Provenance du texte (15)
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Détail
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Résultats : 15 texte(s)
1
p. 1790
ENIGME.
Début :
Lecteur, je suis de bon augure, [...]
Mots clefs :
Fuseau
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIG ME.
LEcteur , je suis de bon
augure ,
Et ne donnerai pas beaucoup de tablature.
La moitié des Humains me tient ; tout s'en ress
sent ;
Si je reste couché comme un pauvre innocent ,
Je ne change pas de figure.
Tel est mon sort que je ne puis du tout
Me tenir tout- à- fait debout.
Mais dans la main d'Iris , ce n'est pas chose
étrange >
A tous les momens si je change ;
Je deviens quadruple en grosseur ;
Du soir au lendemain je change de couleur ,
Plus souvent gris et blanc , que minime et que
jaune ,
Et l'on sçaura ce qu'en vaut l'aune.
Par- là je me trouve engagé
Au produit dont je suis aussi - tôt déchargé ,
Produit de terre , arbres , bêtes , chenilles ,
Bien des préparatifs pour faire des guenilles.
O ! de que gens , sans moi , seroient peu
rens ,
diffe
A l'innocence près , de nos premiers Parens.
J. Chevrier , Organiste à Chemillé en
Anjou.
LEcteur , je suis de bon
augure ,
Et ne donnerai pas beaucoup de tablature.
La moitié des Humains me tient ; tout s'en ress
sent ;
Si je reste couché comme un pauvre innocent ,
Je ne change pas de figure.
Tel est mon sort que je ne puis du tout
Me tenir tout- à- fait debout.
Mais dans la main d'Iris , ce n'est pas chose
étrange >
A tous les momens si je change ;
Je deviens quadruple en grosseur ;
Du soir au lendemain je change de couleur ,
Plus souvent gris et blanc , que minime et que
jaune ,
Et l'on sçaura ce qu'en vaut l'aune.
Par- là je me trouve engagé
Au produit dont je suis aussi - tôt déchargé ,
Produit de terre , arbres , bêtes , chenilles ,
Bien des préparatifs pour faire des guenilles.
O ! de que gens , sans moi , seroient peu
rens ,
diffe
A l'innocence près , de nos premiers Parens.
J. Chevrier , Organiste à Chemillé en
Anjou.
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2
p. 1791-1792
LOGOGRYPHE.
Début :
Qui rend l'homme inquiet et souvent plein d[']effroi, [...]
Mots clefs :
Avarice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGO G RỲ PHE .
Ui rend l'homme inquiet et souvent plein
deffroi ,
Bouru , non sociable et soupçonneux ? c'est moi ,
Par sept Elemens je subsiste ;
Le Mortel que je tiens ne croit pas que j'existe.
Quatre choisis , si trois tu rejettois ,
Genre je deviendrois , d'espece que j'étois.
Du total ôte deux , tu trouves la personne
Atteinte du mal que je donne.
Quatre autres bien posez, on me fait faire exprès
Pour tenir la Vendange au frais.
Le chef tranché du tout , je fais sentir des peines,
Par un excès fâcheux qui fait tendre les veines
Je suis , réduit à trois , ton unique soutien ;
Tu me conserveras en te ménageant bien.
Retourne- les ; un saint , Juge dans l'Armorique |
Chose rare aux gens de pratique,
Verbe de cinq , avec un nom humain ,
Te dénote un cerveau peu solide , incertain,
Un de moins adjectif , tenez la couche prête ,
C'est- là qu'on guérira la pesanteur de tête.
De trois enfin , tu rends le salut en Latin ,
Tout simplement , sans te faire de fête.
Cher Lecteur , qui crois me tenir ,
Ou qui tâches d'y parvenir ;
F J'ai
1792 MERCURE DE FRANCE
J'ai du bon , du mauvais s mais si je suis entiere,
Evite de m'entretenir ,
Carje t'empêcherois de fermer la paupière.
J. Chevrier , Organiste à Chemillé en
'Anjou.
