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1051
p. 49-54
EXTRAIT DE LETTRE de Mr Funk, Envoyé Extraordinaire du Roy de Suede à Constantinople, du 22. Février 1712.
Début :
Nonobstant qu'on ait receu avis de l'évacuation d'Asaph, [...]
Mots clefs :
Constantinople, Empire Turc, Lettre, Tartares
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT DE LETTRE de Mr Funk, Envoyé Extraordinaire du Roy de Suede à Constantinople, du 22. Février 1712.
EXTRAIT DE LETTRE
de MrFunk, EnvoyéExtraordinaire du Roy de Suede à
Constantinople, du zi.
Février1712.
NOnobstant qu'on ait
receu avis de l'évacuation
d'Asaph
,
j'espere que le
Czar ne fera pas quitte des
Turcs par là ,mais que le
Grand Seigneur continuera aussi d'insister sur les
articles concernant la Pologne & l'Ukraine,suivant
le sens qu'illeur donne, &
qu'il aura foin des interests
du Roy. Ce qu'ilyadu
moins de certain,c'est que
le Roy retournera dans ses
Estats, ou en Pologne avec
une escorte Turque considerable. Le Sultan a
fait
dire aux Ministres d'Angleterre & de Hollande, sur
ce qu'ils luy ont fait connoistre qu'il n'estoit pas necessaire
,
s'il vouloir, qu'il
allast en campagne, qu'il
iroit du moins à Ifaxeze
,
près du Danube, lieu du
rendez-vous general de
l'armée
,
pour voir le Roy
son amy & son hoste avant
son départ. Le grand Visir m'a dit que vers la fin
du mois de Mars, les troupes marcheront de Constantinople vers le rendezvous, & que le départ du
Roy pourroit se faire dés
qu'il y
auroit de l'herbe en
campagne. Le Grand Seigneur, pour de son perron..
nel
,
a
de l'estime & de
l'amitié pour le Roy, il en
donnera des marques réelles à sa Majesté
,
nonobstant que les Ministres des
Anglois & Hollandois, &
une partie de ses propres
Ministres taschent de le
détourner des affaires du
Roy. Le Kam des Tartares est tousjours d'un grand
credit auprés de sa Hautesse
,
& luy écrit fort souvent, & le Grand Seigneur
fait plus de réflexion sur
ses conseils que sur ceux du
ministere
,
il prestera de
l'argent au Roy pour le
mettre en estat de pouvoir
partir, outre qu'il pourvoira l'armée Turque qui
escortera sa Majesté
,
de
l'argent necessaire pour payer sa subsistance en Po-
logne
,
afin de ne pas incommoder les habitanrs.
On ne doit point au reste
se laisser intimider par les
rapports des Ministres EC.
trangers à Constantinople,
au desavantage du Roy, ils
ne sont pas informez à
fonds de ce qui se passe entre sa Majesté &le Sultan,
& ce qu'une partie des Ministres de l'Em pereur Ottoman disentde temps en
1
temps a
ceux-là
,
qui leur
font croire que le Roy ne reiïfïira pas, ne merite pas l'attention qu'ilsyfont.
Depuis quelque temps le
Grand Seigneur est reservé enversson ministere, &
comme personnellement
il est bien intentionné pour
le Roy,l'effet de ses intentions ira plus loin qu'il ne
s'en est expliqué jusqu'icy.
Il y a
cependant un grand
fracas icy
,
& dans tout
l'Empire Turc au sujet des
conjonctures presentes,
mais il aboutira enfinàl'avantage de sa Majesté
de MrFunk, EnvoyéExtraordinaire du Roy de Suede à
Constantinople, du zi.
Février1712.
NOnobstant qu'on ait
receu avis de l'évacuation
d'Asaph
,
j'espere que le
Czar ne fera pas quitte des
Turcs par là ,mais que le
Grand Seigneur continuera aussi d'insister sur les
articles concernant la Pologne & l'Ukraine,suivant
le sens qu'illeur donne, &
qu'il aura foin des interests
du Roy. Ce qu'ilyadu
moins de certain,c'est que
le Roy retournera dans ses
Estats, ou en Pologne avec
une escorte Turque considerable. Le Sultan a
fait
dire aux Ministres d'Angleterre & de Hollande, sur
ce qu'ils luy ont fait connoistre qu'il n'estoit pas necessaire
,
s'il vouloir, qu'il
allast en campagne, qu'il
iroit du moins à Ifaxeze
,
près du Danube, lieu du
rendez-vous general de
l'armée
,
pour voir le Roy
son amy & son hoste avant
son départ. Le grand Visir m'a dit que vers la fin
du mois de Mars, les troupes marcheront de Constantinople vers le rendezvous, & que le départ du
Roy pourroit se faire dés
qu'il y
auroit de l'herbe en
campagne. Le Grand Seigneur, pour de son perron..
nel
,
a
de l'estime & de
l'amitié pour le Roy, il en
donnera des marques réelles à sa Majesté
,
nonobstant que les Ministres des
Anglois & Hollandois, &
une partie de ses propres
Ministres taschent de le
détourner des affaires du
Roy. Le Kam des Tartares est tousjours d'un grand
credit auprés de sa Hautesse
,
& luy écrit fort souvent, & le Grand Seigneur
fait plus de réflexion sur
ses conseils que sur ceux du
ministere
,
il prestera de
l'argent au Roy pour le
mettre en estat de pouvoir
partir, outre qu'il pourvoira l'armée Turque qui
escortera sa Majesté
,
de
l'argent necessaire pour payer sa subsistance en Po-
logne
,
afin de ne pas incommoder les habitanrs.
On ne doit point au reste
se laisser intimider par les
rapports des Ministres EC.
trangers à Constantinople,
au desavantage du Roy, ils
ne sont pas informez à
fonds de ce qui se passe entre sa Majesté &le Sultan,
& ce qu'une partie des Ministres de l'Em pereur Ottoman disentde temps en
1
temps a
ceux-là
,
qui leur
font croire que le Roy ne reiïfïira pas, ne merite pas l'attention qu'ilsyfont.
Depuis quelque temps le
Grand Seigneur est reservé enversson ministere, &
comme personnellement
il est bien intentionné pour
le Roy,l'effet de ses intentions ira plus loin qu'il ne
s'en est expliqué jusqu'icy.
Il y a
cependant un grand
fracas icy
,
& dans tout
l'Empire Turc au sujet des
conjonctures presentes,
mais il aboutira enfinàl'avantage de sa Majesté
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Résumé : EXTRAIT DE LETTRE de Mr Funk, Envoyé Extraordinaire du Roy de Suede à Constantinople, du 22. Février 1712.
En février 1712, Mr. Funk, représentant du roi de Suède à Constantinople, espère que le tsar ne se retirera pas après l'évacuation d'Asaph et que le sultan continuera de soutenir les intérêts suédois en Pologne et en Ukraine. Le sultan prévoit de rencontrer le roi de Suède près du Danube avant son départ, avec une escorte turque significative. Le grand vizir annonce que les troupes se déplaceront fin mars et que le départ du roi se fera dès que l'herbe repoussera. Le sultan montre de l'estime et de l'amitié envers le roi, malgré les efforts des ministres anglais, hollandais et certains ministres turcs pour l'influencer. Le khan des Tartares, influent auprès du sultan, est plus écouté que le ministère. Le sultan financera le départ du roi et l'armée turque pour éviter de troubler les habitants de Pologne. Les rapports défavorables des ministres étrangers ne reflètent pas les bonnes relations entre le roi et le sultan. Actuellement, l'Empire turc est agité, mais cela pourrait tourner à l'avantage du roi.
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1052
p. 55-58
NOUVELLES d'Allemagne.
Début :
Larchiduc a confirmé au Comte de Lewenstein Administrateur de Baviere [...]
Mots clefs :
Allemagne, Archiduc
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES d'Allemagne.
NOUVELLES
d'Allemagne.
LArchiduc
a
confirmé au
Comte de Lewenftein Administrateur de Baviere,la
dignitéde Prince de l'Empire,que l'Empereur Jofeph luy avoit accordée.
On dit que le Prince Charles de Neubourg Gouverneur du Tirol ,doit aller à
Barcelonne pour en ramener l'Archiduchesse. Un
Courier du Prince Eugene
a rapporte que la Reine de
la Grande Bretagne & le
Parlement ne paroissent
aucunement disposez à pa- -
yer les sommes *necessaires
pour l'entretien de quarance mille hommes en Espagne,ny à continuer celles qu'ils avoient accoustumé de fournir en Portugal. On publie que les recruës sont presque achevées, elles se font avec tant
de difficulté, qu'au lieu
d'augmenter le nombre de
soldats de chaque Compagnie, comme on se l'estoit
proposé, on a peine à les
rendre complettes. On
S.
mande de Vienne que l'Archiduc doit partir le 9. du
mois prochain pour Prefbourg, pour s'y fairecouronner Roy de Hongrie
dans la Diette qui s'y tiendra. On construit pource
su jet un pont sur le Danube ,& on a
fait deffense
d'y tailler entrer personne
sans paseport. On a
public
une Ordonnance contre le
luxe des habits
, qui deffend
aux Marchands de faire
venir des estoffes d'or &
d'argent.
LaCour de l'Imperatrice
Willelmine Amelie est entièrement reglée. on a
assigné trois cens mille florins pourelle, pour les deux
Archiduchessesses filles, &
pour toute sa maison.
d'Allemagne.
LArchiduc
a
confirmé au
Comte de Lewenftein Administrateur de Baviere,la
dignitéde Prince de l'Empire,que l'Empereur Jofeph luy avoit accordée.
On dit que le Prince Charles de Neubourg Gouverneur du Tirol ,doit aller à
Barcelonne pour en ramener l'Archiduchesse. Un
Courier du Prince Eugene
a rapporte que la Reine de
la Grande Bretagne & le
Parlement ne paroissent
aucunement disposez à pa- -
yer les sommes *necessaires
pour l'entretien de quarance mille hommes en Espagne,ny à continuer celles qu'ils avoient accoustumé de fournir en Portugal. On publie que les recruës sont presque achevées, elles se font avec tant
de difficulté, qu'au lieu
d'augmenter le nombre de
soldats de chaque Compagnie, comme on se l'estoit
proposé, on a peine à les
rendre complettes. On
S.
mande de Vienne que l'Archiduc doit partir le 9. du
mois prochain pour Prefbourg, pour s'y fairecouronner Roy de Hongrie
dans la Diette qui s'y tiendra. On construit pource
su jet un pont sur le Danube ,& on a
fait deffense
d'y tailler entrer personne
sans paseport. On a
public
une Ordonnance contre le
luxe des habits
, qui deffend
aux Marchands de faire
venir des estoffes d'or &
d'argent.
LaCour de l'Imperatrice
Willelmine Amelie est entièrement reglée. on a
assigné trois cens mille florins pourelle, pour les deux
Archiduchessesses filles, &
pour toute sa maison.
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Résumé : NOUVELLES d'Allemagne.
Le texte décrit divers événements politiques et militaires en Allemagne et en Europe. L'Archiduc a confirmé au Comte de Lewenftein, administrateur de Bavière, la dignité de Prince de l'Empire accordée par l'Empereur Joseph. Le Prince Charles de Neubourg, Gouverneur du Tyrol, est attendu à Barcelone pour escorter l'Archiduchesse. Un rapport du Prince Eugène indique que la Reine de Grande-Bretagne et le Parlement refusent de financer l'entretien de quarante mille hommes en Espagne et les fournitures au Portugal. Les recrutements militaires sont difficiles, complétant les compagnies existantes plutôt que d'en créer de nouvelles. De Vienne, il est annoncé que l'Archiduc partira le 9 du mois prochain pour Presbourg afin de se faire couronner Roi de Hongrie lors de la Diète. Un pont est construit sur le Danube, avec un accès interdit sans passeport. Une ordonnance contre le luxe des habits a été publiée, interdisant l'importation d'étoffes d'or et d'argent. La cour de l'Impératrice Wilhelmine Amélie est régularisée, avec une allocation de trois cents mille florins pour elle, les deux Archiduchesses et leur maison.
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1053
p. 58-59
Nouvelles de Londres.
Début :
Le Prince Eugene & le Comte de la Corsana second [...]
Mots clefs :
Londres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Londres.
Nouvelles de Londres.
Le Prince Eugène & le
Comte de la Corsana second Plénipotentiaire de
l'Archiduc,sont partis pour Utrecht, Dom Louis Acuncha Plenipotentiaire
de Portugal
,
le sieur de
BibersteinEnvoyé de Brandebourg, & le sieur Har-
ley Envoyé d'Angleterre
vers le Duc d'Hanover,
partirent de cette Cour,faisant tous voile vers la Hollande. Le jour du depart
du Duc d'Ormont n'est pas
encore fixé,seséquipages
font partis,ils doivent estre embarquez à Harwich.
& paÍftf en Flandres.
Le Prince Eugène & le
Comte de la Corsana second Plénipotentiaire de
l'Archiduc,sont partis pour Utrecht, Dom Louis Acuncha Plenipotentiaire
de Portugal
,
le sieur de
BibersteinEnvoyé de Brandebourg, & le sieur Har-
ley Envoyé d'Angleterre
vers le Duc d'Hanover,
partirent de cette Cour,faisant tous voile vers la Hollande. Le jour du depart
du Duc d'Ormont n'est pas
encore fixé,seséquipages
font partis,ils doivent estre embarquez à Harwich.
& paÍftf en Flandres.
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Résumé : Nouvelles de Londres.
Plusieurs plénipotentiaires et envoyés se rendent en Hollande. Le Prince Eugène et le Comte de la Corsana représentent l'Archiduc à Utrecht. Dom Louis Acuncha représente le Portugal, le sieur de Biberstein le Brandebourg, et le sieur Harley l'Angleterre, se dirigeant vers le Duc d'Hanover. Le Duc d'Ormont se prépare à partir pour la Flandres depuis Harwich.
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1054
p. 59-65
Nouvelles d'Espagne.
Début :
Le Roy a nommé les Officiers Generaux qui doivent servir [...]
Mots clefs :
Espagne, Grenadiers, Cavalerie, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Espagne.
Nouvelles d'Espagne.
LeRoy a
nommé les Officiers Généraux qui doivent servir dansses armées
pendant cette Campagne.
On remplit les magasins
de Vinaros
,
de Mequinenia, de Tortose, de Penifcola & de Lerida. Le
Duc de Vendosme doit
partir dans peu pour aller
visiter lesplaces du Royaume de Valence. SaMajesté a
declaré Lieutenant
General de ses armées Dom
Miguel Pons. On mande
de Tarragone que les Anglois vendoient leurs chevaux & leurs équipa ges
,
pour s'embarquer sur les
vaiffiaux qu'ils attendoient. On écrit de Barcelone que la.cliertlé des vi-
vres est fort grande, que
le Comte de Staremberg
avoic esté obligé d'y envoyer son Regiment avec un
autre, que les Miquelers
ny les Soumettants ne font
plus si zelez pour le service de l'Archiduc.LesLettres du Gouverneur de la
Havane dans Tlfle de Cubai &celles des Magistrats
de lamesme Ville
,
marquent que leDuc de LinalésViceroy du Mexique a
envoyé une somme considerable d'argent à sa Majesté)afin qu'elle pust s'en
servir pour la campagne.
On écrit de Catalogne qu'-
un grand corps de Troupes & de Miquelets ennemisvouloients'emparer de
nouveau du pont de Suert,
mais Dom Miguel Pons en
ayant esté informé, les attaqua avec tant de vigueur
qu'il les obligea à se retirer
avec perte de plusieursdes
leurs tuez & faits prisonniers ;ilobligea le Colonel
Nebot qui venoit les secourir, à se retirer en diligence. On mande de la Conça du Tremps, qu'un Lieu-
tenant Colonel du Régiment d'Univés'estant avancé avec quelques Troupes
pour lever les contributions, rencontra un détachement desEnnemis qu'il
fit attaquer si brusquement
qu'il les mit en fuite à la
premiere décharge, en
ayant tue plusieurs & fait
plusieurs prisonniers, parmy lesquels sont quatre
Officiers. Onécrit deCervera que le General Fran-
~Kenberg estoit parti de Santa Colonna avec mille chevaux, quinze cents fantas-
sins,deux mortiers, & quelques pieces de canon dans
le dessein de surprendre
Cervera, mais le Comte
d'Hercelles qui y commande en ayant eu avis,s'estoit
préparé à les bien recevoir.
Les Ennemis arrivèrent le
14. à la pointe du jour
,
il
détachaun Lieutenant des
Grenadiers des Gardes Valonnes avec quarante Cavaliers, pour aller reconnoistre une troupe qui s'estoic avancée; il l'attaqua
avec tant de vigueur qu'il
les obligea à se retirer. Le
Comte
Comte d'Hercelles voyant
qu'ils se retiroient, sortit
avec toute sa cavalerie ôc
la pluspart des Grenadiers,
chargea leur arriere garde,
les mit en fuite
,
laissant
plusieurs morts, nombre
de prisonniers & leur artillerie. On apprend des
deserteurs & des paysans
que les Officiers & les soldats Anglois continuent à
s'embarquer, disant que
c'est pour retourner en Ail:
gleterre
LeRoy a
nommé les Officiers Généraux qui doivent servir dansses armées
pendant cette Campagne.
On remplit les magasins
de Vinaros
,
de Mequinenia, de Tortose, de Penifcola & de Lerida. Le
Duc de Vendosme doit
partir dans peu pour aller
visiter lesplaces du Royaume de Valence. SaMajesté a
declaré Lieutenant
General de ses armées Dom
Miguel Pons. On mande
de Tarragone que les Anglois vendoient leurs chevaux & leurs équipa ges
,
pour s'embarquer sur les
vaiffiaux qu'ils attendoient. On écrit de Barcelone que la.cliertlé des vi-
vres est fort grande, que
le Comte de Staremberg
avoic esté obligé d'y envoyer son Regiment avec un
autre, que les Miquelers
ny les Soumettants ne font
plus si zelez pour le service de l'Archiduc.LesLettres du Gouverneur de la
Havane dans Tlfle de Cubai &celles des Magistrats
de lamesme Ville
,
marquent que leDuc de LinalésViceroy du Mexique a
envoyé une somme considerable d'argent à sa Majesté)afin qu'elle pust s'en
servir pour la campagne.
On écrit de Catalogne qu'-
un grand corps de Troupes & de Miquelets ennemisvouloients'emparer de
nouveau du pont de Suert,
mais Dom Miguel Pons en
ayant esté informé, les attaqua avec tant de vigueur
qu'il les obligea à se retirer
avec perte de plusieursdes
leurs tuez & faits prisonniers ;ilobligea le Colonel
Nebot qui venoit les secourir, à se retirer en diligence. On mande de la Conça du Tremps, qu'un Lieu-
tenant Colonel du Régiment d'Univés'estant avancé avec quelques Troupes
pour lever les contributions, rencontra un détachement desEnnemis qu'il
fit attaquer si brusquement
qu'il les mit en fuite à la
premiere décharge, en
ayant tue plusieurs & fait
plusieurs prisonniers, parmy lesquels sont quatre
Officiers. Onécrit deCervera que le General Fran-
~Kenberg estoit parti de Santa Colonna avec mille chevaux, quinze cents fantas-
sins,deux mortiers, & quelques pieces de canon dans
le dessein de surprendre
Cervera, mais le Comte
d'Hercelles qui y commande en ayant eu avis,s'estoit
préparé à les bien recevoir.
Les Ennemis arrivèrent le
14. à la pointe du jour
,
il
détachaun Lieutenant des
Grenadiers des Gardes Valonnes avec quarante Cavaliers, pour aller reconnoistre une troupe qui s'estoic avancée; il l'attaqua
avec tant de vigueur qu'il
les obligea à se retirer. Le
Comte
Comte d'Hercelles voyant
qu'ils se retiroient, sortit
avec toute sa cavalerie ôc
la pluspart des Grenadiers,
chargea leur arriere garde,
les mit en fuite
,
laissant
plusieurs morts, nombre
de prisonniers & leur artillerie. On apprend des
deserteurs & des paysans
que les Officiers & les soldats Anglois continuent à
s'embarquer, disant que
c'est pour retourner en Ail:
gleterre
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Résumé : Nouvelles d'Espagne.
Le texte décrit divers événements militaires et logistiques en Espagne. LeRoy a nommé les officiers généraux pour la campagne en cours et a rempli les magasins de plusieurs villes, dont Vinaros, Mequinensia, Tortose, Penifcola et Lerida. Le Duc de Vendosme doit visiter les places du Royaume de Valence. Sa Majesté a désigné Dom Miguel Pons lieutenant général de ses armées. À Tarragone, les Anglais vendent leurs chevaux et équipements pour s'embarquer. À Barcelone, la cherté des vivres a conduit le Comte de Staremberg à envoyer des régiments pour maintenir l'ordre. Les Miquelers et les Soumettants montrent moins de zèle pour le service de l'Archiduc. Le Duc de Linares, Vice-roi du Mexique, a envoyé une somme d'argent pour la campagne. En Catalogne, Dom Miguel Pons a repoussé une attaque ennemie sur le pont de Suert. En Concà del Tremps, un lieutenant-colonel a mis en fuite un détachement ennemi. À Cervera, le Comte d'Hercelles a repoussé une attaque du Général Frankenberg, capturant plusieurs prisonniers et de l'artillerie. Des déserteurs et des paysans rapportent que les officiers et soldats anglais continuent de s'embarquer pour retourner en Angleterre.
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1055
p. 66-68
Nouvelles de Flandres.
Début :
Nous avons quatre-vingt mille hommes en Flandres, le Comte [...]
Mots clefs :
Flandre, Bataillons, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Flandres.
Nouvelles de Flandres.
Nous avons quatre-vingt
mille hommes en Flandres,
le Comte de Broglioa desja commencé à estendre
soixante dix Bataillons depuis Biache à Arleux, Sailly
,
Marquion jusqu'à rE.
cluse
,
ensorte qu'il a
sa
droite à Cambray
,
& sa
gauche à Arras.
Les Ennemis sontassemblez de leur costé en grand
corpssur la Deüille,ils menacent d'assieger nos Places
,
sur tout Cambray &
Arras: nous sommes disposez de manière à leur
faire quelque embarras
pour y
reiilïir
,
puisqu'il
faut qu'ils partent la Censée & l'Escarpe devant
nous, nostre armée d'ailleurs se grossissant tous les
jours.
La Reine de la Grande
Bretagne a
fait reformer
trois Régiments qu'elle
avoit en Portugal, ainsi il
n'y reste plus grande chose.
Il est venu prés de cinq
millions de laflotte du
Guay-Troüin que l'on tra-
vaille actuellement à la
monnoye. Mr de Lomont
a
ordre de faire décharger
tous les vaisseaux qui sont
dans le port de Dunkerque. Mr Ducasse est parti
de la Corogne pour aller
trouver le Roy d'Espagne
Nous avons quatre-vingt
mille hommes en Flandres,
le Comte de Broglioa desja commencé à estendre
soixante dix Bataillons depuis Biache à Arleux, Sailly
,
Marquion jusqu'à rE.
cluse
,
ensorte qu'il a
sa
droite à Cambray
,
& sa
gauche à Arras.
Les Ennemis sontassemblez de leur costé en grand
corpssur la Deüille,ils menacent d'assieger nos Places
,
sur tout Cambray &
Arras: nous sommes disposez de manière à leur
faire quelque embarras
pour y
reiilïir
,
puisqu'il
faut qu'ils partent la Censée & l'Escarpe devant
nous, nostre armée d'ailleurs se grossissant tous les
jours.
La Reine de la Grande
Bretagne a
fait reformer
trois Régiments qu'elle
avoit en Portugal, ainsi il
n'y reste plus grande chose.
Il est venu prés de cinq
millions de laflotte du
Guay-Troüin que l'on tra-
vaille actuellement à la
monnoye. Mr de Lomont
a
ordre de faire décharger
tous les vaisseaux qui sont
dans le port de Dunkerque. Mr Ducasse est parti
de la Corogne pour aller
trouver le Roy d'Espagne
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Résumé : Nouvelles de Flandres.
Le texte décrit des opérations militaires et logistiques en Flandres. L'armée française, forte de quatre-vingt mille hommes sous le commandement du Comte de Broglio, est déployée de Biache à Récluse, avec la droite à Cambray et la gauche à Arras. Soixante-dix bataillons sont positionnés pour défendre ces places fortes contre les ennemis massés sur la Deüille, qui menacent d'assiéger Cambray et Arras. Les forces françaises sont prêtes à repousser ces menaces. Par ailleurs, la Reine de Grande-Bretagne a reformé trois régiments précédemment stationnés au Portugal, réduisant ainsi sa présence militaire dans ce pays. La flotte du Guay-Troüin a rapporté près de cinq millions, actuellement en cours de monnayage. Mr de Lomont a reçu l'ordre de décharger les vaisseaux à Dunkerque, et Mr Ducasse est parti de La Corogne pour rencontrer le Roi d'Espagne.
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1056
p. 92
Gouvernement donné.
Début :
Le Roy a donné le 10. de ce mois à [...]
Mots clefs :
Gouvernement, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Gouvernement donné.
Gouvernement donne.
Le Roy a
donné le io- de
ce mois à Mr le Marquis
de la Chastre Lieutenant
General deses armées, le
Gouvernement de Peccais
en Languedoc, situé prés
l'emboucheure du Rhosne, vacant par la mort de
Mr de Vandeüil. Ce Gouvernement est' d'autant
plus agreable, qu'il ne de-.;
mande point de residence,
& qu'il est payé par la
Province,
Le Roy a
donné le io- de
ce mois à Mr le Marquis
de la Chastre Lieutenant
General deses armées, le
Gouvernement de Peccais
en Languedoc, situé prés
l'emboucheure du Rhosne, vacant par la mort de
Mr de Vandeüil. Ce Gouvernement est' d'autant
plus agreable, qu'il ne de-.;
mande point de residence,
& qu'il est payé par la
Province,
Fermer
1057
p. 121
DONS DU ROY D'ESPAGNE.
Début :
Le Roy a donné l'Ordre de la Toison d'Or au [...]
Mots clefs :
Roi d'Espagne, Ordre de la Toison d'Or
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DONS DU ROY D'ESPAGNE.
DONS DU ROY
D'E SPAGNE.
Le Roya donné l'Ordre
de laToison d'Orau
Duc d'Atri, Napolitain.
D'E SPAGNE.
Le Roya donné l'Ordre
de laToison d'Orau
Duc d'Atri, Napolitain.
Fermer
1058
p. 213-216
DONS DU ROY.
Début :
Le 4. de ce mois le Roy donna la charge [...]
Mots clefs :
Dons, Lieutenant général, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DONS DU ROY.
DONS DU ROY.
:. Le 4. de ce mois le Roy
donna la charge de Lieutenant General de Sa Majesté en la haute Guyenne,
à Mr le Comte de Lautrec,
Mettre de Camp d'un Régiment de Dragons; il sert
le Roy depuis plus de vingt
années avec distinction, Ôc
s'estsignalé en Italie en
plusieurs combats & Ba-,
tailles,& entr'autresà celles
de Luzara, Cassan,Lavicto.
ria & Turin, & en dernier
lieu à Rumersheim en Allemagneoù son Regiment
fut en partie cause du gain
de cette bataille; ilestfils
de Messire François,Comte
de Gelas Marquis Dambres
&deLeberon,seul Vicomte
de Lautrec qui possedoit
la mesme Charge depuis
fort long temps donc il
vient de donner sa dcmif,
ifoi), ledit sieur Marquis
Dambres est fils de Messire
HeCtOl de Gelas Marquis
Dambres de Leberon& de
Vignoles, Vicomte de Lautrec Lieutenant General du
Royen Languedoc, Gouverneur des Villes & CitC7,
de Carcassonne, qui l'étoit
t. de MessireLifanderdeGelas
[ Marquis de Leberon Mares- | chal des Camps & Armée$
* du Roy & Conseiller d'Etat,Capitaine de çent hommes d'armes des ordonnances, & celuy-cy l'étoit de
Mcffirc Antoine de Gelas
Seigneur de Leber()n.t çbc.4
valier rfe l'Ordre, CortÏa
puifnés de l'Illustre Mai.,
son des anciens Seigneurs
considérable deGelas, l'une delades Province plus
de Guyenne, descendus par
les Comtes de Gascogne &
de Fefenfac des anciens &
premiers Roys de Navarre,
comme l'ont remarqué plusieurs graves Historiens
:. Le 4. de ce mois le Roy
donna la charge de Lieutenant General de Sa Majesté en la haute Guyenne,
à Mr le Comte de Lautrec,
Mettre de Camp d'un Régiment de Dragons; il sert
le Roy depuis plus de vingt
années avec distinction, Ôc
s'estsignalé en Italie en
plusieurs combats & Ba-,
tailles,& entr'autresà celles
de Luzara, Cassan,Lavicto.
ria & Turin, & en dernier
lieu à Rumersheim en Allemagneoù son Regiment
fut en partie cause du gain
de cette bataille; ilestfils
de Messire François,Comte
de Gelas Marquis Dambres
&deLeberon,seul Vicomte
de Lautrec qui possedoit
la mesme Charge depuis
fort long temps donc il
vient de donner sa dcmif,
ifoi), ledit sieur Marquis
Dambres est fils de Messire
HeCtOl de Gelas Marquis
Dambres de Leberon& de
Vignoles, Vicomte de Lautrec Lieutenant General du
Royen Languedoc, Gouverneur des Villes & CitC7,
de Carcassonne, qui l'étoit
t. de MessireLifanderdeGelas
[ Marquis de Leberon Mares- | chal des Camps & Armée$
* du Roy & Conseiller d'Etat,Capitaine de çent hommes d'armes des ordonnances, & celuy-cy l'étoit de
Mcffirc Antoine de Gelas
Seigneur de Leber()n.t çbc.4
valier rfe l'Ordre, CortÏa
puifnés de l'Illustre Mai.,
son des anciens Seigneurs
considérable deGelas, l'une delades Province plus
de Guyenne, descendus par
les Comtes de Gascogne &
de Fefenfac des anciens &
premiers Roys de Navarre,
comme l'ont remarqué plusieurs graves Historiens
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Résumé : DONS DU ROY.
Le 4 du mois en cours, le roi a nommé le Comte de Lautrec au poste de Lieutenant Général de Sa Majesté en Haute Guyenne. Monsieur de Lautrec, Maître de Camp d'un Régiment de Dragons, sert le roi depuis plus de vingt ans avec distinction. Il s'est illustré en Italie lors de plusieurs combats et batailles, notamment à Luzara, Cassan, Lvictoria, Turin, et plus récemment à Rumersheim en Allemagne, où son régiment a contribué à la victoire. Monsieur de Lautrec est le fils de Messire François, Comte de Gelas, Marquis d'Ambres et de Leberon, et Vicomte de Lautrec, qui a récemment démissionné de la même charge. Le Marquis d'Ambres est le fils de Messire Hector de Gelas, Marquis d'Ambres de Leberon et de Vignoles, Vicomte de Lautrec, Lieutenant Général du Roi en Languedoc, et Gouverneur des villes et cité de Carcassonne. Ce dernier était le fils de Messire Lifander de Gelas, Marquis de Leberon, Maréchal des Camps et Armées du Roi, Conseiller d'État, et Capitaine de cent hommes d'armes des ordonnances. La lignée des Gelas est issue des anciens Seigneurs considérables de Gascogne, descendants des Comtes de Gascogne et de Fézensac, premiers Roys de Navarre.
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1059
p. 313-314
Nouvelles de Flandres.
Début :
Monsieur le Maréchal de Monstesquiou ayant eu avis que les [...]
Mots clefs :
Flandre, Ennemis
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Flandres.
Nouvelles de FUndres;)
Monsieurle Maréchal de
Montesquiouayant eu avis
:..que les ennemis s'assembloient vers Orchies,fit
avancer quelques bataillons vers laSensée,pour
en empêcherle passage. Les
ennemis parurent de l'autre côté de cette riviere;
mais voyant la bonnecontenance de nos troupes,ils
se retirerentvers Douay
sans rien entreprendre. Les
Etats Générauxdemandent
des sommes considerable
aux Etats du Brabant,de
Flandres & du Hainaut. On
assùrequeces derniersleur
ont accordé ua subside de
quatre-vingt-dix mille florins, outre lesfourrages.
Monsieurle Maréchal de
Montesquiouayant eu avis
:..que les ennemis s'assembloient vers Orchies,fit
avancer quelques bataillons vers laSensée,pour
en empêcherle passage. Les
ennemis parurent de l'autre côté de cette riviere;
mais voyant la bonnecontenance de nos troupes,ils
se retirerentvers Douay
sans rien entreprendre. Les
Etats Générauxdemandent
des sommes considerable
aux Etats du Brabant,de
Flandres & du Hainaut. On
assùrequeces derniersleur
ont accordé ua subside de
quatre-vingt-dix mille florins, outre lesfourrages.
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Résumé : Nouvelles de Flandres.
Le maréchal de Montesquiou a déplacé des bataillons vers la Sensée pour empêcher les ennemis de passer. Ces derniers se sont retirés vers Douai après avoir vu la résistance française. Parallèlement, les États Généraux ont sollicité des fonds auprès des États du Brabant, de Flandre et du Hainaut, qui ont accordé une subvention de quatre-vingt-dix mille florins et des fourrages.
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1060
p. 314-318
Nouvelles de Catalogne.
Début :
On mande de Catalogne que Don Miguel Pons, Lieutenant general, [...]
Mots clefs :
Prisonniers, Catalogne, Butin de guerre, Gouverneur
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Catalogne.
NouwliesdeCdttlozne.
.: On mande de Catalogneque Don Miguel Pons,
Lieutenant général ,étant
parti du pont de Suert,pour
s'emparer du château de
Saroca,ayant étéinformé
qus lesennemis vouloient
forcer le Marquis de Villa
Hermofà dans un poste im.
portant- qu'il occupoit
,
changea de route pour le
Recourir. Sitôt qu'il parut,
les ennemis seretirerent
4vec précipitation, & repasserent laSegre.Un regimerit Espagnol ayant eu
avis qu'un corps des en
nemis avoir dessein de le
iorprendre, semit enmarche, les{ùrprit.éux-irïêxùcs
,
les" contraignit de
éprendre la suite, Ht cent
quatre-vingt prisonniers,
& se saisitde leurs équipa-
ges,nayantpaseuletemps
Remmener leur butin. Les
ennemis ayant reçûunren- fort, contraignirent les Espagnols à se retirer avec
précipitation.Ilsfirent quatre-vingt prisonniers. Cependant. les Espagnols emliienerent leur butin, &
-les cent quatre -vingt prilonniers qu'ils avoient pris.
On écrit de Barcelone que
fArchiducheife ne pourroitpartir avant le 15. Avril;
>que la disettey
est toujours
fort grande.
Les lettres d'Estrama-
dure portent que trente-six
grenadiets Portugais sortis
d'Albuquerque
,
pour escorter des
chevaux
qui alloient charger des vivres,
avoientété faits prisonniers.
On manded'Alicante
>
qu'un vaisseau Anglois
monté ,
de cinquante-deux
pieces de canon & deux
^cens hommesd'équipage,
donnant chasse à deux Làtimens quivenoient de-porter des vivres à Vinaroz,
ayant échoué sur la côte -à
la vûë de Denia, avoit été
obligé de lerendre.
< On écritdeCologne,
queles partis François font
continuellement des courses le long du Rhin. Ils ont
pillé auvoisinage de Bonne
plusieurs batteaux qui n'avoient point de passeports.
Le Gouverneur de Bonne
détachadeux censhommes
desa garnison pour reprenPre le butin: mais deux ou
trois de ces partissejoigni
.: On mande de Catalogneque Don Miguel Pons,
Lieutenant général ,étant
parti du pont de Suert,pour
s'emparer du château de
Saroca,ayant étéinformé
qus lesennemis vouloient
forcer le Marquis de Villa
Hermofà dans un poste im.
portant- qu'il occupoit
,
changea de route pour le
Recourir. Sitôt qu'il parut,
les ennemis seretirerent
4vec précipitation, & repasserent laSegre.Un regimerit Espagnol ayant eu
avis qu'un corps des en
nemis avoir dessein de le
iorprendre, semit enmarche, les{ùrprit.éux-irïêxùcs
,
les" contraignit de
éprendre la suite, Ht cent
quatre-vingt prisonniers,
& se saisitde leurs équipa-
ges,nayantpaseuletemps
Remmener leur butin. Les
ennemis ayant reçûunren- fort, contraignirent les Espagnols à se retirer avec
précipitation.Ilsfirent quatre-vingt prisonniers. Cependant. les Espagnols emliienerent leur butin, &
-les cent quatre -vingt prilonniers qu'ils avoient pris.
On écrit de Barcelone que
fArchiducheife ne pourroitpartir avant le 15. Avril;
>que la disettey
est toujours
fort grande.
Les lettres d'Estrama-
dure portent que trente-six
grenadiets Portugais sortis
d'Albuquerque
,
pour escorter des
chevaux
qui alloient charger des vivres,
avoientété faits prisonniers.
On manded'Alicante
>
qu'un vaisseau Anglois
monté ,
de cinquante-deux
pieces de canon & deux
^cens hommesd'équipage,
donnant chasse à deux Làtimens quivenoient de-porter des vivres à Vinaroz,
ayant échoué sur la côte -à
la vûë de Denia, avoit été
obligé de lerendre.
< On écritdeCologne,
queles partis François font
continuellement des courses le long du Rhin. Ils ont
pillé auvoisinage de Bonne
plusieurs batteaux qui n'avoient point de passeports.
Le Gouverneur de Bonne
détachadeux censhommes
desa garnison pour reprenPre le butin: mais deux ou
trois de ces partissejoigni
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Résumé : Nouvelles de Catalogne.
En Catalogne, le Lieutenant général Don Miguel Pons a modifié son itinéraire pour secourir le Marquis de Villa Hermosa, forçant les ennemis à se retirer et à traverser la Segre. Un régiment espagnol a capturé 180 prisonniers et leur butin près de la Segre, avant de se retirer face à un renfort ennemi. À Barcelone, une grande disette est rapportée et le départ de l'Archiduc est retardé jusqu'au 15 avril. En Estrémadure, 36 grenadiers portugais ont été capturés près d'Albuquerque. À Alicante, un vaisseau anglais de 52 canons a échoué près de Denia en poursuivant des bateaux latins. À Cologne, des partisans français pillent des bateaux sur le Rhin près de Bonn, malgré les tentatives du gouverneur pour récupérer le butin.
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1061
p. 49-52
Nouvelle de Flandres.
Début :
Le Prince Eugene arriva le 25. a Tournay, où il a [...]
Mots clefs :
Ennemis, Arras, Cavalerie, Infanterie, Flandre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle de Flandres.
Nouvelle de Flandres,
SHO
Le Prince Eugene artiva
de 25. à Tournay, où il a
mandé tous les Officiers
generaux pour tenir confeil de guerre Les ennemis
font affemblez vers le Vvarde , leur droite eft à Ferin ,
& leur gauche à Pequencourt , & Douay derriere
eux. Les Anglois font campez ſeparément à Pont à
Rache, enattendant le Duc
d'Ormond, Lestroupes des
alliez font à portée de ſe
May1712.
E
30 MERCURE
joindre, à la referve de celles de l'Archiduc qui ne
font pas encore arrivées.
Nôtre armée s'affemble
vers Oily pour camper en
front de bandiere: elle étoit
avant cela diſperſée de la
maniere fuivante.
-La cavalerie pour la com
modité des fourrages étoit
diftribuée depuis le Careler
jufqu'à Couturel , entre A
vefne-le- Comte & Dour
lans , ayant ordre de mar
cher au fignal de trois
coups de canon.boomOS
L'infanterié étoit cahA
I
GALANT.
tonnée dans les villages
depuis Etrun fur l'Escaut,
prés de Bouchain , juſqu'à
Montenencourt : elle occupoit tous les paffages de la
Senfée , de la Scarpe , & des
lignes qui font au - delà
d'Arras elle s'étend en
core juſqu'à Arras , afin de
s'opposer aux mouvemens
des ennemis. Il y a eu plu
fieurs petits chocs , ou les
troupes du Roy ont toûjours repouflé les ennemis.
Unparti de Huffars ayant
paſſé l'Eſcaut a été tout fait
priſonnier : un autre parti
Eij
$2 MERCURE
ennemi a été défait vers
Peronne.
SHO
Le Prince Eugene artiva
de 25. à Tournay, où il a
mandé tous les Officiers
generaux pour tenir confeil de guerre Les ennemis
font affemblez vers le Vvarde , leur droite eft à Ferin ,
& leur gauche à Pequencourt , & Douay derriere
eux. Les Anglois font campez ſeparément à Pont à
Rache, enattendant le Duc
d'Ormond, Lestroupes des
alliez font à portée de ſe
May1712.
E
30 MERCURE
joindre, à la referve de celles de l'Archiduc qui ne
font pas encore arrivées.
Nôtre armée s'affemble
vers Oily pour camper en
front de bandiere: elle étoit
avant cela diſperſée de la
maniere fuivante.
-La cavalerie pour la com
modité des fourrages étoit
diftribuée depuis le Careler
jufqu'à Couturel , entre A
vefne-le- Comte & Dour
lans , ayant ordre de mar
cher au fignal de trois
coups de canon.boomOS
L'infanterié étoit cahA
I
GALANT.
tonnée dans les villages
depuis Etrun fur l'Escaut,
prés de Bouchain , juſqu'à
Montenencourt : elle occupoit tous les paffages de la
Senfée , de la Scarpe , & des
lignes qui font au - delà
d'Arras elle s'étend en
core juſqu'à Arras , afin de
s'opposer aux mouvemens
des ennemis. Il y a eu plu
fieurs petits chocs , ou les
troupes du Roy ont toûjours repouflé les ennemis.
Unparti de Huffars ayant
paſſé l'Eſcaut a été tout fait
priſonnier : un autre parti
Eij
$2 MERCURE
ennemi a été défait vers
Peronne.
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Résumé : Nouvelle de Flandres.
En mai 1712, le Prince Eugène se rend à Tournai et réunit les officiers généraux pour un conseil de guerre. Les forces ennemies sont positionnées près du Wardre, avec leur droite à Ferin et leur gauche à Pequencourt, Douai étant derrière elles. Les Anglais sont campés à Pont-à-Rache, en attente du Duc d'Ormond. Les troupes alliées sont situées à May. Le 30 mai, l'armée française se rassemble près d'Oily pour camper en formation. Auparavant, la cavalerie était dispersée entre le Careler et Couturel, prête à avancer au signal de trois coups de canon. L'infanterie était cantonnée dans les villages entre Etrun sur l'Escaut et Montenencourt, occupant les passages stratégiques de la Sensée, de la Scarpe et des lignes au-delà d'Arras. Plusieurs escarmouches ont eu lieu, durant lesquelles les troupes du Roi ont toujours repoussé les ennemis. Un groupe de hussards ayant traversé l'Escaut a été capturé, et un autre parti ennemi a été défait près de Péronne.
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1062
p. 52-55
Nouvelles d'Angleterre.
Début :
La Reine a nommé les Officiers generaux qui serviront cette campagne [...]
Mots clefs :
Généraux, Reine, Angleterre, Greenwich, Infanterie, Brigardiers, Procureur général
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Angleterre.
Nouvelles d'Angleterre,
La Reine a nommé les
Officiers generaux qui ferviront cette campagne en
Flandres ſous le Duc d'Or,
mond.
Le Sieur Henry Lumley
a été fait General de la ca ,
valerie. Lb quon
Le Comte d'Orkney General de l'infanterie.
Le Sieur Charles Roffe
General des dragons.d ?
GALANT $3
Le Sieur Corneille Vood
& le Comte de Stairs Lieu!
tenans generaux de la cavalerie.
Le Sieur Henry Vvithers
& Milord North & Grey
Lieutenans generaux de
Kinfanterie.
Les Sieurs Kellum &
Charles Sibourg , Majors
generaux de la cavalerie.
Les Sieurs Gilbert Prim
rofe , Jofeph Sabine , Guillaume Evans , & le Comte
d'Orrery , Majors generaux
de l'infanterie.
Les Sieurs Knapier, PanE iij
34 MERCURE
ton , & Georges Preſton ,
Brigadiers de cavalerie.
