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1301
p. 333-334
ENIGME.
Début :
Chez moi pour mes voisins, je fais boüillir le pot, [...]
Mots clefs :
Estomac
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME. :
Chez., moipour mes voifins)
jefais boüilir
,- lepot,
': Aceinètierieme ruine;
Quelqu'un d'eux cependantmepayejonEcot,
E;n travaillant pour la cuisine, Entreux estcertaine voi-
* fine,
Chut,tropparler luinuit,
avec cettte coquine >
L'on me confond "UeZ
souvent,
Je l'entretiens déssa jeuhep
, Desonsexe ellea la foiblep,
Et quand ellefait mal,
c.est à moi qu'on s'en
prend.
Chez., moipour mes voifins)
jefais boüilir
,- lepot,
': Aceinètierieme ruine;
Quelqu'un d'eux cependantmepayejonEcot,
E;n travaillant pour la cuisine, Entreux estcertaine voi-
* fine,
Chut,tropparler luinuit,
avec cettte coquine >
L'on me confond "UeZ
souvent,
Je l'entretiens déssa jeuhep
, Desonsexe ellea la foiblep,
Et quand ellefait mal,
c.est à moi qu'on s'en
prend.
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1302
p. 335-337
BOUTS RIMEZ. Par le Chevalier d'Argentac.
Début :
Philis tient peu de son pere Albicrac, [...]
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texteReconnaissance textuelle : BOUTS RIMEZ. Par le Chevalier d'Argentac.
BOUTSRIMEZ.
-
Par le Chevalier
d'Argentac.
Philis tient peu de son:
pere Albicrac,
Il lui laissapourtout meu- -
ble un tric trac,.
Maisson tein fraisqu'-
entretientsa seringue,
Etses beaux yeux font
rouler sa brelingue^
Pourson espritcen'est ni
fric ni frac.
VAmant à pied chez
elle est casse, crac,
Eut-tltejpritduConfeil•
ler Pibrac.
Maiscontre unsot heureux
au tope~& tin.
gue.
philis tient peu.
Elle
Elle ne lit Voiture ni
Balzac,
Elle aime mieux un turbulant
mic mac,
Chez,elle on rit, on boit,
on saute,l'on fringue,
On brisetout, table
,
miroir~&
tringue,
Dans un quartiersans
dérangerson sac.
Philis tientpeu.
-
Par le Chevalier
d'Argentac.
Philis tient peu de son:
pere Albicrac,
Il lui laissapourtout meu- -
ble un tric trac,.
Maisson tein fraisqu'-
entretientsa seringue,
Etses beaux yeux font
rouler sa brelingue^
Pourson espritcen'est ni
fric ni frac.
VAmant à pied chez
elle est casse, crac,
Eut-tltejpritduConfeil•
ler Pibrac.
Maiscontre unsot heureux
au tope~& tin.
gue.
philis tient peu.
Elle
Elle ne lit Voiture ni
Balzac,
Elle aime mieux un turbulant
mic mac,
Chez,elle on rit, on boit,
on saute,l'on fringue,
On brisetout, table
,
miroir~&
tringue,
Dans un quartiersans
dérangerson sac.
Philis tientpeu.
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Résumé : BOUTS RIMEZ. Par le Chevalier d'Argentac.
Philis, fille d'Albicrac, mène une vie désordonnée et agitée. Elle possède une maison fraîche et des beaux yeux. Son amant, esprit du conseiller Pibrac, partage son mode de vie turbulent. Philis ne s'intéresse ni à Voiture ni à Balzac. Elle vit librement, sans souci des conséquences, dans un quartier animé.
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1303
p. 123-125
EPITALAME Par M. de la F...
Début :
Pour celebrer tes nopces approuvées, [...]
Mots clefs :
Noces
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texteReconnaissance textuelle : EPITALAME Par M. de la F...
Voicy plufieurs Epitalames
fur le Mariagede
M. de Morville.
EPITAL AME
Par M. de la F.
Pour celebrer tes nopces approuvées,
J'avois forgé des Vers qui bravoient
l'examen
Lij
124 MERCURE
Dans leurs daites refrains dix
Atrophes achevées
Ramenoient avec art dixfois 10,
bymen.
En faveur de ce Dien dans une
Ode fublime ,
J'avois fi bien du Grec le beau
tourimité
Que j'aurois encouru l'eftime
Des amis de l'Antiquité.
Mais on m'a dit que de chez vous
Mème avant la fin de la fete
L'hymen fortit baiffant la tête
Avec un airplein de couroux.
Amource font là de tes coups !
T'efcortantfinement du Dieu de
l'hymenée
Tu t'introduis auprés de graves
Magiftrats
Obtiens ce que fans tuy l'on ne
t'oltroiroit
pas ,
GALANT . 125
Et dés la premierejournée
Tu le chaffes , & veux dans tes
tendres ebats
Ne devoir qu'à toyfeul la moiffon
des appas ,
Qui fous fon nom te fut abandonnée.
Maisj'aurois deu prévoir le cas,
Aux feduifans attraits dont de
Vienne eft ornée :
Sur ce je n'ay voulu mettre un
Poëme au jour,
Que l'hymen offense prendroit
pour railleries
Et puis le beau fecret de vous
faire ma cour,
Avec mafçavante induftrie
Je ne chantois qu'hymen , vous
ne fentez qu'amour.
fur le Mariagede
M. de Morville.
EPITAL AME
Par M. de la F.
Pour celebrer tes nopces approuvées,
J'avois forgé des Vers qui bravoient
l'examen
Lij
124 MERCURE
Dans leurs daites refrains dix
Atrophes achevées
Ramenoient avec art dixfois 10,
bymen.
En faveur de ce Dien dans une
Ode fublime ,
J'avois fi bien du Grec le beau
tourimité
Que j'aurois encouru l'eftime
Des amis de l'Antiquité.
Mais on m'a dit que de chez vous
Mème avant la fin de la fete
L'hymen fortit baiffant la tête
Avec un airplein de couroux.
Amource font là de tes coups !
T'efcortantfinement du Dieu de
l'hymenée
Tu t'introduis auprés de graves
Magiftrats
Obtiens ce que fans tuy l'on ne
t'oltroiroit
pas ,
GALANT . 125
Et dés la premierejournée
Tu le chaffes , & veux dans tes
tendres ebats
Ne devoir qu'à toyfeul la moiffon
des appas ,
Qui fous fon nom te fut abandonnée.
Maisj'aurois deu prévoir le cas,
Aux feduifans attraits dont de
Vienne eft ornée :
Sur ce je n'ay voulu mettre un
Poëme au jour,
Que l'hymen offense prendroit
pour railleries
Et puis le beau fecret de vous
faire ma cour,
Avec mafçavante induftrie
Je ne chantois qu'hymen , vous
ne fentez qu'amour.
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Résumé : EPITALAME Par M. de la F...
Le texte traite de plusieurs épithalames célébrant le mariage de M. de Morville. L'auteur, M. de la F., avait initialement écrit des vers pour louer cette union. Cependant, il apprend que l'hymen, le dieu du mariage, a quitté la fête de manière impolie. L'auteur attribue cet incident aux actions de l'amour, qui a su charmer des magistrats pour obtenir des faveurs. Il reconnaît également les attraits séducteurs de Vienne, ce qui l'a dissuadé de publier un poème qui pourrait offenser l'hymen. Enfin, il souligne la différence entre son propre sujet, l'hymen, et celui de l'amour, qu'il ne souhaite pas railler.
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1304
p. 126-129
Autre Epitalame sur le mesme sujet. Par M. de Monchenet.
Début :
Ma Muse toûjours fort quinteuse [...]
Mots clefs :
Amour, Hymen
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texteReconnaissance textuelle : Autre Epitalame sur le mesme sujet. Par M. de Monchenet.
Autre Epitalame fur le
mefmefujet.
Par M. de Monchenet.
Ma Mufe toujours fort quinteufe
Faitaujourd'huy la precieuſe
N'ofant dit- elle de trop prés
D'un hymenflairer les apprés ,
Ny porterfes regards aufieres
~Sur d'auſſi prophanes myſtères.
Or comme hymen & fes douceurs
Sont_mets interdits aux neuf
Soeurs ,
Elle a , je crois, des raifons fortes
Pour ne pas écouter auxportes.
Comment feray-je donc Seigneur
Pour me tirer avec honneur
Du compliment qu'à l'hymenée
GALANT. 127
Je dois faire en cettejournée ?
Finvoquerois bien Apollon ,
Mais ceDieufans barbe, dit - on,
N'eft gueres le Saint qu'on reclame
Apropos d'un Epitalame ;
Si d'ailleurs j'invoquois l'amour
Seroit- ce bien le faint dujour ?
L'amoure l'hymen ce me femble
Rarement font d'accordenfemble
L'hymen marche àpas concertez
Grand amy deformalitez :
Foûjours de parens pleine efcorse
Comme s'il luifalloirmainforte.
L'amour marche feul & fans
bruit ,
Pous diriez d'un voleur denuit ,
Agile comme un petit maître
Efcaladantporte & fenêtre.
Au demeurantjolygarçon ,
Et vivant aſſezfansfaçon.
L. iiij.
428 MERCURE
L'hymen engrave perfonage
Prendfur lui lesfoins du menage,
C'eft , grace à fa droite raifon ,
Un bon Intendant de Maifon.
L'amourfait fon unique affaire
De rire & defe fatisfaire.
L'hymen orgueilleux de fes droits
Frappe enmaistre, élevefa voix,
Reçoit une faveurfecrette ,
Ainfi quel'acquit d'une dette.
L'amour plus galant , plus
adroit
La reçoit comme un paſſe- droit .
Et femble parce ftratagême
En recevant donner luy- même.
Or de ces deux divinitez
Rapprochant les extremitez.
Au lit. Seigneur , comme à la tar
ble,
Onjoueroit un rôle agréable :
Et c'est auffi ce queferez
GALANT. 119
Es bienfaifant , bien trouverez
Puifiez vousfous d'heureux auf
[Hoist pices
Goufterles parfaitesdélices. S
L'hymen accorde tout auplus.A
Acinq ou fixde fes élus =
Puifiez vous jufqu'à cent an
nies ,
Pouffant vos douces definées ,
Trouvertousjours libre d'ennuys,
Les jours aufsy courts que les
nuits.
C'eft icy ce que vousfouhaitte
Avec l'ardeur la plus parfaite,
Un membre du facri valon ,
Quelque peu chery d'Apollon .
Mais il s'agit bien de Parnaffe,
Unfoinplus chervous embaraſſe,
L'hymen vous mande en certain
lieu ,
Bon voyage , Seigneur , à Dieu.
mefmefujet.
Par M. de Monchenet.
Ma Mufe toujours fort quinteufe
Faitaujourd'huy la precieuſe
N'ofant dit- elle de trop prés
D'un hymenflairer les apprés ,
Ny porterfes regards aufieres
~Sur d'auſſi prophanes myſtères.
Or comme hymen & fes douceurs
Sont_mets interdits aux neuf
Soeurs ,
Elle a , je crois, des raifons fortes
Pour ne pas écouter auxportes.
Comment feray-je donc Seigneur
Pour me tirer avec honneur
Du compliment qu'à l'hymenée
GALANT. 127
Je dois faire en cettejournée ?
Finvoquerois bien Apollon ,
Mais ceDieufans barbe, dit - on,
N'eft gueres le Saint qu'on reclame
Apropos d'un Epitalame ;
Si d'ailleurs j'invoquois l'amour
Seroit- ce bien le faint dujour ?
L'amoure l'hymen ce me femble
Rarement font d'accordenfemble
L'hymen marche àpas concertez
Grand amy deformalitez :
Foûjours de parens pleine efcorse
Comme s'il luifalloirmainforte.
L'amour marche feul & fans
bruit ,
Pous diriez d'un voleur denuit ,
Agile comme un petit maître
Efcaladantporte & fenêtre.
Au demeurantjolygarçon ,
Et vivant aſſezfansfaçon.
L. iiij.
428 MERCURE
L'hymen engrave perfonage
Prendfur lui lesfoins du menage,
C'eft , grace à fa droite raifon ,
Un bon Intendant de Maifon.
L'amourfait fon unique affaire
De rire & defe fatisfaire.
L'hymen orgueilleux de fes droits
Frappe enmaistre, élevefa voix,
Reçoit une faveurfecrette ,
Ainfi quel'acquit d'une dette.
L'amour plus galant , plus
adroit
La reçoit comme un paſſe- droit .
Et femble parce ftratagême
En recevant donner luy- même.
Or de ces deux divinitez
Rapprochant les extremitez.
Au lit. Seigneur , comme à la tar
ble,
Onjoueroit un rôle agréable :
Et c'est auffi ce queferez
GALANT. 119
Es bienfaifant , bien trouverez
Puifiez vousfous d'heureux auf
[Hoist pices
Goufterles parfaitesdélices. S
L'hymen accorde tout auplus.A
Acinq ou fixde fes élus =
Puifiez vous jufqu'à cent an
nies ,
Pouffant vos douces definées ,
Trouvertousjours libre d'ennuys,
Les jours aufsy courts que les
nuits.
C'eft icy ce que vousfouhaitte
Avec l'ardeur la plus parfaite,
Un membre du facri valon ,
Quelque peu chery d'Apollon .
Mais il s'agit bien de Parnaffe,
Unfoinplus chervous embaraſſe,
L'hymen vous mande en certain
lieu ,
Bon voyage , Seigneur , à Dieu.
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Résumé : Autre Epitalame sur le mesme sujet. Par M. de Monchenet.
Le texte est un épithalame, un poème célébrant un mariage, écrit par M. de Monchenet. L'auteur y exprime la difficulté de composer un tel poème et invoque des divinités comme Apollon et l'Amour, tout en notant leurs incompatibilités avec le thème du mariage. Il décrit l'hymen comme un personnage sérieux et raisonnable, gérant le ménage, tandis que l'Amour est représenté comme un voleur agile et joyeux. L'auteur suggère que l'hymen et l'Amour peuvent coexister harmonieusement, offrant des délices et une vie sans ennui. Il conclut en souhaitant aux mariés une vie longue et heureuse, libre de tout ennui, et les invite à profiter pleinement de leur union. Le poème se termine par un adieu, indiquant la fin de la célébration.
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1305
p. 130-135
EPITALAME par M. ** A M. DE MORVILLE.
Début :
Hier un enfant de vostre connoissance, [...]
Mots clefs :
Hymen, Beauté, Amants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITALAME par M. ** A M. DE MORVILLE.
EPITALAME
Par M. **
A M. DE MORVILLĖ.
Hier un enfant de voſtre connoiffance
,
Lesyeux en pleurs , l'air abattu
Tel que ni vous ni moy ne l'aviens
jamais vû ,
Me vintfaire une confidence.
C'en eft fait , me dit-il , nofire
amym'a quitté
Pourtrix de mes bienfaits le per
fide m'outrage.
Helas!jo lay bien merité !
Combien de fois ( tu peux m'en
rendre témoignage )
GALANT. 2131
Negligeant le fincere hommage
De mille Amans foumis, tendres
, difcrets ,
Ay-je lancé pour luy ces infaillibles
traits.
Que je gardepour mon uſage ,
Et qui luyfoùmettoient des coeurs .
que le volage
Alloit quitterl'infant d'aprés ;
Ab des ce temps je devois le
connoiftre
L'ingrat acheve fur le Maifire
Les maux qu'il a faits aux
fujets.
Dabord je ris de fa colere ,
Et ne crut rien de ce difcours ,
Le petit Dieu tient de fa mere
De nepas dire vray tousjours :
Cependant curieux , quel eft done
ce myſtere
MERCURE
Luy dis -je conte moy la chofe
fans détours
Etfoy & Amantje tejure
De partager ton injure.
( Entre nous je me doutois bien,
Amy, que je nerifquois rien ; )
Unejeune Beauté qui dans nofre
Amathonte ,
Dit- il , n'offrit jamais d'encens
Qui n'eut jamais pour nous que
des airs offenfans ,
Et qui pourtant à noftre honte
Voit voller les coeurs fur fes pas
Enfin qui plaift & n'aime pas..
Plus d'une fois ma mere en a
grondé le graces.....
Eh bien qu'a fait cette Beauté
?
Helas Le'eftpourfuivre fe . tra-
Les
GALANT 153
Que le volage m'a quitté,
Etpour comblerfa perfidie
De l'hymen, d'un cadet implo
rant le fecours
L'ingrat en un moment oublie
Queje fuis feulen droit de donner
de beaux jours .
De Vienne à ce nom feul je
- fens croiffre ma rage,
Loin de languir dans mes fers
Une fimple mortelle outrage
Le vainqueur de l'univers.
Quay luy dis-je , de Vienne eft le
nom de la Belle ?
Vatun'es pas fi malheureux: ~
Hymen a beau vanterfa conquefte
nouvelle ,
Elle & Thymen font attrapés
tous deux ;
Voila bien noftre amy , ce font
là de fes jeux :
134 MERCURE
Tu n'eus jamais de fujet plus
fidelle :
Il s'acquitte par-là de tout ce
qu'ilte doitr
Cet artifice heureux te vaut un
coeur rebelle
Qui t'alloit échapperfans ce détour
adroit.
Pouvoit-il jamais mieux faire
Surcefuperbecoeurte voyantfans
pouvoir,
Il a recours à ton frere ,
Qui feduit d'unfaux espoir
Fait tous les frais du myftere ;
Etpar l'évenement cette Beaute
fevere ,
S'engage à toy , fans s'en apper- ·
a
cevoir:
Qu'entens- ic?ah tu me rens la vie
Dit Enfantimmortel: &mou¬
vrantfon carquois
GALANT. 135
C'est tout mon bien , prens , tout
eft à ton choix.
Fait mieux luy dis- ie , & va
trouverSilvie
Seule elle peut payer tout ce que
tu me dois
Par M. **
A M. DE MORVILLĖ.
Hier un enfant de voſtre connoiffance
,
Lesyeux en pleurs , l'air abattu
Tel que ni vous ni moy ne l'aviens
jamais vû ,
Me vintfaire une confidence.
C'en eft fait , me dit-il , nofire
amym'a quitté
Pourtrix de mes bienfaits le per
fide m'outrage.
Helas!jo lay bien merité !
Combien de fois ( tu peux m'en
rendre témoignage )
GALANT. 2131
Negligeant le fincere hommage
De mille Amans foumis, tendres
, difcrets ,
Ay-je lancé pour luy ces infaillibles
traits.
Que je gardepour mon uſage ,
Et qui luyfoùmettoient des coeurs .
que le volage
Alloit quitterl'infant d'aprés ;
Ab des ce temps je devois le
connoiftre
L'ingrat acheve fur le Maifire
Les maux qu'il a faits aux
fujets.
Dabord je ris de fa colere ,
Et ne crut rien de ce difcours ,
Le petit Dieu tient de fa mere
De nepas dire vray tousjours :
Cependant curieux , quel eft done
ce myſtere
MERCURE
Luy dis -je conte moy la chofe
fans détours
Etfoy & Amantje tejure
De partager ton injure.
( Entre nous je me doutois bien,
Amy, que je nerifquois rien ; )
Unejeune Beauté qui dans nofre
Amathonte ,
Dit- il , n'offrit jamais d'encens
Qui n'eut jamais pour nous que
des airs offenfans ,
Et qui pourtant à noftre honte
Voit voller les coeurs fur fes pas
Enfin qui plaift & n'aime pas..
Plus d'une fois ma mere en a
grondé le graces.....
Eh bien qu'a fait cette Beauté
?
Helas Le'eftpourfuivre fe . tra-
Les
GALANT 153
Que le volage m'a quitté,
Etpour comblerfa perfidie
De l'hymen, d'un cadet implo
rant le fecours
L'ingrat en un moment oublie
Queje fuis feulen droit de donner
de beaux jours .
De Vienne à ce nom feul je
- fens croiffre ma rage,
Loin de languir dans mes fers
Une fimple mortelle outrage
Le vainqueur de l'univers.
Quay luy dis-je , de Vienne eft le
nom de la Belle ?
Vatun'es pas fi malheureux: ~
Hymen a beau vanterfa conquefte
nouvelle ,
Elle & Thymen font attrapés
tous deux ;
Voila bien noftre amy , ce font
là de fes jeux :
134 MERCURE
Tu n'eus jamais de fujet plus
fidelle :
Il s'acquitte par-là de tout ce
qu'ilte doitr
Cet artifice heureux te vaut un
coeur rebelle
Qui t'alloit échapperfans ce détour
adroit.
Pouvoit-il jamais mieux faire
Surcefuperbecoeurte voyantfans
pouvoir,
Il a recours à ton frere ,
Qui feduit d'unfaux espoir
Fait tous les frais du myftere ;
Etpar l'évenement cette Beaute
fevere ,
S'engage à toy , fans s'en apper- ·
a
cevoir:
Qu'entens- ic?ah tu me rens la vie
Dit Enfantimmortel: &mou¬
vrantfon carquois
GALANT. 135
C'est tout mon bien , prens , tout
eft à ton choix.
Fait mieux luy dis- ie , & va
trouverSilvie
Seule elle peut payer tout ce que
tu me dois
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Résumé : EPITALAME par M. ** A M. DE MORVILLE.
L'épître relate une conversation entre un enfant et un ami au sujet d'une trahison amoureuse. L'enfant révèle que son amant l'a quitté pour une autre personne, malgré ses nombreux efforts et sacrifices. L'amant, décrit comme volage et ingrat, a également offensé un sujet en se mariant avec Vienne, une jeune beauté d'Amathonte connue pour son comportement offensant mais aimée par beaucoup. L'ami de l'enfant explique que cette situation est en réalité une ruse pour récupérer l'amour de l'enfant. L'amant a utilisé son frère pour tromper Vienne, la poussant à s'engager avec l'enfant sans s'en rendre compte. L'enfant, ravi, remercie son ami et se prépare à retrouver Sylvie, qui seule peut compenser ce qu'il doit à son ami.
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1306
p. 195-204
CHANSON Sur le Caffé. Sur l'Air du Noël des Bourgeois de Chastres, & de Monthlery.
Début :
La Fable auroit dû faire [...]
Mots clefs :
Café, Cafetière
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON Sur le Caffé. Sur l'Air du Noël des Bourgeois de Chastres, & de Monthlery.
CHANSON
Sur le
Caffér.
Sur l'Air du Noël des
Bourgeois de Chaftres,
& de
Monthlery .
La
Fable
auroit dù
faire
Une
Divinité
De l'efprit falutaire
Qu'on tire du Caffé.
Quand j'enfuis echauffe
Rij
496. MERCURE
Il me prend fantaisie
De placer ce Dieu-là
Lala,
Avec une Chanfon
Don don
Dans la Mythologie.
La divine Ambroifig
Que Jupin inventa,
Ce fut Feve choifie
Que Vulcain riffola ,
Memus la moulina
Pour rejouir la Troupe ,
Neptune l'inonda ,
GALANT. 197
La la ,
Enfin Ganimedon
Don don ,
La verfa dans la coupe's
Quoyque la Troupe
approuve
Ce jus & fon odeur , ^ \
Bachus jaloux y trouve }
Amertume noirceur ,
Il offre une liqueur
Douce , fraifche & vermeille
,
Mais on la refufa
R iij
198 MERCURE
Lala ,
Elle
endort la raifon ,
Don don ,
Le Cafféla réveille.
Quand la Troupe ce-
Lefte
Eut pris force Caffé ,
Ce qu'elle en eut de refte
Aux kumains fut donné
En nousfaifant un dọn
De ce grand specifique., .
Le Ciel nous delivra
Lala ,
BLIO
THE
LYON
GALANT.
Et de Monfieur Purgos
Don don ,
Et de fa trifte clique.
On sherche l'or pota
ble ,
VALLE
Faime mieux le Caffé,
Nef-ilpaspreferable
Puifqu'il est tout trouvé ?
D'un pauvre homme épuisé
Ilremplira les vuides ,
Son Alcalifera ,
Lala ',
Riiij
200 MERCURE
Des eftuis de Coton ,
Don don ,
Aux pointes des acides.
Philis , fans ce breuvage,
Auroit àfonreveil
Quelque vapeur fauvage,
Et le tein moins vermeil
S'il ofte le fommeil
A quelque femme éthi
que ,
En recompenfe il as
GALANT . 201
Lala ,
Pour la graffe Dondon ...
Don don ,
Vertu Soporifique
.
A l'efprit imbecile
Caffefert de fecond.
Autheur
le plus fterile
Par luy devientfecond
Par la vertu qu'il a ,
Redoublant
de memoire
,
-Un Pedant citera
Lala ,
Sans rime 5fans raifon
202 MERCURE
Don don ,
Et la Fable l'Hiftoire
Parle Caffé j'évite
L'ennuyeux compliment.
Vient-il une vifite ,
Fen offre promptement.
Un Sot en le fumant
Brille parfonfilence.
Un mot par cy par là ,
La la ,
a
Qu'ildit à un certain ton,
Don don ,
GALANT 203
Luy tient lieu d'eloquence
Sur cette Liqueur noire
&
La Cafetiere en main ;
Jepourrois àfa gloire
a
Chanter jusqu'à demams
Peut- eftre au mois prochain
Selon la reüffite
Des couplets que voilà ,
Lala
,
Et fur le mefme ton
204 MERCURE
Don don ,
Je donneray lafuite.
Sur le
Caffér.
Sur l'Air du Noël des
Bourgeois de Chaftres,
& de
Monthlery .
La
Fable
auroit dù
faire
Une
Divinité
De l'efprit falutaire
Qu'on tire du Caffé.
Quand j'enfuis echauffe
Rij
496. MERCURE
Il me prend fantaisie
De placer ce Dieu-là
Lala,
Avec une Chanfon
Don don
Dans la Mythologie.
La divine Ambroifig
Que Jupin inventa,
Ce fut Feve choifie
Que Vulcain riffola ,
Memus la moulina
Pour rejouir la Troupe ,
Neptune l'inonda ,
GALANT. 197
La la ,
Enfin Ganimedon
Don don ,
La verfa dans la coupe's
Quoyque la Troupe
approuve
Ce jus & fon odeur , ^ \
Bachus jaloux y trouve }
Amertume noirceur ,
Il offre une liqueur
Douce , fraifche & vermeille
,
Mais on la refufa
R iij
198 MERCURE
Lala ,
Elle
endort la raifon ,
Don don ,
Le Cafféla réveille.
Quand la Troupe ce-
Lefte
Eut pris force Caffé ,
Ce qu'elle en eut de refte
Aux kumains fut donné
En nousfaifant un dọn
De ce grand specifique., .
Le Ciel nous delivra
Lala ,
BLIO
THE
LYON
GALANT.
Et de Monfieur Purgos
Don don ,
Et de fa trifte clique.
On sherche l'or pota
ble ,
VALLE
Faime mieux le Caffé,
Nef-ilpaspreferable
Puifqu'il est tout trouvé ?
D'un pauvre homme épuisé
Ilremplira les vuides ,
Son Alcalifera ,
Lala ',
Riiij
200 MERCURE
Des eftuis de Coton ,
Don don ,
Aux pointes des acides.
Philis , fans ce breuvage,
Auroit àfonreveil
Quelque vapeur fauvage,
Et le tein moins vermeil
S'il ofte le fommeil
A quelque femme éthi
que ,
En recompenfe il as
GALANT . 201
Lala ,
Pour la graffe Dondon ...
Don don ,
Vertu Soporifique
.
A l'efprit imbecile
Caffefert de fecond.
Autheur
le plus fterile
Par luy devientfecond
Par la vertu qu'il a ,
Redoublant
de memoire
,
-Un Pedant citera
Lala ,
Sans rime 5fans raifon
202 MERCURE
Don don ,
Et la Fable l'Hiftoire
Parle Caffé j'évite
L'ennuyeux compliment.
Vient-il une vifite ,
Fen offre promptement.
Un Sot en le fumant
Brille parfonfilence.
Un mot par cy par là ,
La la ,
a
Qu'ildit à un certain ton,
Don don ,
GALANT 203
Luy tient lieu d'eloquence
Sur cette Liqueur noire
&
La Cafetiere en main ;
Jepourrois àfa gloire
a
Chanter jusqu'à demams
Peut- eftre au mois prochain
Selon la reüffite
Des couplets que voilà ,
Lala
,
Et fur le mefme ton
204 MERCURE
Don don ,
Je donneray lafuite.
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Résumé : CHANSON Sur le Caffé. Sur l'Air du Noël des Bourgeois de Chastres, & de Monthlery.
Le texte est une chanson sur le café, écrite sur l'air du 'Noël des Bourgeois de Chaftres et de Monthlery'. L'auteur suggère que le café pourrait être une divinité de l'esprit salutaire et imagine l'intégrer dans la mythologie. Contrairement au vin de Bacchus, le café ne nuit pas à la raison mais la réveille. La chanson décrit les bienfaits du café, soulignant sa capacité à remplir les vides d'un homme épuisé et à stimuler l'esprit. Elle met en avant que le café est préférable à la recherche de l'or potable et possède des vertus soporifiques et fécondantes pour l'esprit. La chanson se termine en mentionnant que le café évite les compliments ennuyeux et peut rendre un sot brillant par son silence. L'auteur exprime son intention de continuer à chanter les louanges du café dans des couplets futurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1307
p. 211-213
« Explication de l'Enigme, dont le mot est l'Estomac, / L'Estomac fait boüillir le pot [...] »
Début :
Explication de l'Enigme, dont le mot est l'Estomac, / L'Estomac fait boüillir le pot [...]
Mots clefs :
Estomac
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Explication de l'Enigme, dont le mot est l'Estomac, / L'Estomac fait boüillir le pot [...] »
ARTICLE
des Enigmes,
Explication de l'Enigme
, dont le mot eft
S ij
242 MERCURE
l'Eftomac, par la meſime
Dame'qui
a parodić celle
du mois precedent
..
L'Eftomac
fair bouillir
le
pot
Pour fes voisins. Il s'y
ruine.
Le palais , le gofer , luy
payent leur ecot ,
En travaillant pour la
cuifine ,
Et la poitrine eft fa voifine.
On confond l'Eftomac a
GALANT
. 265,
vec cette coquine
A qui trop parler nuit
fouvent s
Il l'entretient des fa jeuneſſes
(
De fonfexe elle a la foibleffe
,
Et quand
elle fait mal ,
S'est à luy qu'on
s'en
prend
des Enigmes,
Explication de l'Enigme
, dont le mot eft
S ij
242 MERCURE
l'Eftomac, par la meſime
Dame'qui
a parodić celle
du mois precedent
..
L'Eftomac
fair bouillir
le
pot
Pour fes voisins. Il s'y
ruine.
Le palais , le gofer , luy
payent leur ecot ,
En travaillant pour la
cuifine ,
Et la poitrine eft fa voifine.
On confond l'Eftomac a
GALANT
. 265,
vec cette coquine
A qui trop parler nuit
fouvent s
Il l'entretient des fa jeuneſſes
(
De fonfexe elle a la foibleffe
,
Et quand
elle fait mal ,
S'est à luy qu'on
s'en
prend
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Résumé : « Explication de l'Enigme, dont le mot est l'Estomac, / L'Estomac fait boüillir le pot [...] »
Le texte explique une énigme dont le mot est 'Estomac'. L'énigme est parodiée par la même dame que le mois précédent. L'Estomac fait bouillir le pot pour ses voisins, ce qui le ruine. Le palais et le gosier contribuent à la cuisine. L'Estomac est comparé à une personne à qui trop parler nuit. Il entretient cette personne de ses jeunesses et elle a la faiblesse d'un fonfexe. Lorsqu'elle fait mal, c'est à l'Estomac qu'on s'en prend.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1308
p. 213-214
Par M. Anceau.
Début :
Des voisins & de la voisine [...]
Mots clefs :
Estomac
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texteReconnaissance textuelle : Par M. Anceau.
Par M. Anceau.
Des voifins & de la
voifine
214 MERCURE
Voicy , je crois , tout le
micmac...
La jeuneſſe ſouvent fe
plaint de l'eftomac ,
La vieilleffe fouvent fe
plaint de la poitrine.
Des voifins & de la
voifine
214 MERCURE
Voicy , je crois , tout le
micmac...
La jeuneſſe ſouvent fe
plaint de l'eftomac ,
La vieilleffe fouvent fe
plaint de la poitrine.
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1309
p. 214-215
ENIGMES du mois.
Début :
Au mot de cette énigme on peut parler ainsi. [...]
Mots clefs :
Sang
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGMES du mois.
ENIGMES
du mois.
Au mot de cette
énigme
on peut parler
ainfi
Impetueux
torrent
, qui
ccurs apres toy -mefme ,
GALANT . arg
.Et qui te fuis toy-mefine
auffi ,
Que tu me caufe de foucy.
C'eft ton rapide cours qui
fait l'amour extrême .
D'un Berger fidele €5
charmant :
Mais ton rapide cours
peut le rendre incon- ·
ftant.
du mois.
Au mot de cette
énigme
on peut parler
ainfi
Impetueux
torrent
, qui
ccurs apres toy -mefme ,
GALANT . arg
.Et qui te fuis toy-mefine
auffi ,
Que tu me caufe de foucy.
C'eft ton rapide cours qui
fait l'amour extrême .
D'un Berger fidele €5
charmant :
Mais ton rapide cours
peut le rendre incon- ·
ftant.
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1310
p. 215-216
AUTRE ENIGME.
Début :
J'agite les Vaisseaux & sur mer & sur terre. [...]
Mots clefs :
Sang
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME.
agite les Vaiffeaux 5
jur mer & jur terre,
216 MERGURE
Je fuis trouble par le tonnerre
.
Jefais voler un Aigle a
vec rapidite ,
Et marcher la Tortue avec
tranquillité.
agite les Vaiffeaux 5
jur mer & jur terre,
216 MERGURE
Je fuis trouble par le tonnerre
.
