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1
p. 145-178
Examen des Eaux de Bourbon par Monsieur Burlet.
Début :
Les chaleurs excessives qu'il a faites les deux premieres semaines / Les Eaux chaudes de Bourbon n'estoient autrefois en usage que [...]
Mots clefs :
Eaux de Bourbon, Eaux , Eau, Acides, Bains, Sel, Chaleur, Médecins, Évaporation, Boisson, Liqueur, Esprit, Malades, Vitriol, Papier, Puits
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texteReconnaissance textuelle : Examen des Eaux de Bourbon par Monsieur Burlet.
Les chaleurs excessives qu'il
a faites les deux premiereS' semairiesde
ce mois,m'bnrdé*'
terminé à préférer à plusieurs
MémoiresLittéraires qu'onm'a
donné, un Examen des
Eaux de Bourbon. J'ay crû
quequ'onpetit tirer
de leurs vertus, malgré la-i
connoissance & lexperience
qu'on en a déja, meritoit
qu'on fit le détail de leurs proprierez,
avant que la faifott*
où les bains font d'un usage
plus salutaire, fut plus avancée..
L'examen qu'onen va
lire est un ouvrage du sçavant
Monficur Burlet, de la Facul.
té de Paris, & premier Medecindu
Roy d'Espagne.
.'! i- Examen desEaux de Bourbonj
;, par MonjteurBurlct.
, LesEauxchaudes deBaurbon
n'estoient autrefois; en
ufogfi que pour baigner: peu
de personnes osoient en boire.
C'eû pour cela qu'on appelle
q-pcorc aujourd'huy Bourbon t/tfrrhambauhjBourbonlesBains
Ces Eaux avant Messieurs
«**Dc*lotme & Aubri, Medecins;
celebres de Moulins
n'estoient point dans cette
réputation où elles sontaujourd'huy.
Ce sont euxqui
en ont étendu, appuque
l'usageà un grand nombre de
maladies intérieures, & qui
ont appris à n'en pas redouter
l'abondante boisson.
Il y a trois puits à Bourbon
contigus, & placez sur la me*
me ligne,qui communiquent
les uns aux autres pardes
ouvertures, & unemême
source fournit également
l'eau à ces trois puits. Elle est
presque toûjours à la même
hauteur de sept pieds ou en*.
viron, & elle ne décroit pas
rume. dans les chaleurs & les
sécheresseslesplus, grandes.
L'eaudeces puitsbout dune
manieresensible,&elleexhale
une fuméeassez abondante.
Onremarque que la surface
decetteeauquand "cllq
n'estpointagitée paroistun
peu terne, & qu'il s'y forme
commeunepelliculegrasse&
onctueuse, si mince néanmoins
& si superficielle, que
quelques efforts qu'on fasse,
& quelque soin qu'on prenne,
on ne peut lareccuillir.
L'Eau de Bourbon en: çres-
»i
claire & tres limpide dans le
verre sans presque aucune
odeur, d'une chaleur vive,
mais qui n'a rien d'acre ni de
brûlant : d'une faveur qui tire
sur le falin lixiviel, bien
plus foible & bien moins sensible
que dans l'eau de Vichi.
Ayant plongélemême
Thcrmometre dont je me
fuis servi à Vichi dans le Puits
du milieu
,
la liqueur a monté
à prés de cinquante-quatre
lignes; de maniere que l'eau
de Bourbon à deux degrez de
chaleur sur l'eau la plus chaude
de VicbL
Cette chaleur des eaux de
Bourbon se conserve tres-longtemps,
& une eau commune
chauffée au mêmedegré,
& la plus boüillante même e si:
refroidie, quand celle cy est
encore plus que tiede.
Tout le monde sçait que
ces eaux tirées de leur source
& remisesincessamment sur
le feu ne boüillent pas plus
promptement que l'eau commune
la plus froide. Onsçait
encore que dans ces eaux,
quoique très chaudesles plances
ne s'y flétrissent point.
Pour découvrir le principe
,
minerai des eaux de Bourbon,
je me fuis fcrvi des mêmes
essais, & ay presque fait les
mêmes expériences quej'ay
faites sur les eaux de Vichi.
Voilà1la différence que j'ay trouve.
Ayant meslé de l'eau dans
des bains avec la dissolution
du sel de Nitre filtrée, il ne
s'y est fait ni lait virginal ni
caillé, ni précipitation, l'eau
est demeurée claire.
Ayant ajouté à ce mélange
quelques goûtes d'esprit de Vitriol
,il s'y en fair d'abord un
lait virginal, qui s'est précipité
enfuitc, en une cfpcccde
caillé blanc. La même chofc
est arrivée en faisant cette experience
sur les eaux de Vichi.
La dissolution de couperose
qui avoit la couleur d'un
vcrd naissant, meslée avec
l'eau des bains, l'a jaunie d'abord
y
puis y a fait un caillé
par floccons, lesquels se précipitant
peu à peu ont pris
une couleur rougeâtre. Le
même changement cft arrivé,
mais bien plus promptement
& plus fenfibleraent dans les
eaux de Viclit.
L'eau deBourbon, non plus
que celle de Vichin'a point
changé la couleur de sa rolution
du Tournefol.
L'eau de Bourbon menée
avec le vinaigre distillé,l'aigre
de souffre & les autres acides,
bouillonne & fomente, mais
plus obfcurcment que l'eau
de Vichi,
Le papier bleu rougi par
l'esprit de Vitriol, a repris
aussi sa couleur dans l'eau de
Bourbon.
La poudre de Noix de Galles
qui donne une couleur de
vin pailler à leau de Vichi n'a
point ou peu changé l'eau de
Bourbon,
L'eau de litchi verdit le
sirop violat, celle de Bouts
bon ne lui donnequ'une couleur
de gris de lin.
Cette mêmeeaumeslée avec
l'infusion de rosesrouges
sans acides ne la point changée,
mais l'ayanc meslée avec
la teinture de roses rougies par
l'esprit de Vitriol,elle l'a
rendued'un beau violet amarante.
Par tous ces premiers essais
la raison fait d'abord concevoir,
que le mineral qui domine
dans les eaux de Bourbon
ca aussi un sel alkali, qui
ne paroist gucres dirent du
sel alkali des eaux de Vichi.
Pour s'en affurcr davantage,
,& demesser les autres principes
de ces eaux, j'en ay fait faire
l'analise de la maniéré suivan.
te.
J'ay fait mettre douze liv.
d'eau de bains dans une ferrine
pourla faire évaporer lentement
sur le feu. Dés qu'ellc
a commencé à chauffer, elle
a donné une odeur de mout
de vin cuit; & à mesure qu'elle
s'est évaporée, l'eau s'est rendue
de plus en plus salée au goût. Il est relié aux bords
de la terrine une refidencq
blancbâcre, inlipide) & qu1
croquoit fous la dcnr.
L'eau conlumée & reduird
à huic ou neuf onces, je l'ay
fait filtrer, il s'en ca réparé 6^
attaché au papier gris une matierc
épaisse, grasse & comme
muctlagineufc, qui après la,
filtrationfinie pesoit une?
dragmc, & quinze grains
pour le moins.
La liqueur filtrée remisesur
le feu s'cil encore évaporée,
& quand elle a commencée à
faire une pellicule) je l'ay fait
porter à la cave:il s'est formé
quelques cristaux fort brilans,
tres..minces & qui paroislenttaillez
à facettes. Ce que
j'en ay pu ramasser quand ils
ont cfté dessechez, ne pesoit
que cinq ou six grains: leur
faveur estoit fort douceatrc,
&d'un vray goûclixiviet.
Enfin l'evaporation faite
jusqu'à siccité
,
il est resté au
fond de la terrine trois gros
& plus de deux scrupules de
residence saline.
J'ayexamine ensuite toutes
ces portions dont la somme
monte à cinqdragmes ou
environ:sçavoir
, une dragme
& quinze grains de matiere
mucilagineu se adhérente au
papier gris, cinq ou six grains
de cristau
,
trois dragmes, &
deux scru pules de residence,
& dix ou douze grains de
substance blanchâtre ratissée
sur les, parois de la terrine à
mesure que l'eau décroissoir.
Mr Duclos, par son examen
a trouve que ces eaux
transportées avoient cinquante
- neuf grains de residence
par pinte.
Mr Geoffroy, qui les aexaminées
sur les lieux en a trouvésoixante-
trois, ôcpar nôtre
calcul nous trouvons la
même chose à fort peu de
différence prés.
Par l'examen de ces portions
sé parées, il m'a paru
que cette substance blanchâtre
adherente & qui craque;
fous la dent, n'etf qu'une pu-f
re terre alKaline, car elle fermente
un peu avec les acides.
Que la matière mucilagineuse
attachée au papier gris,
est encore cette mêmeTerre,
mais meslée de matiere sulphureuse
& de quelque legere portion,
de fer.
La substance fulphurcufe
dans cette portion se mani
feste d'nne manièresensible
en engraissant le pa pier, &y
laissant une impression d'huile,
d'ailleurs jettée sur lescharbons
ardens, elle y rougit
d'abord,noircit ensuite en
cjetteanttquielcquess p.etites étwu ¡ Avec le coûteau émanté
j'ay enlevé quelques particules
de fer de la tetre noire qui
est restée aprèsl'avoir calcinée.
Les trois gros & deux scrupulesde
residence salines contenoient
un sel lixiviel,meslé
lé de quelque portion de
terre;& ce sel par tous les esfais
n'a pas paru différent du
sel des eaux de Vichi,tiré
aussi par évaporation. Il l'a
fermente violemmentavec les
acides de toutes especes.
Par cette analise on trouveroic
prcfque les mêmes principes
dans Les eaux de Bourbon
que dans celles de Vichi;
-mais dans des propositions. différentes*.