Ui rend l'homme inquiet et souvent plein
deffroi ,
Bouru , non sociable et soupçonneux ? c'est moi ,
Par sept Elemens je subsiste ;
Le Mortel que je tiens ne croit pas que j'existe.
Quatre choisis , si trois tu rejettois ,
Genre je deviendrois , d'espece que j'étois.
Du total ôte deux , tu trouves la personne
Atteinte du mal que je donne.
Quatre autres bien posez, on me fait faire exprès
Pour tenir la Vendange au frais.
Le chef tranché du tout , je fais sentir des peines,
Par un excès fâcheux qui fait tendre les veines
Je suis , réduit à trois , ton unique soutien ;
Tu me conserveras en te ménageant bien.
Retourne- les ; un saint , Juge dans l'Armorique |
Chose rare aux gens de pratique,
Verbe de cinq , avec un nom humain ,
Te dénote un cerveau peu solide , incertain,
Un de moins adjectif , tenez la couche prête ,
C'est- là qu'on guérira la pesanteur de tête.
De trois enfin , tu rends le salut en Latin ,
Tout simplement , sans te faire de fête.
Cher Lecteur , qui crois me tenir ,
Ou qui tâches d'y parvenir ;
F J'ai
1792 MERCURE DE FRANCE
J'ai du bon , du mauvais s mais si je suis entiere,
Evite de m'entretenir ,
Carje t'empêcherois de fermer la paupière.
J. Chevrier , Organiste à Chemillé en
'Anjou.
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3
p. 1792-1794
AUTRE.
Début :
Faut-il en commençant me montrer toute entiere ? [...]
Mots clefs :
Poulie
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Aut- il en commençant me montrer toute eng
tiere ?
D'ordinaire en l'air je me tiens ;
Je suis soutenue et soutiens ;
Je porte en haut , en bas, terrestre et marinieres
Je vais tout rondement , j'ai plus d'une grandeurs
Je puis en délinquant devenir meurtriere,
Si l'on m'employe avec trop de roideur ,
Ou du moins la besogne est vaine.
A la moitié d'une douzaine
Du nombre de mes pieds se montre le total ¿
Dont une part désigne un vilain animal
Très-friand de la chair humaine ;
L'autre ce qui nourrit , soutient une liqueur
Fort bonne pour les maux de coeur ,
Qui quelquefois aussi fait remuer la bile.
Joignez le précedent ; soit fixe , soit mobile ;
Je puis être sur Terre assez près de vos yeux ;
Si vous me cherchez dans les Cieux ,
Votre recherche est souvent inutile ;
Ear , contenant des corps rapides , spacieux
Des plus sçavans et des plus curieux ,
2
A
A O UST. 1793 1735
A peine un seul me connoît entre mille.
Pris dans un autre sens , au Rhéteur studieux
Pour bien amplifier je deviens très - utile.
3. 2. f. 4. alors je suis commun ,
Quelquefois je fais mal ,mais sans être importunj
J'orne et je sers l'homme , le quadrupede ,
Et contre le grand froid je suis un bon remede.
Les deux chefs , je suis Fleuve avec distinc
tion ;
2. 3. je ne suis plus qu'une conjonction.
Combinez bien le tout , retranchant le deuxième
Je touche avec succès et le Chanvre et le Lin ,
Le Blé , la Vigne et le Jardin ;
Fille du Ciel , mais non pas du troisiéme ,
Je me rabaisse à servir au Moulin. '
1. et ,2. 4. et 6. sur la Terre et sur l'Onde
On me double . et de mói l'on fait l'essieu de
Monde,
Mettez le s . pour 6. on me fait convenir
Tant au métal qu'au bois qu'on a pris soin
d'unir ;
Mais autrement , je suis l'épithete qu'on donne
A l'homme qu'on croit accompli ,
Et duquel toute la personne
Ne paroît pas faire le moindre pll
4. et 5.4.6 . si vous allez en course ,
Voyez auparavant si vous m'avez en bourse ;'
Tous les mêmes encor en divers sens feront
Fij
Un
1794 MERCURE DE FRANCE
Un haut amas de bois et la baze d'un Pont
Le tout enfin , hormis le cinq , s'explique
Bête à deux pieds , fémelle domestique.
