Résultats : 4090 texte(s)
Accéder à la liste des types de textes ou des types de paratextes.
Détail
Liste
751
p. 355-356
Mort de S. A. S. Monsieur le Duc, [titre d'après la table]
Début :
S. A. S. Monsieur le Duc, estant morte à Paris, la nuit [...]
Mots clefs :
Mort, Goutte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mort de S. A. S. Monsieur le Duc, [titre d'après la table]
S. A. S. Monfieur le Duc ,
eftant morte à Paris , la nuit
du Lundy au Mardy 4. de ce
mois , d'une goute remontée ,
le Roy en ayant appris la nouvelle , donna à Monfieur le
Duc d'Enghien fon fils , tout
cc que le défunt tenoit de fa
356 MERCURE
bonté.. Vous jugez bien qu'il
me faut plus de temps pour
parler comme je dois , d'un fi
grand Prince. Je ſuis , Madamé, vôtre , &c.
AParis ce 5 Mars 17 10.
eftant morte à Paris , la nuit
du Lundy au Mardy 4. de ce
mois , d'une goute remontée ,
le Roy en ayant appris la nouvelle , donna à Monfieur le
Duc d'Enghien fon fils , tout
cc que le défunt tenoit de fa
356 MERCURE
bonté.. Vous jugez bien qu'il
me faut plus de temps pour
parler comme je dois , d'un fi
grand Prince. Je ſuis , Madamé, vôtre , &c.
AParis ce 5 Mars 17 10.
Fermer
752
p. 167-179
Feste galante faite à Chasteau Gontier pour la naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou, [titre d'après la table]
Début :
Je ne dois pas oublier à vous parler d'une Fête qui a esté faite [...]
Mots clefs :
Fête, Naissance du duc d'Anjou, Château, Feu d'artifice, Danse, Violons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Feste galante faite à Chasteau Gontier pour la naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou, [titre d'après la table]
Je ne dois pas oublier à vous
parler d'une Fête qui a eſté faite à l'occafion de la naiffance
de Monfeigneur le Duc d'Anjou , & dans laquelle vous
trouverez des particularitez
tres fingulieres , & fur tout la
manière de mettre le feu au
Bucher, qui eft auffi nouvelle
que galante , & qui n'a jamais
cité imaginée par perfonne. Je
paffe au fujer & au détail de
cette Fête amore delibet
168 MERCUR
A peine la nouvelle de la
Naiffance de Monseigneur le
Duc d'Anjou fut-ellerépandue
à Chafteau- Gontier , dans la
Province d'Anjou , que Mr de
Fleurance , Ecuyer de Madame la Ducheffe de Bourgogne,
dont le zele avoit déja paru en
1704.& 1707. à l'occafion de
la Naiffance de Meffeigneurs
les Ducs de Bretagne , forma le deffein de témoigner fa
joye par des rejoüiffances publiques. Il donna le deux de
cemois à Chateau Gontier ,
une Fefte qui a paffé pour une
des plus galantes & une des
micux
GALANT 169
mieux ordonnées qu'on en ait
veu depuis long - temps dans
cette Province. Elle commança à deux heures aprés midy
par une décharge generale
des Canons du Chafteau ; fur
les trois heures toute la Bourgeoifie fous les armes fe rendit fur la grande Place
ayant les Tambours de la
Ville à fa tefte ; cette Bourgeofie compofée de la plus
belle jeuneffe , eftoit partagée
en fix Compagnies de jeunes
hommes des mieux faits &
des mieux vêtus , tous parez
de noeuds d'Epée , avec des
Mars 1710.
P
170 MERCURE
T
Chapeaux bordez & des cocardes de ruban d'or ou d'argent. M Cucillard leur Colo
nel fe mit à leur tefte ; ils allerent tous en tres- bel ordre
prendre M' de Fleurance pour
venir mettre le feu à un gros
bucher orné de feuillages
qu'on avoit preparé par fon
ordre fur la grande Place vis- àvis de fa maifon. Comme
toutes les Dames de la Ville
eftoient affemblées chez luy
cejour- là , il leur défera l'honneur d'allumer le feu , & pour
ne pas mettre de divifion entre
la Nobleffe , & la Robbe , il
GALANT 171
choifit trois filles des principaux Officiers du Prefidial , &
trois filles de Gentilshommes.
Ces fix Demoifelles ayant
choifi chacune un Cavalier
pour leur donner la main marcherent avectous les Hautbois
& les Violons de la Ville
entre deux hayes d'Habitans
fous les armes , jufqu'au lieu
du bucher , où elles reçurent
des mains de leurs Cavaliers
chacune un flambeau allumé
dont elles fe fervirent pour
allumer le feu. M' le Comte
de Brizay cy- devant Chevalier
de Denonville Exempt des
Pij
172 MERCURE
1
}
Gardes , & M de Flechecourt
Ecuyer du Roy, & Capitaine
de Cavaleriendans Tarente ,
s'eftant trouvez fur les lieux
furent invitez à cette réjoüiſfance , où Mr de Fleurance
ayant fait apporter trois fufils,
leur en fit prefenter à chacun
un , afin de partager avec eux
l'honneur de la Fête. Ils tirérent
tous trois enſemble les trois
premiers coups en criant Vive
le Roy. Les fix Compagnies à
qui on avoit diſtribué de la
poudre avec profufion firent
auffi toft leurpremiere décharge avec unpareil cry de Vive
GALANT 173
le Roy ; tous les Cavaliers &
toutes les Dames qui estoient
prefentes danferent un moment autour du Bucher jufqu'à ce qu'il fuft plus allumé,
mais on fut obligé de quitter
bientoft la place & de fe retirer. Chacun s'en retourna , &
Mr de Fleurance demeura à la
tefte de la Bourgeoisie tant que
le feu dura. Il luy fit faire plufieurs falves pour Monfciई gneur , pour Monfeigneur le
Duc de Bourgogne , pour Madame la Ducheffe de Bourgogne , pour Monfeigneur le
Duc de Bretagne, pour
A
P iij
174 MERCURE
Monfeigneur le Duc d'Anjou
& pour Monfeigneur le Duc
de Berry. Il tira à chaque décharge le premier coup. Aprés
tout ce grand bruit de moufqueterie on tita un Féu d'Artifice , & on vit s'élever en l'air
pendant une heure une infinité de fufées qui retombant fur
elles-mêmes en pluye de feu ,
en petards , & en étoiles , formoient un fpectacle des plus
brillans. Sur les fept heures il
y cut plufieurs tables de Jeu
chez Mr de Fleurance , & à
neuf heures on fe mit à table
pour fouper. Il y avoit deux
MERCURE 175
tables de douze couverts chacune;on y fervit abondament
tout ce qu'on peut prefenter
de meilleur dans la faifon. Les
Pauvres ne furent pas oúblicz
dans ces réjouiffances ; l'Hôpital general fe fentit de la Fefte ,
& Mr de Fleurance fit part de
fa joye à tous ceux à qui elle
pouvoit eftre utile ou agreable. Il fit mettre deux tables
fur la Place publique à l'endroit où avoit efté le feu ; on
fervit à l'une un foupé pour
les Tambours & les Trompet.
tes , & à l'autre les Violons &
les Haut -bois , mangerent
P iiij
176 MERCURE
& burent largement. Un peu
avant le foupé on avoit illuminé depuis le bas juſqu'au haut
toutes les feneftres du corps
de logis , avec celles des deux
aîles & des deux pavillons de
la maiſon ; & comme elle eſt
aifée à décorer de lumieres
à caufe de la beauté de fon
Architecture , rien ne pouvoit faire unplus bel effet que
cette illumination qui dura
prefque toute la nuit. Les Balcons qui regnent aux deux côtez de la porte d'entrée depuis
la Corniche jufqu'aux Pavil
lons ,n'étoient pas moins éclai
GALANT 177
rez. Il y avoit auffi plufieurs
rangs de lumieres avec des De
vifes & des Infcriptions latines peintes fur des chaffis huilez , qu'on lifoit de fort loin
par le moyen des lampes qui
eftoient placées derriere. A dix
heures & demie Mr de Fleurrance commença le Bal avec
Mlle fa fœur , il s'y trouva
une quantité fi prodigieufe de
monde , qu'on fut obligé de
partager les Violons & les
Hautbois dans les Appartemens , & de danfer dans trois
differentes Salles. Pendant que
durale Bal on fervit à la Com-
178 MERCURE
€
pagnie des rafraîchiffemens
des baffins d'oranges , avec des
confitures féches ; & fur les
deux heures du matin on fut
furpris agreablement quand
on paffa dans un grand Salon
où il y avoit un Media noche ,
des mieux entendus. Le Balrecommença vers les trois heures pour danfer les contredanfes & dura jufqu'au jour. Tous
ceux qui furent témoins de
cette Fefte , retournerent trescontens de la maniere avec laquelle elle avoit efté executée ,
& de l'ordre qui y fut obfervé; on n'attendoit rien moins
GALANT 179
d'un Officier qui eft dans un
pofte auffi brillant & auffi ho
norable. Ceux qui connoiffent
Mr de Fleurance eftoient bien
perfuadez qu'il ne manqueroit
en rien pour fe diftinguer entre tous ceux qui ont donné
des marques de leur joye pour
des évenemens fi heureux ; &
fi la Provincé le doit ceder en
magnificence & en profufion
à la Capitale du Royaume, elle
a du moins l'avantage de pou
voir dire qu'il s'y trouve des
fujets très-zelez pour la prof
perité de l'Etat & pour la grandeur de la Maiſon Royale.
parler d'une Fête qui a eſté faite à l'occafion de la naiffance
de Monfeigneur le Duc d'Anjou , & dans laquelle vous
trouverez des particularitez
tres fingulieres , & fur tout la
manière de mettre le feu au
Bucher, qui eft auffi nouvelle
que galante , & qui n'a jamais
cité imaginée par perfonne. Je
paffe au fujer & au détail de
cette Fête amore delibet
168 MERCUR
A peine la nouvelle de la
Naiffance de Monseigneur le
Duc d'Anjou fut-ellerépandue
à Chafteau- Gontier , dans la
Province d'Anjou , que Mr de
Fleurance , Ecuyer de Madame la Ducheffe de Bourgogne,
dont le zele avoit déja paru en
1704.& 1707. à l'occafion de
la Naiffance de Meffeigneurs
les Ducs de Bretagne , forma le deffein de témoigner fa
joye par des rejoüiffances publiques. Il donna le deux de
cemois à Chateau Gontier ,
une Fefte qui a paffé pour une
des plus galantes & une des
micux
GALANT 169
mieux ordonnées qu'on en ait
veu depuis long - temps dans
cette Province. Elle commança à deux heures aprés midy
par une décharge generale
des Canons du Chafteau ; fur
les trois heures toute la Bourgeoifie fous les armes fe rendit fur la grande Place
ayant les Tambours de la
Ville à fa tefte ; cette Bourgeofie compofée de la plus
belle jeuneffe , eftoit partagée
en fix Compagnies de jeunes
hommes des mieux faits &
des mieux vêtus , tous parez
de noeuds d'Epée , avec des
Mars 1710.
P
170 MERCURE
T
Chapeaux bordez & des cocardes de ruban d'or ou d'argent. M Cucillard leur Colo
nel fe mit à leur tefte ; ils allerent tous en tres- bel ordre
prendre M' de Fleurance pour
venir mettre le feu à un gros
bucher orné de feuillages
qu'on avoit preparé par fon
ordre fur la grande Place vis- àvis de fa maifon. Comme
toutes les Dames de la Ville
eftoient affemblées chez luy
cejour- là , il leur défera l'honneur d'allumer le feu , & pour
ne pas mettre de divifion entre
la Nobleffe , & la Robbe , il
GALANT 171
choifit trois filles des principaux Officiers du Prefidial , &
trois filles de Gentilshommes.
Ces fix Demoifelles ayant
choifi chacune un Cavalier
pour leur donner la main marcherent avectous les Hautbois
& les Violons de la Ville
entre deux hayes d'Habitans
fous les armes , jufqu'au lieu
du bucher , où elles reçurent
des mains de leurs Cavaliers
chacune un flambeau allumé
dont elles fe fervirent pour
allumer le feu. M' le Comte
de Brizay cy- devant Chevalier
de Denonville Exempt des
Pij
172 MERCURE
1
}
Gardes , & M de Flechecourt
Ecuyer du Roy, & Capitaine
de Cavaleriendans Tarente ,
s'eftant trouvez fur les lieux
furent invitez à cette réjoüiſfance , où Mr de Fleurance
ayant fait apporter trois fufils,
leur en fit prefenter à chacun
un , afin de partager avec eux
l'honneur de la Fête. Ils tirérent
tous trois enſemble les trois
premiers coups en criant Vive
le Roy. Les fix Compagnies à
qui on avoit diſtribué de la
poudre avec profufion firent
auffi toft leurpremiere décharge avec unpareil cry de Vive
GALANT 173
le Roy ; tous les Cavaliers &
toutes les Dames qui estoient
prefentes danferent un moment autour du Bucher jufqu'à ce qu'il fuft plus allumé,
mais on fut obligé de quitter
bientoft la place & de fe retirer. Chacun s'en retourna , &
Mr de Fleurance demeura à la
tefte de la Bourgeoisie tant que
le feu dura. Il luy fit faire plufieurs falves pour Monfciई gneur , pour Monfeigneur le
Duc de Bourgogne , pour Madame la Ducheffe de Bourgogne , pour Monfeigneur le
Duc de Bretagne, pour
A
P iij
174 MERCURE
Monfeigneur le Duc d'Anjou
& pour Monfeigneur le Duc
de Berry. Il tira à chaque décharge le premier coup. Aprés
tout ce grand bruit de moufqueterie on tita un Féu d'Artifice , & on vit s'élever en l'air
pendant une heure une infinité de fufées qui retombant fur
elles-mêmes en pluye de feu ,
en petards , & en étoiles , formoient un fpectacle des plus
brillans. Sur les fept heures il
y cut plufieurs tables de Jeu
chez Mr de Fleurance , & à
neuf heures on fe mit à table
pour fouper. Il y avoit deux
MERCURE 175
tables de douze couverts chacune;on y fervit abondament
tout ce qu'on peut prefenter
de meilleur dans la faifon. Les
Pauvres ne furent pas oúblicz
dans ces réjouiffances ; l'Hôpital general fe fentit de la Fefte ,
& Mr de Fleurance fit part de
fa joye à tous ceux à qui elle
pouvoit eftre utile ou agreable. Il fit mettre deux tables
fur la Place publique à l'endroit où avoit efté le feu ; on
fervit à l'une un foupé pour
les Tambours & les Trompet.
tes , & à l'autre les Violons &
les Haut -bois , mangerent
P iiij
176 MERCURE
& burent largement. Un peu
avant le foupé on avoit illuminé depuis le bas juſqu'au haut
toutes les feneftres du corps
de logis , avec celles des deux
aîles & des deux pavillons de
la maiſon ; & comme elle eſt
aifée à décorer de lumieres
à caufe de la beauté de fon
Architecture , rien ne pouvoit faire unplus bel effet que
cette illumination qui dura
prefque toute la nuit. Les Balcons qui regnent aux deux côtez de la porte d'entrée depuis
la Corniche jufqu'aux Pavil
lons ,n'étoient pas moins éclai
GALANT 177
rez. Il y avoit auffi plufieurs
rangs de lumieres avec des De
vifes & des Infcriptions latines peintes fur des chaffis huilez , qu'on lifoit de fort loin
par le moyen des lampes qui
eftoient placées derriere. A dix
heures & demie Mr de Fleurrance commença le Bal avec
Mlle fa fœur , il s'y trouva
une quantité fi prodigieufe de
monde , qu'on fut obligé de
partager les Violons & les
Hautbois dans les Appartemens , & de danfer dans trois
differentes Salles. Pendant que
durale Bal on fervit à la Com-
178 MERCURE
€
pagnie des rafraîchiffemens
des baffins d'oranges , avec des
confitures féches ; & fur les
deux heures du matin on fut
furpris agreablement quand
on paffa dans un grand Salon
où il y avoit un Media noche ,
des mieux entendus. Le Balrecommença vers les trois heures pour danfer les contredanfes & dura jufqu'au jour. Tous
ceux qui furent témoins de
cette Fefte , retournerent trescontens de la maniere avec laquelle elle avoit efté executée ,
& de l'ordre qui y fut obfervé; on n'attendoit rien moins
GALANT 179
d'un Officier qui eft dans un
pofte auffi brillant & auffi ho
norable. Ceux qui connoiffent
Mr de Fleurance eftoient bien
perfuadez qu'il ne manqueroit
en rien pour fe diftinguer entre tous ceux qui ont donné
des marques de leur joye pour
des évenemens fi heureux ; &
fi la Provincé le doit ceder en
magnificence & en profufion
à la Capitale du Royaume, elle
a du moins l'avantage de pou
voir dire qu'il s'y trouve des
fujets très-zelez pour la prof
perité de l'Etat & pour la grandeur de la Maiſon Royale.
Fermer
Résumé : Feste galante faite à Chasteau Gontier pour la naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou, [titre d'après la table]
À Château-Gontier, en Anjou, une fête fut organisée pour célébrer la naissance du Duc d'Anjou. À l'annonce de cette nouvelle, Monsieur de Fleurance, écuyer de Madame la Duchesse de Bourgogne, décida de manifester sa joie par des réjouissances publiques. Le 2 du mois, une fête considérée comme l'une des plus élégantes et bien organisées de la province eut lieu. Elle débuta par une décharge de canons à 14 heures, suivie par une assemblée de la bourgeoisie armée sur la grande place à 15 heures. Cette bourgeoisie, composée de jeunes gens bien vêtus et ornés de rubans, se rendit au bûcher préparé sur la place pour y mettre le feu. Monsieur de Fleurance invita des dames à allumer le feu, choisissant des filles de principaux officiers et de gentilshommes pour éviter toute division. Des invités distingués, comme le Comte de Brizay et Monsieur de Flechecourt, participèrent également à la fête. Après l'allumage du bûcher, des salves de mousqueterie et un feu d'artifice furent tirés. La soirée se poursuivit avec des jeux, un souper, et un bal qui dura jusqu'au matin. Les pauvres ne furent pas oubliés, recevant des repas et des boissons. La maison de Monsieur de Fleurance fut illuminée, et des inscriptions latines furent exposées. La fête se termina par un bal qui dura jusqu'au jour, laissant tous les participants très satisfaits de son organisation et de son ordre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
753
p. 246-256
Mouvement fait parmy les Intendans, [titre d'après la table]
Début :
L'Article que vous allez lire vous paroîtra tout nouveau. [...]
Mots clefs :
Mouvements, Intendants, Mr Pinon, Mr de Trudaine, Mr Meliand
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mouvement fait parmy les Intendans, [titre d'après la table]
'Article que vous allez
lire vous paroîtra tout nouyeau.
Il s'eft fait un mouvement
affez confiderable parmi les
Intendans, Mr Pinon Intendant de Dijon ayant demandé
à fe retirer. , Mr de Trudaine
Intendant de Lyon , a paffé à
Intendance de Dijon , & Mr
GALANT 247
1
Meliand Intendant de Pau &
de l'Armée d'Espagne , a eu
celle de Lyon. Enfin Mr le Camus de la Grange a eu cette
derniere Intendance.
Mr Pinon qui ſe retire eft
Maistre des Requeſtes depuis
l'année 1686. & il eft du Semeftre de Janvier. Il eſt frere
de Mr Pinon Prefident au
grand Confeil & du Semestre
d'Efté , & pere de Mr Pinon de
Courfes Confeiller au Parlement. Mr Pinon Confeiller de la premiere Chambre
des Enquestes & reçu dans le
Parlement le 27. Aðuſt 1704.
X iiij
248 MERCURE
& Mr Pinon Confeiller de la
troifiéme Chambre des Enquê.
tes & reçu au Parlement le 25 .
Avril 1703. font honneur à
cette famille , de même que
Mr Pinon Seigneur de Villemain , premier Prefident des
Treforiers de France , generaux des Finances , & grand
Voyer en la Generalité de Paris , receu en cette Charge depuis l'année 1691. Mr Pinon
qui fe retire , avoit eſté Intendant de Poitiers , avant de paffer à l'Intendance de Dijon.
Mr de TrudaineSeigneur de
Montigny , qui fuccede à Mr
GALANT 249
Pinon , cft Maiftre des Requê
Les depuis l'année 1680. & il
elt du Semestre d'Avril Havoit
éſté auparavant Confeiller au
Parlement, &il vendit fa Charge de Confeiller de la troifiéme
des Enqueftes à Mr de Meliand
frere aîné du nouvel Intendant
deLyon & qui fut receu au Par
lement le 30. Mars 1689. Le
nouvel Intendant de Dijon , eft
frere de M° Voifin , épouſe de
Mr Voifin Secretaire d'Erat de
la guerre , & fils de feu Mr de
Trudaine,Confeiller du Roy &
Matre ordinaire en fa Chambre des Comptes. Mr. l'Laten-
250 MARCURE
dan: de Dijon eft coufin germainde MrLefpinette le Mairat , Maiftre des Requêtes , fils
de Mr le Mairat de Nogent
Mailtre des Comptes , dont
je vais vous apprendre la mort.
Ce jeune Magiftrat eſt Maiſtre
des Requeftes depuis l'année
1700. & du Semeftre de Janvier. M de Trudaine Intendante de Dijon eft de la Maifon de la Sabiiere & petite fille
de M de la Sabliere , que tous
les beaux efprits ont louée dans
leurs ouvrages , & qui eſtoir
foeur de Mr Hefnin qui vit encoreaujourd'huy & que fa ver-
GALANT 251
tu plus encore que fon merite
rendent li recommandable. Il
elt fort âgé.
MrMeliand, nouvel Intendant de Lyon & ci - devant Intendant à Pau & Intendant des
Armées de France & d'Efpagne , eft fecond fils de feu Mr
Meliand , Confeiller aux Requeftes du Palais & enfuite
Mailtre des Requeſtes , & arrie -petit - fils de Mr Meliand
Procureur general au Parlement de Paris , auquel feu Mr
Fouquet fucceda, Il eft neveu
de Mr Meliand ancien Evêque
d'Alet & auparavant de Gap.
4
252 MERCURE
Il elt d'une tres - ancienne famille de Robbe , qui a donné
un Prefident à une des Chambres des Enqueftes du Parlement de Paris , & un Ambaſſadeur de France en Suiffe & pluficurs Confeillers au Parlement il ya une autre branche
de Meliand dans le Parlement ;
Blaife Claude Meliand Confeiller de la premiere Chambre
des Requettes , où il fut receu
le 16. Avril 1698. en eft Ic
Chef. Mr de Lamoignon de
Courfon, fils de M' de Bâville ,
ci devant Intendant de Rouen,
& qui l'eſt à prefent de Borર
GALANT 253
deaux a époufé depuis peu fa
foeur. Mr l'Intendant de Lyon
a époufé la fille de Mr le Bret
premier Prefident du Parlement d'Aix , & qui nâquit à
Lyon pendant que Mr fon
pere y eftoit Intendant. Mr
Cardin le Bret de Flavacourt
fon frere eft Intendant de
Provence. Mr le Camus Scigneur de la Grange , qui
vient d'eftre nomméIntendant
de Pau , eft Maître des Requeftes depuis l'année 1696.
& du Semestre d'Octobre. Il
eft fecond fils de M' Nicolas
le Camus Seigneur de la
254 MERCURE
Grange Bligny, premier Pre
fident de la Cour des Aydes ,
neveu de M' le Lieutenant
Civil & de feu M' le Cardinal
le Camus , & frere de M' le
Camus premier Preſident de
la Cour des Aydes , en furvivancedeM' fon pere. Ce nom
eft refpectable depuis longtemps dans la Robbe aufli
bien que dans l'Eglife.
Mr Trudaine , a tenu une
conduite à Lyon pendant qu'il
en a efté Intendant , qui luy a
gagné les cœurs de tout le
Pays. Il y avécu d'une maniere
fomptucufe , il logeoit tous-
GALANY 255
les grands Seigneurs qui y
paffoient. D'ailleurs il Y cultivoit les Sciences ; depuis une
année il y avoit formé une
efpece d'Academie en affemblant tous les Lundis de chaque Semaine l'élite des gens de
Lettres de cette Ville qui trai
toient ces jours-là le point de
fciencequi leur avoit été affigné
dans la precedente conference.
Cet Intendant ya eu l'avanta
ge de loger chez luy Monfieur
Le Duc d'Orleans , lorsqu'il
paffa à Lyon , pour aller en
Piedmont , & à fon retour.
Mr Meliand n'a que 40.
256 MERCURE.
ans ; mais dans un âge fipeu
avancé il a déja donné plufieurs
marques de fa capacité & de
fon habileté dans les affaires.
lire vous paroîtra tout nouyeau.
Il s'eft fait un mouvement
affez confiderable parmi les
Intendans, Mr Pinon Intendant de Dijon ayant demandé
à fe retirer. , Mr de Trudaine
Intendant de Lyon , a paffé à
Intendance de Dijon , & Mr
GALANT 247
1
Meliand Intendant de Pau &
de l'Armée d'Espagne , a eu
celle de Lyon. Enfin Mr le Camus de la Grange a eu cette
derniere Intendance.
Mr Pinon qui ſe retire eft
Maistre des Requeſtes depuis
l'année 1686. & il eft du Semeftre de Janvier. Il eſt frere
de Mr Pinon Prefident au
grand Confeil & du Semestre
d'Efté , & pere de Mr Pinon de
Courfes Confeiller au Parlement. Mr Pinon Confeiller de la premiere Chambre
des Enquestes & reçu dans le
Parlement le 27. Aðuſt 1704.
X iiij
248 MERCURE
& Mr Pinon Confeiller de la
troifiéme Chambre des Enquê.
tes & reçu au Parlement le 25 .
Avril 1703. font honneur à
cette famille , de même que
Mr Pinon Seigneur de Villemain , premier Prefident des
Treforiers de France , generaux des Finances , & grand
Voyer en la Generalité de Paris , receu en cette Charge depuis l'année 1691. Mr Pinon
qui fe retire , avoit eſté Intendant de Poitiers , avant de paffer à l'Intendance de Dijon.
Mr de TrudaineSeigneur de
Montigny , qui fuccede à Mr
GALANT 249
Pinon , cft Maiftre des Requê
Les depuis l'année 1680. & il
elt du Semestre d'Avril Havoit
éſté auparavant Confeiller au
Parlement, &il vendit fa Charge de Confeiller de la troifiéme
des Enqueftes à Mr de Meliand
frere aîné du nouvel Intendant
deLyon & qui fut receu au Par
lement le 30. Mars 1689. Le
nouvel Intendant de Dijon , eft
frere de M° Voifin , épouſe de
Mr Voifin Secretaire d'Erat de
la guerre , & fils de feu Mr de
Trudaine,Confeiller du Roy &
Matre ordinaire en fa Chambre des Comptes. Mr. l'Laten-
250 MARCURE
dan: de Dijon eft coufin germainde MrLefpinette le Mairat , Maiftre des Requêtes , fils
de Mr le Mairat de Nogent
Mailtre des Comptes , dont
je vais vous apprendre la mort.
