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p. 1-8
Prelude. [titre d'après la table]
Début :
Quand les Souverains ont gagné quelques Batailles, ou forcé des [...]
Mots clefs :
Grâces, Dieu, Peuples, Corps, Actions, Santé du roi, Églises, Guérison, Manufactures royales, Rétablissement de la santé
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texteReconnaissance textuelle : Prelude. [titre d'après la table]
j^"^ ÌJ A n d les Sou-
S P verains ont gagné
quelques Batailles,
f ou forcé des Places à se ren
dre , les Peuples en rendent
ordinairement graces à Dieu
I" avec des démonstrations de
Janvier 1687. A
* MERCURE,,
joye, mais ces actions de grâ
ces ne se font que dans une
feule Eglife,&au nom de tou
te une Ville,au lieu que celles
que l'on vient de faire pour
remercier Dieu du retour de
la Santé du Roy, beaucoup
plus considérable à les Peupics
, que s'il avoit gagné des
Royaumes entiers , ont esté
faites dans toufes'les Eglises
de Paris. Cdux 'quí lcsMeíservent
ont prié deux fois ; d'a
bord pour dérnahder la gué
rison de Sá Majtttë j & en
suite pour en rendre graces
à Dieu. Les premiers d'entre
GALANT. ?
les Corps des Bourgeois qui
ont fait taire ces Prieres, ont
commencé comme a fait l'Eglise,
& ils ont eníìiite finy
par des actions de graces.
Ainsi l'Eglife & les Peuples
ont prié chacun fur deux sii,
jets , & ces deux sortes de
Prieres s'estant faites à qua
tre fois differentes, ont esté' à
Tinsiny. J'ay tâché, Madame,
de vous en faire une peinture
au commencement & dans
la fin de ma Lettre de Décembre.
Cépendant il ie trou
ve que je n'ay pû exprimer
qu'imparfaitement le zelc
Aij
r4 MERCURE
des Peuples , & à dire vray ,
c'est une chose impossible.
Toutes les Eglises íùfEsoient
à peine pour ceux qui vottloient
faire faire des Prieres,
& Ton a esté souvent obligé
d'attendre que ceux qui s'estoient
mis en estat d'en faire
faire les premiers , eussent achevé
, pour satisfaire au zele
des autres. Les uns ont fait
prier pendant un jour entier,
les autres pendant trois jours,
& les autres pendant neufj
& enfin, pour rendre ces Priè
res plus celebres , on y a ajou
té la Musique, & 1a décora.
GALANT, s
tion des Eglises où tout ce
que Paris à de plus riche &
de plus íùperbe a paru , avec
les décharges des Boètes &:
de la Mqusqucterie. Enfin
tout estoit en mouvement ,
tout estoit en joye, tout retentiflbit
d'actions de graces,
& il sest mefme trouve des
Corps & des Communautez ,
& des Societez qui ont fait
recommencer plusieurs fois.
M"s des Manufactures Roya
les des Meubles de la Cou
ronne établies aux Gobelins,
ont esté de cc nombre ,, les
Corps, & les Communautez
6 MFRCUR1
n'ont pas feulement fait prier,,
mais plusieurs personnes qui
n'entrent dans aucun Corps y
se sont associées pour faire
prier , & des particuliers qui
n'ont pointvoulu fe faire connoître,&
même des Artisans,,
ont trouvé moyen de faire
tenir dans des Convents des.
sommes considerables , pour
rendre graces, à Dieu d'une
Santé, qui ne doit pas feule
ment estxe prétieufe à toute
i'Europe puis que le Roy y
maintient la Paix , mais en
core à toure la terre , ce Mo
narque faisant des Alliances
GALANT. 7
dans les . Païs les plus recu
lez, & de'peníant des sommes
immenses pour attirer des
Ames à Dieu, en., les faisant
renoncer a l'ídolatrie. Ainsi
ce n'est pas sans íùjet qu'il est
Ies>delicesde ses Peuples , &c
de tous les Etrangers qui
rendent justice au vray mé
rite , &. qui seront ravis d'ap
prendre, ce que l'on a fàit en
France pour le rétabl/'flèmenc
de sa Sante, puis que toute la
terre connoiítra par là lardeur
du zele dont tous les
coeurs des François font pe
netrez pour un Prince fi çjí*
A iiij,
8 MERCURE . :
gne de l 'amour qu'ils ont pour
luy. Si l'on ignoroit par quels
endroits il merite que cet a~
mourait esté jusqu'à 1 excésoà
il est monté,on n'en douteroit
pas en lisant l'Ouvrage que
je vous envoyeí
S P verains ont gagné
quelques Batailles,
f ou forcé des Places à se ren
dre , les Peuples en rendent
ordinairement graces à Dieu
I" avec des démonstrations de
Janvier 1687. A
* MERCURE,,
joye, mais ces actions de grâ
ces ne se font que dans une
feule Eglife,&au nom de tou
te une Ville,au lieu que celles
que l'on vient de faire pour
remercier Dieu du retour de
la Santé du Roy, beaucoup
plus considérable à les Peupics
, que s'il avoit gagné des
Royaumes entiers , ont esté
faites dans toufes'les Eglises
de Paris. Cdux 'quí lcsMeíservent
ont prié deux fois ; d'a
bord pour dérnahder la gué
rison de Sá Majtttë j & en
suite pour en rendre graces
à Dieu. Les premiers d'entre
GALANT. ?
les Corps des Bourgeois qui
ont fait taire ces Prieres, ont
commencé comme a fait l'Eglise,
& ils ont eníìiite finy
par des actions de graces.
Ainsi l'Eglife & les Peuples
ont prié chacun fur deux sii,
jets , & ces deux sortes de
Prieres s'estant faites à qua
tre fois differentes, ont esté' à
Tinsiny. J'ay tâché, Madame,
de vous en faire une peinture
au commencement & dans
la fin de ma Lettre de Décembre.
Cépendant il ie trou
ve que je n'ay pû exprimer
qu'imparfaitement le zelc
Aij
r4 MERCURE
des Peuples , & à dire vray ,
c'est une chose impossible.
Toutes les Eglises íùfEsoient
à peine pour ceux qui vottloient
faire faire des Prieres,
& Ton a esté souvent obligé
d'attendre que ceux qui s'estoient
mis en estat d'en faire
faire les premiers , eussent achevé
, pour satisfaire au zele
des autres. Les uns ont fait
prier pendant un jour entier,
les autres pendant trois jours,
& les autres pendant neufj
& enfin, pour rendre ces Priè
res plus celebres , on y a ajou
té la Musique, & 1a décora.
GALANT, s
tion des Eglises où tout ce
que Paris à de plus riche &
de plus íùperbe a paru , avec
les décharges des Boètes &:
de la Mqusqucterie. Enfin
tout estoit en mouvement ,
tout estoit en joye, tout retentiflbit
d'actions de graces,
& il sest mefme trouve des
Corps & des Communautez ,
& des Societez qui ont fait
recommencer plusieurs fois.
