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1
p. 40-50
A L'AUTHEUR DU MERCURE GALANT, PREMIERE LETTRE Sur la Conversion de Mr Vignes, Ministre de Grenoble. A Grenoble ce 9. Decembre 1684.
Début :
Monsieur, Je viens d'apprendre que Monsieur Vignes, qui a [...]
Mots clefs :
Religion prétendue réformée, Croyance, Ennemis, Ministres, Conversion, Concile, Église, Honneur, Dogme, Salut, Prêcher, Erreur, Albigeois, Temple, Brebis égarée, Apôtres, Évangile, Cérémonies
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texteReconnaissance textuelle : A L'AUTHEUR DU MERCURE GALANT, PREMIERE LETTRE Sur la Conversion de Mr Vignes, Ministre de Grenoble. A Grenoble ce 9. Decembre 1684.
Apres vous avoir parlé fore
amplement dans deux de mes
Lettres , des avantages que les
Vénitiens ont remporté fur les
Turcs cette derniere Campagne,
38
MERCURE
je vous envoye le Plan de Sainte
Maure , & de Prévefa , qui font
les deux principales Places que
leurs Armes ont foûmiſes . Vous
levez d'autant plus eftimer ce
Plan , que je l'ay reçû d'un illuftre
Commandeur de Malte , qui
l'a fait dreffer fur les Lieux mêmes
. Ainfi il eft tres- fidelle ,
ayant efté gravé fur un Original,
& non fur ces Deffeins , qui à
force de paffer de main en main ,
& d'eftre copiez par diférentes
Perfonnes, font presque toûjours
défectueux . Si je vous l'envoye
un peu tard ,fongez que ces fortes
de chofes , fur tout quand elles
viennent de loin , ne peuvent
eftre données dans le même
temps qu'on en donne le détail ;
& mefme je mefouviens de vous
en avoir envoyé quelquefois
apres une annéeentiere. J'ay acGALANT.
39
coûtumé de faire graver les Jettons
nouveaux dans ce mois . le
les remets cependant jufqu'au
mois prochain , afin d'avoir plus
de temps à m'informer des Deviles.
Je vous promis la derniere fois ,
de vous entretenir de la Converfion
de Monfieur Alexandre Vignes
, fameux Miniftre de la Religion
Prétenduë Reformée de la
Ville de Grenoble . Ie ne puis
mieux m'acquiter de ma promeffe
, qu'en vous envoyant deux
Lettres qu'on m'a fait l'honneur
de m'adreffer fur ce fujet . Ie les
ay reçues imprimées; & on ne les
auroit pas rendues publiques.
dans le Lieu meſme où cet ancien
& fçavant Miniftre a fait Abjuration
, fielles contenoient autre
choſe que des veritez. Le Parlement
& la Chambre des Comp40
MERCURE
tes , qui ont affifté en Corps à
cette Cerémonie , en font une
particularité fort remarquable.
amplement dans deux de mes
Lettres , des avantages que les
Vénitiens ont remporté fur les
Turcs cette derniere Campagne,
38
MERCURE
je vous envoye le Plan de Sainte
Maure , & de Prévefa , qui font
les deux principales Places que
leurs Armes ont foûmiſes . Vous
levez d'autant plus eftimer ce
Plan , que je l'ay reçû d'un illuftre
Commandeur de Malte , qui
l'a fait dreffer fur les Lieux mêmes
. Ainfi il eft tres- fidelle ,
ayant efté gravé fur un Original,
& non fur ces Deffeins , qui à
force de paffer de main en main ,
& d'eftre copiez par diférentes
Perfonnes, font presque toûjours
défectueux . Si je vous l'envoye
un peu tard ,fongez que ces fortes
de chofes , fur tout quand elles
viennent de loin , ne peuvent
eftre données dans le même
temps qu'on en donne le détail ;
& mefme je mefouviens de vous
en avoir envoyé quelquefois
apres une annéeentiere. J'ay acGALANT.
39
coûtumé de faire graver les Jettons
nouveaux dans ce mois . le
les remets cependant jufqu'au
mois prochain , afin d'avoir plus
de temps à m'informer des Deviles.
Je vous promis la derniere fois ,
de vous entretenir de la Converfion
de Monfieur Alexandre Vignes
, fameux Miniftre de la Religion
Prétenduë Reformée de la
Ville de Grenoble . Ie ne puis
mieux m'acquiter de ma promeffe
, qu'en vous envoyant deux
Lettres qu'on m'a fait l'honneur
de m'adreffer fur ce fujet . Ie les
ay reçues imprimées; & on ne les
auroit pas rendues publiques.
dans le Lieu meſme où cet ancien
& fçavant Miniftre a fait Abjuration
, fielles contenoient autre
choſe que des veritez. Le Parlement
& la Chambre des Comp40
MERCURE
tes , qui ont affifté en Corps à
cette Cerémonie , en font une
particularité fort remarquable.
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Résumé : A L'AUTHEUR DU MERCURE GALANT, PREMIERE LETTRE Sur la Conversion de Mr Vignes, Ministre de Grenoble. A Grenoble ce 9. Decembre 1684.
L'auteur d'une lettre relate les succès militaires des Vénitiens contre les Turcs lors d'une récente campagne. Il envoie des plans des places fortes de Sainte-Maure et de Préveza, conquises par les Vénitiens, dessinés sur place par un illustre commandeur de Malte, garantissant ainsi leur fidélité. L'auteur explique que les plans peuvent être envoyés avec retard en raison des délais de transmission des informations. Il mentionne également qu'il a l'habitude de graver les nouveaux jetons dans un certain mois, mais qu'il les retarde jusqu'au mois suivant pour obtenir plus de détails. Enfin, l'auteur promet de traiter la conversion d'Alexandre Vignes, un célèbre ministre de la religion réformée à Grenoble. Il envoie deux lettres imprimées sur ce sujet, contenant des vérités et rendues publiques avec l'appui du Parlement et de la Chambre des Comptes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 50-71
A MONSIEUR D. L. C. D. G. Ce 10. May 1687.
Début :
La tranquillité qui regne dans le Royaume depuis qu'on en / J'entre, Monsieur, autans que vous pouvez l'attendre de nostre [...]
Mots clefs :
Tranquillité, Royaume, Calvinisme, Religion catholique, Vérité, Conversion, Ennemis, Honneur, Clergé, Constitution, Schisme, Docteurs, Apôtres, Institution, Évangile, Rebelles, Martyrs, Hébreux, Troupeau
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texteReconnaissance textuelle : A MONSIEUR D. L. C. D. G. Ce 10. May 1687.
dans le Royaume depuisqu'on
en a banny le Calvinisme?
fait que je ne vous entretiens
presque plus sur cette
grande matiere. Ce qu'il y a
de remarquable, c'est que
ceux qui ont eu le plus de peine
à se départir de leurs erreurs)
font aujourd'huy plus
$elez dansnofhe Religion)
que Les Catholiques mesmes
qui l'ontprofessée dés leur
miffance.Celavient sans doutc
du grand foin qu'ils ont
1ptrJiisn de se faire instruire. Ce
leur a fait connoistre
- -
plus à fond laverité de la Religion
qu'ils ont embrassée;
de forte que depuis unan,on
a souvent veu que ceux qu'on
ne croyoit pas sincerement
convertis,ont procuré la conversion
de plusieurs autres.
Nous ne voyons presque plus
de ces obstinez qui ne l'étoient
que pour tirer quelque
gloire de leur obstination,&
qui fermoient les yeux à la
verité,moins parce qu'ilsn'en
estoient pas persuadez
, que
parce qu'ils s'imaginoienr
qu'il leur estoit honteux de
ceder
, après avoir resisté avec
chaleur. Il y a lieu deC~t
perer que le peu qui reste de.
cesobstinez, renoncera bientost
à cefauxhonneur.Onles.
combat tous les jours avec les
armes de la raison ,d'une ma-,
niçre qui donne sujet de croire
qu'ils vont estre sans def-:
fence.Voicy uneLettre écrite
surcesujet par un Capitaine
de Cavalerie, à un de ses A*-
mis, qui differe de jour en
jour sa Conversion. Vous en
trouverez le stile fort naturel,
& la manière dont il combat
l'obstination de son Amy ,
pourra donner lieu à ceux qui
font encore dans le mesme
estat, de faire d'utiles reflexions.
,..A MONSIEUR D. L. C. D. G.
Ce 10. May 1687. 1'Entre, Monsieur. autant
que vous p(1u'Vez. l'attendre
de nostre amitié
,
dans toutes les
peines d'esprit ou je connoisque
vous de-urk estre. Cependant je
nepuis me dispenser de faire des
voeux ,afin
quilplaise
au Ciel
vous inspirer de prendre un parti
que j'ay douhaite depuis longtemps
quevous puissezvousrésoudre
a prendre. Il mettroir fin
avos peines, &feroit cesser le
triomphe de vos ennemis. Ne
vous souvenez -vous point,
Monsieur ,quevous m'a'Vt.'::{
fait l'honneur de me direune
fois, que s'ilriyavoit que vous
gîf moy ,
l'on pourrait accommoder
le differend f se me reconnois
dema part tres-incapable
de discourir de cette matiere qui
me passe
,
aussi-bien que beaucoupd'autresquil'ontplus
étudiee
;& comme les misteres de
la Religion n'ont pas estéfortdez
sur la raison des hommes, qui tji
moins que rien en cette occasion,
jaytoûjours mieux Aimi
* à
l'exemple du Charbonnier croire
quesçavoir,suivant ce que dit
uin Ancien *, Sanctius ac reverenriùsdeactis
Deorum
-credere quam scire, Et
SaintAugujUnaprès/A:^ Meliyus
scitur Deus nesciendo;
en sorte que le partyleplus raisonnable,
& le plus seur pour
unparticulier, est de voguer
jimplemertt & avec confiance,
dans la grandeNef, dont la
conduite regarde nos Supérieurs,
&queleSeigneur a promis de
ne jamais abandonner. Il ejl
vray que je suis demeure d'accord
avec vous, aue les 7)~
,
steurs particuliers qui s'avanserent
le Sieclepasséde prescher
de leur chef une pretenduë reforme
»
au scandale de l'Eglise,
navoient pas manque tout- fait a - de prétexté specieux pour
cela, & qu'ils navoient pas
tout le tort en certaineschoses.
L'opulence tg l'ignorance du
Ciergé de ce temps-là, sa conduite
déreglée en la pluspart de
ses membres.& le mauvais usage
qui se faisoit de ces grands
biens, luy avoient attirédes envi
ux , &' dfjofa lesPeuples aécouleruoiontiers
ceux qui
commencèrent kd'attaquer& *4
décrier sa conduite.Mais an
p~ilseasmlloeeurr,syc(eglafilnen'yreagracrodoiitt qui
pas
le mesme lieu d'attaquer la decrtI
rine,encontredJ~isr-antimpudemment
, & osantabroger
d'autorité privée des Constitutions
autorisées &sanctifiées
par la pratique générale de tant
de Siecles; desavouant par ce
changement la Religion de nos
Peres, comme s'ilseujjent rfié
des idiots a leur égard, &qupposantl'Eglise
corrompuepresque
déssanaissasnce, vculart fixer
&renfermer fia puretédans les
deux ou trois premiersSiecles*
L'aigreurqui salluma, en oe
tempr-O, entre les deux Tartis,
empejiha >outr?la ~ccnfidcration
-dd,autres intercj0h temporel,s qtte
/7 que l'onne pustssiereconci*lierj
mai; à present que l'on /7-~/-f~~ t l minerlescbofts de sens froid&
en bons feres, se peut-il faire
qu'un homme raisonnable Je
croye plus enseureté de confdence
,&mieux fondé dans
le Schisme que dans le giron de
l'Eglise ? Je ne touche point les
matieres de dispute
.J
ny les questions
decontroversejenesuis
pas dffiz scavant pour cela;
maismarrestantsimplement 4t1
Schisme
?
de bonne-foy
?
