Résultats : 908 texte(s)
Détail
Liste
601
p. 1202-1203
ALLEMAGNE.
Début :
Quoique tout se dispose à l'ouverture du Congrès qui doit se tenir à Kudack, et que [...]
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
Quoique tout se dispose à l'ouverture du
Congrès qui doit se tenir à Kudack, et que
l'Empereur persiste dans la résolution d'y en-
voyer ses Ministres Plénipotentiaires , S. M. I.
paroît déterminée à commencer incessamment
les Actes d'Hostilité contre les Turcs , et on pu-
bliera le Manifeste par lequel l'Empereur déclare
la guerre au Grand Seigneur , aussi-tôr après le
retour du Courier qu'on a dépêché à Péters-
I. Vol.
bourg,
JUIN.
17378
7203
Sourg , pour le communiquer à la Czarine.
M. du Theil , Ministre Pléipotentiaire du Roy
de France , partit le 22. du mois passé de Vienne
pour retourner à Paris.
L'Empereur lui a fait présent de son Portrait
enrichi de diamans , et S. M. I, a déclaré qu'elle
avoit nommé son Ambassadeur auprès de S. M.
T. C. le Prince de Lichtenstein , à qui elle a con-
feré en même-temps l'Ordre de la Toison d'or.
Le 30. May l'Empereur déclara le Duc de
Lorraine Generalissime de ses Troupes , et ce
Prince devoit partir quelques jours après pour
se mettre à leur tête. S. M. I. lui a fait présent
e la magnifique Tente du Grand Visir qui com-
mandoit l'Armée Ottomane à la Bataille que les
Turcs perdirent en 1716.près de Peter -Waradin
Quoique tout se dispose à l'ouverture du
Congrès qui doit se tenir à Kudack, et que
l'Empereur persiste dans la résolution d'y en-
voyer ses Ministres Plénipotentiaires , S. M. I.
paroît déterminée à commencer incessamment
les Actes d'Hostilité contre les Turcs , et on pu-
bliera le Manifeste par lequel l'Empereur déclare
la guerre au Grand Seigneur , aussi-tôr après le
retour du Courier qu'on a dépêché à Péters-
I. Vol.
bourg,
JUIN.
17378
7203
Sourg , pour le communiquer à la Czarine.
M. du Theil , Ministre Pléipotentiaire du Roy
de France , partit le 22. du mois passé de Vienne
pour retourner à Paris.
L'Empereur lui a fait présent de son Portrait
enrichi de diamans , et S. M. I, a déclaré qu'elle
avoit nommé son Ambassadeur auprès de S. M.
T. C. le Prince de Lichtenstein , à qui elle a con-
feré en même-temps l'Ordre de la Toison d'or.
Le 30. May l'Empereur déclara le Duc de
Lorraine Generalissime de ses Troupes , et ce
Prince devoit partir quelques jours après pour
se mettre à leur tête. S. M. I. lui a fait présent
e la magnifique Tente du Grand Visir qui com-
mandoit l'Armée Ottomane à la Bataille que les
Turcs perdirent en 1716.près de Peter -Waradin
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602
p. 1203-1208
ITALIE.
Début :
Le 5 du mois dernier, jour que le Pape avoit marqué pour la prise de possession de la dignité [...]
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
Le 5 du mois dernier, jour que le Pape avoit
marqué pour la prise de possession de la dignité
de Sénateur de Rome par le Comte de
Bielk , ce Comte revétu de son habit de Sénateur
qui consiste en une Soutane de Satin cramoisi
et une longue Robe de Brocard d'or , et accom-
pagné de M. Capograssi , son Maître de Cham-
bre , se rendit du Capitole au Palais du Quiri
nal dans un Carosse attelé de six chevaux et
suivi de deux autres Carosses. Ayant été reçu
avec les ceremonies accoûtumées par M. Lazare
Palavicini , Archevêque de Thebes , Maître de
Chambre de Sa Sainteté , il fut introduit dans la
chambre du Pape par Mrs Jean- Baptiste Gam-
barucci , Archevêque d'Amasie , et Ignace Reali ,
premiers Maîtres des Ceremonies ; et après qu'il
cut fait trois génuflexions et baisé les pieds de Sa
I. Vol.
Sainteté
1204 MERCURE DE FRANCE
Sainteté , il prêta le Serment de fidelité. Le Pape
mit ensuite un Sceptre d'yvoire entre les mains
du nouveau Sénateur en disant , Accipe Sceptrum
et esto Senator Urbis.
Le Comte de Bielk reçut la Benediction de Sa
Sainteté, et il se retira , étant reconduit par le
Maître de Chambre. Lorsqu'il fut dans la Cour
du Palais , le Marquis François Ortieri , Grand-
Ecuyer du Pape , lui présenta de la part de Sa
Sainte
un très- beau Cheval blanc , couvert
d'une Housse de velours cramoisi , relevée d'une
riche broderie d'or , avec les étriers d'argent
sur lequel le nouveau Sénateur monta pour
aller
à la Place Barberine , où l'attendoit sous les ar
mes la Milice Bourgeoise , composée de quator-
ze Compagnies chacune de quarante
hom-
mes , et d'où il continua sa marche dans l'ordre
suivant : Le Barigel du Capitole à cheval , à la
tête de ses Sbirres ; M. Felix Gama , Capitaine
des Connétables et des Milices des quartiers de
la Ville, suivi de deux Pages , qui portoient dea
Ecussons aux Armes du Comte de Bielk ; les 14.
Compagnies de la Milice Bourgeoise , précedées
chacune de ses Tambours et de son Enseigne , et
entre les sept premieres Compagnies et les sept
dernieres M. Antoine Gai portant l'Etendart du
Peuple Romain ; le Maître d'Hôtel et l'Ecuyer
du Sénateur ; vingt Mules avec des couvertures
à ses Armes et dix Chevaux de selle avec de ma-
gnifiques Housses , conduits chacun par un Pal-
frenier , portant sur sa Casaque et à son bonnes
les Armes de Bielk ; la Compagnie des Chevau
Legers de la Garde du Pape. Les Palfreniers des
Cardinaux , montés sur des Mules et portant les
chapeaux de leurs Maîtres attachés sur leurs
épaules ; les 14. Huissiers des Tribunaux Capi
I. Vol.
tolins ;
JUI N.
I. Val.
1737.
1205
tolins ; un grand nombre de Gentilshommes des
Cardinaux ; quatre tambours de la Livrée du
Peuple Romain , laquelle est d'écarlate avec des
galons d'or , et quatre Trompettes à cheval avec
la même Livrée. Ils étoient suivis par deux Pa-
ges , dont l'un portoit la Cornette du Peuple
Romain , et l'autre un Etendart aux Armes de
Bielk. Derriere eux marchoient les Caporioni ou
Chefs des Quartiers, précedés de deux Tambours
aux Livrées du Peuple Romain ; les Suisses de la
Garde du Pape , ayant à leur tête le Chevalier
Jean- François- Leopold Phiffer d'Althissoffen ,
Chevalier de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem ,
leur Commandant ; deux Pages , dont celui qui
étoit à droite portoit l'épée haute , et celui qui
étoit à gauche avoit sur ses épaules le Chapeau
du Sénateur , couvert de Brocard d'or et doublé
de velours cramoisi ; les Palfreniers du Comte
de Bielk , vétus de Livrées d'écarlate avec des
galons d'or , et ayant des Plumets bleu et or
sur leurs chapeaux et les Serviteurs du Peuple
Romain , tenant en main des Piques dorées.
Le Comte de Bielk venoit ensuite, étant pré-
cedé de M. François Gaëtan Diversini , Maître-
des Céremonies , et suivi des deux Juges Collate-
raux , et de tous les Officiers des Tribunaux Ca-
pitolins. La marche étoit fermée par les trois
Carosses de ce Comte , et par un grand nombre
d'autres Carosses de Cortege , qui avoient été
envoyés par les Cardinaux , et par la plupart
des Personnes de distinction. "
Lorsque la Cavalcade entra dans le Cours , on
At une Salve generale de l'Artillerie du Château
Saint Ange , et en arrivant au Capitole , elle fut
saluée par une décharge generale de la Mous-
queterie de toute la Milice de la Ville : on tira
ausse
1206 MERCURE DE FRANCE
aussi un grand nombre de Boëtes , et les Clo-
ches de toutes les Eglises sonnerent.
Le nouveau Senateur, étant descendu de Che-
val à l'Eglise de Sainte Marie d'Ara Coeli , qui
apartient au Peuple Romain , fut réçû à ia porte
par les Superieurs de l'Ordre des Freres Mineurs
de l'Observance , et il alla faire sa priere devant
le Saint Sacrement , et baiser le Grand Autel.
Il se rendit ensuite au Capitole , ayant trou-
vé en chemin les Conservateurs
Prieur du Peuple Romain ,
et le
revétus de Robes
de brocard d'or , lesquels , après l'avoir com
plimenté , le conduisirent dans la grande Salle ,
qui étoit ornée avec beaucoup de magnificence.
Le Comte de Biex prit place à son Tribunal
ayant les Conservateurs et le Prieur du Peuple
Romain à ses côtés , et en face les Caporivons
et les autres Officiers du Capitole, et après avoir
remis au Marquis Emile Massimi, Premier Con-
servateur , le Bref de Sa Sainteté , lequel fut l
à haute voix par le Greffier du Senat , il jura de
faire observer les Statuts de Rome.
Il accompagna ensuite les Conservateurs jus-
qu'à la porte de la grand Salle , et quand il fus
tourné dans son Apartement, il reçut les com-
plimens accoûtumés de la part des Cardinaux
ainsi que de celle des Ministres Etrangers et de
la Noblesse.
Le Pape a accordé au Comte de Bielk la per-
mission d'avoir le Dais et la Cloche, même dans
les occasions où il ne sera pas accompagné par
les Conservateurs du Capitole , distinction dont
n'avoient point joüi ses Prédecesseurs.
On aprend de Rome que la corespondance est
entierement retablie entre les Ministres des Cours
de Vienne et de Madrid , et que le Cardinal
I. Vol.
Cienfuegos
JUIN.
ont rendu visite.
1737.
1207
Cienfuegos , ayant envoyé complimenter à ce
sujet les Cardinaux Belluga et Aquaviva , ils lui
On assure que le Roy des deux Siciles a accor
dé l'Exequatur des Bulles des Prelats nommés
par le Pape,ce qui donne lieu de regarder comme
Prochaine ia conclusion de l'accommodement
de leurs Majestés Catholique et Sicilienne avec
le Saint Siege.
Quelques Cardinaux ayant refusé d'accorder
au Comte de Bielk les honneurs du Dais et du
Son de la Cloche , quoiqu'il les eût reçûs chés
le Cardinal Doyen , ce Comte a discontinué de
rendre ses visites au Sacré College.
Le Cardinal Coscia a obtenu la permission
d'aller encore cette année prendre les Bains d'Is-
chia , et il est parti pour s'y rendre.
Le 11. May , le Pere I defonse de la Presenta-
tion , natif de Prague , fut élû Général de l'Or-
dre des Religieux Carmes Déchaussés dans le
Chapitre qu'ils tinrent dans leur Couvent de
Sainte Therese et de S. Jean de la Croix.
Les Clercs Réguliers de la Congregation de
la Divine Providence , ont élû le Pere André
Bolognetti pour leur Général.
Les Lettres de Genes de la fin du mois der-
nier portent que 13. Barques , à bord desquelles
étoient des Troupes et des Munitions , mirent au
même mois à la voile pour l'Isle de Corse
Į. Vol.
>
sous l'escorte de deux Galeres , qui , à leur re-
tour , devoient donner la chasse aux Corsaires
de Barbarie , dont un a enlevé , il y a quelque
temps , un Bâtiment chargé de 100. muids de
Farine
et qui étoit destiné pour la Bastie.
M. Rivarola a mandé au Senat que les Re-
belles ayant été avertis que le Gouverneur de
Calenzano
1208 MERCURE DE FRANCE
Calenzano devoit faire sortir un détachement de
la Garnison de cette Place , pour enlever des
Bestiaux qu'ils faisoient paître dans les prairies
voisines , ils avoient posté en embuscade 300.
Hommes qui avoient surpris ce détachement ,
et qu'il y avoit cu 60. Genois de tués ou faits
prisonniers en cette occasion.
On a apris en même temps qu'il y avoit eu
dans les environs de la Bastie , un violent oura-
gan , accompagné de grêle d'une telle grosseur,
que la plupart des Vignes avoient été ruinées, et
que plusieurs Bestiaux avoient été tués dans la
campagne.
Le 5 du mois dernier, jour que le Pape avoit
marqué pour la prise de possession de la dignité
de Sénateur de Rome par le Comte de
Bielk , ce Comte revétu de son habit de Sénateur
qui consiste en une Soutane de Satin cramoisi
et une longue Robe de Brocard d'or , et accom-
pagné de M. Capograssi , son Maître de Cham-
bre , se rendit du Capitole au Palais du Quiri
nal dans un Carosse attelé de six chevaux et
suivi de deux autres Carosses. Ayant été reçu
avec les ceremonies accoûtumées par M. Lazare
Palavicini , Archevêque de Thebes , Maître de
Chambre de Sa Sainteté , il fut introduit dans la
chambre du Pape par Mrs Jean- Baptiste Gam-
barucci , Archevêque d'Amasie , et Ignace Reali ,
premiers Maîtres des Ceremonies ; et après qu'il
cut fait trois génuflexions et baisé les pieds de Sa
I. Vol.
Sainteté
1204 MERCURE DE FRANCE
Sainteté , il prêta le Serment de fidelité. Le Pape
mit ensuite un Sceptre d'yvoire entre les mains
du nouveau Sénateur en disant , Accipe Sceptrum
et esto Senator Urbis.
Le Comte de Bielk reçut la Benediction de Sa
Sainteté, et il se retira , étant reconduit par le
Maître de Chambre. Lorsqu'il fut dans la Cour
du Palais , le Marquis François Ortieri , Grand-
Ecuyer du Pape , lui présenta de la part de Sa
Sainte
un très- beau Cheval blanc , couvert
d'une Housse de velours cramoisi , relevée d'une
riche broderie d'or , avec les étriers d'argent
sur lequel le nouveau Sénateur monta pour
aller
à la Place Barberine , où l'attendoit sous les ar
mes la Milice Bourgeoise , composée de quator-
ze Compagnies chacune de quarante
hom-
mes , et d'où il continua sa marche dans l'ordre
suivant : Le Barigel du Capitole à cheval , à la
tête de ses Sbirres ; M. Felix Gama , Capitaine
des Connétables et des Milices des quartiers de
la Ville, suivi de deux Pages , qui portoient dea
Ecussons aux Armes du Comte de Bielk ; les 14.
Compagnies de la Milice Bourgeoise , précedées
chacune de ses Tambours et de son Enseigne , et
entre les sept premieres Compagnies et les sept
dernieres M. Antoine Gai portant l'Etendart du
Peuple Romain ; le Maître d'Hôtel et l'Ecuyer
du Sénateur ; vingt Mules avec des couvertures
à ses Armes et dix Chevaux de selle avec de ma-
gnifiques Housses , conduits chacun par un Pal-
frenier , portant sur sa Casaque et à son bonnes
les Armes de Bielk ; la Compagnie des Chevau
Legers de la Garde du Pape. Les Palfreniers des
Cardinaux , montés sur des Mules et portant les
chapeaux de leurs Maîtres attachés sur leurs
épaules ; les 14. Huissiers des Tribunaux Capi
I. Vol.
tolins ;
JUI N.
I. Val.
1737.
1205
tolins ; un grand nombre de Gentilshommes des
Cardinaux ; quatre tambours de la Livrée du
Peuple Romain , laquelle est d'écarlate avec des
galons d'or , et quatre Trompettes à cheval avec
la même Livrée. Ils étoient suivis par deux Pa-
ges , dont l'un portoit la Cornette du Peuple
Romain , et l'autre un Etendart aux Armes de
Bielk. Derriere eux marchoient les Caporioni ou
Chefs des Quartiers, précedés de deux Tambours
aux Livrées du Peuple Romain ; les Suisses de la
Garde du Pape , ayant à leur tête le Chevalier
Jean- François- Leopold Phiffer d'Althissoffen ,
Chevalier de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem ,
leur Commandant ; deux Pages , dont celui qui
étoit à droite portoit l'épée haute , et celui qui
étoit à gauche avoit sur ses épaules le Chapeau
du Sénateur , couvert de Brocard d'or et doublé
de velours cramoisi ; les Palfreniers du Comte
de Bielk , vétus de Livrées d'écarlate avec des
galons d'or , et ayant des Plumets bleu et or
sur leurs chapeaux et les Serviteurs du Peuple
Romain , tenant en main des Piques dorées.
Le Comte de Bielk venoit ensuite, étant pré-
cedé de M. François Gaëtan Diversini , Maître-
des Céremonies , et suivi des deux Juges Collate-
raux , et de tous les Officiers des Tribunaux Ca-
pitolins. La marche étoit fermée par les trois
Carosses de ce Comte , et par un grand nombre
d'autres Carosses de Cortege , qui avoient été
envoyés par les Cardinaux , et par la plupart
des Personnes de distinction. "
Lorsque la Cavalcade entra dans le Cours , on
At une Salve generale de l'Artillerie du Château
Saint Ange , et en arrivant au Capitole , elle fut
saluée par une décharge generale de la Mous-
queterie de toute la Milice de la Ville : on tira
ausse
1206 MERCURE DE FRANCE
aussi un grand nombre de Boëtes , et les Clo-
ches de toutes les Eglises sonnerent.
Le nouveau Senateur, étant descendu de Che-
val à l'Eglise de Sainte Marie d'Ara Coeli , qui
apartient au Peuple Romain , fut réçû à ia porte
par les Superieurs de l'Ordre des Freres Mineurs
de l'Observance , et il alla faire sa priere devant
le Saint Sacrement , et baiser le Grand Autel.
Il se rendit ensuite au Capitole , ayant trou-
vé en chemin les Conservateurs
Prieur du Peuple Romain ,
et le
revétus de Robes
de brocard d'or , lesquels , après l'avoir com
plimenté , le conduisirent dans la grande Salle ,
qui étoit ornée avec beaucoup de magnificence.
Le Comte de Biex prit place à son Tribunal
ayant les Conservateurs et le Prieur du Peuple
Romain à ses côtés , et en face les Caporivons
et les autres Officiers du Capitole, et après avoir
remis au Marquis Emile Massimi, Premier Con-
servateur , le Bref de Sa Sainteté , lequel fut l
à haute voix par le Greffier du Senat , il jura de
faire observer les Statuts de Rome.
Il accompagna ensuite les Conservateurs jus-
qu'à la porte de la grand Salle , et quand il fus
tourné dans son Apartement, il reçut les com-
plimens accoûtumés de la part des Cardinaux
ainsi que de celle des Ministres Etrangers et de
la Noblesse.
Le Pape a accordé au Comte de Bielk la per-
mission d'avoir le Dais et la Cloche, même dans
les occasions où il ne sera pas accompagné par
les Conservateurs du Capitole , distinction dont
n'avoient point joüi ses Prédecesseurs.
On aprend de Rome que la corespondance est
entierement retablie entre les Ministres des Cours
de Vienne et de Madrid , et que le Cardinal
I. Vol.
Cienfuegos
JUIN.
ont rendu visite.
1737.
1207
Cienfuegos , ayant envoyé complimenter à ce
sujet les Cardinaux Belluga et Aquaviva , ils lui
On assure que le Roy des deux Siciles a accor
dé l'Exequatur des Bulles des Prelats nommés
par le Pape,ce qui donne lieu de regarder comme
Prochaine ia conclusion de l'accommodement
de leurs Majestés Catholique et Sicilienne avec
le Saint Siege.
Quelques Cardinaux ayant refusé d'accorder
au Comte de Bielk les honneurs du Dais et du
Son de la Cloche , quoiqu'il les eût reçûs chés
le Cardinal Doyen , ce Comte a discontinué de
rendre ses visites au Sacré College.
Le Cardinal Coscia a obtenu la permission
d'aller encore cette année prendre les Bains d'Is-
chia , et il est parti pour s'y rendre.
Le 11. May , le Pere I defonse de la Presenta-
tion , natif de Prague , fut élû Général de l'Or-
dre des Religieux Carmes Déchaussés dans le
Chapitre qu'ils tinrent dans leur Couvent de
Sainte Therese et de S. Jean de la Croix.
Les Clercs Réguliers de la Congregation de
la Divine Providence , ont élû le Pere André
Bolognetti pour leur Général.
Les Lettres de Genes de la fin du mois der-
nier portent que 13. Barques , à bord desquelles
étoient des Troupes et des Munitions , mirent au
même mois à la voile pour l'Isle de Corse
Į. Vol.
>
sous l'escorte de deux Galeres , qui , à leur re-
tour , devoient donner la chasse aux Corsaires
de Barbarie , dont un a enlevé , il y a quelque
temps , un Bâtiment chargé de 100. muids de
Farine
et qui étoit destiné pour la Bastie.
M. Rivarola a mandé au Senat que les Re-
belles ayant été avertis que le Gouverneur de
Calenzano
1208 MERCURE DE FRANCE
Calenzano devoit faire sortir un détachement de
la Garnison de cette Place , pour enlever des
Bestiaux qu'ils faisoient paître dans les prairies
voisines , ils avoient posté en embuscade 300.
Hommes qui avoient surpris ce détachement ,
et qu'il y avoit cu 60. Genois de tués ou faits
prisonniers en cette occasion.
On a apris en même temps qu'il y avoit eu
dans les environs de la Bastie , un violent oura-
gan , accompagné de grêle d'une telle grosseur,
que la plupart des Vignes avoient été ruinées, et
que plusieurs Bestiaux avoient été tués dans la
campagne.
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603
p. 1424-1426
LETTRE écrite de Constantinople le 14. Février 1737.
Début :
Mr Fawkener, Ambassadeur d'Angleterre à la Por[t]e, se prépare à se rendre incessamment [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Constantinople le 14. Février 1737.
LETTRE écrite de Constantinople le
14. Février 1737.
Mr Fawkener, Ambassadeur d'Angleterre
à la Por[t]e, se prépare à se rendre incessamment
au Camp du Grand Visi , on dit qu'il
sera suivi de près par M. Calkoën , Ambassa-
deur d'Hollande.
11. Vol,
Soliman
simplicité.
JUI N.
1737.
1425
Soliman Pacha fut nommé le 20. Janvier
Capitan Pacha , où Amiral , il étoit ci- devant
Bey , ou Capitaine de Galere.
Le 4. de ce mois les Patriarches Armeniens
de Jerusalem et de Constantinople , et le Noncé
du Patriarche Armenien de Perse , accompa-
gaés d'un nombre de Metropolitains et de plu-
sieurs Personnes des plus notables de leur Na-
tion , vinrent dîner chés M. l'Ambassadeur de
France , qui les traita splendidement ; les deux
Patriarches en s'en retournant entrerent dans la
Chapelle du Palais , où ils firent leurs prieres
qu'ils accompagnerent de beaucoup de génu-
flexions , le Patriarche de Jerusalem alla même
baiser l'Autel. Ils admirerent les differentes Pein
tures dont cette Chapelle est ornée , et sur tout
le Mausolée qui renferme le Cœur de M. le
Comte des Alleurs , Ambassadeur de France a
la Porte , cet Ouvrage qui a été fait à Venise est
veritablement d'un grand goût et d'une noble
1
- Le 7. Février M. le Marquis de Villeneuve ,
Ambassadeur de France , eut une Audience de
Kajmakan dans une Maison de plaisance située,
au Fauxbourg de Youp.
Le 8. un Vaisseau de Guerre de Tripoly de
Barbarie entra dans le Port de Constantinople ,
il aporte au Grand Seigneur le tribut , ou pre-
sent, que cette Republique envoye à sa Hautese.
Le 9. M. l'Ambassadeur de France fit sa pre-
miere visite à Soliman , nouveau Capitan Pacha.
On a apris que M. Dahlman arriva le 21 .
Janvier au Camp du Grand Visir , et qu'il eut
le 26. une audience de ce premier Ministre qui
lui fit present d'une Pelisse de Samour , d'un
Cheval harnaché et d'un Sabre ; Mad. Dahlman .
II. Vel
Hij
qui
1426 MERCURE DE FRANCE
qui avoit pris la route de Vienne , dois , dit-on , a
revenir à Andrinople.
On travaille toujours avec beaucoup d'acti
vité dans l'Arsenal de cette Ville à la construç
tion d'un grand nombre de Galiotes , Brigan
eins et Bateaux plats , destinés à passer dans la
Mer noire dès que la Saison le permettra.
14. Février 1737.
Mr Fawkener, Ambassadeur d'Angleterre
à la Por[t]e, se prépare à se rendre incessamment
au Camp du Grand Visi , on dit qu'il
sera suivi de près par M. Calkoën , Ambassa-
deur d'Hollande.
11. Vol,
Soliman
simplicité.
JUI N.
1737.
1425
Soliman Pacha fut nommé le 20. Janvier
Capitan Pacha , où Amiral , il étoit ci- devant
Bey , ou Capitaine de Galere.
Le 4. de ce mois les Patriarches Armeniens
de Jerusalem et de Constantinople , et le Noncé
du Patriarche Armenien de Perse , accompa-
gaés d'un nombre de Metropolitains et de plu-
sieurs Personnes des plus notables de leur Na-
tion , vinrent dîner chés M. l'Ambassadeur de
France , qui les traita splendidement ; les deux
Patriarches en s'en retournant entrerent dans la
Chapelle du Palais , où ils firent leurs prieres
qu'ils accompagnerent de beaucoup de génu-
flexions , le Patriarche de Jerusalem alla même
baiser l'Autel. Ils admirerent les differentes Pein
tures dont cette Chapelle est ornée , et sur tout
le Mausolée qui renferme le Cœur de M. le
Comte des Alleurs , Ambassadeur de France a
la Porte , cet Ouvrage qui a été fait à Venise est
veritablement d'un grand goût et d'une noble
1
- Le 7. Février M. le Marquis de Villeneuve ,
Ambassadeur de France , eut une Audience de
Kajmakan dans une Maison de plaisance située,
au Fauxbourg de Youp.
Le 8. un Vaisseau de Guerre de Tripoly de
Barbarie entra dans le Port de Constantinople ,
il aporte au Grand Seigneur le tribut , ou pre-
sent, que cette Republique envoye à sa Hautese.
Le 9. M. l'Ambassadeur de France fit sa pre-
miere visite à Soliman , nouveau Capitan Pacha.
On a apris que M. Dahlman arriva le 21 .
Janvier au Camp du Grand Visir , et qu'il eut
le 26. une audience de ce premier Ministre qui
lui fit present d'une Pelisse de Samour , d'un
Cheval harnaché et d'un Sabre ; Mad. Dahlman .
II. Vel
Hij
qui
1426 MERCURE DE FRANCE
qui avoit pris la route de Vienne , dois , dit-on , a
revenir à Andrinople.
On travaille toujours avec beaucoup d'acti
vité dans l'Arsenal de cette Ville à la construç
tion d'un grand nombre de Galiotes , Brigan
eins et Bateaux plats , destinés à passer dans la
Mer noire dès que la Saison le permettra.
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604
p. 1426-1428
EXTRAIT d'une autre Lettre écrite de Constantinople du 6. May 1737.
Début :
On a écrit de Babadag du 22. Mars, que le Kan des Tartares après son expedition en [...]
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une autre Lettre écrite de Constantinople du 6. May 1737.
EXTRAIT d'une autre Lettre écrite
de Constantinople du 6. May 1737.
On a écrit de Babadag du 22. Mars, que le Kan des Tartares après son expedition en
devoit être de retour à Baccheseraï.
Ukraine avoit repris la roure de Crimée et qu'il
Le 28. Mars l'Armée Navale sortit de ce Port;
elle étoit composée de 15. Galeres , er de 200.
Galiotes , ou Brigantins , et de 6 Fregates.
Le 30. il y eut un Incendie à Constantino-
ple qui causa un grand dommage par une quan-
rité considerable de Ris , d'Huile , de Legumes
et autre provisions , qui ont été consumées par
le feu.
Le 29. le Mektoupgi , ou Secretaire du Grand
Visir arriva à Constantinople. Le 30. il fut te-
nu un grand Divan à la Porte, où assisterent les
Principaux des Gens de Loy et les Chefs des Mi-
lices. On y exposa la necessité de faire la Paix.
Le Mufty donna son Terfa, portant qu'il étoit
permis de faire la Paix avec les Infidéles , lors-
qu'on ne pouvoit continuer la Guerre sans s'ex-
poser à un peril évident ; sur cette décision , il
fut resolu de donner pouvoir aux Plénipoten-
tiaires du Grand Seigneur de faire la Paix aux
meilleures conditions qu'il seroit possible, On
II. Vol,
présume
JUIN.
prix que ce soit.
1737
1427
présumé qu'ils ont l'ordre de la faire à quelque
Le 26. du même mois , l'Ambassadeur d'An-
gleterre , qui étoit parti le 26. Février de Cons-
tantinople , arriva au Camp. On a apris que le
Grand Visir ayant voulu lui donner la Pelisse de
Samour , il l'avoit refusée , alleguant pour rai
son , qu'il ne devoit avoir cette marque de dis-
tinction qu'en qualité de Médiateur , et qu'il
n'auroit cette qualité que lorsque la Médiation
de Sa Majesté Britannique auroit été acceptée par
la Czarine , comme elle l'avoit été par la Porte.
Le s . Avril M. Stanidski alla à l'Audience
du Caïmakan , et le 7. à celle du Grand Sei-
gneur , en qualité d'Internonce , pour notifier à
la Porte Pavenement de l'Electeur de Saxe au
Trône de Pologne.
Le 17. Avril l'Ambassadeur d'Hollande afri
va à Babadag , il fit notifier son arrivée par son
Secretaire aux Ambassadeurs d'Allemagne et
d'Angleterre , ces Ambassadeurs lui envoyerent
leurs Secretaires , mais ils ne l'ont vû , ni l'un ,
ni l'autre.
Le 18. Avril M. Dahlman partit de Babadag
pour se rendre àKudak,qui a été fixé pour le lieu
des Conferences. Saïde- Effendy le suivit deux
jour après ; le Reys- Effendy devoit se mettre en
marche le 15. avec les autres Plenipotentiaires ,
et le Drogman de la Porte. On écrit du 23 Avril
de Babadag que l'Ambassadeur de Hollande
n'avoit pas encore eu audience du Grand Visir ;
que l'on disoit que cet Ambassadeur , ni celui
d'Angleterre n'iroient point à Kudac , et qu'ils
suivroient le Grand Visir , qui devoit partir de
Babadag vers le milieu du mois de May , passer
le Danube et s'avancer jusques à Castal.
Le Kan des Tartares dernier deposé, qui avoit
II. Pol.
Hiij
сн
1428 MERCURE DE FRANCE
eu la permission de resider à Hullipoly , a été
depuis quelques jours relegué de nouveau à
Scio.
On publie que le Kan des Tartares regnant ,
a refusé de se rendre au Camp du Grand Visir ,
et qu'il est occupé à fortifier Precops et Kilbour-
non , dans le soupçon où il est que la Porte ne
soit d'intelligence avec l'Empereur et les Mos-
covites , pour faciliter à ces derniers la Con-
quête de la Crimée.
Le 2. May , la Flote qui étoit encore à l'em-
bouchure de la Mer noire , mit à la Voile. On
a fait revenir dans ce Port deux Fregates , d'où
on a déchargé quantité de Canons de Campa-
gne , qui avoient été destinés pour l'Armée du
Grand Visir , et que l'on s'étoit proposé de faire
passer à Issatchi par la Mer noire et le Danube.
Les Bâtimens qui avoient été fretés pour trans-
porter les Troupes d'Asie à Taman , ont été en-
voyés à la traite du Bled. Toutes ces circonstan
ces semblent annoncer la Paix.
de Constantinople du 6. May 1737.
On a écrit de Babadag du 22. Mars, que le Kan des Tartares après son expedition en
devoit être de retour à Baccheseraï.
Ukraine avoit repris la roure de Crimée et qu'il
Le 28. Mars l'Armée Navale sortit de ce Port;
elle étoit composée de 15. Galeres , er de 200.
Galiotes , ou Brigantins , et de 6 Fregates.
Le 30. il y eut un Incendie à Constantino-
ple qui causa un grand dommage par une quan-
rité considerable de Ris , d'Huile , de Legumes
et autre provisions , qui ont été consumées par
le feu.
Le 29. le Mektoupgi , ou Secretaire du Grand
Visir arriva à Constantinople. Le 30. il fut te-
nu un grand Divan à la Porte, où assisterent les
Principaux des Gens de Loy et les Chefs des Mi-
lices. On y exposa la necessité de faire la Paix.
Le Mufty donna son Terfa, portant qu'il étoit
permis de faire la Paix avec les Infidéles , lors-
qu'on ne pouvoit continuer la Guerre sans s'ex-
poser à un peril évident ; sur cette décision , il
fut resolu de donner pouvoir aux Plénipoten-
tiaires du Grand Seigneur de faire la Paix aux
meilleures conditions qu'il seroit possible, On
II. Vol,
présume
JUIN.
prix que ce soit.
1737
1427
présumé qu'ils ont l'ordre de la faire à quelque
Le 26. du même mois , l'Ambassadeur d'An-
gleterre , qui étoit parti le 26. Février de Cons-
tantinople , arriva au Camp. On a apris que le
Grand Visir ayant voulu lui donner la Pelisse de
Samour , il l'avoit refusée , alleguant pour rai
son , qu'il ne devoit avoir cette marque de dis-
tinction qu'en qualité de Médiateur , et qu'il
n'auroit cette qualité que lorsque la Médiation
de Sa Majesté Britannique auroit été acceptée par
la Czarine , comme elle l'avoit été par la Porte.
Le s . Avril M. Stanidski alla à l'Audience
du Caïmakan , et le 7. à celle du Grand Sei-
gneur , en qualité d'Internonce , pour notifier à
la Porte Pavenement de l'Electeur de Saxe au
Trône de Pologne.
Le 17. Avril l'Ambassadeur d'Hollande afri
va à Babadag , il fit notifier son arrivée par son
Secretaire aux Ambassadeurs d'Allemagne et
d'Angleterre , ces Ambassadeurs lui envoyerent
leurs Secretaires , mais ils ne l'ont vû , ni l'un ,
ni l'autre.
Le 18. Avril M. Dahlman partit de Babadag
pour se rendre àKudak,qui a été fixé pour le lieu
des Conferences. Saïde- Effendy le suivit deux
jour après ; le Reys- Effendy devoit se mettre en
marche le 15. avec les autres Plenipotentiaires ,
et le Drogman de la Porte. On écrit du 23 Avril
de Babadag que l'Ambassadeur de Hollande
n'avoit pas encore eu audience du Grand Visir ;
que l'on disoit que cet Ambassadeur , ni celui
d'Angleterre n'iroient point à Kudac , et qu'ils
suivroient le Grand Visir , qui devoit partir de
Babadag vers le milieu du mois de May , passer
le Danube et s'avancer jusques à Castal.
Le Kan des Tartares dernier deposé, qui avoit
II. Pol.
Hiij
сн
1428 MERCURE DE FRANCE
eu la permission de resider à Hullipoly , a été
depuis quelques jours relegué de nouveau à
Scio.
On publie que le Kan des Tartares regnant ,
a refusé de se rendre au Camp du Grand Visir ,
et qu'il est occupé à fortifier Precops et Kilbour-
non , dans le soupçon où il est que la Porte ne
soit d'intelligence avec l'Empereur et les Mos-
covites , pour faciliter à ces derniers la Con-
quête de la Crimée.
Le 2. May , la Flote qui étoit encore à l'em-
bouchure de la Mer noire , mit à la Voile. On
a fait revenir dans ce Port deux Fregates , d'où
on a déchargé quantité de Canons de Campa-
gne , qui avoient été destinés pour l'Armée du
Grand Visir , et que l'on s'étoit proposé de faire
passer à Issatchi par la Mer noire et le Danube.
Les Bâtimens qui avoient été fretés pour trans-
porter les Troupes d'Asie à Taman , ont été en-
voyés à la traite du Bled. Toutes ces circonstan
ces semblent annoncer la Paix.
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605
p. 1428-1429
AFRIQUE.
Début :
Les avis reçus depuis peu de la côte d'Afrique portent que le nouveau Dey de Tunis ayant apris [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AFRIQUE.
AFRIQUE.
Les avis reçus depuis peu de la côte d'Afrique
portent que le nouveau Dey de Tunis ayant apris
que l'ancien Dey s'étoit retiré dans les environs
d'Ausolette avec le petit nombre de Troupes qui
demeurent attachées à son Parti , il étoit allé
Pattaquer dans ses retranchemens , qu'il l'avoit
obligé de s'enfuir à Souza , Ville bâtie sur le bord
de la Mer , er que depuis peu le nouveau . Dey
s'est rendu devant cette Place dans le dessein
d'en entreprendre le Siége par Terre et par Mer.
Selon les dernieres Lettres écrites du Port de
Sainte Croix en Barbarie , il n'y a point d'apa-
rence qu'on puisse voir si tôt la fin des troubles
II. Vol
qui
JUIN.
1737
1429
qui agitent depuis long-temps le Royaume de
Maroc. La plus grande partie des Habitans du
plat Pays , est attachée aux interêts de Muley-
Lariba, que l'Armée des Noirs a élú à la place de
Muley Abdhalla ; mais les Habitans des Mon-
tagnes suivent le parti de ce dernier ; et il est
d'autant plus difficile de les en detacher , qu'ac-
coutumés au brigandage , ils ont le specieux
pretexte des droits de leur Chef pour commet
tre impunément toutes sortes d'excès. Muley-
Abdhalla a fait raser tous les Châteaux et dé-
ruire tous les Ouvrages exterieurs qui défen-
doient les aproches de la Ville de Fez , esperant
que les Habitans se trouvant par là plus exposés
aux insultes de ses Troupes , ils se determine-
roient plus facilement à abandonner le parti de
son Concurrent. Cependant il n'a point encore
tiré de cet acte d'hostilité l'avantage qu'il en
attendoit, et les Habitans , tout depourvûs qu'ils
sont de défenses , n'en sont pas moins fidéles à
Muley-Lariba. Ceux de Ste Croix et de Sophie
se sont déterminés à garder une exacte Neutra-
lité entre les deux prétendans au Trône ; et ayant
refusé de recevoir les Troupes de l'un et l'autre
de ces Princes , ils entretiennent des Garnisons à
leurs dépens , pour empêcher que l'un des deux
ne leur donne la Loy.
Il continue d'aborder à Ste Croix un nom-
bre extraordinaire de Vaisseaux qui vont y char-
ger des Grains , et le Bled y est toujours à un
prix modique , quoique les Saurerelles ayent
causé cette année que que dommage dans les
Campagnes voisines . On écrit de plusieurs au-
tres endroits de l'Afrique , que ces insectes y
ont fait beaucoup de ravage , et qu'on y étoit
menacé d'une très - grande disette.
Les avis reçus depuis peu de la côte d'Afrique
portent que le nouveau Dey de Tunis ayant apris
que l'ancien Dey s'étoit retiré dans les environs
d'Ausolette avec le petit nombre de Troupes qui
demeurent attachées à son Parti , il étoit allé
Pattaquer dans ses retranchemens , qu'il l'avoit
obligé de s'enfuir à Souza , Ville bâtie sur le bord
de la Mer , er que depuis peu le nouveau . Dey
s'est rendu devant cette Place dans le dessein
d'en entreprendre le Siége par Terre et par Mer.