M"s des Manufactures Roya
les des Meubles de la Cou
ronne établies aux Gobelins,
ont esté de cc nombre ,, les
Corps, & les Communautez
6 MFRCUR1
n'ont pas feulement fait prier,,
mais plusieurs personnes qui
n'entrent dans aucun Corps y
se sont associées pour faire
prier , & des particuliers qui
n'ont pointvoulu fe faire connoître,&
même des Artisans,,
ont trouvé moyen de faire
tenir dans des Convents des.
sommes considerables , pour
rendre graces, à Dieu d'une
Santé, qui ne doit pas feule
ment estxe prétieufe à toute
i'Europe puis que le Roy y
maintient la Paix , mais en
core à toure la terre , ce Mo
narque faisant des Alliances
GALANT. 7
dans les . Païs les plus recu
lez, & de'peníant des sommes
immenses pour attirer des
Ames à Dieu, en., les faisant
renoncer a l'ídolatrie. Ainsi
ce n'est pas sans íùjet qu'il est
Ies>delicesde ses Peuples , &c
de tous les Etrangers qui
rendent justice au vray mé
rite , &. qui seront ravis d'ap
prendre, ce que l'on a fàit en
France pour le rétabl/'flèmenc
de sa Sante, puis que toute la
terre connoiítra par là lardeur
du zele dont tous les
coeurs des François font pe
netrez pour un Prince fi çjí*
A iiij,
8 MERCURE . :
gne de l 'amour qu'ils ont pour
luy. Si l'on ignoroit par quels
endroits il merite que cet a~
mourait esté jusqu'à 1 excésoà
il est monté,on n'en douteroit
pas en lisant l'Ouvrage que
je vous envoyeí
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Résumé : Prelude. [titre d'après la table]
En janvier 1687, les souverains ont remporté des batailles et forcé des places à se rendre, suscitant des actions de grâce limitées à une seule église par ville. Les prières pour la santé du roi ont été plus significatives, se déroulant dans toutes les églises de Paris. Ces services religieux incluaient des prières pour la guérison du roi et des actions de grâce. Les bourgeois ont également organisé des prières. Les églises étaient souvent bondées, et les prières se sont étendues sur des périodes variées, accompagnées de musique et de décorations. Les contributions financières provenaient des corps, communautés, sociétés, particuliers et artisans. La santé du roi était vue comme cruciale pour la paix en Europe et dans le monde, en raison de son rôle dans le maintien des alliances. Les actions de grâce reflétaient l'amour et la dévotion des Français pour leur prince, reconnus par les étrangers et les peuples du monde entier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 1241-1251
LETTRE de M. D. L. R. sur un Ouvrage du R. P. Feijoo, Benedictin Espagnol.
Début :
J'ay enfin, Monsieur, entre les mains de l'Ouvrage dont vous avez entendu [...]
Mots clefs :
Rétablissement de la santé, Espagne, Ambassadeur, Madrid, Médecin, Épître, Théologie, Arts, Sciences
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. D. L. R. sur un Ouvrage du R. P. Feijoo, Benedictin Espagnol.
.I. Vol.
LET
JUIN 1731. 1241
}
****************
LETTRE de M. D. L. R. sur un
Ouvrage du R. P. Feijoo , Benedictin
Espagnol.
.
entre les
傻
l'Ouvrage dont vous avez entendu
parler. C'est M. Boyer , Docteur en Me
decine de la Faculté de Montpellier , et
Docteur- Régent en celle de Paris , qui l'a
apporté d'Eſpagne , depuis peu de tems .
Vous sçavez que ce Medecin partit d'ici
sur la fin du mois de Juillet dernier pour
le rétablissement de la santé de M. le
Marquis de Brancars , Ambassadeur de
France à la Cour de S. M. Catholique ;
vous sçavez aussi qu'il a fait un voyage
heureux, et qu'il a ramené M. l'Ambassa
deur parfaitement guéri.
Mais vous pouvez ignorer que notre
Medecin , toujours attentif sur la Litte
rature , et mettant tout à profit à cet
égard , quand il est obligé de voyager ,
n'a pas manqué d'apporter plusieurs Li
vres Espagnols , des meilleurs et des plus
nouveaux. Celui pour lequel vous vous
interessez , ne pouvoit pas être oublié ;
en voici le Titre.
I. Vol. THEA
1242 MERCURE DE FRANCE
THEATRO CRITICO , UNIVERSAL,
O Discursos varios en toto genero de Ma
terias para desengano de Errores comunes.
Dedicado A RP P. Fr. Joseph de Bar
nuero , General de la Congregacion de San
Benito de Espana , Inglaterra , & c. Escrito
por El M. R. P. M. Fr. Benito Jeronymo
Feijoo , Maestro General de la Religion de
San Benito , y Cathedratico de Visperas de
Theologia de la Universidad de Oviedo.
Tercera Impression En Madrid : En la
Imprenta de Francisco del Hierro , Anno de
M. DCC . XXIX . C'est-à -dire , THEA
TRE CRITIQUE UNIVERSEL , ou Discours
divers sur toute sorte de sujets pour désa
buser les hommes des erreurs communes
et ordinaires . Dédié au Reverendissime
Pere General de la Congrégation de saint
Benoît , établie en Espagne , en Angle
terre, &c. Composé par le R. P. BENOIST
JEROSME FEIJOO , Maître ou Professeur
General dans la même Congrégation ,
Professeur en Thélogie de l'Université
d'Oviedo; quatre Volumes in 4% Troisiéme
Edition. A Madrid , de l'Imprimerie de
François del Hierro , M. DCC. XXIX .
On trouve à la tête du premier Vo
lume une Epitre Dédicatoire fort bien
tournée , adressée au R. P. General Jo
seph de Barnuero , lequel , outre cette
I.Vol.
qualité
JUIN. 1731. 1243
qualité , avoit été le Maître des Etudes
de Théologie de l'Auteur , dans l'Uni
versité de Salamanque. Les Approba
tions de divers Docteurs suivent cette
Dédicace.
Une courte Préface qui déclare les in
tentions du P. Feijoo , et qui fait voir
l'ordre et la disposition de tout son Ou
vrage , est précedée d'une Lettre de Don
Louis de Salazar , Commandeur de l'Or
dre de Calatrava , Conseiller du Conseil
Royal des Ordres , et premier Historio
graphe de Castille et des Indes . Cette
Lettre écrite à notre Auteur le 11. Août
1726. est un Eloge raisonné de son Théa
tre critique ; on peut dire que le suffrage
de ce Seigneur en a entraîné quantité
d'autres , et qu'il n'avoit paru depuis
long- temps de Livre en Espagne plus ge
neralement estimé. D'un autre côté le
R. P. Jean de Champverd , de la Com
pagnie de Jesus , Docteur et Professeur
en Théologie de l'Université d'Alcala ,
Théologien du Roi , et Examinateur Sy
nodal de l'Archevêché de Tolede , pa
roît si content de cet Ouvrage , qu'il nous
assure dans son Approbation , que son
Auteur devoit être appellé le Maître Ge
neral de tous les Arts et des Sciences.
Ce premier Volume de 400. pages
I. Vol. contient
1244 MERCURE DE FRANCE
contient seize Discours divisez chacun en
plusieurs Paragraphes ou Articles . Le
1. Discours est intitulé la Voix du Peuple.
Le II. la Vertu et le Vice. Le III . L'ob
scurité et la haute fortune. IV. La plus
fine Politique. V. La Medecine. VI. Ré
gime pour la conservation de la santé.
VII. La Deffense de la Profession Litte
raire. VIII. L'Astrologie Judiciaire et les
Almanachs. IX. Les Eclipses. X. Les Co
metes. XI. Les Années Climateriques .
XII. La Vieillesse du Monde. XIII . Con
tre les Philosophes modernes . XIV. La
Musique des Eglises . XV. Parallele des
Langues. XVI . Apologie des femmes.
