Résultats : 8715 texte(s)
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2801
p. 188-192
VERS en stile Marotique. Par Mr de la F. Sur la Comedie d'Amphitrion representée au Chasteau de Sceaux.
Début :
Lorsque Baron ce Protheus charmant [...]
Mots clefs :
Marotique, Style marotique
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texteReconnaissance textuelle : VERS en stile Marotique. Par Mr de la F. Sur la Comedie d'Amphitrion representée au Chasteau de Sceaux.
VERS
en stile Marotique.
ParMrde laF.
Sur la Comedie d'Amphitrion
representée au
Chasteau de Sceaux.
Lorsque Baron ce Protheus
charmant
Vient meditant sa conquestefuretive
Qui ne croit vray que
JupiterAmant
Chezalemenasousfaux
semblant arrive.
Quand il paroistavoir
de crainte vive
Le coeur saisy par ce
prompt changement,
Mesemble voir danssa
douleur naïve
Amphitriotrompécruellement.
Pareil au sien est mon
estonnement
Quand la beauté quison
ame captive
Le triste aveu luy fait
ingenuëment
Ducas à qui tantsied la
negative.
Soziamesme, infortuné
convive,
Ou Serfbattu, me touche
également i
Contre raison faut-il que
foysouscrive
Atout cCC) quoyquefeint
seulement?
Oüy, belle Alemene, ay
cru le toutvrayment,
- Devostrejeu,force persuasive,
Esprits&coeursentraisne
seurement
Etbien qu'Ovide en cecy
fable ecrive
Fable rreennddeeTz-vous à nos
yeuxeffective
Car Jner-ite[le Dieu du
firmament.
De Cleantis àson droit
attentive,
Et de la nuit si bonnementtardive,
Eusse voulu dire aussi
l'agrements;
Le coeur m'en dit; mais
Rimefugitive
Malàproposenordonne
autrement.
en stile Marotique.
ParMrde laF.
Sur la Comedie d'Amphitrion
representée au
Chasteau de Sceaux.
Lorsque Baron ce Protheus
charmant
Vient meditant sa conquestefuretive
Qui ne croit vray que
JupiterAmant
Chezalemenasousfaux
semblant arrive.
Quand il paroistavoir
de crainte vive
Le coeur saisy par ce
prompt changement,
Mesemble voir danssa
douleur naïve
Amphitriotrompécruellement.
Pareil au sien est mon
estonnement
Quand la beauté quison
ame captive
Le triste aveu luy fait
ingenuëment
Ducas à qui tantsied la
negative.
Soziamesme, infortuné
convive,
Ou Serfbattu, me touche
également i
Contre raison faut-il que
foysouscrive
Atout cCC) quoyquefeint
seulement?
Oüy, belle Alemene, ay
cru le toutvrayment,
- Devostrejeu,force persuasive,
Esprits&coeursentraisne
seurement
Etbien qu'Ovide en cecy
fable ecrive
Fable rreennddeeTz-vous à nos
yeuxeffective
Car Jner-ite[le Dieu du
firmament.
De Cleantis àson droit
attentive,
Et de la nuit si bonnementtardive,
Eusse voulu dire aussi
l'agrements;
Le coeur m'en dit; mais
Rimefugitive
Malàproposenordonne
autrement.
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Résumé : VERS en stile Marotique. Par Mr de la F. Sur la Comedie d'Amphitrion representée au Chasteau de Sceaux.
Le poème de Monsieur de la F. célèbre la comédie 'Amphitryon' représentée au château de Sceaux. Il décrit les émotions des personnages et du narrateur face aux intrigues de la pièce. Baron, comparé à Protée, médite sur sa conquête furtive, croyant que Jupiter, déguisé, arrive pour séduire Alcmène. Amphitryon, trompé, ressent une douleur naïve, partageant l'étonnement du narrateur. La beauté captive l'âme d'Amphitryon, qui avoue tristement sa négative à Sosie, également touché. Le narrateur admire le jeu persuasif d'Alcmène, qui entraîne les esprits et les cœurs. Il reconnaît la réalité de la fable d'Ovide, affirmant la présence de Jupiter, le dieu du firmament. Le poème mentionne également Cléante, attentive à ses droits, et la nuit tardive, mais la rime fugitive empêche le narrateur de développer davantage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2802
p. 192-194
« Monsieur d'Hosier a fait recevoir son neveu en survivance [...] »
Début :
Monsieur d'Hosier a fait recevoir son neveu en survivance [...]
Mots clefs :
Hosier, Charges
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texteReconnaissance textuelle : « Monsieur d'Hosier a fait recevoir son neveu en survivance [...] »
Monsieur d'Hofier a
fait recevoir son neveu en
survivance des Charges de
Juge general des Armes &
des Blasons de France,&
de Genealogiste de France,
& des Ecuries de Sa Majesté.
Monsieur d'Hosier
qui a exercé dignement
ces Charges depuis cinquante
quante ans,avoit succedé
au celebre d'Hosier
,
son
pere, homme excellent qui
s'étoit rend u recomandable
en ce genre d'estude. Il
avoit une vasteconnoissance
de toutes les Races de
l'Europe,& unememoire.
qui tenoit du-prodige. Le
fameux d'A blancourt disoit
de ce rare homme
qu'il avoitassisté à , tous les
Contrats de Mariage & à
tous les Baptesmesdel'Univers,
parce qu'il connoissoit
toutes lesfamilles en détail
par Noms
)
Surnoms, Titres,
& Armoiries. Mrs
d'Hosier
, pere & fils,
ayant également travaillé
depuis cent ans à former le
fond d'un precieux Cabinet
qui contient tout ce qu'il
y a de plus sûr & de plus
curieux dans la discussion s
des Genealogies. La No- j
blesse de France doit jerter
# les yeux avecplaisir sur un
Neveu élevé en si bonne
école, & que son Oncle J,
acheve de former en luy •
inspirant l'honneur, l'exactitude,
& laprobité qui
luy ont attiré la confiance i
detoutle monde.
fait recevoir son neveu en
survivance des Charges de
Juge general des Armes &
des Blasons de France,&
de Genealogiste de France,
& des Ecuries de Sa Majesté.
Monsieur d'Hosier
qui a exercé dignement
ces Charges depuis cinquante
quante ans,avoit succedé
au celebre d'Hosier
,
son
pere, homme excellent qui
s'étoit rend u recomandable
en ce genre d'estude. Il
avoit une vasteconnoissance
de toutes les Races de
l'Europe,& unememoire.
qui tenoit du-prodige. Le
fameux d'A blancourt disoit
de ce rare homme
qu'il avoitassisté à , tous les
Contrats de Mariage & à
tous les Baptesmesdel'Univers,
parce qu'il connoissoit
toutes lesfamilles en détail
par Noms
)
Surnoms, Titres,
& Armoiries. Mrs
d'Hosier
, pere & fils,
ayant également travaillé
depuis cent ans à former le
fond d'un precieux Cabinet
qui contient tout ce qu'il
y a de plus sûr & de plus
curieux dans la discussion s
des Genealogies. La No- j
blesse de France doit jerter
# les yeux avecplaisir sur un
Neveu élevé en si bonne
école, & que son Oncle J,
acheve de former en luy •
inspirant l'honneur, l'exactitude,
& laprobité qui
luy ont attiré la confiance i
detoutle monde.
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Résumé : « Monsieur d'Hosier a fait recevoir son neveu en survivance [...] »
Le texte décrit la succession de charges honorifiques au sein de la famille d'Hosier. Monsieur d'Hosier a exercé les fonctions de Juge général des Armes et des Blasons de France, de Généalogiste de France et des Écuries de Sa Majesté pendant cinquante ans. Il a succédé à son père, également nommé d'Hosier, reconnu pour son excellence et sa vaste connaissance des races de l'Europe ainsi que pour sa mémoire prodigieuse. Le célèbre d'Ablancourt avait loué le père d'Hosier, le qualifiant de connaisseur de toutes les familles de l'univers par leurs noms, surnoms, titres et armoiries. Les d'Hosier, père et fils, ont contribué à la création d'un cabinet précieux contenant des informations sûres et curieuses sur les généalogies. La noblesse de France peut se réjouir de voir le neveu de Monsieur d'Hosier, élevé dans cette tradition, être formé par son oncle aux valeurs d'honneur, d'exactitude et de probité, ce qui lui a valu la confiance de tous.
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2803
p. 195-198
Parapluies & Parasols nouvellement inventez, & qui se portent dans la poche.
Début :
Cette nouvelle invention me fait souvenir d'un soldat qui [...]
Mots clefs :
Parapluie, Parasol, Poche, Inventions
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texteReconnaissance textuelle : Parapluies & Parasols nouvellement inventez, & qui se portent dans la poche.
Faràpluies & jJaraJÓls
nouvellement inventeZ,
f5 qui se portent
dans lapoche. JGette nouvelle invention
me faitsouvenir
d'un loldat qui pendant
un orage affreux suivoit
tranquillement son che-
I min malgré la pluye qui
j le perçoit. Je luy criay
1
d'une maison où j'étois
qu'ilentraftpour se met,
trc à couvert. Vous ne
sçavez donc pasrécriat'il,
qu'un bon Soldat a
toûjours dans sa poche
dequoy se garentirdes
injures du temps
,
ëC
disant cela, il tira une
longue bouteille defer
blanc quil acheva de
vuider en me deman-
-'
dant dequoy la remplir.
Onpourra donc dire
à present très - [erieuiè'"j'
ment, j'ay dans ma
po-d
chedequoy me garantir I
des injures du temps ,
car ces nouveaux Parapluies
dont on peut faire
usage, ne tiennent
pas plus deplace que la
bouteille du Soldat. J'en
ferois bien icy la description
exacte
,
mais
elle seroit longue; on
n'a qu'à les acheter : c'est le plus court. Ils se
vendent proche la barriere
S. Honoré. Celuy
qui les a inventez cest
Mr Marius à qui on a
l'obligation de ces Claveflins
brisez qu'on
pourroit presque appel-
1eraussi des Clavessins
de poche. Je ne desespere
pas que son industrie
ne parvienne jusqu'à
nous donner pour nos
Armées des Tentes, ou
du moins des Baraques
de poche.
nouvellement inventeZ,
f5 qui se portent
dans lapoche. JGette nouvelle invention
me faitsouvenir
d'un loldat qui pendant
un orage affreux suivoit
tranquillement son che-
I min malgré la pluye qui
j le perçoit. Je luy criay
1
d'une maison où j'étois
qu'ilentraftpour se met,
trc à couvert. Vous ne
sçavez donc pasrécriat'il,
qu'un bon Soldat a
toûjours dans sa poche
dequoy se garentirdes
injures du temps
,
ëC
disant cela, il tira une
longue bouteille defer
blanc quil acheva de
vuider en me deman-
-'
dant dequoy la remplir.
Onpourra donc dire
à present très - [erieuiè'"j'
ment, j'ay dans ma
po-d
chedequoy me garantir I
des injures du temps ,
car ces nouveaux Parapluies
dont on peut faire
usage, ne tiennent
pas plus deplace que la
bouteille du Soldat. J'en
ferois bien icy la description
exacte
,
mais
elle seroit longue; on
n'a qu'à les acheter : c'est le plus court. Ils se
vendent proche la barriere
S. Honoré. Celuy
qui les a inventez cest
Mr Marius à qui on a
l'obligation de ces Claveflins
brisez qu'on
pourroit presque appel-
1eraussi des Clavessins
de poche. Je ne desespere
pas que son industrie
ne parvienne jusqu'à
nous donner pour nos
Armées des Tentes, ou
du moins des Baraques
de poche.
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Résumé : Parapluies & Parasols nouvellement inventez, & qui se portent dans la poche.
Le texte décrit une nouvelle invention, des parapluies portables, qui rappelle à l'auteur une anecdote impliquant un soldat. Durant un orage, ce soldat continua son chemin sans se soucier de la pluie. Lorsqu'on lui suggéra de se mettre à l'abri, il répondit qu'un bon soldat a toujours de quoi se protéger des intempéries, illustrant cela en sortant une bouteille de fer-blanc pour la recueillir. L'auteur compare ces parapluies à la bouteille du soldat, soulignant qu'ils offrent une protection similaire contre les intempéries. Ces parapluies sont vendus près de la barrière Saint-Honoré et sont l'œuvre de Monsieur Marius. L'auteur espère que l'inventivité de Marius puisse un jour aboutir à des tentes ou des baraques portables pour les armées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2804
p. 199-208
L'AMOUR puni & justifié. Vers libres.
Début :
Loin de ces prisons redoutables, [...]
Mots clefs :
Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'AMOUR puni & justifié. Vers libres.
Ausone à qui les Muses
ouvrirent la roure à
la plus haute Magistrature;
Ausone, Poëte &:
Consul,fitautrefois une
Piece intitulée, Cupido
cruciaassixus. Il dit que
c'est d'aprés un Tableau
placé à Treves, dans la
Galerie d'Eole, qu'il a
tiré son Poëme. Mr R..
a imité cette Pièce,&
l'a renduë en Vers françois.
L' A MO U R
puni &justifié.
Verslibres.
Loin de ces prisons redoutables,
OùPluton aux Ombres
coupables
Faitsentirsonjustecourroux,
Il est dans les Enfers des
aZilesplus doux.
Des Myrthes tousjours
verdsyforment des
ombrages
Quin'ont rien de l'horreur
de l'eternelle nuit.
Des Fleuvesy coulent
sans bruits;
DesPavots languissants
couronnent leur rivages.
On voitparmi les fleurs
quiparent cesejour,
Hyacinthe
,
Narcijje,
&tant d'autres encore
Qui,mortels autrejois-3
de L'empire d'Amour
Ont paffe dans celuy de
Flore.
CesBeautezdontlesnoms
fameux
Remplissentla FableeS
CHistoire,
Malgrél'eau du Lethé
conservent la memoïre
De leurs malheurs f5 deleursfeux.
-
L'ambitieuseimprudente
Qui voulut ruoirJupiter
Armé de la foudre tonnante,
Rappelle ce plaisri qui
< luy coustasi cher.
La maistressedeCephale,
Plaignanttoûjours son
vainqueur,
Chérit laflechefatale,
Dont il luy perça le coeur.
Hero d'une main tremblante
Tient la lampe étincelante,
Qui luyservitseulement
Avoirperirson Amant.
Ariane roule en colere
Ce fil, triste instrument
d'unperfide attentat.
Infortunée
,
helas
,
d'avoirtrahisonpere
Pour ne rendre heureux
qu'uningrat.
Phedre interdite, es confitfe,
Baigne trop tard deses
pleurs
L'écrit,oùsamainaccuse
Sescriminelles ardeurs.
Moinscoupables centfois,
e5plus à plaindre
qu'elle,
EtDidon fîfThijbévont
se frapper lefem.
D'unperfideennemi l'une
a lefer en main
L'autre celujd'un Amant
tropfidelle.
De leurs douleurs L'Amourvoulut
estre
témoin.
Car dans nos maux le
traistre admireson
ouvrage.
o
Il cachoit Jon carquois
finflambeau dun
nuage.
Vaine adreJJè ! inutile
foin! oln.
Le voila découvert.La
cohorte rebelle
Le menace. Il veutfuir.
•
linebatque dune aile.
- Iltombe. Onlesaisît. Il
versè en vain des fleurs.
AttachéJur un Myrthe,
unefureur nouvelle
Luj va de mille morts
frefenter les horreurs.
TendreAmour de ton
sein l'une approche
l'epee
Parquisa tramesutcoupee;
L'autre offreates regards
les débris enJlla¡rJÍneZ
Du Bûcher
3
ouses jours
ont ete confume\^
Mjrrha de quilesDieux
ont endurcy les larmes,
EnfaitpouJrt'accabler de
redoutables armes.
Tes cris ont attire ta mere
dans ces lieux.
Vient-elle a tonsecours ?
INion. Quel'audacieux
DitVenus5éprouvé ma rage.rote-ve ma,
Desflets deVulcain, des
ris malins des Dieuxy
J-e riay pas oublié Coutrage.
Vn Buisson epineux offre
auxjeux de Cypris ','
DeIon?sbouquetsde ro-
- j'es
De leur boutons apeine écloses.
Elle en arme samain;
elle approche[onfils.
ArrestezDesseirritée
S'ecrte avec transport la
troupe epouvantée :
Lorsque nous respirions le
jour
Lefort fit nos malheursi
ce nefloîtpas l'Amour.
ouvrirent la roure à
la plus haute Magistrature;
Ausone, Poëte &:
Consul,fitautrefois une
Piece intitulée, Cupido
cruciaassixus. Il dit que
c'est d'aprés un Tableau
placé à Treves, dans la
Galerie d'Eole, qu'il a
tiré son Poëme. Mr R..
a imité cette Pièce,&
l'a renduë en Vers françois.
L' A MO U R
puni &justifié.
Verslibres.
Loin de ces prisons redoutables,
OùPluton aux Ombres
coupables
Faitsentirsonjustecourroux,
Il est dans les Enfers des
aZilesplus doux.
Des Myrthes tousjours
verdsyforment des
ombrages
Quin'ont rien de l'horreur
de l'eternelle nuit.
Des Fleuvesy coulent
sans bruits;
DesPavots languissants
couronnent leur rivages.
On voitparmi les fleurs
quiparent cesejour,
Hyacinthe
,
Narcijje,
&tant d'autres encore
Qui,mortels autrejois-3
de L'empire d'Amour
Ont paffe dans celuy de
Flore.
CesBeautezdontlesnoms
fameux
Remplissentla FableeS
CHistoire,
Malgrél'eau du Lethé
conservent la memoïre
De leurs malheurs f5 deleursfeux.
-
L'ambitieuseimprudente
Qui voulut ruoirJupiter
Armé de la foudre tonnante,
Rappelle ce plaisri qui
< luy coustasi cher.
La maistressedeCephale,
Plaignanttoûjours son
vainqueur,
Chérit laflechefatale,
Dont il luy perça le coeur.
Hero d'une main tremblante
Tient la lampe étincelante,
Qui luyservitseulement
Avoirperirson Amant.
Ariane roule en colere
Ce fil, triste instrument
d'unperfide attentat.
Infortunée
,
helas
,
d'avoirtrahisonpere
Pour ne rendre heureux
qu'uningrat.
Phedre interdite, es confitfe,
Baigne trop tard deses
pleurs
L'écrit,oùsamainaccuse
Sescriminelles ardeurs.
Moinscoupables centfois,
e5plus à plaindre
qu'elle,
EtDidon fîfThijbévont
se frapper lefem.
D'unperfideennemi l'une
a lefer en main
L'autre celujd'un Amant
tropfidelle.
De leurs douleurs L'Amourvoulut
estre
témoin.
Car dans nos maux le
traistre admireson
ouvrage.
o
Il cachoit Jon carquois
finflambeau dun
nuage.
Vaine adreJJè ! inutile
foin! oln.
Le voila découvert.La
cohorte rebelle
Le menace. Il veutfuir.
•
linebatque dune aile.
- Iltombe. Onlesaisît. Il
versè en vain des fleurs.
AttachéJur un Myrthe,
unefureur nouvelle
Luj va de mille morts
frefenter les horreurs.
TendreAmour de ton
sein l'une approche
l'epee
Parquisa tramesutcoupee;
L'autre offreates regards
les débris enJlla¡rJÍneZ
Du Bûcher
3
ouses jours
ont ete confume\^
Mjrrha de quilesDieux
ont endurcy les larmes,
EnfaitpouJrt'accabler de
redoutables armes.
Tes cris ont attire ta mere
dans ces lieux.
Vient-elle a tonsecours ?
INion. Quel'audacieux
DitVenus5éprouvé ma rage.rote-ve ma,
Desflets deVulcain, des
ris malins des Dieuxy
J-e riay pas oublié Coutrage.
Vn Buisson epineux offre
auxjeux de Cypris ','
DeIon?sbouquetsde ro-
- j'es
De leur boutons apeine écloses.
Elle en arme samain;
elle approche[onfils.
ArrestezDesseirritée
S'ecrte avec transport la
troupe epouvantée :
Lorsque nous respirions le
jour
Lefort fit nos malheursi
ce nefloîtpas l'Amour.
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Résumé : L'AMOUR puni & justifié. Vers libres.
Le texte présente une pièce poétique intitulée 'L'Amour puni & justifié', inspirée du poème 'Cupido cruciatus' d'Ausone. Ce dernier, poète et consul, avait écrit son œuvre d'après un tableau à Trèves. Monsieur R. a traduit cette pièce en vers français. Le poème décrit les Enfers comme un lieu agréable, avec des myrtes verts, des ombrages doux, des fleuves silencieux et des pavots languissants. Parmi les fleurs, on trouve Hyacinthe, Narcisse et d'autres figures mythologiques célèbres. Ces personnages, malgré l'eau du Léthé, conservent la mémoire de leurs malheurs et de leurs amours. Le texte énumère plusieurs personnages mythologiques punis par l'Amour : Junon, Procris, Héro, Ariane, Phèdre, Didon et Hippolyte. Le poème se termine par la description de la punition de Cupidon, attaché à un myrte et menacé par une cohorte rebelle. Myrrha, accablée par les dieux, appelle sa mère à l'aide sans succès. Vénus, la mère de Cupidon, se venge des moqueries des dieux en armant sa main de rosiers épineux.
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2805
p. 208-250
Livres nouveaux, [titre d'après la table]
Début :
Il paroist depuis peu un Livre qui a pour titre : [...]
Mots clefs :
Fables, Héros, Histoire, Histoire ancienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Livres nouveaux, [titre d'après la table]
Livre qui a pour titre:
Explicationbiflorique des
Fables
y
où l'on découvre leur
origine & leur conformité
avec l'histoire ancienne, &' où
l'on rapporte les époques des
Héros,
Hérosj edes principaux événements
dont il estfait men- tion.- Si les Anciens revenoient
nous parler de
bonne foy
,
ils roien,tq,u-'iflsn'on*t pas
cru mettre dans leurs
Fables obscures toutes
les beautez que nous y
voyons. ( - - On y a trouvé tout ce
qu'on a voulu, dit l'Auteur;
le Physiçien y a ap- ;
perçu les mystere-s de la
Nature; k Politique
,
les
rafinements de la SageUey
le Philosophe
,
la Morale
laplus pure;& le Chymi- ;
fte y trouve les Secrets les :
plus importants de son;
Art,&c.; Quoyqu'on ne puissè i
;
douter que les Fables ne
renferment une partie de j
l'Histoire , il ne faut pas
1
croire cependant que tou-;
tes les circonstances yfassentallusion,
&c.i Les Poètes quiont esté.
les premiers Historiens, y
ont mêle la vérité avec les
vains oirnements de la. Fsh
ble.C'est lepremier estat,
Se pour ainsi direl'enfance
des Fables, &c.
Ccux qui dans la fuite
traitèrent des mesmes fujets
, y mêlerenc aussi plurieurs
- i circonstances par
rapport à leur Philosophie,
;'& à leur Religion; ainsi,
les mêmesFablesquin'estoient
d'abord qu'historiques
devinrent dans la
fuite, morales
,
theologiques,
& physiques
) &c.
r Les événements de ces
Fables n'ayantpas paruaux
Poètes assèz glorieux pour
les Héros qu'ils vouloient
chanter, ils y ont mêlé
millefictions pompeuses
qui ont passez pour des événementsréels.
C'est à les
développer, àles démêler,
& a voir ce qui peut y avoir
donné lieu
y que l'Auteur
de ce Livre stefi: uniquement
attaché,&c.
On peut distinguer dans
les Poëtes cinq fortes de
Fables. Les Fables historiques
font d'anciennes HLstoiresmêlées
avec plufielirs.
fiâions- telles font
celles qui nous parlent
d'Hercules, de Jason,&c.
Les Fables philosophiques
font cellesque les Anciens
ont inventées comme
des paraboles propresà envelopper
les my steres de
leur Philosophie ; comme
quand ils nousdépeignent
l'Ocean par des Fleoves &c. ,
Les allegoriques- font
aufil des paraboles où ils
cachent quelques sens myfterieux;
commecelle que
Platon racontede Porus$c
dePenie,ôcc..
Les morales font celles
qu'on a inventées pour debiter
quelques precepres
propres à regler les moeurs;
telles sonn les Fables defope,
& autres semblables
Apologues,&C..
Les Fables inventees a • plaisir font celles qui n'ont
daufre but que le divertit
sement ; comme celles de PlÎché. Generalemenc
parlant, il y atres- peu de
-Fables dans lesAnciensqui
ne renferment quelque
traitd'hiftoire^&c.
SourCe8 des Fables.
La vanité des hommes
est sans doute la premiere
source des Fables;lavérité
ne leur ayant pas tousjours
paru assez belle ni assez
amusante
,
ils ont cru que
pour paroistre elle avoit
besoin du merveilleux ôc
du sublime,&c.
Avant que l'usage des
lettres fut introduit dans la
Grece, les grands évenements
& les belles actions
n'avoient d'autres monumentsque
lamemoire des-,
hommes, ou tout au plus
quelques hiéroglyphes obscurs,
& dont le sens toûjours
ambigu pouvoit si- * gnifier tout ce qu'on vouloit
; de sorte que pour perpetuer
lesouvenirde leurs
faits éclatants, les peres les
racontoient aux enfants
lX. suivant la louable coutume
de ne dire jamais les
choses simplement aux jeunes
gens,ilsmêloient dans
le récit des avantures quel-
-
ques circonstances propres
à les y rendre attentifs, & aenfairesouvenir.Ainsise
remplissoit d'idées sublimes
la memoire & l'imagination
foible des enfants - :
,
qui 1
qui venant dans la fuite à
raconter les mesmes choses
à leur tour ,
yajoustoient
encore quelques autres circonstances,
ensorte que
quand on avoulu faire des
Annales deces Histoires,
on n'atrouvé d'autres monuments
que cette tradition
confuse & défigurée,
&c
Anciennementonavoit
coutume de loüer les Heros
après leur mort, & les
jours de leursfestes par
des Panegyriques estudiez,
r
où de jeunes Rheteuts
,
dont on vou loir éprouver
le genie par ces coups d'essay,
se donnoient une enticre
libertéde feindre ôc
d'inventer tout ce qui pouvoit
contribuer à la gloire
desHeros qu'ils representoient
non tels qu'ilsavoient
esté, mais tels qu'ils
auroient dû estre Ainsi
lorsque dans la suite on a
voulu faire l'histoirede ces
grandsHommes
, on n'a
pû travailler que sur des
memoires plus fabuleux
que verita bles, &c.
Les Voyageurs & les
Marchandsontaussi beaucoupgastél'histoire
par
leurs relations fabuleuses:
carcessortesdegensestant *
cy ordinairement ignorants
ou menteurssetrompent
eux-mêmes en voulant
tromper les autres, 'tcc.TX
'H! Ce qui a donné lieu à
la multiplication des Héros
,
c'est qu'on a partagé
entre plusieurs les actions
d'un seul sous differents
noms. Mercurepar exem-
,
ple qui s'appellpit Teutas
chez nos anciens Gaulois,
se nommoit Faune en Italie
, &: Hermés chez les
Grecs, &c.Aucontraire
on a multiplié les actions
d'un seul Heros en luy
attribuant celles de plusieurs
sous un même nom
comme dans l'histoire
d'Hercules de Thebes ou j
l'on a mêlé les voyages & 1
les actions d'HerculesPhenicien,
& de plusieurs autres
Heros de même nom,
&c.
1 Tous les hommes sestant
trouvées submergez
par les eaux du Deluge,
excepté Noé & sa famille
,
le monde ne pust estre repeuplé
que tres-longtemps
après. Mais quoyq e la
Syrie,la Palestine
,
l' Arabie,
l'Egypte, & lesautres
Pays les plus proches du
lieu où 1 Arches'arresta
furent repeuplez les premiers,&
long-tempsavant
les Provinces d'Occident,
cependant il ne laissoit pas
de s'échapper de temps en
temps quelques-uns des
plus hardis pouraller chercher
fortune ailleurs.Ceux
qui arriverent les premiers
dans la Grece, y vécurent
dans une ignorance & une
grossieretéestonnante, sans
Arts, sans Coutumes ; sans
Loix; se couvrant de seüilles
, & broutant l'herbe
commedes bestes. Quand
dans la fuite les estrangers
Egyptiens & Pheniciens
gens plus polis & plus sçavants,
y arrivèrent, ils tâchèrent
d'adoucir , l'humeur
feroce & barbare de
ces premiers habirancs
leur firent part de leurs
Couru mes &: de leurs Loix,
&leurapprirent la manierede
s'habiller, de se nourrir
& de cultiver la terre.
Cette nouvelle maniere de
vivre leur parut si belle,
que ne sçachant comment
leur,témoigner la reconnoissance
qu'ils en avoient,
ilsles prirentpour des
hommes envoyez du ciel ,
& les regarderentcomme
des Dieux à qui ils sacrifierent.
C'est ce qui a donné
lieu àla Fable qui dit que
Promethée avoir dérobe le
feu du ciel
,
c'est à
-
dire,
l'esprit divin,&c.., Ilya beaucou p d'apparence,
& la pluspart des
Sçavants en sont persuadez
, que presquetoutle
sublime & lesurnaturel
qui setrouve dans les ouvrages
fabuleux desPoëtes,
est tirédequelquescirconstances
de la vie de Noé,
: de Moyse, de Josué ,'&
de quelques autres Heros
de l'Ecriture Sainte l,AleC
quels
-1 ayant répandu le
bruit de leurs bellesactions
jusqu'en Egypte
, en Phenicie,
&: jJns plusieurs au- tres Pays, ces Peuplesidolatres,
& sur tout les Grecs
grands amateursdu sublime
& du surnaturel, ne
manquerent pas d'en emrbellir
dans la suite l'histoire
de leurs è-Iclos. Celles
d'Hercules &de Bacchus,
ont beaucoup de ressemblance
avec Josué & Moyse.
Celles de Deucalion U
deSaturne, avec Noëlle
Deluge,&c.
r'.
Pour ce quiregarde les
Arts & les Sciences,ils
substituent a tout propos
leurs Divinitez fabuleuses
a la place des anciens Patriarches
,quel'Ecriture
nous apprend en avoir esté
les premiers inventeurs. J
Jubal
,
par exemple
,
fut
l'inventeurde la Musique; : delà vicnt leur Apollon
qu'ilsfont encore inventeur
des Sciences au lieu de
Moyse. D'A bel qui le premier
a mené lavie piflorale,
ilsont fait Pan. Vulcain
pour Tubalcaïn a le
premier appris à forger le Fer. Cemesme Vulcain
qu'ils disent estre tombé
du Ciel n'est autre chose
que Moyse descendu de la
Montagne Au reste
l'histoi,r..,e des Grecs ne
commença à devenir un
peu raisonnable que du
tempsdesOlympiades, 6c
du temps d'Esdras
,
c'està-
dire,long-temps aprés
la guerre de Troye. Tout
ce qui se passa auparavant
n'estque confusion & que
chimère.
Les temps inconnus
font depuis la Creation
jusqu'au Deluge d'Ogigis.
arrive vers l'an 2240. Les
temps fabuleux renferment
ce qui s'est palle depuis
ce Deluge jusqu'à la
premiere Olympiade qui
tombe sur la 3203. Enfin
les temps historiques regardentcequis'est
écoulé
depuis l'establissement des
Olympiades, &c.
Le peu d'habileté qu'on
avoitdans l'Art de la Navigation
& dans la Geographie,
a donnélieu à
beaucoup de Fables aussibien
que le soin charitable
qu'onavoit de sauver
l'honneur des Dames galantes.
Lorsque quelques
Princesses avoit eu de la
foiblesse pourson Amant,
les flatteurs appelloient au
secours de sa reputation
quelque Divinité favorable,
qu 'on fuppofoit avoir
triomphé de son insensibilité.
Ces fortes de galanteriesestoient
mesme si honorables
,
qu'il n'y avoit
pas jusqu'aux Epoux qui
ne les favorisassent. L'histoire
deMundus & de Pauline
n'en est pas le seul
exemple,&c..
Apres avoir découvert
l'origine des Fables,
l'Autheur commence
l'histoire des Dieux.
Ilestbien difficile de
fixerl'époque del'idolatrie,&
de dire précisément
parquielle acommencé;
car qnoyque iTcrKure
nous apprenne que lesen-
:
fanes de Caïn tombèrent
dans l'idolatrie ellene.
nous dit riend'explicite
deces Idolatres.Ansi
iln'est pas moins difficile
dedéciderquel enaesté le j
premierobjet. l es uns pré-;
tendentqu'onacommencé !
paradorer lesAstres.D'autres
veulent que la plus ancienne
idolatriea esté celle
des deux Principes
,
c'està
dire de reconnoistre un
bon & un mauvais Genie
à qui on
sacrifia,àl'un
par
reconnoissance du bien
qu'on encroyoitrecevoir,
& à l'autre par la crainte
des maux qu'il pouvoit
causer,&c.. ~-t
D'autresontcruqueles
bonsAnges mediateursentre
Dieu & les hommes
avoient cft-c le premier
objet de l'idolatrie. Quoyqu'il
en soit, il est certain
quel'idolatrie ne fut pas
d'abord si grossiere qu'elle
le devint par degrez. On
n'adora au commencement
que lesAstres, &sur
tout le Soleil & la Lune
> delà on passa à l'adoration
des Elements,& ensuite à
celle des choses animées,
comme des Princes & des
autres hommes illustres
,
& enfin les choies inanimées
& mesmes les plus
viles devinrent l'objet du
culte des hommes.
Comme le nombre de
ces faux Dieux devint presque
infini, ils les diviserenten
plusieursclasses. La
premiere
premiere estoit de ceux
qu'ils appelloient majorum
gentium Dii. C'estoient des
Dieux estrangers ; comme
le Soleil & les autres Astres.
La seconde classe estoit
deceuxqu'ilsnommoient
minorumgentium & c'estoient
des Dieux dedifferents
Peuples.
On les * divisa ensuite
en grands Dieux ou Dieux
du Conseil. Les Grecs en
connoissoient douze de
cette forte; Junon, Vesta,
Minerve, Cerés
,
Diane,
Venus, Mars
,
Mercure,
Jupiter , Neptune
,
Vulcain,&
Apollon.
Les Romains y en joignirent
huit autres qu'ils
nommoienr Dieux choisis.
Sçavoir, Janus
,
Saturne, leGenie,leSoleil, la Lune,
Pluton, Bacchus, &
l'ancienneVesta
, ou la
Terre.
Ensuite venaient les
Dieux Senones, qu'on ne
croyoit pas assez grands
pour habiter dans le Ciel.
; IlYavoitaussi desDieux
communs quifavorisoient
les Partis, comme Mars,
Bellone&
Il y en avoir outre cela
dans chaque Pays qu'on
nommoit Indigetcs
, parce
qu'ils estoient rousjours
prestsàécouter.les besoins
de çeux qui avoient recoursàeux.
Il y avoir encore les
Dieux Cabbires
, comme
qui dirotc Associez. Les
Historiens en varient le
nombre.Quelques-uns n'en
admettent que deux :
sçovoir
; Jupiter & Bacc hus;
d'autresveulent qu'il y en
aie quatre qui fontCerés,
Proserpine, Pluton & Mercure.
OnenadoroitenSicile
d'une especeparticulière
qu'on nommoitPalices,&c
Enfinonconnoissoitdes
Dieux particulier, comme
les Dieux Penates,les Dieux
Lares
-%
que chacun adoroit
dans sa maison,&lesDieux
Compitales
,
qu'on adoroit
dans les Carrefours; sans
parler de la populace des
Dieux,comme les Nymphes
,les Syrenes, les. Satyres,&
c. On y peut joindre
encore des Dieux Animez
&desDieuxNaturels
Les premiers estoient ou
les Démons,ou les Ames
des grands Hommes
, ou
des Esprits bienfaisants.
Les autres n'estoient. que
les symboles fous lesquels
on adoroit ou la nature
entiere commePan ou
quelques-une de ses parties,
comme Apis,Dagon
,
&c.
Au reste pour donner
une idée generale de tous
ces Dieux, il n'ya qu'à
dire qu'ils estoientCelestes
ou Terrestres,Aquariques
-
ouInsernaux
La plupart des Dieux
n'ontcité que des hommes
illustres,&souvent plus
recommandables par leurs
vices que par leurs adions
heroïques. Coelus par
exemple
, ou Ouranos
qui estoit fils d'Agamemnon
& petit filsde Gomer,
se rendit maistre d'une
grande parrie de la Grece
par la bravoure. Il épousa
Tirée la soeur dont il eut
Titan, Hisperion Japher,
&Saturne.Celuy -cv quoyque
le plus jeune eut assez
d'esprit & d'intrigue pour
monter sur le tronc,au
préjudice deles aînez à
conditiontoutefois que
,Tiran
Titanvyr~e"Cm:1ioarn~t{rrooiittap;1 prèréssssaa
mort.Saturneayantépousé
sRahceraif(iaersàoeCuroe,lursessoolnuptedree.
toussesenfants mallies
, mais sa femme trouva le
moyen de sauver Jupiter
en substituant un autre en
sa placé, cequrobligea
Tiran à Ce revolcer contre
Saturne qui fut mis en prison.
-"
*î -t Mais Jupiter estant devenu
grand se fit des brigues,
&fit la guerre a son
oncle & aux Titans, 5z
restablis son pcrc sur le
trône; mais Saturne s'éslantbrouilléavec
Jupiter,
fut ensuite deposé par luy,
& obligé de s'enfuir en
Italie
,
ou quelque temps
aprèss'estant ligué avec les
Titans contre Jupiter, ce.
luy-cy les défit tous prés le
Tartesse & les chassa des
Gaules & des Espagnes, &
& enfin après soixante 5c
deux ans de regneil mourut
dans l'Ille de Crete, où
l'on voyoit anciennement
cette
cette Epitaphe sur son
Tombeau. Cy gist Zan que
l'on nommoitJupiter. Com-
! me il demeuroit ordinai-
I rement sur leMont Olymf
pe , on le regarda depuis
comme Dieu du Ciel. Ce
! qui a donné lieu auxPoëtes
l
de dire que Jupiter avoit
lperécipitez les Titans dans
Tartare) où Neptune les
tenoit enfermez
,
etfparcequ'il
les avoir defait prés
de Cadix qu'on regardoit
alors comme le bout du
monde. Neptune est dit
Dieu de la Mer parce qu'il
estoit Amiral de la flotte
de Jupiter.. Pluton n'a parte
pour
le
Roy des Enfers
,
que parce qu'il eut ce Pays
en partage,&qu'il faisoit
faisoit travail ler aux m
falfoit travailler -•* im<
ncs. •
Cette mesme guerre a j
donné lieu à lavable qui
.tiit que les Geans voulurent
détrôner JupiterJ
&c. 'J
La raison pourquoy on
les a fait passer pourles enfants
du Ciel & de la Terre,
c'est qu'ils estoient des- *
cendu d'Ouranus qui en
longue Grecque signifie
Ciel,& deTirée ou Titeia
qui en langue Celtique
veut dire Terre. Le
mot de Geant veut dire
pareillemment forti de
Terre, du Grec yti, terra ôc
Îd61
,
nascor.
Voilàledénouement
de toutes les Fables que
quelques-uns expliquent
autrementy disant que Saturne
est le mesme que
Noé,&queJupiter, Neptune
& Pluton n'ont esté
autres que Sem
,
Cham
Japhet, ôc que lacruauté
de Jupiter envers son pere, i
n'est qu'une imitation de 1
la curiositédeCham ou
Chanaan, mal interprétée.
Comme Mercure estoit
le plus braveSe le plus adroit
de tous les enfants de
Jupiter, ce Prince s'en fervoit
ordinairement pour
les négociations qu'il avoit
avec les Princes voisins.& 1
c'est sans doute ce qui l'a j
fait nommer Messager des
Dieux. Les Gaulois mesme
le regardaient comme l'inc?
venteur des beaux Arts.
&c.
Diodore nous apprend
que prés laVillede Memphis
est un Lac nommé
Acherusie,au delà duquel
on enterroit anciennement
les morts: de forte qu'aprés
lesavoir embaumez y
on les portoit sur le rivage
d'où l'on indiquoit aux
Juges le jour de leur passage.
Ils s'y rendoient pour
faire le Procez aux Morts
qui devoient passer
; on
examinoit la vie qu'ils
avoient mené, & s'ils es.
toient jugez dignes de fopulture
on faisoit. passer
leurs cadavres dans une
barque par un Batelier qui
en langue du Pays s'appelloit
Caron. Ceux qui estoient
jugez indignes de la <
pulture, ne passoient point
le Lac,&estoient jettez à
la voirie ou enterrez fecrettement.
