Résultats : 11889 texte(s)
Détail
Liste
9251
p. 236-237
A M. DE BOISSY.
Début :
Le Beaume de vie de M. le Lievre, Distillateur ordinaire du Roi, [...]
Mots clefs :
Baume de vie, Distillateur, Allaitement maternel, Boutons, Démangeaison, Pue, Maux de tête, Guérison
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texteReconnaissance textuelle : A M. DE BOISSY.
A M. DE BOISS r
E Beaume de vie de M. le Lievre , Diſtillateur
ordinaire du Roi , a produit de fi bons effets fur
moi & fur mes deux jeunes filles , que je ne pourrois
m'en taire fans ingratitude. Daignez donc ,
Monfieur , m'aider à faire connoître ma vive reconnoiffance.
Après une couche , j'avois un lait répandu , qui
me caufoit au bras droit une telle incommodité ,
que je ne pouvois en faire aucun ufage . Au bout
de quatre ans de fouffrances , je pris du Baume
de vie ; & d'abord , comme fi je venois encore
d'accoucher , il fortit , par la voie ordinaire , une
fi grande quantité d'humeurs laiteufes , que je me
trouvai entiérement guérie .
En fecond lieu , une de mes filles , fortant de
nourrice , étoit fi couverte fur tout le corps de
clous & de boutons , qu'on la jugeoit attaquée
d'une très- dangereufe galle. Très- affligée de la
voir dans un fi pitoyable état , je confultai un fçavant
Médecin , qui me dit qu'il ne fçavois rien
de plus fouverain pour la fecourir , que ce Baume.
MARS. 1757. 237
L'enfant qui ne pouvoit fouffrir aucune médecine
, en prit heureuſement , & dès la premiere bouteille
jetta plufieurs vers : cela fat ſuivi d'un dévoiement
qui ne fourniffoit que de l'eau claire ,
mais dont l'odeur étoit infupportable ; alors , au
lieu de deux cueillerées de baume qu'on lui donnoit
chaque jour , on lai en fit prendre quatre :
par ce puiffant remede la inalade rendit à diverſes
fois jufqu'à foixante vers ; les boutons difparurent ,
& le dévoiement fut arrêté. Il eft à remarquer que
pendant environ deux mois que dura ce traitement
, l'enfant ne perdit ni fon fommeil ni ſon appétit
, &
que fon teint conferva toujours les vives
couleurs.
Troifiémement , étant furvenu à mon aînée un
mal fous les aiffelles , & la voyant tourmentée par
de petits boutons , d'où fortoit une eau rouffe , &
qui lui caufoient une cruelle démangeaifon , j'eus
recours au Baume de vie ; j'en employai le marc ,
délayé dans de l'huile d'holive , à frotter les parties
malades ; je fis boire à cette enfant de cette liqueur,
& dès la deuxieme bouteille elle a joui d'une parfaite
fanté.
Je crois devoir , pour l'intérêt public , ajouter
que mon époux étant fujet aux maux de tête les
plus accablans , en a été plufieurs fois délivré , foit
en refpirant de ce Baume par le nez , foit en le
prenant par la bouche,
Je fuis , Monfieur , &c. Femme Chenų.
E Beaume de vie de M. le Lievre , Diſtillateur
ordinaire du Roi , a produit de fi bons effets fur
moi & fur mes deux jeunes filles , que je ne pourrois
m'en taire fans ingratitude. Daignez donc ,
Monfieur , m'aider à faire connoître ma vive reconnoiffance.
Après une couche , j'avois un lait répandu , qui
me caufoit au bras droit une telle incommodité ,
que je ne pouvois en faire aucun ufage . Au bout
de quatre ans de fouffrances , je pris du Baume
de vie ; & d'abord , comme fi je venois encore
d'accoucher , il fortit , par la voie ordinaire , une
fi grande quantité d'humeurs laiteufes , que je me
trouvai entiérement guérie .
En fecond lieu , une de mes filles , fortant de
nourrice , étoit fi couverte fur tout le corps de
clous & de boutons , qu'on la jugeoit attaquée
d'une très- dangereufe galle. Très- affligée de la
voir dans un fi pitoyable état , je confultai un fçavant
Médecin , qui me dit qu'il ne fçavois rien
de plus fouverain pour la fecourir , que ce Baume.
MARS. 1757. 237
L'enfant qui ne pouvoit fouffrir aucune médecine
, en prit heureuſement , & dès la premiere bouteille
jetta plufieurs vers : cela fat ſuivi d'un dévoiement
qui ne fourniffoit que de l'eau claire ,
mais dont l'odeur étoit infupportable ; alors , au
lieu de deux cueillerées de baume qu'on lui donnoit
chaque jour , on lai en fit prendre quatre :
par ce puiffant remede la inalade rendit à diverſes
fois jufqu'à foixante vers ; les boutons difparurent ,
& le dévoiement fut arrêté. Il eft à remarquer que
pendant environ deux mois que dura ce traitement
, l'enfant ne perdit ni fon fommeil ni ſon appétit
, &
que fon teint conferva toujours les vives
couleurs.
Troifiémement , étant furvenu à mon aînée un
mal fous les aiffelles , & la voyant tourmentée par
de petits boutons , d'où fortoit une eau rouffe , &
qui lui caufoient une cruelle démangeaifon , j'eus
recours au Baume de vie ; j'en employai le marc ,
délayé dans de l'huile d'holive , à frotter les parties
malades ; je fis boire à cette enfant de cette liqueur,
& dès la deuxieme bouteille elle a joui d'une parfaite
fanté.
Je crois devoir , pour l'intérêt public , ajouter
que mon époux étant fujet aux maux de tête les
plus accablans , en a été plufieurs fois délivré , foit
en refpirant de ce Baume par le nez , foit en le
prenant par la bouche,
Je fuis , Monfieur , &c. Femme Chenų.
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Résumé : A M. DE BOISSY.
Madame Chenų adresse une lettre à Monsieur de Boiss r pour témoigner des bienfaits du Baume de vie de Monsieur le Lièvre, distillateur du Roi. Après une grossesse, elle souffrait d'une incommodité au bras droit due à un lait répandu. Quatre ans de souffrances plus tard, elle prit du Baume de vie, ce qui provoqua l'expulsion de liquides laiteux et la guérit. Sa fille cadette, atteinte de boutons et de clous sur le corps, fut soignée avec le Baume. L'enfant, qui ne supportait pas les médicaments, prit du Baume et expulsa plusieurs vers, ce qui arrêta la maladie sans perturber son sommeil ou son appétit. Sa fille aînée, souffrant de boutons sous les aisselles, fut également guérie après avoir utilisé le Baume. De plus, son époux fut soulagé de maux de tête en utilisant le Baume par inhalation ou ingestion. Madame Chenų exprime sa reconnaissance et souhaite faire connaître les bienfaits du Baume pour l'intérêt public.
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9252
p. 237-238
AVIS.
Début :
Mademoiselle Collet continue de vendre pour l'utilité du Public une [...]
Mots clefs :
Pommade, Hémorroïdes, Guérison, Certificat, Mademoiselle Collet
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
MADEMOISELLE Collet continue de vendre pour
Putilité du Public une Pommade de fa compofition,
qui foulage dans l'inftant & guérit radicalement
les hémorroïdes tant internes qu'externes , fuflent
238 MERCURE DE FRANCE.
elles ulcérés & fiftuleufes. Cette Pommade eft fi
connue , qu'elle n'a pas befoin d'autre recommendation
: l'épreuve en a été faite à l'Hôtel royal des
Invalides , par ordre de feu Monfeigneur de Breteuil
; & M, Morand , Chirurgien , lui a délivré
fon certificat , après avoir vu les guérifons des per-
Lonnes qui en étoient affligées ; de même que M.
Peirard , Chirurgien & Accoucheur de la Reine ,
& plufieurs autres Chirurgiens & perfonnes de diftinction.
Cette Pommade ne peut produire aucun
mauvais effet. Ceux qui craignent , par un préju
gé mal fondé , de fe faire guérir radicalement ,
pourront en ufer feulement pour ſe foulager dans
leurs fouffrances . Nous ne devons pas craindre d'af
furer le Public qu'il n'eft point de remede plus sûr
& plus efficace pour en opérer la guérifon .
Cette Pommade fe garde autant de temps quel'on
veut , & fe peut tranfporter partout , pourvu qu'on
ait foin de la garantir de la chaleur & du feu.
Il y a des pots de 3 livres , de 6 livres , de
10 liv. , de 12 liv. , de 18 liv. , de 20 liv. , & de
tous les prix que l'on fouhaitera. On donnera la
façon de s'en fervir. Les perfonnes étrangeres qui
voudront en faire uſage , auront la bonté d'affran
chir les ports des Lettres . :
Mademoiſelle Collet demeure à-préfent rue des
petits champs , vis- à- vis la petite porte S. Honoré
, chez M. Jollivet , Marchand Papetier , à l'enfeigne
de l'Espérance,
MADEMOISELLE Collet continue de vendre pour
Putilité du Public une Pommade de fa compofition,
qui foulage dans l'inftant & guérit radicalement
les hémorroïdes tant internes qu'externes , fuflent
238 MERCURE DE FRANCE.
elles ulcérés & fiftuleufes. Cette Pommade eft fi
connue , qu'elle n'a pas befoin d'autre recommendation
: l'épreuve en a été faite à l'Hôtel royal des
Invalides , par ordre de feu Monfeigneur de Breteuil
; & M, Morand , Chirurgien , lui a délivré
fon certificat , après avoir vu les guérifons des per-
Lonnes qui en étoient affligées ; de même que M.
Peirard , Chirurgien & Accoucheur de la Reine ,
& plufieurs autres Chirurgiens & perfonnes de diftinction.
Cette Pommade ne peut produire aucun
mauvais effet. Ceux qui craignent , par un préju
gé mal fondé , de fe faire guérir radicalement ,
pourront en ufer feulement pour ſe foulager dans
leurs fouffrances . Nous ne devons pas craindre d'af
furer le Public qu'il n'eft point de remede plus sûr
& plus efficace pour en opérer la guérifon .
Cette Pommade fe garde autant de temps quel'on
veut , & fe peut tranfporter partout , pourvu qu'on
ait foin de la garantir de la chaleur & du feu.
Il y a des pots de 3 livres , de 6 livres , de
10 liv. , de 12 liv. , de 18 liv. , de 20 liv. , & de
tous les prix que l'on fouhaitera. On donnera la
façon de s'en fervir. Les perfonnes étrangeres qui
voudront en faire uſage , auront la bonté d'affran
chir les ports des Lettres . :
Mademoiſelle Collet demeure à-préfent rue des
petits champs , vis- à- vis la petite porte S. Honoré
, chez M. Jollivet , Marchand Papetier , à l'enfeigne
de l'Espérance,
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Résumé : AVIS.
L'avis porte sur une pommade fabriquée par Mademoiselle Collet, destinée au traitement des hémorroïdes internes et externes, ulcérées et fistuleuses. Cette pommade est reconnue pour son efficacité immédiate et sa capacité à guérir radicalement. Elle a été testée à l'Hôtel royal des Invalides sur ordre de feu Monseigneur de Breteuil et a reçu des certificats de M. Morand, chirurgien, ainsi que de M. Peirard, chirurgien et accoucheur de la Reine, et d'autres chirurgiens et personnes de distinction. La pommade est sans effets secondaires nocifs et peut être utilisée par ceux qui craignent une guérison radicale. Elle se conserve bien et peut être transportée à condition d'être protégée de la chaleur et du feu. Elle est disponible en différents formats, allant de 3 livres à 20 livres, et peut être commandée à d'autres poids selon les besoins. Les instructions d'utilisation sont fournies. Les personnes étrangères peuvent commander la pommade en affranchissant les frais de port. Mademoiselle Collet réside actuellement rue des petits champs, vis-à-vis de la petite porte Saint-Honoré, chez M. Jollivet, marchand papetier, à l'enseigne de l'Espérance.
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9253
p. 238
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure du mois de [...]
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texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le Mercure du mois de Mars & je n'y ai
rien trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion,
A Paris , ce 27 Février 1757.
GUIROY,
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le Mercure du mois de Mars & je n'y ai
rien trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion,
A Paris , ce 27 Février 1757.
GUIROY,
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9254
p. 239
ERRATA Du Mercure de Février.
Début :
Page 56, lig dern. il ne, lisez, qu'il ne. [...]
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texteReconnaissance textuelle : ERRATA Du Mercure de Février.
ERRATA
Du Mercure de Février.
PAGE 56 , lig, dern . il ne , liſex , qu'il ne ,
Page 63 , lig. 2 , délyre , lifez , délire.
Page 82 , lig. 16 , Législateur , lifez , législation,
Page 85 , lig. pén, à la note , diverſes , lifez , divers.
Page 158 , lig. 5 & 6 , leur qualité purgatif , li-
Jez, leur qualité purgative.
Page 161 , qui ne les avoient pas touché , lifez ,
touchées,
Du Mercure de Février.
PAGE 56 , lig, dern . il ne , liſex , qu'il ne ,
Page 63 , lig. 2 , délyre , lifez , délire.
Page 82 , lig. 16 , Législateur , lifez , législation,
Page 85 , lig. pén, à la note , diverſes , lifez , divers.
Page 158 , lig. 5 & 6 , leur qualité purgatif , li-
Jez, leur qualité purgative.
Page 161 , qui ne les avoient pas touché , lifez ,
touchées,
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9255
p. 239-240
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Vers à Manon, [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
VERS àManon ,
Vers de M. de Relongue-de la Louptiere , à Madedemoiſelle
***
Félicie , Comédie par M. de Marivaux ,
Vers de Madame de la Tour ,
page s
7
8
52
Vers de M. de Relongue- de la Louptiere , à M.
Durey d'Harnoncourt ,
Les Amours ,
Le Livre de la Raifon , Fable
Lettre & Vers de M, le Curé des Amognes ,
Epître à M. de Boiffy ,
Lettre au fujet de l'Eſtime ,
Vers à M. le Comte de Maillebois ,
Portrait de Thémire ,
Vers à M. Capmartin ,
53
54
59
60
7 .
74
79
89
82
Explication de l'Enigme & du Logogryphe di
Mercure de Février , $4
240
Enigme & Logogryphe ,
Chanfon ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Extrait de la Colombiade ,
Précis ou Indications de livres nouveaux ,
Programme de l'Académie de Bordeaux ,
ibid
86
87
107
142
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Géométrie. Lettre de M. Marffon , & c. 145
Médecine . Suite du Mémoire fur les Eaux minérales
, &c.
Lettre au fujet de ce Mémoire ,
150
167
Lettre für une maladie populaire ,
169
Programme de l'Académie de Pétersbourg , 175
ART. IV. BEAUX - ARTS.
Mufique.
182
Gravure. 183
Horlogerie ,
ibid.
Méchanique ,
185
ART. V. SPECTACLE S.
Comédie Françoiſe.
189
Comédie Italienne. 191
Opera Comique , 192
Concert Spirituel , 194
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres , 195
Nouvelles de la Cour , de Paris , & c. 208
Bénéfices donnés ,
Catalogue d'un Cabinet de Mufique ,
Supplément à l'Article de Chirurgie
Mort ,
Avis divers.
217
ibid.
230
233
234
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
VERS àManon ,
Vers de M. de Relongue-de la Louptiere , à Madedemoiſelle
***
Félicie , Comédie par M. de Marivaux ,
Vers de Madame de la Tour ,
page s
7
8
52
Vers de M. de Relongue- de la Louptiere , à M.
Durey d'Harnoncourt ,
Les Amours ,
Le Livre de la Raifon , Fable
Lettre & Vers de M, le Curé des Amognes ,
Epître à M. de Boiffy ,
Lettre au fujet de l'Eſtime ,
Vers à M. le Comte de Maillebois ,
Portrait de Thémire ,
Vers à M. Capmartin ,
53
54
59
60
7 .
74
79
89
82
Explication de l'Enigme & du Logogryphe di
Mercure de Février , $4
240
Enigme & Logogryphe ,
Chanfon ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Extrait de la Colombiade ,
Précis ou Indications de livres nouveaux ,
Programme de l'Académie de Bordeaux ,
ibid
86
87
107
142
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Géométrie. Lettre de M. Marffon , & c. 145
Médecine . Suite du Mémoire fur les Eaux minérales
, &c.
Lettre au fujet de ce Mémoire ,
150
167
Lettre für une maladie populaire ,
169
Programme de l'Académie de Pétersbourg , 175
ART. IV. BEAUX - ARTS.
Mufique.
182
Gravure. 183
Horlogerie ,
ibid.
Méchanique ,
185
ART. V. SPECTACLE S.
Comédie Françoiſe.
189
Comédie Italienne. 191
Opera Comique , 192
Concert Spirituel , 194
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres , 195
Nouvelles de la Cour , de Paris , & c. 208
Bénéfices donnés ,
Catalogue d'un Cabinet de Mufique ,
Supplément à l'Article de Chirurgie
Mort ,
Avis divers.
217
ibid.
230
233
234
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles organisée en six sections principales. La première section énumère diverses pièces fugitives en vers et en prose, incluant des poèmes dédiés à des individus spécifiques, des fables, des lettres et des épîtres. Parmi les auteurs mentionnés figurent M. de Relongue-de la Louptiere, Madame de la Tour et M. de Marivaux. La deuxième section traite des nouvelles littéraires, avec des extraits de la Colombiade, des indications de livres nouveaux et des programmes académiques. La troisième section aborde les sciences et les belles-lettres, incluant des sujets de géométrie et de médecine, ainsi que des programmes académiques. La quatrième section se concentre sur les beaux-arts, avec des sections sur la musique, la gravure, l'horlogerie et la mécanique. La cinquième section détaille les spectacles, incluant la comédie française, la comédie italienne, l'opéra comique et les concerts spirituels. Enfin, la sixième section couvre les nouvelles étrangères, les nouvelles de la cour et de Paris, les bénéfices donnés, les catalogues de cabinets de musique, les suppléments à des articles de chirurgie, les avis divers et les avis de décès.
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9256
p. 240
« La Chanson notée doit regarder la page 86. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 86. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 86. [...] »
La Chanfon notée doit regarder la page 86.
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9257
p. 240
« De l'Imprimerie Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie Ch. Ant. Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie Ch. Ant. Jombert. [...] »
Pe l'Imprimerie de Ch, Ant, Jombert.
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9258
p. 179
DU LEVANT.
Début :
Sultan Mehemet, héritier présomptif du trône Ottoman, est mort ces [...]
Mots clefs :
Sultan Mehemet, Mort, Opium, Succession
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU LEVANT.
DU LEVANT.
DE CONSTANTINOPLE , le 12 Janvier.
SULTAN Mehemet , héritier préſomptif du trône
Ottoman , eft mort ces jours - ci dans la quarantetroifieme
année de fon âge. On prétend que l'ufage
immoderé de l'opium a contribué beaucoup
à abréger les jours de ce Prince. Quoique la retraite
à laquelle les loix du Sérail le condamnoient
, ne permît qu'à peu de perfonnes de l'approcher
, on fçavoit qu'il poffédoit plufieurs qualités
recommandables , & il eft fort regretté . Il ne
refte plus pour fuccéder au Grand Seigneur que
trois Princes , qui font Sultan . Orchan , âgé de
quarante-un ans ; Sultan Abdallah , âgé de trentefix
, & Sultan Bajazet , âgé de trente-trois . Le
Grand Vifir Muftapha Pacha vient d'être déposé
& relégué dans l'Ile de Rhodes . Rabib Pacha
Gouverneur d'Alep , eft mandé pour le remplacer.
DE CONSTANTINOPLE , le 12 Janvier.
SULTAN Mehemet , héritier préſomptif du trône
Ottoman , eft mort ces jours - ci dans la quarantetroifieme
année de fon âge. On prétend que l'ufage
immoderé de l'opium a contribué beaucoup
à abréger les jours de ce Prince. Quoique la retraite
à laquelle les loix du Sérail le condamnoient
, ne permît qu'à peu de perfonnes de l'approcher
, on fçavoit qu'il poffédoit plufieurs qualités
recommandables , & il eft fort regretté . Il ne
refte plus pour fuccéder au Grand Seigneur que
trois Princes , qui font Sultan . Orchan , âgé de
quarante-un ans ; Sultan Abdallah , âgé de trentefix
, & Sultan Bajazet , âgé de trente-trois . Le
Grand Vifir Muftapha Pacha vient d'être déposé
& relégué dans l'Ile de Rhodes . Rabib Pacha
Gouverneur d'Alep , eft mandé pour le remplacer.
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Résumé : DU LEVANT.
Le sultan Mehmet, héritier ottoman, est décédé à 43 ans. L'abus d'opium est suspecté. Trois princes se disputent la succession : Orchan (41 ans), Abdallah (39 ans) et Bajazet (33 ans). Muftapha Pacha, Grand Vizir, a été démis et exilé. Rabib Pacha, gouverneur d'Alep, est convoqué pour le remplacer.
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9259
p. 179-180
DU NORD
Début :
Il se trouvoit dans l'armée destinée à agir contre le Roi de Prusse, [...]
Mots clefs :
Saint-Petersbourg, Roi de Prusse, Impératrice de Russie, Officiers russes, Copenhague, Inoculation, Petite vérole, Succès, Norvège, Secousses
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texteReconnaissance textuelle : DU NORD
DU NORD
DE PETERSBOURG , le 26 Février.
"
Il fe trouvoit dans l'armée deftinée à agir con
tre le Roi de Pruffe , plufieurs Officiers nés fujets
de ce Prince. L'Impératrice n'a point voulu less
Hvj
180 MERCURE DE FRANCE.
obliger de porter les armes contre leur Souverain.
Ils ont été remplacés par des Officiers Ruffiens
dans les Régimens où ils étoient employés , &
le Feld-Maréchal Apraxin les ayant renvoyés ici ,
on les fait partir fucceffivement , pour aller remplir
les nouveaux poftes qu'on leur deftine.
DE COPENHAGUE , le 18 Février.
Le Roi dîna les de ce mois chez le Préfident
Ogier , Ambaffadeur de Sa Majefté Très- Chrétienne.
Depuis fix mois , plus de cent perfonnes
ont été inoculées de la petite vérole en cette Ville.
Aucune n'eft morte , ni ne reffent la moindre incommodité.
Selon les lettres écrites de diverfes
Provinces , l'inoculation y a le même fuccès . On
a eu quelque peine à introduire cette méthode en
Norwege , mais elle commence à s'y établir.
On mande de Norwege , que le premier , le
19 , le 22 , le 23 , le 24 & le 25 du mois dernier ,
on a entendu dans la Province d'Aggerhus plufleurs
bruits fouterreins , & que le 4 de ce mois
on y a fenti deux fecouffes de tremblement de:
terre.
DE PETERSBOURG , le 26 Février.
"
Il fe trouvoit dans l'armée deftinée à agir con
tre le Roi de Pruffe , plufieurs Officiers nés fujets
de ce Prince. L'Impératrice n'a point voulu less
Hvj
180 MERCURE DE FRANCE.
obliger de porter les armes contre leur Souverain.
Ils ont été remplacés par des Officiers Ruffiens
dans les Régimens où ils étoient employés , &
le Feld-Maréchal Apraxin les ayant renvoyés ici ,
on les fait partir fucceffivement , pour aller remplir
les nouveaux poftes qu'on leur deftine.
DE COPENHAGUE , le 18 Février.
Le Roi dîna les de ce mois chez le Préfident
Ogier , Ambaffadeur de Sa Majefté Très- Chrétienne.
Depuis fix mois , plus de cent perfonnes
ont été inoculées de la petite vérole en cette Ville.
Aucune n'eft morte , ni ne reffent la moindre incommodité.
Selon les lettres écrites de diverfes
Provinces , l'inoculation y a le même fuccès . On
a eu quelque peine à introduire cette méthode en
Norwege , mais elle commence à s'y établir.
On mande de Norwege , que le premier , le
19 , le 22 , le 23 , le 24 & le 25 du mois dernier ,
on a entendu dans la Province d'Aggerhus plufleurs
bruits fouterreins , & que le 4 de ce mois
on y a fenti deux fecouffes de tremblement de:
terre.
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Résumé : DU NORD
Le texte décrit deux événements distincts. À Saint-Pétersbourg, le 26 février, plusieurs officiers prussiens servaient dans une armée destinée à agir contre leur propre roi. L'impératrice a refusé de les obliger à combattre leur souverain et les a remplacés par des officiers russes. À Copenhague, le 18 février, le roi a dîné chez le président Ogier, ambassadeur de France. Depuis six mois, plus de cent personnes ont été inoculées contre la petite vérole à Copenhague sans complications. Cette méthode a également réussi dans diverses provinces, bien que son introduction en Norvège ait rencontré des difficultés. Par ailleurs, des bruits souterrains et des tremblements de terre ont été signalés dans la province d'Aggerhus en Norvège les 1er, 19, 22, 23, 24 et 25 du mois précédent, ainsi que le 4 du mois en cours.
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9260
p. 180-182
ALLEMAGNE.
Début :
Tous les Régimens de Hussards doivent être augmentés chacun de cinq cens [...]
Mots clefs :
Vienne, Régiments, Augmentation des effectifs, Ordonnance, Corps de troupes, Officiers, Dresde, Surveillance, Frontières, Leipzig, Monnaies, Fabrication, Change
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
*
L
DE VIENNE , le 21 Février.
Tous les Régimens de Huffards doivent être
augmentés chacun de cinq cens vingt hommes.
Plufieurs Prélats & Seigneurs Hongrois ont offert
à l'Impératrice Reine , de faire la plus grande
partie de cette augmentation à leurs dépens.
On a reçu la confirmation que le magafin établi à
Glatz par les Pruffiens , a été réduit en cendre ,
&qu'ils ont perdu par cet incendie vingt mille
..
AVRIL 1757. 181
fufils , douze mille uniformes , & dix - huit mille
feptiers de bled.
L'Impératrice Reine , par une Ordonnance
qu'Elle a envoyée à chaque Corps de fes troupes ,
accorde la Nobleffe à tout Officier , foit national ,
foit étranger , qui aura fervi dans les armées pendant
trente ans.
( Un Courier arrivé ces jours - ci de Conftantinople
, a apporté la nouvelle que le Grand Seigneur
avoit accordé la permiffion d'acheter fix
mille boeufs dans la Moldavie & dans la Valachie
pour le compte de l'Impératrice Reine.
DE DRESDE , le 8 Février.
S. M. Pruffienne a fat: publier une Ordonnanee ,
dont voici la teneur : « Il eft enjoint par la pré-
» fente , de la maniere la plus expreffe , aux habi-
> tans des Villes , Bourgs & Villages de la Saxe ,
» fitués le long des frontieres de la Boheme ,
» qu'en cas de mouvemens de la part des troupes
» Autrichiennes ils ne manquent point d'en.
>> donner connoiffance aux poftes avancés , dont
» ils feront le plus près : au défaut de quoi , & fi
» l'ennemi venoit à paffer outre , ils devront s'at-
» tendre immanquablement & fans rémiffion à
» être enlevés de chez eux , & gardés dans une
» détention des plus rigoureufes , auffi long-
» temps que les troupes Pruffiennes demeureront
» dans ce pays. Au contraire ceux qui feront
>> exactes à fe conformer à ce que la préfente leur
prefcrit , en feront récompenfés. On leur don-
» nera depuis trois jufqu'à dix écus , felon la nas
» ture & les circonftances de l'avis » ..
182 MERCURE DE FRANCE.
DE LEIPSICK , le 17 Février.
Depuis que les Pruffiens fe font emparés de l'Hôtel
des Monnoies, on y frappe jour & nuit de nouveaux
gros & de nouvelles pieces de huit gros , à la
marque des années 1753 & 1756 , & avec le nom
de l'ancien Directeur , afin qu'on ne puiffe pas
diftinguer les nouvelles efpeces des anciennes. Ĉependant
la différence entre les unes & les autres
pour la valeur intrinfeque eft confidérable. Suivant
l'évaluation qui a été faite , il y a un déchet
de vingt pour cent fur les gros , & plus de vingtneuf
fur les doubles. Le ducat revient à trois écus
fept gros ; & le louis.d'or à fix écus . Pour pouvoir
fabriquer une plus grande quantité de nouvelles
efpeces , le Juif Ephraim , qui a cette entreprife ,
a obtenu du Directoire de Torgau le renouvellement
des Edits , qui ordonnent de porter tout l'or
& l'argent à la monnoie. Il a obtenu auffi une
permiffion de fe faire remettre fur fes quittances
les deniers qui font dans la Caiffe de la Steur.
*
L
DE VIENNE , le 21 Février.
Tous les Régimens de Huffards doivent être
augmentés chacun de cinq cens vingt hommes.
Plufieurs Prélats & Seigneurs Hongrois ont offert
à l'Impératrice Reine , de faire la plus grande
partie de cette augmentation à leurs dépens.
On a reçu la confirmation que le magafin établi à
Glatz par les Pruffiens , a été réduit en cendre ,
&qu'ils ont perdu par cet incendie vingt mille
..
AVRIL 1757. 181
fufils , douze mille uniformes , & dix - huit mille
feptiers de bled.
L'Impératrice Reine , par une Ordonnance
qu'Elle a envoyée à chaque Corps de fes troupes ,
accorde la Nobleffe à tout Officier , foit national ,
foit étranger , qui aura fervi dans les armées pendant
trente ans.
( Un Courier arrivé ces jours - ci de Conftantinople
, a apporté la nouvelle que le Grand Seigneur
avoit accordé la permiffion d'acheter fix
mille boeufs dans la Moldavie & dans la Valachie
pour le compte de l'Impératrice Reine.
DE DRESDE , le 8 Février.
S. M. Pruffienne a fat: publier une Ordonnanee ,
dont voici la teneur : « Il eft enjoint par la pré-
» fente , de la maniere la plus expreffe , aux habi-
> tans des Villes , Bourgs & Villages de la Saxe ,
» fitués le long des frontieres de la Boheme ,
» qu'en cas de mouvemens de la part des troupes
» Autrichiennes ils ne manquent point d'en.
>> donner connoiffance aux poftes avancés , dont
» ils feront le plus près : au défaut de quoi , & fi
» l'ennemi venoit à paffer outre , ils devront s'at-
» tendre immanquablement & fans rémiffion à
» être enlevés de chez eux , & gardés dans une
» détention des plus rigoureufes , auffi long-
» temps que les troupes Pruffiennes demeureront
» dans ce pays. Au contraire ceux qui feront
>> exactes à fe conformer à ce que la préfente leur
prefcrit , en feront récompenfés. On leur don-
» nera depuis trois jufqu'à dix écus , felon la nas
» ture & les circonftances de l'avis » ..
182 MERCURE DE FRANCE.
DE LEIPSICK , le 17 Février.
Depuis que les Pruffiens fe font emparés de l'Hôtel
des Monnoies, on y frappe jour & nuit de nouveaux
gros & de nouvelles pieces de huit gros , à la
marque des années 1753 & 1756 , & avec le nom
de l'ancien Directeur , afin qu'on ne puiffe pas
diftinguer les nouvelles efpeces des anciennes. Ĉependant
la différence entre les unes & les autres
pour la valeur intrinfeque eft confidérable. Suivant
l'évaluation qui a été faite , il y a un déchet
de vingt pour cent fur les gros , & plus de vingtneuf
fur les doubles. Le ducat revient à trois écus
fept gros ; & le louis.d'or à fix écus . Pour pouvoir
fabriquer une plus grande quantité de nouvelles
efpeces , le Juif Ephraim , qui a cette entreprife ,
a obtenu du Directoire de Torgau le renouvellement
des Edits , qui ordonnent de porter tout l'or
& l'argent à la monnoie. Il a obtenu auffi une
permiffion de fe faire remettre fur fes quittances
les deniers qui font dans la Caiffe de la Steur.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En février 1757, l'Impératrice Reine d'Allemagne a ordonné l'augmentation des régiments de hussards à cinq cent vingt hommes chacun, financée par des prélats et seigneurs hongrois. Les Prussiens ont subi des pertes à Glatz, où un incendie a détruit un magasin contenant vingt mille fusils, douze mille uniformes et dix-huit mille septiers de blé. L'Impératrice Reine a accordé la noblesse aux officiers ayant servi trente ans dans les armées. Un courrier de Constantinople a annoncé l'achat de six mille bœufs en Moldavie et en Valachie pour le compte de l'Impératrice Reine. En Saxe, le roi de Prusse a exigé que les habitants des zones frontalières signalent les mouvements des troupes autrichiennes, sous peine de détention. Les Prussiens ont pris le contrôle de l'hôtel des monnaies à Leipzig et frappent de nouvelles pièces imitant les anciennes, avec une différence de valeur significative. Le Juif Ephraim a obtenu des permis pour la collecte de l'or et de l'argent, ainsi que pour récupérer les fonds de la caisse de la Steur.
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9261
p. 182-183
ESPAGNE.
Début :
Un bruit souterrein, semblable à celui d'un coup de canon, se fit entendre la nuit [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Tremblement de terre, Lord Tyrawley, Gibraltar, Négociants étrangers, Consuls étrangers, Expulsion
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
"
DE LISBONNE , le 19 Janvier.
Un bruit fouterrein , femblable à celui d'un
coup de canon , fe fit entendre la nuit du r's au
16 de ce mois. Quelques inftans après , on fentit
une fecoufe de tremblement de terre. Heureufement
, quoiqu'elle fût affez violente , elle ne
caufa aucun dommage.
AVRIL. 1757: 183
DE GIBRALTAR , le 31 Janvier.
Dès le mois de Novembre de l'année derniere ,
le Lord Tyrawley , Gouverneur de cette Place
en avoit fait fortir tous les Négocians étrangers.
Il vient d'en ufer de même pour les Confuls . Celui
de la Nation Hollandoife fe flattoit d'être excepté
; mais il n'a pas été traité plus favorablement
que les autres.
"
DE LISBONNE , le 19 Janvier.
Un bruit fouterrein , femblable à celui d'un
coup de canon , fe fit entendre la nuit du r's au
16 de ce mois. Quelques inftans après , on fentit
une fecoufe de tremblement de terre. Heureufement
, quoiqu'elle fût affez violente , elle ne
caufa aucun dommage.
AVRIL. 1757: 183
DE GIBRALTAR , le 31 Janvier.
Dès le mois de Novembre de l'année derniere ,
le Lord Tyrawley , Gouverneur de cette Place
en avoit fait fortir tous les Négocians étrangers.
Il vient d'en ufer de même pour les Confuls . Celui
de la Nation Hollandoife fe flattoit d'être excepté
; mais il n'a pas été traité plus favorablement
que les autres.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 16 janvier 1757, Lisbonne a subi un tremblement de terre sans dommage. À Gibraltar, dès novembre 1755, le Lord Tyrawley avait expulsé les négociants étrangers. En janvier 1757, il a également expulsé les consuls, dont celui de la Nation Hollandaise, malgré ses espoirs d'exemption.
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9262
p. 183-184
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 8 Février, la Chambre des Communes résolut de supplier le Roi de lui [...]
Mots clefs :
Londres, Chambre des communes, Île de Minorque, Amiral Byng, Enquête , Bureau de la guerre, Régiments, Amérique, Fortifications anglaises, Bill, Parlement
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , le premier Mars.
Le 8 Février , la Chambre des Communes ré…
folut de fupplier le Roi de lui faire remettre des
copies des différens avis reçus touchant le deffein
des François contre l'Ifle Minorque ; une lifte des
Vaiffeaux de guerre envoyés au fecours de cette
Ifle fous les ordres de l'Amiral Byng ; la copie des
ordres donnés à cet Amiral ; les lettres qu'on a
reçues de lui , & celles que P'Amirauté lui a écri
tes ; un état de la Garnifon du Fort Saint - Philippe
, & des munitions dont cette Place étoit
pourvue . Afin d'approfondir les caufes de toutes
les difgraces que la Nation a fouffertes l'année
derniere , la Chambre doit demander auffi communication
de toutes les pieces concernant les
fournitures faites aux troupes en Amérique pendant
les années 1755 & 1756.
Le Bureau de la Guerre a ordonné aux Régimens
de Saint- Claire , de Richbell , de Blakeney
, de Kennedy , Murray , de Bragge & de
Perry, d'être rendus le 18 à Cork en Irlande ,
où ils doivent s'embarquer. On prépare avec toute
la diligence poffible l'Eſcadre deſtinée à les con184
MERCURE DE FRANCE.
duire en Amérique , & elle fera commandée par.
le Contre-Amiral Holbourne , qui arborera fon
Pavillon à bord du Vaiffeau le Newark. Trois
cens hommes ont été détachés du Corps de l'Artillerie
, pour accompagner les trente pieces de canon
, que le Gouvernement fe propoſe de faire
tranfporter en Acadie. Suivant divers avis , les
Espagnols ont démoli quelques fortifications que
les Anglois avoient élevées dans les environs du
Golfe de Honduras ; & la Cour de Madrid fait .
exécuter à la rigueur les ordres qu'elle a donnés
contre les Interlopres . Un Vaiffeau Garde - Côte
de Sa Majefté Catholique s'eft emparé de deux
Navires Anglois , qui avoient chargé en fraude
du bois de teinture à la Baye de Campeche.
témoi-
Le 26 , le fieur Pitt , Secrétaire d'Etat , préfenta
un Meffage , par lequel le Roi informoit la
Chambre , qu'un des Membres du Confeil de
Guerre , qui a jugé l'Amiral Byng , ayant
gné avoir quelque déclarations à faire fur le jugement
qui avoit été porté , & demandant pour cet
effet d'être dégagé du ferment du fecret impofé
aux Officiers qui compofent les Confeils de Guer.
re , Sa Majefté avoit cru devoir fufpendre pour
quinze jours l'exécution de la fentence prononcée
contre le fieur Byng. Après plufieurs débats , il
fut ordonné de dreffer un Bill pour difpenfer les
Juges de cet Amiral , du fecret qu'ils avoient juré
d'obferver. Ce Bill fut la pour la premiere & la
feconde fois. La Chambre en fit hier la troifieme
lecture , & il paffa àla pluralité de cent cinquante-
trois voix, contre vingt trois. Le Roi fe rendra
cette ſemaine au Parlement , pour donner fon ар-
probation à ce Bill . On entendra enfuite ce que
les Juges de l'Amiral Byng ont à déclarer , ou
pour infirmer , ou pour juftifier fa condamnation
DE LONDRES , le premier Mars.
Le 8 Février , la Chambre des Communes ré…
folut de fupplier le Roi de lui faire remettre des
copies des différens avis reçus touchant le deffein
des François contre l'Ifle Minorque ; une lifte des
Vaiffeaux de guerre envoyés au fecours de cette
Ifle fous les ordres de l'Amiral Byng ; la copie des
ordres donnés à cet Amiral ; les lettres qu'on a
reçues de lui , & celles que P'Amirauté lui a écri
tes ; un état de la Garnifon du Fort Saint - Philippe
, & des munitions dont cette Place étoit
pourvue . Afin d'approfondir les caufes de toutes
les difgraces que la Nation a fouffertes l'année
derniere , la Chambre doit demander auffi communication
de toutes les pieces concernant les
fournitures faites aux troupes en Amérique pendant
les années 1755 & 1756.
