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2201
p. 177-179
« Le 27. les Députez des Etats de Bretagne, eurent Audience publique du [...] »
Début :
Le 27. les Députez des Etats de Bretagne, eurent Audience publique du [...]
Mots clefs :
Députés des États de Bretagne, Audience publique, Église de Notre-Dame de Paris, Décoration, Chapitre, Tableaux, Neffe
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texteReconnaissance textuelle : « Le 27. les Députez des Etats de Bretagne, eurent Audience publique du [...] »
Le 27. les Députez des Etats de Breeurent Audience publique du
Roy, étant présentez par le Comte de Toulouse , Gouverneur de la Province ,
et par le Comte de S. Florentin , Secretaire d'Etat , et conduits par le Grand- Maître et le Maître des Ceremonies ; la
Députation étoit composée de l'Evêque
de S. Pol de Leon , pour le Clergé qui
porta la parole , du Comte de Kercado
pour la Noblesse , du Senechal du Quimper pour le Tiers Etat , et du Pré ident
de Bedé , Syndic de la Province. Ces Députez furent ensuite conduits à l'Audiance de la Reine, et à celles de Monseigneur
le Dauphin , de Monseigneur le Duc
d'Anjou et de Mesdames de France.
Il n'y a pas lieu d'être surpris de tous
les embellissemens qui se sont faits depuis un temps et qui se font encore dans
la celebre Eglise de Notre- Dame de Paris.
Son illustre Chapitre a toûjours eu grande attention sur ce qui regarde le culte
de Dieu , dans lequl est toujours renfermée la Décoration et la magnificence
de son Temple.
I C'est
178 MERCURE DE FRANCE
et
C'est à quoi il semble que ce Chapitre
se soit encore appliqué plus particulierement depuis un temps. Les soins et les
attentions des Abbez de la Croix , de
Fleury et de Cotte , Chanoines , et Intendans du Trésor et de la Fabrique ,
n'ont pas peu contribué à de si nobles er
de si pieuses entreprises ; et le bonheur a
voulu qu'ils ayent heureusement rencontré dans l'Abbé Colin' , Trésorier de cette
Eglise , une personne plus propre à rencherir sur leur zele , qu'à le diminuer.
Son ardeur pour tout ce qui regarde l'Eglise et sa décoration , est sans exemple
ainsi que sa vigilance et son activité.
La derniere réparation qu'on vient de
faire et qui a le plus frappé les yeux du
Public et des Curieux , est le nettoyementet la restauration de tousles Tableaux
de la Nef, qui , quoique des plus grands
Maîtres, avoient été de longue main aban.
donnez aux insultes du temps et de la
poussiere ; l'on n'y reconnoissoit plus.
rien, la plus grande partie pleins de troux
et tout écaillez. Il falloit une main legere
sçavante et habile pour les nettoyer sans
alteration et les repeindre sans qu'il y
parût, et ce fut pour cela que le sieur
Grégoire, jeune homme , Eleve de M.Reitout, neveu da celebre Jean Jouvenet
£us
JANVIER 1732. 179
1
1
fut choisi ; il s'en est acquitté si bien et
avec tant de prudence , qu'il a rendu à
tous ces Tableaux leur premier lustre et
leur ancien éclat , sans avoir rien alteré
des endroits mêmes les plus délicats. Il a
eû aussi la satisfaction de se voir applaudi , non-seulement du Public , mais même de M. Boulogne , premier Peintre du
Roy et Directeur de l'Académie , &c.
Un si, heureux succès fait esperer que
le sieur Grégoire ne se tirera pas moins
heureusement des Tableaux de la Croisée
de la même Eglise, qui sont, la plus grande partie , d'un prix infini.
Roy, étant présentez par le Comte de Toulouse , Gouverneur de la Province ,
et par le Comte de S. Florentin , Secretaire d'Etat , et conduits par le Grand- Maître et le Maître des Ceremonies ; la
Députation étoit composée de l'Evêque
de S. Pol de Leon , pour le Clergé qui
porta la parole , du Comte de Kercado
pour la Noblesse , du Senechal du Quimper pour le Tiers Etat , et du Pré ident
de Bedé , Syndic de la Province. Ces Députez furent ensuite conduits à l'Audiance de la Reine, et à celles de Monseigneur
le Dauphin , de Monseigneur le Duc
d'Anjou et de Mesdames de France.
Il n'y a pas lieu d'être surpris de tous
les embellissemens qui se sont faits depuis un temps et qui se font encore dans
la celebre Eglise de Notre- Dame de Paris.
Son illustre Chapitre a toûjours eu grande attention sur ce qui regarde le culte
de Dieu , dans lequl est toujours renfermée la Décoration et la magnificence
de son Temple.
I C'est
178 MERCURE DE FRANCE
et
C'est à quoi il semble que ce Chapitre
se soit encore appliqué plus particulierement depuis un temps. Les soins et les
attentions des Abbez de la Croix , de
Fleury et de Cotte , Chanoines , et Intendans du Trésor et de la Fabrique ,
n'ont pas peu contribué à de si nobles er
de si pieuses entreprises ; et le bonheur a
voulu qu'ils ayent heureusement rencontré dans l'Abbé Colin' , Trésorier de cette
Eglise , une personne plus propre à rencherir sur leur zele , qu'à le diminuer.
Son ardeur pour tout ce qui regarde l'Eglise et sa décoration , est sans exemple
ainsi que sa vigilance et son activité.
La derniere réparation qu'on vient de
faire et qui a le plus frappé les yeux du
Public et des Curieux , est le nettoyementet la restauration de tousles Tableaux
de la Nef, qui , quoique des plus grands
Maîtres, avoient été de longue main aban.
donnez aux insultes du temps et de la
poussiere ; l'on n'y reconnoissoit plus.
rien, la plus grande partie pleins de troux
et tout écaillez. Il falloit une main legere
sçavante et habile pour les nettoyer sans
alteration et les repeindre sans qu'il y
parût, et ce fut pour cela que le sieur
Grégoire, jeune homme , Eleve de M.Reitout, neveu da celebre Jean Jouvenet
£us
JANVIER 1732. 179
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fut choisi ; il s'en est acquitté si bien et
avec tant de prudence , qu'il a rendu à
tous ces Tableaux leur premier lustre et
leur ancien éclat , sans avoir rien alteré
des endroits mêmes les plus délicats. Il a
eû aussi la satisfaction de se voir applaudi , non-seulement du Public , mais même de M. Boulogne , premier Peintre du
Roy et Directeur de l'Académie , &c.
Un si, heureux succès fait esperer que
le sieur Grégoire ne se tirera pas moins
heureusement des Tableaux de la Croisée
de la même Eglise, qui sont, la plus grande partie , d'un prix infini.
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Résumé : « Le 27. les Députez des Etats de Bretagne, eurent Audience publique du [...] »
Le 27 janvier 1732, les députés des États de Bretagne furent reçus en audience publique par le roi, en présence du comte de Toulouse et du comte de Saint-Florentin. La délégation comprenait l'évêque de Saint-Pol-de-Léon pour le clergé, le comte de Kercado pour la noblesse, le sénéchal de Quimper pour le tiers état, et le président de Bédé, syndic de la province. Ils rencontrèrent également la reine, le dauphin, le duc d'Anjou et Mesdames de France. Le texte évoque par ailleurs les travaux récents et en cours dans l'église Notre-Dame de Paris. Le chapitre de cette église a toujours accordé une grande importance au culte divin, à la décoration et à la magnificence du temple. Les abbés de la Croix, Fleury, Cotte et Colin, trésorier, ont particulièrement contribué à ces entreprises. La dernière réparation notable fut la restauration des tableaux de la nef par le sieur Grégoire, élève de M. Reitout et neveu de Jean Jouvenet. Grégoire a restauré les tableaux avec prudence, leur rendant leur lustre initial sans les altérer. Son travail a été salué par le public et par M. Boulogne, premier peintre du roi et directeur de l'Académie. Une restauration similaire est attendue pour les tableaux de la croisée de l'église.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2202
p. 179-180
BENEFICES DONNEZ par le Roy.
Début :
L'Evêché de Mâcon, à l'Abbé de Valras, Agent [...]
Mots clefs :
Bénéfices, Dons, Abbayes
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texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ par le Roy.
ENEFICES DONNEZ
par le Roy.
'Evêché de Mâcon , à l'Abbé de ValLEras , Agent du Clergé.
L'Abbaye de S. Vincent de Laon
l'Evêque d'Arras.
Celle de S. Julien de Dijon , Ordre de
S. Benoît , vacante par la démission de
la Dame de Bussy-Rabutin , à la Dame
de Langhac , Prieure de l'Abbaye de
Praslon.
Celle de Preaux , même Ordre , Diocèse de Lizieux , à la Dame de Brancas.
Celle de Montsor d'Alençon , même
Iij Ordre
180 MERCURE DE FRANCE
Ordre , à la Dame de Chateaurenault.
Le Prieuré de S. Pancras de Fontaine ,
Diocèse de Besançon , à M. Franchet
Chanoine de l'Eglise Métropolitaine de
la même Ville.
Le Prieuré de Vausse , Ordre du Valdes- Choux , Diocèse de Langres , à M. Pẹ
titbenoist , Chanoine de Besançon.
par le Roy.
'Evêché de Mâcon , à l'Abbé de ValLEras , Agent du Clergé.
L'Abbaye de S. Vincent de Laon
l'Evêque d'Arras.
Celle de S. Julien de Dijon , Ordre de
S. Benoît , vacante par la démission de
la Dame de Bussy-Rabutin , à la Dame
de Langhac , Prieure de l'Abbaye de
Praslon.
Celle de Preaux , même Ordre , Diocèse de Lizieux , à la Dame de Brancas.
Celle de Montsor d'Alençon , même
Iij Ordre
180 MERCURE DE FRANCE
Ordre , à la Dame de Chateaurenault.
Le Prieuré de S. Pancras de Fontaine ,
Diocèse de Besançon , à M. Franchet
Chanoine de l'Eglise Métropolitaine de
la même Ville.
Le Prieuré de Vausse , Ordre du Valdes- Choux , Diocèse de Langres , à M. Pẹ
titbenoist , Chanoine de Besançon.
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Résumé : BENEFICES DONNEZ par le Roy.
Le roi attribue divers bénéfices ecclésiastiques. L'évêché de Mâcon accorde un bénéfice à l'abbé de Val-Leras. Plusieurs abbayes et prieurés changent de titulaires, notamment Saint-Vincent de Laon, Saint-Julien de Dijon, Preaux, Montsor d'Alençon, Saint-Pancras de Fontaine et Vausse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2203
p. 180-191
LETTRE sur le Passage de Don Carlos par la Provence.
Début :
L'Infant entra en Provence le 5. Decembre dernier, et [...]
Mots clefs :
Infant, Don Carlos, Provence, Officiers, Dîner, Monsieur le Bret, Portrait
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE sur le Passage de Don Carlos par la Provence.
LETTRE sur le Passage de Don Carlos
par la Provence.
'Infant entra en Provence le 5 Decembre dernier , et se rendit de Nismes à
Tarascon en traversant le Rhône sur le
Pont de Beaucaite.
M.le Brer , Conseiller d'Etat , Premier
Presi-
JANVIER. 1732. 181
President du Parlement d'Aix , Intendant et Commandant en chef de la Pro
vince , s'y étoit rendu deux jours auparavant avec un détachement de la Compagnie des Gardes du Gouverneur de la
Province , et un détachement de la Maréchaussée , commandé par M. d'Escra
gnolle , Prévôt Général. Le Marquis de
Graveson , et MM. Pazery de Thoraine,
Assesseur , et de Thomassin de la Garde
Consuls d'Aix , Procureurs du pays ou
Syndics Généraux de la Province, accom "
pagnez du Trésorier des Etats , de l'Ingenieur et des autres Officiers de la Province , avoient suivi M. l'Intendant sui
vant l'usage.
M. le Bret et les Procureurs du Pays
accompagnez du Comte de Marignane ,
Lieutenant General des Armées du Roi et
de 200 Gentilhommes ou Officiers des
premieres Maisons de la Province
n'ayant pu recevoir S. A. R. à la descente du Pont,à cause d'une grande pluie , se
rendirent à l'Hôtel qui avoit été préparé
pour le logement du Prince , et eurent
l'honneur de le recevoir à la porte, et de
lui présenter les respects de la Province;
M. Pazery de Thoraine, Assesseur, en chaperon, ainsi que ses Collegues , lui adressa
un Discours au nom de la Province , qui
fut très aplaudi.
I iiij Les
182 MERCURE DE FRANCE
Les Consuls de Tarascon en chaperon ,
à la tête des Gentilhommes et des Bourgeois de cette Ville , avoient déja eu
l'honneur de recevoir et de haranguer le
Prince à la Porte de la Ville qui étoit ornée d'un Arc de Triomphe , le Prince fut
salué en y entrant par une triple salve de
Boëtes qui avoient été placées sur les remparts , et passa au milieu d'une double haye de Milice Bourgeoise fort leste.
S. A. R. reçut après son dîner les respects du Chapitre Royal de sainte Marthe, fondé par le Roi Louis XI. M. l'Abbé de Fenelon qui en est le Doyen porta la parole ; le Corps de Ville eut aussi le même honneur.
M. Buon del Monti , Florentin, ViceLegat d'Avignon, qui s'étoit rendu à Tarascon avec tous les Officiers de la Legation et une nombreuse suite , eut aussi
l'honneur de saluer l'Infant qui le reçut
très gracieusement.
Le 6 S. A. R. arriva à Salon et logea
dans le Château qui appartient à l'Arche
vêque d'Arles qui l'avoit fait meubler
magnifiquement. Il y eut séjour à Salon
le 7 et le 8 , le Prince arriva à Aix le 9
à deux heures après midy.
Les Consuls haranguerent le Prince à
la Porte de la Ville où il y avoit une Garde
JANVIER. 17321 182
de bourgeoise sous les armes ; de- là , Dom
Carlos se rendit en la Maison de M. Maurel , l'une des plus belles du Cours , où il
devoit loger ; il y eut une autre Garde à
la porte composée de 150 hommes du Regiment de Flandres, commandés par deux
Capitaines avec un Drapeau , le reste des
neuf Compagnies étoient en bataille de
vant l'Hôtel du Prince ; toutes les Mai
sons du Cours étoient ornées en dehors
de Tapisseries , ce qui formoit un coupd'eil magnifique.
M. le Bret , à la tête de la Noblesse de
la Ville , reçut le Prince à la descente du
Carosse, et lui donna là main pour mon
ter dans son Appartement.
Après le diner , l'Infant s'amusa à tirer
des Lapins et des Pigeons qu'on avoit fait
mettre dans le Jardin.
Sur les cinq heures, les Députez du Par
lement , au nombre de 38 , ayant à leur
tête le Premier President , six autres Presidents , deux Avocats Generaux et 30
Conseillers,eurent l'honneur de haranguer
le Prince , M. le Bret portant la paroles
la Chambre des Comptes , Aydes et Finances , M. Albertas Premier President à
la tête , les Trésoriers de France , l'Université et la Senechaussée eurent aussi le
même honneur , ainsi que l'Archevêque
I iiij d'Aix
184 MERCURE DE FRANCE
d'Aix à la tête du Chapitre de l'Eglise
Metropolitaine de S. Sauveur , sa harangue fut fort pathetique, et il n'oublia pas
les graces quela Maison de Brancas a reçues duRoi d'Espagne , tous ces differens
Corps furent présentez au Prince par M.
Desgranges, Maître des Ceremonies , qui
presenta aussi au Prince et au Comte de
Sant-Estevan les Présens de la Ville &c.
Le soir il y eut des feux de joie devant
les portes de toutes les Maisons de la Ville et des illuminations aux fenêtres , cequi avoit été ordonné par le Parlement.
Le neufle Prince arriva à S. Maximin,
et logea dans le Monastere des Religieux
Dominiquains Réformez.
Le ro à Brignolle où S. A. R. fut obligée de rester à cause des neges , elle y reçut les complimens de la Ville, de la Se
nechaussée &c.
Le 11 le Prince arriva au Luc , et logea
au Château du Comte du Luc , Chevalierdes Ordres du Roi qui l'avoit fait meubler magnifiquement , tous les Officiers
et Seigneurs de sa suite y furent logez
aussi,et trouverent dans une belle Maison
toutes les commoditez possibles ; ce Prince y séjourna le 12, 13 et 14 , à cause des
pluyes et des neges qui avoient inondé
la plaine.
L.
JANVIER 1732.
189
Le 15 , le Prince alla dîner au Muy où
le Seigneur de ce lieu avoit fait préparer
uneAlte aussi splendide que délicate,pour
S. A. R. et pour sa suite. Le Marquis du
Muyaprès avoir fait les honneurs de chez
lui , alla lui- même reconnoître les chemins extrêmement remplis par les pluyes,
et sur son raport l'Infant continua sa route , et arriva le soir à Frejus ; il fut recu
à la porte de la Ville par les Consuls ,
avec les ceremonies ordinaires, et logea à
l'Evêché.
Le 16 S. A. R. arriva à Cannes et logea chez M. de Rioufe , Chevalier de
f'Ordre de S. Michel et Subdelegué de
l'Intendant de Provence , il y eut une
garde de jeunes gens fort lestement vétus
à la porte du Prince ; il y eut aussi une
danse de Matelots à la manière du pays
qui divertit Beaucoup le Prince. Il soupa
dans son lit à cause d'une indisposition
de rhume. ·
Le 17, le Chevalier d'Orleans arrivá
à Cannes , et se rendit chez le Prince ,
accompagné du Comte de Sant- Estevan ,
de M. le Brét et de M. Desgranges , il fit
un compliment au Prince de la part du
Roi auquel S. A. R. parut fort sensible.
L'Infant partit le même jour de Cannés et arriva à Antibes à midy , il fut Iv salué
186 MERCURE DE FRANCE
salué en passant devant les Isles sainte
Marguerite de tout le canon de cette Citadelle.
M. de Montesquiou Commandant ,
accompagné de l'Etat Major , reçut le
Prince à la Porte Royale , au bruit de
toute l'Artillerie de la Place , des Forts ,
et des neuf Galeres qui étoient dans le
Port, le Regiment de Luxembourg étoit
en haye depuis la porte de la Ville jusqu'au Château où logea le Prince , il y
avoit aussi une Garde de 150 hommes du
même Regiment avec un Drapeau.
Le Grand-Prieur , les Procureurs du
pays , M. le Bret , M. Desgranges , l'Etat
Major de la Place et la Noblesse du pays
reçurent le Prince à la porte du Château,
et l'accompagnerent dans son Apparte
ment. S. A. R. y trouva Don Miguel
Reggio , Sicilien , Chevalier de Malthe
Commandant les six Galeres d'Espagne
avec tous les autres Officiers des Galeres,
tous en habits uniformes de drap bleu
galonés d'or , M. de Marescotti , Commandeur des trois Galeres du Grand Duc
avec tous les Officiers et plusieurs autres
Seigneurs Florentins , dont la plûpart
étoient revétus de l'Ordre de S. Etienne,
en habits uniformes de drap écarlate galonés d'argent , et M. de Chateaufort ,
Ma-
.JANVIER. 1732 187
Maréchal de Camp des Armées du Roi
d'Espagne , avec le Commandant d'une
Frégate Espagnole qui étoit dans le Port
d'Antibes. Tous ces Seigneurs et Officiers
Espagnols et Italiens eurent l'honneur de
baiser la main au Prince. M. le Bret présenta ensuite à S. A. R. tous les Officiers
de la Garnison.
Le Prince fut fort incommodé d'un thume les premiers jours qu'il séjourna à
Antibes , et fut obligé de rester au lit
pendant trois jours , ce qui l'empêcha de
prendre le divertissement qu'on lui avoit
préparé. S. A. R. reçut des mains du
Grand Prieur une Epée enrichie de diamans que le Roi envoyoit au: Prince
comme un nouveâu gage de son amitié ;
l'Infant la reçut avec de grandes démonstrations de joie , il a gardé cette Epée pendant deux jours entiers aux pieds'
de son lit , pour la faire voir à tous les
Seigneurs et Officiers qui venoient lui
faire leur Cour.
Pendant le séjour d'Antibes , le Général
des Galeres Espagnoles donna sur la Réale un splendide dîner à M. le GrandPrieur , aux principaux Seigneurs François , Espagnols et Italiens qui se trouvoient à la suite du Prince ; M. le Breg
ne put pas se trouver à ce repas , étant
I vj oblige
188 MERCURE DE FRANCE
obligé de faire les honneurs de la table
qu'il a tenue à Antibes pour les autres Sei-,
gneurs qui y étoient Les santés de leurs,
Majestés très Chrétienne et Catholique ,,
de S. A. R , du Grand- Prieur , des Commandans , &c. furent célébré, s au bruic
du Canon , et pendant tout le repas il y
eut Concert d'Instrumens.
3.
Le Comte de San Severino , Envoyé
de Parme à la Cour de France , se rendit
aussi à Antibes pour faire sa cour à son
nouveau Souverain ; enfin cette Ville a
toûjours été remplie d'une infinité d'Etrangers et de toute la Noblesse de la
Province qui n'a rien oublié pourtémoigner le plaisir qu'elle avoit de voir et de
faire sa cour à un Prince issu du sang de ses Maîtres.
La Princesse de Monaco envoya aussi
un de ses Gentilhommes pour compli
menter le Prince.
Le 23 , S. A. R. s'embarqua sur la
Réale , à dix heures du matin , cette Galere étoit richement ornée , et tous les
Forçats en habits neufs.
Le Grand- Prieur , M.le Bret , M. Desgranges , les Procureurs du Pays , le
Marquis de Montesquiou , Commandant
de la Place , l'Etat Major , le Marquis de
Brancas Ceireste , fils de M. de Brancas ,
Grand
JANVIER. 1732. 189
$
Grand d'Espagne et Lieutenant General
de la Province qui sert dans la Marine et
qui s'étoit rendu à la suite du Prince pour
lui faire sa Cour , et enfin un nombre infini de Gentilhommes et d'Officiers François , se trouverent sur le Quay du Port
et à bord de la Galere pour recevoir le
Prince , et pour lui souhaiter un heureux
voyage , et lui témoigner en même tems
leurs regrets et leurs inquiétudes à cause
de la rigueur de la saison. La Garnison for
moit une double haye depuis le Château
jusqu'à la Porte Marine. Le Prince fut
salué en y passant de toute l'Artillerie de
la Ville et des Förts , et en entrant dans
la Gale e , par le canon de neuf Galeres.
S. A. R. entra d'abord dans la Chambre
de poupe pour écrire avant son départ au
Roy et à la Reine d'Espagne.
Malgré les tems affreux qui ont régné
en Provence pendant la route du Prince ,
M. le Bret dont le zele pour le service du
Roi est connudepuis longtems, avoit don
né de si bons ordres que tout ce qui étoit
necessaire pour la subsistance et les com
moditez de la vie, s'est trouvé par tout en
abondance; toutela suite et les équipages
nombreux du Prince ont été commodé
ment logez , les chemins avoient été réparez autant que la saison et le peu de
tems
rgo MERCURE DE FRANCE
tems qu'on a eu pour y travailler , l'ont
pu permettre ; plus de mille Ouvriers y
ont été employez , et travailloient nuit
et jour sous les ordres de Messieurs les
Procureurs du Pays et du sieur Vallon ,
Ingenieur de la Province , lesquels n'ont
rien oublié pour donner des marques de leur zele et de leur attachement : enfin
toute la Provence a témoigné tant de
zele et d'attachement , qu'elle ne s'est
point démentie de l'amour et de la fidélité qu'elle a toûjours porté à l'Auguste
Sang de BOURBON.
Onpeut ajouter ici avec raison que M.
le Bret a toujours fait sa cour au Prince,
avec une assiduité sans égale , et qu'il est
allé au- devant de tout ce qui pouvoit lui
être agreable , qu'il a eu chez lui pendant
tout le tems que ce Prince a voyagé ou
resté danssonDépartement, deux grandes
tables et quelquefois trois , le matin et le
soir , servies avec autant de profusion que
de délicatesse, où les Seigneurs Espagnols
et Italiens ont toujours mangé. Ce Magistrat s'étant aperçu que l'Infant aimoit
beaucoup les Ortholans qui sont d'un gout exquis en Provence , il a eu soin de lui en
fournir pendant tout le tems qu'il y aresté
malgré la rareté de ces oiseaux dans cette
saison. Ainsi le Prince et le Comte de San
Estevan
JANVIER. 17327 198
Estevan et tous les Seigneurs dela suite fui
ont donné en partant les marques les plus
flateuses de leur satisfaction et de leur estime. M. le Bret ayant enfin témoigné à
S. A. R. l'inquietude que son Rhume lui
causoit , elle eut la bonte de lui répondre
qu'elle n'avoit point pris ce Rhume dans
sa Province.
Ce Prince avoit donné des marques de
sa liberalité avant son départ. Il a fait present de son portrait enrichi de diamans
au Grand- Prieur, à M.le Bret d'un diamant
de prix , et à M. Desgranges un diamant
et une montre d'or d'un travail exquis. Il
a fait aussi donner une gratification à la
Maréchaussée qui avoit escorté sesEquipages et le Trésor On a appris ce que Prince
après avoir été obligé de relâcher à Monaco à cause du mauvais tems , en repartit le 25. et est heureusement arrivé à Livourne. On ajoute que ce Prince a essuyé
Ia tempête avec une grande fermeté. Il
est d'uncaractere le plus aimable et le plus
égal , d'une humeur fort enjouée , extremementvifet avectout l'esprit du monde.
par la Provence.
'Infant entra en Provence le 5 Decembre dernier , et se rendit de Nismes à
Tarascon en traversant le Rhône sur le
Pont de Beaucaite.
M.le Brer , Conseiller d'Etat , Premier
Presi-
JANVIER. 1732. 181
President du Parlement d'Aix , Intendant et Commandant en chef de la Pro
vince , s'y étoit rendu deux jours auparavant avec un détachement de la Compagnie des Gardes du Gouverneur de la
Province , et un détachement de la Maréchaussée , commandé par M. d'Escra
gnolle , Prévôt Général. Le Marquis de
Graveson , et MM. Pazery de Thoraine,
Assesseur , et de Thomassin de la Garde
Consuls d'Aix , Procureurs du pays ou
Syndics Généraux de la Province, accom "
pagnez du Trésorier des Etats , de l'Ingenieur et des autres Officiers de la Province , avoient suivi M. l'Intendant sui
vant l'usage.
M. le Bret et les Procureurs du Pays
accompagnez du Comte de Marignane ,
Lieutenant General des Armées du Roi et
de 200 Gentilhommes ou Officiers des
premieres Maisons de la Province
n'ayant pu recevoir S. A. R. à la descente du Pont,à cause d'une grande pluie , se
rendirent à l'Hôtel qui avoit été préparé
pour le logement du Prince , et eurent
l'honneur de le recevoir à la porte, et de
lui présenter les respects de la Province;
M. Pazery de Thoraine, Assesseur, en chaperon, ainsi que ses Collegues , lui adressa
un Discours au nom de la Province , qui
fut très aplaudi.
I iiij Les
182 MERCURE DE FRANCE
Les Consuls de Tarascon en chaperon ,
à la tête des Gentilhommes et des Bourgeois de cette Ville , avoient déja eu
l'honneur de recevoir et de haranguer le
Prince à la Porte de la Ville qui étoit ornée d'un Arc de Triomphe , le Prince fut
salué en y entrant par une triple salve de
Boëtes qui avoient été placées sur les remparts , et passa au milieu d'une double haye de Milice Bourgeoise fort leste.
S. A. R. reçut après son dîner les respects du Chapitre Royal de sainte Marthe, fondé par le Roi Louis XI. M. l'Abbé de Fenelon qui en est le Doyen porta la parole ; le Corps de Ville eut aussi le même honneur.
M. Buon del Monti , Florentin, ViceLegat d'Avignon, qui s'étoit rendu à Tarascon avec tous les Officiers de la Legation et une nombreuse suite , eut aussi
l'honneur de saluer l'Infant qui le reçut
très gracieusement.
Le 6 S. A. R. arriva à Salon et logea
dans le Château qui appartient à l'Arche
vêque d'Arles qui l'avoit fait meubler
magnifiquement. Il y eut séjour à Salon
le 7 et le 8 , le Prince arriva à Aix le 9
à deux heures après midy.
Les Consuls haranguerent le Prince à
la Porte de la Ville où il y avoit une Garde
JANVIER. 17321 182
de bourgeoise sous les armes ; de- là , Dom
Carlos se rendit en la Maison de M. Maurel , l'une des plus belles du Cours , où il
devoit loger ; il y eut une autre Garde à
la porte composée de 150 hommes du Regiment de Flandres, commandés par deux
Capitaines avec un Drapeau , le reste des
neuf Compagnies étoient en bataille de
vant l'Hôtel du Prince ; toutes les Mai
sons du Cours étoient ornées en dehors
de Tapisseries , ce qui formoit un coupd'eil magnifique.
M. le Bret , à la tête de la Noblesse de
la Ville , reçut le Prince à la descente du
Carosse, et lui donna là main pour mon
ter dans son Appartement.
Après le diner , l'Infant s'amusa à tirer
des Lapins et des Pigeons qu'on avoit fait
mettre dans le Jardin.
Sur les cinq heures, les Députez du Par
lement , au nombre de 38 , ayant à leur
tête le Premier President , six autres Presidents , deux Avocats Generaux et 30
Conseillers,eurent l'honneur de haranguer
le Prince , M. le Bret portant la paroles
la Chambre des Comptes , Aydes et Finances , M. Albertas Premier President à
la tête , les Trésoriers de France , l'Université et la Senechaussée eurent aussi le
même honneur , ainsi que l'Archevêque
I iiij d'Aix
184 MERCURE DE FRANCE
d'Aix à la tête du Chapitre de l'Eglise
Metropolitaine de S. Sauveur , sa harangue fut fort pathetique, et il n'oublia pas
les graces quela Maison de Brancas a reçues duRoi d'Espagne , tous ces differens
Corps furent présentez au Prince par M.
Desgranges, Maître des Ceremonies , qui
presenta aussi au Prince et au Comte de
Sant-Estevan les Présens de la Ville &c.
Le soir il y eut des feux de joie devant
les portes de toutes les Maisons de la Ville et des illuminations aux fenêtres , cequi avoit été ordonné par le Parlement.
Le neufle Prince arriva à S. Maximin,
et logea dans le Monastere des Religieux
Dominiquains Réformez.
Le ro à Brignolle où S. A. R. fut obligée de rester à cause des neges , elle y reçut les complimens de la Ville, de la Se
nechaussée &c.
Le 11 le Prince arriva au Luc , et logea
au Château du Comte du Luc , Chevalierdes Ordres du Roi qui l'avoit fait meubler magnifiquement , tous les Officiers
et Seigneurs de sa suite y furent logez
aussi,et trouverent dans une belle Maison
toutes les commoditez possibles ; ce Prince y séjourna le 12, 13 et 14 , à cause des
pluyes et des neges qui avoient inondé
la plaine.
L.
JANVIER 1732.
189
Le 15 , le Prince alla dîner au Muy où
le Seigneur de ce lieu avoit fait préparer
uneAlte aussi splendide que délicate,pour
S. A. R. et pour sa suite. Le Marquis du
Muyaprès avoir fait les honneurs de chez
lui , alla lui- même reconnoître les chemins extrêmement remplis par les pluyes,
et sur son raport l'Infant continua sa route , et arriva le soir à Frejus ; il fut recu
à la porte de la Ville par les Consuls ,
avec les ceremonies ordinaires, et logea à
l'Evêché.
Le 16 S. A. R. arriva à Cannes et logea chez M. de Rioufe , Chevalier de
f'Ordre de S. Michel et Subdelegué de
l'Intendant de Provence , il y eut une
garde de jeunes gens fort lestement vétus
à la porte du Prince ; il y eut aussi une
danse de Matelots à la manière du pays
qui divertit Beaucoup le Prince. Il soupa
dans son lit à cause d'une indisposition
de rhume. ·
Le 17, le Chevalier d'Orleans arrivá
à Cannes , et se rendit chez le Prince ,
accompagné du Comte de Sant- Estevan ,
de M. le Brét et de M. Desgranges , il fit
un compliment au Prince de la part du
Roi auquel S. A. R. parut fort sensible.
L'Infant partit le même jour de Cannés et arriva à Antibes à midy , il fut Iv salué
186 MERCURE DE FRANCE
salué en passant devant les Isles sainte
Marguerite de tout le canon de cette Citadelle.
M. de Montesquiou Commandant ,
accompagné de l'Etat Major , reçut le
Prince à la Porte Royale , au bruit de
toute l'Artillerie de la Place , des Forts ,
et des neuf Galeres qui étoient dans le
Port, le Regiment de Luxembourg étoit
en haye depuis la porte de la Ville jusqu'au Château où logea le Prince , il y
avoit aussi une Garde de 150 hommes du
même Regiment avec un Drapeau.
Le Grand-Prieur , les Procureurs du
pays , M. le Bret , M. Desgranges , l'Etat
Major de la Place et la Noblesse du pays
reçurent le Prince à la porte du Château,
et l'accompagnerent dans son Apparte
ment. S. A. R. y trouva Don Miguel
Reggio , Sicilien , Chevalier de Malthe
Commandant les six Galeres d'Espagne
avec tous les autres Officiers des Galeres,
tous en habits uniformes de drap bleu
galonés d'or , M. de Marescotti , Commandeur des trois Galeres du Grand Duc
avec tous les Officiers et plusieurs autres
Seigneurs Florentins , dont la plûpart
étoient revétus de l'Ordre de S. Etienne,
en habits uniformes de drap écarlate galonés d'argent , et M. de Chateaufort ,
Ma-
.JANVIER. 1732 187
Maréchal de Camp des Armées du Roi
d'Espagne , avec le Commandant d'une
Frégate Espagnole qui étoit dans le Port
d'Antibes. Tous ces Seigneurs et Officiers
Espagnols et Italiens eurent l'honneur de
baiser la main au Prince. M. le Bret présenta ensuite à S. A. R. tous les Officiers
de la Garnison.
Le Prince fut fort incommodé d'un thume les premiers jours qu'il séjourna à
Antibes , et fut obligé de rester au lit
pendant trois jours , ce qui l'empêcha de
prendre le divertissement qu'on lui avoit
préparé. S. A. R. reçut des mains du
Grand Prieur une Epée enrichie de diamans que le Roi envoyoit au: Prince
comme un nouveâu gage de son amitié ;
l'Infant la reçut avec de grandes démonstrations de joie , il a gardé cette Epée pendant deux jours entiers aux pieds'
de son lit , pour la faire voir à tous les
Seigneurs et Officiers qui venoient lui
faire leur Cour.
Pendant le séjour d'Antibes , le Général
des Galeres Espagnoles donna sur la Réale un splendide dîner à M. le GrandPrieur , aux principaux Seigneurs François , Espagnols et Italiens qui se trouvoient à la suite du Prince ; M. le Breg
ne put pas se trouver à ce repas , étant
I vj oblige
188 MERCURE DE FRANCE
obligé de faire les honneurs de la table
qu'il a tenue à Antibes pour les autres Sei-,
gneurs qui y étoient Les santés de leurs,
Majestés très Chrétienne et Catholique ,,
de S. A. R , du Grand- Prieur , des Commandans , &c. furent célébré, s au bruic
du Canon , et pendant tout le repas il y
eut Concert d'Instrumens.
3.
Le Comte de San Severino , Envoyé
de Parme à la Cour de France , se rendit
aussi à Antibes pour faire sa cour à son
nouveau Souverain ; enfin cette Ville a
toûjours été remplie d'une infinité d'Etrangers et de toute la Noblesse de la
Province qui n'a rien oublié pourtémoigner le plaisir qu'elle avoit de voir et de
faire sa cour à un Prince issu du sang de ses Maîtres.
La Princesse de Monaco envoya aussi
un de ses Gentilhommes pour compli
menter le Prince.
Le 23 , S. A. R. s'embarqua sur la
Réale , à dix heures du matin , cette Galere étoit richement ornée , et tous les
Forçats en habits neufs.
Le Grand- Prieur , M.le Bret , M. Desgranges , les Procureurs du Pays , le
Marquis de Montesquiou , Commandant
de la Place , l'Etat Major , le Marquis de
Brancas Ceireste , fils de M. de Brancas ,
Grand
JANVIER. 1732. 189
$
Grand d'Espagne et Lieutenant General
de la Province qui sert dans la Marine et
qui s'étoit rendu à la suite du Prince pour
lui faire sa Cour , et enfin un nombre infini de Gentilhommes et d'Officiers François , se trouverent sur le Quay du Port
et à bord de la Galere pour recevoir le
Prince , et pour lui souhaiter un heureux
voyage , et lui témoigner en même tems
leurs regrets et leurs inquiétudes à cause
de la rigueur de la saison. La Garnison for
moit une double haye depuis le Château
jusqu'à la Porte Marine. Le Prince fut
salué en y passant de toute l'Artillerie de
la Ville et des Förts , et en entrant dans
la Gale e , par le canon de neuf Galeres.
S. A. R. entra d'abord dans la Chambre
de poupe pour écrire avant son départ au
Roy et à la Reine d'Espagne.
Malgré les tems affreux qui ont régné
en Provence pendant la route du Prince ,
M. le Bret dont le zele pour le service du
Roi est connudepuis longtems, avoit don
né de si bons ordres que tout ce qui étoit
necessaire pour la subsistance et les com
moditez de la vie, s'est trouvé par tout en
abondance; toutela suite et les équipages
nombreux du Prince ont été commodé
ment logez , les chemins avoient été réparez autant que la saison et le peu de
tems
rgo MERCURE DE FRANCE
tems qu'on a eu pour y travailler , l'ont
pu permettre ; plus de mille Ouvriers y
ont été employez , et travailloient nuit
et jour sous les ordres de Messieurs les
Procureurs du Pays et du sieur Vallon ,
Ingenieur de la Province , lesquels n'ont
rien oublié pour donner des marques de leur zele et de leur attachement : enfin
toute la Provence a témoigné tant de
zele et d'attachement , qu'elle ne s'est
point démentie de l'amour et de la fidélité qu'elle a toûjours porté à l'Auguste
Sang de BOURBON.
Onpeut ajouter ici avec raison que M.
le Bret a toujours fait sa cour au Prince,
avec une assiduité sans égale , et qu'il est
allé au- devant de tout ce qui pouvoit lui
être agreable , qu'il a eu chez lui pendant
tout le tems que ce Prince a voyagé ou
resté danssonDépartement, deux grandes
tables et quelquefois trois , le matin et le
soir , servies avec autant de profusion que
de délicatesse, où les Seigneurs Espagnols
et Italiens ont toujours mangé. Ce Magistrat s'étant aperçu que l'Infant aimoit
beaucoup les Ortholans qui sont d'un gout exquis en Provence , il a eu soin de lui en
fournir pendant tout le tems qu'il y aresté
malgré la rareté de ces oiseaux dans cette
saison. Ainsi le Prince et le Comte de San
Estevan
JANVIER. 17327 198
Estevan et tous les Seigneurs dela suite fui
ont donné en partant les marques les plus
flateuses de leur satisfaction et de leur estime. M. le Bret ayant enfin témoigné à
S. A. R. l'inquietude que son Rhume lui
causoit , elle eut la bonte de lui répondre
qu'elle n'avoit point pris ce Rhume dans
sa Province.
Ce Prince avoit donné des marques de
sa liberalité avant son départ. Il a fait present de son portrait enrichi de diamans
au Grand- Prieur, à M.le Bret d'un diamant
de prix , et à M. Desgranges un diamant
et une montre d'or d'un travail exquis. Il
a fait aussi donner une gratification à la
Maréchaussée qui avoit escorté sesEquipages et le Trésor On a appris ce que Prince
après avoir été obligé de relâcher à Monaco à cause du mauvais tems , en repartit le 25. et est heureusement arrivé à Livourne. On ajoute que ce Prince a essuyé
Ia tempête avec une grande fermeté. Il
est d'uncaractere le plus aimable et le plus
égal , d'une humeur fort enjouée , extremementvifet avectout l'esprit du monde.
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Résumé : LETTRE sur le Passage de Don Carlos par la Provence.
Le 5 décembre, Don Carlos, l'Infant d'Espagne, entra en Provence et traversa le Rhône sur le Pont de Beaucaire. Le 7 décembre, il fut accueilli à Tarascon par M. le Bret, Conseiller d'État et Premier Président du Parlement d'Aix, ainsi que par divers dignitaires et officiers. Le Prince reçut des honneurs militaires et des discours de bienvenue. Il séjourna à Salon les 7 et 8 décembre, puis arriva à Aix le 9 décembre, où il fut accueilli par les Consuls et la noblesse locale. À Aix, il logea chez M. Maurel et reçut les hommages de divers corps et dignitaires, dont l'Archevêque d'Aix. Le même jour, il se rendit à Saint-Maximin et logea au monastère des Dominicains. Le 10 décembre, il resta à Brignoles en raison des neiges. Le 11 décembre, il arriva au Luc et y séjourna jusqu'au 14 décembre à cause des pluies et des neiges. Le 15 décembre, il dîna au Muy avant de se rendre à Fréjus, où il logea à l'Évêché. Le 16 décembre, il arriva à Cannes et logea chez M. de Rioufe. Le 17 décembre, le Chevalier d'Orléans lui rendit visite. Le même jour, l'Infant se rendit à Antibes, où il fut accueilli par M. de Montesquiou et divers dignitaires. Il y resta plusieurs jours en raison d'un rhume et reçut une épée enrichie de diamants du Roi d'Espagne. Le 23 décembre, il s'embarqua sur la Réale à Antibes, accompagné de nombreux dignitaires et officiers. Malgré les conditions météorologiques difficiles, M. le Bret avait pris des mesures pour assurer le confort et la subsistance de la suite du Prince. La Provence témoigna de son zèle et de son attachement envers le Prince, qui quitta la région en exprimant sa satisfaction. Par ailleurs, le texte mentionne que le prince, après avoir été contraint de s'arrêter à Monaco en raison de mauvaises conditions météorologiques, a repris la mer le 25 et est parvenu à Livourne sans encombre. Il est souligné que le prince a affronté la tempête avec une grande fermeté. Le prince est décrit comme ayant un caractère aimable et égal, une humeur enjouée, ainsi qu'une grande vivacité et beaucoup d'esprit.
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2204
p. 192-196
DELIBERATION de la Noblesse de Provence, prise dans l'Assemblée du 15 Decembre 1731, au sujet du Passage de l'Infant Don Carlos dans cette Province.
Début :
Mr Le Blanc Castillon, Syndic de robe, portant la parole, [...]
Mots clefs :
Infant, Don Carlos, Provence, Syndic, Noblesse, Assemblée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DELIBERATION de la Noblesse de Provence, prise dans l'Assemblée du 15 Decembre 1731, au sujet du Passage de l'Infant Don Carlos dans cette Province.
DELIBERATION de la Noblesse de
Provence, prife dans l' Affemblée du 15
Decembre 1731 , au sujet du Paffage de
l'Infant Don Carlos dans cette Province.
M
R Le Blanc Castillon , Syndic de *
robe , portant la parole , a dit , que l'arrivée de S. A. R. le Duc Infant en
cette Province , ayant été avancée de près
d'un mois , on n'a pûavertir assez tôt
Mrs de Villeneuve Vence , & de Villeneuve du Cadre , Syndics en exercice ,
qui sont actuellement dans leurs Terres ,
pour les engager à venir en cette ville
d'Aix.
3
Mais M. Le Blanc en ayant conferé
avec le Marquis de Vauvenargues , &
avec M. Le Camus Peypin , Syndics de la
même Election , avec quelques-uns des
Commissaires & plusieurs Gentilshom- ~
mes , ils ont tous pensé unanimement ,
qu'il convient dans cette occasion de ne
rien oublier de la part du Corps de la
Noblesse , pour donner des marques de
son zele pour la gloire du Roy en la personne d'un Prince de la Maison de France , &c.
Il a été jugé à propos d'assembler les *
Gentilshommes qui se trouveroient à por.
tée
JANVIER 1737.
1934
tee , lesquels en qualité de Députez du
Corps , iroient avec les Syndics offrir
leurs respects à ce Prince ; & comme onapprit qu'il devoit arriver en cette ville
le 8. de ce mois , M. le Marquis de Vau
venargues & M. Le Blanc crurent devoir
prévenir M. Desgranges , Maître des Ce
remonies , qui étoit arrivé la veille à Aix.
Il leur demanda quelques éclaircissemens
sur les Titres & les Usages en vertu desquels la Noblesse de cette Province for
me un Corps , les preuves en furent facilement raportées & confirmées par le té--
moignage de M. l'Archevêque; sur quoy'
M. Desgranges ayant consulté ses Memoires , & pris les arrangemens qu'il crut
les plus convenables , dit que Mrs les
Consuls représentant le Corps de Ville
devoient recevoir le Prince à la porte ,
lay faire le premier compliment ; que
lorsque S. A. R. se seroit renduë dans
l'apartement qui luy avoit été destiné ,
il recevroit les complimens des Corps de
Juftice qu'on introduiroit ensuite les
deux Corps qui font partie des deux
premiers Ordres du Royaume ; c'eſtà- dire , qu'après que le Chapitre do
PEglise Metropolitaine en Corps , ayant
à la tête M. l'Archevêque , qui por-.
toit la parole , auroit fait son compli-
&
ment
194 MERCURE DE FRANCE
ment , les Deputez de la Noblesse seroientadmis pour faire le leur au nom de
ce Corps. Cet ordre ayant été ainsi reglé,
les Syndics firent la convocation dont on
étoit convenu, et partirent du lieu ordinairé des Assemblées du Corps avec plusieurs
Gentilshommes.
Ils furent reçus chez le Prince par
M. Desgranges au moment qu'ils se firent annoncer , ils traverserent avec lui la Sale
et l'Antichambre où ils trouverent un
grand nombre d'autres Gentilshommes, et
furentaussitôt introduits dans la chambre
de S. A. R.
M. le Marquis de Vauvenargues après.
une profonde reverence dit :
MONSEIGNEUR ,
Nous venons offrir à V. A. R. les respects
de la Noblesse de Provence , et lui exprimer
nos sentimens parla bouche de notre Syndic de Robe
Après quoi M. le Blanc dit :
MONSEIGNEUR ,
La Noblesse decette Province quijouit du
Privilege de s'assembler'en Corps , n'en sçauroit faire un plus glorieux usage , qu'en venant offrir ses vœux et ses respects à votre Altesse Royale. Plus attachez que le reste du
Peuple au sort et à la personne des grands Princes
JANVIER. 1732. 195
Princes , nous ressentons plus vivement la
douce impression que votre presence fait sur
tous les cœurs , et nous sommes charmez de
pouvoirvous exprimer des sentimens que votre nom seul nous avoit deja inspirés .
Nous respectons en vous , Monseigneur ;
Auguste Sang de nos Roys , et celui d'un
Prince aussi grand par ses vertus que par sa
naissance ; nous admirons tant de belles qua
litez qui, devançant le cours des années, vous
ont rendu l'amour des Peuples , et nous preju
geons avecjoye l'heureux avenir que les hau
tes destinées de votre Altesse Royale lui preparent.
Vous avez été , Monseigneur, dès votre
naissance l'objet de l'attention de toute l'Europe , vous êtes devenu le lien et le sceau de la
paix , vousallezporter lagloire des deux plus
grands Royaumes de l'Univers au delà des
bornes qui les renferment , et donner à l'Italie
un nouvel éclat en lui communiquant celui
dela France et de l'Espagne.