Cettecoutumeestoit
aussi pratiquée a l'égard
des Princes mesmes,
ce qui ne contribuoit pas
peu à retenir les vivants
dans leur devoir. Comme
le Batelier prenoit quelque
droit pour le passage
, on
avoit coutume de mettre
une piece d'argent fous la
langue dumort. -'
Au-delà du Lac Acherusse
estoient des bois u
des bocages charmants
,
un Temple consacré à He-
CcttCyte deux autres fameux
Marais le Cocite & le Le-'
thé. Il y avoit encore prés
de là une autre Ville nommée
Achante, où un Pre..
stre versoit tous les jours
mysterieusement. de l'eau
du Nil dans un vaisseau
percé. Il y a grande apparence
que ces sepultures estoient
gardées par quelques
chiens de peur qu'on
ne vint déterrer ces Mo.
mies. Toutcelaa donné
cccasion à la Fabie des Poëtes
touchant le sejour des
Ames heureuses dans les
Champs Elisées, leur paffage
par la Barque à Caron,&
c. -:
Mais ce qui a fait appeller
Cerbere
,
le Chien
qui gardoit l'entrée de cet
Enfer, est un affreux Serpentou
Dragon qui habitoit
autrefois la Caverne
de Tenare. Parce qu'on regardoit
l'entrée de cette
1 Caverne comme la bouche
de l'Enfer, on a pris de là •
occasion de dire que ce
Dragon estoit le Portier de
ces tristes demeures. Voilà
le Chien des Enfers.
*ï& Pour ce qui est des Furies&
desParques
,
l'Autheur
en attribue l'origine
à l'imagination des Poëtes,
& dans tout le reste de son
Livre ,
il démêlesçavamment
la verité des évene.
ments historiques d'avec
les imaginations fabuleuses
qui les ont défigurez.
At. Ce Livre qui se vend à
Paris chez le Breton, au j
bout duPont- neuf, entre la
ruëDauphine & lar ruë 1
GGuenegaudd,a',étécomposé, ?
par M. L. B.
Explicationbiflorique des
Fables
y
où l'on découvre leur
origine & leur conformité
avec l'histoire ancienne, &' où
l'on rapporte les époques des
Héros,
Hérosj edes principaux événements
dont il estfait men- tion.- Si les Anciens revenoient
nous parler de
bonne foy
,
ils roien,tq,u-'iflsn'on*t pas
cru mettre dans leurs
Fables obscures toutes
les beautez que nous y
voyons. ( - - On y a trouvé tout ce
qu'on a voulu, dit l'Auteur;
le Physiçien y a ap- ;
perçu les mystere-s de la
Nature; k Politique
,
les
rafinements de la SageUey
le Philosophe
,
la Morale
laplus pure;& le Chymi- ;
fte y trouve les Secrets les :
plus importants de son;
Art,&c.; Quoyqu'on ne puissè i
;
douter que les Fables ne
renferment une partie de j
l'Histoire , il ne faut pas
1
croire cependant que tou-;
tes les circonstances yfassentallusion,
&c.i Les Poètes quiont esté.
les premiers Historiens, y
ont mêle la vérité avec les
vains oirnements de la. Fsh
ble.C'est lepremier estat,
Se pour ainsi direl'enfance
des Fables, &c.
Ccux qui dans la fuite
traitèrent des mesmes fujets
, y mêlerenc aussi plurieurs
- i circonstances par
rapport à leur Philosophie,
;'& à leur Religion; ainsi,
les mêmesFablesquin'estoient
d'abord qu'historiques
devinrent dans la
fuite, morales
,
theologiques,
& physiques
) &c.
r Les événements de ces
Fables n'ayantpas paruaux
Poètes assèz glorieux pour
les Héros qu'ils vouloient
chanter, ils y ont mêlé
millefictions pompeuses
qui ont passez pour des événementsréels.
C'est à les
développer, àles démêler,
& a voir ce qui peut y avoir
donné lieu
y que l'Auteur
de ce Livre stefi: uniquement
attaché,&c.
On peut distinguer dans
les Poëtes cinq fortes de
Fables. Les Fables historiques
font d'anciennes HLstoiresmêlées
avec plufielirs.
fiâions- telles font
celles qui nous parlent
d'Hercules, de Jason,&c.
Les Fables philosophiques
font cellesque les Anciens
ont inventées comme
des paraboles propresà envelopper
les my steres de
leur Philosophie ; comme
quand ils nousdépeignent
l'Ocean par des Fleoves &c. ,
Les allegoriques- font
aufil des paraboles où ils
cachent quelques sens myfterieux;
commecelle que
Platon racontede Porus$c
dePenie,ôcc..
Les morales font celles
qu'on a inventées pour debiter
quelques precepres
propres à regler les moeurs;
telles sonn les Fables defope,
& autres semblables
Apologues,&C..
Les Fables inventees a • plaisir font celles qui n'ont
daufre but que le divertit
sement ; comme celles de PlÎché. Generalemenc
parlant, il y atres- peu de
-Fables dans lesAnciensqui
ne renferment quelque
traitd'hiftoire^&c.
SourCe8 des Fables.
La vanité des hommes
est sans doute la premiere
source des Fables;lavérité
ne leur ayant pas tousjours
paru assez belle ni assez
amusante
,
ils ont cru que
pour paroistre elle avoit
besoin du merveilleux ôc
du sublime,&c.
Avant que l'usage des
lettres fut introduit dans la
Grece, les grands évenements
& les belles actions
n'avoient d'autres monumentsque
lamemoire des-,
hommes, ou tout au plus
quelques hiéroglyphes obscurs,
& dont le sens toûjours
ambigu pouvoit si- * gnifier tout ce qu'on vouloit
; de sorte que pour perpetuer
lesouvenirde leurs
faits éclatants, les peres les
racontoient aux enfants
lX. suivant la louable coutume
de ne dire jamais les
choses simplement aux jeunes
gens,ilsmêloient dans
le récit des avantures quel-
-
ques circonstances propres
à les y rendre attentifs, & aenfairesouvenir.Ainsise
remplissoit d'idées sublimes
la memoire & l'imagination
foible des enfants - :
,
qui 1
qui venant dans la fuite à
raconter les mesmes choses
à leur tour ,
yajoustoient
encore quelques autres circonstances,
ensorte que
quand on avoulu faire des
Annales deces Histoires,
on n'atrouvé d'autres monuments
que cette tradition
confuse & défigurée,
&c
Anciennementonavoit
coutume de loüer les Heros
après leur mort, & les
jours de leursfestes par
des Panegyriques estudiez,
r
où de jeunes Rheteuts
,
dont on vou loir éprouver
le genie par ces coups d'essay,
se donnoient une enticre
libertéde feindre ôc
d'inventer tout ce qui pouvoit
contribuer à la gloire
desHeros qu'ils representoient
non tels qu'ilsavoient
esté, mais tels qu'ils
auroient dû estre Ainsi
lorsque dans la suite on a
voulu faire l'histoirede ces
grandsHommes
, on n'a
pû travailler que sur des
memoires plus fabuleux
que verita bles, &c.
Les Voyageurs & les
Marchandsontaussi beaucoupgastél'histoire
par
leurs relations fabuleuses:
carcessortesdegensestant *
cy ordinairement ignorants
ou menteurssetrompent
eux-mêmes en voulant
tromper les autres, 'tcc.TX
'H! Ce qui a donné lieu à
la multiplication des Héros
,
c'est qu'on a partagé
entre plusieurs les actions
d'un seul sous differents
noms. Mercurepar exem-
,
ple qui s'appellpit Teutas
chez nos anciens Gaulois,
se nommoit Faune en Italie
, &: Hermés chez les
Grecs, &c.Aucontraire
on a multiplié les actions
d'un seul Heros en luy
attribuant celles de plusieurs
sous un même nom
comme dans l'histoire
d'Hercules de Thebes ou j
l'on a mêlé les voyages & 1
les actions d'HerculesPhenicien,
& de plusieurs autres
Heros de même nom,
&c.
1 Tous les hommes sestant
trouvées submergez
par les eaux du Deluge,
excepté Noé & sa famille
,
le monde ne pust estre repeuplé
que tres-longtemps
après. Mais quoyq e la
Syrie,la Palestine
,
l' Arabie,
l'Egypte, & lesautres
Pays les plus proches du
lieu où 1 Arches'arresta
furent repeuplez les premiers,&
long-tempsavant
les Provinces d'Occident,
cependant il ne laissoit pas
de s'échapper de temps en
temps quelques-uns des
plus hardis pouraller chercher
fortune ailleurs.Ceux
qui arriverent les premiers
dans la Grece, y vécurent
dans une ignorance & une
grossieretéestonnante, sans
Arts, sans Coutumes ; sans
Loix; se couvrant de seüilles
, & broutant l'herbe
commedes bestes. Quand
dans la fuite les estrangers
Egyptiens & Pheniciens
gens plus polis & plus sçavants,
y arrivèrent, ils tâchèrent
d'adoucir , l'humeur
feroce & barbare de
ces premiers habirancs
leur firent part de leurs
Couru mes &: de leurs Loix,
&leurapprirent la manierede
s'habiller, de se nourrir
& de cultiver la terre.
Cette nouvelle maniere de
vivre leur parut si belle,
que ne sçachant comment
leur,témoigner la reconnoissance
qu'ils en avoient,
ilsles prirentpour des
hommes envoyez du ciel ,
& les regarderentcomme
des Dieux à qui ils sacrifierent.
C'est ce qui a donné
lieu àla Fable qui dit que
Promethée avoir dérobe le
feu du ciel
,
c'est à
-
dire,
l'esprit divin,&c.., Ilya beaucou p d'apparence,
& la pluspart des
Sçavants en sont persuadez
, que presquetoutle
sublime & lesurnaturel
qui setrouve dans les ouvrages
fabuleux desPoëtes,
est tirédequelquescirconstances
de la vie de Noé,
: de Moyse, de Josué ,'&
de quelques autres Heros
de l'Ecriture Sainte l,AleC
quels
-1 ayant répandu le
bruit de leurs bellesactions
jusqu'en Egypte
, en Phenicie,
&: jJns plusieurs au- tres Pays, ces Peuplesidolatres,
& sur tout les Grecs
grands amateursdu sublime
& du surnaturel, ne
manquerent pas d'en emrbellir
dans la suite l'histoire
de leurs è-Iclos. Celles
d'Hercules &de Bacchus,
ont beaucoup de ressemblance
avec Josué & Moyse.
Celles de Deucalion U
deSaturne, avec Noëlle
Deluge,&c.
r'.
Pour ce quiregarde les
Arts & les Sciences,ils
substituent a tout propos
leurs Divinitez fabuleuses
a la place des anciens Patriarches
,quel'Ecriture
nous apprend en avoir esté
les premiers inventeurs. J
Jubal
,
par exemple
,
fut
l'inventeurde la Musique; : delà vicnt leur Apollon
qu'ilsfont encore inventeur
des Sciences au lieu de
Moyse. D'A bel qui le premier
a mené lavie piflorale,
ilsont fait Pan. Vulcain
pour Tubalcaïn a le
premier appris à forger le Fer. Cemesme Vulcain
qu'ils disent estre tombé
du Ciel n'est autre chose
que Moyse descendu de la
Montagne Au reste
l'histoi,r..,e des Grecs ne
commença à devenir un
peu raisonnable que du
tempsdesOlympiades, 6c
du temps d'Esdras
,
c'està-
dire,long-temps aprés
la guerre de Troye. Tout
ce qui se passa auparavant
n'estque confusion & que
chimère.
Les temps inconnus
font depuis la Creation
jusqu'au Deluge d'Ogigis.
arrive vers l'an 2240. Les
temps fabuleux renferment
ce qui s'est palle depuis
ce Deluge jusqu'à la
premiere Olympiade qui
tombe sur la 3203. Enfin
les temps historiques regardentcequis'est
écoulé
depuis l'establissement des
Olympiades, &c.
Le peu d'habileté qu'on
avoitdans l'Art de la Navigation
& dans la Geographie,
a donnélieu à
beaucoup de Fables aussibien
que le soin charitable
qu'onavoit de sauver
l'honneur des Dames galantes.
Lorsque quelques
Princesses avoit eu de la
foiblesse pourson Amant,
les flatteurs appelloient au
secours de sa reputation
quelque Divinité favorable,
qu 'on fuppofoit avoir
triomphé de son insensibilité.
Ces fortes de galanteriesestoient
mesme si honorables
,
qu'il n'y avoit
pas jusqu'aux Epoux qui
ne les favorisassent. L'histoire
deMundus & de Pauline
n'en est pas le seul
exemple,&c..
Apres avoir découvert
l'origine des Fables,
l'Autheur commence
l'histoire des Dieux.
Ilestbien difficile de
fixerl'époque del'idolatrie,&
de dire précisément
parquielle acommencé;
car qnoyque iTcrKure
nous apprenne que lesen-
:
fanes de Caïn tombèrent
dans l'idolatrie ellene.
nous dit riend'explicite
deces Idolatres.Ansi
iln'est pas moins difficile
dedéciderquel enaesté le j
premierobjet. l es uns pré-;
tendentqu'onacommencé !
paradorer lesAstres.D'autres
veulent que la plus ancienne
idolatriea esté celle
des deux Principes
,
c'està
dire de reconnoistre un
bon & un mauvais Genie
à qui on
sacrifia,àl'un
par
reconnoissance du bien
qu'on encroyoitrecevoir,
& à l'autre par la crainte
des maux qu'il pouvoit
causer,&c.. ~-t
D'autresontcruqueles
bonsAnges mediateursentre
Dieu & les hommes
avoient cft-c le premier
objet de l'idolatrie. Quoyqu'il
en soit, il est certain
quel'idolatrie ne fut pas
d'abord si grossiere qu'elle
le devint par degrez. On
n'adora au commencement
que lesAstres, &sur
tout le Soleil & la Lune
> delà on passa à l'adoration
des Elements,& ensuite à
celle des choses animées,
comme des Princes & des
autres hommes illustres
,
& enfin les choies inanimées
& mesmes les plus
viles devinrent l'objet du
culte des hommes.
Comme le nombre de
ces faux Dieux devint presque
infini, ils les diviserenten
plusieursclasses. La
premiere
premiere estoit de ceux
qu'ils appelloient majorum
gentium Dii. C'estoient des
Dieux estrangers ; comme
le Soleil & les autres Astres.
La seconde classe estoit
deceuxqu'ilsnommoient
minorumgentium & c'estoient
des Dieux dedifferents
Peuples.
On les * divisa ensuite
en grands Dieux ou Dieux
du Conseil. Les Grecs en
connoissoient douze de
cette forte; Junon, Vesta,
Minerve, Cerés
,
Diane,
Venus, Mars
,
Mercure,
Jupiter , Neptune
,
Vulcain,&
Apollon.
Les Romains y en joignirent
huit autres qu'ils
nommoienr Dieux choisis.
Sçavoir, Janus
,
Saturne, leGenie,leSoleil, la Lune,
Pluton, Bacchus, &
l'ancienneVesta
, ou la
Terre.
Ensuite venaient les
Dieux Senones, qu'on ne
croyoit pas assez grands
pour habiter dans le Ciel.
; IlYavoitaussi desDieux
communs quifavorisoient
les Partis, comme Mars,
Bellone&
Il y en avoir outre cela
dans chaque Pays qu'on
nommoit Indigetcs
, parce
qu'ils estoient rousjours
prestsàécouter.les besoins
de çeux qui avoient recoursàeux.
Il y avoir encore les
Dieux Cabbires
, comme
qui dirotc Associez. Les
Historiens en varient le
nombre.Quelques-uns n'en
admettent que deux :
sçovoir
; Jupiter & Bacc hus;
d'autresveulent qu'il y en
aie quatre qui fontCerés,
Proserpine, Pluton & Mercure.
OnenadoroitenSicile
d'une especeparticulière
qu'on nommoitPalices,&c
Enfinonconnoissoitdes
Dieux particulier, comme
les Dieux Penates,les Dieux
Lares
-%
que chacun adoroit
dans sa maison,&lesDieux
Compitales
,
qu'on adoroit
dans les Carrefours; sans
parler de la populace des
Dieux,comme les Nymphes
,les Syrenes, les. Satyres,&
c. On y peut joindre
encore des Dieux Animez
&desDieuxNaturels
Les premiers estoient ou
les Démons,ou les Ames
des grands Hommes
, ou
des Esprits bienfaisants.
Les autres n'estoient. que
les symboles fous lesquels
on adoroit ou la nature
entiere commePan ou
quelques-une de ses parties,
comme Apis,Dagon
,
&c.
Au reste pour donner
une idée generale de tous
ces Dieux, il n'ya qu'à
dire qu'ils estoientCelestes
ou Terrestres,Aquariques
-
ouInsernaux
La plupart des Dieux
n'ontcité que des hommes
illustres,&souvent plus
recommandables par leurs
vices que par leurs adions
heroïques. Coelus par
exemple
, ou Ouranos
qui estoit fils d'Agamemnon
& petit filsde Gomer,
se rendit maistre d'une
grande parrie de la Grece
par la bravoure. Il épousa
Tirée la soeur dont il eut
Titan, Hisperion Japher,
&Saturne.Celuy -cv quoyque
le plus jeune eut assez
d'esprit & d'intrigue pour
monter sur le tronc,au
préjudice deles aînez à
conditiontoutefois que
,Tiran
Titanvyr~e"Cm:1ioarn~t{rrooiittap;1 prèréssssaa
mort.Saturneayantépousé
sRahceraif(iaersàoeCuroe,lursessoolnuptedree.
toussesenfants mallies
, mais sa femme trouva le
moyen de sauver Jupiter
en substituant un autre en
sa placé, cequrobligea
Tiran à Ce revolcer contre
Saturne qui fut mis en prison.
-"
*î -t Mais Jupiter estant devenu
grand se fit des brigues,
&fit la guerre a son
oncle & aux Titans, 5z
restablis son pcrc sur le
trône; mais Saturne s'éslantbrouilléavec
Jupiter,
fut ensuite deposé par luy,
& obligé de s'enfuir en
Italie
,
ou quelque temps
aprèss'estant ligué avec les
Titans contre Jupiter, ce.
luy-cy les défit tous prés le
Tartesse & les chassa des
Gaules & des Espagnes, &
& enfin après soixante 5c
deux ans de regneil mourut
dans l'Ille de Crete, où
l'on voyoit anciennement
cette
cette Epitaphe sur son
Tombeau. Cy gist Zan que
l'on nommoitJupiter. Com-
! me il demeuroit ordinai-
I rement sur leMont Olymf
pe , on le regarda depuis
comme Dieu du Ciel. Ce
! qui a donné lieu auxPoëtes
l
de dire que Jupiter avoit
lperécipitez les Titans dans
Tartare) où Neptune les
tenoit enfermez
,
etfparcequ'il
les avoir defait prés
de Cadix qu'on regardoit
alors comme le bout du
monde. Neptune est dit
Dieu de la Mer parce qu'il
estoit Amiral de la flotte
de Jupiter.. Pluton n'a parte
pour
le
Roy des Enfers
,
que parce qu'il eut ce Pays
en partage,&qu'il faisoit
faisoit travail ler aux m
falfoit travailler -•* im<
ncs. •
Cette mesme guerre a j
donné lieu à lavable qui
.tiit que les Geans voulurent
détrôner JupiterJ
&c. 'J
La raison pourquoy on
les a fait passer pourles enfants
du Ciel & de la Terre,
c'est qu'ils estoient des- *
cendu d'Ouranus qui en
longue Grecque signifie
Ciel,& deTirée ou Titeia
qui en langue Celtique
veut dire Terre. Le
mot de Geant veut dire
pareillemment forti de
Terre, du Grec yti, terra ôc
Îd61
,
nascor.
Voilàledénouement
de toutes les Fables que
quelques-uns expliquent
autrementy disant que Saturne
est le mesme que
Noé,&queJupiter, Neptune
& Pluton n'ont esté
autres que Sem
,
Cham
Japhet, ôc que lacruauté
de Jupiter envers son pere, i
n'est qu'une imitation de 1
la curiositédeCham ou
Chanaan, mal interprétée.
Comme Mercure estoit
le plus braveSe le plus adroit
de tous les enfants de
Jupiter, ce Prince s'en fervoit
ordinairement pour
les négociations qu'il avoit
avec les Princes voisins.& 1
c'est sans doute ce qui l'a j
fait nommer Messager des
Dieux. Les Gaulois mesme
le regardaient comme l'inc?
venteur des beaux Arts.
&c.
Diodore nous apprend
que prés laVillede Memphis
est un Lac nommé
Acherusie,au delà duquel
on enterroit anciennement
les morts: de forte qu'aprés
lesavoir embaumez y
on les portoit sur le rivage
d'où l'on indiquoit aux
Juges le jour de leur passage.
Ils s'y rendoient pour
faire le Procez aux Morts
qui devoient passer
; on
examinoit la vie qu'ils
avoient mené, & s'ils es.
toient jugez dignes de fopulture
on faisoit. passer
leurs cadavres dans une
barque par un Batelier qui
en langue du Pays s'appelloit
Caron. Ceux qui estoient
jugez indignes de la <
pulture, ne passoient point
le Lac,&estoient jettez à
la voirie ou enterrez fecrettement.
Cettecoutumeestoit
aussi pratiquée a l'égard
des Princes mesmes,
ce qui ne contribuoit pas
peu à retenir les vivants
dans leur devoir. Comme
le Batelier prenoit quelque
droit pour le passage
, on
avoit coutume de mettre
une piece d'argent fous la
langue dumort. -'
Au-delà du Lac Acherusse
estoient des bois u
des bocages charmants
,
un Temple consacré à He-
CcttCyte deux autres fameux
Marais le Cocite & le Le-'
thé. Il y avoit encore prés
de là une autre Ville nommée
Achante, où un Pre..
stre versoit tous les jours
mysterieusement. de l'eau
du Nil dans un vaisseau
percé. Il y a grande apparence
que ces sepultures estoient
gardées par quelques
chiens de peur qu'on
ne vint déterrer ces Mo.
mies. Toutcelaa donné
cccasion à la Fabie des Poëtes
touchant le sejour des
Ames heureuses dans les
Champs Elisées, leur paffage
par la Barque à Caron,&
c. -:
Mais ce qui a fait appeller
Cerbere
,
le Chien
qui gardoit l'entrée de cet
Enfer, est un affreux Serpentou
Dragon qui habitoit
autrefois la Caverne
de Tenare. Parce qu'on regardoit
l'entrée de cette
1 Caverne comme la bouche
de l'Enfer, on a pris de là •
occasion de dire que ce
Dragon estoit le Portier de
ces tristes demeures. Voilà
le Chien des Enfers.
*ï& Pour ce qui est des Furies&
desParques
,
l'Autheur
en attribue l'origine
à l'imagination des Poëtes,
& dans tout le reste de son
Livre ,
il démêlesçavamment
la verité des évene.
ments historiques d'avec
les imaginations fabuleuses
qui les ont défigurez.
At. Ce Livre qui se vend à
Paris chez le Breton, au j
bout duPont- neuf, entre la
ruëDauphine & lar ruë 1
GGuenegaudd,a',étécomposé, ?
par M. L. B.
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Résumé : Livres nouveaux, [titre d'après la table]
Le livre 'Explication biflorique des Fables' examine l'origine et la conformité des fables avec l'histoire ancienne, ainsi que les époques des héros et des principaux événements mentionnés. L'auteur souligne que les Anciens n'ont pas intentionnellement caché des beautés dans leurs fables. Les fables ont été interprétées de diverses manières par les Physiciens, les Politiques, les Philosophes et les Chimistes, chacun y trouvant des mystères ou des secrets selon leur domaine. Elles mêlent vérité et fictions, évoluant au fil du temps pour inclure des aspects moraux, théologiques et physiques. L'auteur distingue cinq types de fables : historiques (comme celles d'Hercule et de Jason), philosophiques (utilisant des paraboles pour enseigner des mystères), allégoriques (cachant des sens mystérieux), morales (transmettant des préceptes) et celles inventées pour le divertissement. La plupart des fables anciennes contiennent des traits d'histoire. Les sources des fables incluent la vanité humaine, la nécessité de rendre les récits plus amusants et sublimes, et la tradition orale. Avant l'écriture, les événements étaient transmis oralement, enrichis de fictions pour captiver l'audience. Les panégyriques et les récits des voyageurs et marchands ont également contribué à la multiplication des fables. Les fables grecques et romaines ont souvent embelli les actions de héros comme Hercule et Bacchus, inspirées par des figures bibliques comme Noé, Moïse et Josué. Les arts et les sciences étaient souvent attribués à des divinités fabuleuses plutôt qu'à des patriarches bibliques. L'histoire grecque est devenue plus raisonnable à partir des Olympiades et du temps d'Esdras. Les temps sont classés en inconnus (jusqu'au Déluge), fabuleux (jusqu'à la première Olympiade) et historiques (après les Olympiades). La navigation et la géographie ont également influencé les fables, ainsi que le désir de protéger la réputation des dames galantes. Le texte explore ensuite les mythes grecs et leurs interprétations. Saturne, ayant épousé Rhéa, fut contraint par son père Titan de l'emprisonner. Rhéa sauva Jupiter en substituant un autre enfant à sa place, ce qui poussa Titan à se révolter contre Saturne. Jupiter, devenu adulte, fit la guerre à son oncle et aux Titans, rétablit son pouvoir et déposa Saturne, qui s'enfuit en Italie. Après une nouvelle rébellion avec les Titans, Jupiter les défit près du Tartesse et les chassa des Gaules et des Espagnes. Il régna soixante-deux ans et mourut en Crète. Les mythes expliquent que Jupiter fut considéré comme le dieu du Ciel, Neptune comme le dieu de la Mer, et Pluton comme le roi des Enfers. La guerre contre les Géants, enfants du Ciel et de la Terre, est également mentionnée. Le texte explore aussi les rôles de Mercure, considéré comme le messager des dieux et inventeur des beaux-arts chez les Gaulois. Diodore décrit des coutumes funéraires près de Memphis, où les morts étaient jugés avant d'être transportés par Caron. Ces pratiques ont inspiré des fables sur le séjour des âmes dans les Champs Élysées et le chien Cerbère gardant l'Enfer. L'auteur démêle la vérité historique des imaginations fabuleuses des poètes.
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2806
p. 250-259
Festes de Mr le Duc d'Albe.
Début :
Mr le Duc d'Albe donne tous les ans une belle Feste, [...]
Mots clefs :
Fêtes, Bal, Duc d'Albe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Festes de Mr le Duc d'Albe.
Festes deMr le Ducd'Albe.
Mr le Duc d'Albe donne
tous lesansunebelleFeste,
selon l'usage de son Pays , le jour de la Naissance du
Roy d'Espagne. Les Efpagnols
appellent ce jour,
Dia de Anos, jour d'Années.
Son Excellence a du
grand & du magnifique
dans tout ce qu'Elle faicj
mais la nouvelledusuccez
de Brihuega,quElle reçût
lematin
, augmenta bien
la joye & l'éclat de cette
Feste, ce qui lafait differer
de quelques jours. Les
personnes dedistinction
qui y furent invitées en
grand nombre, & le Public
qui en peut juger par le dehors
, furent dans une égale
surprise, qu'à l'occasion
d'une nouvelle qui estoit
arrivée le mesme jour, Ôc
qui ne pouvoit pas estre
prévûë
, on put donner
deux repas decette magnificence,
des divertissements
publics & particuliers. &
le soir une grande illumination,
& un beau de joye, ,
qui fut suivi d'un bal qui 1
ddurua jumsqu'àacitnqinlie.uâ,es *
,- » Son Excellence eut un
peu plus detempsà donnerses
ordres & a.&preparer à";
la rejoiüssance que meritoit
la victoire complete de
Villaviciofa qui assure le
- thrône au Roy son Maistre
,
dont il a si fort à
coeur laPersonne, la gloire.,
& les interests, a ewncoçre
donné à cette occasion
une Feste qui n'a pû estre
c*omparéequ'à celles , qu a ce lCS qU.1
Elle a déjàdonné à Paris
*
sur tout à la Naissance du
Prince des Asturies. Cellecy
s'est donnée Dimanche
28. Decembre.Ellecommença
dés le midy. Il y eut
un grand dîner,&un grand
jeu l'aprés-midy. Sur le
soir trois ou quatre cens
personnes des plus qualifiées
&duplus haut rang,
qui y avoientesté invitées,
s'y rendirent. Le jeu continua
; il y eut des concerts
de musque au dehors &
au dedans de l'Hostel. A
l'entrée de la nuit. Il y eut
une illumination qui dura
toute le reste de la nuit, en
gros flambeaux de cire
blanche. Madame la Duchesse
de Vendosme s'y
renditsur les 9. heures.Entre
neuf & dix on servit un
des plus somptueux souper
qui se soit encore donné.
La premiere table où estoit
Madame de Vendosme avec
des Princesses & des
Duchessesinvitées, &des
Seigneurs du premier rang.
estoit de quarante couverts.
Cette Table estoit en
feràCheval, Il y fut servi
plus de trois cens pLus,
portez & rapportez par des
Suissesavecdes habits uniformes.
Trois ou quatre
autresTables furentservies
en mesme temps. Les plus
excellents mets y furent
servis avec autant d'ordre
que de profusion. Les Liqueurs
les
plus rares y furent
prodiguées.Dés qu'on
sortit de table entre onze
heures &minuit, ilpartit
un grand nombre de fufées
que le feu d'artifice
suivit de prés. Le Bal mencaimmédiatemecntoma-- ainimediatement a_.
prés. Il fut ouvert par Mr
le Prince d'Espinoy & par
Me la Marquise deTorcy.
J A minuit les Masques en-
, trerent,& le concours du
plus beau monde,masque
la pluspart magniifquement,
y fut si prodigieux
que l'on compte qu'il est
entré cette nuit-là chez
Son Excellence environ
douze mille personnes
masquées, & qu'ellea donnéàsouperce
soir-lààplus
de
de cinq cens personnes. Les
Appartements estoient ornez
& éclairez magnifiquement.
Le Jeu continua
toute la nuit dans une Galerie.
Le Bal dura jusqu'a
neuf heures dumatin. Les
rafraichissements y furent
prodiguez sans inierruption.
On dança en six endroits
differents. Il ne s'est
gueres vû ensemble un plus
grand nombre de belles
personnes & d'hommes de
meilleur air, ni masquez
d'un plus grand goust. Les
concerts au dehors & au
dedans de l'Hostel, ne finirene
qu'à l'ouverture du
Bal. Les ordres y furent
donnez si à propos qu'il
BY eut ni contretemps ni
accident fâcheux. Quelqu'un
vint dire à Mr le
Duc d'Albequel'affluence
des Masques quise pressoient
contre lesTremeaux
avoienc cassé plusieurs glacesde
grand prix, a quoy
Son Excellence répondit
en riant, les verres cassez
font des marqués de joye.
Le 4. de ce mois, Son
Excellence fit de nouvelles,
rejouissances pour la victoire
de Villaviciofa. Il
donna un magnifique repas
sur trois Tables differences.
La premiere estoit
de quarante-six couverts,&
les deux autres de douze ôc
de treize seulement. Ce regal
fut suivi d'un Bal, &
d'une collation abondante,
d'illuminations & de feux
d'artifice. Ces réjoüissances
durerentjusqu'au matin.
Mr le Duc d'Albe donne
tous lesansunebelleFeste,
selon l'usage de son Pays , le jour de la Naissance du
Roy d'Espagne. Les Efpagnols
appellent ce jour,
Dia de Anos, jour d'Années.
Son Excellence a du
grand & du magnifique
dans tout ce qu'Elle faicj
mais la nouvelledusuccez
de Brihuega,quElle reçût
lematin
, augmenta bien
la joye & l'éclat de cette
Feste, ce qui lafait differer
de quelques jours. Les
personnes dedistinction
qui y furent invitées en
grand nombre, & le Public
qui en peut juger par le dehors
, furent dans une égale
surprise, qu'à l'occasion
d'une nouvelle qui estoit
arrivée le mesme jour, Ôc
qui ne pouvoit pas estre
prévûë
, on put donner
deux repas decette magnificence,
des divertissements
publics & particuliers. &
le soir une grande illumination,
& un beau de joye, ,
qui fut suivi d'un bal qui 1
ddurua jumsqu'àacitnqinlie.uâ,es *
,- » Son Excellence eut un
peu plus detempsà donnerses
ordres & a.&preparer à";
la rejoiüssance que meritoit
la victoire complete de
Villaviciofa qui assure le
- thrône au Roy son Maistre
,
dont il a si fort à
coeur laPersonne, la gloire.,
& les interests, a ewncoçre
donné à cette occasion
une Feste qui n'a pû estre
c*omparéequ'à celles , qu a ce lCS qU.1
Elle a déjàdonné à Paris
*
sur tout à la Naissance du
Prince des Asturies. Cellecy
s'est donnée Dimanche
28. Decembre.Ellecommença
dés le midy. Il y eut
un grand dîner,&un grand
jeu l'aprés-midy. Sur le
soir trois ou quatre cens
personnes des plus qualifiées
&duplus haut rang,
qui y avoientesté invitées,
s'y rendirent. Le jeu continua
; il y eut des concerts
de musque au dehors &
au dedans de l'Hostel. A
l'entrée de la nuit. Il y eut
une illumination qui dura
toute le reste de la nuit, en
gros flambeaux de cire
blanche. Madame la Duchesse
de Vendosme s'y
renditsur les 9. heures.Entre
neuf & dix on servit un
des plus somptueux souper
qui se soit encore donné.
La premiere table où estoit
Madame de Vendosme avec
des Princesses & des
Duchessesinvitées, &des
Seigneurs du premier rang.
estoit de quarante couverts.
Cette Table estoit en
feràCheval, Il y fut servi
plus de trois cens pLus,
portez & rapportez par des
Suissesavecdes habits uniformes.
Trois ou quatre
autresTables furentservies
en mesme temps. Les plus
excellents mets y furent
servis avec autant d'ordre
que de profusion. Les Liqueurs
les
plus rares y furent
prodiguées.Dés qu'on
sortit de table entre onze
heures &minuit, ilpartit
un grand nombre de fufées
que le feu d'artifice
suivit de prés. Le Bal mencaimmédiatemecntoma-- ainimediatement a_.
prés. Il fut ouvert par Mr
le Prince d'Espinoy & par
Me la Marquise deTorcy.
J A minuit les Masques en-
, trerent,& le concours du
plus beau monde,masque
la pluspart magniifquement,
y fut si prodigieux
que l'on compte qu'il est
entré cette nuit-là chez
Son Excellence environ
douze mille personnes
masquées, & qu'ellea donnéàsouperce
soir-lààplus
de
de cinq cens personnes. Les
Appartements estoient ornez
& éclairez magnifiquement.
Le Jeu continua
toute la nuit dans une Galerie.
Le Bal dura jusqu'a
neuf heures dumatin. Les
rafraichissements y furent
prodiguez sans inierruption.
On dança en six endroits
differents. Il ne s'est
gueres vû ensemble un plus
grand nombre de belles
personnes & d'hommes de
meilleur air, ni masquez
d'un plus grand goust. Les
concerts au dehors & au
dedans de l'Hostel, ne finirene
qu'à l'ouverture du
Bal. Les ordres y furent
donnez si à propos qu'il
BY eut ni contretemps ni
accident fâcheux. Quelqu'un
vint dire à Mr le
Duc d'Albequel'affluence
des Masques quise pressoient
contre lesTremeaux
avoienc cassé plusieurs glacesde
grand prix, a quoy
Son Excellence répondit
en riant, les verres cassez
font des marqués de joye.
Le 4. de ce mois, Son
Excellence fit de nouvelles,
rejouissances pour la victoire
de Villaviciofa. Il
donna un magnifique repas
sur trois Tables differences.
La premiere estoit
de quarante-six couverts,&
les deux autres de douze ôc
de treize seulement. Ce regal
fut suivi d'un Bal, &
d'une collation abondante,
d'illuminations & de feux
d'artifice. Ces réjoüissances
durerentjusqu'au matin.
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Résumé : Festes de Mr le Duc d'Albe.
Le Duc d'Albe organisait chaque année une grande fête en l'honneur de la naissance du roi d'Espagne, appelée 'Dia de Anos'. En 1610, cette célébration fut particulièrement somptueuse en raison de la récente victoire de Brihuega, dont la nouvelle fut annoncée le matin même du 28 décembre. La fête débuta à midi par un grand dîner et des jeux, suivis le soir par un souper somptueux à neuf heures. Environ quatre cents personnes de haut rang furent invitées, et une illumination avec des flambeaux de cire blanche éclaira la nuit. La première table comptait quarante couverts, et plusieurs autres tables furent également servies. Après le souper, des feux d'artifice et un bal furent organisés, ouverts par le Prince d'Espinoy et la Marquise de Torcy. Environ douze mille personnes masquées assistèrent à la fête, et plus de cinq cents personnes furent invitées à souper. Les appartements étaient magnifiquement ornés et éclairés, et le jeu et le bal se poursuivirent toute la nuit dans différents endroits. Le 4 janvier, de nouvelles réjouissances furent organisées pour célébrer la victoire de Villaviciosa, incluant un repas somptueux, un bal, une collation abondante, des illuminations et des feux d'artifice.
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2807
p. 259-262
Dons faits par le Roy d'Espagne.
Début :
Le 20. Decembre le Roy d'Espagne donna à Mr le [...]
Mots clefs :
Dons, Roi d'Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dons faits par le Roy d'Espagne.
Dons faits par le Roy.
d'Espagne.
Le20. Decembre le Roy
d'Espagne donna à Mr le
Marquis de Jamaïca,à
prefencque de Veraguas,
la Commanderie d'Aravaca
vacante par le decez de
1.. MrleDucdeVillada.oi 1
Celled'Alinge,vacante
par le decez de Me la
Comtesse de Monterey;à
MrleMarquis de Castil- 1
lar, Intendant General. 2
Celle de la Sarçat, vacante
par le decez de Mr le
Duc de Veraguas,à Mr le 1
Comte deGermiencourt,
Maréchal général des Lo- !
gisde la Cavalerie.
Celle de Liveravacante
par le decez de Mr le
Marquis de Lançaroté, à
Mrle Marquis de Muya,
fils de Mr le Duc d'Escalona.
D'autres qui estoient
aussi vacantes ont esté données
à Mr le Marquis de
Valdecanas, Capitaine general
,
à Dom Antonio
d'Amezaga, à Don Joseph
de Armendaris & à Mr le
Comte Mahoni, Lieutenants
Generaux, 8<. àMrs
Graston, Pimentel & Toalba.
Mr de Bonnetot fils du
feu Premier President de la
Chambre des Comptes de
Roüen, & beau-frere du
Premier President du Parlement
de cette Ville, a
acheté le Regiment donc
feu Mr de Louvignies,
Gouverneur de Lerida estoit
Colonel. Il l'a payé
70000. liv:argent comptant.
d'Espagne.
Le20. Decembre le Roy
d'Espagne donna à Mr le
Marquis de Jamaïca,à
prefencque de Veraguas,
la Commanderie d'Aravaca
vacante par le decez de
1.. MrleDucdeVillada.oi 1
Celled'Alinge,vacante
par le decez de Me la
Comtesse de Monterey;à
MrleMarquis de Castil- 1
lar, Intendant General. 2
Celle de la Sarçat, vacante
par le decez de Mr le
Duc de Veraguas,à Mr le 1
Comte deGermiencourt,
Maréchal général des Lo- !
gisde la Cavalerie.
Celle de Liveravacante
par le decez de Mr le
Marquis de Lançaroté, à
Mrle Marquis de Muya,
fils de Mr le Duc d'Escalona.
D'autres qui estoient
aussi vacantes ont esté données
à Mr le Marquis de
Valdecanas, Capitaine general
,
à Dom Antonio
d'Amezaga, à Don Joseph
de Armendaris & à Mr le
Comte Mahoni, Lieutenants
Generaux, 8<. àMrs
Graston, Pimentel & Toalba.
Mr de Bonnetot fils du
feu Premier President de la
Chambre des Comptes de
Roüen, & beau-frere du
Premier President du Parlement
de cette Ville, a
acheté le Regiment donc
feu Mr de Louvignies,
Gouverneur de Lerida estoit
Colonel. Il l'a payé
70000. liv:argent comptant.
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Résumé : Dons faits par le Roy d'Espagne.
Le 20 décembre, le roi d'Espagne a attribué plusieurs commanderies. La Commanderie d'Aravaca a été donnée au Marquis de Jamaïca, préfet de Veraguas, après le décès du Duc de Villada. La Commanderie d'Alinge a été attribuée au Marquis de Castillar, Intendant Général, suite au décès de la Comtesse de Monterey. La Commanderie de la Sarçat a été octroyée au Comte de Germiencourt, Maréchal général des Logis de la Cavalerie, après le décès du Duc de Veraguas. La Commanderie de Livera a été attribuée au Marquis de Muya, fils du Duc d'Escalona, suite au décès du Marquis de Lançaroté. D'autres commanderies vacantes ont été attribuées à plusieurs personnes, dont le Marquis de Valdecanas, Capitaine général, Dom Antonio d'Amezaga, Don Joseph de Armendaris, le Comte Mahoni, Lieutenants Généraux, ainsi qu'à Messieurs Graston, Pimentel et Toalba. Par ailleurs, Monsieur de Bonnetot a acheté le régiment du défunt Monsieur de Louvignies, Gouverneur de Lerida, pour 70 000 livres en argent comptant.
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2808
p. 262-265
Suite des Nouvelles d'Espagne.
Début :
De Saragosse le 11. Janvier 1711. La Reine devoit partir [...]
Mots clefs :
Espagne, Saragosse, Troupes, Roi
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texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles d'Espagne.
Suite des l\oi/,ruelles
d'Espagne..
De Saragosse le II..
Janvier 1711.