Jefais voler un Aigle a
vec rapidite ,
Et marcher la Tortue avec
tranquillité.
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1311
p. 216
AUTRE ENIGME.
Début :
Sçachez que pour me faire on petrit nuit & jour. [...]
Mots clefs :
Sang
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME .
Scachez que pour mefai
re on petrit nuit & jour.
Fagis avec efprit ,jefais
pourtant la befte ,
Et fijenefuispast amour
Ceft moyqui le mets dans
la tefte.
Scachez que pour mefai
re on petrit nuit & jour.
Fagis avec efprit ,jefais
pourtant la befte ,
Et fijenefuispast amour
Ceft moyqui le mets dans
la tefte.
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1312
p. 1-17
ODE Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bretagne en 1707.
Début :
Descend de la double colline [...]
Mots clefs :
Dieu, Guerre, Duc de Bretagne, Dieux, Paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bretagne en 1707.
ODE
Sur la Naiffance de
Monfeigneur le Duc
de Bretagne en 1707 .
Defcend de la double colline
Nimphe , dont le fils amou
reux ,
Février
1711 . X
PIECES
•
Du fombre Epoux de Proferpine
Sceur fléchir le coeur rigoureux
.
Viens fervir l'ardeur qui
m'inſpire ;
Décffe , prefte moy ta Lire ,
Ou celle de ce Grec * vanté,
Dont , par le fuperbe Alexandre
Au milieu de Thebes en
cendre
,
Leféjour fut feul refpecté.
Quel Dieu propice nous
ramene ,
Pindare.
FUGITIVES.
L'efpoir que nous avions
perdu ?
Un fils de Thetis ou d'Alcmene
,, -
Par les Dieux nous cft il
rendu ?
N'en doutons point ; le Ċiel
fenfible ,
Veut réparer le coup terrible
,
Qui nous fit verfer tant de
pleurs.
Hâtez vous ,ô chafte Lucine!
Jamais plus illuftre origine
,
Ne fut digne de vos faveurs.
Xij C
7
PIECES
Peuple , voici le premier
gage ,
Des biens qui vous font
préparez ,
Cet Enfant eft l'heureux
préfage ,
I
Durepos que vous defirez .
Les premiers inftans de fa
vie ,
De la Difcorde & de l'Envie
,
Verront éteindre le flambeau
;
Il renverfera leurs Tro
phées ,
Et leurs couleuvres étouf
fées
FUUGGIITIVES.
Seront les jeux de fon berceau.
Ainfi durant la nuit obfcure
,
De Venus l'Etoile nous
luit ;
Favorable & brillante augure
,
De l'Eclat du jour qui la
fuir.
Ainfi dans le fort des tempeſtes
,
Nous voïont briller fur nos
reftes ,
Ces feux amis des Matclots,
Préfage de la Paix profonde :
X iij
PIECESC
Que le Dieu qui regne fur
l'Onde ,
Va rendre à l'Empire des
flots.:
強
Quel monftre , de carnage
avide
S'eft emparé de l'Univers ?
Quelle impitoiable Eumenide
De fes feux infecte les airs ?
Quel Dieu foufle en tous
lieux la guerre
,
Et femble à dépeupler la
terre
Exciter nos fanglantes
mains a
FUGITIVES.
7 .
Megere des Enfers bannic ,
Eit elle aujourd'huy legenie,
Qui prefide au fort des
humains ?
Arrefte , Furie implacable,
Le Ciel veut calmer fes
rigueurs ;
Les feux d'une guerre cou
> pable
N'ont trop que trop
embrafé
nos coeurs.
Aimable Paix , Vierge facrée
,
Defcends de la voûte azurée;
Viens voir les Temples
relevez
,
X
iiijj
8 PIECES
Et ramene at fein de nos
Villes
Les Dieux bien faifans &
tranquilles ,
Que nos crimes ont foulevez.
維
Mais où fuis- je ? quel trait
de flame
M'échaufe d'une fainte horreur
?
Quel Dieu fait entrer dans
mon ame ,
Une profetique fureur ?
Loin d'ici prophane vulgaire
;
FUGITIVES.
Apollon m'infpire & m'éclaire,
C'est luy , je le vois , je le
lens ;
Mon coeur cede à fa violence
:
Mortels refpectez la pres
fence ;
Prétez l'orreille à mes
accens.
Les temps prédits par la
Sibille ,
A leurs termes font par
venus ,
Nous touchons au regne
tranquille ,
To PIECES
Du vieux Saturne & de
Janus.
Voici la faifon defirée ,
Où Themis & fa foeur
Aftrée ,
Rétabli fans leurs faints
Autels ,
Vont ramener ces jours
infignes ,
Où nos vertus nous rendoient
dignes
Du commerce des Immortels.
Que vois - je ! quel nouveau
miracle ,
Tient encor , mes fens enchantez
?
FUGITIVES. *
Quel vafte , quel pompeux
Lpectacle ,
Frappe mes yeux épous
vantez ?
Un nouveau monde vient
d'éclore ,
L'Univers fe reforme ens
core ,
Dans les abîmes du Chaos ;
Et pour reparer les ruines ,
Je vois des demeures divines
,
Defcendre un peuple de
Heros.
Les elemens ceffent leur
guerre ,
PIECES
Les Cieux ont repris leur
azur
Un feu facré purge la ter
rc ,
De tout ce qu'elle avoit
d'impur.
On ne craint plus l'herbe
mortelle
;
Etle crocodile infidele
Du Nil ne trouble plus les
eaux
Les Lions dépouillent leur
rage ,
Et dans le même pâturage ,
Bondiffent avec les troupeaux.
J
FUGITIVES. 1
C'eft ainfi que la main des
Parques ,
Va nous filer le fiecle heureux
Qui du plus puiffant des
Monarques ,
Doit couronner les juftes
voeux .
Efperons des jours plus pai
fibles
,
Les Dieux ne font point
inflexibles
Puifqu'ils puniffent nos
forfaits.
Dans leurs rigueurs les plus
aufteres ,
Souvent leurs Acaux falutaires
,
14 PIECES
Sont un gage de leurs bienfaits.
Le Ciel dans une nuit
fonde
pro-
Se plaift à nous cacher fes
loix ;
Les Rois font les Mailtres
du monde ,
Les Dieux font les Maitres
des Rois ;
La valeur , le foip , la prudence
,
Des decrets de la Providen
ce .
Ne changent point l'ordre
arrefté ;
Et leur regle conſtante &
fûre
FUGITIVES . 15
Fait feule icy bas la meſure
Des biens & de l'adverfité.
Mais
que
fais - cu , Mufe infenfée
?
Ou tend ce vol ambitieux ?
Ole-tu porter ta penſée
Jufques dans le Confeil des
Dicux ?
Reprime une ardeur perilleufe
,
Ne va point d'une alle ore
güeilleufe
Chercher ta perte dans les
airs ;
Et par des routes inconnuës
,
1.6 PIECES
-4
Suivant Icare au haut des
-nuës ,
Crains de tomber au fond
des Mers.
Si pourtant quelque Esprit
timide ,
Du Pinde ignorant les détours
,
Oppofoit les regles d'Euclide
Aux defordres de mes difcours
;
Qu'il fçache qu'autrefois
Virgile
Fit même aux Mufes de Sicile
FUGITIVES . 17
Approuver de pareils tranf
ports
Et qu'enfin cet heureux dé .
lire
Des plus grands Maiftres de
la Lire
Immortalife les accords.
Sur la Naiffance de
Monfeigneur le Duc
de Bretagne en 1707 .
Defcend de la double colline
Nimphe , dont le fils amou
reux ,
Février
1711 . X
PIECES
•
Du fombre Epoux de Proferpine
Sceur fléchir le coeur rigoureux
.
Viens fervir l'ardeur qui
m'inſpire ;
Décffe , prefte moy ta Lire ,
Ou celle de ce Grec * vanté,
Dont , par le fuperbe Alexandre
Au milieu de Thebes en
cendre
,
Leféjour fut feul refpecté.
Quel Dieu propice nous
ramene ,
Pindare.
FUGITIVES.
L'efpoir que nous avions
perdu ?
Un fils de Thetis ou d'Alcmene
,, -
Par les Dieux nous cft il
rendu ?
N'en doutons point ; le Ċiel
fenfible ,
Veut réparer le coup terrible
,
Qui nous fit verfer tant de
pleurs.
Hâtez vous ,ô chafte Lucine!
Jamais plus illuftre origine
,
Ne fut digne de vos faveurs.
Xij C
7
PIECES
Peuple , voici le premier
gage ,
Des biens qui vous font
préparez ,
Cet Enfant eft l'heureux
préfage ,
I
Durepos que vous defirez .
Les premiers inftans de fa
vie ,
De la Difcorde & de l'Envie
,
Verront éteindre le flambeau
;
Il renverfera leurs Tro
phées ,
Et leurs couleuvres étouf
fées
FUUGGIITIVES.
Seront les jeux de fon berceau.
Ainfi durant la nuit obfcure
,
De Venus l'Etoile nous
luit ;
Favorable & brillante augure
,
De l'Eclat du jour qui la
fuir.
Ainfi dans le fort des tempeſtes
,
Nous voïont briller fur nos
reftes ,
Ces feux amis des Matclots,
Préfage de la Paix profonde :
X iij
PIECESC
Que le Dieu qui regne fur
l'Onde ,
Va rendre à l'Empire des
flots.:
強
Quel monftre , de carnage
avide
S'eft emparé de l'Univers ?
Quelle impitoiable Eumenide
De fes feux infecte les airs ?
Quel Dieu foufle en tous
lieux la guerre
,
Et femble à dépeupler la
terre
Exciter nos fanglantes
mains a
FUGITIVES.
7 .
Megere des Enfers bannic ,
Eit elle aujourd'huy legenie,
Qui prefide au fort des
humains ?
Arrefte , Furie implacable,
Le Ciel veut calmer fes
rigueurs ;
Les feux d'une guerre cou
> pable
N'ont trop que trop
embrafé
nos coeurs.
Aimable Paix , Vierge facrée
,
Defcends de la voûte azurée;
Viens voir les Temples
relevez
,
X
iiijj
8 PIECES
Et ramene at fein de nos
Villes
Les Dieux bien faifans &
tranquilles ,
Que nos crimes ont foulevez.
維
Mais où fuis- je ? quel trait
de flame
M'échaufe d'une fainte horreur
?
Quel Dieu fait entrer dans
mon ame ,
Une profetique fureur ?
Loin d'ici prophane vulgaire
;
FUGITIVES.
Apollon m'infpire & m'éclaire,
C'est luy , je le vois , je le
lens ;
Mon coeur cede à fa violence
:
Mortels refpectez la pres
fence ;
Prétez l'orreille à mes
accens.
Les temps prédits par la
Sibille ,
A leurs termes font par
venus ,
Nous touchons au regne
tranquille ,
To PIECES
Du vieux Saturne & de
Janus.
Voici la faifon defirée ,
Où Themis & fa foeur
Aftrée ,
Rétabli fans leurs faints
Autels ,
Vont ramener ces jours
infignes ,
Où nos vertus nous rendoient
dignes
Du commerce des Immortels.
Que vois - je ! quel nouveau
miracle ,
Tient encor , mes fens enchantez
?
FUGITIVES. *
Quel vafte , quel pompeux
Lpectacle ,
Frappe mes yeux épous
vantez ?
Un nouveau monde vient
d'éclore ,
L'Univers fe reforme ens
core ,
Dans les abîmes du Chaos ;
Et pour reparer les ruines ,
Je vois des demeures divines
,
Defcendre un peuple de
Heros.
Les elemens ceffent leur
guerre ,
PIECES
Les Cieux ont repris leur
azur
Un feu facré purge la ter
rc ,
De tout ce qu'elle avoit
d'impur.
On ne craint plus l'herbe
mortelle
;
Etle crocodile infidele
Du Nil ne trouble plus les
eaux
Les Lions dépouillent leur
rage ,
Et dans le même pâturage ,
Bondiffent avec les troupeaux.
J
FUGITIVES. 1
C'eft ainfi que la main des
Parques ,
Va nous filer le fiecle heureux
Qui du plus puiffant des
Monarques ,
Doit couronner les juftes
voeux .
Efperons des jours plus pai
fibles
,
Les Dieux ne font point
inflexibles
Puifqu'ils puniffent nos
forfaits.
Dans leurs rigueurs les plus
aufteres ,
Souvent leurs Acaux falutaires
,
14 PIECES
Sont un gage de leurs bienfaits.
Le Ciel dans une nuit
fonde
pro-
Se plaift à nous cacher fes
loix ;
Les Rois font les Mailtres
du monde ,
Les Dieux font les Maitres
des Rois ;
La valeur , le foip , la prudence
,
Des decrets de la Providen
ce .
Ne changent point l'ordre
arrefté ;
Et leur regle conſtante &
fûre
FUGITIVES . 15
Fait feule icy bas la meſure
Des biens & de l'adverfité.
Mais
que
fais - cu , Mufe infenfée
?
Ou tend ce vol ambitieux ?
Ole-tu porter ta penſée
Jufques dans le Confeil des
Dicux ?
Reprime une ardeur perilleufe
,
Ne va point d'une alle ore
güeilleufe
Chercher ta perte dans les
airs ;
Et par des routes inconnuës
,
1.6 PIECES
-4
Suivant Icare au haut des
-nuës ,
Crains de tomber au fond
des Mers.
Si pourtant quelque Esprit
timide ,
Du Pinde ignorant les détours
,
Oppofoit les regles d'Euclide
Aux defordres de mes difcours
;
Qu'il fçache qu'autrefois
Virgile
Fit même aux Mufes de Sicile
FUGITIVES . 17
Approuver de pareils tranf
ports
Et qu'enfin cet heureux dé .
lire
Des plus grands Maiftres de
la Lire
Immortalife les accords.
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Résumé : ODE Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bretagne en 1707.
Le texte est une ode célébrant la naissance du Duc de Bretagne en 1707, écrite en février 1711. L'auteur commence par invoquer les muses et les dieux pour inspirer son écriture, comparant son œuvre à celle du poète antique Pindare. Il exprime l'espoir renouvelé apporté par la naissance de l'enfant, perçu comme un signe de paix et de prospérité future. Le peuple est encouragé à voir en cet enfant un présage de jours meilleurs, où la discorde et l'envie seront vaincues. L'auteur décrit une vision apocalyptique suivie d'une renaissance, où la nature et les éléments retrouvent leur harmonie. Il évoque ensuite la justice et la vertu qui doivent régner, rappelant que les dieux et la providence dirigent le destin des rois et des hommes. Conscient de l'audace de ses pensées, l'auteur se reprend et rappelle que même les grands poètes comme Virgile ont osé des transports similaires dans leurs œuvres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1313
p. 17-20
L'ÉTENDART. Fable Allegorique sur le retour de Mr le D. de B. de la Campagne de Nimegue.
Début :
Amour voulant lever un Regiment, [...]
Mots clefs :
Amour, Étendard
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'ÉTENDART. Fable Allegorique sur le retour de Mr le D. de B. de la Campagne de Nimegue.
L'ETENDAR T.
Fable Allegorique fur le retour
de Mrle D. de B. de la Cam
pagne de Nimegue.
Amour voulant lever un
Regiment,
Février
1711. Y
18 PIECES
Battoit la caiffe autour de
fes domaines ;
Soins & Soupirs eftoient fes
Capitaines ,
Dards & Brandons faifoient
fon armement :
Un Etendart lui manquoit
feulement .
Il en cherchoit , quand nôtre
Alcide ,
Victorieux du Batave perfi
dc ,
Lui dit : Amour, daigne entendre
ma voix ;
Va de ma part trouver Adelaïde
,
Entretiens - la de mes premiers
Exploits.
FUGITIVES . 19
C'est elle feule à qui j'en
rend l'hommage ;
Vole & reviens : le Dieu fait
fon meffage
,
Et luy parlant il voit couler
foudain
Des pleurs mêlez de tendref
Le & de joye ;
Prix du Vainqueur qu'une
foigneufe main ,
Va recueillir dans un drapeau
de foye.
Amour foûrit , & le mettant
à
part :
Bon , bon , dit-il , voila mon
Eccndart.
Sous ces Drapeaux , Caporaux
ny Gendarmes ,
20 PIECES
Tours ni Remparts , rien ne
refiftera ;
Et
par hafard quand il me
manquera ,
J'ay ma reffource en ces
yeux pleins de charmes :
Noftre Heros fouvent luy
donnera
Nouveaux fujets à de pareil
les larmes..
Fable Allegorique fur le retour
de Mrle D. de B. de la Cam
pagne de Nimegue.
Amour voulant lever un
Regiment,
Février
1711. Y
18 PIECES
Battoit la caiffe autour de
fes domaines ;
Soins & Soupirs eftoient fes
Capitaines ,
Dards & Brandons faifoient
fon armement :
Un Etendart lui manquoit
feulement .
Il en cherchoit , quand nôtre
Alcide ,
Victorieux du Batave perfi
dc ,
Lui dit : Amour, daigne entendre
ma voix ;
Va de ma part trouver Adelaïde
,
Entretiens - la de mes premiers
Exploits.
FUGITIVES . 19
C'est elle feule à qui j'en
rend l'hommage ;
Vole & reviens : le Dieu fait
fon meffage
,
Et luy parlant il voit couler
foudain
Des pleurs mêlez de tendref
Le & de joye ;
Prix du Vainqueur qu'une
foigneufe main ,
Va recueillir dans un drapeau
de foye.
Amour foûrit , & le mettant
à
part :
Bon , bon , dit-il , voila mon
Eccndart.
Sous ces Drapeaux , Caporaux
ny Gendarmes ,
20 PIECES
Tours ni Remparts , rien ne
refiftera ;
Et
par hafard quand il me
manquera ,
J'ay ma reffource en ces
yeux pleins de charmes :
Noftre Heros fouvent luy
donnera
Nouveaux fujets à de pareil
les larmes..
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Résumé : L'ÉTENDART. Fable Allegorique sur le retour de Mr le D. de B. de la Campagne de Nimegue.
La fable allégorique 'L'ETENDAR T.' de février 1711 raconte le désir d'Amour de lever un régiment. Après avoir rassemblé ses troupes et préparé son armement, Amour cherche un étendard. Alcide, victorieux des Bataves, suggère à Amour de consulter Adélaïde au sujet de ses premiers exploits. Amour rencontre Adélaïde, qui verse des larmes de tendresse et de joie. Elle offre à Amour un drapeau de soie en guise de prix, qu'il accepte comme étendard. Amour affirme que sous ce drapeau, rien ne résistera et qu'il pourra toujours compter sur les charmes d'Adélaïde pour obtenir de nouvelles larmes, symbolisant ainsi l'amour et la victoire.
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1314
p. 21-26
A Mr R**** sur sa Terre du Coudray.
Début :
Digne & noble heritier des premieres vertus [...]
Mots clefs :
Coudray
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texteReconnaissance textuelle : A Mr R**** sur sa Terre du Coudray.
A MR **** A&M
furfa Terre du Coudray!
Digne & noble heritier des
premieres vertus
Qu'on adora jadis fous
l'Empire de Rhée ,
Qui feul dans les Palais de
l'aveugle Plutus
Ofâtes introduire Aftrée..
Renoncez pour un tems aux
travaux de Themis ;.
PIECES
Venez voir ces Cofteaux enrichis
de verdure ,
Et ces Bois paternels où l'are
humble & foûmis
Laiffe encor regner la nature.
Les Hyades , Vertumne , &
l'humide Orion
Sur la terre embrafée ont
verfé leurs largefes ;
Ec Bacchus échappé des fureurs
du Lion ,
Songe à vous tenir fes
promeffes.
FUGITIVES. 23
O ! rivages cheris! vallons ai
mez des Cieux ,
Dont jamais n'approcha la
trifteffe importune ,
Et dont le Protecteur tran
quile & glorieux
Ne rougit pointde fa for
tune !
Trop heureux quidu champ
par fes peres laiffé
Peut parcourir au loin les li
mites antiques,
Sans redouter les cris de l'orphelin
chaffé
Da fein de fes Dieux do
meftiques !
24 PIECES
Sous des lambris dorcz l'ins
jufte raviffeur
Entretient le Vautour dont
il eft la victime :
Combien peu de mortels
connoiffent la douceur
D'un bonheur pur & legitime
!
Jouiffez en repos de ce bien
fortuné ,
Le calme & l'innocence y
tiennent leur empire ,
Et des foucis affreux le foufle
empoisonné
N'y corrompt point l'air
qu'on refpire.
Pan ,
FUGITIVES. 23
Pan , Diane , Apollon , les
Faunes , les Sylvains
Peuplent icy vos bois , vos
vergers, vos montagnes ;
La ville eft le féjour des profanes
humains ,
Les Dieux habitent la
campagne .
C'est là que Thomme apprend
leurs mifteres fecrets ,
Et que contre le fort muniffant
fa foibleffe , 13
Il jouit de foi même , & s'ab
breuve à longs traits a
Dans les fources de la Sageffe
.
Février
1711 :
Z
PIECES
1
1
C'eſt là que le Romain
T
dont l'éloquente voix
D'un joug prefque certain
fauva la Republique,
Fortifieroit fon coeur dans
l'étude des Loix
{
Ou du Licée ou du Portique.
Libre de foins publics qui
le faifoient rêver ,
Sa main du Confulat laiffoit
aller les rênes ,
Et courant à Tufcule il alloic
cultiver
Les fruits de l'Ecole d'Athénes.
furfa Terre du Coudray!
Digne & noble heritier des
premieres vertus
Qu'on adora jadis fous
l'Empire de Rhée ,
Qui feul dans les Palais de
l'aveugle Plutus
Ofâtes introduire Aftrée..
Renoncez pour un tems aux
travaux de Themis ;.
PIECES
Venez voir ces Cofteaux enrichis
de verdure ,
Et ces Bois paternels où l'are
humble & foûmis
Laiffe encor regner la nature.
Les Hyades , Vertumne , &
l'humide Orion
Sur la terre embrafée ont
verfé leurs largefes ;
Ec Bacchus échappé des fureurs
du Lion ,
Songe à vous tenir fes
promeffes.
FUGITIVES. 23
O ! rivages cheris! vallons ai
mez des Cieux ,
Dont jamais n'approcha la
trifteffe importune ,
Et dont le Protecteur tran
quile & glorieux
Ne rougit pointde fa for
tune !
Trop heureux quidu champ
par fes peres laiffé
Peut parcourir au loin les li
mites antiques,
Sans redouter les cris de l'orphelin
chaffé
Da fein de fes Dieux do
meftiques !
24 PIECES
Sous des lambris dorcz l'ins
jufte raviffeur
Entretient le Vautour dont
il eft la victime :
Combien peu de mortels
connoiffent la douceur
D'un bonheur pur & legitime
!
Jouiffez en repos de ce bien
fortuné ,
Le calme & l'innocence y
tiennent leur empire ,
Et des foucis affreux le foufle
empoisonné
N'y corrompt point l'air
qu'on refpire.
Pan ,
FUGITIVES. 23
Pan , Diane , Apollon , les
Faunes , les Sylvains
Peuplent icy vos bois , vos
vergers, vos montagnes ;
La ville eft le féjour des profanes
humains ,
Les Dieux habitent la
campagne .
C'est là que Thomme apprend
leurs mifteres fecrets ,
Et que contre le fort muniffant
fa foibleffe , 13
Il jouit de foi même , & s'ab
breuve à longs traits a
Dans les fources de la Sageffe
.
Février
1711 :
Z
PIECES
1
1
C'eſt là que le Romain
T
dont l'éloquente voix
D'un joug prefque certain
fauva la Republique,
Fortifieroit fon coeur dans
l'étude des Loix
{
Ou du Licée ou du Portique.
Libre de foins publics qui
le faifoient rêver ,
Sa main du Confulat laiffoit
aller les rênes ,
Et courant à Tufcule il alloic
cultiver
Les fruits de l'Ecole d'Athénes.
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Résumé : A Mr R**** sur sa Terre du Coudray.
En février 1711, une annonce publicitaire propose la vente de terres en France à un noble héritier. Le texte invite à quitter temporairement les travaux de la justice pour découvrir des paysages verdoyants et des bois paisibles. Les terres sont décrites comme des rivages et vallons protégés de la tristesse et de la fortune malveillante, offrant une vie loin des cris des orphelins. Le texte oppose la vie campagnarde à la vie urbaine, où règnent injustice et soucis. La campagne est présentée comme un lieu de douceur et d'innocence, habitée par des divinités comme Pan, Diane et Apollon. Elle permet à l'homme de s'abreuver à la sagesse et de jouir de soi-même. L'annonce évoque également un Romain dont l'éloquence sauva la République, suggérant qu'il pourrait cultiver les fruits de l'École d'Athènes à Tusculum, libéré des soucis publics.
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1315
p. 27-39
LA VOLIERE. Fable Allegorique.
Début :
Qui voudra voir Cicognes attroupées, [...]
Mots clefs :
Amours, Volière, Nymphe
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texteReconnaissance textuelle : LA VOLIERE. Fable Allegorique.
LA VOLIERE.
Fable
Allegorique.
Qui voudra voir Cicognes
attroupées ,
Doir naviger fur l'Hebre
Tracien.
Qui veut fçavoir où font
Poules jafpées ,
Vifitera le bord Numidien .
Qui fe fera d'Himette Citoyen
,
Verra foifon d'Abeilles , &
de ruches ,
Zij
28 PIECES
.
Et voyageant au Pays Indien
,
L'air trouvera tout peuplé
de Perruches ,
Car en fes loix Nature a limité
A chaque efpece un climaɛ
affecté.
Mais fi quelqu'un , de d'ef
pece emplumée
Qu'on nomme Amours , a
curiofité ,
Paris tout feul doit eftre vifité.
Ville ne fçay de tant d'Amours
femée ;
Pour ce feul point croirois
FUGITIVES: 19
qu'on l'a nommée
Paris fans pair ..... or fans
obfcurité
Expliquons nous . C'eft qu'-
en cette Cité
De cent Palais , de cent Hôtels
fournie' ,
Eft un Hôtel entre tous
exalté ,
Non pour loger richeffe , &
vanité ;
Lambris dorez , Peinture
bien finie ,
Lits de brocard , ou telle autre
manie
Mais pour loger la Nimphe
Urbánie ,
Z iij
30
PIECES
En qui reluit gentilleffe &
beauté ,
Nobleffe d'ame , hilaricux
genie,
Et un efprit pardeffus l'or
•
vanté;
En ce lieu donc , Amours de
tout plumage ,
Des bords de l'Ebre & desrives
du Tage ,
De toutes parts viennent fe
rallier ,
Tels que Pigeons volans au
Colombier ;
Il en arrive & de France &
d'Espagne ,
Et d'Italie, & du Nord, d'Allemagne
;
FUGITIVES. 31
Ceux là petits , mais alertes
& vifs ,
Ceux- cy plus grands , mais
lourds, froids, & maffifs :
Et ce qui plus l'attention réveille
,
Quand on va voir ces petits
enfançons ,
C'eft qu'ils font tous differens
à merveille ,
Car il en vient de toutes les
façons :
Amours pimpans , friſques ,
&
beaux
garçons ,
Petits Amours à face rechtgnée
,
Z iiij
32
PIECES
Amours Marquis & de haute
lignée ,
Amours de Robbe & portant
le Bonnet ,
Amours d'Epée, Amours de
Cabinet ;
D'iceux pourtant eft petite
poignée ,
Tous vont chez elle employer
leur journée ;
Amours Barbons y font
même leurs Cours ,
Et font reçus malgré leurs
longs difcours ;
Car tout fait nombre . Enfin
toute l'année ,
Dimanche ou non , s'y tient
FUGITIVES. 33
Foire d'Amours ,
Comme l'on voit en l'Automne
premiere
Feuilles à tas dans l'Ardenne
pleuvoir ,
Ou bien oiſeaux voller par
fourmilliere
Sur un grand Pin qui leur
fert de dortoir ;
Auffi voit- on , du matin juf
qu'au foir ,
Gentils Amours , oifeaux de
fa voliere ,
Pleuvoir en foule en ce joli
manoir ,
Et fait bon voir attroupez
autour
d'elle
34
PIECES
Tous ces Oifeaux leur plu
mage étaler ,
Se rengorger , piaffer , caracoller
,
Toûjours fifflans chanfons ,
& ritournelle ,
Et petits Airs , langages des
ruelles ,
Puis jeux badins , volatille
nouvelle ,
་
De gentilleffe avec eux difputer
,
Voler foupirs , & petits
foins troter
Par le logis , or fretillans de
l'aile ,
Or de la queue , or des pieds
tricoter ,
FUGITIVES
35
Danfer , baller , trépudier ,
faurer :
Oncques ne fit le vray Poli
chinele
Semblables tours ; ainfi dans
la maifon
Joyeufeté , farces , badineries
,
Inventions
, &
telles
drôleries
Hiver, Eté, font toûjours de
faifon ;
Momus luy- même avec fes
momeries
Ne nous rendroit à rire plus
enclins ,
Car en tous temps ces petits
Trivelins
36 PIECES
Vont inventant nouvelles
fingeries ,
Et prend la Nimphe au vifage
vermeil ,
A leurs ébats paffe - remps
nompareil.
Mais aprés tout un point me
fcandalife ,
Et fuis honteux , s'il faut que
je le dife ,
De voir comment ces pauvres
infenfez ,
Qui pour l'honneur d'eftre
fes domeftiques
Ont laiffé - là leurs meilleures
pratiques.
De leurs travaux font mak
recompenfez ,
FUGITIVES. 37
Car ne croyez qu'ils ayent
appanages ;
Ains ils font tous tres chichement
payez ,
Ne gagnant rien , fors quelques
arrerages
De lorgnerie , ou tels menus
fuffrages ;
Et les croit on encor falariez
Trop graffement : maints la
fervent fans gages ,
Maints la fervant font baffoüez
, honnis ,
Moquez , bernez , traitez
comme ennemis ,
Et quelquefois foufflersd'entrer
en danfe ,
38 PIECES
De liberté jamais nulle efperance
,
Mieux aimerois eftre efclave
à Thunis.
Partant , Amours , qui n'avez
point de nids ,
Cherchez ailleurs ; mal feur
cft cette hofpice ;
Dehors font beaux , & beau
le frontispice ,
Mais le dedans , autre eft la
question .
Je m'en iray fi l'on me fait
outrage ,
Me direz vous : Eh! pauvre
Alerion ,
Quand une fois on eſt dans
cette cage,
FUGITIVES. 39
On n'en fort pas , c'eſt l'antre
du Lion ;
Pour échapper de fi fortes
Baftilles ,
Vous chercheriez en vain
Porte , ou guichet ,
Tout voftre effort feroit pu
res vetilles ,
Plus fins que vous font pris
au trébuchet.
Fable
Allegorique.
Qui voudra voir Cicognes
attroupées ,
Doir naviger fur l'Hebre
Tracien.
Qui veut fçavoir où font
Poules jafpées ,
Vifitera le bord Numidien .
Qui fe fera d'Himette Citoyen
,
Verra foifon d'Abeilles , &
de ruches ,
Zij
28 PIECES
.
Et voyageant au Pays Indien
,
L'air trouvera tout peuplé
de Perruches ,
Car en fes loix Nature a limité
A chaque efpece un climaɛ
affecté.
Mais fi quelqu'un , de d'ef
pece emplumée
Qu'on nomme Amours , a
curiofité ,
Paris tout feul doit eftre vifité.
Ville ne fçay de tant d'Amours
femée ;
Pour ce feul point croirois
FUGITIVES: 19
qu'on l'a nommée
Paris fans pair ..... or fans
obfcurité
Expliquons nous . C'eft qu'-
en cette Cité
De cent Palais , de cent Hôtels
fournie' ,
Eft un Hôtel entre tous
exalté ,
Non pour loger richeffe , &
vanité ;
Lambris dorez , Peinture
bien finie ,
Lits de brocard , ou telle autre
manie
Mais pour loger la Nimphe
Urbánie ,
Z iij
30
PIECES
En qui reluit gentilleffe &
beauté ,
Nobleffe d'ame , hilaricux
genie,
Et un efprit pardeffus l'or
•
vanté;
En ce lieu donc , Amours de
tout plumage ,
Des bords de l'Ebre & desrives
du Tage ,
De toutes parts viennent fe
rallier ,
Tels que Pigeons volans au
Colombier ;
Il en arrive & de France &
d'Espagne ,
Et d'Italie, & du Nord, d'Allemagne
;
FUGITIVES. 31
Ceux là petits , mais alertes
& vifs ,
Ceux- cy plus grands , mais
lourds, froids, & maffifs :
Et ce qui plus l'attention réveille
,
Quand on va voir ces petits
enfançons ,
C'eft qu'ils font tous differens
à merveille ,
Car il en vient de toutes les
façons :
Amours pimpans , friſques ,
&
beaux
garçons ,
Petits Amours à face rechtgnée
,
Z iiij
32
PIECES
Amours Marquis & de haute
lignée ,
Amours de Robbe & portant
le Bonnet ,
Amours d'Epée, Amours de
Cabinet ;
D'iceux pourtant eft petite
poignée ,
Tous vont chez elle employer
leur journée ;
Amours Barbons y font
même leurs Cours ,
Et font reçus malgré leurs
longs difcours ;
Car tout fait nombre . Enfin
toute l'année ,
Dimanche ou non , s'y tient
FUGITIVES. 33
Foire d'Amours ,
Comme l'on voit en l'Automne
premiere
Feuilles à tas dans l'Ardenne
pleuvoir ,
Ou bien oiſeaux voller par
fourmilliere
Sur un grand Pin qui leur
fert de dortoir ;
Auffi voit- on , du matin juf
qu'au foir ,
Gentils Amours , oifeaux de
fa voliere ,
Pleuvoir en foule en ce joli
manoir ,
Et fait bon voir attroupez
autour
d'elle
34
PIECES
Tous ces Oifeaux leur plu
mage étaler ,
Se rengorger , piaffer , caracoller
,
Toûjours fifflans chanfons ,
& ritournelle ,
Et petits Airs , langages des
ruelles ,
Puis jeux badins , volatille
nouvelle ,
་
De gentilleffe avec eux difputer
,
Voler foupirs , & petits
foins troter
Par le logis , or fretillans de
l'aile ,
Or de la queue , or des pieds
tricoter ,
FUGITIVES
35
Danfer , baller , trépudier ,
faurer :
Oncques ne fit le vray Poli
chinele
Semblables tours ; ainfi dans
la maifon
Joyeufeté , farces , badineries
,
Inventions
, &
telles
drôleries
Hiver, Eté, font toûjours de
faifon ;
Momus luy- même avec fes
momeries
Ne nous rendroit à rire plus
enclins ,
Car en tous temps ces petits
Trivelins
36 PIECES
Vont inventant nouvelles
fingeries ,
Et prend la Nimphe au vifage
vermeil ,
A leurs ébats paffe - remps
nompareil.