Le Bureau de la Guerre a ordonné aux Régimens
de Saint- Claire , de Richbell , de Blakeney
, de Kennedy , Murray , de Bragge & de
Perry, d'être rendus le 18 à Cork en Irlande ,
où ils doivent s'embarquer. On prépare avec toute
la diligence poffible l'Eſcadre deſtinée à les con184
MERCURE DE FRANCE.
duire en Amérique , & elle fera commandée par.
le Contre-Amiral Holbourne , qui arborera fon
Pavillon à bord du Vaiffeau le Newark. Trois
cens hommes ont été détachés du Corps de l'Artillerie
, pour accompagner les trente pieces de canon
, que le Gouvernement fe propoſe de faire
tranfporter en Acadie. Suivant divers avis , les
Espagnols ont démoli quelques fortifications que
les Anglois avoient élevées dans les environs du
Golfe de Honduras ; & la Cour de Madrid fait .
exécuter à la rigueur les ordres qu'elle a donnés
contre les Interlopres . Un Vaiffeau Garde - Côte
de Sa Majefté Catholique s'eft emparé de deux
Navires Anglois , qui avoient chargé en fraude
du bois de teinture à la Baye de Campeche.
témoi-
Le 26 , le fieur Pitt , Secrétaire d'Etat , préfenta
un Meffage , par lequel le Roi informoit la
Chambre , qu'un des Membres du Confeil de
Guerre , qui a jugé l'Amiral Byng , ayant
gné avoir quelque déclarations à faire fur le jugement
qui avoit été porté , & demandant pour cet
effet d'être dégagé du ferment du fecret impofé
aux Officiers qui compofent les Confeils de Guer.
re , Sa Majefté avoit cru devoir fufpendre pour
quinze jours l'exécution de la fentence prononcée
contre le fieur Byng. Après plufieurs débats , il
fut ordonné de dreffer un Bill pour difpenfer les
Juges de cet Amiral , du fecret qu'ils avoient juré
d'obferver. Ce Bill fut la pour la premiere & la
feconde fois. La Chambre en fit hier la troifieme
lecture , & il paffa àla pluralité de cent cinquante-
trois voix, contre vingt trois. Le Roi fe rendra
cette ſemaine au Parlement , pour donner fon ар-
probation à ce Bill . On entendra enfuite ce que
les Juges de l'Amiral Byng ont à déclarer , ou
pour infirmer , ou pour juftifier fa condamnation
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 8 février, la Chambre des Communes a sollicité des documents concernant les attaques françaises contre l'île de Minorque, les vaisseaux envoyés à son secours, les ordres donnés à l'amiral Byng, et l'état de la garnison et des munitions du Fort Saint-Philippe. Elle a également demandé des informations sur les fournitures aux troupes en Amérique en 1755 et 1756. Le Bureau de la Guerre a ordonné à plusieurs régiments de se rendre en Irlande pour embarquer vers l'Amérique, sous le commandement du contre-amiral Holbourne. Trois cents hommes de l'artillerie et trente pièces de canon doivent être transportés en Acadie. Des rapports signalent des démolitions de fortifications britanniques et des saisies de navires anglais par les Espagnols. Le 26 février, le Secrétaire d'État Pitt a informé la Chambre que l'exécution de la sentence contre l'amiral Byng a été suspendue pour quinze jours. Un Bill pour dispenser les juges de Byng de leur serment de secret a été adopté à la majorité de 153 voix contre 23.
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9263
p. 185-186
PAYS-BAS.
Début :
Les Etats Généraux ont envoyé au Prince Stadhouder le présent [...]
Mots clefs :
La Haye, Comte d'Affry, Mémoire, Armée, Camps militaires, Roi, États électoraux, Protection, Rhin, Düsseldorf
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texteReconnaissance textuelle : PAYS-BAS.
PAYS- BAS.
DE LA HAYE , le 4 Mars.
Les Etats Généraux ont envoyé au Prince Stadhouder
le préfent qu'ils ont reçu du Bey de Tripoli
. Le 28 du mois dernier , le Comte d'Affry ,
Miniftre Plénipotentiaire de Sa Majesté Très-
Chrétienne , remit aux Etats Généraux le Mémoire
fuivant : « Hauts & Puiffans Seigneurs ,.
» le Roi mon Maître , indépendamment des en-
» gagemens défenfifs qu'il a contractés avec l'Im-
» pératrice Reine de Hongrie & de Boheme , par
» le traité de Verſailles du premier Mai de l'année
>> derniere , doit en qualité de Garant de la paix
» de Weftphalie , des Conftitutions & des Liber-
» tés Germaniques , fecourir les Princes , qui
» étant injuſtement opprimés , ou ménacés d'une
» oppreffion prochaine , réclament la preftation
» de cette garantie. En conféquence de la réqui-
» fition de plufieurs Etats de l'Empire , Sa Ma-
» jeftéfe propofe d'affembler fur le Bas - Rhin une
» armée qui fera plus ou moins confidérable , & .
>> divifée en un où plufieurs Corps , felon que la
>> fituation & les intérêts de fes Alliés pourront
D
l'exiger. Le Roi ayant pour objet la fûreté &
» la tranquillité de fes Amis & de ſes Voifins , ne
» defire rien plus fincérement que de contribuer
» à rétablir le plutôt qu'il fera poffible le repos
» public fur des fondemens équitables & folides.
» Les troupes de Sa Majefté ſe mettront en mar-
>> che du 14 au 30 du mois prochain , pour cam-
» per entre le Rhin & la Meufe , à la hauteur de
» Duffeldorp . Elles auront attention à ne donner
>> aucun fujet de plainte à quelque Puiffance que
186 MERCURE DE FRANCE.
•
» ce foit , & furtout aux Etats Géneraux . Le Roi
>> comptant fur la fidélité inviolable de Leurs
» Hautes Puiffances à la neutralité qu'Elles ont
>> promis d'obferver , continuera de fon côté à
>> leur donner , dans toutes les occafions , les
» preuves les moins équivoques du véritable inté-
» rêt qu'il prend à leur profpé rité . Les troupes du
>> Roi , bien loin d'entreprendre rien qui puiffe
» être un fujet d'inquiétude pour Leurs Hautes
» Puiffances , feront employées à leur défenſe , ſi
>> en haine de leur neutralité , on attentoit à leur
>> repos , à leur liberté ou à leur commerce. Le
>> Roi mon Maître confiera volontiers aux Etats
» Généraux les réfolutions ultérieures , que les
» conjonctures pourront exiger de fa prévoyance
» & de fes engagemens. Sa Majefté attend de l'é-
>> quité & de l'amitié de Leurs Hautes Puiffances,
» qu'Elles feront en garde contre les fauffes nou-
» velles , par lefquelles on tâchera de leur faire
» illufion , & qu'elles s'en rapporteront avec une
>> confiance entiere aux affurances qu'Elle leur
» donne des fentimens auffi finceres que conftańs
» & évidens de fon eftime & de fon affection pour
leur République. »
Le Roi de la Grande -Bretagne & le Roi de
Pruffe ont auffi informé Leurs Hautes Puiffances ,
qu'ils feront dans la néceffité d'affembler une
armée d'obfervation dans les Provinces de leur
domination , voifines des Etats de la République ,
afin de mettre leurs Etats Electoraux à l'abri des
entrepriſes dont ils font ménacés.
DE LA HAYE , le 4 Mars.
Les Etats Généraux ont envoyé au Prince Stadhouder
le préfent qu'ils ont reçu du Bey de Tripoli
. Le 28 du mois dernier , le Comte d'Affry ,
Miniftre Plénipotentiaire de Sa Majesté Très-
Chrétienne , remit aux Etats Généraux le Mémoire
fuivant : « Hauts & Puiffans Seigneurs ,.
» le Roi mon Maître , indépendamment des en-
» gagemens défenfifs qu'il a contractés avec l'Im-
» pératrice Reine de Hongrie & de Boheme , par
» le traité de Verſailles du premier Mai de l'année
>> derniere , doit en qualité de Garant de la paix
» de Weftphalie , des Conftitutions & des Liber-
» tés Germaniques , fecourir les Princes , qui
» étant injuſtement opprimés , ou ménacés d'une
» oppreffion prochaine , réclament la preftation
» de cette garantie. En conféquence de la réqui-
» fition de plufieurs Etats de l'Empire , Sa Ma-
» jeftéfe propofe d'affembler fur le Bas - Rhin une
» armée qui fera plus ou moins confidérable , & .
>> divifée en un où plufieurs Corps , felon que la
>> fituation & les intérêts de fes Alliés pourront
D
l'exiger. Le Roi ayant pour objet la fûreté &
» la tranquillité de fes Amis & de ſes Voifins , ne
» defire rien plus fincérement que de contribuer
» à rétablir le plutôt qu'il fera poffible le repos
» public fur des fondemens équitables & folides.
» Les troupes de Sa Majefté ſe mettront en mar-
>> che du 14 au 30 du mois prochain , pour cam-
» per entre le Rhin & la Meufe , à la hauteur de
» Duffeldorp . Elles auront attention à ne donner
>> aucun fujet de plainte à quelque Puiffance que
186 MERCURE DE FRANCE.
•
» ce foit , & furtout aux Etats Géneraux . Le Roi
>> comptant fur la fidélité inviolable de Leurs
» Hautes Puiffances à la neutralité qu'Elles ont
>> promis d'obferver , continuera de fon côté à
>> leur donner , dans toutes les occafions , les
» preuves les moins équivoques du véritable inté-
» rêt qu'il prend à leur profpé rité . Les troupes du
>> Roi , bien loin d'entreprendre rien qui puiffe
» être un fujet d'inquiétude pour Leurs Hautes
» Puiffances , feront employées à leur défenſe , ſi
>> en haine de leur neutralité , on attentoit à leur
>> repos , à leur liberté ou à leur commerce. Le
>> Roi mon Maître confiera volontiers aux Etats
» Généraux les réfolutions ultérieures , que les
» conjonctures pourront exiger de fa prévoyance
» & de fes engagemens. Sa Majefté attend de l'é-
>> quité & de l'amitié de Leurs Hautes Puiffances,
» qu'Elles feront en garde contre les fauffes nou-
» velles , par lefquelles on tâchera de leur faire
» illufion , & qu'elles s'en rapporteront avec une
>> confiance entiere aux affurances qu'Elle leur
» donne des fentimens auffi finceres que conftańs
» & évidens de fon eftime & de fon affection pour
leur République. »
Le Roi de la Grande -Bretagne & le Roi de
Pruffe ont auffi informé Leurs Hautes Puiffances ,
qu'ils feront dans la néceffité d'affembler une
armée d'obfervation dans les Provinces de leur
domination , voifines des Etats de la République ,
afin de mettre leurs Etats Electoraux à l'abri des
entrepriſes dont ils font ménacés.
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Résumé : PAYS-BAS.
Le 4 mars, les États Généraux des Pays-Bas ont transmis au Prince Stadhouder un message du Bey de Tripoli. Le 28 février, le Comte d'Affry, ministre plénipotentiaire du roi de France, a remis aux États Généraux un mémoire. Ce document stipule que le roi de France, en tant que garant de la paix de Westphalie et des libertés germaniques, doit secourir les princes injustement opprimés ou menacés. En réponse à des requêtes de plusieurs États de l'Empire, le roi propose de rassembler une armée sur le Bas-Rhin, dont la taille et la division dépendront des besoins des alliés. Cette armée, visant à rétablir la paix, se mettra en marche entre le 14 et le 30 du mois suivant pour camper entre le Rhin et la Meuse, près de Duffeldorp. Le roi assure qu'il respectera la neutralité des États Généraux et que ses troupes seront employées à leur défense si nécessaire. Les rois de Grande-Bretagne et de Prusse ont également informé les États Généraux de leur intention de rassembler des armées d'observation dans leurs provinces voisines des États de la République pour protéger leurs États électoraux contre les menaces.
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9264
p. 187-200
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 15 Février, jour anniversaire de la naissance du Roi, on chanta le [...]
Mots clefs :
Cérémonie, Anniversaire du roi, Honneurs, Régiments, Bataillons, Gendarmerie, Évêque, Mandement, Te Deum, Duc, Bal, Règlement, Maréchal, Sceaux, Corsaires, Navires anglais, Marchandises, Compagnies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE 15 Février , jour anniverfaire de la naiffance
du Roi , on chanta le Te Deum dans l'Eglife Notre-
Dame , Paroiffe du Château . M. le Comte de
Noailles , Gouverneur de Verfailles , y affitta ,
étant accompagné des Officiers du Bailliage,
Après la cérémonie , il alluma le feu , qui avoit
été préparé vis- à- vis de l'Eglife. Les Invalides ,
chargés de la garde de cette Ville , firent une triple
falve de moufqueterie. Il y eut expofition du
Saint-Sacrement Salut & Te Deum , dans les
autres Eglifes , ainfi que dans celle de Notre-
Dame. Le foir on fit des feux dans les rues , &
toutes les maifons furent illuminées.
>
Le Roi a accordé les honneurs de Grand-
Croix de l'Ordre Royal & Militaire de Saint Louis ,
à M. de Crémille , Commandeur de cet Ordre ,
Lieutenant- Général des Armées de Sa Majesté ,
Gouverneur d'Aire , & Infpecteur Général de
l'Infanterie , de la Cavalerie & des Dragons.
Le Roi a ordonné que chacun des Bataillons de
fon Infanterie , tant Françoife qu'Etrangere , fûr
pourvu d'une piece de canon à la Suédoife. Il fera
employé dans chaque Bataillon , pour la manoeu
vre de ces pieces de campagne , un Sergent &
feize Soldats , qui auront une haute paie,
Sa Majesté a réfolu de porter à douze cens quarante
hommes le Corps de fa Gendarmerie , aulieu
de huit cens huit , à quoi il eft actuellement.
188 MERCURE DE FRANCE.
Pour cet effet , les feize Compagnies qui compofent
ce Corps , feront mifes , de quarante- huit
Gendarmes ou Chevaux - Legers , dont elles font
formées , à foixante- quinze non compris les
deux Trompettes de chacune defdites Compagnies
, & indépendamment des huit Timbaliers
attachés aux huit Eſcadrons du Corps. Des vingtfept
hommes ordonnées d'augmentation par compagnie
, il y en aura quatorze à la premiere Brigade
, & treize à la feconde.
M. le Comte de Saint - Florentin , Miniftre &
Secretaire d'Etat , a été élu par l'Académie Royale
des Belles-Lettres , pour remplir la place d'Académicien
Honoraire , qui vaquoit par la mort de
M. le Marquis d'Argenfon.
Sa Majeſté a nommé Confeiller d'Etat M. Bertier
de Sauvigny , Intendant de la Généralité de
Paris.
Les Evêques de Bretagne , affemblés à Rennes
pour les Etats de la Province , ont donné le 11 de
ce , mois un Mandement , par lequel ils inftituent
à perpétuité une Fête à l'honneur des Saints Anges
Gardiens , pour remercier Dieu d'avoir ſauvé
le Roi de l'horrible attentat commis contre fa
Perfonne. Cette Fête fera célébrée tous les ans le
5 Janvier , mais cependant fans être chomée.
M. l'Evêque de Caftres a fait éclater fon zele, en
faifant chanter un Te Deum en mufique dans fa
Cathédrale & en donnant à toutes les perfonnes
de marque , qui fe trouvoient dans la Ville , un
fplendide repas , pendant lequel vingt- quatre
Muficiens exécuterent un très- beau Concert. Au
fortir de table , ce Prélat diftribua deux cens médailles
, & fit tirer une Loterie , dont chaque
billet portoit un lot . En même temps , par ordre
des Officiers Municipaux de la Ville , plufieurs
AVRIL. 1757 . 189
fontaines de vin coulerent , & l'on diſtribua au
peuple un boeuf & plufieurs moutons.
Le 20 Février , M. le Duc de Mirepoix , Commandant
en chef dans le Languedoc , célébra à
Montpellier , par une fête des plus éclatantes , la
convalefcence du Roi . On chanta dans l'Eglife Cathédrale
un Te Deum en mufique, auquel l'Evêque
de cette Ville officia. M. le Duc de Mirepoix y
affifta , accompagné de toute la Nobleffe , & des
Officiers de la Garnifon. La Cour des Comptes ,
Aides & Finances , s'y rendit en robes de cérémonie
, & elle donna l'exemple à tous les autres
Corps , de concourir à la folemnité d'un acte de
piété , dans lequel tout étoit fi intéreflant. Après
le Te Deum , il y eut une triple falve de l'artille
rie de la Ville & de la Citadelle , ainfi que de la
moufqueterie de la Garniſon , qui étoit en bataille
fur le rempart, Dès que la nuit fut venue , on tira
un très-beau feu d'artifice dans la Place de l'Hôtel
de Ville , dont les avenues depuis l'Hôtel du
Gouvernement étoient ornées d'Arcs de Triomphe
éclairés par une prodigieufe quantité de pots
afeu. Toutes les façades de l'Hôtel du Gouverment
étoient illuminées, depuis le rez -de- chauffée
jufqu'au toit , par des lampions qui en deffinoient
l'architecture , & qui dans les divers maffifs formoient
alternativement le Chiffre & les Armes de
Sa Majefté. M. le Duc de Mirepoix fit fervir un
fouper fplendide. La principale table qui étoit de
cinquante couverts , & en fer à cheval , ne fut
remplie que par les Dames les plus qualifiées. Il y
eut plufieurs autres tables , & outre cela on avoit
dreffé dans diverfes Salles des Buffets , où l'on
trouvoit abondamment en mets chauds & froids
tout ce qu'on pouvoit defirer. Un Bal qui dura
jufqu'au jour , termina cette brillante fête , à lag
190 MERCURE DE FRANCE.
quelle tous les habitans de cette Ville s'emprefferent
d'ajouter un nouvel éclat , en illuminant entiérement
les façades de leurs maifons , la plupart
en flambeaux de cire blanche. Des fontaines de
vin coulerent dans différens quartiers pour le
peuple qui , par fes danfes & par les acclamations
réitérées , témoigna la vivacité de fon amour pour
fon Souverain M. le Duc de Mirepoix devoit
partir hier pour retourner à la Cour ; mais il a
différé fon voyage , afin d'affifter au Te Deum
que la Cour des Comptes , Aides & Finances , doit
faire chanter demain avec beaucoup de pompe
dans la Chapelle du Palais .
Le Roi ayant jugé à propos de retenir les Sceaux,
& de faire fceller en fa préſence , Sa Majeſté donna
le 26 Février un Réglement , par lequel Elle a
déclaré fes intentions fur ce qu'Elle vouloit être
obfervé en cette occafion. Par ce Réglement ,
Elle a fait choix de MM. Feydeau -de Brou
Dagueffeau , de Bernage , Dagueffeau - de Frefne,
Trudaine & Poulletier , Confeillers d'Etat ordinaires
, pour avoir féance & voix délibérativedans
ce Confeil , avec fix Maîtres des Requêtes ,
que Sa Majefté choifira au commencement de
chaque quartier , & avec le Confeiller du Grand
Confeil, grand Rapporteur, qui fe trouvera de fervice.
Le 4 Mars , le Roi tint le Sceau dans la piece qui
précede la Chambre de Sa Majesté , & qui avoit
été préparée à cet effet. En conféquence de ce que
Sa Majesté a réglé , les fix Confeillers d'Eta: ordinaires
, ci - deffus nommés y affifterent , étant
affis des deux côtés du Bureau fur des tabourets ;
fçavoir , à droite , MM. Feydeau- de Brou , de
Bernage & Trudaine ; à gauche , MM . Dagueffeau
, Dagueffeau- de Frefne & Poulletier. MM.
Gagnat de Longay , Bignon , Mérault-de VilleAVRIL
1757. 191
fit
ron , Pouyvet de la Bliniere , de Gourgues &
Turgot , Maîtres des Requêtes choifis par le Roi
pour rapporter au Sceau pendant ce trimestre , &
M. de Baraffy , Grand Rapporteur de Service
étoient debout autour du fauteuil de Sa Majeſté .
Les Huiffiers de la Chancellerie ont tenu les portes.
M. le Maréchal - Duc de Richelieu , premier
Gentilhomme de la Chambre du Roi , & M. le
Duc d'Ayen , Capitaine des Gardes du Corps ,
étoient derriere le fauteuil de Sa Majesté. M. Sauvage
, Grand Audiencier de France en quartier
qui étoit debout à droite après M. Trudaine ,
la préfentation des lettres dont il étoit chargé.
Les Maîtres des Requêtes & le Grand Rapporteur,
firent le rapport de celles qui les concernent.
M. Chupin , Garde des Rôles , & M. Brillon-
Duperon , Confervateur des Hypotheques , préfenterent
; le premier , les provifions pour charges
& offices , le fecond les lettres de ratification de
rentes fur les revenus du Roi. Puis les Secretaires du
Roi firent lecture des lettres de grace , lefquelles furent
délibérées par les Confeillers d'Etat & Maîtres
des Requêtes préfens au Sceau , & réfolues par le
Roi. Après les rapports faits , le Roi indiqua le
premier Sceau à la quinzaine. Les Sceaux ayant
été remis dans leur boete , M. de Champcenetz ,
premier Valet de Chambre du Roi , qui les avoit
apportés , les reprit fur le Bureau pour les remporter.
Sa Majefté fe leva , & fut reconduit à la
porte de fa chambre par les Confeillers d'Etat
Maîtres des Requêtes & Grands Officiers de la
Chancellerie . Ce Sceau eft le premier que le Roi
ait tenu depuis fon avénement à la Couronne.
Louis XIV en tint onze en 1672 , après la mort
du Chancelier Seguier.
Le 28 Février , M. Seguier , Avocat, Général
192 MERCURE DE FRANCE.
au Parlement de Paris , fut élu , pour remplir la
place vacante dans l'Académie Françoiſe par la
mort de M. de Fontenelle .
+ Le Roi a nommé Maréchaux de France MM . le
Marquis de Senecterre , le Marquis de la Tour- '
Maubourg , le Comte de Lautrec , le Duc de
Biron , le Duc de Luxembourg, le Comte d'Eſtrées,
le Lord Clare Comte de Thomond , & le Duc de
Mirepoix.
Le 10 Mars , pendant la Meffe du Roi , M. le
Prince Conftantin de Rohan , Premier Aumônier
de Sa Majefté , a prêté ferment , comme Evêque
de Strasbourg , entre les mains du Roi.
"
Le 6 Mars , l'Académie royale des Belles - Lettres
, conduite par M. le Comte de Saint - Florentin
, préſenta au Roi trois volumes de fes Mémoires.
M. de Guignes & M. d'Anville de cette Académie
, préfenterent en même temps à Sa Majeſté
, l'un, trois volumes de l'Hiftoire des Huns &
autres Nations Tartares ; l'autre , une nouvelle
Carte des côtes de la Grece & de l'Archipel , avec
un Mémoire relatif à cette Carte mis fouspreffe
à l'Imprimerie royale , & dans lequel l'Auteur
rend compte des moyens qui ont principalement
contribué à la compofition de l'Ouvrage .
>
Sa Majesté a accordé le Régiment d'Infanterie
royal Comtois , vacant par la promotion de M.
le Marquis de Roquépine au grade de Maréchal
de Camp , à M. le Comte de Puységur , Colonel
du Régiment de Forez ; le Régiment de Forez , à
M. le Marquis de Chaumont- Bernage , Colonel
dans les Grenadiers de France ; le Régiment de
Trainel , vacant par la promotion de M. le Marquis
de Trainel au grade de Maréchal de Camp ,
à M. le Comte de Brancas , Colonel dans les Grenadiers
de France ; le Régiment de Cavalerie
vacant
AVRIL. 1757. 193
vacant par la promotion de M. le Comte d'Egmont
au grade de Maréchal de Camp , à M. le Duc
de Charoft ; & les deux places de Colonels que
M. le Marquis de Chaumont-Bernage & M. le
Comte de Brancas rempliffoient dans les Grenadiers
de France , à M. Rouillé-de Roiffy & à M.'
le Comte de la Luzerne.
La Compagnie , qui vaquoit dans le Régiment
des Gardes Suiffes par la mort de M. de Caftella ,
a été donnée à M. de Caftella fon frere , Capitaine
au Régiment de Planta . MM. de Caſtella ont été
fept freres au ſervice de Sa Majefté , & trois y font
morts.
Le 6 du même mois , en action de graces de la
conſervation du Roi, on a chanté dans l'Eglife Mé,
tropolitaine , conformément au Mandement donné
par l'Archevêque de Paris , une Meffe folemnelle
, & enfuite le Te Deum, en mufique. M. l'Ab
bé de Saint-Exupery , Doyen , a officié. Le lendemain
, le Chapitre a fait remettre des aumônes
pour les pauvres aux Curés des huit Paroiffes de la
Cité , & de celles de ces Eglifes fujetes.
M. le Prince Conftantin-de Rohan , Evêque de
Strasbourg , fut facré le même jour dans la Chapelle
du Séminaire de Saint Sulpice , par M. le
Cardinal de la Rochefoucaud , affifté des Evêques
de Digne & de Saint - Omer.
Le 14, M. l'Evêque d'Autun fut reçu dans l'A
cadémie Françoiſe à la place de M. le Cardinal de
Soubife , & il prononça fon Difcours de remer
ciement , auquel M. Dupré-de S. Maur répondit
au nom de l'Académie. Après cette réponſe ,
M. d'Alembert lut des Réflexions fur l'ufage & fur
l'abus de la Philofophie dans les matieres de goût.
Nous donnerons un extrait des deux Diſcours
'dans le fecond Volume,
I.Vol, I
194 MERCURE DE FRANCE.
Le Corfaire le Don de Dieu , de Calais , y a
fait conduire le Brigantin Anglais les Trois Freres
, de Sunderland , chargé de charbon de terre ,
dont il s'eft emparé.
Un Navire Anglois , de 220 tonneaux , armé
de fix petits canons , ayant pour cargaison 1400
barrils de goudron , 4 barrils de thérébentine , des
merrains & quelques cuirs , a été pris par le Corfaire
le Saint - Louis , de Dunkerque , qui l'a conduit
à Boulogne.
Il eft arrivé dans le même Port un Bateau de
so tonneaux , chargé de fel , dont le Corfaire
le Marquis -de Vilequier s'eft rendu maître .
Le Capitaine Lamy , qui commande le Procu
veur , autre Corfaire de Boulogne , s'eft emparé
des Navires l'Espérance , de Yarmouth ; le Change
& la Chriftine , de Dyfant en Ecoffe ; & il les
a rançonnés pour $ 60 livres fterlings.
Les Navires Anglois le Comte d'Holderneſs ,
de
120 tonneaux , chargé de vin & de quelques autres
marchandifes ; la Bonne Intention , dont le
chargement confifte en orange & citrons ; & un
Bateau de 30 tonneaux , chargé de cidre & de
quelques paquets de poiffon fec , ont été conduits
au Havre par les Corſaires la Favorite &
l'Entreprenante , de ce Port.
Le Navire la France , d'Irlande , de 70 tonneaux
, chargé d'huile d'olive , d'oranges & de
citrons , a été pris par le Corfaire le Machault
de Granville , qui l'a conduit à Morlaix . Le même
Corfaire s'eft rendu maître d'un autre Navire,
Anglois de 100 tonneaux , chargé d'indigo , de
café , de bois pour teinture , & de drogues pour
la Médecine , qui eft arrivé à Roscoff,
Il a été conduit à Saint-Malo deux Bâtimens
Anglois , l'un chargé de citrons & d'oranges ,
AVRIL. 1757. 195
J
pris par le Corfaire la Sauterelle , de Breft ; &
Pautre chargé de fel , pris par les Corfaires la
Vengeance & la Comteffe de Bentheim.
Le Corfaire le Bart , de Calais , Capitaine
François Potier, s'eft emparé de deux petits Brigantins
Anglois , qu'il a rançonnés pour la fomme
de quatorze mille livres.
>
Le Corfaire le Machault , de Granville , ya'
envoyé le Navire la Providence , de Darmouth
de 100 tonneaux , venant de la Jamaïque avec
une cargaison qui confifte en 160 barrils de brai
250 barriques de ris , 14 boucauts de cafcarille
so planches & 8000 livres de bois des Indes.
>
Le Navire Anglois la Marie , de la Nouvelle
Yorck , de 150 tonneaux , chargé de café , d'indigo
, de dents d'élephant , de bois de Campeche,
&c. pris par le Corfaire le Scot , de Saint-Ma
lo , s'eft échoué le 23 du mois dernier à la côte de
Barfleur. On a fauvé fa cargaiſon.
Le même Corſaire a enlevé aux Anglois le Bateau
la Marguerite , de Cherbourg , chargé de
glaces brutes : ce Bateau s'étoit auffi échoué ,
mais il a été relevé & conduit à Barfleur.
Le fieur de Breville , commandant le Corfaire
la Vengeance, de Saint-Malo , s'eſt rendu maître
d'un Navire Anglois dont la cargaison , qui eft
eftimée deux cens mille livres , confifte en ballots
de foyeries, caiffes de drogues , & autres marchandifes
propres pour la traite des Negres.
On mande de Breft , que le Corfaire la Comteffe
de Bentheim, de Saint-Malo , a relâché dans ce pre
mier Port , où il a conduit le Navire Anglois
Affomption , allant de la Jamaïque à Londres
chargé de fucre & de café.
Le Navire l'Afrique , de Plymouth , chargé
dessobarriques de fardines , & de 130 barrils d'é
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
tain , a été pris par le Corfaire l'Intrépide , de
Bayonne , où il a été conduit.
Les lettres écrites de Bayonne , marquent que
le Corfaire l'Aurore , de ce port , Capitaine le
fieur Lavernis , a pris & y a conduit les Navires
Anglois la Rebecca , de Hul , de 200 tonneaux
armé de fix canons, chargé de 1400 barrils de goudron
; l'Entreprise , deLondres , de 160 tonneaux,
chargé de tabac en feuilles , & le Planter , de
Montfarrat , de 200 tonneaux , ayant pour
chargement
340 boucauts de fucre.
Le même Corfaire a fait conduire à Saint-Jeande-
Luz un autre Bâtiment Anglois , dont la cargaifon
eft compofée de 600 quintaux de morue
verte & féche.
Le Capitaine Jean Vergez , commandant le
Diligent , autre Corfaire de Bayonne , y a fait
conduire le Navire Anglois l'Edouard & Susanne,
de 160 tonneaux , chargé de fucre.
Le Capitaine Potier , commandant le Corfaire
l'Amiral Bart , de Calais , étant fur fa croifiere
près des côtes d'Angleterre découvrit un Brigantin
Anglois de cent cinquante tonneaux . A la vue du
Corfaire , ce Brigantin fe réfugia ſous le canon
des trois Forts de Haftings. Quoique le Capitaine
Potier n'eût que quatre canons , il attaqua le Bâtiment
ennemi , & il alloit l'aborder , lorſque l'équipage
Anglois prit le parti d'échouer . Sur ces
entrefaites parut un autre Navire que le Corfaire
enleva , & qu'il amena à Calais . Ce dernier Bâtiment
, qui fe nomme le Waterborn , eft de Boſton
dans la Nouvelle Angleterre. Il venoit de la Jamaïque
, & alloit à Londres. Sa charge eft eftimée
deux cens mille livres. C'eft la quatorzieme
prife qui ait été conduite à Calais depuis trois
mois , &la feptieme depuis le 18 jufqu'au 30 du
mois dernier.
AVRIL. 1757.
197
Ön mande de Marfeille , que le Corfaire le Colibry
, de 12 canons , & de 120 hommes d'équipage
, commandé par le Capitaine Georges-René
de Pleville-le Pelley , s'eft emparé des Navires Anglois
la Reine de Naples , allant de Gallipoly å
Londres , avec un chargement d'huile & de foie ;
le Guillaume , allant de Falmouth à Civita-Vecchia
, chargé d'étaim & de harengs , & la Marie
allant d'Yarmouth à Naples , & dont la charge
confiftoit en harengs & en plomb.
Selon des lettres de Toulon , un Grec établi depuis
quelques années en Provence s'embarqua der.
niérement fur une Tartane , dont l'équipage con
fiftoit feulement en trois François & trois Gênois.
Ce Bâtiment ayant été enlevé par un Corſaire Anglois
, monté de douze hommes ; le Capitaine du
Vaiffeau ennemi fit paffer le Grec & les trois Gênois
fur fon bord ; & y ayant laiffé trois Anglois ,
il monta fur la Tartane avec le refte de fon équipage.
Le Grec faifit une occafion favorable , qui
fe préfenta. Il tua lui feul les trois Anglois , à qui
leur Commandant avoit confié la garde du Corfaire.
Ayant abordé enſuite la Tartanne , il la reprit
avec le fecours des trois François & des trois Gênois.
Il a conduit à Toulon le Bâtiment , dont il
s'eft emparé.
On mande de Calais , que le Corfaire le Bart ;
de ce Port ' , commandé par le Capitaine Potier ,
y a conduit le Navire Anglois le Winterborn , de
130 tonneaux , chargé de fucre & d'autres marchandifes.
200
Le Corfaire le Duc d'Aumont , de Boulogne ,
s'eft rendu maître d'un Navire Anglois , de
tonneaux , qui revenoit de la Jamaïque avec une
cargaifon compofée de fucre , de tafia & de bois
d'Acajou.
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
Le Corfaire le Gros Thomas , du même Port , a
conduit à Calais le Navire l'Elifabeth & Catherine,
de 70 tonneaux , chargé de beurre & de
cuirs.
Le Tapageur & le Procureur , autres Corfaires
de Boulogne , fe font emparés , le premier de
deux Bâteaux Anglois , chargés l'un de bled ,
Pautre de charbon de terre , & le fecond du Navire
la Comteffe de Murray , de 90 tonneaux , chargé
de faumon falé .
Les Corfaires le Comte de Saint- Germain , de
Dunkerque , & le Don de Dieu , de Calais , ont
fait conduire à Boulogne un Bâteau de 70 tonneaux
, chargé d'oranges & de citrons , & le Brigantin
le Thomas David , de 120 tonneaux ,
chargé de grains.
Il eft arrivé à Fécamp un Navire Anglois de 220
tonneaux , armé de 8 canons , & de 37 hommes
d'équipage. Sa cargaiſon confifte en 1123 barrils
de poudre de guerre , en armes à feu de toutes
efpeces , en foyeries , clincailleries , & c. Ce Navire
a été pris par le Capitaine Canon , commandant
le Corfaire le Prince de Soubise , de Dunkerque.
Une prife Angloiſe faite par le Corſaire le Machault
, de Grandville , a échoué à la côte de
Langrune en Baffe Normandie ; mais on a fauvé
la cargaifon , compofée de 300 cuirs , de 2000
barrils de beurre , & de 1960 morues féches.
Le Corfaire le Comte de Clermont , de Saint-
Malo , commandé par le Capitaine Colin-de la
Brifelaine , s'eft emparé le troifieme jour de fa
croifiere , d'un Navire Anglois , de 240 tonneaux
, venant de la Jamaïque , & dont la charge
eft eftimée deux cens mille livres . Cette prife
que le Capitaine Brifelaine a conduite lui- même à
AVRIL. 1757. 199
k
Saint-Malo , avoit été faite d'abord par un Cor
faire de Bayonne , & lui avoit été enlevée par un
Armateur Anglois , fur qui le Corfaire le Comte
de Clermont l'a repriſe.
> Le Scott , autre Corfaire de Saint - Malo Capitaine
Pattard, s'eft auffi rendu maître du Navire
Anglois le Hardi , de 180 tonneaux , chargé de
fucre , de café , de coton & d'autres marchandifes
qu'il avoit prifes à la Nouvelle York .
On apprend par des lettres écrites de Bayonne,
que les Corfaires la Levrette & le Dauphin , de
ce Port , fe font emparés des Navires Anglois la
Suverne & le Louis , de Londres , de 250 tonneaux
chacun , & l'Owaftel , de Holt . Ces Bâtimens
font chargés , le premier de tabac & de fer ,
le fecond de fucre , de café & de tafia , & le troifieme
de tabac & de merrains.
de 70
Les Navires Anglois le Robert , de la Virginie ,
de 130 tonneaux , chargé de tabac , de fucre & de
pelleteries , & l'Endeavour , de Briſtol ,
tonneaux , dont la cargaifon eft composée d'hui
le , de poiffon & de morue verte , ont été pris
par les Corfaires l'Aimable Dauphin , de Ciboure
& l'Espérance , de Louisbourg , qui les ont
fait conduire à Bayonne.
>
Les Corfaires le Toulousain , le Faucon , le Té
lémaque & le Saint-Antoine , dit le Colibri , de
Marſeille , y ont conduit les Navires Anglois
l'Aigle , de Yarmouth , de 160 tonneaux , armé
de 2 canons , chargé de plomb & de harengs ; la
Vierge , de Bristol , de 130 tonneaux , chargé
de faumon & de morue ; le Harril , de Liverpool
, de 120 tonneaux , armé de 6 petits canons ,
chargé d'eau-de- vie & d'huile ; la Diane , de
Lynn , de 150 tonneaux , chargé de fromage , de
plomb & de harangs , & la Marie , qui a auffi
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
un chargement de harengs & de plomb.
On mande de Marfeille , que M. Pigache ;
Lieutenant de Vaiffeau , commandant le Vaiffeau
du Roi l'Hippopotame , armé en courfe , s'eft rendu
maître , à la hauteur de l'Ile Fromentiere
du Corfaire Anglois le Conftantin , de 18 canons ,
& de 130 hommes d'équipage.
>
Le Capitaine Macquet , qui commande le Corle
Don de Dieu , de Calais , a fait conduire à faire
Dunkerque le Navire Anglois les Trois Freres , de
110 tonneaux , chargé de charbon de terre , dont
il s'eft emparé.
Un Brigantin de 100 tonneaux , chargé d'eaude-
vie , de vin du Rhin , & de plufieurs autres
marchandiſes , a été pris par le Corfaire l'Epervier
, de Calais , & y a été conduit .
Le 17 Mars , les Actions de la Compagnie des
Indes étoient à quinze cens dix livres : les Billets
de la premiere Loterie Royal , à neuf cens quarante,
Ceux de la feconde & de la troisieme Loterie
n'avoient point de prix fixe.
LE 15 Février , jour anniverfaire de la naiffance
du Roi , on chanta le Te Deum dans l'Eglife Notre-
Dame , Paroiffe du Château . M. le Comte de
Noailles , Gouverneur de Verfailles , y affitta ,
étant accompagné des Officiers du Bailliage,
Après la cérémonie , il alluma le feu , qui avoit
été préparé vis- à- vis de l'Eglife. Les Invalides ,
chargés de la garde de cette Ville , firent une triple
falve de moufqueterie. Il y eut expofition du
Saint-Sacrement Salut & Te Deum , dans les
autres Eglifes , ainfi que dans celle de Notre-
Dame. Le foir on fit des feux dans les rues , &
toutes les maifons furent illuminées.
>
Le Roi a accordé les honneurs de Grand-
Croix de l'Ordre Royal & Militaire de Saint Louis ,
à M. de Crémille , Commandeur de cet Ordre ,
Lieutenant- Général des Armées de Sa Majesté ,
Gouverneur d'Aire , & Infpecteur Général de
l'Infanterie , de la Cavalerie & des Dragons.
Le Roi a ordonné que chacun des Bataillons de
fon Infanterie , tant Françoife qu'Etrangere , fûr
pourvu d'une piece de canon à la Suédoife. Il fera
employé dans chaque Bataillon , pour la manoeu
vre de ces pieces de campagne , un Sergent &
feize Soldats , qui auront une haute paie,
Sa Majesté a réfolu de porter à douze cens quarante
hommes le Corps de fa Gendarmerie , aulieu
de huit cens huit , à quoi il eft actuellement.
188 MERCURE DE FRANCE.
Pour cet effet , les feize Compagnies qui compofent
ce Corps , feront mifes , de quarante- huit
Gendarmes ou Chevaux - Legers , dont elles font
formées , à foixante- quinze non compris les
deux Trompettes de chacune defdites Compagnies
, & indépendamment des huit Timbaliers
attachés aux huit Eſcadrons du Corps. Des vingtfept
hommes ordonnées d'augmentation par compagnie
, il y en aura quatorze à la premiere Brigade
, & treize à la feconde.
M. le Comte de Saint - Florentin , Miniftre &
Secretaire d'Etat , a été élu par l'Académie Royale
des Belles-Lettres , pour remplir la place d'Académicien
Honoraire , qui vaquoit par la mort de
M. le Marquis d'Argenfon.
Sa Majeſté a nommé Confeiller d'Etat M. Bertier
de Sauvigny , Intendant de la Généralité de
Paris.