La Reine devoitpartir
avant-hierdeNajera où Elle
avoitsejourné plusieurs jours
en attendantlesordres du Roy
peurvenir à Saragosse
,
d'où
Sa Majesté partiraMercredy
prochain 14. de ce mois pour
aller au devant de la Reine
jusqu'à Mallen
,
Village
neuflieuës de cette Ville. Le
lendemain
15. Leurs Majestez
en partiront, ter irontcoucher
àAlagon, & le 16. Ellesarriveront
icy où ily a apparence
qu'Ellespasseront le reste de
thyver. Le Roy ayantenvoyé
toutes ses Troupes dans des
quartierspourse delassre des
fatigues qu'elles
O rteuës depuis
plusieursmois.
Le debris de l'Armée du
Comte Staremberg
,
suivant
les derniers avis , a Iht/lé L
Se<gre-à)B<ala"gu)err pourentrer en Catalogne
, où le Roy a
actuellement deux detachements
de Cavalerie, commandez
par Dom Feliciano Bracamonte,
Maréchalde Camp,
&DomJoseph Vallejo, Brigadier
qui font tousjours à la
poursuite des Ennemis. On attendincessamment
la nouvelle
de la prise de Gironne, dont la
conquestefacilitera beaucoup
a
celle du reste de la Catalogue.
, Des Deserteurs rapportent
que les habitants deBarcelone
sont partagez en deux partis
cantonnez l'un contre l'autre ;'
que celuy du RoyPhilippe
grossit tous les jours,& qu'il
n'attend que l'approche de nos
Troupes pour se declarer ouvertement
; de sorte qu'on a
estéobligéde mettre une forte
Garde au Palais ou loge t,lr-.
chiduc.
d'Espagne..
De Saragosse le II..
Janvier 1711.
La Reine devoitpartir
avant-hierdeNajera où Elle
avoitsejourné plusieurs jours
en attendantlesordres du Roy
peurvenir à Saragosse
,
d'où
Sa Majesté partiraMercredy
prochain 14. de ce mois pour
aller au devant de la Reine
jusqu'à Mallen
,
Village
neuflieuës de cette Ville. Le
lendemain
15. Leurs Majestez
en partiront, ter irontcoucher
àAlagon, & le 16. Ellesarriveront
icy où ily a apparence
qu'Ellespasseront le reste de
thyver. Le Roy ayantenvoyé
toutes ses Troupes dans des
quartierspourse delassre des
fatigues qu'elles
O rteuës depuis
plusieursmois.
Le debris de l'Armée du
Comte Staremberg
,
suivant
les derniers avis , a Iht/lé L
Se<gre-à)B<ala"gu)err pourentrer en Catalogne
, où le Roy a
actuellement deux detachements
de Cavalerie, commandez
par Dom Feliciano Bracamonte,
Maréchalde Camp,
&DomJoseph Vallejo, Brigadier
qui font tousjours à la
poursuite des Ennemis. On attendincessamment
la nouvelle
de la prise de Gironne, dont la
conquestefacilitera beaucoup
a
celle du reste de la Catalogue.
, Des Deserteurs rapportent
que les habitants deBarcelone
sont partagez en deux partis
cantonnez l'un contre l'autre ;'
que celuy du RoyPhilippe
grossit tous les jours,& qu'il
n'attend que l'approche de nos
Troupes pour se declarer ouvertement
; de sorte qu'on a
estéobligéde mettre une forte
Garde au Palais ou loge t,lr-.
chiduc.
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Résumé : Suite des Nouvelles d'Espagne.
En janvier 1711, la Reine et le Roi se déplacèrent en Espagne. La Reine quitta Najera pour Saragosse, où elle rejoignit le Roi. Ensemble, ils se rendirent à Mallen, puis à Alagon, et enfin à Saragosse pour y passer l'hiver. Le Roi avait envoyé ses troupes en quartiers pour les reposer après plusieurs mois de fatigue. Les restes de l'armée du Comte Staremberg se dirigeaient vers Balaguer pour entrer en Catalogne. Deux détachements de cavalerie, commandés par Dom Feliciano Bracamonte et Dom Joseph Vallejo, poursuivaient les ennemis. La prise de Gérone était attendue, facilitant ainsi la conquête du reste de la Catalogne. À Barcelone, les habitants étaient divisés en deux partis, celui du Roi Philippe gagnant en influence chaque jour. Une forte garde avait été placée au palais du duc pour assurer la sécurité.
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2809
p. 266-267
Le retour des Officiers. Par Mr D. O. L. V.
Début :
Pour le Myrthe amoureux Mars quitte les .... Lauriers, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le retour des Officiers. Par Mr D. O. L. V.
Le retour des Officiers.
Par MrD. O.L.V.
Pour le Myrthe amoureux
Mars quitte les. Lauriers,
Et ntJUJ ramene enfin nos
aimables Guerriers.
Chacun deuxflolastrant
auson de la Musette
S'enyure du plaisir de
revoirsa.. Lisette.
Les Bergers au retour de
cesjeunes Cesars,
Devanteux,de l'amour
baissent les Etendars.
De Rubans neufs ornant
sa teste&sa Houlette,
LaBergere bondit,chan-
, te, f5fait lafolette
Pdouor anttetndrir ces coeurs l'intrepidité
Semblenerespirerque
i l'immortarelriqtuée
PatienceBergers
,
les
,
printanters , ramages
Danspeu vontles chasser
de vos charmants
bocages.
Par MrD. O.L.V.
Pour le Myrthe amoureux
Mars quitte les. Lauriers,
Et ntJUJ ramene enfin nos
aimables Guerriers.
Chacun deuxflolastrant
auson de la Musette
S'enyure du plaisir de
revoirsa.. Lisette.
Les Bergers au retour de
cesjeunes Cesars,
Devanteux,de l'amour
baissent les Etendars.
De Rubans neufs ornant
sa teste&sa Houlette,
LaBergere bondit,chan-
, te, f5fait lafolette
Pdouor anttetndrir ces coeurs l'intrepidité
Semblenerespirerque
i l'immortarelriqtuée
PatienceBergers
,
les
,
printanters , ramages
Danspeu vontles chasser
de vos charmants
bocages.
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Résumé : Le retour des Officiers. Par Mr D. O. L. V.
Le texte 'Le retour des Officiers' célèbre le retour des guerriers après la guerre. Mars, dieu de la guerre, quitte les lauriers, symbolisant la fin des combats. L'amour ramène les guerriers aimables, qui jouent de la musette pour exprimer leur joie de revoir leur bien-aimée, Lisette. Les bergers baissent leurs étendards devant l'amour. La bergère, ornée de rubans, bondit, chante et danse, inspirée par une immortelle vertu. Le texte appelle à la patience des bergers, car les printemps chasseront bientôt les souvenirs de la guerre.
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2810
p. 268-270
Article burlesque.
Début :
Je vous demande excuse de n'estre pas en humeur [...]
Mots clefs :
Burlesque, Chanson
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Article burlesque.
JA>e>'TvéoviÓisúJdsdeemria1natdldeècèxx^J
cuse de n'estre-pas,en
humeur de rire. Je 11ç
vousdonnerayque la
Chansonsuivante pour
tout burlesque. Ce titre
est necessaire pour autoriser
un jeu de mots sur
quoy roulent les refrains.
Encore un mot de digression;
j'ay tout privi-,
lege dans cet Article, -æ
pour vous dédommager
de ce que vous ne nez
point, je ve'u:x au-moins vousennuyer. J'ayfaitdepuisdixou
douze ansplus decent
Chansons, &depuisdix
ou douze ans j'ay la patienced'en
entendre es-
, ,- tropier les airs & lesparoles.
Ce n'esepas manqued'affectionpour
mes
Ouvrages , mais j'ay
toujours esteaussi paresseux
de les écrire que de
les chanter. Je me punis
assez de ma paresse
,
ç&r ilm'en couste à chaque
Mercure plusieurs Cou-
:plets nouveaux pour en
faire passer un vieux.
cuse de n'estre-pas,en
humeur de rire. Je 11ç
vousdonnerayque la
Chansonsuivante pour
tout burlesque. Ce titre
est necessaire pour autoriser
un jeu de mots sur
quoy roulent les refrains.
Encore un mot de digression;
j'ay tout privi-,
lege dans cet Article, -æ
pour vous dédommager
de ce que vous ne nez
point, je ve'u:x au-moins vousennuyer. J'ayfaitdepuisdixou
douze ansplus decent
Chansons, &depuisdix
ou douze ans j'ay la patienced'en
entendre es-
, ,- tropier les airs & lesparoles.
Ce n'esepas manqued'affectionpour
mes
Ouvrages , mais j'ay
toujours esteaussi paresseux
de les écrire que de
les chanter. Je me punis
assez de ma paresse
,
ç&r ilm'en couste à chaque
Mercure plusieurs Cou-
:plets nouveaux pour en
faire passer un vieux.
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Résumé : Article burlesque.
L'auteur, malgré une longue expérience de l'écriture de chansons, exprime sa réticence actuelle à en composer. Il justifie un jeu de mots dans les refrains par une chanson burlesque. Il avoue écrire des chansons depuis dix ou douze ans mais manque de motivation. Il se punit de sa paresse en fournissant régulièrement des couplets au Mercure, une publication périodique.
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2811
p. 270-274
CHANSON.
Début :
Bon vin, bon vin, [...]
Mots clefs :
Vin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
Bon vin, bon vin, - 1
Quoyque tonpouvoirsoit
divin,
Malgrétoy nos jours prendrontfin.
Mais pendantque le
i*:*vpss'écoule, -
Coule ;roule, bon <vm*y
ÇfiUte
1
AIRA
BOIRE.
Sans cesse coule, •,
Puïfiquon ne peut fixer
1 nos jours,
-
Jours
Gardons-nous defixerton
cours.
II. COUPLET.
Sur la Science.
Bonsèns,bonsèns,
Te chercher parmy les
Sçavants, L'el perdreson tuile fS,
son temps.
0 toy ,
qui pastis sur ta
: lampe,
lLaampme,lamppe,eDoc:te,ur,
Dottementlampe, V
Jurisconsulte m Medea
PmfèstQnfèa<voir dansle
vin.
111. COUPLET.
-
Sur la Jalousie. * Qientends-je kelasi , l
yaj laisse ma femme la
bas,
,. Quelquun'vient, njfuispÇaj?sje.\
Pour mecacherce quis'y
passe,
:Passe,passe,bonvin,- Me>':'rv
Dans mesyeux f^jfe,
sQQuuuaannd,dijeJsesfuùiissyyvv;rree ,jè, bien
, - Mesyeuxouvertsnever-
-
rontrien.
> -
IV. COUPLET.
,
Le vieux Yvrogne.
QQuueevlfoainst-ojesm, ôeDieux
l -fantofrne-tvliicennt tà
mesyeux
Mouillerles doigts dans
mon rvln vieux.
C'est la Parque qui mes
joursfile>
File file, bon vin,file,
Doucement file, ,',
Tant que mon bon vin
- ',' durera,
Pour moy la Parquesi-
4
lera*
Quoyque tonpouvoirsoit
divin,
Malgrétoy nos jours prendrontfin.
Mais pendantque le
i*:*vpss'écoule, -
Coule ;roule, bon <vm*y
ÇfiUte
1
AIRA
BOIRE.
Sans cesse coule, •,
Puïfiquon ne peut fixer
1 nos jours,
-
Jours
Gardons-nous defixerton
cours.
II. COUPLET.
Sur la Science.
Bonsèns,bonsèns,
Te chercher parmy les
Sçavants, L'el perdreson tuile fS,
son temps.
0 toy ,
qui pastis sur ta
: lampe,
lLaampme,lamppe,eDoc:te,ur,
Dottementlampe, V
Jurisconsulte m Medea
PmfèstQnfèa<voir dansle
vin.
111. COUPLET.
-
Sur la Jalousie. * Qientends-je kelasi , l
yaj laisse ma femme la
bas,
,. Quelquun'vient, njfuispÇaj?sje.\
Pour mecacherce quis'y
passe,
:Passe,passe,bonvin,- Me>':'rv
Dans mesyeux f^jfe,
sQQuuuaannd,dijeJsesfuùiissyyvv;rree ,jè, bien
, - Mesyeuxouvertsnever-
-
rontrien.
> -
IV. COUPLET.
,
Le vieux Yvrogne.
QQuueevlfoainst-ojesm, ôeDieux
l -fantofrne-tvliicennt tà
mesyeux
Mouillerles doigts dans
mon rvln vieux.
C'est la Parque qui mes
joursfile>
File file, bon vin,file,
Doucement file, ,',
Tant que mon bon vin
- ',' durera,
Pour moy la Parquesi-
4
lera*
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Résumé : CHANSON.
Le texte explore la brièveté de la vie et le plaisir éphémère du vin. Le narrateur admire le pouvoir divin du vin, qui apporte une joie temporaire. Il compare le temps à un fil filé par la Parque, la déesse du destin. Tant que le bon vin dure, la Parque ne file pas pour lui, suggérant que le vin prolonge sa vie ou son plaisir.
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2812
p. 274-281
Questions & Réponses, [titre d'après la table]
Début :
A propos de bon Vin, on a demandé dans le [...]
Mots clefs :
Vin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Questions & Réponses, [titre d'après la table]
A propos de bonVin,
on a demandé dans le
dernier Mercure: Si le
Vinestune bonnechose.
REPON SË.
';, ParMrL.Magni. ,Lasotechose quele'Vim
jelegaftesije*lemejle ;
-ToutPurtl'gasse ma cer- velle>..j
que le vin.
Mais non,J).aime ce jus l- di'VÎTly
Pur,il égaye ma cervet-
-
le, , -, J[de rafraîchit si je le
w- - rnejlp.)3 -
Lva ibonnne .chose quele ~~P~~
-ni ^rf^n inoî Plusieurspersonne~sn
ont répondu differemment
chacun selon son caractere. -,
\",-,',.
">VWW &0L
R E' P ONS E
d'un homme sincere.
-
k Le vin est une bonne
chose,parcequ'ilfaitdire
-'
<
-' , ~~CjL ~i laverité.
<
f*-r» Je conclus delà,dit
l'hommepprruuddeennt t;,que c le Vin est une mauvaise
i:»»». J
chose, car toutes veritez
ne sont pas bonnesàdi-
_: ,'¡-C'
.: L'A V ARE.
La bronne chose quet le-' /-evin,- QuvanodonilseboiitncIJ.éZfonh
Le Vin est le lien de
la societé, dit un Yvrognequi
a le Vin sociable,
mais Alexandre en
avoit bu, quand il tua
Clitus.
LE PHILOSOPHÉ;
OC le MEDECIN.
Nousdefendons le Vin s jleflpernicieuxs
Nous le LïÚvonspourtant;
il est delicieux. "-
UN TURC,
Nous trouvons leVin
bon, parce qu'il nous
est deffendu.
UN GOURMET.
,
Le Vin est bon y
quand ilest bon.
UN YVROGNE.
Tout Vin est bon,
pourvu que ce soit du
Vin.
UNE FEMME COQUETTE.
LeVin est unebonne
chose, il endort mon
Mary.
LE MARY PAISIBLE.
Peste soit du Vin, il
reveille le caquet de ma
Femme.
UNHOMMESAGE.
Le Vin est mauvais,
car ilenyvre.
UNSOT.
,
Le Vinestbôn,'car
il enyvre. [
DEMOCRITE. k J'aime le Vin, car il
faitrire.
HERACLITE.
J'aime le Vin, car il
fait pleurer.
Ou
Ou d'une autre façon.
T. HERACLITE.
Je deffends le Vin,
car ilfaitrire.
DEMOCRITE.
Jedeffends le Vin,
car il fait pleurer.
Réponse par l'un des
troisProcureursquifaute
de sçavoir le prixdu Vin
deChampagne, en ont
bu innocemmentpourcent
francs, en attendant
l'heure du Palais.
on a demandé dans le
dernier Mercure: Si le
Vinestune bonnechose.
REPON SË.
';, ParMrL.Magni. ,Lasotechose quele'Vim
jelegaftesije*lemejle ;
-ToutPurtl'gasse ma cer- velle>..j
que le vin.
Mais non,J).aime ce jus l- di'VÎTly
Pur,il égaye ma cervet-
-
le, , -, J[de rafraîchit si je le
w- - rnejlp.)3 -
Lva ibonnne .chose quele ~~P~~
-ni ^rf^n inoî Plusieurspersonne~sn
ont répondu differemment
chacun selon son caractere. -,
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R E' P ONS E
d'un homme sincere.
-
k Le vin est une bonne
chose,parcequ'ilfaitdire
-'
<
-' , ~~CjL ~i laverité.
<
f*-r» Je conclus delà,dit
l'hommepprruuddeennt t;,que c le Vin est une mauvaise
i:»»». J
chose, car toutes veritez
ne sont pas bonnesàdi-
_: ,'¡-C'
.: L'A V ARE.
La bronne chose quet le-' /-evin,- QuvanodonilseboiitncIJ.éZfonh
Le Vin est le lien de
la societé, dit un Yvrognequi
a le Vin sociable,
mais Alexandre en
avoit bu, quand il tua
Clitus.
LE PHILOSOPHÉ;
OC le MEDECIN.
Nousdefendons le Vin s jleflpernicieuxs
Nous le LïÚvonspourtant;
il est delicieux. "-
UN TURC,
Nous trouvons leVin
bon, parce qu'il nous
est deffendu.
UN GOURMET.
,
Le Vin est bon y
quand ilest bon.
UN YVROGNE.
Tout Vin est bon,
pourvu que ce soit du
Vin.
UNE FEMME COQUETTE.
LeVin est unebonne
chose, il endort mon
Mary.
LE MARY PAISIBLE.
Peste soit du Vin, il
reveille le caquet de ma
Femme.
UNHOMMESAGE.
Le Vin est mauvais,
car ilenyvre.
UNSOT.
,
Le Vinestbôn,'car
il enyvre. [
DEMOCRITE. k J'aime le Vin, car il
faitrire.
HERACLITE.
J'aime le Vin, car il
fait pleurer.
Ou
Ou d'une autre façon.
T. HERACLITE.
Je deffends le Vin,
car ilfaitrire.
DEMOCRITE.
Jedeffends le Vin,
car il fait pleurer.
Réponse par l'un des
troisProcureursquifaute
de sçavoir le prixdu Vin
deChampagne, en ont
bu innocemmentpourcent
francs, en attendant
l'heure du Palais.
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Résumé : Questions & Réponses, [titre d'après la table]
Le texte explore diverses opinions sur la question de savoir si le vin est une bonne chose. Un homme sincère estime que le vin révèle la vérité, mais conclut qu'il est mauvais car toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Un avare le considère bon s'il est gratuit. Un ivrogne le voit comme un lien social, malgré les exemples historiques de violence. Un philosophe et un médecin reconnaissent son goût délicieux mais nuisible. Un Turc l'apprécie pour son interdiction. Un gourmet le juge bon s'il est de qualité. Un autre ivrogne trouve tout vin bon tant qu'il en est. Une femme coquette l'apprécie pour endormir son mari, tandis que celui-ci le maudit car il réveille sa femme. Un homme sage et un sot le jugent mauvais car il enivre. Démocrite l'aime pour le rire qu'il procure, Héraclite pour les larmes. Les avis varient donc largement, allant de l'appréciation pour ses effets sociaux ou gustatifs à la critique de ses dangers.
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2813
p. 282-283
CHANSON.
Début :
On prie Mr du Bousset d'y faire un air. [...]
Mots clefs :
Vin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANS ON. l. On prie Mr du Bousset
d'y faire un air.
La bonne chose que le
,
Vin.
J'en connois un que pour
Jupin
FitexpresleDieu de la
treille..
Il chatouille,ilgrate
3
il
reveille.
•
Maisun retoursmaudît
faitsecouer l'oreille,
Quand, le Cabaretier
mutin
Nous force à le payer
: deux ecus la bouteille.
d'y faire un air.
La bonne chose que le
,
Vin.
J'en connois un que pour
Jupin
FitexpresleDieu de la
treille..
Il chatouille,ilgrate
3
il
reveille.
•
Maisun retoursmaudît
faitsecouer l'oreille,
Quand, le Cabaretier
mutin
Nous force à le payer
: deux ecus la bouteille.
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2814
p. 283-285
« Je garde pour le mois prochain plusieurs autres réponses qu'on [...] »
Début :
Je garde pour le mois prochain plusieurs autres réponses qu'on [...]
Mots clefs :
Vin, Galanterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je garde pour le mois prochain plusieurs autres réponses qu'on [...] »
Je garde pour le mois
prochain plusieurs aû-
,
tresN réponsesqu'on m'a
cnvoyees, tant sur cette
question : Si le Vin est
une bonne chose? que sur
la question galante: Que
peut-on dire pour blasmer
ou pourjustiferuntom.r
me amoureux d'unefemmequi
n'auroit nybeauté
ny esprit?
Laissons aussi la même
question galante pource
mois-cy. La matiere est
ample, & il est bon de
fonder à perpetuité dans
les Mercures un Article
Galant,aussi-bien qu'un
Article Bachique. Il y a
longtemps que l'Amour
& le Vin font des sujets
amusants. On ne s'en est
pointennuyédepuis tant
de siecles Si l'on s'en ennuyv-
e, ce sera ma faute
oucelle des Anonymes
quiselasseront de traiter
agréablementdes sujets
Aheureux*^.J*
prochain plusieurs aû-
,
tresN réponsesqu'on m'a
cnvoyees, tant sur cette
question : Si le Vin est
une bonne chose? que sur
la question galante: Que
peut-on dire pour blasmer
ou pourjustiferuntom.r
me amoureux d'unefemmequi
n'auroit nybeauté
ny esprit?
Laissons aussi la même
question galante pource
mois-cy. La matiere est
ample, & il est bon de
fonder à perpetuité dans
les Mercures un Article
Galant,aussi-bien qu'un
Article Bachique. Il y a
longtemps que l'Amour
& le Vin font des sujets
amusants. On ne s'en est
pointennuyédepuis tant
de siecles Si l'on s'en ennuyv-
e, ce sera ma faute
oucelle des Anonymes
quiselasseront de traiter
agréablementdes sujets
Aheureux*^.J*
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Résumé : « Je garde pour le mois prochain plusieurs autres réponses qu'on [...] »
Un texte annonce la publication prochaine de réponses sur deux questions. La première concerne les bienfaits du vin. La seconde, galante, explore les arguments pour blâmer ou justifier un homme amoureux d'une femme sans beauté ni esprit. L'auteur reporte cette discussion au mois suivant. Il souligne l'importance de traiter régulièrement l'amour et le vin, sources d'amusement depuis des siècles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2815
p. 285-286
Piéce d'Eloquence, [titre d'après la table]
Début :
Le R.P. Porée, Professeur d'Eloquence au College de Louis [...]
Mots clefs :
Éloquence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Piéce d'Eloquence, [titre d'après la table]
Le R. P. Porée;Profelïèur
d'Eloquence, au
Collège a de Louis
?
le
Grand
, a fait un Ditcours
Latin sur la Satyre.
Un de mes amis qui
çftoItdei'Afïèrnbiée, &
qui a une mémoire prqdigieuse
m'en a promis
un Extrait en François
que j'espere vous donner
le mois prochain.
d'Eloquence, au
Collège a de Louis
?
le
Grand
, a fait un Ditcours
Latin sur la Satyre.
Un de mes amis qui
çftoItdei'Afïèrnbiée, &
qui a une mémoire prqdigieuse
m'en a promis
un Extrait en François
que j'espere vous donner
le mois prochain.
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2816
p. 286-287
RECEPTIONS au Parlement.
Début :
Le 7. de ce mois, Mr le Prince de Conty prit [...]
Mots clefs :
Prince de Conti, Parlement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RECEPTIONS au Parlement.
RECEPTIONS
au Parlement.
Le 7. de ce mois,Mr
le Prince de Conty prie
seance au Parlement avec
les ceremonies ordinaires.
Le mesme jour
,
Mr le
Duc de la Tremoille y fut
reçu Duc& Pair de Fran-
, ce.
Le 1.t. de ce mois, Mr
leDuc de S. Agnan fut
reçu Duc & Pair au Parle-
> ment,.&y prit seance sur
la démission deMr le Duc
de Beauvilliers son frere
-ainé.
au Parlement.
Le 7. de ce mois,Mr
le Prince de Conty prie
seance au Parlement avec
les ceremonies ordinaires.
Le mesme jour
,
Mr le
Duc de la Tremoille y fut
reçu Duc& Pair de Fran-
, ce.
Le 1.t. de ce mois, Mr
leDuc de S. Agnan fut
reçu Duc & Pair au Parle-
> ment,.&y prit seance sur
la démission deMr le Duc
de Beauvilliers son frere
-ainé.
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2817
p. 287-293
Dons faits par le Roy.
Début :
On a oublié de dire dans le dernier mois que [...]
Mots clefs :
Chevaliers, Dons, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dons faits par le Roy.
DonsfaitsparleRoy.
On a oublié de dire
dans le dernier mois que
Mr le Marquis de Miromeni
aestéfait Maréchal
deCamp,en consideration
de ses services. Il estoit
auparavant Brigadier d'Infanterie,
commandant celle
de la Garnison de Bethune
pendant le siege de
cette Ville, on il fit cette
grande sortie dont on a
tant parlé, danslaquelle il
pousse les Ennemissort
loin,tuaungrand nombre
de ceuxde la Tranchée,&
rasa tous leurstravaux. ,: Mr Boucher d'Orsay,
.-
Maistredes Requestes,&
fils duConseiller d'Estat,
de mesmenom
, a esté fait
Intendant de Limoges.
.y ,..
.# Chevaliers
CHEVALIERS
del'Ordre.
Le 31 Decembre1710,
le Roy fit Chevaliers de
S. Michel.
M. le Prince de Conry.
M.le ComtedeMédavi.
M. le Comte du Bourg.
M.d'Albergoty. 7
M.lbe MrairqauisndedGoe.f-
Et le premier Janv.1711.
illes fit Chevaliers du saint
Esprit.
Voicy leurs noms & ceux de
leurs peres &meres.
Louis-Armand de Bourbon
,Prince de Conty, fils
de François Louis de Bourbon,
Prince de Conry&de
Marie-Theresede Bburbon
deCondé.
Jacques. Léonor Rouxel
Comtede Médavi & de
Grancey, Lieutenant Generaldes
Armées du Roy,
Gouverneur dfeDu'nkl'sque,
fils de Pierre Rouxcl Comte
de Grancey,& d'Henriette
de la Pallu de Bouligneux,
& petit-fils de Jacques
Rouxel Comte de Grancey
Maréchalde.France, Chevalier
des Ordres.,
Léonor-Marie du Maine
Comte du Bourg, Marquis
de S.Ciran, Lieutenant
General des Armées du Roy
fils de Philippe du Maine,
Comte du Bourg & deLéonor
de Damas de Thianges.
François Zénobe. Philippe
Albergoti, Lieutenant
General desArmées du
Roy Gouverneur deSancLouis,
fils de Rerovio Albergoti
Sénateur de Florencc
,
& de Madeleine
Bardi. Les Albergoti sont
originaires d'Arerzo établis
depuis long-temps à Florencc.
Ilsont possedé plusieurs
Charges dans ces Villes
lorsqu'elles estoient en
République.
Louis-François Marquis
de Goësbriand
,
Lieutenant
General desArmées du Roy,
fils d'Yves Marquis de Coëfbriand.
& de Francoife-
Gabrielle de Kerquesay.
CetteMaison est originaire
de Bretagne & possede la
- Terre de Goësbriand dans
l'Evêché de Treguier,de
temps immémorial.
On a oublié de dire
dans le dernier mois que
Mr le Marquis de Miromeni
aestéfait Maréchal
deCamp,en consideration
de ses services. Il estoit
auparavant Brigadier d'Infanterie,
commandant celle
de la Garnison de Bethune
pendant le siege de
cette Ville, on il fit cette
grande sortie dont on a
tant parlé, danslaquelle il
pousse les Ennemissort
loin,tuaungrand nombre
de ceuxde la Tranchée,&
rasa tous leurstravaux. ,: Mr Boucher d'Orsay,
.-
Maistredes Requestes,&
fils duConseiller d'Estat,
de mesmenom
, a esté fait
Intendant de Limoges.
.y ,..
.# Chevaliers
CHEVALIERS
del'Ordre.
Le 31 Decembre1710,
le Roy fit Chevaliers de
S. Michel.
M. le Prince de Conry.
M.le ComtedeMédavi.
M. le Comte du Bourg.
M.d'Albergoty. 7
M.lbe MrairqauisndedGoe.f-
Et le premier Janv.1711.
illes fit Chevaliers du saint
Esprit.
Voicy leurs noms & ceux de
leurs peres &meres.
Louis-Armand de Bourbon
,Prince de Conty, fils
de François Louis de Bourbon,
Prince de Conry&de
Marie-Theresede Bburbon
deCondé.
Jacques. Léonor Rouxel
Comtede Médavi & de
Grancey, Lieutenant Generaldes
Armées du Roy,
Gouverneur dfeDu'nkl'sque,
fils de Pierre Rouxcl Comte
de Grancey,& d'Henriette
de la Pallu de Bouligneux,
& petit-fils de Jacques
Rouxel Comte de Grancey
Maréchalde.France, Chevalier
des Ordres.,
Léonor-Marie du Maine
Comte du Bourg, Marquis
de S.Ciran, Lieutenant
General des Armées du Roy
fils de Philippe du Maine,
Comte du Bourg & deLéonor
de Damas de Thianges.
François Zénobe. Philippe
Albergoti, Lieutenant
General desArmées du
Roy Gouverneur deSancLouis,
fils de Rerovio Albergoti
Sénateur de Florencc
,
& de Madeleine
Bardi. Les Albergoti sont
originaires d'Arerzo établis
depuis long-temps à Florencc.
Ilsont possedé plusieurs
Charges dans ces Villes
lorsqu'elles estoient en
République.
Louis-François Marquis
de Goësbriand
,
Lieutenant
General desArmées du Roy,
fils d'Yves Marquis de Coëfbriand.
& de Francoife-
Gabrielle de Kerquesay.
CetteMaison est originaire
de Bretagne & possede la
- Terre de Goësbriand dans
l'Evêché de Treguier,de
temps immémorial.
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Résumé : Dons faits par le Roy.
En décembre 1710, le roi a promu le Marquis de Miromeni au rang de Maréchal de camp pour ses services, notamment lors du siège de Béthune où il avait commandé les troupes. Mr Boucher d'Orsay, Maître des Requêtes et fils du Conseiller d'État, a été nommé Intendant de Limoges. Le 31 décembre 1710, plusieurs personnalités ont été faites Chevaliers de Saint-Michel, dont le Prince de Conty, le Comte de Médavi, le Comte du Bourg, M. d'Albergoty et le Marquis de Goësbriand. Le 1er janvier 1711, ces mêmes individus ont été élevés au rang de Chevaliers du Saint-Esprit. Parmi eux, Louis-Armand de Bourbon, Prince de Conty, fils de François Louis de Bourbon et de Marie-Thérèse de Bourbon-Condé, et Jacques Léonor Rouxel, Comte de Médavi, Lieutenant Général des Armées du Roi et Gouverneur de Dunquerque.
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2818
p. 293-303
NOUVELLES de Turquie.
Début :
A Vienne en Autriche, le 9 Janvier 1711. Il n'est [...]
Mots clefs :
Roi, Troupes, Empereur, Turquie, Vienne
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texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES de Turquie.
NOUVELLES
de Turquie.
A Vienne en Autriche, le
9 Janvier 1711.
Il n'est plus question de
douter de la déclaration de
la guerre quele Grand Seigneur
a faite au Czar,
au Roy Auguste & à leurs
adherans; elle a elle publiée
à Belgrade & dans toutes
les Villes de Livonie & de
Pologne, d'où on mande
que le Czarenavoit lanouvelle.
Il y a des avis à Vienne
que l'Ambassadeur de
Moscovie a estéarrêté à
Consraminople; & il est certain
que le sieur d'Alman
Envoyé de l'Empereur en
cette Ville a écrit que l'on
se tint sur ses gardes, qu'il
y avoit un corps, de Troupesde
quarante mille hommesqui
ne tarderoit pas à
faire des incursions; & cela
s'accorde assez avec ce que
l'on m'écrit deDuntzic,dont
je parlerai tout à l'heure.
Voicy comment les Turcs ont
disposé leurs forces.
Le Kam des Tarrates
commanderaune armée qui
agira en Moscovie au delà
du Boristhéne.
Le Roy de Suéde en
commandera une autre,
composée de ce qu'il a pu
conserver desesTroupes,
de lapetite armée- du P^lia«.
tCinosdaeKqiuoveies&.ddecqquliecllqouuecss
Eciatroilieme de cent
mille hommes, sera commandée
par le Grand Seigneur
en personne, assisté
de Cuproly dernier Visir
déposé, que sa Hautesse a
rappelle auprés d Elle.Cette
armée, doit estre le15 Mars
à Andrinople;& si cela est
vrai, il n'y a presque point
à douter que le Turc n'ait
formé un dessein sur la
Tranfilvanieou la Hongrie;
car si le seulobjet estoit d'aller
contre les Moscovites;
il ne faudroit pas prendre
une route si détournée.
Quoiqu'il en soit, jamais
la Cour de Vienne na
esté plus intriguée qu'elle
l'est aujourd'hui. Elle a donné
ses ordres à ses Generaux
qui font en Hongrie,
malgré la saison si avancée;
le besoin que souffrent les
Troupes, & le dégât que
fait dans ce pays la contagion,
de pour suivre les avantages
qu'ils y ont eu depuis
quelques mois.
Sa Majesté Imperiale
risque beaucoup pour son
armée à cause de la contagion
qui cil: parmi lesHongrois,
mais le peril presse y
& l'on regarde comme un,
grand bien la conqueste do
quelques Places qui peuvent
servir à barrer le Turc.
Aprés ia prisc d'Esperies les
Allemands venoient de se
rendre Maistre deScharkat
petitePlace, mais tres-forte,
qui en le passage entre
Arath & le grand Wacadin.
Les conseils quel'on tient
tous les jours à la Cour de
Vienne sont assez connoître
à l'Empereur de quelle
importance il est pour lui
d''aaVvoOiIrr une ggrroossec aarrnmlCéCe cn;i
Hongrie, qui le rende respectabte
au Turc, & pour
cela on netrouve point de
plus prompt moyen que celui
d'y faire repasser ses
Troupes d'Italie, mais l'on
craint en même temps que
les Princes Italiens se voyant
délivrezdeces Hôtes quileur
ontesté si onereux,
ne fassent entr'euxune ligue
pourleur liberté;& l'on
m' écrit que cetteconsiderationadéterminél'Empereur
à les y laisser,afin de s'y
maintenir en credit, cependant
comme il estimpossible
que dansces embarras
pressans l'on se détermine
tout d'un coup à un parti.
Sa Majesté Imperiale a fait
demander au Nonce du Pape
si Sa Sainteté ne voudra
pas contribuer, à l'imitation
d'Innocent XI. à une
guerre quiinteresse toute la
Chrétienté ,puisqu'elle se
fait contre les Moscovites,
avec qui le Roy Auguste a
de tres - étroites liaisons.
Il a recommandé au Nonce
d'avoir incessamment réponse
du Pape sur cela
,
pour prendre ses mesures;
j tous les Couriers, qu'il Ireçoit de Catalogne ne
sont que pour avoir de
prompts secours, &tous
ceux que le Comte deZinzendorf
envoye de la Haye,
tendent à la même chose.
L'on dit donc que l'Empereur
fera passer en Catalogne
quelques Regimens qui
sont en Italie,& qu'on les
remplacera le mieux que
l'on pourra par des recruës
que l'on y fera filer; en ce
cas il restera peu de Troupes
en Hongrie & en Italie.
L'on me mande de Dantzick
que l'on y avoit des
nouvelles que quarante milleTarcares,
lesquels devoient
estrejoints par douze mille
Janissaires,estoinet entrez en
Valachie; qu'on craignoit
pour Caminiek, où le Roy
Augusteavoit donné ordre
d'envoyer incessamment
quelque argent pour payer
la Garnison&relever les
Fortificationsde cette Place
;quece Prince seroitobligéde
retirer les Troupes
du service des Hollandois,
& que l'onest d'autant plus
Jemba-
rrae sasé' pourl'a1,rmé1e
d'Allemagne qui doit maintenir
laneutralitéduNord,
qu'on avoit appris que l'on
préparoit en Suéde douze
mille hommes pour les faire
passer en Pomeranie & se
joindre au General Craffaw,
Le Moscovice jusqu'à..prosent
fait bonne mine;ilprétend
qu'après avoitassuré
ses conquestes en Livonie;
il opposera quatre-vingt-dix
mille hommes au Royde
Suéde.
de Turquie.
A Vienne en Autriche, le
9 Janvier 1711.
Il n'est plus question de
douter de la déclaration de
la guerre quele Grand Seigneur
a faite au Czar,
au Roy Auguste & à leurs
adherans; elle a elle publiée
à Belgrade & dans toutes
les Villes de Livonie & de
Pologne, d'où on mande
que le Czarenavoit lanouvelle.
Il y a des avis à Vienne
que l'Ambassadeur de
Moscovie a estéarrêté à
Consraminople; & il est certain
que le sieur d'Alman
Envoyé de l'Empereur en
cette Ville a écrit que l'on
se tint sur ses gardes, qu'il
y avoit un corps, de Troupesde
quarante mille hommesqui
ne tarderoit pas à
faire des incursions; & cela
s'accorde assez avec ce que
l'on m'écrit deDuntzic,dont
je parlerai tout à l'heure.
Voicy comment les Turcs ont
disposé leurs forces.
Le Kam des Tarrates
commanderaune armée qui
agira en Moscovie au delà
du Boristhéne.
Le Roy de Suéde en
commandera une autre,
composée de ce qu'il a pu
conserver desesTroupes,
de lapetite armée- du P^lia«.
tCinosdaeKqiuoveies&.ddecqquliecllqouuecss
Eciatroilieme de cent
mille hommes, sera commandée
par le Grand Seigneur
en personne, assisté
de Cuproly dernier Visir
déposé, que sa Hautesse a
rappelle auprés d Elle.Cette
armée, doit estre le15 Mars
à Andrinople;& si cela est
vrai, il n'y a presque point
à douter que le Turc n'ait
formé un dessein sur la
Tranfilvanieou la Hongrie;
car si le seulobjet estoit d'aller
contre les Moscovites;
il ne faudroit pas prendre
une route si détournée.
Quoiqu'il en soit, jamais
la Cour de Vienne na
esté plus intriguée qu'elle
l'est aujourd'hui. Elle a donné
ses ordres à ses Generaux
qui font en Hongrie,
malgré la saison si avancée;
le besoin que souffrent les
Troupes, & le dégât que
fait dans ce pays la contagion,
de pour suivre les avantages
qu'ils y ont eu depuis
quelques mois.
Sa Majesté Imperiale
risque beaucoup pour son
armée à cause de la contagion
qui cil: parmi lesHongrois,
mais le peril presse y
& l'on regarde comme un,
grand bien la conqueste do
quelques Places qui peuvent
servir à barrer le Turc.
Aprés ia prisc d'Esperies les
Allemands venoient de se
rendre Maistre deScharkat
petitePlace, mais tres-forte,
qui en le passage entre
Arath & le grand Wacadin.
Les conseils quel'on tient
tous les jours à la Cour de
Vienne sont assez connoître
à l'Empereur de quelle
importance il est pour lui
d''aaVvoOiIrr une ggrroossec aarrnmlCéCe cn;i
Hongrie, qui le rende respectabte
au Turc, & pour
cela on netrouve point de
plus prompt moyen que celui
d'y faire repasser ses
Troupes d'Italie, mais l'on
craint en même temps que
les Princes Italiens se voyant
délivrezdeces Hôtes quileur
ontesté si onereux,
ne fassent entr'euxune ligue
pourleur liberté;& l'on
m' écrit que cetteconsiderationadéterminél'Empereur
à les y laisser,afin de s'y
maintenir en credit, cependant
comme il estimpossible
que dansces embarras
pressans l'on se détermine
tout d'un coup à un parti.
Sa Majesté Imperiale a fait
demander au Nonce du Pape
si Sa Sainteté ne voudra
pas contribuer, à l'imitation
d'Innocent XI. à une
guerre quiinteresse toute la
Chrétienté ,puisqu'elle se
fait contre les Moscovites,
avec qui le Roy Auguste a
de tres - étroites liaisons.
Il a recommandé au Nonce
d'avoir incessamment réponse
du Pape sur cela
,
pour prendre ses mesures;
j tous les Couriers, qu'il Ireçoit de Catalogne ne
sont que pour avoir de
prompts secours, &tous
ceux que le Comte deZinzendorf
envoye de la Haye,
tendent à la même chose.
L'on dit donc que l'Empereur
fera passer en Catalogne
quelques Regimens qui
sont en Italie,& qu'on les
remplacera le mieux que
l'on pourra par des recruës
que l'on y fera filer; en ce
cas il restera peu de Troupes
en Hongrie & en Italie.