Les Sieurs Richard Sutton , Henry Durel, Ruffel ,
Henry Morifon , & Jean
Corbet , Brigadiers d'infanterie.
Les Generaux Palmes
Cadogan &Temple ne fer
viront pas cette campagne.,
Le Duc d'Ormond par
tit le 20. pour aller s'embar
quer à Greenwich.
Le Chevalier Thomas
Hanmer s'eſt embarqué à,
Greenwich pour paffer en
Hollande.
GALANT SS
On dit qu'il eft chargé
d'une commiffion pour les
Erats Generaux.
Le Procureur General a
fair fçavoir auDuc de Marlborough qu'il avoit ordre
de le pourfuivre à la Cour,
de l'Echiquier , pour l'obliger à reftituer les deux &
demi pour cent qu'il a retenuspendant dix ans fur la
paye des troupes étrangeres , ce qu'on fait monter à
la fomme de quatre cent,
cinquante mille livres fterlins , ou à prés de fept mil,
lions monnoye de France.
La Reine a nommé les
Officiers generaux qui ferviront cette campagne en
Flandres ſous le Duc d'Or,
mond.
Le Sieur Henry Lumley
a été fait General de la ca ,
valerie. Lb quon
Le Comte d'Orkney General de l'infanterie.
Le Sieur Charles Roffe
General des dragons.d ?
GALANT $3
Le Sieur Corneille Vood
& le Comte de Stairs Lieu!
tenans generaux de la cavalerie.
Le Sieur Henry Vvithers
& Milord North & Grey
Lieutenans generaux de
Kinfanterie.
Les Sieurs Kellum &
Charles Sibourg , Majors
generaux de la cavalerie.
Les Sieurs Gilbert Prim
rofe , Jofeph Sabine , Guillaume Evans , & le Comte
d'Orrery , Majors generaux
de l'infanterie.
Les Sieurs Knapier, PanE iij
34 MERCURE
ton , & Georges Preſton ,
Brigadiers de cavalerie.
Les Sieurs Richard Sutton , Henry Durel, Ruffel ,
Henry Morifon , & Jean
Corbet , Brigadiers d'infanterie.
Les Generaux Palmes
Cadogan &Temple ne fer
viront pas cette campagne.,
Le Duc d'Ormond par
tit le 20. pour aller s'embar
quer à Greenwich.
Le Chevalier Thomas
Hanmer s'eſt embarqué à,
Greenwich pour paffer en
Hollande.
GALANT SS
On dit qu'il eft chargé
d'une commiffion pour les
Erats Generaux.
Le Procureur General a
fair fçavoir auDuc de Marlborough qu'il avoit ordre
de le pourfuivre à la Cour,
de l'Echiquier , pour l'obliger à reftituer les deux &
demi pour cent qu'il a retenuspendant dix ans fur la
paye des troupes étrangeres , ce qu'on fait monter à
la fomme de quatre cent,
cinquante mille livres fterlins , ou à prés de fept mil,
lions monnoye de France.
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Résumé : Nouvelles d'Angleterre.
Le texte décrit des nominations militaires et des mouvements en Angleterre. La Reine a désigné les officiers généraux pour la campagne en Flandres sous le Duc d'Ormond. Les nominations incluent le Sieur Henry Lumley comme général de la cavalerie, le Comte d'Orkney comme général de l'infanterie, et le Sieur Charles Roffe comme général des dragons. Les lieutenants généraux de la cavalerie sont le Sieur Corneille Vood et le Comte de Stairs, tandis que le Sieur Henry Withers et Milord North & Grey occupent les mêmes fonctions pour l'infanterie. Les majors généraux de la cavalerie sont les Sieurs Kellum et Charles Sibourg, et ceux de l'infanterie sont les Sieurs Gilbert Primrose, Joseph Sabine, Guillaume Evans, et le Comte d'Orrery. Les brigadiers de cavalerie sont les Sieurs Knapier, Panton, et Georges Preston, et les brigadiers d'infanterie sont les Sieurs Richard Sutton, Henry Durel, Ruffel, Henry Morison, et Jean Corbet. Les généraux Palmes Cadogan et Temple ne participeront pas à cette campagne. Le Duc d'Ormond est parti le 20 pour s'embarquer à Greenwich, et le Chevalier Thomas Hanmer s'est embarqué pour la Hollande avec une commission pour les États Généraux. Par ailleurs, le Procureur Général a informé le Duc de Marlborough qu'il devait le poursuivre à la Cour de l'Échiquier pour restituer les deux et demi pour cent retenus sur la paie des troupes étrangères, montant à environ sept millions de monnaie française.
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1063
p. 56-58
Nouvelles d'Espagne.
Début :
Le Roy a donné au Sieur du Casse l'Ordre de [...]
Mots clefs :
Ordre de la Toison d'Or, Espagne, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Espagne.
Nouvelles d'Espagne.
Le Roy adonné au Sieurdu Caffe FOrdre de la Toifon d'Or en recompenfe
des fervices qu'il a rendus
en amenant le trefor des
gallions.
L'armée d'Eftramadure
s'affemble aux environs de
Badajoz : elle eft composée
de trente - cinq bataillons
complers , & de foixante &
dixneuf'efcadrons , fans
comprendre les Gardes du
Corps, qui doivent la join
you
GALANT. 37
dre dans peu. On devoit en
faire la revue le29. d'Avril,
& la faire camper pour
commencer la campagne.
Les troupes de Catalogne
jouiffent d'une grande tranquilité.
Les lettres de Denia affurent que le vaiffeau de
guerre qui fut pris il y a
quelque temps , qu'on di
foit être Anglois , eft Hollandois , qu'il avoit échoué
für un banc en pourfuivant
deux bâtimens François ,
la portée du mouſquer du
château de Denia , d'où on.
$8 MERCURE
fit un fi grand feu de canon, que le Capitaine fut
contraint de fe rendre avec
trois cent hommes.
Le Roy adonné au Sieurdu Caffe FOrdre de la Toifon d'Or en recompenfe
des fervices qu'il a rendus
en amenant le trefor des
gallions.
L'armée d'Eftramadure
s'affemble aux environs de
Badajoz : elle eft composée
de trente - cinq bataillons
complers , & de foixante &
dixneuf'efcadrons , fans
comprendre les Gardes du
Corps, qui doivent la join
you
GALANT. 37
dre dans peu. On devoit en
faire la revue le29. d'Avril,
& la faire camper pour
commencer la campagne.
Les troupes de Catalogne
jouiffent d'une grande tranquilité.
Les lettres de Denia affurent que le vaiffeau de
guerre qui fut pris il y a
quelque temps , qu'on di
foit être Anglois , eft Hollandois , qu'il avoit échoué
für un banc en pourfuivant
deux bâtimens François ,
la portée du mouſquer du
château de Denia , d'où on.
$8 MERCURE
fit un fi grand feu de canon, que le Capitaine fut
contraint de fe rendre avec
trois cent hommes.
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Résumé : Nouvelles d'Espagne.
Le roi a décerné l'ordre de la Toison d'Or au Sieur du Caffe pour avoir ramené le trésor des gallions. L'armée d'Estrémadure, composée de 35 bataillons et 79 escadrons, se rassemble près de Badajoz. Une revue est prévue le 29 avril. Les troupes en Catalogne sont tranquilles. Un vaisseau hollandais, initialement confondu avec un navire anglais, s'est échoué à Denia après avoir poursuivi des bâtiments français.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1064
p. 58-59
Nouvelles du Levant.
Début :
Les lettres du Levant confirment que les Turcs font des [...]
Mots clefs :
Levant, Turcs, Danube
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles du Levant.
ouvelles du Levant
i
Les lettres du Levang
confirment que les Turcs
font des preparatifs extraordinaires de guerre; &
quoy qu'ils ayent fait de
gros magaſins à Theffalonique , ils en font encore
d'autres fort confiderables
à plufieurs endroits pour les
GALANT.
Troupes qui doivent marcher le long du Danube
& qui doivent êtrẻ allem.
blées au commencement
du mois prochain : mais
on ne peut encore penetrer quels font leurs deffeins , ce qui donne beaucoup d'inquietude.
i
Les lettres du Levang
confirment que les Turcs
font des preparatifs extraordinaires de guerre; &
quoy qu'ils ayent fait de
gros magaſins à Theffalonique , ils en font encore
d'autres fort confiderables
à plufieurs endroits pour les
GALANT.
Troupes qui doivent marcher le long du Danube
& qui doivent êtrẻ allem.
blées au commencement
du mois prochain : mais
on ne peut encore penetrer quels font leurs deffeins , ce qui donne beaucoup d'inquietude.
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1065
p. 97-103
Patentes Espagnoles, [titre d'après la table]
Début :
Don Phelipe por la gracia de Dios, Rey de Castillo [...]
Mots clefs :
Lettres patentes, Servicios, Honores, Castille, Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Patentes Espagnoles, [titre d'après la table]
AParis le 17. Avril 1712.
Monfieur mon Confrere en
Apollon & enThalie...
Je vous envoye enfon original Espagnol la copie qui eft
tombée entre mes mains de la
Patente de Monfieur le Duc
deVendofme. Jefçay que trop
bienque tous les gens de Lettres
font interesez à la gloire de ce
Prince,pour douterun moment
du plaifir que vous avez d'en
bonorer voftreLivre.
banan sh
D'ailleurs par vous cette
May 1712. I
& MERCURE
grande avanture
Se répandra de toures
parts ;
Et qui pouvoit mieux que
Mercure
Publier la gloire de Mars.
Jeſuis Monfieur , voftre
· DON PHELIRE por la
gracia de Dios , Rey de
Caftilla , de Leon , Ara
gon , de las des Sicilias , de
Hierufalem , de Navarra ,
de Granada , de Toledo , de
Valencia , de Galicia , de
GALANT. 99
Acalorca , de Sevilla , da
Cerdeña , de Courdova
de Corzego , de Riuxcia ,
de Jaen , de las Alganves ,
de Algecira , de Gibraltar,
de las Iis de Canaria , de
las Indias Orientales , y Occi
cidentales , Illas , " Tierra
Firme dez Mar occeano
Archiduque de Archiduque
de Auftria, Duque de Bor
goña ,deBrabanteyMilan ,
Conde de Abfpourg , da
Flandes , Tiroky Barzelow
na, Señorde Vircaya, yide
Molina, &c. Queriendoma
nifeftar à noftro Primo &
I ij
100 MERCURE
Duque de Vendoline & reconocimento que tenemos
de los feñalados fervicios ,
que nos hà echo , deſde que
le nombramos Generaliffimo de nueftras Armas yque
las manda con elte caracter
en Eſpaña, Nemos jurgado
no poderle dar pruebas mas
evidentes de nueftra entera
fatisfaccion , fi noes concediendole en nueftros Reynos ,y Eltados una calidad,
y grado proporcionado à
todo lo quecon fu relebante , yacertada conducta hà
obrado para fu conſerba,
GALANT. ror
cion ,y aun que por fugran
Sangre, tenga mui baſtante
diftincion y pueda juſtifica
damente prerender todos
los honores , yprecedencias,
que le fon debidans , noobftante para comprobar aun
con demonftraciones de
mayor luftre la fingular eftimacion que Sacemos de fu
perfona, y de fus fervicios.
Le hemos concedido , Da
mos , y concedemos por la
prefente , los honores , y
tratamento de Principe
de nueftra Sangre , querien
do, que como tal, y como
,
I
iij
19: MERCURI
de efta Clafle fea reconoci
do en todos los Reynos , y
Tierras de nueftro obediencia, y que goce de todos la
honores , precedentias, pre
rogatibas , privilegios debi
dos , y pertenecientes à tan
eminente dignidad. Manda,
do , y ordenando à todos
los que eftàt debaſo de nuef
tra authoridad , le honren ,
y reconozcan en la referida
Calidad, por queaffies nucfera voluntad. Y la prefente
fe Loërà , publicarà , yregif
trarà en todos nuestros conceffos , y Jurifdiciones fupe-
GALANT. 10g
riores para que nadie pretexte caufa de ignorancia.
En cuyo teftimonio emos
mandado defpacharla preffente , Firmada de nueftra
mano, fcellada.con nuestro
Sello fecreto , ý refrendada
de nueftro infraéfcripto Se
cretario de Eltado. Dada en
Madrid â veinte , y tres de
Março de mil ferecientas , y
doce. Firmada: Yo EL REY.
Ymas âbafo : D. Manuel de
Vadillo , y Velafco.
Monfieur mon Confrere en
Apollon & enThalie...
Je vous envoye enfon original Espagnol la copie qui eft
tombée entre mes mains de la
Patente de Monfieur le Duc
deVendofme. Jefçay que trop
bienque tous les gens de Lettres
font interesez à la gloire de ce
Prince,pour douterun moment
du plaifir que vous avez d'en
bonorer voftreLivre.
banan sh
D'ailleurs par vous cette
May 1712. I
& MERCURE
grande avanture
Se répandra de toures
parts ;
Et qui pouvoit mieux que
Mercure
Publier la gloire de Mars.
Jeſuis Monfieur , voftre
· DON PHELIRE por la
gracia de Dios , Rey de
Caftilla , de Leon , Ara
gon , de las des Sicilias , de
Hierufalem , de Navarra ,
de Granada , de Toledo , de
Valencia , de Galicia , de
GALANT. 99
Acalorca , de Sevilla , da
Cerdeña , de Courdova
de Corzego , de Riuxcia ,
de Jaen , de las Alganves ,
de Algecira , de Gibraltar,
de las Iis de Canaria , de
las Indias Orientales , y Occi
cidentales , Illas , " Tierra
Firme dez Mar occeano
Archiduque de Archiduque
de Auftria, Duque de Bor
goña ,deBrabanteyMilan ,
Conde de Abfpourg , da
Flandes , Tiroky Barzelow
na, Señorde Vircaya, yide
Molina, &c. Queriendoma
nifeftar à noftro Primo &
I ij
100 MERCURE
Duque de Vendoline & reconocimento que tenemos
de los feñalados fervicios ,
que nos hà echo , deſde que
le nombramos Generaliffimo de nueftras Armas yque
las manda con elte caracter
en Eſpaña, Nemos jurgado
no poderle dar pruebas mas
evidentes de nueftra entera
fatisfaccion , fi noes concediendole en nueftros Reynos ,y Eltados una calidad,
y grado proporcionado à
todo lo quecon fu relebante , yacertada conducta hà
obrado para fu conſerba,
GALANT. ror
cion ,y aun que por fugran
Sangre, tenga mui baſtante
diftincion y pueda juſtifica
damente prerender todos
los honores , yprecedencias,
que le fon debidans , noobftante para comprobar aun
con demonftraciones de
mayor luftre la fingular eftimacion que Sacemos de fu
perfona, y de fus fervicios.
Le hemos concedido , Da
mos , y concedemos por la
prefente , los honores , y
tratamento de Principe
de nueftra Sangre , querien
do, que como tal, y como
,
I
iij
19: MERCURI
de efta Clafle fea reconoci
do en todos los Reynos , y
Tierras de nueftro obediencia, y que goce de todos la
honores , precedentias, pre
rogatibas , privilegios debi
dos , y pertenecientes à tan
eminente dignidad. Manda,
do , y ordenando à todos
los que eftàt debaſo de nuef
tra authoridad , le honren ,
y reconozcan en la referida
Calidad, por queaffies nucfera voluntad. Y la prefente
fe Loërà , publicarà , yregif
trarà en todos nuestros conceffos , y Jurifdiciones fupe-
GALANT. 10g
riores para que nadie pretexte caufa de ignorancia.
En cuyo teftimonio emos
mandado defpacharla preffente , Firmada de nueftra
mano, fcellada.con nuestro
Sello fecreto , ý refrendada
de nueftro infraéfcripto Se
cretario de Eltado. Dada en
Madrid â veinte , y tres de
Março de mil ferecientas , y
doce. Firmada: Yo EL REY.
Ymas âbafo : D. Manuel de
Vadillo , y Velafco.
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Résumé : Patentes Espagnoles, [titre d'après la table]
Le 17 avril 1712, à Paris, un individu envoie une copie d'une patente espagnole à un confrère. Cette patente concerne le Duc de Vendôme. L'expéditeur met en avant l'intérêt des gens de lettres pour la gloire de ce prince et le plaisir que son confrère aura à honorer ce livre. La patente est signée par Don Philippe, Roi d'Espagne, qui reconnaît les services du Duc de Vendôme en tant que Généralissime de ses armées en Espagne. En récompense, le roi lui accorde les honneurs et le traitement de Prince de son Sang. Cette dignité inclut tous les honneurs, prérogatives et privilèges associés à cette éminente position. La patente doit être publiée et enregistrée dans tous les royaumes et terres sous l'obéissance du roi pour éviter toute ignorance. Elle est datée du 23 mars 1712 et signée par le roi et son secrétaire d'État, Don Manuel de Vadillo.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1066
p. 104-107
Traduction de Patentes.
Début :
Philippe par la grace de Dieu, roy de Castille, de [...]
Mots clefs :
Lettres patentes, Espagne, Services, Honneur, Castille, Traduction
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Traduction de Patentes.
Traduction de Patentes.
PHILIPPE par la grace
de Dieu , Royde Caftille , de
Leon , &c. Voulant faire
connoistre à noftre Couſin
le Duc de Vendofme la réconnoiffance que Nous avons des fignalez fervices
qu'il nous a rendus , depuis
que nous l'avons nommé
Ġeneraliffime de nos Armées , & qu'il les commande en cette qualité en Eſpagne: nous avons crû ne pouvoir mieux luy témoigner
GALANT. ros
nôtre fatisfaction, qu'en luy
accordant dans tous nos Etats & Royaumes une qualité & un rang proportion
né à tout ce qu'il a entrepris
& executé avec tant de fageffe & de conduite pour
nous en affurer la confervation ; & quoy que ſa naiffance luy donne toute forte
de diftinction , & qu'il puiffe
prétendre avec juftice tous
les honneurs & preſceances
qui luy font dûs ; cependant pour donner encore
des marques plus éclaran
tes de l'eftime particuliere
•
106 MERCURE
que nous failons de fa perfonne , & de l'importance
de fes fervices ; nous luy
avons donné & accordé
donnons & accordons par
ces Prefentes , le tang & les
honneurs de Prince de notre
Sang , voulant que comme
tel , & en cette qualité il
foit reconnu dans tous les
Royaumes & Terres de nô
tre obeïffance , & jouiffe de
tousles honneurs , prefceances, prérogatives & privile
ges qui font attachez à unefi
éminente dignité : Mandant
& ordonnant à tous nos Su
GALANT, 107
jets de le reconnoître en cette qualité : Car tel eft noftre
plaifir;& les prefentes feront
enregistrées , lûës & publiées
dans tous nos Confeils &
Jurifdictions fuperieures ,
afin que perfonne n'en prés
tende cauſe d'ignorance. En
foy dequoy nous avons fair
expedier les Prefentes fr
gnées de noftre main , ſcellées de noftre Sceau fecret
& contre fignées de noftret
Secretaire d'Etat. Donné à
Madrid le 23. Mars 1712
Signé , MOY LE ROY
& plus bas , Don Manuel
de Vadillo y Velasco.
PHILIPPE par la grace
de Dieu , Royde Caftille , de
Leon , &c. Voulant faire
connoistre à noftre Couſin
le Duc de Vendofme la réconnoiffance que Nous avons des fignalez fervices
qu'il nous a rendus , depuis
que nous l'avons nommé
Ġeneraliffime de nos Armées , & qu'il les commande en cette qualité en Eſpagne: nous avons crû ne pouvoir mieux luy témoigner
GALANT. ros
nôtre fatisfaction, qu'en luy
accordant dans tous nos Etats & Royaumes une qualité & un rang proportion
né à tout ce qu'il a entrepris
& executé avec tant de fageffe & de conduite pour
nous en affurer la confervation ; & quoy que ſa naiffance luy donne toute forte
de diftinction , & qu'il puiffe
prétendre avec juftice tous
les honneurs & preſceances
qui luy font dûs ; cependant pour donner encore
des marques plus éclaran
tes de l'eftime particuliere
•
106 MERCURE
que nous failons de fa perfonne , & de l'importance
de fes fervices ; nous luy
avons donné & accordé
donnons & accordons par
ces Prefentes , le tang & les
honneurs de Prince de notre
Sang , voulant que comme
tel , & en cette qualité il
foit reconnu dans tous les
Royaumes & Terres de nô
tre obeïffance , & jouiffe de
tousles honneurs , prefceances, prérogatives & privile
ges qui font attachez à unefi
éminente dignité : Mandant
& ordonnant à tous nos Su
GALANT, 107
jets de le reconnoître en cette qualité : Car tel eft noftre
plaifir;& les prefentes feront
enregistrées , lûës & publiées
dans tous nos Confeils &
Jurifdictions fuperieures ,
afin que perfonne n'en prés
tende cauſe d'ignorance. En
foy dequoy nous avons fair
expedier les Prefentes fr
gnées de noftre main , ſcellées de noftre Sceau fecret
& contre fignées de noftret
Secretaire d'Etat. Donné à
Madrid le 23. Mars 1712
Signé , MOY LE ROY
& plus bas , Don Manuel
de Vadillo y Velasco.
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Résumé : Traduction de Patentes.
Le document est une patente royale émise par Philippe, roi de Castille et de León, à son cousin, le Duc de Vendôme. Le roi reconnaît les services rendus par le Duc en tant que généralissime des armées en Espagne. En témoignage de sa satisfaction, Philippe accorde au Duc une qualité et un rang proportionnés à ses mérites, malgré ses distinctions de naissance. Pour manifester davantage son estime, Philippe confère au Duc le titre et les honneurs de Prince de son Sang. Ce titre doit être reconnu dans tous les royaumes et terres sous l'obéissance du roi, avec tous les honneurs, prééminences, prérogatives et privilèges attachés à cette dignité. Le roi ordonne à tous ses sujets de reconnaître le Duc dans cette qualité et commande que la patente soit enregistrée, lue et publiée dans tous les conseils et juridictions supérieures pour éviter toute ignorance. La patente est datée du 23 mars 1712 et signée par le roi et son secrétaire d'État, Don Manuel de Vadillo y Velasco.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1067
p. 108-116
RELATION.
Début :
Cette Campagne s'ouvre assez favorablement, car dans toutes les [...]
Mots clefs :
Carabiniers, Houssards, Troupes, Chevaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION.
RELATION.
Cette Campagne s'ouvre
affez favorablement , car
dans toutes les petites affaires
de guerre nous reüffiffons:
La derniere qui vient d'arriver en Flanders le 27. du
mois dernier , merite bien
d'eftre detaillée un peu au
long, eftant des plus brillantes & des plus vives , les
Troupes y ayant fait voir
plus de valeur que l'on n'en
auroit pâ efperer quoyqu'il
n'y eût que 36, Carabiniers
GALANT. 109
contre cent Houffards , le
combat ayant duré plus de
deux heures en plaine. Mr
le Marquis de Mezieres allant de fon quartier prés
d'Arras à Dourlens pour y
faire quelque mouvement
dont les troupes avoient les
ordres , ne prit avec luy que
40. Carabiniers pour l'ef
corter ; à deux licuës de là
quatre Carabiniers qui mar,
choient devant , virent quels
que chofe dans un petit bois
& allerent à la decouverte
lorfque tout à coup il fe debufqua 100. Houffards les
t
10 MERCURE
uns aprés les autres qui tiferent fur les 4. Carabiniers,
enblefferent deux, en prireno
un , & l'autre vint dire cette
nouvelle à Mr de Muzierd
qui ayant déja vû ce qui
s'étoit paffé avoir dit fon
deffeintaux Carabiniers &
les nyit en bataille , marcha
aux Houffards qui vincent à
cux en pelorons , » kes:1367
Carabiniers qui rektoient?
chargerent aveo rantde fer→
meté les Houffards , qu'ils
phierent & prirent la fuite à
plus de deux cent pas , puis
faifant de nouvelles difpou
•
GALANT. 11 #
fitions de leur Troupe , les
difperfants en trois bandes,
marcherent avec leurs cris
ordinaires: Mr de Meziere
voyant qu'ils venoient l'at
taquer de tous les côtez ,
ordonna dans le momentau
z. rangde faire un demitour
à droite pour leur faite tête:
& charger dés qu'ils arriveroient , puis faifant revenip
rous enfemble , il leur ora
donnade ne ſepoint debans
der pour quelque chofe que
ce für: cette petite troupe
fit des actions de valeur in
eroyable faifant encoreplica
112 MERGURE
les Houffards & les ayant
obligé de fe difperfer jufqu'à 3. fois , les Houffards.
pour exciter les Carabiniers,
Le debander , vinrent par
petits pelotons feparément.
les attaquer, mais ils ne s'ecartérent pas un feul moment & les repoufferent tou
jours avec la mefmevigueur
quoy qu'ils changeaffent de
manuævre jufqu'à 8, fois,
avec toujours pareil defavantage eftant toujours batus & mis en fuite ; les Houf
fards voyants une fi vigouLeufe fermeté foutenue
GALANT. 113
d'une fi grande difcipline ,
fe mirent en bataille & vinrent encore dans l'efperance
d'enfoncer les noftres , ils
firent leurs décharges de prés
à coup de pistolets & de
moufquetons,puis ils s'avancerent à coups de Sabres ,
mais ils furent toujours reçus avec la meſme fermeté,
& Mr de Mezieres voyant
que c'eftoit la derniere at
taque qu'il avoit à foutenir
ayant des fiens bleffez , il
leur cria, courage Carabi
niers, vous avez eſté créez à
caufe des actions glorieuſes
May 1712. K
114 MERCURE
que vous fires à la bataille
de Fleurus , fouvenez- vous
en , & que l'on vous recon、
noiffe toujours pour ces
mefmes troupes invincibles .
les carabiniets criétent tous;
nous mourons avec vous ,
yous cftes unbrave General,
&donnerent fur les ennemis
avec une bravoure incro
yable & enfoncerent les
Houffards , quia pritent la
fuite , les Carabiniers les fui
virent en ordre jusqu'aux
hayes d'un Village où les
Houlards fe difperferent ,
daiffants derriereeux 30. des
GALANT. 115.
leurs rucz fur la place , 3.
bleffez dont il y avoit un
Officier & plufieurs chevaux
Tucz. Mr de Meziere n'a cû
dans cette affaire qu'un Cárabinieritué fur la place
onze bleffez dangereuſe
menty 5. Chevaux tuez &
douze bléſſez : le Cornére
quiché reçu trois bleffuros
dangereuſes, s'y eft fort difringué, ayant eu deux che
vaux [tucz fous! huy, l'un
defquels appartenoit à Mf
de Meziere le Capitaine
& le Lieutenant quaeq
auffiun cheval tulbushi
Jual nu équibb an
116 MERCURE
y ont auffi tres bien fait , il
n'y a pas un des Carabiniers
qui ne fe foit bien diſtingué
dans cette affaire ; Mr de
Meziere qui a auffi perdu
trois de fes chevaux , a fair
conduire fes bleffez & l'Of
ficier Houffard à Dourlans,
où il a raporté qu'il avoit vû
14. des fiens bleffez àda 4 .
attaque qu'ils avoient fait &
que l'on ne pouvoit donner
C
autant de louange à Mr de
Meziere qu'il en meritoit,
eftant feur que s'il n'avoit
pas commandé ces Carabi
niers , ils ne leur en feroit
pas échapé un ſeul.
Cette Campagne s'ouvre
affez favorablement , car
dans toutes les petites affaires
de guerre nous reüffiffons:
La derniere qui vient d'arriver en Flanders le 27. du
mois dernier , merite bien
d'eftre detaillée un peu au
long, eftant des plus brillantes & des plus vives , les
Troupes y ayant fait voir
plus de valeur que l'on n'en
auroit pâ efperer quoyqu'il
n'y eût que 36, Carabiniers
GALANT. 109
contre cent Houffards , le
combat ayant duré plus de
deux heures en plaine. Mr
le Marquis de Mezieres allant de fon quartier prés
d'Arras à Dourlens pour y
faire quelque mouvement
dont les troupes avoient les
ordres , ne prit avec luy que
40. Carabiniers pour l'ef
corter ; à deux licuës de là
quatre Carabiniers qui mar,
choient devant , virent quels
que chofe dans un petit bois
& allerent à la decouverte
lorfque tout à coup il fe debufqua 100. Houffards les
t
10 MERCURE
uns aprés les autres qui tiferent fur les 4. Carabiniers,
enblefferent deux, en prireno
un , & l'autre vint dire cette
nouvelle à Mr de Muzierd
qui ayant déja vû ce qui
s'étoit paffé avoir dit fon
deffeintaux Carabiniers &
les nyit en bataille , marcha
aux Houffards qui vincent à
cux en pelorons , » kes:1367
Carabiniers qui rektoient?
chargerent aveo rantde fer→
meté les Houffards , qu'ils
phierent & prirent la fuite à
plus de deux cent pas , puis
faifant de nouvelles difpou
•
GALANT. 11 #
fitions de leur Troupe , les
difperfants en trois bandes,
marcherent avec leurs cris
ordinaires: Mr de Meziere
voyant qu'ils venoient l'at
taquer de tous les côtez ,
ordonna dans le momentau
z. rangde faire un demitour
à droite pour leur faite tête:
& charger dés qu'ils arriveroient , puis faifant revenip
rous enfemble , il leur ora
donnade ne ſepoint debans
der pour quelque chofe que
ce für: cette petite troupe
fit des actions de valeur in
eroyable faifant encoreplica
112 MERGURE
les Houffards & les ayant
obligé de fe difperfer jufqu'à 3. fois , les Houffards.
pour exciter les Carabiniers,
Le debander , vinrent par
petits pelotons feparément.
les attaquer, mais ils ne s'ecartérent pas un feul moment & les repoufferent tou
jours avec la mefmevigueur
quoy qu'ils changeaffent de
manuævre jufqu'à 8, fois,
avec toujours pareil defavantage eftant toujours batus & mis en fuite ; les Houf
fards voyants une fi vigouLeufe fermeté foutenue
GALANT. 113
d'une fi grande difcipline ,
fe mirent en bataille & vinrent encore dans l'efperance
d'enfoncer les noftres , ils
firent leurs décharges de prés
à coup de pistolets & de
moufquetons,puis ils s'avancerent à coups de Sabres ,
mais ils furent toujours reçus avec la meſme fermeté,
& Mr de Mezieres voyant
que c'eftoit la derniere at
taque qu'il avoit à foutenir
ayant des fiens bleffez , il
leur cria, courage Carabi
niers, vous avez eſté créez à
caufe des actions glorieuſes
May 1712. K
114 MERCURE
que vous fires à la bataille
de Fleurus , fouvenez- vous
en , & que l'on vous recon、
noiffe toujours pour ces
mefmes troupes invincibles .
les carabiniets criétent tous;
nous mourons avec vous ,
yous cftes unbrave General,
&donnerent fur les ennemis
avec une bravoure incro
yable & enfoncerent les
Houffards , quia pritent la
fuite , les Carabiniers les fui
virent en ordre jusqu'aux
hayes d'un Village où les
Houlards fe difperferent ,
daiffants derriereeux 30. des
GALANT. 115.
leurs rucz fur la place , 3.
bleffez dont il y avoit un
Officier & plufieurs chevaux
Tucz. Mr de Meziere n'a cû
dans cette affaire qu'un Cárabinieritué fur la place
onze bleffez dangereuſe
menty 5. Chevaux tuez &
douze bléſſez : le Cornére
quiché reçu trois bleffuros
dangereuſes, s'y eft fort difringué, ayant eu deux che
vaux [tucz fous! huy, l'un
defquels appartenoit à Mf
de Meziere le Capitaine
& le Lieutenant quaeq
auffiun cheval tulbushi
Jual nu équibb an
116 MERCURE
y ont auffi tres bien fait , il
n'y a pas un des Carabiniers
qui ne fe foit bien diſtingué
dans cette affaire ; Mr de
Meziere qui a auffi perdu
trois de fes chevaux , a fair
conduire fes bleffez & l'Of
ficier Houffard à Dourlans,
où il a raporté qu'il avoit vû
14. des fiens bleffez àda 4 .
attaque qu'ils avoient fait &
que l'on ne pouvoit donner
C
autant de louange à Mr de
Meziere qu'il en meritoit,
eftant feur que s'il n'avoit
pas commandé ces Carabi
niers , ils ne leur en feroit
pas échapé un ſeul.
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Résumé : RELATION.
Le 27 du mois précédent, une bataille s'est déroulée en Flandres entre 36 Carabiniers français et 100 Houffards. Cette confrontation, qui a duré plus de deux heures, a mis en lumière la valeur et la discipline des troupes françaises. Le Marquis de Mezieres, accompagné de 40 Carabiniers, se rendait de son quartier près d'Arras à Dourlens lorsqu'il a été attaqué par les Houffards. Malgré leur infériorité numérique, les Carabiniers ont résisté avec fermeté et discipline. Ils ont repoussé plusieurs attaques des Houffards, qui ont tenté diverses manœuvres pour les déstabiliser. Encouragés par leur général, les Carabiniers ont finalement enfoncé les lignes ennemies, forçant les Houffards à battre en retraite. Les pertes françaises se sont élevées à un Carabinier tué, onze blessés gravement, cinq chevaux tués et douze blessés. Les Houffards ont laissé derrière eux 30 chevaux tués, trois blessés, dont un officier, et plusieurs chevaux capturés. Le Marquis de Mezieres a été loué pour son leadership, sans lequel les Carabiniers n'auraient pas survécu à cette confrontation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1068
p. [1]36-142
Nouvelles d'Allemagne.
Début :
L'Archiduc a cassé la Regence de l'Autriche inferieure pour en [...]
Mots clefs :
Allemagne, Troupes, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Allemagne.
Nouvelles d'Allemagne.
L'Archiduca caffé la Regence de l'Autriche infericu
re pour en établir une nouvelle;le Comte SigifmondFrederic de Kevenhiller en a
efté fait Prefident , ila nomméunVice- Prefident & quas
rante Conſeillers ; ce chan
GALANT. 437
gement a fait ungrand nombre de Mécontents , à caufe
que plufieurs perfonnes de
diftinction'en ont efté exi1
lées. Le Comte de Staremberg demande de prompts
& puiffants fecours ; on travaille à luy envoyer le plûtoft qu'il fera poffible de
l'argent & des Troupes. Un
Courrier arrivé de BarcelonInca rapporté que l'Archi-
-ducheffe leftoit entierement
guerie de fon indifpofiition ;
qu'elle attendoit avec impatience l'Eſcadre fur laquelle elle devoir s'embarMay 1712.
M
+38 MERGURE
quer pour retourner à Vien
no. Les Lettres de Conftantinople du 15 Mars affurent
que la guerre avoit cfté de
nouveau refoluë , à moins
que le Czar ne retiré toutes
Les Troupes de Pologne &
d'Ukraine , qu'il n'accorde
au Roy de Suede un libre
paffage par la Pologne ; qu'il
ne le mêle plus des affaitesde ce Royaume- là , & qu'il
-reſticuë à Sa Majeſté Sukdojfe toutes les conqueſtes qu'il
a faites. Commeon ne croit
pas que le Czar confente à
ces demandes , les Turcs
CALANT. 139
font de grands preparatifs.
Ils ont encore envoyé de
grandes ſommes au Roy de
Suede qui fe tient preſt
marcher vers la Pologne le
15. de May avec toutes fes
Troupes , celles du Palatin
de Kiovie & un grand renfort de Turcs & de Tarta
res entreroient en Ukraine
& en Mofcovic. Ces nouvelles donnent beaucoup
d'inquietude , daurant qu'il
ya peu de Troupes en Hongric , que les Places font en
mauvais cftat , qu'il y a un
grand nombre de Mécon
Mij
140 MERCURE
tens. Le Comte de Thaun
continuera cette . Campa
gne
1
de commander en Italic les Troupes Auftrichiennes l'Archiduc a nommé
pour commander fous luy
Je Comte de Thierheim qui
Le prepare à partir pour ce
pais là . Le depart de l'Archiduc pour aller à Pref
bourg , avoit eflé fixé au
o de ce mois, mais on croit
qu'il fera differé jufqu'aprés
la Pentecofte à caufe que le
Danubeeft débordé de nou .
veau ayant inondé la
campagne. On affure que
11
GALANT. 141
le Prince Ragotzi & le Comte Berezini ont fait entendre
à la Cour Orromane que fi
selle leur donnoit un ſecours
mediocre , ils eftoient én
eftat de faire une puiffante
-diverfion.
L'Archiduca caffé la Regence de l'Autriche infericu
re pour en établir une nouvelle;le Comte SigifmondFrederic de Kevenhiller en a
efté fait Prefident , ila nomméunVice- Prefident & quas
rante Conſeillers ; ce chan
GALANT. 437
gement a fait ungrand nombre de Mécontents , à caufe
que plufieurs perfonnes de
diftinction'en ont efté exi1
lées. Le Comte de Staremberg demande de prompts
& puiffants fecours ; on travaille à luy envoyer le plûtoft qu'il fera poffible de
l'argent & des Troupes. Un
Courrier arrivé de BarcelonInca rapporté que l'Archi-
-ducheffe leftoit entierement
guerie de fon indifpofiition ;
qu'elle attendoit avec impatience l'Eſcadre fur laquelle elle devoir s'embarMay 1712.
M
+38 MERGURE
quer pour retourner à Vien
no. Les Lettres de Conftantinople du 15 Mars affurent
que la guerre avoit cfté de
nouveau refoluë , à moins
que le Czar ne retiré toutes
Les Troupes de Pologne &
d'Ukraine , qu'il n'accorde
au Roy de Suede un libre
paffage par la Pologne ; qu'il
ne le mêle plus des affaitesde ce Royaume- là , & qu'il
-reſticuë à Sa Majeſté Sukdojfe toutes les conqueſtes qu'il
a faites. Commeon ne croit
pas que le Czar confente à
ces demandes , les Turcs
CALANT. 139
font de grands preparatifs.
Ils ont encore envoyé de
grandes ſommes au Roy de
Suede qui fe tient preſt
marcher vers la Pologne le
15. de May avec toutes fes
Troupes , celles du Palatin
de Kiovie & un grand renfort de Turcs & de Tarta
res entreroient en Ukraine
& en Mofcovic. Ces nouvelles donnent beaucoup
d'inquietude , daurant qu'il
ya peu de Troupes en Hongric , que les Places font en
mauvais cftat , qu'il y a un
grand nombre de Mécon
Mij
140 MERCURE
tens. Le Comte de Thaun
continuera cette . Campa
gne
1
de commander en Italic les Troupes Auftrichiennes l'Archiduc a nommé
pour commander fous luy
Je Comte de Thierheim qui
Le prepare à partir pour ce
pais là . Le depart de l'Archiduc pour aller à Pref
bourg , avoit eflé fixé au
o de ce mois, mais on croit
qu'il fera differé jufqu'aprés
la Pentecofte à caufe que le
Danubeeft débordé de nou .
veau ayant inondé la
campagne. On affure que
11
GALANT. 141
le Prince Ragotzi & le Comte Berezini ont fait entendre
à la Cour Orromane que fi
selle leur donnoit un ſecours
mediocre , ils eftoient én
eftat de faire une puiffante
-diverfion.
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Résumé : Nouvelles d'Allemagne.
En 1712, plusieurs événements politiques et militaires marquent l'Allemagne et l'Europe de l'Est. En Autriche, l'archiduc destitue la Régence et nomme le Comte Sigismond-Frédéric de Kevenhüller président, suscitant l'insatisfaction de certains notables exclus. Le Comte de Starhemberg sollicite des secours financiers et militaires, en cours d'envoi. L'archiduchesse, rétablie, attend une escadre pour retourner à Vienne. À Constantinople, la guerre menace de reprendre si le Czar ne retire pas ses troupes de Pologne et d'Ukraine, n'accorde pas un libre passage au roi de Suède, et ne restitue pas ses conquêtes. Les Turcs se préparent à la guerre et soutiennent le roi de Suède, qui se prépare à marcher vers la Pologne avec des renforts turcs et tartares. Cette situation inquiète en raison du faible nombre de troupes en Hongrie et de l'état déplorable des places fortes. Le Comte de Thau continuera à commander en Italie, secondé par le Comte de Thierheim. Le départ de l'archiduc pour Presbourg est reporté en raison des inondations du Danube. Enfin, le Prince Ragotzi et le Comte Berezini proposent à la Cour orromane de créer une diversion si un secours leur est accordé.
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1069
p. 142-146
Nouvelles d'Espagne.
Début :
Le Roy a donné au Prince de Masseran, Pere du [...]
Mots clefs :
Espagne, Roi, Troupes, Portugais, Armée
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Espagne.
Nouvelles d'Espagne. T
Le Roy adonné au Prince
de Mafferan , Pere du Marquis de Crevecoeur , la Grandeffe de la premiere Claffe
&à DonFranciſco Antonio
de Salcedo & Aguirré Corredigor de Cordoue , le titre
de Caftille & la Surintendance generale des revenus
142 MERCURE
du Roy en Andaloufic.
Le Roy a fait donner
quatre mille piftolles auMarquis deMonteleon troifiéme
Plenipotentiaire de Sa Majesté qui eft parti pour aller
à Paris joindre les deux autres Plenipotentiaire accom
pagné du Duc d'Atri & de
plufieurs perfonnes dequalité. On mandede Catalogne
que les Troupes du Roy y
joüiffent dune grande tran-
•quilité , que le Duc de Ven
dome fait la vifite des places
qui font fur les côtes du
Royaume de Valence &
GALANT. 143
qu'on attend fon arrivée en
Catalogne pour commencer la Campagne, que les
Troupes Angloifes vendoient tous leurs Equipages
-& n'attendent que les Vailfeauxpour s'embarquer. On
mande d'Eftramadure que
l'Armées'aflemble & qu'elle
doit camper le premier de
May en front de bandiere
tau voifinage de Badajoz au
nombre de trente- cinq baraillons & de foizante oréize
Escadrons pour commencer
Ja Campagne. Onvécrit de
Valencequele Duc de Vent
144 MERCURE
dome y étoit arrivé , où ila
été reçû avec des acclamations extraordinaires , il a
logé au Palais de l'Archevefque où il n'a refté que
deux jours étant allé demcurer au Grao entre la Ville &
la mere. On mande de Cartagene qu'on a vu paffer une
Elcadre Françoile commandée par le fieur Caffart compofée de douze Vaiffeaux de
guerre avec deux Galliotes
a bombes & quinze cens
hommes de débarquement
faifant voile vers le Détroit.
Les lettres de Cadix affurent
7
quel
GALANT. 145
que cette Escadre étoit entréé dans le Port fans qu'on
fçût fon deffein , qu'il y
étoit auffi arrivé un Vaiffeau
Portugais pris du côté de
l'Ile de Madere avec cent
Francois prifonniers de
guerre qu'il amenoit à Lif
bonne. On mande de Ca17
talogne que les ennemis
avoient faits avancer quel
ques troupes vers Mequinenca à l'embouchure de la
Segre pour empêcher la
navigation fur l'Ebro , mais
le Comte de Muret Lieute
nant general fe preparoit à
May 1712.
N
146 MERCURE
les combattre. Les lettres
d'Eftramadure allurent que
dés le 25. d'Avril quelques
Regiments étoient campez
présde Badajoz , que le refte
des troupes étoient en marche pour les joindre , que
les Portugais s'affembloient
aux environs d Eftremoz.
On mande de Cadix qu'-
outre l'Eſcadre Francoife
commandée par le fieur,
Caffard qui étoit dans ce
port , il y en étoit encore
arrivé un autre dans les
ports de l'Ocean fans qu'on
fsut pour quel deffein
Le Roy adonné au Prince
de Mafferan , Pere du Marquis de Crevecoeur , la Grandeffe de la premiere Claffe
&à DonFranciſco Antonio
de Salcedo & Aguirré Corredigor de Cordoue , le titre
de Caftille & la Surintendance generale des revenus
142 MERCURE
du Roy en Andaloufic.
