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1851
p. 818-819
ESPAGNE
Début :
Le 5. Mars, l'Infant Don Louis & les Infantes Dona Marie-Therese & Dona Marie-Antoinette [...]
Mots clefs :
Roi et reine d'Espagne
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE
ESPAGNE
E 5.Mars , l'Infant Don Louis & les Infantes
nette Ferdinande , partirent de Seville pour fe
rendre à Marchena , où ils arriverent le lendemain
à l'entrée de la nuit. Le 6. L. M. accompagnées
du Prince & de la Princeffe des Afturies
de l'Infant Don Carlos & de l'Infant Don Philippe
, partirent auffi de Seville pour la même
Ville , où elles arriverent vers les neuf heures du
foir . Elles y furent reçûës fous un Arc de Triom
phe , par les Magiftrats à la tête des principaux
de la Ville , qui haranguerent L. M. Toutes les
rues de leur paffage & la Place étoient illuminées
& tapiffées.
Le 13. vers les 2. heures après midi , le Roi
& la Reine avec la Famille Royale , partirent de
Marchena pour aller coucher à Offonne ; le 14.
L. M. coucherent à Roa , & le 15. à Antiquera
où elles réfterent jufqu'au 20. qu'elles en partirent
pour aller coucher à Loza , où elles féjournerent
le 21. Elles en partirent le 22 . pour aller
Santa - Fé , & le rendirent le lendemain à Grenade
,
AVRIL. 819
1730.
hade , qui n'en eft éloigné que de deux lieuës , &
arriverent vérs les fix heures du foir.
Toutes les rues & les Places de cette Ville de→
puis la pointe de la Riviere du Xenil jufqu'au
Palais des anciens Rois Maures , où la Cour eft
logée , étoient ornées de Tapifleries & de plufeurs
Arcs de Triomphe : le foir & les deux nuits
fuivantes , toutes les maifons de la Ville furent
illuminées. Le 24. au matin L. M. après avoir
vifité ce Palais , allerent fe promener dans les Jar--
dins ; l'après midi elles prirent le divertiffement
de la Chaffe dans la Prefqu'Ifle de Roma , où eft
fituée la Maifon de Plaifance des anciens Rois
Maures , qui eft à deux lieues de Grenade , &
P'un des plus beaux féjours de toute l'Espagne.
On a appris par les Lettres de la Vera- Cruz ,
qu'on y avoit publié un Decret de S. M. Cath.
par lequel il eft ordonné que dès cette année &
à l'avenir , la Foire des Marchandiſes d'Europe
fe tiendra dans le Village de Jalappa , qui eft à
20. lieues de la Vera-Cruz , & à 60. du Mexique;
que les Commiffaires des Vaiffeaux de la Flotille
ne pourront vendre les Marchandifes dont elle
fera chargée , ailleurs que dans cette Foire , &
que les Marchandifes qui y auront été venduës
ne pourront être tranfportées dans l'interieur du
Pays qu'après le départ de la Flotille pour fon
retour en Europe.
On a auffi appris de Lisbonne , que le Roi de
Portugal y avoit pris le deuil pour un mois , 2 .
cauſe de la mort du Pape.
E 5.Mars , l'Infant Don Louis & les Infantes
nette Ferdinande , partirent de Seville pour fe
rendre à Marchena , où ils arriverent le lendemain
à l'entrée de la nuit. Le 6. L. M. accompagnées
du Prince & de la Princeffe des Afturies
de l'Infant Don Carlos & de l'Infant Don Philippe
, partirent auffi de Seville pour la même
Ville , où elles arriverent vers les neuf heures du
foir . Elles y furent reçûës fous un Arc de Triom
phe , par les Magiftrats à la tête des principaux
de la Ville , qui haranguerent L. M. Toutes les
rues de leur paffage & la Place étoient illuminées
& tapiffées.
Le 13. vers les 2. heures après midi , le Roi
& la Reine avec la Famille Royale , partirent de
Marchena pour aller coucher à Offonne ; le 14.
L. M. coucherent à Roa , & le 15. à Antiquera
où elles réfterent jufqu'au 20. qu'elles en partirent
pour aller coucher à Loza , où elles féjournerent
le 21. Elles en partirent le 22 . pour aller
Santa - Fé , & le rendirent le lendemain à Grenade
,
AVRIL. 819
1730.
hade , qui n'en eft éloigné que de deux lieuës , &
arriverent vérs les fix heures du foir.
Toutes les rues & les Places de cette Ville de→
puis la pointe de la Riviere du Xenil jufqu'au
Palais des anciens Rois Maures , où la Cour eft
logée , étoient ornées de Tapifleries & de plufeurs
Arcs de Triomphe : le foir & les deux nuits
fuivantes , toutes les maifons de la Ville furent
illuminées. Le 24. au matin L. M. après avoir
vifité ce Palais , allerent fe promener dans les Jar--
dins ; l'après midi elles prirent le divertiffement
de la Chaffe dans la Prefqu'Ifle de Roma , où eft
fituée la Maifon de Plaifance des anciens Rois
Maures , qui eft à deux lieues de Grenade , &
P'un des plus beaux féjours de toute l'Espagne.
On a appris par les Lettres de la Vera- Cruz ,
qu'on y avoit publié un Decret de S. M. Cath.
par lequel il eft ordonné que dès cette année &
à l'avenir , la Foire des Marchandiſes d'Europe
fe tiendra dans le Village de Jalappa , qui eft à
20. lieues de la Vera-Cruz , & à 60. du Mexique;
que les Commiffaires des Vaiffeaux de la Flotille
ne pourront vendre les Marchandifes dont elle
fera chargée , ailleurs que dans cette Foire , &
que les Marchandifes qui y auront été venduës
ne pourront être tranfportées dans l'interieur du
Pays qu'après le départ de la Flotille pour fon
retour en Europe.
On a auffi appris de Lisbonne , que le Roi de
Portugal y avoit pris le deuil pour un mois , 2 .
cauſe de la mort du Pape.
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Résumé : ESPAGNE
Le 5 mars, l'Infant Don Louis et l'Infante Ferdinande quittèrent Séville pour Marchena. Le 6 mars, les souverains espagnols, accompagnés des Princes des Asturies, des Infants Don Carlos et Don Philippe, les rejoignirent à Marchena sous un arc de triomphe. Les rues et la place étaient illuminées et décorées. Le 13 mars, la famille royale partit pour Offonne, puis continua vers Roa le 14 mars et Antiquera le 15 mars, où ils restèrent jusqu'au 20 mars. Ils se rendirent ensuite à Loza le 21 mars, Santa Fé et enfin Grenade le 23 mars. À Grenade, les rues et places étaient ornées de tapisseries et d'arcs de triomphe, et les maisons furent illuminées pendant trois jours. Le 24 mars, les souverains visitèrent le palais des anciens Rois Maures et se promenèrent dans les jardins, puis chassèrent dans la presqu'île de Roma. Par ailleurs, un décret royal ordonna que la foire des marchandises d'Europe se tiendrait dorénavant à Jalappa. Enfin, le Roi de Portugal prit le deuil pendant un mois à la suite de la mort du Pape.
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1852
p. 819-821
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 9. du mois dernier, le Colonel Charles se presenta à la Cour de Old-Baily, pour répondre [...]
Mots clefs :
Roi d'Angleterre
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE .
E 9. du mois dernier , le Colonel Charles fe
prefenta à la Cour de Old- Baily , pour ré→
pondre à l'accufation de viol & de rapt , intenté
contre:
820 MERCURE DE FRANCE
contre lui la nommée Anne Blond , fa Do- par
meftique. Le fait ayant été prouvé par témoins ,
ce Colonel fut convaincu de crime capital, arrêté
par l'ordre des Juges & conduit dans la priſon de
Newgate. Comme il fera vrai-femblablement con
damné à mort dans la feffion prochaine de ce
Tribunal , tous fes biens , qui font très-confiderables,
étans dans le cas de confifcation , le Grand-
Baily de Weſtminſter alla le même jour au foir
à la maifon de ce Colonel pour faifir tous fes Effets,
mais fes Domeftiques ayant fait une vigoureufe
réfiftance , l'execution fut remife au lendemain
, qu'on enleva de chez lui une grande quantité
de Vaiffelle d'argent , de très -beaux Meubles,
un Caroffe , une Berline & vingt Chevaux. Le
même jour il fut défendu au Teneur de Livres dè
la Mer du Sud de faire aucun tranſport des Actions
appartenantes à ce Colonel , qui a été déjà
condamné en Ecoffe pour un pareil crime dont
il obtint fa grace.
Le 11. de Mars on convint dans la Chambre
des Communes , de dreffer un Bill pour déclarer
incapables d'avoir féance dans la Chambre & d'y
donner leurs voix, tous ceux qui ont des penfions
particulieres du Roi , ou des Charges auprès de
S. M.
On affure que le Vice- Amiral Cavendifch"
commandera l'Efcadre Angloife, que le Roi doit
joindre à celle que S. M. Cath. fait équiper pour
tranfporter les 6000. hommes de Troupes Efpagnoles
qu'il a deffein d'envoyer en Italic.
Le Frederick , Vaiffeau de la Compagnie des
Indes Orientales , eft arrivé à Plimouth , venant
de Moka & de Bombay , d'où il étoit parti le 27.
Juillet dernier. Sa principale Charge confifte en
Caffé , d'où il apporte 2905. Balles .
}
Le Roi a donné fon confentement Royal a
1'Acte
AVRIL . 1730. 821
1
P'Acte qui défend à fes Sujets de prêter aucune
fomme aux Puiffances Etrangeres fans la permiffron
expreffe de S. M.
Le 13. Avril , le Roi & la Reine allerent au
Theatre de Drury - Lane , voir la Comédie du
Moine Efpagnol . Quelques jours auparavant le
Prince de Galles & la Princeffe Royale , virent
fur le Théatre du Marché au Foin l'Opera de
Jules Cefar.
E 9. du mois dernier , le Colonel Charles fe
prefenta à la Cour de Old- Baily , pour ré→
pondre à l'accufation de viol & de rapt , intenté
contre:
820 MERCURE DE FRANCE
contre lui la nommée Anne Blond , fa Do- par
meftique. Le fait ayant été prouvé par témoins ,
ce Colonel fut convaincu de crime capital, arrêté
par l'ordre des Juges & conduit dans la priſon de
Newgate. Comme il fera vrai-femblablement con
damné à mort dans la feffion prochaine de ce
Tribunal , tous fes biens , qui font très-confiderables,
étans dans le cas de confifcation , le Grand-
Baily de Weſtminſter alla le même jour au foir
à la maifon de ce Colonel pour faifir tous fes Effets,
mais fes Domeftiques ayant fait une vigoureufe
réfiftance , l'execution fut remife au lendemain
, qu'on enleva de chez lui une grande quantité
de Vaiffelle d'argent , de très -beaux Meubles,
un Caroffe , une Berline & vingt Chevaux. Le
même jour il fut défendu au Teneur de Livres dè
la Mer du Sud de faire aucun tranſport des Actions
appartenantes à ce Colonel , qui a été déjà
condamné en Ecoffe pour un pareil crime dont
il obtint fa grace.
Le 11. de Mars on convint dans la Chambre
des Communes , de dreffer un Bill pour déclarer
incapables d'avoir féance dans la Chambre & d'y
donner leurs voix, tous ceux qui ont des penfions
particulieres du Roi , ou des Charges auprès de
S. M.
On affure que le Vice- Amiral Cavendifch"
commandera l'Efcadre Angloife, que le Roi doit
joindre à celle que S. M. Cath. fait équiper pour
tranfporter les 6000. hommes de Troupes Efpagnoles
qu'il a deffein d'envoyer en Italic.
Le Frederick , Vaiffeau de la Compagnie des
Indes Orientales , eft arrivé à Plimouth , venant
de Moka & de Bombay , d'où il étoit parti le 27.
Juillet dernier. Sa principale Charge confifte en
Caffé , d'où il apporte 2905. Balles .
}
Le Roi a donné fon confentement Royal a
1'Acte
AVRIL . 1730. 821
1
P'Acte qui défend à fes Sujets de prêter aucune
fomme aux Puiffances Etrangeres fans la permiffron
expreffe de S. M.
Le 13. Avril , le Roi & la Reine allerent au
Theatre de Drury - Lane , voir la Comédie du
Moine Efpagnol . Quelques jours auparavant le
Prince de Galles & la Princeffe Royale , virent
fur le Théatre du Marché au Foin l'Opera de
Jules Cefar.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 9 du mois dernier, le colonel Charles fut jugé à la Cour de Old Bailey pour viol et rapt. Reconnu coupable grâce à des témoignages, il fut incarcéré à Newgate et ses biens risquent la confiscation. Le Grand-Bailli de Westminster tenta de saisir ses effets, mais les domestiques s'opposèrent à cette action. Le lendemain, des objets de valeur furent enlevés, incluant de la vaisselle d'argent, des meubles, un carrosse, une berline et vingt chevaux. Le teneur de livres de la Mer du Sud reçut l'ordre de bloquer les actions du colonel, déjà condamné pour un crime similaire. Le 11 mars, la Chambre des Communes décida de rédiger un projet de loi pour déclarer inéligibles les personnes ayant des pensions ou des charges auprès du roi. Le vice-amiral Cavendish fut nommé pour commander l'escadre anglaise transportant 6 000 hommes de troupes espagnoles en Italie. Le vaisseau Frederick, de la Compagnie des Indes Orientales, arriva à Plymouth avec 2 905 balles de café. Le roi approuva un acte interdisant aux sujets de prêter de l'argent aux puissances étrangères sans autorisation. Le 13 avril, le roi et la reine assistèrent à la comédie 'Le Moine Espagnol' au théâtre de Drury Lane, tandis que le prince de Galles et la princesse royale virent l'opéra 'Jules César' au théâtre du Marché au Foin quelques jours auparavant.
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1853
p. 824-825
« Le Dimanche des Rameaux second de ce mois, le Roi accompagné du Duc d'Orleans, du [...] »
Début :
Le Dimanche des Rameaux second de ce mois, le Roi accompagné du Duc d'Orleans, du [...]
Mots clefs :
Roi, Reine, Duc d'Orléans, Sermon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Dimanche des Rameaux second de ce mois, le Roi accompagné du Duc d'Orleans, du [...] »
E Dimanche des Rameaux fecond de ce mois,
LEle Roi accompagné du Duc d'Orleans , du
Duc du Maine , du Prince de Dombes & du Comte
d'Eu , fe rendit dans la Chapelle du Château , où
S. M. affifta à la Benediction des Palmes qui fut
faite par l'Abbé Tefnieres , Chapelain ordinaire
de la Chapelle de Mufique , qui en préfenta une
au Roi , S. M. affifta à la Proceffion , & après
l'Evangile , elle adora la Croix . Le Roi entendit
enfuite la Grand' Meffe celebrée par le même
Chapelain , & chantée par la Mufique . La Reine
entendit la même Meffe dans fa Tribune. L'après-
midi , L. M. affifterent à la Prédication de
I'Evêque de Cifteron , & enfuite aux Vêpres
chantées par la Mufique.
Le Mercredi Saint , la Reine fe rendit à l'Eglife
de la Paroiffe , où S. M. entendit la Meffe , &
communia par les mains du Cardinal de Fleury ,
fon grand Aumônier. Le même jour , le Roi &
la Reine entendirent dans la Chapelle du Château
l'Office des Tenebres qui fut chanté par la Mufique.
Le 6. jour du Jeudi Saint , le Roi entendit le
Sermon de la Cene du P. Jean François , Capucin
, après quoi l'Evêque de Tulles fit i'Abfoute.
Enfuite le Roi lava les pieds à douze Pauvres , &
S. M. les fervit à table. Le Duc de Bourbon ,
Grand-Maître de la Maifon du Roi , à la tête
des Maîtres d'Hôtel , précedoit le fervice , dont
les
AVRIL. 1730. 823
les plats étoient portés par le Duc d'Orleans , le
Comte de Charolois , le Comte de Clermont , le
Prince de Dombes , le Comte d'Eu , le Comte de
Touloufe & par les principaux Officiers de S. M.
Après cette Cerémonie , le Roi ſe rendit à la Chapelle
du Château ou S. M. entendit la Grand-
Meffe , & affifta à la Proceffion & aux Vêpres.
La Reine affifta auffi dans fa Tribune à tout
P'Office.
. L'après-midi , la Reine entendit le Sermon de
la Çene de l'Abbé de Rozai , Chanoine de Soiffons
; le Cardinal de Fleury , Grand Aumônier
de la Reine , ayant fait l'Abfoute , S. M. lava les
pieds à douze pauvres filles , & les fervit à table.
Le Marquis de Villacerf , Premier Maître d'Hôtel
de la Reine , à là tête des autres Maîtres d'Hôtel
de S. M. précedoit le fervice , dont les plats.
étoient portés par Mademoifelle de Clermont ,
Mademoiſelle de la Roche-fur-Yon , par les Da
mes du Palais de S. M. & par d'autres Dames de
la Cour, Après cette Cerémonie , le Roi & la
Reme entendirent dans la Chapelle du Château
l'Office desTenebres qui fut chanté par laMufique.
LEle Roi accompagné du Duc d'Orleans , du
Duc du Maine , du Prince de Dombes & du Comte
d'Eu , fe rendit dans la Chapelle du Château , où
S. M. affifta à la Benediction des Palmes qui fut
faite par l'Abbé Tefnieres , Chapelain ordinaire
de la Chapelle de Mufique , qui en préfenta une
au Roi , S. M. affifta à la Proceffion , & après
l'Evangile , elle adora la Croix . Le Roi entendit
enfuite la Grand' Meffe celebrée par le même
Chapelain , & chantée par la Mufique . La Reine
entendit la même Meffe dans fa Tribune. L'après-
midi , L. M. affifterent à la Prédication de
I'Evêque de Cifteron , & enfuite aux Vêpres
chantées par la Mufique.
Le Mercredi Saint , la Reine fe rendit à l'Eglife
de la Paroiffe , où S. M. entendit la Meffe , &
communia par les mains du Cardinal de Fleury ,
fon grand Aumônier. Le même jour , le Roi &
la Reine entendirent dans la Chapelle du Château
l'Office des Tenebres qui fut chanté par la Mufique.
Le 6. jour du Jeudi Saint , le Roi entendit le
Sermon de la Cene du P. Jean François , Capucin
, après quoi l'Evêque de Tulles fit i'Abfoute.
Enfuite le Roi lava les pieds à douze Pauvres , &
S. M. les fervit à table. Le Duc de Bourbon ,
Grand-Maître de la Maifon du Roi , à la tête
des Maîtres d'Hôtel , précedoit le fervice , dont
les
AVRIL. 1730. 823
les plats étoient portés par le Duc d'Orleans , le
Comte de Charolois , le Comte de Clermont , le
Prince de Dombes , le Comte d'Eu , le Comte de
Touloufe & par les principaux Officiers de S. M.
Après cette Cerémonie , le Roi ſe rendit à la Chapelle
du Château ou S. M. entendit la Grand-
Meffe , & affifta à la Proceffion & aux Vêpres.
La Reine affifta auffi dans fa Tribune à tout
P'Office.
. L'après-midi , la Reine entendit le Sermon de
la Çene de l'Abbé de Rozai , Chanoine de Soiffons
; le Cardinal de Fleury , Grand Aumônier
de la Reine , ayant fait l'Abfoute , S. M. lava les
pieds à douze pauvres filles , & les fervit à table.
Le Marquis de Villacerf , Premier Maître d'Hôtel
de la Reine , à là tête des autres Maîtres d'Hôtel
de S. M. précedoit le fervice , dont les plats.
étoient portés par Mademoifelle de Clermont ,
Mademoiſelle de la Roche-fur-Yon , par les Da
mes du Palais de S. M. & par d'autres Dames de
la Cour, Après cette Cerémonie , le Roi & la
Reme entendirent dans la Chapelle du Château
l'Office desTenebres qui fut chanté par laMufique.
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Résumé : « Le Dimanche des Rameaux second de ce mois, le Roi accompagné du Duc d'Orleans, du [...] »
Le dimanche des Rameaux, le Roi, accompagné de membres de la famille royale, se rendit à la chapelle du château pour la bénédiction des palmes par l'abbé Tefnieres. Il participa à la procession et à la grand-messe, tandis que la Reine écouta la messe depuis sa tribune. L'après-midi, ils assistèrent à la prédication de l'évêque de Cisteron et aux vêpres. Le mercredi saint, la Reine communia à l'église paroissiale par les mains du cardinal de Fleury. Le Roi et la Reine écoutèrent ensuite l'office des Ténèbres dans la chapelle du château. Le jeudi saint, le Roi écouta le sermon de la Cène du père Jean-François, suivi de l'absoute par l'évêque de Tulle. Il lava les pieds de douze pauvres et les servit à table, assisté par le duc de Bourbon et plusieurs nobles. La Reine écouta le sermon de la Cène de l'abbé de Rozai et lava les pieds de douze pauvres filles, assistée par le marquis de Villacerf et plusieurs dames de la cour. Enfin, le Roi et la Reine écoutèrent l'office des Ténèbres dans la chapelle du château.
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1854
p. 825-827
Lit de Justice, [titre d'après la table]
Début :
Le 3. de ce mois, le Parlement qui avoit reçû les ordres du Roi par le Marquis de Dreux, Grand-Maître [...]
Mots clefs :
Lit de justice, Roi, Cérémonies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lit de Justice, [titre d'après la table]
Le 3. de ce mois , le Parlement qui avoit reçu
les ordres du Roi par le Marquis de Dreux , Grand-
Maître des Cerémonies , s'affembla pour le Lit
de Juftice que S. M. avoit refolu de tenir. Le Roi
qui étoit parti du Château de Verſailles ayant
avec lui dans fon caroffe les Princes du Sang &
fes Grands Officiers , & étant accompagné des
Troupes de fa Maifon qui ont l'honneur de le
fuivre dans fes voyages , arriva vers les dix heures
& demie à la Sainte Chapelle , où il entendit
la Meffe. Quatre Préfidens à mortier & fix Confeillers
vinrent y recevoir le Roi & le conduifirent
à la Grand Chambre , où S. M. s'affit ſous fon
I dais
826 MERCURE DE FRANCE
dais dant fon Lit de Juftice. Toutes les féances
ayant été prises en la maniere accoutumée , le
Chancelier de France expliqua les intentions du
Roi & les motifs qui avoient determiné S. M. à
tenir fon Lit de Juftice. Le Premier Préſident ayant
enfuite parlé au nom du Parlement , & les Gens
du Roi ayant donné leurs conclufions , le Chancelier
de France alla prendre tous les avis , &
après qu'il en eut rendu compte à S. M. il prononça
l'enregiſtrement de la Déclaration du 24 .
de Mars , par laquelle le Roi explique de nouveau
fes intentions fur l'execution des Bulles des
Papes données contre le Janfenifme & fur celle
de la Conftitution Unigenitus . Le Roi fortit de
fon Lit de Juftice avec les mêmes Cerémonies qui
avoient été obfervées lorfque S. M. étoit arrivée.
Le Roi étoit placé fous un Dais. Au haut
Ban où étoient les Princes du Sang & les
Ducs & Pairs ; fçavoir ,
$ Le Duc d'Orleans , le Duc de Bourbon , le
Comte de Charolois , le Comte de Clermont,
Les Ducs de Luynes , de Brifac , de la Roche-
Foucault , de Bervick , de Luxembourg , de Retz,
de Saint Agnan , de Mortemart , de Bethune , de
Villars , de Coelin , Evêque de Metz , de Levy
de la Valliere.
?
Haut-Ban , des Pairs Ecclefiaftiques :
L'Evêque , Duc de Laon , l'Evêque & Comte
de Beauvais.
Ban au-deffous, des Capitaines des Gardes
du Corps.
Mrs les Ducs de Noailles de Charoft , de Vil
Декау
Le
AVRIL. 1730 . 827
Grand-Chambelan ,
Le Prince de Bouillon ,
étoit aux pieds du Roi , & le Prince Charles
Grand-Ecuyer , à côté fur la droite.
Le Chancelier de France au-deffus du Premier
Préfident à fa droite.
t
M. Defclimon , Prevôt de Paris, à côté.
Ban des Secretaires d'Etat.
Mrs de Maurepas , Saint Florentin , d'Anger
villiers.
M. de Dreux , Grand- Maître des Cerémonies
M. de Brezé , fon fils , en furvivance , M. Des
Granges , Maître des Cerémonies , M. de Monfeaureau
, Grand- Prevôt de l'Hôtel
Ban des Confeillers d'Etat, en bas ; fçavoir,
Mrs P'Abbé Bignon, le Comte du Luc, Fagon,
Machault , Dargenfon l'aîné , de Harlay , Melian
, Guerchois.
Ban des Chevaliers de l'Ordre du S. Efprit.
Mrs de Senneterre , Ifenghen , Coigny , k
Comte de Grandmont , de Prie , Livry..
Ban des Gouverneurs de Province.
rs Ms d'Arpajon , d'Aubigny , Crécy , Mati
gnon , Segur , Fervacques , de Villars.
Ban des Lieutenans Generaux de Provinces.
Mrs de Tingry-Luxembourg , de Beuvron , de
Jonzac , de Baune , de Veracque , de Bonnelle ,
de Souvray.
les ordres du Roi par le Marquis de Dreux , Grand-
Maître des Cerémonies , s'affembla pour le Lit
de Juftice que S. M. avoit refolu de tenir. Le Roi
qui étoit parti du Château de Verſailles ayant
avec lui dans fon caroffe les Princes du Sang &
fes Grands Officiers , & étant accompagné des
Troupes de fa Maifon qui ont l'honneur de le
fuivre dans fes voyages , arriva vers les dix heures
& demie à la Sainte Chapelle , où il entendit
la Meffe. Quatre Préfidens à mortier & fix Confeillers
vinrent y recevoir le Roi & le conduifirent
à la Grand Chambre , où S. M. s'affit ſous fon
I dais
826 MERCURE DE FRANCE
dais dant fon Lit de Juftice. Toutes les féances
ayant été prises en la maniere accoutumée , le
Chancelier de France expliqua les intentions du
Roi & les motifs qui avoient determiné S. M. à
tenir fon Lit de Juftice. Le Premier Préſident ayant
enfuite parlé au nom du Parlement , & les Gens
du Roi ayant donné leurs conclufions , le Chancelier
de France alla prendre tous les avis , &
après qu'il en eut rendu compte à S. M. il prononça
l'enregiſtrement de la Déclaration du 24 .
de Mars , par laquelle le Roi explique de nouveau
fes intentions fur l'execution des Bulles des
Papes données contre le Janfenifme & fur celle
de la Conftitution Unigenitus . Le Roi fortit de
fon Lit de Juftice avec les mêmes Cerémonies qui
avoient été obfervées lorfque S. M. étoit arrivée.
Le Roi étoit placé fous un Dais. Au haut
Ban où étoient les Princes du Sang & les
Ducs & Pairs ; fçavoir ,
$ Le Duc d'Orleans , le Duc de Bourbon , le
Comte de Charolois , le Comte de Clermont,
Les Ducs de Luynes , de Brifac , de la Roche-
Foucault , de Bervick , de Luxembourg , de Retz,
de Saint Agnan , de Mortemart , de Bethune , de
Villars , de Coelin , Evêque de Metz , de Levy
de la Valliere.
?
Haut-Ban , des Pairs Ecclefiaftiques :
L'Evêque , Duc de Laon , l'Evêque & Comte
de Beauvais.
Ban au-deffous, des Capitaines des Gardes
du Corps.
Mrs les Ducs de Noailles de Charoft , de Vil
Декау
Le
AVRIL. 1730 . 827
Grand-Chambelan ,
Le Prince de Bouillon ,
étoit aux pieds du Roi , & le Prince Charles
Grand-Ecuyer , à côté fur la droite.
Le Chancelier de France au-deffus du Premier
Préfident à fa droite.
t
M. Defclimon , Prevôt de Paris, à côté.
Ban des Secretaires d'Etat.
Mrs de Maurepas , Saint Florentin , d'Anger
villiers.
M. de Dreux , Grand- Maître des Cerémonies
M. de Brezé , fon fils , en furvivance , M. Des
Granges , Maître des Cerémonies , M. de Monfeaureau
, Grand- Prevôt de l'Hôtel
Ban des Confeillers d'Etat, en bas ; fçavoir,
Mrs P'Abbé Bignon, le Comte du Luc, Fagon,
Machault , Dargenfon l'aîné , de Harlay , Melian
, Guerchois.
Ban des Chevaliers de l'Ordre du S. Efprit.
Mrs de Senneterre , Ifenghen , Coigny , k
Comte de Grandmont , de Prie , Livry..
Ban des Gouverneurs de Province.
rs Ms d'Arpajon , d'Aubigny , Crécy , Mati
gnon , Segur , Fervacques , de Villars.
Ban des Lieutenans Generaux de Provinces.
Mrs de Tingry-Luxembourg , de Beuvron , de
Jonzac , de Baune , de Veracque , de Bonnelle ,
de Souvray.
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Résumé : Lit de Justice, [titre d'après la table]
Le 3 avril 1730, le Parlement reçut les ordres du roi, transmis par le Marquis de Dreux, pour se rassembler lors d'un Lit de Justice. Le roi, accompagné des Princes du Sang, des Grands Officiers et des troupes de sa maison, arriva à la Sainte Chapelle pour entendre la messe, puis se rendit à la Grand Chambre. Sous son dais, il écouta le Chancelier de France expliquer ses intentions et les motifs de la séance. Le Premier Président parla au nom du Parlement, et les Gens du Roi donnèrent leurs conclusions. Après avoir recueilli tous les avis, le Chancelier enregistra la Déclaration du 24 mars, concernant l'exécution des bulles papales contre le jansénisme et la Constitution Unigenitus. Le roi quitta ensuite la séance avec les mêmes cérémonies observées à son arrivée. Parmi les personnalités présentes figuraient le Duc d'Orléans, le Duc de Bourbon, le Comte de Charolais, et plusieurs autres Ducs et Pairs. Les Princes du Sang et les Ducs et Pairs étaient placés au haut ban, tandis que les Capitaines des Gardes du Corps étaient au ban au-dessous. Le Chancelier de France était à droite du Premier Président. Les Secrétaires d'État, les Conseillers d'État, les Chevaliers de l'Ordre du Saint-Esprit, les Gouverneurs de Province et les Lieutenants Généraux de Provinces étaient également présents, chacun à leur place désignée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1855
p. 827-831
« Le 5. la Lotterie pour le Remboursement des Rentes de l'Hôtel de Ville, fut tirée en presence [...] »
Début :
Le 5. la Lotterie pour le Remboursement des Rentes de l'Hôtel de Ville, fut tirée en presence [...]
Mots clefs :
Roi, Reine, Évêque, Église, Messe, Sermon
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texteReconnaissance textuelle : « Le 5. la Lotterie pour le Remboursement des Rentes de l'Hôtel de Ville, fut tirée en presence [...] »
Le s. la Lotterie pour le Remboursement des
Rentes de l'Hôtel de Ville , fut tirée en preſence
du Prévôt dès Marchands & des Echevins , en la
maniere accoûtumée. Le fonds de ce mois s'eſt
I ij trouvé
828 MERCURE DE FRANCE
trouvé monter à la fomme de 1447450 livres ,
laquelle a été diftribuée aux Rentiers pour les
Lots qui leur font échus, conformement à la Lifte
generale qui en a été rendue publique,
Le Vendredy - Saint 7. de ce mois , le Roy &
la Reine entendirent le Sermon de la Paffion de
l'Evêque de Cifteron; S. M. affifta enfuite à lOffice
, & alla à l'Adoration de la Croix. La Reine
entendit l'Office dans la Tribune. Le foir L. M.
affifterent à l'Office des Tenebres , chanté par la
Mufique.
Le 8. le Roi revêtu du grand Collier de l'Ordre
du S. Efprit , fe rendit en ceremonie à l'Eglife de
la Paroiffe , où S. M. entendit la Meffe & com
munia par les mains de l'Evêque de Metz , fon
premier Aumônier. Enfuite S. M. toucha un
grand nombre de Malades. Le foir , le Roi & fa
Reine affifterent dans la Chapelle du Château ,
aux Complies & au Salut , pendant lequel l'o
Filii fut chanté par la Mufique.
1
<
Le jour de Pâques , 9 de ce mois , L. M. entendirent
dans la même Chapelle la grande Meſſe
celebrée pontificalement par l'Evêque de Tulles ,
& chantée par la Mufique .
L'après - midi , elles affifterent à la Prédication
de l'Evêque de Cifteron , & enfuite aux Vêpres
aufquelles le même Prélat officia.
Le Roy a donné au Maréchal du Bourg le
Gouvernement de la Haute & Baffe Alface ; &
celui de la Ville de Strasbourg au Maréchal Duc
de Barwick.
Le 17. dé ce mois , le Roy partit de Verfailles
à 'onze heures du matin , pour aller doucher au
Château de Petit- Bourg , & le lendemain à Fontainebleau
, où S. M. doit demeurer quelque
temps.
Le 10. de ce mois , le Roy prit le deuil pour
AVRIL. 1730. 829
Le 11.
la mort de l'Electrice Douairiere de Baviere.
pendant la Meffe du Roy ; l'Archevêque
de Bordeaux prêta ferment de fidelité entre
les mains de S. M.
Le 16. l'Abbé de Saleon , nommé par le Roy à
l'Evêché d'Agen, fut facré à Paris , dans la Chapelle
de l'Archevêché , par l'Evêque de Xaintes ,
affifté des Evêques de Châlons fur Saone & de
Tarbe.
Le 13. de ce mois , le Roy fit dans la Plaine
des Sablons , la Revue des Regimens des Gardes
Françoifes & Suiffes. S. M. leur fit faire
PExercice , & enfuite les vit défiler.
.
M. Mocenigo , Ambaffadeur de la République
de Venife , arrivé à Paris le 4. de ce mois , alla à
Verfailles le 11. avec M. Zacharie Canal , Ambaffadeur
de la même République, auquel il fuccede
; & il eut audience particuliere du Roy , de
la Reine & de Monfeigneur le Dauphin , étant
conduit par M. Hebert , Introducteur des Ambaffadeurs.
: On mande de Lille que l'on y fit le z 1. de ce
mois , daus l'Eglife des RR.PP. Dominicains , les
Obfeques de Benoît XIII . Souverain Pontife &
Religieux Profès du même Ordre , avec beaucoup
de pompe & de magnificence. Le Pere Theodore
Chevalier , Religieux du même Couvent , y prononça
l'Eloge Funebre du deffunt Pape, avec une
éloquence qui lui merita un applaudiffement univerfel.
Le 24. de ce mois , la Reine partit de Verſailles
vers le midi , pour aller coucher au Château de
Petit- Bourg , d'où S. M. fe rendit le lendemain
à Fontainebleau.
Le 1. de ce mois , le Concert Spirituel continua
au Château des Tuilleries , & a été donné
tous les jours , jufques & compris le Dimanche
I iij
de
830 MERCURE DE FRANCE
de Quasimodo. On y a chanté les plus beaux
Motets de feu M. de la Lande , & differens petits
Motets nouveaux , convenables au temps de Pâques
, de la compofition des Sieurs Mouret , le
Maire & du Bouffet , qui ont été très-goutez ;
les Diles Erremans , le Maure & Petitpas y ont
chanté differens Recits , avec applaudiffement.
On a executé auffi plufieurs Concerto fur le Violon
, la Flute & le Hautbois , avec autant de vivacité
que de précifion. Le Concert ne recommencera
que le 18. May , jour de la Fête de
PAfcenfion.
Le 22. Avril & les deux jours fuivans , les
Capucins de la rue S. Honoré , celebrerent avec
grande folemnité , la fête de la Beatification du
bienheureux Fidel de Sigmariny , Religieux de
leur Ordre.
On celebre tous les ans , le jour du Dimanche
de Quasimodo , dans l'Eglife du grand Couvent
des Cordeliers, une Fête que les Chevaliers Voya
geurs Palmiers de l'Archi - Confrairie Royale du
S. Sepulcre , établie dans cette Eglife , rendent
folemnelle par une Proceffion publique d'un
grand nombre de Religieux & de tous les Confreres
portant des Palmes , parmi lefqnels il s'en
trouve quelques- uns qui ont fait le voyage de
Jerufalem. Ils font précedez de Trompettes,Timbales
& Hautbois.
La Meffe fe chante ce jour - là en Grec,& après
l'Evangile on y prêche en la même langue.
A la Proceffion qui fe fit le 16. de ce mois, les
Confreres délivrerent proceffionnellement des
Prifons de cette Ville , 48. prifonniers pour dettes,
qui fe trouverent entre les deux Guichets du
grand Châtelet , & affifterent à la Proceffion depuis
ce lieu jufqu'à l'Eglife du S. Sepulchre ,
rue S. Denis , & delà aux Cordeliers , où ils enrendirent.
AVRIL. 1730. 831
tendirent la Meffe & le Sermon. Du Syndicat de
M. de la Mare, & de l'adminiftration des Sieurs
Breval , Razoir , Dubuy & Harmont.
Ce pieux & charitable établiffement , applaudi
des Magiftrats , fut fait l'année 1727. par les
foins de M. Louis - Policarpe Jarry Marchand
Epicier , Juré Contrôleur de la Marchandiſe de
Foin , ancien Guidon de ladite Confrairie , des
quêtes faites chez les Confreres & Soeurs , & autres
Bienfaiteurs , par les Sieurs Boucher , Salvia,"
le Vaffeur , Tréforier & David le Gros , Notables
Bourgeois , de ladite Confrairie , choifis
par ledit fieur Jarry , Inftituteur de cette bonne
oeuvre & reçu pardevant M. le Lieutenant Civil.
Le nombre des Prifonniers ne fut la premiere
année que de fix ; en 1728. de 15. en 1729. de
14. & à la délivrance des Captifs des RR. PP.de
la Merci , accompagnans la Proceſſion,en ont délivré
fix , des deniers de leur charité.
Rentes de l'Hôtel de Ville , fut tirée en preſence
du Prévôt dès Marchands & des Echevins , en la
maniere accoûtumée. Le fonds de ce mois s'eſt
I ij trouvé
828 MERCURE DE FRANCE
trouvé monter à la fomme de 1447450 livres ,
laquelle a été diftribuée aux Rentiers pour les
Lots qui leur font échus, conformement à la Lifte
generale qui en a été rendue publique,
Le Vendredy - Saint 7. de ce mois , le Roy &
la Reine entendirent le Sermon de la Paffion de
l'Evêque de Cifteron; S. M. affifta enfuite à lOffice
, & alla à l'Adoration de la Croix. La Reine
entendit l'Office dans la Tribune. Le foir L. M.
affifterent à l'Office des Tenebres , chanté par la
Mufique.
Le 8. le Roi revêtu du grand Collier de l'Ordre
du S. Efprit , fe rendit en ceremonie à l'Eglife de
la Paroiffe , où S. M. entendit la Meffe & com
munia par les mains de l'Evêque de Metz , fon
premier Aumônier. Enfuite S. M. toucha un
grand nombre de Malades. Le foir , le Roi & fa
Reine affifterent dans la Chapelle du Château ,
aux Complies & au Salut , pendant lequel l'o
Filii fut chanté par la Mufique.
1
<
Le jour de Pâques , 9 de ce mois , L. M. entendirent
dans la même Chapelle la grande Meſſe
celebrée pontificalement par l'Evêque de Tulles ,
& chantée par la Mufique .
L'après - midi , elles affifterent à la Prédication
de l'Evêque de Cifteron , & enfuite aux Vêpres
aufquelles le même Prélat officia.
Le Roy a donné au Maréchal du Bourg le
Gouvernement de la Haute & Baffe Alface ; &
celui de la Ville de Strasbourg au Maréchal Duc
de Barwick.
Le 17. dé ce mois , le Roy partit de Verfailles
à 'onze heures du matin , pour aller doucher au
Château de Petit- Bourg , & le lendemain à Fontainebleau
, où S. M. doit demeurer quelque
temps.
Le 10. de ce mois , le Roy prit le deuil pour
AVRIL. 1730. 829
Le 11.
la mort de l'Electrice Douairiere de Baviere.
pendant la Meffe du Roy ; l'Archevêque
de Bordeaux prêta ferment de fidelité entre
les mains de S. M.
Le 16. l'Abbé de Saleon , nommé par le Roy à
l'Evêché d'Agen, fut facré à Paris , dans la Chapelle
de l'Archevêché , par l'Evêque de Xaintes ,
affifté des Evêques de Châlons fur Saone & de
Tarbe.
Le 13. de ce mois , le Roy fit dans la Plaine
des Sablons , la Revue des Regimens des Gardes
Françoifes & Suiffes. S. M. leur fit faire
PExercice , & enfuite les vit défiler.
.
M. Mocenigo , Ambaffadeur de la République
de Venife , arrivé à Paris le 4. de ce mois , alla à
Verfailles le 11. avec M. Zacharie Canal , Ambaffadeur
de la même République, auquel il fuccede
; & il eut audience particuliere du Roy , de
la Reine & de Monfeigneur le Dauphin , étant
conduit par M. Hebert , Introducteur des Ambaffadeurs.
: On mande de Lille que l'on y fit le z 1. de ce
mois , daus l'Eglife des RR.PP. Dominicains , les
Obfeques de Benoît XIII . Souverain Pontife &
Religieux Profès du même Ordre , avec beaucoup
de pompe & de magnificence. Le Pere Theodore
Chevalier , Religieux du même Couvent , y prononça
l'Eloge Funebre du deffunt Pape, avec une
éloquence qui lui merita un applaudiffement univerfel.
Le 24. de ce mois , la Reine partit de Verſailles
vers le midi , pour aller coucher au Château de
Petit- Bourg , d'où S. M. fe rendit le lendemain
à Fontainebleau.
Le 1. de ce mois , le Concert Spirituel continua
au Château des Tuilleries , & a été donné
tous les jours , jufques & compris le Dimanche
I iij
de
830 MERCURE DE FRANCE
de Quasimodo. On y a chanté les plus beaux
Motets de feu M. de la Lande , & differens petits
Motets nouveaux , convenables au temps de Pâques
, de la compofition des Sieurs Mouret , le
Maire & du Bouffet , qui ont été très-goutez ;
les Diles Erremans , le Maure & Petitpas y ont
chanté differens Recits , avec applaudiffement.
On a executé auffi plufieurs Concerto fur le Violon
, la Flute & le Hautbois , avec autant de vivacité
que de précifion. Le Concert ne recommencera
que le 18. May , jour de la Fête de
PAfcenfion.
Le 22. Avril & les deux jours fuivans , les
Capucins de la rue S. Honoré , celebrerent avec
grande folemnité , la fête de la Beatification du
bienheureux Fidel de Sigmariny , Religieux de
leur Ordre.
On celebre tous les ans , le jour du Dimanche
de Quasimodo , dans l'Eglife du grand Couvent
des Cordeliers, une Fête que les Chevaliers Voya
geurs Palmiers de l'Archi - Confrairie Royale du
S. Sepulcre , établie dans cette Eglife , rendent
folemnelle par une Proceffion publique d'un
grand nombre de Religieux & de tous les Confreres
portant des Palmes , parmi lefqnels il s'en
trouve quelques- uns qui ont fait le voyage de
Jerufalem. Ils font précedez de Trompettes,Timbales
& Hautbois.
La Meffe fe chante ce jour - là en Grec,& après
l'Evangile on y prêche en la même langue.
A la Proceffion qui fe fit le 16. de ce mois, les
Confreres délivrerent proceffionnellement des
Prifons de cette Ville , 48. prifonniers pour dettes,
qui fe trouverent entre les deux Guichets du
grand Châtelet , & affifterent à la Proceffion depuis
ce lieu jufqu'à l'Eglife du S. Sepulchre ,
rue S. Denis , & delà aux Cordeliers , où ils enrendirent.
AVRIL. 1730. 831
tendirent la Meffe & le Sermon. Du Syndicat de
M. de la Mare, & de l'adminiftration des Sieurs
Breval , Razoir , Dubuy & Harmont.
Ce pieux & charitable établiffement , applaudi
des Magiftrats , fut fait l'année 1727. par les
foins de M. Louis - Policarpe Jarry Marchand
Epicier , Juré Contrôleur de la Marchandiſe de
Foin , ancien Guidon de ladite Confrairie , des
quêtes faites chez les Confreres & Soeurs , & autres
Bienfaiteurs , par les Sieurs Boucher , Salvia,"
le Vaffeur , Tréforier & David le Gros , Notables
Bourgeois , de ladite Confrairie , choifis
par ledit fieur Jarry , Inftituteur de cette bonne
oeuvre & reçu pardevant M. le Lieutenant Civil.
Le nombre des Prifonniers ne fut la premiere
année que de fix ; en 1728. de 15. en 1729. de
14. & à la délivrance des Captifs des RR. PP.de
la Merci , accompagnans la Proceſſion,en ont délivré
fix , des deniers de leur charité.
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Résumé : « Le 5. la Lotterie pour le Remboursement des Rentes de l'Hôtel de Ville, fut tirée en presence [...] »
En avril 1730, plusieurs événements marquants ont eu lieu. Le 7 avril, le roi et la reine ont assisté à un sermon sur la Passion, suivi de l'office et de l'adoration de la Croix. Le lendemain, le roi, portant le grand Collier de l'Ordre du Saint-Esprit, a assisté à la messe, communié et touché un grand nombre de malades. Le jour de Pâques, le 9 avril, ils ont entendu la grande messe célébrée par l'évêque de Tulle et ont assisté à une prédication et aux vêpres. La Lotterie pour le Remboursement des Rentes de l'Hôtel de Ville a été tirée en présence du Prévôt des Marchands et des Échevins, distribuant 1 447 450 livres aux rentiers. Le roi a nommé le Maréchal du Bourg gouverneur de la Haute et Basse Alsace et le Maréchal Duc de Barwick gouverneur de Strasbourg. Le 17 avril, le roi est parti de Versailles pour Fontainebleau. Le 10 avril, il a pris le deuil pour la mort de l'Électrice Douairière de Bavière. Le 16 avril, l'abbé de Saleon a été sacré évêque d'Agen à Paris. Le 13 avril, le roi a passé en revue les régiments des Gardes Françaises et Suisses. L'ambassadeur de la République de Venise, M. Mocenigo, est arrivé à Paris et a été reçu à Versailles. À Lille, les obsèques de Benoît XIII ont été célébrées avec pompe. Le 24 avril, la reine est partie de Versailles pour Fontainebleau. Le Concert Spirituel a continué au Château des Tuileries jusqu'au dimanche de Quasimodo, avec des motets et des concertos appréciés. Les Capucins de la rue Saint-Honoré ont célébré la fête de la béatification du bienheureux Fidèle de Sigmaringen. Le dimanche de Quasimodo, les Chevaliers Voyageurs Palmiers de l'Archi-Confrérie Royale du Saint-Sépulcre ont organisé une procession et une messe en grec. Le 16 avril, 48 prisonniers pour dettes ont été libérés lors d'une procession organisée par la confrérie du Saint-Sépulcre, un établissement créé en 1727 par Louis-Policarpe Jarry.
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1856
p. 831-835
Sermon de l'Abbé de Rosay, [titre d'après la table]
Début :
M. l'Abbé de Rozay, Docteur de Sorbonne, Prédicateur du Roi, dans son Sermon de la Cêne [...]
Mots clefs :
Prédicateur du roi, Reine, Dieu, Vertus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sermon de l'Abbé de Rosay, [titre d'après la table]
M. l'Abbé de Rozay , Docteur de Sorbonne ,
Prédicateur du Roi , dans fon Sermon de la Cênc
du Jeudi Saint dernier , devant la Reine , lui parla
en ces termes. Dans l'exorde , après avoir repréfenté
l'exemple de J. C. lavant les pieds de fes
Difciples,comme un fpectacle digne d'admiration.
C'est ce spectacle , Madame , fpectacle d'hu
milité & de charité tout ensemble , qui mit dans
l'etonnement le Prince des Apôtres , dont votre
Majesté s'empreffe de nous retracer une fidelle
image ; déja tous les yeux tournés fur elle voyent
avec édification l'impatience qu'elle a de dépofer
aux pieds de J. C. ce diadême dont fa
mainfe plait quelquefois à couronner la fageffe,
:
cette magnificence Royale qui femble en fa
préfence importuner votre Religion du plus
baut degré de la grandeur humaine , vous def
I iiij *cendez
832 MERCURE DE FRANCE
eendez , Madame , jufqu'à la plus profonde
bumiliation d'un Dieu , & votre exemple aufft
puiffant fur vos Sujets qui vous regardent com
me leur modele , que l'eft fur vous celui du Roi
des Rois que vous prenez pour le vôtre , tranf,
forme aujourd'hui en une Cour fimple & modefte
une Cour en tout autre tems fi brillante ,
peut-êtrefi faftueuse .
Mais comme c'eft l'humilité d'un Dieu dont
vous renouvellez l'exemple , & que ce Dieu tout
humilié qu'il eft , ne fit jamais paroître , an
rapport de l'Evangeliſte * plus de majesté & de
grandeur , non-feulement vous ne perdez rien
de la vôtre par l'acte de Religion qui nous af- ·
femble , mais vous y acquerez une gloire nouvelle
, gloire bien fuperieure à celle qui vous
environne lorsqu'affife fur le premier Trône du
monde , vous y fixez avec le coeur du plus puiſfant
& du plus cheri des Monarques les coeurs
de tous les Peuples dont il fait la felicité.
Dans le premier Point , après avoir établi par
rapport aux Grands la neceffité d'une humilité
de dépendance envers Dieu fur les obligations
qu'ils lui ont.
Selon ces principes , quelle fera la vôtre
Madame , envers le difpenfateur des Couronnes ,
qui vous ayant placé fi heureuſement pour nous
fur nos têtes , eft le feul que vous voyez au
deffus de la vôtre ; car de quelle forte de bienfaits
n'a t'il pas comblé V. M. juſqu'à ce jour ?
une Naiffance illuftre le Sceptre dans votre
augufte Maifon , votre Royale perſonne renduë
•
un Trône auffi ftable qu'il eft glorieux , un
Heros pour Epoux , digne de toute votre tendreffe
, une fecondité , fruit délicieux de vos
* Sciens Jefus quia omnia dedit ei Pater in manus
&c.
vertus
AVRIL. 1730.
833
le .
vertus & de nos voeux , des Sujets qui vous
adorent & qui fe croyent heureufe de votre felicité
propre voilà des presens du Ciel que lo
monde lui- même ne fçauroit méconnoître , &
qu'il regarde fans doute avec des yeux d'envier
mais ma Religion m'en découvre en V. M. dé
plus eftimables & de plus précieux encore ; c'est
ane éducation noble & chrétienne , un coeur
formé pour la fageſſe , un goût de tout tems décidé
pour la pieté , un de ces caracteres heureux
qui n'ont qu'à fe communiquer pour plaire's
pour dire plus , une belle ame en qui la nature
a preparé un riche fond à la grace & des vertus
bien raves à la Cour qui ne fe démentiront
point fur le Théatre du plus grand monde .
"
Or à qui V. M. doit- elle des faveurs fi fignalees
? n'est ce point à ce Dieu remunerateur des
hambles qui femble épuifer pour vous les plus
douces effufions de fa mifericorde , & voila
Madame , fi vous me permettez de vous le dire
en paffant , voilà ce qui doit vous rendre auſſi
reconnoiffante envers lui qu'il eft liberal envers
vous , auffi foumife à fes ordres qu'il eft magnifique
dans fes bienfaits, vous êtes dépofitaire.
de fa puiffance ; c'est vous que regarde le foin
de fa gloire , religieufe à lui renvoyer celle qui
vous viendra des hommes & à lui faire un hommage
de leurs hommages mêmes ; vous devez -
aimer à favorifer dans les autres la vertu qu'il
a couronnée en vous , & peu contente de paroître
par la Majefté du Trône l'image de la
grandeur d'un Dieu qui par la raison qu'il eft
grand he fe familiarife qu'avec les petits *
de vos devoirs , encore que vous goûtez fi bien,
c'est de l'être effectivement par une bonté genereufe
& magnanime envers eux.
un
* Deus humiles refpicit , humilibus dat gra
tiam.
I v Daus
834 MERCURE DE FRANCE
Dans le fecond Point à la fin , après avoir
prouvé que c'étoit par l'humilité que l'homme
devenoit veritablement grand.
Et c'est là , Madame , ce qui fait que je
vous trouve une plus grande Reine fous ces
voiles de l'humilité que dans tout l'éclat de
votre magnificence ; c'est là ce qui m'engage à
vous dire que l'action que vous allez faire doit
être à vos yeux une des plus glorieufes actions
de votre vie heureuſe , fi les fentimens Chrétiens
que je que je
ens d'exprimer font exactement
Les vôtres puifque tels font ceux que le Maître
des maîtres du monde prendra plaisir à.
voir dans tout tems dans une Reine très chrétienne
; mais fur tout pendant cette édifiante
Ceremonie ; car il eft vrai ( l'Apôtre me l'apprend,
mon miniftere eft de vous le faire
entendre ) il est vrai qu'il ne fuffit pas de faire
ce que fait J. C. fi l'on n'entre dans les vûës
21
dans les difpofitions de I. C. fi V M.
n'étoit animée interieurement de fon efprit
ce feroit en vain qu'elle se profterneroit comme
lui devant les pauvres , cette action , quelques
admirable qu'elle fut à nos yeux , feroit aw
fonds un spectacle de vanité & non de Religion
, une représentation de l'humiliation du
Sauveur plutôt qu'une imitation de fon bumilité.
Seigneur , qui donnez (ouvent les Royaumesfans
donner la gloire du Regne , faites rejaillir
long- tems les rayons de la vôtre fur une Princaffe
ft aimée des hommes qu'elle n'a rien à
defirer que d'être autant aimée de vous ,
fi religieufe envers vous que son exemple
j'ofe le dire , eft après celui d'un Dieu la plus
touchante des leçons pour nous, Vous avez reme
pli fes grandes destinées , vous la faites regner
Lur
AVRIL . 1730. 835
fur une Nation de tout tems fidelle à fes maires
; dans l'époque du Gouvernement le plus
Sage & le plus applaudi , vous lui donnez une
posterite nombreuſe , gage d'une paix durable
qu'elle verra croître autour d'elle comme dé
tendres Rameaux d'Olivier * vous l'avez affo
ciée à la gloire d'un pieux Monarque , nou
beau Salomon qui peut bien dire qu'en ſe hâ'
tant d'époufer la fageffe , il a vû entrer dans fa
maison tous les biens & tous les bonheurs enfemble
** ajoûtez , s'il se peut , quelque chofe
à fa grandeur ; mais non , elle aime mieux que
je vous demande pour elle des vertus que des
profperités ajoutez beaucoup plus à fa Religion
; & puifque c'est à vous à donner le falut*
aux Rois , felon le langage de vos Ecritures
continuez à repandre fur une tête fi chere les
benedictions de douceur dont vous l'avez prévenue
, que nous ne ceffons d'implorer pour
elle , afin qu'après avoir porté faintement la
Couronne que vous lui avez donnée fur laȚèrreselle
jouiffe un jour de celle que vous le préparez
dans le Ciel.
Filii tui ficut novella Olivarum in circuitu
menfæ tuæ.
*** Venerunt mihi omnia bona pariter cum illa.”
Prédicateur du Roi , dans fon Sermon de la Cênc
du Jeudi Saint dernier , devant la Reine , lui parla
en ces termes. Dans l'exorde , après avoir repréfenté
l'exemple de J. C. lavant les pieds de fes
Difciples,comme un fpectacle digne d'admiration.
C'est ce spectacle , Madame , fpectacle d'hu
milité & de charité tout ensemble , qui mit dans
l'etonnement le Prince des Apôtres , dont votre
Majesté s'empreffe de nous retracer une fidelle
image ; déja tous les yeux tournés fur elle voyent
avec édification l'impatience qu'elle a de dépofer
aux pieds de J. C. ce diadême dont fa
mainfe plait quelquefois à couronner la fageffe,
:
cette magnificence Royale qui femble en fa
préfence importuner votre Religion du plus
baut degré de la grandeur humaine , vous def
I iiij *cendez
832 MERCURE DE FRANCE
eendez , Madame , jufqu'à la plus profonde
bumiliation d'un Dieu , & votre exemple aufft
puiffant fur vos Sujets qui vous regardent com
me leur modele , que l'eft fur vous celui du Roi
des Rois que vous prenez pour le vôtre , tranf,
forme aujourd'hui en une Cour fimple & modefte
une Cour en tout autre tems fi brillante ,
peut-êtrefi faftueuse .