Selon les dernieres Lettres écrites du Port de
Sainte Croix en Barbarie , il n'y a point d'apa-
rence qu'on puisse voir si tôt la fin des troubles
II. Vol
qui
JUIN.
1737
1429
qui agitent depuis long-temps le Royaume de
Maroc. La plus grande partie des Habitans du
plat Pays , est attachée aux interêts de Muley-
Lariba, que l'Armée des Noirs a élú à la place de
Muley Abdhalla ; mais les Habitans des Mon-
tagnes suivent le parti de ce dernier ; et il est
d'autant plus difficile de les en detacher , qu'ac-
coutumés au brigandage , ils ont le specieux
pretexte des droits de leur Chef pour commet
tre impunément toutes sortes d'excès. Muley-
Abdhalla a fait raser tous les Châteaux et dé-
ruire tous les Ouvrages exterieurs qui défen-
doient les aproches de la Ville de Fez , esperant
que les Habitans se trouvant par là plus exposés
aux insultes de ses Troupes , ils se determine-
roient plus facilement à abandonner le parti de
son Concurrent. Cependant il n'a point encore
tiré de cet acte d'hostilité l'avantage qu'il en
attendoit, et les Habitans , tout depourvûs qu'ils
sont de défenses , n'en sont pas moins fidéles à
Muley-Lariba. Ceux de Ste Croix et de Sophie
se sont déterminés à garder une exacte Neutra-
lité entre les deux prétendans au Trône ; et ayant
refusé de recevoir les Troupes de l'un et l'autre
de ces Princes , ils entretiennent des Garnisons à
leurs dépens , pour empêcher que l'un des deux
ne leur donne la Loy.
Il continue d'aborder à Ste Croix un nom-
bre extraordinaire de Vaisseaux qui vont y char-
ger des Grains , et le Bled y est toujours à un
prix modique , quoique les Saurerelles ayent
causé cette année que que dommage dans les
Campagnes voisines . On écrit de plusieurs au-
tres endroits de l'Afrique , que ces insectes y
ont fait beaucoup de ravage , et qu'on y étoit
menacé d'une très - grande disette.
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606
p. 1430
POLOGNE.
Début :
On écrit de Curlande que les Etats du Duché de ce nom, devoient proceder le 11. de ce mois [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
On écrit de Curlande que les Etats du Duché
de ce nom, devoient proceder le 11. de ce mois
à l'Election d'un nouveau Duc , et que quel
ques Troupes de la Czarine sont entrées dans le
Pays , et ont été distribuées par leur Comman
dant dans les Bailliages sur lesquels le Douaire
de la Czarine a été assigné , lorsqu'elle épousa
le Duc Frederic Guillaume, Predecesseur du Duc
Ferdinand.
On a apris de Lithuanie , qu'il y avoit eu de-
puis peu un grand Incendie à Wilna , Capita-
le de ce grand Duché , et que cinq Convents
et plusieurs Palais avoient été reduits en cendres
avec la moitié des Maisons de la Ville.
Le Roy Auguste et la Republique de Polo
gne ayant consenti que le Congrès dans lequel
on doit regler les conditions de l'accommode-
ment proposé entre le Grand Seigneur et la
Czarine , se tint dans une Ville de ce Royaume ,
et Sa Hautesse étant convenue avec S. M. Cz.
que les Ministres Plenipotentiaires s'assemble-
roient à Niemirow , petite Ville située dans la
Podolie , et qui apartient au grand Général de
la Couronne , ce Seigneur a envoyé un Officier
au Grand Visir pour sçavoir de lui quand les
Ministres Plenipotentiaires du Grand Seigneur
partiroient de Kudack pour le lieu destiné aux
Conférences.
On écrit de Curlande que les Etats du Duché
de ce nom, devoient proceder le 11. de ce mois
à l'Election d'un nouveau Duc , et que quel
ques Troupes de la Czarine sont entrées dans le
Pays , et ont été distribuées par leur Comman
dant dans les Bailliages sur lesquels le Douaire
de la Czarine a été assigné , lorsqu'elle épousa
le Duc Frederic Guillaume, Predecesseur du Duc
Ferdinand.
On a apris de Lithuanie , qu'il y avoit eu de-
puis peu un grand Incendie à Wilna , Capita-
le de ce grand Duché , et que cinq Convents
et plusieurs Palais avoient été reduits en cendres
avec la moitié des Maisons de la Ville.
Le Roy Auguste et la Republique de Polo
gne ayant consenti que le Congrès dans lequel
on doit regler les conditions de l'accommode-
ment proposé entre le Grand Seigneur et la
Czarine , se tint dans une Ville de ce Royaume ,
et Sa Hautesse étant convenue avec S. M. Cz.
que les Ministres Plenipotentiaires s'assemble-
roient à Niemirow , petite Ville située dans la
Podolie , et qui apartient au grand Général de
la Couronne , ce Seigneur a envoyé un Officier
au Grand Visir pour sçavoir de lui quand les
Ministres Plenipotentiaires du Grand Seigneur
partiroient de Kudack pour le lieu destiné aux
Conférences.
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607
p. 1430-1432
ALLEMAGNE.
Début :
On a apris de Vienne que le depart du Duc de Loraine pour l'Armée, étoit fixé au 12. de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
On a apris de Vienne que le depart du Duc
de Loraine pour l'Armée, étoit fixé au 12. de
ec mois , et que l'Empereur lui a assigné 500000.
II. Vol
Florins
1
JUIN.
1737.
1431
Florins pour les dépenses qu'il sera obligé de
faire pendant la Campagne.
1
L'Empereur a établi a Inspruck une Tonti-
ne , dont le Capital montera à deux millions de
Florins , et dont la Chambre du Commerce dur
Tirol aura la direction . Cette Tontine sera dis-
tribuée en quatre Classes, dans chacune desquel-
les il y aura mille actions , et chaque action sera
de foo. Florins. La premiere Classe doit être
composée d'Actionnaires au dessous de vingt-
cinq ans , qui retireront sept pour cent d'inte
rê ; la seconde de personnes depuis vingt- cinq
ans jusqu'à quarante , auxquelles ont donnera
un pour cent d'interêr ; de plus
la troisiéme
de personnes depuis quarante ans jusqu'à cin-
quante-einq, qui auront neuf pour cent ; et la
quatrième , d'interessés au dessus de cinquante-
cinq ans , qui jouiront du denier dix.
A mesure qu'il mourra des Actionnaires , la
moitié des revenus de leurs actions sera repartie
entre les survivans. Les Etrangers pouront s'in-
teresser dans cette Tontine , et S. M. I. leur
promet que leurs Dividens
seront exempts
dé toute diminution ou imposition , et qu'ils ne
seront saisis sous aucun pretexte , pas même en
cas de Guerre avec les Nations dont seront les
Actionnaires.
Le 18. de ce mois , il arriva à Dresde de Mit-
tau , un Seigneur Curlandois que les Etats du
Duché de Curlande , ont depêché au Roy Au-
guste de Pologne , pour lui donner avis que s'é-
tant assemblés le
2. afin de proceder à l'Elec-
tion d'un nouveau Duc , ils avoient élû pour
Souverain le Comte de Biron , grand Chain-
bellan de la Czarine.
On aprend de Toplitz que le Roy Auguste et
la Reine son Epouse y étoient arrivés au com-
11 Vol.
H v
mencement
1432 MERCURE DE FRANCE
mencement de ce mois , pour y prendre les Eaux
Minerales d'Eger ; que le ro. la Bourgeoisie tira
à l'Oiseau en presence de S. M. qui fit l'honneur
aux Habitans de tirer avec eux , et qui remporta
le prix.
On écrit de Berlin que le 3. de ce mois ,
le
Roy de Prusse , dont la santé est entierement
retablie , fit la revûë generale des Troupes qu'il
avoit fait venir dans les environs de cette Ville.
Ces Troupes qui consistoient en quatorze Ba-
taillons , demeurerent sous les Armes pendant
quatorze heures. Quoique le Prince Royal eût
eu la veille un accès de Fiévre , il ne laissa pas
d'assister à cette revûë , et malgré la chaleur ex-
cessive il fut toujours à la tête de son Regiment,
mais aussitôt après la revûë il fut obligé de se
mettre au lit.
On a apris de Vienne que le depart du Duc
de Loraine pour l'Armée, étoit fixé au 12. de
ec mois , et que l'Empereur lui a assigné 500000.
II. Vol
Florins
1
JUIN.
1737.
1431
Florins pour les dépenses qu'il sera obligé de
faire pendant la Campagne.
1
L'Empereur a établi a Inspruck une Tonti-
ne , dont le Capital montera à deux millions de
Florins , et dont la Chambre du Commerce dur
Tirol aura la direction . Cette Tontine sera dis-
tribuée en quatre Classes, dans chacune desquel-
les il y aura mille actions , et chaque action sera
de foo. Florins. La premiere Classe doit être
composée d'Actionnaires au dessous de vingt-
cinq ans , qui retireront sept pour cent d'inte
rê ; la seconde de personnes depuis vingt- cinq
ans jusqu'à quarante , auxquelles ont donnera
un pour cent d'interêr ; de plus
la troisiéme
de personnes depuis quarante ans jusqu'à cin-
quante-einq, qui auront neuf pour cent ; et la
quatrième , d'interessés au dessus de cinquante-
cinq ans , qui jouiront du denier dix.
A mesure qu'il mourra des Actionnaires , la
moitié des revenus de leurs actions sera repartie
entre les survivans. Les Etrangers pouront s'in-
teresser dans cette Tontine , et S. M. I. leur
promet que leurs Dividens
seront exempts
dé toute diminution ou imposition , et qu'ils ne
seront saisis sous aucun pretexte , pas même en
cas de Guerre avec les Nations dont seront les
Actionnaires.
Le 18. de ce mois , il arriva à Dresde de Mit-
tau , un Seigneur Curlandois que les Etats du
Duché de Curlande , ont depêché au Roy Au-
guste de Pologne , pour lui donner avis que s'é-
tant assemblés le
2. afin de proceder à l'Elec-
tion d'un nouveau Duc , ils avoient élû pour
Souverain le Comte de Biron , grand Chain-
bellan de la Czarine.
On aprend de Toplitz que le Roy Auguste et
la Reine son Epouse y étoient arrivés au com-
11 Vol.
H v
mencement
1432 MERCURE DE FRANCE
mencement de ce mois , pour y prendre les Eaux
Minerales d'Eger ; que le ro. la Bourgeoisie tira
à l'Oiseau en presence de S. M. qui fit l'honneur
aux Habitans de tirer avec eux , et qui remporta
le prix.
On écrit de Berlin que le 3. de ce mois ,
le
Roy de Prusse , dont la santé est entierement
retablie , fit la revûë generale des Troupes qu'il
avoit fait venir dans les environs de cette Ville.
Ces Troupes qui consistoient en quatorze Ba-
taillons , demeurerent sous les Armes pendant
quatorze heures. Quoique le Prince Royal eût
eu la veille un accès de Fiévre , il ne laissa pas
d'assister à cette revûë , et malgré la chaleur ex-
cessive il fut toujours à la tête de son Regiment,
mais aussitôt après la revûë il fut obligé de se
mettre au lit.
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608
p. 1432-1434
ITALIE.
Début :
Par les Lettres de Rome, on aprend que le 11. de ce mois, les Armes de Stanislas premier, [...]
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
Par les Lettres de Rome, on aprend que le
11. de ce mois, les Armes de Stanislas premier,
Roy de Pologne , Duc de Loraine et de
Bar , furent placées sur la porte de l'Eglise de
S. Nicolas des Lorains , où l'on chanta à cette
occasion une Messe solemnelle , et le Te Deum
?
auquel le Duc de Saint Aignan , Ambassadeur
du Roy de France , assista avec un grand nom
bre de Personnes de distinction.
Le Roy Stanislas a nommé le Chevalier Col-
trolini son Agent en cette Cour.
Il s'est commis à Rome depuis peu plusieurs
meurtres , entr'autres celui du Supérieur du
College des Ecossois , lequel a été assassiné par
un jeune Protestant , qui feignoit de vouloir fai-
ze abjuration entre ses mains ; et celui d'une
II. Vol
Tourie re
L
JUIN.
1727.
1433
Touriere des Religieuses Ursulines , qui a été
tuée à coups de coûteau par un Prêtre du Pays
de Liége. L'un et l'autre de ces assassins ont pris
la fuite , mais la diligence avec laquelle on les
a suivis , fait esperer qu'ils seront arrêtés.
On aprend de Naples que depuis le 22. du
mois de May , le Mont Vesuve a cessé de jetter
des flammes et des matieres bitumineuses . Peu
s'en est fallu que le principal des Torrens en-
flammés qui en sortoient , et dont la violence
étoit telle qu'ils parcouroient en une minute l'es-
pace de deux pas Géométriques , n'ait entiere-
ment enseveli le Bourg de la Torre del Greco.
Après avoir rempli une ravine très -profonde ,
il avoit déja gagné le grand chemin et renversé
l'Eglise du Purgatoire , ainsi qu'une partie de
celle des Religieux Carmes , et il eut causé de
plus grands ravages , si l'on n'eût pris le parti
de couper un Pont qui étoit sur la même ravi-
ne. Par ce moyen le Torent prit son cours vers
la Mer , et il ne s'arrêta qu'à une portée de fu-
sil du rivage , de sorte qu'apresent les Voya-
geur sont obligés de marcher tout proche de la
Côte pour aller du côté de Salerne. Ce Torrent
qui étoit large de plus de cinquante pieds , avoit
cinq toises de profondeur , et dans quelques en-
droits creux , cette profondeur étoit de plus de
vingt toises. La matiere dont il étoit composé
ressembloit à de l'écume de Fer , tant pour la
couleur que pour la dureté , et c'est un mélan-
ge de fer , de souffre , de sel commun , de sal-
pêtre et de pierres calcinées.
Pendant que les flammes étoient à leur plus
haut dégré de violence , les Provinces de la Ca
pitanate et de Monte- Fuscoli ont été envelopée
dans d'épaisses tenebres ; on y a senti plusieur
II. Val
H vj
secousse
1434 MERCURE DE FRANCE
secousses de tremblement de Terre assés fortes
et l'on entendoit de toutes parts des bruits sou-
terrains effrayans.
La Bourgade d'Ottaïano sur le penchant de
la Montagne a été fort endommagée par une
pluye continuelle de cendres et de pierres d'une
grosseur énorme ; presque toutes les Maisons y
sont devenues inhabitables , et dans un Convent
de Filles , il y a eu trois Religieuses de tuées et
deux de blessées dangereusement.
Toutes les Fermes des environs de Somma
qui produisent d'excellents Fruits et des Vins re
nominés , ont été ruinées , et on ne compte pas
d'y faire de Recolte cette année.
On attend des nouvelles plus détaillées de ce
qui est arrivé en plusieurs endroits du Royau-
ine de Naples. Cette Ville n'a souffert aucuu
dommage. Le Roy a envoyé un Corps d'infan-
terie pour garder les Maisons qui ont été aban➡
données par les Habitans de la Torre del Greco.
Par les Lettres de Rome, on aprend que le
11. de ce mois, les Armes de Stanislas premier,
Roy de Pologne , Duc de Loraine et de
Bar , furent placées sur la porte de l'Eglise de
S. Nicolas des Lorains , où l'on chanta à cette
occasion une Messe solemnelle , et le Te Deum
?
auquel le Duc de Saint Aignan , Ambassadeur
du Roy de France , assista avec un grand nom
bre de Personnes de distinction.
Le Roy Stanislas a nommé le Chevalier Col-
trolini son Agent en cette Cour.
Il s'est commis à Rome depuis peu plusieurs
meurtres , entr'autres celui du Supérieur du
College des Ecossois , lequel a été assassiné par
un jeune Protestant , qui feignoit de vouloir fai-
ze abjuration entre ses mains ; et celui d'une
II. Vol
Tourie re
L
JUIN.
1727.
1433
Touriere des Religieuses Ursulines , qui a été
tuée à coups de coûteau par un Prêtre du Pays
de Liége. L'un et l'autre de ces assassins ont pris
la fuite , mais la diligence avec laquelle on les
a suivis , fait esperer qu'ils seront arrêtés.
On aprend de Naples que depuis le 22. du
mois de May , le Mont Vesuve a cessé de jetter
des flammes et des matieres bitumineuses . Peu
s'en est fallu que le principal des Torrens en-
flammés qui en sortoient , et dont la violence
étoit telle qu'ils parcouroient en une minute l'es-
pace de deux pas Géométriques , n'ait entiere-
ment enseveli le Bourg de la Torre del Greco.
Après avoir rempli une ravine très -profonde ,
il avoit déja gagné le grand chemin et renversé
l'Eglise du Purgatoire , ainsi qu'une partie de
celle des Religieux Carmes , et il eut causé de
plus grands ravages , si l'on n'eût pris le parti
de couper un Pont qui étoit sur la même ravi-
ne. Par ce moyen le Torent prit son cours vers
la Mer , et il ne s'arrêta qu'à une portée de fu-
sil du rivage , de sorte qu'apresent les Voya-
geur sont obligés de marcher tout proche de la
Côte pour aller du côté de Salerne. Ce Torrent
qui étoit large de plus de cinquante pieds , avoit
cinq toises de profondeur , et dans quelques en-
droits creux , cette profondeur étoit de plus de
vingt toises. La matiere dont il étoit composé
ressembloit à de l'écume de Fer , tant pour la
couleur que pour la dureté , et c'est un mélan-
ge de fer , de souffre , de sel commun , de sal-
pêtre et de pierres calcinées.
Pendant que les flammes étoient à leur plus
haut dégré de violence , les Provinces de la Ca
pitanate et de Monte- Fuscoli ont été envelopée
dans d'épaisses tenebres ; on y a senti plusieur
II. Val
H vj
secousse
1434 MERCURE DE FRANCE
secousses de tremblement de Terre assés fortes
et l'on entendoit de toutes parts des bruits sou-
terrains effrayans.
La Bourgade d'Ottaïano sur le penchant de
la Montagne a été fort endommagée par une
pluye continuelle de cendres et de pierres d'une
grosseur énorme ; presque toutes les Maisons y
sont devenues inhabitables , et dans un Convent
de Filles , il y a eu trois Religieuses de tuées et
deux de blessées dangereusement.
Toutes les Fermes des environs de Somma
qui produisent d'excellents Fruits et des Vins re
nominés , ont été ruinées , et on ne compte pas
d'y faire de Recolte cette année.
On attend des nouvelles plus détaillées de ce
qui est arrivé en plusieurs endroits du Royau-
ine de Naples. Cette Ville n'a souffert aucuu
dommage. Le Roy a envoyé un Corps d'infan-
terie pour garder les Maisons qui ont été aban➡
données par les Habitans de la Torre del Greco.
Fermer
609
p. 1434-1438
de l'[Is]le de Corse, &c. [titre d'après la table]
Début :
On écrit de la Bastie, Capitale de l'Ile de Corse, que la nouvelle qu'on y avoit reçuë au [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : de l'[Is]le de Corse, &c. [titre d'après la table]
On écrit de la Bastie, Capitale de l'Ile de
Corse, que la nouvelle qu'on y avoit reçuë au
commencement de ce mois , de la détention du
principal Chef des Rebelles en Hollande , don-
noit lieu d'esperer qu'ils ne tarderoient pas à
rentrer dans leur devoir , et que M. Rivarola ,
dès qu'il eut été instruit de la consternation re-
pandue à cette occasion dans leur Camp, leur
fit sçavoir que la Republique leur offroit une
Amnistie generale , et les mêmes conditions qui
leur avoient été accordées ci-devant par la mé-
diation de l'Empereur. Ils auroient peut- être ac-
cepté les propositions de M. Rivarola , si pen
dant qu'ils étoient occupés à déliberer sur le
parti qu'ils prendroient , il n'étoit arrivé à la
Plage d'Aleria deux Officiers , par lesquels leur
II. Vol.
principal
JUIN.
1737.
1435
principal Chef leur donnoit avis qu'à la verité
il étoit arrêté pour dettes à Amsterdam ,
mais
qu'il seroit bientôt mis en liberté , et qu'il ne
tarderoit pas à revenir dans cette Isle. Les assu-
rances données par ces deux Officiers ayant
changé absolument la disposition des Esprits ,
les Rebelles se sont avancés en grand nombre
jusqu'au pied du Glacis de la Bascie malgré le
feu du Canon et de la Mousqueterie , et ils ont
crié aux Sentinelles , qu'ils étoient déterminés à
souffrir plûtôt les dernieres extremités que de
rentrer sous la Domination de la Republique
et que s'ils perdoient leur Chef ,
à recouvrer leur liberté.
•
ils lui trou-
veroient bientôt un Successeur qui les aideroit
Leur aproche a causé une grande allarme
dans cette Ville , mais le grand feu qu'on a fair
sur eux les a obligés de retourner à leur Camp ,
où ils ont emmené sept ou huit Prisonniers qu'ils
ont fait dans un Poste avancé. Quoiqu'ils soient
demeurés dans l'inaction depuis qu'ils se sont
retirés , M. Rivarola a redoublé les Gardes de
tous les principaux Postes , et on travaille avec
d'autant plus de diligence à prendre des mesures
pour s'oposer à leurs entreprises , qu'on a été
informé que leur Chef étoit en chemin pour
revenir les joindre , et que le bruit vient même
de se repandre qu'il est déja arrivé dans cette
Isle.
Les Rebelles ont fait publier par son ordre
un Manifeste , dans lequel il entreprend de ré-
pondre au Decret qui le
II. Vol.
eclare Seducteur des
Peuples , Fauteur des troubles , ennemi de la
Republique , et coupable de haute trahison . Il
dit dans ce Manifeste , qu'il ne merite pas les
diverses denominations qui lui sont données
dans
1436 MERCURE DE FRANCE
dans le Decret de la Republique , puisque ce
n'est pas lui qui a suscité les troubles dont la
Corse est agitée , et qu'ils n'ont d'autre source
que les divers mécontentemens que des Habitans
de l'Isle pretendent avoir reçûs des Genois ; que
si ceux-ci avoient eu veritablement à cœur la
tranquillité de cette Isle , ils auroient fait éprou-
ver d'autres traitemens à un Peuple qui ne s'é-
toit soumis qu'à condition que la Republique
seroit fidelle à des Conventions stipulées sous la
garentie de l'Empereur , que pour lui il n'est
venu en Corse qu'après y avoir été apellé par
les Habitans , et que quand il seroit tel que les
Genois pretendent l'insinuer, la Providence ne
feroit en cette occasion à l'égard d'une Na-
tion oprimée que ce qu'elle a fait ci-devant en
faveur de plusieurs autres Peuples , lorsqu'elle
leur a envoyé des Liberateurs , dont on n'avoit
pas lieu d'attendre , d'abord les grands succès
qu'on a vus dans la suite.
Il ajoûte en finissant , qu'en vertu du pouvoir
que la Nation lui a donné , il défend aux Ge-
nois de demeurer en Corse sous peine de la vie ,
et il declare que les Corses ne conclûront point
La Paix avec la Republique , à moins qu'el
le ne renonce à la Possession de leur Isle , et
qu'elle ne leur restitue tout l'argent qu'elle en a
tiré par les impositions.
Les Lettres de Genes du 11. de ce mois, por
tent qu'on n'y a point encore reçu d'avis cer-
tain du retour du principal Chef des Rebelles
dans l'Isle de Corse , mais la plupart des lettres
de la Bastie marquent qu'on croit qu'il y est arri-
vé , parce que le Chanoine Orticone , et quel-
ques autres de ses Adherans se sont rendus pré-
cipitamment à Aleria
IL. Val
ONE
où l'on dit qu'il a de-
barqué,
JUIN.
1737.
1437
barqué. On a apris , par ces Lettres, qu'un déta-
chement d'environ trente hommes de la Garni-
son de la Place avoit tué quelques uns des Ou-
vriers qui travailloient aux Salines retablies par
les Rebeles , et que ces derniers avoient fait di
re à M. Rivarola qu'ils traiteroient les Sujets de
la Képublique avec la même rigueur qu'on trai-
tait les personnes attachées à leur parti. Les mê
mes avis portent que le bruit couroit que le fa-
meux Louis Ciaferri , un des anciens Chefs des
Rebelles étoit mort dans leur camp.
T
Les Lettres du 18. portent que l'inaction dans
laquelle se tiennent les Rebelles de Corse , don-
ne lieu de conjecturer que leur principal Chef
n'y est pas encore revenu , comme on l'avoit
publié. On a apris en dernier lieu qu'il regne
beaucoup de division parmi eux , que leurs dif-
ferends sont souvent suivis de voyes de fait ,
quelquefois de meurtres, mais que remplis d'ani-
mosité dans leurs querelles particulieres, ils sem
blent être toujouts prêts à les oublier et à se réu-
nir , dès qu'il s'agit de leur interêt commun.
Leur obstination à persister dans leur revolte a
déterminé le Senat à attendre des occasions plus
favorables pour les soumettre , et à se contenter
de songer à la conservation des Places qui sont
demeurées sous la Domination de la Republique..
Les Salines d'Aleria , que les Rebelles ont ré-
tablies , sont si abondantes qu'ils comptent d'en
tirer assés de sel , non seulement pour leur con-
sommation , mais encore pour en fournir aux
Etrangers. Ils ont découvert dans une Mine de
Fer , située aux environs d'Alizani , une Mine
qui leur produit beaucoup de ce Metal . Leurs
Chefs ont établi à Orena une Manufacture de
Cuir, par le moyen de laquelle ils seront en étag
II. Vol.
et
de
T438 MERCURE DE FRANCE
de se procurer plusieurs commodités que les
Etrangers leur faisoient acheter fort cher.
Corse, que la nouvelle qu'on y avoit reçuë au
commencement de ce mois , de la détention du
principal Chef des Rebelles en Hollande , don-
noit lieu d'esperer qu'ils ne tarderoient pas à
rentrer dans leur devoir , et que M. Rivarola ,
dès qu'il eut été instruit de la consternation re-
pandue à cette occasion dans leur Camp, leur
fit sçavoir que la Republique leur offroit une
Amnistie generale , et les mêmes conditions qui
leur avoient été accordées ci-devant par la mé-
diation de l'Empereur. Ils auroient peut- être ac-
cepté les propositions de M. Rivarola , si pen
dant qu'ils étoient occupés à déliberer sur le
parti qu'ils prendroient , il n'étoit arrivé à la
Plage d'Aleria deux Officiers , par lesquels leur
II. Vol.
principal
JUIN.
1737.
1435
principal Chef leur donnoit avis qu'à la verité
il étoit arrêté pour dettes à Amsterdam ,
mais
qu'il seroit bientôt mis en liberté , et qu'il ne
tarderoit pas à revenir dans cette Isle. Les assu-
rances données par ces deux Officiers ayant
changé absolument la disposition des Esprits ,
les Rebelles se sont avancés en grand nombre
jusqu'au pied du Glacis de la Bascie malgré le
feu du Canon et de la Mousqueterie , et ils ont
crié aux Sentinelles , qu'ils étoient déterminés à
souffrir plûtôt les dernieres extremités que de
rentrer sous la Domination de la Republique
et que s'ils perdoient leur Chef ,
à recouvrer leur liberté.
•
ils lui trou-
veroient bientôt un Successeur qui les aideroit
Leur aproche a causé une grande allarme
dans cette Ville , mais le grand feu qu'on a fair
sur eux les a obligés de retourner à leur Camp ,
où ils ont emmené sept ou huit Prisonniers qu'ils
ont fait dans un Poste avancé. Quoiqu'ils soient
demeurés dans l'inaction depuis qu'ils se sont
retirés , M. Rivarola a redoublé les Gardes de
tous les principaux Postes , et on travaille avec
d'autant plus de diligence à prendre des mesures
pour s'oposer à leurs entreprises , qu'on a été
informé que leur Chef étoit en chemin pour
revenir les joindre , et que le bruit vient même
de se repandre qu'il est déja arrivé dans cette
Isle.
Les Rebelles ont fait publier par son ordre
un Manifeste , dans lequel il entreprend de ré-
pondre au Decret qui le
II. Vol.
eclare Seducteur des
Peuples , Fauteur des troubles , ennemi de la
Republique , et coupable de haute trahison . Il
dit dans ce Manifeste , qu'il ne merite pas les
diverses denominations qui lui sont données
dans
1436 MERCURE DE FRANCE
dans le Decret de la Republique , puisque ce
n'est pas lui qui a suscité les troubles dont la
Corse est agitée , et qu'ils n'ont d'autre source
que les divers mécontentemens que des Habitans
de l'Isle pretendent avoir reçûs des Genois ; que
si ceux-ci avoient eu veritablement à cœur la
tranquillité de cette Isle , ils auroient fait éprou-
ver d'autres traitemens à un Peuple qui ne s'é-
toit soumis qu'à condition que la Republique
seroit fidelle à des Conventions stipulées sous la
garentie de l'Empereur , que pour lui il n'est
venu en Corse qu'après y avoir été apellé par
les Habitans , et que quand il seroit tel que les
Genois pretendent l'insinuer, la Providence ne
feroit en cette occasion à l'égard d'une Na-
tion oprimée que ce qu'elle a fait ci-devant en
faveur de plusieurs autres Peuples , lorsqu'elle
leur a envoyé des Liberateurs , dont on n'avoit
pas lieu d'attendre , d'abord les grands succès
qu'on a vus dans la suite.
Il ajoûte en finissant , qu'en vertu du pouvoir
que la Nation lui a donné , il défend aux Ge-
nois de demeurer en Corse sous peine de la vie ,
et il declare que les Corses ne conclûront point
La Paix avec la Republique , à moins qu'el
le ne renonce à la Possession de leur Isle , et
qu'elle ne leur restitue tout l'argent qu'elle en a
tiré par les impositions.
Les Lettres de Genes du 11. de ce mois, por
tent qu'on n'y a point encore reçu d'avis cer-
tain du retour du principal Chef des Rebelles
dans l'Isle de Corse , mais la plupart des lettres
de la Bastie marquent qu'on croit qu'il y est arri-
vé , parce que le Chanoine Orticone , et quel-
ques autres de ses Adherans se sont rendus pré-
cipitamment à Aleria
IL. Val
ONE
où l'on dit qu'il a de-
barqué,
JUIN.
1737.
1437
barqué. On a apris , par ces Lettres, qu'un déta-
chement d'environ trente hommes de la Garni-
son de la Place avoit tué quelques uns des Ou-
vriers qui travailloient aux Salines retablies par
les Rebeles , et que ces derniers avoient fait di
re à M. Rivarola qu'ils traiteroient les Sujets de
la Képublique avec la même rigueur qu'on trai-
tait les personnes attachées à leur parti. Les mê
mes avis portent que le bruit couroit que le fa-
meux Louis Ciaferri , un des anciens Chefs des
Rebelles étoit mort dans leur camp.
T
Les Lettres du 18. portent que l'inaction dans
laquelle se tiennent les Rebelles de Corse , don-
ne lieu de conjecturer que leur principal Chef
n'y est pas encore revenu , comme on l'avoit
publié. On a apris en dernier lieu qu'il regne
beaucoup de division parmi eux , que leurs dif-
ferends sont souvent suivis de voyes de fait ,
quelquefois de meurtres, mais que remplis d'ani-
mosité dans leurs querelles particulieres, ils sem
blent être toujouts prêts à les oublier et à se réu-
nir , dès qu'il s'agit de leur interêt commun.
Leur obstination à persister dans leur revolte a
déterminé le Senat à attendre des occasions plus
favorables pour les soumettre , et à se contenter
de songer à la conservation des Places qui sont
demeurées sous la Domination de la Republique..
Les Salines d'Aleria , que les Rebelles ont ré-
tablies , sont si abondantes qu'ils comptent d'en
tirer assés de sel , non seulement pour leur con-
sommation , mais encore pour en fournir aux
Etrangers. Ils ont découvert dans une Mine de
Fer , située aux environs d'Alizani , une Mine
qui leur produit beaucoup de ce Metal . Leurs
Chefs ont établi à Orena une Manufacture de
Cuir, par le moyen de laquelle ils seront en étag
II. Vol.
et
de
T438 MERCURE DE FRANCE
de se procurer plusieurs commodités que les
Etrangers leur faisoient acheter fort cher.
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610
p. 1438-1439
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
Le 2. de ce mois le Roy se rendit à la Chambre des Pairs, avec les cérémonies accoûtumées, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE-BRETAGNE.
Le 2. de ce mois le Roy se rendit à la Chambre
des Pairs, avec les cérémonies accoûtumées,
et S. M. ayant mandé la Chambre des
Communes , fit aux deux Chambres le discours
suivant.
MY LORDS , ET MESSIEURS ,
Je suis venu ici pour mettrefin à cette Séance
du Parlement , afin que vous ayez la liberté de
vous retirer dans vos Provinces, et de contribuer,
selon vos divers Emplois au maintien de la Paix
et du bien du Royaume. Je vous remercie des mar-
ques particulieres que vous m'avez données de
votre affection et de votre zele pour ma Person-
ne et pour mon honneur , etj'espere que la sagesse et
la justice que vous avez fait paroître à l'occasion
de quelques incidens
extraordinaires , prévien-
dront à l'avenir de pareils ar´entats. La conduite
de ce Parlement a été si égale dans toutes ses dé-
liberations sur les Affaires publiques , qu'il seroit
aussi injuste de n'en point avoir de reconnoissan-
ce, qu'il est inutile d'enraporter toutes lesparticu-
larités..
MESSIEURS DE LA CHAMBRE DES COMMUNES ,
Le soin que vous avez pris de lever les Subsides
nécessaires pour le Service de l'année courante ,
la maniere la moins onereuse à mon Peuple , est
une nouvelle preuve de votre attention toujours
égale à soutenir mon Gouvernement & les interêts
de votre Patrie.
1 MY LORDS ET MESSIEURS ,
Vous ne pouvez ignorer combien les honnêtes
II. Vol.
de
Gens
JUIN.
II. Vol.
1737.
1439
Genset les Personnes de bonnes mœurs se trouvent
justement scandalisés et offensés de la licence qui
regne dans le temps present , sous l'ombre et le pré-
texte de la liberté , et combien il est absolument
nécessaire de reprimer cet abus excessifpar unejus-
te et vigoureuse execution des Loix. C'est un usage
qui n'est devenu que trop général , que de braver
toute autorité , de mépriser la Magistrature, et mê
me de s'oposer à l'execution des Loix, quoi que celar
soit aussipréjudiciable aux libertés du Peuplequ'aux
Prérogatives de la Couronne , le soutien de l'une
étant inséparable de la Protection de l'autre. J'ai
pris les Loix du Pays pour regle constante de mes
actions , etje m'attends aussi que mes Sujets feront
leurprincipal devoir de la soumission que ces me-
mes Loix leur imposent , et qu'il est de leur interêt
d'avoir toujours pour mon Autorité et pour mon
Gouvernement.
Le Lord Chancelier prorogea ensuite le Par-
lement par ordre de S. M. jusqu'au 15.du mois
d'Août,
Le 2. de ce mois le Roy se rendit à la Chambre
des Pairs, avec les cérémonies accoûtumées,
et S. M. ayant mandé la Chambre des
Communes , fit aux deux Chambres le discours
suivant.
MY LORDS , ET MESSIEURS ,
Je suis venu ici pour mettrefin à cette Séance
du Parlement , afin que vous ayez la liberté de
vous retirer dans vos Provinces, et de contribuer,
selon vos divers Emplois au maintien de la Paix
et du bien du Royaume. Je vous remercie des mar-
ques particulieres que vous m'avez données de
votre affection et de votre zele pour ma Person-
ne et pour mon honneur , etj'espere que la sagesse et
la justice que vous avez fait paroître à l'occasion
de quelques incidens
extraordinaires , prévien-
dront à l'avenir de pareils ar´entats. La conduite
de ce Parlement a été si égale dans toutes ses dé-
liberations sur les Affaires publiques , qu'il seroit
aussi injuste de n'en point avoir de reconnoissan-
ce, qu'il est inutile d'enraporter toutes lesparticu-
larités..
MESSIEURS DE LA CHAMBRE DES COMMUNES ,
Le soin que vous avez pris de lever les Subsides
nécessaires pour le Service de l'année courante ,
la maniere la moins onereuse à mon Peuple , est
une nouvelle preuve de votre attention toujours
égale à soutenir mon Gouvernement & les interêts
de votre Patrie.
1 MY LORDS ET MESSIEURS ,
Vous ne pouvez ignorer combien les honnêtes
II. Vol.
de
Gens
JUIN.
II. Vol.
1737.
1439
Genset les Personnes de bonnes mœurs se trouvent
justement scandalisés et offensés de la licence qui
regne dans le temps present , sous l'ombre et le pré-
texte de la liberté , et combien il est absolument
nécessaire de reprimer cet abus excessifpar unejus-
te et vigoureuse execution des Loix. C'est un usage
qui n'est devenu que trop général , que de braver
toute autorité , de mépriser la Magistrature, et mê
me de s'oposer à l'execution des Loix, quoi que celar
soit aussipréjudiciable aux libertés du Peuplequ'aux
Prérogatives de la Couronne , le soutien de l'une
étant inséparable de la Protection de l'autre. J'ai
pris les Loix du Pays pour regle constante de mes
actions , etje m'attends aussi que mes Sujets feront
leurprincipal devoir de la soumission que ces me-
mes Loix leur imposent , et qu'il est de leur interêt
d'avoir toujours pour mon Autorité et pour mon
Gouvernement.
Le Lord Chancelier prorogea ensuite le Par-
lement par ordre de S. M. jusqu'au 15.du mois
d'Août,
Fermer
611
p. 1439-1440
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Début :
Le 30. May, Anne-Joseph Comte de Tornielle et de Brionne, Marquis de Gerbeviller, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS DES PAYS ETRANGERS.
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Le 30. May, Anne-Joseph Comte de Tornielle
et de Brionne, Marquis de Gerbeviller,
Conseiller, Chevalier d'honneur en la Cour Sou-
veraine de Loraine et Barois , Grand - Bailly de
Nancy , Conseiller d'Etat , et Grand- Chambel-
lan du Duc de Loraine , mourut à Nancy , ou
il s'étoit rendu de Vienne depuis quelque temps
à l'occasion du Reglement de la cession du Du-
ché de Loraine. Il étoit âgé de 73. ans ; son
corps fut transporté le premier Juin à Gerbevil-
Jeri
1440 MERCURE DE FRANCE
ler , où il fut inhumé le lendemain dans l'Eglist
des Carmes , lieu de la sépulture de ses Ancêtres.
Il avoit épousé en 1700. Antoinette- Louise de
Lambertye, fille de Georgs , Marquis de Lim-
bertye, Baron de Cons, Conseiller d'Etat, Bailly
de Nancy , et Ma échal de Loraine , et de Chris-
tine de Lenoncourt de Blainville , sa premiere
femme. I. la laisse veuve sans enfans, n'en ayant
jamais cù d'elle. Henri- Hiacinthe , Comte de
Tornicile, Grand- Aumônier de Loraine , Grand
Doyen de l'Eglise Primatiale de Nancy, &c son
frere puîné , et le seul qu'il eut , mourut à Nan-
cy le 2 Avril de l'année derniere 1736. ainsi
ĉette Familie , originaire de Novare en Lombar-
die , et qui s'étoit etablie en Loraine sur la fin
du 16 siecle , se trouve éteinte. On en trouve la
Gé éalogie dans le Dictionaire de Morery de
1725. et dans le Suplément de 1735.. On månde
de Nancy que les grands biens du Marquis
de Gerbeviller passent au neveu de la Da-
me sa veuve , qui est fils du Marquis de Lam-
bertye , et qui prend à présent le titre de Comte
de Tornielle.