Le Roy a fait donner
quatre mille piftolles auMarquis deMonteleon troifiéme
Plenipotentiaire de Sa Majesté qui eft parti pour aller
à Paris joindre les deux autres Plenipotentiaire accom
pagné du Duc d'Atri & de
plufieurs perfonnes dequalité. On mandede Catalogne
que les Troupes du Roy y
joüiffent dune grande tran-
•quilité , que le Duc de Ven
dome fait la vifite des places
qui font fur les côtes du
Royaume de Valence &
GALANT. 143
qu'on attend fon arrivée en
Catalogne pour commencer la Campagne, que les
Troupes Angloifes vendoient tous leurs Equipages
-& n'attendent que les Vailfeauxpour s'embarquer. On
mande d'Eftramadure que
l'Armées'aflemble & qu'elle
doit camper le premier de
May en front de bandiere
tau voifinage de Badajoz au
nombre de trente- cinq baraillons & de foizante oréize
Escadrons pour commencer
Ja Campagne. Onvécrit de
Valencequele Duc de Vent
144 MERCURE
dome y étoit arrivé , où ila
été reçû avec des acclamations extraordinaires , il a
logé au Palais de l'Archevefque où il n'a refté que
deux jours étant allé demcurer au Grao entre la Ville &
la mere. On mande de Cartagene qu'on a vu paffer une
Elcadre Françoile commandée par le fieur Caffart compofée de douze Vaiffeaux de
guerre avec deux Galliotes
a bombes & quinze cens
hommes de débarquement
faifant voile vers le Détroit.
Les lettres de Cadix affurent
7
quel
GALANT. 145
que cette Escadre étoit entréé dans le Port fans qu'on
fçût fon deffein , qu'il y
étoit auffi arrivé un Vaiffeau
Portugais pris du côté de
l'Ile de Madere avec cent
Francois prifonniers de
guerre qu'il amenoit à Lif
bonne. On mande de Ca17
talogne que les ennemis
avoient faits avancer quel
ques troupes vers Mequinenca à l'embouchure de la
Segre pour empêcher la
navigation fur l'Ebro , mais
le Comte de Muret Lieute
nant general fe preparoit à
May 1712.
N
146 MERCURE
les combattre. Les lettres
d'Eftramadure allurent que
dés le 25. d'Avril quelques
Regiments étoient campez
présde Badajoz , que le refte
des troupes étoient en marche pour les joindre , que
les Portugais s'affembloient
aux environs d Eftremoz.
On mande de Cadix qu'-
outre l'Eſcadre Francoife
commandée par le fieur,
Caffard qui étoit dans ce
port , il y en étoit encore
arrivé un autre dans les
ports de l'Ocean fans qu'on
fsut pour quel deffein
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Résumé : Nouvelles d'Espagne.
En 1712, plusieurs événements militaires et politiques marquent l'Espagne. Le roi accorde la Grandeffe de la première classe à Don Francisco Antonio de Salcedo et Aguirre, ainsi que le titre de Castille et la surintendance générale des revenus du roi en Andalousie. Le marquis de Monteleon, plénipotentiaire de Sa Majesté, se rend à Paris avec le duc d'Atri. En Catalogne, les troupes royales maintiennent la tranquillité, tandis que le duc de Vendôme inspecte les places sur les côtes du royaume de Valence. Les troupes anglaises se préparent à embarquer. En Estrémadure, l'armée se rassemble près de Badajoz. À Valence, le duc de Vendôme est accueilli avec enthousiasme. À Carthagène, une escadre française de douze vaisseaux de guerre et quinze cents hommes de débarquement se dirige vers le Détroit. À Cadix, cette escadre entre dans le port, accompagnée d'un vaisseau portugais capturant des prisonniers français. En Catalogne, les ennemis avancent vers Mequinenza pour bloquer la navigation sur l'Èbre, mais le comte de Muret se prépare à les combattre. En Estrémadure, des régiments campent près de Badajoz et les Portugais se rassemblent près d'Estremoz. À Cadix, une autre escadre française arrive dans les ports de l'Océan.
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1070
p. 147-152
Nouvelles d'Angleterre.
Début :
On a imposé une taxe sur chaque feüille de parchemin [...]
Mots clefs :
Angleterre, Comte, Gouverneur, Londres, Régiments
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Angleterre.
Nouvelles d'Angleterre.
12On a impofé une taxe
fur chaque feuille de parche
min ou papier qui feront
employées dans les Contrats
ou Actes qui fe feront dans
toute la grande Bretagne.
Une autre taxe fur chaque
feülle employée à la vente
des actions fur les fonds pug
blics que les acquereurs feront tenus de payer. Une
fur les Feuilles de nouvelles
manufcrites ou imprimées.
Une fur les cartes & les
Nij
148 MERCURE
1
dez , & une fur les Cartons
d'Angleterre & Etrangers ,
qu'on levera ces taxes durant trente deux ans Sa
Majefté Britannique a nom
mé dans fon Confeil le Duc
de Shrewsbury , Grand
Chambellan de la maifon
de fa Majefté pour eftre
Gouverneur du Comté de
Salop à la place du Comte
de Bradford.
Le Duc de Northumberland , Gouverneur du
Comté de Berks , à la place
du Comte de Craven."
1
Le Comte de Thaner ,
GALANT. 149
Gouverneur des Comtéz de
Cumberland & de Weftmorlandà la place du Comte
de Carlifle, en
Le Comte d'Avingdon,
Gouverneur du Comté
d'Oxford ,' à la place de Mylord Marlbourough.
L'Evêque de Durham , à
la place du Comte de Scar
bourough, chu 10/0
Le Vicomte Cheyne ,
Gouverneur du Comté de
Buckingham à la place du
Comte de Bridgewater ,
Gendre de Milord Marl
bouroug
N iij
MERCURE 150
1
Tous ces Seigneurs font
fort attachez à l'Eglife Anglicane.
On confirme que la Reine
a envoyé ordre en Irlande
de caffer deux Regiments
dont les Soldats feront in
corporez en d'autres corps
que Sa Majesté a donné de
pareils ordres pour refor
mer une partie des troupes
qui font en Angleterre &
celles qui ont fervi à l'expedition du Canada, afin de
rendre complettes les Gat
nifons des places d'Ecoffe au
lieu de Regiments Ecoffois
GALANT Ĵ
qui y font & qui doivent
venir en Angleterre.
Les lettres de Londres
affurent qu'il s'eft formé
une focieté de vingt -une
perfonnes de qualité &
riches pour favorifer les
fciences & les arts , en rel
compenfant & procurant
des emplois à ceux qui fe
diftingueront par leurs ou
vrages.
12On a impofé une taxe
fur chaque feuille de parche
min ou papier qui feront
employées dans les Contrats
ou Actes qui fe feront dans
toute la grande Bretagne.
Une autre taxe fur chaque
feülle employée à la vente
des actions fur les fonds pug
blics que les acquereurs feront tenus de payer. Une
fur les Feuilles de nouvelles
manufcrites ou imprimées.
Une fur les cartes & les
Nij
148 MERCURE
1
dez , & une fur les Cartons
d'Angleterre & Etrangers ,
qu'on levera ces taxes durant trente deux ans Sa
Majefté Britannique a nom
mé dans fon Confeil le Duc
de Shrewsbury , Grand
Chambellan de la maifon
de fa Majefté pour eftre
Gouverneur du Comté de
Salop à la place du Comte
de Bradford.
Le Duc de Northumberland , Gouverneur du
Comté de Berks , à la place
du Comte de Craven."
1
Le Comte de Thaner ,
GALANT. 149
Gouverneur des Comtéz de
Cumberland & de Weftmorlandà la place du Comte
de Carlifle, en
Le Comte d'Avingdon,
Gouverneur du Comté
d'Oxford ,' à la place de Mylord Marlbourough.
L'Evêque de Durham , à
la place du Comte de Scar
bourough, chu 10/0
Le Vicomte Cheyne ,
Gouverneur du Comté de
Buckingham à la place du
Comte de Bridgewater ,
Gendre de Milord Marl
bouroug
N iij
MERCURE 150
1
Tous ces Seigneurs font
fort attachez à l'Eglife Anglicane.
On confirme que la Reine
a envoyé ordre en Irlande
de caffer deux Regiments
dont les Soldats feront in
corporez en d'autres corps
que Sa Majesté a donné de
pareils ordres pour refor
mer une partie des troupes
qui font en Angleterre &
celles qui ont fervi à l'expedition du Canada, afin de
rendre complettes les Gat
nifons des places d'Ecoffe au
lieu de Regiments Ecoffois
GALANT Ĵ
qui y font & qui doivent
venir en Angleterre.
Les lettres de Londres
affurent qu'il s'eft formé
une focieté de vingt -une
perfonnes de qualité &
riches pour favorifer les
fciences & les arts , en rel
compenfant & procurant
des emplois à ceux qui fe
diftingueront par leurs ou
vrages.
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Résumé : Nouvelles d'Angleterre.
Le texte décrit plusieurs décisions administratives et fiscales en Angleterre. Une taxe a été imposée sur chaque feuille de parchemin ou de papier utilisée dans les contrats et actes en Grande-Bretagne. Des taxes supplémentaires ont été instaurées sur les feuilles utilisées pour la vente d'actions sur les fonds publics, les nouvelles manuscrites ou imprimées, les cartes et les cartons d'origine anglaise ou étrangère. Ces taxes seront levées pendant trente-deux ans. Le roi britannique a nommé plusieurs nouveaux gouverneurs de comtés : le Duc de Shrewsbury pour le comté de Salop, le Duc de Northumberland pour le comté de Berks, le Comte de Thanet pour les comtés de Cumberland et de Westmorland, le Comte d'Avingdon pour le comté d'Oxford, l'Évêque de Durham, et le Vicomte Cheyne pour le comté de Buckingham. Tous ces seigneurs sont fortement attachés à l'Église anglicane. La reine a ordonné la dissolution de deux régiments en Irlande, dont les soldats seront incorporés dans d'autres corps. Des ordres similaires ont été donnés pour réformer certaines troupes en Angleterre et celles ayant servi lors de l'expédition du Canada, afin de compléter les garnisons des places fortes. Enfin, une société de vingt-et-une personnes de qualité et riches s'est formée à Londres pour favoriser les sciences et les arts, en récompensant et en procurant des emplois à ceux qui se distingueront par leurs œuvres.
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1071
p. 217-253
CEREMONIES funebres.
Début :
Le Mardy dixiéme May se fit à Nostre-Dame le Service [...]
Mots clefs :
Dauphin, Madame la Dauphine, Marbre, Service funèbre, Devises, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CEREMONIES funebres.
CEREMONIES
funebres.
Le Mardy dixiéme May
fe fit à Noftre - Dame
Service de feu MonfeiMay 1712.
T
218 MERCURE
gneur le Dauphin , & de
feue Madame la Dauphi
ne: je ne vous en ferayicy
aucun détail parce que la
cérémonie a efté toute pareille à celle de S. Denys.
Al'occafionde cette ceremonie, on donneicyune
peinture plus exacte de la
decoration du Chœur de
faint Denys , qui a paru
affez belle pour meriter
qu'on reforme dans ce
Mercure-cy ce qu'on en
avoit dit dans l'autre.
En entrant dans le Chœur
faifoit face une grande re-
GALANT. 219
preſentation en forme de
baldaquin , eflevé devingtcinq à vingt- fix pieds fur
douze pieds de large , &
dix huit de long.
L'Eftrade formoit un
quarré long , dont les pans
eftoient coupez par des
piedeftaux , & fe terminoit en eſcalier de cinq
marches , faifant un plan
ovale par les deux bouts.
Lefdits piedeftaux faifoient reffaut & plan rond
fur lesquels eftoient quatre
courbes en forme de confoles fort enlevées , &quaTij
220 MERCURE
tre grandesfigures de mar
bre blanc au pied de chaque confole fur les reffauts
des piedeſtaux , ces figures reprefentoient quatre
Vertus ; fçavoir la Reli
gion , la Charité , la Prudence , & la Juſtice.
Toute l'Eftrade eftoit de
marbre noir veiné de
blanc , & de blanc veiné
de noir. Les piedeſtaux ornez de mefme d'agraffes
& cartouches de bronze
doré les coftez de l'Eftrade eftoient auffi ornez de
medailles & trophez,
GALANT. 221.
Adroite eftoit les Chiffres de Monfeigneur le
Dauphin, & àgauche ceux
de Madame la Dauphine,
de bronze doréfur du marbre.
Les confoles eftoient de
marbre blanc , & les corps
de porte or, qui formoient
des panneaux ornez de feftons de laurier, portant des
chapiteaux Ioniques qui
couronnoient lesdites confoles. Sur les premieres
courbes eftoient des Dauphins, dont la queue couloit le long des confoles ,
T iij
222 MERCURE
&portoientfur la tefte chacun une girandole_ronde en forme de vaſe qui
portoit beaucoup de lauriers.
Les confoles par le bas
formoient une grande volute qui portoit une tefte
de Cherubim , les ailes levez fur la tefte comme fi
elles fouftenoient les confoles , & d'autres ailes en
forme d'agraphes qui embraffoient les volutes , du
milieu defquelles partoit
de chaque cofté une grande girandole à cinq brang
GALANT. 223
ches garnies de flambeaux.
Les confoles eftoientprofilez de petites branches
portant chacunes un lys
dans lequel eftoit un flambeau qui faifoit une grande lumiere.
Les confoles portoient
une corniche architravede
marbre blanc orné de modillons de bronze doré.
Ladite corniche eſtoit à
pans , & portoit un focle
de marbre de brayer d'où
partoit un doſme qui faifoit mefme plan orné de
bandeaux & trophez d'or
Tiiij
224 MERCURE
fur des fonds de marbre
blanc & noir.
Le focle dudit dofme faifoit reffaut fur les pans , &
portoit quatre vafes de vermeil tout à jour, d'où partoiết quantité de lumieres.
Au deffus du doſme eftoit un dez orné d'agraphes en forme de confoles qui portoit une couronne de Dauphins en or.
Sur les quatre faces de la
corniche eftoit un grand
cartouche de bronze doré
orné de teftes de morts
&autres attributs,
GALANT.
225
1
Lefdits cartouches eftoient couronnez d'une
groffe girandole à cinq
Branches portant des lumieres. 4
Au deffous de la corniche entre les confoles, pendoit une pente en broderie
d'or,
enrichie de fleurs de
lys , de Dauphins , & de
gros glands d'or.
Le fond du dolme eftoit
noir fleurdelylé d'or , &
d'une croix de moire d'argent.
Le dedans des confoles
formoit un corps de mar
226 MERCURE
bre noir fleurdelisé d'or.
Dans le milieu de l'eftrade , on avoit enlevé un
tombeau de porte d'or fur
un focle enrichi de confoles qui fe terminoit par
des griffes qui portoient
fur le focle du cofté droit
les armes de Monseigneur
le Dauphin en relief, ornées des colliers & couronnes; & du cofté gauche les
armes de mefme de Madame la Dauphine.
Sur les coftez de l'eftrade , il y avoit une herſe en
vermeil , ornée de fleurs
GALANT. 227
de lys , & de branches qui
portoient quantité de flambeaux.. Lefdites herfes fe
terminoient par les bouts
par une groffe girandole
en forme d'agraffe qui portoit plufieurs lumieres , &
une groffe fleur de lys qui
portoit auffi plufieurs lumieres , deforte que cela
faifoit une clarté , & donnoitungrandéclat au tombeau.
Sur ledit tombeau on
avoit posé les deux cercuëils fçavoir Monfeigneur le Dauphin à droite,
>
228 MERCURE
de
& celuy de Madame la
Dauphine à gauche. Elle
eftoit couverte d'un poil
noir couvert d'une grande
croix de moire d'argent ,
& brodé d'hermine; celuy
Monfeigneur le Dauphin eftoit couvert de poële de la Couronne, qui eft
de drap d'or , couvert de
deux grandes armes à droite,de Monfeigneur le Dauphin , & à gauche, deux de
Madame la Dauphine
brodé en or,avec une grandecroix demoire d'argent,
& bordé d'hermine , lequel
GALANT. 229
couvroit les deux corps.
Sur chaque corps eftoit
un manteau à la Royale de
velours violet , avec quatre
rangs de fleurs de lys d'or ;
fur celuy de Monfeigneur
le Dauphin eftoit fon collier de l'Ordre & fa couronne fur un carreau couvert d'un crefpe , & fur celuy de Madame la Dauphi
ne eftoit fa couronne couverte de mefme.
Au deffus eftoit ungrand
pavillon à pans dorez , femé par deffus de fleurs de
lys d'or.
230 MERCURE
Il y avoit autour unë
grande pente en broderie
d'or, où pendoient de gros
glands d'or.
Quatre grandes queuës
fortoient de deffous femées
de fleurs de lys d'or , &
doublées d'hermine retrouffée enl'air par les quatre coins avec un gros
nœud.
Dans le fond dudit pavillon eftoit une grande
croix de moire d'argent ,
avec quatre grandes armes
dans les quatre coins.
Il y avoit deffus quatre
GALANT. 231
grands bouquets de plumesnoires & blanches.
Aux quatre coins du
corps eftoient quatre Heraults d'armes & quatre
Gardes fous les armes , devant eftoit le Roy d'armes
entre les deux Maiftres des
ceremonies.
En face eftoit l'Autel orné de fes ornemens ordinaires , qui eft d'or , garny
detrois groffes pierres prétieuſes. Dans le milieu en
haur eftoit une grande
croix d'or émaillée, & garnie auffi de tres- groffes
1
232 MERCURE
pierres
fines.
Au deffus eftoit ungrand
dais garni de pentes en
broderie d'or dedans & dehors , garni de gros glands
d'or , dont le fond eftoit
garni d'une croix de moire
d'argent avec quatre grandes armes , deux de Monfeigneur le Dauphin , &
deux de Madame la Dauphine.
Aux deux coftez eftoient
deux grands rideaux noirs
fleurdelifez en or , doublez
d'hermine , retrouffez par
de grands cordons d'or
garnis
GALANT. 235
garnis de gros glands fur
deux pillaftres qui portoient ledit dais ; il eftoit
femé par deffus de fleurs.
de lys d'or , & garni de ,
huit gros bouquets de plumes blanches & noires.
Lefdits pillaftres eftoient
d'or, qui portoient chacun
deux medailles, où eftoient.
en haut celles de Monfeigneur le Dauphin , & en
bas celles de Madame la
Dauphine , le champeſtoit
femé de fleurs de lys , &
chaque medaille portoit
unegirandole à cinq bran,
May. 1712. V
234 MERCURE
ches. Aux deux coftez eftoient deux grandes piramides en or , avec unfond
de mofaïque de fleurs de
lys , qui portoient chacune
une grande arme de Monfeigneur le Dauphin , au
bas defquels eftoient une
grande girandole à plufieurs branches , & quantité de branches qui portoient des lumieres.
A la pointe de la piramide eftoit une groffe fleur
de lys , qui portoit une
groffe girandole à cinq
branches.
GALANT. 235
Au deffus eftoit un architrave doré qui regnoit
tout autour du Chœur avec
un lay de velours ſemé de
fleurs de lys , de larmes , de
Dauphins, &decroix blanches, qui eftoient attachez
à une grande corniche dorée qui regnoit autour de
l'Eglife qui formoit une
frife.
Sur les pentes & rideaux
eftoient les armes , en haut
de Monſeigneur le Dauphin , & en bas fur les rideaux , celles de Madame
la Dauphine le tout brodé
en or, Vij
236 MERCURE
Le tour du Chœur eftoit
tout garni de noir jufqu'
aux vitraux. Au deffus des
ftates eftoit un lay d'hermine par feftons , qui re
gnoit autour du Chœur
fur lequel , de diſtance en
diſtance , eftoient les chiffres de Monfeigneur & de
Madamela Dauphinedans
des medailles dorées.
Au deffus du lay d'hermine eftoit un lay de velours femé de fleurs de lys ,
de larmes , de Dauphins,
& de croix blanches , qui
eftoit attaché à une corni
GALANT. 237
che, qui portoit des girandoles à cinq branches , &
tout le long eftoient des
fleurs de lys garnies de lumieres.
Au deffus eftoient fix arcades de chaque colté , &
deux dans le Jubé , dans
lefquels eftoient des amphitheatres , où eftoient
placez des gens de quali
té. Ladite décoration eftoit composée de quatorze
arcades , avec des pillaftres :
de vingt pieds de haut fur
quatre pieds de large, de›
marbre blanc , avec des
238 MERCURE
panneaux dans les milieux,
de marbre pal or, avec des
moulures d'or. Ils portoient chacun une grande
medaille où eſtoient reprefentées treize Vertus , à la
gloire du Prince & de la
Princeffe , le tour en or.
Les Vertus eftoient la
Foy chreftienne , la Picté ,
l'acte vertueux , Defirs envers Dicu, Juftice invioli :
ble , Commandement fur
foy- melme , Sageffe humaine , Concorde , Concorde conjugale , Gloire
des Princes , Egalité, Bien-
GALANT. 239
veillance , & Amour de la
patrie , ils portoient chacunes une grande girandole de plufieurs lumieres.
Au bas de chaque pilaf
tre eftoit un fcabellon doré, qui portoit une girandole à cinq branches.
-
Et au deffus des pilaftres
regnoit un architrave doré , qui portoit le ſecond
lay de velours qui fermoit
une frife , fur laquelle eftoient femées des fleurs de
lys , des Dauphins, des larmes, & des croix , attachée
à lagrandecornichequi re-
240 MERCURE
gnoit à l'entour du Chœur,
dorée, qui portoit au deffus
au droit des pilaftres un›
couronnement en forme
de medaille furunfocle de
marbre blanc , enrichi de:
feftons & de chiffres de
Monſeigneur , & de Madame la Dauphine alternativement , & le long de ladite corniche eftoient des:
fleurs de lys & lys garnis
de lumieres. Les pilaftres;
fe terminoient fous l'ar--
chitrave parune agraffe en
formedeconfole, qui portoit unegrande girandole.
Dans
GALANT. 241
Dans les angles de l'Autel & du Jubé eftoient deux
pilaftres chacuns , qui faifoient retour, fçavoir ceux
de l'Autel eftoient comme ceux qui portoient le
grand Dais , & ceux du
Jubé portoient feulement.
chacun une medaille où
eftoit un chiffre de Monfeigneur le Dauphin, & de
Madame la Dauphine , attaché à des feftons de
feuilles , le tout en or.
Au milieu de chaque arcade , eftoit , fçavoir aux
deux premieres du cofté.
May, 17120 X
242 MERCURE
de l'Autel , une grande arme de Monfeigneur le
Dauphin fort ellevée ſouftenue par deux Renommées, enrichies de trophez
de bronze doré , au deffous
defquels eftoient deux
grands rideaux noirs ſemez de fleurs de lys , &
doublez d'hermine retrouſſez en feftons fur les
deux arriere-corps , & au
bas des armes pendoit une
cheute defdits rideaux , ſemez de fleurs de lys , &
doublez d'hermine.
Au bas defdites armes
GALANT. 243
pendoit à chacune une
grande medaille en or , où
eftoient reprefentées, dans
une, la pureté , & dans l'autre , la Religion , & au bas
une girandole à pluſieurs
branches.
Aux deux fecondes arcades eftoit un grand pavillon de relief fort eflevé ,
couronné d'une couronne
de Dauphin , avec des pentes en broderie d'or , où
pendoient de gros glands ,
au deffous defquels fortoient deux grands rideaux
retrouſſez par feftons ſur
$
X ij .
244 MERCURE
les deux arriere. corps , fe
mez auffi de fleurs de lys ,
& doublez d'hermine.
Au deffous deſdits pavillons eftoient de grandes
armes de Madame la Dauphine , garnies de palmes
& de lauriers , & fouftenuës par deux Anges , au
bas defquels eftoient à cha
cun deux girandoles à plu--
fieurs branches , le tout de
bronze doré.
Au deffous des armes
cftoit un timpan bas de
marbre blanc , & les mouleures d'or , qui fervoient
GALANT. 245
comme d'appuy , où eftoit
repreſentée une groffe tefte de mort avec les attributs , & des feftons de cyprez , le fond defdits timpans eftoit femé de larmes
d'argent fur un fond de
marbre noir , & tout le refte en or.
Ils portoient au deffus un
vafe en forme de lampe
antique avec deux groffes
lumieres , & eftoient lesdits
timpans profilez de branches de lumieres en grand
nombre.
༡
Aux deux troifiémes arX iij
246 MERCURE
cades eftoit de meſme eflevée fort haut une grande
arme , d'où fortoient de
grands rideaux retrouffez ,
au bas defquels eftoit un
grand timpan de marbre
blanc avec des mouleures
d'or , où eftoit un chiffre
de Monſeigneur le Dauphin , & de Madame la
Dauphine , entrelaffé avec
des lauriers & des palmes ,
fouftenu par deux enfans
qui pleuroient , & qui eftoient entrelaffez de feftons de cyprez , & deux
gros Dauphins fur les proX
GALANT. 247
fils defdits timpans , fur
leſquels eftoient attachées
des branches qui portoient
des lumieres , & au deffus
eftoit une groffe fleur de
lys , qui portoit une lumie+
les autres.
re plus forte que
Aux deux coftez eſtoient
deux vafes qui portoient
de mefme deux lumieres
plus fortes que les autres.
Aux quatrièmes arcades
recommençoient les pavillons avec les armes de
Madame la Dauphine
comme cy devant , & aux
cinquièmes, des armes de
X iiij
248 MERCURE
Monſeigneur le Dauphin ,
de mefme qu'au troiſième.
Aufixiéme des pavillons
les armes de Madame la
Dauphine , & aux deux
feptièmes au deffus du Jubé, les armes de Monfeigneurle Dauphin , ellevés
comme les autres avec des
rideaux retrouffez fans timpans deffous à cauſe de la
mufique.
Devant le Jubé eftoit
une balustrade de marbre
blanc veiné , dans le milieu de laquelle eftoient les
chiffres de Monfeigneur le
E
GALANT. 249
Dauphin , avec des trophez.
Les balustrades eftoient
dorées fort richement.,
Servicefolemnel à Notre Da
me de Paris. j
Le dix de ce mois on fit
dans l'Eglife Metropolitai
ne un Service folemnel
pour Monſeigneur le Dauphin , & Madame la Dauphine. Le Cardinal de
Noailles Archevefque de
Paris officia , & le Pere
Gaillard Jefuite prononça
l'Oraifon funebre. Mon-
250 MERCURE
feigneur le Duc de Berry ,
Madame la Ducheffe de
Berry , Monfieur le Duc
d'Orleans , Monfieur le
Comte de Charolois , Mademoiſelle de Bourbon ,
& Mademoiſelle de Charolois , eftoient les Princes
& Princeffes du dueil , &
ils allerent àl'offrande chacun felon fon rang , conduits alternativement par
le Marquis de Dreux Maiftre des ceremonies.
Le Parlement , la Chambre des Comptes , la Cour
des Aydes, l'Univerfité &
GALANT. 251
le Corps de Ville y affifterent , ayant efté invitez par
ordre du Roy.
Laceremonie faite Monfieur le Cardinal de Noailles eut l'honneur de donner à difner dans l'Archevefché à Monfeigneur le
Duc de Berry , à Madame
la Ducheffe de Berry , accompagnez de Monfieur
'le Duc d'Orleans, de Monfieur le Comte de Charolois , de Mademoiſelle de
Bourbon , &de Mademoifelle de Charolois : le repas
fut magnifique , & fort
252 MERCURE
bien fervi , les Princes &
les Princeffes en furent fort
contents , il y eut auffi plufieurs tables fervies pour
les Seigneurs , & principaux Officiers de leur
fuite.
Enfin Monfieur le Cardinal de Noailles agit en
cette occafion , comme il
agit en toutes felon fon
caractere. On fçait qu'il
eft auffi noble & auffi magnifique pour les autres ,
qu'il eft fimple & modefte
en ce qui ne regarde que
La perfonne.
319
GALANT. 253
pour
On a celebré le fept de
ce mois ,un Service folemnel dans l'Eglife du College de Louis Le Grand ,
Monteigneur le Dauphin & Madame la Dauphine ; le Pere Sanadon ,
un des Profeffeurs de Rhetorique , prononça le foir
l'Eloge funebre en latin ,
avec beaucoup de fatisfaction de toute l'affemblée ,
?
compofée de plufieurs Prélats & autres perfonnes de
diſtinction , la Salle eftoit
éclairée de quantité de lumieres,&ornée de devifes
funebres.
Le Mardy dixiéme May
fe fit à Noftre - Dame
Service de feu MonfeiMay 1712.
T
218 MERCURE
gneur le Dauphin , & de
feue Madame la Dauphi
ne: je ne vous en ferayicy
aucun détail parce que la
cérémonie a efté toute pareille à celle de S. Denys.
Al'occafionde cette ceremonie, on donneicyune
peinture plus exacte de la
decoration du Chœur de
faint Denys , qui a paru
affez belle pour meriter
qu'on reforme dans ce
Mercure-cy ce qu'on en
avoit dit dans l'autre.
En entrant dans le Chœur
faifoit face une grande re-
GALANT. 219
preſentation en forme de
baldaquin , eflevé devingtcinq à vingt- fix pieds fur
douze pieds de large , &
dix huit de long.
L'Eftrade formoit un
quarré long , dont les pans
eftoient coupez par des
piedeftaux , & fe terminoit en eſcalier de cinq
marches , faifant un plan
ovale par les deux bouts.
Lefdits piedeftaux faifoient reffaut & plan rond
fur lesquels eftoient quatre
courbes en forme de confoles fort enlevées , &quaTij
220 MERCURE
tre grandesfigures de mar
bre blanc au pied de chaque confole fur les reffauts
des piedeſtaux , ces figures reprefentoient quatre
Vertus ; fçavoir la Reli
gion , la Charité , la Prudence , & la Juſtice.
Toute l'Eftrade eftoit de
marbre noir veiné de
blanc , & de blanc veiné
de noir. Les piedeſtaux ornez de mefme d'agraffes
& cartouches de bronze
doré les coftez de l'Eftrade eftoient auffi ornez de
medailles & trophez,
GALANT. 221.
Adroite eftoit les Chiffres de Monfeigneur le
Dauphin, & àgauche ceux
de Madame la Dauphine,
de bronze doréfur du marbre.
Les confoles eftoient de
marbre blanc , & les corps
de porte or, qui formoient
des panneaux ornez de feftons de laurier, portant des
chapiteaux Ioniques qui
couronnoient lesdites confoles. Sur les premieres
courbes eftoient des Dauphins, dont la queue couloit le long des confoles ,
T iij
222 MERCURE
&portoientfur la tefte chacun une girandole_ronde en forme de vaſe qui
portoit beaucoup de lauriers.
Les confoles par le bas
formoient une grande volute qui portoit une tefte
de Cherubim , les ailes levez fur la tefte comme fi
elles fouftenoient les confoles , & d'autres ailes en
forme d'agraphes qui embraffoient les volutes , du
milieu defquelles partoit
de chaque cofté une grande girandole à cinq brang
GALANT. 223
ches garnies de flambeaux.
Les confoles eftoientprofilez de petites branches
portant chacunes un lys
dans lequel eftoit un flambeau qui faifoit une grande lumiere.
Les confoles portoient
une corniche architravede
marbre blanc orné de modillons de bronze doré.
Ladite corniche eſtoit à
pans , & portoit un focle
de marbre de brayer d'où
partoit un doſme qui faifoit mefme plan orné de
bandeaux & trophez d'or
Tiiij
224 MERCURE
fur des fonds de marbre
blanc & noir.
Le focle dudit dofme faifoit reffaut fur les pans , &
portoit quatre vafes de vermeil tout à jour, d'où partoiết quantité de lumieres.
Au deffus du doſme eftoit un dez orné d'agraphes en forme de confoles qui portoit une couronne de Dauphins en or.
Sur les quatre faces de la
corniche eftoit un grand
cartouche de bronze doré
orné de teftes de morts
&autres attributs,
GALANT.
225
1
Lefdits cartouches eftoient couronnez d'une
groffe girandole à cinq
Branches portant des lumieres. 4
Au deffous de la corniche entre les confoles, pendoit une pente en broderie
d'or,
enrichie de fleurs de
lys , de Dauphins , & de
gros glands d'or.
Le fond du dolme eftoit
noir fleurdelylé d'or , &
d'une croix de moire d'argent.
Le dedans des confoles
formoit un corps de mar
226 MERCURE
bre noir fleurdelisé d'or.
Dans le milieu de l'eftrade , on avoit enlevé un
tombeau de porte d'or fur
un focle enrichi de confoles qui fe terminoit par
des griffes qui portoient
fur le focle du cofté droit
les armes de Monseigneur
le Dauphin en relief, ornées des colliers & couronnes; & du cofté gauche les
armes de mefme de Madame la Dauphine.
Sur les coftez de l'eftrade , il y avoit une herſe en
vermeil , ornée de fleurs
GALANT. 227
de lys , & de branches qui
portoient quantité de flambeaux.. Lefdites herfes fe
terminoient par les bouts
par une groffe girandole
en forme d'agraffe qui portoit plufieurs lumieres , &
une groffe fleur de lys qui
portoit auffi plufieurs lumieres , deforte que cela
faifoit une clarté , & donnoitungrandéclat au tombeau.
Sur ledit tombeau on
avoit posé les deux cercuëils fçavoir Monfeigneur le Dauphin à droite,
>
228 MERCURE
de
& celuy de Madame la
Dauphine à gauche. Elle
eftoit couverte d'un poil
noir couvert d'une grande
croix de moire d'argent ,
& brodé d'hermine; celuy
Monfeigneur le Dauphin eftoit couvert de poële de la Couronne, qui eft
de drap d'or , couvert de
deux grandes armes à droite,de Monfeigneur le Dauphin , & à gauche, deux de
Madame la Dauphine
brodé en or,avec une grandecroix demoire d'argent,
& bordé d'hermine , lequel
GALANT. 229
couvroit les deux corps.
Sur chaque corps eftoit
un manteau à la Royale de
velours violet , avec quatre
rangs de fleurs de lys d'or ;
fur celuy de Monfeigneur
le Dauphin eftoit fon collier de l'Ordre & fa couronne fur un carreau couvert d'un crefpe , & fur celuy de Madame la Dauphi
ne eftoit fa couronne couverte de mefme.
Au deffus eftoit ungrand
pavillon à pans dorez , femé par deffus de fleurs de
lys d'or.
230 MERCURE
Il y avoit autour unë
grande pente en broderie
d'or, où pendoient de gros
glands d'or.
Quatre grandes queuës
fortoient de deffous femées
de fleurs de lys d'or , &
doublées d'hermine retrouffée enl'air par les quatre coins avec un gros
nœud.
Dans le fond dudit pavillon eftoit une grande
croix de moire d'argent ,
avec quatre grandes armes
dans les quatre coins.
Il y avoit deffus quatre
GALANT. 231
grands bouquets de plumesnoires & blanches.
Aux quatre coins du
corps eftoient quatre Heraults d'armes & quatre
Gardes fous les armes , devant eftoit le Roy d'armes
entre les deux Maiftres des
ceremonies.
En face eftoit l'Autel orné de fes ornemens ordinaires , qui eft d'or , garny
detrois groffes pierres prétieuſes. Dans le milieu en
haur eftoit une grande
croix d'or émaillée, & garnie auffi de tres- groffes
1
232 MERCURE
pierres
fines.
Au deffus eftoit ungrand
dais garni de pentes en
broderie d'or dedans & dehors , garni de gros glands
d'or , dont le fond eftoit
garni d'une croix de moire
d'argent avec quatre grandes armes , deux de Monfeigneur le Dauphin , &
deux de Madame la Dauphine.
Aux deux coftez eftoient
deux grands rideaux noirs
fleurdelifez en or , doublez
d'hermine , retrouffez par
de grands cordons d'or
garnis
GALANT. 235
garnis de gros glands fur
deux pillaftres qui portoient ledit dais ; il eftoit
femé par deffus de fleurs.
de lys d'or , & garni de ,
huit gros bouquets de plumes blanches & noires.
Lefdits pillaftres eftoient
d'or, qui portoient chacun
deux medailles, où eftoient.
en haut celles de Monfeigneur le Dauphin , & en
bas celles de Madame la
Dauphine , le champeſtoit
femé de fleurs de lys , &
chaque medaille portoit
unegirandole à cinq bran,
May. 1712. V
234 MERCURE
ches. Aux deux coftez eftoient deux grandes piramides en or , avec unfond
de mofaïque de fleurs de
lys , qui portoient chacune
une grande arme de Monfeigneur le Dauphin , au
bas defquels eftoient une
grande girandole à plufieurs branches , & quantité de branches qui portoient des lumieres.
A la pointe de la piramide eftoit une groffe fleur
de lys , qui portoit une
groffe girandole à cinq
branches.
GALANT. 235
Au deffus eftoit un architrave doré qui regnoit
tout autour du Chœur avec
un lay de velours ſemé de
fleurs de lys , de larmes , de
Dauphins, &decroix blanches, qui eftoient attachez
à une grande corniche dorée qui regnoit autour de
l'Eglife qui formoit une
frife.
Sur les pentes & rideaux
eftoient les armes , en haut
de Monſeigneur le Dauphin , & en bas fur les rideaux , celles de Madame
la Dauphine le tout brodé
en or, Vij
236 MERCURE
Le tour du Chœur eftoit
tout garni de noir jufqu'
aux vitraux. Au deffus des
ftates eftoit un lay d'hermine par feftons , qui re
gnoit autour du Chœur
fur lequel , de diſtance en
diſtance , eftoient les chiffres de Monfeigneur & de
Madamela Dauphinedans
des medailles dorées.
Au deffus du lay d'hermine eftoit un lay de velours femé de fleurs de lys ,
de larmes , de Dauphins,
& de croix blanches , qui
eftoit attaché à une corni
GALANT. 237
che, qui portoit des girandoles à cinq branches , &
tout le long eftoient des
fleurs de lys garnies de lumieres.
Au deffus eftoient fix arcades de chaque colté , &
deux dans le Jubé , dans
lefquels eftoient des amphitheatres , où eftoient
placez des gens de quali
té. Ladite décoration eftoit composée de quatorze
arcades , avec des pillaftres :
de vingt pieds de haut fur
quatre pieds de large, de›
marbre blanc , avec des
238 MERCURE
panneaux dans les milieux,
de marbre pal or, avec des
moulures d'or. Ils portoient chacun une grande
medaille où eſtoient reprefentées treize Vertus , à la
gloire du Prince & de la
Princeffe , le tour en or.
Les Vertus eftoient la
Foy chreftienne , la Picté ,
l'acte vertueux , Defirs envers Dicu, Juftice invioli :
ble , Commandement fur
foy- melme , Sageffe humaine , Concorde , Concorde conjugale , Gloire
des Princes , Egalité, Bien-
GALANT. 239
veillance , & Amour de la
patrie , ils portoient chacunes une grande girandole de plufieurs lumieres.
Au bas de chaque pilaf
tre eftoit un fcabellon doré, qui portoit une girandole à cinq branches.
-
Et au deffus des pilaftres
regnoit un architrave doré , qui portoit le ſecond
lay de velours qui fermoit
une frife , fur laquelle eftoient femées des fleurs de
lys , des Dauphins, des larmes, & des croix , attachée
à lagrandecornichequi re-
240 MERCURE
gnoit à l'entour du Chœur,
dorée, qui portoit au deffus
au droit des pilaftres un›
couronnement en forme
de medaille furunfocle de
marbre blanc , enrichi de:
feftons & de chiffres de
Monſeigneur , & de Madame la Dauphine alternativement , & le long de ladite corniche eftoient des:
fleurs de lys & lys garnis
de lumieres. Les pilaftres;
fe terminoient fous l'ar--
chitrave parune agraffe en
formedeconfole, qui portoit unegrande girandole.
Dans
GALANT. 241
Dans les angles de l'Autel & du Jubé eftoient deux
pilaftres chacuns , qui faifoient retour, fçavoir ceux
de l'Autel eftoient comme ceux qui portoient le
grand Dais , & ceux du
Jubé portoient feulement.
chacun une medaille où
eftoit un chiffre de Monfeigneur le Dauphin, & de
Madame la Dauphine , attaché à des feftons de
feuilles , le tout en or.
Au milieu de chaque arcade , eftoit , fçavoir aux
deux premieres du cofté.
May, 17120 X
242 MERCURE
de l'Autel , une grande arme de Monfeigneur le
Dauphin fort ellevée ſouftenue par deux Renommées, enrichies de trophez
de bronze doré , au deffous
defquels eftoient deux
grands rideaux noirs ſemez de fleurs de lys , &
doublez d'hermine retrouſſez en feftons fur les
deux arriere-corps , & au
bas des armes pendoit une
cheute defdits rideaux , ſemez de fleurs de lys , &
doublez d'hermine.
Au bas defdites armes
GALANT. 243
pendoit à chacune une
grande medaille en or , où
eftoient reprefentées, dans
une, la pureté , & dans l'autre , la Religion , & au bas
une girandole à pluſieurs
branches.
Aux deux fecondes arcades eftoit un grand pavillon de relief fort eflevé ,
couronné d'une couronne
de Dauphin , avec des pentes en broderie d'or , où
pendoient de gros glands ,
au deffous defquels fortoient deux grands rideaux
retrouſſez par feftons ſur
$
X ij .
244 MERCURE
les deux arriere. corps , fe
mez auffi de fleurs de lys ,
& doublez d'hermine.
Au deffous deſdits pavillons eftoient de grandes
armes de Madame la Dauphine , garnies de palmes
& de lauriers , & fouftenuës par deux Anges , au
bas defquels eftoient à cha
cun deux girandoles à plu--
fieurs branches , le tout de
bronze doré.
Au deffous des armes
cftoit un timpan bas de
marbre blanc , & les mouleures d'or , qui fervoient
GALANT. 245
comme d'appuy , où eftoit
repreſentée une groffe tefte de mort avec les attributs , & des feftons de cyprez , le fond defdits timpans eftoit femé de larmes
d'argent fur un fond de
marbre noir , & tout le refte en or.
Ils portoient au deffus un
vafe en forme de lampe
antique avec deux groffes
lumieres , & eftoient lesdits
timpans profilez de branches de lumieres en grand
nombre.
༡
Aux deux troifiémes arX iij
246 MERCURE
cades eftoit de meſme eflevée fort haut une grande
arme , d'où fortoient de
grands rideaux retrouffez ,
au bas defquels eftoit un
grand timpan de marbre
blanc avec des mouleures
d'or , où eftoit un chiffre
de Monſeigneur le Dauphin , & de Madame la
Dauphine , entrelaffé avec
des lauriers & des palmes ,
fouftenu par deux enfans
qui pleuroient , & qui eftoient entrelaffez de feftons de cyprez , & deux
gros Dauphins fur les proX
GALANT. 247
fils defdits timpans , fur
leſquels eftoient attachées
des branches qui portoient
des lumieres , & au deffus
eftoit une groffe fleur de
lys , qui portoit une lumie+
les autres.
re plus forte que
Aux deux coftez eſtoient
deux vafes qui portoient
de mefme deux lumieres
plus fortes que les autres.
Aux quatrièmes arcades
recommençoient les pavillons avec les armes de
Madame la Dauphine
comme cy devant , & aux
cinquièmes, des armes de
X iiij
248 MERCURE
Monſeigneur le Dauphin ,
de mefme qu'au troiſième.
Aufixiéme des pavillons
les armes de Madame la
Dauphine , & aux deux
feptièmes au deffus du Jubé, les armes de Monfeigneurle Dauphin , ellevés
comme les autres avec des
rideaux retrouffez fans timpans deffous à cauſe de la
mufique.
Devant le Jubé eftoit
une balustrade de marbre
blanc veiné , dans le milieu de laquelle eftoient les
chiffres de Monfeigneur le
E
GALANT. 249
Dauphin , avec des trophez.
Les balustrades eftoient
dorées fort richement.,
Servicefolemnel à Notre Da
me de Paris. j
Le dix de ce mois on fit
dans l'Eglife Metropolitai
ne un Service folemnel
pour Monſeigneur le Dauphin , & Madame la Dauphine. Le Cardinal de
Noailles Archevefque de
Paris officia , & le Pere
Gaillard Jefuite prononça
l'Oraifon funebre. Mon-
250 MERCURE
feigneur le Duc de Berry ,
Madame la Ducheffe de
Berry , Monfieur le Duc
d'Orleans , Monfieur le
Comte de Charolois , Mademoiſelle de Bourbon ,
& Mademoiſelle de Charolois , eftoient les Princes
& Princeffes du dueil , &
ils allerent àl'offrande chacun felon fon rang , conduits alternativement par
le Marquis de Dreux Maiftre des ceremonies.
Le Parlement , la Chambre des Comptes , la Cour
des Aydes, l'Univerfité &
GALANT. 251
le Corps de Ville y affifterent , ayant efté invitez par
ordre du Roy.