Les Evêques de Bretagne , affemblés à Rennes
pour les Etats de la Province , ont donné le 11 de
ce , mois un Mandement , par lequel ils inftituent
à perpétuité une Fête à l'honneur des Saints Anges
Gardiens , pour remercier Dieu d'avoir ſauvé
le Roi de l'horrible attentat commis contre fa
Perfonne. Cette Fête fera célébrée tous les ans le
5 Janvier , mais cependant fans être chomée.
M. l'Evêque de Caftres a fait éclater fon zele, en
faifant chanter un Te Deum en mufique dans fa
Cathédrale & en donnant à toutes les perfonnes
de marque , qui fe trouvoient dans la Ville , un
fplendide repas , pendant lequel vingt- quatre
Muficiens exécuterent un très- beau Concert. Au
fortir de table , ce Prélat diftribua deux cens médailles
, & fit tirer une Loterie , dont chaque
billet portoit un lot . En même temps , par ordre
des Officiers Municipaux de la Ville , plufieurs
AVRIL. 1757 . 189
fontaines de vin coulerent , & l'on diſtribua au
peuple un boeuf & plufieurs moutons.
Le 20 Février , M. le Duc de Mirepoix , Commandant
en chef dans le Languedoc , célébra à
Montpellier , par une fête des plus éclatantes , la
convalefcence du Roi . On chanta dans l'Eglife Cathédrale
un Te Deum en mufique, auquel l'Evêque
de cette Ville officia. M. le Duc de Mirepoix y
affifta , accompagné de toute la Nobleffe , & des
Officiers de la Garnifon. La Cour des Comptes ,
Aides & Finances , s'y rendit en robes de cérémonie
, & elle donna l'exemple à tous les autres
Corps , de concourir à la folemnité d'un acte de
piété , dans lequel tout étoit fi intéreflant. Après
le Te Deum , il y eut une triple falve de l'artille
rie de la Ville & de la Citadelle , ainfi que de la
moufqueterie de la Garniſon , qui étoit en bataille
fur le rempart, Dès que la nuit fut venue , on tira
un très-beau feu d'artifice dans la Place de l'Hôtel
de Ville , dont les avenues depuis l'Hôtel du
Gouvernement étoient ornées d'Arcs de Triomphe
éclairés par une prodigieufe quantité de pots
afeu. Toutes les façades de l'Hôtel du Gouverment
étoient illuminées, depuis le rez -de- chauffée
jufqu'au toit , par des lampions qui en deffinoient
l'architecture , & qui dans les divers maffifs formoient
alternativement le Chiffre & les Armes de
Sa Majefté. M. le Duc de Mirepoix fit fervir un
fouper fplendide. La principale table qui étoit de
cinquante couverts , & en fer à cheval , ne fut
remplie que par les Dames les plus qualifiées. Il y
eut plufieurs autres tables , & outre cela on avoit
dreffé dans diverfes Salles des Buffets , où l'on
trouvoit abondamment en mets chauds & froids
tout ce qu'on pouvoit defirer. Un Bal qui dura
jufqu'au jour , termina cette brillante fête , à lag
190 MERCURE DE FRANCE.
quelle tous les habitans de cette Ville s'emprefferent
d'ajouter un nouvel éclat , en illuminant entiérement
les façades de leurs maifons , la plupart
en flambeaux de cire blanche. Des fontaines de
vin coulerent dans différens quartiers pour le
peuple qui , par fes danfes & par les acclamations
réitérées , témoigna la vivacité de fon amour pour
fon Souverain M. le Duc de Mirepoix devoit
partir hier pour retourner à la Cour ; mais il a
différé fon voyage , afin d'affifter au Te Deum
que la Cour des Comptes , Aides & Finances , doit
faire chanter demain avec beaucoup de pompe
dans la Chapelle du Palais .
Le Roi ayant jugé à propos de retenir les Sceaux,
& de faire fceller en fa préſence , Sa Majeſté donna
le 26 Février un Réglement , par lequel Elle a
déclaré fes intentions fur ce qu'Elle vouloit être
obfervé en cette occafion. Par ce Réglement ,
Elle a fait choix de MM. Feydeau -de Brou
Dagueffeau , de Bernage , Dagueffeau - de Frefne,
Trudaine & Poulletier , Confeillers d'Etat ordinaires
, pour avoir féance & voix délibérativedans
ce Confeil , avec fix Maîtres des Requêtes ,
que Sa Majefté choifira au commencement de
chaque quartier , & avec le Confeiller du Grand
Confeil, grand Rapporteur, qui fe trouvera de fervice.
Le 4 Mars , le Roi tint le Sceau dans la piece qui
précede la Chambre de Sa Majesté , & qui avoit
été préparée à cet effet. En conféquence de ce que
Sa Majesté a réglé , les fix Confeillers d'Eta: ordinaires
, ci - deffus nommés y affifterent , étant
affis des deux côtés du Bureau fur des tabourets ;
fçavoir , à droite , MM. Feydeau- de Brou , de
Bernage & Trudaine ; à gauche , MM . Dagueffeau
, Dagueffeau- de Frefne & Poulletier. MM.
Gagnat de Longay , Bignon , Mérault-de VilleAVRIL
1757. 191
fit
ron , Pouyvet de la Bliniere , de Gourgues &
Turgot , Maîtres des Requêtes choifis par le Roi
pour rapporter au Sceau pendant ce trimestre , &
M. de Baraffy , Grand Rapporteur de Service
étoient debout autour du fauteuil de Sa Majeſté .
Les Huiffiers de la Chancellerie ont tenu les portes.
M. le Maréchal - Duc de Richelieu , premier
Gentilhomme de la Chambre du Roi , & M. le
Duc d'Ayen , Capitaine des Gardes du Corps ,
étoient derriere le fauteuil de Sa Majesté. M. Sauvage
, Grand Audiencier de France en quartier
qui étoit debout à droite après M. Trudaine ,
la préfentation des lettres dont il étoit chargé.
Les Maîtres des Requêtes & le Grand Rapporteur,
firent le rapport de celles qui les concernent.
M. Chupin , Garde des Rôles , & M. Brillon-
Duperon , Confervateur des Hypotheques , préfenterent
; le premier , les provifions pour charges
& offices , le fecond les lettres de ratification de
rentes fur les revenus du Roi. Puis les Secretaires du
Roi firent lecture des lettres de grace , lefquelles furent
délibérées par les Confeillers d'Etat & Maîtres
des Requêtes préfens au Sceau , & réfolues par le
Roi. Après les rapports faits , le Roi indiqua le
premier Sceau à la quinzaine. Les Sceaux ayant
été remis dans leur boete , M. de Champcenetz ,
premier Valet de Chambre du Roi , qui les avoit
apportés , les reprit fur le Bureau pour les remporter.
Sa Majefté fe leva , & fut reconduit à la
porte de fa chambre par les Confeillers d'Etat
Maîtres des Requêtes & Grands Officiers de la
Chancellerie . Ce Sceau eft le premier que le Roi
ait tenu depuis fon avénement à la Couronne.
Louis XIV en tint onze en 1672 , après la mort
du Chancelier Seguier.
Le 28 Février , M. Seguier , Avocat, Général
192 MERCURE DE FRANCE.
au Parlement de Paris , fut élu , pour remplir la
place vacante dans l'Académie Françoiſe par la
mort de M. de Fontenelle .
+ Le Roi a nommé Maréchaux de France MM . le
Marquis de Senecterre , le Marquis de la Tour- '
Maubourg , le Comte de Lautrec , le Duc de
Biron , le Duc de Luxembourg, le Comte d'Eſtrées,
le Lord Clare Comte de Thomond , & le Duc de
Mirepoix.
Le 10 Mars , pendant la Meffe du Roi , M. le
Prince Conftantin de Rohan , Premier Aumônier
de Sa Majefté , a prêté ferment , comme Evêque
de Strasbourg , entre les mains du Roi.
"
Le 6 Mars , l'Académie royale des Belles - Lettres
, conduite par M. le Comte de Saint - Florentin
, préſenta au Roi trois volumes de fes Mémoires.
M. de Guignes & M. d'Anville de cette Académie
, préfenterent en même temps à Sa Majeſté
, l'un, trois volumes de l'Hiftoire des Huns &
autres Nations Tartares ; l'autre , une nouvelle
Carte des côtes de la Grece & de l'Archipel , avec
un Mémoire relatif à cette Carte mis fouspreffe
à l'Imprimerie royale , & dans lequel l'Auteur
rend compte des moyens qui ont principalement
contribué à la compofition de l'Ouvrage .
>
Sa Majesté a accordé le Régiment d'Infanterie
royal Comtois , vacant par la promotion de M.
le Marquis de Roquépine au grade de Maréchal
de Camp , à M. le Comte de Puységur , Colonel
du Régiment de Forez ; le Régiment de Forez , à
M. le Marquis de Chaumont- Bernage , Colonel
dans les Grenadiers de France ; le Régiment de
Trainel , vacant par la promotion de M. le Marquis
de Trainel au grade de Maréchal de Camp ,
à M. le Comte de Brancas , Colonel dans les Grenadiers
de France ; le Régiment de Cavalerie
vacant
AVRIL. 1757. 193
vacant par la promotion de M. le Comte d'Egmont
au grade de Maréchal de Camp , à M. le Duc
de Charoft ; & les deux places de Colonels que
M. le Marquis de Chaumont-Bernage & M. le
Comte de Brancas rempliffoient dans les Grenadiers
de France , à M. Rouillé-de Roiffy & à M.'
le Comte de la Luzerne.
La Compagnie , qui vaquoit dans le Régiment
des Gardes Suiffes par la mort de M. de Caftella ,
a été donnée à M. de Caftella fon frere , Capitaine
au Régiment de Planta . MM. de Caſtella ont été
fept freres au ſervice de Sa Majefté , & trois y font
morts.
Le 6 du même mois , en action de graces de la
conſervation du Roi, on a chanté dans l'Eglife Mé,
tropolitaine , conformément au Mandement donné
par l'Archevêque de Paris , une Meffe folemnelle
, & enfuite le Te Deum, en mufique. M. l'Ab
bé de Saint-Exupery , Doyen , a officié. Le lendemain
, le Chapitre a fait remettre des aumônes
pour les pauvres aux Curés des huit Paroiffes de la
Cité , & de celles de ces Eglifes fujetes.
M. le Prince Conftantin-de Rohan , Evêque de
Strasbourg , fut facré le même jour dans la Chapelle
du Séminaire de Saint Sulpice , par M. le
Cardinal de la Rochefoucaud , affifté des Evêques
de Digne & de Saint - Omer.
Le 14, M. l'Evêque d'Autun fut reçu dans l'A
cadémie Françoiſe à la place de M. le Cardinal de
Soubife , & il prononça fon Difcours de remer
ciement , auquel M. Dupré-de S. Maur répondit
au nom de l'Académie. Après cette réponſe ,
M. d'Alembert lut des Réflexions fur l'ufage & fur
l'abus de la Philofophie dans les matieres de goût.
Nous donnerons un extrait des deux Diſcours
'dans le fecond Volume,
I.Vol, I
194 MERCURE DE FRANCE.
Le Corfaire le Don de Dieu , de Calais , y a
fait conduire le Brigantin Anglais les Trois Freres
, de Sunderland , chargé de charbon de terre ,
dont il s'eft emparé.
Un Navire Anglois , de 220 tonneaux , armé
de fix petits canons , ayant pour cargaison 1400
barrils de goudron , 4 barrils de thérébentine , des
merrains & quelques cuirs , a été pris par le Corfaire
le Saint - Louis , de Dunkerque , qui l'a conduit
à Boulogne.
Il eft arrivé dans le même Port un Bateau de
so tonneaux , chargé de fel , dont le Corfaire
le Marquis -de Vilequier s'eft rendu maître .
Le Capitaine Lamy , qui commande le Procu
veur , autre Corfaire de Boulogne , s'eft emparé
des Navires l'Espérance , de Yarmouth ; le Change
& la Chriftine , de Dyfant en Ecoffe ; & il les
a rançonnés pour $ 60 livres fterlings.
Les Navires Anglois le Comte d'Holderneſs ,
de
120 tonneaux , chargé de vin & de quelques autres
marchandifes ; la Bonne Intention , dont le
chargement confifte en orange & citrons ; & un
Bateau de 30 tonneaux , chargé de cidre & de
quelques paquets de poiffon fec , ont été conduits
au Havre par les Corſaires la Favorite &
l'Entreprenante , de ce Port.
Le Navire la France , d'Irlande , de 70 tonneaux
, chargé d'huile d'olive , d'oranges & de
citrons , a été pris par le Corfaire le Machault
de Granville , qui l'a conduit à Morlaix . Le même
Corfaire s'eft rendu maître d'un autre Navire,
Anglois de 100 tonneaux , chargé d'indigo , de
café , de bois pour teinture , & de drogues pour
la Médecine , qui eft arrivé à Roscoff,
Il a été conduit à Saint-Malo deux Bâtimens
Anglois , l'un chargé de citrons & d'oranges ,
AVRIL. 1757. 195
J
pris par le Corfaire la Sauterelle , de Breft ; &
Pautre chargé de fel , pris par les Corfaires la
Vengeance & la Comteffe de Bentheim.
Le Corfaire le Bart , de Calais , Capitaine
François Potier, s'eft emparé de deux petits Brigantins
Anglois , qu'il a rançonnés pour la fomme
de quatorze mille livres.
>
Le Corfaire le Machault , de Granville , ya'
envoyé le Navire la Providence , de Darmouth
de 100 tonneaux , venant de la Jamaïque avec
une cargaison qui confifte en 160 barrils de brai
250 barriques de ris , 14 boucauts de cafcarille
so planches & 8000 livres de bois des Indes.
>
Le Navire Anglois la Marie , de la Nouvelle
Yorck , de 150 tonneaux , chargé de café , d'indigo
, de dents d'élephant , de bois de Campeche,
&c. pris par le Corfaire le Scot , de Saint-Ma
lo , s'eft échoué le 23 du mois dernier à la côte de
Barfleur. On a fauvé fa cargaiſon.
Le même Corſaire a enlevé aux Anglois le Bateau
la Marguerite , de Cherbourg , chargé de
glaces brutes : ce Bateau s'étoit auffi échoué ,
mais il a été relevé & conduit à Barfleur.
Le fieur de Breville , commandant le Corfaire
la Vengeance, de Saint-Malo , s'eſt rendu maître
d'un Navire Anglois dont la cargaison , qui eft
eftimée deux cens mille livres , confifte en ballots
de foyeries, caiffes de drogues , & autres marchandifes
propres pour la traite des Negres.
On mande de Breft , que le Corfaire la Comteffe
de Bentheim, de Saint-Malo , a relâché dans ce pre
mier Port , où il a conduit le Navire Anglois
Affomption , allant de la Jamaïque à Londres
chargé de fucre & de café.
Le Navire l'Afrique , de Plymouth , chargé
dessobarriques de fardines , & de 130 barrils d'é
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
tain , a été pris par le Corfaire l'Intrépide , de
Bayonne , où il a été conduit.
Les lettres écrites de Bayonne , marquent que
le Corfaire l'Aurore , de ce port , Capitaine le
fieur Lavernis , a pris & y a conduit les Navires
Anglois la Rebecca , de Hul , de 200 tonneaux
armé de fix canons, chargé de 1400 barrils de goudron
; l'Entreprise , deLondres , de 160 tonneaux,
chargé de tabac en feuilles , & le Planter , de
Montfarrat , de 200 tonneaux , ayant pour
chargement
340 boucauts de fucre.
Le même Corfaire a fait conduire à Saint-Jeande-
Luz un autre Bâtiment Anglois , dont la cargaifon
eft compofée de 600 quintaux de morue
verte & féche.
Le Capitaine Jean Vergez , commandant le
Diligent , autre Corfaire de Bayonne , y a fait
conduire le Navire Anglois l'Edouard & Susanne,
de 160 tonneaux , chargé de fucre.
Le Capitaine Potier , commandant le Corfaire
l'Amiral Bart , de Calais , étant fur fa croifiere
près des côtes d'Angleterre découvrit un Brigantin
Anglois de cent cinquante tonneaux . A la vue du
Corfaire , ce Brigantin fe réfugia ſous le canon
des trois Forts de Haftings. Quoique le Capitaine
Potier n'eût que quatre canons , il attaqua le Bâtiment
ennemi , & il alloit l'aborder , lorſque l'équipage
Anglois prit le parti d'échouer . Sur ces
entrefaites parut un autre Navire que le Corfaire
enleva , & qu'il amena à Calais . Ce dernier Bâtiment
, qui fe nomme le Waterborn , eft de Boſton
dans la Nouvelle Angleterre. Il venoit de la Jamaïque
, & alloit à Londres. Sa charge eft eftimée
deux cens mille livres. C'eft la quatorzieme
prife qui ait été conduite à Calais depuis trois
mois , &la feptieme depuis le 18 jufqu'au 30 du
mois dernier.
AVRIL. 1757.
197
Ön mande de Marfeille , que le Corfaire le Colibry
, de 12 canons , & de 120 hommes d'équipage
, commandé par le Capitaine Georges-René
de Pleville-le Pelley , s'eft emparé des Navires Anglois
la Reine de Naples , allant de Gallipoly å
Londres , avec un chargement d'huile & de foie ;
le Guillaume , allant de Falmouth à Civita-Vecchia
, chargé d'étaim & de harengs , & la Marie
allant d'Yarmouth à Naples , & dont la charge
confiftoit en harengs & en plomb.
Selon des lettres de Toulon , un Grec établi depuis
quelques années en Provence s'embarqua der.
niérement fur une Tartane , dont l'équipage con
fiftoit feulement en trois François & trois Gênois.
Ce Bâtiment ayant été enlevé par un Corſaire Anglois
, monté de douze hommes ; le Capitaine du
Vaiffeau ennemi fit paffer le Grec & les trois Gênois
fur fon bord ; & y ayant laiffé trois Anglois ,
il monta fur la Tartane avec le refte de fon équipage.
Le Grec faifit une occafion favorable , qui
fe préfenta. Il tua lui feul les trois Anglois , à qui
leur Commandant avoit confié la garde du Corfaire.
Ayant abordé enſuite la Tartanne , il la reprit
avec le fecours des trois François & des trois Gênois.
Il a conduit à Toulon le Bâtiment , dont il
s'eft emparé.
On mande de Calais , que le Corfaire le Bart ;
de ce Port ' , commandé par le Capitaine Potier ,
y a conduit le Navire Anglois le Winterborn , de
130 tonneaux , chargé de fucre & d'autres marchandifes.
200
Le Corfaire le Duc d'Aumont , de Boulogne ,
s'eft rendu maître d'un Navire Anglois , de
tonneaux , qui revenoit de la Jamaïque avec une
cargaifon compofée de fucre , de tafia & de bois
d'Acajou.
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
Le Corfaire le Gros Thomas , du même Port , a
conduit à Calais le Navire l'Elifabeth & Catherine,
de 70 tonneaux , chargé de beurre & de
cuirs.
Le Tapageur & le Procureur , autres Corfaires
de Boulogne , fe font emparés , le premier de
deux Bâteaux Anglois , chargés l'un de bled ,
Pautre de charbon de terre , & le fecond du Navire
la Comteffe de Murray , de 90 tonneaux , chargé
de faumon falé .
Les Corfaires le Comte de Saint- Germain , de
Dunkerque , & le Don de Dieu , de Calais , ont
fait conduire à Boulogne un Bâteau de 70 tonneaux
, chargé d'oranges & de citrons , & le Brigantin
le Thomas David , de 120 tonneaux ,
chargé de grains.
Il eft arrivé à Fécamp un Navire Anglois de 220
tonneaux , armé de 8 canons , & de 37 hommes
d'équipage. Sa cargaiſon confifte en 1123 barrils
de poudre de guerre , en armes à feu de toutes
efpeces , en foyeries , clincailleries , & c. Ce Navire
a été pris par le Capitaine Canon , commandant
le Corfaire le Prince de Soubise , de Dunkerque.
Une prife Angloiſe faite par le Corſaire le Machault
, de Grandville , a échoué à la côte de
Langrune en Baffe Normandie ; mais on a fauvé
la cargaifon , compofée de 300 cuirs , de 2000
barrils de beurre , & de 1960 morues féches.
Le Corfaire le Comte de Clermont , de Saint-
Malo , commandé par le Capitaine Colin-de la
Brifelaine , s'eft emparé le troifieme jour de fa
croifiere , d'un Navire Anglois , de 240 tonneaux
, venant de la Jamaïque , & dont la charge
eft eftimée deux cens mille livres . Cette prife
que le Capitaine Brifelaine a conduite lui- même à
AVRIL. 1757. 199
k
Saint-Malo , avoit été faite d'abord par un Cor
faire de Bayonne , & lui avoit été enlevée par un
Armateur Anglois , fur qui le Corfaire le Comte
de Clermont l'a repriſe.
> Le Scott , autre Corfaire de Saint - Malo Capitaine
Pattard, s'eft auffi rendu maître du Navire
Anglois le Hardi , de 180 tonneaux , chargé de
fucre , de café , de coton & d'autres marchandifes
qu'il avoit prifes à la Nouvelle York .
On apprend par des lettres écrites de Bayonne,
que les Corfaires la Levrette & le Dauphin , de
ce Port , fe font emparés des Navires Anglois la
Suverne & le Louis , de Londres , de 250 tonneaux
chacun , & l'Owaftel , de Holt . Ces Bâtimens
font chargés , le premier de tabac & de fer ,
le fecond de fucre , de café & de tafia , & le troifieme
de tabac & de merrains.
de 70
Les Navires Anglois le Robert , de la Virginie ,
de 130 tonneaux , chargé de tabac , de fucre & de
pelleteries , & l'Endeavour , de Briſtol ,
tonneaux , dont la cargaifon eft composée d'hui
le , de poiffon & de morue verte , ont été pris
par les Corfaires l'Aimable Dauphin , de Ciboure
& l'Espérance , de Louisbourg , qui les ont
fait conduire à Bayonne.
>
Les Corfaires le Toulousain , le Faucon , le Té
lémaque & le Saint-Antoine , dit le Colibri , de
Marſeille , y ont conduit les Navires Anglois
l'Aigle , de Yarmouth , de 160 tonneaux , armé
de 2 canons , chargé de plomb & de harengs ; la
Vierge , de Bristol , de 130 tonneaux , chargé
de faumon & de morue ; le Harril , de Liverpool
, de 120 tonneaux , armé de 6 petits canons ,
chargé d'eau-de- vie & d'huile ; la Diane , de
Lynn , de 150 tonneaux , chargé de fromage , de
plomb & de harangs , & la Marie , qui a auffi
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
un chargement de harengs & de plomb.
On mande de Marfeille , que M. Pigache ;
Lieutenant de Vaiffeau , commandant le Vaiffeau
du Roi l'Hippopotame , armé en courfe , s'eft rendu
maître , à la hauteur de l'Ile Fromentiere
du Corfaire Anglois le Conftantin , de 18 canons ,
& de 130 hommes d'équipage.
>
Le Capitaine Macquet , qui commande le Corle
Don de Dieu , de Calais , a fait conduire à faire
Dunkerque le Navire Anglois les Trois Freres , de
110 tonneaux , chargé de charbon de terre , dont
il s'eft emparé.
Un Brigantin de 100 tonneaux , chargé d'eaude-
vie , de vin du Rhin , & de plufieurs autres
marchandiſes , a été pris par le Corfaire l'Epervier
, de Calais , & y a été conduit .
Le 17 Mars , les Actions de la Compagnie des
Indes étoient à quinze cens dix livres : les Billets
de la premiere Loterie Royal , à neuf cens quarante,
Ceux de la feconde & de la troisieme Loterie
n'avoient point de prix fixe.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le 15 février, à l'occasion de l'anniversaire du Roi, un Te Deum fut chanté à Notre-Dame et dans d'autres églises de Paris. Le Comte de Noailles, Gouverneur de Versailles, y assista avec les officiers du bailliage. Des feux et des salves de mousqueterie furent tirés par les Invalides, et les maisons furent illuminées. Le Roi accorda les honneurs de Grand-Croix de l'Ordre de Saint-Louis à M. de Crémille et ordonna l'équipement de chaque bataillon d'infanterie avec une pièce de canon suédoise. Le corps de la gendarmerie fut augmenté à 1240 hommes. M. le Comte de Saint-Florentin fut élu académicien honoraire à l'Académie Royale des Belles-Lettres, et M. Bertier de Sauvigny fut nommé Conseiller d'État et Intendant de la Généralité de Paris. Les évêques de Bretagne instituèrent une fête perpétuelle en l'honneur des Saints Anges Gardiens pour remercier Dieu d'avoir sauvé le Roi d'un attentat. Le Duc de Mirepoix célébra la convalescence du Roi à Montpellier par une fête incluant un Te Deum, des salves d'artillerie, un feu d'artifice et un bal. Le Roi régla les modalités de la tenue des Sceaux, nommant six Conseillers d'État et six Maîtres des Requêtes. Plusieurs Maréchaux de France furent nommés, dont le Duc de Mirepoix. L'Académie Royale des Belles-Lettres présenta au Roi des volumes de ses Mémoires et des ouvrages sur l'histoire des Huns et une carte des côtes de la Grèce. Divers régiments d'infanterie et de cavalerie furent accordés à plusieurs officiers promus. Des actions de grâce pour la conservation du Roi furent organisées, incluant une messe solennelle et le Te Deum à l'église métropolitaine. Le Prince Constantin de Rohan fut sacré évêque de Strasbourg. Plusieurs navires anglais furent capturés par des corsaires français. En avril 1757, plusieurs actions de corsaires français furent rapportées. À Roscoff, un navire de médecine arriva. Deux bâtiments anglais furent conduits à Saint-Malo, l'un chargé de citrons et d'oranges, l'autre de sel. Divers corsaires capturèrent des navires anglais chargés de marchandises variées, telles que du café, du sucre, du riz, du bois, et des produits pour la traite des nègres. À Marseille, plusieurs corsaires conduisirent des navires anglais chargés de plomb, de harengs, de saumon, de morue, d'eau-de-vie, d'huile et de fromage. Le 14 mars, M. l'Évêque d'Autun fut reçu à l'Académie Française, prononçant un discours de remerciement. Des réflexions sur l'usage et l'abus de la philosophie furent lues par M. d'Alembert.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9265
p. 200
BÉNÉFICE DONNÉ.
Début :
Sa Majesté a donné à M. l'Abbé de Boismon, Grand-Vicaire [...]
Mots clefs :
Abbé de Boismon, Grand-vicaire, Diocèses, Académie française
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICE DONNÉ.
BÉNÉFICE DONNÉ.
Sa Majefté a donné à M. l'Abbé de Boifmon ,
Grand- Vicaire du Dioceſe d'Amiens , de l'Académie
Françoiſe , l'Abbaye de Greftain , Dioceſe
de Lizieux , vacante par la démiffion de M. de
Renty.
Sa Majefté a donné à M. l'Abbé de Boifmon ,
Grand- Vicaire du Dioceſe d'Amiens , de l'Académie
Françoiſe , l'Abbaye de Greftain , Dioceſe
de Lizieux , vacante par la démiffion de M. de
Renty.
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9266
p. 201
SUPPLÉMENT A LA PARTIE FUGITIVE.
Début :
Nous prions le Lecteur d'ajouter à la Fable des Oeillets, page 54, [...]
Mots clefs :
Fable, Médaillon, Grâces, Apollon, Fontenelle, Titon du Tillet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT A LA PARTIE FUGITIVE.
SUPPLEMENT
A LA PARTIE FUGITIVE.
Nous prions le Lecteur d'ajouter à la
Fable des Oeillets , page 54 , après ce vers :
On le chicana fur l'odeur , cette moralité
qui doit la terminer :
Le même fort attend l'ouvrage de génie :
Qu'il brille dans les Arts & ſe montre paré
D'un éclat qui leur donne une nouvelle vie ,
Par la foule d'abord il fe voit cenfuré :
Le temps feul l'établit , & fait taire l'envie.
Cette Fable eft de M. Aubert.
Addition au morceau fur M. de Fontenelle
, page 86 , après ces mots : ce non
honoreroit un Souverain.
Note. Dès 1730 , M. Titon -da Tillet fit exécuter
le Médaillon de M. de Fontenelle. Au revers font
les trois Graces , Apollon & Minerve avec cette
légende :
Les Graces , Apollon , Minerve l'ont formé,
On peut voir ce Médaillon gravé avec quefques
autres dans le Parnaffe François de M. du
Tillet , page 32-
A LA PARTIE FUGITIVE.
Nous prions le Lecteur d'ajouter à la
Fable des Oeillets , page 54 , après ce vers :
On le chicana fur l'odeur , cette moralité
qui doit la terminer :
Le même fort attend l'ouvrage de génie :
Qu'il brille dans les Arts & ſe montre paré
D'un éclat qui leur donne une nouvelle vie ,
Par la foule d'abord il fe voit cenfuré :
Le temps feul l'établit , & fait taire l'envie.
Cette Fable eft de M. Aubert.
Addition au morceau fur M. de Fontenelle
, page 86 , après ces mots : ce non
honoreroit un Souverain.
Note. Dès 1730 , M. Titon -da Tillet fit exécuter
le Médaillon de M. de Fontenelle. Au revers font
les trois Graces , Apollon & Minerve avec cette
légende :
Les Graces , Apollon , Minerve l'ont formé,
On peut voir ce Médaillon gravé avec quefques
autres dans le Parnaffe François de M. du
Tillet , page 32-
Fermer
Résumé : SUPPLÉMENT A LA PARTIE FUGITIVE.
Le texte est un supplément à une œuvre littéraire. Il invite à ajouter une moralité à la fable des Œillets, page 54, soulignant que les œuvres de génie sont d'abord critiquées mais reconnues par le temps. La fable est attribuée à M. Aubert. Il mentionne aussi un médaillon de M. de Fontenelle, exécuté dès 1730 par M. Titon de Tillet, visible dans le 'Parnasse Français'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9267
p. 202-204
SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Début :
Des gens sans doute mal intentionnés, & jaloux de voir que le remede de M. [...]
Mots clefs :
Sieur Keyfer, Jalousie, Considération, Soldats, Dragées, Rumeurs, Vérité, Guérison, Santé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
SUPPLÉMENT
A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Hôpital de M. le Maréchal- Duc de Biron.
Des gens fans doute mal intentionnés , & jaloux
de voir que le remede de M. Keyfer non ſeulement
ne s'eft point encore démenti dans fes effets , mais
même acquiert de jour en jour la confidération
qu'il mérite , répandant fans ceffe dans Paris des
impoſtures malignes contre le remede & fes effets ,
en difant , tantôt que quantité de Soldats traités
par les dragées ont été manqués , & ont eù re-
Cours aux traitemens des Hôpitaux publics , tantôt
que la plus grande partie a la poitrine affectée &
Peftomac dérangé , tantôt qu'il fe donne des frictions
clandeftines à l'Hôpital de M. le Maréchal ,
impoſture d'autant plus groffiere & d'autant plus
ftupidement imaginée , qu'il y a trop d'yeux
non fufpects pour éclairer chaque jour les
traitemens qui s'y font , & que d'ailleurs on ne
fe fert pas même pour les panfemens de remedes
ordinaires ; pour
confondre toutes ces fauffetés
& faire une fois pour toutes parler la vérité , qui
feule préfide à cet Hôpital , M. le Maréchal ordonna
le onze du mois dernier , qu'il fût fait une
revue générale de tous les Soldats qui ont été
traités jufqu'à ce jour par ce remede , non feulement
dans fon Hôpital depuis fon établiſſement
mais même de ceux qui l'ont été il y a quinze &
dix-huit mois dans le temps des expériences faites
au Fauxbourg S.Jacques . En conféquence de quoi
>
AVRIL 1757. 203
>
cette revue s'étant faite ledit jour chez M. de
Cornillon , Major du Régiment des Gardes Fran
çoifes , en fa préfence , & celle d'un grand nom◄
bre d'Officiers & Sergens , par Meffieurs Guérin
Chirurgien-Major des Moufquetaires , Bourbelain
& Dieuzayde , Adminiſtrateurs de l'Hôpital
nous croyons devoir rendre compte & expoſer
aux yeux du Public les noms d'une trentaine de
ces Soldats traités tels qu'on les a pu raffembler ;
le refte étant abfent par congé ou montant alors
la garde à Verſailles , ajoutant néanmoins que les
Sergens des Compagnies des Soldats abfens , ont
certifié leur bon état , & qu'à leur retour il en
fera faite une pareille revue dont nous rendrons
également compte.
Etat des Soldats traités il y a 15 ou 18 mois an
: Fauxbourg Saint Jacques dans le temps des
expériences.
Bellerose , Saint-Julien , Francoeur , Laliberté ,
Tranquille , Maffon , Valentin , Laplume , Comtois
, Caumont , Latendreffe , Lefueur , Beauget ,
Lavigne , Leger.
Etat des Soldats nouvellement traités dans
l'Hôpital.
Francoeur , Simon , Blandin , Comtois , Léopold
, Lavertu , Gabriel , Acoulon , Dauvin ,
Laplante , Bavoyau , Vermenthon , Laloés , Lami
, Lourder , Briffau .
Certificat de M. Guerin , & de MM. Bourbelain
Dieuzayde.
Nous fouffignés , Chirurgien-Major des Monf
quetaires , invité par M, le Maréchal de Biron à
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
faire une revue générale de tous les Soldats du
Régiment des Gardes , traités , tant au Fauxbourg
S. Jacques , depuis le 22 Octobre 1756 , que dans
l'Hôpital du Fauxbourg S. Marceau , par les dragées
anti- véneriennes de M. Keyfer ; & nous
Bourbelain & Dieuzayde , Adminiſtrateurs dudit
Hôpital , certifions à M. le Maréchal , & à qui
il appartiendra , que tous les malades qui nous
ont été préſentés & dont les noms font ci - deffus ,
font parfaitement guéris , jouiffent de la meilleure
Tanté , & ne fe font plaint en aucune façon
de la poitrine ni de l'eftomac. En foi de quoi
nous avons figné le préfent Certificat. A Paris ,
le 12 Mars 1757. Guerin, Bourbelain , Dieuzayde.
Comme les effets des dragées anti- vénériennes
paroiffent aujourd'hui bien conftatés , & ne laiſfent
plus rien à defirer dans les comptes que nous
allons continuer de rendre tous les mois des nouveaux
traitemens , nous épargnerons aux yeux
de nos Lecteurs les détails défagréables que nous
avons inférés précédemment , & nous défignerons
feulement les noms des différens Malades, & ceux
de leurs Compagnies.
M. Keyfer nous prie de répéter qu'il fupplie
le Public d'être en garde , & de n'ajouter aucune
foi à quantité de gens qui ofent fe vanter d'avoir
de fes dragées , gens qui les contrefont , & defquels
il feroit à craindre qu'on ne devînt la
dupe, & peut-être la victime , ne répondant que
de celles qui feront adminiftrées par lui-même ,
ou par fes Affociés qui font actuellement au fait
de fa méthode.
I prie les perfonnes qui ont à lui écrire
d'adreffer leurs lettres rue & Ife S. Louis
A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Hôpital de M. le Maréchal- Duc de Biron.
Des gens fans doute mal intentionnés , & jaloux
de voir que le remede de M. Keyfer non ſeulement
ne s'eft point encore démenti dans fes effets , mais
même acquiert de jour en jour la confidération
qu'il mérite , répandant fans ceffe dans Paris des
impoſtures malignes contre le remede & fes effets ,
en difant , tantôt que quantité de Soldats traités
par les dragées ont été manqués , & ont eù re-
Cours aux traitemens des Hôpitaux publics , tantôt
que la plus grande partie a la poitrine affectée &
Peftomac dérangé , tantôt qu'il fe donne des frictions
clandeftines à l'Hôpital de M. le Maréchal ,
impoſture d'autant plus groffiere & d'autant plus
ftupidement imaginée , qu'il y a trop d'yeux
non fufpects pour éclairer chaque jour les
traitemens qui s'y font , & que d'ailleurs on ne
fe fert pas même pour les panfemens de remedes
ordinaires ; pour
confondre toutes ces fauffetés
& faire une fois pour toutes parler la vérité , qui
feule préfide à cet Hôpital , M. le Maréchal ordonna
le onze du mois dernier , qu'il fût fait une
revue générale de tous les Soldats qui ont été
traités jufqu'à ce jour par ce remede , non feulement
dans fon Hôpital depuis fon établiſſement
mais même de ceux qui l'ont été il y a quinze &
dix-huit mois dans le temps des expériences faites
au Fauxbourg S.Jacques . En conféquence de quoi
>
AVRIL 1757. 203
>
cette revue s'étant faite ledit jour chez M. de
Cornillon , Major du Régiment des Gardes Fran
çoifes , en fa préfence , & celle d'un grand nom◄
bre d'Officiers & Sergens , par Meffieurs Guérin
Chirurgien-Major des Moufquetaires , Bourbelain
& Dieuzayde , Adminiſtrateurs de l'Hôpital
nous croyons devoir rendre compte & expoſer
aux yeux du Public les noms d'une trentaine de
ces Soldats traités tels qu'on les a pu raffembler ;
le refte étant abfent par congé ou montant alors
la garde à Verſailles , ajoutant néanmoins que les
Sergens des Compagnies des Soldats abfens , ont
certifié leur bon état , & qu'à leur retour il en
fera faite une pareille revue dont nous rendrons
également compte.
Etat des Soldats traités il y a 15 ou 18 mois an
: Fauxbourg Saint Jacques dans le temps des
expériences.
Bellerose , Saint-Julien , Francoeur , Laliberté ,
Tranquille , Maffon , Valentin , Laplume , Comtois
, Caumont , Latendreffe , Lefueur , Beauget ,
Lavigne , Leger.
Etat des Soldats nouvellement traités dans
l'Hôpital.
Francoeur , Simon , Blandin , Comtois , Léopold
, Lavertu , Gabriel , Acoulon , Dauvin ,
Laplante , Bavoyau , Vermenthon , Laloés , Lami
, Lourder , Briffau .
Certificat de M. Guerin , & de MM. Bourbelain
Dieuzayde.
Nous fouffignés , Chirurgien-Major des Monf
quetaires , invité par M, le Maréchal de Biron à
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
faire une revue générale de tous les Soldats du
Régiment des Gardes , traités , tant au Fauxbourg
S. Jacques , depuis le 22 Octobre 1756 , que dans
l'Hôpital du Fauxbourg S. Marceau , par les dragées
anti- véneriennes de M. Keyfer ; & nous
Bourbelain & Dieuzayde , Adminiſtrateurs dudit
Hôpital , certifions à M. le Maréchal , & à qui
il appartiendra , que tous les malades qui nous
ont été préſentés & dont les noms font ci - deffus ,
font parfaitement guéris , jouiffent de la meilleure
Tanté , & ne fe font plaint en aucune façon
de la poitrine ni de l'eftomac. En foi de quoi
nous avons figné le préfent Certificat. A Paris ,
le 12 Mars 1757. Guerin, Bourbelain , Dieuzayde.
Comme les effets des dragées anti- vénériennes
paroiffent aujourd'hui bien conftatés , & ne laiſfent
plus rien à defirer dans les comptes que nous
allons continuer de rendre tous les mois des nouveaux
traitemens , nous épargnerons aux yeux
de nos Lecteurs les détails défagréables que nous
avons inférés précédemment , & nous défignerons
feulement les noms des différens Malades, & ceux
de leurs Compagnies.
M. Keyfer nous prie de répéter qu'il fupplie
le Public d'être en garde , & de n'ajouter aucune
foi à quantité de gens qui ofent fe vanter d'avoir
de fes dragées , gens qui les contrefont , & defquels
il feroit à craindre qu'on ne devînt la
dupe, & peut-être la victime , ne répondant que
de celles qui feront adminiftrées par lui-même ,
ou par fes Affociés qui font actuellement au fait
de fa méthode.