Puisse votre Altesse Royale , jouir long
tems de cesglorieux avantages, ajouter de nonveaux Empires aux Etats florissants qu'un
illustre sort lui destine , les transmettre à la
posterité la plus reculée , et recevoir de nos
neveux de nouvelles preuves du même zele
dont nous sommes animez.
L'Infant témoignant beaucoup de satis- faction
196 MERCURE DE FRANCE
*
tion du zele de Mrs de laNoblesse s'avança
quelque pas avec eux et jusqu'au milieu de
sa chambreà mesure qu'ils se retiroient, et
lorsqu'ils en sortirent ils furent recon
duits par M. Desgranges.
*********
Provence, prife dans l' Affemblée du 15
Decembre 1731 , au sujet du Paffage de
l'Infant Don Carlos dans cette Province.
M
R Le Blanc Castillon , Syndic de *
robe , portant la parole , a dit , que l'arrivée de S. A. R. le Duc Infant en
cette Province , ayant été avancée de près
d'un mois , on n'a pûavertir assez tôt
Mrs de Villeneuve Vence , & de Villeneuve du Cadre , Syndics en exercice ,
qui sont actuellement dans leurs Terres ,
pour les engager à venir en cette ville
d'Aix.
3
Mais M. Le Blanc en ayant conferé
avec le Marquis de Vauvenargues , &
avec M. Le Camus Peypin , Syndics de la
même Election , avec quelques-uns des
Commissaires & plusieurs Gentilshom- ~
mes , ils ont tous pensé unanimement ,
qu'il convient dans cette occasion de ne
rien oublier de la part du Corps de la
Noblesse , pour donner des marques de
son zele pour la gloire du Roy en la personne d'un Prince de la Maison de France , &c.
Il a été jugé à propos d'assembler les *
Gentilshommes qui se trouveroient à por.
tée
JANVIER 1737.
1934
tee , lesquels en qualité de Députez du
Corps , iroient avec les Syndics offrir
leurs respects à ce Prince ; & comme onapprit qu'il devoit arriver en cette ville
le 8. de ce mois , M. le Marquis de Vau
venargues & M. Le Blanc crurent devoir
prévenir M. Desgranges , Maître des Ce
remonies , qui étoit arrivé la veille à Aix.
Il leur demanda quelques éclaircissemens
sur les Titres & les Usages en vertu desquels la Noblesse de cette Province for
me un Corps , les preuves en furent facilement raportées & confirmées par le té--
moignage de M. l'Archevêque; sur quoy'
M. Desgranges ayant consulté ses Memoires , & pris les arrangemens qu'il crut
les plus convenables , dit que Mrs les
Consuls représentant le Corps de Ville
devoient recevoir le Prince à la porte ,
lay faire le premier compliment ; que
lorsque S. A. R. se seroit renduë dans
l'apartement qui luy avoit été destiné ,
il recevroit les complimens des Corps de
Juftice qu'on introduiroit ensuite les
deux Corps qui font partie des deux
premiers Ordres du Royaume ; c'eſtà- dire , qu'après que le Chapitre do
PEglise Metropolitaine en Corps , ayant
à la tête M. l'Archevêque , qui por-.
toit la parole , auroit fait son compli-
&
ment
194 MERCURE DE FRANCE
ment , les Deputez de la Noblesse seroientadmis pour faire le leur au nom de
ce Corps. Cet ordre ayant été ainsi reglé,
les Syndics firent la convocation dont on
étoit convenu, et partirent du lieu ordinairé des Assemblées du Corps avec plusieurs
Gentilshommes.
Ils furent reçus chez le Prince par
M. Desgranges au moment qu'ils se firent annoncer , ils traverserent avec lui la Sale
et l'Antichambre où ils trouverent un
grand nombre d'autres Gentilshommes, et
furentaussitôt introduits dans la chambre
de S. A. R.
M. le Marquis de Vauvenargues après.
une profonde reverence dit :
MONSEIGNEUR ,
Nous venons offrir à V. A. R. les respects
de la Noblesse de Provence , et lui exprimer
nos sentimens parla bouche de notre Syndic de Robe
Après quoi M. le Blanc dit :
MONSEIGNEUR ,
La Noblesse decette Province quijouit du
Privilege de s'assembler'en Corps , n'en sçauroit faire un plus glorieux usage , qu'en venant offrir ses vœux et ses respects à votre Altesse Royale. Plus attachez que le reste du
Peuple au sort et à la personne des grands Princes
JANVIER. 1732. 195
Princes , nous ressentons plus vivement la
douce impression que votre presence fait sur
tous les cœurs , et nous sommes charmez de
pouvoirvous exprimer des sentimens que votre nom seul nous avoit deja inspirés .
Nous respectons en vous , Monseigneur ;
Auguste Sang de nos Roys , et celui d'un
Prince aussi grand par ses vertus que par sa
naissance ; nous admirons tant de belles qua
litez qui, devançant le cours des années, vous
ont rendu l'amour des Peuples , et nous preju
geons avecjoye l'heureux avenir que les hau
tes destinées de votre Altesse Royale lui preparent.
Vous avez été , Monseigneur, dès votre
naissance l'objet de l'attention de toute l'Europe , vous êtes devenu le lien et le sceau de la
paix , vousallezporter lagloire des deux plus
grands Royaumes de l'Univers au delà des
bornes qui les renferment , et donner à l'Italie
un nouvel éclat en lui communiquant celui
dela France et de l'Espagne.
Puisse votre Altesse Royale , jouir long
tems de cesglorieux avantages, ajouter de nonveaux Empires aux Etats florissants qu'un
illustre sort lui destine , les transmettre à la
posterité la plus reculée , et recevoir de nos
neveux de nouvelles preuves du même zele
dont nous sommes animez.
L'Infant témoignant beaucoup de satis- faction
196 MERCURE DE FRANCE
*
tion du zele de Mrs de laNoblesse s'avança
quelque pas avec eux et jusqu'au milieu de
sa chambreà mesure qu'ils se retiroient, et
lorsqu'ils en sortirent ils furent recon
duits par M. Desgranges.
*********
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Résumé : DELIBERATION de la Noblesse de Provence, prise dans l'Assemblée du 15 Decembre 1731, au sujet du Passage de l'Infant Don Carlos dans cette Province.
Le 15 décembre 1731, la Noblesse de Provence a délibéré sur le passage de l'Infant Don Carlos dans la province. L'arrivée anticipée du Duc Infant a empêché les syndics en exercice d'être avertis à temps. M. Le Blanc, syndic de robe, a consulté le Marquis de Vauvenargues, M. Le Camus Peypin et plusieurs gentilshommes pour organiser une réception appropriée. Ils ont décidé de rassembler des gentilshommes pour offrir leurs respects au prince, prévu arriver le 8 janvier. M. Desgranges, Maître des Cérémonies, a été informé et a consulté ses mémoires pour établir l'ordre des réceptions. Les consuls représentant le Corps de Ville devaient accueillir le prince à la porte, suivis par les corps de justice, le Chapitre de l'Église Métropolitaine, et enfin les députés de la Noblesse. Le jour de l'arrivée, les syndics et plusieurs gentilshommes se sont rendus chez le prince. Le Marquis de Vauvenargues a exprimé les respects de la Noblesse de Provence. M. Le Blanc a souligné le privilège de la Noblesse de s'assembler en corps pour offrir ses vœux et ses respects au prince. Il a également mentionné l'attachement de la Noblesse au sort des grands princes et l'admiration pour les qualités du prince. L'Infant a témoigné sa satisfaction et a accompagné les gentilshommes jusqu'à la sortie de sa chambre.
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2205
p. 380-382
TURQUIE ET PERSE.
Début :
Les Lettres de Constantinople du mois de Decembre portent, que [...]
Mots clefs :
Turquie, Perse, Guerre, Ministres, Pacha , Grand vizir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
NOUVELLES ETRANGERES.
TURQUIE ET PERS E.
Es. Lettres de Constantinople du mois de De- du Traité
Paix , que les Ministres du Roy de Perse ont envoyé au Pacha de Babilone , a été communiqué
par le Gr Viz. aux autres Ministres du Serrail ,
et qu'on en a fait la lecture dans un Divan general, qui s'assembla le 12 de Decembre à cette occa- sion, et le bruit courtqu'on y a fait peu de changement. On assure que suivant ce projet , le G.
S. rendra les Provinces conquises sur la Perse ,
à l'exception de la Georgie et de l'ancienne Province de Babilone , que le Daghestan sera rendu
au Prince particu ier qui en est le Souverainet
qui est à Constantinople depuis 18. mois pour
solliciter cette restitution ; que les deux Puissances réunies par la Paix , joindront leurs forces
pour obliger les Moscovites à rendre tout le Pays
qu'ils ont conquis sur la Perse, mais qu'elles n'en
viendront à cette extremité qu'après avoir emplové les voyes de la négociation ; qu'en cas de
refus de la part de la Czarine , elles ne quitteront
les Armes qu'après avoir repris tout ce Pays , et
que les conquêtes qui se feront pendant cette
guerre , resteront à celle des deux Puissances qui les aura faites.
Од
FEVRIER. 1732. 381
On assure que le G. V. a fait remettre à quel
ques Ministres Etrangers un Memoire par lequel
il fait connoître la necessité de s'opposer à l'agrandissement des Moscovites et de quelle conse
quence il est pour l'Empire Ottoman de les éloi
gner des bords de la Mer Caspienne.
On continue de travailler à la construction de
plusieurs Vaisseaux de guerre du premier et du
second rang; on fait de grands Magazins de munitions de guerre et de bouche , et S. H. a envoyé ordre aux Pachas des Provinces Maritimes de lui fournir un certain nombre de Matelots et
de Bâtimens de transport.
Le G. S. se tient très- retiré dans le Serrail depuis trois mois , et il ne se fait voir que rarement ses Troupes et au Peuple , ce qui a donné lieu
à quelques murmures.
Les dernieres Lettres de Constantinople ne con
firment pas les bruits qui s'étoient répandus qu'on
y avoit arboré la Queue de Cheval et déclaré la
guerre aux Venitiens ; ona appris que Mehemet Effendi qui avoit été cy - devant envoyé du G. S. à la Cour de Vienne avoit été étranglé
Elles portent encore , que la Paix étoit
concluë entre les Turcs et les Persans ; que
par un des articles du Traité , les Villes de
Tauris et d'Erivan devoient être rendues au
Roy de Perse " et que les Pays conquis par les Persans du côté de l'ancienne Babilone seroient remis au G. S. à la charge de payer au
Roy de Perse six millions d'Asprès pour les frais
de la guerre.
Ces Lettres ajoutent que le 30. de Decembre
dernier , le Capitan Pacha avoit éré exilé en Candie ; que le lendemain , son Drogman , ou Interprete , avoit eu la tête tranchée dans l'une des Cours
382 MERCURE DE FRANCE
Cours du Serail , et que le G. Viz. avoit menacé
d'un pareil sort tous les Drogmans qui se mêleroient à l'avenir de quelque intrigue secrette , ce
..Ministre voulant qu'on ne s'adresse qu'à lui ou à
son Reys-Effendi.
TURQUIE ET PERS E.
Es. Lettres de Constantinople du mois de De- du Traité
Paix , que les Ministres du Roy de Perse ont envoyé au Pacha de Babilone , a été communiqué
par le Gr Viz. aux autres Ministres du Serrail ,
et qu'on en a fait la lecture dans un Divan general, qui s'assembla le 12 de Decembre à cette occa- sion, et le bruit courtqu'on y a fait peu de changement. On assure que suivant ce projet , le G.
S. rendra les Provinces conquises sur la Perse ,
à l'exception de la Georgie et de l'ancienne Province de Babilone , que le Daghestan sera rendu
au Prince particu ier qui en est le Souverainet
qui est à Constantinople depuis 18. mois pour
solliciter cette restitution ; que les deux Puissances réunies par la Paix , joindront leurs forces
pour obliger les Moscovites à rendre tout le Pays
qu'ils ont conquis sur la Perse, mais qu'elles n'en
viendront à cette extremité qu'après avoir emplové les voyes de la négociation ; qu'en cas de
refus de la part de la Czarine , elles ne quitteront
les Armes qu'après avoir repris tout ce Pays , et
que les conquêtes qui se feront pendant cette
guerre , resteront à celle des deux Puissances qui les aura faites.
Од
FEVRIER. 1732. 381
On assure que le G. V. a fait remettre à quel
ques Ministres Etrangers un Memoire par lequel
il fait connoître la necessité de s'opposer à l'agrandissement des Moscovites et de quelle conse
quence il est pour l'Empire Ottoman de les éloi
gner des bords de la Mer Caspienne.
On continue de travailler à la construction de
plusieurs Vaisseaux de guerre du premier et du
second rang; on fait de grands Magazins de munitions de guerre et de bouche , et S. H. a envoyé ordre aux Pachas des Provinces Maritimes de lui fournir un certain nombre de Matelots et
de Bâtimens de transport.
Le G. S. se tient très- retiré dans le Serrail depuis trois mois , et il ne se fait voir que rarement ses Troupes et au Peuple , ce qui a donné lieu
à quelques murmures.
Les dernieres Lettres de Constantinople ne con
firment pas les bruits qui s'étoient répandus qu'on
y avoit arboré la Queue de Cheval et déclaré la
guerre aux Venitiens ; ona appris que Mehemet Effendi qui avoit été cy - devant envoyé du G. S. à la Cour de Vienne avoit été étranglé
Elles portent encore , que la Paix étoit
concluë entre les Turcs et les Persans ; que
par un des articles du Traité , les Villes de
Tauris et d'Erivan devoient être rendues au
Roy de Perse " et que les Pays conquis par les Persans du côté de l'ancienne Babilone seroient remis au G. S. à la charge de payer au
Roy de Perse six millions d'Asprès pour les frais
de la guerre.
Ces Lettres ajoutent que le 30. de Decembre
dernier , le Capitan Pacha avoit éré exilé en Candie ; que le lendemain , son Drogman , ou Interprete , avoit eu la tête tranchée dans l'une des Cours
382 MERCURE DE FRANCE
Cours du Serail , et que le G. Viz. avoit menacé
d'un pareil sort tous les Drogmans qui se mêleroient à l'avenir de quelque intrigue secrette , ce
..Ministre voulant qu'on ne s'adresse qu'à lui ou à
son Reys-Effendi.
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Résumé : TURQUIE ET PERSE.
En 1732, un traité de paix entre la Turquie et la Perse a été communiqué aux ministres du Serrail à Constantinople. Ce traité prévoit la restitution des provinces conquises par la Turquie, sauf la Géorgie et l'ancienne province de Babylone. Le Daghestan sera rendu à son souverain, alors à Constantinople. Les deux puissances s'engagent à récupérer les territoires conquis par les Moscovites en Perse, par la négociation ou la force. Les conquêtes durant cette guerre reviendront à la puissance qui les aura réalisées. Le Grand Vizir a informé les ministres étrangers de la nécessité de contrer l'expansion des Moscovites et de les éloigner de la mer Caspienne. La Turquie intensifie ses préparatifs militaires en construisant des vaisseaux de guerre et en stockant des munitions. Le Grand Sultan se tient retiré depuis trois mois, suscitant des murmures. Les dernières lettres de Constantinople confirment la paix entre les Turcs et les Persans. Le traité stipule la restitution des villes de Tauris et d'Erivan au roi de Perse et le paiement de six millions d'Asprès pour les frais de guerre. Le Capitan Pacha a été exilé en Candie, et son interprète exécuté pour intrigues secrètes. Le Grand Vizir a menacé de punir sévèrement tout interprète impliqué dans des intrigues.
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2206
p. 382-385
RUSSIE.
Début :
Le 13. Janvier la Czarine partit de Moscou pour se [...]
Mots clefs :
Russie, Tsarine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
E 13. Janvier la Czarine partit de Moscou
pour se rendre à Petersbourg par Olonitz et
Novogrod. S. M. Cz. est accompagnée dans ce
voyage de la jeune Princesse de Meckelbourg ,
de la Princesse Elizabeth et de leurs Cours , du
Grand Chancelier, du Comte d'Osterman , ViceChancelier, et de six Senateurs; le reste de sa suite
peut monter à 600. personnes. Les Ministres
Etrangers partent successivement avec toute leur
suite , et tous leurs bagages , parce qu'on ne croit
pas que S. M. Czarienne revienne de deux ans à
Moscou.
Le General Comte de Munich , Gouverneur
de Petersbourg , y a fait des préparatifs extraor- dinaires pourla reception de la Czarine qui est
attendue à chaque instant : toute la Ville est ornée d'Arcs de Triomphe, de Trophées , &c.
Les Lettres venues en dernier lieu de Derbeut
sont du General Lewaschaw : Elles marquent
que la Paix est conclue entre les Turcs et les Persans ; que ces derniers avoient déja fait quelques
mouvemens pour s'approcher des Provinces conquises par les Moscovites ; et qu'il étoit certain
que par undes articles du Traité, le G. S s'étoit
obligé de fournir des secours au Roy de Perse
pour l'aider à reprendre ces conquêtes.
Les Lettres de Constantinople confirment ces
nouvelles, et ajoutent que le Resident de S. M. Cz.
n'avoit
FEVRIER. 1732. 383
+
7
n'avoit pû obtenir du Gr. Viz. l'Audience qu'il
avoit fait demander pour sçavoir si S. H. s'étoit
déterminée a executer l'article de ce Traité qui
interesse les Moscovites.
Sur ces avis , la Czarine a tenu un Conseil ex
traordinaire, dans lequel il a été resolu d'envoyer
au General Lewaschaw un secours de 20000.
hommes avec un train d'Artillerie.
Ona appris de S.Petersbourg que les Membres
des Colleges de cette Ville , les Generaux , les Amiraux , &c. s'étant rendus le 5. Janvier dans
la Grande Eglise , le General Comte de Munick leur presenta par ordre de la Czarine , le dernier
Manifeste de S. M. Cz. avec le Formulaire du
·Serment qu'ils prêterent tous , et dont voici la teneur.
>
que
Quoiquej'aye déja prêté le Serment de fidelitéet de soumission à laTrès- Illustre et Très- Puissante Dame
·Anne Joannovva, Imperatrice et Souveraine de tous
les Russes , ma legitime Souveraine Imperatrice et
·Dame , Je soussigné promets néanmoins de nouveau
par la Presente , pour plus grande confirmation de
ma très-soumise fidelité , et jure par le Dieu Tout- Puissant , et devant son Saint Evangile , tant pour
moi que pour mes Heritiers presens et à venir ,
je veux et queje serai , comme y'étant obligé , fidele , ebéissant et soumis , non-seulement à S. M₁ ma
legitime Dame et Imperatrice Anne Joannovuna
mais aussi dans la suite aux Successeurs de S. M.
qu'en vertu de la Souveraine et Imperiale Puissance , qui lui a été donnée de Dieu , elle a établi , ou
qu'elle établira , et jugera digne du Souverain Trône de Russie,que je défendrai de toutes mes forces,de
tout mon pouvoir et sur ma conscience tous les
droits et prérogatives de l'Autorité et de la Puissance
deS.M. Imperiale et de ses Successeurs qu'elle nom-
"
mer
384 MERCURE DE FRANCE
mera, en la maniere que lesdits drois et prérogatives
sont à present établis , ou qu'ils pourront l'être à l'avenir, et quepour cet effet , au cas que le besoin vint à l'exiger , jen'épargnerai pas ma vie , mais que je
ferai tous mes efforts pour avanter constamment et
avec žele , tout ce qui peut être utile au service de
S. M. I. et des Successeurs qu'elle nommera , et au
bien de l'Empire , de telle maniere que je puisse en
répondre devant Dieu et son Tribunal : Ainsi Dieu
Tout - Puissant me soit en aide : Pour conclusion de
mon present Serment , je baise le Saint Evangile et la Croix de mon Sauveur. Amen.
D'autres Lettres de Moscou portent que le
Prince Basile Dolhorucki , Feld - Maréchal , le
Pr. Jurja Dolhorucki, Capitaine dans le Regiment
des Gardes , le Pr. Alexis Boratinskoy , Enseigne
dans le même Regiment , et M. Jegorstoletow ,
ayant été convaincus de crimes d'Etat , commis
contre S. M. Czarienne , avoient été condamnez
à mort , mais que cette Princesse leur avoit accordé la vie et avoit ordonné avant son départ
de Moscou qu'ils fussent privés de toutes leurs
Charges et Titres d'honneur; que tous leurs biens,
meubles et immeubles , fussent confisquez , et
qu'ils fussent envoyez sous une escorte ; sçavoir,
le Pr. Basile Dołhorucki à Schulsselbourg , le Pr.
Jurja Dolhorucki à Kuspetzk , le Pr. Boratinskoy à Ochotskoy. Ostrog, M. Stoletow aux mi
nes de Nertschinskoy.
Ces Lettres ajoutent qu'on ne doutoit plus que
la Czarine ne désignât pour heritiere du Trône
de Moscovie , la jeune Princesse de Meckelbourg sa niece.
Le Roy de Pologne partit le 26 Decembre de
Varsovie et arriva heureusement à Dresde , d'où
l'on assure qu'il reviendra en Pologne avant la
fin de l'hyver, On
FEVRIER 17320 385 .
On a reçu avis de Rome que l'Evêque de Posnanie y étoit arrivé ; qu'il avoit eu du Pape une
Audience favorable , et qu'il avoit obtenu de S. S.
qu'elle n'exigeroit plus l'execution des Bulles que le Nonce du Pape vouloit faire accepter dans ce .
Royaume , quoique contraires aux privileges des Prélats et des Monasteres de Roy a envoyé au
Primat et aux principaux Senateurs la coppie des
dépêches de cet Evêque.
E 13. Janvier la Czarine partit de Moscou
pour se rendre à Petersbourg par Olonitz et
Novogrod. S. M. Cz. est accompagnée dans ce
voyage de la jeune Princesse de Meckelbourg ,
de la Princesse Elizabeth et de leurs Cours , du
Grand Chancelier, du Comte d'Osterman , ViceChancelier, et de six Senateurs; le reste de sa suite
peut monter à 600. personnes. Les Ministres
Etrangers partent successivement avec toute leur
suite , et tous leurs bagages , parce qu'on ne croit
pas que S. M. Czarienne revienne de deux ans à
Moscou.
Le General Comte de Munich , Gouverneur
de Petersbourg , y a fait des préparatifs extraor- dinaires pourla reception de la Czarine qui est
attendue à chaque instant : toute la Ville est ornée d'Arcs de Triomphe, de Trophées , &c.
Les Lettres venues en dernier lieu de Derbeut
sont du General Lewaschaw : Elles marquent
que la Paix est conclue entre les Turcs et les Persans ; que ces derniers avoient déja fait quelques
mouvemens pour s'approcher des Provinces conquises par les Moscovites ; et qu'il étoit certain
que par undes articles du Traité, le G. S s'étoit
obligé de fournir des secours au Roy de Perse
pour l'aider à reprendre ces conquêtes.
Les Lettres de Constantinople confirment ces
nouvelles, et ajoutent que le Resident de S. M. Cz.
n'avoit
FEVRIER. 1732. 383
+
7
n'avoit pû obtenir du Gr. Viz. l'Audience qu'il
avoit fait demander pour sçavoir si S. H. s'étoit
déterminée a executer l'article de ce Traité qui
interesse les Moscovites.
Sur ces avis , la Czarine a tenu un Conseil ex
traordinaire, dans lequel il a été resolu d'envoyer
au General Lewaschaw un secours de 20000.
hommes avec un train d'Artillerie.
Ona appris de S.Petersbourg que les Membres
des Colleges de cette Ville , les Generaux , les Amiraux , &c. s'étant rendus le 5. Janvier dans
la Grande Eglise , le General Comte de Munick leur presenta par ordre de la Czarine , le dernier
Manifeste de S. M. Cz. avec le Formulaire du
·Serment qu'ils prêterent tous , et dont voici la teneur.
>
que
Quoiquej'aye déja prêté le Serment de fidelitéet de soumission à laTrès- Illustre et Très- Puissante Dame
·Anne Joannovva, Imperatrice et Souveraine de tous
les Russes , ma legitime Souveraine Imperatrice et
·Dame , Je soussigné promets néanmoins de nouveau
par la Presente , pour plus grande confirmation de
ma très-soumise fidelité , et jure par le Dieu Tout- Puissant , et devant son Saint Evangile , tant pour
moi que pour mes Heritiers presens et à venir ,
je veux et queje serai , comme y'étant obligé , fidele , ebéissant et soumis , non-seulement à S. M₁ ma
legitime Dame et Imperatrice Anne Joannovuna
mais aussi dans la suite aux Successeurs de S. M.
qu'en vertu de la Souveraine et Imperiale Puissance , qui lui a été donnée de Dieu , elle a établi , ou
qu'elle établira , et jugera digne du Souverain Trône de Russie,que je défendrai de toutes mes forces,de
tout mon pouvoir et sur ma conscience tous les
droits et prérogatives de l'Autorité et de la Puissance
deS.M. Imperiale et de ses Successeurs qu'elle nom-
"
mer
384 MERCURE DE FRANCE
mera, en la maniere que lesdits drois et prérogatives
sont à present établis , ou qu'ils pourront l'être à l'avenir, et quepour cet effet , au cas que le besoin vint à l'exiger , jen'épargnerai pas ma vie , mais que je
ferai tous mes efforts pour avanter constamment et
avec žele , tout ce qui peut être utile au service de
S. M. I. et des Successeurs qu'elle nommera , et au
bien de l'Empire , de telle maniere que je puisse en
répondre devant Dieu et son Tribunal : Ainsi Dieu
Tout - Puissant me soit en aide : Pour conclusion de
mon present Serment , je baise le Saint Evangile et la Croix de mon Sauveur. Amen.
D'autres Lettres de Moscou portent que le
Prince Basile Dolhorucki , Feld - Maréchal , le
Pr. Jurja Dolhorucki, Capitaine dans le Regiment
des Gardes , le Pr. Alexis Boratinskoy , Enseigne
dans le même Regiment , et M. Jegorstoletow ,
ayant été convaincus de crimes d'Etat , commis
contre S. M. Czarienne , avoient été condamnez
à mort , mais que cette Princesse leur avoit accordé la vie et avoit ordonné avant son départ
de Moscou qu'ils fussent privés de toutes leurs
Charges et Titres d'honneur; que tous leurs biens,
meubles et immeubles , fussent confisquez , et
qu'ils fussent envoyez sous une escorte ; sçavoir,
le Pr. Basile Dołhorucki à Schulsselbourg , le Pr.
Jurja Dolhorucki à Kuspetzk , le Pr. Boratinskoy à Ochotskoy. Ostrog, M. Stoletow aux mi
nes de Nertschinskoy.
Ces Lettres ajoutent qu'on ne doutoit plus que
la Czarine ne désignât pour heritiere du Trône
de Moscovie , la jeune Princesse de Meckelbourg sa niece.
Le Roy de Pologne partit le 26 Decembre de
Varsovie et arriva heureusement à Dresde , d'où
l'on assure qu'il reviendra en Pologne avant la
fin de l'hyver, On
FEVRIER 17320 385 .
On a reçu avis de Rome que l'Evêque de Posnanie y étoit arrivé ; qu'il avoit eu du Pape une
Audience favorable , et qu'il avoit obtenu de S. S.
qu'elle n'exigeroit plus l'execution des Bulles que le Nonce du Pape vouloit faire accepter dans ce .
Royaume , quoique contraires aux privileges des Prélats et des Monasteres de Roy a envoyé au
Primat et aux principaux Senateurs la coppie des
dépêches de cet Evêque.
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Résumé : RUSSIE.
En janvier 1732, la czarine de Russie quitta Moscou pour Saint-Pétersbourg, accompagnée de la princesse de Mecklembourg, de la princesse Élisabeth et de leurs cours, ainsi que de hauts dignitaires comme le grand chancelier et six sénateurs. La suite totale comptait environ 600 personnes. Les ministres étrangers suivirent également, indiquant que la czarine ne prévoyait pas de revenir à Moscou avant deux ans. À Saint-Pétersbourg, le général comte de Munich, gouverneur de la ville, avait préparé des réceptions extraordinaires avec des arcs de triomphe et des trophées. Des nouvelles de Derbeut rapportaient que la paix avait été conclue entre les Turcs et les Perses, et que ces derniers préparaient des mouvements pour récupérer des provinces conquises par les Moscovites. Un article du traité obligeait la Russie à fournir des secours au roi de Perse. Les lettres de Constantinople confirmaient ces informations et mentionnaient que le résident de la czarine n'avait pas obtenu d'audience auprès du grand vizir pour discuter de l'exécution de cet article. En réponse, la czarine tint un conseil extraordinaire et décida d'envoyer 20 000 hommes avec un train d'artillerie au général Lewaschaw. À Saint-Pétersbourg, les membres des collèges, les généraux et les amiraux prêtèrent serment de fidélité à la czarine Anne Ioannovna et à ses successeurs le 5 janvier. Plusieurs princes, dont le feld-maréchal Prince Basile Dolhorucki, furent condamnés pour crimes d'État et privés de leurs charges et biens, avant d'être exilés. Des rumeurs indiquaient que la czarine pourrait désigner la jeune princesse de Mecklembourg, sa nièce, comme héritière du trône de Moscovie. Par ailleurs, le roi de Pologne quitta Varsovie pour Dresde et devait revenir en Pologne avant la fin de l'hiver. À Rome, l'évêque de Posnanie obtint une audience favorable du pape, qui accepta de ne plus exiger l'exécution de bulles contraires aux privilèges des prélats et monastères du royaume de Pologne.
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2207
p. 385
ALLEMAGNE.
Début :
On attend à Vienne le Baron de Kircher, Commissaire de [...]
Mots clefs :
Allemagne, Électeurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
N attend à Vienne le Baron de Kircher ;
Commissaire de l'Empereur à la Diette de Ratisbonne , d'où il a écrit à S. M. Imp. que la
Pragmatique Sanction y avoit été reçûe à la plu- ralité des voix ; mais on a appris en même- tems
de Ratisbonne que cet acte de garantie de la Pragmatique ayant été signé le 11. Janvier , les Ministres de l'Electeur de Saxe, de l'Electeur de Ba- viere et de l'Electeur Palatin avoient protesté contre cet Acte , et que le lendemain ils étoient sor
tís de Ratisbonne suivant les ordres que ces Elecreurs leur avoient donnés.
La grande quantité de Nége tombée en Hongrie dont la terre est couvertede trois pieds, ayant rendu les Loups extrêmement affamez , ils attaquent indifferemment les Hommes et les Bestiaux:
commeil y a déja eu plusieurs Femmes et Enfaus
déchirez par ces Animaux , on a permis aux
Paysans de s'assembler et de porter des Armes à
feu pour les détruire.
Le Grand- Maître de Malte à écrit des Lettres
circulaires à tous les Chevaliers de cet Ordre qui
sont en Allemagne et en Italie , pour les engager à se rendre à Malte , afin de l'aider à défendre
cire Isle en cas qu'elle soit attaquée par les Turcs
N attend à Vienne le Baron de Kircher ;
Commissaire de l'Empereur à la Diette de Ratisbonne , d'où il a écrit à S. M. Imp. que la
Pragmatique Sanction y avoit été reçûe à la plu- ralité des voix ; mais on a appris en même- tems
de Ratisbonne que cet acte de garantie de la Pragmatique ayant été signé le 11. Janvier , les Ministres de l'Electeur de Saxe, de l'Electeur de Ba- viere et de l'Electeur Palatin avoient protesté contre cet Acte , et que le lendemain ils étoient sor
tís de Ratisbonne suivant les ordres que ces Elecreurs leur avoient donnés.
La grande quantité de Nége tombée en Hongrie dont la terre est couvertede trois pieds, ayant rendu les Loups extrêmement affamez , ils attaquent indifferemment les Hommes et les Bestiaux:
commeil y a déja eu plusieurs Femmes et Enfaus
déchirez par ces Animaux , on a permis aux
Paysans de s'assembler et de porter des Armes à
feu pour les détruire.
Le Grand- Maître de Malte à écrit des Lettres
circulaires à tous les Chevaliers de cet Ordre qui
sont en Allemagne et en Italie , pour les engager à se rendre à Malte , afin de l'aider à défendre
cire Isle en cas qu'elle soit attaquée par les Turcs
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le texte relate divers événements en Allemagne et en Europe. À Vienne, l'attente du Baron de Kircher, commissaire de l'Empereur à la Diète de Ratisbonne, est marquée par l'acceptation de la Pragmatique Sanction à la majorité des voix. Cependant, les ministres des Électeurs de Saxe, de Bavière et du Palatinat ont protesté contre cet acte de garantie signé le 11 janvier et ont quitté Ratisbonne sur ordre de leurs Électeurs. En Hongrie, une abondante chute de neige a affamé les loups, qui attaquent désormais indifféremment les hommes et le bétail. Plusieurs femmes et enfants ont été tués, conduisant à autoriser les paysans à se regrouper et à porter des armes à feu pour se défendre. Par ailleurs, le Grand Maître de Malte a envoyé des lettres circulaires aux Chevaliers de l'Ordre en Allemagne et en Italie, les exhortant à se rendre à Malte pour aider à défendre l'île contre une éventuelle attaque turque.
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2208
p. 386-387
ITALIE.
Début :
Le Cardinal Cossia a écrit au Cardinal Albani Camerlingue, qu'il [...]
Mots clefs :
Italie, Don Carlos, Loterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
IT ALI E.
E Cardinal Cossia a écrit au Cardinal Albani Camerlingue , qu'il ne pouvoit vivre plus
long - tems sans lui faire connoître la douleur
qu'il ressent de l'avoir désobligé ; qu'il se pro- de vivre dans la suite de toute autre maniere,
déclarant qu'il veut tenir tout de sa faveur; qu'il
ne manque à ses sentimens que le pouvoir de les effectuer , mais que la goute dont il est tourmenté , l'empêche d'aller se jetter aux pieds de Sa
S. Cette Lettre dans laquelle il y a encore beaucoup d'autres expressions plus soumises , a été
communiquée au Pape.
Un Chapelain du Cardinal Coscia , quatre
Chanoines de l'Eglise Metropolitaine de Benevent , et deux Gentilshommes de la Ville , ayant
publié que les affaires de ce Cardinal étoient accommodées , qu'il rentreroit incessamment en
possession de son Archevêché , et en consequence de ce bruit, qui avoit causé quelque émotion ,
ayant ôté de dessus la porte du Palais Archiepiscopal les Armes du Cardinal Doria , le Gouver- neur de la Ville a fait arrêter les deux Gentilshommes et le Chapelain , mais les quatre Chanoines ont pris la fuite.
On a fait à Florence des Prieres publiques , et
découvert la Chasse de saint Zenobe à l'occasion
de l'Infant Don Carlos , et on a suspendu tous
les divertissemens du Carnaval .
Le 25. Janvier , on reçut avis de Livourne que
ce Prince étoit tout à fait hors de danger , et
qu'aussi-tôt qu'il seroit parfaitement retabli , il
iroit à Pise prendre part aux Fêtes qu'on lui a préparées , et qu'ensuite il se rendroit à Florence.
La
FEVRIER. 1732. 387
D
Le Grand Duc lui a envoyé du vin de Montepulciano avec de l'eau de la Fontaine des Feuil- lans de Florence , et de celle de Sainte Croix ,
parce que les Medecins ont trouvé que les eaux
de Pise qu'on faisoit boire à S. A. R. étoient trop Minerales.
On prépare à Livourne plusieurs divertisse
mens pour l'Infant. Il y aura entre autres le pillage d'un grand Théatre représentant le Pays de
Cocagne ; il sera suivi d'une Course de Chevaux
autour de la Place pour laquelle il y aura un prix
de 800. Ecus.
瓶
M. Oddi Commiffaire Apostolique , a protesté
contre la prise de possession faite par la Duchesse Douairiere Dorothée , des Duchez de Parme
et de Plaisance , au nom de l'Infant Don Carlos,
prétendant qu'ils sont Fiefs de l'Eglise , et que
la ligne masculine de la Maison Farnese étant
éteinte , ces Duchez étoient reversibles et pleine
ment dévolus au S. Siege.
Les Lettres de Genes portent qu'on y avoit ap
pris d'Ajaccio qu'un détachement de Hussars y
avoit apporté 24. Têtes de Chefs des Rebelles , et
que dans une autre action ils avoient tué 120 au
tres de ces Rebelles sans avoir perdu qu'un seul homme.
Le 29. Janvier , Don Dominique Marie Spinola fut élû Doge de la Republ que de Genes à
la pluralité de 398. voix , contre 211.
On a publié à Naples une Ordopnance qui défend aux Napolitains de prendre des Billets de la Lotterie de Rome,
E Cardinal Cossia a écrit au Cardinal Albani Camerlingue , qu'il ne pouvoit vivre plus
long - tems sans lui faire connoître la douleur
qu'il ressent de l'avoir désobligé ; qu'il se pro- de vivre dans la suite de toute autre maniere,
déclarant qu'il veut tenir tout de sa faveur; qu'il
ne manque à ses sentimens que le pouvoir de les effectuer , mais que la goute dont il est tourmenté , l'empêche d'aller se jetter aux pieds de Sa
S. Cette Lettre dans laquelle il y a encore beaucoup d'autres expressions plus soumises , a été
communiquée au Pape.
Un Chapelain du Cardinal Coscia , quatre
Chanoines de l'Eglise Metropolitaine de Benevent , et deux Gentilshommes de la Ville , ayant
publié que les affaires de ce Cardinal étoient accommodées , qu'il rentreroit incessamment en
possession de son Archevêché , et en consequence de ce bruit, qui avoit causé quelque émotion ,
ayant ôté de dessus la porte du Palais Archiepiscopal les Armes du Cardinal Doria , le Gouver- neur de la Ville a fait arrêter les deux Gentilshommes et le Chapelain , mais les quatre Chanoines ont pris la fuite.
On a fait à Florence des Prieres publiques , et
découvert la Chasse de saint Zenobe à l'occasion
de l'Infant Don Carlos , et on a suspendu tous
les divertissemens du Carnaval .
Le 25. Janvier , on reçut avis de Livourne que
ce Prince étoit tout à fait hors de danger , et
qu'aussi-tôt qu'il seroit parfaitement retabli , il
iroit à Pise prendre part aux Fêtes qu'on lui a préparées , et qu'ensuite il se rendroit à Florence.
La
FEVRIER. 1732. 387
D
Le Grand Duc lui a envoyé du vin de Montepulciano avec de l'eau de la Fontaine des Feuil- lans de Florence , et de celle de Sainte Croix ,
parce que les Medecins ont trouvé que les eaux
de Pise qu'on faisoit boire à S. A. R. étoient trop Minerales.
On prépare à Livourne plusieurs divertisse
mens pour l'Infant. Il y aura entre autres le pillage d'un grand Théatre représentant le Pays de
Cocagne ; il sera suivi d'une Course de Chevaux
autour de la Place pour laquelle il y aura un prix
de 800. Ecus.
瓶
M. Oddi Commiffaire Apostolique , a protesté
contre la prise de possession faite par la Duchesse Douairiere Dorothée , des Duchez de Parme
et de Plaisance , au nom de l'Infant Don Carlos,
prétendant qu'ils sont Fiefs de l'Eglise , et que
la ligne masculine de la Maison Farnese étant
éteinte , ces Duchez étoient reversibles et pleine
ment dévolus au S. Siege.
Les Lettres de Genes portent qu'on y avoit ap
pris d'Ajaccio qu'un détachement de Hussars y
avoit apporté 24. Têtes de Chefs des Rebelles , et
que dans une autre action ils avoient tué 120 au
tres de ces Rebelles sans avoir perdu qu'un seul homme.
Le 29. Janvier , Don Dominique Marie Spinola fut élû Doge de la Republ que de Genes à
la pluralité de 398. voix , contre 211.
On a publié à Naples une Ordopnance qui défend aux Napolitains de prendre des Billets de la Lotterie de Rome,
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Résumé : ITALIE.
Le Cardinal Cossia a écrit au Cardinal Albàni pour exprimer son regret de l'avoir offensé et sa volonté de se soumettre à sa faveur. Cette lettre a été transmise au Pape. Suite à des rumeurs sur la réhabilitation du Cardinal Cossia, plusieurs personnes ont été arrêtées ou ont fui après avoir retiré les armes du Cardinal Doria du palais archiépiscopal de Bénévent. À Florence, des prières publiques et la découverte de la chasse de saint Zénobe ont été organisées pour l'Infant Don Carlos, dont l'état de santé s'est amélioré. Le Grand-Duc lui a envoyé du vin et de l'eau de sources florentines. Des divertissements sont préparés à Livourne pour l'Infant. Le Commissaire Apostolique M. Oddi a protesté contre la prise de possession des duchés de Parme et de Plaisance par la Duchesse Douairière Dorothée au nom de l'Infant Don Carlos, affirmant que ces duchés sont des fiefs de l'Église. À Gênes, des lettres rapportent l'apport de têtes de chefs rebelles par des hussards à Ajaccio et l'élection de Don Dominique Marie Spinola comme Doge de la République de Gênes. À Naples, une ordonnance interdit aux Napolitains d'acheter des billets de la loterie romaine.
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2209
p. 388
ESPAGNE.
Début :
On mande de Madrid que le Marquis de Villareal, Exempt [...]
Mots clefs :
Espagne, Vaisseaux
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
E.S.PAGNE,
N mande de Madrid que le Marquis de Villareal , Exempt des Gardes du Corps du
Roy , y avoit apporte la nouvelle que l'Infant
DonCarlos étoit arrivé à Livourne le 27. de Decembre , à bord de la Capitane des Galeres du
Roy; qu'aussi-tôt après son arrivée , le Mar-,
quis Renuccini, premier Ministre du Grand Duc,
étoit venu le complimenter de la part de 'ce Prin- ce et de la part de l'Electrice Doüairiere Palatine;
on a chanté le Te Deum à l'occasion de cette nouvelle dans la Chapelle Royale du Palais de l'Alcaçar et dans l'Eglise Cathedrale de Seville , et
pendant trois nuits consecutives il y a eu des
Feux , des Illuminations et d'autres marques de
réjouissance tant à Madrid qu'à Seville , et dans
les principales Villes du Royaume.
Il est entré dans la Baye de Cadix , pendant le
cours de l'année derniere 301. Vaisseaux Anglois, 130. François , 3. Hollandois ; non compris les Vaisseaux de Guerre de cette Nation , 9.
Suedois , 3. Hambourgois , un Imperial , un Danois et un Genois.
Le Roy a formé depuis peu une Compagnie
Royale de Carabiniers ou Mousquetaires , composée de trois Brigades , et chaque Brigade de 450. hommes. S M. s'est reservé le titre de
Capitaine de cette Compagnie , dont elle a donné le Commandement à Don Bonaventure de
Morimont.
N mande de Madrid que le Marquis de Villareal , Exempt des Gardes du Corps du
Roy , y avoit apporte la nouvelle que l'Infant
DonCarlos étoit arrivé à Livourne le 27. de Decembre , à bord de la Capitane des Galeres du
Roy; qu'aussi-tôt après son arrivée , le Mar-,
quis Renuccini, premier Ministre du Grand Duc,
étoit venu le complimenter de la part de 'ce Prin- ce et de la part de l'Electrice Doüairiere Palatine;
on a chanté le Te Deum à l'occasion de cette nouvelle dans la Chapelle Royale du Palais de l'Alcaçar et dans l'Eglise Cathedrale de Seville , et
pendant trois nuits consecutives il y a eu des
Feux , des Illuminations et d'autres marques de
réjouissance tant à Madrid qu'à Seville , et dans
les principales Villes du Royaume.
Il est entré dans la Baye de Cadix , pendant le
cours de l'année derniere 301. Vaisseaux Anglois, 130. François , 3. Hollandois ; non compris les Vaisseaux de Guerre de cette Nation , 9.
Suedois , 3. Hambourgois , un Imperial , un Danois et un Genois.
Le Roy a formé depuis peu une Compagnie
Royale de Carabiniers ou Mousquetaires , composée de trois Brigades , et chaque Brigade de 450. hommes. S M. s'est reservé le titre de
Capitaine de cette Compagnie , dont elle a donné le Commandement à Don Bonaventure de
Morimont.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 27 décembre, l'Infant Don Carlos est arrivé à Livourne à bord de la capitane des galères du roi. Le Marquis Renuccini, premier ministre du Grand Duc, l'a accueilli au nom du prince et de l'Électrice Douairière Palatine. Cette arrivée a été célébrée par des Te Deum dans la chapelle royale du palais de l'Alcazar et dans la cathédrale de Séville, ainsi que par des feux, des illuminations et des réjouissances à Madrid, Séville et dans les principales villes du royaume. Par ailleurs, 301 vaisseaux anglais, 130 français, 3 hollandais, 9 suédois, 3 hambourgeois, un impérial, un danois et un génois ont entré dans la baie de Cadix au cours de l'année précédente, sans compter les vaisseaux de guerre de la nation. Enfin, le roi a créé une compagnie royale de carabiniers ou mousquetaires, composée de trois brigades de 450 hommes chacune. Sa Majesté s'est réservé le titre de capitaine de cette compagnie et a confié son commandement à Don Bonaventure de Morimont.
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2210
p. 589-591
TURQUIE ET PERSE.
Début :
On apprend du Levant, que la derniere Bataille qui s' [...]
Mots clefs :
Perse, Pacha , Turquie
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texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
TURQUIE ET PERSE.
ON
N apprend du Levant , que la derniere Bataille qui s'étoit donnée entre lesTurcs et les
Persans, près d'Amadan, avoit été très- sanglante;
H vj que
590 MERCURE DE FRANCE
que la perte avoit été égale de part et d'autre ,
mais que le Champ de bataille étoit demeuré aux
Turcs que cette Bataille avoit déterminé le Roy
de Perse à écouter les propositions qui lui avoient
été faites de la part du Grand- Seigneur , qu'on
attendoit incessamment la nouvelle de la signature
du Traité de Paix ou de Trévé , et qu'il paroissoit que S. H. avoit projetté quelque grande en- treprise , puisqu'elle continuoit de faire travailler
à des Armemens considerables par Mer et par
Terre.
Les Lettres reçues depuis de Constantinople ,
portent qu'on y avoit fait pendant trois jours
des Réjouissances publiques à l'occasion de la
cessation d'armes , dont le Pacha de Babylone est
convenu avec le Roy de Perse , pendant laquelle
on ne doute plus qu'on ne trouve les moyens
d'accommoder les differends des deux Nations . Le
bruit court même que les Préliminaires du Traité
de Paix que ce Pacha a envoyez , ont été approuvez par le G. S. et que S. H. les a renvoyez en
Perse après les avoir signez. Cette Paix a causé
tant dejoye aux Habitans de cette Capitale et aux
Janissaires , qu'ils ont perdu le souvenir de tout
ce qui s'est passé l'année derniere , et que jamais
on n'a vû à Constantinople des Réjouissances
plus complettes en tout genre , sans qu'il soit ar- rivé aucun désordre.
Le 4. de Janvier , on tint au Serrail un Divan
extraordinaire , à la fin duquel on donna la liberté à l'Ambassadeur du Roy de Perse , qu'on
tenoit prisonnier depuis plusieurs mois.
On continue sans interruption les travaux ordinaires de l'Arsenal , et la Flote qu'on équipe dans
le Port , sera en état de mettre à la voile dans
le commencement du mois de May prochain.
On
MARS. 17328 591
On assure que cette Flote est déja de 60. Sultanes
et de près de 80. Galeres.
Le G. S. a envoyé ses ordres aux Regens d'Alger, de Tripoli et de Tunis , de tenir prêts pour
le mêmetemps,les secours qu'elles doivent fournir
à S. H. en cas de guerre contre les Chrétiens.