Monsieur,
pouvez-vous croire qu'un
certain nombre de Docteurs mécontens
,
témennres & discordansentreeux
, ayenteu l'autoritéd'attaquer
l'Eglise en
leur nom, sans autre titre ny
mission
,
(ü fous pretexte d'abuss'enseparer,
&sefairedes
reformesselon leur caprice ïVotts
gluez pû voir ce qu'enpensoit
Montagne,quanddaécrit, que
nonobstant toutpretexte de reforme,&
[ZH} entrer dans la
questîon
,
il estoit bien bardy
pour un particulier de se mettre àlatestede cette affaire çfyf
gdaesraentdcheasragefar ibtulye-rmaeissmone sdu'urnlee
ebofedecelle impu? tance ; je
trouve aussî quecej/i une garantie
nlt!. ajjuree pourceuxqui
ont osé s'en contenter. Sapiens
non conturbabit publicos
mores, nec populum in se
novitate vitæ convertet, a
dit Seneque ,
@r non pas Calvin.
Ce n'estpasd'aujourd'huy
qu'il y a des abus dans les
•moeurs &dans la conduite; mais
cesabus ne doivent point empescberque
l'on ne respecte la
doctrine; @r je ne voy pas quelle
.repugnanc: vous Pafi1.J!'z. avoir
de rentrer dans le sein de nostre
JMere commune ,
dont vos derniers
Peres , en siuvant le torrent
du temps , eurent l'imprudence
de se separer le Siocle
passé. Reverti unde veneris
quid grave cft ? Ne fommesnous
pas tous Chrefliens
,
enfans
d'unemejme Mere ? Ne prionsnous
pas Dieu de la mesme maniéré3Juivant
le modelle que le
Sauveur nous en a laissé dans
l'Oraison qu'il adresse àson Pe-
-re: &nelouons-nous
pasleSei-
*tneur dans les mesmes termes partabouche du Prophete
Royal f Ne croyons - nous p(t
aussi la mesme chose au fond, e le précisdenostre sost rapporté
dans le Symbole des Apostres,
n'est-il pas commun entre
nous ?.A l'égard du mystere de
l'Eucharistie, quia esté le grand
point de 14 querelle
,
où nous
disons, comme il est écrit, Cecy
est mon Corps,&quevous expliquez
d'une manière différente
&détournée, Icy est mon
Corps, ne nous doit-ilpasestre
également adorable comme nous
le devons adorer en effet, sans
trop penetrer dans une chose
aussi ineffable qu'incomparable,
comme le témoigne le devot à
« Kempis, n'approuvant point à
l' sujet les disputes de l'Ecole,
qui ont donné lieu au differend?
Qui scrutator est Majestatis
,
opprimetur à gloria. Revelez
donc à nous, Monsieur,
vous le devez par toutes considerations,&
la révolution generale
que vous 'lslcne':( de voir,
ve peut-estre qu'un coup de la
nain de Dieu
, comme mesme
tous ceux du partyl'avoüent,
& cenepeut estre l'ouvrage des
hommes. Si quantité de pieuser
pratiques qui sont en usage parmy
nous, vous blessenta cause
de leur moderne institution, obien
, ne les pratiquez point
mais dans les chosesdepratique
essentielle&necessaire commandée
par l'Eglise, comme lesFeunes&
les abstinences ordonnées,
trouvez-vous que la penitence
soit contraireàl'Evangile
, &{
à laLoy du Sauveur du monde,
dont la vie qu'il nous a lafecpour
modelle,n'aesté quune continuellepenitence
, & est-ce un
merite ouuneveritable reforme,
comme l'ontpreiendu les Novateurs,
que
de
la rétrancher? La
Foy de vous&de nous n'impliqlaue
point de contradiction, ($f
différencequ'ily a, c'est que
nous croyons &pratiquons plu.
que vous; en quoy nous accomplissons
plus parfaitement, &
d'unemaniereplus étendue' &
meritoire,leJacrificedetejprit
'-& de la nature, dont le Seigneur
nous ordonna de luy rendre
hommage, comme tenant l'un
&l'autre de luysenquoy consiste
, ce mesemble, l'esprit de
la Loy,&l'essence de nostre Religion,
que l'Ange rebelle&
nostre premier Pere trompe^par
leur propre suffisance
, neurent
pas le bonheur de bien comprendre
, non plus que l'Apostre infidelle.
Mais
les
Autheurs du
Schism ont tellementaffectéde
se mesquer çy déguiser, pour
établir entre nous de pretenduës
disparitez,qu'ilssesont avisez
de desavoùerjusques à leurs propres
noms; &comme s'ils a-I
voienthonte de porterceux
qui
leur ont esté imposez auBaptême
en memoire des Saints ApoftresjJOdartyrS
j & Confesseurs
denostreReligion
, qui estoient
ienlusasgede tout tempsdans l'E- ont estérappellerchez
lesanciensHebreuxceuxetA—
brabam&deSara,d'Isaac&
-,
de
-
Rachet,,pour les fairerevi-
*<ure en la personnedeleurs CA,
sans,faisant par une nouvelle
revolutionsucceder l'Ancien Testament
au Nouveau; ce qui
ne vousdoit-il pas paroistreridiculeaussi-
bien qu'àmoy ? S'avit-
il donc en revenantànous.
(7 au centre commun ,
desacrifier
aux Idoles, comme il semble
que vous l'entendiez ,lors
queje vous ayoüy dire,spensant
imiterle zele des premiers
Chrestiens, quei\.;sjhuf-<
-friYieK plùtost comme eux les
rouës &les che'l.Jalc"\,. que de
-:IfUOUS ébranler en la moindre
sorte dans vostreresolution : &
çfuisqu'an est ,crfvvenu pa/mj
vous, comme vos Ministres ia*
voüerent en presence du Grand
Henry ,que l'on pourvoit sesauver
dans nostre Religion, pouvez-
vous l'envisagercomme un
estat de perdition;& avez
vous juste raison de vous acharnerdans
unParty douteux pour
le moins &contesté, & visi'blement
plein d'erreur, ainsi que
dépourveude juste autorité,plutost
quedevous réunir à celuy
qui de l'aveu. commun,renfermeune
pleine sseureté? Je n'ignorepd*
que vous vous piquez
de fermeté & que vous estes
ferme en effets mais sivostre
* -
grand coeuraquelquerepugnance
àserendre,la procéduresommaire
que l'on atenuë pourvous obliger
à rejoindre leTroupeau,
n'estantpas de vostre goust, par
rapport aux menagemens que
l'on avoit eus cy-devant pour
le Party, outre que les plus
sensez de ce Party sont demeurezd'accord
qu'ils'y falloit
prendre ainsi pouryparvenir,
sans quoy cet Ouvrage important,
qui achevera derendre le
regne du plusgrand de nos Rois,
fameux dans les tempsàvenir,
n'auroit jamais esté consommé,
Pouvc;z-,votes avoir honteà
l'heure qu'ilest>&
vous rougir, aprés avoir disputé
le terreinjusques-icy,de sortir
le dernier par la bréched'une
Place démantelée,&qui
n'est plus tenable par aucun endroit?
M.le Marquis du Bordage,
que je cite par estime,
estoit-ilmoins zelé que vous,&
nepeut-on point vousle comparer?
Vous sçavez comment
abandonnant tousses interests,
Mfutarresté avec sa Famille
en voulantsortir du Royaume,
Cependant aprés avoir donné,
en cetteoccaftontoutes lesmar-
:.JUCS d'une heroïquefermeté , Ut
grace du Seigneurl'ayant enfin
éclairé, il donnaensuitedes
rmitaarqbuleessitouchantes d'une véconversion,
lors qu'il prit
le party de renoncer au Schisme,
qu'ilne putrester aucun lieu de
douter de sa sincerité. Enfin, de
quelque opinion que voussoyez,
je n'enseray jamais moins plein
de zele pour vous,sçachantque
vous estes un parfaitementbonnefie
homme, f:7 ungenereux
Amy.Maissouffrez que ce zele
s'explique& s'interessepour ce
quivous-regardedéplusprés
"tIÛ vousdoit estre leplus chcv-
J'fuis,&c*-
en a banny le Calvinisme?
fait que je ne vous entretiens
presque plus sur cette
grande matiere. Ce qu'il y a
de remarquable, c'est que
ceux qui ont eu le plus de peine
à se départir de leurs erreurs)
font aujourd'huy plus
$elez dansnofhe Religion)
que Les Catholiques mesmes
qui l'ontprofessée dés leur
miffance.Celavient sans doutc
du grand foin qu'ils ont
1ptrJiisn de se faire instruire. Ce
leur a fait connoistre
- -
plus à fond laverité de la Religion
qu'ils ont embrassée;
de forte que depuis unan,on
a souvent veu que ceux qu'on
ne croyoit pas sincerement
convertis,ont procuré la conversion
de plusieurs autres.
Nous ne voyons presque plus
de ces obstinez qui ne l'étoient
que pour tirer quelque
gloire de leur obstination,&
qui fermoient les yeux à la
verité,moins parce qu'ilsn'en
estoient pas persuadez
, que
parce qu'ils s'imaginoienr
qu'il leur estoit honteux de
ceder
, après avoir resisté avec
chaleur. Il y a lieu deC~t
perer que le peu qui reste de.
cesobstinez, renoncera bientost
à cefauxhonneur.Onles.
combat tous les jours avec les
armes de la raison ,d'une ma-,
niçre qui donne sujet de croire
qu'ils vont estre sans def-:
fence.Voicy uneLettre écrite
surcesujet par un Capitaine
de Cavalerie, à un de ses A*-
mis, qui differe de jour en
jour sa Conversion. Vous en
trouverez le stile fort naturel,
& la manière dont il combat
l'obstination de son Amy ,
pourra donner lieu à ceux qui
font encore dans le mesme
estat, de faire d'utiles reflexions.
,..A MONSIEUR D. L. C. D. G.
Ce 10. May 1687. 1'Entre, Monsieur. autant
que vous p(1u'Vez. l'attendre
de nostre amitié
,
dans toutes les
peines d'esprit ou je connoisque
vous de-urk estre. Cependant je
nepuis me dispenser de faire des
voeux ,afin
quilplaise
au Ciel
vous inspirer de prendre un parti
que j'ay douhaite depuis longtemps
quevous puissezvousrésoudre
a prendre. Il mettroir fin
avos peines, &feroit cesser le
triomphe de vos ennemis. Ne
vous souvenez -vous point,
Monsieur ,quevous m'a'Vt.'::{
fait l'honneur de me direune
fois, que s'ilriyavoit que vous
gîf moy ,
l'on pourrait accommoder
le differend f se me reconnois
dema part tres-incapable
de discourir de cette matiere qui
me passe
,
aussi-bien que beaucoupd'autresquil'ontplus
étudiee
;& comme les misteres de
la Religion n'ont pas estéfortdez
sur la raison des hommes, qui tji
moins que rien en cette occasion,
jaytoûjours mieux Aimi
* à
l'exemple du Charbonnier croire
quesçavoir,suivant ce que dit
uin Ancien *, Sanctius ac reverenriùsdeactis
Deorum
-credere quam scire, Et
SaintAugujUnaprès/A:^ Meliyus
scitur Deus nesciendo;
en sorte que le partyleplus raisonnable,
& le plus seur pour
unparticulier, est de voguer
jimplemertt & avec confiance,
dans la grandeNef, dont la
conduite regarde nos Supérieurs,
&queleSeigneur a promis de
ne jamais abandonner. Il ejl
vray que je suis demeure d'accord
avec vous, aue les 7)~
,
steurs particuliers qui s'avanserent
le Sieclepasséde prescher
de leur chef une pretenduë reforme
»
au scandale de l'Eglise,
navoient pas manque tout- fait a - de prétexté specieux pour
cela, & qu'ils navoient pas
tout le tort en certaineschoses.