Toutes ces Dissertations fournissent une
lecture agréable et variée , elles sont bien
écrites , et instruisent de beaucoup de
choses. Les Medecins ne sont pas bien
traitez dans la V. s'ils s'avisent de mar
quer à notre Auteur quelque ressenti
ment , les Femmes , et sur tout les Fem
mes sçavantes et vertueuses , seront obli
gées , par reconnoissance , de prendre sa
deffense ; car rien n'est plus recherché
plus obligeant , plus étendu dans le I.Vo
lume , que la XVI. et derniere Disserta
tion , qui est toute employée à la deffense
du beau Sexe. Vous en jugerez si je puis
un jour vous en procurer la lecture .
I. Vol
Passons
JUIN. 1731.
1245
S
1
e.
Passons cependant au second Volume.
T.II. seconde Edition M. DCC . XXX .
Ce volume , comme le précedent, est orné
d'une Dedicace , addressée à un autre
Mecéne , et munie d'Approbations ma
gnifiques. La plus étendue et la plus fla
teuse , est sans doute celle du R. P. Este
van de la Torre , Professeur géneral des
Benedictins d'Espagne , Abbé de S. Vin
cent d'Oviedo , Professeur en Théologie ,
et de l'Ecriture Sainte en l'Université de
la même Ville , lequel paroît si prévenu
du merite de cet ouvrage , et de la haute
capacité de son Autheur , qu'il ne fait
point de difficulté de lui appliquer ce que
le Sçavant P. Mabillon a dit de l'ouvrage
de S. Bernard , de Consideratione , addressé
au Pape Eugene. Hac sane fuit Bernardi
dexteritas , ut , quam primum ejus Libri de
Consideratione in publicum prodiere , eos
certatim exquisierunt , lectitarunt , amave
runt universi. L'Approbateur ne doutant
point qu'il n'arrive la même chose à l'égard
de ce second volume , n'oublie pas dans
cette occasion d'appliquer aussi à nôtre
Autheur ce passage connu de l'Ecriture .
Faciendi plures Libros nullus eft finis.
Ecclesiast. C. 12.v. 12. C'est , dit- il , sui
vre à la lettre le conseil du Sage , on ne
doit , pour ainsi dire , point finir quand
1. Vol. on
1246 MERCURE DE FRANCE
on écrit des livres qui enseignent à dé
tromper les hommes de leurs erreurs , et
à établir des veritez . Enfin le R. P. Joseph
Navajas, Trinitaire, Professeur en Théo
logie , et Examinateur de l'Archevêché
de Toléde , en donnant aussi son attache
et ces éloges à ce livre , ne craint pas de
rien exagerer en le nommant une Biblio
theque entiere.
Hic liber est , Lector , librorum magna sup→
pellex.
Et non exigua Bibliotheca , lege.
Les Dissertations contenues dans ce
second Tome de plus de 400. pages , sont
précedées d'une assés courte Preface , la
quelle a deux principaux Objets : le pre
mier de remercier le public du favorable
accueil qu'il a fait au premier volume ,
le second de parler de quelques envieux ,
qui ont publié des écrits peu mésurés
contre ce livre. Chose inévitable et arri
vée dans tous les temps , à l'égard même
des Autheurs du premier merite. Sur
quoy le P. Feijoo nous parle des disgra
ces qu'eurent à essuyer en France deux cé
lebres Académiciens , sçavoir Pierre Cor
neille et Jean -Louis de Balzac , que les
suffrages du public dédomagerent ample
I. Vol. ment
JUIN. 1731 1247
ment, sur tout , dit- il , le grand Corneille,
qui ne succomba point sous le poids du
credit d'un fameux Ministre , et de la
censure de l'Academie el formidable Cuer
po
de la Academia Francesa , non pas , ajoû
te-t'il, qu'il veuille se comparer à ces deux
grands Genies , mais rappellant seulement
ce fameux exemple,à cause de la parité de
situation où la Fortune le met aujour
d'hui . Il se justifie ensuite sur le titre de
son Ouvrage,où il ne trouve rien de cette
présomption que ses Adversaires luy ont
reprochée. Il a jugé à propos , nous dit-il ,
enfin , par le conseil de personnes sages ,
de publier à la fin de ce second Tome
les deux réponses Apologetiques qu'on y
trouvera. Celle qui regarde le Docteur
Ros est en latin , parceque ce Docteur l'a
attaqué en la même Langue . Il a aussi fait
imprimer la lettre Apologetique du Doc
teur Martinez , crainte, dit il , que ce trait
précieux de sa plume ne soit enseveli dans
l'oubli , tout ce que ce sage et éloquent
Autheur écrit étant digne de l'immorta
lité ; c'est ainsi que nôtre autheur parle
de son Adversaire . A l'égard de la criti
que du Docteur Ros , elle étoit trop lon
gue pour l'imprimer pareillement à la
fin de ce second volume.
>
Les Dissertations qui le composent sont
4. Vol.
au
1248 MERCURE DE FRANCE
au nombre de quinze , dont je me con
tenterai de vous rapporter les titres. I.
Les Guerres Philosophiques . II . L'Histoi
re Naturelle. III. L'Art Divinatoire.
I V. Les Propheties supposées. V. L'Usage
de la Magie . VI. Les modes. VII. La
Vieillesse Morale du Genre Humain .
VIII. La Science Aparente et Superfi
ciele. IX. L'Antipathie entre les Fran
çois et les Espagnols. X. Les Jours Cri
tiques. XI. Le Poids de l'Air. XII . La
Sphere du Feu. XIII. L'Antiperistase .
XIV. Paradoxes Phisiques . XV. Table
contenant la comparaison des Nations..
Ces quinze Discours sont suivis de trois
morceaux de Critique anoncés dans la
Préface, qui ont été composez dépuis l'im
pression du premier volume , lequel en a été
l'occasion.Le premier est intituléCarta De
fensiva & c. ou , Lettre Apologetique de
Don Martin Martinez Docteur en Mede
cine , Medecin de la Maison du Roy, Pro
fesseur d'Anatomie , et actuellement Presi
dent de la Societé Royale des Sciences de
Seville & c.Sur le premier Tome du Thea
tre critique universel du R. P. Feijoo . Il y a
de trés bonnes choses dans cette Lettre ,
elle donne our ainsi dire , un nouveau
lustre au Theatre critique , sur lequel l'Au
theur avoit prié le Medecin de lui mar
I.Vol.
quer
JUIN. 1731. 1249
quer ses sentimens. Il s'en acquitte en
parcourant toutes les dissertations , et en
discourant sommairement sur chacune.
Il paroît que ce Docteur a réservé toute
son érudition , et toute sa critique , à
l'égard de celle qui regarde la Medecine.
Le P. Feijoo a dû s'y attendre aprés tout
ce qu'il a dit de cette science dans sa V.
Dissert. du premier vol. M. Martinez fait
non seulement l'Apologie de la Medeci
ne et des Medecins , mais l'Eloge de cette
Science , et de ceux qui l'ont professée
dans tous les temps ; sur quoy ce Doc
teur nous étale une grande lecture et des
Recherches singulieres. Je vais en éfleurer
quelques -unes. Les Egyptiens , dit il
faisoient des Medecins leurs Prêtres , et
des Prêtres leurs Rois , sur quoy les an
ciens Historiens nous ont conservé cette
formule. Medicus non es ; nolo te constitue
re Regem. Giges et Sapor Rois des Medes
ont été Medecins , sans parler des Prin
ces qui l'ont pareillement été parmi les
Perses , les Arabes , les Syriens & c . La lis
te de ces Rois ou Princes Medecins , est
longue chez nôtre Docteur , et on est tout
étonné d'y trouver des Sujets d'un grand
nom , mais peu connus de côté la ; par
exemple , Hercule , Alexandre le Grand ,
l'Empereur Hadrien &c. Vous jugez bien ,
I. Vol.
Monsieur
1250 MERCURE DE FRANCE
Monsieur que le Pere de la Medecine
Grecque , le Prince , et le Chef de tous'
les Medecins qui sont venus depuis , je
veux dire, Hippocrate , n'est pas oublié;
il finit par lui sa liste et ses éloges , en re
marquant que les Grecs rendirent à ce
grand Homme des honneurs divins , et les
mêmes qu'ils rendoient à Hercule. M.