Mais aprés tout un point me
fcandalife ,
Et fuis honteux , s'il faut que
je le dife ,
De voir comment ces pauvres
infenfez ,
Qui pour l'honneur d'eftre
fes domeftiques
Ont laiffé - là leurs meilleures
pratiques.
De leurs travaux font mak
recompenfez ,
FUGITIVES. 37
Car ne croyez qu'ils ayent
appanages ;
Ains ils font tous tres chichement
payez ,
Ne gagnant rien , fors quelques
arrerages
De lorgnerie , ou tels menus
fuffrages ;
Et les croit on encor falariez
Trop graffement : maints la
fervent fans gages ,
Maints la fervant font baffoüez
, honnis ,
Moquez , bernez , traitez
comme ennemis ,
Et quelquefois foufflersd'entrer
en danfe ,
38 PIECES
De liberté jamais nulle efperance
,
Mieux aimerois eftre efclave
à Thunis.
Partant , Amours , qui n'avez
point de nids ,
Cherchez ailleurs ; mal feur
cft cette hofpice ;
Dehors font beaux , & beau
le frontispice ,
Mais le dedans , autre eft la
question .
Je m'en iray fi l'on me fait
outrage ,
Me direz vous : Eh! pauvre
Alerion ,
Quand une fois on eſt dans
cette cage,
FUGITIVES. 39
On n'en fort pas , c'eſt l'antre
du Lion ;
Pour échapper de fi fortes
Baftilles ,
Vous chercheriez en vain
Porte , ou guichet ,
Tout voftre effort feroit pu
res vetilles ,
Plus fins que vous font pris
au trébuchet.
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Résumé : LA VOLIERE. Fable Allegorique.
La fable 'La Volière' met en scène la diversité des oiseaux et des amours à travers différentes régions du monde. Elle commence par évoquer les cigognes en Tracie, les poules en Numidie et les abeilles en Himette, soulignant que chaque espèce a un climat spécifique selon les lois de la nature. Pour observer les amours, Paris est présentée comme la ville idéale, réputée pour en abriter une grande variété. À Paris, une nymphe nommée Urbánie, connue pour sa gentillesse, sa beauté, sa noblesse d'âme et son esprit, attire des amours de diverses régions, y compris la France, l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne. Ces amours, qu'ils soient petits et vifs ou grands et lourds, se rassemblent autour d'Urbánie, formant une foire perpétuelle. Ils passent leur temps à chanter, danser et jouer, apportant joie et badinage dans la maison. Cependant, la fable critique la condition des amours, qui sont mal récompensés pour leurs services. Ils sont souvent mal payés, moqués et traités comme des ennemis. La liberté leur est refusée, et il est difficile de s'échapper de cette situation. La conclusion est que, bien que l'extérieur de cette 'volière' soit attrayant, l'intérieur est oppressant.
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1316
p. 40-48
EPITRE A Monsieur le Comte d'Ayen.
Début :
Comte, pour qui terminant tout procés [...]
Mots clefs :
Comte d'Ayen
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE A Monsieur le Comte d'Ayen.
EPITRE
A Monfieur le Comte
d'Ayen.
Comte , pour qui terminant
tout procés
Avec voftre Vertu Fortune
a fait la paix ;
Jaçoit qu'en vous gloire &
haute naiffance
Soit alliée à titres & puif
fance ,
Que de fplendeurs & d'honneurs
meritez ;
Si toutesfois ne font- ce ces
bluettes
FUGITIVES. 41
Qui vous ont mis en l'eftime
où vous êtes ;
Car ce n'eft pas l'or qui fur
Vous reluit
Qui vous acquiert renommée
& bon bruit ;
Que j'aye un livre où femblable
écriture
,
Il ne me chaut de belle
couverture ,
Riches fermoirs & dehorsnon
communs ,
Si le dedans font difcours
importuns ,
Vil pot pourri de Profe dé
labrée ,
Février 1711. Aa
42 PIECES
Oeuvre de Pic, ou telle autre
denrée.
Donc , qui met l'homme en
richeffe & credit ?
Richeffe d'ame & culture :
d'efprit.
Puis joignez y revenus honorables
,
Biens de fortune , titres admirables
;
Je le veux bien , cela ne fait :
nul mal ;
Mais le premier & le point
capital ,
C'eft luy fans plus ; & c'cft
par là , beau Sire ,
Que moy chetif, vous prife
& vous admire.
FUGITIVES. 43
En vous ay vû par un mer-
• veilleux cas ,
Unis & joints Virgile & Mecenas
;
De l'un , avez la grace & la
faconde ;
De l'autre , accueil & douceur
fans feconde ,
En Profe , en Vers , eftes
paffé Docteur ,
Et recitez trop mieux qu'un
Orateur..
C'en est le tout , car en chang
harmonique ,
Non moins primez qu'en '
rime
poëtique ,
Et avec los de bon harmo
niqueur, Aaij
44
PIECES
1
Auffi l'avez de bon Poëtiqueurs
Toûjours chez vous abonde
compagnie
D'efprits divins , de fuivans
d'Uranic .
Toujours y font Ciftres me--
lodieux ,
Gentils Harpeurs , & Mc
neftrels joyeux ,
Et de leur art bien fçavez les
rubriques ;
Même on m'a dit qu'aux rives
Sequaniques ,
N'a pas longtemps ,
telle chanfon ,
fonnicz
Qu'hoftes des Bois accouru
rent au fon ,
FUGITIVES . *
Si qu'cuffiez vû fauter blans
ches Dryades
,
Et de leurs lits fortir belles
Nayades.
Et fe difoient : Oh ! qu'il
chantonne bien.
Seroit - ce point Apollon
Delphien !
Venez , voyez , tant a beau
le vifage ,
Doux fes regards , & noble
le corfage ,
C'eft il, fans faute ; & Nim-
*phes d'admirer ,
Et les Silvains entr'eux de
murmurer..
Cetuy cy vient pour nos
Nimphes féduire,
46 PIECES
Se difoient ils , il les
pourroit
induire
A quelque mal avec fon
chant mignon ;
Freres , jettons en l'eau le
compagnon.
Lors le Dieu Pan fecouant
fes narines ,
Cria tout haut , des montagnes
voifines ,
De fon Ami voyant le mau
vais pas :
Ventre de bouc , qu'ay - je´
entendu là bas ?
Rentrez, coquins ; les Forêts
en tremblerent ,
Faunes cornus vers leurs
trouss'envolerent ,,
FUGITIVES . 4
Où tous tremblans furent
fe retirer ,
Et du depuis n'ont ofé fe
montrer.
Voilà comment , digne fang
de Noailles ,
Fûtes fauvé des mains de ces
canailles.
Nimphes & Dieux fur vous
veillent ici ,
Bien fçavent- ils & le fçavons
auffi ,
Que vôtre vie acquife &
confervée
Eft pour le bien des Mora
tels refervée ;
Non des mortels de meriteindigens
,
48 FUGITIVES.
Mais des mortels de vertus
refulgens.
Or rempliffez vos hautes
deftinées
,
Que tous vos ans foient bril
lantes années ;
Et cependant nous autres
gens de bien
A nôtre employ ne manquerons
en rien ,
Vous
admirans non pas
dans le filence ,
Mais par beaux vers & pieces
d'Eloquence ,
Tant que puiffions une oeúvrè
concevoir
Digne de vous & de vôtre
vouloir
A Monfieur le Comte
d'Ayen.
Comte , pour qui terminant
tout procés
Avec voftre Vertu Fortune
a fait la paix ;
Jaçoit qu'en vous gloire &
haute naiffance
Soit alliée à titres & puif
fance ,
Que de fplendeurs & d'honneurs
meritez ;
Si toutesfois ne font- ce ces
bluettes
FUGITIVES. 41
Qui vous ont mis en l'eftime
où vous êtes ;
Car ce n'eft pas l'or qui fur
Vous reluit
Qui vous acquiert renommée
& bon bruit ;
Que j'aye un livre où femblable
écriture
,
Il ne me chaut de belle
couverture ,
Riches fermoirs & dehorsnon
communs ,
Si le dedans font difcours
importuns ,
Vil pot pourri de Profe dé
labrée ,
Février 1711. Aa
42 PIECES
Oeuvre de Pic, ou telle autre
denrée.
Donc , qui met l'homme en
richeffe & credit ?
Richeffe d'ame & culture :
d'efprit.
Puis joignez y revenus honorables
,
Biens de fortune , titres admirables
;
Je le veux bien , cela ne fait :
nul mal ;
Mais le premier & le point
capital ,
C'eft luy fans plus ; & c'cft
par là , beau Sire ,
Que moy chetif, vous prife
& vous admire.
FUGITIVES. 43
En vous ay vû par un mer-
• veilleux cas ,
Unis & joints Virgile & Mecenas
;
De l'un , avez la grace & la
faconde ;
De l'autre , accueil & douceur
fans feconde ,
En Profe , en Vers , eftes
paffé Docteur ,
Et recitez trop mieux qu'un
Orateur..
C'en est le tout , car en chang
harmonique ,
Non moins primez qu'en '
rime
poëtique ,
Et avec los de bon harmo
niqueur, Aaij
44
PIECES
1
Auffi l'avez de bon Poëtiqueurs
Toûjours chez vous abonde
compagnie
D'efprits divins , de fuivans
d'Uranic .
Toujours y font Ciftres me--
lodieux ,
Gentils Harpeurs , & Mc
neftrels joyeux ,
Et de leur art bien fçavez les
rubriques ;
Même on m'a dit qu'aux rives
Sequaniques ,
N'a pas longtemps ,
telle chanfon ,
fonnicz
Qu'hoftes des Bois accouru
rent au fon ,
FUGITIVES . *
Si qu'cuffiez vû fauter blans
ches Dryades
,
Et de leurs lits fortir belles
Nayades.
Et fe difoient : Oh ! qu'il
chantonne bien.
Seroit - ce point Apollon
Delphien !
Venez , voyez , tant a beau
le vifage ,
Doux fes regards , & noble
le corfage ,
C'eft il, fans faute ; & Nim-
*phes d'admirer ,
Et les Silvains entr'eux de
murmurer..
Cetuy cy vient pour nos
Nimphes féduire,
46 PIECES
Se difoient ils , il les
pourroit
induire
A quelque mal avec fon
chant mignon ;
Freres , jettons en l'eau le
compagnon.
Lors le Dieu Pan fecouant
fes narines ,
Cria tout haut , des montagnes
voifines ,
De fon Ami voyant le mau
vais pas :
Ventre de bouc , qu'ay - je´
entendu là bas ?
Rentrez, coquins ; les Forêts
en tremblerent ,
Faunes cornus vers leurs
trouss'envolerent ,,
FUGITIVES . 4
Où tous tremblans furent
fe retirer ,
Et du depuis n'ont ofé fe
montrer.
Voilà comment , digne fang
de Noailles ,
Fûtes fauvé des mains de ces
canailles.
Nimphes & Dieux fur vous
veillent ici ,
Bien fçavent- ils & le fçavons
auffi ,
Que vôtre vie acquife &
confervée
Eft pour le bien des Mora
tels refervée ;
Non des mortels de meriteindigens
,
48 FUGITIVES.
Mais des mortels de vertus
refulgens.
Or rempliffez vos hautes
deftinées
,
Que tous vos ans foient bril
lantes années ;
Et cependant nous autres
gens de bien
A nôtre employ ne manquerons
en rien ,
Vous
admirans non pas
dans le filence ,
Mais par beaux vers & pieces
d'Eloquence ,
Tant que puiffions une oeúvrè
concevoir
Digne de vous & de vôtre
vouloir
Fermer
Résumé : EPITRE A Monsieur le Comte d'Ayen.
L'épître est adressée au Comte d'Ayen, loué pour avoir allié vertu et fortune. L'auteur insiste sur le fait que les honneurs et les titres sont éphémères, et que la véritable renommée découle de la richesse de l'âme et de la culture de l'esprit. Le Comte est comparé à Virgile et à Mécène, réunissant grâce, éloquence, accueil et douceur. Il excelle en prose et en vers, ainsi qu'en musique. Une scène décrit des Dryades et des Nymphes, séduites par le chant du Comte, tentant de le séduire, mais arrêtées par le dieu Pan. Cette intervention divine protège le Comte, soulignant que sa vie est préservée pour le bien des mortels vertueux. L'auteur exprime son admiration et promet de célébrer les hautes destinées du Comte à travers des œuvres dignes de lui.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1317
p. 49-75
EPITRE à Madame D**** sur le veritable Amour.
Début :
Du faux encens dédaigneuse ennemie, [...]
Mots clefs :
Dieux, Amour, Vertu, Paix, Héros
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texteReconnaissance textuelle : EPITRE à Madame D**** sur le veritable Amour.
EPITRE
à Madame D ****
fur le veritable Amour.
Dufaux encens dédaigneuſe
ennemie
Qui dans le vray par l'e.
xemple affermic ,
Sçavez fi bien de tout éloge
plat ,
Diftinguer l'art d'un pinceau
délicat :
Sage Uranie , en qui le don
de plaire ,
Février 1711. Bb
50 PIECES
Eft joint au don de hair le
vulgaire ,
De démêler , libre en vos
fentimens ,
Les préjugez de fes faux
jugemens ;
Et d'abhorrer ces loüanges
guindées ,
Qui n'ont d'appuy que fes
folles idées :
Si quelqu'Auteur pour vous
faire fa cour ,
S'imaginant avoir pris un
beau tour
Vous décrivoit dans fes
peintures feiches ,
" Le Dieu d'Amour , fon carFUGITIVES.
St
quois , & fes fléches :
De la raifon ennemy
langoureux
,
Et de nos fens enchanteur
doucereux ,
Vous déploiant ces lieux
communs poftiches ,
Dont l'Opera brode fes
hemiſtiches :
Sur ce tableau frivolement
conceù ,
Probablement il feroit mal
receu ,
De vous chanter en rimes
indifcretes ,
Que cet Amour ne fe plaît
qu'où vous cftes ;
Bb ij
52 PIECES
Qu'il regne en vous , qu'il
fuit par tout vos pas ,
Et qu'il languit où l'on ne
vous voit pas.
Mais fi quelqu'un plus fage
& plus habile
Vous dépeignoit d'un
crayon moins fterile
Le même Amour
, non tel
qu'on l'avoit feint
Mais en effet , tel qu'il doit
eftre peint
:
Tel qu'autrefois l'ont vŷ
nos premiers fages ,
Lors qu'au Parnaffe attirang
leurs hommages ,
FUGITIVES . 53
cux de guirlan- Le Dieu
par
des orné ,
Fût dans la Grece en triomphe
amené ;
Si pourfuivant cette noble
peinture >
Il vous traçoit d'une main
libre & feure ,
Ces vifs rayons , ces fublimes
ardeurs
Ce feu divin qu'il répand
dans les coeurs ,
Dont la fplendeur les éclaire
& les guide
Dans les fentiers de la vertu
folide :
Vous faifant voir affis à fon
côté Bb iij
54
PIECES
L'Honneur , la Paix , la Vertu
, l'Equité ;
Peut -être alors à le bannir
moins prompte
Vous fouffririez , fans rougeur
, & fans honte ,
Que ce Dieu vint embellir
vôtre Cour :
Connoiffez donc ce que c'eſt
que l'Amour ;
Et deformais l'ame débarafféc
Des préjugez d'une troupe
infenfée ,
Qui ne l'a peint que fous de
faux portraits
;
Gardons nous bien d'en
FUGITIVES .
juger fur leurs traits
De le confondre avec ce
Dieu frivole ,
De qui l'erreur nous a fait
une Idole
Et qui n'épand que des feux
criminels.
Ces deux rivaux ennemis
érernels ,
L'un fils du Ciel ; l'autre né
de la Terre ,
Se font entre eux une immortelle
guerre ;
Plus fignalez en leur divifion
,
Que les Heros de Grece ,
& d'llion.
Bb iiij
66 PIECES
Quelqu'un peut - eftre à ce
début miſtique ,
Va me traiter de cerveau
fanatique
Et me voyant monter fur
ce haut ton >
Traiter l'Amour en ftile de
Platon ,
M'objectera qu'une jeune
Heroïne ,
Mériteroit un peu moins
de doctrine .
Mais fans répondre à ce
langage vain
Laiffons - le en paix fon
Cyrus à la main :
De nos raifons l'ame peu
combatue
,
FUGITIVES . 7
Du Dieu d'Amour encen
fer la ftatuë ,
Et poursuivons nos propos
commencez .
Jadis fans choix les humains
difperfez ,
Troupe feroce & nourrie au
carnage ,
Du feul inftinct fuivoient
la loy fauvage:
Se renfermoient dans les
autres cachez ;
Et des forêts par la faim
arrachez ,
Alloient errans au gré de la
nature
Avec les Ours difputer la
pâture.
58 PIECES
De ce cahos l'Amour répara
teur
Fût de leurs loix le premier
fondateur.
Il fçait fléchir leurs humeurs
indociles..
Les réunit dans l'enceinte
des Villes.
Leur enfeigna le fecours- des
moiffons
,
Des premiers arts leur donna
des leçons ,
Chez eux logea l'amitié fecourable
,
Avec la paix fa foeur infeparable:
› Et
devant tout dans les
terreftres
lieux
FUGITIVES
. 59
Fit refpecter
l'autorité
des
Dieux .
Tel fut ici le fiecle de Ci
belle
;
Mais à ce Dieu la Terre enfin
rebelle
Se rebuta d'une fi douce
Loy ,
Et de fes mains voulut fe
faire un Roy.
Tout auffi toft , évoqué par
la haine ;
Sort de fes flancs un montre
àforme humaine ,
Refte dernier de ces affreux
Tiphons ,
Jadis formé dans des gouffres
profonds ;
PIECES
D'un foible
enfant il a le
front
timide ,
Dans fes
yeux
brille une
douceur
perfide ,
Nouveau
Prothée à
toute
heure , en
tous lieux ,
Sous un
faux
mafque il a
bufe nos
yeux.
Dabord
voilé
d'une
crainte
ingenuë ,
Humble ,
captif, il
tremble,
il
s'infinuë ,
Puis tout à
coup
imperieux
vainqueur
Porte le
trouble &
l'effroy
dans le
coeur ;
Les
trahifons , la
noire tirannie
,
FUGITIVES. GE
Le
defefpoir , la peur , l'i
gnominic ,
Et le tumulte au regard effaré
Suivent fon char de foupçons
entouré.
Ce fut fur lui que la Terre
ennemic
De fa revolte appuya l'infamic
,
Bientoft feduits par les trom
peurs appas
Les fols humains marcherent
fur fes pas.
L'Amour par lui dépouillé
de puiffance
Remonte au Ciel ſéjour de
fa naiffance ,
62
PIECES
Et las de voir l'homme
fourd à fa voix ,
Il l'abandonne à fon malheureux
choix .
Alors enflé d'une nouvelle
audace ,
L'ufurpateur prend fon
nom & fa place :
Et fous ce nom l'erreur de
toutes parts
Fait ici bas , voler fes Etendarts
.
C'eft de ce temps que nous
vîmes éclore
Tous les malheurs envoyez
par Pandore ,
La jaloufic allumant fes flambeaux
FUGITIVES. 63
Creufa dés lors mille horribles
tombeaux ;
Et des forfaits de plus d'une
Medée
Plus d'un climat vit fa rive
innondée .
Un fiecle à l'autre enviant
Les furcurs
Imagina de nouvelles horreurs
;
Chaque âge vit augmen
ter fes miferes ,
Et nos ayeux plus méchans
que leurs peres ,
Nous firent naiſtre encor
plus méchans qu'eux ,
Bientoft fuivis par de pires
neveux.
64
-PIECES
Enfin le Ciel touché de nos
difgraces
Se réfolut d'en effacer les
traces ,
Et tous les Dieux convinrent
que l'Amour
Fut renvoyé dans ce mortel
fejour :
Chacun s'en forme un agreable
augure
,
Le feul Amour,l'Amour ſcul
en murmure.
Qu'a t- il commis, pourquoi
feul immolé
D'entre les Dieux fera t- il
exilé ?
Quittera til ces demeures
heureuſes,
FUGITIVES . 65
Ces regions pures & lumineufes
,
Sejour brillant de gloire &
de clarté ,
Lieux confacrez à la felicité,
Aux doux plaiſirs enfans de
l'innocence ,
Plaifirs qu'échauffe & nourrit
fa prefence ,
Vifs fans tumulte , éternels
fans ennuy
,
Et que les Dieux ne tiennent
que de lui ?
Quoi , difoit- il , de la troupe
celefte ,
J'irai defcendre en un ſejour
funeſte ?
Février
1711.
Cc
66 PIECES
Où l'impudence étale un
front ferain ,
Où les mortels au vifage
d'airain ,
De mon fantôme eſcortant
les bannieres ,
De
l'innocence ont
rompu
les barrieres ;
Et qui d'entr'eux voudra
fuivre mes pas ?
Amour , amour ne vous allarmez
pas
Venez à moi , je connois un
azile ,
Dont les vertus ont fait leur
domicile :
Un feur rempart , un lieu de
qui jamais
FUGITIVES. 67
Nos ennemis ne troubleront
la
paix .
Celui qui regne en ce ſejour
propice ,
En a banny le coupable artifice
,
La perfidie au coup d'oeil
emprunté ,
Et la malice au rire concerté
:
Amour dit vrai, candeur hereditaire
,
Dés le berceau marqua fon
caractere ,
!
Nourry formé
par
doctes foeurs ;
les neuf
Ainfi des arts épris de leurs
douceurs Ccij
68 PIECES
Le Dieu du Pinde & la fage
Minerve ,
De leurs trefors l'ont comblé
fans referve ;
Dans ce réduit des Mufes
habité
Prefide encore une divinité :
Car la beauté dont les Dieux'
l'ont formée,
D'un moindre nom feroit
trop prohanée.
Un doux accueil , un modefte
enjouëment {
Préte à fes traits un nouvel
agrément ;
D'Enfans aîlez une troupe
fidelle ,
FUGITIVES. 69
JPlaifirs
, Amours voltigent
autour d'elle ,
Et fans effort prés d'elle
retenus ,
Pour la fervir ont oublié
Venus.
Non , non Amour ce n'eft
point à Cithere ,
Ny dans les bois qu'Amatonthe
révere ,
Qu'il faut chercher & les
jeux & les ris ? 7
Si vous voulez de vos freres
cheris ;
Revoir un jour la troupe
réünic ,
N'hefitez point , volez chez
Uranic.
70 PIECES
Mais à qui vais - je étaler ces
propos ,
Puis -je penfer qu'un Dicu
qui du cahos ,
Débarafla cette machine
ronde >
Qui voit , qui meut tous les
eftres du monde ,
De fes refforts & l'ame &
l'inftrument
Puiffe ignorer fon plus bel
ornement !
Déja porté fur les ailes
d'Eole
,
Du haut des Cieux je le vois
qui s'envole ,
Plus glorieux d'obéïr en ſa
cour >
FUGITIVES. 71
Que de regner au celefte
féjour .
Confervez bien genereufe
Uranic ,
Ce Dieu puiffant ce celeſte
genie ,
Ame du monde , Auteur
de tous les biens ,
Par qui brifant les terreftres
liens ,
D'un vol hardi nos ames
élancées ,
Jufques au Ciel élévent leurs
penſées
;
Sans fa beauté, fans fes dons
precieux ,
La vertu même eft moins
belle ànos yeux
72 PIECES
Ila produit fous d'heureux
caracteres ,
La dépouillant de fes rides
feveres ,
De qui l'afpest effrayant
les mortels ,
Leur fait fouvent deferter
fes Autels ,
De fon flambeau les flammes
immortelles ,
Jettent en nous ces vives
éteincelles
,
Dont autrefois les Heros
embrafez ,
Malgré la mort fe font
éternifez
;
Cette chaleur fi promte & fi
rapide ,
Sceut
FUGITIVES 7
Sceut échauffer un Thefée ,
un Alcide ,
Arma leurs bras pour calmer
l'Univers ,
Et pour vanger l'équité
mife aux fers .
Telle eft l'ardeur dont ce
Dieu nous enflame .
Tel eft le feu qu'il alluma
dans l'ame ,
De ce Heros aux triomphes
inftruit
>
Dont vous tenez la clarté
qui vous luit ;
}
C'est cet amour impatient
de gloire ,
Février 1711 Dd
44 PIECES
Qui tant de fois affûra la
memoire
,
Luy fic braver les feux & le
trépas ,
Luy fit chercher la guerre
& les combats :
De Jupiter allumant le tonnere
,
Brifer l'orgueil des enfans
de la terre
,
Contre leur rage armer nos
boulevarts ,
Er foudroyer leurs plus fermės
remparts.
Puiffe-t- il voir les nombreu .
ſes années
Toûjours de gloire &
d'honneurs couronnées ,
FUGITIVES 7
Et quand la Paix reviendra
parmi nous,
Se confacrer à des travaux
plus doux:
Non moins heureux fous
l'Empire de Rhée
Que quand la terre à Bellonne
eft livrée.
à Madame D ****
fur le veritable Amour.
Dufaux encens dédaigneuſe
ennemie
Qui dans le vray par l'e.
xemple affermic ,
Sçavez fi bien de tout éloge
plat ,
Diftinguer l'art d'un pinceau
délicat :
Sage Uranie , en qui le don
de plaire ,
Février 1711. Bb
50 PIECES
Eft joint au don de hair le
vulgaire ,
De démêler , libre en vos
fentimens ,
Les préjugez de fes faux
jugemens ;
Et d'abhorrer ces loüanges
guindées ,
Qui n'ont d'appuy que fes
folles idées :
Si quelqu'Auteur pour vous
faire fa cour ,
S'imaginant avoir pris un
beau tour
Vous décrivoit dans fes
peintures feiches ,
" Le Dieu d'Amour , fon carFUGITIVES.
St
quois , & fes fléches :
De la raifon ennemy
langoureux
,
Et de nos fens enchanteur
doucereux ,
Vous déploiant ces lieux
communs poftiches ,
Dont l'Opera brode fes
hemiſtiches :
Sur ce tableau frivolement
conceù ,
Probablement il feroit mal
receu ,
De vous chanter en rimes
indifcretes ,
Que cet Amour ne fe plaît
qu'où vous cftes ;
Bb ij
52 PIECES
Qu'il regne en vous , qu'il
fuit par tout vos pas ,
Et qu'il languit où l'on ne
vous voit pas.
Mais fi quelqu'un plus fage
& plus habile
Vous dépeignoit d'un
crayon moins fterile
Le même Amour
, non tel
qu'on l'avoit feint
Mais en effet , tel qu'il doit
eftre peint
:
Tel qu'autrefois l'ont vŷ
nos premiers fages ,
Lors qu'au Parnaffe attirang
leurs hommages ,
FUGITIVES . 53
cux de guirlan- Le Dieu
par
des orné ,
Fût dans la Grece en triomphe
amené ;
Si pourfuivant cette noble
peinture >
Il vous traçoit d'une main
libre & feure ,
Ces vifs rayons , ces fublimes
ardeurs
Ce feu divin qu'il répand
dans les coeurs ,
Dont la fplendeur les éclaire
& les guide
Dans les fentiers de la vertu
folide :
Vous faifant voir affis à fon
côté Bb iij
54
PIECES
L'Honneur , la Paix , la Vertu
, l'Equité ;
Peut -être alors à le bannir
moins prompte
Vous fouffririez , fans rougeur
, & fans honte ,
Que ce Dieu vint embellir
vôtre Cour :
Connoiffez donc ce que c'eſt
que l'Amour ;
Et deformais l'ame débarafféc
Des préjugez d'une troupe
infenfée ,
Qui ne l'a peint que fous de
faux portraits
;
Gardons nous bien d'en
FUGITIVES .
juger fur leurs traits
De le confondre avec ce
Dieu frivole ,
De qui l'erreur nous a fait
une Idole
Et qui n'épand que des feux
criminels.
Ces deux rivaux ennemis
érernels ,
L'un fils du Ciel ; l'autre né
de la Terre ,
Se font entre eux une immortelle
guerre ;
Plus fignalez en leur divifion
,
Que les Heros de Grece ,
& d'llion.
Bb iiij
66 PIECES
Quelqu'un peut - eftre à ce
début miſtique ,
Va me traiter de cerveau
fanatique
Et me voyant monter fur
ce haut ton >
Traiter l'Amour en ftile de
Platon ,
M'objectera qu'une jeune
Heroïne ,
Mériteroit un peu moins
de doctrine .
Mais fans répondre à ce
langage vain
Laiffons - le en paix fon
Cyrus à la main :
De nos raifons l'ame peu
combatue
,
FUGITIVES . 7
Du Dieu d'Amour encen
fer la ftatuë ,
Et poursuivons nos propos
commencez .
Jadis fans choix les humains
difperfez ,
Troupe feroce & nourrie au
carnage ,
Du feul inftinct fuivoient
la loy fauvage:
Se renfermoient dans les
autres cachez ;
Et des forêts par la faim
arrachez ,
Alloient errans au gré de la
nature
Avec les Ours difputer la
pâture.
58 PIECES
De ce cahos l'Amour répara
teur
Fût de leurs loix le premier
fondateur.
Il fçait fléchir leurs humeurs
indociles..
Les réunit dans l'enceinte
des Villes.
Leur enfeigna le fecours- des
moiffons
,
Des premiers arts leur donna
des leçons ,
Chez eux logea l'amitié fecourable
,
Avec la paix fa foeur infeparable:
› Et
devant tout dans les
terreftres
lieux
FUGITIVES
. 59
Fit refpecter
l'autorité
des
Dieux .
Tel fut ici le fiecle de Ci
belle
;
Mais à ce Dieu la Terre enfin
rebelle
Se rebuta d'une fi douce
Loy ,
Et de fes mains voulut fe
faire un Roy.
Tout auffi toft , évoqué par
la haine ;
Sort de fes flancs un montre
àforme humaine ,
Refte dernier de ces affreux
Tiphons ,
Jadis formé dans des gouffres
profonds ;
PIECES
D'un foible
enfant il a le
front
timide ,
Dans fes
yeux
brille une
douceur
perfide ,
Nouveau
Prothée à
toute
heure , en
tous lieux ,
Sous un
faux
mafque il a
bufe nos
yeux.
Dabord
voilé
d'une
crainte
ingenuë ,
Humble ,
captif, il
tremble,
il
s'infinuë ,
Puis tout à
coup
imperieux
vainqueur
Porte le
trouble &
l'effroy
dans le
coeur ;
Les
trahifons , la
noire tirannie
,
FUGITIVES. GE
Le
defefpoir , la peur , l'i
gnominic ,
Et le tumulte au regard effaré
Suivent fon char de foupçons
entouré.
Ce fut fur lui que la Terre
ennemic
De fa revolte appuya l'infamic
,
Bientoft feduits par les trom
peurs appas
Les fols humains marcherent
fur fes pas.
L'Amour par lui dépouillé
de puiffance
Remonte au Ciel ſéjour de
fa naiffance ,
62
PIECES
Et las de voir l'homme
fourd à fa voix ,
Il l'abandonne à fon malheureux
choix .
Alors enflé d'une nouvelle
audace ,
L'ufurpateur prend fon
nom & fa place :
Et fous ce nom l'erreur de
toutes parts
Fait ici bas , voler fes Etendarts
.
C'eft de ce temps que nous
vîmes éclore
Tous les malheurs envoyez
par Pandore ,
La jaloufic allumant fes flambeaux
FUGITIVES. 63
Creufa dés lors mille horribles
tombeaux ;
Et des forfaits de plus d'une
Medée
Plus d'un climat vit fa rive
innondée .
Un fiecle à l'autre enviant
Les furcurs
Imagina de nouvelles horreurs
;
Chaque âge vit augmen
ter fes miferes ,
Et nos ayeux plus méchans
que leurs peres ,
Nous firent naiſtre encor
plus méchans qu'eux ,
Bientoft fuivis par de pires
neveux.
64
-PIECES
Enfin le Ciel touché de nos
difgraces
Se réfolut d'en effacer les
traces ,
Et tous les Dieux convinrent
que l'Amour
Fut renvoyé dans ce mortel
fejour :
Chacun s'en forme un agreable
augure
,
Le feul Amour,l'Amour ſcul
en murmure.
Qu'a t- il commis, pourquoi
feul immolé
D'entre les Dieux fera t- il
exilé ?
Quittera til ces demeures
heureuſes,
FUGITIVES . 65
Ces regions pures & lumineufes
,
Sejour brillant de gloire &
de clarté ,
Lieux confacrez à la felicité,
Aux doux plaiſirs enfans de
l'innocence ,
Plaifirs qu'échauffe & nourrit
fa prefence ,
Vifs fans tumulte , éternels
fans ennuy
,
Et que les Dieux ne tiennent
que de lui ?