Le 16. Juin , la Duchesse Doüairiere de Nor-
thumberland , mourut à sa Terre de Trogmore,
près de Windsor , dans la 106° année de son âge,
Le 30. May, Anne-Joseph Comte de Tornielle
et de Brionne, Marquis de Gerbeviller,
Conseiller, Chevalier d'honneur en la Cour Sou-
veraine de Loraine et Barois , Grand - Bailly de
Nancy , Conseiller d'Etat , et Grand- Chambel-
lan du Duc de Loraine , mourut à Nancy , ou
il s'étoit rendu de Vienne depuis quelque temps
à l'occasion du Reglement de la cession du Du-
ché de Loraine. Il étoit âgé de 73. ans ; son
corps fut transporté le premier Juin à Gerbevil-
Jeri
1440 MERCURE DE FRANCE
ler , où il fut inhumé le lendemain dans l'Eglist
des Carmes , lieu de la sépulture de ses Ancêtres.
Il avoit épousé en 1700. Antoinette- Louise de
Lambertye, fille de Georgs , Marquis de Lim-
bertye, Baron de Cons, Conseiller d'Etat, Bailly
de Nancy , et Ma échal de Loraine , et de Chris-
tine de Lenoncourt de Blainville , sa premiere
femme. I. la laisse veuve sans enfans, n'en ayant
jamais cù d'elle. Henri- Hiacinthe , Comte de
Tornicile, Grand- Aumônier de Loraine , Grand
Doyen de l'Eglise Primatiale de Nancy, &c son
frere puîné , et le seul qu'il eut , mourut à Nan-
cy le 2 Avril de l'année derniere 1736. ainsi
ĉette Familie , originaire de Novare en Lombar-
die , et qui s'étoit etablie en Loraine sur la fin
du 16 siecle , se trouve éteinte. On en trouve la
Gé éalogie dans le Dictionaire de Morery de
1725. et dans le Suplément de 1735.. On månde
de Nancy que les grands biens du Marquis
de Gerbeviller passent au neveu de la Da-
me sa veuve , qui est fils du Marquis de Lam-
bertye , et qui prend à présent le titre de Comte
de Tornielle.
Le 16. Juin , la Duchesse Doüairiere de Nor-
thumberland , mourut à sa Terre de Trogmore,
près de Windsor , dans la 106° année de son âge,
Fermer
612
p. 1868
TURQUIE.
Début :
ON a appris de Constantinople, que Thamas Kouli-Kan ayant fait de nouvelles propositions [...]
Mots clefs :
Thamas Kouli-Kan, Pacha de Bagdad
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE.
TURQUIE.
Na appris de Conftantinople , que Thamas
Kouli- Kan ayant fait de nouvelles propofitions
d'accommodement au Grand Seigneur , Sa
Hauteffe avoit envoyé des pleins pouvoirs au Pacha
de Bagdad , pour traiter de la paix avec ce
Prince.
Na appris de Conftantinople , que Thamas
Kouli- Kan ayant fait de nouvelles propofitions
d'accommodement au Grand Seigneur , Sa
Hauteffe avoit envoyé des pleins pouvoirs au Pacha
de Bagdad , pour traiter de la paix avec ce
Prince.
Fermer
613
p. 1868
SUEDE.
Début :
ON mande de Stockolm, que le Prince Royal de Suede fit le 15 du mois dernier son entrée [...]
Mots clefs :
Prince royal de Suède, Varberg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUEDE.
SUEDE.
ONmande de que se per non
N mande de Stockolm , que le Prince Royal
dans la Ville de Warberg , au bruit d'une falve
générale de l'artillerie de la Place , & de la Moufqueterie
de la garnifon qui étoit fous les armes.
ONmande de que se per non
N mande de Stockolm , que le Prince Royal
dans la Ville de Warberg , au bruit d'une falve
générale de l'artillerie de la Place , & de la Moufqueterie
de la garnifon qui étoit fous les armes.
Fermer
614
p. 1868
RUSSIE.
Début :
ON a appris de Moscou, que la Princesse d'Anhalt Zerbst, fiancée au Duc de Holstein, a [...]
Mots clefs :
Trône
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
Na appris de Mofcou, que la Princeffe d'An-
"
été déclarée habile à fucceder au Trône de Ruffie .
Na appris de Mofcou, que la Princeffe d'An-
"
été déclarée habile à fucceder au Trône de Ruffie .
Fermer
615
p. 1868-1870
PRUSSE.
Début :
ON mande de Berlin du 25 du mois dernier, que le lendemain du jour auquel s'est faite la [...]
Mots clefs :
Princesse royale de Suède, Reine douairière, Souper, Fête, Roi, Bal, Comédie française
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRUSSE.
PRUSSE.
N mande de Berlin du 25 du mois dernier ,
que le lendemain du jour auquel s'eft faite la
célébration du Mariage de la Princeffe Royale de
Suede , le Comte de Teffin , Ambaffadeur Extraordinaire
de S. M. Sued. fe rendit au Palais avec une
fuite de 14
caroffes , pour rendre les refpects à cette
Princeffe ; que le Roi & la Reine affifterent le foir
avec
AOUST. 1744. 1869
avec les Princes & Princeffes de la Famille Royale
à une repréſentation de l'Opera de Caton d'Utique ,
& que leurs Majeftés fouperent enfuite en public
dans la Maifon de la Redoutę .
Le 19 , la Reine Douairiere donna à leurs Majefté
& à la Princeffe Royale de Suede dans le Château
de Montbijou une Fête des plus magnifiques . Ce
Château & les Jardins qui en dépendent , furent entierement
illuminés ; on tira un très - beau Feu d'artifice,&
outre la table deftinée pour le Roi & pour les
deux Reines , laquelle étoit de 60 couverts , on en
fervit plufieurs autres , dont les moindres étoient de
40 couverts chacune.
Après le fouper , la Cour defcendit dans les Jardins
, & vit repréfenter une Comédie Françoise fur
un Théatre de verdure , éclairé d'un grand nombre
de luftres & de girandoles. Ce Spectacle fut fuivi
d'un Fal , qui dura toute la nuit , & pendant
lequel on diftribua des rafraîchiffemens en abondance.
La Fête que le Roi donna le 21 à Charlottembourg
, furpaffa encore en magnificence celle de la
Reine Douairiere. Elle commença par un grand dîner
, auquel 150 Seigneurs & Dames furent invités,
& le foir on fervit une table de 350 couverts dans
Orangerie , dont l'illumination , ainfi que celle du
Jardin , formoir un Spectacle des plus furprenans
en ce genre. L'Artificier , chargé de l'exécution du
Feu qui fut tiré fur la Sprée après le fouper , fe diftingua
par plufieurs nouvelles manieres de faire
níage de la poudre.
Le Roi ouvrit avec la Princeffe Royale de Suede
le Bal qui fuivit le Feu d'artifice , & auquel on admit
tous les Mafques qui fe préfenterent . Il y eut
auffi le jour fuivant un fouper & un Bal chés la Reine
, dans fa Maiſon de plaifance de Schonhauſen,
Cette
1870 MERCURE DE FRANCE.
Cette Princeffe donna le 24 à Berlin une feconde
Fête , qui commença par la repréfentation d'une
Comédie Françoife , & qui fut terminée par un
Concert , après lequel leurs Majeftés , accompagnées
des Princes & des Princeffes de la Famille
Royale , ainfi que des autres Princes & des Princeffes
, qui s'étoient rendus à Berlin pour prendre part
aux réjouiflances publiques , allerent fouper chés
la Reine Douairiere .
La Princeffe Royale de Suede a dû partir le 26 ,
pour fe rendre à Stralfund , où elle devoit s'embar
quer.
N mande de Berlin du 25 du mois dernier ,
que le lendemain du jour auquel s'eft faite la
célébration du Mariage de la Princeffe Royale de
Suede , le Comte de Teffin , Ambaffadeur Extraordinaire
de S. M. Sued. fe rendit au Palais avec une
fuite de 14
caroffes , pour rendre les refpects à cette
Princeffe ; que le Roi & la Reine affifterent le foir
avec
AOUST. 1744. 1869
avec les Princes & Princeffes de la Famille Royale
à une repréſentation de l'Opera de Caton d'Utique ,
& que leurs Majeftés fouperent enfuite en public
dans la Maifon de la Redoutę .
Le 19 , la Reine Douairiere donna à leurs Majefté
& à la Princeffe Royale de Suede dans le Château
de Montbijou une Fête des plus magnifiques . Ce
Château & les Jardins qui en dépendent , furent entierement
illuminés ; on tira un très - beau Feu d'artifice,&
outre la table deftinée pour le Roi & pour les
deux Reines , laquelle étoit de 60 couverts , on en
fervit plufieurs autres , dont les moindres étoient de
40 couverts chacune.
Après le fouper , la Cour defcendit dans les Jardins
, & vit repréfenter une Comédie Françoise fur
un Théatre de verdure , éclairé d'un grand nombre
de luftres & de girandoles. Ce Spectacle fut fuivi
d'un Fal , qui dura toute la nuit , & pendant
lequel on diftribua des rafraîchiffemens en abondance.
La Fête que le Roi donna le 21 à Charlottembourg
, furpaffa encore en magnificence celle de la
Reine Douairiere. Elle commença par un grand dîner
, auquel 150 Seigneurs & Dames furent invités,
& le foir on fervit une table de 350 couverts dans
Orangerie , dont l'illumination , ainfi que celle du
Jardin , formoir un Spectacle des plus furprenans
en ce genre. L'Artificier , chargé de l'exécution du
Feu qui fut tiré fur la Sprée après le fouper , fe diftingua
par plufieurs nouvelles manieres de faire
níage de la poudre.
Le Roi ouvrit avec la Princeffe Royale de Suede
le Bal qui fuivit le Feu d'artifice , & auquel on admit
tous les Mafques qui fe préfenterent . Il y eut
auffi le jour fuivant un fouper & un Bal chés la Reine
, dans fa Maiſon de plaifance de Schonhauſen,
Cette
1870 MERCURE DE FRANCE.
Cette Princeffe donna le 24 à Berlin une feconde
Fête , qui commença par la repréfentation d'une
Comédie Françoife , & qui fut terminée par un
Concert , après lequel leurs Majeftés , accompagnées
des Princes & des Princeffes de la Famille
Royale , ainfi que des autres Princes & des Princeffes
, qui s'étoient rendus à Berlin pour prendre part
aux réjouiflances publiques , allerent fouper chés
la Reine Douairiere .
La Princeffe Royale de Suede a dû partir le 26 ,
pour fe rendre à Stralfund , où elle devoit s'embar
quer.
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616
p. 1870-1872
Manifeste du Roi de Prusse, [titre d'après la table]
Début :
On a appris de Berlin du 9 de ce mois, que le Roi de Prusse a envoyé à tous ses Ministres dans [...]
Mots clefs :
Empire, Allemagne, Troupes, Empereur, Reine de Hongrie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Manifeste du Roi de Prusse, [titre d'après la table]
On a appris de Berlin du 9 de ce mois , que le
Roi de Pruffe a envoyé à tous fes Miniftres dans
les Cours Etrangeres un Manifefte , qu'ils doivent
communiquer aux Puiffances , auprès defquelles ils
réfident.
S. M. expofe dans ce Manifefte , les motifs qui
l'obligent de donner des troupes auxiliaires à l'Empereur
, & elle y déclare , que ne pouvant plus voir
avec indifference les troubles qui défolent l'Alle
magne , elle a réfolu , après avoir inutilement tenté
toutes les voyes de conciliation , de fe fervir des
forces que Dieu lui a données , pour rétablir la paix
& l'ordre, pour remettre les Loix dans leur vigueur,
& le Chefde l'Empire dans fon autorité.
Elle ajoute que la Reine de Hongrie a conçû des
deffeins démesurés d'ambition , & que ne perdant
point de vue ce qui a fait depuis plus d'un fiécle
l'objet de fa Maifon , elle a pour but d'enchaîner
pour jamais la liberté Germanique ; que pour juger
des intentions de cette Princeffe , il fuffit d'examiner
les faits qui fe font paffés ; que l'Allemagne
s'eft vûë inondée de troupes Etrangeres ; qu'on les
a fait fubfifter aux dépens des Princes neutres de
l'Empire , & marcher , fans envoyer préalablement
au
A OUST. 1744. 1871
Aucunes Lettres Requifitoriales ; que les dédommagemens
, accordés par la Reine de Hongrie à
certains Princes pour les fécours extraordinaires
qu'ils lui ont fournis , ont confifté dans des Fiefs de
PEmpire , ou dans des efperances de leur en faire
obtenir d'autres ; que les Généraux de cette Princeffe
ont voulu s'emparer par force de plufieurs
Villes Impériales , & que fes Miniftres ont ofé menacer
des Electeurs ; qu'elle s'eft jouée de la Foi
publique , en violant la Capitulation de Braunau ,
& en attaquant les troupes Impériales , retranchées
fous les Fortereffes de l'Empire ; que dans les Proteftations
, remiſes à la Dictature , elle a porté le
mépris de la Majefté de l'Empire , juſqu'à déclarer
l'Election de l'Empereur nulle , & la Diette de
Francfort illégitime ; que tant de démarches , ouvertement
contraires à la gloire & aux Conftitutions
du Corps Germanique , dénotent affés clairement
que la Cour de Vienne fe propofe de faire paffer à
un Prince Etranger , & non poffeffionné en Allemagne
, la Dignité Impériale ; qu'il eft contre
Phonneur de tout Electeur & de tout Prince de
l'Empire , de tolerer de pareils attentats , & que ce
feroit une lâcheté de fouffrir plus long- tems le Defpotifme
& les violences de S. M. H. que le Roi ne
forme aucune prétention à la charge de cette Prin
ceffe , mais que la guerre ouverte , qu'elle vient de
déclarer à l'Allemagne par les hoftilités que fes
troupes y ont commiſes , autorife fuffifamment S.
M. à entrer , en qualité d'auxiliaire ,
dans une querelle
qui intéreffe la liberté de l'Empire ; que fi S.
M. prend un parti violent , ce n'eft qu'à regret ;
qu'elle a fait inutilement plufieurs tentatives auprès
des Cours de Londres & de Vienne , pour procurer
un accommodement ; que l'Empereur lui - même a
offert en vain de renoncer à toutes fes prétentions
fur
1872 MERCURE DE FRANCE.
fur la Succeffion de la Maifon d'Autriche , & à facrifier
les propres intérêts à la tranquillité de l'Allemagne
, par une générofité qui juftifie à jamais le
choix que l'Empire a fait de lui ; que plus S. M. I.
a montré de modération , plus la Reine de Hongrie
a fait voir une fierté infléxible .
Il eſt dit à la fin du même Manifefte , que fi cette
Princeffe attaque les libertés du Corps Germanique,
elle en réveille les défenfeurs ; que la race de ces
anciens Germains , qui ont défendu leur Patrie &
leur liberté contre l'Empire Romain , fubfifte toujours
, & qu'elle les défendra encore contre ceux
qui veulent y donner atteinte ; que c'eſt dans cette
vue , que les Princes les plus refpectables de l'Allemagne
fe font unis par la Ligue de Francfort , pour
s'oppofer au bouleversement de l'Empire , & que
S. M. s'eft jointe à ces Princes , jugeant qu'il eft du
devoir & de l'intérêt de tout Membre du Corps
Germanique , d'en foutenir le Syftême , & que l'u-
Lage le plus noble qu'elle puiffe faire de fes forces ,
eft de les employer à empêcher l'oppreffion de fa
Patrie , à laquelle la Reine de Hongrie veutdonner
des fers ; à venger l'honneur & les droits des Electeurs
, à qui cette Princeffe veut ravir leurs prérogatives
, & à donner des fécours puiffans à l'Empereur
, pour le maintenir dans toute fa Dignité &
fur ce Trône , dont S. M. H. veut le faire defcendre.
Roi de Pruffe a envoyé à tous fes Miniftres dans
les Cours Etrangeres un Manifefte , qu'ils doivent
communiquer aux Puiffances , auprès defquelles ils
réfident.
S. M. expofe dans ce Manifefte , les motifs qui
l'obligent de donner des troupes auxiliaires à l'Empereur
, & elle y déclare , que ne pouvant plus voir
avec indifference les troubles qui défolent l'Alle
magne , elle a réfolu , après avoir inutilement tenté
toutes les voyes de conciliation , de fe fervir des
forces que Dieu lui a données , pour rétablir la paix
& l'ordre, pour remettre les Loix dans leur vigueur,
& le Chefde l'Empire dans fon autorité.
Elle ajoute que la Reine de Hongrie a conçû des
deffeins démesurés d'ambition , & que ne perdant
point de vue ce qui a fait depuis plus d'un fiécle
l'objet de fa Maifon , elle a pour but d'enchaîner
pour jamais la liberté Germanique ; que pour juger
des intentions de cette Princeffe , il fuffit d'examiner
les faits qui fe font paffés ; que l'Allemagne
s'eft vûë inondée de troupes Etrangeres ; qu'on les
a fait fubfifter aux dépens des Princes neutres de
l'Empire , & marcher , fans envoyer préalablement
au
A OUST. 1744. 1871
Aucunes Lettres Requifitoriales ; que les dédommagemens
, accordés par la Reine de Hongrie à
certains Princes pour les fécours extraordinaires
qu'ils lui ont fournis , ont confifté dans des Fiefs de
PEmpire , ou dans des efperances de leur en faire
obtenir d'autres ; que les Généraux de cette Princeffe
ont voulu s'emparer par force de plufieurs
Villes Impériales , & que fes Miniftres ont ofé menacer
des Electeurs ; qu'elle s'eft jouée de la Foi
publique , en violant la Capitulation de Braunau ,
& en attaquant les troupes Impériales , retranchées
fous les Fortereffes de l'Empire ; que dans les Proteftations
, remiſes à la Dictature , elle a porté le
mépris de la Majefté de l'Empire , juſqu'à déclarer
l'Election de l'Empereur nulle , & la Diette de
Francfort illégitime ; que tant de démarches , ouvertement
contraires à la gloire & aux Conftitutions
du Corps Germanique , dénotent affés clairement
que la Cour de Vienne fe propofe de faire paffer à
un Prince Etranger , & non poffeffionné en Allemagne
, la Dignité Impériale ; qu'il eft contre
Phonneur de tout Electeur & de tout Prince de
l'Empire , de tolerer de pareils attentats , & que ce
feroit une lâcheté de fouffrir plus long- tems le Defpotifme
& les violences de S. M. H. que le Roi ne
forme aucune prétention à la charge de cette Prin
ceffe , mais que la guerre ouverte , qu'elle vient de
déclarer à l'Allemagne par les hoftilités que fes
troupes y ont commiſes , autorife fuffifamment S.
M. à entrer , en qualité d'auxiliaire ,
dans une querelle
qui intéreffe la liberté de l'Empire ; que fi S.
M. prend un parti violent , ce n'eft qu'à regret ;
qu'elle a fait inutilement plufieurs tentatives auprès
des Cours de Londres & de Vienne , pour procurer
un accommodement ; que l'Empereur lui - même a
offert en vain de renoncer à toutes fes prétentions
fur
1872 MERCURE DE FRANCE.
fur la Succeffion de la Maifon d'Autriche , & à facrifier
les propres intérêts à la tranquillité de l'Allemagne
, par une générofité qui juftifie à jamais le
choix que l'Empire a fait de lui ; que plus S. M. I.
a montré de modération , plus la Reine de Hongrie
a fait voir une fierté infléxible .
Il eſt dit à la fin du même Manifefte , que fi cette
Princeffe attaque les libertés du Corps Germanique,
elle en réveille les défenfeurs ; que la race de ces
anciens Germains , qui ont défendu leur Patrie &
leur liberté contre l'Empire Romain , fubfifte toujours
, & qu'elle les défendra encore contre ceux
qui veulent y donner atteinte ; que c'eſt dans cette
vue , que les Princes les plus refpectables de l'Allemagne
fe font unis par la Ligue de Francfort , pour
s'oppofer au bouleversement de l'Empire , & que
S. M. s'eft jointe à ces Princes , jugeant qu'il eft du
devoir & de l'intérêt de tout Membre du Corps
Germanique , d'en foutenir le Syftême , & que l'u-
Lage le plus noble qu'elle puiffe faire de fes forces ,
eft de les employer à empêcher l'oppreffion de fa
Patrie , à laquelle la Reine de Hongrie veutdonner
des fers ; à venger l'honneur & les droits des Electeurs
, à qui cette Princeffe veut ravir leurs prérogatives
, & à donner des fécours puiffans à l'Empereur
, pour le maintenir dans toute fa Dignité &
fur ce Trône , dont S. M. H. veut le faire defcendre.
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617
p. 1872-1873
« Toutes les troupes, qui étoient en Prusse, en Poméranie & dans la Westphalie, s'étant rapprochées [...] »
Début :
Toutes les troupes, qui étoient en Prusse, en Poméranie & dans la Westphalie, s'étant rapprochées [...]
Mots clefs :
Suède, Troupes, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Toutes les troupes, qui étoient en Prusse, en Poméranie & dans la Westphalie, s'étant rapprochées [...] »
Toutes les troupes , qui étoient en Pruffe , en
Pomeranie & dans la Weftphalie , s'étant rapprochées
de Berlin , depuis le commencement de ce
mois par ordre du Roi , celles qui étoient deftinées
à former l'armée que S M. devoit commander , recommencerent
le 6 à fe mettre en mouvemcat , &
elles ont marché fur quatre Colonnes , chacune del
20000 hommes , pour fe rendre devant Prague , où
elles devoient toutes arriver le 28.
La
'
AOUST. 1744. 1873
La premiere Colonne a dû paffer l'Elbe à Magdebourg
, & elle a pris fa route par Torgau & par le
Cercle de Saatz ; la feconde , qui a paffé l'Elbe à
Meyffen , a dû aller par Auffig & par Leutmeritz
la troifiéme , après avoir traversé la Haute & la
Baffe Luface , a dû entrer en Bohéme près de Zittau
, & elle a dû paffer par le Cercle de Buntzclau ;
la quatrième , qui a dû aller par Clatz Koenigingratz
, devoit s'emparer d'abord de Pardubitz , &
continuer enfuite fa marche par Czaſlau .
Le Prince Leo : old d'Anhalt Deffau & le Maréchal
de Schwerin commandent , le premier l'Infanterie
, & le fecond la Cavalerie , fous les ordres du
Roi.
L'armée , qui devoit entrer en Moravie , confifte
en 22000 hommes ; elle eft commandée par le Gé
néral Marwitz , & elle a dû marcher fur deux Colonnes
par Gegersdorff & par Troppau . Le Général
Marwitz devoit , en paffant , fe rendre maître de la
premiere de ces deux Villes , & toutes les troupes ,
dont il a le commandement , devoient être raffemblées
le 28 devant Olmutz.
On a appris que la Princeffe Royale de Suede
étoit arrivée le 30 du mois dernier fur la Frontiere
de la Pomeranie Suédoife , où elle avoit été reçûë
par le Grand Veneur de Suede , qui étoit venu audevant
d'elle avec un grand nombre de Seigneurs ,
étant précédé de douze Poftillons fonnans du Cor' ;
qu'elle avoit trouvé au Château de Gnatzxow les
Sénateurs nommés pour la conduire à Stockolm ;
qu'on lui avoit fervi un magnifique dîner dans ce
Château , & qu'ayant été remife par les Commiffaires
Pruffiens à ceux de S M. Suedoife , lefquels
leur avoient fait des préfens très- conſidérables de la
part du Prince Royal de Suede , elle avoit continué
par Greipfwalde fa route vers Stralfund.
Pomeranie & dans la Weftphalie , s'étant rapprochées
de Berlin , depuis le commencement de ce
mois par ordre du Roi , celles qui étoient deftinées
à former l'armée que S M. devoit commander , recommencerent
le 6 à fe mettre en mouvemcat , &
elles ont marché fur quatre Colonnes , chacune del
20000 hommes , pour fe rendre devant Prague , où
elles devoient toutes arriver le 28.
La
'
AOUST. 1744. 1873
La premiere Colonne a dû paffer l'Elbe à Magdebourg
, & elle a pris fa route par Torgau & par le
Cercle de Saatz ; la feconde , qui a paffé l'Elbe à
Meyffen , a dû aller par Auffig & par Leutmeritz
la troifiéme , après avoir traversé la Haute & la
Baffe Luface , a dû entrer en Bohéme près de Zittau
, & elle a dû paffer par le Cercle de Buntzclau ;
la quatrième , qui a dû aller par Clatz Koenigingratz
, devoit s'emparer d'abord de Pardubitz , &
continuer enfuite fa marche par Czaſlau .
Le Prince Leo : old d'Anhalt Deffau & le Maréchal
de Schwerin commandent , le premier l'Infanterie
, & le fecond la Cavalerie , fous les ordres du
Roi.
L'armée , qui devoit entrer en Moravie , confifte
en 22000 hommes ; elle eft commandée par le Gé
néral Marwitz , & elle a dû marcher fur deux Colonnes
par Gegersdorff & par Troppau . Le Général
Marwitz devoit , en paffant , fe rendre maître de la
premiere de ces deux Villes , & toutes les troupes ,
dont il a le commandement , devoient être raffemblées
le 28 devant Olmutz.
On a appris que la Princeffe Royale de Suede
étoit arrivée le 30 du mois dernier fur la Frontiere
de la Pomeranie Suédoife , où elle avoit été reçûë
par le Grand Veneur de Suede , qui étoit venu audevant
d'elle avec un grand nombre de Seigneurs ,
étant précédé de douze Poftillons fonnans du Cor' ;
qu'elle avoit trouvé au Château de Gnatzxow les
Sénateurs nommés pour la conduire à Stockolm ;
qu'on lui avoit fervi un magnifique dîner dans ce
Château , & qu'ayant été remife par les Commiffaires
Pruffiens à ceux de S M. Suedoife , lefquels
leur avoient fait des préfens très- conſidérables de la
part du Prince Royal de Suede , elle avoit continué
par Greipfwalde fa route vers Stralfund.
Fermer
618
p. 1874-1876
ALLEMAGNE.
Début :
ON a appris de Hambourg du 29 du mois dernier, que les avis reçûs de Moscow portoient [...]
Mots clefs :
Troupes, Empereur, Reine de Hongrie, Capitulation, Cour de Vienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
Nn a appris de Hambourg du 29 du mois der
a
nier , que les avis reçûs de Mofcow portoient
que l'Empereur avoit créé Comtes de l'Empire Mrs
de Leftock & de Brunmer , Confeillers Privés de la
Czarine & que cette Princeffe confenti
ayant
qu'ils acceptaffent cette grace , le Baron de Neuhaus
, Miniftre Plénipotentiaire de S. M. I. leur en
>
avoit remis les Patentes.
Suivant les avis reçûs d'Ingolftadt , un Corps de
10000 hommes des troupes de la Reine de Hongrie
étoit affemblé fur le bord de la Lech , où il devoit
s'arrêter jufqu'à l'arrivée de quelques Kégimens
qui devoient le joindre.
On mande de Francfort du 6 de ce mois , que
l'Empereur a envoyé à fes Miniftres dans les Cours
Etrangeres un Refcrit au fujet de la violence exercée
par ordre de la Reine de Hongrie , contre les
troupes Impériales qui ont capitulé dans la Ville de
Braunau.
Ce Refcrit porte , que l'Empereur a montré dans
toutes les occafions , combien il défiroit fineerement
le rétabliffement de la tranquillité en Allemagne
; qu'il n'a pu donner des preuves plus convainquantes
de fes difpofitions pacifiques , qu'en
déclarant les troupes neutres ; que cette neutralité
a été observée de leur part avec l'exactitude la plus
rigoureufe ; qu'il n'a point voulu s'opposer à la
prife d'Ingolstadt , quoiqu'il fut en état de fauver
eette Place , dont la perte étoit pour lui un défavantage
confidérable ; qu'il a retiré volontairement fes
garnifons de Straubingen & de Reichenhall , & que
fes troupes , depuis la Signature de la Convention
conclue avec la Reine de Hongrie , fe font tenuës
dans
AOUST. 1744 1879
dans les bornes d'une défenfe permife ; que perfonne
n'auroit imaginé qu'après tant de marques
de patience & de modération , S. M. I. n'éprouveroit
point un jufte retour de la Reine de Hongrie ;
que cependant elles n'ont produit d'autre effet que
d'exciter cette Princeffe à violer toutes les régles
de la guerre & de la bonne foi , & à fe porter à des
excès , dont on n'avoit point encore entendu parler
entre des Nations policées ; que S. M. I. paffe fous
filence plufieurs traits d'une conduite infoutenable ,
& qu'elle ne veut faire mention que de quelques
événemens , dans lefquels la Cour de Vienne ne
s'eft fait aucun fcrupule de contrevenir aux engage
mens les plus folemnels ; que les troupes, qui étoient
dans Braunau , avoient ftipulé dans leur Capitulation
, fignée le 30 du mois de Juin de l'année der
niere , qu'elles demeureroient libres , à condition
de ne point fervir pendant un an & un jour contre
la Reine de Hongrie ; que par un exemple inoui
dans le tems que la Capitulation accordée à ces
troupes étoit prête d'expirer , S. M. H. fans avoir
aucun égard à fes promeffes , a ordonné d'enfermer
dans des Cazernes les foldats dont ces troupes:
étoient com ofées , de les charger de fers , & de
les tranfporter hors de la Bavière ; que le Comte de
Seckendorf ayant fait des repréſentations au Prince
Charles de Lorraine à ce fujet , toute la réponſe de
ce Prince a été qu'il n'avoit aucune connoiffance
de ce qui fe paffoit ; qu'on ne juſtifiera jamais devant
le monde équitable une pareille infraction
d'une Capitulation revêtuë de toutes les formes
prefcrites par les Loix de la guerre ; qu'il eft également
étrange que nonobftant la Déclaration , par
laquelle la Cour de Vienne s'étoit engagée à n'exercer
aucune hoftilité contre les troupes de l'Empereur
dans les Cercles neutres de l'Empire , l'armée
1876 MERCURE DE FRANCE.
mée commandée par le Prince Charles de Lorraine
ait attaqué en plufieurs occafions les Gardes avancées
de l'armée de S. M I. tandis que cette derniere
étoit campée fous Philifbourg ; que ces deux
nouveaux incidens , fans qu'il fort befoin d'en citer
d'autres , prouvent affés le peu de fond qu'on doit
faire fur les promeffes de la Reine de Hongrie , &
le mépris qu'elle fait du Droit des Gens . L'Empereur
recommande à fes Miniftres , de faire confiderer
aux Puiffances , auprès defquelles ils réfident ,
quelles fuites importantes & dangereufes peuvent
réfulter des exemples que donne la Cour de Vienne.
S. M I. ajoute qu'il importe à tout l'Empire & à
toutes les Puiffances d'employer des mesures efficaces
, pour réprimer des excès fi pernicieux.
On mande de Francfort du 10 de ce mois , que
le Miniftre du Roi de Pruffe auprès de la Diette de
l'Empire a préfenté à cette affemblée un Mémoire ,
qui porte que ce Prince , ayant pris poffeffion de la
Principauté d'Ooft - Frife , & en ayant demandé
l'Inveftiture à l'Empereur , en vertu de " expectative
accordée par l'Empereur Leopold à la Maiſon
de Brandebourg , pour fucceder à cette Principauté
après l'extinction des defcendans mâles de la Maifon
d'Ooft Frife, S. M. Pr. efpere que les Electeurs,
Princes & Etats de l'Empire , ne lui refuferont point
la poffeffion des prérogatives & de la voix , dont le
dernier Prince d'Ooft- Friſe a joüi dans le Collége
des Princes .
Nn a appris de Hambourg du 29 du mois der
a
nier , que les avis reçûs de Mofcow portoient
que l'Empereur avoit créé Comtes de l'Empire Mrs
de Leftock & de Brunmer , Confeillers Privés de la
Czarine & que cette Princeffe confenti
ayant
qu'ils acceptaffent cette grace , le Baron de Neuhaus
, Miniftre Plénipotentiaire de S. M. I. leur en
>
avoit remis les Patentes.
Suivant les avis reçûs d'Ingolftadt , un Corps de
10000 hommes des troupes de la Reine de Hongrie
étoit affemblé fur le bord de la Lech , où il devoit
s'arrêter jufqu'à l'arrivée de quelques Kégimens
qui devoient le joindre.
On mande de Francfort du 6 de ce mois , que
l'Empereur a envoyé à fes Miniftres dans les Cours
Etrangeres un Refcrit au fujet de la violence exercée
par ordre de la Reine de Hongrie , contre les
troupes Impériales qui ont capitulé dans la Ville de
Braunau.
Ce Refcrit porte , que l'Empereur a montré dans
toutes les occafions , combien il défiroit fineerement
le rétabliffement de la tranquillité en Allemagne
; qu'il n'a pu donner des preuves plus convainquantes
de fes difpofitions pacifiques , qu'en
déclarant les troupes neutres ; que cette neutralité
a été observée de leur part avec l'exactitude la plus
rigoureufe ; qu'il n'a point voulu s'opposer à la
prife d'Ingolstadt , quoiqu'il fut en état de fauver
eette Place , dont la perte étoit pour lui un défavantage
confidérable ; qu'il a retiré volontairement fes
garnifons de Straubingen & de Reichenhall , & que
fes troupes , depuis la Signature de la Convention
conclue avec la Reine de Hongrie , fe font tenuës
dans
AOUST. 1744 1879
dans les bornes d'une défenfe permife ; que perfonne
n'auroit imaginé qu'après tant de marques
de patience & de modération , S. M. I. n'éprouveroit
point un jufte retour de la Reine de Hongrie ;
que cependant elles n'ont produit d'autre effet que
d'exciter cette Princeffe à violer toutes les régles
de la guerre & de la bonne foi , & à fe porter à des
excès , dont on n'avoit point encore entendu parler
entre des Nations policées ; que S. M. I. paffe fous
filence plufieurs traits d'une conduite infoutenable ,
& qu'elle ne veut faire mention que de quelques
événemens , dans lefquels la Cour de Vienne ne
s'eft fait aucun fcrupule de contrevenir aux engage
mens les plus folemnels ; que les troupes, qui étoient
dans Braunau , avoient ftipulé dans leur Capitulation
, fignée le 30 du mois de Juin de l'année der
niere , qu'elles demeureroient libres , à condition
de ne point fervir pendant un an & un jour contre
la Reine de Hongrie ; que par un exemple inoui
dans le tems que la Capitulation accordée à ces
troupes étoit prête d'expirer , S. M. H. fans avoir
aucun égard à fes promeffes , a ordonné d'enfermer
dans des Cazernes les foldats dont ces troupes:
étoient com ofées , de les charger de fers , & de
les tranfporter hors de la Bavière ; que le Comte de
Seckendorf ayant fait des repréſentations au Prince
Charles de Lorraine à ce fujet , toute la réponſe de
ce Prince a été qu'il n'avoit aucune connoiffance
de ce qui fe paffoit ; qu'on ne juſtifiera jamais devant
le monde équitable une pareille infraction
d'une Capitulation revêtuë de toutes les formes
prefcrites par les Loix de la guerre ; qu'il eft également
étrange que nonobftant la Déclaration , par
laquelle la Cour de Vienne s'étoit engagée à n'exercer
aucune hoftilité contre les troupes de l'Empereur
dans les Cercles neutres de l'Empire , l'armée
1876 MERCURE DE FRANCE.
mée commandée par le Prince Charles de Lorraine
ait attaqué en plufieurs occafions les Gardes avancées
de l'armée de S. M I. tandis que cette derniere
étoit campée fous Philifbourg ; que ces deux
nouveaux incidens , fans qu'il fort befoin d'en citer
d'autres , prouvent affés le peu de fond qu'on doit
faire fur les promeffes de la Reine de Hongrie , &
le mépris qu'elle fait du Droit des Gens . L'Empereur
recommande à fes Miniftres , de faire confiderer
aux Puiffances , auprès defquelles ils réfident ,
quelles fuites importantes & dangereufes peuvent
réfulter des exemples que donne la Cour de Vienne.
S. M I. ajoute qu'il importe à tout l'Empire & à
toutes les Puiffances d'employer des mesures efficaces
, pour réprimer des excès fi pernicieux.
On mande de Francfort du 10 de ce mois , que
le Miniftre du Roi de Pruffe auprès de la Diette de
l'Empire a préfenté à cette affemblée un Mémoire ,
qui porte que ce Prince , ayant pris poffeffion de la
Principauté d'Ooft - Frife , & en ayant demandé
l'Inveftiture à l'Empereur , en vertu de " expectative
accordée par l'Empereur Leopold à la Maiſon
de Brandebourg , pour fucceder à cette Principauté
après l'extinction des defcendans mâles de la Maifon
d'Ooft Frife, S. M. Pr. efpere que les Electeurs,
Princes & Etats de l'Empire , ne lui refuferont point
la poffeffion des prérogatives & de la voix , dont le
dernier Prince d'Ooft- Friſe a joüi dans le Collége
des Princes .
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619
p. 1876-1878
ESPAGNE.
Début :
ON apprend de Madrid du 21 du mois dernier, que l'Intendant de Bibao a mandé au Roi, [...]
Mots clefs :
Armateur, Tonneaux, Marine, Intendant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
ON apprend de Madrid du 21 du mois dernier
que l'Intendant de Bilbao a mandé au Roi ,
que PArmateur Don Juan Florent de Miranda s'étoit
emparé du Vaiffeau Anglois le S. Jean l'Evangelifte
, qui revenoit de l'Amérique , & dont la
charge
A OUST. 1877
1744 .
charge confiftoit en Sucre , en Indigo , en Caff ,
en Eau -de-vie de Riz , & en Vin de Madere , &
que le Vaiffeau l'Union , de la même Nation , & du
port de 140 tonneaux , à bord duquel il y avoit
une grande quantité de Riz , de Bois de Cédre , &
du Gaudron , avoit été pris par un Armateur Elpagnol
entre le quarante- neuviéme & le cinquantiéme
dégré de Latitude Septentrionale .
"
On a appris de Lifbonne , que des Ouvriers en
fouillant la terre dans un Lieu voifin de Braga
avoient trouvé plus de 300 Médailles d'Or , extrêmement
belles & toutes parfaitement confervées ,
dont la plupart font de Neron , de Galba , de Vitellius
, de Vefpafien , de Tite , & quelques- unes d'Antonin
, de Marc-Aurele , de Fanftine & de Plau
tine.
Deux Vaiffeaux de guerre Efpagnols fe font emparés
d'un Navire Anglois , de 200 tonneaux , qui
venoit de la Baye des Honduras.
On mande de Madrid du 4 de ce mois , que le
Comte Flegui , Exemt de la Compagnie Flamande
des Gardes du Corps , & le Colonel Don François
Caudron de Cantin , y arriverent l'un le 29 & l'autre
le 31 du mois dernier , de l'armée commandée
par l'Infant Don Philippe.