Laceremonie faite Monfieur le Cardinal de Noailles eut l'honneur de donner à difner dans l'Archevefché à Monfeigneur le
Duc de Berry , à Madame
la Ducheffe de Berry , accompagnez de Monfieur
'le Duc d'Orleans, de Monfieur le Comte de Charolois , de Mademoiſelle de
Bourbon , &de Mademoifelle de Charolois : le repas
fut magnifique , & fort
252 MERCURE
bien fervi , les Princes &
les Princeffes en furent fort
contents , il y eut auffi plufieurs tables fervies pour
les Seigneurs , & principaux Officiers de leur
fuite.
Enfin Monfieur le Cardinal de Noailles agit en
cette occafion , comme il
agit en toutes felon fon
caractere. On fçait qu'il
eft auffi noble & auffi magnifique pour les autres ,
qu'il eft fimple & modefte
en ce qui ne regarde que
La perfonne.
319
GALANT. 253
pour
On a celebré le fept de
ce mois ,un Service folemnel dans l'Eglife du College de Louis Le Grand ,
Monteigneur le Dauphin & Madame la Dauphine ; le Pere Sanadon ,
un des Profeffeurs de Rhetorique , prononça le foir
l'Eloge funebre en latin ,
avec beaucoup de fatisfaction de toute l'affemblée ,
?
compofée de plufieurs Prélats & autres perfonnes de
diſtinction , la Salle eftoit
éclairée de quantité de lumieres,&ornée de devifes
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Résumé : CEREMONIES funebres.
Le texte relate les cérémonies funèbres du 10 mai 1712 à Notre-Dame, en mémoire du Dauphin et de la Dauphine. La cérémonie, similaire à celle tenue à Saint-Denis, se déroula dans un chœur somptueusement décoré. Une grande représentation en forme de baldaquin, haute de vingt-cinq à vingt-six pieds, était ornée de marbre noir et blanc, de bronze doré, et comportait des figures de Vertus (Religion, Charité, Prudence, Justice) ainsi que des emblèmes des Dauphin et Dauphine. L'estrade, en forme de carré long, se terminait par un escalier de cinq marches et était ornée de médailles et de trophées. Les consoles, en marbre blanc, portaient des dauphins et des girandoles. Le dôme, en marbre de Bray, était décoré de bandeaux et de trophées d'or. Au-dessus du dôme, une couronne de dauphins en or surmontait une croix de moire d'argent. Le tombeau, placé au centre de l'estrade, était orné de herse en vermeil et de girandoles. Les cercueils du Dauphin et de la Dauphine étaient recouverts de poêles et de manteaux violets brodés de lys d'or, surmontés d'un grand pavillon doré fermé par des lys d'or. L'autel, orné de ses ornements ordinaires, était garni de pierres précieuses et d'une croix d'or émaillée. Un dais, garni de pentes en broderie d'or, surmontait l'autel. Des rideaux noirs fleurdelisés en or doublés d'hermine encadraient l'autel, flanqué de pyramides en or avec les armes du Dauphin. Le chœur était entièrement garni de noir jusqu'aux vitraux, avec des lés d'hermine et de velours semés de lys, de larmes, de dauphins et de croix blanches. Des arcades et des amphithéâtres accueillaient des personnes de qualité. Les pilastres, en marbre blanc, portaient des médailles représentant des Vertus. Des girandoles et des fleurs de lys garnies de lumières ornaient l'ensemble de la décoration. Le 10 mai, un service solennel fut organisé dans l'église métropolitaine, officié par le Cardinal de Noailles, archevêque de Paris. Le Père Gaillard, jésuite, prononça l'oraison funèbre. Les princes et princesses du deuil, incluant Monseigneur le Duc de Berry, Madame la Duchesse de Berry, Monsieur le Duc d'Orléans, Monsieur le Comte de Charolais, Mademoiselle de Bourbon et Mademoiselle de Charolais, assistèrent à l'offrande. Le Parlement, la Chambre des Comptes, la Cour des Aydes, l'Université et le Corps de Ville étaient également présents. Après la cérémonie, le Cardinal de Noailles invita les princes et princesses à dîner à l'archevêché, où un repas magnifique fut servi. Le 27 mai, un autre service solennel fut célébré dans l'église du Collège de Louis Le Grand, avec un éloge funèbre en latin prononcé par le Père Sanadon, professeur de rhétorique.
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1072
p. 290-300
Nouvelles de Flandres.
Début :
Les armées de Flandres sont assez tranquilles de part & [...]
Mots clefs :
Flandre, Armées, Bouchain, Arras, Tournay, Ypres, Utrecht
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Flandres.
Nouvelles de Flandres.
Les armées de Flandres ſont aſſez tranquilles de part & d'autre ; ce
qu'on attribue à la di-
GALANT. 291
1 ne
fette de fourrages , & à
ce que toutes les troupes
n'étoient point encore.
arrivées. Les regimens
de cuiraffiers de Lobkovvitz & defainte Croix,
qui font la tête des troupes Auftrichiennes ,
partirent que le 9. de ce
mois des environs de
Bruxelles , où elles ont
fejourné, étant fatiguées
de leur longue marche
& du mauvais temps.
Ceux qui la fuivent n'éBb ij
292 MERCURE
tant gueres en meilleur
état , fejournent auffi
prés la même ville. On
necroit pas qu'elles puiſ
fent joindre l'armée avant le vingt - cinq du
mois. holandish
Le Duc d'Ormond
partit le neuf de Gand
pour l'armée. Les lettres
de Lifle & de Tournay
affurent que les Anglois
étoient encore campeż
à Bailieu que le Prince
Eugene n'est parti de
GALANT 293
Tournay , pour aller
joindre l'armée , que le
dix. ch
:
On écrit de Bouchain,
que l'armée des Alliez
étoit toûjours tranquille neanmoins on croit
qu'elle ſe mettra bientôt en mouvement , à
caufe que l'artillerie &
les munitions y font arrivées , & que le reſte
des troupes de l'Electeur Palatin & de l'Archiduc doivent joindre
B biij
294 MERCURE
avant la fin de ce mois.
On mande d'Arras ,
望
qu'on continuë de voiturer en cette ville des
farines , de l'avoine , &
du fourrage fec. L'armée du Royoccupe tou
jours les mêmes poftes
le long de l'Efcaut , de
la Senfée , & de la Scarpe. LeMaréchal de Villars afait faire deux éclufes à Cambray : l'une
pour remplir les foffez
de l'eau de l'Escaut ; l'au-
GALANT. 295
tre pour retenir l'eau de
cette riviere , qui innonde & fe répand des deux
côtez un quart de lieuë
au- deffus de la ville.
On écrit de Tournay,
que le Duc d'Ormond a
affifté aux confeils de
guerre qui s'y font tenus. Il a fait la revuë
des troupes Angloiſes ,
quicampoient entre Baifieu , fur le chemin de
Tournay à Lifle , d'où
elles allerent le 19 joinBb iiij
296 MERCURE
dre la grande armée
qui eft toujours campée
à la Vvarde & à Lieu
faint Amand , prés de
Bouchain. Le Prince
Eugene , le Duc d'Ormond , & les autres Generaux s'y rendirent le
vingt.
On écrit d'Ypres, qu'-
un detachement de la
garniſon a battu quelques partis des ennemis ,
dont l'un conduifoit à
leur armée un grand
GALANT 297
nombre de beftiaux ,
qu'on leur a enlevez.
Les lettres d'Utrecht
affurent qu'il n'y a point
eu d'affemblée generale
le trente Avril , ni le
quatre de ce mois , à
caufe que les Plenipotentiaires de France n'avoient point receu d'inftructions pour répondre aux demandes fpecifiques des Alliez.
Le Sieur Menager eut
le vingt- neuf une con-
298 MERCURE
ference particuliere avec
le Sieur Buis , l'un des
Plenipotentiaires
Provinces Unies.
des
Le Maréchal d'Uxelles eut une autre conference avec le Comte de
Sinzendorf, Plenipotentiaire de l'Archiduc.
Le Comte de la Corfana , fecond Plenipotentiaire de l'Archiduc ,
fe rendit àUtrecht le 5,
où les Miniftres des deux
partis fe vifitent fre-
GALANT. 299
quemment. Il y a eudes
conferences entre ceux
des Alliez mais il n'y
en a point eu de generale le quatre , le fept ,
& le onze. On croit qu'-
il n'y en aura point jufqu'à ce que les Plenipotentiaires de France
ayent receu de nouveaux
ordres.
Les lettres d'Utrecht
affurent qu'il n'y a point.
eu de conference generale le quatorze , ni le
300 MERCURE
dix - huit , à cause que
les Plenipotentiaires de
France n'avoient point
encore receu de nouveaux ordres.
Les armées de Flandres ſont aſſez tranquilles de part & d'autre ; ce
qu'on attribue à la di-
GALANT. 291
1 ne
fette de fourrages , & à
ce que toutes les troupes
n'étoient point encore.
arrivées. Les regimens
de cuiraffiers de Lobkovvitz & defainte Croix,
qui font la tête des troupes Auftrichiennes ,
partirent que le 9. de ce
mois des environs de
Bruxelles , où elles ont
fejourné, étant fatiguées
de leur longue marche
& du mauvais temps.
Ceux qui la fuivent n'éBb ij
292 MERCURE
tant gueres en meilleur
état , fejournent auffi
prés la même ville. On
necroit pas qu'elles puiſ
fent joindre l'armée avant le vingt - cinq du
mois. holandish
Le Duc d'Ormond
partit le neuf de Gand
pour l'armée. Les lettres
de Lifle & de Tournay
affurent que les Anglois
étoient encore campeż
à Bailieu que le Prince
Eugene n'est parti de
GALANT 293
Tournay , pour aller
joindre l'armée , que le
dix. ch
:
On écrit de Bouchain,
que l'armée des Alliez
étoit toûjours tranquille neanmoins on croit
qu'elle ſe mettra bientôt en mouvement , à
caufe que l'artillerie &
les munitions y font arrivées , & que le reſte
des troupes de l'Electeur Palatin & de l'Archiduc doivent joindre
B biij
294 MERCURE
avant la fin de ce mois.
On mande d'Arras ,
望
qu'on continuë de voiturer en cette ville des
farines , de l'avoine , &
du fourrage fec. L'armée du Royoccupe tou
jours les mêmes poftes
le long de l'Efcaut , de
la Senfée , & de la Scarpe. LeMaréchal de Villars afait faire deux éclufes à Cambray : l'une
pour remplir les foffez
de l'eau de l'Escaut ; l'au-
GALANT. 295
tre pour retenir l'eau de
cette riviere , qui innonde & fe répand des deux
côtez un quart de lieuë
au- deffus de la ville.
On écrit de Tournay,
que le Duc d'Ormond a
affifté aux confeils de
guerre qui s'y font tenus. Il a fait la revuë
des troupes Angloiſes ,
quicampoient entre Baifieu , fur le chemin de
Tournay à Lifle , d'où
elles allerent le 19 joinBb iiij
296 MERCURE
dre la grande armée
qui eft toujours campée
à la Vvarde & à Lieu
faint Amand , prés de
Bouchain. Le Prince
Eugene , le Duc d'Ormond , & les autres Generaux s'y rendirent le
vingt.
On écrit d'Ypres, qu'-
un detachement de la
garniſon a battu quelques partis des ennemis ,
dont l'un conduifoit à
leur armée un grand
GALANT 297
nombre de beftiaux ,
qu'on leur a enlevez.
Les lettres d'Utrecht
affurent qu'il n'y a point
eu d'affemblée generale
le trente Avril , ni le
quatre de ce mois , à
caufe que les Plenipotentiaires de France n'avoient point receu d'inftructions pour répondre aux demandes fpecifiques des Alliez.
Le Sieur Menager eut
le vingt- neuf une con-
298 MERCURE
ference particuliere avec
le Sieur Buis , l'un des
Plenipotentiaires
Provinces Unies.
des
Le Maréchal d'Uxelles eut une autre conference avec le Comte de
Sinzendorf, Plenipotentiaire de l'Archiduc.
Le Comte de la Corfana , fecond Plenipotentiaire de l'Archiduc ,
fe rendit àUtrecht le 5,
où les Miniftres des deux
partis fe vifitent fre-
GALANT. 299
quemment. Il y a eudes
conferences entre ceux
des Alliez mais il n'y
en a point eu de generale le quatre , le fept ,
& le onze. On croit qu'-
il n'y en aura point jufqu'à ce que les Plenipotentiaires de France
ayent receu de nouveaux
ordres.
Les lettres d'Utrecht
affurent qu'il n'y a point.
eu de conference generale le quatorze , ni le
300 MERCURE
dix - huit , à cause que
les Plenipotentiaires de
France n'avoient point
encore receu de nouveaux ordres.
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Résumé : Nouvelles de Flandres.
Le texte décrit la situation militaire et diplomatique dans les Flandres. Les armées des deux camps sont relativement calmes en raison de la pénurie de fourrages et de l'arrivée progressive des troupes. Les régiments de cuirassiers de Lobkowitz et de la Fainte Croix ont quitté Bruxelles le 9 du mois pour se reposer. Le duc d'Ormond a quitté Gand pour rejoindre l'armée, tandis que les Anglais étaient encore campés à Bailieu. Le prince Eugène est parti de Tournai pour rejoindre l'armée le 10. À Bouchain, l'armée des Alliés attend les troupes de l'Électeur Palatin et de l'Archiduc, prévues avant la fin du mois. L'armée du Roi occupe toujours les mêmes positions le long de l'Escaut, de la Senne et de la Scarpe. Le maréchal de Villars a effectué des écluses à Cambray pour réguler l'eau de l'Escaut. Le duc d'Ormond a participé aux conseils de guerre à Tournai et a revu les troupes anglaises. Un détachement d'Ypres a battu des partisans ennemis. À Utrecht, les conférences générales entre les plénipotentiaires sont suspendues en attendant de nouvelles instructions des plénipotentiaires français, mais plusieurs conférences particulières ont eu lieu entre les ministres des deux parties.
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1073
p. 300-303
Nouvelles de Paris.
Début :
Le vingt-deux de ce mois l'Abbé Fagon fut sacré [...]
Mots clefs :
Paris, Évêque, Rhin, Dauphin, Dauphiné
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Paris.
Nouvelles de Paris.
Le vingt-deux de ce
mois l'Abbé Fagon fut
facré Evefque de Lombez dans la Chapelle de
l'Archevefché , par le
Cardinal de Noailles ,
Archevefque de Paris ,
GALANT. 301
qui eut pour Affiftans
l'ancien Evefque de
Condom , & l'Evefque
de Saint Omer.
On a eu avis que le
Capitaine Bournonville
ayant paffé le Rhin avco
deux cent cinquante
hommesdes compagnies
franches du Brigadier
la Croix , étoit tombé la
nuitdu trente Avrildans
la Vveteravie , fur le
quartier de cinqe regimensde l'Archiduc, qu'il
302 MERCURE
avoit mis en un trésgrand defordre , y en
ayant eudans la ſurpriſe
pluſieurs tuez & bleſſez ;
& qu'il s'étoit retiré avec environ · foixante
chevaux , avec une perte peu confiderable ,
n'ayant eu en cette occaſion qu'un homme tué
& quelques bleffez.
Le vingt- quatre on
celebra un Service folemnel à la Sainte Chapelle du Palais pour
GALANT. 303,
Monſeigneur le Dauphin & Madamela Dauphine. L'Abbé de Champigny , Treſorier decette Eglife , officia pontificalement. Le Pere de
la RueJefuite prononçar
l'Oraifon funebre. La
Chambre des Comptes.
y affifta en Corps.
Le vingt-deux de ce
mois l'Abbé Fagon fut
facré Evefque de Lombez dans la Chapelle de
l'Archevefché , par le
Cardinal de Noailles ,
Archevefque de Paris ,
GALANT. 301
qui eut pour Affiftans
l'ancien Evefque de
Condom , & l'Evefque
de Saint Omer.
On a eu avis que le
Capitaine Bournonville
ayant paffé le Rhin avco
deux cent cinquante
hommesdes compagnies
franches du Brigadier
la Croix , étoit tombé la
nuitdu trente Avrildans
la Vveteravie , fur le
quartier de cinqe regimensde l'Archiduc, qu'il
302 MERCURE
avoit mis en un trésgrand defordre , y en
ayant eudans la ſurpriſe
pluſieurs tuez & bleſſez ;
& qu'il s'étoit retiré avec environ · foixante
chevaux , avec une perte peu confiderable ,
n'ayant eu en cette occaſion qu'un homme tué
& quelques bleffez.
Le vingt- quatre on
celebra un Service folemnel à la Sainte Chapelle du Palais pour
GALANT. 303,
Monſeigneur le Dauphin & Madamela Dauphine. L'Abbé de Champigny , Treſorier decette Eglife , officia pontificalement. Le Pere de
la RueJefuite prononçar
l'Oraifon funebre. La
Chambre des Comptes.
y affifta en Corps.
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Résumé : Nouvelles de Paris.
Le 22 avril, l'Abbé Fagon fut nommé évêque de Lombez par le Cardinal de Noailles, archevêque de Paris, en présence de l'ancien évêque de Condom et de l'évêque de Saint Omer. Le 30 avril, le capitaine Bournonville, à la tête de 250 hommes des compagnies franches du Brigadier la Croix, traversa le Rhin et attaqua le quartier de cinq régiments de l'Archiduc, causant un grand désordre et plusieurs pertes parmi les ennemis. Bournonville se retira avec environ soixante chevaux, subissant une perte minime avec un homme tué et quelques blessés. Le 24 avril, un service solennel fut célébré à la Sainte-Chapelle du Palais en mémoire du Dauphin et de la Dauphine. L'Abbé de Champigny officia et le Père de la Rue, jésuite, prononça l'oraison funèbre. La Chambre des Comptes assista à cette cérémonie.
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1074
p. 303-305
Nouvelles extraites de plusieurs Lettres.
Début :
Les lettres de Londres portent qu'un vaisseau Anglois [...]
Mots clefs :
Londres, Café, Naples
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles extraites de plusieurs Lettres.
Nouvelles extraites de
plufieurs Lettres.
Les lettres de Lon-
304 MERCURE
dres portent qu'un vaiffeau Anglois arrivé de
Moca, chargé de caffé ,
a raporté que le vaiſſeau'
le Godolfin avoit été pris
a:1x Indes Orientales par
les François, & que l'Oxford qui appartenoit à
pluſieurs particuliers ,
s'étoit brifé contre des
rochers.
La Diligence Galley ,
armée en courſe , étant
arrivée de Naples dans la
Tamife, chargée d'huile
&
GALANT. 305
& d'autres marchandifes , perit le dix : le feu
s'y étant pris par accident , la fit fauter. On a
eu le temps de fauver
l'équipage.
FIN
plufieurs Lettres.
Les lettres de Lon-
304 MERCURE
dres portent qu'un vaiffeau Anglois arrivé de
Moca, chargé de caffé ,
a raporté que le vaiſſeau'
le Godolfin avoit été pris
a:1x Indes Orientales par
les François, & que l'Oxford qui appartenoit à
pluſieurs particuliers ,
s'étoit brifé contre des
rochers.
La Diligence Galley ,
armée en courſe , étant
arrivée de Naples dans la
Tamife, chargée d'huile
&
GALANT. 305
& d'autres marchandifes , perit le dix : le feu
s'y étant pris par accident , la fit fauter. On a
eu le temps de fauver
l'équipage.
FIN
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Résumé : Nouvelles extraites de plusieurs Lettres.
Des incidents maritimes ont été rapportés à Londres. Le Godolfin a été capturé par les Français aux Indes Orientales. L'Oxford s'est échoué contre des rochers. La Diligence Galley, arrivée de Naples, a pris feu et sombré, mais son équipage a été sauvé.
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1075
p. 54-64
Relation envoyée par M. le Comte de Fienne, Lieutenant general des armées du Roy.
Début :
Les ennemis ayant eu avis que les douze bataillons que [...]
Mots clefs :
Troupes, Ennemis, Relation, Miquelets, Gérone, Lettres
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texteReconnaissance textuelle : Relation envoyée par M. le Comte de Fienne, Lieutenant general des armées du Roy.
A Perpignanle 11. May 1712.
Relation envoyée par M. le
Comte de Fienne , Lieutenant general des armées du
Roy.
LEs ennemis ayant eu
avis que les douze bataillons que l'on avoit envoyez
ici du Dauphiné, étoient en
marche pour y retourner
affemblerent deux corps de
troupes : l'un du côté d'Oftalrich , & l'autre du côté
d'Olot.
GALANT.
dut
Le premier étoit commandé par le Baron de
Vvetzel : il paffa le 30.
mois dernier le Ter à Tor
reilles de Mongry , où il
campa. Le premierde May
il continua fa marche , &
fuivant unchemin coupé de
canaux &de vifieres , il arriva le même jour à faint
Pierre Pefcador de bonne
heure.
L'autre , qui étoit commandé par Don Louis de
Cordoua enl'abfence de Picalquez , defcendit le 29. à
Befalce , vint camper le 30-
E iiij
36 MERCURE
au pont d'Esponella , s'a
vança le premier vers Na
yatta , & envoya un gros,
detachement à Figuieres.
Le premier marchoit fun
moy , & l'autre fuivoit la
montagne , pour tâcher de
me couper la communication avec le Rouffillon. Ils
avoient même déja envoyé
tous leurs, Miquelets & les
Soumettans , pour tâchen
d'en occuper les paffages.
J'avois été obligé de me
mettre à Caſtillon & à Peyralade , derriere la Muga ,
aprés avoir retiré les poſtes.
GALANT.
queje ne pouvois foûtenir,
& renforcé ceux qui pou
voient fe défendre.
Je fis marcher la nuit du
premier au fecond tous les
équipages à unelieuë delà ,
au pied de la montagne,
pour être à portée de paffer
en Rouffillon ; & je les fui
vis lorfque je vis ces deux
corps en mouvement pour
venir auxquartiers que j'oc
cupois.
Le 2. je les fs paffer de
grand matin , & j'en fis l'ar
Fieregarde avec ce que j'avois de troupes , conſiſtant
گیا
38 MERCURE
en 2000. hommes , cavale
rie , infanterie, ou dragons,
tant bons que mauvais. J'arz
rivai le mêmejour à Bañols,
où je diſtribuai les troupes
dans des quartiers à portée
des paffages , pour y attendre celles qui nous arrivent
de France.
a
Ils avoient envoyé tous
leurs Miquelets pour s'emparer des defilez , & m'attaquer dans une retraite :
mais toutes les hauteurs &
le's poftes furent fi bien occupez , qu'elle fe fit fans
qu'ils ofaffent paroître.
GALANT 59
J'avois envoyé deux jours
auparavant M. de Caraffa ,
Maréchal des Camps des
armées de Sa Majesté Catholique, pour commandër
dans Rofes. Il y a dans cette
place deux bataillons François, unbataillon Eſpagnol,
& un d'infanterie Vvallonne : elle eft très bien pour
vûëde munitions de guerre
& de bouche.
Il y a dans Gironne huit
bataillons François , deux
Vvallons , cent chevaux ,
& des fufiliers de monta
gne. Cette place eft pareil-
60 MERCURE
lement bien pourvûë de
tout ce dont on peut avoir
befoin
Quoique les ennemis di
fent qu'ils font 10000. hommes dans ces deux corps ;
neanmoins , par l'état que
jai des regimens qui les
compofent, & de leur for
ce , je vois certainement
qu'ils ne font pas plus de
7000.
Hs publient que lorsque:
les troupes qui leur viennentd'Italieferont arrivées,,
ils doivent faire quelque
entrepriſe confiderable ::
GALANT. 61
mais comme il y a beau
coup d'apparence que ces
troupes ne peuvent arriver
plûtôt qu'au commencement de Juin ; que dans ce
temps- là M. le Ducde Ven
dôme ſe diſpoſera à entrer
&
que
les en campagne ,
troupes qui viennent de
France ence pays- ci ſeront
arrivées , j'efpere que tous
leurs deffeins fe borneront
à manger le pays. Ils attaquent l'Eſcale depuis le s
celui qui eft dans ce pofte
s'y défend bien.
Unregiment Napolitain
62 MERCURE
avoit eu ordre de fe rendre
maître du château de Madignan , prés de Gironne :
mais un detachement de la
garnifon de cette place l'a
obligé de fe retirer avec
precipitation , &avec perte
de plus de cinquante hommes , & de quelques Officiers.
* Les lettres de Perpignan
du 20. May portent que
tout eft fort tranquile dans
le Lampourdan , que le 16.
Ja garnifon de Gironne fit
une courfe jufqu'auprés
d'Oftalric fans trouver
GALANT. 63
d'ennemis. L'on a appris par
des deſerteurs qu'ils fe font
retirez à Barcelone , où le
Comte de Staremberg les
faifoit camper, & qu'ils y
fouffroient une grande difette de toutes choſes , ne
pouvant avoir de ſubſiſtance que du côté de la mer
le pays étant entierement
ruïné &inculte. Ces lettres
ajoûtent que le General
Strembergs'eft determiné
à mettre toute fon infante,
rie dans les places qui lui
reftent , & de tenir la campagne avec la cavalerie ,
64 MERCURE
confiftant en 5. ou 6000.
chevaux, la plupart enmauvais état , juſqu'à ce que le
puiffant fecours qui lui doit
venir d'Italie foit arrivé.
On mande de Valence,
qu'on continue d'envoyer
à Vinaros , fur les frontie
res de Catalogne , des ha
bits pour les foldats , & des
felles pour les chevaux.
Les lettres du Rhin portent feulement que les deux
armées ne font aucun mouvement , & qu'on croit qu'
on y fera fur la défenfiv
Relation envoyée par M. le
Comte de Fienne , Lieutenant general des armées du
Roy.
LEs ennemis ayant eu
avis que les douze bataillons que l'on avoit envoyez
ici du Dauphiné, étoient en
marche pour y retourner
affemblerent deux corps de
troupes : l'un du côté d'Oftalrich , & l'autre du côté
d'Olot.
GALANT.
dut
Le premier étoit commandé par le Baron de
Vvetzel : il paffa le 30.
mois dernier le Ter à Tor
reilles de Mongry , où il
campa. Le premierde May
il continua fa marche , &
fuivant unchemin coupé de
canaux &de vifieres , il arriva le même jour à faint
Pierre Pefcador de bonne
heure.
L'autre , qui étoit commandé par Don Louis de
Cordoua enl'abfence de Picalquez , defcendit le 29. à
Befalce , vint camper le 30-
E iiij
36 MERCURE
au pont d'Esponella , s'a
vança le premier vers Na
yatta , & envoya un gros,
detachement à Figuieres.
Le premier marchoit fun
moy , & l'autre fuivoit la
montagne , pour tâcher de
me couper la communication avec le Rouffillon. Ils
avoient même déja envoyé
tous leurs, Miquelets & les
Soumettans , pour tâchen
d'en occuper les paffages.
J'avois été obligé de me
mettre à Caſtillon & à Peyralade , derriere la Muga ,
aprés avoir retiré les poſtes.
GALANT.
queje ne pouvois foûtenir,
& renforcé ceux qui pou
voient fe défendre.
Je fis marcher la nuit du
premier au fecond tous les
équipages à unelieuë delà ,
au pied de la montagne,
pour être à portée de paffer
en Rouffillon ; & je les fui
vis lorfque je vis ces deux
corps en mouvement pour
venir auxquartiers que j'oc
cupois.
Le 2. je les fs paffer de
grand matin , & j'en fis l'ar
Fieregarde avec ce que j'avois de troupes , conſiſtant
گیا
38 MERCURE
en 2000. hommes , cavale
rie , infanterie, ou dragons,
tant bons que mauvais. J'arz
rivai le mêmejour à Bañols,
où je diſtribuai les troupes
dans des quartiers à portée
des paffages , pour y attendre celles qui nous arrivent
de France.
a
Ils avoient envoyé tous
leurs Miquelets pour s'emparer des defilez , & m'attaquer dans une retraite :
mais toutes les hauteurs &
le's poftes furent fi bien occupez , qu'elle fe fit fans
qu'ils ofaffent paroître.
GALANT 59
J'avois envoyé deux jours
auparavant M. de Caraffa ,
Maréchal des Camps des
armées de Sa Majesté Catholique, pour commandër
dans Rofes. Il y a dans cette
place deux bataillons François, unbataillon Eſpagnol,
& un d'infanterie Vvallonne : elle eft très bien pour
vûëde munitions de guerre
& de bouche.
Il y a dans Gironne huit
bataillons François , deux
Vvallons , cent chevaux ,
& des fufiliers de monta
gne. Cette place eft pareil-
60 MERCURE
lement bien pourvûë de
tout ce dont on peut avoir
befoin
Quoique les ennemis di
fent qu'ils font 10000. hommes dans ces deux corps ;
neanmoins , par l'état que
jai des regimens qui les
compofent, & de leur for
ce , je vois certainement
qu'ils ne font pas plus de
7000.
Hs publient que lorsque:
les troupes qui leur viennentd'Italieferont arrivées,,
ils doivent faire quelque
entrepriſe confiderable ::
GALANT. 61
mais comme il y a beau
coup d'apparence que ces
troupes ne peuvent arriver
plûtôt qu'au commencement de Juin ; que dans ce
temps- là M. le Ducde Ven
dôme ſe diſpoſera à entrer
&
que
les en campagne ,
troupes qui viennent de
France ence pays- ci ſeront
arrivées , j'efpere que tous
leurs deffeins fe borneront
à manger le pays. Ils attaquent l'Eſcale depuis le s
celui qui eft dans ce pofte
s'y défend bien.
Unregiment Napolitain
62 MERCURE
avoit eu ordre de fe rendre
maître du château de Madignan , prés de Gironne :
mais un detachement de la
garnifon de cette place l'a
obligé de fe retirer avec
precipitation , &avec perte
de plus de cinquante hommes , & de quelques Officiers.
* Les lettres de Perpignan
du 20. May portent que
tout eft fort tranquile dans
le Lampourdan , que le 16.
Ja garnifon de Gironne fit
une courfe jufqu'auprés
d'Oftalric fans trouver
GALANT. 63
d'ennemis. L'on a appris par
des deſerteurs qu'ils fe font
retirez à Barcelone , où le
Comte de Staremberg les
faifoit camper, & qu'ils y
fouffroient une grande difette de toutes choſes , ne
pouvant avoir de ſubſiſtance que du côté de la mer
le pays étant entierement
ruïné &inculte. Ces lettres
ajoûtent que le General
Strembergs'eft determiné
à mettre toute fon infante,
rie dans les places qui lui
reftent , & de tenir la campagne avec la cavalerie ,
64 MERCURE
confiftant en 5. ou 6000.
chevaux, la plupart enmauvais état , juſqu'à ce que le
puiffant fecours qui lui doit
venir d'Italie foit arrivé.
On mande de Valence,
qu'on continue d'envoyer
à Vinaros , fur les frontie
res de Catalogne , des ha
bits pour les foldats , & des
felles pour les chevaux.
Les lettres du Rhin portent feulement que les deux
armées ne font aucun mouvement , & qu'on croit qu'
on y fera fur la défenfiv
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Résumé : Relation envoyée par M. le Comte de Fienne, Lieutenant general des armées du Roy.
Le 11 mai 1712, le comte de Fienne, lieutenant général des armées du roi, rapporte que les ennemis, ayant appris le retour des douze bataillons du Dauphiné, ont rassemblé deux corps de troupes. Le premier, commandé par le baron de Vvetzel, a traversé le Ter et campé à Torrelles de Mongry avant de continuer vers Saint-Pierre-Pescador. Le second, dirigé par Don Louis de Cordoua, a descendu à Besalce et campé au pont d'Esponella, envoyant un détachement à Figueres. En réponse, le comte de Fienne a dû se replier à Castillon et Peyralade derrière la Muga, renforçant les postes défensifs. Il a également fait passer les équipages en Roussillon pour éviter d'être coupé des communications. Le 2 mai, il a fait traverser les troupes à Bañols, où elles ont été déployées pour défendre les passages. Les ennemis ont tenté de s'emparer des défilés, mais les hauteurs et les postes ont été bien occupés, empêchant toute attaque. Le comte de Fienne mentionne également la présence de troupes à Roses et Girone, bien pourvues en munitions. Il estime que les ennemis ne sont pas plus de 7000 hommes, malgré leurs déclarations. Les lettres de Perpignan du 20 mai indiquent une tranquillité dans le Roussillon. Les ennemis se sont retirés à Barcelone, souffrant de grandes difficultés de subsistance. Le général Staremberg prévoit de placer son infanterie dans les places fortes et de maintenir la cavalerie en campagne jusqu'à l'arrivée de renforts d'Italie. Des habits et des selles continuent d'être envoyés à Vinaros pour les soldats et les chevaux. Les armées du Rhin ne montrent aucun mouvement significatif.
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1076
p. 65-70
Nouvelles de Pologne.
Début :
Les lettres de Pologne portent que les Moscovites traitent plus [...]
Mots clefs :
Tartares, Tsar, Moscovites, Dantzig, Russie
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Pologne.
Nouvelles de Pologne.
Les lettres de Pologne
portent que les Mofcovites
traitent plus moderément.
les peuples de la Pruffe
Royale ; que le General
Bruz qui les commande ,
menace d'attaquer la ville
de Dantzik , ou au moins
de la bombarder , fi elle
n'accorde les fommes que
le Czar lui a fait demander.
Les dernieres lettres de
Dantzikportent que les differends de cette ville - là
Juin 1712.
h
66 MERCURE
avec le Czarfont terminez,
à condition qu'au lieu de la
fomme confiderable qu'il
lui demandoit , elle fournira une certaine quantité
de grains pour la fubfiftancalde fes troupes, quinq
Les lettres de Saxe & de!
Vienne affurent qu'on avoit
appris par differentes letu
tres de Conftantinople, que
fur les inftances des ambafh
fadeurs d'Angleterre & de
Hollande , la paix avoit été
conclue entre les Turcsead
les Mofcovites , avec de
nouvelles conditions ; en-
GALANT 67
tr'autres , que le Czar aban
donneraentierement la Po
logne & l'Ukraine.q obsiz
Qu'il payera un tributou
penfion annuelle au Kan
des Tartares , cinq cent
mille ducats au Grand Sei
gneur, pour le dédomma
ger en partie des frais de
la guerre, & quele Royde
Suede fera efcorté jufqu'en
Pomeranie par une armée
dans laquelle il
mille Tartares. On ajoûte
quece traité n'a pas encore
été fignéni publié Des nou?
velles méritent confirmag
y aura dix
Fij
68 MERCURE
tion , d'autant plus qu'on
en a pluſieurs fois fait courir de pareilles qui n'ont eu
aucune fuite.
Les lettres de Bender
plus recentes afſurent que
tous les Bachas, marchent
avec leurs troupes vers le
Danube; que le Grand Seigneur devoit partir le 20.
d'Avril de Conftantinople
pour aller joindre fon armée. L'incertitude où l'on
eft depuis long -temps fur
ce fujet , nepeut plus durer
que quelques femaines
parce que les herbes étant
"
6
GALANT 69
grandes , les armées ſe mettront en campagne , fi la
paix n'eft pas conclue &
publiée..
Onmande de Ruffie, que
le detachement de quatre
mille hommes des troupes,
du Palatin de Kiovie , com,
mandé par le Sieur Rudzinski , s'étoit avancé , qu'il,
devoit être joint par vingt
compagnies de l'armée de
Lituanie , que le Palatimde
Kiovie étoit en marche
pour le joindre avec le refte
de les troupes , & qu'il étoit
fuivi par le Roy de Suede
70 MERCURE
avec une grande armée
A *
pendant que les Turcs &
"
les Tartares fe preparoient
à agir d'un autre côté. Toutes ces nouvelles deman
dent confirmation.
› L'inondation cauféé par
le debordement de l'Elbe a
fait des dommages confiderables dans l'Electorat
de Saxe.
Les lettres de Pologne
portent que les Mofcovites
traitent plus moderément.
les peuples de la Pruffe
Royale ; que le General
Bruz qui les commande ,
menace d'attaquer la ville
de Dantzik , ou au moins
de la bombarder , fi elle
n'accorde les fommes que
le Czar lui a fait demander.
Les dernieres lettres de
Dantzikportent que les differends de cette ville - là
Juin 1712.
h
66 MERCURE
avec le Czarfont terminez,
à condition qu'au lieu de la
fomme confiderable qu'il
lui demandoit , elle fournira une certaine quantité
de grains pour la fubfiftancalde fes troupes, quinq
Les lettres de Saxe & de!
Vienne affurent qu'on avoit
appris par differentes letu
tres de Conftantinople, que
fur les inftances des ambafh
fadeurs d'Angleterre & de
Hollande , la paix avoit été
conclue entre les Turcsead
les Mofcovites , avec de
nouvelles conditions ; en-
GALANT 67
tr'autres , que le Czar aban
donneraentierement la Po
logne & l'Ukraine.q obsiz
Qu'il payera un tributou
penfion annuelle au Kan
des Tartares , cinq cent
mille ducats au Grand Sei
gneur, pour le dédomma
ger en partie des frais de
la guerre, & quele Royde
Suede fera efcorté jufqu'en
Pomeranie par une armée
dans laquelle il
mille Tartares. On ajoûte
quece traité n'a pas encore
été fignéni publié Des nou?
velles méritent confirmag
y aura dix
Fij
68 MERCURE
tion , d'autant plus qu'on
en a pluſieurs fois fait courir de pareilles qui n'ont eu
aucune fuite.
Les lettres de Bender
plus recentes afſurent que
tous les Bachas, marchent
avec leurs troupes vers le
Danube; que le Grand Seigneur devoit partir le 20.
d'Avril de Conftantinople
pour aller joindre fon armée. L'incertitude où l'on
eft depuis long -temps fur
ce fujet , nepeut plus durer
que quelques femaines
parce que les herbes étant
"
6
GALANT 69
grandes , les armées ſe mettront en campagne , fi la
paix n'eft pas conclue &
publiée..
Onmande de Ruffie, que
le detachement de quatre
mille hommes des troupes,
du Palatin de Kiovie , com,
mandé par le Sieur Rudzinski , s'étoit avancé , qu'il,
devoit être joint par vingt
compagnies de l'armée de
Lituanie , que le Palatimde
Kiovie étoit en marche
pour le joindre avec le refte
de les troupes , & qu'il étoit
fuivi par le Roy de Suede
70 MERCURE
avec une grande armée
A *
pendant que les Turcs &
"
les Tartares fe preparoient
à agir d'un autre côté. Toutes ces nouvelles deman
dent confirmation.
› L'inondation cauféé par
le debordement de l'Elbe a
fait des dommages confiderables dans l'Electorat
de Saxe.
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Résumé : Nouvelles de Pologne.
Les nouvelles de Pologne rapportent que les Moscovites traitent plus modérément les peuples de la Prusse Royale. Le général Bruz menace Dantzig de bombardement si elle ne fournit pas les sommes demandées par le tsar. Les différends entre Dantzig et le tsar se sont résolus en juin 1712, la ville fournissant des grains pour les troupes du tsar. Les lettres de Saxe et de Vienne indiquent une paix conclue entre les Turcs et les Moscovites, facilitée par les ambassadeurs d'Angleterre et de Hollande. Les nouvelles conditions incluent l'abandon par le tsar de la Pologne et de l'Ukraine, un tribut annuel au Khan des Tartares, et une pension au Grand Seigneur. Le roi de Suède serait escorté jusqu'en Poméranie par une armée incluant des Tartares, mais ce traité n'est pas encore signé ni publié. Les lettres de Bender signalent que les Bachas avancent vers le Danube avec leurs troupes, et que le Grand Seigneur doit rejoindre son armée. Les armées se préparent à entrer en campagne si la paix n'est pas conclue. En Russie, un détachement de quatre mille hommes, commandé par Rudzinski, s'est avancé et doit être rejoint par des troupes de Lituanie. Le palatin de Kiovie, suivi par le roi de Suède et une grande armée, est en marche. Les Turcs et les Tartares se préparent également à agir. Toutes ces nouvelles nécessitent confirmation. Par ailleurs, une inondation de l'Elbe a causé des dommages considérables dans l'Électorat de Saxe.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1077
p. 70-76
Nouvelles d'Allemagne.
Début :
Le départ de l'Archiduc pour aller en Hongrie a été [...]
Mots clefs :
Comte, Archiduc, Hongrie, Couronnement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Allemagne.
Nouvelles d'Allemagne.
Le départ de l'Archiduc
pour aller en Hongrie a
été fixé au 18. de May. 11
GALANT.
על
22
fera fon entrée à Prefbourg
le 19. & il fera couronné le
la ratifié tout ce que
Imperatrice fa Mere avoit
accordé aux Hongrois.
- LeComte Nicolas Illief
hafi a été confirmé dans la
Charge de Chancelier de la
Cour duRoyaume de Hongrie , qu'il avoit exercée
fous le feu Empereur Jo
feph. Ona envoyé plufieurs
Ingenieurs en Hongrie
pour faire reparer les pla
ces & faire de nouvelles
fortifications à celles qu'ils
jugeront en avoir befoin.
>
72 MERCURE
Les lettres de Presbourg,
portent que le Prince Ra
gotzi & le Comte Berzini
avoient fait délivrer à la
Diete une proteftation contre le couronnement de
L'Archiduc , à caufe que la!
depofition du feu Roy Jo
feph s'étoit faite à Onoth
du confentement de tous
les Etats du Royaume, &
que fi le couronnement ne
fe faifoit de la même ma
niere dans une Diete libre
il feroit abfolument nul...
L'Archiduc partit de cette ville le 18. il alla coucher
au
GALANT. 73
e
3
au château de Petronel, qui
appartient au Comte de
Traun. Il s'avança le 19. jufqu'à Vvolfftal , où il fut
complimenté de la part des
.3
Etats par le Comte Emerie
Czaki , Archevêque de Colocza , le Comte de Telekefi Evêque d'Agria , le
Comte Sigifmond Czaki ,
le ComteEftienne Budiani;
de la Table ou Chambre
haute des Etats , & par douze Deputez de la Table baf
fe. Al'entrée du Royaume
il rencontra le refte des Etats de Hongrie , qui , fuiJuin 1712.
G
74 MERCURE
vant l'ordre qu'il avoit donné , n'avoient point amené,
felon l'ancienne coûtume ,
leurs troupes armées avec
leurs Officiers , leurs timbales & leurs trompettes
de crainte qu'il ne ſe fit
quelque defordre. Il n'y avoit que le regiment de cavalerie de Rabutin. Aprés
avoir reçû leurs compli
mens , il monta à cheval ,
&traverfa le Danube fur le
pont debarques , gardépar
le regiment d'infanterie de
Neubourg. Il continua ſa
marche vers la ville , où les
GALANT 75
Magiftrats lui preſenterent
les clefs. Les Bourgeois ar
mez étoient rangez depuis
le pont jufqu'à la porte par
où l'on va au châteaur , ou
al entra au bruit d'une dé
charge de toute l'artillerie.
Il fut d'abord à la Chapelle,
oùl'on chanta le Te Deum.
Le 20. aprés que le Cardinal de Saze Zeits , Archevêque de Strigonie , et ce
kelebré la Meffe du Saint EL
ar
prit , il monta fur le Trône,
doù leComteIlleshafi , Chancelier de Hongrie , fit en
peu de. mots aux Etats du
G ij
76 MERCURE
Royaume les propofitions
de l'Archiduc aprés quoy
ce Prince remit entre les
mains du Cardinal Zeits un
paquet cacheté , où ces mêmes propofitions étoient
plus amplementexpliquées.
Le départ de l'Archiduc
pour aller en Hongrie a
été fixé au 18. de May. 11
GALANT.
על
22
fera fon entrée à Prefbourg
le 19. & il fera couronné le
la ratifié tout ce que
Imperatrice fa Mere avoit
accordé aux Hongrois.
- LeComte Nicolas Illief
hafi a été confirmé dans la
Charge de Chancelier de la
Cour duRoyaume de Hongrie , qu'il avoit exercée
fous le feu Empereur Jo
feph. Ona envoyé plufieurs
Ingenieurs en Hongrie
pour faire reparer les pla
ces & faire de nouvelles
fortifications à celles qu'ils
jugeront en avoir befoin.