Mais comme c'eft l'humilité d'un Dieu dont
vous renouvellez l'exemple , & que ce Dieu tout
humilié qu'il eft , ne fit jamais paroître , an
rapport de l'Evangeliſte * plus de majesté & de
grandeur , non-feulement vous ne perdez rien
de la vôtre par l'acte de Religion qui nous af- ·
femble , mais vous y acquerez une gloire nouvelle
, gloire bien fuperieure à celle qui vous
environne lorsqu'affife fur le premier Trône du
monde , vous y fixez avec le coeur du plus puiſfant
& du plus cheri des Monarques les coeurs
de tous les Peuples dont il fait la felicité.
Dans le premier Point , après avoir établi par
rapport aux Grands la neceffité d'une humilité
de dépendance envers Dieu fur les obligations
qu'ils lui ont.
Selon ces principes , quelle fera la vôtre
Madame , envers le difpenfateur des Couronnes ,
qui vous ayant placé fi heureuſement pour nous
fur nos têtes , eft le feul que vous voyez au
deffus de la vôtre ; car de quelle forte de bienfaits
n'a t'il pas comblé V. M. juſqu'à ce jour ?
une Naiffance illuftre le Sceptre dans votre
augufte Maifon , votre Royale perſonne renduë
•
un Trône auffi ftable qu'il eft glorieux , un
Heros pour Epoux , digne de toute votre tendreffe
, une fecondité , fruit délicieux de vos
* Sciens Jefus quia omnia dedit ei Pater in manus
&c.
vertus
AVRIL. 1730.
833
le .
vertus & de nos voeux , des Sujets qui vous
adorent & qui fe croyent heureufe de votre felicité
propre voilà des presens du Ciel que lo
monde lui- même ne fçauroit méconnoître , &
qu'il regarde fans doute avec des yeux d'envier
mais ma Religion m'en découvre en V. M. dé
plus eftimables & de plus précieux encore ; c'est
ane éducation noble & chrétienne , un coeur
formé pour la fageſſe , un goût de tout tems décidé
pour la pieté , un de ces caracteres heureux
qui n'ont qu'à fe communiquer pour plaire's
pour dire plus , une belle ame en qui la nature
a preparé un riche fond à la grace & des vertus
bien raves à la Cour qui ne fe démentiront
point fur le Théatre du plus grand monde .
"
Or à qui V. M. doit- elle des faveurs fi fignalees
? n'est ce point à ce Dieu remunerateur des
hambles qui femble épuifer pour vous les plus
douces effufions de fa mifericorde , & voila
Madame , fi vous me permettez de vous le dire
en paffant , voilà ce qui doit vous rendre auſſi
reconnoiffante envers lui qu'il eft liberal envers
vous , auffi foumife à fes ordres qu'il eft magnifique
dans fes bienfaits, vous êtes dépofitaire.
de fa puiffance ; c'est vous que regarde le foin
de fa gloire , religieufe à lui renvoyer celle qui
vous viendra des hommes & à lui faire un hommage
de leurs hommages mêmes ; vous devez -
aimer à favorifer dans les autres la vertu qu'il
a couronnée en vous , & peu contente de paroître
par la Majefté du Trône l'image de la
grandeur d'un Dieu qui par la raison qu'il eft
grand he fe familiarife qu'avec les petits *
de vos devoirs , encore que vous goûtez fi bien,
c'est de l'être effectivement par une bonté genereufe
& magnanime envers eux.
un
* Deus humiles refpicit , humilibus dat gra
tiam.
I v Daus
834 MERCURE DE FRANCE
Dans le fecond Point à la fin , après avoir
prouvé que c'étoit par l'humilité que l'homme
devenoit veritablement grand.
Et c'est là , Madame , ce qui fait que je
vous trouve une plus grande Reine fous ces
voiles de l'humilité que dans tout l'éclat de
votre magnificence ; c'est là ce qui m'engage à
vous dire que l'action que vous allez faire doit
être à vos yeux une des plus glorieufes actions
de votre vie heureuſe , fi les fentimens Chrétiens
que je que je
ens d'exprimer font exactement
Les vôtres puifque tels font ceux que le Maître
des maîtres du monde prendra plaisir à.
voir dans tout tems dans une Reine très chrétienne
; mais fur tout pendant cette édifiante
Ceremonie ; car il eft vrai ( l'Apôtre me l'apprend,
mon miniftere eft de vous le faire
entendre ) il est vrai qu'il ne fuffit pas de faire
ce que fait J. C. fi l'on n'entre dans les vûës
21
dans les difpofitions de I. C. fi V M.
n'étoit animée interieurement de fon efprit
ce feroit en vain qu'elle se profterneroit comme
lui devant les pauvres , cette action , quelques
admirable qu'elle fut à nos yeux , feroit aw
fonds un spectacle de vanité & non de Religion
, une représentation de l'humiliation du
Sauveur plutôt qu'une imitation de fon bumilité.
Seigneur , qui donnez (ouvent les Royaumesfans
donner la gloire du Regne , faites rejaillir
long- tems les rayons de la vôtre fur une Princaffe
ft aimée des hommes qu'elle n'a rien à
defirer que d'être autant aimée de vous ,
fi religieufe envers vous que son exemple
j'ofe le dire , eft après celui d'un Dieu la plus
touchante des leçons pour nous, Vous avez reme
pli fes grandes destinées , vous la faites regner
Lur
AVRIL . 1730. 835
fur une Nation de tout tems fidelle à fes maires
; dans l'époque du Gouvernement le plus
Sage & le plus applaudi , vous lui donnez une
posterite nombreuſe , gage d'une paix durable
qu'elle verra croître autour d'elle comme dé
tendres Rameaux d'Olivier * vous l'avez affo
ciée à la gloire d'un pieux Monarque , nou
beau Salomon qui peut bien dire qu'en ſe hâ'
tant d'époufer la fageffe , il a vû entrer dans fa
maison tous les biens & tous les bonheurs enfemble
** ajoûtez , s'il se peut , quelque chofe
à fa grandeur ; mais non , elle aime mieux que
je vous demande pour elle des vertus que des
profperités ajoutez beaucoup plus à fa Religion
; & puifque c'est à vous à donner le falut*
aux Rois , felon le langage de vos Ecritures
continuez à repandre fur une tête fi chere les
benedictions de douceur dont vous l'avez prévenue
, que nous ne ceffons d'implorer pour
elle , afin qu'après avoir porté faintement la
Couronne que vous lui avez donnée fur laȚèrreselle
jouiffe un jour de celle que vous le préparez
dans le Ciel.
Filii tui ficut novella Olivarum in circuitu
menfæ tuæ.
*** Venerunt mihi omnia bona pariter cum illa.”
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Résumé : Sermon de l'Abbé de Rosay, [titre d'après la table]
Le texte relate un sermon prononcé par l'Abbé de Rozay, Docteur de Sorbonne et Prédicateur du Roi, devant la Reine lors de la Cène du Jeudi Saint. L'Abbé commence par évoquer l'exemple de Jésus lavant les pieds de ses disciples, soulignant l'humilité et la charité de ce geste. Il compare la Reine à l'Apôtre Pierre, admirant son impatience de se soumettre à Dieu en déposant son diadème. L'Abbé loue la Reine pour sa magnificence royale et son humilité, notant que son exemple transforme la cour en un modèle de simplicité et de modestie. L'Abbé insiste sur la nécessité de l'humilité pour les grands, rappelant les bienfaits que Dieu a accordés à la Reine, tels qu'une naissance illustre, un trône stable, un époux héroïque, et des sujets dévoués. Il encourage la Reine à être reconnaissante envers Dieu et à favoriser la vertu chez les autres. Il conclut en affirmant que l'humilité véritable est la source de la grandeur, et que l'action de la Reine doit être motivée par un esprit chrétien authentique. Il prie pour que la Reine continue de régner avec sagesse et de recevoir les bénédictions divines.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1857
p. 835-846
LISTE des Régiments de Cavalerie qui composeront les Camps qu'on formera dans peu.
Début :
Celui de la Sambre, commandé par le Prince de Tingri, Lieutenant General. [...]
Mots clefs :
Régiments de cavalerie, Escadrons, Camps
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LISTE des Régiments de Cavalerie qui composeront les Camps qu'on formera dans peu.
LISTE des Régimens de Cavalerie
qui compoferont les Camps qu'on
formera dans peu.
Celui de la Sambre , commandé par le Prince
de Tingri , Lieutenant General
Efcadrons . Efcadrons,
Colonel General ,
4
Le Roi , 3
Mestre de Camp Ge- 1
neral
3
Royal Cuiraffiers ,
Royal Cravates ,
3
3
Dau
$46 MERCURE DE FRANCE,
Escadron. Efcadron.
Dauphin T
Bretagne ,
Berry ,
3 Vaflé , 3.
3 La Motte Houdan-
3 cour , 3
Comte de Clermont , 3 La Ferronaye , 3
Lambefc
S. Simon *
Gefvres 2.
3 Cheppy * 3 3 Coffe
3
3 Ruffec 3
• 3
3
4
La Roche Foucault , 3
En tout 19. Regimens 58. Eſcadrons.
Le Campde la Meufe , commandé par le Comte
de Belle- Ifle.
Efcadrons
Royal Etranger
Royal Rouffilon ,
Royal Allemand
3
Escadrons
La Tour , 3
Lorraine >
3
Montreuil
La Reine , 3 * Brion ,
Le Roi Staniflas 3
Lenoncourt
Orleans x 3 Rolen ,
Bourbon > 3 Bethune
"
Touloufe 3 Nogent , 3
Villeroy * 3 Mouchy ,
18. Regimens 55. Eſcadrons.
Le Camp de la Saone , commandé par le Duc
de Levy.
Efcadrons
Commiffaire General, 3 Cayeux ,
"
Efcadrons
३.
Royal ,
3 De Turenne, 3:
Royal Piémont , 3 Vauldrey
Dauphin Etranger , 3 Peyre ,
Anjou 3 Aumont ,"
Condé , 3 D'Urfort
3
Du Mame
3 Levy , 3
Du Chaylar , 3 Du Luc , 3
Villars , 3 Noailles ,
Luynes, 3
qui compoferont les Camps qu'on
formera dans peu.
Celui de la Sambre , commandé par le Prince
de Tingri , Lieutenant General
Efcadrons . Efcadrons,
Colonel General ,
4
Le Roi , 3
Mestre de Camp Ge- 1
neral
3
Royal Cuiraffiers ,
Royal Cravates ,
3
3
Dau
$46 MERCURE DE FRANCE,
Escadron. Efcadron.
Dauphin T
Bretagne ,
Berry ,
3 Vaflé , 3.
3 La Motte Houdan-
3 cour , 3
Comte de Clermont , 3 La Ferronaye , 3
Lambefc
S. Simon *
Gefvres 2.
3 Cheppy * 3 3 Coffe
3
3 Ruffec 3
• 3
3
4
La Roche Foucault , 3
En tout 19. Regimens 58. Eſcadrons.
Le Campde la Meufe , commandé par le Comte
de Belle- Ifle.
Efcadrons
Royal Etranger
Royal Rouffilon ,
Royal Allemand
3
Escadrons
La Tour , 3
Lorraine >
3
Montreuil
La Reine , 3 * Brion ,
Le Roi Staniflas 3
Lenoncourt
Orleans x 3 Rolen ,
Bourbon > 3 Bethune
"
Touloufe 3 Nogent , 3
Villeroy * 3 Mouchy ,
18. Regimens 55. Eſcadrons.
Le Camp de la Saone , commandé par le Duc
de Levy.
Efcadrons
Commiffaire General, 3 Cayeux ,
"
Efcadrons
३.
Royal ,
3 De Turenne, 3:
Royal Piémont , 3 Vauldrey
Dauphin Etranger , 3 Peyre ,
Anjou 3 Aumont ,"
Condé , 3 D'Urfort
3
Du Mame
3 Levy , 3
Du Chaylar , 3 Du Luc , 3
Villars , 3 Noailles ,
Luynes, 3
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Résumé : LISTE des Régiments de Cavalerie qui composeront les Camps qu'on formera dans peu.
Le document énumère les régiments de cavalerie constituant trois camps militaires : la Sambre, la Meuse et la Saône. Le camp de la Sambre, dirigé par le Prince de Tingri, comprend 19 régiments et 58 escadrons, incluant les régiments du Roi, Royal Cuiraffiers, Royal Cravates, Dauphin, Bretagne et Berry. Le camp de la Meuse, sous le commandement du Comte de Belle-Isle, compte 18 régiments et 55 escadrons, avec des régiments tels que Royal Etranger, Royal Rouffilon, Royal Allemand, La Tour, Lorraine et La Reine. Enfin, le camp de la Saône, dirigé par le Duc de Levy, inclut les régiments Royal, Royal Piémont, Dauphin Etranger, Anjou, Condé et Villars. Chaque camp est précisé avec le nombre d'escadrons par régiment.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1858
p. 1007-1011
REJOUISSANCES faites à la Martinique, sur la Naissance du Dauphin. Extrait d'une Lettre écrite de cette Isle, le 25. Janvier 1730.
Début :
Le Marquis de Champigny, Gouverneur des Isles du vent de l'Amerique, fit d'abord [...]
Mots clefs :
Martinique, Dauphin, Gouverneur, Illuminations, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REJOUISSANCES faites à la Martinique, sur la Naissance du Dauphin. Extrait d'une Lettre écrite de cette Isle, le 25. Janvier 1730.
REJOUISSANCES faites à la
Martinique,furlaNaiffance duDauphin .
Extrait d'une Lettre écrite de cette Ifle, le
25. Fanvier 1730 .
E Marquis de Champigny , Gouverneur des
Lifles du Vent de l'Amerique , fit d'abord
éclater fa joye par une décharge generale de tous
les Canons de l'Ifle. Et le lendemain 4. Décembre
, il fit chanter le Te Deum , dans l'Eglife Paroiffiale
du Fort Royal de S. Pierre , où il affifta
avec M. d'Orgeville , Intendant de la Martinique ,
les Officiers Majors , le Confeil en Corps & les
Ju1008
MERCURE DE FRANCÊ
Jurifdictions , &c. Delà on alla dans la grande
Place allumer en ceremonie un Feu de joye qui"
y étoit préparé ; les Milices s'y trouverent & firent
trois décharges , pendant qu'on tira du Fort
& du Vaiffeau du Roi , plus de 400. coups de
Canon. M. le Gouverneur fit répandre de l'argent
au Peuple , dont la foule étoit fort grande dans
cette Place , & fur les fept heures du foir il fit tirer
au Fort un Feu d'artifice. Enfuite il donna
fomptueufement à fouper aux perfonnes les plus
confiderables du Pays , qui avoient déja dîné chez
lui , & il fit donner à manger à toutes les Trounes
Françoifes & Suiffes , fur des tables dreffées
rès autour du Château , au milieu defquelles ,
étoient plufieurs Fontaines de Vin qui coulerent'
pendant tout le temps du Repas , lequel fut fuivi
d'un Bal qui dura jufqu'au jour. L'Illumination
de l'Hôtel du Gouverneur dura auffi jufqu'au jour
& fut très-brillante.
My eut le même foir à l'Intendance une Illumination
magnifique , un nombre infini de Lampions
, difpofez avec art , faifoient un effet merveilleux
, on y diftribua à tous les paffans toutes
fortes de Rafraîchiffemens en abondance. Cependant
M. l'Intendant fe préparoit à donner le jous
fuivant une nouvelle Fête pour marquer l'ardeur
de fon zele , mais il fut obligé de s'embarquer
fur le Vaiffeau du Roy pour aller avec M. le
Gouverneur à la Guadeloupe , & il a remis cette
Fête à fon retour.
Toutes les Communautez Religieufes ont fignar
lé leur zele par des Te Deum , chantez folemnellement
, par des Illuminations , &c. Les Jefuites fe
font particulierement diftinguez , n'ayant rien
obmis pour rendre leur Fête des plus folemnelles,
à quoi la fituation de leur Maifon n'a pas peu
contribué. Au Nord du Bourg de S. Pierre eft
une
MAY. 1730. 1009
I
une longue Avenue , bordée de trois rangées d'arbres,
qui conduit à Paglife & au grand.Portail,qui
fait la principale entrée de cette Maifon , compofée
de trois aîles , & fait face à la Mer , dont elle
n'eft éloignée que d'environ 300. pas ; à cent pas
de la Maifon eft une Riviere , & au -delà une
belle Campagne , où fut dreffé le Feu d'artifice .
Dès les cinq heures du foir du 21. Janvier ,
trois déchargés de 21. coups de Canon chacune,
annoncerent le Te Deum , qui fut chanté dans
leur Eglife par de belles voix , accompagnées de
Hautbois ,Violons , Flutes Aliemandes , Baffes de
Violes , & autres Inftrumens. A fept heures , toute
l'Avenue fut illuminée par de grands Flambeaux
de Bois de Chandelle , de 9 a 10. pieds de
hauteur , placez dans les intervales des Arbres, qui
jettoient une grande flamme , & rendoient une
clarté prefque égale à celle du jour. Ce Bois de
chandelle eft refineux & eft le plus beau du Pays,
on en fait des Flambeaux qui ne s'éteignent point,
& qui éclairent extraordinairement.
L'entrée de la Cour préfentoit un fort beau
morceau d'Architecture , c'étoit un Portique foutenu
par des Colomnes de Marbre feint , dont
l'Entablement portoit de grands Vafes à fleurs &
autres ornemens. On y voyoit fur tout les Armes
de France & celles du Dauphiné , foutenues
par des Statues repréfentant la Force & la Juftice :
Aux deux côrez du Portrait , on voyoit deux Niches
de Rocaille , dans lefquelles étoient deux
Dauphins, qui jettoient une grande quantité d'eau
formant une Nape , qui couloit parmi des Coquillages,
& fe répandoit dans deux Baffins de
Marbre élevez fur des piedeftaux auffi de
Marbre.
"
Un autre grand Baffin, placé dans la cour, contenoit
dans fon milieu un Rocher escarpé , aux
quatre
1010 MERCURE DE FRANCE
quatre coins duquel on voyoit des Groupes . de
petits Dauphins qui jettoient de l'eau, & fervoien
Comme de Piedeital à un autre grand Dauphin ,
lequei pouffoit un Jet d'eau de 25. pieds de hau
_teur , & en même temps des flammes par le
moyen de differens tuyaux , ce qui faifoit un
effet très-éclatant.
Toute la façade & les deux aîles de cette grande
Maiſon étoient cependant tout en feu par Pabondance
& la varieté de l'Iumination , ce qui
formoit un afpect magnifique , fur tout du côté
de la Mer , où une infinité de Chaloupes & de
Canots , remplis d'une multitude de Spectateurs,
contribuerent beaucoup à la beauté de la Fête.
A peine l'Illumination fut-elle achevée, qu'il partit
de la Maiſon un Dragon enflammé , qui porta
le feu à l'Artifice , fitué , comme on l'a dit , audelà
de la Riviere , & éloigné de 400. pas. L'Edifice
qui le contenoit avoit plus de 60. pieds de
hauteur , fur 35. de largeur , & formoit comme
un grand Arc de Triomphe compofé dans toutes
les regles de la meilleure Architecture. Au milieu
de la Frife on voyoit ces mots en Lettres de feu ,
Vive le Roy , qu'on pouvoit lire diftinctement de
très- loin. Sur la Corniche regnoit une belle Baluftrade
, aux deux bouts de laquelle étoient les
Statues de la Paix & de l'Abondance avec leurs
attributs. On voyoit ailleurs celles de la France
& de la Religion , & plufieurs autres Figures &
Ornemens fimboliques , convenables à ce grand
Lujet.
Au bas de la Figure de la Renommée étoient
ces mots : NASCENTE DELPHINO , &
au bas de quatre autres Figures : GALLIA FELIX,
RELIGIO TUTA ABUNDANTIA
CERTA , PAX FIRMA , fans parler de quantité
d'Emblèmes & de Devifes ingénieufes placées
dans
MAY. 1730. ΙΟΙΙ
dans les endroits convenables , & qui furent très
applaudies.
L'Artifice réuffit parfaitement ; on admira fur
tout un grand Soleil fixe qui furprit tout le monpar
l'éclat de fa lumiere & par fa durée. Tout
le fpectacle finit par une décharge de quantité de
de
Boetes.
Il ne faut pas oublier
que cette Fête fi brillante,
& dont le fuccès a été fi heureux
, eft dûe au zele
& à la fagaci é du R. P. Le Brun , Superieur
General
des Miffions
de l'Amérique
, qui dans un
Pays denué de la plupart
des chofes
neceffaires
,
a trouvé
le moyen
de faire tout ce que le plus
habile Artifte auroit pû executer
dans la meilleure
Ville de l'Europe.
par
Les Dominicains fe font auffi beaucoup fignalés
dans cette occafion. Le R, P. Mane , Supérieur
Géneral de leurs Miffions dans les Illes , a donné
une Fête des plus brillantes , qui commença par
le Te Deum , chanté en Mufique , & fut continuée
le bruit d'une nombreuſe Artillerie , par
un Feu d'Artifice des mieux entendus , & heu →
reufement executé , par une Illumination magnifique
, & enfin par un grand repas donné à M.
le Commandant & aux perfonnes les plus qualifiées
, fans parler des aumônes & des liberali,
tés confiderables en faveur des Pauvres &c.
Martinique,furlaNaiffance duDauphin .
Extrait d'une Lettre écrite de cette Ifle, le
25. Fanvier 1730 .
E Marquis de Champigny , Gouverneur des
Lifles du Vent de l'Amerique , fit d'abord
éclater fa joye par une décharge generale de tous
les Canons de l'Ifle. Et le lendemain 4. Décembre
, il fit chanter le Te Deum , dans l'Eglife Paroiffiale
du Fort Royal de S. Pierre , où il affifta
avec M. d'Orgeville , Intendant de la Martinique ,
les Officiers Majors , le Confeil en Corps & les
Ju1008
MERCURE DE FRANCÊ
Jurifdictions , &c. Delà on alla dans la grande
Place allumer en ceremonie un Feu de joye qui"
y étoit préparé ; les Milices s'y trouverent & firent
trois décharges , pendant qu'on tira du Fort
& du Vaiffeau du Roi , plus de 400. coups de
Canon. M. le Gouverneur fit répandre de l'argent
au Peuple , dont la foule étoit fort grande dans
cette Place , & fur les fept heures du foir il fit tirer
au Fort un Feu d'artifice. Enfuite il donna
fomptueufement à fouper aux perfonnes les plus
confiderables du Pays , qui avoient déja dîné chez
lui , & il fit donner à manger à toutes les Trounes
Françoifes & Suiffes , fur des tables dreffées
rès autour du Château , au milieu defquelles ,
étoient plufieurs Fontaines de Vin qui coulerent'
pendant tout le temps du Repas , lequel fut fuivi
d'un Bal qui dura jufqu'au jour. L'Illumination
de l'Hôtel du Gouverneur dura auffi jufqu'au jour
& fut très-brillante.
My eut le même foir à l'Intendance une Illumination
magnifique , un nombre infini de Lampions
, difpofez avec art , faifoient un effet merveilleux
, on y diftribua à tous les paffans toutes
fortes de Rafraîchiffemens en abondance. Cependant
M. l'Intendant fe préparoit à donner le jous
fuivant une nouvelle Fête pour marquer l'ardeur
de fon zele , mais il fut obligé de s'embarquer
fur le Vaiffeau du Roy pour aller avec M. le
Gouverneur à la Guadeloupe , & il a remis cette
Fête à fon retour.
Toutes les Communautez Religieufes ont fignar
lé leur zele par des Te Deum , chantez folemnellement
, par des Illuminations , &c. Les Jefuites fe
font particulierement diftinguez , n'ayant rien
obmis pour rendre leur Fête des plus folemnelles,
à quoi la fituation de leur Maifon n'a pas peu
contribué. Au Nord du Bourg de S. Pierre eft
une
MAY. 1730. 1009
I
une longue Avenue , bordée de trois rangées d'arbres,
qui conduit à Paglife & au grand.Portail,qui
fait la principale entrée de cette Maifon , compofée
de trois aîles , & fait face à la Mer , dont elle
n'eft éloignée que d'environ 300. pas ; à cent pas
de la Maifon eft une Riviere , & au -delà une
belle Campagne , où fut dreffé le Feu d'artifice .
Dès les cinq heures du foir du 21. Janvier ,
trois déchargés de 21. coups de Canon chacune,
annoncerent le Te Deum , qui fut chanté dans
leur Eglife par de belles voix , accompagnées de
Hautbois ,Violons , Flutes Aliemandes , Baffes de
Violes , & autres Inftrumens. A fept heures , toute
l'Avenue fut illuminée par de grands Flambeaux
de Bois de Chandelle , de 9 a 10. pieds de
hauteur , placez dans les intervales des Arbres, qui
jettoient une grande flamme , & rendoient une
clarté prefque égale à celle du jour. Ce Bois de
chandelle eft refineux & eft le plus beau du Pays,
on en fait des Flambeaux qui ne s'éteignent point,
& qui éclairent extraordinairement.
L'entrée de la Cour préfentoit un fort beau
morceau d'Architecture , c'étoit un Portique foutenu
par des Colomnes de Marbre feint , dont
l'Entablement portoit de grands Vafes à fleurs &
autres ornemens. On y voyoit fur tout les Armes
de France & celles du Dauphiné , foutenues
par des Statues repréfentant la Force & la Juftice :
Aux deux côrez du Portrait , on voyoit deux Niches
de Rocaille , dans lefquelles étoient deux
Dauphins, qui jettoient une grande quantité d'eau
formant une Nape , qui couloit parmi des Coquillages,
& fe répandoit dans deux Baffins de
Marbre élevez fur des piedeftaux auffi de
Marbre.
"
Un autre grand Baffin, placé dans la cour, contenoit
dans fon milieu un Rocher escarpé , aux
quatre
1010 MERCURE DE FRANCE
quatre coins duquel on voyoit des Groupes . de
petits Dauphins qui jettoient de l'eau, & fervoien
Comme de Piedeital à un autre grand Dauphin ,
lequei pouffoit un Jet d'eau de 25. pieds de hau
_teur , & en même temps des flammes par le
moyen de differens tuyaux , ce qui faifoit un
effet très-éclatant.
Toute la façade & les deux aîles de cette grande
Maiſon étoient cependant tout en feu par Pabondance
& la varieté de l'Iumination , ce qui
formoit un afpect magnifique , fur tout du côté
de la Mer , où une infinité de Chaloupes & de
Canots , remplis d'une multitude de Spectateurs,
contribuerent beaucoup à la beauté de la Fête.
A peine l'Illumination fut-elle achevée, qu'il partit
de la Maiſon un Dragon enflammé , qui porta
le feu à l'Artifice , fitué , comme on l'a dit , audelà
de la Riviere , & éloigné de 400. pas. L'Edifice
qui le contenoit avoit plus de 60. pieds de
hauteur , fur 35. de largeur , & formoit comme
un grand Arc de Triomphe compofé dans toutes
les regles de la meilleure Architecture. Au milieu
de la Frife on voyoit ces mots en Lettres de feu ,
Vive le Roy , qu'on pouvoit lire diftinctement de
très- loin. Sur la Corniche regnoit une belle Baluftrade
, aux deux bouts de laquelle étoient les
Statues de la Paix & de l'Abondance avec leurs
attributs. On voyoit ailleurs celles de la France
& de la Religion , & plufieurs autres Figures &
Ornemens fimboliques , convenables à ce grand
Lujet.
Au bas de la Figure de la Renommée étoient
ces mots : NASCENTE DELPHINO , &
au bas de quatre autres Figures : GALLIA FELIX,
RELIGIO TUTA ABUNDANTIA
CERTA , PAX FIRMA , fans parler de quantité
d'Emblèmes & de Devifes ingénieufes placées
dans
MAY. 1730. ΙΟΙΙ
dans les endroits convenables , & qui furent très
applaudies.
L'Artifice réuffit parfaitement ; on admira fur
tout un grand Soleil fixe qui furprit tout le monpar
l'éclat de fa lumiere & par fa durée. Tout
le fpectacle finit par une décharge de quantité de
de
Boetes.
Il ne faut pas oublier
que cette Fête fi brillante,
& dont le fuccès a été fi heureux
, eft dûe au zele
& à la fagaci é du R. P. Le Brun , Superieur
General
des Miffions
de l'Amérique
, qui dans un
Pays denué de la plupart
des chofes
neceffaires
,
a trouvé
le moyen
de faire tout ce que le plus
habile Artifte auroit pû executer
dans la meilleure
Ville de l'Europe.
par
Les Dominicains fe font auffi beaucoup fignalés
dans cette occafion. Le R, P. Mane , Supérieur
Géneral de leurs Miffions dans les Illes , a donné
une Fête des plus brillantes , qui commença par
le Te Deum , chanté en Mufique , & fut continuée
le bruit d'une nombreuſe Artillerie , par
un Feu d'Artifice des mieux entendus , & heu →
reufement executé , par une Illumination magnifique
, & enfin par un grand repas donné à M.
le Commandant & aux perfonnes les plus qualifiées
, fans parler des aumônes & des liberali,
tés confiderables en faveur des Pauvres &c.
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Résumé : REJOUISSANCES faites à la Martinique, sur la Naissance du Dauphin. Extrait d'une Lettre écrite de cette Isle, le 25. Janvier 1730.
Le 25 janvier 1730, la Martinique célébra la naissance du Dauphin par des réjouissances officielles. Le Marquis de Champigny, Gouverneur des îles du Vent de l'Amérique, manifesta sa joie par une décharge générale de canons. Le 4 décembre, un Te Deum fut chanté dans l'église paroissiale du Fort Royal de Saint-Pierre, en présence des officiers majeurs, du conseil, des juridictions et du peuple. Cette célébration inclut un feu de joie sur la grande place, accompagné de décharges de milices et de canons. Le gouverneur distribua de l'argent, organisa un feu d'artifice et offrit un somptueux souper aux personnalités importantes, suivi d'un bal et d'une illumination de l'hôtel du gouverneur. L'Intendant d'Orgeville avait également préparé une fête, mais dut partir pour la Guadeloupe avec le gouverneur. Les communautés religieuses, notamment les Jésuites, marquèrent l'événement par des Te Deum solennels et des illuminations. Les Jésuites organisèrent une fête somptueuse avec des illuminations, des feux d'artifice et un repas pour les notables. Les Dominicains, dirigés par le Père Mane, célébrèrent également l'événement avec un Te Deum, des feux d'artifice, une illumination et un repas pour les personnalités qualifiées, ainsi que des aumônes pour les pauvres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1859
p. 1011
TURQUIE ET PERSE.
Début :
On écrit de Constantinople qu'on y avoit reçû avis que le Prince Thamas, après la [...]
Mots clefs :
Turquie, Perse, Thamas Kouli-Kan
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texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
TURQUIE ET PERSE.
N écrit de Conftantinople qu'on y avoit
reçû avis que le Prince Thamas , après la
prife d'Ifpaham , étoit en pleine marche avec fon
Armée pour aller reconquerir les Places & Provinces
cedées à la Porte par le Sultan Acheraf
dont on confirme la mort.
N écrit de Conftantinople qu'on y avoit
reçû avis que le Prince Thamas , après la
prife d'Ifpaham , étoit en pleine marche avec fon
Armée pour aller reconquerir les Places & Provinces
cedées à la Porte par le Sultan Acheraf
dont on confirme la mort.
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1860
p. 1012-1025
RÉJOUISSANCES faites au Palais de France, & au Quartier de l'Ambassadeur du Roi à Constantinople. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville le 19. Mars 1730.
Début :
Sur les premiers avis qu'on eut à Constantinople que le Ciel avoit accordé un Dauphin aux [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, Constantinople, Dauphin, Cérémonie, Fête, Ministres, Danse, Vizir, Palais, Ornements
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉJOUISSANCES faites au Palais de France, & au Quartier de l'Ambassadeur du Roi à Constantinople. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville le 19. Mars 1730.
REJOUISSANCES faites au Pa-
:
C
lais de France , & au Quartier de l'Ambaffadeur
du Roi à Conftantinople. Extrait
d'une Lettre écrite de cette Ville le
19. Mars 1730.
Ur les premiers avis qu'on eut à Conftantinople
que le Ciel avoit accordé un Dauphin aux
voeux ardens de toute la France , M. le Marquis
de Villeneuve , Ambaffadeur du Roi à la Porte ,
fe prépara à faire éclater fa joye par une
Fête qui devoit durer trois jours. Il fit d'abord
mettre en mouvement ce qu'on pût trouver
d'Ouvriers pour l'execution du Plan qu'il avoit
formé pour celebrer cette augufte Naiffance. Il
ne reçût les ordres de la Cour que le 15. Novembre.
Le 17. au matin , M. l'Ambaffadeur envoya
fon premier Secretaire au Sérrail,pour donner part
de cette nouvelle au Grand- Vizir , & le prévenir
en même - tems fur les Réjouiflances & les lluminations
qu'il fe propofoit de faire , ce premier
Miniftre parut s'inter fler véritablement au bonheur
de la France. Delà , on alla chez le Kiaya
ou Lieutenant du Vizir & chez le Reis - Efendi , ou
Chancelier , qui reçûrent cette nouvelle avec de
grandes démonftrations de joye ; ce dernier répondit
que la Porte prenoit autant de part
évenement que s'il étoit né un fucceffeur à l'Empire
Ottoman.
à cer
L'après-diné , on alla chez les Ambaffadeurs
d'Angleterre & de Hollande pour leur annoncer
cette Naiffance , auffi -bien que chez les Réfidens
de l'Empereur & de Mofcovie , & chez M. Bartolini
, Secretaire chargé des affaires de la République
MAY. 1730. 1013
publique de Venife , depuis la mort du Bayle
Delphino. Dès le même jour tous ces Miniftre
envoyerent complimenter le Marquis de Villeneuve.
>
Le lendemain , le Grand- Seigneur lui fit faire
des complimens de félicitation par le neveu du
Prince de Valachie , accompagné d'un des principaux
Drogmans du Sérail. Quelques jours après
l'Ambaffadeur d'Angleterre alla , en cerémonie
avec toute fa Maiſon,féliciter S. E; l'Ambaffadeur
d'Hollande y alla le lendemain ; les jours fuivans
furent employés à recevoir de femblables
vifites des Réfidens d'Allemagne & de Mofcovie,
ou à les rendre à ces Miniftres. M. Bartolini fir
auffi la fienne , que le Marquis de Villeneuve lui
rendit , mais fans cerémonie.
Tout ce Cerémonial rempli ; c'eut été le veritable
tems de donner la fête projettée ; mais malgré
tous les foins du S. Vaumour , Peintre du
Roi , qui en avoit la conduite , & qui étoit chargé
d'executer lui-même le plus effentiel en matiere
de décorations & de peinture , M. l'Ambaffadeur
fut obligé de renvoyer au 9. de Janvier le
commencement des réjouiffances ; on craignoit
même qu'elles ne fuffent encore retardées par la
grande quantité de neige qui tomba le 7 & le
8. cependant par un bonheur inefperé , le 9. au
matin , le Ciel s'éclaircit , le tems devint calme
& ce qui eft encore plus remarquable , il n'y eut
précisément de beaux jours que les trois dont on
avoit befoin , la pluye & la neige ayant recom→
mencé à tomber avec abondance dès le lendemain.
On avoit conſtruit un Edifice de charpente dans
la rue de Pera , appuyé d'un côté contre les montans
de la Porte du Palais de France , & de l'autre
contre la muraille de la Maiſon oppofée , ce
H qui
>
1014 MERCURE DE FRANCE
qui formoit une espece de Pavillon quarré, élevé
fur quatre Arcades , dont deux laiffoient le paffage
de la rue libre , & une autre conduifoit au
Palais . Toute cette charpente étoit couverte de
branches de Laurier , & ornée à la Turque , c'eſt-
-à- dire , éclairée de quantité de lampes de verre ,
peint de diverfes couleurs , & enjolivée de cent
fortes de colifichets dans le goût du Païs , faits de
bois fort mince , couvert de coton , de bandes
de papier de toutes couleurs & de clinquant d'or
en lame & découpé , la plupart de ces ornemens
repréfentoient des Fleurs de Lys & des Dauphins.
Il pendoit du milieu du fommet de ce Pavillon
un Dôme à jour , appuyé fur deux grands Triangles
, qui fe coupant à Angles droits , formoient
une Etoile à fix pointes , dont le milieu étoit occupé
par une Lanterne mouvante , fort éclairée ,
d'environ trois piés de hauteur.
Pour relever par quelque morceau de goût ,
ces petits ornemens , fi agréables aux yeux des
Turcs , on avoit placé fur la frife de chacune des
deux Arcades un tableau ceintré , dans lequel étoit
peinte une Renommée de grandeur naturelle ,
fendant les airs , fonnant de la Trompette , garnie
de fa banderole fleurdelifée , & tenant l'Ecu
des Armes du Dauphin, avec ces mots autour
du ceintre :
Nunc ortus , mox gefta.
L'Allée qui conduit de cette Porte exterieure à
l'interieure du Palais , longue de plus de cent
piés , fur douze de largeur , étoit divifée de part
& d'autre en 32. Arcades de fept piés de haut
ornées comme le Pavillón ; & outre les Lampes
mêlées par compartimens, qui pendoient du haut
de chaque Arcade , il y avoit des Pots à feu fur
chacun de leur montant , & de chaque côté deux
filets de Gobelets , peints de Fleurs de Lys , de
Dauphins
MAY 1730. IOI'S
و ا
Dauphins couronnés, & des Armes de France le
premier de ces filets étoit fur la Balustrade d'apui
de l'Allée , & le fecond regnoit fur les Arcades.
Un Frontifpice d'Ordre Dorique de 26. piés de
haut cachoit entierement la Porte interieure du
Palais , & celle de la Décoration faite en ceintre
avoit les montans feints de lapis jufqu'à l'impofte;
les panneaux de chaque côté étoient de differens
marbres , ornés de Feftons & dans les angles
-du ceintre il y avoit des Dauphins auffi de lapis
fur un fond d'or. La Frife chargée de Trigliffes,
à l'ordinaire, portoit dans fes Métopes des Fleurs
de Lys & des Dauphins , & au- deffus de la Corniche
, ornée de denticules , étoit un Socle qui
portoit un tableau allegorique de fept piés de
-hauteur,& chantourné dans une proportion convenable
au tout ; on y voyoit la France qui préfentoit
à l'Europe le Dauphin en maillot , avec le
-Cordon Bleu & la Paix à côté avec divers attributs
; on lifoit au deffous Eterna pignora
pacis. Au-deffus on voyoit les Armes de France,
dans le tympan d'un Fronton circulaire.
Au delà de cette premiere Porte , tout étoit en
décorations , fur tout une infinité d'Arcades plus
ou moins élevées felon la fituation du Terrain .
La Terraffe appellée le Boulingrin de 180. piés
d'étendue , fur 55. de largeur , fe préſentoit d'abord
à la vûë ; le fond de cet efpace étoit occupé
par un autre Portail , feint de differens marbres
& du même Ordre que le premier ; il avoit 24.
piés de hauteur & 20 de largeur , fon ouverture
ceintrée étoit fermée par une toile fort claire ,
fur laquelle brilloit un Soleil , dardant fes rayons
de toutes parts ; au deffus , & à quelque diſtance
du corps du Soleil , s'élevoit un Dauphin couronné
, & au moyen de certains Fanaux du Pays
qu'on avoit mis derriere la toile , elle paroiffoit.
Hij toute
1016 MERCURE DE FRANCE
>
toute penetrée de lumière. Aux deux côtés de la
Porte du Frontifpice étoient des Pilaftres , & dans
l'Arriere-corps une niche ceintrée avec une
grande figure , peinte en camayeu. Celle de la
gauche repréfentoit Cerès , tenant une Corne
d'abondance , avec cette infcription : Redeunt
Saturnia R‹gna. Et celle de la droite , repréfentant
la Paix , tenoit d'une main un Flambeau
renverfé , & de l'autre une branche d'Olivier ;
on voyoit à côté un Olivier , du pied duquel fortoit
un rejetton , avec ces paroles : Factura nepotibus
umbram.
Au-deffus de la Corniche de ce Portail , regnoit
un Attique , furmonté d'un Fronton triangulaire,
avec les Armes de France , environné de Trophées
&c. Sur la pointe du Fronton , & aux extremités
du Bâtiment étoient de grands Vafes qui
fervoient de Pots à feu , & à chaque côté de cette
repréſentation , il y avoit une Piramide triangulaire
un peu plus élevée , peinte en rouge , qui
formoit comme un Grouppe d'échelles de Jardin
dont les échelons étoient illuminés du haut en
bas , & ayant un grand Pot à feu à ſon ſommet.
Les deux côtés de la longueur de ce Boulingrin
étoient bordés d'une continuité d'Arcades de
charpente , couvertes & ornées de la même maniere
que celles dont on a déja parlé. Vers le
milieu de ces Arcades ,à droite , il y a un Berceau,
vers le milieu duquel on avoit élevé un mât d'environ
40. piés de hauteur , terminé par une Fleur
de Lys dorée , de la pointe de ce mat tomboient
tout autour des cordes chargées de lampes , lefquelles
s'écartant circulairement les unes des
autres jufques fur le berceau où elles étoient tendues
& attachées , repréfentoient un cône lumineux.
Au deffous il y avoit en faillie fur le Jardin
june rouë à jour , de fix piés de diamettre , autour
MAY. 1730 . 1017
tour de laquelle étoient neuf boetes fufpendues ,
& percées par le fond , d'où fortoient plufieurs
lampes , & par une manivelle on faifoit tourner
cette roue , qui dans fon mouvement paroiffoit
tout en feu.
De ce Berceau , la fuite des Arcades étoit prolongée
à droite & à gauche jufqu'au Veftibule
du Palais . Mais avant que de parler de fon interieur
, il eft à propos de décrire fuccinctement
les embelliffemens qui avoient été faits dans le
Jardin.
En face de l'Escalier eft une petite Allée d'Arbres
, taillés en charmille ; on en avoit décoré
l'entrée par une Porte d'environ 20. piés de haut,
du fommet de laquelle pendoient des ornemens
dans le goût du Païs & fur l'entablement de
cette porte étoient pofées trois petites Piramides;
celles des extrémités portant une Fleur de Lys ,
& celle du milieu un Soleil , le tout doré & très
bien illuminé.
'
Dé cette Allée dont le refte étoit auffi en Arcades
, on entroit dans la grande , celle-ci bordée
comme la précedente, à droite & à gauche,par
des buis taillés à hauteur d'apui , à près de so.
roifes de longueur , fur plus de 4. de largeur , les
ornemens à la Turque qu'on y avoit mis dans
42. Arcades de chaque côté étoient à peu près
dans le même goût que les précedens. On ne
parlera que de la décoration principale , placée à
fon haut bout.
´¨ C'étoit un mur revêtu d'une espece de placage
compofé de panneaux de differens marbres , or
nés de Feftons &c. Ce mur avoit 20. piés de hauteur
,fur 24. de largeur , & à chaque extremité
s'élevoit une Piramide femblable à celles du Boufingrin.
Au milieu s'élevoit un Pavillon , formé
d'une Coupole & d'un Manteau Royal , dont les
Hiij extre
fo18 MERCURE DE FRANCE
extremités relevées & nouées en Feftons de chaque
côté , laiffoient voir un Perée qui offroit dans le
lointain le fameux Bofphore de Thrace , à l'alignement
de la pointe du Sérail.
On voyoit fortir du fein de la Mer , fur la furface
de laquelle fe jouoient plufieurs Dauphins
un Soleil levant , & dans les rayons de cet Aftre
paroiffoit une Etoile. Sur le devant du Tableau,
une Renommmée en l'air embraffoit d'une main'
l'Ecuffon de France , & de l'autre tenoit la trompette
dont la banderole étoit ornée d'un Dauphin
couronné. Au-deffus du Pavillon étoit un Fronton
triangulaire , rempli de Trophées , & audeffous
du lointain on lifoit ces paroles : Novo
colluftrat lumine Terras , faifant allufion à la
découverte des Aftronomes de l'Obfervatoire du
Roi , qui quelques jours avant la Naiffance du
Dauphin remarquerent une Etoile près du Dif→
que du Soleil qu'ils n'avoient point encore apperçûë.
En revenant ſur ſes pas , après être forti des
deux Allées , on voyoit devant l'Orangerie qui
eft au fond du Jardin une Illumination à la Turque
tout à fait finguliere ; auffi les Mufulmans
qui l'entreprirent voulurent - ils fe rendre le Ciel
propice par le facrifice d'un mouton qu'ils égorǝ
gerent fur le lieu même. Ils avoient planté en
terre deux gros Mâts de plus de cent piés de
haut , à 20. pas de diſtance l'un de l'autre , & par
moyen d'une poulie , vers la pointe de chacun
de ces Mâts , ils en élevoient un troifiéme horizontalement
, d'où pendoit une infinité de cordes
fur lefquelles ils avoient deffiné les Armes de
France avec des Lampes attachées à des noeuds
qui marquoient le trait des figures , comme on
feroit avecdes points fur du papier ; bien entendu
qu'ils attachoient & allumoient ces Lampes avant
le
>
que
MA Y. 1019 1730 .
que de guinder le Mât de traverſe.
Le dernier jour de la Fête , pour varier le fpec
tacle , ils repréfenterent un Vaiffeau avec fes
agrets, qui réuffit à merveille ; de forte que dans
Pobfcurité de la nuit , les Mâts & les cordes difparoiffant
totalement à la vûe , c'étoit un objet
auffi agréable que furprenant, de voir en l'air des
figures qui fembloient ne tenir à rien , & n'être
formées que par des Etoiles.
En fe retournant , les yeux n'étoient pas moins
éblouis par l'Illumination du Palais. Le corps
de ce Bâtiment eft un grand quarré , iſolé de
trois côtés ; à chaque angle de la Gallerie qui les
entoure , il. y avoit une roue pareille à celle du
Boulingrin , & de cette Galerie jufqu'au toit , a
la hauteur de ro. piés , tout étoit fi orné de Fleurs
de Lys,de Lozanges & d'autres figures entremêlées
de Gobelets & de Lampes diverfement colorées que
dans de certains points de vue , comme du Sérail
& de Top-hana ou de l'Arcenal , cela produifoit
un effet admirable.
Etant remonté du Jardin , ce qui s'appercevoit
d'abord étoit le Veftibule ; fur fa principale face,
longue de 32. piés étoit un Tableau de plus de
6. piés de hauteur , repréfentant un Pavillon d'ou
fortoit un Manteau Royal , relevé de part &
d'autre , & formant plufieurs Feftons ; au milieu,
fous la Coupole du Pavillon , les Armes de Fran
ce étoient en grand , avec deux Anges affis pour
Supports , & à chaque côté celles du Dauphin.
Dans la grande Salle à plain pied , qui n'eft
confiderée que comme une Anti - chambre , il n'y
avoit rien de plus qu'à l'ordinaire , finon beau
coup de bougies qui l'éclairoient tout autour
vers la moitié de cette Salle , on moste par un
petit Perron dans celle où devoit fe donner le Repas
& le Bal. Cette derniere a plus de 46. piés de
Hij lon1020
MERCURE DE FRANCE
longueur , & plus de 20. de largeur ; elle étois
ornée d'un grand nombre de Glaces , de Luftres,
de Girandoles & de Bras qui formoient un coup
d'oeil très-brillant , & les fix ou fept chambres
qui l'environnent étoient pareillement décorées
la plupart de fophas à la Turque , pour recevoir
les Dames du Pays , qui ne font pas accoutumées
à fe fervir de chaifes .
:
Toutes chofes ainfi préparées , & M. l'Ambaffadeur
ayant fait inviter les Miniftres Etrangers
, leurs Maifons & leurs Nations , S. E. pour
raffembler à fa Fête tous les plaifirs qui pouvoient
contribuer à la rendre plus agréable , fir
venir au Palais la troupe des Comédiens du Grand-
Seigneur , au nombre de 45. mais en même tems,
voulant prévenir la confufion & le défordre, qu'elle
avoit lieu de craindre , du concours de gens de
tant de Nations , elle fit demander à la Porte un
Vifir- Aga , & un Chorbagi , avec 100. Janiffaires
le Grand - Vifir les accorda de bonne
grace : il pria en même tems , qu'on ne fit point
couler de Fontaines de vin pour le Peuple , comme
cela fe pratique ailleurs : le Marquis de Villeneuve
entrant dans les vûës de ce Miniftre , fubftitua
à la place d'une liqueur fi dangereuſe dans
ce païs , & d'ailleurs interdite aux Mahometans
du Sorbet , du Café , des Pipes & du Tabac
qu'on fit largement diftribuer à la porte de la
rue , dans l'interieur du Palais * à la Chambre
où l'on avoit logé le Chorbagi & fes gens ,
fur le Boulingrin , à tous les allans & venans ,
faveur defquels on ne put même s'empêcher de
vuider quelques tonneaux de vin , mais avec de fi
grandes précautions , que cela ne produifit que
plus de gayeté , fans aucune mauvaiſe fuite.
&
*
en
"
Le 8. Janvier,le Chorbagi & fes Janiffaires , marchant
dansles rues de Conftantinople, en bon ordre,
vinrent
MAY. 173.0. 1021
vinrent s'établir au Palais : ils avoient fur la tête
leur grand bonnet de cérémonie , & portoient
leur Turban à la main : trois chevaux chargez de
leur baterie de cuifine , les précédoient , ainfi que
leur Saka ou porteur d'eau , en culotte & en
pourpoint de cuir noir , garni de boutons d'ar
gent , gros comme des bales de jeu de paume ,
de leur Cuifinier , qui avoit auffi un ample Tablier
de cuir pareil , fi couvert de chaînes , de
plaques , & d'autres ornemens d'argent maſſif ,
qu'à peine pouvoit- il marcher.
&
Le 9. dès la pointe du jour M. l'Ambaffadeur
ne crut pas pouvoir commencer plus dignement
une Fête , qui avoit pour objet principal un acte
de reconnoiffance envers Dieu , qu'en exerçant fa
charité fur environ deux mille Efclaves Chrétiens
de toutes Nations , qui gémiffent dans les fers au
Bagne ou Darce , & fur les Galeres du Grand--
Seigneur , S. E. leur fit diftribuer par ſon Au→
mônier , de la viande , du ris , & du pain ,
quoi ces pauvres infortunez furent fi fenfibles
qu'oubliant la dureté de l'Efclavage , ils adrefferent
leurs voeux au Ciel , pour la profperité du
Roi,de la Famille Royalle , & de toute la France.
Vers les huit heures du matin , cinq Bâtimens
François pavoifez & mouillez dans le Port , annoncerent
cette Fête par une décharge de tous
leurs Canons ; ils repéterent la même falve à
midi , lorfqu'on chanta le Te Deum , & un peu
avant le coucher du Soleil : & les deux jours fui
vans
ils tirerent feulement , le matin , à midiy
& avant la nuit.
L'après - dîné , la Nation Françoife , étant montée
à Pera , par ordre , M. l'Ambaffadeur , &
Madame l'Ambaffadrice allerent en grand cor-
* Pera eft le quartier de l'Ambaßadeur de
France .
1022 MERCURE DE FRANCE
tege à l'Eglife des Capucins , où l'on chanta le
Te Deum , en action de graces. Le pere Cuftode
ou Superieur General , y prononça un Diſcours.
Ces Peres fignalerent leur zele & leur pieté , en
décorant leurs Eglifes d'une infinité de devifes ,
& d'emblêmes , qui retraçoient les principaux
évenemens de l'heureux Regne de Sa Majesté.
λ
Après cette pieuſe cérémonie , Leurs Excellences
avec tous ceux qui y avoient aſſiſté ,
rentrerent au Palais , où les Miniftres fe rendirent
fucceffivement , accompagnez de leurs Maifons
& de leurs Nations. On s'amuſa juſqu'à
l'heure du fouper , les uns à jouer , & le plus
grand nombre à voir les danfes , & les farces
Turques , qui plurent infiniment aux gens du
païs..
A neuf heures , on fervit le fouper , il y avoit
cing tables principales : La premiere étoit en fera-
cheval , & de 130. Couverts ; M. l'Ambaſſadeur
& Madame l'Ambaffadrice ,, les Miniftres
Etrangers , l'Archevêque de Cartage & quel--
ques autres perfonnes de confideration , en occuperent
le haut bout : les côtés , tant en dedans
qu'en dehors , furent remplis par les Dames , &
par une partie des hommes des Nations invitées..
L'étendue & la décoration de la Sale , la magnificence
du repas , la varieté des habits , furtout
d'environ 60. femmes ; leur coëfure finguliere
chargée d'or & de pierreries , tout cela formoit
un coup d'oeil auffi fingulier qu'admirable , &
dont quelques Turcs diftinguez qui étoient venus :
incognito , furent fi frappez , qu'ils ne pouvoient
fe laffer d'en marquer leur étonnement.
L'Ambaffadeur d'Angleterre porta la fanté du
Dauphin , l'Ambaffadeur de Hollande , celle du
Roi , de la Reine , & de la Famille Royale
qui furent bues avec les cérémonies ordinaires.
M..
M A Y. 1730 . 1023
M. l'Ambaffadeur , après les en avoir remerciez ,
but, fuivant l'uſage, à la fanté de la Patronance,
enfuite l'Ambaffadeur d'Angleterre
fanté de M. le Cardinal de Fleury.
› porta la
Le premier Drogman de la Porte, & le neveu
du Prince de Valachie , que le Marquis de Ville
neuve avoit auffi conviez , ayant fouhaité de fouper
en particulier avec quelques Grecs , qu'ils
avoient amenez , on leur fervit une table , dans
une des Chambres à côté de la Sale.
à
Les trois autres tables , dreffées dans la premiere
Sale , de 30. 40. Couverts chacune , furent
remplies par des perfonnes de toutes les Nations
qui n'avoient pú trouver place à la grande ,
& par les Marchands François qui répondant aux
intentions de S. E. furent chargez d'avoir atten
tion que rien ne manquât.
On fortit de table à onze heures ; le bal commença
peu après , & dura jufqu'à cinq heures du
matin. Les Turcs ne furent pas moins étonnez de
nos danfes , mêlées d'hommes & de femmes , fi
contraires à leurs ufages . Madame l'Ambaffadrice
ouvrit le Bal avec M. l'Ambaffadeur d'Angleterre,
& danfa tour de fuite avec les autres Miniftres ,
après quoi chacun fe prit indifferemment fans cé--
rémonie de cette maniere , & par le fecours des
contre-danfes , & des danfes grecques , tout
le monde eut part à ce plaifir , fans compter
qu'on danfoit auffi , & qu'on jouoit alternativement
la Comédie dans d'autres appar--
témens.
Le lendemain , les chofes fe pafferent de la
même maniere , fi ce n'eft que n'y ayant eu que
les Miniftres , quelques perfonnes étrangeres ,
& la Nation Françoife d'invitées , on ne fervit
que la Table de 130. Couverts , avec quelques
autres moindres dans les Chambres voifines. La
H vj foirée
1024 MERCURE DE FRANCE
foirée fut encore plus calme que la précédente ,
& très-favorable àl'illumination.
Le onze , troifiéme jour des réjoüiffances , fut
fi beau , que les Comédiens donnerent fur le Boulingrin
plufieurs de leurs Scenes comiques , accompagnées
de danfes devant une grande multitude
de Turcs , de Grecs , d'Armeniens & de
Juifs.
Outre les perfonnes invitées la veille, M. l'Ambaffadeur
fit auffi convier la Nation Genevoife ,
qui eft ici fous la protection de France on lui
dreffa dans la premierė Sale , une Table de 60,
Couverts , dont quelques Secretaires de S. E. firent
les honneurs .
Cette derniere nuit feconda fi bien les nouveaux
foins , qu'on avoit pris de perfectionner l'illumination
, que non- feulement il ne s'en eft jamais
vû de fi magnifique à Conftantinople , mais
qu'elle auroit été admirée par tout ailleurs . On
le concevra fans peine , fi on fe reprefente l'effet
que devoient produire plus de vingt mille lumieres
, qui fortoient des Pots -à-feu , des Lampes
, & des Gobelets de diverfes couleurs , diftribuez
avec art fur des Tetraffes fpacieuſes , difpofées
en amphitheatre , & ornées de differentes
décorations.