Quoi , difoit- il , de la troupe
celefte ,
J'irai defcendre en un ſejour
funeſte ?
Février
1711.
Cc
66 PIECES
Où l'impudence étale un
front ferain ,
Où les mortels au vifage
d'airain ,
De mon fantôme eſcortant
les bannieres ,
De
l'innocence ont
rompu
les barrieres ;
Et qui d'entr'eux voudra
fuivre mes pas ?
Amour , amour ne vous allarmez
pas
Venez à moi , je connois un
azile ,
Dont les vertus ont fait leur
domicile :
Un feur rempart , un lieu de
qui jamais
FUGITIVES. 67
Nos ennemis ne troubleront
la
paix .
Celui qui regne en ce ſejour
propice ,
En a banny le coupable artifice
,
La perfidie au coup d'oeil
emprunté ,
Et la malice au rire concerté
:
Amour dit vrai, candeur hereditaire
,
Dés le berceau marqua fon
caractere ,
!
Nourry formé
par
doctes foeurs ;
les neuf
Ainfi des arts épris de leurs
douceurs Ccij
68 PIECES
Le Dieu du Pinde & la fage
Minerve ,
De leurs trefors l'ont comblé
fans referve ;
Dans ce réduit des Mufes
habité
Prefide encore une divinité :
Car la beauté dont les Dieux'
l'ont formée,
D'un moindre nom feroit
trop prohanée.
Un doux accueil , un modefte
enjouëment {
Préte à fes traits un nouvel
agrément ;
D'Enfans aîlez une troupe
fidelle ,
FUGITIVES. 69
JPlaifirs
, Amours voltigent
autour d'elle ,
Et fans effort prés d'elle
retenus ,
Pour la fervir ont oublié
Venus.
Non , non Amour ce n'eft
point à Cithere ,
Ny dans les bois qu'Amatonthe
révere ,
Qu'il faut chercher & les
jeux & les ris ? 7
Si vous voulez de vos freres
cheris ;
Revoir un jour la troupe
réünic ,
N'hefitez point , volez chez
Uranic.
70 PIECES
Mais à qui vais - je étaler ces
propos ,
Puis -je penfer qu'un Dicu
qui du cahos ,
Débarafla cette machine
ronde >
Qui voit , qui meut tous les
eftres du monde ,
De fes refforts & l'ame &
l'inftrument
Puiffe ignorer fon plus bel
ornement !
Déja porté fur les ailes
d'Eole
,
Du haut des Cieux je le vois
qui s'envole ,
Plus glorieux d'obéïr en ſa
cour >
FUGITIVES. 71
Que de regner au celefte
féjour .
Confervez bien genereufe
Uranic ,
Ce Dieu puiffant ce celeſte
genie ,
Ame du monde , Auteur
de tous les biens ,
Par qui brifant les terreftres
liens ,
D'un vol hardi nos ames
élancées ,
Jufques au Ciel élévent leurs
penſées
;
Sans fa beauté, fans fes dons
precieux ,
La vertu même eft moins
belle ànos yeux
72 PIECES
Ila produit fous d'heureux
caracteres ,
La dépouillant de fes rides
feveres ,
De qui l'afpest effrayant
les mortels ,
Leur fait fouvent deferter
fes Autels ,
De fon flambeau les flammes
immortelles ,
Jettent en nous ces vives
éteincelles
,
Dont autrefois les Heros
embrafez ,
Malgré la mort fe font
éternifez
;
Cette chaleur fi promte & fi
rapide ,
Sceut
FUGITIVES 7
Sceut échauffer un Thefée ,
un Alcide ,
Arma leurs bras pour calmer
l'Univers ,
Et pour vanger l'équité
mife aux fers .
Telle eft l'ardeur dont ce
Dieu nous enflame .
Tel eft le feu qu'il alluma
dans l'ame ,
De ce Heros aux triomphes
inftruit
>
Dont vous tenez la clarté
qui vous luit ;
}
C'est cet amour impatient
de gloire ,
Février 1711 Dd
44 PIECES
Qui tant de fois affûra la
memoire
,
Luy fic braver les feux & le
trépas ,
Luy fit chercher la guerre
& les combats :
De Jupiter allumant le tonnere
,
Brifer l'orgueil des enfans
de la terre
,
Contre leur rage armer nos
boulevarts ,
Er foudroyer leurs plus fermės
remparts.
Puiffe-t- il voir les nombreu .
ſes années
Toûjours de gloire &
d'honneurs couronnées ,
FUGITIVES 7
Et quand la Paix reviendra
parmi nous,
Se confacrer à des travaux
plus doux:
Non moins heureux fous
l'Empire de Rhée
Que quand la terre à Bellonne
eft livrée.
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Résumé : EPITRE à Madame D**** sur le veritable Amour.
L'épître est adressée à Madame D ****, en louant son discernement et sa sagesse dans la compréhension de l'amour véritable. L'auteur dénonce les représentations superficielles et trompeuses de l'amour, souvent décrit comme un dieu langoureux et capricieux. Il oppose ce faux amour à une vision noble et vertueuse, inspirée par les anciens sages qui voyaient en l'amour un guide vers la vertu, l'honneur et la paix. L'épître retrace l'histoire de l'amour, d'abord réparateur et civilisateur, puis corrompu par la Terre, qui engendra un amour tyrannique et destructeur. Ce faux amour provoqua des malheurs et des forfaits, menant à une dégradation morale des générations. Touchés par ces disgrâces, les Dieux décidèrent de renvoyer l'amour véritable sur Terre. L'auteur invite l'amour à se réfugier auprès de Madame D ****, dont la cour est un sanctuaire de vertu et de beauté. Il loue ses qualités, soutenues par les Muses et les arts, et la décrit comme un havre de paix et de candeur. L'épître se conclut par une célébration de l'amour véritable, source de gloire et de vertu, capable d'inspirer les héros et de guider les âmes vers le bien.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1318
p. 75-90
ODE à Monsieur le Marquis de la F**.
Début :
Dans la route que je me trace, [...]
Mots clefs :
Homme, Vertu, Nature
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE à Monsieur le Marquis de la F**.
O DE
à Monfieur le Marquis
de la F ** .
Dans la route que je me
trace
La Fare , daigne m'éclairer ,
Dd ij
76
PIECES
Toy qui dans le fentier
d'Horace
Marches fans jamais t'égarer
,
Qui par les leçons d'Arif..
tippe ,
De la fageffe de Chrifippe ,
As fçcû corriger l'âpreté :
Et qui celle qu'au temps
d'Aftrée ,
Nous montres la vertu parée
Des attraits de la volupté.
Ce feu facré que Promethée,
Ola dérober dans les Cieux,
La raifon à l'homme apportée
,
FUGITIVES 77
Le tend prefque femblable
aux Dieux ;
Se pourroit - il fage la Fare ,
Qu'un prefent fi noble , &
fi rare
,
De nos maux devint l'inftrument
!
Et qu'une lumiere divine
Put jamais eftre l'origine ,
D'un déplorable aveuglement.
Lorsqu'à l'Epoux de Penes
lope
Minerve accorde fon fe
cours ,
Les Leftrigons , & le Cy
clope , Dd iij
78 PIECES
Envain s'arment contre fes
jours ;
Aidé de cette intelligence ,
Il triomphe de la vengeance
De Neptune en vain courroucé
;
Par elle il brave les careffes
Des Sirennes enchantereffes ,
Et le breuvage de Circé .
De la vertu qui nous conferve
C'eft le fymbolique tableau,
Chaque mortela faMinerve,
Qui doit lui fervir de flam .
beau ;
Mais cette Deité propice
Marchoit toûjours devant
FUGITIVES
Uliffe ,
Lui fervant de guide & d'appuy
Au lieu que par l'homme
conduite
,
Elle ne va plus qu'à fa fuite,
Et fe précipite avec lui .
Loin que la Raifon nous éclaire
,
Et conduife nos actions ,
Nous avons trouvé l'art d'en
faire
L'Orateur de mes paffions ;
C'eft un Sophifte qui nous
jouë ,
Un vil complaifant qui nous
loue , Dd iiij .
80 PIECES
A tous les fons de l'Univers
;
Qui s'habillant du nom de
fages ,
La tiennent fans ceffe à leurs
gages ,
Pour autorifer leurs travers.
C'est elle qui nous fait
accroire ,
Que tout cede à noftre pouvoir
:
Qui nourrit noftre folle
gloire:
De l'yvreffe d'un faux fçavoir
:
Qui par cent nouveaux
Atratagêmes ,
FUGITIVES &
請
Nous maſquant fans ceffe à
nous mêmes ,
Parmi les vices nous endort:
Du furieux fait un Achille ,
Du fourbe un politique ha
bile ,
Et de l'athée un efprit fort.
Mais vous mortels qui dans
le monde ,
Croyant tenir les premiers
rangs ,
Plaignez l'ignorance profonde
De tant de Peuples differenss
Qui confondez avec la
Brutte
82 PIECES
LcHuron caché dans fa hute
Au feul inftinct prefque réduir
,
Parlez quel eft le moins
barbare ,
D'une raiſon qui nous égare,
Ou de l'instinct qui les con
duit ?
La nature en trésors fertile
Lui fait abondamment
trouver
Tout ce qui lui peut eftre
utile ,
Soigneufe de le conferver ;
Content du partage modefte
Qu'il tient de la bonté Ccleſte
›
FUGITIVES 83
Il vit fans trouble , & fans
ennuy
Et fi fon climat lui refuſe
Quelques biens dont l'Europe
abuſe ;
++
Cene font plus des biens
lic pour lui.
Couché dans un antre ruftique
,
Du Nord il brave la rigueur,
Et noftre luxe afiatique
N'a point enervé fa vigueur;
Il ne regrette point la perte
De ces arts dont la décou
verte
A l'homme a couté tant de
foins
84
PIECES
Er qui devenus néceffaires ;
N'ont fait
qu'augmenter
nos miferes ,
En multipliant nos beſoins .
&
Il méprife la vaine étude
D'un Philoſophe pointilleux
,
Qui nâgeant dans l'incer
titude
,
Vante fon fçavoir merveil
feux ;
Il ne veut d'autre connoif
fance
Que ce que la Toute- puif
fance
A bien voulu nous en don
ner ;
FUGITIVES 85
Il fçait qu'il a crée les fages
Pour profiter de fes ouvrages
,
Et non pour les examiner .
Ainfi d'une erreur dangereuſe
,
Il n'avale point le poifon
Et noftre clarreté tenebreufe
N'a point offufqué faraifon;
Il ne fe tend point à lui .
même
Le piege d'un adroit lyftème
Pour le cacher la verité :
Le crime à fes yeux paroist
crime ,
Et jamais rien d'illegitime ,
86 PIECES
Chez lui n'a pris l'air d'équité.
Maintenantfertiles contrées,
· Sages mortels , Peuples heureux
Des Nations hyperborées
Plaignez l'aveuglement af
freux ;
Vous qui dans la vaine Nobleffe
,
Dans les honneurs , dans la
moleffe,
Mettez la gloire , & les plaifirs
:
Vous de qui l'infame avarice
,
FUGITIVES
87
Promene au gré de fon caprice
,
Les infatiables defirs .
Ouy c'eft toy monftre dé
teſtable !
Fatal ennemy des humains
Qui feul du bonheur veritable
,
Al'homme asfermé les chemins
;
Pour appaiſer ſa foifardente
La Terre en tréfors abondante
Feroit germer l'or fous fes
pas ,
Il brûle d'un feu fans remede
&S PIECES
Moins riche de ce qu'il pof
fede ,
Que pauvre de ce qu'il n'a
pas.
Ahi fi d'une pauvreté dure
Nous cherchons à nous affernchir
,
Raprochons nous de la
Nature
Qui feul peut nous enrichir
;
Forçons de funeftes obſtacles
,
Refervons pour nos Tabernacles
,
Det or, ces rubis , ces métaux.
FUGITIVES 84
Où dans le fein des mers a
vides ,
Jettons ces richeffes per fides,
L'unique inftrument de nos
maux.
Ce font là les vrais facrifices
Far qui nous pouvons étouffer
Les femences de tous les vices
Qu'on voit ici bas triompher.
Otez l'intereft de la Terre ,
Vous en exilerez la Guerre,
L'honneur rentrera dans fes
droits ,
Février 1711 Ec
50 PIECES
Et plus juftes que nous ne
fommes ,
Nous verrons regner fur les
hommes
Les moeurs à la place des
Loix.
Sur tout réprimons les faillies
De noftre curiofité , in I
Source de toutes nos folies ,
Mere de noltre vanité ;
Nous errons dans d'épaiffes
Pombres, hom
Où fouvent nos lumieres
fombres
Ne fervent qu'à nous éblouir
;
à Monfieur le Marquis
de la F ** .
Dans la route que je me
trace
La Fare , daigne m'éclairer ,
Dd ij
76
PIECES
Toy qui dans le fentier
d'Horace
Marches fans jamais t'égarer
,
Qui par les leçons d'Arif..
tippe ,
De la fageffe de Chrifippe ,
As fçcû corriger l'âpreté :
Et qui celle qu'au temps
d'Aftrée ,
Nous montres la vertu parée
Des attraits de la volupté.
Ce feu facré que Promethée,
Ola dérober dans les Cieux,
La raifon à l'homme apportée
,
FUGITIVES 77
Le tend prefque femblable
aux Dieux ;
Se pourroit - il fage la Fare ,
Qu'un prefent fi noble , &
fi rare
,
De nos maux devint l'inftrument
!
Et qu'une lumiere divine
Put jamais eftre l'origine ,
D'un déplorable aveuglement.
Lorsqu'à l'Epoux de Penes
lope
Minerve accorde fon fe
cours ,
Les Leftrigons , & le Cy
clope , Dd iij
78 PIECES
Envain s'arment contre fes
jours ;
Aidé de cette intelligence ,
Il triomphe de la vengeance
De Neptune en vain courroucé
;
Par elle il brave les careffes
Des Sirennes enchantereffes ,
Et le breuvage de Circé .
De la vertu qui nous conferve
C'eft le fymbolique tableau,
Chaque mortela faMinerve,
Qui doit lui fervir de flam .
beau ;
Mais cette Deité propice
Marchoit toûjours devant
FUGITIVES
Uliffe ,
Lui fervant de guide & d'appuy
Au lieu que par l'homme
conduite
,
Elle ne va plus qu'à fa fuite,
Et fe précipite avec lui .
Loin que la Raifon nous éclaire
,
Et conduife nos actions ,
Nous avons trouvé l'art d'en
faire
L'Orateur de mes paffions ;
C'eft un Sophifte qui nous
jouë ,
Un vil complaifant qui nous
loue , Dd iiij .
80 PIECES
A tous les fons de l'Univers
;
Qui s'habillant du nom de
fages ,
La tiennent fans ceffe à leurs
gages ,
Pour autorifer leurs travers.
C'est elle qui nous fait
accroire ,
Que tout cede à noftre pouvoir
:
Qui nourrit noftre folle
gloire:
De l'yvreffe d'un faux fçavoir
:
Qui par cent nouveaux
Atratagêmes ,
FUGITIVES &
請
Nous maſquant fans ceffe à
nous mêmes ,
Parmi les vices nous endort:
Du furieux fait un Achille ,
Du fourbe un politique ha
bile ,
Et de l'athée un efprit fort.
Mais vous mortels qui dans
le monde ,
Croyant tenir les premiers
rangs ,
Plaignez l'ignorance profonde
De tant de Peuples differenss
Qui confondez avec la
Brutte
82 PIECES
LcHuron caché dans fa hute
Au feul inftinct prefque réduir
,
Parlez quel eft le moins
barbare ,
D'une raiſon qui nous égare,
Ou de l'instinct qui les con
duit ?
La nature en trésors fertile
Lui fait abondamment
trouver
Tout ce qui lui peut eftre
utile ,
Soigneufe de le conferver ;
Content du partage modefte
Qu'il tient de la bonté Ccleſte
›
FUGITIVES 83
Il vit fans trouble , & fans
ennuy
Et fi fon climat lui refuſe
Quelques biens dont l'Europe
abuſe ;
++
Cene font plus des biens
lic pour lui.
Couché dans un antre ruftique
,
Du Nord il brave la rigueur,
Et noftre luxe afiatique
N'a point enervé fa vigueur;
Il ne regrette point la perte
De ces arts dont la décou
verte
A l'homme a couté tant de
foins
84
PIECES
Er qui devenus néceffaires ;
N'ont fait
qu'augmenter
nos miferes ,
En multipliant nos beſoins .
&
Il méprife la vaine étude
D'un Philoſophe pointilleux
,
Qui nâgeant dans l'incer
titude
,
Vante fon fçavoir merveil
feux ;
Il ne veut d'autre connoif
fance
Que ce que la Toute- puif
fance
A bien voulu nous en don
ner ;
FUGITIVES 85
Il fçait qu'il a crée les fages
Pour profiter de fes ouvrages
,
Et non pour les examiner .
Ainfi d'une erreur dangereuſe
,
Il n'avale point le poifon
Et noftre clarreté tenebreufe
N'a point offufqué faraifon;
Il ne fe tend point à lui .
même
Le piege d'un adroit lyftème
Pour le cacher la verité :
Le crime à fes yeux paroist
crime ,
Et jamais rien d'illegitime ,
86 PIECES
Chez lui n'a pris l'air d'équité.
Maintenantfertiles contrées,
· Sages mortels , Peuples heureux
Des Nations hyperborées
Plaignez l'aveuglement af
freux ;
Vous qui dans la vaine Nobleffe
,
Dans les honneurs , dans la
moleffe,
Mettez la gloire , & les plaifirs
:
Vous de qui l'infame avarice
,
FUGITIVES
87
Promene au gré de fon caprice
,
Les infatiables defirs .
Ouy c'eft toy monftre dé
teſtable !
Fatal ennemy des humains
Qui feul du bonheur veritable
,
Al'homme asfermé les chemins
;
Pour appaiſer ſa foifardente
La Terre en tréfors abondante
Feroit germer l'or fous fes
pas ,
Il brûle d'un feu fans remede
&S PIECES
Moins riche de ce qu'il pof
fede ,
Que pauvre de ce qu'il n'a
pas.
Ahi fi d'une pauvreté dure
Nous cherchons à nous affernchir
,
Raprochons nous de la
Nature
Qui feul peut nous enrichir
;
Forçons de funeftes obſtacles
,
Refervons pour nos Tabernacles
,
Det or, ces rubis , ces métaux.
FUGITIVES 84
Où dans le fein des mers a
vides ,
Jettons ces richeffes per fides,
L'unique inftrument de nos
maux.
Ce font là les vrais facrifices
Far qui nous pouvons étouffer
Les femences de tous les vices
Qu'on voit ici bas triompher.
Otez l'intereft de la Terre ,
Vous en exilerez la Guerre,
L'honneur rentrera dans fes
droits ,
Février 1711 Ec
50 PIECES
Et plus juftes que nous ne
fommes ,
Nous verrons regner fur les
hommes
Les moeurs à la place des
Loix.
Sur tout réprimons les faillies
De noftre curiofité , in I
Source de toutes nos folies ,
Mere de noltre vanité ;
Nous errons dans d'épaiffes
Pombres, hom
Où fouvent nos lumieres
fombres
Ne fervent qu'à nous éblouir
;
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Résumé : ODE à Monsieur le Marquis de la F**.
Dans une lettre adressée au Marquis de la F**, l'auteur exprime son admiration pour la sagesse et la vertu, en s'inspirant de figures mythologiques et historiques. Il compare la raison au feu sacré apporté par Prométhée, se demandant si elle peut devenir un instrument de malheur. L'auteur critique la société qui utilise la raison pour justifier ses passions et ses vices, transformant ainsi la sagesse en complaisance. Il oppose les peuples civilisés, égarés par la raison, aux peuples naturels comme les Hurons, qui vivent en harmonie avec la nature et sont contents de leur sort. Ces derniers ne sont pas corrompus par les arts et les connaissances, qui ont augmenté les misères humaines. L'auteur déplore l'aveuglement des sociétés modernes, obsédées par la richesse et les honneurs, et propose de revenir à une vie plus simple et naturelle pour échapper aux vices et aux guerres. Il conclut en appelant à réprimer la curiosité, source de toutes les folies et de la vanité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1320
p. 97-103
ODE A une belle Veuve.
Début :
Quel respect imaginaire, [...]
Mots clefs :
Veuve, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE A une belle Veuve.
ODE
A une belle Veuve.
Quel refpect imaginaire ,
Pour les cendres d'un Epoux
Vous rend vous même contraire
A vos defirs les plus doux ;
Quand fa courfe fut bornéc
Par la fatale journée ;
Qui le mit dans le tombeau,
Penfez vous que l'Hymenéc
,
Février
1711. Ff
93 PIECES
Nair pas efteint ſon Alımbeau
.
Pourquoy ces fombres tenebres
,
Dans ce lugubre réduit ,
Pourquoy ces clartez funé-
2009 bres
2
Plus affreufes que la nuit ;
De ces noirs objets troublée
,
Trifte & fans ceffe immolée,
A de frivoles égards ,
Ferez vous d'un Mauzolée ,
Le plaifir de vos regards.
Voyez les Graces fidelles
BIBLIOTHE
LYON
18931
THEQUE
DE
L
FUGITIVE
Malgré vous fuivre vos
Er voltiger autour d'elles ,
L'Amour qui vous tend les
brasjevamo
Voyez ce Dieu plein de
charmes ;
Qui vous dit les yeux en
larmes
Pourquoy ces foins fuper
Alus ,
Pourquoy ces cris ces
palarmesil
Ton Epoux ne t'entend plus .
Si vôtre premiere flame,
Eut jadis un cours fi beau ,
Il doit enhardir vôtre anie ,
·Ff ij
100 PIECES I
A brûler d'un fau nouveau,
Plus d'un bonheur fi paifi
ble ,
La perte vous fut fenfible ;
Plus vous devez afpirer:
Au feul remede infaillible ,
Qui puiffe la réparer.
De la veuve de Sichée
L'Hiftoire vous a fait peur
Didon mourut attachée ,
Au Char d'un Amant trompcur
Mais l'impudente mortelle ,
N'eut à fe plaindre que
d'elle ,
Ce fut fa faute en un mot,
FUGITIVES . fot
A quoy fongeoit cette belle,
De prendre un Amant
bigot .
009
Pouvoit elle mieux atten
dre ,
De ce Heros Voyageur : Y
Qui fuyant fa Ville en
cendre
,
Et le fer du Grec vangeur
Chargé des Dieux de Pergame
Ravit fon pere à la flame
Tenant fon fils par la main
Sans prendre gårde à fa
femme
Qui le perdit en chemin.
Ff iij
102 PIECES
1
Sous un plus heureux aufpice
,
La Déeffe des Amours ,
Veut qu'un nouveau Sacri,
fice
,
Luy. confacre vos beaux
E jours
Déja le Bucher s'allume ,
L'Autel brille
* fume ,
l'Encens
La Victime s'embellit ,
L'Amour même la confume
Enfin l'Hmen
s'accomplit .
Tout confpire à l'allegreffe,
FUGITIVES. 103
De cet inftant folemnel
Une riante Jeunefle ,
Folaftre autour de l'Autel ,
Les Graces à demy nuës ]
A ces danfes ingénues ,
Meflent de tendres accens
Et fur un Trône de nues ,
Venus reçoit voftre encens
A une belle Veuve.
Quel refpect imaginaire ,
Pour les cendres d'un Epoux
Vous rend vous même contraire
A vos defirs les plus doux ;
Quand fa courfe fut bornéc
Par la fatale journée ;
Qui le mit dans le tombeau,
Penfez vous que l'Hymenéc
,
Février
1711. Ff
93 PIECES
Nair pas efteint ſon Alımbeau
.
Pourquoy ces fombres tenebres
,
Dans ce lugubre réduit ,
Pourquoy ces clartez funé-
2009 bres
2
Plus affreufes que la nuit ;
De ces noirs objets troublée
,
Trifte & fans ceffe immolée,
A de frivoles égards ,
Ferez vous d'un Mauzolée ,
Le plaifir de vos regards.
Voyez les Graces fidelles
BIBLIOTHE
LYON
18931
THEQUE
DE
L
FUGITIVE
Malgré vous fuivre vos
Er voltiger autour d'elles ,
L'Amour qui vous tend les
brasjevamo
Voyez ce Dieu plein de
charmes ;
Qui vous dit les yeux en
larmes
Pourquoy ces foins fuper
Alus ,
Pourquoy ces cris ces
palarmesil
Ton Epoux ne t'entend plus .
Si vôtre premiere flame,
Eut jadis un cours fi beau ,
Il doit enhardir vôtre anie ,
·Ff ij
100 PIECES I
A brûler d'un fau nouveau,
Plus d'un bonheur fi paifi
ble ,
La perte vous fut fenfible ;
Plus vous devez afpirer:
Au feul remede infaillible ,
Qui puiffe la réparer.
De la veuve de Sichée
L'Hiftoire vous a fait peur
Didon mourut attachée ,
Au Char d'un Amant trompcur
Mais l'impudente mortelle ,
N'eut à fe plaindre que
d'elle ,
Ce fut fa faute en un mot,
FUGITIVES . fot
A quoy fongeoit cette belle,
De prendre un Amant
bigot .
009
Pouvoit elle mieux atten
dre ,
De ce Heros Voyageur : Y
Qui fuyant fa Ville en
cendre
,
Et le fer du Grec vangeur
Chargé des Dieux de Pergame
Ravit fon pere à la flame
Tenant fon fils par la main
Sans prendre gårde à fa
femme
Qui le perdit en chemin.
Ff iij
102 PIECES
1
Sous un plus heureux aufpice
,
La Déeffe des Amours ,
Veut qu'un nouveau Sacri,
fice
,
Luy. confacre vos beaux
E jours
Déja le Bucher s'allume ,
L'Autel brille
* fume ,
l'Encens
La Victime s'embellit ,
L'Amour même la confume
Enfin l'Hmen
s'accomplit .
Tout confpire à l'allegreffe,
FUGITIVES. 103
De cet inftant folemnel
Une riante Jeunefle ,
Folaftre autour de l'Autel ,
Les Graces à demy nuës ]
A ces danfes ingénues ,
Meflent de tendres accens
Et fur un Trône de nues ,
Venus reçoit voftre encens
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Résumé : ODE A une belle Veuve.
Le poème 'ODE À une belle Veuve', daté de février 1711, s'adresse à une veuve qui, malgré ses désirs, respecte la mémoire de son époux défunt. Il évoque les souvenirs sombres et lugubres liés à la mort de son mari, contrastant avec les avances de l'amour qui tente de la séduire. La veuve est invitée à surmonter sa douleur et à aspirer à un nouveau bonheur, symbolisé par un mariage imminent. Le poème fait référence à des figures historiques comme la veuve de Sichée et Didon, soulignant les erreurs de ces dernières. Il décrit également la déesse des Amours préparant un sacrifice pour consacrer les beaux jours de la veuve. La scène finale montre une jeune fille joyeuse et les Grâces dansant autour de l'autel, tandis que Vénus reçoit l'encens, symbolisant l'accomplissement du mariage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1321
p. 103-107
STANCES.
Début :
Arrestez, jeune Bergere, [...]
Mots clefs :
Amant, Bergère
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texteReconnaissance textuelle : STANCES.
STANCES.
Arreftez , jeune Bergere ,
Je fuis un Amant fincere ,
Un Amant vous fait il peur
Je n'ay qu'un mot à
v
dire
Ff.iiij
104 PIECES
Ec tout ce que je deſire ,
C'eft de vous tirer d'erreur
Le temps vous pourfait fans
ceffe ,
L'éclat de voſtre jeuneffe ,
Sera bientoft effacé ,
Le temps détruir toutes
chofes ,
Et l'on ne voit plus de
rofes ,
Quand le Printemps eſt paſ
fé.
Les plus fombres nuits finif-
21 fent ,
Leurs ombres s'évanoüiffent,
1
FUGITIVES . ros
Et rendent bien toft le jour s
Mais quand l'aimable jeu
neffe
A fait place à la vielleffe ,
Elle ignore le retour.
L'éclat des fleurs naturelles,
Fait l'ornement de nos Belles
,
On prife leur nouveauté ;
Mais au bout d'une journée,
Cette heureufe déftinée ,
Finit avec leur beauté !
Vos attraits belle Silvie,
Ne mettront point voſtre
for vice
106
PIECES
Hors des atteintes du fort ,
Il vous proméne fans ceffe ,
Du bel âge à la vieilleffe ;
De la vicilleffe à la mort.
-
Ainfi foyez moins volage ;
Er puis qu'avec le bel âge ,
Le plaifir paffe & s'enfuit ,
Quittez voftre indifference ,
La nuit à grands pas s'avan-
CC
Profitez du jour qui luit.
Un peu de tendre folie ,
Fait d'une Fille jolie ,
Le plaifir & le bonheur
;
Et dans le déclin de l'âge ,,
FUGITIVES. 107
Un dehors fier & fauvage.
Luy rend la gloire & l'honneur
.
Par cette leçon fidelle ,
Tircis prefloit une belle ,
D'avoir pitié de fon mal
Son Difcours la rendit fage
Mais elle n'en fit ufage ,
Qu'au profit de fon Rival .
Arreftez , jeune Bergere ,
Je fuis un Amant fincere ,
Un Amant vous fait il peur
Je n'ay qu'un mot à
v
dire
Ff.iiij
104 PIECES
Ec tout ce que je deſire ,
C'eft de vous tirer d'erreur
Le temps vous pourfait fans
ceffe ,
L'éclat de voſtre jeuneffe ,
Sera bientoft effacé ,
Le temps détruir toutes
chofes ,
Et l'on ne voit plus de
rofes ,
Quand le Printemps eſt paſ
fé.
Les plus fombres nuits finif-
21 fent ,
Leurs ombres s'évanoüiffent,
1
FUGITIVES . ros
Et rendent bien toft le jour s
Mais quand l'aimable jeu
neffe
A fait place à la vielleffe ,
Elle ignore le retour.
L'éclat des fleurs naturelles,
Fait l'ornement de nos Belles
,
On prife leur nouveauté ;
Mais au bout d'une journée,
Cette heureufe déftinée ,
Finit avec leur beauté !
Vos attraits belle Silvie,
Ne mettront point voſtre
for vice
106
PIECES
Hors des atteintes du fort ,
Il vous proméne fans ceffe ,
Du bel âge à la vieilleffe ;
De la vicilleffe à la mort.
-
Ainfi foyez moins volage ;
Er puis qu'avec le bel âge ,
Le plaifir paffe & s'enfuit ,
Quittez voftre indifference ,
La nuit à grands pas s'avan-
CC
Profitez du jour qui luit.
Un peu de tendre folie ,
Fait d'une Fille jolie ,
Le plaifir & le bonheur
;
Et dans le déclin de l'âge ,,
FUGITIVES. 107
Un dehors fier & fauvage.
Luy rend la gloire & l'honneur
.
Par cette leçon fidelle ,
Tircis prefloit une belle ,
D'avoir pitié de fon mal
Son Difcours la rendit fage
Mais elle n'en fit ufage ,
Qu'au profit de fon Rival .
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Résumé : STANCES.
Le texte est une série de stances poétiques adressées à une jeune bergère. L'auteur, se présentant comme un amant sincère, l'exhorte à apprécier sa jeunesse et sa beauté avant qu'elles ne disparaissent. Il met en garde contre le passage inexorable du temps, qui efface la jeunesse et la beauté, comparant cette transformation à la fin des nuits sombres et à la fin de la beauté des fleurs. L'auteur souligne que la jeunesse et la beauté sont éphémères, tandis que la vieillesse et la mort sont inévitables. Il encourage la jeune bergère à profiter du moment présent et à ne pas être indifférente, car la jeunesse et le plaisir passent rapidement. L'auteur conclut en racontant l'histoire de Tircis, qui a tenté de convaincre une belle de sa sincérité, mais sans succès, car elle a préféré son rival.
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1322
p. 108-110
EPITRE A Monsieur l'Abbé de C**
Début :
Tant que dure la présence [...]
Mots clefs :
Ombre
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texteReconnaissance textuelle : EPITRE A Monsieur l'Abbé de C**
EPITRE
A Monſieur l'Abbé de
C **
Tant que dure la préfence
D'un Altre propice & doux,
J'ai fenty de ton abfence
Plus d'ennuy que de courroux
,'
Je difois je te pardonne
De préferer les beautez
De Céres & de Pomone
Au tumulte des Citez ,
Ainfi l'Amant de Glycér
Epris d'un repos obfcur
FUGITIMES . os
Cherchoit l'ombre folitaire
Des rivages de Tibur ;
Mais aujourd'hui dans mes
Plaines
Le chien bruflant de Prócris
,
De Flore aux douces haleines
Deffeiche les dons chéris.
Veux tu d'un Aftre perfide
Piquer les âpres chaleurs ,
Et dans ton jardin aride ,
Seicher ainfi que tes fleurs.
Non , non , fuis plûtoft l'exemple
De tes amis Cafaniers
110 PIECES
Et réviens chercher au temple
L'ombre de tes maronniers.
Là nous trouverons fans
peine
Avec toi le verre en main ,
Cet homme que Diogéne
Chercha filong temps en
vain ,
Et dans fa douce allégreffe ,
Dont tu fçais nous abreuver
,
Nous puiferons la fageffe
Qu'il cherchoit fans la trouver
,
A Monſieur l'Abbé de
C **
Tant que dure la préfence
D'un Altre propice & doux,
J'ai fenty de ton abfence
Plus d'ennuy que de courroux
,'
Je difois je te pardonne
De préferer les beautez
De Céres & de Pomone
Au tumulte des Citez ,
Ainfi l'Amant de Glycér
Epris d'un repos obfcur
FUGITIMES . os
Cherchoit l'ombre folitaire
Des rivages de Tibur ;
Mais aujourd'hui dans mes
Plaines
Le chien bruflant de Prócris
,
De Flore aux douces haleines
Deffeiche les dons chéris.