Ce jeune Magiftrat eſt Maiſtre
des Requeftes depuis l'année
1700. & du Semeftre de Janvier. M de Trudaine Intendante de Dijon eft de la Maifon de la Sabiiere & petite fille
de M de la Sabliere , que tous
les beaux efprits ont louée dans
leurs ouvrages , & qui eſtoir
foeur de Mr Hefnin qui vit encoreaujourd'huy & que fa ver-
GALANT 251
tu plus encore que fon merite
rendent li recommandable. Il
elt fort âgé.
MrMeliand, nouvel Intendant de Lyon & ci - devant Intendant à Pau & Intendant des
Armées de France & d'Efpagne , eft fecond fils de feu Mr
Meliand , Confeiller aux Requeftes du Palais & enfuite
Mailtre des Requeſtes , & arrie -petit - fils de Mr Meliand
Procureur general au Parlement de Paris , auquel feu Mr
Fouquet fucceda, Il eft neveu
de Mr Meliand ancien Evêque
d'Alet & auparavant de Gap.
4
252 MERCURE
Il elt d'une tres - ancienne famille de Robbe , qui a donné
un Prefident à une des Chambres des Enqueftes du Parlement de Paris , & un Ambaſſadeur de France en Suiffe & pluficurs Confeillers au Parlement il ya une autre branche
de Meliand dans le Parlement ;
Blaife Claude Meliand Confeiller de la premiere Chambre
des Requettes , où il fut receu
le 16. Avril 1698. en eft Ic
Chef. Mr de Lamoignon de
Courfon, fils de M' de Bâville ,
ci devant Intendant de Rouen,
& qui l'eſt à prefent de Borર
GALANT 253
deaux a époufé depuis peu fa
foeur. Mr l'Intendant de Lyon
a époufé la fille de Mr le Bret
premier Prefident du Parlement d'Aix , & qui nâquit à
Lyon pendant que Mr fon
pere y eftoit Intendant. Mr
Cardin le Bret de Flavacourt
fon frere eft Intendant de
Provence. Mr le Camus Scigneur de la Grange , qui
vient d'eftre nomméIntendant
de Pau , eft Maître des Requeftes depuis l'année 1696.
& du Semestre d'Octobre. Il
eft fecond fils de M' Nicolas
le Camus Seigneur de la
254 MERCURE
Grange Bligny, premier Pre
fident de la Cour des Aydes ,
neveu de M' le Lieutenant
Civil & de feu M' le Cardinal
le Camus , & frere de M' le
Camus premier Preſident de
la Cour des Aydes , en furvivancedeM' fon pere. Ce nom
eft refpectable depuis longtemps dans la Robbe aufli
bien que dans l'Eglife.
Mr Trudaine , a tenu une
conduite à Lyon pendant qu'il
en a efté Intendant , qui luy a
gagné les cœurs de tout le
Pays. Il y avécu d'une maniere
fomptucufe , il logeoit tous-
GALANY 255
les grands Seigneurs qui y
paffoient. D'ailleurs il Y cultivoit les Sciences ; depuis une
année il y avoit formé une
efpece d'Academie en affemblant tous les Lundis de chaque Semaine l'élite des gens de
Lettres de cette Ville qui trai
toient ces jours-là le point de
fciencequi leur avoit été affigné
dans la precedente conference.
Cet Intendant ya eu l'avanta
ge de loger chez luy Monfieur
Le Duc d'Orleans , lorsqu'il
paffa à Lyon , pour aller en
Piedmont , & à fon retour.
Mr Meliand n'a que 40.
256 MERCURE.
ans ; mais dans un âge fipeu
avancé il a déja donné plufieurs
marques de fa capacité & de
fon habileté dans les affaires.
Fermer
Résumé : Mouvement fait parmy les Intendans, [titre d'après la table]
Le texte décrit des changements récents parmi les intendants en France. Monsieur Pinon, Intendant de Dijon et Maître des Requestes depuis 1686, a demandé à se retirer. Il appartient à une famille influente, avec des membres au Parlement et des conseillers au grand Conseil. Monsieur de Trudaine, Intendant de Lyon, a pris sa place à Dijon. Monsieur de Trudaine, Seigneur de Montigny, est Maître des Requestes depuis 1680 et a précédemment été conseiller au Parlement. Il est également frère de Madame Voisin, épouse d'un secrétaire d'État à la guerre. À Lyon, il a été apprécié pour sa conduite, accueillant des seigneurs et cultivant les sciences en formant une académie. Monsieur Méliand, Intendant de Pau et des armées d'Espagne, a succédé à Monsieur de Trudaine à Lyon. Monsieur Méliand est issu d'une ancienne famille de robe, avec des membres ayant occupé des postes prestigieux au Parlement et dans l'Église. Monsieur le Camus de la Grange a été nommé Intendant de Pau. Il est Maître des Requestes depuis 1696 et appartient à une famille respectée dans la robe et l'Église. Monsieur Méliand, bien que jeune, a déjà démontré ses capacités dans les affaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
754
p. 268-269
Mr le Vasseur Maistre des Comptes obtient l'agrement d'une Charge de Maistre d'Hôtel du Roy, [titre d'après la table]
Début :
Cependant je vous diray que le Roy ayant permis à Mr [...]
Mots clefs :
Mr Maréchal, Chirurgien, Mr le Vasseur, Maître des comptes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mr le Vasseur Maistre des Comptes obtient l'agrement d'une Charge de Maistre d'Hôtel du Roy, [titre d'après la table]
Cependant je vous diray
que le Roy ayant permis à Mr
Maréchal fon premier Chirur
gien de fe démettre de fa
Charge de Maître d'Hôtel
qu'il luy avoit donnée , il s'en
eft deffait en faveur de Mr le
Vaffeur Maistre des Comptes
qui a travaillé pendant trente
ans aux principales Affaires
de la Marine. Sa Majesté a
donnéfon agrément à Mr le
Vaffeur , avec des temoigna
,
GALANT 269
pr
gés de bonté & de fatisfaction
des fervices qu'il luy a rendus
fous les ordres de feu Mr le
Marquis de Seignelay , de Mr.
le Chancellier , & de Mr le
Comte de Pontchatrain
que le Roy ayant permis à Mr
Maréchal fon premier Chirur
gien de fe démettre de fa
Charge de Maître d'Hôtel
qu'il luy avoit donnée , il s'en
eft deffait en faveur de Mr le
Vaffeur Maistre des Comptes
qui a travaillé pendant trente
ans aux principales Affaires
de la Marine. Sa Majesté a
donnéfon agrément à Mr le
Vaffeur , avec des temoigna
,
GALANT 269
pr
gés de bonté & de fatisfaction
des fervices qu'il luy a rendus
fous les ordres de feu Mr le
Marquis de Seignelay , de Mr.
le Chancellier , & de Mr le
Comte de Pontchatrain
Fermer
Résumé : Mr le Vasseur Maistre des Comptes obtient l'agrement d'une Charge de Maistre d'Hôtel du Roy, [titre d'après la table]
Le roi a autorisé Monsieur Maréchal à démissionner de sa charge de Maître d'Hôtel. Monsieur le Vasseur, Maître des Comptes, a été nommé à sa place. Sa Majesté a approuvé cette décision, reconnaissant les trente années de services de Monsieur le Vasseur dans la Marine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
755
p. 269-272
Dons faits par le Roy d'Espagne, [titre d'après la table]
Début :
Le Roy d'Espagne a nommé Don Juan-Antonio de Amezaga [...]
Mots clefs :
Dons, Roi d'Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dons faits par le Roy d'Espagne, [titre d'après la table]
Le Roy d'Efpagne a nommé Don Juan Antonio de
Amezaga Lieutenant general ,
pour fervir en Arragon fous les
ordres de Mrle Comte d'Aguilar , & le Gouvernement de
Malaga a cfté donné à Don
Baltazar de Amezaga fon frere Maréchal de Camp.
-
S. M. C. a auffi fait DonJuan
Ifidore de Padilla Gouverneur
Z iij
270 MERCURE
d'Orihuela Brigadier, en confi
deration de fes fervices.
DonJuan- Antonio de Amezaga a fervi toute fa vie
dans la Cavalerie , oùil s'est élevé par degrez ; ce qui prouve
qu'il ne doit le rang qu'il occupe à prefent qu'à fon feul merite & à fa feule valeur. Il eſt
d'une des meilleures Maifons
de Caftille , & il a l'honneur
d'eftre allié par les femmes à
Male Duc de Medina Céli .
Don Juan eft parent de Don
Jofeph de Amezaga Gouverneur d'une Place confiderable
de Caftille. Mrs d'Amezaga
+ GALANT
270
ont toûjours marqué beaucoup de zele pour les interefts
de Sa Majesté Catholique. Ces
~deux illuftres freres , tous deux
élevez fous ce regne aux premieres dignitez de la guerre ,
ont donné de frequentes marques qu'elles eftoient encore
plus dues à leur valeur & à leurs
fervices qu'à leur naiffance ,
quoy qu'elle foit des plus quaAifiées.
Don Ifidore de Padilla qui a
efté fair Brigadier , porte un
nom qui eft en veneration en
Efpagne. Loranzo Padilla Archidiacre de Malaga & qui viZ iiij
272 MERCURE
voit dans le feiziéme fiecle
fut Hiftoriographe de Charlequint. Il publia un Catalogue
des Saints d'Espagne. François
de Padilla fon neveu fe diftingua par fon fçavoir ; il enfei
gna la Theologie à Seville avec
un fuccés éclatant & fut Chanoine de Malaga ; il
fa une Hiftoire Ecclefiaftique
d'Espagne , & une Chronolo
gie des Conciles.
Amezaga Lieutenant general ,
pour fervir en Arragon fous les
ordres de Mrle Comte d'Aguilar , & le Gouvernement de
Malaga a cfté donné à Don
Baltazar de Amezaga fon frere Maréchal de Camp.
-
S. M. C. a auffi fait DonJuan
Ifidore de Padilla Gouverneur
Z iij
270 MERCURE
d'Orihuela Brigadier, en confi
deration de fes fervices.
DonJuan- Antonio de Amezaga a fervi toute fa vie
dans la Cavalerie , oùil s'est élevé par degrez ; ce qui prouve
qu'il ne doit le rang qu'il occupe à prefent qu'à fon feul merite & à fa feule valeur. Il eſt
d'une des meilleures Maifons
de Caftille , & il a l'honneur
d'eftre allié par les femmes à
Male Duc de Medina Céli .
Don Juan eft parent de Don
Jofeph de Amezaga Gouverneur d'une Place confiderable
de Caftille. Mrs d'Amezaga
+ GALANT
270
ont toûjours marqué beaucoup de zele pour les interefts
de Sa Majesté Catholique. Ces
~deux illuftres freres , tous deux
élevez fous ce regne aux premieres dignitez de la guerre ,
ont donné de frequentes marques qu'elles eftoient encore
plus dues à leur valeur & à leurs
fervices qu'à leur naiffance ,
quoy qu'elle foit des plus quaAifiées.
Don Ifidore de Padilla qui a
efté fair Brigadier , porte un
nom qui eft en veneration en
Efpagne. Loranzo Padilla Archidiacre de Malaga & qui viZ iiij
272 MERCURE
voit dans le feiziéme fiecle
fut Hiftoriographe de Charlequint. Il publia un Catalogue
des Saints d'Espagne. François
de Padilla fon neveu fe diftingua par fon fçavoir ; il enfei
gna la Theologie à Seville avec
un fuccés éclatant & fut Chanoine de Malaga ; il
fa une Hiftoire Ecclefiaftique
d'Espagne , & une Chronolo
gie des Conciles.
Fermer
Résumé : Dons faits par le Roy d'Espagne, [titre d'après la table]
Le roi d'Espagne a nommé Don Juan Antonio de Amezaga Lieutenant général en Aragon sous les ordres du Comte d'Aguilar. Don Baltazar de Amezaga, frère de Don Juan Antonio et Maréchal de Camp, a été désigné pour gouverner Malaga. De plus, Don Juan Isidore de Padilla a été nommé Gouverneur d'Orihuela et promu Brigadier. Don Juan Antonio de Amezaga, issu d'une famille noble de Castille alliée aux Ducs de Medina Céli, a passé sa carrière dans la cavalerie, gravissant les échelons par son mérite. Les Amezaga ont toujours montré un grand zèle pour les intérêts du roi. Les deux frères ont fréquemment démontré que leurs honneurs étaient dus à leur valeur et à leurs services. Don Isidore de Padilla, promu Brigadier, porte un nom vénéré en Espagne. Lorenzo Padilla, Archidiacre de Malaga au XVIe siècle, fut historiographe de Charles Quint. François de Padilla, neveu de Lorenzo, se distingua par son savoir et enseigna la théologie à Séville. Il écrivit une Histoire Ecclésiastique d'Espagne et une Chronologie des Conciles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
756
p. 343
Sermens prestez par Monsieur le Duc pur la Charge de Grand Maistre de la Maison du Roy [titre d'après la table]
Début :
Le 24e Monsieur le Duc presta deux Sermens; le premier [...]
Mots clefs :
Serment, Charge, Grand maître de la Maison du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sermens prestez par Monsieur le Duc pur la Charge de Grand Maistre de la Maison du Roy [titre d'après la table]
Le 24 Monfieur le Duc
prefta deux Sermens ; le premier pour la Charge de Grand
Maitre de la Maiſon du Roy,
le Serment ayant efté lû par
Mr le Comte de Pontchartrain , & le fecond pour le
Gouvernement de Bourgogne;
ce fut Mr le Marquis de la
Vrillere qui lut le Serment.
prefta deux Sermens ; le premier pour la Charge de Grand
Maitre de la Maiſon du Roy,
le Serment ayant efté lû par
Mr le Comte de Pontchartrain , & le fecond pour le
Gouvernement de Bourgogne;
ce fut Mr le Marquis de la
Vrillere qui lut le Serment.
Fermer
757
p. 350-379
Situation des Affaires de l'Europe, [titre d'après la table]
Début :
Je passe à la situation des Affaires de l'Europe telles qu'elles [...]
Mots clefs :
Affaires de l'Europe, France, Espagne, Monarque, Puissances, Armée, Angleterre, Doctrine, Ministère, Chambre des pairs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Situation des Affaires de l'Europe, [titre d'après la table]
Je paffe à la fituation des
Affaires de l'Europe telles qu'el
les fe trouvent dans le moment
que je vous écris. Je dis dans le
moment que je vous écris , car
il pourroit y avoir du changement dans le temps que vous
recevrez ma Lettre.
TITIT
ยม
SEm.
il
elt
ont
DCA
rez
una
efté
aut
.
ints
Jues
mêdoit hut,
de
cuqu'à
THEQUE
DE
BIBLIO
LYON
#1893
19TH THE 1971
35
ឬŠ/đឬ
SULE
rec
GALANT 35%
De quelque cofté que l'Em
pereur regarde fes Affaires , il
fe trouve fort embaraffé. Il eft
certain que fes Troupes ont
efté battues en plufieurs occafions par les Confederez
d'Hongrie , & qu'il a fait une
perte confiderable , qui a efté
fuivie de celle de l'Ile de Schut.
Ce font des faits conftants
dont les nouvelles publiques
imprimées chez les Alliez mêmes font mention. On doit
remarquer que l'Ifle de Schut,
n'eftant qu'à douze lieües de
Vienne , les Confederez peuvent faire des courfes juſqu'à
352 MERCURE
fes Porres , & que l'on n'en
fortir fans rifquer beau- peut
coup.
Les Cercles ne fe font pas
encore mis en devoir de lever
un fol, ni un homme pour tenir tefte à une Armée victoricufe & de prés de cinquante
millehommes que les François
ont du cofté du haut Rhin.
Cette Armée ne manque de
rien , ayant tiré les Contributions que les Allemans ont efté
obligez de luy payer moitié en
argent & moitié en grains.
L'Empereur ne peut efperer
aucunes Troupes de Danne-
GALANT 353
marck , & fur tout depuis la
derniere Bataille , ny d'aucun
autre cofté ; de maniere qu'il
fe trouve obligé de faire revenir d'Italie huit mille hömmes de fes meilleures Troupes,
qui ne fuffiront pas pour envoyer du cofte d'Hongrie &
du cofté du Rhin ; & ces Troupes , tirées d'Italie feront caufe
que Monfieur le Duc de Savoyenefera pas affez fort pour
mettre une Armée en Campagne. Joignez à cela qu'il luy
fera tres- difficile de tirer des
fubfides d'Angleterre , puis
qu'elle n'a pas tous les fonds
"Mars 1710. Gg
354 MERCURE
neceffaires pour faire la Campagne prochaine , & qu'il luy
fera abfolument impoffible de
rien tirer des Hollandois , qui
manquent encore beaucoup
plus d'argent , & des chofes
neceffaires pour faire la Campagne que les Anglois. Cefone
des faits connus, & publiezpar
eux-mêmes.
2
Quant à la France elle ne
manque point de Troupes , &
elles font invincibles lorfqu'elles font bien conduites. Ses
fonds feront plus que fuffifans
pout faire une gleufe Campagne. Le rachatla Paulet-
GALANT 355
de celuy de la Capitation
du Clergé , de plufieurs Affaires & de plufieurs autres
Particuliers qui ont laiffé en
mourant des fommes immenfes qui appartiennent au Roy,
& de fes revenus ordinaires qui
commencent à produire beaucoup , & qu'une grande recolte que le Ciel femble luy promettre , doit encore augmenter beaucoup , remettront fes
affaires dans une bonne fituation. Joignez à cela qu'elle
doit tirer une grande quantité
de bleds du Languedoc , que
la Bretagne luy en fournit tous
•
Gg ij
356 MERCURE
les jours ; qu'il en eſto venu
beaucoup du Levant ; qu'il en
vient encore tous les jours deo
ce cofté- là , & que tout celuy
du premier envoy que les Ge
nois devoient faire eft arrivé à
Marſeille , oùilyena quaranté
mille muids que l'on a com
mencé à fairevenir de ce coftécy, & dont une partie arrivera
inceffamment à Paris. Jenedis
rien de tous les fruits de la terre dont il paroift que nous de
vons avoir une abondante recolte. Toutes les Recrues des
Troupes font faites il ya déja
long temps , & lorfqu'il fera
GALANT 357
temps d'entrer en Campagne,
les Alliez connoîtront qu'ils
onc efté longtemps abufez fur
la veritable fituation de nos
affaires.
Il paroift qu'ils doivent peu
compter fur les Troupes Saxo
nes. Le Roy Auguſte , il eft
vray, cft retourné en Pologne;
mais comme les affaires de ce
Royaume font encore dans un
granddefordre , & que tous les
Partis ne luy font pas favorables , il a beſoin de Troupes
pour s'y maintenir , & moins
les Polonois veulent voir de
Saxons dans leurs Etats , plus
358 MERCURE
"
il y doit faire groffir le nombre de fes Troupes , fans lef
quelles il ne peut eftre bien af
fermi fur le Tiône. Enfin de
quelque cofté que l'on envifa
ge la fituation des Affaires , il
paroift que toutes les Puiffan
ces ont befoin de leurs Troum
pes , & que quand les Alliezauroient plus d'argent à leur don
ner qu'ils n'en ont en effet , ils
ont trop befoin deleurs Trou.
pes pour les envoyer hors de
chez eux , & peut- cftre , comme nous verrons dans la fuite,
les Augios feront- ils obligez
d'en referver beaucoup chez
GALANT 359
eux , puifqu'il eft impoffible
que le feu de la divifion quis'y
eft mis , puiffe eftre ftoft
éteint , & qu'il le puiffe même
eftre qu'en apparence , car les
divifions caufées par des affaires de Religion finiffent rarement ; & lors qu'on les croit
finies , elles ne font qu'affoupics , & font toûjours prêtes à
reprendre feu. A l'égard des Affaires d'El
pagne , elles fe trouvent, aujourd'huy dans une fi heureufe fituation qu'elle eft en état
de fe procurer feule fa gloire
& fon bonheur fans rien de-
360 MERCURE
voir à perfonne , & de maintenir fur fes Trônes le Monarqueà qui ils appartiennentlegitiment ; qu'elle a reconnu avec
joye , & audevant duquel elle a
envoyé avec unempreffement
remplyd'allegreffe ; de maniere
qu'elle n'auroir pas fait autre
ment quand elle l'auroit ellement choifi. Et en effet c'étoit
le choifir que de reconnoître
fesdroits fondez fur la nature
& declarez juftes par fon dernier Monarque mourant , &
en prefence de fon Dieu , ce
qu'il n'auroit pas fait s'il avoit
ctû le contraire dans le moment
GALANT 361
ment qu'il eftoit preft de luy
aller rendre compte de fes actions , &fes droits font fi vifi;
bles & fi inconteſtables , que
toutes les Puiffances de l'Europe qui les luy diſputent aujourd'huy , les ont non feulementreconnus , mais ont même efté jufqu'à Madrid l'affurer de cette reconnoiſſance , &
ont demeuré à fa Cour, foit
en qualité d'Ambaffadeurs ,
foit en qualité d'Envoyez pour
yrefider. De maniere quetoutes les Puiffances qui font liguées aujourd huy contre luy,
excepté la Maifon d'Autriche
Mars 1710.
.Hh
362 MERCURE
fur
qui ne veut pas reconnoître
fon droit , n'ont des rai- que
fons politiques pour le faire
defcendre d'un Trône auquel
tant d'autres font unis , & qui
luy appartient legitimement.
Leurs raifons font fi foibles ,
que n'eftint fondées que
la politique, &non fur le droit,
ils fe font laffez d'en parler, ou
plûtôt ils en ont eu honte.
Ainfi il n'eft plus queftion parmy les Alliez pour détrôner
Philippes V. d'autres raifons ,
que de raifons de bien-ſeance;
& c'eft pourquoy le Ciel qui
n'approuve pas ces raifons , a
GALANT 363
toûjours protegé fi vifiblement cette Couronne , & la
protege encore contre toutes
les Puiffances liguées qui l'attaquent , & que les feuls Elpagnols ont entrepris de défendre aux dépens de tout leur
fang & de tout leur bien. Ils
font charmez de la juftice
de l'efprit , de la valeur &
de la douceur du Monarque
qui les gouverne , & de la Reine fon époufe en qui toutes
les vertus abondent , & qui en
plufieurs occafions a fait voir
le cœur d'une veritable Amazone, & qui feroit digne de
Hhij
364 MERCURE
commander fi , ayant dit que
l'occafion s'en prefentoit , elle
iroit à la tefte de l'Armée avec
le Prince fon fils ; qui ne fait
pas plus de dépenfe qu'une
Dame particuliere , & qui envoye chaque jour à la Caiſſe
Militaire tout ce qu'elle reçoit
pour fon entretien , fuivant la
grandeur de fon rang. Enfin
il paroît que le Ciel a beny
cette Monarchie , & le Roy &
la Reine d'Efpagne , puifqu'il
leur a donné un fucceffeur , la
feule chofe qu'il pouvoit leur
manquer. Ils ont le plaifir de
voir aujourd'huy ſous les ar-
GALANT 365
més , pour maintenir leurs
droits , toute l'Efpagne ; c'eftà-dire , un monde entier , fans
avoir befoin d'aucun fecours
étranger. L'argent ne leur manque point non plus que les
hommes. Tous les Royaumes
leur donnent gratuitement
tout ce qui fe trouvent chez
eux , les uns des Chevaux ,
les autres des Vivres , & le
Clergé , même leur a offert
toute l'Argenterie de leurs Eglifes qui eft nombreuſe en Efpagne , ce qu'ils n'accepteront
qu'en cas qu'ils en ayent un
preffant befoin , ce qui n'arriHhv
366 MERCURE
vera pas pendant le cours de la
Campagne qui va commencer;
de forte qu'ils pourront garder
cette reffource pour une autre
Campagne, ainfi que l'argent
de la florte du Mexique qui
vient d'arriver à Cadix , fans
les grandes fommes qui peuvent continuellement arriver
du Perou, d'où ils peuvent toû
jours en attendre , & que l'on
ne manquera pas de leur envoyer pour foûtenir la gloire
d'une Nation qui va feule fe
défendre glorieuſement contre un Monde d'Ennemis. La
fituation des affaires eft telle ,
9
GALANT 367
que les Alliez ne pouvant envoyer contre l'Espagne des
Troupes que par Mer , toute
l'Europe s'épuiferoit d'hommes avant que de pouvoir former en Espagne une Armée
qui fut à beaucoup prés capable de tenir tefte aux fidelles
Efpagnols , parce que le trajet
feroit périr beaucoup d'hommes & de chevaux , à caufe des
maladies que l'air de la Mer
caufe parmy les Troupes de
tranfport qui ne font pas accoûtumées à faire un long féjour fur Mer , & de la mortalité qu'il caufe parmy les Che
368 MERCURE
;
vaux , joint à ce que les tempêtes fontperir de Vaiffeaux
& par confequent d'hommes
& de chevaux , & que l'air du
Pays atoûjours fait auffi mourir beaucoup de ceux qui yfont
arrivez à bon port ; en forte
que par les calculs que l'on a
fouvent faits , on a trouvé que
de toutes les troupes qu'on envoyoit par Mer en Espagne &
en Portugal , le cinquième
homme pouvoit à peine être
en état de rendre fervice.
Quand aprés tant de pertes
&de dépenfes , les Alliez pourroient former une Armée ca-
GALANT 369
pable de faire quelque tentative , il luy feroit abfolument
impoffible de conquerir tous
les Royaumes d'Espagne les
uns aprés les autres , & avant
que d'avoir pû emporter quelques Places , ces troupes feroient tellement diminuées que
les Alliez feroient obligez à
recommencer les mêmes dépenfes , & à faire les mêmes.
efforts ; de forte qu'aprés quelque temps toutes leurs forces
periroient , & qu'ils ne pou
roient continuer à faire des
levées qui n'auroient pas un
meilleur fuccés. Ainfil'on peut
370 MERCURE
dire que l'Espagne eft prefentement comme un rocher au
milieu de la Mer , contre lequeltous les Vaiffeaux qui en
approcheroient fe briferoient.
Je reviens à ce qui regarde
l'affaire du Docteur Sacheverel dont je vous ay déja parlé.
Il eft impoffible , tant que la
face des affaires , & la face du
Gouvernement ne feront pas
changées , que l'Angleterre ,
&fur tout la Ville de Londres
ne s'en reffentent , & que
plus grande partie des Troupes de l'un & de l'autre Parti
puiffent abandonner Londres
la
GALANT 371
1
fans craindre que leur party
foit infulté , ce quifera grand
tort aux Affaires du Royaumedans la fituation où elles fe
trouvent aujourd'huy, puifque,
de la maniereque tournent les
Affaires , les Alliez doivent avoir befoin de Troupes Angloifes , &fur tout s'il arrive ,
comme il s'y trouve beaucoup
d'apparence que les Troupes
Danoifes , celle du Roy Augufte , & celles de l'Electeur de
Brandebourg en foient rappellées. Ce qui donne lieu
de le craindre , eft que ces
Puiffances ayant engagé pour
372 MERCURE
leurs propres intereft le Roy
de Dannemarck d'attaquer le
Royde Suede , elles fe trouvent
engagées à foûtenir S. M. D.
pour nela pas laiffer périr , &
que d'ailleurs fi elles l'abandonnent , le Roy de Suede avançant toûjours , & fe faifant
jour par tout , pouroit encore
s'agrandir , & leur tailler bien
de la befogne. Et ainfi les Allicz qui fouffrent de tant de
manieres en Flandre auroient
bien de la peine à y continuer
guerre, ou pour mieux dire
nel'y pouroient foûtenir. Ainfila Cour d'Angleterre doit de
plus
la
GALANT 373
plus en plus ouvrir lesyeux fur
la faute qu'elle a faite en attaquant le Docteur Sacheverel.