J. Chevrier , Organiste à Chemillé en
Anjou.
Aut- il en commençant me montrer toute eng
tiere ?
D'ordinaire en l'air je me tiens ;
Je suis soutenue et soutiens ;
Je porte en haut , en bas, terrestre et marinieres
Je vais tout rondement , j'ai plus d'une grandeurs
Je puis en délinquant devenir meurtriere,
Si l'on m'employe avec trop de roideur ,
Ou du moins la besogne est vaine.
A la moitié d'une douzaine
Du nombre de mes pieds se montre le total ¿
Dont une part désigne un vilain animal
Très-friand de la chair humaine ;
L'autre ce qui nourrit , soutient une liqueur
Fort bonne pour les maux de coeur ,
Qui quelquefois aussi fait remuer la bile.
Joignez le précedent ; soit fixe , soit mobile ;
Je puis être sur Terre assez près de vos yeux ;
Si vous me cherchez dans les Cieux ,
Votre recherche est souvent inutile ;
Ear , contenant des corps rapides , spacieux
Des plus sçavans et des plus curieux ,
2
A
A O UST. 1793 1735
A peine un seul me connoît entre mille.
Pris dans un autre sens , au Rhéteur studieux
Pour bien amplifier je deviens très - utile.
3. 2. f. 4. alors je suis commun ,
Quelquefois je fais mal ,mais sans être importunj
J'orne et je sers l'homme , le quadrupede ,
Et contre le grand froid je suis un bon remede.
Les deux chefs , je suis Fleuve avec distinc
tion ;
2. 3. je ne suis plus qu'une conjonction.
Combinez bien le tout , retranchant le deuxième
Je touche avec succès et le Chanvre et le Lin ,
Le Blé , la Vigne et le Jardin ;
Fille du Ciel , mais non pas du troisiéme ,
Je me rabaisse à servir au Moulin. '
1. et ,2. 4. et 6. sur la Terre et sur l'Onde
On me double . et de mói l'on fait l'essieu de
Monde,
Mettez le s . pour 6. on me fait convenir
Tant au métal qu'au bois qu'on a pris soin
d'unir ;
Mais autrement , je suis l'épithete qu'on donne
A l'homme qu'on croit accompli ,
Et duquel toute la personne
Ne paroît pas faire le moindre pll
4. et 5.4.6 . si vous allez en course ,
Voyez auparavant si vous m'avez en bourse ;'
Tous les mêmes encor en divers sens feront
Fij
Un
1794 MERCURE DE FRANCE
Un haut amas de bois et la baze d'un Pont
Le tout enfin , hormis le cinq , s'explique
Bête à deux pieds , fémelle domestique.
J. Chevrier , Organiste à Chemillé en
Anjou.
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4
p. 1977
ENIGME.
Début :
Nous sommes bien soumis, puisqu'un Valet nous touche ; [...]
Mots clefs :
Quinte de valet au jeu du piquet
6
p. 2865
AUTRE.
Début :
Peut-être vous croyez me tenir toute entiere ; [...]
Mots clefs :
Partie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Eut- être vous croyez me tenir toute entiere s
Erreur c'est une portion
Que vous tenez , par l'amputation
Des deux pieds et de la criniere ,
Je regle , je contiens , et je fais tout méties,
Tant relevé , tant vil puisse -t'il être :
Toute science enfin qu'à fond on veut connoître
Me veut ainsi tronqué,sans moi ne peut paroître y
Je serois beaucoup moindre étant en mon entier
J. Chevrier, Organiste à Chemillé en Anjou.
Eut- être vous croyez me tenir toute entiere s
Erreur c'est une portion
Que vous tenez , par l'amputation
Des deux pieds et de la criniere ,
Je regle , je contiens , et je fais tout méties,
Tant relevé , tant vil puisse -t'il être :
Toute science enfin qu'à fond on veut connoître
Me veut ainsi tronqué,sans moi ne peut paroître y
Je serois beaucoup moindre étant en mon entier
J. Chevrier, Organiste à Chemillé en Anjou.
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8
p. 1147
ENIGME.