Ce narré deviendroit trop long , fi on vouloir
entrer dans le détail de tous les divertiffemens qui
furent donnez à cinq ou fix mille perfonnes de
tous Etats , & de toutes Nations , qui fe trouverent
dans le Palais de France pendant trois jours ,
fans qu'il foit arrivé le moindre défordre , ce que
l'on doit attribuer à la fage conduite de l'Aga
du Grand- Vifir , auquel ce premier Miniftre pour
le recompenfer de fa vigilance , & pour donner
en même tems à M. l'Ambaffadeur une marque
particuliere de confideration, envoya le lendemain
dans
2
MAY. 1730 1025
dans le Palais même , un Brevet , par lequel , lè
Grand - Seigneur accordoit à cet Aga un Taun
-confiderable , avec ordre à cet Aga d'en remercier
M. l'Ambaffadeur.
* Territoire Fief dont le G. S. gratifie
qui il lui plait.
:
C
lais de France , & au Quartier de l'Ambaffadeur
du Roi à Conftantinople. Extrait
d'une Lettre écrite de cette Ville le
19. Mars 1730.
Ur les premiers avis qu'on eut à Conftantinople
que le Ciel avoit accordé un Dauphin aux
voeux ardens de toute la France , M. le Marquis
de Villeneuve , Ambaffadeur du Roi à la Porte ,
fe prépara à faire éclater fa joye par une
Fête qui devoit durer trois jours. Il fit d'abord
mettre en mouvement ce qu'on pût trouver
d'Ouvriers pour l'execution du Plan qu'il avoit
formé pour celebrer cette augufte Naiffance. Il
ne reçût les ordres de la Cour que le 15. Novembre.
Le 17. au matin , M. l'Ambaffadeur envoya
fon premier Secretaire au Sérrail,pour donner part
de cette nouvelle au Grand- Vizir , & le prévenir
en même - tems fur les Réjouiflances & les lluminations
qu'il fe propofoit de faire , ce premier
Miniftre parut s'inter fler véritablement au bonheur
de la France. Delà , on alla chez le Kiaya
ou Lieutenant du Vizir & chez le Reis - Efendi , ou
Chancelier , qui reçûrent cette nouvelle avec de
grandes démonftrations de joye ; ce dernier répondit
que la Porte prenoit autant de part
évenement que s'il étoit né un fucceffeur à l'Empire
Ottoman.
à cer
L'après-diné , on alla chez les Ambaffadeurs
d'Angleterre & de Hollande pour leur annoncer
cette Naiffance , auffi -bien que chez les Réfidens
de l'Empereur & de Mofcovie , & chez M. Bartolini
, Secretaire chargé des affaires de la République
MAY. 1730. 1013
publique de Venife , depuis la mort du Bayle
Delphino. Dès le même jour tous ces Miniftre
envoyerent complimenter le Marquis de Villeneuve.
>
Le lendemain , le Grand- Seigneur lui fit faire
des complimens de félicitation par le neveu du
Prince de Valachie , accompagné d'un des principaux
Drogmans du Sérail. Quelques jours après
l'Ambaffadeur d'Angleterre alla , en cerémonie
avec toute fa Maiſon,féliciter S. E; l'Ambaffadeur
d'Hollande y alla le lendemain ; les jours fuivans
furent employés à recevoir de femblables
vifites des Réfidens d'Allemagne & de Mofcovie,
ou à les rendre à ces Miniftres. M. Bartolini fir
auffi la fienne , que le Marquis de Villeneuve lui
rendit , mais fans cerémonie.
Tout ce Cerémonial rempli ; c'eut été le veritable
tems de donner la fête projettée ; mais malgré
tous les foins du S. Vaumour , Peintre du
Roi , qui en avoit la conduite , & qui étoit chargé
d'executer lui-même le plus effentiel en matiere
de décorations & de peinture , M. l'Ambaffadeur
fut obligé de renvoyer au 9. de Janvier le
commencement des réjouiffances ; on craignoit
même qu'elles ne fuffent encore retardées par la
grande quantité de neige qui tomba le 7 & le
8. cependant par un bonheur inefperé , le 9. au
matin , le Ciel s'éclaircit , le tems devint calme
& ce qui eft encore plus remarquable , il n'y eut
précisément de beaux jours que les trois dont on
avoit befoin , la pluye & la neige ayant recom→
mencé à tomber avec abondance dès le lendemain.
On avoit conſtruit un Edifice de charpente dans
la rue de Pera , appuyé d'un côté contre les montans
de la Porte du Palais de France , & de l'autre
contre la muraille de la Maiſon oppofée , ce
H qui
>
1014 MERCURE DE FRANCE
qui formoit une espece de Pavillon quarré, élevé
fur quatre Arcades , dont deux laiffoient le paffage
de la rue libre , & une autre conduifoit au
Palais . Toute cette charpente étoit couverte de
branches de Laurier , & ornée à la Turque , c'eſt-
-à- dire , éclairée de quantité de lampes de verre ,
peint de diverfes couleurs , & enjolivée de cent
fortes de colifichets dans le goût du Païs , faits de
bois fort mince , couvert de coton , de bandes
de papier de toutes couleurs & de clinquant d'or
en lame & découpé , la plupart de ces ornemens
repréfentoient des Fleurs de Lys & des Dauphins.
Il pendoit du milieu du fommet de ce Pavillon
un Dôme à jour , appuyé fur deux grands Triangles
, qui fe coupant à Angles droits , formoient
une Etoile à fix pointes , dont le milieu étoit occupé
par une Lanterne mouvante , fort éclairée ,
d'environ trois piés de hauteur.
Pour relever par quelque morceau de goût ,
ces petits ornemens , fi agréables aux yeux des
Turcs , on avoit placé fur la frife de chacune des
deux Arcades un tableau ceintré , dans lequel étoit
peinte une Renommée de grandeur naturelle ,
fendant les airs , fonnant de la Trompette , garnie
de fa banderole fleurdelifée , & tenant l'Ecu
des Armes du Dauphin, avec ces mots autour
du ceintre :
Nunc ortus , mox gefta.
L'Allée qui conduit de cette Porte exterieure à
l'interieure du Palais , longue de plus de cent
piés , fur douze de largeur , étoit divifée de part
& d'autre en 32. Arcades de fept piés de haut
ornées comme le Pavillón ; & outre les Lampes
mêlées par compartimens, qui pendoient du haut
de chaque Arcade , il y avoit des Pots à feu fur
chacun de leur montant , & de chaque côté deux
filets de Gobelets , peints de Fleurs de Lys , de
Dauphins
MAY 1730. IOI'S
و ا
Dauphins couronnés, & des Armes de France le
premier de ces filets étoit fur la Balustrade d'apui
de l'Allée , & le fecond regnoit fur les Arcades.
Un Frontifpice d'Ordre Dorique de 26. piés de
haut cachoit entierement la Porte interieure du
Palais , & celle de la Décoration faite en ceintre
avoit les montans feints de lapis jufqu'à l'impofte;
les panneaux de chaque côté étoient de differens
marbres , ornés de Feftons & dans les angles
-du ceintre il y avoit des Dauphins auffi de lapis
fur un fond d'or. La Frife chargée de Trigliffes,
à l'ordinaire, portoit dans fes Métopes des Fleurs
de Lys & des Dauphins , & au- deffus de la Corniche
, ornée de denticules , étoit un Socle qui
portoit un tableau allegorique de fept piés de
-hauteur,& chantourné dans une proportion convenable
au tout ; on y voyoit la France qui préfentoit
à l'Europe le Dauphin en maillot , avec le
-Cordon Bleu & la Paix à côté avec divers attributs
; on lifoit au deffous Eterna pignora
pacis. Au-deffus on voyoit les Armes de France,
dans le tympan d'un Fronton circulaire.
Au delà de cette premiere Porte , tout étoit en
décorations , fur tout une infinité d'Arcades plus
ou moins élevées felon la fituation du Terrain .
La Terraffe appellée le Boulingrin de 180. piés
d'étendue , fur 55. de largeur , fe préſentoit d'abord
à la vûë ; le fond de cet efpace étoit occupé
par un autre Portail , feint de differens marbres
& du même Ordre que le premier ; il avoit 24.
piés de hauteur & 20 de largeur , fon ouverture
ceintrée étoit fermée par une toile fort claire ,
fur laquelle brilloit un Soleil , dardant fes rayons
de toutes parts ; au deffus , & à quelque diſtance
du corps du Soleil , s'élevoit un Dauphin couronné
, & au moyen de certains Fanaux du Pays
qu'on avoit mis derriere la toile , elle paroiffoit.
Hij toute
1016 MERCURE DE FRANCE
>
toute penetrée de lumière. Aux deux côtés de la
Porte du Frontifpice étoient des Pilaftres , & dans
l'Arriere-corps une niche ceintrée avec une
grande figure , peinte en camayeu. Celle de la
gauche repréfentoit Cerès , tenant une Corne
d'abondance , avec cette infcription : Redeunt
Saturnia R‹gna. Et celle de la droite , repréfentant
la Paix , tenoit d'une main un Flambeau
renverfé , & de l'autre une branche d'Olivier ;
on voyoit à côté un Olivier , du pied duquel fortoit
un rejetton , avec ces paroles : Factura nepotibus
umbram.
Au-deffus de la Corniche de ce Portail , regnoit
un Attique , furmonté d'un Fronton triangulaire,
avec les Armes de France , environné de Trophées
&c. Sur la pointe du Fronton , & aux extremités
du Bâtiment étoient de grands Vafes qui
fervoient de Pots à feu , & à chaque côté de cette
repréſentation , il y avoit une Piramide triangulaire
un peu plus élevée , peinte en rouge , qui
formoit comme un Grouppe d'échelles de Jardin
dont les échelons étoient illuminés du haut en
bas , & ayant un grand Pot à feu à ſon ſommet.
Les deux côtés de la longueur de ce Boulingrin
étoient bordés d'une continuité d'Arcades de
charpente , couvertes & ornées de la même maniere
que celles dont on a déja parlé. Vers le
milieu de ces Arcades ,à droite , il y a un Berceau,
vers le milieu duquel on avoit élevé un mât d'environ
40. piés de hauteur , terminé par une Fleur
de Lys dorée , de la pointe de ce mat tomboient
tout autour des cordes chargées de lampes , lefquelles
s'écartant circulairement les unes des
autres jufques fur le berceau où elles étoient tendues
& attachées , repréfentoient un cône lumineux.
Au deffous il y avoit en faillie fur le Jardin
june rouë à jour , de fix piés de diamettre , autour
MAY. 1730 . 1017
tour de laquelle étoient neuf boetes fufpendues ,
& percées par le fond , d'où fortoient plufieurs
lampes , & par une manivelle on faifoit tourner
cette roue , qui dans fon mouvement paroiffoit
tout en feu.
De ce Berceau , la fuite des Arcades étoit prolongée
à droite & à gauche jufqu'au Veftibule
du Palais . Mais avant que de parler de fon interieur
, il eft à propos de décrire fuccinctement
les embelliffemens qui avoient été faits dans le
Jardin.
En face de l'Escalier eft une petite Allée d'Arbres
, taillés en charmille ; on en avoit décoré
l'entrée par une Porte d'environ 20. piés de haut,
du fommet de laquelle pendoient des ornemens
dans le goût du Païs & fur l'entablement de
cette porte étoient pofées trois petites Piramides;
celles des extrémités portant une Fleur de Lys ,
& celle du milieu un Soleil , le tout doré & très
bien illuminé.
'
Dé cette Allée dont le refte étoit auffi en Arcades
, on entroit dans la grande , celle-ci bordée
comme la précedente, à droite & à gauche,par
des buis taillés à hauteur d'apui , à près de so.
roifes de longueur , fur plus de 4. de largeur , les
ornemens à la Turque qu'on y avoit mis dans
42. Arcades de chaque côté étoient à peu près
dans le même goût que les précedens. On ne
parlera que de la décoration principale , placée à
fon haut bout.
´¨ C'étoit un mur revêtu d'une espece de placage
compofé de panneaux de differens marbres , or
nés de Feftons &c. Ce mur avoit 20. piés de hauteur
,fur 24. de largeur , & à chaque extremité
s'élevoit une Piramide femblable à celles du Boufingrin.
Au milieu s'élevoit un Pavillon , formé
d'une Coupole & d'un Manteau Royal , dont les
Hiij extre
fo18 MERCURE DE FRANCE
extremités relevées & nouées en Feftons de chaque
côté , laiffoient voir un Perée qui offroit dans le
lointain le fameux Bofphore de Thrace , à l'alignement
de la pointe du Sérail.
On voyoit fortir du fein de la Mer , fur la furface
de laquelle fe jouoient plufieurs Dauphins
un Soleil levant , & dans les rayons de cet Aftre
paroiffoit une Etoile. Sur le devant du Tableau,
une Renommmée en l'air embraffoit d'une main'
l'Ecuffon de France , & de l'autre tenoit la trompette
dont la banderole étoit ornée d'un Dauphin
couronné. Au-deffus du Pavillon étoit un Fronton
triangulaire , rempli de Trophées , & audeffous
du lointain on lifoit ces paroles : Novo
colluftrat lumine Terras , faifant allufion à la
découverte des Aftronomes de l'Obfervatoire du
Roi , qui quelques jours avant la Naiffance du
Dauphin remarquerent une Etoile près du Dif→
que du Soleil qu'ils n'avoient point encore apperçûë.
En revenant ſur ſes pas , après être forti des
deux Allées , on voyoit devant l'Orangerie qui
eft au fond du Jardin une Illumination à la Turque
tout à fait finguliere ; auffi les Mufulmans
qui l'entreprirent voulurent - ils fe rendre le Ciel
propice par le facrifice d'un mouton qu'ils égorǝ
gerent fur le lieu même. Ils avoient planté en
terre deux gros Mâts de plus de cent piés de
haut , à 20. pas de diſtance l'un de l'autre , & par
moyen d'une poulie , vers la pointe de chacun
de ces Mâts , ils en élevoient un troifiéme horizontalement
, d'où pendoit une infinité de cordes
fur lefquelles ils avoient deffiné les Armes de
France avec des Lampes attachées à des noeuds
qui marquoient le trait des figures , comme on
feroit avecdes points fur du papier ; bien entendu
qu'ils attachoient & allumoient ces Lampes avant
le
>
que
MA Y. 1019 1730 .
que de guinder le Mât de traverſe.
Le dernier jour de la Fête , pour varier le fpec
tacle , ils repréfenterent un Vaiffeau avec fes
agrets, qui réuffit à merveille ; de forte que dans
Pobfcurité de la nuit , les Mâts & les cordes difparoiffant
totalement à la vûe , c'étoit un objet
auffi agréable que furprenant, de voir en l'air des
figures qui fembloient ne tenir à rien , & n'être
formées que par des Etoiles.
En fe retournant , les yeux n'étoient pas moins
éblouis par l'Illumination du Palais. Le corps
de ce Bâtiment eft un grand quarré , iſolé de
trois côtés ; à chaque angle de la Gallerie qui les
entoure , il. y avoit une roue pareille à celle du
Boulingrin , & de cette Galerie jufqu'au toit , a
la hauteur de ro. piés , tout étoit fi orné de Fleurs
de Lys,de Lozanges & d'autres figures entremêlées
de Gobelets & de Lampes diverfement colorées que
dans de certains points de vue , comme du Sérail
& de Top-hana ou de l'Arcenal , cela produifoit
un effet admirable.
Etant remonté du Jardin , ce qui s'appercevoit
d'abord étoit le Veftibule ; fur fa principale face,
longue de 32. piés étoit un Tableau de plus de
6. piés de hauteur , repréfentant un Pavillon d'ou
fortoit un Manteau Royal , relevé de part &
d'autre , & formant plufieurs Feftons ; au milieu,
fous la Coupole du Pavillon , les Armes de Fran
ce étoient en grand , avec deux Anges affis pour
Supports , & à chaque côté celles du Dauphin.
Dans la grande Salle à plain pied , qui n'eft
confiderée que comme une Anti - chambre , il n'y
avoit rien de plus qu'à l'ordinaire , finon beau
coup de bougies qui l'éclairoient tout autour
vers la moitié de cette Salle , on moste par un
petit Perron dans celle où devoit fe donner le Repas
& le Bal. Cette derniere a plus de 46. piés de
Hij lon1020
MERCURE DE FRANCE
longueur , & plus de 20. de largeur ; elle étois
ornée d'un grand nombre de Glaces , de Luftres,
de Girandoles & de Bras qui formoient un coup
d'oeil très-brillant , & les fix ou fept chambres
qui l'environnent étoient pareillement décorées
la plupart de fophas à la Turque , pour recevoir
les Dames du Pays , qui ne font pas accoutumées
à fe fervir de chaifes .
:
Toutes chofes ainfi préparées , & M. l'Ambaffadeur
ayant fait inviter les Miniftres Etrangers
, leurs Maifons & leurs Nations , S. E. pour
raffembler à fa Fête tous les plaifirs qui pouvoient
contribuer à la rendre plus agréable , fir
venir au Palais la troupe des Comédiens du Grand-
Seigneur , au nombre de 45. mais en même tems,
voulant prévenir la confufion & le défordre, qu'elle
avoit lieu de craindre , du concours de gens de
tant de Nations , elle fit demander à la Porte un
Vifir- Aga , & un Chorbagi , avec 100. Janiffaires
le Grand - Vifir les accorda de bonne
grace : il pria en même tems , qu'on ne fit point
couler de Fontaines de vin pour le Peuple , comme
cela fe pratique ailleurs : le Marquis de Villeneuve
entrant dans les vûës de ce Miniftre , fubftitua
à la place d'une liqueur fi dangereuſe dans
ce païs , & d'ailleurs interdite aux Mahometans
du Sorbet , du Café , des Pipes & du Tabac
qu'on fit largement diftribuer à la porte de la
rue , dans l'interieur du Palais * à la Chambre
où l'on avoit logé le Chorbagi & fes gens ,
fur le Boulingrin , à tous les allans & venans ,
faveur defquels on ne put même s'empêcher de
vuider quelques tonneaux de vin , mais avec de fi
grandes précautions , que cela ne produifit que
plus de gayeté , fans aucune mauvaiſe fuite.
&
*
en
"
Le 8. Janvier,le Chorbagi & fes Janiffaires , marchant
dansles rues de Conftantinople, en bon ordre,
vinrent
MAY. 173.0. 1021
vinrent s'établir au Palais : ils avoient fur la tête
leur grand bonnet de cérémonie , & portoient
leur Turban à la main : trois chevaux chargez de
leur baterie de cuifine , les précédoient , ainfi que
leur Saka ou porteur d'eau , en culotte & en
pourpoint de cuir noir , garni de boutons d'ar
gent , gros comme des bales de jeu de paume ,
de leur Cuifinier , qui avoit auffi un ample Tablier
de cuir pareil , fi couvert de chaînes , de
plaques , & d'autres ornemens d'argent maſſif ,
qu'à peine pouvoit- il marcher.
&
Le 9. dès la pointe du jour M. l'Ambaffadeur
ne crut pas pouvoir commencer plus dignement
une Fête , qui avoit pour objet principal un acte
de reconnoiffance envers Dieu , qu'en exerçant fa
charité fur environ deux mille Efclaves Chrétiens
de toutes Nations , qui gémiffent dans les fers au
Bagne ou Darce , & fur les Galeres du Grand--
Seigneur , S. E. leur fit diftribuer par ſon Au→
mônier , de la viande , du ris , & du pain ,
quoi ces pauvres infortunez furent fi fenfibles
qu'oubliant la dureté de l'Efclavage , ils adrefferent
leurs voeux au Ciel , pour la profperité du
Roi,de la Famille Royalle , & de toute la France.
Vers les huit heures du matin , cinq Bâtimens
François pavoifez & mouillez dans le Port , annoncerent
cette Fête par une décharge de tous
leurs Canons ; ils repéterent la même falve à
midi , lorfqu'on chanta le Te Deum , & un peu
avant le coucher du Soleil : & les deux jours fui
vans
ils tirerent feulement , le matin , à midiy
& avant la nuit.
L'après - dîné , la Nation Françoife , étant montée
à Pera , par ordre , M. l'Ambaffadeur , &
Madame l'Ambaffadrice allerent en grand cor-
* Pera eft le quartier de l'Ambaßadeur de
France .
1022 MERCURE DE FRANCE
tege à l'Eglife des Capucins , où l'on chanta le
Te Deum , en action de graces. Le pere Cuftode
ou Superieur General , y prononça un Diſcours.
Ces Peres fignalerent leur zele & leur pieté , en
décorant leurs Eglifes d'une infinité de devifes ,
& d'emblêmes , qui retraçoient les principaux
évenemens de l'heureux Regne de Sa Majesté.
λ
Après cette pieuſe cérémonie , Leurs Excellences
avec tous ceux qui y avoient aſſiſté ,
rentrerent au Palais , où les Miniftres fe rendirent
fucceffivement , accompagnez de leurs Maifons
& de leurs Nations. On s'amuſa juſqu'à
l'heure du fouper , les uns à jouer , & le plus
grand nombre à voir les danfes , & les farces
Turques , qui plurent infiniment aux gens du
païs..
A neuf heures , on fervit le fouper , il y avoit
cing tables principales : La premiere étoit en fera-
cheval , & de 130. Couverts ; M. l'Ambaſſadeur
& Madame l'Ambaffadrice ,, les Miniftres
Etrangers , l'Archevêque de Cartage & quel--
ques autres perfonnes de confideration , en occuperent
le haut bout : les côtés , tant en dedans
qu'en dehors , furent remplis par les Dames , &
par une partie des hommes des Nations invitées..
L'étendue & la décoration de la Sale , la magnificence
du repas , la varieté des habits , furtout
d'environ 60. femmes ; leur coëfure finguliere
chargée d'or & de pierreries , tout cela formoit
un coup d'oeil auffi fingulier qu'admirable , &
dont quelques Turcs diftinguez qui étoient venus :
incognito , furent fi frappez , qu'ils ne pouvoient
fe laffer d'en marquer leur étonnement.
L'Ambaffadeur d'Angleterre porta la fanté du
Dauphin , l'Ambaffadeur de Hollande , celle du
Roi , de la Reine , & de la Famille Royale
qui furent bues avec les cérémonies ordinaires.
M..
M A Y. 1730 . 1023
M. l'Ambaffadeur , après les en avoir remerciez ,
but, fuivant l'uſage, à la fanté de la Patronance,
enfuite l'Ambaffadeur d'Angleterre
fanté de M. le Cardinal de Fleury.
› porta la
Le premier Drogman de la Porte, & le neveu
du Prince de Valachie , que le Marquis de Ville
neuve avoit auffi conviez , ayant fouhaité de fouper
en particulier avec quelques Grecs , qu'ils
avoient amenez , on leur fervit une table , dans
une des Chambres à côté de la Sale.
à
Les trois autres tables , dreffées dans la premiere
Sale , de 30. 40. Couverts chacune , furent
remplies par des perfonnes de toutes les Nations
qui n'avoient pú trouver place à la grande ,
& par les Marchands François qui répondant aux
intentions de S. E. furent chargez d'avoir atten
tion que rien ne manquât.
On fortit de table à onze heures ; le bal commença
peu après , & dura jufqu'à cinq heures du
matin. Les Turcs ne furent pas moins étonnez de
nos danfes , mêlées d'hommes & de femmes , fi
contraires à leurs ufages . Madame l'Ambaffadrice
ouvrit le Bal avec M. l'Ambaffadeur d'Angleterre,
& danfa tour de fuite avec les autres Miniftres ,
après quoi chacun fe prit indifferemment fans cé--
rémonie de cette maniere , & par le fecours des
contre-danfes , & des danfes grecques , tout
le monde eut part à ce plaifir , fans compter
qu'on danfoit auffi , & qu'on jouoit alternativement
la Comédie dans d'autres appar--
témens.
Le lendemain , les chofes fe pafferent de la
même maniere , fi ce n'eft que n'y ayant eu que
les Miniftres , quelques perfonnes étrangeres ,
& la Nation Françoife d'invitées , on ne fervit
que la Table de 130. Couverts , avec quelques
autres moindres dans les Chambres voifines. La
H vj foirée
1024 MERCURE DE FRANCE
foirée fut encore plus calme que la précédente ,
& très-favorable àl'illumination.
Le onze , troifiéme jour des réjoüiffances , fut
fi beau , que les Comédiens donnerent fur le Boulingrin
plufieurs de leurs Scenes comiques , accompagnées
de danfes devant une grande multitude
de Turcs , de Grecs , d'Armeniens & de
Juifs.
Outre les perfonnes invitées la veille, M. l'Ambaffadeur
fit auffi convier la Nation Genevoife ,
qui eft ici fous la protection de France on lui
dreffa dans la premierė Sale , une Table de 60,
Couverts , dont quelques Secretaires de S. E. firent
les honneurs .
Cette derniere nuit feconda fi bien les nouveaux
foins , qu'on avoit pris de perfectionner l'illumination
, que non- feulement il ne s'en eft jamais
vû de fi magnifique à Conftantinople , mais
qu'elle auroit été admirée par tout ailleurs . On
le concevra fans peine , fi on fe reprefente l'effet
que devoient produire plus de vingt mille lumieres
, qui fortoient des Pots -à-feu , des Lampes
, & des Gobelets de diverfes couleurs , diftribuez
avec art fur des Tetraffes fpacieuſes , difpofées
en amphitheatre , & ornées de differentes
décorations.
Ce narré deviendroit trop long , fi on vouloir
entrer dans le détail de tous les divertiffemens qui
furent donnez à cinq ou fix mille perfonnes de
tous Etats , & de toutes Nations , qui fe trouverent
dans le Palais de France pendant trois jours ,
fans qu'il foit arrivé le moindre défordre , ce que
l'on doit attribuer à la fage conduite de l'Aga
du Grand- Vifir , auquel ce premier Miniftre pour
le recompenfer de fa vigilance , & pour donner
en même tems à M. l'Ambaffadeur une marque
particuliere de confideration, envoya le lendemain
dans
2
MAY. 1730 1025
dans le Palais même , un Brevet , par lequel , lè
Grand - Seigneur accordoit à cet Aga un Taun
-confiderable , avec ordre à cet Aga d'en remercier
M. l'Ambaffadeur.
* Territoire Fief dont le G. S. gratifie
qui il lui plait.
Fermer
Résumé : RÉJOUISSANCES faites au Palais de France, & au Quartier de l'Ambassadeur du Roi à Constantinople. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville le 19. Mars 1730.
Le 19 mars 1730, à Constantinople, M. le Marquis de Villeneuve, ambassadeur de France, reçut la nouvelle de la naissance d'un Dauphin en France. Il organisa une fête de trois jours, initialement prévue pour le 17 novembre, mais reportée au 9 janvier en raison des conditions météorologiques. La nouvelle fut annoncée aux dignitaires turcs et aux ambassadeurs étrangers. Pour la fête, un édifice temporaire fut construit dans la rue de Pera, décoré de lauriers, de Fleurs de Lys et de Dauphins. L'allée menant au palais était ornée de lampes et de pots à feu, et un frontispice d'ordre dorique cachait la porte intérieure, avec des tableaux allégoriques et des inscriptions latines. La terrasse et le jardin étaient également décorés de manière somptueuse. La fête débuta le 8 janvier avec l'invitation de Janissaires et d'officiers turcs pour maintenir l'ordre. Le 9 janvier, l'ambassadeur fit distribuer de la nourriture aux esclaves chrétiens et des salves de canons furent tirées depuis des bâtiments français. L'après-midi, l'ambassadeur et son épouse assistèrent à un Te Deum à l'église des Capucins, suivi d'un souper avec cinq tables principales, dont une de 130 couverts pour les dignitaires. Les invités admirèrent les décorations et les danses turques, et un bal débuta à onze heures, se prolongeant jusqu'au matin. Les jours suivants, les festivités se poursuivirent avec des danses, des comédies et une illumination spectaculaire. La fête se conclut sans incident, grâce à la gestion ordonnée par l'Aga du Grand Vizir, qui reçut une récompense pour sa vigilance.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1861
p. 1025-1026
RUSSIE.
Début :
L'Edit par lequel la Czarine a réuni le Haut-Conseil & le Sénat pour en former un seul [...]
Mots clefs :
Russie, Tsarine
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texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
L'Content & Le Sénat pour en former un feul
par lequel la Czarine a réuni le Haut→
Confeil d'Etat , fous le nom de Sénat de Regence,
porte qu'il aura la direction des affaires de la
Monarchie , de la même maniere & avec la même
autorité que pendant le regne du feu Czar
Pierre I. que tous les Sujets de S. M. Czarienne
feront obligez de lui obéir fous des peines trèsrigoureuſes
, & à peine de mort dans de certains
cas.
Il arriva le 26. Mars à Mofcou un Interprete
dépêché de Conftantinople par le Brigadier General
Romanzoff, Envoyé extraordinaire du feu
Czar auprès du Grand - Seigneur , pour donner'
avis à la Czarine des Conquêtes du Prince Thamas
, fils du dernier Roi de Ferfe , qui eft re- '
monté fur le Thrône de fes Ancêtres .
Le Grand- Vifir à fait fçavoir à la Czarine que
le fecours de 30000. hommes promis à l'Empereur,
caufoit quelque ombrage à la Porte , & que le
G. S. regarderoit leur marche vers la Tranfylvanie
comme une atteinte aux Traitez faits entre
Sa Hauteffe & le feu Czar Pierre I
On a
publié
une Déclaration
par laquelle
on
accorde
à tous les Etrangers
qui viendront
s'établir
en Ruffie
, principalement
dans les Provinces
conquifes
fur la Perfe , le libre exercice
de leur ?
Religion
, & la permiflion
d'y faire bâtir
des
Eglifs
1026 MERCURE DE FRANCE
Eglifes & des Ecoles pour l'inftruction de leurs
enfans :les Juifs feuls font exceptez. La Czarine a
promis d'accorder la liberté à tous les Criminels
d'Etat qui ont été arrêtez ou releguez en Siberie, à
condition qu'ils iront s'établir avec leurs familles
à Aftracan ou à Derbent , où S. M. Cz . leur donnera
des Emplois , tant dans les Troupes que
dans les Tribunaux. ·
On équipe à Pétersbourg quatre nouvelles
Frégates , fur lefquelles on doit charger 2000.
pieces de Canon de fer & une grande quantité de
Boulets , qu'on croit deftinez pour l'Espagne.
L'Content & Le Sénat pour en former un feul
par lequel la Czarine a réuni le Haut→
Confeil d'Etat , fous le nom de Sénat de Regence,
porte qu'il aura la direction des affaires de la
Monarchie , de la même maniere & avec la même
autorité que pendant le regne du feu Czar
Pierre I. que tous les Sujets de S. M. Czarienne
feront obligez de lui obéir fous des peines trèsrigoureuſes
, & à peine de mort dans de certains
cas.
Il arriva le 26. Mars à Mofcou un Interprete
dépêché de Conftantinople par le Brigadier General
Romanzoff, Envoyé extraordinaire du feu
Czar auprès du Grand - Seigneur , pour donner'
avis à la Czarine des Conquêtes du Prince Thamas
, fils du dernier Roi de Ferfe , qui eft re- '
monté fur le Thrône de fes Ancêtres .
Le Grand- Vifir à fait fçavoir à la Czarine que
le fecours de 30000. hommes promis à l'Empereur,
caufoit quelque ombrage à la Porte , & que le
G. S. regarderoit leur marche vers la Tranfylvanie
comme une atteinte aux Traitez faits entre
Sa Hauteffe & le feu Czar Pierre I
On a
publié
une Déclaration
par laquelle
on
accorde
à tous les Etrangers
qui viendront
s'établir
en Ruffie
, principalement
dans les Provinces
conquifes
fur la Perfe , le libre exercice
de leur ?
Religion
, & la permiflion
d'y faire bâtir
des
Eglifs
1026 MERCURE DE FRANCE
Eglifes & des Ecoles pour l'inftruction de leurs
enfans :les Juifs feuls font exceptez. La Czarine a
promis d'accorder la liberté à tous les Criminels
d'Etat qui ont été arrêtez ou releguez en Siberie, à
condition qu'ils iront s'établir avec leurs familles
à Aftracan ou à Derbent , où S. M. Cz . leur donnera
des Emplois , tant dans les Troupes que
dans les Tribunaux. ·
On équipe à Pétersbourg quatre nouvelles
Frégates , fur lefquelles on doit charger 2000.
pieces de Canon de fer & une grande quantité de
Boulets , qu'on croit deftinez pour l'Espagne.
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Résumé : RUSSIE.
Le texte relate plusieurs décisions politiques en Russie. La czarine a institué le Sénat de Régence, doté de l'autorité du Haut Conseil d'État, pour diriger les affaires de la monarchie. Les sujets doivent se conformer aux décisions du Sénat, sous peine de sanctions sévères, y compris la peine de mort. Le 26 mars, un interprète de Constantinople a informé la czarine des conquêtes du prince Thamas, fils du dernier roi de Perse. Le Grand Vizir a exprimé des inquiétudes concernant l'envoi de 30 000 hommes promis à l'empereur, craignant une violation des traités avec la Porte. Une déclaration a accordé aux étrangers, sauf les Juifs, la liberté de pratiquer leur religion et de construire des églises et des écoles dans les provinces conquises sur la Perse. La czarine a également promis la liberté aux criminels d'État exilés en Sibérie, à condition qu'ils s'installent à Astrakhan ou à Derbent pour y travailler dans les troupes ou les tribunaux. Enfin, quatre nouvelles frégates ont été équipées à Pétersbourg, armées de canons et de boulets, probablement destinés à l'Espagne.
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1862
p. 1026
SUEDE.
Début :
Les forces Navales du Roi consistent actuellement en 36. Vaisseaux de ligne & 19. Frégates, [...]
Mots clefs :
Suède
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texteReconnaissance textuelle : SUEDE.
SUEDE
Es forces Navales du Roi confiftent actuelle
ment en 36. Vaiffeaux de ligne & 19. Frégafans
compter les Galeres & les autres Bâtités
,
mens
plats
.
On mande de Stokolm , que les 6000 , hommes
de Troupes Sedoifes qui doivent entrer au ſervice
du Roi Très- Chrétien & de S. M. Britannique ,
étant arrivez à Yftedt , pour s'y embarquer au
premier ordre , ce Corps de Troupes , qui eft
compofé de quatre Régimens d'Infanterie & de
deux de Cavalerie , doit être renforcé en Pomera- ·
nie par un autre Régiment qui y eft en quartier.
Es forces Navales du Roi confiftent actuelle
ment en 36. Vaiffeaux de ligne & 19. Frégafans
compter les Galeres & les autres Bâtités
,
mens
plats
.
On mande de Stokolm , que les 6000 , hommes
de Troupes Sedoifes qui doivent entrer au ſervice
du Roi Très- Chrétien & de S. M. Britannique ,
étant arrivez à Yftedt , pour s'y embarquer au
premier ordre , ce Corps de Troupes , qui eft
compofé de quatre Régimens d'Infanterie & de
deux de Cavalerie , doit être renforcé en Pomera- ·
nie par un autre Régiment qui y eft en quartier.
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Résumé : SUEDE.
Le roi de Suède dispose de 36 vaisseaux de ligne et 19 frégates. 6 000 soldats suédois, composés de quatre régiments d'infanterie et deux de cavalerie, sont arrivés à Ystädt pour embarquer au service du roi de France et du roi d'Angleterre. Un autre régiment en Poméranie doit renforcer ce corps de troupes.
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1863
p. 1026-1028
ALLEMAGNE.
Début :
L'Empereur ayant été informé du mécontentement general des Napolitains, par rapport au [...]
Mots clefs :
Allemagne, Incendie
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
'Empereur ayant été informé du mécontentement
general des Napolitains , par rapport au
dernier Edit qui a été publié à Naples pour lever
une Impofition fur les Fiefs , a donné ordre au
Comte d'Harach , Viceroi de ce Royaume ,
de ne point ufer de rigueur par rapport cette
Contribution .
Les Négociations du Comte de Kusftein à
Mayence
MAY. 1730. 1027
Mayence & à Tréves , n'ont pas eu tout le fuccès
qu'on en attendoit , & le bruit court que la plûpart
des Princes de l'Empire ont refufé les ſecours
extraordinaires qu'on leur demandoit de la part
de Sa Majefté Imperiale.
On apprend de Brunſwick , qu'on y avoit faic
l'échange des Soldats Hanovriens & Pruffiens qui
avoient donné lieu aux differends du Roi d'Angleterre
avec le Roi de Pruffe..
On travaille à Dreſde , à de grands préparatifs
pour la Revue generale que le Roi de Pologne
doit faire. On conftruit fur l'Elbe 6. Vaiffeaux
6. Frégates & 6. Galeres , pour donner enſuite
le Spectacle d'un Combat Naval. Les Trompettes
de la Cavalerie feront d'argent , les Etendarts de
Velours bleu brodez d'argent , & les Drapeaux
de Taffetas bleu , avec des coins rouges. Les
Echarpes des Officiers , rouges mêlées d'argent ;
les Bonnets des grands Grenadiers, dont le nom--
bre eft de 200o. feront de Velours bleu , avec
une riche broderie d'argent , repréfentant l'Aigle
de Pologne. Les Hauts - Officiers des Gardes , auront
chacun trois habits d'uniformes.
Le 20. Avril , le feu prit à Olfe , Capitale de la
baffe Silefie , dans une maiſon voifine de l'Hôtel
de Ville ; il fe communiqua d'abord à la grande
Tour qui fut réduite en cendre en moins d'une
heure , & le vent qui étoit violent ce jour là ayant
porté des étincelles jufqu'à la Maifon des Ecoles
publiques , toutes les maifons de la rue de Treb
nitz & de celles de l'Eglife de Caftille , furent
embrafées, ainfi que l'Eglife de S. Sauveur , l'Hô--
tel de Ville & toutes les Maifons qui font autour.
Les Bourgeois dont les maifons n'avoient pas été
endommagées , ont fait porter leurs Meubles &
leurs Effets à la campagne, dans la crainte d'un Incendie
. Cette précaution leur a été avantageufe ,,
car
1028 MERCURE DE FRANCE
car le 23. vers le midi , le feu fe ralluma en trois
differents endroits de la Villé , dont le reſte a été
réduit en cendres , à l'exception du Château , de
deux Eglifes & de cinq petites maifons voifines
des Remparts. La plus grande partie des Faubourgs
& quelques maifons hors de la Ville ont
été auffi confumées par les flammes. Le Magiftrat
de Breflaw y a envoyé des Provifions pour
les Habitans échappez de cet Incendie , qui font
dans une grande mifere.
La Ville d'Olfe ou Olffe, à 4. lieues de Breſlau,
fut bâtie en 336. Elle a fouffert depuis quantité
de defaftres ; des Sieges , des Saccagemens, divers
Incendies , des Famines , des Peftes , & c. mais ce
dernier malheur eft le comble de tous les autres
'Empereur ayant été informé du mécontentement
general des Napolitains , par rapport au
dernier Edit qui a été publié à Naples pour lever
une Impofition fur les Fiefs , a donné ordre au
Comte d'Harach , Viceroi de ce Royaume ,
de ne point ufer de rigueur par rapport cette
Contribution .
Les Négociations du Comte de Kusftein à
Mayence
MAY. 1730. 1027
Mayence & à Tréves , n'ont pas eu tout le fuccès
qu'on en attendoit , & le bruit court que la plûpart
des Princes de l'Empire ont refufé les ſecours
extraordinaires qu'on leur demandoit de la part
de Sa Majefté Imperiale.
On apprend de Brunſwick , qu'on y avoit faic
l'échange des Soldats Hanovriens & Pruffiens qui
avoient donné lieu aux differends du Roi d'Angleterre
avec le Roi de Pruffe..
On travaille à Dreſde , à de grands préparatifs
pour la Revue generale que le Roi de Pologne
doit faire. On conftruit fur l'Elbe 6. Vaiffeaux
6. Frégates & 6. Galeres , pour donner enſuite
le Spectacle d'un Combat Naval. Les Trompettes
de la Cavalerie feront d'argent , les Etendarts de
Velours bleu brodez d'argent , & les Drapeaux
de Taffetas bleu , avec des coins rouges. Les
Echarpes des Officiers , rouges mêlées d'argent ;
les Bonnets des grands Grenadiers, dont le nom--
bre eft de 200o. feront de Velours bleu , avec
une riche broderie d'argent , repréfentant l'Aigle
de Pologne. Les Hauts - Officiers des Gardes , auront
chacun trois habits d'uniformes.
Le 20. Avril , le feu prit à Olfe , Capitale de la
baffe Silefie , dans une maiſon voifine de l'Hôtel
de Ville ; il fe communiqua d'abord à la grande
Tour qui fut réduite en cendre en moins d'une
heure , & le vent qui étoit violent ce jour là ayant
porté des étincelles jufqu'à la Maifon des Ecoles
publiques , toutes les maifons de la rue de Treb
nitz & de celles de l'Eglife de Caftille , furent
embrafées, ainfi que l'Eglife de S. Sauveur , l'Hô--
tel de Ville & toutes les Maifons qui font autour.
Les Bourgeois dont les maifons n'avoient pas été
endommagées , ont fait porter leurs Meubles &
leurs Effets à la campagne, dans la crainte d'un Incendie
. Cette précaution leur a été avantageufe ,,
car
1028 MERCURE DE FRANCE
car le 23. vers le midi , le feu fe ralluma en trois
differents endroits de la Villé , dont le reſte a été
réduit en cendres , à l'exception du Château , de
deux Eglifes & de cinq petites maifons voifines
des Remparts. La plus grande partie des Faubourgs
& quelques maifons hors de la Ville ont
été auffi confumées par les flammes. Le Magiftrat
de Breflaw y a envoyé des Provifions pour
les Habitans échappez de cet Incendie , qui font
dans une grande mifere.
La Ville d'Olfe ou Olffe, à 4. lieues de Breſlau,
fut bâtie en 336. Elle a fouffert depuis quantité
de defaftres ; des Sieges , des Saccagemens, divers
Incendies , des Famines , des Peftes , & c. mais ce
dernier malheur eft le comble de tous les autres
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Résumé : ALLEMAGNE.
En Allemagne, l'empereur a ordonné au comte d'Harach, vice-roi de Naples, de ne pas user de rigueur face au mécontentement des Napolitains concernant un édit sur la levée d'une imposition sur les fiefs. En mai 1730, les négociations du comte de Kustein à Mayence et Trèves ont échoué, la plupart des princes de l'Empire refusant les secours extraordinaires demandés par l'empereur. À Brunswick, un échange de soldats hanovriens et prussiens a mis fin aux différends entre le roi d'Angleterre et le roi de Prusse. À Dresde, des préparatifs importants sont en cours pour une revue générale du roi de Pologne, incluant la construction de vaisseaux et de frégates sur l'Elbe. Le 20 avril, un incendie a ravagé Olsé, capitale de la Basse-Silésie, détruisant une grande partie de la ville et ses faubourgs. Le magistrat de Breslau a envoyé des provisions aux habitants survivants, qui sont dans une grande misère. Fondée en 336, Olsé a subi de nombreux désastres, mais cet incendie est le plus dévastateur.
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1864
p. 1028-1030
ITALIE.
Début :
Le 8. Avril, le Cardinal Armand de Rohan, François, entra dans le Conclave; les Cardinaux [...]
Mots clefs :
Italie, Cardinaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
E 8. Avril , le Cardinal Armand de Rohan
François ,entra dans le Conclave,des Carell? Cardinux
Jacques Buen compagni , Bolonois , & Benoît
Odefcalchi , Milanois , y entrerent quelques
jours après , enforte qu'au 20. Avril il y étoit
déja entré 50. Cardinaux. Ceux qui dans les
Scrutins ont cu jufqu'à ce jour le plus grand
nombre de fuffrages , font les Cardinaux Impériali
& Falconieri.
Le Sacré Coliege a reçû avis que les Cardinaux
de Schrottemback, Czacks , d'Aiface , d'Acunha,
Perreira , de Motta , de Borgia & d'Aftorga , ne
fe rendront pas au Concile.
Le 20. Avril , le Cardinal Damien de Schomi
lè born , Allemand , entra au Conclave. Le 24 .
Cardinal Porzia , en fortit pour aller à Sifterna
pour y rétablir la ſanté . On a eu avis depuis qu'il
étoit rentré le 30. y
Le 26. avant que d'aller au Scrutin , les Cardinaux
MAY. 1730. 1029 .
dinaux élurent le Cardinal Petra , pour exercer
la Charge de Grand -Pénitentier
la mort du Cardinal Conti.
, vacante par
Le même jour les Cardinaux Buencomp gni ,
Querini & Altieri , entrerent en fonction de Cardinaux
Chefs - d'Ordre , & le Cardinal François
Pignatelli , Napolitain , Doyen du Sacré College ,
entra au Conclave.
On a reçû de Grenade la confirmation de l'exclufion
que le Cardinal Bentivoglio avoit don-.
née dans le Conclave au Cardinal Imperiali.
On apprend de Lisbonne , que les Cardinaux
Portugais ne fe rendront point au Conclave , en
ayant été difpenfez par le Roi de Portugal. On a
auffi appris de Madrid , que les Cardinaux Eſpagnols
ne feront point le voyage de Rome pour
Le même fujet .
Le 18. les Cardinaux Chefs d'Ordre , firent
rendre au Cardinal Cofcia , fes marques d'honneur
, fes Ornemens , une partie de fa Vaiffelle
d'argent & de fes Meubles , qu'on fit apporter
Château S. Ange au Conclave.
du
Le 19. on publia au Vatican une Ordonnance
des mêmes Cardinaux , par laquelle il eft deffendu
de jouer dans la Salle du Tour , à quelque jeu
que ce puiffe être.
Le même jour le Chevalier de S. George alla au
Palais du Quirinal , voir les Langes magnifiques
que le Sacré College fait faire pour le Dauphin ,
& qu'on doit envoyer en France après l'Election
du Pape. L'Abbé Lanti a été nommé pour cette
commiffion . On arme deux Galeres à Civitave
chia pour le tranfporter en France.
L'Archi-Confrairie de fainte Marie de Sienne
érigée dans l'Eglife Collegiale de S. Euftache , à
Rome , a obtenu un Bref, par lequel elle a le droit
de délivrer tous les ans un Criminel condamné
aux Galeres.
On
1030 MERCURE DE FRANCE
On a eu avis de Maffa-di-Carrara , que plu
feurs Maifons de cette Ville avoient été renverfées
par une violente fecouffe de Tremblement de
Terre , & que plufieurs perfonnes avoient été
écrafées fous les ruines .
On apprend de Florence , que l'Evêque de Piftoye
y étoit arrivé pour aſſiſter avec l'Archevêque
de cette Ville & l'Evêque de Fiezole , à l'ouverture
des Lettres de la Congrégation des Rites ,
qui leur ordonne de dreffer un Procès Verbal des
Vertus & des Miracles operez par l'interceffion
du Pere Baldinacci , Jefuite Florentin , mort à
Rome fur la fin de 1723 .
La Sédition des Montagnards de Ple de Corfe,
n'eft point encore appaïfée , mais fix ou fept
d'entre eux étant venus il y a quinze jours piller
la maifon d'un riche Bourgeois de Baltia , ils fu
rent arrêtez par ordre du Gouverneur , qui les fit
pendre quelques heures après.
Les deux Zoppoli , Habitans de Benevent , ont
été condamnez au Banniffement à perpetuité , à
une amende de cinq mille écus au profit de la
Chambre Apoftolique , & à fix mille écus de
dommages & interêts envers une Dame de condition
du même Diocèfe , dont ils avoient brulé
la maifon , parce qu'elle refufoit de la leur ven
dre pour le prix qu'ils lui en offroient.
Toute la premiere Colomne des Troupes de
P'Empereur eft arrivée dans le Milanez. Elle confifte
en 15000. hommes qui feront commandez
par le Prince de Lichteinftein. La feconde Co
lomne eft en marche.
E 8. Avril , le Cardinal Armand de Rohan
François ,entra dans le Conclave,des Carell? Cardinux
Jacques Buen compagni , Bolonois , & Benoît
Odefcalchi , Milanois , y entrerent quelques
jours après , enforte qu'au 20. Avril il y étoit
déja entré 50. Cardinaux. Ceux qui dans les
Scrutins ont cu jufqu'à ce jour le plus grand
nombre de fuffrages , font les Cardinaux Impériali
& Falconieri.
Le Sacré Coliege a reçû avis que les Cardinaux
de Schrottemback, Czacks , d'Aiface , d'Acunha,
Perreira , de Motta , de Borgia & d'Aftorga , ne
fe rendront pas au Concile.
Le 20. Avril , le Cardinal Damien de Schomi
lè born , Allemand , entra au Conclave. Le 24 .
Cardinal Porzia , en fortit pour aller à Sifterna
pour y rétablir la ſanté . On a eu avis depuis qu'il
étoit rentré le 30. y
Le 26. avant que d'aller au Scrutin , les Cardinaux
MAY. 1730. 1029 .
dinaux élurent le Cardinal Petra , pour exercer
la Charge de Grand -Pénitentier
la mort du Cardinal Conti.
, vacante par
Le même jour les Cardinaux Buencomp gni ,
Querini & Altieri , entrerent en fonction de Cardinaux
Chefs - d'Ordre , & le Cardinal François
Pignatelli , Napolitain , Doyen du Sacré College ,
entra au Conclave.
On a reçû de Grenade la confirmation de l'exclufion
que le Cardinal Bentivoglio avoit don-.
née dans le Conclave au Cardinal Imperiali.
On apprend de Lisbonne , que les Cardinaux
Portugais ne fe rendront point au Conclave , en
ayant été difpenfez par le Roi de Portugal. On a
auffi appris de Madrid , que les Cardinaux Eſpagnols
ne feront point le voyage de Rome pour
Le même fujet .
Le 18. les Cardinaux Chefs d'Ordre , firent
rendre au Cardinal Cofcia , fes marques d'honneur
, fes Ornemens , une partie de fa Vaiffelle
d'argent & de fes Meubles , qu'on fit apporter
Château S. Ange au Conclave.
du
Le 19. on publia au Vatican une Ordonnance
des mêmes Cardinaux , par laquelle il eft deffendu
de jouer dans la Salle du Tour , à quelque jeu
que ce puiffe être.
Le même jour le Chevalier de S. George alla au
Palais du Quirinal , voir les Langes magnifiques
que le Sacré College fait faire pour le Dauphin ,
& qu'on doit envoyer en France après l'Election
du Pape. L'Abbé Lanti a été nommé pour cette
commiffion . On arme deux Galeres à Civitave
chia pour le tranfporter en France.
L'Archi-Confrairie de fainte Marie de Sienne
érigée dans l'Eglife Collegiale de S. Euftache , à
Rome , a obtenu un Bref, par lequel elle a le droit
de délivrer tous les ans un Criminel condamné
aux Galeres.
On
1030 MERCURE DE FRANCE
On a eu avis de Maffa-di-Carrara , que plu
feurs Maifons de cette Ville avoient été renverfées
par une violente fecouffe de Tremblement de
Terre , & que plufieurs perfonnes avoient été
écrafées fous les ruines .
On apprend de Florence , que l'Evêque de Piftoye
y étoit arrivé pour aſſiſter avec l'Archevêque
de cette Ville & l'Evêque de Fiezole , à l'ouverture
des Lettres de la Congrégation des Rites ,
qui leur ordonne de dreffer un Procès Verbal des
Vertus & des Miracles operez par l'interceffion
du Pere Baldinacci , Jefuite Florentin , mort à
Rome fur la fin de 1723 .
La Sédition des Montagnards de Ple de Corfe,
n'eft point encore appaïfée , mais fix ou fept
d'entre eux étant venus il y a quinze jours piller
la maifon d'un riche Bourgeois de Baltia , ils fu
rent arrêtez par ordre du Gouverneur , qui les fit
pendre quelques heures après.
Les deux Zoppoli , Habitans de Benevent , ont
été condamnez au Banniffement à perpetuité , à
une amende de cinq mille écus au profit de la
Chambre Apoftolique , & à fix mille écus de
dommages & interêts envers une Dame de condition
du même Diocèfe , dont ils avoient brulé
la maifon , parce qu'elle refufoit de la leur ven
dre pour le prix qu'ils lui en offroient.
Toute la premiere Colomne des Troupes de
P'Empereur eft arrivée dans le Milanez. Elle confifte
en 15000. hommes qui feront commandez
par le Prince de Lichteinftein. La feconde Co
lomne eft en marche.
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Résumé : ITALIE.
Le texte décrit le conclave de 1730 pour l'élection du pape. Le 8 avril, le Cardinal Armand de Rohan entra dans le conclave, suivi par les Cardinaux Jacques Buencompagni et Benoît Odescalchi quelques jours plus tard. Au 20 avril, 50 cardinaux étaient présents. Les Cardinaux Impériali et Falconieri reçurent le plus grand nombre de suffrages. Plusieurs cardinaux, dont ceux de Schrottemback, Czacks, d'Aiface, d'Acunha, Perreira, de Motta, de Borgia et d'Astorga, ne participèrent pas au conclave. Le Cardinal Damien de Schomberg entra au conclave le 20 avril, tandis que le Cardinal Porzia quitta le conclave pour raisons de santé le 24 avril et y rentra le 30 avril. Le 26 avril, le Cardinal Petra fut élu Grand-Pénitentier. Les Cardinaux Buencompagni, Querini et Altieri entrèrent en fonction comme Chefs d'Ordre, et le Cardinal François Pignatelli, Doyen du Sacré Collège, entra au conclave. Les cardinaux portugais et espagnols furent dispensés de se rendre au conclave par leurs rois respectifs. Le 18 mai, des honneurs furent rendus au Cardinal Coscia et une ordonnance interdit de jouer dans la Salle du Tour. Divers événements extérieurs sont également mentionnés, comme un tremblement de terre à Massa-di-Carrara, l'arrivée de l'évêque de Pistoie à Florence, et des condamnations pour des actes de violence. Enfin, des troupes impériales arrivèrent dans le Milanais.
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1865
p. 1032
ESPAGNE
Début :
On mande de Mayorque, qu'un Pinque Genois, qui avoit été pris par les Corsaires de [...]
Mots clefs :
Hommes d'équipage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE
ESPAGNE
N mande de Mayorque , qu'un Pinque Genois
,qui avoit été pris par les Corfaires de
Barbarie , & qu'ils avoient monté de 52. hommes'
d'équipage , ayant jetté l'Ancre au commencement
de ce mois , à la vue du Port Mahon , le
Patron Efpagnol Jacques Planells , nommé communement
le Cid , & qui étoit alors dans ce Port
avec un petit Bâtiment de 13. hommes d'équipage
& d'un Mouffe , avoit réfolu de l'aller attendre
& de l'attaquer , ce qu'il avoit fait avec tant
de bravoure , qu'il s'en étoit rendu maître après
trois heures de combat , dans lequel il y avoit eu
quinze Maures tuez & trente-fept faits Efclaves ,
fans perte d'aucun Eſpagnol. Le 11. il arriva avec
fa prife dans le Port de Palma , où les deux Bâti
maens font quarantaine.
N mande de Mayorque , qu'un Pinque Genois
,qui avoit été pris par les Corfaires de
Barbarie , & qu'ils avoient monté de 52. hommes'
d'équipage , ayant jetté l'Ancre au commencement
de ce mois , à la vue du Port Mahon , le
Patron Efpagnol Jacques Planells , nommé communement
le Cid , & qui étoit alors dans ce Port
avec un petit Bâtiment de 13. hommes d'équipage
& d'un Mouffe , avoit réfolu de l'aller attendre
& de l'attaquer , ce qu'il avoit fait avec tant
de bravoure , qu'il s'en étoit rendu maître après
trois heures de combat , dans lequel il y avoit eu
quinze Maures tuez & trente-fept faits Efclaves ,
fans perte d'aucun Eſpagnol. Le 11. il arriva avec
fa prife dans le Port de Palma , où les deux Bâti
maens font quarantaine.
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Résumé : ESPAGNE
En Espagne, le navire espagnol Cid, dirigé par Jacques Planells, a attaqué un pinque génois capturé par des corsaires barbaresques. Ce pinque, ancré près du port de Mahon, était monté par 52 hommes. Planells, avec 13 hommes et un mousse, a pris le contrôle du navire après trois heures de combat. Quinze Maures ont été tués et trente-sept capturés sans perte espagnole. Le 11 du mois, Planells est arrivé à Palma avec sa prise, les deux navires étant en quarantaine.
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1866
p. 1032-1033
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Les Juges qui présidoient au Jugement rendu contre le Colonel Chatres, accusé du viol par [...]
Mots clefs :
Charge, Colonel, Théâtre du marché au foin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE .
Es Juges qui préfidoient au Jugement renda
contre le Colonel Chatres , accufé du viol par
une fille Domeftique qui demeuroit chez lui ,
ayant fait à Sa Majeſté un rapport favorable de
cette
MCA Y. 1739. 1033
"
cette affaire , ce Colonel a obtenu fa grace , à la
charge de donner caution de fe représenter à la
prochaine ceffion de Olds Bailly.