Les Troupes qui arrivent des Provinces de
l'Empire, sont assez bien équipées , et on en fait
défiler la plus grande partie du côté de la Transilvanie ,où on publie que le G. S. aura cette an- née deux Armées considerables , sans compter
celle qui paroît destinée à servir contre les Moscovites en faveur du Roy de Perse.
On écrit de Barbarie , que les Troupes du Roy
de Maroc , Muley- Abdallah, avoient entierement défait les Arabes Rebelles de ce Royaume , qu'on
ne croyoit pas qu'ils pussent se remettre en cam- pagne , et que le Pacha de Tanger avoit reçû ordre d'assembler une armée considerable près de cette Ville.
ON
N apprend du Levant , que la derniere Bataille qui s'étoit donnée entre lesTurcs et les
Persans, près d'Amadan, avoit été très- sanglante;
H vj que
590 MERCURE DE FRANCE
que la perte avoit été égale de part et d'autre ,
mais que le Champ de bataille étoit demeuré aux
Turcs que cette Bataille avoit déterminé le Roy
de Perse à écouter les propositions qui lui avoient
été faites de la part du Grand- Seigneur , qu'on
attendoit incessamment la nouvelle de la signature
du Traité de Paix ou de Trévé , et qu'il paroissoit que S. H. avoit projetté quelque grande en- treprise , puisqu'elle continuoit de faire travailler
à des Armemens considerables par Mer et par
Terre.
Les Lettres reçues depuis de Constantinople ,
portent qu'on y avoit fait pendant trois jours
des Réjouissances publiques à l'occasion de la
cessation d'armes , dont le Pacha de Babylone est
convenu avec le Roy de Perse , pendant laquelle
on ne doute plus qu'on ne trouve les moyens
d'accommoder les differends des deux Nations . Le
bruit court même que les Préliminaires du Traité
de Paix que ce Pacha a envoyez , ont été approuvez par le G. S. et que S. H. les a renvoyez en
Perse après les avoir signez. Cette Paix a causé
tant dejoye aux Habitans de cette Capitale et aux
Janissaires , qu'ils ont perdu le souvenir de tout
ce qui s'est passé l'année derniere , et que jamais
on n'a vû à Constantinople des Réjouissances
plus complettes en tout genre , sans qu'il soit ar- rivé aucun désordre.
Le 4. de Janvier , on tint au Serrail un Divan
extraordinaire , à la fin duquel on donna la liberté à l'Ambassadeur du Roy de Perse , qu'on
tenoit prisonnier depuis plusieurs mois.
On continue sans interruption les travaux ordinaires de l'Arsenal , et la Flote qu'on équipe dans
le Port , sera en état de mettre à la voile dans
le commencement du mois de May prochain.
On
MARS. 17328 591
On assure que cette Flote est déja de 60. Sultanes
et de près de 80. Galeres.
Le G. S. a envoyé ses ordres aux Regens d'Alger, de Tripoli et de Tunis , de tenir prêts pour
le mêmetemps,les secours qu'elles doivent fournir
à S. H. en cas de guerre contre les Chrétiens.
Les Troupes qui arrivent des Provinces de
l'Empire, sont assez bien équipées , et on en fait
défiler la plus grande partie du côté de la Transilvanie ,où on publie que le G. S. aura cette an- née deux Armées considerables , sans compter
celle qui paroît destinée à servir contre les Moscovites en faveur du Roy de Perse.
On écrit de Barbarie , que les Troupes du Roy
de Maroc , Muley- Abdallah, avoient entierement défait les Arabes Rebelles de ce Royaume , qu'on
ne croyoit pas qu'ils pussent se remettre en cam- pagne , et que le Pacha de Tanger avoit reçû ordre d'assembler une armée considerable près de cette Ville.
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Résumé : TURQUIE ET PERSE.
Le texte décrit des événements militaires et diplomatiques entre la Turquie et la Perse. Une bataille près d'Amadan a opposé les Turcs et les Persans, entraînant des pertes égales. Les Turcs ont gardé le contrôle du champ de bataille, poussant le roi de Perse à considérer les propositions de paix du Grand Seigneur. À Constantinople, des réjouissances publiques ont marqué la fin des hostilités, et l'ambassadeur perse a été libéré. La flotte turque, composée de 60 navires et 80 galères, se prépare à prendre la mer en mai. Le Grand Seigneur a ordonné aux régences d'Alger, de Tripoli et de Tunis de se tenir prêtes à soutenir une éventuelle guerre contre les Chrétiens. Des troupes sont déployées en Transylvanie, et deux armées importantes sont prévues pour l'année. En Barbarie, les troupes du roi du Maroc ont vaincu des rebelles arabes, et le pacha de Tanger a reçu l'ordre de rassembler une armée.
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2211
p. 591-594
EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople, écrite le 10. Novembre 1731.
Début :
Il y a quelques jours qu'il se répandit ici [...]
Mots clefs :
Constantinople, Pacha , Armée, Bataille
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople, écrite le 10. Novembre 1731.
EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople , écrite le 10. Novembre 1731.
y a quelques jours qu'il se répandit ici un bruit que les Turcs avoient été battus par les
Troupes de Schah Thamas , du côté de Tauris ,
mais cette nouvelle , bien loin d'avoir été confir- mée, s'est trouvée entierement fausse , et inventée
sur ce qu'on avoit été un très long temps sans
recevoir des Lettres du Seraskier- Aly Pacha.
On a sçû depuis que ce qui avoit donné lieu à
ce bruit , est le mouvement de quelques Partis de
Milice Turque , qui s'étant soustraits à l'obéïssance du Seraskier , s'étoient déba ndez pour piller et saccager le Pays , ayant laissé ce Pacha avec trente
$92 MERCURE DE FRANCE
trente mille hommes seulement. Ce General s'é
tant retiré à quelques journées de Tauris , il for ma le blocus de cette Place, et ferma tous les passages pour empêcher qu'elle ne reçût aucun seCours , ce qui fait présumer qu'elle se rendra -
bientôt. Le Pacha même en a écrit en ces termes
à la Porte , ajoûtant que les Habitans étoient
fort portez à se rendre , ne voulant pas s'exposer
à être faits Esclaves , comme cela leur est déja arrivé.
On a reçû ici des nouvelles qu'on croit beau
coup plus certaines et plus favorables du Camp
près d'Hamadan. Les Lettres du 23. Septembre portent qu'Achmet - Pacha étant campé à six
lieues de cette Ville , eut avis que Schah- Thamas,
en personne, s'approchoit dans le dessein de l'at
taquer avec une armée de 60. mille hommes, 30%
Pieces de gros Canons , des Bombes et beaucoup
d'autre Artillerie , portée par des Chameaux ; que
sur cet avis ce Pacha suspendit l'attaque de la
Place, et qu'il fit marcher son Armée du côté des
Ennemis , que quand les deux Armées furent en
présence , Schah- Thamas envoya un Ambassadeur , lequel entra en conférence avec le Pacha ;
mais on fat surpris d'apprendre que dans le mê- metemps, non- seulement l'Armée Persanne avoir
continué sa marche , mais qu'elle avoit même
déja attaqué l'avant- Garde de l'Armée Othomane, et que plusieurs des principaux OfficiersTurcs avoient été tuez dans cette attaque. Ach,
met- Pacha , surpris d'un pareil procedé , en de→
manda la raison à l'Ambassadeur , lequel répondit que l'intention du Roy son Maître , étoit de continuer les hostilitez jusqu'à ce que le Pacha
eût signé les conditions du Traité qui avoit été
proposé par ie dernier Vizir Ibrahim ; sur quoiعا
MAR S. 173.2. 593-
Le Pacha ayant congedié l'Ambassadeur , il se
prépara sur le champ à livrer bataille. Le combat dura sept heures entieres , sçavoir deux heu
res avec l'Artillerie ou les Armes à feu , et cinq
heures le Sabre à la main ; les Turcs demeurerent enfin les maîtres du Champ de bataille , presque toute l'Infanterie Persanne étant demeurée
sur la place. Les Turcs se sont emparez de tout
le Bagage , des Munitions , de l'Artillerie et generalement de tout ce qui étoit dans le Camp des
Persans , sans avoir perdu que fort peu de monde.
On a trouvé parmi le butin sept Pieces de gros
Canons , qui avoient été transportez d'Ispaham ,
traînés chacune par so. Buffles , cinq autres Canons fabriquez à Chiras , d'un fort beau Bronze,
dont les Boulets étoient marquez du nom de
Schah Thamas. Après la Bataille , ce Prince s'est
retiré à Casbin avec une petite partie de sa Cavalerie , le reste s'étant dispersé.
Les mêmes Lettres portent que la nuit préce
dente , la plus grande partie de la Garnison:
d'Hamadan s'étoit jointe à l'Armée du Roy de
Perse , mais qu'après la victoire remportée par Achmet Pacha , la Forteresse de cette Place s'étoit rendue à discretion ; que le Pacha y étoit entré
en victorieux , et qu'ayant visité les Portes ,
ik
avoit trouvé cent pieces de Cañon , dont trente
avoient été apportées d'Hispaham pour la deffense
de la Place, les autres 70. y ayant été laissées
-l'année passées enfin qu'on avoit envoyé à Constantinople plusieurs Drapeaux et d'autres dépouilles qui passoient pour une marque assurée de l'entiere défaite des Persans. Si la saison n'eût pas
été si avancée , l'Armée auroit, dit- on, pû marcher sans obstacle vers Ispaham ; cependant cette Armée, après avoir suffisamment fortifié la Ci- ✨tadelle-
594 MERCURE DE FRANCE
tadelle d'Amadan , se trouve campée aux environs
de cette Ville , sans que l'on sçache encore où
elle hyvernera.
Malgré tant de mauvais succès de la part des
Persans , on souhaite ici la Paix , et si on ne peut
pas la conclure , la Porte prendra , dit-on , le
Parti de faire démolir toutes les Places Frontieres,
pour laisser entre les deux Empires un grand es- pace de Pays inhabité , qui servira de barriere aux
Etats du G. S, mais on ne sera bien éclairci sur
les résolutions que prendra la Cour Ottomane ,
qu'après le succès de mouvemens qui se font en- core du côté de Tauris.
Avant hier le Tefterdar ou le Grand-Trésorier,
fut fait Vizir à trois queues, et son Emploi de
Trésorier lui a été conservé ; il a reçû cet hon- neur par la faveur du nouveau Grand- Vizir , à
l'occasion des nouvelles agréables venuës d'Ha- madam.
Constantin Bey, fils de feu Nicolas Mauro
Cordato, qui avoit été dépouillé de la Principauté de Valaquie , après la mort de son pere , dans
le temps de la derniere Révolution , a été nomméavant hier de nouveau à cette Principauté par
la protection du même G. V. auprès de qui toute
la Famille des Cordato est en très -grande faveur.
Ali- Kalvoda , qui avoit joui de la Principauté
environ un an , a été déposé , et il y a apparence
qu'il sera mis en prison à son arrivée à Cons
tantinople. Sa personne est devenue suspecte parce qu'il avoit été élevé à cette Dignité par les
Chefs des Rebelles,
y a quelques jours qu'il se répandit ici un bruit que les Turcs avoient été battus par les
Troupes de Schah Thamas , du côté de Tauris ,
mais cette nouvelle , bien loin d'avoir été confir- mée, s'est trouvée entierement fausse , et inventée
sur ce qu'on avoit été un très long temps sans
recevoir des Lettres du Seraskier- Aly Pacha.
On a sçû depuis que ce qui avoit donné lieu à
ce bruit , est le mouvement de quelques Partis de
Milice Turque , qui s'étant soustraits à l'obéïssance du Seraskier , s'étoient déba ndez pour piller et saccager le Pays , ayant laissé ce Pacha avec trente
$92 MERCURE DE FRANCE
trente mille hommes seulement. Ce General s'é
tant retiré à quelques journées de Tauris , il for ma le blocus de cette Place, et ferma tous les passages pour empêcher qu'elle ne reçût aucun seCours , ce qui fait présumer qu'elle se rendra -
bientôt. Le Pacha même en a écrit en ces termes
à la Porte , ajoûtant que les Habitans étoient
fort portez à se rendre , ne voulant pas s'exposer
à être faits Esclaves , comme cela leur est déja arrivé.
On a reçû ici des nouvelles qu'on croit beau
coup plus certaines et plus favorables du Camp
près d'Hamadan. Les Lettres du 23. Septembre portent qu'Achmet - Pacha étant campé à six
lieues de cette Ville , eut avis que Schah- Thamas,
en personne, s'approchoit dans le dessein de l'at
taquer avec une armée de 60. mille hommes, 30%
Pieces de gros Canons , des Bombes et beaucoup
d'autre Artillerie , portée par des Chameaux ; que
sur cet avis ce Pacha suspendit l'attaque de la
Place, et qu'il fit marcher son Armée du côté des
Ennemis , que quand les deux Armées furent en
présence , Schah- Thamas envoya un Ambassadeur , lequel entra en conférence avec le Pacha ;
mais on fat surpris d'apprendre que dans le mê- metemps, non- seulement l'Armée Persanne avoir
continué sa marche , mais qu'elle avoit même
déja attaqué l'avant- Garde de l'Armée Othomane, et que plusieurs des principaux OfficiersTurcs avoient été tuez dans cette attaque. Ach,
met- Pacha , surpris d'un pareil procedé , en de→
manda la raison à l'Ambassadeur , lequel répondit que l'intention du Roy son Maître , étoit de continuer les hostilitez jusqu'à ce que le Pacha
eût signé les conditions du Traité qui avoit été
proposé par ie dernier Vizir Ibrahim ; sur quoiعا
MAR S. 173.2. 593-
Le Pacha ayant congedié l'Ambassadeur , il se
prépara sur le champ à livrer bataille. Le combat dura sept heures entieres , sçavoir deux heu
res avec l'Artillerie ou les Armes à feu , et cinq
heures le Sabre à la main ; les Turcs demeurerent enfin les maîtres du Champ de bataille , presque toute l'Infanterie Persanne étant demeurée
sur la place. Les Turcs se sont emparez de tout
le Bagage , des Munitions , de l'Artillerie et generalement de tout ce qui étoit dans le Camp des
Persans , sans avoir perdu que fort peu de monde.
On a trouvé parmi le butin sept Pieces de gros
Canons , qui avoient été transportez d'Ispaham ,
traînés chacune par so. Buffles , cinq autres Canons fabriquez à Chiras , d'un fort beau Bronze,
dont les Boulets étoient marquez du nom de
Schah Thamas. Après la Bataille , ce Prince s'est
retiré à Casbin avec une petite partie de sa Cavalerie , le reste s'étant dispersé.
Les mêmes Lettres portent que la nuit préce
dente , la plus grande partie de la Garnison:
d'Hamadan s'étoit jointe à l'Armée du Roy de
Perse , mais qu'après la victoire remportée par Achmet Pacha , la Forteresse de cette Place s'étoit rendue à discretion ; que le Pacha y étoit entré
en victorieux , et qu'ayant visité les Portes ,
ik
avoit trouvé cent pieces de Cañon , dont trente
avoient été apportées d'Hispaham pour la deffense
de la Place, les autres 70. y ayant été laissées
-l'année passées enfin qu'on avoit envoyé à Constantinople plusieurs Drapeaux et d'autres dépouilles qui passoient pour une marque assurée de l'entiere défaite des Persans. Si la saison n'eût pas
été si avancée , l'Armée auroit, dit- on, pû marcher sans obstacle vers Ispaham ; cependant cette Armée, après avoir suffisamment fortifié la Ci- ✨tadelle-
594 MERCURE DE FRANCE
tadelle d'Amadan , se trouve campée aux environs
de cette Ville , sans que l'on sçache encore où
elle hyvernera.
Malgré tant de mauvais succès de la part des
Persans , on souhaite ici la Paix , et si on ne peut
pas la conclure , la Porte prendra , dit-on , le
Parti de faire démolir toutes les Places Frontieres,
pour laisser entre les deux Empires un grand es- pace de Pays inhabité , qui servira de barriere aux
Etats du G. S, mais on ne sera bien éclairci sur
les résolutions que prendra la Cour Ottomane ,
qu'après le succès de mouvemens qui se font en- core du côté de Tauris.
Avant hier le Tefterdar ou le Grand-Trésorier,
fut fait Vizir à trois queues, et son Emploi de
Trésorier lui a été conservé ; il a reçû cet hon- neur par la faveur du nouveau Grand- Vizir , à
l'occasion des nouvelles agréables venuës d'Ha- madam.
Constantin Bey, fils de feu Nicolas Mauro
Cordato, qui avoit été dépouillé de la Principauté de Valaquie , après la mort de son pere , dans
le temps de la derniere Révolution , a été nomméavant hier de nouveau à cette Principauté par
la protection du même G. V. auprès de qui toute
la Famille des Cordato est en très -grande faveur.
Ali- Kalvoda , qui avoit joui de la Principauté
environ un an , a été déposé , et il y a apparence
qu'il sera mis en prison à son arrivée à Cons
tantinople. Sa personne est devenue suspecte parce qu'il avoit été élevé à cette Dignité par les
Chefs des Rebelles,
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople, écrite le 10. Novembre 1731.
En novembre 1731, des rumeurs à Constantinople annonçaient une défaite turque face aux troupes du Schah Thamas près de Tauris, mais ces informations se révélèrent fausses. Le mouvement observé provenait de milices turques rebelles contre le Seraskier Aly Pacha, qui avait encerclé Tauris avec trente mille hommes. Des nouvelles plus précises provenaient du camp près d'Hamadan. Achmet Pacha, positionné à six lieues de la ville, apprit que Schah Thamas approchait avec une armée de 60 000 hommes et une artillerie importante. Après une tentative de négociation infructueuse, les Persans attaquèrent l'avant-garde turque. La bataille, qui dura sept heures, se solda par une victoire turque. Les Turcs capturèrent l'artillerie, les munitions et plusieurs drapeaux persans. Suite à cette victoire, Schah Thamas se retira à Casbin, et la forteresse d'Hamadan se rendit peu après. Achmet Pacha entra dans la ville en vainqueur, y découvrant cent pièces de canon. Malgré ces succès militaires, les Turcs souhaitaient la paix et envisageaient de démolir les places frontalières pour créer une zone tampon entre les empires. À Constantinople, plusieurs promotions et nominations eurent lieu. Le Tefterdar fut nommé Vizir, Constantin Bey fut rétabli dans la principauté de Valachie, et Ali-Kalvoda, suspecté de liens avec des rebelles, fut déposé et risquait d'être emprisonné.
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2212
p. 595
RUSSIE.
Début :
La Czarine arriva fort tard le 28. Janvier de Petersbourg. [...]
Mots clefs :
Russie, Tsarine
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texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
A Czarine arriva fort tard le 28. Janvier
LePetersbourg. Elle passa la nuit dans un des
Fauxbourgs , et le lendemain vers les onze heures du matin , elle fit son Entrée publique au bruit des salves réïterées de l'Artillerie et aux accla
mations du Peuple. Le soir il y eut des Feux des Illuminations et d'autres marques de réjouis,
sance dans toutes les rues de la Ville , ce qui a
duré pendant huit nuits consécutives.
A Czarine arriva fort tard le 28. Janvier
LePetersbourg. Elle passa la nuit dans un des
Fauxbourgs , et le lendemain vers les onze heures du matin , elle fit son Entrée publique au bruit des salves réïterées de l'Artillerie et aux accla
mations du Peuple. Le soir il y eut des Feux des Illuminations et d'autres marques de réjouis,
sance dans toutes les rues de la Ville , ce qui a
duré pendant huit nuits consécutives.
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2213
p. 595-596
DE POLOGNE.
Début :
On écrit de Warsovie, qu'on y avoit appris de [...]
Mots clefs :
Pologne, Couvent
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texteReconnaissance textuelle : DE POLOGNE.
DE POLOGNE.
N écrit de Warsovie , qu'on y avoit appris
de Dublin , que le feu ayant pris la nuit dú 17. au 18. de Février , dans la Cellule d'une Religieuse du Convent de la Visitation , s'étoit
communiqué avec tant de rapidité aux apparte
mens voisins , et particulierement à celui où
étoient les Pensionaires , que ces jeunes Demoiselles n'ayant pas eu le temps de se sauver
avoient été devorées par les flammes ou étouffées
par la fumée , au nombre de 18. toutes personnes de condition , avec trois ou quatre Servantes ;
que cinq Religieuses avoient aussi perdu la vie ,
mais que P'Abbesse et quelques autres avoient eu
le bonheur de se sauver , tout le Convent ayant été entierement consumé avec l'Eglise , d'où on
n'avoit pû emporter que les Vases sacrez et quel- ques Ornemens.
On apprend de Copenhague que trois personnes
qui y sont dans les Prisons depuis quelque tems ,
l'occasion d'une fausse Lettre de Change
viennent d'être condamnées ; sçavoir, celui qui
?
-
faita.
596 MERCURE DE FRANCE
fait la Lettre , et celui qui s'en est servi , à avoir
la main coupée , et à être bannis du Royaume
avec confiscation de tous leurs biens ; le 3e , qui a fait , à ce sujet , un faux serment, aura les trois
doigts coupez , et sera pareillement banni des
Etats de S. M. Danoise.
N écrit de Warsovie , qu'on y avoit appris
de Dublin , que le feu ayant pris la nuit dú 17. au 18. de Février , dans la Cellule d'une Religieuse du Convent de la Visitation , s'étoit
communiqué avec tant de rapidité aux apparte
mens voisins , et particulierement à celui où
étoient les Pensionaires , que ces jeunes Demoiselles n'ayant pas eu le temps de se sauver
avoient été devorées par les flammes ou étouffées
par la fumée , au nombre de 18. toutes personnes de condition , avec trois ou quatre Servantes ;
que cinq Religieuses avoient aussi perdu la vie ,
mais que P'Abbesse et quelques autres avoient eu
le bonheur de se sauver , tout le Convent ayant été entierement consumé avec l'Eglise , d'où on
n'avoit pû emporter que les Vases sacrez et quel- ques Ornemens.
On apprend de Copenhague que trois personnes
qui y sont dans les Prisons depuis quelque tems ,
l'occasion d'une fausse Lettre de Change
viennent d'être condamnées ; sçavoir, celui qui
?
-
faita.
596 MERCURE DE FRANCE
fait la Lettre , et celui qui s'en est servi , à avoir
la main coupée , et à être bannis du Royaume
avec confiscation de tous leurs biens ; le 3e , qui a fait , à ce sujet , un faux serment, aura les trois
doigts coupez , et sera pareillement banni des
Etats de S. M. Danoise.
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Résumé : DE POLOGNE.
Le texte décrit deux événements distincts. À Dublin, dans la nuit du 17 au 18 février, un incendie a éclaté dans la cellule d'une religieuse du couvent de la Visitation. Le feu s'est propagé aux appartements voisins, notamment à celui des pensionnaires. Dix-huit jeunes demoiselles et trois ou quatre servantes ont péri, soit brûlées, soit asphyxiées. Cinq religieuses ont également perdu la vie, tandis que l'abbesse et quelques autres ont réussi à s'échapper. Le couvent et l'église ont été entièrement détruits, seuls les vases sacrés et quelques ornements ont été sauvés. À Copenhague, trois personnes ont été condamnées pour une fausse lettre de change. Le fauxaire et celui qui a utilisé la lettre ont été condamnés à avoir la main coupée, à être bannis du royaume et à la confiscation de leurs biens. La troisième personne, coupable de faux serment, aura les trois doigts coupés et sera également bannie des États danois.
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2214
p. 596
ALLEMAGNE.
Début :
Il est tombé en huit jours une si grande quantité [...]
Mots clefs :
Allemagne, Neige
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
L est tombé en huit jours une si grande
Iquantité de Neige dans le Bannat de Belgrade,
à ce qu'on écrit de Vienne , au commencement
de ce mois , qu'il y en a eu près de cinq pieds ;
la fonte de ces Neiges , qui est arrivée subite ment , a fait déborder la Save , dont le Pont a été
emporté , avec 13 personnes qui étoient dessus
dans le temps de sa chute.
On a reçu avis de Dresden que le Roy de Pologne, avoit donné des Ordres à tous les Officiers des Bailliages de son Electorat , de bien recevoir
les Réfugiez de l'Evêché de Saltzbourg, et de leur
procurer , aux frais de S. M. tous les soulagemens nécessaires.
Le 25 du mois dernier , il y eut à Berlin une
grande Chasse , à laquelle le Roy de Prusse n'as- sista point , à cause d'un grand rhume ; la Chasse fut des plus magnifiques. Le Duc de Lorraine y,
tira avec beaucoup d'adresse. On tua 400 Dains ,
22 Sangliers , un desquels pesoit 560 liv.
L est tombé en huit jours une si grande
Iquantité de Neige dans le Bannat de Belgrade,
à ce qu'on écrit de Vienne , au commencement
de ce mois , qu'il y en a eu près de cinq pieds ;
la fonte de ces Neiges , qui est arrivée subite ment , a fait déborder la Save , dont le Pont a été
emporté , avec 13 personnes qui étoient dessus
dans le temps de sa chute.
On a reçu avis de Dresden que le Roy de Pologne, avoit donné des Ordres à tous les Officiers des Bailliages de son Electorat , de bien recevoir
les Réfugiez de l'Evêché de Saltzbourg, et de leur
procurer , aux frais de S. M. tous les soulagemens nécessaires.
Le 25 du mois dernier , il y eut à Berlin une
grande Chasse , à laquelle le Roy de Prusse n'as- sista point , à cause d'un grand rhume ; la Chasse fut des plus magnifiques. Le Duc de Lorraine y,
tira avec beaucoup d'adresse. On tua 400 Dains ,
22 Sangliers , un desquels pesoit 560 liv.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En Allemagne, une importante chute de neige a provoqué la crue de la Save, détruisant un pont et causant la mort de 13 personnes. À Dresde, le roi de Pologne a ordonné d'accueillir les réfugiés de l'évêché de Salzbourg. À Berlin, une grande chasse a eu lieu, avec la participation du duc de Lorraine, tuant 400 daims et 22 sangliers.
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2215
p. 596-599
ITALIE.
Début :
On écrit de Rome, que par un Edit du Cardinal Camerlingue, [...]
Mots clefs :
Italie, Don Carlos
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
N écrit de Rome, que par un Edit du Cardinal Camerlingue , publié le 16 de Février , le Port d'Ancone a été déclaré Port
fran: pour tous les Vaisseaux Etrangers , qui n'y
payc-
MARS. 1132. 797
payeront à l'avenir qu'un droit d'Ancrage , fort
modique , lequel est reglé par le même Edit.
Le Duc de S. Aignan , Ambassadeur de France auprés du Pape , arriva à Livourne le 15 Février avec trois Galeres de France. Après les
Saluts réciproques du Pavillon du Roy et de la
Place , et celui fait par les Galeres de S. M. pour
l'Infant Don Carlos. L'Ambassadeur fut salué
de 30 coups , et lorsqu'il mit pied à terre , il le
fut encore de 21 coups,
Le Duc de S. Aignan alla+ au Palais de l'Infant
Don Carlos , qui le reçut avec toutes les marques
de distinction imaginables , s'étant rendu ensuite à l'Hôtel du Consul de France , le Comte de
Charni, Commandant des Troupes du Roy d'Espagne , en Italie , envoya un Officier , avec un
détachement de Soldats , pour monter la Garde à la porte de son Hôtel , mais le Duc de S. Aignan les renvoya , et le fit remercier de cette
marque d'honneur.
Le 22 , Don Carlos partit de Livourne vers les
heures après midi , au bruit de l'Artillerie ,
&c. f
Son A. R. arriva à Pise vers les heures du
soir , et s'étant rendue à l'Eglise Métropolitai
ne , elle yfut reçue par l'Archevêque , à la tête
des Chanoines. Toute l'Eglise étoit magnifiquement illuminée ; on y chanta le Te Deum à plusieurs Choeurs de Musique. Après le Te Deum ,
P'Infant Don Carlos alla voir les Illuminations
de la Ville; et ensuite la Représentation de l'Opera. Le 23 , ce Prince prit le divertissement de
la Chasse ; au retour de laquelle le Duc Salviati
Grand-Veneur du Grand Duc de Toscane, lui fit présent de deux Dains blancs , de la part de ce
Prince.
La Noblesse et les autres habitans du rivage de
l'Aino
8 MERCURE DE FRANCE
l'Arno , ont donné à l'Infant Don Carlos, le divertissement du combat qu'on appelle à Pise , le
Combat du Pont , dont ce Prince a paru tres- satisfait.
Le 2 de Mars , S. A. R. soupa chez le Sénateur Baluzzi , et dansa ensuite avec plusieurs Dames qui eurent l'honneur de lui baiser la main.
Ce Prince visita l'Eglise des Chevaliers de l'Ordre Militaire de S. Etienne , et celle du Dôme, dont
l'Archevêque de Pise lui fit voir le trésor. Le 3 , à
10 heures du matin , S. A. R. partit pour l'Ambrogiana , Maison de Plaisance du Grand-Duc ,
où elle resterajusqu'au 6, qu'elle se rendra à Flo rence , &c.
Les Lettres de l'Isle de Corse , de la fin de Jan
vier , portent , qu'à la requisition de quelques
Religieux Corses , le Gouverneur de Calvi ayant
envoyé 400 hommes de sa Garnison, pour s'em- parer du Bourg de Cabezzana , dont on l'avoit
assuré que les habitans demandoient ce secours ,
pour se soumettre en sureté à la République de
Génes , ce détachement avoit été surpris près de
ce Bourg , par un grand nombre de Rebelles, qui
s'étoient mis en embuscade, et qu'il avoit été
taillé en pièces.
On a appris depuis que les Troupes de l'Em- pereury étoient diminuées de la moitié , tant par
les maladies , que par les pertes qu'elles ont faites
en differentes rencontres, de sorte qu'elles avoient
été obligées d'abandonner plusieurs Postes, dont
les Rebelles s'étoient emparez depuis
On écrit de Naples , que les bruits qui s'étoient
répandus de l'accommodement du Cardinal Coscia , avec le S. Siége , étoit sans fondement, et on
prétend qu'il n'a aucun dessein de risquer le voyage de Rome.
On a apris par des Lettres de Lisbonne , que le
Roy
MARS. 1732. 599
Roy de Portugal avoit privé de tout Honneur ,
Privilege et Noblesse , ceux de ses Sujets , qul
pendant le tempsdes derniers differends de S.M.P.
avec le S. Siége , ont accepté du Pape quelques
Benefices.
N écrit de Rome, que par un Edit du Cardinal Camerlingue , publié le 16 de Février , le Port d'Ancone a été déclaré Port
fran: pour tous les Vaisseaux Etrangers , qui n'y
payc-
MARS. 1132. 797
payeront à l'avenir qu'un droit d'Ancrage , fort
modique , lequel est reglé par le même Edit.
Le Duc de S. Aignan , Ambassadeur de France auprés du Pape , arriva à Livourne le 15 Février avec trois Galeres de France. Après les
Saluts réciproques du Pavillon du Roy et de la
Place , et celui fait par les Galeres de S. M. pour
l'Infant Don Carlos. L'Ambassadeur fut salué
de 30 coups , et lorsqu'il mit pied à terre , il le
fut encore de 21 coups,
Le Duc de S. Aignan alla+ au Palais de l'Infant
Don Carlos , qui le reçut avec toutes les marques
de distinction imaginables , s'étant rendu ensuite à l'Hôtel du Consul de France , le Comte de
Charni, Commandant des Troupes du Roy d'Espagne , en Italie , envoya un Officier , avec un
détachement de Soldats , pour monter la Garde à la porte de son Hôtel , mais le Duc de S. Aignan les renvoya , et le fit remercier de cette
marque d'honneur.
Le 22 , Don Carlos partit de Livourne vers les
heures après midi , au bruit de l'Artillerie ,
&c. f
Son A. R. arriva à Pise vers les heures du
soir , et s'étant rendue à l'Eglise Métropolitai
ne , elle yfut reçue par l'Archevêque , à la tête
des Chanoines. Toute l'Eglise étoit magnifiquement illuminée ; on y chanta le Te Deum à plusieurs Choeurs de Musique. Après le Te Deum ,
P'Infant Don Carlos alla voir les Illuminations
de la Ville; et ensuite la Représentation de l'Opera. Le 23 , ce Prince prit le divertissement de
la Chasse ; au retour de laquelle le Duc Salviati
Grand-Veneur du Grand Duc de Toscane, lui fit présent de deux Dains blancs , de la part de ce
Prince.
La Noblesse et les autres habitans du rivage de
l'Aino
8 MERCURE DE FRANCE
l'Arno , ont donné à l'Infant Don Carlos, le divertissement du combat qu'on appelle à Pise , le
Combat du Pont , dont ce Prince a paru tres- satisfait.
Le 2 de Mars , S. A. R. soupa chez le Sénateur Baluzzi , et dansa ensuite avec plusieurs Dames qui eurent l'honneur de lui baiser la main.
Ce Prince visita l'Eglise des Chevaliers de l'Ordre Militaire de S. Etienne , et celle du Dôme, dont
l'Archevêque de Pise lui fit voir le trésor. Le 3 , à
10 heures du matin , S. A. R. partit pour l'Ambrogiana , Maison de Plaisance du Grand-Duc ,
où elle resterajusqu'au 6, qu'elle se rendra à Flo rence , &c.
Les Lettres de l'Isle de Corse , de la fin de Jan
vier , portent , qu'à la requisition de quelques
Religieux Corses , le Gouverneur de Calvi ayant
envoyé 400 hommes de sa Garnison, pour s'em- parer du Bourg de Cabezzana , dont on l'avoit
assuré que les habitans demandoient ce secours ,
pour se soumettre en sureté à la République de
Génes , ce détachement avoit été surpris près de
ce Bourg , par un grand nombre de Rebelles, qui
s'étoient mis en embuscade, et qu'il avoit été
taillé en pièces.
On a appris depuis que les Troupes de l'Em- pereury étoient diminuées de la moitié , tant par
les maladies , que par les pertes qu'elles ont faites
en differentes rencontres, de sorte qu'elles avoient
été obligées d'abandonner plusieurs Postes, dont
les Rebelles s'étoient emparez depuis
On écrit de Naples , que les bruits qui s'étoient
répandus de l'accommodement du Cardinal Coscia , avec le S. Siége , étoit sans fondement, et on
prétend qu'il n'a aucun dessein de risquer le voyage de Rome.
On a apris par des Lettres de Lisbonne , que le
Roy
MARS. 1732. 599
Roy de Portugal avoit privé de tout Honneur ,
Privilege et Noblesse , ceux de ses Sujets , qul
pendant le tempsdes derniers differends de S.M.P.
avec le S. Siége , ont accepté du Pape quelques
Benefices.
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Résumé : ITALIE.
En février 1732, un édit du Cardinal Camerlingue a désigné le port d'Ancone comme port franc pour les vaisseaux étrangers, avec un droit d'ancrage modique. Le Duc de Saint-Aignan, ambassadeur de France, est arrivé à Livourne le 15 février avec trois galères françaises. Il a été accueilli par l'Infant Don Carlos et a refusé une garde d'honneur espagnole. Le 22 février, Don Carlos a quitté Livourne pour Pise, où il a été reçu par l'archevêque et a assisté à un Te Deum. Il a visité les illuminations de la ville, assisté à un opéra, participé à une chasse et reçu des présents du Duc Salviati. La noblesse pisane lui a offert un combat traditionnel. Le 2 mars, Don Carlos a soupé chez le Sénateur Baluzzi, visité des églises et des trésors, puis est parti pour l'Ambrogiana, où il est resté jusqu'au 6 mars. En Corse, un détachement de 400 hommes a été attaqué par des rebelles, subissant des pertes et abandonnant plusieurs postes. À Naples, les rumeurs d'un accommodement entre le Cardinal Coscia et le Saint-Siège ont été démenties. À Lisbonne, le Roi de Portugal a privé de leurs honneurs et privilèges les sujets ayant accepté des bénéfices du Pape pendant les derniers différends.
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2216
p. 599
ESPAGNE.
Début :
Le Roy a donné des Ordres pour faire assembler 12 000 [...]
Mots clefs :
Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAG «N»E.
LEsembler Roy a12000 donnéhommes des Ordres , du pour côté defairela Ca- astalogne ; on les croit destinez pour un embarquement , et on arme plusieurs Vaisseaux de
Guerre à Cadix , à Malaga et à Barcelone.
.
Les Troupes qui sont en marche pour cette,
expédition , consistent en 26 Bataillons ; sçavoir,
6 du Regiment des Gardes Espagnoles , 6 de celui des Gardes Walones , 2 du Regiment des Asturies , 2 de celui de Hainault , 2 de celui de Soria; 2 du Regiment d'Arragon, 2 de celui de Batavia et un de celui de Victoria; trois Regimens de
Cavalerie, qui sont ceux de Bourbon, de la Reine
et deS. Jacques, et les quatre Regimens de Dra-.
gons de Lusitanie ou Portugal, de Belgia , de Sa- gunte et de Numance.
O
LEsembler Roy a12000 donnéhommes des Ordres , du pour côté defairela Ca- astalogne ; on les croit destinez pour un embarquement , et on arme plusieurs Vaisseaux de
Guerre à Cadix , à Malaga et à Barcelone.
.
Les Troupes qui sont en marche pour cette,
expédition , consistent en 26 Bataillons ; sçavoir,
6 du Regiment des Gardes Espagnoles , 6 de celui des Gardes Walones , 2 du Regiment des Asturies , 2 de celui de Hainault , 2 de celui de Soria; 2 du Regiment d'Arragon, 2 de celui de Batavia et un de celui de Victoria; trois Regimens de
Cavalerie, qui sont ceux de Bourbon, de la Reine
et deS. Jacques, et les quatre Regimens de Dra-.
gons de Lusitanie ou Portugal, de Belgia , de Sa- gunte et de Numance.
O
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Résumé : ESPAGNE.
Au début du XIIIe siècle, le roi espagnol mobilise 12 000 hommes des Ordres militaires pour une campagne en Castille. L'expédition, comprenant 26 bataillons et trois régiments de cavalerie, embarque à Cadix, Malaga et Barcelone. Quatre régiments de dragons participent également.
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2217
p. 599-600
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On apprend de Londres, que le Duc de Cumberland a [...]
Mots clefs :
Grande-Bretagne, Régiment
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
N apprend de Londres, que le Duc de Cum
berland a formé une Compagnie de Grénadiers , qui est composée de jeunes gens de la premiere distinction , qu'il a fait habiller de l'uni
forme du second Régiment des Gardes Infante- rie. Le fils du Colonel Carskarh a l'honneur de
commander cette Compagnie , dont le Duc de Cumberland n'a voulu être que le Caporal. Le 2
Mars , elle fit ses exercices devant le Roy et la
Reine, qui en furent tres-satisfaits.
M
600 MERCURE DE FRANCE
M. Hammond arriva de la Haye le 25 de Février , de la part du Comte de Chesterfied , avec
la coppie de l'Acte d'Approbation des Etats Généraux , du Traité conclu à Vienne , le 16 Mars
de l'année derniere , lequel avoit été signé le 20
Là la Haye.
N apprend de Londres, que le Duc de Cum
berland a formé une Compagnie de Grénadiers , qui est composée de jeunes gens de la premiere distinction , qu'il a fait habiller de l'uni
forme du second Régiment des Gardes Infante- rie. Le fils du Colonel Carskarh a l'honneur de
commander cette Compagnie , dont le Duc de Cumberland n'a voulu être que le Caporal. Le 2
Mars , elle fit ses exercices devant le Roy et la
Reine, qui en furent tres-satisfaits.
M
600 MERCURE DE FRANCE
M. Hammond arriva de la Haye le 25 de Février , de la part du Comte de Chesterfied , avec
la coppie de l'Acte d'Approbation des Etats Généraux , du Traité conclu à Vienne , le 16 Mars
de l'année derniere , lequel avoit été signé le 20
Là la Haye.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le Duc de Cumberland a formé une compagnie de grenadiers composée de jeunes de haute distinction, portant l'uniforme du second régiment des Gardes Infanterie. Le fils du Colonel Carskarh en est le commandant, tandis que le Duc est caporal. Le 2 mars, ils ont exercé devant le roi et la reine, qui en ont été satisfaits. M. Hammond a apporté l'Acte d'Approbation des États Généraux et le Traité de Vienne signé le 16 mars précédent.
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2218
p. 601-602
« Le 9 de ce mois, les Députez des Etats d'Artois [...] »
Début :
Le 9 de ce mois, les Députez des Etats d'Artois [...]
Mots clefs :
Princesse de Conti, Audience du roi, Comédiens-Italiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 9 de ce mois, les Députez des Etats d'Artois [...] »
RANCE,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &C.
E 9 de ce mois , les Députez des Etats
d'Artois eurent audiance du Roy ,
étant présentés par le Duc d'Elbeuf, Gouverneur de la Province , et par M. d'Angervilliers , Ministre et Secretaire d'Etat.
Ils y furent conduits en la maniere accoutumée , par le Grand-Maître et le Maî
tre des Cérémonies. La Députation étoit
composée de l'Abbé de Ruissauvaille
pour le Clergé , qui porta la parole ; du
Comte de Louvignies pour la Noblesse
et de M. Henin , Echevin de la Ville
d'Arras pour le Tiers Etat.
La Princesse de Conti , seconde Douairiere, ayant demandé par son Testament
d'être enterrée sans aucune des Cérémo
nies qui s'observent après la mort des Princesses du Sang, son corps qui avoit été embaumé le 22 de Fév. ne fut exposé dans
son Hôtel que le 28. Ce jour-là , vers les
9 heures du soir , il fut porté en Carosse
à
602 MERCURE DE FRANCE
à l'Eglise de S. André des Arcs , et il furt
presenté au Curé par l'Evêque de Leitoure qui étoit accompagné du Curé de
la Paroisse de S. Sulpice. La Princesse de
de Conty , troisiéme Doüairiere , accòmpagnée de la Princesse de Conty, sa bellefille , de la Princesse de Lambesc , et de
la Princesse de Lixin , menoit le Deüil.
Après les Prieres ordinaires , le Corps de
la Princesse de Conty fut mis dans le
Caveau où est le Corps du Prince son
Epoux.
Le Marquis de Vaugrenant , que le
Roi a nommé son Ambassadeur auprès
du Roy de Sardaigne , prit congé de
S. M. le 18. de ce mois , et il partira incessamment pour se rendre à Turin.
Le Roy a donné le Gouvernement de
Boüay au Comte de Beauvau , Chevalier des Ordres de S. M. Lieutenant General de ses Armées , et Directeur General de Cavalerie , et celui des Iles de
sainte Marguerite et de S. Honorat , au
Marquis de Dreux , Grand-Maître des
Ceremonies de France , et Lieutenant
General des Armées du Roy.
Le premier Mars , les Comédiens ItaHens représenterent à la Cour la Double
In-
MARS. 17328 63
Inconstance , et la petite Piece nouvelle
de la Critique.
Le 8. Le Prince Travesti , et la Veuve
Coquette.
Le 15. La Piéce nouvelle du Triomphe
de l'Amour, et Agnès de Chaillot.
+
Le 22: Démocrite , prétendu Fon , et le
Retour de Tendresse.
Le Mardy 4. les Comédiens François
représenterent à la Cour , Espritfolet, et
l'Esprit de contradiction.
Le 6. Les Ménechmes , et le Deuil.
Le 11. Agrippa , ou le Faux Tiberinus,
et Crispin , Rival de son Maître.
Le 13. Le Flateur , et le Mariageforce".
Le 18. Phedre et Hyppolite, et la Comtesse d'Escarbagnas.
Le 20. La Réconciliation Normande , et
La Tontine.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &C.
E 9 de ce mois , les Députez des Etats
d'Artois eurent audiance du Roy ,
étant présentés par le Duc d'Elbeuf, Gouverneur de la Province , et par M. d'Angervilliers , Ministre et Secretaire d'Etat.
Ils y furent conduits en la maniere accoutumée , par le Grand-Maître et le Maî
tre des Cérémonies. La Députation étoit
composée de l'Abbé de Ruissauvaille
pour le Clergé , qui porta la parole ; du
Comte de Louvignies pour la Noblesse
et de M. Henin , Echevin de la Ville
d'Arras pour le Tiers Etat.
La Princesse de Conti , seconde Douairiere, ayant demandé par son Testament
d'être enterrée sans aucune des Cérémo
nies qui s'observent après la mort des Princesses du Sang, son corps qui avoit été embaumé le 22 de Fév. ne fut exposé dans
son Hôtel que le 28. Ce jour-là , vers les
9 heures du soir , il fut porté en Carosse
à
602 MERCURE DE FRANCE
à l'Eglise de S. André des Arcs , et il furt
presenté au Curé par l'Evêque de Leitoure qui étoit accompagné du Curé de
la Paroisse de S. Sulpice. La Princesse de
de Conty , troisiéme Doüairiere , accòmpagnée de la Princesse de Conty, sa bellefille , de la Princesse de Lambesc , et de
la Princesse de Lixin , menoit le Deüil.
Après les Prieres ordinaires , le Corps de
la Princesse de Conty fut mis dans le
Caveau où est le Corps du Prince son
Epoux.
Le Marquis de Vaugrenant , que le
Roi a nommé son Ambassadeur auprès
du Roy de Sardaigne , prit congé de
S. M. le 18. de ce mois , et il partira incessamment pour se rendre à Turin.
Le Roy a donné le Gouvernement de
Boüay au Comte de Beauvau , Chevalier des Ordres de S. M. Lieutenant General de ses Armées , et Directeur General de Cavalerie , et celui des Iles de
sainte Marguerite et de S. Honorat , au
Marquis de Dreux , Grand-Maître des
Ceremonies de France , et Lieutenant
General des Armées du Roy.
Le premier Mars , les Comédiens ItaHens représenterent à la Cour la Double
In-
MARS. 17328 63
Inconstance , et la petite Piece nouvelle
de la Critique.
Le 8. Le Prince Travesti , et la Veuve
Coquette.
Le 15. La Piéce nouvelle du Triomphe
de l'Amour, et Agnès de Chaillot.
+
Le 22: Démocrite , prétendu Fon , et le
Retour de Tendresse.
Le Mardy 4. les Comédiens François
représenterent à la Cour , Espritfolet, et
l'Esprit de contradiction.
Le 6. Les Ménechmes , et le Deuil.
Le 11. Agrippa , ou le Faux Tiberinus,
et Crispin , Rival de son Maître.
Le 13. Le Flateur , et le Mariageforce".
Le 18. Phedre et Hyppolite, et la Comtesse d'Escarbagnas.
Le 20. La Réconciliation Normande , et
La Tontine.
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Résumé : « Le 9 de ce mois, les Députez des Etats d'Artois [...] »
Le 9 mars, les députés des États d'Artois furent reçus par le roi, accompagnés par le duc d'Elbeuf et M. d'Angervilliers. La délégation incluait l'abbé de Ruissauvaille pour le clergé, le comte de Louvignies pour la noblesse, et M. Henin pour le tiers état. La princesse de Conti, seconde douairière, avait demandé à être enterrée sans cérémonies. Son corps, embaumé le 22 février, fut exposé le 28 mars et transporté à l'église de Saint-André-des-Arts. La princesse de Conti, troisième douairière, mena le deuil, accompagnée de plusieurs princesses. Après les prières, le corps fut placé dans le caveau où reposait son époux. Le marquis de Vaugrenant, nommé ambassadeur auprès du roi de Sardaigne, prit congé le 18 mars et partit pour Turin. Le roi attribua le gouvernement de Bouay au comte de Beauvau et celui des îles de Sainte-Marguerite et de Saint-Honorat au marquis de Dreux. En mars, les comédiens italiens représentèrent plusieurs pièces à la cour, dont 'La Double Inconstance' et 'La Critique'. Les comédiens français jouèrent également diverses pièces, comme 'Espritfolet', 'Les Ménechmes', 'Phedre et Hyppolite', et 'La Réconciliation Normande'.