Tous ceux dont on a pillé les
Temples auront raiſon auffibien que les Anglicans , de ne
pas envoyer hors du Royaume
les Troupes de leur Religion
& fi les premiers ont cité infultez ils n'en doivent accufer
que ceux qui gouvernent en
Angleterre qui auroient pû
feindre de n'avoir pas remarqué ce que le Docteur Sacheverel avoit prêché,puifqu'il n'a
fait que parler pour la Religion dominante du Pays , &
Mars 1710. I i
374 MERCURE
établie par les Loix , & que les
autres ne font que tollerées
pour les interefts de la Reine ,
& par une politique dont je
vous ay fouvent parlé , & que
je vous ay amplement expli
quée.
La Caufe du Docteur Sacheverel eft fi jufte que fes Avocats le jour qu'ils commencerent à répondre à fes accufations , ne firent autre chofe que
lire des Homelies , des Sermons , & d'autres ouvrages
qui enfeignent la même Doctrine qu'il a prêchée & qui elt
autorisée par les Livres ap-
GALANT 375
prouvez par le Parlement
Le Chevalier Harcourt plaidant en faveur de ce Docteur
fur le premier Chef d'accufation , dit entre autres chofes ,
que le Docteur Sacheverel n'avoit rien avancé contre la revolution , & que s'il avoit toûjours foûtenu la Doctrine de
l'obéïffance paffive , il avoit une foule de garents & d'autoritez parmy les fameux Docteurs de l'Eglife Anglicane ,
tant morts que vivants , & entr'autres plus de vingt Archevêques ou Evêques , dont quelques-uns étoient là pour le ju
Ii ij
376 MERCURE
ger , & dans les Sermons ou
certe Doctrine étoit maintenuë , quiavoient eftéimprimez
par ordre exprés de S. M. ou
de la Chambredes Pairs.
Le lendemain les quatre Avocats du Docteur Sacheverel
produifirent un figrand nombre de preuves pour la Doctrine de l'obéillance paffive ,
que cela occupa la Cour depuis onze heures du matin juf
qu'à fix heures du ſoir.
Les accufations faites contre le Docteur Sacheverelfont
fi criantes , & ont tellement
irrité tous les Anglicans , que
GALANT 377
2
nonobſtant les pourſuites qu'2
ils ont vû faire contre ce Docteur , ils font prefts de l'imiter
en tout ce qui regardera leur
Miniftere lorfqu'ils fe trouveront en pareilles occafions fans
craindre d'encourir la difgrace
de la Cour , & il eft arrivé làdeffus un fait auffi extraordinaire que furprenant , & qui
fait voir que les Docteurs de
Egliſe Anglicane la défendront toûjours. Ce fait eft arrivé en preſence de la Reine , &
l'on pouroit dire en s'adreffant
à elle-même , puifqu'il parloit
à l'Auditoire dont cette PrinIi iij
378 MERCURE
ceffe étoit à la tête.
Mr Palmer ayant eſté nommé par l'Evêque de Londres
pour prêcher dans la Chapelle
de la Reine à Witchall , il obéït ; mais dans fon Sermon il
pria Dieu pour le Docteur Sacheverel commepour unhomme perfecuté , & comme la
Reine a donné ordre à l'Evêque de Londres de le fufpendre de fes fonctions ; ce procedé qui eſt auſſi hardy que
glorieux pour ce Predicateur ,
a efté fort applaudi des Anglicans , & l'on peut juger par là
des fuites que l'on doit crainK
GALANT 379
dre de cette affaire , & de la
combuftion où se trouve toute la Nation Angloiſe , qui
penfera moins à l'avenir aux
affaires du dehors qu'à celles du
dedans , tous les chaftimens
n'ayant fait que l'aigrir , &
chacun ne fongeant plus qu'à
la défenfe de fa caufe, & à fa
défenſe même.
Enfin pour mieux faire remarquer la fituation violente
oùfe trouvent les chofes , il me
fuffira de vous dire que l'on
prêche hautement dans Londres contre l'injuftice du Gou
vernement.
Affaires de l'Europe telles qu'el
les fe trouvent dans le moment
que je vous écris. Je dis dans le
moment que je vous écris , car
il pourroit y avoir du changement dans le temps que vous
recevrez ma Lettre.
TITIT
ยม
SEm.
il
elt
ont
DCA
rez
una
efté
aut
.
ints
Jues
mêdoit hut,
de
cuqu'à
THEQUE
DE
BIBLIO
LYON
#1893
19TH THE 1971
35
ឬŠ/đឬ
SULE
rec
GALANT 35%
De quelque cofté que l'Em
pereur regarde fes Affaires , il
fe trouve fort embaraffé. Il eft
certain que fes Troupes ont
efté battues en plufieurs occafions par les Confederez
d'Hongrie , & qu'il a fait une
perte confiderable , qui a efté
fuivie de celle de l'Ile de Schut.
Ce font des faits conftants
dont les nouvelles publiques
imprimées chez les Alliez mêmes font mention. On doit
remarquer que l'Ifle de Schut,
n'eftant qu'à douze lieües de
Vienne , les Confederez peuvent faire des courfes juſqu'à
352 MERCURE
fes Porres , & que l'on n'en
fortir fans rifquer beau- peut
coup.
Les Cercles ne fe font pas
encore mis en devoir de lever
un fol, ni un homme pour tenir tefte à une Armée victoricufe & de prés de cinquante
millehommes que les François
ont du cofté du haut Rhin.
Cette Armée ne manque de
rien , ayant tiré les Contributions que les Allemans ont efté
obligez de luy payer moitié en
argent & moitié en grains.
L'Empereur ne peut efperer
aucunes Troupes de Danne-
GALANT 353
marck , & fur tout depuis la
derniere Bataille , ny d'aucun
autre cofté ; de maniere qu'il
fe trouve obligé de faire revenir d'Italie huit mille hömmes de fes meilleures Troupes,
qui ne fuffiront pas pour envoyer du cofte d'Hongrie &
du cofté du Rhin ; & ces Troupes , tirées d'Italie feront caufe
que Monfieur le Duc de Savoyenefera pas affez fort pour
mettre une Armée en Campagne. Joignez à cela qu'il luy
fera tres- difficile de tirer des
fubfides d'Angleterre , puis
qu'elle n'a pas tous les fonds
"Mars 1710. Gg
354 MERCURE
neceffaires pour faire la Campagne prochaine , & qu'il luy
fera abfolument impoffible de
rien tirer des Hollandois , qui
manquent encore beaucoup
plus d'argent , & des chofes
neceffaires pour faire la Campagne que les Anglois. Cefone
des faits connus, & publiezpar
eux-mêmes.
2
Quant à la France elle ne
manque point de Troupes , &
elles font invincibles lorfqu'elles font bien conduites. Ses
fonds feront plus que fuffifans
pout faire une gleufe Campagne. Le rachatla Paulet-
GALANT 355
de celuy de la Capitation
du Clergé , de plufieurs Affaires & de plufieurs autres
Particuliers qui ont laiffé en
mourant des fommes immenfes qui appartiennent au Roy,
& de fes revenus ordinaires qui
commencent à produire beaucoup , & qu'une grande recolte que le Ciel femble luy promettre , doit encore augmenter beaucoup , remettront fes
affaires dans une bonne fituation. Joignez à cela qu'elle
doit tirer une grande quantité
de bleds du Languedoc , que
la Bretagne luy en fournit tous
•
Gg ij
356 MERCURE
les jours ; qu'il en eſto venu
beaucoup du Levant ; qu'il en
vient encore tous les jours deo
ce cofté- là , & que tout celuy
du premier envoy que les Ge
nois devoient faire eft arrivé à
Marſeille , oùilyena quaranté
mille muids que l'on a com
mencé à fairevenir de ce coftécy, & dont une partie arrivera
inceffamment à Paris. Jenedis
rien de tous les fruits de la terre dont il paroift que nous de
vons avoir une abondante recolte. Toutes les Recrues des
Troupes font faites il ya déja
long temps , & lorfqu'il fera
GALANT 357
temps d'entrer en Campagne,
les Alliez connoîtront qu'ils
onc efté longtemps abufez fur
la veritable fituation de nos
affaires.
Il paroift qu'ils doivent peu
compter fur les Troupes Saxo
nes. Le Roy Auguſte , il eft
vray, cft retourné en Pologne;
mais comme les affaires de ce
Royaume font encore dans un
granddefordre , & que tous les
Partis ne luy font pas favorables , il a beſoin de Troupes
pour s'y maintenir , & moins
les Polonois veulent voir de
Saxons dans leurs Etats , plus
358 MERCURE
"
il y doit faire groffir le nombre de fes Troupes , fans lef
quelles il ne peut eftre bien af
fermi fur le Tiône. Enfin de
quelque cofté que l'on envifa
ge la fituation des Affaires , il
paroift que toutes les Puiffan
ces ont befoin de leurs Troum
pes , & que quand les Alliezauroient plus d'argent à leur don
ner qu'ils n'en ont en effet , ils
ont trop befoin deleurs Trou.
pes pour les envoyer hors de
chez eux , & peut- cftre , comme nous verrons dans la fuite,
les Augios feront- ils obligez
d'en referver beaucoup chez
GALANT 359
eux , puifqu'il eft impoffible
que le feu de la divifion quis'y
eft mis , puiffe eftre ftoft
éteint , & qu'il le puiffe même
eftre qu'en apparence , car les
divifions caufées par des affaires de Religion finiffent rarement ; & lors qu'on les croit
finies , elles ne font qu'affoupics , & font toûjours prêtes à
reprendre feu. A l'égard des Affaires d'El
pagne , elles fe trouvent, aujourd'huy dans une fi heureufe fituation qu'elle eft en état
de fe procurer feule fa gloire
& fon bonheur fans rien de-
360 MERCURE
voir à perfonne , & de maintenir fur fes Trônes le Monarqueà qui ils appartiennentlegitiment ; qu'elle a reconnu avec
joye , & audevant duquel elle a
envoyé avec unempreffement
remplyd'allegreffe ; de maniere
qu'elle n'auroir pas fait autre
ment quand elle l'auroit ellement choifi. Et en effet c'étoit
le choifir que de reconnoître
fesdroits fondez fur la nature
& declarez juftes par fon dernier Monarque mourant , &
en prefence de fon Dieu , ce
qu'il n'auroit pas fait s'il avoit
ctû le contraire dans le moment
GALANT 361
ment qu'il eftoit preft de luy
aller rendre compte de fes actions , &fes droits font fi vifi;
bles & fi inconteſtables , que
toutes les Puiffances de l'Europe qui les luy diſputent aujourd'huy , les ont non feulementreconnus , mais ont même efté jufqu'à Madrid l'affurer de cette reconnoiſſance , &
ont demeuré à fa Cour, foit
en qualité d'Ambaffadeurs ,
foit en qualité d'Envoyez pour
yrefider. De maniere quetoutes les Puiffances qui font liguées aujourd huy contre luy,
excepté la Maifon d'Autriche
Mars 1710.
.Hh
362 MERCURE
fur
qui ne veut pas reconnoître
fon droit , n'ont des rai- que
fons politiques pour le faire
defcendre d'un Trône auquel
tant d'autres font unis , & qui
luy appartient legitimement.
Leurs raifons font fi foibles ,
que n'eftint fondées que
la politique, &non fur le droit,
ils fe font laffez d'en parler, ou
plûtôt ils en ont eu honte.
Ainfi il n'eft plus queftion parmy les Alliez pour détrôner
Philippes V. d'autres raifons ,
que de raifons de bien-ſeance;
& c'eft pourquoy le Ciel qui
n'approuve pas ces raifons , a
GALANT 363
toûjours protegé fi vifiblement cette Couronne , & la
protege encore contre toutes
les Puiffances liguées qui l'attaquent , & que les feuls Elpagnols ont entrepris de défendre aux dépens de tout leur
fang & de tout leur bien. Ils
font charmez de la juftice
de l'efprit , de la valeur &
de la douceur du Monarque
qui les gouverne , & de la Reine fon époufe en qui toutes
les vertus abondent , & qui en
plufieurs occafions a fait voir
le cœur d'une veritable Amazone, & qui feroit digne de
Hhij
364 MERCURE
commander fi , ayant dit que
l'occafion s'en prefentoit , elle
iroit à la tefte de l'Armée avec
le Prince fon fils ; qui ne fait
pas plus de dépenfe qu'une
Dame particuliere , & qui envoye chaque jour à la Caiſſe
Militaire tout ce qu'elle reçoit
pour fon entretien , fuivant la
grandeur de fon rang. Enfin
il paroît que le Ciel a beny
cette Monarchie , & le Roy &
la Reine d'Efpagne , puifqu'il
leur a donné un fucceffeur , la
feule chofe qu'il pouvoit leur
manquer. Ils ont le plaifir de
voir aujourd'huy ſous les ar-
GALANT 365
més , pour maintenir leurs
droits , toute l'Efpagne ; c'eftà-dire , un monde entier , fans
avoir befoin d'aucun fecours
étranger. L'argent ne leur manque point non plus que les
hommes. Tous les Royaumes
leur donnent gratuitement
tout ce qui fe trouvent chez
eux , les uns des Chevaux ,
les autres des Vivres , & le
Clergé , même leur a offert
toute l'Argenterie de leurs Eglifes qui eft nombreuſe en Efpagne , ce qu'ils n'accepteront
qu'en cas qu'ils en ayent un
preffant befoin , ce qui n'arriHhv
366 MERCURE
vera pas pendant le cours de la
Campagne qui va commencer;
de forte qu'ils pourront garder
cette reffource pour une autre
Campagne, ainfi que l'argent
de la florte du Mexique qui
vient d'arriver à Cadix , fans
les grandes fommes qui peuvent continuellement arriver
du Perou, d'où ils peuvent toû
jours en attendre , & que l'on
ne manquera pas de leur envoyer pour foûtenir la gloire
d'une Nation qui va feule fe
défendre glorieuſement contre un Monde d'Ennemis. La
fituation des affaires eft telle ,
9
GALANT 367
que les Alliez ne pouvant envoyer contre l'Espagne des
Troupes que par Mer , toute
l'Europe s'épuiferoit d'hommes avant que de pouvoir former en Espagne une Armée
qui fut à beaucoup prés capable de tenir tefte aux fidelles
Efpagnols , parce que le trajet
feroit périr beaucoup d'hommes & de chevaux , à caufe des
maladies que l'air de la Mer
caufe parmy les Troupes de
tranfport qui ne font pas accoûtumées à faire un long féjour fur Mer , & de la mortalité qu'il caufe parmy les Che
368 MERCURE
;
vaux , joint à ce que les tempêtes fontperir de Vaiffeaux
& par confequent d'hommes
& de chevaux , & que l'air du
Pays atoûjours fait auffi mourir beaucoup de ceux qui yfont
arrivez à bon port ; en forte
que par les calculs que l'on a
fouvent faits , on a trouvé que
de toutes les troupes qu'on envoyoit par Mer en Espagne &
en Portugal , le cinquième
homme pouvoit à peine être
en état de rendre fervice.
Quand aprés tant de pertes
&de dépenfes , les Alliez pourroient former une Armée ca-
GALANT 369
pable de faire quelque tentative , il luy feroit abfolument
impoffible de conquerir tous
les Royaumes d'Espagne les
uns aprés les autres , & avant
que d'avoir pû emporter quelques Places , ces troupes feroient tellement diminuées que
les Alliez feroient obligez à
recommencer les mêmes dépenfes , & à faire les mêmes.
efforts ; de forte qu'aprés quelque temps toutes leurs forces
periroient , & qu'ils ne pou
roient continuer à faire des
levées qui n'auroient pas un
meilleur fuccés. Ainfil'on peut
370 MERCURE
dire que l'Espagne eft prefentement comme un rocher au
milieu de la Mer , contre lequeltous les Vaiffeaux qui en
approcheroient fe briferoient.
Je reviens à ce qui regarde
l'affaire du Docteur Sacheverel dont je vous ay déja parlé.
Il eft impoffible , tant que la
face des affaires , & la face du
Gouvernement ne feront pas
changées , que l'Angleterre ,
&fur tout la Ville de Londres
ne s'en reffentent , & que
plus grande partie des Troupes de l'un & de l'autre Parti
puiffent abandonner Londres
la
GALANT 371
1
fans craindre que leur party
foit infulté , ce quifera grand
tort aux Affaires du Royaumedans la fituation où elles fe
trouvent aujourd'huy, puifque,
de la maniereque tournent les
Affaires , les Alliez doivent avoir befoin de Troupes Angloifes , &fur tout s'il arrive ,
comme il s'y trouve beaucoup
d'apparence que les Troupes
Danoifes , celle du Roy Augufte , & celles de l'Electeur de
Brandebourg en foient rappellées. Ce qui donne lieu
de le craindre , eft que ces
Puiffances ayant engagé pour
372 MERCURE
leurs propres intereft le Roy
de Dannemarck d'attaquer le
Royde Suede , elles fe trouvent
engagées à foûtenir S. M. D.
pour nela pas laiffer périr , &
que d'ailleurs fi elles l'abandonnent , le Roy de Suede avançant toûjours , & fe faifant
jour par tout , pouroit encore
s'agrandir , & leur tailler bien
de la befogne. Et ainfi les Allicz qui fouffrent de tant de
manieres en Flandre auroient
bien de la peine à y continuer
guerre, ou pour mieux dire
nel'y pouroient foûtenir. Ainfila Cour d'Angleterre doit de
plus
la
GALANT 373
plus en plus ouvrir lesyeux fur
la faute qu'elle a faite en attaquant le Docteur Sacheverel.
Tous ceux dont on a pillé les
Temples auront raiſon auffibien que les Anglicans , de ne
pas envoyer hors du Royaume
les Troupes de leur Religion
& fi les premiers ont cité infultez ils n'en doivent accufer
que ceux qui gouvernent en
Angleterre qui auroient pû
feindre de n'avoir pas remarqué ce que le Docteur Sacheverel avoit prêché,puifqu'il n'a
fait que parler pour la Religion dominante du Pays , &
Mars 1710. I i
374 MERCURE
établie par les Loix , & que les
autres ne font que tollerées
pour les interefts de la Reine ,
& par une politique dont je
vous ay fouvent parlé , & que
je vous ay amplement expli
quée.
La Caufe du Docteur Sacheverel eft fi jufte que fes Avocats le jour qu'ils commencerent à répondre à fes accufations , ne firent autre chofe que
lire des Homelies , des Sermons , & d'autres ouvrages
qui enfeignent la même Doctrine qu'il a prêchée & qui elt
autorisée par les Livres ap-
GALANT 375
prouvez par le Parlement
Le Chevalier Harcourt plaidant en faveur de ce Docteur
fur le premier Chef d'accufation , dit entre autres chofes ,
que le Docteur Sacheverel n'avoit rien avancé contre la revolution , & que s'il avoit toûjours foûtenu la Doctrine de
l'obéïffance paffive , il avoit une foule de garents & d'autoritez parmy les fameux Docteurs de l'Eglife Anglicane ,
tant morts que vivants , & entr'autres plus de vingt Archevêques ou Evêques , dont quelques-uns étoient là pour le ju
Ii ij
376 MERCURE
ger , & dans les Sermons ou
certe Doctrine étoit maintenuë , quiavoient eftéimprimez
par ordre exprés de S. M. ou
de la Chambredes Pairs.
Le lendemain les quatre Avocats du Docteur Sacheverel
produifirent un figrand nombre de preuves pour la Doctrine de l'obéillance paffive ,
que cela occupa la Cour depuis onze heures du matin juf
qu'à fix heures du ſoir.
Les accufations faites contre le Docteur Sacheverelfont
fi criantes , & ont tellement
irrité tous les Anglicans , que
GALANT 377
2
nonobſtant les pourſuites qu'2
ils ont vû faire contre ce Docteur , ils font prefts de l'imiter
en tout ce qui regardera leur
Miniftere lorfqu'ils fe trouveront en pareilles occafions fans
craindre d'encourir la difgrace
de la Cour , & il eft arrivé làdeffus un fait auffi extraordinaire que furprenant , & qui
fait voir que les Docteurs de
Egliſe Anglicane la défendront toûjours. Ce fait eft arrivé en preſence de la Reine , &
l'on pouroit dire en s'adreffant
à elle-même , puifqu'il parloit
à l'Auditoire dont cette PrinIi iij
378 MERCURE
ceffe étoit à la tête.
Mr Palmer ayant eſté nommé par l'Evêque de Londres
pour prêcher dans la Chapelle
de la Reine à Witchall , il obéït ; mais dans fon Sermon il
pria Dieu pour le Docteur Sacheverel commepour unhomme perfecuté , & comme la
Reine a donné ordre à l'Evêque de Londres de le fufpendre de fes fonctions ; ce procedé qui eſt auſſi hardy que
glorieux pour ce Predicateur ,
a efté fort applaudi des Anglicans , & l'on peut juger par là
des fuites que l'on doit crainK
GALANT 379
dre de cette affaire , & de la
combuftion où se trouve toute la Nation Angloiſe , qui
penfera moins à l'avenir aux
affaires du dehors qu'à celles du
dedans , tous les chaftimens
n'ayant fait que l'aigrir , &
chacun ne fongeant plus qu'à
la défenfe de fa caufe, & à fa
défenſe même.
Enfin pour mieux faire remarquer la fituation violente
oùfe trouvent les chofes , il me
fuffira de vous dire que l'on
prêche hautement dans Londres contre l'injuftice du Gou
vernement.
Fermer
Résumé : Situation des Affaires de l'Europe, [titre d'après la table]
En mars 1710, la situation politique et militaire en Europe est marquée par des difficultés pour l'Empereur. Ses troupes ont subi plusieurs défaites, notamment en Hongrie et à l'île de Schut, près de Vienne. Les cercles impériaux n'ont pas encore mobilisé de fonds ou de soldats pour affronter l'armée française victorieuse près du Rhin. L'Empereur ne peut compter sur des renforts du Danemark ou d'autres alliés et doit rapatrier des troupes d'Italie, affaiblissant ainsi la défense en Savoie. Les finances de l'Angleterre et des Pays-Bas sont également insuffisantes pour soutenir une campagne. En revanche, la France dispose de troupes nombreuses et bien équipées, avec des fonds suffisants grâce à divers rachats et revenus royaux. Les récoltes abondantes et les importations de blé assurent une bonne situation alimentaire. Les recrues sont prêtes et les alliés sous-estiment la véritable situation des affaires françaises. Les troupes saxonnes sont nécessaires en Pologne pour maintenir le roi Auguste face à l'opposition locale. Toutes les puissances européennes ont besoin de leurs troupes et les alliés, malgré leurs ressources financières, manquent de soldats à envoyer à l'extérieur. En Espagne, la situation est favorable au roi Philippe V, légitimement reconnu et soutenu par les Espagnols, qui fournissent volontairement hommes et ressources. Les alliés ne peuvent envoyer des troupes par mer sans subir de lourdes pertes, comparant la situation en Espagne à un rocher imprenable. En Angleterre, l'affaire du Docteur Sacheverell, dont les prédications ont causé des tensions, est un point crucial. Le Chevalier Harcourt, chef d'accusation contre Sacheverell, a affirmé que ce dernier n'avait jamais contesté la révolution et soutenait la doctrine de l'obéissance passive, partagée par de nombreux docteurs de l'Église Anglicane. Les sermons de ces autorités, imprimés par ordre du roi ou de la Chambre des Pairs, maintenaient cette doctrine. Les accusations ont suscité une forte réaction parmi les Anglicans, prêts à imiter Sacheverell malgré les poursuites. Un fait notable est survenu en présence de la reine : Mr Palmer, nommé par l'évêque de Londres pour prêcher à la chapelle de la reine, a prié pour Sacheverell comme pour un homme persécuté, acte applaudi par les Anglicans. La situation est tendue, avec des prêches contre l'injustice du gouvernement à Londres, la nation étant plus préoccupée par les affaires intérieures que par les affaires extérieures.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
758
p. 380-383
Suite de tout ce qui s'est passé à l'occasion de la naissance du Duc d'Anjou, [titre d'après la table]
Début :
Pendant que les dissentions causées par la difference des [...]
Mots clefs :
Château-Gontier, Ministres étrangers, Naissance du duc d'Anjou, Duc de Lorraine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite de tout ce qui s'est passé à l'occasion de la naissance du Duc d'Anjou, [titre d'après la table]
Pendant que les diffentions
caufées par la difference des
Religions agitent l'Angleterre,
on eft encore occupé en France de la joye que la naiffance
Monfeigneur le Duc d'Anjou y a caufée ; & quoy que je
ne vous aye parlé que des Réjoüiffances qui fe font faites à
Paris , & des Feftes auffi galan.
tes que fingulieres qui ont efté
faites à Chafteau-gontier dans
l'appanage de ce Prince , ces
Réjoüiffances ont néanmoins
efté generales dans tout le
Royaume. Il s'en eft mêmefait
en quelques Pays étrangers ,
GALANT 381
& fur tout à Madrid où elles
ont eſté grandes ; la diftance
des lieux a efté caufe que je n'ay
pûvous en parler ce mois-cy ;
mais quoy que l'on en ait parlé
dans plufieurs Imprimez publics, je pourray le mois prochain vous en envoyer un
détail qui vous paroîtra nouveau.
Tous les Miniftres Etrangers qui font icy ont fait des
Complimens au Royfur cette
naiffance de la part de leurs
Maiftres , & leur efprit a brillé
fur les faveurs du Ciel qui fe
répandent fur Sa Majefté en
382 MERCURE
luy donnant des Arrieres petits - Fils , ce qui pourra faire
regner fa pofterité pendant
plufieurs ficcles.
S. A. R. Monfieur le Duc
de Lorraine s'eft diftinguée en
cette occafion , car quoy qu'el
le ait icy depuis quelques années un Envoyé Extraordinaire de confideration , & qui ,
s'acquitte des fonctions de
cet Employ au gré de tout le
monde , elle a crû néanmoins
en devoir envoyer exprés un
autre pour cette fonction feule , & elle ajetté les yeux fur Mr
le Marquis deBeauveau Craon,
GALANT 383
diftingué par fa naiffance , par
la figure qu'il fait dans la Cour
de Lorraine , & par fes grandes qualitez. Il a reçu icy tous
les honneurs que l'on rendaux
Miniftres des Teftes couron
nées. Les Caroffes dn Roy le
fontvenus prendre pour le me
ner àVerfailles avec Mr dé Bre
teuil Introducteur des Ambal
fadeurs , qui l'a conduit à l'Audiance de Sa Majeſté , & il a
efté traité par les Officiers de ce
Monarque , & les mêmes Ceremonies ont cfté obfervées à
fon Audiance de Congé.
caufées par la difference des
Religions agitent l'Angleterre,
on eft encore occupé en France de la joye que la naiffance
Monfeigneur le Duc d'Anjou y a caufée ; & quoy que je
ne vous aye parlé que des Réjoüiffances qui fe font faites à
Paris , & des Feftes auffi galan.
tes que fingulieres qui ont efté
faites à Chafteau-gontier dans
l'appanage de ce Prince , ces
Réjoüiffances ont néanmoins
efté generales dans tout le
Royaume. Il s'en eft mêmefait
en quelques Pays étrangers ,
GALANT 381
& fur tout à Madrid où elles
ont eſté grandes ; la diftance
des lieux a efté caufe que je n'ay
pûvous en parler ce mois-cy ;
mais quoy que l'on en ait parlé
dans plufieurs Imprimez publics, je pourray le mois prochain vous en envoyer un
détail qui vous paroîtra nouveau.