Le 20. Avril , le Chevalier Richard Grayefnor,
Baronet , pofa à Londres la premiere pierre d'une
nouvelle Chapelle qu'on bâtit dans le quartier
qui porte le nom de ce Chevalier , & dont il
a donné le fonds pour 99. ans , à la charge d'une
redevance annuelle d'un grain de Poivre.
Le 26. le Roi & la Reine , accompagnez des
Princefles , allerent voir l'Opera d'Armide , en
Italien , fur le Théatre du Marché au Foin , &
vers les dix heures , il y eut Bal au même Théatre
, où le Roi affifta avec le Prince de Galles.
Dix- neuf Seigneurs de la Chambre des Pairs ;
ont proteſté contre la réfolution prife dans cette
Chambre le 28. Avril , de continuer à fournir des
fonds pour P'entretien de 12000. hommes de
Troupes de Heffe , que le Rois a depuis quelques
années à fa folde.
Es Juges qui préfidoient au Jugement renda
contre le Colonel Chatres , accufé du viol par
une fille Domeftique qui demeuroit chez lui ,
ayant fait à Sa Majeſté un rapport favorable de
cette
MCA Y. 1739. 1033
"
cette affaire , ce Colonel a obtenu fa grace , à la
charge de donner caution de fe représenter à la
prochaine ceffion de Olds Bailly.
Le 20. Avril , le Chevalier Richard Grayefnor,
Baronet , pofa à Londres la premiere pierre d'une
nouvelle Chapelle qu'on bâtit dans le quartier
qui porte le nom de ce Chevalier , & dont il
a donné le fonds pour 99. ans , à la charge d'une
redevance annuelle d'un grain de Poivre.
Le 26. le Roi & la Reine , accompagnez des
Princefles , allerent voir l'Opera d'Armide , en
Italien , fur le Théatre du Marché au Foin , &
vers les dix heures , il y eut Bal au même Théatre
, où le Roi affifta avec le Prince de Galles.
Dix- neuf Seigneurs de la Chambre des Pairs ;
ont proteſté contre la réfolution prife dans cette
Chambre le 28. Avril , de continuer à fournir des
fonds pour P'entretien de 12000. hommes de
Troupes de Heffe , que le Rois a depuis quelques
années à fa folde.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En 1739, en Grande-Bretagne, le Colonel Chatres fut accusé de viol par une domestique. Les juges rendirent un rapport favorable au roi, permettant au colonel d'obtenir sa grâce sous condition de fournir une caution. Le 20 avril, le Chevalier Richard Graefenfor posa la première pierre d'une nouvelle chapelle à Londres, financée pour 99 ans avec une redevance annuelle symbolique d'un grain de poivre. Le 26 avril, le roi et la reine assistèrent à l'opéra 'Armide' au Théâtre du Marché au Foin, suivi d'un bal auquel le roi et le Prince de Galles participèrent. Le 28 avril, dix-neuf membres de la Chambre des Pairs protestèrent contre le financement de 12 000 hommes de troupes de Hesse à la solde du roi depuis plusieurs années.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1867
p. 1035-1037
LETTRE écrite de Metz le 15. Mars 1730. au sujet des nouvelles Cazernes.
Début :
Le 12. de ce mois la Bourgeoisie de Metz s'étant assemblée, avec la permission du Lieutenant [...]
Mots clefs :
Évêque, Casernes
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Metz le 15. Mars 1730. au sujet des nouvelles Cazernes.
LETTRE écrite de Metz le 15. Mars
1730. aufujet des nouvelles Cazernes .
L
E 12. de ce mois la Bourgeoifie de Metz s'étant
affemblée , avec la permiffion du Lieutenant
de Roi , vint au Palais Epifcopal remercier
le Duc de Coiflin , Evêque de cette Ville , de ce
que , non-content d'avoir fait conftruire à fes dépens
en 1727. un Corps de Cazernes & des Pavillons
en la Place du Champ- a- Seille , pour le
foulagement du Peuple , il venoit de commencer
encore fur la même Place de nouveaux corps de
Cazernes & des Pavillons qui feront fuffifans pour
loger à l'aife trois Bataillons avec leurs Officiers ,
& cela dans un temps où le prix des Materiaux
de toute elpece eft exceffif , à caufe des nouvelles
Fortifications que le Roi fait faire fous les ordres
du Comte de Belleifle , qui rendront Metz unë
des plus fortes Places de l'Europe.
Ces Bourgeois ont témoigné dans leur compliment
à leur Evêque , qu'ils étoient d'autant
plus fienfibles à ce nouvel effet de fa génerofité ,
qu'ils avoient moins de fujet de s'y attendre fi - tôt,
parce que depuis la conftruction des premieres
Cazernes en 1727. il avoit augmenté d'un nouveau
corps de logis compofé de 16. Chambres ,
d'un grand Ouvroir & de plufieurs autres commoditez
, la Maiſon du Refuge , qu'il a fondée
Il y a quelques années , pour renfermer les filles
d'unc
1036 MERCURE DE FRANCE
d'une vie ſcandaleufe , & que voulant que tout
fon Diocèfe refentît les effets falutaires de fon
zele & de fa generofité , on venoit d'achever le
mois dernier un Séminaire , qu'il a fait bâtir pour
yfaire élever dans l'efprit ecclefiaftique par un
Directeur & un Sous-Maitre,vingt jeunes pauvres
Erudians , moitié François , moitié Allemands ,
Sujets du Roy.
Ils auroient pú ajoûter la charité , digne des
Evêques des premiers fiecles , que cet illuftre Prélat
a exercée à la Naiffancé de Monfeigneur le
Dauphin , envers les prifonniers détenus pour
dettes , dont plufieurs arrêtez pour contrebande ,
ne pouvant payer l'amende , devoient être condamnez
aux Galeres.
Le 14. du même mois les trois Ordres de la
Ville vinrent en corps faire le même remerciement
à M. de Metz , dont les aumônes abondantes
ne diminuent point après de fi grandes dépenfes.
On efpere que ces Edifices feront achevez dans
un an, ils formeront une Place entierement parée,
d'un quarré long de 55. toifes de longeur , fur
32. de large. Chaque façade des deux grands
Corps qui font paralleles , eft de 47. toiſes , &
celle des Pavillons , de 28. toifes . Les quatre Avenuës
de la Place feront fermées de Grilles de fer,
deux Fontaines y fourniront de l'eau , & les
Troupes auront une étendue fuffifante pour faire
leurs Exercices & leurs mouvemens.
On a déja donné une Deſcription bien détail→、
lée de ces premiers Corps de Cazernes ,
dans un
Mercure de l'année 1728. on peut y avoir recours
pour le former une jufte idée de ces fuperbes
Edifices.
Voici une Infcription qui avoit été faite pour
Le Seminaire de l'Evêque de Metz.
ProM.
A Y. 1730. 1037
Providus inde gregem Coiflinus pafcit in avum.
Mais ce Prélat n'a pas voulu qu'on lût au- deſſus
de la Porte, il a mieux aimé y faire mettre ces paroles
: Probentur primùm & fic miniftrent. 1.
Timoth. 3. 10,
1730. aufujet des nouvelles Cazernes .
L
E 12. de ce mois la Bourgeoifie de Metz s'étant
affemblée , avec la permiffion du Lieutenant
de Roi , vint au Palais Epifcopal remercier
le Duc de Coiflin , Evêque de cette Ville , de ce
que , non-content d'avoir fait conftruire à fes dépens
en 1727. un Corps de Cazernes & des Pavillons
en la Place du Champ- a- Seille , pour le
foulagement du Peuple , il venoit de commencer
encore fur la même Place de nouveaux corps de
Cazernes & des Pavillons qui feront fuffifans pour
loger à l'aife trois Bataillons avec leurs Officiers ,
& cela dans un temps où le prix des Materiaux
de toute elpece eft exceffif , à caufe des nouvelles
Fortifications que le Roi fait faire fous les ordres
du Comte de Belleifle , qui rendront Metz unë
des plus fortes Places de l'Europe.
Ces Bourgeois ont témoigné dans leur compliment
à leur Evêque , qu'ils étoient d'autant
plus fienfibles à ce nouvel effet de fa génerofité ,
qu'ils avoient moins de fujet de s'y attendre fi - tôt,
parce que depuis la conftruction des premieres
Cazernes en 1727. il avoit augmenté d'un nouveau
corps de logis compofé de 16. Chambres ,
d'un grand Ouvroir & de plufieurs autres commoditez
, la Maiſon du Refuge , qu'il a fondée
Il y a quelques années , pour renfermer les filles
d'unc
1036 MERCURE DE FRANCE
d'une vie ſcandaleufe , & que voulant que tout
fon Diocèfe refentît les effets falutaires de fon
zele & de fa generofité , on venoit d'achever le
mois dernier un Séminaire , qu'il a fait bâtir pour
yfaire élever dans l'efprit ecclefiaftique par un
Directeur & un Sous-Maitre,vingt jeunes pauvres
Erudians , moitié François , moitié Allemands ,
Sujets du Roy.
Ils auroient pú ajoûter la charité , digne des
Evêques des premiers fiecles , que cet illuftre Prélat
a exercée à la Naiffancé de Monfeigneur le
Dauphin , envers les prifonniers détenus pour
dettes , dont plufieurs arrêtez pour contrebande ,
ne pouvant payer l'amende , devoient être condamnez
aux Galeres.
Le 14. du même mois les trois Ordres de la
Ville vinrent en corps faire le même remerciement
à M. de Metz , dont les aumônes abondantes
ne diminuent point après de fi grandes dépenfes.
On efpere que ces Edifices feront achevez dans
un an, ils formeront une Place entierement parée,
d'un quarré long de 55. toifes de longeur , fur
32. de large. Chaque façade des deux grands
Corps qui font paralleles , eft de 47. toiſes , &
celle des Pavillons , de 28. toifes . Les quatre Avenuës
de la Place feront fermées de Grilles de fer,
deux Fontaines y fourniront de l'eau , & les
Troupes auront une étendue fuffifante pour faire
leurs Exercices & leurs mouvemens.
On a déja donné une Deſcription bien détail→、
lée de ces premiers Corps de Cazernes ,
dans un
Mercure de l'année 1728. on peut y avoir recours
pour le former une jufte idée de ces fuperbes
Edifices.
Voici une Infcription qui avoit été faite pour
Le Seminaire de l'Evêque de Metz.
ProM.
A Y. 1730. 1037
Providus inde gregem Coiflinus pafcit in avum.
Mais ce Prélat n'a pas voulu qu'on lût au- deſſus
de la Porte, il a mieux aimé y faire mettre ces paroles
: Probentur primùm & fic miniftrent. 1.
Timoth. 3. 10,
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Résumé : LETTRE écrite de Metz le 15. Mars 1730. au sujet des nouvelles Cazernes.
Le 12 mars 1730, la bourgeoisie de Metz, avec l'autorisation du Lieutenant du Roi, s'est réunie pour remercier le Duc de Coislain, Évêque de Metz, d'avoir construit des casernes et des pavillons sur la Place du Champ-à-Seille. En 1727, l'Évêque avait déjà financé des bâtiments pour aider le peuple. Actuellement, il entreprend de nouveaux travaux pour loger trois bataillons, malgré les coûts élevés des matériaux dus aux nouvelles fortifications ordonnées par le Comte de Belle-Isle. Les bourgeois ont exprimé leur gratitude, soulignant qu'ils ne s'attendaient pas à une telle générosité si tôt. Depuis 1727, l'Évêque a également agrandi la Maison du Refuge pour les filles de vie scandaleuse et achevé un séminaire pour éduquer vingt jeunes pauvres, moitié Français, moitié Allemands. Il a aussi aidé les prisonniers pour dettes, notamment ceux arrêtés pour contrebande. Le 14 mars, les trois ordres de la ville ont également remercié l'Évêque pour ses aumônes. Les travaux devraient être achevés dans un an, formant une place pavée de 55 toises sur 32, avec des grilles de fer et deux fontaines. Une description des premières casernes a été publiée dans le Mercure de 1728. L'Évêque a choisi une inscription biblique pour le séminaire.
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1868
p. 1037-1038
PROMOTION des Officiers des Galeres, faite par le Roi le 15. Avril 1730.
Début :
Capitaines de Galeres. Mrs De Tournefort, Major. De Gardane. [...]
Mots clefs :
Promotion, Officiers des galères
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texteReconnaissance textuelle : PROMOTION des Officiers des Galeres, faite par le Roi le 15. Avril 1730.
PROMOTION des Officiers des Galeres,
par le Roi le Is.
Avril 1730. faite
Capitaines de Galeres.
Mrs De Tournefort , Major.
De Gardane .
Capitaines- Lieutenans,
De Bernage , l'aîné.
De Langerie.
Gailhac de Caumont.
Lieutenans de Galeres.
De Chaumont.
Du
Guay.
Marquis de Blaças.
Chevalier d'Albert. "
De Soiflans- Villars.
Chevalier de Glandéves , Ayde-Major.
Chevalier de Raouffet , Ayde-Major.
Marquis de Levy,
Enfeignes de Galeres.
Chevalier de Cabre Roquevaire,
De Caftelane d'Hademar.
De Gantés.
Comte de Pontis d'Hurtis.
Chevalier d'Argent.
D'Albert.
Chevalier de Jarente,
I De
1038 MERCURE DE FRANCE
De Chaumont.
De Grandmaiſon.
Chevalier de Gadagne,
Marquis de Bonnivet.
par le Roi le Is.
Avril 1730. faite
Capitaines de Galeres.
Mrs De Tournefort , Major.
De Gardane .
Capitaines- Lieutenans,
De Bernage , l'aîné.
De Langerie.
Gailhac de Caumont.
Lieutenans de Galeres.
De Chaumont.
Du
Guay.
Marquis de Blaças.
Chevalier d'Albert. "
De Soiflans- Villars.
Chevalier de Glandéves , Ayde-Major.
Chevalier de Raouffet , Ayde-Major.
Marquis de Levy,
Enfeignes de Galeres.
Chevalier de Cabre Roquevaire,
De Caftelane d'Hademar.
De Gantés.
Comte de Pontis d'Hurtis.
Chevalier d'Argent.
D'Albert.
Chevalier de Jarente,
I De
1038 MERCURE DE FRANCE
De Chaumont.
De Grandmaiſon.
Chevalier de Gadagne,
Marquis de Bonnivet.
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Résumé : PROMOTION des Officiers des Galeres, faite par le Roi le 15. Avril 1730.
En avril 1730, le roi a promulgué une promotion d'officiers des galères. Les promotions incluent les capitaines de galères : Monsieur de Tournefort et Monsieur de Gardane. Les capitaines-lieutenants promus sont : Monsieur de Bernage l'aîné, Monsieur de Langerie et Gailhac de Caumont. Les lieutenants de galères promus sont : Monsieur de Chaumont, Marquis de Blaças et Chevalier d'Albert. Les enseignes de galères promus sont : Chevalier de Cabre Roquevaire et Marquis de Bonnivet. Les aides-majors promus sont : Chevalier de Glandèves et Chevalier de Raouffet.
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1869
p. 1038-1039
BENEFICES DONNEZ par le Roy.
Début :
L'Abbaye de Puy-Ferrand, Ordre de S. Augustin, Diocèse de Bourges, vacante par le [...]
Mots clefs :
Abbaye, Roi, Bénéfices
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texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ par le Roy.
BENEFICES DONNEZ
par le Roy.
'Abbaye de Puy- Ferrand , Ordre de S. Au-
Lguftin ,Diocèfe de Bourges , vacante par le
decès de M. de Gauffen , à M. de Coetlorguet ,
Prêtre.
L'Abbaye de Jofaphat , Ordre de S. Benoît ,
Diocèfe de Chartres , vacante par le décès de
M. de Taillefer de Barriere , à M. Jean-Jofeph de
Fougaffe , d'Entrechaux de la Baftie , Diacre du
Diocèse d'Avignon.
L'Abbaye Commandataire de Baffac, Ordre de
S. Benoît , Diocèfe de Saintes , vacante par le
décès de M. Mayol , à M. Paul Allain de la Vigerie
, Prêtre du Diocèfe de Bordeaux.
L'Abbaye de Bonlieu , Ordre de Câteaux , Diocèfe
du Mans , vacante par le décèds de Madame
du Juglart , à Madame de Muy , Prieure de l'Abbaye
d'Hierre .
L'Abbaye de S. Jean l'Evangelifte d'Oudeauville
, Ordre de S. Auguftin , Diocèfe de Boulogne
, vacante par la démiffion de M. Nadal , en
faveur de M. Jean- Baptifte Fourdinier de Remortier
, Prêtre , Docteur en Théologie & Vicegerent
de l'Officialité de Boulogne .
L'Abbaye de Cherbourg, dite de N. D. du Voeu,
Ordre de S. Auguftin , Diocèfe de Coutances ,
vacante par le déceds de M. de Valat , à M. le
Normant , Prêtre du Diocèfe de Paris.
L'Evêché de Carcaffonne , vacant par le déceds
de M.de Châteauneuf de Rochebonne, en faveurde
M ,
MAY.
1730.
1039
M. Armand Bazin de Bezons , Prêtre du Diocèle
de Paris , & Docteur en Théologie.
L'Abbaye de la Cour- Dieu , Ordre de Cîteaux,
Diocèse d'Orleans , vacante par le déceds de
M. de Fages , en faveur de M. de Bellefond , Prêtre
, Aumônier du Roi.
L'Abbaye de N. D. de Mandion , Ordre de
S. Benoît , Diocèfe de Sainte , vacante par la démiffion
de M.Bridelle, en faveur de M.de la Corée,
Prêtre, Grand Vicaire de Saintes & Vifiteur General
des Carmelites.
Le Prieuré Commandataire,Conventuel & Electif
de Beaulieu , Ordre de S. Auguſtin , Diocéfe
de Rouen , vacante par le déceds de M. de Mayol,
en faveur de M. Pierre Bridelle , Prêtre , Docteur
de Sorbonne , & Grand-Vicaire de Rouen.
par le Roy.
'Abbaye de Puy- Ferrand , Ordre de S. Au-
Lguftin ,Diocèfe de Bourges , vacante par le
decès de M. de Gauffen , à M. de Coetlorguet ,
Prêtre.
L'Abbaye de Jofaphat , Ordre de S. Benoît ,
Diocèfe de Chartres , vacante par le décès de
M. de Taillefer de Barriere , à M. Jean-Jofeph de
Fougaffe , d'Entrechaux de la Baftie , Diacre du
Diocèse d'Avignon.
L'Abbaye Commandataire de Baffac, Ordre de
S. Benoît , Diocèfe de Saintes , vacante par le
décès de M. Mayol , à M. Paul Allain de la Vigerie
, Prêtre du Diocèfe de Bordeaux.
L'Abbaye de Bonlieu , Ordre de Câteaux , Diocèfe
du Mans , vacante par le décèds de Madame
du Juglart , à Madame de Muy , Prieure de l'Abbaye
d'Hierre .
L'Abbaye de S. Jean l'Evangelifte d'Oudeauville
, Ordre de S. Auguftin , Diocèfe de Boulogne
, vacante par la démiffion de M. Nadal , en
faveur de M. Jean- Baptifte Fourdinier de Remortier
, Prêtre , Docteur en Théologie & Vicegerent
de l'Officialité de Boulogne .
L'Abbaye de Cherbourg, dite de N. D. du Voeu,
Ordre de S. Auguftin , Diocèfe de Coutances ,
vacante par le déceds de M. de Valat , à M. le
Normant , Prêtre du Diocèfe de Paris.
L'Evêché de Carcaffonne , vacant par le déceds
de M.de Châteauneuf de Rochebonne, en faveurde
M ,
MAY.
1730.
1039
M. Armand Bazin de Bezons , Prêtre du Diocèle
de Paris , & Docteur en Théologie.
L'Abbaye de la Cour- Dieu , Ordre de Cîteaux,
Diocèse d'Orleans , vacante par le déceds de
M. de Fages , en faveur de M. de Bellefond , Prêtre
, Aumônier du Roi.
L'Abbaye de N. D. de Mandion , Ordre de
S. Benoît , Diocèfe de Sainte , vacante par la démiffion
de M.Bridelle, en faveur de M.de la Corée,
Prêtre, Grand Vicaire de Saintes & Vifiteur General
des Carmelites.
Le Prieuré Commandataire,Conventuel & Electif
de Beaulieu , Ordre de S. Auguſtin , Diocéfe
de Rouen , vacante par le déceds de M. de Mayol,
en faveur de M. Pierre Bridelle , Prêtre , Docteur
de Sorbonne , & Grand-Vicaire de Rouen.
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Résumé : BENEFICES DONNEZ par le Roy.
En 1730, le roi attribue plusieurs bénéfices ecclésiastiques devenus vacants par décès ou démission. Parmi les attributions, l'Abbaye de Puy-Ferrand, Ordre de Saint-Augustin, Diocèse de Bourges, est donnée à M. de Coetlorguet. L'Abbaye de Josaphat, Ordre de Saint-Benoît, Diocèse de Chartres, revient à M. Jean-Joseph de Fougaffe. L'Abbaye Commandataire de Bassac, Ordre de Saint-Benoît, Diocèse de Saintes, est attribuée à M. Paul Allain de la Vigerie. L'Abbaye de Bonlieu, Ordre de Cîteaux, Diocèse du Mans, est donnée à Madame de Muy. L'Abbaye de Saint-Jean l'Évangéliste d'Oudeauville, Ordre de Saint-Augustin, Diocèse de Boulogne, est attribuée à M. Jean-Baptiste Fourdinier de Remortier. L'Abbaye de Cherbourg, Ordre de Saint-Augustin, Diocèse de Coutances, est donnée à M. le Normant. L'Évêché de Carcassonne, vacant par le décès de M. de Châteauneuf de Rochebonne, est attribué à M. Armand Bazin de Bezons. L'Abbaye de la Cour-Dieu, Ordre de Cîteaux, Diocèse d'Orléans, est donnée à M. de Bellefond. L'Abbaye de Notre-Dame de Mandion, Ordre de Saint-Benoît, Diocèse de Sainte, est attribuée à M. de la Corée. Enfin, le Prieuré Commandataire de Beaulieu, Ordre de Saint-Augustin, Diocèse de Rouen, est donné à M. Pierre Bridelle.
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1870
p. 1039-1042
Solemnité aux Capucins pour la Beatification du P. Fidel, [titre d'après la table]
Début :
Le 21. Avril, & les trois jours suivans, les Capucins de la rüe S. Honoré celebrerent avec [...]
Mots clefs :
Capucins, Messe, Église, Évêques, Vêpres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Solemnité aux Capucins pour la Beatification du P. Fidel, [titre d'après la table]
Le 21. Avril , & les trois jours fuivans ,
Capucins de la rue S. Honoré celebrerent avec
beaucoup de folemnité la Beatification du Pere
Fidel de Simarinque , Capucin , Préfet & premier
Martyr de la Miffion ' Apoftolique , établie chez
les Grifons par la Sacrée Congrégation , chargée
de travailler à la propagation de la Foi.
Ces Peres avoient fait élever dans la Cour de
leur Eglife une Galerie ornée de Pilaftres peints
en Marbre , dont les Chapiteaux & les Piedeftaux
étoient peints en or , ce qui formoit une espece
de Colonade ; entre ces Pilaftres , fous des Arcades
ornées de Feftons & de Guirlandes , on avoit
placé des Caiffes de fleurs & d'autres ornemens
& les murs étoient revêtus de très-riches Tapifferies.
"
Au- devant du Porche de l'Eglife , étoit élevé
un Portique peint en Marbre , aufli -bien que les
Colomnes qui le foutenoient , & dans un Cartouche
au-deffus de la grande entrée étoient écri-
I ij
tes
1040 MERCURE DE FRANCE
tes ces paroles tirées du Livre des Proverbes ,
Vir Fidelis multùm laudabitur.
Au même Porche, du côté de la ruë, deux Piramides
étoient élevées fur des Piedeſtaux & furmontées
de Vafes , ce qui formoit une entrée, audeffus
de laquelle étoient écrites ces paroles de
PEcclefiaftique : Sic celebrabitur Fidelis in confpectu
Dei.
Aux deux côtez de la Porte de l'Eglife , étoient
placées fur leurs Piedeftaux , deux Figures grandes
comme le naturel , qui repréfentoient la Foi
& la Charité , le tout orné de très - belles Tapifferies
; on avoit placé au- deffus de la Porte exterieure
de l'Eglife , les Armes du feu Pape Benoît
XIII. celles du Roi & de l'Archevêque de
Paris.
Toute l'Eglife depuis la Corniche jufqu'au
Lambris , étoit ornée de Tapifleries de la Ĉouronne
, au bas defquelles regnoit une espece de
Gradin chargé de Camayeux , qui repréſentoient
les principaux Miracles du Saint , accompagné
de chaque côté de Pots de fleurs. Entre ces Camayeux
étoient des Piramides peintes en or , furmontées
de Girandoles . On avoit écrit au bas des
Piramides differens Paffages de l'Ecriture , convenables
au fujet .
Les Fenêtres de l'Eglife étoient fermées par des
grands rideaux de Damas cramoifi , galonnez
d'or ; la Voute étoit ornée de Feftons & de Guirlandes
, d'où fortoient de gros cordons de foye
pour foutenir quantité de Luftres garnis de bougies.
Le devant de la Tribune deftinée pour la
Mufique , étoit auffi couvert d'une pareille étoffe
de Damas galonné d'or , de même que la Chaire
du Prédicateur. On avoit placé au- deffus de la
Tribune , un grand Camayeu réprefentant le
Bienheureux Fidel martyrifé par les Heretiques,
Le
MAY. 1730. 1041
Le Pavé du Sanctuaire & une partie de la Nef
qui fervoit de Choeur , étoit couvert de quantité
de très-beaux Tapis. On avoit élevé à une petite
diftance de l'Autel , un Trône pour les Evêques
qui ont officié pontificalement , on avoit placé
au -deffous un Fauteuil , & un Prie-Dieu , couvert
d'un Tapis de Velours cramoifi , furmonté d'un
Dais brodé en or & en argent."
Le premier jour de la Fête , les Capucins commencerent
leur Proceffion à une heure après midi,
ils étoient precedez de plufieurs jeunes garçons
vétus en Chevaliers Romains , fous leur Guidon ,
portant les Inftrumens du Martyre du Bienheureux
Fidel , & d'une quantité d'Enfans vétus trèsproprement
en Anges , qui portoient des Banderoles.
Ces Peres , au nombre de plus de cent , allerent
proceffionellement prendre les Cordeliers
du Grand Convent qui vinrent avec eux chanter
les premieres Vêpres ; cette Communauté fut faluée
en arrivant d'une décharge de quantité de
Boëtes, & au fon de Trompettes & Timbales , &
reçue à la porte de l'Eglife par quatre Peres Capucins,
dont deux étoient revétus d'Aubes, & pre-
Tentoient de l'Eau - Benite aux Religieux qui entroient
, & les deux autres , en furplis , les encenfoient.
La même ceremonie a été obfervée à l'entrée
& à la fortie de toutes les Communautez
qui font venues aux Capucins, pour y chanter la
Meffe ou les Vêpres.
Le 22. M. Robinet , Official & Vicaire General
de M. l'Archevêque de Paris , fe rendit dans l'Egfife
des Capucins , où il fit la lecture de la Bulle
de la Beatification du Pere Fidel , après laquelle
le Te Deum fut chanté au bruit d'un grand nombre
de Boetes qu'on tira dans le Jardin de ces
Peres.
Le même jour les Capucins allerent procef-
I iij hionnd1042
MERCURE DE FRANCE
fionellement prendre les Religieux Feüillans qui
vinrent chanter la grande Meffe dans leur Eglife..
L'aprés midi , les Jacobins de la rue S. Honoré
y vinrent chanter les Vêpres ; le Panégyrique du
Saint fut prononcé par le P. Dom Jerôme , le Salut
fut chanté enfuite en Mufique , auquel officia
l'Evêque de Quebec.
ac-
Le 23. le Clergé de la Paroiffe de S. Roch ,
compagné des Capucins , vint chanter la grande
Meffe dans leur Eglife,& l'après midi les Feuillans
y chanterent les Vêpres ; le Panegyrique du Saint
fut prononcé par le Pere de la Cofte, Cordelier , l'Evêque
de Laon officia au Salut qui fut chanté après.
Le 24. le Clergé de S. Germain de Lauxerrois
accompagné des Capucins , vint celebrer la
Meffe qui fut chantée par la Mufique du Chapitre
, & l'après midi les Récollets y chanterent les
Vêpres, l'Abbé Billard prononça le Panegyrique .
du Saint , l'Evêque de Cifteron officia au Salut &
an Te Deum qui fut chanté enfuite , à la fin duquei
la Bannière du Saint fut élevée au plus haut
de la voute de l'Eglife , au fon des Trompettes
des Timballes & de la Simphonie. La Fête fut
terminée le foir du même jour par une très - belle
Illumination de la Maifon des Capucins , des
Gours & du Jardin , dans lequel on tira un Feu
d'artifice, qui fut executé avec beaucoup de fuccès.
Capucins de la rue S. Honoré celebrerent avec
beaucoup de folemnité la Beatification du Pere
Fidel de Simarinque , Capucin , Préfet & premier
Martyr de la Miffion ' Apoftolique , établie chez
les Grifons par la Sacrée Congrégation , chargée
de travailler à la propagation de la Foi.
Ces Peres avoient fait élever dans la Cour de
leur Eglife une Galerie ornée de Pilaftres peints
en Marbre , dont les Chapiteaux & les Piedeftaux
étoient peints en or , ce qui formoit une espece
de Colonade ; entre ces Pilaftres , fous des Arcades
ornées de Feftons & de Guirlandes , on avoit
placé des Caiffes de fleurs & d'autres ornemens
& les murs étoient revêtus de très-riches Tapifferies.
"
Au- devant du Porche de l'Eglife , étoit élevé
un Portique peint en Marbre , aufli -bien que les
Colomnes qui le foutenoient , & dans un Cartouche
au-deffus de la grande entrée étoient écri-
I ij
tes
1040 MERCURE DE FRANCE
tes ces paroles tirées du Livre des Proverbes ,
Vir Fidelis multùm laudabitur.
Au même Porche, du côté de la ruë, deux Piramides
étoient élevées fur des Piedeſtaux & furmontées
de Vafes , ce qui formoit une entrée, audeffus
de laquelle étoient écrites ces paroles de
PEcclefiaftique : Sic celebrabitur Fidelis in confpectu
Dei.
Aux deux côtez de la Porte de l'Eglife , étoient
placées fur leurs Piedeftaux , deux Figures grandes
comme le naturel , qui repréfentoient la Foi
& la Charité , le tout orné de très - belles Tapifferies
; on avoit placé au- deffus de la Porte exterieure
de l'Eglife , les Armes du feu Pape Benoît
XIII. celles du Roi & de l'Archevêque de
Paris.
Toute l'Eglife depuis la Corniche jufqu'au
Lambris , étoit ornée de Tapifleries de la Ĉouronne
, au bas defquelles regnoit une espece de
Gradin chargé de Camayeux , qui repréſentoient
les principaux Miracles du Saint , accompagné
de chaque côté de Pots de fleurs. Entre ces Camayeux
étoient des Piramides peintes en or , furmontées
de Girandoles . On avoit écrit au bas des
Piramides differens Paffages de l'Ecriture , convenables
au fujet .
Les Fenêtres de l'Eglife étoient fermées par des
grands rideaux de Damas cramoifi , galonnez
d'or ; la Voute étoit ornée de Feftons & de Guirlandes
, d'où fortoient de gros cordons de foye
pour foutenir quantité de Luftres garnis de bougies.
Le devant de la Tribune deftinée pour la
Mufique , étoit auffi couvert d'une pareille étoffe
de Damas galonné d'or , de même que la Chaire
du Prédicateur. On avoit placé au- deffus de la
Tribune , un grand Camayeu réprefentant le
Bienheureux Fidel martyrifé par les Heretiques,
Le
MAY. 1730. 1041
Le Pavé du Sanctuaire & une partie de la Nef
qui fervoit de Choeur , étoit couvert de quantité
de très-beaux Tapis. On avoit élevé à une petite
diftance de l'Autel , un Trône pour les Evêques
qui ont officié pontificalement , on avoit placé
au -deffous un Fauteuil , & un Prie-Dieu , couvert
d'un Tapis de Velours cramoifi , furmonté d'un
Dais brodé en or & en argent."
Le premier jour de la Fête , les Capucins commencerent
leur Proceffion à une heure après midi,
ils étoient precedez de plufieurs jeunes garçons
vétus en Chevaliers Romains , fous leur Guidon ,
portant les Inftrumens du Martyre du Bienheureux
Fidel , & d'une quantité d'Enfans vétus trèsproprement
en Anges , qui portoient des Banderoles.
Ces Peres , au nombre de plus de cent , allerent
proceffionellement prendre les Cordeliers
du Grand Convent qui vinrent avec eux chanter
les premieres Vêpres ; cette Communauté fut faluée
en arrivant d'une décharge de quantité de
Boëtes, & au fon de Trompettes & Timbales , &
reçue à la porte de l'Eglife par quatre Peres Capucins,
dont deux étoient revétus d'Aubes, & pre-
Tentoient de l'Eau - Benite aux Religieux qui entroient
, & les deux autres , en furplis , les encenfoient.
La même ceremonie a été obfervée à l'entrée
& à la fortie de toutes les Communautez
qui font venues aux Capucins, pour y chanter la
Meffe ou les Vêpres.
Le 22. M. Robinet , Official & Vicaire General
de M. l'Archevêque de Paris , fe rendit dans l'Egfife
des Capucins , où il fit la lecture de la Bulle
de la Beatification du Pere Fidel , après laquelle
le Te Deum fut chanté au bruit d'un grand nombre
de Boetes qu'on tira dans le Jardin de ces
Peres.
Le même jour les Capucins allerent procef-
I iij hionnd1042
MERCURE DE FRANCE
fionellement prendre les Religieux Feüillans qui
vinrent chanter la grande Meffe dans leur Eglife..
L'aprés midi , les Jacobins de la rue S. Honoré
y vinrent chanter les Vêpres ; le Panégyrique du
Saint fut prononcé par le P. Dom Jerôme , le Salut
fut chanté enfuite en Mufique , auquel officia
l'Evêque de Quebec.
ac-
Le 23. le Clergé de la Paroiffe de S. Roch ,
compagné des Capucins , vint chanter la grande
Meffe dans leur Eglife,& l'après midi les Feuillans
y chanterent les Vêpres ; le Panegyrique du Saint
fut prononcé par le Pere de la Cofte, Cordelier , l'Evêque
de Laon officia au Salut qui fut chanté après.
Le 24. le Clergé de S. Germain de Lauxerrois
accompagné des Capucins , vint celebrer la
Meffe qui fut chantée par la Mufique du Chapitre
, & l'après midi les Récollets y chanterent les
Vêpres, l'Abbé Billard prononça le Panegyrique .
du Saint , l'Evêque de Cifteron officia au Salut &
an Te Deum qui fut chanté enfuite , à la fin duquei
la Bannière du Saint fut élevée au plus haut
de la voute de l'Eglife , au fon des Trompettes
des Timballes & de la Simphonie. La Fête fut
terminée le foir du même jour par une très - belle
Illumination de la Maifon des Capucins , des
Gours & du Jardin , dans lequel on tira un Feu
d'artifice, qui fut executé avec beaucoup de fuccès.
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Résumé : Solemnité aux Capucins pour la Beatification du P. Fidel, [titre d'après la table]
Du 21 avril au 24 avril, les Capucins de la rue Saint-Honoré célébrèrent la béatification du Père Fidèle de Sigmaringen, premier martyr de la Mission Apostolique chez les Grisons. Pour cette occasion, une galerie ornée de pilastres peints en marbre et dorés fut érigée dans la cour de leur église. Des arcades décorées de festons et de guirlandes, des caisses de fleurs, et des tapisseries richement ornées couvraient les murs. Au-dessus du porche, une inscription tirée des Proverbes, 'Vir Fidelis multùm laudabitur', était affichée. Deux pyramides surmontées de vases flanquaient l'entrée, avec l'inscription 'Sic celebrabitur Fidelis in conspectu Dei'. À l'intérieur, des figures représentant la Foi et la Charité étaient placées de chaque côté de la porte, accompagnées des armes du pape Benoît XIII, du roi et de l'archevêque de Paris. L'église était décorée de tapisseries de la couronne, de camées représentant les miracles du saint, et de pyramides dorées surmontées de girandoles. Les fenêtres étaient fermées par des rideaux de damas cramoisi galonné d'or, et la voûte était ornée de festons et de guirlandes. Les célébrations commencèrent par une procession des Capucins, précédés de jeunes garçons vêtus en chevaliers romains et d'enfants habillés en anges. Les premiers vêpres furent chantés par les Cordeliers du Grand Convent, accueillis par des salves de boîtes à feu et des trompettes. Le 22 avril, M. Robinet, vicaire général de l'archevêque de Paris, lut la bulle de béatification, suivie du Te Deum. Les jours suivants, diverses communautés religieuses, dont les Feuillans, les Jacobins, et les Récollets, se succédèrent pour chanter la messe et les vêpres, et prononcer des panégyriques. La fête se conclut par une illumination et un feu d'artifice dans le jardin des Capucins.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1871
p. 1042-1046
« Le 28. Avril, les Dominicains du Grand Couvent de la Rue S. Jacques, celebrerent dans leur Eglise [...] »
Début :
Le 28. Avril, les Dominicains du Grand Couvent de la Rue S. Jacques, celebrerent dans leur Eglise [...]
Mots clefs :
Loterie, Concert, Squelette, Dominicains, Comédiens-Français
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 28. Avril, les Dominicains du Grand Couvent de la Rue S. Jacques, celebrerent dans leur Eglise [...] »
Le 2 8. Avril,lesDominicains du Grand Convent
de la Rue S. Jacques , celebrerènt dans leur Eglife
un Service folemnel pour le repos de l'ame du feu
Pape Benoît XIII. qui étoit Religieux de leur
Ordre ; l'Evêque de Lefcar y celebra pontificalement
la Meffe , & l'Oraiſon Funebre du feu Pape
y fut prononcée par le Pere Corbierre , Religieux
du mème Convent. L'Eglife étoit tenduë de noir
avec les Armes du Pape deffunt.
Le Gouvernement du Mont Louis , & la Lieutenance
MAY. 1730. 1043
tenance Generale de la Province de Rouffillon ,
ont été accordez à M. le Comte de Caylus , Lieutenant
General ès Armées du Roi , l'un & l'autre
vacans par le décés deM.le Marquis de Firmacon.
La Lieutenance Generale du Comté de Bour→
gogne , a été accordée à M. le Duc de Durfort ,
fur la démiffion de M. le Duc d'Harcourt.
On a trouvé dans les Fondemens du Gouverne.
ment de l'Ile de Ré , le Squelette d'une femme ,
dont la tête étoit ornée d'une Couronne de cuivre
doré, garnie de Pierres , qui font tombées en
pouffiere lorfqu'on y a touché ; il y avoit auprès
de cette Sépulture quantité d'offemens ; mais il
ne s'eft trouvé ni Médailles ni autres marques
qui ayent pú fervir à découvrir l'ancienneté & le
caractere du Squelette.
Les Députez du Parlement qui avoient reçû
les ordres du Roi le 29.du mois dernier, le rendirent
à Fontainebleau le premier de ce mois , &
M. Portail , Premier Preſident , étant à leur tête .
Ils furent prefentez & conduits à l'Audience de
Sa Majesté avec les ceremonies accoûtumées. Le
Roi leur expliqua le fujer pour lequel il les avoit
mandez. Il leur fit enfuite déclarer fa volonté
par le Chancelier de France , & le Roi ordonna
aux Députez d'inftruire le Parlement afſemblé
des intentions de S. M.
Le 7. la Reine fit rendre à l'Eglife de la Paroiffe
les Pains Benits , qui furent préfentez par l'Abbé
de Sainte Hermine , Aumônier de S. M. accompagné
du Maître d'Hôtel Ordinaire , & du Contrôleur
en quartier.
Le 6. de ce mois , le Baron Chedda , Envoyé
Extraordinaire du Roi de Suede , & l'un de fes
Ambaffadeurs Plénipotentiaires au Congrés de
Soiffons , eut , en long Manteau de deuil , une
Audience particuliere du Roi , dans laquelle il fit
1
1111 part
1044 MERCURE DE FRANCE
part à S. M. de la mort du Landgrave de Heffle-
Caffel ,, pere du Roi de Suede . Il fut conduit par
M. Hebert, Introducteur des Ambaſſadeurs , qui le
conduifit enfuite à l'Audience de la Reine.Le lendemain
le Comte de Godolfkin ,Miniftre de Ruffie,
& Plenipotentiaire au Congrés de Soiffons , eut
auffi,en Manteau long, une pareille Audience pour
notifier la mort du Czar Pierre II.
Le 26. Avril,il y eut Concert à Fontainebleau ,M.
Deftouches , Sur - Intendant de la Mufique du Roi,
fit chanter devant la Reine le Prologue de l'Opera
de Callirhoé , dont la Mufique eft de fa
compofition, lequel fut parfaitement bien executé;
le Role de la Victoire fut chanté avec beaucoup
de fuccès par la Dile Denis , ainfi que celui d'aftrée
, par la Dlle Barbier .
Le 3. May , on chanta- devant la Reine , le premier
Acte du même Opera , qu'on acheva de
chanter le 8. le fo. le 15. & le 17. le Rôle de
Callirhoé fut chanté avec applaudiffement par la
Dle Lenner , de la Mufique du Roi , ainfi que
celui de Corefus , par le fieur d'Angerville.
Le 22. & le 24. M. Campra , Maître de Mu
fique de la Chapelle du Roi , fit chanter devant
la Reine , des fragmens de fon Ballet de l'Eμ-
rope Galante , qui furent très - bien executez &
firent beaucoup de plaifir.
Le 8. la Lotterie pour le Remboursement des
Rentes fur l'Hôtel de Ville, fut tirée en preſence
du Prévôt des Marchands & des Echevins , en la
· maniere accoûtumée , le fonds de ce mois s'eft
trouvé monter à la fomme de 1352045. livres ,
laquelle a été diftribuée aux Rentiers pour les Lots
qui leur font échus , conformément à la Lifte generale
qui a été rendue publique.
Le
MAY . 1730. 1045
Le 10. de ce mois , douze Députez de la Faculté
de Théologie de Paris , introduits dans le Cabinet
du Roi & préfentez par le Comte de Maurepas
, Secretaire d'itat , eurent l'honneur de remettre
entre les mains de S. M. les Actes nouvellement
imprimez , que cette Faculté a faits
depuis le mois de Novembre 1729. pour faire
obferver par tous ces Membres , & executer la
Conftitution Unigenitus . M.Lullier,Doyen, porta
la parole avec éloquence , & en même- temps il
remercia le Roi au nom de la Faculté , de la nou
velle Déclaration du 24. Mars dernier : S. M. reçut
ces Députez avec bonté , & leur donna des
marques de fa fatisfaction .
Le 25. Mai la Lotterie de la Compagnie des
Indes,ordonnée par l'Arrêt du Confeil du 2.May,
pour le remboursement de vingt-cinq milleActions
fut tirée en prefence des Commiffaires , Syndics &
Directeurs de la Compagnie. On a publié la Lifte
des Numero, des Actions & des Dixièmes d'Actions
qui doivent être remboursées , au bas de laquelle
il eft dit que les Porteurs des Actions &
des Dixiémes d'Actions , feront tenus ( pour recevoir
leurs Rembourfemens au Tréfor Royal )
de faire vifer leurs Actions ou Dixiémes , dans
le Bureau du heur Barillon , Infpecteur de ladite
Lotterie , par le fieur Bofc , nommé à cet effet ,
lequel Bureau fera ouvert le matin jufqu'à midi,&
le foir jufqu'à fix heures..
Le 18. jour de l'Afcenfion , & le 28. Fête de
la Pentecôte , il y eut Concert Spirituel au Château
des Tuilleries , on y chanta differens Motets
de M. de la Lande , qui furent parfaitement bien
executez , de même que d'autres petits Motets
chantez par les Diles Erremens , le Maure &
Iv Petitpas
1046 MERCURE DE FRANCE
Petitpas, il y eut auffi plufieurs Pieces de Simphonie
, dont l'execution paroît toûjours admirable.
Le même Concert Spirituel, recommencera le 8.
jour de la Fête -Dieu .
La Cour eft encore à Fontainebleau , où Leurs
Majeftez fe plaifent beaucoup, La Chaffe du Cerf,
du Chevreuil & du Sanglier , la Promenade , le
Jeu , les Concerts , les Appartemens , la Comedie
Françoife , font alternativement le fujet des
Divertiffemens qu'on y prend. Les Comediens.
François y ont joué trois fois la Semaine , le
Mardi , le Jeudi & le Samedi, Ils repréfenterent,
le Jeudi 27. Avil , la Comedie de l'Etourdi.
Le 29. la Tragedie de Phedre & Efarbagnas.
Le 2. May , l'Esprit Folet."
Le 4. Venceslas & le Mariage forcé.
Le 6. l'Ecole des Maris & les Fâcheux.
Le 9. Rodogune & l'Eté des Coquettes..
la Comedie du Muet.
Le II.
Le 13. Mithridate.
Le 16. le Joueur.
Le 20. Andromaque & le Balillard.
Le 23. l'Avare.
Le 25. Cinna & l'Eſprit de contradiction.
de la Rue S. Jacques , celebrerènt dans leur Eglife
un Service folemnel pour le repos de l'ame du feu
Pape Benoît XIII. qui étoit Religieux de leur
Ordre ; l'Evêque de Lefcar y celebra pontificalement
la Meffe , & l'Oraiſon Funebre du feu Pape
y fut prononcée par le Pere Corbierre , Religieux
du mème Convent. L'Eglife étoit tenduë de noir
avec les Armes du Pape deffunt.
Le Gouvernement du Mont Louis , & la Lieutenance
MAY. 1730. 1043
tenance Generale de la Province de Rouffillon ,
ont été accordez à M. le Comte de Caylus , Lieutenant
General ès Armées du Roi , l'un & l'autre
vacans par le décés deM.le Marquis de Firmacon.
La Lieutenance Generale du Comté de Bour→
gogne , a été accordée à M. le Duc de Durfort ,
fur la démiffion de M. le Duc d'Harcourt.
On a trouvé dans les Fondemens du Gouverne.
ment de l'Ile de Ré , le Squelette d'une femme ,
dont la tête étoit ornée d'une Couronne de cuivre
doré, garnie de Pierres , qui font tombées en
pouffiere lorfqu'on y a touché ; il y avoit auprès
de cette Sépulture quantité d'offemens ; mais il
ne s'eft trouvé ni Médailles ni autres marques
qui ayent pú fervir à découvrir l'ancienneté & le
caractere du Squelette.
Les Députez du Parlement qui avoient reçû
les ordres du Roi le 29.du mois dernier, le rendirent
à Fontainebleau le premier de ce mois , &
M. Portail , Premier Preſident , étant à leur tête .
Ils furent prefentez & conduits à l'Audience de
Sa Majesté avec les ceremonies accoûtumées. Le
Roi leur expliqua le fujer pour lequel il les avoit
mandez. Il leur fit enfuite déclarer fa volonté
par le Chancelier de France , & le Roi ordonna
aux Députez d'inftruire le Parlement afſemblé
des intentions de S. M.
Le 7. la Reine fit rendre à l'Eglife de la Paroiffe
les Pains Benits , qui furent préfentez par l'Abbé
de Sainte Hermine , Aumônier de S. M. accompagné
du Maître d'Hôtel Ordinaire , & du Contrôleur
en quartier.
Le 6. de ce mois , le Baron Chedda , Envoyé
Extraordinaire du Roi de Suede , & l'un de fes
Ambaffadeurs Plénipotentiaires au Congrés de
Soiffons , eut , en long Manteau de deuil , une
Audience particuliere du Roi , dans laquelle il fit
1
1111 part
1044 MERCURE DE FRANCE
part à S. M. de la mort du Landgrave de Heffle-
Caffel ,, pere du Roi de Suede . Il fut conduit par
M. Hebert, Introducteur des Ambaſſadeurs , qui le
conduifit enfuite à l'Audience de la Reine.Le lendemain
le Comte de Godolfkin ,Miniftre de Ruffie,
& Plenipotentiaire au Congrés de Soiffons , eut
auffi,en Manteau long, une pareille Audience pour
notifier la mort du Czar Pierre II.
Le 26. Avril,il y eut Concert à Fontainebleau ,M.
Deftouches , Sur - Intendant de la Mufique du Roi,
fit chanter devant la Reine le Prologue de l'Opera
de Callirhoé , dont la Mufique eft de fa
compofition, lequel fut parfaitement bien executé;
le Role de la Victoire fut chanté avec beaucoup
de fuccès par la Dile Denis , ainfi que celui d'aftrée
, par la Dlle Barbier .
Le 3. May , on chanta- devant la Reine , le premier
Acte du même Opera , qu'on acheva de
chanter le 8. le fo. le 15. & le 17. le Rôle de
Callirhoé fut chanté avec applaudiffement par la
Dle Lenner , de la Mufique du Roi , ainfi que
celui de Corefus , par le fieur d'Angerville.
Le 22. & le 24. M. Campra , Maître de Mu
fique de la Chapelle du Roi , fit chanter devant
la Reine , des fragmens de fon Ballet de l'Eμ-
rope Galante , qui furent très - bien executez &
firent beaucoup de plaifir.
Le 8. la Lotterie pour le Remboursement des
Rentes fur l'Hôtel de Ville, fut tirée en preſence
du Prévôt des Marchands & des Echevins , en la
· maniere accoûtumée , le fonds de ce mois s'eft
trouvé monter à la fomme de 1352045. livres ,
laquelle a été diftribuée aux Rentiers pour les Lots
qui leur font échus , conformément à la Lifte generale
qui a été rendue publique.
Le
MAY . 1730. 1045
Le 10. de ce mois , douze Députez de la Faculté
de Théologie de Paris , introduits dans le Cabinet
du Roi & préfentez par le Comte de Maurepas
, Secretaire d'itat , eurent l'honneur de remettre
entre les mains de S. M. les Actes nouvellement
imprimez , que cette Faculté a faits
depuis le mois de Novembre 1729. pour faire
obferver par tous ces Membres , & executer la
Conftitution Unigenitus . M.Lullier,Doyen, porta
la parole avec éloquence , & en même- temps il
remercia le Roi au nom de la Faculté , de la nou
velle Déclaration du 24. Mars dernier : S. M. reçut
ces Députez avec bonté , & leur donna des
marques de fa fatisfaction .
Le 25. Mai la Lotterie de la Compagnie des
Indes,ordonnée par l'Arrêt du Confeil du 2.May,
pour le remboursement de vingt-cinq milleActions
fut tirée en prefence des Commiffaires , Syndics &
Directeurs de la Compagnie. On a publié la Lifte
des Numero, des Actions & des Dixièmes d'Actions
qui doivent être remboursées , au bas de laquelle
il eft dit que les Porteurs des Actions &
des Dixiémes d'Actions , feront tenus ( pour recevoir
leurs Rembourfemens au Tréfor Royal )
de faire vifer leurs Actions ou Dixiémes , dans
le Bureau du heur Barillon , Infpecteur de ladite
Lotterie , par le fieur Bofc , nommé à cet effet ,
lequel Bureau fera ouvert le matin jufqu'à midi,&
le foir jufqu'à fix heures..
Le 18. jour de l'Afcenfion , & le 28. Fête de
la Pentecôte , il y eut Concert Spirituel au Château
des Tuilleries , on y chanta differens Motets
de M. de la Lande , qui furent parfaitement bien
executez , de même que d'autres petits Motets
chantez par les Diles Erremens , le Maure &
Iv Petitpas
1046 MERCURE DE FRANCE
Petitpas, il y eut auffi plufieurs Pieces de Simphonie
, dont l'execution paroît toûjours admirable.
Le même Concert Spirituel, recommencera le 8.
jour de la Fête -Dieu .
La Cour eft encore à Fontainebleau , où Leurs
Majeftez fe plaifent beaucoup, La Chaffe du Cerf,
du Chevreuil & du Sanglier , la Promenade , le
Jeu , les Concerts , les Appartemens , la Comedie
Françoife , font alternativement le fujet des
Divertiffemens qu'on y prend. Les Comediens.
François y ont joué trois fois la Semaine , le
Mardi , le Jeudi & le Samedi, Ils repréfenterent,
le Jeudi 27. Avil , la Comedie de l'Etourdi.
Le 29. la Tragedie de Phedre & Efarbagnas.
Le 2. May , l'Esprit Folet."
Le 4. Venceslas & le Mariage forcé.
Le 6. l'Ecole des Maris & les Fâcheux.
Le 9. Rodogune & l'Eté des Coquettes..
la Comedie du Muet.
Le II.
Le 13. Mithridate.
Le 16. le Joueur.
Le 20. Andromaque & le Balillard.
Le 23. l'Avare.
Le 25. Cinna & l'Eſprit de contradiction.
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Résumé : « Le 28. Avril, les Dominicains du Grand Couvent de la Rue S. Jacques, celebrerent dans leur Eglise [...] »
En avril et mai, plusieurs événements marquants eurent lieu en France. Le 28 avril, les Dominicains du Grand Convent de la Rue Saint-Jacques célébrèrent un service solennel pour le repos de l'âme du pape Benoît XIII. L'évêque de Lefcar y célébra la messe pontificalement, et l'oraison funèbre fut prononcée par le père Corbierre. L'église était tendue de noir avec les armes du pape défunt. Suite au décès de M. le marquis de Firmacon, le gouvernement du Mont Louis et la lieutenance générale de la province de Roussillon furent accordés à M. le comte de Caylus. La lieutenance générale du comté de Bourgogne fut attribuée à M. le duc de Durfort après la démission de M. le duc d'Harcourt. Lors des fouilles des fondements du gouvernement de l'île de Ré, un squelette de femme orné d'une couronne de cuivre doré garnie de pierres fut découvert. Des offrandes furent trouvées près de la sépulture, mais aucune médaille ou marque permettant de déterminer l'ancienneté et le caractère du squelette. Le 1er mai, les députés du Parlement furent présentés au roi à Fontainebleau, qui leur expliqua la raison de leur convocation. Le 7 mai, la reine fit rendre à l'église paroissiale les pains bénits, présentés par l'abbé de Sainte Hermine. Le 6 mai, le baron Chedda, envoyé extraordinaire du roi de Suède, informa le roi de la mort du landgrave de Hesse-Cassel. Le lendemain, le comte de Godolfkin, ministre de Russie, notifia la mort du tsar Pierre II. Des concerts et des représentations théâtrales eurent lieu à Fontainebleau et aux Tuileries. Le 26 avril, un concert fut donné où M. Destouches fit chanter le prologue de l'opéra de Callirhoé. Les 3, 8, 15 et 17 mai, divers actes de cet opéra furent chantés avec succès. Les 22 et 24 mai, M. Campra fit chanter des fragments de son ballet L'Europe galante. Le 8 mai, la loterie pour le remboursement des rentes sur l'Hôtel de Ville fut tirée, distribuant 1 352 045 livres aux rentiers. Le 10 mai, douze députés de la Faculté de Théologie de Paris remirent au roi les actes concernant la constitution Unigenitus. Le 25 mai, la loterie de la Compagnie des Indes fut tirée en présence des commissaires de la compagnie. Les 18 et 28 mai, des concerts spirituels eurent lieu au château des Tuileries. La cour se trouvait à Fontainebleau, où Leurs Majestés prenaient plaisir à diverses activités telles que la chasse, les promenades, les jeux, les concerts, et la comédie française. Les comédiens français jouèrent plusieurs pièces, dont 'L'Étourdi', 'Phèdre', 'Rodogune' et 'L'Avare'.
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1872
p. 1149-1154
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Sainte-Menehould en Champagne.
Début :
Vous sçavez, M. qu'on travaille à la réédification de notre Ville de Sainte-Menehould [...]
Mots clefs :
Sainte-Menehould, Hôtel de ville, Incendie, Architecte, Clergé, Cérémonie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Sainte-Menehould en Champagne.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de
Sainte- Menehould en Champagne.
V
Ous fçavez , M. qu'on travaille à la
réédification de notreVille de Sainte-
Menehould , qui fut prefque totalement
brulée le 7 Aouft 1719. par un accident
imprévu.
Le 2 du mois ( May dernier ) M. Þ’Efcalopier
Confeiller au Parlement , fils
aîné de M.l'Escalopier Confeiller d'Etat ,
Intendant de Champagne , reprefentant
M. fon pere , pofa la premiere Pierre du
Bâtiment de l'Hôtel de Ville , avec toute
la folemnité convenable en pareille occaſion.