Martinez pouvoit ajoûter qu'on frappa
aussi pour lui des Medailles ; vous avez
vû . Monsieur , chez
chez moy la
gravure
d'une de ces Medailles où l'on voit d'un
côté la tête d'Hippocrate et autour IП...
TOY et sur le Revers le fameux Baton
d'Esculape entouré d'un Serpent avec ce
mot KION , pour signifier que la
Medaille a été frappée par les habitans de
l'Isle de Cos , Patrie d'Hippocrate , sur
quoy je vous entretiendrai un jour plus
précisement dans un autre Ecrit .
,
Les Medecins chrétiens d'un rang il
lustre , sont joints à ceux du Paganisme.
L'Auteur prend les choses de bien haut ,
il trouve dans des temps posterieurs des
Papes , des Cardinaux , des Prelats Me
decins ; je vous renvoye là dessus au livre
même.
Le second morceau de critique est la Ré
ponse du P. Feijoo à la lettre dont je viens
de vous donner une idée du Docteur
I. Vol. Martinez
JUIN. 1731.
7251
Martinez. Cette Réponse est sage et ac
compagnée de tous les égards , et de tous
les ménagemens qui ne se rencontrent
guéres ordinairement entre des Sçavans
qui écrivent l'un contre l'autre , pour
soutenir des opinions differentes . L'habi
le et poli Benedictin avoue même obli
geamment à son Antagoniste , qu'il ne
fait aucun doute que dans cette contesta
tion litteraire ils ne soient au fond tous
deux de même sentiment ; car , dit- il ,
vous ne disconvenez point que la Mede
cine ne soit accompagnée d'incertitude ,
et moi je n'ay jamais nié positivement
l'utilité de cette Science. Quoique la
Réponse dont il s'agit icy soit addressée
au Docteur Martinez même , elle est pré
cedée d'une Epitre Dedicatoire à l'Illus
triss. Don Fr. Joseph Garcia , Evêque de
Siguenza , pour le remercier de l'accueil
favorable qu'il a fait au premier vol . du
Theatre Critique, et pour le prier de pro
teger également et l'ouvrage et l'Autheur.
Je ne vous dirai rien de la derniere
Piece , parce qu'elle roule a peu prés sur
le même sujet , et que je suis bien aise
que vous en jugiez un jour par vous mê
me ; je me prépare cependant à vous ren
dre compte de la suite de cet Ouvrage
et je suis toujours. & c.
A Paris ce 19. Fevrier 1731 .
LET
JUIN 1731. 1241
}
****************
LETTRE de M. D. L. R. sur un
Ouvrage du R. P. Feijoo , Benedictin
Espagnol.
.
entre les
傻
l'Ouvrage dont vous avez entendu
parler. C'est M. Boyer , Docteur en Me
decine de la Faculté de Montpellier , et
Docteur- Régent en celle de Paris , qui l'a
apporté d'Eſpagne , depuis peu de tems .
Vous sçavez que ce Medecin partit d'ici
sur la fin du mois de Juillet dernier pour
le rétablissement de la santé de M. le
Marquis de Brancars , Ambassadeur de
France à la Cour de S. M. Catholique ;
vous sçavez aussi qu'il a fait un voyage
heureux, et qu'il a ramené M. l'Ambassa
deur parfaitement guéri.
Mais vous pouvez ignorer que notre
Medecin , toujours attentif sur la Litte
rature , et mettant tout à profit à cet
égard , quand il est obligé de voyager ,
n'a pas manqué d'apporter plusieurs Li
vres Espagnols , des meilleurs et des plus
nouveaux. Celui pour lequel vous vous
interessez , ne pouvoit pas être oublié ;
en voici le Titre.
I. Vol. THEA
1242 MERCURE DE FRANCE
THEATRO CRITICO , UNIVERSAL,
O Discursos varios en toto genero de Ma
terias para desengano de Errores comunes.
Dedicado A RP P. Fr. Joseph de Bar
nuero , General de la Congregacion de San
Benito de Espana , Inglaterra , & c. Escrito
por El M. R. P. M. Fr. Benito Jeronymo
Feijoo , Maestro General de la Religion de
San Benito , y Cathedratico de Visperas de
Theologia de la Universidad de Oviedo.
Tercera Impression En Madrid : En la
Imprenta de Francisco del Hierro , Anno de
M. DCC . XXIX . C'est-à -dire , THEA
TRE CRITIQUE UNIVERSEL , ou Discours
divers sur toute sorte de sujets pour désa
buser les hommes des erreurs communes
et ordinaires . Dédié au Reverendissime
Pere General de la Congrégation de saint
Benoît , établie en Espagne , en Angle
terre, &c. Composé par le R. P. BENOIST
JEROSME FEIJOO , Maître ou Professeur
General dans la même Congrégation ,
Professeur en Thélogie de l'Université
d'Oviedo; quatre Volumes in 4% Troisiéme
Edition. A Madrid , de l'Imprimerie de
François del Hierro , M. DCC. XXIX .
On trouve à la tête du premier Vo
lume une Epitre Dédicatoire fort bien
tournée , adressée au R. P. General Jo
seph de Barnuero , lequel , outre cette
I.Vol.
qualité
JUIN. 1731. 1243
qualité , avoit été le Maître des Etudes
de Théologie de l'Auteur , dans l'Uni
versité de Salamanque. Les Approba
tions de divers Docteurs suivent cette
Dédicace.
Une courte Préface qui déclare les in
tentions du P. Feijoo , et qui fait voir
l'ordre et la disposition de tout son Ou
vrage , est précedée d'une Lettre de Don
Louis de Salazar , Commandeur de l'Or
dre de Calatrava , Conseiller du Conseil
Royal des Ordres , et premier Historio
graphe de Castille et des Indes . Cette
Lettre écrite à notre Auteur le 11. Août
1726. est un Eloge raisonné de son Théa
tre critique ; on peut dire que le suffrage
de ce Seigneur en a entraîné quantité
d'autres , et qu'il n'avoit paru depuis
long- temps de Livre en Espagne plus ge
neralement estimé. D'un autre côté le
R. P. Jean de Champverd , de la Com
pagnie de Jesus , Docteur et Professeur
en Théologie de l'Université d'Alcala ,
Théologien du Roi , et Examinateur Sy
nodal de l'Archevêché de Tolede , pa
roît si content de cet Ouvrage , qu'il nous
assure dans son Approbation , que son
Auteur devoit être appellé le Maître Ge
neral de tous les Arts et des Sciences.
Ce premier Volume de 400. pages
I. Vol. contient
1244 MERCURE DE FRANCE
contient seize Discours divisez chacun en
plusieurs Paragraphes ou Articles . Le
1. Discours est intitulé la Voix du Peuple.
Le II. la Vertu et le Vice. Le III . L'ob
scurité et la haute fortune. IV. La plus
fine Politique. V. La Medecine. VI. Ré
gime pour la conservation de la santé.
