrons cet article un autre endroit de ce Volume [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Nous reprendrons cet article un autre endroit de ce Volume [...] »
Nous reprendrons cet article
dans un autre endroit de
ce Volume ; en aitendanr
,
je
vous invice à lire la Relation
suivante que j'ay receuë d'Angers
,
ellein1a parudigne de
la cariofité & de l'attentionde
tout le monde.
dans un autre endroit de
ce Volume ; en aitendanr
,
je
vous invice à lire la Relation
suivante que j'ay receuë d'Angers
,
ellein1a parudigne de
la cariofité & de l'attentionde
tout le monde.
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1042
p. 96-148
RELATION de la Ceremonie faite dans l'Eglise de la Sainte Trinité d'Angers, pour la consecration de neuf Religieuses de l'Abbaye du Ronceray, le Dimanche 8. Decembre 1715.
Début :
L'Abbaïe du Ronceray, aliàs de Nôtre-Dame de la [...]
Mots clefs :
Abbaye, Choeur, Église, Vierges, Voeux, Autel, Cérémonie, Angers, Religieuses, Dame, Abbaye du Ronceray, Abbesse, Chapelle, Consécration, Chanoine, Sainte Trinité, Diacre, Royaume, Dieu, Filles, Voix, Archidiacre, Genoux, Paroles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION de la Ceremonie faite dans l'Eglise de la Sainte Trinité d'Angers, pour la consecration de neuf Religieuses de l'Abbaye du Ronceray, le Dimanche 8. Decembre 1715.
RELATIO N
de la Ceremoniefaite dans
l'Eghfc de la Sainte Trinité
r d'Angers, pour la consécration
de neuf Rehgieufes de l*Abbay?
du Ronceray
,
le Dimanche8.
Décembre1715.
LtAbbaÏe du Ronceray,
aliàs de Nôtre- Dame de la
Charité
Charité d'Angers, de l'Ordre
de S. Bcnoilt, cil: une des plus
anciennes & des plus illustres
Abbayes de Filles du Royaume.
Elle a esté fondée dés le
commencement du onzième
siecle par Foulques de Nera
, Comte d'Anjou,qui fit bârir
l'EghCe du Monastere tout à
neuf, dans le lieu où il y avoit
dés auparavant une très ancienne
Chapelle dediée à la
Sainte Vierge
,
& fjmeufe par
des miracles confiderablcs qui
s'y estoient faits; & là il y avoit
déjà des Vierges consacrées à
Dieu
,
quiyvivoienc dans la
retraite & dans la regulariré.
Dans cette Abbaye on
chantc tous les jours l'Office
Canonial
,
les Religieulcs fc
levent àminuic pour ydireles
Matines & les Laudes ;la grande
Mcfle y estcelebréc tous
les jours à Diacre & Soudiacrc,
par un des quatre Chanoines
qui ont esté fondez en même
tems que l'Abbaye, pour en
cftre les Directeurs, & rourensemble
Curez d'une grande
Paroissequi y est annexée, &
dont ifglife dediée à la Sainte
Trinité,c(l contiguë à celle
de l'Abbaye.
Cç qu'il y a de singulier
danscette Abbaye, &la rend
une des plus considerables du
Royaume, c'est qu'on n'y reçoit
à la Profcffion que desDemoifclles
qui font preuve de
Pnoblede dextraâion, ensorte
qu'il n'y a dans cette MaiTon
que des Filles sorties des familles
les plus nobles & les plus
distinguées de la Province
d'Anjou, des Provinces voifines.
Mais un Privilege encore
plus remarquable pour cette
Abbaye, ( puifqLnt tft prefque
unique dans le Royaume,)
c'est que la dorure & la grille
n'y ont jamais estéeltablies,
les Religieuses y ont toujours
vécu dune maniéré si reguliere
& si retenue
,
& leur reputations'eftconfcivéedepuis
tant de siecles avec tant
d'Iore-C
grire, qu'on n'a pas juge qu'elles
eussent besoin d'une autre
barriere pour empêcher la corruption
de s'y ghucr, que de
leur propre vertu r & du bon
naturel que la nobleae de leur
naiffince leurinfpire.
Nonobstant cette liberté si
difhnguéc, on ne laisse pas de
pratiquer dans cette Maison
uneaOèzgranderolterité .car1
outre la longueur de l'Office
Canonial qui occu pe ces faintes
Filles une grande partie du
jour, & qui leur fait même
interrompre leur sommeil au
milieu de la nuit. Outre lejeune
& l'abtfmence de l'Avent
& du Carême
,
qui leur cft
commun avec les autres Rcligicufes,
elles font encore abftinence
de viande tous IcsLun,
dis& Mercredis dç l'année, &
jeûnent rcguliercmenttousles
Vendredis.
Leur habit a quelque chose
de ifnçulier aussi bien que leur
état, sur tout leur coeffure qui
cft trcs majefiueufc, quoique
fort modeste : elles font toûjoursen
habit de Choeur, avec
de grandes manches jusqu'en
terre, & des queues à leurs robes
fort longues, qu'elles laiffent
traîner après elles
,
lorfqu'elles
vont à la fainte Table,
ou en certaines autres cérémonies
qui s'obfervcnt dans le
Choeurj & dans les jours des
Ftllcs (olemncllcs elles portent
une erpeee de surplis de
toile blanche ,dont les manches
(ont plissées au dedans
des grandes manches de leur
habit, ce quileur donne un
airdeChanoinessès.
Aussi fait-on l'Office dans
cette Abbaye à ces jours folemnels
comme dans lesChapitres
: le Chanoine officiant
va dans le Choeur leur donner
l'Eau- benîte & 1 Encens, le
Diacre leur porte le Livre de
l'Evangile à bai fer; on y fait
avant la grande M(Te la Procession
autour du Cloître, ou
aflirtent les quatre Chanoines
avec quatre Vicaires perpetuels
, & les Chapelains de
l'Abbaye, tous revécus de belles
Chapes, & le Diacre &
Soudiacre en Dalmatiques ;
avec deux Enfans de Choeur &
le Bedeau;les Religieuses marchant
ensuite en chantant) &
l'Abbesse après elles avec sa
Crosle portéedevantelle par
la Dame de Chambre.
Pour ce qui est du Temporelde
l'Abbaye du Roncerjy ,
on peut dire qu'elle a des revenus
considerables, mais aufli
il y a beaucoup de charges&
beaucoup de monde à faire
subsister.
Outre le revenu de l'Abbaye
qui, n en la disposition de Madame
1Abbctfe
,
il y a sepe
Prieurez confidcrablcs & un
Office qui en dépendent &
qui font possedez par des Re,)
ligieufes de la Maison qui en
ont cllé pourveuës, ou par des
refignauons enCour deRomc,
ou par la ptefentation de l'Ab.
besse qui en est la Patronc.
•
L Abbaye jouit de tresbeaux
droits
,
Con FIef & sa
jurildiâton s'étendent sur une
grande partie de la Vilie
,
&[
l'on plaide devant lesOfficiers
de la MJtron) un jour réglé de
chaque famine.
1 i
La maison Se les lieux réguliers
ont presque essé.tousbâtis
de neuf par les dernieres
Abbd!es,depu!s jo. à 60. ans,
avec beaucoup de magnifia
eencc.
L'Eglise fc reflenc encore
de son antiquitéquoique depuis
on y ait bâti un fort bel
Autel, & qu'on ait fort décoré
le dedans, & sur tout le
Choeur des Dames, quicompose
proprement la Nef de
cet ancien Bâtiment:c'est fous
le grand Autel que se trouve
presentement cette fameuse
&ancienne Chapelle fousterre
,
dcdiée à la fainte Vierge,
pour laquelle on a toujours
confervé une vénération trcsparticuliere.
Pour venir presentement à
la cercmonie dont on vient
de parler, il faut supposer qu'-
entre les beaux droits & Privilèges
de l'Abbaye du Ronccray
on y a toûjours confervé
l'ancienne pratique de l'Eglise
pour la bénédiction &
confccration des Religieuses
qui y font Profcilion, quoi.
que cetteancienne ceremonic
de la bénédiction des Vierges
ait cettedestre en usage prefque
generalernent dans toute
l'Eglise, depuisledouzième
siecle
,
enlorte qu' il n'y a plusque
les Chartreu Ces qui reçoivent
encorecette bcnedlébon
Eptfèopale, & les Dames de
l'Abbaye du Ronceray Le P.
Mibdton fuit pourtant mention
auiïi d'un Monaftcre de
Reltgieu fesBenedi£hncs deVeoire
,
ni c où l'on pratique encore ) ou
cette ceremonie,au rapport
du P. MJrtenc.
Au relie il y avoir plus de
trente ans qu'on n'avoit saic
1 cette ceremonie à RR.o)nncceerraayy
y jUfqllà l'année 1709. M idame
de Gr^monrayantelle 15.ans
Abbesse de ce Monastere (ans
y recevoir aucune Religieuse
àftkefcs voeux. Ce fut Madame
de-Caumofft de Lauzun,
feeur de M.le Duc de Lauzu,n
qui ayant succedé à Madame
de Grammant,parladétniffion
volontaire qu'ellefit'entic
les mains dù Roy de l'Abbaye-
tu Ronceray
, pour fc
retirer dans la Malfoii du Calvaire,
où ellea depuis ce temslà
mené une vie privée & cxemplairc
,
pensa d'abord à
chercher des sujets propres
pour la -Religion, afin deremplirau
plutôtlesplacesvacances
par la perte d'un grand
nombre de Religieules que la
mort avoic enlevées depuis la
reception des dernieres Professes.