I prie les perfonnes qui ont à lui écrire
d'adreffer leurs lettres rue & Ife S. Louis
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Résumé : SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Le texte est un supplément à un article sur la chirurgie, traitant de l'hôpital du Maréchal-Duc de Biron. Des rumeurs malveillantes circulent concernant le remède de M. Keyfer, affirmant que des soldats traités par ce remède ont échoué et ont dû recourir à des soins hospitaliers publics, ou qu'ils souffrent de problèmes pulmonaires et gastriques. Ces allégations incluent également des accusations de frictions clandestines à l'hôpital. Pour réfuter ces fausses informations, le Maréchal a ordonné une revue générale des soldats traités par le remède de M. Keyfer. Cette revue a eu lieu le 11 avril 1757 chez M. de Cornillon, sous la supervision d'officiers et de chirurgiens. Une trentaine de soldats ont été examinés et déclarés guéris et en bonne santé. Les sergents des compagnies absentes ont certifié l'état de santé des soldats manquants. Un certificat signé par M. Guerin, Bourbelain et Dieuzayde confirme que les soldats traités par les dragées anti-vénériennes de M. Keyfer sont parfaitement guéris et ne souffrent d'aucun problème pulmonaire ou gastrique. M. Keyfer met en garde le public contre les contrefaçons de son remède et invite les personnes souhaitant le contacter à lui écrire rue et île Saint-Louis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9268
p. 205-210
MORTS.
Début :
Dame Susanne de Damas, Doyenne des Chanoinesses, & Comtesse de [...]
Mots clefs :
Morts, Comtesse, Chanoine, Comte, Maison de Wignacours, Chevalier, Maison d'Archeries
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
DAME Sufanne de Damas , Doyenne des Cha
noineffes , & Comteffe de Neuville , en Breffe ,
Dioceſe de Lyon , mourut à Neuville le 17 Septembre
1756. Le Chapitre ayant été tenu par
Madame de Broffes , Grand- Chantre , le 26 Octobre
fuivant , Dame Françoiſe de Tenay- de Saint-
Chriftophe fut élue unaniment pour lui fuccéder ,
& le 16 Novembre , elle a prêté ferment pour
fa
nouvelle Dignité entre les mains de S. E. M. le
Cardinal de Tencin , Archevêque & Comte de
Lyon. Les tente , & grande tente de Madame de
Saint- Chryftophe , ont été à la tête de ce Chapitre.
Elle eft fille du Marquis de Saint - Chryftophe
, ci devant Capitaine , Lieutenant des
Gendarmes d'Orleans.
Meffire Emé-Claude- François Gagne- de Perigny
, Chanoine honoraire de l'Eglife Métropolitaine
de Paris , & Abbé de l'Abbaye de Châtillonfur-
Seine , Ordre de Saint Auguftin , Congréga
tion de France , Diocefe de Langres , & de l'Abbaye
de Livry , même Ordre & même Congrégation
, Dioceſe de Paris , eft mort à Paris le 4 Oc¬
tobre dans fa foixante-onzieme année .
Robert Antoine , Comte de Wignacours , Ba
ron de Saint- Loup , Seigneur des terres & fiefs
nobles de Warnecourt , Charbogne , Chevenie ,
Verrieres , Briquemaux , les Auches , les Crelles ,
Maiſonnettes , les grand & petit Vivier , Toulie ,
le Griffon -Bromville , la Hamelle , Evignie ,
Mondignie , Sanglie , Sufanne , Ecordal , Bruncha
mel , &c, eft mort en fon château de Charbogne en
206 MERGURE DE FRANCE.
Champagne le 30 Octobre 1756 , âgé de 18 ans
trois mois & quinze jours. Il étoit Chef de l'ancienne
Maiſon de fon nom , qui tient rang entre
les plus grandes & les plus illuftres , & qui a donné
dans le dernier fiecle deux grands maîtres à
l'Ordre de Malte ( Alof de Wignacourt , élu
avec le concours général & unanime de tout
l'Ordre , & l'applaudiffement univerfel , en 1601,
& Adrien de Wignacourt en 1690 , ) & fils d'Antoine
, Marquis de Wignacourt , Seigneur de
Warnecourt , Evignie , Charbogne , &c. Gouverneur
de la ville de Donchery , & de Marie- Heleine-
Magdeleine de Villelongue , Dame de Brumehamel
, morts tous deux en 1736. Il avoit été
marié à Marie-Louiſe de Goujon Condé , morte le
jour de Pâques 1729 , de laquelle il a laiffé pour
fils unique Charles - Antoine - François Marie ,
Marquis de Wignacourt , Baron de Saint-Loup ,
Seigneur de Warnecourt , Brunehamel , Charbogne
, Evignie , Ecordal , &c. Chef actuel de la
maifon de Wignacourt , né le 30 Juillet 1727 ,
veuf du 7 Décembre 1754 , de Conftance Françoiſe
Duffon-de Bonnac , petite fille du feu Maréchal-
Duc de Biron , Pair de France , dont il a
une fille , Marie- Charlotte-Antoinette- Conftance-
Louife-Françoiſe de Wignacourt , née le 30 Octobre
1750.
Dame Marie-Jofephe- Charlotte - Henriette de
Gironde-de Buron , époufe d'Antoine de Chabannes
, Marquis de Curton , ancien Colonel d'Infanterie
, mourut le 12 Novembre au château du
Palais en Forez.
Le 22 Novembre 1756 , eft décédé au Château
d'Archeries en Normandie , dans la 91º année de
fon âge , Meffire François- Céfar -Augufte Charlemagne
, Comte d'Archeries, Chevalier , Barom
AVRIL. 1757. 207
F
d'Affre , Chevalier de Saint Louis , ancien Lieurenant
Colonel du Régiment de Champagne. Il
laiffe de fon mariage , fait en 1702 avec Dame
Claude-Françoife - Luce- Ingelberte de Vauché ,
d'une très-illuftre Maifon de l'Ile de France , trois
enfans : 1. Louis- Charles-Dagobert Célar , Comte
d'Archeries , né en 1711 , Capitaine de Cavalerie
dans le Régiment de Touraine , marié en
1751 avec Claude- Françoife- Etiennette d'Albes ,
de laquelle il a deux garçons ; 2 ° . Charles-Lothaire-
Claude d'Archeries , Chevalier de Malte , né en
1720 , Lieutenant dans le Régiment de fon frere :
3°. Mélanie - Pierrette - Jeanne - Amable Marie ,
marié en 1730 avec Claude-François-Etienne de
Villermot , Préfident au Parlement de Besançon ,
mort en 1741 .
La Maifon d'Archeries l'une des plus anciennes
& des plus illuftres de Normandie ( dont une branche
étoit établie en Bugey en 1590 , fuivant Guichenon
dans fon Hiftoire de Breffe de Bugey,
t. I ) , tire fon nom de la terre d'Archeries , fituée
dans l'élection d'Alençon à fix lieues de cette
Ville , qu'elle poffede dès le commencement du
enzieme fiecle qu'elle commence à paroître dans
l'hiftoire . On voit un Philippe , Chevalier , Seigneur
d'Archeries , qui en 1035 accompagne Robert
fecond , Duc de Normandie , dans fon Pélerinage
de Jérufalem. On trouve un autre Philippe
, Chevalier , Seigneur d'Archeries , qui commande
un corps de troupes dans la guerre que
Guillaume le Conquérant , Duc de Normandie ,
entreprit contre Philippe premier , Roi de France ,
vers l'an 1076. Mais la filiation n'eft exactement
fuivie que depuis Charles , Chevalier , Seigneur
d'Archeries , Capitaine de mille hommes de pied
en 1190 , pour le fervice de Richard Coeur - de208
MERCURE DE FRANCE.
Lion , Duc de Normandie. Ce Seigneur avoit
époufé une femme nommé Richilde , dont il eut
pour fils Charles , fecond du nom , Chevalier ,
Seigneur d'Archeries , dont le nom de la femme
eft inconnu , ainfi que celui de celle de fon fils
Guillaume , Seigneur d'Archeries , Gouverneur
de la ville de Rouen pour le Roi Philippe le
Hardi , qui le fit Chevalier en 1280. Jean , premier
du nom , Chevalier , Seigneur d'Archeries ,
fils de Guillaume , fut Capitaine d'une Compagnie
de trois cens Lances , fous Philippe le Bel en
1295 : celui-ci époufa Marguerite d'Ifles , qui fut
mere de Jean fecond , Chevalier , Seigneur d'Ascheries
, Capitaine de cent Lances , & Gouverneur
du Pont de l'Arche , fous Philippe de Valois en
1330 & 1350, marié en 1341 , à Ide Dame de Breches
, fille de Guillaume , Seigneur de Breches , &
de Jeanne de Malleville . De ce mariage il eur
entr'autres enfans Jean , troifieme du nom , Chevalier
, Seigneur d'Archeries , auquel le Roi Charles
VI en 1390 , fit don de mille livres tournois
en confidération de la belle défenfe qu'il fit au
fiege de la ville d'Alençon dont il étoit Gouverneur
; il avoit époufé dès le 8 Janvier 1381 ( vieux
ftyle ) Perrette de Stainville, Dame de Liville-Sanville
, &c. Il fut tué à la bataille d'Azincourt en
1415 , & fut pere de Jacques , Chevalier , Seigneur
d'Archeries-Brechen , Sanville , & c. Capitaine de
fix cens Lances pour le fervice du Roi , mort le
s Février 1460 ( vieux ftyle ) laiffant de fa femme
Jeannette de Boudeville , morte en 1463 , pour fils
aîné Charles , troifieme du nom , Chevalier , Seigneur
d'Archeries , &c. Gouverneur pour le Roi
Louis XI , du Pontau-de-Mer , mort en 1f08 ,
ayant épousé en 1464 Louife de Pontette , qui le
rendit pere de François , Chevalier , Seigneur
AVRIL 1757. 200
d'Archeries , Capitaine de cinquante hommes
d'Armes pour le Roi François premier , marié en
1500 à Claudine de Mandreville , dont le fils
Charles , quatrieme du nom , fut fait Chevalier
de l'Ordre du Roi en 1547. Il avoit épousé le 6
Juillet 1540 Jeanne de Mailli , fille de Louis ,
Seigneur d'Haucourt & de Saint- Léger , & d'Alphonfe
du Quefnoy ; ils eurent pour fils Louis ,
Chevalier , Seigneur d'Archeries , en faveur duquel
le Roi Henri quatre érigea la terre d'Archeries
en Comté , avec union des terres de Breche
& de Sanville , par Lettres Patentes du 10 Janvier
1596. Il époufa en 1590 Jeanne de Bifthelles ,
qui le rendit pere de François Philippe , Comte
d'Archeries , tué à la bataille de Caffel en 1677.
Il avoit épousé en 1630 le 10 Janvier , Claudine-
Charlotte de Bonneries , qui le rendit pere de
deux enfans ; à fçavoir , Louis -Jacques qui fuit ,
& Charles Augufte , dont la postérité a fini en
1730.
Louis- Jacques , Comte d'Archeries , Chevalier ,
Capitaine de Cavalerie dans le Régiment d'Enghien
, époufa en 1649 Charlotte de Solleville ,
& en eut Jacques - Charles , Comte d'Archeries ,
Colonel d'un Régiment d'Infanterie , mort en
1689 , ayant époufé en 1660 Jeanne-Claude
d'Eftinfec , qui fut mere de deux filles , & du
Comte d'Archeries qui donne lieu à cet article.
Dame Louife des Marets , époufe de Louis-
Pierre - Maximilien de Bethune , Duc de Sully ,
Pair de France , Chevalier de l'Ordre de la Toifon
d'Or , ci - devant premier Gentilhomme de la
chambre de feu Monfeigneur le Duc de Berry ,
& Colonel - Lieutenant du Regiment de la Reine
Infanterie , mourut à Paris le 28 Novembre , dans
fa foixante- douzieme année.
110 MERCURE DE FRANCE.
"
Henriette-Agathe de Lorraine , appellée Mile
de Brionne , mourut à Paris le 30 Novembre
âgée de vingt- cinq ans , quatre mois & dix- huit
jours. Elle étoit fille de feu Louis de Lorraine ,
Prince de Lambeſc , Comte de Brionne & de
Braine , Brigadier de Cavalerie , grand Sénéchal
héréditaire de Bourgogne , Gouverneur d'Anjou ,
des Ville & Château d'Anjeſt & de Pont-de-Cé , &
de feue Jeanne-Henriette-Marguerite de Durfors.
DAME Sufanne de Damas , Doyenne des Cha
noineffes , & Comteffe de Neuville , en Breffe ,
Dioceſe de Lyon , mourut à Neuville le 17 Septembre
1756. Le Chapitre ayant été tenu par
Madame de Broffes , Grand- Chantre , le 26 Octobre
fuivant , Dame Françoiſe de Tenay- de Saint-
Chriftophe fut élue unaniment pour lui fuccéder ,
& le 16 Novembre , elle a prêté ferment pour
fa
nouvelle Dignité entre les mains de S. E. M. le
Cardinal de Tencin , Archevêque & Comte de
Lyon. Les tente , & grande tente de Madame de
Saint- Chryftophe , ont été à la tête de ce Chapitre.
Elle eft fille du Marquis de Saint - Chryftophe
, ci devant Capitaine , Lieutenant des
Gendarmes d'Orleans.
Meffire Emé-Claude- François Gagne- de Perigny
, Chanoine honoraire de l'Eglife Métropolitaine
de Paris , & Abbé de l'Abbaye de Châtillonfur-
Seine , Ordre de Saint Auguftin , Congréga
tion de France , Diocefe de Langres , & de l'Abbaye
de Livry , même Ordre & même Congrégation
, Dioceſe de Paris , eft mort à Paris le 4 Oc¬
tobre dans fa foixante-onzieme année .
Robert Antoine , Comte de Wignacours , Ba
ron de Saint- Loup , Seigneur des terres & fiefs
nobles de Warnecourt , Charbogne , Chevenie ,
Verrieres , Briquemaux , les Auches , les Crelles ,
Maiſonnettes , les grand & petit Vivier , Toulie ,
le Griffon -Bromville , la Hamelle , Evignie ,
Mondignie , Sanglie , Sufanne , Ecordal , Bruncha
mel , &c, eft mort en fon château de Charbogne en
206 MERGURE DE FRANCE.
Champagne le 30 Octobre 1756 , âgé de 18 ans
trois mois & quinze jours. Il étoit Chef de l'ancienne
Maiſon de fon nom , qui tient rang entre
les plus grandes & les plus illuftres , & qui a donné
dans le dernier fiecle deux grands maîtres à
l'Ordre de Malte ( Alof de Wignacourt , élu
avec le concours général & unanime de tout
l'Ordre , & l'applaudiffement univerfel , en 1601,
& Adrien de Wignacourt en 1690 , ) & fils d'Antoine
, Marquis de Wignacourt , Seigneur de
Warnecourt , Evignie , Charbogne , &c. Gouverneur
de la ville de Donchery , & de Marie- Heleine-
Magdeleine de Villelongue , Dame de Brumehamel
, morts tous deux en 1736. Il avoit été
marié à Marie-Louiſe de Goujon Condé , morte le
jour de Pâques 1729 , de laquelle il a laiffé pour
fils unique Charles - Antoine - François Marie ,
Marquis de Wignacourt , Baron de Saint-Loup ,
Seigneur de Warnecourt , Brunehamel , Charbogne
, Evignie , Ecordal , &c. Chef actuel de la
maifon de Wignacourt , né le 30 Juillet 1727 ,
veuf du 7 Décembre 1754 , de Conftance Françoiſe
Duffon-de Bonnac , petite fille du feu Maréchal-
Duc de Biron , Pair de France , dont il a
une fille , Marie- Charlotte-Antoinette- Conftance-
Louife-Françoiſe de Wignacourt , née le 30 Octobre
1750.
Dame Marie-Jofephe- Charlotte - Henriette de
Gironde-de Buron , époufe d'Antoine de Chabannes
, Marquis de Curton , ancien Colonel d'Infanterie
, mourut le 12 Novembre au château du
Palais en Forez.
Le 22 Novembre 1756 , eft décédé au Château
d'Archeries en Normandie , dans la 91º année de
fon âge , Meffire François- Céfar -Augufte Charlemagne
, Comte d'Archeries, Chevalier , Barom
AVRIL. 1757. 207
F
d'Affre , Chevalier de Saint Louis , ancien Lieurenant
Colonel du Régiment de Champagne. Il
laiffe de fon mariage , fait en 1702 avec Dame
Claude-Françoife - Luce- Ingelberte de Vauché ,
d'une très-illuftre Maifon de l'Ile de France , trois
enfans : 1. Louis- Charles-Dagobert Célar , Comte
d'Archeries , né en 1711 , Capitaine de Cavalerie
dans le Régiment de Touraine , marié en
1751 avec Claude- Françoife- Etiennette d'Albes ,
de laquelle il a deux garçons ; 2 ° . Charles-Lothaire-
Claude d'Archeries , Chevalier de Malte , né en
1720 , Lieutenant dans le Régiment de fon frere :
3°. Mélanie - Pierrette - Jeanne - Amable Marie ,
marié en 1730 avec Claude-François-Etienne de
Villermot , Préfident au Parlement de Besançon ,
mort en 1741 .
La Maifon d'Archeries l'une des plus anciennes
& des plus illuftres de Normandie ( dont une branche
étoit établie en Bugey en 1590 , fuivant Guichenon
dans fon Hiftoire de Breffe de Bugey,
t. I ) , tire fon nom de la terre d'Archeries , fituée
dans l'élection d'Alençon à fix lieues de cette
Ville , qu'elle poffede dès le commencement du
enzieme fiecle qu'elle commence à paroître dans
l'hiftoire . On voit un Philippe , Chevalier , Seigneur
d'Archeries , qui en 1035 accompagne Robert
fecond , Duc de Normandie , dans fon Pélerinage
de Jérufalem. On trouve un autre Philippe
, Chevalier , Seigneur d'Archeries , qui commande
un corps de troupes dans la guerre que
Guillaume le Conquérant , Duc de Normandie ,
entreprit contre Philippe premier , Roi de France ,
vers l'an 1076. Mais la filiation n'eft exactement
fuivie que depuis Charles , Chevalier , Seigneur
d'Archeries , Capitaine de mille hommes de pied
en 1190 , pour le fervice de Richard Coeur - de208
MERCURE DE FRANCE.
Lion , Duc de Normandie. Ce Seigneur avoit
époufé une femme nommé Richilde , dont il eut
pour fils Charles , fecond du nom , Chevalier ,
Seigneur d'Archeries , dont le nom de la femme
eft inconnu , ainfi que celui de celle de fon fils
Guillaume , Seigneur d'Archeries , Gouverneur
de la ville de Rouen pour le Roi Philippe le
Hardi , qui le fit Chevalier en 1280. Jean , premier
du nom , Chevalier , Seigneur d'Archeries ,
fils de Guillaume , fut Capitaine d'une Compagnie
de trois cens Lances , fous Philippe le Bel en
1295 : celui-ci époufa Marguerite d'Ifles , qui fut
mere de Jean fecond , Chevalier , Seigneur d'Ascheries
, Capitaine de cent Lances , & Gouverneur
du Pont de l'Arche , fous Philippe de Valois en
1330 & 1350, marié en 1341 , à Ide Dame de Breches
, fille de Guillaume , Seigneur de Breches , &
de Jeanne de Malleville . De ce mariage il eur
entr'autres enfans Jean , troifieme du nom , Chevalier
, Seigneur d'Archeries , auquel le Roi Charles
VI en 1390 , fit don de mille livres tournois
en confidération de la belle défenfe qu'il fit au
fiege de la ville d'Alençon dont il étoit Gouverneur
; il avoit époufé dès le 8 Janvier 1381 ( vieux
ftyle ) Perrette de Stainville, Dame de Liville-Sanville
, &c. Il fut tué à la bataille d'Azincourt en
1415 , & fut pere de Jacques , Chevalier , Seigneur
d'Archeries-Brechen , Sanville , & c. Capitaine de
fix cens Lances pour le fervice du Roi , mort le
s Février 1460 ( vieux ftyle ) laiffant de fa femme
Jeannette de Boudeville , morte en 1463 , pour fils
aîné Charles , troifieme du nom , Chevalier , Seigneur
d'Archeries , &c. Gouverneur pour le Roi
Louis XI , du Pontau-de-Mer , mort en 1f08 ,
ayant épousé en 1464 Louife de Pontette , qui le
rendit pere de François , Chevalier , Seigneur
AVRIL 1757. 200
d'Archeries , Capitaine de cinquante hommes
d'Armes pour le Roi François premier , marié en
1500 à Claudine de Mandreville , dont le fils
Charles , quatrieme du nom , fut fait Chevalier
de l'Ordre du Roi en 1547. Il avoit épousé le 6
Juillet 1540 Jeanne de Mailli , fille de Louis ,
Seigneur d'Haucourt & de Saint- Léger , & d'Alphonfe
du Quefnoy ; ils eurent pour fils Louis ,
Chevalier , Seigneur d'Archeries , en faveur duquel
le Roi Henri quatre érigea la terre d'Archeries
en Comté , avec union des terres de Breche
& de Sanville , par Lettres Patentes du 10 Janvier
1596. Il époufa en 1590 Jeanne de Bifthelles ,
qui le rendit pere de François Philippe , Comte
d'Archeries , tué à la bataille de Caffel en 1677.
Il avoit épousé en 1630 le 10 Janvier , Claudine-
Charlotte de Bonneries , qui le rendit pere de
deux enfans ; à fçavoir , Louis -Jacques qui fuit ,
& Charles Augufte , dont la postérité a fini en
1730.
Louis- Jacques , Comte d'Archeries , Chevalier ,
Capitaine de Cavalerie dans le Régiment d'Enghien
, époufa en 1649 Charlotte de Solleville ,
& en eut Jacques - Charles , Comte d'Archeries ,
Colonel d'un Régiment d'Infanterie , mort en
1689 , ayant époufé en 1660 Jeanne-Claude
d'Eftinfec , qui fut mere de deux filles , & du
Comte d'Archeries qui donne lieu à cet article.
Dame Louife des Marets , époufe de Louis-
Pierre - Maximilien de Bethune , Duc de Sully ,
Pair de France , Chevalier de l'Ordre de la Toifon
d'Or , ci - devant premier Gentilhomme de la
chambre de feu Monfeigneur le Duc de Berry ,
& Colonel - Lieutenant du Regiment de la Reine
Infanterie , mourut à Paris le 28 Novembre , dans
fa foixante- douzieme année.
110 MERCURE DE FRANCE.
"
Henriette-Agathe de Lorraine , appellée Mile
de Brionne , mourut à Paris le 30 Novembre
âgée de vingt- cinq ans , quatre mois & dix- huit
jours. Elle étoit fille de feu Louis de Lorraine ,
Prince de Lambeſc , Comte de Brionne & de
Braine , Brigadier de Cavalerie , grand Sénéchal
héréditaire de Bourgogne , Gouverneur d'Anjou ,
des Ville & Château d'Anjeſt & de Pont-de-Cé , &
de feue Jeanne-Henriette-Marguerite de Durfors.
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Résumé : MORTS.
En 1756 et au début de 1757, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Dame Suzanne de Damas, Doyenne des Chanoinesses et Comtesse de Neuville, est décédée à Neuville le 17 septembre 1756. Dame Françoise de Tenay-Saint-Christophe a été élue pour lui succéder et a prêté serment le 16 novembre devant le Cardinal de Tencin. Messire Emé-Claude-François Gagne de Perigny, Chanoine honoraire de l'Église Métropolitaine de Paris et Abbé de l'Abbaye de Châtillon-sur-Seine, est mort à Paris le 4 octobre à l'âge de 61 ans. Robert Antoine, Comte de Wignacourt, est décédé le 30 octobre 1756 à l'âge de 18 ans et trois mois. Il était Chef de la Maison de Wignacourt et fils d'Antoine, Marquis de Wignacourt, et de Marie-Hélène-Madeleine de Villelongue. Dame Marie-Josèphe-Charlotte-Henriette de Gironde-de Buron, épouse d'Antoine de Chabannes, Marquis de Curton, est morte le 12 novembre au château du Palais en Forez. Messire François-César-Auguste Charlemagne, Comte d'Archeries, est décédé le 22 novembre 1756 à l'âge de 91 ans. Il laisse trois enfants de son mariage avec Dame Claude-Françoise-Luce-Ingelberte de Vauché. Dame Louise des Marets, épouse de Louis-Pierre-Maximilien de Béthune, Duc de Sully, est morte à Paris le 28 novembre à l'âge de 62 ans. Henriette-Agathe de Lorraine, appelée Mlle de Brionne, est décédée à Paris le 30 novembre à l'âge de 25 ans, 4 mois et 18 jours. Elle était fille de Louis de Lorraine, Prince de Lambesc, et de Jeanne-Henriette-Marguerite de Durfort.
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9269
p. 210-211
AVIS.
Début :
Le Sieur Fagonde, Marchand à Paris, rue S. Denis, à côté de Sainte [...]
Mots clefs :
Sieur Fagonde, Eau anticaustique, Brûlures, Guérison, Mal, Peau, Fièvre, Douleur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
La Sieur Fagonde , Marchand à Paris , rue S.
Denis , à côté de Sainte Catherine , à l'enſeigne
de la Toilette , débite l'Eau anticauftique , ainfi
appellée à caufe de fa vertu fouveraine pour la
guériſon prompte & sûre de toutes fortes de brûlures
, de quelque nature qu'elles puiffent être.
Perfonne n'ignore combien eft vive la douleur
excitée par l'action du feu ; la guériſon d'une brû-
Jure eft ordinairement affez longue , parce que le
mal augmente pendant dix à douze jours. Ce n'eft
d'abord qu'une rougeur plus ou moins grande;
furviennent enfuite des tumeurs féreuſes , vulgairement
appellées cloches ; la partie affligée fe
gonfle , & s'enfiamme de plus en plus : tout cela
eft accompagné de douleurs aigues qui fouvent oc
cafionnent la fievre ; la peau du malade fe roidit ;
les petites fibres ne pouvant plus faire leurs fonctions
, le détruiſent ; & enfin on refte ſouvent eftropié.
La liqueur anticauftique , appliquée àfroid , &
fouvent renouvellée , remédie tous ces accidens
: elle commence par appaifer la douleur , &
elle arrête enfuite très- promptement tout le
grès que le mal pourroit faire.
proAVRIL.
1757. 211
Le prix eft de 3 liv. le flacon de demi-fetier ;
le demi -flacon , 30 fols. Cette eau peut fe tranfporter
en tous lieux , & fe conſerve toujours ,
pourvu que les bouteilles foient bien bouchées.
La Sieur Fagonde , Marchand à Paris , rue S.
Denis , à côté de Sainte Catherine , à l'enſeigne
de la Toilette , débite l'Eau anticauftique , ainfi
appellée à caufe de fa vertu fouveraine pour la
guériſon prompte & sûre de toutes fortes de brûlures
, de quelque nature qu'elles puiffent être.
Perfonne n'ignore combien eft vive la douleur
excitée par l'action du feu ; la guériſon d'une brû-
Jure eft ordinairement affez longue , parce que le
mal augmente pendant dix à douze jours. Ce n'eft
d'abord qu'une rougeur plus ou moins grande;
furviennent enfuite des tumeurs féreuſes , vulgairement
appellées cloches ; la partie affligée fe
gonfle , & s'enfiamme de plus en plus : tout cela
eft accompagné de douleurs aigues qui fouvent oc
cafionnent la fievre ; la peau du malade fe roidit ;
les petites fibres ne pouvant plus faire leurs fonctions
, le détruiſent ; & enfin on refte ſouvent eftropié.
La liqueur anticauftique , appliquée àfroid , &
fouvent renouvellée , remédie tous ces accidens
: elle commence par appaifer la douleur , &
elle arrête enfuite très- promptement tout le
grès que le mal pourroit faire.
proAVRIL.
1757. 211
Le prix eft de 3 liv. le flacon de demi-fetier ;
le demi -flacon , 30 fols. Cette eau peut fe tranfporter
en tous lieux , & fe conſerve toujours ,
pourvu que les bouteilles foient bien bouchées.
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Résumé : AVIS.
L'avis traite de la vente de l'Eau anticauffique par le Sieur Fagonde, marchand à Paris, rue Saint-Denis, près de Sainte Catherine, à l'enseigne de la Toilette. Cette eau est reconnue pour son efficacité dans le traitement rapide et sûr des brûlures, indépendamment de leur nature. Les brûlures causent une douleur intense et une guérison lente, souvent accompagnée de complications telles que des rougeurs, des tumeurs, des gonflements, des inflammations, des douleurs aiguës, de la fièvre, et parfois des séquelles esthétiques. L'Eau anticauffique, appliquée à froid et renouvelée fréquemment, soulage la douleur et arrête rapidement la progression des dommages. Le prix de l'Eau anticauffique est de 3 livres pour un flacon de demi-setier et de 30 sols pour un demi-flacon. Elle peut être transportée et conservée dans des bouteilles bien bouchées.
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9270
p. 211
AUTRE.
Début :
Les grands progrès de l'Eau tirée de simples que le sieur Viale, [...]
Mots clefs :
Sieur Viale, Eau souveraine, Hernies, Bandages, Guérison, Contrefaçon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
part
Les grands progrès de l'Eau tirée de fimples que
le fieur Viale , Expert reçu à S. Cofme , compofe
pour toutes fortes de defcentes & hernies de tout
lexe & de toute nature , l'obligent d'en faire
au Public. C'eſt une Eau fouveraine qui ne peut
porter aucun préjudice à perfonne : ce qui eft
prouvé par un grand nombre d'expériences. C'eft
un topique dont ledit fieur donnera par écrit la
façon de fe fervir à ceux qui voudront le mettre
en ufage. Le prix de cette Eau eft de deux louis la
bouteille , qui feule fuffit pour la guériſon radicale
, comme on l'a pu lire dans les Gazettes du 6 &
du 30 Juillet dernier..
L'adreffe du fieur Viale eft toujours rue du Sépulchre
, vis-à-vis le corps- de -garde. Les perſonnes
qui ne fe pourront pas tenir tranquilles , feront
obligés de porter un bandage jufqu'à parfaite
guérifon . Il s'oblige auffi de fournir aux malades
des bandages très-parfaits , & à un prix convenable
; il s'offre même de reprendre ceux qu'il aura
fournis , & en rendra l'argent s'ils ne font pas
bien conditionnés. De plus , il donne avis que fon
remede a été contrefait , & que ceux qui en voudront
, s'adrefferont directement à lui pour en
avoir du véritable.
part
Les grands progrès de l'Eau tirée de fimples que
le fieur Viale , Expert reçu à S. Cofme , compofe
pour toutes fortes de defcentes & hernies de tout
lexe & de toute nature , l'obligent d'en faire
au Public. C'eſt une Eau fouveraine qui ne peut
porter aucun préjudice à perfonne : ce qui eft
prouvé par un grand nombre d'expériences. C'eft
un topique dont ledit fieur donnera par écrit la
façon de fe fervir à ceux qui voudront le mettre
en ufage. Le prix de cette Eau eft de deux louis la
bouteille , qui feule fuffit pour la guériſon radicale
, comme on l'a pu lire dans les Gazettes du 6 &
du 30 Juillet dernier..
L'adreffe du fieur Viale eft toujours rue du Sépulchre
, vis-à-vis le corps- de -garde. Les perſonnes
qui ne fe pourront pas tenir tranquilles , feront
obligés de porter un bandage jufqu'à parfaite
guérifon . Il s'oblige auffi de fournir aux malades
des bandages très-parfaits , & à un prix convenable
; il s'offre même de reprendre ceux qu'il aura
fournis , & en rendra l'argent s'ils ne font pas
bien conditionnés. De plus , il donne avis que fon
remede a été contrefait , & que ceux qui en voudront
, s'adrefferont directement à lui pour en
avoir du véritable.
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Résumé : AUTRE.
Le texte décrit une eau médicinale préparée par le sieur Viale, expert à Saint-Côme, destinée au traitement des descentes et hernies. Cette eau, qualifiée de souveraine et sans danger, est vendue à deux louis la bouteille, quantité suffisante pour une guérison complète. Viale fournit des instructions écrites sur son utilisation et réside rue du Sépulchre, face au corps-de-garde. Pour les patients incapables de rester tranquilles, il recommande le port d'un bandage jusqu'à guérison complète. Il propose également des bandages de qualité à un prix raisonnable, avec possibilité de remboursement en cas de mauvais conditionnement. Viale avertit que son remède a été contrefait et invite à s'adresser directement à lui pour obtenir le produit authentique.
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9271
p. 212
AUTRE.
Début :
M. Rabiqueau a commencé un Spectacle nouveau le 27 Mars, [...]
Mots clefs :
M. Rabiqueau, Spectacle, Représentations, Machine, Optique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
M. Rabiqueau a commencé un Spectacle
nouveau le 27 Mars , à fix heures du foir , & le
donnera fucceffivement tous les jours fans interruption
jufqu'après la Quafimodo. Les jours ouvrables
il y aura une premiere repréfentation à 3heures.
La premiere machine eft un Poële optique ,
qui chaufe, éclaire & cuit , par le moyen d'une
feule lampe . Un pigeon , &c. cuit à la broche
de ce poële eft un manger fucculent : on ne peut
atteindre ce degré par aucun autre feu.
La feconde eft une plaque optique , qui augmente
le feu de moitié.
La troifieme , le feu alchimique pour la fenfa→
nion des métaux , piece fort curieufe dont perfonne
n'eft à portée de comprendre le méchaniſme.
La quatrieme , &c. plufieurs optiques utiles aux
Deffinateurs , & très- curieux dans leur nouvelle
forme. ༣
On commencera par la Renommée , & on y
joindra la perdrix ingénieufe ; ce qui formera environ
deux heures de repréſentation.
Au Cabinet privilégié du Roi , rue S. Jacques ,
vis-à-vis les Filles Sainte Marie.
On prendra trois livres par perfonne.
Les Artiftes & les Etudians ne paieront que
1 liv. 4 fols , s'ils font au nombre de dix.
M. Rabiqueau a commencé un Spectacle
nouveau le 27 Mars , à fix heures du foir , & le
donnera fucceffivement tous les jours fans interruption
jufqu'après la Quafimodo. Les jours ouvrables
il y aura une premiere repréfentation à 3heures.
La premiere machine eft un Poële optique ,
qui chaufe, éclaire & cuit , par le moyen d'une
feule lampe . Un pigeon , &c. cuit à la broche
de ce poële eft un manger fucculent : on ne peut
atteindre ce degré par aucun autre feu.
La feconde eft une plaque optique , qui augmente
le feu de moitié.
La troifieme , le feu alchimique pour la fenfa→
nion des métaux , piece fort curieufe dont perfonne
n'eft à portée de comprendre le méchaniſme.
La quatrieme , &c. plufieurs optiques utiles aux
Deffinateurs , & très- curieux dans leur nouvelle
forme. ༣
On commencera par la Renommée , & on y
joindra la perdrix ingénieufe ; ce qui formera environ
deux heures de repréſentation.
Au Cabinet privilégié du Roi , rue S. Jacques ,
vis-à-vis les Filles Sainte Marie.
On prendra trois livres par perfonne.
Les Artiftes & les Etudians ne paieront que
1 liv. 4 fols , s'ils font au nombre de dix.
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Résumé : AUTRE.
M. Rabiqueau a inauguré un nouveau spectacle le 27 mars à 18 heures, avec des représentations quotidiennes jusqu'après la Quasimodo. Les jours ouvrables, une première représentation est prévue à 15 heures. Le spectacle présente plusieurs machines optiques innovantes, dont un poêle optique capable de chauffer, éclairer et cuire grâce à une seule lampe, permettant de cuire un pigeon à la broche. Une plaque optique augmente le feu de moitié, et un feu alchimique permet la fusion des métaux. Une série d'optiques utiles aux dessinateurs est également présentée. Le spectacle commence par 'La Renommée' et inclut 'la perdrix ingénieuse', pour une durée totale d'environ deux heures. Les billets sont vendus au Cabinet privilégié du Roi, rue Saint-Jacques, face aux Filles Sainte-Marie, au prix de trois livres par personne. Les artistes et étudiants bénéficient d'un tarif réduit à un livre et quatre sous, à condition de venir en groupe de dix.
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9272
p. 212-213
AUTRE.
Début :
Bechique souverain, ou Sirop pectoral, approuvé par Brevet du 24 [...]
Mots clefs :
Sirop béchique, Sirop pectoral, Humeurs engorgées, Poumons, Guérison, Dame veuve Mouton
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
BECHIQUE fouverain , ou Sirop pectoral , approuvé
par Brevet du 24 Août 1750 , pour les maladies
de poitrine , comme rhume , toux invéterées
, oppreffion , foibleffe de poitrine , & afAVRIL.
1757. 213
thme humide . Ce Béchique ayant la propriété
de fondre & d'atténuer les humeurs engorgées
dans le poulmon , d'adoucir l'acrimonie de la
lymphe , entant que Balfamique , & rétablir les
forces abattues en rappellant peu à peu l'appétit
& le fommeil , comme parfait reftaurant , produit
des effets fi rapides dans les maladies énoncées
, que la Bouteille taxée à fix livres , fcellée
& étiquetée à l'ordinaire , eft fuffifante pour en
éprouver toute l'efficacité avec fuccès.
Il ne fe débite que chez la Dame veuve Mou
ton , Marchande Apothicaire de Paris , rue Saint-
Denis, à côté de la rue Thevenot , vis - à - vis le
Roi François , à Paris.
BECHIQUE fouverain , ou Sirop pectoral , approuvé
par Brevet du 24 Août 1750 , pour les maladies
de poitrine , comme rhume , toux invéterées
, oppreffion , foibleffe de poitrine , & afAVRIL.
1757. 213
thme humide . Ce Béchique ayant la propriété
de fondre & d'atténuer les humeurs engorgées
dans le poulmon , d'adoucir l'acrimonie de la
lymphe , entant que Balfamique , & rétablir les
forces abattues en rappellant peu à peu l'appétit
& le fommeil , comme parfait reftaurant , produit
des effets fi rapides dans les maladies énoncées
, que la Bouteille taxée à fix livres , fcellée
& étiquetée à l'ordinaire , eft fuffifante pour en
éprouver toute l'efficacité avec fuccès.
Il ne fe débite que chez la Dame veuve Mou
ton , Marchande Apothicaire de Paris , rue Saint-
Denis, à côté de la rue Thevenot , vis - à - vis le
Roi François , à Paris.
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Résumé : AUTRE.
Le médicament 'Béchique' ou 'Sirop pectoral', approuvé par brevet le 24 août 1750, traite les maladies de poitrine comme le rhume, la toux et l'asthme. Il fluidifie les humeurs pulmonaires, adoucit la lymphe et restaure les forces. Vendu en bouteilles de six livres, il est disponible chez la Dame veuve Mouton, apothicaire à Paris, rue Saint-Denis.
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9273
p. 213
AUTRE.
Début :
Mademoiselle Desmoulins continue de distribuer la pâte de Guimauve, & le suc [...]
Mots clefs :
Pâte de guimauve, Suc de réglisse, Mlle Desmoulins, Maladies pulmonaires, Rhume, Asthme, Fluxion
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
ADEMOISELLE Defmoulins continue de diftribuer
la pâte de Guimauve , & le fuc de regliffe ,
ainfi que le faifoit feu Madame fa mere depuis
plus de so ans , de l'aveu & approbation de Meffieurs
les premiers Médecins du Roi , & avec confirmation
de fon Privilege , par Arrêt du Parlement
des 17 Mai & 4 Septembre 1747. On emploie
cette pâte pour toutes les maladies du
poulmon , toux , rhume , afthme , chaleur de
gorge , pituite , fluxions de poitrine & crachemens
de fang. Meffieurs les Médecins du Roi &
de la Faculté de Paris , s'en fervent dans toutes
les maladies , & en ordonnent l'ufage à leurs malades.