Mr Saignette, prétend qu'apres
avoir examiné avec une
grande attention la residence
saline des eaux de Bourbon,
& après avoir demeslé les différens
sels qui la composent, il
a trouvé, sans pouvoir en
douter,-presque portion égale
de sel marin& de sel alkali ;
que ces deux fcls luy ont
paru fort distincts & par leur
figure & par les épreuves qu'il
en a faites.
- Qu'ayant mis quatorze liv*
des eaux de Bourbon évaporer
il avoit eu après une suffisante
évaporation par la cristallisation
à froid, des cristaux
pentagones & hexagones
longs, de la figure & du goût
du sel sucrin, ou sel calcarius
décrit dans Mr Lister, faisant
le maroquin entre les dents,
d'une tegerc stipticité, douceatte,
& qui Ce bourfouffloient
au feu comme l'alun,
sans avoir d'acidité apparente,
non plus que de saveur alkaline.
Qu'ayant ensuite fait évaporer
la liqueur davantage,
il avoit eu descristaux de sel
alkalidistinct,& du sel falin
ou marin grumelé, qui se trou-
-
voient tels sans équivoque.
<
Je n'ay pû vérifier cette experience
dans toutes ces circonstances
marquées; & dans
les trois dragmes & deux
scrupules de residence saline
qui m'est restées je n'ay pû,
démesler par les essais & reconnoistre
qu'un sel alkali,
comme je viens de le dire,
dont le mélange avec toute
forted'acides excite de violentes
fermentations.
,,
Mr Geoffroi, dans le mémoire
qu'il m'acommuniqué,
assure qu'après beaucoup de
recherches,&après l'examen
le plus exact du sel contenu
dans la re sidence de ces eaux;
il avoit reconnu un peu de
fcl marin meslé avec le sel afc
kalimineral deeaux
-
, Il me relle encore quatre
ou cinqoncesde residence que
j'ay cû la précaution d'apporter;
je l'examinerai avec Mr
Geoffroi, quand il lui plaira,
afin de déterminer, s'il est possible,
fous quelle quantité &
fous quelle proportion ce sel
se trouve meslé dans les eaux
de Bourbon. Car qu'il y soit
presque en partie égale avec
l'alkali mineral; il y a beaucoup
lieu d'en doutèr, quoi
quendise Mr Saignette, & les
Medecins des lieux qui ont
souvent fait l'anali se de leurs
, eaux, le nientfort positive-
"lent.
Un Auteur moderne, qui
depuis quelquesannées fous
le nom de Pascal, a donné un
Traitédes Eaux de Bourbon., rejette
la pluspart des anahfes
de ces eaux faites par le secours
du feu. Il prétend que
si l'on fait évaporer ces caux
au Soleil, le sel tiré par cette
evaporation lente & douce,
est fort differenr de celui tiré
par le moyen du feu; qu'il
touche les acides, sans les exciter
à aucune fermentation
sensible; qu'il ne précipite aucune
dissolution faite par un
menstrueacide, & en un mot
qu'il n'cft point alkali. Il avance
que le sel des eaux de
Bourbonale caractered'un
sel Androgin,& qu'il est composé
d'unacide volatil & d'ul)
alkali sixe, dont l'alliage qui
n'est pas à l'épreuve du ftut
à cause qu'il est trop acre, &
trop penetrant, resiste à la
chaleur du Soleilqui évapore
ces eaux d'une maniere lente
de douce, & fait ou que ce
sel demeure dans son entier
ou qu'une partie de son volatil
s'y conserve
, & que ce
qu'ily a de fixe en demeurant
empreint, il n'est capable
d'aucuns de ces effets qui
conviennent aux fels lixivieux
que le feu a rendus ouverts,
vuides & permeables aux
acides.
Il ajoûte qquu'»i'ill y a dans les
eaux de Bourbon un autre
principe actifintimement répandu
,un souffrevif, mobile,
animé, quin'est sensible
que par la chaleur,que par subtilité
& sa dissipation prompte
échappe à toutes les recherchesanalitiques
de la Chimie,
qui pour la pluspart sont très*
infideles, & qui par consequent
ne peuvent nous rien
donner
donner que de fausses ou tresimparfaites
connoissances des
principes des mixtes.C'eû
donc selon luy un sel vitreux,
purifié rempli des parties volatiles,
qui eû le sel naturel
des eaux de Bourbon& non
ce sel alkali fixe qui nous
reste aprés l'évaporation, &
fqeuui.n'est tel que par l'aéèion du
Cet Auteur soûtient son
hypothcfe par beaucoup de
preuves & d'experiences bien
raisonnées.
Il seroit inutile de s'étendre
davantage sur la discussion &
la recherche des principes mineraux
des eaux de Bourbon.
Dans ces matières il est des
bornesqu'on ne peut gueres outre-passer. <
Il me reste àdire quelque
chose des vertus medecinales
deces eaux; maiselles font si
universellement reconnues,&
-orken a cléiaécrit.ique
jeme contenteray de rapporter
quelques observations que
@ j'ay eu lieu de faire, qui peuvent
estrede quelque utilité
dans la pratique deces eaux.
Comme elles sont fort peu
purgatives &qu'il estd'usage
de les aider, où par le me'
lange des eaux deVichi, qui
le sont beaucoup plus, ou par
l'addition de quelques fels
comme le sel vegetal, la crême
de Tartre, le sel Polychreste
de la Rochelle, &c.
j'aytrouvé que l'Arcanum duplicatum
de Mynsiche, qu'il
nomme autrement Sal è duobus,
Stl sapientioe
,
leur donnoit
une efficacité bien superieure
à celle de tous ces autres
sels,& que les per sonnes
qui n'estoient point purgées
avec le secours de ces fels ordinaires
,
l'estoient beaucoup
par l'addition de ccluy
- cy.
On ne le connoissoit point dia
toutàVichi,& à Bourbon&
aucun des Medecins n'en avoit
fait usage. On sçait que
ce sel cA: tiré de lateste morte
de la distillation de l'eau
forte
,
& que c'est par consequent
un sellixiviel bien alkasisé,
quiresultedela partie fixe
du nitre & du vitriol. Il y a
une legere stipticité meslée de
quelque amertume, qui le rend
sottsubtil & fort,pénétrant.
Illefond tres-aisement, il sallle
avec le sel naturel de ces
eaux, dont il augmenre de
beaucoup la vertu purgative
sans qu'elles en agissent moins
pour cela par les voyes des uunes,
& celles de la transpiration.
J'en aivû de merveilleux
effets, & je ne doure
point que dans la suite ce sel
ne devienne à Vichi & à Bourbon
d'un usage tres familier.
La dose est d'ordinaire d'un
gros & demi, à deux gros dans
les deux premiers verres de
boisson, deux jours l'un, ou
même tous les jours quand les
eaux sont lentes ou qu'elles ne
ptirgfnt point, comme il ar..
tive tres- souvent.
J'ay remarqué qu'on vomie
aisément ces eaux quand on
en boit, sur tout les premiers
jours, & qu'on en presse la
boisson.
L'eau de Bourbon prise en
lavement, adoucit beaucoup
elle resserre même, & on s'en
sert dans les diflfenteries, aussi
bien que dans les coliques. On
la donne chaude comme elle
fort des Puits, sans que les
Malades se plaignent de sa
trop grande chaleur. On ne
pourroit recevoir ny retenir
une eau commune chauffée au
mêmedegré.
Quand il faut fondre, redonner
auxliqueurs leur première
fluidité, ranimer dans le
fang & dans les visceres les levains
quis'y trouvent déprimer
& languissans; c'est pour
lors qu'elles agissent presqueà
coup sûr: mais si elles trouvent
des humeurs trop mobiles,
& des sermens agitez,
elles causent le plus souvent
du desordre, & on en obligé
d'en fairecesser l'usage. Elles
font cependant bien moins
vives, & ont quelque chose
de plus doux & de plus balsamique
que celles de Vichy,
Le merite de ces eaux, comme
de tous les autres remedes,
dépend beaucoup de la juficI:
se de leur application.
,
Il est bien important que
les malades qui ont bu & pris
les Bains de Bourbon, évitent
pendant quelque temps avec
toutes fortes de précautions
les injures de l'air, & sur tout
les vents du Nord, les pluyes,
les brouillards;parce que leurs
corps par l'action de ces eaux
animées, se trouvans tout ouverts
& comme percez à jour,
sû m'est permis de me servir
de cette expression, la xnoiadre
imprcffion du froid les
resserre, il se fait des reflux de
la matière transpirable, d'où
naissent de grandes & subites
maladies. C'est pour cette raison
que la saison printanniere
qui devance l'Eté ,est preferable
à celle de l'Automne,que
l'Hyver suit de si prés, & les
Malades n'ont pas les mêmes
accidens à craindre au retour
de ces eaux. Tous les Praticiens
qui ont manié les eaux,
n'ont pas manqué de fairecette
observation ; & elle m'a
bien esté confirmée par ce
qui arriva & que je ne pus
empêcherà l'illustre Malade
quej'avois l'honneur d'accompagner.
En revenant de Bourbon
il ne ressentit que trcs..,
legerement l'impressiond'un
broüillardpouravoir eu fort
peudetemps une des glaces
de son carosse baissée;&dans
le moment il eut une fluxion
considerable sur, le visage,
& la langue, qui ne cessa qua
mesure qu'on le réchauffa,
& que la transpiration interceptée
fcut rétabbJl"ie.
a faites les deux premiereS' semairiesde
ce mois,m'bnrdé*'
terminé à préférer à plusieurs
MémoiresLittéraires qu'onm'a
donné, un Examen des
Eaux de Bourbon. J'ay crû
quequ'onpetit tirer
de leurs vertus, malgré la-i
connoissance & lexperience
qu'on en a déja, meritoit
qu'on fit le détail de leurs proprierez,
avant que la faifott*
où les bains font d'un usage
plus salutaire, fut plus avancée..