L'on me mande de Dantzick
que l'on y avoit des
nouvelles que quarante milleTarcares,
lesquels devoient
estrejoints par douze mille
Janissaires,estoinet entrez en
Valachie; qu'on craignoit
pour Caminiek, où le Roy
Augusteavoit donné ordre
d'envoyer incessamment
quelque argent pour payer
la Garnison&relever les
Fortificationsde cette Place
;quece Prince seroitobligéde
retirer les Troupes
du service des Hollandois,
& que l'onest d'autant plus
Jemba-
rrae sasé' pourl'a1,rmé1e
d'Allemagne qui doit maintenir
laneutralitéduNord,
qu'on avoit appris que l'on
préparoit en Suéde douze
mille hommes pour les faire
passer en Pomeranie & se
joindre au General Craffaw,
Le Moscovice jusqu'à..prosent
fait bonne mine;ilprétend
qu'après avoitassuré
ses conquestes en Livonie;
il opposera quatre-vingt-dix
mille hommes au Royde
Suéde.
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Résumé : NOUVELLES de Turquie.
En janvier 1711, la déclaration de guerre du Grand Seigneur contre le Czar, le roi Auguste et leurs alliés est confirmée. Cette guerre est annoncée à Belgrade et dans diverses villes de Livonie et de Pologne. À Vienne, des rumeurs indiquent l'arrestation de l'ambassadeur de Moscovie à Constantinople et la présence d'un corps de troupes turques de quarante mille hommes prêt à attaquer. Les Turcs ont déployé leurs forces de manière stratégique. Le Khan des Tartares commandera une armée en Moscovie au-delà du Dniestr. Le roi de Suède dirigera une autre armée composée de ses troupes restantes et de celles du prince de Moldavie. Une troisième armée, forte de cent mille hommes, sera commandée par le Grand Seigneur en personne, assisté du dernier vizir déposé. Cette armée doit se rassembler à Andrinople le 15 mars, suggérant une possible attaque sur la Transylvanie ou la Hongrie. La Cour de Vienne est en alerte maximale. Malgré la saison avancée et la contagion parmi les troupes, l'Empereur a ordonné à ses généraux de poursuivre les avantages militaires. Les conseils à la Cour de Vienne soulignent l'importance de maintenir une grande armée en Hongrie pour dissuader les Turcs. Cependant, l'Empereur craint que les princes italiens, libérés des troupes impériales, ne forment une ligue pour leur liberté. L'Empereur a également sollicité l'aide du Pape pour une guerre contre les Moscovites, alliés du roi Auguste. Des renforts sont demandés en Catalogne et en Allemagne pour maintenir la neutralité du Nord. Le roi Auguste prépare des défenses en Valachie et envisage de retirer ses troupes du service des Hollandais. Le Czar, quant à lui, affirme qu'il opposera quatre-vingt-dix mille hommes au roi de Suède après avoir sécurisé ses conquêtes en Livonie.
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2819
p. 304-311
PROMOTION de Benefices.
Début :
EVESCHEZ. Le 4 Decembre 1710. Dominique Barnabé Turgot [...]
Mots clefs :
Promotion de bénéfices, Évêché, Abbayes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROMOTION de Benefices.
PROMOTION
de Benefices.
EVESCHEZ.
- Le 4 Dccembre 1710.DominiqueBarnabe
Turgot
de S. Clair,Aumônier ordinaire
du Roy &Agent
General du Clergé de France
,
fut sacréEvêque de
Séez, dans l'Eglise des Jefuites
de la ruë S. Antoine
par Mr Le Cardinal de
Noailles, assisté des Evêques
d'Aire& de Tournay,
Le 11. Décembre 1710.
Jean le Normand Docteur
de la Maison deSor bonc,
Officier & Sindic du Clergé
du Diocefc de Paris, fut
Sacré Evêque d'Evreux dans
l'Eglisede Sorbonne, par
Mr le Cardinal de Noailles
assisté des Evêques de Tournay
,
& de saintMalo.
Le 4. de Janvier 1711.
Alexandre le Filleul de la
Chapelle, fut Sacré Evêquc
de Vabres
,
dans la Chapelledel'Archevêché
de Paris,
par MrleCardinaldeNoaillles,
ayant pour assistans les
Evêques deCahors,& de
Séez.
«.Lemêmejour,Cesar
Gaspar de Montmorin de
Saint Herem
,
fut Sacré
Evêque d'Aire en Gascogne
dansl'Eglise Métropolitain-
?
ne de Saint Maurice de |
Vienne, par l'Archevêque 1
de cette Ville
,
assisté des
EvêquesdeValence,&de 1
Grenoble. Ce Prelat avoic i
estemarié le 10.
Fevrier
1684.à Louise Françoise j
de ~Bnid'Aynai fille de j
Louis Armand de Bigni
Corme d'Aynai;ellemou-.j
rut le 28. Novembre 1700.j
luy laissant huit enfans, fça- i
Voir Ónq garçons, J&: trois
filles; s'eitant fait Prestre
après sa mort ,
Armand de
Montmorin son cou£ntAçf
chevêque: deVienne,le &;
ion Grand
-
Vicaire.
v AB
Le Roy a
donnél'Abbaye;
de Lendeveau Pere du Vau,
Chanoine de Sainte Geneviéve&
Chancelier de rU:h
niversité de Paris;cette Abbaeeest
del Ordre des Chanoines
Rqgufeer:s,>& fcnyéq"
dans |ç-Piipcféft;d.e
&non de l'Ordre de S. Benoin
dans le Diocéle de
Kimper
, commo- le porte
le mémoire qu'on m'avoit
donné pour le mois de Novembre.
S. M. a donné l'Abbaye
des Trois Roys, dire aussi
Licu-Croiuanr à Mr l'Abbé
de SaulxTavanes, Comte
de S. Jean de Lyon;elle
est de 1Ordre de Cisteaux,
dans le Diocése de Besançon.
Celle de Sainte Marguerite,
Ordre de S. Auguflin:,
Diocése d'Autun) à
Mr l'Abbé Machecos de
Premeau, qui est Abbé de
S. Paul de Nar bonne;il est
neveu de Mr dela Bcrchere
,
Archevêque de Narbonne.
Celle de Chastillon de
l'Ordre de S. AuguHin, au
Diocése de Langres à Mr
l'AbbéGuier.
CelledeRelo, Ordre des
Prémontrez, Diocése de
Sens,àMr l'Abbéde Ville- fort.
L'Abbaye de Cendras
Ordre , de S. Bcnoift
,
DiocésedeNîmes
à Mr l'Abbé
de Broissa.
CelledeS. Pierredu Vigeois,
Ordre deS. Benoist,
& Diocése de Limoges
,
à
Mr de Boiste de 14 Forge,
Grand Vicaire de Limoges,.
Celle de Rosebercq, de
l'Ordre de S. Angustin
dans le Diocése d'Ipres, à
Dame N. de Marquant. *
-* Et le Prieuré de Peyrat à
Mr l'Abbé de Prye.
Mr le CardinaldeNoailles
a donné à Mr l'Abbé
Tambonneau le Canonicat
de feu Mr l'Abbé de la-
Porrr.,qui estoitresté seul de
laclasse dans la Tpntine,pt1,-.
il avoit tous les ans 14QOOQ
livres de revenu.Mir l'Abbé
Tambonneauest fils deMr.
le PresidentTambonneau,
dont laméreestoitsoeur dé
Madame laDuchesse de
Noailles,&de Madame de
Bigni.
de Benefices.
EVESCHEZ.
- Le 4 Dccembre 1710.DominiqueBarnabe
Turgot
de S. Clair,Aumônier ordinaire
du Roy &Agent
General du Clergé de France
,
fut sacréEvêque de
Séez, dans l'Eglise des Jefuites
de la ruë S. Antoine
par Mr Le Cardinal de
Noailles, assisté des Evêques
d'Aire& de Tournay,
Le 11. Décembre 1710.
Jean le Normand Docteur
de la Maison deSor bonc,
Officier & Sindic du Clergé
du Diocefc de Paris, fut
Sacré Evêque d'Evreux dans
l'Eglisede Sorbonne, par
Mr le Cardinal de Noailles
assisté des Evêques de Tournay
,
& de saintMalo.
Le 4. de Janvier 1711.
Alexandre le Filleul de la
Chapelle, fut Sacré Evêquc
de Vabres
,
dans la Chapelledel'Archevêché
de Paris,
par MrleCardinaldeNoaillles,
ayant pour assistans les
Evêques deCahors,& de
Séez.
«.Lemêmejour,Cesar
Gaspar de Montmorin de
Saint Herem
,
fut Sacré
Evêque d'Aire en Gascogne
dansl'Eglise Métropolitain-
?
ne de Saint Maurice de |
Vienne, par l'Archevêque 1
de cette Ville
,
assisté des
EvêquesdeValence,&de 1
Grenoble. Ce Prelat avoic i
estemarié le 10.
Fevrier
1684.à Louise Françoise j
de ~Bnid'Aynai fille de j
Louis Armand de Bigni
Corme d'Aynai;ellemou-.j
rut le 28. Novembre 1700.j
luy laissant huit enfans, fça- i
Voir Ónq garçons, J&: trois
filles; s'eitant fait Prestre
après sa mort ,
Armand de
Montmorin son cou£ntAçf
chevêque: deVienne,le &;
ion Grand
-
Vicaire.
v AB
Le Roy a
donnél'Abbaye;
de Lendeveau Pere du Vau,
Chanoine de Sainte Geneviéve&
Chancelier de rU:h
niversité de Paris;cette Abbaeeest
del Ordre des Chanoines
Rqgufeer:s,>& fcnyéq"
dans |ç-Piipcféft;d.e
&non de l'Ordre de S. Benoin
dans le Diocéle de
Kimper
, commo- le porte
le mémoire qu'on m'avoit
donné pour le mois de Novembre.
S. M. a donné l'Abbaye
des Trois Roys, dire aussi
Licu-Croiuanr à Mr l'Abbé
de SaulxTavanes, Comte
de S. Jean de Lyon;elle
est de 1Ordre de Cisteaux,
dans le Diocése de Besançon.
Celle de Sainte Marguerite,
Ordre de S. Auguflin:,
Diocése d'Autun) à
Mr l'Abbé Machecos de
Premeau, qui est Abbé de
S. Paul de Nar bonne;il est
neveu de Mr dela Bcrchere
,
Archevêque de Narbonne.
Celle de Chastillon de
l'Ordre de S. AuguHin, au
Diocése de Langres à Mr
l'AbbéGuier.
CelledeRelo, Ordre des
Prémontrez, Diocése de
Sens,àMr l'Abbéde Ville- fort.
L'Abbaye de Cendras
Ordre , de S. Bcnoift
,
DiocésedeNîmes
à Mr l'Abbé
de Broissa.
CelledeS. Pierredu Vigeois,
Ordre deS. Benoist,
& Diocése de Limoges
,
à
Mr de Boiste de 14 Forge,
Grand Vicaire de Limoges,.
Celle de Rosebercq, de
l'Ordre de S. Angustin
dans le Diocése d'Ipres, à
Dame N. de Marquant. *
-* Et le Prieuré de Peyrat à
Mr l'Abbé de Prye.
Mr le CardinaldeNoailles
a donné à Mr l'Abbé
Tambonneau le Canonicat
de feu Mr l'Abbé de la-
Porrr.,qui estoitresté seul de
laclasse dans la Tpntine,pt1,-.
il avoit tous les ans 14QOOQ
livres de revenu.Mir l'Abbé
Tambonneauest fils deMr.
le PresidentTambonneau,
dont laméreestoitsoeur dé
Madame laDuchesse de
Noailles,&de Madame de
Bigni.
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Résumé : PROMOTION de Benefices.
En 1710 et 1711, plusieurs promotions de bénéfices ecclésiastiques ont eu lieu. Le 4 décembre 1710, Dominique Barnabé Turgot de Saint-Clair fut sacré évêque de Séez par le Cardinal de Noailles, assisté des évêques d'Aire et de Tournay. Le 11 décembre 1710, Jean le Normand devint évêque d'Évreux, sacré par le même cardinal, assisté des évêques de Tournay et de Saint-Malo. Le 4 janvier 1711, Alexandre le Filleul fut sacré évêque de Vabres par le Cardinal de Noailles, assisté des évêques de Cahors et de Séez. Le même jour, César Gaspar de Montmorin de Saint-Hérem devint évêque d'Aire en Gascogne, sacré par l'archevêque de Vienne, assisté des évêques de Valence et de Grenoble. Ce prélat avait été marié en 1684 et avait huit enfants avant de devenir prêtre. Le roi attribua diverses abbayes, notamment Lendeveau à Pere du Vau, les Trois Roys à l'abbé de Saulx-Tavanes, Sainte Marguerite à l'abbé Machecos de Premeau, Chastillon à l'abbé Guier, Rélo à l'abbé de Villefort, Cendras à l'abbé de Broissa, Saint-Pierre-du-Vigeois à Boiste de la Forge, et le prieuré de Rosebercq à Dame de Marquant. Le Cardinal de Noailles attribua le canonicat de l'abbé de la Porrée à l'abbé Tambonneau, fils du Président Tambonneau.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2820
p. 319
ARTICLE des Enigmes.
Début :
Le mot de la grande Enigme du mois passé est [...]
Mots clefs :
Fin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE des Enigmes.
article desEnigmes. :.
1 Lemotde lagrande
Enigme du moispassé
estla Fin;
1 Lemotde lagrande
Enigme du moispassé
estla Fin;
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2821
p. 319-321
« Madame *** a parodié ainsi l'Enigme en la devinant, [...] »
Début :
Madame *** a parodié ainsi l'Enigme en la devinant, [...]
Mots clefs :
Énigme, Parodie
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texteReconnaissance textuelle : « Madame *** a parodié ainsi l'Enigme en la devinant, [...] »
Madame * ** a parodié
ainsil'Enigme en la
devinant, sansy rien
changer que trois ou
quatre mots.
Toutfinitpar la fin ,soit
calmesoit-orage,
Soit liberté,soit esclava- J*'ajye bnieenmp'yetsréocmespempoatss--,)
Et c'estsur la fin d'un
repasj Quon senyvreen disant
merveilles,
L'ardente soifprent fin
envuidantles bouteilles,
OnJçait qu'onfinira,c'est
l'arrest du destin,
Les Chiens prennent le
Lièvre,&le Lièvre
prend fin.
La fin dansles plaisirs
affireuje,
Est charmante dans U
douleur,
Dans le malheur tresparesseusè9
Diligente dans le bonheur.
Lafin pour les mortels;
trop prompte ou trop
tardive,
Avec la mort toujours
Arrive.
ainsil'Enigme en la
devinant, sansy rien
changer que trois ou
quatre mots.
Toutfinitpar la fin ,soit
calmesoit-orage,
Soit liberté,soit esclava- J*'ajye bnieenmp'yetsréocmespempoatss--,)
Et c'estsur la fin d'un
repasj Quon senyvreen disant
merveilles,
L'ardente soifprent fin
envuidantles bouteilles,
OnJçait qu'onfinira,c'est
l'arrest du destin,
Les Chiens prennent le
Lièvre,&le Lièvre
prend fin.
La fin dansles plaisirs
affireuje,
Est charmante dans U
douleur,
Dans le malheur tresparesseusè9
Diligente dans le bonheur.
Lafin pour les mortels;
trop prompte ou trop
tardive,
Avec la mort toujours
Arrive.
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Résumé : « Madame *** a parodié ainsi l'Enigme en la devinant, [...] »
Le texte explore la fin inévitable des choses, illustrée par une parodie de l'Enigme. Toute situation, calme ou orageuse, libre ou esclave, se termine. La fin est charmante dans les plaisirs, diligente dans le bonheur, mais paresseuse dans le malheur. Pour les mortels, elle arrive soit trop promptement, soit trop tardivement, toujours accompagnée de la mort.
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2822
p. 322
Le Critique Gaulois.
Début :
Un commencement de bibus, [...]
Mots clefs :
Énigme
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texteReconnaissance textuelle : Le Critique Gaulois.
LeCritiqueGaulois.
Un commencement de
bibus '- ..,
Dans tonEnigme tient
unpeutropdu rébus,
En approuvant la suite
à ta santé je bus,
Mais FINIS coronat
opus
Un commencement de
bibus '- ..,
Dans tonEnigme tient
unpeutropdu rébus,
En approuvant la suite
à ta santé je bus,
Mais FINIS coronat
opus
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2823
p. 322-323
« Je souhaiterois que les Autheurs à qui j'ay demandé [...] »
Début :
Je souhaiterois que les Autheurs à qui j'ay demandé [...]
Mots clefs :
Énigme, Critique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je souhaiterois que les Autheurs à qui j'ay demandé [...] »
Autheurs à qui j'ay
demandé des Critiques,
a
fissentcelles de leur piece
comme on fait celle de
mon Enigme;s'ils vouloient
commencer comme
je commence, je finirois
commeleCritique
gauloisafini.,
demandé des Critiques,
a
fissentcelles de leur piece
comme on fait celle de
mon Enigme;s'ils vouloient
commencer comme
je commence, je finirois
commeleCritique
gauloisafini.,
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2824
p. 323-324
ENVOY de la jeune Cloris.
Début :
A quinze ans jeune & belle au seul plaisir je pense, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY de la jeune Cloris.
ENVO Y
de la > jeuneCloris.
A quinzeansjeune
belle auseul plaisirje
.p",,e' fnP.IsIne?!;e" ..,'
Pourquoi m'inspirer deï,
chagrin r
A pNNe mon printems
commence,
Tu mefaispenser à la
fin.
de la > jeuneCloris.
A quinzeansjeune
belle auseul plaisirje
.p",,e' fnP.IsIne?!;e" ..,'
Pourquoi m'inspirer deï,
chagrin r
A pNNe mon printems
commence,
Tu mefaispenser à la
fin.
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2825
p. 324-326
DE ROTERDAM. Sur le mot FIN, qui est celui de l'Enigme du mois.
Début :
L'Air & le feu, la terre & l'onde, [...]
Mots clefs :
Énigme, Rotterdam
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE ROTERDAM. Sur le mot FIN, qui est celui de l'Enigme du mois.
DEROTERDAM
Sur le mot FIN,qui est
celui de l'Enigme
du mois. ".f
L'Air& le feu, la terre
&l'onde
Toumt ce oquinPadroiest ,en ce -
Ainsi que nous doitprendre
fin,
D'un destin sifatal nul
nepeut sedeffendre,
C'edstuniavrretidenl'Or,acle
Chaque instant,il peut
noussurprendre,
Et chacun de nous doit
l'attendre.
Cependant insensible à
cette vérité,
Et de mille autres soins
jour& nuit agité,
Sans cesse l'homme met
son efpntà la gene,
Pour achever quelqu'en
treprije vaine,
0 ciel! quelle temerité!
Mortel prêtasortïr deta
captivité , y:
C'eftta fin qui détruitou
courrùinetes oeuvres: Renoncesdoncatesfolles
maIloeuvreç,.w
Ne pense qu'àl'éternité.
L.C.D.T.
Sur le mot FIN,qui est
celui de l'Enigme
du mois. ".f
L'Air& le feu, la terre
&l'onde
Toumt ce oquinPadroiest ,en ce -
Ainsi que nous doitprendre
fin,
D'un destin sifatal nul
nepeut sedeffendre,
C'edstuniavrretidenl'Or,acle
Chaque instant,il peut
noussurprendre,
Et chacun de nous doit
l'attendre.
Cependant insensible à
cette vérité,
Et de mille autres soins
jour& nuit agité,
Sans cesse l'homme met
son efpntà la gene,
Pour achever quelqu'en
treprije vaine,
0 ciel! quelle temerité!
Mortel prêtasortïr deta
captivité , y:
C'eftta fin qui détruitou
courrùinetes oeuvres: Renoncesdoncatesfolles
maIloeuvreç,.w
Ne pense qu'àl'éternité.
L.C.D.T.
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Résumé : DE ROTERDAM. Sur le mot FIN, qui est celui de l'Enigme du mois.
Le texte traite de la finitude de la vie et de l'inévitabilité de la mort, comparée à un destin fatal. Il met en garde contre la négligence de cette vérité et l'affairement à des tâches vaines. La mort met fin à toutes les œuvres humaines. Il exhorte à se concentrer sur l'éternité plutôt que sur des œuvres éphémères.
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2826
p. 327
« Le mot de la petite Enigme, est l'ombre. L'ombre [...] »
Début :
Le mot de la petite Enigme, est l'ombre. L'ombre [...]
Mots clefs :
Énigme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le mot de la petite Enigme, est l'ombre. L'ombre [...] »
Le mot de la périrai
Enigme ,
est l'ombre.
L'ombre est au Ciel
9 ee
l'air,surla Terre &.ffi.r'
l'Onde;
L'ombre n'est pourtant rien ellesuittoutle
monde.
Enigme ,
est l'ombre.
L'ombre est au Ciel
9 ee
l'air,surla Terre &.ffi.r'
l'Onde;
L'ombre n'est pourtant rien ellesuittoutle
monde.
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2827
p. 327-328
ENVOY par Monsieur Anseau.
Début :
De l'homme tel est le destin, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY par Monsieur Anseau.
ENVOY *
pa Monsieur Anfeau.
De l'hommeteleji1$
destin
,
-
toujours son esprit va*
gue &fombrc,
Entassedesseinsurdessein,
Et pourquoi, pour un
rien,tout au pluspour
un ombre.
pa Monsieur Anfeau.
De l'hommeteleji1$
destin
,
-
toujours son esprit va*
gue &fombrc,
Entassedesseinsurdessein,
Et pourquoi, pour un
rien,tout au pluspour
un ombre.
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2828
p. 328-329
AUTRE ENVOY.
Début :
Dans un Jardin Belise à l'Enigme rêvoit, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENVOY.
AUTRE ENVOY.
Dans un Jardin Belise
à l'Enigmerêvoit
1 Voyant au grandSoleil
son mary qu'elleaimoit,
Elle cria soudain d'un
réduitfrais&sombre.,
Venez,
Venez,mon cher Epoux,
venez, j'ay trouvê
l'ombre.
Dans un Jardin Belise
à l'Enigmerêvoit
1 Voyant au grandSoleil
son mary qu'elleaimoit,
Elle cria soudain d'un
réduitfrais&sombre.,
Venez,
Venez,mon cher Epoux,
venez, j'ay trouvê
l'ombre.
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2829
p. 329-331
NOMS, Dictums, rebus, &c, de ceux qui ont deviné l'Enigme de l'ombre.
Début :
Le gros boeuf ruë S. Pierre aux Boeufs, l'a deviné [...]
Mots clefs :
Énigme
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texteReconnaissance textuelle : NOMS, Dictums, rebus, &c, de ceux qui ont deviné l'Enigme de l'ombre.
NOMS,
Dictums., rebus, ~&c, de
ceux qui ont deviné
l'Enigme de l'ombre.
Le gros boeuf ruë S.
Pierreaux Boeufs, l'a deviné
en ruminant; Tamiriste;
l'Oiseau de proye
l'a atrapée en volant; le
Devin obscur; Ganoj'ai
deviné l'ombre; brin-d'a,
voine; un Peintre a deviné
l'Enigme
,
le coloris
n'en vaut rien,l'ombre
y estplus clair quelejour;
la belle ombrageuses l'extraordinairement
réflechissante
;Duvivié,bon
vers trop louangeurs, le
Pirhonien s'en est douté,
la Rocheloise, leTaciturne
trouve l'ombre
par toutCristine
Perinne ; le Lanterniste
; je me rafraîchis,
j'ay trouvél'ombre, FOracle
de Nancy.
Dictums., rebus, ~&c, de
ceux qui ont deviné
l'Enigme de l'ombre.
Le gros boeuf ruë S.
Pierreaux Boeufs, l'a deviné
en ruminant; Tamiriste;
l'Oiseau de proye
l'a atrapée en volant; le
Devin obscur; Ganoj'ai
deviné l'ombre; brin-d'a,
voine; un Peintre a deviné
l'Enigme
,
le coloris
n'en vaut rien,l'ombre
y estplus clair quelejour;
la belle ombrageuses l'extraordinairement
réflechissante
;Duvivié,bon
vers trop louangeurs, le
Pirhonien s'en est douté,
la Rocheloise, leTaciturne
trouve l'ombre
par toutCristine
Perinne ; le Lanterniste
; je me rafraîchis,
j'ay trouvél'ombre, FOracle
de Nancy.
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Résumé : NOMS, Dictums, rebus, &c, de ceux qui ont deviné l'Enigme de l'ombre.
Le texte énumère des personnes et des figures allégoriques ayant résolu 'l'Enigme de l'ombre'. Parmi eux, on trouve 'le gros boeuf ruë S. Pierreaux Boeufs', 'Tamiriste', 'Duvivié', 'l'Oiseau de proye', 'le Devin obscur' et 'le Pirhonien'. Chaque personnage découvre l'ombre de manière unique. Le texte mentionne des descriptions comme 'la belle ombrageuses l'extraordinairement réflechissante' et des jugements tels que 'le coloris n'en vaut rien, l'ombre y est plus clair que le jour'. Il se conclut par 'je me rafraîchis, j'ay trouvél'ombre, FOracle de Nancy'.
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2830
p. 331-332
NOMS, &c. de ceux qui ont deviné l'Enigme de la fin.
Début :
Pour deviner l'Enigme, [...]
Mots clefs :
Énigme, Fin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOMS, &c. de ceux qui ont deviné l'Enigme de la fin.
N OMS,&c. ;,' deceuxqui ontdeviné
l'Enigme de lafin.
Pourdeviner l'Énigme* ilfautestreun Lutin,
Ah : j'y suis,mon esPrit
s'ébranle,
Le commencement d'un
bran le,
Mesait deviner la fini
La Lucresse de la ruë
Galande; Finette a trouvé
fin; fin, l'oedipe
clair-voyant; voici mon
rébus enfin j'ai trouvé le
mot, du Vivic
,
leSçavant
Grivois;pour avoir
lû le Mercure en Classe,
j'ai eu une ferule,mais
je l'ai devinée, je ne sçai
rien, mais je devine tout,
rubi sur l'ongle, placez
moi sur lafin,leQuietiste
de Londres
l'Enigme de lafin.
Pourdeviner l'Énigme* ilfautestreun Lutin,
Ah : j'y suis,mon esPrit
s'ébranle,
Le commencement d'un
bran le,
Mesait deviner la fini
La Lucresse de la ruë
Galande; Finette a trouvé
fin; fin, l'oedipe
clair-voyant; voici mon
rébus enfin j'ai trouvé le
mot, du Vivic
,
leSçavant
Grivois;pour avoir
lû le Mercure en Classe,
j'ai eu une ferule,mais
je l'ai devinée, je ne sçai
rien, mais je devine tout,
rubi sur l'ongle, placez
moi sur lafin,leQuietiste
de Londres
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Résumé : NOMS, &c. de ceux qui ont deviné l'Enigme de la fin.
Le texte relate la résolution d'une énigme par divers personnages, dont 'La Lucresse de la ruë Galande', 'Finette' et 'l'oedipe clair-voyant'. L'auteur, se décrivant comme un 'Sçavant Grivois' et 'rubi sur l'ongle', affirme avoir deviné l'énigme grâce à un lutin et avoir trouvé le mot du 'Vivic'. Il mentionne une punition pour avoir lu le Mercure en classe mais assure avoir deviné l'énigme malgré cela.
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2831
p. 333-334
ENIGME.
Début :
Chez moi pour mes voisins, je fais boüillir le pot, [...]
Mots clefs :
Estomac
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME. :
Chez., moipour mes voifins)
jefais boüilir
,- lepot,
': Aceinètierieme ruine;
Quelqu'un d'eux cependantmepayejonEcot,
E;n travaillant pour la cuisine, Entreux estcertaine voi-
* fine,
Chut,tropparler luinuit,
avec cettte coquine >
L'on me confond "UeZ
souvent,
Je l'entretiens déssa jeuhep
, Desonsexe ellea la foiblep,
Et quand ellefait mal,
c.est à moi qu'on s'en
prend.
Chez., moipour mes voifins)
jefais boüilir
,- lepot,
': Aceinètierieme ruine;
Quelqu'un d'eux cependantmepayejonEcot,
E;n travaillant pour la cuisine, Entreux estcertaine voi-
* fine,
Chut,tropparler luinuit,
avec cettte coquine >
L'on me confond "UeZ
souvent,
Je l'entretiens déssa jeuhep
, Desonsexe ellea la foiblep,
Et quand ellefait mal,
c.est à moi qu'on s'en
prend.
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2832
p. 335-337
BOUTS RIMEZ. Par le Chevalier d'Argentac.
Début :
Philis tient peu de son pere Albicrac, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOUTS RIMEZ. Par le Chevalier d'Argentac.
BOUTSRIMEZ.
-
Par le Chevalier
d'Argentac.
Philis tient peu de son:
pere Albicrac,
Il lui laissapourtout meu- -
ble un tric trac,.
Maisson tein fraisqu'-
entretientsa seringue,
Etses beaux yeux font
rouler sa brelingue^
Pourson espritcen'est ni
fric ni frac.
VAmant à pied chez
elle est casse, crac,
Eut-tltejpritduConfeil•
ler Pibrac.
Maiscontre unsot heureux
au tope~& tin.
gue.
philis tient peu.
Elle
Elle ne lit Voiture ni
Balzac,
Elle aime mieux un turbulant
mic mac,
Chez,elle on rit, on boit,
on saute,l'on fringue,
On brisetout, table
,
miroir~&
tringue,
Dans un quartiersans
dérangerson sac.
Philis tientpeu.
-
Par le Chevalier
d'Argentac.
Philis tient peu de son:
pere Albicrac,
Il lui laissapourtout meu- -
ble un tric trac,.
Maisson tein fraisqu'-
entretientsa seringue,
Etses beaux yeux font
rouler sa brelingue^
Pourson espritcen'est ni
fric ni frac.
VAmant à pied chez
elle est casse, crac,
Eut-tltejpritduConfeil•
ler Pibrac.
Maiscontre unsot heureux
au tope~& tin.
gue.
philis tient peu.
Elle
Elle ne lit Voiture ni
Balzac,
Elle aime mieux un turbulant
mic mac,
Chez,elle on rit, on boit,
on saute,l'on fringue,
On brisetout, table
,
miroir~&
tringue,
Dans un quartiersans
dérangerson sac.
Philis tientpeu.
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Résumé : BOUTS RIMEZ. Par le Chevalier d'Argentac.
Philis, fille d'Albicrac, mène une vie désordonnée et agitée. Elle possède une maison fraîche et des beaux yeux. Son amant, esprit du conseiller Pibrac, partage son mode de vie turbulent. Philis ne s'intéresse ni à Voiture ni à Balzac. Elle vit librement, sans souci des conséquences, dans un quartier animé.
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2833
p. 338
« Chute qu'on donne pour un autre Rondeau. Peut-estre bien. [...] »
Début :
Chute qu'on donne pour un autre Rondeau. Peut-estre bien. [...]
Mots clefs :
Rondeau, Bouts-rimés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Chute qu'on donne pour un autre Rondeau. Peut-estre bien. [...] »
Chute qu'on donne
pour un autre Rondeau.
Peut-estre bien.
Cette chute peut avoir
plusieurs sens différents
comme l'autre.
Bouts rïmezj pour un
Sixain.
bondi.
bonde.
ronde.
arondi.
profonde.
approfondi.
pour un autre Rondeau.
Peut-estre bien.
Cette chute peut avoir
plusieurs sens différents
comme l'autre.
Bouts rïmezj pour un
Sixain.
bondi.
bonde.
ronde.
arondi.
profonde.
approfondi.
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2834
p. 339-341
SUITE des novelles d'Espagne
Début :
Les dernieres nouvelles de Gironne du 17. portent que [...]
Mots clefs :
Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE des novelles d'Espagne
SUITE
des novellesd'Espagne.
Les dernieres nouvelles
de Gironnedu17. portent
que le tempss'estant remis au
beau,Mr le Duc de Noailles
avoit fait rétablir les Batteries
quiavoientestéendommagéespar
les pluyes & les
débordemens du Ter&que
les brèches qui estoient déja
fort considerables, commençoient
d'estre en bon
estat, de sorte qu'ils cfperoicnt
donner l'assautle 22.
au plustard.
D'autres Lettres portent
que le G. Sratemberg ayant
fait démolir les fortifications
de Balaguer, se reriroit vers
Barcelone,avec environ
3000. hommes,& que Mr
de Vendôme estoit à Cervera
avec l'Armée pour lui
couper le passage.
D'autres enfin disent que
les Portugais avoient assemblezun
corps de 6000 hommes
pour surprendre Miranda
,
où ils avoient des
intelligences secrettes; mais
que le Gouverneur en ayant
esté averti, fit charger l'artillerie,
& posta une partie
de la garnisonenembuscade;
de sorte que tes ayant laissé
approcher fort prés de la
place,on en tua 7. à 800.
& plus de mille furent faits
prisonniers.
AParis ce 31. Janvier 1711.
des novellesd'Espagne.
Les dernieres nouvelles
de Gironnedu17. portent
que le tempss'estant remis au
beau,Mr le Duc de Noailles
avoit fait rétablir les Batteries
quiavoientestéendommagéespar
les pluyes & les
débordemens du Ter&que
les brèches qui estoient déja
fort considerables, commençoient
d'estre en bon
estat, de sorte qu'ils cfperoicnt
donner l'assautle 22.
au plustard.
D'autres Lettres portent
que le G. Sratemberg ayant
fait démolir les fortifications
de Balaguer, se reriroit vers
Barcelone,avec environ
3000. hommes,& que Mr
de Vendôme estoit à Cervera
avec l'Armée pour lui
couper le passage.
D'autres enfin disent que
les Portugais avoient assemblezun
corps de 6000 hommes
pour surprendre Miranda
,
où ils avoient des
intelligences secrettes; mais
que le Gouverneur en ayant
esté averti, fit charger l'artillerie,
& posta une partie
de la garnisonenembuscade;
de sorte que tes ayant laissé
approcher fort prés de la
place,on en tua 7. à 800.
& plus de mille furent faits
prisonniers.
AParis ce 31. Janvier 1711.
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Résumé : SUITE des novelles d'Espagne
En janvier 1711, des événements militaires significatifs se déroulèrent en Espagne et au Portugal. À Gérone, le Duc de Noailles, après une amélioration du temps, a restauré les batteries endommagées par les intempéries et avancé les réparations des brèches pour permettre un assaut prévu le 22 janvier. Parallèlement, le Général Starhemberg, ayant démoli les fortifications de Balaguer, se retirait vers Barcelone avec environ 3 000 hommes, tandis que Monsieur de Vendôme bloquait son chemin à Cervera avec son armée. Au Portugal, 6 000 hommes portugais tentèrent de surprendre Miranda, mais le gouverneur, alerté, avait préparé la défense. Grâce à l'artillerie et à des embuscades, environ 700 à 800 assaillants furent tués et plus de mille prisonniers capturés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2835
s. p.
TABLE.
Début :
Livres nouveaux, 3 & 208 Devises, 29 Nouvelles de Marine, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
nouveaux3 & 208
Devisès, 29
Nouvelles de Marine, 40 c~' 102
Eglogue, 43
Nouvellesd'Espagne, 66.259
262. & 339.
Hifloriette, 88
Morts, 108.-i37'& 178 Mariages,142
Anommes
,
117&129
Reponsès auxAnoniwes, 121
& 129.
Article burlefqite) 16S
Chansons, 170 & 18o
^uefiions Óf Reponses
, 175
Pièce d'Eloquence, 28y
Réceptions au Parlement, 206
Dons faits parle'Roy
,
287
Nouvelles de Turquie,293
Promotions, de Benefices,•304
Supplémentd'Anonimes,315
Enigmes, 31^
Devisès, 29
Nouvelles de Marine, 40 c~' 102
Eglogue, 43
Nouvellesd'Espagne, 66.259
262. & 339.
Hifloriette, 88
Morts, 108.-i37'& 178 Mariages,142
Anommes
,
117&129
Reponsès auxAnoniwes, 121
& 129.
Article burlefqite) 16S
Chansons, 170 & 18o
^uefiions Óf Reponses
, 175
Pièce d'Eloquence, 28y
Réceptions au Parlement, 206
Dons faits parle'Roy
,
287
Nouvelles de Turquie,293
Promotions, de Benefices,•304
Supplémentd'Anonimes,315
Enigmes, 31^
Fermer
2836
s. p.
APPROBATION.
Début :
J'ay lû par ordre Monseigneur le Chancellier, le Mercure [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATIONN:
J A'Y lû par ordre Monseigneur
le Chancellier,le
Mercure Galant des mois de
Decembre& deJanvier derniers.
A Paris ce 30. Janvier
17l1.., .:
CAPON.
J A'Y lû par ordre Monseigneur
le Chancellier,le
Mercure Galant des mois de
Decembre& deJanvier derniers.
A Paris ce 30. Janvier
17l1.., .:
CAPON.
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2837
s. p.
PRIVILEGE DU ROY.
Début :
LOUIS par la grace de Dieu, Roy de France & de Navarre : A nos amez [...]
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texteReconnaissance textuelle : PRIVILEGE DU ROY.
PRIVILEGE DV ROY.
LOUIS par la grace de Dieu, Roy de
France & de Navarre: A nos amez
& feaux Conseillers les gens tenants nos
Cours de Parlements,Maîtres des Requêtes
ordinaires de nôtre Hôtel, Grand Conseil,
Prevôt deParis, Baillifs,Sénéchaux, leurs
Lieutenants Civils, & autres nos Justiciers
& Officiers qu'il appartiendraSALUT.
Ayant choisi Nôtre tres-cher
,
& bien amé
CHARLESDUFRESNY, Sieur de
Riviere, Nôtre Valet de Chambre ordinaire
; pour continuer de faire le Recueil
de plusieurs nouvelles, Relations, & Histoires
; & le faire imprimer fous le titre
de Mercure Galant; il Nous a trés-humblement
fait supplier de lui vouloir accorder
nosLettres de Privilège sur ce nécessaires.
ACESCAUSESNous lui avonspermis & permettons,
par ces Presetes,de faire Imprimer
le Livre intitulé LEMERCURE
GALANT, Contenant plusieurs Nouvelles
, Relations,Histoires,generalement
tout ce qui dépend dudit Livre, & qu'on
a coutûme d'y mettre depuis trente ans..
en telle forme,marge,caractere
,
& autant
de fois que bon lui semblera
, par tel lm"
meur & Libraire qu'il voudra choisir ,
& de le faite vendre & débiter par tout
nôtre Royaume,pendant le temps de trois
années consecutives à compter du jour de
Ja ~datte des Présentes
;
Faisonsdéfenses à
toutes sortes de personnes de quelque
qualité
& condition qu'elles soient d'en introduired'Impressions
Etrangères en aucun lieu
de nôtre obéissance, & àtous Imprimeurs,
libraires, & Colporteurs & tous autres
de faire Imprimer, vendre
,. Se débiter,Se
contrefaire ledit Livre, ni Graver aucunes
Planches servant à l'ornement d'icelui,
ni même de le donner à lire pendanr Itfdit
temps sous quelque pretexte que ce soit,
sans la permission expresse
,
& par écrit
dudit Exposant
, ou de ceux qui auront
droit de lui ,
à peine de confiscation des
Exemplaires contrefaits; de six millivres
d'amende contre chacun descontrevenants,
dont un tiers à l'Hôtel Dieu de Paris, un
tiers au Dénonciateur
,
& l'autre tiers audit
Exposant
,
& de tous dépens dommages&
interests à la charge que ces Presentes seront
enregistrées tout au long sur le Registre
de la Communauté des Imprimeurs
& Libraires de Paris,& ce dans trois mois
du jour & datte d'icelles; que l'impression
dudit Livre sera faite dans nôtre Royaume,
& non ailleurs, & ce conformément aux
Reglemens de la Librairie; & qu'avantde
l'exposer en vente, il en fera mis deux Exemplaires
dans nôtre Bibliothèque publique
un dans celle de nôtre Château du Louvre,
&un dans celle de nôtre trés-cher & féal
Chevalier Chancelier de France
,
le Sieur
PHELIPPEAUX, Comte dePontchartrain,
Commandeur de nos Ordres,le tout
à peine de nullité desdites Presentes
,
du
contenu desquelles
,
Vous MANDONS, &
enjoignons de faire jouir & user ledit sieur
Exposant
, ou Ces ayant cause
,
pleinement
& paisiblement sans souffrir qu'il leur foit
causé aucun trouble, ou empêchement.
Voulons qu'à la copiedesPresentes qui sera
Imprimée au commencement , ou à la
fin dudit Livre, foit tenue pour bien
, ÔC
duement signifiée, & qu'aux Copies collationnées
par l'un de nos amez & seaux
Conseillers & Secrétaires foy foit ajoûtée
comme à l'original. Commandons au Premier
nôtre Huissier ou Sergent de faire pour
l'execution des Presentes tous Actes requis,
& necessaires sans autres permissîons, nonobstant
Clameur de Haro, Chartre Normande
, & Lettres à ce contraires:CAR
tel est nôtre plaisir. DONNE' à Versailles
le trente-unième jour d'Août, l'an de grace
mil sept cent dix, &de nôtre Règne le soixante
huit. Par le Royen son Conseil. Si- gné,DEVANOLLES.
Registré sur le Regitre num. 3. de l.