Début :
Lieu commun, de l'Enigme ordinaire langage. [...]
Mots clefs :
Dents
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Ieu commun , de l'Enigme ordinaire lang
gage.
Faisant bien , faisant mal , je suis d'un ' grand j
usage.
Je tranche , coupe , taille, et sers sans amitié,
( L'humeur vient à changer , et sans faire pitié
L'on m'accuse d'un mal aprochant de la rage.)
Par ma couleur , par mon arrangement ,
Je fais plaisir , honneur , contentement
Signe certain d'une saine poitrine ,
Je contribue à relever la mine :
Et , quoiqu'ici je parle au singulier ;
Je ne suis pas seule à mon râtelier .
Sans mouvement , ceci n'est point mensonges
Mais c'est le Diable , on prétend que j'alonge
Notez qu'au figuré plûtôt qu'au naturel
Je puis porter un coup très- criminel.
2
JChevrier , Org. D. C. E. A‚ ·
Ieu commun , de l'Enigme ordinaire lang
gage.
Faisant bien , faisant mal , je suis d'un ' grand j
usage.
Je tranche , coupe , taille, et sers sans amitié,
( L'humeur vient à changer , et sans faire pitié
L'on m'accuse d'un mal aprochant de la rage.)
Par ma couleur , par mon arrangement ,
Je fais plaisir , honneur , contentement
Signe certain d'une saine poitrine ,
Je contribue à relever la mine :
Et , quoiqu'ici je parle au singulier ;
Je ne suis pas seule à mon râtelier .
Sans mouvement , ceci n'est point mensonges
Mais c'est le Diable , on prétend que j'alonge
Notez qu'au figuré plûtôt qu'au naturel
Je puis porter un coup très- criminel.
2
JChevrier , Org. D. C. E. A‚ ·
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9
p. 2412-2414
LOGOGRYPHE.
Début :
D'un nombre malheureux je construis mon Volume. [...]
Mots clefs :
Jurisprudence
10
p. 2409-2411
LOGOGRYPHE.
Début :
Hardiesse d'abord me fait ce que je suis, [...]
Mots clefs :
Espiègle
11
p. 2411
LOGOGRYPHUS.
Début :
Prosum autumnali, brumali tempore prosum : [...]
Mots clefs :
Candela
12
p. 1350
ENIGME.
Début :
Tout Pays m'est connu. Du plus haut des Montagnes [...]
Mots clefs :
Ombre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Out Pays m'eft connu . Du plus haut des Montagnes
Je defcends le matin , j'y regrimpe le ſoir ;
Quoiqu'on m'y puiffe toujours voir ,
Ainfi qu'aux plus razes campagnes ,
Sans la clarté, fouvent je ne fuis rien :
'Auſſi ſuis-je ſans elle , & m'opoſe à fon bien,
Je vais devant , à côté , par derriere ,
Sans laiffer de veftige , & ſans faire aucun bruit÷
Par la chaleur on me cherche , on me ſuit.
Mais à ce trait jugez fi je fuis fiere :
Vîte , allons ; l'épée à la main :
Fuffiez-vous vingt , je paffe mon chemin.
Accordez tout ceci : Quiconque peut me craindre
Paffe pour Poltron fouverain.
Dans mon Néant je puis former un Nain ,
De taille énorme à ne le pouvoir peindre.
J. CHEVRIER ,Organiſte à Chemillé , E. A.
Out Pays m'eft connu . Du plus haut des Montagnes
Je defcends le matin , j'y regrimpe le ſoir ;
Quoiqu'on m'y puiffe toujours voir ,
Ainfi qu'aux plus razes campagnes ,
Sans la clarté, fouvent je ne fuis rien :
'Auſſi ſuis-je ſans elle , & m'opoſe à fon bien,
Je vais devant , à côté , par derriere ,
Sans laiffer de veftige , & ſans faire aucun bruit÷
Par la chaleur on me cherche , on me ſuit.