L'opulence tg l'ignorance du
Ciergé de ce temps-là, sa conduite
déreglée en la pluspart de
ses membres.& le mauvais usage
qui se faisoit de ces grands
biens, luy avoient attirédes envi
ux , &' dfjofa lesPeuples aécouleruoiontiers
ceux qui
commencèrent kd'attaquer& *4
décrier sa conduite.Mais an
p~ilseasmlloeeurr,syc(eglafilnen'yreagracrodoiitt qui
pas
le mesme lieu d'attaquer la decrtI
rine,encontredJ~isr-antimpudemment
, & osantabroger
d'autorité privée des Constitutions
autorisées &sanctifiées
par la pratique générale de tant
de Siecles; desavouant par ce
changement la Religion de nos
Peres, comme s'ilseujjent rfié
des idiots a leur égard, &qupposantl'Eglise
corrompuepresque
déssanaissasnce, vculart fixer
&renfermer fia puretédans les
deux ou trois premiersSiecles*
L'aigreurqui salluma, en oe
tempr-O, entre les deux Tartis,
empejiha >outr?la ~ccnfidcration
-dd,autres intercj0h temporel,s qtte
/7 que l'onne pustssiereconci*lierj
mai; à present que l'on /7-~/-f~~ t l minerlescbofts de sens froid&
en bons feres, se peut-il faire
qu'un homme raisonnable Je
croye plus enseureté de confdence
,&mieux fondé dans
le Schisme que dans le giron de
l'Eglise ? Je ne touche point les
matieres de dispute
.J
ny les questions
decontroversejenesuis
pas dffiz scavant pour cela;
maismarrestantsimplement 4t1
Schisme
?
de bonne-foy
?
Monsieur,
pouvez-vous croire qu'un
certain nombre de Docteurs mécontens
,
témennres & discordansentreeux
, ayenteu l'autoritéd'attaquer
l'Eglise en
leur nom, sans autre titre ny
mission
,
(ü fous pretexte d'abuss'enseparer,
&sefairedes
reformesselon leur caprice ïVotts
gluez pû voir ce qu'enpensoit
Montagne,quanddaécrit, que
nonobstant toutpretexte de reforme,&
[ZH} entrer dans la
questîon
,
il estoit bien bardy
pour un particulier de se mettre àlatestede cette affaire çfyf
gdaesraentdcheasragefar ibtulye-rmaeissmone sdu'urnlee
ebofedecelle impu? tance ; je
trouve aussî quecej/i une garantie
nlt!. ajjuree pourceuxqui
ont osé s'en contenter. Sapiens
non conturbabit publicos
mores, nec populum in se
novitate vitæ convertet, a
dit Seneque ,
@r non pas Calvin.
Ce n'estpasd'aujourd'huy
qu'il y a des abus dans les
•moeurs &dans la conduite; mais
cesabus ne doivent point empescberque
l'on ne respecte la
doctrine; @r je ne voy pas quelle
.repugnanc: vous Pafi1.J!'z. avoir
de rentrer dans le sein de nostre
JMere commune ,
dont vos derniers
Peres , en siuvant le torrent
du temps , eurent l'imprudence
de se separer le Siocle
passé. Reverti unde veneris
quid grave cft ? Ne fommesnous
pas tous Chrefliens
,
enfans
d'unemejme Mere ? Ne prionsnous
pas Dieu de la mesme maniéré3Juivant
le modelle que le
Sauveur nous en a laissé dans
l'Oraison qu'il adresse àson Pe-
-re: &nelouons-nous
pasleSei-
*tneur dans les mesmes termes partabouche du Prophete
Royal f Ne croyons - nous p(t
aussi la mesme chose au fond, e le précisdenostre sost rapporté
dans le Symbole des Apostres,
n'est-il pas commun entre
nous ?.A l'égard du mystere de
l'Eucharistie, quia esté le grand
point de 14 querelle
,
où nous
disons, comme il est écrit, Cecy
est mon Corps,&quevous expliquez
d'une manière différente
&détournée, Icy est mon
Corps, ne nous doit-ilpasestre
également adorable comme nous
le devons adorer en effet, sans
trop penetrer dans une chose
aussi ineffable qu'incomparable,
comme le témoigne le devot à
« Kempis, n'approuvant point à
l' sujet les disputes de l'Ecole,
qui ont donné lieu au differend?
Qui scrutator est Majestatis
,
opprimetur à gloria. Revelez
donc à nous, Monsieur,
vous le devez par toutes considerations,&
la révolution generale
que vous 'lslcne':( de voir,
ve peut-estre qu'un coup de la
nain de Dieu
, comme mesme
tous ceux du partyl'avoüent,
& cenepeut estre l'ouvrage des
hommes. Si quantité de pieuser
pratiques qui sont en usage parmy
nous, vous blessenta cause
de leur moderne institution, obien
, ne les pratiquez point
mais dans les chosesdepratique
essentielle&necessaire commandée
par l'Eglise, comme lesFeunes&
les abstinences ordonnées,
trouvez-vous que la penitence
soit contraireàl'Evangile
, &{
à laLoy du Sauveur du monde,
dont la vie qu'il nous a lafecpour
modelle,n'aesté quune continuellepenitence
, & est-ce un
merite ouuneveritable reforme,
comme l'ontpreiendu les Novateurs,
que
de
la rétrancher? La
Foy de vous&de nous n'impliqlaue
point de contradiction, ($f
différencequ'ily a, c'est que
nous croyons &pratiquons plu.
que vous; en quoy nous accomplissons
plus parfaitement, &
d'unemaniereplus étendue' &
meritoire,leJacrificedetejprit
'-& de la nature, dont le Seigneur
nous ordonna de luy rendre
hommage, comme tenant l'un
&l'autre de luysenquoy consiste
, ce mesemble, l'esprit de
la Loy,&l'essence de nostre Religion,
que l'Ange rebelle&
nostre premier Pere trompe^par
leur propre suffisance
, neurent
pas le bonheur de bien comprendre
, non plus que l'Apostre infidelle.
Mais
les
Autheurs du
Schism ont tellementaffectéde
se mesquer çy déguiser, pour
établir entre nous de pretenduës
disparitez,qu'ilssesont avisez
de desavoùerjusques à leurs propres
noms; &comme s'ils a-I
voienthonte de porterceux
qui
leur ont esté imposez auBaptême
en memoire des Saints ApoftresjJOdartyrS
j & Confesseurs
denostreReligion
, qui estoient
ienlusasgede tout tempsdans l'E- ont estérappellerchez
lesanciensHebreuxceuxetA—
brabam&deSara,d'Isaac&
-,
de
-
Rachet,,pour les fairerevi-
*<ure en la personnedeleurs CA,
sans,faisant par une nouvelle
revolutionsucceder l'Ancien Testament
au Nouveau; ce qui
ne vousdoit-il pas paroistreridiculeaussi-
bien qu'àmoy ? S'avit-
il donc en revenantànous.
(7 au centre commun ,
desacrifier
aux Idoles, comme il semble
que vous l'entendiez ,lors
queje vous ayoüy dire,spensant
imiterle zele des premiers
Chrestiens, quei\.;sjhuf-<
-friYieK plùtost comme eux les
rouës &les che'l.Jalc"\,. que de
-:IfUOUS ébranler en la moindre
sorte dans vostreresolution : &
çfuisqu'an est ,crfvvenu pa/mj
vous, comme vos Ministres ia*
voüerent en presence du Grand
Henry ,que l'on pourvoit sesauver
dans nostre Religion, pouvez-
vous l'envisagercomme un
estat de perdition;& avez
vous juste raison de vous acharnerdans
unParty douteux pour
le moins &contesté, & visi'blement
plein d'erreur, ainsi que
dépourveude juste autorité,plutost
quedevous réunir à celuy
qui de l'aveu. commun,renfermeune
pleine sseureté? Je n'ignorepd*
que vous vous piquez
de fermeté & que vous estes
ferme en effets mais sivostre
* -
grand coeuraquelquerepugnance
àserendre,la procéduresommaire
que l'on atenuë pourvous obliger
à rejoindre leTroupeau,
n'estantpas de vostre goust, par
rapport aux menagemens que
l'on avoit eus cy-devant pour
le Party, outre que les plus
sensez de ce Party sont demeurezd'accord
qu'ils'y falloit
prendre ainsi pouryparvenir,
sans quoy cet Ouvrage important,
qui achevera derendre le
regne du plusgrand de nos Rois,
fameux dans les tempsàvenir,
n'auroit jamais esté consommé,
Pouvc;z-,votes avoir honteà
l'heure qu'ilest>&
vous rougir, aprés avoir disputé
le terreinjusques-icy,de sortir
le dernier par la bréched'une
Place démantelée,&qui
n'est plus tenable par aucun endroit?
M.le Marquis du Bordage,
que je cite par estime,
estoit-ilmoins zelé que vous,&
nepeut-on point vousle comparer?
Vous sçavez comment
abandonnant tousses interests,
Mfutarresté avec sa Famille
en voulantsortir du Royaume,
Cependant aprés avoir donné,
en cetteoccaftontoutes lesmar-
:.JUCS d'une heroïquefermeté , Ut
grace du Seigneurl'ayant enfin
éclairé, il donnaensuitedes
rmitaarqbuleessitouchantes d'une véconversion,
lors qu'il prit
le party de renoncer au Schisme,
qu'ilne putrester aucun lieu de
douter de sa sincerité. Enfin, de
quelque opinion que voussoyez,
je n'enseray jamais moins plein
de zele pour vous,sçachantque
vous estes un parfaitementbonnefie
homme, f:7 ungenereux
Amy.Maissouffrez que ce zele
s'explique& s'interessepour ce
quivous-regardedéplusprés
"tIÛ vousdoit estre leplus chcv-
J'fuis,&c*-
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Résumé : A MONSIEUR D. L. C. D. G. Ce 10. May 1687.
Après l'interdiction du calvinisme dans un royaume, les anciens calvinistes, désormais convertis au catholicisme, manifestent une foi plus ardente que certains catholiques de longue date. Cette transformation résulte de leurs efforts pour s'instruire et mieux comprendre leur nouvelle religion. Au cours de l'année écoulée, des individus autrefois perçus comme insincères dans leur conversion réussissent à en convertir d'autres. La diminution des résistances motivées par le désir de gloire personnelle est notable, et les rares obstinés restants sont combattus par la raison et l'éducation. Une lettre d'un capitaine de cavalerie à un ami hésitant à se convertir illustre cette lutte contre l'obstination. Le capitaine encourage son ami à se convertir pour mettre fin à ses tourments spirituels et éviter le triomphe de ses ennemis. La lettre critique les erreurs passées du clergé, telles que l'opulence et l'ignorance, mais condamne également les réformateurs qui ont attaqué l'Église sans autorisation. Elle souligne l'importance de rester dans le giron de l'Église malgré les abus, citant Sénèque pour appuyer cette idée. Le texte aborde également les divergences religieuses entre chrétiens, notamment concernant l'Eucharistie et la pénitence. L'auteur souligne que tous les chrétiens prient Dieu de la même manière et croient aux mêmes principes fondamentaux, comme le montre le Symbole des Apôtres. Il critique ceux qui interprètent différemment les paroles de Jésus sur l'Eucharistie et appelle à éviter les disputes inutiles sur des sujets ineffables. Il mentionne aussi la pénitence, soulignant que la vie de Jésus était un modèle de pénitence continue, et critique ceux qui cherchent à l'éliminer. Le texte se termine par une réflexion sur la sincérité et le zèle religieux, illustrée par l'exemple du Marquis du Bordage, qui a renoncé au schisme après une conversion sincère.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 122-130
Harangue faite au Pape par les Envoyez. [titre d'après la table]
Début :
Le Pape qui voulut luy faire honneur, le fit lever, & ce / Tres-saint Pere, Les Benedictions tres-particulieres que la Providence [...]