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2219
p. 602-603
Couches de la Reine, [titre d'après la table]
Début :
Le 22 de ce mois, la Reine qui étoit entrée [...]
Mots clefs :
Reine, Couches
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Couches de la Reine, [titre d'après la table]
Le 22 de ce mois , la Reine qui étoit
entrée depuis quelques jours dans le 9
mois de sa grossesse , sentit quelques.dou- leurs pour accoucher. On dépêcha un
Courrier au Roy , qui étoit à la Chasse
dans les Bois de Verrieres , à quatre lieuës
de Versailles, S.M. quitta la Chasse et revint dans l'instant au Château de Versaille , et sans s'arrêter , le Roy monta à l'ap
I parte
694 MERCURE DE FRANCE
,
partement de la Reine. Cependant les
douleurs , quoique vives , se calmerent ,
et la Reine passa la nuit tranquillement;
mais le Dimanche 23 Mars , les douleurs
ayant recommencé à une heure après
midi , la Reine accoucha heureusement à
cinq heures , d'une Princesse qui fut ondoyée par le Cardinal de Rohan , GrandAumônier de France,en présence du Curé
de la Paroisse du Château de Versailles.
Après la Cérémonie , cette Princesse fut
portée dans son appartement , par la Duchesse de Talard , Gouvernante des Enfans de France. La Reine se porte aussibien qu'on puisse le désirer
entrée depuis quelques jours dans le 9
mois de sa grossesse , sentit quelques.dou- leurs pour accoucher. On dépêcha un
Courrier au Roy , qui étoit à la Chasse
dans les Bois de Verrieres , à quatre lieuës
de Versailles, S.M. quitta la Chasse et revint dans l'instant au Château de Versaille , et sans s'arrêter , le Roy monta à l'ap
I parte
694 MERCURE DE FRANCE
,
partement de la Reine. Cependant les
douleurs , quoique vives , se calmerent ,
et la Reine passa la nuit tranquillement;
mais le Dimanche 23 Mars , les douleurs
ayant recommencé à une heure après
midi , la Reine accoucha heureusement à
cinq heures , d'une Princesse qui fut ondoyée par le Cardinal de Rohan , GrandAumônier de France,en présence du Curé
de la Paroisse du Château de Versailles.
Après la Cérémonie , cette Princesse fut
portée dans son appartement , par la Duchesse de Talard , Gouvernante des Enfans de France. La Reine se porte aussibien qu'on puisse le désirer
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Résumé : Couches de la Reine, [titre d'après la table]
Le 22 mars, la Reine, enceinte de neuf mois, ressentit des douleurs annonçant l'accouchement. Le Roi, informé, revint immédiatement au château de Versailles. Après une nuit tranquille, la Reine accoucha le 23 mars à cinq heures d'une princesse. Le Cardinal de Rohan procéda à l'ondoiement en présence du curé de Versailles. La Reine se portait bien.
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2220
p. 603-604
« Le 24 Mars, la Lotterie de la Compagnie des Indes, [...] »
Début :
Le 24 Mars, la Lotterie de la Compagnie des Indes, [...]
Mots clefs :
Loterie de la Compagnie des Indes, Fête de l'Annonciation de la Vierge
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texteReconnaissance textuelle : « Le 24 Mars, la Lotterie de la Compagnie des Indes, [...] »
Le 24 Mars , la Lotterie de la Compa
gnie des Indes , établie pour le rembour
sement des Actions , fut tirée en la maniere accoutumée , à l'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros gagnans ,
des Actions et dixièmes d'Actions , qui
doivent être remboursées , a été renduë
publique. Elle fait en tout le nombre de
304 Actions.
Le 25 , Fête de l'Annonciation de la
Vierge , il y eut Concert spirituel au Château des Tuilleries. Il commença par
Exurgat Deus, Motet de M. de la Lande.
尊
On
MARS. 1732 605
On chanta ensuite plusieurs petits Motets , qui furent suivis de differentés pieces de Symphonies , exécutées d'une maniere tres brillante , par d'excellens Maî
treses.Le .Le Concertfut terminé par le Cantate,
qui est un des beaux Motets du même Auteur
gnie des Indes , établie pour le rembour
sement des Actions , fut tirée en la maniere accoutumée , à l'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros gagnans ,
des Actions et dixièmes d'Actions , qui
doivent être remboursées , a été renduë
publique. Elle fait en tout le nombre de
304 Actions.
Le 25 , Fête de l'Annonciation de la
Vierge , il y eut Concert spirituel au Château des Tuilleries. Il commença par
Exurgat Deus, Motet de M. de la Lande.
尊
On
MARS. 1732 605
On chanta ensuite plusieurs petits Motets , qui furent suivis de differentés pieces de Symphonies , exécutées d'une maniere tres brillante , par d'excellens Maî
treses.Le .Le Concertfut terminé par le Cantate,
qui est un des beaux Motets du même Auteur
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Résumé : « Le 24 Mars, la Lotterie de la Compagnie des Indes, [...] »
Le 24 mars 1732, la Lotterie de la Compagnie des Indes a attribué 304 actions. Le 25 mars, un concert spirituel a eu lieu au Château des Tuileries. Il a commencé avec le motet 'Exurgat Deus' de M. de la Lande et s'est conclu par une cantate. Divers motets et symphonies ont été interprétés par des maîtres excellents.
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2221
p. 783-784
DE TURQUIE ET BARBARIE.
Début :
On apprend de Constantinople, que le Grand-Visir avoit fait [...]
Mots clefs :
Turquie, Barbarie, Combats sanglants
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texteReconnaissance textuelle : DE TURQUIE ET BARBARIE.
DE TURQUIE ET BARBARIE,
N apprend de Constantinople, que le Grand- Visir avoit fait dire aux Ambassadeurs de
France , d'Angleterre et de Hollande , que le
Grand-Seigneur avoit donné ordre qu'on ne levât dorénavant sur les Marchandises de leurs
Pays que les droits d'entrée reglez par le Tarif de 1701.
Les Lettres de Barbarie portent que les Ha
bitans des Montagnes du côté de sainte Croix ,
se faisoient une guerre cruelle , sans se donner
de quartier les uns aux autres ; qu'il y avoit ea
deux Combats sanglans à une journée de la Ville
de Maroc , entre l'Armée du Roy Muley Ab
dallah et celle des Arabes ; que quelques jours
après , ces deux Armées s'étant approchées dans
la Plcine , leur Combat general avoit duré deux
heures ; que la perte avoit été presque égale de
part et d'autre; mais que cependant l'Armée des
Noirs , qui est celle du Roy , étoit restée maîtresse du Champ de bataille , et que le Roy avoit
résolu de continuer le Siege de Maroc.
On apprend par d'autres Lettres que la guerre Civile continuoit à faire de grands ravages , que
les Montagnards mettoient à feu et à sang les
Provinces, exposées à leurs courses , et que les Arabes
784 MERCURE DE FRANCE
>
Arabes s'étant encore rassemblez en corps , nonobstant leur derniere deffaite , avoient attaqué à
deux reprises l'Armée du Roy Muley Abdallah ,
aux environs de Maroc , avec une perte égale ,
les Negres n'ayant eu d'autre avantage que celui d'avoir conservé le Champ de bataille , et que le
Roy avoit été obligé de renforcer considerable- ment son Armée , afin d'être en état de pouvoir
continuer le Siege de Maroc.
N apprend de Constantinople, que le Grand- Visir avoit fait dire aux Ambassadeurs de
France , d'Angleterre et de Hollande , que le
Grand-Seigneur avoit donné ordre qu'on ne levât dorénavant sur les Marchandises de leurs
Pays que les droits d'entrée reglez par le Tarif de 1701.
Les Lettres de Barbarie portent que les Ha
bitans des Montagnes du côté de sainte Croix ,
se faisoient une guerre cruelle , sans se donner
de quartier les uns aux autres ; qu'il y avoit ea
deux Combats sanglans à une journée de la Ville
de Maroc , entre l'Armée du Roy Muley Ab
dallah et celle des Arabes ; que quelques jours
après , ces deux Armées s'étant approchées dans
la Plcine , leur Combat general avoit duré deux
heures ; que la perte avoit été presque égale de
part et d'autre; mais que cependant l'Armée des
Noirs , qui est celle du Roy , étoit restée maîtresse du Champ de bataille , et que le Roy avoit
résolu de continuer le Siege de Maroc.
On apprend par d'autres Lettres que la guerre Civile continuoit à faire de grands ravages , que
les Montagnards mettoient à feu et à sang les
Provinces, exposées à leurs courses , et que les Arabes
784 MERCURE DE FRANCE
>
Arabes s'étant encore rassemblez en corps , nonobstant leur derniere deffaite , avoient attaqué à
deux reprises l'Armée du Roy Muley Abdallah ,
aux environs de Maroc , avec une perte égale ,
les Negres n'ayant eu d'autre avantage que celui d'avoir conservé le Champ de bataille , et que le
Roy avoit été obligé de renforcer considerable- ment son Armée , afin d'être en état de pouvoir
continuer le Siege de Maroc.
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Résumé : DE TURQUIE ET BARBARIE.
Le texte décrit des événements politiques et militaires en Turquie et en Barbarie. À Constantinople, le Grand-Visir a informé les ambassadeurs de France, d'Angleterre et de Hollande que le Grand-Seigneur a ordonné de lever uniquement les droits d'entrée régis par le tarif de 1701 sur les marchandises de leurs pays. En Barbarie, des conflits violents opposent les habitants des montagnes près de Sainte-Croix, l'armée du roi Muley Abdallah et les Arabes. Deux combats sanglants ont eu lieu près de la ville de Maroc, entraînant des pertes presque égales, mais l'armée des Noirs, loyale au roi, a pris le contrôle du champ de bataille. Le roi a décidé de poursuivre le siège de Maroc malgré les attaques répétées des Arabes, qui l'ont contraint à renforcer son armée. La guerre civile continue de causer des ravages, les montagnards incendiant et pillant les provinces exposées à leurs incursions.
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2222
p. 784
RUSSIE.
Début :
Le Baron de Schaffirof, Ambassadeur de la Czarine à Ispahan [...]
Mots clefs :
Mariage, Armée
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texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
E Baron de Schaffirof , Ambassadeur de la
Czarine à Ispahan, a écrit que le Roy de
Perse, avoit donné des ordres pour faire marcher
son Armée composée de roo. mille hommes , du
côté des Places conquises par les Moscovites , et
qu'il faisoit rassembler des provisions dans la
basse Armenie , où ce Prince avoit envoyé un
train d'Artillerie de 150. Pieces de Canon..
Depuis qu'on a appris par les Lettres de BerJin, que le Roy de Prusse avoit conclu le Maria.
ge du Prince Royal son fils , avec la Princesse
de Beveren ; on publie que la Princesse de Meckelbourg , Niece de la Czarine , épousera le fils
du Margrave Albert de Brandebourg,
O
E Baron de Schaffirof , Ambassadeur de la
Czarine à Ispahan, a écrit que le Roy de
Perse, avoit donné des ordres pour faire marcher
son Armée composée de roo. mille hommes , du
côté des Places conquises par les Moscovites , et
qu'il faisoit rassembler des provisions dans la
basse Armenie , où ce Prince avoit envoyé un
train d'Artillerie de 150. Pieces de Canon..
Depuis qu'on a appris par les Lettres de BerJin, que le Roy de Prusse avoit conclu le Maria.
ge du Prince Royal son fils , avec la Princesse
de Beveren ; on publie que la Princesse de Meckelbourg , Niece de la Czarine , épousera le fils
du Margrave Albert de Brandebourg,
O
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Résumé : RUSSIE.
Le baron de Schaffirof, ambassadeur de la czarine à Ispahan, rapporte que le roi de Perse a ordonné à son armée de 100 000 hommes de se diriger vers les territoires conquis par les Moscovites. Des provisions et un train d'artillerie de 150 pièces de canon sont rassemblés en basse Arménie. Par ailleurs, des lettres de Berlin annoncent les mariages du prince royal de Prusse avec la princesse de Beveren et de la princesse de Meckelbourg, nièce de la czarine, avec le fils du margrave Albert de Brandebourg.
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2223
p. 784-785
DE POLOGNE.
Début :
On écrit de Warsovie, que le Roy y arriva le 5. du [...]
Mots clefs :
Pologne, Tsarine
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texteReconnaissance textuelle : DE POLOGNE.
DE POLOGNE.
N écrit de Warsovie , que le Roy y arriva le S. du mois dernier , et de Dantzick , qu'il
y avoit passé depuis un mois plusieurs Courriers allant de Berlin àPetersbourg , où on dit qu'il
se négocie une triple Alliance entre l'Empereur , la Czarine et le Roy de Prusse pour la
garantie et la deffense réciproque de leurs Etats ,
en
AVRIL. 1722. 7°5
de guerre avec quelque Puissance que ce être .
a dépêché depuis peu un Officier à Peters-
; , pour porter à la Czarine une Lettre du
par laquelle S M. la prie de retirer ses
pes des environs de la Curlande , parce que
Séjour près de ce Duché cause de l'inquiéa la République et pourroit faire naître dela
ntelligence entre les deux Nations. On dit
i cette Lettre du Roy ne produit pas l'effer en espere , les Sénateurs ont résolu de faire
her les Troupes de la Couronne , pour oblis Moscovites à se retirer.
écrit de Stokolm , que par le Traité d'Alqui a été conclu depuis entre le Roi de et le Roi de Dannemarc , il a été stipulé
yes deux Puissances réuniroient leurs Fotes
observer les mouvemens de celle de la Czaet s'opposer aux entreprises que cette Prin-
, ou ses Alliez pourroient faire sur les Etats Roy de Suede ou du Roy de Dannemarc.
N écrit de Warsovie , que le Roy y arriva le S. du mois dernier , et de Dantzick , qu'il
y avoit passé depuis un mois plusieurs Courriers allant de Berlin àPetersbourg , où on dit qu'il
se négocie une triple Alliance entre l'Empereur , la Czarine et le Roy de Prusse pour la
garantie et la deffense réciproque de leurs Etats ,
en
AVRIL. 1722. 7°5
de guerre avec quelque Puissance que ce être .
a dépêché depuis peu un Officier à Peters-
; , pour porter à la Czarine une Lettre du
par laquelle S M. la prie de retirer ses
pes des environs de la Curlande , parce que
Séjour près de ce Duché cause de l'inquiéa la République et pourroit faire naître dela
ntelligence entre les deux Nations. On dit
i cette Lettre du Roy ne produit pas l'effer en espere , les Sénateurs ont résolu de faire
her les Troupes de la Couronne , pour oblis Moscovites à se retirer.
écrit de Stokolm , que par le Traité d'Alqui a été conclu depuis entre le Roi de et le Roi de Dannemarc , il a été stipulé
yes deux Puissances réuniroient leurs Fotes
observer les mouvemens de celle de la Czaet s'opposer aux entreprises que cette Prin-
, ou ses Alliez pourroient faire sur les Etats Roy de Suede ou du Roy de Dannemarc.
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Résumé : DE POLOGNE.
En avril 1722, plusieurs événements diplomatiques et militaires se déroulent en Pologne et dans les pays voisins. Le roi de Pologne arrive à Varsovie, tandis que des courriers entre Berlin et Saint-Pétersbourg annoncent une négociation pour une triple alliance entre l'empereur, la czarine et le roi de Prusse. Cette alliance vise à garantir et défendre réciproquement leurs États contre toute puissance étrangère. Le roi de Pologne envoie un officier à Saint-Pétersbourg pour demander à la czarine de retirer ses troupes des environs de la Curlande, craignant des tensions. Les Moscovites ne semblent pas prêts à se retirer, poussant les Sénateurs à mobiliser les troupes de la Couronne. Par ailleurs, un traité d'alliance entre les rois de Suède et de Danemark prévoit l'union de leurs forces pour surveiller les mouvements de la czarine et s'opposer à toute entreprise contre leurs États.
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2224
p. 785-786
ALLEMAGNE.
Début :
Es Lettres de Vienne, portent que les instances du Roy [...]
Mots clefs :
Allemagne, Hongrie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
Es Lettres de Vienne , portent que les instances du Roy de Suede en faveur des Protestans
Diocèce de Saltzbourg avoient déterminé
pereur à prendre des mesures contre l'Evê- pour l'obliger à observer les Constitutions
Empire , et à donner des dédommagemens
ux de ses Sujets qu'il a forcez de quitter leur j.
e Duc de Lorraine doit arriver incessamt à Vienne pour remercier l'Empereur du
de Viceroy de Hongrie , Pays et Terres délans de ce Royaume , que S. M. Imp. lui donna
786 MERCURE DE FRANCE
donna le 31. du mois de Mars dernier , par un
Decret Imperial qui fut lû er publié le même
jour dans le Conseil ; on dit que ce Prince fera
son séjour ordinaire àPresbourg, où l'on travaille
aux préparatifs necessaires pour son installation
en qualité de Viceroy de Hongrie. On croit que
l'Empereur s'y rendra pour en faire la cerémonie.
On fait dans le Royaume de Hongrie un Chemin Royal , qui conduira à Trieste , en traversant l'Esclavonie et la Croatie ; ces Provinces ont
été taxées pour cela à un contingent payable en argent,et à des corvées d'hommes et de Voitures.
C'est une entreprise des plus considerables qui s
Es Lettres de Vienne , portent que les instances du Roy de Suede en faveur des Protestans
Diocèce de Saltzbourg avoient déterminé
pereur à prendre des mesures contre l'Evê- pour l'obliger à observer les Constitutions
Empire , et à donner des dédommagemens
ux de ses Sujets qu'il a forcez de quitter leur j.
e Duc de Lorraine doit arriver incessamt à Vienne pour remercier l'Empereur du
de Viceroy de Hongrie , Pays et Terres délans de ce Royaume , que S. M. Imp. lui donna
786 MERCURE DE FRANCE
donna le 31. du mois de Mars dernier , par un
Decret Imperial qui fut lû er publié le même
jour dans le Conseil ; on dit que ce Prince fera
son séjour ordinaire àPresbourg, où l'on travaille
aux préparatifs necessaires pour son installation
en qualité de Viceroy de Hongrie. On croit que
l'Empereur s'y rendra pour en faire la cerémonie.
On fait dans le Royaume de Hongrie un Chemin Royal , qui conduira à Trieste , en traversant l'Esclavonie et la Croatie ; ces Provinces ont
été taxées pour cela à un contingent payable en argent,et à des corvées d'hommes et de Voitures.
C'est une entreprise des plus considerables qui s
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le texte évoque des événements politiques et administratifs en Allemagne et en Hongrie. À Vienne, les interventions du roi de Suède en faveur des protestants dans le diocèse de Salzbourg ont incité l'empereur à agir pour respecter les constitutions de l'Empire et indemniser les sujets déplacés. Parallèlement, le duc de Lorraine est attendu à Vienne pour remercier l'empereur de sa nomination comme vice-roi de Hongrie et des territoires associés, officialisée par un décret impérial le 31 mars. Le duc de Lorraine devrait s'installer à Presbourg, où les préparatifs sont en cours. L'empereur pourrait assister à la cérémonie. En Hongrie, un chemin royal reliant Trieste et traversant l'Esclavonie et la Croatie est en construction. Les provinces concernées financent ce projet par des taxes en argent et des corvées d'hommes et de voitures.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2225
p. 786-792
ITALIE.
Début :
Dans le Consistoire tenu le 3. Mars, le Cardinal Otthoboni [...]
Mots clefs :
Église, Infant, Don Carlos, Te Deum, Sénateurs, Venise, Amnistie générale
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITA LIE!
Ddinal Choist roposa 3. Mars,le Cant dinal Otthoboni proposa l'Abbaye de saint
Per-en-Vallée , Diocèse de Chartres , pour l'Ab
bé de la Farre- Lopis; il préconisa l'Evêque d'Autun pour l'Archevêché de Besançon ; l'Abbé de
Premeaux , pour l'Evêché de Perigueux ; l'Abbé
de Fruquelay de Kervers , pour celui de Treguier.
Le 13. Mars , vers les heures du soir , le
Duc de S. Aignan , Ambassadeur Extraordinaire
du Roy Tr.Ch. arriva à Rome avec la Duchesse
son Epouse , et alla descendre au Palais du Cardinal de Polignac , qui le lendemain fit donner
part au Sacré College de l'arrivée de cet Ambassadeur , et le lendemain le Cardinal de Polignac
mena le Duc de S. Aignan chez le Cardinal Se- cretaire d'Etat.
Le 1. ce Cardinal eut une Audience particuliere du Pape , dans laquelle il lui présenta les
Officiers des Galeres de France , qui ont accompagné
AVRI L. 1732. 787
pagné à Rome l'Ambassadeur de S.M. T. Chr.
Le Roy de Porttugal a fait présent d'un Diamant du poids de 35. grains au Cardinal Cienfuegos , et de quatre barres ou lingots d'or à
M. d'Acquilla , Auditeur de ce Cardinal , qui a
remis depuis peu aux Prêtres Portugais l'administration de leur Eglise Nationale de S. Antoine.
Les Religieux Dominicains ont obtenu du
Pape la permission de faire exhumer le Corps du
feu Pape Benoît XIII. qui est dans l'Eglise de
S. Pierre , pour le faire transporter dans leur
Eglise de sainte Marie sur la Minerve.
Le 31. Mars , on reçut avis que le Cardinal
Coscia étoit parti de Naples à bord d'une Galere qui l'avoit conduit à Procida , d'où il se rendra dans peu à Nettuno , pour aller ensuie à Rome se soumettre aux ordres du Pape.
L'Infant Don Carlos , qui étoit parti de Pise
le 3. Mars , accompagné dans son Carrosse du Comte de San-Estévan et du Prince Corsini , arriva vers les onze heures du matin à Pontadere
où il dina , et à cinq heures du soir à l'Ambro
giana , Maison de Plaisance du Grand- Duc. Il se rendit d'abord à PEglise , dite des Espagnols ,
où l'on chanta le Te Deum , et ensuite il se promena dans les Jardins.
Le 4. ce Prince donna audiance aux Secretaires
d'Etat du Grand- Duc , qui étoient venus le complimenter de sa part.
200
Le s . un Détachement de la Garnison du Fort
de S. Jean-Baptiste se rendit au Palais pour monter la garde.
Le 9. jour qu'on attendoit l'Infant à Florence,
on sonna toutes les cloches de la Ville dès le
point du jour. A sept heures , le Grand- Prieur
Del- Bene , les Secretaires d'Etat, le Prieur Garaldi
788 MERCURE DE FRANCE
di , le Marquis de Monteleon et le Duc de Tursis, se rendirent à Montepulci pour complimen
ter l'Infant , qni vers les 6. heures du soir arriva et fit son Entrée dans l'ordre suivant.
Les Cuirassiers et les Grenadiers Allemands du
Grand-Duc, commencerent la marche ; ils étoient
suivis de 40. Trabans , ayant leurs Officiers à
leur tête , de 6. Carrosses à 6. Chevaux qui pré,
cedoient le Carrosse de l'Infant , lequel étoit suivi de 80. de ses Gardes à Cheval , ayant leur
Etendart , Timbales et Trompettes, Ce Prince se
rendit d'abord à l'Eglise Métropolitaine , au bruit
des salves generales de l'Artillerie des deux Citadelles. Il fut reçû par les Sénateurs en habit de
ceremonie , à l'enrrée de l'Eglise , et en dedans
par l'Archevêque , à la tête de son Chapitre ; on chanta le Te Deum à huit Chœurs de Musique ,
et après le Te Deum ; S. A. R. remonta en Car- resse et se rendit dans le même ordre au Palais
Ducal , où elle fut saluée d'une salve Royale de
l'Artillerie du Château de S. George , l'Electrice
Douairiere Palatine , Gouvernante de Sienne,
reçut ce Prince à l'entrée de l'Appartement qui
lui étoit destiné et après l'avoir embrassé et
complimenté , elle se retira dans son Apparte- ment , où peu de temps après elle reçut la visite
de l'Infant , qu'elle conduisit ensuite chez le
Grand- Duc , avec lequel il resta plus d'une heure. Après cette entrevûe , l'Infant Don Carlos
reconduisit la Princesse dans son Appartement ,
où il trouva un cercle de plus de 60 Dames avec
lesquelles il resta quelque temps. Lors qu'il fut
retiré dans son Appartement , il donna audiance
à l'Archevêque de Florence et à l'Evêque de Fiesole. Le soir on tira des Feux d'artifice dans diverses Places ; toute la Ville fut illuminée , et les
Ré-
A V RI L. 017325 789.
Réjouissances publiques durerent jusqu'à quatre
heures du matin.
Le 10. Les Sénateurs , accompagnez du Corps,
de Ville , se rendirent à l'Eglise Métropolitaine
où la Messe du S, Esprit tut celebrée pontificalement par Archevêque, après la Messe , les Sé- nateurs allerent en corps complimenter S. A. R.
sur son arrivée , M. Gaetani , Lieutenant du Sénat , portant la parole ; les Députez de Sienne ,
de Parme et de Plaisance eurent ensuite audience
de l'Infant.
Le 11.l'Infant reçut les Complimens des Chanoines de l'Eglise Métropolitaine , ces Députez
de plusieurs Vill´s de la Toscane et de la princi
pale Nobicsse de Florence,
Le 12. Ce Prince après avoir écrit la à L. M.
Cath. alla voir les Ecuries du Grand Duc , après
quoi il prit le divertissement de la Chasse.
Le 13. il rendit visite à l'Electric Douairiere Palatine.
Le if. il alla avec toute sa Cour entendre la
Messe dans l'Eglise des Religieuses de l'Annon- .
ciade.
- L'execution des ordres de l'Empereur pour le
dénom rement des Familles dans le Royaume de
Naples , continue d'exciter le mécontentement de la Noblesse et du Peuple. Les Seigneurs des anciennes Baronies prétendant avoir des exemp
tions particulieres par lesquelles ils sont dispensez
de s'y soumettre , ont refusé de donner leurs Déclarations ; et s'étant assemblez , ils ont dressé
un Mémoire qu'ils ont envoye à Vienne et au
Conseil Collateral de Naples.
On écrit de Milan , qu'il en étoit parti pour
Genes un Corps de Troupes de 6500. hommes
qui doivent être suivis incessamment par le Prin-
790 MERCURE DE FRANCE
ce Louis de Wirtemberg ; par le Prince de Culmbach et par le General Smettaw , nommez pour
commander les Troupes de l'Empereur dans l'Ife.
de Corse pendant la Campagne prochaine.
On apprend de Venise , que le 25. Mars , le
'Doge , accompagné du Nonce du Pape et de la
Seigneurie , alla tenir Chapelle dans l'Eglise Ducale de S. Marc , où on chanta le Te Deum , en
memoire de la Fondation de cette Ville , qu'on
dit avoir été commencée à pareil jour de l'année
421. suivant quelques Auteurs , et selon d'autres de l'année 450.
On a appris par plusieurs Lettres de l'Ile de
Corse du commencement du mois de Mars , que 1200. Rebelles , commandez par Chiaffero , Pun
de leurs Chefs , ayant été renforcez par un plus grand nombre , étoient entrez dans la Plaine
d'Almetta ; que le Gouverneur d'Ajaccio en ayant
été informé , avoit envoyé contre eux le Colonel Arnaud avec une partie de sa Garnison , qui
'avoit contraint les Rebelles à prendre la fuite
après un leger combat; que ce Colonel étoit entré ensuite dans le Bourg de Bactelia , où il avoir
brulé plusieurs Granges pleines de grains , et enlevé plus de soo. Bêtes à corne.
On a reçû avis depuis de la Bastia , que les Re
belles étoient revenus en plus grand nombre dans
la Plaine d'Almetta ; qu'ils avoient pris la petite
Ville de ce nom , et qu'ils assiegoient actuellefement celle de Sarsaine qu'on ne croyoit paspouvoir secourir ; qu'une partie s'étant détachée
avoit tenté d'enlever le poste de San- Pelegrino
mais inutilement ; que les Rebelles avoient passé
quelques jours après le Torrent de Plincho, dans
le dessein d'assieger Biguglia ; que le Baron de Wachtendonc étoit allé au secours de cette Place
"
A V RIL. 1732. 791
que les ayant rencontrez dans une Vallée à la
portée du fusil , il les avoit fait attaquer par tous les Grenadiers du Détachement qu'il commandoit, par deux Bataillons des Régimens de Zum- jungen et de Culmbach , et par trois Bataillons
de ceux de Lewingstein , de Walsegg et de Wachtendonc.; que les Rebelles étant dans un poste avantageux , avoient fait d'abord quelque résistance; mais qu'après deux heures de combat assez
opiniâtre , ils avoient été contraints de prendre la fuite et de se retirer par des défilez impraticables et inconnus aux Troupes Allemandes ; de- sortequ'on n'avoit pas jugé à propos de les pour
suivre , de crainte de quelque embuscade. Le Baron Wachtendonc n'a perdu dans cette occasion
que trois Hussarts et cinq Soldats.
·
Depuis ces nouvelles, la République de Gennes
a fait publier une Amnistie generale pour engager les Rebelles à rentrer dans leur devoir ; mais
on a appris qu'ils ont refusé l'Amnistie , quoique Leurs Chefs y fussent compris ; desorte que n'y
ayant plus d'esperance de les ramener à leur de
voir par la voye de la négociation , on a fait partir une partie des Troupes de l'Empereur à bord
de plusieurs Bâtimens de transport , escortez par
deux Galeres de la République , et le General
Schmettau s'est embarqué depuis pour aller reconnoître les principaux défilez de l'Ile de Cor se , où le Prince Louis de Wirtemberg se rendra
avec le reste du secours des Troupes Imperiales
qu'on attend avec quelques Officiers Prussiens
qui vont servir en qualité de Volontaires.
On apprend de Villefranche , que les Galeres
du Roy de Sardaigne y étoient arrivées avec plu- sieurs Bâtimens de transport , pour y prendre les
Troupes que ce Prince a résolu d'envoyer dans
H la
792 MERCURE DE FRANCE
la Sardaigne , sous les ordres du General de
Schulembourg.
Ddinal Choist roposa 3. Mars,le Cant dinal Otthoboni proposa l'Abbaye de saint
Per-en-Vallée , Diocèse de Chartres , pour l'Ab
bé de la Farre- Lopis; il préconisa l'Evêque d'Autun pour l'Archevêché de Besançon ; l'Abbé de
Premeaux , pour l'Evêché de Perigueux ; l'Abbé
de Fruquelay de Kervers , pour celui de Treguier.
Le 13. Mars , vers les heures du soir , le
Duc de S. Aignan , Ambassadeur Extraordinaire
du Roy Tr.Ch. arriva à Rome avec la Duchesse
son Epouse , et alla descendre au Palais du Cardinal de Polignac , qui le lendemain fit donner
part au Sacré College de l'arrivée de cet Ambassadeur , et le lendemain le Cardinal de Polignac
mena le Duc de S. Aignan chez le Cardinal Se- cretaire d'Etat.
Le 1. ce Cardinal eut une Audience particuliere du Pape , dans laquelle il lui présenta les
Officiers des Galeres de France , qui ont accompagné
AVRI L. 1732. 787
pagné à Rome l'Ambassadeur de S.M. T. Chr.
Le Roy de Porttugal a fait présent d'un Diamant du poids de 35. grains au Cardinal Cienfuegos , et de quatre barres ou lingots d'or à
M. d'Acquilla , Auditeur de ce Cardinal , qui a
remis depuis peu aux Prêtres Portugais l'administration de leur Eglise Nationale de S. Antoine.
Les Religieux Dominicains ont obtenu du
Pape la permission de faire exhumer le Corps du
feu Pape Benoît XIII. qui est dans l'Eglise de
S. Pierre , pour le faire transporter dans leur
Eglise de sainte Marie sur la Minerve.
Le 31. Mars , on reçut avis que le Cardinal
Coscia étoit parti de Naples à bord d'une Galere qui l'avoit conduit à Procida , d'où il se rendra dans peu à Nettuno , pour aller ensuie à Rome se soumettre aux ordres du Pape.
L'Infant Don Carlos , qui étoit parti de Pise
le 3. Mars , accompagné dans son Carrosse du Comte de San-Estévan et du Prince Corsini , arriva vers les onze heures du matin à Pontadere
où il dina , et à cinq heures du soir à l'Ambro
giana , Maison de Plaisance du Grand- Duc. Il se rendit d'abord à PEglise , dite des Espagnols ,
où l'on chanta le Te Deum , et ensuite il se promena dans les Jardins.
Le 4. ce Prince donna audiance aux Secretaires
d'Etat du Grand- Duc , qui étoient venus le complimenter de sa part.
200
Le s . un Détachement de la Garnison du Fort
de S. Jean-Baptiste se rendit au Palais pour monter la garde.
Le 9. jour qu'on attendoit l'Infant à Florence,
on sonna toutes les cloches de la Ville dès le
point du jour. A sept heures , le Grand- Prieur
Del- Bene , les Secretaires d'Etat, le Prieur Garaldi
788 MERCURE DE FRANCE
di , le Marquis de Monteleon et le Duc de Tursis, se rendirent à Montepulci pour complimen
ter l'Infant , qni vers les 6. heures du soir arriva et fit son Entrée dans l'ordre suivant.
Les Cuirassiers et les Grenadiers Allemands du
Grand-Duc, commencerent la marche ; ils étoient
suivis de 40. Trabans , ayant leurs Officiers à
leur tête , de 6. Carrosses à 6. Chevaux qui pré,
cedoient le Carrosse de l'Infant , lequel étoit suivi de 80. de ses Gardes à Cheval , ayant leur
Etendart , Timbales et Trompettes, Ce Prince se
rendit d'abord à l'Eglise Métropolitaine , au bruit
des salves generales de l'Artillerie des deux Citadelles. Il fut reçû par les Sénateurs en habit de
ceremonie , à l'enrrée de l'Eglise , et en dedans
par l'Archevêque , à la tête de son Chapitre ; on chanta le Te Deum à huit Chœurs de Musique ,
et après le Te Deum ; S. A. R. remonta en Car- resse et se rendit dans le même ordre au Palais
Ducal , où elle fut saluée d'une salve Royale de
l'Artillerie du Château de S. George , l'Electrice
Douairiere Palatine , Gouvernante de Sienne,
reçut ce Prince à l'entrée de l'Appartement qui
lui étoit destiné et après l'avoir embrassé et
complimenté , elle se retira dans son Apparte- ment , où peu de temps après elle reçut la visite
de l'Infant , qu'elle conduisit ensuite chez le
Grand- Duc , avec lequel il resta plus d'une heure. Après cette entrevûe , l'Infant Don Carlos
reconduisit la Princesse dans son Appartement ,
où il trouva un cercle de plus de 60 Dames avec
lesquelles il resta quelque temps. Lors qu'il fut
retiré dans son Appartement , il donna audiance
à l'Archevêque de Florence et à l'Evêque de Fiesole. Le soir on tira des Feux d'artifice dans diverses Places ; toute la Ville fut illuminée , et les
Ré-
A V RI L. 017325 789.
Réjouissances publiques durerent jusqu'à quatre
heures du matin.
Le 10. Les Sénateurs , accompagnez du Corps,
de Ville , se rendirent à l'Eglise Métropolitaine
où la Messe du S, Esprit tut celebrée pontificalement par Archevêque, après la Messe , les Sé- nateurs allerent en corps complimenter S. A. R.
sur son arrivée , M. Gaetani , Lieutenant du Sénat , portant la parole ; les Députez de Sienne ,
de Parme et de Plaisance eurent ensuite audience
de l'Infant.
Le 11.l'Infant reçut les Complimens des Chanoines de l'Eglise Métropolitaine , ces Députez
de plusieurs Vill´s de la Toscane et de la princi
pale Nobicsse de Florence,
Le 12. Ce Prince après avoir écrit la à L. M.
Cath. alla voir les Ecuries du Grand Duc , après
quoi il prit le divertissement de la Chasse.
Le 13. il rendit visite à l'Electric Douairiere Palatine.
Le if. il alla avec toute sa Cour entendre la
Messe dans l'Eglise des Religieuses de l'Annon- .
ciade.
- L'execution des ordres de l'Empereur pour le
dénom rement des Familles dans le Royaume de
Naples , continue d'exciter le mécontentement de la Noblesse et du Peuple. Les Seigneurs des anciennes Baronies prétendant avoir des exemp
tions particulieres par lesquelles ils sont dispensez
de s'y soumettre , ont refusé de donner leurs Déclarations ; et s'étant assemblez , ils ont dressé
un Mémoire qu'ils ont envoye à Vienne et au
Conseil Collateral de Naples.
On écrit de Milan , qu'il en étoit parti pour
Genes un Corps de Troupes de 6500. hommes
qui doivent être suivis incessamment par le Prin-
790 MERCURE DE FRANCE
ce Louis de Wirtemberg ; par le Prince de Culmbach et par le General Smettaw , nommez pour
commander les Troupes de l'Empereur dans l'Ife.
de Corse pendant la Campagne prochaine.
On apprend de Venise , que le 25. Mars , le
'Doge , accompagné du Nonce du Pape et de la
Seigneurie , alla tenir Chapelle dans l'Eglise Ducale de S. Marc , où on chanta le Te Deum , en
memoire de la Fondation de cette Ville , qu'on
dit avoir été commencée à pareil jour de l'année
421. suivant quelques Auteurs , et selon d'autres de l'année 450.
On a appris par plusieurs Lettres de l'Ile de
Corse du commencement du mois de Mars , que 1200. Rebelles , commandez par Chiaffero , Pun
de leurs Chefs , ayant été renforcez par un plus grand nombre , étoient entrez dans la Plaine
d'Almetta ; que le Gouverneur d'Ajaccio en ayant
été informé , avoit envoyé contre eux le Colonel Arnaud avec une partie de sa Garnison , qui
'avoit contraint les Rebelles à prendre la fuite
après un leger combat; que ce Colonel étoit entré ensuite dans le Bourg de Bactelia , où il avoir
brulé plusieurs Granges pleines de grains , et enlevé plus de soo. Bêtes à corne.
On a reçû avis depuis de la Bastia , que les Re
belles étoient revenus en plus grand nombre dans
la Plaine d'Almetta ; qu'ils avoient pris la petite
Ville de ce nom , et qu'ils assiegoient actuellefement celle de Sarsaine qu'on ne croyoit paspouvoir secourir ; qu'une partie s'étant détachée
avoit tenté d'enlever le poste de San- Pelegrino
mais inutilement ; que les Rebelles avoient passé
quelques jours après le Torrent de Plincho, dans
le dessein d'assieger Biguglia ; que le Baron de Wachtendonc étoit allé au secours de cette Place
"
A V RIL. 1732. 791
que les ayant rencontrez dans une Vallée à la
portée du fusil , il les avoit fait attaquer par tous les Grenadiers du Détachement qu'il commandoit, par deux Bataillons des Régimens de Zum- jungen et de Culmbach , et par trois Bataillons
de ceux de Lewingstein , de Walsegg et de Wachtendonc.; que les Rebelles étant dans un poste avantageux , avoient fait d'abord quelque résistance; mais qu'après deux heures de combat assez
opiniâtre , ils avoient été contraints de prendre la fuite et de se retirer par des défilez impraticables et inconnus aux Troupes Allemandes ; de- sortequ'on n'avoit pas jugé à propos de les pour
suivre , de crainte de quelque embuscade. Le Baron Wachtendonc n'a perdu dans cette occasion
que trois Hussarts et cinq Soldats.
·
Depuis ces nouvelles, la République de Gennes
a fait publier une Amnistie generale pour engager les Rebelles à rentrer dans leur devoir ; mais
on a appris qu'ils ont refusé l'Amnistie , quoique Leurs Chefs y fussent compris ; desorte que n'y
ayant plus d'esperance de les ramener à leur de
voir par la voye de la négociation , on a fait partir une partie des Troupes de l'Empereur à bord
de plusieurs Bâtimens de transport , escortez par
deux Galeres de la République , et le General
Schmettau s'est embarqué depuis pour aller reconnoître les principaux défilez de l'Ile de Cor se , où le Prince Louis de Wirtemberg se rendra
avec le reste du secours des Troupes Imperiales
qu'on attend avec quelques Officiers Prussiens
qui vont servir en qualité de Volontaires.
On apprend de Villefranche , que les Galeres
du Roy de Sardaigne y étoient arrivées avec plu- sieurs Bâtimens de transport , pour y prendre les
Troupes que ce Prince a résolu d'envoyer dans
H la
792 MERCURE DE FRANCE
la Sardaigne , sous les ordres du General de
Schulembourg.
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Résumé : ITALIE.
Le 3 mars, le cardinal Otthoboni proposa plusieurs nominations ecclésiastiques, notamment l'Abbaye de Saint-Père-en-Vallée pour l'Abbé de la Fare-Lopis, l'Évêque d'Autun pour l'Archevêché de Besançon, l'Abbé de Prémaux pour l'Évêché de Périgueux, et l'Abbé de Fruquelay de Kervers pour celui de Tréguier. Le 13 mars, le Duc de Saint-Aignan, Ambassadeur Extraordinaire du Roi Très Chrétien, arriva à Rome avec la Duchesse son épouse et descendit au Palais du Cardinal de Polignac. Le Cardinal de Polignac informa le Sacré Collège de l'arrivée de cet Ambassadeur et le mena ensuite chez le Cardinal Secrétaire d'État. Le 1er avril, le Cardinal de Polignac eut une audience particulière avec le Pape, durant laquelle il présenta les Officiers des Galères de France accompagnant l'Ambassadeur. Le Roi de Portugal fit don d'un diamant de 35 grains au Cardinal Cienfuegos et de quatre lingots d'or à M. d'Acquilla, Auditeur de ce Cardinal. Les Religieux Dominicains obtinrent la permission du Pape d'exhumer le corps du Pape Benoît XIII pour le transférer dans leur église de Sainte-Marie-sur-la-Minerve. Le 31 mars, on apprit que le Cardinal Coscia avait quitté Naples pour se rendre à Rome afin de se soumettre aux ordres du Pape. L'Infant Don Carlos, parti de Pise le 3 mars, arriva à Pontedera où il dina, puis à l'Ambrogiana, Maison de Plaisance du Grand-Duc. Il se rendit à l'église des Espagnols où le Te Deum fut chanté, puis se promena dans les jardins. Le 4 avril, il donna audience aux Secrétaires d'État du Grand-Duc. Le 9 avril, à Florence, des festivités furent organisées pour son arrivée, incluant des salves d'artillerie, des chants du Te Deum, et des feux d'artifice. Les jours suivants, il reçut des compliments de divers dignitaires et visita les écuries du Grand-Duc. En Italie, l'exécution des ordres de l'Empereur concernant le dénombrement des familles dans le Royaume de Naples suscitait le mécontentement de la noblesse et du peuple. À Milan, un corps de troupes de 6500 hommes partit pour Gênes. À Venise, des célébrations eurent lieu pour l'anniversaire de la fondation de la ville. En Corse, des rebelles menés par Chiaffero attaquèrent plusieurs localités, mais furent repoussés par les troupes impériales commandées par le Baron de Wachtendonc. La République de Gênes publia une amnistie générale, refusée par les rebelles, conduisant à l'envoi de troupes impériales pour les combattre. Les galères du Roi de Sardaigne arrivèrent à Villefranche pour transporter des troupes en Sardaigne sous les ordres du Général de Schulenburg.
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2226
p. 792-793
ESPAGNE ET PORTUGAL.
Début :
Le Roy a nommé le Comte de Montemar pour commander [...]
Mots clefs :
Comte de Montemart, Expédition, Compagnie des Indes orientales
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE ET PORTUGAL.
ESPAGNE IT PORTUGAL.
pour commander les Troupes qui s'assembloient en Catalogne , et qui ont reçû ordre de
puis peu de défiler du côté de Malaga et d'Alicant.
Le Marquis de Villadarias , le Marquis de
Santa-Cruz , le Comte de Suedegen et le Baron.
de Saudraski , Maréchaux de Camp , qui doi
vent servir sous le General Comte de Montemar,
sont partis pour s'y rendre. Toute la jeune Noblesse de la Cour , sollicite des Permissions pour.
aller servir dans cette Armée , qui s'embarquera
dans le courant du mois d'Avril, sans qu'on sçaThe encore à quelle Expedition elle est destinée. 42
Ce Corps d'Armée qui est composé de 32. Bataillons à 700. hommes et de 24. Escadrons à
720. hommes , d'une Compagnie de Travailleurs.
et de 33. Ingénieurs , est déja en marche vers la
Valence , pour s'y embarquer sur l'Escadre composée de 12. Vaisseaux de guerre et de deux
Gallions à Bombes , sans les Galeres et les Bâtimens de transport ; l'Artillerie consiste en fo.
Pieces de Canon de 24. livres , 10. Pieces de 16.
livres , 8. Pieces de Campagne , 8, Pieces qu'on
peut transporter sur des Mulets , 8. Mortiers à
Bombes, et 4. autres pour jetter des pierres ;
L'Escadre qu'on équipe à Cadix , est prête à
mettre en Mer , le bruit court même qu'elle a
déja mis à la voile. On mande de Barcelone, que
les Equipages et les autres choses necessaires pour
éette Expedition , sont presque prêts , et qu'on
travailloit avec toute la diligence possible pour achever
AVRIL. 1732. 793
chever le peu qui reste encore à faire. Les Ba
taillons respectifs des Gardes Walonnes et Espagnoles , ayant eu ordre de tirer au sort pour
servir dans cette Expedition , les premieres l'ont
déja fait , le sort étant tombé sur le premier , le
aet le 4 Bataillon , et les autres sont occupez
à le faire : on assure qu'on doit encore y joindre
un 4 Bataillon des Gardes Walonnes. Tous les
Régimens d'Infanterie ont été mis à deux BatailFons de 700. hommes chacun. Les Escadrons ne sont que de 120. Maîtres
. On a aussi formé
plu
sieurs Bataillons d'Invalides , qui seront mis en
garnison à la place des Troupes reglées.
Le Comte de Montemar , après avoir pris con
gé du Roy, partit le 22. du mois dernier.
Le Roi de Portugal offrit à la nouvelle
Compagnie des Indes Orientales, établie à Stoc
olm, sa protection pour la réussite de son
Commerce , et le Port de Goa pour la retraite
de ses Vaisseaux , avec la permission d'y bâtir des Magazins pour ses Marchandises.
pour commander les Troupes qui s'assembloient en Catalogne , et qui ont reçû ordre de
puis peu de défiler du côté de Malaga et d'Alicant.
Le Marquis de Villadarias , le Marquis de
Santa-Cruz , le Comte de Suedegen et le Baron.
de Saudraski , Maréchaux de Camp , qui doi
vent servir sous le General Comte de Montemar,
sont partis pour s'y rendre. Toute la jeune Noblesse de la Cour , sollicite des Permissions pour.
aller servir dans cette Armée , qui s'embarquera
dans le courant du mois d'Avril, sans qu'on sçaThe encore à quelle Expedition elle est destinée. 42
Ce Corps d'Armée qui est composé de 32. Bataillons à 700. hommes et de 24. Escadrons à
720. hommes , d'une Compagnie de Travailleurs.
et de 33. Ingénieurs , est déja en marche vers la
Valence , pour s'y embarquer sur l'Escadre composée de 12. Vaisseaux de guerre et de deux
Gallions à Bombes , sans les Galeres et les Bâtimens de transport ; l'Artillerie consiste en fo.