Dés la premiere année il
se presenta douze Filles de
qualité
,
aufquclles Madame
de Caumont donna l'habiten
l'année1707.&au bout des
deux ans de leur Noviciat,
qui dure quelquefoisdans cette
Maison des4. 5.à6.années,
Madame de Belsunce à prefenc
Abbesse, qui a succedé à feue
Madame deCaumont deLauzun
sa tante, dont elle avoic
été d'abord la Coadj-urrlcc.,
acheva l'ouvrage que sa tante
avoit commencé )cnrecevant
les voeux de ces douze Novices
,lcfquclles furent en même
temps bernes & consacrées
par M. l'Evêque d'Angers le
fzj. Aoust de l'année 1709. Depuis ce temps là Madame
de Bellunce ayant donné
l'habit deReligion à plusieurs
autres Filles de qualité qui se
font presentées ,après qu'elles
ont paffé les unes 3. ou4 ans,
& les autres,au moins 2.ans
dans le Noviciat. v Enfinle jour de leur Prosession&
dc leur consecration
fut fixé au Dimanche fécond
dePAvent, jour de la Conception
de Nofire
-
Dame, la
derniere année17iJ.
Les jeunes Novices qui
étoient au nombre de neuf
s'étantdrfpoféesà , cette grande
ceremonie par une retraite
qu'elles ont faite pendant huit
jours, elles ont eu l'avantage
d'entendre tous les jours pendant
ce temps là M. 1 Evêque
d'A ngers ,
quileurafait chaque
jour un difeours treséloqucnt
&tres- pathetique
,
pour inspirer les difpofiuons
necessaires à l'état qu'elles vouloient
embrasser.
Il
Il a falluaufli p.ulkurs préparatifs
au dehors pour rendre
la (olemnitéplus pompeuCe)
& pour régler tout l'ordre qui
devoit s'y obCerver.
Pour cet (ff.[
, comme la
ceremonie le fait ordinairement
dans TEglifede la Sainte
Trinité, qui elt dépendante de
l'Abbaye du Ronceray
,
&
continue
, comme nous avons
dit, àcelle du Monaflereon
dit ce jour-là la grand'Messe
de Paroisse dans la Chapelle
dtrHôpital gênerai
,
qui est
dans la même Parolffe)ana
d'avoircelle de la Trinité
toute libre pour y faire la cex
remanie.
Le jour de la Conception
c1 rant d1onc arrivé, dl 1
,
dés le matin
on rint toutes les portes de
l'Eglifco de la Trinité fermées,
& on mit aux portes des Gardes
qui n'y laifloient entrer
perlonncs
, que ceux qui
avoient des bIllets, qu'on
avoit marquez du Sceau de
MadamePÀbbeflc
, pour cet
effet, & qui ne furent diftribucz
qu'aux parens des jeunes
Professes, &aux autres per fonnes
de qualité ou de famille,
qui s'empressoient de toutes
parts pour y avoir ennee ; ce
quifie que1Eglise qui cil un
fore grand vaisseau (e trouva
remplie de tout ce qu'il y
avoïc du plus beau monde
, &
des pei sonnes les plus diftinguécs
de la Ville & de la Campagne.
Onavoit dressé l'Autel où
M. d'Angers devoit celebrer)
à la portedu Choeur fous le
Crucifix, afin qu'il suc à la
vue de tout le monde, &
que le Jubé qui enferme le
Choeur n'empêchât pas ceux
qui étoient dans la Nefde voir laJceremonie.AA' cofté droit de
l'Autel étoit placé le Trofnc
de l'Evêquc, &de l'autrecofté
vis avisai) y avoir un fauteuil
& un dais au-dessuspour
rAbbcfle, au tour de l'Autel
onavoirfait une enceinte assez
grande avec des si ges autour
pour placer du collé de l'Evê-.
que les Ossi icrs qui l'accompagnoient,
& de l'autre cofté
les Dames du Ronceray avec
le Chanoine Officiant & fes-
Officiers qui les dévoient accompagner.
M.1Evêquc d'A ngers
s'étantdonc rendu à l'Abbaye,
dés huit heures dumatin)il
alla dans l'Eglise de la Trinité,
accompagné de sesArchdia"
cres &autresAfliltans&Offrcicrs
, pour se preparer, & se
revestir de ses habits pontificaux
pour la grand 'Mdfe quisuc
chantée parla musiquede
la Cathédralequ'on avoir placée
dans le Jubé
,
au-dessus &
à cofté de l'Autel, où rEvcfqiae
celebroir.
PendantquerEvêquefedifporait
à commencer la Mcffc,
les neuf Novices firent leurs
voeux entre les mams de Madame
TAbbefle
,
dans le
Ghoear de rAbbaye, Elles
etoient revenues de kurshabits
blancs, comme elles Tonc
au jourqu'elle prennent l'habit
, avec de beaux surplis de
point par dessus leurs robes
blanches. Eiles viennent en cet
état deuxàdeuxconduites par
la Doyenne du Couvent) &
precedées du Chmoine Officiant
en ch.1pe avec le Diacre
& le Soûiiacre poîtant la
Croix. Et après qu'on a chanté
le Vtm Creator ,elles vont
toutes fuccelfivement prononcer
leurs voeux aux pied- de
FAbb ne aflile dans ton si ge,
avec la Clofiè
, & luy laiflenc
en main le parchemin où ils
font écrits & figncz de leurs
o
mains.
Apres que les Novices eurent
fait leurs Voeux, toutes
CleshoeRueglri&gieuses partirent du
allèrent prendre
place dans lEgiife de la Trinité,
conduites par le Chanoine
Officiant en chape & les Officiers,
avec la Croix levée, pour
assister à la Mesle que l'Evêquc
commença pour lors. Il resta
feulement dans le Chceur lesneuf
jeunes Profeiïes avec les
neuf Religieuses qui leur fervoienc
de Paranymphes, &
Madamclabbcile qui dévoie
conduire la première.
Ce n'est qu'après le graduel
que commença la Cérémonie
de la Bcned;6tion des Vierges;
lor sque la musique eut achevé
,
de le chanter, 1Evef^IiN^s.ddecf1--
cendit de son Trofne, & alla
fc placer dans un fauteiiil sur
le marche pied de l'Autel, le
visagetourné vers la grande
porte de l'Eglise, & dans le
moment le grand Archidiacre
en chape partir de l'Autel accompagné
du Mettre des Cérémonies
aussi enchipepour
aller dans le Choeur du Ronceray
,
ray, annoncer aux RcJigicufcs
qu'elles euflenc à partir avec
luy, pour venir à l'Eglise où
1Evcfque celebroit, ce qu'il
fie en chantant rAnticnne:
Prudentes Virgines
, aptate lampaàesveflras3
ecce sponsusvenit,
exiteobviant ti; Vierges fages,
préparez vos lampes, car, voicy
l'Epoux @'arrive; allez
promptemenr au devant de
luy. Auili tost que les Vierges
eurent entendu la voix de
l'A rchidiacre, elles allumèrent
leurs cierges qu'e lles tenoienc
tout prests à la ,m.Ho, & partirent
dans le moment pour le
suivre, deux à deux,accompagnécs
de leurs Paranymphes;
Madamel'Abbesse étant à la
tête,&conduifant la premicre,
qui cO: la fille de M. le Comte
de Vanerot, petite niece de
feuë Madame de Grammonc,
sa Crosleétantportée devant
elle par la Dame de Chambre.
•
D'abord les Vierges
font entrées dans 1Eglise de
la Trinité, qui cil contiguë à
celle de l'Abbaye,il y a une
portede communication qui
fait qu'elles font à la vue de
l'Evcfquc., elles s'arrêtent& se
mettent à genoux, & pour lors
1
l'Archidiacre qui cH à leur tête
,dit à haute voix à TEvcfque
ces paroles qui font dans le
Pontifical : ReverendiJJime P.,
terJ &c. Très Reverend Perc
en Dieu, l'Eglise nôtre Sainte
Mcrc demande que vousvcütl.
lica bien Bénir & Consacrer
ces Vierges, en les époufanc
à N S J. C.
Et rEvefqueluy répond:
Scis illas aign45 cpt' ? Estes-vous
bien sur qu'elles en foienc
dignes? A quoy l'Archidiacre
répliqueiQuantùm humanafiragilitas,&
c. Auranr que la foibleflc
humaine permet de le
içavoir
,
je croy, & je puis
assûrer vostre Grandeur qu'.
elles font dignes de cet honneur.
Pour lors l'Evefquc, après
avoir adressé quelques paroles
aux Assistans, pour leur marquer
qu'ilestdans le desseinde
faire la Consecration de ces
Vierges. avec le fccours de la
C3 * Grace de N. S. Auxvtante Domino
j £rc. I! sadrefîcà elles3
& les appelle à haute voix par
ce n'ot qu'il chance;Vtmte;
venez.
Et dans Je moment les
Viergesfelevenc,&répondent
àla voix de leur Pasteur, aussi
en Ghantant ccs paroles: Etnos
fecjmmUf-i Nous allons à vous.
Ettes partent donc du bas
deTEghÉe où ellesetoient arrêtées*
mais après avoir fait
quelquespassess'arrêtent encore,
&Jc remettent à genoux,
juf-qu'à ce que 1Evesque les
appdlc une fécondé fois en
chantant d'un -ton plus haut:
Vtnitti Venez à moy.
Les Vierges se relevent, &
chantant toutes enfcmblc:Et
nunc Jequimur in toto corde ;
Nous allons à vous de tout
noftrc coeur: Elles font encore
quelques pas pour s'approcher
de iEvefqucj mais elles s'arrêtent
enluirc pour La troifiémc
fois, & se tiennent à genoux
jusqu'à ce que FEvcfquc
les rappelle encore, en chantant
d'un ton plus élevé: Veniel'fi/
ltt, &c. Venez mesfilles,
écoutez moy,& jevousenfeigneray
la crainte de Dieu.
Et pour lors les Vierges fc
relèvent, répondent par une
Anrienne qu'elles chantent en
march ant, & qu'ellesne fini(
Tau qu'en artivantdans le
Sandhmre: Etnunc (cqu!mur;
Nous allons à vous de tout
nofire coeurj nous vous craignons
Seigneur, & cependant
nous défiions de voir
voflrc
face; ne nous confondez pas,
mais traitez nous avec vollrc
douceur ordinaire,& Celan la
grandeur de vos milericordes.