Communauté des Imprimeurs & Libraires
lu.M-Paris, page 63. num. 36.conformlmm,
aux Reglements
, & notamment à l'Ar.
vestdu H. Août 1703 AParis. ce 1. Sotempre 1710. Signé, P. de Launay. Syndic
LOUIS par la grace de Dieu, Roy de
France & de Navarre: A nos amez
& feaux Conseillers les gens tenants nos
Cours de Parlements,Maîtres des Requêtes
ordinaires de nôtre Hôtel, Grand Conseil,
Prevôt deParis, Baillifs,Sénéchaux, leurs
Lieutenants Civils, & autres nos Justiciers
& Officiers qu'il appartiendraSALUT.
Ayant choisi Nôtre tres-cher
,
& bien amé
CHARLESDUFRESNY, Sieur de
Riviere, Nôtre Valet de Chambre ordinaire
; pour continuer de faire le Recueil
de plusieurs nouvelles, Relations, & Histoires
; & le faire imprimer fous le titre
de Mercure Galant; il Nous a trés-humblement
fait supplier de lui vouloir accorder
nosLettres de Privilège sur ce nécessaires.
ACESCAUSESNous lui avonspermis & permettons,
par ces Presetes,de faire Imprimer
le Livre intitulé LEMERCURE
GALANT, Contenant plusieurs Nouvelles
, Relations,Histoires,generalement
tout ce qui dépend dudit Livre, & qu'on
a coutûme d'y mettre depuis trente ans..
en telle forme,marge,caractere
,
& autant
de fois que bon lui semblera
, par tel lm"
meur & Libraire qu'il voudra choisir ,
& de le faite vendre & débiter par tout
nôtre Royaume,pendant le temps de trois
années consecutives à compter du jour de
Ja ~datte des Présentes
;
Faisonsdéfenses à
toutes sortes de personnes de quelque
qualité
& condition qu'elles soient d'en introduired'Impressions
Etrangères en aucun lieu
de nôtre obéissance, & àtous Imprimeurs,
libraires, & Colporteurs & tous autres
de faire Imprimer, vendre
,. Se débiter,Se
contrefaire ledit Livre, ni Graver aucunes
Planches servant à l'ornement d'icelui,
ni même de le donner à lire pendanr Itfdit
temps sous quelque pretexte que ce soit,
sans la permission expresse
,
& par écrit
dudit Exposant
, ou de ceux qui auront
droit de lui ,
à peine de confiscation des
Exemplaires contrefaits; de six millivres
d'amende contre chacun descontrevenants,
dont un tiers à l'Hôtel Dieu de Paris, un
tiers au Dénonciateur
,
& l'autre tiers audit
Exposant
,
& de tous dépens dommages&
interests à la charge que ces Presentes seront
enregistrées tout au long sur le Registre
de la Communauté des Imprimeurs
& Libraires de Paris,& ce dans trois mois
du jour & datte d'icelles; que l'impression
dudit Livre sera faite dans nôtre Royaume,
& non ailleurs, & ce conformément aux
Reglemens de la Librairie; & qu'avantde
l'exposer en vente, il en fera mis deux Exemplaires
dans nôtre Bibliothèque publique
un dans celle de nôtre Château du Louvre,
&un dans celle de nôtre trés-cher & féal
Chevalier Chancelier de France
,
le Sieur
PHELIPPEAUX, Comte dePontchartrain,
Commandeur de nos Ordres,le tout
à peine de nullité desdites Presentes
,
du
contenu desquelles
,
Vous MANDONS, &
enjoignons de faire jouir & user ledit sieur
Exposant
, ou Ces ayant cause
,
pleinement
& paisiblement sans souffrir qu'il leur foit
causé aucun trouble, ou empêchement.
Voulons qu'à la copiedesPresentes qui sera
Imprimée au commencement , ou à la
fin dudit Livre, foit tenue pour bien
, ÔC
duement signifiée, & qu'aux Copies collationnées
par l'un de nos amez & seaux
Conseillers & Secrétaires foy foit ajoûtée
comme à l'original. Commandons au Premier
nôtre Huissier ou Sergent de faire pour
l'execution des Presentes tous Actes requis,
& necessaires sans autres permissîons, nonobstant
Clameur de Haro, Chartre Normande
, & Lettres à ce contraires:CAR
tel est nôtre plaisir. DONNE' à Versailles
le trente-unième jour d'Août, l'an de grace
mil sept cent dix, &de nôtre Règne le soixante
huit. Par le Royen son Conseil. Si- gné,DEVANOLLES.
Registré sur le Regitre num. 3. de l.
Communauté des Imprimeurs & Libraires
lu.M-Paris, page 63. num. 36.conformlmm,
aux Reglements
, & notamment à l'Ar.
vestdu H. Août 1703 AParis. ce 1. Sotempre 1710. Signé, P. de Launay. Syndic
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Résumé : PRIVILEGE DU ROY.
Le document est un privilège royal émanant de Louis, roi de France et de Navarre, accordé à Charles Dufresny, Sieur de Rivière, valet de chambre ordinaire du roi. Ce privilège autorise Dufresny à imprimer et vendre le livre 'Le Mercure Galant', contenant diverses nouvelles, relations et histoires, pour une durée de trois années consécutives à partir de la date du document. Le roi interdit l'importation de versions étrangères et la contrefaçon du livre, sous peine de confiscation et d'amende. Les exemplaires doivent être imprimés en France et deux copies doivent être déposées dans la bibliothèque publique, au château du Louvre, et auprès du chancelier de France. Le document est daté du 31 août 1710 et enregistré par la communauté des imprimeurs et libraires de Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2838
s. p.
PRÉFACE
Début :
Un de mes amis vint me dire l'autre jour que [...]
Mots clefs :
Auteur, Critique, Mercure, Louanges, Journal de Trévoux, Mercure de Trévoux, Public
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRÉFACE
PREFACE
Un de mes amis vint
me dire l'autre jour que
le nouveau Mercure de
Trévoux fe déchaînoit
contre moi . Vous plaiſantez
, lui répondis-je , ceux
qui fe font affeciez pour
cet ouvrage font trop
fenſez & trop habiles
pour
prétendre gagner
l'eftime du Public par un
début fatirique ; je fuis
a ij
PREFACE
perfuadé qu'ils auront
pris la voye la plus polie
& la plus feure pour détruire
mon Livre ; c'eft
de n'en rien dire du tout,
& d'en faire un meilleur.
Non, reprit brufquement
mon amy , ils ont fait
tout le contraire ; c'eſt
ce que je ne puis croire ,
luy repliquay -je , je connois
celuy qui a formé
cette Societé ; il eft d'un
caractere poli , prévenant
, doux , affable , &
"
H
PREFACE
de plus il m'a juré cent
fois qu'il étoit mon Ami ;
& l'autre jour encore ,
vous fûtes témoin qu'
il m'embraffa cordiale
ment. Je m'en fouviens ,
c'eftoit juftement dans
le temps qu'il travailloit
à cecy, me dit mon Ami ,
tirant de fa poche le Mercure
en queftion ; je l'ouvris
, je lûs la Preface , aprés
avoir tâché d'en débrouiller
le fens je refolus
de la prendre en bonne
•
A iij
PREFACE
part , heureuſement
le
ftile en eft obfcur & les
penſées louches
: on peut
les interpreter
comine on
voudra , je veux croire
qu'il n'y a nulle maligni .
té , & que les Auteurs
n'ont manqué que de
jufteffe d'efprit on eſt
plus excufable de ne pas
penſer juſte que de penfer
malignement ; tâ
chons donc de juſtifier
leur coeur au dépens mê→
me de leur jugement , &
PREFACE
faifons voir qu'ils diſent
fouvent tout le contraire
de ce qu'ils croyent dire.
Ils ont cru , par exemple,
faire l'éloge de Mr
Devizé en difant : Il
-
avoit des qualite plus
precienfes que l'efprit ; il
eftoit doux & flateur : il
n'eftimoitpas tout ce qu'il
loüoit . Mr Devizé eftoit
donc , felon eux , un flatteur
qui loüoit ce qu'-
il n'eftimoit pas. En
voyant qu'ils donnent
á iiij
PREFACE
cela pour des louanges ;
que fçay-je s'ils n'ont pas
crû me louer auffi en me
critiquant. Ne puis - je
pas , par exemple , interpreter
favorablement
leur affectation à ne critiquer
que mon premier
Mercure ; ils approuvent
donc les quatre derniers.
Ceux qui auront lû
mon premier Mercure ,
& leur critique feront
étonnez que dans un effay
où il m'eftoit échapé
PREFACE
plufieurs choſes tres - fujettes
à critique , ils ayent
choiſi juſtement le contraire
de ce qu'il falloit
critiquer. Ils difent de
moy dans ma Preface , il
craint que dans fon ftile
on ne reconnoiffel Auteur
des Amuſemens férieux
& comiques.
Je me fuis au contraire
trop déclaré pour eftre
l'Auteur de ce Livre , ils
auroient pû blâmer cette
affectation , s'ils connoil
PREFACE
foient ce qui eft à blâmer
dans un
ouvrage.
Ilfe défie defon naturel,
qui le porte au badin &
auplaifant , & où en effet
ilferamene toujours malgré
luy-même. Que veu
lent -ils dire ? je n'en fçay
rien ; car on fçait que
quand je plaifante c'eft de
bon coeur , ce n'eft point
malgré moy- mefme ,je ne
me défie point de mon naturel.
Ils parlent plus clairement
enfuite : il égaye
1
PREFACE
les nouvelles des Morts
jettefur les Mariages
une impreſſion de douleur
Je n'ay mis dans ces Arti
cles que des noms &des
dattes ; ils me le reprochent
eux-mêmes , les au
rois -je fait rire en difant
fimplement un tel jour
mourut un tel & une telle.
Mais la fuppofition la
plus fauffe eft excufable
dans des Auteurs férieux
quand elle leur produit
un trait badin, ils ne trou
PREFACE
vent pas fouvent occa
fion de badiner agreable
ment.
Aprés cela on doit leur
pardonner s'il leur échape
de pareilles imprudences
, ils n'ont eu que fix
mois pour travailler à
leur Preface , ils ont employé
tout ce temps à rechercher
, à farder , à faire
briller leur ftile , c'eſt à
quoy ils le font attachez
d'abord ; ils ont commencé
par les ornemens ,
a
PREFACE
is n'ont pas eu le loifir de
fönder folidement l'édice.
Ils continuent ainfi à
briller fur mon premier
volume :
Cet ouvrage fi defiré
fut long- temps a paroiftre,
le vol de Mercure ne fut
pas rapide , commefipour
parler dans l'expreffion de
l'Auteur , le grand Dieu
Jupiter luy cut rogné les
ailes ; ilfe montra fous des
des traits qui le déguifePREFACE
rent, & le publicne put
s'empecher de foûrire à ce
nouveau visage.
N'auroient - ils point
entendu fineſſe à ce nouveau
vifage ; Peut-eftre
bien , ce badinage équi
voque eft digne d'eux ;
mais ne perdons aucun
de leurs termes ils font
precieux & tres - precieux.
Le Mercure a uneforme
confacrée..... pour la
conftitution
d'un Mercu
PREFACE
re.... Ilfauty diftribuer
avec précaution des ou
vrages dans l'espece de
Litterature la plus riante-...
Ilfaut de la critique
dans les louanges &
des louanges dans la critique.
Je n'ofe ny louer ny
critiquer ces gentilleffes ,
car le public malin ne
trouveroit
que de la cri-,
tique dans mes louanges ,
& ne trouveroit point de
PREFACE
louanges dans ma critique.
Il doit eftre à peu prés
du Mercure comme des
Poemes
Dramatiques.
où l'Auteur doit toûjours
Le dérober.
ſe
a
Voila une vraye quef
tion fçavante à propofer.
Quel rapport y a - t-il entre
un Poëme Dramati
que & le Mercure Ga- :
lant , & quelles regles.
leurs font communes ?
Voicy par où ils finifPREFACE
fent. Nous esperons de
l'équité du Public qu'il
regardera nos Nouvell's
comme le correctif de celtes
du Mercure de Pa
rises
Je m'imagine
entendre
trier dans la Foire Saint
Laurent : Ce font icy les
veritables ; c'eft nous qui
diftribuons des louanges
& de l'encens delicat.....
& des illuftrations ......
Ils veulent fans doute at
tirer les meilleures prati-
Février 1711. B
PREFACE
1
ques , autre faute dejugement
: croyent-ils que
les perfonnes fenfées voudront
fe placer dans un
Mercure où l'on affiche
qu'on donnera des
louanges, & dont les Auteurs
difent que c'est une
qualité precieuse de louer
ceux qu'on n'eftime pas.
A mon égard j'ai affché
dans ma premiere
Préface , que je n'avois
point d'éloges à vendre
, car je ne prétend at-
"
PREFACE
tirer que ceux qui nefont
point affame de fauffes
louanges ; c'est-à-dire ceux
qui en méritent de veritables.
A propos de ceux qui
méritent de veritables
louanges,je crois que Mr
L.B. aura efté bien éton
né de fe trouver dans la
Préface de ces Meffieurs,
ils ont voulu prévenir le
Public pour leur ouvrage
, en lui faifant acroire
qu'ils font entre dans
A ij
PREFACE
Pidée de cet illuftre Abbé
qui eft à la tefte des Lettres
c qui faifit tôn
jours dans chaque chofe
le point de perfection ; il
ne faifira point une loüange
fi déplacée ; car on ne
lui a point communiqué
le plan du Mercure de
Trévoux , & l'on s'en a→
perçoit bien.
En parlant du Mercure
de Trévoux , j'ai tremblé
de peur qu'on ne me
crut affez injufte pour
PREFACE
confondre les Auteurs
du Journal de Trévoux anouveau
vec ceux du
Mercure; quelle difference?
les Auteurs du Journal
Igavent joindre la politeffe
& la moderation à
la force de leur critique.
C'est dans l'esprit de
cette Societé équitable
& fenfée que le Reve
rend Pere Porée , Profeffeur
d'Eloquence au
Colege de Louis le Grand
a compofé un difcours
*
PREFACE
fur la Satire ; il prononça
te Difcours Latin ,en
préſence de plufieurs illuftrés
de fa Societé; c'eſtà-
dire dans le centre de
la plus pure & de la plus
belle latinité ; il ne laiffa
pas de briller au mileu de
ces grands Connoiffeurs
& d'une Affemblée ſçavante
& nombreuſe, que
fa réputation y avoit attirée.
La modeftie du Reverend
Pere Porée , qui
PREFACE
n'a point voulu communiquer
fon Diſcours, m'a
réduit à en faire un Extrait
fur ce que m'en ont
raporté plufieurs perfon
nes qui eftoient à cette
Affemblée .
Un de mes amis vint
me dire l'autre jour que
le nouveau Mercure de
Trévoux fe déchaînoit
contre moi . Vous plaiſantez
, lui répondis-je , ceux
qui fe font affeciez pour
cet ouvrage font trop
fenſez & trop habiles
pour
prétendre gagner
l'eftime du Public par un
début fatirique ; je fuis
a ij
PREFACE
perfuadé qu'ils auront
pris la voye la plus polie
& la plus feure pour détruire
mon Livre ; c'eft
de n'en rien dire du tout,
& d'en faire un meilleur.
Non, reprit brufquement
mon amy , ils ont fait
tout le contraire ; c'eſt
ce que je ne puis croire ,
luy repliquay -je , je connois
celuy qui a formé
cette Societé ; il eft d'un
caractere poli , prévenant
, doux , affable , &
"
H
PREFACE
de plus il m'a juré cent
fois qu'il étoit mon Ami ;
& l'autre jour encore ,
vous fûtes témoin qu'
il m'embraffa cordiale
ment. Je m'en fouviens ,
c'eftoit juftement dans
le temps qu'il travailloit
à cecy, me dit mon Ami ,
tirant de fa poche le Mercure
en queftion ; je l'ouvris
, je lûs la Preface , aprés
avoir tâché d'en débrouiller
le fens je refolus
de la prendre en bonne
•
A iij
PREFACE
part , heureuſement
le
ftile en eft obfcur & les
penſées louches
: on peut
les interpreter
comine on
voudra , je veux croire
qu'il n'y a nulle maligni .
té , & que les Auteurs
n'ont manqué que de
jufteffe d'efprit on eſt
plus excufable de ne pas
penſer juſte que de penfer
malignement ; tâ
chons donc de juſtifier
leur coeur au dépens mê→
me de leur jugement , &
PREFACE
faifons voir qu'ils diſent
fouvent tout le contraire
de ce qu'ils croyent dire.
Ils ont cru , par exemple,
faire l'éloge de Mr
Devizé en difant : Il
-
avoit des qualite plus
precienfes que l'efprit ; il
eftoit doux & flateur : il
n'eftimoitpas tout ce qu'il
loüoit . Mr Devizé eftoit
donc , felon eux , un flatteur
qui loüoit ce qu'-
il n'eftimoit pas. En
voyant qu'ils donnent
á iiij
PREFACE
cela pour des louanges ;
que fçay-je s'ils n'ont pas
crû me louer auffi en me
critiquant. Ne puis - je
pas , par exemple , interpreter
favorablement
leur affectation à ne critiquer
que mon premier
Mercure ; ils approuvent
donc les quatre derniers.
Ceux qui auront lû
mon premier Mercure ,
& leur critique feront
étonnez que dans un effay
où il m'eftoit échapé
PREFACE
plufieurs choſes tres - fujettes
à critique , ils ayent
choiſi juſtement le contraire
de ce qu'il falloit
critiquer. Ils difent de
moy dans ma Preface , il
craint que dans fon ftile
on ne reconnoiffel Auteur
des Amuſemens férieux
& comiques.
Je me fuis au contraire
trop déclaré pour eftre
l'Auteur de ce Livre , ils
auroient pû blâmer cette
affectation , s'ils connoil
PREFACE
foient ce qui eft à blâmer
dans un
ouvrage.
Ilfe défie defon naturel,
qui le porte au badin &
auplaifant , & où en effet
ilferamene toujours malgré
luy-même. Que veu
lent -ils dire ? je n'en fçay
rien ; car on fçait que
quand je plaifante c'eft de
bon coeur , ce n'eft point
malgré moy- mefme ,je ne
me défie point de mon naturel.
Ils parlent plus clairement
enfuite : il égaye
1
PREFACE
les nouvelles des Morts
jettefur les Mariages
une impreſſion de douleur
Je n'ay mis dans ces Arti
cles que des noms &des
dattes ; ils me le reprochent
eux-mêmes , les au
rois -je fait rire en difant
fimplement un tel jour
mourut un tel & une telle.
Mais la fuppofition la
plus fauffe eft excufable
dans des Auteurs férieux
quand elle leur produit
un trait badin, ils ne trou
PREFACE
vent pas fouvent occa
fion de badiner agreable
ment.
Aprés cela on doit leur
pardonner s'il leur échape
de pareilles imprudences
, ils n'ont eu que fix
mois pour travailler à
leur Preface , ils ont employé
tout ce temps à rechercher
, à farder , à faire
briller leur ftile , c'eſt à
quoy ils le font attachez
d'abord ; ils ont commencé
par les ornemens ,
a
PREFACE
is n'ont pas eu le loifir de
fönder folidement l'édice.
Ils continuent ainfi à
briller fur mon premier
volume :
Cet ouvrage fi defiré
fut long- temps a paroiftre,
le vol de Mercure ne fut
pas rapide , commefipour
parler dans l'expreffion de
l'Auteur , le grand Dieu
Jupiter luy cut rogné les
ailes ; ilfe montra fous des
des traits qui le déguifePREFACE
rent, & le publicne put
s'empecher de foûrire à ce
nouveau visage.
N'auroient - ils point
entendu fineſſe à ce nouveau
vifage ; Peut-eftre
bien , ce badinage équi
voque eft digne d'eux ;
mais ne perdons aucun
de leurs termes ils font
precieux & tres - precieux.
Le Mercure a uneforme
confacrée..... pour la
conftitution
d'un Mercu
PREFACE
re.... Ilfauty diftribuer
avec précaution des ou
vrages dans l'espece de
Litterature la plus riante-...
Ilfaut de la critique
dans les louanges &
des louanges dans la critique.
Je n'ofe ny louer ny
critiquer ces gentilleffes ,
car le public malin ne
trouveroit
que de la cri-,
tique dans mes louanges ,
& ne trouveroit point de
PREFACE
louanges dans ma critique.
Il doit eftre à peu prés
du Mercure comme des
Poemes
Dramatiques.
où l'Auteur doit toûjours
Le dérober.
ſe
a
Voila une vraye quef
tion fçavante à propofer.
Quel rapport y a - t-il entre
un Poëme Dramati
que & le Mercure Ga- :
lant , & quelles regles.
leurs font communes ?
Voicy par où ils finifPREFACE
fent. Nous esperons de
l'équité du Public qu'il
regardera nos Nouvell's
comme le correctif de celtes
du Mercure de Pa
rises
Je m'imagine
entendre
trier dans la Foire Saint
Laurent : Ce font icy les
veritables ; c'eft nous qui
diftribuons des louanges
& de l'encens delicat.....
& des illuftrations ......
Ils veulent fans doute at
tirer les meilleures prati-
Février 1711. B
PREFACE
1
ques , autre faute dejugement
: croyent-ils que
les perfonnes fenfées voudront
fe placer dans un
Mercure où l'on affiche
qu'on donnera des
louanges, & dont les Auteurs
difent que c'est une
qualité precieuse de louer
ceux qu'on n'eftime pas.
A mon égard j'ai affché
dans ma premiere
Préface , que je n'avois
point d'éloges à vendre
, car je ne prétend at-
"
PREFACE
tirer que ceux qui nefont
point affame de fauffes
louanges ; c'est-à-dire ceux
qui en méritent de veritables.
A propos de ceux qui
méritent de veritables
louanges,je crois que Mr
L.B. aura efté bien éton
né de fe trouver dans la
Préface de ces Meffieurs,
ils ont voulu prévenir le
Public pour leur ouvrage
, en lui faifant acroire
qu'ils font entre dans
A ij
PREFACE
Pidée de cet illuftre Abbé
qui eft à la tefte des Lettres
c qui faifit tôn
jours dans chaque chofe
le point de perfection ; il
ne faifira point une loüange
fi déplacée ; car on ne
lui a point communiqué
le plan du Mercure de
Trévoux , & l'on s'en a→
perçoit bien.
En parlant du Mercure
de Trévoux , j'ai tremblé
de peur qu'on ne me
crut affez injufte pour
PREFACE
confondre les Auteurs
du Journal de Trévoux anouveau
vec ceux du
Mercure; quelle difference?
les Auteurs du Journal
Igavent joindre la politeffe
& la moderation à
la force de leur critique.
C'est dans l'esprit de
cette Societé équitable
& fenfée que le Reve
rend Pere Porée , Profeffeur
d'Eloquence au
Colege de Louis le Grand
a compofé un difcours
*
PREFACE
fur la Satire ; il prononça
te Difcours Latin ,en
préſence de plufieurs illuftrés
de fa Societé; c'eſtà-
dire dans le centre de
la plus pure & de la plus
belle latinité ; il ne laiffa
pas de briller au mileu de
ces grands Connoiffeurs
& d'une Affemblée ſçavante
& nombreuſe, que
fa réputation y avoit attirée.
La modeftie du Reverend
Pere Porée , qui
PREFACE
n'a point voulu communiquer
fon Diſcours, m'a
réduit à en faire un Extrait
fur ce que m'en ont
raporté plufieurs perfon
nes qui eftoient à cette
Affemblée .
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Résumé : PRÉFACE
Dans une préface, l'auteur aborde une critique publiée dans le nouveau Mercure de Trévoux à son encontre. Informé par un ami de cette critique sévère, l'auteur exprime d'abord son incrédulité, estimant que les rédacteurs du Mercure sont trop compétents pour recourir à des attaques satiriques. Cependant, après avoir pris connaissance de la préface critique, il décide de l'interpréter favorablement, malgré son style obscur et ses pensées ambiguës. L'auteur note que les auteurs du Mercure ont critiqué son premier volume tout en approuvant implicitement les suivants. La préface du Mercure de Trévoux reproche à l'auteur d'avoir traité les décès et les mariages de manière légère. Les rédacteurs du Mercure se défendent en expliquant qu'ils n'ont eu que six mois pour préparer leur préface et ont donc concentré leurs efforts sur le style plutôt que sur le fond. Ils comparent leur ouvrage aux poèmes dramatiques et espèrent que le public verra leurs nouvelles comme un correctif à celles du Mercure de Paris. L'auteur conclut en soulignant la différence entre les auteurs du Journal de Trévoux et ceux du Mercure, louant la politesse et la modération des premiers. Il mentionne également un discours sur la satire prononcé par le Père Porée, professeur d'éloquence au Collège de Louis le Grand.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2839
s. p.
EXTRAIT D'un Discours Latin sur la Satyre.
Début :
Le Pere Porrée prend dans son Exorde un juste milieu [...]
Mots clefs :
Satire, Société, Société civile, Morale, Magistrats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT D'un Discours Latin sur la Satyre.
EXTRA IZ
D'un Difcours Latin
fur la Satyre.
Le Pere Porrée prend
dans fon Exorde un juſte
12 MERCURE
milieu entre les Partifans
trop zelez de la Satire & , les
Cenfeurs outrez qui la condamnent.
Il prouve dans fon premier
Point l'utilité de la
Jans focieté civile.
{
Il prefcrit dans fon fe
cond Point , les bornes de
fa Satire , & les moyens de
s'en fervit utilement , fans
violer les loix de la focieté
civile.u
EXORDE
Les Partifans outrez de
fa Satire , difent que les
Orateurs Chreftrens prêchent
GALANT * }
chent une Morale plus incompatible
avec les moeurs
du ficcle que la Satire , &
que par confequent
, la Satire
fait plus de fruit que les
Sermons ; ils
préferent encore
la Satire aux loix écrites
qui ne font
connues que par
les Juges & les Avocats
ils preferent la Satire à la
Morale des
Philofophes qui
n'eft connue que des Sçavans
ou pluftor qui eft em
brouillée par les idées particulieres
que chaque Sçavant
fe fait des differens fiftêmes
des Philofophes. La Satire
Février
1711 . B
14 MERGURE
a fur tout cela l'avantage
d'eftre lûe & compriſe par
tout le monde , elle engage
par fes agréments les hommes
à faire des réflexions
utiles pour eux , fur les défauts
qu'ils voyent blâmer
dans les autres .
Ceux au contraire qui
condamnent la Satire la
croye tres dangereufe parce
qu'elle ne s'occupe que des
défauts d'autruy , & qu'ainfi
elle entretient la vanité , &
la malignité humaine tres
contraire aux principes du
Chriftianifme , le P. Porre
A
GALANT
prend entre ces deux extremitez
un jufte milieu qu'il
défigne parfaitement dans
la feconde Partie de fon
Difcours.
I. POINT. J
Tout ce qui contribue à
maintenir la focieté entre les
Hommes eft bon , & par
le même principe tout ce
qui tent à troubler la paix &
l'union eft mauvais.
Tous les vices & les dé
fauts des hommes nuifent à
cette union , & commeil y
en a de plufieurs fortes il y a
auffi differents moyens pour
les
reprimer.
Bij
ya
16 MERGURE
Les vols les incendies les
meurtres & les crimes femblables
, font punis par la
loy , c'eft l'affaire des Juges
de punir les coupables..
Les médifances , l'envie ,
les haines fecrettes , &c . peuvent'être
attaquées & combatues
par les Prédicateurs
& par les Livres de Morale.
Mais il eft d'autres dé
fauts contraires à la focieté ,
qui ne peuvent être corigez
que par la Satire. Il eſt des
caracteres. infuportables
dans le commerce des honGALANT.
17
neftes gens ; des indifcrets ;
des taciturnes , des grands
parleurs , des precicufes
des fanfarons, des indolents,
des difputeurs , des complai
fants fades , des efprits de
contradiction , & c .
La Juftice ne peut pas
faire le procés à ces pertur
bateurs de la focieté civile ,
il faut bien que la Satire les
puniffe , & les corrige.
H. POIN T.
la
La Satire n'eft permife ,
que lorfqu'elle n'eft animée
ni par la jaloufie , ni par
haine mais feulement par un
Biij
18 MERCURE
zele ardent & reglé pour la
perfection.
Il ne faut jamais faire de
portraits où le public puiſſe
reconnoître un homme en
particulier , mais il faut que
chaque particulier puiffe fe
reconnoître dans la peinture
generale des vices & des
ridicules de fon fiecle.
La perfection de la Satire
& même de la raillerie confifte
à la rendre fi innocente
& fi agréable qu'elle réjoüiffe
celuy même qu'elle veuc
corriger.
Il fit un crime aux Satiri
GALANT. 19
ques non feulement de nommer
, mais de défigner ceux
qu'on veut reprendre .
Si c'eft une perfection dans
les Satires d'attaquer les vices
fans nommer perfonne ,
c'en eft une dans les Panegyriques
de ne point nommer
ceux qu'on louë , mais de les
defigner fi parfaitement par
des louanges convenables ,
que tout le monde les reconnoiffe.
C'eft avec cet art que
le P. Porée defigna , noſtre
grand Monarque par un affemblage
de vertus , dont il
fit la peinture
.
20 MERCURE
Enfuite il nous fit fentir par´
une defcription ingenieu
fe du cahos & du tumulte
de la ville de Paris , l'excellence
& la fuperiorité de geniè
d'un Magiftrat , qui peut la
contenir & la regler , pour
ainfi dire , en ſe jouant.
Enfuite il donna quel
que traits de loüange , ou de
blâme à quelques Auteurs
Satiriques , par raport au
bon ou au mauvais . ufage
qu'ils avoient fait de la Satil
re.
Il ne fuffit pas dit le R. P.
Porrée que la Satire foirjufte
GALANT. 21
& moderée , il faut encore
pour eftre utile & loüable
qu'elle foit bien placée , &
par raport aux occafions
& par raport aux perfonnes ,
il fit voir en peu de mots
les occafions ou la Satire
• eft déplacée , & prouva
qu'elle eft toujours un crime
par exemple contre
Souverains , les Magiftrats ,
les
en un mot contre tous ceux
à qui nous devons du refpect
ou des égards .
D'un Difcours Latin
fur la Satyre.
Le Pere Porrée prend
dans fon Exorde un juſte
12 MERCURE
milieu entre les Partifans
trop zelez de la Satire & , les
Cenfeurs outrez qui la condamnent.
Il prouve dans fon premier
Point l'utilité de la
Jans focieté civile.
{
Il prefcrit dans fon fe
cond Point , les bornes de
fa Satire , & les moyens de
s'en fervit utilement , fans
violer les loix de la focieté
civile.u
EXORDE
Les Partifans outrez de
fa Satire , difent que les
Orateurs Chreftrens prêchent
GALANT * }
chent une Morale plus incompatible
avec les moeurs
du ficcle que la Satire , &
que par confequent
, la Satire
fait plus de fruit que les
Sermons ; ils
préferent encore
la Satire aux loix écrites
qui ne font
connues que par
les Juges & les Avocats
ils preferent la Satire à la
Morale des
Philofophes qui
n'eft connue que des Sçavans
ou pluftor qui eft em
brouillée par les idées particulieres
que chaque Sçavant
fe fait des differens fiftêmes
des Philofophes. La Satire
Février
1711 . B
14 MERGURE
a fur tout cela l'avantage
d'eftre lûe & compriſe par
tout le monde , elle engage
par fes agréments les hommes
à faire des réflexions
utiles pour eux , fur les défauts
qu'ils voyent blâmer
dans les autres .
Ceux au contraire qui
condamnent la Satire la
croye tres dangereufe parce
qu'elle ne s'occupe que des
défauts d'autruy , & qu'ainfi
elle entretient la vanité , &
la malignité humaine tres
contraire aux principes du
Chriftianifme , le P. Porre
A
GALANT
prend entre ces deux extremitez
un jufte milieu qu'il
défigne parfaitement dans
la feconde Partie de fon
Difcours.
I. POINT. J
Tout ce qui contribue à
maintenir la focieté entre les
Hommes eft bon , & par
le même principe tout ce
qui tent à troubler la paix &
l'union eft mauvais.
Tous les vices & les dé
fauts des hommes nuifent à
cette union , & commeil y
en a de plufieurs fortes il y a
auffi differents moyens pour
les
reprimer.
Bij
ya
16 MERGURE
Les vols les incendies les
meurtres & les crimes femblables
, font punis par la
loy , c'eft l'affaire des Juges
de punir les coupables..
Les médifances , l'envie ,
les haines fecrettes , &c . peuvent'être
attaquées & combatues
par les Prédicateurs
& par les Livres de Morale.
Mais il eft d'autres dé
fauts contraires à la focieté ,
qui ne peuvent être corigez
que par la Satire. Il eſt des
caracteres. infuportables
dans le commerce des honGALANT.
17
neftes gens ; des indifcrets ;
des taciturnes , des grands
parleurs , des precicufes
des fanfarons, des indolents,
des difputeurs , des complai
fants fades , des efprits de
contradiction , & c .
La Juftice ne peut pas
faire le procés à ces pertur
bateurs de la focieté civile ,
il faut bien que la Satire les
puniffe , & les corrige.
H. POIN T.
la
La Satire n'eft permife ,
que lorfqu'elle n'eft animée
ni par la jaloufie , ni par
haine mais feulement par un
Biij
18 MERCURE
zele ardent & reglé pour la
perfection.
Il ne faut jamais faire de
portraits où le public puiſſe
reconnoître un homme en
particulier , mais il faut que
chaque particulier puiffe fe
reconnoître dans la peinture
generale des vices & des
ridicules de fon fiecle.
La perfection de la Satire
& même de la raillerie confifte
à la rendre fi innocente
& fi agréable qu'elle réjoüiffe
celuy même qu'elle veuc
corriger.
Il fit un crime aux Satiri
GALANT. 19
ques non feulement de nommer
, mais de défigner ceux
qu'on veut reprendre .
Si c'eft une perfection dans
les Satires d'attaquer les vices
fans nommer perfonne ,
c'en eft une dans les Panegyriques
de ne point nommer
ceux qu'on louë , mais de les
defigner fi parfaitement par
des louanges convenables ,
que tout le monde les reconnoiffe.
C'eft avec cet art que
le P. Porée defigna , noſtre
grand Monarque par un affemblage
de vertus , dont il
fit la peinture
.
20 MERCURE
Enfuite il nous fit fentir par´
une defcription ingenieu
fe du cahos & du tumulte
de la ville de Paris , l'excellence
& la fuperiorité de geniè
d'un Magiftrat , qui peut la
contenir & la regler , pour
ainfi dire , en ſe jouant.
Enfuite il donna quel
que traits de loüange , ou de
blâme à quelques Auteurs
Satiriques , par raport au
bon ou au mauvais . ufage
qu'ils avoient fait de la Satil
re.
Il ne fuffit pas dit le R. P.
Porrée que la Satire foirjufte
GALANT. 21
& moderée , il faut encore
pour eftre utile & loüable
qu'elle foit bien placée , &
par raport aux occafions
& par raport aux perfonnes ,
il fit voir en peu de mots
les occafions ou la Satire
• eft déplacée , & prouva
qu'elle eft toujours un crime
par exemple contre
Souverains , les Magiftrats ,
les
en un mot contre tous ceux
à qui nous devons du refpect
ou des égards .
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Résumé : EXTRAIT D'un Discours Latin sur la Satyre.
Dans un discours latin sur la satire, le Père Porrée se positionne entre les partisans excessifs de la satire et ses censeurs. Il reconnaît l'utilité de la satire pour la société civile, tout en définissant ses limites et les moyens de l'utiliser de manière constructive. Les partisans de la satire la considèrent plus efficace que les sermons, les lois écrites et la morale des philosophes, car elle est accessible et compréhensible par tous. Elle incite les hommes à réfléchir sur les défauts qu'ils observent chez les autres. En revanche, les opposants la jugent dangereuse, car elle se concentre sur les défauts des autres, nourrissant ainsi la vanité et la malignité. Porrée soutient que tout ce qui maintient la société est bon, et que les vices nuisent à cette union. Les lois punissent les crimes graves, les prédicateurs et les livres de morale combattent les médisances et l'envie, mais la satire corrige les défauts qui perturbent la société civile, comme les caractères insupportables dans les relations sociales. Dans son second point, Porrée précise que la satire doit être animée par un zèle pour la perfection, sans jalousie ou haine. Elle ne doit pas nommer des individus spécifiques, mais peindre des vices de manière générale. La satire parfaite est innocente et agréable, même pour ceux qu'elle cherche à corriger. Porrée illustre ces principes par des exemples et des louanges adressées à certains auteurs satiriques, tout en soulignant l'importance de la modération et du respect dans l'usage de la satire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2840
p. 21-24
« J'ay jugé de l'effet que fit ce Discours sur toute [...] »
Début :
J'ay jugé de l'effet que fit ce Discours sur toute [...]
Mots clefs :
Préface, Satire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « J'ay jugé de l'effet que fit ce Discours sur toute [...] »
J'ay jugé de l'effet que
fit ce Difcours fur toute
22 MERCURE
l'Affemblée
, par
l'effet
qu'en a fait fur moy le
fimple récit , il ma donné
une telle averfion pour
les Satires
déplacées ,
qu'il ma fait repentir d'a
voir
feulement
répondu
à celle qui ma ſi bruſque→
ment attaqué , quoy que
ines amis m'ayent , pour
ainfi dire , forcé de m'ap
percevoir des coups qu’-
on me portoit : je conviens
qu'il eft ridicule de
profaner
un Mercure
Ga
GALANT. 2$
lant par des querelles
d'Auteurs , c'eſt un objet
bien defagreable à montrer
au Public , qu'un
Auteur piqué , c'eft en ce
fens que l'Auteur doit
fe dérober , felon l'expreffion
du M. de Trévoux ;
mais j'ay tort de finir
ma Preface.comme je l'ay
commencée , c'eſt en
quelque façon participer
au ridicule d'une aigre
critique que de s'amuſer
à yrépondre ; & je pro24
MERCURE
teſte que quelque réponfe
qu'on puis faire à la
mienne , je n'y auray
nulle attention , car je
ne me fuis jamais fenti
de talent pour ce genre
d'écrire , dont la perfection
confifte à trouver
beaucoup
de deffauts
dans les ouvrages des
autres.
fit ce Difcours fur toute
22 MERCURE
l'Affemblée
, par
l'effet
qu'en a fait fur moy le
fimple récit , il ma donné
une telle averfion pour
les Satires
déplacées ,
qu'il ma fait repentir d'a
voir
feulement
répondu
à celle qui ma ſi bruſque→
ment attaqué , quoy que
ines amis m'ayent , pour
ainfi dire , forcé de m'ap
percevoir des coups qu’-
on me portoit : je conviens
qu'il eft ridicule de
profaner
un Mercure
Ga
GALANT. 2$
lant par des querelles
d'Auteurs , c'eſt un objet
bien defagreable à montrer
au Public , qu'un
Auteur piqué , c'eft en ce
fens que l'Auteur doit
fe dérober , felon l'expreffion
du M. de Trévoux ;
mais j'ay tort de finir
ma Preface.comme je l'ay
commencée , c'eſt en
quelque façon participer
au ridicule d'une aigre
critique que de s'amuſer
à yrépondre ; & je pro24
MERCURE
teſte que quelque réponfe
qu'on puis faire à la
mienne , je n'y auray
nulle attention , car je
ne me fuis jamais fenti
de talent pour ce genre
d'écrire , dont la perfection
confifte à trouver
beaucoup
de deffauts
dans les ouvrages des
autres.
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Résumé : « J'ay jugé de l'effet que fit ce Discours sur toute [...] »
L'auteur réagit à une satire qui l'a attaqué et exprime son aversion pour ce type de critiques déplacées après avoir entendu les réactions de l'assemblée. Il regrette d'avoir répondu à cette attaque, bien que ses amis l'y aient encouragé. Il reconnaît qu'il est ridicule de transformer un journal galant en un lieu de querelles d'auteurs et que montrer un auteur piqué est désagréable pour le public. L'auteur admet qu'il a tort de terminer sa préface comme il l'a commencée, car répondre à une critique aigre participe au ridicule. Il affirme qu'il n'accordera aucune attention aux réponses à sa propre critique, car il ne se sent pas talentueux pour ce genre d'écriture, qui consiste à trouver beaucoup de défauts dans les œuvres des autres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2841
p. 25-44
Nouvelle These soutenuë en l'Ecole de Medecine, [titre d'après la table]
Début :
Le 22. de Fevrier il y eut aux Ecoles de Medecine [...]
Mots clefs :
Mère et enfant, Membrane, Sang, Grossesse, Foetus, Nourriture, Corps
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle These soutenuë en l'Ecole de Medecine, [titre d'après la table]
Leuza de Ferrier il y
eut aux Ecoles de Medecine
de Paris une nouvelle The-
Se fur la nourriture du Foetus.
Mr Falconet le fils Medecin
ordinaire du Roy &
de Mr le Chancelier , qui eft
auteur de la Thefe , en eftoit
le Prefident , & Mr deFuf
fieu Bachelier de la Faculté :
Profeffeur Royal de Botanique
au Jardin du Roy en
eftoit le Soutenant inco
: De tout ce qui fe paffe
dans le corps humain il
n'y a rien de plus merveilleux
que la maniere
C Fevrier.