Pieces de Canon de 24. livres , 10. Pieces de 16.
livres , 8. Pieces de Campagne , 8, Pieces qu'on
peut transporter sur des Mulets , 8. Mortiers à
Bombes, et 4. autres pour jetter des pierres ;
L'Escadre qu'on équipe à Cadix , est prête à
mettre en Mer , le bruit court même qu'elle a
déja mis à la voile. On mande de Barcelone, que
les Equipages et les autres choses necessaires pour
éette Expedition , sont presque prêts , et qu'on
travailloit avec toute la diligence possible pour achever
AVRIL. 1732. 793
chever le peu qui reste encore à faire. Les Ba
taillons respectifs des Gardes Walonnes et Espagnoles , ayant eu ordre de tirer au sort pour
servir dans cette Expedition , les premieres l'ont
déja fait , le sort étant tombé sur le premier , le
aet le 4 Bataillon , et les autres sont occupez
à le faire : on assure qu'on doit encore y joindre
un 4 Bataillon des Gardes Walonnes. Tous les
Régimens d'Infanterie ont été mis à deux BatailFons de 700. hommes chacun. Les Escadrons ne sont que de 120. Maîtres
. On a aussi formé
plu
sieurs Bataillons d'Invalides , qui seront mis en
garnison à la place des Troupes reglées.
Le Comte de Montemar , après avoir pris con
gé du Roy, partit le 22. du mois dernier.
Le Roi de Portugal offrit à la nouvelle
Compagnie des Indes Orientales, établie à Stoc
olm, sa protection pour la réussite de son
Commerce , et le Port de Goa pour la retraite
de ses Vaisseaux , avec la permission d'y bâtir des Magazins pour ses Marchandises.
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Résumé : ESPAGNE ET PORTUGAL.
En avril 1732, des troupes se rassemblent en Catalogne pour une expédition vers Malaga et Alicante. Les maréchaux de camp Marquis de Villadarias, Marquis de Santa-Cruz, Comte de Suedegen et Baron de Saudraski doivent servir sous le général Comte de Montemar. La jeune noblesse de la cour demande des permissions pour rejoindre cette armée, qui doit s'embarquer en avril. Le corps d'armée, composé de 32 bataillons à 700 hommes, 24 escadrons à 720 hommes, une compagnie de travailleurs et 33 ingénieurs, se dirige vers Valence pour s'embarquer sur une escadre de 12 vaisseaux de guerre et deux gallions à bombes. L'artillerie inclut des pièces de divers calibres, des mortiers et des machines pour lancer des pierres. L'escadre équipée à Cadix est prête à prendre la mer. À Barcelone, les préparatifs sont presque achevés. Les bataillons des Gardes Walonnes et Espagnoles ont tiré au sort pour participer à cette expédition, avec les 1er et 4e bataillons des Gardes Walonnes sélectionnés. Tous les régiments d'infanterie ont été divisés en deux bataillons de 700 hommes chacun, et des bataillons d'invalides sont formés pour remplacer les troupes régulières en garnison. Le Comte de Montemar a quitté le roi le 22 mars. Par ailleurs, le roi du Portugal a offert sa protection à la nouvelle Compagnie des Indes Orientales établie à Stockholm, ainsi que le port de Goa pour la retraite de ses vaisseaux et la permission d'y construire des magasins pour ses marchandises.
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2227
p. 794-798
« L'Office de Bailly de Sarreloüis, vacant par la mort [...] »
Début :
L'Office de Bailly de Sarreloüis, vacant par la mort [...]
Mots clefs :
Château, Musique, Dimanche des Rameaux, Concert, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Office de Bailly de Sarreloüis, vacant par la mort [...] »
FRANCE,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
Lat
'Office de Bailly de Sarreloüis , va
cant par la mort de M. le Comte
de Lommont , a été donné le premier de
ce mois , au Marquis du Chastelet , Colonel du Régiment d'Hainault.
Le Gouvernement du Château de
Chambord au Chevalier de Saumery , &
le Marquis de Pifon , fon frere, a eu la
Charge de Grand-Bailly de la ville de
Blois.
Le Roi a nommé pour fon premier
Medecin M. Chicoineau ; il étoit depuis
quelque tems Medecin des Enfans de
France , & M. Bouillac lui fuccede dans
cette place.
S. M. a accordé la Charge de GrandPannetier de France au Chevalier de Brif
fae qui est à present Duc de Brissac.
*
Le 2. Avril le Jardin du Roi a été mis
dans le département du Secretaire d'Etat
de la Maison du Roi , et la Charge d'Inrendant vacante par la mort de M. Chirac , a été donné à M. Dufay , de l'Académie Royale des Sciences.
Le
AVRIE, 17323 795
Le 3. Mars , il y eut Concert chez la
Reine; M.Destouches, Surintendant de la
Musique du Roi , fit chanter le Prologue
et le premier Acte de l'Opera d'Amadis
de Grèce , qui est de sa composition : cetge Piéce fut continuée le 5. et le 10. Les
principaux Rôles furent chantez par les
Dlles Lenner et Courvasier , et par les
sieurs D'Angerville et le Prince , avec
beaucoup d'applaudissemens.
Le12 , le 17 et le 19 on chanta l'Opera
de Telemaque , du même Auteur. La Dlle
Lenner fit le rôle de Minerve dans le
Prologue , et la Dile Mathieu celui de
Amour. La Dlle Antier fut fort applaudie dans le rôle de Calypso , ainsi que
la Dlle Pelissier dans celui d'Eucharis. Les
sieurs Petillot er Dangerville executerent
ceux de Telemaque et d'Astrate avec beaucoup de vivacité. La Simphonie et les
Chœurs furent rendus avec la même précision.
Le 6. Avril , Dimanche des Rameaux
le Roi accompagné du Duc du Maine et
du Comte d'Eu , se rendit dans la Chapelle du Château, où S.M. assista à la Bénediction des Palmes , qui fut faite par
L'Abbé Brosseau , Chapellain ordinaire de
la Chapelle de Musique , qui en présenta
Hiij un e
796 MERCURE DE FRANCE
1
ane au Roi ; S. M. allà à la Procession , et
après l'Evangile elle adora la Croix, Le
Roi entendit ensuite la Grand- Messe célebrée par le même Chapellain , et cham
tée par la Musique. L'après midy le Roi
assista à la Prédication du P. Segaudi
après quoi S. M. entendit les Vêpres chantées par la Musique.
Le Jeudy saint , le Roi entendit le Ser
mon de l'Abbé Pichaud , Theologal de
Eglise Cathedrale de Meanx , après quoi ,
l'Evêque de Dol fit l'Absoute. Ensuite le
Roi lava les pieds à 12 pauvres, et les seri
vit à table : le Duc de Bourbon , GrandMaître de la Maison du Roi , à la tête des
Maîtres d'Hotel,précedoit le Service dont
les plats étoient portez par le Comte de
Charolois , le Prince de Conty , le Prince
de Dombes, le Comte d'Eu, et par les prin
cipaux Officiers de S. M. Après cette Cé
remonie , le Roi se rendit à la Chapelle
du Château , où S. M. entendit la Grande.
Messe , assista à la Procession et ensuite..
aux Vêpres. L'après midy le Roi assista
à l'Office des Tenebres.
Le 8. de ce mois , le Marquis Doria
Envoyé extraordinaire de la Republique
de Genes , eut sa premiere audience publique du Roi , étant conduit par M. He- bers
AVRIL. 1732. 797
bert, Introducteur des Ambassadeurs ; il
alla le prendre dans les Carosses du Roiet de la Reine ; après avoir été traité par
les Officiers du Roi , il fut reconduit à
Paris dans les carosses de L. M. avec les
céremonies accoutumées.
M. Mendez, chargé des affaires du Roi
de Portugal , se rendit le 27. Mars à
là Fonderie pour y voir les six cloches
destinées pour S. M. Port. qu'on sonna
et tinta en présence d'un grand nombre
d'habiles connoisseurs sur les fontes et
l'alliage des métaux , et elles furent trouvées fort harmonieuses , et du ton que le
Roi de Portugal les a demandées ; on
trouva seulement quelque chose à dire
aux deux gros battans qu'on sera obligé
de refaire : l'un de ces battans pese 732 liv.
et l'autre 4831
Le 30. Mars, Dimanche dela Passion
il y eut Concert spirituel au Château des
Thuilleries , qui a été continué tous les
jours jusques et compris le Dimanche de
Quasimodo. M. Mouret y a fait executer
les plus beaux Moters à grand choeur , des
feu M. de la Lande et d'autres Maîtres
modernes. On a chanté aussi avec succès
differens petits Motets nouveaux, conveHij nables
798 MERCURE DE FRANCE
>
nables au tems de Pâques , à une , à deux
et à trois voix. On a aussi exécuté tous
les jours differens Concerto sur le Violon
la Flute et le Basson , avec autant de vivacité que de justesse. Le sieur Batiste excellent Simphoniste , s'y est distingué , et
a joué sur le Violon differentes Pieces de
sa composition avec beaucoup d'applaudissemens.
***
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
Lat
'Office de Bailly de Sarreloüis , va
cant par la mort de M. le Comte
de Lommont , a été donné le premier de
ce mois , au Marquis du Chastelet , Colonel du Régiment d'Hainault.
Le Gouvernement du Château de
Chambord au Chevalier de Saumery , &
le Marquis de Pifon , fon frere, a eu la
Charge de Grand-Bailly de la ville de
Blois.
Le Roi a nommé pour fon premier
Medecin M. Chicoineau ; il étoit depuis
quelque tems Medecin des Enfans de
France , & M. Bouillac lui fuccede dans
cette place.
S. M. a accordé la Charge de GrandPannetier de France au Chevalier de Brif
fae qui est à present Duc de Brissac.
*
Le 2. Avril le Jardin du Roi a été mis
dans le département du Secretaire d'Etat
de la Maison du Roi , et la Charge d'Inrendant vacante par la mort de M. Chirac , a été donné à M. Dufay , de l'Académie Royale des Sciences.
Le
AVRIE, 17323 795
Le 3. Mars , il y eut Concert chez la
Reine; M.Destouches, Surintendant de la
Musique du Roi , fit chanter le Prologue
et le premier Acte de l'Opera d'Amadis
de Grèce , qui est de sa composition : cetge Piéce fut continuée le 5. et le 10. Les
principaux Rôles furent chantez par les
Dlles Lenner et Courvasier , et par les
sieurs D'Angerville et le Prince , avec
beaucoup d'applaudissemens.
Le12 , le 17 et le 19 on chanta l'Opera
de Telemaque , du même Auteur. La Dlle
Lenner fit le rôle de Minerve dans le
Prologue , et la Dile Mathieu celui de
Amour. La Dlle Antier fut fort applaudie dans le rôle de Calypso , ainsi que
la Dlle Pelissier dans celui d'Eucharis. Les
sieurs Petillot er Dangerville executerent
ceux de Telemaque et d'Astrate avec beaucoup de vivacité. La Simphonie et les
Chœurs furent rendus avec la même précision.
Le 6. Avril , Dimanche des Rameaux
le Roi accompagné du Duc du Maine et
du Comte d'Eu , se rendit dans la Chapelle du Château, où S.M. assista à la Bénediction des Palmes , qui fut faite par
L'Abbé Brosseau , Chapellain ordinaire de
la Chapelle de Musique , qui en présenta
Hiij un e
796 MERCURE DE FRANCE
1
ane au Roi ; S. M. allà à la Procession , et
après l'Evangile elle adora la Croix, Le
Roi entendit ensuite la Grand- Messe célebrée par le même Chapellain , et cham
tée par la Musique. L'après midy le Roi
assista à la Prédication du P. Segaudi
après quoi S. M. entendit les Vêpres chantées par la Musique.
Le Jeudy saint , le Roi entendit le Ser
mon de l'Abbé Pichaud , Theologal de
Eglise Cathedrale de Meanx , après quoi ,
l'Evêque de Dol fit l'Absoute. Ensuite le
Roi lava les pieds à 12 pauvres, et les seri
vit à table : le Duc de Bourbon , GrandMaître de la Maison du Roi , à la tête des
Maîtres d'Hotel,précedoit le Service dont
les plats étoient portez par le Comte de
Charolois , le Prince de Conty , le Prince
de Dombes, le Comte d'Eu, et par les prin
cipaux Officiers de S. M. Après cette Cé
remonie , le Roi se rendit à la Chapelle
du Château , où S. M. entendit la Grande.
Messe , assista à la Procession et ensuite..
aux Vêpres. L'après midy le Roi assista
à l'Office des Tenebres.
Le 8. de ce mois , le Marquis Doria
Envoyé extraordinaire de la Republique
de Genes , eut sa premiere audience publique du Roi , étant conduit par M. He- bers
AVRIL. 1732. 797
bert, Introducteur des Ambassadeurs ; il
alla le prendre dans les Carosses du Roiet de la Reine ; après avoir été traité par
les Officiers du Roi , il fut reconduit à
Paris dans les carosses de L. M. avec les
céremonies accoutumées.
M. Mendez, chargé des affaires du Roi
de Portugal , se rendit le 27. Mars à
là Fonderie pour y voir les six cloches
destinées pour S. M. Port. qu'on sonna
et tinta en présence d'un grand nombre
d'habiles connoisseurs sur les fontes et
l'alliage des métaux , et elles furent trouvées fort harmonieuses , et du ton que le
Roi de Portugal les a demandées ; on
trouva seulement quelque chose à dire
aux deux gros battans qu'on sera obligé
de refaire : l'un de ces battans pese 732 liv.
et l'autre 4831
Le 30. Mars, Dimanche dela Passion
il y eut Concert spirituel au Château des
Thuilleries , qui a été continué tous les
jours jusques et compris le Dimanche de
Quasimodo. M. Mouret y a fait executer
les plus beaux Moters à grand choeur , des
feu M. de la Lande et d'autres Maîtres
modernes. On a chanté aussi avec succès
differens petits Motets nouveaux, conveHij nables
798 MERCURE DE FRANCE
>
nables au tems de Pâques , à une , à deux
et à trois voix. On a aussi exécuté tous
les jours differens Concerto sur le Violon
la Flute et le Basson , avec autant de vivacité que de justesse. Le sieur Batiste excellent Simphoniste , s'y est distingué , et
a joué sur le Violon differentes Pieces de
sa composition avec beaucoup d'applaudissemens.
***
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Résumé : « L'Office de Bailly de Sarreloüis, vacant par la mort [...] »
En 1732, plusieurs nominations importantes ont eu lieu à la cour de France. L'Office de Bailly de Sarreloüis a été attribué au Marquis du Chastelet, tandis que le Gouvernement du Château de Chambord a été confié au Chevalier de Saumery. Le Marquis de Pifon a obtenu la charge de Grand-Bailly de la ville de Blois. Le Roi a nommé M. Chicoineau comme premier Médecin, succédant à M. Bouillac pour les Enfants de France. Le Chevalier de Briffaut, Duc de Brissac, a été nommé Grand-Pannetier de France. Le Jardin du Roi a été placé sous la responsabilité du Secrétaire d'État de la Maison du Roi, et M. Dufay a été nommé Intendant à la place de M. Chirac. Des concerts ont été organisés à la cour, notamment des extraits des opéras 'Amadis de Grèce' et 'Télémaque' composés par M. Destouches, qui ont été applaudis par les spectateurs. Le Roi a assisté à diverses cérémonies religieuses, notamment la bénédiction des palmes et la lavande des pieds le Jeudi Saint. Le Marquis Doria, Envoyé extraordinaire de la République de Gênes, a eu sa première audience publique auprès du Roi. M. Mendez, représentant le Roi de Portugal, a visité la Fonderie pour inspecter des cloches destinées au Portugal. Des concerts spirituels ont également été organisés au Château des Tuileries, avec des exécutions de motets et de concertos.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2228
p. 803-809
ADDITION.
Début :
Pierre Chirac, Conseiller d'Etat, Sur-Intendant du Jardin Royal des [...]
Mots clefs :
Médecin, Ecole de Montpellier, Pierre Chirac, Académie royale des sciences, Méthode analytique, Anatomie
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texteReconnaissance textuelle : ADDITION.
ADDIT Ï O N.
Terre Chirac , Conseiller d'Etat, Sur
PIntendant du Jardin Royal des Plantes , et des Eaux Minérales , Bains etFontaines Médicinales du Royaume , Profes--
seur Royal de Médecine en l'Université
de Montpellier , Membre de l'Académic
Royale des Sciences de Paris , et premier
Médecin du Roy , mourut à Marly, le
a du mois de Mars dernier.
Quoique son Eloge soit renfermé dans
son
804 MERCURE DE FRANCE
son Nom, nous ne sçaurions nous dispenser de dire qu'il est mort , généralement
regretté du Public , dont il avoit mérité
depuis long-temps l'estime et la confiance : c'est un témoignage que nous devons
à sa Mémoire.
Il se fit admirer depuis l'année 1687.
qu'il fut reçu Professeur Royal de Médecine en l'Université de Montpellier ,
où il avoit pris ses dégrez. Il s'y distingua d'abord par les Leçons publiques et
les Cours particuliers qu'il faisoit sur tou
tes les Parties de la Médecine, qu'il a trai
tées chacune en détail ; ses écrits étoient
enrichis des découvertes qu'il faisoit dans
L'Anatomie, Science qu'il aimoit et qu'il
cultivoit particulierement, et qui lui servie
toujours de guide pour rectifier la prati❤
que de la Médecine.
Nous n'avons de cet excellent homme
que quelques petits Traitez particu
liers, imprimez en forme de Dissertation,
n'ayant jamais eu assez de loisir pour
pouvoir mettre ses écrits en état d'être
imprimez en un Corps d'Ouvrage.
En effet ses talens l'enleverent bien-tôt
àl'Ecole de Montpellier , dont il faisoie
l'ornement. Cette Ecole n'a eu d'autre
dédommagement de son absence que l'établissement d'une doctrine refléchie , dont
PAA 3
AVRIL 1732. 8051
1'Anatomie étoit la baze , et que plusieurs
Experiences et Observations réïterées
avoient confirmée.
La Méthode analytique est celle qu'il
avoit employée , comme la plus propre
conduire à la vérité.
Il sortit pour la premiere fois de Montpelier,en l'année 1692. pour aller en qualité de Medecin de l'Armée , au Siege de
Rose , où il sauva au Roy beaucoup de
Soldats attaquez d'une Dissenterie Epidémique , dont il arrêta heureusement le
cours par le changement de nourriture
&c. Ce ne fut pas là la seule occasion
où il signala son zéle pour le service du
Roy ; car ayant été envoyé à Rochefort
où regnoit une maladie pestilentielle ...
inconnue jusqu'alors , il en découvrit la
cause par les fréquentes ouvertures des
Gadavres. Après avoir établi un genre de
Traitement convenable à ce te maladie
par rapport à la cause prochaine et aux
accidens qui l'accompagnoient , il reme
dia à la cause commune par le change
ment de nourriture , et prescrivit un regime préservatif pour ceux qui avoient
été épargnez jusques là; mais à qui la violence de cette maladie avoit fait perdre
tout espoir d'échaper à ses coups.
Après qu'il eut mis tout en regle à
Rem
80s MERCURE DE FRANCE
Rochefort pour l'établissement et la fourniture des Hôpitaux , sans oublier la Police necessaire dans une Ville désolée ,
dequor M. Bégon , Intendant de la Province et de la Marine , l'avoit laissé le
Maître , prévoyant qu'il pourroit bien
être attaqué lui- même de la même maladie Epidémique , à laquelle un travail
et une application continuelle , mais indispensables, l'exposoient à tout moment;
il dicta à un Chirurgien qu'il avoit auprès de lui en qualité de Secretaire , une
Methode particuliere et relative à son
temperamment , suivant laquelle il voulbit être traité , en cas qu'il tomba malade , ce qui arriva effectivement ; il fut
tres-long- temps à se remettre , et il vint
achever sa convalescence à Montpellier.
Dès qu'il fut rétabli , il reprit ses exercices de l'Ecole , toujours avec le même
plaisir et la même application. Le succès
de sa pratique enMedecine dédommageoit
alors les habitans de Montpellier et les
Etrangers de la perte du fameux M. Barbeyrac , le plus grand Praticien du siecle
passé.
En l'année 1706. S.A. R. le Duc d'Orléans lui fit l'honneur de le mander pour:
aller en Italie avec lui en qualité de son
Medecin de confiance; il ne fut pas lọngtemps
AVRIL 1732. 807
temps à mériter cet honneur , car il sauva
à cePrince unbras qu'on étoit sur le point
de lui couper , àcause d'une blessure tresdangereuse qu'il avoit reçue au poignet au
Siege de Turin. L'année suivante S.A.R:
ne mena point d'autre Medecin que lup
en Espagne.
Il fut très-utile par lui-même et par ses
conseils à l'Armée des deux Couronnes.
M. Chirac revint à Paris , après avoir
demeuré quelque temps en Espagne , et
dès que le fameux M.Homberg fut mort,
S. A. R. lui donna la place de premier
Medecin de sa Personne.
I
Le Roy lui donna à la mort de M. Fagon , la Sur-Intendance du Jardin du
Roy. Sa Majesté lui accorda des Lettres
de Noblesse en 1728. ses longs services et
la supériorité de ses talens en furent le
motif. Enfin le Roy le choisit pour son
premier Medecin , au mois de Decembre
1730. Tout le monde a été témoin de son
attachement pour la Personne du Roy;
mais on verra , avec beaucoup plus d'étendue , tout ce que M. Chirac avoit de
grand , dans l'Eloge qu'en donnera Pillustre Académicien , à qui , avec des ta-"
lens au dessus des loüanges , il a été
particulierement donné de transmettre
à la posterité , la mémoire des grands hom-
868 MERCURE DE FRANCE
hommes , avec toute la gloire qu'ils se
sont acquise pendant leur vie, ce qui nous
dispense d'en dire davantage..
.
M. François Chicoineau , Conseiller
er Medecin du Roy, Professeur Royal
d'Anatomie et de Botanique , Chancelier
et Juge de l'Université de Medecine de
Montpellier,Intendant du Jardin du Roy,
Membre de la Societé Royale des Sciences , Conseiller en la Cour des Aydes de
la même Ville , depuis peu premier Medecin de Monseigneur le Dauphin et des
Entans de France , gendre de M.Chirac ,
a été nommé par le Roy , le 2 de ce mois,
pour remplir la place de son premier
Medecin. Tout le monde. sçait avec quel
zele M. Chicoineau a signalé sa capacité
er sa charité , à la tête des Medecins envoyez à Marseille , lors de la derniere
Peste: Il a laissé M. son Fils à Montpellier,.
digne heritier de ses talens ; et qui avoit
dès l'année, 1723. la survivance, de toutes
ses Charges, qu'il a exercées sous les yeux
de son pere , depuis ce temps- là.
C'est le cinquiéme de ce nom, de pere
en fils que la celebre Ecole de Montpellier , voit avec plaisir à sa tête , en qua
lité de Chancelier et Juge de l'Universi❤ .
té, Place à laquelle est toujours attachée
l'Intendance du Jardin du Roy, avec
une :
AVRIL 173.2. 869
une Charge de Professeur Royal de Bo
tanique et une d'Anatomie , qui font
l'exercice et la pension annuelle du Chancelier.
Tous les Titres cy-dessus ont été transmis à M. Chicoineau , aujourd'hui pre
mier Medecin du Roy, et Conseiller d'E
tat après la mort de ses deux freres aînez,
tous deux ayant été successivement déco .
résparfeu M.MichelChicoineau leur pere,
Conseiller en la Cour des Aydes de Montpellier, un des plus sçavans Medecins du
siecle dernier , et l'ornement de l'Ecole de
Montpellier.
A MADE
Terre Chirac , Conseiller d'Etat, Sur
PIntendant du Jardin Royal des Plantes , et des Eaux Minérales , Bains etFontaines Médicinales du Royaume , Profes--
seur Royal de Médecine en l'Université
de Montpellier , Membre de l'Académic
Royale des Sciences de Paris , et premier
Médecin du Roy , mourut à Marly, le
a du mois de Mars dernier.
Quoique son Eloge soit renfermé dans
son
804 MERCURE DE FRANCE
son Nom, nous ne sçaurions nous dispenser de dire qu'il est mort , généralement
regretté du Public , dont il avoit mérité
depuis long-temps l'estime et la confiance : c'est un témoignage que nous devons
à sa Mémoire.
Il se fit admirer depuis l'année 1687.
qu'il fut reçu Professeur Royal de Médecine en l'Université de Montpellier ,
où il avoit pris ses dégrez. Il s'y distingua d'abord par les Leçons publiques et
les Cours particuliers qu'il faisoit sur tou
tes les Parties de la Médecine, qu'il a trai
tées chacune en détail ; ses écrits étoient
enrichis des découvertes qu'il faisoit dans
L'Anatomie, Science qu'il aimoit et qu'il
cultivoit particulierement, et qui lui servie
toujours de guide pour rectifier la prati❤
que de la Médecine.
Nous n'avons de cet excellent homme
que quelques petits Traitez particu
liers, imprimez en forme de Dissertation,
n'ayant jamais eu assez de loisir pour
pouvoir mettre ses écrits en état d'être
imprimez en un Corps d'Ouvrage.
En effet ses talens l'enleverent bien-tôt
àl'Ecole de Montpellier , dont il faisoie
l'ornement. Cette Ecole n'a eu d'autre
dédommagement de son absence que l'établissement d'une doctrine refléchie , dont
PAA 3
AVRIL 1732. 8051
1'Anatomie étoit la baze , et que plusieurs
Experiences et Observations réïterées
avoient confirmée.
La Méthode analytique est celle qu'il
avoit employée , comme la plus propre
conduire à la vérité.
Il sortit pour la premiere fois de Montpelier,en l'année 1692. pour aller en qualité de Medecin de l'Armée , au Siege de
Rose , où il sauva au Roy beaucoup de
Soldats attaquez d'une Dissenterie Epidémique , dont il arrêta heureusement le
cours par le changement de nourriture
&c. Ce ne fut pas là la seule occasion
où il signala son zéle pour le service du
Roy ; car ayant été envoyé à Rochefort
où regnoit une maladie pestilentielle ...
inconnue jusqu'alors , il en découvrit la
cause par les fréquentes ouvertures des
Gadavres. Après avoir établi un genre de
Traitement convenable à ce te maladie
par rapport à la cause prochaine et aux
accidens qui l'accompagnoient , il reme
dia à la cause commune par le change
ment de nourriture , et prescrivit un regime préservatif pour ceux qui avoient
été épargnez jusques là; mais à qui la violence de cette maladie avoit fait perdre
tout espoir d'échaper à ses coups.
Après qu'il eut mis tout en regle à
Rem
80s MERCURE DE FRANCE
Rochefort pour l'établissement et la fourniture des Hôpitaux , sans oublier la Police necessaire dans une Ville désolée ,
dequor M. Bégon , Intendant de la Province et de la Marine , l'avoit laissé le
Maître , prévoyant qu'il pourroit bien
être attaqué lui- même de la même maladie Epidémique , à laquelle un travail
et une application continuelle , mais indispensables, l'exposoient à tout moment;
il dicta à un Chirurgien qu'il avoit auprès de lui en qualité de Secretaire , une
Methode particuliere et relative à son
temperamment , suivant laquelle il voulbit être traité , en cas qu'il tomba malade , ce qui arriva effectivement ; il fut
tres-long- temps à se remettre , et il vint
achever sa convalescence à Montpellier.
Dès qu'il fut rétabli , il reprit ses exercices de l'Ecole , toujours avec le même
plaisir et la même application. Le succès
de sa pratique enMedecine dédommageoit
alors les habitans de Montpellier et les
Etrangers de la perte du fameux M. Barbeyrac , le plus grand Praticien du siecle
passé.
En l'année 1706. S.A. R. le Duc d'Orléans lui fit l'honneur de le mander pour:
aller en Italie avec lui en qualité de son
Medecin de confiance; il ne fut pas lọngtemps
AVRIL 1732. 807
temps à mériter cet honneur , car il sauva
à cePrince unbras qu'on étoit sur le point
de lui couper , àcause d'une blessure tresdangereuse qu'il avoit reçue au poignet au
Siege de Turin. L'année suivante S.A.R:
ne mena point d'autre Medecin que lup
en Espagne.
Il fut très-utile par lui-même et par ses
conseils à l'Armée des deux Couronnes.
M. Chirac revint à Paris , après avoir
demeuré quelque temps en Espagne , et
dès que le fameux M.Homberg fut mort,
S. A. R. lui donna la place de premier
Medecin de sa Personne.
I
Le Roy lui donna à la mort de M. Fagon , la Sur-Intendance du Jardin du
Roy. Sa Majesté lui accorda des Lettres
de Noblesse en 1728. ses longs services et
la supériorité de ses talens en furent le
motif. Enfin le Roy le choisit pour son
premier Medecin , au mois de Decembre
1730. Tout le monde a été témoin de son
attachement pour la Personne du Roy;
mais on verra , avec beaucoup plus d'étendue , tout ce que M. Chirac avoit de
grand , dans l'Eloge qu'en donnera Pillustre Académicien , à qui , avec des ta-"
lens au dessus des loüanges , il a été
particulierement donné de transmettre
à la posterité , la mémoire des grands hom-
868 MERCURE DE FRANCE
hommes , avec toute la gloire qu'ils se
sont acquise pendant leur vie, ce qui nous
dispense d'en dire davantage..
.
M. François Chicoineau , Conseiller
er Medecin du Roy, Professeur Royal
d'Anatomie et de Botanique , Chancelier
et Juge de l'Université de Medecine de
Montpellier,Intendant du Jardin du Roy,
Membre de la Societé Royale des Sciences , Conseiller en la Cour des Aydes de
la même Ville , depuis peu premier Medecin de Monseigneur le Dauphin et des
Entans de France , gendre de M.Chirac ,
a été nommé par le Roy , le 2 de ce mois,
pour remplir la place de son premier
Medecin. Tout le monde. sçait avec quel
zele M. Chicoineau a signalé sa capacité
er sa charité , à la tête des Medecins envoyez à Marseille , lors de la derniere
Peste: Il a laissé M. son Fils à Montpellier,.
digne heritier de ses talens ; et qui avoit
dès l'année, 1723. la survivance, de toutes
ses Charges, qu'il a exercées sous les yeux
de son pere , depuis ce temps- là.
C'est le cinquiéme de ce nom, de pere
en fils que la celebre Ecole de Montpellier , voit avec plaisir à sa tête , en qua
lité de Chancelier et Juge de l'Universi❤ .
té, Place à laquelle est toujours attachée
l'Intendance du Jardin du Roy, avec
une :
AVRIL 173.2. 869
une Charge de Professeur Royal de Bo
tanique et une d'Anatomie , qui font
l'exercice et la pension annuelle du Chancelier.
Tous les Titres cy-dessus ont été transmis à M. Chicoineau , aujourd'hui pre
mier Medecin du Roy, et Conseiller d'E
tat après la mort de ses deux freres aînez,
tous deux ayant été successivement déco .
résparfeu M.MichelChicoineau leur pere,
Conseiller en la Cour des Aydes de Montpellier, un des plus sçavans Medecins du
siecle dernier , et l'ornement de l'Ecole de
Montpellier.
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Résumé : ADDITION.
Théodore de Chirac, médecin et scientifique français éminent, a marqué l'histoire par ses contributions significatives à la médecine. Né à Montpellier, il a débuté sa carrière en 1687 en tant que Professeur Royal de Médecine à l'Université de Montpellier, où il s'est illustré par ses leçons publiques et ses cours particuliers sur diverses branches de la médecine. Ses écrits étaient enrichis de découvertes en anatomie, une science qu'il cultivait particulièrement et qui guidait sa pratique médicale. En 1692, Chirac a servi comme médecin de l'armée lors du siège de Rose, où il a sauvé de nombreux soldats d'une dissenterie épidémique. Il a également été envoyé à Rochefort pour combattre une maladie pestilentielle, découvrant la cause de la maladie par l'autopsie des cadavres et établissant un traitement approprié. En 1706, il a été appelé en Italie et en Espagne par le Duc d'Orléans, où il a sauvé ce dernier d'une blessure grave. À son retour à Paris, il a succédé à Homberg comme premier Médecin du Duc d'Orléans, puis à Fagon comme Surintendant du Jardin du Roi. En 1728, il a reçu des lettres de noblesse pour ses services et ses talents. En décembre 1730, il a été nommé premier Médecin du Roi. Chirac a occupé plusieurs postes prestigieux, notamment celui de Conseiller d'État, d'Intendant du Jardin Royal des Plantes, et de Membre de l'Académie Royale des Sciences de Paris. Il est décédé à Marly en mars 1732. Le texte mentionne également François Chicoineau, gendre de Chirac et son successeur en tant que premier Médecin du Roi. Chicoineau était également Professeur Royal d'Anatomie et de Botanique, Chancelier et Juge de l'Université de Médecine de Montpellier, et Intendant du Jardin du Roi. Il a été reconnu pour son zèle et sa charité, notamment lors de la peste à Marseille.
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2229
p. 995-996
TURQUIE, PERSE ET BARBARIE.
Début :
On mande de Constantinople, du 8. Mars, que le Grand [...]
Mots clefs :
Turquie, Perse, Barbarie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE, PERSE ET BARBARIE.
NOUVELLES ETRANGERES.
TURQUIE , PERSE ET BARBARIE.
O
N mande de Constantinople , du 8. Mars ,
que le Grand-Vizir avoit fait fournir gratis
aux Religieux François qui sont établis dans
cette Ville , tous les materiaux necessaires pour
faire rebâtir les trois Eglises qu'ils ont dans le
Fauxbourg de Pera , et qui furent consumées par le dernier incendie.
On mande aussi qu'on avoit fait depuis peu
l'épreuve de plusieurs Pieces de Canon d'une
nouvelle invention , en présence du G. Visir et
des principaux Officiers de l'Artillerie , et que
cette épreuve avoit parfaitement réussi , qu'on continuoit de travailler dans les Arcenaux à de
grands préparatifs de guerre , et qu'on faisoit des provisions considerables de grains et de mu
nitions de guerre du côté de la Mer Noire , &c.
D'autres Lettres de Constantinople portent
que par les Préliminaires du Traité de Paix qui
se négocient entre le G. S. et le Roi de Perse , et
qui ont été signez à Tauris , le Roi de Perse cede
au G. S. les Villes de Tauris , d'Ardebil et de
Amadan , avec les Provinces de Kirmansah
d'Houveza et d'Abirbeitzan , et que le G. S. rendoit aux Persans toute la Géorgie , avec les Villes d'Erivan , de Schamachi et de Geinga.
Ces Lettres ajoûtent que le nouveau G. Visir a
été déposé, et qu'on a fait mourir plusieurs O£-
ficiers du Serrail.
Les Lettres du 10. Mars , portent que le Grand
Seigneur
996 MERCURE DE FRANCE
C
Seigneur ayant reçû la copie du Traité de Paix
conclu par le Pacha de Babilone , avec le Roy de
Perse, S. H. avoit fait assembler le Divan , et
que de son avis elle avoit ratifié ce Traité , par
lequel le G. S. demeure en possession de la Ville d'Erivan et des autres Places conquises sur les
Persans, à la réserve de Tauris, qu'il est obligé de
rendre au Roy de Perse.
Ces Lettres ajoûtent que le G. S. avoit envoyé
des présens magnifiques au Pacha de Babylone , et
qu'on croyoit qu'il seroit rappellé pour être revêtu d'une des principales Charges de l'Etat.
Qu'on devoit armer cette année toutes les Milices de l'Empire pour l'execution d'un Projet
qui étoit tenu encore fort secret , qu'on avoit
proposé au G. S. de donner des Carabines aux
Spahis , et de leur ôter l'usage de l'Arc et des
Fieches , et que S. H. ayant approuvé cette proposition , on avoit commencé à leur faire faire
leurs exercices avec ces nouvelles Armes.
On apprend par celles de la Côte de Barbarie
que l'Armée du Roy Muley Abdalla , avoit remporté une victoire complette sur les Rebelles , à
deux journées de Maroc , er que par cette victoire on croyoit que la guerre civile seroit finie
parce que les Rebelles étoient entierement dissi
pez et sans aucune ressource,
Les Lettres de Tetouan du 6 Mars , portent
que le même Muley- Abdalla , s'étoit rendu maf
tre de toutes les Montagnes de l'Atlas ,
ce que lc
Roy de Maroc , son pere , n'avoit pu faire pendant un long Regne , et que les Peuples de ces
Montagnes lui avoient prêté serment de fidelité.
Les mêmes Lettres ajoûtent que le Duc de
Riperda étoit encore à Miquenez , mais qu'il y
étoit peu considere.
TURQUIE , PERSE ET BARBARIE.
O
N mande de Constantinople , du 8. Mars ,
que le Grand-Vizir avoit fait fournir gratis
aux Religieux François qui sont établis dans
cette Ville , tous les materiaux necessaires pour
faire rebâtir les trois Eglises qu'ils ont dans le
Fauxbourg de Pera , et qui furent consumées par le dernier incendie.
On mande aussi qu'on avoit fait depuis peu
l'épreuve de plusieurs Pieces de Canon d'une
nouvelle invention , en présence du G. Visir et
des principaux Officiers de l'Artillerie , et que
cette épreuve avoit parfaitement réussi , qu'on continuoit de travailler dans les Arcenaux à de
grands préparatifs de guerre , et qu'on faisoit des provisions considerables de grains et de mu
nitions de guerre du côté de la Mer Noire , &c.
D'autres Lettres de Constantinople portent
que par les Préliminaires du Traité de Paix qui
se négocient entre le G. S. et le Roi de Perse , et
qui ont été signez à Tauris , le Roi de Perse cede
au G. S. les Villes de Tauris , d'Ardebil et de
Amadan , avec les Provinces de Kirmansah
d'Houveza et d'Abirbeitzan , et que le G. S. rendoit aux Persans toute la Géorgie , avec les Villes d'Erivan , de Schamachi et de Geinga.
Ces Lettres ajoûtent que le nouveau G. Visir a
été déposé, et qu'on a fait mourir plusieurs O£-
ficiers du Serrail.
Les Lettres du 10. Mars , portent que le Grand
Seigneur
996 MERCURE DE FRANCE
C
Seigneur ayant reçû la copie du Traité de Paix
conclu par le Pacha de Babilone , avec le Roy de
Perse, S. H. avoit fait assembler le Divan , et
que de son avis elle avoit ratifié ce Traité , par
lequel le G. S. demeure en possession de la Ville d'Erivan et des autres Places conquises sur les
Persans, à la réserve de Tauris, qu'il est obligé de
rendre au Roy de Perse.
Ces Lettres ajoûtent que le G. S. avoit envoyé
des présens magnifiques au Pacha de Babylone , et
qu'on croyoit qu'il seroit rappellé pour être revêtu d'une des principales Charges de l'Etat.
Qu'on devoit armer cette année toutes les Milices de l'Empire pour l'execution d'un Projet
qui étoit tenu encore fort secret , qu'on avoit
proposé au G. S. de donner des Carabines aux
Spahis , et de leur ôter l'usage de l'Arc et des
Fieches , et que S. H. ayant approuvé cette proposition , on avoit commencé à leur faire faire
leurs exercices avec ces nouvelles Armes.
On apprend par celles de la Côte de Barbarie
que l'Armée du Roy Muley Abdalla , avoit remporté une victoire complette sur les Rebelles , à
deux journées de Maroc , er que par cette victoire on croyoit que la guerre civile seroit finie
parce que les Rebelles étoient entierement dissi
pez et sans aucune ressource,
Les Lettres de Tetouan du 6 Mars , portent
que le même Muley- Abdalla , s'étoit rendu maf
tre de toutes les Montagnes de l'Atlas ,
ce que lc
Roy de Maroc , son pere , n'avoit pu faire pendant un long Regne , et que les Peuples de ces
Montagnes lui avoient prêté serment de fidelité.
Les mêmes Lettres ajoûtent que le Duc de
Riperda étoit encore à Miquenez , mais qu'il y
étoit peu considere.
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Résumé : TURQUIE, PERSE ET BARBARIE.
Le texte décrit plusieurs événements politiques et militaires en Turquie, en Perse et en Barbarie. À Constantinople, le Grand-Vizir a fourni des matériaux pour reconstruire les églises françaises détruites par un incendie et a supervisé des essais réussis de nouvelles pièces d'artillerie. Des préparatifs militaires sont en cours en mer Noire. Les préliminaires du traité de paix entre le Grand Seigneur et le roi de Perse prévoient la cession de plusieurs villes et provinces, tandis que la Géorgie et certaines villes sont rendues aux Persans. Un nouveau Grand-Vizir a été nommé et plusieurs officiers exécutés. Le Grand Seigneur a ratifié un traité confirmant la possession de la ville d'Erivan et d'autres places conquises, à l'exception de Tauris. Des présents ont été envoyés au Pacha de Babylone, qui pourrait être promu. Les milices de l'Empire doivent être armées pour un projet secret, et les Spahis recevront des carabines. En Barbarie, l'armée de Muley Abdalla a vaincu les rebelles près de Maroc et pris le contrôle des montagnes de l'Atlas. Le Duc de Riperda est à Miquenez mais y est peu considéré.
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2230
p. 997
RUSSIE.
Début :
Le Comte de Watislau, Ambassadeur Extraordinaire de l'Empereur, a [...]
Mots clefs :
Russie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
E Comté de Watislau , Ambassadeur Extraor
dinaire de l'Empereur , a conclú un 'Traité
d'alliance entre S. M. Imp. et la Czarine , mais
il n'a pû déterminer cette Princesse àacceder sansrestriction au Traité de Vienne du 16. Mars
dernier..
Le 15. Avril on reçut à Petersbourg un Courier de Perse avec la nouvelle que M. de Schaffi
roff avoit conclu le 6. Janvier dernier , un Tráité de Paix perpetuelle entre la Czarine et le Roy
de Perse , par lequel ce Prince doit rentrer en
possession de Retsch et de la Province de Ghilan,
et la Russie doit conserver les Places et Provinces situées en-deçà de la Riviere de Chur.
ON
E Comté de Watislau , Ambassadeur Extraor
dinaire de l'Empereur , a conclú un 'Traité
d'alliance entre S. M. Imp. et la Czarine , mais
il n'a pû déterminer cette Princesse àacceder sansrestriction au Traité de Vienne du 16. Mars
dernier..
Le 15. Avril on reçut à Petersbourg un Courier de Perse avec la nouvelle que M. de Schaffi
roff avoit conclu le 6. Janvier dernier , un Tráité de Paix perpetuelle entre la Czarine et le Roy
de Perse , par lequel ce Prince doit rentrer en
possession de Retsch et de la Province de Ghilan,
et la Russie doit conserver les Places et Provinces situées en-deçà de la Riviere de Chur.
ON
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Résumé : RUSSIE.
Le comte de Watislau a conclu un traité d'alliance entre l'Empereur et la Czarine de Russie, mais n'a pas obtenu l'acceptation sans réserve du Traité de Vienne. Le 15 avril, un courrier de Perse a annoncé un traité de paix perpétuelle entre la Czarine et le roi de Perse, signant la restitution de Retsch et de Ghilan au roi de Perse, tandis que la Russie conserve les territoires au-delà de la rivière de Chur.
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2231
p. 997
SUEDE.
Début :
On assure que le Roy s'est enfin déterminé à [...]
Mots clefs :
Suède, Catholiques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUEDE.
SUEDE.
Nassure que le Roy s'est enfin déterminé
à ne point acceder au dernier Traité de
Vienne , et à entretenir sur pied un certain nombre de Troupes et une Escadre prête à tout éve- nement.
On mande de Stokolm , que le Roy y avoit
reçu la réponse de l'Empereur , à la Lettre qu'il lui avoit écrite en faveur des Protestans de l'Evêché de Saltzbourg ; et que comme elle n'étoit
pas telle que S. M. Sued. l'esperoit , elle avoit pris la résolution de faire sortir de ses Etats d'Allemagne , tous les Catholiques qui y sont établis
DA
58 MERCURE DE FRANCE
T
Nassure que le Roy s'est enfin déterminé
à ne point acceder au dernier Traité de
Vienne , et à entretenir sur pied un certain nombre de Troupes et une Escadre prête à tout éve- nement.
On mande de Stokolm , que le Roy y avoit
reçu la réponse de l'Empereur , à la Lettre qu'il lui avoit écrite en faveur des Protestans de l'Evêché de Saltzbourg ; et que comme elle n'étoit
pas telle que S. M. Sued. l'esperoit , elle avoit pris la résolution de faire sortir de ses Etats d'Allemagne , tous les Catholiques qui y sont établis
DA
58 MERCURE DE FRANCE
T
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Résumé : SUEDE.
La Suède refuse d'adhérer au traité de Vienne et maintient des troupes prêtes à intervenir. Le roi suédois, insatisfait de la réponse de l'empereur sur les protestants de Salzbourg, ordonne le départ des catholiques de ses États allemands.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2232
p. 998
DE POLOGNE.
Début :
Il a été résolu dans le Conseil des Sénateur, de [...]
Mots clefs :
Pologne, Charges
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texteReconnaissance textuelle : DE POLOGNE.
DE POL OG NE.
£ a été résolu dans le Conseil des Sénateurs ;
de construire un nouveau Pont de bois sur la
Vistule; et pour contribuer aux frais extraordinaires de ce Pont , on y employera une année
du revenu des Charges qui vaquent actuellement
ou qui viendront à vaquer ; les nouveaux Pala- tins de Culmi er de Cracovie , er le nouveau
Grand- Maréchal de la Cour , qui ont obtenu
leurs Charges avant cette déliberation , n'y con- tribueront que de la moitié des revenus de leurs
Charges.
Il y a eu depuis peu une émotion populaire à
Jarnowo , dans la grande Pologne , à l'occasion
de quelques ordres qu'on vouloit executer contre les Protestans de cette petite Ville. L'Official
de Camin qui s'y étoit rendu , accompagné d'un Chanoine et de deux autres Ecclesiastiques , y
24 fut maltraité , et il est mort quelques jours après
des coups qu'il avoit reçus ; ona appris depuis
qu'un grand nombre de Catholiques des environs étoient entrez en armes dans cette Ville ,
avoient obligé les Protestans d'abattre eux- mêmes leur Eglise , et en avoient emmené avec eux
les principaux , à la réserve de leur Ministre qui s'étoit sauvé.
•
£ a été résolu dans le Conseil des Sénateurs ;
de construire un nouveau Pont de bois sur la
Vistule; et pour contribuer aux frais extraordinaires de ce Pont , on y employera une année
du revenu des Charges qui vaquent actuellement
ou qui viendront à vaquer ; les nouveaux Pala- tins de Culmi er de Cracovie , er le nouveau
Grand- Maréchal de la Cour , qui ont obtenu
leurs Charges avant cette déliberation , n'y con- tribueront que de la moitié des revenus de leurs
Charges.
Il y a eu depuis peu une émotion populaire à
Jarnowo , dans la grande Pologne , à l'occasion
de quelques ordres qu'on vouloit executer contre les Protestans de cette petite Ville. L'Official
de Camin qui s'y étoit rendu , accompagné d'un Chanoine et de deux autres Ecclesiastiques , y
24 fut maltraité , et il est mort quelques jours après
des coups qu'il avoit reçus ; ona appris depuis
qu'un grand nombre de Catholiques des environs étoient entrez en armes dans cette Ville ,
avoient obligé les Protestans d'abattre eux- mêmes leur Eglise , et en avoient emmené avec eux
les principaux , à la réserve de leur Ministre qui s'étoit sauvé.
•
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Résumé : DE POLOGNE.