Le premier a appris au Roi , que les troupes com
binées d'Efpagne & de France s'étoient emparées
du Château Dauphin , ainfi que de toutes les Gorges
qui conduifent dans le Piedmont,
Le fecond a informé S. M. du détail de ce qui
s'eft paflé dans les differentes attaques des retranchemens
, par lefquels ces Gorges étoient défenduës.
Le premier de ce mois & les deux jours fuivans
il y eut à Madrid des Illuminations & des Réjouif-
Lances publiques à l'occaſion du ſuccès des armes
EL
1878 MERCURE DE FRANCE.
Efpagnoles & Françoifes , & le 2 on chanta le Te
Deum en action de graces.
L'Intendant de Marine de la Principauté des Afturies
a mandé au Roi , que l'Armateur Don Florent
de Miranda avoit pris vers le quarante-neuviéme
dégré de Latitude le Vaiffeau Anglois la Jeanne
Marie , de 180 tonneaux , chargé de Sucre , de Coton
, & d'Eau-de- vie de Canne , lequel revenoit de
l'Ifle de S. Chriftophe , & qu'il l'avoit conduit au
Port de Rivadefella .
S. M. a été informée par des lettres de l'Intendant
de Marine du Férol , que le 9 du mois dernier
l'Armateur Mafclet étoit entré dans le Port de
Bayona avec un Brigantin de la même Nation , fur
lequel il y avoit une grande quantité d'Etoffes & de
Salines.
Les lettres du Subdélégué de la Marine d'Almuneçar
marquent qu'une Balandre Angloife , de 150
tonneaux , & dont la charge confiftoit en Sel, avoit
été enlevée fur la Côte de Malaga par l'Armateur
Don Sebaſtien de Morales .
Selon les lettres du Subdélégué de la Marine de
Caftro d'Urdiales , un Armateur s'eft emparé d'un
autre Bâtiment nommé le Rubis , qui portoit du Sucre
& du Coton à Londres.
ON apprend de Madrid du 21 du mois dernier
que l'Intendant de Bilbao a mandé au Roi ,
que PArmateur Don Juan Florent de Miranda s'étoit
emparé du Vaiffeau Anglois le S. Jean l'Evangelifte
, qui revenoit de l'Amérique , & dont la
charge
A OUST. 1877
1744 .
charge confiftoit en Sucre , en Indigo , en Caff ,
en Eau -de-vie de Riz , & en Vin de Madere , &
que le Vaiffeau l'Union , de la même Nation , & du
port de 140 tonneaux , à bord duquel il y avoit
une grande quantité de Riz , de Bois de Cédre , &
du Gaudron , avoit été pris par un Armateur Elpagnol
entre le quarante- neuviéme & le cinquantiéme
dégré de Latitude Septentrionale .
"
On a appris de Lifbonne , que des Ouvriers en
fouillant la terre dans un Lieu voifin de Braga
avoient trouvé plus de 300 Médailles d'Or , extrêmement
belles & toutes parfaitement confervées ,
dont la plupart font de Neron , de Galba , de Vitellius
, de Vefpafien , de Tite , & quelques- unes d'Antonin
, de Marc-Aurele , de Fanftine & de Plau
tine.
Deux Vaiffeaux de guerre Efpagnols fe font emparés
d'un Navire Anglois , de 200 tonneaux , qui
venoit de la Baye des Honduras.
On mande de Madrid du 4 de ce mois , que le
Comte Flegui , Exemt de la Compagnie Flamande
des Gardes du Corps , & le Colonel Don François
Caudron de Cantin , y arriverent l'un le 29 & l'autre
le 31 du mois dernier , de l'armée commandée
par l'Infant Don Philippe.
Le premier a appris au Roi , que les troupes com
binées d'Efpagne & de France s'étoient emparées
du Château Dauphin , ainfi que de toutes les Gorges
qui conduifent dans le Piedmont,
Le fecond a informé S. M. du détail de ce qui
s'eft paflé dans les differentes attaques des retranchemens
, par lefquels ces Gorges étoient défenduës.
Le premier de ce mois & les deux jours fuivans
il y eut à Madrid des Illuminations & des Réjouif-
Lances publiques à l'occaſion du ſuccès des armes
EL
1878 MERCURE DE FRANCE.
Efpagnoles & Françoifes , & le 2 on chanta le Te
Deum en action de graces.
L'Intendant de Marine de la Principauté des Afturies
a mandé au Roi , que l'Armateur Don Florent
de Miranda avoit pris vers le quarante-neuviéme
dégré de Latitude le Vaiffeau Anglois la Jeanne
Marie , de 180 tonneaux , chargé de Sucre , de Coton
, & d'Eau-de- vie de Canne , lequel revenoit de
l'Ifle de S. Chriftophe , & qu'il l'avoit conduit au
Port de Rivadefella .
S. M. a été informée par des lettres de l'Intendant
de Marine du Férol , que le 9 du mois dernier
l'Armateur Mafclet étoit entré dans le Port de
Bayona avec un Brigantin de la même Nation , fur
lequel il y avoit une grande quantité d'Etoffes & de
Salines.
Les lettres du Subdélégué de la Marine d'Almuneçar
marquent qu'une Balandre Angloife , de 150
tonneaux , & dont la charge confiftoit en Sel, avoit
été enlevée fur la Côte de Malaga par l'Armateur
Don Sebaſtien de Morales .
Selon les lettres du Subdélégué de la Marine de
Caftro d'Urdiales , un Armateur s'eft emparé d'un
autre Bâtiment nommé le Rubis , qui portoit du Sucre
& du Coton à Londres.
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620
p. 1878-1879
GENES ET ISLE DE CORSE.
Début :
ON apprend de Génes du 22 du mois dernier, qu'il est resté sur la Côte Occidentale de cet [...]
Mots clefs :
Frégates, Habitants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GENES ET ISLE DE CORSE.
GENES ET ISLE DE CORSE.
N apprend de Génes du 22 du mois dernier
côte Occidentale de cet
Etat plufieurs Frégates Angloifes , qui y commettent
beaucoup de violences , & que le Commandant
d'une de ces Frégates a obligé les habitans de
Final de lui livrer 1500 quintaux de foin , qu'il a
fait embarquer fur divers Bâtimens de transport.
Selon les avis reçûs de l'Etat Eccléfiaftique , un
IngéA
O UST. 1744. 1879
Ingénieur Espagnol a trouvé dans les environs de
Velletri une fource très- abondante , dont la découverte
a fait d'autant plus de plaifir à S. M. Sic . que
l'eau commençoit à devenir rare dans fon camp.
On mande de Gaëtte , que la Reine des Deux Siciles
y eft accouchée d'une Princeffe , & qu'elle ſe
porte auffi-bien qu'on puiffe le défirer .
On a appris de Génes du premier de ce mois ,
que la Cérémonie du Couronnement du Doge , laquelle
, felon la coûtume , fe renouvelle tous les
deux ans après l'Election , s'y fit le 25 du mois dernier
, & que le lendemain le Doge donna un repas
auquel 300 perfonnes de la Nobleffe furent invitées.
Les habitans de plufieurs Piéves de l'Iſle de Corſe ,'
continuent de vivre dans une parfaite indépendance
, & leurs Chefs leur ont fait défendre fous peine
de confifcation de leurs biens , de s'enrôler dans les
troupes de la République .
Il a paffé par Génes un courier , dépêché par l'Infant
Don Philippe , pour donner avis au Roi des
Deux Siciles , que les retranchemens des Vallées de
Belleins & du Château Dauphin ayant été forcés ,
& les Piedmontois ayant abandonné ceux de la
Vallée de Sture , les troupes Efpagnoles & Françoifes
, que commande l'Infant Don Philippe , avoient
à préfent le paffage libre en Italie.
N apprend de Génes du 22 du mois dernier
côte Occidentale de cet
Etat plufieurs Frégates Angloifes , qui y commettent
beaucoup de violences , & que le Commandant
d'une de ces Frégates a obligé les habitans de
Final de lui livrer 1500 quintaux de foin , qu'il a
fait embarquer fur divers Bâtimens de transport.
Selon les avis reçûs de l'Etat Eccléfiaftique , un
IngéA
O UST. 1744. 1879
Ingénieur Espagnol a trouvé dans les environs de
Velletri une fource très- abondante , dont la découverte
a fait d'autant plus de plaifir à S. M. Sic . que
l'eau commençoit à devenir rare dans fon camp.
On mande de Gaëtte , que la Reine des Deux Siciles
y eft accouchée d'une Princeffe , & qu'elle ſe
porte auffi-bien qu'on puiffe le défirer .
On a appris de Génes du premier de ce mois ,
que la Cérémonie du Couronnement du Doge , laquelle
, felon la coûtume , fe renouvelle tous les
deux ans après l'Election , s'y fit le 25 du mois dernier
, & que le lendemain le Doge donna un repas
auquel 300 perfonnes de la Nobleffe furent invitées.
Les habitans de plufieurs Piéves de l'Iſle de Corſe ,'
continuent de vivre dans une parfaite indépendance
, & leurs Chefs leur ont fait défendre fous peine
de confifcation de leurs biens , de s'enrôler dans les
troupes de la République .
Il a paffé par Génes un courier , dépêché par l'Infant
Don Philippe , pour donner avis au Roi des
Deux Siciles , que les retranchemens des Vallées de
Belleins & du Château Dauphin ayant été forcés ,
& les Piedmontois ayant abandonné ceux de la
Vallée de Sture , les troupes Efpagnoles & Françoifes
, que commande l'Infant Don Philippe , avoient
à préfent le paffage libre en Italie.
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621
p. 1879-1880
GRANDE BRETAGNE.
Début :
ON a appris de Londres du 27 du mois dernier, que neuf Armateurs, tant François qu'Espagnols, [...]
Mots clefs :
Armateurs, Jamaïque, Vaisseau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
Na apprisde Londres du 27 du mois dernier ,
que neuf Armateurs , tant François qu'Elpagnols
, avoient été pris par les Armateurs de la Jamaïque
, & qu'ils avoient été conduits à Port-
Royal.
Quelques Armateurs François , qui croifent fur les
Côtes
1880 MERCURE DE FRANCE.
Côtes du Royaume d'Ecoffe , ont enlevé un Vaiffeau
de Cromarty , un de Peterhead , un de Fraferbourg,
un de Newcastle , & 14 autres Bâtimens de differens
Ports du Royaume d'Angleterre.
Les Vaiffeaux le Succez & la Ducheffe , commandés
par les Capitaines Jordan & Canck , font auffi
tombés entre les mains des François en revenant
de la Jamaïque en Angleterre , & ils ont été conduits
à Bayonne .
Un Vaiffeau de guerre du Roi de France donna
au commencement du mois dernier la chaffe , depuis
Oueffant jufqu'à l'Ile de S Marc , à la Frégate
la Dépefche , qui a été armée en courfe à Briftol.
Quelques Négocians Juifs ont armé un Bâtiment
de 28 canons & de 24 pierriers , pour aller croiſer
contre les François.
Na apprisde Londres du 27 du mois dernier ,
que neuf Armateurs , tant François qu'Elpagnols
, avoient été pris par les Armateurs de la Jamaïque
, & qu'ils avoient été conduits à Port-
Royal.
Quelques Armateurs François , qui croifent fur les
Côtes
1880 MERCURE DE FRANCE.
Côtes du Royaume d'Ecoffe , ont enlevé un Vaiffeau
de Cromarty , un de Peterhead , un de Fraferbourg,
un de Newcastle , & 14 autres Bâtimens de differens
Ports du Royaume d'Angleterre.
Les Vaiffeaux le Succez & la Ducheffe , commandés
par les Capitaines Jordan & Canck , font auffi
tombés entre les mains des François en revenant
de la Jamaïque en Angleterre , & ils ont été conduits
à Bayonne .
Un Vaiffeau de guerre du Roi de France donna
au commencement du mois dernier la chaffe , depuis
Oueffant jufqu'à l'Ile de S Marc , à la Frégate
la Dépefche , qui a été armée en courfe à Briftol.
Quelques Négocians Juifs ont armé un Bâtiment
de 28 canons & de 24 pierriers , pour aller croiſer
contre les François.
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622
p. 1880
HOLLANDE ET PAYS BAS.
Début :
ON mande de la Haye du 29 du mois dernier, qu'on y a reçû avis que le 23, le Comte de [...]
Mots clefs :
Prince Charles de Lorraine, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HOLLANDE ET PAYS BAS.
HOLLANDE ET PAYS BAS.
Nmandede la Haye du 29 du moisdernier.
qu'on y a reçû avis que le 23 , le Comte de
Vaffenaër , Miniftre Plénipotentiaire de cette République
auprès du Roi de France , avoit eû à Arras
fon audience de congé de S. M. T. C.
On apprend de Bruxelles du 30 , que l'Archidu
cheffe Gouvernante reçût le 23 du Prince Charles
de Lorraine un courier extraordinaire , depuis l'arrivée
duquel on a publié qu'un Détachement des
troupes , commandées par ce Prince , avoit formé
le Siége de Fort- Louis .
Plufieurs lettres reçûës de divers endroits , confirment
que les troupes de S. M. H. qui font en Baviére
, ont reçû ordre de le mettre en marche , pour
fe rendre fur le Rhin.
Nmandede la Haye du 29 du moisdernier.
qu'on y a reçû avis que le 23 , le Comte de
Vaffenaër , Miniftre Plénipotentiaire de cette République
auprès du Roi de France , avoit eû à Arras
fon audience de congé de S. M. T. C.
On apprend de Bruxelles du 30 , que l'Archidu
cheffe Gouvernante reçût le 23 du Prince Charles
de Lorraine un courier extraordinaire , depuis l'arrivée
duquel on a publié qu'un Détachement des
troupes , commandées par ce Prince , avoit formé
le Siége de Fort- Louis .
Plufieurs lettres reçûës de divers endroits , confirment
que les troupes de S. M. H. qui font en Baviére
, ont reçû ordre de le mettre en marche , pour
fe rendre fur le Rhin.
Fermer
623
p. 2070
SUEDE.
Début :
ON a appris de Stockolm, que le Roi de Suéde, pour satisfaire aux engagemens qu'il a contractés, [...]
Mots clefs :
Stockholm, Roi de Suède, Princesse royale, Landgrave de Hesse, Cassel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUEDE.
SUEDE.
Na appris de Stockolm , que le Roi de Suéde,
pour fatisfaire aux engagemens qu'il a contractés
, comme Landgrave de Heffe , en entrant
dans la Ligue de Francfort , avoit envoyé ordre à la
Régence de Caffel , de faire marcher un Corps de
troupes Heffoifes au fecours de l'Empereur.
Suivant les mêmes avis , on a tondu à Stockolm
cent piéces de canon de fer , chacune de 18 livres .
de balles , pour le ſervice du Roi de Pruffe .
On a appris depuis , que la Princeffe Royale
de Suede avoit fait le premier du mois dernier fon
Entrée publique à Stralfund ; qu'elle s'y toit embarquée
le 2 fur le Vaiffeau de l'Efcadre que le Roi
de Suede y a envoyée pour la tranfporter en Suede,
& qu'elle étoit arrivée à Carelfcroon , d'où elle devoit
partir le 11 ou le 12 , avec le Prince Royal de
Sucde , pour aller à Stockolm .
Na appris de Stockolm , que le Roi de Suéde,
pour fatisfaire aux engagemens qu'il a contractés
, comme Landgrave de Heffe , en entrant
dans la Ligue de Francfort , avoit envoyé ordre à la
Régence de Caffel , de faire marcher un Corps de
troupes Heffoifes au fecours de l'Empereur.
Suivant les mêmes avis , on a tondu à Stockolm
cent piéces de canon de fer , chacune de 18 livres .
de balles , pour le ſervice du Roi de Pruffe .
On a appris depuis , que la Princeffe Royale
de Suede avoit fait le premier du mois dernier fon
Entrée publique à Stralfund ; qu'elle s'y toit embarquée
le 2 fur le Vaiffeau de l'Efcadre que le Roi
de Suede y a envoyée pour la tranfporter en Suede,
& qu'elle étoit arrivée à Carelfcroon , d'où elle devoit
partir le 11 ou le 12 , avec le Prince Royal de
Sucde , pour aller à Stockolm .
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624
p. 2070-2071
RUSSIE.
Début :
ON mande de Moscou, que la Czarine avoit assigné à la Princesse, fiancée au Duc de Holstein [...]
Mots clefs :
Moscou, Tsarine, Princesse, Karl von Biron, Paix, Suède, Gustave von Biron
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
N mande de Mofcou , que la Czarine avoit
affigné à la Princeffe , fiancée au Duc de Holl
tein une Penfion de 300co Roubles, & qu'elle avoit
envoyé à tous les Tribunaux de Ruffie le Decret ,
par lequel elle déclare cette Princeffe habile à fucceder
au Trône .
On a appris depuis , que la Publication de la Paix
entre la Ruffie & la Suede s'y fit le 26 .
La Czarine a donné ordre de remettre en liberté
les Comtes Charles & Guftave Biron.
Оа
SEPTEMBRE. 1744. 2071
On inande de Mofcou du 14 du mois dernier,
que
le 8 , un Officier des Gardes du Corps fe rendit à
Jaroflow par ordre de S. M. Cz . pour annoncer aux
Comtes Charles & Guftave Biron , & au Général
Bismarck , qu'elle vouloit bien leur rendre la liberté
; elle a fait déclarer en même tems au dernier ,
qu'elle fouhaitoit qu'il demeurât à fon fervice , &
qu'elle lui deftinoit un emploi confidérable.
Les deux premiers ont la permiffion de le retirer
en Curlande , ou dans tel autre Pays qu'ils jugeront
à propos , à condition de ne jamais porter les armes
contre la Ruffie.
On ne doute point que le Comte Erneſt Biron
& fes Enfans n'éprouvent auffi bien- tôt les effets de
la clémence de S. M. Cz.
N mande de Mofcou , que la Czarine avoit
affigné à la Princeffe , fiancée au Duc de Holl
tein une Penfion de 300co Roubles, & qu'elle avoit
envoyé à tous les Tribunaux de Ruffie le Decret ,
par lequel elle déclare cette Princeffe habile à fucceder
au Trône .
On a appris depuis , que la Publication de la Paix
entre la Ruffie & la Suede s'y fit le 26 .
La Czarine a donné ordre de remettre en liberté
les Comtes Charles & Guftave Biron.
Оа
SEPTEMBRE. 1744. 2071
On inande de Mofcou du 14 du mois dernier,
que
le 8 , un Officier des Gardes du Corps fe rendit à
Jaroflow par ordre de S. M. Cz . pour annoncer aux
Comtes Charles & Guftave Biron , & au Général
Bismarck , qu'elle vouloit bien leur rendre la liberté
; elle a fait déclarer en même tems au dernier ,
qu'elle fouhaitoit qu'il demeurât à fon fervice , &
qu'elle lui deftinoit un emploi confidérable.
Les deux premiers ont la permiffion de le retirer
en Curlande , ou dans tel autre Pays qu'ils jugeront
à propos , à condition de ne jamais porter les armes
contre la Ruffie.
On ne doute point que le Comte Erneſt Biron
& fes Enfans n'éprouvent auffi bien- tôt les effets de
la clémence de S. M. Cz.
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625
p. 2071-2074
PRUSSE.
Début :
LES lettres reçûës de Berlin portent que le Roi de Prusse se préparoit à partir le 15 du mois [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Princesse de Hongrie, Empereur, Bohême, Allemagne, Corps germanique, Grande-Bretagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRUSSE.
PRUSSE.
Es lettres reçûës de Berlin portent que le Roi
Lde Pruffe fe préparoit à partir le 15 du mois
dernier , pour aller fe mettre à la tête de la premiere
Colonne des troupes , avec lesquelles il doit entrer
en Boheme.
On mande de Berlin du 27 du mois dernier que
le Koi de Pruffe , en envoyant ordre à M. Andrié ,
fon Miniftre à Londres , de remettre aux Miniftres
du Roi de la Grande - Bretagne le Manifeſte
publié par S. M. au fujet de la réfolution qu'elle a
prife de faire marcher les troupes au fecours de
l'Empereur , a adreffé à ce Miniftre un Refcrit ,
contenant la Déclaration particuliere que S. M. le
charge de faire de fa part à la Cour d'Angleterre .
Ce Refcrit porte que depuis la conclufion du Trai.
té de Breslau , le principal objet de l'attention du
Roi a été de cultiver l'amitié de la Reine de Hongrie
, de travailler à rétablir la bonne intelligence
entre
1072 MERCURE DE FRANCE.
entre l'Empereur & cette Princeffe , & d'arrêter le
cours des troubles que leurs differends fur la fucceffion
du feu Empereur ont occafionnés , & dont les
meilleures Provinces des Puiffances Belligerentes ,
auffi bien que plufieurs Etats neutres de l'Allemagne
, n'ont que trop reffenti les funeftes effers ; que
Le Roi ne peut donner trop d'éloges à la générosité
avec laquelle l'Empereur a offert de facrifier fes prétentions
au defir de rendre la tranquillité à l'Empire;
que la Reine de Hongrie a montré des difpofitions
bien differentes de celles de S. M. I. & que cette
Princeffe a fait voir clairement par fa conduite ,
qu'elle ne vouloit point de paix , qui ne la rendît
l'arbitre de l'Allemagne , & qui ne lui affujettft le
Corps Germanique ; que les vaftes & pernicieux
deffeins de S. M. H. fe font développés , à mefure
que la profperité de fes armes a parû affûrer le fuccès
de fon ambition ; qu'elle n'a plus gardé aucun
ménagement pour les Chef de l'Empire , ni aucun
égard pour les prérogatives du College Electoral ;
qu'envain le Roi l'a avertie qu'aucun des Princes de
P'Empire , qui prennent à coeur le maintien des
Conftitutions de l'Allemagne , ne pourroit fouffrir
qu'on attaquât ainfi la Dignité Impériale ; que le
Roi a repréſenté auffi inutilement à cette Princeffe ,
qu'il ne pourroit enfin fe difpenfer de remplir les
devoirs primitifs , qui lui font impofés par le rang
qu'il tient entre les Membres du Corps Germani
que , & aufquels toute autre confidération doit cé
der ; que la Reine de Hongrie , trop entêtée de fes
projets , pour prêter l'oreille à des repréfentations
dictées par l'amitié , a traité de nulle & d'invalide
PElection de l'Empereur ; qu'elle n'a pas prétendu
moins , que de le faire defcendre du Trône Impérial
, ou bien de le forcer à y recevoir un Affocié ,
qui en auroit ufurpé toute l'autorité ; qu'après avoir
envahi
SEPTEMBRE. 1744. 2073
envahi rous les Etats de l'Empereur , elle a , par un
attentat fans exemple , chaffé du Territoire de l'Empire
les troupes impériales ; que les Princes , qui ont
refulé de favorifer les démarches téméraires de
S. M. H. ont été traités avec autant d'indignité
que d'injustice , & qu'elle n'a épargné ni menaces
ni intrigues , pour former une Confédération contre
eux & contre l'Empereur ; que toutes ces entreprifes
n'ayant pû que révolter étrangement les
Membres du Corps Germanique , zélés pour la gloire
de leur Patrie , plufieurs des plus puiffans de ces
Membres ont jugé néceffaire de s'unir étroitement
avec le Chef de l'Empire , & d'affembler leurs forces
, pour foûtenir la Dignité & fes Droits , & pour
s'opposer aux entreprifes de ceux dont les vues tendent
manifeſtement à la ruine de la liberté de l'Allemagne
que l'honneur & le devoir du Roi lui
ont fait une loi indifpenfable d'entrer dans cette
union , & de fecourir efficacement l'Empereur; que
Pintention de S. M. n'eft pas cependant de rompre
la paix concluë à Breslau , ni de déclarer la guerre à
la Reine de Hongrie ; qu'il n'entre dans la réfolution
du Roi ni paffion ni intérêt ; que S. M. ne le
propofe point d'étendre les limites de fes Etats , mais
qu'elle veut défendre l'Empereur , maintenir la liberté
de l'Empire & affûrer le repos de l'Allemagne ;
que comme aucun Prince de l'Empire n'eft en droit
de fe mêler de la Conftitution du Gouvernement , ni
des affaires de l'intérieur de la Grande- Bretagne ;
on a lieu de s'attendre que la Nation Angloife ne
ſe mêlera pas non plus des affaires qui ne regardent
que le Corps Germanique ; que le Roi eft d'autant
plus fondé à s'en flater , que la Grande- Bretagne
n'a aucune raifon de prendre part à cette querelle ,
ni par l'interêt de fon commerce , ni par d'autres
motifs,qui puiffent lui fournir un prétexte légitime ,
G .&
2074 MERCURE DE FRANCE.
& que quand même la Nation Britannique feroit
portée de defirer plûtôt l'avantage d'une Cour d'Allemagne
que celui d'une autre , elle est trop éclairée
& trop jufte , pour prétendre que des Princes ,
auffi puiffans & auffi refpectables que ceux de l'Empire
, doivent fe régler fur les inclinations d'un
peuple étranger ; qu'au furplus la résolution prife
par le Roi de donner des fecours à l'Empereur ne
regarde en rien la guerre dans laquelle les Anglois
fe trouvent engagés avec d'autres Puiffances , &
que S. M. ne penfe nullement à faire agir les forces
offenfivement contre la Grande Bretagne ; que cette
réſolution ne dérangera pas non plus l'exécution des
engagemens que le Roi a pris avec la Cour de Lordres
; qu'il compte toujours de les remplir avec
toute l'exactitude poffible , & qu'il acquittera entierement
toutes les fommes , dont il s'eft rendų
redevable envers l'Angleterre par le Traité de
Breſlau , pourvû que les Anglois par leurs démar
ches ne contribuent pas eux-mêmes à la rupture des
liens , qui fubfiftent entre les deux Puiffances .
Es lettres reçûës de Berlin portent que le Roi
Lde Pruffe fe préparoit à partir le 15 du mois
dernier , pour aller fe mettre à la tête de la premiere
Colonne des troupes , avec lesquelles il doit entrer
en Boheme.
On mande de Berlin du 27 du mois dernier que
le Koi de Pruffe , en envoyant ordre à M. Andrié ,
fon Miniftre à Londres , de remettre aux Miniftres
du Roi de la Grande - Bretagne le Manifeſte
publié par S. M. au fujet de la réfolution qu'elle a
prife de faire marcher les troupes au fecours de
l'Empereur , a adreffé à ce Miniftre un Refcrit ,
contenant la Déclaration particuliere que S. M. le
charge de faire de fa part à la Cour d'Angleterre .
Ce Refcrit porte que depuis la conclufion du Trai.
té de Breslau , le principal objet de l'attention du
Roi a été de cultiver l'amitié de la Reine de Hongrie
, de travailler à rétablir la bonne intelligence
entre
1072 MERCURE DE FRANCE.
entre l'Empereur & cette Princeffe , & d'arrêter le
cours des troubles que leurs differends fur la fucceffion
du feu Empereur ont occafionnés , & dont les
meilleures Provinces des Puiffances Belligerentes ,
auffi bien que plufieurs Etats neutres de l'Allemagne
, n'ont que trop reffenti les funeftes effers ; que
Le Roi ne peut donner trop d'éloges à la générosité
avec laquelle l'Empereur a offert de facrifier fes prétentions
au defir de rendre la tranquillité à l'Empire;
que la Reine de Hongrie a montré des difpofitions
bien differentes de celles de S. M. I. & que cette
Princeffe a fait voir clairement par fa conduite ,
qu'elle ne vouloit point de paix , qui ne la rendît
l'arbitre de l'Allemagne , & qui ne lui affujettft le
Corps Germanique ; que les vaftes & pernicieux
deffeins de S. M. H. fe font développés , à mefure
que la profperité de fes armes a parû affûrer le fuccès
de fon ambition ; qu'elle n'a plus gardé aucun
ménagement pour les Chef de l'Empire , ni aucun
égard pour les prérogatives du College Electoral ;
qu'envain le Roi l'a avertie qu'aucun des Princes de
P'Empire , qui prennent à coeur le maintien des
Conftitutions de l'Allemagne , ne pourroit fouffrir
qu'on attaquât ainfi la Dignité Impériale ; que le
Roi a repréſenté auffi inutilement à cette Princeffe ,
qu'il ne pourroit enfin fe difpenfer de remplir les
devoirs primitifs , qui lui font impofés par le rang
qu'il tient entre les Membres du Corps Germani
que , & aufquels toute autre confidération doit cé
der ; que la Reine de Hongrie , trop entêtée de fes
projets , pour prêter l'oreille à des repréfentations
dictées par l'amitié , a traité de nulle & d'invalide
PElection de l'Empereur ; qu'elle n'a pas prétendu
moins , que de le faire defcendre du Trône Impérial
, ou bien de le forcer à y recevoir un Affocié ,
qui en auroit ufurpé toute l'autorité ; qu'après avoir
envahi
SEPTEMBRE. 1744. 2073
envahi rous les Etats de l'Empereur , elle a , par un
attentat fans exemple , chaffé du Territoire de l'Empire
les troupes impériales ; que les Princes , qui ont
refulé de favorifer les démarches téméraires de
S. M. H. ont été traités avec autant d'indignité
que d'injustice , & qu'elle n'a épargné ni menaces
ni intrigues , pour former une Confédération contre
eux & contre l'Empereur ; que toutes ces entreprifes
n'ayant pû que révolter étrangement les
Membres du Corps Germanique , zélés pour la gloire
de leur Patrie , plufieurs des plus puiffans de ces
Membres ont jugé néceffaire de s'unir étroitement
avec le Chef de l'Empire , & d'affembler leurs forces
, pour foûtenir la Dignité & fes Droits , & pour
s'opposer aux entreprifes de ceux dont les vues tendent
manifeſtement à la ruine de la liberté de l'Allemagne
que l'honneur & le devoir du Roi lui
ont fait une loi indifpenfable d'entrer dans cette
union , & de fecourir efficacement l'Empereur; que
Pintention de S. M. n'eft pas cependant de rompre
la paix concluë à Breslau , ni de déclarer la guerre à
la Reine de Hongrie ; qu'il n'entre dans la réfolution
du Roi ni paffion ni intérêt ; que S. M. ne le
propofe point d'étendre les limites de fes Etats , mais
qu'elle veut défendre l'Empereur , maintenir la liberté
de l'Empire & affûrer le repos de l'Allemagne ;
que comme aucun Prince de l'Empire n'eft en droit
de fe mêler de la Conftitution du Gouvernement , ni
des affaires de l'intérieur de la Grande- Bretagne ;
on a lieu de s'attendre que la Nation Angloife ne
ſe mêlera pas non plus des affaires qui ne regardent
que le Corps Germanique ; que le Roi eft d'autant
plus fondé à s'en flater , que la Grande- Bretagne
n'a aucune raifon de prendre part à cette querelle ,
ni par l'interêt de fon commerce , ni par d'autres
motifs,qui puiffent lui fournir un prétexte légitime ,
G .&
2074 MERCURE DE FRANCE.
& que quand même la Nation Britannique feroit
portée de defirer plûtôt l'avantage d'une Cour d'Allemagne
que celui d'une autre , elle est trop éclairée
& trop jufte , pour prétendre que des Princes ,
auffi puiffans & auffi refpectables que ceux de l'Empire
, doivent fe régler fur les inclinations d'un
peuple étranger ; qu'au furplus la résolution prife
par le Roi de donner des fecours à l'Empereur ne
regarde en rien la guerre dans laquelle les Anglois
fe trouvent engagés avec d'autres Puiffances , &
que S. M. ne penfe nullement à faire agir les forces
offenfivement contre la Grande Bretagne ; que cette
réſolution ne dérangera pas non plus l'exécution des
engagemens que le Roi a pris avec la Cour de Lordres
; qu'il compte toujours de les remplir avec
toute l'exactitude poffible , & qu'il acquittera entierement
toutes les fommes , dont il s'eft rendų
redevable envers l'Angleterre par le Traité de
Breſlau , pourvû que les Anglois par leurs démar
ches ne contribuent pas eux-mêmes à la rupture des
liens , qui fubfiftent entre les deux Puiffances .
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626
p. 2074-2078
ALLEMAGNE.
Début :
ON apprend de Vienne, que le 6 du mois dernier le Comte de Dohna, Ministre du Roi de [...]
Mots clefs :
Reine de Hongrie, Roi de Prusse, Saxe, Charles de Lorraine, Empereur, Empire, États, Diète, Troupes, Électeurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
N apprend de Vienne , que le 6 du mois der-
›
Pruffe auprès de la Reine de Hongrie , avoit eû fon
audience de congé de S. M. H. & lui avoit déclaré
que le Roi de Pruffe avoit pris la réſolution de contribuer
de toutes les forces , à rétablir l'Empereur
dans la poffeffion de les Etats Héréditaires , & à lui
faire rendre juftice fur fes autres prétentions.
La Reine de Hongrie tint le lendemain un Confeil
d'Etat , après lequel on dépêcha avec précipitation
un courier au Prince Charles de Lorraine ; on
fit partir en même tenis deux autres couriers , pour
por
SEPTEMBRE. 1744. 2075
porter ordre au Général Bathiany , de marcher en
Bohême avec toutes les troupes qu'il commande
en Bavière , & au Gouverneur de Prague , de prendre
les mesures convenables pour mettre cette Pla-:
ce en état de foûtenir le nouveau Siége dont elle.
étoit menacée.
୨
On mande de Francfort du 17 de ce mois , qu'on.
porta le 9 à la Dictature un Décret de Commiffion>
Impériale , dans lequel il eft dit que la démarche
hafardée par l'Electeur de Mayence , pour donner
place dans les Actes de la Diette à la Proteſtation del
la Cour de Vienne , du 23 Septembre dernier , ne
peut être confiderée que comme un fait inoui juſ
qu'à prefent dans l'Empire ; que l'Empereur auroit
pû dès -lors marquer fon julte reffentiment d'une
léfion fi manifefte de fes droits , mais que fa modération
lui a fait préferer de s'adreffer à la Diette ,
pour avoir l'avis de cette affemblée fur les moyens
de pourvoir efficacement au foûtien de l'autorité
Imperiale & aux intérêts du Corps Germanique ;
que la Cour de Vienne , loin de profiter de cet
exemple, a accumulé excès fur excès ; que fans aucun
égard pour les ufages établis dans les Colléges
de la Diette , & pour le refpect dû par les Membres
de l'Empire à leur Chef , elle a repeté dans
deux Ecrits du 3 & du 6 du mois dernier les expreffons
indécentes qu'elle avoit employées dans fa
Proteftation & dans d'autres Ecrits antérieurs ; qu'el
le y invite les Electeurs , Princes & Etats de l'Empire
, à contracter des Alliances contre l'Empereur,
& qu'elle y montre ouvertement le deffein qu'elle
a formé de renverser la Conſtitution fondamentale
du Corps Germanique , que l'Empereur ne peur
differer plus long-tems de fe fervir de l'autorité
Jui donne fa Dignité Suprême , & qu'il déclare inadmiffibles
& nulles la Proteftation de la Reine de
Gij Hon2076
MERCURE DE FRANCE:
Hongrie & les Piéces qui y ont été jointes ; que
connoiffant les lumieres des Electeurs & des Princes
& Etats de l'Empire , il ne doute point que leur
zéle pour le maintien des Loix de l'Empire ne leur
faffe défaprouver unanimement des Ecrits fcandaleux
, qui attaquent fon Election & la validité de la
Diette ; que S. M. I. s'attend auffi qu'ils ne prendront
point de part à ce qu'elle s'eft reſervée de
faire fçavoir à l'Electeur de Mayence touchant l'irrégularité
de la conduite qu'il a tenuë , en recevant
les Actes , qu'elle fupprime par le prefent Décret.
L'Empereur a envoyé à fes Miniftres dans les
Cours Etrangeres une Réponſe à deux nouvelles
Lettres Circulaires de la Reine de Hongrie , dattées
du 13 & du 18 du mois dernier.
Le Baron de Wafner , Miniftre Plénipotentiaire
de S. M. H. a dépêché un courier à cette Princefle ,
duquel elle a reçû la nouvelle de la conclufion
d'un Traité , par lequel il eft ftipulé que la Grande
Bretagne fournira à S. M. H. une augmentation de
Subfides , & un Corps de 12000 hommes , outre les
Troupes auxiliaires , que S. M. Br. a déja fait paffer
dans les Pays-Bas.
On a appris de Drefde , que le Roi de Pruffe a
fait demander le paffage pour les troupes par l'Electorat
de Saxe , & que la Régence de cet Electorat
ayant répondu qu'on ne pouvoit accorder ce
paffage fans des ordres exprès du Roi de Pologne
Electeur de Saxe , S. M. Pr. a mandé à fes Généraux
, que cette difficulté ne devoit point retarder
la marche de l'armée Pruffienne , & que les circonf
tances ne permettoient point d'attendre le retour
du courier que les Miniftres du Roi de Pologne , Electeur
de Saxe avoient dépêché à S. M. Pol . Les
troupes Pruffiennes font entrées en conféquence
dans l'Electorat de Saxe , dont la Régence a fait des
Pro
SEPTEMBRE. 1744 2077
Proteftations , ainfi que le Roi de Pruffe s'y étoit
attendu .
On mande de Francfort qu'on y a porté à la
Dictature un Décret de l'Empereur , pour exhorter
les Electeurs , Princes & Etats de l'Empire , à prendre
des mesures efficaces , pour faire ceffer les trou
bles qui défolent l'Allemagne.
On a appris depuis , que le Roi de Pruffe , le Roi
de Suede , en qualité de Landgrave de Heffe - Caffel,
& l'Electeur Palatin , font convenus par le premier
& par le fecond des articles du Traité qu'ils ont
conclu avec l'Empereur , d'employer toutes leurs
forces , pour défendre l'autorité & les prérogatives
attachées à la Dignité Imperiale , pour maintenir
les Loix & les Conftitutions fondamentales de
l'Allemagne , & pour contraindre la Reine de Hongrie
de reconnoître l'Empereur , de remettre les
Archives de l'Empire , & de reftituer à S. M. I. fes
Etats Héréditaires , que cette Princeffe retient contre
tous les Pactes obfervés ci- devant entre les
Electeurs..
Le troifiéme article porte , que les Puiffances
Contractantes agiront de concert , afin que les differends
furvenus à l'occafion de la fucceffion du feu
Empereur Charles VI , foient terminés par la médiation
des Etats de l'Empire , ou décidés par le Jugement
que ces mêmes Etats prononceront après un
examen Juridique , & qu'en attendant , il y ait
une Sufpenfion d'armes entre l'Empereur & la Reine
de Hongrie.
Par le quatriéme & par le cinquiémé , elles fe garantiffent
réciproquement tous leurs Etats , & elles
s'engagent , en cas que l'une d'elles foit attaquée
par l'une des Puiffances , aufquelles leur union peut
déplaire , à fécourir fans délai & de tout leur pouvoir
la Partie léfée , júfqu'à ce qu'elle ait reçû de
G iij Pa2078
MERCURE DE FRANCE.
Pagreffeur toute la fatisfaction qu'elle fera en droit
d'exiger.
Il eft dit dans le frxiéme & dernier article , qu'elles
inviteront tous les Electeurs , particulierement
ceux de Cologne & de Saxe , d'acceder au Traité ,
& qu'on admettra dans l'Alliance tous les autres
Etats de l'Empire , qui voudront y entrer.