L'examen qu'onen va
lire est un ouvrage du sçavant
Monficur Burlet, de la Facul.
té de Paris, & premier Medecindu
Roy d'Espagne.
.'! i- Examen desEaux de Bourbonj
;, par MonjteurBurlct.
, LesEauxchaudes deBaurbon
n'estoient autrefois; en
ufogfi que pour baigner: peu
de personnes osoient en boire.
C'eû pour cela qu'on appelle
q-pcorc aujourd'huy Bourbon t/tfrrhambauhjBourbonlesBains
Ces Eaux avant Messieurs
«**Dc*lotme & Aubri, Medecins;
celebres de Moulins
n'estoient point dans cette
réputation où elles sontaujourd'huy.
Ce sont euxqui
en ont étendu, appuque
l'usageà un grand nombre de
maladies intérieures, & qui
ont appris à n'en pas redouter
l'abondante boisson.
Il y a trois puits à Bourbon
contigus, & placez sur la me*
me ligne,qui communiquent
les uns aux autres pardes
ouvertures, & unemême
source fournit également
l'eau à ces trois puits. Elle est
presque toûjours à la même
hauteur de sept pieds ou en*.
viron, & elle ne décroit pas
rume. dans les chaleurs & les
sécheresseslesplus, grandes.
L'eaudeces puitsbout dune
manieresensible,&elleexhale
une fuméeassez abondante.
Onremarque que la surface
decetteeauquand "cllq
n'estpointagitée paroistun
peu terne, & qu'il s'y forme
commeunepelliculegrasse&
onctueuse, si mince néanmoins
& si superficielle, que
quelques efforts qu'on fasse,
& quelque soin qu'on prenne,
on ne peut lareccuillir.
L'Eau de Bourbon en: çres-
»i
claire & tres limpide dans le
verre sans presque aucune
odeur, d'une chaleur vive,
mais qui n'a rien d'acre ni de
brûlant : d'une faveur qui tire
sur le falin lixiviel, bien
plus foible & bien moins sensible
que dans l'eau de Vichi.
Ayant plongélemême
Thcrmometre dont je me
fuis servi à Vichi dans le Puits
du milieu
,
la liqueur a monté
à prés de cinquante-quatre
lignes; de maniere que l'eau
de Bourbon à deux degrez de
chaleur sur l'eau la plus chaude
de VicbL
Cette chaleur des eaux de
Bourbon se conserve tres-longtemps,
& une eau commune
chauffée au mêmedegré,
& la plus boüillante même e si:
refroidie, quand celle cy est
encore plus que tiede.
Tout le monde sçait que
ces eaux tirées de leur source
& remisesincessamment sur
le feu ne boüillent pas plus
promptement que l'eau commune
la plus froide. Onsçait
encore que dans ces eaux,
quoique très chaudesles plances
ne s'y flétrissent point.
Pour découvrir le principe
,
minerai des eaux de Bourbon,
je me fuis fcrvi des mêmes
essais, & ay presque fait les
mêmes expériences quej'ay
faites sur les eaux de Vichi.
Voilà1la différence que j'ay trouve.
Ayant meslé de l'eau dans
des bains avec la dissolution
du sel de Nitre filtrée, il ne
s'y est fait ni lait virginal ni
caillé, ni précipitation, l'eau
est demeurée claire.
Ayant ajouté à ce mélange
quelques goûtes d'esprit de Vitriol
,il s'y en fair d'abord un
lait virginal, qui s'est précipité
enfuitc, en une cfpcccde
caillé blanc. La même chofc
est arrivée en faisant cette experience
sur les eaux de Vichi.
La dissolution de couperose
qui avoit la couleur d'un
vcrd naissant, meslée avec
l'eau des bains, l'a jaunie d'abord
y
puis y a fait un caillé
par floccons, lesquels se précipitant
peu à peu ont pris
une couleur rougeâtre. Le
même changement cft arrivé,
mais bien plus promptement
& plus fenfibleraent dans les
eaux de Viclit.
L'eau deBourbon, non plus
que celle de Vichin'a point
changé la couleur de sa rolution
du Tournefol.
L'eau de Bourbon menée
avec le vinaigre distillé,l'aigre
de souffre & les autres acides,
bouillonne & fomente, mais
plus obfcurcment que l'eau
de Vichi,
Le papier bleu rougi par
l'esprit de Vitriol, a repris
aussi sa couleur dans l'eau de
Bourbon.
La poudre de Noix de Galles
qui donne une couleur de
vin pailler à leau de Vichi n'a
point ou peu changé l'eau de
Bourbon,
L'eau de litchi verdit le
sirop violat, celle de Bouts
bon ne lui donnequ'une couleur
de gris de lin.
Cette mêmeeaumeslée avec
l'infusion de rosesrouges
sans acides ne la point changée,
mais l'ayanc meslée avec
la teinture de roses rougies par
l'esprit de Vitriol,elle l'a
rendued'un beau violet amarante.
Par tous ces premiers essais
la raison fait d'abord concevoir,
que le mineral qui domine
dans les eaux de Bourbon
ca aussi un sel alkali, qui
ne paroist gucres dirent du
sel alkali des eaux de Vichi.
Pour s'en affurcr davantage,
,& demesser les autres principes
de ces eaux, j'en ay fait faire
l'analise de la maniéré suivan.
te.
J'ay fait mettre douze liv.
d'eau de bains dans une ferrine
pourla faire évaporer lentement
sur le feu. Dés qu'ellc
a commencé à chauffer, elle
a donné une odeur de mout
de vin cuit; & à mesure qu'elle
s'est évaporée, l'eau s'est rendue
de plus en plus salée au goût. Il est relié aux bords
de la terrine une refidencq
blancbâcre, inlipide) & qu1
croquoit fous la dcnr.
L'eau conlumée & reduird
à huic ou neuf onces, je l'ay
fait filtrer, il s'en ca réparé 6^
attaché au papier gris une matierc
épaisse, grasse & comme
muctlagineufc, qui après la,
filtrationfinie pesoit une?
dragmc, & quinze grains
pour le moins.
La liqueur filtrée remisesur
le feu s'cil encore évaporée,
& quand elle a commencée à
faire une pellicule) je l'ay fait
porter à la cave:il s'est formé
quelques cristaux fort brilans,
tres..minces & qui paroislenttaillez
à facettes. Ce que
j'en ay pu ramasser quand ils
ont cfté dessechez, ne pesoit
que cinq ou six grains: leur
faveur estoit fort douceatrc,
&d'un vray goûclixiviet.
Enfin l'evaporation faite
jusqu'à siccité
,
il est resté au
fond de la terrine trois gros
& plus de deux scrupules de
residence saline.
J'ayexamine ensuite toutes
ces portions dont la somme
monte à cinqdragmes ou
environ:sçavoir
, une dragme
& quinze grains de matiere
mucilagineu se adhérente au
papier gris, cinq ou six grains
de cristau
,
trois dragmes, &
deux scru pules de residence,
& dix ou douze grains de
substance blanchâtre ratissée
sur les, parois de la terrine à
mesure que l'eau décroissoir.
Mr Duclos, par son examen
a trouve que ces eaux
transportées avoient cinquante
- neuf grains de residence
par pinte.
Mr Geoffroy, qui les aexaminées
sur les lieux en a trouvésoixante-
trois, ôcpar nôtre
calcul nous trouvons la
même chose à fort peu de
différence prés.
Par l'examen de ces portions
sé parées, il m'a paru
que cette substance blanchâtre
adherente & qui craque;
fous la dent, n'etf qu'une pu-f
re terre alKaline, car elle fermente
un peu avec les acides.
Que la matière mucilagineuse
attachée au papier gris,
est encore cette mêmeTerre,
mais meslée de matiere sulphureuse
& de quelque legere portion,
de fer.
La substance fulphurcufe
dans cette portion se mani
feste d'nne manièresensible
en engraissant le pa pier, &y
laissant une impression d'huile,
d'ailleurs jettée sur lescharbons
ardens, elle y rougit
d'abord,noircit ensuite en
cjetteanttquielcquess p.etites étwu ¡ Avec le coûteau émanté
j'ay enlevé quelques particules
de fer de la tetre noire qui
est restée aprèsl'avoir calcinée.
Les trois gros & deux scrupulesde
residence salines contenoient
un sel lixiviel,meslé
lé de quelque portion de
terre;& ce sel par tous les esfais
n'a pas paru différent du
sel des eaux de Vichi,tiré
aussi par évaporation. Il l'a
fermente violemmentavec les
acides de toutes especes.
Par cette analise on trouveroic
prcfque les mêmes principes
dans Les eaux de Bourbon
que dans celles de Vichi;
-mais dans des propositions. différentes*.
Mr Saignette, prétend qu'apres
avoir examiné avec une
grande attention la residence
saline des eaux de Bourbon,
& après avoir demeslé les différens
sels qui la composent, il
a trouvé, sans pouvoir en
douter,-presque portion égale
de sel marin& de sel alkali ;
que ces deux fcls luy ont
paru fort distincts & par leur
figure & par les épreuves qu'il
en a faites.
- Qu'ayant mis quatorze liv*
des eaux de Bourbon évaporer
il avoit eu après une suffisante
évaporation par la cristallisation
à froid, des cristaux
pentagones & hexagones
longs, de la figure & du goût
du sel sucrin, ou sel calcarius
décrit dans Mr Lister, faisant
le maroquin entre les dents,
d'une tegerc stipticité, douceatte,
& qui Ce bourfouffloient
au feu comme l'alun,
sans avoir d'acidité apparente,
non plus que de saveur alkaline.