Le Conseil des Sénateurs a décidé de construire un nouveau pont de bois sur la Vistule. Pour financer ce projet, une année de revenu des charges vacantes ou à venir sera utilisée. Les nouveaux détenteurs des charges de Palatin de Culm, de Palatin de Cracovie et de Grand-Maréchal de la Cour, nommés avant cette délibération, contribueront seulement à hauteur de la moitié des revenus de leurs charges. Récemment, une émeute populaire a eu lieu à Jarnowo, en grande Pologne, à la suite de l'exécution d'ordres contre les protestants de cette ville. L'official de Camin, accompagné d'un chanoine et de deux autres ecclésiastiques, a été maltraité et est décédé quelques jours plus tard des blessures reçues. Il a été révélé par la suite qu'un grand nombre de catholiques des environs étaient entrés en armes dans la ville, avaient forcé les protestants à démolir leur église et avaient emmené les principaux protestants, à l'exception de leur ministre qui avait pris la fuite.
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2233
p. 998-1000
ALLEMAGNE.
Début :
On apprend de Vienne, que le 14. Avril les Boulangers [...]
Mots clefs :
Allemagne, Vagabonds
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
Napprend de Vienne , que le 14 Avril les Boulangers de cette Capitale firene leur
Marche accoûtumée , Tambour battant et Enseignes déployées , en memoire de ce que cette Ville
étant assiegée par les Turcs en 1529. ils firent sur
MAY. 1732. 9999
sur eux une sortie qui les obligea de prendre la
fuite et de lever le Siege. L'empereur Charles- >
Quint leur accorda à cette occasion des Privileges dont ils ont joui jusqu'à present , et en vertu ›
desquels ils sont exemps de toute imposition..
La nomination du Duc de Lorraine àla Viceroyauté de Hongrie , ayant été publiée à Pres-,
bourg, a causé beaucoup de joye aux Habitans ,
et le Grand- Chancelier de ce Royaume leur
ayant déclaré que S. M. Imp. n'avoit eu aucune
intention de restraindre par cette nomination les
droits et les Privileges des Hongrois , ni de supprimer la Charge vacante de Palatin de Hongrie,
il y a eu des feux et des Illuminations dans tou- tes les rues de la Ville.
Le 16. du Mois dernier , vers les 7. heures du
soir , le Duc de Lorraine arriva au Palais , où il
occupe les mêmes Appartemens qu'il avoit avant
son départ pour ses Etats ; et après s'y être reposé peudant une heure ,il alla saluer l'Empereur
et l'Imperatrice , avec lesquels il soupa.
Le 23. M. Dominique Passionci , Archevêque
d'Ephese et nouveau Nonce du Pape , fit son. En-,
trée publique dans cette Capitale, avec beaucoup
de Pompe , &c.
On a mis depuis peu au Carcan , plusieurs Vagabonds , Mandians et autres gens sans aveu
qu'on avoit arrêtez quinze jours auparavant , il a été deffendu aux Hôteliers de leur donner , retraite , et aux Voituriers par eau de les laisser
entrer dans leurs Bateaux.
L'Empereur a nommé le Comte Ferdinand de
Lambert , Sur Intendant General de sa Musique,
à la place du Prince Pio , qui doit aller en Am- bassade à Venise.
On écrit de Berlin , que 1100. Protestans arri- YCLCAL
1000 MERCURE DE FRANCE
verent à Postdam le 23. du mois dernier , sortis
depuis peu de l'Evêché de Saltzbourg; ils passe-t
rent en revûë devant le Roy, et 5.-M. leur fit
donner des rafraîchissemens. On les a fait partir
pour la Prusse , où le Roy en veut établir une
Golonie qui jouira de toutes exemptions pendant dix années.
DMA
Napprend de Vienne , que le 14 Avril les Boulangers de cette Capitale firene leur
Marche accoûtumée , Tambour battant et Enseignes déployées , en memoire de ce que cette Ville
étant assiegée par les Turcs en 1529. ils firent sur
MAY. 1732. 9999
sur eux une sortie qui les obligea de prendre la
fuite et de lever le Siege. L'empereur Charles- >
Quint leur accorda à cette occasion des Privileges dont ils ont joui jusqu'à present , et en vertu ›
desquels ils sont exemps de toute imposition..
La nomination du Duc de Lorraine àla Viceroyauté de Hongrie , ayant été publiée à Pres-,
bourg, a causé beaucoup de joye aux Habitans ,
et le Grand- Chancelier de ce Royaume leur
ayant déclaré que S. M. Imp. n'avoit eu aucune
intention de restraindre par cette nomination les
droits et les Privileges des Hongrois , ni de supprimer la Charge vacante de Palatin de Hongrie,
il y a eu des feux et des Illuminations dans tou- tes les rues de la Ville.
Le 16. du Mois dernier , vers les 7. heures du
soir , le Duc de Lorraine arriva au Palais , où il
occupe les mêmes Appartemens qu'il avoit avant
son départ pour ses Etats ; et après s'y être reposé peudant une heure ,il alla saluer l'Empereur
et l'Imperatrice , avec lesquels il soupa.
Le 23. M. Dominique Passionci , Archevêque
d'Ephese et nouveau Nonce du Pape , fit son. En-,
trée publique dans cette Capitale, avec beaucoup
de Pompe , &c.
On a mis depuis peu au Carcan , plusieurs Vagabonds , Mandians et autres gens sans aveu
qu'on avoit arrêtez quinze jours auparavant , il a été deffendu aux Hôteliers de leur donner , retraite , et aux Voituriers par eau de les laisser
entrer dans leurs Bateaux.
L'Empereur a nommé le Comte Ferdinand de
Lambert , Sur Intendant General de sa Musique,
à la place du Prince Pio , qui doit aller en Am- bassade à Venise.
On écrit de Berlin , que 1100. Protestans arri- YCLCAL
1000 MERCURE DE FRANCE
verent à Postdam le 23. du mois dernier , sortis
depuis peu de l'Evêché de Saltzbourg; ils passe-t
rent en revûë devant le Roy, et 5.-M. leur fit
donner des rafraîchissemens. On les a fait partir
pour la Prusse , où le Roy en veut établir une
Golonie qui jouira de toutes exemptions pendant dix années.
DMA
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Résumé : ALLEMAGNE.
En avril 1732, les boulangers de Vienne célébrèrent la victoire contre les Turcs lors du siège de 1529, obtenant ainsi des privilèges fiscaux toujours en vigueur. La nomination du Duc de Lorraine à la vice-royauté de Hongrie fut accueillie avec enthousiasme par les habitants, qui illuminèrent la ville. Le Duc arriva à son palais le 16 mai et rencontra l'empereur et l'impératrice lors d'un souper. L'archevêque Dominique Passionei, nouveau nonce du Pape, fit une entrée solennelle à Vienne. Des mesures furent prises contre les vagabonds, et l'empereur nomma le Comte Ferdinand de Lambert surintendant général de sa musique, remplaçant le Prince Pio, envoyé en ambassade à Venise. À Berlin, le roi de Prusse accueillit 1100 protestants expulsés de l'évêché de Salzbourg, prévoyant de les établir en colonie avec des exemptions fiscales pour dix ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2234
p. 1000-1004
ITALIE.
Début :
Dans le Consistoire que le Pape tint le 31. Mars, [...]
Mots clefs :
Italie, Rebelles, Congrégation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
IT A LI E. وخ
Ans le Consistoire que le Pape tint le 31.
Mars, Sa Sainteté proposa l'Archevêché titulaire de Thessalonique , pour le Pere Galliani,
Religieux Celestin , Archevêque de Tarente ; le
Cardinal Ottoboni proposa l'Evêché de Peri- gueux pour l'Abbé de Prémeaux; celui de Treguier, pour l'Abbé Frugulay de Kenver , et l'Abbaye de Morimond , pour le P. Languet de Gergy , Procureur General de l'Ordre de Câteaux.
Il préconisa ensuite l'Abbé de Valras , pour l'Ë-- vêché de Mâcon , et l'Abbé de la Pause , pour l'Abbaye de S. Hilaire de Carcassone.
La Chambre Apostolique ayant eu un profic Considerable de deux Extractions de la Loterie
rétablie , le Pape a ordonné qu'on en employeroit
20000. écus à soulager les pauvres Communau
tez Religieuses ; qu'on en donneroit 2000. aux
Monts de Preté , pour soutenir leur crédit, et pareille somme aux pauvres Familles des Paroisses
de la Ville de Rome.
Le Pape a établi une Congrégation particu- lier de Cardinaux , pour connoître de l'affaire du
Cardinal Coscia, qui arriva à Rome le 13. d'Aril. Il alla descendre chez le Prince de Caserte
et après une Conference de près d'une heure, il
se rendit au Convent de sainte Praxede , d'où il
envoya le Marquis Bieschicci au Cardinal Secretaire
MAY. 1732. 1001
retaire d'Etat , pour le prier. de donner part an
Pape de son arrivée.
La Congrégation de Nonmillis a changé ce Titre en celui de Pro causa nota , à l'occasion du
nouveau Bref qui lui auribuë la connoissance des
affaires du Cardinal de Coscia.
On a publié depuis peu à Rome , avec les Cé- sémonies accoûtumées , une Bulle du Pape , par
laquelle S. S. a réduit aux termes du Droit comun , les Constitutions et Priviléges donnez par
le feu Pape Benoît XIII. à quelques Ordres Re- digieux et Mandians.
Le Cardinal de Polignac , cy-devant chargé
des affaires du Roy T. Ch. ayant pris congé du
Pape et du Sacré Collége , partit de Rome le 8
d'Avril , dans les Calosses du Duc de S. Aignan,
Ambassadeur Extraordinaire de S. M. T. C. qui
le conduisirent jusqu'à deux lieuës hors de la
Ville; toutes les personnes de considération l'ont
vú partir avec beaucoup de regret.
Vers le commencement du mois deMay,un Sol- dat Allemand fut tué dans le Territoire du Diocèse de Benevent ; et ce meurtre ayant fait naître de grandes contestations entre les Officiers
de Justice du Diocèse , et ceux du Royaume de
Naples , le Gouvernement a pris le parti de faire
mettre des Troupes sur toutes les avenues set les
chemins de ce Diocèse , par lesquels on peut enarrer dans ce Royaume , afin d'arrêter tous ceux
qui en voudront sortir ; mais les Officiers Beneventins refusant toujours de livrer les Auteurs du
meurtre qui sont connus , le Conseil Collatéral
s'est déterminé à faire saisir tous les biens et autres effets que les habitans du Diocèse de Benerent peuvent avoir dans le Royaume de Naples.
On apprend de Gênes que le reste des Trou-
Tooz MERCURE DE FRANCE
•
pes que l'Empereur a accordées à la République,
est arrivé de Lombardie, et qu'on les fait embar
quer pour l'Isle de Corse, avec une grande quantité de Provisions et de Munitions de Guerre. Ce
secours est de 6400 hommes. Le Pr. de Culmbach et le Pr. Louis de Wirtemberg sont partis
pour aller les commander.
On mande de Milan , que le Pr. Louis de Wir.
temberg, qui commande les Troupes de l'Empe- reur dans l'Isle de Corse , avoit eu ordre , avant
que d'attaquer les Rebelles de cette Isle , d'employer la voie de la Négociation pour les rame- ner àleur devoir , et pour les engager à se soumettre à la République. On ajoute qu'il a ordre ,
aussi de leur offrir la Médiation et la Garantie de
S.M. Imp. pour la sureté du Traité de Pacification , qu'ils pourroient conclure avec les Génois.
Des Lettres posterieures de la même Ville porzent qu'ilyétoit arrivé de nouveaux Ordres de
l'Empereur , pour faire défiler vers l'Etat de Gê-
-nes un nouveau Corps de Troupes , pour faire
-passer dans l'Isle de Corse , en cas de besoin. *
On écrit de Rome qu'on y voit plusieurs Copies d'une Lettre des Rebelles de l'Isle de Corse ,
adressée à tous leurs Compatriotes qui sont hors
du Pais , par laquelle ils les exhortent à les venir
ejoindre , pour deffendre ensemble leur liberté et
leurs Privileges.
On a appris de Gênes , que le Dey d'Alger a
fait tenir une Lettre aux Chefs des Rebelles de
PIsle de Corse , par laquelle il les remercie de ce
qu'ils ont bien reçu les Forçats Turcs, qui se sont
sauvez des Galleres de la République de Gênes ,
de ce qu'ils n'ont pas voulu les livrer à ceux qui
les ont reclamez, et de ce qu'ils les ont renvoyez
Alger, les assurant qu'en reconnoissance, il deur auroit
MAY. 17328 1003
·
auroit envoyé quelques Munitions de Guerre ,
s'il en avoit eu assez pour le service de son Païs;
mais qu'il les prioit d'accepter chacun un Sabre,
garni de Diamans , avec deux pieces de Drap écarlate.
du
Les dernieres Lettres de Gênes portent , qu'on
y avoit appris de Clavenzana , dans l'Isle de Corse , que le Pr. Louis de Wirtemberg soupçonnant que les Rebelles cherchoient a gagner
temps par les négociations , dans l'esperance d'
tre secourus par quelque Puissance Etrangeres, il
les avoit fait sommer dans leurs differens quartiers de quitter les Armes , de se soumettre à la
République , d'accepter l'Amnistie générale qui
leur avoit été offerte, et de livrer des Otages sous
la garantie de l'Emp. Ces propositions furent reçues avec beaucoup de respect , de la part des
Chefs , par rapport à l'offre faite au nom.de Sa
M. Imp. mais ils ne rendirent aucune réponse
positive ; sur quoi le Pr. de Culmbach , Général
de Bataille , se mit en marche avec 2500 hom--
mes , et les ayant divisez en trois Corps il s'avança vers le Bourg de Clavenzana ; il apprit que
les habitans de ce Bourg , et ceux de Monistero
et.de Montemaggiore , avoient quitté les Armes
et s'étoient soumis , de sorte que la Province de
Balagna , la plus fertile de l'isle , est rentrée sous
Pobéissance de la République. Les habitans de
Chastagnezza et des environs , plus opiniâtres ,
ayant refusé le pardon offert, le Général Schmet
tau et le Colonel Wachtendone , ausquels le Pr.
de Wirtemberg avoit envoyé quelques détachemens pour renforcer le.Corps de Troupes qu'ils
commandoient, partirent de S. Fiorenzo , peur
aller attaquer les trois Postes de S Jacques , de
Biganno, et de la Croix de Lento. L'attaque se
H fit
-1004 MERCURE DE FRANCE
fit en même-temps dans ces trois endroits. Les
Troupes de l'Empereur trouverent d'abord quelque résistance; mais après une heure de combat,
les Rebelles se retirerent et abandonnerent ces 3
postes pour se retirer dans les Montagnes où on
doit les poursuivre. Les Impériaux n'ont eu que huit hommes de tuez et dix de blessez dans cette
attaque , quoique les Rebelles , commandez par
Ciaccaldi , l'un de leurs Chefs , fussent au, nombre de près de 2000.
On a appris par des Lettres de Malte , que le
Chevalier de Ricard , Commandeur de Châlons
en Champagne , et de Pontaubert en Bourgogne,
ancien Capitaine de Galeres , a été fait Bailly
Grand- Croix de l'Ordre. C'est un des freres de
M. de Ricard , second Président de la Courdes
Aydes de Paris.
Ans le Consistoire que le Pape tint le 31.
Mars, Sa Sainteté proposa l'Archevêché titulaire de Thessalonique , pour le Pere Galliani,
Religieux Celestin , Archevêque de Tarente ; le
Cardinal Ottoboni proposa l'Evêché de Peri- gueux pour l'Abbé de Prémeaux; celui de Treguier, pour l'Abbé Frugulay de Kenver , et l'Abbaye de Morimond , pour le P. Languet de Gergy , Procureur General de l'Ordre de Câteaux.
Il préconisa ensuite l'Abbé de Valras , pour l'Ë-- vêché de Mâcon , et l'Abbé de la Pause , pour l'Abbaye de S. Hilaire de Carcassone.
La Chambre Apostolique ayant eu un profic Considerable de deux Extractions de la Loterie
rétablie , le Pape a ordonné qu'on en employeroit
20000. écus à soulager les pauvres Communau
tez Religieuses ; qu'on en donneroit 2000. aux
Monts de Preté , pour soutenir leur crédit, et pareille somme aux pauvres Familles des Paroisses
de la Ville de Rome.
Le Pape a établi une Congrégation particu- lier de Cardinaux , pour connoître de l'affaire du
Cardinal Coscia, qui arriva à Rome le 13. d'Aril. Il alla descendre chez le Prince de Caserte
et après une Conference de près d'une heure, il
se rendit au Convent de sainte Praxede , d'où il
envoya le Marquis Bieschicci au Cardinal Secretaire
MAY. 1732. 1001
retaire d'Etat , pour le prier. de donner part an
Pape de son arrivée.
La Congrégation de Nonmillis a changé ce Titre en celui de Pro causa nota , à l'occasion du
nouveau Bref qui lui auribuë la connoissance des
affaires du Cardinal de Coscia.
On a publié depuis peu à Rome , avec les Cé- sémonies accoûtumées , une Bulle du Pape , par
laquelle S. S. a réduit aux termes du Droit comun , les Constitutions et Priviléges donnez par
le feu Pape Benoît XIII. à quelques Ordres Re- digieux et Mandians.
Le Cardinal de Polignac , cy-devant chargé
des affaires du Roy T. Ch. ayant pris congé du
Pape et du Sacré Collége , partit de Rome le 8
d'Avril , dans les Calosses du Duc de S. Aignan,
Ambassadeur Extraordinaire de S. M. T. C. qui
le conduisirent jusqu'à deux lieuës hors de la
Ville; toutes les personnes de considération l'ont
vú partir avec beaucoup de regret.
Vers le commencement du mois deMay,un Sol- dat Allemand fut tué dans le Territoire du Diocèse de Benevent ; et ce meurtre ayant fait naître de grandes contestations entre les Officiers
de Justice du Diocèse , et ceux du Royaume de
Naples , le Gouvernement a pris le parti de faire
mettre des Troupes sur toutes les avenues set les
chemins de ce Diocèse , par lesquels on peut enarrer dans ce Royaume , afin d'arrêter tous ceux
qui en voudront sortir ; mais les Officiers Beneventins refusant toujours de livrer les Auteurs du
meurtre qui sont connus , le Conseil Collatéral
s'est déterminé à faire saisir tous les biens et autres effets que les habitans du Diocèse de Benerent peuvent avoir dans le Royaume de Naples.
On apprend de Gênes que le reste des Trou-
Tooz MERCURE DE FRANCE
•
pes que l'Empereur a accordées à la République,
est arrivé de Lombardie, et qu'on les fait embar
quer pour l'Isle de Corse, avec une grande quantité de Provisions et de Munitions de Guerre. Ce
secours est de 6400 hommes. Le Pr. de Culmbach et le Pr. Louis de Wirtemberg sont partis
pour aller les commander.
On mande de Milan , que le Pr. Louis de Wir.
temberg, qui commande les Troupes de l'Empe- reur dans l'Isle de Corse , avoit eu ordre , avant
que d'attaquer les Rebelles de cette Isle , d'employer la voie de la Négociation pour les rame- ner àleur devoir , et pour les engager à se soumettre à la République. On ajoute qu'il a ordre ,
aussi de leur offrir la Médiation et la Garantie de
S.M. Imp. pour la sureté du Traité de Pacification , qu'ils pourroient conclure avec les Génois.
Des Lettres posterieures de la même Ville porzent qu'ilyétoit arrivé de nouveaux Ordres de
l'Empereur , pour faire défiler vers l'Etat de Gê-
-nes un nouveau Corps de Troupes , pour faire
-passer dans l'Isle de Corse , en cas de besoin. *
On écrit de Rome qu'on y voit plusieurs Copies d'une Lettre des Rebelles de l'Isle de Corse ,
adressée à tous leurs Compatriotes qui sont hors
du Pais , par laquelle ils les exhortent à les venir
ejoindre , pour deffendre ensemble leur liberté et
leurs Privileges.
On a appris de Gênes , que le Dey d'Alger a
fait tenir une Lettre aux Chefs des Rebelles de
PIsle de Corse , par laquelle il les remercie de ce
qu'ils ont bien reçu les Forçats Turcs, qui se sont
sauvez des Galleres de la République de Gênes ,
de ce qu'ils n'ont pas voulu les livrer à ceux qui
les ont reclamez, et de ce qu'ils les ont renvoyez
Alger, les assurant qu'en reconnoissance, il deur auroit
MAY. 17328 1003
·
auroit envoyé quelques Munitions de Guerre ,
s'il en avoit eu assez pour le service de son Païs;
mais qu'il les prioit d'accepter chacun un Sabre,
garni de Diamans , avec deux pieces de Drap écarlate.
du
Les dernieres Lettres de Gênes portent , qu'on
y avoit appris de Clavenzana , dans l'Isle de Corse , que le Pr. Louis de Wirtemberg soupçonnant que les Rebelles cherchoient a gagner
temps par les négociations , dans l'esperance d'
tre secourus par quelque Puissance Etrangeres, il
les avoit fait sommer dans leurs differens quartiers de quitter les Armes , de se soumettre à la
République , d'accepter l'Amnistie générale qui
leur avoit été offerte, et de livrer des Otages sous
la garantie de l'Emp. Ces propositions furent reçues avec beaucoup de respect , de la part des
Chefs , par rapport à l'offre faite au nom.de Sa
M. Imp. mais ils ne rendirent aucune réponse
positive ; sur quoi le Pr. de Culmbach , Général
de Bataille , se mit en marche avec 2500 hom--
mes , et les ayant divisez en trois Corps il s'avança vers le Bourg de Clavenzana ; il apprit que
les habitans de ce Bourg , et ceux de Monistero
et.de Montemaggiore , avoient quitté les Armes
et s'étoient soumis , de sorte que la Province de
Balagna , la plus fertile de l'isle , est rentrée sous
Pobéissance de la République. Les habitans de
Chastagnezza et des environs , plus opiniâtres ,
ayant refusé le pardon offert, le Général Schmet
tau et le Colonel Wachtendone , ausquels le Pr.
de Wirtemberg avoit envoyé quelques détachemens pour renforcer le.Corps de Troupes qu'ils
commandoient, partirent de S. Fiorenzo , peur
aller attaquer les trois Postes de S Jacques , de
Biganno, et de la Croix de Lento. L'attaque se
H fit
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fit en même-temps dans ces trois endroits. Les
Troupes de l'Empereur trouverent d'abord quelque résistance; mais après une heure de combat,
les Rebelles se retirerent et abandonnerent ces 3
postes pour se retirer dans les Montagnes où on
doit les poursuivre. Les Impériaux n'ont eu que huit hommes de tuez et dix de blessez dans cette
attaque , quoique les Rebelles , commandez par
Ciaccaldi , l'un de leurs Chefs , fussent au, nombre de près de 2000.
On a appris par des Lettres de Malte , que le
Chevalier de Ricard , Commandeur de Châlons
en Champagne , et de Pontaubert en Bourgogne,
ancien Capitaine de Galeres , a été fait Bailly
Grand- Croix de l'Ordre. C'est un des freres de
M. de Ricard , second Président de la Courdes
Aydes de Paris.
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Résumé : ITALIE.
En mars 1732, le Pape organisa un Consistoire pour annoncer plusieurs nominations ecclésiastiques, dont l'Archevêché titulaire de Thessalonique pour le Père Galliani, ainsi que divers évêchés et abbayes pour d'autres religieux. La Chambre Apostolique, grâce aux gains de la loterie, alloua 20 000 écus pour aider les pauvres communautés religieuses, 2 000 écus pour les Monts-de-Piété, et une somme équivalente pour les familles pauvres des paroisses de Rome. Le Pape créa une congrégation de cardinaux pour traiter de l'affaire du Cardinal Coscia, qui était arrivé à Rome le 13 avril. Une bulle papale modifia les constitutions et privilèges accordés par Benoît XIII à certains ordres religieux. Le Cardinal de Polignac, représentant du Roi de France, quitta Rome le 8 avril. En mai, un soldat allemand fut tué dans le diocèse de Benevent, ce qui provoqua des tensions entre les autorités locales et celles du Royaume de Naples. Le gouvernement napolitain envoya des troupes pour contrôler les accès au diocèse. À Gênes, des troupes impériales furent envoyées en Corse pour réprimer une rébellion. Le Prince Louis de Wurtemberg, commandant ces troupes, tenta de négocier avec les rebelles avant de les attaquer. Les rebelles reçurent du soutien, notamment du Dey d'Alger, qui leur envoya des armes et des drapeaux. Après des combats, les troupes impériales prirent plusieurs postes rebelles, mais les rebelles se retirèrent dans les montagnes. À Malte, le Chevalier de Ricard fut nommé Bailly Grand-Croix de l'Ordre.
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2235
p. 1004-1005
D'ESPAGNE.
Début :
L'Embarquement des Troupes du Roy pour l'Expédition secrette [...]
Mots clefs :
Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : D'ESPAGNE.
'ESPAGNE.
'Embarquement des Troupes du Roy pour
l'Expédition secrette, se fait à Cadix, au Port
du Camp de S. Rach, à Alicante et à Barcelone ;
c'est dans le Port de cette derniere Ville qu'on a
embarqué toute l'Artillerie et l'Hôpital de l'Armée , et le rendez-vous de tous les Vaisseaux est
Alicante.
Les dernieres nouvelles d'Espagne portent
qu'on a déja embarqué à Barcelonne so grosses Piéces de Canon , P'Artillerie de Campagne et
PHôpital de l'Armée ; et que les Troupes qu'on embarque dans le Royaume de Valence, consisgent en 31 Bataillons et 24 Escadrons , faisant
en tout 1833 Officiers et 24747 Soldats , outre
42 Ingénieurs , 1500 Domestiques , et 4000 Chevaux,
Les
MAY. 1-3.2. 1005
Les dernieres Lettres de Cadix portent qu'on
y avoit arrêté et fretté, par ordre du Roy , tous
les Bâtimens Etrangers qui étoient dans la Baye;
que les Vaisseaux de Guerre qui étoient dans le
Port , en étoient partis pour aller à Alicante
joindre les autres Vaisseaux de la Flotte , qui y
ont leur rendez-vous , et qu'on avoit commencé
à délivrer aux Interressez dans le retour du der
nier Vaisseau de Registre qui est revenu de la
Vera-Cruz , tout l'argent , la Cochenille , et fes
autres Marchandises de ce Bâtiment , sur lesquels on retenoit 9 pour cent d'Indult pour le
Roy.
O
'Embarquement des Troupes du Roy pour
l'Expédition secrette, se fait à Cadix, au Port
du Camp de S. Rach, à Alicante et à Barcelone ;
c'est dans le Port de cette derniere Ville qu'on a
embarqué toute l'Artillerie et l'Hôpital de l'Armée , et le rendez-vous de tous les Vaisseaux est
Alicante.
Les dernieres nouvelles d'Espagne portent
qu'on a déja embarqué à Barcelonne so grosses Piéces de Canon , P'Artillerie de Campagne et
PHôpital de l'Armée ; et que les Troupes qu'on embarque dans le Royaume de Valence, consisgent en 31 Bataillons et 24 Escadrons , faisant
en tout 1833 Officiers et 24747 Soldats , outre
42 Ingénieurs , 1500 Domestiques , et 4000 Chevaux,
Les
MAY. 1-3.2. 1005
Les dernieres Lettres de Cadix portent qu'on
y avoit arrêté et fretté, par ordre du Roy , tous
les Bâtimens Etrangers qui étoient dans la Baye;
que les Vaisseaux de Guerre qui étoient dans le
Port , en étoient partis pour aller à Alicante
joindre les autres Vaisseaux de la Flotte , qui y
ont leur rendez-vous , et qu'on avoit commencé
à délivrer aux Interressez dans le retour du der
nier Vaisseau de Registre qui est revenu de la
Vera-Cruz , tout l'argent , la Cochenille , et fes
autres Marchandises de ce Bâtiment , sur lesquels on retenoit 9 pour cent d'Indult pour le
Roy.
O
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Résumé : D'ESPAGNE.
L'embarquement des troupes du roi pour une expédition secrète en Espagne se déroule à Cadix, au port du Camp de S. Rach, à Alicante et à Barcelone. À Barcelone, toute l'artillerie et l'hôpital de l'armée sont embarqués, et Alicante est le point de rendez-vous des vaisseaux. Les dernières nouvelles confirment l'embarquement de pièces d'artillerie, d'artillerie de campagne et de l'hôpital de l'armée à Barcelone. Les troupes embarquées dans le royaume de Valence comprennent 31 bataillons et 24 escadrons, totalisant 1833 officiers et 24747 soldats, ainsi que 42 ingénieurs, 1500 domestiques et 4000 chevaux. À Cadix, tous les bâtiments étrangers dans la baie ont été arrêtés et fretés par ordre du roi. Les vaisseaux de guerre du port sont partis pour Alicante afin de rejoindre la flotte. Les intéressés du retour du dernier vaisseau de registre revenu de Vera-Cruz ont reçu l'argent, la cochenille et autres marchandises, après une retenue de 9 pour cent d'indult pour le roi.
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2236
p. 1005
PORTUGAL.
Début :
On mande de Lisbonne, que le 31 Mars il y [...]
Mots clefs :
Portugal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PORTUGAL.
PORTUGAL.
N mande de Lisbonne , que le 31 Mars il
y eut Fête au Palais , à cause de l'anniversaire de la naissance de la Princesse du Brézil qui
entroit ce jour là dans la quinzième année de son
âge , &c. Le soir cette Princesse se rendit à l'Appartement qu'on avoit préparé pour Elie et pour
le Prince du Brézil son Epoux .
Les mêmes Lettres portent que quatre Villes
des Indes Orientales , soumises les années précédentes par les Portugais , s'étoient soulevées , et
que les habitans de ces Villes nouvellement bap tisez , étoient retournez au culte de leurs Idoles.
N mande de Lisbonne , que le 31 Mars il
y eut Fête au Palais , à cause de l'anniversaire de la naissance de la Princesse du Brézil qui
entroit ce jour là dans la quinzième année de son
âge , &c. Le soir cette Princesse se rendit à l'Appartement qu'on avoit préparé pour Elie et pour
le Prince du Brézil son Epoux .
Les mêmes Lettres portent que quatre Villes
des Indes Orientales , soumises les années précédentes par les Portugais , s'étoient soulevées , et
que les habitans de ces Villes nouvellement bap tisez , étoient retournez au culte de leurs Idoles.
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Résumé : PORTUGAL.
Le 31 mars, une fête a célébré les quinze ans de la princesse du Brésil au Palais de Lisbonne. Elle a ensuite rejoint son époux, le prince du Brésil. Parallèlement, une révolte a éclaté dans quatre villes des Indes Orientales, où les habitants nouvellement baptisés ont repris leur culte ancestral.
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2237
p. 1005
PAÏS-BAS.
Début :
Tout le Thé de la Compagnie d'Ostende a été [...]
Mots clefs :
Pays-Bas, Thé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PAÏS-BAS.
PAÏS · BA S.
Out le Thé de la Compagnie d'Ostende a
Totevenda,Pun portant l'autre ,sur le pied
de trente sols la livre .
Hij GRANDI
1006 MERCURE DE FRANCE
Out le Thé de la Compagnie d'Ostende a
Totevenda,Pun portant l'autre ,sur le pied
de trente sols la livre .
Hij GRANDI
1006 MERCURE DE FRANCE
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2238
p. 1006
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On apprend de Londres une chose aussi cruelle que singulière [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
N aprend de Londres une chose aussi
O
cruelle que singuliere : Le nommé Richard
Smith , Relieur , ayant été inquiété pour quel- que argent qu'une Parente de sa femme lui avoit
prêté , pendit sa femme à une des Colonnes de
son lit ; il tua ensuite, d'un coup.de Pistolet, son
enfant , âgé d'environ deux ans , qui étoit dans
un Berceau , après quoi il se pendit aussi à l'autre Colomne du lit.
Aux Sessions de Old Barly , du 3 May , sept
Malfaicteurs y reçurent Sentence de mort. Le
nommé Guillaume Hurst , qui étoit du nombre mourut immédiatement après qu'on l'a lui
cut prononcée.
9
Les de ce mois , les,Malles de Bristol et de
Glocester furent volées par un homme masqué ,
qui arrêta le Postillon , le fit descendre de Cheval , monta dessus et s'enfuit. On a promis 200 "liv. sterl . de récompense pour la découverte de
ce Voleur.
2
Il est arrivé à Londres deux Députez de la
Compagnie d'Ostende pour traiter avec la Com- pagnie des Indes de ce Païs , des Effets et Etablissemens que celle d'Ostende a aux Indes Orientales.
N aprend de Londres une chose aussi
O
cruelle que singuliere : Le nommé Richard
Smith , Relieur , ayant été inquiété pour quel- que argent qu'une Parente de sa femme lui avoit
prêté , pendit sa femme à une des Colonnes de
son lit ; il tua ensuite, d'un coup.de Pistolet, son
enfant , âgé d'environ deux ans , qui étoit dans
un Berceau , après quoi il se pendit aussi à l'autre Colomne du lit.
Aux Sessions de Old Barly , du 3 May , sept
Malfaicteurs y reçurent Sentence de mort. Le
nommé Guillaume Hurst , qui étoit du nombre mourut immédiatement après qu'on l'a lui
cut prononcée.
9
Les de ce mois , les,Malles de Bristol et de
Glocester furent volées par un homme masqué ,
qui arrêta le Postillon , le fit descendre de Cheval , monta dessus et s'enfuit. On a promis 200 "liv. sterl . de récompense pour la découverte de
ce Voleur.
2
Il est arrivé à Londres deux Députez de la
Compagnie d'Ostende pour traiter avec la Com- pagnie des Indes de ce Païs , des Effets et Etablissemens que celle d'Ostende a aux Indes Orientales.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En Grande-Bretagne, un drame familial a eu lieu à Londres où Richard Smith, un relieur, a tué sa femme et son enfant de deux ans avant de se suicider. À Old Barly, sept malfaiteurs ont été condamnés à mort le 3 mai, dont Guillaume Hurst, décédé peu après sa condamnation. Par ailleurs, les malles postales de Bristol et de Gloucester ont été volées par un homme masqué, qui a arrêté le postillon et s'est enfui. Une récompense de 200 livres sterling a été promise pour la capture du voleur. Enfin, deux députés de la Compagnie d'Ostende sont arrivés à Londres pour négocier avec la Compagnie des Indes concernant les effets et établissements de la Compagnie d'Ostende aux Indes Orientales.
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2239
p. 1009-1010
« Le 25. Avril, le Roi partit de Versailles pour aller [...] »
Début :
Le 25. Avril, le Roi partit de Versailles pour aller [...]
Mots clefs :
Compiègne, Prince de Rohan
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texteReconnaissance textuelle : « Le 25. Avril, le Roi partit de Versailles pour aller [...] »
FRANCE,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE25
.
E 25. Avril , le Roi partit de Versailles pour aller à Compiegne , où S. M.
arriva le même jour.
Le 1. de ce mois , la Reine après avoir
entendu dans la Chapelle du Château de
Versailles la Messe celebrée par l'Evêque
Comte de Châlons , son premier Aumohier , fut relevée de ses couches"par
même Prélat, avec les Céremonies accoutumées.
le
Le Roi a accordé au Prince de Rohan ,
Capitaine Lieutenant des Gendarmes , l'agrément d'une des Charges de Guidon de
cette Compagnie , pour le Prince de Soubize , son Petit- fils.
Les Députez du Parlement qui avoient
reçu les Ordres du Roi le 13. de ce mois
se rendirent le lendemain à Compiegne
M. Portail , Premier President , étant à
leur tête; ils furent présentez et conduits
avec les céremonies accoutumées à l'AuHiiij dience
TOTO MERCURE DE FRANCE
dience de S.M. qui leur déclara sa volonté.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE25
.
E 25. Avril , le Roi partit de Versailles pour aller à Compiegne , où S. M.
arriva le même jour.
Le 1. de ce mois , la Reine après avoir
entendu dans la Chapelle du Château de
Versailles la Messe celebrée par l'Evêque
Comte de Châlons , son premier Aumohier , fut relevée de ses couches"par
même Prélat, avec les Céremonies accoutumées.
le
Le Roi a accordé au Prince de Rohan ,
Capitaine Lieutenant des Gendarmes , l'agrément d'une des Charges de Guidon de
cette Compagnie , pour le Prince de Soubize , son Petit- fils.
Les Députez du Parlement qui avoient
reçu les Ordres du Roi le 13. de ce mois
se rendirent le lendemain à Compiegne
M. Portail , Premier President , étant à
leur tête; ils furent présentez et conduits
avec les céremonies accoutumées à l'AuHiiij dience
TOTO MERCURE DE FRANCE
dience de S.M. qui leur déclara sa volonté.
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Résumé : « Le 25. Avril, le Roi partit de Versailles pour aller [...] »
Le 25 avril, le roi de France se rendit à Compiègne. Le 1er mai, la reine accoucha à Versailles. Le roi accorda une charge au prince de Soubize. Le 13 mai, les députés du Parlement reçurent les ordres du roi et se rendirent à Compiègne le lendemain, dirigés par M. Portail.
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2240
p. 1010-1011
Convalescence de Mademoiselle de Beaujolais, [titre d'après la table]
Début :
Le 21, les Officers et Dames de la Chambre de [...]
Mots clefs :
Convalescence, Mademoiselle de Beaujolais
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texteReconnaissance textuelle : Convalescence de Mademoiselle de Beaujolais, [titre d'après la table]
Le ,
21 les Officiers et Dames de la
Chambre de Mademoiselle de Beaujollois,
firent chanter dans l'Eglise des Quinzevingtun Te Deum solemnel en musique,
avec Timballes et Trompettes, de la composition de M. Morin , en action de graces de la convalescence de cette Princesse
qui avoit été dangereusement malade de
la Rougeole. L'Eglise étoit décorée et ornée de riches Tapisseries , et éclairée d'un
grand nombre de Lustres garnis de bougies. L'Archevêque de Cambray officia
pontificalement. S. A. R , tous les Seigneurs et Dames de sa Cour , et un grand
nombre de personnes de distinction y assisterent.
Le soir , les mêmes Officiers de cette
Princesse signalerent encore leur zéle par
une quantité de fusées qui furent tirées
dans le Jardin du Palais Royal , et par
plusieurs décharges de boetes. Les Proprietaires et les Locataires firent illuminer toutes les Maisons qui communiquent
à ce Jardin. Celle de M. le Comte d'Argen: on , Conseiller d'Etat , Grand-Croix
et Chancelier , Garde des Sceaux de l'Ordre Royal et Militaire de S. Louis , Garde des Sceaux et Sur- Intendant des Finances
MAY. 1732. ΙΘΙΙ
hances de M. le Duc d'Orleans , fut illu
minée extraordinairement ; toute la façade qui donne sur le Jardin , étoit ornée
de quantité de Girandoles et d'une infinité de Lampions rangez avec autant de
goût que de symétrie. Cette belle illumination fut admirée par une foule de peuple qui vint joindre leurs vœux à
ceux de tous les Officiers de cette Princesse pour l'entier rétablissement de sa
santé.
21 les Officiers et Dames de la
Chambre de Mademoiselle de Beaujollois,
firent chanter dans l'Eglise des Quinzevingtun Te Deum solemnel en musique,
avec Timballes et Trompettes, de la composition de M. Morin , en action de graces de la convalescence de cette Princesse
qui avoit été dangereusement malade de
la Rougeole. L'Eglise étoit décorée et ornée de riches Tapisseries , et éclairée d'un
grand nombre de Lustres garnis de bougies. L'Archevêque de Cambray officia
pontificalement. S. A. R , tous les Seigneurs et Dames de sa Cour , et un grand
nombre de personnes de distinction y assisterent.
Le soir , les mêmes Officiers de cette
Princesse signalerent encore leur zéle par
une quantité de fusées qui furent tirées
dans le Jardin du Palais Royal , et par
plusieurs décharges de boetes. Les Proprietaires et les Locataires firent illuminer toutes les Maisons qui communiquent
à ce Jardin. Celle de M. le Comte d'Argen: on , Conseiller d'Etat , Grand-Croix
et Chancelier , Garde des Sceaux de l'Ordre Royal et Militaire de S. Louis , Garde des Sceaux et Sur- Intendant des Finances
MAY. 1732. ΙΘΙΙ
hances de M. le Duc d'Orleans , fut illu
minée extraordinairement ; toute la façade qui donne sur le Jardin , étoit ornée
de quantité de Girandoles et d'une infinité de Lampions rangez avec autant de
goût que de symétrie. Cette belle illumination fut admirée par une foule de peuple qui vint joindre leurs vœux à
ceux de tous les Officiers de cette Princesse pour l'entier rétablissement de sa
santé.
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Résumé : Convalescence de Mademoiselle de Beaujolais, [titre d'après la table]
Le 21 mai 1732, les officiers et dames de la Chambre de Mademoiselle de Beaujollois célébrèrent sa convalescence après une grave maladie de la rougeole par un Te Deum solennel à l'Église des Quinze-Vingts. L'église était ornée de riches tapisseries et éclairée par de nombreux lustres. L'Archevêque de Cambray présida la cérémonie, en présence de Son Altesse Royale, des seigneurs et dames de la cour, ainsi que de nombreuses personnes distinguées. Le soir, des feux d'artifice et des salves de fusées furent tirés dans le jardin du Palais Royal, et les maisons voisines furent illuminées. La résidence du Comte d'Argen: on, Conseiller d'État et Garde des Sceaux, se distingua par une illumination particulièrement élaborée, attirant une foule venue souhaiter le rétablissement complet de la princesse.
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2241
p. 1011
« Le 22. jour de la Fête de l'Ascension, il [...] »
Début :
Le 22. jour de la Fête de l'Ascension, il [...]
Mots clefs :
Fête de l'Ascension
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 22. jour de la Fête de l'Ascension, il [...] »
Le 22. jour de la Fête de l'Ascension
il y eut Concert spirituel au Château des
Thuilleries qui commença par le Credidi
propter , Motet de M. de la Lande , qui
fut suivi de plusieurs petits Motets à une
et à deux voix , et après plusieurs Pieces
de symfonie executez par les sieurs Leclerc , Blavet et autres ; le Concert fut
terminé par le beau Te Deum du même
Auteur , avec Timbales et Trompettes
et précedé d'une symfonie de M. Mouret.
il y eut Concert spirituel au Château des
Thuilleries qui commença par le Credidi
propter , Motet de M. de la Lande , qui
fut suivi de plusieurs petits Motets à une
et à deux voix , et après plusieurs Pieces
de symfonie executez par les sieurs Leclerc , Blavet et autres ; le Concert fut
terminé par le beau Te Deum du même
Auteur , avec Timbales et Trompettes
et précedé d'une symfonie de M. Mouret.
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2242
p. 1011-1014
Médailles mises au Pont de Compiegne, Ceremonie, &c. [titre d'après la table]
Début :
M. Dubois, Directeur Géneral des Ponts et Chaussées, toujours attentif [...]
Mots clefs :
Pont, Compiègne, Médailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Médailles mises au Pont de Compiegne, Ceremonie, &c. [titre d'après la table]
M. Dubois , Directeur Géneral des
Ponts et Chaussées , toujours attentif à
tout ce qui peut contribuer à l'embelissement des Maisons Royales et à l'utilité
publique, ayant présenté au Roi il y a
deux ans le dessein d'un Pont , pour la
Hv partic
1012 MERCURE DE FRANCE
partie septentrionale de la Ville de Compiegne,sur la riviere d'Oyse qui en arrose
les murailles de ce côté- là , S.M.l'aprouva,
et voulut poser la premiere pierre duPont en attendant de mettre l'année suivante
dans une des Piles qui soutient une des
Arches de ce somptueux Edifice , des Médailles d'Or , d'Argent et de Bronze ;
mais une maladie épidemique qui regnoit,
dans la ville et aux environs de Compiegne , ayant interrompu le voyage, que
S. M. avoit résolu d'y faire , cette céremonie fut suspendue jusqu'au 11 du présent mois. Voicy comment elle se fit.
Après le Salut , le Roi se rendit au nou
veau Pont , accompagné des principauxSeigneurs de sa Cour , et d'une affluenceextraordinaire de peuple ; étant descendu
de Carosse au bord de la Riviere , M. Dubois alla recevoir S. M. dans une gondole
magnifique et la conduisit à la pile du
Pont où la céremonie devoit se faire. On
avoit fait dresser un échafaut trés - propre
sur lequel on avoit placé une table avec
un tapis : c'est là que M. Dubois avoit
mis la boëte de bois de cedre , dans laquel
le il y avoit six grandes Médailles , une
d'Or , deux d'Argent et trois de Bronze ,
laquelle fut présentée au Roi par M. Dubois, qui après l'avoir reprise des mains de
S. M.
M A Y. 1732. 1013
S.M. la ferma et la mit dans une autre boëte de plomb , laquelle fut soudée en presence duRoi, après quoi cette double boëte fut encore présentée à S.M. qui la plaça
dans le lieu destiné, et pour la couvrir arrangea elle - même des cales et du ciment
avec une petite truelle d'argent que M.
Dubois lui présenta , autour d'une grosse pierre qui y fut posée ; ensuite S.
M. pressa les cales avec un petit marteau
d'Argent que M. Dubois avoit fait faire
exprès.
Cela fait , le Roi suivi des mêmes Seigneurs rentra dans la gondole , et ayant
traversé la riviere , il vit du bord la manœuvre d'une excellente gruë , qui servoit à vouter la derniere Arche du Pont
du côté de la Campagne : elle parutà S. M.
aussi hardie que magnifique. "
Ensuite le Roi ayant repassé la riviere ,
s'avança à pied vers la ville pour voir
l'emplacement d'une porte d'un dessein
admirable qui doit être faite pour con
duire au Pont , et dont le plan qu'en a
tracé le sieur de la Hitte , Inspecteur Général des Ponts er Chaussées , fut fort ap
prouvé par le Roi , ainsi que tout ce qu'il
avoit vu au Pont : après quoi S. M. et toute sa suite se rendirent au Cours où
étoit un détachement de cent hommes du
Hvj Regi
1014 MERCURE DE FRANCE
Regiment de Bourgogne : le Roi leur fit
donner 15 Louis , S. M. en avoit fait donner autant aux Ouvriers du Pont. Après cela le Roi monta en Carosse et arriva au
Château , fort satisfait du zele M. Du- que
bois fait patoître dans toutes les occasions
où il s'agit de remplir les devoirs de sa
Charge.
Ponts et Chaussées , toujours attentif à
tout ce qui peut contribuer à l'embelissement des Maisons Royales et à l'utilité
publique, ayant présenté au Roi il y a
deux ans le dessein d'un Pont , pour la
Hv partic
1012 MERCURE DE FRANCE
partie septentrionale de la Ville de Compiegne,sur la riviere d'Oyse qui en arrose
les murailles de ce côté- là , S.M.l'aprouva,
et voulut poser la premiere pierre duPont en attendant de mettre l'année suivante
dans une des Piles qui soutient une des
Arches de ce somptueux Edifice , des Médailles d'Or , d'Argent et de Bronze ;
mais une maladie épidemique qui regnoit,
dans la ville et aux environs de Compiegne , ayant interrompu le voyage, que
S. M. avoit résolu d'y faire , cette céremonie fut suspendue jusqu'au 11 du présent mois. Voicy comment elle se fit.
Après le Salut , le Roi se rendit au nou
veau Pont , accompagné des principauxSeigneurs de sa Cour , et d'une affluenceextraordinaire de peuple ; étant descendu
de Carosse au bord de la Riviere , M. Dubois alla recevoir S. M. dans une gondole
magnifique et la conduisit à la pile du
Pont où la céremonie devoit se faire. On
avoit fait dresser un échafaut trés - propre
sur lequel on avoit placé une table avec
un tapis : c'est là que M. Dubois avoit
mis la boëte de bois de cedre , dans laquel
le il y avoit six grandes Médailles , une
d'Or , deux d'Argent et trois de Bronze ,
laquelle fut présentée au Roi par M. Dubois, qui après l'avoir reprise des mains de
S. M.
M A Y. 1732. 1013
S.M. la ferma et la mit dans une autre boëte de plomb , laquelle fut soudée en presence duRoi, après quoi cette double boëte fut encore présentée à S.M. qui la plaça
dans le lieu destiné, et pour la couvrir arrangea elle - même des cales et du ciment
avec une petite truelle d'argent que M.