Tous les Miniftres Etrangers qui font icy ont fait des
Complimens au Royfur cette
naiffance de la part de leurs
Maiftres , & leur efprit a brillé
fur les faveurs du Ciel qui fe
répandent fur Sa Majefté en
382 MERCURE
luy donnant des Arrieres petits - Fils , ce qui pourra faire
regner fa pofterité pendant
plufieurs ficcles.
S. A. R. Monfieur le Duc
de Lorraine s'eft diftinguée en
cette occafion , car quoy qu'el
le ait icy depuis quelques années un Envoyé Extraordinaire de confideration , & qui ,
s'acquitte des fonctions de
cet Employ au gré de tout le
monde , elle a crû néanmoins
en devoir envoyer exprés un
autre pour cette fonction feule , & elle ajetté les yeux fur Mr
le Marquis deBeauveau Craon,
GALANT 383
diftingué par fa naiffance , par
la figure qu'il fait dans la Cour
de Lorraine , & par fes grandes qualitez. Il a reçu icy tous
les honneurs que l'on rendaux
Miniftres des Teftes couron
nées. Les Caroffes dn Roy le
fontvenus prendre pour le me
ner àVerfailles avec Mr dé Bre
teuil Introducteur des Ambal
fadeurs , qui l'a conduit à l'Audiance de Sa Majeſté , & il a
efté traité par les Officiers de ce
Monarque , & les mêmes Ceremonies ont cfté obfervées à
fon Audiance de Congé.
Fermer
Résumé : Suite de tout ce qui s'est passé à l'occasion de la naissance du Duc d'Anjou, [titre d'après la table]
La naissance du Duc d'Anjou a suscité des réjouissances en France et à l'étranger. En France, la joie est particulièrement palpable à Paris et à Château-Gontier, et ces festivités se répandent dans tout le royaume. À Madrid, les célébrations sont également notables. Les tensions religieuses perturbent l'Angleterre, contrastant avec l'allégresse française. Tous les ministres étrangers en France ont félicité le roi, soulignant les faveurs divines pour la postérité royale. Le Duc de Lorraine a envoyé le Marquis de Beauveau Craon comme émissaire spécial, qui a été accueilli avec tous les honneurs réservés aux ministres des têtes couronnées. Les cérémonies d'audience ont été respectées lors de son arrivée et de son départ. La distance a limité les détails pour ce mois-ci, mais des informations plus précises seront fournies le mois suivant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
759
p. 383-385
Nouveaux Officiers Generaux, [titre d'après la table]
Début :
Je reçois en ce moment la Liste des nouveaux Officiers [...]
Mots clefs :
Officiers généraux, Promotion
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouveaux Officiers Generaux, [titre d'après la table]
Je reçois en ce moment la
27015
384 MERCURE
1
Lifte des nouveaux Officiers
Generaux nommezpar Sa Majefté , & ils font en fi grand
nombre qu'il me feroi impoffible de vous parler de chacun
en particulier comme j'ay fait
en vous envoyant toutes les
promotions qui ont eſté faites depuis que je vous adreſ
fe mes Lettres , & il n'y a
aucun de ces Officiers dont je
ne vous aye déja parlé de la
naiffance , du merite , & des
actions particulieres par lef
quelles ils fe font diftinguez ,
& l'on ne peut plus rien apprendre de nouveau des Officiers
GALANT 385
ciers de ces fortes de Promotions , fi ce n'eft de quelques
nouveaux Brigadiers , parce
que l'uſage eftant de parler de
chacun à mesure qu'il eft élevé en dignité , tous leurs fervices font connus , hors de quel-
`ques uns de ceux qui font élevez pour la premiere fois à la
dignité d'Officiers Generaux ,
dont néanmoins plufieurs fe
font fait connoiſtre en qualité
de Colonels ou de LieutenansColonels.
27015
384 MERCURE
1
Lifte des nouveaux Officiers
Generaux nommezpar Sa Majefté , & ils font en fi grand
nombre qu'il me feroi impoffible de vous parler de chacun
en particulier comme j'ay fait
en vous envoyant toutes les
promotions qui ont eſté faites depuis que je vous adreſ
fe mes Lettres , & il n'y a
aucun de ces Officiers dont je
ne vous aye déja parlé de la
naiffance , du merite , & des
actions particulieres par lef
quelles ils fe font diftinguez ,
& l'on ne peut plus rien apprendre de nouveau des Officiers
GALANT 385
ciers de ces fortes de Promotions , fi ce n'eft de quelques
nouveaux Brigadiers , parce
que l'uſage eftant de parler de
chacun à mesure qu'il eft élevé en dignité , tous leurs fervices font connus , hors de quel-
`ques uns de ceux qui font élevez pour la premiere fois à la
dignité d'Officiers Generaux ,
dont néanmoins plufieurs fe
font fait connoiſtre en qualité
de Colonels ou de LieutenansColonels.
Fermer
Résumé : Nouveaux Officiers Generaux, [titre d'après la table]
Sa Majesté a nommé de nouveaux officiers généraux. Impossible de les décrire tous individuellement, leurs mérites étant connus. Quelques nouveaux brigadiers et officiers généraux sont mentionnés, certains ayant déjà été distingués en tant que colonels ou lieutenants-colonels.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
760
p. 135-144
Tout ce qui s'est passé au Parlement le jour que Mr le Maréchal de Villars y a esté reçû Pair de France. [titre d'après la table]
Début :
Je passe à une Matiere bien differente, & qui regarde la [...]
Mots clefs :
Maréchal de Villars, Parlement, Pair de France, Grand-chambre, Premier président
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tout ce qui s'est passé au Parlement le jour que Mr le Maréchal de Villars y a esté reçû Pair de France. [titre d'après la table]
Je paffe à une Matiere bien
differente , & qui regarde la
gloire d'un de vos Heros.
Vous attendez fans doute
que je vous parle de la reception de Mr le Maréchal de
Villars au Parlement, en qualité de Pair de France. Cette Ceremonie qui cft curieuſe par
elle- même, le doit eftre encore davantage lors qu'elle regarde un homme auſſi diſtingué & auffi aimé du Public
que ce Maréchal ; mais c'eſt
136 MERCURE
cet amour , & cette diftinction
quim'empêcheront de vous en
entretenir auffi au long que je
fouhaiterois, puifque l'affluence du monde eftoit telle ce
jour là à la Grand- Chambre ,
qu'il a efté tres - difficile de bien
voir & de bien entendre tout
ce qui s'y paffa. Ainfi j'ay licu
de croire que les rapports que
l'on m'en a faits peuvent n'eftre
pas tout à fait fidelles ; mais
comme il ne peut s'agir que de
quelques mots pour d'autres ,
je crois pouvoir rifquer à vous
envoyer l'Article que vous at
tendez. Je commence par les
GALANY 137
noms des perfonnes diftinguées qui fe trouverent ce jourlà à la Grand-Chambre. Monfieur le Duc ; Monfieur le Duc
du Maine ; Monfieur le Comte
de Toulouze ; Mr l'Evêque de
Langres;Mr l'Evêque de Laon;
& M les Ducs de Sully , de
Chevreufe , de Villeroy , de
Noailles , d'Aumont , & de
Charoft. Outre ces Princes &
ces Ducs qui prirent ce jour - là
Seance au Parlement , le nombre de ceux que la curiofité y
attira , ainfi que je vous l'ay
déja marqué, y fut fi grand dés
le matin , qu'il y a long- temps
Avril 1710. M
138 MERCURE
que l'on n'avoit vû un nombre fi prodigieux de perfonnes
dans un lieu fi peu ſpacieux.
Mr de Villars y vint dés ſept
heures du matin pour faluër
M's du Parlement à la manicre accoûtumée. Me la Prin .
ceffe Leon ; Me la Ducheſſe de
Villars , & plufieurs autres Dames eftoient dans la Lanterne,
Avant l'ouverture de l'Audiance , le premier Huiffier ,
qui tenoit la porte de la GrandChambre, appella Mr de Villars par fon nom ,
nom , & luy demanda s'il ne vouloit pas bien
remettre fon épée entre les
GALANT 139
mains de la Juftice ? A quoy
Mr de Villars répondit , qu'il
ne l'avoit jamais renduë à per
fonne ; mais qu'aprés tous les
pas qu'il avoit faits pour arri
ver aux honneurs dont le Roy
l'honoroit , une formalité d'ufage ne l'empêcheroit pas d'avancer , & à l'inftant fon Capitaine des Gardes donna l'épée
à l'Huiffier que fuivit ce Duc,
fe foutenant fur deux bequilles.
Dés que Mr de Villars fut
entré dans le Parquet , où il
eut de la peine à arriver , à caule
de l'affluence du monde , Mr
M ij
140 MERCURE
le Premier Prefident luy fit
prefter les fermens ordinaires,
aprés quoy on luy rendit fon
épée ; & fi toft qu'il eût pris
Seance , il luy adreſſa la parole, & luy dit:
MONSIEUR ,
Quelque peine que la Cour
fouffre de vous voir affifter àfon
Audiance incommodé comme vous
eftes , elle nepeut neanmoins s'empêcher de vous en feliciter, puifque chaque pas que vous faites
renouvelle en vostre memoire les
fignalez Services que vous avez
rendusau Roy& à l'Etat.
GALANT 141
Mrde Villars ayant falué Mr
le Premier Prefident , & tous
´M"
répondit.
MESSIEURS,
Je n'ay jamais mieux reffenty
qu'en ce jour , combien je fuis redevable aux bontez du Roy , qui
non content de m'avoir élevépar
degrez auxpremieres dignitez de
l'épée , vient enfin de mettre le
comble à ma gloire , en m'aſſociant
au premier Senat de l'Univers.
De fi grands biens-faits de l'a
part de Sa Majefté, aufquels mon
foible merite ne mepermettoit pas
142 MERCURE
de prétendre , demanderoient de la
mienne des remerciemens propor
tionnez ; mais ne trouvant point
de termes affez vifs , pour dignement exprimer l'excés de ma reconnoiſſance , je me renferme à
protefter icy dans le lieu de verité,
qu'avecjoyej'employeray les reftes
de ma vie , à rendre au Roy &
l'Etat les plus fidelles Services,
queje chercheray avec empreffement les occafions de marquer à
cette augufte Compagnie les fentimens de veneration & d'eftime ,
que je luy dois en general, & à
chacun de Meffieurs en particulier.
GALANT 143
Comme je n'ay pas prétendu vous envoyer un Article
entier & parfait de cette Ceremonie , je ne vous ay rien dit
de la lecture qui fut faite de
fes Lettres de Duc & Pair, &
je ne vous ay pas nommé le
Confeiller qui en fut le Rapporteur ; mais je dois vous dire
qu'aprés cette lecture , la Cour
ayant cfté aux opinions , Mr
de Villars fut reçû tout d'une
voix Pair de France.
On plaida enfuite quelques
Caufes de differentes natures ,
fuivant qu'il fe pratique ordinairement en de pareilles oc-
144 MERCURE
#
cafions , & ce nouveau Duc &
Pair de France , alla aux opinions avec la Cour..
differente , & qui regarde la
gloire d'un de vos Heros.
Vous attendez fans doute
que je vous parle de la reception de Mr le Maréchal de
Villars au Parlement, en qualité de Pair de France. Cette Ceremonie qui cft curieuſe par
elle- même, le doit eftre encore davantage lors qu'elle regarde un homme auſſi diſtingué & auffi aimé du Public
que ce Maréchal ; mais c'eſt
136 MERCURE
cet amour , & cette diftinction
quim'empêcheront de vous en
entretenir auffi au long que je
fouhaiterois, puifque l'affluence du monde eftoit telle ce
jour là à la Grand- Chambre ,
qu'il a efté tres - difficile de bien
voir & de bien entendre tout
ce qui s'y paffa. Ainfi j'ay licu
de croire que les rapports que
l'on m'en a faits peuvent n'eftre
pas tout à fait fidelles ; mais
comme il ne peut s'agir que de
quelques mots pour d'autres ,
je crois pouvoir rifquer à vous
envoyer l'Article que vous at
tendez. Je commence par les
GALANY 137
noms des perfonnes diftinguées qui fe trouverent ce jourlà à la Grand-Chambre. Monfieur le Duc ; Monfieur le Duc
du Maine ; Monfieur le Comte
de Toulouze ; Mr l'Evêque de
Langres;Mr l'Evêque de Laon;
& M les Ducs de Sully , de
Chevreufe , de Villeroy , de
Noailles , d'Aumont , & de
Charoft. Outre ces Princes &
ces Ducs qui prirent ce jour - là
Seance au Parlement , le nombre de ceux que la curiofité y
attira , ainfi que je vous l'ay
déja marqué, y fut fi grand dés
le matin , qu'il y a long- temps
Avril 1710. M
138 MERCURE
que l'on n'avoit vû un nombre fi prodigieux de perfonnes
dans un lieu fi peu ſpacieux.
Mr de Villars y vint dés ſept
heures du matin pour faluër
M's du Parlement à la manicre accoûtumée. Me la Prin .
ceffe Leon ; Me la Ducheſſe de
Villars , & plufieurs autres Dames eftoient dans la Lanterne,
Avant l'ouverture de l'Audiance , le premier Huiffier ,
qui tenoit la porte de la GrandChambre, appella Mr de Villars par fon nom ,
nom , & luy demanda s'il ne vouloit pas bien
remettre fon épée entre les
GALANT 139
mains de la Juftice ? A quoy
Mr de Villars répondit , qu'il
ne l'avoit jamais renduë à per
fonne ; mais qu'aprés tous les
pas qu'il avoit faits pour arri
ver aux honneurs dont le Roy
l'honoroit , une formalité d'ufage ne l'empêcheroit pas d'avancer , & à l'inftant fon Capitaine des Gardes donna l'épée
à l'Huiffier que fuivit ce Duc,
fe foutenant fur deux bequilles.
Dés que Mr de Villars fut
entré dans le Parquet , où il
eut de la peine à arriver , à caule
de l'affluence du monde , Mr
M ij
140 MERCURE
le Premier Prefident luy fit
prefter les fermens ordinaires,
aprés quoy on luy rendit fon
épée ; & fi toft qu'il eût pris
Seance , il luy adreſſa la parole, & luy dit:
MONSIEUR ,
Quelque peine que la Cour
fouffre de vous voir affifter àfon
Audiance incommodé comme vous
eftes , elle nepeut neanmoins s'empêcher de vous en feliciter, puifque chaque pas que vous faites
renouvelle en vostre memoire les
fignalez Services que vous avez
rendusau Roy& à l'Etat.
GALANT 141
Mrde Villars ayant falué Mr
le Premier Prefident , & tous
´M"
répondit.
MESSIEURS,
Je n'ay jamais mieux reffenty
qu'en ce jour , combien je fuis redevable aux bontez du Roy , qui
non content de m'avoir élevépar
degrez auxpremieres dignitez de
l'épée , vient enfin de mettre le
comble à ma gloire , en m'aſſociant
au premier Senat de l'Univers.
De fi grands biens-faits de l'a
part de Sa Majefté, aufquels mon
foible merite ne mepermettoit pas
142 MERCURE
de prétendre , demanderoient de la
mienne des remerciemens propor
tionnez ; mais ne trouvant point
de termes affez vifs , pour dignement exprimer l'excés de ma reconnoiſſance , je me renferme à
protefter icy dans le lieu de verité,
qu'avecjoyej'employeray les reftes
de ma vie , à rendre au Roy &
l'Etat les plus fidelles Services,
queje chercheray avec empreffement les occafions de marquer à
cette augufte Compagnie les fentimens de veneration & d'eftime ,
que je luy dois en general, & à
chacun de Meffieurs en particulier.
GALANT 143
Comme je n'ay pas prétendu vous envoyer un Article
entier & parfait de cette Ceremonie , je ne vous ay rien dit
de la lecture qui fut faite de
fes Lettres de Duc & Pair, &
je ne vous ay pas nommé le
Confeiller qui en fut le Rapporteur ; mais je dois vous dire
qu'aprés cette lecture , la Cour
ayant cfté aux opinions , Mr
de Villars fut reçû tout d'une
voix Pair de France.
On plaida enfuite quelques
Caufes de differentes natures ,
fuivant qu'il fe pratique ordinairement en de pareilles oc-
144 MERCURE
#
cafions , & ce nouveau Duc &
Pair de France , alla aux opinions avec la Cour..
Fermer
Résumé : Tout ce qui s'est passé au Parlement le jour que Mr le Maréchal de Villars y a esté reçû Pair de France. [titre d'après la table]
Le texte décrit la réception du maréchal de Villars au Parlement en tant que Pair de France. La cérémonie, bien que notable, est brièvement relatée en raison de l'affluence massive qui a rendu difficile l'observation et l'audition des événements. Plusieurs personnalités importantes étaient présentes, notamment des ducs et des évêques. Villars est arrivé tôt pour saluer les membres du Parlement. Lors de l'ouverture de l'audience, il a remis son épée à la justice, conformément à la tradition, avant de prendre sa place. Le Premier Président l'a félicité pour ses services rendus au roi et à l'État. Villars a répondu en exprimant sa gratitude envers le roi et en promettant de continuer à servir fidèlement. La Cour a ensuite unanimement accepté Villars comme Pair de France. Quelques affaires judiciaires ont été traitées après cette cérémonie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
761
p. 169-173
Suite des Articles qui regardent la naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay parlé des Réjoüissances qui ont esté faites en [...]
Mots clefs :
Réjouissances, Naissance du duc d'Anjou, Cour, Extraordinaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Articles qui regardent la naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou. [titre d'après la table]
Je vous ayparlé des Réjoüif
fances qui ont efté faites en
plufieurs endroits du RoyauAvril 1710. P
170 MERCURE
me, à l'occafion de la naiffance de Monfeigneur le Duc
d'Anjou. Elles ont efté auffi
fort grandes à Madrid , où Mr
le Duc d'Offune , donna une
grande Fefte accompagnée d'u
ne piece de Theatre en Machine , à la repreſentation de
laquelle Leurs Majeſtez - Catholiques affifterent , & il y eut
auffi un grand Bal.
Plufieurs Envoyez Extraordinaires ont fait icy des Complimens au Roy & à toute la
Maiſon Royale fur la naiſſance
de ce Prince; & quoy que plufieurs Souverains cuffent icy
GALANT 171
des Envoyez , ceux qui fe font
trouvez le plus à portée , n'ont
pas laiffé pour diftinguer leur
zele , d'en envoyer de nouveaux pour cette feule fonction.
La Reine Doüairiere d'Efpagne,qui fait fonfejour àBayonne, qui fe fait admirer par fes
manieres qui charment tout le
monde , n'auroit pas manqué
d'en envoyer, pour donner des
marques de la joye qu'elle reffentoit de cette naiffance ; mais
fonimpatience fit qu'ayant icy
DonJuan Thomas de Goye
neche , Chevalier de S. JacPij
172 MACRURE
ques ,
fon Ecuyer , Elle luy envoya une Lettre pour le Roy ,
& il eut l'honneur de faluër
Sa Majesté & de luy faire des
Complimens fur cette naiffance , ainſi qu'à toute la Maiſon
Royale.
-Outre l'Envoyé que Monfieur l'Electeur, de Cologne a
en cette Cour , Mr le Comte
de Saint Maurice s'y eftant
trouvé pour des affaires importantes qui regardoient Son Altiffe Electorale ; ce Comte
eftant un homme fort diftingué , elle luy envoya une Letire pour prefenter au Roy à
GALANT 173
l'occafion de cette naiffance,
Comme il y a deux Nonces
en cette Cour , un Ordinaire ,
& un Extraordinaire , ils ont
tous deux fait des Complimens de la part de S. S. au
Roy & à toute la Maiſon
Royale.
Mrle Comtede Rivalo , Envoyé Extraordinaire de Monfieur le Duc de Parme , a fait
les mêmes complimens auRoy
& à toute la Maiſon Royale ,
& il a efté auffi conduit à toutes
ces Audiences , avec les Cercmonies accoutumées.
fances qui ont efté faites en
plufieurs endroits du RoyauAvril 1710. P
170 MERCURE
me, à l'occafion de la naiffance de Monfeigneur le Duc
d'Anjou. Elles ont efté auffi
fort grandes à Madrid , où Mr
le Duc d'Offune , donna une
grande Fefte accompagnée d'u
ne piece de Theatre en Machine , à la repreſentation de
laquelle Leurs Majeſtez - Catholiques affifterent , & il y eut
auffi un grand Bal.
Plufieurs Envoyez Extraordinaires ont fait icy des Complimens au Roy & à toute la
Maiſon Royale fur la naiſſance
de ce Prince; & quoy que plufieurs Souverains cuffent icy
GALANT 171
des Envoyez , ceux qui fe font
trouvez le plus à portée , n'ont
pas laiffé pour diftinguer leur
zele , d'en envoyer de nouveaux pour cette feule fonction.
La Reine Doüairiere d'Efpagne,qui fait fonfejour àBayonne, qui fe fait admirer par fes
manieres qui charment tout le
monde , n'auroit pas manqué
d'en envoyer, pour donner des
marques de la joye qu'elle reffentoit de cette naiffance ; mais
fonimpatience fit qu'ayant icy
DonJuan Thomas de Goye
neche , Chevalier de S. JacPij
172 MACRURE
ques ,
fon Ecuyer , Elle luy envoya une Lettre pour le Roy ,
& il eut l'honneur de faluër
Sa Majesté & de luy faire des
Complimens fur cette naiffance , ainſi qu'à toute la Maiſon
Royale.
-Outre l'Envoyé que Monfieur l'Electeur, de Cologne a
en cette Cour , Mr le Comte
de Saint Maurice s'y eftant
trouvé pour des affaires importantes qui regardoient Son Altiffe Electorale ; ce Comte
eftant un homme fort diftingué , elle luy envoya une Letire pour prefenter au Roy à
GALANT 173
l'occafion de cette naiffance,
Comme il y a deux Nonces
en cette Cour , un Ordinaire ,
& un Extraordinaire , ils ont
tous deux fait des Complimens de la part de S. S. au
Roy & à toute la Maiſon
Royale.
Mrle Comtede Rivalo , Envoyé Extraordinaire de Monfieur le Duc de Parme , a fait
les mêmes complimens auRoy
& à toute la Maiſon Royale ,
& il a efté auffi conduit à toutes
ces Audiences , avec les Cercmonies accoutumées.
Fermer
Résumé : Suite des Articles qui regardent la naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou. [titre d'après la table]
En avril 1710, des festivités ont été organisées dans divers lieux du royaume pour célébrer la naissance de Monseigneur le Duc d'Anjou. À Madrid, le Duc d'Ossuna a organisé une grande fête incluant une pièce de théâtre avec des machines, à laquelle Leurs Majestés Catholiques ont assisté, suivie d'un bal. Plusieurs envoyés extraordinaires ont présenté leurs compliments au roi et à la famille royale. La reine douairière d'Espagne, résidant à Bayonne, a envoyé Don Juan Thomas de Goyeneche, chevalier de Saint-Jacques, pour saluer le roi. L'Électeur de Cologne, représenté par le Comte de Saint Maurice, a également adressé ses félicitations. Les deux nonces présents à la cour, l'ordinaire et l'extraordinaire, ont transmis les compliments du Saint-Siège. Enfin, le Comte de Rivalo, envoyé extraordinaire du Duc de Parme, a fait de même, accompagnant ces audiences des cérémonies habituelles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
762
p. 208
Prieuré de saint Michel, donné par le Roy à Mr de Galiczon, Evêque de Babylone. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a donné le Prieuré de S. Mihcel à Mr de Galiczon [...]
Mots clefs :
Prieuré de Saint Michel, Mr de Galiczon, Don
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prieuré de saint Michel, donné par le Roy à Mr de Galiczon, Evêque de Babylone. [titre d'après la table]
Le Roya donné le Prieuré
de S. Michel à Mr de Galiczon
Evêque d'Agathopolis , &
Coadjuteur de Babylone.
de S. Michel à Mr de Galiczon
Evêque d'Agathopolis , &
Coadjuteur de Babylone.
Fermer
763
p. 208-214
Sacre de Mr l'Evêque de Digne. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a donné le Prieuré de S. Mihcel à Mr de Galiczon [...]
Mots clefs :
Evêque de Digne, Sacre, Abbé du Puget
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sacre de Mr l'Evêque de Digne. [titre d'après la table]
Mr l'Abbé du Puget , frete ,
fils , & petit- fils de Prefident!
à Mortier du Parlement de
Toulouſe , a efté facré Evêque
de Digne dans l'Eglife des Cor.
delieres rue de Grenelle , par
Mr l'Archevêque de Narbonne & Mrs les Evêques de Blois
&de Valence , tous deux Com-
GALANT 209
patriotes du nouvel Evêque ; ,
les Maifons de Bertier & de Catelan font de Touloufe auffi
bien que celles du Puget. Mr
l'Evêque de Digne eftoit grand
Vicaire de Viviers , & c'eft l'Evefque de ce nom qui l'a fait
connoiftre à la Cour , & fur le
témoignage duquel il a eſté élevé à l'Epifcopat. Tout le monde connoift le merite de Mr
l'Evefque de Viviers. Un Ecclefiaftique élevé de fa main eſt
un fujet bien digne de l'Epifcopat. Catherine du Puget tante du nouvel Evefque , époufa
Jacques de Catelan Confeiller
Avril 1710. S
210 MERCURE
au Parlement de Toulouſe , &
qui fut enfuite Preſident aux
Enqueftes. De ce mariage font
fortis plufieurs enfans , entreautres Jean de Catelan Evef
que de Valence. Ainfi ces deux
Prelats font coufins germains,
Jeanne Varez fille d'Anne Catel , d'une Maiſon qualifiée du
Parlement de Toulouſe , dont
un des plus fçavans hommes
du Royaume a publié depuis
quelques mois la genealogie ,
époufa François du Puget il y a
prés d'un fiecle. La famille de
Varez fubfifte encore à Touloufe ; Mr de la Caffe en eft le
GALANT 211
Chef. Plufieurs enfans fortirent de ce mariage ; Jacques
du Puget Prefident à Mortier
du Parlement de Toulouse ,
grand - pere de cet Evefque ,
N.... du Puget femme du celebre N... d'Avifard Seigneur
de Vifelez, & N... époufe de
N... de Savi Seigneur de Gravels , dont le fils a époufé lat
foeur de feu Mrle Marquis de
Fontbeaufard , Maréchal de
Camp. Le Prefident du Puget
Seigneur de Saint - André eut
deN... de Percin grand'- tante
de Mr l'Evefque de S. Pons ,
François auffi Prefident à MorSij
212 MERCURE
tier , qui de N... des Plats de
Graniague a eu Jofeph du Puget aujourd'huy Prefident à
Mortier , le nouvel Evefque de
Digne , Mr du Puget Lieutenant de Roy du Neuf Briſack,
Mr.le Chevalier du Puget Capitaine dans le Regiment du
Roy , un autre Chevalier du
Puget qui refide à Malte , un
autre Chevalier LieutenantColonel du Regiment de Dra
gonsde Saint- Chaumont, trois
autres tuez , l'un en Catalogne, l'autre au Siege de Luxembourg , & le troifiéme à Nerwinde. Jacques du Puget eut
GALANT 213
plufieurs autres enfans de fa
premiere femme , deux Ecclefiaftiques , dont le deuxième
fut Prevoft de Lombez, Mr de
Saint Jean Capitaine au Regiment de Guyenne , mort au
Siege de Lerida. Deux autres
quiaprés avoir efté Capitaines
dans les Regimens de Breffe &
de Guyenne fe font mariez ,
Mes de Plocgnac du Puget ont
époufé , l'une Mr le Prefident
Catellan , la feconde Mr de
Nogarede , & la troifiéme Mr
de Roquefoulet parent de Mr
l'Abbé de Roquette. Jacques
du Puget , de Conftance de
214 MERCURE
get
臀
Buiffon d'Auffonne fa premiere femme n'eut qu'une fille
mariée à Mre N... de la Maimie Seigneur de Ville- neuve ,
Sindic de la Province de Languedoc. Mrle Preſident du Pud'aujourd'huy a des enfans
de N... de Chevailles de Fougeries. Nicaife Evefque de Digne
affifta au premier Concile general de Nicée. L'Eglife de Digne tire ſon origine de Saint
Domnin , Difciple de Saint
Marcellin d'Embrun , qui vivoit aprés le milieu du 4. fiecle.
fils , & petit- fils de Prefident!