VII. La Deffense de la Profession Litte
raire. VIII. L'Astrologie Judiciaire et les
Almanachs. IX. Les Eclipses. X. Les Co
metes. XI. Les Années Climateriques .
XII. La Vieillesse du Monde. XIII . Con
tre les Philosophes modernes . XIV. La
Musique des Eglises . XV. Parallele des
Langues. XVI . Apologie des femmes.
Toutes ces Dissertations fournissent une
lecture agréable et variée , elles sont bien
écrites , et instruisent de beaucoup de
choses. Les Medecins ne sont pas bien
traitez dans la V. s'ils s'avisent de mar
quer à notre Auteur quelque ressenti
ment , les Femmes , et sur tout les Fem
mes sçavantes et vertueuses , seront obli
gées , par reconnoissance , de prendre sa
deffense ; car rien n'est plus recherché
plus obligeant , plus étendu dans le I.Vo
lume , que la XVI. et derniere Disserta
tion , qui est toute employée à la deffense
du beau Sexe. Vous en jugerez si je puis
un jour vous en procurer la lecture .
I. Vol
Passons
JUIN. 1731.
1245
S
1
e.
Passons cependant au second Volume.
T.II. seconde Edition M. DCC . XXX .
Ce volume , comme le précedent, est orné
d'une Dedicace , addressée à un autre
Mecéne , et munie d'Approbations ma
gnifiques. La plus étendue et la plus fla
teuse , est sans doute celle du R. P. Este
van de la Torre , Professeur géneral des
Benedictins d'Espagne , Abbé de S. Vin
cent d'Oviedo , Professeur en Théologie ,
et de l'Ecriture Sainte en l'Université de
la même Ville , lequel paroît si prévenu
du merite de cet ouvrage , et de la haute
capacité de son Autheur , qu'il ne fait
point de difficulté de lui appliquer ce que
le Sçavant P. Mabillon a dit de l'ouvrage
de S. Bernard , de Consideratione , addressé
au Pape Eugene. Hac sane fuit Bernardi
dexteritas , ut , quam primum ejus Libri de
Consideratione in publicum prodiere , eos
certatim exquisierunt , lectitarunt , amave
runt universi. L'Approbateur ne doutant
point qu'il n'arrive la même chose à l'égard
de ce second volume , n'oublie pas dans
cette occasion d'appliquer aussi à nôtre
Autheur ce passage connu de l'Ecriture .
Faciendi plures Libros nullus eft finis.
Ecclesiast. C. 12.v. 12. C'est , dit- il , sui
vre à la lettre le conseil du Sage , on ne
doit , pour ainsi dire , point finir quand
1. Vol. on
1246 MERCURE DE FRANCE
on écrit des livres qui enseignent à dé
tromper les hommes de leurs erreurs , et
à établir des veritez . Enfin le R. P. Joseph
Navajas, Trinitaire, Professeur en Théo
logie , et Examinateur de l'Archevêché
de Toléde , en donnant aussi son attache
et ces éloges à ce livre , ne craint pas de
rien exagerer en le nommant une Biblio
theque entiere.
Hic liber est , Lector , librorum magna sup→
pellex.
Et non exigua Bibliotheca , lege.
Les Dissertations contenues dans ce
second Tome de plus de 400. pages , sont
précedées d'une assés courte Preface , la
quelle a deux principaux Objets : le pre
mier de remercier le public du favorable
accueil qu'il a fait au premier volume ,
le second de parler de quelques envieux ,
qui ont publié des écrits peu mésurés
contre ce livre. Chose inévitable et arri
vée dans tous les temps , à l'égard même
des Autheurs du premier merite. Sur
quoy le P. Feijoo nous parle des disgra
ces qu'eurent à essuyer en France deux cé
lebres Académiciens , sçavoir Pierre Cor
neille et Jean -Louis de Balzac , que les
suffrages du public dédomagerent ample
I. Vol. ment
JUIN. 1731 1247
ment, sur tout , dit- il , le grand Corneille,
qui ne succomba point sous le poids du
credit d'un fameux Ministre , et de la
censure de l'Academie el formidable Cuer
po
de la Academia Francesa , non pas , ajoû
te-t'il, qu'il veuille se comparer à ces deux
grands Genies , mais rappellant seulement
ce fameux exemple,à cause de la parité de
situation où la Fortune le met aujour
d'hui . Il se justifie ensuite sur le titre de
son Ouvrage,où il ne trouve rien de cette
présomption que ses Adversaires luy ont
reprochée. Il a jugé à propos , nous dit-il ,
enfin , par le conseil de personnes sages ,
de publier à la fin de ce second Tome
les deux réponses Apologetiques qu'on y
trouvera. Celle qui regarde le Docteur
Ros est en latin , parceque ce Docteur l'a
attaqué en la même Langue . Il a aussi fait
imprimer la lettre Apologetique du Doc
teur Martinez , crainte, dit il , que ce trait
précieux de sa plume ne soit enseveli dans
l'oubli , tout ce que ce sage et éloquent
Autheur écrit étant digne de l'immorta
lité ; c'est ainsi que nôtre autheur parle
de son Adversaire . A l'égard de la criti
que du Docteur Ros , elle étoit trop lon
gue pour l'imprimer pareillement à la
fin de ce second volume.
>
Les Dissertations qui le composent sont
4. Vol.
au
1248 MERCURE DE FRANCE
au nombre de quinze , dont je me con
tenterai de vous rapporter les titres. I.
Les Guerres Philosophiques . II . L'Histoi
re Naturelle. III. L'Art Divinatoire.
I V. Les Propheties supposées. V. L'Usage
de la Magie . VI. Les modes. VII. La
Vieillesse Morale du Genre Humain .
VIII. La Science Aparente et Superfi
ciele. IX. L'Antipathie entre les Fran
çois et les Espagnols. X. Les Jours Cri
tiques. XI. Le Poids de l'Air. XII . La
Sphere du Feu. XIII. L'Antiperistase .
XIV. Paradoxes Phisiques . XV. Table
contenant la comparaison des Nations..
Ces quinze Discours sont suivis de trois
morceaux de Critique anoncés dans la
Préface, qui ont été composez dépuis l'im
pression du premier volume , lequel en a été
l'occasion.Le premier est intituléCarta De
fensiva & c. ou , Lettre Apologetique de
Don Martin Martinez Docteur en Mede
cine , Medecin de la Maison du Roy, Pro
fesseur d'Anatomie , et actuellement Presi
dent de la Societé Royale des Sciences de
Seville & c.Sur le premier Tome du Thea
tre critique universel du R. P. Feijoo . Il y a
de trés bonnes choses dans cette Lettre ,
elle donne our ainsi dire , un nouveau
lustre au Theatre critique , sur lequel l'Au
theur avoit prié le Medecin de lui mar
I.Vol.
quer
JUIN. 1731. 1249
quer ses sentimens. Il s'en acquitte en
parcourant toutes les dissertations , et en
discourant sommairement sur chacune.
Il paroît que ce Docteur a réservé toute
son érudition , et toute sa critique , à
l'égard de celle qui regarde la Medecine.
Le P. Feijoo a dû s'y attendre aprés tout
ce qu'il a dit de cette science dans sa V.