N apprend de Vienne , que le 6 du mois der-
›
Pruffe auprès de la Reine de Hongrie , avoit eû fon
audience de congé de S. M. H. & lui avoit déclaré
que le Roi de Pruffe avoit pris la réſolution de contribuer
de toutes les forces , à rétablir l'Empereur
dans la poffeffion de les Etats Héréditaires , & à lui
faire rendre juftice fur fes autres prétentions.
La Reine de Hongrie tint le lendemain un Confeil
d'Etat , après lequel on dépêcha avec précipitation
un courier au Prince Charles de Lorraine ; on
fit partir en même tenis deux autres couriers , pour
por
SEPTEMBRE. 1744. 2075
porter ordre au Général Bathiany , de marcher en
Bohême avec toutes les troupes qu'il commande
en Bavière , & au Gouverneur de Prague , de prendre
les mesures convenables pour mettre cette Pla-:
ce en état de foûtenir le nouveau Siége dont elle.
étoit menacée.
୨
On mande de Francfort du 17 de ce mois , qu'on.
porta le 9 à la Dictature un Décret de Commiffion>
Impériale , dans lequel il eft dit que la démarche
hafardée par l'Electeur de Mayence , pour donner
place dans les Actes de la Diette à la Proteſtation del
la Cour de Vienne , du 23 Septembre dernier , ne
peut être confiderée que comme un fait inoui juſ
qu'à prefent dans l'Empire ; que l'Empereur auroit
pû dès -lors marquer fon julte reffentiment d'une
léfion fi manifefte de fes droits , mais que fa modération
lui a fait préferer de s'adreffer à la Diette ,
pour avoir l'avis de cette affemblée fur les moyens
de pourvoir efficacement au foûtien de l'autorité
Imperiale & aux intérêts du Corps Germanique ;
que la Cour de Vienne , loin de profiter de cet
exemple, a accumulé excès fur excès ; que fans aucun
égard pour les ufages établis dans les Colléges
de la Diette , & pour le refpect dû par les Membres
de l'Empire à leur Chef , elle a repeté dans
deux Ecrits du 3 & du 6 du mois dernier les expreffons
indécentes qu'elle avoit employées dans fa
Proteftation & dans d'autres Ecrits antérieurs ; qu'el
le y invite les Electeurs , Princes & Etats de l'Empire
, à contracter des Alliances contre l'Empereur,
& qu'elle y montre ouvertement le deffein qu'elle
a formé de renverser la Conſtitution fondamentale
du Corps Germanique , que l'Empereur ne peur
differer plus long-tems de fe fervir de l'autorité
Jui donne fa Dignité Suprême , & qu'il déclare inadmiffibles
& nulles la Proteftation de la Reine de
Gij Hon2076
MERCURE DE FRANCE:
Hongrie & les Piéces qui y ont été jointes ; que
connoiffant les lumieres des Electeurs & des Princes
& Etats de l'Empire , il ne doute point que leur
zéle pour le maintien des Loix de l'Empire ne leur
faffe défaprouver unanimement des Ecrits fcandaleux
, qui attaquent fon Election & la validité de la
Diette ; que S. M. I. s'attend auffi qu'ils ne prendront
point de part à ce qu'elle s'eft reſervée de
faire fçavoir à l'Electeur de Mayence touchant l'irrégularité
de la conduite qu'il a tenuë , en recevant
les Actes , qu'elle fupprime par le prefent Décret.
L'Empereur a envoyé à fes Miniftres dans les
Cours Etrangeres une Réponſe à deux nouvelles
Lettres Circulaires de la Reine de Hongrie , dattées
du 13 & du 18 du mois dernier.
Le Baron de Wafner , Miniftre Plénipotentiaire
de S. M. H. a dépêché un courier à cette Princefle ,
duquel elle a reçû la nouvelle de la conclufion
d'un Traité , par lequel il eft ftipulé que la Grande
Bretagne fournira à S. M. H. une augmentation de
Subfides , & un Corps de 12000 hommes , outre les
Troupes auxiliaires , que S. M. Br. a déja fait paffer
dans les Pays-Bas.
On a appris de Drefde , que le Roi de Pruffe a
fait demander le paffage pour les troupes par l'Electorat
de Saxe , & que la Régence de cet Electorat
ayant répondu qu'on ne pouvoit accorder ce
paffage fans des ordres exprès du Roi de Pologne
Electeur de Saxe , S. M. Pr. a mandé à fes Généraux
, que cette difficulté ne devoit point retarder
la marche de l'armée Pruffienne , & que les circonf
tances ne permettoient point d'attendre le retour
du courier que les Miniftres du Roi de Pologne , Electeur
de Saxe avoient dépêché à S. M. Pol . Les
troupes Pruffiennes font entrées en conféquence
dans l'Electorat de Saxe , dont la Régence a fait des
Pro
SEPTEMBRE. 1744 2077
Proteftations , ainfi que le Roi de Pruffe s'y étoit
attendu .
On mande de Francfort qu'on y a porté à la
Dictature un Décret de l'Empereur , pour exhorter
les Electeurs , Princes & Etats de l'Empire , à prendre
des mesures efficaces , pour faire ceffer les trou
bles qui défolent l'Allemagne.
On a appris depuis , que le Roi de Pruffe , le Roi
de Suede , en qualité de Landgrave de Heffe - Caffel,
& l'Electeur Palatin , font convenus par le premier
& par le fecond des articles du Traité qu'ils ont
conclu avec l'Empereur , d'employer toutes leurs
forces , pour défendre l'autorité & les prérogatives
attachées à la Dignité Imperiale , pour maintenir
les Loix & les Conftitutions fondamentales de
l'Allemagne , & pour contraindre la Reine de Hongrie
de reconnoître l'Empereur , de remettre les
Archives de l'Empire , & de reftituer à S. M. I. fes
Etats Héréditaires , que cette Princeffe retient contre
tous les Pactes obfervés ci- devant entre les
Electeurs..
Le troifiéme article porte , que les Puiffances
Contractantes agiront de concert , afin que les differends
furvenus à l'occafion de la fucceffion du feu
Empereur Charles VI , foient terminés par la médiation
des Etats de l'Empire , ou décidés par le Jugement
que ces mêmes Etats prononceront après un
examen Juridique , & qu'en attendant , il y ait
une Sufpenfion d'armes entre l'Empereur & la Reine
de Hongrie.
Par le quatriéme & par le cinquiémé , elles fe garantiffent
réciproquement tous leurs Etats , & elles
s'engagent , en cas que l'une d'elles foit attaquée
par l'une des Puiffances , aufquelles leur union peut
déplaire , à fécourir fans délai & de tout leur pouvoir
la Partie léfée , júfqu'à ce qu'elle ait reçû de
G iij Pa2078
MERCURE DE FRANCE.
Pagreffeur toute la fatisfaction qu'elle fera en droit
d'exiger.
Il eft dit dans le frxiéme & dernier article , qu'elles
inviteront tous les Electeurs , particulierement
ceux de Cologne & de Saxe , d'acceder au Traité ,
& qu'on admettra dans l'Alliance tous les autres
Etats de l'Empire , qui voudront y entrer.
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627
p. 2078-2080
ITALIE.
Début :
ON a appris de Rome du 18 du mois dernier, que le grand nombre de Bâtimens de transports, [...]
Mots clefs :
Comte de Braun, Espagnols, Napolitains, Roi des deux Siciles, Velletri, Prince de Lobkowitz, Régiment, Troupes, Camp, Reine de Hongrie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
Na appris de Rome du 18 du mois dernier ,
que le grand nombre de Bâtimens de tranfport,
que les Anglois avoient pris foin de raflembler
a Fiumicino , & les mouvemens de plufieurs Régimens,
que le Prince de Lobckowitz avoit envoyés
du côté de la Mer , avoient donné lieu de croire que
ce Général penfoit à faire un embarquement , &
que l'on étoit prefque perfuadé qu'il le propofot
de tenter une defcente fur la Côte du Royaume de
Naples , lorsqu'il a fait éclater le véritable deſſein
que cachoit la feinte .
La nuit du 10 au 11 du mois dernier , un Corps
de l'armée de la Reine de Hongrie , commandé par
le Comte de Braun , & composé de fix Bataillons ,
de deux Régimens de Cavalerie , de quatre Régimens
de Huffards , & de mille Efclavons , lequel
faifoit partie des troupes que le Prince de Lobcxovvitz
avoit détachées de cette armée , & qui paroiffoient
deftinées à s'embarquer , changea fubitement
de route , & ayant fait une marche forcée , il attàqua
à la pointe du jour la gauche du camp du Roi
des deux Siciles .
Le quartier , où la Brigade d'Irlande étoit avec
deux Régimens de Dragons , fut furpris , & cette
Brigade fut extrêmement maltraitée . Le Comte de
Braun pénétra jufques dans la Ville de Velletri , qui
n'étoit
SEPTEMBRE. 1744. 2079
n'étoit défenduë que par un petit nombre de troupes
, parce que S. M. Sic . avoit donné toute fon attention
à la garde de la Montagne de la Fayola.
Pendant que le Détachement du Comte de Braun
pilloit Velletri , & y brûloit les maifons dans lefquelles
plufieurs des principaux Officiers Espagnols
& Napolitains étoient logés , le Prince de Lobcкovvitz
de fon côté attaqua la Montagne par differens
endroits.
Le Comte de Gages , à la tête de quelques Brigades
de l'armée Espagnole , foutint toutes ces attaques
, & repouffa par tout les Allemands . La Brigade
de la Reine & le Régiment des Albanois fe
font diftingués particulierement en cette occafion.
Le Roi des deux Siciles , étant allé au fecours da
Comte de Gages , & ayant chargé les Allemands
avec le Régiment des Gardes Efpagnoles , la préfence
de S. M. Sic. anima rellement les Efpagnols
& les Napolitains , que non feulement ils rendirent
inutiles tous les efforts que le Corps commandé par
le Prince de Lobсkowitz fit pour les déloger de in
Montagne , mais encore qu'ils obligerent ce Géné
Jal à la retraite .
Le Corps , qui étoit entré dans Velletri , & qui
étoit fous les ordres du Comte de Braun , ne fut
pas plus heureux , & il en fut chaffé par le Duc de
Caftro Pignano , qui fecondé de Don Placide de
Sangro , Lieutenant Général , & de Don Guillaume
Lecy , Maréchal de Camp , tomba fur ce Corps.
avec tant de vivacité , qu'à peine les Allemands
eurent le tems de fe reconnoître.
Le Duc d'Atrifco , qui commandoit un Corps de
Cavalerie Espagnole , le joignit au Duc de Caftro
Pignano , pour les pourfuivre , & toutes les troupes
de la Reine de Hongrie , tant celles , qui avoient
G iiij fur2080
MERCURE DE FRANCE.
furpris la gauche du camp , que celles à la tête de
quelles le Prince de Lobckowitz avoit voulu force
Ja droite , furent pouflées fans relâche jufques audelà
de leur camp
Les Efpagnols & les Napolitains ont fait prifonniers
8co Soldats & beaucoup d'Officiers, du nombre
defquels eft le Général Novati, & quoique quelques
unes des troupes combinées ayent beaucoup
fouffert , leur perte n'eft pas fi confidérable que celle
des Allemands , qui ont eû environ 3000 hommes
tués ou bleffés . On compte le Général d'Olonne
parmi les premiers , & le Comte de Braun parmi
les feconds .
Du côté des Espagnols & des Napolitains , le
Comte de Beaufort , Lieutenant Général , eft mort
de fes bleffures , & le Comte Mariani , qui étoit
malade de la goute à Velletri , a été fait prifonnier.
Il y a eû plufieurs Officiers de bleffés , particulierement
dans le Régiment des Gardes Walonnes , qui
a combattu avec une valeur digne de fa réputation,
& qui a fait un grand nombre de prifonniers.
La prudence , avec laquelle le Roi des deux Sici
les a donné les ordres , à contribué , autant que les
exemples d'intrépidité qu'il a donnés à fes troupes ,
à faire tourner au défavantage des Allemands une
entreprife , à laquelle les mesures prifes par le Prince
de Lobckowitz fembloient promettre un meilleur
fuccès , & dans laquelle ce Général avoit été
fort aidé par l'exactitude de fes efpions.
L'ardeur & l'animofité que cette affaire a inſpirées
à l'armée de S. M. Sic . & la diminution qu'elle
a caufée dans celle de la Reine de Hongrie , ont
fait préfumer que les Allemands ne fe trouveroient
pas long- tems en sûreté dans leur camp.
Na appris de Rome du 18 du mois dernier ,
que le grand nombre de Bâtimens de tranfport,
que les Anglois avoient pris foin de raflembler
a Fiumicino , & les mouvemens de plufieurs Régimens,
que le Prince de Lobckowitz avoit envoyés
du côté de la Mer , avoient donné lieu de croire que
ce Général penfoit à faire un embarquement , &
que l'on étoit prefque perfuadé qu'il le propofot
de tenter une defcente fur la Côte du Royaume de
Naples , lorsqu'il a fait éclater le véritable deſſein
que cachoit la feinte .
La nuit du 10 au 11 du mois dernier , un Corps
de l'armée de la Reine de Hongrie , commandé par
le Comte de Braun , & composé de fix Bataillons ,
de deux Régimens de Cavalerie , de quatre Régimens
de Huffards , & de mille Efclavons , lequel
faifoit partie des troupes que le Prince de Lobcxovvitz
avoit détachées de cette armée , & qui paroiffoient
deftinées à s'embarquer , changea fubitement
de route , & ayant fait une marche forcée , il attàqua
à la pointe du jour la gauche du camp du Roi
des deux Siciles .
Le quartier , où la Brigade d'Irlande étoit avec
deux Régimens de Dragons , fut furpris , & cette
Brigade fut extrêmement maltraitée . Le Comte de
Braun pénétra jufques dans la Ville de Velletri , qui
n'étoit
SEPTEMBRE. 1744. 2079
n'étoit défenduë que par un petit nombre de troupes
, parce que S. M. Sic . avoit donné toute fon attention
à la garde de la Montagne de la Fayola.
Pendant que le Détachement du Comte de Braun
pilloit Velletri , & y brûloit les maifons dans lefquelles
plufieurs des principaux Officiers Espagnols
& Napolitains étoient logés , le Prince de Lobcкovvitz
de fon côté attaqua la Montagne par differens
endroits.
Le Comte de Gages , à la tête de quelques Brigades
de l'armée Espagnole , foutint toutes ces attaques
, & repouffa par tout les Allemands . La Brigade
de la Reine & le Régiment des Albanois fe
font diftingués particulierement en cette occafion.
Le Roi des deux Siciles , étant allé au fecours da
Comte de Gages , & ayant chargé les Allemands
avec le Régiment des Gardes Efpagnoles , la préfence
de S. M. Sic. anima rellement les Efpagnols
& les Napolitains , que non feulement ils rendirent
inutiles tous les efforts que le Corps commandé par
le Prince de Lobсkowitz fit pour les déloger de in
Montagne , mais encore qu'ils obligerent ce Géné
Jal à la retraite .
Le Corps , qui étoit entré dans Velletri , & qui
étoit fous les ordres du Comte de Braun , ne fut
pas plus heureux , & il en fut chaffé par le Duc de
Caftro Pignano , qui fecondé de Don Placide de
Sangro , Lieutenant Général , & de Don Guillaume
Lecy , Maréchal de Camp , tomba fur ce Corps.
avec tant de vivacité , qu'à peine les Allemands
eurent le tems de fe reconnoître.
Le Duc d'Atrifco , qui commandoit un Corps de
Cavalerie Espagnole , le joignit au Duc de Caftro
Pignano , pour les pourfuivre , & toutes les troupes
de la Reine de Hongrie , tant celles , qui avoient
G iiij fur2080
MERCURE DE FRANCE.
furpris la gauche du camp , que celles à la tête de
quelles le Prince de Lobckowitz avoit voulu force
Ja droite , furent pouflées fans relâche jufques audelà
de leur camp
Les Efpagnols & les Napolitains ont fait prifonniers
8co Soldats & beaucoup d'Officiers, du nombre
defquels eft le Général Novati, & quoique quelques
unes des troupes combinées ayent beaucoup
fouffert , leur perte n'eft pas fi confidérable que celle
des Allemands , qui ont eû environ 3000 hommes
tués ou bleffés . On compte le Général d'Olonne
parmi les premiers , & le Comte de Braun parmi
les feconds .
Du côté des Espagnols & des Napolitains , le
Comte de Beaufort , Lieutenant Général , eft mort
de fes bleffures , & le Comte Mariani , qui étoit
malade de la goute à Velletri , a été fait prifonnier.
Il y a eû plufieurs Officiers de bleffés , particulierement
dans le Régiment des Gardes Walonnes , qui
a combattu avec une valeur digne de fa réputation,
& qui a fait un grand nombre de prifonniers.
La prudence , avec laquelle le Roi des deux Sici
les a donné les ordres , à contribué , autant que les
exemples d'intrépidité qu'il a donnés à fes troupes ,
à faire tourner au défavantage des Allemands une
entreprife , à laquelle les mesures prifes par le Prince
de Lobckowitz fembloient promettre un meilleur
fuccès , & dans laquelle ce Général avoit été
fort aidé par l'exactitude de fes efpions.
L'ardeur & l'animofité que cette affaire a inſpirées
à l'armée de S. M. Sic . & la diminution qu'elle
a caufée dans celle de la Reine de Hongrie , ont
fait préfumer que les Allemands ne fe trouveroient
pas long- tems en sûreté dans leur camp.
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628
p. 2081
ESPAGNE.
Début :
ON apprend de Madrid du premier de ce mois, qu'on y a partagé avec les François toutes [...]
Mots clefs :
Madrid, Douleur, Metz, Actions de grâce, Roi d'Espagne, Roi de France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
Napprend de Madrid dupremierde cemois,
qu'on y a partagé avec les François toutes
les allarmes que la Maladie du Roi de France leur a
caulées , & que quoiqu'il arrivât tous les jours un
courier dépêché de Metz par le Prince de Campo
Florido ,,pour informer le Roi d'Efpagne de l'état
de S. M. T. C. la diftance des Lieux , qui ne permettoit
pas de recevoir des nouvelles de ce Prince ,
auffi fouvent qu'on l'auroit defiré , ajoûtoit à la
douleur publique .
De vifs tranfports de joye ont fuccedé à cette
douleur , lorsqu'on a fçu qu'il étoit hors de danger ;
on a rendu à Dieu de folemnelles actions de graces
d'un événement fi favorable & fi peu attendu , en
chantant le Te Deum dans toutes les Eglifes , & il y
a cû des illuminations & des réjouiffances à Madrid
pendant trois nuits confécutives.
Napprend de Madrid dupremierde cemois,
qu'on y a partagé avec les François toutes
les allarmes que la Maladie du Roi de France leur a
caulées , & que quoiqu'il arrivât tous les jours un
courier dépêché de Metz par le Prince de Campo
Florido ,,pour informer le Roi d'Efpagne de l'état
de S. M. T. C. la diftance des Lieux , qui ne permettoit
pas de recevoir des nouvelles de ce Prince ,
auffi fouvent qu'on l'auroit defiré , ajoûtoit à la
douleur publique .
De vifs tranfports de joye ont fuccedé à cette
douleur , lorsqu'on a fçu qu'il étoit hors de danger ;
on a rendu à Dieu de folemnelles actions de graces
d'un événement fi favorable & fi peu attendu , en
chantant le Te Deum dans toutes les Eglifes , & il y
a cû des illuminations & des réjouiffances à Madrid
pendant trois nuits confécutives.
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629
p. 2081-2082
GENES ET ISLE DE CORSE.
Début :
ON mande de Génes du 16 du mois dernier, qu'on a appris par un Capitaine d'une Frégate [...]
Mots clefs :
Vaisseaux de guerre, Escadre, Bâtiments, Fort de Démont
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texteReconnaissance textuelle : GENES ET ISLE DE CORSE.
GENES ET ISLE DE CORSE.
ONmandedeGénes du 16 du moisdernier
qu'on a appris par un Capitaine d'une Frégate
Angloife , que l'Efcadre de la Grande Bretagne
ayant été obligée par le mauvais tems , de s'éloigner
de Toulon , fept Vaiffeaux de guerre du Roi
de France étoient fortis da Port , pour faire voile
vers le Couchant , & que l'Amiral Mathews avoit
détaché cinq Vaiffeaux , pour obferver la route que
tiendroient les Vaiffeaux François , parce qu'il
craignoit que ces derniers ne fe rendiffent fur la
Côte du Royaume de Naples
Les équipages de divers Bâtimens ont rapporté
que l'Efcadre Espagnole , qui étoit à Cartagene , &
Gy qui
2082 MERCURE DE FRANCE.
qui eft composée de onze Vaiffeaux de guerre , de
deux Galeres , & de trois autres Bâtimens , s'étoit
remiſe en Mer le 19 Juillet dernier.
On a reçû avis que la prife inopinée du Fort de
Démont avoit jetté la plus vive confternation parmi
les Piedmontois , & que le Roi de Sardaigne
ayant repaffé le Pô à l'approche de l'armée de
France & d'Efpagne , qui s'eft avancée pour l'attaquer
, il n'a laiffé de l'autre côté de cette Riviere
que neuf Bataillons , qui font à San Damiano ,fous
les ordres du Marquis Palavicini .
Ce Prince a fait prendre les armes à tous les
Payfans , & 400 , qui s'étoient attroupés , ayant été
enveloppés , la plupart ont été pris & pendus.
ONmandedeGénes du 16 du moisdernier
qu'on a appris par un Capitaine d'une Frégate
Angloife , que l'Efcadre de la Grande Bretagne
ayant été obligée par le mauvais tems , de s'éloigner
de Toulon , fept Vaiffeaux de guerre du Roi
de France étoient fortis da Port , pour faire voile
vers le Couchant , & que l'Amiral Mathews avoit
détaché cinq Vaiffeaux , pour obferver la route que
tiendroient les Vaiffeaux François , parce qu'il
craignoit que ces derniers ne fe rendiffent fur la
Côte du Royaume de Naples
Les équipages de divers Bâtimens ont rapporté
que l'Efcadre Espagnole , qui étoit à Cartagene , &
Gy qui
2082 MERCURE DE FRANCE.
qui eft composée de onze Vaiffeaux de guerre , de
deux Galeres , & de trois autres Bâtimens , s'étoit
remiſe en Mer le 19 Juillet dernier.
On a reçû avis que la prife inopinée du Fort de
Démont avoit jetté la plus vive confternation parmi
les Piedmontois , & que le Roi de Sardaigne
ayant repaffé le Pô à l'approche de l'armée de
France & d'Efpagne , qui s'eft avancée pour l'attaquer
, il n'a laiffé de l'autre côté de cette Riviere
que neuf Bataillons , qui font à San Damiano ,fous
les ordres du Marquis Palavicini .
Ce Prince a fait prendre les armes à tous les
Payfans , & 400 , qui s'étoient attroupés , ayant été
enveloppés , la plupart ont été pris & pendus.
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630
p. 2082-2084
HOLLANDE ET PAYS BAS.
Début :
ON mande de la Haye du 19 du mois dernier, que le Comte de Podewils, Ministre du Roi [...]
Mots clefs :
États généraux, Troupes, Grande-Bretagne, Armée des Alliés, Roi de Prusse
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texteReconnaissance textuelle : HOLLANDE ET PAYS BAS.
HOLLANDE ET PAYS BAS.
ONmande de la Haye du 19 du moisdernier ?
que le Comte de Podewils , Miniftre du Roi
de Pruffe , ayant conclu avec les Etats Généraux ,
avant que de partir pour Berlin , une Convention
au fujet des Garnifons Hollandoifes , qui font dans
les Villes d'Embden & de Lierot , M. Beck , Sécretaire
de Légation , chargé à la Haye des affaires de
S. M. Pr. pendant l'abſence du Comité de Podewils,
a remis aux Etats Généraux , la Ratification de cette
Convention , fignée par le Roi de Prufſe.
On affûre que ce Prince a promis de payer 120000
Florins , avancés par la République aux Etats d'Ooft-
Frife & à la Ville d'Embden , & 300000 , qui ont
été prêtés au feu Prince d'Ooft -Frife fur les Domaines
, & que les Etats Généraux s'engagent , de
beur côté , à retirer dans un mois leurs troupes des
Villes d'Embden & de Lierot.
Le 1s du mois dernier , M. Beck préfenta aux
Etats Généraux le Manifefte dans lequel le Roi de
Pruffe
SEPTEMBRE. 1744. 2083
Pruffe expofe les motifs qui l'ont déterminé à fournir
des troupes auxiliaires à l'Empereur , & il leur
donna part en même tems de la réfolution que S.
M. Pr . avoit priſe de faire tous les efforts , pour
rendre la Dignité à l'Empereur , la liberté à l'Empire
, & le repos à l'Europe.
M. Trevor , Envoyé du Roi de la Grande Bretagne
, a remis aux Etats Généraux un Mémoire de
S. M. Br. au fujet des mouvemens des troupes Pruffiennes.
L. H. P. ont envoyé aux Provinces refpectives
ce Mémoire , dans lequel le Roi de la Grande
Bretagne témoigne qu'il regarde l'amitié de la République
comme un des plus folides appuis de fa
Couronne , & qu'il efpere que cette République
voudra bien joindre toutes les forces de terre &
de mer à celles des Anglois , pour fécourir S.
M. H.
On apprend de Bruxelles du 20 du mois dernier ,
que l'armée des Alliés , par la pofition que les Généraux
lui ont donnée , eft adoffée à la Riviere de
Marque ; que l'aile droite , compofée des troupes
de la Grande Bretagne , eft appuyée à Pont Treflin ;
que le centre eft à S. Gin Melantois , & que l'aile
gauche s'étend jufqu'à Freting.
Le quartier du Duc d'Aremberg , qui commande
les troupes de la Reine de Hongrie , placées au
centre , eft à S. Gin Melantois ; le Général Wade ,
fous les ordres duquel font les troupes Angloifes &
Hanoveriennes , a le fien à Auftein , & celui du
Comte Maurice de Naffau , Général des troupes
Hollandoifes , qui forment l'aîle gauche , eft à Cifoing.
Ces trois Généraux firent le 15 la revûë générale
de l'armée , qui étoit rangée en bataille für deux
Lignes , & qu'on affûre être de plus de 60000
hommes. Ils ont pofté un Corps d'Infanterie , de
G vj Ca2084
MERCUREDE FRANCE.
Cavalerie & de Dragons , entre le camp & la Ville
de Tournay , afin de conferver la communication
avec cette Place.
Un Parti de Huffards , qui s'étoit avancé dans les
environs de Maubeuge , a été enveloppé par un
Détachement des troupes Françoiſes , & tous les
Huffards , dont ce Parti étoit compofé , ont été
tués ou faits prifonniers.
Les François ont enlevé un Détachement de la
Compagnie Franche , levée par le Droffard de
Brabant.
On apprend de la Haye du 26 du mois dernier
que l'Abbé de la Ville , chargé des affaires du Roi
Très- Chrétien auprès de la République de Hollande
, a communiqué au Président de l'Affemblée
des Etats Généraux quelques dépêches qu'il a reçûës
de la Cour de France.
Oa mande de Bruxelles du 29 , que les lettres de
l'armée des Alliés marquent qu'elle étoit_toujours
dans la même poſition , & qu'elle ne paroiffoit point
encore le préparer à former aucune entreprife importante
; qu'elle eft actuellement compolée de 70
Bataillons & de 114 Efcadrons , fans y comprendre
dix Escadrons de Huffards & fix Compagnies Franches
, & que le 20 elle fit un fourage général du
côté de Temple Mars & de Siclin.
L'artillerie des troupes Hollandoifes arriva au
camp le 17 , fous l'escorte du Régiment de Veltman
, & le même jour on fit un Détachement de
2000 hommes d'Infanterie & de 600 de Cavalerie ,
pour aller reconnoître les environs de Lille .
Les François ont enlevé douze Dragons & 34
chevaux du Régiment de Ligne dans un fourage ,
qui s'eft fait auprès de Condé.
ONmande de la Haye du 19 du moisdernier ?
que le Comte de Podewils , Miniftre du Roi
de Pruffe , ayant conclu avec les Etats Généraux ,
avant que de partir pour Berlin , une Convention
au fujet des Garnifons Hollandoifes , qui font dans
les Villes d'Embden & de Lierot , M. Beck , Sécretaire
de Légation , chargé à la Haye des affaires de
S. M. Pr. pendant l'abſence du Comité de Podewils,
a remis aux Etats Généraux , la Ratification de cette
Convention , fignée par le Roi de Prufſe.
On affûre que ce Prince a promis de payer 120000
Florins , avancés par la République aux Etats d'Ooft-
Frife & à la Ville d'Embden , & 300000 , qui ont
été prêtés au feu Prince d'Ooft -Frife fur les Domaines
, & que les Etats Généraux s'engagent , de
beur côté , à retirer dans un mois leurs troupes des
Villes d'Embden & de Lierot.
Le 1s du mois dernier , M. Beck préfenta aux
Etats Généraux le Manifefte dans lequel le Roi de
Pruffe
SEPTEMBRE. 1744. 2083
Pruffe expofe les motifs qui l'ont déterminé à fournir
des troupes auxiliaires à l'Empereur , & il leur
donna part en même tems de la réfolution que S.
M. Pr . avoit priſe de faire tous les efforts , pour
rendre la Dignité à l'Empereur , la liberté à l'Empire
, & le repos à l'Europe.
M. Trevor , Envoyé du Roi de la Grande Bretagne
, a remis aux Etats Généraux un Mémoire de
S. M. Br. au fujet des mouvemens des troupes Pruffiennes.
L. H. P. ont envoyé aux Provinces refpectives
ce Mémoire , dans lequel le Roi de la Grande
Bretagne témoigne qu'il regarde l'amitié de la République
comme un des plus folides appuis de fa
Couronne , & qu'il efpere que cette République
voudra bien joindre toutes les forces de terre &
de mer à celles des Anglois , pour fécourir S.
M. H.
On apprend de Bruxelles du 20 du mois dernier ,
que l'armée des Alliés , par la pofition que les Généraux
lui ont donnée , eft adoffée à la Riviere de
Marque ; que l'aile droite , compofée des troupes
de la Grande Bretagne , eft appuyée à Pont Treflin ;
que le centre eft à S. Gin Melantois , & que l'aile
gauche s'étend jufqu'à Freting.
Le quartier du Duc d'Aremberg , qui commande
les troupes de la Reine de Hongrie , placées au
centre , eft à S. Gin Melantois ; le Général Wade ,
fous les ordres duquel font les troupes Angloifes &
Hanoveriennes , a le fien à Auftein , & celui du
Comte Maurice de Naffau , Général des troupes
Hollandoifes , qui forment l'aîle gauche , eft à Cifoing.
Ces trois Généraux firent le 15 la revûë générale
de l'armée , qui étoit rangée en bataille für deux
Lignes , & qu'on affûre être de plus de 60000
hommes. Ils ont pofté un Corps d'Infanterie , de
G vj Ca2084
MERCUREDE FRANCE.
Cavalerie & de Dragons , entre le camp & la Ville
de Tournay , afin de conferver la communication
avec cette Place.
Un Parti de Huffards , qui s'étoit avancé dans les
environs de Maubeuge , a été enveloppé par un
Détachement des troupes Françoiſes , & tous les
Huffards , dont ce Parti étoit compofé , ont été
tués ou faits prifonniers.
Les François ont enlevé un Détachement de la
Compagnie Franche , levée par le Droffard de
Brabant.
On apprend de la Haye du 26 du mois dernier
que l'Abbé de la Ville , chargé des affaires du Roi
Très- Chrétien auprès de la République de Hollande
, a communiqué au Président de l'Affemblée
des Etats Généraux quelques dépêches qu'il a reçûës
de la Cour de France.
Oa mande de Bruxelles du 29 , que les lettres de
l'armée des Alliés marquent qu'elle étoit_toujours
dans la même poſition , & qu'elle ne paroiffoit point
encore le préparer à former aucune entreprife importante
; qu'elle eft actuellement compolée de 70
Bataillons & de 114 Efcadrons , fans y comprendre
dix Escadrons de Huffards & fix Compagnies Franches
, & que le 20 elle fit un fourage général du
côté de Temple Mars & de Siclin.
L'artillerie des troupes Hollandoifes arriva au
camp le 17 , fous l'escorte du Régiment de Veltman
, & le même jour on fit un Détachement de
2000 hommes d'Infanterie & de 600 de Cavalerie ,
pour aller reconnoître les environs de Lille .
Les François ont enlevé douze Dragons & 34
chevaux du Régiment de Ligne dans un fourage ,
qui s'eft fait auprès de Condé.
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631
p. 163
TURQUIE.
Début :
ON a appris que l'armée du Grand Seigneur a remporté une victoire complette sur les Persans [...]
Mots clefs :
Victoire complète, Persans
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE.
TURQUIE.
Optimi
a appris que l'armée du Grand Seigneur a
fans , qui l'ont attaquée près de Kars , & qui ont
perdu plusde 12000 hommes.
Optimi
a appris que l'armée du Grand Seigneur a
fans , qui l'ont attaquée près de Kars , & qui ont
perdu plusde 12000 hommes.
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632
p. 163
RUSSIE.
Début :
ON apprend de Moscou, que le Baron de Neuhauff, Ministre Plénipotentiaire de l'Empereur [...]
Mots clefs :
Baron, États d'Allemagne, Traité d'union de Francfort
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
;
N apprendde Moſcou, que le Baron de New apprendeu quele de l'Empereur
, & le Baron de Mardefeldt , Miniſtre du Roi
de Pruffe , ont invité le Duc de Holſtein par les ordres
de leurs Majeſtés Impériale & Prufſienne d'acceder
pour ſes Etats d'Allemagne au Traité d'Union
de Francfort.
;
N apprendde Moſcou, que le Baron de New apprendeu quele de l'Empereur
, & le Baron de Mardefeldt , Miniſtre du Roi
de Pruffe , ont invité le Duc de Holſtein par les ordres
de leurs Majeſtés Impériale & Prufſienne d'acceder
pour ſes Etats d'Allemagne au Traité d'Union
de Francfort.
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633
p. 163-164
PRUSSE.
Début :
ON mande de Berlin du 2 de ce mois, que le Roi après avoir passé la Moldaw, avoit fait [...]
Mots clefs :
Roi, Charles de Lorraine, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRUSSE.
PRUSSE.
Nomande de
Ο Berlindu 2 de ce mois , que le
Roi après avoir paflé la Moldaw , avoit fait
tout ce qu'il avoit pû pour obliger les ennemis d'en
venir à une action générale , mais qu'ils ont toujours
évité la bataille , & qu'ils s'étoient retirés
dans des endroits , où on ne pouvoit les attaquer
fans beaucoup de rifque .
Sur l'avis qu'on a reçû d'un de leurs mouvemens,
S. M. a jugé à propos d'abandonner l'autre côté de
laMoldaw,craignant que les ennemis ne lui coupaſ
1
164 MERCURE DE FRANCE.
fent la communication avec ſes principaux mag
fins& avec la Ville de Prague.
L'armée commandée par le Prince Charles de
Lorraine après avoir paſſé le 1s du mois dernier la
Moldaw , & avoir été jointe par les troupes Saxonnes
, alla camper dans les environs deBeniſchau.
Le Roi ſe rapprocha le 25 de cette armée , &
étant arrivé en préſence des ennemis , il fit toutes
ſes diſpoſitions pour les engager à une action .
Le Prince Charles de Lorraine de ſon côté détacha
le Comte de Nadaſti à la tête de toute la Cavalerie
Hongroiſe, avec ordre de s'avancer à une petite
diſtance des Pruſſiens , qui firent fur cette Cavalerie
un feu très- vif d'artillerie & de mouſqueteric.
Elle fut miſe en déſordre, & les Pruſſiens ſe latoient
que le PrinceCharles de Lorraine marcheroit à fon
ſecours , & qu'il étoit dans la réſolution de hazarder
une bataille , lorſqu'ils s'apperçurent qu'il
s'étoit retiré ſur les montagnes le long de la
Sazawa. On ne poursuivit que juſqu'à une certaine
diſtance le Comte de Nadaſti , parce qu'ayant
rallié ſa Cavalerie , il prit le parti de la diviſer
en pluſieurs Corps , qui prirent des routes diffe
rentes .
Le Roi ayant lieu de croire que le Prince Charles
de Lorraine avoit deſſein de lui dérober une
marche , & de paſſer la Sazawa , S. M. le prévint ,
&elle occupa le camp de Piſcheli.
1500 des Soldats , qui ont été faits prifonniers
dans Prague , ſont entrés au ſervice du Roi , & le
reſte de l'ancienne garniſon de cette Place a été
envoyé à Spandau.
Nomande de
Ο Berlindu 2 de ce mois , que le
Roi après avoir paflé la Moldaw , avoit fait
tout ce qu'il avoit pû pour obliger les ennemis d'en
venir à une action générale , mais qu'ils ont toujours
évité la bataille , & qu'ils s'étoient retirés
dans des endroits , où on ne pouvoit les attaquer
fans beaucoup de rifque .
Sur l'avis qu'on a reçû d'un de leurs mouvemens,
S. M. a jugé à propos d'abandonner l'autre côté de
laMoldaw,craignant que les ennemis ne lui coupaſ
1
164 MERCURE DE FRANCE.
fent la communication avec ſes principaux mag
fins& avec la Ville de Prague.
L'armée commandée par le Prince Charles de
Lorraine après avoir paſſé le 1s du mois dernier la
Moldaw , & avoir été jointe par les troupes Saxonnes
, alla camper dans les environs deBeniſchau.
Le Roi ſe rapprocha le 25 de cette armée , &
étant arrivé en préſence des ennemis , il fit toutes
ſes diſpoſitions pour les engager à une action .
Le Prince Charles de Lorraine de ſon côté détacha
le Comte de Nadaſti à la tête de toute la Cavalerie
Hongroiſe, avec ordre de s'avancer à une petite
diſtance des Pruſſiens , qui firent fur cette Cavalerie
un feu très- vif d'artillerie & de mouſqueteric.
Elle fut miſe en déſordre, & les Pruſſiens ſe latoient
que le PrinceCharles de Lorraine marcheroit à fon
ſecours , & qu'il étoit dans la réſolution de hazarder
une bataille , lorſqu'ils s'apperçurent qu'il
s'étoit retiré ſur les montagnes le long de la
Sazawa. On ne poursuivit que juſqu'à une certaine
diſtance le Comte de Nadaſti , parce qu'ayant
rallié ſa Cavalerie , il prit le parti de la diviſer
en pluſieurs Corps , qui prirent des routes diffe
rentes .
Le Roi ayant lieu de croire que le Prince Charles
de Lorraine avoit deſſein de lui dérober une
marche , & de paſſer la Sazawa , S. M. le prévint ,
&elle occupa le camp de Piſcheli.
1500 des Soldats , qui ont été faits prifonniers
dans Prague , ſont entrés au ſervice du Roi , & le
reſte de l'ancienne garniſon de cette Place a été
envoyé à Spandau.
Fermer
634
p. 165-167
ALLEMAGNE.
Début :
ON a appris de Bohême, que le Roi de Prusse, après cinq jours & demi de tranchée [...]