à Mortier du Parlement de
Toulouſe , a efté facré Evêque
de Digne dans l'Eglife des Cor.
delieres rue de Grenelle , par
Mr l'Archevêque de Narbonne & Mrs les Evêques de Blois
&de Valence , tous deux Com-
GALANT 209
patriotes du nouvel Evêque ; ,
les Maifons de Bertier & de Catelan font de Touloufe auffi
bien que celles du Puget. Mr
l'Evêque de Digne eftoit grand
Vicaire de Viviers , & c'eft l'Evefque de ce nom qui l'a fait
connoiftre à la Cour , & fur le
témoignage duquel il a eſté élevé à l'Epifcopat. Tout le monde connoift le merite de Mr
l'Evefque de Viviers. Un Ecclefiaftique élevé de fa main eſt
un fujet bien digne de l'Epifcopat. Catherine du Puget tante du nouvel Evefque , époufa
Jacques de Catelan Confeiller
Avril 1710. S
210 MERCURE
au Parlement de Toulouſe , &
qui fut enfuite Preſident aux
Enqueftes. De ce mariage font
fortis plufieurs enfans , entreautres Jean de Catelan Evef
que de Valence. Ainfi ces deux
Prelats font coufins germains,
Jeanne Varez fille d'Anne Catel , d'une Maiſon qualifiée du
Parlement de Toulouſe , dont
un des plus fçavans hommes
du Royaume a publié depuis
quelques mois la genealogie ,
époufa François du Puget il y a
prés d'un fiecle. La famille de
Varez fubfifte encore à Touloufe ; Mr de la Caffe en eft le
GALANT 211
Chef. Plufieurs enfans fortirent de ce mariage ; Jacques
du Puget Prefident à Mortier
du Parlement de Toulouse ,
grand - pere de cet Evefque ,
N.... du Puget femme du celebre N... d'Avifard Seigneur
de Vifelez, & N... époufe de
N... de Savi Seigneur de Gravels , dont le fils a époufé lat
foeur de feu Mrle Marquis de
Fontbeaufard , Maréchal de
Camp. Le Prefident du Puget
Seigneur de Saint - André eut
deN... de Percin grand'- tante
de Mr l'Evefque de S. Pons ,
François auffi Prefident à MorSij
212 MERCURE
tier , qui de N... des Plats de
Graniague a eu Jofeph du Puget aujourd'huy Prefident à
Mortier , le nouvel Evefque de
Digne , Mr du Puget Lieutenant de Roy du Neuf Briſack,
Mr.le Chevalier du Puget Capitaine dans le Regiment du
Roy , un autre Chevalier du
Puget qui refide à Malte , un
autre Chevalier LieutenantColonel du Regiment de Dra
gonsde Saint- Chaumont, trois
autres tuez , l'un en Catalogne, l'autre au Siege de Luxembourg , & le troifiéme à Nerwinde. Jacques du Puget eut
GALANT 213
plufieurs autres enfans de fa
premiere femme , deux Ecclefiaftiques , dont le deuxième
fut Prevoft de Lombez, Mr de
Saint Jean Capitaine au Regiment de Guyenne , mort au
Siege de Lerida. Deux autres
quiaprés avoir efté Capitaines
dans les Regimens de Breffe &
de Guyenne fe font mariez ,
Mes de Plocgnac du Puget ont
époufé , l'une Mr le Prefident
Catellan , la feconde Mr de
Nogarede , & la troifiéme Mr
de Roquefoulet parent de Mr
l'Abbé de Roquette. Jacques
du Puget , de Conftance de
214 MERCURE
get
臀
Buiffon d'Auffonne fa premiere femme n'eut qu'une fille
mariée à Mre N... de la Maimie Seigneur de Ville- neuve ,
Sindic de la Province de Languedoc. Mrle Preſident du Pud'aujourd'huy a des enfans
de N... de Chevailles de Fougeries. Nicaife Evefque de Digne
affifta au premier Concile general de Nicée. L'Eglife de Digne tire ſon origine de Saint
Domnin , Difciple de Saint
Marcellin d'Embrun , qui vivoit aprés le milieu du 4. fiecle.
Fermer
Résumé : Sacre de Mr l'Evêque de Digne. [titre d'après la table]
Le texte décrit la consécration de l'Abbé du Puget en tant qu'Évêque de Digne. La cérémonie s'est déroulée dans l'église des Cordeliers rue de Grenelle, sous la présidence de l'Archevêque de Narbonne et des Évêques de Blois et de Valence. Les familles Bertier, Castelan et du Puget sont toutes originaires de Toulouse. Avant sa nomination, Mr du Puget était grand Vicaire de Viviers, et son ascension a été soutenue par l'Évêque de Viviers. Catherine du Puget, tante de l'Évêque de Digne, avait épousé Jacques de Catelan, Conseiller au Parlement de Toulouse et Président aux Enquêtes. Leur fils, Jean de Catelan, Évêque de Valence, est cousin germain du nouvel Évêque de Digne. Jeanne Varez, fille d'Anne Castel, a épousé François du Puget il y a près d'un siècle. La famille Varez est toujours présente à Toulouse, dirigée par Mr de la Casse. Jacques du Puget, Président à Mortier au Parlement de Toulouse, est le grand-père de l'Évêque de Digne. Plusieurs membres de la famille du Puget occupent des postes prestigieux dans l'armée et la justice. La famille est également liée à des maisons nobles comme les Nogaredes et les Roquefoulets.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
764
p. 214-218
Sacre de Mr l'Evêque de Marseille. [titre d'après la table]
Début :
Mr l'Abbé de Belzunce a esté sacré Evêque de Marseille dans [...]
Mots clefs :
Abbé de Belzunce, Evêque de Marseille, Cardinal de Noailles, Sacre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sacre de Mr l'Evêque de Marseille. [titre d'après la table]
Mr l'Abbé de Belzunce a efté
CALANT 215
facré Evêque de Marſeille dans
l'Eglife de la Maiſon Profeſſe
des Jefuites , par Mr le Cardinal de Noailles , affifté de Mr
Bouthillier de Chavigny , Evêque de Troyes, & de Mr du
Puget , nouvellement facré Evêque de Digne. Mr l'Abbé
de Belzunce eftoit Grand Vicaire d'Agen : il eut une Abbaye il y a trois ou quatre années: il eft neveu de Mr le Duc
de Lauzun , & fils d'une defes
fœurs ; ainfi il eſt Couſin germain de Mr le Comte de Nogent , & de Me la Marquife de
Biron. Je vous ay parlé de ſa
216 MERCURE
Maiſon lorsqu'il eut fon Ab
baye , & lorfqu'il fut nommé
à l'Evêché de Marſeille ; ainfi
je n'ay rien de nouveau à vous
en dire. Feu Mr le Comte de
Belzunce , pere du nouvel Evêque , eftoit de la Religion Proteftante; mais il fe réunit à l'EglifeCatholique avant fa mort.
Mr l'Evêque de Marseille fit il
y a quelques années la Vie de
Mlle de Foix vieille fille , tantedu Duc de ce nom , & qui
mourut il y a quelques années
fort âgée à Montpont en Pe
rigord , où elle faifoit fon fejour , &où elle a vécu dans une
pratique
GALANT 217
S
pratique édifiante des vertus
chreſtiennes. Mr de Belzunce
dedia ce Livre à Mr l'Evêque
d'Agen. L'Epitre Dedicatoire
eftoit fort belle , & elle contenoit dans une grande éten
due des faits entierement recherchez, &des reflexions tres
édifiantes. Cet Ouvrage fit
beaucoup d'honneur à Mr
l'Abbé de Belzunce. L'avanta
ge qu'il a d'eftre allié de la
Maifon de Foix par celle de
Gaumont, dont eft Mefa mere , donna lieu à cet Ouvrage.
Le Siege de Marſeille eft tresanciens ony a vû des Evêques
Avril 1710. ... T
218 MERCURE
dés les premiers ficcles du
Chriftianifme. Le premier qui
gouverna cette Eglife dans le
temps des affaires des. Iconoclaftes fit beaucoup parler de
luy , & fut beaucoup mêlédans
l'éclat qu'elles firent.cll y a
encore aujourd'huy deux ada
ciens Evêques de Marſeille,
outre ,celuy qui l'eft actuelle
ment ; fçavoir, Mr le Cardinal de Janfon quil'eſtoit avant
d'eftre Evêque de Beauvais ,
& Mr l'Archevêque d'Aix , au
quel avoit fuccedé Mr l'Abbé
de Poudenx, Agent du Clergé,
qui ne fut quetrois femaines à
Marfeille.
CALANT 215
facré Evêque de Marſeille dans
l'Eglife de la Maiſon Profeſſe
des Jefuites , par Mr le Cardinal de Noailles , affifté de Mr
Bouthillier de Chavigny , Evêque de Troyes, & de Mr du
Puget , nouvellement facré Evêque de Digne. Mr l'Abbé
de Belzunce eftoit Grand Vicaire d'Agen : il eut une Abbaye il y a trois ou quatre années: il eft neveu de Mr le Duc
de Lauzun , & fils d'une defes
fœurs ; ainfi il eſt Couſin germain de Mr le Comte de Nogent , & de Me la Marquife de
Biron. Je vous ay parlé de ſa
216 MERCURE
Maiſon lorsqu'il eut fon Ab
baye , & lorfqu'il fut nommé
à l'Evêché de Marſeille ; ainfi
je n'ay rien de nouveau à vous
en dire. Feu Mr le Comte de
Belzunce , pere du nouvel Evêque , eftoit de la Religion Proteftante; mais il fe réunit à l'EglifeCatholique avant fa mort.
Mr l'Evêque de Marseille fit il
y a quelques années la Vie de
Mlle de Foix vieille fille , tantedu Duc de ce nom , & qui
mourut il y a quelques années
fort âgée à Montpont en Pe
rigord , où elle faifoit fon fejour , &où elle a vécu dans une
pratique
GALANT 217
S
pratique édifiante des vertus
chreſtiennes. Mr de Belzunce
dedia ce Livre à Mr l'Evêque
d'Agen. L'Epitre Dedicatoire
eftoit fort belle , & elle contenoit dans une grande éten
due des faits entierement recherchez, &des reflexions tres
édifiantes. Cet Ouvrage fit
beaucoup d'honneur à Mr
l'Abbé de Belzunce. L'avanta
ge qu'il a d'eftre allié de la
Maifon de Foix par celle de
Gaumont, dont eft Mefa mere , donna lieu à cet Ouvrage.
Le Siege de Marſeille eft tresanciens ony a vû des Evêques
Avril 1710. ... T
218 MERCURE
dés les premiers ficcles du
Chriftianifme. Le premier qui
gouverna cette Eglife dans le
temps des affaires des. Iconoclaftes fit beaucoup parler de
luy , & fut beaucoup mêlédans
l'éclat qu'elles firent.cll y a
encore aujourd'huy deux ada
ciens Evêques de Marſeille,
outre ,celuy qui l'eft actuelle
ment ; fçavoir, Mr le Cardinal de Janfon quil'eſtoit avant
d'eftre Evêque de Beauvais ,
& Mr l'Archevêque d'Aix , au
quel avoit fuccedé Mr l'Abbé
de Poudenx, Agent du Clergé,
qui ne fut quetrois femaines à
Marfeille.
Fermer
Résumé : Sacre de Mr l'Evêque de Marseille. [titre d'après la table]
Le texte relate la nomination de l'Abbé de Belzunce comme Évêque de Marseille. La cérémonie s'est déroulée dans l'église de la Maison Professe des Jésuites, sous la présidence du Cardinal de Noailles, assisté par les évêques Bouthillier de Chavigny et du Puget. L'Abbé de Belzunce, auparavant Grand Vicaire d'Agen, est neveu du Duc de Lauzun et cousin germain du Comte de Nogent et de la Marquise de Biron. Son père, le Comte de Belzunce, était protestant mais s'est converti au catholicisme avant sa mort. L'Abbé de Belzunce a écrit la vie de Mlle de Foix, une tante pieuse du Duc de Foix, ouvrage dédié à l'Évêque d'Agen et apprécié pour ses recherches édifiantes. Le siège épiscopal de Marseille est ancien, remontant aux premiers siècles du christianisme. Le premier évêque connu a marqué l'histoire locale par son rôle durant les affaires des Iconoclastes. Actuellement, outre l'Évêque de Marseille, deux anciens évêques sont mentionnés : le Cardinal de Janson, ancien Évêque de Beauvais, et l'Archevêque d'Aix, succédé par l'Abbé de Poudenx, qui a occupé le poste trois semaines.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
765
p. 220-225
Gouvernement de Saarloüis, donné par le Roy. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a donné à Mr le Comte de Saillant, Capitaine [...]
Mots clefs :
Comte de Saillant, Gouvernement de Saar-Louis, Maison d'Esteing, Don
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Gouvernement de Saarloüis, donné par le Roy. [titre d'après la table]
Le Roy a donné à Mr le
Comte de Saillant , Capitaine
des Grenadiers au Regiment
des Gardes , Commandant à
GALANT 221
Namur, & Chevalier de faint
Louis , le Gouvernement de
Saar-Louis , qui vacquoit par
la mort de feu Mr le Comte
de Choify. Mr le Comte de
Saillant eft de l'illuftre Maifon
d'Efteing , une des premieres
d'Auvergne, & qui a l'avantage de porter les Armes & la
Livrée du Roy , depuis la Bataille de Bouvine, où un Seigneur de cette Maiſon ſauva
la vie à Philippes Auguſte. Mr
de Saillant eft frere de Mr l'Evêque de faint Flour. Mr le
Comte de Saillant fert le Roy
depuis un grand nombre d'anT iij
222 MERCURE
nées , & il a donné dans toutes
les occafions où il s'eft trouvé
de frequentes preuves de fa
valeur. Il eft allié aux Maifons
de Canillac , Montboiffier ,
Chabanne , Curfon, & autres
Maifons qualifiées d'Auvergne. Mr le Comte d'Efteing,
Capitaine Lieutenant des Gendarmes Dauphins, Gouverneur
de Châlons , Lieutenant de
Roy du Païs Meffin , & fait
Lieutenant General au commencement de la mefme année où le fut Mr le Comtede
Saillant , eft fon Coufin germain. La Maiſon d'Eſteing a
GALANT 223
donné quantité dé Prelats à
l'Eglife de France , & plufieurs
Comtes à l'Eglife de Lyon
Mr l'Evêque de faint Flour ,
dont je viens de parler , l'eftoit
lorfqu'il fut élevé à l'Epifcopat d'ailleurs cette Maifon
joint à une infinité de grandes
alliances & d'illuſtrations
beaucoup de Dignitez qu'elle
a vû raffemblées dans fon fein.
Mais comme je vous en ay
fouvent parlé , & que l'occa
fion s'eft plufieurs fois prefentée de rendre juftice à certe
grande Maifon , je finiray cer
article en difant que la ForteTiiij
224 MERCURE
reffe bâtie à Saar- Louis n'a que
30. ans d'ancienneté , puifqu'elle fut bâtie en 1680.&que
ce fut Mr de Choifi qui vient
de mourir qui fut chargé de
la faire conftruire. La Ville de
Saar- Louis eft dans le Duché
de Bar , peu éloignée des Villes de Stenay , de Longwy, de
Marfal , de Mets & de Nancy.
Mr de Varennes, Maréchal des
Camps & Armées du Roy, en
eft Lieutenant de Roy ; cet Of
ficier ayant donné aux Magiftrats de la Ville la nouvelle
qu'il avoit reçûë de la nomination de Mrle Comte de Sail-
GALANT 225
获
lânt au Gouvernement de leur
Ville , il y eut pendant plufieurs jours de grandes réjouil
fances , le merite & la reputation de ce nouveau Gourverneur y eftant déja fort connus.
Comte de Saillant , Capitaine
des Grenadiers au Regiment
des Gardes , Commandant à
GALANT 221
Namur, & Chevalier de faint
Louis , le Gouvernement de
Saar-Louis , qui vacquoit par
la mort de feu Mr le Comte
de Choify. Mr le Comte de
Saillant eft de l'illuftre Maifon
d'Efteing , une des premieres
d'Auvergne, & qui a l'avantage de porter les Armes & la
Livrée du Roy , depuis la Bataille de Bouvine, où un Seigneur de cette Maiſon ſauva
la vie à Philippes Auguſte. Mr
de Saillant eft frere de Mr l'Evêque de faint Flour. Mr le
Comte de Saillant fert le Roy
depuis un grand nombre d'anT iij
222 MERCURE
nées , & il a donné dans toutes
les occafions où il s'eft trouvé
de frequentes preuves de fa
valeur. Il eft allié aux Maifons
de Canillac , Montboiffier ,
Chabanne , Curfon, & autres
Maifons qualifiées d'Auvergne. Mr le Comte d'Efteing,
Capitaine Lieutenant des Gendarmes Dauphins, Gouverneur
de Châlons , Lieutenant de
Roy du Païs Meffin , & fait
Lieutenant General au commencement de la mefme année où le fut Mr le Comtede
Saillant , eft fon Coufin germain. La Maiſon d'Eſteing a
GALANT 223
donné quantité dé Prelats à
l'Eglife de France , & plufieurs
Comtes à l'Eglife de Lyon
Mr l'Evêque de faint Flour ,
dont je viens de parler , l'eftoit
lorfqu'il fut élevé à l'Epifcopat d'ailleurs cette Maifon
joint à une infinité de grandes
alliances & d'illuſtrations
beaucoup de Dignitez qu'elle
a vû raffemblées dans fon fein.
Mais comme je vous en ay
fouvent parlé , & que l'occa
fion s'eft plufieurs fois prefentée de rendre juftice à certe
grande Maifon , je finiray cer
article en difant que la ForteTiiij
224 MERCURE
reffe bâtie à Saar- Louis n'a que
30. ans d'ancienneté , puifqu'elle fut bâtie en 1680.&que
ce fut Mr de Choifi qui vient
de mourir qui fut chargé de
la faire conftruire. La Ville de
Saar- Louis eft dans le Duché
de Bar , peu éloignée des Villes de Stenay , de Longwy, de
Marfal , de Mets & de Nancy.
Mr de Varennes, Maréchal des
Camps & Armées du Roy, en
eft Lieutenant de Roy ; cet Of
ficier ayant donné aux Magiftrats de la Ville la nouvelle
qu'il avoit reçûë de la nomination de Mrle Comte de Sail-
GALANT 225
获
lânt au Gouvernement de leur
Ville , il y eut pendant plufieurs jours de grandes réjouil
fances , le merite & la reputation de ce nouveau Gourverneur y eftant déja fort connus.
Fermer
Résumé : Gouvernement de Saarloüis, donné par le Roy. [titre d'après la table]
Le roi a nommé le Comte de Saillant au poste de Gouverneur de Saar-Louis, suite au décès du Comte de Choify. Le Comte de Saillant appartient à la Maison d'Esteing, une famille prestigieuse d'Auvergne, qui sert le roi depuis la Bataille de Bouvines. Il est frère de l'Évêque de Saint-Flour et a servi le roi avec distinction. Il est également allié à plusieurs grandes familles d'Auvergne, telles que Canillac, Montboissier, Chabanne et Curton. Son cousin germain est le Comte d'Esteing, Gouverneur de Châlons. La Maison d'Esteing a fourni de nombreux prélats à l'Église de France et des comtes à l'Église de Lyon. La forteresse de Saar-Louis a été construite en 1680 par le Comte de Choify. La ville de Saar-Louis se situe dans le Duché de Bar, près des villes de Stenay, Longwy, Marsal, Metz et Nancy. La nomination du Comte de Saillant a été annoncée par le Maréchal des Camps et Armées du Roi, Monsieur de Varennes, suscitant de grandes réjouissances parmi les magistrats de la ville en raison de sa réputation et de son mérite.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
766
p. 225-228
Supplément à l'Article des Intendans dont je vous ay parlé le mois dernier. [titre d'après la table]
Début :
Lorsque je vous ay parlé dans ma Lettre du mois dernier [...]
Mots clefs :
Intendants, Maître des requêtes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Supplément à l'Article des Intendans dont je vous ay parlé le mois dernier. [titre d'après la table]
Lorfque je vous ay parlé
dans ma Lettre du mois dernier du mouvement qui a efté
fait parmi les Intendans , je
n'eftois pas encore informé de
l'Article fuivant.
Mre Guy Care Seigneur de
: Montgeron prés de Paris ,
Maiftre des Requeſtes & Intendant de Limoges , ayant
226 MBRCUR
demandéfon rapel, Mre Marc
Antoine Bofc Seigneur de Senieres, du Bouchet , Surintendant de la Maifon de Mela
Ducheffe de Bourgogne , &
ci devant Procureur general
des Requeſtes de l'Hoftel a cu
fa place. Mr de Montgeron,
avoit cfté Intendant à Bourges avant de l'eftre à Limoges , & il fut reçû Maiftres des
Requestes en 1686. il eſt du
quartier d'Octobre. Il avoit
époufé la fille unique de Mr le
Marquis de Saint Diery , dont
il a des enfans ; elle eftoit niéce
de Mede Sainte Cecile Hofpif
GALANT 227
taliere de la Raquette Fauxbourg faint Antoine , Religieufe d'un grand merite ; elle
cft foeur de Mr le Marquis de
Saint Diery , & elle a fait l'établiffement de la Raquette , qui
eft tiré des Hofpitalieres de la
Place Royale.
Mr Bofc nouvel Intendant
de Limoges eft de Montpellier.
Il fut reçû Maître des Requêres en 1696. il eft du quartier
d'Avril. Il a beaucoup d'efprit,
& il eft fort eftimé dans le
Confeil. Ilya long temps que
fa famille eft dans la Robbé.
Elle eftoit connue à Montpel-
228 MERCURE
lier dés le commencement du
16° ficcle :il cft allié de Mr le
Prefident Crouzet de Montpellier
dans ma Lettre du mois dernier du mouvement qui a efté
fait parmi les Intendans , je
n'eftois pas encore informé de
l'Article fuivant.
Mre Guy Care Seigneur de
: Montgeron prés de Paris ,
Maiftre des Requeſtes & Intendant de Limoges , ayant
226 MBRCUR
demandéfon rapel, Mre Marc
Antoine Bofc Seigneur de Senieres, du Bouchet , Surintendant de la Maifon de Mela
Ducheffe de Bourgogne , &
ci devant Procureur general
des Requeſtes de l'Hoftel a cu
fa place. Mr de Montgeron,
avoit cfté Intendant à Bourges avant de l'eftre à Limoges , & il fut reçû Maiftres des
Requestes en 1686. il eſt du
quartier d'Octobre. Il avoit
époufé la fille unique de Mr le
Marquis de Saint Diery , dont
il a des enfans ; elle eftoit niéce
de Mede Sainte Cecile Hofpif
GALANT 227
taliere de la Raquette Fauxbourg faint Antoine , Religieufe d'un grand merite ; elle
cft foeur de Mr le Marquis de
Saint Diery , & elle a fait l'établiffement de la Raquette , qui
eft tiré des Hofpitalieres de la
Place Royale.
Mr Bofc nouvel Intendant
de Limoges eft de Montpellier.
Il fut reçû Maître des Requêres en 1696. il eft du quartier
d'Avril. Il a beaucoup d'efprit,
& il eft fort eftimé dans le
Confeil. Ilya long temps que
fa famille eft dans la Robbé.
Elle eftoit connue à Montpel-
228 MERCURE
lier dés le commencement du
16° ficcle :il cft allié de Mr le
Prefident Crouzet de Montpellier
Fermer
Résumé : Supplément à l'Article des Intendans dont je vous ay parlé le mois dernier. [titre d'après la table]
Le texte relate des modifications récentes parmi les intendants. Monsieur Guy Care, Seigneur de Montgeron, Intendant de Limoges et Maître des Requestes, a demandé son rappel. Il a précédemment occupé le poste d'Intendant à Bourges et a été reçu Maître des Requestes en 1686. Il appartient au quartier d'Octobre et a épousé la fille unique du Marquis de Saint Diery, avec qui il a des enfants. Sa belle-sœur, Mademoiselle Sainte-Cécile, était hospitalière de la Raquette au Faubourg Saint-Antoine et a fondé cet établissement. Monsieur Marc Antoine Bosc, Seigneur de Senieres et du Bouchet, a succédé à Monsieur de Montgeron. Il était auparavant Surintendant de la Maison du Duc de Bourgogne et Procureur général des Requestes de l'Hôtel. Monsieur Bosc est désormais Intendant de Limoges, a été reçu Maître des Requestes en 1696 et appartient au quartier d'Avril. Il est apprécié pour son esprit et son estime au Conseil. Sa famille est implantée dans la robe à Montpellier depuis le début du 16e siècle et est alliée à Monsieur le Président Crouzet de Montpellier.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
767
p. 228-244
Mariage de Mr le Comte de Castel-Blanco [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay marqué dans ma derniere Lettre que je vous [...]
Mots clefs :
Mariage, Écosse, Maison, Comte de Castel-Blanco, Royaume, Marie Euphémie Joseph
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariage de Mr le Comte de Castel-Blanco [titre d'après la table]
Je vous ay marqué dans ma
derniere Lettre que je vous
parlerois ce mois- ci du Mariage de Mr le Comte de Caftel
Blanco avec Mlle Marie- Euphemie Joſeph , 4° fille de Mr
Je Duc de Melfort. Voici ce
que j'ay appris de particulier
de cette illuftre alliance.
Mr.le Comte de Caftel
Blanco (titre deCaftille) & Chevalier de l'Ordre d'Alcantera ,
eft de l'ancienne & illuftre
GALANT 229
qui
Maifon de Rozas en Espagne,
vient d'Ingo d'Efquerra ,
troifiéme Seigneur de toute la
Bifcaye , qui feuriffoit avant le
temps de Diego Lopes d'Aro.