>
72 MERCURE
Les lettres de Presbourg,
portent que le Prince Ra
gotzi & le Comte Berzini
avoient fait délivrer à la
Diete une proteftation contre le couronnement de
L'Archiduc , à caufe que la!
depofition du feu Roy Jo
feph s'étoit faite à Onoth
du confentement de tous
les Etats du Royaume, &
que fi le couronnement ne
fe faifoit de la même ma
niere dans une Diete libre
il feroit abfolument nul...
L'Archiduc partit de cette ville le 18. il alla coucher
au
GALANT. 73
e
3
au château de Petronel, qui
appartient au Comte de
Traun. Il s'avança le 19. jufqu'à Vvolfftal , où il fut
complimenté de la part des
.3
Etats par le Comte Emerie
Czaki , Archevêque de Colocza , le Comte de Telekefi Evêque d'Agria , le
Comte Sigifmond Czaki ,
le ComteEftienne Budiani;
de la Table ou Chambre
haute des Etats , & par douze Deputez de la Table baf
fe. Al'entrée du Royaume
il rencontra le refte des Etats de Hongrie , qui , fuiJuin 1712.
G
74 MERCURE
vant l'ordre qu'il avoit donné , n'avoient point amené,
felon l'ancienne coûtume ,
leurs troupes armées avec
leurs Officiers , leurs timbales & leurs trompettes
de crainte qu'il ne ſe fit
quelque defordre. Il n'y avoit que le regiment de cavalerie de Rabutin. Aprés
avoir reçû leurs compli
mens , il monta à cheval ,
&traverfa le Danube fur le
pont debarques , gardépar
le regiment d'infanterie de
Neubourg. Il continua ſa
marche vers la ville , où les
GALANT 75
Magiftrats lui preſenterent
les clefs. Les Bourgeois ar
mez étoient rangez depuis
le pont jufqu'à la porte par
où l'on va au châteaur , ou
al entra au bruit d'une dé
charge de toute l'artillerie.
Il fut d'abord à la Chapelle,
oùl'on chanta le Te Deum.
Le 20. aprés que le Cardinal de Saze Zeits , Archevêque de Strigonie , et ce
kelebré la Meffe du Saint EL
ar
prit , il monta fur le Trône,
doù leComteIlleshafi , Chancelier de Hongrie , fit en
peu de. mots aux Etats du
G ij
76 MERCURE
Royaume les propofitions
de l'Archiduc aprés quoy
ce Prince remit entre les
mains du Cardinal Zeits un
paquet cacheté , où ces mêmes propofitions étoient
plus amplementexpliquées.
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Résumé : Nouvelles d'Allemagne.
Le texte décrit les événements entourant le départ et le couronnement de l'Archiduc en Hongrie. Le départ de l'Archiduc a été fixé au 18 mai. Il a passé la nuit au château de Petronel, propriété du Comte de Traun, avant de continuer son voyage jusqu'à Vvolfftal, où il a été accueilli par des dignitaires religieux et politiques. À l'entrée du royaume, il a rencontré les États de Hongrie, qui n'avaient pas amené leurs troupes armées par crainte de désordre. L'Archiduc a ensuite traversé le Danube et est entré dans la ville, accueilli par les magistrats et les bourgeois armés. Le 20 mai, après une messe célébrée par le Cardinal de Saze Zeits, l'Archiduc a été couronné. Le Comte Illeshafi, Chancelier de Hongrie, a présenté les propositions de l'Archiduc aux États du royaume, détaillées dans un paquet cacheté remis au Cardinal Zeits. Le Comte Nicolas Illeshafi a été confirmé dans sa charge de Chancelier. Plusieurs ingénieurs ont été envoyés pour réparer et fortifier les places nécessaires. Les Princes Ragotzi et le Comte Berzini ont protesté contre le couronnement, estimant que la déposition du roi Joseph s'était faite avec le consentement de tous les États et que le couronnement devait se faire dans une Diète libre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1078
p. 76-80
Nouvelles d'Angleterre.
Début :
La Reine fait à present son sejour à Kensington, où [...]
Mots clefs :
Angleterre, Banque, Lettres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Angleterre.
Nouvelles d'Angleterre.
La Reine fait à preſent
fan feigurà Kenfington, où
leConfeilfe tiendra à l'avenir. Un des Commis de la
Banque ayant pris la fuite
avec des fommes confide.
rables , qui lui avoient éré
GALANT.
97
données pour les mettre à
la loterie , fur arrêtéàChef
ter , d'où il vouloit paffer
en Irlande : on la conduit.
àLondres pour lui faire fon
procés.
Lesbruits d'une paix pro
chaine ont fait monter les
actions de la Banque de
cent onze & trois quarts à
cent quatorze &un quart;
celles de la Compagnie des
Indes Orientales à cent dix
fept ; & celles de la Compagnie de la Mer du Sud à
foixante &feize & demi....
Les lettres d'Edimbourg,
1
Giij
78 MERCURE
portent quele Ducd'Athol,
Commiffaire de la Reine
y étoit arrivé pour prefider
à l'affemblée du Clergé d'E
coffe, dont il fit l'ouverture:
le 12. par undifcours fur ce
fujet , aprés avoir prefenté:
fa commiffion & une lettre
de Sa Majesté. Le Sieur Ha
milton,Profeffeur en Theo
logie , remerciadla Reine &
ce Seigneur au nom de l'af
femblée.
Le 24. May on proceda
au choix des fept Commif
faires -Examinateurs des
Dons de la Couronne , &
GALANT. 79
on élut à la pluralité des
voix les Sieurs Jean Hind
Cotton , Alexandre Mur
rey, Mylord Dovvn , Jean
Cholmley, Butteel, Levinz,
& le Chevalier Edmond
Bacon.
Le Comte de Strafford.
premier Plenipotentiaire
d'Angleterre , arriva le 26.
May aufoir de Hollande à
Londres. Le lendemain
accompagné du Sieur de
S. Jean , Secretaire d'Etat ,
il fut faluer la Reine , qui
la reçûtrés-favorablement.
Il a depuis affifté au Con1
Giiij
80 MERCURE
ſeil. On ne ſçait point le fu
jet de fon voyage , on croit
que c'eft pour recevoir de
nouvelles inftructions.
Les lettres de la Jamai
queportentqu'on avoit envoyé de cette Ifle à la Caroline quelques troupes re-.
glées , pour empêcher les
courfesdequelques Indiens
du Nordquiravagent cette:
Colonie.
La Reine fait à preſent
fan feigurà Kenfington, où
leConfeilfe tiendra à l'avenir. Un des Commis de la
Banque ayant pris la fuite
avec des fommes confide.
rables , qui lui avoient éré
GALANT.
97
données pour les mettre à
la loterie , fur arrêtéàChef
ter , d'où il vouloit paffer
en Irlande : on la conduit.
àLondres pour lui faire fon
procés.
Lesbruits d'une paix pro
chaine ont fait monter les
actions de la Banque de
cent onze & trois quarts à
cent quatorze &un quart;
celles de la Compagnie des
Indes Orientales à cent dix
fept ; & celles de la Compagnie de la Mer du Sud à
foixante &feize & demi....
Les lettres d'Edimbourg,
1
Giij
78 MERCURE
portent quele Ducd'Athol,
Commiffaire de la Reine
y étoit arrivé pour prefider
à l'affemblée du Clergé d'E
coffe, dont il fit l'ouverture:
le 12. par undifcours fur ce
fujet , aprés avoir prefenté:
fa commiffion & une lettre
de Sa Majesté. Le Sieur Ha
milton,Profeffeur en Theo
logie , remerciadla Reine &
ce Seigneur au nom de l'af
femblée.
Le 24. May on proceda
au choix des fept Commif
faires -Examinateurs des
Dons de la Couronne , &
GALANT. 79
on élut à la pluralité des
voix les Sieurs Jean Hind
Cotton , Alexandre Mur
rey, Mylord Dovvn , Jean
Cholmley, Butteel, Levinz,
& le Chevalier Edmond
Bacon.
Le Comte de Strafford.
premier Plenipotentiaire
d'Angleterre , arriva le 26.
May aufoir de Hollande à
Londres. Le lendemain
accompagné du Sieur de
S. Jean , Secretaire d'Etat ,
il fut faluer la Reine , qui
la reçûtrés-favorablement.
Il a depuis affifté au Con1
Giiij
80 MERCURE
ſeil. On ne ſçait point le fu
jet de fon voyage , on croit
que c'eft pour recevoir de
nouvelles inftructions.
Les lettres de la Jamai
queportentqu'on avoit envoyé de cette Ifle à la Caroline quelques troupes re-.
glées , pour empêcher les
courfesdequelques Indiens
du Nordquiravagent cette:
Colonie.
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Résumé : Nouvelles d'Angleterre.
En Angleterre, la Reine réside à Kensington, où le Conseil se tiendra dorénavant. Un employé de la Banque d'Angleterre, ayant fui avec des fonds de la loterie, a été arrêté à Chester et sera jugé à Londres. Les rumeurs de paix ont fait augmenter les actions de la Banque d'Angleterre, de la Compagnie des Indes Orientales et de la Compagnie de la Mer du Sud. En Écosse, le Duc d'Athol, commissaire de la Reine, a ouvert l'assemblée du Clergé d'Écosse le 12 mai. Le Professeur Hamilton a remercié la Reine et le Duc au nom de l'assemblée. Le 24 mai, sept commissaires-examinateurs des Dons de la Couronne ont été élus, incluant Jean Hind Cotton, Alexandre Murray, et Edmond Bacon. Le Comte de Strafford, premier Plénipotentiaire d'Angleterre, est arrivé à Londres le 26 mai depuis la Hollande, accompagné du Sieur de Saint-Jean. Ils ont été reçus favorablement par la Reine, et le Comte a assisté au Conseil. La raison de son voyage reste inconnue, mais on suppose qu'il s'agit de recevoir de nouvelles instructions. Par ailleurs, des troupes régulières ont été envoyées de Jamaïque à la Caroline pour prévenir les incursions de certains Indiens du Nord.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1079
p. 80-88
Nouvelle d'Espagne.
Début :
Le Roy a donné la Clef de Gentilhomme de la Chambre [...]
Mots clefs :
Général, Espagne, Roi, Gouverneur, Catalogne, Aragon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle d'Espagne.
Nouvelle d'Espagne.
Le Roy a donné la Clef
de Gentilhomme de la
GALANT 31
Chambre à Don Louis de
Caravajal Mexia & Cueva ,
en confideration de fes fervices , & de ceux de Don
Francifco Caravajah fon
pere..
Sa Majesté a auffi donné
la Charge de Confeiller au
Confeil de Caftille à Don
Franciſco de Arana , ci-devant Prefident de la Chan
cellerie de Valladolid.
La Charge de Gouver
neur & Capitaine general
de la nouvelle Biſcaye, dans
l'Amerique feptentrionale ,
à Don Gabriel Tinaguero
de la Efcalera,
82 MERCURE
Le regiment de Vallado
lid à DonNicolas Ceffar &
Gudiel , Chevalier de l'Ordre de Calatrava , ci-devant
Lieutenant- Colonel du regiment d'infanterie Elpagnole de Salamanque , qui
eft en Sicile.
Sa Majeſté a fait Colonel
d'un regiment nouvellement levé fur la frontiere
de Catalogne , le fils du
Comte de Herſel , Maré
chal de Camp & Commandant de Cervera.m
Le Pere Pantaleon Gar
cia , Provincial de la Pro
GALANT. 83
3
7.
vince d'Arragon , fut élû le
14. May General de l'Ordre
de la Mercy , dans le Chapitre tenu à Alcala , auquel
prefidoir le Cardinal del
Giudice Inquifiteur genepal.
On ' mande de Catalogne que Don Miguel Pons
ayant deffein d'enlever un
quartier des ennemis dans
la Conca de Trems , avoit
paffé la Noguera Ribagor
çana fur le pont de Suert
avec deux cent hommes ,
qu'il avoit été envelopé par
mille hommes de troupes
$4
MERCURE
reglées , & deux mille Mi
quelets , qui l'avoient bleffe
& pris aprés s'être vigou
reuſement défendu.
Les lettres de Perpignan
portent que les troupes que
le General Staremberg a
voit envoyées vers le Lam
pourdan , n'ont rien entre
pris.
On mande d'Arragon
que les Miquelets & les vo
lontaires s'étant avancez
pour s'emparer du pont de
Suert fur la Noguera Riba.
gorçana ont été défaits par
Don Patricia Laules , Ma
GALANT.
יב
a
1
70
12
גר
21
réchal de Camp Irlandois ;
qu'un grand nombre avoit
été tué , & foixante faits
prifonniers , parmi lesquels
étoit leur Commandant
Don Jofeph Iniquez d'Abarca , à qui l'Archiduc a
voit donné le titre de Marquis de las Navas , le Chef
des volontaires , appellé
Bravo , & quelques autres
Officiers. On a pris aux environs de Cervera trentefix volontaires , qui ont été
conduits à Lerida. :
On écrit de Tortofe , que
le Duc de Vendôme y eſt
›
86 MERCURE
arrivé , où il donne les or
dresneceffaires pour ſe mettre encampagne. L'on continue d'envoyer en cette ville-là & à Vinaros dės pro
vifions , des habits pour les
, & des felles pour
les chevaux. !
Onmande des frontieres
de Catalogne, qu'on avoit
prefque achevé de prati
quer un chemin commode
le long de l'Ebro , depuis
Mequinença jufqu'à Tortofe: les ennemis s'étant affemblez de ce côté- là pour
interrompre cet ouvrage ,
GALANT. 87
ont été repouffez par le
Comte de Muret Lieutenant general.
Les lettres d'Eftremadure
portent que le Marquis de
Bay avoit affemblé au voifinage de Badajoz fon armée de quatorze mille fantaffins , & de plus de fept
mille chevaux, qu'il devoit
dans peufe mettre en campagne , qu'il avoit fait un
detachement pour obferver les Portugais qui marchoient des frontieres de
Leon & de Galice , pour
joindre leur armée, qui s'af
88 MERCURE
•
fembloit aux environs d'E
tremoz. Les dernieres lettres d'Eftremadure affurent
que le Marquis de Bay s'ëtoit mis en marche le 20.
May avec toute fon armée
&un grand train d'artillerie pour paffer la riviere de
Caya, & aller camper à la
Fuente de los Zapateros en
Portugal.
Le Roy a donné la Clef
de Gentilhomme de la
GALANT 31
Chambre à Don Louis de
Caravajal Mexia & Cueva ,
en confideration de fes fervices , & de ceux de Don
Francifco Caravajah fon
pere..
Sa Majesté a auffi donné
la Charge de Confeiller au
Confeil de Caftille à Don
Franciſco de Arana , ci-devant Prefident de la Chan
cellerie de Valladolid.
La Charge de Gouver
neur & Capitaine general
de la nouvelle Biſcaye, dans
l'Amerique feptentrionale ,
à Don Gabriel Tinaguero
de la Efcalera,
82 MERCURE
Le regiment de Vallado
lid à DonNicolas Ceffar &
Gudiel , Chevalier de l'Ordre de Calatrava , ci-devant
Lieutenant- Colonel du regiment d'infanterie Elpagnole de Salamanque , qui
eft en Sicile.
Sa Majeſté a fait Colonel
d'un regiment nouvellement levé fur la frontiere
de Catalogne , le fils du
Comte de Herſel , Maré
chal de Camp & Commandant de Cervera.m
Le Pere Pantaleon Gar
cia , Provincial de la Pro
GALANT. 83
3
7.
vince d'Arragon , fut élû le
14. May General de l'Ordre
de la Mercy , dans le Chapitre tenu à Alcala , auquel
prefidoir le Cardinal del
Giudice Inquifiteur genepal.
On ' mande de Catalogne que Don Miguel Pons
ayant deffein d'enlever un
quartier des ennemis dans
la Conca de Trems , avoit
paffé la Noguera Ribagor
çana fur le pont de Suert
avec deux cent hommes ,
qu'il avoit été envelopé par
mille hommes de troupes
$4
MERCURE
reglées , & deux mille Mi
quelets , qui l'avoient bleffe
& pris aprés s'être vigou
reuſement défendu.
Les lettres de Perpignan
portent que les troupes que
le General Staremberg a
voit envoyées vers le Lam
pourdan , n'ont rien entre
pris.
On mande d'Arragon
que les Miquelets & les vo
lontaires s'étant avancez
pour s'emparer du pont de
Suert fur la Noguera Riba.
gorçana ont été défaits par
Don Patricia Laules , Ma
GALANT.
יב
a
1
70
12
גר
21
réchal de Camp Irlandois ;
qu'un grand nombre avoit
été tué , & foixante faits
prifonniers , parmi lesquels
étoit leur Commandant
Don Jofeph Iniquez d'Abarca , à qui l'Archiduc a
voit donné le titre de Marquis de las Navas , le Chef
des volontaires , appellé
Bravo , & quelques autres
Officiers. On a pris aux environs de Cervera trentefix volontaires , qui ont été
conduits à Lerida. :
On écrit de Tortofe , que
le Duc de Vendôme y eſt
›
86 MERCURE
arrivé , où il donne les or
dresneceffaires pour ſe mettre encampagne. L'on continue d'envoyer en cette ville-là & à Vinaros dės pro
vifions , des habits pour les
, & des felles pour
les chevaux. !
Onmande des frontieres
de Catalogne, qu'on avoit
prefque achevé de prati
quer un chemin commode
le long de l'Ebro , depuis
Mequinença jufqu'à Tortofe: les ennemis s'étant affemblez de ce côté- là pour
interrompre cet ouvrage ,
GALANT. 87
ont été repouffez par le
Comte de Muret Lieutenant general.
Les lettres d'Eftremadure
portent que le Marquis de
Bay avoit affemblé au voifinage de Badajoz fon armée de quatorze mille fantaffins , & de plus de fept
mille chevaux, qu'il devoit
dans peufe mettre en campagne , qu'il avoit fait un
detachement pour obferver les Portugais qui marchoient des frontieres de
Leon & de Galice , pour
joindre leur armée, qui s'af
88 MERCURE
•
fembloit aux environs d'E
tremoz. Les dernieres lettres d'Eftremadure affurent
que le Marquis de Bay s'ëtoit mis en marche le 20.
May avec toute fon armée
&un grand train d'artillerie pour paffer la riviere de
Caya, & aller camper à la
Fuente de los Zapateros en
Portugal.
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Résumé : Nouvelle d'Espagne.
Le texte relate diverses nominations et événements militaires en Espagne et en Amérique du Nord. Le roi a décerné la clé de Gentilhomme de la Chambre à Don Louis de Caravajal Mexia & Cueva, en reconnaissance des services rendus par lui et son père. Don Francisco de Arana a été nommé Conseiller au Conseil de Castille, ancien Président de la Chancellerie de Valladolid. Don Gabriel Tinaguero de la Escalera a été désigné Gouverneur et Capitaine général de la Nouvelle-Biscaye. Le régiment de Valladolid a été confié à Don Nicolás Ceffar & Gudiel, Chevalier de l'Ordre de Calatrava. Le fils du Comte de Hersel a été promu Colonel d'un régiment nouvellement levé en Catalogne. En Aragon, le Père Pantaleon Garcia a été élu Général de l'Ordre de la Mercy. En Catalogne, Don Miguel Pons a été capturé lors d'une tentative de prise d'un quartier ennemi. Les troupes du Général Staremberg n'ont pas entrepris d'action vers le Lampourdan. En Aragon, les Miquelets et volontaires ont été défaits par Don Patricia Laules. Trente-six volontaires ont été capturés près de Cervera. À Tortose, le Duc de Vendôme a donné des ordres pour se mettre en campagne. Des provisions continuent d'être envoyées à Tortose et Vinaros. Un chemin le long de l'Ebro a été presque achevé malgré les tentatives ennemies. En Estrémadure, le Marquis de Bay a rassemblé une armée près de Badajoz et a observé les Portugais se déplacer vers Estrémoz. Le Marquis de Bay s'est mis en marche le 20 mai avec son armée pour traverser la rivière de Caya.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1080
p. 88-90
Nouvelles d'Utrecht.
Début :
Il ne s'est point tenu de conference generale des Plenipotentiaires, [...]
Mots clefs :
Plénipotentiaires, Conférence, Utrecht, Angleterre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Utrecht.
Nouvelles d'Utrecht.
uvelles
Il ne s'eft point tenu de
conference generale des
Plenipotentiaires ; on ne
fçait pas même quand il y
en
GALANT 89
erraura : par confequenton
ne peut rien dire de nouveau, finon que les Pleni
potentiaires des Alliez vont
trés- fouvent à la Haye pour
conferer entr'eux & avec
les Etats Generaux..
Le Comte de Maffey ,
Plenipotentiaire de Savoye,
reçut le 25. May un courier
du Duc fon Maître. Heut
une longue conference a--
vec les Plenipotentiaires de
France & d'Angleterre : le
lendemain il partit pour
Londres , fans qu'on fçache
le fijer de fon voyagevol ul
Juin 17122 H
E
MERCURE
Onmande d'Utrecht que
l'Evêque de Briftol , Pleni
potentiaire d'Angleterre ,
avoir declaré qu'il étoit
temps depenfer de donner
la paix à toute l'Europe , &
non pas à former de nou
yelles entrepriſes pour la
continuation de la guerre.
uvelles
Il ne s'eft point tenu de
conference generale des
Plenipotentiaires ; on ne
fçait pas même quand il y
en
GALANT 89
erraura : par confequenton
ne peut rien dire de nouveau, finon que les Pleni
potentiaires des Alliez vont
trés- fouvent à la Haye pour
conferer entr'eux & avec
les Etats Generaux..
Le Comte de Maffey ,
Plenipotentiaire de Savoye,
reçut le 25. May un courier
du Duc fon Maître. Heut
une longue conference a--
vec les Plenipotentiaires de
France & d'Angleterre : le
lendemain il partit pour
Londres , fans qu'on fçache
le fijer de fon voyagevol ul
Juin 17122 H
E
MERCURE
Onmande d'Utrecht que
l'Evêque de Briftol , Pleni
potentiaire d'Angleterre ,
avoir declaré qu'il étoit
temps depenfer de donner
la paix à toute l'Europe , &
non pas à former de nou
yelles entrepriſes pour la
continuation de la guerre.
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Résumé : Nouvelles d'Utrecht.
En 1712 à Utrecht, aucune conférence générale des plénipotentiaires n'a eu lieu. Les plénipotentiaires des Alliés se réunissent fréquemment à La Haye. Le Comte de Maffey, plénipotentiaire de Savoie, a reçu un courrier du Duc de Savoie et a conféré avec les plénipotentiaires de France et d'Angleterre avant de partir pour Londres. L'Évêque de Bristol a appelé à la paix en Europe.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1081
p. 90-93
Nouvelles de Flandres.
Début :
L'armée des alliez passa le 26. May l'Escaut su [...]
Mots clefs :
Flandres, L'Escaut, Armée
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Flandres.
Nouvelles de Flandres.
L'armée des alliez paffa
le 26. May l'Escaut fur plu
fieurs ponts au-deffous de
Bouchain , & fut camper
le long de la Selle , qu'elle
GALANT. 91
pre
faiffa derriere elle. La partie que commande le Prince Eugene mit fa droite à
Noyelle , & fa gauche au
Saulfoy. Le quartier general de ce Prince étoit à HaCelle que commande:
le Duc d'Ormond avoit fa
droite prés du Saulfoy , &
fa gauche à Briatre , à trois
lieues del'armée de France
Le quartiergeneral du Duc
Ormond étoit à Solemes.
On s'attendoit qu'elle continueroit fa marche pour
faire quelque entreprife.
Larmée de France étoit
a
Hij
92 MERCURE
toûjours campée le long de
l'Efcaut , fa droite vers le
Catelet, & la gauche vers :
Cambray. Elle fut jointe le
26. May par treize batail
lons venus d'Allemagne
avec fix efcadrons de dra..
gons & trois de cavalerie ,
tous bien montez & entrés,
bon état. Le Maréchal de
Villars fait garder les paf
fages de la Scarpe , de la
Senfée & de l'Efcaut. Les
garnifons de Condé &
de Valenciennes font des
courſes continuelles qui incommodent fort les enne,
GALANT.
.93
S
mis ; ce qui les oblige à
avoir des corps confidera,
bles entre l'Escaut & la
Scarpe pour couvrir leurs
convois.c
L'armée des alliez paffa
le 26. May l'Escaut fur plu
fieurs ponts au-deffous de
Bouchain , & fut camper
le long de la Selle , qu'elle
GALANT. 91
pre
faiffa derriere elle. La partie que commande le Prince Eugene mit fa droite à
Noyelle , & fa gauche au
Saulfoy. Le quartier general de ce Prince étoit à HaCelle que commande:
le Duc d'Ormond avoit fa
droite prés du Saulfoy , &
fa gauche à Briatre , à trois
lieues del'armée de France
Le quartiergeneral du Duc
Ormond étoit à Solemes.
On s'attendoit qu'elle continueroit fa marche pour
faire quelque entreprife.
Larmée de France étoit
a
Hij
92 MERCURE
toûjours campée le long de
l'Efcaut , fa droite vers le
Catelet, & la gauche vers :
Cambray. Elle fut jointe le
26. May par treize batail
lons venus d'Allemagne
avec fix efcadrons de dra..
gons & trois de cavalerie ,
tous bien montez & entrés,
bon état. Le Maréchal de
Villars fait garder les paf
fages de la Scarpe , de la
Senfée & de l'Efcaut. Les
garnifons de Condé &
de Valenciennes font des
courſes continuelles qui incommodent fort les enne,
GALANT.
.93
S
mis ; ce qui les oblige à
avoir des corps confidera,
bles entre l'Escaut & la
Scarpe pour couvrir leurs
convois.c
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Résumé : Nouvelles de Flandres.
Le 26 mai, les armées alliées traversent l'Escaut et s'installent le long de la Selle. L'armée commandée par le Prince Eugène a sa droite à Noyelle et sa gauche à Saulfoy, avec son quartier général à Hacqueville. Le Duc d'Ormond, avec sa droite près de Saulfoy et sa gauche à Briastre, a son quartier général à Solemes. Les alliés prévoient de continuer leur avancée pour entreprendre une action. L'armée française, toujours positionnée le long de l'Escaut, est renforcée par treize bataillons d'Allemagne, six escadrons de dragons et trois de cavalerie. Le Maréchal de Villars assure la garde des passages de la Scarpe, de la Sensée et de l'Escaut. Les garnisons de Condé et de Valenciennes effectuent des sorties continues, obligeant les alliés à placer des corps importants entre l'Escaut et la Scarpe pour protéger leurs convois.
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1082
p. 93-95
Lettre de l'Isle du 11. Juin 1712.
Début :
Il est trés-certain que l'Evêque de Bristol a signifié [...]
Mots clefs :
Lisle, Siège, Bataillons, Canoniers
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texteReconnaissance textuelle : Lettre de l'Isle du 11. Juin 1712.
Listure de l'Ile du 11. fuim
Ileft trés- certain que
l'Evêque de Briſtol a ſigni,
fiéaux Ambaffadeurs alliez,
quela Reine fouhaitoit fai,
re la paix avec le Roy , &
que Meffieurs les Hautes
Puiffances pouvoiententre
tenir à leurs propres frais les
94 MERCURE
troupes qui étoient à leurs
communes foldes. L'on at
tend aujourd'hui Meffieurs
Hop & Vveleres pour ac
commoder cette affaire.
Les Etats Generaux ont
convoqué une affemblée ,
où fe trouveront deux deputez de chaque de leurs
Provinces , pour voir le parti qu'ils avoient à prendre
dans cette occurrence de
temps.
*
omp
Le fiege du Quefnoy fe
fera par provifion : ce fera
Mule Baron de Fagel qui
lecommençera, c'eft le me
GALANT 95
e
me qui a pris Bouchain. Si
cette petite place ne fe défend point bien , ce ne fera
point faute de troupes ; il
y a dix bataillons , un regi-
: mentde dragons , une compagnie de canoniers , une
demineurs, & unefranche.
On ne fçait point comment
cette place peut contenir
tant de monde. M. le Prince Eugene doit aller faire
un tour à la Haye.
Ileft trés- certain que
l'Evêque de Briſtol a ſigni,
fiéaux Ambaffadeurs alliez,
quela Reine fouhaitoit fai,
re la paix avec le Roy , &
que Meffieurs les Hautes
Puiffances pouvoiententre
tenir à leurs propres frais les
94 MERCURE
troupes qui étoient à leurs
communes foldes. L'on at
tend aujourd'hui Meffieurs
Hop & Vveleres pour ac
commoder cette affaire.
Les Etats Generaux ont
convoqué une affemblée ,
où fe trouveront deux deputez de chaque de leurs
Provinces , pour voir le parti qu'ils avoient à prendre
dans cette occurrence de
temps.
*
omp
Le fiege du Quefnoy fe
fera par provifion : ce fera
Mule Baron de Fagel qui
lecommençera, c'eft le me
GALANT 95
e
me qui a pris Bouchain. Si
cette petite place ne fe défend point bien , ce ne fera
point faute de troupes ; il
y a dix bataillons , un regi-
: mentde dragons , une compagnie de canoniers , une
demineurs, & unefranche.
On ne fçait point comment
cette place peut contenir
tant de monde. M. le Prince Eugene doit aller faire
un tour à la Haye.
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Résumé : Lettre de l'Isle du 11. Juin 1712.
Le texte décrit plusieurs événements politiques et militaires. L'évêque de Bristol a informé les ambassadeurs alliés que la reine souhaite négocier la paix avec le roi et que les Hautes Puissances peuvent financer les troupes sur leurs territoires communs. Les États Généraux ont convoqué une assemblée avec deux députés par province pour discuter de la situation actuelle. Le baron de Fagel dirigera le siège du Quesnoy, une place forte bien défendue avec dix bataillons, un régiment de dragons, une compagnie de canonniers, des démineurs et une franche. Le prince Eugène doit se rendre à La Haye.
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1083
p. 121-151
RELATION envoyée à Monsieur le Comte de Pontchartrin.
Début :
Ayant eu le malheur d'estre du nombre de ceux qui [...]
Mots clefs :
Portugais, Troupes, Rio de Janeiro, Monsieur du Clerc, Bataille, Magasins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION envoyée à Monsieur le Comte de Pontchartrin.
RELATIO N
envoyée à Monfieur
Le Comte de Pontchartrin.
MONSEIGNEUR,
A
I
Yant eu le malheur
d'eftre du nombre de
ceux qui ont efté faits prifonniers dans la defcente de
Mr du Clerc à Rio deJaneiro ; je crois qu'il eft de
mon devoir de rendre
Juin 1712.
L •
122 MERCURE
compte à Voftre Grandeur
de mon retour en France
auffi bien que de ce qui
s'eft paffé de plus remarquable dans cette occafion.
Le Samedy 6 Aouſt
1710. On commença à voir
la terre à huit heures du
matin , d'un vent affez frais .
on n'eut pas courru deffus
trois heures , qu'on découvrit le pain de fucre; c'est
une Montagne fort élevéc
qui eft à l'entrée de la Baye
de Rio de Janeiro , & qui
fert de marque pour la ret
connoiftre : elle cft ainfi
GALANT. 123
nommée à caufe de fa
figure.
.
Amidy le Commandant
fit fon fignal, pour apelles
rousles Gardes de la Marine,
& tous les Grenadiers de
l'Eſcadre à fon bord, afin
d'entrer ce jour- là nean
moinsil étoit déja 3 heures
qu'on eftoit encore à plus
d'une lieuë de l'entrée : ainfi
on pritleparti de moüiller,
pour ne pas s'engager la
nuit dans un pays qu'on ne
connoift pas.
La Brife que l'on s'étoit
flatté d'avoir le lendemain
Lij
114 MERGURE
huit heures du matin , ne
commença qu'à deux heures
aprés midy, on leva d'abord l'Ancre pour en pro
fiter , & chacun étant bien
difpofé par l'ordre que tous
avoient receu de Mr du
Clerc de fe tenir prefts à
faire la defcente, nous nous
preſentâmes à la Barre de
Rio de Janeiro pour entrer
dans le Port avecdes Navires
du Roy, le Dimanche 17
Aouft 1710. entre trois &
quatre heures du foir; mais
le vent nous ayant manqué,
Tout à coup, dés que nous
GALANT 125
fumes à l'abry des terres, on
fut contraint de mouiller à
une grande portée de canon
du grand Fort de S, Croix
Nous n'eumes pas pluſtoſt
jetté l'Ancre, qu'il le pre5 fenta une Soumaque , petit
Baftiment venant de la Baye
de tous les Saints , qui në
balança point d'entrer fur
la foy de nos Pavillons An
glois , qu'elle nous vit à
tous : mais Mr du Clerc
jugea à propos de l'arrefter,
en paffant, afin de tirer s'il
fe pouvoit quelque éclaircif.
fement pour fon entreprife,
A
Liij
126 MERCURE
Le grand Fort , qui depuis
que nous étions moüillez ,
paroiffoit fufpendre fon jugement, & nefçavoir encore
fi nous cftions amis on ennemis , ne douta plus que
nous ne fuflions François ,
lorfquil vit arrefter le petit
Baſtiment. Il commença
déflors à tirer du canon fur
les Vaiffeaux, ce qui étoit
affez mal fervi , mettant une
intervalle confiderable entre chaque coup qu'il tiroits
enfin lorfque la nuit furvint,
& qu'il fut obligé de ceffer ,
il n'avoit pas tiré plus de
GALANT 127
1
quinze ou vinge coups de
canon qui n'avoient incommodé aucun Navire.
Mr du Clerc aprés avoir
interrogé les Portuguais
qu'il venoit de prendre, af
fembla pendant la nuit le
confeil de fes Officiers pour
fçavoir ce qu'il étoit le plus
à propos de faire , quoyque
fon avis fut de faire la def
cente cette nuit meſme qui
étoit fort obfcure , & trespropre à favorifer l'entreprife , les Chaloupes pouvant paffer à la faveur des
tenebres devant tous les
1
Liiij
128 MERCURE
Forts fans avoir rien à crain
dre,cequiauroit fans doute
furpris les ennemis qui ne
pourroient pas encore eftre
rous raffemblez , il fut ce
pendant refolu de l'avis de
fon confeil d'aller à l'IfleGrande fe rafraichir , &
qu'enfuite on iroit furpren
dre la Ville , par terre.
Il fit embarquer rout fon
monde dans les deux Fregat
tes, la Diane & l'Attalante;
* C'eft une Iſle qui eft à zo lieues
de Rio de Janeiro , où les Vaiffeaux
ont coûtume d'aller faire de l'Eau ,
& du Bois.
GALANT 125
qu'il choifir pour le tranft
port des Troupes , & ceux
qui ne purene y trouver
place fuivirent dans les Cha
loupes , & dans deux Bri
gantins.
Les trois Vaiffeaux du
Roy , l'Oriflame , la Valeur
&la Venus, refterent à l'IleGrande , fous le comman
dement de Mr de Champagnu , Lieutenant de Vaif.
feaux; & nous en partîmes
dans l'ordre que je viens de
dire le Samedy 6. Septembre, fous la conduite de
trois Noirs qui s'étant écha
M
130 MERCURE
"T
pez de la maifon de leur
Maiftres , s'étoient venus
rendre à Mr du Clerc: ils
affuroient qu'il n'y avoit à
Ja Ville que cinq à fix cens
hommes de Troupes à
combattre , & s'offrirent de
nous y conduire par terre
fans aucun obftacle.
Nousmines pied à terre
un petit Village, à douze
ou quinze lieues de Rio de
Jineiro , ce fut là que nous
scommençames la deſcenté,
Je Dimanche au foir 14. du
mois, &le Lundy matin le
refte des Troupes étant auffi
i
GALANT. 131
S
FAD
3
#
deſcendu , nous marchâmes
droit à la Ville , au nombre
de prés dehuiccens hommes
fur la bonne foy des trois
Noirs qui nous y conduifi,
fent. 20 N
Les trois premiers jours
de marche ne furent trou
blez par aucun ennemy,
ayant trouvé dans les Campagnes toutes les habita
tions defertes ; foit que les
habitans fe fuffent retirez à
la Ville comme dans un lieude feureté, foit qu'ils s'y
fuffent affemblez pour la
mieux deffendre , mais le
132 MERGURE
quatrième jour qui fut le
Jeudy 18. du mefme mois
étant arrivez avec beaucoup
de peine fur le fommet
d'une Montagne fort éle véc, peu de temps avant
midy nous y trouvâmes un
abbatis d'arbres confidera
ble, ce qui barroit entiere
ment tout le chemin , qui
étoit de luy mefme fort
étroit , mais nous étant aperceus qu'il n'y avoit perfonne derriere qui s'oppoſat
à noftre paffage , comme
nous l'avions crû d'abord ,
nousnousenfimes bien toft
GALANT. 133
un autre dans le bois à la
faveur des haches d'armes
L'aprés
que portoit la Compagnie
des Canonniers.
midy environ les deux
heures à peine la moitié des
Troupes avoit defcendu la
Montagne que la Compa
gnie des Gardes de la Marine
marchoit à la tefte fut falüée
5 de quelques coups de fuzils
qui partirent in opinement
du Bois dont , trois Gardes
de la Marine furent bleſſez
fans qu'on pût découvrir
cenx qui les venoient de
tirer. L'on fit grand feu fur
# 34 MERCURE
Pendroit d'où on avoit veu
fortir celuy des ennemis , &
l'on doubla le pas pour
pouvoir pluftaft trouver la
fin du Bois qui avoit encore
demie- lieue , & où l'on ne
pouvoit marcher au plus
que deux depfront: les
Troupes qui fuivirent ef
fuyerent encore plufieurs
coups de fuzils , dont il n'y
eut cependant que deux
Soldats bleffez , car les déb
charges continuelles que
l'on faifoit à droit & à la
gauche, par tout où l'on
paffoit , impoferent biens
GALANT. 135
toft filence à ceux qui
étoient cachez , & les ren-.
dirent bien plus mal adroits
à tirer qu'ils n'avoient eſté
dens fe commencement, ou
ils choifirent leurs objets
fans qu'on fe deffiat d'eux.
Erantenfin arrivez, caw
deboucher , &n'ayant point
trouvé d'ennemis qui nous
difputaffent l'entrée dans la
Plaine , nous nous y mîmes
en bataille à mefurd que
nous fortions du Bois , &
nous marchâmes roûjours
en bon ordre , autant que
les chemins & les lieux par
136 MERCURE
où nous paffames enfuite
nous le peurent permettre.
Sur le foir le Soleil étant
preft de fe coucher , on
apperceut de loin une Compagnie de Cavalerie qui
fembloit nous attendre dans
une grande prairie prés
d'une des maiſon des Je
fuites , qui eft à une grande
demie lieuë de la Ville : l'on
marcha droit à elle croyant
que les Portuguais avoient
toutes leurs forces prés de
cet endroit à deffein de
nous combattre ; mais
voyant ces Cavaliers ſe reM
i
GALANT. 137
tirer à mesure que nous
avancions, on jugea bien
qu'ils étoient là pour nous
obferver feulement , & non
pas pour nous engager à au.
cune affaire. Mr du Clerc
ayant jugé àpropos de faire
prendre quelque repos aux
Troupes qui étoient extre
mement fatiguées , l'on s'ar
3 refta à cette maifon des Jfuires , & l'on y paffà la
nuit.
Le lendemain toutes les
Troupes furent en bataille
à la pointe dujour, & aprés
les Prieres accoutumées on
Juin 1712 M
138 MERCURE
fe miten marche . La Com
pagnie de Cavalerie Portugaife que nousavions veuë le
Loir, fembloit nous vouloir
enfeigner les chemins qui
conduifoient à la ville &
marcha longtemps devant
nous à grande portée de canon, nous obfervant toû
jours à veuëde, moment en
moment, ilfe détachoit un
Cavalier d'entr'eux pour aller annoncer au Gouverneur
notreaproche , &l'informer
autant qu'ils en pourroient
juger du nombre que nous
étions, & des routes par lef
GALANT. 139
1
I
quelles nous marchions à lui.
Mr du Clerc ayant veu
fur une hauteur une Eglife ,
nommée Notre- Dame des
Elton , où il aprit que les
ennemis étoient retranchez,
y enuoya deux Compagnies
de Grenadiers qui s'en rendirent bien-toft Maitres
malgré le grand nombre
de ceux qui la gardoient
la plupart des Portuguais ,
s'en étant enfuys dans le
Bois aprés leur premiere
décharge ; ceux qui refterent
furent faits prifonniers. On
apprit depuis qu'ils y étoient
Mij-
140 MERCURE
retranchez, au nombre de
deux cens hommes ; onper
dit dans cette action un
Capitaine de Grenadiers , &
cinq ou fix Soldats qui y
furent tuez.
Un gros de Portugais
étant fortis de la Ville , ils
parurent le longde quelques
arcades qui n'en font qu'à
demic portée du fuzil , &
firent mine d'en vouloir
difputer l'entrée à nos
Troupes qui s'avançoient à
grands pas ; mais ils ne fou
tinrent pas long temps la
furcur Françoife; car ils
"1
GALANT 147.
1
lacherent le pied aprés leur
feconde décharge , & ren.
trerent auffi-toft en defor
dre.
Jamais Troupes ne montrerent un courage plus in
trepide que ceux qui fuivi
rent Mr du Clerc dans cette
•
entrepife ; malgré le feu
continuel des ennemis qui
faifoit tomber nos gens de
rous coſtez, ayant du monde
caché dans tous les endroits "
par où nous paffions nous
entrâmes dans la Ville avec
autant d'ardeur & d'audace
que fi le peril n'eut pas efte
142 MERCURE
pour nous, & que nous
fuffions venus dans nos propres maifons; toutfuyoit devant nous par tout où nous
nous prefentions : Cependant nous n'y marchames
pas longtemps fans êrre fort
incommodez du feu qui
nous venoit des coins de ruës
dont nos gens étoient affaf,
finez fans que nous viffions
perfonne , contre qui nous
puiffions prendre noftre revanche. Dans cette fituation
on crut devoir chercher
quelque endroit favorable
pour le mettre à couvert,
2
GALANT. 43
1
& où l'on ſe pût retrancher,
ce ne fut pas fans peine , &
fans qu'il en coûtat beaucoup, que Mr du Clerc fe
rendit Maiſtre d'un Magaſin
àfucre proche de la Merque
l'on nommele Trepiche , &
où il y avoit quantité de
Portugais retranchez qu'il
fallut forcer , on y trouva
quatre pieces de canon avec
lefquels onfit bonfeu ; mais
ne s'y érant rencontré que
fort peu de munitions , on
ne s'en pût pas fervir long
temps.at
Pendant que ces chofes
144 MERCURE
fe paffoient dans la Ville ; la
Compagnie des Canonniers
qui avoient refté derriere ,
fe trouvant féparée du gros
des Troupes; parce qu'elle
n'avoit pas pû fuivre, tomba entreles mains des ennemis, qui aprés leur avoir
fait mettre bas les armes en
་
leur promettant bon quar
tier ; par la plus lâche per
fidic , dont on ait guère
vû d'exemple , furent affez
barbares pour leur arracher
à tous la vie. Ils en firent
un horrible carnage & leur
firent fouffrir les tourmens
less
GALANT 145
les plus rigoureux que leur
eruauté leur pûr faire
inventer.
En ce moment quelques
Officiers bleffez du nombre
: defquels étoit Mr de Ruys
Lieutenant de Vailleaux
Commandant de la Colon.
nelle, s'étant retitez dans
une maison pour le faire
pånfer , y furent furpris par
les Portugais , & furent em
menez prifonniers dans une
Chapelle qui eft au dehors
de la Ville nommée Noftre
Damedu Rozaire, oùétoient
les autres François que l'or
Juin 1712.
N
1
46 MERGURE
avoit arreltez. Le Gouver
neur y vint auffi toft avec
quantité d'Officiers Portugais ; il interrogea ces nouyeaux priſonniers avec le
moins de douceur qu'il luy
fur poffible. Enfin apres
bien des façons , les Officiers
François pour éviter le fuplice de la mort, dont on
les menaçoit, furent obligez
dedéclarer que le nombrede
Troupes qui étoient defcendues à terre étoit d'environ
huit cens hommes, le Gouverneur s'étant fait rendre
compte des morts à peu
M
GALANT 47
prés autant que l'on en pourroit juger , & de tous les
prifonniers qu'il avoit déja
faits , n'eut pasde peine à
deviner que le nombre de
ceux qui étoient encore avec Mr du Clerc ne pouvoit
pas eftre bien confiderable
alors 7 ou 8 mille hommes
de Troupes Portugaifes
& qui n'avoient pas ofez
venir à noftre rencontre
pour nous empefcher d'entrer dans leut Ville ', commencerent à fe fentir quelque courage.