Toutes ces jeunes Professes
étant arrivées dans le Sanctuaire,
& Madamel'AbbeÍf<;étant
placée dans le siege qu'on luy
avoit dresse, elles fc mirent d'abord
à genoux, & te profternerent
prcfcjne jusqu'en terre;
ensuite relevant latête
,
l'une
après l'autre,elleschanterenc
toutes fucccilivcrnent 1Antienne
ou le Verfct:Sufcipeme
Dominey &c. Recevez
- moy
Seigneur,fuivancvoilrc promtlie,
afin que jamais aucun
vice ne domine en moy.
Apres qu'elles curent chanté
cc Verser, elles Ce leverenr,
& se rangèrent toutes devant
1Evesque, en forme de dcmy
cercle: & ce fut alors que le
Prélat leur fit une Exhortauon
courte; mais vive, & pleine
des traits les plus brillants de
J'éloquence quilui est si naturelle.
: Apres que ce difeours fut
fi}l) il continua la Cérémonie,
en difanc touc haut a ces
Vierges:5Valtis in Sanélæ yirfinitttispropoflro
perfeuerarc*\
Voulez vous pcr feverer dans
le Voeu de la Sainte Virginité
que vous avez fait; & elles répondirent
toutes ensemble: - Vo/umus; Ouïnous le voulons.
Ensuite les jeunes Profcfles
vont toutes fucceflivement
l'une après l'autre se mettre
à genoux aux pieds de l' Evefcjue
*, & là tenant leurs
mains jointesentre les fiennes,
il leur fait derechef cette interrogation
à chacune en particulier
: Promittis te Virginitalem
perpetuo lervare? Prorner.
tez vous de gardertoujoursla
Virginité? A quoy chacune
répond à son tour: Promitio;
Dur je le promets, & enfuitç
s'en retournent à leur place
aprèsavoirbaisé la main de
l'Evesque, qui les interroge
derecheftoutes enfemblc, par
ces paroles:Vultis bcnedici, çyc.
Voulez vous estre benics êc
confacrécsJ-& devenir les Epoufes
de J. C. le Filsdu Très- -
Haut ?A quoy elles répondent
routes ensembler Volumusi
Ouï nous le souhaitons.
Pour lors l'Evêque & tous
les Miniftrcs de 1Autel fc mertant
à genoux,& les Vierges
fc proiternant sur les tapis la
facecontre terre)on entonna
les Litanies des Saints qui furent
chantées par la nlufiquc.
& ensuite l'Evêque commença
le Veni Creator qui fut au(si
continué par la musique.
Après que l'Hymne sur fini,
les jeunes Religieuses partirent
deux à deux pour aller
dans la Sacristie quitter leurs
surplis & leurs habits blancs
,
pour fc revêtir ensuite des ba..
bits noirs qu'on leur porra , après que l'Evêque les cut
beny.Il sir enfuire la bénédiction
de leurs voiles
,
de leurs
anneaux, & de leurs couronnes.
r
Les jeunes Professes estanc
revêrues de leur habit noir,
qui est1habit ordinaire de leur
Maison
,
elles retournèrent a
l'Aurel deux à deux toujours
accompagnées de leurs paranymphes,
enchantant leRé1
pons : Regnum mundi: Jevais
mépnfer leRoyaume du monde
,
& tous les ornemnts du
siecle
, pour l'amour de mon
Seigneur J C.que j'aime de
- tout mon coeur, & en qui j'ay
01
mis toute ma confiance;mon
coeur a proféré une bonne pa*
rolc5 c'tft que j'ay consacré
toutes mes allions au Roy des
Rois.
! LEvcque pour lors fc tournant
vers elles, il chante une
longue Préfacé
,
à la fin de laquelle
il entonne le Répons:
Vtm elefla
, que le Choeur con.
tinue: Venez ma bien aimée,
je veux établir mon TbÍônc
en vous, car le Roy des Rois
est épris de v-ostrebeauté.
LorfqueceRéponseftfini,
les Vierges se lèvent&vont
deux à deux se mettre à geDOUX
aux pieds de l'Eveque
où , elles chantent toutes les
deux enlemble rAntienne:
AnczUa CbrijîiJum, &c. Je fuis
la servante du Seigneur,& je
fais gloire de me confacrcr à
son service , & après qu'elles
ont chanté cette Antienne,
l'Eveque les interroge de rcchcf:
VI4ltisVoulez
vous pcffilkr dans le voeu
de virgmitéque vous avez fair,
& elles répondent toutes les
deux : Volumus : Oüy nous le
voulons Ensuite l'Evêque leur
met sur la tête le voile beny
,
en difanc à chacune: décape
velamen, &c. Recevez ce voile
sacré qui vous fera connokrc
que vous avez mepriséle monde
pour vous contacter à J C.
que je prie de vous prclerver
de tous maux & de vous conduire
à la vie éternelle; & incontinent
les deux Vierges
étant voilées de la main de l'E..
vêque
,
chantent à ses pieds
l'Antienne Posuit
Le Seigneur a mis un signal sur
mon vi rage,afin que je n'aye
jamais d'autre Amant que lui.
Toutes les autres viennent ainsi
fucceffivcment à 1 Eveque,
presentées par leurs pclranymphcs
pour recevoir le voile
beny de sa main,avec la même
ceremonie.j Apres que l'Evêque a die
une Oraison sur les Vierges,
illesappelle derechefpar cette
Antienne: Dejponfarp dileéîa
utnï : Venez ma bien aimée
pour époufer, &c. & dans le
moment les jeunes Profeflcs
viennent comme auparavant
,
aux pieds de l'Evêque, qui leur
met à chacune un anneau bcni
dans le doigt annulaire de la
main droite,en disant à chacune
: Defponfo teJefu-Cbriflo,
&c. Je vous épouse avec J. C.
le
leluis du Très Haut. Recevez
donc cet anneau de fidélité
,
comme le Sceau du S. Esprit,
qui vous donne le nom- d'Epoufe
de J, Ce Si vous le servez
fidellementjVousferez couronnée
dans l'Eternité au nom,
êcc. Apres qu'elles ont reeeu
l'anneau, elles chantent toutes
les deux l'Antienne ;Ipjtfum
dcfyonfata : Je fuis épousée à
celuy que les Anges adorent.
& dont le Soleil & la Lune admirent
la beauté.
Quand elles ont toutes reçû
L'Anneau beni, & qu'ellcs font
retournées dans leurs places
elles chantent l'Antienne An.'
nulo (uoen levant la main droicc
en haur, J C. mon Seigneur
m'a marquée de son Anneau,
& m'aornée d'une Couronne
comme son Epouse.
Après cela 1 Evesque ayant
dit sur ellesune Oraison,illes
appelle encore par une Antienne
qu'il commence & que
le Choeur continue: Veni
Sponsa, &c. Venez Epouse de
J. C, recevez la Couronne que
le Seigneur vous a préparée
pour lercrnité; & à rlofiant
les Vierges vont deux à deux
se mettre à genoux à ses pieds,
pour y recevoir une Couronne
de perles & de pierreries, qu'il
leur met sur la teste,en difanc
à chacune: Accipc Coronam,
Cc. Recevez la Couronne
précicufe de Virginité) afin
que comme vous cftes cou.
ronnée de noflremain sur la
Terre, vous soyezaussi couronnée
de J. C. dans le Ciel,
&c. Ensuite les deux Vierges
couronnées chantcnt aux
pieds de TEvefque l'Antienne:
Induitme Le Seigneur
m'a revêtue d'une robe
tiffiië d'or, & honorée d'une
coëffure de perles fines.
Les Couronnes qu'on donne
à ces jeunes Professes font
toutes enrichies de per les fines,
& de toutc forte de pierreries:
on prétend que les neuf Couronncs
valentplus de cent mil
livres.
Q:and elles ont toutes été
Couionnées, & que lEvesque
a dit quelques Oraisons sur
elles, elles Ce levent & chantent
toutes enfcmble rAntienne:
Eaecjvod concup:v!t, &c. Je
voy presentement ce que j'ay
souhaité; je poflldeee que j'efperois
; & je fuis unie dans le
Cid à ccluy que j'ay aime de
toute l'affection de mon coeur
sur la Terre.
Et cest icy proprement où
l'Evesquefinie laConfccration
des Vierges, par une BcnedÍIItion
solemnelle qu'il prononce
sur elles, la Mitre en teste:
Benedicatvos,&c. Ecenfuitc
ilfait lire par l'Archidiacre un
Anathême qui fulmine contre
ceux quivoudront troubler ces
Vieroges dans le Service divin.*
& dans la jouiffancc de leurs
biens:Automateomnipotentis
&c. Apres cela il continuë la
Mcffe, & le Choeur reprend à
WAMmaoxi l'on en estoie demeure.
A l'Offertoire les Vierges
consacrées vont à l'Offrande)
où elles prefentenc à l'Autel
les cierges qu'elles ont en
main, & baisent l'anneau du
PrcJat,enfuirc retournent dans
leurs places, pour se disposer
àla Communion.
Après que TEvêque a communié
,
les Vierges benites
s'approchent del'Autel &reçoivent
de sa main la communion
câpres qu'elles font retournées
dans leurs places,ellcs
chantent toutes ensemble
l'Antienne Mel gr lac, &c.
J'ay goûté le lait & le miel qui
fôrt de sa bouche,& son fang
a rougimes levres. Puis l Evêque
finie laMesse & donne à
la fin la benedlalon folemnellc
au peuple.