Le prix de ladite pâte & fuc eft de 8 livres
la livre,
Mlle Defmoulins demeure préfentement rue
du Cimetiere S. André des Arts , la premiere allée
à droite en fortant du Cloître , au premier étage
au deffus du Sculpteur , chez Mlle Charmeton,
ADEMOISELLE Defmoulins continue de diftribuer
la pâte de Guimauve , & le fuc de regliffe ,
ainfi que le faifoit feu Madame fa mere depuis
plus de so ans , de l'aveu & approbation de Meffieurs
les premiers Médecins du Roi , & avec confirmation
de fon Privilege , par Arrêt du Parlement
des 17 Mai & 4 Septembre 1747. On emploie
cette pâte pour toutes les maladies du
poulmon , toux , rhume , afthme , chaleur de
gorge , pituite , fluxions de poitrine & crachemens
de fang. Meffieurs les Médecins du Roi &
de la Faculté de Paris , s'en fervent dans toutes
les maladies , & en ordonnent l'ufage à leurs malades.
Le prix de ladite pâte & fuc eft de 8 livres
la livre,
Mlle Defmoulins demeure préfentement rue
du Cimetiere S. André des Arts , la premiere allée
à droite en fortant du Cloître , au premier étage
au deffus du Sculpteur , chez Mlle Charmeton,
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Résumé : AUTRE.
Mademoiselle Defmoulins distribue de la pâte de guimauve et du sirop de réglisse, une pratique approuvée par les Médecins du Roi et confirmée par un arrêt du Parlement en 1747. Ces produits traitent diverses maladies pulmonaires comme la toux et l'asthme. Ils sont prescrits par les Médecins du Roi et ceux de la Faculté de Paris. Le prix est de huit livres la livre. Mademoiselle Defmoulins réside rue du Cimetière Saint-André des Arts.
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9274
p. 214
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le premier volume du [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le premier volume du Mercure du mois d'Avril
& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreſſion. A Paris , ce 28 Mars 1757 .
GUIROY.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le premier volume du Mercure du mois d'Avril
& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreſſion. A Paris , ce 28 Mars 1757 .
GUIROY.
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9275
p. 214
ERRATA du Mercure de Mars.
Début :
Page 5, ligne 6, Et ne peins que les plaisirs. lisez, Et ne prens [...]
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texteReconnaissance textuelle : ERRATA du Mercure de Mars.
ERRATA
du Mercure de Mars.
PAGES , ligne 6 ,
lifez ,
Et ne peins que les plaifirs.
Et ne prens que les plaifirs.
Page 10 , ligne 11 , fongois , lifex , fongeois.
Page 90 , lig. 12 , de fa plus haute poéfie , lifez ,
de la plus haute poéfic.
Page 129 , ligne 20 ,
lifex ,
Ne font pas des fruits de garde.
Ne font pas des fruits de garde.
Page 138 , lig. 17 , il écrit auffi bien en François
qu'il juge bien du Latin moderne , lifex , qu'il
juge du Latin moderne.
Page 140 , on a déplacé la note fuivante ( 1 )
volume de Mars , en la mettant après ces mots ,
l'annoncer dans votre Mercure. Il faut la porter
à cette phrafe , lignes 10 11. Vous avez déja
commencé, Monfieur , à me rendrejustice.
du Mercure de Mars.
PAGES , ligne 6 ,
lifez ,
Et ne peins que les plaifirs.
Et ne prens que les plaifirs.
Page 10 , ligne 11 , fongois , lifex , fongeois.
Page 90 , lig. 12 , de fa plus haute poéfie , lifez ,
de la plus haute poéfic.
Page 129 , ligne 20 ,
lifex ,
Ne font pas des fruits de garde.
Ne font pas des fruits de garde.
Page 138 , lig. 17 , il écrit auffi bien en François
qu'il juge bien du Latin moderne , lifex , qu'il
juge du Latin moderne.
Page 140 , on a déplacé la note fuivante ( 1 )
volume de Mars , en la mettant après ces mots ,
l'annoncer dans votre Mercure. Il faut la porter
à cette phrafe , lignes 10 11. Vous avez déja
commencé, Monfieur , à me rendrejustice.
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Résumé : ERRATA du Mercure de Mars.
Le document liste les corrections nécessaires pour le Mercure de Mars, incluant des fautes d'orthographe et de typographie. Par exemple, 'lifez' doit être supprimé ou remplacé, comme à la page 6, ligne 6. D'autres corrections sont mentionnées aux pages 10, 90, 129, 138 et 140. Une note doit être repositionnée à la page 140. Certaines corrections ont déjà été initiées.
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9276
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Epitre à Madame... [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES
ARTICLES.
ARTICLE
PREMIER..
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
EPITRE à Madame ... partant pour l'Ile de
Corfe
Vers à Mademoiſelle ...
page s
L'Avantage du Sentiment , Anecdote ,
9
Epître à M. Aubert ,
38
Vers à Madame ***
Effai fur le caractere du Miſantrope
41
Vers à Sylvie,
Stances à Madame ... le jour de fa Fête ,
42
46
Manufcrit trouvé dans l'Archipel ,
47
Vers à Mademoiſelle de Luffan ,
48
Les deux Cillets , Fable ,
52
13
Eloge de M. de Fontenelle, par M. deVoltaire, 54
Vers fur la mort de M. de Fontenelle ,
Lettre à M. de Boifly , & Enigme ,
88
90
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure de Mars ,
Logogryphe ,
Chanfon ,
96
ibid.
୨୫
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Suite de l'Extrait de la Colombiade , & Vers à
Madame du Bocage ,
Précis ou Indications d'autres livres nouveaux ,
99
121
ART. III. SCIENCES AT BELLES LETTRES.
Médecine. Suite du Mémoire fur les Eaux minéra
les , &c.
Chirurgie. Examen de pluſieurs parties de cette
139
216
Science , par M. Bagieu , 155
Prix proposé par l'Académie de Chirurgie , 164
ART. IV. BIAUX - ARTS.
Mufique. 167
Gravure. 172
ART. V. SPECTACLES.
Comédie Françoiſe.
173
Comédie Italienne. 177
Opera Comique , 178
Nouvelles étrangeres ,
ARTICLE VI
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
Bénéfice donné ,
Supplément à la partie Fugitive ,
Supplément à l'Article de Chirurgie ,
Morts ,
Avis divers.
179
187
200
201
202
205
210
ARTICLES.
ARTICLE
PREMIER..
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
EPITRE à Madame ... partant pour l'Ile de
Corfe
Vers à Mademoiſelle ...
page s
L'Avantage du Sentiment , Anecdote ,
9
Epître à M. Aubert ,
38
Vers à Madame ***
Effai fur le caractere du Miſantrope
41
Vers à Sylvie,
Stances à Madame ... le jour de fa Fête ,
42
46
Manufcrit trouvé dans l'Archipel ,
47
Vers à Mademoiſelle de Luffan ,
48
Les deux Cillets , Fable ,
52
13
Eloge de M. de Fontenelle, par M. deVoltaire, 54
Vers fur la mort de M. de Fontenelle ,
Lettre à M. de Boifly , & Enigme ,
88
90
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure de Mars ,
Logogryphe ,
Chanfon ,
96
ibid.
୨୫
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Suite de l'Extrait de la Colombiade , & Vers à
Madame du Bocage ,
Précis ou Indications d'autres livres nouveaux ,
99
121
ART. III. SCIENCES AT BELLES LETTRES.
Médecine. Suite du Mémoire fur les Eaux minéra
les , &c.
Chirurgie. Examen de pluſieurs parties de cette
139
216
Science , par M. Bagieu , 155
Prix proposé par l'Académie de Chirurgie , 164
ART. IV. BIAUX - ARTS.
Mufique. 167
Gravure. 172
ART. V. SPECTACLES.
Comédie Françoiſe.
173
Comédie Italienne. 177
Opera Comique , 178
Nouvelles étrangeres ,
ARTICLE VI
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
Bénéfice donné ,
Supplément à la partie Fugitive ,
Supplément à l'Article de Chirurgie ,
Morts ,
Avis divers.
179
187
200
201
202
205
210
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles divisée en six sections. L'Article Premier rassemble des œuvres diverses en vers et en prose, telles que des épîtres, des vers dédiés à diverses personnes, des anecdotes, des fables, des élégies, des lettres, des énigmes et des logogryphes. Parmi les œuvres notables figurent 'L'Avantage du Sentiment,' 'Les deux Chiens,' une fable, et un 'Éloge de M. de Fontenelle' par Voltaire. L'Article II traite des nouvelles littéraires, incluant une suite de l'extrait de la 'Colombiade' et des vers dédiés à Madame du Bocage, ainsi qu'un précis d'autres livres nouveaux. L'Article III aborde les sciences et les belles-lettres, notamment la médecine et la chirurgie, avec des mémoires et des examens de diverses parties de ces disciplines. L'Article IV concerne les beaux-arts, incluant la musique et la gravure. L'Article V se concentre sur les spectacles, tels que la comédie française, la comédie italienne et l'opéra comique. Enfin, l'Article VI présente des nouvelles de la cour, de Paris, des bénéfices donnés, des suppléments, des avis divers et des décès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9277
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 98. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 98. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 98. [...] »
La Chanson notée doit regarder la page 98.
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9278
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch, Ant, Jombert,
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9279
p. 179-184
DU NORD
Début :
Le 15 de ce mois, le Chevalier Douglas, Ministre du Roi de France, [...]
Mots clefs :
Saint-Petersbourg, Prières pour le Roi de France, Copenhague, Inoculation de la petite vérole sur des enfants, Varsovie, Réponse au Mémoire raisonné de la Cour de Berlin, Roi de Prusse, Cour de Berlin, Mémoire, Roi
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texteReconnaissance textuelle : DU NORD
DU NORD
DE PETERSBOURG , le 26 Février.
Le 15 de ce mois , le Chevalier Douglas , Miniftre
du Roi de France , fit chanter le Te Deum
dans l'Eglife des Miffionnaires Catholiques Romains
, en action de graces de la confervation des
jours de Sa Majefté Très- Chrétienne. La Mufique
de l'Impératrice exécuta le Motet . Prefque tous les
Miniftres Etrangers & les Seigneurs y affifterent.
Le Chevalier Douglas donna le même jour une
fête des plus brillantes dans l'Hôtel loué pour le
Marquis de l'Hopital , qui vient réfider ici en qualité
d'Ambaffadeur de France. Cette Cour a partagé
la joie que le rétabliffement de la fanté du
Roi Très-Chrétien a caufée aux François établis
en cette Ville. Plufieurs Seigneurs Ruffiens ont
fait éclater leurs fentimens à cet égard , par de
fplendides repas & par des bals magnifiques.
DE COPENHAGUE , le 12 Mars.
Afin que le peuple puiffe profiter des avantages
de l'infertion de la petite vérole, le Gouvernement
a établi dans la mailon de Bonftræd , fix lits pour
pauvres enfans que leurs parens voudront les
faire inoculer.
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
Une tempête a jetté derniérement fur la côte de
Wefterhever dans l'Eiderftad , un poiffon dont on
ne connoît pas l'efpece , & qui a so pieds de longueur.
DE WARSOVIE , le 22 Février.
Dans l'écrit intitulé , Les preuves évidentes : réponse
au Mémoire raisonné de la Cour de Berlin ,
on compare la conduite du Roi à celle de Sa Majefté
Pruffienne. Au fujet de l'enlevement de plufieurs
papiers du Cabinet de Drefde , on fait les
obfervations fuivantes . « Il falloit , avant toutes
» chofes , que la Cour de Berlin fongeât à pallier
l'infraction qu'elle méditoit contre le droit
» des Gens. Pour cet effet , elle commença par
» débiter que le hazard avoit fait tomber les co-
» pies de diverfes pieces entre les mains du Roi de
» Pruffe , & que ces copies donnoient de juftes
» foupçons contre la Cour de Saxe. On parla de
» négociations fecrettes ; & fous le pretexte des
» inquiétudes qu'elles caufoient , on allégua la
» néceffité de s'emparer des actes originaux , de
crainte , difoit - on que le Miniftere Saxon ne
pût nier leur exiftence. Mais fi ces prétendues
copies font parvenues au Roi de Pruffe
» avant fon invafion en Saxe , comment ce Prince
» a-t'il déclaré formellement à la face de l'Euro-
» pe , qu'il n'avoit rien à la charge du Roi ? En
» même temps , fi Sa Majesté Pruffienne a eu
» quelques foupçons , n'étoit- il pas dans l'ordre
» de s'éclaircir s'ils étoient fondés ? Un Prince ,
» qui exalte fi fort fon amour pour le genre hune
devoit -il pas attendre qu'il n'y eût
» plus d'espérance à la réconciliation , avant que
» de fe permettre des hoftilités , qui entraînent la
» ruine de tant de milliers de Sujets innocens ?
» main
AVRIL 1757 1S1
» Le Roi de Pruffe a reconnu lui - même la juſtice
» de cette loi , en faisant demander trois fois à
» l'Impératrice Reine de Hongrie & de Bohême
» les intentions de cette Princeffe , quoiqu'il pré-
» tendît que les motifs de fon mécontentement
» contre Elle étoient fuffifans pour lui déclarer la
» guerre....... Les raifonnemens de la Cour de
> Berlin , ajoute-t'on , ne font pas plus confé-
» quens que les procédés . Qu'on examine toutes
» les pieces , qu'elle produit comme des témoins
>> non équivoques des dangereux projets de la
» Cour de Saxe , on trouvera qu'elles prouvent
>> feulement que
les Cours de Vienne & de Lon-
» dres ont follicité le Roi d'accéder au Traité de
» Petersbourg. Certainement cette acceffion au-
>> roit été auffi exempre de blâme , que le Traité
» même. Mais de plus , quoique l'Impératrice
» Reine de Ho grie , & le Roi de la Grande- Bretagne
aient pouffé très - vivement certe affaire
» depuis la premiere propofition qui en fut faite
» il y a dix ans , cette négociation n'est jamais
» parvenue à fa conclufion . Reconnoît-on à cela,
» cela ce defir ardent , que l'Auteur du mémoire
» raisonné , en faifant mention de la premiere
» inftruction donnée au Miniftre du Roi à Peters-
>> bourg , impure à la Cour de Saxe pour l'accef-
>> fion ? Etoit - ce à rechercher avidement l'occa-
» fion favorable de remettre fur le rapis le traité
» de partage projetté pour la ruine totale du Roi
» de Proffe , ainsi que S. M. Praffienne en accufe
» cette Cour dans le Mémoire préfenté le 4 Oc-
» tobre à Rat bonne de la part de ce Prince ? ..
» Que deviendroient les liens les plus facrés de la
» Société Quelle fûreté refteroit - il aux Nations
» pour u repos , fi pour juftifier l'attentat d'une
» invaſion hoſtile , entrepriſe contre un Voisin au
182 MERCURE DE FRANCE.
» fein de la paix , & fans avertiffement, il ne falloir
J
que le rendre fufpect de mauvaiſe volonté , &
» donner de fimples fuppofitions pour des preu-
» ves ? ... Les Miniftres de S. M. Polonoife , eft-
» il dit dans un autre endroit de cette réponſe
» ont le malheur d'être des objets marqués de difgrace
aux yeux de S. M. Pruffienne , & de fe
voir traités par fon ordre avec les expreffions les
» plus dures , & d'une maniere dont il eft difficile
de trouver des exemples. Quoique pénétrés de
» douleur d'avoir déplu à un fi grand Monarque ,
» ils ont cependant cette confolation , que faire
» éclater fa haine contre les Miniftres d'un Souve
>> rain , dont on fe déclare l'ennemi , c'eft ren-
» dre un témoignage authentique à la vigilance &
» à la fidélité de ces mêmes Miniftres pour le fer-
» vice de leur Maître. »
Ce Mémoire eſt ſuivi de quarante- quatre pieces
Juftificatives. Une des plus remarquables eft une
Lettre écrite de Strupen par le Roi au Roi de
Pruffe le 12 du mois de Septembre dernier. Elle eſt
conçue en ces termes.
"
« Monfieur mon Frere . Le Comte de Bellegarde
m'ayant rendu hier au foir , à fon retour
» la réponſe par laquelle Votre Majefté me donne
» encore à connoître , qu'il lui faut des précau-
» tions fuffifantes pour le libre cours de l'Elbe
» pendant la guerre qui s'allume entre Elle &
I'Impératrice Reine , & pour que mes troupes
» n'entreprennent rien contre Votre Majefté pen-
» dant cette même guerre , qui puiffe arrêter la
» Marche de fes troupes , je m'empreffe d'y faire
une autre réponſe , pour lever s'il eft poffi-
» ble , l'obftacle des défiances que Votre Majeſté
» femble avoir. Prêt à accorder l'un , & à promettre
l'autre , je fouhaiterois que Votre Ma-
>
AVRIL. 1757 . 183
30
» jefté voulût fe confier à ma parole royale ,
qu'aucun Miniftre n'a jamais tenté ni n'oferoit
» tenter de me faire violer. Cependant , fi Votre
» Majefté croit devoir infifter fur des fûretés en-
» core plus réelles , quoique ma parole pourroit
» fuffire , j'offre à Votre Majefté , pour lui affu-
» rer le libre cours de l'Elbe , qu'Elle tienne ,
>> pendant tout le temps de la guerre , des Garni-
»fons à Wittemberg & à Torgau , & je confenti-
>> rai même qu'Elle en mette une à Pyrna. Quant
» à la fûreté par rapport à l'armée , je ne vois
» d'autre expédient , que de lui donner des ôta-
» ges. Ces offres , à ce que j'efpere , fatisferont
» entiérement Votre Majefté , & la convaincront
» de la pureté de mes fentimens .
» Les conditions que j'ai à lui demander en
» échange , font , que Votre Majefté faffe éva-
» cuer tout le refte de mes Etats. Qu'Elle remette
» toutes les chofes dans la fituation où elles
» étoient avant l'entrée de fes troupes en Saxe ,
» & qu'Elle facilite & affure également le retour
>> des miennes dans leurs quartiers , avec les pré-
» cautions requiſes en pareille circonftance , aux
Places près que j'accorde , ainfi qu'il eft dit ci-
>> deffus , aux troupes de Votre Majeſté , lef-
» quelles y vivront pour leur argent , & ne s'y
» mêleront point du Gouvernement Civil . Pour
» abréger le détail de ces arrangemens , il dépen-
» dra de Votre Majefté de nommer quelqu'un
» comme je ferai de ma part , pour en convenir
» enſemble jufqu'à notre ratification . Votre Majefté
voit , combien je prends fur moi par les
> offres que je lui fais . Il me feroit impoffible de
» rien faire davantage , & j'aimerois mieux at-
» tendre toutes les extrêmités , que de manquer
» à ce que je dois à moi -même , à mes états & à
184 MERCURE DE FRANCE.
» mon armée. Remerciant au refte Votre Majeſté
» de tout ce qu'elle me dit d'obligeant pour moi &
» pour toute ma Famille Royale , je la prie d'être
» perfuadée des fentimens pleins de confidération
» d'eftime , avec lefquels je fuis , & c. »
DE PETERSBOURG , le 26 Février.
Le 15 de ce mois , le Chevalier Douglas , Miniftre
du Roi de France , fit chanter le Te Deum
dans l'Eglife des Miffionnaires Catholiques Romains
, en action de graces de la confervation des
jours de Sa Majefté Très- Chrétienne. La Mufique
de l'Impératrice exécuta le Motet . Prefque tous les
Miniftres Etrangers & les Seigneurs y affifterent.
Le Chevalier Douglas donna le même jour une
fête des plus brillantes dans l'Hôtel loué pour le
Marquis de l'Hopital , qui vient réfider ici en qualité
d'Ambaffadeur de France. Cette Cour a partagé
la joie que le rétabliffement de la fanté du
Roi Très-Chrétien a caufée aux François établis
en cette Ville. Plufieurs Seigneurs Ruffiens ont
fait éclater leurs fentimens à cet égard , par de
fplendides repas & par des bals magnifiques.
DE COPENHAGUE , le 12 Mars.
Afin que le peuple puiffe profiter des avantages
de l'infertion de la petite vérole, le Gouvernement
a établi dans la mailon de Bonftræd , fix lits pour
pauvres enfans que leurs parens voudront les
faire inoculer.
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
Une tempête a jetté derniérement fur la côte de
Wefterhever dans l'Eiderftad , un poiffon dont on
ne connoît pas l'efpece , & qui a so pieds de longueur.
DE WARSOVIE , le 22 Février.
Dans l'écrit intitulé , Les preuves évidentes : réponse
au Mémoire raisonné de la Cour de Berlin ,
on compare la conduite du Roi à celle de Sa Majefté
Pruffienne. Au fujet de l'enlevement de plufieurs
papiers du Cabinet de Drefde , on fait les
obfervations fuivantes . « Il falloit , avant toutes
» chofes , que la Cour de Berlin fongeât à pallier
l'infraction qu'elle méditoit contre le droit
» des Gens. Pour cet effet , elle commença par
» débiter que le hazard avoit fait tomber les co-
» pies de diverfes pieces entre les mains du Roi de
» Pruffe , & que ces copies donnoient de juftes
» foupçons contre la Cour de Saxe. On parla de
» négociations fecrettes ; & fous le pretexte des
» inquiétudes qu'elles caufoient , on allégua la
» néceffité de s'emparer des actes originaux , de
crainte , difoit - on que le Miniftere Saxon ne
pût nier leur exiftence. Mais fi ces prétendues
copies font parvenues au Roi de Pruffe
» avant fon invafion en Saxe , comment ce Prince
» a-t'il déclaré formellement à la face de l'Euro-
» pe , qu'il n'avoit rien à la charge du Roi ? En
» même temps , fi Sa Majesté Pruffienne a eu
» quelques foupçons , n'étoit- il pas dans l'ordre
» de s'éclaircir s'ils étoient fondés ? Un Prince ,
» qui exalte fi fort fon amour pour le genre hune
devoit -il pas attendre qu'il n'y eût
» plus d'espérance à la réconciliation , avant que
» de fe permettre des hoftilités , qui entraînent la
» ruine de tant de milliers de Sujets innocens ?
» main
AVRIL 1757 1S1
» Le Roi de Pruffe a reconnu lui - même la juſtice
» de cette loi , en faisant demander trois fois à
» l'Impératrice Reine de Hongrie & de Bohême
» les intentions de cette Princeffe , quoiqu'il pré-
» tendît que les motifs de fon mécontentement
» contre Elle étoient fuffifans pour lui déclarer la
» guerre....... Les raifonnemens de la Cour de
> Berlin , ajoute-t'on , ne font pas plus confé-
» quens que les procédés . Qu'on examine toutes
» les pieces , qu'elle produit comme des témoins
>> non équivoques des dangereux projets de la
» Cour de Saxe , on trouvera qu'elles prouvent
>> feulement que
les Cours de Vienne & de Lon-
» dres ont follicité le Roi d'accéder au Traité de
» Petersbourg. Certainement cette acceffion au-
>> roit été auffi exempre de blâme , que le Traité
» même. Mais de plus , quoique l'Impératrice
» Reine de Ho grie , & le Roi de la Grande- Bretagne
aient pouffé très - vivement certe affaire
» depuis la premiere propofition qui en fut faite
» il y a dix ans , cette négociation n'est jamais
» parvenue à fa conclufion . Reconnoît-on à cela,
» cela ce defir ardent , que l'Auteur du mémoire
» raisonné , en faifant mention de la premiere
» inftruction donnée au Miniftre du Roi à Peters-
>> bourg , impure à la Cour de Saxe pour l'accef-
>> fion ? Etoit - ce à rechercher avidement l'occa-
» fion favorable de remettre fur le rapis le traité
» de partage projetté pour la ruine totale du Roi
» de Proffe , ainsi que S. M. Praffienne en accufe
» cette Cour dans le Mémoire préfenté le 4 Oc-
» tobre à Rat bonne de la part de ce Prince ? ..
» Que deviendroient les liens les plus facrés de la
» Société Quelle fûreté refteroit - il aux Nations
» pour u repos , fi pour juftifier l'attentat d'une
» invaſion hoſtile , entrepriſe contre un Voisin au
182 MERCURE DE FRANCE.
» fein de la paix , & fans avertiffement, il ne falloir
J
que le rendre fufpect de mauvaiſe volonté , &
» donner de fimples fuppofitions pour des preu-
» ves ? ... Les Miniftres de S. M. Polonoife , eft-
» il dit dans un autre endroit de cette réponſe
» ont le malheur d'être des objets marqués de difgrace
aux yeux de S. M. Pruffienne , & de fe
voir traités par fon ordre avec les expreffions les
» plus dures , & d'une maniere dont il eft difficile
de trouver des exemples. Quoique pénétrés de
» douleur d'avoir déplu à un fi grand Monarque ,
» ils ont cependant cette confolation , que faire
» éclater fa haine contre les Miniftres d'un Souve
>> rain , dont on fe déclare l'ennemi , c'eft ren-
» dre un témoignage authentique à la vigilance &
» à la fidélité de ces mêmes Miniftres pour le fer-
» vice de leur Maître. »
Ce Mémoire eſt ſuivi de quarante- quatre pieces
Juftificatives. Une des plus remarquables eft une
Lettre écrite de Strupen par le Roi au Roi de
Pruffe le 12 du mois de Septembre dernier. Elle eſt
conçue en ces termes.
"
« Monfieur mon Frere . Le Comte de Bellegarde
m'ayant rendu hier au foir , à fon retour
» la réponſe par laquelle Votre Majefté me donne
» encore à connoître , qu'il lui faut des précau-
» tions fuffifantes pour le libre cours de l'Elbe
» pendant la guerre qui s'allume entre Elle &
I'Impératrice Reine , & pour que mes troupes
» n'entreprennent rien contre Votre Majefté pen-
» dant cette même guerre , qui puiffe arrêter la
» Marche de fes troupes , je m'empreffe d'y faire
une autre réponſe , pour lever s'il eft poffi-
» ble , l'obftacle des défiances que Votre Majeſté
» femble avoir. Prêt à accorder l'un , & à promettre
l'autre , je fouhaiterois que Votre Ma-
>
AVRIL. 1757 . 183
30
» jefté voulût fe confier à ma parole royale ,
qu'aucun Miniftre n'a jamais tenté ni n'oferoit
» tenter de me faire violer. Cependant , fi Votre
» Majefté croit devoir infifter fur des fûretés en-
» core plus réelles , quoique ma parole pourroit
» fuffire , j'offre à Votre Majefté , pour lui affu-
» rer le libre cours de l'Elbe , qu'Elle tienne ,
>> pendant tout le temps de la guerre , des Garni-
»fons à Wittemberg & à Torgau , & je confenti-
>> rai même qu'Elle en mette une à Pyrna. Quant
» à la fûreté par rapport à l'armée , je ne vois
» d'autre expédient , que de lui donner des ôta-
» ges. Ces offres , à ce que j'efpere , fatisferont
» entiérement Votre Majefté , & la convaincront
» de la pureté de mes fentimens .
» Les conditions que j'ai à lui demander en
» échange , font , que Votre Majefté faffe éva-
» cuer tout le refte de mes Etats. Qu'Elle remette
» toutes les chofes dans la fituation où elles
» étoient avant l'entrée de fes troupes en Saxe ,
» & qu'Elle facilite & affure également le retour
>> des miennes dans leurs quartiers , avec les pré-
» cautions requiſes en pareille circonftance , aux
Places près que j'accorde , ainfi qu'il eft dit ci-
>> deffus , aux troupes de Votre Majeſté , lef-
» quelles y vivront pour leur argent , & ne s'y
» mêleront point du Gouvernement Civil . Pour
» abréger le détail de ces arrangemens , il dépen-
» dra de Votre Majefté de nommer quelqu'un
» comme je ferai de ma part , pour en convenir
» enſemble jufqu'à notre ratification . Votre Majefté
voit , combien je prends fur moi par les
> offres que je lui fais . Il me feroit impoffible de
» rien faire davantage , & j'aimerois mieux at-
» tendre toutes les extrêmités , que de manquer
» à ce que je dois à moi -même , à mes états & à
184 MERCURE DE FRANCE.
» mon armée. Remerciant au refte Votre Majeſté
» de tout ce qu'elle me dit d'obligeant pour moi &
» pour toute ma Famille Royale , je la prie d'être
» perfuadée des fentimens pleins de confidération
» d'eftime , avec lefquels je fuis , & c. »
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Résumé : DU NORD
Le 15 février, le Chevalier Douglas, ministre du Roi de France, a organisé un Te Deum dans l'église des Missionnaires Catholiques Romains à Saint-Pétersbourg pour célébrer la récupération de la santé du Roi de France. La musique de l'Impératrice a interprété un motet, et presque tous les ministres étrangers et les seigneurs y ont assisté. Le même jour, Douglas a donné une fête somptueuse dans l'hôtel loué pour le Marquis de l'Hôpital, nouvel ambassadeur de France. La cour russe a partagé la joie des Français établis en ville, et plusieurs seigneurs russes ont exprimé leurs sentiments par des repas somptueux et des bals magnifiques. À Copenhague, le gouvernement a établi des lits pour les enfants pauvres dans la maison de Bonftræd afin qu'ils puissent être inoculés contre la petite vérole. Une tempête a jeté sur la côte de Westerhever un poisson inconnu de six pieds de longueur. À Varsovie, un écrit intitulé 'Les preuves évidentes' compare la conduite du Roi de Pologne à celle du Roi de Prusse concernant l'enlèvement de documents du Cabinet de Dresde. Le texte critique la Prusse pour avoir justifié son invasion en Saxe par des soupçons non fondés et des copies de documents. Il souligne l'injustice de déclarer la guerre sans preuve solide et sans tentative de réconciliation. Le Roi de Prusse a reconnu la nécessité de clarifier ses soupçons avant d'agir. Le mémoire est suivi de quarante-quatre pièces justificatives, dont une lettre du Roi de Pologne au Roi de Prusse datée du 12 septembre. Cette lettre propose des garanties pour assurer la libre navigation de l'Elbe et la sécurité des troupes pendant la guerre. Le Roi de Pologne offre également de retirer ses troupes des territoires prussiens en échange de la restitution de ses États et de la sécurité de ses armées.
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9280
p. 184-185
ALLEMAGNE.
Début :
Le Prince Charles de Lorraine commandera en chef l'armée de Boheme, [...]
Mots clefs :
Vienne, Prince Charles de Lorraine, Armée de Bohême, Comte de Browne, Feld-maréchal, Dresde, Régiments, Lieutenants, Berlin, Electorat de Brandebourg, Subvention
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE VIENNE , le 7 Mars.
Le Prince Charles de Lorraine commandera en
chef l'armée de Boheme , & il aura fous lui le
Feld-Maréchal Comte de Browne . L'armée de
Moravie aura pour Général le Feld Maréchal ,
Comte de Bathiany. Leurs Majeftés impériales
ont fait préfent d'une Toifon de foixante mille florins
à ce Feld - Maréchal en confidération du
zele.& de l'attachement qu'il a montrés pour la
perfonne de l'Archiduc Jofeph pendant la maladie
de ce Prince . Elles ont fait remettre au Maréchal
d'Eftrées , avant fon départ , leurs portraits enrichis
de diamans.
>
DE DRESDE , le 13 Mars.
Le 26 du mois dernier , le Major Général Ingerfleben
annonça aux Officiers Saxons , qui ont
été faits prifonniers de guerre , qu'avant le 17 de
ce mois ils euffent à fe retirer à Wittemberg , à
Lubben , à Guben & à Eifleben , pour n'en point
fortir fans une permiffion expreffe . Deux Efcadrons
du Régiment de Cuiraffiers de Rochau font
entrés depuis peu dans cette Ville .
S. M. Pruffienne a fait dire aux Officiers Saxons ,
prifonniers de guerre , qu'Elle accordoit donze
écus
par mois aux Capitaines , huit aux LieuteAVRIL.
1757. 185
nans , fix aux Sous-Lieutenans & aux Enfeignes.
Le Roi de Pruffe a ordonné de donner gratuitement
de fes Magafins à tous les Laboureurs de cet
Electorat , les grains dont ils ont besoin pour
enfemencer leurs terres. A la prochaine récolte ,
ils feront tenus de rendre un feizieme en fus de la
quantité de grains , qui leur aura été fournie.
DE BERLIN , le 17 Mars.
Le Roi a demandé à fon Electorat de Brandebourg
une fubvention extraordinaire , en forme
d'emprunt , dont il fera payé un intérêt de cinq
pour cent. Sa Majefté fait faire dans les Etats une
nouvelle levée de vingt-cinq mille hommes.
DE VIENNE , le 7 Mars.
Le Prince Charles de Lorraine commandera en
chef l'armée de Boheme , & il aura fous lui le
Feld-Maréchal Comte de Browne . L'armée de
Moravie aura pour Général le Feld Maréchal ,
Comte de Bathiany. Leurs Majeftés impériales
ont fait préfent d'une Toifon de foixante mille florins
à ce Feld - Maréchal en confidération du
zele.& de l'attachement qu'il a montrés pour la
perfonne de l'Archiduc Jofeph pendant la maladie
de ce Prince . Elles ont fait remettre au Maréchal
d'Eftrées , avant fon départ , leurs portraits enrichis
de diamans.
>
DE DRESDE , le 13 Mars.
Le 26 du mois dernier , le Major Général Ingerfleben
annonça aux Officiers Saxons , qui ont
été faits prifonniers de guerre , qu'avant le 17 de
ce mois ils euffent à fe retirer à Wittemberg , à
Lubben , à Guben & à Eifleben , pour n'en point
fortir fans une permiffion expreffe . Deux Efcadrons
du Régiment de Cuiraffiers de Rochau font
entrés depuis peu dans cette Ville .
S. M. Pruffienne a fait dire aux Officiers Saxons ,
prifonniers de guerre , qu'Elle accordoit donze
écus
par mois aux Capitaines , huit aux LieuteAVRIL.
1757. 185
nans , fix aux Sous-Lieutenans & aux Enfeignes.
Le Roi de Pruffe a ordonné de donner gratuitement
de fes Magafins à tous les Laboureurs de cet
Electorat , les grains dont ils ont besoin pour
enfemencer leurs terres. A la prochaine récolte ,
ils feront tenus de rendre un feizieme en fus de la
quantité de grains , qui leur aura été fournie.
DE BERLIN , le 17 Mars.
Le Roi a demandé à fon Electorat de Brandebourg
une fubvention extraordinaire , en forme
d'emprunt , dont il fera payé un intérêt de cinq
pour cent. Sa Majefté fait faire dans les Etats une
nouvelle levée de vingt-cinq mille hommes.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En mars 1757, des événements militaires et politiques marquants se déroulent en Allemagne. À Vienne, le Prince Charles de Lorraine est nommé commandant en chef de l'armée de Bohême, assisté par le Feld-Maréchal Comte de Browne. Le Feld-Maréchal Comte de Bathiany dirige l'armée de Moravie. L'Empereur et l'Impératrice récompensent le Comte de Browne avec soixante mille florins pour son dévouement à l'Archiduc Joseph et offrent des portraits enrichis de diamants au Maréchal d'Estrées avant son départ. À Dresde, le Major Général Ingerfleben ordonne aux officiers saxons prisonniers de se retirer dans plusieurs villes avant le 17 mars. Deux escadrons du Régiment de Cuirassiers de Rochau entrent dans la ville. Le Roi de Prusse accorde une allocation mensuelle aux officiers saxons prisonniers et ordonne de fournir gratuitement des grains aux laboureurs de l'Électorat, avec une obligation de rendre un seizième de la quantité fournie à la prochaine récolte. À Berlin, le Roi demande une subvention extraordinaire sous forme d'emprunt à son Électorat de Brandebourg, avec un intérêt de cinq pour cent, et ordonne une nouvelle levée de vingt-cinq mille hommes dans les États.
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9281
p. 185-186
PAYS-BAS.
Début :
Les Députés des Etats Généraux ayant rendu compte à leur assemblée [...]
Mots clefs :
La Haye, Député des États généraux, Déclaration, Comte d'Affry, Conférence, Paix, Sa Majesté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PAYS-BAS.
PAYS - BAS.
DE LA HAYE , le 10 Mars.
Les Députes des Etats Généraux ayant rendu
compte à leur affemblée de la Déclaration , que
le Comte d'Affry , Miniftre Plénipotentiaire du
Roi de France , leur avoit faite dans une conférence
qu'ils avoient eue avec lui le 28 du mois
dernier , Leurs Hautes Puiflances ont pris le premier
de ce mois une réfolution qu'ils ont fait remettre
au Comte d'Affry par le fieur Van Byemont,
leur Agent & qui contient en fubftance :
« Qu'Elles auroient fouhaité que les chofes ne
>> fuffent
pas venues au point qui oblige le Roi
» Très-Chrétien à faire marcher une armée vers
» le Bas-Rhin ; qu'Elles fouhaitent avec toute
» l'ardeur poffible , qu'une prompte paix pré-
» vienne les fuites de cette guerre , ainfi que Sa
» Majefté affure qu'Elle le défire Elle- même ; que
» Leurs Hautes Puiffances font infiniment redeva-
>
186 MERCURE DE FRANCE.
bles à Sa Majefté des affurances qu'Elle leur
» renouvelle de s'intéreffer à la prospérité de la
» République , & de vouloir en tout temps leur
en donner les preuves les moins équivoques ;
» que Leurs Hautes Puiffances de leur côté ne
» manqueront jamais de prouver par les effets ,
» combien Elles cherchent à conferver l'affection
» & la bienveillance de Sa Majefté , & qu'Elles
>> font fermement réſolues d'obſerver , avec la
plus inviolable fincérité , ce qu'Elles ont dé-
» claré à Sa Majefté par leur réſolution du a§
» Mai de l'année derniere. >>>
DE LA HAYE , le 10 Mars.
Les Députes des Etats Généraux ayant rendu
compte à leur affemblée de la Déclaration , que
le Comte d'Affry , Miniftre Plénipotentiaire du
Roi de France , leur avoit faite dans une conférence
qu'ils avoient eue avec lui le 28 du mois
dernier , Leurs Hautes Puiflances ont pris le premier
de ce mois une réfolution qu'ils ont fait remettre
au Comte d'Affry par le fieur Van Byemont,
leur Agent & qui contient en fubftance :
« Qu'Elles auroient fouhaité que les chofes ne
>> fuffent
pas venues au point qui oblige le Roi
» Très-Chrétien à faire marcher une armée vers
» le Bas-Rhin ; qu'Elles fouhaitent avec toute
» l'ardeur poffible , qu'une prompte paix pré-
» vienne les fuites de cette guerre , ainfi que Sa
» Majefté affure qu'Elle le défire Elle- même ; que
» Leurs Hautes Puiffances font infiniment redeva-
>
186 MERCURE DE FRANCE.
bles à Sa Majefté des affurances qu'Elle leur
» renouvelle de s'intéreffer à la prospérité de la
» République , & de vouloir en tout temps leur
en donner les preuves les moins équivoques ;
» que Leurs Hautes Puiffances de leur côté ne
» manqueront jamais de prouver par les effets ,
» combien Elles cherchent à conferver l'affection
» & la bienveillance de Sa Majefté , & qu'Elles
>> font fermement réſolues d'obſerver , avec la
plus inviolable fincérité , ce qu'Elles ont dé-
» claré à Sa Majefté par leur réſolution du a§
» Mai de l'année derniere. >>>
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Résumé : PAYS-BAS.
Le 10 mars, les députés des États Généraux des Pays-Bas ont rapporté une déclaration du Comte d'Affry, ministre plénipotentiaire du Roi de France, faite lors d'une conférence du 28 février. En réponse, les Hautes Puissances des Pays-Bas ont adopté une résolution le 1er mars, transmise au Comte d'Affry par le sieur Van Byemont. Cette résolution exprime le regret des événements ayant conduit le Roi de France à envoyer une armée vers le Bas-Rhin. Les Hautes Puissances souhaitent une paix rapide pour éviter les conséquences de la guerre, un désir partagé par le Roi de France. Elles réitèrent leur gratitude pour les assurances de soutien à la prospérité de la République et affirment leur intention de maintenir l'affection et la bienveillance du Roi. Les Hautes Puissances s'engagent à prouver leur fidélité et à observer avec sincérité les déclarations faites au Roi dans leur résolution du 1er mai de l'année précédente.