26 MERCURE
dont l'Enfant fe nourrit
dans le Sein de la Mere
Il femble d'abord qu'il n'y
ait d'autre liqueur que les
fang de la Mere , qui puif
fe fervir de nourriture ab
l'Enfant, Ge fentiment quih
fe prefente naturellement
à l'efprit , a efté celuy desi
la plufpair des Anciens.)
quelques Modernes l'ont
fuivi , & ont cru pouvoir
le confirmer par des obfervations
particulieres ) :
Mais la meilleure partiet,
des Phyficiens d'aujour
d'huy , ayant découvertv
GALANT. 27
qu'une liqueur laiteufe fe
féparoit du fang de la
Mere dans le lieu où
l'Enfant fe nourrit , ont
jugé qué cette liqueur ne
pouvoit eftre deſtinée qu'à
la nourriture de l'Enfant.
Une partie de ceux qui ont
embraffé ce dernier fentiment
, croient pourtant
encore qu'il y a entre le
fang de la Mere & celuy
de l'Enfant , quelque commerce
de circulation
tant il eft vray qu'il refter
toujours quelque chofe
des anciens préjugés, bang
Cij
28 MERCURE
Dans la Thefe dont- il
s'agit , on foutient non
feulement , que le fang de
la Mere ne fert pas d'aliment
à l'Enfant , mais encore
qu'il n'y a aucune
communication de l'un à
l'autre par les vaiſſeaux du
fang Voicy les principes
fur lefquels ce fentiment
cft appuyé.
On ne peut reconnoif
tre de liqueur pour veri
table nourriture de l'Enfant
que celle dont le
pallage de la Merc à l'Enfant
eft manifefte : il faut
1
GALANT. 29
*
de plus que cette liqueur
convienne au corps qui doit
en eſtre nourri ; & cette
convenance doit fe trou .
ver dans la qualité , dins la
quantité & dans le mouvement
.
Toutes ces conditions
fe trouvent dans la liqueur
laiteufe dont- il a etté parlé
, & ne fe trouvent point
dans le fang de la Mere.
Premiere ment , on eft affuré
de l'existence de cette
liqueur , & dans certains
Animaux , comme
ceux qui ruminent
OR
Ciij
30 MERCURE
C
l'exprime en abondance
lorfqu'on preffe les Cotyledons
on appelle ainfi
dans ces Animaux les petits
refervoirs où cette liqueur
samaffe . ) D'abord
les membranes
qui envelopent
l'infant s'imbibent
par des pores imperceptibles
de cette liqueur à mefure
qu'elle s'echape ; dans
la fuite la nourriture
que
les membranes ont ainfi
requë fert à leur faire pouffer
de petites racines , qui
- s'infiuuent dans les bouches
de ces refervoirs
, pour
CALANT . 31
immediatement y puifer
ile fuc nourricier : & c'cft
que
les
de cette maniere
membranes
de L'Enfant
s'attachent
à la Mere , par
le cofté qui regarde
le dedans
: dans ce costé qui eſt
plus charnu que le refte
des membranes
& qu'on
appelle
Placenta
, les vaiffeaux
du fang de l'Enfant
qui compofent
le cordon ,
fe divifenten
une infinité
de rameaux
: c'eſt dans les
rameaux
d'un de ces vaiffeaux
nommé
la vaine
umbilicale
qu'une
partie
Cij
13.2
MERCURE
•
· le
de la liqueur laiteufe eft
portée par les petites racines
qui l'ont fucée , pour
eftre diftribuée de là dans
corps de l'Enfant
, pendant
que l'autre partie eft
portée immediatement
dans la cavité des membranes
où l'Enfant eft contenu
, qui fe nourrit parla
bouche de cette liqueur
dans laquelle il nage , dés
qu'il a affez de force pour
fucer.
Venons au fang de la
Mere ; les routes par où
lon veut le conduire dans
GALANT .
33
•
le corps de l'Enfant font
abfolument inconnues
; car
du cofté de l'Enfant on ne
fcauroit reconnoiftre aucun
vaifléau ouvert dans la
furface du Placenta , & quelque
fortement qu'onpreffe
cette partie on ne peut en
faire fortir une goutte de
fang : du cofté de la Mere,
fi les vaiffeaux du fang
s'ouvroient pour fournir
- cette prétendue nourriture
, il y auroit toûjours des
pertes continuelles au commencement
des groffeffes ;
puifque dans le tems où les
34 MERCURE
Membranes ne font point
attachées , le fang devroit
s'épancher avant que de les
pénétrer , & cet epanchement
feroit marqué par
une perte encore plus confiderable
dans ces Animaux
qui portent leurs
Petits jufqu'au terme , fans
que les membranes foient
jamais attachées : mais bien
loin que les vaiffeaux du
fang foient difpofés à s'ouvrir
au commencement des
groffetles , il paroit au contraire
par la fuppreflion
qui arrive alors des eva-
49
GALANT. 35
cuations
periodiques , que
ces vaiffeaux font plus fermez
que jamais
& c'eft
par cette raifon que ces evacuations
manquent prefque
toujours
aux Nourrices.
En fecond lieu la convenance
du fuc laiteux avec
le corps qu'il doit nourrir
, eft parfaite dans les
trois chefs qu'on a propofés
; & il en eft tout le contraire
à l'égard du fang. Ce
fuc laiteux eft doux & balfamique:
le fang de la Mere
eft chargé de principes
36
MERCURE
trop
bouillans & trop actifs
; & feroit il raifonableque
l'Enfant fuft nourri de
ce lang , dans un tems où
il cft plus tendre & plus
delicat , que lorfque la nature
ne luy donen que du
lait pour aliment ? Ce fuc
abonde en fuffifante quantité
, parceque pendant la
groffeffe tout ce qu'il y a
de laiteux dans le fang de
la Mere eft déterminé vers
l'endroit où l'Enfant fe
nourrit , & il faut bien que
cette liqueur foit l'extrait
le plus pur de tout ce qu'il
GALANT. 37
ya . de nourricier dans le
fang de la Mere , puifque
l'Enfant depuis fon premier
point jufqu'à fa naiffance
croift dans le fein de
fa Mere dix mille fois plus,
qu'il ne croift depuis qu'il
elt né jufqu'à ce qu'il parviene
à fa jufte grandeur :
le fang au contraire , en
quelque quantité qu'il foir,
ne fçauroit fournir une
nourriture qui fuffife à un
accroiffement f prodigieux
, parce qu'à peine ſur
cent de parties s'en
trouve t-il une de nouiriciere.
es
38 MERCURE
Enfin le mouvement du
fuc laiteux eft tres lent &
de forte que cettres
doux ; de forte
te liqueur
s'infinue
dans
les vaiffeaux
delicats
de
l'Enfant fans les endomma--
ger : le fang au contraire
eft porté d'un mouvement
rapide qui forceroit
aifément
tous les refforts d'une
fi foible machine
; & par
cette mefme raifon le batement
du coeur de la Mere
prendroit
bien - toſt le
deffus fur celuy du coeur de
L'Enfant
.
Un ſcavant Anatomiſte
P
GALANT . 39
ayant trouvé un Enfant
fans aucune goutte de fang
dans une Femme groffe
morre d'hemorragie
, a cru
que le fang de l'Enfant s'é
toit écoulé avec celuy de
la Mere , & que cette obfervation
démontroit le
commerce de la Circulation
entre la Mere & l'Enfant
: mais on fait voir que
cet accident peut eftre rapporté
à d'autres cauſes qu'à
cette prétendue communication
par les vaiffeaux
du fang ; & pour mettre
la choſe hors de rout équi .
7
40. MERCURE
voque , on oppofe à cette
obfervation
une experience
qui décide fans laiffer
d'ambiguité . L'experience
confifte à tirer tout le fang
d'une Chienne pleine, dans
laquelle on trouve enfuite
les petits Chiens encore
en vielavec tout leur fang :
cette experience eſtant ai
fée à faire , on invite les
incredules à la réiterer , autant
de fois qu'il fera neneflaire
pour leur convi
aticn .
La caufe qui produit
l'accouchement & les accidents
GALANT . 41
dents qui le fuivent , fourniffent
encore de nouvelles
preuves contre l'opinion
de la communication du
fang de la Mere. On met
le comble à toutes ces preuves
par la comparaiſon que
l'on fait des Animaux qui
en produifent d'autres par
le moyen des oeufs , avec
les Animaux qui produifent
des Animaux vivants.
( on appelle les premiers
Ovipares & les feconds
Vivipares ) & comme dans
les Ovipares on voit manifeftement
que le fang de
Fevrier 1711,
D
42 MERCURE
;
la Mere n'a aucune part à
la
nourriture du
petitanimal
renfermé dans l'oeuf
' il eft tres raifonnable
de
penfer qu'il en eft de meſme
dans les Vivipares . ↓
Cette
comparaison qu'on
appelle Analogic , eftant
fondée fur uniformité
que la nature obferve dans
prefque tous les ouvrages
de la mefme efpece , for-
2 me toûjours un préjugé
qui ne peut eftre detruit
que par une demonſtration
du contraire. Au- refte detbte
analogie fert à lever une
GALANT 43
ne
du fien ;
90
difficulté qui fe préfente
fur l'origine du lang de
'Enfant ; cat on peut demander
d'où vient le fang
de l'Enfant , fi la Mere
communique à l'Enfant
aucune portion
qu
mais puiſque le lang de
l'Animal renfermé dans
l'oeuf fe forme fans le fe-
Cours de celuy de la Mere
pourquoy ne fe formeroit
il pas de mefme dans
les Vivipares ? Ce qui fait
voir que dans tous les Animaux
foit Vivipares , foit
Ovipares il faus neceflai
Dij
44 MERCURE
rement qu'il y ait une goutte
de fang primordiale ,
pour ainfi dire , qui ferve
comme de levain à tout le
fang qui fe forme dans la
fuite.
C'eſt ainfi
que l'on conl'exclut
par la raiſon, par
perience & par l'analogje
que le fang de la Mere ne
fert point de nourriture à
l'Enfant.
eut aux Ecoles de Medecine
de Paris une nouvelle The-
Se fur la nourriture du Foetus.
Mr Falconet le fils Medecin
ordinaire du Roy &
de Mr le Chancelier , qui eft
auteur de la Thefe , en eftoit
le Prefident , & Mr deFuf
fieu Bachelier de la Faculté :
Profeffeur Royal de Botanique
au Jardin du Roy en
eftoit le Soutenant inco
: De tout ce qui fe paffe
dans le corps humain il
n'y a rien de plus merveilleux
que la maniere
C Fevrier.
26 MERCURE
dont l'Enfant fe nourrit
dans le Sein de la Mere
Il femble d'abord qu'il n'y
ait d'autre liqueur que les
fang de la Mere , qui puif
fe fervir de nourriture ab
l'Enfant, Ge fentiment quih
fe prefente naturellement
à l'efprit , a efté celuy desi
la plufpair des Anciens.)
quelques Modernes l'ont
fuivi , & ont cru pouvoir
le confirmer par des obfervations
particulieres ) :
Mais la meilleure partiet,
des Phyficiens d'aujour
d'huy , ayant découvertv
GALANT. 27
qu'une liqueur laiteufe fe
féparoit du fang de la
Mere dans le lieu où
l'Enfant fe nourrit , ont
jugé qué cette liqueur ne
pouvoit eftre deſtinée qu'à
la nourriture de l'Enfant.
Une partie de ceux qui ont
embraffé ce dernier fentiment
, croient pourtant
encore qu'il y a entre le
fang de la Mere & celuy
de l'Enfant , quelque commerce
de circulation
tant il eft vray qu'il refter
toujours quelque chofe
des anciens préjugés, bang
Cij
28 MERCURE
Dans la Thefe dont- il
s'agit , on foutient non
feulement , que le fang de
la Mere ne fert pas d'aliment
à l'Enfant , mais encore
qu'il n'y a aucune
communication de l'un à
l'autre par les vaiſſeaux du
fang Voicy les principes
fur lefquels ce fentiment
cft appuyé.
On ne peut reconnoif
tre de liqueur pour veri
table nourriture de l'Enfant
que celle dont le
pallage de la Merc à l'Enfant
eft manifefte : il faut
1
GALANT. 29
*
de plus que cette liqueur
convienne au corps qui doit
en eſtre nourri ; & cette
convenance doit fe trou .
ver dans la qualité , dins la
quantité & dans le mouvement
.
Toutes ces conditions
fe trouvent dans la liqueur
laiteufe dont- il a etté parlé
, & ne fe trouvent point
dans le fang de la Mere.
Premiere ment , on eft affuré
de l'existence de cette
liqueur , & dans certains
Animaux , comme
ceux qui ruminent
OR
Ciij
30 MERCURE
C
l'exprime en abondance
lorfqu'on preffe les Cotyledons
on appelle ainfi
dans ces Animaux les petits
refervoirs où cette liqueur
samaffe . ) D'abord
les membranes
qui envelopent
l'infant s'imbibent
par des pores imperceptibles
de cette liqueur à mefure
qu'elle s'echape ; dans
la fuite la nourriture
que
les membranes ont ainfi
requë fert à leur faire pouffer
de petites racines , qui
- s'infiuuent dans les bouches
de ces refervoirs
, pour
CALANT . 31
immediatement y puifer
ile fuc nourricier : & c'cft
que
les
de cette maniere
membranes
de L'Enfant
s'attachent
à la Mere , par
le cofté qui regarde
le dedans
: dans ce costé qui eſt
plus charnu que le refte
des membranes
& qu'on
appelle
Placenta
, les vaiffeaux
du fang de l'Enfant
qui compofent
le cordon ,
fe divifenten
une infinité
de rameaux
: c'eſt dans les
rameaux
d'un de ces vaiffeaux
nommé
la vaine
umbilicale
qu'une
partie
Cij
13.2
MERCURE
•
· le
de la liqueur laiteufe eft
portée par les petites racines
qui l'ont fucée , pour
eftre diftribuée de là dans
corps de l'Enfant
, pendant
que l'autre partie eft
portée immediatement
dans la cavité des membranes
où l'Enfant eft contenu
, qui fe nourrit parla
bouche de cette liqueur
dans laquelle il nage , dés
qu'il a affez de force pour
fucer.
Venons au fang de la
Mere ; les routes par où
lon veut le conduire dans
GALANT .
33
•
le corps de l'Enfant font
abfolument inconnues
; car
du cofté de l'Enfant on ne
fcauroit reconnoiftre aucun
vaifléau ouvert dans la
furface du Placenta , & quelque
fortement qu'onpreffe
cette partie on ne peut en
faire fortir une goutte de
fang : du cofté de la Mere,
fi les vaiffeaux du fang
s'ouvroient pour fournir
- cette prétendue nourriture
, il y auroit toûjours des
pertes continuelles au commencement
des groffeffes ;
puifque dans le tems où les
34 MERCURE
Membranes ne font point
attachées , le fang devroit
s'épancher avant que de les
pénétrer , & cet epanchement
feroit marqué par
une perte encore plus confiderable
dans ces Animaux
qui portent leurs
Petits jufqu'au terme , fans
que les membranes foient
jamais attachées : mais bien
loin que les vaiffeaux du
fang foient difpofés à s'ouvrir
au commencement des
groffetles , il paroit au contraire
par la fuppreflion
qui arrive alors des eva-
49
GALANT. 35
cuations
periodiques , que
ces vaiffeaux font plus fermez
que jamais
& c'eft
par cette raifon que ces evacuations
manquent prefque
toujours
aux Nourrices.
En fecond lieu la convenance
du fuc laiteux avec
le corps qu'il doit nourrir
, eft parfaite dans les
trois chefs qu'on a propofés
; & il en eft tout le contraire
à l'égard du fang. Ce
fuc laiteux eft doux & balfamique:
le fang de la Mere
eft chargé de principes
36
MERCURE
trop
bouillans & trop actifs
; & feroit il raifonableque
l'Enfant fuft nourri de
ce lang , dans un tems où
il cft plus tendre & plus
delicat , que lorfque la nature
ne luy donen que du
lait pour aliment ? Ce fuc
abonde en fuffifante quantité
, parceque pendant la
groffeffe tout ce qu'il y a
de laiteux dans le fang de
la Mere eft déterminé vers
l'endroit où l'Enfant fe
nourrit , & il faut bien que
cette liqueur foit l'extrait
le plus pur de tout ce qu'il
GALANT. 37
ya . de nourricier dans le
fang de la Mere , puifque
l'Enfant depuis fon premier
point jufqu'à fa naiffance
croift dans le fein de
fa Mere dix mille fois plus,
qu'il ne croift depuis qu'il
elt né jufqu'à ce qu'il parviene
à fa jufte grandeur :
le fang au contraire , en
quelque quantité qu'il foir,
ne fçauroit fournir une
nourriture qui fuffife à un
accroiffement f prodigieux
, parce qu'à peine ſur
cent de parties s'en
trouve t-il une de nouiriciere.
es
38 MERCURE
Enfin le mouvement du
fuc laiteux eft tres lent &
de forte que cettres
doux ; de forte
te liqueur
s'infinue
dans
les vaiffeaux
delicats
de
l'Enfant fans les endomma--
ger : le fang au contraire
eft porté d'un mouvement
rapide qui forceroit
aifément
tous les refforts d'une
fi foible machine
; & par
cette mefme raifon le batement
du coeur de la Mere
prendroit
bien - toſt le
deffus fur celuy du coeur de
L'Enfant
.
Un ſcavant Anatomiſte
P
GALANT . 39
ayant trouvé un Enfant
fans aucune goutte de fang
dans une Femme groffe
morre d'hemorragie
, a cru
que le fang de l'Enfant s'é
toit écoulé avec celuy de
la Mere , & que cette obfervation
démontroit le
commerce de la Circulation
entre la Mere & l'Enfant
: mais on fait voir que
cet accident peut eftre rapporté
à d'autres cauſes qu'à
cette prétendue communication
par les vaiffeaux
du fang ; & pour mettre
la choſe hors de rout équi .
7
40. MERCURE
voque , on oppofe à cette
obfervation
une experience
qui décide fans laiffer
d'ambiguité . L'experience
confifte à tirer tout le fang
d'une Chienne pleine, dans
laquelle on trouve enfuite
les petits Chiens encore
en vielavec tout leur fang :
cette experience eſtant ai
fée à faire , on invite les
incredules à la réiterer , autant
de fois qu'il fera neneflaire
pour leur convi
aticn .
La caufe qui produit
l'accouchement & les accidents
GALANT . 41
dents qui le fuivent , fourniffent
encore de nouvelles
preuves contre l'opinion
de la communication du
fang de la Mere. On met
le comble à toutes ces preuves
par la comparaiſon que
l'on fait des Animaux qui
en produifent d'autres par
le moyen des oeufs , avec
les Animaux qui produifent
des Animaux vivants.
( on appelle les premiers
Ovipares & les feconds
Vivipares ) & comme dans
les Ovipares on voit manifeftement
que le fang de
Fevrier 1711,
D
42 MERCURE
;
la Mere n'a aucune part à
la
nourriture du
petitanimal
renfermé dans l'oeuf
' il eft tres raifonnable
de
penfer qu'il en eft de meſme
dans les Vivipares . ↓
Cette
comparaison qu'on
appelle Analogic , eftant
fondée fur uniformité
que la nature obferve dans
prefque tous les ouvrages
de la mefme efpece , for-
2 me toûjours un préjugé
qui ne peut eftre detruit
que par une demonſtration
du contraire. Au- refte detbte
analogie fert à lever une
GALANT 43
ne
du fien ;
90
difficulté qui fe préfente
fur l'origine du lang de
'Enfant ; cat on peut demander
d'où vient le fang
de l'Enfant , fi la Mere
communique à l'Enfant
aucune portion
qu
mais puiſque le lang de
l'Animal renfermé dans
l'oeuf fe forme fans le fe-
Cours de celuy de la Mere
pourquoy ne fe formeroit
il pas de mefme dans
les Vivipares ? Ce qui fait
voir que dans tous les Animaux
foit Vivipares , foit
Ovipares il faus neceflai
Dij
44 MERCURE
rement qu'il y ait une goutte
de fang primordiale ,
pour ainfi dire , qui ferve
comme de levain à tout le
fang qui fe forme dans la
fuite.
C'eſt ainfi
que l'on conl'exclut
par la raiſon, par
perience & par l'analogje
que le fang de la Mere ne
fert point de nourriture à
l'Enfant.
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Résumé : Nouvelle These soutenuë en l'Ecole de Medecine, [titre d'après la table]
Le texte présente une thèse soutenue par Leuza de Ferrier, avec le soutien de Mr Falconet et Mr de Fussieu, aux Écoles de Médecine de Paris. Cette thèse conteste l'idée que le fœtus se nourrit du sang de la mère. Les auteurs avancent que la véritable nourriture du fœtus est une liqueur laiteuse, distincte du sang maternel. Cette liqueur est décrite comme douce, abondante et se distribuant lentement, adaptée à la délicatesse du corps fœtal. En revanche, le sang maternel est jugé trop actif et bouillant pour convenir à la nutrition du fœtus. La thèse exclut toute communication vasculaire directe entre le sang maternel et le sang fœtal. Cette affirmation est appuyée par des observations et des expériences, notamment celle consistant à retirer tout le sang d'une chienne pleine sans affecter ses petits. De plus, la comparaison avec les animaux ovipares (qui pondent des œufs) renforce l'idée que le sang maternel n'alimente pas directement le fœtus. Ces éléments soutiennent la théorie selon laquelle le fœtus se nourrit par une liqueur spécifique et non par le sang maternel.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2842
p. 44-48
Division du Mercure [titre d'après la table]
Début :
Je souhaite pouvoir vous donner tous les mois des extraits [...]
Mots clefs :
Parties, Curieux, Livre, Division du Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Division du Mercure [titre d'après la table]
Je foulante pouvoir
vous donner tous les mois
des extraits auffi curieux
que celuy- cy & que ceGALANT.
45
tuy quifuitfur les coquillages
, jay refolu dans la
fuite de raffembler tous
・ceux que j'auray en un
feul endroit du Livre ,
afin que ceux qui en font
curieuxpuiffentmefmeles
faire relier tous dans un
petit volume au bout de
l'année: ainfi je diftribueray
le Mercure en 4.
partie Lune pour toutes
les Pieces qui regarderont
les Sciences , la Litterature
, les Arts , &
146 · MERCURE
L'autre partie fera pour
les Nouvelles , les Marts,
les Mariages , &l'autre
pour les pieces de Poefies,
l'autre pourles Hifto-
C
'
riettes, Contes , & autres
amufements quifont pour
le plus grand nombre ,
Peffentiel d'un Mercure
Galant
Par cette divifion que
jobferveray autant qu'il
-fera poffible , on pourra
fame relier auffi feparement
ces quatres Parties
GALANT . 3:47
les
3
les
du Livre , chacun felon.
goust qu'il aura M
pour les Sciences , ou pour.
La Poefie , ou pour les
Nouvelles , ou pour.
Hiftoriettes , Enigmes ,
Queftion, 5.c.Mais.comme
il peut entrer dans la
compofition
d'un Mercure
une infinité de chofes
qui n'ont pas un rapport
bien juste à chacune de
ces quatres Claffes où je
reduis cette divifion , on
me pardonnera
a'en pla
48 MERCURE
cer quelques-unes ou je
pourray, même defaire
ces parties feparees plus
groffes ou plus petites ,par
rapport a la quantité €5
à lefpece des materiaux
qui me viendront.
vous donner tous les mois
des extraits auffi curieux
que celuy- cy & que ceGALANT.
45
tuy quifuitfur les coquillages
, jay refolu dans la
fuite de raffembler tous
・ceux que j'auray en un
feul endroit du Livre ,
afin que ceux qui en font
curieuxpuiffentmefmeles
faire relier tous dans un
petit volume au bout de
l'année: ainfi je diftribueray
le Mercure en 4.
partie Lune pour toutes
les Pieces qui regarderont
les Sciences , la Litterature
, les Arts , &
146 · MERCURE
L'autre partie fera pour
les Nouvelles , les Marts,
les Mariages , &l'autre
pour les pieces de Poefies,
l'autre pourles Hifto-
C
'
riettes, Contes , & autres
amufements quifont pour
le plus grand nombre ,
Peffentiel d'un Mercure
Galant
Par cette divifion que
jobferveray autant qu'il
-fera poffible , on pourra
fame relier auffi feparement
ces quatres Parties
GALANT . 3:47
les
3
les
du Livre , chacun felon.
goust qu'il aura M
pour les Sciences , ou pour.
La Poefie , ou pour les
Nouvelles , ou pour.
Hiftoriettes , Enigmes ,
Queftion, 5.c.Mais.comme
il peut entrer dans la
compofition
d'un Mercure
une infinité de chofes
qui n'ont pas un rapport
bien juste à chacune de
ces quatres Claffes où je
reduis cette divifion , on
me pardonnera
a'en pla
48 MERCURE
cer quelques-unes ou je
pourray, même defaire
ces parties feparees plus
groffes ou plus petites ,par
rapport a la quantité €5
à lefpece des materiaux
qui me viendront.
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Résumé : Division du Mercure [titre d'après la table]
Le projet éditorial présenté vise à compiler et organiser des extraits mensuels dans un ouvrage intitulé 'Mercure Galant'. À la fin de l'année, ces extraits seront réunis en un seul volume, divisé en quatre parties distinctes. La première partie couvrira les sciences, la littérature et les arts. La deuxième partie traitera des nouvelles, des naissances et des mariages. La troisième partie sera dédiée à la poésie, tandis que la quatrième partie inclura des historiettes, des contes et d'autres amusements pour un large public. Cette structure permettra aux lecteurs d'acheter séparément les sections qui correspondent à leurs intérêts. L'auteur se réserve le droit de placer certaines contributions dans des catégories appropriées ou d'ajuster la taille des sections en fonction du contenu disponible.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2843
p. 49-81
EXTRAIT d'un Discours, prononcé à l'Academie Royale des Sciences par M. de Reaumur, sur la formation & l'accroissement des coquilles des animaux, tant terrestres qu'aquatiques, soit de mer, soit de riviere.
Début :
L'auteur, aprés quelques remarques nouvelles & judicieuses, dit que jusques [...]
Mots clefs :
Animaux, Rivière, Mer, Académie royale des sciences, Coquilles, Limaçon, Variété, Liqueurs, Nature
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'un Discours, prononcé à l'Academie Royale des Sciences par M. de Reaumur, sur la formation & l'accroissement des coquilles des animaux, tant terrestres qu'aquatiques, soit de mer, soit de riviere.
EXTRAIT
d'un
Difcours , prononcé
à l'Academie
Royale
des Sciences
par M. de Reaumur,
fur la formation &
l'accroiffement
des coquilles
des animaux ,
tant terreftres quaquatiques,
foit de mer,
Joit de riviere.
auteur
aprés 5
quelques remarques
nouvelles & judicien
Fevrier 1711. E
so. MERCURE
fes , dit que jufques à
preſent , la curiofité des
hommes s'eft bornée à
ramaffer dans des cabinets
les coquilles les plus
rares , fans s attacher à
découvrir les caufes de
l'agréable varieté des
couleurs qui les font admirer
: il adjoufte que
n'ayant point trouve à
s'en inftruire dans les Livres
il a eftudié la nature
mefme. Il a raifon
de fe plaire à cette fonte
II
GALANT. st
d'eftude , car il a tant de
pénétration , que , pour
ainfi dire , il lit auffi facilement
dans la nature
que dans les livres , &
certains Livres des Philofophes
anciens font
plus obfcurs pour ceux
qui croyent les entendre,
que les fecrets de la Nature
ne le font pour M.
de Reaumur . Voici ce
qu'il dit fur la formation
& l'accroiffement des
Coquilles.
!
E ij
52 MERGURE
Quoy qu'il paroiffe naturel
d'expliquer d'abord
de quelle maniere les Coquilles
des animaux font
formées , avant de parler
de leur accroiflement , je
fuivray cependant icy un
ordre contraire.; &je commenceray
par expliquer de
quelle maniere elles croiffent
, ce qui a été plus aisé
à découvrir
par des experiences
, & ce qui ſuffira
pour faire connoiftre de
quelle maniere fe fait leur
formation , qui n'eft , pour
ainfi dire , que leur preGALANT.
53
F
mier degré d'accroiffement
.
Un corps peut croiſtre
de deux manieres differentes
, ou , pour parler felon
des idées plus diftinctes ,
les petites parties de matiere
qui viennent s'unir à
celles dont le corps eftoit
desja composé , & qui parla
augmentent fon eften .
due , peuvent luy eſtre ad
jouftées par deux differen
stes voyes : ou cés parties ne
s'attachent àcelles qui compofent
corps , qu'-
aprés avoir paffé au travers
ale
E iij
54 MERCURE
de ce corps mefme , y avoir
efté preparées , & en quelque
façon rendues propres
à occuper la place où elles
font conduites , & c'eſt ce
qu'on appelle ordinairement
croistre par vegetation ,
& dans l'Ecole croiftre par
intuЛfufception.
Ceft ainfi que la feve
monte dans les plantes par
divers petits canaux des
plantes mefmes , qui , aprés
l'avoir preparée en quelque
forte , la conduifent en dif
ferens endroits de la plante
où elle fe colle , & augGALANT.
TS
mente par confequent l'eftendue
de cette plante . C'eſt
ain qu'une certaine portion
du fang , ayant efté
conduite par les arteres
aux extremitez du corps de
Panimal , s'attache à fes
chairs & en augmente le
volume .
La feconde efpece d'accroiffement
eft lorsque les
parties , qui augmentent
l'eftendue d'un corps , lui
font appliquées fans avoir
receu aucune preparation
dans ce corps melme , &
c'est ce qu'onnomme croistre
E iiij
56 MERCURE
paroppofition , ou en termes
de l'Ecole par Juxtaposition
.
Toutes ces plantes artificieles
que nous devonsal'adrefle
des Chimiftes , croiffent
de cette maniere, comme
aufli les criftallifations
, les fels , & c.
L'Auteur , aprés avoir
fait plufieurs experien
ces fur differentes efpeces
de Coquillages de
mer & de riviere , choifit
les Limaçons de terre
comme plus propres &
plus commodes pour
GALANT. $7
ceux qui voudront furvre
& repeter les obfervations
qu'il a faites , &
fuppofe que l'accroiffement
de toutes les efpeces
de Coquilles fe font
à peu prés de la meſme
façon.
Lorfque le petit animal
qui remplifſoit exactement
la Coquille croift, il arrive
que cette mefme Coquille
n'a plus affez d'eftendue
pour le couvrir tout entier,
ou qu'une partie de la furface
du corps de l'animal fe
58 MERCURE
trouve nuë ; la partie qui
fe trouve ainfi dépouillée
de Coquille par l'accroiffement
de l'animal , eft tousjours
celle qui eft la plus
proche de l'ouverture de la
Coquille , car le corps de
T'animal peut feulement s'eftendre
de ce cofté-là .Tous
les animaux qui habitent
des Coquilles tournées en
fpirale , comme les Limaçons
, ne peuvent s'eſtendre
que du cofté de la tefte où
cft l'ouverture de la Coquille
, au lieu que les animaux
desCoquilles de deux
GALANT. 59
pieces , comme les Moules,
peuvent s'eftendre dans
tout leur contour . Or dans
toutes les efpeces un Coquillage
, c'eft cette meſme
partie du corps
de l'animal
qui fait croiftre la Coquille.
Voicy la Mecanique fur
daquelle cet accroiffement
eft fondé.
C'eft un effet neceffaire
des loix du mouvement
quand les liqueurs coulent
dans des canaux , que les
petites parties de ces liqueurs
, ou les petits corps
eftrangers meflés parmi el60
MERCURE
les , qui à cauſe de leur frgure
ou leur peu de folidité
par rapport à leur furface ,
fe meuvent moins vifte que
les autres , s'éloignent du
centre de leur mouvement,
ou qu'ils fe placent proche
des parois de ces canaux. Il
arrive mefme fouvent que
ces petites parties s'attachent
à la furface interieure
de ces canaux, lors qu'el
les font affez vifqueufes
pour cela. Les canaux qui
conduifent de l'eau à des refervoirs
, nous en fourniffent
des exemples , on voit
CALANT. GI
ordinairement lorsqu'on
les ouvre , leur furface interieure
couverte d'une petite
croute d'une matiere vifqueuſe
; on remarque mefme
que ceux , dans lesquels
paffent certaines eaux , ont
une croute pierreuſe . Il eſt
de plus certain que les liqueurs
, qui coulent dans
ces canaux , pouffent leurs
parois de tous coltés , ou ,
ce qui eft la mefme choſe ,
qu'elles pouffent les petites
parties pierreufes & vifqueufes
des croutes.dont
nous venons de parler con
62 MERCURE
1
tre les parois; de forte que fr
ces canaux eftoient percés
comme des cribles , d'une
infinité de petits trous de
figure propre à donner feulement
paffage à ces petits
corps vifqueux & pierreux;") ;
ils s'échaperoient
des ca
naux, & iroient fe placer fur
leur ſurface exterieure
, oup
ils formeroient
la meſme
croute que l'on voit fur leur
furface interieure
, avec
畲
cette feule difference , que
cette croute pourroit deve
nir beaucoup plus folide &
mefme plus épaiffe , eftant
GALANTA 63.
moins exposée au frotter
ment de la liqueur que cel
le qui le forme dans l'inter
rieur du tuyau .
2
L'accroitlement des Coquilles
eft l'ouvrage d'une
femblable Mechanique ; la
furface exterieure de la por
tion du corps de l'animal
qui s'est trop eftenduë pour !
eſtre couverte par l'ancien
ne Coquille , eft remplic
d'un nombre prodigieux de
canaux dans lefquels circu
lent les liqueurs neceffaires
à la nutricion de l'animal;
beaucoup de petites par
61 MERCURE
ties de matiere vifqueuſe &
pierreuſe font meflées parmy
ces liqueurs,mais comme
ces petites parties font
moins fluides que celles qui
compofent les liqueurs
avec lesquelles elles coulent
, elles fe trouvent les
plus proches des parties de
ces vaiffeaux , qui eſtanp
remplis d'une infinité de
pores du cofté de la furface
exterieure du corps de l'a
nimal , propres à leur donner
paffage . Ces petites parties
de matiere pierreuſes
& vifqueufes s'échapent ai
sément
GALANT. 65
sément des canaux qui les
contenoient , car elles font
continuellement pouffées
contre leur parois par la li
queur qui les remplit , &
vont fe placer contre la furface
exterieure de ces ca
naux, ou p ouplaſtoſt ſur tolites
celles du corps de l'animal ,
qui n'eft point couverte par
la Coquille , où elles arri
vent avec d'autant plus de
facilité , que tous les pores
leur donnent une libre for
tie, au lieu que pluſieurs de
ces pores peuvengeſtre bout
chés fur le reste du corps
Fevrier 1711.
F
66 MERCURE
par la Coquille dont il eſt
revetu . Les petites parties
fufdites eftant arrivées à la
derniere furface du corps
de l'animal , s'attachent aisément
les unes aux autres,
& à l'extremité de la Coquille
, fur tout lorfque ce
qu'il y avoit de plus fubtil
parmy elles s'eft évaporé
& alors elles compofent
toutes enſemble sun petit
corps ſolide qui eft la
pre
miere couche du nouveau
morceau de Coquille.
D'autres petites parties de
matiere femblable à celle
GALANT 67
de la premiere couche
dont la liqueur qui circule
dans les vaiffeaux fournit
abondemment
, s'échappe
de ces vailleaux par la mefme
Mechanique , car on he
doit pas craindre que la
premiere couche ait bouché
tous les pores , & elles
forment une feconde couche
decoquille ; il s'en forme
de la meſme maniere
une troifiéme , & ainſi dẹ
fuite , jufqu'à ce que la
nouvelle coquille ait une
certaine épaiffeur , r
ordinairement beaucoup
2
mais
Fij
68 MERCURE
2
moindre que celle de l'ancienne
, lorfque l'accroiflement
de l'animal donne
l'origine à un autre nouveau
morceau de coquille .
C'eft aux experiences
) que taux
je vais rapporter à faire
voir fijay veritablement
décrit la maniere dont la
nature agit.
M. de
Reaumur prou
ve ce qu'il a avancé par
des experiences
qu'il feroit
trop long de rapporter
icy , en voici feulement
une.
1
GALANT. 69.
J'ay caffe plufieurs CoquillesdeLimaçon
de deux
manieres differentes . Premierement
j'ay fait un alfez
grandtrou aux deux extremitez
de la Coquille ,
c'eſt- à- dire entre la pointe
& fon ouverture ; aprés
quoy j'ay fair couler par
ce trou entre le Limaçon
& fa Coquille un morceau
de Canepin , c'eft avec cet ,
te peau qu'on fait les Gands
qu'on nommé Gands de Poule
. Cette peau eftoit trésmince
mais d'une tiffure
trés-ferrée , j'ay colé cette
70 MERCURE
peau
à la furface interieure
de la Coquille , de maniere
qu'elle bouchoit affez exa
&tement le trou que je luy
avois fait , c'eſt-à-dire que
je l'ay colée entre la Coquille
& le corps de l'ani-.
mal, Or il eft évident que
fi la Coquille ne fe formoit
pas d'une liqueur qui fort
immediatement du corps
de l'animal , mais de celle
qui palle au travers de la
Coquille , il auroit dû ſe
former un morceau de coquille
fur la partie exterieure
de la peau de Gand,
GALANT. 71
& qu'il n'eftoit pas poffi
ble qu'il s'en formaſt entre
le corps de l'animal & certe
peau . Le contraire eft ce
pendant tousjours arrivé ;
le cofté de la peau qui touchoit
le corps de l'animal
s'eft couvert de coquilles
& il ne s'est rien formé fur
la furface exterieure , &c .
* C'est une fuite neceſſaire
de la maniere dont nous
venons de voir que les coquilles
de Limaçons croif
fent qu'elles ne deviennent
plus grandes que par l'aug
mentation du nombre de
72 MERCURE
leurs tours de fpirale , &
que la largeur de chaque
tour de la coquille formée
refte tousjours la meſme ;
c'eft auffi une verité de la.
quelle il eft aisé de fe convaincre
, & filon. reduit la
a
çoquille d'un Limaçon qui
eft parvenue à fon dernier
degré d'accroiffement au
mefme nombre de tours
que celle d'un petit Limaçon
de la mefme efpece
ces deux coquilles paroiffent
alors de mefme grandeur
. J'ay comparé plufieurs
fois des coquilles de
Limaçons
GALANT. 7
Limaçons qui ne faifoient
qu'éclorre , ou mefme que
j'avois tirées de leurs oeufs
avant qu'ils fuffent éclos ,
avec d'autres Coquilles des
plus gros Limaçons de la
mefme efpece , aufquels je
ne, laiffois que le mefme
nombre de tours de fpirale
qu'avoient ces petites Coquilles
, & alors elles paroiffoient
égales. Au reſte
le nombre de ces tours augmente
confiderablement la
grandeur de la Coquille
des Limaçons , & un tour
plus ou moins fait une
Fevrier 1711 .
G
74 MERCURE
grande difference , car le
diametre de chaque tour
de fpirale , ou la plus gran
de largeur eft à peu près
double de celuy qui l'a
précedé , & la moitié de
celuy qui la fuit . Tout ce
que nous avons dit jufqu'icy
de l'accroiffement
des Coquilles nous exempte
d'entrer dans le détail
de leur formation ; car
on conçoit aisément que
lorfque le corps d'un petit
Embrion qui doit un
jour remplir une groffeCoquille
, cft par parvenu 2 un
GALANT. 75
certain état dans lequel les
diverſes peaux qui l'enveloppent
ont affez de confiftance
pour laiffer efchapleurs
per par pores la foule
liqueur propre à former la
Coquille , on conçoit , disje
, que cette liqueur va fe
placer fur ces peaux ,qu'elle
s'y épaiffit , s'y fige , & y
commence la formation
de la Coquille de la mefme
maniere qu'elle continuë
fon accroiffement . Les Limaçons
ne fortent point de
leurs oeufs fans eft re revefrus
de cette Coquille , qui
Gij
76 MERCURE
1
>
a alors un tour de fpire &
un peu plus...
Il me reste à éclaircir
deux difficultez qui pourroient
paroiftre confiderables
. La premiere naift naturellement
des experiences
que j'ay ranportées,
Voicy en quoy lle confif
te . Le nouveau morceau de
Coquille qui fe forme pour
boucher le trou qu'on a
fait à la coquille du Limaçon
, eft ordinairement de
couleur blanchaftre , & par
confequent tres- different
de celle du refte de la coGALANT
. 77
quille d'où il femble qu'il
doit eftre d'une differente
tiffure , & on en pourroit
conclure avec quelque apparence
qu'il n'eft pas formé
de la mefme maniere
que le reſte de la coquille ;
ainfi les experiences précedentes
ne decideroient rien
pour leur accroiffement or
dinaire, Pour répondre à
cette objection , il eft ne
ceffaire d'expliquer d'où
naift la reguliere varieté
des couleurs de certainos
coquilles . Les mefmes experiences
qui en fourniront
Giij
+8 MERCURE
la caufe , ferviront à diffiper
entierement cette difficulté
....