Mais ne fe confiants pas
Nij
148 MERCURE
encore tout à fait à ce qu'ils,
venoient d'entendre de la
bouche des prifonniers; le
Gouverneur engagea Mr de
Ruys d'écrire à Mr du
Clerc , pour luy aprendre,
combien les forces Portu
gaifes étoient confiderables , & pour le foliciter de
fe rendre.
Mr du Clerc répondit
qu'il avoit encore de la poudre & des balles , & que
tandis qu'elles dureroient ,
il ne fe rendroit point; cependant il n'étoit point fans
affaires & fans embarras
GALANT. 149
dans le Trepiche depuis que
nous l'y avions laiffe , étant
obligé d'effuyer le feu continuel de deux Fregattes qui
s'étant avancées fort prés du
Magafin où nous étions ,
firent de grandes bréches ,
à l'aide de leur canon qu'elles
tiroient fans ceffe , & qui
nousfaifoit perdre toûjours
du monde, & en incommodoit beaucoup par les éclats.
Fevvous pafferay icy un long
détail d'une defenfe qui coûta
aux Portugais dixfoldats pour
un des noſtres ; mais ils
eftoient encore en trop grand
"
N iij
150 MERCURE
nombre pour leur reſiſter. On
leur fit pourtant fignifier qu'on
alloitfortirfur euxlabayonette
au bout dufufil, ce qu'ils crait
gnirent tant qu'ils firent une
Capitulation tres-vantageufe:
mais ils la rompirent enfuite
avec une perfidie dont il n'y a
jamais eu d'exemples , en fai
fans fauffrir avec des crùautez
inoüies à leurs Prifonniers tous
les indignitez
C
Les tourmens
imaginables.
Voila en peu de mors
ane legere peinture de ce
qui s'eſt paſſé à Rio de Janeiro entre les François &
GALANT 156
les Portugais , le Vendredy
19. Septembre 17.no) val
Cette action qui dura
depuis les dix heures du matin , jufqu'à cinq heures du
foir , à été de plus chaudes ,
& des plus fanglantes done
on ait our parler, depuis
fort longtemps : il refta
deux cens hommes de tuez
fur la place , huic Officiers
Be trois Gardesde la Marine ;
deux cens autres furent
Bleffez , avec quinze Officiers & deux Gardes de la
Marine.
envoyée à Monfieur
Le Comte de Pontchartrin.
MONSEIGNEUR,
A
I
Yant eu le malheur
d'eftre du nombre de
ceux qui ont efté faits prifonniers dans la defcente de
Mr du Clerc à Rio deJaneiro ; je crois qu'il eft de
mon devoir de rendre
Juin 1712.
L •
122 MERCURE
compte à Voftre Grandeur
de mon retour en France
auffi bien que de ce qui
s'eft paffé de plus remarquable dans cette occafion.
Le Samedy 6 Aouſt
1710. On commença à voir
la terre à huit heures du
matin , d'un vent affez frais .
on n'eut pas courru deffus
trois heures , qu'on découvrit le pain de fucre; c'est
une Montagne fort élevéc
qui eft à l'entrée de la Baye
de Rio de Janeiro , & qui
fert de marque pour la ret
connoiftre : elle cft ainfi
GALANT. 123
nommée à caufe de fa
figure.
.
Amidy le Commandant
fit fon fignal, pour apelles
rousles Gardes de la Marine,
& tous les Grenadiers de
l'Eſcadre à fon bord, afin
d'entrer ce jour- là nean
moinsil étoit déja 3 heures
qu'on eftoit encore à plus
d'une lieuë de l'entrée : ainfi
on pritleparti de moüiller,
pour ne pas s'engager la
nuit dans un pays qu'on ne
connoift pas.
La Brife que l'on s'étoit
flatté d'avoir le lendemain
Lij
114 MERGURE
huit heures du matin , ne
commença qu'à deux heures
aprés midy, on leva d'abord l'Ancre pour en pro
fiter , & chacun étant bien
difpofé par l'ordre que tous
avoient receu de Mr du
Clerc de fe tenir prefts à
faire la defcente, nous nous
preſentâmes à la Barre de
Rio de Janeiro pour entrer
dans le Port avecdes Navires
du Roy, le Dimanche 17
Aouft 1710. entre trois &
quatre heures du foir; mais
le vent nous ayant manqué,
Tout à coup, dés que nous
GALANT 125
fumes à l'abry des terres, on
fut contraint de mouiller à
une grande portée de canon
du grand Fort de S, Croix
Nous n'eumes pas pluſtoſt
jetté l'Ancre, qu'il le pre5 fenta une Soumaque , petit
Baftiment venant de la Baye
de tous les Saints , qui në
balança point d'entrer fur
la foy de nos Pavillons An
glois , qu'elle nous vit à
tous : mais Mr du Clerc
jugea à propos de l'arrefter,
en paffant, afin de tirer s'il
fe pouvoit quelque éclaircif.
fement pour fon entreprife,
A
Liij
126 MERCURE
Le grand Fort , qui depuis
que nous étions moüillez ,
paroiffoit fufpendre fon jugement, & nefçavoir encore
fi nous cftions amis on ennemis , ne douta plus que
nous ne fuflions François ,
lorfquil vit arrefter le petit
Baſtiment. Il commença
déflors à tirer du canon fur
les Vaiffeaux, ce qui étoit
affez mal fervi , mettant une
intervalle confiderable entre chaque coup qu'il tiroits
enfin lorfque la nuit furvint,
& qu'il fut obligé de ceffer ,
il n'avoit pas tiré plus de
GALANT 127
1
quinze ou vinge coups de
canon qui n'avoient incommodé aucun Navire.
Mr du Clerc aprés avoir
interrogé les Portuguais
qu'il venoit de prendre, af
fembla pendant la nuit le
confeil de fes Officiers pour
fçavoir ce qu'il étoit le plus
à propos de faire , quoyque
fon avis fut de faire la def
cente cette nuit meſme qui
étoit fort obfcure , & trespropre à favorifer l'entreprife , les Chaloupes pouvant paffer à la faveur des
tenebres devant tous les
1
Liiij
128 MERCURE
Forts fans avoir rien à crain
dre,cequiauroit fans doute
furpris les ennemis qui ne
pourroient pas encore eftre
rous raffemblez , il fut ce
pendant refolu de l'avis de
fon confeil d'aller à l'IfleGrande fe rafraichir , &
qu'enfuite on iroit furpren
dre la Ville , par terre.
Il fit embarquer rout fon
monde dans les deux Fregat
tes, la Diane & l'Attalante;
* C'eft une Iſle qui eft à zo lieues
de Rio de Janeiro , où les Vaiffeaux
ont coûtume d'aller faire de l'Eau ,
& du Bois.
GALANT 125
qu'il choifir pour le tranft
port des Troupes , & ceux
qui ne purene y trouver
place fuivirent dans les Cha
loupes , & dans deux Bri
gantins.
Les trois Vaiffeaux du
Roy , l'Oriflame , la Valeur
&la Venus, refterent à l'IleGrande , fous le comman
dement de Mr de Champagnu , Lieutenant de Vaif.
feaux; & nous en partîmes
dans l'ordre que je viens de
dire le Samedy 6. Septembre, fous la conduite de
trois Noirs qui s'étant écha
M
130 MERCURE
"T
pez de la maifon de leur
Maiftres , s'étoient venus
rendre à Mr du Clerc: ils
affuroient qu'il n'y avoit à
Ja Ville que cinq à fix cens
hommes de Troupes à
combattre , & s'offrirent de
nous y conduire par terre
fans aucun obftacle.
Nousmines pied à terre
un petit Village, à douze
ou quinze lieues de Rio de
Jineiro , ce fut là que nous
scommençames la deſcenté,
Je Dimanche au foir 14. du
mois, &le Lundy matin le
refte des Troupes étant auffi
i
GALANT. 131
S
FAD
3
#
deſcendu , nous marchâmes
droit à la Ville , au nombre
de prés dehuiccens hommes
fur la bonne foy des trois
Noirs qui nous y conduifi,
fent. 20 N
Les trois premiers jours
de marche ne furent trou
blez par aucun ennemy,
ayant trouvé dans les Campagnes toutes les habita
tions defertes ; foit que les
habitans fe fuffent retirez à
la Ville comme dans un lieude feureté, foit qu'ils s'y
fuffent affemblez pour la
mieux deffendre , mais le
132 MERGURE
quatrième jour qui fut le
Jeudy 18. du mefme mois
étant arrivez avec beaucoup
de peine fur le fommet
d'une Montagne fort éle véc, peu de temps avant
midy nous y trouvâmes un
abbatis d'arbres confidera
ble, ce qui barroit entiere
ment tout le chemin , qui
étoit de luy mefme fort
étroit , mais nous étant aperceus qu'il n'y avoit perfonne derriere qui s'oppoſat
à noftre paffage , comme
nous l'avions crû d'abord ,
nousnousenfimes bien toft
GALANT. 133
un autre dans le bois à la
faveur des haches d'armes
L'aprés
que portoit la Compagnie
des Canonniers.
midy environ les deux
heures à peine la moitié des
Troupes avoit defcendu la
Montagne que la Compa
gnie des Gardes de la Marine
marchoit à la tefte fut falüée
5 de quelques coups de fuzils
qui partirent in opinement
du Bois dont , trois Gardes
de la Marine furent bleſſez
fans qu'on pût découvrir
cenx qui les venoient de
tirer. L'on fit grand feu fur
# 34 MERCURE
Pendroit d'où on avoit veu
fortir celuy des ennemis , &
l'on doubla le pas pour
pouvoir pluftaft trouver la
fin du Bois qui avoit encore
demie- lieue , & où l'on ne
pouvoit marcher au plus
que deux depfront: les
Troupes qui fuivirent ef
fuyerent encore plufieurs
coups de fuzils , dont il n'y
eut cependant que deux
Soldats bleffez , car les déb
charges continuelles que
l'on faifoit à droit & à la
gauche, par tout où l'on
paffoit , impoferent biens
GALANT. 135
toft filence à ceux qui
étoient cachez , & les ren-.
dirent bien plus mal adroits
à tirer qu'ils n'avoient eſté
dens fe commencement, ou
ils choifirent leurs objets
fans qu'on fe deffiat d'eux.
Erantenfin arrivez, caw
deboucher , &n'ayant point
trouvé d'ennemis qui nous
difputaffent l'entrée dans la
Plaine , nous nous y mîmes
en bataille à mefurd que
nous fortions du Bois , &
nous marchâmes roûjours
en bon ordre , autant que
les chemins & les lieux par
136 MERCURE
où nous paffames enfuite
nous le peurent permettre.
Sur le foir le Soleil étant
preft de fe coucher , on
apperceut de loin une Compagnie de Cavalerie qui
fembloit nous attendre dans
une grande prairie prés
d'une des maiſon des Je
fuites , qui eft à une grande
demie lieuë de la Ville : l'on
marcha droit à elle croyant
que les Portuguais avoient
toutes leurs forces prés de
cet endroit à deffein de
nous combattre ; mais
voyant ces Cavaliers ſe reM
i
GALANT. 137
tirer à mesure que nous
avancions, on jugea bien
qu'ils étoient là pour nous
obferver feulement , & non
pas pour nous engager à au.
cune affaire. Mr du Clerc
ayant jugé àpropos de faire
prendre quelque repos aux
Troupes qui étoient extre
mement fatiguées , l'on s'ar
3 refta à cette maifon des Jfuires , & l'on y paffà la
nuit.
Le lendemain toutes les
Troupes furent en bataille
à la pointe dujour, & aprés
les Prieres accoutumées on
Juin 1712 M
138 MERCURE
fe miten marche . La Com
pagnie de Cavalerie Portugaife que nousavions veuë le
Loir, fembloit nous vouloir
enfeigner les chemins qui
conduifoient à la ville &
marcha longtemps devant
nous à grande portée de canon, nous obfervant toû
jours à veuëde, moment en
moment, ilfe détachoit un
Cavalier d'entr'eux pour aller annoncer au Gouverneur
notreaproche , &l'informer
autant qu'ils en pourroient
juger du nombre que nous
étions, & des routes par lef
GALANT. 139
1
I
quelles nous marchions à lui.
Mr du Clerc ayant veu
fur une hauteur une Eglife ,
nommée Notre- Dame des
Elton , où il aprit que les
ennemis étoient retranchez,
y enuoya deux Compagnies
de Grenadiers qui s'en rendirent bien-toft Maitres
malgré le grand nombre
de ceux qui la gardoient
la plupart des Portuguais ,
s'en étant enfuys dans le
Bois aprés leur premiere
décharge ; ceux qui refterent
furent faits prifonniers. On
apprit depuis qu'ils y étoient
Mij-
140 MERCURE
retranchez, au nombre de
deux cens hommes ; onper
dit dans cette action un
Capitaine de Grenadiers , &
cinq ou fix Soldats qui y
furent tuez.
Un gros de Portugais
étant fortis de la Ville , ils
parurent le longde quelques
arcades qui n'en font qu'à
demic portée du fuzil , &
firent mine d'en vouloir
difputer l'entrée à nos
Troupes qui s'avançoient à
grands pas ; mais ils ne fou
tinrent pas long temps la
furcur Françoife; car ils
"1
GALANT 147.
1
lacherent le pied aprés leur
feconde décharge , & ren.
trerent auffi-toft en defor
dre.
Jamais Troupes ne montrerent un courage plus in
trepide que ceux qui fuivi
rent Mr du Clerc dans cette
•
entrepife ; malgré le feu
continuel des ennemis qui
faifoit tomber nos gens de
rous coſtez, ayant du monde
caché dans tous les endroits "
par où nous paffions nous
entrâmes dans la Ville avec
autant d'ardeur & d'audace
que fi le peril n'eut pas efte
142 MERCURE
pour nous, & que nous
fuffions venus dans nos propres maifons; toutfuyoit devant nous par tout où nous
nous prefentions : Cependant nous n'y marchames
pas longtemps fans êrre fort
incommodez du feu qui
nous venoit des coins de ruës
dont nos gens étoient affaf,
finez fans que nous viffions
perfonne , contre qui nous
puiffions prendre noftre revanche. Dans cette fituation
on crut devoir chercher
quelque endroit favorable
pour le mettre à couvert,
2
GALANT. 43
1
& où l'on ſe pût retrancher,
ce ne fut pas fans peine , &
fans qu'il en coûtat beaucoup, que Mr du Clerc fe
rendit Maiſtre d'un Magaſin
àfucre proche de la Merque
l'on nommele Trepiche , &
où il y avoit quantité de
Portugais retranchez qu'il
fallut forcer , on y trouva
quatre pieces de canon avec
lefquels onfit bonfeu ; mais
ne s'y érant rencontré que
fort peu de munitions , on
ne s'en pût pas fervir long
temps.at
Pendant que ces chofes
144 MERCURE
fe paffoient dans la Ville ; la
Compagnie des Canonniers
qui avoient refté derriere ,
fe trouvant féparée du gros
des Troupes; parce qu'elle
n'avoit pas pû fuivre, tomba entreles mains des ennemis, qui aprés leur avoir
fait mettre bas les armes en
་
leur promettant bon quar
tier ; par la plus lâche per
fidic , dont on ait guère
vû d'exemple , furent affez
barbares pour leur arracher
à tous la vie. Ils en firent
un horrible carnage & leur
firent fouffrir les tourmens
less
GALANT 145
les plus rigoureux que leur
eruauté leur pûr faire
inventer.
En ce moment quelques
Officiers bleffez du nombre
: defquels étoit Mr de Ruys
Lieutenant de Vailleaux
Commandant de la Colon.
nelle, s'étant retitez dans
une maison pour le faire
pånfer , y furent furpris par
les Portugais , & furent em
menez prifonniers dans une
Chapelle qui eft au dehors
de la Ville nommée Noftre
Damedu Rozaire, oùétoient
les autres François que l'or
Juin 1712.
N
1
46 MERGURE
avoit arreltez. Le Gouver
neur y vint auffi toft avec
quantité d'Officiers Portugais ; il interrogea ces nouyeaux priſonniers avec le
moins de douceur qu'il luy
fur poffible. Enfin apres
bien des façons , les Officiers
François pour éviter le fuplice de la mort, dont on
les menaçoit, furent obligez
dedéclarer que le nombrede
Troupes qui étoient defcendues à terre étoit d'environ
huit cens hommes, le Gouverneur s'étant fait rendre
compte des morts à peu
M
GALANT 47
prés autant que l'on en pourroit juger , & de tous les
prifonniers qu'il avoit déja
faits , n'eut pasde peine à
deviner que le nombre de
ceux qui étoient encore avec Mr du Clerc ne pouvoit
pas eftre bien confiderable
alors 7 ou 8 mille hommes
de Troupes Portugaifes
& qui n'avoient pas ofez
venir à noftre rencontre
pour nous empefcher d'entrer dans leut Ville ', commencerent à fe fentir quelque courage.
Mais ne fe confiants pas
Nij
148 MERCURE
encore tout à fait à ce qu'ils,
venoient d'entendre de la
bouche des prifonniers; le
Gouverneur engagea Mr de
Ruys d'écrire à Mr du
Clerc , pour luy aprendre,
combien les forces Portu
gaifes étoient confiderables , & pour le foliciter de
fe rendre.
Mr du Clerc répondit
qu'il avoit encore de la poudre & des balles , & que
tandis qu'elles dureroient ,
il ne fe rendroit point; cependant il n'étoit point fans
affaires & fans embarras
GALANT. 149
dans le Trepiche depuis que
nous l'y avions laiffe , étant
obligé d'effuyer le feu continuel de deux Fregattes qui
s'étant avancées fort prés du
Magafin où nous étions ,
firent de grandes bréches ,
à l'aide de leur canon qu'elles
tiroient fans ceffe , & qui
nousfaifoit perdre toûjours
du monde, & en incommodoit beaucoup par les éclats.
Fevvous pafferay icy un long
détail d'une defenfe qui coûta
aux Portugais dixfoldats pour
un des noſtres ; mais ils
eftoient encore en trop grand
"
N iij
150 MERCURE
nombre pour leur reſiſter. On
leur fit pourtant fignifier qu'on
alloitfortirfur euxlabayonette
au bout dufufil, ce qu'ils crait
gnirent tant qu'ils firent une
Capitulation tres-vantageufe:
mais ils la rompirent enfuite
avec une perfidie dont il n'y a
jamais eu d'exemples , en fai
fans fauffrir avec des crùautez
inoüies à leurs Prifonniers tous
les indignitez
C
Les tourmens
imaginables.
Voila en peu de mors
ane legere peinture de ce
qui s'eſt paſſé à Rio de Janeiro entre les François &
GALANT 156
les Portugais , le Vendredy
19. Septembre 17.no) val
Cette action qui dura
depuis les dix heures du matin , jufqu'à cinq heures du
foir , à été de plus chaudes ,
& des plus fanglantes done
on ait our parler, depuis
fort longtemps : il refta
deux cens hommes de tuez
fur la place , huic Officiers
Be trois Gardesde la Marine ;
deux cens autres furent
Bleffez , avec quinze Officiers & deux Gardes de la
Marine.
Fermer
Résumé : RELATION envoyée à Monsieur le Comte de Pontchartrin.
En juin 1712, un individu capturé lors de la descente de M. du Clerc à Rio de Janeiro en 1710 envoya une relation au Comte de Pontchartrain. Le 6 août 1710, les navires français aperçurent la terre et le Pain de Sucre, repère pour l'entrée de la baie de Rio de Janeiro. Le commandant rassembla les gardes et les grenadiers, mais le vent manqua, obligeant les navires à mouiller loin du fort de Saint-Croix. Une soumaque portugaise fut arrêtée pour obtenir des informations. Le fort ouvrit le feu sans causer de dommages significatifs. M. du Clerc, après avoir interrogé des prisonniers portugais, décida de se rendre à l'île Grande pour se rafraîchir avant d'attaquer la ville. Les troupes furent transportées par des frégates et des chaloupes, guidées par trois Noirs évadés qui affirmèrent que Rio de Janeiro n'avait que cinq à six cents hommes de troupes. Le 14 septembre, les troupes débarquèrent et marchèrent vers Rio de Janeiro. Après trois jours de marche sans encombre, elles rencontrèrent un abattis d'arbres le quatrième jour. Malgré quelques tirs de fusils, les troupes françaises continuèrent leur avancée et se mirent en bataille dans une plaine. Le lendemain, les troupes françaises attaquèrent et prirent une église où étaient retranchés les ennemis, faisant plusieurs prisonniers. Un groupe de Portugais tenta de défendre l'entrée de la ville mais recula après une seconde décharge. Les troupes françaises entrèrent dans la ville malgré le feu ennemi caché dans les coins de rues. M. du Clerc prit un magasin à sucre près de la mer, où il trouva des canons et des munitions. Cependant, la compagnie des canonniers, séparée du gros des troupes, fut capturée et massacrée par les Portugais. Quelques officiers français, blessés, furent faits prisonniers et interrogés par le gouverneur. Ce dernier, informé du nombre réduit de troupes françaises restantes, tenta de négocier avec M. du Clerc, mais ce dernier affirma qu'il avait encore de la poudre et des balles. Le 19 septembre 1710, une bataille intense eut lieu à Rio de Janeiro. Les Français, positionnés dans le Trepiche, subissaient des attaques continues de deux frégates portugaises, causant des pertes humaines et des dommages importants. Malgré les efforts des Français pour se défendre, les Portugais, en surnombre, infligeaient des pertes lourdes. Les Français menacèrent d'attaquer à la baïonnette, poussant les Portugais à accepter une capitulation avantageuse. Cependant, les Portugais violèrent cette capitulation en infligeant des cruautés à leurs prisonniers. La bataille, qui dura de 10 heures du matin à 5 heures du soir, fut particulièrement sanglante, laissant 200 hommes tués sur le champ de bataille, dont huit officiers et trois gardes de la marine, ainsi que 200 autres blessés, dont quinze officiers et deux gardes de la marine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1084
p. 152-158
LISTE DES OFFCIERS tuez, & blessez
Début :
Officiers tuez. Mr de Patreville Capitaine des Grenadiers. Mr Dirumbery [...]
Mots clefs :
Liste, Officiers, Gardes de la Marine, Blessés, Morts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LISTE DES OFFCIERS tuez, & blessez
ISTE DES OFFCIERS
tuez, & bleſſez ,
Officiers tucz.
Mr de Patreville Capitaine des Grenadiers.
Mr Dirùmbery , Idem.
Mr de Proiffy , Capitaine
de Compagnie.
Mrde Tarifnar Comman.
dant de la Compagnie de
Canonniers.
Mr de Varaife Lieutenant
des Grenadiers.
Mr de Rilly Lieutenanr
de Compagnie.
GALANT 153
Mr de Miraillet , Idem.
Mr de la Gautrais, Idem.
Gardes de la Marine morts.
Mr de Ramelay
Mr de la Mefanchere
Mr Marin.
Officiers bleßez. :!
Mr de Ruys , Commandant la Colonelle.
Mr du Fay, Capitaine
de Compagnie.
Mr de la Saufaye , Idem.
Mr de Conteneuil, Idem.
154 MERCURE
Mr de Saint Michel , Id.
Mr de Boifverd , Idem.
Mr de Lavaux , Idem.
Mr de Prefontaine Lieutenant de la Compagnie
des Gardes de la Marine ,
mort dans la Prifon.
Mr du Jarrié , Lieute
tenant de Compagnie.
Mr. Defclafeau , Idem.
Mr Defeffars , Lieutenant
des Grenadiers.
Mr de Macnemara Lieutenant de Compagnie.
Mr de Linars , Idem.
Mr de Pannes , Idem.
Mr.de Cogny, Idem:
GALANT. 155
1 Gardes de la Marine bleffez.
- Mr le Marquis d'Aligny.
* Mr du Rivaux Huer.
"
Aprés une journée fi fatale
aux François , on crut que
les vainqueurs devoient être
contens de leur fortuner
mais le fuccés qu'ils avoient
eu , & tous les maux qu'ils
venoient de nous faire fouf.
frir, n'avoient pas éteint
leur animofité , oublians le
lendemain , la Capitulation
qu'ils avoient faite hou
156 MERCURE
pluſtoit violant la foy qu'il
nous avoient donnée , ils
mirent tous les foldats aux
fers , & quantité d'Officiers
dont quelqu'uns étoient
bleflez , furent attachez
pelle melle avec eux aux
meſmes chaifnes , fans dif
tinction , & fans miferi
corde. Ce fut inutilement
qu'on voulut leur rapeller
les termes de la Capitula
fion ; ceux qui avoient receu
des conditions de nous ran
dis que nous avions encore
les Armes à la main ,furent
fourds à nos plaintes dés
GALANT 157
2 le
que nous fûmes defarmez.
On refufa longtemps de
fournir les medicamens ,
linge & les inftruments ne
ceffaires pour panfer les
bleffez, de maniere que les
- Chirurgiens François , ne
pouvants faire pour eux que
des vœux fans vertu , plu
fieurs moururent faute de
remedes & de fubfiftance.
Nous avons longtemps
ignoré le nombre des Troupes qu'avoient les Portugais
dans cette action ; mais leurs
Officiers nous ont affurcz
depuis , qu'ils étoient bien
158 MERCURE
ན
douze mille hommes , pot
tants les armes , comprant
les Troupesreglées, la Bour
geoific & les Noirs ; on ne
Içait point au vray ce qu'ils
ont perdu de monde pendant l'affaire , ils l'ont
toûjours caché foigneufe
ment.
tuez, & bleſſez ,
Officiers tucz.
Mr de Patreville Capitaine des Grenadiers.
Mr Dirùmbery , Idem.
Mr de Proiffy , Capitaine
de Compagnie.
Mrde Tarifnar Comman.
dant de la Compagnie de
Canonniers.
Mr de Varaife Lieutenant
des Grenadiers.
Mr de Rilly Lieutenanr
de Compagnie.
GALANT 153
Mr de Miraillet , Idem.
Mr de la Gautrais, Idem.
Gardes de la Marine morts.
Mr de Ramelay
Mr de la Mefanchere
Mr Marin.
Officiers bleßez. :!
Mr de Ruys , Commandant la Colonelle.
Mr du Fay, Capitaine
de Compagnie.
Mr de la Saufaye , Idem.
Mr de Conteneuil, Idem.
154 MERCURE
Mr de Saint Michel , Id.
Mr de Boifverd , Idem.
Mr de Lavaux , Idem.
Mr de Prefontaine Lieutenant de la Compagnie
des Gardes de la Marine ,
mort dans la Prifon.
Mr du Jarrié , Lieute
tenant de Compagnie.
Mr. Defclafeau , Idem.
Mr Defeffars , Lieutenant
des Grenadiers.
Mr de Macnemara Lieutenant de Compagnie.
Mr de Linars , Idem.
Mr de Pannes , Idem.
Mr.de Cogny, Idem:
GALANT. 155
1 Gardes de la Marine bleffez.
- Mr le Marquis d'Aligny.
* Mr du Rivaux Huer.
"
Aprés une journée fi fatale
aux François , on crut que
les vainqueurs devoient être
contens de leur fortuner
mais le fuccés qu'ils avoient
eu , & tous les maux qu'ils
venoient de nous faire fouf.
frir, n'avoient pas éteint
leur animofité , oublians le
lendemain , la Capitulation
qu'ils avoient faite hou
156 MERCURE
pluſtoit violant la foy qu'il
nous avoient donnée , ils
mirent tous les foldats aux
fers , & quantité d'Officiers
dont quelqu'uns étoient
bleflez , furent attachez
pelle melle avec eux aux
meſmes chaifnes , fans dif
tinction , & fans miferi
corde. Ce fut inutilement
qu'on voulut leur rapeller
les termes de la Capitula
fion ; ceux qui avoient receu
des conditions de nous ran
dis que nous avions encore
les Armes à la main ,furent
fourds à nos plaintes dés
GALANT 157
2 le
que nous fûmes defarmez.
On refufa longtemps de
fournir les medicamens ,
linge & les inftruments ne
ceffaires pour panfer les
bleffez, de maniere que les
- Chirurgiens François , ne
pouvants faire pour eux que
des vœux fans vertu , plu
fieurs moururent faute de
remedes & de fubfiftance.
Nous avons longtemps
ignoré le nombre des Troupes qu'avoient les Portugais
dans cette action ; mais leurs
Officiers nous ont affurcz
depuis , qu'ils étoient bien
158 MERCURE
ན
douze mille hommes , pot
tants les armes , comprant
les Troupesreglées, la Bour
geoific & les Noirs ; on ne
Içait point au vray ce qu'ils
ont perdu de monde pendant l'affaire , ils l'ont
toûjours caché foigneufe
ment.
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Résumé : LISTE DES OFFCIERS tuez, & blessez
Le document relate les pertes subies par les officiers français lors d'un affrontement. Parmi les tués, on compte des capitaines et lieutenants de diverses compagnies, incluant des grenadiers, canonniers et gardes de la marine. Les blessés comprennent également des capitaines et lieutenants de différentes unités. Après une journée désastreuse pour les Français, les vainqueurs ont ignoré les termes de la capitulation, mettant tous les soldats aux fers, y compris certains officiers blessés. Les Français ont été privés de soins médicaux, de linge et d'instruments nécessaires, causant la mort de plusieurs blessés. Les Portugais, impliqués dans cette action, comptaient environ douze mille hommes, incluant des troupes régulières, la bourgeoisie et des Noirs. Le nombre exact de leurs pertes n'a jamais été révélé.
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1085
p. 210-213
« On écrit de Bayeux, que le 16 de ce mois [...] »
Début :
On écrit de Bayeux, que le 16 de ce mois [...]
Mots clefs :
Bayeux, Chancelier, Chanoine, Procession, Paroisse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On écrit de Bayeux, que le 16 de ce mois [...] »
On écrit de Bayeux , que
le 16 de ce mois il s'y eft
fait une ceremonie publique , par une Meffe qui fut
celebrée folemnellement
par un Chanoine en femaine, & l'apréfmidy par une
Proceffion generale de tout
le Clergé de la Ville , où
l'Evêque , âgé de quatrevingt trois ans , officia , fuivi des Corps de Juftice ,
Maire , & Officiers de la
Ville & de l'Election , la
GALANT. 211
Bourgeoifie étant fous les
armes, avec un grand concours de monde du lieu &
de tous les environs , qui y
étoient venus pour voir
cette ceremonie , faite pour
renouveller la memoire de
cinquante années , où en
ཝཱུ pareil jour le même Evêque
fit fa premiere entrée foSemnelle dans cette Ville ,.
&prit poffeffion de fon Evêché. Aprés cette Proceffion
T'Evêque étant fous le portail de la principale entrée lap
de l'Eglife Cathedrale, y regut les complimens de fon
212 MERCURE
Chapitre, le Chancelier d'i
celui portant la parole avec
beaucoup d'éloquence , de
netteté, d'érudition, & d'applaudiffemens, aufquels l'Evêque répondit avec toute
la grace , la force , la juſ
teffe & la facilité poffibles ;
& de retour en fon Palais
yreçut auffi les complimens
du Clergé , de la Ville , &
des autres Corps de Juſtice,
les principaux Officiers portant la parole ; à tous lef
quels l'Evêque fit réponſe
avec une grande prefence
d'efprit , beaucoup de bon-
GALANT 2131
té , & une fatisfaction ge
nerale , & fit enfuite diftrio
buerplufieurs aumônes aux
pauvres des Paroiffes de la
Ville.
le 16 de ce mois il s'y eft
fait une ceremonie publique , par une Meffe qui fut
celebrée folemnellement
par un Chanoine en femaine, & l'apréfmidy par une
Proceffion generale de tout
le Clergé de la Ville , où
l'Evêque , âgé de quatrevingt trois ans , officia , fuivi des Corps de Juftice ,
Maire , & Officiers de la
Ville & de l'Election , la
GALANT. 211
Bourgeoifie étant fous les
armes, avec un grand concours de monde du lieu &
de tous les environs , qui y
étoient venus pour voir
cette ceremonie , faite pour
renouveller la memoire de
cinquante années , où en
ཝཱུ pareil jour le même Evêque
fit fa premiere entrée foSemnelle dans cette Ville ,.
&prit poffeffion de fon Evêché. Aprés cette Proceffion
T'Evêque étant fous le portail de la principale entrée lap
de l'Eglife Cathedrale, y regut les complimens de fon
212 MERCURE
Chapitre, le Chancelier d'i
celui portant la parole avec
beaucoup d'éloquence , de
netteté, d'érudition, & d'applaudiffemens, aufquels l'Evêque répondit avec toute
la grace , la force , la juſ
teffe & la facilité poffibles ;
& de retour en fon Palais
yreçut auffi les complimens
du Clergé , de la Ville , &
des autres Corps de Juſtice,
les principaux Officiers portant la parole ; à tous lef
quels l'Evêque fit réponſe
avec une grande prefence
d'efprit , beaucoup de bon-
GALANT 2131
té , & une fatisfaction ge
nerale , & fit enfuite diftrio
buerplufieurs aumônes aux
pauvres des Paroiffes de la
Ville.
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Résumé : « On écrit de Bayeux, que le 16 de ce mois [...] »
Le 16 du mois, une cérémonie publique a été organisée à Bayeux pour commémorer l'entrée solennelle de l'évêque dans la ville cinquante années auparavant. La cérémonie a débuté par une messe célébrée par un chanoine, suivie d'une procession générale du clergé de la ville. L'évêque, âgé de quatre-vingt-trois ans, a officié en présence des corps de justice, du maire, des officiers de la ville et de l'élection. La bourgeoisie était sous les armes et une grande foule des environs était présente. Après la procession, l'évêque a reçu les compliments de son chapitre à l'entrée de la cathédrale. Le chancelier a prononcé un discours élogieux, auquel l'évêque a répondu avec grâce et justesse. De retour à son palais, l'évêque a également reçu les compliments du clergé, de la ville et des autres corps de justice. Les principaux officiers ont pris la parole et l'évêque a répondu avec bonté et satisfaction générale. Il a ensuite distribué des aumônes aux pauvres des paroisses de la ville.
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1086
p. 213-216
Nouvelles de Flandres.
Début :
L'armée des alliez ayant passé la Selle, & mis [...]
Mots clefs :
Tranchées, Bataillons, Flandres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Flandres.
Nouvelles de Flandres.
L'armée des alliez ayant
paflé la Selle , & mis cette
riviere devant elle , on détacha vingt bataillons &
vingt efcadrons pour invef.
tir le Queſnoy. On a appris qu'ils avoient augmenté le nombre des bataillons
jufqu'à trente. La groffe
7214 MERCURE
99 artillerie avoit été amenée
de Marchienne fur la Scarpe à Denain fur l'Escaut. Ils
devoient ouvrir la tranchée
dans peu. On aflure qu'elle
ne l'étoit pas encore le 12.
a
Parmi les troupes qui forment ce fiege , il n'y en a
point d'Angloifes, ni de celles qui font à la folde de la
Reine de la grande Bretagne. Les lettres du 21. affurent que la tranchée n'étoit pas encore ouverte le
18. que le 13. la garniſon fir
une fortie du côté de la porte de Valenciennes , avec
GALANT. 215
cent dragons & mille fantaffins , qu'ils avoient ruïné
un épaulement des ennemis, défait deux cens hommes qui le gardoient : &
aprés une vigoureuſe reſiſftance contre les piquets ,
qui s'avancerent pour les
fecourir, ils s'étoient retirez
en bon ordre, n'ayant perdu
que 30. hommes , en ayant
tué plus de deux cent aux
ennemis.
" On mande de Tournay ,
que les Etats Generaux ne
font pas fatisfaits des nou.
velles qu'ils ont reçûës d'An-
216 MERCURE
'
gleterre , ils efperoient que
le Parlement defapprouveroit les declarations faites
par le Duc d'Ormond &par
l'Evêque de Briſtol. Ils ont
appris que les refolutions
des deux Chambres étoient
conformes aux intentions
de la Reine , fur- tout celles
des Communes , qui ont
declaré qu'elles affifteroientSa Majeftépour faire
une paix fûre &honorable ,
contre tous ceux du dedans & du dehors qui voudroient s'y oppofer.
L'armée des alliez ayant
paflé la Selle , & mis cette
riviere devant elle , on détacha vingt bataillons &
vingt efcadrons pour invef.
tir le Queſnoy. On a appris qu'ils avoient augmenté le nombre des bataillons
jufqu'à trente. La groffe
7214 MERCURE
99 artillerie avoit été amenée
de Marchienne fur la Scarpe à Denain fur l'Escaut. Ils
devoient ouvrir la tranchée
dans peu. On aflure qu'elle
ne l'étoit pas encore le 12.
a
Parmi les troupes qui forment ce fiege , il n'y en a
point d'Angloifes, ni de celles qui font à la folde de la
Reine de la grande Bretagne. Les lettres du 21. affurent que la tranchée n'étoit pas encore ouverte le
18. que le 13. la garniſon fir
une fortie du côté de la porte de Valenciennes , avec
GALANT. 215
cent dragons & mille fantaffins , qu'ils avoient ruïné
un épaulement des ennemis, défait deux cens hommes qui le gardoient : &
aprés une vigoureuſe reſiſftance contre les piquets ,
qui s'avancerent pour les
fecourir, ils s'étoient retirez
en bon ordre, n'ayant perdu
que 30. hommes , en ayant
tué plus de deux cent aux
ennemis.
" On mande de Tournay ,
que les Etats Generaux ne
font pas fatisfaits des nou.
velles qu'ils ont reçûës d'An-
216 MERCURE
'
gleterre , ils efperoient que
le Parlement defapprouveroit les declarations faites
par le Duc d'Ormond &par
l'Evêque de Briſtol. Ils ont
appris que les refolutions
des deux Chambres étoient
conformes aux intentions
de la Reine , fur- tout celles
des Communes , qui ont
declaré qu'elles affifteroientSa Majeftépour faire
une paix fûre &honorable ,
contre tous ceux du dedans & du dehors qui voudroient s'y oppofer.
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Résumé : Nouvelles de Flandres.
En Flandres, l'armée des alliés a investi Le Quesnoy après avoir traversé la Selle, avec un total de trente bataillons et vingt escadrons. L'artillerie a été déplacée de Marchienne-sur-Scarpe à Denain-sur-Escaut en vue de l'ouverture d'une tranchée, bien que celle-ci ne soit pas encore ouverte au 12. Les troupes impliquées dans ce siège ne comprennent pas de soldats anglais ou alliés à la reine de Grande-Bretagne. Le 13, la garnison de Le Quesnoy a lancé une sortie près de la porte de Valenciennes avec cent dragons et mille fantassins. Ils ont détruit un épaulement ennemi, défait deux cents hommes et se sont retirés en bon ordre après une résistance vigoureuse, subissant seulement trente pertes tout en tuant plus de deux cents ennemis. À Tournai, les États Généraux expriment leur insatisfaction face aux nouvelles venues d'Angleterre, espérant que le Parlement désapprouverait les déclarations du Duc d'Ormond et de l'Évêque de Bristol. Ils ont appris que les résolutions des deux Chambres étaient conformes aux intentions de la Reine, notamment celles des Communes, qui ont déclaré soutenir la Reine pour une paix sûre et honorable contre toute opposition intérieure ou extérieure.
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1087
p. 247-249
Nouvelles de Paris.
Début :
Loüis Joseph, Duc de Vendosme, Pair de France, Prince de [...]
Mots clefs :
Paris, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Paris.
Nouvelles de Paris.
Louis Jofeph , Duc de
Vendofme , Pair de France , Prince de Martigues ,
Chevalier des Ordres du
X iiij
248 MERCURE
Roy , Grand Senechal &
Gouverneur de la Provence, General des Galeres ,
mourut à Vinaros le 11. du
mois de Juin âgé de cinquante-huit ans. Cet article merite bien qu'on en
parle dans le Mercure prochain.
Le Roy a nommé l'Abbé Gaultier premier Secre
taire de l'Ambaffade aux
Conferences de la Paix , &
le fieur du Teil.
Un Courier de Madrid
arrivé le 14. a apporté la
nouvelle que le 7.de Juin à
GALANT. 249
une heure aprés minuit la
Reine d'Espagne eftoit
heureuſement accouchée
d'un Prince.
M. Daniel Arlault , ancien Prevoft de Filmes
Dioceſe de Rheims en
Champagne, eft decedé le
22. Juin 1712. âgé de 88 .
ans. Il a rendu la juſtice
pendant 62. ans avec une
tres grande integrité & équité.
Louis Jofeph , Duc de
Vendofme , Pair de France , Prince de Martigues ,
Chevalier des Ordres du
X iiij
248 MERCURE
Roy , Grand Senechal &
Gouverneur de la Provence, General des Galeres ,
mourut à Vinaros le 11. du
mois de Juin âgé de cinquante-huit ans. Cet article merite bien qu'on en
parle dans le Mercure prochain.
Le Roy a nommé l'Abbé Gaultier premier Secre
taire de l'Ambaffade aux
Conferences de la Paix , &
le fieur du Teil.
Un Courier de Madrid
arrivé le 14. a apporté la
nouvelle que le 7.de Juin à
GALANT. 249
une heure aprés minuit la
Reine d'Espagne eftoit
heureuſement accouchée
d'un Prince.
M. Daniel Arlault , ancien Prevoft de Filmes
Dioceſe de Rheims en
Champagne, eft decedé le
22. Juin 1712. âgé de 88 .
ans. Il a rendu la juſtice
pendant 62. ans avec une
tres grande integrité & équité.
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Résumé : Nouvelles de Paris.
Le Duc de Vendôme est décédé à Vinaros le 11 juin à 58 ans. Le Roi a nommé l'Abbé Gaultier premier secrétaire de l'Ambassade aux Conférences de la Paix. La Reine d'Espagne a accouché d'un prince le 7 juin. M. Daniel Arlault, ancien Prévôt des Îles du Diocèse de Reims, est décédé à 88 ans le 22 juin après 62 ans de service.
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1088
p. 249-250
Nouvelles de Flandres.
Début :
On écrit de l'Armée de Flandres du 19. Juin [...]
Mots clefs :
Flandre, Dragons, Fantassins, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Flandres.
Nouvelles de Flandres.
On écrit de l'Armée de
Flandres du 19. Juin que
lebruit avoit couru que la
250 MERCURE
tranchée avoit efté ouverte
le devant le Quefnoy.
13.
On a appris qu'elle ne l'eftoit pas encore le dix- huit;
que la garnifon avoit fait
une fortie du cofté de la
porte de Valenciennes
aveccent Dragons & mille
fantaffins ; qu'ils avoient
ruiné un épaulement des
Ennemis , défait deux cens
hommes qui le gardoient ,
& après un rude combat
avec les piquets qui s'avancerent pour les foutenir
ils s'eftoient retirez fans
autre perte que de trente hommes.
On écrit de l'Armée de
Flandres du 19. Juin que
lebruit avoit couru que la
250 MERCURE
tranchée avoit efté ouverte
le devant le Quefnoy.
13.
On a appris qu'elle ne l'eftoit pas encore le dix- huit;
que la garnifon avoit fait
une fortie du cofté de la
porte de Valenciennes
aveccent Dragons & mille
fantaffins ; qu'ils avoient
ruiné un épaulement des
Ennemis , défait deux cens
hommes qui le gardoient ,
& après un rude combat
avec les piquets qui s'avancerent pour les foutenir
ils s'eftoient retirez fans
autre perte que de trente hommes.
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Résumé : Nouvelles de Flandres.
Le 19 juin, des rumeurs évoquent une tranchée devant Le Quesnoy. Le 18 juin, la garnison, composée de cent dragons et mille fantassins, détruit un épaulement ennemi et vainc deux cents hommes. Après un combat intense, elle se retire avec une perte de trente hommes.
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1089
p. 251-256
Nouvelles d'Allemagne.
Début :
L'Archiduc a fait Conseillers d'Estat le Comte Erdedi, [...]
Mots clefs :
Allemagne, Archiduc, Hongrie, Constantinople, Roi de Suède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Allemagne.
Nouvelles d'Allemagne.