Mais à ce trait jugez fi je fuis fiere :
Vîte , allons ; l'épée à la main :
Fuffiez-vous vingt , je paffe mon chemin.
Accordez tout ceci : Quiconque peut me craindre
Paffe pour Poltron fouverain.
Dans mon Néant je puis former un Nain ,
De taille énorme à ne le pouvoir peindre.
J. CHEVRIER ,Organiſte à Chemillé , E. A.
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13
p. 1587
ENIGME.
Début :
Mon sort est d'être agile, simple, franc, [...]
Mots clefs :
Compas
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Mon fort est d'être agile , ſimple , franc ,
Droit ou courbé , petit , moyen , ou grand :
Et fi ce n'eft que je séjourne ,
Bien fouvent la tête me tourne.
'Avec deux pieds qui foûtiennent mes pas ,
Je fais l'entrepriſe hardie
De voyager en differens climats ;
Je fuis égal, cependant je varie ;
J'en vois plufieurs en un moment ,
Et mon train ordinaire eft d'agir rondément :
Auffi vient-on, à jufte titre ,
Sur quantité d'objets me prendre pour arbitre.
Je fçais tout le premier la diſtance des Lieux ;
Et jamais le flambeau des Cieux
Ne fournira de courſe fi rapide ,
Que quand gliffant d'un pied, par l'autre je me guide .
J. CHEVRIER , Organiste à Chemillé, E. A.
Mon fort est d'être agile , ſimple , franc ,
Droit ou courbé , petit , moyen , ou grand :
Et fi ce n'eft que je séjourne ,
Bien fouvent la tête me tourne.
'Avec deux pieds qui foûtiennent mes pas ,
Je fais l'entrepriſe hardie
De voyager en differens climats ;
Je fuis égal, cependant je varie ;
J'en vois plufieurs en un moment ,
Et mon train ordinaire eft d'agir rondément :
Auffi vient-on, à jufte titre ,
Sur quantité d'objets me prendre pour arbitre.
Je fçais tout le premier la diſtance des Lieux ;
Et jamais le flambeau des Cieux
Ne fournira de courſe fi rapide ,
Que quand gliffant d'un pied, par l'autre je me guide .
J. CHEVRIER , Organiste à Chemillé, E. A.
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14
p. 59-60
EPITRE De M. de la Soriniere à M. des Forges Maillard à l'occasion de sa Piéce au Roi, insérée dans le Mercure de Novembre I vol.
Début :
AMI Maillard, l'honneur de ta Province, [...]
Mots clefs :
Vers, Aimable, Vive le roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE De M. de la Soriniere à M. des Forges Maillard à l'occasion de sa Piéce au Roi, insérée dans le Mercure de Novembre I vol.
EPITRE
De M. de la Soriniere à M. des Forges
Maillard à l'occafion de fa Piéce au Roi , inferée
dans le Mercure de Novembre 1I vol.
A Mi Maillard , l'honneur de ta Province ,
L'Horace du Climat Breton ,
Lorfque tu célébres ton Prince ,
Que tu prens un aimable ton !
Ce mot , enfant de l'allégreffe ,
Que je repete d'après toi ,
Eft plein d'amour & de tendreffe :
Et je repeterai fans ceffe
VIVE LE ROI , VIVE LE ROI.
Que d'Ecrivains au Temple de mémoire
Comptant porter leurs quolibets tortus ,
Vont l'ennuier du recit de fa gloire ,
Et le punir de ſes vertus !
Ils feroient bien mieux de fe taire :
Dans un champ fi vafte & fi beau
Quand ils furpafferoient Rouffeau
Ils n'égaleroient pas Voltaire .