Il ne paroift qu'une feule
maniere vray-femblable de
rendre raifon de la varieté
de ces couleurs dans le fif
tefme que nous avons eftabli
de l'accroiffement des
Coquilles par Juxtaposition :
car ayant regardé la peau
de l'animal comme une ef
pece de crible , qui donne
paffage aux particules qui
fervent à former laCoquille
; il eft clair que , fi l'on
conçoit que cette peau eft
GALANT . 72
differemmentpercée en divers
endroits , ou , ce qui
revient au meſme , qu'elle
eſt composée de differents
cribles , dont les uns ! laiffent
paffer des petites parties
differentes en figure
op d'une nature differente
de celles qui paffent par les
autres , & ferment le paffage
à celles cy : il arrivera
que ces petites parties de figure
ou de nature differente
, feront propres à former
corps qui reflechiront
differemment la lumiere ,
c'est-à-dire , qu'elles fordes
G iiij
30 MERCURE
meront des morceaux de
Coqui le de diverfes couleurs...
M. de Reaumur explique
enfuite la varieté
de ces couleurs , par la
varieté des trous des cribles
par où paffent ces
petites parties propres à
reflechir differemment.
la lumiere. Il explique
enfin par les formes &
par les mouvements differents
de l'animal , les
figures , canelures , gra-
X
GALANT. 81
vûres , &c. qui font admirer
les Coquilles les
plus rares. En un mot il
nous fait voir auffi clairement
la mechanique
de ces petits chef- d'oeuvres
de ſculpture & de
peinture , que fi la nature
les travailloit à nos
yeux avec le pinceau du
Peintre , & le cifeau du
Sculpteur.
d'un
Difcours , prononcé
à l'Academie
Royale
des Sciences
par M. de Reaumur,
fur la formation &
l'accroiffement
des coquilles
des animaux ,
tant terreftres quaquatiques,
foit de mer,
Joit de riviere.
auteur
aprés 5
quelques remarques
nouvelles & judicien
Fevrier 1711. E
so. MERCURE
fes , dit que jufques à
preſent , la curiofité des
hommes s'eft bornée à
ramaffer dans des cabinets
les coquilles les plus
rares , fans s attacher à
découvrir les caufes de
l'agréable varieté des
couleurs qui les font admirer
: il adjoufte que
n'ayant point trouve à
s'en inftruire dans les Livres
il a eftudié la nature
mefme. Il a raifon
de fe plaire à cette fonte
II
GALANT. st
d'eftude , car il a tant de
pénétration , que , pour
ainfi dire , il lit auffi facilement
dans la nature
que dans les livres , &
certains Livres des Philofophes
anciens font
plus obfcurs pour ceux
qui croyent les entendre,
que les fecrets de la Nature
ne le font pour M.
de Reaumur . Voici ce
qu'il dit fur la formation
& l'accroiffement des
Coquilles.
!
E ij
52 MERGURE
Quoy qu'il paroiffe naturel
d'expliquer d'abord
de quelle maniere les Coquilles
des animaux font
formées , avant de parler
de leur accroiflement , je
fuivray cependant icy un
ordre contraire.; &je commenceray
par expliquer de
quelle maniere elles croiffent
, ce qui a été plus aisé
à découvrir
par des experiences
, & ce qui ſuffira
pour faire connoiftre de
quelle maniere fe fait leur
formation , qui n'eft , pour
ainfi dire , que leur preGALANT.
53
F
mier degré d'accroiffement
.
Un corps peut croiſtre
de deux manieres differentes
, ou , pour parler felon
des idées plus diftinctes ,
les petites parties de matiere
qui viennent s'unir à
celles dont le corps eftoit
desja composé , & qui parla
augmentent fon eften .
due , peuvent luy eſtre ad
jouftées par deux differen
stes voyes : ou cés parties ne
s'attachent àcelles qui compofent
corps , qu'-
aprés avoir paffé au travers
ale
E iij
54 MERCURE
de ce corps mefme , y avoir
efté preparées , & en quelque
façon rendues propres
à occuper la place où elles
font conduites , & c'eſt ce
qu'on appelle ordinairement
croistre par vegetation ,
& dans l'Ecole croiftre par
intuЛfufception.
Ceft ainfi que la feve
monte dans les plantes par
divers petits canaux des
plantes mefmes , qui , aprés
l'avoir preparée en quelque
forte , la conduifent en dif
ferens endroits de la plante
où elle fe colle , & augGALANT.
TS
mente par confequent l'eftendue
de cette plante . C'eſt
ain qu'une certaine portion
du fang , ayant efté
conduite par les arteres
aux extremitez du corps de
Panimal , s'attache à fes
chairs & en augmente le
volume .
La feconde efpece d'accroiffement
eft lorsque les
parties , qui augmentent
l'eftendue d'un corps , lui
font appliquées fans avoir
receu aucune preparation
dans ce corps melme , &
c'est ce qu'onnomme croistre
E iiij
56 MERCURE
paroppofition , ou en termes
de l'Ecole par Juxtaposition
.
Toutes ces plantes artificieles
que nous devonsal'adrefle
des Chimiftes , croiffent
de cette maniere, comme
aufli les criftallifations
, les fels , & c.
L'Auteur , aprés avoir
fait plufieurs experien
ces fur differentes efpeces
de Coquillages de
mer & de riviere , choifit
les Limaçons de terre
comme plus propres &
plus commodes pour
GALANT. $7
ceux qui voudront furvre
& repeter les obfervations
qu'il a faites , &
fuppofe que l'accroiffement
de toutes les efpeces
de Coquilles fe font
à peu prés de la meſme
façon.
Lorfque le petit animal
qui remplifſoit exactement
la Coquille croift, il arrive
que cette mefme Coquille
n'a plus affez d'eftendue
pour le couvrir tout entier,
ou qu'une partie de la furface
du corps de l'animal fe
58 MERCURE
trouve nuë ; la partie qui
fe trouve ainfi dépouillée
de Coquille par l'accroiffement
de l'animal , eft tousjours
celle qui eft la plus
proche de l'ouverture de la
Coquille , car le corps de
T'animal peut feulement s'eftendre
de ce cofté-là .Tous
les animaux qui habitent
des Coquilles tournées en
fpirale , comme les Limaçons
, ne peuvent s'eſtendre
que du cofté de la tefte où
cft l'ouverture de la Coquille
, au lieu que les animaux
desCoquilles de deux
GALANT. 59
pieces , comme les Moules,
peuvent s'eftendre dans
tout leur contour . Or dans
toutes les efpeces un Coquillage
, c'eft cette meſme
partie du corps
de l'animal
qui fait croiftre la Coquille.
Voicy la Mecanique fur
daquelle cet accroiffement
eft fondé.
C'eft un effet neceffaire
des loix du mouvement
quand les liqueurs coulent
dans des canaux , que les
petites parties de ces liqueurs
, ou les petits corps
eftrangers meflés parmi el60
MERCURE
les , qui à cauſe de leur frgure
ou leur peu de folidité
par rapport à leur furface ,
fe meuvent moins vifte que
les autres , s'éloignent du
centre de leur mouvement,
ou qu'ils fe placent proche
des parois de ces canaux. Il
arrive mefme fouvent que
ces petites parties s'attachent
à la furface interieure
de ces canaux, lors qu'el
les font affez vifqueufes
pour cela. Les canaux qui
conduifent de l'eau à des refervoirs
, nous en fourniffent
des exemples , on voit
CALANT. GI
ordinairement lorsqu'on
les ouvre , leur furface interieure
couverte d'une petite
croute d'une matiere vifqueuſe
; on remarque mefme
que ceux , dans lesquels
paffent certaines eaux , ont
une croute pierreuſe . Il eſt
de plus certain que les liqueurs
, qui coulent dans
ces canaux , pouffent leurs
parois de tous coltés , ou ,
ce qui eft la mefme choſe ,
qu'elles pouffent les petites
parties pierreufes & vifqueufes
des croutes.dont
nous venons de parler con
62 MERCURE
1
tre les parois; de forte que fr
ces canaux eftoient percés
comme des cribles , d'une
infinité de petits trous de
figure propre à donner feulement
paffage à ces petits
corps vifqueux & pierreux;") ;
ils s'échaperoient
des ca
naux, & iroient fe placer fur
leur ſurface exterieure
, oup
ils formeroient
la meſme
croute que l'on voit fur leur
furface interieure
, avec
畲
cette feule difference , que
cette croute pourroit deve
nir beaucoup plus folide &
mefme plus épaiffe , eftant
GALANTA 63.
moins exposée au frotter
ment de la liqueur que cel
le qui le forme dans l'inter
rieur du tuyau .
2
L'accroitlement des Coquilles
eft l'ouvrage d'une
femblable Mechanique ; la
furface exterieure de la por
tion du corps de l'animal
qui s'est trop eftenduë pour !
eſtre couverte par l'ancien
ne Coquille , eft remplic
d'un nombre prodigieux de
canaux dans lefquels circu
lent les liqueurs neceffaires
à la nutricion de l'animal;
beaucoup de petites par
61 MERCURE
ties de matiere vifqueuſe &
pierreuſe font meflées parmy
ces liqueurs,mais comme
ces petites parties font
moins fluides que celles qui
compofent les liqueurs
avec lesquelles elles coulent
, elles fe trouvent les
plus proches des parties de
ces vaiffeaux , qui eſtanp
remplis d'une infinité de
pores du cofté de la furface
exterieure du corps de l'a
nimal , propres à leur donner
paffage . Ces petites parties
de matiere pierreuſes
& vifqueufes s'échapent ai
sément
GALANT. 65
sément des canaux qui les
contenoient , car elles font
continuellement pouffées
contre leur parois par la li
queur qui les remplit , &
vont fe placer contre la furface
exterieure de ces ca
naux, ou p ouplaſtoſt ſur tolites
celles du corps de l'animal ,
qui n'eft point couverte par
la Coquille , où elles arri
vent avec d'autant plus de
facilité , que tous les pores
leur donnent une libre for
tie, au lieu que pluſieurs de
ces pores peuvengeſtre bout
chés fur le reste du corps
Fevrier 1711.
F
66 MERCURE
par la Coquille dont il eſt
revetu . Les petites parties
fufdites eftant arrivées à la
derniere furface du corps
de l'animal , s'attachent aisément
les unes aux autres,
& à l'extremité de la Coquille
, fur tout lorfque ce
qu'il y avoit de plus fubtil
parmy elles s'eft évaporé
& alors elles compofent
toutes enſemble sun petit
corps ſolide qui eft la
pre
miere couche du nouveau
morceau de Coquille.
D'autres petites parties de
matiere femblable à celle
GALANT 67
de la premiere couche
dont la liqueur qui circule
dans les vaiffeaux fournit
abondemment
, s'échappe
de ces vailleaux par la mefme
Mechanique , car on he
doit pas craindre que la
premiere couche ait bouché
tous les pores , & elles
forment une feconde couche
decoquille ; il s'en forme
de la meſme maniere
une troifiéme , & ainſi dẹ
fuite , jufqu'à ce que la
nouvelle coquille ait une
certaine épaiffeur , r
ordinairement beaucoup
2
mais
Fij
68 MERCURE
2
moindre que celle de l'ancienne
, lorfque l'accroiflement
de l'animal donne
l'origine à un autre nouveau
morceau de coquille .
C'eft aux experiences
) que taux
je vais rapporter à faire
voir fijay veritablement
décrit la maniere dont la
nature agit.
M. de
Reaumur prou
ve ce qu'il a avancé par
des experiences
qu'il feroit
trop long de rapporter
icy , en voici feulement
une.
1
GALANT. 69.
J'ay caffe plufieurs CoquillesdeLimaçon
de deux
manieres differentes . Premierement
j'ay fait un alfez
grandtrou aux deux extremitez
de la Coquille ,
c'eſt- à- dire entre la pointe
& fon ouverture ; aprés
quoy j'ay fair couler par
ce trou entre le Limaçon
& fa Coquille un morceau
de Canepin , c'eft avec cet ,
te peau qu'on fait les Gands
qu'on nommé Gands de Poule
. Cette peau eftoit trésmince
mais d'une tiffure
trés-ferrée , j'ay colé cette
70 MERCURE
peau
à la furface interieure
de la Coquille , de maniere
qu'elle bouchoit affez exa
&tement le trou que je luy
avois fait , c'eſt-à-dire que
je l'ay colée entre la Coquille
& le corps de l'ani-.
mal, Or il eft évident que
fi la Coquille ne fe formoit
pas d'une liqueur qui fort
immediatement du corps
de l'animal , mais de celle
qui palle au travers de la
Coquille , il auroit dû ſe
former un morceau de coquille
fur la partie exterieure
de la peau de Gand,
GALANT. 71
& qu'il n'eftoit pas poffi
ble qu'il s'en formaſt entre
le corps de l'animal & certe
peau . Le contraire eft ce
pendant tousjours arrivé ;
le cofté de la peau qui touchoit
le corps de l'animal
s'eft couvert de coquilles
& il ne s'est rien formé fur
la furface exterieure , &c .
* C'est une fuite neceſſaire
de la maniere dont nous
venons de voir que les coquilles
de Limaçons croif
fent qu'elles ne deviennent
plus grandes que par l'aug
mentation du nombre de
72 MERCURE
leurs tours de fpirale , &
que la largeur de chaque
tour de la coquille formée
refte tousjours la meſme ;
c'eft auffi une verité de la.
quelle il eft aisé de fe convaincre
, & filon. reduit la
a
çoquille d'un Limaçon qui
eft parvenue à fon dernier
degré d'accroiffement au
mefme nombre de tours
que celle d'un petit Limaçon
de la mefme efpece
ces deux coquilles paroiffent
alors de mefme grandeur
. J'ay comparé plufieurs
fois des coquilles de
Limaçons
GALANT. 7
Limaçons qui ne faifoient
qu'éclorre , ou mefme que
j'avois tirées de leurs oeufs
avant qu'ils fuffent éclos ,
avec d'autres Coquilles des
plus gros Limaçons de la
mefme efpece , aufquels je
ne, laiffois que le mefme
nombre de tours de fpirale
qu'avoient ces petites Coquilles
, & alors elles paroiffoient
égales. Au reſte
le nombre de ces tours augmente
confiderablement la
grandeur de la Coquille
des Limaçons , & un tour
plus ou moins fait une
Fevrier 1711 .
G
74 MERCURE
grande difference , car le
diametre de chaque tour
de fpirale , ou la plus gran
de largeur eft à peu près
double de celuy qui l'a
précedé , & la moitié de
celuy qui la fuit . Tout ce
que nous avons dit jufqu'icy
de l'accroiffement
des Coquilles nous exempte
d'entrer dans le détail
de leur formation ; car
on conçoit aisément que
lorfque le corps d'un petit
Embrion qui doit un
jour remplir une groffeCoquille
, cft par parvenu 2 un
GALANT. 75
certain état dans lequel les
diverſes peaux qui l'enveloppent
ont affez de confiftance
pour laiffer efchapleurs
per par pores la foule
liqueur propre à former la
Coquille , on conçoit , disje
, que cette liqueur va fe
placer fur ces peaux ,qu'elle
s'y épaiffit , s'y fige , & y
commence la formation
de la Coquille de la mefme
maniere qu'elle continuë
fon accroiffement . Les Limaçons
ne fortent point de
leurs oeufs fans eft re revefrus
de cette Coquille , qui
Gij
76 MERCURE
1
>
a alors un tour de fpire &
un peu plus...
Il me reste à éclaircir
deux difficultez qui pourroient
paroiftre confiderables
. La premiere naift naturellement
des experiences
que j'ay ranportées,
Voicy en quoy lle confif
te . Le nouveau morceau de
Coquille qui fe forme pour
boucher le trou qu'on a
fait à la coquille du Limaçon
, eft ordinairement de
couleur blanchaftre , & par
confequent tres- different
de celle du refte de la coGALANT
. 77
quille d'où il femble qu'il
doit eftre d'une differente
tiffure , & on en pourroit
conclure avec quelque apparence
qu'il n'eft pas formé
de la mefme maniere
que le reſte de la coquille ;
ainfi les experiences précedentes
ne decideroient rien
pour leur accroiffement or
dinaire, Pour répondre à
cette objection , il eft ne
ceffaire d'expliquer d'où
naift la reguliere varieté
des couleurs de certainos
coquilles . Les mefmes experiences
qui en fourniront
Giij
+8 MERCURE
la caufe , ferviront à diffiper
entierement cette difficulté
....
Il ne paroift qu'une feule
maniere vray-femblable de
rendre raifon de la varieté
de ces couleurs dans le fif
tefme que nous avons eftabli
de l'accroiffement des
Coquilles par Juxtaposition :
car ayant regardé la peau
de l'animal comme une ef
pece de crible , qui donne
paffage aux particules qui
fervent à former laCoquille
; il eft clair que , fi l'on
conçoit que cette peau eft
GALANT . 72
differemmentpercée en divers
endroits , ou , ce qui
revient au meſme , qu'elle
eſt composée de differents
cribles , dont les uns ! laiffent
paffer des petites parties
differentes en figure
op d'une nature differente
de celles qui paffent par les
autres , & ferment le paffage
à celles cy : il arrivera
que ces petites parties de figure
ou de nature differente
, feront propres à former
corps qui reflechiront
differemment la lumiere ,
c'est-à-dire , qu'elles fordes
G iiij
30 MERCURE
meront des morceaux de
Coqui le de diverfes couleurs...
M. de Reaumur explique
enfuite la varieté
de ces couleurs , par la
varieté des trous des cribles
par où paffent ces
petites parties propres à
reflechir differemment.
la lumiere. Il explique
enfin par les formes &
par les mouvements differents
de l'animal , les
figures , canelures , gra-
X
GALANT. 81
vûres , &c. qui font admirer
les Coquilles les
plus rares. En un mot il
nous fait voir auffi clairement
la mechanique
de ces petits chef- d'oeuvres
de ſculpture & de
peinture , que fi la nature
les travailloit à nos
yeux avec le pinceau du
Peintre , & le cifeau du
Sculpteur.
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Résumé : EXTRAIT d'un Discours, prononcé à l'Academie Royale des Sciences par M. de Reaumur, sur la formation & l'accroissement des coquilles des animaux, tant terrestres qu'aquatiques, soit de mer, soit de riviere.
En février 1711, M. de Reaumur a présenté un discours à l'Académie Royale des Sciences sur la formation et l'accroissement des coquilles des animaux terrestres et aquatiques. Il a souligné que, jusqu'alors, les hommes s'étaient contentés de collectionner les coquilles les plus rares sans chercher à comprendre les causes de la variété de leurs couleurs. Reaumur a donc étudié la nature pour expliquer ces phénomènes. Dans son discours, Reaumur a distingué deux types de croissance des coquilles : par végétation (ou intussusception) et par juxtaposition. La croissance par végétation implique que les petites parties de matière se préparent à l'intérieur du corps avant de s'y ajouter, comme la sève dans les plantes ou le sang dans les animaux. La croissance par juxtaposition se produit lorsque les parties s'ajoutent sans préparation préalable, comme dans les cristallisations ou les fels. Reaumur a choisi d'étudier les limaçons de terre pour leurs observations, car ils sont plus faciles à observer. Il a expliqué que lorsque l'animal grandit, la coquille ne peut plus le couvrir entièrement, laissant une partie de son corps nue. Cette partie nue est toujours proche de l'ouverture de la coquille. Les animaux à coquilles spiralées, comme les limaçons, ne peuvent s'étendre que du côté de la tête, tandis que ceux à coquilles en deux parties, comme les moules, peuvent s'étendre dans tout leur contour. L'accroissement des coquilles est dû à une mécanique similaire à celle des canaux conduisant l'eau. Les petites parties de matière, moins fluides, se déplacent vers les parois des canaux et s'y attachent, formant une croûte. De même, chez les animaux, les liquides circulent dans des canaux et déposent des particules qui forment la nouvelle coquille. Reaumur a mené des expériences pour prouver ses observations, comme celle où il a inséré une peau de canepin dans une coquille de limaçon pour observer la formation de la nouvelle coquille. Il a également noté que les coquilles des limaçons augmentent en taille par l'ajout de tours de spirale, mais que la largeur de chaque tour reste constante. Pour expliquer la variété des couleurs des coquilles, Reaumur a proposé que la peau de l'animal agit comme un crible qui laisse passer des particules formant la coquille. Si cette peau est percée différemment en divers endroits ou composée de différents cribles, les particules passant à travers ces cribles auront des formes ou des natures différentes. Ces particules formeront des corps réfléchissant la lumière de manière différente, créant ainsi des morceaux de coquille de diverses couleurs. Reaumur a également attribué les figures, canelures, gravures et autres caractéristiques des coquilles les plus rares aux formes et mouvements différents de l'animal. Il a conclu que ses observations et expériences confirment sa théorie sur l'accroissement des coquilles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2844
p. 82-120
ARTICLE des Morts & des Mariages, où l'on trouvera plusieurs remarques historiques.
Début :
Ferdinand Obizzi, Marquis du Saint Empire, Chambellan & Conseiller d'Etat [...]
Mots clefs :
Saintes, Mirandole, Roi, Ville de Grasse, Ville de Pas
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texteReconnaissance textuelle : ARTICLE des Morts & des Mariages, où l'on trouvera plusieurs remarques historiques.
ARTICLE
desMorts & desMa
riages , où l'on trou
vera plufieurs remar
ques biftoriques.
Ferdinand
Obizzi
Marquis
du Saint Empire
Chambellan
& Confeiller
d'Etat , Maréchal General
de Camp , Sur-Intendant
General des Ordonnances
de fa M. I. & cy- devant
Colonel & Commandant
à
Vienne
, eft mort en cette
Ville le 12. Decembre
GALANT. 83
1710. âgé de 70. ans , dont
il en avoit paffé so . au fervice
de la Maiſon d'Autriche
; ſon corps a eſté tranſporté
dans le tombeau de
ces Anceftres.Il avoit épousé
en premieres nôces Marie-
Thereſe Palfi , veuve
d'Augufte
Comte de Sin,
zendolfe
; & en fecondes
;
Anne Marie Elizabeth
Comteffe de Rathmansdorf.
II prit enfuite une
troifiéme alliance avecMarie
Claire - Apolline Comteſſe
de Staremberg
, veuve
de François LeopoldComte
84 MERCURE
臭
de Sclavata , defquelles if
n'a point eu d'Enfants . Ce
fut luy qui enleva en 1674.
le Cardinal Furftemberg.
La Marquife d'Obizzi
fa mere nous a donné
un ſecond exemple de
ces chaftetez à l'épreuve
du poignard dont Lucrece
nous fournit jadis
le premier exemple ; cela
nous fait voir qu'il nous
en viendra peut-eftre un
troifiéme dans quelques
fiécles d'icy , & que la
GALANT : 85
chafteté n'eſt pas ſi rare
qu'on
croit.
Un Gentilhomme de
Padoue fort amoureux
de cette Marquife , qui
eftoit jeune & belle
trouva le moyen d'entrer
dans fa chambrependant
qu'elle dormoit encore
au lit ; fon fils unique
âgé de cinq ans y eftoit
avec elle , mais le Gentilhomme
le transporta
dans une chambre voifine,
afin qu'il nevift pas
86 MERCURE
ce qui fe pafferoit , &
revint enfuite dans la
chambre de laMarquiſe
.
Il fe fervit d'abord des
voyes de douceur & de
perfuafion , avant que
d'en venir auxactions de
violence , & n'ayant pû
rien obtenir ni d'une façon
, ni d'autre fon
amour degenera en fureur
, & fa rage le porta
à un tel point , qu'il poignarda
cette vertueufe
Dame.
GALANT. 87.
La chofe ayant éclatté
, on arreſta le Gentilhomme
fur les foupçons
qu'on cuft contre luy.
On fçavoit qu'il avoiteu
de l'attachement pour la
Marquiſe ; l'Enfant dit
quelque chofe , des voi
fins rapporterent qu'on
avoit vû ce Gentilhomme
dans le quartier ; &
l'on trouva fur le Lit un
bouton de manchette
tout femblable à un autre
bouton , qu'il avoit
88 MERCURE
encore : Tout cela donna
de grands indices
contre lui , on l'appliqua
diverfes fois à la
queftion ordinaire &
extraordinaire , mais il
nia toûjours le fait ; enfin
aprés 15. ans de Prifon
fes amis firent fi
bien qu'ils le fauverent ,
mais quelque tems aprés
le jeune Marquis.
d'Obizzi qui eft ce mef
me Enfant dont j'ay
parlé , luy donna un
coup
GALANT. 89
coup de Pistolet dans
la tefte & vangea ainſi
la mort de fa mere.
VOICI L'EPITAPHE
Latine qu'on a miſe .
1 fur fon Tombeau.
victi
Venerare pudicitia
fimulacrum
mam,lucretiam de Dondis
ab horrologio Pranca
de ObizZonibus , Or
ciani Marchionis uxorem.
Hac inter noctis t
Fevrier
1711..
P
90 MERCURE
nebras , maritales afferent
tades , furiales recentis
Tarquini faces ,
cafto cruore extinxit . Sicque
Romanam Lucretiam
intemerati - tori
gloria vincit. Tanta fua
heroine generofis Manibus
hanc dicavit aram
civitas Patavina.
François Marie Pico ,
Prince de la Mirandole &
de Concordia , accablé de
douleur de fe voir dépouillé
de fon Patrimoine par
GALANT DI
l'Empereur , eft mort à Bologne
en Italie le mois de
Decembre 1710. Il eftoit né
le 50. Septembre 1688. fils
unique de François Pico ,
Prince de la Mirandole ,
mort le 19. Avril 1689. &
d'Anne Camille Borgheze
fille du Prince de Sulmone
Mirandola , ou Mirandole
, eft une petite
Ville d'Italie , à cinq
lieu de Mantoue avec
titre de Duché dont
la Maifon des Pies eft
en poffeffion depuis
*
Hij
92 MERGURE
l'an 1300. Cette Souveraineté
qui ne contient
pas plus de 6000 , hommes
, rapporte environ
quatre vingt-mille ducats.
La Ville de Mi-
1
randole , a une Collegiale
tres - confiderable
& foumife à l'Evefque
de Modene ; Le Palais
du Dúc , eft bien meu
blé & rempli de Peintures
exquifes de l'Ecole
de Fologne. Cette
Ville qui eft fituée en
GALANT . 93
tre le Ferrarois , le Modenois
& le Mantouan,
eft reveſtuë de ſept Baftions
Royaux , avec
un fort Chateau outre
-le fort de la Rocca ,
& enceinte d'un large
& profond Foffe remply
d'eau , & qu'on ne
peut mettre à fec.
X
La nuit du 19. au 20 .
du Mois d'Avril 1795 .
Mr de Lapara fit ouvrir
la tranchée devant
Mirandole , où Mr del
94 MERCURE
Coningfexcommanaoit
elle fe rendit le Mois
fuivant , & le Baron
d Irtrik en apporta
au
Roy la Capitulation
qui fut fignée le 1.
May. La Garniſon fut
faite prifonniere deGuer
re , & l'on trouva dans
la Place so . picces de
Canon avec quelques
Mortiers. Plus de 350.
Officiers ou Soldats fe
deguiferent en Paifans
pour éviter d'eftre fait
GALANT .
25
Prifonniers. On Y mit
Garniſon Françoiſe , &
Eſpagnole , & le Duc
Jean de la Mirandole
qui eftoit au fervice
des deux Couronnes
fut remis en poffeffion
de fon Duché dont les
Imperiaux l'avoient depouillé
. Jean , & Jean
Francois Pics Princes
de la Mirandole, fe font
rendus plus illuftres
dans la Republique des
lettres que par leur rang
96 MERCURE
& leurs exploits 5 & le
plus grand adverfaire
qu'ait jamais eu l'Af
trologue Siennois a efté
le fçavant Jean Pic de
de la Mirandole
; cependant
il ne paffa pas
la 33. année de ſon âge,
comme le luy avoit predit
Lucius Bollentius
La conjecture de cet
Aftrologue eftoit fondée
fur la complexion
bilieufe de ce Prince.
Meffire François Verjus
Evêque ar
GALANT 97
Evefque de Graffe & Abbé
de Barbery eft mort le
mois de Janvier 1711 .
REMARQUES.
Graffe eft une Ville
Epifcopale de la Hautte
Provence , fituée fur une
colline : Son Eveſché.
eft fuffragant de l'Archevefché
d'Ambrun :
Sa Cathedrale,eft dediće
àla Vierge, & fon Chapitre
compoſé d'un Archidiacre
, d'un Sacrif-
Février 1711. I
28. MERCURE
tin d'un Capifcol
,
d'un Archipreftre
, d'un,
Theologal & de fix
Chanoines
: Il y a outre
cette Cathedrale , plu
fieurs Paroiffes avec di
verfes Maifons Reli-.
gicufes. La Prevofté qui
eftoit la premiere dignité
du Chapitre , a cſté
reumie à l'Evefché depuis
environ 30. années
.
Cette ville eft fituée .
dans un Terroir le plus
IBLIOT
LYON
DE
เกาะ
ALLE
GALANT.
agreable du monde tant
par fa fertilité que par
la beauté du payfage .
Son Evefché fut d'abord
eftabli à Antibe ,
mais le mauvais air &
les courfes continuelles
des Pirates ,
obligerent
Bertrand II. fon Evef
que , de transferer fon
Siege à Graffe vers l'an
cette tranflation
1250 .
fut
confirmée par les
Papes Innocent
IV. &
Gregoire X. Il n'y a
I ij
100 MERCURE
qu'une Abbaye dans ce
Diccefe , où l'on compte
feulement 22. Paroiffes.
Quelques Hiftoriens
veulent que Graflus
Conful Romain ait
donné , on nom à Graffe
, mais ce fentiment
n'eft pas general; Quoyqu'il
en foit les Latins
la nomment Gr.nnių r.
Meffire Alexandre de
Chevriere de faint Mau .
ris , Docteur de Sorbonne
& Evefque de Saintes
GALANT . 101
eft morr le mois de Jan
vier 71. Il avoit eſté
Chanoine
Macon . Il
& Doyen de
toit frere de
Claude Jofeph de Chevriere
Comte de S. Mauris
en Maçonnois , & Seigneur
du Til & de Salagny,
du Commandeur de
faint Mauris Treforier de
l'Ordre deMalthe, àLyon ,
& de l'Abbé de S. Mauris
Chanoine , & Treforier
de l'Eglife Noble de
S. Pierre de Macon aprés
fon frere. Honoré de Chevriere
leur Pere , Comte
I iij
101 MERCURE
de S. Mauris , qui avoit
époufé en 1604. Claudine
Damas du Breuil, Branche
de l'illuftre Maifon de
Damas - Thiange , eftoit
neveu de Francois de Chevriere
defaint Mauris Seigneur
de S. Salagni , qui
fut le premier pourveu de
la charge de Juge Géné
ral des Armes & des Blafons
de France , lorfqu'elle
fut créé en 1614. & ce
fut aprés fa mort arrivée
l'an 1641. que le celebre
Pierre d'Hofier y fucceda
la mefme année .
GALANT. 103
Venons prefentement
aux particularitez
de la
Ville de Saintes .
REMARQUES
.
Saintes ou Xaintes
,
eft la ville Capitale de
Saintonge
; les Latins la
nomment
Mediolanum
Santonum ou Vrbs
a
Santoria. Elle eft à 4 .
lieux de Coignac , à 7.
de Brouages , à 11. de
la Rochelle , & à vingt
de Bordeaux , & fitué
fur la Riviere de Charente
, dans un Terroir
104 MERCURE
fi charmant que les
Romains l'avoient choi- >
fie pour y faire leur fe
jour. C'eſt ce qui fait
qu'on y voit plufieurs
antiquitez , fur- tout un
Amphitheatre long de
80.pas communs & large
de 45. Le Parterre qui
fervoit à reprefenter les
jeux & les combats :
eft prefentement
un
champs qu'on laboure ;
& toutes les autres qui
fouftenoient les bancs
GALANT. 105
L
& les fieges font encore
en bon eſtat quoy qu'el
lesne foient faites que de
petites pierres ainſi que
l'Amphitheatre.
Ce qu'on y remarque
de plus curieux eft
une Fontaine qui fortant
d'un rocher audeffous
d'une de ces voutes
, va fe perdre dans
une prairie qu'on reconnoift
avoir efté fermée
de murailles. Il y
a grande apparence que
106 MERCURE
ce lieu eſtant rempli des
eaux de cette Fontaine
on y
faifoit des Naumachies
; il y paroift
naturellement difpofé ,
à caufe qu'il fait une
petite vallée bordée de
rochers , dont l'entrée
eft occupée par l'Amphitheatre.
On voit prés
de ce lieu dans un grand
Fauxbourg , l'Abbaye
de fainte Eutrope ; dont
le clocher eft bafti de '
petites pierres , & la nef
GALANT. 107
faite d'une facon particuliere
; les Reliques de
faint Eutrope font renfermées
fous le maiftre
Autel. Ce Fauxbourg
qui eft au pied du Chafteau
de Saintes, eft elévé
fur un rocher qui le
rend imprenable de ce
cofte- la . Le pont de cette
Ville a efté baſtie
par les Romains ; on
voit à fon entrée une
haute tour & plus avant
un Arc de triomphe fait
108 MERCURE
de deux portiques ; on
y lit ces paroles écrites
en groffes Lettres CASARI
NEP. D. JULII
PONTIFICI AUGURIS.
On voit fur le revers
quelques lettres à demi
effacés. Les pierres dont
eft fait l'Arc de triomphe
font fort groffes
& pofez feulement les
unes fur les autres , fans
mortier, qui eftoit la maniere
de baftir chez les
Romains . Le pont fert
GALANT. 109
à paffer de la ville au
Fauxbourg des Dames ,
ainfi appellé d'une Abbaye
de ce nom , où les
Religieufes font d'un
rang diftingué. On remarque
valléans
une
petite
vallée à main gauche
de cette Abbaye , les
reftes d'un ancien Aqueduc
des Romains , L'Eglife
Epifcopale de cette
ville , eft ded ée à S.
Pierre ; c'eft un Chapitre
compofé d'un
110 MERCURE
.
1
Doyen , d'un Archidiacre
& de 24. Chanoines
. Cette Eglife que
Charlemagne
avoit fait
baftir a esté fort endommagée
en fon toit
& en fes voutes par les
Religionnaires
. Sa tour,
l'une des plus groffes
du Royaume
eft demeurée
dans fon entier ;
on y remarque
deux
degrez : L'ancien qui
eft à main droite en entrant
eft merveilleux
1
GALANT. III
dans fon Architecture ,
mais il ne va que jufqu'à
la voute de l'Eglife
; L'autre a 246. marches
& quand on eft en
haut , on peut voir toute
l'eftenduë de la ville ,
qui n'eft pas grande. On
remarque de la quelle
eft adoffée fur une coline
, fur laquelle on à
baſti une Citadelle , qui
ne paroift plus que par
la ruine de quelques
Baſtions. Au pied de
112 MERCURE
cette colline tou eft aujourd'huy
le convent
des Auguſtins , on avoit
autre fois bafti une autre
Citadelle , dont il
refte encore au milieu
le chaft au du Roy ,
qui fervoit ancienncment
demeure aux comtes
de faintes . On voit
fur le haut , le grand
Arfenal , ou l'on fait
plufieurs canons de fonte
le cofé de la muraille
de la ville qui eſt
proche
GALANT . 113
proche cet Arſenal
paroift avoir efté baſti
du temps des Romains ;
On le juge par des colomnes
prefque toutes
entieres qu'on y voit
encore , par des pieces
de marbres ,
&
par
quelque parties de figures
maçonnées avec cette
muraille ancienne , à la
qu'elle on a ajouté par
derriere de belles Fortifications
afin de rendre
ce cofté de la ville où
Février 1711. K
114 MERCURE
11
eftoit la Citadelle le
plus difficile à attaquer.
Antoine du Pas Marquis
de Feuquieres , Lieutenant
General des Armées
du Roy & Gouver
neur de Verdun mourut
le 27. Janvier 1711. âgé
de 61. an , laiffant pofterité
de Marie Magdelaine
Therefe Genevieve
Monchi fille de George &
de Monchi Marquis d'Hoquincourt
, Chevalier des
Ordres du Roy, & de Maric
Molé.
de
GALANT. IT'S
+
REMARQUES .
Monfieur de Feuquieres
tire l'Origine de fon illuftre
nom de la Ville de Pas en
Artois , fituée fur la riviere
d'Ori dans la Comté de
faint Pol.
En 13-0 . Jean de Pas
Seigneur de Martinfart ſe
rendit celebre fous le nom
de jeune Feuquieres ; il fit
une fin femblable à celle
d'Epaminondas
? car fe
voyant bleffé à mort , il ſe
fit porter fur un Brancard
pour reconnoistre la ville
Kij
116 MERCURE
de la Charité fur Loire ,
qu'il affiegeoit comme
Maréchal de camp du
Prince Palatin Cafimir Duc
de Deux - ponts ; & employa
les derniers moinens
de fa vie à faire emporter
cette ville d'affaut. Il
y mourut avec la gloire
d'avoir fauvé l'Armée de
fon parti , qui eftoit pourfuivie
par celle de fes En .
$
(
nemis beaucoup plus puif.
fante , & à qui cette vil'e
fervoit de pallage pour alles
joindre le Roy de Navarre
.
GALANT. N7
Voicy la Lettre que
Mr de Feuquieres à écrire
au Roy dans les derniers
momens de fa vie,
SIRE ,
Aprés avoir mis entre les
mains de Dieu ma vie que je
vais luy rendre , il ne me refte
plus rien à faire avant de la
quitter , que de me jetter aux
pieds de voſtre Majefté. Si je
croyois avoir encore plus de: 4.
heures à paffer en ce monde
je n'oferois pas prendre la liberté
que je prends. Je feay
que j'ay déplû à V M. &
118 MERCURE
quoyque je ne fache pas en
quoi,je ne m'en crois pas moins
coupable .Fefpere SIRE¸que
Dieu me pardonnera
, parceque
jefens en moy un repentir
fincere. Vous eftes l'image de
Dieu, &jofe vousfupplier de
pardonner du moins à mon
fils les fautes queje voudrois
avoir expicés de mon fang.
Ce font elles , SIRE , qui
ont donné à V. M. de l'éloignement
pour moy , & qui
font caufe que je meurs dans
mon lit , au lieu que je devrois.
facrifier à vostre fervice les
derniers momens de ma vie
GALANT. 119
les dernieres goutes de mon
fang. Comme je l'ay toûjours
fouhaité , SIRE , au nom
du Roy des Rois devant qui
je vais paroifire , daignez jetter
des yeux de compaffionfur
un fils unique que je laiffe en
ce monde fans appuy & fans
bien. Il eft innocent de mes
malheurs , & forti d'un fang
qui a toujours bien fervi V
M. Je prends confiance en la
bonté de vostre coeur , & aprés
vous avoir demandé encore
une fois pardon , je vais me
remettre entre les mains de
Dieu à qui je demande pour
120 MERCURE
Voftre Majefté toutes les profperités
que meritent vos vertus.
desMorts & desMa
riages , où l'on trou
vera plufieurs remar
ques biftoriques.
Ferdinand
Obizzi
Marquis
du Saint Empire
Chambellan
& Confeiller
d'Etat , Maréchal General
de Camp , Sur-Intendant
General des Ordonnances
de fa M. I. & cy- devant
Colonel & Commandant
à
Vienne
, eft mort en cette
Ville le 12. Decembre
GALANT. 83
1710. âgé de 70. ans , dont
il en avoit paffé so . au fervice
de la Maiſon d'Autriche
; ſon corps a eſté tranſporté
dans le tombeau de
ces Anceftres.Il avoit épousé
en premieres nôces Marie-
Thereſe Palfi , veuve
d'Augufte
Comte de Sin,
zendolfe
; & en fecondes
;
Anne Marie Elizabeth
Comteffe de Rathmansdorf.
II prit enfuite une
troifiéme alliance avecMarie
Claire - Apolline Comteſſe
de Staremberg
, veuve
de François LeopoldComte
84 MERCURE
臭
de Sclavata , defquelles if
n'a point eu d'Enfants . Ce
fut luy qui enleva en 1674.
le Cardinal Furftemberg.
La Marquife d'Obizzi
fa mere nous a donné
un ſecond exemple de
ces chaftetez à l'épreuve
du poignard dont Lucrece
nous fournit jadis
le premier exemple ; cela
nous fait voir qu'il nous
en viendra peut-eftre un
troifiéme dans quelques
fiécles d'icy , & que la
GALANT : 85
chafteté n'eſt pas ſi rare
qu'on
croit.
Un Gentilhomme de
Padoue fort amoureux
de cette Marquife , qui
eftoit jeune & belle
trouva le moyen d'entrer
dans fa chambrependant
qu'elle dormoit encore
au lit ; fon fils unique
âgé de cinq ans y eftoit
avec elle , mais le Gentilhomme
le transporta
dans une chambre voifine,
afin qu'il nevift pas
86 MERCURE
ce qui fe pafferoit , &
revint enfuite dans la
chambre de laMarquiſe
.
Il fe fervit d'abord des
voyes de douceur & de
perfuafion , avant que
d'en venir auxactions de
violence , & n'ayant pû
rien obtenir ni d'une façon
, ni d'autre fon
amour degenera en fureur
, & fa rage le porta
à un tel point , qu'il poignarda
cette vertueufe
Dame.
GALANT. 87.
La chofe ayant éclatté
, on arreſta le Gentilhomme
fur les foupçons
qu'on cuft contre luy.