I. Vol
A
1150 MERCURE DE FRANCE
A neuf heures du matin les Officiers
de l'Hôtel de Ville & ceux des autres Jurifdictions
, en Corps , précedez de trois
cens hommes de Milice Bourgeoife , fous
les armes , ayant à leur tête cinquante
Chevaliers de l'Arquebuze , uniformement
habillez , & foûtenus d'une Troupe
de Cavaliers de la Maréchauffée , marchant
fur deux Colonnes , au bruit des
Trompettes & des Tambours , allerent à
l'Eglife audevant de M. le Doyen de la
Paroiffe, avec lequel , accompagné de plufieurs
Ecclefiaftiques, tant de la Ville que
des environs , on fut prendre M. l'Efca
lopier , pour fe rendre au lieu de l'Edifice
, où la Pierre fut pofée dans le fondement
du gros mur de l'encognure Septentrionale
du côté de la place ; & dans
cette Pierre fut enchaffée une Lame de
cuivre , fur laquelle eft gravée cette Infcription.
LUDOVICO XV. REGNANTE,
CASARE- CAROLO L'ESCALOPIER
Sacri Confiftorii Comite
Campaniaque Prafecto.
Urbs Santa- Menechildis
Die v 1 1. Augufti M. DCC. XIX.
Infelici quodam fato exufta ,
Munificentia Principis
I. Vol. RaadiJUIN.
1730 . 1151
Readificata
Curifque ejufdem Prafecti
Qui
Forenfis Bafilica ac Municipalis
Primarium lapidem ,
Die 11. Maii M. DC C. XXX
Pofuit.
Ex orthographia
Philippi D E LA FORCE.
Militaris Provincia Architecti.
Le Doyen ayant enfuite complimenté
M. l'Escalopier avec beaucoup de dignité
& d'onction,il fit la ceremonie de benir
la Pierre , & pendant que l'on chantoit
les Prieres de la benediction , il y eut plufeurs
décharges du Canon du Château &
de la Moufqueterie. Après quoi le fieur
de la Force , Architecte & Ingenieur du
Roy en ladite Province , pofa une autre
Pierre à l'encogneure Méridionale du
Bâtiment , dans laquelle fut miſe cette
Infcription Françoife , gravée comme la
premiere fur une Lame de cuivre.
DU REGNE DE LOUIS XV.
Le 2 May 1730.
Cette Pierre a été pofée
par
PHILIPPE DE LA FORCE , Ingenieur
1. Vol.
ordi1152
MERCURE DE FRANCE
ordinaire du Roy
Lors de la Conftruction
de ce Bâtiment
&
du rétabliffement de la Ville
de Sainte-Menehould ,
'Incendiée le 7 Aouft 171.9.
Réédifiée
Par les foins & fous les Ordres
De
M. I'ESCALO PIER , Confeiller d'Etat ;
Intendant de Champagne ;
Sur
Les deffeins dudit fieur
DI L A FORCE
La Céremonie achevée , on reconduifit
le Clergé à l'Eglife dans le même ordre
qu'on étoit venu , en chantant le Te
Deum & des Hymnes pour le Roy.
Il y eut enfuite un grand Dîné , où ſe
trouverent M. le Lieutenant de Roy &
les principaux Officiers de la Ville & des
autres Jurifdictions ; après le repas il y
eut Bal , qui dura jufqu'au lendemain
matin , & le foir les Magiftrats de l'Hôtel
de Ville donnerent un magnifique
Souper. On a remarqué durant toutes ces
Fêtes , que la Bourgeoifie & le Peuple
touchez des politeffes & des liberalitez
I. Vol. de
JUI N. 1730 .
1153
de M. l'Escalopier , qui ne laiffa échaper
aucune occafion de faire fentir les bontez
& les bienfaits du Roy , firent éclater
leur joye , leur reconnoiffance & leur
zele de la façon du monde la plus expreffive
.
Le deffein de cet Hôtel de Ville , qui
contiendra tous les Tribunaux des differentes
Jurifdictions de la Ville, reprefente
une décoration fuperbe , quoique formé
fur les principes d'une architecture
fimple.Les Maifons , dont il y en a déja plus
de cent de bâties , feront toutes conftruites
en Manfardes , couvertes d'Ardoifes
& les Façades élevées uniformement en
Pierre & en Brique , mais d'un goût moderne
, & dont le coup d'oeil plaît infiniment;
de forte que lorfque cette Ville
fera achevée , elle pourra paffer pour une
des plus jolies du Royaume , foit par l'exterieur
de fes Maiſons , foit par la diftribution
du dedans , dont ledit fieur de la
Force continue de prendre foin , fur les
demandes qui en ont été faites par les
habitans à M. l'Intendant , aux foins duquel
la Ville eft redevable de fon rétabliſfement.
On tâchera d'engager ledit fieur de la
Force , qui eft un des meilleurs - Architectes
de ce temps , & fils de Philippe
de la Force , premier Architecte de feu
I, Vol. E MON1154
MERCURE DE FRANCE
MONSIEUR , a faire graver les deffeins
qu'il a inventez , tant pour les Façades des
Maifons , que pour les Bâtimens publics
& autres Ouvrages de diftinction , en faveur
des Amateurs de l'Architecture , &
pour faire connoître l'aggrandiffement &
les commoditez procurées à cette Ville
qui, avant l'incendie , étoit tres - mal conftruite
& tres - confuſement diftribuée .
Sainte- Menehould en Champagne.
V
Ous fçavez , M. qu'on travaille à la
réédification de notreVille de Sainte-
Menehould , qui fut prefque totalement
brulée le 7 Aouft 1719. par un accident
imprévu.
Le 2 du mois ( May dernier ) M. Þ’Efcalopier
Confeiller au Parlement , fils
aîné de M.l'Escalopier Confeiller d'Etat ,
Intendant de Champagne , reprefentant
M. fon pere , pofa la premiere Pierre du
Bâtiment de l'Hôtel de Ville , avec toute
la folemnité convenable en pareille occaſion.
I. Vol
A
1150 MERCURE DE FRANCE
A neuf heures du matin les Officiers
de l'Hôtel de Ville & ceux des autres Jurifdictions
, en Corps , précedez de trois
cens hommes de Milice Bourgeoife , fous
les armes , ayant à leur tête cinquante
Chevaliers de l'Arquebuze , uniformement
habillez , & foûtenus d'une Troupe
de Cavaliers de la Maréchauffée , marchant
fur deux Colonnes , au bruit des
Trompettes & des Tambours , allerent à
l'Eglife audevant de M. le Doyen de la
Paroiffe, avec lequel , accompagné de plufieurs
Ecclefiaftiques, tant de la Ville que
des environs , on fut prendre M. l'Efca
lopier , pour fe rendre au lieu de l'Edifice
, où la Pierre fut pofée dans le fondement
du gros mur de l'encognure Septentrionale
du côté de la place ; & dans
cette Pierre fut enchaffée une Lame de
cuivre , fur laquelle eft gravée cette Infcription.
LUDOVICO XV. REGNANTE,
CASARE- CAROLO L'ESCALOPIER
Sacri Confiftorii Comite
Campaniaque Prafecto.
Urbs Santa- Menechildis
Die v 1 1. Augufti M. DCC. XIX.
Infelici quodam fato exufta ,
Munificentia Principis
I. Vol. RaadiJUIN.
1730 . 1151
Readificata
Curifque ejufdem Prafecti
Qui
Forenfis Bafilica ac Municipalis
Primarium lapidem ,
Die 11. Maii M. DC C. XXX
Pofuit.
Ex orthographia
Philippi D E LA FORCE.
Militaris Provincia Architecti.
Le Doyen ayant enfuite complimenté
M. l'Escalopier avec beaucoup de dignité
& d'onction,il fit la ceremonie de benir
la Pierre , & pendant que l'on chantoit
les Prieres de la benediction , il y eut plufeurs
décharges du Canon du Château &
de la Moufqueterie. Après quoi le fieur
de la Force , Architecte & Ingenieur du
Roy en ladite Province , pofa une autre
Pierre à l'encogneure Méridionale du
Bâtiment , dans laquelle fut miſe cette
Infcription Françoife , gravée comme la
premiere fur une Lame de cuivre.
DU REGNE DE LOUIS XV.
Le 2 May 1730.
Cette Pierre a été pofée
par
PHILIPPE DE LA FORCE , Ingenieur
1. Vol.
ordi1152
MERCURE DE FRANCE
ordinaire du Roy
Lors de la Conftruction
de ce Bâtiment
&
du rétabliffement de la Ville
de Sainte-Menehould ,
'Incendiée le 7 Aouft 171.9.
Réédifiée
Par les foins & fous les Ordres
De
M. I'ESCALO PIER , Confeiller d'Etat ;
Intendant de Champagne ;
Sur
Les deffeins dudit fieur
DI L A FORCE
La Céremonie achevée , on reconduifit
le Clergé à l'Eglife dans le même ordre
qu'on étoit venu , en chantant le Te
Deum & des Hymnes pour le Roy.
Il y eut enfuite un grand Dîné , où ſe
trouverent M. le Lieutenant de Roy &
les principaux Officiers de la Ville & des
autres Jurifdictions ; après le repas il y
eut Bal , qui dura jufqu'au lendemain
matin , & le foir les Magiftrats de l'Hôtel
de Ville donnerent un magnifique
Souper. On a remarqué durant toutes ces
Fêtes , que la Bourgeoifie & le Peuple
touchez des politeffes & des liberalitez
I. Vol. de
JUI N. 1730 .
1153
de M. l'Escalopier , qui ne laiffa échaper
aucune occafion de faire fentir les bontez
& les bienfaits du Roy , firent éclater
leur joye , leur reconnoiffance & leur
zele de la façon du monde la plus expreffive
.
Le deffein de cet Hôtel de Ville , qui
contiendra tous les Tribunaux des differentes
Jurifdictions de la Ville, reprefente
une décoration fuperbe , quoique formé
fur les principes d'une architecture
fimple.Les Maifons , dont il y en a déja plus
de cent de bâties , feront toutes conftruites
en Manfardes , couvertes d'Ardoifes
& les Façades élevées uniformement en
Pierre & en Brique , mais d'un goût moderne
, & dont le coup d'oeil plaît infiniment;
de forte que lorfque cette Ville
fera achevée , elle pourra paffer pour une
des plus jolies du Royaume , foit par l'exterieur
de fes Maiſons , foit par la diftribution
du dedans , dont ledit fieur de la
Force continue de prendre foin , fur les
demandes qui en ont été faites par les
habitans à M. l'Intendant , aux foins duquel
la Ville eft redevable de fon rétabliſfement.
On tâchera d'engager ledit fieur de la
Force , qui eft un des meilleurs - Architectes
de ce temps , & fils de Philippe
de la Force , premier Architecte de feu
I, Vol. E MON1154
MERCURE DE FRANCE
MONSIEUR , a faire graver les deffeins
qu'il a inventez , tant pour les Façades des
Maifons , que pour les Bâtimens publics
& autres Ouvrages de diftinction , en faveur
des Amateurs de l'Architecture , &
pour faire connoître l'aggrandiffement &
les commoditez procurées à cette Ville
qui, avant l'incendie , étoit tres - mal conftruite
& tres - confuſement diftribuée .
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Sainte-Menehould en Champagne.
Le texte décrit la reconstruction de la ville de Sainte-Menehould en Champagne, après un incendie dévastateur le 7 août 1719. Le 2 mai 1730, M. l'Escalopier, conseiller au Parlement et fils de l'intendant de Champagne, a posé la première pierre du nouvel Hôtel de Ville. Cette cérémonie solennelle a réuni divers dignitaires, dont les officiers de l'Hôtel de Ville, les milices bourgeoises, les chevaliers de l'Arquebuse et les cavaliers de la maréchaussée. La pierre fondatrice, placée dans le mur septentrional, portait une inscription latine gravée sur une lame de cuivre. Une seconde pierre, avec une inscription en français, a été posée par Philippe de la Force, architecte et ingénieur du roi. Après la cérémonie, le clergé a été reconduit à l'église, et des festivités, incluant un dîner, un bal et un souper, ont été organisées. La ville est reconstruite selon des plans modernes et simples, visant à devenir l'une des plus belles du royaume. Philippe de la Force, architecte renommé, a supervisé les travaux, et les habitants expriment leur gratitude pour les bienfaits du roi et de l'intendant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1873
p. 1202-1210
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Smirne, le 20 Janvier 1730. Réjoüissances faites au sujet de la Naissance de MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
Début :
Mr de Fontenu, Consul de France à Smirne, ayant reçû cette heureuse nouvelle, assembla [...]
Mots clefs :
Naissance du Dauphin, Consul, Roi, Fête, Smyrne, Armes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Smirne, le 20 Janvier 1730. Réjoüissances faites au sujet de la Naissance de MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de
Smirne, le 20Janvier 1730. Réjouiffances
faites au fujet de la Naiffance de MON
SEIGNEUR LE DAUPHIN.
R de Fontenu, Conful de France à Smirne,
M'ayant reçu cette heureufe nouvelle , af
fembla chez lui toute la Nation , lui communiqua
les ordres qu'il venoit de recevoir , & fit à
cette occafion un fort beau Difcours. Il fut réfolu
que pour célébrer dignement un tel événement
, on fe conformeroit en quelque façon à ce
qui s'étoit pratiqué en cette Echelle en 1704.
Vol
la
JUIN. 1730. 1203
la naiffance du Duc de Bretagne. La Nation don
na en même -temps aux Sieurs de Saint - Amant
& Vincent , Députez du Commerce , les pou
voirs neceffaires pour faire travailler aux prépa
ratifs.
Le Conful envoya quelques jours après deux
Drogmans , accompagnez de deux Janiffaires,
chez les Confuls d'Angleterre , de Venife &
d'Hollande , pour leur faire part de la Naiffance
du Dauphin. Ils reçurent cette nouvelle avec de
grandes démonftrations de joye,& ils envoyerent
Le même jour complimenter le Conful de Fran
ce par un pareil nombre d'Interpretes & de Janiffaires
; ils vinrent eux-mêmes quelques jours
après en grande cérémonie,accompagnés de plufieurs
perfonnes de leur Nation , témoigner au
Conful la part fincere qu'ils prenoient à fa joye
& à celle de toute la France . M. de Fontenu leur
rendit vifite dans le même ordre & avec les mêmes
cérémonies , & les pria de la Fête.
Le Conful envoya auffi deux de fes Interpre
tes & deux Janiffaires , chez le Muffelem on
Commandant , le Cady ,le Grand Douanier , le
Serdar ou Commandant des Janiffaires & autres
Puiffances du Païs,pour leur notifier la Naiffance
du Dauphin, à laquelle ils parurent fort fenfibles;
ils ne le furent pas moins aux préfens que le
Conful leur f ( fuivant l'ufage du Pais ) en Ve
ftes de Draps, Caffé, Chocolat & toutes fortes de
Confitures.
La Fête commença le 18 Decembre.On arbora
d'abord le Pavillon de France à la Maiſon
Confulaire, qui fut à l'inſtant falué d'une déchar
.ge de 150 Boëtes & par 200 coups de Canons
des Vaiffeaux François , Anglois , Vénitiens &
Hollandois qui étoient dans le Port. On fit couler
en même temps une Fontaine de vin qui ne
1 Vole Gij difcon1204
MERCURE DE FRANCE
difcontinua que bien avant dans la nuit;une mul
xitude de peuple de toutes fortes de Nations vint
s'y défalterer , pouffant des cris réiterez de joye,
& ne ceffant de boire à la ſanté du Roy , de la
Reine & du Prince nouveau né.
- A trois heures , toute la Nation de France, magnifiquement
habillée , s'étant rendue à la Mai
fon Confulaire , on fe mit en marche. Le Conful
étoit précédé de fes Janniffaires & Interpre
tes , & fuivi de trente Négotians François qui
donnoient la main à un pareil nombre de Dames.
Il fut reçu à la porte de l'Eglife des Capu
cins par le Religieux qui devoit officier. L'Egli
fe de ces Peres, qui eft une des plus belles de tout
de Levant , étoit ornée extraordinairement de
riches Tapifleries , &c. On avoit placé dans le
fond de l'Eglife un magnifique Dais , fous lequel
étoient les Portraits du Roy & de la Reine.
Il regnoit autour de l'Eglife une ceinture de Feftons
, de Luftres , de Tableaux & d'Ecuffons aux
armes du Roy , de la Reine , de Monfeigneur le
Dauphin & de la Ville de Marfeille.
Gloriam
La Cérémonie commença par l'Eloge du Roy,
que le P. Barnabé , Superieur des Capucins , prononça
avec beaucoup d'applaudiffement. Il prit
pour texte ces paroles d'un Pleaume
regni tui dicent: On chanta enfuite le Te Deum
au bruit de 150 Boëtes & de toute l'Artillerie
des Vaiffeaux & autres Bâtimens de toutes fortes
de Nations qui fe trouverent dans le Port. On fit
après la Proceffion autour du Cloître , laquelle
fut terminée en rentrant dans l'Eglife par l'Exau
diat & la benediction du S. Sacrement. Le Conful
fe remit en marche dans le même ordre qu'il
étoit venu , éclairé d'un grand nombre de Flam
beaux , & au fon de tous les Inftrumens qu'on
Byoit pû raffembler; il eut bien de la peine à par
yenir
JUIN. 1730. 1205
venir jufqu'à la porte de la Maiſon Confulaire
tout le peuple y étant accouru pour voir l'illu
mination qui étoit fuperbe par la quantité &
l'arrangement des lumieres ; on avoit placé à
l'extrémité des aîles du Corps de Logis qui don
ne fur la rue , un Arc de Triomphe à deux faces
, de 21 pieds de hauteur,fur 17 de large, foûtenu
par huit Colonnes d'ordre Ionique , entoutées
de Feftons ; fur l'entablement defquelles
étoient les Armes de Monfeigneur le Dauphin ,
& plufieurs Urnes enflammées. L'Arcade avoit
12 pieds de hauteur fur fix de largeur. Elle étoit
furmontée de chaque côté par un beau Cartou
che , dans lequel on lifoit les Infcriptions fui
yantes ;
REGI, REGINE,
ET NATATIBUS
Galli
DELPHINI
Smirnis commorantes
Benè precantur.
L'Infcription du côté de la Cour , étoit
Sereniffimi Delphini incunabulis ,
Galli faufta acclamantes ,
Hunc Arcum triumphalem erexere.
M. D C C. XXI X.
On voyoit au-deffus du Cartouche les Armes
de France , & dans les Intercolonnes de grands
Vafes , chargez de fleurs avec leurs Piédeftaux
fur lefquels on avoit placé plufieurs Emblêmes
convenables au Prince auquel elles étoient appli
quées. Il y en avoit deux de chaque côté .
Une Etoille brillante de la premiere grandeur ,
1. Vol.
au G
1206 MERCURE DE FRANCE.
au coeur de laquelle étoit une Hermine, avec ces
mots :
Nova Lux Pronuntia Pacis.
Un Chêne dans fa vigueur , de lá Tige duquel
fortoient d'autres Chênes de differentes hauteurs.
Plura videbit.
Un Soleil qui diffipe un nuage :
Dum orior umbra fugit.
Un Lionceau dans une Forêt.
Avita virtutis non degener.
'Au fond de la Cour , faifant face à l'Arc de
triomphe , étoit la Fontaine de Vin , & aux côtez
deux Piramides quadrangulaires , hautes de
17 pieds , furmontées d'une Fleur de Lys à quatre
faces , & foutenues par deux Piedeftaux , fur
lefquels on voyoit les Emblêmes fuivantes ":
Un Oranger chargé tout à la fois de fleurs &
de fruits , avec ces paroles :
Gaudia fpemque fimul.
Hercule au berceau , ſe débarraffant de fes
langes , & étoufant un Serpent.
Hinc virtus & labor.
Un grand Lys & de petits Lys qui naiffent de
fa tige.
Ex Lilio Lilia.
Un Grenadier chargé de fruits qui ont tous
cette propriété d'avoir une espece de Diadême.
Nafcendo fert Coronam.
Plufieurs perfonnes devant un Palais qui regardent
un Soleil levant .
Expectatus adeft.
1. Vel.
Une
JU.IN. 1730. 1207
Une Ruche avec un effain d'Abeilles autour de
leur Roy.
Exultatio publica.
Entre les deux Piramides étoient les Armes de
France dans un grand ovale, à bordure dorée, de
18 pieds de tour & plus haut, à quelque diftance
les Portraits du Roy & de la Reine, en grand,
couronnez de Lauriers , de Rofes , d'Oeillets &
des plus belles fleurs qu'on avoit pu trouver
tous les Pilliers de la Cour & des Galeries étoient
entourez de Mirtes , de Guirlandes & de Feftons.
Il y avoit un pareil Tableau aux armes du Roy,
dans l'enfoncement du Corps de Logis du côté
de la ruë.
Sur les cinq heures du foir la Maifon Confu
laire parut toute en feu dans moins d'un quart
d'heure ; l'Arc de triomphe , & les deux grands
Tableaux , aux armes du Roy , étoient chargez
d'un nombre infini de Lampions , & les deux Piramides,
depuis leurs bafes jufqu'en haut, des Fanaux
aux armes du Roy & de Monfeigneur le
Dauphin.
La Galerie qui regne autour de la Maiſon étoit
auffi extraordinairement éclairée par quatre ceintures
de lumieres, placées avec fimétrie . Toutes ces
Jumieres ainfi difpofées fembloient fe multiplier
fans nombre par la réfléxion des Vitrages ; &
enfin cette illumination fut vue avec admiration
par toutes les differentes Nations établies à Smirne.
Le derriere de la Maiſon qui fait face à la
Mer , n'étoit pas moins bien éclairée , & faifoit
une perfpective charmante pour ceux qui étoient
fur les Vaiffeaux & fur les autres Bâtimens du
Port.On avoit employé plus de 6000 Fanaux ou
Lampions à cette illumination , fans compter
tous les appartemens qui étoient éclairez par
une quantité tres confiderable de Luftres , Gi-
I. Vol. Giuj randoles
208 MERCURE DE FRANCE
randoles , Flambeaux d'argent & de Bras dofez
garnis de bougies .
On commença lè Bal à fix heures qu'on difcontinua
à huit pour fe mettre à table , il y en
avoit quatre de 60 , 50 , 40 & 25 couverts qui
qui furent fervies avec autant de profufion que
de délicateffe, outre deux autres Tables de 30 couverts
chacune , chez deux particuliers de la Nation
, voifins de la Maiſon Confulaire , pour les
Perfonnes qui n'auroient pas pú trouver place
chez le Conful.
Pendant le repas on but les fantez du Roy , de
la Reine , de Monfeigneur le Dauphin , à la profperité
des Nations , chacune en particulier , à
celles des Ambaffadeurs ou Réfidens à la Porte
& on finit par celle des Souverains. On fit a
chaque fanté une falve de cent coups de Canon
des Vaiffeaux François , mouillez vis - à - vis la
Maiſon Confulaire. On refta à table jufqu'à minuit
, & on recommença le Bal , qui ne finit qu'à
fept heures du matin.
Quoiqu'on eut fixé la durée de la Fête à trois
jours , elle continua deux jours de plus à diverfes
repriſes. La Maiſon Confulaire fut également
illuminée , & le vin coula pour le peuple. Il n'y
cut pendant les deux derniers jours que trois Tables
de 60 , de 40 & de 25 couverts , les Nations
Etrangeres n'ayant point été invitées.
Le Vicaire Apoftolique qui réfide à Smirne &
qui eft à la tête du Clergé,s'eft trouvé à toutes les
fonctions de l'Eglife , & à un des repas.
Le fecond jour , le Muffelem , le Grand Douanier
, & autres Turcs de diftinction , voulurent
être témoins de la Fête ; ils pafferent une partie
de la nuit à voir danfer; ils fouperent même dans
·la Sale du Bal , où le Conful leur fit fervir fur
un Sopha , toute forte de Mets à la Turque ,fans
J. Vol. compter
JUIN. 1730. 12.00
compter le Caffé, le Sorbet , Parfums , &c . Ils fe
retirerent à trois heures du matin , autant char
mez de ce qu'ils avoient vûs , que de la maniere
noble & gracieufe avec laquelle le Conful les
avoit reçûs.
marques de
Toutes les différentes Nations de cette Echelle
ont donné dans cette occafion des
joye ; mais les Courtiers Juifs des Négocians
François , fe font particulierement diftinguez.
Ils vinrent le premier jour de la Fête au nombre
de plus de cent à la Maiſon Confulaire, pré-
*cédez de plufieurs Joueurs d'Inftrumens à la ma
niere du Païs. Ils marchoient deux à deux avec
chacun un Cierge allumé à la main.
"
Au milieu de cette efpece de Proceffion,s'élevoit
un Arc de triomphe , porté par quatre perfonnes
, tres -bien illuminé & chargé d'Ecuffons , &
de Banderolles aux arines de France & du Dau
phin ; ils firent le tour de la Cour en danſant
& criant à plufieurs reprifes : Vive le Roy Après
quoi ils allerent fe placer dans deux grandes
Chambres qu'on leur avoit deſtinées au Rez-dechauffée
, où ils trouverent trois Tables couver
tes de differentes Confitures , de Caffé & autres
rafraichiffements qu'ils diftribuoient à tous
venans.
Enfin on
-
peut dire que cette Fête a été des plus
galantes , des mieux ordonnées & des plus magnifiques
; & ce qui a paru de plus extraordi
naire , eft que toute la Maifon Confulaire s'é
tant trouvée remplie de differentes Nations
& en tres grand nombre , le vin y ait été
diftribué dans la plus grande abondance ; il n'eft
pas cependant arrivé le moindre défordre , par
les bons ordres que le Conful avoit donnez. Son
zéle infatigable à fuppléé à tout ; les Sieurs de
a
Saint- Amand & Vincent, Députez du Commer- >
1. Voig
1210 MERCURE DE FRANCE
ce en exercice , ont parfaitement bien ſecondé
-le zele de M. le Conful , de même que le fieur
de S. Amand le cadet , qui s'eft donné beaucoup
de foin pour la conftruction de l'Arc de triomphe
, & des Piramides dont il avoit donné les
deffeins.
Smirne, le 20Janvier 1730. Réjouiffances
faites au fujet de la Naiffance de MON
SEIGNEUR LE DAUPHIN.
R de Fontenu, Conful de France à Smirne,
M'ayant reçu cette heureufe nouvelle , af
fembla chez lui toute la Nation , lui communiqua
les ordres qu'il venoit de recevoir , & fit à
cette occafion un fort beau Difcours. Il fut réfolu
que pour célébrer dignement un tel événement
, on fe conformeroit en quelque façon à ce
qui s'étoit pratiqué en cette Echelle en 1704.
Vol
la
JUIN. 1730. 1203
la naiffance du Duc de Bretagne. La Nation don
na en même -temps aux Sieurs de Saint - Amant
& Vincent , Députez du Commerce , les pou
voirs neceffaires pour faire travailler aux prépa
ratifs.
Le Conful envoya quelques jours après deux
Drogmans , accompagnez de deux Janiffaires,
chez les Confuls d'Angleterre , de Venife &
d'Hollande , pour leur faire part de la Naiffance
du Dauphin. Ils reçurent cette nouvelle avec de
grandes démonftrations de joye,& ils envoyerent
Le même jour complimenter le Conful de Fran
ce par un pareil nombre d'Interpretes & de Janiffaires
; ils vinrent eux-mêmes quelques jours
après en grande cérémonie,accompagnés de plufieurs
perfonnes de leur Nation , témoigner au
Conful la part fincere qu'ils prenoient à fa joye
& à celle de toute la France . M. de Fontenu leur
rendit vifite dans le même ordre & avec les mêmes
cérémonies , & les pria de la Fête.
Le Conful envoya auffi deux de fes Interpre
tes & deux Janiffaires , chez le Muffelem on
Commandant , le Cady ,le Grand Douanier , le
Serdar ou Commandant des Janiffaires & autres
Puiffances du Païs,pour leur notifier la Naiffance
du Dauphin, à laquelle ils parurent fort fenfibles;
ils ne le furent pas moins aux préfens que le
Conful leur f ( fuivant l'ufage du Pais ) en Ve
ftes de Draps, Caffé, Chocolat & toutes fortes de
Confitures.
La Fête commença le 18 Decembre.On arbora
d'abord le Pavillon de France à la Maiſon
Confulaire, qui fut à l'inſtant falué d'une déchar
.ge de 150 Boëtes & par 200 coups de Canons
des Vaiffeaux François , Anglois , Vénitiens &
Hollandois qui étoient dans le Port. On fit couler
en même temps une Fontaine de vin qui ne
1 Vole Gij difcon1204
MERCURE DE FRANCE
difcontinua que bien avant dans la nuit;une mul
xitude de peuple de toutes fortes de Nations vint
s'y défalterer , pouffant des cris réiterez de joye,
& ne ceffant de boire à la ſanté du Roy , de la
Reine & du Prince nouveau né.
- A trois heures , toute la Nation de France, magnifiquement
habillée , s'étant rendue à la Mai
fon Confulaire , on fe mit en marche. Le Conful
étoit précédé de fes Janniffaires & Interpre
tes , & fuivi de trente Négotians François qui
donnoient la main à un pareil nombre de Dames.
Il fut reçu à la porte de l'Eglife des Capu
cins par le Religieux qui devoit officier. L'Egli
fe de ces Peres, qui eft une des plus belles de tout
de Levant , étoit ornée extraordinairement de
riches Tapifleries , &c. On avoit placé dans le
fond de l'Eglife un magnifique Dais , fous lequel
étoient les Portraits du Roy & de la Reine.
Il regnoit autour de l'Eglife une ceinture de Feftons
, de Luftres , de Tableaux & d'Ecuffons aux
armes du Roy , de la Reine , de Monfeigneur le
Dauphin & de la Ville de Marfeille.
Gloriam
La Cérémonie commença par l'Eloge du Roy,
que le P. Barnabé , Superieur des Capucins , prononça
avec beaucoup d'applaudiffement. Il prit
pour texte ces paroles d'un Pleaume
regni tui dicent: On chanta enfuite le Te Deum
au bruit de 150 Boëtes & de toute l'Artillerie
des Vaiffeaux & autres Bâtimens de toutes fortes
de Nations qui fe trouverent dans le Port. On fit
après la Proceffion autour du Cloître , laquelle
fut terminée en rentrant dans l'Eglife par l'Exau
diat & la benediction du S. Sacrement. Le Conful
fe remit en marche dans le même ordre qu'il
étoit venu , éclairé d'un grand nombre de Flam
beaux , & au fon de tous les Inftrumens qu'on
Byoit pû raffembler; il eut bien de la peine à par
yenir
JUIN. 1730. 1205
venir jufqu'à la porte de la Maiſon Confulaire
tout le peuple y étant accouru pour voir l'illu
mination qui étoit fuperbe par la quantité &
l'arrangement des lumieres ; on avoit placé à
l'extrémité des aîles du Corps de Logis qui don
ne fur la rue , un Arc de Triomphe à deux faces
, de 21 pieds de hauteur,fur 17 de large, foûtenu
par huit Colonnes d'ordre Ionique , entoutées
de Feftons ; fur l'entablement defquelles
étoient les Armes de Monfeigneur le Dauphin ,
& plufieurs Urnes enflammées. L'Arcade avoit
12 pieds de hauteur fur fix de largeur. Elle étoit
furmontée de chaque côté par un beau Cartou
che , dans lequel on lifoit les Infcriptions fui
yantes ;
REGI, REGINE,
ET NATATIBUS
Galli
DELPHINI
Smirnis commorantes
Benè precantur.
L'Infcription du côté de la Cour , étoit
Sereniffimi Delphini incunabulis ,
Galli faufta acclamantes ,
Hunc Arcum triumphalem erexere.
M. D C C. XXI X.
On voyoit au-deffus du Cartouche les Armes
de France , & dans les Intercolonnes de grands
Vafes , chargez de fleurs avec leurs Piédeftaux
fur lefquels on avoit placé plufieurs Emblêmes
convenables au Prince auquel elles étoient appli
quées. Il y en avoit deux de chaque côté .
Une Etoille brillante de la premiere grandeur ,
1. Vol.
au G
1206 MERCURE DE FRANCE.
au coeur de laquelle étoit une Hermine, avec ces
mots :
Nova Lux Pronuntia Pacis.
Un Chêne dans fa vigueur , de lá Tige duquel
fortoient d'autres Chênes de differentes hauteurs.
Plura videbit.
Un Soleil qui diffipe un nuage :
Dum orior umbra fugit.
Un Lionceau dans une Forêt.
Avita virtutis non degener.
'Au fond de la Cour , faifant face à l'Arc de
triomphe , étoit la Fontaine de Vin , & aux côtez
deux Piramides quadrangulaires , hautes de
17 pieds , furmontées d'une Fleur de Lys à quatre
faces , & foutenues par deux Piedeftaux , fur
lefquels on voyoit les Emblêmes fuivantes ":
Un Oranger chargé tout à la fois de fleurs &
de fruits , avec ces paroles :
Gaudia fpemque fimul.
Hercule au berceau , ſe débarraffant de fes
langes , & étoufant un Serpent.
Hinc virtus & labor.
Un grand Lys & de petits Lys qui naiffent de
fa tige.
Ex Lilio Lilia.
Un Grenadier chargé de fruits qui ont tous
cette propriété d'avoir une espece de Diadême.
Nafcendo fert Coronam.
Plufieurs perfonnes devant un Palais qui regardent
un Soleil levant .
Expectatus adeft.
1. Vel.
Une
JU.IN. 1730. 1207
Une Ruche avec un effain d'Abeilles autour de
leur Roy.
Exultatio publica.
Entre les deux Piramides étoient les Armes de
France dans un grand ovale, à bordure dorée, de
18 pieds de tour & plus haut, à quelque diftance
les Portraits du Roy & de la Reine, en grand,
couronnez de Lauriers , de Rofes , d'Oeillets &
des plus belles fleurs qu'on avoit pu trouver
tous les Pilliers de la Cour & des Galeries étoient
entourez de Mirtes , de Guirlandes & de Feftons.
Il y avoit un pareil Tableau aux armes du Roy,
dans l'enfoncement du Corps de Logis du côté
de la ruë.
Sur les cinq heures du foir la Maifon Confu
laire parut toute en feu dans moins d'un quart
d'heure ; l'Arc de triomphe , & les deux grands
Tableaux , aux armes du Roy , étoient chargez
d'un nombre infini de Lampions , & les deux Piramides,
depuis leurs bafes jufqu'en haut, des Fanaux
aux armes du Roy & de Monfeigneur le
Dauphin.
La Galerie qui regne autour de la Maiſon étoit
auffi extraordinairement éclairée par quatre ceintures
de lumieres, placées avec fimétrie . Toutes ces
Jumieres ainfi difpofées fembloient fe multiplier
fans nombre par la réfléxion des Vitrages ; &
enfin cette illumination fut vue avec admiration
par toutes les differentes Nations établies à Smirne.
Le derriere de la Maiſon qui fait face à la
Mer , n'étoit pas moins bien éclairée , & faifoit
une perfpective charmante pour ceux qui étoient
fur les Vaiffeaux & fur les autres Bâtimens du
Port.On avoit employé plus de 6000 Fanaux ou
Lampions à cette illumination , fans compter
tous les appartemens qui étoient éclairez par
une quantité tres confiderable de Luftres , Gi-
I. Vol. Giuj randoles
208 MERCURE DE FRANCE
randoles , Flambeaux d'argent & de Bras dofez
garnis de bougies .
On commença lè Bal à fix heures qu'on difcontinua
à huit pour fe mettre à table , il y en
avoit quatre de 60 , 50 , 40 & 25 couverts qui
qui furent fervies avec autant de profufion que
de délicateffe, outre deux autres Tables de 30 couverts
chacune , chez deux particuliers de la Nation
, voifins de la Maiſon Confulaire , pour les
Perfonnes qui n'auroient pas pú trouver place
chez le Conful.
Pendant le repas on but les fantez du Roy , de
la Reine , de Monfeigneur le Dauphin , à la profperité
des Nations , chacune en particulier , à
celles des Ambaffadeurs ou Réfidens à la Porte
& on finit par celle des Souverains. On fit a
chaque fanté une falve de cent coups de Canon
des Vaiffeaux François , mouillez vis - à - vis la
Maiſon Confulaire. On refta à table jufqu'à minuit
, & on recommença le Bal , qui ne finit qu'à
fept heures du matin.
Quoiqu'on eut fixé la durée de la Fête à trois
jours , elle continua deux jours de plus à diverfes
repriſes. La Maiſon Confulaire fut également
illuminée , & le vin coula pour le peuple. Il n'y
cut pendant les deux derniers jours que trois Tables
de 60 , de 40 & de 25 couverts , les Nations
Etrangeres n'ayant point été invitées.
Le Vicaire Apoftolique qui réfide à Smirne &
qui eft à la tête du Clergé,s'eft trouvé à toutes les
fonctions de l'Eglife , & à un des repas.
Le fecond jour , le Muffelem , le Grand Douanier
, & autres Turcs de diftinction , voulurent
être témoins de la Fête ; ils pafferent une partie
de la nuit à voir danfer; ils fouperent même dans
·la Sale du Bal , où le Conful leur fit fervir fur
un Sopha , toute forte de Mets à la Turque ,fans
J. Vol. compter
JUIN. 1730. 12.00
compter le Caffé, le Sorbet , Parfums , &c . Ils fe
retirerent à trois heures du matin , autant char
mez de ce qu'ils avoient vûs , que de la maniere
noble & gracieufe avec laquelle le Conful les
avoit reçûs.
marques de
Toutes les différentes Nations de cette Echelle
ont donné dans cette occafion des
joye ; mais les Courtiers Juifs des Négocians
François , fe font particulierement diftinguez.
Ils vinrent le premier jour de la Fête au nombre
de plus de cent à la Maiſon Confulaire, pré-
*cédez de plufieurs Joueurs d'Inftrumens à la ma
niere du Païs. Ils marchoient deux à deux avec
chacun un Cierge allumé à la main.
"
Au milieu de cette efpece de Proceffion,s'élevoit
un Arc de triomphe , porté par quatre perfonnes
, tres -bien illuminé & chargé d'Ecuffons , &
de Banderolles aux arines de France & du Dau
phin ; ils firent le tour de la Cour en danſant
& criant à plufieurs reprifes : Vive le Roy Après
quoi ils allerent fe placer dans deux grandes
Chambres qu'on leur avoit deſtinées au Rez-dechauffée
, où ils trouverent trois Tables couver
tes de differentes Confitures , de Caffé & autres
rafraichiffements qu'ils diftribuoient à tous
venans.
Enfin on
-
peut dire que cette Fête a été des plus
galantes , des mieux ordonnées & des plus magnifiques
; & ce qui a paru de plus extraordi
naire , eft que toute la Maifon Confulaire s'é
tant trouvée remplie de differentes Nations
& en tres grand nombre , le vin y ait été
diftribué dans la plus grande abondance ; il n'eft
pas cependant arrivé le moindre défordre , par
les bons ordres que le Conful avoit donnez. Son
zéle infatigable à fuppléé à tout ; les Sieurs de
a
Saint- Amand & Vincent, Députez du Commer- >
1. Voig
1210 MERCURE DE FRANCE
ce en exercice , ont parfaitement bien ſecondé
-le zele de M. le Conful , de même que le fieur
de S. Amand le cadet , qui s'eft donné beaucoup
de foin pour la conftruction de l'Arc de triomphe
, & des Piramides dont il avoit donné les
deffeins.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Smirne, le 20 Janvier 1730. Réjoüissances faites au sujet de la Naissance de MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
Le 20 janvier 1730, à Smirne, le consul de France, M. de Fontenu, a appris la naissance du Dauphin. Il a immédiatement informé la communauté française locale et prononcé un discours. Les festivités ont été organisées en s'inspirant de celles de 1704 pour la naissance du Duc de Bretagne. Les députés du commerce, les Sieurs de Saint-Amant et Vincent, ont été chargés des préparatifs. Le consul a envoyé des drogmans et des janissaires aux consuls d'Angleterre, de Venise et de Hollande pour annoncer la naissance du Dauphin. Ces derniers ont exprimé leur joie et envoyé des compliments au consul de France. Des visites cérémonielles ont suivi entre les consuls et les dignitaires locaux, incluant le mufti, le cadi, le grand douanier et le serdar. La fête a débuté le 18 décembre avec l'arboration du pavillon français et des salves de mousquets et de canons. Une fontaine de vin a été ouverte, attirant une multitude de personnes de diverses nations. Le consul, accompagné de janissaires, d'interprètes et de négociants français, s'est rendu à l'église des Capucins, décorée de riches tapisseries et de portraits du roi et de la reine. La cérémonie a inclus un éloge du roi, un Te Deum et une procession autour du cloître. La maison consulaire a été illuminée avec des flambeaux et des lampions. Un arc de triomphe et des pyramides décorées d'emblèmes et d'inscriptions ont été érigés. Les festivités ont inclus un bal, des repas somptueux et des salves de canon. Les célébrations ont duré cinq jours, avec la participation de diverses nations et dignitaires locaux. Les Juifs courtiers des négociants français se sont particulièrement distingués par leurs marques de joie. La fête a été marquée par une grande abondance de vin sans désordre, grâce aux bons ordres du consul et au zèle des députés du commerce.
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1874
p. 1210-1213
RÉJOUISSANCES faites à Chypres. Extrait d'une Lettre écrite le 25. Février 1730.
Début :
M. de Montgrand, Consul de France à Chypres, dont la demeure est à Lernica, n'eut [...]
Mots clefs :
Réjouissances, Consul de France, Chypre, Naissance du Dauphin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉJOUISSANCES faites à Chypres. Extrait d'une Lettre écrite le 25. Février 1730.
REJOUISSANCES
faites à Chypres.
Extrait d'une Lettre écrite le 25. Février
1730.
Mi
.de Montgrand , Conful de France à Chypres
, dont la demeure eft à Lernica , n'eut
pas plutôt appris la Naiffance de Monfeigneur le
-Dauphin , qu'il en fit part au Corps de la Nation
, & on travailla , fans perdre temps aux
préparatifs pour les réjouiffances.
Le Conful , après avoir fait avertir par fon
premier Interprete , le Gouverneur du Pays , des
réjouiflances qu'on alloit faire , & du fujet qui
les occafionnoit , fe rendit le matin du 6. Février
en ceremonie , & fuivi de la Nation , à l'Eglife
Paroiffiale des Cordeliers de la Terre- Sainte
pour affifter à la grande Meffe que le Pere Gardien
celebra folemnelement , à la fin de laquelle
le Pere Prédicateur fit un très - beau Difcours Italien
fur la Fête qu'on celebroit , fon Texte étoit :
A Domino factum eft iftud , & eft mirabile oculis
noftris . On chanta enfuite le Te Deum enMufique,
pendant lequel on fit une décharge de quantité
de boëtes & de toute l'artillerie des Bâtimens
qui fe trouverent à la rade . Le Conful fe rendit
enfuite , avec le même Cortege , à la Maiſon
Confulaire , où les Confuls étrangers , fuivis de
leurs Nations , vinrent faire leur compliment.
On ne s'entreţint enfuite que de jeux , de plai
firs 1. Vo.
JUIN. 1730, 1211
frs & de divertiffemens , en attendant l'heure du
dîner. Le Conful avoit donné de fi bons ordres ,
fecondé par le fieur Manaire , Deputé du Commerce
, qu'il fit fervir un fuperbe Repas fur
deux differentes Tables , l'une de 40. Couverts,
& l'autre de 30. Tout fut trouvé de la derniere
délicateffe , les Vins de Chypres fi renommés y
furent répandus avec profufion ; le Conful com
mença le premier à boire la Santé du Roy , de la
Reine , & de Monfeigneur le Dauphin ; toute la
Nation , les Capitaines des vaiffeaux , & tous les
Etrangers invités fuivirent fon exemple , pendant
qu'on faifoit tirer un grand nombre de boëtes
placées dans le Jardin. Plufieurs Perfonnes diftinguées
du Pays vinrent prendre part à la Fête , &
on leur préfenta toutes fortes de rafraîchiffemens.
Après le Diner on commença le Bal' , qu'on
interrompit fur les quatre heures , pour aller en
ceremonie chanter un fecond Te Deum , à la
Chapelle du Roy , chez les Peres Capucins . Le
Pere Superieur fit un Difcours fur la Naiffance
du Prince ; il y eut le Salut enfuite , & la Benediction
du S. Sacrement , au bruit d'une déchar→
de boëtes.
gc
On retourna à la Maiſon Confulaire , où l'on
continua le Bal jufqu'à l'heure du Souper,qui fut
fervi avec la même profufion , les Santés Roya
les y furent encore buës plus d'une fois ,au bruit
des boetes qui ne cefforent de tirer , pendant
qu'une bande de douze Violons jouoient differens
Airs à la maniere du Pays , ce qui divertit beau--
coup pendant la Fête.
Le grand vent qu'il fit ce jour- là empêcha Pil
Junination qu'on devoit faire le foir , elle fut re
nife au premier jour calme ; cependant tout
étoit prêt , & les portes des maifons de tous les
AnVol-2
Gvji Fran
212 MERCURE DE FRANCE
François étoient déja ornées d'un Arc de triomphe
fait de lierre & de laurier , avec diverfes
Guirlandes de fleurs & de fruits , en forme de
Couronnes , avec ces Devifes :
•
Ridet humus , ridet Zephiris fpirantibus ather¿
It tota in plaufus altera Roma noves.
Et fous un Soleil naiffant on lifoit ,
Nec pluribus impar.
Après le Souper on reprit encore le Bal dans
une autre Sale très-vafte , ornée de quantité de
Luftres garnis de bougies. On y danſa jufqu'à
deux heures du matin à la Françoiſe , à la Gre
que , & à la Turque ; il y eut même quantité de
Mafques inconnus , qui furent très-bien reçus
on les fit danfer , & on leur prefenta des rafraî
chiffemens ; enfin tout ſe paſſa ſans la moindre
confufion.
Les deux jours fuivans , le 7. & le 8. Fevrier ,
les Fêtes recommencerent , le Te Deum fut encore
chanté avec les mêmes ceremonies , & les
Repas fervis avec la même delicateffe ; les Santés
Royales y furent encore buës , au bruit des boëtes
, & il y eut pendant les trois jours plus de
4000. verres caffés. Le Bal a toujours terminé
les réjouiffances de chaque jour , mais fans illumination
à caufe du vent.
Cela fut reparé le 11. par un tems des plus
favorables , chaque particulier ayant imaginé
quelque chofe d'ingenieux pour fe diftinguer en
illumination , les uns avoient élevé fur leurs
terraffes des Piramides d'une hauteur proportionnée
, dont les angles étoient garni à fond
de lampions , d'autres y avoient formé en illu
mination differentes Figures par le moyen d'un
A Vola
nombre
JUIN. 1730. 1213
nombre infini de Lampes fufpendues ; on apercevoit
fur d'autres Terraffes des Globes de feu
pofés à l'extrémité des Piramides , ce qui produifoit
un effet merveilleux. Outre toutes ces
ingenieufes illuminations , chacun avoit allumé
un feu de joye devant fa porte , & fait illuminer
les deffus des Galeries , les Terraffes , les Croifées
, &c. Tous les Bâtimens qui étoient en rade
étoient auffi illuminez ; on y voyoit un fuperbe
Obelifque , artiftement travaillé , qui s'élevoit
felon les regles de l'équilibre tout le long de
l'Enſeigne du Pavillon , élevé à la hauteur de 60%
pieds , garni de 1200. Lampes de verre , en égales
diftances , ce qui faifoit l'admiration de tout
le monde.
La petite Ville de Lernica parut en même tems
toute en feu par la quantité de Fufées qui partoient
d'un Feu d'Artifice , & qui rempliffoient .
l'air de mille clartez des plus brillantes ; on joignit
à cela une déchargé de Moufquetairie,, de
Petards , de Boëtes , & de fept Pieces de canon
de fonte , qu'un des Marchands François avoit
fait mettre en batterie chez luy.
Les deux jours fuivans furent encore employés
à réiterer les mêmes illuminations & les autres
marques de joye qui égalerent celles du premier
jour par les bons ordres que le Conful & le
Deputé avoient donnez , pour qu'il ne manqua
rien à la Fête , ayant même fait diftribuer des
aumônes aux pauvres.
Les principaux Marchands de la Nation ne fe
contenterent pas d'avoir pris part à la Fête publique
, ils voulurent encore témoigner leur zele
par des Fêtes particulieres ; chacun en fit à fon
tour par des Affemblées , des Repas , des Danfes
, &c. ce qui continua tout le refte du Carna →
yal.
faites à Chypres.
Extrait d'une Lettre écrite le 25. Février
1730.
Mi
.de Montgrand , Conful de France à Chypres
, dont la demeure eft à Lernica , n'eut
pas plutôt appris la Naiffance de Monfeigneur le
-Dauphin , qu'il en fit part au Corps de la Nation
, & on travailla , fans perdre temps aux
préparatifs pour les réjouiffances.
Le Conful , après avoir fait avertir par fon
premier Interprete , le Gouverneur du Pays , des
réjouiflances qu'on alloit faire , & du fujet qui
les occafionnoit , fe rendit le matin du 6. Février
en ceremonie , & fuivi de la Nation , à l'Eglife
Paroiffiale des Cordeliers de la Terre- Sainte
pour affifter à la grande Meffe que le Pere Gardien
celebra folemnelement , à la fin de laquelle
le Pere Prédicateur fit un très - beau Difcours Italien
fur la Fête qu'on celebroit , fon Texte étoit :
A Domino factum eft iftud , & eft mirabile oculis
noftris . On chanta enfuite le Te Deum enMufique,
pendant lequel on fit une décharge de quantité
de boëtes & de toute l'artillerie des Bâtimens
qui fe trouverent à la rade . Le Conful fe rendit
enfuite , avec le même Cortege , à la Maiſon
Confulaire , où les Confuls étrangers , fuivis de
leurs Nations , vinrent faire leur compliment.
On ne s'entreţint enfuite que de jeux , de plai
firs 1. Vo.
JUIN. 1730, 1211
frs & de divertiffemens , en attendant l'heure du
dîner. Le Conful avoit donné de fi bons ordres ,
fecondé par le fieur Manaire , Deputé du Commerce
, qu'il fit fervir un fuperbe Repas fur
deux differentes Tables , l'une de 40. Couverts,
& l'autre de 30. Tout fut trouvé de la derniere
délicateffe , les Vins de Chypres fi renommés y
furent répandus avec profufion ; le Conful com
mença le premier à boire la Santé du Roy , de la
Reine , & de Monfeigneur le Dauphin ; toute la
Nation , les Capitaines des vaiffeaux , & tous les
Etrangers invités fuivirent fon exemple , pendant
qu'on faifoit tirer un grand nombre de boëtes
placées dans le Jardin. Plufieurs Perfonnes diftinguées
du Pays vinrent prendre part à la Fête , &
on leur préfenta toutes fortes de rafraîchiffemens.
Après le Diner on commença le Bal' , qu'on
interrompit fur les quatre heures , pour aller en
ceremonie chanter un fecond Te Deum , à la
Chapelle du Roy , chez les Peres Capucins . Le
Pere Superieur fit un Difcours fur la Naiffance
du Prince ; il y eut le Salut enfuite , & la Benediction
du S. Sacrement , au bruit d'une déchar→
de boëtes.
gc
On retourna à la Maiſon Confulaire , où l'on
continua le Bal jufqu'à l'heure du Souper,qui fut
fervi avec la même profufion , les Santés Roya
les y furent encore buës plus d'une fois ,au bruit
des boetes qui ne cefforent de tirer , pendant
qu'une bande de douze Violons jouoient differens
Airs à la maniere du Pays , ce qui divertit beau--
coup pendant la Fête.
Le grand vent qu'il fit ce jour- là empêcha Pil
Junination qu'on devoit faire le foir , elle fut re
nife au premier jour calme ; cependant tout
étoit prêt , & les portes des maifons de tous les
AnVol-2
Gvji Fran
212 MERCURE DE FRANCE
François étoient déja ornées d'un Arc de triomphe
fait de lierre & de laurier , avec diverfes
Guirlandes de fleurs & de fruits , en forme de
Couronnes , avec ces Devifes :
•
Ridet humus , ridet Zephiris fpirantibus ather¿
It tota in plaufus altera Roma noves.
Et fous un Soleil naiffant on lifoit ,
Nec pluribus impar.
Après le Souper on reprit encore le Bal dans
une autre Sale très-vafte , ornée de quantité de
Luftres garnis de bougies. On y danſa jufqu'à
deux heures du matin à la Françoiſe , à la Gre
que , & à la Turque ; il y eut même quantité de
Mafques inconnus , qui furent très-bien reçus
on les fit danfer , & on leur prefenta des rafraî
chiffemens ; enfin tout ſe paſſa ſans la moindre
confufion.
Les deux jours fuivans , le 7. & le 8. Fevrier ,
les Fêtes recommencerent , le Te Deum fut encore
chanté avec les mêmes ceremonies , & les
Repas fervis avec la même delicateffe ; les Santés
Royales y furent encore buës , au bruit des boëtes
, & il y eut pendant les trois jours plus de
4000. verres caffés. Le Bal a toujours terminé
les réjouiffances de chaque jour , mais fans illumination
à caufe du vent.
Cela fut reparé le 11. par un tems des plus
favorables , chaque particulier ayant imaginé
quelque chofe d'ingenieux pour fe diftinguer en
illumination , les uns avoient élevé fur leurs
terraffes des Piramides d'une hauteur proportionnée
, dont les angles étoient garni à fond
de lampions , d'autres y avoient formé en illu
mination differentes Figures par le moyen d'un
A Vola
nombre
JUIN. 1730. 1213
nombre infini de Lampes fufpendues ; on apercevoit
fur d'autres Terraffes des Globes de feu
pofés à l'extrémité des Piramides , ce qui produifoit
un effet merveilleux. Outre toutes ces
ingenieufes illuminations , chacun avoit allumé
un feu de joye devant fa porte , & fait illuminer
les deffus des Galeries , les Terraffes , les Croifées
, &c. Tous les Bâtimens qui étoient en rade
étoient auffi illuminez ; on y voyoit un fuperbe
Obelifque , artiftement travaillé , qui s'élevoit
felon les regles de l'équilibre tout le long de
l'Enſeigne du Pavillon , élevé à la hauteur de 60%
pieds , garni de 1200. Lampes de verre , en égales
diftances , ce qui faifoit l'admiration de tout
le monde.
La petite Ville de Lernica parut en même tems
toute en feu par la quantité de Fufées qui partoient
d'un Feu d'Artifice , & qui rempliffoient .
l'air de mille clartez des plus brillantes ; on joignit
à cela une déchargé de Moufquetairie,, de
Petards , de Boëtes , & de fept Pieces de canon
de fonte , qu'un des Marchands François avoit
fait mettre en batterie chez luy.
Les deux jours fuivans furent encore employés
à réiterer les mêmes illuminations & les autres
marques de joye qui égalerent celles du premier
jour par les bons ordres que le Conful & le
Deputé avoient donnez , pour qu'il ne manqua
rien à la Fête , ayant même fait diftribuer des
aumônes aux pauvres.
Les principaux Marchands de la Nation ne fe
contenterent pas d'avoir pris part à la Fête publique
, ils voulurent encore témoigner leur zele
par des Fêtes particulieres ; chacun en fit à fon
tour par des Affemblées , des Repas , des Danfes
, &c. ce qui continua tout le refte du Carna →
yal.
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Résumé : RÉJOUISSANCES faites à Chypres. Extrait d'une Lettre écrite le 25. Février 1730.
Le 25 février 1730, M. de Montgrand, consul de France à Chypre résidant à Lernica, annonça la naissance du Dauphin au Corps de la Nation. Des préparatifs pour les réjouissances furent rapidement organisés. Le 6 février, le consul assista à une messe solennelle à l'église paroissiale des Cordeliers de la Terre Sainte. Un discours en italien fut prononcé, suivi du chant du Te Deum accompagné de salves d'artillerie. Le consul et son cortège se dirigèrent ensuite à la Maison Consulaire, où des consuls étrangers vinrent présenter leurs compliments. Des jeux, des plaisirs et des divertissements furent organisés avant un somptueux repas servi sur deux tables, avec des vins de Chypre renommés. Les santés du Roi, de la Reine et du Dauphin furent portées, accompagnées de tirs de boëtes. Après le dîner, un bal fut interrompu pour un second Te Deum chez les Pères Capucins, suivi d'un salut et d'une bénédiction. Le bal reprit à la Maison Consulaire jusqu'au souper, où les santés royales furent à nouveau portées. Un grand vent empêcha la pillerie prévue pour le lendemain, mais les maisons étaient déjà ornées d'arcs de triomphe et de devises. Les fêtes continuèrent les 7 et 8 février avec des Te Deum, des repas délicats et des bals. Le 11 février, des illuminations ingénieuses eurent lieu, avec des pyramides de lampions, des figures lumineuses et des feux de joie. La ville de Lernica fut illuminée par des fusées et des feux d'artifice, accompagnés de décharges de mousqueterie et de canon. Les jours suivants, les illuminations et les marques de joie furent réitérées. Les principaux marchands de la Nation organisèrent également des fêtes particulières tout au long du carnaval.