Mots clefs :
Pape, Hérétiques, Rois de l'Orient, Missionnaires, Évangile, Orient, Roi de Siam, Boîte, Mandarins, Harangue
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texteReconnaissance textuelle : Harangue faite au Pape par les Envoyez. [titre d'après la table]
fidelledesonDiscours. | TRes-saint Pere*
Les Benedictions tres-parti
culieres que la Providence divne
répand sur son Eglise
avec
tant de prefusion
, ne nous péri
mettent pas de douter que Dic
n'aît CIJOifiVostre Saintetédari
ves derniers siecles, pour rfü/lir.
tout l'Univers dans son bercail.
Nousvoyons sous cefaint Pontificat
les Heretiqueslesplus
opiniâtreschassez ou convertis ;
les Royaumes qui s'estoient selarc%
avec tant de scandale ,
réunis à rEglifi, &soumis à
ron autorité; les Ennemis les plus
redoutables du nom Chrestien,
presque tous ou exterminez, ou si
tjfoiblis
,
qu'ils n'attendent que
le dernier coup pour achever leur
ruine; mais ce qui estde plus
extraordinaire, & sans exem- le,etquiestoit reservé comme
w.n Irivilege dû à Vostre Saintete>
c'est quun des plus grands
Rois de l'Orient, encore Payen,
prévenu et extraordinairement
touchéet non pas tant de l'éclat de
sa dignité et de sa prééminence,
que de la saintetédesavie,et de
la grandeur de ses vertuspersonnelles,
ce grand Roy
,
dis-je,m'a
chargé de venirdesa partdemanderà
Vostre Saintetéson amitié,
lassurer de ses respects, & luy
offrir sa protection royale poui
tous les Predicateurs de l'Evan~\
C~ pour tous les Fidelles
avec dessentimens qu'on trouv
à peine dans la Cour des Princes
Chrestiens.Ce puissant Roy commence
déja à se faireinstruire.
Il dresse des Autels&des Eglises
au vray Dieu; il demande des
Missionnairessçavans et zjlfzj
il leur fait bastir des Maisons
et des Collèges magnifiques; il
Inous donne tres-souvent des tlUdiences
secretes et très-longues,
i£<7* nous fait mesme rendre des
honneurs quifont de lajalousie
aux principaux Ministresdesa
Secte, pour qui il avoit autrefois
une vénération superstitieuse. Si
Dieu écoute nos voeux, ou plûtofl
s'il exauce les larmes CM les
prières de Vostre Sainteté, car ce
fera sans doute par une si puis
sante intercession que silacheverx
cegrand miracle, je veux dire
la conversion de ce Monarque
que de Rois ,
de Prince, di
de Peuples, ou soumis à sor
Empire, ou qui admirent safedegesse
, &se gouvernent parse
conseils
,
suivront un si grane
exemple!Certes,Tres-saintPere
jamais l'Evangile n aeu de
jrriïndëfOuverturespour/érablïi
solidement,&je répandre dans
cette partie de l'Orient laplus
vajle et la plus peuplée. Pou
moy je regarde déjà cette Let
tre Royalequejevienspresente
à Vostre Sainteté de la part d:'
Roy de Stam, ces pressens qu'il
luy a destinez, et ces Mandarins
ausquels il a ordonné de
se presenter à ses pieds, non
seulement comme des témoignages
sinceres de la reconnoissance
CjT* du profondrespect de ce
Prince , mais encore comme des
engagemens de sa soummission,et
si je l'ose dire
, comme des premices
deseshommages et de son
obci(fiance.
1.
Le Pere Tachard ayant
achevé ,voulut se remettre à
genoux pour entendre la réponse.
de Sa Sainteté, mais le
S. Pere l'obligea de se relever,
& fit voir par là l'estime qu'Il.,
faisoit du Roy de Siam. Les
Mandarinsfirent aussi leurs,
civilitez.Tous les trois estant
entrez ensembleimmediate.
ment a prés le Pere Tachard,
& ayantmis leurs presens sur
une petite ta ble,commc je
l'ay déja dit
;
les deux derniers
commencerent à lever
leurs mains jointes au front
& ayant incliné la telle) ils,
se mirent à genoux, & baisserent
ensuite leur visage contre
terre,ce qu'ils reitererent
trois fois. Pendantcetemps:
le premier Mandarin estoit
debout, tenant la Lettre du
Roy son Maistre fous un
bandege d'un precieux vernis
du Japon. Cette Lettre estoit
gravée sur une feülle d'or
longue d'un pied & demy ,
qu'attachoit un ruban bleu,
enrichy de fleurs d'or & d'argent,
le tout dans une boëte
d'or encilindre, excepté le
couvercle qui estoit en piramide,
orné de fleurs émaillées
de plusieurs couleurs.
Les Mandarins avancerent
jusqu'au milieu de la Salle,
où ilsfirent les mesmes reverences,
& enfin une troisiéme
lors qu'ils furent aux,
pieds de Sa Sainteté. Alors le
premier d'entre-eux mit la
boëte entre les mains du Perc
Tachard, fit ses genuflexions
avec tous les autres, premierement
à la Lettre qu'il quittoit,
& ensuite à Sa Sainteté,
& s'approchant l'un aprés;
l'autre,ils se prosternerentà
ses pieds, en forte que le bout
de leurs bonnets touchoit sa
robe.
Les Benedictions tres-parti
culieres que la Providence divne
répand sur son Eglise
avec
tant de prefusion
, ne nous péri
mettent pas de douter que Dic
n'aît CIJOifiVostre Saintetédari
ves derniers siecles, pour rfü/lir.
tout l'Univers dans son bercail.
Nousvoyons sous cefaint Pontificat
les Heretiqueslesplus
opiniâtreschassez ou convertis ;
les Royaumes qui s'estoient selarc%
avec tant de scandale ,
réunis à rEglifi, &soumis à
ron autorité; les Ennemis les plus
redoutables du nom Chrestien,
presque tous ou exterminez, ou si
tjfoiblis
,
qu'ils n'attendent que
le dernier coup pour achever leur
ruine; mais ce qui estde plus
extraordinaire, & sans exem- le,etquiestoit reservé comme
w.n Irivilege dû à Vostre Saintete>
c'est quun des plus grands
Rois de l'Orient, encore Payen,
prévenu et extraordinairement
touchéet non pas tant de l'éclat de
sa dignité et de sa prééminence,
que de la saintetédesavie,et de
la grandeur de ses vertuspersonnelles,
ce grand Roy
,
dis-je,m'a
chargé de venirdesa partdemanderà
Vostre Saintetéson amitié,
lassurer de ses respects, & luy
offrir sa protection royale poui
tous les Predicateurs de l'Evan~\
C~ pour tous les Fidelles
avec dessentimens qu'on trouv
à peine dans la Cour des Princes
Chrestiens.Ce puissant Roy commence
déja à se faireinstruire.
Il dresse des Autels&des Eglises
au vray Dieu; il demande des
Missionnairessçavans et zjlfzj
il leur fait bastir des Maisons
et des Collèges magnifiques; il
Inous donne tres-souvent des tlUdiences
secretes et très-longues,
i£<7* nous fait mesme rendre des
honneurs quifont de lajalousie
aux principaux Ministresdesa
Secte, pour qui il avoit autrefois
une vénération superstitieuse. Si
Dieu écoute nos voeux, ou plûtofl
s'il exauce les larmes CM les
prières de Vostre Sainteté, car ce
fera sans doute par une si puis
sante intercession que silacheverx
cegrand miracle, je veux dire
la conversion de ce Monarque
que de Rois ,
de Prince, di
de Peuples, ou soumis à sor
Empire, ou qui admirent safedegesse
, &se gouvernent parse
conseils
,
suivront un si grane
exemple!Certes,Tres-saintPere
jamais l'Evangile n aeu de
jrriïndëfOuverturespour/érablïi
solidement,&je répandre dans
cette partie de l'Orient laplus
vajle et la plus peuplée. Pou
moy je regarde déjà cette Let
tre Royalequejevienspresente
à Vostre Sainteté de la part d:'
Roy de Stam, ces pressens qu'il
luy a destinez, et ces Mandarins
ausquels il a ordonné de
se presenter à ses pieds, non
seulement comme des témoignages
sinceres de la reconnoissance
CjT* du profondrespect de ce
Prince , mais encore comme des
engagemens de sa soummission,et
si je l'ose dire
, comme des premices
deseshommages et de son
obci(fiance.
1.
Le Pere Tachard ayant
achevé ,voulut se remettre à
genoux pour entendre la réponse.
de Sa Sainteté, mais le
S. Pere l'obligea de se relever,
& fit voir par là l'estime qu'Il.,
faisoit du Roy de Siam. Les
Mandarinsfirent aussi leurs,
civilitez.Tous les trois estant
entrez ensembleimmediate.
ment a prés le Pere Tachard,
& ayantmis leurs presens sur
une petite ta ble,commc je
l'ay déja dit
;
les deux derniers
commencerent à lever
leurs mains jointes au front
& ayant incliné la telle) ils,
se mirent à genoux, & baisserent
ensuite leur visage contre
terre,ce qu'ils reitererent
trois fois. Pendantcetemps:
le premier Mandarin estoit
debout, tenant la Lettre du
Roy son Maistre fous un
bandege d'un precieux vernis
du Japon. Cette Lettre estoit
gravée sur une feülle d'or
longue d'un pied & demy ,
qu'attachoit un ruban bleu,
enrichy de fleurs d'or & d'argent,
le tout dans une boëte
d'or encilindre, excepté le
couvercle qui estoit en piramide,
orné de fleurs émaillées
de plusieurs couleurs.
Les Mandarins avancerent
jusqu'au milieu de la Salle,
où ilsfirent les mesmes reverences,
& enfin une troisiéme
lors qu'ils furent aux,
pieds de Sa Sainteté. Alors le
premier d'entre-eux mit la
boëte entre les mains du Perc
Tachard, fit ses genuflexions
avec tous les autres, premierement
à la Lettre qu'il quittoit,
& ensuite à Sa Sainteté,
& s'approchant l'un aprés;
l'autre,ils se prosternerentà
ses pieds, en forte que le bout
de leurs bonnets touchoit sa
robe.
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Résumé : Harangue faite au Pape par les Envoyez. [titre d'après la table]
Le discours relate les succès du pontificat du pape, soulignant la conversion ou la répression des hérétiques, la réunification des royaumes avec l'Église, et la soumission des ennemis du christianisme. Un événement notable est la démarche d'un grand roi païen d'Orient, impressionné par la sainteté et les vertus personnelles du pape. Ce roi sollicite son amitié et offre sa protection aux prédicateurs de l'Évangile. Il commence également à construire des autels et des églises, demande des missionnaires et leur accorde des honneurs. Le Père Tachard présente une lettre royale du roi de Siam au pape, accompagnée de présents et de mandarins, témoignant de la reconnaissance et du respect du roi. La cérémonie inclut des gestes de révérence et de soumission des mandarins envers le pape.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 57-64
Lettre de M. l'Abbé A. P. J. à M. l'Abbé de B***.