La Mere de Mr le Comtede
Caftel- Blanco , eftoit de la
Maifon de Melendes. Cette
Maifon defcend de celle de
Solariega , dans les Afturies
d'Oviedo , laquelle deſcend
d'un Prince Edouard fils du
Roy d'Anglererre par l'Infante Almolia fon époufe , comme il paroift par les Archives
Royales de Simancas , & par le
grand Livre del Beferro de
1
230 MERCURE
Sahagun ; où l'on trouve les
Memoires de l'ancienneté de
cette Maifon , & de fes privileges.
с
Mile Maric- Euphemie- Jofeph Drummond de Melfort,
eft 4 fille du fecond lit , de
Tres-haut , puiffant, & tresnoble PrinceJean Drummond,
Duc de Melfort , Marquis de
Forth , Comte de Melfort , de
Burutifland , & d'Ila , Vicomte
de Theobalds ; Baron de Cleworth, Caftlemaine , Ricartone , &c. Pair de deux Royaumes de la Grande Bretagne ,
Chevalier du tres noble Ordre
IGALANT 231
de la Jartiere , &c. Il eft frere
cadet de Mr le Duc de Perth,
Chef de l'illuftre Maifon de
Drummond dont ils font defcendus.
с
avce fon
Cette illuftre Maifon s'eftablit en Ecoffe du temps du
Roy Malcome 3 ; Maurice
ayantaccompagné Edgar Ethdin d'Hungaric
oncle l'Empereur Henry 3
& avec fon pere neveu du Roy
d'Angleterre, Edouard le Confeffeur qui l'avoit rappellé de
l'exil où il avoit efté pendant
l'ufurpation de Canut le Danois ,pour le faire fon Succef-
232 MERCURE
feur, eftant le Succeffeur legitime de la Couronne d'Angleterre. Mais le pere eftant mort
jeune , & Guillaume Duc de
Normandie ayant ufurpé la
Couronne , Edgar Echlin prit
le parti de fe retirer avec fa
Mere, & fes deux fœurs vers
leur oncle l'Empereur Henry
3 fous la conduite deMaurice
qui avoit le commandement
de la flotte dans laquelle ils
devoient paffer la mer.
с
M
Cette flotte fut obligée de
fe fauver de la tempefte dans
la Riviere de Forth en Ecoffe,
où le Roy Malcome rendant
GALANT 233
3
4
les devoirs de l'hofpitalité à
fes illuftres Hoftes devint
amoureux de la Princeffe Marguerite fœur d'Edgar , qu'il
époufa avec le confentement
de fa Mere , & de fon frere.
Elle avoit tant de merite , &
rune fainteté féminente, qu'elle a efté canonifée , & que fa
Fefte fe celebre par toute l'Eglife.
Maurice eftoit tant eftimé
du Roy, & de la Reine Sainte
Marguerite , qu'on l'obligea
de s'eftablir dans leur Royaume,luy donnant des Terres
dont une partie reftent dans la
Avril 1710.
V
234 MERCURE
Maifon avec fes Succeffeurs,
on luy donna le furnom de
Drummond, à caufe des gros
Vaiffeaux qu'il commandoir,
dont on n'avoit pas vû jufqu'alors , & qu'on appelloit
Drummond.
Cette Maifon a efté illuftre
dans tous les Emplois qu'elle a
cus,foit dans la Paix , foit dans
la Guerre; & alliée avec tout ce
qu'ily a de plus Grand dans le
Royaume d'Ecoffe : & par fon
alliance avec le Roy d'Ecoffe
même, fon fang coule dans les
veines des plus grand Princes
de l'Europe. Robert 3 Roy
3
GALANT 235
cr
cr
›
с
с
d'Ecoffe de la Maifon de
Stuart , ayant épousé Annabella Drummond fille du Seigneur de Drummond Chefde
la Maiſon. Elle eſtoit Mere de
Jacques 1 Roy d'Ecoffe. De
Jacques 1 eft venu Jacques 2 ,
de Jacques 2 , Jacques 3 , de
Jacques 3 Jacques 4 , de Jacques 4 Jacques 5º , de Jacques
Marie Stuart , Reine Doüairiere de France, & Reine d'Ecoffe. De Marie Stuart Jacques
6 d'Ecoffe , & 1 de la Grande Bretagne. Elle eftoit Merc
de l'Electrice Palatine Reine
de Boheme, grande Mere de
cr
Vij
236 MERCURE
сг
C. сг
ex
Madame , de Madame la Prin
ceffe de Condé, de Madame de
Hanover, &c. De Jacques 1
de la Grande Bretagne , de
Charles 1 Charles 2 , &
Jacques 2 Charles r eftoit
pere de la Princeffe d'Orange,
& de Madame épouſe de Philippes de France Duc d'Or
leans , Frere Unique du Roy,
dont il a eu la feüe Reine d'EL
pagne , & Madame la Ducheffe de Savoye , Mere de Madame la Ducheffe de Bourgogne,
& de la Reine d'Efpagne ; le
Roy Charles 2 ° eft mort fans
enfans. Le Roy Jacques 2 luy
GALANT 237
fucceda. Il avoit de fa premiere femme la Princeffe d'Orange , & la Princeffe de Dannemark , nommée la Reine Anne.
De fa feconde femme la Princeffe de Modene, prefentement
Reine Mere du Roy d'Angleterre , il a en Sa Majeſté Britannique Jacques 3 ° & la Princeffe Loüife née à S. Germain
en Laye.
Quoique ce foit le plus direct , ce n'eft pas le feul endroit par lequel le Roy d'Angleterre eft defcendu de la Maifon de Drummond , dont le
dernier Chefavoit deux fils, &
238 MERCURE
une fille. Le fils aîne eft prefentement Duc de Perth ,
Grand Chancelier d'Ecofle ,
Chevalier du tres noble Ordre
de la Jartiere , Gouverneur du
Roy, &c. la fille a époufé le
Grand Conneftable d'Ecoffe ,
dont elle a le Comte N.....
Grand Conneftable
Charge eftant hereditaire dans
fa famille. Le cadet dont j'ay
occafion de vous parler aujourd'huy, eft Mr le Duc de
Melfort ; ila cu plufieurs Charges militaires & civiles , ayant
efté Commandant du Châ
teau d'Edimbourg , Grand
cette
GALANT 239
Maitre de l'Artillerie du
Royaume d'Ecoffe , & Licurenant General des Armées du
Roy d'Angleterre, Confeiller
du Confeil d'Eftat & Privé
des Royaumes d'Angleterre ,
d'Ecoffe & d'Irlande , ViceTreforier & Controlleur General du Royaume d'Ecoffe ,
du Confeil du Cabinet du Roy
d'Angleterre, & Secretaire d'État de fes trois Royaumes. Il
a cité employé à Rome avec
lecaractere d'Ambaſſadeur Extraordinaire du Roy d'Angleterre; ayant trouvé le moyen
de fervir fon Maiftre auffi uti-
240 MERCURE
lement fans prendre d'autre
qualité que celle que fon rang
lui donnoit; il a exercé tous ces
emplois avec toute l'approba
tion imaginable , & tellement
au gré du Roy, qu'il l'a élevé à
tous les plus grands honneurs
qu'il luy pouvoit donner” ,
l'ayant fait Vicomte , Comte,
Marquis , Duc & Pair de deux
Royaumes de la Grand Bretagne, & premier Gentilhomme
de fa Chambre, & Chevalier
du tres noble Ordre de la Jarriere.
M la Ducheffe de Melfort,
-mere de l'époufe , eft de l'illuftre
GALANTE 241
Juftre Maifon de Wallace en
-Ecoffe ,l'une des plus anciennes du Royaume, dont Mylord Cragic fon pere eftoit le
Chef. Cette Maiſon a fourny
à l'Ecoffe de grands hommes ,
tant pour les Charges civiles ,
que pour les Emplois militai-.
res , & particulierement le fameux Chevalier Guillaume
Wallace, grand Afferteur de
la liberté & de l'honneur de
fon Païs , qu'il delivra de l'oppreffion des Anglois qui l'avoient envahy, profitant de
+ l'abfence & de la foibleffe du
Roy Ballicul. Cet illuftre CheAvril 1710. X
242 MERCURE
valier fut choifi Gouverneur,
ou Viceroy par les Etats Generaux du Royaume , d'où il
chaffa entierement les Anglois
aprés plufieurs fanglantes Batailles , & des actions d'une
valeur & d'une conduite extraordinaire.
Le Chevalier Jean Wallace,
Chef de la mefme famille ,
commandoit l'Avant- gardede
l'Armée Ecoffoife à la Bataille
de Sath , où les Anglois furent entierement défaits par fa
valeur & fa conduite , quoyqu'il y cût reçû plufieurs bleffures dont il mourut.
I
GALANT 243
?
Cette Maiſon eft alliée avec
les plus grandes Maiſons d'Ecoffe , & mefme avec la Maifon Royale, le Chevalier Duncan Wallace ayant épousé Eleonore de Bruce , Comteffe
hereditaire de Carict , petitefille & heritiere de David Bruce Roy d'Irlande , & Comte
de Carict , frere de Robert
Bruce , Roy d'Ecoffe.
Mylord Cragie , pere deM° la Ducheffe de Melfort ,
eftoit un des Officiers d'Etat
du Royaume d'Ecoffe.
Me la Comteffe de CaftelBlanco eft d'une beauté finguX ij
244 MERCURI
liere , de la plus belle taille du
monde , ayant toute la mo
deftie & toutes les belles qua
litez qui donnent le luitre &
l'éclat veritable aux Perfonnes
de fon rang , ce qui luy a gagné l'eftime & fait meriter les
applaudiffemens de tous ceux
qui la connoiffent
derniere Lettre que je vous
parlerois ce mois- ci du Mariage de Mr le Comte de Caftel
Blanco avec Mlle Marie- Euphemie Joſeph , 4° fille de Mr
Je Duc de Melfort. Voici ce
que j'ay appris de particulier
de cette illuftre alliance.
Mr.le Comte de Caftel
Blanco (titre deCaftille) & Chevalier de l'Ordre d'Alcantera ,
eft de l'ancienne & illuftre
GALANT 229
qui
Maifon de Rozas en Espagne,
vient d'Ingo d'Efquerra ,
troifiéme Seigneur de toute la
Bifcaye , qui feuriffoit avant le
temps de Diego Lopes d'Aro.
La Mere de Mr le Comtede
Caftel- Blanco , eftoit de la
Maifon de Melendes. Cette
Maifon defcend de celle de
Solariega , dans les Afturies
d'Oviedo , laquelle deſcend
d'un Prince Edouard fils du
Roy d'Anglererre par l'Infante Almolia fon époufe , comme il paroift par les Archives
Royales de Simancas , & par le
grand Livre del Beferro de
1
230 MERCURE
Sahagun ; où l'on trouve les
Memoires de l'ancienneté de
cette Maifon , & de fes privileges.
с
Mile Maric- Euphemie- Jofeph Drummond de Melfort,
eft 4 fille du fecond lit , de
Tres-haut , puiffant, & tresnoble PrinceJean Drummond,
Duc de Melfort , Marquis de
Forth , Comte de Melfort , de
Burutifland , & d'Ila , Vicomte
de Theobalds ; Baron de Cleworth, Caftlemaine , Ricartone , &c. Pair de deux Royaumes de la Grande Bretagne ,
Chevalier du tres noble Ordre
IGALANT 231
de la Jartiere , &c. Il eft frere
cadet de Mr le Duc de Perth,
Chef de l'illuftre Maifon de
Drummond dont ils font defcendus.
с
avce fon
Cette illuftre Maifon s'eftablit en Ecoffe du temps du
Roy Malcome 3 ; Maurice
ayantaccompagné Edgar Ethdin d'Hungaric
oncle l'Empereur Henry 3
& avec fon pere neveu du Roy
d'Angleterre, Edouard le Confeffeur qui l'avoit rappellé de
l'exil où il avoit efté pendant
l'ufurpation de Canut le Danois ,pour le faire fon Succef-
232 MERCURE
feur, eftant le Succeffeur legitime de la Couronne d'Angleterre. Mais le pere eftant mort
jeune , & Guillaume Duc de
Normandie ayant ufurpé la
Couronne , Edgar Echlin prit
le parti de fe retirer avec fa
Mere, & fes deux fœurs vers
leur oncle l'Empereur Henry
3 fous la conduite deMaurice
qui avoit le commandement
de la flotte dans laquelle ils
devoient paffer la mer.
с
M
Cette flotte fut obligée de
fe fauver de la tempefte dans
la Riviere de Forth en Ecoffe,
où le Roy Malcome rendant
GALANT 233
3
4
les devoirs de l'hofpitalité à
fes illuftres Hoftes devint
amoureux de la Princeffe Marguerite fœur d'Edgar , qu'il
époufa avec le confentement
de fa Mere , & de fon frere.
Elle avoit tant de merite , &
rune fainteté féminente, qu'elle a efté canonifée , & que fa
Fefte fe celebre par toute l'Eglife.
Maurice eftoit tant eftimé
du Roy, & de la Reine Sainte
Marguerite , qu'on l'obligea
de s'eftablir dans leur Royaume,luy donnant des Terres
dont une partie reftent dans la
Avril 1710.
V
234 MERCURE
Maifon avec fes Succeffeurs,
on luy donna le furnom de
Drummond, à caufe des gros
Vaiffeaux qu'il commandoir,
dont on n'avoit pas vû jufqu'alors , & qu'on appelloit
Drummond.
Cette Maifon a efté illuftre
dans tous les Emplois qu'elle a
cus,foit dans la Paix , foit dans
la Guerre; & alliée avec tout ce
qu'ily a de plus Grand dans le
Royaume d'Ecoffe : & par fon
alliance avec le Roy d'Ecoffe
même, fon fang coule dans les
veines des plus grand Princes
de l'Europe. Robert 3 Roy
3
GALANT 235
cr
cr
›
с
с
d'Ecoffe de la Maifon de
Stuart , ayant épousé Annabella Drummond fille du Seigneur de Drummond Chefde
la Maiſon. Elle eſtoit Mere de
Jacques 1 Roy d'Ecoffe. De
Jacques 1 eft venu Jacques 2 ,
de Jacques 2 , Jacques 3 , de
Jacques 3 Jacques 4 , de Jacques 4 Jacques 5º , de Jacques
Marie Stuart , Reine Doüairiere de France, & Reine d'Ecoffe. De Marie Stuart Jacques
6 d'Ecoffe , & 1 de la Grande Bretagne. Elle eftoit Merc
de l'Electrice Palatine Reine
de Boheme, grande Mere de
cr
Vij
236 MERCURE
сг
C. сг
ex
Madame , de Madame la Prin
ceffe de Condé, de Madame de
Hanover, &c. De Jacques 1
de la Grande Bretagne , de
Charles 1 Charles 2 , &
Jacques 2 Charles r eftoit
pere de la Princeffe d'Orange,
& de Madame épouſe de Philippes de France Duc d'Or
leans , Frere Unique du Roy,
dont il a eu la feüe Reine d'EL
pagne , & Madame la Ducheffe de Savoye , Mere de Madame la Ducheffe de Bourgogne,
& de la Reine d'Efpagne ; le
Roy Charles 2 ° eft mort fans
enfans. Le Roy Jacques 2 luy
GALANT 237
fucceda. Il avoit de fa premiere femme la Princeffe d'Orange , & la Princeffe de Dannemark , nommée la Reine Anne.
De fa feconde femme la Princeffe de Modene, prefentement
Reine Mere du Roy d'Angleterre , il a en Sa Majeſté Britannique Jacques 3 ° & la Princeffe Loüife née à S. Germain
en Laye.
Quoique ce foit le plus direct , ce n'eft pas le feul endroit par lequel le Roy d'Angleterre eft defcendu de la Maifon de Drummond , dont le
dernier Chefavoit deux fils, &
238 MERCURE
une fille. Le fils aîne eft prefentement Duc de Perth ,
Grand Chancelier d'Ecofle ,
Chevalier du tres noble Ordre
de la Jartiere , Gouverneur du
Roy, &c. la fille a époufé le
Grand Conneftable d'Ecoffe ,
dont elle a le Comte N.....
Grand Conneftable
Charge eftant hereditaire dans
fa famille. Le cadet dont j'ay
occafion de vous parler aujourd'huy, eft Mr le Duc de
Melfort ; ila cu plufieurs Charges militaires & civiles , ayant
efté Commandant du Châ
teau d'Edimbourg , Grand
cette
GALANT 239
Maitre de l'Artillerie du
Royaume d'Ecoffe , & Licurenant General des Armées du
Roy d'Angleterre, Confeiller
du Confeil d'Eftat & Privé
des Royaumes d'Angleterre ,
d'Ecoffe & d'Irlande , ViceTreforier & Controlleur General du Royaume d'Ecoffe ,
du Confeil du Cabinet du Roy
d'Angleterre, & Secretaire d'État de fes trois Royaumes. Il
a cité employé à Rome avec
lecaractere d'Ambaſſadeur Extraordinaire du Roy d'Angleterre; ayant trouvé le moyen
de fervir fon Maiftre auffi uti-
240 MERCURE
lement fans prendre d'autre
qualité que celle que fon rang
lui donnoit; il a exercé tous ces
emplois avec toute l'approba
tion imaginable , & tellement
au gré du Roy, qu'il l'a élevé à
tous les plus grands honneurs
qu'il luy pouvoit donner” ,
l'ayant fait Vicomte , Comte,
Marquis , Duc & Pair de deux
Royaumes de la Grand Bretagne, & premier Gentilhomme
de fa Chambre, & Chevalier
du tres noble Ordre de la Jarriere.
M la Ducheffe de Melfort,
-mere de l'époufe , eft de l'illuftre
GALANTE 241
Juftre Maifon de Wallace en
-Ecoffe ,l'une des plus anciennes du Royaume, dont Mylord Cragic fon pere eftoit le
Chef. Cette Maiſon a fourny
à l'Ecoffe de grands hommes ,
tant pour les Charges civiles ,
que pour les Emplois militai-.
res , & particulierement le fameux Chevalier Guillaume
Wallace, grand Afferteur de
la liberté & de l'honneur de
fon Païs , qu'il delivra de l'oppreffion des Anglois qui l'avoient envahy, profitant de
+ l'abfence & de la foibleffe du
Roy Ballicul. Cet illuftre CheAvril 1710. X
242 MERCURE
valier fut choifi Gouverneur,
ou Viceroy par les Etats Generaux du Royaume , d'où il
chaffa entierement les Anglois
aprés plufieurs fanglantes Batailles , & des actions d'une
valeur & d'une conduite extraordinaire.
Le Chevalier Jean Wallace,
Chef de la mefme famille ,
commandoit l'Avant- gardede
l'Armée Ecoffoife à la Bataille
de Sath , où les Anglois furent entierement défaits par fa
valeur & fa conduite , quoyqu'il y cût reçû plufieurs bleffures dont il mourut.
I
GALANT 243
?
Cette Maiſon eft alliée avec
les plus grandes Maiſons d'Ecoffe , & mefme avec la Maifon Royale, le Chevalier Duncan Wallace ayant épousé Eleonore de Bruce , Comteffe
hereditaire de Carict , petitefille & heritiere de David Bruce Roy d'Irlande , & Comte
de Carict , frere de Robert
Bruce , Roy d'Ecoffe.
Mylord Cragie , pere deM° la Ducheffe de Melfort ,
eftoit un des Officiers d'Etat
du Royaume d'Ecoffe.
Me la Comteffe de CaftelBlanco eft d'une beauté finguX ij
244 MERCURI
liere , de la plus belle taille du
monde , ayant toute la mo
deftie & toutes les belles qua
litez qui donnent le luitre &
l'éclat veritable aux Perfonnes
de fon rang , ce qui luy a gagné l'eftime & fait meriter les
applaudiffemens de tous ceux
qui la connoiffent
Fermer
Résumé : Mariage de Mr le Comte de Castel-Blanco [titre d'après la table]
Le texte traite du mariage entre Monsieur le Comte de Caftel Blanco et Mademoiselle Marie-Euphemie Joseph, quatrième fille du Duc de Melfort. Monsieur le Comte de Caftel Blanco, titulaire du titre de Caftille et Chevalier de l'Ordre d'Alcantera, appartient à l'ancienne et illustre Maison de Rozas en Espagne. Il est issu de la lignée de Vingod d'Efquerra, troisième Seigneur de toute la Biscaye. Sa mère est de la Maison de Melendes, qui descend de la Maison de Solariega dans les Asturies d'Oviedo. Cette Maison est liée à un Prince Édouard, fils du Roi d'Angleterre, par l'Infante Almolia, comme le montrent les Archives Royales de Simancas et le grand Livre del Beferro de Sahagun. Mademoiselle Marie-Euphemie-Joseph Drummond de Melfort est la quatrième fille du second lit du Duc de Melfort, Marquis de Forth, Comte de Melfort, de Burutisland et d'Ila, Vicomte de Theobalds, Baron de Cleworth, Caftlemaine, Ricartone, etc. Elle est Pair de deux Royaumes de la Grande-Bretagne et Chevalier du très noble Ordre de la Jarretière. Son frère aîné est le Duc de Perth, chef de la Maison de Drummond. La Maison de Drummond s'est établie en Écosse du temps du Roi Malcome III. Maurice, ancêtre de la famille, accompagna Edgar Ethdin d'Hungarie, oncle de l'Empereur Henri III, et le père d'Édouard le Confesseur, qui rappela Edgar de l'exil pour en faire son successeur légitime. Après la mort du père d'Edgar, Guillaume Duc de Normandie usurpa la couronne, et Edgar se retira en Écosse avec sa mère et ses sœurs sous la conduite de Maurice. Ils furent accueillis par le Roi Malcome III, qui épousa la princesse Marguerite, sœur d'Edgar, canonisée pour sa sainteté. La Maison de Drummond a occupé des postes illustres tant en temps de paix qu'en temps de guerre et est alliée aux plus grandes familles d'Écosse et d'Europe. Robert III, Roi d'Écosse, épousa Annabella Drummond, fille du Seigneur de Drummond, et mère de Jacques Ier d'Écosse. Cette lignée inclut plusieurs rois d'Écosse et de Grande-Bretagne, ainsi que des membres éminents de la noblesse européenne. Le Duc de Melfort, père de l'épouse, a occupé de nombreuses charges militaires et civiles, notamment Commandant du Château d'Édimbourg, Grand Maître de l'Artillerie du Royaume d'Écosse, et Lieutenant Général des Armées du Roi d'Angleterre. Il a également été Conseiller du Conseil d'État et Privé des Royaumes d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande, Vice-Trésorier et Contrôleur Général du Royaume d'Écosse, et Secrétaire d'État des trois Royaumes. Il a été ambassadeur extraordinaire du Roi d'Angleterre à Rome. La Duchesse de Melfort, mère de l'épouse, appartient à la Maison de Wallace en Écosse, l'une des plus anciennes du Royaume. Cette Maison a produit des figures notables, comme le Chevalier Guillaume Wallace, libérateur de l'Écosse de l'oppression anglaise, et le Chevalier Jean Wallace, commandant à la Bataille de Sath. La Maison de Wallace est alliée aux plus grandes Maisons d'Écosse, y compris la Maison Royale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
768
p. 265-266
Survivance données par le Roy des Charges de S.A.S. Monsieur le Duc du Maine, aux Princes ses Enfans. [titre d'après la table]
Début :
Je passe d'un Article de Morts, a un autre qui regarde [...]
Mots clefs :
Princes, Charges, Duc du Maine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Survivance données par le Roy des Charges de S.A.S. Monsieur le Duc du Maine, aux Princes ses Enfans. [titre d'après la table]
Je paffe d'un Article de
Morts, a un autre qui regarde
deuxjeunes Princes , qui appa
remment vivront encore long.
temps.
*
Le Roya donné à S. A. S.
Monfieur le Duc du Maine,
les furvivances de fes Charges,
fçavoir celle de General des
Şuiffes & Grifons , pour Monheur le Prince de Dombes, &
éelle de Grand Maiftre de
l'Artillerie , pour Monfieur le
Comte d'Eu , fon Cadet. L'a
prefdinée les Suiffes ſe mirent
Avril 1710. Ꮓ
}
266 MARCURE
enBataille Louis les fenêtres de
leur nouveau General , & en
ayang receu de grandes marques de fa liberalité, ils,danfes
reng &bûrent pendantle refte
du jour danside même enz
droit.
Morts, a un autre qui regarde
deuxjeunes Princes , qui appa
remment vivront encore long.
temps.
*
Le Roya donné à S. A. S.
Monfieur le Duc du Maine,
les furvivances de fes Charges,
fçavoir celle de General des
Şuiffes & Grifons , pour Monheur le Prince de Dombes, &
éelle de Grand Maiftre de
l'Artillerie , pour Monfieur le
Comte d'Eu , fon Cadet. L'a
prefdinée les Suiffes ſe mirent
Avril 1710. Ꮓ
}
266 MARCURE
enBataille Louis les fenêtres de
leur nouveau General , & en
ayang receu de grandes marques de fa liberalité, ils,danfes
reng &bûrent pendantle refte
du jour danside même enz
droit.
Fermer
Résumé : Survivance données par le Roy des Charges de S.A.S. Monsieur le Duc du Maine, aux Princes ses Enfans. [titre d'après la table]
Le 26 avril 1710, des chiens, probablement des griffons, célèbrent leur nouveau général, le Prince de Dombes, en dansant et buvant toute la journée. Le roi accorde des survivances de charges : le Duc du Maine pour son fils, le Prince de Dombes, et le Comte d'Eu pour la charge de Grand Maître de l'Artillerie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
769
p. 266-310
Article concernant tous les nouveaux Brigadiers, & qui fait connoistre leurs services, & les Corps dont ils ont esté tirez. [titre d'après la table]
Début :
Je vous marquay dans ma derniere Lettre que je ne vous [...]
Mots clefs :
Nouveaux brigadiers, Colonel, Régiment, Marquis, Chevalier, Bataille, Roi, Lieutenants généraux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Article concernant tous les nouveaux Brigadiers, & qui fait connoistre leurs services, & les Corps dont ils ont esté tirez. [titre d'après la table]
Je vous marquay dans Ima
derniere Lettre que ju nd vous
dirois rien des nouveaux Lieutenans Generaux , & des nouveaux Maréchaux de Camp ,
parce que je vous en ay parlé à
meſure qu'ils font montez à
ces premiers poftes de la guer
re ; mais comme il left plus
difficile de parler des nouveaux
3GALANT 267
Brigadiers , à caufe que n'ayant
point encore rempli le pofte
d'Officiers generaux , ils ne font
fouvent connus que par leurs
noms , & que l'on a mefme de
la peine à fçavoir quels eftoient
leurs Emplois avant que d'avoir la qualité de Brigadiers.