Enfuitcs'étant mis dans son
fauteuilles Vierges consacrées
allant encore à luy deux à
deux
,
qui leur presente le
Bréviaire sur lequel elles mettent
les deux mains pendant
qu'illeur dit :Aicisitelibrum:
Recevez ce Livre avec le pouvoir
de commencer au Choeur
lesHures Canoniales
,
&de
lire lOffice Divin dans l'Eglise,
aunomdu Ptre.,&C.
Puis l'Evêqueentonna le
Te Deum, quifut chanté par
la musique
, que le Prelat termina
par une Oraison.
La ceremonie ainsi achevée,
les Religieuses partirent dans
le moment pour s'enretourner
au Monastere conduites par
le Chanoine Officiant en chax
pe , avec la Croix devanr
PAbbcflcfaifanc , porter sa
Crosle devant elle,enCuire les
Vierges consacrées conduites
par le Maistre des ceremonies
cncha pe,quimarchoiràleur
têcc
, retournerenc pareillement
en Choeur & s'ariêtcrenc
a
à la porte, où elles fc tinrent à
genoux pour attendre l'Evêque
qui vint après ClIcs)la
Mureentefte, & sa Croflfc
marchant devant lui avec ses
Officiers & Assistans, jusqu'à
la porte du Choeur de l'Abbaye,
oùilsadressaàl'AbbeHc
parcesparoles: Videquomodo,
tftas confecratas Deo serves, cmc.
Prenez garde de bien conferver
pour Dieu ces Vierges qui
viennent de luy eftrc confacrées,
afin de les luy reprcfcnter
pures & sans tache,vous
souvenant que vous rendrez
compte d'elles au Tribunal de
leur Epoux qui fera voltre Juge;
puis l'Evêque s'en retourna
à 1 Eghfe de la Trinité pour
quitter fcs hi bits pontificaux,
en disant l' EvangileInpnneipto.
Cette augulte ccremonic
fut cxecutée de la plus belle
manière du monde, tant par
le Prelat qui fait toutes les
fonctions avec une grâce toute
parriculiere) que par les jeunes
Profcfîes consacréesqui
firent paroistre dans leur facrisice
une pieté& une modeftic
si édifiantes, que plusieurs des
afliltans en furent attendris
jusqu'à verser des larmes.
Il etoit une heure après midy,
quand la ceremonie suc
finie, il y eut un grand repas à
l'Abbaye, où plusieurs personnes
de diftmdtion furent conviées
, on y servit plusieurs
tables. Pour ce qui est de Madame
TAbbefTe
,
elle voulut
manger à latable des mariées,
où l'on servit en maigre auffibienqu'à
la Communauté dès
autres Religieuses.
- Le premier aâc d'obéïffancc
que les Vierges nouvellemontconsacrées
pratiquent c'eftde garder pendant neu,f
jours le silence que Madame
rAbbi. flc leur impose, &pendant
toutce tems là elles portent
continuellement leurs
couronnes sur la tête avec leurs
habits de cercmonie.
FaitparM.le Masson, Docteur
en Thcologic,Corrcdlcur
de l'Eglise de la Sainte Trinité
d'Angers.
de la Ceremoniefaite dans
l'Eghfc de la Sainte Trinité
r d'Angers, pour la consécration
de neuf Rehgieufes de l*Abbay?
du Ronceray
,
le Dimanche8.
Décembre1715.
LtAbbaÏe du Ronceray,
aliàs de Nôtre- Dame de la
Charité
Charité d'Angers, de l'Ordre
de S. Bcnoilt, cil: une des plus
anciennes & des plus illustres
Abbayes de Filles du Royaume.
Elle a esté fondée dés le
commencement du onzième
siecle par Foulques de Nera
, Comte d'Anjou,qui fit bârir
l'EghCe du Monastere tout à
neuf, dans le lieu où il y avoit
dés auparavant une très ancienne
Chapelle dediée à la
Sainte Vierge
,
& fjmeufe par
des miracles confiderablcs qui
s'y estoient faits; & là il y avoit
déjà des Vierges consacrées à
Dieu
,
quiyvivoienc dans la
retraite & dans la regulariré.
Dans cette Abbaye on
chantc tous les jours l'Office
Canonial
,
les Religieulcs fc
levent àminuic pour ydireles
Matines & les Laudes ;la grande
Mcfle y estcelebréc tous
les jours à Diacre & Soudiacrc,
par un des quatre Chanoines
qui ont esté fondez en même
tems que l'Abbaye, pour en
cftre les Directeurs, & rourensemble
Curez d'une grande
Paroissequi y est annexée, &
dont ifglife dediée à la Sainte
Trinité,c(l contiguë à celle
de l'Abbaye.
Cç qu'il y a de singulier
danscette Abbaye, &la rend
une des plus considerables du
Royaume, c'est qu'on n'y reçoit
à la Profcffion que desDemoifclles
qui font preuve de
Pnoblede dextraâion, ensorte
qu'il n'y a dans cette MaiTon
que des Filles sorties des familles
les plus nobles & les plus
distinguées de la Province
d'Anjou, des Provinces voifines.
Mais un Privilege encore
plus remarquable pour cette
Abbaye, ( puifqLnt tft prefque
unique dans le Royaume,)
c'est que la dorure & la grille
n'y ont jamais estéeltablies,
les Religieuses y ont toujours
vécu dune maniéré si reguliere
& si retenue
,
& leur reputations'eftconfcivéedepuis
tant de siecles avec tant
d'Iore-C
grire, qu'on n'a pas juge qu'elles
eussent besoin d'une autre
barriere pour empêcher la corruption
de s'y ghucr, que de
leur propre vertu r & du bon
naturel que la nobleae de leur
naiffince leurinfpire.
Nonobstant cette liberté si
difhnguéc, on ne laisse pas de
pratiquer dans cette Maison
uneaOèzgranderolterité .car1
outre la longueur de l'Office
Canonial qui occu pe ces faintes
Filles une grande partie du
jour, & qui leur fait même
interrompre leur sommeil au
milieu de la nuit. Outre lejeune
& l'abtfmence de l'Avent
& du Carême
,
qui leur cft
commun avec les autres Rcligicufes,
elles font encore abftinence
de viande tous IcsLun,
dis& Mercredis dç l'année, &
jeûnent rcguliercmenttousles
Vendredis.
Leur habit a quelque chose
de ifnçulier aussi bien que leur
état, sur tout leur coeffure qui
cft trcs majefiueufc, quoique
fort modeste : elles font toûjoursen
habit de Choeur, avec
de grandes manches jusqu'en
terre, & des queues à leurs robes
fort longues, qu'elles laiffent
traîner après elles
,
lorfqu'elles
vont à la fainte Table,
ou en certaines autres cérémonies
qui s'obfervcnt dans le
Choeurj & dans les jours des
Ftllcs (olemncllcs elles portent
une erpeee de surplis de
toile blanche ,dont les manches
(ont plissées au dedans
des grandes manches de leur
habit, ce quileur donne un
airdeChanoinessès.
Aussi fait-on l'Office dans
cette Abbaye à ces jours folemnels
comme dans lesChapitres
: le Chanoine officiant
va dans le Choeur leur donner
l'Eau- benîte & 1 Encens, le
Diacre leur porte le Livre de
l'Evangile à bai fer; on y fait
avant la grande M(Te la Procession
autour du Cloître, ou
aflirtent les quatre Chanoines
avec quatre Vicaires perpetuels
, & les Chapelains de
l'Abbaye, tous revécus de belles
Chapes, & le Diacre &
Soudiacre en Dalmatiques ;
avec deux Enfans de Choeur &
le Bedeau;les Religieuses marchant
ensuite en chantant) &
l'Abbesse après elles avec sa
Crosle portéedevantelle par
la Dame de Chambre.
Pour ce qui est du Temporelde
l'Abbaye du Roncerjy ,
on peut dire qu'elle a des revenus
considerables, mais aufli
il y a beaucoup de charges&
beaucoup de monde à faire
subsister.
Outre le revenu de l'Abbaye
qui, n en la disposition de Madame
1Abbctfe
,
il y a sepe
Prieurez confidcrablcs & un
Office qui en dépendent &
qui font possedez par des Re,)
ligieufes de la Maison qui en
ont cllé pourveuës, ou par des
refignauons enCour deRomc,
ou par la ptefentation de l'Ab.
besse qui en est la Patronc.
•
L Abbaye jouit de tresbeaux
droits
,
Con FIef & sa
jurildiâton s'étendent sur une
grande partie de la Vilie
,
&[
l'on plaide devant lesOfficiers
de la MJtron) un jour réglé de
chaque famine.
1 i
La maison Se les lieux réguliers
ont presque essé.tousbâtis
de neuf par les dernieres
Abbd!es,depu!s jo. à 60. ans,
avec beaucoup de magnifia
eencc.
L'Eglise fc reflenc encore
de son antiquitéquoique depuis
on y ait bâti un fort bel
Autel, & qu'on ait fort décoré
le dedans, & sur tout le
Choeur des Dames, quicompose
proprement la Nef de
cet ancien Bâtiment:c'est fous
le grand Autel que se trouve
presentement cette fameuse
&ancienne Chapelle fousterre
,
dcdiée à la fainte Vierge,
pour laquelle on a toujours
confervé une vénération trcsparticuliere.
Pour venir presentement à
la cercmonie dont on vient
de parler, il faut supposer qu'-
entre les beaux droits & Privilèges
de l'Abbaye du Ronccray
on y a toûjours confervé
l'ancienne pratique de l'Eglise
pour la bénédiction &
confccration des Religieuses
qui y font Profcilion, quoi.
que cetteancienne ceremonic
de la bénédiction des Vierges
ait cettedestre en usage prefque
generalernent dans toute
l'Eglise, depuisledouzième
siecle
,
enlorte qu' il n'y a plusque
les Chartreu Ces qui reçoivent
encorecette bcnedlébon
Eptfèopale, & les Dames de
l'Abbaye du Ronceray Le P.
Mibdton fuit pourtant mention
auiïi d'un Monaftcre de
Reltgieu fesBenedi£hncs deVeoire
,
ni c où l'on pratique encore ) ou
cette ceremonie,au rapport
du P. MJrtenc.