L'Archiduc a fait Confeillers d'Eftat le Comte
Erdedi, Chef de la Juftice;
le Comte Jean Palfi , Ban
ou Viceroy de Croatie ; &
le Comte Emeric Czacki ,
Archeveſque de Colocza.
Il a fait cinq Seigneurs
Hongrois, Gentilshommes
de la Clef d'or. On mande
de Prefbourg que l'Archiduc y fejournera quelque
temps , fuivant la priere
que les Eftats d'Hongrie
luy ont faite de differer fon
départ , afin de terminer les
252 MERCURE
affaires du Royaume. On
travaille fortement à celles
de la Religion , à la diſtribution des Charges du
Royaume en faveur des
Hongrois , & à examiner
les plaintes des Eſtats contre les Commiffaires Imperiaux, les Generaux , & les
autres Officiers qui ont
causé la derniere revolu
tion.
Les Lettres de Conftantinople du 27. Avril affurent
que les Min ftres du GrandSeigneur deliberoient pour
regler l'efcorte qu'on doit
GALANT. 253
le
donner au Roy de Suede ,
qui fera de douze mille
Spahis commandez par
Bacha de Bender , qui a
éfté créé Seraskier , & fera
accompagné par AchmetAga , qui portera les ordres
du Grand Seigneur & du
Grand Vizir. On a laiffé
la difpofition de la maniere
& du temps du départ de fa
Majefté Suedoiſe au Kan
des Tartares , & au Bacha
de Bender. Les Ambaffadeurs du Czar ont fait tous
leurs efforts pour engager
la Cour Othomane à faire
254 MERCURE
prendre à ce Prince un au
tre route que celle de Pologne pour retourner dans
fes Eftats , mais fort inutilement. Le Divan n'a rien
voulu changer des refolutions prifesfur ce fujet. Les
Plenipotentiaires du Czar
infifterent fortement à ce
qu'on leur accordaſt une
écrit tou- declaration par
chant la maniere avec laquelle le Roy de Suede &
fon eſcorte pafferoit par la
Pologne. Le Grand Vizir
nevoulut point s'expliquer
fur ce qui regarde la Polo-
GALANT. 255
gne. Tout ce qu'ils purent
obtenir fut qu'il déclara
verbalement que l'efcorte
du Royde Suede pafferoit
paiſiblement , fans caufer
aucun dommage aux Polonois , & qu'elle payeroit
exactementauprix courant
les provifions , & les autres
chofes dont elle auroit be
foin.
Onattendoit inceffammentun Courier defa Ma
jefté Suedoife pour apprendre les refolutions & les
mefures qu'il auroit prifes
pour fon départ. Les Bas
256 MERCURE
chas qui commandent les
troupes enRomelie ontordre de faire avancer douze
mille Spahis vers Bender.
L'Archiduc a fait Confeillers d'Eftat le Comte
Erdedi, Chef de la Juftice;
le Comte Jean Palfi , Ban
ou Viceroy de Croatie ; &
le Comte Emeric Czacki ,
Archeveſque de Colocza.
Il a fait cinq Seigneurs
Hongrois, Gentilshommes
de la Clef d'or. On mande
de Prefbourg que l'Archiduc y fejournera quelque
temps , fuivant la priere
que les Eftats d'Hongrie
luy ont faite de differer fon
départ , afin de terminer les
252 MERCURE
affaires du Royaume. On
travaille fortement à celles
de la Religion , à la diſtribution des Charges du
Royaume en faveur des
Hongrois , & à examiner
les plaintes des Eſtats contre les Commiffaires Imperiaux, les Generaux , & les
autres Officiers qui ont
causé la derniere revolu
tion.
Les Lettres de Conftantinople du 27. Avril affurent
que les Min ftres du GrandSeigneur deliberoient pour
regler l'efcorte qu'on doit
GALANT. 253
le
donner au Roy de Suede ,
qui fera de douze mille
Spahis commandez par
Bacha de Bender , qui a
éfté créé Seraskier , & fera
accompagné par AchmetAga , qui portera les ordres
du Grand Seigneur & du
Grand Vizir. On a laiffé
la difpofition de la maniere
& du temps du départ de fa
Majefté Suedoiſe au Kan
des Tartares , & au Bacha
de Bender. Les Ambaffadeurs du Czar ont fait tous
leurs efforts pour engager
la Cour Othomane à faire
254 MERCURE
prendre à ce Prince un au
tre route que celle de Pologne pour retourner dans
fes Eftats , mais fort inutilement. Le Divan n'a rien
voulu changer des refolutions prifesfur ce fujet. Les
Plenipotentiaires du Czar
infifterent fortement à ce
qu'on leur accordaſt une
écrit tou- declaration par
chant la maniere avec laquelle le Roy de Suede &
fon eſcorte pafferoit par la
Pologne. Le Grand Vizir
nevoulut point s'expliquer
fur ce qui regarde la Polo-
GALANT. 255
gne. Tout ce qu'ils purent
obtenir fut qu'il déclara
verbalement que l'efcorte
du Royde Suede pafferoit
paiſiblement , fans caufer
aucun dommage aux Polonois , & qu'elle payeroit
exactementauprix courant
les provifions , & les autres
chofes dont elle auroit be
foin.
Onattendoit inceffammentun Courier defa Ma
jefté Suedoife pour apprendre les refolutions & les
mefures qu'il auroit prifes
pour fon départ. Les Bas
256 MERCURE
chas qui commandent les
troupes enRomelie ontordre de faire avancer douze
mille Spahis vers Bender.
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Résumé : Nouvelles d'Allemagne.
Le texte décrit des événements politiques en Allemagne et en Turquie. En Allemagne, l'Archiduc a nommé plusieurs dignitaires hongrois à des postes importants : le Comte Erdedi comme Chef de la Justice, le Comte Jean Palfi comme Ban ou Viceroy de Croatie, et le Comte Emeric Czacki comme Archevêque de Colocza. Cinq seigneurs hongrois ont été désignés Gentilshommes de la Clef d'or. L'Archiduc séjournera à Presbourg pour régler les affaires du Royaume, notamment les questions religieuses, la distribution des charges et l'examen des plaintes contre les commissaires impériaux et autres officiers impliqués dans la dernière révolution. En Turquie, les ministres du Grand-Seigneur discutent de l'escorte à fournir au Roi de Suède, qui comptera douze mille Spahis commandés par le Bacha de Bender, promu Seraskier. L'escorte sera accompagnée par Achmet-Aga, porteur des ordres du Grand Seigneur et du Grand Vizir. Les ambassadeurs du Czar ont échoué dans leur tentative de convaincre la Cour ottomane de faire changer d'itinéraire au Roi de Suède pour éviter la Pologne. Le Grand Vizir a déclaré que l'escorte traverserait paisiblement la Pologne et paierait les provisions nécessaires. Les Bachtchas en Romélie ont reçu l'ordre de faire avancer douze mille Spahis vers Bender.
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1090
p. 256-261
Nouvelles d'Espagne.
Début :
On mande d'Estramadure, que le Marquis de Bay avoit [...]
Mots clefs :
Espagne, Troupes, Marquis, Portugal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Espagne.
Nouvelles d'Espagne.
On mande d'Eftramadure , que le Marquis de
Bay avoit paffé la riviere
de Caya , le 20. May , &
eftoit allé camper à Collero avec toute fon Armée:
composée de trente - deux
Bataillons, defoixante-fept:
Escadrons , &untrain d'artillerie, avecfix Lieutenans
Generaux, huit Maréchaux
de Camp, & quatorze Brigadiers.
GALANT. 257
gadiers. Le lendemain il
continua fa marche jufqu'à
Penna-Clara ou Villa- boin,
& Santa Olalla , qui font
des Places fortifiées , envoyerent prefter obéïſſance & fe foumettre à la contribution. Les pluyes font
tombées enfi grande abondance , que le Marquis
de Bay avoit efté obligé de
Juin 1712.
retourner au Campde Collera , où il fubfifte aux dépends des Ennemis en attendant le beau temps . Durant cette contremarche ,
mille Chevaux Portugais
Y
258 MERCURE
parurent en differentes
troupes fur les hauteurs
d'Elvas; le Marquis de Bay
fit un détachement pour
alleràeux. On les attaqua
deux fois , les Troupes du
Roy quoyqu'en moindre
nombre, les battirent. On
leur tua plufieurs Officiers
& un grand nombre de
Soldats. On fit plufieurs
priſonniers , entre autres
un Lieutenant Colonel par
lequel on apprit que la Cal
valerie des Ennemis eftoit
à Eftremos , & leur Infanterie à Borba & Villa- Vi
ciofa.
GALANT. 259
On a eu avis que l'Efca
dre Françoiſe commandée
par le fieur Caffart , eftoig
encore fur les coftes de
Portugal , ce qui a donné
une fi grande allarme aux
Portugais , qu'ils avoient
eſté obligez d'envoyer des
troupes vers Setuval
On mande des frontie
res de Catalogne , que les
troupes commençoient à
fe mettre en mouvement
pour former l'Armée , &
que l'Efcadre Angloiſe ef
toit arrivée du Port Mahon
à Barcelone pour y embar
Yij
260 MERCURE
quer l'Archiducheffe.
Le Comte de Amarante , Confeiller du Confeil
de Guerre , mourut à Madridâgéde 70. ans.
feuMonLes Lettres de Pontevedra en Galice , portent que
la Nation Françoife avoit
fait celebrer des Obfeques
magnifiques pour
feigneur le Dauphin ,
pourMadamela Dauphine.
Tous les Magiftrats & les
Communautez de la Villey
ont affifté.
&
Plufieurs Officiers Anglois qui fervoient en Ca-
GALANT. 261
talogne ont paffé à Brefcia s'en retournant en Angleterre.
On mande d'Eftramadure , que le Marquis de
Bay avoit paffé la riviere
de Caya , le 20. May , &
eftoit allé camper à Collero avec toute fon Armée:
composée de trente - deux
Bataillons, defoixante-fept:
Escadrons , &untrain d'artillerie, avecfix Lieutenans
Generaux, huit Maréchaux
de Camp, & quatorze Brigadiers.
GALANT. 257
gadiers. Le lendemain il
continua fa marche jufqu'à
Penna-Clara ou Villa- boin,
& Santa Olalla , qui font
des Places fortifiées , envoyerent prefter obéïſſance & fe foumettre à la contribution. Les pluyes font
tombées enfi grande abondance , que le Marquis
de Bay avoit efté obligé de
Juin 1712.
retourner au Campde Collera , où il fubfifte aux dépends des Ennemis en attendant le beau temps . Durant cette contremarche ,
mille Chevaux Portugais
Y
258 MERCURE
parurent en differentes
troupes fur les hauteurs
d'Elvas; le Marquis de Bay
fit un détachement pour
alleràeux. On les attaqua
deux fois , les Troupes du
Roy quoyqu'en moindre
nombre, les battirent. On
leur tua plufieurs Officiers
& un grand nombre de
Soldats. On fit plufieurs
priſonniers , entre autres
un Lieutenant Colonel par
lequel on apprit que la Cal
valerie des Ennemis eftoit
à Eftremos , & leur Infanterie à Borba & Villa- Vi
ciofa.
GALANT. 259
On a eu avis que l'Efca
dre Françoiſe commandée
par le fieur Caffart , eftoig
encore fur les coftes de
Portugal , ce qui a donné
une fi grande allarme aux
Portugais , qu'ils avoient
eſté obligez d'envoyer des
troupes vers Setuval
On mande des frontie
res de Catalogne , que les
troupes commençoient à
fe mettre en mouvement
pour former l'Armée , &
que l'Efcadre Angloiſe ef
toit arrivée du Port Mahon
à Barcelone pour y embar
Yij
260 MERCURE
quer l'Archiducheffe.
Le Comte de Amarante , Confeiller du Confeil
de Guerre , mourut à Madridâgéde 70. ans.
feuMonLes Lettres de Pontevedra en Galice , portent que
la Nation Françoife avoit
fait celebrer des Obfeques
magnifiques pour
feigneur le Dauphin ,
pourMadamela Dauphine.
Tous les Magiftrats & les
Communautez de la Villey
ont affifté.
&
Plufieurs Officiers Anglois qui fervoient en Ca-
GALANT. 261
talogne ont paffé à Brefcia s'en retournant en Angleterre.
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Résumé : Nouvelles d'Espagne.
En mai et juin 1712, le Marquis de Bay a mené une campagne militaire en Espagne et au Portugal. Le 20 mai, il a traversé la rivière Caya avec une armée de trente-deux bataillons, soixante-sept escadrons et un train d'artillerie, accompagnée de six lieutenants généraux, huit maréchaux de camp et quatorze brigadiers. Après avoir campé à Colle-ro, il a pris plusieurs places fortifiées, dont Penna-Clara, Villa-boin et Santa Olalla. Des pluies abondantes l'ont forcé à revenir à Colle-ro. Pendant ce temps, mille chevaux portugais ont été repérés près d'Elvas. Un détachement envoyé par le Marquis de Bay a vaincu les troupes ennemies, capturant un lieutenant-colonel qui a révélé la position des forces ennemies. L'escadre française commandée par Caffart était au large du Portugal, provoquant une alarme et le déploiement de troupes vers Setuval. En Catalogne, les troupes se préparaient à former une armée, et l'escadre anglaise était arrivée à Barcelone pour embarquer l'archiduchesse. À Madrid, le Comte d'Amarante, conseiller du Conseil de Guerre, est décédé à l'âge de 70 ans. Des obsèques magnifiques ont été organisées en Galice pour le Dauphin et la Dauphine. Plusieurs officiers anglais ont quitté la Catalogne pour retourner en Angleterre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1091
p. 261-264
Nouvelles d'Angleterre.
Début :
Le Parlement estant informé que le Duc d'Ormond avoit déclaré [...]
Mots clefs :
Angleterre, Chambre haute, Chambre basse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Angleterre.
Nouvelles d'Angleterre.
Le Parlement eftant informé que le Duc d'Or
mond avoit declaré qu'il
ne pouvoit rien entreprendre fans de nouveaux ordres , Mylord Hallifax fit
un long difcours dans la
Chambre Haute, pour blâmer la conduite qu'on avoit tenuë en cette occafion 11 prefenta une Addreffe à la Reine pour la
prier de leur communiquer
262 MERCURE
l'ordre donné au Duc d'Or
mond , & luy en demander la
revocation, Quelques autres
Seigneurs parlerent pour apfon fentiment. puyer
Le Comte d'Oxford , Grand
Treforier , répondit qu'une pareille Addreffe donneroit atteinte au droit qu'avoit la Reynede faire la Paix & la Guer
& par confequent d'envoyer à fes Generaux les ordres
qu'elle jugeroit à propos, & ces
ordres ne pouvoient pas être
communiquez › parce qu'ils
re ,
devoient être fecrets. Son difcours fut appuyé par ceux du
Duc d'Argile , du Comte de
Pawlet , & d'autres Seigneurs.
Enfin la queſtion ayant eſté
faite fi cette Addreffe feroit pré-
J GALANT. 263
fentéeou non, la negative l'emporta àla pluralité de foixantehuit voix contre quarante..
La mefme difpute s'éleva
dans la Chambre Baffe où après
plufieurs difcours de part &
d'autre , il fut conclu à la pluralité de deux cens trois voix
contre foixante & treize, qu'au
lieu de propofer l'Addreſſe on
prefenteroit la reſolution fuivante.
Que la Chambre avoit une
entiere confiance en la promef
fe qu'il avoit plûà la Reynede
faire , de communiquer à fon
Parlement les conditions de la
Paix,avantqu'elle fuft conclue,
&que les Communes foutiendront Sa Majesté pour obtenir
une Paix fure & honorable
264 MERCURE
contre tous ceux du dedans ou
du dehors du Royaume qui y
voudront apporter quelque ob
ſtacle.
Lettres de Lisbonne du Les
24. Mayportent qu'on y eftoit
en grande inquietude pour la
Flotte du Brefil à caufe de l'EL
cadre Françife que commande
Le Capitain Caffart.
On a receu d'autres Lettres
qui portent qu'il eſtɔit venu un
ordre d'Angleterre , de caffer
les cinq Regiments d'Anglois
de Cavalerie qui reftoient en
Portuga
Le Parlement eftant informé que le Duc d'Or
mond avoit declaré qu'il
ne pouvoit rien entreprendre fans de nouveaux ordres , Mylord Hallifax fit
un long difcours dans la
Chambre Haute, pour blâmer la conduite qu'on avoit tenuë en cette occafion 11 prefenta une Addreffe à la Reine pour la
prier de leur communiquer
262 MERCURE
l'ordre donné au Duc d'Or
mond , & luy en demander la
revocation, Quelques autres
Seigneurs parlerent pour apfon fentiment. puyer
Le Comte d'Oxford , Grand
Treforier , répondit qu'une pareille Addreffe donneroit atteinte au droit qu'avoit la Reynede faire la Paix & la Guer
& par confequent d'envoyer à fes Generaux les ordres
qu'elle jugeroit à propos, & ces
ordres ne pouvoient pas être
communiquez › parce qu'ils
re ,
devoient être fecrets. Son difcours fut appuyé par ceux du
Duc d'Argile , du Comte de
Pawlet , & d'autres Seigneurs.
Enfin la queſtion ayant eſté
faite fi cette Addreffe feroit pré-
J GALANT. 263
fentéeou non, la negative l'emporta àla pluralité de foixantehuit voix contre quarante..
La mefme difpute s'éleva
dans la Chambre Baffe où après
plufieurs difcours de part &
d'autre , il fut conclu à la pluralité de deux cens trois voix
contre foixante & treize, qu'au
lieu de propofer l'Addreſſe on
prefenteroit la reſolution fuivante.
Que la Chambre avoit une
entiere confiance en la promef
fe qu'il avoit plûà la Reynede
faire , de communiquer à fon
Parlement les conditions de la
Paix,avantqu'elle fuft conclue,
&que les Communes foutiendront Sa Majesté pour obtenir
une Paix fure & honorable
264 MERCURE
contre tous ceux du dedans ou
du dehors du Royaume qui y
voudront apporter quelque ob
ſtacle.
Lettres de Lisbonne du Les
24. Mayportent qu'on y eftoit
en grande inquietude pour la
Flotte du Brefil à caufe de l'EL
cadre Françife que commande
Le Capitain Caffart.
On a receu d'autres Lettres
qui portent qu'il eſtɔit venu un
ordre d'Angleterre , de caffer
les cinq Regiments d'Anglois
de Cavalerie qui reftoient en
Portuga
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Résumé : Nouvelles d'Angleterre.
Le Parlement anglais a été informé que le Duc d'Ormond ne pouvait agir sans de nouveaux ordres. Lord Halifax a proposé une adresse à la Reine pour demander la communication et la révocation de l'ordre donné au Duc d'Ormond. Plusieurs seigneurs, dont le Comte d'Oxford, ont soutenu que cette adresse porterait atteinte aux droits de la Reine et que les ordres devaient rester secrets. La proposition d'adresse a été rejetée par 68 voix contre 40 dans la Chambre Haute. Dans la Chambre Basse, après plusieurs discours, il a été décidé par 203 voix contre 63 et 13 de présenter une résolution affirmant la confiance en la promesse de la Reine de communiquer les conditions de la paix avant sa conclusion. Les Communes ont exprimé leur soutien à la Reine pour obtenir une paix sûre et honorable contre toute obstruction. Par ailleurs, des lettres de Lisbonne datées du 24 mai rapportent une grande inquiétude concernant la flotte du Brésil en raison de la présence de l'escadre française commandée par le Capitaine Cassart. D'autres lettres mentionnent un ordre d'Angleterre de casser les cinq régiments de cavalerie anglaise stationnés au Portugal.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1092
p. 284-306
Harangue de la Reine d'Angleterre, prononcée le 17. Juin 1712.
Début :
Milords & Messieurs C'est une prérogative indubitable de la Couronne [...]
Mots clefs :
Reine d'Angleterre, Harangue, Guerre, Paix, Négociations de paix internationales, Espagne, Allemagne, Sicile, Hannovre, France
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texteReconnaissance textuelle : Harangue de la Reine d'Angleterre, prononcée le 17. Juin 1712.
Haranguede la Reine d'Angleterre , prononcée le 17.
Juin 1712.
Milords & Meffieurs
2
C'eft une prérogative indu
bitable de la Couronne , de
faire la Guerre & la Paix
cependant, je mer une
grande confiance en vous
que je voulus bien declarer
au commencement de cette
Seffion , qu'on eft entré en
Negociation pour une Paix
Generale , &depuis , je vous
GALANT. 281
ay fait connoître de ma part
quejevous communiquerois
les Termes de la Paix , avant
qu'elle fut conclue.
Selon cette promfſe , je
viens prefentement vous
faire fçavoir , fur quel pied
la Paix Generale peut cftre
faite.
Il n'eft pas neceffaire de
parler des difficultez qui fe
trouvent dans la nature de
la chofe même. Il n'eſt que
trop évident que ces difficultez ont efté augmentées
par des obftacles artificieufe
ment formez pour empe-
186 MERCURE
cher cette bonne & grande
œuvre, cependant rien n'a
pû m'empecher de pourfuivre, conftament en premier
licu les veritables interefts de
mes Royaumes ; & enfuirté
je n'ay rienobmis de ce qui
pouvoit procurerà tous nos
Alliez ce qui leur eft conve
nable , ou pour les Traitez,
& ce qui eft neceffaire pour
leur furetét
Comme je n'ay rien plus
à cœur que d'affurer la fuc
ceffion proteftantes à ces
Royaumes, comme elle eft
établie par les loir , dans la
GALANT 287
·
maifon d Hannover : Ona
pris un foin particulier
non feulement de faire reconnoiftre de la maniere la
plus forte , mais auffi de l'affurer en éloignant des Etats
du Roy de France , la per
fonne qui a pretendu troubler cet établiffement.
La principale rafon pour
commencer cette Gurre a
efté que la crainte que l'Ef
pagne &les Indes Occiden
rales , ne fuffent jointes à la
France ; le principe que j'ay
pofé au commencement de
ee Traité a cfté de prévenir
288 MERCURE " the
feurement une telle union.
Les exemples du paffé
& les negotiations en dernier lieu , montrent affez
combien il eft difficile de
trouver les moyens d'effectuer cet ouvrage , je n'ay
pas voulu me contenter de
ceux qui font fimplement
fpeculatifs , & qui dependent des traitez feulement ,
jay infifté fur ce qui eft
folide , & d'avoir en main le
pouvoir d'executer ce qui
aura été conclu.
Je puis donc vous dire
prefentement qu'enfin la
France
GALANT: 289
France , a été portée d'offrir
que le Duc d'Anjou renoncera pour luy & pour fes
defcendans à toujours à la
Couronne de France , &
afin que cet article important ne foit point exposé à
aucun hazard, l'execution
doit accompagner la promeffe.
En mefme tems la fucceffion à la Couronne de
France doit eftre declarée
apartenir apres la mort du
prefent Dauphin & de fes
fils , au Duc de Berry & fes
fils , au Duc d'Orleans fos
Juin 1912.
Bb
1,0 MERCURE
fils, & ainfi fucceffivement
à tout le refte de la Maiſon
de Bourbon.
Et pour ce qui regarde
Efpagne & les Indes , la
fucceffion aprés le Duc
d'Anjou & fes enfans doir
defcendre à tel Prince dont
on conviendra dans le traité
à l'exclufion pour toujours
du refte de la Maifon de
Bourbon.
Pour confirmer les renonciations & les établiffements
cy- deffus , on offre de les
faire ratifier de la maniere la
plus forte & la plus folem-
GALANT. 291
nelle en France & en Efpagne , & que ces Royaumes.
ainfi que toutes les autres
Puiffances engagées dans
cette guerre en feront garents.
La nature de cette propofition cft telle qu'elle
s'execute d'elle meſme , il
eft de l'intereft de l'Espagne
de la foutenir, & en France
les perfonnes que la fucceffion regarde feront toujours
prefts &affez puiffans pour
maintenir leur droit Ja
France & l'Espagne font
actuellement plus divifcz
B bij
292 MERCURE
la que jamais , & ainfi par
Benediction de Dieu , la veritable balance du pouvoir
fera fixée en Europe & expofée à auffi peu d'accidens
les affaires humaines le que
peuvent eftre.
On a entamé un traité
de commerce entre ces Royaumes & la France , mais
les droits exceffifs mis fur
certaines marchandiſes , &
la deffenfe d'entrée de
quelqu'autre , empêchent
que cet ouvrage ne finiffe
auffitôt qu'il feroit à fouhaiter. Ona pris foin cepen-
GALANT. 197
dant d'établir une methode
pour regler cette affaire , &
on eft convenu que les
mefmes privileges & avantages qui feront accordez à
aucunenation par la France
nous feront accordez de
la mefme maniere.
La divifion de l'Ile Saint
1
Chriftophe entre nous &
les François ayant porté
beaucoup d'incommodité
& dommage à mes fujets ,
j'ay demandé qu'on me ce◄
dât entierement toute cette
Ifle , & la France accorde
cette demande. Nous avons
Bb iij
194 MERGURE
un filgrand intereft dans le
commerce du Nord de l'Amerique , que j'ay tâché
avec tout le foin poffible
d'ajufter cet article de la
maniere la plus avantageufe.
La France conſent de nous
rendre la Baye entiere & le
Détroit d'Hulfon , de nous
livrer l'Ifle.ou Terre- neuve,
Plaifance, & de ceder entic
ment, Anapolis avecle refte
de la nouvelle Ecoffe ou
Acadie.
Noftra.commerce fur nos
coftes fera beaucoup plus
affuré par la démolition de
Dunkerque.....
GALANT. 295
Rien ne peut plus affurer
nôtre commerce dans la
MerMediterranée & les in
fluences des Anglois dans
ces quartiers que la poffeffion de Gibraltar & du'
Port- Mahon avec toute
Ifle de Minorque , qu'on
offre de laiffer entre mest
mains ; on peut regler le
commerce general en Ef
pagne& aux Indes occiden
tales fur le pied qu'il étoit
dansle tems du dernier Roy
d'Efpagne Charles II. & on
a ftipulé particulierement
que tous les avantages,
Bbiiij
296 MERCURE
droits ou privileges qui ont
été ou feront d'orefnavant
accordé par l'Espagne à aucune autre Nation ne feront
de la mefme maniere au fujet de la Grande Bretagne.
Mais comme la part que
nous avons à foutenir cetta
guerre nous donne droit de
pretendre à quelque diftinction dans les conditions de
la Paix , j'ay infifté & obtenu que l'Affiento ou
Contrat pour fournir des
Negres aux Indes Occidentales fera fait par nous
pour l'efpace de trente
"
CALANT. 297
ans de la mefme maniere
que les Francois en ont jouy
pendant ces dix dernieres
années.
Je n'ay pas entrepris de
déterminer les interefts de
nos Alliez; ils doivent eftre
ajuftez au Congrés d'U
trecht oùj'employeray tous
mes foins comme, je l'ay
conftament fait jufqu'icy,
pour procurer à chacun
d'eux une jufte & raiſonnable fatisfaction.
Cependant je trouve à
propos de vous declarer que
la France offre de faire la
298 MERCURE
Rhin la Barriere de l'Empire
de ceder Brifac, le fort de
Kell & Landau, & de rafer
toutes les Fortereffes qui
fontdel'autre côté du Rhin
& celles qui font dans cerre
même Riviere:
Pour ce qui regarde les
interefts des Proteftans
d'Allemagne , il n'y aura
point d'objection de la part
de la France pour empêcher
qu'ils ne foient rétablis fur
le pied du Traité de Weftphalie.
Les Pais bas Espagnols
peuvent aller à S. M. Impe
GALANT 299
-
riale , les Royaumes de Naples , de Sardaigne , le Du
ché de Milan ; & les places
appartenant à l'Eſpagne fur
les côtes de Tofcane feront
cedées auffi à l'Empereur
par le traité de Paix..
Premierement le Ro
yaume de Sicile quoy qu'il
ne reste plus de difficulté
touchant la fucceffion de la
part du Duc d'Anjou , ce
pendant on ne s'eft pas en
core determiné touchant la
difpofition.
On confent aux intereſts
dès Erats Generaux par rap-
300 MERCURE
port au Commerce comme
ils l'ont demandé par leur
Miniftere,à l'exception feulement de quelques efpeces
de marchandifes & à leur
Barriere entiere comme elle
a été demandée par les Etats
en 1709. excepté tout au
plus deux ou trois places , &
pour ces exceptionson a propofé plufieurs expedients ;
& je ne doute point que
cette Barriere peut etre tellement établie que la Repu
blique fera entierement af
furée contre les entréprifes
de la France; ce qui eft le
GALANT. 301
fondement de tous mes engagemens avec les Etats fur
cet article.
Les demandes du Portugal dépendant de la difpofition d'Espagne , & cer
Article ayant été long- tems
en difpute , il n'a pas été
poffible jufqu'icy de faire
de grand progrez dans cette
negotiation : mais mes Plenipotentiaires auront préfentement occafion d'affifter ce Roy , dans fes pretentions.
Cellesdu Roy de Pruffefont
telles qu'elle n'admettront,
302 MERCURE
j'efpere , que peu de difficul
té de la part de la France , &
je n'obmettray rien pour
procurer tous les avantages
que je pourray à un fibon
Allié.
La difference eft tres-peu
confiderable entre la Barriere , demandée en 1709.
pour le Duc de Savoye , &
les offres que la Fance fait
prefentement. Mais ce Prince s'étant fignalé gloriculement pour le bien de la cau
fe commune, je travaille encore à luy procurer de plus
grands avantages.
GALANT. 303
La France a confenti que
l'Electeur de Palatin , confervera le rang dont il jouit
*
actuellement parmy les Electeurs , & demeurera en poffeffion du haut Palatinar.
La dignité Electorale eft
femblablement reconnue
dans la maifond'Hannover,
felon l'Article inferé à la
priere de ce Prince , dans
mes demandes.
•
Et pour le refte des Allicz ,je ne fais aucune doute
d'affurer leur differents in-
-terests.
304 MERCURE
w
Milords , & Meffieurs. D
+
Je vous ay maintenant
communiqué non - feulement les conditions de Paix,
qui peuvent eftre obtenuës
par le Traité futur , pour
mes fujets. Mais auffi lespropofitions de la France , pour
fatisfaire les Alliez : les premieres font telles que j'ay
raifon d'attendre , de pous
voit donner quelque fatisfaction à mon Peuple , pour
le grand & trop peſant fardeau qu'ils ont fupportez
GALANT 305.
pendant le cours de cette
Guerre , & je veux efperer
qu'aucun de nos Confederez
&principalement ceux dont
les Etats & le pouvoir aug
mente fi fort par la Paix ,
n'envieront pas à l'Angleterre , fa part dans la gloire
& l'avantage qu'elle ap- "
porte.
Les dernieres ne font pas
encore fi parfaitement ajuf
tées , comme un peu plus
detemps auroit pû le faire,
mais étant neceffaire à cauſe
de la faiſon , que cette Seffion finiffe ; je n'ay pas
Juin 1712 Cc
306 MERGURE
voulu differer plus longtemps à vous communiquer
tout cecy.
Je ne doute point que
vous ne foyez pleinement
perfuadez , que je ne negli
geray rien dans le progrez
de cette negotiation pour
amener la Paix , à une fin
prompte & heureufe , &je
m'attend que vous vous
confierez entierement en
moy , & concourrerez agreablement avec moy,
Juin 1712.
Milords & Meffieurs
2
C'eft une prérogative indu
bitable de la Couronne , de
faire la Guerre & la Paix
cependant, je mer une
grande confiance en vous
que je voulus bien declarer
au commencement de cette
Seffion , qu'on eft entré en
Negociation pour une Paix
Generale , &depuis , je vous
GALANT. 281
ay fait connoître de ma part
quejevous communiquerois
les Termes de la Paix , avant
qu'elle fut conclue.
Selon cette promfſe , je
viens prefentement vous
faire fçavoir , fur quel pied
la Paix Generale peut cftre
faite.
Il n'eft pas neceffaire de
parler des difficultez qui fe
trouvent dans la nature de
la chofe même. Il n'eſt que
trop évident que ces difficultez ont efté augmentées
par des obftacles artificieufe
ment formez pour empe-
186 MERCURE
cher cette bonne & grande
œuvre, cependant rien n'a
pû m'empecher de pourfuivre, conftament en premier
licu les veritables interefts de
mes Royaumes ; & enfuirté
je n'ay rienobmis de ce qui
pouvoit procurerà tous nos
Alliez ce qui leur eft conve
nable , ou pour les Traitez,
& ce qui eft neceffaire pour
leur furetét
Comme je n'ay rien plus
à cœur que d'affurer la fuc
ceffion proteftantes à ces
Royaumes, comme elle eft
établie par les loir , dans la
GALANT 287
·
maifon d Hannover : Ona
pris un foin particulier
non feulement de faire reconnoiftre de la maniere la
plus forte , mais auffi de l'affurer en éloignant des Etats
du Roy de France , la per
fonne qui a pretendu troubler cet établiffement.
La principale rafon pour
commencer cette Gurre a
efté que la crainte que l'Ef
pagne &les Indes Occiden
rales , ne fuffent jointes à la
France ; le principe que j'ay
pofé au commencement de
ee Traité a cfté de prévenir
288 MERCURE " the
feurement une telle union.
Les exemples du paffé
& les negotiations en dernier lieu , montrent affez
combien il eft difficile de
trouver les moyens d'effectuer cet ouvrage , je n'ay
pas voulu me contenter de
ceux qui font fimplement
fpeculatifs , & qui dependent des traitez feulement ,
jay infifté fur ce qui eft
folide , & d'avoir en main le
pouvoir d'executer ce qui
aura été conclu.
Je puis donc vous dire
prefentement qu'enfin la
France
GALANT: 289
France , a été portée d'offrir
que le Duc d'Anjou renoncera pour luy & pour fes
defcendans à toujours à la
Couronne de France , &
afin que cet article important ne foit point exposé à
aucun hazard, l'execution
doit accompagner la promeffe.
En mefme tems la fucceffion à la Couronne de
France doit eftre declarée
apartenir apres la mort du
prefent Dauphin & de fes
fils , au Duc de Berry & fes
fils , au Duc d'Orleans fos
Juin 1912.
Bb
1,0 MERCURE
fils, & ainfi fucceffivement
à tout le refte de la Maiſon
de Bourbon.
Et pour ce qui regarde
Efpagne & les Indes , la
fucceffion aprés le Duc
d'Anjou & fes enfans doir
defcendre à tel Prince dont
on conviendra dans le traité
à l'exclufion pour toujours
du refte de la Maifon de
Bourbon.
Pour confirmer les renonciations & les établiffements
cy- deffus , on offre de les
faire ratifier de la maniere la
plus forte & la plus folem-
GALANT. 291
nelle en France & en Efpagne , & que ces Royaumes.
ainfi que toutes les autres
Puiffances engagées dans
cette guerre en feront garents.
La nature de cette propofition cft telle qu'elle
s'execute d'elle meſme , il
eft de l'intereft de l'Espagne
de la foutenir, & en France
les perfonnes que la fucceffion regarde feront toujours
prefts &affez puiffans pour
maintenir leur droit Ja
France & l'Espagne font
actuellement plus divifcz
B bij
292 MERCURE
la que jamais , & ainfi par
Benediction de Dieu , la veritable balance du pouvoir
fera fixée en Europe & expofée à auffi peu d'accidens
les affaires humaines le que
peuvent eftre.
On a entamé un traité
de commerce entre ces Royaumes & la France , mais
les droits exceffifs mis fur
certaines marchandiſes , &
la deffenfe d'entrée de
quelqu'autre , empêchent
que cet ouvrage ne finiffe
auffitôt qu'il feroit à fouhaiter. Ona pris foin cepen-
GALANT. 197
dant d'établir une methode
pour regler cette affaire , &
on eft convenu que les
mefmes privileges & avantages qui feront accordez à
aucunenation par la France
nous feront accordez de
la mefme maniere.
La divifion de l'Ile Saint
1
Chriftophe entre nous &
les François ayant porté
beaucoup d'incommodité
& dommage à mes fujets ,
j'ay demandé qu'on me ce◄
dât entierement toute cette
Ifle , & la France accorde
cette demande. Nous avons
Bb iij
194 MERGURE
un filgrand intereft dans le
commerce du Nord de l'Amerique , que j'ay tâché
avec tout le foin poffible
d'ajufter cet article de la
maniere la plus avantageufe.
La France conſent de nous
rendre la Baye entiere & le
Détroit d'Hulfon , de nous
livrer l'Ifle.ou Terre- neuve,
Plaifance, & de ceder entic
ment, Anapolis avecle refte
de la nouvelle Ecoffe ou
Acadie.
Noftra.commerce fur nos
coftes fera beaucoup plus
affuré par la démolition de
Dunkerque.....
GALANT. 295
Rien ne peut plus affurer
nôtre commerce dans la
MerMediterranée & les in
fluences des Anglois dans
ces quartiers que la poffeffion de Gibraltar & du'
Port- Mahon avec toute
Ifle de Minorque , qu'on
offre de laiffer entre mest
mains ; on peut regler le
commerce general en Ef
pagne& aux Indes occiden
tales fur le pied qu'il étoit
dansle tems du dernier Roy
d'Efpagne Charles II. & on
a ftipulé particulierement
que tous les avantages,
Bbiiij
296 MERCURE
droits ou privileges qui ont
été ou feront d'orefnavant
accordé par l'Espagne à aucune autre Nation ne feront
de la mefme maniere au fujet de la Grande Bretagne.
Mais comme la part que
nous avons à foutenir cetta
guerre nous donne droit de
pretendre à quelque diftinction dans les conditions de
la Paix , j'ay infifté & obtenu que l'Affiento ou
Contrat pour fournir des
Negres aux Indes Occidentales fera fait par nous
pour l'efpace de trente
"
CALANT. 297
ans de la mefme maniere
que les Francois en ont jouy
pendant ces dix dernieres
années.
Je n'ay pas entrepris de
déterminer les interefts de
nos Alliez; ils doivent eftre
ajuftez au Congrés d'U
trecht oùj'employeray tous
mes foins comme, je l'ay
conftament fait jufqu'icy,
pour procurer à chacun
d'eux une jufte & raiſonnable fatisfaction.
Cependant je trouve à
propos de vous declarer que
la France offre de faire la
298 MERCURE
Rhin la Barriere de l'Empire
de ceder Brifac, le fort de
Kell & Landau, & de rafer
toutes les Fortereffes qui
fontdel'autre côté du Rhin
& celles qui font dans cerre
même Riviere:
Pour ce qui regarde les
interefts des Proteftans
d'Allemagne , il n'y aura
point d'objection de la part
de la France pour empêcher
qu'ils ne foient rétablis fur
le pied du Traité de Weftphalie.
Les Pais bas Espagnols
peuvent aller à S. M. Impe
GALANT 299
-
riale , les Royaumes de Naples , de Sardaigne , le Du
ché de Milan ; & les places
appartenant à l'Eſpagne fur
les côtes de Tofcane feront
cedées auffi à l'Empereur
par le traité de Paix..
Premierement le Ro
yaume de Sicile quoy qu'il
ne reste plus de difficulté
touchant la fucceffion de la
part du Duc d'Anjou , ce
pendant on ne s'eft pas en
core determiné touchant la
difpofition.
On confent aux intereſts
dès Erats Generaux par rap-
300 MERCURE
port au Commerce comme
ils l'ont demandé par leur
Miniftere,à l'exception feulement de quelques efpeces
de marchandifes & à leur
Barriere entiere comme elle
a été demandée par les Etats
en 1709. excepté tout au
plus deux ou trois places , &
pour ces exceptionson a propofé plufieurs expedients ;
& je ne doute point que
cette Barriere peut etre tellement établie que la Repu
blique fera entierement af
furée contre les entréprifes
de la France; ce qui eft le
GALANT. 301
fondement de tous mes engagemens avec les Etats fur
cet article.
Les demandes du Portugal dépendant de la difpofition d'Espagne , & cer
Article ayant été long- tems
en difpute , il n'a pas été
poffible jufqu'icy de faire
de grand progrez dans cette
negotiation : mais mes Plenipotentiaires auront préfentement occafion d'affifter ce Roy , dans fes pretentions.
Cellesdu Roy de Pruffefont
telles qu'elle n'admettront,
302 MERCURE
j'efpere , que peu de difficul
té de la part de la France , &
je n'obmettray rien pour
procurer tous les avantages
que je pourray à un fibon
Allié.
La difference eft tres-peu
confiderable entre la Barriere , demandée en 1709.
pour le Duc de Savoye , &
les offres que la Fance fait
prefentement. Mais ce Prince s'étant fignalé gloriculement pour le bien de la cau
fe commune, je travaille encore à luy procurer de plus
grands avantages.
GALANT. 303
La France a confenti que
l'Electeur de Palatin , confervera le rang dont il jouit
*
actuellement parmy les Electeurs , & demeurera en poffeffion du haut Palatinar.
La dignité Electorale eft
femblablement reconnue
dans la maifond'Hannover,
felon l'Article inferé à la
priere de ce Prince , dans
mes demandes.
•
Et pour le refte des Allicz ,je ne fais aucune doute
d'affurer leur differents in-
-terests.
304 MERCURE
w
Milords , & Meffieurs. D
+
Je vous ay maintenant
communiqué non - feulement les conditions de Paix,
qui peuvent eftre obtenuës
par le Traité futur , pour
mes fujets. Mais auffi lespropofitions de la France , pour
fatisfaire les Alliez : les premieres font telles que j'ay
raifon d'attendre , de pous
voit donner quelque fatisfaction à mon Peuple , pour
le grand & trop peſant fardeau qu'ils ont fupportez
GALANT 305.
pendant le cours de cette
Guerre , & je veux efperer
qu'aucun de nos Confederez
&principalement ceux dont
les Etats & le pouvoir aug
mente fi fort par la Paix ,
n'envieront pas à l'Angleterre , fa part dans la gloire
& l'avantage qu'elle ap- "
porte.
Les dernieres ne font pas
encore fi parfaitement ajuf
tées , comme un peu plus
detemps auroit pû le faire,
mais étant neceffaire à cauſe
de la faiſon , que cette Seffion finiffe ; je n'ay pas
Juin 1712 Cc
306 MERGURE
voulu differer plus longtemps à vous communiquer
tout cecy.
Je ne doute point que
vous ne foyez pleinement
perfuadez , que je ne negli
geray rien dans le progrez
de cette negotiation pour
amener la Paix , à une fin
prompte & heureufe , &je
m'attend que vous vous
confierez entierement en
moy , & concourrerez agreablement avec moy,
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Résumé : Harangue de la Reine d'Angleterre, prononcée le 17. Juin 1712.
Le 17 juin 1712, la Reine d'Angleterre adresse une harangue à ses sujets pour les informer des négociations en cours visant à établir une paix générale. Elle explique que la guerre a été déclenchée par la crainte d'une union entre l'Espagne, les Indes Occidentales et la France. La reine souligne qu'elle a toujours cherché à protéger les intérêts de ses royaumes ainsi que ceux de ses alliés. Les principales conditions de paix incluent la renonciation du Duc d'Anjou et de ses descendants à la couronne de France. La succession de la couronne française doit revenir aux Ducs de Berry, d'Orléans et aux autres membres de la Maison de Bourbon. Pour l'Espagne et les Indes, la succession après le Duc d'Anjou et ses enfants doit revenir à un prince désigné dans le traité, excluant le reste de la Maison de Bourbon. La France accepte de céder plusieurs territoires, notamment Dunkerque, l'île Saint-Christophe, la baie d'Hudson, Terre-Neuve, Plaisance, Annapolis et l'Acadie. La reine insiste également sur la possession de Gibraltar et du Port-Mahon pour sécuriser le commerce en Méditerranée. Des accords commerciaux et des concessions territoriales sont prévus pour divers alliés, tels que les Pays-Bas espagnols, le Portugal, la Prusse et le Duc de Savoie. La reine exprime son espoir de voir la paix conclue rapidement et de manière avantageuse pour tous les confédérés.
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1093
p. 43-48
Du Camp de Noyelle ce 7. Juillet.
Début :
Je suis venu ici, Monsieur, pour rendre compte à Monsieur [...]
Mots clefs :
Noyelle, Camp, Troupes, Chevaux, Douai
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du Camp de Noyelle ce 7. Juillet.
Du Camp de Noyelle ce 7.
Fuiller.