Dubois lui présenta , autour d'une grosse pierre qui y fut posée ; ensuite S.
M. pressa les cales avec un petit marteau
d'Argent que M. Dubois avoit fait faire
exprès.
Cela fait , le Roi suivi des mêmes Seigneurs rentra dans la gondole , et ayant
traversé la riviere , il vit du bord la manœuvre d'une excellente gruë , qui servoit à vouter la derniere Arche du Pont
du côté de la Campagne : elle parutà S. M.
aussi hardie que magnifique. "
Ensuite le Roi ayant repassé la riviere ,
s'avança à pied vers la ville pour voir
l'emplacement d'une porte d'un dessein
admirable qui doit être faite pour con
duire au Pont , et dont le plan qu'en a
tracé le sieur de la Hitte , Inspecteur Général des Ponts er Chaussées , fut fort ap
prouvé par le Roi , ainsi que tout ce qu'il
avoit vu au Pont : après quoi S. M. et toute sa suite se rendirent au Cours où
étoit un détachement de cent hommes du
Hvj Regi
1014 MERCURE DE FRANCE
Regiment de Bourgogne : le Roi leur fit
donner 15 Louis , S. M. en avoit fait donner autant aux Ouvriers du Pont. Après cela le Roi monta en Carosse et arriva au
Château , fort satisfait du zele M. Du- que
bois fait patoître dans toutes les occasions
où il s'agit de remplir les devoirs de sa
Charge.
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Résumé : Médailles mises au Pont de Compiegne, Ceremonie, &c. [titre d'après la table]
M. Dubois, Directeur Général des Ponts et Chaussées, proposa au Roi la construction d'un pont dans la partie septentrionale de Compiègne, sur la rivière d'Oyse. Le Roi approuva le projet et prévoyait de poser la première pierre, mais une épidémie interrompit le voyage royal. La cérémonie eut lieu le 11 mai 1732. Le Roi, accompagné de seigneurs et d'une grande affluence de peuple, se rendit au nouveau pont. M. Dubois, à bord d'une gondole, conduisit le Roi à la pile du pont. Une boîte en bois de cèdre contenant six médailles fut présentée au Roi, qui la plaça dans une boîte de plomb soudée en sa présence. Le Roi scella ensuite la boîte dans la pile du pont à l'aide d'une truelle et d'un marteau d'argent. Il observa la manœuvre d'une grue pour voûter la dernière arche et traversa la rivière pour voir l'emplacement d'une porte. Le Roi fit don de 15 Louis aux ouvriers et à un détachement du régiment de Bourgogne, puis retourna au château, satisfait du zèle de M. Dubois.
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2243
p. 1014-1015
Benefices donnez, [titre d'après la table]
Début :
Le Roi a nommé l'Abbé de la Valette-Thomas [...]
Mots clefs :
Abbayes, Charges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Benefices donnez, [titre d'après la table]
Le Roi a nommé l'Abbé de la ValetteThomas , à l'Evêché d'Autun.
S. M. a accordé l'Abbaye de S. Urbain ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Châlons ,
à l'Abbé de Brissac , Aumonier du Roi
et Agent Géneral du Clergé.
Celle de Verteuil , Ordre de S. Augustin , Diocèse de Bordeaux , à l'Abbé de
Courtarvelle , Chanoine de l'Eglise Cathedrale de Blois.
Celle de S. André en Goufern , Ordre
de Citeaux , Diocèse de Séez , à l'Abbé
d'Albergotti .
L'Abbaye Réguliere et Elective de Choques , Ordre de S. Augustin , Diocèse de
S. Omer , au P. Floride Lassus.
Celle de Sainte Genevieve de Monsort
Alençon , Ordre de S. Benoît , Diocése
1 Mans , à la Dame de Lisle.
Celle de la Deserte à Lyon , même Ortre , à la Dame de Chatillon- Moyria.
I
M*A*Y. 1732.
à
Le Prieuré de Sainte Radegondé , même Ordre , Diocése de la Rochelle ,
l'Abbé de Chateauneuf.
Celle de Chaumont- la- Piscine , Ordre
de Prémontré , Diòcése de Reims , à l'ancien Evêque d'Orange.
L'Evêché de Rennes , à l'Abbé de
Vaureal , Maître de l'Oratoire du Roy.
S. M. vient de lui donner l'agrément de
la Charge de Maître de la Chapelle de
Musique. Le Roy avoit accordé au Marquis de Breteuil , Chancelier de la Reine
la permission de vendre cette Charge qui
vaquoit par la mort de l'Evêque de Rennes son frere.
S. M. a accordé l'Abbaye de S. Urbain ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Châlons ,
à l'Abbé de Brissac , Aumonier du Roi
et Agent Géneral du Clergé.
Celle de Verteuil , Ordre de S. Augustin , Diocèse de Bordeaux , à l'Abbé de
Courtarvelle , Chanoine de l'Eglise Cathedrale de Blois.
Celle de S. André en Goufern , Ordre
de Citeaux , Diocèse de Séez , à l'Abbé
d'Albergotti .
L'Abbaye Réguliere et Elective de Choques , Ordre de S. Augustin , Diocèse de
S. Omer , au P. Floride Lassus.
Celle de Sainte Genevieve de Monsort
Alençon , Ordre de S. Benoît , Diocése
1 Mans , à la Dame de Lisle.
Celle de la Deserte à Lyon , même Ortre , à la Dame de Chatillon- Moyria.
I
M*A*Y. 1732.
à
Le Prieuré de Sainte Radegondé , même Ordre , Diocése de la Rochelle ,
l'Abbé de Chateauneuf.
Celle de Chaumont- la- Piscine , Ordre
de Prémontré , Diòcése de Reims , à l'ancien Evêque d'Orange.
L'Evêché de Rennes , à l'Abbé de
Vaureal , Maître de l'Oratoire du Roy.
S. M. vient de lui donner l'agrément de
la Charge de Maître de la Chapelle de
Musique. Le Roy avoit accordé au Marquis de Breteuil , Chancelier de la Reine
la permission de vendre cette Charge qui
vaquoit par la mort de l'Evêque de Rennes son frere.
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Résumé : Benefices donnez, [titre d'après la table]
En mai 1732, le Roi a procédé à plusieurs nominations et attributions d'abbayes et d'évêchés. L'Abbé de la Valette-Thomas a été nommé à l'Évêché d'Autun. L'Abbaye de Saint Urbain, dans le Diocèse de Châlons, a été attribuée à l'Abbé de Brissac, Aumonier du Roi et Agent Général du Clergé. L'Abbé de Courtarvelle a reçu l'Abbaye de Verteuil, dans le Diocèse de Bordeaux. L'Abbé d'Albergotti a été nommé à l'Abbaye de Saint André en Goufern, dans le Diocèse de Séez. Le Père Floride Lassus a obtenu l'Abbaye Régulière et Élective de Choques, dans le Diocèse de Saint Omer. La Dame de Lisle a reçu l'Abbaye de Sainte Geneviève de Monsort, dans le Diocèse du Mans. La Dame de Châtillon-Moyria a été attribuée à l'Abbaye de la Déserte à Lyon. L'Abbé de Châteauneuf a obtenu le Prieuré de Sainte Radegonde, dans le Diocèse de La Rochelle. L'ancien Évêque d'Orange a reçu l'Abbaye de Chaumont-la-Piscine, dans le Diocèse de Reims. L'Abbé de Vaureal a été nommé à l'Évêché de Rennes et a reçu l'agrément pour la charge de Maître de la Chapelle de Musique. Le Marquis de Breteuil, Chancelier de la Reine, avait obtenu la permission de vendre cette charge, vacante à la suite du décès de l'Évêque de Rennes, son frère.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2244
p. 1211-1212
TURQUIE, ET PERSE.
Début :
La Paix entre le G.S. et le Roy de Perse [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, Sérail
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texteReconnaissance textuelle : TURQUIE, ET PERSE.
NOUVELLES ETRANGERES.
LA
TURQUIE, ET PERSE.
A Paix entre le G.S.et le Roy de Perse ayant
été ratifiée , les Turcs ont évacué les Places
rendues aux Persans , qui commencent a jouir, de
cette précieuse tranquillité que la révolution et
les troubles avoient bannie de ce Puissant Royaume,où toutes les Manufactures d'Etoffes de Soye se rétablissent.
On mande de Constantinople qu'il y étoit ar rivé au mois de Mars dernier , un Navire Anglois richement chargé , dont le Capitaine avoit donné une féte à l'Ambassadeur du Roy d'Angleterre ; que cette Ambassadeur sortant vers les dix heures du soir de ce Vaisseau , pour retourher à son Hôtel, le Capitaine l'avoit imprudem- ment fait saluer de 15 coups de Canon; que cette
Salve faite contre les anciennes deffenses , vers la
pointe du Sérail , y avoit porté l'épouvente , et
qu'on l'avoit prise pourle signal d'une nouvelle
Révolte dans la Ville ; que le Gr. Viz.et les principaux Officiers du Sérail étoient monté d'abord
à cheval pour faire mettre les Troupes sous les
Armes; mais qu'ayant appris que tout étoit tranquille , il étoit revenu rendre compte au G. S.
de ce que les Officiers du Port lui avoient rap- L. Vol. porté
1212 MERCURE DE FRANCE
porté , que le lendemain ce premier Ministre avoit mandé l'Ambassadeur d'Angleterre; mais
que sans lui donner Audience , il avoit déclaré à
un Drogman de la Nation Angloise , que le
Lord Kinnoul ne seroit plus regardé comme
Ambassadeur.
LA
TURQUIE, ET PERSE.
A Paix entre le G.S.et le Roy de Perse ayant
été ratifiée , les Turcs ont évacué les Places
rendues aux Persans , qui commencent a jouir, de
cette précieuse tranquillité que la révolution et
les troubles avoient bannie de ce Puissant Royaume,où toutes les Manufactures d'Etoffes de Soye se rétablissent.
On mande de Constantinople qu'il y étoit ar rivé au mois de Mars dernier , un Navire Anglois richement chargé , dont le Capitaine avoit donné une féte à l'Ambassadeur du Roy d'Angleterre ; que cette Ambassadeur sortant vers les dix heures du soir de ce Vaisseau , pour retourher à son Hôtel, le Capitaine l'avoit imprudem- ment fait saluer de 15 coups de Canon; que cette
Salve faite contre les anciennes deffenses , vers la
pointe du Sérail , y avoit porté l'épouvente , et
qu'on l'avoit prise pourle signal d'une nouvelle
Révolte dans la Ville ; que le Gr. Viz.et les principaux Officiers du Sérail étoient monté d'abord
à cheval pour faire mettre les Troupes sous les
Armes; mais qu'ayant appris que tout étoit tranquille , il étoit revenu rendre compte au G. S.
de ce que les Officiers du Port lui avoient rap- L. Vol. porté
1212 MERCURE DE FRANCE
porté , que le lendemain ce premier Ministre avoit mandé l'Ambassadeur d'Angleterre; mais
que sans lui donner Audience , il avoit déclaré à
un Drogman de la Nation Angloise , que le
Lord Kinnoul ne seroit plus regardé comme
Ambassadeur.
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Résumé : TURQUIE, ET PERSE.
Le texte décrit deux événements impliquant la Turquie et la Perse. Premièrement, la paix entre le Grand Sultan et le roi de Perse a été confirmée. Les Turcs ont quitté les territoires restitués aux Persans, permettant au royaume perse de retrouver la tranquillité après les troubles révolutionnaires. Les manufactures de tissus de soie persanes commencent à se rétablir. Deuxièmement, à Constantinople, un navire anglais a provoqué un incident diplomatique en mars. Le capitaine du navire a salué l'ambassadeur d'Angleterre avec 15 coups de canon, semant la panique près du Sérail. Le Grand Vizir et les officiers du Sérail ont mobilisé les troupes, mais la situation s'est apaisée après qu'ils ont compris l'origine de la salve. Le lendemain, le Grand Vizir a convoqué l'ambassadeur d'Angleterre et a annoncé via un drogman que Lord Kinnoul ne serait plus reconnu comme ambassadeur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2245
p. 1212-1222
LETTRE écrite de Constantinople, le 6 et le 14 Mars 1732. contenant la suite des nouvelles de Turquie et de Perse.
Début :
La Victoire complete que les Turcs remporterent au mois de [...]
Mots clefs :
Turquie, Perse, Constantinople, Pacha , Tauris, Achmet, Empire, Sultan, Chah, Thamas
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Constantinople, le 6 et le 14 Mars 1732. contenant la suite des nouvelles de Turquie et de Perse.
ETTRE écrite de Constantinople , le
6 et le 14 Mars 1732. contenant la suite
des nouvelles de Turquie et de Perse.
LA
A Victoire complete que les Turcs rempor
terent au mois de Septembre dernier devant
Amadan , sur l'armée Persanne , où Chah- Tahmas étoit en personne , et la prise de cette Place
et de plusieurs autres, qui furent autant de suites
glorieuses de cette Victoire , avoient si considérablement diminué les forces de ce Prince , que
voulant prévenir la perte totale de ses Etats, dont
il étoit menacé, s'il continuoit la Guerre , il résolut de faire des tentatives auprès de ses Ennemispour en obtenir la paix. Il y eut d'abord des
propositions d'accommodement faites de sa part ,
a Achmet Pacha , Séraskier ou General de l'Armée Othomane , et Gouverneur de Babilonne
qui donnerent lieu le 20 Novembre suivant , à la
tenue d'un Conseil general , à la Porte , où l'on
examina plusieurs Lettres , qu'un Courier de ce
Pacha avoit apportées la veille. Il marquoit par
la sienne au G. V. que Chah - Tahmas lui avoit
écrit et envoyé l'Itimadil-deulet , c'est- à- dire ,
son premier Ministre , pour entrer en négociation,
Cette Lettre et trois autres du Roy de Perse ,
dont elle étoit accompagnée, l'une pour le G.S.
1. Vol. dans
JUIN. 1732. 1213
s laquelle Chah- Tahmas lui demandoit la
avec instance ; l'autre pour le G. V. et la
siéme pour Achmet Pacha ; ayant été lûës
présence de tous les gens,de Loy , des Chefs ,
Milices et des principaux Ministres ; et les
litions que ce Prince y proposoit , ayant été ées de toute l'assemblée , on convint unaement de les accepter ; et le Sultan, par l'avis
Mufti , dépêcha , en conséquence , un de ses aiers Officiers , avec des plein- pouvoirs pour
met Pacha , qui le rendoit le maître abde régler la paix , de la maniere qu'il le ju- it à propos ; lui faisant seulement observer
comme Chah-Tahmas n'avoit pas toujours
Fort religieux à exécuter les promesses qu'il
tcy devant faites à la Porte , il convenoit
conservât assez de Troupes sur les Frontiepour faire tête aux Persans , en cas de beCette précaution étoit d'autant plus raison-
, qu'on assure que Chah- Tahmas même,
la Lettre qu'il avoit écrite à Achmet Pacha,
conseilloit de la prendre , parce que ne se
ant pas assez-bien affermi sur le Thrône , il
gnoit de ne pouvoir pas également contenir
les Seigneurs Persans , dont il prévoyoit quelques- uns seroient capables de continuer hostilitez sans son consentement , et malgré
ordres les plus positifs.
ette résolution de la Porte s'étant divulguée,
indit une joïe universelle dans le public , er
cun se persuada , parce qu'il le souhaitoit ,
dès- lors on alloit mettre les Armes bas de
et d'autre. Cependant le 22 Decembre , au
nd étonnement du peuple , on entendit tirer
la pointe du jour le Canon du Sérail , ce qui
repeté à midi , l'après-dîné , et les deux jours
I. Vol. sui-
1214 MERCURE DE FRANCE
*suivans, aux mêmes heures, et l'on apprit qu'Ali
Pacha , Seraskier de la seconde Armée Turque ,
s'étoit emparé de l'importante Place de Tauris et
de tout son district. Un surcroît de Conquêtes si considérables mettant les affaires des Ottomans
en beaucoup meilleure situation qu'elles n'étoient
quand Chah Tahmas fit ses propositions de Paix , lé G. S. se crut en droit de ne la faire
qu'à des conditions plus avantageuses ; et se re- pentit d'avoir donné des pouvoirs trop étendus à
Achmet-Pacha , à la sollicitation du Mufti.
-
Sa Hautesse dépêcha aussi-tôt un Courrier à
ce Gouverneur , par lequel elle lui mandoit de
se prévaloir des nouveaux succès qu'avoient eu
ses Armes, et sur tout de ne se point relâcher
sur la possession des Province et Ville de Tauris , dans le Traité auquel il travailloit avec le
Roy de Perse ; mais le 7 du mois passé il arriva
deux Courriers , l'un de cette place , et l'autre de
Babilonne. Par celui- ci, Achmet- Pacha apprenoit,
qu'il ne pouvoit plus se flatter de conclure la
Paix , à moins que Tauris et ses dépendances ne fussent restituées aux Persans ; et par l'autre, AliPacha marquoit que si l'on rendoit Tauris à
Chah-Tahmas , il étoit à craindre , malgré le consentement qu'y donneroient les Officiers de
l'Armée , que la Soldatesque ne se portât à quel- que mutinerie.
Des circonstances si opposées , jetterent la
Porte dans un grand embarras. Le Sultan fit
convoquer sur le champ un Conseil general devant lui; et quand il fut assemblé , le G. V. pour
sonder les esprits , après avoir discuté la situation des affaires en Perse , demanda s'il falloit
faire la paix, ou non. Tous les avis se réunirent
d'abord pour l'affirmative ; mais quand il vint
I. Vol.
à
JUI N. 1732 1215
l'exposition des articles, dont le principal étoit la restitution de Tauris , chacun garda un profond silence ; ce que voyant le G. S. il dit aux
assistans , qu'il leur donnoitdeux jours pour refléchir murement sur une affaire de si grande
conséquence , et leur ordonna de venir ensuite
lui communiqner ce qu'ils en penseroient, en toute liberté.
Le 9 , le Conseil s'étant rassemblé , et la matiere ayant été de nouveau agitée , l'avis le plus
general fut , qu'il ne falloit faire la Paix qu'à
Gondition que Tauris resteroit à l'Empire Othoman , et que si Chah- Tahmas s'obstinoit à en
exiger la restitution , il valloit mieux continuer
la Guerre. Quoique ce ne fut pas le sentiment du G. V. il eut ordre de faire de nouveaux préparatifs de Guerre, et le G.S. dépêcha son ( a)Bach- Chokadar au Pacha de Babilonne , et un Offi
cier de confiance àAli- Pacha. Ces deux hommes,
sur les lumieres et la fidelité desquels le Sultan
se reposoit , furent expressément chargez de s'in- former avec soin du véritable état où étoient
les Armées Turques et Persannes , et de prendre
une connoissance exacte de toutes choses , parce
que Sa Hautesse avoit conçu de violens soup
gons contre Achmet Pacha , et qu'elle appréhendoit , comme on le lui avoit déja insinué , que ce Séraskier ne se fut laissé séduire par les présens
de Chah-Tahmas. En effet, ces soupçons paroissoient d'autant mieux fondez , qu'Achmet Pacha dans toutes les Lettres qui avoient précédé sa
derniere , bien loin de parler de rendre Tauris
aux Persans , avoit toujours mandé au contraire ,
qu'ils en passeroient par tout ce qu'on voudroit
( a )Maitre de la Garderobe.
1. Vol. exiger H
1216 MERCURE DE FRANCE
exiger d'eux ; et ce qui fit depuis encore présmer qu'il pouvoit y avoir quelque chose d'équivoque dans la négociation de ce Pacha, c'est que 23 de ce même mois un de ses Officiers arriva
à Constantinople avec la nouvelle que la Paix
étoit faite , et qu'il étoit convenu avec ChahTahmas de lui ceder les Ville et Province de
Tauris.
le
Le lendemain le Mufti Pasmadgi- Zadé, ressentit le premier effet que produisit certe nouvelles le G. S. piqué d'avoir , à sa persuasion ,
donné au Pacha de Babilonne des pleins pouvoirs
pour conclure et signer la Paix , le déposa et l'éxila (d'abord à Synope , Ville et Port de la Mer
noire ; ensuite ayant témoigné qu'il souhaiteroit .
de faire le pelerinage de la Mecque , Sa Hautesse y consentit , et lui fit pourtant donner un
Chiaoux pour le garder et le conduire jusqu'en Egypte ; mais cette nouveautéa yant blessé la délicatesse des Gens de Loy , ils intercederent si
puissamment en sa faveur auprês du G. V. que ce Ministre oubliant tous les sujets de mécontentemens que Pasmadgi- Zadé lui avoit donnez, lui.
ôta ce Garde, et le laissa librement partir avec son
Harem, ou maison de ses Femmes , et tous ses effets. On dit qu'il doit passer quelque temps à
la Mecque , et de là venir demeurer à Damas
dont il sera fait Moullah ou Juge en Chefpour
le reste de ses jours. Il est peu regrété , parce
que Damad- Zadé , ancien Cadilesker , qui l'a
remplacé, a toutes les qualitez qu'il faut pour s'attirer le respect , l'estime et l'amour du Public,
Le 25 , tous les Gens de Loy , et principaux
Seigneurs de l'Empire s'assemblerent à la Porte
shez le G. V, et allerent ensuite avec le nouI.Vol. Yeau
JUIN. 1732. 1217
reau Moufti chez le G. S. ou le Conseil se tint.
Après qu'on y eut fait lecture du Traité fait par
Achmet Pacha, plusieurs des premiers de l'assemblée suppliérent Sa Hautesse de vouloir bien
le ratifier , et sur tout Issac-Effendi , Cadiles ker
ou Juge suprême d'Asie , qui redoublant ses Ins
tances , representa avec force au Sultan , que s'il
désavoüoit un Traité qui n'avoit été conclu
qu'en vertu des pleins pouvoirs dont il avoit honoré le Pacha de Babilonne , on n'auroit plus de
foy à sa parole Imperiale ; et que d'ailleurs ,
tout bien considéré, une Paix solide avec la Perse,
après une Guerre si longue et si onéreuse, étoit
préférable à l'acquisition de cent Villes comme Tauris.
à sa
Le G. S. répondit que la ratification du Traité dont il s'agissoit , ne pressoit point encore
qu'il n'y avoit que peu de jours qu'il avoit dépêché son Bach- Chokadar à Achmet Pacha
pour lui signifier qu'il ne consentiroit jamais
faire la Paix qu'à condition que Tauris et ses dépendances resteroient à la Porte ; qu'après une
déclaration si précise , il ne convenoit pas
dignité de changer si-tôt de sentiment, et qu'il
êtoit dans celui d'attendre le retour des deux personnes qu'il avoit envoyées en Perse , avant que
de prendre , à cet égard , une résolution définitive. Cette réponse judicieuse, ayant fait impres- sion sur toute l'assemblée , personne n'insista
plus , et l'on se sépara sans rien conclure.
Le 1 Mars , le G. S. qui vouloit , à ce qu'on
présume , conférer avec le Mufti , sur le désordre arrivé la veille , lui envoya son premier
Asseki , et lui fit dire , avec une bonté qui fait
autant d'honneur à Sa Hautesse , qu'à ce venerable vieillard , qu'ayant à l'entretenir , et voulant
I. Vol.
Hij lui
1248 MERCURE DE FRANCE
lui épargner la peine de venir jusqu'au Serail , id
avoit fait la moitié du chemin , et qu'il le prioit
de vouloir bien se rendre à Aina , Serrail ou Serail des Miroirs , où il l'attendoit. Le Sultan fit
ordonner en même- temps au G. V. de convoquer pour le lendemain à la Porte les Officiers
les plus considerables des Troupes , et les Gens
de Loy , dont la capacité est le plus en réputation , pour former un grand Conseil en sa pré- sence , au sujet des affaires de Perse , et des Lertres qui venoient d'arriver de ce païs- là.
Cette Assemblée s'étant faite chez le G.V.après
la priere du midy , il s'y tint une courte confe-
'Lence , ensuite de laquelle on se rendit chez le
Sultan , où le Conseil dura deux heures. Voici
quel en fut le résultat : Une partie des Conseillers considerant les dommages infinis que la continuation de la Guerre pourroit apporter à l'Empire , opina qu'on ne pouvoit la terminer trop
tôt , et que sans s'opiniâtrer à vouloir conserver
tous les Païs conquis,il falloit approuver le Trai
té passé par Achmet Pacha , en y inserant les
dernieres conditions proposées par Chah - Tahmas ; le reste des Assistans soutint au contraire ,
qu'il falloit absolument rejetter l'article de la
restitution de Tauris , &c. parce que la possession de cette conquête renfermoit en quelque fa
çon de seul avantage de conséquence , qui put un
peu dedommager la Nation de tout ce qu'il lui
en avoit coûté , et justifier aux yeux de l'Univers la longue Guerre qu'elle avoit faite aux
chacun se fixant ainsi à son Persans: Si-bien que
opinion , l'Assemblée se séparoit déja sans être
convenue de rien , lorsque le G. V. s'approcha
du Sultan , et lui dit , que son zele pour les interêts de l'Empire; et en particulier pour celui
de I. Vol.
JUIN. 1732. 1219
de Sa Hautesse , ne lui permettoit pas de lui rient
déguiser de ce qu'il sçavoit,et de ce qu'il pensois
dans une conjoncture aussi délicate , que celle de faire la Paix , ou de continuer la Guerre ; que l'Asie étoit entierément ruinée que sans faire
mention de la quantité de Troupes qui péris
soient en Perse par la famine , et par les mala
dies , aucune des conquêtes qu'on y avoit faites , ne pouvoit produire un revenu suffisant à l'entretien des Garnisons qu'on seroit obligé d'y mertre ; qu'il étoit sorti du Tresor un argent im- mense en pure perte , la Porte n'en ayant retiré
aucun fruit ; qu'outre que par les raisons qu'il
venoit d'exposer , il n'y avoit point de meilleur parti à prendre que celui de confirmer la Paix faite par le Pacha de Babilonne , l'honneur et la
religion de Sa Hautesse y étoient particuliere- ment engagées , puisque ce Gouverneur n'avoit
agi qu'en consequence des pouvoirs sans limites ,
qu'elle lui avoit envoyez ; qu'enfin pour achever
de vaincre la répugnance qui paroissoit que Sa Hautesse avoit de ratifier ce Traité ; il la supplioit de considerer , que sur ce que les Troupes Othomanes n'avoient pas voulu évacuer Tauris
Ali Pacha marquoit par ses dernieres Lettres que Chah Tahmas offroit de payer â la Porte des
sommes considerables , pourvû qu'on lui rendic cette Place demantelée , avec ses dependances , et
que cette espece de tribut auquel ce Prince se sou- mettoit de lui-même , seroit aussi honorable et
plus utile à l'Empire, que la stérile gloire de pos- seder des Païs ruinez , dont on ne se priveroit
qu'en faveur d'une Paix qui étoit devenuë absolument necessaire par toute sorte d'endroits. Le G. S. touché de ce discours , fit rappeller
l'Aga des Janissaires , qui avoit déja quitté le
L. Vol. H iij Con-
1220 MERCURE DE FRANCE
Conseil , ainsi que plusieurs autres , er luj, dit
que voulant bien déferer au sentiment du Visir
il falloit qu'il fit partir le ( a) Tourmadgi-Bashi , pour aller joindre Achmet Pacha , et qu'il
dépêcha aussi un autre Officier de son Corps.
vers Ali-Pacha , qu'ils n'avoient qu'à venir pren
dre ses ordres qu'on alloit leur expedier.
Ces ordres , à ce qu'on rapporte , contenoient
en substance , que plusieurs Conseils ayant été
tenus en presence de Sa Hautesse , au sujet du
Traité conclu depuis peu entre Achmet- Pacha et le Roy de Perse , elle n'avoit pas d'abord voulu consentir à ce que Tauris et ses dépendances
fussent remises à ce Prince ; mais qu'à la priere
de tous les Grands de son Empire , et par complaisance pour ses peuples , qui désiroient la Paix,
elle se déterminoit enfin à se relâcher des droits
que lui donnoient ses Armes victorieuses ; c
qu'ainsi à l'arrivée de ses Commandemens , ong
eu à les faire lire en public , et à se mettre en
état d'y obéir , en retirant de la place de Tauris
et de son district toute l'Artillerie , et generalement toutes les Munitions , et tous les effets appartenans aux Garnisons , qui après la démolition de la Citadele de Tauris , sortiront de cette
Ville , et se retireront à Erivan jusqu'à nouvel
ordre , enjoignant à Achmet- Pacha de faire escorter ces Garnisons , afin qu'elles ne puissent
être insultées , ni souffrir aucun dommage sur
leur route de la part des Persans.
Le G. V. Topal Osman Pacha fût déposé
avant hier matin , 12 Mars , malgré tout son mé
(a ) C'est un des principaux Officiers des Janis
saires , qui est d'ailleurs comme le grand Vencur du Sultan.
I. Vol.
rite
JUIN. 1732, 1221
rite , et envoyé sur le champ à Cadi-Quevi, on
à Calcedoine , d'où il partit hier en poste avec
peu de monde, pourse rendre à Trebizonde, dont on lui a donné le Gouvernement ; le reste de ses
Gens s'est embarqué avec tous ses effets , pour
Faller joindre. On ne sçait pas bien encore la cause de sa disgrace , ni qui sera son Successeur,
En attendant Ali- Pacha Tetferdar, ou grand Tresorier , a été nommé Vekil , ou Délegué , pour
faire les fonctions de Grand Visir.
Quelques affaires de commerce ayant retardé
le départ du Bâtiment qui doit porter cette Lettre , je profite de cette prolongation ; pour ajoû
ter , aujourd'hui 14 Mars , encore quelques faits,
qui seront une nouvelle preuve de mon exacti- tude.
Le 3 Octobre , le Marquis de Villeneuve ,
Ambassadeur de France , eut sa premiere Audience du nouveau G. S. où les choses se passerent à l'ordinaire. Le 17 S. E. porta au G. V. les Lettres du Roy pour le Sultan et pour son Premier Ministre , à l'occasion de l'avenement de
S. Hautesse à l'Empire.
Le 21. le Commandement Imperial fut déli
vré , portant la permission de rebâtir les Monasteres et les Maisons des Religieux de Galata , qui
avoient été détruites par l'Incendie du 21. Juil- let ; non seulement ces Maisons sont solidement
rebâties et occupées à present , mais encore presque toutes celles des Particuliers que cet embra sement avoit consumées.
Le 30. Novembre, Chahim Mehemet , Capitan
Pacha , qui avoit été cy-devant Jannissaire- Aga,
et ensuite avoit fait les fonctions de G. V. par
interim, pendant 12..jours , depuis la déposition.
d'Ibrahim-Pacha , jusqu'à l'installation de Topal VI. Vol. Hiiij Osman
1222 MERCURE DE FRANCE
Osman Pacha , fut déposé et envoyé Pacha à la Cavée..
Le 31 Marabou Capitan , Capitaine du Port
de Constantinople , qui avoit fait les fonctions
de Capitan- Pacha depuis la déposition de Cháhim-Mehemet, fut élevé à cette dignité.
D'autres Lettres confirment la déposition du
G. V. et que le G. S..l'avoit fait conduire à Salonique , par un Détachement de Spahis , et que le Tetferdar de la Cour avoit été nommé pour
exercer cette Charge importante jusqu'à l'arrivée
du Bacha de Babylone , à qui elle est destinée.
Ces Lettres ajoûtent qu'il y avoit encore quel
ques Assemblées tumultueuses dans differens
quartiers de Constantinople, et qu'il y avoit beaucoup de mécontens dans l'Armée de Perse , qui
se plaignoient hautement de ce qu'on avoit promis de rendre la Ville de Tauris au Roy de Perse ;
que le Pacha qui y commande , avoit déclaré qu'il
n'en sortiroit qu'en vertu d'un ordre signé de la
main du G. S. et que S. H. avoit dû assembler
le grand Divan deux ou trois jours après le départ du Courier , pour déliberer sur les moyens
d'achever de rétablir la tranquillité dans l'interieur
de l'Empire.
On inande en dernier lieu de Constantinople
qu'on y avoit découvert une conspiration contre
le G. S. qu'on vouloit déposer pour mettre sur le
Trône le Sultan son oncle qui fut déposé l'année
derniere, et que S. H avoit fait punir de mort les
principaux Conjurez. On ajoute que le dernier
G. Visir déposé avoit été fait Pacha de Widin ,
et que le Pacha de Babylone , nommé pour le
remplacer , et qu'on attend incessamment , étoit fort aimé de la Milice et du Peuple.
6 et le 14 Mars 1732. contenant la suite
des nouvelles de Turquie et de Perse.
LA
A Victoire complete que les Turcs rempor
terent au mois de Septembre dernier devant
Amadan , sur l'armée Persanne , où Chah- Tahmas étoit en personne , et la prise de cette Place
et de plusieurs autres, qui furent autant de suites
glorieuses de cette Victoire , avoient si considérablement diminué les forces de ce Prince , que
voulant prévenir la perte totale de ses Etats, dont
il étoit menacé, s'il continuoit la Guerre , il résolut de faire des tentatives auprès de ses Ennemispour en obtenir la paix. Il y eut d'abord des
propositions d'accommodement faites de sa part ,
a Achmet Pacha , Séraskier ou General de l'Armée Othomane , et Gouverneur de Babilonne
qui donnerent lieu le 20 Novembre suivant , à la
tenue d'un Conseil general , à la Porte , où l'on
examina plusieurs Lettres , qu'un Courier de ce
Pacha avoit apportées la veille. Il marquoit par
la sienne au G. V. que Chah - Tahmas lui avoit
écrit et envoyé l'Itimadil-deulet , c'est- à- dire ,
son premier Ministre , pour entrer en négociation,
Cette Lettre et trois autres du Roy de Perse ,
dont elle étoit accompagnée, l'une pour le G.S.
1. Vol. dans
JUIN. 1732. 1213
s laquelle Chah- Tahmas lui demandoit la
avec instance ; l'autre pour le G. V. et la
siéme pour Achmet Pacha ; ayant été lûës
présence de tous les gens,de Loy , des Chefs ,
Milices et des principaux Ministres ; et les
litions que ce Prince y proposoit , ayant été ées de toute l'assemblée , on convint unaement de les accepter ; et le Sultan, par l'avis
Mufti , dépêcha , en conséquence , un de ses aiers Officiers , avec des plein- pouvoirs pour
met Pacha , qui le rendoit le maître abde régler la paix , de la maniere qu'il le ju- it à propos ; lui faisant seulement observer
comme Chah-Tahmas n'avoit pas toujours
Fort religieux à exécuter les promesses qu'il
tcy devant faites à la Porte , il convenoit
conservât assez de Troupes sur les Frontiepour faire tête aux Persans , en cas de beCette précaution étoit d'autant plus raison-
, qu'on assure que Chah- Tahmas même,
la Lettre qu'il avoit écrite à Achmet Pacha,
conseilloit de la prendre , parce que ne se
ant pas assez-bien affermi sur le Thrône , il
gnoit de ne pouvoir pas également contenir
les Seigneurs Persans , dont il prévoyoit quelques- uns seroient capables de continuer hostilitez sans son consentement , et malgré
ordres les plus positifs.
ette résolution de la Porte s'étant divulguée,
indit une joïe universelle dans le public , er
cun se persuada , parce qu'il le souhaitoit ,
dès- lors on alloit mettre les Armes bas de
et d'autre. Cependant le 22 Decembre , au
nd étonnement du peuple , on entendit tirer
la pointe du jour le Canon du Sérail , ce qui
repeté à midi , l'après-dîné , et les deux jours
I. Vol. sui-
1214 MERCURE DE FRANCE
*suivans, aux mêmes heures, et l'on apprit qu'Ali
Pacha , Seraskier de la seconde Armée Turque ,
s'étoit emparé de l'importante Place de Tauris et
de tout son district. Un surcroît de Conquêtes si considérables mettant les affaires des Ottomans
en beaucoup meilleure situation qu'elles n'étoient
quand Chah Tahmas fit ses propositions de Paix , lé G. S. se crut en droit de ne la faire
qu'à des conditions plus avantageuses ; et se re- pentit d'avoir donné des pouvoirs trop étendus à
Achmet-Pacha , à la sollicitation du Mufti.
-
Sa Hautesse dépêcha aussi-tôt un Courrier à
ce Gouverneur , par lequel elle lui mandoit de
se prévaloir des nouveaux succès qu'avoient eu
ses Armes, et sur tout de ne se point relâcher
sur la possession des Province et Ville de Tauris , dans le Traité auquel il travailloit avec le
Roy de Perse ; mais le 7 du mois passé il arriva
deux Courriers , l'un de cette place , et l'autre de
Babilonne. Par celui- ci, Achmet- Pacha apprenoit,
qu'il ne pouvoit plus se flatter de conclure la
Paix , à moins que Tauris et ses dépendances ne fussent restituées aux Persans ; et par l'autre, AliPacha marquoit que si l'on rendoit Tauris à
Chah-Tahmas , il étoit à craindre , malgré le consentement qu'y donneroient les Officiers de
l'Armée , que la Soldatesque ne se portât à quel- que mutinerie.
Des circonstances si opposées , jetterent la
Porte dans un grand embarras. Le Sultan fit
convoquer sur le champ un Conseil general devant lui; et quand il fut assemblé , le G. V. pour
sonder les esprits , après avoir discuté la situation des affaires en Perse , demanda s'il falloit
faire la paix, ou non. Tous les avis se réunirent
d'abord pour l'affirmative ; mais quand il vint
I. Vol.
à
JUI N. 1732 1215
l'exposition des articles, dont le principal étoit la restitution de Tauris , chacun garda un profond silence ; ce que voyant le G. S. il dit aux
assistans , qu'il leur donnoitdeux jours pour refléchir murement sur une affaire de si grande
conséquence , et leur ordonna de venir ensuite
lui communiqner ce qu'ils en penseroient, en toute liberté.
Le 9 , le Conseil s'étant rassemblé , et la matiere ayant été de nouveau agitée , l'avis le plus
general fut , qu'il ne falloit faire la Paix qu'à
Gondition que Tauris resteroit à l'Empire Othoman , et que si Chah- Tahmas s'obstinoit à en
exiger la restitution , il valloit mieux continuer
la Guerre. Quoique ce ne fut pas le sentiment du G. V. il eut ordre de faire de nouveaux préparatifs de Guerre, et le G.S. dépêcha son ( a)Bach- Chokadar au Pacha de Babilonne , et un Offi
cier de confiance àAli- Pacha. Ces deux hommes,
sur les lumieres et la fidelité desquels le Sultan
se reposoit , furent expressément chargez de s'in- former avec soin du véritable état où étoient
les Armées Turques et Persannes , et de prendre
une connoissance exacte de toutes choses , parce
que Sa Hautesse avoit conçu de violens soup
gons contre Achmet Pacha , et qu'elle appréhendoit , comme on le lui avoit déja insinué , que ce Séraskier ne se fut laissé séduire par les présens
de Chah-Tahmas. En effet, ces soupçons paroissoient d'autant mieux fondez , qu'Achmet Pacha dans toutes les Lettres qui avoient précédé sa
derniere , bien loin de parler de rendre Tauris
aux Persans , avoit toujours mandé au contraire ,
qu'ils en passeroient par tout ce qu'on voudroit
( a )Maitre de la Garderobe.
1. Vol. exiger H
1216 MERCURE DE FRANCE
exiger d'eux ; et ce qui fit depuis encore présmer qu'il pouvoit y avoir quelque chose d'équivoque dans la négociation de ce Pacha, c'est que 23 de ce même mois un de ses Officiers arriva
à Constantinople avec la nouvelle que la Paix
étoit faite , et qu'il étoit convenu avec ChahTahmas de lui ceder les Ville et Province de
Tauris.
le
Le lendemain le Mufti Pasmadgi- Zadé, ressentit le premier effet que produisit certe nouvelles le G. S. piqué d'avoir , à sa persuasion ,
donné au Pacha de Babilonne des pleins pouvoirs
pour conclure et signer la Paix , le déposa et l'éxila (d'abord à Synope , Ville et Port de la Mer
noire ; ensuite ayant témoigné qu'il souhaiteroit .
de faire le pelerinage de la Mecque , Sa Hautesse y consentit , et lui fit pourtant donner un
Chiaoux pour le garder et le conduire jusqu'en Egypte ; mais cette nouveautéa yant blessé la délicatesse des Gens de Loy , ils intercederent si
puissamment en sa faveur auprês du G. V. que ce Ministre oubliant tous les sujets de mécontentemens que Pasmadgi- Zadé lui avoit donnez, lui.
ôta ce Garde, et le laissa librement partir avec son
Harem, ou maison de ses Femmes , et tous ses effets. On dit qu'il doit passer quelque temps à
la Mecque , et de là venir demeurer à Damas
dont il sera fait Moullah ou Juge en Chefpour
le reste de ses jours. Il est peu regrété , parce
que Damad- Zadé , ancien Cadilesker , qui l'a
remplacé, a toutes les qualitez qu'il faut pour s'attirer le respect , l'estime et l'amour du Public,
Le 25 , tous les Gens de Loy , et principaux
Seigneurs de l'Empire s'assemblerent à la Porte
shez le G. V, et allerent ensuite avec le nouI.Vol. Yeau
JUIN. 1732. 1217
reau Moufti chez le G. S. ou le Conseil se tint.
Après qu'on y eut fait lecture du Traité fait par
Achmet Pacha, plusieurs des premiers de l'assemblée suppliérent Sa Hautesse de vouloir bien
le ratifier , et sur tout Issac-Effendi , Cadiles ker
ou Juge suprême d'Asie , qui redoublant ses Ins
tances , representa avec force au Sultan , que s'il
désavoüoit un Traité qui n'avoit été conclu
qu'en vertu des pleins pouvoirs dont il avoit honoré le Pacha de Babilonne , on n'auroit plus de
foy à sa parole Imperiale ; et que d'ailleurs ,
tout bien considéré, une Paix solide avec la Perse,
après une Guerre si longue et si onéreuse, étoit
préférable à l'acquisition de cent Villes comme Tauris.
à sa
Le G. S. répondit que la ratification du Traité dont il s'agissoit , ne pressoit point encore
qu'il n'y avoit que peu de jours qu'il avoit dépêché son Bach- Chokadar à Achmet Pacha
pour lui signifier qu'il ne consentiroit jamais
faire la Paix qu'à condition que Tauris et ses dépendances resteroient à la Porte ; qu'après une
déclaration si précise , il ne convenoit pas
dignité de changer si-tôt de sentiment, et qu'il
êtoit dans celui d'attendre le retour des deux personnes qu'il avoit envoyées en Perse , avant que
de prendre , à cet égard , une résolution définitive. Cette réponse judicieuse, ayant fait impres- sion sur toute l'assemblée , personne n'insista
plus , et l'on se sépara sans rien conclure.
Le 1 Mars , le G. S. qui vouloit , à ce qu'on
présume , conférer avec le Mufti , sur le désordre arrivé la veille , lui envoya son premier
Asseki , et lui fit dire , avec une bonté qui fait
autant d'honneur à Sa Hautesse , qu'à ce venerable vieillard , qu'ayant à l'entretenir , et voulant
I. Vol.
Hij lui
1248 MERCURE DE FRANCE
lui épargner la peine de venir jusqu'au Serail , id
avoit fait la moitié du chemin , et qu'il le prioit
de vouloir bien se rendre à Aina , Serrail ou Serail des Miroirs , où il l'attendoit. Le Sultan fit
ordonner en même- temps au G. V. de convoquer pour le lendemain à la Porte les Officiers
les plus considerables des Troupes , et les Gens
de Loy , dont la capacité est le plus en réputation , pour former un grand Conseil en sa pré- sence , au sujet des affaires de Perse , et des Lertres qui venoient d'arriver de ce païs- là.
Cette Assemblée s'étant faite chez le G.V.après
la priere du midy , il s'y tint une courte confe-
'Lence , ensuite de laquelle on se rendit chez le
Sultan , où le Conseil dura deux heures. Voici
quel en fut le résultat : Une partie des Conseillers considerant les dommages infinis que la continuation de la Guerre pourroit apporter à l'Empire , opina qu'on ne pouvoit la terminer trop
tôt , et que sans s'opiniâtrer à vouloir conserver
tous les Païs conquis,il falloit approuver le Trai
té passé par Achmet Pacha , en y inserant les
dernieres conditions proposées par Chah - Tahmas ; le reste des Assistans soutint au contraire ,
qu'il falloit absolument rejetter l'article de la
restitution de Tauris , &c. parce que la possession de cette conquête renfermoit en quelque fa
çon de seul avantage de conséquence , qui put un
peu dedommager la Nation de tout ce qu'il lui
en avoit coûté , et justifier aux yeux de l'Univers la longue Guerre qu'elle avoit faite aux
chacun se fixant ainsi à son Persans: Si-bien que
opinion , l'Assemblée se séparoit déja sans être
convenue de rien , lorsque le G. V. s'approcha
du Sultan , et lui dit , que son zele pour les interêts de l'Empire; et en particulier pour celui
de I. Vol.
JUIN. 1732. 1219
de Sa Hautesse , ne lui permettoit pas de lui rient
déguiser de ce qu'il sçavoit,et de ce qu'il pensois
dans une conjoncture aussi délicate , que celle de faire la Paix , ou de continuer la Guerre ; que l'Asie étoit entierément ruinée que sans faire
mention de la quantité de Troupes qui péris
soient en Perse par la famine , et par les mala
dies , aucune des conquêtes qu'on y avoit faites , ne pouvoit produire un revenu suffisant à l'entretien des Garnisons qu'on seroit obligé d'y mertre ; qu'il étoit sorti du Tresor un argent im- mense en pure perte , la Porte n'en ayant retiré
aucun fruit ; qu'outre que par les raisons qu'il
venoit d'exposer , il n'y avoit point de meilleur parti à prendre que celui de confirmer la Paix faite par le Pacha de Babilonne , l'honneur et la
religion de Sa Hautesse y étoient particuliere- ment engagées , puisque ce Gouverneur n'avoit
agi qu'en consequence des pouvoirs sans limites ,
qu'elle lui avoit envoyez ; qu'enfin pour achever
de vaincre la répugnance qui paroissoit que Sa Hautesse avoit de ratifier ce Traité ; il la supplioit de considerer , que sur ce que les Troupes Othomanes n'avoient pas voulu évacuer Tauris
Ali Pacha marquoit par ses dernieres Lettres que Chah Tahmas offroit de payer â la Porte des
sommes considerables , pourvû qu'on lui rendic cette Place demantelée , avec ses dependances , et
que cette espece de tribut auquel ce Prince se sou- mettoit de lui-même , seroit aussi honorable et
plus utile à l'Empire, que la stérile gloire de pos- seder des Païs ruinez , dont on ne se priveroit
qu'en faveur d'une Paix qui étoit devenuë absolument necessaire par toute sorte d'endroits. Le G. S. touché de ce discours , fit rappeller
l'Aga des Janissaires , qui avoit déja quitté le
L. Vol. H iij Con-
1220 MERCURE DE FRANCE
Conseil , ainsi que plusieurs autres , er luj, dit
que voulant bien déferer au sentiment du Visir
il falloit qu'il fit partir le ( a) Tourmadgi-Bashi , pour aller joindre Achmet Pacha , et qu'il
dépêcha aussi un autre Officier de son Corps.
vers Ali-Pacha , qu'ils n'avoient qu'à venir pren
dre ses ordres qu'on alloit leur expedier.