Au relie il y avoir plus de
trente ans qu'on n'avoit saic
1 cette ceremonie à RR.o)nncceerraayy
y jUfqllà l'année 1709. M idame
de Gr^monrayantelle 15.ans
Abbesse de ce Monastere (ans
y recevoir aucune Religieuse
àftkefcs voeux. Ce fut Madame
de-Caumofft de Lauzun,
feeur de M.le Duc de Lauzu,n
qui ayant succedé à Madame
de Grammant,parladétniffion
volontaire qu'ellefit'entic
les mains dù Roy de l'Abbaye-
tu Ronceray
, pour fc
retirer dans la Malfoii du Calvaire,
où ellea depuis ce temslà
mené une vie privée & cxemplairc
,
pensa d'abord à
chercher des sujets propres
pour la -Religion, afin deremplirau
plutôtlesplacesvacances
par la perte d'un grand
nombre de Religieules que la
mort avoic enlevées depuis la
reception des dernieres Professes.
Dés la premiere année il
se presenta douze Filles de
qualité
,
aufquclles Madame
de Caumont donna l'habiten
l'année1707.&au bout des
deux ans de leur Noviciat,
qui dure quelquefoisdans cette
Maison des4. 5.à6.années,
Madame de Belsunce à prefenc
Abbesse, qui a succedé à feue
Madame deCaumont deLauzun
sa tante, dont elle avoic
été d'abord la Coadj-urrlcc.,
acheva l'ouvrage que sa tante
avoit commencé )cnrecevant
les voeux de ces douze Novices
,lcfquclles furent en même
temps bernes & consacrées
par M. l'Evêque d'Angers le
fzj. Aoust de l'année 1709. Depuis ce temps là Madame
de Bellunce ayant donné
l'habit deReligion à plusieurs
autres Filles de qualité qui se
font presentées ,après qu'elles
ont paffé les unes 3. ou4 ans,
& les autres,au moins 2.ans
dans le Noviciat. v Enfinle jour de leur Prosession&
dc leur consecration
fut fixé au Dimanche fécond
dePAvent, jour de la Conception
de Nofire
-
Dame, la
derniere année17iJ.
Les jeunes Novices qui
étoient au nombre de neuf
s'étantdrfpoféesà , cette grande
ceremonie par une retraite
qu'elles ont faite pendant huit
jours, elles ont eu l'avantage
d'entendre tous les jours pendant
ce temps là M. 1 Evêque
d'A ngers ,
quileurafait chaque
jour un difeours treséloqucnt
&tres- pathetique
,
pour inspirer les difpofiuons
necessaires à l'état qu'elles vouloient
embrasser.
Il
Il a falluaufli p.ulkurs préparatifs
au dehors pour rendre
la (olemnitéplus pompeuCe)
& pour régler tout l'ordre qui
devoit s'y obCerver.
Pour cet (ff.[
, comme la
ceremonie le fait ordinairement
dans TEglifede la Sainte
Trinité, qui elt dépendante de
l'Abbaye du Ronceray
,
&
continue
, comme nous avons
dit, àcelle du Monaflereon
dit ce jour-là la grand'Messe
de Paroisse dans la Chapelle
dtrHôpital gênerai
,
qui est
dans la même Parolffe)ana
d'avoircelle de la Trinité
toute libre pour y faire la cex
remanie.
Le jour de la Conception
c1 rant d1onc arrivé, dl 1
,
dés le matin
on rint toutes les portes de
l'Eglifco de la Trinité fermées,
& on mit aux portes des Gardes
qui n'y laifloient entrer
perlonncs
, que ceux qui
avoient des bIllets, qu'on
avoit marquez du Sceau de
MadamePÀbbeflc
, pour cet
effet, & qui ne furent diftribucz
qu'aux parens des jeunes
Professes, &aux autres per fonnes
de qualité ou de famille,
qui s'empressoient de toutes
parts pour y avoir ennee ; ce
quifie que1Eglise qui cil un
fore grand vaisseau (e trouva
remplie de tout ce qu'il y
avoïc du plus beau monde
, &
des pei sonnes les plus diftinguécs
de la Ville & de la Campagne.
Onavoit dressé l'Autel où
M. d'Angers devoit celebrer)
à la portedu Choeur fous le
Crucifix, afin qu'il suc à la
vue de tout le monde, &
que le Jubé qui enferme le
Choeur n'empêchât pas ceux
qui étoient dans la Nefde voir laJceremonie.AA' cofté droit de
l'Autel étoit placé le Trofnc
de l'Evêquc, &de l'autrecofté
vis avisai) y avoir un fauteuil
& un dais au-dessuspour
rAbbcfle, au tour de l'Autel
onavoirfait une enceinte assez
grande avec des si ges autour
pour placer du collé de l'Evê-.
que les Ossi icrs qui l'accompagnoient,
& de l'autre cofté
les Dames du Ronceray avec
le Chanoine Officiant & fes-
Officiers qui les dévoient accompagner.
M.1Evêquc d'A ngers
s'étantdonc rendu à l'Abbaye,
dés huit heures dumatin)il
alla dans l'Eglise de la Trinité,
accompagné de sesArchdia"
cres &autresAfliltans&Offrcicrs
, pour se preparer, & se
revestir de ses habits pontificaux
pour la grand 'Mdfe quisuc
chantée parla musiquede
la Cathédralequ'on avoir placée
dans le Jubé
,
au-dessus &
à cofté de l'Autel, où rEvcfqiae
celebroir.
PendantquerEvêquefedifporait
à commencer la Mcffc,
les neuf Novices firent leurs
voeux entre les mams de Madame
TAbbefle
,
dans le
Ghoear de rAbbaye, Elles
etoient revenues de kurshabits
blancs, comme elles Tonc
au jourqu'elle prennent l'habit
, avec de beaux surplis de
point par dessus leurs robes
blanches. Eiles viennent en cet
état deuxàdeuxconduites par
la Doyenne du Couvent) &
precedées du Chmoine Officiant
en ch.1pe avec le Diacre
& le Soûiiacre poîtant la
Croix. Et après qu'on a chanté
le Vtm Creator ,elles vont
toutes fuccelfivement prononcer
leurs voeux aux pied- de
FAbb ne aflile dans ton si ge,
avec la Clofiè
, & luy laiflenc
en main le parchemin où ils
font écrits & figncz de leurs
o
mains.
Apres que les Novices eurent
fait leurs Voeux, toutes
CleshoeRueglri&gieuses partirent du
allèrent prendre
place dans lEgiife de la Trinité,
conduites par le Chanoine
Officiant en chape & les Officiers,
avec la Croix levée, pour
assister à la Mesle que l'Evêquc
commença pour lors. Il resta
feulement dans le Chceur lesneuf
jeunes Profeiïes avec les
neuf Religieuses qui leur fervoienc
de Paranymphes, &
Madamclabbcile qui dévoie
conduire la première.
Ce n'est qu'après le graduel
que commença la Cérémonie
de la Bcned;6tion des Vierges;
lor sque la musique eut achevé
,
de le chanter, 1Evef^IiN^s.ddecf1--
cendit de son Trofne, & alla
fc placer dans un fauteiiil sur
le marche pied de l'Autel, le
visagetourné vers la grande
porte de l'Eglise, & dans le
moment le grand Archidiacre
en chape partir de l'Autel accompagné
du Mettre des Cérémonies
aussi enchipepour
aller dans le Choeur du Ronceray
,
ray, annoncer aux RcJigicufcs
qu'elles euflenc à partir avec
luy, pour venir à l'Eglise où
1Evcfque celebroit, ce qu'il
fie en chantant rAnticnne:
Prudentes Virgines
, aptate lampaàesveflras3
ecce sponsusvenit,
exiteobviant ti; Vierges fages,
préparez vos lampes, car, voicy
l'Epoux @'arrive; allez
promptemenr au devant de
luy. Auili tost que les Vierges
eurent entendu la voix de
l'A rchidiacre, elles allumèrent
leurs cierges qu'e lles tenoienc
tout prests à la ,m.Ho, & partirent
dans le moment pour le
suivre, deux à deux,accompagnécs
de leurs Paranymphes;
Madamel'Abbesse étant à la
tête,&conduifant la premicre,
qui cO: la fille de M. le Comte
de Vanerot, petite niece de
feuë Madame de Grammonc,
sa Crosleétantportée devant
elle par la Dame de Chambre.
•
D'abord les Vierges
font entrées dans 1Eglise de
la Trinité, qui cil contiguë à
celle de l'Abbaye,il y a une
portede communication qui
fait qu'elles font à la vue de
l'Evcfquc., elles s'arrêtent& se
mettent à genoux, & pour lors
1
l'Archidiacre qui cH à leur tête
,dit à haute voix à TEvcfque
ces paroles qui font dans le
Pontifical : ReverendiJJime P.,
terJ &c. Très Reverend Perc
en Dieu, l'Eglise nôtre Sainte
Mcrc demande que vousvcütl.
lica bien Bénir & Consacrer
ces Vierges, en les époufanc
à N S J. C.
Et rEvefqueluy répond:
Scis illas aign45 cpt' ? Estes-vous
bien sur qu'elles en foienc
dignes? A quoy l'Archidiacre
répliqueiQuantùm humanafiragilitas,&
c. Auranr que la foibleflc
humaine permet de le
içavoir
,
je croy, & je puis
assûrer vostre Grandeur qu'.
elles font dignes de cet honneur.
Pour lors l'Evefquc, après
avoir adressé quelques paroles
aux Assistans, pour leur marquer
qu'ilestdans le desseinde
faire la Consecration de ces
Vierges. avec le fccours de la
C3 * Grace de N. S. Auxvtante Domino
j £rc. I! sadrefîcà elles3
& les appelle à haute voix par
ce n'ot qu'il chance;Vtmte;
venez.