Dissert. du premier vol. M. Martinez fait
non seulement l'Apologie de la Medeci
ne et des Medecins , mais l'Eloge de cette
Science , et de ceux qui l'ont professée
dans tous les temps ; sur quoy ce Doc
teur nous étale une grande lecture et des
Recherches singulieres. Je vais en éfleurer
quelques -unes. Les Egyptiens , dit il
faisoient des Medecins leurs Prêtres , et
des Prêtres leurs Rois , sur quoy les an
ciens Historiens nous ont conservé cette
formule. Medicus non es ; nolo te constitue
re Regem. Giges et Sapor Rois des Medes
ont été Medecins , sans parler des Prin
ces qui l'ont pareillement été parmi les
Perses , les Arabes , les Syriens & c . La lis
te de ces Rois ou Princes Medecins , est
longue chez nôtre Docteur , et on est tout
étonné d'y trouver des Sujets d'un grand
nom , mais peu connus de côté la ; par
exemple , Hercule , Alexandre le Grand ,
l'Empereur Hadrien &c. Vous jugez bien ,
I. Vol.
Monsieur
1250 MERCURE DE FRANCE
Monsieur que le Pere de la Medecine
Grecque , le Prince , et le Chef de tous'
les Medecins qui sont venus depuis , je
veux dire, Hippocrate , n'est pas oublié;
il finit par lui sa liste et ses éloges , en re
marquant que les Grecs rendirent à ce
grand Homme des honneurs divins , et les
mêmes qu'ils rendoient à Hercule. M.
Martinez pouvoit ajoûter qu'on frappa
aussi pour lui des Medailles ; vous avez
vû . Monsieur , chez
chez moy la
gravure
d'une de ces Medailles où l'on voit d'un
côté la tête d'Hippocrate et autour IП...
TOY et sur le Revers le fameux Baton
d'Esculape entouré d'un Serpent avec ce
mot KION , pour signifier que la
Medaille a été frappée par les habitans de
l'Isle de Cos , Patrie d'Hippocrate , sur
quoy je vous entretiendrai un jour plus
précisement dans un autre Ecrit .
,
Les Medecins chrétiens d'un rang il
lustre , sont joints à ceux du Paganisme.
L'Auteur prend les choses de bien haut ,
il trouve dans des temps posterieurs des
Papes , des Cardinaux , des Prelats Me
decins ; je vous renvoye là dessus au livre
même.
Le second morceau de critique est la Ré
ponse du P. Feijoo à la lettre dont je viens
de vous donner une idée du Docteur
I. Vol. Martinez
JUIN. 1731.
7251
Martinez. Cette Réponse est sage et ac
compagnée de tous les égards , et de tous
les ménagemens qui ne se rencontrent
guéres ordinairement entre des Sçavans
qui écrivent l'un contre l'autre , pour
soutenir des opinions differentes . L'habi
le et poli Benedictin avoue même obli
geamment à son Antagoniste , qu'il ne
fait aucun doute que dans cette contesta
tion litteraire ils ne soient au fond tous
deux de même sentiment ; car , dit- il ,
vous ne disconvenez point que la Mede
cine ne soit accompagnée d'incertitude ,
et moi je n'ay jamais nié positivement
l'utilité de cette Science. Quoique la
Réponse dont il s'agit icy soit addressée
au Docteur Martinez même , elle est pré
cedée d'une Epitre Dedicatoire à l'Illus
triss. Don Fr. Joseph Garcia , Evêque de
Siguenza , pour le remercier de l'accueil
favorable qu'il a fait au premier vol . du
Theatre Critique, et pour le prier de pro
teger également et l'ouvrage et l'Autheur.
Je ne vous dirai rien de la derniere
Piece , parce qu'elle roule a peu prés sur
le même sujet , et que je suis bien aise
que vous en jugiez un jour par vous mê
me ; je me prépare cependant à vous ren
dre compte de la suite de cet Ouvrage
et je suis toujours. & c.
A Paris ce 19. Fevrier 1731 .
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Résumé : LETTRE de M. D. L. R. sur un Ouvrage du R. P. Feijoo, Benedictin Espagnol.
En juin 1731, une lettre fait référence à un ouvrage du Père Benito Jerónimo Feijoo, bénédictin espagnol, intitulé 'Théâtre critique universel'. Cet ouvrage, composé de plusieurs volumes, vise à corriger les erreurs communes chez les hommes à travers divers discours. Le premier volume, dédié au Père Joseph de Barnuero, contient seize discours abordant des sujets tels que la médecine, l'astrologie et la défense des femmes. Le second volume, dédié à un autre mécène, comprend quinze discours ainsi que des réponses apologétiques à des critiques. L'ouvrage a été bien accueilli par plusieurs docteurs et professeurs, qui ont souligné son mérite et son utilité. Par exemple, le Docteur Martinez a écrit une lettre apologétique en réponse à la critique de la médecine dans le premier volume. Le Père Feijoo a répondu à cette lettre de manière respectueuse et mesurée. Une lettre datée du 19 février 1731 à Paris mentionne également cet ouvrage. L'auteur de cette lettre indique qu'il ne commentera pas la dernière pièce, car elle traite d'un sujet similaire à une œuvre précédente et préfère que le destinataire se forme sa propre opinion. Il se prépare toutefois à fournir un compte rendu de la suite de l'ouvrage. La lettre se termine par une formule de politesse, indiquant la continuité de la correspondance.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 2275-2277
Mandement du Recteur de l'Université, [titre d'après la table]
Début :
Le 7 Septembre, le Recteur de l'Université de Paris donna un Mandement, par lequel / Extraordinariae Supplicationes Universitatis. NOS PETRUS FROMENTIN, Universi Studii [...]
Mots clefs :
Procession, Prières, Actions de grâce, Rétablissement de la santé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mandement du Recteur de l'Université, [titre d'après la table]
Le 7 Septembre , le Recteur de l'Univer
fité de Paris donna un Mandement , par lequel
il indiqua une Proceſſion extraordinaire
, & des Prieres en actions de graces
du rétabliſſement de la fanté du Roi. Nous
le rapporterons dans ſon entier , afin de ne
rien perdre de ſon énergie, de la beauté des
ſentimens & de l'expreſſion dont il eſt
rempli .
Extraordinaria Supplicationes Univerfitatis.
OS PETRUS FROMENTIN Univerſi Studii
N
Parifienfis Rector , omnibus &fingulis ejuſ
dem Univerſitatis Doctoribus , Magiftris , Clienti
bus , & Adminiftris , Salutem .
In Regem fuum defixos jamdudum oculos tenebatGallia
, eoque , quo nunquam dulcius ſeſe ipfi
obtulerat , ſpectaculo fuaviffimè fruebatur. Viderat
nempè egregium Principem in campis primanı Belgicis
nobiles colligentem lauros , urbeſque naturâ
& arte munitiſſimas breviffimo temporis ſpatio armis
victricibus fubigentem. Viderat , quod multò majus
eſt ac jucundius ; primo ſuo in urbes& caftra adventu
omnium fibi animos devincientem; ſplendidos
Majeſtatis radios leni Popularitatis luce benè temperantem;
in confiliis capiendis Sapientiam , in pe-
Ficulis adeundis Fortitudinem , Amorem in Suos ,
inHoftes Clementiam & Humanitatem , cæterafque
Regias Virtutes plaudentium ac fibi Regnoque
certatim gratulantium populorum oculis explicantem.