Début :
Monsieur, vous avez beau regarder comme une plaisanterie le projet [...]
Mots clefs :
Prédicateurs, Mémoire, Discours, Méthode, Évangile
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de M. l'Abbé A. P. J. à M. l'Abbé de B***.
Lettre de M. l'Abbé A. P. J. à M. l'Abbé
de B ***.
Mconte une
Onfieur , vous avez beau regarder
comme une plaifanterie
le projet
que j'ai conçu , d'engager les Prédicateurs
à réciter leurs fermons , le papier en main ;
plus je penfe à cette nouvelle méthode ,
depuis que je vous en ai parlé pour la
premiere fois , plus j'y découvre d'avantages.
Je ne me cache point à moi même
les obftacles qu'il faudra furmonter . L'habitude
dans laquelle on eft depuis longtems
de prêcher par mémoire , fera difficile
à détruire , même chez une nation
fi portée d'ailleurs à changer de modes ;
mais nous avons vû des révolutions
plus
confidérables
, foit dans les fciences , foit
dans les moeurs, pour ne pas efperer celleci
malgré les contradicteurs
.
Ст
58 MERCURE DE FRANCE.
Je fçais qu'il ne fera jamais permis à
aucun prédicateur de changer le fond &
la matière des inftructions qu'ils doivent
annoncer aux peuples. Comme la Religion
eft invariable , fes maximes doivent
être inaltérables. Plût à Dieu qu'on eût
confervé de nos jours , en annonçant l'Evangile
, cette noble fimplicité qui en faifoit
autrefois & la force & la gloire ! mais
quelle différence des difcours des premiers
Apôtres avec ceux de leurs derniers fucceffeurs
! C'étoit autrefois aux pieds de la
Croix , & dans la méditation des diverfes
Ecritures , que les miniftres de la parole
du Seigneur puifoient les réflexions pathétiques
dont ils entretenoient fouvent
les fideles , réflexions que le zéle accompagnoit
, que l'exemple foutenoit , & que
la grace du Tout - puiffant faifoit fructifier.
Comme ils n'avoient d'autre objet
que celui d'étendre le royaume de Jefus-
Chrift , ils parloient felon que l'Efprit
divin , dont ils étoient animés , les infpiroit
; & des milliers de Juifs , de
Grecs , de Romains , & d'étrangers convertis
devenoient le fruit de leurs conquêtes
, & la récompenfe de leurs travaux
évangéliques .
Préfentement au contraire il femble que
nos Prédicateurs, contens des anciens proOCTOBRE.
1755. 59
grès de la religion , ne cherchent plus quà
faire admirer l'efprit & les graces de fes
Miniftres ; ce n'eft plus , pour la plûpart ,
dans les fources facrées qu'ils étudient les
oracles qu'ils nous débitent ; & comment
pourroient-ils fe fervit utilement de l'Ecriture
& des Peres dans les difcours qu'ils
compofent fur des ridicules de fociété ?
Auffi quel eft le fruit de ces portraits prophanes
, finon les vains applaudiffemens
de ces gens oififs , que la célébrité d'un
Prédicateur attire dans nos temples , &
que l'amufement y retient ? Perfuadés qu'il
leur fuffit de plaire à un peuple qu'ils devroient
inftruire , ces Miniftres frivoles fe
font eux-mêmes impofés un joug pefant ,
que des auditeurs délicats & critiques
ont bientôt fçu aggraver. Si ces derniers
les ont difpenfé de jetter de la folidité
& de l'onction dans leurs difcours , que
de talens n'en ont- ils pas exigé je veux
dire les agrémens de la figure , les graces
de la voix , la régularité des geftes , l'étendue
de la mémoire , la délicateffe des
expreffions , la fineffe des penfées , vains
ornemens plus propres à éblouir qu'à toucher
!
Or , dites - moi , Monfieur , comment
voulez-vous qu'un Prédicateur continuellement
occupé à compofer fon vifage , à
Cvj
60
MERCURE DE FRANCE.
animer fes bras , à modifier agréablement
les refforts de fa langue , & à inférer dans
une mémoire ingrate de magnifiques lambeaux
aufquels il n'a fouvent prêté qu'une
brillante coûture , foit propre à infpirer
de l'horreur pour le vice contre lequel il
doit tonner , ou à faire chérir la vertu
qu'il doit canonifer ?
Quoique je fois le premier à foutenir qu'il
ne fera jamais permis de toucher au fond
de la doctrine & de la morale de l'Evangile
, dois- je craindre de découvrir une nouvelle
méthode pour en publier les préceptes
& les maxîmes , fur tout fi cette nouvelle
forme eft plus facile & plus avantageufe
? Non , Monfieur ; & pour peu que
vous vouliez faire attention aux raifons
fur lefquelles je la fonde , vous conviendrez
vous - même de fon utilité. Ne vaudroit
il pas mieux qu'un Curé , occupé
pendant la plus grande partie de la femaine
à défervir une nombreuſe paroiffe ,
employât le peu de tems que la vifite des
malades , & les autres foins du gouvernement
fpirituel demandent de lui , à compofer
pour chaque Dimanche une folide
& inftructive homélie , que de le voir
paffer ce même tems à inférer dans fon
cerveau un prône de parade ? Quels fruits
peuvent faire les inftructions d'un pasteur
›
OCTOBRE 1755 . 61
qui fe borne à quelques points particuliers
de la morale évangélique , & dont
les difcours font par conféquent fi fouvent
répétés , que certain, paroiffiens affidus
feroient en état de les réciter à leur
tour ?
Au contraire , en permettant aux Prédicateurs
, & fur- tout à ceux qui font à la
tête des Paroiffes , d'avoir dans la chaire
le papier à la main , on leur laiffera le
tems de méditer les divines Ectitures ,
de s'inftruire dans les ouvrages des Saints
Peres , & par conféquent , de compofer
pour chaque femaine des homélies toujours
nouvelles ils pourront même par
ce moyen enfeigner fucceffivement un
corps de doctrine fuivie , repaffer toutes
les vérités de la religion , & en expofer
tous les devoirs . On fe plaint tous les jours
que le peuple n'eft pas inftruit ; & comment
peut- il l'être , lorfque les Prédicateurs
refférés dans un cercle étroit de matieres
frappantes , négligent ces fujets effentiels
fur lefquels le tems qu'ils perdent
à apprendre leurs difcours par mémoire ,
ne leur permet pas de travailler ? N'en doutez
pas , Monfieur : Voilà une des principales
caufes de l'ignorance des fidéles ;
& le feul moyen efficace pour y remédier ,
c'eft de leur procurer un plus grand nom62
MERCURE DE FRANCE.
bre d'inftructions , en diminuant le travail
de ceux que le Seigneur a deſtiné
pour les éclairer.
Je dis plus outre l'utilité générale que
produira la nouvelle méthode d'annoncer
l'Evangile , elle aura encore l'avantage
d'être plus agréable pour l'auditeur . Qu'un
Prédicateur peu fûr de fa mémoire fe trouble
, & qu'il foit fur le point de refter
court , que de tourmens , que d'embarras
dans l'auditoire ! mais quels font les Orateurs
Chrétiens , à qui une mémoire ingrate
ou volage , n'ait jamais joué de pareils
tours ? Combien même de jeunes
Prédicateurs , dégoûtés par un début peu
flateur de ce côté , ont abandonné un miniftere
dans lequel il fe feroient cependant
diftingués ?
N'allez pas me dire ici , Monfieur , qu'on
rira de voir un Eccléfiaftique lire d'un ton
modefte une folide inftruction . Pourquoi
riroit- on plutôt dans nos temples que dans
nos barreaux ? Ne voyons - nous pas tous
les jours dans ces dernieres affemblées les
plus célébres Avocats, le mémoire en main ,
foutenir les droits de l'orphélin , & mettre
la veuve à l'abri des ufurpateurs ? On
rira moins , Monfieur , à la lecture d'un fermon
chrétiennement appuyé fur les preuves
tirées de l'Ecriture & de la tradition ,
OCTOBRE . 1755 . 63
qu'on ne feroit en droit de le faire ( fi la
majefté du lieu le permettoit ) au récit par
mémoire de ces piéces théatrales , faites
pour nourrir en même tems , & l'amour
propre du miniftre , & la curiofité de l'auditeur
.
J'exhorte donc les Prédicateurs à fecouer
le joug du préjugé & à facrifier au
bien général le petit talent d'hommes de
mémoire. Vous appréhendez , dites- vous ,
qu'il n'en foit ici comme du confeil des
rats . Tous les intéreffés ne manqueront
pas d'approuver l'avis ; mais qui attachera
le grélot ? Qui les plus fages , & les plus
zélés. Que des Griffet , par exemple , que
des Sanfaric commencent à nous enfeigner
le papier à la main . Qui d'entre les auditeurs
ofera les tourner en ridicule ? Qui
d'entre leurs confreres ne fe fera pas gloire
de marcher fur leurs traces ? Qui feroit
même plus propre que vous , Monfieur
à faire réuflir un projet , dans lequel je
n'envifage que l'utilité publique ?
Je recommande enfin à ceux qui nous
donnent des préceptes fur l'éloquence de
la chaire , d'infifter moins fur le brillant
que fur la folidité . A quoi fert de fe conformer
aux régles prefcrites dans l'éloquence
* dis corps , tandis qu'on ignore l'éloquen-
* Ouvrage tout nouveau.
64 MERCURE DE FRANCE.
ce des moeurs , & celle du ciel 2
J'ai l'honneur d'être , & c.
Ce i5 Juillet 1755-
de B ***.
Mconte une
Onfieur , vous avez beau regarder
comme une plaifanterie
le projet
que j'ai conçu , d'engager les Prédicateurs
à réciter leurs fermons , le papier en main ;
plus je penfe à cette nouvelle méthode ,
depuis que je vous en ai parlé pour la
premiere fois , plus j'y découvre d'avantages.
Je ne me cache point à moi même
les obftacles qu'il faudra furmonter . L'habitude
dans laquelle on eft depuis longtems
de prêcher par mémoire , fera difficile
à détruire , même chez une nation
fi portée d'ailleurs à changer de modes ;
mais nous avons vû des révolutions
plus
confidérables
, foit dans les fciences , foit
dans les moeurs, pour ne pas efperer celleci
malgré les contradicteurs
.
Ст
58 MERCURE DE FRANCE.
Je fçais qu'il ne fera jamais permis à
aucun prédicateur de changer le fond &
la matière des inftructions qu'ils doivent
annoncer aux peuples. Comme la Religion
eft invariable , fes maximes doivent
être inaltérables. Plût à Dieu qu'on eût
confervé de nos jours , en annonçant l'Evangile
, cette noble fimplicité qui en faifoit
autrefois & la force & la gloire ! mais
quelle différence des difcours des premiers
Apôtres avec ceux de leurs derniers fucceffeurs
! C'étoit autrefois aux pieds de la
Croix , & dans la méditation des diverfes
Ecritures , que les miniftres de la parole
du Seigneur puifoient les réflexions pathétiques
dont ils entretenoient fouvent
les fideles , réflexions que le zéle accompagnoit
, que l'exemple foutenoit , & que
la grace du Tout - puiffant faifoit fructifier.
Comme ils n'avoient d'autre objet
que celui d'étendre le royaume de Jefus-
Chrift , ils parloient felon que l'Efprit
divin , dont ils étoient animés , les infpiroit
; & des milliers de Juifs , de
Grecs , de Romains , & d'étrangers convertis
devenoient le fruit de leurs conquêtes
, & la récompenfe de leurs travaux
évangéliques .
Préfentement au contraire il femble que
nos Prédicateurs, contens des anciens proOCTOBRE.