"
C vj
60 MERCURE DE FRANCE.
Je hais ces vers entortillés ,
Je hais ces écrits faméliques ,
Que plus d'un rimeur a pillés
Et fuperbement habillés
D'Epithetes hyperboliques.
Non , je n'eftime que très peu
Ces vers dont la burleſque enflure
A plus de phlegme que de feu ,
Et femblent abhorrer la nature .
Pour toi rimer ce n'eft qu'un jeu
Où fe plaît ta Mufe docile ,
Et dans ta diction facile
J'aime ce doux enchaînement
Qui lie avec les tendres graces
La force du raiſonnement .
Quand pourrai-je , en ſuivant tes traces ,
Errer dans le facré Vallon ,
Au gré de l'aimable caprice
Qu'infpire le docte Apollon ,
Et confacrer à ma Clarice
De ces immortelles Chanfons
Que t'apprit l'Amant de Lefbie ,
Et que la divine Uranie
Ne dicte qu'à fes Nouriffons ?
A la Soriniere en Anjou.
De M. de la Soriniere à M. des Forges
Maillard à l'occafion de fa Piéce au Roi , inferée
dans le Mercure de Novembre 1I vol.
A Mi Maillard , l'honneur de ta Province ,
L'Horace du Climat Breton ,
Lorfque tu célébres ton Prince ,
Que tu prens un aimable ton !
Ce mot , enfant de l'allégreffe ,
Que je repete d'après toi ,
Eft plein d'amour & de tendreffe :
Et je repeterai fans ceffe
VIVE LE ROI , VIVE LE ROI.
Que d'Ecrivains au Temple de mémoire
Comptant porter leurs quolibets tortus ,
Vont l'ennuier du recit de fa gloire ,
Et le punir de ſes vertus !
Ils feroient bien mieux de fe taire :
Dans un champ fi vafte & fi beau
Quand ils furpafferoient Rouffeau
Ils n'égaleroient pas Voltaire .
"
C vj
60 MERCURE DE FRANCE.
Je hais ces vers entortillés ,
Je hais ces écrits faméliques ,
Que plus d'un rimeur a pillés
Et fuperbement habillés
D'Epithetes hyperboliques.
Non , je n'eftime que très peu
Ces vers dont la burleſque enflure
A plus de phlegme que de feu ,
Et femblent abhorrer la nature .
Pour toi rimer ce n'eft qu'un jeu
Où fe plaît ta Mufe docile ,
Et dans ta diction facile
J'aime ce doux enchaînement
Qui lie avec les tendres graces
La force du raiſonnement .
Quand pourrai-je , en ſuivant tes traces ,
Errer dans le facré Vallon ,
Au gré de l'aimable caprice
Qu'infpire le docte Apollon ,
Et confacrer à ma Clarice
De ces immortelles Chanfons
Que t'apprit l'Amant de Lefbie ,
Et que la divine Uranie
Ne dicte qu'à fes Nouriffons ?
A la Soriniere en Anjou.
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15
p. 84-86
EPITRE de M. de la Soriniere à son Médecin.
Début :
Fils d'Hyppocrate & de Chiron[,] [...]
Mots clefs :
Vers, Vieux, Esprit, Guérir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE de M. de la Soriniere à son Médecin.
EPITRE de M. de la Soriniere à fon
Médecin.
F Ins d'Hyppocrate & de Chikose
Que redoute le vieux Caron ,
Fléau de la fatale barque ,
De Néméfis & de la Parque ,
Souffrez , ( ampliſſime Doctor )
Qu'au fond de fa fombre retraite
Un Reclus , un Anachorette
A fa verve donne l'effor ,
Pourvous fabrique r une Epitre.
Déja ma main fur mon pupitre
Griffonne , efface , ôte , remet ;
Etcepeu que j'ai mis au net
Eft le produit d'un long chapitre.
Mes vers paffés à l'alambic ,
Tout tombe en caput mortuum :
Mais hélas ! chacun a fon ticq
Qui nous conduit ad tumulum,
NOVEMBRE 1745. 85
Que mes vers efflanqués, fans force ,
Avec l'efprit faffent divorce ,
Ou plutôt avec la raiſon ;
Je fens en moi certaine amorce
Qui m'affaiſonne le poifon.