Veux tu d'un Aftre perfide
Piquer les âpres chaleurs ,
Et dans ton jardin aride ,
Seicher ainfi que tes fleurs.
Non , non , fuis plûtoft l'exemple
De tes amis Cafaniers
110 PIECES
Et réviens chercher au temple
L'ombre de tes maronniers.
Là nous trouverons fans
peine
Avec toi le verre en main ,
Cet homme que Diogéne
Chercha filong temps en
vain ,
Et dans fa douce allégreffe ,
Dont tu fçais nous abreuver
,
Nous puiferons la fageffe
Qu'il cherchoit fans la trouver
,
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Résumé : EPITRE A Monsieur l'Abbé de C**
L'auteur écrit à l'abbé de C** pour exprimer son ennui de son absence, qu'il attribue à une préférence pour la tranquillité des champs. Il évoque un changement de saison avec une chaleur intense et invite l'abbé à revenir pour partager une sagesse rare, sous les marronniers, comparée à celle de Diogène.
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1323
p. 111-112
EPITALAME sur le Mariage de Mademoiselle D**
Début :
Seigneur Hymen, comment l'entendez vous, [...]
Mots clefs :
Mariage, Hymen, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITALAME sur le Mariage de Mademoiselle D**
EPIT ALAME
fur le Mariage de
Mademoiselle D **
Seigneur Hymen, comment
l'enténdez vous,
Difoit l'aîné des enfans de
Cythere ,
De cet objet qui fut formé
pour vous ,
Croyez vous feul eſtre dé.
pofitaire ,
Non dit l'Hymen , quoi
qu'à ne vous rien faire.
Pour mon profit vous soyez
peu zelé,
2 PIECES
Eh mon amy , lui dit l'enfant
aiflé,
Conſerve nous ainfi que ta
prunelle ,
Quand une fois l'Amour
s'eft envolé
Le pauvre Hymen ne bat
plus que d'une aifle.
fur le Mariage de
Mademoiselle D **
Seigneur Hymen, comment
l'enténdez vous,
Difoit l'aîné des enfans de
Cythere ,
De cet objet qui fut formé
pour vous ,
Croyez vous feul eſtre dé.
pofitaire ,
Non dit l'Hymen , quoi
qu'à ne vous rien faire.
Pour mon profit vous soyez
peu zelé,
2 PIECES
Eh mon amy , lui dit l'enfant
aiflé,
Conſerve nous ainfi que ta
prunelle ,
Quand une fois l'Amour
s'eft envolé
Le pauvre Hymen ne bat
plus que d'une aifle.
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1324
p. 113-118
ODE Sur un commencement d'Année.
Début :
L'Astre qui partage nos jours, [...]
Mots clefs :
Année
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texteReconnaissance textuelle : ODE Sur un commencement d'Année.
O
DEA
Sur un commencement
d'Année.
L'Aftre qui partage nos
jours ,
Et qui nous preſte ſa lu-
4
miere
Viene de terminer la carriere,
Et commencer un nouveau
cours .
Avec une viteffe extrême T
Nous avons vu l'an's'écou
ler ;
Février 1711. Gg
114 PIECES
Celui ci paffera de même
Sans qu'on puiffe le rappeller.
Tout finit , tout eft fans remede
,
Aux Loix du temps affu
jéti ,
Et par l'inftant qui lui fuccede
,
Chaque inftant eft anéantis
La plus brillante des journées
Paffe
pour
ne
plus
revenir
,
La
plus
fertile
des
années
11 FUGITIVES.
N'a commencé que pour fi
nir.
En vain par les murs qu'on
acheve ,
L'on tâche à s'immortalifer;
La vanité qui les éleve
Ne fçauroit les éternifer .
L'homme qui de tout eſt le
Maitreymi:0
Par la même Loi doit perir ;
Ici bas commencer à naiftre,
Neft que commencer à
mourir.
Pourquoi donc dans ce pèu
d'efpace Gg ij
716 PIECES
€
De tant de foins m'embarraffer
?
Pourquoi perdre le jour qui
paffe ,
Pour un autre qui doit paſſer?
Si tel eft le deftin des hommes
,
Qu'un moment peut les voir
finirs
Goutons bien l'instant où
nous fommes ,
Puifqu'il ne peut plus reve
nir.
Cet homme eft vraiment
* déplorable , citrus?
FUGITIVES.
Qui de la fortune amoureux
Serend lui même miferable ,
En travaillant pour eftre
heureux .
Infenfez ! voſtre ame fe livre
A de tumultueux projets
Vous mourez fans avoir ja
mais
Pû trouver le moment de
aplo vivre.m, qusmon I
Je fonge aux jours que j'ai
paffez ,
Sans les regreter: nimen
tanplaindregnod ! anda
Je vois ceux qui me ſongs
laiffez ,
118 PIECES
Sans les defirer ni les crain
dre.
Jak
Ne laiffons point évanouir
Des biens mis en noftre
puiffance ,
Et que l'attente d'en jouir
N'étouffe point leur joüif
fance.
Le moment paffe n'eft pluss
rien ,
Demain nous pouvons ne
plus eftre ,
Be prefent eft l'unique bien ,
Dont l'homme foit vrai
ment le Maitres
DEA
Sur un commencement
d'Année.
L'Aftre qui partage nos
jours ,
Et qui nous preſte ſa lu-
4
miere
Viene de terminer la carriere,
Et commencer un nouveau
cours .
Avec une viteffe extrême T
Nous avons vu l'an's'écou
ler ;
Février 1711. Gg
114 PIECES
Celui ci paffera de même
Sans qu'on puiffe le rappeller.
Tout finit , tout eft fans remede
,
Aux Loix du temps affu
jéti ,
Et par l'inftant qui lui fuccede
,
Chaque inftant eft anéantis
La plus brillante des journées
Paffe
pour
ne
plus
revenir
,
La
plus
fertile
des
années
11 FUGITIVES.
N'a commencé que pour fi
nir.
En vain par les murs qu'on
acheve ,
L'on tâche à s'immortalifer;
La vanité qui les éleve
Ne fçauroit les éternifer .
L'homme qui de tout eſt le
Maitreymi:0
Par la même Loi doit perir ;
Ici bas commencer à naiftre,
Neft que commencer à
mourir.
Pourquoi donc dans ce pèu
d'efpace Gg ij
716 PIECES
€
De tant de foins m'embarraffer
?
Pourquoi perdre le jour qui
paffe ,
Pour un autre qui doit paſſer?
Si tel eft le deftin des hommes
,
Qu'un moment peut les voir
finirs
Goutons bien l'instant où
nous fommes ,
Puifqu'il ne peut plus reve
nir.
Cet homme eft vraiment
* déplorable , citrus?
FUGITIVES.
Qui de la fortune amoureux
Serend lui même miferable ,
En travaillant pour eftre
heureux .
Infenfez ! voſtre ame fe livre
A de tumultueux projets
Vous mourez fans avoir ja
mais
Pû trouver le moment de
aplo vivre.m, qusmon I
Je fonge aux jours que j'ai
paffez ,
Sans les regreter: nimen
tanplaindregnod ! anda
Je vois ceux qui me ſongs
laiffez ,
118 PIECES
Sans les defirer ni les crain
dre.
Jak
Ne laiffons point évanouir
Des biens mis en noftre
puiffance ,
Et que l'attente d'en jouir
N'étouffe point leur joüif
fance.
Le moment paffe n'eft pluss
rien ,
Demain nous pouvons ne
plus eftre ,
Be prefent eft l'unique bien ,
Dont l'homme foit vrai
ment le Maitres
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Résumé : ODE Sur un commencement d'Année.
Le poème médite sur la fugacité du temps et l'inévitabilité de la mort. Il souligne la fin d'une année et le début d'une nouvelle, notant que les jours et les années passent rapidement et sans retour. Tout, y compris les réalisations humaines comme les bâtiments, est soumis aux lois du temps. L'homme, maître de tout, doit également périr. Le poème invite à profiter du moment présent, car il ne reviendra pas. Il critique ceux qui, amoureux de la fortune, travaillent pour le bonheur sans jamais le trouver. Le poète exprime son détachement des jours passés, sans regret ni désir pour les jours à venir. Il encourage à savourer les biens présents et à ne pas les laisser s'évanouir en les attendant. Le moment présent est le seul bien dont l'homme est vraiment maître.
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1325
p. 119-122
LA MARMELADE. A Madame du H**
Début :
Par les mains de Daphné des pêches aprestées [...]
Mots clefs :
Marmelade
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA MARMELADE. A Madame du H**
LA MARMELADE
A Madame du H **
Paroles ar les mains de Daphné
des pêches apreltées
Şansordre enla poëfle jettées,
Cuifoient à bouillons lens
fur un feu moderéb
Qu'elle même avoit préparé:
Les Amours volloient autour
d'elle ,
Ils s'en écartent rarement,
Chacun d'eux s'empre foit a
lui marquer fon zele.
L'un en paffant legerements
120 PIECES
Allumoit le feu d'un coup
d'aille ;
L'autre à l'entretenir atta
ché conftament
Le ménageoit habilement .
En femme des long- temps
faite à leur badinage ;
Daphné , d'un air ailé la
El cueilliere à la main
Gouvernoit les Mutias ) prébfidoir
à l'ouvrage
Tandis que chacun fonge
aux foins qui le partage ,
La marmelade va fon train !
Et doja du fond de l'airain ,
Un parfum préferable à ceux
que l'Arabie
Renferme
FUGITIVES. 121
Renferme en fes valtes deferts
,
A replis ondoyans s'exhale
dans les airs.
Les noyaux ajoutez , Daphné
l'ame ravie ,
210319083 2019
vifa
Voyoit
d'un
vilage
fiant
Lo fuccés dont fa peine al
loit cftre fuiviend
Quand un amour impatient
Détachant fa trouffe perfide,
Qui fur de mille coeurs le fatal
homicide
,
Sous la poëlle la fit voſler.
L'éclair que nous voyons
foudain étinceler ,
Février 1711. Hh
127 PIECES
D'un éclat moins fubit s'allume
dans la nuë ;
L'airain gemit , la flame au
travers s'infinue .
Au hazard de fes doigts tendres
& délicats ,
Daphné , comme une autre
Pallas
,
Pour enlever la poëlle entre
dans la mellée ;
Le fecours vint trop tard ,
helas !
La Marmelade fut brufléc,
A Madame du H **
Paroles ar les mains de Daphné
des pêches apreltées
Şansordre enla poëfle jettées,
Cuifoient à bouillons lens
fur un feu moderéb
Qu'elle même avoit préparé:
Les Amours volloient autour
d'elle ,
Ils s'en écartent rarement,
Chacun d'eux s'empre foit a
lui marquer fon zele.
L'un en paffant legerements
120 PIECES
Allumoit le feu d'un coup
d'aille ;
L'autre à l'entretenir atta
ché conftament
Le ménageoit habilement .
En femme des long- temps
faite à leur badinage ;
Daphné , d'un air ailé la
El cueilliere à la main
Gouvernoit les Mutias ) prébfidoir
à l'ouvrage
Tandis que chacun fonge
aux foins qui le partage ,
La marmelade va fon train !
Et doja du fond de l'airain ,
Un parfum préferable à ceux
que l'Arabie
Renferme
FUGITIVES. 121
Renferme en fes valtes deferts
,
A replis ondoyans s'exhale
dans les airs.
Les noyaux ajoutez , Daphné
l'ame ravie ,
210319083 2019
vifa
Voyoit
d'un
vilage
fiant
Lo fuccés dont fa peine al
loit cftre fuiviend
Quand un amour impatient
Détachant fa trouffe perfide,
Qui fur de mille coeurs le fatal
homicide
,
Sous la poëlle la fit voſler.
L'éclair que nous voyons
foudain étinceler ,
Février 1711. Hh
127 PIECES
D'un éclat moins fubit s'allume
dans la nuë ;
L'airain gemit , la flame au
travers s'infinue .
Au hazard de fes doigts tendres
& délicats ,
Daphné , comme une autre
Pallas
,
Pour enlever la poëlle entre
dans la mellée ;
Le fecours vint trop tard ,
helas !
La Marmelade fut brufléc,
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Résumé : LA MARMELADE. A Madame du H**
Le texte relate la préparation de la marmelade par Daphné, assistée par les Amours. Ces derniers allument et entretiennent le feu, tandis que Daphné surveille la cuisson des pêches avec une cuillère. Un parfum délicieux, surpassant ceux de l'Arabie, se répand dans l'air. Daphné admire son travail, mais un Amour impatient fait voler la poêle, provoquant un accident. Un éclair illumine la scène, et malgré les efforts de Daphné pour sauver la poêle, la marmelade est brûlée.
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1326
p. 123-131
AUTRE EPITALAME. A Monsieur de M** Par Monsieur ROY.
Début :
Le jour de l'Hymenée & souvent dés la veille [...]
Mots clefs :
Amour, Hymen
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE EPITALAME. A Monsieur de M** Par Monsieur ROY.
AUTRE EPITALAME
A Monfieur de M **
Par Monfieur Roy. I
Le jour de l'Hymenée , &
fouvent dés la veille.
Une Muſe fait à merveille i
Dépeindre les Epoux dans
leur naiflante ardeur.
Huit jours plus tard c'eft
trop attendre
Le couple devenu pas tendre
,
Baille au recit de fon bon-
む
heur.
Hhij
124
PIECES
Cher Morville pour toi dans
l'objet qui t'engage ,
Tu trouves chaque jour à
l'aimer davantage .
Je viens donc affez toſt chanter
Un
bonheur que le temps
doit encor
augmenter.
Le mois paffé Venus quittas
Cythere
Pour fe rendre auprés de
Themis ;
C'eft une nouveauté ; car
- Themis eft fevore ,
Venus voudroit changer
les Juges en amis ,
Themis peur de foupçon ne
la fréquente guere.
FUGITIVES. 125
Venus pour ce jour là prit
un fage maintien,
Elle affecta certain air do
referve
Sur le regard de Minerve ;
Elle compofa le fien ;
L'Amour marchoit à cofté
de fa mere
Déguilé fous les atours
De l'Hymen fon grave frere;
Mais il fautoit , danfoit toû
jours ,
Et fi ce n'eftoit pas le plus
svif des Amours ,
C'eftoit du moins l'Hymen
plus gay que l'ordinaire,
Ils entrerent à petit bruit.
Hh iij
126: PIECES
Au fonds du Temple eſt un
réduit
Où la Déeffe retirée
Jugeoit des Epoux diviſez
Voilà , dit- elle , à Citherée,
Les querelles que vous caufez.
Vous donnez aux Amans
l'efperance frivole
De ne les point quitter, d'entretenir
leur feux
Sur votrefoy l'Hymen ferre
leurs noeuds ,
Puis vous leur manquez de
parole.
Eh bien pour tous les coeurs
dont j'ai trompé les voeux
FUGITIVES . 127
J'en fçai deux,dit Venus , que
je vais rendre heureux ,
Vous & moi formerons leur
chaîne
,
Vous n'avez qu'à vouloir
voilà ce qui m'amene ,
Qu'avec plaifir je rappelle ce
temps
Où l'on vous vit regner
fous le beau nom d'Aftrée !
Il n'eftoit point alors d'u
nion alterée
Que vous rendiez d'Epour
contens !
Formons encor des noeuds
fur ce premier modele ,
Dans voſtre vertueufe Cour
Hh iii
128 PIECES
S'éleve une aimable mortelle
Celui dont elle tient le jour,
Eft voftre Miniftre fidelle.
La jeune de Vienne ; c'eſt
elle
Dont je voudrois difpofer
avec vous .
Mais , dit Themis à qui la
deſtinerons nous ?
Epoufe du Dieu Mars, vous
me parlez peut eftre
Pour vos Guerriers préfomptueux
;
La modefte raifon chez eux
n'ole paroiftre ,
Penfez vous que mon goût
fimpatife avec eux ?
Ad H
FUGITIVES . 119
Scachez auffi que ma candeur
abhore ..
Ces honneftes trompeurs
qu'on nomme courtisans.
Que de Vienne à jamais
ignore
Leurs Arts flateurs ou méprifants.
Tant mieux reprit Venus
nous n'avons plus
d'obſtacles ,
Celui que je propofe , eft un
de vos Oracles ;
Il faut vous dire tout , il eft
auffi le mien ,
Et pour vous & pour moi
parle également bien ,
130 PIECES
Pour vous , il perfuade , il
touche
Quand il s'explique en mon
nom ,
Et je crois parler raifon
Quand je parle par ſa bouche.
Lagrave Themis lui fourit :
C'eft Morville,à ces traits je
ne m'y puis méprendre;
L'Hymen qui fuit vos pas
lui peut aller aprendre
Que vos voeux , qu'aux fiens
j'ai fouferit ,
Au moins nous n'imitons ni
l'Amant , ni la Belle ,
S'ils ne devoient s'aimer
FUGITIVES. 131
d'un amour éternelle ,
Et mieux qu'on n'aime en ce
temps.ci.
Mais qui m'en répondra
l'Amour n'eft point ici.
Hymen amenezvoftre frere:
Non
, non il n'eſt pas ncceffaire,
>
Je vous en répond , moi ,
criá le petit Dieu ,
Themis le reconnut , Amour
fongez un peu
A ne pas nous en faire accroire
,
Allez , lui dit l'Amour , il y
va de ma gloire
J'en jure par de Vienne
Adicu.
A Monfieur de M **
Par Monfieur Roy. I
Le jour de l'Hymenée , &
fouvent dés la veille.
Une Muſe fait à merveille i
Dépeindre les Epoux dans
leur naiflante ardeur.
Huit jours plus tard c'eft
trop attendre
Le couple devenu pas tendre
,
Baille au recit de fon bon-
む
heur.
Hhij
124
PIECES
Cher Morville pour toi dans
l'objet qui t'engage ,
Tu trouves chaque jour à
l'aimer davantage .
Je viens donc affez toſt chanter
Un
bonheur que le temps
doit encor
augmenter.
Le mois paffé Venus quittas
Cythere
Pour fe rendre auprés de
Themis ;
C'eft une nouveauté ; car
- Themis eft fevore ,
Venus voudroit changer
les Juges en amis ,
Themis peur de foupçon ne
la fréquente guere.
FUGITIVES. 125
Venus pour ce jour là prit
un fage maintien,
Elle affecta certain air do
referve
Sur le regard de Minerve ;
Elle compofa le fien ;
L'Amour marchoit à cofté
de fa mere
Déguilé fous les atours
De l'Hymen fon grave frere;
Mais il fautoit , danfoit toû
jours ,
Et fi ce n'eftoit pas le plus
svif des Amours ,
C'eftoit du moins l'Hymen
plus gay que l'ordinaire,
Ils entrerent à petit bruit.
Hh iij
126: PIECES
Au fonds du Temple eſt un
réduit
Où la Déeffe retirée
Jugeoit des Epoux diviſez
Voilà , dit- elle , à Citherée,
Les querelles que vous caufez.
Vous donnez aux Amans
l'efperance frivole
De ne les point quitter, d'entretenir
leur feux
Sur votrefoy l'Hymen ferre
leurs noeuds ,
Puis vous leur manquez de
parole.
Eh bien pour tous les coeurs
dont j'ai trompé les voeux
FUGITIVES . 127
J'en fçai deux,dit Venus , que
je vais rendre heureux ,
Vous & moi formerons leur
chaîne
,
Vous n'avez qu'à vouloir
voilà ce qui m'amene ,
Qu'avec plaifir je rappelle ce
temps
Où l'on vous vit regner
fous le beau nom d'Aftrée !
Il n'eftoit point alors d'u
nion alterée
Que vous rendiez d'Epour
contens !
Formons encor des noeuds
fur ce premier modele ,
Dans voſtre vertueufe Cour
Hh iii
128 PIECES
S'éleve une aimable mortelle
Celui dont elle tient le jour,
Eft voftre Miniftre fidelle.
La jeune de Vienne ; c'eſt
elle
Dont je voudrois difpofer
avec vous .
Mais , dit Themis à qui la
deſtinerons nous ?
Epoufe du Dieu Mars, vous
me parlez peut eftre
Pour vos Guerriers préfomptueux
;
La modefte raifon chez eux
n'ole paroiftre ,
Penfez vous que mon goût
fimpatife avec eux ?
Ad H
FUGITIVES . 119
Scachez auffi que ma candeur
abhore ..
Ces honneftes trompeurs
qu'on nomme courtisans.
Que de Vienne à jamais
ignore
Leurs Arts flateurs ou méprifants.
Tant mieux reprit Venus
nous n'avons plus
d'obſtacles ,
Celui que je propofe , eft un
de vos Oracles ;
Il faut vous dire tout , il eft
auffi le mien ,
Et pour vous & pour moi
parle également bien ,
130 PIECES
Pour vous , il perfuade , il
touche
Quand il s'explique en mon
nom ,
Et je crois parler raifon
Quand je parle par ſa bouche.
Lagrave Themis lui fourit :
C'eft Morville,à ces traits je
ne m'y puis méprendre;
L'Hymen qui fuit vos pas
lui peut aller aprendre
Que vos voeux , qu'aux fiens
j'ai fouferit ,
Au moins nous n'imitons ni
l'Amant , ni la Belle ,
S'ils ne devoient s'aimer
FUGITIVES. 131
d'un amour éternelle ,
Et mieux qu'on n'aime en ce
temps.ci.
Mais qui m'en répondra
l'Amour n'eft point ici.
Hymen amenezvoftre frere:
Non
, non il n'eſt pas ncceffaire,
>
Je vous en répond , moi ,
criá le petit Dieu ,
Themis le reconnut , Amour
fongez un peu
A ne pas nous en faire accroire
,
Allez , lui dit l'Amour , il y
va de ma gloire
J'en jure par de Vienne
Adicu.
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Résumé : AUTRE EPITALAME. A Monsieur de M** Par Monsieur ROY.
Le poème 'Autre Épithalame' de Monsieur Roy célèbre un mariage et les sentiments amoureux des époux. La Muse loue les jeunes mariés dans leur ardeur initiale. Huit jours plus tard, le couple partage un bonheur plus serein. Venus, déesse de l'amour, consulte Thémis, déesse de la justice, pour un mariage. Venus souhaite transformer les juges en amis, mais Thémis reste prudente. Venus et l'Amour, déguisé en Hymen, se rendent dans le temple de Thémis. Thémis reproche à Venus de donner de faux espoirs aux amants. Venus propose de former un couple heureux et évoque les unions réussies sous le règne d'Astrée. Thémis exprime ses réserves sur les courtisans et les guerriers présomptueux. Venus suggère Morville comme époux pour la jeune de Vienne, fille du ministre fidèle de Thémis. Thémis reconnaît Morville comme un oracle favorable à l'amour. L'Amour assure que les vœux des époux seront éternels et que leur amour surpassera celui des amants actuels. Thémis accepte finalement, et l'Amour jure de la véracité de ses paroles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1327
p. 86-91
SUR LA PRISE de Girone. Par Mr le D. de N. ODE.
Début :
Muses, sur la lyre éclatante, [...]
Mots clefs :
Gérone
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA PRISE de Girone. Par Mr le D. de N. ODE.
SURLAPRISE
de Girone.
Par Mr le D. de N.
ODE.
Mttfes,surla lyreéclatante,
Oif vous celebrezles vainqueurs,
Chantezlavaleur triomphante
D'un heros ami des neufSoeurs.
Mêlezvosfleurstousjours nouvelles
,
A ces couronnes immortelles,
Dont Mars ceintsonfront glorieux.
Noaille iJJu d'unsang illustre
Vient <£ajoufler un nouveau
Inftre
A la gloire deses Ayeux.
Impatient an jourcelebre
Oui doitaffermirungrand Roy,
Je le voisprés des bords de Ebrs
Où sa valeurseme l'effroy.
Il marche;il attaque GitoneJ
Et déjasafoudre qui tonne,
Frappe ces orgueilleux remparts,
Pour lesalut de l'Iberie
,
Prodiguedesa belle vie
Il , vole au milieu des hazards.
En v~sin des rochers formidables,
Oui sembloient braverJupiter, *
Surses bataillons indomptables
Fontpleuvoir la flame ~& lefer.
En vainsous cent formes terribles,
Ces boulevars inaccessibles
da*nIsl y a des Autheurs qui croyent oue c'est
cette partie de TEipacrac
, que les
Geants furent foudroyez.
Presentent le trouble & la mort.
Jcane héros
)
quelle barriere
Pourroit de ton ardeurguerriere
Arrester le nobletransport ?
Gironesansestreeffrayée
Voittombersessuperbes Tours,
presque abatuë &foudroyée
Elle espere & combat tousjours.
A te resister obstinée
Elle croit desa destinée
Reculer les momens prescrits.
Elle osedeses mains rebelles
Former des barrieres nouvelles,
Etfaireun murdeses débris.
Mais qu'apperçoy-je ? lavictoire
Prête à volersous tes Drapeaux
Voit le fort jaloux de ta gloire,
Liguer&les vents èj- les eaux.
Le
Le Terdébordédansla plaine,
Oppose à l'ardeur qui t'entraine
Des monts liquides ~&lfottans.
Maisanimépar lesobstacles,
Tu flan par de nouveaux miracles,
Triompherdu fort &- dît tems.
Tu commandes,&tes cohortei
Promptes à marcher surtespas,
Franchisent ces murs & ceîportes,
Que viens defoudroyerton bras'.
Victime de sa resistance ,
Girone, qui craint ta vengeance,
Reconnoiftsa temerité.
Arrefle vainqueurmagnanime;
Elle cede au feu qui t'anime,
N'écouteplus quetabonté.
Elleadissipélesalarmes,
Où s'abandonnaient les vaincu<r,
Surpris dupouvoirde tesarmes ,
De tes hontezils sont confus.
Tel on vit ton illustrePere,
De[amantsajuste colere,
Charmer ceux qu'ilavoitsoumis.
Làmesme,ou tu cours à lagloire
,
Le plus douxfruit de sa victoire
Fut d'épargnerses ennemis.
Fils genereux que l'onadmire,
Et dans la Guerre & dans la
Paix.
Soustiendel'IberiqueEmpire,
Quels feront un jour tes hauts
faits!
Formesurdesages maximes,
Deses connoissances sublimes,
Minerve instruitsit ta valeur.
EnnaissantfameuxCapitaine,
Une entreprisesihautaine
Est l'essaydetonjeunecoeur.
Remplis tes grandes destinées
Quiferontpajlir le Germain,
Leprélude de tes années
En estleprésage certain.
Nous te verrons avec Vendosme
Dans l'un &dans, l'autreRoyaume
Rappeller la Paix, d- les Jeux.
Gironeà Philippefourmise,
Garantitla haute entreprise,
Qui nous promet des jours heureux.
L.MAUMENE T.
de Girone.
Par Mr le D. de N.
ODE.
Mttfes,surla lyreéclatante,
Oif vous celebrezles vainqueurs,
Chantezlavaleur triomphante
D'un heros ami des neufSoeurs.
Mêlezvosfleurstousjours nouvelles
,
A ces couronnes immortelles,
Dont Mars ceintsonfront glorieux.
Noaille iJJu d'unsang illustre
Vient <£ajoufler un nouveau
Inftre
A la gloire deses Ayeux.
Impatient an jourcelebre
Oui doitaffermirungrand Roy,
Je le voisprés des bords de Ebrs
Où sa valeurseme l'effroy.
Il marche;il attaque GitoneJ
Et déjasafoudre qui tonne,
Frappe ces orgueilleux remparts,
Pour lesalut de l'Iberie
,
Prodiguedesa belle vie
Il , vole au milieu des hazards.
En v~sin des rochers formidables,
Oui sembloient braverJupiter, *
Surses bataillons indomptables
Fontpleuvoir la flame ~& lefer.
En vainsous cent formes terribles,
Ces boulevars inaccessibles
da*nIsl y a des Autheurs qui croyent oue c'est
cette partie de TEipacrac
, que les
Geants furent foudroyez.
Presentent le trouble & la mort.
Jcane héros
)
quelle barriere
Pourroit de ton ardeurguerriere
Arrester le nobletransport ?
Gironesansestreeffrayée
Voittombersessuperbes Tours,
presque abatuë &foudroyée
Elle espere & combat tousjours.
A te resister obstinée
Elle croit desa destinée
Reculer les momens prescrits.
Elle osedeses mains rebelles
Former des barrieres nouvelles,
Etfaireun murdeses débris.
Mais qu'apperçoy-je ? lavictoire
Prête à volersous tes Drapeaux
Voit le fort jaloux de ta gloire,
Liguer&les vents èj- les eaux.
Le
Le Terdébordédansla plaine,
Oppose à l'ardeur qui t'entraine
Des monts liquides ~&lfottans.
Maisanimépar lesobstacles,
Tu flan par de nouveaux miracles,
Triompherdu fort &- dît tems.
Tu commandes,&tes cohortei
Promptes à marcher surtespas,
Franchisent ces murs & ceîportes,
Que viens defoudroyerton bras'.
Victime de sa resistance ,
Girone, qui craint ta vengeance,
Reconnoiftsa temerité.
Arrefle vainqueurmagnanime;
Elle cede au feu qui t'anime,
N'écouteplus quetabonté.
Elleadissipélesalarmes,
Où s'abandonnaient les vaincu<r,
Surpris dupouvoirde tesarmes ,
De tes hontezils sont confus.
Tel on vit ton illustrePere,
De[amantsajuste colere,
Charmer ceux qu'ilavoitsoumis.
Làmesme,ou tu cours à lagloire
,
Le plus douxfruit de sa victoire
Fut d'épargnerses ennemis.
Fils genereux que l'onadmire,
Et dans la Guerre & dans la
Paix.
Soustiendel'IberiqueEmpire,
Quels feront un jour tes hauts
faits!
Formesurdesages maximes,
Deses connoissances sublimes,
Minerve instruitsit ta valeur.
EnnaissantfameuxCapitaine,
Une entreprisesihautaine
Est l'essaydetonjeunecoeur.
Remplis tes grandes destinées
Quiferontpajlir le Germain,
Leprélude de tes années
En estleprésage certain.
Nous te verrons avec Vendosme
Dans l'un &dans, l'autreRoyaume
Rappeller la Paix, d- les Jeux.
Gironeà Philippefourmise,
Garantitla haute entreprise,
Qui nous promet des jours heureux.
L.MAUMENE T.
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Résumé : SUR LA PRISE de Girone. Par Mr le D. de N. ODE.
Le poème 'SURLAPRISE de Girone' du Duc de N. célèbre les exploits militaires d'un héros lors du siège de Girone. Le texte met en lumière la bravoure et les stratégies employées pour vaincre la ville, malgré ses défenses imposantes et les obstacles naturels comme les fleuves en crue. Animé par un ardent désir de victoire, le héros surmonte tous les défis, y compris les fortifications. Girone, après une résistance acharnée, finit par se rendre, reconnaissant la supériorité de l'adversaire. Le poème souligne la clémence et la générosité du vainqueur, comparées à celles de son père, soulignant ainsi les qualités de leadership et de miséricorde du héros. Le texte se termine par des vœux pour un avenir glorieux du héros, espérant qu'il continuera à servir et à protéger l'Empire ibérique, tant en temps de guerre qu'en temps de paix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1328
p. 135-143
CHANSON contre le Caffé. Sur le même Air des Bourgeois de Chastres & de Mont-l'hery.
Début :
Quelle bizarre verve [...]
Mots clefs :
Liqueur, Café
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON contre le Caffé. Sur le même Air des Bourgeois de Chastres & de Mont-l'hery.
CHANSON
contre le Caffé.
Sur le même Air des
Bourgeois de Chastres
&deMont-l'hery.
f]¡ucUe bigarre verve
M'avoirdoncéchauffe?
En dépit de Minervefay
chantéle Caffe:
Les Dieux ont rebute
Cette boijonbrûlante ;,
L'amertume qu'elle a
la, la,
Nfpeut quecheZj Pluton
don, don,
Meriterqu'on la chante,
Dansles enfers Orfée
Entrantfortaltéré,
Grogonnemal coefée,
apportaleCaffé;
LeChantrej~ Voyant la liqueur noire,
Que medonnez-vous là ?
la, lae
Pour chanter la chanson,
don, don,
C'est du vinqu'ilfaut
boire.
Vive lefeu bachique
Qui nous rend tous
Joyeux;
Cassémélancolique!
Le tien ejl dangereux,
Cyeji unfeu tenebreux,
Feunoir, &feufansfame,
Sournois il nous rendra
la, la,
C'estunfumeuxcharbon,
don,don,
Qui nous noircira l'âme.
Ilprendsurlanature.
Plus d'un Docteur l'a
dità
On paye avec ujure
Ce qu'il donne à crédit,
Oncroitquil nousfournit
Espritsen abondance;
Mais dans ces moments
là>
la la}
C'est nostre proprefond,
donydon,
Que le traistredepense.
Lesçavant Hipocrate
Ditquecette liqueur
Enresserrant larate
oJe la belle humeur,
Auxenvirons du coeur
Dissipant la tendresse
Detous ces quartiers là
la,la,
En cbassantCupidon)
don, don,
Il bannitl'allagresse,
Lorsque Bachuspropice
M'atroublé le cerrveltu,
Le Caffè parmalice
Vient tirerle rideau,
Jevoyoois tout en beau
Cette liqueur cruelle,
Parla vertu qu'elle a
la,la,
Réveillant maraifln,
don,don,
Mafaitpester contr' lle.