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9282
p. 186-189
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Les efforts, que les amis du sieur Byng ont faits pour le sauver, [...]
Mots clefs :
Londres, Amiral Byng, Exécution, Derniers sentiments, Écrit, Soldats, Mort par balle, Public, État, Jugement, Irlande
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , le 18 Mars.
•
Les efforts , que les amis du fieur Byng ont
faits le fauver , ayant été fans fuccès ; cet
pour
Amiral , par la fermeté avec laquelle il s'eft préparé
à la mort , a montré qu'on lui avoit reproché
injuftement trop d'attache à la vie. Le 14 jour
fixé pour l'exécution de la fentence prononcée
contre cet Officier , les Chaloupes de la Flotte
remplies par les Officiers des Vaiffeaux de guerre
& par les Soldats de Marine , fe font placées aux
stations , qui leur avoient été indiquées près du
Vaiffeau le Monarque . Sur le midi , le fieur Byng
eft forti de la chambre où il étoit détenu à bord
de ce Bâtiment. Le Chapelain du Vaiffeau , &
deux Officiers , l'accompagnoient . Il les a priés
d'accepter chacun une bourfe de cinquante guinées
: il a fait diftribuer auffi dix guinées à chacun
des neuf Soldats commandés pour l'arquebufer.
Enfuite il a remis un papier au fieur Guillaume
Brough , Maréchal de la Cour d'Amirauté , en
AVRIL. 1757. 187
2
lui difant : Monfieur , voici mes derniers fentimens.
Je vous prie de les rendre publics , afin de détruire
les imputations odieufes dont on m'a noirci . Le
double de cet écrit eft entre les mains d'un de mes
parens. Après avoir pris congé des performes qui
l'environnoient , le malheureux Amiral plus
tranquille que les témoins de ce lugubre fpectacle
, s'eft mis à genoux , & s'eft bandé lui-même
les yeux avec un mouchoir. Il en tenoit un autre ,
& il l'a laiffé tomber. C'étoit le fignal dont il
étoit convenu avec les foldats deftinés pour exécuter
la fentence. Auffi- tôt font partis fix coups
de fufil , tirés par fix de ces foldats . Trois autres
étoient prêts à faire feu : mais une ſeconde décharge
n'a pas été néceffaire ; l'Amiral ayant
reçu cinq balles dans la poitrine , & une dans le
milieu du front , eft tombé roide mort fur le côté
gauche. Ainfi a fini le fieur Byng , dont le nom
fera cité parmi ceux des illuftres infortunés , comme
le nom de fon frere le fera dans la lifte des
modeles de la tendreffe fraternelle. Une foule
innombrable de peuple étoit accourue fur le
rivage pour affifter à cette exécution . La multitude
n'a pu refufer fa fenfibilité à la mort d'un
homme , dont elle avoit pourſuivi la condamnation
avec tant d'ardeur. L'écrit que le fieur Byng
a remis au fieur Brough , contient ce qui fuit :
« Dans quelques inftans , je ferai délivré de la
» violente perfécution de mes ennemis , & je ne
» ferai plus en butte aux traits de leur méchan-
» ceté. Je n'ai garde de leur envier une vie qu'ils
doivent paffer dans les remords inféparables du
» crime. Après ma mort , on me rendra la juftice
» qui m'a été refuſée pendant ma vie. La maniere
>> dont on a excité contre moi les clameurs du
» peuple , & les motifs qu'on a eus de les entre188
MERCURE DE FRANCE.
» tenir , paroîtront dans tout leur jour . Ôn me
» regardera comme une victime deſtinée à détour-
» ner de leur véritable objet l'indignation & le
>> reffentiment d'une Nation offenfee & abuſée.
» Mes ennemis , eux- mêmes intérieurement , ne
>> font pas moins convaincus que mes amis de
» mon innocence . Il eſt heureux pour moi de
≫pouvoir emporter au tombeau cette perfuafion .
» Je ſouhaite de tout mon coeur que le ſacrifice
» de mon ſang puiſſe contribuer au bonheur pu-
» blic. Mais ma confcience ne me reprochant
» aucun des malheurs arrivés à ma patrie , je
>> ne puis me refuſer à moi-même la fatisfaction
» de protefter hautement que j'ai rempli fidéle-
➤ment mon devoir , & que j'ai fait tout l'uſage
» que j'ai pu de mes lumieres & de ma capacité ,
» pour l'honneur du Roi & pour le ſervice de
» l'Etat . Je ſuis mortifié que ma bonne volonté
» n'ait pas été ſuivie d'un fuccès plus heureux , &
» que l'armement , dont le commandement m'a
» été confié , ait été trop foible pour l'importance
» de l'expédition auquel il étoit deftiné . La vérité
» toutefois a triomphé du menſonge & de la ca-
» lomnie , & la juſtice elle- même à lavé la tache
>> ignominieuſe dont on m'avoit couvert , en
» m'imputant malignement d'avoir manqué de
» fidélité ou de courage. Mon coeur me rend té-
» moignagne que je ne fuis point en faute à ces
» deux égards . Mais quel eft l'homme affez pré-
»fomptueux pour le flatter qu'il ne fe trompe
» point dans les jugemens ? Je me crois inno-
» cent , & mes Juges m'ont cru coupable. Si je
» me trompe , on doit excuſer mon erreur , com-
» me étant le partage de l'humanité . Si ce font
» mes Juges qui fe font trompés , que Dieu leur
» pardonne , comme je fais , leur illuſion ! Puiffent
AVRIL 1757. 189
» le trouble & les allarmes qu'ils ont fait paroître
, lorfqu'ils m'ont condamné , fe calmer &
>> ceffer , comme tout reffentiment ceffe actuelle-
» ment de ma part ! Grand Dieu ! Juge ſuprême
de tous les coeurs ! tu as connu le mien : c'eſt à
» toi que je foumets la juftice de ma cauſe. »>
Signé , J. Byng. A bord du Vaiſſeau de guerre le
Monarque , dans le Havre de Portsmouth , le 14
ל כ
Mars
1757.
Le corps du fieur Byng a été tranfporté de
Portſmouth à fa terre de Southill , que cet Amiral
poffédoit dans le Duché de Bedfort.
Selon les avis reçus d'Irlande , cent Bâtimens de
tranſports , ayant à bord les troupes destinées
pour l'Amérique , ont fait voile de Cork , fous
Peſcorte de deux Vaiffeaux de guerre.
DE LONDRES , le 18 Mars.
•
Les efforts , que les amis du fieur Byng ont
faits le fauver , ayant été fans fuccès ; cet
pour
Amiral , par la fermeté avec laquelle il s'eft préparé
à la mort , a montré qu'on lui avoit reproché
injuftement trop d'attache à la vie. Le 14 jour
fixé pour l'exécution de la fentence prononcée
contre cet Officier , les Chaloupes de la Flotte
remplies par les Officiers des Vaiffeaux de guerre
& par les Soldats de Marine , fe font placées aux
stations , qui leur avoient été indiquées près du
Vaiffeau le Monarque . Sur le midi , le fieur Byng
eft forti de la chambre où il étoit détenu à bord
de ce Bâtiment. Le Chapelain du Vaiffeau , &
deux Officiers , l'accompagnoient . Il les a priés
d'accepter chacun une bourfe de cinquante guinées
: il a fait diftribuer auffi dix guinées à chacun
des neuf Soldats commandés pour l'arquebufer.
Enfuite il a remis un papier au fieur Guillaume
Brough , Maréchal de la Cour d'Amirauté , en
AVRIL. 1757. 187
2
lui difant : Monfieur , voici mes derniers fentimens.
Je vous prie de les rendre publics , afin de détruire
les imputations odieufes dont on m'a noirci . Le
double de cet écrit eft entre les mains d'un de mes
parens. Après avoir pris congé des performes qui
l'environnoient , le malheureux Amiral plus
tranquille que les témoins de ce lugubre fpectacle
, s'eft mis à genoux , & s'eft bandé lui-même
les yeux avec un mouchoir. Il en tenoit un autre ,
& il l'a laiffé tomber. C'étoit le fignal dont il
étoit convenu avec les foldats deftinés pour exécuter
la fentence. Auffi- tôt font partis fix coups
de fufil , tirés par fix de ces foldats . Trois autres
étoient prêts à faire feu : mais une ſeconde décharge
n'a pas été néceffaire ; l'Amiral ayant
reçu cinq balles dans la poitrine , & une dans le
milieu du front , eft tombé roide mort fur le côté
gauche. Ainfi a fini le fieur Byng , dont le nom
fera cité parmi ceux des illuftres infortunés , comme
le nom de fon frere le fera dans la lifte des
modeles de la tendreffe fraternelle. Une foule
innombrable de peuple étoit accourue fur le
rivage pour affifter à cette exécution . La multitude
n'a pu refufer fa fenfibilité à la mort d'un
homme , dont elle avoit pourſuivi la condamnation
avec tant d'ardeur. L'écrit que le fieur Byng
a remis au fieur Brough , contient ce qui fuit :
« Dans quelques inftans , je ferai délivré de la
» violente perfécution de mes ennemis , & je ne
» ferai plus en butte aux traits de leur méchan-
» ceté. Je n'ai garde de leur envier une vie qu'ils
doivent paffer dans les remords inféparables du
» crime. Après ma mort , on me rendra la juftice
» qui m'a été refuſée pendant ma vie. La maniere
>> dont on a excité contre moi les clameurs du
» peuple , & les motifs qu'on a eus de les entre188
MERCURE DE FRANCE.
» tenir , paroîtront dans tout leur jour . Ôn me
» regardera comme une victime deſtinée à détour-
» ner de leur véritable objet l'indignation & le
>> reffentiment d'une Nation offenfee & abuſée.
» Mes ennemis , eux- mêmes intérieurement , ne
>> font pas moins convaincus que mes amis de
» mon innocence . Il eſt heureux pour moi de
≫pouvoir emporter au tombeau cette perfuafion .
» Je ſouhaite de tout mon coeur que le ſacrifice
» de mon ſang puiſſe contribuer au bonheur pu-
» blic. Mais ma confcience ne me reprochant
» aucun des malheurs arrivés à ma patrie , je
>> ne puis me refuſer à moi-même la fatisfaction
» de protefter hautement que j'ai rempli fidéle-
➤ment mon devoir , & que j'ai fait tout l'uſage
» que j'ai pu de mes lumieres & de ma capacité ,
» pour l'honneur du Roi & pour le ſervice de
» l'Etat . Je ſuis mortifié que ma bonne volonté
» n'ait pas été ſuivie d'un fuccès plus heureux , &
» que l'armement , dont le commandement m'a
» été confié , ait été trop foible pour l'importance
» de l'expédition auquel il étoit deftiné . La vérité
» toutefois a triomphé du menſonge & de la ca-
» lomnie , & la juſtice elle- même à lavé la tache
>> ignominieuſe dont on m'avoit couvert , en
» m'imputant malignement d'avoir manqué de
» fidélité ou de courage. Mon coeur me rend té-
» moignagne que je ne fuis point en faute à ces
» deux égards . Mais quel eft l'homme affez pré-
»fomptueux pour le flatter qu'il ne fe trompe
» point dans les jugemens ? Je me crois inno-
» cent , & mes Juges m'ont cru coupable. Si je
» me trompe , on doit excuſer mon erreur , com-
» me étant le partage de l'humanité . Si ce font
» mes Juges qui fe font trompés , que Dieu leur
» pardonne , comme je fais , leur illuſion ! Puiffent
AVRIL 1757. 189
» le trouble & les allarmes qu'ils ont fait paroître
, lorfqu'ils m'ont condamné , fe calmer &
>> ceffer , comme tout reffentiment ceffe actuelle-
» ment de ma part ! Grand Dieu ! Juge ſuprême
de tous les coeurs ! tu as connu le mien : c'eſt à
» toi que je foumets la juftice de ma cauſe. »>
Signé , J. Byng. A bord du Vaiſſeau de guerre le
Monarque , dans le Havre de Portsmouth , le 14
ל כ
Mars
1757.
Le corps du fieur Byng a été tranfporté de
Portſmouth à fa terre de Southill , que cet Amiral
poffédoit dans le Duché de Bedfort.
Selon les avis reçus d'Irlande , cent Bâtimens de
tranſports , ayant à bord les troupes destinées
pour l'Amérique , ont fait voile de Cork , fous
Peſcorte de deux Vaiffeaux de guerre.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 14 mars 1757, l'amiral John Byng fut exécuté à bord du vaisseau le Monarque à Portsmouth. Malgré les tentatives de ses partisans pour le sauver, Byng accepta sa sentence avec dignité. Accompagné du chapelain du vaisseau et de deux officiers, il distribua des sommes d'argent aux personnes présentes et remit un écrit à Guillaume Brough, maréchal de la Cour d'Amirauté, dans lequel il exprimait son innocence et sa fidélité à son devoir. L'exécution se déroula en présence d'une foule nombreuse, dont la sensibilité contrastait avec l'ardeur précédente pour sa condamnation. Dans son écrit, Byng souligna son innocence, son dévouement à son pays et sa tristesse face à l'échec de son expédition. Son corps fut ensuite transporté à sa propriété de Southill dans le Duché de Bedford. Par ailleurs, cent bâtiments de transport, escortés par deux vaisseaux de guerre, quittèrent Cork en direction de l'Amérique avec des troupes à bord.
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9283
p. 189-197
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Il paroît une Ordonnance du Roi pour régler l'uniforme des Officiers de [...]
Mots clefs :
Habillement des soldats, Officier, Croix de Malte, Ducs, Maréchal de camp, Sceau, Ordonnances, Abbé, Chancelier, Chanoine, Nominations, Comte, Procès, Robert-François Damiens, Parricide, Suplice, Corsaires, Marchandises, Navires, Capitaines
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
L paroît une Ordonnance du Roi pour régler
P'uniforme des Officiers de l'Etat Major des Armées
de Sa Majeſté , & de ceux employés en qualité
d'Aides de Camp. Les uns & les autres porteront
des habits non croifés , de couleur vulgaire
ment appellée bleu de Roi , doublés d'une étoffe
de même couleur , lefquels habits feront garnis
de boutons de cuivre doré. Les Officiers de l'Etat
Major auront des boutonnieres en broderie de
fil d'or , huit de chaque côté jufqu'à la hauteur de
la poche , trois à chaque poche , & deux fur chaque
manche. Ceux de ces Officiers qui feront en
190 MERCURE DE FRANCE.
chef , pourront porter fur leurs habits un bordé
en borderie , dans le même goût que leurs boutonnieres.
S'ils font Officiers Généraux , ils
porteront
l'uniforme attaché à leur grade .
Le Grand Maître & le Confeil de l'Ordre de
Malte ont accordé à M. le Marquis & àMadame la
Marquife de Bauffrem.ont la permiffion de porter
la Croix de Malte. La Marquife de Bauffremont
tient des Ducs d'Atri , fes ancêtres maternels , de
la branche aînée defquels elle eft héritiere & repréfentante
, le droit de nommer une Commanderie
de l'Ordre dans la Tofcane , en qualité de Fondatrice.
Ce droit s'étend à fa poftérité de l'un &
Pautre fexe. र
M. de la Serre , Maréchal de Camp , Grand
Croix Honoraire de l'Ordre de Saint Louis , &
Gouverneur de l'Hôtel Royal des Invalides , a
obtenu la place d'Infpecteur Général de l'Infanterie
, qu'avoit le Maréchal de Thomond.
Le 18 Mars , le Roi tint le Sceau pour la feconde
fois , dans la même Piece de fon Appartement,
où Sa Majesté l'avoit déja tenu , & avec les mêmes
formalités qui avoient été obfervées le 4.
Il vient de fortir de deffous preffe trois nou
velles Ordonnances ; la premiere , portant création
d'un Régiment d'Infanterie Allemande , fous
le titre de Royal Deux Ponts ; la feconde , concernant
le ſervice du Corps Royal de l'Artillerie
& du Génie ; la troifieme , pour régler les équipages
& les tables dans les armées.
Le Roi a fait conftruire un Pavillon à l'extrê→
mité du Jardin du Château de la Meute , pour y
placer le Télescope de huit pieds , que le Pere
Noël , de la congrégation de Saint Maur , a fait
pour Sa Majesté fous les confeils du Duc de
Chaulnes. Sa Majesté y vit ce Télescope pour la
AVRIL. 1757.
191
premiere fois le 14 du mois de Décembre dernier.
Le 18 de ce mois , le Roi étant venu à ce
Château , le Pere Noel eut l'honneur de lui préfenter
une Machine Pneumatique
à deux corps
de pompe , d'une conftruction nouvelle . Sa Majefté
parut fatisfaite des expériences , que M. de
Lor fit avec cette Machine , & Elle prit auffi beaucoup
de plaifir à voir fouffler le verre, par M. Capidont
l'habileté dans cette partie eft reconnue de
tous les Phyficiens. M. de Fouchy , Secretaire
Perpétuel de l'Académie Royale des Sciences ,
traça en préſence du Roi une Meridienne,
M. l'Abbé de Breteuil a été nommé Chancelier-
Garde des Sceaux , Chef du Confeil , & Sur - Intendant
des Maiſon , Finances & Bâtimens du
Duc d'Orléans , à la place de M. de Silhouette ,
qui a donné ſa démiſſion.
"
M. l'Abbé de Foy , Chanoine de l'Eglife Cathédrale
de Maux a eu l'honneur de préfenter
au Roi le profpectus d'une defcription Hiftorique
, Géographique & Diplomatique , de la
France. M. le Comte de Saint- Florentin , Minif
tre & Secretaire d'Etat , qui conduifoit l'Auteur ,
rendit compte à Sa Majesté de l'état où eft cet
ouvrage important , dont feu M. Secouffe , penfionnaire
de l'Académie Royale des Belles- Lettres,
avoit conçu le projet, & que d'autres occupations
ont empêché cet Académicien d'entreprendre.
Encouragé par les exhortations de M. Secouffe.
M. l'Abbé de Foy s'eft chargé de l'exécution , en
adoptant pour la plus grande partie le plan de ce
Sçavant. La nouvelle defcription de la France fera
en fix Volumes in-folio. M. le Préfident Henault &
M. de Foncemagne ont confenti d'aider de leurs
confeils , l'Auteur dans fon travail. Peut-il être
mieux guidé?
1
C
192 MERCURE DE FRANCE.
Le Duc d'Orléans , le Prince de Condé , le
Comte de Clermont , le Prince de Conty , le
Comte de la Marche, Princes du Sang, & les Ducs
& Pairs , fe font rendus le 12 , le r9 , le 26 Février
, le S le 9 , le 21 , le 23 , le 24 & le 26
Mars , à la Grande Chambre , pour affifter à l'inftruction
du procés de Robert- François Damiens.
Le 21 & le 23 Mars , ils s'y font affemblés le matin
& l'après- midi . Ils y fiégerent le 26 depuis
huit heures du matin jufqu'à fept heures du foir.
Ce même jour , le coupable fut jugé . La Cour ordonna
que ce déteftable affaffin feroit amende
honorable devant la principale porte de l'Eglife
Métropolitaine , où il feroit conduit dans un
tombereau , nu en chemiſe , tenant une torche
de cire ardente , du poids de deux livres ; que delà
il feroit mené dans le même tombereau à la Place
de Greve ; que , fur un échafaud , il y ferroit
tenaillé aux mammelles , aux bras , aux cuiffes
, & aux gras de jambes , tenant de la main
droite le couteau dont il a commis fon affreux parricide
; qu'on lui brûleroit cette main avec du feu
de foufre ; que fur les endroits où il auroit été
tenaillé , on jetteroit du plomb fondu , de l'huile
bouillante , de la poix réfine , avec de la cire &
du foufre fondus enfemble ; qu'enfuite il feroit
tiré à quatre chevaux & écartelé , & ſes membres
& corps jettés dans un bucher , pour y être
confumés par le feu , & fes cendres jettées au vent.
Le 28 du mois dernier au matin , ce malheureux
fut appliqué à la queſtion ordinaire & extraordinaire
, & on le tint plus de deux heures dans les
tortures. Sur les deux heures après-midi , on le
fit fortir de la Conciergerie , pour le conduire au
fupplice. Lorfqu'il fut arrivé à la Place de Gréve ,
il demanda de monter à l'Hôtel de Ville. Il y a
déclaré
AVRIL. 1757. 193
déclaré qu'il n'y avoit ni complots , ni complices .
Ce monftre a fubi enfuite la punition dûe à fon
exécrable forfait. Ses tourmens ont duré trois
heures. Il étoit encore en vie ayant deux cuiffes
& le bras droit féparés du corps ; & il n'eft mort
qu'après que fon bras gauche a été détaché. Il
étoit né le 9 Janvier 1715 , au lieu de Thieulloy ,
en la Paroiffe de Monchi -Breton dans l'Artois.
Sa famille eft auffi obfcure que pauvre , & il a
paflé la plus grande partie de fa vie dans la plus
baffe domefticité . Il avoit déja commis plufieurs
crimes , avant de former l'abominable deffein qui
a achevé de le rendre l'objet de l'exécration publique
, & il avoit été obligé de s'enfuir de Paris
pour éviter les pourfuites de la Juftice . La maifon
où il a reçu le jour doit être démolie , & l'on ne
pourra à l'avenir élever fur le terrein de cere
maiſon aucun autre bâtiment.
Nous nous fommes reftraints jufqu'ici
à ne rien inférer fur cet article que d'après
la Gazette de France . Nous prions en conféquence
les Auteurs de ne plus nous envoyer
de Pieces qui y foient relatives : nous
perfiftons conftamment à ne faire ufage
d'aucune. Nous nous conformons en cela
aux premieres intentions de la Cour , qui
nous avoit ordonné le filence . Eh ! plût au
Ciel qu'il pût être gardé partout avec le
même fcrupule, & que pour la gloire de la
Nation, un fi noir attentat fût à jamais exclu
de l'hiftoire comme de notre Recueil !
M. le Comte de Biffy , Brigadier de Cavalerie ,
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
& premier Enfeigne de la feconde Compagnie
des Moufquetaires de la Garde du Roi , ayant
donné fa démiffion , Sa Majefté a difpofé de la
Cornette vacante , en faveur de M. le Comte de
Monteynard , Sous - Lieutenant au Régiment d'Infanterie
du Roi.
C Le Corfaire le Bart , de Calais , commandé
par le Capitaine Etienne- François Potier , a rançonné
deux Bâtimens Anglois pour 594 guinées.
Des Lettres écrites de Dieppe marquent que le
Corfaire le Baftien , de Boulogne , s'eft rendu
maître du Navise Anglois le Dally & Nancy , de
200 tonneaux , qui revenoit de la Jamaïque avec
un chargement qu'on eftime environ 300000 livres
, & qui confifte en 141 barriques de fucre ,
63 barriques de taffia , foo facs & 15 barriques
de poivre , 9 facs de coton , un fac de carret de
tortue , 570 cuirs , & 19 tonneaux de bois pour
teinture.
Le fieur de Breville , commandant le Corfaire la
Vengeance, de Saint - Malo , s'eft emparé d'un Senaw
Anglois, armé de 8 canons & de fix pierriers.
La Comteffe de Bentheim , autre Corfaire de
Saint Malo , a fait conduire à Breft le Paquebot
Anglois le Hanovre , armé de 14 canons , & de
62 hommes d'équipage , qui alloit de Falmouth à
Liſbonne.
Le Navire Anglois la Profpérité , de Darmouth
, a été pris & conduit dans la riviere de
Landerneau par le Corfaire le Cabriolet , du Conquet.
Il eft arrivé à la Rochelle un Brigantin Anglois
de 60 tonneaux , chargé de vin de Malaga , qui
a été pris par le Navire le Tavignon , de S. Malo .
Le Navire Anglois le Duc de Tofcane , de 300°
tonneaux , armé de 18 canons , de 4 pierriers 2
AVRIL. 1757. 195
& de 60 hommes d'équipage , a été pris par le
Corfaire le Grand Alexandre , de Marfeille ,
commandé par le Capitaine Martiche. La cargai
fon de ce Bâtiment , qui eft arrivé à Marſeille ,
confifte en 600 barrils de harengs , 500 quintaux
de plomb, 65 caiffes de tabac , &c .
La Marie défiée , autre Corfaire de Marſeille ,'
Capitaine le fieur Poulhariez , a conduit en ce
Port le Senaw Anglois l'Aventure , de 140 ton
neaux , chargé de morue & de faumon.
Le Capitaine Defbois , qui commande le Corfaire
le Puyzieulx , de Saint -Malo , s'eft emparé
des Navires Anglois le Howmiton , de 70 tonneaux
, chargé de charbon de terre ; & le Triwbreton
, de 100 tonneaux , chargé de mine de fer
Ces deux Bâtimens ont été conduits à Granville .
Le même Corfaire a fait conduire à Saint Malo
le Navire Anglois la Marie- Anne , de 80 tonneaux
, venant de la Caroline avec un chargement
d'indigo & de ris , & un Brigantin dont la cargaifon
confifte en oranges & en citrons.
On mande de Marſeille , que le Corſaire le
Roi Gafpard , de ce Port , dont eft Capitaine
François Roudeng , y a fait conduire le Senaw
Anglois la Catherine , n'ayant que fon left , & un
'Brigantin chargé d'huile & de limons.
Le Capitaine Sauvé , commandant le Corſaire
le Général Lally, de Boulogne , s'eft rendu maître
du Paquebot Anglois le Dauphin , armé de fix
' canons , de quatre pierriers & de vingt hommes
d'équipage. Outre plufieurs caiffes & coffres dont
ce Paquebot étoit chargé , on a trouvé à bord une
caiffe de lingots d'or pefant 238 livres . Cette
priſe a été conduite à Calais.
Le même Corſaire a rançonné fix Bâtimens Anglois
, pour la fomme de 975 guinées , & il en a
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
remis les ôtages dans le même Port.
Le Brigantin Anglois le Nancy, de 90 tonneaux,'
chargé de 90 barrils de graine de lin & de merrains
, a été pris par le Corfaire le Caincy , de
Dieppe , & eft arrivé à Dunkerque.
Le Capitaine Feray , qui commande le Corſaire
Le Comte d'Argenfon , de Dieppe , y a conduit un
Bâtiment dont le chargement eft composé de
canons , de boulets , de poudre , de fabres , de
chanvre , de toiles à voiles , & d'autres munitions
& marchandiſes.
Le Corfaire le Machault , de Granville , Capitaine
Magnonnet , a pris & conduit en ce Port le
Navire Anglois le Jean & Georges , de 300 tonneaux
, chargé de 1500 barrils de goudron , & de
2500 livres d'indigo.
Le Corfaire le Puyzieulx s'eft emparé des Navires
Anglois la Flore , de Bofton , de 90 tonneaux
, chargé d'huile de baleine & de goudron ,
& la Minerve , de Londres , de so tonneaux ,
armé de fix canons & quatre pierriers , dont la
cargaifon confifte en ris & en indigo. Ces deux
Bâtimens font arrivés à Saint-Malo .
Le Corfaire le Duc d'Aiguillon a fait conduire
en ce Port le Navire le Meffager de Bordeaux , de
60 tonneaux , chargé de vin & de fruits , & un
autre Bâtiment de 200 tonneaux , chargé de ris ,
d'indigo , de taffia , de bois de Campeche , &
d'autres marchandiſes .
11 eſt auſſi arrivé à Saint-Malo un autre Navire
Anglois de 150 tonneaux , appellé le Bofton- Galley,
de Bofton , qui a pour chargement 1300 barrils
de goudron , & 201 futailles d'indigo . Il a été
pris par le Corfaire la Comteffe de Bentheim.
Le Corfaire la Nouvelle Saxonne , de Bordeaux ,
y a conduit le Navire Anglois l'Ofgoot , venant de
AVRIL. 1757.
197
la Virginie , avec un chargement qui confifte en
250 boucauts de tabac , huit quarts d'indigo , 20
tonneaux de fer roulé , & autres marchandifes .
Le Navire Anglois le Duché de Beaufort , de
Bristol , chargé de fucre , de coton , de café , de
gingembre , & de bois de Campeche , a été pris
par le Corfaire la Repréfaille , de Bayonne.
La Cybelle , autre Corfaire de ce Port , y a fair
conduire le Navire le Molly , de Londres , de 300
tonneaux , ayant pour chargement 428 boucauts
de tabac , onze barrils & vingt- trois paquets de
pelleteries , & 25 barrils d'indigo.
Le Navire le Blackeney , de Londres , de roo
tonneaux , chargé de 208 barriques d'huile , &
autres marchandiſes , qui a été pris par le Corfaire
P'Espérance , de Bayonne , eft auffi arrivé en ce
Port.
On eftinformé que le Navire Anglois le Duc de
Scarborough , pris par le Navire la Marquise d'Amou
, de Bayonne , eft arrivé par relâche à Saint-
Ogne , & que fa cargaifon eft compofée de 600
barrils de faumon , vingt tonneaux de ftocfich
un boucaut d'indigo, une caiffe de caftors , & une
balle de toile.
L paroît une Ordonnance du Roi pour régler
P'uniforme des Officiers de l'Etat Major des Armées
de Sa Majeſté , & de ceux employés en qualité
d'Aides de Camp. Les uns & les autres porteront
des habits non croifés , de couleur vulgaire
ment appellée bleu de Roi , doublés d'une étoffe
de même couleur , lefquels habits feront garnis
de boutons de cuivre doré. Les Officiers de l'Etat
Major auront des boutonnieres en broderie de
fil d'or , huit de chaque côté jufqu'à la hauteur de
la poche , trois à chaque poche , & deux fur chaque
manche. Ceux de ces Officiers qui feront en
190 MERCURE DE FRANCE.
chef , pourront porter fur leurs habits un bordé
en borderie , dans le même goût que leurs boutonnieres.
S'ils font Officiers Généraux , ils
porteront
l'uniforme attaché à leur grade .
Le Grand Maître & le Confeil de l'Ordre de
Malte ont accordé à M. le Marquis & àMadame la
Marquife de Bauffrem.ont la permiffion de porter
la Croix de Malte. La Marquife de Bauffremont
tient des Ducs d'Atri , fes ancêtres maternels , de
la branche aînée defquels elle eft héritiere & repréfentante
, le droit de nommer une Commanderie
de l'Ordre dans la Tofcane , en qualité de Fondatrice.
Ce droit s'étend à fa poftérité de l'un &
Pautre fexe. र
M. de la Serre , Maréchal de Camp , Grand
Croix Honoraire de l'Ordre de Saint Louis , &
Gouverneur de l'Hôtel Royal des Invalides , a
obtenu la place d'Infpecteur Général de l'Infanterie
, qu'avoit le Maréchal de Thomond.
Le 18 Mars , le Roi tint le Sceau pour la feconde
fois , dans la même Piece de fon Appartement,
où Sa Majesté l'avoit déja tenu , & avec les mêmes
formalités qui avoient été obfervées le 4.
Il vient de fortir de deffous preffe trois nou
velles Ordonnances ; la premiere , portant création
d'un Régiment d'Infanterie Allemande , fous
le titre de Royal Deux Ponts ; la feconde , concernant
le ſervice du Corps Royal de l'Artillerie
& du Génie ; la troifieme , pour régler les équipages
& les tables dans les armées.
Le Roi a fait conftruire un Pavillon à l'extrê→
mité du Jardin du Château de la Meute , pour y
placer le Télescope de huit pieds , que le Pere
Noël , de la congrégation de Saint Maur , a fait
pour Sa Majesté fous les confeils du Duc de
Chaulnes. Sa Majesté y vit ce Télescope pour la
AVRIL. 1757.
191
premiere fois le 14 du mois de Décembre dernier.
Le 18 de ce mois , le Roi étant venu à ce
Château , le Pere Noel eut l'honneur de lui préfenter
une Machine Pneumatique
à deux corps
de pompe , d'une conftruction nouvelle . Sa Majefté
parut fatisfaite des expériences , que M. de
Lor fit avec cette Machine , & Elle prit auffi beaucoup
de plaifir à voir fouffler le verre, par M. Capidont
l'habileté dans cette partie eft reconnue de
tous les Phyficiens. M. de Fouchy , Secretaire
Perpétuel de l'Académie Royale des Sciences ,
traça en préſence du Roi une Meridienne,
M. l'Abbé de Breteuil a été nommé Chancelier-
Garde des Sceaux , Chef du Confeil , & Sur - Intendant
des Maiſon , Finances & Bâtimens du
Duc d'Orléans , à la place de M. de Silhouette ,
qui a donné ſa démiſſion.
"
M. l'Abbé de Foy , Chanoine de l'Eglife Cathédrale
de Maux a eu l'honneur de préfenter
au Roi le profpectus d'une defcription Hiftorique
, Géographique & Diplomatique , de la
France. M. le Comte de Saint- Florentin , Minif
tre & Secretaire d'Etat , qui conduifoit l'Auteur ,
rendit compte à Sa Majesté de l'état où eft cet
ouvrage important , dont feu M. Secouffe , penfionnaire
de l'Académie Royale des Belles- Lettres,
avoit conçu le projet, & que d'autres occupations
ont empêché cet Académicien d'entreprendre.
Encouragé par les exhortations de M. Secouffe.
M. l'Abbé de Foy s'eft chargé de l'exécution , en
adoptant pour la plus grande partie le plan de ce
Sçavant. La nouvelle defcription de la France fera
en fix Volumes in-folio. M. le Préfident Henault &
M. de Foncemagne ont confenti d'aider de leurs
confeils , l'Auteur dans fon travail. Peut-il être
mieux guidé?
1
C
192 MERCURE DE FRANCE.
Le Duc d'Orléans , le Prince de Condé , le
Comte de Clermont , le Prince de Conty , le
Comte de la Marche, Princes du Sang, & les Ducs
& Pairs , fe font rendus le 12 , le r9 , le 26 Février
, le S le 9 , le 21 , le 23 , le 24 & le 26
Mars , à la Grande Chambre , pour affifter à l'inftruction
du procés de Robert- François Damiens.
Le 21 & le 23 Mars , ils s'y font affemblés le matin
& l'après- midi . Ils y fiégerent le 26 depuis
huit heures du matin jufqu'à fept heures du foir.
Ce même jour , le coupable fut jugé . La Cour ordonna
que ce déteftable affaffin feroit amende
honorable devant la principale porte de l'Eglife
Métropolitaine , où il feroit conduit dans un
tombereau , nu en chemiſe , tenant une torche
de cire ardente , du poids de deux livres ; que delà
il feroit mené dans le même tombereau à la Place
de Greve ; que , fur un échafaud , il y ferroit
tenaillé aux mammelles , aux bras , aux cuiffes
, & aux gras de jambes , tenant de la main
droite le couteau dont il a commis fon affreux parricide
; qu'on lui brûleroit cette main avec du feu
de foufre ; que fur les endroits où il auroit été
tenaillé , on jetteroit du plomb fondu , de l'huile
bouillante , de la poix réfine , avec de la cire &
du foufre fondus enfemble ; qu'enfuite il feroit
tiré à quatre chevaux & écartelé , & ſes membres
& corps jettés dans un bucher , pour y être
confumés par le feu , & fes cendres jettées au vent.
Le 28 du mois dernier au matin , ce malheureux
fut appliqué à la queſtion ordinaire & extraordinaire
, & on le tint plus de deux heures dans les
tortures. Sur les deux heures après-midi , on le
fit fortir de la Conciergerie , pour le conduire au
fupplice. Lorfqu'il fut arrivé à la Place de Gréve ,
il demanda de monter à l'Hôtel de Ville. Il y a
déclaré
AVRIL. 1757. 193
déclaré qu'il n'y avoit ni complots , ni complices .
Ce monftre a fubi enfuite la punition dûe à fon
exécrable forfait. Ses tourmens ont duré trois
heures. Il étoit encore en vie ayant deux cuiffes
& le bras droit féparés du corps ; & il n'eft mort
qu'après que fon bras gauche a été détaché. Il
étoit né le 9 Janvier 1715 , au lieu de Thieulloy ,
en la Paroiffe de Monchi -Breton dans l'Artois.
Sa famille eft auffi obfcure que pauvre , & il a
paflé la plus grande partie de fa vie dans la plus
baffe domefticité . Il avoit déja commis plufieurs
crimes , avant de former l'abominable deffein qui
a achevé de le rendre l'objet de l'exécration publique
, & il avoit été obligé de s'enfuir de Paris
pour éviter les pourfuites de la Juftice . La maifon
où il a reçu le jour doit être démolie , & l'on ne
pourra à l'avenir élever fur le terrein de cere
maiſon aucun autre bâtiment.
Nous nous fommes reftraints jufqu'ici
à ne rien inférer fur cet article que d'après
la Gazette de France . Nous prions en conféquence
les Auteurs de ne plus nous envoyer
de Pieces qui y foient relatives : nous
perfiftons conftamment à ne faire ufage
d'aucune. Nous nous conformons en cela
aux premieres intentions de la Cour , qui
nous avoit ordonné le filence . Eh ! plût au
Ciel qu'il pût être gardé partout avec le
même fcrupule, & que pour la gloire de la
Nation, un fi noir attentat fût à jamais exclu
de l'hiftoire comme de notre Recueil !
M. le Comte de Biffy , Brigadier de Cavalerie ,
II. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
& premier Enfeigne de la feconde Compagnie
des Moufquetaires de la Garde du Roi , ayant
donné fa démiffion , Sa Majefté a difpofé de la
Cornette vacante , en faveur de M. le Comte de
Monteynard , Sous - Lieutenant au Régiment d'Infanterie
du Roi.
C Le Corfaire le Bart , de Calais , commandé
par le Capitaine Etienne- François Potier , a rançonné
deux Bâtimens Anglois pour 594 guinées.
Des Lettres écrites de Dieppe marquent que le
Corfaire le Baftien , de Boulogne , s'eft rendu
maître du Navise Anglois le Dally & Nancy , de
200 tonneaux , qui revenoit de la Jamaïque avec
un chargement qu'on eftime environ 300000 livres
, & qui confifte en 141 barriques de fucre ,
63 barriques de taffia , foo facs & 15 barriques
de poivre , 9 facs de coton , un fac de carret de
tortue , 570 cuirs , & 19 tonneaux de bois pour
teinture.
Le fieur de Breville , commandant le Corfaire la
Vengeance, de Saint - Malo , s'eft emparé d'un Senaw
Anglois, armé de 8 canons & de fix pierriers.
La Comteffe de Bentheim , autre Corfaire de
Saint Malo , a fait conduire à Breft le Paquebot
Anglois le Hanovre , armé de 14 canons , & de
62 hommes d'équipage , qui alloit de Falmouth à
Liſbonne.
Le Navire Anglois la Profpérité , de Darmouth
, a été pris & conduit dans la riviere de
Landerneau par le Corfaire le Cabriolet , du Conquet.
Il eft arrivé à la Rochelle un Brigantin Anglois
de 60 tonneaux , chargé de vin de Malaga , qui
a été pris par le Navire le Tavignon , de S. Malo .
Le Navire Anglois le Duc de Tofcane , de 300°
tonneaux , armé de 18 canons , de 4 pierriers 2
AVRIL. 1757. 195
& de 60 hommes d'équipage , a été pris par le
Corfaire le Grand Alexandre , de Marfeille ,
commandé par le Capitaine Martiche. La cargai
fon de ce Bâtiment , qui eft arrivé à Marſeille ,
confifte en 600 barrils de harengs , 500 quintaux
de plomb, 65 caiffes de tabac , &c .
La Marie défiée , autre Corfaire de Marſeille ,'
Capitaine le fieur Poulhariez , a conduit en ce
Port le Senaw Anglois l'Aventure , de 140 ton
neaux , chargé de morue & de faumon.