Qu'ayant ensuite fait évaporer
la liqueur davantage,
il avoit eu descristaux de sel
alkalidistinct,& du sel falin
ou marin grumelé, qui se trou-
-
voient tels sans équivoque.
<
Je n'ay pû vérifier cette experience
dans toutes ces circonstances
marquées; & dans
les trois dragmes & deux
scrupules de residence saline
qui m'est restées je n'ay pû,
démesler par les essais & reconnoistre
qu'un sel alkali,
comme je viens de le dire,
dont le mélange avec toute
forted'acides excite de violentes
fermentations.
,,
Mr Geoffroi, dans le mémoire
qu'il m'acommuniqué,
assure qu'après beaucoup de
recherches,&après l'examen
le plus exact du sel contenu
dans la re sidence de ces eaux;
il avoit reconnu un peu de
fcl marin meslé avec le sel afc
kalimineral deeaux
-
, Il me relle encore quatre
ou cinqoncesde residence que
j'ay cû la précaution d'apporter;
je l'examinerai avec Mr
Geoffroi, quand il lui plaira,
afin de déterminer, s'il est possible,
fous quelle quantité &
fous quelle proportion ce sel
se trouve meslé dans les eaux
de Bourbon. Car qu'il y soit
presque en partie égale avec
l'alkali mineral; il y a beaucoup
lieu d'en doutèr, quoi
quendise Mr Saignette, & les
Medecins des lieux qui ont
souvent fait l'anali se de leurs
, eaux, le nientfort positive-
"lent.
Un Auteur moderne, qui
depuis quelquesannées fous
le nom de Pascal, a donné un
Traitédes Eaux de Bourbon., rejette
la pluspart des anahfes
de ces eaux faites par le secours
du feu. Il prétend que
si l'on fait évaporer ces caux
au Soleil, le sel tiré par cette
evaporation lente & douce,
est fort differenr de celui tiré
par le moyen du feu; qu'il
touche les acides, sans les exciter
à aucune fermentation
sensible; qu'il ne précipite aucune
dissolution faite par un
menstrueacide, & en un mot
qu'il n'cft point alkali. Il avance
que le sel des eaux de
Bourbonale caractered'un
sel Androgin,& qu'il est composé
d'unacide volatil & d'ul)
alkali sixe, dont l'alliage qui
n'est pas à l'épreuve du ftut
à cause qu'il est trop acre, &
trop penetrant, resiste à la
chaleur du Soleilqui évapore
ces eaux d'une maniere lente
de douce, & fait ou que ce
sel demeure dans son entier
ou qu'une partie de son volatil
s'y conserve
, & que ce
qu'ily a de fixe en demeurant
empreint, il n'est capable
d'aucuns de ces effets qui
conviennent aux fels lixivieux
que le feu a rendus ouverts,
vuides & permeables aux
acides.
Il ajoûte qquu'»i'ill y a dans les
eaux de Bourbon un autre
principe actifintimement répandu
,un souffrevif, mobile,
animé, quin'est sensible
que par la chaleur,que par subtilité
& sa dissipation prompte
échappe à toutes les recherchesanalitiques
de la Chimie,
qui pour la pluspart sont très*
infideles, & qui par consequent
ne peuvent nous rien
donner
donner que de fausses ou tresimparfaites
connoissances des
principes des mixtes.C'eû
donc selon luy un sel vitreux,
purifié rempli des parties volatiles,
qui eû le sel naturel
des eaux de Bourbon& non
ce sel alkali fixe qui nous
reste aprés l'évaporation, &
fqeuui.n'est tel que par l'aéèion du
Cet Auteur soûtient son
hypothcfe par beaucoup de
preuves & d'experiences bien
raisonnées.
Il seroit inutile de s'étendre
davantage sur la discussion &
la recherche des principes mineraux
des eaux de Bourbon.
Dans ces matières il est des
bornesqu'on ne peut gueres outre-passer. <
Il me reste àdire quelque
chose des vertus medecinales
deces eaux; maiselles font si
universellement reconnues,&
-orken a cléiaécrit.ique
jeme contenteray de rapporter
quelques observations que
@ j'ay eu lieu de faire, qui peuvent
estrede quelque utilité
dans la pratique deces eaux.
Comme elles sont fort peu
purgatives &qu'il estd'usage
de les aider, où par le me'
lange des eaux deVichi, qui
le sont beaucoup plus, ou par
l'addition de quelques fels
comme le sel vegetal, la crême
de Tartre, le sel Polychreste
de la Rochelle, &c.
j'aytrouvé que l'Arcanum duplicatum
de Mynsiche, qu'il
nomme autrement Sal è duobus,
Stl sapientioe
,
leur donnoit
une efficacité bien superieure
à celle de tous ces autres
sels,& que les per sonnes
qui n'estoient point purgées
avec le secours de ces fels ordinaires
,
l'estoient beaucoup
par l'addition de ccluy
- cy.
On ne le connoissoit point dia
toutàVichi,& à Bourbon&
aucun des Medecins n'en avoit
fait usage. On sçait que
ce sel cA: tiré de lateste morte
de la distillation de l'eau
forte
,
& que c'est par consequent
un sellixiviel bien alkasisé,
quiresultedela partie fixe
du nitre & du vitriol. Il y a
une legere stipticité meslée de
quelque amertume, qui le rend
sottsubtil & fort,pénétrant.
Illefond tres-aisement, il sallle
avec le sel naturel de ces
eaux, dont il augmenre de
beaucoup la vertu purgative
sans qu'elles en agissent moins
pour cela par les voyes des uunes,
& celles de la transpiration.
J'en aivû de merveilleux
effets, & je ne doure
point que dans la suite ce sel
ne devienne à Vichi & à Bourbon
d'un usage tres familier.
La dose est d'ordinaire d'un
gros & demi, à deux gros dans
les deux premiers verres de
boisson, deux jours l'un, ou
même tous les jours quand les
eaux sont lentes ou qu'elles ne
ptirgfnt point, comme il ar..
tive tres- souvent.
J'ay remarqué qu'on vomie
aisément ces eaux quand on
en boit, sur tout les premiers
jours, & qu'on en presse la
boisson.
L'eau de Bourbon prise en
lavement, adoucit beaucoup
elle resserre même, & on s'en
sert dans les diflfenteries, aussi
bien que dans les coliques. On
la donne chaude comme elle
fort des Puits, sans que les
Malades se plaignent de sa
trop grande chaleur. On ne
pourroit recevoir ny retenir
une eau commune chauffée au
mêmedegré.
Quand il faut fondre, redonner
auxliqueurs leur première
fluidité, ranimer dans le
fang & dans les visceres les levains
quis'y trouvent déprimer
& languissans; c'est pour
lors qu'elles agissent presqueà
coup sûr: mais si elles trouvent
des humeurs trop mobiles,
& des sermens agitez,
elles causent le plus souvent
du desordre, & on en obligé
d'en fairecesser l'usage. Elles
font cependant bien moins
vives, & ont quelque chose
de plus doux & de plus balsamique
que celles de Vichy,
Le merite de ces eaux, comme
de tous les autres remedes,
dépend beaucoup de la juficI:
se de leur application.
,
Il est bien important que
les malades qui ont bu & pris
les Bains de Bourbon, évitent
pendant quelque temps avec
toutes fortes de précautions
les injures de l'air, & sur tout
les vents du Nord, les pluyes,
les brouillards;parce que leurs
corps par l'action de ces eaux
animées, se trouvans tout ouverts
& comme percez à jour,
sû m'est permis de me servir
de cette expression, la xnoiadre
imprcffion du froid les
resserre, il se fait des reflux de
la matière transpirable, d'où
naissent de grandes & subites
maladies. C'est pour cette raison
que la saison printanniere
qui devance l'Eté ,est preferable
à celle de l'Automne,que
l'Hyver suit de si prés, & les
Malades n'ont pas les mêmes
accidens à craindre au retour
de ces eaux. Tous les Praticiens
qui ont manié les eaux,
n'ont pas manqué de fairecette
observation ; & elle m'a
bien esté confirmée par ce
qui arriva & que je ne pus
empêcherà l'illustre Malade
quej'avois l'honneur d'accompagner.
En revenant de Bourbon
il ne ressentit que trcs..,
legerement l'impressiond'un
broüillardpouravoir eu fort
peudetemps une des glaces
de son carosse baissée;&dans
le moment il eut une fluxion
considerable sur, le visage,
& la langue, qui ne cessa qua
mesure qu'on le réchauffa,
& que la transpiration interceptée
fcut rétabbJl"ie.
Fermer
Résumé : Examen des Eaux de Bourbon par Monsieur Burlet.
Le texte traite des eaux thermales de Bourbon, étudiées par Monsieur Burlet, médecin du roi d'Espagne et membre de la Faculté de Paris. Initialement utilisées pour des bains, ces eaux ont été recommandées par les médecins De Lottem et Aubry pour traiter diverses maladies internes. Elles proviennent de trois puits alimentés par une même source, caractérisée par une eau chaude, limpide et exhalant une fumée abondante, avec une pellicule grasse à la surface. Burlet compare les eaux de Bourbon à celles de Vichy, notant qu'elles sont légèrement plus chaudes. Des analyses chimiques montrent des réactions spécifiques avec divers produits, révélant la présence d'un sel alcalin différent de celui des eaux de Vichy. Après évaporation, l'eau laisse un résidu salé et gras, formant des cristaux brillants. Plusieurs examinateurs confirment la présence de sel et de terre alcaline, bien que les quantités varient. Pascal, un auteur moderne, conteste ces analyses, affirmant que l'évaporation au soleil produit un sel différent, non alcalin, et critique l'infiabilité des méthodes chimiques classiques. Les eaux de Bourbon sont reconnues pour leurs vertus médicinales, bien qu'elles soient peu purgatives. Elles sont souvent mélangées avec des eaux plus purgatives ou des sels pour augmenter leur efficacité. L'Arcanum duplicatum de Mynsiche est recommandé pour renforcer l'effet purgatif sans altérer leur action. Utilisée en lavement, l'eau de Bourbon est efficace contre les dysentéries et les coliques. Les praticiens conseillent d'éviter les intempéries après consommation pour prévenir les maladies.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 714-727
NOUVELLE Idée Physique sur les Acides et les autres Principes chimiques. Par le P. C. J. Lettre à M. L. P. &c.