Celuyqui s'habituë
Au breuvage enfumé
Quandfin heure est venue
Ce/Je d'estre animé
D'un imbecile ila
Le langage& la mine
Le Casséseul pourra,
la,la,
Decestupide oiJOn,
don, don,
Remonter la machine.
Il .,-,- excite la bile ;" '!
Etson activités,
Rend lafemmeindocile
Avec malignit'e*t--.
LtiDémoriâù Caffe,
S'e'tabhjfanten France,
Femellesrassembla
l&y l&y
Entrelies ce Demon
don, don,
Souffla la médisance.
Ilcftde ce breuvage
Ainsiquedesamours,
Toujours on en dit rage
Etl'on en prend toujours;
Tel tout haut les blâma
Quitoutbas leurfitgrâce.
pour vousprouvercela,',' la,la,
De ce CafféDemon,
don9dony
Je vaisprendre unetasse.
contre le Caffé.
Sur le même Air des
Bourgeois de Chastres
&deMont-l'hery.
f]¡ucUe bigarre verve
M'avoirdoncéchauffe?
En dépit de Minervefay
chantéle Caffe:
Les Dieux ont rebute
Cette boijonbrûlante ;,
L'amertume qu'elle a
la, la,
Nfpeut quecheZj Pluton
don, don,
Meriterqu'on la chante,
Dansles enfers Orfée
Entrantfortaltéré,
Grogonnemal coefée,
apportaleCaffé;
LeChantrej~ Voyant la liqueur noire,
Que medonnez-vous là ?
la, lae
Pour chanter la chanson,
don, don,
C'est du vinqu'ilfaut
boire.
Vive lefeu bachique
Qui nous rend tous
Joyeux;
Cassémélancolique!
Le tien ejl dangereux,
Cyeji unfeu tenebreux,
Feunoir, &feufansfame,
Sournois il nous rendra
la, la,
C'estunfumeuxcharbon,
don,don,
Qui nous noircira l'âme.
Ilprendsurlanature.
Plus d'un Docteur l'a
dità
On paye avec ujure
Ce qu'il donne à crédit,
Oncroitquil nousfournit
Espritsen abondance;
Mais dans ces moments
là>
la la}
C'est nostre proprefond,
donydon,
Que le traistredepense.
Lesçavant Hipocrate
Ditquecette liqueur
Enresserrant larate
oJe la belle humeur,
Auxenvirons du coeur
Dissipant la tendresse
Detous ces quartiers là
la,la,
En cbassantCupidon)
don, don,
Il bannitl'allagresse,
Lorsque Bachuspropice
M'atroublé le cerrveltu,
Le Caffè parmalice
Vient tirerle rideau,
Jevoyoois tout en beau
Cette liqueur cruelle,
Parla vertu qu'elle a
la,la,
Réveillant maraifln,
don,don,
Mafaitpester contr' lle.
Celuyqui s'habituë
Au breuvage enfumé
Quandfin heure est venue
Ce/Je d'estre animé
D'un imbecile ila
Le langage& la mine
Le Casséseul pourra,
la,la,
Decestupide oiJOn,
don, don,
Remonter la machine.
Il .,-,- excite la bile ;" '!
Etson activités,
Rend lafemmeindocile
Avec malignit'e*t--.
LtiDémoriâù Caffe,
S'e'tabhjfanten France,
Femellesrassembla
l&y l&y
Entrelies ce Demon
don, don,
Souffla la médisance.
Ilcftde ce breuvage
Ainsiquedesamours,
Toujours on en dit rage
Etl'on en prend toujours;
Tel tout haut les blâma
Quitoutbas leurfitgrâce.
pour vousprouvercela,',' la,la,
De ce CafféDemon,
don9dony
Je vaisprendre unetasse.
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Résumé : CHANSON contre le Caffé. Sur le même Air des Bourgeois de Chastres & de Mont-l'hery.
La chanson critique sévèrement le café, le qualifiant de boisson amère et dangereuse. Les dieux et même Pluton le rejettent. Orphée, assoiffé, préfère le vin pour chanter. Le café est décrit comme un feu ténébreux et sournois qui noircit l'âme et affecte négativement la nature humaine. Bien que certains pensent qu'il stimule l'esprit, il épuise les ressources personnelles. Hippocrate observe que le café resserre la rate, dissipe la tendresse autour du cœur et bannit l'allégresse, contrairement au vin qui trouble agréablement l'esprit. Le café rend les gens imbéciles, excite la bile et rend les femmes indociles. En France, il est associé à la médisance et aux amours. Malgré les critiques, sa consommation persiste, et même ceux qui le blâment en secret en apprécient les effets. Pour prouver ses dires, l'auteur décide de boire une tasse de café.
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1329
p. 144-145
Explication de la premiere Enigme, par Me la M. de ***
Début :
Dans le coeur des jeunes Amans, [...]
Mots clefs :
Sang, Amants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Explication de la premiere Enigme, par Me la M. de ***
Explication de la premiere
Enigme, parMla
M. de *** '1 i-v ,(. ,.
Dansle coeur des jeunes
," Amans -
VnJàng bouillant&vif
causel'amourextrême,
C*elî cette vivacitémême
Qui rend les Amans inccqonjnfajnlsa.
Enigme, parMla
M. de *** '1 i-v ,(. ,.
Dansle coeur des jeunes
," Amans -
VnJàng bouillant&vif
causel'amourextrême,
C*elî cette vivacitémême
Qui rend les Amans inccqonjnfajnlsa.
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1330
p. 145-146
« Les Explications des deux suivantes sont de Mr Roch .... [...] »
Début :
Les Explications des deux suivantes sont de Mr Roch .... [...]
Mots clefs :
Sang
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Explications des deux suivantes sont de Mr Roch .... [...] »
Les Explications des
deux,suivantes sont de
MI*R«ocli s'agitelesvaisseaux
surmer&surterre&,
Ici v-aiïeauveut dire artere
E N V OY.
Dans les Héros lesang
faitlafranchevaleur,
Dans l'Heroïne il fait
l'honneur
Du Poëte rampantainsi
qu'uneTortuë ,
C'est lesang quifait l&
froideur;
C'estaussiparlesangque;
lesublimeAutheur
Cnomumee u*n Aigle perce la nuë.
deux,suivantes sont de
MI*R«ocli s'agitelesvaisseaux
surmer&surterre&,
Ici v-aiïeauveut dire artere
E N V OY.
Dans les Héros lesang
faitlafranchevaleur,
Dans l'Heroïne il fait
l'honneur
Du Poëte rampantainsi
qu'uneTortuë ,
C'est lesang quifait l&
froideur;
C'estaussiparlesangque;
lesublimeAutheur
Cnomumee u*n Aigle perce la nuë.
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1331
p. 147
Explication de la troisiéme Enigme.
Début :
C'est pour faire du sang que le pain se pétrit, [...]
Mots clefs :
Sang
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Explication de la troisiéme Enigme.
Explicationdela troi--
liérne Enigme.
C-lefl-pour faire du ping
que lepainsepétrit,
Cefangagitavecl'espritj.
C'cft lefang,quifaitune
bessey
Et s*ilrieftpasl'amoury*
illemetdansla teste.
liérne Enigme.
C-lefl-pour faire du ping
que lepainsepétrit,
Cefangagitavecl'espritj.
C'cft lefang,quifaitune
bessey
Et s*ilrieftpasl'amoury*
illemetdansla teste.
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1332
p. 155-157
CAPRICE d'une femme jalouse sur l'Enigme.
Début :
Torrens impetueux qui cours aprés toi-même, [...]
Mots clefs :
Sang
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CAPRICE d'une femme jalouse sur l'Enigme.
CAPRICE d'une femme jalouse sur tEnigme.
Torrens impetueux qui
, ", cours après toi-même,
Et qui ce fuis toi meme auflî*
Tâtantlepoux
AsonEpoux,
La jeune Aminte
Fit cetteplainte,
Tonsangsefuit
Etsepoursuit,
Son cours l'entraîne
De veine en veine ;
Ainsile cours
De tes amours
Cherinfidelle,
De belle en belle
T'entraînera , Quellesera
Pour lors ma rage.
Nonjesuissage.
Tremble pourtant
En uninstant,
La vertu change,
Femmese vange ;
Maisnonjamais
Pourtantsimais
Tu m'aime encore,
Moijet'adore;
Pourquoi vouloir
Déjàprévoir
Et l'inconstance
Et la vengeance.
ylrivera
Ce qu'ilpourrliQ
Torrens impetueux qui
, ", cours après toi-même,
Et qui ce fuis toi meme auflî*
Tâtantlepoux
AsonEpoux,
La jeune Aminte
Fit cetteplainte,
Tonsangsefuit
Etsepoursuit,
Son cours l'entraîne
De veine en veine ;
Ainsile cours
De tes amours
Cherinfidelle,
De belle en belle
T'entraînera , Quellesera
Pour lors ma rage.
Nonjesuissage.
Tremble pourtant
En uninstant,
La vertu change,
Femmese vange ;
Maisnonjamais
Pourtantsimais
Tu m'aime encore,
Moijet'adore;
Pourquoi vouloir
Déjàprévoir
Et l'inconstance
Et la vengeance.
ylrivera
Ce qu'ilpourrliQ
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Résumé : CAPRICE d'une femme jalouse sur l'Enigme.
Le poème 'Caprice d'une femme jalouse sur l'Enigme' relate la plainte d'Aminte, une femme jalouse face à l'infidélité de son mari. Elle compare son époux à un torrent impétueux et craint qu'il passe d'une femme à une autre. Aminte reconnaît sa jalousie mais affirme son amour et celui de son mari. Elle s'interroge sur l'inconstance et la vengeance, soulignant la rapidité des changements.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1333
p. 160-161
ENIGME du mois.
Début :
Naturelle dans ma parure, [...]
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME du mois.
ENIGME
du mois.
Naturelle dans ma parure,
Etbizare dans macoëf-,
fure;
J'ai la peau douce & le
tein brun,
Voici ce quej'ai de commun
Avec unebellepersonne.
Sijenefuispoint tendre
9 helasonm'abandonne;
Mais pour tel qui desire
ardemmentde mavoir,
Je commence à devenir
bonne
Lorsqueje me dispose à
ne plus rien valoir,
du mois.
Naturelle dans ma parure,
Etbizare dans macoëf-,
fure;
J'ai la peau douce & le
tein brun,
Voici ce quej'ai de commun
Avec unebellepersonne.
Sijenefuispoint tendre
9 helasonm'abandonne;
Mais pour tel qui desire
ardemmentde mavoir,
Je commence à devenir
bonne
Lorsqueje me dispose à
ne plus rien valoir,
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1334
p. 166-168
CHANSON sur le Caffé. Sur l'Air, Réveillez-vous, belle endormie.
Début :
Divin Caffé, tous les Poëtes, [...]
Mots clefs :
Café
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON sur le Caffé. Sur l'Air, Réveillez-vous, belle endormie.
CHANSON
sur leCaffe.
Sur l'Air, Réveillez-vous,
-
belle endormie. Divin caffé, tous les Poètes,
Chaque jour routent tes
bienfaits
;
-
Mais pourquoi par des Chansonnettes
).VeVl/ttent-ils point tes attraits?
Je veux romprel'ingrat silence
Des hostes du SacréVallon>
Fais parler ma reconnaissance,
Et vient meservird'Apollon.
Tu sçais animer l'éloquence
,
Tu frais reveillerles esprits
5 Etsouvent ta vive influence
produit le feu de nos écrits.
si la migraine ose paroistre
Avec son funeste bandeau ;
C'estpartoiquejevoisrenaistre
L'heureufl paix dans mon cerveau,
Tout danstoijusqu'a la fumée,
Produit des effets merveilleux
Jesens cette nuë embaumée;
Fortifer mes foibles yeux.
Loin d'ici lejus que Pomone,
EtBachus vient nousprésenter ;
La raison que le Cassé donne,
Ils ne Peuvent que nous l'oster.
DisparoissezLiqueursbruslantes
c!0! portez l'incendie au Cæltr:
Du Cassé les forces plus lentes
N'ont qu'une benigne chaleur,
Tous les jours l'Aurore nouvelle
Me verra cette coupe en main,
Par ce jusla Parque cruelle
sçaura respectermondessein,
sur leCaffe.
Sur l'Air, Réveillez-vous,
-
belle endormie. Divin caffé, tous les Poètes,
Chaque jour routent tes
bienfaits
;
-
Mais pourquoi par des Chansonnettes
).VeVl/ttent-ils point tes attraits?
Je veux romprel'ingrat silence
Des hostes du SacréVallon>
Fais parler ma reconnaissance,
Et vient meservird'Apollon.
Tu sçais animer l'éloquence
,
Tu frais reveillerles esprits
5 Etsouvent ta vive influence
produit le feu de nos écrits.
si la migraine ose paroistre
Avec son funeste bandeau ;
C'estpartoiquejevoisrenaistre
L'heureufl paix dans mon cerveau,
Tout danstoijusqu'a la fumée,
Produit des effets merveilleux
Jesens cette nuë embaumée;
Fortifer mes foibles yeux.
Loin d'ici lejus que Pomone,
EtBachus vient nousprésenter ;
La raison que le Cassé donne,
Ils ne Peuvent que nous l'oster.
DisparoissezLiqueursbruslantes
c!0! portez l'incendie au Cæltr:
Du Cassé les forces plus lentes
N'ont qu'une benigne chaleur,
Tous les jours l'Aurore nouvelle
Me verra cette coupe en main,
Par ce jusla Parque cruelle
sçaura respectermondessein,
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Résumé : CHANSON sur le Caffé. Sur l'Air, Réveillez-vous, belle endormie.
Le texte célèbre les vertus du café, une boisson prisée des poètes. L'auteur exprime sa gratitude pour les bienfaits du café, qui stimule l'éloquence et clarifie l'esprit. Le café est également loué pour son aptitude à soulager la migraine et à restaurer la sérénité mentale. À la différence du tabac ou de l'alcool, le café est présenté comme ayant des effets positifs et apaisants. L'auteur déclare qu'il consommera du café quotidiennement pour prolonger sa vie, en accord avec les desseins de la Parque, divinité du destin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1335
p. 170-172
SONNET d'un Solitaire.
Début :
Passer quelques heures à lire, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET d'un Solitaire.
SONNET
d'un Solitaire.
PaJer quelques heures à
lire,
Estmon plus doux amusement
Je mefais un plaisirdécrire
Et non pas un attachement.
Jeperds legoustde la Satire,
L'Art de loüer maligne-*
à* ment
Cede ausecret depouvoir
dire
Des veritez, obligeam-,
ment*
J'aime la vertu sans rudejjes
J'aime le plaisirsans molkjjew
J'aime la vie & n'en.
crainspas lafin.
d'un Solitaire.
PaJer quelques heures à
lire,
Estmon plus doux amusement
Je mefais un plaisirdécrire
Et non pas un attachement.
Jeperds legoustde la Satire,
L'Art de loüer maligne-*
à* ment
Cede ausecret depouvoir
dire
Des veritez, obligeam-,
ment*
J'aime la vertu sans rudejjes
J'aime le plaisirsans molkjjew
J'aime la vie & n'en.
crainspas lafin.
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1336
p. 257-279
Pour Me Pelissary, à qui on fit payer trois Millions de taxe en 1681.
Début :
Ne regrettez point, Uranie, [...]
Mots clefs :
Taxe
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texteReconnaissance textuelle : Pour Me Pelissary, à qui on fit payer trois Millions de taxe en 1681.
Pour Me Pelissary
,
a
qui on fit payer trois
,zfillions de taxe en
1681.
Neregrettezpoint,Uranie,
L'état ouvous avez cilé
Ce n'etf pas lai prosperité
Qui fait tousjours lebonheur
de la vie,
Et bien souvent l'adversité
Dont tost ou tard elle est
suivie, : -. N'enleve aux malheureux
qu'ellea persecucez,
Que ce qui fournissoit de
matiereà l'envie
Et met le reste en sureté.
La fortune a nos voeux a la - finexorable,
Au rang de fès mignonsà
peine nous a mis,
Qu'un traitement sifavorable
,
Du reste des mortels nous
fait des ennemis,
Chacun d'eux contrenous
s'irrite,
Et cette foule de jaloux
Ne fonge qu'à vanger sur
nous
L'affront que cette aveugle
a fait à leur merite;
Ainsi,loin de nous réjoüir
Des faveurs que sur nous il
luy plaist
de
répandre,
Nous commençons lors à
comprendre,(dre
Que la peine de les deffen-
Passeleplaisird'en joüir.
Il faut du bien dans la jeunesse
Pour fournir à tous les plaisirs,
Mais l'âge qui la suit & fait
nostre sagessè,
Fait aussi qu'on se passe aisémentderichesse
En affoiblissant nos desirs
Peu dechose fait l'opulence
Decette tranquille saison
Quand la nature & la rarson
Reglenc sepulesennostsreedéOn
ne voit jamais l'indigence
Troubler la paix de la maison.
Oubliez pour tousjours votre
tristeavanture,
Au lieu de tous ces biens
qu'on vient de vous ôter
Faites vous désormais une
richessesure,
Et vous accou stumez à ne
rien souhaiter.
Vous croiriez,dites-vous,
vostre fort supportable ,
Si vos seuls interests fatsoient
vostre douleur.
Et vous n'estes inconsolable
.: Qu'àcause que vostre malheur,
Fait perdre à vosenfansun
destin agréable
Ne permettez jamais que
cette illusion
D'un nouveau chagrin
vous accable,
Cette innocenteaffection,
N'est rien qu'un prétexte
honorable
Dont pour nous tourmearer
sesertl'ambition.
Donnez à vos enfans ce
qu'une mere fage
Peut encor leur donner
quand elle atout perdu.
En leur laissant pour heritage
L'exemple de vostre vertu
Apprenez-leur qu'un gros
partage
N'est pas ce qui fournit de
solidesplaisirs
Il est simal-aisé d'en faire
1 - un bonusage
Qu'ua si dangereuxavantage
Ne doit estre jamais l'objet
de leurs desirs
,
a
qui on fit payer trois
,zfillions de taxe en
1681.
Neregrettezpoint,Uranie,
L'état ouvous avez cilé
Ce n'etf pas lai prosperité
Qui fait tousjours lebonheur
de la vie,
Et bien souvent l'adversité
Dont tost ou tard elle est
suivie, : -. N'enleve aux malheureux
qu'ellea persecucez,
Que ce qui fournissoit de
matiereà l'envie
Et met le reste en sureté.
La fortune a nos voeux a la - finexorable,
Au rang de fès mignonsà
peine nous a mis,
Qu'un traitement sifavorable
,
Du reste des mortels nous
fait des ennemis,
Chacun d'eux contrenous
s'irrite,
Et cette foule de jaloux
Ne fonge qu'à vanger sur
nous
L'affront que cette aveugle
a fait à leur merite;
Ainsi,loin de nous réjoüir
Des faveurs que sur nous il
luy plaist
de
répandre,
Nous commençons lors à
comprendre,(dre
Que la peine de les deffen-
Passeleplaisird'en joüir.
Il faut du bien dans la jeunesse
Pour fournir à tous les plaisirs,
Mais l'âge qui la suit & fait
nostre sagessè,
Fait aussi qu'on se passe aisémentderichesse
En affoiblissant nos desirs
Peu dechose fait l'opulence
Decette tranquille saison
Quand la nature & la rarson
Reglenc sepulesennostsreedéOn
ne voit jamais l'indigence
Troubler la paix de la maison.
Oubliez pour tousjours votre
tristeavanture,
Au lieu de tous ces biens
qu'on vient de vous ôter
Faites vous désormais une
richessesure,
Et vous accou stumez à ne
rien souhaiter.
Vous croiriez,dites-vous,
vostre fort supportable ,
Si vos seuls interests fatsoient
vostre douleur.
Et vous n'estes inconsolable
.: Qu'àcause que vostre malheur,
Fait perdre à vosenfansun
destin agréable
Ne permettez jamais que
cette illusion
D'un nouveau chagrin
vous accable,
Cette innocenteaffection,
N'est rien qu'un prétexte
honorable
Dont pour nous tourmearer
sesertl'ambition.
Donnez à vos enfans ce
qu'une mere fage
Peut encor leur donner
quand elle atout perdu.
En leur laissant pour heritage
L'exemple de vostre vertu
Apprenez-leur qu'un gros
partage
N'est pas ce qui fournit de
solidesplaisirs
Il est simal-aisé d'en faire
1 - un bonusage
Qu'ua si dangereuxavantage
Ne doit estre jamais l'objet
de leurs desirs
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Résumé : Pour Me Pelissary, à qui on fit payer trois Millions de taxe en 1681.
Dans une lettre adressée à Me Pelissary, taxée de trois zillions en 1681, l'auteur s'adresse à Uranie pour discuter des méfaits de la prospérité. Il souligne que la fortune, bien que favorable au début, peut engendrer des ennemis jaloux et apporter plus de tracas que de plaisir. L'auteur conseille à Uranie de se contenter de peu dans la vieillesse, car la richesse devient moins nécessaire. Il l'encourage à oublier son malheur et à se créer une richesse sûre en se contentant de ce qu'elle a. Il met également en garde contre l'affection excessive pour ses enfants, qui pourrait être un prétexte pour l'ambition. Enfin, il recommande à Uranie de léguer à ses enfants l'exemple de sa vertu plutôt qu'un héritage matériel, car un gros partage n'apporte pas nécessairement des plaisirs solides et peut être source de dangers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1337
p. 280-289
AVIS à une jeune personne entrant dans le monde.
Début :
J'ay des conseils à vous donner ; [...]
Mots clefs :
Coeur, Conseils
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS à une jeune personne entrant dans le monde.
AVIS
à une jeune personne entrant
dans le monde.
J'ay des conseils à vous
donner;
- Ce n'cil pas le moyen de
plaire,
Iris on ne divertit guere
Quand on ne fait que raisonner
:
Aussi )'a.u:rois gardé sagement
lesilence,
Où vous n'auriez de moi
que de vaines chansons,
Si
Si je n'avois connu qu'une
heureusenaissance
Avoit dans vostre coeur prévenu
mes leçons,
Souffrez donc que ces vers
aident à vous conduire
Dans cet âge charmant
dont vous allez joüir;
Assez d'autres sans moivoudront
vous réjouir;
Mais peu se chargeront du
foin de vous instruire.
Commencez aujourd'hui le
cours
D'une longue fuite d'annecs,
Esperez en croissant d'heureuses
destinées,
Et qu'une belle humeur anime
vos beaux jours,
Ilsiedmalà quinze ans d'être
triste & réveuse
Mais n'acordez à vos desirs,
Si vous avez dessein d'estre
long temps heureuse,
Que ce que la nature a d'innocens
plaisirs;
Vous n'avez pas besoin Iris
que je m'arreste
A vous montrer quelle est
cette severe Loi
Qui vous ordonne d'estre
honnestes
Le fang dont vons sortez
le fera mieux que moi,
Cet ordre souverain n'admet
point dedispenses,
Et l'honneur en est si jaloux,
Que sur les moindres aparences
Ce Juge rigoureux prononce
contre nous.
Fuyez dans vos discours l'enslure
& la bassesse ;
Qu'ainsi qu'en vos habits
rien n' y soit affeâë)
Qu'une noble simplicité
En fasse l'ornement, la grace
& la richesse,
Celles dont la temerité
-
De ces termessçavans pare
leur éloquence,
Au lieu de montrer leur
science,
Nefontvoir
que leur vanité.
Evitezla plaisanterie,
Dont les traits médisans
percent jusques au coeur,
Et pour réjoüir l'Auditeur
Ne faites point deraillerie,
Aux dépens de vostre pudeur
,
Si les paroles prononcées
Sont les images des pensées,
Voyez sans vous flater d'un
traitement trop doux.
Qu'une severe contenance,
Ne condamnejamais lamodeste
licence,
Des propos que vous entendrez,
Aux bons mots que l'on dit
joignez plûtost les vostres ;
Mais faites quand vous en
direz
, Que les gens dont vous rail-
- lerez
Puissent rire comme les autres.
Qui souffre l'assiduité,
De l'amant que fait sa beauté,
En vain auprés de lui veut
passer pour cruelle;
Un homme qui se voidd'une
femme écouté
A droit de tout esperer d'elle.
N'acoutumez point voitre
coeur
Seduit par la vertu de l'objet
- qui le tente
-
A s'atendrir par la douceur,
Même d'une amitié qui peut
estre innocente.
L'honneur dansce commerce
ctf fort mal assuré,
Ne vous y laissez pas surprendre
,
Un ami si sage & si tendre
Est bien plus dangereux qu'un
amant declaré,
Je ne deffendspas à la prude
De prendre un peu de foin de
ce qu'elle a d'atraits ;
Ce seroit une ingratitude
De négliger les dons que le
--
Ciel nous a faits;
Mais si vous prétendez qu'on
vous estime fage,
Aprenez que le trop de foin
De conserver cet avantage,
Est un infaillible témoin,
Qui montre qu'on en fait
quelque galantusage.
Il ne faut point chercher à
voir
Les interests cachez d'une intrigue
secrerte;
Quand on est curieu se, &
qu'on veut tout sçavoir,
On est seurement indiscret-
: te,
Si le secret vous est malgré
vous revelé,
Cachez le,s'il se peut,avecun
tel silence,
Même
Même à celui dont l'imprudence
Vous en a fait la confidence,
Qiril doute quelquefois s'il
vous en a parlé.
Lamode;est un tiran dont
rien ne nous délivre,
A son bizaicgoût il faut s'acommoder
;
Mais fous les folles Loix étant
forcé de vivre,
Le fage n'est jamais le premier
à les (uivrey
Ni le dernier à les garder.
à une jeune personne entrant
dans le monde.
J'ay des conseils à vous
donner;
- Ce n'cil pas le moyen de
plaire,
Iris on ne divertit guere
Quand on ne fait que raisonner
:
Aussi )'a.u:rois gardé sagement
lesilence,
Où vous n'auriez de moi
que de vaines chansons,
Si
Si je n'avois connu qu'une
heureusenaissance
Avoit dans vostre coeur prévenu
mes leçons,
Souffrez donc que ces vers
aident à vous conduire
Dans cet âge charmant
dont vous allez joüir;
Assez d'autres sans moivoudront
vous réjouir;
Mais peu se chargeront du
foin de vous instruire.
Commencez aujourd'hui le
cours
D'une longue fuite d'annecs,
Esperez en croissant d'heureuses
destinées,
Et qu'une belle humeur anime
vos beaux jours,
Ilsiedmalà quinze ans d'être
triste & réveuse
Mais n'acordez à vos desirs,
Si vous avez dessein d'estre
long temps heureuse,
Que ce que la nature a d'innocens
plaisirs;
Vous n'avez pas besoin Iris
que je m'arreste
A vous montrer quelle est
cette severe Loi
Qui vous ordonne d'estre
honnestes
Le fang dont vons sortez
le fera mieux que moi,
Cet ordre souverain n'admet
point dedispenses,
Et l'honneur en est si jaloux,
Que sur les moindres aparences
Ce Juge rigoureux prononce
contre nous.
Fuyez dans vos discours l'enslure
& la bassesse ;
Qu'ainsi qu'en vos habits
rien n' y soit affeâë)
Qu'une noble simplicité
En fasse l'ornement, la grace
& la richesse,
Celles dont la temerité
-
De ces termessçavans pare
leur éloquence,
Au lieu de montrer leur
science,
Nefontvoir
que leur vanité.
Evitezla plaisanterie,
Dont les traits médisans
percent jusques au coeur,
Et pour réjoüir l'Auditeur
Ne faites point deraillerie,
Aux dépens de vostre pudeur
,
Si les paroles prononcées
Sont les images des pensées,
Voyez sans vous flater d'un
traitement trop doux.
Qu'une severe contenance,
Ne condamnejamais lamodeste
licence,
Des propos que vous entendrez,
Aux bons mots que l'on dit
joignez plûtost les vostres ;
Mais faites quand vous en
direz
, Que les gens dont vous rail-
- lerez
Puissent rire comme les autres.
Qui souffre l'assiduité,
De l'amant que fait sa beauté,
En vain auprés de lui veut
passer pour cruelle;
Un homme qui se voidd'une
femme écouté
A droit de tout esperer d'elle.
N'acoutumez point voitre
coeur
Seduit par la vertu de l'objet
- qui le tente
-
A s'atendrir par la douceur,
Même d'une amitié qui peut
estre innocente.
L'honneur dansce commerce
ctf fort mal assuré,
Ne vous y laissez pas surprendre
,
Un ami si sage & si tendre
Est bien plus dangereux qu'un
amant declaré,
Je ne deffendspas à la prude
De prendre un peu de foin de
ce qu'elle a d'atraits ;
Ce seroit une ingratitude
De négliger les dons que le
--
Ciel nous a faits;
Mais si vous prétendez qu'on
vous estime fage,
Aprenez que le trop de foin
De conserver cet avantage,
Est un infaillible témoin,
Qui montre qu'on en fait
quelque galantusage.
Il ne faut point chercher à
voir
Les interests cachez d'une intrigue
secrerte;
Quand on est curieu se, &
qu'on veut tout sçavoir,
On est seurement indiscret-
: te,
Si le secret vous est malgré
vous revelé,
Cachez le,s'il se peut,avecun
tel silence,
Même
Même à celui dont l'imprudence
Vous en a fait la confidence,
Qiril doute quelquefois s'il
vous en a parlé.
Lamode;est un tiran dont
rien ne nous délivre,
A son bizaicgoût il faut s'acommoder
;
Mais fous les folles Loix étant
forcé de vivre,
Le fage n'est jamais le premier
à les (uivrey
Ni le dernier à les garder.
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Résumé : AVIS à une jeune personne entrant dans le monde.
L'auteur adresse un avis à une jeune personne entrant dans le monde, lui offrant des conseils pour naviguer dans la société. Bien que ces conseils puissent sembler vains, ils sont présentés comme nécessaires pour guider la jeune personne durant cette phase charmante de sa vie. L'auteur encourage à profiter des jeunes années tout en restant honnête et en évitant les désirs excessifs. Il souligne l'importance de l'honneur et de la modestie, mettant en garde contre les discours ensorceleurs et les plaisanteries médisantes. Il conseille également de ne pas se laisser séduire par des amitiés dangereuses et de ne pas négliger ses attraits naturels tout en évitant de les mettre en avant de manière excessive. Enfin, il recommande de ne pas chercher à connaître les secrets des autres et de suivre la mode avec discernement, sans être ni trop précurseur ni trop en retard.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1338
p. 290-294
POUR une Dame qui avoit demandé des Vers à l'Auteur.
Début :
Cesse charmante Iris, cesse de souhaiter [...]
Mots clefs :
Plaisir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POUR une Dame qui avoit demandé des Vers à l'Auteur.
POVRune Damequi
avoit demandé des
Versà lauteur.
Cesse charmante Iris,cesse
desouhaiter
Des vers qu'Apollon me refuse,
Et n'espere pas que ma Muse
Puisse à present te contenter;
Je ne fuis plus,quoi que ell
faÍfc:J
Ce que j'estois dans mes
beaux jours,
Quand à la suite dcsAmours
Je badinois avec les Grâces.
C'est alors que j'aurois chan-
Tousles charmes de ta beau- té,; Sur un ton si doux&si
tendre, ; :
Que ton coeur par tes sens
t.. fc laiss-antémouvoir
Auroit presque autant pris
de plaisir à m'entendre, "E
- Que mes yeux en ont à te
-
voir. :.
Cet heureux tempsn'estplus
excuse ma foiblesse ;
Tout ce que je puis faire en
l'estat où je suis,
C'est de combatre les ennuis
Qjc trînee avec soi la vieil- - lcflc5
Mon esprit plus timide&
mon corps plus pesant
Me font voir toute ma misere*,
Je pleurele passé, je me
plains du present,
Et l'avenir me desespere.
Non,non,puisque les cheveux
gris
Ont fait füÍr les jeux & les
ris;
Il ne faut pas que je tennuye
Quelagrément trouveroistu?
A m'entendre prêcher d'un
: ton de Jeremie, ,J
Qu'il n'est aucun plaisir sur
lafinde lavie, fl
Que celui d'avoir bien vécu.
Cependant, c'estce que je
pense,
Ce que chacun pense à son
tout,
- Ce que toi-même enfin tu
penserasunjour;
Heureuse si tu peut m'cJi
croire par avance,
Et si dés aujourd'huy faisant
quelques efforts;
Un sentiment si salutaire
T'arrache àdes plaisirs qui ne
dureront guere
Pour t'épargner de longs
remords.
avoit demandé des
Versà lauteur.
Cesse charmante Iris,cesse
desouhaiter
Des vers qu'Apollon me refuse,
Et n'espere pas que ma Muse
Puisse à present te contenter;
Je ne fuis plus,quoi que ell
faÍfc:J
Ce que j'estois dans mes
beaux jours,
Quand à la suite dcsAmours
Je badinois avec les Grâces.
C'est alors que j'aurois chan-
Tousles charmes de ta beau- té,; Sur un ton si doux&si
tendre, ; :
Que ton coeur par tes sens
t.. fc laiss-antémouvoir
Auroit presque autant pris
de plaisir à m'entendre, "E
- Que mes yeux en ont à te
-
voir. :.
Cet heureux tempsn'estplus
excuse ma foiblesse ;
Tout ce que je puis faire en
l'estat où je suis,
C'est de combatre les ennuis
Qjc trînee avec soi la vieil- - lcflc5
Mon esprit plus timide&
mon corps plus pesant
Me font voir toute ma misere*,
Je pleurele passé, je me
plains du present,
Et l'avenir me desespere.
Non,non,puisque les cheveux
gris
Ont fait füÍr les jeux & les
ris;
Il ne faut pas que je tennuye
Quelagrément trouveroistu?