Le Capitaine Defbois , qui commande le Corfaire
le Puyzieulx , de Saint -Malo , s'eft emparé
des Navires Anglois le Howmiton , de 70 tonneaux
, chargé de charbon de terre ; & le Triwbreton
, de 100 tonneaux , chargé de mine de fer
Ces deux Bâtimens ont été conduits à Granville .
Le même Corfaire a fait conduire à Saint Malo
le Navire Anglois la Marie- Anne , de 80 tonneaux
, venant de la Caroline avec un chargement
d'indigo & de ris , & un Brigantin dont la cargaifon
confifte en oranges & en citrons.
On mande de Marſeille , que le Corſaire le
Roi Gafpard , de ce Port , dont eft Capitaine
François Roudeng , y a fait conduire le Senaw
Anglois la Catherine , n'ayant que fon left , & un
'Brigantin chargé d'huile & de limons.
Le Capitaine Sauvé , commandant le Corſaire
le Général Lally, de Boulogne , s'eft rendu maître
du Paquebot Anglois le Dauphin , armé de fix
' canons , de quatre pierriers & de vingt hommes
d'équipage. Outre plufieurs caiffes & coffres dont
ce Paquebot étoit chargé , on a trouvé à bord une
caiffe de lingots d'or pefant 238 livres . Cette
priſe a été conduite à Calais.
Le même Corſaire a rançonné fix Bâtimens Anglois
, pour la fomme de 975 guinées , & il en a
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
remis les ôtages dans le même Port.
Le Brigantin Anglois le Nancy, de 90 tonneaux,'
chargé de 90 barrils de graine de lin & de merrains
, a été pris par le Corfaire le Caincy , de
Dieppe , & eft arrivé à Dunkerque.
Le Capitaine Feray , qui commande le Corſaire
Le Comte d'Argenfon , de Dieppe , y a conduit un
Bâtiment dont le chargement eft composé de
canons , de boulets , de poudre , de fabres , de
chanvre , de toiles à voiles , & d'autres munitions
& marchandiſes.
Le Corfaire le Machault , de Granville , Capitaine
Magnonnet , a pris & conduit en ce Port le
Navire Anglois le Jean & Georges , de 300 tonneaux
, chargé de 1500 barrils de goudron , & de
2500 livres d'indigo.
Le Corfaire le Puyzieulx s'eft emparé des Navires
Anglois la Flore , de Bofton , de 90 tonneaux
, chargé d'huile de baleine & de goudron ,
& la Minerve , de Londres , de so tonneaux ,
armé de fix canons & quatre pierriers , dont la
cargaifon confifte en ris & en indigo. Ces deux
Bâtimens font arrivés à Saint-Malo .
Le Corfaire le Duc d'Aiguillon a fait conduire
en ce Port le Navire le Meffager de Bordeaux , de
60 tonneaux , chargé de vin & de fruits , & un
autre Bâtiment de 200 tonneaux , chargé de ris ,
d'indigo , de taffia , de bois de Campeche , &
d'autres marchandiſes .
11 eſt auſſi arrivé à Saint-Malo un autre Navire
Anglois de 150 tonneaux , appellé le Bofton- Galley,
de Bofton , qui a pour chargement 1300 barrils
de goudron , & 201 futailles d'indigo . Il a été
pris par le Corfaire la Comteffe de Bentheim.
Le Corfaire la Nouvelle Saxonne , de Bordeaux ,
y a conduit le Navire Anglois l'Ofgoot , venant de
AVRIL. 1757.
197
la Virginie , avec un chargement qui confifte en
250 boucauts de tabac , huit quarts d'indigo , 20
tonneaux de fer roulé , & autres marchandifes .
Le Navire Anglois le Duché de Beaufort , de
Bristol , chargé de fucre , de coton , de café , de
gingembre , & de bois de Campeche , a été pris
par le Corfaire la Repréfaille , de Bayonne.
La Cybelle , autre Corfaire de ce Port , y a fair
conduire le Navire le Molly , de Londres , de 300
tonneaux , ayant pour chargement 428 boucauts
de tabac , onze barrils & vingt- trois paquets de
pelleteries , & 25 barrils d'indigo.
Le Navire le Blackeney , de Londres , de roo
tonneaux , chargé de 208 barriques d'huile , &
autres marchandiſes , qui a été pris par le Corfaire
P'Espérance , de Bayonne , eft auffi arrivé en ce
Port.
On eftinformé que le Navire Anglois le Duc de
Scarborough , pris par le Navire la Marquise d'Amou
, de Bayonne , eft arrivé par relâche à Saint-
Ogne , & que fa cargaifon eft compofée de 600
barrils de faumon , vingt tonneaux de ftocfich
un boucaut d'indigo, une caiffe de caftors , & une
balle de toile.
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En 1757, plusieurs ordonnances royales et événements marquants ont été enregistrés en France. Une ordonnance royale a réglementé l'uniforme des officiers de l'État-Major et des aides-de-camp, qui devaient porter des habits bleus doublés de la même couleur, avec des boutons de cuivre doré et des broderies en fil d'or. Les officiers généraux devaient porter un uniforme correspondant à leur grade. Le Grand Maître et le Conseil de l'Ordre de Malte ont accordé au Marquis et à la Marquise de Bauffremont la permission de porter la Croix de Malte. La Marquise de Bauffremont, héritière des Ducs d'Atri, détenait le droit de nommer une commanderie de l'Ordre en Toscane. M. de la Serre, Maréchal de Camp et Grand Croix Honoraire de l'Ordre de Saint Louis, a été nommé Inspecteur Général de l'Infanterie. Le Roi a signé plusieurs ordonnances, dont la création d'un régiment d'infanterie allemande sous le titre de Royal Deux Ponts, et des règlements concernant le service de l'artillerie et du génie, ainsi que les équipages et les tables dans les armées. Le Roi a fait construire un pavillon pour y placer un télescope de huit pieds, présenté par le Père Noël. Il a également été satisfait des expériences réalisées avec une machine pneumatique et a assisté à la soufflerie du verre. L'Abbé de Breteuil a été nommé Chancelier-Garde des Sceaux et Chef du Conseil. L'Abbé de Foy a présenté au Roi un prospectus pour une description historique, géographique et diplomatique de la France, un projet initialement conçu par M. Secouffe. Plusieurs princes du sang et ducs ont assisté à l'instruction du procès de Robert-François Damiens, condamné pour avoir attenté à la vie du Roi. Damiens a été soumis à la question ordinaire et extraordinaire avant d'être exécuté par écartèlement. Des nouvelles de la marine rapportent plusieurs prises de navires anglais par des corsaires français, avec des cargaisons variées telles que du sucre, du tabac, du coton, et des bois de teinture. Le document décrit également la composition d'un navire nommé 'Ogne' et sa cargaison, qui se composait de 600 barils de saumon, 20 tonneaux de stockfish, un boucaut d'indigo, une caiffe de castors et une balle de toile.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9284
p. 197
BÉNÉFICE DONNÉ.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye de Saint-Quentin en Isle, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICE DONNÉ.
BÉNÉFICE DONNÉ.
Sa Majesté a donné l'Abbaye de Saint-Quentin
en Ifle , Ordre de S. Benoît , Dioceſe de Noyon ,
au Prince de Salm - Salm.
Sa Majesté a donné l'Abbaye de Saint-Quentin
en Ifle , Ordre de S. Benoît , Dioceſe de Noyon ,
au Prince de Salm - Salm.
Fermer
9285
p. 198-200
SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Début :
Nous avons prévenu dans le volume du mois d'Avril, que nous [...]
Mots clefs :
Sieur Keyfer, Traitement, Remèdes, Guérison, État de santé, Registres de l'hôpital
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
SUPPLÉMENT
A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron.
Troifieme traitement par le Remede du fieur
Keyfer.
Extrait des Regiftres de l'Hôpital , du 17 Mars.
Nous ous avons prévenu dans le volume du mois
d'Avril , que nous épargnerions dorénavant aux
yeux de nos Lecteurs les détails défagréables de
ces maladies ; ainfi nous nous contenterons de
donner les noms des Soldats , ceux de leurs Compagnies
, & d'ajouter qu'ils étoient tous attaqués
des maux de ce genre les plus graves & les plus
difficiles à traiter.
ETAT des douze Malades du troiſieme traitement,
nouvellement guéris.
Premier malade. Dominique Albain , Compagnie
de la Tour. Ce malade , indépendamment
de quantité de fymptomes caractérifés , avoit de
grands maux de poitrine , dont il ne fe reffent
plus , & une infomnie continuelle qui l'a quitté.
Il eft entré à l'Hôpital le 3 Février , & eft forti
le 22 Mars parfaitement guéri.
Deuxieme malade. Bertrand Furcatte , Compagnie
d'Eaubonne , eft entré le même jour 3 Février
, & eft forti le 17 Mars, parfaitement guéri.
Troifieme malade. Le nommé Dardart , Compagnie
Colonelle , eft entré le même jour 3 FéAVRIL
1757. 199
vrier, & eft forti le 17 Mars parfaitement guéri.
Quatrieme malade . Morinal, dit la Fleur , Compagnie
d'Afpremont. Ce malade, indépendamment
des fymptomes ordinaires, avoit des douleurs trèsconfidérables
dans le genouil droit , dont il ne fe
reffent plus : il eft entré le 10 Février , & eft forti
le 22 Mars parfaitement guéri.
Cinquieme malade. Gibert , Compagnie de Bouville
, eft entré le 10 Février , & eft forti le 22
Mars parfaitement guérí .
Sixieme malade. Champigny , Compagnie de
Bragelongne. Ce malade ayant des puftules répandues
fur tout le corps , à la tête , au vifage , &
inflammation confidérable dans les amygdales , eft
entré le 10 Février, & eft forti le 22 Mars parfaitement
guéri.
Septieme malade. Decombe , malade de l'avantdernier
traitement , qu'on avoit annoncé dans le
Volume de Mars être refté encore à l'Hôpital pour
attendre l'exfoliation de la carie du coral dont on
a fait mention , eft forti le 22 Mars parfaitement
guéri .
Huitieme malade. Thiercelin , Compagnie de
Chevalier. Ce malade étoit dans un état pitoyable
, & couvert de dartres fuppurantes ; il eft entré
le 10 Février , & eft forti le 22 Mars parfaitement
guéri.
Neuvieme malade. Alard , Compagnie de Coettrieux
. Ce malade avoit , outre les ſymptomes or
dinaires , un gonflement confidérable fur les os du
métatarfe du pied gauche , & une douleur aigue à
la plante du pied droit , qui l'empêchoit de marcher
; il eft entré le 17 Février , & eft forti le 29
Mars parfaitement guéri.
Dixieme malade. Duval , Compagnie de Poudeux.
Ce malade avoit les glandes inguinales du
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
côté droit gonflées & dures , & la jugulaire de la
groffeur d'un gros cuf; il eft entré le 17 Février ,
& eft forti le 29 Mars parfaitement guéris
Onzieme malade. Vauffier , Compagnie d'Argenlieu
, eft forti fans être traité , ayant été attaqué
de la colique des Plombiers , étant fondeur
en caracteres de fon métier : l'on rendra compte
de fon traitement à fa rentrée dans l'Hôpital .
Douzieme malade. L'Efpérance , Compagnie
d'Efpiés. Ce foldat étoit dans un état affreux , rempli
de dartres fuppurantes au corps & à la tête ,
deux bubons gros comme des oeufs , & quantité
d'autres fymptomes confidérables : il eft entré le
23 Février , & eft forti le 22 Mars . Tous les fymptomes
de fa maladie ont bien difparu ; mais on
n'aflure point fa guérifon , parce qu'il n'a pu
prendre affez de remedes , vu la complicité dominante
d'un vice fcorbutique qui a obligé de lui
faire changer d'air , & de lui donner les anti-fcorbutiques
: on ne manquéra cependant pas de rendre
compte de fon état tel qu'il fera dans un mois
ou fix femaines ; & quoique l'on n'affure pas fa
guérifon , on ne doute cependant pas qu'il ne foit
quitte de la premiere maladie.
Il vient d'entrer douze autres malades , tous attaqués
des maladies les plus graves , dont on rendra
compte le mois prochain.
A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron.
Troifieme traitement par le Remede du fieur
Keyfer.
Extrait des Regiftres de l'Hôpital , du 17 Mars.
Nous ous avons prévenu dans le volume du mois
d'Avril , que nous épargnerions dorénavant aux
yeux de nos Lecteurs les détails défagréables de
ces maladies ; ainfi nous nous contenterons de
donner les noms des Soldats , ceux de leurs Compagnies
, & d'ajouter qu'ils étoient tous attaqués
des maux de ce genre les plus graves & les plus
difficiles à traiter.
ETAT des douze Malades du troiſieme traitement,
nouvellement guéris.
Premier malade. Dominique Albain , Compagnie
de la Tour. Ce malade , indépendamment
de quantité de fymptomes caractérifés , avoit de
grands maux de poitrine , dont il ne fe reffent
plus , & une infomnie continuelle qui l'a quitté.
Il eft entré à l'Hôpital le 3 Février , & eft forti
le 22 Mars parfaitement guéri.
Deuxieme malade. Bertrand Furcatte , Compagnie
d'Eaubonne , eft entré le même jour 3 Février
, & eft forti le 17 Mars, parfaitement guéri.
Troifieme malade. Le nommé Dardart , Compagnie
Colonelle , eft entré le même jour 3 FéAVRIL
1757. 199
vrier, & eft forti le 17 Mars parfaitement guéri.
Quatrieme malade . Morinal, dit la Fleur , Compagnie
d'Afpremont. Ce malade, indépendamment
des fymptomes ordinaires, avoit des douleurs trèsconfidérables
dans le genouil droit , dont il ne fe
reffent plus : il eft entré le 10 Février , & eft forti
le 22 Mars parfaitement guéri.
Cinquieme malade. Gibert , Compagnie de Bouville
, eft entré le 10 Février , & eft forti le 22
Mars parfaitement guérí .
Sixieme malade. Champigny , Compagnie de
Bragelongne. Ce malade ayant des puftules répandues
fur tout le corps , à la tête , au vifage , &
inflammation confidérable dans les amygdales , eft
entré le 10 Février, & eft forti le 22 Mars parfaitement
guéri.
Septieme malade. Decombe , malade de l'avantdernier
traitement , qu'on avoit annoncé dans le
Volume de Mars être refté encore à l'Hôpital pour
attendre l'exfoliation de la carie du coral dont on
a fait mention , eft forti le 22 Mars parfaitement
guéri .
Huitieme malade. Thiercelin , Compagnie de
Chevalier. Ce malade étoit dans un état pitoyable
, & couvert de dartres fuppurantes ; il eft entré
le 10 Février , & eft forti le 22 Mars parfaitement
guéri.
Neuvieme malade. Alard , Compagnie de Coettrieux
. Ce malade avoit , outre les ſymptomes or
dinaires , un gonflement confidérable fur les os du
métatarfe du pied gauche , & une douleur aigue à
la plante du pied droit , qui l'empêchoit de marcher
; il eft entré le 17 Février , & eft forti le 29
Mars parfaitement guéri.
Dixieme malade. Duval , Compagnie de Poudeux.
Ce malade avoit les glandes inguinales du
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
côté droit gonflées & dures , & la jugulaire de la
groffeur d'un gros cuf; il eft entré le 17 Février ,
& eft forti le 29 Mars parfaitement guéris
Onzieme malade. Vauffier , Compagnie d'Argenlieu
, eft forti fans être traité , ayant été attaqué
de la colique des Plombiers , étant fondeur
en caracteres de fon métier : l'on rendra compte
de fon traitement à fa rentrée dans l'Hôpital .
Douzieme malade. L'Efpérance , Compagnie
d'Efpiés. Ce foldat étoit dans un état affreux , rempli
de dartres fuppurantes au corps & à la tête ,
deux bubons gros comme des oeufs , & quantité
d'autres fymptomes confidérables : il eft entré le
23 Février , & eft forti le 22 Mars . Tous les fymptomes
de fa maladie ont bien difparu ; mais on
n'aflure point fa guérifon , parce qu'il n'a pu
prendre affez de remedes , vu la complicité dominante
d'un vice fcorbutique qui a obligé de lui
faire changer d'air , & de lui donner les anti-fcorbutiques
: on ne manquéra cependant pas de rendre
compte de fon état tel qu'il fera dans un mois
ou fix femaines ; & quoique l'on n'affure pas fa
guérifon , on ne doute cependant pas qu'il ne foit
quitte de la premiere maladie.
Il vient d'entrer douze autres malades , tous attaqués
des maladies les plus graves , dont on rendra
compte le mois prochain.
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Résumé : SUPPLÉMENT A L'ARTICLE CHIRURGIE.
Le document est un supplément à un article sur la chirurgie, détaillant le troisième traitement par un remède du sieur Keyfer à l'hôpital du Maréchal Duc de Biron. Les registres de l'hôpital du 17 mars indiquent que douze malades ont été nouvellement guéris. Les noms des soldats, leurs compagnies, leurs symptômes, ainsi que les dates d'entrée et de sortie sont listés. Les patients souffraient de divers maux graves, tels que des douleurs de poitrine, des inflammations, des dartres suppurantes et des gonflements. Tous les malades ont été déclarés parfaitement guéris, à l'exception d'un cas où la guérison n'est pas assurée en raison d'un vice scorbutique. Par ailleurs, douze nouveaux malades, atteints de maladies graves, viennent d'entrer à l'hôpital.
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9286
p. 201
SUPPLÉMENT A L'ARTICLE DES SPECTACLES ; Comédie Françoise.
Début :
En insérant le Compliment de la clôture, fait & prononcé par M. de la Noue, [...]
Mots clefs :
Compliment, Mlle Clairon, M. de la Noue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLÉMENT A L'ARTICLE DES SPECTACLES ; Comédie Françoise.
SUPPLEMENT
A L'ARTICLE DES SPECTACLES ,'
Comédie Françoise.
En inférant le Compliment de la clôture
, fait & prononcé par M. de la Noue ,
nous avons oublié d'inftruire nos Lecteurs
qu'il en avoit été prié par fes Camarades ,
& que Mlle Clairon avoit porté la parole
à leur Affemblée avant Pâques . Perfonne
ne pouvoit mieux s'en acquitter que lui ,
& rien n'étoit plus convenable.
A L'ARTICLE DES SPECTACLES ,'
Comédie Françoise.
En inférant le Compliment de la clôture
, fait & prononcé par M. de la Noue ,
nous avons oublié d'inftruire nos Lecteurs
qu'il en avoit été prié par fes Camarades ,
& que Mlle Clairon avoit porté la parole
à leur Affemblée avant Pâques . Perfonne
ne pouvoit mieux s'en acquitter que lui ,
& rien n'étoit plus convenable.
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9287
p. 201-203
MARIAGES ET MORTS.
Début :
Messire Joseph-Etienne de Thomassin, Chevalier-Marquis de S. Paul, Vicomte [...]
Mots clefs :
Mariage, Bénédiction nuptiale, Morts, Comte, Vicomte, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES ET MORTS.
MARIAGES ET MORTS.
MESSIRE Jofeph-Etienne de Thomaffin , Cheva
lier-Marquis de S. Paul , Vicomte de Reillanne ,
Baron de Châteaurenard , Préſident à Mortier du
Parlement de Provence , époufa le 3 Janvier dernier
Demoiſelle Louife-Jofeph de Marbeuf, fille
de feu Meffire Robert -Jean Comte de Marbeuf,
Lieutenant général des Armées du Roi , Commandeur
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis,
Commandant pour le Roi en la Province de Bre
tagne , & de Dame Marie - Thérefe Gouet- du
Faou , fa veuve.
La Bénédiction nuptiale leur a été donnée dans
l'Eglife paroiffiale de S. Sulpice , à Paris , par M.
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
P'Abbé de Marbeuf , Confeiller d'Etat , Aumô
nier ordinaire de la Reine .
Leur contrat de mariage avoit été figné le 26 du
mois de Décembre dernier, par Leurs Majeftés &
la Famille Royale ..
Le famedi , 19 Mars 1757 , fe fit dans l'Eglife
de la Chapelle - Gauthier , en Brie , Dioceſe de
Paris , le mariage de Meffire Claude - Jofeph de
Belot , Bailli d'Epée , Garde & Concierge du Palais
, Chevalier- Seigneur de Ferreux- de - la- Motte-
S. Loup , Capitaine du Corps royal de l'Artillerie
& du Génie , fils de Meffire Claude- Antoine de
Belot & de Dame Marie Midorge , avec Demoifelle
Louife- Marguerite Thibouft de Berry- de-la-
Chapelle , fille de défunt Meffire Louis- Augufte
Thibouft-de-Berry , Chevalier - Seigneur- Comte
de la Chapelle -Gauthier , & de défunte Dame
Marguerite Charlotte le Petit-de-la-Grandcour.
Meffire René- Louis de Voyer- de Paulmy ;.
Marquis d'Argenfon , Grand Croix , Chancelier
& Garde des Sceaux honoraire de l'Ordre royal
& militaire de Saint Louis , honoraire de l'Académie
royale des Belles- Lettres , ci - devant Minif
tre & Secretaire d'Etat au Département des Affaires
Etrangeres , eft mort à Paris le 26 Janvier
1757 , âgé de foixante-deux ans.
Meffire Adrien - François d'Hallincourt-de Boulainvilliers
, Abbé de Saint - Quentin en l'Ifle ,
Diocefe de Noyon , Ordre de S. Benoît , mourut
le 3 Février, âgé de foixante - dix ans.
Dame Michelle-Julie- Françoife Bouchard-d'Ef
parbés- de Luffan- d'Aubeterre- de Jonfac , époufe
de Meffire Jacques Tanneguy- le Veneur, Marquis
de Tillieres , Maréchal des Camps & Armées du
Roi , mourut à Paris le 3 Février dans la trentedeuxieme
année de fon âge.
AVRIL. 1757. 203
I
Meffire Alphonfe - Marie - Louis , Comte de
Saint-Severin d'Aragon , Chevalier des Ordres
du Roi , & ci- devant Miniftre d'Etat , mourut à
Paris le Mars , dans la cinquante - deuxieme année
de fon âge. En 1725 , n'ayant alors que dixneuf
ans , il fuccéda à fon pere , en qualité d'Envoyé
Extraordinaire du Duc de Parme auprès duz
Roi. Le Comte de Saint- Severin en 1736 s'attacha
au fervice de France , & l'année fuivante Sa Ma→
jefté lui accorda un brevet de Colonel à la fuite du
Régiment Royal Italien . Au mois d'Octobre de la
même année , il obtint des Lettres de Naturalité.
En même temps , Sa Majefté le nomma fon Ambaffadeur
en Suede , d'où il revint en 1741. Dans
Pannée 1744 , il alla en Pologne avec caractere
d'Ambaffadeur du Roi , & en 1745 il fut Minif
tre Plénipotentiaire de Sa Majefté à la Dietre d'Election
de Francfort . Il fut nommé dans le mois
de Janvier 1748 , Miniftre Plénipotentiaire au
Congrès d'Aix - la - Chapelle , & dans le mois de
Décembre de la même année il fut déclaré Minif
tre d'Etat.
Dame Marguerite Johnston , époufe du Vicomte
d'Ogilvy , Colonel d'un Régiment Ecoffois de
fon nom , mourut à Paris le 11 Mars 1757.
2
N... Prince de Chalais , Grand d'Espagne ,
Brigadier des Armées de Sa Majefté Catholique
eft mort à Chalais en Périgord , âgé de près de
quatre - vingt ans. Il avoit été Gouverneur &
Grand Bailli du Berry , & le Roi lui permit il y a
quelques années de fe démettre de l'un & l'autre
titres en faveur du Comte de Périgord fon
gendre.
Le nommé Adrien Defenclos , dit Florimond ,
eft mort au village d'Etrejeu , Dioceſe d'Amiens ,
dans la cent troifieme année de fon âge.
MESSIRE Jofeph-Etienne de Thomaffin , Cheva
lier-Marquis de S. Paul , Vicomte de Reillanne ,
Baron de Châteaurenard , Préſident à Mortier du
Parlement de Provence , époufa le 3 Janvier dernier
Demoiſelle Louife-Jofeph de Marbeuf, fille
de feu Meffire Robert -Jean Comte de Marbeuf,
Lieutenant général des Armées du Roi , Commandeur
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis,
Commandant pour le Roi en la Province de Bre
tagne , & de Dame Marie - Thérefe Gouet- du
Faou , fa veuve.
La Bénédiction nuptiale leur a été donnée dans
l'Eglife paroiffiale de S. Sulpice , à Paris , par M.
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
P'Abbé de Marbeuf , Confeiller d'Etat , Aumô
nier ordinaire de la Reine .
Leur contrat de mariage avoit été figné le 26 du
mois de Décembre dernier, par Leurs Majeftés &
la Famille Royale ..
Le famedi , 19 Mars 1757 , fe fit dans l'Eglife
de la Chapelle - Gauthier , en Brie , Dioceſe de
Paris , le mariage de Meffire Claude - Jofeph de
Belot , Bailli d'Epée , Garde & Concierge du Palais
, Chevalier- Seigneur de Ferreux- de - la- Motte-
S. Loup , Capitaine du Corps royal de l'Artillerie
& du Génie , fils de Meffire Claude- Antoine de
Belot & de Dame Marie Midorge , avec Demoifelle
Louife- Marguerite Thibouft de Berry- de-la-
Chapelle , fille de défunt Meffire Louis- Augufte
Thibouft-de-Berry , Chevalier - Seigneur- Comte
de la Chapelle -Gauthier , & de défunte Dame
Marguerite Charlotte le Petit-de-la-Grandcour.
Meffire René- Louis de Voyer- de Paulmy ;.
Marquis d'Argenfon , Grand Croix , Chancelier
& Garde des Sceaux honoraire de l'Ordre royal
& militaire de Saint Louis , honoraire de l'Académie
royale des Belles- Lettres , ci - devant Minif
tre & Secretaire d'Etat au Département des Affaires
Etrangeres , eft mort à Paris le 26 Janvier
1757 , âgé de foixante-deux ans.
Meffire Adrien - François d'Hallincourt-de Boulainvilliers
, Abbé de Saint - Quentin en l'Ifle ,
Diocefe de Noyon , Ordre de S. Benoît , mourut
le 3 Février, âgé de foixante - dix ans.
Dame Michelle-Julie- Françoife Bouchard-d'Ef
parbés- de Luffan- d'Aubeterre- de Jonfac , époufe
de Meffire Jacques Tanneguy- le Veneur, Marquis
de Tillieres , Maréchal des Camps & Armées du
Roi , mourut à Paris le 3 Février dans la trentedeuxieme
année de fon âge.
AVRIL. 1757. 203
I
Meffire Alphonfe - Marie - Louis , Comte de
Saint-Severin d'Aragon , Chevalier des Ordres
du Roi , & ci- devant Miniftre d'Etat , mourut à
Paris le Mars , dans la cinquante - deuxieme année
de fon âge. En 1725 , n'ayant alors que dixneuf
ans , il fuccéda à fon pere , en qualité d'Envoyé
Extraordinaire du Duc de Parme auprès duz
Roi. Le Comte de Saint- Severin en 1736 s'attacha
au fervice de France , & l'année fuivante Sa Ma→
jefté lui accorda un brevet de Colonel à la fuite du
Régiment Royal Italien . Au mois d'Octobre de la
même année , il obtint des Lettres de Naturalité.
En même temps , Sa Majefté le nomma fon Ambaffadeur
en Suede , d'où il revint en 1741. Dans
Pannée 1744 , il alla en Pologne avec caractere
d'Ambaffadeur du Roi , & en 1745 il fut Minif
tre Plénipotentiaire de Sa Majefté à la Dietre d'Election
de Francfort . Il fut nommé dans le mois
de Janvier 1748 , Miniftre Plénipotentiaire au
Congrès d'Aix - la - Chapelle , & dans le mois de
Décembre de la même année il fut déclaré Minif
tre d'Etat.
Dame Marguerite Johnston , époufe du Vicomte
d'Ogilvy , Colonel d'un Régiment Ecoffois de
fon nom , mourut à Paris le 11 Mars 1757.
2
N... Prince de Chalais , Grand d'Espagne ,
Brigadier des Armées de Sa Majefté Catholique
eft mort à Chalais en Périgord , âgé de près de
quatre - vingt ans. Il avoit été Gouverneur &
Grand Bailli du Berry , & le Roi lui permit il y a
quelques années de fe démettre de l'un & l'autre
titres en faveur du Comte de Périgord fon
gendre.
Le nommé Adrien Defenclos , dit Florimond ,
eft mort au village d'Etrejeu , Dioceſe d'Amiens ,
dans la cent troifieme année de fon âge.
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Résumé : MARIAGES ET MORTS.
En 1757, plusieurs événements marquants ont eu lieu. Le 3 janvier, Messire Joseph-Étienne de Thomaffin, Chevalier-Marquis de Saint-Paul, a épousé Demoiselle Louise-Joseph de Marbeuf à l'église paroissiale de Saint-Sulpice à Paris. Leur contrat de mariage avait été signé le 26 décembre précédent par Leurs Majestés et la Famille Royale. Le 19 mars, Messire Claude-Joseph de Belot a épousé Demoiselle Louise-Marguerite Thiboust de Berry de la Chapelle dans l'église de la Chapelle-Gauthier en Brie. Parmi les décès notables, Messire René-Louis de Voyer de Paulmy, Marquis d'Argenson, est décédé à Paris le 26 janvier à l'âge de soixante-deux ans. Messire Adrien-François d'Hallincourt de Boulainvilliers, Abbé de Saint-Quentin, est mort le 3 février à l'âge de soixante-dix ans. Dame Michelle-Julie-Françoise Bouchard d'Esparbès de Lussan d'Aubeterre de Jonzac, épouse de Messire Jacques Tanneguy Le Veneur, Marquis de Tillières, est décédée à Paris le 3 février à l'âge de trente-deux ans. Messire Alphonse-Marie-Louis, Comte de Saint-Severin d'Aragon, est mort à Paris en mars à l'âge de cinquante-deux ans. Dame Marguerite Johnston, épouse du Vicomte d'Ogilvy, est décédée à Paris le 11 mars. Le Prince de Chalais est mort à Chalais en Périgord à l'âge de près de quatre-vingts ans. Adrien Defenclos, dit Florimond, est décédé au village d'Étrejeu, Diocèse d'Amiens, à l'âge de cent treize ans.
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9288
p. 204
AVIS.
Début :
La veuve Fauvel avertit le Public qu'elle continue de faire & de vendre, [...]
Mots clefs :
Bandages, Ressorts, Hernies, Pessaires, Instrument de Roohuissen
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
LA
A veuve Fauvel avertit le Public qu'elle continue
de faire & de vendre , avec l'applaudiffement
des gens de l'Art , les Bandages d'yvoire , tant fimples
que compofés , tant à reffort que fans reffort ,
que fon mari avoit inventé pour toutes fortes de
hernies. On trouve auffi chez elle des Peffaires d'yvoire
de toutes efpeces pour les chûtes de fondement
& les defcentes de matrice ; l'Inftrument ingénieux
de Roohuiffen , pour les accouchemens
laborieux ou contre nature ; des Urinoirs , pour
l'incontinence d'urine dans les deux fexes ; des
Sufpenfoirs & des Porte- ventres. Ceux qui auront
befoin de ces fecours , lui fourniront les éclairciflemens
convenables . Elle les applique elle- même
aux perfonnes de fon fexe ; & un Chirurgien
habile , dont elle a fait choix , les applique aux
hommes. Son adreffe eft toujours rue Macon
l'Enfeigne du Bandage d'yvoire , près S. André
des Arts. Elle ne répond pas aux lettres qui ne
font point affranchies.
LA
A veuve Fauvel avertit le Public qu'elle continue
de faire & de vendre , avec l'applaudiffement
des gens de l'Art , les Bandages d'yvoire , tant fimples
que compofés , tant à reffort que fans reffort ,
que fon mari avoit inventé pour toutes fortes de
hernies. On trouve auffi chez elle des Peffaires d'yvoire
de toutes efpeces pour les chûtes de fondement
& les defcentes de matrice ; l'Inftrument ingénieux
de Roohuiffen , pour les accouchemens
laborieux ou contre nature ; des Urinoirs , pour
l'incontinence d'urine dans les deux fexes ; des
Sufpenfoirs & des Porte- ventres. Ceux qui auront
befoin de ces fecours , lui fourniront les éclairciflemens
convenables . Elle les applique elle- même
aux perfonnes de fon fexe ; & un Chirurgien
habile , dont elle a fait choix , les applique aux
hommes. Son adreffe eft toujours rue Macon
l'Enfeigne du Bandage d'yvoire , près S. André
des Arts. Elle ne répond pas aux lettres qui ne
font point affranchies.
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Résumé : AVIS.
La veuve Fauvel fabrique et vend des bandages d'ivoire pour traiter les hernies, ainsi que des dispositifs pour les chutes de fondement et les descentes de matrice. Elle propose aussi des urinoirs, suspensoires et porte-ventres. Elle applique elle-même ces dispositifs aux femmes. Elle réside rue Macon, près de l'église Saint-André-des-Arts.
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9289
p. 204-205
AUTRE.
Début :
Le sieur Simonneau, Maître en Chirurgie par l'Hôtel-Dieu de Paris, [...]
Mots clefs :
Topique, Paralysie, Curés, Guérison, Sieur Simonneau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
> à
LE fieur Simonneau , Maître en Chirurgie par
P'Hôtel-Dieu de Paris , poffede un Topique qui
guérit radicalement la paralyfie , ayant fait plufieurs
cures , tant des malades dudit Hôtel- Dieu ,
que de plufieurs autres perfonnes de la Ville qui fe
font adreffées à lui pour leur guérifon , ainsi que de
Province, Ce remede peut fe tranſporter partout:
AVRIL 1757. 205
il donnera la maniere de s'en fervir ; pour l'ordinaire
ce remede n'eft pas long à opérer. Il fera néceffaire
de lui expliquer le temps de la maladie , les
accidens qui ont précédé ou fuivi cette maladie aujourd'hui
fi fréquente. Les perfonnes de Province
qui fouhaiteront trouver guérifon , auront la bonté
d'affranchir leurs lettres. Sa demeure eft rue S.
Jacques , la porte cochere attenant la Sphere
royale , au fond de la cour , au premier. Si les
perfonnes qui le demanderont ne trouvoient perfonne
chez lui , elles auroient la bonté de laiffer
une adreſſe en-bas au Menuifier.
> à
LE fieur Simonneau , Maître en Chirurgie par
P'Hôtel-Dieu de Paris , poffede un Topique qui
guérit radicalement la paralyfie , ayant fait plufieurs
cures , tant des malades dudit Hôtel- Dieu ,
que de plufieurs autres perfonnes de la Ville qui fe
font adreffées à lui pour leur guérifon , ainsi que de
Province, Ce remede peut fe tranſporter partout:
AVRIL 1757. 205
il donnera la maniere de s'en fervir ; pour l'ordinaire
ce remede n'eft pas long à opérer. Il fera néceffaire
de lui expliquer le temps de la maladie , les
accidens qui ont précédé ou fuivi cette maladie aujourd'hui
fi fréquente. Les perfonnes de Province
qui fouhaiteront trouver guérifon , auront la bonté
d'affranchir leurs lettres. Sa demeure eft rue S.
Jacques , la porte cochere attenant la Sphere
royale , au fond de la cour , au premier. Si les
perfonnes qui le demanderont ne trouvoient perfonne
chez lui , elles auroient la bonté de laiffer
une adreſſe en-bas au Menuifier.
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Résumé : AUTRE.
Le Maître en Chirurgie Simonneau, à l'Hôtel-Dieu de Paris, propose un remède topique pour guérir la paralysie. Ce traitement a déjà aidé des patients à Paris et en province. Simonneau précise qu'il explique son utilisation et que le remède agit rapidement. Il réside rue Saint-Jacques, près de la Sphère royale. Les patients doivent décrire leur maladie et affranchir leurs lettres.
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9290
p. 205
AUTRE.
Début :
La Commission royale de Médecine a approuvé avec éloge un remede qui guérit [...]
Mots clefs :
Commission royale de médecine, Remèdes, Dysenterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LA Commiffion royale de Médecine a approuvé
avec éloge un remede qui guérit les dyfenteries
les plus fortes & les plus invétérées. Ce remede eft
fimple & facile à prendre ; il convient aux tempéramens
les plus plus délicats , & il fe donne en
très - petite dofe on n'eft quelquefois pas obligé
d'en prendre deux fois pour guérir . Il fe trouve
à Paris , rue S. Louis au marais , au coin de la rue
neuve S. François , chez M. Nivard : on le trouve
tous les matins jufqu'à midi. Les pauvres qui auront
un certificat de Meffieurs leurs Curés ,feront
traités gratuitement. S'il fe trouve quelqu'un en
Province qui veuille du remede , ils n'auront qu'à
affranchir leurs lettres , on leur en enverra.
LA Commiffion royale de Médecine a approuvé
avec éloge un remede qui guérit les dyfenteries
les plus fortes & les plus invétérées. Ce remede eft
fimple & facile à prendre ; il convient aux tempéramens
les plus plus délicats , & il fe donne en
très - petite dofe on n'eft quelquefois pas obligé
d'en prendre deux fois pour guérir . Il fe trouve
à Paris , rue S. Louis au marais , au coin de la rue
neuve S. François , chez M. Nivard : on le trouve
tous les matins jufqu'à midi. Les pauvres qui auront
un certificat de Meffieurs leurs Curés ,feront
traités gratuitement. S'il fe trouve quelqu'un en
Province qui veuille du remede , ils n'auront qu'à
affranchir leurs lettres , on leur en enverra.
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Résumé : AUTRE.
La Commission royale de Médecine a validé un remède efficace contre les dysentéries sévères. Ce traitement, simple et adapté à tous, se prend en petite dose. Disponible à Paris chez M. Nivard, il est gratuit pour les nécessiteux munis d'un certificat de curé. Les provinciaux peuvent le recevoir en affranchissant leur lettre.
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9291
p. 205-206
AUTRE.
Début :
Le Public est averti que le sieur Maget, Maître Chirurgien demeurant [...]
Mots clefs :
Hernie, Descente de boyaux , Guérison, Sieur Maget
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LE Public eft averti que le fieur Maget , Maître
Chirurgien demeurant à Bray-fur- Seine , après
206 MERCURE DE FRANCE.
avoir médité depuis long- temps fur la caufe , fz
nature & les effets de la fimple & de la double
Hernie, & de toutes efpeces de defcente de boyaux ,
a trouvé le fecret d'en guérir fouverainement dans
l'efpace de deux à trois mois, fans être affujetti
dans la fuite à porter des bandages. La guériſon
en eft fi complete , qu'on peut au bout de ce temps
monter à cheval ou aller en voiture , & éprouver
les plus fortes fecouffes fans aucun danger ; beaucoup
d'expériences ont confirmé l'infaillibilité de
fon fecret. La ville de Brai -fur-Seine & les environs
ont été témoins de fes fuccès , & les Certifi
cats authentiques dont il eft muni , en font foi. Il
guérit de cette maladie depuis l'âge d'un an jufqu'à
vingt-cinq ou trente ans. Pour mériter la
confiance du Public , & pour lui fournir toutes
fûretés défirables , le fieur Maget confent à donner
aux perfonnes malades un Billet de garantie ,
depuis l'âge d'un an jufqu'à l'âge de quinze ans.
Le fieur Mager s'offre de guérir gratuitement les
pauvres qui fe feront connoître pour tels .