Ces ordres , à ce qu'on rapporte , contenoient
en substance , que plusieurs Conseils ayant été
tenus en presence de Sa Hautesse , au sujet du
Traité conclu depuis peu entre Achmet- Pacha et le Roy de Perse , elle n'avoit pas d'abord voulu consentir à ce que Tauris et ses dépendances
fussent remises à ce Prince ; mais qu'à la priere
de tous les Grands de son Empire , et par complaisance pour ses peuples , qui désiroient la Paix,
elle se déterminoit enfin à se relâcher des droits
que lui donnoient ses Armes victorieuses ; c
qu'ainsi à l'arrivée de ses Commandemens , ong
eu à les faire lire en public , et à se mettre en
état d'y obéir , en retirant de la place de Tauris
et de son district toute l'Artillerie , et generalement toutes les Munitions , et tous les effets appartenans aux Garnisons , qui après la démolition de la Citadele de Tauris , sortiront de cette
Ville , et se retireront à Erivan jusqu'à nouvel
ordre , enjoignant à Achmet- Pacha de faire escorter ces Garnisons , afin qu'elles ne puissent
être insultées , ni souffrir aucun dommage sur
leur route de la part des Persans.
Le G. V. Topal Osman Pacha fût déposé
avant hier matin , 12 Mars , malgré tout son mé
(a ) C'est un des principaux Officiers des Janis
saires , qui est d'ailleurs comme le grand Vencur du Sultan.
I. Vol.
rite
JUIN. 1732, 1221
rite , et envoyé sur le champ à Cadi-Quevi, on
à Calcedoine , d'où il partit hier en poste avec
peu de monde, pourse rendre à Trebizonde, dont on lui a donné le Gouvernement ; le reste de ses
Gens s'est embarqué avec tous ses effets , pour
Faller joindre. On ne sçait pas bien encore la cause de sa disgrace , ni qui sera son Successeur,
En attendant Ali- Pacha Tetferdar, ou grand Tresorier , a été nommé Vekil , ou Délegué , pour
faire les fonctions de Grand Visir.
Quelques affaires de commerce ayant retardé
le départ du Bâtiment qui doit porter cette Lettre , je profite de cette prolongation ; pour ajoû
ter , aujourd'hui 14 Mars , encore quelques faits,
qui seront une nouvelle preuve de mon exacti- tude.
Le 3 Octobre , le Marquis de Villeneuve ,
Ambassadeur de France , eut sa premiere Audience du nouveau G. S. où les choses se passerent à l'ordinaire. Le 17 S. E. porta au G. V. les Lettres du Roy pour le Sultan et pour son Premier Ministre , à l'occasion de l'avenement de
S. Hautesse à l'Empire.
Le 21. le Commandement Imperial fut déli
vré , portant la permission de rebâtir les Monasteres et les Maisons des Religieux de Galata , qui
avoient été détruites par l'Incendie du 21. Juil- let ; non seulement ces Maisons sont solidement
rebâties et occupées à present , mais encore presque toutes celles des Particuliers que cet embra sement avoit consumées.
Le 30. Novembre, Chahim Mehemet , Capitan
Pacha , qui avoit été cy-devant Jannissaire- Aga,
et ensuite avoit fait les fonctions de G. V. par
interim, pendant 12..jours , depuis la déposition.
d'Ibrahim-Pacha , jusqu'à l'installation de Topal VI. Vol. Hiiij Osman
1222 MERCURE DE FRANCE
Osman Pacha , fut déposé et envoyé Pacha à la Cavée..
Le 31 Marabou Capitan , Capitaine du Port
de Constantinople , qui avoit fait les fonctions
de Capitan- Pacha depuis la déposition de Cháhim-Mehemet, fut élevé à cette dignité.
D'autres Lettres confirment la déposition du
G. V. et que le G. S..l'avoit fait conduire à Salonique , par un Détachement de Spahis , et que le Tetferdar de la Cour avoit été nommé pour
exercer cette Charge importante jusqu'à l'arrivée
du Bacha de Babylone , à qui elle est destinée.
Ces Lettres ajoûtent qu'il y avoit encore quel
ques Assemblées tumultueuses dans differens
quartiers de Constantinople, et qu'il y avoit beaucoup de mécontens dans l'Armée de Perse , qui
se plaignoient hautement de ce qu'on avoit promis de rendre la Ville de Tauris au Roy de Perse ;
que le Pacha qui y commande , avoit déclaré qu'il
n'en sortiroit qu'en vertu d'un ordre signé de la
main du G. S. et que S. H. avoit dû assembler
le grand Divan deux ou trois jours après le départ du Courier , pour déliberer sur les moyens
d'achever de rétablir la tranquillité dans l'interieur
de l'Empire.
On inande en dernier lieu de Constantinople
qu'on y avoit découvert une conspiration contre
le G. S. qu'on vouloit déposer pour mettre sur le
Trône le Sultan son oncle qui fut déposé l'année
derniere, et que S. H avoit fait punir de mort les
principaux Conjurez. On ajoute que le dernier
G. Visir déposé avoit été fait Pacha de Widin ,
et que le Pacha de Babylone , nommé pour le
remplacer , et qu'on attend incessamment , étoit fort aimé de la Milice et du Peuple.
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Résumé : LETTRE écrite de Constantinople, le 6 et le 14 Mars 1732. contenant la suite des nouvelles de Turquie et de Perse.
En mars 1732, une lettre de Constantinople relate les événements en Turquie et en Perse. En septembre 1731, les Ottomans ont remporté une victoire décisive à Amadan contre les Perses, où le Chah Tahmas était présent. Cette victoire a permis la prise de plusieurs places fortes, affaiblissant les forces persanes. Pour éviter la perte totale de ses États, le Chah Tahmas a tenté de négocier la paix avec les Ottomans. Le 20 novembre, un conseil général à la Porte a examiné les propositions de paix du Chah, transmises par Achmet Pacha, le général de l'armée ottomane. Le Sultan a envoyé un officier avec des pleins pouvoirs pour négocier la paix, tout en maintenant des troupes aux frontières. Le 22 décembre, la prise de Tauris par Ali Pacha a renforcé la position ottomane, permettant au Sultan de durcir ses conditions de paix. Cependant, des courriers ont rapporté que la paix ne pouvait être conclue sans la restitution de Tauris aux Perses, plongeant la Porte dans l'embarras. Un conseil général a été convoqué et il a été décidé de continuer la guerre si Tauris n'était pas restitué. Le Sultan a envoyé des émissaires pour évaluer la situation des armées et les intentions d'Achmet Pacha, suspecté de trahison. Le 25 mars, une assemblée a demandé la ratification du traité de paix conclu par Achmet Pacha, mais le Sultan a préféré attendre le retour des émissaires. Le 1er mars, un grand conseil a discuté des affaires persanes. Les avis étaient partagés entre la nécessité de terminer la guerre et la volonté de conserver Tauris. Le Grand Vizir a convaincu le Sultan de ratifier le traité de paix, soulignant les ruines économiques et humaines causées par la guerre et l'honneur engagé par les pleins pouvoirs donnés à Achmet Pacha. Le texte mentionne également des troubles et des mécontentements dans l'armée perse et à Constantinople, ainsi qu'une conspiration contre le Grand Sultan, réprimée. Topal Osman Pacha, Grand Vizir, a été déposé le 12 mars et envoyé à Trebizonde. Ali-Pacha Tetferdar a été nommé Délegué pour exercer les fonctions de Grand Vizir en attendant un successeur. Le Marquis de Villeneuve, ambassadeur de France, a eu une audience avec le nouveau Grand Sultan le 3 octobre. Diverses décisions administratives ont été prises, comme la reconstruction des monastères à Galata et la déposition de Chahim Mehemet, ancien Capitain Pacha.
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2246
p. 1223-1224
RUSSIE.
Début :
La Czarine a abandonné à la Duchesse de Meckelbourg sa [...]
Mots clefs :
Russie, Tsarine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
A Czarine a abandonné à la Duchesse de
Meckelbourg sa sœur, la pension qui lui a été constituée sur le Duché de Curlande pour son
douaire et les autres droits qu'elle peut avoir sur
ce Duché.
S. M. Cz. a fait choisir dans ses Régimens.
d'Infanterie 30. Soldats des plus grands et des
mieux faits , pour envoyer au Roy de Prusse ,
qui les lui avoit demandés pour ses grands Gre nadiers.
Il a été résolu dans le dernier Conseil de
guerre , d'entretenir 4000. hommes dans les Provinces cedées par la Couronne de Suede , y
compris les Troupes qui sont en quartier dans la
Curlande , et qui resteront malgré les représen
rations du Roy et de la République de Pologne..
Le nouveau Serment qu'on fait prêter dans les
Provinces , par rapport aux dispositions secrettes.
de la Czarine , pour la succession au Trône , cause
bien des mécontentemens , et on a envoyé ordie aux Commandans et aux Gouverneurs de faire
arrêter tous ceux qui refuseront d'obéir, de quelque
rang et de quelque condition qu'ils puissent être..
On ne parle plus du Traité particulier de Com
merce qu'on disoit avoir été signé avec le Roy de Perse , mais on a sçû que ce Prince avoit faite
assurer tous les Marchands Moscovites qui sont
dans ses Etats , qu'il confirmeroit les Privileges.
que Roy son pere leur avoit accordez ; qu'om ne leveroit dorénavant sur leurs Marchandises
que les anciens droits d'Entrée et de sortie , et
qu'il avoit fait choix d'un des principaux Offi ciers de sa Cour, pour l'envoyer en Ambassade:
le.
I.. Vol Hy Come
1224 MERCURE DE FRANCE
complimenter la Czarine sur son avenement au Trône.
Les Ambassadeurs de la Chine qu'on attendoit
depuis long-temps , arriverent à Petersbourg le
5. de May. Le 7 ils y firent leur Entrée publique
et le 8. ils eurent leur premiere Audience publique de S. M. Cz.
A Czarine a abandonné à la Duchesse de
Meckelbourg sa sœur, la pension qui lui a été constituée sur le Duché de Curlande pour son
douaire et les autres droits qu'elle peut avoir sur
ce Duché.
S. M. Cz. a fait choisir dans ses Régimens.
d'Infanterie 30. Soldats des plus grands et des
mieux faits , pour envoyer au Roy de Prusse ,
qui les lui avoit demandés pour ses grands Gre nadiers.
Il a été résolu dans le dernier Conseil de
guerre , d'entretenir 4000. hommes dans les Provinces cedées par la Couronne de Suede , y
compris les Troupes qui sont en quartier dans la
Curlande , et qui resteront malgré les représen
rations du Roy et de la République de Pologne..
Le nouveau Serment qu'on fait prêter dans les
Provinces , par rapport aux dispositions secrettes.
de la Czarine , pour la succession au Trône , cause
bien des mécontentemens , et on a envoyé ordie aux Commandans et aux Gouverneurs de faire
arrêter tous ceux qui refuseront d'obéir, de quelque
rang et de quelque condition qu'ils puissent être..
On ne parle plus du Traité particulier de Com
merce qu'on disoit avoir été signé avec le Roy de Perse , mais on a sçû que ce Prince avoit faite
assurer tous les Marchands Moscovites qui sont
dans ses Etats , qu'il confirmeroit les Privileges.
que Roy son pere leur avoit accordez ; qu'om ne leveroit dorénavant sur leurs Marchandises
que les anciens droits d'Entrée et de sortie , et
qu'il avoit fait choix d'un des principaux Offi ciers de sa Cour, pour l'envoyer en Ambassade:
le.
I.. Vol Hy Come
1224 MERCURE DE FRANCE
complimenter la Czarine sur son avenement au Trône.
Les Ambassadeurs de la Chine qu'on attendoit
depuis long-temps , arriverent à Petersbourg le
5. de May. Le 7 ils y firent leur Entrée publique
et le 8. ils eurent leur premiere Audience publique de S. M. Cz.
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Résumé : RUSSIE.
Le texte relate plusieurs événements politiques en Russie. La Czarine a cédé à la Duchesse de Meckelbourg, sa sœur, la pension et les droits sur le Duché de Curlande. Le roi de Prusse a reçu 30 soldats russes pour ses grenadiers. Un conseil de guerre a décidé de maintenir 4 000 hommes dans les provinces cédées par la Couronne de Suède, malgré les objections du roi de Pologne. Un nouveau serment, lié aux dispositions secrètes de la Czarine pour la succession au trône, a provoqué des mécontentements et des arrestations. Un traité de commerce avec le roi de Perse n'est plus mentionné, mais ce dernier a assuré la protection des marchands russes et confirmé leurs privilèges. Un officier persan a été choisi pour une ambassade en Russie. Le roi de Volhy Come a envoyé des compliments à la Czarine pour son avènement. Les ambassadeurs de la Chine, attendus depuis longtemps, sont arrivés à Petersbourg le 5 mai et ont eu leur première audience publique avec la Czarine le 8 mai.
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2247
p. 1224
DE POLOGNE.
Début :
Les Lettres de Mittau portent que le bruit y couroit [...]
Mots clefs :
Pologne, Princesse grosse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE POLOGNE.
DE POLOGNE.
Es Lettres de Mittau portent que le bruit y
LEScouroit que la Princesse Epouse du Duc Fer- dinand de Curlande , étoit grosse , mais que le
Prince son Epoux ne l'avoit pas encore déclaré
publiquement..
Il y a eu une émotion populaire à Bichow , à
l'occasion d'une Eglise des Grecs , dont les Catholiques de cette Ville se sont emparez. Les deux
partis ayant pris les armes , il y a eu plusieurs .
personnes de tuées de part et d'autre..
Le Roy a fait dresser un compte exact de tou
tes les sommes qu'il a tirées des Etats d'Allemagne pour les besoins de ce Royaume , ce qui fait croire que S. M. s'est proposée d'en demander le
remboursement à la République..
OFF
Es Lettres de Mittau portent que le bruit y
LEScouroit que la Princesse Epouse du Duc Fer- dinand de Curlande , étoit grosse , mais que le
Prince son Epoux ne l'avoit pas encore déclaré
publiquement..
Il y a eu une émotion populaire à Bichow , à
l'occasion d'une Eglise des Grecs , dont les Catholiques de cette Ville se sont emparez. Les deux
partis ayant pris les armes , il y a eu plusieurs .
personnes de tuées de part et d'autre..
Le Roy a fait dresser un compte exact de tou
tes les sommes qu'il a tirées des Etats d'Allemagne pour les besoins de ce Royaume , ce qui fait croire que S. M. s'est proposée d'en demander le
remboursement à la République..
OFF
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Résumé : DE POLOGNE.
En Pologne, des rumeurs évoquent la grossesse de la Princesse de Curlande. À Bichow, des violences ont éclaté entre catholiques et grecs orthodoxes pour une église, causant plusieurs morts. Le Roi a dressé un inventaire des sommes levées en Allemagne pour le Royaume, envisageant un remboursement par la République.
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2248
p. 1224-1226
ALLEMAGNE.
Début :
On assure que les Concurrens pour l'Evêché et Electorat [...]
Mots clefs :
Allemagne, Mayence, Empereur, Impératrice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
Nassure que les Concurrens l'Evêché pour et Electorat de Mayence sont , l'Electeur de
Treves , l'Evêque de Wurtzbourg et de Bamberg
son neveu , et le Comte de Brettenach , Chanoine de Mayence, Cette Election est fixée au 9. du mois de Juin.
On écrit de Belgrade , que M. de la Torre ,
Evêque de cette Ville , avoit pris possession le- I. Vol. premier
JUIN. 7732 1225
premier May de cet Evêché nouvellement érigé: qu'il avoit celebré la Messe dans la nouvelle
Eglise Cathédrale , et que sa reception s'étoit faite au bruit d'une salve generale de l'Artillerie et
d'une décharge de la Mousqueterie des Régimens
de Marulli et de Ligneville.
Le Duc de Lorraine , qui prêta Serment le 22 .
de May, entre les mains de l'Empereur , en qualité de Viceroy d'Hongrie et des autres Provinces qui en relevent, ayant pris congé de L.M.Imp.
partit le 28. au matin pour aller faire sa priere à
l'Eglise de Marienzell en Stirie , d'où il se rendra
au neuf Schomborn , Terre qui appartient à l'Evêque de Ramberg er de Wurtzbourg ; et après
y avoir passé quelques jours , il ira a Presbourg
prendre possession de sa Viceroyauté.
Le Comte de Corsinski , Chambellan de l'Empereur et Premier Conseiller de la Cour de Bo--
heme , a été nommé pour assister en qualité de Commissaire de l'Empereur à l'Election de l'Evêque de Breslaw , qui doit se faire le 14. de
Juin. Celle de l'Evêque de Worms est fixée au 18. du même mois.
L'Imperatrice Amélie ayant prié l'Empereurde la dispenser d'accepter la Régence de la Ville
de Vienne , que S. M. Im. lui avoit offerte pen dant son absence , l'Empereur l'a donnée à l'Archiduchesse Marie-Magdeleine sa sœur , et il a
nommé le Cardinal Archevêque de Vienne et le
Comte de Kevenbuller , pour l'aider de leurs conseils.
*
On mande de Dusseldorp , que tous les Com
mandeurs qui ont voix déliberative dans le Chapitre de l'Ordre Teutonique , avoient été invitez
à se rendre incessamment à Mergeinthem pours assister à l'Election d'un Grand-Maître de cer
1 Vol Hv Ordre
1226 MERCURE DE FRANCE
Ordre, et que les Maisons de Baviere et Palatine
agissoient de concert pour faire élire le Prince Théodore de Baviere.
L'Empereur et l'Imperatrice partirent le 274 May, vers les 5. heures du matin du Château de
Laxembourg , pour se rendre aux Bains de Carelsbadt : L. M. Imp. dînerent à Hollabrun , et coucherent à Pulcaw : le 28. elles dînèrent à
Frotting et coucherent à Zlabrig , le 29 elles coucherent à Tabor , et arriverent le 30. à Prague , où elles ont passé trois jours ; ensuite elles:
ont continué leur voyage pour Carelsbadt , où,
après avoir séjourné 15. jours , elles reviendront
à Prague , d'où l'on croit qu'elles se rendront à
Lintz, pour y recevoir l'hommage de l'Archidu ché d'Autriche.
Un Courier arrivé de Gennes , a apporté à
Vienne la nouvelle de l'entiere réduction des Rebelles de l'Ile de Corse.
Les dernieres Lettres reçûës de Constantinople,
portent que M. Dahlman , Résident de l'Empe
reur , y avoir eu une Audience du Tetferdar , qui exerce la Charge de G. V. jusqu'à l'arrivée du
Pacha de Babylone , que ce Premier Ministre l'avoit assuré que Sa Hautesse persistoit toûjours dans la résolution de vivre en bonne intelligence
avec S. M. Im. et qu'elle avoit donné ordre à un
de ses Ecuyers de faire conduire à Vienne les qua
tre plus beaux Chevaux de son Ecurie , pour en
faire présent à l'Empereur. On a appris depuis,
qu'en vertu des ordres du G. S. le Gouverneur de
Nizza avoit fait couper la tête au Consul Turc
parti de Vienne depuis quelques mois,
Nassure que les Concurrens l'Evêché pour et Electorat de Mayence sont , l'Electeur de
Treves , l'Evêque de Wurtzbourg et de Bamberg
son neveu , et le Comte de Brettenach , Chanoine de Mayence, Cette Election est fixée au 9. du mois de Juin.
On écrit de Belgrade , que M. de la Torre ,
Evêque de cette Ville , avoit pris possession le- I. Vol. premier
JUIN. 7732 1225
premier May de cet Evêché nouvellement érigé: qu'il avoit celebré la Messe dans la nouvelle
Eglise Cathédrale , et que sa reception s'étoit faite au bruit d'une salve generale de l'Artillerie et
d'une décharge de la Mousqueterie des Régimens
de Marulli et de Ligneville.
Le Duc de Lorraine , qui prêta Serment le 22 .
de May, entre les mains de l'Empereur , en qualité de Viceroy d'Hongrie et des autres Provinces qui en relevent, ayant pris congé de L.M.Imp.
partit le 28. au matin pour aller faire sa priere à
l'Eglise de Marienzell en Stirie , d'où il se rendra
au neuf Schomborn , Terre qui appartient à l'Evêque de Ramberg er de Wurtzbourg ; et après
y avoir passé quelques jours , il ira a Presbourg
prendre possession de sa Viceroyauté.
Le Comte de Corsinski , Chambellan de l'Empereur et Premier Conseiller de la Cour de Bo--
heme , a été nommé pour assister en qualité de Commissaire de l'Empereur à l'Election de l'Evêque de Breslaw , qui doit se faire le 14. de
Juin. Celle de l'Evêque de Worms est fixée au 18. du même mois.
L'Imperatrice Amélie ayant prié l'Empereurde la dispenser d'accepter la Régence de la Ville
de Vienne , que S. M. Im. lui avoit offerte pen dant son absence , l'Empereur l'a donnée à l'Archiduchesse Marie-Magdeleine sa sœur , et il a
nommé le Cardinal Archevêque de Vienne et le
Comte de Kevenbuller , pour l'aider de leurs conseils.
*
On mande de Dusseldorp , que tous les Com
mandeurs qui ont voix déliberative dans le Chapitre de l'Ordre Teutonique , avoient été invitez
à se rendre incessamment à Mergeinthem pours assister à l'Election d'un Grand-Maître de cer
1 Vol Hv Ordre
1226 MERCURE DE FRANCE
Ordre, et que les Maisons de Baviere et Palatine
agissoient de concert pour faire élire le Prince Théodore de Baviere.
L'Empereur et l'Imperatrice partirent le 274 May, vers les 5. heures du matin du Château de
Laxembourg , pour se rendre aux Bains de Carelsbadt : L. M. Imp. dînerent à Hollabrun , et coucherent à Pulcaw : le 28. elles dînèrent à
Frotting et coucherent à Zlabrig , le 29 elles coucherent à Tabor , et arriverent le 30. à Prague , où elles ont passé trois jours ; ensuite elles:
ont continué leur voyage pour Carelsbadt , où,
après avoir séjourné 15. jours , elles reviendront
à Prague , d'où l'on croit qu'elles se rendront à
Lintz, pour y recevoir l'hommage de l'Archidu ché d'Autriche.
Un Courier arrivé de Gennes , a apporté à
Vienne la nouvelle de l'entiere réduction des Rebelles de l'Ile de Corse.
Les dernieres Lettres reçûës de Constantinople,
portent que M. Dahlman , Résident de l'Empe
reur , y avoir eu une Audience du Tetferdar , qui exerce la Charge de G. V. jusqu'à l'arrivée du
Pacha de Babylone , que ce Premier Ministre l'avoit assuré que Sa Hautesse persistoit toûjours dans la résolution de vivre en bonne intelligence
avec S. M. Im. et qu'elle avoit donné ordre à un
de ses Ecuyers de faire conduire à Vienne les qua
tre plus beaux Chevaux de son Ecurie , pour en
faire présent à l'Empereur. On a appris depuis,
qu'en vertu des ordres du G. S. le Gouverneur de
Nizza avoit fait couper la tête au Consul Turc
parti de Vienne depuis quelques mois,
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le texte relate divers événements politiques et religieux en Allemagne et dans les territoires voisins. À Mayence, l'élection de l'Évêque et Électeur est prévue pour le 9 juin, avec plusieurs concurrents, dont l'Électeur de Trèves et les évêques de Wurtzbourg et de Bamberg. À Belgrade, M. de la Torre a pris possession de l'Évêché le 1er mai. Le Duc de Lorraine, après avoir prêté serment comme Viceroy d'Hongrie le 22 mai, se rendra à Presbourg pour prendre possession de sa viceroyauté. Le Comte de Corsinski est nommé commissaire impérial pour l'élection de l'Évêque de Breslau le 14 juin, et celle de l'Évêque de Worms est fixée au 18 juin. L'Imperatrice Amélie a décliné la Régence de Vienne, attribuée à l'Archiduchesse Marie-Magdeleine. L'Empereur et l'Imperatrice ont quitté le Château de Luxembourg le 27 mai pour se rendre aux Bains de Carlsbad, passant par Prague. Des nouvelles de Gênes signalent la réduction des rebelles en Corse. À Constantinople, M. Dahlman a reçu l'assurance de bonne intelligence avec l'Empereur. Le Gouverneur de Nice a exécuté le Consul Turc parti de Vienne.
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2249
p. 1227-1230
ITALIE.
Début :
Sur la fin du mois dernier, un Notaire Apostolique alla [...]
Mots clefs :
Italie, Rebelles, Cardinal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
noUr la fin du mois dernier ,un Notaire AposStolique tolique alla au Convent de sainte Praxede , notifier au Cardinal Coscia , avec les formalitez or
dinaires , un Decret du Pape , par lequel il lui est .
deffendu de sortir de son Appartement jusqu'à ce
que son affaire soit entierement terminée. Malgré,
ces formalitez il reçoit les visites de plusieurs
personnes de consideration , et quelques Cardinaux l'ont vû même incognito.
Le Prince Jacques Sobieski , pere de la Princes ,
se, Epouse du Chevalier de S. George , a fait remettre au Mont de Pieté , des Joyaux de prix.
sur lesquels il a emprunté cent mille écus qui lui.
étoient necessaires pour rentrer dans quelquesunes de ses Terres en Pologne.
Le Pape a approuvé avec beaucoup de plaisir la proposition que lui a faite la Princesse Clementine Sobieska , de faire venir de Paris six Religieuses Ursulines , pour rétablir leur Regle dans les
Communautez Religieuses du même Ordre qui
sont à Rome.
!
7 .
Dans le Consistoire secret que le Pape tint le Avril , Le Cardinal Otthoboni proposa l'Evêché de Noyon pour l'Abbé de S. Simon , après
quoi il préconisa l'Evêque d'Arras pour l'Abbaye de S. Vincent de Laon..
Le bruit court que le Cardinal Coscia paroîtra
dans peu en habit court et sans cortege devant la .
Congregation de Nonnullis pour y etre interrogé,
et que quelques jours après son affaire sera terminée.
Le Pape a résolu d'employer à l'ornement de la:
Chapelle de sa Famille qu'il fait rebâtir dans l'EI. Vol.
glise
1228 MERCURE DE FRANCE
glise de S. Jean de Latran , les belles Colomnes de
Marbre antique qu'on conservoit au Capitole, et
l'Urne de Porphire de l'Eglise de la Rotonde , qui
servoit a l'ancien Temple du Pantheon .
Le 17. du mois dernier le Capitaine Angelotti ,
Fermier du Tabac , fit present au Pape d'un Es--
turgeon que S. S. envoia sur le champ au Duc
de S. Aignan , Ambassadeur du Roy très Chré- tien.
Le même Duc de S. Aignan a deffendu depuis
peu aux Ecclesiastiques qui desservent l'Eglise de S. Louis des François, d'y donner azile à qui que ce soit pour des crimes capitaux .
On écrit de Florence que le 25. Avril au soir ,
le Cardinal de Polignac alla à l'Audience de l'Infant Don Carlos , chez lequel il fut reçû dans
l'Antichambre par le Marquis de Villafuerte.
S. A. R. le traita avec toutes les marques de distinction imaginables, et le soir il lui envoya 50.-
Bassins de rafraîchissemens.
Le 26. Son Eminence alla au Palais du Grand
Duc ; il fut reçû à la Porte par le Chevalier Billotti , dans l'Antichambre , par le Comte Pesenti ,
les Gardes étant en haye et sous les Armes. Le
Grand Duc, après s'être entretenu avec lui pen--
dant plus d'une demie heure , le fit reconduire
dans ses Carosses au Palais de l'Envoyé de France , où on lui présenta de la part de ce Prince '
19. Corbeilles de rafraîchissemens.
Le 275 ce Cardinal visita l'Electrice Douairiere Palatine.
On a appris depuis peu que ce Cárdinal étoit
parti de Florence , et qu'il étoit arrivé à Bologne,
où il avoit été traité magnifiquement par le Cardi nal Grimaldi , Légat de cette Ville , et que S. E. atriva le 19. May à Venise , où il avoit pris son Vol logement
JUIN. 17227 1229
logement dans le Palais de l'Ambassadeur der France.
Les Lettres de Florence ajoûtent que le Corps
de S. Zenobe y avoit été exposé pendant trois
jours à la veneration des Fidelles , à l'occasion dela maladie qui regnoit parmi les Bestiaux , et qui
diminue. considerablement depuis qu'il a tombé
de la pluye. Les Sauterelles font actuellement.
de grands ravages dans les Plaines de Pise. L'Ar
chevêque de cette Ville a ordonné des Prieres pu
bliques à ce sujet.
Le 21. May, il y eut à Livourne une Tempête
terrible , qui endommagea plusieurs Vaisseaux ,
et on ressentit l'après- midi six secousses de
Tremblement de terre , qui obligerent les habicans de se retirer à la campagne ; elles ne cause--
rent pas beaucoup de dommage.
On mande de Gennes , que les Rebelles avoient enfin déterminé leurs Chefs à se soumettre à la
République de Gennes ; qu'ils avoient donné des
ôtages,et qu'on étoit convenu de s'assembler dans
la Ville de Corte , Place située sur une Montagne
au milieu de l'Isle , près de la Riviere de Golo.
Les dernieres nouvelles reçues confirment les
premiers avis qu'on avoit eus de la résolution
prise par la plus grande partie des Rebelles, de se
soumettre à la République. M. de Rivarole qui a
été envoyé dans cette Isie en qualité de Com- missaire General , Y étant arrivé le 10. de May ,
et s'étant trouvé incommodé , le Prince Louis
de Wirtemberg alla le voir , et il eut avec lui
une longue Conference sur les moyens de réduire
les Rebelles , qui préviennent actuellement par:
leur soumission, ce qu'on pouvoit faire contre.
cux. Leurs Chefs Ciaccaldi , Çiafferi et Raffalli ,
sont venus se rendre ôtages pour tous ceux qui I. Vola par
T230 MERCURE DE FRANCE
par leurs conseils avoient pris les armes , e
M. de Rivarole les a envoyez dans un Château
où ils font gardez. Cette démarche des Chefs des Rebelles a été suivie d'un grand empressement
de la part des Peuples qui habitent en deçà des
Montagnes , à quitter les armes pour mériter leur
pardon , et il y a lieu de croire que tous les Re- belles qui sont au- delà des Montagnes , pren
dront bientôt le même parti. Le Prince de Culm- bach marche avec trois Bataillons et 200. Hussarts pour s'avancer de ce côté-là , et se joindre
aux Troupes de la République , commandées.
par le Colonel Vela , lequel depuis qu'il a défait
un Corps de Rebelles près de Calcatoggio , en
voit arriver à son Camp un grand nombre qui viennent. implorer la clémence de la République.
On a appris aussi que le Prince de Wirtemberg
étant persuadé que tous les Rebelles rentreront incessamment dans leur devoir , se disposoit à
s'embarquer vers le 15..de Juin pour retourner à
Gennes avec toutes les Troupes Imperiales qu'il commande.
On écrit de Naples , que l'un des Tigres que
L'Envoyé de Tunis conduisoit à Vienne pour
la Menagerie de l'Empereur , a rompu sa chaîne
et s'est échapé : on a appris depuis qu'il faisoit
beaucoup de ravage du côté du Milanez.
noUr la fin du mois dernier ,un Notaire AposStolique tolique alla au Convent de sainte Praxede , notifier au Cardinal Coscia , avec les formalitez or
dinaires , un Decret du Pape , par lequel il lui est .
deffendu de sortir de son Appartement jusqu'à ce
que son affaire soit entierement terminée. Malgré,
ces formalitez il reçoit les visites de plusieurs
personnes de consideration , et quelques Cardinaux l'ont vû même incognito.
Le Prince Jacques Sobieski , pere de la Princes ,
se, Epouse du Chevalier de S. George , a fait remettre au Mont de Pieté , des Joyaux de prix.
sur lesquels il a emprunté cent mille écus qui lui.
étoient necessaires pour rentrer dans quelquesunes de ses Terres en Pologne.
Le Pape a approuvé avec beaucoup de plaisir la proposition que lui a faite la Princesse Clementine Sobieska , de faire venir de Paris six Religieuses Ursulines , pour rétablir leur Regle dans les
Communautez Religieuses du même Ordre qui
sont à Rome.
!
7 .
Dans le Consistoire secret que le Pape tint le Avril , Le Cardinal Otthoboni proposa l'Evêché de Noyon pour l'Abbé de S. Simon , après
quoi il préconisa l'Evêque d'Arras pour l'Abbaye de S. Vincent de Laon..
Le bruit court que le Cardinal Coscia paroîtra
dans peu en habit court et sans cortege devant la .
Congregation de Nonnullis pour y etre interrogé,
et que quelques jours après son affaire sera terminée.
Le Pape a résolu d'employer à l'ornement de la:
Chapelle de sa Famille qu'il fait rebâtir dans l'EI. Vol.
glise
1228 MERCURE DE FRANCE
glise de S. Jean de Latran , les belles Colomnes de
Marbre antique qu'on conservoit au Capitole, et
l'Urne de Porphire de l'Eglise de la Rotonde , qui
servoit a l'ancien Temple du Pantheon .
Le 17. du mois dernier le Capitaine Angelotti ,
Fermier du Tabac , fit present au Pape d'un Es--
turgeon que S. S. envoia sur le champ au Duc
de S. Aignan , Ambassadeur du Roy très Chré- tien.
Le même Duc de S. Aignan a deffendu depuis
peu aux Ecclesiastiques qui desservent l'Eglise de S. Louis des François, d'y donner azile à qui que ce soit pour des crimes capitaux .
On écrit de Florence que le 25. Avril au soir ,
le Cardinal de Polignac alla à l'Audience de l'Infant Don Carlos , chez lequel il fut reçû dans
l'Antichambre par le Marquis de Villafuerte.
S. A. R. le traita avec toutes les marques de distinction imaginables, et le soir il lui envoya 50.-
Bassins de rafraîchissemens.
Le 26. Son Eminence alla au Palais du Grand
Duc ; il fut reçû à la Porte par le Chevalier Billotti , dans l'Antichambre , par le Comte Pesenti ,
les Gardes étant en haye et sous les Armes. Le
Grand Duc, après s'être entretenu avec lui pen--
dant plus d'une demie heure , le fit reconduire
dans ses Carosses au Palais de l'Envoyé de France , où on lui présenta de la part de ce Prince '
19. Corbeilles de rafraîchissemens.
Le 275 ce Cardinal visita l'Electrice Douairiere Palatine.
On a appris depuis peu que ce Cárdinal étoit
parti de Florence , et qu'il étoit arrivé à Bologne,
où il avoit été traité magnifiquement par le Cardi nal Grimaldi , Légat de cette Ville , et que S. E. atriva le 19. May à Venise , où il avoit pris son Vol logement
JUIN. 17227 1229
logement dans le Palais de l'Ambassadeur der France.
Les Lettres de Florence ajoûtent que le Corps
de S. Zenobe y avoit été exposé pendant trois
jours à la veneration des Fidelles , à l'occasion dela maladie qui regnoit parmi les Bestiaux , et qui
diminue. considerablement depuis qu'il a tombé
de la pluye. Les Sauterelles font actuellement.
de grands ravages dans les Plaines de Pise. L'Ar
chevêque de cette Ville a ordonné des Prieres pu
bliques à ce sujet.
Le 21. May, il y eut à Livourne une Tempête
terrible , qui endommagea plusieurs Vaisseaux ,
et on ressentit l'après- midi six secousses de
Tremblement de terre , qui obligerent les habicans de se retirer à la campagne ; elles ne cause--
rent pas beaucoup de dommage.
On mande de Gennes , que les Rebelles avoient enfin déterminé leurs Chefs à se soumettre à la
République de Gennes ; qu'ils avoient donné des
ôtages,et qu'on étoit convenu de s'assembler dans
la Ville de Corte , Place située sur une Montagne
au milieu de l'Isle , près de la Riviere de Golo.
Les dernieres nouvelles reçues confirment les
premiers avis qu'on avoit eus de la résolution
prise par la plus grande partie des Rebelles, de se
soumettre à la République. M. de Rivarole qui a
été envoyé dans cette Isie en qualité de Com- missaire General , Y étant arrivé le 10. de May ,
et s'étant trouvé incommodé , le Prince Louis
de Wirtemberg alla le voir , et il eut avec lui
une longue Conference sur les moyens de réduire
les Rebelles , qui préviennent actuellement par:
leur soumission, ce qu'on pouvoit faire contre.
cux. Leurs Chefs Ciaccaldi , Çiafferi et Raffalli ,
sont venus se rendre ôtages pour tous ceux qui I. Vola par
T230 MERCURE DE FRANCE
par leurs conseils avoient pris les armes , e
M. de Rivarole les a envoyez dans un Château
où ils font gardez. Cette démarche des Chefs des Rebelles a été suivie d'un grand empressement
de la part des Peuples qui habitent en deçà des
Montagnes , à quitter les armes pour mériter leur
pardon , et il y a lieu de croire que tous les Re- belles qui sont au- delà des Montagnes , pren
dront bientôt le même parti. Le Prince de Culm- bach marche avec trois Bataillons et 200. Hussarts pour s'avancer de ce côté-là , et se joindre
aux Troupes de la République , commandées.
par le Colonel Vela , lequel depuis qu'il a défait
un Corps de Rebelles près de Calcatoggio , en
voit arriver à son Camp un grand nombre qui viennent. implorer la clémence de la République.
On a appris aussi que le Prince de Wirtemberg
étant persuadé que tous les Rebelles rentreront incessamment dans leur devoir , se disposoit à
s'embarquer vers le 15..de Juin pour retourner à
Gennes avec toutes les Troupes Imperiales qu'il commande.
On écrit de Naples , que l'un des Tigres que
L'Envoyé de Tunis conduisoit à Vienne pour
la Menagerie de l'Empereur , a rompu sa chaîne
et s'est échapé : on a appris depuis qu'il faisoit
beaucoup de ravage du côté du Milanez.
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Résumé : ITALIE.
En début d'année 1722, plusieurs événements marquants se sont produits en Italie et dans les régions voisines. À Rome, le Cardinal Coscia est confiné dans son appartement par décret papal, mais continue de recevoir des visites influentes. Le Prince Jacques Sobieski a emprunté de l'argent en mettant en gage des joyaux pour récupérer ses terres en Pologne. Le Pape a approuvé l'arrivée de religieuses ursulines de Paris afin de restaurer leur règle à Rome. Lors d'un consistoire secret, le Cardinal Otthoboni a proposé des nominations ecclésiastiques, et le Cardinal Coscia doit bientôt comparaître devant la Congrégation de Nonnullis pour être interrogé. Le Pape prévoit d'utiliser des colonnes de marbre antique et une urne de porphyre pour orner la chapelle de sa famille dans l'église de Saint-Jean-de-Latran. Le Duc de Saint-Aignan, ambassadeur du roi de France, a reçu un esturgeon du Pape et a interdit aux ecclésiastiques de l'église Saint-Louis-des-Français de donner asile à des criminels. À Florence, le Cardinal de Polignac a été reçu par l'Infant Don Carlos et le Grand-Duc, qui l'ont honoré de diverses marques de distinction. Le Cardinal s'est ensuite rendu à Bologne et Venise. À Florence, le corps de Saint-Zénobe a été exposé pour prier contre une maladie affectant le bétail, et des prières publiques ont été ordonnées à Pise pour contrer les ravages des sauterelles. À Livourne, une tempête et des tremblements de terre ont causé des dommages. En Corse, les rebelles se sont soumis à la République de Gênes, et leurs chefs ont été emprisonnés. Le Prince de Wurtemberg et le Prince de Culmbach dirigent les troupes pour maintenir l'ordre. À Naples, un tigre s'est échappé de sa chaîne, causant des ravages près de Milan.
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2250
p. 1230-1232
D'ESPAGNE.
Début :
La plus grande partie des Troupes qui doivent être embarquées [...]
Mots clefs :
Espagne, Ligne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : D'ESPAGNE.
DE SPAGNE,
Lêtre embarquées sur la Flote du Ray,est ar- A plus grande partie des Troupes qui doivent
rivée à Alicante, ainsi que l'Artillerie qu'on avoit
embarquée à Barcelone ; mais on doute que l'embarquement general puisse se faire au commencement de ce mois , comme la Cour Pavoit réI. Vol solu...
JUIN. 1732. 123.1
solu, parce qu'on n'a pas encore assez rassemblé
de Bâtimens de transport , quoiqu'on ait arrêté
tous les Navires étrangers qui étoient dans le
Port. On croit que tout cet armement est destiné
à faire le Siege d'Oran.
D'autres Lettres d'Alicante portent qu'ony avoit
commencé à embarquer so. Pieces de gros Canon et 30. Mortiers , qu'il y étoit arrivé de Cadix 44. Bâtimens de transport ; qu'il y en avoit
près de 150. dans les autres Ports , et que ce
nombre n'étant pas suffisant , on y avoit envoyé
ordre d'arrêter tous les Vaisseaux étrangers , et
même ceux qui étaient chargez.
Le bruit court qu'on va fortifier par de nouveaux Ouvrages la Ligne que le Roy a fait faire
en-deçà de Gibraltar , pour empêcher la contrebande des Marchandises. d'Angleterre dans l'interieur du Royaume , et qu'on va élever à l'une
des extrémitez de cette Ligne un nouveau Mole
qui s'étendra jusques dans la Baye , et dont l'Artillerie pourra incommoder les murailles de la
Ville , en cas de guerre.
Le Roya chargé son nouvel Agent à Londres,
de demander à la Compagnie de la Mer du Sud,
un compte general du droit particulier que S. M.
s'est réservé par le Traité de l'Assicute , sur les
profits que cette Compagnie peut faire par som
commerce dans les Ports Espagnols de l'Amerique.
,
Le 18. Avril , un Pinque venant de Livourne ,
arriva à Barcelonne ; il fut attaqué le 16. au matin , entre les Côtes de France et d'Espagne par
un Vaisseau Corsaire de 16 Pieces de Canon ,
de dix Pierriers et de 110. hommes d'équipage
parmi lesquels il y avoit trois ou quatre Renegats. Les deux Bâtimens ayant commencé à se
I. Vol. Canonner,
1232 MERCURE DE FRANCE
-
canonner , M. Ant. Ferrer, Capitaine du Pinque,
apperçut environ à deux lieues en Mer la Capi
tane des quatre Galeres du Roy, qui revenoit desMers d'Italie , laquelle étoit commandée par le
Lieutenant General Don Michel Reggio. Ce General , de son côté, ayant reconnu que le Corsaire donnoit la chasse au Pinque Espagnol , fit
force de Voiles et de Rames pour le secourir , er
Payant joint en moins d'une demie heure , il fir
une décharge de toute son Artillerie sur le Vaisseau Corsaire , dont le Capitaine fut tué avec sixhommes de l'Equipage : le Lieutenant s'étant sauvé dans la Chaloupe avec 20. Soldats , le Vaisseau se rendit. On y trouva 87. Maures , parmi
Jesquels il y en avoit 22. de blessez , et 14. Es--
claves Chrétiens ; sçavoir 8. du Royaume de Va
lence , et 6. de Catalogue , qui furent mis en li berté
Lêtre embarquées sur la Flote du Ray,est ar- A plus grande partie des Troupes qui doivent
rivée à Alicante, ainsi que l'Artillerie qu'on avoit
embarquée à Barcelone ; mais on doute que l'embarquement general puisse se faire au commencement de ce mois , comme la Cour Pavoit réI. Vol solu...
JUIN. 1732. 123.1
solu, parce qu'on n'a pas encore assez rassemblé
de Bâtimens de transport , quoiqu'on ait arrêté
tous les Navires étrangers qui étoient dans le
Port. On croit que tout cet armement est destiné
à faire le Siege d'Oran.
D'autres Lettres d'Alicante portent qu'ony avoit
commencé à embarquer so. Pieces de gros Canon et 30. Mortiers , qu'il y étoit arrivé de Cadix 44. Bâtimens de transport ; qu'il y en avoit
près de 150. dans les autres Ports , et que ce
nombre n'étant pas suffisant , on y avoit envoyé
ordre d'arrêter tous les Vaisseaux étrangers , et
même ceux qui étaient chargez.
Le bruit court qu'on va fortifier par de nouveaux Ouvrages la Ligne que le Roy a fait faire
en-deçà de Gibraltar , pour empêcher la contrebande des Marchandises. d'Angleterre dans l'interieur du Royaume , et qu'on va élever à l'une
des extrémitez de cette Ligne un nouveau Mole
qui s'étendra jusques dans la Baye , et dont l'Artillerie pourra incommoder les murailles de la
Ville , en cas de guerre.
Le Roya chargé son nouvel Agent à Londres,
de demander à la Compagnie de la Mer du Sud,
un compte general du droit particulier que S. M.
s'est réservé par le Traité de l'Assicute , sur les
profits que cette Compagnie peut faire par som
commerce dans les Ports Espagnols de l'Amerique.
,
Le 18. Avril , un Pinque venant de Livourne ,
arriva à Barcelonne ; il fut attaqué le 16. au matin , entre les Côtes de France et d'Espagne par
un Vaisseau Corsaire de 16 Pieces de Canon ,
de dix Pierriers et de 110. hommes d'équipage
parmi lesquels il y avoit trois ou quatre Renegats. Les deux Bâtimens ayant commencé à se
I. Vol. Canonner,
1232 MERCURE DE FRANCE
-
canonner , M. Ant. Ferrer, Capitaine du Pinque,
apperçut environ à deux lieues en Mer la Capi
tane des quatre Galeres du Roy, qui revenoit desMers d'Italie , laquelle étoit commandée par le
Lieutenant General Don Michel Reggio. Ce General , de son côté, ayant reconnu que le Corsaire donnoit la chasse au Pinque Espagnol , fit
force de Voiles et de Rames pour le secourir , er
Payant joint en moins d'une demie heure , il fir
une décharge de toute son Artillerie sur le Vaisseau Corsaire , dont le Capitaine fut tué avec sixhommes de l'Equipage : le Lieutenant s'étant sauvé dans la Chaloupe avec 20. Soldats , le Vaisseau se rendit. On y trouva 87. Maures , parmi
Jesquels il y en avoit 22. de blessez , et 14. Es--
claves Chrétiens ; sçavoir 8. du Royaume de Va
lence , et 6. de Catalogue , qui furent mis en li berté
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Résumé : D'ESPAGNE.
En juin 1732, des troupes et de l'artillerie destinées à la flotte du Ray sont arrivées à Alicante, mais l'embarquement est retardé par le manque de bâtiments de transport, malgré l'arrêt des navires étrangers. Cet armement vise probablement le siège d'Oran. Des lettres d'Alicante signalent l'embarquement de pièces d'artillerie et de mortiers, ainsi que l'arrivée de bâtiments de transport de Cadix et d'autres ports. Des ordres ont été donnés pour arrêter tous les vaisseaux étrangers, même ceux chargés. Des rumeurs mentionnent la fortification de la ligne défensive près de Gibraltar pour empêcher la contrebande de marchandises anglaises. Un nouveau môle pourrait être construit pour protéger la baie et incommoder les murailles de la ville en cas de guerre. Le roi d'Espagne a chargé son nouvel agent à Londres de demander à la Compagnie de la Mer du Sud un compte général des droits réservés par le traité de l'Asiento sur les profits réalisés dans les ports espagnols d'Amérique. Le 18 avril, un pinque venant de Livourne a été attaqué par un vaisseau corsaire entre les côtes de France et d'Espagne. La capitane des galères royales, commandée par le lieutenant général Don Michel Reggio, a capturé le vaisseau corsaire. À bord, on a trouvé des Maures et des esclaves chrétiens, qui ont été libérés.
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