La recherchequ'il en faut faire
pour en parler jufte , eſt tresgrande , & je crois en eftre venu à boutàa peu de chofe prés;
carab eft prefque impoffible
que l'on ne faffe quelques fau
tes en parlant d'un fi grand
nombre d Officiers. Je com
mence par les Brigadiers d'InZ ij
268 MERCURE
fanterie fuivant l'ordre de leur
nomination. AM Steegia
Mr.Reynold de Valier , Capitaine aux Gardes Suiffes , &
Chevalier de S. Louis. Il fert
en France il y a plus de 20.
ans. Il fe trouva à la Bataille de
Nerwinde où il fut bleffery
n'eftant alors qu'Officier fubalterne.
ede
Mr Reding, Capitaine aux
Gardes Suiffes , avec Brevet de
Colonel. Il eft attaché au Service de la France depuis prés de
25. ans. Il eft parent de Mrs
Stoupe & de Mollondin qui
Occupent les premieres places.
$
GALANT 209
de la Magiftrature de la Prin
cipauté de Neufchaftel. left
auffi parent de Mrs Courte &
Grenu , Brigadiers & de la mês
me Nation.
Mr Mergeret, Capitaine aux
Girdes Françoiſes. Il eft de
Paris ; fon fon pere a efté longtemps dans les Illes, où il avoit
un Commandemenr tres confiderable. Ce nouveau Brigadier a donné de grandes preu
ves de fa valeur à la Bataille de
Malplaquet.
Mrde Villiers, Capitaine aux
Gardes Françoifes, avec Brevet
de Colonel. Il fert depuis l'âge
Z iij
270 MERCURE
يا
de 15 ans avec beaucoup de
diftinction. Il a fervi en Italie
fous Monfieur de Vendofme
qui l'a employé dans des occafions importantes qui luy
ont fait beaucoup d'honneur.
Il eft d'une famille originaire
de l'Ile de France , & alliée à
celle de Mr Poitevin Confeil
ler au Parlement. Il eft parent
deMrideVilliers leMorier,Ma
jor du Regiment de la Reine
Dragons , & Brigadier , & de
Mr de Villiers le Morier Ma
réchal de Camp.
Mr le Comte de Mongon,
Capitaine de Grenadiers aux
GALANT 271
易
Gardes Françoifes , avec Brevet
de Colonel alpa donné des
marques de fa valeur en plu
fieurs occafions. It eft fils de
Mr de Mongon , Lieutenant
General & Inſpecteur d'Infanterie , & de feuë Dame N...!
Sublet d'Heudicourt , fille de
Mr le Marquis d'Heudicourt
-grand Louvetier de France , &
foeur de Mr.le Comte d'Heudicourt Brigadier des Armées
du Roy, & de feu Mr l'Abbé
d'Heudicourt , mort nommé
Evêque d'Evreux. Feuë Me la
Comteffe de Mongon eftoit
Dame du Palais de Madame
Z iiij
រឺ
272 MERCURE
la Ducheffe de Bourgogne. 19
Mr le Marquis de Gallion ,
Colonel du Regimens de Nav
varre, Il combattit à la Batailleb
de Malplaquet a côté de Mrle
Maréchal deBoufflers ,
lorfque
les Ennemis furent fi mal-trai
tez à la droite du bois , par la
Brigade de Navarre. Ce Maréchal & tous ceux qui fe trous
verent en cet endroit rendirenca
juſtice à la valeur de Mr dep
Gaffion , dont le Roy d'Anglet
terre fut auffi témoin , & ill
combattit juſqu'à ce que Mrs
de Boufflers craignant quel'Infanterie ne fût coupée, la fitp
BALANT 273
pric
retirer. Il repric quelques drapeaux que les Ennemis nous
avoient pris , & leur en
des leurs nye lats if
Mr le Chevalier de Givry,
Colonel du Regiment de la
Marche. Il y a 22, ans qu'il
fert , & il n'a point laiffe paffer
d'occafions fans donner des
marques de fa valeur. Il s'eft
trouvé à la Bataille de Malplaquet , où il a fait des actions
furprenantes. Voyant que les
Ennemis avoient penetré dans
un Pofte important , il marcha
à eux avec fon Regiment
qu'on avoit mis en reſerve , &
+
274 MERCUR
les en chafla. Mr de Gaffion
fon oncle commandoit alors
l'aifle droite de la Cavalerie , &
*
fit à la tête de la Maifon du
Roy les plus belles charges de
Cavalerie qui ayent jamais eſté
faites.
Mr le Comte du Montal ,
Colonel du Regiment de Poitou. Il est petit fils de Mr du
Montal , mort Chevalier des
Ordres du Roy , & l'un des
plus grands hommes de guerre
que la France ait eus dans
dernier fiecle. Celuy qui donne
lieu à cet Article avoit d'abord
efté destiné à l'Eglife ; mais fe
GALANT 275
fentant plus d'inclination pour
la profeffion des Armes , il
s'y attacha , & y a donné de
frequentes preuves de fa valeur.
24 Mr de Colandres , Colonel
du Regiment des Vaiffeaux. Il
eft fils de feu Mr le Gendre
de Rouen , frere de Mr de
Barville Capitaine aux Cardes
qui a épousé Alle de Saillant ;
de MePecoil , femme du Maître des Requeftes de ce nom ,
&de Mc la Prefidente de Feu
mechon 'de Rouen. Un de fes
freres , auffi Colonel , fut tué
à la Bataille d'Hochfter.
276 MERCURE
Mr le Comtede Guiraud, Co
lonel du Regiment de Bour
gogne. Il porte un nom des
plus illuftres , & tous ceux qui
le portent ont toûjours fair
voir dans les occaſions autant
de valeur que de fidelitépins
Mr le Comte de Laval , Com
lonel du Regiment de Bourq
bon. Il a donné des marques
de fa valeur dans les principa
les actions de cette guerre où
il s'eft trouvé, & où il a foû
tenu glorieufement l'illuftre
nom qu'il porte. Mr de Buran
lure , fon Lieutenant Colonel,
l'a tiré deux fois des bras de la
GALANT 277
mort , où fon courage l'avoit
precipité. Il eſt de la Maiſon
de Montmorency, & never
de Mc la Ducheffe de Roquelaure.zochild
僖
Mr le Comte Marquis de
Lannion , Colonel du Regiment de Xaintonge. Il paſſe
pour un des plus braves de
l'Armée. Il est d'une ancienne
famille de Bretagne , dont je
yous ai amplement parlé en
vous apprenant fon mariager
Il eft parent de Mr le Marquis
de Lannion , Lieutenant GCneral des Armées du Roy. øj
Mr leMarquis deFeryaques
278 MERCURE
Colonel du Regiment de Piémont. Il a donné plufieurs
preuves de fon courage dans
cette guerre,& fur tout dans
la Bataille de Malplaquet , oùil
ſe trouva , &de qui un Officier
du Regiment de Monfieur le
Prince de Baviere , dit dans fa
Relation que c'eftoit un hom
me d'un grand merite , & un
fort bon Officier , qui meri
toit d'entre loué. Heft fils de
MrleMarquis de Bullion, Prevoſt de Paris , & frere de Mt
le Marquis de Bonnelles , mort
des bleffures qu'il reçût au com
mencement de cette guerre,
GALANT 299
dans une des premières Batailles qui fe font données. Il eſt
auffi frere de M la Ducheffe
d'Uzés , & de MⓇ la Princeffe
deTalmont. Visuel asi
Mr le Marquis d'Aubigné,
Colonel du Regiment Royal.
Hefe trouva à la Bataille
d'Hochfter , ou il donna des
marques de fa valeur , & ou
MrdeSaint Maurice, fon Lieutenant Colonel, luy fauva la
vielen de fecourant à propos
contre un peloton d'ennemis
qui adlavoient invefti , & qui
Fauroient fait perit fans ce fecours qui
སྙ
vine fort à propos
280 MERCURE
2
pour luy. Il a acquis dans d'autres occafions fa reputation
d'un Officier fort entendu dans
la difcipline militaire. L'Offi
cier dont j'ay parlé dans l'Ar,
ticle precedent , dit de Mr
d'Aubigné qu'il fit dans cette
Bataille merveilles , & qu'il s'y
comporta en bon Officier, & en
brave homme; ce font fes termes auſquels je nechange rich,
Il eft certain que ce Colonel à
la tefte de fon Regiment, chargea jufqu'à onze fois douze
Bataillons retranchez dans un
Village, duquel il les chaffa
enfin. Mr de Villars fut fi char,
*
GALANT 281
mede cette action de vigueur,
qu'il dit en embraffant ce jeune Colonel , qu'il mourroit
content s'il avoit une femblable action pardevers luy. Ce
Colonel emporta auffi dans la
mefme journée fept traverſes ,
avec le retranchement qui les
lioit , & lorfqu'il en voulut attaquer un autre , il fut bleffé
d'un coup de Fufil dans la
cuiffe. Il eft fils de Mr le Marquis de Tigny de Poitou , neveu de Mr. l'Archevêque de
Rouen , & proche parent de
Madame de Maintenon,
Mr Berthelot de Bourceau ,
Aa
Avril 1710.
282 MERCURE
Colonel du Regiment de Bretagne. Il fert depuis l'âge de
15. ans , & il s'eft trouvédans
dans toutes les occafions confiderables de fon temps. A la
Bataille de Nerwinde , où il
n'eftoit que fimple Capitaine,
il merita par la valeur qu'il y
fit paroître des louanges de Mr
le Maréchal de Luxembourg,
qui en écrivit mefme à la Cour.
Il eft parent de Mr le Lieutenant de Roy de Châlons , &
d'une famille originaire de Paris , qui a efté dans les Charges
de la Robbe depuis plus d'un
ficcle & demy.
@GALANT 283
Mr de la Chau-Montauban ,
Colonel d'un Regiment d'Infanterie qui porte fon nom.
Il s'eft trouvé à la Bataille que
Mr le Comtedu Bourggagna
fur le General Mercy P'Elte
dernier prés de Rumersheim.
Il eftoit à la tefte de la Brigade
de l'Auxerrois , & il tua de fa
main d'un coup de Sponton
le Colonel du Bataillon ennemyqui marchoirà luy. Il eftoit
alors auprés de Mr le Comte
de Tallard , & de Mfl de Bethune Monime. Ce nouveau
Brigadier eft de Creft en Dauphiné, & d'une Maiſon tresqualifiée.
Aa ij
3
284 MERCURE
Mdle Marquis de Crecy ,
Colonel du Regiment de Boulonnois. Il eft fils de feu Mre
Louis Verjus , Chevalier Com
te de Crecy, MarquisdeTreon
& Fort Ifle , Baron de Couvé,
Seigneur du Boulay, les deux:
Eglifes , le Menillet , &c. Confeiller d'Etat ordinaire , cys
devant Envoyé Extraordinaire
dans toutes les Cours d'Alle
magne, & Ambaſſadeur Extraordinaire à la Paix Genera
le de Rifwick. Le nouveau
Brigadier eft neveu de Mr l'E
vêque de Graffe, & du feu
Pere Verjus Jefuite. to d
*
GALANT 2899
Me le Comte de Sauvebeof,
Colonel du Regiment de Blai- >
fois. Il adonné des preuves de
fa valeur dans toutes les occafions où il s'eft trouvé , & l'on
ena rendu uncompte à la Cour
dont le Roy s'eft ſouvenu. Ik
fçait parfaitement la difcipline militaire. Il eft parent de
Mrs les Abbez de Sauvebeuf.
Mr leMarquis de Balincourt,
Colonel du Regiment d'Ar
tois. Il fervoit la Campagne
derniere en Rouffillon , où Mr
le Duc de Noailles a efté plufieurs fois témoin de fa valeur.
Il eft fils de Mr le Marquis de
286 MERCURE
Balincourt , & de Dame N. de
Seve fa premiere femme.
Mr le Chevalier Sanguin
de Livry , Colonel du Regiment de Nivernois. Il joint à
une grande experience de tout
ce qui regarde la guerre , un
courage éprouvé en plufieurs
occafions , &fur tour aux ders
nieres actions de certe guerre.
Il eft fils de Mr le Marquis de
Livry , Premier Maiftre d'Hô
tel du Roy, & perit neveu de
feu Mr l'Evêque de Senlis 5
Mr le Marquis de Gondrin
Colonel d'un Regiment qui
porte fon nom. Il a donnédes
GALANT 287
1.
preuves éclatantes de fon courage à Hochftet & à Ramilly.
Ileft fils aîné de Mr le Marquis d'Antin , & beau - frere de
Mr le Duc de Noailles. Perfonne n'ignore la grandeur &
l'éclat de la Maifon de Gondrin Pardaillan.
Mr Obrien , Chevalier de
S. Louis , & Colonel d'un Regiment Irlandois qui porte fon
nom. A la tefte de fon Regiment, & avec celuy de Lee,
auffi Irlandois , il a foûtenu à
la Bataille de Malplaquet , malgré le grand feu des Ennemis
noftre Artillerie , & à la faveur
1
88 MERCURE
e ces deux Regimens , celuy
ui commandoit cette Artille- rie leur renverfa des Batailons entiers , qui furent obligezde fe retirer pour fe cacher
à fes coups redoublez. Mr
Obrien & un autre Mr Obrien,
auffi Chevalier de Saint Louis,
Lieutenant Colonel fe diftinguerent beaucoup dans cette
occafion.
Mr Perrin , Chevalier de S.
Louis , Colonel d'un Regiment
qui portoit le nom de Beaufermé , & qu'on appelle prefentement Noailles. Il eft fort
attaché à la Maifon de Noailles.
GALANT 289
les. Le Duc de ce nom qui
connoît les gens de merite,
ayant connu il y a long- temps
tout celuy de Mr Perrin ,
l'eft voulu attacher.
fe
Mr de Saint Morel , Lieutenant Colonel du Regiment
dePoitou dont Mr du Montal eft Colonel , a prés de 35.
ans de fervice. Il brilla dans
la derniere guerre par un
grand nombre d'actions de
valeur , & Mr le Maréchal de
Luxembourg qui en fut ſouvent témoin en rendit des
temoignages avantageaux à la
-Cour. Il a toujours fervi dans
Avril 1710. Bb
290 MERCURE
Infanterie , & il eft peu
d'Officiers qui l'entendent,
mieux que luy. H&M
Mr de Chaftenet , Licutenant Colonel duRegiment de
Xaintonge , dont Mr le Mar-
* quis de Lannion qui a auffi efté
fait Brigadier, eft Colonel , eft
un vieux Officier qui n'a pas
manqué une feule Campagne
depuis prés de 35 ans qu'il
porte les armes pour le Service
du Roy. Il fut bleffe dangereufement à la Bataille de Nerwinde, n'eftant alors que
ple Capitaine. Il y fit des actions de valeur qui luy artirofim-
IGALANT 291
es
rent de grandes loüanges des
Generaux.
Mr de Curty, Chevalier de
S. Louis , Lieutenant Colonel
du Regiment de Provence,
dont Mr le Comte de Nonant
eft Colonel. Il fert depuis plus
de 30. ans avec beaucoup de
reputation. Il fervit au commencement de la Guerre en
Efpagne, oùil merita par quelques actions de valeur des témoignages d'eftime de S. M.C.
qui luy ont fait beaucoup
d'honneur.
Mr le Marquis de la Deveze,
Chevalier de S. Louis , Lieute
Bb ij
292 MERCURE
nant Colonel du Royal Artil
lerie. Il eft Lieutenant de Roy
de la haute Guyenne , & de
l'illuftre Maiſon de Loupiat.
Il a plufieurs parens de fon
nom dans le Service.
Mr de Roiffy Major du Re
giment de Leuville , & Major
general de l'Armée d'Italie , où
il a fervy dans les premieres
années de la Guerre. Il fe trouva à la Bataille de Luzzara , ou
il fut bleffé d'un coup de Fau
conneau à coté de Mr le Marquis de Crequy qui fut tué
dans le mefme temps. Monfieur de Vendôme qui l'avoit
A-
戀情
GALANT 293
fouvent employé , & qui avoit
efté témoin de ce qu'il avoit
fait à la Journée de Luzzara ,
rendit un bon témoignage en
fa faveur à la Cour.
Mr du Magny Chevalier de
S. Louis , Lieutenant general
d'Artillerie.
Mr le Chevalier de Saint
Perrier , Chevalier de S. Louis,
Lieutenant general d'Artillerie,
& Chefen Espagne. C'eſt un
des Officiers de S. M. qui entend le mieux l'Artillerie, ayant
efté élevé fous les yeux de Mr
de Saint Hilaire.
Je paffe à ce qui regarde
Bb iij
294 MERCURE
ceuxqui ont efté nommez Brigadiers de Cavalerie. "obs zalew
Mr le Comte de Voluiré
fecond Sous- Lieutenant des
Gendarmes du Roy. Il s'eft
diftingué par tout où ce Corps
qui eft des plus braves du
Royaume a combattu. Je ne
vous dis rien de la naiffance de
Mrde Voluire ; perfonne n'ignore qu'elle cft des plus illuftres ; fon nom eft Ruffec.
Mr le Comte de Biffy, Colo
nel de Cavalerie. Il est proche
parent de Mr le Marquis de
Biffy auffiBrigadier , & Colonel de Cavalerie , & neveu de
GALANT 295
Mrile Marquis de Biffy Che
valier de S. Louis, Gouverneur
d'Auffonne, & Lieutenant ge
neral des Armées du Roy , &
de Mr. l'Evêque de Meaux. Le
nom.deMrs.de Biffy,elt Thyard,
Cette Maiſon eft originaire de
Bourgogne , & elle a donné
plufieurs Evêques à l'Eglife de
Châlons fur Saone. Elle eſtoir
connue en Bourgogne dés le
temps des Ducs de Bourgo
gne.
Mr le Comte de S. Sernin,
Colonel de Dragons. Il a longtemps fervy en Italie ; & il ya
merité par plufieurs actions de
Bb iiij
296 MERCURE
valeur , l'eltime & la confiance
de Mr le Duc de Vendofnio.
Il eft d'une tres grandes naiffance. Sa famille eft originaire
de Languedoc, où elle a toujours tenu un rang confide
rable.
Mr le Chevalier de Montmain , Capitaine des Gendar- i
mes dOrleans. Il a beaucoup
de valeur , & il en a fouvent l
donné des marques à la reftest
du Regiment qui a porté fon
nom , & qui a prefque toûjours fervy en Flandre. Il eft
d'une illuftre Maifon originaiz 3
re d'Auvergne , & allié à Mr
GALANT 297
le Duc de la Feuillade , feue
Me la Comteffe de Montmain .
fœur de Me de la Ville auxClercs , eftant de la Maifon
d'Aubuffon. Les deux fils de
certe Dame , & coufins de celuy qui donne lieu à cet Article,font tous deux morts dans
le Service. Ainfi Mr de Montmain que le Roy vient de faire
Brigadier , eft devenu l'aîné de
fa Maiſon.
Mr le Comte de Bouzols ,
Colonel d'un Regiment de
Cavalerie qui porte fon nom,
& dont Mr de Blangy fon parent eft Lieutenant Colonel.
298 MERCURE
Il est proche parent de Mrle
Marquis de Bouzols , Brigadier
&Inspecteur de Cavalerie , &
Breaufrere de Mr le Marquis
de Torcy. Ce nouveau Briga
dier s'eft diftingué dans toutes
les occafions où il s'eft trouvé
& fur tout en Rouffillon & en
Allemagne , où il a prefque
toûjours fervy.
non
Mr le Comte Marquis de la
Fare Tournac , Chevalier de
S. Loüis, Colonel du Regiment
du petit Languedoc Dragons,
Ce nouveau Brigadier, qui por
te dans fes Titres la qualité de
Comte- Marquis, ainsi queplus
THEQUE
GALANT 299
fieurs autres Seigneurs Fran
çois , eft d'une illuftre Mailon
originaire de Guyenne, & pro
che parent de Mr le Marquis
de la Fare- Laugere , Capitaine
des Gardes de Monfieur le
Duc d'Orleans ; de Mr de la
Fare Colonel d'un Regiment
d'Infanterie qui porte fon
nom, & de Mr de la Fare Lau
gere Brigadier & Colonel du
Regiment de Gaftinois.
3.Mr le Marquis de Bouville ,
Colonel d'un Regiment de
Dragons qui porte fon nom.
Il s'eft acquis une grande repu
tation en Espagne , où il a
BE
LA
300 MERCURE
à lá
long tempsfervy. Il donna des
marques de fon courage
Bataille que Mr de Barwick y
gagna en 1707. Il eft de l'ancienne Maifon de Jubert , &
frere de Mr de Bouville Intent
dant d'Alençon , & de Mrle
Marquis de Bizy; ils font neq
yeux de Mr Defmaretz , Controlleur General des Finances,
Mede Bouville leur Mere étang
fœur de ce Miniftre. Mr de
Bouville leur pere ,
a efté longtemps Intendant d'Orleans. D
Mr de Skelton , Colonel Reformé de Cavalerie ; il eft Ches
valier de Saint Louis , & l'on
GALANT 3or
4
ne parvient point à ce degré
d'honneur fans avoir efté blef
fé , ou avoir efté fort longtemps dans le fervice.
Mr de Montiers , Capitaine
de Gendarmerie. Il s'eft diftingué dans plufieurs actions importantes. Il fut bleffé à la Bataille d'Hochfter , & à celle de
Malplaquet. Il fert dés fa plus
grande jeuneffe ; il s'eft trouvé à toutes les Campagnes, &
il a donné prefque dans toutes,
des marques de fa valeur.
Mr de la Billarderie, Exempt
& Ayde Major de la Compagnie de Boufflers. Il eft Cheva-
302 MERCURI
lier de Saint Louis de la promotion de 1705. Il eſt d'une ancienne famille originaire de
Normandie. Il eft dans la Maifon du Roy depuis plus de 20.
ans , & il y a donné des marques de fa valeur dans des
Journées de Fleurus , de Leuze,
de Steinkerque , & de Nerwinde. Mr le Prince de Turenne
fut bleffé à mort àfes coftez,
à la Bataille de Steinkerque. Il
fut bleffe au Siege de Mons
d'un coup de fufil au bras.
Mr le Chevalier de Velleron
Enfeigne des Gardes du Corps.
Il a un Brevet de Colonel de
GALANT 303
Cavalerie , que fes longs fervices luy ontfait meriter. Depuis
qu'il eft entré dans le fervice,
-il n'a pas manqué une feule
Campagne. Il fut dangereufement bleffé au Siege de Naamur.
Mr le Marquis de Courcil-
-don , Colonel d'un Regiment
de Cavalerie qui porte fon
nom, & qui portoit auparavant celuy de Furftemberg. Il cft
Chevalier de Saint Lazare , &
fut le fecond de la promotion
side: 1704. Il eft fils de Mr le
Marquis de Dangeau Grand-
•Maître de cet Ordre , & Che-
304 MERCURE
valier de l'Ordre du S. Efprit ,
& petit neveu de feu Mr le
Cardinal de Furftemberg par
Me la Marquife de Dangeau
fa Mere, qui al'honneur d'appartenir à S. A. R. Madame.
Ce jeune Marquis a époufé
l'heritiere de l'illuftre Maiſon
de Pompadour. Je ne vous
parle point de la naiffance ny
de la valeur de Mr le Marquis
de Courcillon. Sa naiffance eſt
.connue de toute la France. , &
fa valeur n'éclara que trop à la
Bataille de Malplaquet , puifqu'il en porte de triftes marques.
GALANT 305
Mr le Marquis d'Ancenis ,
Colonel du Regiment de Bourgogne Cavaleric. Il eſt ſecond
fils de Mr le Duc de CharoftBethune,& de fa premiere femme Louife- Therefe - Marie de
Meleun fille d'Alexandre Guillaume Prince d'Epinoy , & de
Louife Marie- Anne de Bethune fa premiere femme. Mr le
Marquis d'Ancenis n'a que 28.
ans , & Mr Lauret fon LieutenantColonel, a fouvent témoigné que dans les Batailles où il
s'eft trouvé, fa plus grande application n'avoit efté que de retenir Mrle Marquis d'Ancenis.
Avril 1710. Cc
306 MERCURE
Mr de Pujol Capitaine Lientenant des Carabiniers. Il eft
Chevalier de S. Louis de la promotion de 1707. Il a donné
des preuves de fon courage
dans toutes les occafions où il
s'eft trouvé avec la Maifon du
Roy. Il eft d'une ancienne Maifon originaire du Rouergue.
Mr Darifat Chevalier de S.
Louis , Enfeigne des Moufque
toires gris. Il fut bleffé à la
Bataille de Nerwinde , où une
partie de la Maiſon du Roy fe
trouva , & il y donna de grana
des marques de fa valeur ,ainfi
que toutes les Relations de cet-
GALANT 307
te Bataille le font connoître.
Il fut du détachement qui ac
compagna le Roy d'Espagne
jufqu'à la Frontiere d'Espagne,
& lorfqu'il prit congé de ce
Prince S. M. C. luy témoigna
beaucoup de fatisfaction de
fes fervices , & eut pour luy
des diftinctions particulieres.
2 Mr de Trudaine , Enfeigne
de Gendarmerie , Chevalier de
l'Ordre de S. Louis. C'eft un
Gentilhomme de Picardie qui
depuis 20. ans fert le Roy dans
fa Gendarmerie avec beaucoup
de diftinction. Il a eu le malheur de perdre une jambe à
Cc ij
308 M* RCURE
la Bataille de Malplaquet. Il eft
de la mefme famille que Me
Voyfin & Mr Trudaine , cy
devant Intendant de Lyon , &
àprefent Intendant de Dijon .
Mr Miran , Chevalier de
de S. Louis , Enfeigne de Gendarmerie. Il a fervy en Elpagne & en Catalogne au com
mencement de cette guerre ,
& fur la fin de la precedente.
Il fut bleffé à la Bataille de
Nerwinde , où il donna des
preuves fignalées de fon cou->
'rage. Mr le Maréchal de Luxembourg dans la Relation
qu'il envoya au Roy de cette-
GALANY 309
Journée , fit un éloge particu
lier de Mr Miran , quifut applaudy de toute l'Armée.
Mr le Comte de Coëtanfão,
Aide Major de la Gendarmerie , Chevalier de Saint Louis,
de la promotion de 1705. Il eft
neveu de Mr l'Evêque d'A
vranches , & de Mr le Marquis de Coëtanfao Maréchal
de Camp, & Sous- Lieutenant
des Chevaux Legers de la Garde. Ils font d'une ancienne famille de Normandie. Ce nouveau Brigadier s'eft diftingué
dans toutes les occafions où il
' eft trouvé depuis qu'il fert
310 MERCURE
& il a toûjours donné des preuves de fa valeur , & de fon experience en tout ce qui regarde la guerre. Il a commencé à
porter les armes à l'âge de 29.
ans , & depuis ce temps- là il
n'a pas manqué une feule Cam
pagne. Il porte un nom celebre parmy les gens de guerre.
Tout ce que je viens de vous
dire de ces nouveaux Brigadiers, doit vous faire connoître
qu'il n'y en a pas un feul qui
n'ait merité le pofte d'honneur auquel le Royle vient d'élever.
derniere Lettre que ju nd vous
dirois rien des nouveaux Lieutenans Generaux , & des nouveaux Maréchaux de Camp ,
parce que je vous en ay parlé à
meſure qu'ils font montez à
ces premiers poftes de la guer
re ; mais comme il left plus
difficile de parler des nouveaux
3GALANT 267
Brigadiers , à caufe que n'ayant
point encore rempli le pofte
d'Officiers generaux , ils ne font
fouvent connus que par leurs
noms , & que l'on a mefme de
la peine à fçavoir quels eftoient
leurs Emplois avant que d'avoir la qualité de Brigadiers.