Début :
M*** Puisqu'on vous a parlé de mon idée sur les Acides et sur le [...]
Mots clefs :
Acide, Eau, Terre, Alcali, Ressort, Acides, Enveloppe, Esprit, Forme, Corps, Nitre, Souffle, Chaleur
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLE Idée Physique sur les Acides et les autres Principes chimiques. Par le P. C. J. Lettre à M. L. P. &c.
NOUVELLE Idée Physique sur les
Acides et les autres Principes chimiques.
Par le P. C. J.
M
Lettre à M. L. P. &c.
***
Puisqu'on vous a parlé de
mon idée sur les Acides et sur le
Systême physique de la Chymie , je ne
vous tiendrai pas long- temps en suspens;
et pour renfermer même plus de choses
en moins de paroles , je prendrai le stile
le plus géométrique que je pourrai . J'entre
donc en matiere.
L'Acide , selon l'idée la plus commune,
est un petit corps roide , long , aceré pat
les bouts , de la forme d'un fuseau. J'adopte
cette idée.
J'y ajoûte que cet Acide percé par un
bout , est creux en dedans et plein d'air
enveloppé d'une pellicule d'eau fortement
congélée. C'est là comme le
de la Machine.
corps
Son Méchanisme est celui d'un Souflet,
qui par un mouvement de systole et de
diastole , comme le coeur, ou par une espece
de respiration , comme le poulmon
chasse sans cesse et attiré l'air alternativement.
Je
TL. 1733. 7IS
Je parle de l'Acide primitif , de cet
Acide de l'air , que les Chimistes qualifient
d'Esprit Universel , d'Esprit Aerien ,
propre à nourrir le feu , les Plantes , les
animaux mêmes ; ou , si vous voulez ,
quelque chose de précis , de l'Esprit de
Nitre , ou de l'Acide de Salpêtre.
Tous les Acides , en effet , ne sont que
des Esprits Aeriens , un air enveloppé ,
un air condensé.
Or l'Air tout pur .n'a jamais trop paru
capable de condensation ; et il faut absolument
l'engrainer , le mêler , l'entraver
de quelque substance qui lui donne
du corps au milieu de l'air même , et
l'empêche de s'y confondre avec l'air
pur.
La Terre seroit , ce semble , assez bonne
pour le captiver. L'Alcali , qui est
une substance terreuse , captive bien l'Acide
; mais l'Acide est Acide indépendamment
de l'Alcali , puisqu'on les sépare
sans les détruire ni l'un ni l'autre.
Dailleurs la Terre et l'Air sont dans
la Nature comme deux extrêmes , entre
lesquels l'eau tient le milieu pour les
concilier.
L'Acide est de soi froid et rafraîchissant.
En approchant la main du Salpêtre
et même de la Poudre , en entrant
E dans
716 MERCURE DE FRANCE
dans les lieux où - se forme l'Acide , on
sent un air froid qui saisit. Les Philosophes
Chimistes et Physiciens veulent
qu'en hyver l'Air soit chargé d'Acides ,
et que l'eau ne se glace que par leur se-
Cours .
L'Acide , selon moi , sera froid , et par
le glaçon qui l'enveloppe , et par le soufle
subtil qu'il exhale sans cesse avec rapidité
par des ouvertures bien resserrées.
Les Acides glacent les dents et les agacent
; ils y causent une espece de Stupeur
et de Paralisie passagere .
Que sçait- on même si le goût picquant
des Acides vient plutôt de leur pointe
acerée , dont la subtilité est peut- être
trop grande pour se faire sentir , que de
ce petit soufle aigu et pénetrant qui des
seche , qui glace tout devant lui ?
Le Nitre se forme dans des lieux hu
mides et frais. Il se forme non dans l'air,
mais à l'air , à la surface des terres voisines
de l'air. L'air l'attire même sans cèsse
en dehors. On diroit que c'est un pè
tit animal vivant qui a besoin de respi
rer et qui cherche à respirer. Enfoüissezle
dans la terre , toujours vous le ver
rez remonter à la surface.
La vapeur humide chargée d'air concentré
, pénetre les murs poreux et alcalins
AVRIL: 1733. 717
calins dans un temps où les pores sont
un peu ouverts , tels que sont tous les
temps moites et humides.
Un petit froid survient , seche la surface
des murs , en resserre les pores exterieurs.
Les vapeurs s'y trouvent prises
en dedans.
L'Air dont le ressort ne souffre aucune
condensation extraordinaire , sur tout de
la part de la terre , se ramasse d'abord
tout entier au centre de la goute , y forme
une bulle , comme lorsque l'eau se
glace , et son ressort cherchant à se dilater
, l'eau environnante se condense et
par l'effet du froid et beaucoup plus par
,
celui de ce ressort interne .
L'air fait plus ; il repousse cette eau
vers l'ouverture du pore en dehors , et
la fait filer peu à peu comme par une
filiere.
Remplissez au temps de - la gelée une
olipite d'eau , à mesure que la gelée
augmentera , vous verrez sortir de l'æolipile
un fil de glace qui pourra devenir
long de cent toises sans se casser .
La moindre chaleur le fond ; que ne
fond-elle aussi nos Acides ? 1º . Ils ne'
sont ni si longs ni si gros , et ne donnent
que bren peu de prise à la chaleur
beaucoup moins à une chaleur grossiere,
un feu grossier. E ij 2º.
718 MERCURE DE FRANCE
1
2. Leur congellation est plus naturelle,
plus lente à se former. Elle vient plu
tôt d'un resserrement de parties bien engrainées
à loisir , causé par le retrécis
sement du pore par où elle file , que du
froid même. Ce que la Nature fait à
loisir sur tout en petit , est à l'épreuve
de bien des assauts que l'art grossier des
hommes peut y livrer.
3. La glace ordinaire est toute semée
de bulles d'air. La chaleur bande le ressort
de cet al. Ce ressort brise la glace
et la fond. Ici le ressort de l'air est éventé
par la petite ouverture qui lui donne une
issue libre ; et la congellation est bien au
trement forte n'étant point mêlée d'air, si
ce n'est tout au plus d'un air engrainé
et non ramassé en bulles.
Pour bien entendre cette generation
de l'Acide , remarquez que par des observations,
constantes on a découvert que
les petits grains de vapeur , de brouillard
, de rosée , sont en effet de petites
bulles déja toutes pleines d'air , comme
autant de petit balons,
Lorsque l'eau ayant été versée de bien
haut dans un verre , vient à petiller , les
petits grains qui retombent après s'être
élevez comme en jets d'eau sont de pegites
bulles qu'on reconnoît pleines d'air
avec
AVRIL. 17336 719
avec des loupes , ou à leur blancheur.
Pour le dire en passant , la nege , qui
n'est qu'une goute d'eau naturellement
ronde , mais toute comme déchirée en
filamens par sa congellation , fait bien
voir que les grains de vapeurs dont elle
est formée , étoient tous pleins de bulles
d'air.
Un floccon de nege est la réunion de
plusieurs grains de vapeurs . Chaque petit
corps d'Acide n'est qu'un grain allongé
et filé lentement par un trou régulier ,
et que le ressort même de l'air arrondit.
Pour remonter rout- à- fait à l'origine
du Nitre , tout est fort mêlé dans la
Nature. Dans la terre sur tout il y a
un grand mêlange d'eau et d'air . Mais
dans ce mêlange les loix les plus géométriques
de l'hydrostatique doivent s'observer.
L'air et la terre ne se mêlent pas volontiers
; mais on les y force. Le Labourage
sur tout souleve la terre au milieu
de l'air et le force de s'y nicher dans
une infinité de petites cellules qui s'affaissent
peu à peu , et retiennent l'air
malgré tous ses efforts pour se dégager . '
L'eau , la pluye , survient à son secours
, délaye la terre , fait couler les cellules.
L'air pouvant couler et s'étendre ,
E iij
se
720 MERCURE DE FRANCE
se dégage plus vîte de la terre pour s'en
gager à l'eau dont il s'accommode mieux.
Le Soleil , la chaleur de la terre ou du
temps , seche la terre. L'air rarefie cette
eau et tâche à rompre son enveloppe
en attendant , l'eau se trouvant plus legere
et un peu agitée , se dégage de la
terre et s'envole dans l'air avec l'air mê
me qui lui donne cette legereté.
Desormais l'air renfermé agit d'autant
moins pour se dégager , et l'eau se fortifie
pour le retenir. Pressée entre deux
airs , l'un interieur , l'autre exterieur , elle
acquiert une sorte de viscosité ; transportée
même dans une région plus froide ,
peu peu elle se condense et se dispose
à se condenser tout à fait dans quelque
de mur ou de terre , où le hazard la
fait aboutir pour achever de s'y façonner
en Acide. En voilà toute l'histoire .
pore
à
En se formant l'Acide forme l'Alcali.
Car comme l'air qui est dans une bulle
d'eau renfermée dans un pore de terre ,
ne peut sortir sans entraîner cette eau
après lui , de -même cette eau ne peut sortir
sans traîner après soi la couche mince
de terre qui forme l'interieur du pore .
Car le ressort de l'air , en comprimant son
enveloppe d'eau contre la terre qui l'environne
, comprime aussi et arrondit cettę
AVRIL. 1733- 721
te enveloppe de terre et l'entraîne avec
Feau congelée.