Plus je fais mal , plusje m'efforce ;
Et malgré mainte & mainte entorse
Je crois marcher à l'uniffon ,
Tant mon mal devient incurable.
Ah ! s'il eft parmi les humains
Un afcendant inévitable ;
C'eft furtout chés les Ecrivains
Que ce démon eft indomptable.
Vous qui trouvez en maint écrit
Le remede à cent maladies ,
Par quelques recettes choifies
Ne pourriez-vous guérir l'efprit ?
Je vous promets fans flaterie
Que Plutus avec tout fon or
Defcendroit dans votre tréfor
Pour prix d'une telle induftrie :
Mais fi vous trouvez ce grand Art ,
Commencez par moi , je vous prie.
Plût -à Dieu , que le vieux Ronfard
Eut pû guérir de ſa manie !
Nous n'aurions pas les mauvais vers
Ni les pitoyables travers
Dù s'abandonna ſon génie .
3
16 MERCURE DE FRANCE
Mais tous fecrets font fuperflus ,
Et je crains que mon Uranie
Qui me fait rimer tant & plus ,
N'ait auffi le cerveau perclus .
Mufes pourroient bien être folles :
Eh ! que fçait - on ? Dans leurs écoles
On voit tant de tymbres fêlés !
Et Phébus avec la neuvaine
Parmi tant de cris redoublés ,
Doit au moins avoir la migraine.
A la Soriniere en Anjou.
Médecin.
F Ins d'Hyppocrate & de Chikose
Que redoute le vieux Caron ,
Fléau de la fatale barque ,
De Néméfis & de la Parque ,
Souffrez , ( ampliſſime Doctor )
Qu'au fond de fa fombre retraite
Un Reclus , un Anachorette
A fa verve donne l'effor ,
Pourvous fabrique r une Epitre.
Déja ma main fur mon pupitre
Griffonne , efface , ôte , remet ;
Etcepeu que j'ai mis au net
Eft le produit d'un long chapitre.
Mes vers paffés à l'alambic ,
Tout tombe en caput mortuum :
Mais hélas ! chacun a fon ticq
Qui nous conduit ad tumulum,
NOVEMBRE 1745. 85
Que mes vers efflanqués, fans force ,
Avec l'efprit faffent divorce ,
Ou plutôt avec la raiſon ;
Je fens en moi certaine amorce
Qui m'affaiſonne le poifon.
Plus je fais mal , plusje m'efforce ;
Et malgré mainte & mainte entorse
Je crois marcher à l'uniffon ,
Tant mon mal devient incurable.
Ah ! s'il eft parmi les humains
Un afcendant inévitable ;
C'eft furtout chés les Ecrivains
Que ce démon eft indomptable.
Vous qui trouvez en maint écrit
Le remede à cent maladies ,
Par quelques recettes choifies
Ne pourriez-vous guérir l'efprit ?
Je vous promets fans flaterie
Que Plutus avec tout fon or
Defcendroit dans votre tréfor
Pour prix d'une telle induftrie :
Mais fi vous trouvez ce grand Art ,
Commencez par moi , je vous prie.
Plût -à Dieu , que le vieux Ronfard
Eut pû guérir de ſa manie !
Nous n'aurions pas les mauvais vers
Ni les pitoyables travers
Dù s'abandonna ſon génie .
3
16 MERCURE DE FRANCE
Mais tous fecrets font fuperflus ,
Et je crains que mon Uranie
Qui me fait rimer tant & plus ,
N'ait auffi le cerveau perclus .
Mufes pourroient bien être folles :
Eh ! que fçait - on ? Dans leurs écoles
On voit tant de tymbres fêlés !
Et Phébus avec la neuvaine
Parmi tant de cris redoublés ,
Doit au moins avoir la migraine.
A la Soriniere en Anjou.
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Pas de résultat.