Je fuis venu ici , Monfieur , pour rendre compte
à Monfieur le Maréchal
que fur l'avis qu'a cu Monfieur le Comte de Broglio
ce matin , que les ennemis
avoient détaché de leur
armée huit cent chevaux ,
pour attaquer un fourrage
qu'ils croyoient qu'il devoit faire avec la reſerve
entre Douay & Vitry , il eſt
forti ce matin avec mille
Dij
44 MERCURE
chevaux , aufquels il a fait
prendre des faulx , afin de
les mieux faire donner dans
le panneau , & a envoyé
trois cent chevaux pour
maſquer Douay , fans faire
femblant d'avoir aucune
troupe à fon flanc gauche,
& a toûjours tenu le refte
de ſes troupes en gros comme des fourrageurs. Les
ennemis qui étoient embufquez fur les derrieres ont
debufqué marchans en bataille leur ſeize troupes
front. Il les a laiffé venir juf- ›
ques à la portée d'une ca
de
1
GALANT.
45
rabine ; aprés quoy il s'eft
formé , & a marché à eux
l'épée à la main , a effuyé
leur feu de fort prés, & y
eft entré à grands coups d'épée , les a culbutez , fans
leur donner le temps de fe
rallier , les a fuivis , & fait
couper par des troupes qu'il
a envoyées s'emparer du
paffage de Crechin ; ce qui
les a rejettez du côté de
Couriere & de la Deule ,
où il s'en eft noyé plufieurs.
Comme j'avois perdu de
vûë Monfieur le Comte de
Broglio, je pouffai vers Cre-
46 MERCURE
chin avec cinquante maîtres. Je puis vous affurer
qu'il n'eft pas rentré dans
Doüay plus de cinquante
cavaliers , le reste ayant été
pris ou noyé. Quand je fuis
parti pour en venir rendre
compte à Monfieur le Maréchal , toutes nos troupes
`n'étoient pas encore arrivées : il y avoit déja prés :
de quatre cent prifonniers,
& autant de chevaux , du
nombre defquels étoit M.
de Saint Amour , Colonel
des Cuiraffier's,qui, je crois,
commandoit ce détache-
GALANT.
47
ment, & quatorze Officiers,
Monfieur Speligny , Colonel Houffard , doit y avoir été tué , fon cheval
cent
s'étant rendu , à ce qu'a dit
Monfieur de Saint Amour,
bien avant qu'il ait été
pris. Ce détachement étoit
compofé de quatre
Cuiraffiers de l'Empereur ,
de deux cent Drrgons ,
& deux cent Houflards ;
le tout de troupes choifies , leſquelles avoient ordre d'entreprendre quelque chofe avant de revenir. Mon frere le Comte
48 MERCURE
& moy fommes en bonne
fanté. Monfieur le Maréchal rend compte à la Cour
de cette affaire.
On attend des memoires d'Espagne , qui retardent jufqu'au mois
prochain l'article qu'on
a promis de Monfieur
de Vendôme
Fuiller.
Je fuis venu ici , Monfieur , pour rendre compte
à Monfieur le Maréchal
que fur l'avis qu'a cu Monfieur le Comte de Broglio
ce matin , que les ennemis
avoient détaché de leur
armée huit cent chevaux ,
pour attaquer un fourrage
qu'ils croyoient qu'il devoit faire avec la reſerve
entre Douay & Vitry , il eſt
forti ce matin avec mille
Dij
44 MERCURE
chevaux , aufquels il a fait
prendre des faulx , afin de
les mieux faire donner dans
le panneau , & a envoyé
trois cent chevaux pour
maſquer Douay , fans faire
femblant d'avoir aucune
troupe à fon flanc gauche,
& a toûjours tenu le refte
de ſes troupes en gros comme des fourrageurs. Les
ennemis qui étoient embufquez fur les derrieres ont
debufqué marchans en bataille leur ſeize troupes
front. Il les a laiffé venir juf- ›
ques à la portée d'une ca
de
1
GALANT.
45
rabine ; aprés quoy il s'eft
formé , & a marché à eux
l'épée à la main , a effuyé
leur feu de fort prés, & y
eft entré à grands coups d'épée , les a culbutez , fans
leur donner le temps de fe
rallier , les a fuivis , & fait
couper par des troupes qu'il
a envoyées s'emparer du
paffage de Crechin ; ce qui
les a rejettez du côté de
Couriere & de la Deule ,
où il s'en eft noyé plufieurs.
Comme j'avois perdu de
vûë Monfieur le Comte de
Broglio, je pouffai vers Cre-
46 MERCURE
chin avec cinquante maîtres. Je puis vous affurer
qu'il n'eft pas rentré dans
Doüay plus de cinquante
cavaliers , le reste ayant été
pris ou noyé. Quand je fuis
parti pour en venir rendre
compte à Monfieur le Maréchal , toutes nos troupes
`n'étoient pas encore arrivées : il y avoit déja prés :
de quatre cent prifonniers,
& autant de chevaux , du
nombre defquels étoit M.
de Saint Amour , Colonel
des Cuiraffier's,qui, je crois,
commandoit ce détache-
GALANT.
47
ment, & quatorze Officiers,
Monfieur Speligny , Colonel Houffard , doit y avoir été tué , fon cheval
cent
s'étant rendu , à ce qu'a dit
Monfieur de Saint Amour,
bien avant qu'il ait été
pris. Ce détachement étoit
compofé de quatre
Cuiraffiers de l'Empereur ,
de deux cent Drrgons ,
& deux cent Houflards ;
le tout de troupes choifies , leſquelles avoient ordre d'entreprendre quelque chofe avant de revenir. Mon frere le Comte
48 MERCURE
& moy fommes en bonne
fanté. Monfieur le Maréchal rend compte à la Cour
de cette affaire.
On attend des memoires d'Espagne , qui retardent jufqu'au mois
prochain l'article qu'on
a promis de Monfieur
de Vendôme
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Résumé : Du Camp de Noyelle ce 7. Juillet.
Le 7 [mois indéterminé], depuis le Camp de Noyelle, un rapport militaire informe Monsieur le Maréchal des actions du Comte de Broglio contre les ennemis. Ce matin, Broglio a appris que les ennemis avaient envoyé huit cents chevaux pour attaquer un convoi de fourrage près de Douay et Vitry. Il a renforcé ses troupes à mille chevaux, armés de faux, et a envoyé trois cents chevaux pour masquer Douay, feignant de n'avoir aucune troupe à son flanc gauche. Les ennemis, embusqués à l'arrière, ont débusqué en formation de bataille. Broglio les a laissés approcher à portée de tir, puis a chargé à l'épée, dispersant les ennemis sans leur laisser le temps de se rallier. Il a poursuivi les fuyards et a coupé leur retraite vers Crechin, les repoussant vers Couriere et la Deule, où plusieurs se sont noyés. L'auteur, ayant perdu de vue Broglio, s'est dirigé vers Crechin avec cinquante maîtres. Moins de cinquante cavaliers ennemis sont rentrés à Douay, le reste étant capturé ou noyé. Au moment de son départ pour informer le Maréchal, environ quatre cents prisonniers et autant de chevaux avaient été capturés, incluant le Colonel des Cuirassiers Saint Amour et quatorze officiers. Le détachement ennemi était composé de quatre cents Cuirassiers de l'Empereur, deux cents Dragons et deux cents Houzards. Le Maréchal rend compte de cette affaire à la Cour. Des mémoires d'Espagne sont attendus, retardant l'article promis de Monsieur de Vendôme jusqu'au mois prochain.
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1094
p. 52-53
Réponse de la Reine à l'Adresse ci-dessus.
Début :
Messieurs, J'ai si fort à coeur la sûreté & les [...]
Mots clefs :
Réponse, Reine d'Angleterre, Confiance
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponse de la Reine à l'Adresse ci-dessus.
Réponse dela Reine à l'Adreſſe
ci-deffus.
03.
Meffieurs ,
J'ai fi fort à cœur la fûreté & les interêts de mon
peuple , que je ne puis qu'-
avoir beaucoup de plaifir
de vôtre refpectueuſe Adreffe , dont je vous remercie. J'ai confulté vôtre bien,
& vous allez voir le bon ef
fet de la confiance que vous
avez en moy , laquelle doit
toûjours continuer entre
قرر .GALANT
ane Princeffe fi affectionnée & des fujets fi fideles
ci-deffus.
03.
Meffieurs ,
J'ai fi fort à cœur la fûreté & les interêts de mon
peuple , que je ne puis qu'-
avoir beaucoup de plaifir
de vôtre refpectueuſe Adreffe , dont je vous remercie. J'ai confulté vôtre bien,
& vous allez voir le bon ef
fet de la confiance que vous
avez en moy , laquelle doit
toûjours continuer entre
قرر .GALANT
ane Princeffe fi affectionnée & des fujets fi fideles
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1095
p. 53-54
Réponse de la Reine à l'Adresse des Seigneurs.
Début :
Mylords, Je vous remercie de tout mon coeur de vôtre [...]
Mots clefs :
Réponse, Reine d'Angleterre, Intérêts, Peuple
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponse de la Reine à l'Adresse des Seigneurs.
Réponse dela Reine à l'Adreſſe
des Seigneurs.
$0-54
;
Mylords ,
Je vous remercie de tout
mon cœur de vôtre Adreffe de la fatisfaction que
vous témoignez de ce que
je vous ai communiqué ; ce
qui contribuera beaucoup
à éloigner des difficultez
furvenues dans le cours de
cette negociation ; & de la
E iij
$4
MERCURE
confiance que vous mettez
en moy pour mieux finir
ce grandouvrage , à l'avantage de monpeuple, &pour
la fûreté & les interêts de
mes alliez,
des Seigneurs.
$0-54
;
Mylords ,
Je vous remercie de tout
mon cœur de vôtre Adreffe de la fatisfaction que
vous témoignez de ce que
je vous ai communiqué ; ce
qui contribuera beaucoup
à éloigner des difficultez
furvenues dans le cours de
cette negociation ; & de la
E iij
$4
MERCURE
confiance que vous mettez
en moy pour mieux finir
ce grandouvrage , à l'avantage de monpeuple, &pour
la fûreté & les interêts de
mes alliez,
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1096
p. 117-120
NOUVELLES des Cantons Suisses.
Début :
Il s'est élevé des troubles en Suisse il y [...]
Mots clefs :
Cantons suisses, Suisse, Zurich, Berne, Protestants, Catholiques, Ambassadeur de France, Bremgarten
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES des Cantons Suisses.
NOUVELLES
des Cantons Suiffes.
IL s'eft élevé des troubles en Suiffe il y a environ cinq ans pour le Com.
té de Tockembourg , dont
les habitans font partie Catholiques , & partie Proteftans. On prétend que
l'Abbé de faint Gal qui en
eſt ſeigneur , troubloit les
Proteftants dans l'exercice
de leur Religion. Les Cantons de Zurich & de Berne,
dont les peuples de cette
118 MERCURE
Comté font alliez , voulurent s'y oppoſer , & quelques Cantons Catholiques
entreprirent de fouftenir
les droits de l'Abbé de faint
Gal. Il s'eft tenu plufieurs
conferences à la follicitation des Cantons neutres
de Bafle & de Schafhouſe ,
& de l'Ambaffadeur de
France, pour terminer ces
differentsàl'amiable , mais
tres - inutilement , depuis
quelque temps on eſt venu à une rupture ouverte.
Les Cantons de Zurich &
de Berne ont affemblé de
GALANT. 119
groffes armées avec lef
quelles ils ontforcé les paffages qui les feparent , ont
donné un combat près de
Bremgarten , où ils perdirent trois ou quatre cens
hommes , & les Catholiques cinq cens & deux picces de canon , & enfuite
ils s'emparerent de Brem
garten & du Comté de
Bade.
Depuis ce temps - la le
Comte du Luc Ambaffadeur de France & les
Cantons neutres ont obtenuunefufpenfion d'armes,
120 MERCURE
ils font convenus que les
Députez des deux parties.
s'affembleroient à Arran ,
où l'on efpere trouver des
moyens pour reftablir la
tranquillité dans tout le
corps Helvetique.
des Cantons Suiffes.
IL s'eft élevé des troubles en Suiffe il y a environ cinq ans pour le Com.
té de Tockembourg , dont
les habitans font partie Catholiques , & partie Proteftans. On prétend que
l'Abbé de faint Gal qui en
eſt ſeigneur , troubloit les
Proteftants dans l'exercice
de leur Religion. Les Cantons de Zurich & de Berne,
dont les peuples de cette
118 MERCURE
Comté font alliez , voulurent s'y oppoſer , & quelques Cantons Catholiques
entreprirent de fouftenir
les droits de l'Abbé de faint
Gal. Il s'eft tenu plufieurs
conferences à la follicitation des Cantons neutres
de Bafle & de Schafhouſe ,
& de l'Ambaffadeur de
France, pour terminer ces
differentsàl'amiable , mais
tres - inutilement , depuis
quelque temps on eſt venu à une rupture ouverte.
Les Cantons de Zurich &
de Berne ont affemblé de
GALANT. 119
groffes armées avec lef
quelles ils ontforcé les paffages qui les feparent , ont
donné un combat près de
Bremgarten , où ils perdirent trois ou quatre cens
hommes , & les Catholiques cinq cens & deux picces de canon , & enfuite
ils s'emparerent de Brem
garten & du Comté de
Bade.
Depuis ce temps - la le
Comte du Luc Ambaffadeur de France & les
Cantons neutres ont obtenuunefufpenfion d'armes,
120 MERCURE
ils font convenus que les
Députez des deux parties.
s'affembleroient à Arran ,
où l'on efpere trouver des
moyens pour reftablir la
tranquillité dans tout le
corps Helvetique.
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Résumé : NOUVELLES des Cantons Suisses.
Il y a environ cinq ans, des troubles ont éclaté dans le comté de Tockembourg, en Suisse, peuplé de Catholiques et de Protestants. L'Abbé de Saint-Gall, seigneur du comté, était accusé de perturber les Protestants dans l'exercice de leur religion. Les cantons de Zurich et de Berne, alliés des Protestants, tentèrent de s'opposer à ces troubles, tandis que certains cantons catholiques soutenaient les droits de l'Abbé. Plusieurs conférences, organisées à la demande des cantons neutres de Bâle et de Schaffhouse, ainsi que de l'ambassadeur de France, échouèrent à résoudre le conflit à l'amiable. La situation dégénéra en rupture ouverte, menant à un combat près de Bremgarten où les cantons de Zurich et de Berne subirent des pertes humaines et matérielles. Ils prirent ensuite le contrôle de Bremgarten et du comté de Bade. Depuis, le comte du Luc, ambassadeur de France, et les cantons neutres ont obtenu une suspension des hostilités et ont convenu de réunir des députés des deux parties à Aarau pour restaurer la tranquillité dans le corps helvétique.
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1097
p. 120-127
Nouvelles de Flandres.
Début :
Un parti de Hussarts de l'armée du Roy enleva [...]
Mots clefs :
Armée, Flandre, Hussards, Noyelles, Duc Dormond, Butin de guerre, Ennemis, Meuse, Traerbach, Pays de Messin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Flandres.
Nouvelles de Flandres.
Un parti de Huffarts de
l'armée du Roy enleva la
grande garde de la droite
des Ennemis près d'Avelne le fec, un Capitaine &
plufieurs autres furent tuez,
il fit trente deux prifonniers , & enleva trense
deux
1
GALANT. 121
deux chevaux fans d'autre
perte qu'un Huffart.
Noftre armée eſt toujours campée à Noyelles ;
on attend pour decamper,
la décifion de la propofition qui a efté faite pour
une fufpenfion d'armes de
deux mois , & la retraite
des troupes que commande le Duc Dormond.
pour faiLe détachement que le
Prince Eugene fit
re une courſe en Picardie
& en Champagne , eſtoit
de deux mille huit cens
chevaux , Cavaliers , DraJuillet 1712.
L
122 MERCURE
gons , Huffarts & Grenadiers à cheval , ils partirent de leur armée,divifez
en plufieurs petits corps
pour cacher leur marche,
ils ne fe raffemblerent qu'à
vingt inq lieuës de leur
camp , ils firent une fi
grande diligence que les
détachemens que le Marechal de Villars fit partir
vingt heures après , fous
les ordres du Marquis de
faint Fremont, & des Comtes de Coignie & de faint
Maurice ne purent les
joindre.
GALANT. 123
Les ennemis marchoient
nuit &jour , envoyant des
partis à droite & à gauche
de leur route ; ils mirent le
feu à deux ou à trois villages , enleverent du butin ,
& prirent des oftages dont
la plufpart fe font fauvez
dans la precipitation de
leur marche. Ils n'ont ofé
attaquer aucun lieu fermé,
ils arriverent le 7 Juin à
la Meule qu'ils pafferent
près de faint Michel & la
Moſelle vers le Pont à
Mouffon ; de là ils entre34
rent dans le pays Meffin
Lij
124 MERCURE
où ils bruflerent dix fept
ou dix huit villages , contre les droits de la guerre ,
d'autant que ces lieux payoient contribution à Landau.
que
On écrit de Traerbach
le détachement commandépar le General Groveftein, eftoit arrivé au voifinage de cette place , que
fes troupes eftoient tres fatiguées par la précipitation
de leur courfe , & qu'elles
eftoient reduites à quinze
cens hommes , de forte
qu'ils en ont perdu unę
GALANT. 125
bonne partie , ils attendoient environ deux cens
hommes qui eftoient reftez
derriere,comme ils étoient
à pied , & qu'on n'en avoit
point de nouvelles , on ne
doutoit prefque plus qu'ils
n'euffent efté défaits par
les habitans du pays Mef
fin , irritez des pillages &
des incendies qu'ony avoit
faits.
On apprend du pays
Meffin que les peuples font
refolus de ne point payer
les contributions jufqu'à ce
qu'on ait donné fatisfacLiij
126 MERCURE
tion de cette contraven
tion : de maniere que tout
l'avantage de cette courſe
confifte en quelque argent
qu'on a pillé & exigé des
villages , & aux effets que
les foldats ont emportez.
Les ennemis ouvrirent
la tranchée devant le Quef .
noy en deux endroits la
nuit du 19. au 20 de Juin ;
à l'attaque droite ils ne firent aucune perte à cauſe
qu'on travailloit dans un
chemin creux , & qu'ils ne
furent pas découverts à
l'attaque de la gauche , ils
GALANT. 127
perdirent huit ou dix hommes , & eurent un grand
nombre de bleffez , parmy
lefquels eft le Major General Seckendorf. Les Affiegez faifoient un feu extraordinaire de moufqueterie & de canon , & le 17.
une deleurs bombes brufla
la ferme de Bear , où les
Alliez s'étoient logez ; on
a eu avis de l'armée qu'elle
s'eftoit renduë le 4. & que
la Garnifon avoit efté faite
prifonniere de guerre.
Un parti de Huffarts de
l'armée du Roy enleva la
grande garde de la droite
des Ennemis près d'Avelne le fec, un Capitaine &
plufieurs autres furent tuez,
il fit trente deux prifonniers , & enleva trense
deux
1
GALANT. 121
deux chevaux fans d'autre
perte qu'un Huffart.
Noftre armée eſt toujours campée à Noyelles ;
on attend pour decamper,
la décifion de la propofition qui a efté faite pour
une fufpenfion d'armes de
deux mois , & la retraite
des troupes que commande le Duc Dormond.
pour faiLe détachement que le
Prince Eugene fit
re une courſe en Picardie
& en Champagne , eſtoit
de deux mille huit cens
chevaux , Cavaliers , DraJuillet 1712.
L
122 MERCURE
gons , Huffarts & Grenadiers à cheval , ils partirent de leur armée,divifez
en plufieurs petits corps
pour cacher leur marche,
ils ne fe raffemblerent qu'à
vingt inq lieuës de leur
camp , ils firent une fi
grande diligence que les
détachemens que le Marechal de Villars fit partir
vingt heures après , fous
les ordres du Marquis de
faint Fremont, & des Comtes de Coignie & de faint
Maurice ne purent les
joindre.
GALANT. 123
Les ennemis marchoient
nuit &jour , envoyant des
partis à droite & à gauche
de leur route ; ils mirent le
feu à deux ou à trois villages , enleverent du butin ,
& prirent des oftages dont
la plufpart fe font fauvez
dans la precipitation de
leur marche. Ils n'ont ofé
attaquer aucun lieu fermé,
ils arriverent le 7 Juin à
la Meule qu'ils pafferent
près de faint Michel & la
Moſelle vers le Pont à
Mouffon ; de là ils entre34
rent dans le pays Meffin
Lij
124 MERCURE
où ils bruflerent dix fept
ou dix huit villages , contre les droits de la guerre ,
d'autant que ces lieux payoient contribution à Landau.
que
On écrit de Traerbach
le détachement commandépar le General Groveftein, eftoit arrivé au voifinage de cette place , que
fes troupes eftoient tres fatiguées par la précipitation
de leur courfe , & qu'elles
eftoient reduites à quinze
cens hommes , de forte
qu'ils en ont perdu unę
GALANT. 125
bonne partie , ils attendoient environ deux cens
hommes qui eftoient reftez
derriere,comme ils étoient
à pied , & qu'on n'en avoit
point de nouvelles , on ne
doutoit prefque plus qu'ils
n'euffent efté défaits par
les habitans du pays Mef
fin , irritez des pillages &
des incendies qu'ony avoit
faits.
On apprend du pays
Meffin que les peuples font
refolus de ne point payer
les contributions jufqu'à ce
qu'on ait donné fatisfacLiij
126 MERCURE
tion de cette contraven
tion : de maniere que tout
l'avantage de cette courſe
confifte en quelque argent
qu'on a pillé & exigé des
villages , & aux effets que
les foldats ont emportez.
Les ennemis ouvrirent
la tranchée devant le Quef .
noy en deux endroits la
nuit du 19. au 20 de Juin ;
à l'attaque droite ils ne firent aucune perte à cauſe
qu'on travailloit dans un
chemin creux , & qu'ils ne
furent pas découverts à
l'attaque de la gauche , ils
GALANT. 127
perdirent huit ou dix hommes , & eurent un grand
nombre de bleffez , parmy
lefquels eft le Major General Seckendorf. Les Affiegez faifoient un feu extraordinaire de moufqueterie & de canon , & le 17.
une deleurs bombes brufla
la ferme de Bear , où les
Alliez s'étoient logez ; on
a eu avis de l'armée qu'elle
s'eftoit renduë le 4. & que
la Garnifon avoit efté faite
prifonniere de guerre.
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Résumé : Nouvelles de Flandres.
En juillet 1712, des affrontements militaires ont eu lieu en Flandres et en Picardie. Un détachement de l'armée royale a attaqué la garde ennemie près d'Avelgne, tuant un capitaine et plusieurs autres, capturant 32 prisonniers et deux chevaux sans pertes significatives. L'armée royale, campée à Noyelles, attendait une décision sur une suspension d'armes de deux mois et le retrait des troupes du Duc Dormond. Le Prince Eugène a mené une incursion en Picardie et en Champagne avec 2 800 cavaliers, dragons, hussards et grenadiers à cheval, divisés en petits groupes pour masquer leur marche. Malgré les efforts du maréchal de Villars, les détachements français n'ont pas pu les rattraper. Les ennemis ont pillé et incendié plusieurs villages, notamment dans le pays Messin, où les habitants se sont réfugiés. Le détachement commandé par le général Groveftein, réduit à 150 hommes, attendait des renforts mais craignait d'avoir été défait par les habitants irrités par les pillages. Les habitants du pays Messin refusent de payer les contributions jusqu'à ce que leurs plaintes soient satisfaites. Les ennemis ont ouvert des tranchées devant le Quesnoy, subissant des pertes lors de l'attaque de la gauche. Les assiégés ont riposté avec un feu intense, et une bombe a détruit une ferme où les alliés étaient logés. La garnison du Quesnoy s'est rendue le 4 juillet.
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1098
p. 128-131
NOUVELLES de Hollande.
Début :
On ne parle icy que de la harangue que la [...]
Mots clefs :
Hollande, Plénipotentiaires, États généraux, Duc Dormond, Armée, Comte de Strafford, La Haye, Évêque de Bristol, Reine d'Angleterre, Utrecht
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES de Hollande.
NOUVELLES
de Hollande.
On ne parle icy que de
fa harangue que la Reine
de la Grande Bretagne a
faite à fon Parlement , ce
quia misen ce pays les Plenipotentiaires des Alliez
dans de continuels mouvements. Plufieurs perfonnes
en paroiffent peu ſatisfaites , mais le public en tefmoigneune joye extrême,
& efpere que la refolution
de cette Princeffe procurera la paix à toute l'Europe.
GALANT. 129
Les Eftats Generaux receurent le 27. Juin un courier
de l'armée , & le Comte de
Zinzendorf un autre du
Prince Eugene, par lefquels
on a appris que le Duc Dormond avoit fait fçavoir à
ce Prince & aux Deputez
des Eftats , qu'il avoit ordre de la Reine de faire
blier une fufpenfion d'armes avec la France pour
deux mois , & de faire un
détachement de fes troupes pour entrer dans DunKerque pour la feureté des
articles dont on eftoit conpu-
130 MERCURE
venu , qu'il avoit enfuite
proposé de publier une pareille fufpenfion dans l'armée des Alliez , que le
Prince Eugene & les Députez luy avoient demandé
dutemps pour en informer
leurs Maiftres ; ces nouvelles donnerent ici une grande inquietude.
Le Comte de Strafford
arriva de Londres à la Haye
le 6. Juillet , il en a donné
avis aux Etats Generaux.
Le lendemain matin huit
Députez avec le fieur Fagel Greffier , furent le vifi-
GALANT. 131
ter , ils ont eu avec luy une
longue conference.
L'Evefque de Briſtol premier Plenipotentiaire de
fa Majefté Britannique eſt
arrivé à la Haye pour con.
ferer avec le Comte de
Strafford . Ils doivent dans
peu retourner à Utrecht
pour y declarer les intentions de la Reine leur Maiftreffe , & fçavoir les fentiments des Miniftres des.
Alliez touchant la fufpenfion d'armes qui a efté proposée par l'Evefque de Briftol, &parle DucDormond.
de Hollande.
On ne parle icy que de
fa harangue que la Reine
de la Grande Bretagne a
faite à fon Parlement , ce
quia misen ce pays les Plenipotentiaires des Alliez
dans de continuels mouvements. Plufieurs perfonnes
en paroiffent peu ſatisfaites , mais le public en tefmoigneune joye extrême,
& efpere que la refolution
de cette Princeffe procurera la paix à toute l'Europe.
GALANT. 129
Les Eftats Generaux receurent le 27. Juin un courier
de l'armée , & le Comte de
Zinzendorf un autre du
Prince Eugene, par lefquels
on a appris que le Duc Dormond avoit fait fçavoir à
ce Prince & aux Deputez
des Eftats , qu'il avoit ordre de la Reine de faire
blier une fufpenfion d'armes avec la France pour
deux mois , & de faire un
détachement de fes troupes pour entrer dans DunKerque pour la feureté des
articles dont on eftoit conpu-
130 MERCURE
venu , qu'il avoit enfuite
proposé de publier une pareille fufpenfion dans l'armée des Alliez , que le
Prince Eugene & les Députez luy avoient demandé
dutemps pour en informer
leurs Maiftres ; ces nouvelles donnerent ici une grande inquietude.
Le Comte de Strafford
arriva de Londres à la Haye
le 6. Juillet , il en a donné
avis aux Etats Generaux.
Le lendemain matin huit
Députez avec le fieur Fagel Greffier , furent le vifi-
GALANT. 131
ter , ils ont eu avec luy une
longue conference.
L'Evefque de Briſtol premier Plenipotentiaire de
fa Majefté Britannique eſt
arrivé à la Haye pour con.
ferer avec le Comte de
Strafford . Ils doivent dans
peu retourner à Utrecht
pour y declarer les intentions de la Reine leur Maiftreffe , & fçavoir les fentiments des Miniftres des.
Alliez touchant la fufpenfion d'armes qui a efté proposée par l'Evefque de Briftol, &parle DucDormond.
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Résumé : NOUVELLES de Hollande.
Le texte décrit des événements politiques et militaires en Hollande et en Grande-Bretagne. La reine de Grande-Bretagne a prononcé un discours au Parlement, suscitant des réactions variées mais une grande joie parmi le public, qui espère que cela conduira à la paix en Europe. Les États Généraux ont reçu des courriers annonçant que le duc d'Ormond a proposé une suspension d'armes avec la France pour deux mois et le détachement de troupes pour Dunkerque, ce qui a causé une grande inquiétude. Le comte de Strafford est arrivé de Londres à La Haye le 6 juillet pour informer les États Généraux. Le lendemain, huit députés ont eu une longue conférence avec lui. L'évêque de Bristol, plénipotentiaire britannique, est également arrivé à La Haye pour discuter avec le comte de Strafford. Ils doivent se rendre à Utrecht pour déclarer les intentions de la reine et connaître les sentiments des ministres des alliés concernant la suspension d'armes proposée par l'évêque de Bristol et le duc d'Ormond.
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1099
p. 132-138
NOUVELLES de Londres.
Début :
Il y a eu de grandes disputes dans la Chambre [...]
Mots clefs :
Londres, Chambre haute, Parti des Whigs, Reine, Communes, Traité de paix, Parti des Tories, Aldermans, Conseil
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES de Londres.
NOUVELLES
de Londres.
Il y a eu de grandes dif
putes dans la Chambre
haute au ſujet de l'addreſſe
qu'on devoit prefenter à la
Reine pour la remercier de
fa harangue. Le Comte de
Milord Nottingham
Wharton , & Milord Cowper fuivis de quelques autres du parti des Whigs
propoſerent de lire & d'examiner auparavant les
Lettres écrites à la Reine
par les Eftats Generaux des
GALANT. 133
Provinces - Unies , & par le
Prince Eugene , de fe fervir de certaines expreffions
dans l'addreſſe , & de prier
fa Majesté de ne faire la
paix que de concert avec
les Alliez mais ces trois
propofitions furent rejettées à la pluralité de quatre vingt une voix contre
trente fix , il fut refolu de
prefenter une addreſſe à
peu près conforme à celle
des Communes. Deux jours
aprés les Communes préfenterent leur addreffe à la
Reine , qui leur tefmoigna
134 MERCURE
qu'elle en eftoit tres fatisfaite , & que la confiance
qu'ils avoient en elle produiroit de tres bons effets
pourle bien de fes fujets.
Quelques uns des Whigs
voulant faire une proteftation contre l'addreffe de
remercimentpreſentée à la
Reine , leur conduite obligea le Duc de Grafton , le
Comte de Torrington , le
Lord Herbert de Sherbury,
& quelques autres à ſe ſeparer d'eux.
Milord Maire a proposé
dans le commun Confeil ,
GALANT. 135
de prefenter une addreffe
à la Reine , pour la prier
de conclure au pluſtoft.la
paix. Le précedent Maire
& deux autres s'y oppoſerent : mais tous les autres
furent d'avis de la prefenter , on croit qu'ils feront
imitez par les autres Villes.
Le 28. Juin on propoſa
à la Chambre de preſenter
une addreffe à la Reine ,
pour la prier d'ordonner à
fes Plenipotentiaires de faire inferer dans le Traité
de paix , que les Alliez ſeront garands de la fuccef-
136 MERCURE
fion de la Ligne Proteftante dans la Maifon de Hanover : cette propofition
fut rejettée à la pluralité
de cent trenre voix contre
trente huit. Au contraire
la Chambre declara par
une reſolution expreſſe ,
qu'elle avoit une fi entiere
confiance à fa Majeſté ,
qu'elle nedoutoit pas qu'el
le ne prit toutes les mefures neceffaires pour affurer
cette fucceffion ›> que la
Chambre
la fouftiendra
contre ceux qui excitent
des factions au dedans , &
contre
GALANT. 137
contre fes Ennemis au dehors.
Le parti des Toris a entierement pris le deffus , &
celuy des Whigs diminuë
tous les jours , dix ou douze feigneurs l'ont abandonné auffi bien que plufieurs des plus confiderables Membres de la Chambre des Communes.
Milord Maire , les Aldermans , & le commun Confeil de cette ville , prefenterent le 25 Juin leur addreffe à la Reine , qui les receut , & leur refpondit tres
Fuillet 1712.
M
138 MERCURE
favorablement. Sa Majesté
fit Chevaliers les fieurs
Caff, Stuvart & Clark.
Leur cortege eftoit composé de cent trente carroffes , dans la plufpart def
quels il y avoit quatre perfonnes. Milord Maire invita à difner les Membres
du Confeil de la Reine ,
qui ſe rendirent la pluſpart
dans fa maiſon , où ils furent traitez magnifiquement.
GALANT. 139
N
de Londres.
Il y a eu de grandes dif
putes dans la Chambre
haute au ſujet de l'addreſſe
qu'on devoit prefenter à la
Reine pour la remercier de
fa harangue. Le Comte de
Milord Nottingham
Wharton , & Milord Cowper fuivis de quelques autres du parti des Whigs
propoſerent de lire & d'examiner auparavant les
Lettres écrites à la Reine
par les Eftats Generaux des
GALANT. 133
Provinces - Unies , & par le
Prince Eugene , de fe fervir de certaines expreffions
dans l'addreſſe , & de prier
fa Majesté de ne faire la
paix que de concert avec
les Alliez mais ces trois
propofitions furent rejettées à la pluralité de quatre vingt une voix contre
trente fix , il fut refolu de
prefenter une addreſſe à
peu près conforme à celle
des Communes. Deux jours
aprés les Communes préfenterent leur addreffe à la
Reine , qui leur tefmoigna
134 MERCURE
qu'elle en eftoit tres fatisfaite , & que la confiance
qu'ils avoient en elle produiroit de tres bons effets
pourle bien de fes fujets.
Quelques uns des Whigs
voulant faire une proteftation contre l'addreffe de
remercimentpreſentée à la
Reine , leur conduite obligea le Duc de Grafton , le
Comte de Torrington , le
Lord Herbert de Sherbury,
& quelques autres à ſe ſeparer d'eux.
Milord Maire a proposé
dans le commun Confeil ,
GALANT. 135
de prefenter une addreffe
à la Reine , pour la prier
de conclure au pluſtoft.la
paix. Le précedent Maire
& deux autres s'y oppoſerent : mais tous les autres
furent d'avis de la prefenter , on croit qu'ils feront
imitez par les autres Villes.
Le 28. Juin on propoſa
à la Chambre de preſenter
une addreffe à la Reine ,
pour la prier d'ordonner à
fes Plenipotentiaires de faire inferer dans le Traité
de paix , que les Alliez ſeront garands de la fuccef-
136 MERCURE
fion de la Ligne Proteftante dans la Maifon de Hanover : cette propofition
fut rejettée à la pluralité
de cent trenre voix contre
trente huit. Au contraire
la Chambre declara par
une reſolution expreſſe ,
qu'elle avoit une fi entiere
confiance à fa Majeſté ,
qu'elle nedoutoit pas qu'el
le ne prit toutes les mefures neceffaires pour affurer
cette fucceffion ›> que la
Chambre
la fouftiendra
contre ceux qui excitent
des factions au dedans , &
contre
GALANT. 137
contre fes Ennemis au dehors.
Le parti des Toris a entierement pris le deffus , &
celuy des Whigs diminuë
tous les jours , dix ou douze feigneurs l'ont abandonné auffi bien que plufieurs des plus confiderables Membres de la Chambre des Communes.
Milord Maire , les Aldermans , & le commun Confeil de cette ville , prefenterent le 25 Juin leur addreffe à la Reine , qui les receut , & leur refpondit tres
Fuillet 1712.
M
138 MERCURE
favorablement. Sa Majesté
fit Chevaliers les fieurs
Caff, Stuvart & Clark.
Leur cortege eftoit composé de cent trente carroffes , dans la plufpart def
quels il y avoit quatre perfonnes. Milord Maire invita à difner les Membres
du Confeil de la Reine ,
qui ſe rendirent la pluſpart
dans fa maiſon , où ils furent traitez magnifiquement.
GALANT. 139
N
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Résumé : NOUVELLES de Londres.
À Londres, des débats politiques ont eu lieu au sein de la Chambre haute concernant une adresse de remerciement à la Reine pour son discours. Les Lords Nottingham, Wharton et Cowper, soutenus par d'autres Whigs, proposèrent d'examiner des lettres des États Généraux des Provinces-Unies et du Prince Eugène avant de rédiger l'adresse et de prier la Reine de ne pas faire la paix sans concertation avec les alliés. Ces propositions furent rejetées par 61 voix contre 41. Une adresse conforme à celle des Communes fut finalement présentée à la Reine, qui en fut satisfaite. Certains Whigs voulurent protester contre cette adresse, ce qui poussa plusieurs membres, dont le Duc de Grafton et le Comte de Torrington, à se séparer d'eux. Le Lord Maire proposa également de présenter une adresse à la Reine pour hâter la paix, mais cette proposition rencontra de l'opposition. Le 28 juin, une proposition de garantir la succession protestante dans la Maison de Hanovre par les alliés fut rejetée par 130 voix contre 38. La Chambre exprima sa confiance en la Reine et son soutien contre les factions internes et les ennemis extérieurs. Le parti des Tories a pris l'ascendant, tandis que celui des Whigs décline, plusieurs nobles et membres influents ayant quitté ce parti. Le Lord Maire, les Aldermen et le conseil communal présentèrent leur adresse à la Reine le 25 juin, qui les reçut favorablement et fit chevaliers les sieurs Cass, Stuart et Clark.
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1100
p. 139-144
NOUVELLES d'Espagne.
Début :
Le Roy a donné par interim le commandement de l'armée [...]
Mots clefs :
Espagne, Armée de Catalogne, Royaume d'Aragon, Saragosse, Gouverneur, Grenadiers, Garnison, Prisonniers, Balaguer, Aragon
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES d'Espagne.
NOUVELLES
d'Espagne.
Le Roy a donné par interim le commandement de
l'armée de Catalogne au
Prince Tferclas de Tilly ,
& le commandement de
Sarragoffe & des armes du
Royaume d'Arragon qu'il
exerçoit , a efté donné au
Marquis de Valdecanas
Capitaine General , & la
charge de Lieutenant Colonel du Regiment de Salamanque qui eft en Sicile ,
à Don Miguel Carreno
Mij
140 MERCURE
Capitaine de Grenadiers.
On mande de Sarragoffe
que les Ennemis avoient
tenté pour la troifiéme fois
defurprendreCervera avec
deux mille hommes de
troupes reglées , & deux
mille Micquelers ou Soumettant. Le Gouverneur
en ayant efté informé fit
venir de Balaguerfix cents
Grenadiers , il fit faire un
fi grand feu de mouſqueterie & de canon , que
Ennemis furent contraints
de fe retirer en defordre, &
avec perte ; ils ont abanles
GALANT. 14Ï
donné leurs outils à remuer
la terre , & deux pieces de
canon qu'ils enclouerent
en fe retirant .
Les Lettres de Balaguer
& de Cervera portent qu'-
un Regiment Neapolitain
s'eftant pofté aux environs
de Gironne, le Gouverneur
› en ayant efté informé, fortit avec une partie de fa
garniſon , le défit entiere
ment.
Le Marquis de Valdecanas ayant appris que
quelques Volontaires avoient paffé l'Ebro , & s'a
142 MERCURE
vançoient vers Daroca ,
commanda, pour les couper , plufieurs partis , l'un
defquels conduit par Don
Manuel de faint Martin
Capitaine de Cavalerie, les
rencontra , & les défit ; il
fit plufieurs prifonniers, du
nombre defquels ca efté
leur chef Don Antonio
Biella.
On écrit des frontieres
d'Eftremadure que le Marquis de Bay avoit fait attaquer deux atalayas ou tours
fortifiez , par quelques
compagniesdeGrenadiers,
GALANT. 143
& qu'elles s'eftoient renduës fans faire aucune refiftance , que le Gouverneur de Campo Mayor y
ayant renvoyé de plus fortes garnifons , le Marquis
de Bay fit un détachement
fous les ordres de Don Melchior Cano Marefchal de
Camp qui les obligea à ſe
rendre prifonniers de guerre , & fit rafer les tours.
On mande d'Arragon
que Don Patricio Laules
Marefchal de Camp &
Commandant de Benavar
ri ayant efté informé que
144 MERCURE
14
les Volontaires & les Miquelets s'eftoient affemblez au nombre de huit
cens à deffein de le furprendre , fut à leur rencontre , les furprit , & les obligea de prendre la fuite avec
tant de précipitation que la
plufpart abandonnerent
leurs chevaux , dont on en
prit un grand nombre , il y
en eut plufieurs tuez &faits.
prifonniers.
d'Espagne.
Le Roy a donné par interim le commandement de
l'armée de Catalogne au
Prince Tferclas de Tilly ,
& le commandement de
Sarragoffe & des armes du
Royaume d'Arragon qu'il
exerçoit , a efté donné au
Marquis de Valdecanas
Capitaine General , & la
charge de Lieutenant Colonel du Regiment de Salamanque qui eft en Sicile ,
à Don Miguel Carreno
Mij
140 MERCURE
Capitaine de Grenadiers.
On mande de Sarragoffe
que les Ennemis avoient
tenté pour la troifiéme fois
defurprendreCervera avec
deux mille hommes de
troupes reglées , & deux
mille Micquelers ou Soumettant. Le Gouverneur
en ayant efté informé fit
venir de Balaguerfix cents
Grenadiers , il fit faire un
fi grand feu de mouſqueterie & de canon , que
Ennemis furent contraints
de fe retirer en defordre, &
avec perte ; ils ont abanles
GALANT. 14Ï
donné leurs outils à remuer
la terre , & deux pieces de
canon qu'ils enclouerent
en fe retirant .
Les Lettres de Balaguer
& de Cervera portent qu'-
un Regiment Neapolitain
s'eftant pofté aux environs
de Gironne, le Gouverneur
› en ayant efté informé, fortit avec une partie de fa
garniſon , le défit entiere
ment.
Le Marquis de Valdecanas ayant appris que
quelques Volontaires avoient paffé l'Ebro , & s'a
142 MERCURE
vançoient vers Daroca ,
commanda, pour les couper , plufieurs partis , l'un
defquels conduit par Don
Manuel de faint Martin
Capitaine de Cavalerie, les
rencontra , & les défit ; il
fit plufieurs prifonniers, du
nombre defquels ca efté
leur chef Don Antonio
Biella.
On écrit des frontieres
d'Eftremadure que le Marquis de Bay avoit fait attaquer deux atalayas ou tours
fortifiez , par quelques
compagniesdeGrenadiers,
GALANT. 143
& qu'elles s'eftoient renduës fans faire aucune refiftance , que le Gouverneur de Campo Mayor y
ayant renvoyé de plus fortes garnifons , le Marquis
de Bay fit un détachement
fous les ordres de Don Melchior Cano Marefchal de
Camp qui les obligea à ſe
rendre prifonniers de guerre , & fit rafer les tours.
On mande d'Arragon
que Don Patricio Laules
Marefchal de Camp &
Commandant de Benavar
ri ayant efté informé que
144 MERCURE
14
les Volontaires & les Miquelets s'eftoient affemblez au nombre de huit
cens à deffein de le furprendre , fut à leur rencontre , les furprit , & les obligea de prendre la fuite avec
tant de précipitation que la
plufpart abandonnerent
leurs chevaux , dont on en
prit un grand nombre , il y
en eut plufieurs tuez &faits.
prifonniers.
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Résumé : NOUVELLES d'Espagne.
Le roi a nommé le Prince Tferclas de Tilly commandant par intérim de l'armée de Catalogne. Le Marquis de Valdecanas a été désigné Capitaine Général et commandant de Sarragosse et des armes du Royaume d'Aragon. Don Miguel Carreno a été nommé Lieutenant Colonel du Régiment de Salamanque en Sicile. À Sarragosse, les ennemis ont été repoussés après une attaque contre Cervera, abandonnant des outils et deux pièces de canon. À Balaguer et Cervera, un régiment napolitain a été défait par le gouverneur. Le Marquis de Valdecanas a vaincu des volontaires près de Daroca, capturant leur chef, Don Antonio Biella. En Estrémadure, le Marquis de Bay a pris deux tours fortifiées et contraint les renforts à se rendre. En Aragon, Don Patricio Laules a mis en fuite des volontaires et des miquelets, capturant plusieurs chevaux et faisant des prisonniers.
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