Et dans Je moment les
Viergesfelevenc,&répondent
àla voix de leur Pasteur, aussi
en Ghantant ccs paroles: Etnos
fecjmmUf-i Nous allons à vous.
Ettes partent donc du bas
deTEghÉe où ellesetoient arrêtées*
mais après avoir fait
quelquespassess'arrêtent encore,
&Jc remettent à genoux,
juf-qu'à ce que 1Evesque les
appdlc une fécondé fois en
chantant d'un -ton plus haut:
Vtnitti Venez à moy.
Les Vierges se relevent, &
chantant toutes enfcmblc:Et
nunc Jequimur in toto corde ;
Nous allons à vous de tout
noftrc coeur: Elles font encore
quelques pas pour s'approcher
de iEvefqucj mais elles s'arrêtent
enluirc pour La troifiémc
fois, & se tiennent à genoux
jusqu'à ce que FEvcfquc
les rappelle encore, en chantant
d'un ton plus élevé: Veniel'fi/
ltt, &c. Venez mesfilles,
écoutez moy,& jevousenfeigneray
la crainte de Dieu.
Et pour lors les Vierges fc
relèvent, répondent par une
Anrienne qu'elles chantent en
march ant, & qu'ellesne fini(
Tau qu'en artivantdans le
Sandhmre: Etnunc (cqu!mur;
Nous allons à vous de tout
nofire coeurj nous vous craignons
Seigneur, & cependant
nous défiions de voir
voflrc
face; ne nous confondez pas,
mais traitez nous avec vollrc
douceur ordinaire,& Celan la
grandeur de vos milericordes.
Toutes ces jeunes Professes
étant arrivées dans le Sanctuaire,
& Madamel'AbbeÍf<;étant
placée dans le siege qu'on luy
avoit dresse, elles fc mirent d'abord
à genoux, & te profternerent
prcfcjne jusqu'en terre;
ensuite relevant latête
,
l'une
après l'autre,elleschanterenc
toutes fucccilivcrnent 1Antienne
ou le Verfct:Sufcipeme
Dominey &c. Recevez
- moy
Seigneur,fuivancvoilrc promtlie,
afin que jamais aucun
vice ne domine en moy.
Apres qu'elles curent chanté
cc Verser, elles Ce leverenr,
& se rangèrent toutes devant
1Evesque, en forme de dcmy
cercle: & ce fut alors que le
Prélat leur fit une Exhortauon
courte; mais vive, & pleine
des traits les plus brillants de
J'éloquence quilui est si naturelle.
: Apres que ce difeours fut
fi}l) il continua la Cérémonie,
en difanc touc haut a ces
Vierges:5Valtis in Sanélæ yirfinitttispropoflro
perfeuerarc*\
Voulez vous pcr feverer dans
le Voeu de la Sainte Virginité
que vous avez fait; & elles répondirent
toutes ensemble: - Vo/umus; Ouïnous le voulons.
Ensuite les jeunes Profcfles
vont toutes fucceflivement
l'une après l'autre se mettre
à genoux aux pieds de l' Evefcjue
*, & là tenant leurs
mains jointesentre les fiennes,
il leur fait derechef cette interrogation
à chacune en particulier
: Promittis te Virginitalem
perpetuo lervare? Prorner.
tez vous de gardertoujoursla
Virginité? A quoy chacune
répond à son tour: Promitio;
Dur je le promets, & enfuitç
s'en retournent à leur place
aprèsavoirbaisé la main de
l'Evesque, qui les interroge
derecheftoutes enfemblc, par
ces paroles:Vultis bcnedici, çyc.
Voulez vous estre benics êc
confacrécsJ-& devenir les Epoufes
de J. C. le Filsdu Très- -
Haut ?A quoy elles répondent
routes ensembler Volumusi
Ouï nous le souhaitons.
Pour lors l'Evêque & tous
les Miniftrcs de 1Autel fc mertant
à genoux,& les Vierges
fc proiternant sur les tapis la
facecontre terre)on entonna
les Litanies des Saints qui furent
chantées par la nlufiquc.
& ensuite l'Evêque commença
le Veni Creator qui fut au(si
continué par la musique.
Après que l'Hymne sur fini,
les jeunes Religieuses partirent
deux à deux pour aller
dans la Sacristie quitter leurs
surplis & leurs habits blancs
,
pour fc revêtir ensuite des ba..
bits noirs qu'on leur porra , après que l'Evêque les cut
beny.Il sir enfuire la bénédiction
de leurs voiles
,
de leurs
anneaux, & de leurs couronnes.
r
Les jeunes Professes estanc
revêrues de leur habit noir,
qui est1habit ordinaire de leur
Maison
,
elles retournèrent a
l'Aurel deux à deux toujours
accompagnées de leurs paranymphes,
enchantant leRé1
pons : Regnum mundi: Jevais
mépnfer leRoyaume du monde
,
& tous les ornemnts du
siecle
, pour l'amour de mon
Seigneur J C.que j'aime de
- tout mon coeur, & en qui j'ay
01
mis toute ma confiance;mon
coeur a proféré une bonne pa*
rolc5 c'tft que j'ay consacré
toutes mes allions au Roy des
Rois.
! LEvcque pour lors fc tournant
vers elles, il chante une
longue Préfacé
,
à la fin de laquelle
il entonne le Répons:
Vtm elefla
, que le Choeur con.
tinue: Venez ma bien aimée,
je veux établir mon TbÍônc
en vous, car le Roy des Rois
est épris de v-ostrebeauté.
LorfqueceRéponseftfini,
les Vierges se lèvent&vont
deux à deux se mettre à geDOUX
aux pieds de l'Eveque
où , elles chantent toutes les
deux enlemble rAntienne:
AnczUa CbrijîiJum, &c. Je fuis
la servante du Seigneur,& je
fais gloire de me confacrcr à
son service , & après qu'elles
ont chanté cette Antienne,
l'Eveque les interroge de rcchcf:
VI4ltisVoulez
vous pcffilkr dans le voeu
de virgmitéque vous avez fair,
& elles répondent toutes les
deux : Volumus : Oüy nous le
voulons Ensuite l'Evêque leur
met sur la tête le voile beny
,
en difanc à chacune: décape
velamen, &c. Recevez ce voile
sacré qui vous fera connokrc
que vous avez mepriséle monde
pour vous contacter à J C.
que je prie de vous prclerver
de tous maux & de vous conduire
à la vie éternelle; & incontinent
les deux Vierges
étant voilées de la main de l'E..
vêque
,
chantent à ses pieds
l'Antienne Posuit
Le Seigneur a mis un signal sur
mon vi rage,afin que je n'aye
jamais d'autre Amant que lui.
Toutes les autres viennent ainsi
fucceffivcment à 1 Eveque,
presentées par leurs pclranymphcs
pour recevoir le voile
beny de sa main,avec la même
ceremonie.j Apres que l'Evêque a die
une Oraison sur les Vierges,
illesappelle derechefpar cette
Antienne: Dejponfarp dileéîa
utnï : Venez ma bien aimée
pour époufer, &c. & dans le
moment les jeunes Profeflcs
viennent comme auparavant
,
aux pieds de l'Evêque, qui leur
met à chacune un anneau bcni
dans le doigt annulaire de la
main droite,en disant à chacune
: Defponfo teJefu-Cbriflo,
&c. Je vous épouse avec J. C.
le
leluis du Très Haut. Recevez
donc cet anneau de fidélité
,
comme le Sceau du S. Esprit,
qui vous donne le nom- d'Epoufe
de J, Ce Si vous le servez
fidellementjVousferez couronnée
dans l'Eternité au nom,
êcc. Apres qu'elles ont reeeu
l'anneau, elles chantent toutes
les deux l'Antienne ;Ipjtfum
dcfyonfata : Je fuis épousée à
celuy que les Anges adorent.
& dont le Soleil & la Lune admirent
la beauté.
Quand elles ont toutes reçû
L'Anneau beni, & qu'ellcs font
retournées dans leurs places
elles chantent l'Antienne An.'
nulo (uoen levant la main droicc
en haur, J C. mon Seigneur
m'a marquée de son Anneau,
& m'aornée d'une Couronne
comme son Epouse.
Après cela 1 Evesque ayant
dit sur ellesune Oraison,illes
appelle encore par une Antienne
qu'il commence & que
le Choeur continue: Veni
Sponsa, &c. Venez Epouse de
J. C, recevez la Couronne que
le Seigneur vous a préparée
pour lercrnité; & à rlofiant
les Vierges vont deux à deux
se mettre à genoux à ses pieds,
pour y recevoir une Couronne
de perles & de pierreries, qu'il
leur met sur la teste,en difanc
à chacune: Accipc Coronam,
Cc. Recevez la Couronne
précicufe de Virginité) afin
que comme vous cftes cou.
ronnée de noflremain sur la
Terre, vous soyezaussi couronnée
de J. C. dans le Ciel,
&c. Ensuite les deux Vierges
couronnées chantcnt aux
pieds de TEvefque l'Antienne:
Induitme Le Seigneur
m'a revêtue d'une robe
tiffiië d'or, & honorée d'une
coëffure de perles fines.
Les Couronnes qu'on donne
à ces jeunes Professes font
toutes enrichies de per les fines,
& de toutc forte de pierreries:
on prétend que les neuf Couronncs
valentplus de cent mil
livres.
Q:and elles ont toutes été
Couionnées, & que lEvesque
a dit quelques Oraisons sur
elles, elles Ce levent & chantent
toutes enfcmble rAntienne:
Eaecjvod concup:v!t, &c. Je
voy presentement ce que j'ay
souhaité; je poflldeee que j'efperois
; & je fuis unie dans le
Cid à ccluy que j'ay aime de
toute l'affection de mon coeur
sur la Terre.