Mots clefs :
Armée, Troupes, Prague, Roi de Prusse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE,
a
Na appris de Bohême que le Roi de
Prufle , après cinq jours & demi de tranchée
ouverte , eſt entré dans la Ville de Prague.
La garniſon étoit composée de 22 Batail-
Jons, de 1000 Croates , de 400 Cavaliers, & de 300
Huſſards ; elle s'eſt renduë prifonniere de guerre ;
cette Place , défenduë par 16000 hommes , n'a pas
arrêté long-tems ſon vainqueur , qui de- là partic
avec ſon armée pour allerréduire les poſtes de Budſeiws
& Tabor, où il laiflé ſes gros bagages ; il
s'eſt campé très avantageuſement , ſa droite appuyée
à la riviere de la Moldaw , & fa gauche à
Keſtrzan , le centre à Tzernau. Sa pofition couvroit
ſes ponts de Teyn, ainſi que les Cercles de Kzelſin
&de Czaflau. S. M. Pr. toujours attentive à remplir
les fonctions d'un parfaitGénéral, n'a point ceſſéde
viſiter ſes quartiers &d'y donner des ordres, qui en
établiſſant leur sûreté , prouvent ſon intelligence
ſupérieure. Le Baron d'Enſiedel , Lieutenant Général
, eſt reſté à Prague pour y commander.
Il a fait publier différentes Ordonnances qui con
cernent la Police & la tranquillité publique , &
ſurtout unedéfenſe très rigoureuſe d'entretenir au
cune correſpondance avec les ennemis de l'Empereur.
La Ville lui a demandé d'être déchargée des
fortes taxes impoſées par la Cour de Vienne ; ce
Commandant a répondu que cela ne dépendoit
pas de fon Souverain , mais de l'Empereur. Il a été
ordonné que les Etudians de l'Univerſité , qui ont
pris les armes pendant le ſiége , ſeroient traités en
priſonniers de guerre , à moins qu'ils ne s'incorporaffant
dans les troupes de l'Empire ou de Pruſle .
Le 6 Octobre , le Baron d'Enfiedel célébra par
une Fête , où la Nobleffe & les Officiers furent ins
(
166 MERCURE DE FRANCE.
vités, les promptes victoires de ſon Roi.
La Princeſſe Royale de Pruſſe eſt accouchée le 25
Septembre à Berlin d'un Prince qui a été baptisé le
premier Octobre ,& nommé Frederic Guillaume.
On a appris depuis que leRoi de Pruſſe avoit repafſé
laMoldaw avec toute ſon armée,& que le Prince
Charles de Lorraine avoit détaché un Corps de
troupes ſous les ordres du Comte de Nadaſti & du
Général Ghilani , pour obſerver les mouvemens des
troupes Pruffiennes .
Les avis reçûs de Prague du 18 du mois dernier
portent que les mouvemens de l'armée de la Reine
de Hongrie , ayant donné lieu au Roi de Pruffe de
conjecturer que les ennemis vouloient ſe pofter entre
Prague & les troupes Pruſſiennes , ce Prince
s'étoit déterminé à ſe rap rocher de cette Ville ;
qu'il avoit retiré en même tems les Détachemens
qu'il avoit mis dans differens poſtes , particulierement
dans ceux de Tabor & de Budweiff , mais
que la garniſon qui étoit à Teyn n'ayant pas reçû
affés tôt l'ordre d'aller rejoindre l'armée, elle avoit
été attaquée par un Corps de troupes Hongroifes
fort ſupérieures en nombre , qui avoit fait prifonniers
pluſieurs Officiers & Soldats & mis le reſte en
fuite.
L'armée Pruſſienne par ſa nouvelle poſition a
confervé non ſeulement la communication avec
Prague , mais encore elle s'eſt maſe plus à portée
des magaſins établis dans les Cercles de Glatz & de
Buntzlau , & des ſubſiſtances qu'elle peut tirer par
l'Elbe & par la Sazawa.
Le 14 , un Corps de Cavalerie des troupes de la
Reine deHongrie paſſala Moldaw, & la plusgrande
partie de cette armée eſt reftée de l'autre côté de
cette riviere .
Ily a eu quelques eſcarmouches entre desDé
NOVEMBRE. 1744. 167
tachemensde la Cavalerie Légere des deux armées,
&la perte a éré à peu près égale de part& d'autre .
On mande de Vienne du 24 du mois dernier ,
que le 17 on y reçût avis que l'armée commandée
par le Prince Charlesde Lorraine avoit
paflé le 1s la Moldaw fur fix ponts , & que
cette armée n'étoit qu'à une petite diſtance de
celle du Roi de Pruſſe , qui étoit campé ſur le
bord de la Sazawa , & qui paroiſſoit déterminé à
riſquer une bataille.
Le Prince Charles de Lorraine a détaché un Corps
de 1000 hommes de Cavalerie fous les ordresduGé.
néral Kuſtein & du Comte da Collowrath , pour
obſerver les mouvemens des troupes Pruſſiennes.
On a appris depuis que l'armée Prufſienne fit
le 25 du mois dernier un mouvement pour s'approcher
de celle de la Reine de Hongrie, & qu'elle
s'eſt poſtée ſur des hauteurs dans une ſituation fort
avantageuſe.
Deux Corps de troupes Prufſiennes ont pénetré
en Moravie , l'un par le Pas de Mora , l'autre par
Lanzaron & par Gegerſberg , & ils ont mis à contribution
les Villes de Goldſtein , de Triban , de
Hohenfſtadt & de Schildberg.
a
Na appris de Bohême que le Roi de
Prufle , après cinq jours & demi de tranchée
ouverte , eſt entré dans la Ville de Prague.
La garniſon étoit composée de 22 Batail-
Jons, de 1000 Croates , de 400 Cavaliers, & de 300
Huſſards ; elle s'eſt renduë prifonniere de guerre ;
cette Place , défenduë par 16000 hommes , n'a pas
arrêté long-tems ſon vainqueur , qui de- là partic
avec ſon armée pour allerréduire les poſtes de Budſeiws
& Tabor, où il laiflé ſes gros bagages ; il
s'eſt campé très avantageuſement , ſa droite appuyée
à la riviere de la Moldaw , & fa gauche à
Keſtrzan , le centre à Tzernau. Sa pofition couvroit
ſes ponts de Teyn, ainſi que les Cercles de Kzelſin
&de Czaflau. S. M. Pr. toujours attentive à remplir
les fonctions d'un parfaitGénéral, n'a point ceſſéde
viſiter ſes quartiers &d'y donner des ordres, qui en
établiſſant leur sûreté , prouvent ſon intelligence
ſupérieure. Le Baron d'Enſiedel , Lieutenant Général
, eſt reſté à Prague pour y commander.
Il a fait publier différentes Ordonnances qui con
cernent la Police & la tranquillité publique , &
ſurtout unedéfenſe très rigoureuſe d'entretenir au
cune correſpondance avec les ennemis de l'Empereur.
La Ville lui a demandé d'être déchargée des
fortes taxes impoſées par la Cour de Vienne ; ce
Commandant a répondu que cela ne dépendoit
pas de fon Souverain , mais de l'Empereur. Il a été
ordonné que les Etudians de l'Univerſité , qui ont
pris les armes pendant le ſiége , ſeroient traités en
priſonniers de guerre , à moins qu'ils ne s'incorporaffant
dans les troupes de l'Empire ou de Pruſle .
Le 6 Octobre , le Baron d'Enfiedel célébra par
une Fête , où la Nobleffe & les Officiers furent ins
(
166 MERCURE DE FRANCE.
vités, les promptes victoires de ſon Roi.
La Princeſſe Royale de Pruſſe eſt accouchée le 25
Septembre à Berlin d'un Prince qui a été baptisé le
premier Octobre ,& nommé Frederic Guillaume.
On a appris depuis que leRoi de Pruſſe avoit repafſé
laMoldaw avec toute ſon armée,& que le Prince
Charles de Lorraine avoit détaché un Corps de
troupes ſous les ordres du Comte de Nadaſti & du
Général Ghilani , pour obſerver les mouvemens des
troupes Pruffiennes .
Les avis reçûs de Prague du 18 du mois dernier
portent que les mouvemens de l'armée de la Reine
de Hongrie , ayant donné lieu au Roi de Pruffe de
conjecturer que les ennemis vouloient ſe pofter entre
Prague & les troupes Pruſſiennes , ce Prince
s'étoit déterminé à ſe rap rocher de cette Ville ;
qu'il avoit retiré en même tems les Détachemens
qu'il avoit mis dans differens poſtes , particulierement
dans ceux de Tabor & de Budweiff , mais
que la garniſon qui étoit à Teyn n'ayant pas reçû
affés tôt l'ordre d'aller rejoindre l'armée, elle avoit
été attaquée par un Corps de troupes Hongroifes
fort ſupérieures en nombre , qui avoit fait prifonniers
pluſieurs Officiers & Soldats & mis le reſte en
fuite.
L'armée Pruſſienne par ſa nouvelle poſition a
confervé non ſeulement la communication avec
Prague , mais encore elle s'eſt maſe plus à portée
des magaſins établis dans les Cercles de Glatz & de
Buntzlau , & des ſubſiſtances qu'elle peut tirer par
l'Elbe & par la Sazawa.
Le 14 , un Corps de Cavalerie des troupes de la
Reine deHongrie paſſala Moldaw, & la plusgrande
partie de cette armée eſt reftée de l'autre côté de
cette riviere .
Ily a eu quelques eſcarmouches entre desDé
NOVEMBRE. 1744. 167
tachemensde la Cavalerie Légere des deux armées,
&la perte a éré à peu près égale de part& d'autre .
On mande de Vienne du 24 du mois dernier ,
que le 17 on y reçût avis que l'armée commandée
par le Prince Charlesde Lorraine avoit
paflé le 1s la Moldaw fur fix ponts , & que
cette armée n'étoit qu'à une petite diſtance de
celle du Roi de Pruſſe , qui étoit campé ſur le
bord de la Sazawa , & qui paroiſſoit déterminé à
riſquer une bataille.
Le Prince Charles de Lorraine a détaché un Corps
de 1000 hommes de Cavalerie fous les ordresduGé.
néral Kuſtein & du Comte da Collowrath , pour
obſerver les mouvemens des troupes Pruſſiennes.
On a appris depuis que l'armée Prufſienne fit
le 25 du mois dernier un mouvement pour s'approcher
de celle de la Reine de Hongrie, & qu'elle
s'eſt poſtée ſur des hauteurs dans une ſituation fort
avantageuſe.
Deux Corps de troupes Prufſiennes ont pénetré
en Moravie , l'un par le Pas de Mora , l'autre par
Lanzaron & par Gegerſberg , & ils ont mis à contribution
les Villes de Goldſtein , de Triban , de
Hohenfſtadt & de Schildberg.
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635
p. 167-171
SAXE.
Début :
ON a appris de Dresde, du 19 du mois dernier, que la Régence de cet Electorat ayant refusé [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Troupes, Reine de Hongrie, Ennemis, Saxe, Pologne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SAXE.
SAXE.
N a appris de Dreſde , du 29 du mois dernier,
que la Régence de cet Electorat ayant refuſé
le paſſage que le Roi de Pruſſe lui a fait demander
pour 30000 hommes de troupes Pruffiennes , on
étoit fort inquiet des ſuitesqu'aura cette démarche,,
que l'on craint que ces troupes it'entreprennent de
paffer malgré ce refus , & qu'on a fait partir plu-
Geurs chariots chargés d'armes qu'on a tirées de
l'Arsenal de Dreſde , & qu'on deſtine pour armer
leshabitansdes montagnes.
168 MERCURE DE FRANCE.
en
On a appris depuis dus de ce mois que M. de
Wallenrodt , Envoyé du Roi de Pruſſe a remis aux
Miniſtres du Roi de Pologne un Reſcrit , qui porte
que le renouvellement du Traité conclu
1732 entre les Cours de Vienne & de Dreſde , n'obligeant
en nulle façon cette derniere de fournir
des troupes auxiliaires à la Reine de Hongrie , &
aucun des articles de ce Traité n'ayant directement
ni indirectement rapport à la guerre qui diviſe
préſentement l'Empire , S. M. Pr. ne peut enviſager
que comme une rupture du Roi de Pologne
Electeur de Saxe avec elle la jonction des
troupes Saxonnes avec celles de S. M. H. que le
Roi de Pruſſe prie S. M. Pol. de conſidérer quelles
réſolutions il eſt autorisé & même forcé de prendre
pour s'oppoſer aux deſſeins qu'on paroît méditer
contre lui ; qu'on ne ſera point en droit de lui reprocher
les inconveniens qui pourront réſulter de
ladémarche de cette Cour , & qu'il eſpére que le
Roi de Pologne ne voudra rien précipiter dans une
affaire de cette importance , ni porter les chofes à
une extrêmité , qui pourroit teannddrree a la ruine de
leurs Etats reſpectifs .
Le Roi de Pologne Electeur de Saxe a répondu
àce Reſcrit qu'à la vérité par le renouvellement du
Traité de 1732 , il n'étoit point dans l'obligation
de faire marcher des troupes au ſecours de la
Reine de Hongrie , mais que rien n'a pû ni dû
empêcher S. M. d'entrer depuis dans les liaiſons
qui lui ont paru convenables pour la fûreté de fon
Electorat ; qu'en faiſant attention à la fituation de
ſes Etats d'Allemagne , il a jugé néceſſaire de conclure
avec S. M. H. la convention échangée le 13
du mois de Mai dernier , par laquelle cette Princeffe
& S. M. fe garantiffent mutuellement la poc
ſeſſion de la Saxe , de la Boheme & de l'Autriche ,
que
NOVEMBRE. 1744. 169
que d'ailleurs il n'eſt point extraordinaire qu'un
Prince donne,des Troupes à un autre , fans prendre
part aux guerres dans lesquelles la Puiſſance
ſecouruë eſt engagée ; que le Roi de Pruſſe luimême
, en entrant en Boheme avec cent mille
hommes , pour ſoûtenir les intérêts de l'Empereur
, a déclaré qu'il ne prétendoit pas pour cela
contrevenir à ſes engagemens pris par le Traité
de Breſlau ; qu'ainſi le Roi s'en tient à la déclaration
qui a été faite de ſa part à la Cour de Berlin &
à pluſieurs autres Cours , lorſqu'il a pris la réſolution
d'ordonner à ſes Troupes d'aller joindre celles
de la Reine de Hongrie.
On a appris de Berlin , du 10 Novembre , que
lesTroupes que commande le Général Marwitz &
qui étoient campées près de Troppau dans la Haute
Silefie , ſe ſont miſes en marche, pour aller prendre
des quartiers de cantonnement dans les environs
de Breſlau .
Le Roide Pruſſe a fait publier un Décret , pour
rappelter tous ceux de ſes Sujets qui fervent dans
les Troupes , ou qui font établis dans les Etats de la
Reine de Hongrie , ce Décret porte que le Roi
'ayant été informé qu'auſſi tốt après qu'il a fait entrer
dansle Royaume de Boheme ſes Troupes , en
qualité d'auxiliaires de l'Empereur , la Cour de
Vienne avoit ménacé par un Edit tous les Hongrois
qui étoient actuellement dans les Troupes
Pruffiennes , de les déclarer traîtres à la Patrie , &
de confiſquer leurs biens , s'ils ne quittoient pas
le ſervice du Roi ; S. M. ordonne non- feulement à
ſes Vaffaux & Sujets du Royaume de Pruſſe , de la
Marche de Brandebourg & de ſes autres anciennespoffeffions
, mais encore à ceux du Duché de,
Siléſie , même à ceux , qui ſans être nés dans ce
Duché , y poſſédent desbiens , & qui font attachés
11. Vol. H
1
170 MERCURE DE FRANCE.
à la Reine de Hongrie par des Emplois Militaires
ou Civils , ou qui demeurent dans quelques- uns des
Pays de la domination de cette Princeſſe , de ſe
rendre d'ici à deux mois dans les Etats de S. M. que
ceux qui le conformeront aux intentions de S. M.
peuvent espérer d'être employés convenablement
à leur naiffance & à leur rang , qu'au contraire
ceux qui réfuferont d'obéir , encoureront l'indignation
du Roi , & que la confiſcation de leurs
biens fera deſtinée à dédommager les Hongrois ,
qui auront perdu les leurs par leur attachement au
ſervice de S. M.
On mande du Camp du Roi de Prufſe près de
Piſcheli du 28 du mois dernier , que ſur l'avis qu'on
avoit reçu d'un nouveau mouvement fait par l'armée
de la Reine de Hongrie ,le Roi , après avoir
reconnu la poſition des ennemis , fit marcher le
26 fur plufieurs colonnes ſes Troupes , dont l'avant
garde s'avança à un quart de lieue du Camp
du Prince Charles de Lorraine. Les Troupes Pruffiennes
ſe poſterent fur les hauteurs voilines de celles
que les ennemis occupoient , & l'on eſpéroit de
les engager à une action , mais des marais impraticables
, empêcherent les Pruffiens d'aller plus
avant , & il n'y eut que de légeres eſcarmouches.
L'armée de la Reine de Hongrie ayant commencé
à défiler par fa gauche , on la ſuivit , pour
tâcher de la prendre en flanc , mais le terrain qui la
féparoit des Pruffiens , étant par tout rempli d'érangs
, de ravines & de fondrieres , il n'y eut pas
moyen d'approcher des ennemis , & le Roi prit le
parti de tetourner dans le Camp de Piſcheli .
Le Comte de Naffau , que le Roi avoit détaché
pour s'emparer de Cammerſbourg , ayant été averti
dans ſa marche par ſes Eſpions qu'un Corps
conſidérable des ennemis , commandé par le Prince
NOVEMBRE. 1744. 171
Eſterhaſi , étoit venu camper dans les environs de
ce poſte , il prit le parti d'attaquer ce Corps. Dans
cedeſſein , il fit paſſer à fon Infanterie quelques
défilés qu'elle franchit ſans obstacle , & la Cavalerie
ayant ſuivi l'Infanterie , le Comte de Naffau
ſe diſpoſa à charger l'ennemi. Le Prince Efterhaſi
fit mine de vouloir accepter le combat , mais
quand il vit que le Comte de Naſſau avoit de l'Artillerie
, il abandonna ſon Camp , après avoir rétiré
la garniſon qui étoit dans Cammerſbourg. Le
Comte de Naſſau fit auffi-tôt occuper ce poſte , &
lemême jour il ſe rendit maître de celui de Sazawa.
Le 19 du mois dernier , un Détachement de
1500 Grenadiers des ennemis ſoûtenus de 600 des
Huffards qu'ils ont fait venir de Moravie , tenta
d'emporter d'affaut la Ville de Parduwitz , & fut
repouffé par le Bataillon Proffien , qui y étoit en
garniſon , ſous les ordres du Colonel Zimmernow ;
il y eut en cette occaſion 40 hommes de tués &
plus de 60 de bleſſés du côté des ennemis ; on leur
a fait un Officier & 43 Soldats priſonniers , & on
n'a eu que fix hommes de bleſſés , & le Colonel
Zimmernow eſt de ce nombre ; il a un bras caffé &
& une bleſſure à la tête.
N a appris de Dreſde , du 29 du mois dernier,
que la Régence de cet Electorat ayant refuſé
le paſſage que le Roi de Pruſſe lui a fait demander
pour 30000 hommes de troupes Pruffiennes , on
étoit fort inquiet des ſuitesqu'aura cette démarche,,
que l'on craint que ces troupes it'entreprennent de
paffer malgré ce refus , & qu'on a fait partir plu-
Geurs chariots chargés d'armes qu'on a tirées de
l'Arsenal de Dreſde , & qu'on deſtine pour armer
leshabitansdes montagnes.
168 MERCURE DE FRANCE.
en
On a appris depuis dus de ce mois que M. de
Wallenrodt , Envoyé du Roi de Pruſſe a remis aux
Miniſtres du Roi de Pologne un Reſcrit , qui porte
que le renouvellement du Traité conclu
1732 entre les Cours de Vienne & de Dreſde , n'obligeant
en nulle façon cette derniere de fournir
des troupes auxiliaires à la Reine de Hongrie , &
aucun des articles de ce Traité n'ayant directement
ni indirectement rapport à la guerre qui diviſe
préſentement l'Empire , S. M. Pr. ne peut enviſager
que comme une rupture du Roi de Pologne
Electeur de Saxe avec elle la jonction des
troupes Saxonnes avec celles de S. M. H. que le
Roi de Pruſſe prie S. M. Pol. de conſidérer quelles
réſolutions il eſt autorisé & même forcé de prendre
pour s'oppoſer aux deſſeins qu'on paroît méditer
contre lui ; qu'on ne ſera point en droit de lui reprocher
les inconveniens qui pourront réſulter de
ladémarche de cette Cour , & qu'il eſpére que le
Roi de Pologne ne voudra rien précipiter dans une
affaire de cette importance , ni porter les chofes à
une extrêmité , qui pourroit teannddrree a la ruine de
leurs Etats reſpectifs .
Le Roi de Pologne Electeur de Saxe a répondu
àce Reſcrit qu'à la vérité par le renouvellement du
Traité de 1732 , il n'étoit point dans l'obligation
de faire marcher des troupes au ſecours de la
Reine de Hongrie , mais que rien n'a pû ni dû
empêcher S. M. d'entrer depuis dans les liaiſons
qui lui ont paru convenables pour la fûreté de fon
Electorat ; qu'en faiſant attention à la fituation de
ſes Etats d'Allemagne , il a jugé néceſſaire de conclure
avec S. M. H. la convention échangée le 13
du mois de Mai dernier , par laquelle cette Princeffe
& S. M. fe garantiffent mutuellement la poc
ſeſſion de la Saxe , de la Boheme & de l'Autriche ,
que
NOVEMBRE. 1744. 169
que d'ailleurs il n'eſt point extraordinaire qu'un
Prince donne,des Troupes à un autre , fans prendre
part aux guerres dans lesquelles la Puiſſance
ſecouruë eſt engagée ; que le Roi de Pruſſe luimême
, en entrant en Boheme avec cent mille
hommes , pour ſoûtenir les intérêts de l'Empereur
, a déclaré qu'il ne prétendoit pas pour cela
contrevenir à ſes engagemens pris par le Traité
de Breſlau ; qu'ainſi le Roi s'en tient à la déclaration
qui a été faite de ſa part à la Cour de Berlin &
à pluſieurs autres Cours , lorſqu'il a pris la réſolution
d'ordonner à ſes Troupes d'aller joindre celles
de la Reine de Hongrie.
On a appris de Berlin , du 10 Novembre , que
lesTroupes que commande le Général Marwitz &
qui étoient campées près de Troppau dans la Haute
Silefie , ſe ſont miſes en marche, pour aller prendre
des quartiers de cantonnement dans les environs
de Breſlau .
Le Roide Pruſſe a fait publier un Décret , pour
rappelter tous ceux de ſes Sujets qui fervent dans
les Troupes , ou qui font établis dans les Etats de la
Reine de Hongrie , ce Décret porte que le Roi
'ayant été informé qu'auſſi tốt après qu'il a fait entrer
dansle Royaume de Boheme ſes Troupes , en
qualité d'auxiliaires de l'Empereur , la Cour de
Vienne avoit ménacé par un Edit tous les Hongrois
qui étoient actuellement dans les Troupes
Pruffiennes , de les déclarer traîtres à la Patrie , &
de confiſquer leurs biens , s'ils ne quittoient pas
le ſervice du Roi ; S. M. ordonne non- feulement à
ſes Vaffaux & Sujets du Royaume de Pruſſe , de la
Marche de Brandebourg & de ſes autres anciennespoffeffions
, mais encore à ceux du Duché de,
Siléſie , même à ceux , qui ſans être nés dans ce
Duché , y poſſédent desbiens , & qui font attachés
11. Vol. H
1
170 MERCURE DE FRANCE.
à la Reine de Hongrie par des Emplois Militaires
ou Civils , ou qui demeurent dans quelques- uns des
Pays de la domination de cette Princeſſe , de ſe
rendre d'ici à deux mois dans les Etats de S. M. que
ceux qui le conformeront aux intentions de S. M.
peuvent espérer d'être employés convenablement
à leur naiffance & à leur rang , qu'au contraire
ceux qui réfuferont d'obéir , encoureront l'indignation
du Roi , & que la confiſcation de leurs
biens fera deſtinée à dédommager les Hongrois ,
qui auront perdu les leurs par leur attachement au
ſervice de S. M.
On mande du Camp du Roi de Prufſe près de
Piſcheli du 28 du mois dernier , que ſur l'avis qu'on
avoit reçu d'un nouveau mouvement fait par l'armée
de la Reine de Hongrie ,le Roi , après avoir
reconnu la poſition des ennemis , fit marcher le
26 fur plufieurs colonnes ſes Troupes , dont l'avant
garde s'avança à un quart de lieue du Camp
du Prince Charles de Lorraine. Les Troupes Pruffiennes
ſe poſterent fur les hauteurs voilines de celles
que les ennemis occupoient , & l'on eſpéroit de
les engager à une action , mais des marais impraticables
, empêcherent les Pruffiens d'aller plus
avant , & il n'y eut que de légeres eſcarmouches.
L'armée de la Reine de Hongrie ayant commencé
à défiler par fa gauche , on la ſuivit , pour
tâcher de la prendre en flanc , mais le terrain qui la
féparoit des Pruffiens , étant par tout rempli d'érangs
, de ravines & de fondrieres , il n'y eut pas
moyen d'approcher des ennemis , & le Roi prit le
parti de tetourner dans le Camp de Piſcheli .
Le Comte de Naffau , que le Roi avoit détaché
pour s'emparer de Cammerſbourg , ayant été averti
dans ſa marche par ſes Eſpions qu'un Corps
conſidérable des ennemis , commandé par le Prince
NOVEMBRE. 1744. 171
Eſterhaſi , étoit venu camper dans les environs de
ce poſte , il prit le parti d'attaquer ce Corps. Dans
cedeſſein , il fit paſſer à fon Infanterie quelques
défilés qu'elle franchit ſans obstacle , & la Cavalerie
ayant ſuivi l'Infanterie , le Comte de Naffau
ſe diſpoſa à charger l'ennemi. Le Prince Efterhaſi
fit mine de vouloir accepter le combat , mais
quand il vit que le Comte de Naſſau avoit de l'Artillerie
, il abandonna ſon Camp , après avoir rétiré
la garniſon qui étoit dans Cammerſbourg. Le
Comte de Naſſau fit auffi-tôt occuper ce poſte , &
lemême jour il ſe rendit maître de celui de Sazawa.
Le 19 du mois dernier , un Détachement de
1500 Grenadiers des ennemis ſoûtenus de 600 des
Huffards qu'ils ont fait venir de Moravie , tenta
d'emporter d'affaut la Ville de Parduwitz , & fut
repouffé par le Bataillon Proffien , qui y étoit en
garniſon , ſous les ordres du Colonel Zimmernow ;
il y eut en cette occaſion 40 hommes de tués &
plus de 60 de bleſſés du côté des ennemis ; on leur
a fait un Officier & 43 Soldats priſonniers , & on
n'a eu que fix hommes de bleſſés , & le Colonel
Zimmernow eſt de ce nombre ; il a un bras caffé &
& une bleſſure à la tête.
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636
p. 171-174
HAMBOURG.
Début :
LE 28 Août, le Comte de Flemming, Grand Général d'Artillerie de Lithuanie, obtint une [...]
Mots clefs :
Comte, Charles de Lorraine, Reine de Hongrie, Général, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HAMBOURG.
HAMBOURG.
E 28 Août , le Comte de Flemming , Grand
Général d'Artillerie de Lithuanie , obtint une
audience de la Czarine à Kiovie , où il la complimenta
fur fon heureuſe arrivée de la part du Roi
&de la République de Pologne.
Le Comte de Roſemberg, Miniſtre de la Reine
deHongrie est arrivé à Moſcou , mais il n'a point
encore vû leComte de Beſtuchef.
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
On a diftribué des quartiers aux Troupes Ruf
fiennes revenues de Suéde . Le Général Keith & le
Major Général Lapuchin étoient campés à Revel
avec quatre Régimens. Perna étoit occupé par un
ſemblable nombre de Régimens , commandés par le
Lieutenant Feldt Maréchal Solkiow & par le MajorGénéral
Stuart. Ils devoient remplir ainſi pluſieurs
Villages près de Dorpt. Le Régiment de Cajan ,
ſous les ordres du Brigadier Général Czernichow ,
étoit à Nerva, & le Régiment des Grenadiers s'étoit
tranſporté ſur dix Galeres à Peteſbourg : on a défarmé
dans le Port de Cromſtadt la Flotte de Ruffie.
On apprend de Coppenhague qu'on eſpéroit que le
Négociation dont le Comte de Hoften étoit chargé
auprès de la Czarine pour les affaires du Holftein
ſeroit ſuivie d'un heureux ſuccès . S. M. Czar . a
envoyée l'Ordre de S. Alexandre Newſki au Baron
de Korff , ſon Miniſtre à la Cour de Dannemarc ,
On réparoit avec activité les Fortifications de
Vienne , & la Reine de Hongrie a dépêché des Lettres
Circulaires pour ordonner à la Nobleſſe de ce
Royaume d'aller joindre le Prince Charles de Lorraine,&
on prétendoit que divers Comtes ont pro
mis d'entretenir un corpsddeeTroupes pour le ſervice
de leur Souveraine.
La premiere colonne de l'Armée du Prince
Charles de Lorraine arriva le 16 Septembre à Dietf.
furth. Le même jour , la ſeconde colonne campa
Althmuhl .
La Ville de Neumarch a été ſurpriſe par le Partiſan
Geſchrei , qui a taillé en piécès la garniſon
miſe par la Reine de Hongrie.
Les troupes de cette Princeſſe , qui bloquoient
la Fortereffe de Roſemberg , ſe ſont rétirées précipitamment
ſur la nouvelle de l'approche du Marquis
de S. Germain , détaché par le Baren de
NOVEMBRE. 1744. 173
Seckendorf pour les attaquer avec un corps de
troupes Impérialesí
Ondifoit que le Prince Lubomirſki , Caſtellan
de Cracovie a promis au Miniſtre de la Reine de
Hongrie auprès de la République de Pologne ,
qu'il leveroit dans ſes terres douze mille hommes
àſon ſervice.
Le 22 Septembre , une violente tempête fit périr
ou échouer cent cinquante Vaiſſeaux , qui le jour
précédent étoient partis de Hambourg pour la Hollande.
Le 15 Septembre , le Marquis de Lanmari , Ambaſſadeur
de France en Suéde , célébra à Stoxolm
le rétabliſſement de la ſanté du Roi ſon Maître ,
par un Te Deum , chanté avec la plus éclatante ſolemnitédans
la Chapelle de ſon Hôtel , & le lendemain
il paya les Comédiens François & la Troupe
Suédoiſe , pour donner gratis au Peuple des Comédies
, précédées d'un Prologue & mêlées d'In
termedes.
On affûre que la Suéde a accédé au Traité de
Francfort, pour les Domaines qu'elle pofféde dans
le Duché de Pomeranie.
Dès que le Prince Charles de Lorraine eut joint
le 27 Septembre l'armée de la Reine de Hongrie
, leComte de Traun en céda le commandement
à ce Prince , & les corps commandés par les
Généraux Feſtetits & Bathiany ſe ſont répliés .
On mande de Hambourg du 16 de ce mois ,
qu'on y a reçû avis de Boheme , que le 30 du mois
dernier l'armée commandée par le Prince Charles
de Lorraine étoit décampée , & qu'elle s'étoit avancée
à Tanawitz ſur la Frontière du Cercle de
Czaſlau ; que les Troupes Saxonnes qui étoient reftées
à Biftritz , n'avoient pû réjoindre que quelques
jours après cette armée , & que le Prince
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE .
Charles de Lorraine avoit détaché le Comte de
Nadaſti & le Général Ghilani , pour obſerver les
mouvemens des Troupes Pruſſiennes.
E 28 Août , le Comte de Flemming , Grand
Général d'Artillerie de Lithuanie , obtint une
audience de la Czarine à Kiovie , où il la complimenta
fur fon heureuſe arrivée de la part du Roi
&de la République de Pologne.
Le Comte de Roſemberg, Miniſtre de la Reine
deHongrie est arrivé à Moſcou , mais il n'a point
encore vû leComte de Beſtuchef.
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
On a diftribué des quartiers aux Troupes Ruf
fiennes revenues de Suéde . Le Général Keith & le
Major Général Lapuchin étoient campés à Revel
avec quatre Régimens. Perna étoit occupé par un
ſemblable nombre de Régimens , commandés par le
Lieutenant Feldt Maréchal Solkiow & par le MajorGénéral
Stuart. Ils devoient remplir ainſi pluſieurs
Villages près de Dorpt. Le Régiment de Cajan ,
ſous les ordres du Brigadier Général Czernichow ,
étoit à Nerva, & le Régiment des Grenadiers s'étoit
tranſporté ſur dix Galeres à Peteſbourg : on a défarmé
dans le Port de Cromſtadt la Flotte de Ruffie.
On apprend de Coppenhague qu'on eſpéroit que le
Négociation dont le Comte de Hoften étoit chargé
auprès de la Czarine pour les affaires du Holftein
ſeroit ſuivie d'un heureux ſuccès . S. M. Czar . a
envoyée l'Ordre de S. Alexandre Newſki au Baron
de Korff , ſon Miniſtre à la Cour de Dannemarc ,
On réparoit avec activité les Fortifications de
Vienne , & la Reine de Hongrie a dépêché des Lettres
Circulaires pour ordonner à la Nobleſſe de ce
Royaume d'aller joindre le Prince Charles de Lorraine,&
on prétendoit que divers Comtes ont pro
mis d'entretenir un corpsddeeTroupes pour le ſervice
de leur Souveraine.
La premiere colonne de l'Armée du Prince
Charles de Lorraine arriva le 16 Septembre à Dietf.
furth. Le même jour , la ſeconde colonne campa
Althmuhl .
La Ville de Neumarch a été ſurpriſe par le Partiſan
Geſchrei , qui a taillé en piécès la garniſon
miſe par la Reine de Hongrie.
Les troupes de cette Princeſſe , qui bloquoient
la Fortereffe de Roſemberg , ſe ſont rétirées précipitamment
ſur la nouvelle de l'approche du Marquis
de S. Germain , détaché par le Baren de
NOVEMBRE. 1744. 173
Seckendorf pour les attaquer avec un corps de
troupes Impérialesí
Ondifoit que le Prince Lubomirſki , Caſtellan
de Cracovie a promis au Miniſtre de la Reine de
Hongrie auprès de la République de Pologne ,
qu'il leveroit dans ſes terres douze mille hommes
àſon ſervice.
Le 22 Septembre , une violente tempête fit périr
ou échouer cent cinquante Vaiſſeaux , qui le jour
précédent étoient partis de Hambourg pour la Hollande.
Le 15 Septembre , le Marquis de Lanmari , Ambaſſadeur
de France en Suéde , célébra à Stoxolm
le rétabliſſement de la ſanté du Roi ſon Maître ,
par un Te Deum , chanté avec la plus éclatante ſolemnitédans
la Chapelle de ſon Hôtel , & le lendemain
il paya les Comédiens François & la Troupe
Suédoiſe , pour donner gratis au Peuple des Comédies
, précédées d'un Prologue & mêlées d'In
termedes.
On affûre que la Suéde a accédé au Traité de
Francfort, pour les Domaines qu'elle pofféde dans
le Duché de Pomeranie.
Dès que le Prince Charles de Lorraine eut joint
le 27 Septembre l'armée de la Reine de Hongrie
, leComte de Traun en céda le commandement
à ce Prince , & les corps commandés par les
Généraux Feſtetits & Bathiany ſe ſont répliés .
On mande de Hambourg du 16 de ce mois ,
qu'on y a reçû avis de Boheme , que le 30 du mois
dernier l'armée commandée par le Prince Charles
de Lorraine étoit décampée , & qu'elle s'étoit avancée
à Tanawitz ſur la Frontière du Cercle de
Czaſlau ; que les Troupes Saxonnes qui étoient reftées
à Biftritz , n'avoient pû réjoindre que quelques
jours après cette armée , & que le Prince
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE .
Charles de Lorraine avoit détaché le Comte de
Nadaſti & le Général Ghilani , pour obſerver les
mouvemens des Troupes Pruſſiennes.
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637
p. 174
POLOGNE.
Début :
LE cinq Septembre le Roi donna l'audience de congé à l'Envoyé du Kan des Tartares de Krimée, [...]
Mots clefs :
Roi, Comte, Tsarine, Empereur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
Ecinq Septembre le Roi donna l'audience de
Longeàl'envoyé duKandes Tartares deKri
mée , qui enfuite dîna chés le Comte Poniatouſki
Palatin de Maſovie.
Dans le Senatus Confilium tenu par le Roi le
30 Août dernier , il a été réſolu qu'à la prochaine
Diette on repréſenteroit la néceſſité de recommencer
les Conférences avec les Miniſtres Etrangers
, de régler avec ceux du Roi de Pruffle tout ce
qui regarde le paſſage que la République s'eſt engagée
par le Traité de Velau d'accorder aux Troupes
Pruffiennes toutes les fois qu'elle en ſeroit
requife.
On propoſera à la même Aſſemblée d'accorder
àla Czarine le titre d'Impératrice , demandé depuis
long- tems par cette Princeſſe.
Le Comte de Keizerling ,Envoyé extraordinaire
de la Czarine , doit aller inceſſamment réſider en
cette qualité auprès de l'Empereur , & il fera remplacé
à Varſovie par le Comte de Beſtuchef , qui
eft actuellement à Berlin .
L'Empereur a nommé le Baron de Vezel fon Plénipotentiaire
en cette Cour.
Les Comtes Charles & Gustave Biron , & le Genéral
Biſmark ſont arrivés de Siberie ; & le bruit
court que les deux premiers ſe retireront en Curlande.
Ecinq Septembre le Roi donna l'audience de
Longeàl'envoyé duKandes Tartares deKri
mée , qui enfuite dîna chés le Comte Poniatouſki
Palatin de Maſovie.
Dans le Senatus Confilium tenu par le Roi le
30 Août dernier , il a été réſolu qu'à la prochaine
Diette on repréſenteroit la néceſſité de recommencer
les Conférences avec les Miniſtres Etrangers
, de régler avec ceux du Roi de Pruffle tout ce
qui regarde le paſſage que la République s'eſt engagée
par le Traité de Velau d'accorder aux Troupes
Pruffiennes toutes les fois qu'elle en ſeroit
requife.
On propoſera à la même Aſſemblée d'accorder
àla Czarine le titre d'Impératrice , demandé depuis
long- tems par cette Princeſſe.
Le Comte de Keizerling ,Envoyé extraordinaire
de la Czarine , doit aller inceſſamment réſider en
cette qualité auprès de l'Empereur , & il fera remplacé
à Varſovie par le Comte de Beſtuchef , qui
eft actuellement à Berlin .
L'Empereur a nommé le Baron de Vezel fon Plénipotentiaire
en cette Cour.
Les Comtes Charles & Gustave Biron , & le Genéral
Biſmark ſont arrivés de Siberie ; & le bruit
court que les deux premiers ſe retireront en Curlande.
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638
p. 175
FRANCFORT.
Début :
ON a appris de cette Ville du 8 de ce mois, que le 27 du mois dernier l'Empereur fit à [...]