Mais ce qui entraine va toujours devant
ce qui est entrainé. l'Alcali n'est
pas aussi long que l'Acide , il ne l'enve-
Toppe qu'à demi corps ; et le corps solide
de l'Acide , ou l'eau congelée qui enveloppe
l'air , ne s'étend pas aussi loin
que le filet ou le soufle d'air qui lui est
assujetti.
Une molecule de terre qui a servi de
matrice à plusieurs grains de Nitre , restę
percée de plusieurs pores assez grands ,
comme une éponge ou une pierre de ponce.
C'est ce qui forme la terre bitumineuse
qui accompagne le Salpêtre. Cette terre
imbibée d'air après que le Nitre en est
sorti , n'a besoin que d'être un peu exaltée
, un peu rarefiée , un peu assouplie ,
pour former un petit corps molasse, spongieux
, aerien , sulphureux , en un mot ,
et combustible..
Et voilà les trois Elemens chymiques
véritablement Principes. Car le Sel est un
composé d'Alcali et d'Acides , et l'esprit
est quelquefois un Acide , quelquefois
un Alcali , quelquefois un Souffre.
Desorte qu'il y a trois Elemens naturels
primitifs , la Terre , l'Eau et l'Air ;
et trois artificiels , Chimiques et secon-
E iiij daires ,
722 MERCURE DE FRANCE
daires , l'Alcali , qui répond à la Terres
l'Acide , qui répond à l'Eau , et le Soufre
à l'Air. Je ne dis rien du feu qui penetre
tout.
a un
Je reviens à l'Acide , qui est mon principal
objet. Quand je le compare
souflet , je ne dis rien que n'ayent presque
dit tous les Chimistes et les vrais
Physiciens avant moi.
Il est flatueux ou venteux , disoient les
Anciens , il exalte la flâme , il soufle le feu,
disent les Modernes . Tout le monde , en
jettant du Salpêtre sur les charbons allumez
, peut le voir se boursoufler tout luimême
et faire un bruit pareil à celui d'un
million de petits souflets de Forge qui
soufleroient un feu ardent et qu'on entendroit
de loin.
La Poudre n'est que flâme , grace au
Salpêtre qui la compose . Qu'on imagine
en effet un million de petits souflets qui
donnent tout à coup sur un charbon qui.
est en feu ; ne conçoit- on. pas que par
l'action de ces souflets , ce charbon s'en
iroit aussi- tôt tout en flâme ?
L'esprit de Nitre fume toujours . Le
feu , en le retirant de son Alcali qui con--
traignoit un peu ses flancs , l'a rarefié
et rendu son soufle plus violent et plus
étendu. Ces petits souflets s'agitent donc
sans
AVRIL. 1733 . 723
sans cesse et se chassent les uns les autres
dans l'air qui est tout autour.
Cet Esprit mêlé avec l'Esprit de vin ,
fermente et le fait bouillonner avec chaleur.
L'Esprit de vin est un demi feu , les
souflets qu'on y mêle l'augmentent en le
souflant. Cela est très - naturel .
Le Nitre est impregné , est plein des
Esprits de l'air ; qu'est- ce que les Esprits
de l'air ? Si on veut parler clair en Phisicien
qui raisonne , c'est de l'air enveloppé
de quelqu'autre, substance , c'està
- dire de particules d'eau .
Le Nitre rafraîchit , le Nitre échauffe .
Tout Systême doit démêler cette contradiction
apparente ; mais un souflet qui
soufle le froid et le chaud , n'est pas une
chose rare dans la Nature.
Le Nitre a sur tout la proprieté de
fertiliser la terre et de faire vegeter les
Plantes. L'air qui est dans le Nitre , cherche
toujours à monter , il donne donc
de la legereté à l'eau congelée qu'il traine
après soi , et la congellation de cette eau
donne à l'air la force de penetrer , de
percer , de développer les fibres dont les
entrelacemens s'opposent à son mouvement
en enhaut ; c'est la grande vertu
du Nitre de chercher toujours l'air superieur
comme pour y respirer à son aise.
E v
Le
724 MERCURE DE FRANCE
Le Nitre se redresse volontiers comme
les Plantes. Il pese plus par un bout
que par l'autre , et l'air doit surnâger
Peau.
La cristalisation du Nitre vient delà.
Les petits souflets se chassent , se repoussent
et s'agitent jusqu'à ce qu'ils soient .
paralleles un à l'autre , et dans cet état
rien n'empêche et tout favorise leur réunion.
Je crois avoir observé il y a long tems,
je n'oserois l'assurer , que les cristaux
du Salpêtre sont percez à leur pointe
, avec un canal qui regne dans l'interieur
. La Poudre n'a bien sa force que
lorsque divisée en petits grains arrondis
elle est tonte entremêlée d'air . Des sou-
Alets veulent un air libre autour d'eux
et tout ce qui respire se ménage de l'air
pour respirer.
J
L'Acide coagule ; froid par son enveloppe
, il soufle le froid par son interieur ,
il fait plus ; semé dans l'interieur d'un
il se redresse comme autant de
longs pieux roides qui contiennent le liquide
et lui ôtent son mouvement.
corps ,
Mais c'est sa fermentation avec les Alcalis
et generalement avec les matieres
terreuses , qui est le grand Phénomene
de la Chimie et de la Phisique.
J'ai
AVRIL. 1733. 725
J'ai déja dit que l'Air et la Terre sont
deux extrêmes , et tout ce qu'il y a de
plus antagoniste dans la Nature. La
terre resserre et bande trop le ressort de
l'air. Ils ne vivent pas volontiers ensemble.
Vous les mêlez voilà un combat et
une guerre déclarée.
L'Air est l'Ame de l'Acide . Il en est
le mobile et le gouvernail. en mêmetemps
que l'Acide le pousse par un bout.
il repousse l'Acide par l'autre bout ,
comme le recul du canon .
Les particules de Terre ou d'Alcali
tombant sur les Acides , viennent lourdement
les appesantir , ils se relevent ;
les culbuter , ils se redressent ; boucher
. leur soupirail , ils les repoussent ; les resserrer
, ils battent des flancs . Ils se deffendent
par tous les bouts.
Il y a pourtant une façon de les prendre
et un bout foible. Que l'Alcali qui
selon tout le monde , une guaine ,
un fourreau , présente son ouverture à
la pointe massive de derriere de l'Acide , -
par son propre mouvement , par son re-~
cul l'Acide va y entrer.
a
En l'absence de l'Acide , l'Alçali est
naturellement plein d'air . Mais cet air
n'y tient pas et n'y est que parce qu'il
n'y a autre chose. La Terre et l'Air one
E vj leurs
726 MERCURE DE FRANCE
leurs roues disproportionnées , fort inégales
, incapables de s'engrainer sans la
médiation de, l'eau.
Aussi mettez l'Alcali dans l'eau , il va
la boire avec une espece d'avidité. Mettez
le même en lieu plein de vapeurs , il s'en
imbibera de même.
L'eau entre librement dans l'Alcali ,
et en y entrant l'air trouve un passage
ou une retraite paisible entre les parties
divisées de l'eau . L'Acide entre fort juste
dans l'Alcali , et l'air ne divise pas cet
Acide si facilement en sortant de cet Alcali
pour lui ceder la place . Et de-là les
combats , les broüillemens , les frottemens
, la chaleur , quelquefois le feu et
la fâme.
Dans le Raisin verd , l'acide est comme
garotté par les fibres courtes et terreuses
qui forment le tissu interieur du grain.
Peu à peu l'Acide développe , étend ,
rend souple ces fibres ; et la liqueur qui
abonde , facilite un peu son mouvement.
Lorsqu'on écrase le Raisin et qu'on
l'exprime , on rompt le tissu , les fibres
et desormais l'Acide nâge en pleine liqueur.
L'air qui abonde dans le Raisin¸
lui aide par son ressort qui se trouve
bandé par Paffaissement de la liqueur.
Secondé
AVRIL 1733. 727
Secondé de cet air , l'Acide dont le
ressort est encore plus bandé par là ,
fait des efforts , souleve , agite , échauffe ,
jusqu'à ce qu'une portion étant absorbée
dans le Tartre qui tombe au fond , et
une autre dans le Souffre qui se développe
et s'exalte , l'équilibre et le repos
soient rétablis au moins pour un temps ,
ce qui fait le vin.
Car avec le temps , le Souffre s'exaltant
tout à fait et s'évaporant , l'Acide
se manifeste de nouveau , soit celui que
le Souffre laisse en se dissipant , soit
celui qu'un nouveau mêlange de lie et
de tartre y introduit ; d'où résulte enfin
le vinaigre.
Acides et les autres Principes chimiques.
Par le P. C. J.
M
Lettre à M. L. P. &c.
***
Puisqu'on vous a parlé de
mon idée sur les Acides et sur le
Systême physique de la Chymie , je ne
vous tiendrai pas long- temps en suspens;
et pour renfermer même plus de choses
en moins de paroles , je prendrai le stile
le plus géométrique que je pourrai . J'entre
donc en matiere.
L'Acide , selon l'idée la plus commune,
est un petit corps roide , long , aceré pat
les bouts , de la forme d'un fuseau. J'adopte
cette idée.
J'y ajoûte que cet Acide percé par un
bout , est creux en dedans et plein d'air
enveloppé d'une pellicule d'eau fortement
congélée. C'est là comme le
de la Machine.
corps
Son Méchanisme est celui d'un Souflet,
qui par un mouvement de systole et de
diastole , comme le coeur, ou par une espece
de respiration , comme le poulmon
chasse sans cesse et attiré l'air alternativement.