Et cest icy proprement où
l'Evesquefinie laConfccration
des Vierges, par une BcnedÍIItion
solemnelle qu'il prononce
sur elles, la Mitre en teste:
Benedicatvos,&c. Ecenfuitc
ilfait lire par l'Archidiacre un
Anathême qui fulmine contre
ceux quivoudront troubler ces
Vieroges dans le Service divin.*
& dans la jouiffancc de leurs
biens:Automateomnipotentis
&c. Apres cela il continuë la
Mcffe, & le Choeur reprend à
WAMmaoxi l'on en estoie demeure.
A l'Offertoire les Vierges
consacrées vont à l'Offrande)
où elles prefentenc à l'Autel
les cierges qu'elles ont en
main, & baisent l'anneau du
PrcJat,enfuirc retournent dans
leurs places, pour se disposer
àla Communion.
Après que TEvêque a communié
,
les Vierges benites
s'approchent del'Autel &reçoivent
de sa main la communion
câpres qu'elles font retournées
dans leurs places,ellcs
chantent toutes ensemble
l'Antienne Mel gr lac, &c.
J'ay goûté le lait & le miel qui
fôrt de sa bouche,& son fang
a rougimes levres. Puis l Evêque
finie laMesse & donne à
la fin la benedlalon folemnellc
au peuple.
Enfuitcs'étant mis dans son
fauteuilles Vierges consacrées
allant encore à luy deux à
deux
,
qui leur presente le
Bréviaire sur lequel elles mettent
les deux mains pendant
qu'illeur dit :Aicisitelibrum:
Recevez ce Livre avec le pouvoir
de commencer au Choeur
lesHures Canoniales
,
&de
lire lOffice Divin dans l'Eglise,
aunomdu Ptre.,&C.
Puis l'Evêqueentonna le
Te Deum, quifut chanté par
la musique
, que le Prelat termina
par une Oraison.
La ceremonie ainsi achevée,
les Religieuses partirent dans
le moment pour s'enretourner
au Monastere conduites par
le Chanoine Officiant en chax
pe , avec la Croix devanr
PAbbcflcfaifanc , porter sa
Crosle devant elle,enCuire les
Vierges consacrées conduites
par le Maistre des ceremonies
cncha pe,quimarchoiràleur
têcc
, retournerenc pareillement
en Choeur & s'ariêtcrenc
a
à la porte, où elles fc tinrent à
genoux pour attendre l'Evêque
qui vint après ClIcs)la
Mureentefte, & sa Croflfc
marchant devant lui avec ses
Officiers & Assistans, jusqu'à
la porte du Choeur de l'Abbaye,
oùilsadressaàl'AbbeHc
parcesparoles: Videquomodo,
tftas confecratas Deo serves, cmc.
Prenez garde de bien conferver
pour Dieu ces Vierges qui
viennent de luy eftrc confacrées,
afin de les luy reprcfcnter
pures & sans tache,vous
souvenant que vous rendrez
compte d'elles au Tribunal de
leur Epoux qui fera voltre Juge;
puis l'Evêque s'en retourna
à 1 Eghfe de la Trinité pour
quitter fcs hi bits pontificaux,
en disant l' EvangileInpnneipto.
Cette augulte ccremonic
fut cxecutée de la plus belle
manière du monde, tant par
le Prelat qui fait toutes les
fonctions avec une grâce toute
parriculiere) que par les jeunes
Profcfîes consacréesqui
firent paroistre dans leur facrisice
une pieté& une modeftic
si édifiantes, que plusieurs des
afliltans en furent attendris
jusqu'à verser des larmes.
Il etoit une heure après midy,
quand la ceremonie suc
finie, il y eut un grand repas à
l'Abbaye, où plusieurs personnes
de diftmdtion furent conviées
, on y servit plusieurs
tables. Pour ce qui est de Madame
TAbbefTe
,
elle voulut
manger à latable des mariées,
où l'on servit en maigre auffibienqu'à
la Communauté dès
autres Religieuses.
- Le premier aâc d'obéïffancc
que les Vierges nouvellemontconsacrées
pratiquent c'eftde garder pendant neu,f
jours le silence que Madame
rAbbi. flc leur impose, &pendant
toutce tems là elles portent
continuellement leurs
couronnes sur la tête avec leurs
habits de cercmonie.
FaitparM.le Masson, Docteur
en Thcologic,Corrcdlcur
de l'Eglise de la Sainte Trinité
d'Angers.
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1043
p. 148
« Voicy un Sonnet qui vient à merveille à la suite de ce que [...] »
Début :
Voicy un Sonnet qui vient à merveille à la suite de ce que [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Voicy un Sonnet qui vient à merveille à la suite de ce que [...] »
Voicy un Sonnet qui vient
amerveille à la fuitede ce que
vous venez de lire. Il a cté fait
par MademoiÍèlle du Dreneuf
Padet sur la VtfturcdeMademoifellc
le Nain.
amerveille à la fuitede ce que
vous venez de lire. Il a cté fait
par MademoiÍèlle du Dreneuf
Padet sur la VtfturcdeMademoifellc
le Nain.
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1044
p. 149-150
SONNET.
Début :
Enfin voicy le jour, sage Iris, où ta foy [...]
Mots clefs :
Vesture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET.
SONNET.
Enfin voicy le jour Jfage Iris,
oùlaJoy
Va d'un nouveau prodige enrichir
ton Histoire ;
C'eflpeud'avoir quittéCalvin
pour nostre Loy,
Ta retraite du monde orne encor
ta viéloire.
Acbeveton dcjjeini ilejldigne
de toyJ
Eloigne pourjamais Damon de
ta memoire,
Vn autre que ton Dieu quand
même ilferott Roy,
# De régnersurtoncoeur merite-t il
la gloiref
Amant Jeflffcré suspend tes
déplaisirs,
Par de prophancs pleurs
J par
d'indignessoupirs,
Ne ternis pas l'éclat d'une si belle
ftfle?
Jesus cft ton rival
)
apprend
joiblc mortel
Que de luy disputeratte fainte
corisjueflc
,
Ce faoitl'attaquer jufcjues sur
Ion Autel.
Enfin voicy le jour Jfage Iris,
oùlaJoy
Va d'un nouveau prodige enrichir
ton Histoire ;
C'eflpeud'avoir quittéCalvin
pour nostre Loy,
Ta retraite du monde orne encor
ta viéloire.
Acbeveton dcjjeini ilejldigne
de toyJ
Eloigne pourjamais Damon de
ta memoire,
Vn autre que ton Dieu quand
même ilferott Roy,
# De régnersurtoncoeur merite-t il
la gloiref
Amant Jeflffcré suspend tes
déplaisirs,
Par de prophancs pleurs
J par
d'indignessoupirs,
Ne ternis pas l'éclat d'une si belle
ftfle?
Jesus cft ton rival
)
apprend
joiblc mortel
Que de luy disputeratte fainte
corisjueflc
,
Ce faoitl'attaquer jufcjues sur
Ion Autel.
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1045
p. 151
« A ce Sonnet j'ajoute une Fable qui est le coup d'essay [...] »
Début :
A ce Sonnet j'ajoute une Fable qui est le coup d'essay [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « A ce Sonnet j'ajoute une Fable qui est le coup d'essay [...] »
A ceSonnet j'ajoute une
Fable qui cft le coup d'essay
d'un jeune homme qui promet
beaucoup. CetteFable n'a aucun
rapport au^Sonnet, mais
qu'importe.
Fable qui cft le coup d'essay
d'un jeune homme qui promet
beaucoup. CetteFable n'a aucun
rapport au^Sonnet, mais
qu'importe.
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1046
p. 151-155
APOLLON INTERROMPU par l'Amour. FABLE.
Début :
En un Vallon, vray séjour du Printems, [...]
Mots clefs :
Apollon, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APOLLON INTERROMPU par l'Amour. FABLE.
APOLLON INTERROMPU
par l'Amour.
FABLE.
En un Vallon3<vrayféjoiir du
Printems,
Vient Apollonlas de courses lointaines;
Ases regardss'offrent bofJuets
rians,
Côteaux lfeuris
, "vers galons,
&fontaines;
S'offrent aujjileursHabitans
Jeunes , SzlvAins, Nymphesjolies;
Hôtes des bois formoient à qui
mieux mieux
Concerts mignons, & vives
symphonies;
Zephirs sy promenant comme en
leurs galeries,
c Faisoientregner fraîcheur en ces
beaux lieux.
D'objetssi variez^ admirantl'affdemblage
Nôtre Dieuflmblc être enchante.
Chaque coup. doeil a sa beauté3
Quefait le Sire. Ilveut,en - haut langage
Celebrer les bcautez, que nature
ajpmbia
Dans ce (éjour. Silencej levoila
Quifait parlersa lyre enchantercfje.
Or Philomele d'écouter,
Or blanche Nymphe defauter,
Et tous d'admirerson adreff,
Et de vanter ses accords pleinï
J'attraits.
C'ejlluy,cess ApoUon
,
dit l'un
venez l'entendre;
Il chante nos ruifJrauxJ & leursrivages
frais.
IVos innoccm piafin, enfin cet
Amour tendre
Qjdiponr demeure a pris nos an.
ires, nosforPfis.
Qjuls fons!prés de Sylvie ilpeint
theureux Titire
Mais (jutfi cecif quelsoudain
changementf
Phoebus se plaint, Phoebusfoupire,
De ses mains Rechape la lyre;
Il pArle. Alnour, du il
>
cruel
Tyran
,
Que tontfait ces Bergers? chez
eux pointd'inhumaine!
Tout est heureux Amant ?
Au moinssi tu ne veux soulager
mon tourment,
Enchangeant le cceur dt Climene,
Rend moy la liberté que me ravit
ta chaîne.
L'aveugleenfant fut sourd , Apollon détala.
Tout ainji que FortuneyAmour
ases capricesj
Afedorria quefaveurs>Roland
ria quefltpplicesï
,
BSaanndke.Atuu) non sfans ratfon
x
luy
metonfourcela.
par l'Amour.