1755. 59
grès de la religion , ne cherchent plus quà
faire admirer l'efprit & les graces de fes
Miniftres ; ce n'eft plus , pour la plûpart ,
dans les fources facrées qu'ils étudient les
oracles qu'ils nous débitent ; & comment
pourroient-ils fe fervit utilement de l'Ecriture
& des Peres dans les difcours qu'ils
compofent fur des ridicules de fociété ?
Auffi quel eft le fruit de ces portraits prophanes
, finon les vains applaudiffemens
de ces gens oififs , que la célébrité d'un
Prédicateur attire dans nos temples , &
que l'amufement y retient ? Perfuadés qu'il
leur fuffit de plaire à un peuple qu'ils devroient
inftruire , ces Miniftres frivoles fe
font eux-mêmes impofés un joug pefant ,
que des auditeurs délicats & critiques
ont bientôt fçu aggraver. Si ces derniers
les ont difpenfé de jetter de la folidité
& de l'onction dans leurs difcours , que
de talens n'en ont- ils pas exigé je veux
dire les agrémens de la figure , les graces
de la voix , la régularité des geftes , l'étendue
de la mémoire , la délicateffe des
expreffions , la fineffe des penfées , vains
ornemens plus propres à éblouir qu'à toucher
!
Or , dites - moi , Monfieur , comment
voulez-vous qu'un Prédicateur continuellement
occupé à compofer fon vifage , à
Cvj
60
MERCURE DE FRANCE.
animer fes bras , à modifier agréablement
les refforts de fa langue , & à inférer dans
une mémoire ingrate de magnifiques lambeaux
aufquels il n'a fouvent prêté qu'une
brillante coûture , foit propre à infpirer
de l'horreur pour le vice contre lequel il
doit tonner , ou à faire chérir la vertu
qu'il doit canonifer ?
Quoique je fois le premier à foutenir qu'il
ne fera jamais permis de toucher au fond
de la doctrine & de la morale de l'Evangile
, dois- je craindre de découvrir une nouvelle
méthode pour en publier les préceptes
& les maxîmes , fur tout fi cette nouvelle
forme eft plus facile & plus avantageufe
? Non , Monfieur ; & pour peu que
vous vouliez faire attention aux raifons
fur lefquelles je la fonde , vous conviendrez
vous - même de fon utilité. Ne vaudroit
il pas mieux qu'un Curé , occupé
pendant la plus grande partie de la femaine
à défervir une nombreuſe paroiffe ,
employât le peu de tems que la vifite des
malades , & les autres foins du gouvernement
fpirituel demandent de lui , à compofer
pour chaque Dimanche une folide
& inftructive homélie , que de le voir
paffer ce même tems à inférer dans fon
cerveau un prône de parade ? Quels fruits
peuvent faire les inftructions d'un pasteur
›
OCTOBRE 1755 . 61
qui fe borne à quelques points particuliers
de la morale évangélique , & dont
les difcours font par conféquent fi fouvent
répétés , que certain, paroiffiens affidus
feroient en état de les réciter à leur
tour ?
Au contraire , en permettant aux Prédicateurs
, & fur- tout à ceux qui font à la
tête des Paroiffes , d'avoir dans la chaire
le papier à la main , on leur laiffera le
tems de méditer les divines Ectitures ,
de s'inftruire dans les ouvrages des Saints
Peres , & par conféquent , de compofer
pour chaque femaine des homélies toujours
nouvelles ils pourront même par
ce moyen enfeigner fucceffivement un
corps de doctrine fuivie , repaffer toutes
les vérités de la religion , & en expofer
tous les devoirs . On fe plaint tous les jours
que le peuple n'eft pas inftruit ; & comment
peut- il l'être , lorfque les Prédicateurs
refférés dans un cercle étroit de matieres
frappantes , négligent ces fujets effentiels
fur lefquels le tems qu'ils perdent
à apprendre leurs difcours par mémoire ,
ne leur permet pas de travailler ? N'en doutez
pas , Monfieur : Voilà une des principales
caufes de l'ignorance des fidéles ;
& le feul moyen efficace pour y remédier ,
c'eft de leur procurer un plus grand nom62
MERCURE DE FRANCE.
bre d'inftructions , en diminuant le travail
de ceux que le Seigneur a deſtiné
pour les éclairer.
Je dis plus outre l'utilité générale que
produira la nouvelle méthode d'annoncer
l'Evangile , elle aura encore l'avantage
d'être plus agréable pour l'auditeur . Qu'un
Prédicateur peu fûr de fa mémoire fe trouble
, & qu'il foit fur le point de refter
court , que de tourmens , que d'embarras
dans l'auditoire ! mais quels font les Orateurs
Chrétiens , à qui une mémoire ingrate
ou volage , n'ait jamais joué de pareils
tours ? Combien même de jeunes
Prédicateurs , dégoûtés par un début peu
flateur de ce côté , ont abandonné un miniftere
dans lequel il fe feroient cependant
diftingués ?
N'allez pas me dire ici , Monfieur , qu'on
rira de voir un Eccléfiaftique lire d'un ton
modefte une folide inftruction . Pourquoi
riroit- on plutôt dans nos temples que dans
nos barreaux ? Ne voyons - nous pas tous
les jours dans ces dernieres affemblées les
plus célébres Avocats, le mémoire en main ,
foutenir les droits de l'orphélin , & mettre
la veuve à l'abri des ufurpateurs ? On
rira moins , Monfieur , à la lecture d'un fermon
chrétiennement appuyé fur les preuves
tirées de l'Ecriture & de la tradition ,
OCTOBRE . 1755 . 63
qu'on ne feroit en droit de le faire ( fi la
majefté du lieu le permettoit ) au récit par
mémoire de ces piéces théatrales , faites
pour nourrir en même tems , & l'amour
propre du miniftre , & la curiofité de l'auditeur
.
J'exhorte donc les Prédicateurs à fecouer
le joug du préjugé & à facrifier au
bien général le petit talent d'hommes de
mémoire. Vous appréhendez , dites- vous ,
qu'il n'en foit ici comme du confeil des
rats . Tous les intéreffés ne manqueront
pas d'approuver l'avis ; mais qui attachera
le grélot ? Qui les plus fages , & les plus
zélés. Que des Griffet , par exemple , que
des Sanfaric commencent à nous enfeigner
le papier à la main . Qui d'entre les auditeurs
ofera les tourner en ridicule ? Qui
d'entre leurs confreres ne fe fera pas gloire
de marcher fur leurs traces ? Qui feroit
même plus propre que vous , Monfieur
à faire réuflir un projet , dans lequel je
n'envifage que l'utilité publique ?
Je recommande enfin à ceux qui nous
donnent des préceptes fur l'éloquence de
la chaire , d'infifter moins fur le brillant
que fur la folidité . A quoi fert de fe conformer
aux régles prefcrites dans l'éloquence
* dis corps , tandis qu'on ignore l'éloquen-
* Ouvrage tout nouveau.
64 MERCURE DE FRANCE.
ce des moeurs , & celle du ciel 2
J'ai l'honneur d'être , & c.
Ce i5 Juillet 1755-
Fermer
Résumé : Lettre de M. l'Abbé A. P. J. à M. l'Abbé de B***.
La lettre de l'Abbé A. P. J. à l'Abbé de B *** introduit une nouvelle méthode pour les prédicateurs, consistant à réciter leurs sermons en ayant le texte en main. L'auteur reconnaît les obstacles, notamment l'habitude de prêcher par mémoire, mais espère une révolution dans les pratiques religieuses, similaire à celles observées dans les sciences et les mœurs. Il souligne l'importance de conserver les maximes religieuses invariablement tout en améliorant la méthode de leur transmission. L'Abbé critique les sermons actuels, qui se concentrent souvent sur l'esprit et les grâces des ministres plutôt que sur la simplicité et la force des premiers apôtres. Il déplore que les prédicateurs modernes cherchent à plaire plutôt qu'à instruire, se concentrant sur des aspects superficiels comme l'apparence et la voix. Cette approche frivole impose un joug pesant aux prédicateurs, qui doivent répondre aux attentes critiques des auditeurs. L'auteur propose que les prédicateurs, surtout ceux à la tête des paroisses, utilisent le papier pour lire leurs homélies. Cela leur permettrait de méditer les Écritures et les œuvres des Saints Pères, et de composer des sermons nouveaux chaque semaine. Cette méthode réduirait l'ignorance parmi les fidèles, qui bénéficieraient de plus d'instructions. De plus, elle éviterait les embarras causés par les erreurs de mémoire des prédicateurs. L'Abbé compare cette pratique à celle des avocats, qui utilisent des notes en plaidant. Il exhorte les prédicateurs à abandonner le préjugé contre la lecture des sermons et à adopter cette méthode pour le bien général. Il recommande également aux enseignants de l'éloquence de la chaire de privilégier la solidité plutôt que le brillant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 89-98
ANNONCES DE LIVRES.
Début :
COLLECTION de différens Morceaux sur l'Histoire Naturelle & Civile [...]
Mots clefs :
Libraire, Comédie, Musique, Évangile, Brochure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANNONCES DE LIVRES.
ANNONCES DE LIVRES.
COLLECTION de différens Morceaux
fur l'Hiftoire Naturelle & Civile
des Pays du Nord , fur l'Hiftoire Naturelle
en général , fur d'autres Sciences ,
fur différens Arts ; traduit de l'Allemand
, du Suédois , du Latin , avec des
notes du Traducteur. Par M. de Keralio
, Capitaine , Aide - Major à l'École
Militaire , & chargé d'y enfeigner la
Tactique. Tome premier , in-12.
Je vais jufqu'où je puis ;
Et femblable à l'Abeille , en nos jardins écloſe ,
De différentes fleurs j'affemble & je compofe
Le miel que je produis.
Rouffeau , Od. 1. du Liv. 3. Stroph. 30.
-
A Paris , chez R. Davidts , Libraire
quai des Auguftins , à S. Jacques . Cette
Collection très intéreffante , & dont
nous nous propofons de rendre compfera
bientôt fuivie de plufieurs au-
,
tres volumes,
LA MORALE ÉVANGÉLIQUE expliquée
par les SS . Pèrés ; ou Homélies
choifies des Pères de l'Eglife , fur tous
90 MERCURE DE FRANCE .
les Evangiles des Dimanches & Fêtes
de l'année. Ouvrage très-utile, aux Curés
, aux Eccléfiaftiques chargés d'inf
truire les Peuples ; & généralement à
tous les Fidéles qui veulent s'inftruire à
fond des vérités de la Religion . Par M.
l'Abbé Mary de la Canorgue , Prêtre ,
Licentié en Théologie. in- 12. Tom. I.
Paris , 1763 , chez Lottin le jeune ,
rue S. Jacques , vis- à -vis la rue de la
Parcheminerie.
Les jeunes Eccléfiaftiques qui fe
deftinent à inftruire les Peuples , qui
n'ont pas des facilités de puifer euxmêmes
dans les Pères, trouveront dans ce
recueil d'Homélies , les endroits les plus
beaux des SS. Pères. On y rencontre des
morceaux vifs & très - éloquens , des
comparaifons fort belles qui jettent un
grand jour dans la fuite du difcours :
partout beaucoup de lumiére & d'onc
tion , & cette véritable éloquence de
chofes & non de mots qui inftruit &
perfuade à la fois. Les fideles y trou--
veront une morale füre & une inftruction
folide.