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1875
p. 1214-1216
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Seyde, le 25. Janvier 1730.
Début :
M. Benoît le Maire, Consul de France en cette Echelle, n'eut pas plutôt reçu la nouvelle [...]
Mots clefs :
Naissance du Dauphin, Fête, Roi, Consul de France
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Seyde, le 25. Janvier 1730.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Seyde,
le 25. Janvier 1730.
Benoît le Maire , Conful de France en
Mcette Echelle , n'eut pas plutôt reçu la nouyelle
de la Naiffance de Monfeigneur le Dauphin,
qu'il fit convoquer auffi-tôt toute la Nation, pour
luy faire part d'un heureux évenement ; on
travailla dès le même jour à faire tous les préparatifs
neceffaires pour celebrer avec éclat une fi
heureufe Naiffance.
Le 14. Janvier , veille du jour deſtiné aux réjouiffances
, le Conful accompagné des Deputez
de la Nation , & de tous les Negocians , alla
rendre vifite au Pacha , pour avoir fon agrément
fur les réjouiffances qu'on alloit faire , afin que
les Sujets du Grand - Seigneur puffent être les té
moins de la veneration & de l'amour que les
François ont pour leur Roy & pour toute fa
Royale Famille. Ce Gouverneur reçut le Conful
très-gracieuſement , il témoigna prendre beaucoup
de part à cet évenement , & accorda tout ce
qu'on luy demandoit.
Le 15. toute la Nation précedée des deux Deputez
du Commerce , allerent prendre le Conful.
& fe rendirent , en grande ceremonie , à l'Eglife
des Religieux de la Terre- Sainte , fuivis d'une
multitude de peuples. On y chanta folemnellement
la grande Meffe & l'Exaudiat , au bruit
d'une décharge de Boetes ; les Timbales , les
Tambours & les Fifres fuccederent à cette déchar
ge , ce qui fut continué prefque toute la journée.
Le Conful fut reconduit avec tout fon cortege
à la Maiſon Confulaire , où l'on fervit un Repas
magnifique , en ambigu , compofé de toutes for
tess
JUIN. 1730. 1215
tes de Mets , & des Vins les plus exquis ; on y
but , à plufieurs reprifes , les fantez du Roy , de
la Reine , & de toute la Famille Royale , au
bruit d'une pareille décharge de Boëtes . Le Bal
fucceda au Repas ; & pour procurer quelque divertiffement
à cette multitude de peuples qui étoit
accouruë au Kan des François , on fit entrer
dans la cour une troupe de Danfeurs de cordes ,
Joueurs d'inftrumens & de gobelets , qui divertit
parfaitement cette populace.
On avoit placé fur la porte du Kan le Portrait
du Roy , fous un fuperbe Dais , & toute la façade
étoit ornée de riches Tapifferies , & des Etofes
les plus rares. Comme l'ufage du vin eſt défendu
en Turquie , le Conful fit diftribuer du Caffé &
toutes fortes de rafraîchiffemens à l'ufage du
pays , qu'on prefentoit à toutes fortes de perfonnes.
Sur le foir , le Conful , accompagné de la Na
tion , fe rendit encore à l'Eglife , ou le Te Deum
fut chanté en Mufique , au bruit des Boetes &
des Fanfares ; on revint à la Maiſon Confulaire
où l'on fervit un fecond Repas avec la même
profufion.
A l'entrée de la nuit le Kan parut tout en feu
par l'illumination qui parut tout d'un coup. On
avoit placé une quantité innombrable de lam--
pions fur les terraffes , les galeries , les croisées ,
& fur tous les endroits qui en pouvoient conte
* Vafte Bâtiment quarré & ifolé en forme de
Cloître , où le Conful & tous les Negocians
François font logez dans des differents Appar
temens très commodes ; il y a une Cour Spa
tieufe , au milieu de laquelle il y a un magnifique
Baffin de marbre avec plufieurs Jers
d'eau.
at I Vil
A
1216 MERCURE DE FRANCE ,
ir. La façade du Kan où étoit le Portrait du
Roy , étoit fort ingenieufement illuminée . On
avoit auffi placé avec fymetrie une quantité
de lampions fur les arbres qui font autour
du Baffin , qui faifoient un effet admirable ,
fans compter une Piramide quadrangulaire de
60. pieds de hauteur , couverte de plus de 2000 .
lampions , qui s'élevoient fur le grand Baffin de
marbre du milieu de la cour du Kan , dont les
lumieres fe repetoient dans l'eau , ce qui produifoit
un grand éclat. On tira pendant l'illumination
quantité de Fufées , Pots à feu , &c . ce qui
continua pendant toute la nuit.
Les deux jours fuivans fe pafferent également
en réjouiffances ; le Te Deum fut chanté encore
avec beaucoup de folemnité chez les Peres Capucins,
avec les mêmes décharges de Boëtes ,Trompetes
, Timballes , & c. Enfin tout répondit parfaitement
aux foins que le Conful & les Députez
de la Nation s'étoient donnez pour l'exécution
d'une fi belle Fête. Celle du troifiéme jour fut un
peu dérangée, & fur tout l'illumination , par une
pluye très- abondante qui furvint ; cette même
pluye fut encore un nouveau fujet de réjouiffance
; tout le monde étoit en priere depuis trois
' mois pour en avoir , & la fechereffe regnoit à un
point à faire craindre des fuites fâcheufes pour la
recolte du bled. Tous ces peuples recommencerent
leurs danfes , ils allerent en foule où étoit le
Portrait du Poy , pouffer des cris de joye & de
remerciement, attribuant à ce Monarque la playe
abondante qui les garantiffoit d'une prochaine
famine,
le 25. Janvier 1730.
Benoît le Maire , Conful de France en
Mcette Echelle , n'eut pas plutôt reçu la nouyelle
de la Naiffance de Monfeigneur le Dauphin,
qu'il fit convoquer auffi-tôt toute la Nation, pour
luy faire part d'un heureux évenement ; on
travailla dès le même jour à faire tous les préparatifs
neceffaires pour celebrer avec éclat une fi
heureufe Naiffance.
Le 14. Janvier , veille du jour deſtiné aux réjouiffances
, le Conful accompagné des Deputez
de la Nation , & de tous les Negocians , alla
rendre vifite au Pacha , pour avoir fon agrément
fur les réjouiffances qu'on alloit faire , afin que
les Sujets du Grand - Seigneur puffent être les té
moins de la veneration & de l'amour que les
François ont pour leur Roy & pour toute fa
Royale Famille. Ce Gouverneur reçut le Conful
très-gracieuſement , il témoigna prendre beaucoup
de part à cet évenement , & accorda tout ce
qu'on luy demandoit.
Le 15. toute la Nation précedée des deux Deputez
du Commerce , allerent prendre le Conful.
& fe rendirent , en grande ceremonie , à l'Eglife
des Religieux de la Terre- Sainte , fuivis d'une
multitude de peuples. On y chanta folemnellement
la grande Meffe & l'Exaudiat , au bruit
d'une décharge de Boetes ; les Timbales , les
Tambours & les Fifres fuccederent à cette déchar
ge , ce qui fut continué prefque toute la journée.
Le Conful fut reconduit avec tout fon cortege
à la Maiſon Confulaire , où l'on fervit un Repas
magnifique , en ambigu , compofé de toutes for
tess
JUIN. 1730. 1215
tes de Mets , & des Vins les plus exquis ; on y
but , à plufieurs reprifes , les fantez du Roy , de
la Reine , & de toute la Famille Royale , au
bruit d'une pareille décharge de Boëtes . Le Bal
fucceda au Repas ; & pour procurer quelque divertiffement
à cette multitude de peuples qui étoit
accouruë au Kan des François , on fit entrer
dans la cour une troupe de Danfeurs de cordes ,
Joueurs d'inftrumens & de gobelets , qui divertit
parfaitement cette populace.
On avoit placé fur la porte du Kan le Portrait
du Roy , fous un fuperbe Dais , & toute la façade
étoit ornée de riches Tapifferies , & des Etofes
les plus rares. Comme l'ufage du vin eſt défendu
en Turquie , le Conful fit diftribuer du Caffé &
toutes fortes de rafraîchiffemens à l'ufage du
pays , qu'on prefentoit à toutes fortes de perfonnes.
Sur le foir , le Conful , accompagné de la Na
tion , fe rendit encore à l'Eglife , ou le Te Deum
fut chanté en Mufique , au bruit des Boetes &
des Fanfares ; on revint à la Maiſon Confulaire
où l'on fervit un fecond Repas avec la même
profufion.
A l'entrée de la nuit le Kan parut tout en feu
par l'illumination qui parut tout d'un coup. On
avoit placé une quantité innombrable de lam--
pions fur les terraffes , les galeries , les croisées ,
& fur tous les endroits qui en pouvoient conte
* Vafte Bâtiment quarré & ifolé en forme de
Cloître , où le Conful & tous les Negocians
François font logez dans des differents Appar
temens très commodes ; il y a une Cour Spa
tieufe , au milieu de laquelle il y a un magnifique
Baffin de marbre avec plufieurs Jers
d'eau.
at I Vil
A
1216 MERCURE DE FRANCE ,
ir. La façade du Kan où étoit le Portrait du
Roy , étoit fort ingenieufement illuminée . On
avoit auffi placé avec fymetrie une quantité
de lampions fur les arbres qui font autour
du Baffin , qui faifoient un effet admirable ,
fans compter une Piramide quadrangulaire de
60. pieds de hauteur , couverte de plus de 2000 .
lampions , qui s'élevoient fur le grand Baffin de
marbre du milieu de la cour du Kan , dont les
lumieres fe repetoient dans l'eau , ce qui produifoit
un grand éclat. On tira pendant l'illumination
quantité de Fufées , Pots à feu , &c . ce qui
continua pendant toute la nuit.
Les deux jours fuivans fe pafferent également
en réjouiffances ; le Te Deum fut chanté encore
avec beaucoup de folemnité chez les Peres Capucins,
avec les mêmes décharges de Boëtes ,Trompetes
, Timballes , & c. Enfin tout répondit parfaitement
aux foins que le Conful & les Députez
de la Nation s'étoient donnez pour l'exécution
d'une fi belle Fête. Celle du troifiéme jour fut un
peu dérangée, & fur tout l'illumination , par une
pluye très- abondante qui furvint ; cette même
pluye fut encore un nouveau fujet de réjouiffance
; tout le monde étoit en priere depuis trois
' mois pour en avoir , & la fechereffe regnoit à un
point à faire craindre des fuites fâcheufes pour la
recolte du bled. Tous ces peuples recommencerent
leurs danfes , ils allerent en foule où étoit le
Portrait du Poy , pouffer des cris de joye & de
remerciement, attribuant à ce Monarque la playe
abondante qui les garantiffoit d'une prochaine
famine,
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Seyde, le 25. Janvier 1730.
Le 25 janvier 1730, Benoît le Maire, consul de France à Mcette Echelle, annonça la naissance du Dauphin en convoquant la nation pour célébrer cet événement. Le 14 janvier, il obtint l'autorisation du Pacha pour organiser des réjouissances, afin de montrer la vénération et l'amour des Français pour leur roi et la famille royale. Ces festivités incluaient des députés et des négociants. Le 15 janvier, une grande cérémonie religieuse fut organisée à l'église des Religieux de la Terre-Sainte, suivie d'un repas somptueux à la maison consulaire. Des divertissements, tels que des danses et des spectacles, furent offerts à la population. Le bâtiment consulaire fut illuminé et décoré avec des portraits du roi et des lampions. Les festivités se poursuivirent les jours suivants, avec des Te Deum et des illuminations. Une pluie abondante, bien que perturbant l'illumination du troisième jour, fut perçue comme une bénédiction, mettant fin à une sécheresse prolongée.
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1876
p. 1217-1218
LETTRE écrite de Rame, le 4. Janvier 1730.
Début :
Le Consul de France à Rame ayant appris l'heureuse nouvelle de la Naissance d'un [...]
Mots clefs :
Naissance du Dauphin, Fête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Rame, le 4. Janvier 1730.
LETTRE écrite de Rame , le 4.
Janvier 1730.
E Conful de France à Rame ayant appris
LFConfil à
Dauphin , alla en ceremonie le 27. Decembre
dernier , accompagné de toute la Nation , &
d'une Compagnie de Fufeliers , compofée de so.
hommes , Catholiques , Grecs , & Gens du Pays,
à l'Eglife des Religieux de la Terre- Sainte , que
le Pere Préfident du Convent avoit fait orner
des plus belles Tapifferies. La Meffe y fut chan
tée avec toute la folemnité poffible , & le Te
Deum , pendant lequel on fit plufieurs décharges
de Moufqueterie : les Tambours , Timbales ,
& autres Inftrumens du Gouverneur de la Ville ,
fe firent entendre pendant tout le Service. " Le
Conful avoit eu la précaution de prendre l'agrément
de ce Gouverneur pour la Fête qu'il devoit
donner.
Après la Meffe , le Conful fortit de l'Eglife
accompagné du même Cortege , & de la Compagnie
des Fufeliers , & fe rendit à ſa maiſon
où l'on fervit à dîner au Préfident , à fon Curé ,
& à toute la Nation ; on but les fantez du Roy
de la Reine & de Monfeigneur le Dauphin , au
bruit de la Moufqueterie & des Inftrumens ; on
fit diftribuer des vivres & des rafraîchiffemens à
toutes les perfonnes du pays qui s'étoient rendues
à la Maiſon Confulaire pour voir la Fête.
A l'entrée de la nuit le Conful fe rendit encore
avec le même Cortege & la même fuite , à l'Eglife
où le Te Deum fut chanté, comme le matin
, au bruit de la Moufqueterie & des Inftrumens;
après quoi le Conful , accompagné des .
Religieux & de la Nation , alla allumer un
I. Vol. grand
1218 MERCURE DE FRANCE
grand Feu qu'il avoit fait préparer hors la porte
de la ville. On revint enfuite à la Maiſon Confulaire
, qu'on trouva illuminée en lampions
d'une maniere très ingenieufe , on fervit un Repas
auffi delicat que celuy du matin , pendant lequel
les Inftrumens ne cefferent de jouer,
Le Gouverneur & autres Puiffances du Pays
voulant prendre part à la Fête , fe rendirent fur
le foir à la Maiſon Confulaire , où on leur fervit
une Collation , compofée de confitures, fruits
du Pays , Sorbet , Caffé , &c. Ce Gouverneur
pour rendre la Fête encore plus réjouiffante ,
avoit amené avec luy des Danfeurs & des Boufons
du Pays , qui divertirent beaucoup , & qui
terminerent la Fête , après avoir dansé une par
tie de la nuit.
Janvier 1730.
E Conful de France à Rame ayant appris
LFConfil à
Dauphin , alla en ceremonie le 27. Decembre
dernier , accompagné de toute la Nation , &
d'une Compagnie de Fufeliers , compofée de so.
hommes , Catholiques , Grecs , & Gens du Pays,
à l'Eglife des Religieux de la Terre- Sainte , que
le Pere Préfident du Convent avoit fait orner
des plus belles Tapifferies. La Meffe y fut chan
tée avec toute la folemnité poffible , & le Te
Deum , pendant lequel on fit plufieurs décharges
de Moufqueterie : les Tambours , Timbales ,
& autres Inftrumens du Gouverneur de la Ville ,
fe firent entendre pendant tout le Service. " Le
Conful avoit eu la précaution de prendre l'agrément
de ce Gouverneur pour la Fête qu'il devoit
donner.
Après la Meffe , le Conful fortit de l'Eglife
accompagné du même Cortege , & de la Compagnie
des Fufeliers , & fe rendit à ſa maiſon
où l'on fervit à dîner au Préfident , à fon Curé ,
& à toute la Nation ; on but les fantez du Roy
de la Reine & de Monfeigneur le Dauphin , au
bruit de la Moufqueterie & des Inftrumens ; on
fit diftribuer des vivres & des rafraîchiffemens à
toutes les perfonnes du pays qui s'étoient rendues
à la Maiſon Confulaire pour voir la Fête.
A l'entrée de la nuit le Conful fe rendit encore
avec le même Cortege & la même fuite , à l'Eglife
où le Te Deum fut chanté, comme le matin
, au bruit de la Moufqueterie & des Inftrumens;
après quoi le Conful , accompagné des .
Religieux & de la Nation , alla allumer un
I. Vol. grand
1218 MERCURE DE FRANCE
grand Feu qu'il avoit fait préparer hors la porte
de la ville. On revint enfuite à la Maiſon Confulaire
, qu'on trouva illuminée en lampions
d'une maniere très ingenieufe , on fervit un Repas
auffi delicat que celuy du matin , pendant lequel
les Inftrumens ne cefferent de jouer,
Le Gouverneur & autres Puiffances du Pays
voulant prendre part à la Fête , fe rendirent fur
le foir à la Maiſon Confulaire , où on leur fervit
une Collation , compofée de confitures, fruits
du Pays , Sorbet , Caffé , &c. Ce Gouverneur
pour rendre la Fête encore plus réjouiffante ,
avoit amené avec luy des Danfeurs & des Boufons
du Pays , qui divertirent beaucoup , & qui
terminerent la Fête , après avoir dansé une par
tie de la nuit.
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Résumé : LETTRE écrite de Rame, le 4. Janvier 1730.
Le 4 janvier 1730, une lettre de Rame rapporte qu'en décembre 1729, le consul de France à Rame a organisé une cérémonie à l'église des Religieux de la Terre Sainte. Accompagné de la nation française et d'une compagnie de fusiliers composée de catholiques, de Grecs et de locaux, il a assisté à une messe solennelle suivie d'un Te Deum, avec décharges de mousqueterie et musique. Le consul avait obtenu l'accord du gouverneur de la ville. Après la messe, un dîner a été servi à la maison du consul pour les dignitaires et des vivres distribués aux habitants. En soirée, le Te Deum a été chanté à nouveau, suivi d'un grand feu hors de la ville. De retour à la maison consulaire, illuminée pour l'occasion, un repas délicat a été servi avec musique. Le gouverneur et d'autres autorités locales ont rejoint la fête, offrant des collations. Des danseurs et des bouffons ont diverti les invités jusqu'à une partie de la nuit.
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1877
p. 1218-1219
AUTRE de Saint Jean d'Acre, le 4 Janvier 1730.
Début :
On n'eut pas plutôt appris icy la nouvelle de la Naissance de Monseigneur le Dauphin, [...]
Mots clefs :
Naissance du Dauphin, Fête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE de Saint Jean d'Acre, le 4 Janvier 1730.
AUTRE de Saint Jean d'Acre ,
le 4. Janvier 17.30,
ON
N n'ent pas plutôt appris icy la nouvelle de
la Naiffance de Monfeigneur le Dauphin
que M. Carbonnel , Conful de France , en infor
ma toute la Nation ; le Gouverneur & les autres
Seigneurs de la Ville & de la Campagne vinrent
áuffi - tôt lui en faire compliment , ainfi que les
Confuls d'Angleterre & d'Hollande , accompa
gnez de toute leur Nation.
M. le Conful choifit le jour de la Fête de
Noël pour celebrer la Naiffance de Monfeigneur
le Dauphin. Il fit orner extraordinairement la
Chapelle de la Maiſon Confulaire , qui fert de
Paroiffe , & s'y rendit , en ceremonie , à neuf
heures du matin , accompagné des Confuls d'Angleterre
, d'Hollande , des Dames des trois Nations
, & de plufieurs Negocians de Seyde. On
celebra une grande Meffe folemnelle en Mufi-
I, Vol.
que ,
JUIN. 1219
que , le Te Deum & l'Exaudiat furent chantés
par quelques perfonnes de la Compagnie qui
voulurent bien mêler leurs voix & leurs inftrumens
au chant des Religieux. On revint à la
Maifon Confulaire , où il fut fervi un Repas , en
ambigu ,auffi délicat qu'abondant ; & où les Vins
les plus rares furent prodiguez ;les fantez du Roy,
de la Reine , & de toute la Famille Royale furent
bues à diverfes repriſes , avec des cris réiterez de
Vive le Roy. On fit l'après- midy une magnifique
Promenade à cheval,après laquelle le Conful, accompagné
de toute cette Affemblée & des Religieux
, alla allumer un grand Feu qu'on avoit
préparé dans l'endroit le plus éminent de la ville,
où tous les habitans de differentes Nations & de
Religions étoient accourus. Le Domine , Salvum
fac Regem y fut chanté à plusieurs repriſes , &
on tira une très- grande quantité de Fulées.
On revint à la Maiſon Confulaire , qu'on trou
va illuminée de quantité de lampions ; les Terraffes
, toutes les Croifées , & tous les endroits
convenables en étoient garnis ; les Armès du Roy
étoient expofées fur la principale Porte, & celles
de la Reine & du Dauphin l'étoient dans un autre
Tableau en forme de Cartouche.
Aprês l'Illumination on fervit encore un Repas
très - delicat , où les Dames Françoifes , An--
gloifes , & autres Perfonnes diftinguées du Pays ,
furent invitées , les Santez Royales furent encore
bues plus d'une fois. Le Bal fucceda au Souper ,
il y cut plufieurs Tables de Jeu , & on fervit pendant
la nuit toutes fortes de Rafraichiffemens.
L'Aga ou le Gouverneur de la ville , & les plus
notables Seigneurs de la campagne vinrent prendre
part à la Fête , qui leur parut bien nouvelle ,
& fur tout aux Gens du Pays qui n'en avoient
de leur vie vû de plus finguliere.
le 4. Janvier 17.30,
ON
N n'ent pas plutôt appris icy la nouvelle de
la Naiffance de Monfeigneur le Dauphin
que M. Carbonnel , Conful de France , en infor
ma toute la Nation ; le Gouverneur & les autres
Seigneurs de la Ville & de la Campagne vinrent
áuffi - tôt lui en faire compliment , ainfi que les
Confuls d'Angleterre & d'Hollande , accompa
gnez de toute leur Nation.
M. le Conful choifit le jour de la Fête de
Noël pour celebrer la Naiffance de Monfeigneur
le Dauphin. Il fit orner extraordinairement la
Chapelle de la Maiſon Confulaire , qui fert de
Paroiffe , & s'y rendit , en ceremonie , à neuf
heures du matin , accompagné des Confuls d'Angleterre
, d'Hollande , des Dames des trois Nations
, & de plufieurs Negocians de Seyde. On
celebra une grande Meffe folemnelle en Mufi-
I, Vol.
que ,
JUIN. 1219
que , le Te Deum & l'Exaudiat furent chantés
par quelques perfonnes de la Compagnie qui
voulurent bien mêler leurs voix & leurs inftrumens
au chant des Religieux. On revint à la
Maifon Confulaire , où il fut fervi un Repas , en
ambigu ,auffi délicat qu'abondant ; & où les Vins
les plus rares furent prodiguez ;les fantez du Roy,
de la Reine , & de toute la Famille Royale furent
bues à diverfes repriſes , avec des cris réiterez de
Vive le Roy. On fit l'après- midy une magnifique
Promenade à cheval,après laquelle le Conful, accompagné
de toute cette Affemblée & des Religieux
, alla allumer un grand Feu qu'on avoit
préparé dans l'endroit le plus éminent de la ville,
où tous les habitans de differentes Nations & de
Religions étoient accourus. Le Domine , Salvum
fac Regem y fut chanté à plusieurs repriſes , &
on tira une très- grande quantité de Fulées.
On revint à la Maiſon Confulaire , qu'on trou
va illuminée de quantité de lampions ; les Terraffes
, toutes les Croifées , & tous les endroits
convenables en étoient garnis ; les Armès du Roy
étoient expofées fur la principale Porte, & celles
de la Reine & du Dauphin l'étoient dans un autre
Tableau en forme de Cartouche.
Aprês l'Illumination on fervit encore un Repas
très - delicat , où les Dames Françoifes , An--
gloifes , & autres Perfonnes diftinguées du Pays ,
furent invitées , les Santez Royales furent encore
bues plus d'une fois. Le Bal fucceda au Souper ,
il y cut plufieurs Tables de Jeu , & on fervit pendant
la nuit toutes fortes de Rafraichiffemens.
L'Aga ou le Gouverneur de la ville , & les plus
notables Seigneurs de la campagne vinrent prendre
part à la Fête , qui leur parut bien nouvelle ,
& fur tout aux Gens du Pays qui n'en avoient
de leur vie vû de plus finguliere.
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Résumé : AUTRE de Saint Jean d'Acre, le 4 Janvier 1730.
Le 4 janvier 1730, la naissance du Dauphin fut annoncée à Saint Jean d'Acre par M. Carbonnel, consul de France. Le gouverneur et divers seigneurs de la ville, ainsi que les consuls d'Angleterre et de Hollande, vinrent le féliciter. Pour célébrer cet événement, M. Carbonnel organisa des festivités le jour de Noël. La chapelle de la maison consulaire fut décorée et une messe solennelle y fut célébrée en présence des consuls d'Angleterre et de Hollande, des dames des trois nations et de plusieurs négociants. Le Te Deum et l'Exaudiat furent chantés. Un repas abondant fut servi, durant lequel les santés du roi, de la reine et de la famille royale furent portées. L'après-midi, une promenade à cheval fut suivie de l'allumage d'un grand feu. Le Domine, Salvum fac Regem fut chanté et des fusées furent tirées. La maison consulaire fut illuminée et un second repas fut servi, auquel assistèrent des dames françaises, anglaises et autres personnes distinguées. Un bal et des jeux de table suivirent, avec des rafraîchissements servis toute la nuit. L'Aga et les seigneurs notables de la campagne participèrent à la fête, la trouvant remarquable.
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1878
p. 1120-1221
RUSSIE.
Début :
On mande de Moscou, de la fin d'Avril que les Princes Bazile & Alexis Dolhorucki [...]
Mots clefs :
Tsarine, Tsar
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE .
N mande de Mofcou , de la fin d'Avril
que les Princes Bazile & Alexis Dolhorucki
dont toute la famille étoit fufpecte à la Czarine
ont été exilez. Le Prince Alexis & le Prince Jean
fon fils font accufés principalement d'avoir fait faire
au feu Czar divers voyages dans des maifons de
campagne aux environs de Mofcou, afin de le détourner
du foin des affaires, pour en être feuls les
maîtres ; de l'avoir engagé à fiancer la Princeffe
Dolhorucki , fans en avoir donné aucune part
la Famille de ce Prince , & d'avoir enlevé du
Tréfor un grand nombre de pierreries , dont on
fait monter le prix à cent mille Roubles. Ces
trois Princes Dolhorucki ont été conduits à To-
-bolskoy avec une Efcorte de 40. Dragons. La
Princeffe Dolhorucki qui a eu l'honneur d'être
fiancée au feu Czar,& les autres femmes & enfans
de cette Famille ont été envoyez dans divers Mo
nafteres , pour y refter jufqu'à nouvel ordre.
On a publié à Mofcou un Edit , par lequel les
Archevêques , Evêques , Archimandrites , & au
tres Chefs des Ecclefiaftiques de ce Pays , font
obligez de fe conformer dans toutes leurs fonttions
Ecclefiaftiques au Rite reçû & approuvé icy
depuis plufieurs ficcles , fans rien emprunter du
Ceremonial des autres Religions.
Le Miniftre que l'Ufurpateur Sultan Acheraff
avoit envoyé à Mofcou , a reçu ordre de ſe retirer
, parce qu'on attend un Envoyé du nouveau
Roy de Perfe Sehah Thamas. Le General Ma ,
taonof , qui eft prefentement à Derbent , a été
nommé pour aller à Ifpahan en qualité d'Ambaffadeur
de S. M. Cz. avec les pleins pouvoits
pour renouveller les précedensTraitez entre le feu
Czar Pierre I. & le Prince Thamas , à preſent
Roy de Perfe.
La
7
JUIN. 17.30. 1221
*
La Czarine a augmenté les revenus des Colleges
de la Ville de Dorpt , l'une de celles qui ont été
cedées par la Couronne de Suede,& ruinée par la
derniere guerre,& les apointemens des Profefleurs
de l'Univerfité ; & pour rétablir cette Univerfité
dans fon ancienne fplendeur , Sa Majefté Czarienne
a déclaré qu'elle n'admettra aucun de fes
Sujets aux Emplois Civils & Ecclefiaftiques de
fes Etats que lorfqu'ils apporteront des certificats
de leurs Etudes dan scette Univerfité , au moins
pendant deux ans ,
Le Couronnement de la Czarine fe fit le 9 du
mois dernier dans l'Eglife Cathédrale de Mofcou,
avec une très -grande magnificence , & on a expedié
des ordres à tous les Miniftres de S. M. Czę
dans les Cours Etrangeres , pour celebrer par des
Fêtes la Cerémonie du Gouvernement de leur
Souveraine,
Aprés le Te Deum qu'on chanta à Petersbourg
dans l'Eglife de la Trinité , le même jour , avec
beaucoup de folemnité , on fit une décharge de
200 pieces de Canon , le foir ', le Genéral Comte
Munich donna un repas magnifique de soo
Couverts fur cinq Tables , qui fut fuivi d'un très
beau Feu d'artifice. Toutes les maiſons & Quais
de la Villé furent illuminez , ainfi que plufieurs
Bâtimens plats que le Vice- Amiral Stevers avoit
fait orner. Cette Fête fut terminée par un Bal
qui dura toute la nuit,
N mande de Mofcou , de la fin d'Avril
que les Princes Bazile & Alexis Dolhorucki
dont toute la famille étoit fufpecte à la Czarine
ont été exilez. Le Prince Alexis & le Prince Jean
fon fils font accufés principalement d'avoir fait faire
au feu Czar divers voyages dans des maifons de
campagne aux environs de Mofcou, afin de le détourner
du foin des affaires, pour en être feuls les
maîtres ; de l'avoir engagé à fiancer la Princeffe
Dolhorucki , fans en avoir donné aucune part
la Famille de ce Prince , & d'avoir enlevé du
Tréfor un grand nombre de pierreries , dont on
fait monter le prix à cent mille Roubles. Ces
trois Princes Dolhorucki ont été conduits à To-
-bolskoy avec une Efcorte de 40. Dragons. La
Princeffe Dolhorucki qui a eu l'honneur d'être
fiancée au feu Czar,& les autres femmes & enfans
de cette Famille ont été envoyez dans divers Mo
nafteres , pour y refter jufqu'à nouvel ordre.
On a publié à Mofcou un Edit , par lequel les
Archevêques , Evêques , Archimandrites , & au
tres Chefs des Ecclefiaftiques de ce Pays , font
obligez de fe conformer dans toutes leurs fonttions
Ecclefiaftiques au Rite reçû & approuvé icy
depuis plufieurs ficcles , fans rien emprunter du
Ceremonial des autres Religions.
Le Miniftre que l'Ufurpateur Sultan Acheraff
avoit envoyé à Mofcou , a reçu ordre de ſe retirer
, parce qu'on attend un Envoyé du nouveau
Roy de Perfe Sehah Thamas. Le General Ma ,
taonof , qui eft prefentement à Derbent , a été
nommé pour aller à Ifpahan en qualité d'Ambaffadeur
de S. M. Cz. avec les pleins pouvoits
pour renouveller les précedensTraitez entre le feu
Czar Pierre I. & le Prince Thamas , à preſent
Roy de Perfe.
La
7
JUIN. 17.30. 1221
*
La Czarine a augmenté les revenus des Colleges
de la Ville de Dorpt , l'une de celles qui ont été
cedées par la Couronne de Suede,& ruinée par la
derniere guerre,& les apointemens des Profefleurs
de l'Univerfité ; & pour rétablir cette Univerfité
dans fon ancienne fplendeur , Sa Majefté Czarienne
a déclaré qu'elle n'admettra aucun de fes
Sujets aux Emplois Civils & Ecclefiaftiques de
fes Etats que lorfqu'ils apporteront des certificats
de leurs Etudes dan scette Univerfité , au moins
pendant deux ans ,
Le Couronnement de la Czarine fe fit le 9 du
mois dernier dans l'Eglife Cathédrale de Mofcou,
avec une très -grande magnificence , & on a expedié
des ordres à tous les Miniftres de S. M. Czę
dans les Cours Etrangeres , pour celebrer par des
Fêtes la Cerémonie du Gouvernement de leur
Souveraine,
Aprés le Te Deum qu'on chanta à Petersbourg
dans l'Eglife de la Trinité , le même jour , avec
beaucoup de folemnité , on fit une décharge de
200 pieces de Canon , le foir ', le Genéral Comte
Munich donna un repas magnifique de soo
Couverts fur cinq Tables , qui fut fuivi d'un très
beau Feu d'artifice. Toutes les maiſons & Quais
de la Villé furent illuminez , ainfi que plufieurs
Bâtimens plats que le Vice- Amiral Stevers avoit
fait orner. Cette Fête fut terminée par un Bal
qui dura toute la nuit,
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Résumé : RUSSIE.
En avril, les princes Bazile et Alexis Dolhoroucki, ainsi que leur famille, ont été exilés par la czarine. Les princes Alexis et Jean Dolhoroucki sont accusés d'avoir détourné le feu czar des affaires d'État, de l'avoir poussé à fiancer la princesse Dolhoroucki sans l'accord de sa famille, et d'avoir volé des pierreries évaluées à cent mille roubles. Les trois princes ont été conduits à Tobolsk sous escorte, tandis que la princesse Dolhoroucki et les autres membres de la famille ont été envoyés dans divers monastères. Un édit a été publié à Moscou, obligeant les chefs ecclésiastiques à se conformer au rite traditionnel. Le ministre envoyé par l'usurpateur Sultan Acheraff a reçu l'ordre de quitter Moscou, car un envoyé du nouveau roi de Perse, Shah Thamas, est attendu. Le général Matafonof, actuellement à Derbent, a été nommé ambassadeur pour renégocier les traités entre le feu czar Pierre Ier et le prince Thamas. Le 7 juin 1730, la czarine a augmenté les revenus des collèges de la ville de Dorpt et les appointements des professeurs de l'université, déclarant que seuls les sujets ayant étudié dans cette université pendant au moins deux ans seraient admis aux emplois civils et ecclésiastiques. Le couronnement de la czarine a eu lieu le 9 mai dans la cathédrale de Moscou, avec une grande magnificence. Des ordres ont été envoyés aux ministres de Sa Majesté dans les cours étrangères pour célébrer cette cérémonie. À Saint-Pétersbourg, après un Te Deum solennel, une salve de 200 coups de canon a été tirée, suivie d'un repas somptueux et d'un feu d'artifice. Les maisons et quais de la ville, ainsi que plusieurs bâtiments, ont été illuminés, et la fête s'est terminée par un bal nocturne.
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1879
p. 1221-1222
SUEDE.
Début :
On attend à Stokolm le Roi & la Reine qui doivent arriver de Carlsberg pour assister au [...]
Mots clefs :
Roi et reine de Suède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUEDE.
SUEDE.
N attend à Stokolm le Roi & la Reine qui
doivent arriver de Carlsberg pour affifter au
Jubilé de la Confeffion d'Augsbourg qu'on doit
celebrer inceffamment:Les Univerfités d'Upſale &
d'Abo en Finlande ont reçû au fujet de cette Fête
Ja Vol.
des
1222 MERCURE DE FRANCE
des inftructions conformes à celles qui leur furentenvoyées
il y a cent ans par ordre du Guftave
Adolphe. Les Profeffeurs de l'Univerfité de Grypfwalde
en Pomeranie , en ont reçû de femb ables,
afin que cette Fête qui doit durer huit jours.
foit obfervée uniformement. Tous les Etudians de
feront traitez pendant ce temps çes Univerfitez y
aux dépens du Roi.
N attend à Stokolm le Roi & la Reine qui
doivent arriver de Carlsberg pour affifter au
Jubilé de la Confeffion d'Augsbourg qu'on doit
celebrer inceffamment:Les Univerfités d'Upſale &
d'Abo en Finlande ont reçû au fujet de cette Fête
Ja Vol.
des
1222 MERCURE DE FRANCE
des inftructions conformes à celles qui leur furentenvoyées
il y a cent ans par ordre du Guftave
Adolphe. Les Profeffeurs de l'Univerfité de Grypfwalde
en Pomeranie , en ont reçû de femb ables,
afin que cette Fête qui doit durer huit jours.
foit obfervée uniformement. Tous les Etudians de
feront traitez pendant ce temps çes Univerfitez y
aux dépens du Roi.
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Résumé : SUEDE.
Le roi et la reine suédois se rendent à Stockholm pour le jubilé de la Confession d'Augsbourg. Les universités d'Upsale, d'Abo et de Greifswald suivent des instructions similaires à celles de Gustave Adolphe. La fête durera huit jours, durant lesquels les étudiants seront pris en charge par le roi.
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1880
p. 1222-1223
ALLEMAGNE.
Début :
On assure que le commandement general des Troupes de l'Empereur en Italie a été donné [...]
Mots clefs :
Troupes de l'empereur en Italie, Tonnerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
N affure
a
le commandement general des
Troupes de l'Empereur en Italie à été donné
au General Comte de Mercy , & que le Comte
de Daun y commandera par interim jufqu'à
fon arrivée , que le Duc Regent de Wirtemberg
commandera fur le Rhin en qualité de Maréchal
de Camp General de l'Empire. On vient d'apprendre
que les -Princes Frederick & Louis de
Wirtemberg , qui ont offert leurs fervices à l'Empereur
, commanderont en Italie en cas de guerre.
On écrit de Manheim que l'Electeur Palatin
avoit promis de fournir 8000. hommes de fes
Troupes à S. M. I. en cas que l'Empire fut attaqué.
Le 24. Mai , vers les 9. heures du foir , le ton .
nerre tomba fur le nouveau Clocher de Peglife
de S. Pierre à Berlin ; il y mit le feu , & en moins
d'un quart d'heure la Tour fut détruite ; par fa
chute,le feu fe communiqua à l'Eglife & aux maifons
voisines avec tant de violence & de rapidité
que les maifons de plufieurs rues étoient déja réduites
en cendre au départ du Courrier.
On apprend de Drefde que le Roi de Pologne
étoit arrivé au Camp de Muhiberg , accompagné
de plufieurs Princes de l'Empire & de la principale
Nobleffe de la Haute & Baffe Saxe , & que
le Duc de Saxe Gotha avoit fait présent à
1. Vol
S.
JUIN
1223
1730 .
•
S. M. P. du Regiment des Grenadiers à Cheval
qu'il a fait lever depuis un an dans la Principauté
Alembourg.
N affure
a
le commandement general des
Troupes de l'Empereur en Italie à été donné
au General Comte de Mercy , & que le Comte
de Daun y commandera par interim jufqu'à
fon arrivée , que le Duc Regent de Wirtemberg
commandera fur le Rhin en qualité de Maréchal
de Camp General de l'Empire. On vient d'apprendre
que les -Princes Frederick & Louis de
Wirtemberg , qui ont offert leurs fervices à l'Empereur
, commanderont en Italie en cas de guerre.
On écrit de Manheim que l'Electeur Palatin
avoit promis de fournir 8000. hommes de fes
Troupes à S. M. I. en cas que l'Empire fut attaqué.
Le 24. Mai , vers les 9. heures du foir , le ton .
nerre tomba fur le nouveau Clocher de Peglife
de S. Pierre à Berlin ; il y mit le feu , & en moins
d'un quart d'heure la Tour fut détruite ; par fa
chute,le feu fe communiqua à l'Eglife & aux maifons
voisines avec tant de violence & de rapidité
que les maifons de plufieurs rues étoient déja réduites
en cendre au départ du Courrier.
On apprend de Drefde que le Roi de Pologne
étoit arrivé au Camp de Muhiberg , accompagné
de plufieurs Princes de l'Empire & de la principale
Nobleffe de la Haute & Baffe Saxe , & que
le Duc de Saxe Gotha avoit fait présent à
1. Vol
S.
JUIN
1223
1730 .
•
S. M. P. du Regiment des Grenadiers à Cheval
qu'il a fait lever depuis un an dans la Principauté
Alembourg.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En 1730, plusieurs nominations militaires et événements notables ont eu lieu en Allemagne. Le général comte de Mercy a été nommé commandant général des troupes impériales en Italie, avec le comte de Daun comme commandant par intérim. Le duc régent de Wurtemberg a été désigné maréchal de camp général de l'Empire sur le Rhin. Les princes Frédéric et Louis de Wurtemberg se tiennent prêts à commander en Italie en cas de conflit. L'électeur Palatin a promis de fournir 8 000 hommes à l'Empereur en cas d'attaque contre l'Empire. Le 24 mai, la foudre a détruit le clocher de l'église Saint-Pierre à Berlin, provoquant un incendie qui a endommagé plusieurs maisons voisines. À Dresde, le roi de Pologne est arrivé au camp de Muhlberg, accompagné de princes de l'Empire et de la noblesse saxonne. Le duc de Saxe-Gotha a offert au roi de Pologne un régiment de grenadiers à cheval récemment levé dans la principauté d'Alembourg.
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1881
p. 1223-1226
ITALIE.
Début :
Le Sacré College désirant de faire cesser les differends du Saint Siege avec la Cour de [...]
Mots clefs :
Italie, Naples, Tremblement de terre, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E Sacré College défirant de faire ceffer les
Ldifferends du Saint Siege avec la Cour de
Portugal , a écrit à M. Aldobrandini, Nonce en
Efpagne , d'employer toutes fortes de moyens
pour engager Sa Majefté Portugaife à permettre
aux Cardinaux fes Sujets , ou du moins au Cardinal
de Motta , de venir à Rome , & de lui
donner fes pleins pouvoirs pour finir cette affaire,
On a rendu au Cardinal Cofcia tous les meu→
bles , linges , hardes & vaiffaille d'argent ; on n'a
gardé au Chateau S. Ange que fa Bibliotheque &
fes papiers que le Sacré College fait examiner.
Le 12. Mai , vers les 10. heures du foir , on
fentit à Rome une fecouffe de tremblement de
terre affez violente qui dura environ 6 minutes
& n'a caufé aucun dommage ; mais elle a été plus
confiderable à Tivoli , où elle a fait tomber quelques
murailles , & elle a abbatu prefque toutes
les Maifons de la petite Ville de Norcia , où plufeurs
perfonnes ont été enfevelies fous les ruines;
les autres habitans ont quitté leurs maifons , &
fe font fauvés fur la Place de S. Simon;
On a appris de Venife qu'une Montagne voifine
de la petite Ville de Chiapeffa s'étoit ouverte
le 2 Mai , vers les 9 heures du matin , après une
violente fecouffe de tremblement de terre, & qu'elle
avoit englouti plus de 30 maifons avec une partie
de ceux qui les habitoient ,
Le dernier tremblement de terre qu'on reffen
tit à Rome le 12 du mois dernier , a caufé beau-
I. Vol. coup
1224 MERCURE DE FRANCE
coup de dommages dans les Villes de Notcia ,
d'Aquila , de Cafcia , de Virfa , de Matrica , de
Monteleone & dans plufieurs Bourgs & Villages
des environs. Il y a eu à Norcia trois fecouffes ,
dont la derniere a été fi violente , que toutes les
Maifons de la Ville ont été renverfées de fond
en comble , à la réſerve de la Maifon de Ville &
des Couvents de S. François & de S. Antoine.
On a appris que depuis ce jour-là juſqu'au 14
on avoit déterré 400 perfonnes enfevelies fous
les ruines; les unes mortes & les autres eftropiées.
Cette Ville fituée dans l'Ombrie , près le Mont
Apennin , pouvoit contenir 4000 habitans , qui
la plupart fe retirerent à la Campagne, où ils font
dans une grande mifere. On y a fait venir 500
Soldats qu'on a mis autour des Murs & aux Por
bes , pour arrêter & fouiller tous ceux qui fortent
, afin de prévenir le pillage des effets qu'on
retire de deffous les démolitions. Ce tremblement
de terre s'eft fait fentir à Spolette , mais il n'y a
caufé aucun dommage confiderable.
Le 22 , on envoya de Rome à Norcia 3000
écus d'aumône pour les habitans de cette Ville ,
avec plufieurs Chirurgiens pour panfer les bleffez,
& des Médecins pour traiter les malades. On a
envoyé depuis d'autres fecours d'argent.
Les Cardinaux , Chefs d'Ordres , ont fait arrêter
un Religieux qui , prêchant dans une des
principales Eglifes de Rome , a été affez témé
raire pour prédire & affurer que la nuit du 14 au
15 May , la Ville de Rome feroit renversée de
fond en comble par un tremblement de terre , &
que cet évenement avoit été annoncé en fonge à
une de fes pénitentes, །
Le 17. les Cardinaux ordonnerent des Prieres
publiques pendant trois jours , dans differentes
Eglifes de Rome, & une Neuvaine dans l'Eglife
+
I Vol. de
JUI N. 1730. 1225
de S. Philippe de Neri , pour demander à Dieu
les lumieres neceffaires pour l'Election du Pape.
Les Pourvoyeurs du Conclave ont reçû ordre
d'y faire de nouvelles Provifions d'Huille , de
Bougies , de Bois & de Charbon.
Le bruit court que les Cardinaux de Schrot
tembach & Czacki ont reçû ordre de fe rendre
en diligence au Conclave , pour augmenter le
nombre de ceux qui font affectionnez à l'Empe
teur.
Le Cardinal Innico Carraccioli Napolitain
ayant vifité,fuivant la coutume , l'Eglife de faint
Pierre , entra le 21 du mois dernier au Concla
ve , où il y a prefentement 54 Cardinaux.
Le Commandeur Santini , nommé par le
Grand-Maître de Malte au Prieuré de Rome , a
offert au Sacré Collège d'en donner fa démiffion
, à condition d'une penfion fur ce Prieuré
, auquel les Cardinaux ont nommé le fecond
fils du Chevalier de S. George.
On apprend de Boulogne , qu'au commence→
ment du mois dernier , des Ouvriers travaillant
dans l'Eglife de S. Dominique de la même Ville,
y trouverent le tombeau de Lucius , Roy de
Sardaigne.
Pae un Courrier dépêché d'Anconne , on a re
çu avis qu'il étoit arrivé dans la Marche 3000
hommes de Troupes Impériales qui doivent fe
rendre dans le Royaume de Naples.
Le 25 Avril , on chanta à Naples un Te Deum,
folemnel , en mémoire de ce que cette Ville fut
préfervée de l'Incendie dont elle étoit menacée
par la chute de la Bourre enflammée d'un Canon
qui tomba dans le Magazin des Poudres du Châ
teau de l'Oeuf, lorsqu'on faifoit en 1723. des
décharges d'Artillerie à la fin d'un Te Deum
qu'on avoit chanté , pour rendre graces à Dieu
1. Val
da H
226 MERCURE DE FRANCE
de ce que cette Ville avoit été préfervée de la
communication du mal Contagieux qu'on crainoit
alors.
Le Comte de Wallis qui eft arrivé depuis peu
d'Allemagne à Naples, doit partir pour la Sicile,
pour aller commander en chef les Troupes de
PEmpereur.
On a appris de l'Ile de Corfe , par la voye de
Genes , que M. Venerolo avoit fait fommer trois
fois les Rebelles de cette Ifle de quitter les armes,
fans qu'ils cuffent obéi; & que ces Montagnards
ayant eu l'audace , au contraire , de venir piller
plufieurs Maifons de Campagne à quelques lieuës
de Baftia , le Commiffaire General de la Répus
Blique étoit parti ,à la tête de 500 hommes, pour
fes diffiper, Ces Lettres ajoutent qu'on doutoit à
Genes que les Corfes vouluffent rentrer dans leur
devoir , & qu'ils paroiffoient déterminez à fe
fouftraire à la domination de la République ;
e qui faifoit craindre qu'ils ne fuflent affurez
de la protection fecrete de quelque Puiffance.
E Sacré College défirant de faire ceffer les
Ldifferends du Saint Siege avec la Cour de
Portugal , a écrit à M. Aldobrandini, Nonce en
Efpagne , d'employer toutes fortes de moyens
pour engager Sa Majefté Portugaife à permettre
aux Cardinaux fes Sujets , ou du moins au Cardinal
de Motta , de venir à Rome , & de lui
donner fes pleins pouvoirs pour finir cette affaire,
On a rendu au Cardinal Cofcia tous les meu→
bles , linges , hardes & vaiffaille d'argent ; on n'a
gardé au Chateau S. Ange que fa Bibliotheque &
fes papiers que le Sacré College fait examiner.
Le 12. Mai , vers les 10. heures du foir , on
fentit à Rome une fecouffe de tremblement de
terre affez violente qui dura environ 6 minutes
& n'a caufé aucun dommage ; mais elle a été plus
confiderable à Tivoli , où elle a fait tomber quelques
murailles , & elle a abbatu prefque toutes
les Maifons de la petite Ville de Norcia , où plufeurs
perfonnes ont été enfevelies fous les ruines;
les autres habitans ont quitté leurs maifons , &
fe font fauvés fur la Place de S. Simon;
On a appris de Venife qu'une Montagne voifine
de la petite Ville de Chiapeffa s'étoit ouverte
le 2 Mai , vers les 9 heures du matin , après une
violente fecouffe de tremblement de terre, & qu'elle
avoit englouti plus de 30 maifons avec une partie
de ceux qui les habitoient ,
Le dernier tremblement de terre qu'on reffen
tit à Rome le 12 du mois dernier , a caufé beau-
I. Vol. coup
1224 MERCURE DE FRANCE
coup de dommages dans les Villes de Notcia ,
d'Aquila , de Cafcia , de Virfa , de Matrica , de
Monteleone & dans plufieurs Bourgs & Villages
des environs. Il y a eu à Norcia trois fecouffes ,
dont la derniere a été fi violente , que toutes les
Maifons de la Ville ont été renverfées de fond
en comble , à la réſerve de la Maifon de Ville &
des Couvents de S. François & de S. Antoine.
On a appris que depuis ce jour-là juſqu'au 14
on avoit déterré 400 perfonnes enfevelies fous
les ruines; les unes mortes & les autres eftropiées.
Cette Ville fituée dans l'Ombrie , près le Mont
Apennin , pouvoit contenir 4000 habitans , qui
la plupart fe retirerent à la Campagne, où ils font
dans une grande mifere. On y a fait venir 500
Soldats qu'on a mis autour des Murs & aux Por
bes , pour arrêter & fouiller tous ceux qui fortent
, afin de prévenir le pillage des effets qu'on
retire de deffous les démolitions. Ce tremblement
de terre s'eft fait fentir à Spolette , mais il n'y a
caufé aucun dommage confiderable.
Le 22 , on envoya de Rome à Norcia 3000
écus d'aumône pour les habitans de cette Ville ,
avec plufieurs Chirurgiens pour panfer les bleffez,
& des Médecins pour traiter les malades. On a
envoyé depuis d'autres fecours d'argent.
Les Cardinaux , Chefs d'Ordres , ont fait arrêter
un Religieux qui , prêchant dans une des
principales Eglifes de Rome , a été affez témé
raire pour prédire & affurer que la nuit du 14 au
15 May , la Ville de Rome feroit renversée de
fond en comble par un tremblement de terre , &
que cet évenement avoit été annoncé en fonge à
une de fes pénitentes, །
Le 17. les Cardinaux ordonnerent des Prieres
publiques pendant trois jours , dans differentes
Eglifes de Rome, & une Neuvaine dans l'Eglife
+
I Vol. de
JUI N. 1730. 1225
de S. Philippe de Neri , pour demander à Dieu
les lumieres neceffaires pour l'Election du Pape.
Les Pourvoyeurs du Conclave ont reçû ordre
d'y faire de nouvelles Provifions d'Huille , de
Bougies , de Bois & de Charbon.
Le bruit court que les Cardinaux de Schrot
tembach & Czacki ont reçû ordre de fe rendre
en diligence au Conclave , pour augmenter le
nombre de ceux qui font affectionnez à l'Empe
teur.
Le Cardinal Innico Carraccioli Napolitain
ayant vifité,fuivant la coutume , l'Eglife de faint
Pierre , entra le 21 du mois dernier au Concla
ve , où il y a prefentement 54 Cardinaux.
Le Commandeur Santini , nommé par le
Grand-Maître de Malte au Prieuré de Rome , a
offert au Sacré Collège d'en donner fa démiffion
, à condition d'une penfion fur ce Prieuré
, auquel les Cardinaux ont nommé le fecond
fils du Chevalier de S. George.
On apprend de Boulogne , qu'au commence→
ment du mois dernier , des Ouvriers travaillant
dans l'Eglife de S. Dominique de la même Ville,
y trouverent le tombeau de Lucius , Roy de
Sardaigne.
Pae un Courrier dépêché d'Anconne , on a re
çu avis qu'il étoit arrivé dans la Marche 3000
hommes de Troupes Impériales qui doivent fe
rendre dans le Royaume de Naples.
Le 25 Avril , on chanta à Naples un Te Deum,
folemnel , en mémoire de ce que cette Ville fut
préfervée de l'Incendie dont elle étoit menacée
par la chute de la Bourre enflammée d'un Canon
qui tomba dans le Magazin des Poudres du Châ
teau de l'Oeuf, lorsqu'on faifoit en 1723. des
décharges d'Artillerie à la fin d'un Te Deum
qu'on avoit chanté , pour rendre graces à Dieu
1. Val
da H
226 MERCURE DE FRANCE
de ce que cette Ville avoit été préfervée de la
communication du mal Contagieux qu'on crainoit
alors.
Le Comte de Wallis qui eft arrivé depuis peu
d'Allemagne à Naples, doit partir pour la Sicile,
pour aller commander en chef les Troupes de
PEmpereur.
On a appris de l'Ile de Corfe , par la voye de
Genes , que M. Venerolo avoit fait fommer trois
fois les Rebelles de cette Ifle de quitter les armes,
fans qu'ils cuffent obéi; & que ces Montagnards
ayant eu l'audace , au contraire , de venir piller
plufieurs Maifons de Campagne à quelques lieuës
de Baftia , le Commiffaire General de la Répus
Blique étoit parti ,à la tête de 500 hommes, pour
fes diffiper, Ces Lettres ajoutent qu'on doutoit à
Genes que les Corfes vouluffent rentrer dans leur
devoir , & qu'ils paroiffoient déterminez à fe
fouftraire à la domination de la République ;
e qui faifoit craindre qu'ils ne fuflent affurez
de la protection fecrete de quelque Puiffance.
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Résumé : ITALIE.
En mai 1730, plusieurs événements marquants se sont produits en Italie. Le Sacré Collège a sollicité l'intervention du nonce en Espagne, M. Aldobrandini, auprès du roi du Portugal pour permettre à certains cardinaux, dont le Cardinal de Motta, de se rendre à Rome afin de résoudre des conflits. Les biens du Cardinal Coscia lui ont été restitués, à l'exception de sa bibliothèque et de ses papiers, qui sont examinés par le Sacré Collège. Le 12 mai, un violent tremblement de terre a frappé Rome, causant des dégâts à Tivoli et détruisant presque toutes les maisons de Norcia, où plusieurs personnes ont été ensevelies. Un autre séisme, le 2 mai, a ouvert une montagne près de Chiapessa, engloutissant plus de 30 maisons. Un précédent tremblement de terre, le 12 du mois précédent, avait déjà causé des dommages importants dans plusieurs villes, notamment Norcia, où 400 personnes ont été déterrées, mortes ou blessées. Des secours, incluant des aumônes et des médecins, ont été envoyés à Norcia. À Rome, un religieux a été arrêté pour avoir prédit la destruction de la ville par un tremblement de terre. Les cardinaux ont ordonné des prières publiques pour demander des lumières pour l'élection du pape. Des préparatifs ont été faits pour le conclave, et des cardinaux ont été convoqués pour augmenter le nombre de ceux favorables à l'empereur. Le Cardinal Innico Caraccioli a rejoint le conclave, où 54 cardinaux sont présents. D'autres événements notables incluent la découverte du tombeau de Lucius, roi de Sardaigne, à Boulogne, l'arrivée de troupes impériales dans la Marche d'Ancône, un Te Deum à Naples pour commémorer un incendie évité, et des troubles à l'île de Corfou où des rebelles refusent de se soumettre à la République. Le Comte de Wallis doit partir pour la Sicile afin de commander les troupes de l'empereur.