Mots clefs :
Troupes, Empereur, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : FRANCFORT.
FRANCFORT .
N a appris de cette Ville du 8 de ce mois ,
que le 27 du mois dernier l'Empereur fit à
Eberſberg la revûë générale de ſon armée , & que
S. M. I. alla enſuite avec une nombreuſe eſcorte
reconnoître les environs de ſon Camp juſqu'à
Waſſeſbourg , dont la garniſon fit un grand feu
ſur les Troupes qui accompagnoient l'Empereur.
Ce Prince s'avança le lendemain à Hagg , & le
.29 à Mulhdorf, dont il ſe rendit maître. Il continua
les jours ſuivans ſa marche , & fur la nouvelle
qu'on reçût que les troupes qui avoient été laifſéesdans
Waſſeſbourg par le Comte de Bathiany ,
avoient abandonné ce poſte , la plus grande partie
de l'armée Impériale marcha de l'autre côté de
l'Inn.
Les Payſans de pluſieurs Villages , ſitués le long
de la Salza , ayant pris les armes ,ils ont ſurpris la
Ville de Reichenhall , dont ils ont taillé en piéces
lagarniſon. :
,
Un corps de troupes Palatines a joint l'armée
de l'Empereur avec huit piéces de canon & l'en
y attendoit un train d'Artillerie de vingt canons &
de dix nortiers .
LeComte de Bathiany s'eſt retiré ſous Braunau
avec les troupes qu'il commande , & il avoit un
poſte avancé à Burekhauſen.
N a appris de cette Ville du 8 de ce mois ,
que le 27 du mois dernier l'Empereur fit à
Eberſberg la revûë générale de ſon armée , & que
S. M. I. alla enſuite avec une nombreuſe eſcorte
reconnoître les environs de ſon Camp juſqu'à
Waſſeſbourg , dont la garniſon fit un grand feu
ſur les Troupes qui accompagnoient l'Empereur.
Ce Prince s'avança le lendemain à Hagg , & le
.29 à Mulhdorf, dont il ſe rendit maître. Il continua
les jours ſuivans ſa marche , & fur la nouvelle
qu'on reçût que les troupes qui avoient été laifſéesdans
Waſſeſbourg par le Comte de Bathiany ,
avoient abandonné ce poſte , la plus grande partie
de l'armée Impériale marcha de l'autre côté de
l'Inn.
Les Payſans de pluſieurs Villages , ſitués le long
de la Salza , ayant pris les armes ,ils ont ſurpris la
Ville de Reichenhall , dont ils ont taillé en piéces
lagarniſon. :
,
Un corps de troupes Palatines a joint l'armée
de l'Empereur avec huit piéces de canon & l'en
y attendoit un train d'Artillerie de vingt canons &
de dix nortiers .
LeComte de Bathiany s'eſt retiré ſous Braunau
avec les troupes qu'il commande , & il avoit un
poſte avancé à Burekhauſen.
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639
p. 175-177
BAVIERE.
Début :
ON mande de Munich du 23 du mois dernier que les Troupes de la Reine de Hongrie, [...]
Mots clefs :
Munich, Armée impériale, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BAVIERE.
BAVIERE.
Nmande de Munich du 23 du mois dernier
que les Troupes de la Reine de Hongrie
ſous les ordres du Baron de Berencklau
, campetont
le 12 dans les environs de cette Ville ; que le
H ilij
176 MERCURE DE FRANCE.
Général Bathiany en ayantpris le commandement ;
elles ſe remirent en marche le 15 , pour ſe rendre
vers l'Inn , & que le lendemain un détachement
de 1500 hommes , que le Général Bathiany avoit
Jaiflé à Munich ſous les ordres du Colonel Litfch ,
ſe retira auſſi dès la pointe du jour , après avoir
mis le feu au pont ſur l'Ifer .
Les Huſſards de l'Armée Impériale parurent une
heure après à une petite diſtance de Munich , &
ayant donné la chaffe à ce détachement , ils tuerent
ou firent priſonniers pluſieurs des Soldats dont
il étoit compoſé.
Le méme jour , le Comte de S. Germain ſe ren-
'dit à Munich avec mille Cuiraffiers & un pareil
nombre de Dragons des troupes Impériales , & il
reprit poſſeſſion de la Ville au nom de l'Empereur.
L'Armée Impériale s'avança le 17 à Augfbourg ,
dont les Magiftrats envoyerent des Députés au
Maréchal de Seckendorf , pour le complimenter.
Le 21 , l'Empereur arriva au Château de Nimphenbourg
; S. M. I. fit le 22 ſon entrée dans Munich
, & le 23 elle ſe mit à la tête de ſon armée ,
avec laquelle elle ſe diſpoſoit à paſſer l'Iſer .
On apprend de Munich du 10 de ce mois , que
l'Armée Impériale , au lieu de ſuivre le Comte de
Bathiany , qui s'étoit rétiré du côté de Braunau
avec les troupes qu'il commande , marcha le 6 de
ce mois à l'Abbaye d'Eggenfeldt , où l'Empereur a
établi ſon quartier général , & qu'il a été réſolu
dans le dernier Confeil de Guerre , que S. M. I ,
a tenu , de ne point s'arrêter au Siége de Braunau
mais de s'avancer vers Paffan , afin de s'emparer
de la Fortereffe d'Oberhaus , &de ſe rendre maître
du cours du Danube.
S. M. I. a accordé une Amniſtie à tous ceux de
ſes Sujets qui ont pu manquer à la fidélité qu'ils lui
NOVEMBRE. 1744. 177
devoient , & elle a promis par une déclaration parțiculiere
de ne faire aucune recherche ſur ce qui
s'eſt paſſé pendant que les ennemis étoient en pofſeſſion
de la Baviere.
,
Les ennemis ont abandonné non-feulement la
Ville de Wafferbourg mais encore le Château
de Roſenheim , & le Prince de Saxe Hildbursghaufen
s'eſt emparé de New Bayern , où il y avoit
300 hommes , dont 100 ont été faits prifonniers &
les autres taillés en piéces ou mis en fuite.
Nmande de Munich du 23 du mois dernier
que les Troupes de la Reine de Hongrie
ſous les ordres du Baron de Berencklau
, campetont
le 12 dans les environs de cette Ville ; que le
H ilij
176 MERCURE DE FRANCE.
Général Bathiany en ayantpris le commandement ;
elles ſe remirent en marche le 15 , pour ſe rendre
vers l'Inn , & que le lendemain un détachement
de 1500 hommes , que le Général Bathiany avoit
Jaiflé à Munich ſous les ordres du Colonel Litfch ,
ſe retira auſſi dès la pointe du jour , après avoir
mis le feu au pont ſur l'Ifer .
Les Huſſards de l'Armée Impériale parurent une
heure après à une petite diſtance de Munich , &
ayant donné la chaffe à ce détachement , ils tuerent
ou firent priſonniers pluſieurs des Soldats dont
il étoit compoſé.
Le méme jour , le Comte de S. Germain ſe ren-
'dit à Munich avec mille Cuiraffiers & un pareil
nombre de Dragons des troupes Impériales , & il
reprit poſſeſſion de la Ville au nom de l'Empereur.
L'Armée Impériale s'avança le 17 à Augfbourg ,
dont les Magiftrats envoyerent des Députés au
Maréchal de Seckendorf , pour le complimenter.
Le 21 , l'Empereur arriva au Château de Nimphenbourg
; S. M. I. fit le 22 ſon entrée dans Munich
, & le 23 elle ſe mit à la tête de ſon armée ,
avec laquelle elle ſe diſpoſoit à paſſer l'Iſer .
On apprend de Munich du 10 de ce mois , que
l'Armée Impériale , au lieu de ſuivre le Comte de
Bathiany , qui s'étoit rétiré du côté de Braunau
avec les troupes qu'il commande , marcha le 6 de
ce mois à l'Abbaye d'Eggenfeldt , où l'Empereur a
établi ſon quartier général , & qu'il a été réſolu
dans le dernier Confeil de Guerre , que S. M. I ,
a tenu , de ne point s'arrêter au Siége de Braunau
mais de s'avancer vers Paffan , afin de s'emparer
de la Fortereffe d'Oberhaus , &de ſe rendre maître
du cours du Danube.
S. M. I. a accordé une Amniſtie à tous ceux de
ſes Sujets qui ont pu manquer à la fidélité qu'ils lui
NOVEMBRE. 1744. 177
devoient , & elle a promis par une déclaration parțiculiere
de ne faire aucune recherche ſur ce qui
s'eſt paſſé pendant que les ennemis étoient en pofſeſſion
de la Baviere.
,
Les ennemis ont abandonné non-feulement la
Ville de Wafferbourg mais encore le Château
de Roſenheim , & le Prince de Saxe Hildbursghaufen
s'eſt emparé de New Bayern , où il y avoit
300 hommes , dont 100 ont été faits prifonniers &
les autres taillés en piéces ou mis en fuite.
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640
p. 177-178
ITALIE.
Début :
LE 2 Octobre, l'Infant Don Philippe fut averti que le Roi de Sardaigne venoit l'attaquer & [...]
Mots clefs :
Chevaux, Roi de Sardaigne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E 2 Octobre , l'Infant Don Philippe fut averti
que le Roi de Sardaigne venoit l'attaquer &
fecourir Coni , il laiſſa pour la garde de ſon camp
18 Bataillons des deux Nations alliées , & avec 20
Bataillons Eſpagnols & 18 François , & 60 Efcadrons
, dont 24 étoient de ces dernieres troupes , il
arriva au Convent de la Madonna del Ulmo . Sa
droite fut appuyée,à ce Convent , ſa gauche à une
Caffine ; une autre Caffine fortifiée couvroit le
centre de ſon armée ; on renforça la premiere ligne
trop foible avec de la Cavalerie , tant Françoiſe
qu'Eſpagnole; le 30 Septembre, l'es Entremis s'avan
cerent fur deux colonnes paralleles. Le Roi de Sardaigne
porta ſon Infanterie le long d'une chauſſéebordée
deNavilles& couvrit les flancs de ſes troupes
de chevaux de friſeşil en plaça de même au frontde
ſon armée, après une violente canonade, à une heure
après midi , les Grenadiers Piemontois attaquerent
les Caffines qui défendoient les retranchemens des
François&des Eſpagnols&le Portde laMadonnadel
Ulmo.Ils furent repouffés dans toutes leurs attaques
fucceſſives;vers less heures du ſoir,le combat devint
général entre l'Infanterie des deux armées ; celle
Hy
178 MERCURE DEFRANCE.
des ennemis fut repouffée de toutes parts &dans
toutes ſes tentatives réitérées , & fur les dix heures,
le Roi de Sardaigne s'appercevant de la perte confidérable
qu'il avoit faite & qu'il ne pouvoit plus
réſiſter aux vainqueurs , abandonna une partie de
fon artillerie & fes innombrabies chevaux de friſe ,
&ſe retira en laiſſant des détachemens de Grenadiers
, qui tirerent pendant deux heures ſur nos
troupespour cacher ſa retraite ; leur feu ceſſa à minuit
, & dès la pointe du jour l'Infant les fit ſuivre
par le Marquis de Corbulan à la tête de 1000 chevaux.
Les Piémontois ont perdu plus de sc00
hommes , tués ou bleſſes , & cinq piéces de canon.
L'armée Françoiſe & Eſpagnole ne compte que
près de 900 morts & 1200 bleffés. Les principaux
Officiers François bleſſes ſont le Marquis de Sennecterre,
Lieutenant Général ; le Chevalier Chauvelin
, Brigadier , & le Marquis de la Force , à qui
un boulet de canon a emporté l'épaule. Deux chevaux
tués ſous le Prince de Conty , & deux coups
dans ſa cuiraffe , prouvent les dangers que ſa valeur
a furmontés.
Les différentes diſpoſitions faites par le Prince de
Lobckowitz font juger qu'il ne penſe qu'à ſe retirer
de l'Etat Eccléſiaſtique avec les troupes qu'il
commande.
Le Comte de Gages , depuis les renforts qu'il a
reçûs d'Eſpagne , eſt fort ſupérieur en forces à ce
-Général..
E 2 Octobre , l'Infant Don Philippe fut averti
que le Roi de Sardaigne venoit l'attaquer &
fecourir Coni , il laiſſa pour la garde de ſon camp
18 Bataillons des deux Nations alliées , & avec 20
Bataillons Eſpagnols & 18 François , & 60 Efcadrons
, dont 24 étoient de ces dernieres troupes , il
arriva au Convent de la Madonna del Ulmo . Sa
droite fut appuyée,à ce Convent , ſa gauche à une
Caffine ; une autre Caffine fortifiée couvroit le
centre de ſon armée ; on renforça la premiere ligne
trop foible avec de la Cavalerie , tant Françoiſe
qu'Eſpagnole; le 30 Septembre, l'es Entremis s'avan
cerent fur deux colonnes paralleles. Le Roi de Sardaigne
porta ſon Infanterie le long d'une chauſſéebordée
deNavilles& couvrit les flancs de ſes troupes
de chevaux de friſeşil en plaça de même au frontde
ſon armée, après une violente canonade, à une heure
après midi , les Grenadiers Piemontois attaquerent
les Caffines qui défendoient les retranchemens des
François&des Eſpagnols&le Portde laMadonnadel
Ulmo.Ils furent repouffés dans toutes leurs attaques
fucceſſives;vers less heures du ſoir,le combat devint
général entre l'Infanterie des deux armées ; celle
Hy
178 MERCURE DEFRANCE.
des ennemis fut repouffée de toutes parts &dans
toutes ſes tentatives réitérées , & fur les dix heures,
le Roi de Sardaigne s'appercevant de la perte confidérable
qu'il avoit faite & qu'il ne pouvoit plus
réſiſter aux vainqueurs , abandonna une partie de
fon artillerie & fes innombrabies chevaux de friſe ,
&ſe retira en laiſſant des détachemens de Grenadiers
, qui tirerent pendant deux heures ſur nos
troupespour cacher ſa retraite ; leur feu ceſſa à minuit
, & dès la pointe du jour l'Infant les fit ſuivre
par le Marquis de Corbulan à la tête de 1000 chevaux.
Les Piémontois ont perdu plus de sc00
hommes , tués ou bleſſes , & cinq piéces de canon.
L'armée Françoiſe & Eſpagnole ne compte que
près de 900 morts & 1200 bleffés. Les principaux
Officiers François bleſſes ſont le Marquis de Sennecterre,
Lieutenant Général ; le Chevalier Chauvelin
, Brigadier , & le Marquis de la Force , à qui
un boulet de canon a emporté l'épaule. Deux chevaux
tués ſous le Prince de Conty , & deux coups
dans ſa cuiraffe , prouvent les dangers que ſa valeur
a furmontés.
Les différentes diſpoſitions faites par le Prince de
Lobckowitz font juger qu'il ne penſe qu'à ſe retirer
de l'Etat Eccléſiaſtique avec les troupes qu'il
commande.
Le Comte de Gages , depuis les renforts qu'il a
reçûs d'Eſpagne , eſt fort ſupérieur en forces à ce
-Général..
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641
p. 178-179
ESPAGNE.
Début :
L'escadre Espagnole, qui a pour Commandant M. d'Auteuil, a pris dix Vaisseaux Hollandois [...]
Mots clefs :
Roi, Vaisseaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
L
'Eſcadre Eſpagnole , qui a pour Commandant
M. d'Auteuil , a pris dix Vaiſſeaux Hollandois
qui faisoient partie d'un convoi deſtiné pour la
Flotte que le Roi de la Grande-Bretagne a dans la
NOVEMBRE. 1744.- 179
Méditerranée ; ils étoient chargésd'agrès & de munitions
de guerre , le reſte du convoi , eſcorté de
deux Vaiſſeaux de guerre , s'eſt ſauvé , & a été
pourſuivi du côté de l'Afrique.
M. Greffein , Sécretaire d'Ambaſſade , chargé
dans cette Cour des affaires de la République de
Hollande , a préſenté au Miniſtere un Mémoire au
ſujet de la priſe de ces Vaiſſeaux, il prétend qu'ils
faifoient ſeulement voile de conſerve avec les
Vaiſſeaux Anglois .
Onmande de Madrid du 27du mois dernier que
le Roi a pris le deüil pour trois ſemaines à l'occa
fion de la mort de Madame de France , fixiéme fille
de S. M. T. С.
Le 21, Don Antoine Alos, Brigadier des armées
du Roi d'Eſpagne , arriva du Camp devant Coni ,
d'où il avoit été dépêché par l'Infant Don Philippe
, pour informer S. M. du détail de l'action qui
s'eſt paffée le 30 Septembre dernier entre les troupes
combinées de France & d'Eſpagne & celles du Roi
deSardaigne.
L'Intendant de Marine du Ferol a mandé au Roi
que la Galere le Prince des Afturies, commandée par
Don Paulde Larrea , s'étoit emparée le 4 du mois
dernier du Brigantin Anglois les deux Freres , de 70
tonneaux , dont la charge confiftoit en 115s quinteaux
de Moruë , & en dix barriques de Saumon.
L
'Eſcadre Eſpagnole , qui a pour Commandant
M. d'Auteuil , a pris dix Vaiſſeaux Hollandois
qui faisoient partie d'un convoi deſtiné pour la
Flotte que le Roi de la Grande-Bretagne a dans la
NOVEMBRE. 1744.- 179
Méditerranée ; ils étoient chargésd'agrès & de munitions
de guerre , le reſte du convoi , eſcorté de
deux Vaiſſeaux de guerre , s'eſt ſauvé , & a été
pourſuivi du côté de l'Afrique.
M. Greffein , Sécretaire d'Ambaſſade , chargé
dans cette Cour des affaires de la République de
Hollande , a préſenté au Miniſtere un Mémoire au
ſujet de la priſe de ces Vaiſſeaux, il prétend qu'ils
faifoient ſeulement voile de conſerve avec les
Vaiſſeaux Anglois .
Onmande de Madrid du 27du mois dernier que
le Roi a pris le deüil pour trois ſemaines à l'occa
fion de la mort de Madame de France , fixiéme fille
de S. M. T. С.
Le 21, Don Antoine Alos, Brigadier des armées
du Roi d'Eſpagne , arriva du Camp devant Coni ,
d'où il avoit été dépêché par l'Infant Don Philippe
, pour informer S. M. du détail de l'action qui
s'eſt paffée le 30 Septembre dernier entre les troupes
combinées de France & d'Eſpagne & celles du Roi
deSardaigne.
L'Intendant de Marine du Ferol a mandé au Roi
que la Galere le Prince des Afturies, commandée par
Don Paulde Larrea , s'étoit emparée le 4 du mois
dernier du Brigantin Anglois les deux Freres , de 70
tonneaux , dont la charge confiftoit en 115s quinteaux
de Moruë , & en dix barriques de Saumon.
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642
p. 179-180
GENES ET ISLE DE CORSE.
Début :
ON mande de Gênes du 2[6] du mois dernier, qu'on y a appris que les obstacles de la saison [...]
Mots clefs :
Gênes, Armée combinée, Prince de Conti
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GENES ET ISLE DE CORSE.
GENES ET ISLE DE CORSE..
N mande de Gênes du 25 du mois dernier ,
appris que les obstacles de la faifon
n'ayant pas permis à l'armée combinée de France
&d'Eſpagne de continuer le Siége de Coni , l'Infant
Don Philippe & le Prince de Conty étoient
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
décampésle 21 , & que les troupes Françoiſes &
Eſpagnoles , qui n'ont été nullement inquiétées
dans leur retraite par les Piemontois , étoient fous
Demont , où elles devoient demeurer juſqu'au retour
des deux couriers , qui ont été dépêchés , l'un
par le Prince de Conty au Roi de France , & l'autre
par l'Infant en Eſpagne.
On a appris de Gênes du 2 de ce mois , que le
dernier courier qui est arrivé, de Turin a rapporté
que depuis que l'armée combinée de France
&d'Efpagne eft retournée dans ſon Camp ſous Démont,
le Roi de Sardaigne a établi fon quartier général
à Vignolo , entre cette Forterefle & la Ville
de Coni .
Selon les avis reçûs de l'Etat Eccléſiaſtique , on
ne croit pas que le Prince de Lobckowits demeu-.
re encore long- tems dans ſon Camp de Nemi , &
l'on affûre que les troupes qui font tous les ordres
font fort inférieures à l'armée des Eſpagnols &
des Napolitains.
N mande de Gênes du 25 du mois dernier ,
appris que les obstacles de la faifon
n'ayant pas permis à l'armée combinée de France
&d'Eſpagne de continuer le Siége de Coni , l'Infant
Don Philippe & le Prince de Conty étoient
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
décampésle 21 , & que les troupes Françoiſes &
Eſpagnoles , qui n'ont été nullement inquiétées
dans leur retraite par les Piemontois , étoient fous
Demont , où elles devoient demeurer juſqu'au retour
des deux couriers , qui ont été dépêchés , l'un
par le Prince de Conty au Roi de France , & l'autre
par l'Infant en Eſpagne.
On a appris de Gênes du 2 de ce mois , que le
dernier courier qui est arrivé, de Turin a rapporté
que depuis que l'armée combinée de France
&d'Efpagne eft retournée dans ſon Camp ſous Démont,
le Roi de Sardaigne a établi fon quartier général
à Vignolo , entre cette Forterefle & la Ville
de Coni .
Selon les avis reçûs de l'Etat Eccléſiaſtique , on
ne croit pas que le Prince de Lobckowits demeu-.
re encore long- tems dans ſon Camp de Nemi , &
l'on affûre que les troupes qui font tous les ordres
font fort inférieures à l'armée des Eſpagnols &
des Napolitains.
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643
p. 180-181
GRANDE BRETAGNE.
Début :
LE 17 Septembre, le Roi tint à Kensington un Conseil d'Etat, & ensuite fit partir des couriers [...]
Mots clefs :
Vaisseau, Vaisseaux, Tonneaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
E 17 Septembre , le Roi tint à Kensington un
Conſeil d'Etat , & enſuite fit partir des couriers
pour Vienne, pour Bruxelles & pour la Haye.
L'Eſcadre qui va relever en Amérique celle du
Chevalier Chaloner-Ogle, eſt commandée par PAmiral
Dawers,& est compoſée de deux Vaifleaux de
90 canons , de deux de 80 , de trois de 70 , de quatre
de 60 , & de quatre de 40.
Les revenus des Douannes ont produit cette année
90000 livres ſterlings de moins que l'année
derniere.
NOVEMBRE. 1744. 181
1
On apprend de Londres du 16 de ce mois , que
le Vaiſſeau de guer le Jerſey , commandé par le
Capitaine Hardy , conduifit le 8 à Plymouh les
Vailleaux François l'Espérance , l'Intrépide, le Mentor
& la Marie-Théreſe, dont les deux derniers venoient
de la Martinique & de S. Domingue , &
étoient richement chargés .
Un Armateur de l'iſte d'Antigoa s'eſt rendu
maître d'un Vaiſſeau de la même Nation , à bord
duquel en a trouvé 200 barriques de Sucre , 54
tonneaux de Caffé & pluſieurs tonneaux d'lu
dīgo .
E 17 Septembre , le Roi tint à Kensington un
Conſeil d'Etat , & enſuite fit partir des couriers
pour Vienne, pour Bruxelles & pour la Haye.
L'Eſcadre qui va relever en Amérique celle du
Chevalier Chaloner-Ogle, eſt commandée par PAmiral
Dawers,& est compoſée de deux Vaifleaux de
90 canons , de deux de 80 , de trois de 70 , de quatre
de 60 , & de quatre de 40.
Les revenus des Douannes ont produit cette année
90000 livres ſterlings de moins que l'année
derniere.
NOVEMBRE. 1744. 181
1
On apprend de Londres du 16 de ce mois , que
le Vaiſſeau de guer le Jerſey , commandé par le
Capitaine Hardy , conduifit le 8 à Plymouh les
Vailleaux François l'Espérance , l'Intrépide, le Mentor
& la Marie-Théreſe, dont les deux derniers venoient
de la Martinique & de S. Domingue , &
étoient richement chargés .
Un Armateur de l'iſte d'Antigoa s'eſt rendu
maître d'un Vaiſſeau de la même Nation , à bord
duquel en a trouvé 200 barriques de Sucre , 54
tonneaux de Caffé & pluſieurs tonneaux d'lu
dīgo .
Fermer
644
p. 181-182
FLANDRE.
Début :
L'Armée des Alliés décampa le 9 Août ; quelques jours auparavant un de ses détachemens [...]
Mots clefs :
Comte, Archiduchesse, Alliés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : FLANDRE.
FLANDRE.
'Armée des Alliés décampa le 9Août ; quelques
jours auparavant un de ſes détachemens
de 400 Anglois & de 200 Hanoveriens fut mis en
déroute par un détachement François , qui tua
plus de 80 hommes & emmena prifonniers pluſieurs
Officiers & Soldats.
: Le Comte Maurice de Naſſau , Général des trou
pes Hollandoifes n'étoit pas encore rétabli de fa
ladie.
Le 17 Octobre , le Comte de Kaunits,Conſeiller
Intime de la Reine de Hongrie ,& nommé par,
elle Grand-Maître de la Maifon ,& Premier Miniſtre
de l'Archiducheſſe Gouvernante , arriva de
Vienne à Bruxelles , & reçut le lendemain les
complimens des Conſeils & des Tribunaux .
Les troupes des Alliés , fort incommodées par
les ouragans impétueux qu'elles ont eſſuyés près
de Gand au Camp de S.Denis, ſe ſont retirées dans
les quartiers qui leur étoient deſtinés.
La garniſon de la Ville de Conſtance a abandon
182 MERCURE DE FRANCE.
donné cette Ville au ſeul bruit de l'approche du
Comte de Clermont, qui y eſt entré, & a fait l'Etat
Major prifonnier de guerre ; on y a trouvé une
nombreuſe artillerie&des magaſins appartenants à
la Reinex de Hongrie.
Le 3 Octobre , l'Archiducheſſe Gouvernante de
Flandre reffentit une fiévre violente & des douleurs
très-aiguës , ce qui la détermina à ſe confeffer
&à recevoir le Viatique , le 6 à cinq heures dư
matin l'enfant fut jugé mort & tiré par l'opération
uſitée. L'Archiducheſſe la ſouffrit courageuſement.
'Armée des Alliés décampa le 9Août ; quelques
jours auparavant un de ſes détachemens
de 400 Anglois & de 200 Hanoveriens fut mis en
déroute par un détachement François , qui tua
plus de 80 hommes & emmena prifonniers pluſieurs
Officiers & Soldats.
: Le Comte Maurice de Naſſau , Général des trou
pes Hollandoifes n'étoit pas encore rétabli de fa
ladie.
Le 17 Octobre , le Comte de Kaunits,Conſeiller
Intime de la Reine de Hongrie ,& nommé par,
elle Grand-Maître de la Maifon ,& Premier Miniſtre
de l'Archiducheſſe Gouvernante , arriva de
Vienne à Bruxelles , & reçut le lendemain les
complimens des Conſeils & des Tribunaux .
Les troupes des Alliés , fort incommodées par
les ouragans impétueux qu'elles ont eſſuyés près
de Gand au Camp de S.Denis, ſe ſont retirées dans
les quartiers qui leur étoient deſtinés.
La garniſon de la Ville de Conſtance a abandon
182 MERCURE DE FRANCE.
donné cette Ville au ſeul bruit de l'approche du
Comte de Clermont, qui y eſt entré, & a fait l'Etat
Major prifonnier de guerre ; on y a trouvé une
nombreuſe artillerie&des magaſins appartenants à
la Reinex de Hongrie.
Le 3 Octobre , l'Archiducheſſe Gouvernante de
Flandre reffentit une fiévre violente & des douleurs
très-aiguës , ce qui la détermina à ſe confeffer
&à recevoir le Viatique , le 6 à cinq heures dư
matin l'enfant fut jugé mort & tiré par l'opération
uſitée. L'Archiducheſſe la ſouffrit courageuſement.
Fermer
645
p. 182-183
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Début :
DON Gabriel Bernard de Quiros Velasco y Cueva, Marquis de Montéal, Capitaine Général de [...]
Mots clefs :
Baron, Troupes, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS DES PAYS ETRANGERS.
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
.
On Gabriel Bernard deQuiros Velasco y Cueva,
د
la Province d'Eſtramadoure , mourut à Badajos le
5 Septembre , âgé de 66 ans.
Don François Lobato d'Ocampo , Conſeiller des
Finances , mourut à Madrid le 8 , à l'âge dess
ans.
Les Marquis de Guendica &de Garcia , LieutenantGénéraux
des troupes d'Eſpagne en Italie, ont
été bleffés , & M. de Kindelan , Aide-Major Général
de ces troupes , a ététué au Combat donné
près de la Madonna del Ulmo .
Don Manuel de Toledo , Conſeiller du Conſeil
des Finances , ci-devant Régent de l'Audience de
Valence , mourut à Madrid le 23 du mois dernier ,
agé de 74 ans.
NOVEMBRE . 1744 . 183
le Marquis d'Olias , Corregidor & IntendantGé
néral de Tolede , y mourut au commencement du
même mois , dans la 65 année de ſon âge.
Mre Leopold-Antoine-Eleuther , Baron de Firmian
, Archevêque Prince de Saltzbourg , y mourut
le 27 du même mois , âgé de 65 ans , cinq mois &
unjour. Il étoit fils de François , Baron de Firmian,
Commandant de Trieste & Colonel d'un Régi
ment d'Infanterie dans les troupes de l'Empereur
Leopold , & il avoit été nommé Chanoine de
Saltzbourg en 1702 , Evêque de Lavant en 1718 ,
Evêque de Seckau & de Laubach en 1725 , &
Archevêque de Saltzbourg le 4 Octobre 1727.
Le Baron de Plettemberg , ci-devant Miniſtre de
la Reine de Hongrie à la Diette de l'Empire ,
mourut à Ratifbonne le 29 du mois dernier.
.
On Gabriel Bernard deQuiros Velasco y Cueva,
د
la Province d'Eſtramadoure , mourut à Badajos le
5 Septembre , âgé de 66 ans.
Don François Lobato d'Ocampo , Conſeiller des
Finances , mourut à Madrid le 8 , à l'âge dess
ans.
Les Marquis de Guendica &de Garcia , LieutenantGénéraux
des troupes d'Eſpagne en Italie, ont
été bleffés , & M. de Kindelan , Aide-Major Général
de ces troupes , a ététué au Combat donné
près de la Madonna del Ulmo .
Don Manuel de Toledo , Conſeiller du Conſeil
des Finances , ci-devant Régent de l'Audience de
Valence , mourut à Madrid le 23 du mois dernier ,
agé de 74 ans.
NOVEMBRE . 1744 . 183
le Marquis d'Olias , Corregidor & IntendantGé
néral de Tolede , y mourut au commencement du
même mois , dans la 65 année de ſon âge.
Mre Leopold-Antoine-Eleuther , Baron de Firmian
, Archevêque Prince de Saltzbourg , y mourut
le 27 du même mois , âgé de 65 ans , cinq mois &
unjour. Il étoit fils de François , Baron de Firmian,
Commandant de Trieste & Colonel d'un Régi
ment d'Infanterie dans les troupes de l'Empereur
Leopold , & il avoit été nommé Chanoine de
Saltzbourg en 1702 , Evêque de Lavant en 1718 ,
Evêque de Seckau & de Laubach en 1725 , &
Archevêque de Saltzbourg le 4 Octobre 1727.
Le Baron de Plettemberg , ci-devant Miniſtre de
la Reine de Hongrie à la Diette de l'Empire ,
mourut à Ratifbonne le 29 du mois dernier.
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646
p. 184-191
COPIE de la Lettre de M. le Ch. P***, à M. le Ch. S**, à Malte le 27 Octobre.
Début :
Depuis que j'habite notre Rocher, mon cher Chevalier, je vous ai souvent [...]
Mots clefs :
Roi, Grand maître, Charles de Tubières de Caylus, Escadre, Vaisseaux, Commandant, Magnifique, Te Deum, Illumination
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COPIE de la Lettre de M. le Ch. P***, à M. le Ch. S**, à Malte le 27 Octobre.
COPIE de la Lettre de M. le Ch. P ***
àM. le Ch. S ** , à Malte le 27 Octobre .
Depuisque
j'habite notre Rocher , mon
cher Chevalier , je vous ai ſouvent
écrit que je n'avois rien à mander , fur tout
à un habitant de Paris ; il n'en fera pas de
même aujourd'hui , écoutez -moi.
L'Eſcadre du Roi , commandée par le
Chevalier de Caylus , parut devant Malte
le premier Octobre & nous apprit à la fois
la maladie & la convalefcence du Roi ; le
danger fit fur nous une impreflion que la
nouvelle de fon rétabliſſement n'effaçoit
pas ; nous eûmes beſoin des affurances pofitives
qui nous vinrent de tous les côtés de
fon entiere guériſon pour refpirer en liberté
, & quoique notre affliction fut diminuée
, nous ne laiſſions pas d'éprouver
un ferrement de coeur qui nous rendoit
beaucoup plus douces les larmes de joye que
nous répandions.
On ne penſa plus qu'à remercier Dieu , &
à faire éclater ſa reconnoiſſance.
Les Trois Langues de France en Corps &
le Bailly du Bocage , chargé des affaires du
Roi auprès du G. M. firent chanter ſéparéi
:
NOVEMBRE. 1744. 185
ment des Te Deum , aufquels le Grand Maî
tre aſſiſta dans l'Egliſe de S. Jean à l'iſſue
d'une grandeMeſſe en Pontifical.
Notre ami le Chevalier N * * s'eſt chargé
de vous mander le détail de ces deux fêtes ;
je m'en tiens à celle qu'avoit fait préparer
le Chevalier de Caylus ; il n'avoit rien négligé
comme vous le verrez , pour ſignaler
fon zéle & fon attachement pour le Roi ;
aufli il s'en eft acquitté de la façon la plus
nouvelle & la plus magnifique , du moins
je vous aflûre qu'on n'avoit jamais rien vû
de pareil àMalte.
L'Eſcadre du Chevalier de Caylus , compoſée
de cinq Vaiſſeaux , & à laquelle ſe
joignit un fixiéme Vaiſſeau François , commandé
par le Comte de Vaudreuil , entra
dans le Port le 19 , & la fête fut indiquée
au 26 ; le 25 au matin , les Vaiſſeaux furent
pavoiſés & parés de flames & de pavillons
de toutes les couleurs & de toutes les Na-.
tions ; au Soleil couchant , le Commandant
fit une ſalve de 21 coups de canon , & les
s autres Vaiſſeaux une de 19 chacun ; quand
la nuit fut venuë , les Navires parurent abſolument
illuminés jusqu'aux manoeuvres
les plus déliées ; tout étoit formé par des
lumieres ; ces fix Batimens placés avantageuſement
dans le Port & brillans de tous
les côtés , produifurent le plus beau coup
186 MERCURE DE FRANCE.
d'oeil que l'on puiffe imaginer , pendant
deux heures que dura cette ſuperbe illumination
.
Le 26 au lever du Soleil , ces Vaiſſeaux
parurent pavoiſés comme ils l'avoient été la
veille , ſans que l'on pût rien découvrir de
tout ce qui avoit porté les lumieres ; ce
fut alors qu'une décharge générale de la
mouſqueterie , fuivie d'un falut de 21 coups
duCommandant& de 19 des autres Vaifſeaux
avertit toute la Ville de la fêre
qu'on devoit célébrer. Avant midi toutes
les fenêtres & les terraſſes ſur le Port furent
remplies d'un monde infini ; le peuple
couvroit le môle & les baſtions dans l'attente
du Te Deum qui devoit ſe chanter ſur.
le Vaiſſeau Commandant , & de l'illumination
qui devoit le ſuivre , mais ce qui redoubloit
encore l'affluence des Spectateurs ,
c'étoit le Grand Maître , qui a fait en cette
occaſion ce qu'aucun de ſes prédéceſſeurs
n'a pratiqué ; jamais il n'y en a eu qui ait
été viſiter ſes propres Vaiſſeaux , encore
moins qui ſoit monté fur un bord étranger
; le Chevalier de Caylus qui n'ignoroit
par cet article de l'étiquette , ne laiſſa pas
d'aller à la tête des Capitaines& des Officiersde
ſon Eſcadre , prier ſon Eminence
d'honorer la fête de ſa préſence ; le Grand
Maître charmé de témoigner ſa vénération
NOVEMBRE. 1744. 187
pour le Roi , oublia les uſages les plus anciennement
établis ; il fortit à quatre heures
& demie de fon Palais , précédé de tous les
Chevaliers qui font à Malte & fuivi de
preſque tous les Grand'Croix , des Baillifs
& des Seigneurs du Conſeil des differentes
Nations. Environné de cette Cour refpectable
, il vint à pied juſques à la Marine ;
tous les canots de l'Eſcadre allerent au- devant
du Grand - Maître , qu'une ſuperbe
Gondole attendoit &dans laquelle il monta
avec les Seigneurs de la Grand'Croix
& fon grand Ecuyer en habit de cérémonie
; les principaux Officiers du Palais également
en habits de cérémonie , le précédoient
dans une autre Gondole . Les Chevaliers
avoient rempli les canots & tous les
petits bâtimens que le Commandant avoit
fait trouver au mole. Le Grand-Maître vo
guoit lentement au bruit des tymbales &
trompettes,& les Vaifleaux François devant
leſquels il paſſa , le ſaluerent de ſept Vivé
le Roi.
Quand fon Alteſſe fut arrivée au Commandant
, elle trouva fur une eſpéce de perron
que l'on avoit ajouté au pied de la
grande échelle , tous les Capitaines de l'Efcadre
& le Chevalier de Caylus à leur tête ;
il donna le bras au Grand- Maître & l'aida a
monter , tandis que les équipages faifoient
و
188 MERCURE DEFRANCE.
retentir l'air de cris redoublés de Vive le
Roi. Son Eminence trouva au haut de l'échelletes
troupes ſous les armes , & fut faluée
par leurs Officiers ; elle paſſa ſur le
gaillard , où les Officiers de la Compagnie
des Gardes de la Marine la faluerent également
; quarante de ces Mrs étoient ſous les
armes ; ils les préſenterent avec tant de grace
que le Grand-Maître en fut charmé ; il
s'arrêta quelques momens pour voir & admirer
cette jeune nobleſſe , dont pluſieurs
fontde notre Ordre , enfuite le Grand-Maî
tre entra dans la chambre du Conſeil , à la
porte de laquelle un Garde Marine étoit en
faction l'épée nuë ; ſon Eminence s'aflit fur
un fauteiiil placé ſur un tapis de pied ; tous
lesGrand'Croix étoient affis autour de lui ;
une décharge de moufqueterie fut le ſignal
d'une ſalve générale de toute l'artillerie
des Vaiſſeaux ; S. E. après quelques momens
d'une converſation polie & agréable, voulut
viſiter l'intérieur du Vaiſſeau ; tout y étoit
diſpoſé comme pour le combat ; le Grand-
Maître alla par tout , examina & parut charmé
de l'ordre &de la propreté de ce beau
Navire , il vint enfuite ſur le Gaillard & fe
plaça fous unDais qu'on lui avoit preparé à
Tribord. Ce Gaillard formoit alors un falon
magnifique , au fond duquel les Gardes de
la Marine étoient ſous les armes , & deux
• NOVEMBRE . 1744. 189
de ces Mrs étoient en faction aux côtés du .