Quelques perfonnes au premier coup
d'oeil ont cru que ces Homélies étoient
celles qui fe trouvent dans le Breviaire :
que l'on avoit raffemblées & fimple--
MARS. 1763. 95
le
X
Cup
'
nt
re :
Jement
traduites. Il y a cependant une
grande différence entre les unes & les
autres. D'abord il n'étoit guères poffible
de faire un recueil comme celuici
, fans fe rencontrer fréquemment
avec celles-là. D'ailleurs on ne trouve
ordinairement dans le Bréviaire qu'un
morceau qui a rapport à un endroit ou
à une partie de l'Evangile ; & ici prèfque
toutes les Homélies paraphrafent le
texte de l'Evangile en entier. Souvent
elles expliquent le fens moral , le figuré
& allégorique ; elles renferment même
quelquefois une triple explication de
tout l'Evangile.
-
On trouve chez le même Libraire
Les Stations de la Paffion de N. S.
Jefus Chrift , qui en contiennent
l'Hiftoire , avec des Réflexions & des
Prieres , &c. à l'ufage des Eglifes , Monaftères
& Communautés , où l'on fait
des proceffions pour adorer Jefus- Chrift;
Ouvrage propre aux Confrères de Jé
rufalem , aux Maifons Religieufes du
Calvaire , du Saint Sépulchre , des Filles-
Dieu & autres ; & généralement utile
à tous ceux qui veulent fe rappeller &
honorer le mystère de la Croix , dans
la fainte Quinzaine , tous les Vendredis,
J
92 MERCURE DE FRANCE.
ou durant tout le cours de l'année . Vol
in- 12. 1 liv. 6 f.
Le même Libraire Lottin , le jeune ,
vient d'acquérir du fond de M. le Prieur
les Exercices Religieux , utiles & profitables
aux Ames religieufes qui defirent
s'avancer en la perfection , avec
plufieurs avis , Inftructions & Pratiques
fpirituelles pour les y conduire & c.
Vol . in-12 . 2 liv. 10 f.
>
INSTRUCTIONS Chrétiennes fur les
huit Béatitudes tirées des faints Pères de
l'Eglife ; & en particulier de faint Auguftin
, fuivies d'une Priére & Afpirations
; ou Abrégé de toute la Morale
de l'Evangile , dans lequel le Chrétien
trouvera des règles fûres pour former
fes fentimens & fa conduite & des
motifs de confolation dans toutes les
épreuves de la vie. Par M. Cabrisseau ,
Théologal de Rheims. A Paris , chez
Lottin , le jeune , Libraire , rue S. Jacques
, vis-à-vis la rue de la Parcheminerie.
1763. Avec approbation & Privilège
du Roi.
,
LES DEUX LIVRES de S. Auguftin
, Evêque d'Hippone , à Pollentius ,
fur les mariages adultères , traduits en
MARS. 1763. 93
f
en
François , avec le Texte Latin à côté ,
des notes , & une differtation . Dédiés à
M. l'Evêque de Soiffons . Ouvrage utile
& même néceffaire à tous les Confeffeurs
, & finguliérement aux Millionnaires
employés chez les Infidéles . in - 12,
Paris , 1763. Chez G. Defprez , Imprimeur
du Roi & du Clergé de France,
rue S. Jacques . Prix , 2 1. 2. f. broché.
"
LETTRES Philofophiques , fur la
formation des Sels & des Cryftaux , &
fur la génération & le Méchaniſme organique
des Plantes & des Animaux, à
l'occafion de la pièrre bélemnite & de
la pièrre lenticulaire , avec un Mémoi
re fur la Théorie de la Tèrre . Par M,
Bourguet. Seconde édition , in- 12. avec
figures. Amfterdam , chez Marc- Michel
Rey , 1763 , & fe trouve chez Briaffon,
rue S. Jacques , à Paris.
VOYAGE du M. *** en Périgord ,
Vers & Profe . Brochure in - 12. Chez
Brocas & Humblot , rue S. Jacques.
DISCOURS fur la Satyre , Ouvrage
traduit de l'Italien .
Interest Reipublicæ cognofci malos.
Brochure in- 12 . Amfterdam , 1763 , &
94 MERCURE DE FRANCE.
fe trouve à Paris chez les Libraires qui
vendent les Nouveautés.
MARII CURILLI Groningenfis Satyræ.
Groninga , apud Jacobum Bolt ,
Bibliopolam. 1758.
GER. NICOLAI HERQUENII., Arcad.
Socii , & Acad. Reg. Pariſ. Litter.
& Antiq . Miniftri , Italicorum Liber
unus. Groninga. Typis Jacobi Bol
tii , Bibliopola. 1762 .
N. B. L'Auteur qui nous a fait l'honneur
de nous adreffer ces deux Ouvrages
dont nous n'avons qu'un très-bon
compte à rendre , ne nous dit pas
s'en trouve à Paris des exemplaires.
s'il
ÉSSAI fur les Bois de Charpente , ou
Differtation de la Compagnie des Architectes
& Experts des Bâtimens à Paris
, en réponse au Mémoire de M. Paris
Duvernai , Confeiller d'Etat , Intendant
de l'Ecole Royale Militaire , fur la
Théorie & la Pratique des gros Bois de
Charpente , dans leur exploitation &
dans leur emploi. Rédigée par MM.
Babuty , Defgodetz , & le Camus de
Mezieres. Brochure in- 12 . Paris , 1763 .
Chez Babuty fils , Libraire , quai des
Auguftins , à l'Etoile.
MARS. 1763. 95
e
&
L.
He
3 .
.es
CAQUET BON BEC , la Poule à ma
tante , Poëme badin.
Et frontem nugis folvere difce meis.
Ovid.
Brochure in-12 . 1763. Se trouve à Paris
chez Pankoucke , à côté de la Comédie
Françoiſe & chez Duchefne , rue S. Jaques.
JUDITH & DAVID , Tragédies . Par
M. L *** , Avocat . A Amfterdam, 1763;
& fe trouvent à Paris , chez Guillyn ,
Libraire , quai des Aug. au Lys d'or.
THEATRE de M. Nivelle de la Chauf
fée , de l'Académie Françoife . 5 vol.
in- 16. jolie édition. Paris , 1763. Chez
Prault , petit-fils , Libraire , quai des
Auguftins.
ABRÉGÉ de la Grammaire Françoife.
Par M. de Wailly, Nouvelle édition
in- 12, Paris , 1763. Chèz J. Barbou ,
Libraire- Imprimeur , rue S. Jacques
aux Cigognes. Prix , 1 liv. 4 f. Cette
Grammaire eft aujourd'hui adoptée par
l'Univerfité & par l'Ecole Militaire. On
trouve chez le même Libraire,la Grammaire
Françoiſe in - 12 . du même Auteur.
Le prix eft de 2 1. 10 f.
66 MERCURE DE FRANCE.
DUPUIS & DESRONAIS , Comédie
en trois Actes , & en vers libres , repréfentée
pour la premiere fois par les Comédiens
François ordinaires du Roi ,
le 17 Janvier 1763 , par M. Collé , Lecteur
de Mgr le Duc d'ORLEANS , premier
Prince du Sang. A Paris , chez.
Duchefne , Libraire , rue S. Jacqués , au
Temple du Goût. Le prix eft de 1 liv.
10 f. Le fuccès conftant de cette Piéce
charmante , que l'on voit toujours avec
le même plaifir , nous difpenfe d'en
rien dire ici de plus . On en verra l'extrait
à l'article des Spectacles.
N. B. On trouve chez le même Libraire
, les Piéces fuivantes.
L'AMOUR PATERNEL , ou la Suivante
reconnoiffante , Comédie Italienne
, en trois Actes & en profe. Par M.
Goldoni , compofée pour les Comédiens
Italiens ordinaires du Roi , & repréfentée
fur leur Théâtre au mois de Février
1763. Extrait , Scène , Part- ſcène , avec
les Lettres de M. Goldoni & de M.
Meflé , tant fur cette Piéce que fur plufieurs
autres objets des Spectacles. Prix
I liv. 4 f.
LE MILICIEN , Comédie en un Acte,
mêlée d'Ariettes ; par M. Anfeaume , la
Mufique
MARS. 1763. 97
*
1.
15
1-
er
ec
M.
Jurix
Ete,
la
que
(
.
pour
Mufique de M. Duny , repréfentée
la premiere fois à Verfailles devant leurs
Majeftés , le 29 Décembre 1762 ; & à
Paris , fur le Théatre de la Comédie
Italienne le premier Janvier 1763. Prix ,
1 liv . 4 f.
LE GUY DE CHÊNE , ou la Fête
des Druides , Comédie en un Acte &
en vers libres , mêlée d'Ariettes , avec
un divertiffement. Par M. de Junquieres
le fils. La Mufique de M. de la Ruette
repréfentée pour la premiere fois par les
Comédiens Italiens ordinaires du Roi ,
le Mercredi 26 Janvier 1763. Prix , 1 l .
4 f.
LA BAGARRE , Opéra bouffon , en
un Acte ; par M. Poinfinet ; la Mufique
de M. Vanmalder.
Non plau fus , fed rifus.
repréſenté pour la première fois par les
Comédiens Italiens ordinaires du Roi
le 10 Février 1763. Prix , I l. 10 f. avec
la Mufique.
POSTILLON PARISI EN , cu Conducteur
fidéle de la Ville , Fauxbourgs
& environs de Paris , dédié à Meffire
E
98 MERCURE DE FRANCE.
Jean- Baptifte-Elie Camus de Pontcarré,
Chevalier , Seigneur de Viarme & autres
lieux , Confeiller d'Etat & Prévôt
des Marchands de la Ville de Paris , par
MM. Louis Denis & Louis Mondhard
à Paris. Chez Denis , rue S. Jacques ,
vis-à-vis le Collége de Clermont , &
chez Mondhard, même rue & à l'hôtel
de Saumur. 1763.
COLLECTION de différens Morceaux
fur l'Hiftoire Naturelle & Civile
des Pays du Nord , fur l'Hiftoire Naturelle
en général , fur d'autres Sciences ,
fur différens Arts ; traduit de l'Allemand
, du Suédois , du Latin , avec des
notes du Traducteur. Par M. de Keralio
, Capitaine , Aide - Major à l'École
Militaire , & chargé d'y enfeigner la
Tactique. Tome premier , in-12.
Je vais jufqu'où je puis ;
Et femblable à l'Abeille , en nos jardins écloſe ,
De différentes fleurs j'affemble & je compofe
Le miel que je produis.
Rouffeau , Od. 1. du Liv. 3. Stroph. 30.
-
A Paris , chez R. Davidts , Libraire
quai des Auguftins , à S. Jacques . Cette
Collection très intéreffante , & dont
nous nous propofons de rendre compfera
bientôt fuivie de plufieurs au-
,
tres volumes,
LA MORALE ÉVANGÉLIQUE expliquée
par les SS . Pèrés ; ou Homélies
choifies des Pères de l'Eglife , fur tous
90 MERCURE DE FRANCE .
les Evangiles des Dimanches & Fêtes
de l'année. Ouvrage très-utile, aux Curés
, aux Eccléfiaftiques chargés d'inf
truire les Peuples ; & généralement à
tous les Fidéles qui veulent s'inftruire à
fond des vérités de la Religion . Par M.
l'Abbé Mary de la Canorgue , Prêtre ,
Licentié en Théologie. in- 12. Tom. I.
Paris , 1763 , chez Lottin le jeune ,
rue S. Jacques , vis- à -vis la rue de la
Parcheminerie.
Les jeunes Eccléfiaftiques qui fe
deftinent à inftruire les Peuples , qui
n'ont pas des facilités de puifer euxmêmes
dans les Pères, trouveront dans ce
recueil d'Homélies , les endroits les plus
beaux des SS. Pères. On y rencontre des
morceaux vifs & très - éloquens , des
comparaifons fort belles qui jettent un
grand jour dans la fuite du difcours :
partout beaucoup de lumiére & d'onc
tion , & cette véritable éloquence de
chofes & non de mots qui inftruit &
perfuade à la fois. Les fideles y trou--
veront une morale füre & une inftruction
folide.