Regem maximum rursus videbat , novæ laudis
defiderio fuccenfum , ac novos meditantem triumphos,
ad hoftem inopinatis ſucceſſibus elatum quantis
poterat itineribus contendentem ; & ab Lisa ad
Fvj Rhenums
2276 MERCURE DE FRANCE.
Rhenum volantem nova admiratione noviſque votis
proſequebatur : cam ecce graviffiano repentè morbo
correptus , curſu in medio gradum fiftere cogitur ,
&in fummum vitæ difcrimen adducitur. Ad ram
ſubitum tamque feralem nuntium cùm omnes Galli,
tum præfertim Regiæ hujus Urbis Cives cohorruêre;
&, cùm in tam acerbo cafu unicum videretur perfugium
Deus , in templa illico incredibili frequentia
confluere, aras dies nocteſque ampl ti , votiſque ardentibus
non fine lacrymis divinam opem expofcere.
Nec fruftra. Preces noſtras ſupremus vitæ ac
mortis Arbiter benignis auribus excepit. Vivit Lu-
DOVICUS , è tanto difcrimine manifeſto ac fingulari
Dei beneficio liberatus , eoſque convalefcendo lætitiæ
ſenſus excitavit , qui vix effent credibiles , nifi
omnia effent credibilia in ejus REGIS periculo , quo
nullus unquam populis carior extitit. In tanto civitatis
fine modo exultantis gaudio , Primogenitæ
REGUM noftrorum Filiæ , quæ optimum Parentem
fibi redditum videt,minimè liberum eft eos quos gerit
animo ſenſus non expromere , & fuperfundenti
ſe lætitiæ temperare. Atque ut ante omnia debitas
Deo Immortali gratias rependamus, omnibus Doctoribus
ac Magiftris mandamus ac præcipimus , ut
die Veneris undecimo Septembris horâ ipsa octava
adfint apud Mathurinenſes ornati ut decet, inde poſt
brevem orationem ad Adem Deo Sacram fub Invo
catione SANCTI LUDOVICI in Collegio Mazarinzo
quanta fieri poterit celebritate & pompa nobifcum
Proceſſuri , as eâque , decantato poſt folemne Sacrum
Hya no Euchariftico Te Deum , eodem ordine
ac frequentiâ redituri .
Ut autem in lætitiæ tam legitimæ partem commiſſa
nobis Juventus veniat , dilatis in dies à nobis
indicendos cùm Ordinariis supplicationibus Univerfitatis
, tum Præclaræ Facultatis Artium Comitiis
Inducias Academicas protrahi volumus ad diem )c
tobris
OCTOBRE . 1744 2277
tobris decimuni -nonum , quo die , pro more , Sas
crum Spiritui Sancto celebrabitur , & folitæ inſtaurandis
Scholis Conciones habebuntur.
Datum in Ædibus noftris Mazarinæis , die Lunæ
feptimo menfis Septembris , anno Domini millefime
ſeptingentefimo quadragefimo- quarto.
fité de Paris donna un Mandement , par lequel
il indiqua une Proceſſion extraordinaire
, & des Prieres en actions de graces
du rétabliſſement de la fanté du Roi. Nous
le rapporterons dans ſon entier , afin de ne
rien perdre de ſon énergie, de la beauté des
ſentimens & de l'expreſſion dont il eſt
rempli .
Extraordinaria Supplicationes Univerfitatis.
OS PETRUS FROMENTIN Univerſi Studii
N
Parifienfis Rector , omnibus &fingulis ejuſ
dem Univerſitatis Doctoribus , Magiftris , Clienti
bus , & Adminiftris , Salutem .
In Regem fuum defixos jamdudum oculos tenebatGallia
, eoque , quo nunquam dulcius ſeſe ipfi
obtulerat , ſpectaculo fuaviffimè fruebatur. Viderat
nempè egregium Principem in campis primanı Belgicis
nobiles colligentem lauros , urbeſque naturâ
& arte munitiſſimas breviffimo temporis ſpatio armis
victricibus fubigentem. Viderat , quod multò majus
eſt ac jucundius ; primo ſuo in urbes& caftra adventu
omnium fibi animos devincientem; ſplendidos
Majeſtatis radios leni Popularitatis luce benè temperantem;
in confiliis capiendis Sapientiam , in pe-
Ficulis adeundis Fortitudinem , Amorem in Suos ,
inHoftes Clementiam & Humanitatem , cæterafque
Regias Virtutes plaudentium ac fibi Regnoque
certatim gratulantium populorum oculis explicantem.
Regem maximum rursus videbat , novæ laudis
defiderio fuccenfum , ac novos meditantem triumphos,
ad hoftem inopinatis ſucceſſibus elatum quantis
poterat itineribus contendentem ; & ab Lisa ad
Fvj Rhenums
2276 MERCURE DE FRANCE.
Rhenum volantem nova admiratione noviſque votis
proſequebatur : cam ecce graviffiano repentè morbo
correptus , curſu in medio gradum fiftere cogitur ,
&in fummum vitæ difcrimen adducitur. Ad ram
ſubitum tamque feralem nuntium cùm omnes Galli,
tum præfertim Regiæ hujus Urbis Cives cohorruêre;
&, cùm in tam acerbo cafu unicum videretur perfugium
Deus , in templa illico incredibili frequentia
confluere, aras dies nocteſque ampl ti , votiſque ardentibus
non fine lacrymis divinam opem expofcere.
Nec fruftra. Preces noſtras ſupremus vitæ ac
mortis Arbiter benignis auribus excepit. Vivit Lu-
DOVICUS , è tanto difcrimine manifeſto ac fingulari
Dei beneficio liberatus , eoſque convalefcendo lætitiæ
ſenſus excitavit , qui vix effent credibiles , nifi
omnia effent credibilia in ejus REGIS periculo , quo
nullus unquam populis carior extitit. In tanto civitatis
fine modo exultantis gaudio , Primogenitæ
REGUM noftrorum Filiæ , quæ optimum Parentem
fibi redditum videt,minimè liberum eft eos quos gerit
animo ſenſus non expromere , & fuperfundenti
ſe lætitiæ temperare. Atque ut ante omnia debitas
Deo Immortali gratias rependamus, omnibus Doctoribus
ac Magiftris mandamus ac præcipimus , ut
die Veneris undecimo Septembris horâ ipsa octava
adfint apud Mathurinenſes ornati ut decet, inde poſt
brevem orationem ad Adem Deo Sacram fub Invo
catione SANCTI LUDOVICI in Collegio Mazarinzo
quanta fieri poterit celebritate & pompa nobifcum
Proceſſuri , as eâque , decantato poſt folemne Sacrum
Hya no Euchariftico Te Deum , eodem ordine
ac frequentiâ redituri .
Ut autem in lætitiæ tam legitimæ partem commiſſa
nobis Juventus veniat , dilatis in dies à nobis
indicendos cùm Ordinariis supplicationibus Univerfitatis
, tum Præclaræ Facultatis Artium Comitiis
Inducias Academicas protrahi volumus ad diem )c
tobris
OCTOBRE . 1744 2277
tobris decimuni -nonum , quo die , pro more , Sas
crum Spiritui Sancto celebrabitur , & folitæ inſtaurandis
Scholis Conciones habebuntur.
Datum in Ædibus noftris Mazarinæis , die Lunæ
feptimo menfis Septembris , anno Domini millefime
ſeptingentefimo quadragefimo- quarto.
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4
p. 171
« Le Vendredi 6 Novembre, on a donné à la Comédie Françoise la premiere représentation [...] »
Début :
Le Vendredi 6 Novembre, on a donné à la Comédie Françoise la premiere représentation [...]