FABLE.
En un Vallon3<vrayféjoiir du
Printems,
Vient Apollonlas de courses lointaines;
Ases regardss'offrent bofJuets
rians,
Côteaux lfeuris
, "vers galons,
&fontaines;
S'offrent aujjileursHabitans
Jeunes , SzlvAins, Nymphesjolies;
Hôtes des bois formoient à qui
mieux mieux
Concerts mignons, & vives
symphonies;
Zephirs sy promenant comme en
leurs galeries,
c Faisoientregner fraîcheur en ces
beaux lieux.
D'objetssi variez^ admirantl'affdemblage
Nôtre Dieuflmblc être enchante.
Chaque coup. doeil a sa beauté3
Quefait le Sire. Ilveut,en - haut langage
Celebrer les bcautez, que nature
ajpmbia
Dans ce (éjour. Silencej levoila
Quifait parlersa lyre enchantercfje.
Or Philomele d'écouter,
Or blanche Nymphe defauter,
Et tous d'admirerson adreff,
Et de vanter ses accords pleinï
J'attraits.
C'ejlluy,cess ApoUon
,
dit l'un
venez l'entendre;
Il chante nos ruifJrauxJ & leursrivages
frais.
IVos innoccm piafin, enfin cet
Amour tendre
Qjdiponr demeure a pris nos an.
ires, nosforPfis.
Qjuls fons!prés de Sylvie ilpeint
theureux Titire
Mais (jutfi cecif quelsoudain
changementf
Phoebus se plaint, Phoebusfoupire,
De ses mains Rechape la lyre;
Il pArle. Alnour, du il
>
cruel
Tyran
,
Que tontfait ces Bergers? chez
eux pointd'inhumaine!
Tout est heureux Amant ?
Au moinssi tu ne veux soulager
mon tourment,
Enchangeant le cceur dt Climene,
Rend moy la liberté que me ravit
ta chaîne.
L'aveugleenfant fut sourd , Apollon détala.
Tout ainji que FortuneyAmour
ases capricesj
Afedorria quefaveurs>Roland
ria quefltpplicesï
,
BSaanndke.Atuu) non sfans ratfon
x
luy
metonfourcela.
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1047
p. 155-156
« A cette Fable j'ajoûte la réponse à une Question qui a [...] »
Début :
A cette Fable j'ajoûte la réponse à une Question qui a [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « A cette Fable j'ajoûte la réponse à une Question qui a [...] »
A cette Fable j'ajoute la
réponse à une Qacftion quia
sans doute été mise sur le tapis
depuis qu'on parle & qu'on
-
cerit. M. de la Tour qui cftun
très gentil Chevalier5 plein
d'cfprit pourjon âge,& un des
plus distinguez Candidats de
cette fameu se Académie des
Hel iconides, dont je vous ay
fait (je ne sçay dans quel Mercure
) une deferiprion si magniaque,
cft 1)Auteur de cette
Réponse
,
& de plusieurs autres
beaux Ouvrages que mes
bons consuls & sa modeftic
suppriment.
réponse à une Qacftion quia
sans doute été mise sur le tapis
depuis qu'on parle & qu'on
-
cerit. M. de la Tour qui cftun
très gentil Chevalier5 plein
d'cfprit pourjon âge,& un des
plus distinguez Candidats de
cette fameu se Académie des
Hel iconides, dont je vous ay
fait (je ne sçay dans quel Mercure
) une deferiprion si magniaque,
cft 1)Auteur de cette
Réponse
,
& de plusieurs autres
beaux Ouvrages que mes
bons consuls & sa modeftic
suppriment.
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1048
p. 157-160
QUESTION. Lequel on devroit choisir, ou d'écrire bien & parler mal, ou de parler bien & écrire mal.
Début :
On peut écrivant bien, même aprés le trepas, [...]
Mots clefs :
Écrire, Parler
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : QUESTION. Lequel on devroit choisir, ou d'écrire bien & parler mal, ou de parler bien & écrire mal.
QJJEST ION.
Lequel on devroic choisir)OU
d'écrire bien&parler tuai,
oude parler bien & écrire
mal.
On peut tcrillant bien,même
aprèsletrepas
3 Vivre encor longtems dans l'histoire
3
, Et consacrer à la memoire
Les talens qui dans nous brille-
.11 rent ici bas. -
Sans lesecours heureux d'une
plume celebre,
Les plus redoutables Guerriers
Verroient leur nom gr leurs lall"
rIers
S'enterrer avec eux dans leur
pompe funebre.
Par elle un trifle Amantfiait
diminuer l'ennuy
Que luy cause une longue absence,
Et par elle on sçait ce que pense
Dans un climat lointain notre
plus cher amy.
QtSoppofe la parole a tous ces
avantages
Qiunvain ornement du difêours,
Qui Çowv<.ntparmille détours
Pour une injuste cause emporte
les f'ff'aZts»
Ce n'est qu'unfauxbrillant,
un éclatfcdufrur
Que nous tenons de la naijjancc
Qui ne Jert que pour l'apparence,,
Et qui presque toujours accompagne
un menteur.
Le don de la parole en foymê.,
me bborné
Me peut prétendredeparoiflre
Que dans le lieu qui le 'IlÚ naître
, Et des autres mortels il demeure
tgnure,-.
Mais quiconque écritbien 4 le
fortplusproprice,
Ses Ouvrages passin-t les Mers,
Et font connoistre a l'Univers
0iau sçavoir en tous lieux il
faut rendre justice. -
Je le dcclAre donc ayxnt afaire
unchoix,
J'aime mieuxfaireq'tedire,
Etje trouve que bien écrire,
Doit chez tous les Sfav.tns ejlre
d'un plus grand poids.
Lequel on devroic choisir)OU
d'écrire bien&parler tuai,
oude parler bien & écrire
mal.
On peut tcrillant bien,même
aprèsletrepas
3 Vivre encor longtems dans l'histoire
3
, Et consacrer à la memoire
Les talens qui dans nous brille-
.11 rent ici bas. -
Sans lesecours heureux d'une
plume celebre,
Les plus redoutables Guerriers
Verroient leur nom gr leurs lall"
rIers
S'enterrer avec eux dans leur
pompe funebre.
Par elle un trifle Amantfiait
diminuer l'ennuy
Que luy cause une longue absence,
Et par elle on sçait ce que pense
Dans un climat lointain notre
plus cher amy.
QtSoppofe la parole a tous ces
avantages
Qiunvain ornement du difêours,
Qui Çowv<.ntparmille détours
Pour une injuste cause emporte
les f'ff'aZts»
Ce n'est qu'unfauxbrillant,
un éclatfcdufrur
Que nous tenons de la naijjancc
Qui ne Jert que pour l'apparence,,
Et qui presque toujours accompagne
un menteur.
Le don de la parole en foymê.,
me bborné
Me peut prétendredeparoiflre
Que dans le lieu qui le 'IlÚ naître
, Et des autres mortels il demeure
tgnure,-.
Mais quiconque écritbien 4 le
fortplusproprice,
Ses Ouvrages passin-t les Mers,
Et font connoistre a l'Univers
0iau sçavoir en tous lieux il
faut rendre justice. -
Je le dcclAre donc ayxnt afaire
unchoix,
J'aime mieuxfaireq'tedire,
Etje trouve que bien écrire,
Doit chez tous les Sfav.tns ejlre
d'un plus grand poids.
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1049
p. 160
« L'Auteur de ladite Réponse a encore enfanté le Sonnet suivant [...] »
Début :
L'Auteur de ladite Réponse a encore enfanté le Sonnet suivant [...]
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texteReconnaissance textuelle : « L'Auteur de ladite Réponse a encore enfanté le Sonnet suivant [...] »
L'Auteur de ladite Réponse a encore enfanté le Sonnet suivant
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1050
p. 161-162
SONNET. Bouts-rimez sur l'Etablissement de l'Académie des Heliconides.
Début :
Se vante qui voudra d'une illustre . . origine, [...]
Mots clefs :
Académie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET. Bouts-rimez sur l'Etablissement de l'Académie des Heliconides.
SONNET.
Bouts-rimez sur rEcablifTemenc
de l'Académie des Heliconides.
Se vante qui voudra d'une illujlre
origine,
Pour moy je ne. voudrois que les
donsde Phoebus, Jeméprise Bacchus & je crains
les abus
Des dejirs que fait naître une beauté
3
divine.
-- -
-
Vous qui toujours ajjis sur la
double Coline,
Enfans de TeleJJlle, évitez, les
rebus
ELt ne faites jamais ouvrages de bibus
De mon ejjrit leflntrcmonttz lltmachine.
Vous formez dans ces lieuxun
nouvel Helicon.,
Ou vous ne recevet ni l'ami du
Flacon
Ni celui que retient l'indolente
parcflfc*
Inflmitsfarlesneuffoeursdans -
leurdoÛe mérier
Du Pinde vous sçavez, jusquau
moindre sentier
Et vous faitesrevivre icy l'an- cienne, Grece.
Bouts-rimez sur rEcablifTemenc
de l'Académie des Heliconides.
Se vante qui voudra d'une illujlre
origine,
Pour moy je ne. voudrois que les
donsde Phoebus, Jeméprise Bacchus & je crains
les abus
Des dejirs que fait naître une beauté
3
divine.
-- -
-
Vous qui toujours ajjis sur la
double Coline,
Enfans de TeleJJlle, évitez, les
rebus
ELt ne faites jamais ouvrages de bibus
De mon ejjrit leflntrcmonttz lltmachine.
Vous formez dans ces lieuxun
nouvel Helicon.,
Ou vous ne recevet ni l'ami du
Flacon
Ni celui que retient l'indolente
parcflfc*
Inflmitsfarlesneuffoeursdans -
leurdoÛe mérier
Du Pinde vous sçavez, jusquau
moindre sentier
Et vous faitesrevivre icy l'an- cienne, Grece.
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