LE Public eft averti que le fieur Maget , Maître
Chirurgien demeurant à Bray-fur- Seine , après
206 MERCURE DE FRANCE.
avoir médité depuis long- temps fur la caufe , fz
nature & les effets de la fimple & de la double
Hernie, & de toutes efpeces de defcente de boyaux ,
a trouvé le fecret d'en guérir fouverainement dans
l'efpace de deux à trois mois, fans être affujetti
dans la fuite à porter des bandages. La guériſon
en eft fi complete , qu'on peut au bout de ce temps
monter à cheval ou aller en voiture , & éprouver
les plus fortes fecouffes fans aucun danger ; beaucoup
d'expériences ont confirmé l'infaillibilité de
fon fecret. La ville de Brai -fur-Seine & les environs
ont été témoins de fes fuccès , & les Certifi
cats authentiques dont il eft muni , en font foi. Il
guérit de cette maladie depuis l'âge d'un an jufqu'à
vingt-cinq ou trente ans. Pour mériter la
confiance du Public , & pour lui fournir toutes
fûretés défirables , le fieur Maget confent à donner
aux perfonnes malades un Billet de garantie ,
depuis l'âge d'un an jufqu'à l'âge de quinze ans.
Le fieur Mager s'offre de guérir gratuitement les
pauvres qui fe feront connoître pour tels .
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Résumé : AUTRE.
Le sieur Maget, maître chirurgien à Bray-sur-Seine, a découvert un remède pour guérir les hernies simples et doubles, ainsi que les descentes de boyaux. Ce traitement assure une guérison complète en deux à trois mois, sans nécessiter de bandages ultérieurs. Les patients peuvent ensuite monter à cheval, voyager ou subir des efforts physiques sans risque. De nombreuses expériences ont confirmé l'efficacité de cette méthode, et la ville de Bray-sur-Seine et ses environs ont témoigné de ses succès, validés par des certificats authentiques. Maget traite cette maladie chez des patients âgés d'un an à vingt-cinq ou trente ans. Pour inspirer confiance, il offre un billet de garantie aux malades âgés d'un an à quinze ans. De plus, il propose de soigner gratuitement les pauvres qui se feront connaître comme tels.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9292
p. 206
AUTRE.
Début :
Le sieur Vial Expert, reçu à Saint Côme, qui demeure rue du Sepulcre, [...]
Mots clefs :
Sieur Viale, Eau, Hernies
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE,
Le fieur Vial Expert , reçu à Saint Côme , qui
demeure rue du Sepulcre , continue de débiter fon
eau de fimples pour les hernies ou defcentes . Il a
guéri beaucoup de perfonnes de qualités , Militaires
& autres , à Paris & dans plufieurs provin
ces du Royaume.
Le fieur Vial Expert , reçu à Saint Côme , qui
demeure rue du Sepulcre , continue de débiter fon
eau de fimples pour les hernies ou defcentes . Il a
guéri beaucoup de perfonnes de qualités , Militaires
& autres , à Paris & dans plufieurs provin
ces du Royaume.
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9293
p. 207-209
A L'AUTEUR DU MERCURE.
Début :
Monsieur, je vous prie d'insérer dans votre Mercure de France, l'observation suivante [...]
Mots clefs :
Sieur la Salle, Guérisons, Loupes, Charlatanerie, Incurable, Tumeur, Maladie, Crédulité, Danger
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texteReconnaissance textuelle : A L'AUTEUR DU MERCURE.
A L'AUTEUR DU MERCURE.
MONSIEUR , je vous prie d'inférer dans votre
Mercure de France , Pobfervation fuivante fur
l'Avis au Public donné par le fieur de la Salle, Chirurgien
, dans le Mercure de France du mois de
Juillet dernier , à la page 237.
Je croirois manquer à ce que je dois au Public,
fi je différois plus long- temps à le précautionner
contre le fecret du fieur la Salle , Chirurgien empirique.
Il donne à ce fecret des vertus fingulieres
pour guérir indéfiniment toutes fortes de loupes
vraie charlatanerie , dont le Public n'eft que trop
fouvent la dupe & la victime ! la perte de fon argent
eft le moindre rifque qu'on court : en s'y prê
tant , la fanté en fouffre ; & l'expérience nous apprend
par des accidens , que le fieur la Salle ne
devroit pas fe diffimuler que les maladies empirent
par ces fortes de remedes , & deviennent fouvent
incurables. Cette réflexion ne fuffiroit peut-être
pas pour mettre en garde le Public contre le fecret
dont il s'agit ; en voici d'autres plus frappantes :
falfe le Ciel qu'elles arrêtent ceux qu'une confiance
aveugle pourroit livrer entre les mains du fienr
la Salle . Il est évident que ce Chirurgien ignore la
force & l'étendue du mot de loupe. Qu'est- ce que
loupe ou tumeur enkiftée : S'il étoit tant foit
verfé dans la théorie de fon métier , il fçauroit que
le nom de loupe eft un terme générique qui renferme
plufieurs efpeces , auxquels la fituation & lat
qualité de la matiere font donner différens noms.
mais il n'eft pas néceffaire d'entrer dans ce détail
& de parcourir les différentes parties ou les tumeurs
fe jettent & s'enkiftent. Il me fuffira , pour
peu
2
208 MERCURE DE FRANCE.
démontrer la charlatanerie du fieur la Salle , de
faire obferver que fon fecret , tel qu'il l'annonce ,
doit guérir toute forte de loupes , fans qu'il ait befoin
de fe fervir d'aucuns inftrumens de Chirurgie.
Il a fans doute fes raiſons pour s'en tenir à ſon ſecret.
Il faut , pour en venir aux opérations de la
main,une grande connoiffance de fon fujet; & c'eſt
ce qu'ignorent les Charlatans : mais ce que le fieur
la Salle , en qualité de Chirurgien , devroit fçavoir,
c'eft que l'application de ces prétendus fpécifiques
eft prefque toujours dangereufe. S'il avoit lu les
Mémoires de l'Académie royale de Chirurgie ,
page 347 , il auroit vu que dans cette efpece de
maladie les topiques font pernicieux ; c'eft la remarque
de M. Petit , Auteur de cette obſervation .
Il n'a pas lu fans doute la brochure de M. Louis
contre les perfonnages à fecret ; cette lecture lui
cût ôté l'envie de faire imprimer le fien . Quoi
qu'il en foit , on prie le fieur la Salle de nous dire
comment il pourroit guérir une loupe pefant
plufieurs livres nous en voyons fouvent de femblables.
Son remede ne feroit-il point dans ce caslà
infructueux ? De plus , on a trouvé , à l'ouverture
de ces fortes de tumeurs , plufieurs corps
étrangers de tous genres , jufqu'à des os de différentes
figures , comme l'a remarqué M. de Ruylely,
& nombre d'autres Auteurs qui traitent de cette
efpece de maladie. Or , dans le fecond cas quel
effet doit produire l'application de fon remede
Les gens un peu éclairés doivent en appercevoir
ici l'inutilité & le danger. On n'a garde d'accufer
de malice le fieur la Salle : c'eft l'amour du bien
public qui lui a fait faire toutes les recherches néceffaires
pour la compofition de ſon ſecret . Il a encore
trouvé le moyen de le tranſporter dans tous
les lieux fans la moindre altération voilà ce qu'il
AVRIL. 1757. 209
T
nous affure. Dans quelque autre profeffion que la
fienne , l'application & le travail peuvent mériter
quelques éloges, indépendamment du fuccès : mais
en fait de fecret qui intéreffe la fanté , les feuls
fuccès foutenus font la gloire & le mérite de ceux
qui les ont trouvés . Il faut que les recherches du
fieur la Salle aient été bien longues , ou que le fuccès
ait été bien douteux , puifqu'il a attendu ſeize
ans pour faire encore imprimer cette curieuſe dé-
Couverte. N'y a-t'il pas lieu de douter qu'elle ait
eu aucun fuccès , puiſqu'il ne l'appuie d'aucun fait
de pratique ? Si cependant il trouve dans cette obfervation
quelque chofe à relever , comme on
ne craint point les objections , on ſe fera un vrai
plaifir d'y répondre.
MONSIEUR , je vous prie d'inférer dans votre
Mercure de France , Pobfervation fuivante fur
l'Avis au Public donné par le fieur de la Salle, Chirurgien
, dans le Mercure de France du mois de
Juillet dernier , à la page 237.
Je croirois manquer à ce que je dois au Public,
fi je différois plus long- temps à le précautionner
contre le fecret du fieur la Salle , Chirurgien empirique.
Il donne à ce fecret des vertus fingulieres
pour guérir indéfiniment toutes fortes de loupes
vraie charlatanerie , dont le Public n'eft que trop
fouvent la dupe & la victime ! la perte de fon argent
eft le moindre rifque qu'on court : en s'y prê
tant , la fanté en fouffre ; & l'expérience nous apprend
par des accidens , que le fieur la Salle ne
devroit pas fe diffimuler que les maladies empirent
par ces fortes de remedes , & deviennent fouvent
incurables. Cette réflexion ne fuffiroit peut-être
pas pour mettre en garde le Public contre le fecret
dont il s'agit ; en voici d'autres plus frappantes :
falfe le Ciel qu'elles arrêtent ceux qu'une confiance
aveugle pourroit livrer entre les mains du fienr
la Salle . Il est évident que ce Chirurgien ignore la
force & l'étendue du mot de loupe. Qu'est- ce que
loupe ou tumeur enkiftée : S'il étoit tant foit
verfé dans la théorie de fon métier , il fçauroit que
le nom de loupe eft un terme générique qui renferme
plufieurs efpeces , auxquels la fituation & lat
qualité de la matiere font donner différens noms.
mais il n'eft pas néceffaire d'entrer dans ce détail
& de parcourir les différentes parties ou les tumeurs
fe jettent & s'enkiftent. Il me fuffira , pour
peu
2
208 MERCURE DE FRANCE.
démontrer la charlatanerie du fieur la Salle , de
faire obferver que fon fecret , tel qu'il l'annonce ,
doit guérir toute forte de loupes , fans qu'il ait befoin
de fe fervir d'aucuns inftrumens de Chirurgie.
Il a fans doute fes raiſons pour s'en tenir à ſon ſecret.
Il faut , pour en venir aux opérations de la
main,une grande connoiffance de fon fujet; & c'eſt
ce qu'ignorent les Charlatans : mais ce que le fieur
la Salle , en qualité de Chirurgien , devroit fçavoir,
c'eft que l'application de ces prétendus fpécifiques
eft prefque toujours dangereufe. S'il avoit lu les
Mémoires de l'Académie royale de Chirurgie ,
page 347 , il auroit vu que dans cette efpece de
maladie les topiques font pernicieux ; c'eft la remarque
de M. Petit , Auteur de cette obſervation .
Il n'a pas lu fans doute la brochure de M. Louis
contre les perfonnages à fecret ; cette lecture lui
cût ôté l'envie de faire imprimer le fien . Quoi
qu'il en foit , on prie le fieur la Salle de nous dire
comment il pourroit guérir une loupe pefant
plufieurs livres nous en voyons fouvent de femblables.
Son remede ne feroit-il point dans ce caslà
infructueux ? De plus , on a trouvé , à l'ouverture
de ces fortes de tumeurs , plufieurs corps
étrangers de tous genres , jufqu'à des os de différentes
figures , comme l'a remarqué M. de Ruylely,
& nombre d'autres Auteurs qui traitent de cette
efpece de maladie. Or , dans le fecond cas quel
effet doit produire l'application de fon remede
Les gens un peu éclairés doivent en appercevoir
ici l'inutilité & le danger. On n'a garde d'accufer
de malice le fieur la Salle : c'eft l'amour du bien
public qui lui a fait faire toutes les recherches néceffaires
pour la compofition de ſon ſecret . Il a encore
trouvé le moyen de le tranſporter dans tous
les lieux fans la moindre altération voilà ce qu'il
AVRIL. 1757. 209
T
nous affure. Dans quelque autre profeffion que la
fienne , l'application & le travail peuvent mériter
quelques éloges, indépendamment du fuccès : mais
en fait de fecret qui intéreffe la fanté , les feuls
fuccès foutenus font la gloire & le mérite de ceux
qui les ont trouvés . Il faut que les recherches du
fieur la Salle aient été bien longues , ou que le fuccès
ait été bien douteux , puifqu'il a attendu ſeize
ans pour faire encore imprimer cette curieuſe dé-
Couverte. N'y a-t'il pas lieu de douter qu'elle ait
eu aucun fuccès , puiſqu'il ne l'appuie d'aucun fait
de pratique ? Si cependant il trouve dans cette obfervation
quelque chofe à relever , comme on
ne craint point les objections , on ſe fera un vrai
plaifir d'y répondre.
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Résumé : A L'AUTEUR DU MERCURE.
La lettre adressée à l'éditeur du Mercure de France met en garde le public contre les pratiques du sieur de la Salle, un chirurgien empirique. L'auteur critique les prétentions de ce dernier, qui affirme pouvoir guérir toutes sortes de loupes grâce à un secret. Ce secret est qualifié de charlatanerie, mettant en danger la santé des patients et aggravant souvent leurs maladies. L'auteur souligne l'ignorance du sieur de la Salle concernant la diversité des tumeurs appelées loupes et la nécessité d'instruments chirurgicaux pour les traiter. Il est également mentionné que les remèdes topiques sont généralement pernicieux dans ce type de maladie, comme le note M. Petit dans les Mémoires de l'Académie royale de Chirurgie. La lettre questionne l'efficacité du remède du sieur de la Salle face à des tumeurs volumineuses et contenant des corps étrangers. Enfin, l'auteur exprime son scepticisme quant au succès réel du secret du sieur de la Salle, qui n'est appuyé par aucun fait de pratique et a mis seize ans à être publié.
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9294
p. 209-210
AUTRE.
Début :
Le sieur Guyot, successeur des sieurs Vincent & Mopinot, seul possesseur du [...]
Mots clefs :
Sieur Guyot, Encre de petite vertu, Contrefaçon
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE .
La fieur Guyot , fucceffeur des fieurs Vincent &
Mopinot , feul poffeffeur du fecret de l'Encre de
la petite Vertu , connu à Paris depuis plus de 150
ans , fe croit obligé d'avertir le Public que c'eft
fans fondement que plufieurs perfonnes à Paris
vendent de l'encre fous ce nom , & qu'elle n'en eft
pas , attendu que ledit fieur Guyot ne charge qui
que ce foit à Paris d'en faire le débit , & qu'elle
ne s'eft jamais vendue & ne ſe vendra à Paris qu'en
la manufacture du fieur Guyot , file rue des Arcis ,
vis- à- vis celle de S. Jacques de la Boucherie , où
pend pour enfeigne la petite Vertu . Il a même attention
d'envoyer aux Correfpondans qu'il a établis
dans les principales Villes du Royaume , l'encre
en bouteilles , étiqueté & cacheté de fon cachet
, dans la crainte qu'on ne vînt à l'altérer.
Tout le monde fçait que cette Encre a de tout
210 MERCURE DE FRANCE.
temps été regardée comme la plus noire & la fente
indélébile ; qualité effentielle pour la confervation
des actes publics , & qui lui a mérité la préférence
des Cours Souveraines & des principaux Bureaux.
Pour que les Maîtres ne foient pas trompés par
leurs domeftiques , qui , pour éviter leurs peines ,
vont fouvent la prendre au premier endroit , ils
font priés de faire demander une Enfeigne : l'on
aura attention de la tenir au frais l'été , & d'éviter
la gelée l'hyver.
Le prix eft toujours le même , fçavoir :
La pinte de double luifante , 2 livres . L'encre
à fecret , 6 liv. La rouge , 4 liv. La grife , z liv.
La double , 1 liv. 16 f. La commune , 1 liv . 4 f.
La fieur Guyot , fucceffeur des fieurs Vincent &
Mopinot , feul poffeffeur du fecret de l'Encre de
la petite Vertu , connu à Paris depuis plus de 150
ans , fe croit obligé d'avertir le Public que c'eft
fans fondement que plufieurs perfonnes à Paris
vendent de l'encre fous ce nom , & qu'elle n'en eft
pas , attendu que ledit fieur Guyot ne charge qui
que ce foit à Paris d'en faire le débit , & qu'elle
ne s'eft jamais vendue & ne ſe vendra à Paris qu'en
la manufacture du fieur Guyot , file rue des Arcis ,
vis- à- vis celle de S. Jacques de la Boucherie , où
pend pour enfeigne la petite Vertu . Il a même attention
d'envoyer aux Correfpondans qu'il a établis
dans les principales Villes du Royaume , l'encre
en bouteilles , étiqueté & cacheté de fon cachet
, dans la crainte qu'on ne vînt à l'altérer.
Tout le monde fçait que cette Encre a de tout
210 MERCURE DE FRANCE.
temps été regardée comme la plus noire & la fente
indélébile ; qualité effentielle pour la confervation
des actes publics , & qui lui a mérité la préférence
des Cours Souveraines & des principaux Bureaux.
Pour que les Maîtres ne foient pas trompés par
leurs domeftiques , qui , pour éviter leurs peines ,
vont fouvent la prendre au premier endroit , ils
font priés de faire demander une Enfeigne : l'on
aura attention de la tenir au frais l'été , & d'éviter
la gelée l'hyver.
Le prix eft toujours le même , fçavoir :
La pinte de double luifante , 2 livres . L'encre
à fecret , 6 liv. La rouge , 4 liv. La grife , z liv.
La double , 1 liv. 16 f. La commune , 1 liv . 4 f.
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Résumé : AUTRE.
La famille Guyot, successeurs des sieurs Vincent et Mopinot, détient le secret de fabrication de l'Encre de la petite Vertu, reconnue à Paris depuis plus de 150 ans. Ils signalent que plusieurs personnes à Paris vendent frauduleusement cette encre, qui n'est commercialisée qu'au sein de leur manufacture située rue des Arcis, face à l'église Saint-Jacques de la Boucherie. Pour garantir l'authenticité, l'encre est envoyée dans des bouteilles étiquetées et cachetées aux correspondants des principales villes du royaume. L'Encre de la petite Vertu est réputée pour sa noirceur et son indélébilité, qualités essentielles pour la conservation des actes publics, ce qui lui a valu la préférence des cours souveraines et des principaux bureaux. Pour éviter les tromperies, les maîtres sont invités à demander une enseigne et à conserver l'encre au frais en été et à l'abri du gel en hiver. Les prix des différentes variétés d'encre sont également mentionnés : la pinte de double luisante à 2 livres, l'encre à secret à 6 livres, la rouge à 4 livres, la grise à 2 livres, la double à 1 livre 16 sous, et la commune à 1 livre 4 sous.
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9295
p. 210-211
AUTRE.
Début :
Le sieur Maillard demeurant au Collège de Cambray, place Cambray, [...]
Mots clefs :
Sieur Maillard, Feuilles d'emblêmes, Cadrans de dévotion, Fables, Devises, Almanachs, Ornements, Vignettes
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LE fieur Maillard demeurant au College de
Cambray , place Cambray , près la rue S. Jac
ques à Paris , continue de faire & vendre différens
ouvrages en caracteres & vignettes , &
entreprend de noter les livres d'Eglife ."
On trouvera en fon autre demeure , rue Saint
Jacques, la deuxieme porte cochere au deffus de la
rue des Noyers , une fuite de foixante feuilles
d'emblêmes , fentences , cadrans de dévotion ,
fables , devifes , & autres fujets moraux , ga
lans , en formes d'étrennes , curieufes & inftruc→
tives , & propres à orner des écrans , almanachs,
boîtes, &c. defquels ledit fiear Maillard fait les
envois aux maifons Religieufes , & aux Mar.
chands de province. Ces fujets bien choifis , joints
à la propreté de l'exécution , bien enluminés &
ornés de jolies vignettes deffinées avec goût ,
merité les fuffrages des curieux. On trouvera auſk
ont
AVRIL. 1757. 213
chez le fieur Maillard divers autres fujets peints
avec lefdites vignettes , comme figures Chinoiſes,
papier peint , cartouche, & c,
LE fieur Maillard demeurant au College de
Cambray , place Cambray , près la rue S. Jac
ques à Paris , continue de faire & vendre différens
ouvrages en caracteres & vignettes , &
entreprend de noter les livres d'Eglife ."
On trouvera en fon autre demeure , rue Saint
Jacques, la deuxieme porte cochere au deffus de la
rue des Noyers , une fuite de foixante feuilles
d'emblêmes , fentences , cadrans de dévotion ,
fables , devifes , & autres fujets moraux , ga
lans , en formes d'étrennes , curieufes & inftruc→
tives , & propres à orner des écrans , almanachs,
boîtes, &c. defquels ledit fiear Maillard fait les
envois aux maifons Religieufes , & aux Mar.
chands de province. Ces fujets bien choifis , joints
à la propreté de l'exécution , bien enluminés &
ornés de jolies vignettes deffinées avec goût ,
merité les fuffrages des curieux. On trouvera auſk
ont
AVRIL. 1757. 213
chez le fieur Maillard divers autres fujets peints
avec lefdites vignettes , comme figures Chinoiſes,
papier peint , cartouche, & c,
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Résumé : AUTRE.
Le texte décrit les activités du sieur Maillard, résidant au Collège de Cambray à Paris. Maillard fabrique et vend divers ouvrages en caractères et vignettes, et propose de noter les livres d'Église. Il est également joignable à son domicile de la rue Saint-Jacques, à la deuxième porte cochère au-dessus de la rue des Noyers. Il propose une suite de soixante feuilles d'emblèmes, sentences, cadrans de dévotion, fables, devises et autres sujets moraux et galants, adaptés pour les étrennes. Ces œuvres, destinées à orner des écrans, almanachs, boîtes, etc., sont envoyées à des maisons religieuses et à des marchands de province. Les sujets choisis, combinés à la propreté de l'exécution et à l'enluminure soignée, ainsi qu'aux jolies vignettes définies avec goût, méritent les suffrages des curieux. Maillard offre également divers autres sujets peints avec les mêmes vignettes, tels que des figures chinoises, du papier peint et des cartouches.
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9296
p. 211-212
AUTRE.
Début :
Nous croyons devoir annoncer au Public comme un objet intéressant, que Madame [...]
Mots clefs :
Madame Thomin, Ingénieur en optique, Lunettes, Biloupe, Microscopes, Télescopes, Usage utile, Grossissement, Lentilles
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
NOUS croyons
devoir annoncer
au Public com
me un objet intéreſſant
, que Madame
Thomin
eft continuée
dans l'exercice
du privilége
dont
jouiffoit
fon mari, d'Ingénieur
en optique
de la
Reine : elle foutient
le commerce
de lunettes ,
conferves
, biloupes
, microſcopes
, teleſcopes
,
& tout ce qui dépend
de l'optique
. Elle travaille
,
comme
elle faifoit fous la direction
de fon mari ,
à tous les ouvrages
de l'art dont on peut voir
le détail dans le traité d'optique
méchanique
,
imprimé
en 1749 , chez Jean- Baptifte
Coignard
& Antoine
Boudet , rue Saint Jacques , à la Bi
ble d'or.
On trouve chez elle une espece de biloupe
qui a un double verre , & dont l'ufage eft extrêmement
utile pour les Horlogers , les Peintres ,
les Deffinateurs , & furtout pour les vieilles
écritures elle fert auffi pour la botanique en
ce qu'elle groffit & diftinguent les objets. Certe
biloupe eft de l'invention de M. Thomin , qui
en a laiffé le fecret à fa veuve.
Il a perfectionné une forte de microſcope à
la main , que l'on nomme engifcope , parce qu'il
n'a point de verres, & qu'il n'eft compofé que
de lentilles. Il eft porté fur une tige particuliere ,
avec un appui rond ou quarré & facile à tenir.
Au haut de cette tige eft une bonette dans laquelle
eft enfoncée un miroir d'argent qui fait,
par le moyen du poli , la reflection du microfco212
MERCURE DE FRANCE.
pe univerfel , & par le moyen de trois ou quatre
lentilles de rechange , dont le propre eft de groffir
plus ou moins les plus petits objets, felon les
foyers qu'on leur donne.
Au milieu de cette tige eft une pince qui s'ouvre
en appuyant deux doigts fur deux petits boutons
où l'on met les animaux dont on veut voir la circulation
du fang. Au bout de cette pince eft une
pointe d'acier recourbé , qui fert à recevoir les
quatre petites dames blanches & noires , fur lefquelles
on met les objets qui ne font point tranfparens,
comme le fable, la poudre, & l'etoffe , &c.
Vous déviffez cette pointe , & vous mettez en fa
place deux petites plaques de cuivre jointes en◄
femble , l'une percée au milieu , & l'autre de
glace pour recevoir les liqueurs, ou fluides , ou
épaiffes, que vous voulez examiner. Le tout dans un
petit coffret de chagrin affez commode pour être
emporté dans la poche.
La dame Themin travaille elle- même tous ces
ouvrages avec un Artiſte habile , que M. Thomin
a inftruit lui-même fur toutes ces connoiffances
pendant plufieurs années.
NOUS croyons
devoir annoncer
au Public com
me un objet intéreſſant
, que Madame
Thomin
eft continuée
dans l'exercice
du privilége
dont
jouiffoit
fon mari, d'Ingénieur
en optique
de la
Reine : elle foutient
le commerce
de lunettes ,
conferves
, biloupes
, microſcopes
, teleſcopes
,
& tout ce qui dépend
de l'optique
. Elle travaille
,
comme
elle faifoit fous la direction
de fon mari ,
à tous les ouvrages
de l'art dont on peut voir
le détail dans le traité d'optique
méchanique
,
imprimé
en 1749 , chez Jean- Baptifte
Coignard
& Antoine
Boudet , rue Saint Jacques , à la Bi
ble d'or.
On trouve chez elle une espece de biloupe
qui a un double verre , & dont l'ufage eft extrêmement
utile pour les Horlogers , les Peintres ,
les Deffinateurs , & furtout pour les vieilles
écritures elle fert auffi pour la botanique en
ce qu'elle groffit & diftinguent les objets. Certe
biloupe eft de l'invention de M. Thomin , qui
en a laiffé le fecret à fa veuve.
Il a perfectionné une forte de microſcope à
la main , que l'on nomme engifcope , parce qu'il
n'a point de verres, & qu'il n'eft compofé que
de lentilles. Il eft porté fur une tige particuliere ,
avec un appui rond ou quarré & facile à tenir.
Au haut de cette tige eft une bonette dans laquelle
eft enfoncée un miroir d'argent qui fait,
par le moyen du poli , la reflection du microfco212
MERCURE DE FRANCE.
pe univerfel , & par le moyen de trois ou quatre
lentilles de rechange , dont le propre eft de groffir
plus ou moins les plus petits objets, felon les
foyers qu'on leur donne.
Au milieu de cette tige eft une pince qui s'ouvre
en appuyant deux doigts fur deux petits boutons
où l'on met les animaux dont on veut voir la circulation
du fang. Au bout de cette pince eft une
pointe d'acier recourbé , qui fert à recevoir les
quatre petites dames blanches & noires , fur lefquelles
on met les objets qui ne font point tranfparens,
comme le fable, la poudre, & l'etoffe , &c.
Vous déviffez cette pointe , & vous mettez en fa
place deux petites plaques de cuivre jointes en◄
femble , l'une percée au milieu , & l'autre de
glace pour recevoir les liqueurs, ou fluides , ou
épaiffes, que vous voulez examiner. Le tout dans un
petit coffret de chagrin affez commode pour être
emporté dans la poche.
La dame Themin travaille elle- même tous ces
ouvrages avec un Artiſte habile , que M. Thomin
a inftruit lui-même fur toutes ces connoiffances
pendant plufieurs années.
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Résumé : AUTRE.
Madame Thomin a repris l'activité de son mari en tant qu'ingénieur en optique de la Reine, se spécialisant dans la vente d'instruments optiques tels que des lunettes, loupes, microscopes et télescopes. Elle continue de produire des ouvrages décrits dans le traité d'optique mécanique publié en 1749. Parmi les produits notables, une loupe à double verre, inventée par Monsieur Thomin, est particulièrement utile pour les horlogers, peintres, dessinateurs, la lecture de vieilles écritures et la botanique. Madame Thomin a également perfectionné un microscope portatif appelé engiscope, composé uniquement de lentilles et sans verres. Cet instrument, monté sur une tige avec un miroir d'argent et des lentilles interchangeables, inclut une pince pour observer la circulation sanguine chez les animaux et une pointe d'acier recourbée pour examiner des substances non transparentes. L'engiscope est fourni dans un petit coffret pratique pour être transporté. Madame Thomin collabore avec un artiste formé par Monsieur Thomin pour la réalisation de ces ouvrages.
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9297
p. 212-213
AUTRE.
Début :
Le sieur Cousin Expert, reçu à Saint Côme pour les descentes, donne avis [...]
Mots clefs :
Bandage, Perfectionnement, Solidité, Commodité, Exomphale, Hernie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
Le fieur Coufin Expert , reçu à Saint Côme
pour les defcentes , donne avis qu'il a confidérablement
perfectionné le bandage à reffort pour
l'exomphale reduit , en lui donnant plus de folidité
& de commodité . C'eft fur ces raifons que la
Faculté de Médecine , fur le rapport des Commiffaires
qu'elle a nommés pour l'examen de ce bandage
lui a accordé une approbation authentique ,
& a jugé que les avantages de ce bandage
AVRIL. 1757. 217
furpaffoient tous ceux des autres bandages qui
avoient été propofés pour cette maladie . On trouve
auffi chez lui des bandages élastiques à reffort &
fans reffort , à charniere & à corps ouvert.
Il demeure , rue Comteffe d'Artois.
Le fieur Coufin Expert , reçu à Saint Côme
pour les defcentes , donne avis qu'il a confidérablement
perfectionné le bandage à reffort pour
l'exomphale reduit , en lui donnant plus de folidité
& de commodité . C'eft fur ces raifons que la
Faculté de Médecine , fur le rapport des Commiffaires
qu'elle a nommés pour l'examen de ce bandage
lui a accordé une approbation authentique ,
& a jugé que les avantages de ce bandage
AVRIL. 1757. 217
furpaffoient tous ceux des autres bandages qui
avoient été propofés pour cette maladie . On trouve
auffi chez lui des bandages élastiques à reffort &
fans reffort , à charniere & à corps ouvert.
Il demeure , rue Comteffe d'Artois.
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Résumé : AUTRE.
Le texte annonce M. Coufin, expert en bandages, reçu à Saint Côme pour les défenses. Il a amélioré le bandage à ressort pour l'exomphale réduite, jugé supérieur par la Faculté de Médecine. M. Coufin propose aussi divers bandages élastiques. Il réside rue Comtesse d'Artois.
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9298
p. 213
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le second volume du [...]
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texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond volume du Mercure du mois d'Avril ,
& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
Pimpreffion. A Paris , ce 12 Avril 1757.
GUIROY.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond volume du Mercure du mois d'Avril ,
& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
Pimpreffion. A Paris , ce 12 Avril 1757.
GUIROY.
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9299
p. 213-214
ERRATA du premier Volume du Mercure d'Avril.
Début :
Page 14, ligne 6, pas, pas plus long-temps, lisez, pas plus [...]
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texteReconnaissance textuelle : ERRATA du premier Volume du Mercure d'Avril.
ERRATA
du premier volume du Mercure d'Avril.
PAAGE 14 , ligne 6 , pas , pas plus long-temps ,
lifex , pas plus long-temps.
Page 15 , lig. 17 , l'air qu'il appris , lifex , qu'il a
appris.
Page 21 , lig. 5 , elle fut tenté d'interpréter , liſez,
elle fut tentée , &c.
Page 39 , ligne premiere ,
lifez ,
D'abord , mon taudis en Tibur¸
D'abord , mon taudis eft Tibur ,
Même page , lig. 26 & 27 ,
C'est l'aimable Reine de Gnide.
214
Sortant de l'écume des mers ,
Changez ainfi la ponctuation ,
C'eft l'aimable Reine de Gnide ;
Sortant de l'écume des mers.
Page 43 , lig. 26 & 27 , d'ailleurs ces plaifirs ne
lui font pas moins infupportables , qu'elle lui
eft odieufe , lifex , d'ailleurs il ne lui eft pas
moins infupportable , qu'elle lui eft odieufe.
( Il s'agit du Mifanthrope & de la fociété . )
Page 102 , lig. 3 , ils deshonora , lif. il deshonora.
Page 123 , lig 9 & 10 , par la certitude qu'elles
ont des fottifes reproduites dans des objets aimables
, par une imitation fine , elles deviennent
des moyens de plaire , &c. lifez , par la certitude
qu'elles ont que des fottifes reproduites
dans des objets aimables, par une imitation fine,
deviennent des moyens de plaire ,
Page 137 , lig. 23 , qui nous ait plus attaché ,
lifex , qui nous ait plus attachés.
du premier volume du Mercure d'Avril.
PAAGE 14 , ligne 6 , pas , pas plus long-temps ,
lifex , pas plus long-temps.
Page 15 , lig. 17 , l'air qu'il appris , lifex , qu'il a
appris.
Page 21 , lig. 5 , elle fut tenté d'interpréter , liſez,
elle fut tentée , &c.
Page 39 , ligne premiere ,
lifez ,
D'abord , mon taudis en Tibur¸
D'abord , mon taudis eft Tibur ,
Même page , lig. 26 & 27 ,
C'est l'aimable Reine de Gnide.
214
Sortant de l'écume des mers ,
Changez ainfi la ponctuation ,
C'eft l'aimable Reine de Gnide ;
Sortant de l'écume des mers.
Page 43 , lig. 26 & 27 , d'ailleurs ces plaifirs ne
lui font pas moins infupportables , qu'elle lui
eft odieufe , lifex , d'ailleurs il ne lui eft pas
moins infupportable , qu'elle lui eft odieufe.
( Il s'agit du Mifanthrope & de la fociété . )
Page 102 , lig. 3 , ils deshonora , lif. il deshonora.
Page 123 , lig 9 & 10 , par la certitude qu'elles
ont des fottifes reproduites dans des objets aimables
, par une imitation fine , elles deviennent
des moyens de plaire , &c. lifez , par la certitude
qu'elles ont que des fottifes reproduites
dans des objets aimables, par une imitation fine,
deviennent des moyens de plaire ,
Page 137 , lig. 23 , qui nous ait plus attaché ,
lifex , qui nous ait plus attachés.
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Résumé : ERRATA du premier Volume du Mercure d'Avril.
Le document présente une liste d'errata pour le premier volume du Mercure d'Avril, visant à corriger plusieurs erreurs typographiques et grammaticales. Les corrections sont réparties sur diverses pages, allant de 14 à 137. Parmi les modifications notables, on trouve des ajustements de ponctuation et de phrases. Par exemple, sur la page 14, ligne 6, 'pas plus long-temps' est corrigé en 'pas plus long-temps, lifex'. Sur la page 15, ligne 17, 'l'air qu'il appris' devient 'qu'il a appris'. D'autres corrections incluent des ajustements de verbes et de prépositions, comme sur la page 21, ligne 5, où 'elle fut tenté d'interpréter' est corrigé en 'elle fut tentée'. Le document mentionne également des corrections spécifiques à des œuvres littéraires, telles que 'Le Misanthrope' et 'la société'. Ces errata visent à améliorer la précision et la clarté du texte.
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9300
p. 214-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Vers de M. le Président [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
VERS ERS de M. le Préſident de Ruffey à M. de
Voltaire , $
Vers fur la perte que nous avons faite de M. de
Fontenelle ,
Le Bonheur imprévu , Conte ,
6
8
Invitation à M. le Curé de Saint Jean, aux Amo.
gnes,,
Dialogue entre Stratonice & Fontenelle ,
Epître à M. de Reaumur,
30
33
42
215
Lettre de M. Trublet à M. de Boiffy , & l'examen
de l'Opéra de Pfyché , par M. de la
Motte ,
Epitre badine à M. l'Abbé Bernier ,
Penfées diverfes ,
Le Riche , le Noble & le Sage , Fable ,
46
57.
61
64
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier Mercure d'Avril ,
Enigme & Logogryphe ,
Couplets fur des vers à foye ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Extrait de l'Ecole de l'Amitié ,
Précis ou Indications de livres nouveaux ,
66
ibid.
69,
71
89
127
Extraits des Difcours prononcés dans l'Académie
Françoiſe le 15 Mars 1757,
ART. III . SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Medailles. Deviſes des Jettons pour l'année 1757 ;
141
144
Phyfique. Efquiffe fur l'irritabilité & la fenfibilité
des parties du corps de l'homme ,
Séance publique de la Société Littéraire de Châ◄
lons -fur-Marne ,
ART. IV . BEAUX-ARTS .
ISI.
Mufique, Lettre à l'Auteur du Mercure , fur la
déclamation notée ,
Gravure ,
ART. V. SPECTA LES.
Comédie Françoiſe ,
159
166
Compliment prononcé à la cloture du Théâtre
par M. de la Noue ,
Comédie Italienne
Vers à Mlle. Camille Veroneze ,
167
ibid.
171
ibida
216
Opera Comique , 175
Concert Spirituel ,
ibid.
Spectacle de M. Servandonni , 177
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
179
Nouvelles de la Cour , de Paris , & c. 189
Bénéfice donné , 197
Supplément à l'Article de Chirurgie ,
Supplément à l'article des Spectacles ,
Mariages & Morts ,
Avis divers.
198
201
ibid.
204
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
VERS ERS de M. le Préſident de Ruffey à M. de
Voltaire , $
Vers fur la perte que nous avons faite de M. de
Fontenelle ,
Le Bonheur imprévu , Conte ,
6
8
Invitation à M. le Curé de Saint Jean, aux Amo.
gnes,,
Dialogue entre Stratonice & Fontenelle ,
Epître à M. de Reaumur,
30
33
42
215
Lettre de M. Trublet à M. de Boiffy , & l'examen
de l'Opéra de Pfyché , par M. de la
Motte ,
Epitre badine à M. l'Abbé Bernier ,
Penfées diverfes ,
Le Riche , le Noble & le Sage , Fable ,
46
57.
61
64
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier Mercure d'Avril ,
Enigme & Logogryphe ,
Couplets fur des vers à foye ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Extrait de l'Ecole de l'Amitié ,
Précis ou Indications de livres nouveaux ,
66
ibid.
69,
71
89
127
Extraits des Difcours prononcés dans l'Académie
Françoiſe le 15 Mars 1757,
ART. III . SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Medailles. Deviſes des Jettons pour l'année 1757 ;
141
144
Phyfique. Efquiffe fur l'irritabilité & la fenfibilité
des parties du corps de l'homme ,
Séance publique de la Société Littéraire de Châ◄
lons -fur-Marne ,
ART. IV . BEAUX-ARTS .
ISI.
Mufique, Lettre à l'Auteur du Mercure , fur la
déclamation notée ,
Gravure ,
ART. V. SPECTA LES.
Comédie Françoiſe ,
159
166
Compliment prononcé à la cloture du Théâtre
par M. de la Noue ,
Comédie Italienne
Vers à Mlle. Camille Veroneze ,
167
ibid.
171
ibida
216
Opera Comique , 175
Concert Spirituel ,
ibid.
Spectacle de M. Servandonni , 177
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
179
Nouvelles de la Cour , de Paris , & c. 189
Bénéfice donné , 197
Supplément à l'Article de Chirurgie ,
Supplément à l'article des Spectacles ,
Mariages & Morts ,
Avis divers.
198
201
ibid.
204
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication, organisée en six sections principales. L'article premier rassemble des pièces fugitives en vers et en prose, incluant des poèmes, des contes, des lettres et des fables. Parmi les œuvres mentionnées figurent des vers adressés à Voltaire, un conte intitulé 'Le Bonheur imprévu' et une fable 'Le Riche, le Noble & le Sage'. L'article II traite des nouvelles littéraires, avec des extraits de l''École de l'Amitié' et des indications de livres récents. L'article III aborde les sciences et les belles-lettres, incluant des médailles, des devises de jetons et des discussions sur la physique. L'article IV est dédié aux beaux-arts, avec des sections sur la musique et la gravure. L'article V concerne les spectacles, listant divers événements théâtraux et musicaux, tels que la comédie française, la comédie italienne et l'opéra comique. Enfin, l'article VI couvre les nouvelles étrangères, les nouvelles de la cour et de Paris, ainsi que des avis divers, incluant des mariages et des décès.
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