Mots clefs :
Comédie-Française, Vers, Roi, Rétablissement de la santé, Arrivée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Vendredi 6 Novembre, on a donné à la Comédie Françoise la premiere représentation [...] »
Le Vendredi 6 Novembre, on a donné à la
Comédie Françoiſe la premiere repréfentation
de l'Heureux Retour , Piéce nouvelle
d'un Acte, en Vers , de la Compoſition de
Mrs Fagan & Pannard ; elle eſt ornée de
Divertiſſemens qui ont été fort applaudis ,
& dont la Muſique eſt de M. Granval , On
en donnera l'Extrait le mois prochain. Le
rétabliſſement de la ſanté du Roi , & fon
arrivée à Paris , ont fourni le ſujet de cette
Comédie. Le même ſujet a produit
bien des Vers. S'ils ne font pas tous loiiables
, le zéle qui les a fait naître l'eft , &
mérite au moins de l'indulgence.
Comédie Françoiſe la premiere repréfentation
de l'Heureux Retour , Piéce nouvelle
d'un Acte, en Vers , de la Compoſition de
Mrs Fagan & Pannard ; elle eſt ornée de
Divertiſſemens qui ont été fort applaudis ,
& dont la Muſique eſt de M. Granval , On
en donnera l'Extrait le mois prochain. Le
rétabliſſement de la ſanté du Roi , & fon
arrivée à Paris , ont fourni le ſujet de cette
Comédie. Le même ſujet a produit
bien des Vers. S'ils ne font pas tous loiiables
, le zéle qui les a fait naître l'eft , &
mérite au moins de l'indulgence.
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5
p. 65-66
VERS Sur le rétablissement de la santé de M. le Lieutenant Civil.
Début :
J'ai vu Themis en proye aux plus vives allarmes, [...]
Mots clefs :
Dieux, Argouge, Rétablissement de la santé, Vertus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS Sur le rétablissement de la santé de M. le Lieutenant Civil.
VERS
Sur le rétablissement de la santé de M. le
Lieutenant Civil.
J'ai vu Themis en proye aux plus vives allarmes,
Paris dans la terreur & Fleuri dans les larmes;
Au Palais d' Atropos tous les cours éperdus
Portoient leur désespoir & leurs vœux consondus,
L'Orphelin y pleuroit un pere,
L'innocence un vengeur, le soible son appur;
Les Dieux de tout pays & de tout caractere,
D'Helicon, & d'Olympe & même de Cithere
Sans le sçavoir, conspiroient tous pour lui-
Les Vertus demandoient la vie inestimable
Du Mortel le plus révéré,
Les Muses du plus éclairé,
Et les Graces du plus aimable;
Non, non, disoit Thémis, c'est le plus équitable
Qui des Dieux de l'Enfer doit fléchir le courroux,
Ainsi par des transports opposez & jaloux
Leur erreur divisant leurs désirs unanimes
Sembloit vouloit au Stix ravir mille victimes
Mais d'Argouge nommé réunit tous les coeurs:
A ce nom un soul cri par tout se fit entendre
(Cri du coeur, vif accent de l'amout le plas
mudte
es
66 MERCUREDE FRANCE.
C'est d'Argouge, c'est lui que demandent nos
pleurs.
Mais l'horrible Atropos, savourant leur tristesse,
Déployant sur son front sa baibare allegresse
Des mains de Lachesis afrachoit le fuse au;
Soudain... 8 doux spectacle! ô prodige nouveau;
Un Dieu Liberateur vole aux ordres d'Hygie,
De l'impitoyable Furie
Il désarme la rage, il brise le Ciseau;
Dieux! avec quel transport tous les cœurs applau-
dirent;
De quels concerts flatteurs tous les airs retenti-
rent. ..
»La Mort a respecté l'ouvrage de mes mains,
» Dit Pallas, & le Ciel rend d'Argouge aux hu
„ mains;
„ Parques! recommencez une trame nouvelle;
»A ses nobles travaux, à sa gloire immortelle
»Egalez ses honneurs & ses heureux destins:
»Magistrat, Orateur, Bel-Esprit & Grand'homme,
* Dig. ne des plus beaux jours de la Grece & de
»Rome;
»Ila tous les talens & toutes les vertus;
Ah! dit l'Amour, il a bien plus,
»Des injustes Mortels Juge integre & sévère,
„ Même en les condamnant il sçait l'art de leu,
» plaite.
Par M. GAILLARD, Avocat au Parlement.
Sur le rétablissement de la santé de M. le
Lieutenant Civil.
J'ai vu Themis en proye aux plus vives allarmes,
Paris dans la terreur & Fleuri dans les larmes;
Au Palais d' Atropos tous les cours éperdus
Portoient leur désespoir & leurs vœux consondus,
L'Orphelin y pleuroit un pere,
L'innocence un vengeur, le soible son appur;
Les Dieux de tout pays & de tout caractere,
D'Helicon, & d'Olympe & même de Cithere
Sans le sçavoir, conspiroient tous pour lui-
Les Vertus demandoient la vie inestimable
Du Mortel le plus révéré,
Les Muses du plus éclairé,
Et les Graces du plus aimable;
Non, non, disoit Thémis, c'est le plus équitable
Qui des Dieux de l'Enfer doit fléchir le courroux,
Ainsi par des transports opposez & jaloux
Leur erreur divisant leurs désirs unanimes
Sembloit vouloit au Stix ravir mille victimes
Mais d'Argouge nommé réunit tous les coeurs:
A ce nom un soul cri par tout se fit entendre
(Cri du coeur, vif accent de l'amout le plas
mudte
es
66 MERCUREDE FRANCE.
C'est d'Argouge, c'est lui que demandent nos
pleurs.
Mais l'horrible Atropos, savourant leur tristesse,
Déployant sur son front sa baibare allegresse
Des mains de Lachesis afrachoit le fuse au;
Soudain... 8 doux spectacle! ô prodige nouveau;
Un Dieu Liberateur vole aux ordres d'Hygie,
De l'impitoyable Furie
Il désarme la rage, il brise le Ciseau;
Dieux! avec quel transport tous les cœurs applau-
dirent;
De quels concerts flatteurs tous les airs retenti-
rent. ..
»La Mort a respecté l'ouvrage de mes mains,
» Dit Pallas, & le Ciel rend d'Argouge aux hu
„ mains;
„ Parques! recommencez une trame nouvelle;
»A ses nobles travaux, à sa gloire immortelle
»Egalez ses honneurs & ses heureux destins:
»Magistrat, Orateur, Bel-Esprit & Grand'homme,
* Dig. ne des plus beaux jours de la Grece & de
»Rome;
»Ila tous les talens & toutes les vertus;
Ah! dit l'Amour, il a bien plus,
»Des injustes Mortels Juge integre & sévère,
„ Même en les condamnant il sçait l'art de leu,
» plaite.
Par M. GAILLARD, Avocat au Parlement.
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p. 193
De ROME, le 22 Juin.
Début :
Le Chevalier de S. George est parfaitement rétabli. Un de ses [...]
Mots clefs :
Chevalier, Rétablissement de la santé, Gentilshommes, Maladie
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texteReconnaissance textuelle : De ROME, le 22 Juin.
De ROME , le 22 Juin.
Le Chevalier de S. George eft parfaitement
rétabli. Un de fes Gentilshommes , a remercié de
La part le facré Collége , de l'intérêt qu'il a pris
à fa maladie.
Le Chevalier de S. George eft parfaitement
rétabli. Un de fes Gentilshommes , a remercié de
La part le facré Collége , de l'intérêt qu'il a pris
à fa maladie.
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