Je
TL. 1733. 7IS
Je parle de l'Acide primitif , de cet
Acide de l'air , que les Chimistes qualifient
d'Esprit Universel , d'Esprit Aerien ,
propre à nourrir le feu , les Plantes , les
animaux mêmes ; ou , si vous voulez ,
quelque chose de précis , de l'Esprit de
Nitre , ou de l'Acide de Salpêtre.
Tous les Acides , en effet , ne sont que
des Esprits Aeriens , un air enveloppé ,
un air condensé.
Or l'Air tout pur .n'a jamais trop paru
capable de condensation ; et il faut absolument
l'engrainer , le mêler , l'entraver
de quelque substance qui lui donne
du corps au milieu de l'air même , et
l'empêche de s'y confondre avec l'air
pur.
La Terre seroit , ce semble , assez bonne
pour le captiver. L'Alcali , qui est
une substance terreuse , captive bien l'Acide
; mais l'Acide est Acide indépendamment
de l'Alcali , puisqu'on les sépare
sans les détruire ni l'un ni l'autre.
Dailleurs la Terre et l'Air sont dans
la Nature comme deux extrêmes , entre
lesquels l'eau tient le milieu pour les
concilier.
L'Acide est de soi froid et rafraîchissant.
En approchant la main du Salpêtre
et même de la Poudre , en entrant
E dans
716 MERCURE DE FRANCE
dans les lieux où - se forme l'Acide , on
sent un air froid qui saisit. Les Philosophes
Chimistes et Physiciens veulent
qu'en hyver l'Air soit chargé d'Acides ,
et que l'eau ne se glace que par leur se-
Cours .
L'Acide , selon moi , sera froid , et par
le glaçon qui l'enveloppe , et par le soufle
subtil qu'il exhale sans cesse avec rapidité
par des ouvertures bien resserrées.
Les Acides glacent les dents et les agacent
; ils y causent une espece de Stupeur
et de Paralisie passagere .
Que sçait- on même si le goût picquant
des Acides vient plutôt de leur pointe
acerée , dont la subtilité est peut- être
trop grande pour se faire sentir , que de
ce petit soufle aigu et pénetrant qui des
seche , qui glace tout devant lui ?
Le Nitre se forme dans des lieux hu
mides et frais. Il se forme non dans l'air,
mais à l'air , à la surface des terres voisines
de l'air. L'air l'attire même sans cèsse
en dehors. On diroit que c'est un pè
tit animal vivant qui a besoin de respi
rer et qui cherche à respirer. Enfoüissezle
dans la terre , toujours vous le ver
rez remonter à la surface.
La vapeur humide chargée d'air concentré
, pénetre les murs poreux et alcalins
AVRIL: 1733. 717
calins dans un temps où les pores sont
un peu ouverts , tels que sont tous les
temps moites et humides.
Un petit froid survient , seche la surface
des murs , en resserre les pores exterieurs.
Les vapeurs s'y trouvent prises
en dedans.
L'Air dont le ressort ne souffre aucune
condensation extraordinaire , sur tout de
la part de la terre , se ramasse d'abord
tout entier au centre de la goute , y forme
une bulle , comme lorsque l'eau se
glace , et son ressort cherchant à se dilater
, l'eau environnante se condense et
par l'effet du froid et beaucoup plus par
,
celui de ce ressort interne .
L'air fait plus ; il repousse cette eau
vers l'ouverture du pore en dehors , et
la fait filer peu à peu comme par une
filiere.
Remplissez au temps de - la gelée une
olipite d'eau , à mesure que la gelée
augmentera , vous verrez sortir de l'æolipile
un fil de glace qui pourra devenir
long de cent toises sans se casser .
La moindre chaleur le fond ; que ne
fond-elle aussi nos Acides ? 1º . Ils ne'
sont ni si longs ni si gros , et ne donnent
que bren peu de prise à la chaleur
beaucoup moins à une chaleur grossiere,
un feu grossier. E ij 2º.
718 MERCURE DE FRANCE
1
2. Leur congellation est plus naturelle,
plus lente à se former. Elle vient plu
tôt d'un resserrement de parties bien engrainées
à loisir , causé par le retrécis
sement du pore par où elle file , que du
froid même. Ce que la Nature fait à
loisir sur tout en petit , est à l'épreuve
de bien des assauts que l'art grossier des
hommes peut y livrer.
3. La glace ordinaire est toute semée
de bulles d'air. La chaleur bande le ressort
de cet al. Ce ressort brise la glace
et la fond. Ici le ressort de l'air est éventé
par la petite ouverture qui lui donne une
issue libre ; et la congellation est bien au
trement forte n'étant point mêlée d'air, si
ce n'est tout au plus d'un air engrainé
et non ramassé en bulles.
Pour bien entendre cette generation
de l'Acide , remarquez que par des observations,
constantes on a découvert que
les petits grains de vapeur , de brouillard
, de rosée , sont en effet de petites
bulles déja toutes pleines d'air , comme
autant de petit balons,
Lorsque l'eau ayant été versée de bien
haut dans un verre , vient à petiller , les
petits grains qui retombent après s'être
élevez comme en jets d'eau sont de pegites
bulles qu'on reconnoît pleines d'air
avec
AVRIL. 17336 719
avec des loupes , ou à leur blancheur.
Pour le dire en passant , la nege , qui
n'est qu'une goute d'eau naturellement
ronde , mais toute comme déchirée en
filamens par sa congellation , fait bien
voir que les grains de vapeurs dont elle
est formée , étoient tous pleins de bulles
d'air.
Un floccon de nege est la réunion de
plusieurs grains de vapeurs . Chaque petit
corps d'Acide n'est qu'un grain allongé
et filé lentement par un trou régulier ,
et que le ressort même de l'air arrondit.
Pour remonter rout- à- fait à l'origine
du Nitre , tout est fort mêlé dans la
Nature. Dans la terre sur tout il y a
un grand mêlange d'eau et d'air . Mais
dans ce mêlange les loix les plus géométriques
de l'hydrostatique doivent s'observer.
L'air et la terre ne se mêlent pas volontiers
; mais on les y force. Le Labourage
sur tout souleve la terre au milieu
de l'air et le force de s'y nicher dans
une infinité de petites cellules qui s'affaissent
peu à peu , et retiennent l'air
malgré tous ses efforts pour se dégager . '
L'eau , la pluye , survient à son secours
, délaye la terre , fait couler les cellules.
L'air pouvant couler et s'étendre ,
E iij
se
720 MERCURE DE FRANCE
se dégage plus vîte de la terre pour s'en
gager à l'eau dont il s'accommode mieux.
Le Soleil , la chaleur de la terre ou du
temps , seche la terre. L'air rarefie cette
eau et tâche à rompre son enveloppe
en attendant , l'eau se trouvant plus legere
et un peu agitée , se dégage de la
terre et s'envole dans l'air avec l'air mê
me qui lui donne cette legereté.
Desormais l'air renfermé agit d'autant
moins pour se dégager , et l'eau se fortifie
pour le retenir. Pressée entre deux
airs , l'un interieur , l'autre exterieur , elle
acquiert une sorte de viscosité ; transportée
même dans une région plus froide ,
peu peu elle se condense et se dispose
à se condenser tout à fait dans quelque
de mur ou de terre , où le hazard la
fait aboutir pour achever de s'y façonner
en Acide. En voilà toute l'histoire .
pore
à
En se formant l'Acide forme l'Alcali.
Car comme l'air qui est dans une bulle
d'eau renfermée dans un pore de terre ,
ne peut sortir sans entraîner cette eau
après lui , de -même cette eau ne peut sortir
sans traîner après soi la couche mince
de terre qui forme l'interieur du pore .
Car le ressort de l'air , en comprimant son
enveloppe d'eau contre la terre qui l'environne
, comprime aussi et arrondit cettę
AVRIL. 1733- 721
te enveloppe de terre et l'entraîne avec
Feau congelée.
Mais ce qui entraine va toujours devant
ce qui est entrainé. l'Alcali n'est
pas aussi long que l'Acide , il ne l'enve-
Toppe qu'à demi corps ; et le corps solide
de l'Acide , ou l'eau congelée qui enveloppe
l'air , ne s'étend pas aussi loin
que le filet ou le soufle d'air qui lui est
assujetti.
Une molecule de terre qui a servi de
matrice à plusieurs grains de Nitre , restę
percée de plusieurs pores assez grands ,
comme une éponge ou une pierre de ponce.
C'est ce qui forme la terre bitumineuse
qui accompagne le Salpêtre. Cette terre
imbibée d'air après que le Nitre en est
sorti , n'a besoin que d'être un peu exaltée
, un peu rarefiée , un peu assouplie ,
pour former un petit corps molasse, spongieux
, aerien , sulphureux , en un mot ,
et combustible..
Et voilà les trois Elemens chymiques
véritablement Principes. Car le Sel est un
composé d'Alcali et d'Acides , et l'esprit
est quelquefois un Acide , quelquefois
un Alcali , quelquefois un Souffre.
Desorte qu'il y a trois Elemens naturels
primitifs , la Terre , l'Eau et l'Air ;
et trois artificiels , Chimiques et secon-
E iiij daires ,
722 MERCURE DE FRANCE
daires , l'Alcali , qui répond à la Terres
l'Acide , qui répond à l'Eau , et le Soufre
à l'Air. Je ne dis rien du feu qui penetre
tout.
a un
Je reviens à l'Acide , qui est mon principal
objet. Quand je le compare
souflet , je ne dis rien que n'ayent presque
dit tous les Chimistes et les vrais
Physiciens avant moi.
Il est flatueux ou venteux , disoient les
Anciens , il exalte la flâme , il soufle le feu,
disent les Modernes . Tout le monde , en
jettant du Salpêtre sur les charbons allumez
, peut le voir se boursoufler tout luimême
et faire un bruit pareil à celui d'un
million de petits souflets de Forge qui
soufleroient un feu ardent et qu'on entendroit
de loin.