A m'entendre prêcher d'un
: ton de Jeremie, ,J
Qu'il n'est aucun plaisir sur
lafinde lavie, fl
Que celui d'avoir bien vécu.
Cependant, c'estce que je
pense,
Ce que chacun pense à son
tout,
- Ce que toi-même enfin tu
penserasunjour;
Heureuse si tu peut m'cJi
croire par avance,
Et si dés aujourd'huy faisant
quelques efforts;
Un sentiment si salutaire
T'arrache àdes plaisirs qui ne
dureront guere
Pour t'épargner de longs
remords.
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Résumé : POUR une Dame qui avoit demandé des Vers à l'Auteur.
L'auteur répond à une dame qui lui a demandé des vers. Il explique qu'il ne peut plus écrire comme autrefois, lorsqu'il était jeune et inspiré. Il regrette de ne plus pouvoir chanter les charmes de la dame avec la même douceur et tendresse. Il avoue que l'âge l'a rendu plus faible et plus triste, et qu'il combat les ennuis de la vieillesse. Il exprime sa tristesse pour le passé, sa plainte pour le présent et son désespoir face à l'avenir. Il conseille à la dame de ne pas se laisser distraire par les plaisirs éphémères et de se préparer à une vieillesse sereine, en adoptant dès maintenant des sentiments salutaires pour éviter les remords futurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1339
p. 295-298
SUR le recouvrement de la santé du Roy.
Début :
Nous n'avons qu'à nous réjoüir, [...]
Mots clefs :
Roi, Santé, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR le recouvrement de la santé du Roy.
SVR le recouvrement
delasantédu Roy.
Nous n'avons qu'à nous
réjouir,
La fanté de Louis cfi: enfin
rétablie;
Nous pouvons seurement
jouir
Des plaisirs innocents d'une
tranquile vie.
C<ontre nostre repos on a beau conspirer,
Observer la paix ou l'enfraindre,
Lui vivant, que pouvons
nous craindre?
Ou que nos Ennemis peu-
- vent ils esperer.
Malgré leurpolitique &
malgré leurpuissance
Nousverrons leurs desseins
sansdanger & sans peur,
Ou ipréllcnusr par sa
; prui- dence, Ou confondus par sa valeur.
En vainiçontre Louis l'Aigle
se fera suivre;
De tous les Partisans armez,
pour l'insulter,
Nous n'avons rien à rcdouter
Que le malheur de lui furvivre.
Aujourd'hui que le Ciel a
voulu nous cüir
Et délivrer nos jours d'une
telle disgrace;
C'est à tort que l'on s'embarasse
De cous ces vains projets qui
vontsévanoüir,
Quoi que toute l'Europe
fafle,
Nous n'avons qu'à nous rc*
joüir.
delasantédu Roy.
Nous n'avons qu'à nous
réjouir,
La fanté de Louis cfi: enfin
rétablie;
Nous pouvons seurement
jouir
Des plaisirs innocents d'une
tranquile vie.
C<ontre nostre repos on a beau conspirer,
Observer la paix ou l'enfraindre,
Lui vivant, que pouvons
nous craindre?
Ou que nos Ennemis peu-
- vent ils esperer.
Malgré leurpolitique &
malgré leurpuissance
Nousverrons leurs desseins
sansdanger & sans peur,
Ou ipréllcnusr par sa
; prui- dence, Ou confondus par sa valeur.
En vainiçontre Louis l'Aigle
se fera suivre;
De tous les Partisans armez,
pour l'insulter,
Nous n'avons rien à rcdouter
Que le malheur de lui furvivre.
Aujourd'hui que le Ciel a
voulu nous cüir
Et délivrer nos jours d'une
telle disgrace;
C'est à tort que l'on s'embarasse
De cous ces vains projets qui
vontsévanoüir,
Quoi que toute l'Europe
fafle,
Nous n'avons qu'à nous rc*
joüir.
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Résumé : SUR le recouvrement de la santé du Roy.
Le texte célèbre la guérison du roi Louis, exprimant joie et soulagement. Il affirme que la prudence et la valeur du roi protègent contre les ennemis et les conspirations. Malgré les menaces, la présence du roi garantit la sécurité. Le texte invite à se réjouir de cette délivrance divine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1340
p. 298-303
Sur la retraite de Mr de
Début :
Heureux qui se trouvant trop foible & trop tenté [...]
Mots clefs :
Monde, Heureux, Plaisir, Biens, Sage, Retraite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sur la retraite de Mr de
Sur la retraite de Mrde
Heureux qui se trouvant
trop foible & trop tenté
Du monde, enfin se déba- rasse ;
Heureux qui plein de cha-
Pourservir
Pour servir ssoonnprochain y
conferve sa place
Differens dans leur i veuë égaux
en piècej L'un cfpere tout de la grace,
L'autre apréhende tout de
sa fragilité.
Ce monde que Dieu mémo
cxclud de son partage,
N'est pas le monde qu'il a fait;
C'estiocemqurenl'heoimnmiepimpiiftc
ajoute à cet ouvrage, Qui fait que son auteur le
condamne&le haitj
Observez feulement le peu
qu'il vous ordonne,
Et sanscesse lebénissant,
Usez de son présent, mais
tel qu'il vous le donne
à
'r
Etvousn'aurez plus rien qui
ne soit innocent.
Croistu que le plaisir qu'en
toute la nature
Le premier Estre a répandu,
Soit un piege qu'il a tendu
Poursurprendre sacréature,
Nonnon, tous ces biens
que tu vois,
Te viennent d'une main &
: trop bonne &trop sage,
Et s'il en est quelqu'undont
les divines Loix
Ne te permettent pas l'u.
sage ;
Examine le bien, ce plaisir
prétendu,
Dontl'appa, tâche à te seduire,
Et tu verras ingrat qu'il ne
t'est deffendu,
Que parce qu'il te pourroit
nuire.
Sans les Loix & l'heureux
secours
Quelles te fournissentsans
cette ;
Comment avec tant de foiblesse
Pourrois-tu conserver &tes
biens & tes jours, :
Exposé chaque instant à mille
& mille injures;
Rien ne rassureroit ton coeur
1 - épouvanté,
Et ces justes decrets contre
qui tu murmures
Font taplus grande seuteté?
Voudrois tu que la Providence
Eut reglé l'Univers au gré
de tessouhaits,
Et qu'en le comblant de
bienfaits,
Dieu t'eut encor soustrait à
à sonobéissance?
Quelle étrange societé
Pormeroient entre nous l'crregr&
I'Injuitlcc.,
Si l'homme indépendant
n'avoit que soncaprice,
Pour conduire savolonté
Heureux qui se trouvant
trop foible & trop tenté
Du monde, enfin se déba- rasse ;
Heureux qui plein de cha-
Pourservir
Pour servir ssoonnprochain y
conferve sa place
Differens dans leur i veuë égaux
en piècej L'un cfpere tout de la grace,
L'autre apréhende tout de
sa fragilité.
Ce monde que Dieu mémo
cxclud de son partage,
N'est pas le monde qu'il a fait;
C'estiocemqurenl'heoimnmiepimpiiftc
ajoute à cet ouvrage, Qui fait que son auteur le
condamne&le haitj
Observez feulement le peu
qu'il vous ordonne,
Et sanscesse lebénissant,
Usez de son présent, mais
tel qu'il vous le donne
à
'r
Etvousn'aurez plus rien qui
ne soit innocent.
Croistu que le plaisir qu'en
toute la nature
Le premier Estre a répandu,
Soit un piege qu'il a tendu
Poursurprendre sacréature,
Nonnon, tous ces biens
que tu vois,
Te viennent d'une main &
: trop bonne &trop sage,
Et s'il en est quelqu'undont
les divines Loix
Ne te permettent pas l'u.
sage ;
Examine le bien, ce plaisir
prétendu,
Dontl'appa, tâche à te seduire,
Et tu verras ingrat qu'il ne
t'est deffendu,
Que parce qu'il te pourroit
nuire.
Sans les Loix & l'heureux
secours
Quelles te fournissentsans
cette ;
Comment avec tant de foiblesse
Pourrois-tu conserver &tes
biens & tes jours, :
Exposé chaque instant à mille
& mille injures;
Rien ne rassureroit ton coeur
1 - épouvanté,
Et ces justes decrets contre
qui tu murmures
Font taplus grande seuteté?
Voudrois tu que la Providence
Eut reglé l'Univers au gré
de tessouhaits,
Et qu'en le comblant de
bienfaits,
Dieu t'eut encor soustrait à
à sonobéissance?
Quelle étrange societé
Pormeroient entre nous l'crregr&
I'Injuitlcc.,
Si l'homme indépendant
n'avoit que soncaprice,
Pour conduire savolonté
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Résumé : Sur la retraite de Mr de
Le poème traite de la retraite spirituelle et de la sagesse de se détacher des tentations du monde. Il loue ceux qui, se sentant faibles et tentés, choisissent de se libérer du monde pour servir leur prochain. Le texte distingue deux types de personnes : ceux qui se confient entièrement à la grâce divine et ceux qui craignent leur propre fragilité. Le monde, modifié par les actions humaines, est exclu du partage de Dieu. Le poète conseille de suivre les ordres divins et d'utiliser les présents de Dieu de manière innocente. Les plaisirs de la nature ne sont pas des pièges, mais des dons d'une main bonne et sage. Certains plaisirs sont interdits pour éviter de nuire. Le texte souligne l'importance des lois divines pour protéger les biens et la vie des hommes, constamment exposés à des dangers. Les décrets divins apportent sécurité et certitude. Le poème conclut en rejetant l'idée d'une indépendance humaine basée sur le caprice, soulignant que l'homme doit obéir à la Providence divine.
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1341
p. 303-310
POUR Mademoiselle C**
Début :
La Beauté mit tout en usage, [...]
Mots clefs :
Beauté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POUR Mademoiselle C**
POUR Mademoifellc
C**
",
La Beauté mit tout en usage,
Et sa main liberaleépuisa
ses trésors
Quand elle for,ma vostre
corps, Et les traits devostrevisage,
Le Printemps lui presta ses
roses& seslys;
La jeunesse fournit & les
Jeux & les Ris,
Et les Graces croyant faire;
encor davantage,
Avant que de s'en désaisir
Voulurent avoir le plaisir
„ D'animer un si bel ouvra-
-
ge.
On diroit que l'Amour pour
regner dans vos yeux, --
Quitte le sejour d'Amathonte,
Il- Cent beautez dont Paris
estoit si glorieux
N'y paroissent plus qu'à
leur honte,
Et estvousseule enfin que
l'on suit en tous lieux,
TelleVénus sortant de
l'onde
Parut autrefois dans le monde,
Et se fit adorer des Hommes
& des Dieux.
Mais répondez moi, je vous
prie.
Cette beauté
,
l'objet de
tant de jalousie,
Qu'on ne peut voir sans
l'admirer,
Où les veux même de l'en-
4 vie
Ne trouvent rien à censurer,
Croyezvous que ce foitun
bien sidesirable,
Et ne craignez-vous point
de ne l'avoir receu,
Que pour voir un heureux
coupable
Triompher devostre vertu?
Non,les folles Amours vous
trouveront cruelle.
Un Epoux fcul tendre& fidelle
Disposera de vostre coeur
Vousaimez encor plus
l'honneur,
Que vous ne cherissez la
gloired'estre belle;
Jeune Iris ne sçavez vous
pas,
Que malgré toure sa sagesse
Il en coûta cher à Lucrecc
D'estre néeavec tant d'appas.
De pareilles faveurs sont
souvent dangereuses
Le Ciel dans , les p resents
qu'ilfait,
Ne donne pas tout à souhait,
)
Et lesgrandesbeautez sont
rarement heureuses,
Leurs charmes inconstans
passent commeles fleurs,
Et vous trouverez que l'Histoire
Qui , nous vante tant leur
mémoire
,
Finit presque toûjours en
pleurant leurs malheurs.
Vous verrez à vos pieds le
rqndrcr
ne foulle d'Amans cmpressez
& fourmis,
Qi/oft a de peine à se dessendre
-- Detant d'aimablesennemis,
Il est. des momens de foiblesse
Ou la nature peut tomber,
Oncourt risque de succomber
Quand on est obligé de combatre
sans ce(Te.
Malgré tous les plaisirs on
vous peut engager ,
Une beauté qui charme, & laCour&laVille,
J'en connois plus demille ;,
Prestes avec vous de changer;
Qui quel que soit enfin le
.- fortqui vous menace
Prendroiçnt volonticrs le
danger ,
Ec voudroient estre à vostre
place.
C**
",
La Beauté mit tout en usage,
Et sa main liberaleépuisa
ses trésors
Quand elle for,ma vostre
corps, Et les traits devostrevisage,
Le Printemps lui presta ses
roses& seslys;
La jeunesse fournit & les
Jeux & les Ris,
Et les Graces croyant faire;
encor davantage,
Avant que de s'en désaisir
Voulurent avoir le plaisir
„ D'animer un si bel ouvra-
-
ge.
On diroit que l'Amour pour
regner dans vos yeux, --
Quitte le sejour d'Amathonte,
Il- Cent beautez dont Paris
estoit si glorieux
N'y paroissent plus qu'à
leur honte,
Et estvousseule enfin que
l'on suit en tous lieux,
TelleVénus sortant de
l'onde
Parut autrefois dans le monde,
Et se fit adorer des Hommes
& des Dieux.
Mais répondez moi, je vous
prie.
Cette beauté
,
l'objet de
tant de jalousie,
Qu'on ne peut voir sans
l'admirer,
Où les veux même de l'en-
4 vie
Ne trouvent rien à censurer,
Croyezvous que ce foitun
bien sidesirable,
Et ne craignez-vous point
de ne l'avoir receu,
Que pour voir un heureux
coupable
Triompher devostre vertu?
Non,les folles Amours vous
trouveront cruelle.
Un Epoux fcul tendre& fidelle
Disposera de vostre coeur
Vousaimez encor plus
l'honneur,
Que vous ne cherissez la
gloired'estre belle;
Jeune Iris ne sçavez vous
pas,
Que malgré toure sa sagesse
Il en coûta cher à Lucrecc
D'estre néeavec tant d'appas.
De pareilles faveurs sont
souvent dangereuses
Le Ciel dans , les p resents
qu'ilfait,
Ne donne pas tout à souhait,
)
Et lesgrandesbeautez sont
rarement heureuses,
Leurs charmes inconstans
passent commeles fleurs,
Et vous trouverez que l'Histoire
Qui , nous vante tant leur
mémoire
,
Finit presque toûjours en
pleurant leurs malheurs.
Vous verrez à vos pieds le
rqndrcr
ne foulle d'Amans cmpressez
& fourmis,
Qi/oft a de peine à se dessendre
-- Detant d'aimablesennemis,
Il est. des momens de foiblesse
Ou la nature peut tomber,
Oncourt risque de succomber
Quand on est obligé de combatre
sans ce(Te.
Malgré tous les plaisirs on
vous peut engager ,
Une beauté qui charme, & laCour&laVille,
J'en connois plus demille ;,
Prestes avec vous de changer;
Qui quel que soit enfin le
.- fortqui vous menace
Prendroiçnt volonticrs le
danger ,
Ec voudroient estre à vostre
place.
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Résumé : POUR Mademoiselle C**
La lettre célèbre la beauté exceptionnelle de Mademoiselle, attribuée à la Beauté, au Printemps, à la Jeunesse et aux Grâces. Sa beauté est si éclatante que l'Amour semble régner dans ses yeux, surpassant toutes les autres beautés. Cependant, le texte met en garde contre les dangers et les malheurs souvent associés à une grande beauté. L'exemple de Lucrèce, sage mais souffrante en raison de ses charmes, illustre ce risque. La beauté est décrite comme éphémère et potentiellement dangereuse, apportant souvent plus de malheurs que de bonheur. Malgré les plaisirs et les admirateurs, une beauté remarquable peut entraîner des moments de faiblesse et des risques.
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1342
p. 310-313
Sur le chagrin d'une Dame.
Début :
D'où peut venir vostre tristesse, [...]
Mots clefs :
Plaisirs, Chagrin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sur le chagrin d'une Dame.
Sur le chagrin d'une
Dame.
D'où peut venir vostre
tristesse,
On voit encor sur vostre
teint
Le même fard dont la jeunesse
Dans vos plus beaux jours
l'avoit peint,
Avecassez d'égards la fortune
vous traite
Tout le monde vous fait la
cour
S'il est quelqu'autre bien
que vostre coeur souhaite,
On vous l'a dit cent fois,&
je vous le répete,
Il ne tiendra pas à l'Amour
Que vous ne soyez satis-
- faite.
joüissez enpaix desdouceurs,
Que vous promettent tous
vos charmes,
Et laissez la plainte & les
larmes
A ceux qui souffrent vos rigueurs.
Un jour viendra que la vieillesse
Enlevera tous nos plaisirs,
Sans laisser à nostre foiblesse,
Quela honte de nos desirs;
Quand nous aurons vieilly
sans faire aucun usage
Des biens mis sur nostre
passage :
Ce fera vainement que pour
nous soustenir,
Nous voudrons appeler la
raison ànostre aide,
Contre
Contre tous les chagrins
d'un sitriste avenir;
Iris il n'estpoint de remede
Qu'unagréablesouvenir.
Bannissez donc cet humeur
noire,
Et goustant les plaisirs présens,
Faites quelque galante Histoire,
Dont quelque jour vostre
mémoite,
Puisse réjoüir vos vieux
ans.
Dame.
D'où peut venir vostre
tristesse,
On voit encor sur vostre
teint
Le même fard dont la jeunesse
Dans vos plus beaux jours
l'avoit peint,
Avecassez d'égards la fortune
vous traite
Tout le monde vous fait la
cour
S'il est quelqu'autre bien
que vostre coeur souhaite,
On vous l'a dit cent fois,&
je vous le répete,
Il ne tiendra pas à l'Amour
Que vous ne soyez satis-
- faite.
joüissez enpaix desdouceurs,
Que vous promettent tous
vos charmes,
Et laissez la plainte & les
larmes
A ceux qui souffrent vos rigueurs.
Un jour viendra que la vieillesse
Enlevera tous nos plaisirs,
Sans laisser à nostre foiblesse,
Quela honte de nos desirs;
Quand nous aurons vieilly
sans faire aucun usage
Des biens mis sur nostre
passage :
Ce fera vainement que pour
nous soustenir,
Nous voudrons appeler la
raison ànostre aide,
Contre
Contre tous les chagrins
d'un sitriste avenir;
Iris il n'estpoint de remede
Qu'unagréablesouvenir.
Bannissez donc cet humeur
noire,
Et goustant les plaisirs présens,
Faites quelque galante Histoire,
Dont quelque jour vostre
mémoite,
Puisse réjoüir vos vieux
ans.
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Résumé : Sur le chagrin d'une Dame.
Le texte 'Sur le chagrin d'une Dame' explore la tristesse d'une femme malgré ses succès et l'admiration qu'elle reçoit. La dame est incitée à jouir des avantages de ses charmes et à laisser les plaintes à ceux qui souffrent de son indifférence. Le poème avertit contre la vieillesse, qui éclipsera les plaisirs et laissera seulement la honte des désirs non réalisés. Il souligne l'impuissance de la raison face aux chagrins futurs et l'absence de remède contre les souvenirs désagréables. La conclusion encourage la dame à abandonner sa mélancolie, à savourer les plaisirs actuels et à créer des souvenirs agréables pour sa vieillesse.
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1343
p. 314-324
EPITHALAME nouvelle POUR Monsieur le Comte de Chastillon, & Mademoiselle Voysin.
Début :
Quelle merveille on voit dans ce séjour ? [...]
Mots clefs :
Amour, Hymen, Comte de Châtillon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITHALAME nouvelle POUR Monsieur le Comte de Chastillon, & Mademoiselle Voysin.
EPITHALAME
nouvelle
POUR Monsieur le
Comte de Chastillon,
Mademoiselle Voy-
,
fin.
Quclle merveille on voit
dans ce sejour?
On y confond Hymen avec
l'Amour.
Jadis rivaux, ces Dieux en
mainte plage
Se molestoient par four bes
& combats;
Oncqucsne fut entre Rome
& Carthage
Tant de discord ;mais enfin
leurs débats
Sont terminez à commun
avantage.
Plus d'un Epoux me dénira
le cas:
Tout Mécreant se taira s'il
en sage,
Secrets chagr ins en fait de
Mariage
A Confidens ne se révèlent
pas;
Car Confidens en font souventusage,
Ddij
Qui des Conjoints augmente
l'Altercas.
Sous plus d'un coic les Amours
font fracas;
On n'entend pas crier à chaque
étage
, Quelle merveille on voit
dans ce séjour!
On y confond Hymen avec
Amour.
Ces Dieux d'accord ont
broüllé leur bagage,
Les deux enfans de ladite
Cypris
Ne seront plus connus à
l'équipage.
Quand guerroyoient ensemble
au temps jadis,
Non moins divers en leurs
faits qu'en leurs dits,
L'un serieux & quelquefois
sauvage,
Cherchant son aise & n'ufant
que de Lis;
Bien emplumez, l'autre
escorté des Ris,
Peu façonnier
)
aimant le
ba)dinage,
A fin Duvet préferant verd
Tapis,
Qui les eut cru gens de
mêmelignage, Irtgnage ?
Mais à presentquecesnouveaux
amis
Chez Chastillon ne font plus
qu'un Ménage,
Quelle merveille on voit
dans ce séjour?
On y confond Hymen avec
Amour.
Le jeune objet que ces Rivaux
engage
As'entr'aimer, porte coups
si chéris,
Que Scythe n'est qui ne s'en
trouve épris,
Tost ne devint un tendre
Abencerrage.
Dieux:quelle Feste ! ô nô ces
,
deThetis,
Vous n'en citiezqu'une imparfaite
Image;
Discorde ici n'excitera d'orage
Si pomme d',or s'y jette comme
prix
De la Beauté :
besoin nest
de Paris ;
Amour
,
Hymen,vous en
ferez hommage
Aux yeux charmans qui
vous ont réunis,
Et cet Arrestapprouvé par
Thecis
, Censé fera statut d'Areopage.
Que de beaux jours cet
heureux jour présage!
Vostre union console maint s
Maris,
Qui routes fois n'y trouveront
je gage,
Profit aucun enchantez & - surpris,
-
Ils vont par tout redire au
voisinage,
Quelle merveille on voit en » ce séjour!
On y confond Hymen avec
Amour.
Ou'en s'acordant ces Dieux
font digne ouvrage?
Guerrier aimable autant que
genereux,
De leur Traité Chastillon
estlegage;
Pas ne pouvoient avoir pltis
noble ôtage,
Il est issu de ces Princes f-,>
meux,
Que Loire vit jadis sur [on
rivage
Regner dans, Blois leur scal
pour héritage,
Comtes puissantsdont Cadcts
valeureux,
Gueldre ôc Bretagne eurent
pour appanage Seul rejetton du f,ang do
tant de Preux;
Aux Souverains de la Seine
&duTage,
Il est lié par cent illustres
noeuds.
Biensoûtiendra par faits
chevalureux
De ces grands noms le brillantassemblage
, Et bien sçauralaisser dignes
Neveux.
Or donc Epoux ne tardez
davantage,
Plus ne vous faut de cortège
facheux,
Cupidon seul vous servira
de Page;
Allez d'Hymenvanger l'antiqueoutrage
, Rétablissezla gloire de ses
feux,.
Et rassurez qui craint son
esclavage
,
Si que Mortels préconisant
entr'eux,
Vos coeurs constans, bien
que toûjours heureux,
Cent & cent fois repetent
cc langage,
Quelle merveille on voit
dans ce sejour!
On yconfond Hymenavec
Amour.
Charles Chastillon
,
Duc
deBretagne l'an 1341. IL
fils de Guy, 1e. du nom, Comte de Blois,&de Marguerite
de Valois, soeur du
Roy Philippe de Valois.
„ Jean deChastillon Duc de
Gueldre
,
l'an
1 372.. 1 r'
fils de Louis Ie. du nom, Comte de Blois,&deJeanne
de Hainaut..
Par Gaucher de Chastillon,
Ve. dunom
,Comte
de Porccau, &Connestable
de France sous six Rois.
nouvelle
POUR Monsieur le
Comte de Chastillon,
Mademoiselle Voy-
,
fin.
Quclle merveille on voit
dans ce sejour?
On y confond Hymen avec
l'Amour.
Jadis rivaux, ces Dieux en
mainte plage
Se molestoient par four bes
& combats;
Oncqucsne fut entre Rome
& Carthage
Tant de discord ;mais enfin
leurs débats
Sont terminez à commun
avantage.
Plus d'un Epoux me dénira
le cas:
Tout Mécreant se taira s'il
en sage,
Secrets chagr ins en fait de
Mariage
A Confidens ne se révèlent
pas;
Car Confidens en font souventusage,
Ddij
Qui des Conjoints augmente
l'Altercas.
Sous plus d'un coic les Amours
font fracas;
On n'entend pas crier à chaque
étage
, Quelle merveille on voit
dans ce séjour!
On y confond Hymen avec
Amour.
Ces Dieux d'accord ont
broüllé leur bagage,
Les deux enfans de ladite
Cypris
Ne seront plus connus à
l'équipage.
Quand guerroyoient ensemble
au temps jadis,
Non moins divers en leurs
faits qu'en leurs dits,
L'un serieux & quelquefois
sauvage,
Cherchant son aise & n'ufant
que de Lis;
Bien emplumez, l'autre
escorté des Ris,
Peu façonnier
)
aimant le
ba)dinage,
A fin Duvet préferant verd
Tapis,
Qui les eut cru gens de
mêmelignage, Irtgnage ?
Mais à presentquecesnouveaux
amis
Chez Chastillon ne font plus
qu'un Ménage,
Quelle merveille on voit
dans ce séjour?
On y confond Hymen avec
Amour.
Le jeune objet que ces Rivaux
engage
As'entr'aimer, porte coups
si chéris,
Que Scythe n'est qui ne s'en
trouve épris,
Tost ne devint un tendre
Abencerrage.
Dieux:quelle Feste ! ô nô ces
,
deThetis,
Vous n'en citiezqu'une imparfaite
Image;
Discorde ici n'excitera d'orage
Si pomme d',or s'y jette comme
prix
De la Beauté :
besoin nest
de Paris ;
Amour
,
Hymen,vous en
ferez hommage
Aux yeux charmans qui
vous ont réunis,
Et cet Arrestapprouvé par
Thecis
, Censé fera statut d'Areopage.
Que de beaux jours cet
heureux jour présage!
Vostre union console maint s
Maris,
Qui routes fois n'y trouveront
je gage,
Profit aucun enchantez & - surpris,
-
Ils vont par tout redire au
voisinage,
Quelle merveille on voit en » ce séjour!
On y confond Hymen avec
Amour.
Ou'en s'acordant ces Dieux
font digne ouvrage?
Guerrier aimable autant que
genereux,
De leur Traité Chastillon
estlegage;
Pas ne pouvoient avoir pltis
noble ôtage,
Il est issu de ces Princes f-,>
meux,
Que Loire vit jadis sur [on
rivage
Regner dans, Blois leur scal
pour héritage,
Comtes puissantsdont Cadcts
valeureux,
Gueldre ôc Bretagne eurent
pour appanage Seul rejetton du f,ang do
tant de Preux;
Aux Souverains de la Seine
&duTage,
Il est lié par cent illustres
noeuds.
Biensoûtiendra par faits
chevalureux
De ces grands noms le brillantassemblage
, Et bien sçauralaisser dignes
Neveux.
Or donc Epoux ne tardez
davantage,
Plus ne vous faut de cortège
facheux,
Cupidon seul vous servira
de Page;
Allez d'Hymenvanger l'antiqueoutrage
, Rétablissezla gloire de ses
feux,.
Et rassurez qui craint son
esclavage
,
Si que Mortels préconisant
entr'eux,
Vos coeurs constans, bien
que toûjours heureux,
Cent & cent fois repetent
cc langage,
Quelle merveille on voit
dans ce sejour!
On yconfond Hymenavec
Amour.
Charles Chastillon
,
Duc
deBretagne l'an 1341. IL
fils de Guy, 1e. du nom, Comte de Blois,&de Marguerite
de Valois, soeur du
Roy Philippe de Valois.
„ Jean deChastillon Duc de
Gueldre
,
l'an
1 372.. 1 r'
fils de Louis Ie. du nom, Comte de Blois,&deJeanne
de Hainaut..
Par Gaucher de Chastillon,
Ve. dunom
,Comte
de Porccau, &Connestable
de France sous six Rois.
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Résumé : EPITHALAME nouvelle POUR Monsieur le Comte de Chastillon, & Mademoiselle Voysin.
Le texte est un épithalame célébrant le mariage de Monsieur le Comte de Chastillon et de Mademoiselle Voy-. Il met en avant l'union harmonieuse entre Hymen et Amour, comparée à la paix entre Rome et Carthage. Le texte souligne la difficulté de percer les secrets des mariages et les risques de confidents augmentant les altercations. Le jeune couple est décrit comme un modèle d'amour, capable de charmer même les plus durs. Leur fête d'union est célébrée comme plus belle que celles des dieux, et des beaux jours sont prédits pour eux. Le Comte de Chastillon est loué pour sa noblesse et ses illustres ancêtres, incluant Charles Chastillon, Duc de Bretagne en 1341, Jean de Chastillon, Duc de Gueldre en 1372, et Gaucher de Chastillon, Connétable de France sous six rois. Le texte se termine par une exhortation à célébrer leur union avec l'aide de Cupidon, rétablissant la gloire du mariage et rassurant ceux qui craignent son esclavage.
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1344
p. 44-46
PARAPHRASE DE L'ORAISON Visita quasumus Domine habitationem istam, & omnes insidias inimici, &c. Par un R. P. J.
Début :
Visite ce Palais où regne la Justice, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PARAPHRASE DE L'ORAISON Visita quasumus Domine habitationem istam, & omnes insidias inimici, &c. Par un R. P. J.
PARAPHRASE
DE L'ORAISON
Visita qtasfttmttiDomine
habitationem iftam,
& omnes, initràcï,
çefc.
vPar un R. P. J. Isite ce Palais ou régné
la Justice,
4 1 Des ennemis de pai4x découvre
l'artifice,
Assiste dans tous lès besoins
Celuy qui fait l'objet de
tes plus tendres soins.
Il porte sur le front ton
caractère empreint,
Il est en seureté tant que
tu le regardes,
TesAnges sont les plus
seurs gardes
Que puisse avoir un Roy
qui t'aime & qui te craint.
Benis la pureté de ses intentions
Que , ta protection sur sa
personnebrille,
Et que son auguste famille
1
Soit comblée à jamais de
benedictions.
DE L'ORAISON
Visita qtasfttmttiDomine
habitationem iftam,
& omnes, initràcï,
çefc.
vPar un R. P. J. Isite ce Palais ou régné
la Justice,
4 1 Des ennemis de pai4x découvre
l'artifice,
Assiste dans tous lès besoins
Celuy qui fait l'objet de
tes plus tendres soins.
Il porte sur le front ton
caractère empreint,
Il est en seureté tant que
tu le regardes,
TesAnges sont les plus
seurs gardes
Que puisse avoir un Roy
qui t'aime & qui te craint.
Benis la pureté de ses intentions
Que , ta protection sur sa
personnebrille,
Et que son auguste famille
1
Soit comblée à jamais de
benedictions.
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Résumé : PARAPHRASE DE L'ORAISON Visita quasumus Domine habitationem istam, & omnes insidias inimici, &c. Par un R. P. J.
Une oraison prie Dieu de visiter une habitation et ses résidents. Un père jésuite demande justice et la découverte des artifices des ennemis de la paix. La personne protégée par Dieu est en sécurité et porte le caractère divin. Les anges gardent un roi pieux. La prière bénit les intentions pures et demande la protection divine et des bénédictions pour la famille.
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1345
p. 67-71
ENIGME par Mr de Longueüil, de l'Academie Royale d'Angers. SONNET.
Début :
Fille du Souverain, dont je porte l'image, [...]
Mots clefs :
Âme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME par Mr de Longueüil, de l'Academie Royale d'Angers. SONNET.
ENIGME
par Mr de Longueüil,
de l'Academie Royale
d'Angers.
SONNET.
'Fille duSouverain , dont
jeporte l'image De , mon indigneEpoux
je partagelesort;
etcft à moy de dompter
parun puissant effort
Ses rebelles Sujets
,
dont
l'audace m'outrage.
Dansuncachotfragile,
,
&battu de l'orage,
J'ay droitdecommander,
c'estmon uniquesort;
MllisJ'efuis accablée,&
reduite à la mort,
Si ma hautevertu ne
soûtient moncourage.
Parmytant d'ennemis,de
travaux, de dangers,
Je vole nuit&jouren des
lieuxétrangersy
Jeguideuncriminely dont
jedevienscomplice.
De mes aîles en vain le
vol est déployé, - Lorsquepourm'entraîner
aujvnd du précipice
Le poidsfataldu monde àmespieds estlié.
Le même Sonnet.
•'
• - en Italien.-
Filia d'alto j!\/l.onarca 4$
sposo indegno
Congiunta vivo àregnar
fecoekitay
JMa diribellisolcomposto
eil regno;
EignudaJOcCiOtArbi à
me s'aspetta.
Perreggia inriaprigion
racchiujaregno.
Cheà continuavertigine
ej E se non damni alfll
virtù sostegno, ji caduta mortale iofoH
costretta.
` Frà tenebre d'error, fra
,',
inciampi, espine
Ouidarm' è dato il mio
consorte immundo
VAnguftoprecipizjoal
tonfine.
Hol'ali, ever,pernor*
caderafondo;
MÀcheprofjepertrarmi
alle ruine
Con fatal nodo ai pie
legato ho'ilmondo.
par Mr de Longueüil,
de l'Academie Royale
d'Angers.