On fçavoit qu'il avoiteu
de l'attachement pour la
Marquiſe ; l'Enfant dit
quelque chofe , des voi
fins rapporterent qu'on
avoit vû ce Gentilhomme
dans le quartier ; &
l'on trouva fur le Lit un
bouton de manchette
tout femblable à un autre
bouton , qu'il avoit
88 MERCURE
encore : Tout cela donna
de grands indices
contre lui , on l'appliqua
diverfes fois à la
queftion ordinaire &
extraordinaire , mais il
nia toûjours le fait ; enfin
aprés 15. ans de Prifon
fes amis firent fi
bien qu'ils le fauverent ,
mais quelque tems aprés
le jeune Marquis.
d'Obizzi qui eft ce mef
me Enfant dont j'ay
parlé , luy donna un
coup
GALANT. 89
coup de Pistolet dans
la tefte & vangea ainſi
la mort de fa mere.
VOICI L'EPITAPHE
Latine qu'on a miſe .
1 fur fon Tombeau.
victi
Venerare pudicitia
fimulacrum
mam,lucretiam de Dondis
ab horrologio Pranca
de ObizZonibus , Or
ciani Marchionis uxorem.
Hac inter noctis t
Fevrier
1711..
P
90 MERCURE
nebras , maritales afferent
tades , furiales recentis
Tarquini faces ,
cafto cruore extinxit . Sicque
Romanam Lucretiam
intemerati - tori
gloria vincit. Tanta fua
heroine generofis Manibus
hanc dicavit aram
civitas Patavina.
François Marie Pico ,
Prince de la Mirandole &
de Concordia , accablé de
douleur de fe voir dépouillé
de fon Patrimoine par
GALANT DI
l'Empereur , eft mort à Bologne
en Italie le mois de
Decembre 1710. Il eftoit né
le 50. Septembre 1688. fils
unique de François Pico ,
Prince de la Mirandole ,
mort le 19. Avril 1689. &
d'Anne Camille Borgheze
fille du Prince de Sulmone
Mirandola , ou Mirandole
, eft une petite
Ville d'Italie , à cinq
lieu de Mantoue avec
titre de Duché dont
la Maifon des Pies eft
en poffeffion depuis
*
Hij
92 MERGURE
l'an 1300. Cette Souveraineté
qui ne contient
pas plus de 6000 , hommes
, rapporte environ
quatre vingt-mille ducats.
La Ville de Mi-
1
randole , a une Collegiale
tres - confiderable
& foumife à l'Evefque
de Modene ; Le Palais
du Dúc , eft bien meu
blé & rempli de Peintures
exquifes de l'Ecole
de Fologne. Cette
Ville qui eft fituée en
GALANT . 93
tre le Ferrarois , le Modenois
& le Mantouan,
eft reveſtuë de ſept Baftions
Royaux , avec
un fort Chateau outre
-le fort de la Rocca ,
& enceinte d'un large
& profond Foffe remply
d'eau , & qu'on ne
peut mettre à fec.
X
La nuit du 19. au 20 .
du Mois d'Avril 1795 .
Mr de Lapara fit ouvrir
la tranchée devant
Mirandole , où Mr del
94 MERCURE
Coningfexcommanaoit
elle fe rendit le Mois
fuivant , & le Baron
d Irtrik en apporta
au
Roy la Capitulation
qui fut fignée le 1.
May. La Garniſon fut
faite prifonniere deGuer
re , & l'on trouva dans
la Place so . picces de
Canon avec quelques
Mortiers. Plus de 350.
Officiers ou Soldats fe
deguiferent en Paifans
pour éviter d'eftre fait
GALANT .
25
Prifonniers. On Y mit
Garniſon Françoiſe , &
Eſpagnole , & le Duc
Jean de la Mirandole
qui eftoit au fervice
des deux Couronnes
fut remis en poffeffion
de fon Duché dont les
Imperiaux l'avoient depouillé
. Jean , & Jean
Francois Pics Princes
de la Mirandole, fe font
rendus plus illuftres
dans la Republique des
lettres que par leur rang
96 MERCURE
& leurs exploits 5 & le
plus grand adverfaire
qu'ait jamais eu l'Af
trologue Siennois a efté
le fçavant Jean Pic de
de la Mirandole
; cependant
il ne paffa pas
la 33. année de ſon âge,
comme le luy avoit predit
Lucius Bollentius
La conjecture de cet
Aftrologue eftoit fondée
fur la complexion
bilieufe de ce Prince.
Meffire François Verjus
Evêque ar
GALANT 97
Evefque de Graffe & Abbé
de Barbery eft mort le
mois de Janvier 1711 .
REMARQUES.
Graffe eft une Ville
Epifcopale de la Hautte
Provence , fituée fur une
colline : Son Eveſché.
eft fuffragant de l'Archevefché
d'Ambrun :
Sa Cathedrale,eft dediće
àla Vierge, & fon Chapitre
compoſé d'un Archidiacre
, d'un Sacrif-
Février 1711. I
28. MERCURE
tin d'un Capifcol
,
d'un Archipreftre
, d'un,
Theologal & de fix
Chanoines
: Il y a outre
cette Cathedrale , plu
fieurs Paroiffes avec di
verfes Maifons Reli-.
gicufes. La Prevofté qui
eftoit la premiere dignité
du Chapitre , a cſté
reumie à l'Evefché depuis
environ 30. années
.
Cette ville eft fituée .
dans un Terroir le plus
IBLIOT
LYON
DE
เกาะ
ALLE
GALANT.
agreable du monde tant
par fa fertilité que par
la beauté du payfage .
Son Evefché fut d'abord
eftabli à Antibe ,
mais le mauvais air &
les courfes continuelles
des Pirates ,
obligerent
Bertrand II. fon Evef
que , de transferer fon
Siege à Graffe vers l'an
cette tranflation
1250 .
fut
confirmée par les
Papes Innocent
IV. &
Gregoire X. Il n'y a
I ij
100 MERCURE
qu'une Abbaye dans ce
Diccefe , où l'on compte
feulement 22. Paroiffes.
Quelques Hiftoriens
veulent que Graflus
Conful Romain ait
donné , on nom à Graffe
, mais ce fentiment
n'eft pas general; Quoyqu'il
en foit les Latins
la nomment Gr.nnių r.
Meffire Alexandre de
Chevriere de faint Mau .
ris , Docteur de Sorbonne
& Evefque de Saintes
GALANT . 101
eft morr le mois de Jan
vier 71. Il avoit eſté
Chanoine
Macon . Il
& Doyen de
toit frere de
Claude Jofeph de Chevriere
Comte de S. Mauris
en Maçonnois , & Seigneur
du Til & de Salagny,
du Commandeur de
faint Mauris Treforier de
l'Ordre deMalthe, àLyon ,
& de l'Abbé de S. Mauris
Chanoine , & Treforier
de l'Eglife Noble de
S. Pierre de Macon aprés
fon frere. Honoré de Chevriere
leur Pere , Comte
I iij
101 MERCURE
de S. Mauris , qui avoit
époufé en 1604. Claudine
Damas du Breuil, Branche
de l'illuftre Maifon de
Damas - Thiange , eftoit
neveu de Francois de Chevriere
defaint Mauris Seigneur
de S. Salagni , qui
fut le premier pourveu de
la charge de Juge Géné
ral des Armes & des Blafons
de France , lorfqu'elle
fut créé en 1614. & ce
fut aprés fa mort arrivée
l'an 1641. que le celebre
Pierre d'Hofier y fucceda
la mefme année .
GALANT. 103
Venons prefentement
aux particularitez
de la
Ville de Saintes .
REMARQUES
.
Saintes ou Xaintes
,
eft la ville Capitale de
Saintonge
; les Latins la
nomment
Mediolanum
Santonum ou Vrbs
a
Santoria. Elle eft à 4 .
lieux de Coignac , à 7.
de Brouages , à 11. de
la Rochelle , & à vingt
de Bordeaux , & fitué
fur la Riviere de Charente
, dans un Terroir
104 MERCURE
fi charmant que les
Romains l'avoient choi- >
fie pour y faire leur fe
jour. C'eſt ce qui fait
qu'on y voit plufieurs
antiquitez , fur- tout un
Amphitheatre long de
80.pas communs & large
de 45. Le Parterre qui
fervoit à reprefenter les
jeux & les combats :
eft prefentement
un
champs qu'on laboure ;
& toutes les autres qui
fouftenoient les bancs
GALANT. 105
L
& les fieges font encore
en bon eſtat quoy qu'el
lesne foient faites que de
petites pierres ainſi que
l'Amphitheatre.
Ce qu'on y remarque
de plus curieux eft
une Fontaine qui fortant
d'un rocher audeffous
d'une de ces voutes
, va fe perdre dans
une prairie qu'on reconnoift
avoir efté fermée
de murailles. Il y
a grande apparence que
106 MERCURE
ce lieu eſtant rempli des
eaux de cette Fontaine
on y
faifoit des Naumachies
; il y paroift
naturellement difpofé ,
à caufe qu'il fait une
petite vallée bordée de
rochers , dont l'entrée
eft occupée par l'Amphitheatre.
On voit prés
de ce lieu dans un grand
Fauxbourg , l'Abbaye
de fainte Eutrope ; dont
le clocher eft bafti de '
petites pierres , & la nef
GALANT. 107
faite d'une facon particuliere
; les Reliques de
faint Eutrope font renfermées
fous le maiftre
Autel. Ce Fauxbourg
qui eft au pied du Chafteau
de Saintes, eft elévé
fur un rocher qui le
rend imprenable de ce
cofte- la . Le pont de cette
Ville a efté baſtie
par les Romains ; on
voit à fon entrée une
haute tour & plus avant
un Arc de triomphe fait
108 MERCURE
de deux portiques ; on
y lit ces paroles écrites
en groffes Lettres CASARI
NEP. D. JULII
PONTIFICI AUGURIS.
On voit fur le revers
quelques lettres à demi
effacés. Les pierres dont
eft fait l'Arc de triomphe
font fort groffes
& pofez feulement les
unes fur les autres , fans
mortier, qui eftoit la maniere
de baftir chez les
Romains . Le pont fert
GALANT. 109
à paffer de la ville au
Fauxbourg des Dames ,
ainfi appellé d'une Abbaye
de ce nom , où les
Religieufes font d'un
rang diftingué. On remarque
valléans
une
petite
vallée à main gauche
de cette Abbaye , les
reftes d'un ancien Aqueduc
des Romains , L'Eglife
Epifcopale de cette
ville , eft ded ée à S.
Pierre ; c'eft un Chapitre
compofé d'un
110 MERCURE
.
1
Doyen , d'un Archidiacre
& de 24. Chanoines
. Cette Eglife que
Charlemagne
avoit fait
baftir a esté fort endommagée
en fon toit
& en fes voutes par les
Religionnaires
. Sa tour,
l'une des plus groffes
du Royaume
eft demeurée
dans fon entier ;
on y remarque
deux
degrez : L'ancien qui
eft à main droite en entrant
eft merveilleux
1
GALANT. III
dans fon Architecture ,
mais il ne va que jufqu'à
la voute de l'Eglife
; L'autre a 246. marches
& quand on eft en
haut , on peut voir toute
l'eftenduë de la ville ,
qui n'eft pas grande. On
remarque de la quelle
eft adoffée fur une coline
, fur laquelle on à
baſti une Citadelle , qui
ne paroift plus que par
la ruine de quelques
Baſtions. Au pied de
112 MERCURE
cette colline tou eft aujourd'huy
le convent
des Auguſtins , on avoit
autre fois bafti une autre
Citadelle , dont il
refte encore au milieu
le chaft au du Roy ,
qui fervoit ancienncment
demeure aux comtes
de faintes . On voit
fur le haut , le grand
Arfenal , ou l'on fait
plufieurs canons de fonte
le cofé de la muraille
de la ville qui eſt
proche
GALANT . 113
proche cet Arſenal
paroift avoir efté baſti
du temps des Romains ;
On le juge par des colomnes
prefque toutes
entieres qu'on y voit
encore , par des pieces
de marbres ,
&
par
quelque parties de figures
maçonnées avec cette
muraille ancienne , à la
qu'elle on a ajouté par
derriere de belles Fortifications
afin de rendre
ce cofté de la ville où
Février 1711. K
114 MERCURE
11
eftoit la Citadelle le
plus difficile à attaquer.
Antoine du Pas Marquis
de Feuquieres , Lieutenant
General des Armées
du Roy & Gouver
neur de Verdun mourut
le 27. Janvier 1711. âgé
de 61. an , laiffant pofterité
de Marie Magdelaine
Therefe Genevieve
Monchi fille de George &
de Monchi Marquis d'Hoquincourt
, Chevalier des
Ordres du Roy, & de Maric
Molé.
de
GALANT. IT'S
+
REMARQUES .
Monfieur de Feuquieres
tire l'Origine de fon illuftre
nom de la Ville de Pas en
Artois , fituée fur la riviere
d'Ori dans la Comté de
faint Pol.
En 13-0 . Jean de Pas
Seigneur de Martinfart ſe
rendit celebre fous le nom
de jeune Feuquieres ; il fit
une fin femblable à celle
d'Epaminondas
? car fe
voyant bleffé à mort , il ſe
fit porter fur un Brancard
pour reconnoistre la ville
Kij
116 MERCURE
de la Charité fur Loire ,
qu'il affiegeoit comme
Maréchal de camp du
Prince Palatin Cafimir Duc
de Deux - ponts ; & employa
les derniers moinens
de fa vie à faire emporter
cette ville d'affaut. Il
y mourut avec la gloire
d'avoir fauvé l'Armée de
fon parti , qui eftoit pourfuivie
par celle de fes En .
$
(
nemis beaucoup plus puif.
fante , & à qui cette vil'e
fervoit de pallage pour alles
joindre le Roy de Navarre
.
GALANT. N7
Voicy la Lettre que
Mr de Feuquieres à écrire
au Roy dans les derniers
momens de fa vie,
SIRE ,
Aprés avoir mis entre les
mains de Dieu ma vie que je
vais luy rendre , il ne me refte
plus rien à faire avant de la
quitter , que de me jetter aux
pieds de voſtre Majefté. Si je
croyois avoir encore plus de: 4.
heures à paffer en ce monde
je n'oferois pas prendre la liberté
que je prends. Je feay
que j'ay déplû à V M. &
118 MERCURE
quoyque je ne fache pas en
quoi,je ne m'en crois pas moins
coupable .Fefpere SIRE¸que
Dieu me pardonnera
, parceque
jefens en moy un repentir
fincere. Vous eftes l'image de
Dieu, &jofe vousfupplier de
pardonner du moins à mon
fils les fautes queje voudrois
avoir expicés de mon fang.
Ce font elles , SIRE , qui
ont donné à V. M. de l'éloignement
pour moy , & qui
font caufe que je meurs dans
mon lit , au lieu que je devrois.
facrifier à vostre fervice les
derniers momens de ma vie
GALANT. 119
les dernieres goutes de mon
fang. Comme je l'ay toûjours
fouhaité , SIRE , au nom
du Roy des Rois devant qui
je vais paroifire , daignez jetter
des yeux de compaffionfur
un fils unique que je laiffe en
ce monde fans appuy & fans
bien. Il eft innocent de mes
malheurs , & forti d'un fang
qui a toujours bien fervi V
M. Je prends confiance en la
bonté de vostre coeur , & aprés
vous avoir demandé encore
une fois pardon , je vais me
remettre entre les mains de
Dieu à qui je demande pour
120 MERCURE
Voftre Majefté toutes les profperités
que meritent vos vertus.
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Résumé : ARTICLE des Morts & des Mariages, où l'on trouvera plusieurs remarques historiques.
Le texte présente plusieurs événements historiques et biographies. Ferdinand Obizzi, Marquis du Saint Empire, Chambellan et Conseiller d'État, Maréchal Général de Camp, Sur-Intendant Général des Ordonnances de la Maison d'Autriche, est décédé à Vienne le 12 décembre 1710 à l'âge de 70 ans. Il avait passé 50 ans au service de la Maison d'Autriche. Son corps a été transporté dans le tombeau de ses ancêtres. Il avait épousé Marie-Therese Palfi, veuve du Comte de Sinzendorf, puis Anne Marie Elizabeth Comtesse de Rathmansdorf, et enfin Marie Claire-Apolline Comtesse de Starhemberg, veuve du Comte de Slavata, mais n'a pas eu d'enfants. En 1674, il a enlevé le Cardinal Fürstenberg. La Marquise d'Obizzi, mère de Ferdinand, a été assassinée par un gentilhomme de Padoue amoureux d'elle. Cet homme a été arrêté et emprisonné pendant 15 ans avant d'être sauvé par ses amis. Plus tard, le jeune Marquis d'Obizzi, fils de la Marquise, a vengé sa mère en tuant le gentilhomme. François Marie Pico, Prince de la Mirandole et de Concordia, est mort à Bologne en décembre 1710, accablé de douleur après avoir été dépouillé de son patrimoine par l'Empereur. Né le 50 septembre 1688, il était fils unique de François Pico et d'Anne Camille Borgheze. Mirandole est une petite ville d'Italie, possession de la Maison des Pies depuis 1300, avec un Duché rapportant environ quatre-vingt-mille ducats. En avril 1795, Mirandole a été assiégée et capturée par les troupes françaises commandées par Monsieur de Lapara et Monsieur del Coningfex. La garnison a été faite prisonnière de guerre et la ville a été mise sous occupation française et espagnole. Le Duc Jean de la Mirandole a été remis en possession de son Duché. Le texte mentionne également plusieurs décès d'hommes d'Église et de nobles, tels que Meffire François Verjus, Évêque de Graffe et Abbé de Barbery, mort en janvier 1711, et Meffire Alexandre de Chevrière de Saint Mauris, Docteur de Sorbonne et Évêque de Saintes, également décédé en janvier 1711. Enfin, la ville de Saintes, capitale de la Saintonge, est décrite avec ses antiquités romaines, notamment un amphithéâtre et un aqueduc. La ville est située sur la rivière Charente et possède une cathédrale dédiée à Saint Pierre, endommagée par les religionnaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2845
p. 120
« Le Roy a donné le Gouvernement de Verdun à Mr [...] »
Début :
Le Roy a donné le Gouvernement de Verdun à Mr [...]
Mots clefs :
Roi, Gouvernement de Verdun, Lieutenant général des armées
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texteReconnaissance textuelle : « Le Roy a donné le Gouvernement de Verdun à Mr [...] »
Le Roy a donné le
Gouvernement de Verdun
à Mr le Marquis
de Goefbriand Lieutenant
General des Armées
du Roy & Chevalier
de fes Ordres.
Gouvernement de Verdun
à Mr le Marquis
de Goefbriand Lieutenant
General des Armées
du Roy & Chevalier
de fes Ordres.
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2846
p. 120-122
« Louis Frezon ancien Maistre des Comptes est mort le premier [...] »
Début :
Louis Frezon ancien Maistre des Comptes est mort le premier [...]
Mots clefs :
Maître des comptes, Chevalier
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texteReconnaissance textuelle : « Louis Frezon ancien Maistre des Comptes est mort le premier [...] »
Louis Frezon ancien
Maistre des Comptes eft
mort le premier de ce mois
dans un âgé fort avancé .
Jean François du Tillet
GALANT . 12
*
let , Chevalier Seigneur de
Lannes , & Ancien Gref
Her en chef du Parlement,
eſt mort fans poſterité le 9.
Fevrier 1711. âgé de 66.
ans.
Nicolas Charles Cefar
de Coftentin , Chevalier
Marquis de Nery , Baron
de Survilliers , Seigneur de
Tourville, & Coutainville,
& cy- devant Meftre de
Camp du Regiment Dau
phin Cavalerie eft mort le
14. de ce mois .
Jean Baptifte Coquebert
, Seigneur de Mont-
Février 1711 .
L
122 MERCURE
bret , Maiſtre des Comptes
, eft mort le 17. de ce
mois .
Maistre des Comptes eft
mort le premier de ce mois
dans un âgé fort avancé .
Jean François du Tillet
GALANT . 12
*
let , Chevalier Seigneur de
Lannes , & Ancien Gref
Her en chef du Parlement,
eſt mort fans poſterité le 9.
Fevrier 1711. âgé de 66.
ans.
Nicolas Charles Cefar
de Coftentin , Chevalier
Marquis de Nery , Baron
de Survilliers , Seigneur de
Tourville, & Coutainville,
& cy- devant Meftre de
Camp du Regiment Dau
phin Cavalerie eft mort le
14. de ce mois .
Jean Baptifte Coquebert
, Seigneur de Mont-
Février 1711 .
L
122 MERCURE
bret , Maiſtre des Comptes
, eft mort le 17. de ce
mois .
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Résumé : « Louis Frezon ancien Maistre des Comptes est mort le premier [...] »
En février 1711, plusieurs personnalités sont décédées. Louis Frezon, Maître des Comptes, est mort le 1er février à un âge avancé. Jean François du Tillet, Chevalier Seigneur de Lannes, est décédé sans descendance le 9 février à 66 ans. Nicolas Charles César de Costentin, Chevalier Marquis de Néry, est mort le 14 février. Jean Baptiste Coquebert, Seigneur de Montbret et Maître des Comptes, est décédé le 17 février.
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2847
p. 122-123
MARIAGES.
Début :
Charles-Jean-Baptiste Fleuriau, Seigneur de Morville, Conseiller au Parlement, [...]
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Charles -Jean - Baptifte
Fleuriau, Seigneur de Morville
, Confeiller au Parlement
& fils de Jofeph-
Jean - Baptifte Fleuriau
Seigneur d'Armenonville,
Confeiller d'Etat, Gouverneur
& Grand- Bailly de
Chartres , & de Jeanne Gilbert
, a épousé le 3. de ce
mois Charlotte- Elifabeth
GALANT. 123
de Vienne , fille de Louis
<de Vienne , Seigneur de
Geraudat , Confeiller de la
Grand Chambre, & de feue
Charlotte-Marguerite de
Clerembaut.
Voicy plufieurs Epitalames
fur le Mariagede
M. de Morville.
Charles -Jean - Baptifte
Fleuriau, Seigneur de Morville
, Confeiller au Parlement
& fils de Jofeph-
Jean - Baptifte Fleuriau
Seigneur d'Armenonville,
Confeiller d'Etat, Gouverneur
& Grand- Bailly de
Chartres , & de Jeanne Gilbert
, a épousé le 3. de ce
mois Charlotte- Elifabeth
GALANT. 123
de Vienne , fille de Louis
<de Vienne , Seigneur de
Geraudat , Confeiller de la
Grand Chambre, & de feue
Charlotte-Marguerite de
Clerembaut.
Voicy plufieurs Epitalames
fur le Mariagede
M. de Morville.
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Résumé : MARIAGES.
Le texte décrit le mariage de Charles-Jean-Baptiste Fleuriau, Seigneur de Morville et Conseiller au Parlement, avec Charlotte-Élisabeth Galant de Vienne. Fleuriau est le fils de Joseph-Jean-Baptiste Fleuriau et Jeanne Gilbert. La mariée est la fille de Louis de Vienne et de la défunte Charlotte-Marguerite de Clerembaut. Plusieurs épithalames ont célébré cette union.
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2848
p. 123-125
EPITALAME Par M. de la F...
Début :
Pour celebrer tes nopces approuvées, [...]
Mots clefs :
Noces
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITALAME Par M. de la F...
Voicy plufieurs Epitalames
fur le Mariagede
M. de Morville.
EPITAL AME
Par M. de la F.
Pour celebrer tes nopces approuvées,
J'avois forgé des Vers qui bravoient
l'examen
Lij
124 MERCURE
Dans leurs daites refrains dix
Atrophes achevées
Ramenoient avec art dixfois 10,
bymen.
En faveur de ce Dien dans une
Ode fublime ,
J'avois fi bien du Grec le beau
tourimité
Que j'aurois encouru l'eftime
Des amis de l'Antiquité.
Mais on m'a dit que de chez vous
Mème avant la fin de la fete
L'hymen fortit baiffant la tête
Avec un airplein de couroux.
Amource font là de tes coups !
T'efcortantfinement du Dieu de
l'hymenée
Tu t'introduis auprés de graves
Magiftrats
Obtiens ce que fans tuy l'on ne
t'oltroiroit
pas ,
GALANT . 125
Et dés la premierejournée
Tu le chaffes , & veux dans tes
tendres ebats
Ne devoir qu'à toyfeul la moiffon
des appas ,
Qui fous fon nom te fut abandonnée.
Maisj'aurois deu prévoir le cas,
Aux feduifans attraits dont de
Vienne eft ornée :
Sur ce je n'ay voulu mettre un
Poëme au jour,
Que l'hymen offense prendroit
pour railleries
Et puis le beau fecret de vous
faire ma cour,
Avec mafçavante induftrie
Je ne chantois qu'hymen , vous
ne fentez qu'amour.
fur le Mariagede
M. de Morville.
EPITAL AME
Par M. de la F.
Pour celebrer tes nopces approuvées,
J'avois forgé des Vers qui bravoient
l'examen
Lij
124 MERCURE
Dans leurs daites refrains dix
Atrophes achevées
Ramenoient avec art dixfois 10,
bymen.
En faveur de ce Dien dans une
Ode fublime ,
J'avois fi bien du Grec le beau
tourimité
Que j'aurois encouru l'eftime
Des amis de l'Antiquité.
Mais on m'a dit que de chez vous
Mème avant la fin de la fete
L'hymen fortit baiffant la tête
Avec un airplein de couroux.
Amource font là de tes coups !
T'efcortantfinement du Dieu de
l'hymenée
Tu t'introduis auprés de graves
Magiftrats
Obtiens ce que fans tuy l'on ne
t'oltroiroit
pas ,
GALANT . 125
Et dés la premierejournée
Tu le chaffes , & veux dans tes
tendres ebats
Ne devoir qu'à toyfeul la moiffon
des appas ,
Qui fous fon nom te fut abandonnée.
Maisj'aurois deu prévoir le cas,
Aux feduifans attraits dont de
Vienne eft ornée :
Sur ce je n'ay voulu mettre un
Poëme au jour,
Que l'hymen offense prendroit
pour railleries
Et puis le beau fecret de vous
faire ma cour,
Avec mafçavante induftrie
Je ne chantois qu'hymen , vous
ne fentez qu'amour.
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Résumé : EPITALAME Par M. de la F...
Le texte traite de plusieurs épithalames célébrant le mariage de M. de Morville. L'auteur, M. de la F., avait initialement écrit des vers pour louer cette union. Cependant, il apprend que l'hymen, le dieu du mariage, a quitté la fête de manière impolie. L'auteur attribue cet incident aux actions de l'amour, qui a su charmer des magistrats pour obtenir des faveurs. Il reconnaît également les attraits séducteurs de Vienne, ce qui l'a dissuadé de publier un poème qui pourrait offenser l'hymen. Enfin, il souligne la différence entre son propre sujet, l'hymen, et celui de l'amour, qu'il ne souhaite pas railler.
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2849
p. 126-129
Autre Epitalame sur le mesme sujet. Par M. de Monchenet.
Début :
Ma Muse toûjours fort quinteuse [...]
Mots clefs :
Amour, Hymen
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre Epitalame sur le mesme sujet. Par M. de Monchenet.
Autre Epitalame fur le
mefmefujet.
Par M. de Monchenet.
Ma Mufe toujours fort quinteufe
Faitaujourd'huy la precieuſe
N'ofant dit- elle de trop prés
D'un hymenflairer les apprés ,
Ny porterfes regards aufieres
~Sur d'auſſi prophanes myſtères.
Or comme hymen & fes douceurs
Sont_mets interdits aux neuf
Soeurs ,
Elle a , je crois, des raifons fortes
Pour ne pas écouter auxportes.
Comment feray-je donc Seigneur
Pour me tirer avec honneur
Du compliment qu'à l'hymenée
GALANT. 127
Je dois faire en cettejournée ?
Finvoquerois bien Apollon ,
Mais ceDieufans barbe, dit - on,
N'eft gueres le Saint qu'on reclame
Apropos d'un Epitalame ;
Si d'ailleurs j'invoquois l'amour
Seroit- ce bien le faint dujour ?
L'amoure l'hymen ce me femble
Rarement font d'accordenfemble
L'hymen marche àpas concertez
Grand amy deformalitez :
Foûjours de parens pleine efcorse
Comme s'il luifalloirmainforte.
L'amour marche feul & fans
bruit ,
Pous diriez d'un voleur denuit ,
Agile comme un petit maître
Efcaladantporte & fenêtre.
Au demeurantjolygarçon ,
Et vivant aſſezfansfaçon.
L. iiij.
428 MERCURE
L'hymen engrave perfonage
Prendfur lui lesfoins du menage,
C'eft , grace à fa droite raifon ,
Un bon Intendant de Maifon.
L'amourfait fon unique affaire
De rire & defe fatisfaire.
L'hymen orgueilleux de fes droits
Frappe enmaistre, élevefa voix,
Reçoit une faveurfecrette ,
Ainfi quel'acquit d'une dette.
L'amour plus galant , plus
adroit
La reçoit comme un paſſe- droit .
Et femble parce ftratagême
En recevant donner luy- même.
Or de ces deux divinitez
Rapprochant les extremitez.
Au lit. Seigneur , comme à la tar
ble,
Onjoueroit un rôle agréable :
Et c'est auffi ce queferez
GALANT. 119
Es bienfaifant , bien trouverez
Puifiez vousfous d'heureux auf
[Hoist pices
Goufterles parfaitesdélices. S
L'hymen accorde tout auplus.A
Acinq ou fixde fes élus =
Puifiez vous jufqu'à cent an
nies ,
Pouffant vos douces definées ,
Trouvertousjours libre d'ennuys,
Les jours aufsy courts que les
nuits.
C'eft icy ce que vousfouhaitte
Avec l'ardeur la plus parfaite,
Un membre du facri valon ,
Quelque peu chery d'Apollon .
Mais il s'agit bien de Parnaffe,
Unfoinplus chervous embaraſſe,
L'hymen vous mande en certain
lieu ,
Bon voyage , Seigneur , à Dieu.
mefmefujet.
Par M. de Monchenet.
Ma Mufe toujours fort quinteufe
Faitaujourd'huy la precieuſe
N'ofant dit- elle de trop prés
D'un hymenflairer les apprés ,
Ny porterfes regards aufieres
~Sur d'auſſi prophanes myſtères.
Or comme hymen & fes douceurs
Sont_mets interdits aux neuf
Soeurs ,
Elle a , je crois, des raifons fortes
Pour ne pas écouter auxportes.
Comment feray-je donc Seigneur
Pour me tirer avec honneur
Du compliment qu'à l'hymenée
GALANT. 127
Je dois faire en cettejournée ?
Finvoquerois bien Apollon ,
Mais ceDieufans barbe, dit - on,
N'eft gueres le Saint qu'on reclame
Apropos d'un Epitalame ;
Si d'ailleurs j'invoquois l'amour
Seroit- ce bien le faint dujour ?
L'amoure l'hymen ce me femble
Rarement font d'accordenfemble
L'hymen marche àpas concertez
Grand amy deformalitez :
Foûjours de parens pleine efcorse
Comme s'il luifalloirmainforte.
L'amour marche feul & fans
bruit ,
Pous diriez d'un voleur denuit ,
Agile comme un petit maître
Efcaladantporte & fenêtre.
Au demeurantjolygarçon ,
Et vivant aſſezfansfaçon.
L. iiij.
428 MERCURE
L'hymen engrave perfonage
Prendfur lui lesfoins du menage,
C'eft , grace à fa droite raifon ,
Un bon Intendant de Maifon.
L'amourfait fon unique affaire
De rire & defe fatisfaire.
L'hymen orgueilleux de fes droits
Frappe enmaistre, élevefa voix,
Reçoit une faveurfecrette ,
Ainfi quel'acquit d'une dette.
L'amour plus galant , plus
adroit
La reçoit comme un paſſe- droit .
Et femble parce ftratagême
En recevant donner luy- même.
Or de ces deux divinitez
Rapprochant les extremitez.
Au lit. Seigneur , comme à la tar
ble,
Onjoueroit un rôle agréable :
Et c'est auffi ce queferez
GALANT. 119
Es bienfaifant , bien trouverez
Puifiez vousfous d'heureux auf
[Hoist pices
Goufterles parfaitesdélices. S
L'hymen accorde tout auplus.A
Acinq ou fixde fes élus =
Puifiez vous jufqu'à cent an
nies ,
Pouffant vos douces definées ,
Trouvertousjours libre d'ennuys,
Les jours aufsy courts que les
nuits.
C'eft icy ce que vousfouhaitte
Avec l'ardeur la plus parfaite,
Un membre du facri valon ,
Quelque peu chery d'Apollon .
Mais il s'agit bien de Parnaffe,
Unfoinplus chervous embaraſſe,
L'hymen vous mande en certain
lieu ,
Bon voyage , Seigneur , à Dieu.
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Résumé : Autre Epitalame sur le mesme sujet. Par M. de Monchenet.
Le texte est un épithalame, un poème célébrant un mariage, écrit par M. de Monchenet. L'auteur y exprime la difficulté de composer un tel poème et invoque des divinités comme Apollon et l'Amour, tout en notant leurs incompatibilités avec le thème du mariage. Il décrit l'hymen comme un personnage sérieux et raisonnable, gérant le ménage, tandis que l'Amour est représenté comme un voleur agile et joyeux. L'auteur suggère que l'hymen et l'Amour peuvent coexister harmonieusement, offrant des délices et une vie sans ennui. Il conclut en souhaitant aux mariés une vie longue et heureuse, libre de tout ennui, et les invite à profiter pleinement de leur union. Le poème se termine par un adieu, indiquant la fin de la célébration.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2850
p. 130-135
EPITALAME par M. ** A M. DE MORVILLE.
Début :
Hier un enfant de vostre connoissance, [...]
Mots clefs :
Hymen, Beauté, Amants
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texteReconnaissance textuelle : EPITALAME par M. ** A M. DE MORVILLE.
EPITALAME
Par M. **
A M. DE MORVILLĖ.
Hier un enfant de voſtre connoiffance
,
Lesyeux en pleurs , l'air abattu
Tel que ni vous ni moy ne l'aviens
jamais vû ,
Me vintfaire une confidence.
C'en eft fait , me dit-il , nofire
amym'a quitté
Pourtrix de mes bienfaits le per
fide m'outrage.
Helas!jo lay bien merité !
Combien de fois ( tu peux m'en
rendre témoignage )
GALANT. 2131
Negligeant le fincere hommage
De mille Amans foumis, tendres
, difcrets ,
Ay-je lancé pour luy ces infaillibles
traits.
Que je gardepour mon uſage ,
Et qui luyfoùmettoient des coeurs .
que le volage
Alloit quitterl'infant d'aprés ;
Ab des ce temps je devois le
connoiftre
L'ingrat acheve fur le Maifire
Les maux qu'il a faits aux
fujets.
Dabord je ris de fa colere ,
Et ne crut rien de ce difcours ,
Le petit Dieu tient de fa mere
De nepas dire vray tousjours :
Cependant curieux , quel eft done
ce myſtere
MERCURE
Luy dis -je conte moy la chofe
fans détours
Etfoy & Amantje tejure
De partager ton injure.
( Entre nous je me doutois bien,
Amy, que je nerifquois rien ; )
Unejeune Beauté qui dans nofre
Amathonte ,
Dit- il , n'offrit jamais d'encens
Qui n'eut jamais pour nous que
des airs offenfans ,
Et qui pourtant à noftre honte
Voit voller les coeurs fur fes pas
Enfin qui plaift & n'aime pas..
Plus d'une fois ma mere en a
grondé le graces.....
Eh bien qu'a fait cette Beauté
?
Helas Le'eftpourfuivre fe . tra-
Les
GALANT 153
Que le volage m'a quitté,
Etpour comblerfa perfidie
De l'hymen, d'un cadet implo
rant le fecours
L'ingrat en un moment oublie
Queje fuis feulen droit de donner
de beaux jours .
De Vienne à ce nom feul je
- fens croiffre ma rage,
Loin de languir dans mes fers
Une fimple mortelle outrage
Le vainqueur de l'univers.
Quay luy dis-je , de Vienne eft le
nom de la Belle ?
Vatun'es pas fi malheureux: ~
Hymen a beau vanterfa conquefte
nouvelle ,
Elle & Thymen font attrapés
tous deux ;
Voila bien noftre amy , ce font
là de fes jeux :
134 MERCURE
Tu n'eus jamais de fujet plus
fidelle :
Il s'acquitte par-là de tout ce
qu'ilte doitr
Cet artifice heureux te vaut un
coeur rebelle
Qui t'alloit échapperfans ce détour
adroit.
Pouvoit-il jamais mieux faire
Surcefuperbecoeurte voyantfans
pouvoir,
Il a recours à ton frere ,
Qui feduit d'unfaux espoir
Fait tous les frais du myftere ;
Etpar l'évenement cette Beaute
fevere ,
S'engage à toy , fans s'en apper- ·
a
cevoir:
Qu'entens- ic?ah tu me rens la vie
Dit Enfantimmortel: &mou¬
vrantfon carquois
GALANT. 135
C'est tout mon bien , prens , tout
eft à ton choix.
Fait mieux luy dis- ie , & va
trouverSilvie
Seule elle peut payer tout ce que
tu me dois
Par M. **
A M. DE MORVILLĖ.
Hier un enfant de voſtre connoiffance
,
Lesyeux en pleurs , l'air abattu
Tel que ni vous ni moy ne l'aviens
jamais vû ,
Me vintfaire une confidence.
C'en eft fait , me dit-il , nofire
amym'a quitté
Pourtrix de mes bienfaits le per
fide m'outrage.
Helas!jo lay bien merité !
Combien de fois ( tu peux m'en
rendre témoignage )
GALANT. 2131
Negligeant le fincere hommage
De mille Amans foumis, tendres
, difcrets ,
Ay-je lancé pour luy ces infaillibles
traits.
Que je gardepour mon uſage ,
Et qui luyfoùmettoient des coeurs .
que le volage
Alloit quitterl'infant d'aprés ;
Ab des ce temps je devois le
connoiftre
L'ingrat acheve fur le Maifire
Les maux qu'il a faits aux
fujets.
Dabord je ris de fa colere ,
Et ne crut rien de ce difcours ,
Le petit Dieu tient de fa mere
De nepas dire vray tousjours :
Cependant curieux , quel eft done
ce myſtere
MERCURE
Luy dis -je conte moy la chofe
fans détours
Etfoy & Amantje tejure
De partager ton injure.
( Entre nous je me doutois bien,
Amy, que je nerifquois rien ; )
Unejeune Beauté qui dans nofre
Amathonte ,
Dit- il , n'offrit jamais d'encens
Qui n'eut jamais pour nous que
des airs offenfans ,
Et qui pourtant à noftre honte
Voit voller les coeurs fur fes pas
Enfin qui plaift & n'aime pas..
Plus d'une fois ma mere en a
grondé le graces.....
Eh bien qu'a fait cette Beauté
?
Helas Le'eftpourfuivre fe . tra-
Les
GALANT 153
Que le volage m'a quitté,
Etpour comblerfa perfidie
De l'hymen, d'un cadet implo
rant le fecours
L'ingrat en un moment oublie
Queje fuis feulen droit de donner
de beaux jours .
De Vienne à ce nom feul je
- fens croiffre ma rage,
Loin de languir dans mes fers
Une fimple mortelle outrage
Le vainqueur de l'univers.
Quay luy dis-je , de Vienne eft le
nom de la Belle ?
Vatun'es pas fi malheureux: ~
Hymen a beau vanterfa conquefte
nouvelle ,
Elle & Thymen font attrapés
tous deux ;
Voila bien noftre amy , ce font
là de fes jeux :
134 MERCURE
Tu n'eus jamais de fujet plus
fidelle :
Il s'acquitte par-là de tout ce
qu'ilte doitr
Cet artifice heureux te vaut un
coeur rebelle
Qui t'alloit échapperfans ce détour
adroit.
Pouvoit-il jamais mieux faire
Surcefuperbecoeurte voyantfans
pouvoir,
Il a recours à ton frere ,
Qui feduit d'unfaux espoir
Fait tous les frais du myftere ;
Etpar l'évenement cette Beaute
fevere ,
S'engage à toy , fans s'en apper- ·
a
cevoir:
Qu'entens- ic?ah tu me rens la vie
Dit Enfantimmortel: &mou¬
vrantfon carquois
GALANT. 135
C'est tout mon bien , prens , tout
eft à ton choix.
Fait mieux luy dis- ie , & va
trouverSilvie
Seule elle peut payer tout ce que
tu me dois
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Résumé : EPITALAME par M. ** A M. DE MORVILLE.
L'épître relate une conversation entre un enfant et un ami au sujet d'une trahison amoureuse. L'enfant révèle que son amant l'a quitté pour une autre personne, malgré ses nombreux efforts et sacrifices. L'amant, décrit comme volage et ingrat, a également offensé un sujet en se mariant avec Vienne, une jeune beauté d'Amathonte connue pour son comportement offensant mais aimée par beaucoup. L'ami de l'enfant explique que cette situation est en réalité une ruse pour récupérer l'amour de l'enfant. L'amant a utilisé son frère pour tromper Vienne, la poussant à s'engager avec l'enfant sans s'en rendre compte. L'enfant, ravi, remercie son ami et se prépare à retrouver Sylvie, qui seule peut compenser ce qu'il doit à son ami.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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