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1882
p. 1226-1227
ESPAGNE
Début :
Le 24 du mois dernier, le Marquis de Brancas, Ambassadeur Extraordinaire & Plenipotentiaire [...]
Mots clefs :
Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE
ESPAGNE
E 24 du mois dernier , le Marquis de Bran
Le
cas, Ambaffadeur Extraordinaire & Plenipotentiaire
du Roy Tres - Chrétien , prit poffeffion
des honneurs de la Grandeffe, & fe couvrit pour
la premiere fois en cette qualité devant le Roy
yant pour parrain le Duc Del-Arco qui avoit
invité à cette cérémonie tous les Grands du
Royaume qui font à la Cour , & aufquels il
donna un repas magnifique , ainfi qu'aux Miniftres
Etrangers & à plufieurs autres Perfonnes
de diftinction ,
On mande de Grénade que le Roy , la Reine
les Princes & Princeffes de la Famille Royale
1. Vel.
conţinuent
JUIN 1730. 1227
Continuent à jouir d'une parfaite , fanté à Soto
de Roma.
E 24 du mois dernier , le Marquis de Bran
Le
cas, Ambaffadeur Extraordinaire & Plenipotentiaire
du Roy Tres - Chrétien , prit poffeffion
des honneurs de la Grandeffe, & fe couvrit pour
la premiere fois en cette qualité devant le Roy
yant pour parrain le Duc Del-Arco qui avoit
invité à cette cérémonie tous les Grands du
Royaume qui font à la Cour , & aufquels il
donna un repas magnifique , ainfi qu'aux Miniftres
Etrangers & à plufieurs autres Perfonnes
de diftinction ,
On mande de Grénade que le Roy , la Reine
les Princes & Princeffes de la Famille Royale
1. Vel.
conţinuent
JUIN 1730. 1227
Continuent à jouir d'une parfaite , fanté à Soto
de Roma.
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Résumé : ESPAGNE
Le 24 du mois dernier, le Marquis de Bran, Ambassadeur du Roi Très Chrétien, a reçu les honneurs de la Grandeffe en présence du Roi. Le Duc Del'Arco a été parrain, invitant les Grands du Royaume, les Ministres Étrangers et des personnes distinguées. Un repas somptueux a été servi. À Grenade, la Famille Royale est en parfaite santé à Soto de Roma.
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1883
p. 1227-1229
« Le 31. du mois dernier, la Reine partit de Fontainebleau vers les deux [...] »
Début :
Le 31. du mois dernier, la Reine partit de Fontainebleau vers les deux [...]
Mots clefs :
Roi
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texteReconnaissance textuelle : « Le 31. du mois dernier, la Reine partit de Fontainebleau vers les deux [...] »
FRANCE
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
L
E 31. dumois dernier , la Reine
partit
de Fontainebleau vers les deux
heures après midi , pour aller coucher au
Château de Petit-Bourg , d'où S. M. fè
rendit le lendemain à Verfailles. Le Roi
y arriva le 6. de ce mois , & le 8. Fête du
S.Sacrement,
S.M.accommpagné du Prince
de Dombes , du Comte d'Eu , & des
principaux Officiers de fa Maifon , fe rendit
à l'Eglife de la Paroiffe , où elle entendit
la grande Meffe , après avoir affifté
à la Proceffion , qui vint , fuivant l'ufage,
à la Chapelle du Château. La Reine n'étant
point allée à la Paroiffe à caufe de
fa groffeffe , vit paffer la Proceffion &
entendit enfuite la Meffe dans la Tribune
de la
Chapelle .
Le Roi a accordé la Charge de Premier
Prefident du Parlement de Grenoble ,
au Préſident de Grammont , le plus ancien
des Préfidens à Mortier de ce Parlement.
- S. M. a donné le Gouvernement de
AVol. Hij PHô1228
MERCURE DE FRANCE
'Hôtel Royal des Invalides , vacant par
la mort du Marquis de Beaujeu , au Che
valier de Ganges , Lieutenant de Roy du
même Hôtel, & le Chevalier de S. André,
Brigadier des Armées du Roi , a été nommé
à la Lieutenance de Roi.
Le 15. fur le foir , le Roi & la Reine
partirent de Verfaillles pour aller coucher
au Château de Marly , où L, M. dojvent
paffer quelque temps.
Le 24. du mois dernier , les Prieur &
Chanoines Réguliers de S, Jean des Vignes
, Ordre de S. Auguftin , dans le Dio .
cèfe de Soiffons , élurent pour Superieur
de leurMaifonChefde l'OrdreN.Joüailles,
cy- devant Prieur de Vandieres , dans le
même Diocèfe . La fage conduite de M. de
Jouailles dans les Maifons qu'il a gouvernées
, juftifie le choix des Chanoines de
S. Jean des Vignes,
Le Roi a accordé au Comte de Sainte
Maure , Lieutenant General de fes Armées
Navales , la Charge de Vice- Amiral
du Levant , vacante par la mort du Maréchal
de Coetlogon , & S. M. a nommé
Lieutenant General de fes Armées Navales
, M. de la Rocheallart , qui étoit Chef
d'Efcadre.
M. Marcel de Lopés de la Fare , Chevalier
Profès de l'Ordre de Malthe , Baron
né de l'Empire , Lieutenant de Ga-
1 Vol · leurs
MAUI1 N. 1730. 1229
lere & de la Compagnie des Gardes de
l'Etendart , vient d'être nommé le
par
Roi , Capitaine de Galere , il confervera
la Lieutenance des Gardes de l'Etendart.
Le 24. du mois dernier l'Archevêque
de Paris fe rendit en Sorbonne & y reçut
de Bonnet de Docteur,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
L
E 31. dumois dernier , la Reine
partit
de Fontainebleau vers les deux
heures après midi , pour aller coucher au
Château de Petit-Bourg , d'où S. M. fè
rendit le lendemain à Verfailles. Le Roi
y arriva le 6. de ce mois , & le 8. Fête du
S.Sacrement,
S.M.accommpagné du Prince
de Dombes , du Comte d'Eu , & des
principaux Officiers de fa Maifon , fe rendit
à l'Eglife de la Paroiffe , où elle entendit
la grande Meffe , après avoir affifté
à la Proceffion , qui vint , fuivant l'ufage,
à la Chapelle du Château. La Reine n'étant
point allée à la Paroiffe à caufe de
fa groffeffe , vit paffer la Proceffion &
entendit enfuite la Meffe dans la Tribune
de la
Chapelle .
Le Roi a accordé la Charge de Premier
Prefident du Parlement de Grenoble ,
au Préſident de Grammont , le plus ancien
des Préfidens à Mortier de ce Parlement.
- S. M. a donné le Gouvernement de
AVol. Hij PHô1228
MERCURE DE FRANCE
'Hôtel Royal des Invalides , vacant par
la mort du Marquis de Beaujeu , au Che
valier de Ganges , Lieutenant de Roy du
même Hôtel, & le Chevalier de S. André,
Brigadier des Armées du Roi , a été nommé
à la Lieutenance de Roi.
Le 15. fur le foir , le Roi & la Reine
partirent de Verfaillles pour aller coucher
au Château de Marly , où L, M. dojvent
paffer quelque temps.
Le 24. du mois dernier , les Prieur &
Chanoines Réguliers de S, Jean des Vignes
, Ordre de S. Auguftin , dans le Dio .
cèfe de Soiffons , élurent pour Superieur
de leurMaifonChefde l'OrdreN.Joüailles,
cy- devant Prieur de Vandieres , dans le
même Diocèfe . La fage conduite de M. de
Jouailles dans les Maifons qu'il a gouvernées
, juftifie le choix des Chanoines de
S. Jean des Vignes,
Le Roi a accordé au Comte de Sainte
Maure , Lieutenant General de fes Armées
Navales , la Charge de Vice- Amiral
du Levant , vacante par la mort du Maréchal
de Coetlogon , & S. M. a nommé
Lieutenant General de fes Armées Navales
, M. de la Rocheallart , qui étoit Chef
d'Efcadre.
M. Marcel de Lopés de la Fare , Chevalier
Profès de l'Ordre de Malthe , Baron
né de l'Empire , Lieutenant de Ga-
1 Vol · leurs
MAUI1 N. 1730. 1229
lere & de la Compagnie des Gardes de
l'Etendart , vient d'être nommé le
par
Roi , Capitaine de Galere , il confervera
la Lieutenance des Gardes de l'Etendart.
Le 24. du mois dernier l'Archevêque
de Paris fe rendit en Sorbonne & y reçut
de Bonnet de Docteur,
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Résumé : « Le 31. du mois dernier, la Reine partit de Fontainebleau vers les deux [...] »
Le 31 du mois dernier, la Reine se rendit au Château de Petit-Bourg puis à Versailles le lendemain. Le Roi arriva à Versailles le 6 du mois et participa à la Fête du Saint-Sacrement le 8, accompagné de plusieurs dignitaires. La Reine, en raison de sa grossesse, resta au château et assista à la procession et à la messe depuis la tribune de la chapelle. Le Roi accorda la charge de Premier Président du Parlement de Grenoble au Président de Grammont et nomma le Chevalier de Ganges au Gouvernement de l'Hôtel Royal des Invalides et le Chevalier de Saint-André à la Lieutenance Royale. Le 15, le Roi et la Reine partirent pour le Château de Marly. Par ailleurs, le 24 du mois dernier, les Prieur et Chanoines Réguliers de Saint-Jean-des-Vignes élurent M. de Jouailles comme Supérieur de leur maison. Le Roi nomma également le Comte de Sainte-Maure Vice-Amiral du Levant et M. de La Rocheallart Lieutenant Général de ses Armées Navales. M. Marcel de Lopés de la Fare fut nommé Capitaine de Galère tout en conservant sa Lieutenance des Gardes de l'Étendard. Le même jour, l'Archevêque de Paris reçut le bonnet de Docteur en Sorbonne.
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1884
p. 1229-1230
Discours des Doyen & Syndic de Sorbonne au Roy, [titre d'après la table]
Début :
SIRE, C'est avec la plus respectueuse confiance que nous approchons du Trône de Votre Majesté, [...]
Mots clefs :
Roi, Faculté de théologie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours des Doyen & Syndic de Sorbonne au Roy, [titre d'après la table]
Le Roy ayant agréé que la Faculté de
Théologie de Paris eût l'honneur de préfenter
à S. M. les Actes & Decrets qu'elle
a faits pour la reception & l'execution
de la Bulle Unigenitus M. Leullier ,
Doyen , & M. de Romigny , Svndic , &
les Docteurs députez , fe rendirent à
Fontainebleau , étant introduits dans le
grand Cabinet du Roi , & préſentez
par M. le Comte de Maurepas , Secretaire
d'Etat. M. le Doyen fit à S. M. le
Difcours fuivant,
SIRE,
C'eft avec la plus refpectueuse confiance
que nous approchons du Trône de Votre Ma
jefté , pour lui préfenter les Actes que la Faculté
de Théologie a faits pour renouveller l'execution
d'unDecret que votre augufte Bifayenl
reçut autrefois avec bonté , & dont il ordonna
la publication ; ils tendent , SIRE , à
concourir de notre part à éteindre ces divi-
I. Vol. Hiijfions
1230 MERCURE DE FRANCE
fions funeftes, dont les Eglifes de votre Royan
me ont été fi long-temps agitées & à ramener
à l'unité quelques- uns de nos Confreres qui
s'en font malheureusement écartez.
Louis le Grand a vû naître ces triftes dif
fentions dès les premieres années de fon
Regne , & ce Roi fi puiffant , fi redouté , n'a
pu , malgré fes defirs , ramener fes Sujets indociles
à l'obeisance , à la foumiffion due à
Eglife.
Cet beureux Evenement étoit réservé au
Regne & à laReligion devotreMajefté . Puiffe
la derniere Déclaration de Votre Majefté
fi digne de fa pieté , affermir une Paix qui
eft l'objet de fes voeux les plus ardens. Ainfi
marchez- vous fur les traces de vos auguftes
Ancêtres qui n'ont jamais fouffert qu'on alterât
dans leurs Etats la pureté de la Religion
Carbolique , ainfi vous imitez , SIRE ,
les Conftantins, les Théodofes , les Marciens ,
qui fe font acquis une gloire immortelle en re
primant par des Edits feveres les herefies
qui fe font élevées dès leurs temps. Si nos
Confreres indociles fe font attiré la jufte
indignation de V. M. par leur réfiftances
puiffent-ils parun retour prompt & fincere ,
meriter les effets de fa clémence ? Ce font ,
SIRE , les voeux d'une Compagnie qui che
rit les fiens , & qui regarde comme fon premier
devoird'êtrefoumise à l'Eglife, & oberf
fante àfon Roi.
Théologie de Paris eût l'honneur de préfenter
à S. M. les Actes & Decrets qu'elle
a faits pour la reception & l'execution
de la Bulle Unigenitus M. Leullier ,
Doyen , & M. de Romigny , Svndic , &
les Docteurs députez , fe rendirent à
Fontainebleau , étant introduits dans le
grand Cabinet du Roi , & préſentez
par M. le Comte de Maurepas , Secretaire
d'Etat. M. le Doyen fit à S. M. le
Difcours fuivant,
SIRE,
C'eft avec la plus refpectueuse confiance
que nous approchons du Trône de Votre Ma
jefté , pour lui préfenter les Actes que la Faculté
de Théologie a faits pour renouveller l'execution
d'unDecret que votre augufte Bifayenl
reçut autrefois avec bonté , & dont il ordonna
la publication ; ils tendent , SIRE , à
concourir de notre part à éteindre ces divi-
I. Vol. Hiijfions
1230 MERCURE DE FRANCE
fions funeftes, dont les Eglifes de votre Royan
me ont été fi long-temps agitées & à ramener
à l'unité quelques- uns de nos Confreres qui
s'en font malheureusement écartez.
Louis le Grand a vû naître ces triftes dif
fentions dès les premieres années de fon
Regne , & ce Roi fi puiffant , fi redouté , n'a
pu , malgré fes defirs , ramener fes Sujets indociles
à l'obeisance , à la foumiffion due à
Eglife.
Cet beureux Evenement étoit réservé au
Regne & à laReligion devotreMajefté . Puiffe
la derniere Déclaration de Votre Majefté
fi digne de fa pieté , affermir une Paix qui
eft l'objet de fes voeux les plus ardens. Ainfi
marchez- vous fur les traces de vos auguftes
Ancêtres qui n'ont jamais fouffert qu'on alterât
dans leurs Etats la pureté de la Religion
Carbolique , ainfi vous imitez , SIRE ,
les Conftantins, les Théodofes , les Marciens ,
qui fe font acquis une gloire immortelle en re
primant par des Edits feveres les herefies
qui fe font élevées dès leurs temps. Si nos
Confreres indociles fe font attiré la jufte
indignation de V. M. par leur réfiftances
puiffent-ils parun retour prompt & fincere ,
meriter les effets de fa clémence ? Ce font ,
SIRE , les voeux d'une Compagnie qui che
rit les fiens , & qui regarde comme fon premier
devoird'êtrefoumise à l'Eglife, & oberf
fante àfon Roi.
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Résumé : Discours des Doyen & Syndic de Sorbonne au Roy, [titre d'après la table]
Le roi a autorisé la Faculté de Théologie de Paris à présenter les Actes et Décrets relatifs à la Bulle Unigenitus. Le doyen Leullier et le syndic de Romigny, accompagnés de docteurs délégués, se rendirent à Fontainebleau. Introduits par le comte de Maurepas, le doyen prononça un discours. Il exprima la confiance respectueuse de la Faculté et présenta les Actes visant à renouveler l'exécution d'un décret royal antérieur. Ces Actes cherchent à éteindre les divisions nuisibles dans les églises du royaume et à ramener à l'unité certains confrères égarés. Louis XIV avait tenté sans succès de résoudre ces dissensions dès le début de son règne. Le discours espère que la déclaration royale affermira une paix souhaitée et imite les ancêtres royaux qui ont maintenu la pureté de la religion catholique. Il appelle également à la clémence royale envers les confrères indociles. La Faculté de Théologie exprime son dévouement à l'Église et à son roi.
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1885
p. 1231
A LA REINE.
Début :
MADAME, Nous esperons que vous recevrez favorablement les Actes que nous avons l'honneur [...]
Mots clefs :
Reine, Religion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A LA REINE.
A LA REINE.
MADA ADAME,
Nous efperons que vous recevrez favoran
blement les Actes que nous avons l'honneur
de présenter à V. M. ils vous doivent être
d'autant plus chers , qu'ils font appuyez de
Fautorité du Roi , & qu'ils tendent à la confervation
de lafaine Doctrine . Toutes lesgrandes
qualitez de V. M. ne feroient rien de
vant Dieu , fi elles n'étoient foutenues de
votre zele pour la Religion , qui leur donne
leurprincipal luftre.
Le Ciel a commencé à les récompenfer
dès ce mondes elles vous ont placée sur le
premier Trône de l'Univers , elles vous ont
obtenu un Enfant fi defiré , qui fait la joye
de V. M. celle de vos Sujets , & qui affure
le repos de l'Europe.
Qu'il croiffe , MADAME , fous vos yeux,
eet aimable Dauphin ? qu'il recueille le fruit
de vos exemples , qu'il marche fur les pas de
fon augufte Pere & de fon Roi , qu'il foit un
four à fon exemple le Protecteur de l'Eglife
le foutien de la vraye Religion.
MADA ADAME,
Nous efperons que vous recevrez favoran
blement les Actes que nous avons l'honneur
de présenter à V. M. ils vous doivent être
d'autant plus chers , qu'ils font appuyez de
Fautorité du Roi , & qu'ils tendent à la confervation
de lafaine Doctrine . Toutes lesgrandes
qualitez de V. M. ne feroient rien de
vant Dieu , fi elles n'étoient foutenues de
votre zele pour la Religion , qui leur donne
leurprincipal luftre.
Le Ciel a commencé à les récompenfer
dès ce mondes elles vous ont placée sur le
premier Trône de l'Univers , elles vous ont
obtenu un Enfant fi defiré , qui fait la joye
de V. M. celle de vos Sujets , & qui affure
le repos de l'Europe.
Qu'il croiffe , MADAME , fous vos yeux,
eet aimable Dauphin ? qu'il recueille le fruit
de vos exemples , qu'il marche fur les pas de
fon augufte Pere & de fon Roi , qu'il foit un
four à fon exemple le Protecteur de l'Eglife
le foutien de la vraye Religion.
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Résumé : A LA REINE.
La lettre est adressée à Marie Leszczyńska, épouse de Louis XV. Les auteurs espèrent que la reine approuvera les Actes présentés, soutenus par l'autorité royale et visant à préserver la foi chrétienne. Ils soulignent son zèle religieux et les bénédictions divines, comme la naissance du dauphin Louis. Ils souhaitent que le dauphin suive l'exemple de son père et protège l'Église.
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1886
p. 1232-1233
A. S. E. MONSEIGNEUR LE CARDINAL DE FLEURY.
Début :
MONSEIGNEUR, Si la Faculté de Théologie reprend son ancienne splendeur, si après des jours nébuleux [...]
Mots clefs :
Cardinal de Fleury, Faculté de théologie
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texteReconnaissance textuelle : A. S. E. MONSEIGNEUR LE CARDINAL DE FLEURY.
A. S. E. MONSEIGNEUR
LE CARDINAL DE FLEURY.
MONSEIG ONSEIGNEUR ,
Si la Faculté de Théologie reprend fon
ancienne fplendeur, fi après des jours nébuleux
qui l'ont obfcurcie , elle repand un nou
vel éclat , c'est à V. E. que nous en fommes
redevables ! Qu'il vous eft glorieux , Mon-
SEIGNEUR , de travailler avec tant de
Zele à étouffer ces femences de guerre ,. dons
les Peuples étoient allarmez ! mais j'ofe dire
qu'il ne vous le fera pas moins , ni moins
important pour le bien de l'Etat , de réunir
les efprits divifez fur la Religion. V. E, à
faifi l'unique voye d'y parvenir ; le calme
que vous avez remis dans la Faculté de
Théologie , la derniere Déclaration du Roi ,
fi neceffaire dans les circonstances prefentes,
font des préfages certains de la paix de l'Eglife
; paix qui confifte uniquement dans l'obéiffance
à l'autorité légitime. Que nos Freres
indociles ne ferment plus les yeux à la
lumiere qui brille de toutes parts en faveur
du Decret Apoftolique , qu'ils ceffent de préferer
leurs efprits particuliers au jugement de
tant de Pontifes unis avec le S. Siege. En
vain fe vantent-ils du zele qu'ils difent avoir
1. Vol.
•pour
SWAJULN. 1730. 1233
pour les Droits facrez de la Couronne ; en
vain fe donnent-ils la gloire d'être les plus
fideles Sujets de S. M. Cet artifice groffier,
ce langage feduifant mis en ufage par les
Novateurs de tous les fiecles , pour couvrir
leurs erreurs, ne trompe plus perfonne. Connoiffent-
ils donc mieux les Droits facrez du
Diademe , que le Souverain & les grands
Hommes à qui il donnefa confiance , & qu'il
admet dans fes Confeils ? Est-ce être fidele
Sujet du Roi que de réfifter à fes ordres les
plus précis ? Non , MONSEIGNEUR , il
n'y a point de Sujets plus fideles à leur Prin
ce que ceux qui font foumis à l'Eglife . C'eft
pour ramener nos Confreres à des fentimens
plus dignes de Théologiens Catholiques, que
la Faculté a dreffe les Alles qu'elle nous or◄
donne de préfenter à Votre Eminence
LE CARDINAL DE FLEURY.
MONSEIG ONSEIGNEUR ,
Si la Faculté de Théologie reprend fon
ancienne fplendeur, fi après des jours nébuleux
qui l'ont obfcurcie , elle repand un nou
vel éclat , c'est à V. E. que nous en fommes
redevables ! Qu'il vous eft glorieux , Mon-
SEIGNEUR , de travailler avec tant de
Zele à étouffer ces femences de guerre ,. dons
les Peuples étoient allarmez ! mais j'ofe dire
qu'il ne vous le fera pas moins , ni moins
important pour le bien de l'Etat , de réunir
les efprits divifez fur la Religion. V. E, à
faifi l'unique voye d'y parvenir ; le calme
que vous avez remis dans la Faculté de
Théologie , la derniere Déclaration du Roi ,
fi neceffaire dans les circonstances prefentes,
font des préfages certains de la paix de l'Eglife
; paix qui confifte uniquement dans l'obéiffance
à l'autorité légitime. Que nos Freres
indociles ne ferment plus les yeux à la
lumiere qui brille de toutes parts en faveur
du Decret Apoftolique , qu'ils ceffent de préferer
leurs efprits particuliers au jugement de
tant de Pontifes unis avec le S. Siege. En
vain fe vantent-ils du zele qu'ils difent avoir
1. Vol.
•pour
SWAJULN. 1730. 1233
pour les Droits facrez de la Couronne ; en
vain fe donnent-ils la gloire d'être les plus
fideles Sujets de S. M. Cet artifice groffier,
ce langage feduifant mis en ufage par les
Novateurs de tous les fiecles , pour couvrir
leurs erreurs, ne trompe plus perfonne. Connoiffent-
ils donc mieux les Droits facrez du
Diademe , que le Souverain & les grands
Hommes à qui il donnefa confiance , & qu'il
admet dans fes Confeils ? Est-ce être fidele
Sujet du Roi que de réfifter à fes ordres les
plus précis ? Non , MONSEIGNEUR , il
n'y a point de Sujets plus fideles à leur Prin
ce que ceux qui font foumis à l'Eglife . C'eft
pour ramener nos Confreres à des fentimens
plus dignes de Théologiens Catholiques, que
la Faculté a dreffe les Alles qu'elle nous or◄
donne de préfenter à Votre Eminence
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Résumé : A. S. E. MONSEIGNEUR LE CARDINAL DE FLEURY.
L'auteur d'une lettre félicite Monseigneur le Cardinal de Fleury pour la restauration de la splendeur de la Faculté de Théologie après une période obscure. Il exprime sa gratitude pour les efforts du Cardinal visant à apaiser les tensions et à réunir les esprits divisés sur la religion. La lettre souligne que le calme rétabli dans la Faculté et la dernière Déclaration du Roi sont des signes prometteurs de la paix de l'Église, fondée sur l'obéissance à l'autorité légitime. L'auteur appelle les frères indociles à cesser de résister au Décret Apostolique et à ne pas privilégier leurs opinions personnelles au jugement des Pontifes unis avec le Saint-Siège. Il critique ceux qui se vantent de leur zèle pour les droits de la Couronne et de leur fidélité au Roi tout en résistant aux ordres du souverain. La lettre conclut en affirmant que les sujets les plus fidèles au prince sont ceux qui sont soumis à l'Église, et que la Faculté adresse des allèles pour ramener les confrères à des sentiments plus dignes de théologiens catholiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1887
p. 1233-1235
A MONSEIGNEUR, LE CHANCELIER.
Début :
MONSEIGNEUR, Elevé au supreme degré de la Magistrature, il vous appartient d'appuyer également [...]
Mots clefs :
Pasteurs, Chancelier de France, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSEIGNEUR, LE CHANCELIER.
A MONSEIGNEUR ,
LE CHANCELIER
MONSEIGNEUR ,
Elevé au fupreme degré de la Magiftra
ture , il vous appartient d'appuyer également
les Loix de l'Eglife celles de l'Etat,
& à nous de leur rendre une entiere &
parfaite
obéiffance ; quand l'Eglife parle à fes
Enfans & le Roi à fes Sujets , le feul parti
1. Voli Hv de
1234 MERCURE DE FRANCE
de ceux- cy eft celui de la foumiffion. Dans les
questions judicieufes , nous déliberons , nous
formons nos avis ; mais après le jugement
des premiers Pafteurs , notre gloire eft d'obeir.
Vous le difiez autrefois , MONSE 1-
GNEUR, dans l'importante place que vous
occupiez au Parlemenp & que vous foute
niez avec tant de dignité & d'éloquences
vous affuriez que le fuffrage des Evêques
affermit irrevocablement la décifion du Sou
verain Pontife , & que c'eft à cette union
parfaite des Membres avec les Chefs , que
les Chrétiens font obligez de reconnoître la
voix de la verité & le jugement de Dieu
même. Cependant , MONSEIGNEUR ,
quelle monftrueuse Doctrine n'a-t-on pas
avancée depuis quelques années , fous lefpecieux
prétexte d'attachement aux maximes
du Royaume ? on a foutenu avec opiniâtreté
des erreurs capitales profcrites par l'une &
Pautre Puiffance. On a ébranlé tous les fondemens
de ta Hyerarchie & de la fubordination
on a autorife chaque Particulier à s'ériger
en Juge & arbitre de fa foy , onfour
met les décifions des premiers Pafteurs unis
avec leur Chef , à l'approbation du Peuple..
On fait dépendre la validité de leurs Juge
mens , du confentement des fimples Fideles
nous le difons avec douleur , le malheur des
temps a entraîné dans ces écarts des perſon- ·
d'ailleurs refpectables , & quelques-uns
nes .
I.. Vola de
JUIN 1730. 1235.
de nos Confreres qui paroiffent y perfeverer
avec opiniâtreté.
·Ne pouvons-nous pas efperer , MON
SEIGNEUR
, que Les Actes que nous avons
Phonneur de vous prefenter , & fur tout la
derniere Déclaration du Roy , dreffée avec
tant de fageffe , tes feront revenir de leur
prévention & les rameneront à l'unité.
Oui , MONSEIGNEUR , nous l'efpe
rons , mais nous ne l'espérons que de la bonté
de celui qui a l'a toute puiffance de tournerles
Geurs les plus rebelles comme il lui plait &
de lesfaire rentrer dans l'obéiffance & dans
La foumission.
LE CHANCELIER
MONSEIGNEUR ,
Elevé au fupreme degré de la Magiftra
ture , il vous appartient d'appuyer également
les Loix de l'Eglife celles de l'Etat,
& à nous de leur rendre une entiere &
parfaite
obéiffance ; quand l'Eglife parle à fes
Enfans & le Roi à fes Sujets , le feul parti
1. Voli Hv de
1234 MERCURE DE FRANCE
de ceux- cy eft celui de la foumiffion. Dans les
questions judicieufes , nous déliberons , nous
formons nos avis ; mais après le jugement
des premiers Pafteurs , notre gloire eft d'obeir.
Vous le difiez autrefois , MONSE 1-
GNEUR, dans l'importante place que vous
occupiez au Parlemenp & que vous foute
niez avec tant de dignité & d'éloquences
vous affuriez que le fuffrage des Evêques
affermit irrevocablement la décifion du Sou
verain Pontife , & que c'eft à cette union
parfaite des Membres avec les Chefs , que
les Chrétiens font obligez de reconnoître la
voix de la verité & le jugement de Dieu
même. Cependant , MONSEIGNEUR ,
quelle monftrueuse Doctrine n'a-t-on pas
avancée depuis quelques années , fous lefpecieux
prétexte d'attachement aux maximes
du Royaume ? on a foutenu avec opiniâtreté
des erreurs capitales profcrites par l'une &
Pautre Puiffance. On a ébranlé tous les fondemens
de ta Hyerarchie & de la fubordination
on a autorife chaque Particulier à s'ériger
en Juge & arbitre de fa foy , onfour
met les décifions des premiers Pafteurs unis
avec leur Chef , à l'approbation du Peuple..
On fait dépendre la validité de leurs Juge
mens , du confentement des fimples Fideles
nous le difons avec douleur , le malheur des
temps a entraîné dans ces écarts des perſon- ·
d'ailleurs refpectables , & quelques-uns
nes .
I.. Vola de
JUIN 1730. 1235.
de nos Confreres qui paroiffent y perfeverer
avec opiniâtreté.
·Ne pouvons-nous pas efperer , MON
SEIGNEUR
, que Les Actes que nous avons
Phonneur de vous prefenter , & fur tout la
derniere Déclaration du Roy , dreffée avec
tant de fageffe , tes feront revenir de leur
prévention & les rameneront à l'unité.
Oui , MONSEIGNEUR , nous l'efpe
rons , mais nous ne l'espérons que de la bonté
de celui qui a l'a toute puiffance de tournerles
Geurs les plus rebelles comme il lui plait &
de lesfaire rentrer dans l'obéiffance & dans
La foumission.
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Résumé : A MONSEIGNEUR, LE CHANCELIER.
L'auteur d'une lettre adressée à un chancelier insiste sur l'importance de l'obéissance aux lois de l'Église et de l'État. Il rappelle que les fidèles doivent se soumettre aux jugements des premiers pasteurs et aux décisions du souverain pontife, soulignant que l'union entre les membres et les chefs est cruciale pour reconnaître la vérité et le jugement divin. L'auteur exprime son inquiétude face à des doctrines récentes qui contestent la hiérarchie et la subordination, permettant aux individus de juger leur foi et de contester les décisions des autorités ecclésiastiques. Cette situation a conduit des personnes respectables, y compris certains confrères, à persévérer dans ces erreurs. L'auteur espère que les actes présentés, notamment la dernière déclaration du roi, ramèneront les égarés à l'unité et à l'obéissance, en comptant sur la puissance divine pour convertir les cœurs rebelles.
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1888
p. 1236
A MONSEIGNEUR LE GARDE DES SCEAUX.
Début :
MONSEIGNEUR, L'inclination, d'accord avec le devoir, nous invite à vous presenter un Decret de la Faculté [...]
Mots clefs :
Faculté de théologie, Garde des sceaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSEIGNEUR LE GARDE DES SCEAUX.
A MONSEIGNEUR
LE GARDE DES SCEAUX
MONSET ONSEIGNEUR ,
L'inclination, d'accord avec le devoir, nous
invite à vous prefenter un Decret de la Fa
culté de Théologie , qui n'eft pas tant un
effet de notre déliberation , qu'un témoignage
autentique de notre obéiffance à une Loy de
Eglife de l'Etat . L'Approbation dont
nous efperons que vous l'honorerez , entraî
nera celle de toutes les perfonnes fenfees.
Si le Roy eft le feul Légiflateur de for
Royaume , c'est vous , MONSEIGNEUR ,
qui imprimez le caractere de l'autorité à fes
I., Vol. E vj Loixs
1236 MERCURE DE FRANCE
Loix , & ce font les Théologiens qui doivent
donner aux autres Sujets l'exemple du respect
& de la foumiffion.
Nous voyons cependant avec douleur quel.
qu'un des nôtres s'en difpenfer fous des pré-.
textes les plus frivoles , & donner au contraire
Le fcandale de la résistance la plus marquée,
ils craignent , difent-ils , de donner atteinte
aux Droitsfacrez de la Couronne , mais en
effet c'est l'attachement qu'ils ont aux erreurs
tant de fois profcrites. Ces Droitsfacrez conrent-
ils quelques rifques , MONSEIGNEUR,
quand ils font fous votre garde ? C'est pour
faire revenir ces Docteurs de leur prévention
fi peu digne de Théologiens Ortodoxes , que
la Faculté de Théologie a dreffé les Actes que
nous avons l'honneur de vous préſenter.
LE GARDE DES SCEAUX
MONSET ONSEIGNEUR ,
L'inclination, d'accord avec le devoir, nous
invite à vous prefenter un Decret de la Fa
culté de Théologie , qui n'eft pas tant un
effet de notre déliberation , qu'un témoignage
autentique de notre obéiffance à une Loy de
Eglife de l'Etat . L'Approbation dont
nous efperons que vous l'honorerez , entraî
nera celle de toutes les perfonnes fenfees.
Si le Roy eft le feul Légiflateur de for
Royaume , c'est vous , MONSEIGNEUR ,
qui imprimez le caractere de l'autorité à fes
I., Vol. E vj Loixs
1236 MERCURE DE FRANCE
Loix , & ce font les Théologiens qui doivent
donner aux autres Sujets l'exemple du respect
& de la foumiffion.
Nous voyons cependant avec douleur quel.
qu'un des nôtres s'en difpenfer fous des pré-.
textes les plus frivoles , & donner au contraire
Le fcandale de la résistance la plus marquée,
ils craignent , difent-ils , de donner atteinte
aux Droitsfacrez de la Couronne , mais en
effet c'est l'attachement qu'ils ont aux erreurs
tant de fois profcrites. Ces Droitsfacrez conrent-
ils quelques rifques , MONSEIGNEUR,
quand ils font fous votre garde ? C'est pour
faire revenir ces Docteurs de leur prévention
fi peu digne de Théologiens Ortodoxes , que
la Faculté de Théologie a dreffé les Actes que
nous avons l'honneur de vous préſenter.
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Résumé : A MONSEIGNEUR LE GARDE DES SCEAUX.
La lettre est adressée à Monseigneur le Garde des Sceaux et présente un décret de la Faculté de Théologie. Les auteurs soulignent leur obéissance aux lois de l'Église et de l'État et espèrent l'approbation de Monseigneur. Ils affirment que le roi est le seul législateur du royaume, mais que Monseigneur confère l'autorité aux lois. Les théologiens doivent montrer l'exemple du respect et de la soumission. Cependant, un membre de la communauté refuse cette obligation, créant un scandale de résistance. Ce théologien invoque des prétextes frivoles et prétend protéger les droits sacrés de la Couronne, mais est en réalité attaché à des erreurs souvent condamnées. Pour remédier à cette situation, la Faculté de Théologie a rédigé des actes présentés à Monseigneur afin de faire revenir ces docteurs de leurs préventions.
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1889
p. 1237-1238
« Le 8. jour de la Fête-Dieu, il y eut Concert Spirituel au Château des Thuilleries, [...] »
Début :
Le 8. jour de la Fête-Dieu, il y eut Concert Spirituel au Château des Thuilleries, [...]
Mots clefs :
Concert, Loterie
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texteReconnaissance textuelle : « Le 8. jour de la Fête-Dieu, il y eut Concert Spirituel au Château des Thuilleries, [...] »
Le 8. jour de la Fête- Dieu , il y eut
Concert Spirituel au Château des Thuilleries
, on y chanta Sacris Solemniis , Motet
de M. de la Lande. Les Dies Eremens &
le Maure , en chanterent un autre nouveau
, O Sacrum convivium , à deux voix,
avec Symphonie , de la compofition de
M. Mouret , qui fut très- applaudi . Le
freur le Clair joüa un Concerto, & fit executer
un Trio de fa compofition qui fit plaifir;
on finit par le Te Deum, avec Timbales
& Trompettes , précedé d'une très - belle
Piece de Symphonie de M. Mouret .
Le 9. la Loterie pour le Rembourfement
des Rentes de l'Hôtel de Ville , fut
tirée en prefence du Prévôt des Marchands
& des Echevins , en la maniere
accoûtumée , le fonds de ce mois s'eft
J. Vol. ac
1118 MERCURE DE FRANCE
trouvé monter à la fomme de 1168225 .
livres , laquelle a été diftribuée aux Rentiers
, pour les Lots qui leur font échûs
conformement à la Lifte generale qui a
été rendue publique.
Le 26. la Lotterie de la Compagnie des
Endes ,
ordonnée par Arrêt du Confeil du
2. Mai pour le
rembourſement des Ac
tions fut tirée comme la precedente, Il y
a eu 280. Actions & 250. dixièmes d'Actions
de rembourfées , fuivant la Lifte
Numerotée qui a été rendue publique.
Concert Spirituel au Château des Thuilleries
, on y chanta Sacris Solemniis , Motet
de M. de la Lande. Les Dies Eremens &
le Maure , en chanterent un autre nouveau
, O Sacrum convivium , à deux voix,
avec Symphonie , de la compofition de
M. Mouret , qui fut très- applaudi . Le
freur le Clair joüa un Concerto, & fit executer
un Trio de fa compofition qui fit plaifir;
on finit par le Te Deum, avec Timbales
& Trompettes , précedé d'une très - belle
Piece de Symphonie de M. Mouret .
Le 9. la Loterie pour le Rembourfement
des Rentes de l'Hôtel de Ville , fut
tirée en prefence du Prévôt des Marchands
& des Echevins , en la maniere
accoûtumée , le fonds de ce mois s'eft
J. Vol. ac
1118 MERCURE DE FRANCE
trouvé monter à la fomme de 1168225 .
livres , laquelle a été diftribuée aux Rentiers
, pour les Lots qui leur font échûs
conformement à la Lifte generale qui a
été rendue publique.
Le 26. la Lotterie de la Compagnie des
Endes ,
ordonnée par Arrêt du Confeil du
2. Mai pour le
rembourſement des Ac
tions fut tirée comme la precedente, Il y
a eu 280. Actions & 250. dixièmes d'Actions
de rembourfées , fuivant la Lifte
Numerotée qui a été rendue publique.
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Résumé : « Le 8. jour de la Fête-Dieu, il y eut Concert Spirituel au Château des Thuilleries, [...] »
Le 8 juin, lors de la Fête-Dieu, un Concert Spirituel a été organisé au Château des Tuileries. Le programme incluait les œuvres Sacris Solemniis de M. de la Lande et O Sacrum convivium de M. Mouret, cette dernière étant très applaudie. Le frère Leclair a interprété un concerto et un trio de sa composition, appréciés par le public. La journée s'est achevée par un Te Deum accompagné de timbales et de trompettes, précédé d'une pièce symphonique de M. Mouret. Le 9 juin, la loterie pour le remboursement des rentes de l'Hôtel de Ville a été tirée en présence du Prévôt des Marchands et des Échevins. Le fonds du mois s'est élevé à 1 168 225 livres, distribuées aux rentiers selon la liste générale publiée. Le 26 juin, la loterie de la Compagnie des Indes, ordonnée par un arrêt du Conseil du 2 mai, a permis de rembourser 280 actions et 250 dixièmes d'actions, conformément à la liste numérotée publiée.
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1890
p. 1238-1239
Assemblée du Clergé, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le 5. de ce mois, l'Ouverture solemnelle de l'Assemblée generale du Clergé [...]
Mots clefs :
Assemblée générale, Clergé, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Assemblée du Clergé, &c. [titre d'après la table]
Le So de ce mois , l'Ouverture folemelle
de l'Affemblée generale du Clergé
de France fe fit avec les ceremonies ac
coûtumées dans l'Eglife des Grands Auguftins
, par la Meffe du S. Efprit , à la➡
quelle les Prélats & les autres Députez qui
compofent l'Affemblée , communierent.
L'Archevêque de Paris y officia pontificalement
, & l'Evêque de Nîmes y prê
cha avec beaucoup d'éloquence.
L'Affemblée generale du Clergé , après
avoir élû pour Préfidents l'Archevêque
de Paris , l'Archevêque de Sens , l'Àrchevêque
de Rouen , l'Evêque de S. Pol
de Leon , l'Evêque de Marfeille & l'Evêque
de Nîmes , l'Abbé de Maugiron
pour Promoteur, & l'Abbé de Valras pour
Secretaire , a choifi pour Premier Préfi
dent le Cardinal de Fleury, Miniftre d'E
ZORJUIN
. 1730.
1119
tat , & l'Affemblée lui a député pour le
prier d'accepter ce choix.
Le 7. Juin les Prélats & les autres
Députez qui compofent l'Affemblée generale
du Clergé , allerent à Verſailles ren
dre leurs refpects au Roi .Ils s'affemblerent
dans laSale du Château qui leur eſt deſtinée
dans ces occafions , & le Comte de Mau
repas , Secretaire d'Etat , étant venu les
prendre pour les prefenter au Roi , ils
furent conduits à l'Audience de S. M. par
le Marquis de Dreux , Grand- Maître des
Ceremonies , & par M. Defgranges , Maître
des Ceremonies , avec les honneurs
qui fe rendent au Clergé lorfqu'il eft en
Corps , les Gardes du Corps étant dans
leur Sale en haye , & fous les armes , &
les deux Batans des Portes étant ouverts,
Le Cardinal de Fleuri , Premier Préfident
de l'Affemblée , alla ſe joindre aux Députés
dans la Sale où ils étoient affemblés,
& il marcha avec eux à la droite des Archevêques
de Paris & de Sens. L'Archevêque
de Paris complimenta le Roi par
un Difcours très éloquent , après lequel
le Cardinal de Fleuri préfenta à S. M. chaque
Député en particulier. Enfuite les
mêmes Deputés ayant le Cardinal de
Fleuri à leur tête , curent l'honneur de
complimenter la Reine & Monfeigneur
le Dauphin. L'Archevêque de Paris qui
fir les trois Harangues parla en ces termes.
de l'Affemblée generale du Clergé
de France fe fit avec les ceremonies ac
coûtumées dans l'Eglife des Grands Auguftins
, par la Meffe du S. Efprit , à la➡
quelle les Prélats & les autres Députez qui
compofent l'Affemblée , communierent.
L'Archevêque de Paris y officia pontificalement
, & l'Evêque de Nîmes y prê
cha avec beaucoup d'éloquence.
L'Affemblée generale du Clergé , après
avoir élû pour Préfidents l'Archevêque
de Paris , l'Archevêque de Sens , l'Àrchevêque
de Rouen , l'Evêque de S. Pol
de Leon , l'Evêque de Marfeille & l'Evêque
de Nîmes , l'Abbé de Maugiron
pour Promoteur, & l'Abbé de Valras pour
Secretaire , a choifi pour Premier Préfi
dent le Cardinal de Fleury, Miniftre d'E
ZORJUIN
. 1730.
1119
tat , & l'Affemblée lui a député pour le
prier d'accepter ce choix.
Le 7. Juin les Prélats & les autres
Députez qui compofent l'Affemblée generale
du Clergé , allerent à Verſailles ren
dre leurs refpects au Roi .Ils s'affemblerent
dans laSale du Château qui leur eſt deſtinée
dans ces occafions , & le Comte de Mau
repas , Secretaire d'Etat , étant venu les
prendre pour les prefenter au Roi , ils
furent conduits à l'Audience de S. M. par
le Marquis de Dreux , Grand- Maître des
Ceremonies , & par M. Defgranges , Maître
des Ceremonies , avec les honneurs
qui fe rendent au Clergé lorfqu'il eft en
Corps , les Gardes du Corps étant dans
leur Sale en haye , & fous les armes , &
les deux Batans des Portes étant ouverts,
Le Cardinal de Fleuri , Premier Préfident
de l'Affemblée , alla ſe joindre aux Députés
dans la Sale où ils étoient affemblés,
& il marcha avec eux à la droite des Archevêques
de Paris & de Sens. L'Archevêque
de Paris complimenta le Roi par
un Difcours très éloquent , après lequel
le Cardinal de Fleuri préfenta à S. M. chaque
Député en particulier. Enfuite les
mêmes Deputés ayant le Cardinal de
Fleuri à leur tête , curent l'honneur de
complimenter la Reine & Monfeigneur
le Dauphin. L'Archevêque de Paris qui
fir les trois Harangues parla en ces termes.
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Résumé : Assemblée du Clergé, &c. [titre d'après la table]
Le 1er juin 1730, l'Assemblée générale du Clergé de France a été ouverte solennellement à l'église des Grands Augustins. Les prélats et députés ont communié lors de la messe du Saint-Esprit, célébrée par l'archevêque de Paris. L'évêque de Nîmes a prononcé un sermon. Plusieurs prélats ont été élus présidents, dont le cardinal de Fleury, ministre d'État, choisi comme premier président. Le 7 juin, les prélats et députés se sont rendus à Versailles pour rendre hommage au roi, accompagnés par le comte de Maurepas et le marquis de Dreux. Ils ont été reçus avec les honneurs dus au clergé. L'archevêque de Paris a adressé un discours au roi, suivi par la présentation des députés par le cardinal de Fleury. Les députés ont également salué la reine et le dauphin.
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1891
p. 1240-1241
AU ROY.
Début :
SIRE, Le Clergé de votre Royaume assemblé par vos Ordres, vient avec empressement rendre [...]
Mots clefs :
Clergé, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROY.
AURO Y.
SIRE ,
Le Clergé de votre Royaume affemblé par:
vos Ordres , vient avec empreffement rendre
À VOTRE MAJESTE' fes refpectueux
hommages , & lui renouveller les assurances
de fon inviolable fidélité.
Nous vous l'avons promiſe avec ferment,
Dieu même nous l'ordonne comme une obli
gation effentielle ; mais , SIRE , indépendamment
de ces motifs , que la naiſſance &
·la Religion ont gravez dans nos coeurs , l'ufage
que vousfaites de l'autorité que vous tenez
de Dieu feul , fuffiroit pour nous porter
à remplir, par reconnoiffance , un devoir qui
eft d'ailleurs pour nous indifpenfable.
En effet , quel Princefut jamais plus ca
pable d'exciter ces fentimens dans le coeur des
Miniftres de JESUS - CHRIST , qu'un:
Roy qui a fait éclater en toute occafion fon
refpect pour la Religion , fon zéle pour protéger
l'Eglife , & qui employe fon autorité à
faire rendre à celle des Pafteurs , & à leurs
décifions , l'obéiffance qui leur est dûë ?
Animez par votre exemple , & foutenus
par votre protection , nous employerons tous
les moyens que la charité nous dicte pour appaifer
les troubles qui affligent l'Eglife , &
I. Vol.
pour
JUIN. 1730. 1241
pour infpirer à tous les Fidéles cet efprit de
docilité & de foûmiffion qui peut feul rétablir
lapaix & la tranquillité.
Le premier Corps de l'Etat , SIRE , en
donnant Pexemple aux autres , regardera
toujours comme un de fes principaux devoirs,
de fe diftinguer par un zéle ardent pour votre
fervices d'offrir à Dieu des Prieres
ferventes pour la confervation de la perfonne
facrée de VOTRE MAJESTE'.
SIRE ,
Le Clergé de votre Royaume affemblé par:
vos Ordres , vient avec empreffement rendre
À VOTRE MAJESTE' fes refpectueux
hommages , & lui renouveller les assurances
de fon inviolable fidélité.
Nous vous l'avons promiſe avec ferment,
Dieu même nous l'ordonne comme une obli
gation effentielle ; mais , SIRE , indépendamment
de ces motifs , que la naiſſance &
·la Religion ont gravez dans nos coeurs , l'ufage
que vousfaites de l'autorité que vous tenez
de Dieu feul , fuffiroit pour nous porter
à remplir, par reconnoiffance , un devoir qui
eft d'ailleurs pour nous indifpenfable.
En effet , quel Princefut jamais plus ca
pable d'exciter ces fentimens dans le coeur des
Miniftres de JESUS - CHRIST , qu'un:
Roy qui a fait éclater en toute occafion fon
refpect pour la Religion , fon zéle pour protéger
l'Eglife , & qui employe fon autorité à
faire rendre à celle des Pafteurs , & à leurs
décifions , l'obéiffance qui leur est dûë ?
Animez par votre exemple , & foutenus
par votre protection , nous employerons tous
les moyens que la charité nous dicte pour appaifer
les troubles qui affligent l'Eglife , &
I. Vol.
pour
JUIN. 1730. 1241
pour infpirer à tous les Fidéles cet efprit de
docilité & de foûmiffion qui peut feul rétablir
lapaix & la tranquillité.
Le premier Corps de l'Etat , SIRE , en
donnant Pexemple aux autres , regardera
toujours comme un de fes principaux devoirs,
de fe diftinguer par un zéle ardent pour votre
fervices d'offrir à Dieu des Prieres
ferventes pour la confervation de la perfonne
facrée de VOTRE MAJESTE'.
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Résumé : AU ROY.
Dans une lettre datée de juin 1730, le clergé du royaume adresse au souverain des expressions de respect et de fidélité, motivées par des obligations religieuses et morales. Ils soulignent que le roi incarne des valeurs de respect et de protection de la religion, ce qui les pousse à lui être reconnaissants et loyaux. Le clergé s'engage à utiliser tous les moyens nécessaires pour apaiser les troubles affectant l'Église et à inspirer un esprit de docilité et de soumission parmi les fidèles. Ils promettent également de prier pour la conservation de la personne sacrée du roi, considérant cela comme un de leurs principaux devoirs.
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1892
p. 1241-1242
A LA REINE.
Début :
MADAME, Ce n'est pas moins par les mouvemens du coeur que par devoir, que le Clergé du Royaume [...]
Mots clefs :
Clergé, Reine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A LA REINE.
A LA REINE;
MADAME,
Ce n'est pas moins parles mouvemens du
coeur que par devoir , que le Clergé du Royaume
vient rendre fes profonds refpects à une
Augufte Reine , que fes vertus ont élevée
fur le Trône , & dont la plus grande éléva- .
tion n'a fervi qu'à faire éclater fa Religion
&Sa Foy.
Quelle confolation pour les Miniftres de
JESUS-CHRIST , de trouver dans VOTRE
MAJESTE' le modèle des fentimens qu'ils
défirent d'inspirer à tous les Fidéles , & de
n'avoir , pourformer de vrais Chrétiens ,
qu'à fouhaiter qu'ils vous imitent.
Nousjouiffons déja , MADAME, des
fruits de votre piété , par l'heureuſe fécondité
I. Vol.
dont
3242 MERCURE DE FRANCE.
dont il a plû à Dieu de favorifer VOTRE
MAJESTE' , & par la naissance d'un Dauphin
fi défiré de toute la Nation , qu'il a
bien voulu accorder à la ferveur de vos
prieres.
Que nous refte-t-il à demander encore ,finon
que le Seigneur daigne nous conferver les
dons qu'il nous a faits , que ce Prince puiſſe
pendant long-tems profiter de vos exemples ,
apprendrefous le Roy fon Pere , à gouverner
avec fageffe ; & que le Ciel , qui protége
d'une manière fi visible ce grand Royaume
continue de verfer fes bénédictions fur Vo-
TRE MAJEST E' , en lui donnant enco☛
re des Princes , qui assurent pour toujours le
repos & le bonheur de la France ?
MADAME,
Ce n'est pas moins parles mouvemens du
coeur que par devoir , que le Clergé du Royaume
vient rendre fes profonds refpects à une
Augufte Reine , que fes vertus ont élevée
fur le Trône , & dont la plus grande éléva- .
tion n'a fervi qu'à faire éclater fa Religion
&Sa Foy.
Quelle confolation pour les Miniftres de
JESUS-CHRIST , de trouver dans VOTRE
MAJESTE' le modèle des fentimens qu'ils
défirent d'inspirer à tous les Fidéles , & de
n'avoir , pourformer de vrais Chrétiens ,
qu'à fouhaiter qu'ils vous imitent.
Nousjouiffons déja , MADAME, des
fruits de votre piété , par l'heureuſe fécondité
I. Vol.
dont
3242 MERCURE DE FRANCE.
dont il a plû à Dieu de favorifer VOTRE
MAJESTE' , & par la naissance d'un Dauphin
fi défiré de toute la Nation , qu'il a
bien voulu accorder à la ferveur de vos
prieres.
Que nous refte-t-il à demander encore ,finon
que le Seigneur daigne nous conferver les
dons qu'il nous a faits , que ce Prince puiſſe
pendant long-tems profiter de vos exemples ,
apprendrefous le Roy fon Pere , à gouverner
avec fageffe ; & que le Ciel , qui protége
d'une manière fi visible ce grand Royaume
continue de verfer fes bénédictions fur Vo-
TRE MAJEST E' , en lui donnant enco☛
re des Princes , qui assurent pour toujours le
repos & le bonheur de la France ?
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Résumé : A LA REINE.
Le Clergé du Royaume adresse une lettre à une reine, exprimant respect et admiration pour ses vertus, qui ont conduit à son élévation sur le trône et à la promotion de la religion et de la foi. La reine incarne les sentiments que les ministres de Jésus-Christ souhaitent inspirer à tous les fidèles. Le Clergé exprime sa joie face à la fécondité de la reine et à la naissance d'un dauphin, désiré par toute la nation et considéré comme une réponse aux prières de la reine. Ils prient pour que Dieu conserve ces dons, que le dauphin apprenne à gouverner sagement en suivant l'exemple de son père, et que le royaume continue de recevoir les bénédictions divines. Ils espèrent également la naissance de futurs princes pour assurer le repos et le bonheur de la France.
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1893
p. 1242-1243
A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
Début :
MONSEIGNEUR, Votre naissance est le fruit des instantes Prieres & des Sacrifices que nous n'avons [...]
Mots clefs :
Dauphin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
A MONSEIGNEUR
LE DAUPHIN.
MONSEIGNEUR ,
Votre naiffance eft le fruit des inftantes
Prieres & des Sacrifices que nous n'avons
cefsé d'offrir au Dieu de Miféricordes nous
continuerons nos Voeux avec la même ferveur
pour la confervation d'un Prince , qui fait
dès - à- prefent l'efperance du Royaume ; &
ous demanderons encore avec inftance à ce
I. Vol Dien
JUI N. 17:30: 1243
ن م
Dieu de bonté , qu'il grave dans votre coeur
fon amour & fa crainte , & que par les foins
de votre illuftre Gouvernante , nous puiffions
voir croître en vous , avec l'âge , ceite fageffe
qui vous rendra lajoye & la confolation du
Roy , le bonheur & la gloire de la Nation.
LE DAUPHIN.
MONSEIGNEUR ,
Votre naiffance eft le fruit des inftantes
Prieres & des Sacrifices que nous n'avons
cefsé d'offrir au Dieu de Miféricordes nous
continuerons nos Voeux avec la même ferveur
pour la confervation d'un Prince , qui fait
dès - à- prefent l'efperance du Royaume ; &
ous demanderons encore avec inftance à ce
I. Vol Dien
JUI N. 17:30: 1243
ن م
Dieu de bonté , qu'il grave dans votre coeur
fon amour & fa crainte , & que par les foins
de votre illuftre Gouvernante , nous puiffions
voir croître en vous , avec l'âge , ceite fageffe
qui vous rendra lajoye & la confolation du
Roy , le bonheur & la gloire de la Nation.
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Résumé : A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN.
Les auteurs écrivent au Dauphin, fils du roi de France, pour exprimer leur joie et gratitude. Ils prient pour sa conservation et son éducation. Ils souhaitent qu'il devienne un prince espoir du royaume, guidé par la sagesse et l'amour de Dieu, apportant bonheur et gloire à la nation.
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1894
p. 1243-1244
« Le 12. de ce mois, M. Fagon, Conseiller d'Etat Ordinaire & du Conseil [...] »
Début :
Le 12. de ce mois, M. Fagon, Conseiller d'Etat Ordinaire & du Conseil [...]