La Poudre n'est que flâme , grace au
Salpêtre qui la compose . Qu'on imagine
en effet un million de petits souflets qui
donnent tout à coup sur un charbon qui.
est en feu ; ne conçoit- on. pas que par
l'action de ces souflets , ce charbon s'en
iroit aussi- tôt tout en flâme ?
L'esprit de Nitre fume toujours . Le
feu , en le retirant de son Alcali qui con--
traignoit un peu ses flancs , l'a rarefié
et rendu son soufle plus violent et plus
étendu. Ces petits souflets s'agitent donc
sans
AVRIL. 1733 . 723
sans cesse et se chassent les uns les autres
dans l'air qui est tout autour.
Cet Esprit mêlé avec l'Esprit de vin ,
fermente et le fait bouillonner avec chaleur.
L'Esprit de vin est un demi feu , les
souflets qu'on y mêle l'augmentent en le
souflant. Cela est très - naturel .
Le Nitre est impregné , est plein des
Esprits de l'air ; qu'est- ce que les Esprits
de l'air ? Si on veut parler clair en Phisicien
qui raisonne , c'est de l'air enveloppé
de quelqu'autre, substance , c'està
- dire de particules d'eau .
Le Nitre rafraîchit , le Nitre échauffe .
Tout Systême doit démêler cette contradiction
apparente ; mais un souflet qui
soufle le froid et le chaud , n'est pas une
chose rare dans la Nature.
Le Nitre a sur tout la proprieté de
fertiliser la terre et de faire vegeter les
Plantes. L'air qui est dans le Nitre , cherche
toujours à monter , il donne donc
de la legereté à l'eau congelée qu'il traine
après soi , et la congellation de cette eau
donne à l'air la force de penetrer , de
percer , de développer les fibres dont les
entrelacemens s'opposent à son mouvement
en enhaut ; c'est la grande vertu
du Nitre de chercher toujours l'air superieur
comme pour y respirer à son aise.
E v
Le
724 MERCURE DE FRANCE
Le Nitre se redresse volontiers comme
les Plantes. Il pese plus par un bout
que par l'autre , et l'air doit surnâger
Peau.
La cristalisation du Nitre vient delà.
Les petits souflets se chassent , se repoussent
et s'agitent jusqu'à ce qu'ils soient .
paralleles un à l'autre , et dans cet état
rien n'empêche et tout favorise leur réunion.
Je crois avoir observé il y a long tems,
je n'oserois l'assurer , que les cristaux
du Salpêtre sont percez à leur pointe
, avec un canal qui regne dans l'interieur
. La Poudre n'a bien sa force que
lorsque divisée en petits grains arrondis
elle est tonte entremêlée d'air . Des sou-
Alets veulent un air libre autour d'eux
et tout ce qui respire se ménage de l'air
pour respirer.
J
L'Acide coagule ; froid par son enveloppe
, il soufle le froid par son interieur ,
il fait plus ; semé dans l'interieur d'un
il se redresse comme autant de
longs pieux roides qui contiennent le liquide
et lui ôtent son mouvement.
corps ,
Mais c'est sa fermentation avec les Alcalis
et generalement avec les matieres
terreuses , qui est le grand Phénomene
de la Chimie et de la Phisique.
J'ai
AVRIL. 1733. 725
J'ai déja dit que l'Air et la Terre sont
deux extrêmes , et tout ce qu'il y a de
plus antagoniste dans la Nature. La
terre resserre et bande trop le ressort de
l'air. Ils ne vivent pas volontiers ensemble.
Vous les mêlez voilà un combat et
une guerre déclarée.
L'Air est l'Ame de l'Acide . Il en est
le mobile et le gouvernail. en mêmetemps
que l'Acide le pousse par un bout.
il repousse l'Acide par l'autre bout ,
comme le recul du canon .
Les particules de Terre ou d'Alcali
tombant sur les Acides , viennent lourdement
les appesantir , ils se relevent ;
les culbuter , ils se redressent ; boucher
. leur soupirail , ils les repoussent ; les resserrer
, ils battent des flancs . Ils se deffendent
par tous les bouts.
Il y a pourtant une façon de les prendre
et un bout foible. Que l'Alcali qui
selon tout le monde , une guaine ,
un fourreau , présente son ouverture à
la pointe massive de derriere de l'Acide , -
par son propre mouvement , par son re-~
cul l'Acide va y entrer.
a
En l'absence de l'Acide , l'Alçali est
naturellement plein d'air . Mais cet air
n'y tient pas et n'y est que parce qu'il
n'y a autre chose. La Terre et l'Air one
E vj leurs
726 MERCURE DE FRANCE
leurs roues disproportionnées , fort inégales
, incapables de s'engrainer sans la
médiation de, l'eau.
Aussi mettez l'Alcali dans l'eau , il va
la boire avec une espece d'avidité. Mettez
le même en lieu plein de vapeurs , il s'en
imbibera de même.
L'eau entre librement dans l'Alcali ,
et en y entrant l'air trouve un passage
ou une retraite paisible entre les parties
divisées de l'eau . L'Acide entre fort juste
dans l'Alcali , et l'air ne divise pas cet
Acide si facilement en sortant de cet Alcali
pour lui ceder la place . Et de-là les
combats , les broüillemens , les frottemens
, la chaleur , quelquefois le feu et
la fâme.
Dans le Raisin verd , l'acide est comme
garotté par les fibres courtes et terreuses
qui forment le tissu interieur du grain.
Peu à peu l'Acide développe , étend ,
rend souple ces fibres ; et la liqueur qui
abonde , facilite un peu son mouvement.
Lorsqu'on écrase le Raisin et qu'on
l'exprime , on rompt le tissu , les fibres
et desormais l'Acide nâge en pleine liqueur.
L'air qui abonde dans le Raisin¸
lui aide par son ressort qui se trouve
bandé par Paffaissement de la liqueur.
Secondé
AVRIL 1733. 727
Secondé de cet air , l'Acide dont le
ressort est encore plus bandé par là ,
fait des efforts , souleve , agite , échauffe ,
jusqu'à ce qu'une portion étant absorbée
dans le Tartre qui tombe au fond , et
une autre dans le Souffre qui se développe
et s'exalte , l'équilibre et le repos
soient rétablis au moins pour un temps ,
ce qui fait le vin.
Car avec le temps , le Souffre s'exaltant
tout à fait et s'évaporant , l'Acide
se manifeste de nouveau , soit celui que
le Souffre laisse en se dissipant , soit
celui qu'un nouveau mêlange de lie et
de tartre y introduit ; d'où résulte enfin
le vinaigre.
Fermer
Résumé : NOUVELLE Idée Physique sur les Acides et les autres Principes chimiques. Par le P. C. J. Lettre à M. L. P. &c.
Le texte présente une théorie sur la nature des acides et des principes chimiques, proposée par un auteur anonyme. Selon cette théorie, l'acide est décrit comme un petit corps en forme de fuseau, creux et rempli d'air, enveloppé d'une pellicule d'eau fortement congelée. Ce mécanisme fonctionne comme un soufflet, alternant entre systole et diastole pour chasser et attirer l'air. L'auteur parle de l'acide primitif, ou 'Esprit Universel', présent dans l'air et capable de nourrir le feu, les plantes et les animaux. Les acides sont considérés comme des esprits aériens, un air condensé et enveloppé. Pour se condenser, l'air doit être mêlé à une substance qui lui donne du corps, comme la terre ou l'alcali. L'acide est naturellement froid et rafraîchissant, glacé par une pellicule d'eau et un souffle subtil. Il se forme dans des lieux humides et frais, attiré par l'air et remontant à la surface. La génération de l'acide est expliquée par la pénétration de vapeur humide chargée d'air dans les murs poreux et alcalins. L'air se condense en formant une bulle, repoussant l'eau vers l'extérieur et la faisant filer comme par une filière. Cette congélation est plus naturelle et résistante à la chaleur que la glace ordinaire. L'auteur décrit également la formation du nitre, un type d'acide, à partir du mélange d'eau et d'air dans la terre. Le labourage, la pluie et le soleil contribuent à ce processus, permettant à l'air de se dégager et à l'eau de se condenser en acide. L'acide forme également l'alcali, une substance terreuse qui l'accompagne. Le texte conclut en identifiant trois éléments chimiques primitifs : la terre, l'eau et l'air, ainsi que trois éléments artificiels : l'alcali, l'acide et le soufre. L'acide est comparé à un soufflet, capable de soulever le feu et de fertiliser la terre. Il coagule et se redresse, formant des cristaux percés à leur pointe. Sa fermentation avec les alcalis est un phénomène clé en chimie et en physique. Les interactions entre l'air, les acides et les alcalis sont également décrites. L'air est comparé à l'âme de l'acide, agissant comme un mobile et un gouvernail. Les acides repoussent les alcalis et vice versa, comme le recul d'un canon. Les particules de terre ou d'alcali appesantissent les acides, mais ceux-ci se défendent en se relevant ou en se redressant. Il existe une méthode pour neutraliser les acides en utilisant les alcalis, qui agissent comme une gaine ou un fourreau. En l'absence d'acide, l'alcali est naturellement plein d'air, mais cet air est instable et peut être remplacé par l'eau ou les vapeurs. Dans le raisin vert, l'acide est retenu par des fibres courtes et terreuses. Avec le temps, l'acide développe et rend ces fibres souples, facilitant son mouvement. Lorsque le raisin est écrasé et exprimé, l'acide se déplace librement dans la liqueur. L'air présent dans le raisin aide l'acide à soulever, agiter et échauffer la liqueur jusqu'à ce qu'un équilibre soit rétabli, formant ainsi le vin. Avec le temps, le soufre s'évapore, permettant à l'acide de se manifester à nouveau, résultant finalement en du vinaigre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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