SONNET.
'Fille duSouverain , dont
jeporte l'image De , mon indigneEpoux
je partagelesort;
etcft à moy de dompter
parun puissant effort
Ses rebelles Sujets
,
dont
l'audace m'outrage.
Dansuncachotfragile,
,
&battu de l'orage,
J'ay droitdecommander,
c'estmon uniquesort;
MllisJ'efuis accablée,&
reduite à la mort,
Si ma hautevertu ne
soûtient moncourage.
Parmytant d'ennemis,de
travaux, de dangers,
Je vole nuit&jouren des
lieuxétrangersy
Jeguideuncriminely dont
jedevienscomplice.
De mes aîles en vain le
vol est déployé, - Lorsquepourm'entraîner
aujvnd du précipice
Le poidsfataldu monde àmespieds estlié.
Le même Sonnet.
•'
• - en Italien.-
Filia d'alto j!\/l.onarca 4$
sposo indegno
Congiunta vivo àregnar
fecoekitay
JMa diribellisolcomposto
eil regno;
EignudaJOcCiOtArbi à
me s'aspetta.
Perreggia inriaprigion
racchiujaregno.
Cheà continuavertigine
ej E se non damni alfll
virtù sostegno, ji caduta mortale iofoH
costretta.
` Frà tenebre d'error, fra
,',
inciampi, espine
Ouidarm' è dato il mio
consorte immundo
VAnguftoprecipizjoal
tonfine.
Hol'ali, ever,pernor*
caderafondo;
MÀcheprofjepertrarmi
alle ruine
Con fatal nodo ai pie
legato ho'ilmondo.
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1346
p. 2-11
ODE TIRÉE DU PSEAUME 143. Benedictus Dominus meus.
Début :
BENI soit le Dieu des Armées, [...]
Mots clefs :
Seigneur, Ennemis
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texteReconnaissance textuelle : ODE TIRÉE DU PSEAUME 143. Benedictus Dominus meus.
TIRE'E'DU PSEAUME If'.
Benedictus Dominas:meus. BENI soit le Dieudes
Armées, ;
Qui donne la force à mon
bras,
Et par qui mesmainsfont
formées
Dans Farcpenibib des
combats;
De sa clemence inépuifa-
: ble t.
Le secours prompt & fa*
vorable,
Afiai mes oppressions: : En luy j'ay trouvé mon
azile,
Et par luy d'un peuple indocile
J'ay dissipé lesfactions.
Qui suis-je vile creature,
Qui suis-je, Seigneur,&
pourquoy
Le Souverain de la nature
S'abbaiÍfe-t-il jusques à
moy ?
L'homme en sa coursepassagere
N'est rien qu'une vapeur
legere,
Que le Soleil fait dissiper,
Sa grandeur n'est qu'une
vaine ombre
Et sa clarté qu'une nuit
sombre,
Que l'oeil, fuit & voit
échapper.
s,
Maisquoy les périls qui
m'obsedent
Ne font point encore paf
sez?
De nouveaux ennemis
succedent
A mes ennemis terrassez?
Dieu terrible,ordonne aux : campagnes
D'engloutir les vastes
montagnes ,
Commande aux Cieux ck
s'abbaisser,
Fais de leurs voutes enflammées
Pleuvoir ces fleches allumées
Que tes fureurs-sçavent
lancer.
Objet de mes humbles
Cantiques,
Seigneur,je t'addresse ma
voix
Toy, do.3nt les promesses
antiques
Furent toûjours l'espoirdes
Roys,
Tojyde qui les secours
propices,
Atravers tant de precipices,
M'ont toujours garanti
d'effroy,
Conserve aujourd'hui ton
ouvrage,
Etdaigne détourner l'orage
Qui s'appreste à fondre
sur moy,
Arreste cet affreux déluge,
Doncles flots me vont submerger,
Sois mon vangeur, fois
mon refuge
Contre le fils de l'ecrangen
Vange-toy d'un peuple
-
infidele, 4
De qui la bouche crimi-
,
nelle
Ne souvre quilïrnpier^,
Et dont la main vouée au
crime
Ne connoist rien de legitimé
Que le meurtre & l'iniquité.
Ces hommes, qui nont
point encore
-EpIquvé la main du Seigneur
iSegflanttenot qrueeDieu le*
Et s'enyvrent de leur bon- heur;
Leur posterité florissante,
Ainsi qu'unetigenaissante
Croît & s'éleve fous leursyeux,
Leurs filles couronnent
leurs têtes
De tout ce qu'en nos jours
de fêtes
Nous portons de plusprecieux.
De leurs grains leurs
granges sont pleines,
Leurs celliers regorgent
- de fruits,
Leurs troupeaux touschargez
de laines
Sont incessamment reproduits,
Pour eux la fertile rosée
Tombant sur la terre embrasée,
Rafraîchit son seinalteré.
Et pour eux le flambeau
du monde
Nourrit d'une chaleur fécondé
Le germe en ses flancs
resserré.
Le calme regne dans
leurs Villes,
Nul bruit n'interrompt
leur sommeil,
On ne voit point leurs
toits fragiles
Ouverts aux rayons du
Soleil;
Cest ainsi qu'ils passent
:: leur fig€ :
Heureux) difcnt."ils) le rivage
.Où l'on jouit d'un tel bonheur.
Qu'ilsrestent dans leur
rêverie,
Heureuse la feule Patrie
Où l'onadore le Seigneur.
Benedictus Dominas:meus. BENI soit le Dieudes
Armées, ;
Qui donne la force à mon
bras,
Et par qui mesmainsfont
formées
Dans Farcpenibib des
combats;
De sa clemence inépuifa-
: ble t.
Le secours prompt & fa*
vorable,
Afiai mes oppressions: : En luy j'ay trouvé mon
azile,
Et par luy d'un peuple indocile
J'ay dissipé lesfactions.
Qui suis-je vile creature,
Qui suis-je, Seigneur,&
pourquoy
Le Souverain de la nature
S'abbaiÍfe-t-il jusques à
moy ?
L'homme en sa coursepassagere
N'est rien qu'une vapeur
legere,
Que le Soleil fait dissiper,
Sa grandeur n'est qu'une
vaine ombre
Et sa clarté qu'une nuit
sombre,
Que l'oeil, fuit & voit
échapper.
s,
Maisquoy les périls qui
m'obsedent
Ne font point encore paf
sez?
De nouveaux ennemis
succedent
A mes ennemis terrassez?
Dieu terrible,ordonne aux : campagnes
D'engloutir les vastes
montagnes ,
Commande aux Cieux ck
s'abbaisser,
Fais de leurs voutes enflammées
Pleuvoir ces fleches allumées
Que tes fureurs-sçavent
lancer.
Objet de mes humbles
Cantiques,
Seigneur,je t'addresse ma
voix
Toy, do.3nt les promesses
antiques
Furent toûjours l'espoirdes
Roys,
Tojyde qui les secours
propices,
Atravers tant de precipices,
M'ont toujours garanti
d'effroy,
Conserve aujourd'hui ton
ouvrage,
Etdaigne détourner l'orage
Qui s'appreste à fondre
sur moy,
Arreste cet affreux déluge,
Doncles flots me vont submerger,
Sois mon vangeur, fois
mon refuge
Contre le fils de l'ecrangen
Vange-toy d'un peuple
-
infidele, 4
De qui la bouche crimi-
,
nelle
Ne souvre quilïrnpier^,
Et dont la main vouée au
crime
Ne connoist rien de legitimé
Que le meurtre & l'iniquité.
Ces hommes, qui nont
point encore
-EpIquvé la main du Seigneur
iSegflanttenot qrueeDieu le*
Et s'enyvrent de leur bon- heur;
Leur posterité florissante,
Ainsi qu'unetigenaissante
Croît & s'éleve fous leursyeux,
Leurs filles couronnent
leurs têtes
De tout ce qu'en nos jours
de fêtes
Nous portons de plusprecieux.
De leurs grains leurs
granges sont pleines,
Leurs celliers regorgent
- de fruits,
Leurs troupeaux touschargez
de laines
Sont incessamment reproduits,
Pour eux la fertile rosée
Tombant sur la terre embrasée,
Rafraîchit son seinalteré.
Et pour eux le flambeau
du monde
Nourrit d'une chaleur fécondé
Le germe en ses flancs
resserré.
Le calme regne dans
leurs Villes,
Nul bruit n'interrompt
leur sommeil,
On ne voit point leurs
toits fragiles
Ouverts aux rayons du
Soleil;
Cest ainsi qu'ils passent
:: leur fig€ :
Heureux) difcnt."ils) le rivage
.Où l'on jouit d'un tel bonheur.
Qu'ilsrestent dans leur
rêverie,
Heureuse la feule Patrie
Où l'onadore le Seigneur.
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Résumé : ODE TIRÉE DU PSEAUME 143. Benedictus Dominus meus.
Le poème 'Tiré du Psaume LXXXIX' est une louange à Dieu, le Seigneur des armées, qui accorde force et secours au poète pour vaincre ses ennemis et disperser les factions rebelles. Le poète s'émerveille de l'attention divine envers une 'vile créature' et souligne la fragilité de la grandeur humaine. Il exprime ses craintes face aux périls et aux nouveaux ennemis qui succèdent aux anciens. Il implore Dieu de manifester sa puissance en ordonnant aux campagnes d'engloutir les montagnes et aux cieux de lancer des flèches enflammées, afin de le protéger et de le venger des peuples infidèles qui ne reconnaissent pas la main du Seigneur. Le poème décrit ensuite la prospérité des ennemis, dont la postérité croît, les filles sont couronnées de biens précieux, les granges sont pleines de grains, les celliers regorgent de fruits, et les troupeaux sont chargés de laines. La rosée et le flambeau du monde nourrissent leurs terres, et le calme règne dans leurs villes. Le poète conclut en souhaitant que ces peuples restent dans leur rêverie et en bénissant la patrie où l'on adore le Seigneur.
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1347
p. 11-17
ODE TIRÉE DU PSEAUME 145. Lauda anima mea Dominu.
Début :
MON ame loüez le Seigneur, [...]
Mots clefs :
Seigneur, Dieu
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texteReconnaissance textuelle : ODE TIRÉE DU PSEAUME 145. Lauda anima mea Dominu.
ODE;
TIRE'E DU PSEAUME 14J.
Lauda animamea Dominùo MON ame loüez le
Seigneur,
Rendez un éternel h- onneur
Au digne & seul objet de
vos justes loüanges;
Oui, mon Dieu, je veux
désormais
Partager la gloire des Aïtges,
Et couronner ma vie à
chanter vos bienfaits.
Renonçons au sterile ap-
Puy
Des Grands qu'on adore
aujourd'huy,
Ne fondons point sur eux
une esperance folle,
Leur pompe indigne de
nosvoeux
N'est qu'unsimulacre frivolle,
Et les solides biens ne dépendent
pas d'eux.
Comme nous esclaves
du [art)
Comme nous jouets de la
mort,
La terre engloutira leurs
Grandeurs insensées,
Et periront en même jour
Ces vastes &: hautes pensées
Qu'admirent aujourd'huy
ceux qui leur font la
Cour.
Dieu seul doit faire nôtre
espoir,
Dieu de qui l'immortel
pouvoir
Fit sortir du néantleCîel,
la terre & l'onde,
Et qui,tranquille au haut
des airs,
Anima d'une voix seconde
Tous les êtres semez dans
ce vaste Univers.
Heureux, qui, du Ci*el
occupe,
Et dp'un faeuxéc,lat détrom- Met de bonne heure en
luy toute Con esperance;
Il protege la verité,
Et sçaura, prendre la defsense
Du Juste que: l'impie aura
perfecuce.
C'est le Seigneur qui
nous nourrit, »
C'est le Seigneur qui nous
guérit,
Il prévient nos besoins, il
adoucit nos peines,
Il assûre nos pas craintifs,
Il délie & brile nos chaînes,
Et nos tyrans par luy deviennent
nos captifs.
Il offre au timide étranger
Un bras promptà le proteger,
; ;
Et l'orphelin en luy, retrouve
un sécond Pere,
De la veuve il devient l'époux:
Et par un châtiment severe
Il confond les pecheurs
animez contre nous.
Les jours des Roys font
dans sa main,
Leur Regneest un Regne
Incertain,
Dont
Dont tedoigc du Seigneur
a marque les limites:
Mais son Empire illimité
N'a point eu de bornes
prélcrites,
Et confondra le temps
avecl'éternité.
TIRE'E DU PSEAUME 14J.
Lauda animamea Dominùo MON ame loüez le
Seigneur,
Rendez un éternel h- onneur
Au digne & seul objet de
vos justes loüanges;
Oui, mon Dieu, je veux
désormais
Partager la gloire des Aïtges,
Et couronner ma vie à
chanter vos bienfaits.
Renonçons au sterile ap-
Puy
Des Grands qu'on adore
aujourd'huy,
Ne fondons point sur eux
une esperance folle,
Leur pompe indigne de
nosvoeux
N'est qu'unsimulacre frivolle,
Et les solides biens ne dépendent
pas d'eux.
Comme nous esclaves
du [art)
Comme nous jouets de la
mort,
La terre engloutira leurs
Grandeurs insensées,
Et periront en même jour
Ces vastes &: hautes pensées
Qu'admirent aujourd'huy
ceux qui leur font la
Cour.
Dieu seul doit faire nôtre
espoir,
Dieu de qui l'immortel
pouvoir
Fit sortir du néantleCîel,
la terre & l'onde,
Et qui,tranquille au haut
des airs,
Anima d'une voix seconde
Tous les êtres semez dans
ce vaste Univers.
Heureux, qui, du Ci*el
occupe,
Et dp'un faeuxéc,lat détrom- Met de bonne heure en
luy toute Con esperance;
Il protege la verité,
Et sçaura, prendre la defsense
Du Juste que: l'impie aura
perfecuce.
C'est le Seigneur qui
nous nourrit, »
C'est le Seigneur qui nous
guérit,
Il prévient nos besoins, il
adoucit nos peines,
Il assûre nos pas craintifs,
Il délie & brile nos chaînes,
Et nos tyrans par luy deviennent
nos captifs.
Il offre au timide étranger
Un bras promptà le proteger,
; ;
Et l'orphelin en luy, retrouve
un sécond Pere,
De la veuve il devient l'époux:
Et par un châtiment severe
Il confond les pecheurs
animez contre nous.
Les jours des Roys font
dans sa main,
Leur Regneest un Regne
Incertain,
Dont
Dont tedoigc du Seigneur
a marque les limites:
Mais son Empire illimité
N'a point eu de bornes
prélcrites,
Et confondra le temps
avecl'éternité.
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Résumé : ODE TIRÉE DU PSEAUME 145. Lauda anima mea Dominu.
L'ode du Psaume 14 invite à louer le Seigneur et à lui rendre un honneur éternel. L'auteur souhaite partager la gloire des anges et consacrer sa vie à chanter les bienfaits divins. Il met en garde contre l'adoration des grands de ce monde, dont la pompe est vaine et les biens éphémères. La terre engloutira leurs grandeurs et leurs pensées périront. L'auteur affirme que seul Dieu doit être l'objet de notre espoir. Il rappelle que Dieu a créé le ciel, la terre et l'onde, et anime tous les êtres de l'univers. Heureux est celui qui, dès son jeune âge, place son espoir en Dieu, protège la vérité et défend le juste. Le Seigneur nourrit, guérit, prévient les besoins et adoucit les peines. Il assure les pas craintifs, délie les chaînes et rend les tyrans captifs. Il protège l'étranger, devient un second père pour l'orphelin et un époux pour la veuve, tout en châtiant les pécheurs. Les jours des rois sont incertains et leurs règnes limités par la volonté du Seigneur. En revanche, l'Empire de Dieu est illimité et confondra le temps avec l'éternité.
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1348
p. 18-22
ODE TIRÉE DU PSEAUME 14.. Domine quis habitat, & c.
Début :
Seigneur, dans ton Temple adorable [...]
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texteReconnaissance textuelle : ODE TIRÉE DU PSEAUME 14.. Domine quis habitat, & c.
ODE
--
TIRE'E DU PSEAUME14..
Dominequis hAbilat,.&c. s Eigneur, dans ton
Temple adorable
Quel mortel est dignes
d'entrer?
Qui pourra ,
grandDieu
x
penetrer
Dans ce séjour impénétrable,
Où les Saints imelinezs
d'un air reipectueux,
Contemplent de ton front
1éclatmajeftueuxî
Ce sera celuy qui du vice
Evite lesentier impur,
Qui marche d'un pas serme
ôdùr
Dans le chemin de la Ju-
Itice,
Attentif & fidele' à connostre
la voix,
Intrepide & severe à pratiquer
ses loix.
-Ce fera celuy dont la bou- che
Des flateurs méprise le
fard, Bij
Dontlecoeurlincere. S
iansait
Rendjustice au vray qui lé touche,
Et qui par des discours
faux &: calomnieux ':
Jamais à la pudeur nafait
baisserJes yeux-J:
Celuy devant qui le superbe,
Enfté' d'une vaine splendeur,
sa Paroist plus bas dans sa
grandeur,
Que l'infeste caché fous
l'herbe;
Qui bravant du méchant
le faste couronné.
Honore la vertu du. juste
infortuné.
Celuy,dis-jedontles promesses
-
Socnteunrgtagae itonujou,rs
Celuy qui d'un infâme
gain
Ne icair point grossir Ces.
richessès:
Celuy qui sur les dons du
coupable puissant
N'a jamais decidé des
jours de l'innocent.
Qvui moarcyherea d,a:RS cette Comble d'unéternelbonheur,
Un jour des élûs du Sei-
- gneur
Partagera la fainte joye,
Et les fremissemens de
l'Enfer irrité >
Ne pourront faire obstacle
à sa félicité.
--
TIRE'E DU PSEAUME14..
Dominequis hAbilat,.&c. s Eigneur, dans ton
Temple adorable
Quel mortel est dignes
d'entrer?
Qui pourra ,
grandDieu
x
penetrer
Dans ce séjour impénétrable,
Où les Saints imelinezs
d'un air reipectueux,
Contemplent de ton front
1éclatmajeftueuxî
Ce sera celuy qui du vice
Evite lesentier impur,
Qui marche d'un pas serme
ôdùr
Dans le chemin de la Ju-
Itice,
Attentif & fidele' à connostre
la voix,
Intrepide & severe à pratiquer
ses loix.
-Ce fera celuy dont la bou- che
Des flateurs méprise le
fard, Bij
Dontlecoeurlincere. S
iansait
Rendjustice au vray qui lé touche,
Et qui par des discours
faux &: calomnieux ':
Jamais à la pudeur nafait
baisserJes yeux-J:
Celuy devant qui le superbe,
Enfté' d'une vaine splendeur,
sa Paroist plus bas dans sa
grandeur,
Que l'infeste caché fous
l'herbe;
Qui bravant du méchant
le faste couronné.
Honore la vertu du. juste
infortuné.
Celuy,dis-jedontles promesses
-
Socnteunrgtagae itonujou,rs
Celuy qui d'un infâme
gain
Ne icair point grossir Ces.
richessès:
Celuy qui sur les dons du
coupable puissant
N'a jamais decidé des
jours de l'innocent.
Qvui moarcyherea d,a:RS cette Comble d'unéternelbonheur,
Un jour des élûs du Sei-
- gneur
Partagera la fainte joye,
Et les fremissemens de
l'Enfer irrité >
Ne pourront faire obstacle
à sa félicité.
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Résumé : ODE TIRÉE DU PSEAUME 14.. Domine quis habitat, & c.
L''ODE' du Psaume 14 décrit les qualités requises pour accéder au temple de Dieu et contempler Sa majesté. L'individu vertueux évite le vice et marche dans la justice, tout en étant attentif à la voix divine. Il méprise les flatteries, rend justice avec sincérité et ne se laisse pas corrompre par des discours faux ou calomnieux. Respectueux de la pudeur, il humilie les superbes et honore la vertu des justes. Il ne fait pas de promesses trompeuses, ne s'enrichit pas par des gains infâmes et ne décide pas du sort des innocents en fonction des dons des puissants coupables. En récompense, cette personne partagera la sainte joie des élus du Seigneur et sa félicité ne sera pas entravée par les tourments de l'enfer.
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1349
p. 23-30
ODE TIRÉE DU PSEAUME 45. Deus noster refugium & virtus, &c.
Début :
Puisque nostre Dieu favorable [...]
Mots clefs :
Dieu, Seigneur, Peuple, Nations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE TIRÉE DU PSEAUME 45. Deus noster refugium & virtus, &c.
ODE
TIRE'E DU PSEAUME+f.
Deus noster refugium &
virtus, &c.
-. pPUisque nostre Dieu
Nous affure de son secours,
Il nest plus de revers capable
De troubler la paix de nos
jours,
Et si la nature fragile
Estoit à ses derniers mcu
mens,
Nous la verrions dun ceittranquile
S'écrouler dans ses fondemens.
Par les ravages du Tonnerre
Nousverrionsnoschamps
moissonnez,
Etdes entrailles de la terre
Les plus hauts monts deT
racinez,
Nos yeux verroient leur
masse aride
TraansiporrréesauTmioliemu de-s
Tomber d'une chute rapide
Dans levaste gouffre des
mers.
Les remparts de laCité
fainte
Nousfont un refuge assuré;
Dieuluy-même dans son
enceinte
A marqué son séjour facre.
Uneonde pure & délectable
Arrose avec legereté
Le tabernacle redoutable
Où repose sa Majesté. ,"
Les Nations à main armee
Couvroient nos fertiles
sillons;
On a vû les champs d'Idumée
Inondez de leurs Bataillons.
Le Seigneur parle, & l'infidelle
Tremble pour Ces propres
Etats,
Il flotte, il fc trouble, il
chancelle,
Et la terre fuit fous ses pas.
Venez Nations arrogantes?
Peuples vains.,.voisinsjaloux
,
Voir les merveilles éclatantes
Que. (a main opere pour
nous.
Que pourront vos ligues
formées
Contre le bonheur de nos
jours?
Quandle bras du Dieu des
armées
S'armera pour nostre. secours.
Par luy ses troupes infernales
A qui nos champs furent
ouverts,
Irotnat dleeleusrs flâmes fa-
Embrazer un autre Univers.
La foudre prompte à nous
deffendre
Des médians & de leurs
complots,
Mettra les Boucliers en
cendre,
Et brizera leurs Javelots.
Arreste, peuple impie,
arreite,
'- Je fuis ton Dieu, ton Souverain
,
Monbras est levé sur ta
teste,
Les feux vengeurs sont
dans ma main.
Voy le Ciel, voy la terre
& l'onde!
Remplis de mon immen^
site,
Et dans tous les climats
du monde,
Mon Nom des peuples
exalté.
Toy pour qui l'ardente
victoire
Marche d'unpas obéissant,
Seigneur! combats pour
nostregloire,
Psotege ton peuple innoitcent,
fais que nostre humble
patrie,
Joüissant d'un caloae promIS,
Confonde à jamais kfurie
De nos superbes ennemis.
TIRE'E DU PSEAUME+f.
Deus noster refugium &
virtus, &c.
-. pPUisque nostre Dieu
Nous affure de son secours,
Il nest plus de revers capable
De troubler la paix de nos
jours,
Et si la nature fragile
Estoit à ses derniers mcu
mens,
Nous la verrions dun ceittranquile
S'écrouler dans ses fondemens.
Par les ravages du Tonnerre
Nousverrionsnoschamps
moissonnez,
Etdes entrailles de la terre
Les plus hauts monts deT
racinez,
Nos yeux verroient leur
masse aride
TraansiporrréesauTmioliemu de-s
Tomber d'une chute rapide
Dans levaste gouffre des
mers.
Les remparts de laCité
fainte
Nousfont un refuge assuré;
Dieuluy-même dans son
enceinte
A marqué son séjour facre.
Uneonde pure & délectable
Arrose avec legereté
Le tabernacle redoutable
Où repose sa Majesté. ,"
Les Nations à main armee
Couvroient nos fertiles
sillons;
On a vû les champs d'Idumée
Inondez de leurs Bataillons.
Le Seigneur parle, & l'infidelle
Tremble pour Ces propres
Etats,
Il flotte, il fc trouble, il
chancelle,
Et la terre fuit fous ses pas.
Venez Nations arrogantes?
Peuples vains.,.voisinsjaloux
,
Voir les merveilles éclatantes
Que. (a main opere pour
nous.
Que pourront vos ligues
formées
Contre le bonheur de nos
jours?
Quandle bras du Dieu des
armées
S'armera pour nostre. secours.
Par luy ses troupes infernales
A qui nos champs furent
ouverts,
Irotnat dleeleusrs flâmes fa-
Embrazer un autre Univers.
La foudre prompte à nous
deffendre
Des médians & de leurs
complots,
Mettra les Boucliers en
cendre,
Et brizera leurs Javelots.
Arreste, peuple impie,
arreite,
'- Je fuis ton Dieu, ton Souverain
,
Monbras est levé sur ta
teste,
Les feux vengeurs sont
dans ma main.
Voy le Ciel, voy la terre
& l'onde!
Remplis de mon immen^
site,
Et dans tous les climats
du monde,
Mon Nom des peuples
exalté.
Toy pour qui l'ardente
victoire
Marche d'unpas obéissant,
Seigneur! combats pour
nostregloire,
Psotege ton peuple innoitcent,
fais que nostre humble
patrie,
Joüissant d'un caloae promIS,
Confonde à jamais kfurie
De nos superbes ennemis.
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Résumé : ODE TIRÉE DU PSEAUME 45. Deus noster refugium & virtus, &c.
Le poème 'ODE' du Psaume 46 célèbre la protection divine et la puissance de Dieu. Dieu est présenté comme un refuge et une force, garantissant la paix et la sécurité même face à des catastrophes naturelles. Les remparts de la cité sont décrits comme un refuge assuré, où Dieu réside. Une onde pure arrose le tabernacle où repose la majesté divine. Le poème évoque également des menaces extérieures, telles que des nations armées couvrant les champs fertiles. Cependant, Dieu intervient et les infidèles tremblent. Les nations arrogantes et jalouses sont invitées à voir les merveilles que Dieu opère pour son peuple. Les ligues formées contre le bonheur du peuple divin sont vaines face à l'intervention divine. Les troupes infernales seront détruites par la foudre divine, qui défend contre les méchants et leurs complots. Le poème se termine par un avertissement aux peuples impies, leur ordonnant de s'arrêter car Dieu lève son bras vengeur. Le Nom de Dieu est exalté dans tous les climats du monde. Le poème prie Dieu de combattre pour la gloire de son peuple, de protéger les innocents, et de permettre à la patrie de jouir d'une paix promise, confondant ainsi la furie des ennemis superbes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1350
p. 31-38
ODE TIRÉE DU PSEAUME 18. Coeli enarrant gloriam, Dei.
Début :
Les Cieux instruisent la terre [...]
Mots clefs :
Dieu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE TIRÉE DU PSEAUME 18. Coeli enarrant gloriam, Dei.
ODE
,.
TIRE'E DU PSEAUME 18.
Ccclt enarrant. gloriam Det. LEs Cieuxinfiruifent
la terre
A reverer son autheur ; Tout ce que leur globe
i&feçre
Célébré un Dieu Créateur.
Quel plus sublime cantique?
Que le concert magnifique
De tous les celestes corps ?
Quelle grandeur infinie!
Quelle divineharmonie
Resulte de leurs accords!
De sa puissànce immortelle
Tout parle, tout nous
instruit
; Le jour au jour lerevele,
La nuit l'annonce à la
nuit.
Ce grand & superbe ouvrage
N'est point pour l'homme
un langage
Obscur & mysterieux;
Son admirable firuéture
Est la voix de la. nature
Qui se fait entendre aux
yeux.
Dans une éclatante voûte
Il a placé de ses mains,
Le Soleil qui dans sa route
Eclaire tous les humains,
Environné de lumiere
Il entre dans sa carrière
Comme un époux glorieux
Qui dés, l'Aube matinale
De sa couche nuptiale
Sort brillant & radieux,
L'Univers à sa prelènce
Semblesortir du néant:
Il prend sa course
, ils'avance
Commeun superbe Géant:
Bidentostésa m'archie fécon- Embrassè le tour du monde
Dans le cercle qu'il décrit,
& par sa chaleur puissante
La Nature languissànte
Se ranime & se nourrit.
0 ! que tes oeuvres font
belles,
Grand Dieu! quels font
ces bienfaits,
Que ceux qui te sont fideles
Sous ton joug trouvent
d'attraits!
Ta crainte inspire la joye>
EMe assure nostre voye,
Elle nous rend trionv
phans,
Elle éclaire la jeunesse , Et fait brillerlasagesse
Dans les plus foibles ensans.
Soutiens ma foy chancelante,
Dieu puissant, infpiresmoy
Cette crainte vigilante,
Qui fait pratiquer ta loy :
Loy sainte, loy desirable
> Ta richesse est préferable
A la richesse de l'or,
Et ta douceur est pareille
Au miel dont la jeune
Abeille
Compose son cher trésor.
Mais sans tes clartez (àcrées
Qui peut connoistre,Seigneur,
Les foiblesses égarées
Dans les replis de son
coeur:
Prestes-moy tesfeux propices
Viens m'aider à fuïr les
vices
Qui s'attachent à mes pas;
Viens consumer par ta
flâme
Ceux que je vois dans
mon ame, Et ceux que je n'y vois
pas.
Si de leur cruel empire
Tu viens dégager mes.
sens,
Si tu daignes me sourire
Mes jours feront innocens;
—
J'iray puiser sur ta trace
Dans les sources de la
grâce,
Et de ses eaux abreuvé
Ma gloire fera connoistre
Que le Dieu qui m'a fait
naistre
Est le Dieu qui m'a fauve.
,.
TIRE'E DU PSEAUME 18.
Ccclt enarrant. gloriam Det. LEs Cieuxinfiruifent
la terre
A reverer son autheur ; Tout ce que leur globe
i&feçre
Célébré un Dieu Créateur.
Quel plus sublime cantique?
Que le concert magnifique
De tous les celestes corps ?
Quelle grandeur infinie!
Quelle divineharmonie
Resulte de leurs accords!
De sa puissànce immortelle
Tout parle, tout nous
instruit
; Le jour au jour lerevele,
La nuit l'annonce à la
nuit.
Ce grand & superbe ouvrage
N'est point pour l'homme
un langage
Obscur & mysterieux;
Son admirable firuéture
Est la voix de la. nature
Qui se fait entendre aux
yeux.
Dans une éclatante voûte
Il a placé de ses mains,
Le Soleil qui dans sa route
Eclaire tous les humains,
Environné de lumiere
Il entre dans sa carrière
Comme un époux glorieux
Qui dés, l'Aube matinale
De sa couche nuptiale
Sort brillant & radieux,
L'Univers à sa prelènce
Semblesortir du néant:
Il prend sa course
, ils'avance
Commeun superbe Géant:
Bidentostésa m'archie fécon- Embrassè le tour du monde
Dans le cercle qu'il décrit,
& par sa chaleur puissante
La Nature languissànte
Se ranime & se nourrit.
0 ! que tes oeuvres font
belles,
Grand Dieu! quels font
ces bienfaits,
Que ceux qui te sont fideles
Sous ton joug trouvent
d'attraits!
Ta crainte inspire la joye>
EMe assure nostre voye,
Elle nous rend trionv
phans,
Elle éclaire la jeunesse , Et fait brillerlasagesse
Dans les plus foibles ensans.
Soutiens ma foy chancelante,
Dieu puissant, infpiresmoy
Cette crainte vigilante,
Qui fait pratiquer ta loy :
Loy sainte, loy desirable
> Ta richesse est préferable
A la richesse de l'or,
Et ta douceur est pareille
Au miel dont la jeune
Abeille
Compose son cher trésor.
Mais sans tes clartez (àcrées
Qui peut connoistre,Seigneur,
Les foiblesses égarées
Dans les replis de son
coeur:
Prestes-moy tesfeux propices
Viens m'aider à fuïr les
vices
Qui s'attachent à mes pas;
Viens consumer par ta
flâme
Ceux que je vois dans
mon ame, Et ceux que je n'y vois
pas.
Si de leur cruel empire
Tu viens dégager mes.
sens,
Si tu daignes me sourire
Mes jours feront innocens;
—
J'iray puiser sur ta trace
Dans les sources de la
grâce,
Et de ses eaux abreuvé
Ma gloire fera connoistre
Que le Dieu qui m'a fait
naistre
Est le Dieu qui m'a fauve.
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Résumé : ODE TIRÉE DU PSEAUME 18. Coeli enarrant gloriam, Dei.
Le poème célèbre la gloire de Dieu à travers la contemplation de la nature et des cieux. Les cieux et la terre révèrent leur créateur, et les corps célestes forment un concert harmonieux révélant la grandeur divine. Chaque jour et chaque nuit manifestent la puissance immortelle de Dieu, qui parle clairement à travers la nature. Le Soleil, placé par Dieu, éclaire et ranime la nature par sa chaleur. Les œuvres de Dieu sont décrites comme belles et ses bienfaits comme attrayants. La crainte de Dieu inspire la joie, assure la voie, rend triomphant, éclaire la jeunesse et fait briller la sagesse. Le poète demande à Dieu de soutenir sa foi et d'inspirer en lui une crainte vigilante pour pratiquer la loi divine. Il préfère la richesse spirituelle à celle de l'or et reconnaît l'incapacité humaine à connaître ses propres faiblesses sans l'aide divine. Il demande à Dieu de l'aider à fuir les vices et à purifier son âme. Si Dieu le délivre des vices et lui sourit, ses jours seront innocents. Il aspire à puiser dans les sources de la grâce pour témoigner de la gloire de Dieu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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