Mots clefs :
Roi, Cardinal de Fleury
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 12. de ce mois, M. Fagon, Conseiller d'Etat Ordinaire & du Conseil [...] »
Le 12. de ce mois , M. Fagon , Confeiller
d'Etat. Ordinaire & du Confeil
Royal des Finances , le Comte de Maurepas,
Secretaire d'Etat ; M. de Courfon ,
Confeiller d'Etat ordinaire & ' du Confeil
Royal des Finances ; M. d'Ormeffon,
Confeiller d'Etat & Intendant des Finan
ces; & M. Orry , Confeiller du Conſeil
Royal des Finances & Controleur Genetal
des Finances , Commiffaires du Roy,
allerent à l'Affemblée generale du Clergé
, où ils furent reçus avec les ceremo→
nies ordinaires , & M. Fagon fit un Dif
cours auquel l'Archevêque de Paris repondit
au nom, de l'Affemblée.
Les Commiffaires du Roy qui étoient
allez , comme on vient de le dire , à l'Af
femblée generale du Clergé , y retournerent
le 16 , & ils demanderent aux Députez
, au nom de S. M. un , fecours de
quatre millions de livres , ce qui fut unanimement
accordé .
Le 22 , le Cardinal de Fleury, Miniftre
d'Etat , alla préfider à l'Affemblée du
Clergé , qui ayant étéinformée de fon ar
1244 MERCURE DE FRANCE .
rivée dans l'Eglife des Grands Auguftins ,
députa pour aller le recevoir, l'Archevêque
de Bordeaux , les Evêques de Nifmes ,
de Glandéves , d'Autun , de Boulogne &
de Grenoble ; & les Abbez de Chamron ,
de Coetlofque , de Caftelane , de Montferrand
, de Peruffy & de Vaulfere. Ces
Députez allerent audevant du Cardinal
de Fleury jufqu'à l'Eglife , d'où ils le conduifirent
dans la Sale de l'Affemblée.
Il prit fa place de Premier Préfident ;
& il fit un Difcours tres-éloquent , auquel
l'Archevêque de Paris répondit au
nom de l'Affemblée . Le Cardinal de Fleury
tint la Séance , & lorfqu'elle fut finie,
il fut reconduit par plufieurs des Prélats
de l'Affemblée.
d'Etat. Ordinaire & du Confeil
Royal des Finances , le Comte de Maurepas,
Secretaire d'Etat ; M. de Courfon ,
Confeiller d'Etat ordinaire & ' du Confeil
Royal des Finances ; M. d'Ormeffon,
Confeiller d'Etat & Intendant des Finan
ces; & M. Orry , Confeiller du Conſeil
Royal des Finances & Controleur Genetal
des Finances , Commiffaires du Roy,
allerent à l'Affemblée generale du Clergé
, où ils furent reçus avec les ceremo→
nies ordinaires , & M. Fagon fit un Dif
cours auquel l'Archevêque de Paris repondit
au nom, de l'Affemblée.
Les Commiffaires du Roy qui étoient
allez , comme on vient de le dire , à l'Af
femblée generale du Clergé , y retournerent
le 16 , & ils demanderent aux Députez
, au nom de S. M. un , fecours de
quatre millions de livres , ce qui fut unanimement
accordé .
Le 22 , le Cardinal de Fleury, Miniftre
d'Etat , alla préfider à l'Affemblée du
Clergé , qui ayant étéinformée de fon ar
1244 MERCURE DE FRANCE .
rivée dans l'Eglife des Grands Auguftins ,
députa pour aller le recevoir, l'Archevêque
de Bordeaux , les Evêques de Nifmes ,
de Glandéves , d'Autun , de Boulogne &
de Grenoble ; & les Abbez de Chamron ,
de Coetlofque , de Caftelane , de Montferrand
, de Peruffy & de Vaulfere. Ces
Députez allerent audevant du Cardinal
de Fleury jufqu'à l'Eglife , d'où ils le conduifirent
dans la Sale de l'Affemblée.
Il prit fa place de Premier Préfident ;
& il fit un Difcours tres-éloquent , auquel
l'Archevêque de Paris répondit au
nom de l'Affemblée . Le Cardinal de Fleury
tint la Séance , & lorfqu'elle fut finie,
il fut reconduit par plufieurs des Prélats
de l'Affemblée.
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Résumé : « Le 12. de ce mois, M. Fagon, Conseiller d'Etat Ordinaire & du Conseil [...] »
Le 12 du mois, plusieurs hauts fonctionnaires, dont M. Fagon, le Comte de Maurepas, M. de Courfon, M. d'Ormeffon et M. Orry, se rendirent à l'Assemblée générale du Clergé. Ils furent reçus avec les cérémonies ordinaires et M. Fagon prononça un discours auquel l'Archevêque de Paris répondit. Le 16, ces commissaires demandèrent aux députés un secours de quatre millions de livres au nom du roi, lequel fut unanimement accordé. Le 22, le Cardinal de Fleury, ministre d'État, présida à l'Assemblée du Clergé. Informée de son arrivée à l'église des Grands Augustins, l'Assemblée dépêcha plusieurs prélats, dont l'Archevêque de Bordeaux et les évêques de Nîmes, de Glanéves, d'Autun, de Boulogne et de Grenoble, pour l'accueillir. Le Cardinal de Fleury fit un discours éloquent auquel l'Archevêque de Paris répondit. Après la séance, il fut reconduit par plusieurs prélats.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1895
p. 1244-1249
Réception du Prince & de la Princesse de Conty à Carpentras, &c. [titre d'après la table]
Début :
La Ville de Carpentras, Capitale du Contat Vénaissin, quoique du Domaine [...]
Mots clefs :
Prince de Conti, Princesse de Conti, Carpentras, Altesse
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texteReconnaissance textuelle : Réception du Prince & de la Princesse de Conty à Carpentras, &c. [titre d'après la table]
La Ville de Carpentras , Capitale du
Contat Vénaiffin , quoique du Domaine
du S. Siége , ne laiffe échaper aucune occafion
de donner des marques de fon attachement
pour la France. Le nombre
d'Officiers & de Soldats qu'elle a toujours
fourni à fes Rois , lui a mérité depuis
long-tems le Privilege de Regnicole . Les
nouvelles publiques ont fait mention des
réjouiffances qu'on y fit pour le mariage
du Roy ; celles qu'on a faites à la naiffance
de Monfeigneur le Dauphin méritoient
certainement d'y avoir place. Sa
joye & fa reconnoiffance d'avoir été ho
JUIN 1730. 12:4
Dorée de la prefence de L, A. S. Madame
la Princeffe de Conti , troifiéme Douairiere
, & M. le Prince de Conti fon fils ,
viennent encore d'éclater.
Cette Princeffe étant allée fur fes Torres
avec le Prince fon fils , fut vifitée à
Orange & à Bedarrides par M. Abati
Evêque de Carpentras , par M. Gafparini,
Recteur ou Gouverneur pour le Pape du
Comtat Venaiffin , & par la principale
Nobleffe du païs ,
Le voifinage de la Ville de Carpentras ,
quatre petites lieuës du Comtat , & fa
charmante fituation , engagerent la Prin
cefle de Conti de s'y rendre le 22 May.
M. l'Evêque de Carpentras alla au devant
de leurs Alteffes dans fon Caroffe à
fix Chevaux , le Marquis de la Roque y
alla dans le fien auffi à fix Chevaux , accompagné
du Comte de Valoufe , Briga
dier des Armées du Roy , & autres perfonnes
de diftinction ,
A une lieuë de la Ville , leurs Alteffes
furent faluées par M.Cottier , riche Mar
chand , à la tête de quarante Maîtres ,
parfaitement bien montez , tous en has
bits rouges& la Bandoüillere , aux couleurs
de la livrée de Conti. Le fieur Cottier
leur offrit la Troupe pour fervir de
Gardes du Corps , ce qui fut accepté. La
Compagnie le partagea , la plus grande
I. Fol.
partie
#246 MERCURE DE FRANCE.
partie prit les devants , ayant à fa tête
deux Trompetes , un Timbalier & un
Etendart aux Armes de leurs Alteffes ,
l'autre partie entoura leur Berline.
C'eft ainfi qu'Elles arriverent fur les fix
heures du foir à une Sale bien décorée
qu'on avoit conſtruite hors de la Ville ; la
Façade de cette Sale étoit de verdure, d'un
tres- bel ordre d'architecture ; on avoit
placé fur le couronnement les Armoiries
de leurs Alteffes , avec cette devife .
Majeftas & Amor ; & aux côtez , deux
Renommées. Leurs Alteffes y furent reçues
par M. Gafparini , Gouverneur de la
Province , & par le Corps de Ville , au
bruit des Boëtes & d'une décharge d'une
nombreuſe Infanterie.
M. Charpaud , premier Conful , les
harangua avec fon éloquence ordinaire ;
il fit fentir que de tout tems la Ville de
Carpentras n'avoit pas moins été attachée
aux Rois de France & à leur Augufte
Maiſon , que foûmiſe & fidele au S. Siége,
& aux Pontifes Romains fes Souverains ;
c'eſt à ce même attachement qu'elle eft)
redevable des Privileges dont elle joüit &
qui lui ont été confirmez par tous les
Rois Tres- Chrétiens , depuis François I.
& en dernier lieu par Louis XV . glorieufement
regnant.
Au fortir de cette Sale , leurs Alteffes
Vol.
entre-
"
UIN. 1730. 1247
entrerent dans la Ville à travers un peuple
infini ; l'Infanterie commandée par les
Officiers de quartier , bordoit la haye
jufques à la porte du Palais Epifcopal , où
Elles furent reçûës par M. l'Evêque , ac
compagné d'une belle Nobleffe , & conduites
dans les magnifiques Appartemens,
Elles trouverent dans la Sale , qui eft
d'une grande beauté , toutes les Dames
de la Ville , & un grand Concert d'Inf
trumens , qui commença auffi- tôt.
L'Infanterie prit poffeffion de la porte
du Palais , & les Gardes du Corps de celles
des Appartemens. Leurs Alteffes furent
haranguées par le Magiftrat , M.Roleri
fils , reçû en furvivance à la Charge
d'Avocat General du Pape , que fon pere
remplit dignement depuis plufieurs années
, portant la parole,
La Princeffe en fut fi contente qu'elle
lui dit fort obligéamment ; qu'on voyoit
bien qu'en lui l'Eloquence devançoit les
années.
Leurs Alteffes reçurent enfuite le Prefent
la Ville lui offrit , compofé de
que
cent Boëtes de Confiture & d'un quintal
de Bougies de Table. Le Secretaire de la
Ville qui eut l'honneur de le leur preſenter
, leur fit fon compliment en Vers ; la
Princeffe les trouva fi jolis , qu'elle voulut
les avoir par écrit.
I. V.
L'Abbé:
1248 MERCURE DE FRANCE.
L'Abbé d'Aurel , Prevôt de la Cathe
drale , à la tête du Clergé , eut enſuite
Audiance de leurs Alteffes ,qu'il harangua
noblement & en peu de mots . Tous les
Corps Religieux le prefenterent auffi ,
mais on trouva à propos de les remercier
pour ne pas fatiguer leurs Alteffes , &
pour faire place à quelque chofe de moins
férieux ; ce furent une danfe qu'on nomme
vulgairement des Arquets, & une danfe
de Bergers & de Bergeres ; les premiers
plurent beaucoup.
Ces divertiffemens furent fuivis d'un
grand Souper , ordonné avec la magnificence
, la profufion & le bon goûr qu'on
connoît à M. de Carpentras , pendant lequel
la Symphonie ne ceffa pas de jouer.
Tout étoit difpofé pour le Bal , mais comme
il étoit déja tard , la Princeffe fe retira
dans fon Appartement.
Le 23 , après avoir vû la Synagogue des
Juifs , L. A. fe rendirent à la Cathedrale,
où elles tinrent fur les Fonts un fils de
M. de Limon- Mornas , beaufrere du Marquis
de Lapalun , & une fille du Marquis
de Lopis , M. l'Evêque leur adminiftrà ce
Sacrement. Enfuite leurs Alteffes baiferent,
entre les mains de ce Prélat, le Saint
Clou , qu'on conferve dans cette Cathedrale.
Les Miracles que fait cette fainte Relique
en prouvent l'authenticité ,
1. Vol.
Do
JUIN 1730. 1249
De la Cathedrale , leurs Alteffes le rendirent
chez le Marquis de la Palun , qui
eut l'honneur de leur donner un magni
fique Diner.Peu de jours auparavant cette
Princeffe avoit donné le gouvernement de
la Ville & Principauté d'Orange à ce
Marquis , Capitaine de Cavalerie , qui a
déja celui de Bourbon l'Archambaud, cydevant
Capitaine des Gardes de S.A.S.M.
le Comte de Charolois.
Contat Vénaiffin , quoique du Domaine
du S. Siége , ne laiffe échaper aucune occafion
de donner des marques de fon attachement
pour la France. Le nombre
d'Officiers & de Soldats qu'elle a toujours
fourni à fes Rois , lui a mérité depuis
long-tems le Privilege de Regnicole . Les
nouvelles publiques ont fait mention des
réjouiffances qu'on y fit pour le mariage
du Roy ; celles qu'on a faites à la naiffance
de Monfeigneur le Dauphin méritoient
certainement d'y avoir place. Sa
joye & fa reconnoiffance d'avoir été ho
JUIN 1730. 12:4
Dorée de la prefence de L, A. S. Madame
la Princeffe de Conti , troifiéme Douairiere
, & M. le Prince de Conti fon fils ,
viennent encore d'éclater.
Cette Princeffe étant allée fur fes Torres
avec le Prince fon fils , fut vifitée à
Orange & à Bedarrides par M. Abati
Evêque de Carpentras , par M. Gafparini,
Recteur ou Gouverneur pour le Pape du
Comtat Venaiffin , & par la principale
Nobleffe du païs ,
Le voifinage de la Ville de Carpentras ,
quatre petites lieuës du Comtat , & fa
charmante fituation , engagerent la Prin
cefle de Conti de s'y rendre le 22 May.
M. l'Evêque de Carpentras alla au devant
de leurs Alteffes dans fon Caroffe à
fix Chevaux , le Marquis de la Roque y
alla dans le fien auffi à fix Chevaux , accompagné
du Comte de Valoufe , Briga
dier des Armées du Roy , & autres perfonnes
de diftinction ,
A une lieuë de la Ville , leurs Alteffes
furent faluées par M.Cottier , riche Mar
chand , à la tête de quarante Maîtres ,
parfaitement bien montez , tous en has
bits rouges& la Bandoüillere , aux couleurs
de la livrée de Conti. Le fieur Cottier
leur offrit la Troupe pour fervir de
Gardes du Corps , ce qui fut accepté. La
Compagnie le partagea , la plus grande
I. Fol.
partie
#246 MERCURE DE FRANCE.
partie prit les devants , ayant à fa tête
deux Trompetes , un Timbalier & un
Etendart aux Armes de leurs Alteffes ,
l'autre partie entoura leur Berline.
C'eft ainfi qu'Elles arriverent fur les fix
heures du foir à une Sale bien décorée
qu'on avoit conſtruite hors de la Ville ; la
Façade de cette Sale étoit de verdure, d'un
tres- bel ordre d'architecture ; on avoit
placé fur le couronnement les Armoiries
de leurs Alteffes , avec cette devife .
Majeftas & Amor ; & aux côtez , deux
Renommées. Leurs Alteffes y furent reçues
par M. Gafparini , Gouverneur de la
Province , & par le Corps de Ville , au
bruit des Boëtes & d'une décharge d'une
nombreuſe Infanterie.
M. Charpaud , premier Conful , les
harangua avec fon éloquence ordinaire ;
il fit fentir que de tout tems la Ville de
Carpentras n'avoit pas moins été attachée
aux Rois de France & à leur Augufte
Maiſon , que foûmiſe & fidele au S. Siége,
& aux Pontifes Romains fes Souverains ;
c'eſt à ce même attachement qu'elle eft)
redevable des Privileges dont elle joüit &
qui lui ont été confirmez par tous les
Rois Tres- Chrétiens , depuis François I.
& en dernier lieu par Louis XV . glorieufement
regnant.
Au fortir de cette Sale , leurs Alteffes
Vol.
entre-
"
UIN. 1730. 1247
entrerent dans la Ville à travers un peuple
infini ; l'Infanterie commandée par les
Officiers de quartier , bordoit la haye
jufques à la porte du Palais Epifcopal , où
Elles furent reçûës par M. l'Evêque , ac
compagné d'une belle Nobleffe , & conduites
dans les magnifiques Appartemens,
Elles trouverent dans la Sale , qui eft
d'une grande beauté , toutes les Dames
de la Ville , & un grand Concert d'Inf
trumens , qui commença auffi- tôt.
L'Infanterie prit poffeffion de la porte
du Palais , & les Gardes du Corps de celles
des Appartemens. Leurs Alteffes furent
haranguées par le Magiftrat , M.Roleri
fils , reçû en furvivance à la Charge
d'Avocat General du Pape , que fon pere
remplit dignement depuis plufieurs années
, portant la parole,
La Princeffe en fut fi contente qu'elle
lui dit fort obligéamment ; qu'on voyoit
bien qu'en lui l'Eloquence devançoit les
années.
Leurs Alteffes reçurent enfuite le Prefent
la Ville lui offrit , compofé de
que
cent Boëtes de Confiture & d'un quintal
de Bougies de Table. Le Secretaire de la
Ville qui eut l'honneur de le leur preſenter
, leur fit fon compliment en Vers ; la
Princeffe les trouva fi jolis , qu'elle voulut
les avoir par écrit.
I. V.
L'Abbé:
1248 MERCURE DE FRANCE.
L'Abbé d'Aurel , Prevôt de la Cathe
drale , à la tête du Clergé , eut enſuite
Audiance de leurs Alteffes ,qu'il harangua
noblement & en peu de mots . Tous les
Corps Religieux le prefenterent auffi ,
mais on trouva à propos de les remercier
pour ne pas fatiguer leurs Alteffes , &
pour faire place à quelque chofe de moins
férieux ; ce furent une danfe qu'on nomme
vulgairement des Arquets, & une danfe
de Bergers & de Bergeres ; les premiers
plurent beaucoup.
Ces divertiffemens furent fuivis d'un
grand Souper , ordonné avec la magnificence
, la profufion & le bon goûr qu'on
connoît à M. de Carpentras , pendant lequel
la Symphonie ne ceffa pas de jouer.
Tout étoit difpofé pour le Bal , mais comme
il étoit déja tard , la Princeffe fe retira
dans fon Appartement.
Le 23 , après avoir vû la Synagogue des
Juifs , L. A. fe rendirent à la Cathedrale,
où elles tinrent fur les Fonts un fils de
M. de Limon- Mornas , beaufrere du Marquis
de Lapalun , & une fille du Marquis
de Lopis , M. l'Evêque leur adminiftrà ce
Sacrement. Enfuite leurs Alteffes baiferent,
entre les mains de ce Prélat, le Saint
Clou , qu'on conferve dans cette Cathedrale.
Les Miracles que fait cette fainte Relique
en prouvent l'authenticité ,
1. Vol.
Do
JUIN 1730. 1249
De la Cathedrale , leurs Alteffes le rendirent
chez le Marquis de la Palun , qui
eut l'honneur de leur donner un magni
fique Diner.Peu de jours auparavant cette
Princeffe avoit donné le gouvernement de
la Ville & Principauté d'Orange à ce
Marquis , Capitaine de Cavalerie , qui a
déja celui de Bourbon l'Archambaud, cydevant
Capitaine des Gardes de S.A.S.M.
le Comte de Charolois.
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Résumé : Réception du Prince & de la Princesse de Conty à Carpentras, &c. [titre d'après la table]
La ville de Carpentras, capitale du Comtat Venaissin, bien que relevant du Saint-Siège, a toujours manifesté son attachement à la France. Elle a fourni de nombreux officiers et soldats aux rois de France, ce qui lui a valu le privilège de régnicole. La ville a célébré les réjouissances pour le mariage du roi et la naissance du Dauphin. En juin 1730, elle a exprimé sa joie et sa reconnaissance lors de la visite de Madame la Princesse de Conti et de son fils, le Prince de Conti. La Princesse de Conti, accompagnée de son fils, a été visitée à Orange et à Bédarrides par l'évêque de Carpentras, le recteur Gasparini, et les principales nobles du pays. Attirée par la proximité et la situation charmante de Carpentras, la Princesse s'y est rendue le 22 mai. Elle a été accueillie par l'évêque et d'autres personnalités de distinction, ainsi que par une troupe de cavaliers dirigée par Cottier, un riche marchand. À leur arrivée, la Princesse et le Prince ont été reçus dans une salle décorée en dehors de la ville, où ils ont été harangués par le gouverneur et le corps de ville. Le premier consul, Charpaud, a souligné l'attachement de Carpentras aux rois de France et au Saint-Siège, ainsi que les privilèges confirmés par les rois depuis François Ier jusqu'à Louis XV. La Princesse et le Prince ont ensuite été conduits à travers la ville jusqu'au palais épiscopal, où ils ont été reçus par l'évêque et les dames de la ville. Ils ont assisté à un concert et ont été harangués par le magistrat Roleri. La ville leur a offert un présent composé de cent boîtes de confiture et d'un quintal de bougies. Après une danse et un souper, la Princesse s'est retirée dans ses appartements. Le lendemain, ils ont visité la synagogue des Juifs et la cathédrale, où ils ont assisté à un baptême. Ils ont également admiré le Saint Clou, une relique conservée dans la cathédrale. Ensuite, ils se sont rendus chez le Marquis de Lapalun pour un dîner.
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1896
p. 1249-1251
A MADAME LA PRINCESSE DE CONTI
Début :
MADAME, Depuis le tems que V.A.S s'ennuie si poliment à entendre des harangues, vous [...]
Mots clefs :
Princesse de Conti, Académie de Marseille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADAME LA PRINCESSE DE CONTI
Au fortir de Table , leurs Alteffes partirent
pour Marſeille , dans le deffein de
voir en paffant la fameufe Fontaine de
Vauclufe. Elles trouverent le fieur Cot
tiér à la tête de fa Troupe , en bon ordre ,
qui eut l'honneur de les accompagner
jufques à ce qu'il plût à la Princeffe de les
congédier, après les avoir remerciés avec
cette bonté qui lui eft fi naturelle , & dont
tout le monde a été charmé. En fortant
de la Ville , leurs Alteffes voulurent voir
le cours de l'Aqueduc des Fontaines . On
tira les Boëtes & on fit une Salve generale
comme à leur arrivée.
La Princeffe de Conti & le Prince de
Conti fon fils , ont été reçûs dans toutes
les Villes & lieux de leur paffage avec les
honneurs dûs au Princes du Sang.
Le Chevalier de Lopés de la Fare , à la
tête de l'Academie des Belles Lettres de
Marfeille , harangua L.A.S. en ces termes.
J. Vol.
I. A
1250 MERCURE DE FRANCE .
A MADAME
LA PRINCESSE , DE CONTE
MADDAAMME
Depuis le tems que V. A. S. s'ennuie fi
poliment à entendre des harangues , vous
n'avez point reçû d'hommages plus pardonnable
que celui de l'Academie de Marſeille.
Ellone vient point vous louer d'être du Sang
de fes Rois pas même d'avoir legrand Conde
pour ayeul , fources d'éloges pour qui n'en
mériteroit pas de perfonnels ; mais , MADAME
, vous lui apprenez vous - même à
mépriser ces prefens du hazard . Elle s'inter
dira donc jufqu'au plaifir de parler de cette
imagination vive & jufte , qui, en fe jouant,
corrige & fixe le goût de la France ; & nous
feindrons d'ignorer que les graces répandent
fur vos difcours tout le brillant & le majef
tueux que l'efprit feul ne peut donner; mais
des dons plus folides & des qualitez vraiment
refpectables nous forcent à admirer en
Vous des fentimens & des vertus dignes de
notre culte. Si les Mufes qui fe piquent ordinairement
d'indépendance & de verité, uſent
quelquefois de complaisance & de politique,
on fçait affez , MADAME, que les
L Vol. A • Mufes
JUIN 1730. 11231
Mufes de Provence Je diftinguent par leur
franchife.
pour Marſeille , dans le deffein de
voir en paffant la fameufe Fontaine de
Vauclufe. Elles trouverent le fieur Cot
tiér à la tête de fa Troupe , en bon ordre ,
qui eut l'honneur de les accompagner
jufques à ce qu'il plût à la Princeffe de les
congédier, après les avoir remerciés avec
cette bonté qui lui eft fi naturelle , & dont
tout le monde a été charmé. En fortant
de la Ville , leurs Alteffes voulurent voir
le cours de l'Aqueduc des Fontaines . On
tira les Boëtes & on fit une Salve generale
comme à leur arrivée.
La Princeffe de Conti & le Prince de
Conti fon fils , ont été reçûs dans toutes
les Villes & lieux de leur paffage avec les
honneurs dûs au Princes du Sang.
Le Chevalier de Lopés de la Fare , à la
tête de l'Academie des Belles Lettres de
Marfeille , harangua L.A.S. en ces termes.
J. Vol.
I. A
1250 MERCURE DE FRANCE .
A MADAME
LA PRINCESSE , DE CONTE
MADDAAMME
Depuis le tems que V. A. S. s'ennuie fi
poliment à entendre des harangues , vous
n'avez point reçû d'hommages plus pardonnable
que celui de l'Academie de Marſeille.
Ellone vient point vous louer d'être du Sang
de fes Rois pas même d'avoir legrand Conde
pour ayeul , fources d'éloges pour qui n'en
mériteroit pas de perfonnels ; mais , MADAME
, vous lui apprenez vous - même à
mépriser ces prefens du hazard . Elle s'inter
dira donc jufqu'au plaifir de parler de cette
imagination vive & jufte , qui, en fe jouant,
corrige & fixe le goût de la France ; & nous
feindrons d'ignorer que les graces répandent
fur vos difcours tout le brillant & le majef
tueux que l'efprit feul ne peut donner; mais
des dons plus folides & des qualitez vraiment
refpectables nous forcent à admirer en
Vous des fentimens & des vertus dignes de
notre culte. Si les Mufes qui fe piquent ordinairement
d'indépendance & de verité, uſent
quelquefois de complaisance & de politique,
on fçait affez , MADAME, que les
L Vol. A • Mufes
JUIN 1730. 11231
Mufes de Provence Je diftinguent par leur
franchife.
Fermer
Résumé : A MADAME LA PRINCESSE DE CONTI
Le texte décrit le voyage de la Princesse de Conti et du Prince de Conti, son fils, du fort de Table à Marseille pour visiter la Fontaine de Vaucluse. Ils furent escortés par le sieur Cottier et sa troupe jusqu'à ce qu'ils les congédient après les avoir remerciés. En quittant Marseille, ils admirèrent l'aqueduc des Fontaines, salué par une salve générale en leur honneur. Partout, ils reçurent les honneurs dus aux Princes du Sang. À Marseille, le Chevalier de Lopés de la Fare, représentant l'Académie des Belles Lettres, adressa un discours à la Princesse. Il loua son imagination vive et juste, influençant le goût de la France, ainsi que ses discours empreints de grâce et de majesté, et ses vertus dignes de respect. Les Muses de Provence exprimèrent également leur admiration pour la Princesse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1897
p. 1251
A MONSEIGNEUR LE PRINCE DE CONTI.
Début :
MONSEIGNEUR, L'Academie de Marseille vient offrir ses plus profonds respects à V.A.S & s'acquite [...]
Mots clefs :
Prince de Conti, Académie de Marseille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSEIGNEUR LE PRINCE DE CONTI.
MONSEIGNEUR ,
LE PRINCE DE CONTI
MONSEIGNEUR ,
L'Academie de Marseille vient offrir fes
plus profonds refpects à V. A. S. & s'acte
quite de ce tribut avec autant dejoye qu'elle
en reffentira dans la fuite à chanter vos béroiques
vertus. L'hiftoire de vos Auguftes
Ayeux vous en fournira les plus grands modeles
, mais vous en trouverez les plus pref
fans & les plus sûrs principes dans vousmême.
LE PRINCE DE CONTI
MONSEIGNEUR ,
L'Academie de Marseille vient offrir fes
plus profonds refpects à V. A. S. & s'acte
quite de ce tribut avec autant dejoye qu'elle
en reffentira dans la fuite à chanter vos béroiques
vertus. L'hiftoire de vos Auguftes
Ayeux vous en fournira les plus grands modeles
, mais vous en trouverez les plus pref
fans & les plus sûrs principes dans vousmême.
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1898
p. 1252
« Le 24. de ce mois, le Roi nomma Conseiller d'Etat M. Herault, Lieutenant General [...] »
Début :
Le 24. de ce mois, le Roi nomma Conseiller d'Etat M. Herault, Lieutenant General [...]
Mots clefs :
Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 24. de ce mois, le Roi nomma Conseiller d'Etat M. Herault, Lieutenant General [...] »
Le 24. de ce mois , le Roi nomma Confeiller
d'Etat M. Herault, Lieutenant General
de Police.
d'Etat M. Herault, Lieutenant General
de Police.
Fermer
1899
p. 1428
TURQUIE.
Début :
Selon quelques Lettres de Constantinople, le Sultan Acheraf y étoit arrivé, accompagné [...]
Mots clefs :
Turquie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE.
TURQUI E.
Elon quelques Lettres de Conftantinople , le
Sultan Acheraf y étoit arrivé , accompagné
de peu de perfonnes , ayant été obligé d'abandonner
ceux de fon parti , & de faire courir le
bruit qu'il avoit été affaffiné en voulant fe fouftraire
à la pourfuite du nouveau Roy de Perſe.
On a appris par ces Lettres que le Grand Seigneur
ne fortoit plus du Serail , & qu'il n'y
voyoit que fon fils Aîné , le Grand Vifir , l'Aga
des Janiffaires & fes Medecins ; & que S. H.avoit
envoyé mille bourfes à la Mecque pour obtenir
le rétabliffement de fa fanté , par les prieges des
Dervis qui deffervent la Mofquée de cette Ville.
Par d'autres Lettres du 9 May , on apprend
que
le Grand Seigneur fe portoit un peu mieux
depuis que S. H. faifoit ufage de certaine
Eau
Minérale , qu'un Médecin
de l'Ile de Chio lui
avoit confeillé de prendre ; qu'on avoit envoyé
ordre aux Commandans
des Troupes
qu'on a
fait défiler vers les Frontières de Perfe ; de prendre
toutes fortes de mefures pour la confervation
des Provinces
conquifes
fur ce Royaume
,
& d'empêcher
en même temps que les Soldats
ne commiffent
aucune hoftilité, parce que le Gr.
Seigneur
veut éviter d'entrer
en guerre avec le
nouveau Roy de Perſe.
Elon quelques Lettres de Conftantinople , le
Sultan Acheraf y étoit arrivé , accompagné
de peu de perfonnes , ayant été obligé d'abandonner
ceux de fon parti , & de faire courir le
bruit qu'il avoit été affaffiné en voulant fe fouftraire
à la pourfuite du nouveau Roy de Perſe.
On a appris par ces Lettres que le Grand Seigneur
ne fortoit plus du Serail , & qu'il n'y
voyoit que fon fils Aîné , le Grand Vifir , l'Aga
des Janiffaires & fes Medecins ; & que S. H.avoit
envoyé mille bourfes à la Mecque pour obtenir
le rétabliffement de fa fanté , par les prieges des
Dervis qui deffervent la Mofquée de cette Ville.
Par d'autres Lettres du 9 May , on apprend
que
le Grand Seigneur fe portoit un peu mieux
depuis que S. H. faifoit ufage de certaine
Eau
Minérale , qu'un Médecin
de l'Ile de Chio lui
avoit confeillé de prendre ; qu'on avoit envoyé
ordre aux Commandans
des Troupes
qu'on a
fait défiler vers les Frontières de Perfe ; de prendre
toutes fortes de mefures pour la confervation
des Provinces
conquifes
fur ce Royaume
,
& d'empêcher
en même temps que les Soldats
ne commiffent
aucune hoftilité, parce que le Gr.
Seigneur
veut éviter d'entrer
en guerre avec le
nouveau Roy de Perſe.
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Résumé : TURQUIE.
Le texte traite des événements impliquant le sultan Acheraf et le sultan ottoman, nommé le Grand Seigneur. Acheraf est parvenu à Constantinople avec une escorte réduite, ayant dû feindre sa mort pour échapper au nouveau roi de Perse. À Constantinople, le Grand Seigneur, souffrant de santé, réside au sérail et ne reçoit que son fils aîné, le grand vizir, l'aga des janissaires et ses médecins. Il a également envoyé des fonds à La Mecque pour obtenir des prières en faveur de sa guérison. Des lettres du 9 mai rapportent une légère amélioration de sa santé grâce à une eau minérale recommandée par un médecin de l'île de Chio. Par ailleurs, des ordres ont été donnés aux commandants des troupes aux frontières de Perse pour maintenir les provinces conquises et éviter les conflits avec le nouveau roi de Perse, afin d'éviter une guerre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1900
p. 1429-1434
RÉJOUISSANCES faites à (a) Salonique par la Nation Françoise. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville.
Début :
Je n'entreprends pas de vous exprimer avec quel excès de joye notre Nation apprit la [...]
Mots clefs :
Fête, Naissance du Dauphin, Jardin, Consul, Canon, Église
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texteReconnaissance textuelle : RÉJOUISSANCES faites à (a) Salonique par la Nation Françoise. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville.
REJOUISSANCES faites à ( a )
Salonique par la Nation Françoife. Extrait
d'une Lettre écrite de cette Ville.
J
E n'entreprends pas de vous exprimer avec
quel excès de joye notre Nation apprit la
grande nouvelle de la Naiffance de MONSEIGNEUR
LE DAUPHIN ; je me contenterai de vous
faire en abregé un Récit ſimple & fidelle de toutes
les marques extérieures qu'elle en a données.
M. le Conful ayant reçu le 10 du mois de Novembre
dernier cette heureufe nouvelle , fit convoquer
une ailemblé générale de la Nation , laquelle
d'un fentiment unanime fut d'avis de faire
une Fête auffi brillante que la grandeur du fujet
le demandoit , & que la capacité des Gens du
Païs pourroit le permettre.
On donna autli -tôt les ordres néceffaires , mais
malgré la diligence dont on ufa, tout ne pût être
en état que le 27 du même mois.
La Fete commença ce même jour -là au lever
du Soleil , par un Salve de 150 Boetes , qu'on
tira dans la Cour de la Maifon Confulaire , aufquelles
on répondit par 200 coups de Canon , qui
furent tirez par les Batimens François qui fe
trouvoient dans cette Rade. Enfuite , tous les
Marchands François & les Capitaines fe rendirent
en Corps de Nation , le Député à leur tête ,
à la Maifon Confulaire, pour accompagner M. le
Conful à l'Eglife , où l'on devoit chanter le Te
Deum .
>
Le Conful étoit précedé de huit Janiffaires mitrez,&
portant leur long Bâton en main; de douze
Joueurs d'Inftrumens,de fix Drogmans Fran-
(a) C'est l'ancienne & celebre Ville de Thef-
Jalonique dans la Macedoine.
II. Vel. H pois
1430 MERCURE DE FRANCE
çois , & accompagné de tous les Marchands de
la Nation. Marchoient enfuite les Capitaines &
Officiers des Bâtimens , fuivis des Arafans &
Matelots François . Cette Marche fe fit avec beaucoup
d'ordre.
En arrivant à l'Eglife , le R. P. Tarillon , Su
périeur des Jefuites , vint recevoir le Conful à la
porte de la Cour , & le conduifit dans l'Eglife,
Lorfqu'on entonna le Te Deum , les cent icin
quante Boetes de la Maifon Confulaire , tirerent
pour la feconde fois , & furent fuivies de
tout le Canon des Bâtimens François. Le P. Su
perieur fit enfuite un Difcours fort éloquent.
Le Te Deum fut fuivi, à la fortie de l'Eglife , par
de grands cris de Vive le Roy. On reconduifig
M. le Conful dans fa Maifon , où il donna un
repas des plus fomptueux fur trois differentes
Tables.
- fix
La premiere Table , qui étoit de trente
Couverts , fut occupée par les Marchands de la
Nation , ayant le Conful à leur tête. La feconde
de quarante Couverts , fut occupée par les Capitaines
& Officiers des Bât mens ; & la troifiémo
Table , auffi de quarante couverts , fut occupée
par les Officiers de la Nation & par les Artifans
diſtinguez.
Après qu'on eut fervi le fruit qui étoit magnifique
, le Conful s'étant levé , il porta la fan.
té du Roy , à laquelle chacun fit raiſon par un
eris de Vive le Roy, qui fut réitéré plufieurs fois.
avec tant de force , qu'à peine pouvoit- on enten →
dre le bruit des Boetes & du Canon qu'on tiroit
en même temps. On but enfuite celle de la Reine,
de Monfeigneur le Dauphin & de toute la Fa
mille Royale , avec les Vivat , &c.
Les Gens du Pais qui n'avoient jamais rien v
de femblable,accouroient de toutes parts pour fa-
11. Vol.
tisfaire
JUIN. 2 1730. 1431
tisfaire leur curiofité , & pour participer à notre
joye. Les Buvcurs venoient en foule fe défalterer
auprès d'une Fontaine de Vin , qui coula depuis
le matin jufqu'à huit heures du foir dans un
grand Baffin , fitué devant la Maiſon Confulaire.
Les femmes qui venoient en troupe & à qui la
bienfceance ne permet gueres de fe montrer icy
en public, prirent du Caffé , du Sorbet, &c . Elles
avoient auffi le plaifir de voir danfer & d'entendre
jouer les Inftrumens que le Bacha Comman
dant de ' a Province , avoit envoyés pour honorer
la Fête .
Il avoit auffi envoyé vingt Janiflaires de la
Garde , avec ordre de fe tenir aux Fortes de la
Maiſon Confulaire , pour éviter la confufion &
prévenir les défordres qui auroient på arriver
parmi la populace de diverfes nations , que la curiofité
attiroit de toutes parts .
On avoit dreffé une Tente à l'entrée de la Mai
fon , au pied du Pavillon , où l'on diftribuoit le
Caffé à tous ceux qui en demandoient. Il fuffit de
dire que pendant les trois jours que la Fête dura,
il en fut confemmé plus de treize mille Taffes.
Le Repas fini , on diftribua au peuple quantité
de Dragées & de Confitures feches qu'on
jetta des Fenêtres en abondance. L'avidité & la
confufion du Peuple firent tant de plaifir aux
Spectateurs , que le Conful pour la faire durer
plus long- tems,s'en fit un de faire diftribuer de la
même maniere , quantité de pieces de
Avant que d'entrer dans le détail de ce qui fe
pafla à f'entrée de la nuit , il eft neceffaire de
donner icy une idée des Décorations qu'on avoit
placées dans toutes les avenues & aux endroits
Tes plus expofez à la vûë du Peuple.
monnoyes.
Je commencerai par la grande Porte de la ruë ¡
II. Vol. Hij Aus
1432 MERCURE DE FRANCE .
au-devant de laquelle étoit un beau Portique, or
né de verdure & entrelaffé de Banderolles, parfehées
de fleurs de Lys & de Dauphins couronnez,
d'où l'on voyoit en face une Piramide élevée ,
dans le milieude la grande allée, de la hauteur dé
foixante pieds , fur un Arc de Triomphe qui og
cupoit toute la largeur de l'Allée , garnie à droite
& à gauche de Laurier & de Myrthe , avec des
Banderolles femblables à celle du Portique , fur
lefquelles il y avoit alternativement une Fleur de
Lys & un Dauphin couronné. On avoit placé audeffus
de l'Arc de Triomphe un grand Tablcay
qui reprefentoit un Ange,de grandeur naturelie ,
& adoffé à la Piramide , lequel tenoit fufpendu
de la main droite , l'Ecu des armes du Roy , &
de la gauche , celics de la Reine que l'Ange cou
vroit également de fes aîles. Il y avoit au bas une
Corae d'abondance , d'où fortoit plufieurs Fleurs
& differens fruits , avec un Dauphin couronné ,
qui s'élevoit audeffus , & fur le fommet de la
Piramide on voyoit une Renommée.
Les Armes de France étoient élevées fur la
grande Porte d'entrée de la Maifon Confulaire ,
regardant celles du Dauphin placées à l'oppofite
fur des Arceaux de Verdure qui regnoient en
forme de Fer à Cheval autour du Baffin où étoit
la Fontaine de vin , dont on a parlé. Sur les
bords du Baffin on avoit mis de diftance en diftance
de grands Vafes , liez les uns aux autres
par des Feitons de verdure , & chaque Vafe portoit
un grand Chandelier à trois rangs , qui devoit
fervir à l'illumination . Dans la partie du
Jardin qui eft derriere la Maiſon du Ĉənful , il
y a deux grandes allées qui fe croifent dans le
milieu , lequelles étoient bordées de quantité
d'Arceaux de verdure, de la hauteur de dix pieds ,
fe fuccedant les uns aux autres juſqu'au fond du
Al. Vel.
Jardin
JUIN. 1730. 1433
Jardin , fur lefquels regnoit une espece de Corniche
pour porter les Cobelets pour l'illumina
tion. Ôn avoit auffi pofé fur les quatre Angles
des Arceaux de verdure qui formoient la croifée
des deux allées , quatre grandes Girandoles qui
s'élevoient au- deffus d'environ fix pieds ; & dans
un des quarrés du Jardin on avoit dreffé un
grand Feu de joye , fur le haut duquel s'élevoient
Ies Armes du Roy ; mais on ne jugea pas àà propos
d'allumer ce Feu de joye , crainte que ld
vent ne portât les étincelles fur les Maifons
voifines , toutes bâties de bois.
Cette premiere & magnifique journée fut termiuée
comme elle avoit commencé , par une
grande Salve de Canon , de Boetes & de toute
Artilerie des Bâtimens François. Auffi- tôr
après on commença les Illuminations avec tant
de diligence qu'en moins d'une demie heure , le
comble de la Maifon Confulaire , la Piramide
les Allées , & generalement tous les Murs qui
forment l'enceinte de ce vafte Enclos , furent
éclairez d'une clarté fi brillante , qu'elie ramena
le jour , malgré l'obfcurité de la nuit.
Cette illumination étoit compofée de plus de
euf mille Gobelers ,fur lefquels étoient repréfentées
des Figurs de Lys, des Dauphins couronnez
, &c. & ils furent renouvellez pendant trois
foirs confécutifs . On fit en même tems arborer
un Pavillon tout enflammé,compofé de quantité
de petits Fanaux , fufpendus en l'air par une infinité
de Cordes tres -fines , qu'on ne pouvoit ap
percevoir que de fort près.
Les Capitaines François à qui on avoit fait di
ftribuerunegrande quantité de Bougies & de Go
belets , voulurent auffi donner des marques de
feur joye , en faifant illuminer leurs Vaiffeaux .
Ils y travaillerent tous avec ardeur, & ils eurent
II. Vol Hiij. tous
1434 MERCURE DE FRANCE
tous le même fuccès . C'étoient des Bâtimens tout
en feu , qui par la multitude des lumieres dont
ils brilloient , & par l'arrangement avec lequel
elles étoient diftribuées , produifoient un effet
enchanté, ce qui fut encore relevé par une infinité
de Fufées volantes , qui s'élevant à travers
cette clarté, alloient à la rencontre de celles qu'on
jettoit de la Maifon Confulaire.
Tout ce charmant Spectacle fe découvroit de
la Ville , & faifoit l'admiration de tout le monde,
& principalement des Turcs qui en habitent la
hauteur , bâtie en amphithéatre."
Cependant tout le monde fut charmé de la
magnificence avec laquelle on avoit paré la grande
Sale où fe donna le Bal; elle étoit tendue d'une
riche Tapifferie , éclairée de plufieurs Luftres de-
Criftal & de quantité de Girandoles, de Bras ,& c;
On prefenta , fans diftinction , pendant tout le
temps du Bal , tous les rafraichiffemens qu'on
pouvoit défirer dans cette faifon. Il dura jufqu'à
deux heures du matin que chacun le retira , mais
ce ne fut que pour recommencer bien- tôt après ;
les Démonftrations de joye qui avoient duré pendant
cette premiere journée , & qu'on continua
encore pendant deux autres jours , avec autant
d'éclat & de magnificence qu'on en avoit fait
paroître le premier jour de la Fête.
Salonique par la Nation Françoife. Extrait
d'une Lettre écrite de cette Ville.
J
E n'entreprends pas de vous exprimer avec
quel excès de joye notre Nation apprit la
grande nouvelle de la Naiffance de MONSEIGNEUR
LE DAUPHIN ; je me contenterai de vous
faire en abregé un Récit ſimple & fidelle de toutes
les marques extérieures qu'elle en a données.
M. le Conful ayant reçu le 10 du mois de Novembre
dernier cette heureufe nouvelle , fit convoquer
une ailemblé générale de la Nation , laquelle
d'un fentiment unanime fut d'avis de faire
une Fête auffi brillante que la grandeur du fujet
le demandoit , & que la capacité des Gens du
Païs pourroit le permettre.
On donna autli -tôt les ordres néceffaires , mais
malgré la diligence dont on ufa, tout ne pût être
en état que le 27 du même mois.
La Fete commença ce même jour -là au lever
du Soleil , par un Salve de 150 Boetes , qu'on
tira dans la Cour de la Maifon Confulaire , aufquelles
on répondit par 200 coups de Canon , qui
furent tirez par les Batimens François qui fe
trouvoient dans cette Rade. Enfuite , tous les
Marchands François & les Capitaines fe rendirent
en Corps de Nation , le Député à leur tête ,
à la Maifon Confulaire, pour accompagner M. le
Conful à l'Eglife , où l'on devoit chanter le Te
Deum .
>
Le Conful étoit précedé de huit Janiffaires mitrez,&
portant leur long Bâton en main; de douze
Joueurs d'Inftrumens,de fix Drogmans Fran-
(a) C'est l'ancienne & celebre Ville de Thef-
Jalonique dans la Macedoine.
II. Vel. H pois
1430 MERCURE DE FRANCE
çois , & accompagné de tous les Marchands de
la Nation. Marchoient enfuite les Capitaines &
Officiers des Bâtimens , fuivis des Arafans &
Matelots François . Cette Marche fe fit avec beaucoup
d'ordre.
En arrivant à l'Eglife , le R. P. Tarillon , Su
périeur des Jefuites , vint recevoir le Conful à la
porte de la Cour , & le conduifit dans l'Eglife,
Lorfqu'on entonna le Te Deum , les cent icin
quante Boetes de la Maifon Confulaire , tirerent
pour la feconde fois , & furent fuivies de
tout le Canon des Bâtimens François. Le P. Su
perieur fit enfuite un Difcours fort éloquent.
Le Te Deum fut fuivi, à la fortie de l'Eglife , par
de grands cris de Vive le Roy. On reconduifig
M. le Conful dans fa Maifon , où il donna un
repas des plus fomptueux fur trois differentes
Tables.
- fix
La premiere Table , qui étoit de trente
Couverts , fut occupée par les Marchands de la
Nation , ayant le Conful à leur tête. La feconde
de quarante Couverts , fut occupée par les Capitaines
& Officiers des Bât mens ; & la troifiémo
Table , auffi de quarante couverts , fut occupée
par les Officiers de la Nation & par les Artifans
diſtinguez.
Après qu'on eut fervi le fruit qui étoit magnifique
, le Conful s'étant levé , il porta la fan.
té du Roy , à laquelle chacun fit raiſon par un
eris de Vive le Roy, qui fut réitéré plufieurs fois.
avec tant de force , qu'à peine pouvoit- on enten →
dre le bruit des Boetes & du Canon qu'on tiroit
en même temps. On but enfuite celle de la Reine,
de Monfeigneur le Dauphin & de toute la Fa
mille Royale , avec les Vivat , &c.
Les Gens du Pais qui n'avoient jamais rien v
de femblable,accouroient de toutes parts pour fa-
11. Vol.
tisfaire
JUIN. 2 1730. 1431
tisfaire leur curiofité , & pour participer à notre
joye. Les Buvcurs venoient en foule fe défalterer
auprès d'une Fontaine de Vin , qui coula depuis
le matin jufqu'à huit heures du foir dans un
grand Baffin , fitué devant la Maiſon Confulaire.
Les femmes qui venoient en troupe & à qui la
bienfceance ne permet gueres de fe montrer icy
en public, prirent du Caffé , du Sorbet, &c . Elles
avoient auffi le plaifir de voir danfer & d'entendre
jouer les Inftrumens que le Bacha Comman
dant de ' a Province , avoit envoyés pour honorer
la Fête .
Il avoit auffi envoyé vingt Janiflaires de la
Garde , avec ordre de fe tenir aux Fortes de la
Maiſon Confulaire , pour éviter la confufion &
prévenir les défordres qui auroient på arriver
parmi la populace de diverfes nations , que la curiofité
attiroit de toutes parts .
On avoit dreffé une Tente à l'entrée de la Mai
fon , au pied du Pavillon , où l'on diftribuoit le
Caffé à tous ceux qui en demandoient. Il fuffit de
dire que pendant les trois jours que la Fête dura,
il en fut confemmé plus de treize mille Taffes.
Le Repas fini , on diftribua au peuple quantité
de Dragées & de Confitures feches qu'on
jetta des Fenêtres en abondance. L'avidité & la
confufion du Peuple firent tant de plaifir aux
Spectateurs , que le Conful pour la faire durer
plus long- tems,s'en fit un de faire diftribuer de la
même maniere , quantité de pieces de
Avant que d'entrer dans le détail de ce qui fe
pafla à f'entrée de la nuit , il eft neceffaire de
donner icy une idée des Décorations qu'on avoit
placées dans toutes les avenues & aux endroits
Tes plus expofez à la vûë du Peuple.
monnoyes.
Je commencerai par la grande Porte de la ruë ¡
II. Vol. Hij Aus
1432 MERCURE DE FRANCE .
au-devant de laquelle étoit un beau Portique, or
né de verdure & entrelaffé de Banderolles, parfehées
de fleurs de Lys & de Dauphins couronnez,
d'où l'on voyoit en face une Piramide élevée ,
dans le milieude la grande allée, de la hauteur dé
foixante pieds , fur un Arc de Triomphe qui og
cupoit toute la largeur de l'Allée , garnie à droite
& à gauche de Laurier & de Myrthe , avec des
Banderolles femblables à celle du Portique , fur
lefquelles il y avoit alternativement une Fleur de
Lys & un Dauphin couronné. On avoit placé audeffus
de l'Arc de Triomphe un grand Tablcay
qui reprefentoit un Ange,de grandeur naturelie ,
& adoffé à la Piramide , lequel tenoit fufpendu
de la main droite , l'Ecu des armes du Roy , &
de la gauche , celics de la Reine que l'Ange cou
vroit également de fes aîles. Il y avoit au bas une
Corae d'abondance , d'où fortoit plufieurs Fleurs
& differens fruits , avec un Dauphin couronné ,
qui s'élevoit audeffus , & fur le fommet de la
Piramide on voyoit une Renommée.
Les Armes de France étoient élevées fur la
grande Porte d'entrée de la Maifon Confulaire ,
regardant celles du Dauphin placées à l'oppofite
fur des Arceaux de Verdure qui regnoient en
forme de Fer à Cheval autour du Baffin où étoit
la Fontaine de vin , dont on a parlé. Sur les
bords du Baffin on avoit mis de diftance en diftance
de grands Vafes , liez les uns aux autres
par des Feitons de verdure , & chaque Vafe portoit
un grand Chandelier à trois rangs , qui devoit
fervir à l'illumination . Dans la partie du
Jardin qui eft derriere la Maiſon du Ĉənful , il
y a deux grandes allées qui fe croifent dans le
milieu , lequelles étoient bordées de quantité
d'Arceaux de verdure, de la hauteur de dix pieds ,
fe fuccedant les uns aux autres juſqu'au fond du
Al. Vel.
Jardin
JUIN. 1730. 1433
Jardin , fur lefquels regnoit une espece de Corniche
pour porter les Cobelets pour l'illumina
tion. Ôn avoit auffi pofé fur les quatre Angles
des Arceaux de verdure qui formoient la croifée
des deux allées , quatre grandes Girandoles qui
s'élevoient au- deffus d'environ fix pieds ; & dans
un des quarrés du Jardin on avoit dreffé un
grand Feu de joye , fur le haut duquel s'élevoient
Ies Armes du Roy ; mais on ne jugea pas àà propos
d'allumer ce Feu de joye , crainte que ld
vent ne portât les étincelles fur les Maifons
voifines , toutes bâties de bois.
Cette premiere & magnifique journée fut termiuée
comme elle avoit commencé , par une
grande Salve de Canon , de Boetes & de toute
Artilerie des Bâtimens François. Auffi- tôr
après on commença les Illuminations avec tant
de diligence qu'en moins d'une demie heure , le
comble de la Maifon Confulaire , la Piramide
les Allées , & generalement tous les Murs qui
forment l'enceinte de ce vafte Enclos , furent
éclairez d'une clarté fi brillante , qu'elie ramena
le jour , malgré l'obfcurité de la nuit.
Cette illumination étoit compofée de plus de
euf mille Gobelers ,fur lefquels étoient repréfentées
des Figurs de Lys, des Dauphins couronnez
, &c. & ils furent renouvellez pendant trois
foirs confécutifs . On fit en même tems arborer
un Pavillon tout enflammé,compofé de quantité
de petits Fanaux , fufpendus en l'air par une infinité
de Cordes tres -fines , qu'on ne pouvoit ap
percevoir que de fort près.
Les Capitaines François à qui on avoit fait di
ftribuerunegrande quantité de Bougies & de Go
belets , voulurent auffi donner des marques de
feur joye , en faifant illuminer leurs Vaiffeaux .
Ils y travaillerent tous avec ardeur, & ils eurent
II. Vol Hiij. tous
1434 MERCURE DE FRANCE
tous le même fuccès . C'étoient des Bâtimens tout
en feu , qui par la multitude des lumieres dont
ils brilloient , & par l'arrangement avec lequel
elles étoient diftribuées , produifoient un effet
enchanté, ce qui fut encore relevé par une infinité
de Fufées volantes , qui s'élevant à travers
cette clarté, alloient à la rencontre de celles qu'on
jettoit de la Maifon Confulaire.
Tout ce charmant Spectacle fe découvroit de
la Ville , & faifoit l'admiration de tout le monde,
& principalement des Turcs qui en habitent la
hauteur , bâtie en amphithéatre."
Cependant tout le monde fut charmé de la
magnificence avec laquelle on avoit paré la grande
Sale où fe donna le Bal; elle étoit tendue d'une
riche Tapifferie , éclairée de plufieurs Luftres de-
Criftal & de quantité de Girandoles, de Bras ,& c;
On prefenta , fans diftinction , pendant tout le
temps du Bal , tous les rafraichiffemens qu'on
pouvoit défirer dans cette faifon. Il dura jufqu'à
deux heures du matin que chacun le retira , mais
ce ne fut que pour recommencer bien- tôt après ;
les Démonftrations de joye qui avoient duré pendant
cette premiere journée , & qu'on continua
encore pendant deux autres jours , avec autant
d'éclat & de magnificence qu'on en avoit fait
paroître le premier jour de la Fête.
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Résumé : RÉJOUISSANCES faites à (a) Salonique par la Nation Françoise. Extrait d'une Lettre écrite de cette Ville.
Le texte décrit les célébrations organisées par la Nation Française à Salonique (Thessalonique) à l'annonce de la naissance du Dauphin. Le 10 novembre, le consul reçut la nouvelle et convoqua une assemblée générale pour préparer une fête. Malgré les préparatifs rapides, les réjouissances débutèrent le 27 novembre avec un salut de 150 coups de fusil et 200 coups de canon tirés par les navires français. Les marchands, capitaines et officiers français se rendirent à l'église pour chanter le Te Deum, précédés par des janissaires, musiciens et drogmans. Le consul, accueilli par le supérieur des Jésuites, fut suivi par une procession ordonnée. Après le Te Deum, des cris de 'Vive le Roy' retentirent, suivis d'un repas somptueux avec trois tables distinctes pour les marchands, les capitaines et les artisans. Des toasts furent portés à la famille royale, accompagnés de salves de canon et de fusillades. La population locale, curieuse et joyeuse, se rassembla pour participer aux festivités. Une fontaine de vin fut installée, et des rafraîchissements furent offerts aux femmes. Des janissaires furent déployés pour maintenir l'ordre. Des décorations, incluant un portique, une pyramide et des banderoles, furent érigées. La nuit, une illumination spectaculaire éclaira la maison consulaire et les navires français, accompagnée de feux d'artifice. Les festivités se poursuivirent pendant trois jours, avec des illuminations renouvelées chaque soir et un bal somptueux dans la grande salle tendue de tapisseries riches et éclairée par des lustres et girandoles. Les réjouissances se terminèrent par des démonstrations de joie continuées avec le même éclat pendant deux jours supplémentaires.
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