Quelques perfonnes au premier coup
d'oeil ont cru que ces Homélies étoient
celles qui fe trouvent dans le Breviaire :
que l'on avoit raffemblées & fimple--
MARS. 1763. 95
le
X
Cup
'
nt
re :
Jement
traduites. Il y a cependant une
grande différence entre les unes & les
autres. D'abord il n'étoit guères poffible
de faire un recueil comme celuici
, fans fe rencontrer fréquemment
avec celles-là. D'ailleurs on ne trouve
ordinairement dans le Bréviaire qu'un
morceau qui a rapport à un endroit ou
à une partie de l'Evangile ; & ici prèfque
toutes les Homélies paraphrafent le
texte de l'Evangile en entier. Souvent
elles expliquent le fens moral , le figuré
& allégorique ; elles renferment même
quelquefois une triple explication de
tout l'Evangile.
-
On trouve chez le même Libraire
Les Stations de la Paffion de N. S.
Jefus Chrift , qui en contiennent
l'Hiftoire , avec des Réflexions & des
Prieres , &c. à l'ufage des Eglifes , Monaftères
& Communautés , où l'on fait
des proceffions pour adorer Jefus- Chrift;
Ouvrage propre aux Confrères de Jé
rufalem , aux Maifons Religieufes du
Calvaire , du Saint Sépulchre , des Filles-
Dieu & autres ; & généralement utile
à tous ceux qui veulent fe rappeller &
honorer le mystère de la Croix , dans
la fainte Quinzaine , tous les Vendredis,
J
92 MERCURE DE FRANCE.
ou durant tout le cours de l'année . Vol
in- 12. 1 liv. 6 f.
Le même Libraire Lottin , le jeune ,
vient d'acquérir du fond de M. le Prieur
les Exercices Religieux , utiles & profitables
aux Ames religieufes qui defirent
s'avancer en la perfection , avec
plufieurs avis , Inftructions & Pratiques
fpirituelles pour les y conduire & c.
Vol . in-12 . 2 liv. 10 f.
>
INSTRUCTIONS Chrétiennes fur les
huit Béatitudes tirées des faints Pères de
l'Eglife ; & en particulier de faint Auguftin
, fuivies d'une Priére & Afpirations
; ou Abrégé de toute la Morale
de l'Evangile , dans lequel le Chrétien
trouvera des règles fûres pour former
fes fentimens & fa conduite & des
motifs de confolation dans toutes les
épreuves de la vie. Par M. Cabrisseau ,
Théologal de Rheims. A Paris , chez
Lottin , le jeune , Libraire , rue S. Jacques
, vis-à-vis la rue de la Parcheminerie.
1763. Avec approbation & Privilège
du Roi.
,
LES DEUX LIVRES de S. Auguftin
, Evêque d'Hippone , à Pollentius ,
fur les mariages adultères , traduits en
MARS. 1763. 93
f
en
François , avec le Texte Latin à côté ,
des notes , & une differtation . Dédiés à
M. l'Evêque de Soiffons . Ouvrage utile
& même néceffaire à tous les Confeffeurs
, & finguliérement aux Millionnaires
employés chez les Infidéles . in - 12,
Paris , 1763. Chez G. Defprez , Imprimeur
du Roi & du Clergé de France,
rue S. Jacques . Prix , 2 1. 2. f. broché.
"
LETTRES Philofophiques , fur la
formation des Sels & des Cryftaux , &
fur la génération & le Méchaniſme organique
des Plantes & des Animaux, à
l'occafion de la pièrre bélemnite & de
la pièrre lenticulaire , avec un Mémoi
re fur la Théorie de la Tèrre . Par M,
Bourguet. Seconde édition , in- 12. avec
figures. Amfterdam , chez Marc- Michel
Rey , 1763 , & fe trouve chez Briaffon,
rue S. Jacques , à Paris.
VOYAGE du M. *** en Périgord ,
Vers & Profe . Brochure in - 12. Chez
Brocas & Humblot , rue S. Jacques.
DISCOURS fur la Satyre , Ouvrage
traduit de l'Italien .
Interest Reipublicæ cognofci malos.
Brochure in- 12 . Amfterdam , 1763 , &
94 MERCURE DE FRANCE.
fe trouve à Paris chez les Libraires qui
vendent les Nouveautés.
MARII CURILLI Groningenfis Satyræ.
Groninga , apud Jacobum Bolt ,
Bibliopolam. 1758.
GER. NICOLAI HERQUENII., Arcad.
Socii , & Acad. Reg. Pariſ. Litter.
& Antiq . Miniftri , Italicorum Liber
unus. Groninga. Typis Jacobi Bol
tii , Bibliopola. 1762 .
N. B. L'Auteur qui nous a fait l'honneur
de nous adreffer ces deux Ouvrages
dont nous n'avons qu'un très-bon
compte à rendre , ne nous dit pas
s'en trouve à Paris des exemplaires.
s'il
ÉSSAI fur les Bois de Charpente , ou
Differtation de la Compagnie des Architectes
& Experts des Bâtimens à Paris
, en réponse au Mémoire de M. Paris
Duvernai , Confeiller d'Etat , Intendant
de l'Ecole Royale Militaire , fur la
Théorie & la Pratique des gros Bois de
Charpente , dans leur exploitation &
dans leur emploi. Rédigée par MM.
Babuty , Defgodetz , & le Camus de
Mezieres. Brochure in- 12 . Paris , 1763 .
Chez Babuty fils , Libraire , quai des
Auguftins , à l'Etoile.
MARS. 1763. 95
e
&
L.
He
3 .
.es
CAQUET BON BEC , la Poule à ma
tante , Poëme badin.
Et frontem nugis folvere difce meis.
Ovid.
Brochure in-12 . 1763. Se trouve à Paris
chez Pankoucke , à côté de la Comédie
Françoiſe & chez Duchefne , rue S. Jaques.
JUDITH & DAVID , Tragédies . Par
M. L *** , Avocat . A Amfterdam, 1763;
& fe trouvent à Paris , chez Guillyn ,
Libraire , quai des Aug. au Lys d'or.
THEATRE de M. Nivelle de la Chauf
fée , de l'Académie Françoife . 5 vol.
in- 16. jolie édition. Paris , 1763. Chez
Prault , petit-fils , Libraire , quai des
Auguftins.
ABRÉGÉ de la Grammaire Françoife.
Par M. de Wailly, Nouvelle édition
in- 12, Paris , 1763. Chèz J. Barbou ,
Libraire- Imprimeur , rue S. Jacques
aux Cigognes. Prix , 1 liv. 4 f. Cette
Grammaire eft aujourd'hui adoptée par
l'Univerfité & par l'Ecole Militaire. On
trouve chez le même Libraire,la Grammaire
Françoiſe in - 12 . du même Auteur.
Le prix eft de 2 1. 10 f.
66 MERCURE DE FRANCE.
DUPUIS & DESRONAIS , Comédie
en trois Actes , & en vers libres , repréfentée
pour la premiere fois par les Comédiens
François ordinaires du Roi ,
le 17 Janvier 1763 , par M. Collé , Lecteur
de Mgr le Duc d'ORLEANS , premier
Prince du Sang. A Paris , chez.
Duchefne , Libraire , rue S. Jacqués , au
Temple du Goût. Le prix eft de 1 liv.
10 f. Le fuccès conftant de cette Piéce
charmante , que l'on voit toujours avec
le même plaifir , nous difpenfe d'en
rien dire ici de plus . On en verra l'extrait
à l'article des Spectacles.
N. B. On trouve chez le même Libraire
, les Piéces fuivantes.
L'AMOUR PATERNEL , ou la Suivante
reconnoiffante , Comédie Italienne
, en trois Actes & en profe. Par M.
Goldoni , compofée pour les Comédiens
Italiens ordinaires du Roi , & repréfentée
fur leur Théâtre au mois de Février
1763. Extrait , Scène , Part- ſcène , avec
les Lettres de M. Goldoni & de M.
Meflé , tant fur cette Piéce que fur plufieurs
autres objets des Spectacles. Prix
I liv. 4 f.
LE MILICIEN , Comédie en un Acte,
mêlée d'Ariettes ; par M. Anfeaume , la
Mufique
MARS. 1763. 97
*
1.
15
1-
er
ec
M.
Jurix
Ete,
la
que
(
.
pour
Mufique de M. Duny , repréfentée
la premiere fois à Verfailles devant leurs
Majeftés , le 29 Décembre 1762 ; & à
Paris , fur le Théatre de la Comédie
Italienne le premier Janvier 1763. Prix ,
1 liv . 4 f.
LE GUY DE CHÊNE , ou la Fête
des Druides , Comédie en un Acte &
en vers libres , mêlée d'Ariettes , avec
un divertiffement. Par M. de Junquieres
le fils. La Mufique de M. de la Ruette
repréfentée pour la premiere fois par les
Comédiens Italiens ordinaires du Roi ,
le Mercredi 26 Janvier 1763. Prix , 1 l .
4 f.
LA BAGARRE , Opéra bouffon , en
un Acte ; par M. Poinfinet ; la Mufique
de M. Vanmalder.
Non plau fus , fed rifus.
repréſenté pour la première fois par les
Comédiens Italiens ordinaires du Roi
le 10 Février 1763. Prix , I l. 10 f. avec
la Mufique.
POSTILLON PARISI EN , cu Conducteur
fidéle de la Ville , Fauxbourgs
& environs de Paris , dédié à Meffire
E
98 MERCURE DE FRANCE.
Jean- Baptifte-Elie Camus de Pontcarré,
Chevalier , Seigneur de Viarme & autres
lieux , Confeiller d'Etat & Prévôt
des Marchands de la Ville de Paris , par
MM. Louis Denis & Louis Mondhard
à Paris. Chez Denis , rue S. Jacques ,
vis-à-vis le Collége de Clermont , &
chez Mondhard, même rue & à l'hôtel
de Saumur. 1763.
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Résumé : ANNONCES DE LIVRES.
Le document de 1763 présente diverses annonces de livres et ouvrages publiés cette année-là. Parmi les publications notables, on trouve une collection de morceaux traduits de l'allemand, du suédois et du latin, dédiée à l'histoire naturelle et civile des pays du Nord, ainsi qu'à d'autres sciences et arts. Cette collection, traduite par M. de Keralio, est publiée chez R. Davidts à Paris. Un autre ouvrage mentionné est 'La Morale Évangélique expliquée par les SS. Pères', un recueil d'homélies choisies des Pères de l'Église sur les Évangiles des dimanches et fêtes de l'année. Cet ouvrage, rédigé par l'Abbé Mary de la Canorgue, est destiné aux curés, ecclésiastiques et fidèles souhaitant s'instruire des vérités religieuses. Il est disponible chez Lottin le jeune, rue Saint-Jacques à Paris. Le document liste également plusieurs autres publications religieuses et littéraires, telles que 'Les Stations de la Passion de N. S. Jésus-Christ', 'Les Exercices Religieux', et 'Instructions Chrétiennes sur les huit Béatitudes'. Des ouvrages philosophiques et scientifiques sont également mentionnés, comme les 'Lettres Philosophiques sur la formation des Sels et des Cristaux' de M. Bourguet. Enfin, le document mentionne des pièces de théâtre et des comédies, telles que 'Dupuis & Desronais' de M. Collé, et 'L'Amour Paternel' de M. Goldoni, ainsi que des grammaires et des poèmes. Ces ouvrages sont disponibles chez divers libraires à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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