Dais ; les Grand'Croix étoient affis , & les
Chevaliers avec les Officiers de l'Eſcadre
étoient debout. Le Pere de Leſpinaffe , Jefuite
, Aumônier du Commandant , vint à
la tête des Aumôniers de l'Eſcadre complimenter
le Grand Maître , avant que de lui
preſenter l'Eau-Bénite , enſuite il alla devant
un Autel richement paré , & il entonna
le Te Deum qui fut chanté par toute la
Muſique de Malte , que le Chevalier de
Caylus avoit placée ſur la Dunette.
Au fronteau de la Dunette & dans l'endroit
le plus apparent , on avoit placé le
Portrait du Roi . Vous ne pouvez imaginer
, mon cher Chevalier , l'effet que cette
vûë produifit en nous ; c'étoit pour lui que
nous étions aſſemblés , c'étoit pour lui que
nous venions intéreſſer le Ciel ; nos coeurs
en furent remués ; les differentes Nations
qui étoient avec nous , s'en apperçûrent&
convinrent que jamais aucune Nation n'a
aimé ſon Roi comme les François aiment le
leur. Nous cherchâmes dans nous-mêmes la
raifonde cet amour fi tendre & fi vif ; voici
celle que nous trouvames ; je crois que c'eſt
la véritable , du moins nous la donnâmes à
des Portugais étonnés de la vivacité de nos
fentimens. Toutes les Nations , même les
plus fidelles , ne voyent que leur Maître
190 MERCURE DE FRANCE.
dans la perſonne de leur Roi , les François
vont plus loin , ils y voyent un Pere , auquel
ils doivent tout , & un ami pour lequel
ils mourroient. Ces Mrs avouerent
qu'il falloir que cela fut ainſi , pour furprendre
les François dans les mouvemens
involontaires de crainte ou de triſteſſe dont
on voitbien qu'ils ne ſont pas les Maîtres ,
d'abord qu'il s'agit de leur Roi.
Quandles prieres furent finies , le Grand-
Maître revint dans la chambre du Conſeil
où le Commandant lui ſervit lui-même des
rafraîchiſſemens ; on en préſenta à tous les
Seigneurs , parmi leſquels étoit l'Evêque
deMalte & le Prieur de l'Eglife ; ces deux
Prélats ont affifté à toutes les prieres qu'on
a fait pour le Roi , & ſe ſont trouvés à
toutes les fêtes dont ce Monarque étoit
l'objet.
Tous les Officiers s'approcherent auſſi de
ſon Eminence ; ce Prince les reçut avec une
politeffe & un air de fatisfaction , qui flatoit
plus que l'honneur même qu'il avoit
prétendu faire par ſa préſence ; il fit donner
75 Piéces de Portugal valant mille écus
à l'équipage ; il accorda la demi-Croix au
premier Nocher , au premier Pilote & au
premier Canonnier; enfin au coucher du Soleil
, leGrandMaître parût fortir à regret
du Vaiſſeau ; il fut conduit avec les mêmes
NOVEMBRE.
1744. 191
cérémonies & le Commandant lui donna le
bras pour l'aider à deſcendre & à entrer
dans ſaGondole;à peine fut-elle débordée,
qu'une ſalve générale d'artillerie &demoufqueterie
ſe fit entendre.
Le Grand- Maître , pour ne rien perdre
de cette fête , vint débarquer à ſon jardin
de la Marine , dont il avoit fait illuminer le
beau ſalon , pour répondre en quelque façon
aux illuminations des Vaiſſeaux dont il n'avoit
pû joüir: la veille & ce jour-là tout
concourut à luidonner un magnifique ſpectacle
; après avoir demeuré deux heures
dans ſon jardin , S. E. retourna ſur les neuf
heures à ſon Palais , mais pour joüir plus
long-tems de la beauté du coup d'oeil que
fourniſloit cette brillante Eſcadre , ce Prince
paſſa à pied le long du rempart du côté
de la Baraque de Caſtille ; ſa Cour étoit un
peu moins nombreuſe qu'en arrivant à fon
jardin ; 70 Chevaliers ou Baillifs de diffe
rentes Nations qui l'avoient ſuivi, revinrent
au Vaiſſeau du Chevalier de Caylus , où il
les attendoit avec le plus grand & le plus
magnifique ſouper , qu'il appelloit un ambigu
; la gayeté, la bonne chere , les vins
précieux & la Muſique firent durer jufqu'au
jour un ſouper qui lui ſeul eut été
une fête magnifique.
àM. le Ch. S ** , à Malte le 27 Octobre .
Depuisque
j'habite notre Rocher , mon
cher Chevalier , je vous ai ſouvent
écrit que je n'avois rien à mander , fur tout
à un habitant de Paris ; il n'en fera pas de
même aujourd'hui , écoutez -moi.
L'Eſcadre du Roi , commandée par le
Chevalier de Caylus , parut devant Malte
le premier Octobre & nous apprit à la fois
la maladie & la convalefcence du Roi ; le
danger fit fur nous une impreflion que la
nouvelle de fon rétabliſſement n'effaçoit
pas ; nous eûmes beſoin des affurances pofitives
qui nous vinrent de tous les côtés de
fon entiere guériſon pour refpirer en liberté
, & quoique notre affliction fut diminuée
, nous ne laiſſions pas d'éprouver
un ferrement de coeur qui nous rendoit
beaucoup plus douces les larmes de joye que
nous répandions.
On ne penſa plus qu'à remercier Dieu , &
à faire éclater ſa reconnoiſſance.
Les Trois Langues de France en Corps &
le Bailly du Bocage , chargé des affaires du
Roi auprès du G. M. firent chanter ſéparéi
:
NOVEMBRE. 1744. 185
ment des Te Deum , aufquels le Grand Maî
tre aſſiſta dans l'Egliſe de S. Jean à l'iſſue
d'une grandeMeſſe en Pontifical.
Notre ami le Chevalier N * * s'eſt chargé
de vous mander le détail de ces deux fêtes ;
je m'en tiens à celle qu'avoit fait préparer
le Chevalier de Caylus ; il n'avoit rien négligé
comme vous le verrez , pour ſignaler
fon zéle & fon attachement pour le Roi ;
aufli il s'en eft acquitté de la façon la plus
nouvelle & la plus magnifique , du moins
je vous aflûre qu'on n'avoit jamais rien vû
de pareil àMalte.
L'Eſcadre du Chevalier de Caylus , compoſée
de cinq Vaiſſeaux , & à laquelle ſe
joignit un fixiéme Vaiſſeau François , commandé
par le Comte de Vaudreuil , entra
dans le Port le 19 , & la fête fut indiquée
au 26 ; le 25 au matin , les Vaiſſeaux furent
pavoiſés & parés de flames & de pavillons
de toutes les couleurs & de toutes les Na-.
tions ; au Soleil couchant , le Commandant
fit une ſalve de 21 coups de canon , & les
s autres Vaiſſeaux une de 19 chacun ; quand
la nuit fut venuë , les Navires parurent abſolument
illuminés jusqu'aux manoeuvres
les plus déliées ; tout étoit formé par des
lumieres ; ces fix Batimens placés avantageuſement
dans le Port & brillans de tous
les côtés , produifurent le plus beau coup
186 MERCURE DE FRANCE.
d'oeil que l'on puiffe imaginer , pendant
deux heures que dura cette ſuperbe illumination
.
Le 26 au lever du Soleil , ces Vaiſſeaux
parurent pavoiſés comme ils l'avoient été la
veille , ſans que l'on pût rien découvrir de
tout ce qui avoit porté les lumieres ; ce
fut alors qu'une décharge générale de la
mouſqueterie , fuivie d'un falut de 21 coups
duCommandant& de 19 des autres Vaifſeaux
avertit toute la Ville de la fêre
qu'on devoit célébrer. Avant midi toutes
les fenêtres & les terraſſes ſur le Port furent
remplies d'un monde infini ; le peuple
couvroit le môle & les baſtions dans l'attente
du Te Deum qui devoit ſe chanter ſur.
le Vaiſſeau Commandant , & de l'illumination
qui devoit le ſuivre , mais ce qui redoubloit
encore l'affluence des Spectateurs ,
c'étoit le Grand Maître , qui a fait en cette
occaſion ce qu'aucun de ſes prédéceſſeurs
n'a pratiqué ; jamais il n'y en a eu qui ait
été viſiter ſes propres Vaiſſeaux , encore
moins qui ſoit monté fur un bord étranger
; le Chevalier de Caylus qui n'ignoroit
par cet article de l'étiquette , ne laiſſa pas
d'aller à la tête des Capitaines& des Officiersde
ſon Eſcadre , prier ſon Eminence
d'honorer la fête de ſa préſence ; le Grand
Maître charmé de témoigner ſa vénération
NOVEMBRE. 1744. 187
pour le Roi , oublia les uſages les plus anciennement
établis ; il fortit à quatre heures
& demie de fon Palais , précédé de tous les
Chevaliers qui font à Malte & fuivi de
preſque tous les Grand'Croix , des Baillifs
& des Seigneurs du Conſeil des differentes
Nations. Environné de cette Cour refpectable
, il vint à pied juſques à la Marine ;
tous les canots de l'Eſcadre allerent au- devant
du Grand - Maître , qu'une ſuperbe
Gondole attendoit &dans laquelle il monta
avec les Seigneurs de la Grand'Croix
& fon grand Ecuyer en habit de cérémonie
; les principaux Officiers du Palais également
en habits de cérémonie , le précédoient
dans une autre Gondole . Les Chevaliers
avoient rempli les canots & tous les
petits bâtimens que le Commandant avoit
fait trouver au mole. Le Grand-Maître vo
guoit lentement au bruit des tymbales &
trompettes,& les Vaifleaux François devant
leſquels il paſſa , le ſaluerent de ſept Vivé
le Roi.
Quand fon Alteſſe fut arrivée au Commandant
, elle trouva fur une eſpéce de perron
que l'on avoit ajouté au pied de la
grande échelle , tous les Capitaines de l'Efcadre
& le Chevalier de Caylus à leur tête ;
il donna le bras au Grand- Maître & l'aida a
monter , tandis que les équipages faifoient
و
188 MERCURE DEFRANCE.
retentir l'air de cris redoublés de Vive le
Roi. Son Eminence trouva au haut de l'échelletes
troupes ſous les armes , & fut faluée
par leurs Officiers ; elle paſſa ſur le
gaillard , où les Officiers de la Compagnie
des Gardes de la Marine la faluerent également
; quarante de ces Mrs étoient ſous les
armes ; ils les préſenterent avec tant de grace
que le Grand-Maître en fut charmé ; il
s'arrêta quelques momens pour voir & admirer
cette jeune nobleſſe , dont pluſieurs
fontde notre Ordre , enfuite le Grand-Maî
tre entra dans la chambre du Conſeil , à la
porte de laquelle un Garde Marine étoit en
faction l'épée nuë ; ſon Eminence s'aflit fur
un fauteiiil placé ſur un tapis de pied ; tous
lesGrand'Croix étoient affis autour de lui ;
une décharge de moufqueterie fut le ſignal
d'une ſalve générale de toute l'artillerie
des Vaiſſeaux ; S. E. après quelques momens
d'une converſation polie & agréable, voulut
viſiter l'intérieur du Vaiſſeau ; tout y étoit
diſpoſé comme pour le combat ; le Grand-
Maître alla par tout , examina & parut charmé
de l'ordre &de la propreté de ce beau
Navire , il vint enfuite ſur le Gaillard & fe
plaça fous unDais qu'on lui avoit preparé à
Tribord. Ce Gaillard formoit alors un falon
magnifique , au fond duquel les Gardes de
la Marine étoient ſous les armes , & deux
• NOVEMBRE . 1744. 189
de ces Mrs étoient en faction aux côtés du .
Dais ; les Grand'Croix étoient affis , & les
Chevaliers avec les Officiers de l'Eſcadre
étoient debout. Le Pere de Leſpinaffe , Jefuite
, Aumônier du Commandant , vint à
la tête des Aumôniers de l'Eſcadre complimenter
le Grand Maître , avant que de lui
preſenter l'Eau-Bénite , enſuite il alla devant
un Autel richement paré , & il entonna
le Te Deum qui fut chanté par toute la
Muſique de Malte , que le Chevalier de
Caylus avoit placée ſur la Dunette.
Au fronteau de la Dunette & dans l'endroit
le plus apparent , on avoit placé le
Portrait du Roi . Vous ne pouvez imaginer
, mon cher Chevalier , l'effet que cette
vûë produifit en nous ; c'étoit pour lui que
nous étions aſſemblés , c'étoit pour lui que
nous venions intéreſſer le Ciel ; nos coeurs
en furent remués ; les differentes Nations
qui étoient avec nous , s'en apperçûrent&
convinrent que jamais aucune Nation n'a
aimé ſon Roi comme les François aiment le
leur. Nous cherchâmes dans nous-mêmes la
raifonde cet amour fi tendre & fi vif ; voici
celle que nous trouvames ; je crois que c'eſt
la véritable , du moins nous la donnâmes à
des Portugais étonnés de la vivacité de nos
fentimens. Toutes les Nations , même les
plus fidelles , ne voyent que leur Maître
190 MERCURE DE FRANCE.
dans la perſonne de leur Roi , les François
vont plus loin , ils y voyent un Pere , auquel
ils doivent tout , & un ami pour lequel
ils mourroient. Ces Mrs avouerent
qu'il falloir que cela fut ainſi , pour furprendre
les François dans les mouvemens
involontaires de crainte ou de triſteſſe dont
on voitbien qu'ils ne ſont pas les Maîtres ,
d'abord qu'il s'agit de leur Roi.
Quandles prieres furent finies , le Grand-
Maître revint dans la chambre du Conſeil
où le Commandant lui ſervit lui-même des
rafraîchiſſemens ; on en préſenta à tous les
Seigneurs , parmi leſquels étoit l'Evêque
deMalte & le Prieur de l'Eglife ; ces deux
Prélats ont affifté à toutes les prieres qu'on
a fait pour le Roi , & ſe ſont trouvés à
toutes les fêtes dont ce Monarque étoit
l'objet.
Tous les Officiers s'approcherent auſſi de
ſon Eminence ; ce Prince les reçut avec une
politeffe & un air de fatisfaction , qui flatoit
plus que l'honneur même qu'il avoit
prétendu faire par ſa préſence ; il fit donner
75 Piéces de Portugal valant mille écus
à l'équipage ; il accorda la demi-Croix au
premier Nocher , au premier Pilote & au
premier Canonnier; enfin au coucher du Soleil
, leGrandMaître parût fortir à regret
du Vaiſſeau ; il fut conduit avec les mêmes
NOVEMBRE.
1744. 191
cérémonies & le Commandant lui donna le
bras pour l'aider à deſcendre & à entrer
dans ſaGondole;à peine fut-elle débordée,
qu'une ſalve générale d'artillerie &demoufqueterie
ſe fit entendre.
Le Grand- Maître , pour ne rien perdre
de cette fête , vint débarquer à ſon jardin
de la Marine , dont il avoit fait illuminer le
beau ſalon , pour répondre en quelque façon
aux illuminations des Vaiſſeaux dont il n'avoit
pû joüir: la veille & ce jour-là tout
concourut à luidonner un magnifique ſpectacle
; après avoir demeuré deux heures
dans ſon jardin , S. E. retourna ſur les neuf
heures à ſon Palais , mais pour joüir plus
long-tems de la beauté du coup d'oeil que
fourniſloit cette brillante Eſcadre , ce Prince
paſſa à pied le long du rempart du côté
de la Baraque de Caſtille ; ſa Cour étoit un
peu moins nombreuſe qu'en arrivant à fon
jardin ; 70 Chevaliers ou Baillifs de diffe
rentes Nations qui l'avoient ſuivi, revinrent
au Vaiſſeau du Chevalier de Caylus , où il
les attendoit avec le plus grand & le plus
magnifique ſouper , qu'il appelloit un ambigu
; la gayeté, la bonne chere , les vins
précieux & la Muſique firent durer jufqu'au
jour un ſouper qui lui ſeul eut été
une fête magnifique.
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647
p. 171-174
Extrait d'une Lettre écrite de Constantinople le 24 Octobre 1744.
Début :
ON nous avoit écrit du 26 Septembre d'Alep, que l'armée Turque qui étoit [...]
Mots clefs :
Pacha , Persans, Thamas Kouli-Kan
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texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre écrite de Constantinople le 24 Octobre 1744.
Extrait d'une Lettre écrite de Constantinople
le 24 Octobre 1744.
Od'Alep , que farmée Turque quit
N nous avoit écrit du 26 Septembre
campée devant Cars ayant été battue , cette
Place avoit été priſe , & que les Perſans
s'avançoient vers Erzerum. On ajoutoit que
d'un autre côté , le Conſul Anglois établi
à Bafſora avoit écrit qu'on y étoit dans la
derniere conſternation , parce qu'un Corps
conſidérable de Perſans , étoit entré dans
l'Euphrate ſur des Barques legeres , pour
venir faire le Siége de cette Place , après de
pareilles nouvelles , je vous laiſſe à penſer
avec quelle ſurpriſe nous avons entendu le
20 de ce mois à midi , une double décharge
de toute l'artillerie de cette Capitale , de
celle des Vaiſſeaux & des Galeres qui font
dans le Port. Une heure auparavant étoit
arrivé le Buch - Choadar du Seraskier Hamet
Pacha , & le Reys Effendi a dit à tous
ceux qui ont voulu l'entendre que les troupes
Ottomanes avoient été conſidérablement
diminuées par l'imprudente négocia
Hij
47.2 MERCURE DE FRANCE.
د
&
tion de paix de Sereki Effendi , qui par fes
allées & venues avoit dégouté les troupes
fans s'appercevoir qu'il étoit joué parThamas-
Kouli- kan qu'effectivement au lieu de
rien conclure, celui- ci avoit donné à la Place
de Cars juſqu'à neuf afſſauts qui tous avoient
mal réufli , & qu'enfin le 2 de la Lune de
Ramafan il en avoit donné un général
que non ſeulement il avoit échoué dans cette
entrepriſe , mais que les Afliégés avoient fait
une ſi vigoureuſe ſortie , qu'après s'etre emparés
du Fort d'où il battoit la Place avec
des piéces de canon d'un calibre extraordinaire
, ils les avoient tournées contre les
Perfans , & étant enſuite tombés fur eux ,
en avoient fait un fi grand carnage , qu'ils
les avoient obligés de prendre la fuite &
d'abandonner leur camp & leurs bagages ,
que Thamas- Kouli-kan avoit pris la route
du Ellogan.
Le Drogman de la Porte qui est venu le
22 de ce mois notifier en forme cet évé
nement , a dit par ordre de la Porte , que
la déroute des Perſans avoit été telle qu'on
pouvoit etre afſuré que Thamas n'étoit plus
en état de ſe montrer , & que c'étoit un ennemi
dont on n'entendroit plus parler. On
a fait un beau preſent au Drogman , pour
qu'il afſurât bien ſes Maitres de la joye avec
laquelle on avoit appris ces importantes
nouvelles.
DECEMBRE 1744. 173
On ne doit pas en étre ſurpris quand on
fçaura de quelle eſpece de gens l'armée de
Thamas - Kouli - kan ſe trouve compofée.
Ce n'eſt que de la canaille ramafiée à la
hâte , mal armée , & fervant par force. Le
Pacha s'eft contenté d'écrire deux lignes au
grand-Vifir du champ de bataille , & s'en
eſt rapporté à la relation verbale que feroit
fon Bueh - Choadar. On attend de moment
en moment fon Keſnadar qui apportera unie
relation en forme.
Il doit y avoir ici de grands changemens,
Le ci-devantGouverneur du Caire Yedeckchi
Pacha , a été fait Nichandgi & Viſir de
Voute,on écritqu'il aura bonne part auGrand
Viſariat. Yeghen Pacha de Boſnie eſt envoyé
à Eyden en Natolie. Aly Pacha , cidevant
grand Viſir lui ſuccédera en Boſnie ,
& fera relevé en Candie par Hamet Pacha
Cuperly , celui qui a repris Niſſa. On envoyera
à la place de ce dernier à Yedda ,
Selictar Mehemet Pacha de Negrepont, le
même qui étoit grand Vifir quand on étrangla
Ofman Kiaga à Babadag.
L'Ambaſſadeur de Ruffie qui étoit en
Crimée , & le Général des Coſaques Zaporoviens
ſe ſont rendus à Batchiſaray , fous
prétexte, de liquider les prétentions réci
proques que les Tartares & les Ruſſes élevent
les uns contre les autres. On s'eſt
Hiij
74 MERCURE DE FRAN CE.
quitté ſans convenir de rien , & l'on croir
que les uns & les autres n'étoient venus que
pour faire des recrues pour les levées que la
Czarine fait en Ukraine.
le 24 Octobre 1744.
Od'Alep , que farmée Turque quit
N nous avoit écrit du 26 Septembre
campée devant Cars ayant été battue , cette
Place avoit été priſe , & que les Perſans
s'avançoient vers Erzerum. On ajoutoit que
d'un autre côté , le Conſul Anglois établi
à Bafſora avoit écrit qu'on y étoit dans la
derniere conſternation , parce qu'un Corps
conſidérable de Perſans , étoit entré dans
l'Euphrate ſur des Barques legeres , pour
venir faire le Siége de cette Place , après de
pareilles nouvelles , je vous laiſſe à penſer
avec quelle ſurpriſe nous avons entendu le
20 de ce mois à midi , une double décharge
de toute l'artillerie de cette Capitale , de
celle des Vaiſſeaux & des Galeres qui font
dans le Port. Une heure auparavant étoit
arrivé le Buch - Choadar du Seraskier Hamet
Pacha , & le Reys Effendi a dit à tous
ceux qui ont voulu l'entendre que les troupes
Ottomanes avoient été conſidérablement
diminuées par l'imprudente négocia
Hij
47.2 MERCURE DE FRANCE.
د
&
tion de paix de Sereki Effendi , qui par fes
allées & venues avoit dégouté les troupes
fans s'appercevoir qu'il étoit joué parThamas-
Kouli- kan qu'effectivement au lieu de
rien conclure, celui- ci avoit donné à la Place
de Cars juſqu'à neuf afſſauts qui tous avoient
mal réufli , & qu'enfin le 2 de la Lune de
Ramafan il en avoit donné un général
que non ſeulement il avoit échoué dans cette
entrepriſe , mais que les Afliégés avoient fait
une ſi vigoureuſe ſortie , qu'après s'etre emparés
du Fort d'où il battoit la Place avec
des piéces de canon d'un calibre extraordinaire
, ils les avoient tournées contre les
Perfans , & étant enſuite tombés fur eux ,
en avoient fait un fi grand carnage , qu'ils
les avoient obligés de prendre la fuite &
d'abandonner leur camp & leurs bagages ,
que Thamas- Kouli-kan avoit pris la route
du Ellogan.
Le Drogman de la Porte qui est venu le
22 de ce mois notifier en forme cet évé
nement , a dit par ordre de la Porte , que
la déroute des Perſans avoit été telle qu'on
pouvoit etre afſuré que Thamas n'étoit plus
en état de ſe montrer , & que c'étoit un ennemi
dont on n'entendroit plus parler. On
a fait un beau preſent au Drogman , pour
qu'il afſurât bien ſes Maitres de la joye avec
laquelle on avoit appris ces importantes
nouvelles.
DECEMBRE 1744. 173
On ne doit pas en étre ſurpris quand on
fçaura de quelle eſpece de gens l'armée de
Thamas - Kouli - kan ſe trouve compofée.
Ce n'eſt que de la canaille ramafiée à la
hâte , mal armée , & fervant par force. Le
Pacha s'eft contenté d'écrire deux lignes au
grand-Vifir du champ de bataille , & s'en
eſt rapporté à la relation verbale que feroit
fon Bueh - Choadar. On attend de moment
en moment fon Keſnadar qui apportera unie
relation en forme.
Il doit y avoir ici de grands changemens,
Le ci-devantGouverneur du Caire Yedeckchi
Pacha , a été fait Nichandgi & Viſir de
Voute,on écritqu'il aura bonne part auGrand
Viſariat. Yeghen Pacha de Boſnie eſt envoyé
à Eyden en Natolie. Aly Pacha , cidevant
grand Viſir lui ſuccédera en Boſnie ,
& fera relevé en Candie par Hamet Pacha
Cuperly , celui qui a repris Niſſa. On envoyera
à la place de ce dernier à Yedda ,
Selictar Mehemet Pacha de Negrepont, le
même qui étoit grand Vifir quand on étrangla
Ofman Kiaga à Babadag.
L'Ambaſſadeur de Ruffie qui étoit en
Crimée , & le Général des Coſaques Zaporoviens
ſe ſont rendus à Batchiſaray , fous
prétexte, de liquider les prétentions réci
proques que les Tartares & les Ruſſes élevent
les uns contre les autres. On s'eſt
Hiij
74 MERCURE DE FRAN CE.
quitté ſans convenir de rien , & l'on croir
que les uns & les autres n'étoient venus que
pour faire des recrues pour les levées que la
Czarine fait en Ukraine.
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648
p. 174-177
Extrait d'une Lettre écrite de Smyrne le 28 Octobre.
Début :
LE 20 Octobre il arriva dans la Rade de cette Ville un Chebek Anglois qui [...]
Mots clefs :
Polacre, Chebec, Bâtiments, Corsaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre écrite de Smyrne le 28 Octobre.
Extrait d'une Lettre écrite de Smyrne
le 28 Octobre.
E 20 Octobre il arriva dans la Rade
de cette Ville un Chebek Anglois qui.
avoit dix pieces de canon , & 36 hommes
d'équipage , il avoit été armé à Mahon , &
avoit déja pris deux de nos Bâtimens dans
les eaux de Tripoli & de Barbarie. Ce Corfaire
remit à la voile la nuit du 21 au 22 ,
& il fut mouiller au Château de la Rade
qui eſt à environ neuf milles de diſtance .
Nous ſcumes le lendemain que le Conful
d'Angleterre lui avoit envoyé un renfort
d'hommes , & dans le moment nos Négocians
& nos Capitaines vinrent chés M. de
Seleran pour lui faire part de leurs appréhenfions.
Il y avoit actuellement dans la
Rade de Sanderli , qui eſt foraine ſans chateau,
quatre de nos Bâtimens Caravaneurs ,
qui ayant pris des fonds ici , étoient là pour
ycharger des Bleds qu'ils devoient porter
à la côte de Syrie , où l'on dit qu'il y a
cherté. Nous avons encore pluſieurs de nos.
Bâtimens qui n'oſans s'écarter ont pris le
L
DECEMBRE 1744. 175
1
parti de s'occuper dans l'Archipel pendant
cet hyver , & la détention des Bâtimens juſqu'au
mois d'Octobre étant finie , on peut
voir arriver tous les jours des Bâtimens venans
de France . Ce Chebek étoit à voiles
& à rames , & d'autant plus à craindre que
fon peu d'apparence ne le faiſoit pas paroître
ſuſpect , de forte qu'on pouvoit s'attendre
à lui voir faire beaucoup de priſes dans
ces mers . Le Capitaine Jacinte Mouriès de
Toulon commandant la PolacreJefus-Maria-
Sainte Anne a offert de donner la chaſſe à
ce Corſaire , pourvu qu'on lui fournit fix
canons de quatre , deux Barils de poudre
d'un quintal chacun , un renfort de 25 hommes
avec leurs fufils en état , leurs gargoufſes
garnies de balles , & chacun un fabre ,
& que la Nation lui aſſurât ſon Bâtiment
pour 5000 Piaſtres. On accepta ſes offres ,
& en moins de deux heures la Polacre fut
en état. Le 23 au jour le Corſaire mit ſous
voile , mais ayant apperçu à la manoeuvre
de la Polacre qu'elle étoit là pour lui , il
revint vers le Chateau ſous lequel il jetta
fon ancre. Le 23 & le 24 ſe paſſerent en
allées & venues des Bateaux du Corſaire au
Conſul Anglois ; cependant ce premier ſpalmoit
& recevoit toujours de nouveaux renforts.
Les Anglois ont fait pour cela des
ecrues parmi les Rayats & Bandits , dont
رس
Hiiij
176 MERCURE DE FRANCE.
,
&
on trouve toujours à Smyrne. Enfin la nuit
du 25 au 26 le Corſaire mit ſous voile par
un gros tems à la faveur duquel il ſe flatoit
d'échapper . Le matin nous ne vimes plus ni
le Chebek ni la Polacre , & toute la journee
du 25 ſe paſſa ſans nouvelle , & dans l'in
quiétude. Le 26 nous aprimes que la Polacre
n'avoit pas perdu le Chebek de vue
qu'elle le tenoit toujours ſous le vent malgré
les ſtratagêmes qu'il employoit pour échaper.
Le foir les Anglois firent courir le bruit
que la Polacre étoit priſe; un de leursDrogmans
alloit le dire de porte en porte , nous
nous couchâmes fort en peine , mais vers
minuit un Officier dépéché par le Capitaine
Mouriés vint nous annoncer que le Chebek
avoit été brulé.
Cet Officier a rapporté que dans la nuir
du 25 la Polacre avoit mis ſous voile en
même tems que le Corſaire ; qu'ils ne s'étoient
pas vus dans la nuit, mais qu'au matin
du 26 ils s'étoient trouvés à portée l'un de
l'autre. La Polacre ayant le vent ils ſe canonnerent
quelque tems , le Chebek refufa
deux fois l'abordage , & ne pouvant fortir
du Golphe ni ratraper le Château , il alla
échoir fur la Côte au lieu nommé Ouila ,
où dans l'inſtant la plus grande partie de fon
équipage , tous gens ramaflés au hazard ſe
ſauva à terre , ceux qui étoient reftés firent
DECEMBRE. 1744. 177
La même choſe en voyant aprocher la Cha-
Toupe du Capitaine Mouriés. On s'empara
du Batiment & on y mit le feu , après avoir
enlevé ce qui en valoit la peine. Il y a eu
3 hommes tués & pluſieurs bleſſés ſur le
Corfaire: Perſonne n'a eu de mal fur la Polacre.
Cette expédition fait un fort bon effet
fur le Pays & prévient les dommages que
cette Vipere n'auroit pas manqué de caufer..
le 28 Octobre.
E 20 Octobre il arriva dans la Rade
de cette Ville un Chebek Anglois qui.
avoit dix pieces de canon , & 36 hommes
d'équipage , il avoit été armé à Mahon , &
avoit déja pris deux de nos Bâtimens dans
les eaux de Tripoli & de Barbarie. Ce Corfaire
remit à la voile la nuit du 21 au 22 ,
& il fut mouiller au Château de la Rade
qui eſt à environ neuf milles de diſtance .
Nous ſcumes le lendemain que le Conful
d'Angleterre lui avoit envoyé un renfort
d'hommes , & dans le moment nos Négocians
& nos Capitaines vinrent chés M. de
Seleran pour lui faire part de leurs appréhenfions.
Il y avoit actuellement dans la
Rade de Sanderli , qui eſt foraine ſans chateau,
quatre de nos Bâtimens Caravaneurs ,
qui ayant pris des fonds ici , étoient là pour
ycharger des Bleds qu'ils devoient porter
à la côte de Syrie , où l'on dit qu'il y a
cherté. Nous avons encore pluſieurs de nos.
Bâtimens qui n'oſans s'écarter ont pris le
L
DECEMBRE 1744. 175
1
parti de s'occuper dans l'Archipel pendant
cet hyver , & la détention des Bâtimens juſqu'au
mois d'Octobre étant finie , on peut
voir arriver tous les jours des Bâtimens venans
de France . Ce Chebek étoit à voiles
& à rames , & d'autant plus à craindre que
fon peu d'apparence ne le faiſoit pas paroître
ſuſpect , de forte qu'on pouvoit s'attendre
à lui voir faire beaucoup de priſes dans
ces mers . Le Capitaine Jacinte Mouriès de
Toulon commandant la PolacreJefus-Maria-
Sainte Anne a offert de donner la chaſſe à
ce Corſaire , pourvu qu'on lui fournit fix
canons de quatre , deux Barils de poudre
d'un quintal chacun , un renfort de 25 hommes
avec leurs fufils en état , leurs gargoufſes
garnies de balles , & chacun un fabre ,
& que la Nation lui aſſurât ſon Bâtiment
pour 5000 Piaſtres. On accepta ſes offres ,
& en moins de deux heures la Polacre fut
en état. Le 23 au jour le Corſaire mit ſous
voile , mais ayant apperçu à la manoeuvre
de la Polacre qu'elle étoit là pour lui , il
revint vers le Chateau ſous lequel il jetta
fon ancre. Le 23 & le 24 ſe paſſerent en
allées & venues des Bateaux du Corſaire au
Conſul Anglois ; cependant ce premier ſpalmoit
& recevoit toujours de nouveaux renforts.
Les Anglois ont fait pour cela des
ecrues parmi les Rayats & Bandits , dont
رس
Hiiij
176 MERCURE DE FRANCE.
,
&
on trouve toujours à Smyrne. Enfin la nuit
du 25 au 26 le Corſaire mit ſous voile par
un gros tems à la faveur duquel il ſe flatoit
d'échapper . Le matin nous ne vimes plus ni
le Chebek ni la Polacre , & toute la journee
du 25 ſe paſſa ſans nouvelle , & dans l'in
quiétude. Le 26 nous aprimes que la Polacre
n'avoit pas perdu le Chebek de vue
qu'elle le tenoit toujours ſous le vent malgré
les ſtratagêmes qu'il employoit pour échaper.
Le foir les Anglois firent courir le bruit
que la Polacre étoit priſe; un de leursDrogmans
alloit le dire de porte en porte , nous
nous couchâmes fort en peine , mais vers
minuit un Officier dépéché par le Capitaine
Mouriés vint nous annoncer que le Chebek
avoit été brulé.
Cet Officier a rapporté que dans la nuir
du 25 la Polacre avoit mis ſous voile en
même tems que le Corſaire ; qu'ils ne s'étoient
pas vus dans la nuit, mais qu'au matin
du 26 ils s'étoient trouvés à portée l'un de
l'autre. La Polacre ayant le vent ils ſe canonnerent
quelque tems , le Chebek refufa
deux fois l'abordage , & ne pouvant fortir
du Golphe ni ratraper le Château , il alla
échoir fur la Côte au lieu nommé Ouila ,
où dans l'inſtant la plus grande partie de fon
équipage , tous gens ramaflés au hazard ſe
ſauva à terre , ceux qui étoient reftés firent
DECEMBRE. 1744. 177
La même choſe en voyant aprocher la Cha-
Toupe du Capitaine Mouriés. On s'empara
du Batiment & on y mit le feu , après avoir
enlevé ce qui en valoit la peine. Il y a eu
3 hommes tués & pluſieurs bleſſés ſur le
Corfaire: Perſonne n'a eu de mal fur la Polacre.
Cette expédition fait un fort bon effet
fur le Pays & prévient les dommages que
cette Vipere n'auroit pas manqué de caufer..
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649
p. 177-178
DUNKERQU[E].
Début :
ON écrit de Dunkerque du 24 Decembre, qu'un Vaisseau de guerre Anglois, [...]
Mots clefs :
Vaisseau de guerre, Navire anglais
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DUNKERQU[E].
DUNKERQUB.
Nécrit deDunkerque, du 24 Decem-
Obre , qu'un Vaiſſeau de guerre Anglois
, s'eſt perdu le matin à la Côte , qui
fe trouve dans un endroit couverte de cadavres
& des débris de ce Vaiſſeau ; le même
jour un Smach , Navire de guerre Anglois
a aufli péri près de Calais. Un Armateur
du même Port , chargé de bled , a pris à
la côte entre Dunkerque, & Graveline un
autre Navire Anglois. On voit encore un
Vaiſſeau de la meme Nationqui s'eſt mis
dans les brabans de cette Rade , & on doute
que par le tems qu'il fait il puiſſe s'en
retirer.
Les Anglois ne ſont pas les ſeuls qui
fouffrent du mauvais tems , & on voit en
Rade un Maloüm qui vient de Marseille , &
qui demande à force du ſecours , fans qu'il
Hy
178 MERCURE DE FRANCE.
oit poffible de lui en donner , le vent
avoit diminué ſur les 4 heures , mais il a
repris ſa force & augmente.
Nécrit deDunkerque, du 24 Decem-
Obre , qu'un Vaiſſeau de guerre Anglois
, s'eſt perdu le matin à la Côte , qui
fe trouve dans un endroit couverte de cadavres
& des débris de ce Vaiſſeau ; le même
jour un Smach , Navire de guerre Anglois
a aufli péri près de Calais. Un Armateur
du même Port , chargé de bled , a pris à
la côte entre Dunkerque, & Graveline un
autre Navire Anglois. On voit encore un
Vaiſſeau de la meme Nationqui s'eſt mis
dans les brabans de cette Rade , & on doute
que par le tems qu'il fait il puiſſe s'en
retirer.
Les Anglois ne ſont pas les ſeuls qui
fouffrent du mauvais tems , & on voit en
Rade un Maloüm qui vient de Marseille , &
qui demande à force du ſecours , fans qu'il
Hy
178 MERCURE DE FRANCE.
oit poffible de lui en donner , le vent
avoit diminué ſur les 4 heures , mais il a
repris ſa force & augmente.
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650
p. 178
RUSSIE.
Début :
ON a appris de Moscou, que la Czarine a fait remettre deux Mémoires au [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Mémoires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE,
N a appris de Moſcou , que la Czarinea
fait remettre deux Mémoires au
Baron de Mardefeldt reſident auprès d'elle
en qualité de Miniſtre du Roi de Pruffe.
Elle a figné de fa main le premier de ces
Mémoires , & elle y déclare qu'elle ſouhaite
que la réſolution priſe par le Roi de Pologne
Electeur de Saxe, de faire marcher
un corps de troupes Saxonnes au ſecours
de la Reine de Hongrie , ne faffle naître aucun
differend entre S. M. P. & le Roi de
Pruſſe , mais que ſi ce malheur arrivoit , elle
ſe trouveroit dans le néceſſité de remplir
les engagemens qu'elle a pris avec le Roi &
la République.
Le ſecond Mémoire contient la réponſe
l'invitation que l'Empereur a faite auDue
de Holſtein d'acceder an Traité de Francfort.
On a appris en même tems qu'on attendoit
de Vienne les dernieres explications.
méceſſaires pour terminer l'affaire du Marquis
de Botta..
N a appris de Moſcou , que la Czarinea
fait remettre deux Mémoires au
Baron de Mardefeldt reſident auprès d'elle
en qualité de Miniſtre du Roi de Pruffe.
Elle a figné de fa main le premier de ces
Mémoires , & elle y déclare qu'elle ſouhaite
que la réſolution priſe par le Roi de Pologne
Electeur de Saxe, de faire marcher
un corps de troupes Saxonnes au ſecours
de la Reine de Hongrie , ne faffle naître aucun
differend entre S. M. P. & le Roi de
Pruſſe , mais que ſi ce malheur arrivoit , elle
ſe trouveroit dans le néceſſité de remplir
les engagemens qu'elle a pris avec le Roi &
la République.
Le ſecond Mémoire contient la réponſe
l'invitation que l'Empereur a faite auDue
de Holſtein d'acceder an Traité de Francfort.
On a appris en même tems qu'on attendoit
de Vienne les dernieres explications.
méceſſaires pour terminer l'affaire du Marquis
de Botta..
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