La recherchequ'il en faut faire
pour en parler jufte , eſt tresgrande , & je crois en eftre venu à boutàa peu de chofe prés;
carab eft prefque impoffible
que l'on ne faffe quelques fau
tes en parlant d'un fi grand
nombre d Officiers. Je com
mence par les Brigadiers d'InZ ij
268 MERCURE
fanterie fuivant l'ordre de leur
nomination. AM Steegia
Mr.Reynold de Valier , Capitaine aux Gardes Suiffes , &
Chevalier de S. Louis. Il fert
en France il y a plus de 20.
ans. Il fe trouva à la Bataille de
Nerwinde où il fut bleffery
n'eftant alors qu'Officier fubalterne.
ede
Mr Reding, Capitaine aux
Gardes Suiffes , avec Brevet de
Colonel. Il eft attaché au Service de la France depuis prés de
25. ans. Il eft parent de Mrs
Stoupe & de Mollondin qui
Occupent les premieres places.
$
GALANT 209
de la Magiftrature de la Prin
cipauté de Neufchaftel. left
auffi parent de Mrs Courte &
Grenu , Brigadiers & de la mês
me Nation.
Mr Mergeret, Capitaine aux
Girdes Françoiſes. Il eft de
Paris ; fon fon pere a efté longtemps dans les Illes, où il avoit
un Commandemenr tres confiderable. Ce nouveau Brigadier a donné de grandes preu
ves de fa valeur à la Bataille de
Malplaquet.
Mrde Villiers, Capitaine aux
Gardes Françoifes, avec Brevet
de Colonel. Il fert depuis l'âge
Z iij
270 MERCURE
يا
de 15 ans avec beaucoup de
diftinction. Il a fervi en Italie
fous Monfieur de Vendofme
qui l'a employé dans des occafions importantes qui luy
ont fait beaucoup d'honneur.
Il eft d'une famille originaire
de l'Ile de France , & alliée à
celle de Mr Poitevin Confeil
ler au Parlement. Il eft parent
deMrideVilliers leMorier,Ma
jor du Regiment de la Reine
Dragons , & Brigadier , & de
Mr de Villiers le Morier Ma
réchal de Camp.
Mr le Comte de Mongon,
Capitaine de Grenadiers aux
GALANT 271
易
Gardes Françoifes , avec Brevet
de Colonel alpa donné des
marques de fa valeur en plu
fieurs occafions. It eft fils de
Mr de Mongon , Lieutenant
General & Inſpecteur d'Infanterie , & de feuë Dame N...!
Sublet d'Heudicourt , fille de
Mr le Marquis d'Heudicourt
-grand Louvetier de France , &
foeur de Mr.le Comte d'Heudicourt Brigadier des Armées
du Roy, & de feu Mr l'Abbé
d'Heudicourt , mort nommé
Evêque d'Evreux. Feuë Me la
Comteffe de Mongon eftoit
Dame du Palais de Madame
Z iiij
រឺ
272 MERCURE
la Ducheffe de Bourgogne. 19
Mr le Marquis de Gallion ,
Colonel du Regimens de Nav
varre, Il combattit à la Batailleb
de Malplaquet a côté de Mrle
Maréchal deBoufflers ,
lorfque
les Ennemis furent fi mal-trai
tez à la droite du bois , par la
Brigade de Navarre. Ce Maréchal & tous ceux qui fe trous
verent en cet endroit rendirenca
juſtice à la valeur de Mr dep
Gaffion , dont le Roy d'Anglet
terre fut auffi témoin , & ill
combattit juſqu'à ce que Mrs
de Boufflers craignant quel'Infanterie ne fût coupée, la fitp
BALANT 273
pric
retirer. Il repric quelques drapeaux que les Ennemis nous
avoient pris , & leur en
des leurs nye lats if
Mr le Chevalier de Givry,
Colonel du Regiment de la
Marche. Il y a 22, ans qu'il
fert , & il n'a point laiffe paffer
d'occafions fans donner des
marques de fa valeur. Il s'eft
trouvé à la Bataille de Malplaquet , où il a fait des actions
furprenantes. Voyant que les
Ennemis avoient penetré dans
un Pofte important , il marcha
à eux avec fon Regiment
qu'on avoit mis en reſerve , &
+
274 MERCUR
les en chafla. Mr de Gaffion
fon oncle commandoit alors
l'aifle droite de la Cavalerie , &
*
fit à la tête de la Maifon du
Roy les plus belles charges de
Cavalerie qui ayent jamais eſté
faites.
Mr le Comte du Montal ,
Colonel du Regiment de Poitou. Il est petit fils de Mr du
Montal , mort Chevalier des
Ordres du Roy , & l'un des
plus grands hommes de guerre
que la France ait eus dans
dernier fiecle. Celuy qui donne
lieu à cet Article avoit d'abord
efté destiné à l'Eglife ; mais fe
GALANT 275
fentant plus d'inclination pour
la profeffion des Armes , il
s'y attacha , & y a donné de
frequentes preuves de fa valeur.
24 Mr de Colandres , Colonel
du Regiment des Vaiffeaux. Il
eft fils de feu Mr le Gendre
de Rouen , frere de Mr de
Barville Capitaine aux Cardes
qui a épousé Alle de Saillant ;
de MePecoil , femme du Maître des Requeftes de ce nom ,
&de Mc la Prefidente de Feu
mechon 'de Rouen. Un de fes
freres , auffi Colonel , fut tué
à la Bataille d'Hochfter.
276 MERCURE
Mr le Comtede Guiraud, Co
lonel du Regiment de Bour
gogne. Il porte un nom des
plus illuftres , & tous ceux qui
le portent ont toûjours fair
voir dans les occaſions autant
de valeur que de fidelitépins
Mr le Comte de Laval , Com
lonel du Regiment de Bourq
bon. Il a donné des marques
de fa valeur dans les principa
les actions de cette guerre où
il s'eft trouvé, & où il a foû
tenu glorieufement l'illuftre
nom qu'il porte. Mr de Buran
lure , fon Lieutenant Colonel,
l'a tiré deux fois des bras de la
GALANT 277
mort , où fon courage l'avoit
precipité. Il eſt de la Maiſon
de Montmorency, & never
de Mc la Ducheffe de Roquelaure.zochild
僖
Mr le Comte Marquis de
Lannion , Colonel du Regiment de Xaintonge. Il paſſe
pour un des plus braves de
l'Armée. Il est d'une ancienne
famille de Bretagne , dont je
yous ai amplement parlé en
vous apprenant fon mariager
Il eft parent de Mr le Marquis
de Lannion , Lieutenant GCneral des Armées du Roy. øj
Mr leMarquis deFeryaques
278 MERCURE
Colonel du Regiment de Piémont. Il a donné plufieurs
preuves de fon courage dans
cette guerre,& fur tout dans
la Bataille de Malplaquet , oùil
ſe trouva , &de qui un Officier
du Regiment de Monfieur le
Prince de Baviere , dit dans fa
Relation que c'eftoit un hom
me d'un grand merite , & un
fort bon Officier , qui meri
toit d'entre loué. Heft fils de
MrleMarquis de Bullion, Prevoſt de Paris , & frere de Mt
le Marquis de Bonnelles , mort
des bleffures qu'il reçût au com
mencement de cette guerre,
GALANT 299
dans une des premières Batailles qui fe font données. Il eſt
auffi frere de M la Ducheffe
d'Uzés , & de MⓇ la Princeffe
deTalmont. Visuel asi
Mr le Marquis d'Aubigné,
Colonel du Regiment Royal.
Hefe trouva à la Bataille
d'Hochfter , ou il donna des
marques de fa valeur , & ou
MrdeSaint Maurice, fon Lieutenant Colonel, luy fauva la
vielen de fecourant à propos
contre un peloton d'ennemis
qui adlavoient invefti , & qui
Fauroient fait perit fans ce fecours qui
སྙ
vine fort à propos
280 MERCURE
2
pour luy. Il a acquis dans d'autres occafions fa reputation
d'un Officier fort entendu dans
la difcipline militaire. L'Offi
cier dont j'ay parlé dans l'Ar,
ticle precedent , dit de Mr
d'Aubigné qu'il fit dans cette
Bataille merveilles , & qu'il s'y
comporta en bon Officier, & en
brave homme; ce font fes termes auſquels je nechange rich,
Il eft certain que ce Colonel à
la tefte de fon Regiment, chargea jufqu'à onze fois douze
Bataillons retranchez dans un
Village, duquel il les chaffa
enfin. Mr de Villars fut fi char,
*
GALANT 281
mede cette action de vigueur,
qu'il dit en embraffant ce jeune Colonel , qu'il mourroit
content s'il avoit une femblable action pardevers luy. Ce
Colonel emporta auffi dans la
mefme journée fept traverſes ,
avec le retranchement qui les
lioit , & lorfqu'il en voulut attaquer un autre , il fut bleffé
d'un coup de Fufil dans la
cuiffe. Il eft fils de Mr le Marquis de Tigny de Poitou , neveu de Mr. l'Archevêque de
Rouen , & proche parent de
Madame de Maintenon,
Mr Berthelot de Bourceau ,
Aa
Avril 1710.
282 MERCURE
Colonel du Regiment de Bretagne. Il fert depuis l'âge de
15. ans , & il s'eft trouvédans
dans toutes les occafions confiderables de fon temps. A la
Bataille de Nerwinde , où il
n'eftoit que fimple Capitaine,
il merita par la valeur qu'il y
fit paroître des louanges de Mr
le Maréchal de Luxembourg,
qui en écrivit mefme à la Cour.
Il eft parent de Mr le Lieutenant de Roy de Châlons , &
d'une famille originaire de Paris , qui a efté dans les Charges
de la Robbe depuis plus d'un
ficcle & demy.
@GALANT 283
Mr de la Chau-Montauban ,
Colonel d'un Regiment d'Infanterie qui porte fon nom.
Il s'eft trouvé à la Bataille que
Mr le Comtedu Bourggagna
fur le General Mercy P'Elte
dernier prés de Rumersheim.
Il eftoit à la tefte de la Brigade
de l'Auxerrois , & il tua de fa
main d'un coup de Sponton
le Colonel du Bataillon ennemyqui marchoirà luy. Il eftoit
alors auprés de Mr le Comte
de Tallard , & de Mfl de Bethune Monime. Ce nouveau
Brigadier eft de Creft en Dauphiné, & d'une Maiſon tresqualifiée.
Aa ij
3
284 MERCURE
Mdle Marquis de Crecy ,
Colonel du Regiment de Boulonnois. Il eft fils de feu Mre
Louis Verjus , Chevalier Com
te de Crecy, MarquisdeTreon
& Fort Ifle , Baron de Couvé,
Seigneur du Boulay, les deux:
Eglifes , le Menillet , &c. Confeiller d'Etat ordinaire , cys
devant Envoyé Extraordinaire
dans toutes les Cours d'Alle
magne, & Ambaſſadeur Extraordinaire à la Paix Genera
le de Rifwick. Le nouveau
Brigadier eft neveu de Mr l'E
vêque de Graffe, & du feu
Pere Verjus Jefuite. to d
*
GALANT 2899
Me le Comte de Sauvebeof,
Colonel du Regiment de Blai- >
fois. Il adonné des preuves de
fa valeur dans toutes les occafions où il s'eft trouvé , & l'on
ena rendu uncompte à la Cour
dont le Roy s'eft ſouvenu. Ik
fçait parfaitement la difcipline militaire. Il eft parent de
Mrs les Abbez de Sauvebeuf.
Mr leMarquis de Balincourt,
Colonel du Regiment d'Ar
tois. Il fervoit la Campagne
derniere en Rouffillon , où Mr
le Duc de Noailles a efté plufieurs fois témoin de fa valeur.
Il eft fils de Mr le Marquis de
286 MERCURE
Balincourt , & de Dame N. de
Seve fa premiere femme.
Mr le Chevalier Sanguin
de Livry , Colonel du Regiment de Nivernois. Il joint à
une grande experience de tout
ce qui regarde la guerre , un
courage éprouvé en plufieurs
occafions , &fur tour aux ders
nieres actions de certe guerre.
Il eft fils de Mr le Marquis de
Livry , Premier Maiftre d'Hô
tel du Roy, & perit neveu de
feu Mr l'Evêque de Senlis 5
Mr le Marquis de Gondrin
Colonel d'un Regiment qui
porte fon nom. Il a donnédes
GALANT 287
1.
preuves éclatantes de fon courage à Hochftet & à Ramilly.
Ileft fils aîné de Mr le Marquis d'Antin , & beau - frere de
Mr le Duc de Noailles. Perfonne n'ignore la grandeur &
l'éclat de la Maifon de Gondrin Pardaillan.
Mr Obrien , Chevalier de
S. Louis , & Colonel d'un Regiment Irlandois qui porte fon
nom. A la tefte de fon Regiment, & avec celuy de Lee,
auffi Irlandois , il a foûtenu à
la Bataille de Malplaquet , malgré le grand feu des Ennemis
noftre Artillerie , & à la faveur
1
88 MERCURE
e ces deux Regimens , celuy
ui commandoit cette Artille- rie leur renverfa des Batailons entiers , qui furent obligezde fe retirer pour fe cacher
à fes coups redoublez. Mr
Obrien & un autre Mr Obrien,
auffi Chevalier de Saint Louis,
Lieutenant Colonel fe diftinguerent beaucoup dans cette
occafion.
Mr Perrin , Chevalier de S.
Louis , Colonel d'un Regiment
qui portoit le nom de Beaufermé , & qu'on appelle prefentement Noailles. Il eft fort
attaché à la Maifon de Noailles.
GALANT 289
les. Le Duc de ce nom qui
connoît les gens de merite,
ayant connu il y a long- temps
tout celuy de Mr Perrin ,
l'eft voulu attacher.
fe
Mr de Saint Morel , Lieutenant Colonel du Regiment
dePoitou dont Mr du Montal eft Colonel , a prés de 35.
ans de fervice. Il brilla dans
la derniere guerre par un
grand nombre d'actions de
valeur , & Mr le Maréchal de
Luxembourg qui en fut ſouvent témoin en rendit des
temoignages avantageaux à la
-Cour. Il a toujours fervi dans
Avril 1710. Bb
290 MERCURE
Infanterie , & il eft peu
d'Officiers qui l'entendent,
mieux que luy. H&M
Mr de Chaftenet , Licutenant Colonel duRegiment de
Xaintonge , dont Mr le Mar-
* quis de Lannion qui a auffi efté
fait Brigadier, eft Colonel , eft
un vieux Officier qui n'a pas
manqué une feule Campagne
depuis prés de 35 ans qu'il
porte les armes pour le Service
du Roy. Il fut bleffe dangereufement à la Bataille de Nerwinde, n'eftant alors que
ple Capitaine. Il y fit des actions de valeur qui luy artirofim-
IGALANT 291
es
rent de grandes loüanges des
Generaux.
Mr de Curty, Chevalier de
S. Louis , Lieutenant Colonel
du Regiment de Provence,
dont Mr le Comte de Nonant
eft Colonel. Il fert depuis plus
de 30. ans avec beaucoup de
reputation. Il fervit au commencement de la Guerre en
Efpagne, oùil merita par quelques actions de valeur des témoignages d'eftime de S. M.C.
qui luy ont fait beaucoup
d'honneur.
Mr le Marquis de la Deveze,
Chevalier de S. Louis , Lieute
Bb ij
292 MERCURE
nant Colonel du Royal Artil
lerie. Il eft Lieutenant de Roy
de la haute Guyenne , & de
l'illuftre Maiſon de Loupiat.
Il a plufieurs parens de fon
nom dans le Service.
Mr de Roiffy Major du Re
giment de Leuville , & Major
general de l'Armée d'Italie , où
il a fervy dans les premieres
années de la Guerre. Il fe trouva à la Bataille de Luzzara , ou
il fut bleffé d'un coup de Fau
conneau à coté de Mr le Marquis de Crequy qui fut tué
dans le mefme temps. Monfieur de Vendôme qui l'avoit
A-
戀情
GALANT 293
fouvent employé , & qui avoit
efté témoin de ce qu'il avoit
fait à la Journée de Luzzara ,
rendit un bon témoignage en
fa faveur à la Cour.
Mr du Magny Chevalier de
S. Louis , Lieutenant general
d'Artillerie.
Mr le Chevalier de Saint
Perrier , Chevalier de S. Louis,
Lieutenant general d'Artillerie,
& Chefen Espagne. C'eſt un
des Officiers de S. M. qui entend le mieux l'Artillerie, ayant
efté élevé fous les yeux de Mr
de Saint Hilaire.
Je paffe à ce qui regarde
Bb iij
294 MERCURE
ceuxqui ont efté nommez Brigadiers de Cavalerie. "obs zalew
Mr le Comte de Voluiré
fecond Sous- Lieutenant des
Gendarmes du Roy. Il s'eft
diftingué par tout où ce Corps
qui eft des plus braves du
Royaume a combattu. Je ne
vous dis rien de la naiffance de
Mrde Voluire ; perfonne n'ignore qu'elle cft des plus illuftres ; fon nom eft Ruffec.
Mr le Comte de Biffy, Colo
nel de Cavalerie. Il est proche
parent de Mr le Marquis de
Biffy auffiBrigadier , & Colonel de Cavalerie , & neveu de
GALANT 295
Mrile Marquis de Biffy Che
valier de S. Louis, Gouverneur
d'Auffonne, & Lieutenant ge
neral des Armées du Roy , &
de Mr. l'Evêque de Meaux. Le
nom.deMrs.de Biffy,elt Thyard,
Cette Maiſon eft originaire de
Bourgogne , & elle a donné
plufieurs Evêques à l'Eglife de
Châlons fur Saone. Elle eſtoir
connue en Bourgogne dés le
temps des Ducs de Bourgo
gne.
Mr le Comte de S. Sernin,
Colonel de Dragons. Il a longtemps fervy en Italie ; & il ya
merité par plufieurs actions de
Bb iiij
296 MERCURE
valeur , l'eltime & la confiance
de Mr le Duc de Vendofnio.
Il eft d'une tres grandes naiffance. Sa famille eft originaire
de Languedoc, où elle a toujours tenu un rang confide
rable.
Mr le Chevalier de Montmain , Capitaine des Gendar- i
mes dOrleans. Il a beaucoup
de valeur , & il en a fouvent l
donné des marques à la reftest
du Regiment qui a porté fon
nom , & qui a prefque toûjours fervy en Flandre. Il eft
d'une illuftre Maifon originaiz 3
re d'Auvergne , & allié à Mr
GALANT 297
le Duc de la Feuillade , feue
Me la Comteffe de Montmain .
fœur de Me de la Ville auxClercs , eftant de la Maifon
d'Aubuffon. Les deux fils de
certe Dame , & coufins de celuy qui donne lieu à cet Article,font tous deux morts dans
le Service. Ainfi Mr de Montmain que le Roy vient de faire
Brigadier , eft devenu l'aîné de
fa Maiſon.
Mr le Comte de Bouzols ,
Colonel d'un Regiment de
Cavalerie qui porte fon nom,
& dont Mr de Blangy fon parent eft Lieutenant Colonel.
298 MERCURE
Il est proche parent de Mrle
Marquis de Bouzols , Brigadier
&Inspecteur de Cavalerie , &
Breaufrere de Mr le Marquis
de Torcy. Ce nouveau Briga
dier s'eft diftingué dans toutes
les occafions où il s'eft trouvé
& fur tout en Rouffillon & en
Allemagne , où il a prefque
toûjours fervy.
non
Mr le Comte Marquis de la
Fare Tournac , Chevalier de
S. Loüis, Colonel du Regiment
du petit Languedoc Dragons,
Ce nouveau Brigadier, qui por
te dans fes Titres la qualité de
Comte- Marquis, ainsi queplus
THEQUE
GALANT 299
fieurs autres Seigneurs Fran
çois , eft d'une illuftre Mailon
originaire de Guyenne, & pro
che parent de Mr le Marquis
de la Fare- Laugere , Capitaine
des Gardes de Monfieur le
Duc d'Orleans ; de Mr de la
Fare Colonel d'un Regiment
d'Infanterie qui porte fon
nom, & de Mr de la Fare Lau
gere Brigadier & Colonel du
Regiment de Gaftinois.
3.Mr le Marquis de Bouville ,
Colonel d'un Regiment de
Dragons qui porte fon nom.
Il s'eft acquis une grande repu
tation en Espagne , où il a
BE
LA
300 MERCURE
à lá
long tempsfervy. Il donna des
marques de fon courage
Bataille que Mr de Barwick y
gagna en 1707. Il eft de l'ancienne Maifon de Jubert , &
frere de Mr de Bouville Intent
dant d'Alençon , & de Mrle
Marquis de Bizy; ils font neq
yeux de Mr Defmaretz , Controlleur General des Finances,
Mede Bouville leur Mere étang
fœur de ce Miniftre. Mr de
Bouville leur pere ,
a efté longtemps Intendant d'Orleans. D
Mr de Skelton , Colonel Reformé de Cavalerie ; il eft Ches
valier de Saint Louis , & l'on
GALANT 3or
4
ne parvient point à ce degré
d'honneur fans avoir efté blef
fé , ou avoir efté fort longtemps dans le fervice.
Mr de Montiers , Capitaine
de Gendarmerie. Il s'eft diftingué dans plufieurs actions importantes. Il fut bleffé à la Bataille d'Hochfter , & à celle de
Malplaquet. Il fert dés fa plus
grande jeuneffe ; il s'eft trouvé à toutes les Campagnes, &
il a donné prefque dans toutes,
des marques de fa valeur.
Mr de la Billarderie, Exempt
& Ayde Major de la Compagnie de Boufflers. Il eft Cheva-
302 MERCURI
lier de Saint Louis de la promotion de 1705. Il eſt d'une ancienne famille originaire de
Normandie. Il eft dans la Maifon du Roy depuis plus de 20.
ans , & il y a donné des marques de fa valeur dans des
Journées de Fleurus , de Leuze,
de Steinkerque , & de Nerwinde. Mr le Prince de Turenne
fut bleffé à mort àfes coftez,
à la Bataille de Steinkerque. Il
fut bleffe au Siege de Mons
d'un coup de fufil au bras.
Mr le Chevalier de Velleron
Enfeigne des Gardes du Corps.
Il a un Brevet de Colonel de
GALANT 303
Cavalerie , que fes longs fervices luy ontfait meriter. Depuis
qu'il eft entré dans le fervice,
-il n'a pas manqué une feule
Campagne. Il fut dangereufement bleffé au Siege de Naamur.
Mr le Marquis de Courcil-
-don , Colonel d'un Regiment
de Cavalerie qui porte fon
nom, & qui portoit auparavant celuy de Furftemberg. Il cft
Chevalier de Saint Lazare , &
fut le fecond de la promotion
side: 1704. Il eft fils de Mr le
Marquis de Dangeau Grand-
•Maître de cet Ordre , & Che-
304 MERCURE
valier de l'Ordre du S. Efprit ,
& petit neveu de feu Mr le
Cardinal de Furftemberg par
Me la Marquife de Dangeau
fa Mere, qui al'honneur d'appartenir à S. A. R. Madame.
Ce jeune Marquis a époufé
l'heritiere de l'illuftre Maiſon
de Pompadour. Je ne vous
parle point de la naiffance ny
de la valeur de Mr le Marquis
de Courcillon. Sa naiffance eſt
.connue de toute la France. , &
fa valeur n'éclara que trop à la
Bataille de Malplaquet , puifqu'il en porte de triftes marques.
GALANT 305
Mr le Marquis d'Ancenis ,
Colonel du Regiment de Bourgogne Cavaleric. Il eſt ſecond
fils de Mr le Duc de CharoftBethune,& de fa premiere femme Louife- Therefe - Marie de
Meleun fille d'Alexandre Guillaume Prince d'Epinoy , & de
Louife Marie- Anne de Bethune fa premiere femme. Mr le
Marquis d'Ancenis n'a que 28.
ans , & Mr Lauret fon LieutenantColonel, a fouvent témoigné que dans les Batailles où il
s'eft trouvé, fa plus grande application n'avoit efté que de retenir Mrle Marquis d'Ancenis.
Avril 1710. Cc
306 MERCURE
Mr de Pujol Capitaine Lientenant des Carabiniers. Il eft
Chevalier de S. Louis de la promotion de 1707. Il a donné
des preuves de fon courage
dans toutes les occafions où il
s'eft trouvé avec la Maifon du
Roy. Il eft d'une ancienne Maifon originaire du Rouergue.
Mr Darifat Chevalier de S.
Louis , Enfeigne des Moufque
toires gris. Il fut bleffé à la
Bataille de Nerwinde , où une
partie de la Maiſon du Roy fe
trouva , & il y donna de grana
des marques de fa valeur ,ainfi
que toutes les Relations de cet-
GALANT 307
te Bataille le font connoître.
Il fut du détachement qui ac
compagna le Roy d'Espagne
jufqu'à la Frontiere d'Espagne,
& lorfqu'il prit congé de ce
Prince S. M. C. luy témoigna
beaucoup de fatisfaction de
fes fervices , & eut pour luy
des diftinctions particulieres.
2 Mr de Trudaine , Enfeigne
de Gendarmerie , Chevalier de
l'Ordre de S. Louis. C'eft un
Gentilhomme de Picardie qui
depuis 20. ans fert le Roy dans
fa Gendarmerie avec beaucoup
de diftinction. Il a eu le malheur de perdre une jambe à
Cc ij
308 M* RCURE
la Bataille de Malplaquet. Il eft
de la mefme famille que Me
Voyfin & Mr Trudaine , cy
devant Intendant de Lyon , &
àprefent Intendant de Dijon .
Mr Miran , Chevalier de
de S. Louis , Enfeigne de Gendarmerie. Il a fervy en Elpagne & en Catalogne au com
mencement de cette guerre ,
& fur la fin de la precedente.
Il fut bleffé à la Bataille de
Nerwinde , où il donna des
preuves fignalées de fon cou->
'rage. Mr le Maréchal de Luxembourg dans la Relation
qu'il envoya au Roy de cette-
GALANY 309
Journée , fit un éloge particu
lier de Mr Miran , quifut applaudy de toute l'Armée.
Mr le Comte de Coëtanfão,
Aide Major de la Gendarmerie , Chevalier de Saint Louis,
de la promotion de 1705. Il eft
neveu de Mr l'Evêque d'A
vranches , & de Mr le Marquis de Coëtanfao Maréchal
de Camp, & Sous- Lieutenant
des Chevaux Legers de la Garde. Ils font d'une ancienne famille de Normandie. Ce nouveau Brigadier s'eft diftingué
dans toutes les occafions où il
' eft trouvé depuis qu'il fert
310 MERCURE
& il a toûjours donné des preuves de fa valeur , & de fon experience en tout ce qui regarde la guerre. Il a commencé à
porter les armes à l'âge de 29.
ans , & depuis ce temps- là il
n'a pas manqué une feule Cam
pagne. Il porte un nom celebre parmy les gens de guerre.
Tout ce que je viens de vous
dire de ces nouveaux Brigadiers, doit vous faire connoître
qu'il n'y en a pas un feul qui
n'ait merité le pofte d'honneur auquel le Royle vient d'élever.
Fermer
Résumé : Article concernant tous les nouveaux Brigadiers, & qui fait connoistre leurs services, & les Corps dont ils ont esté tirez. [titre d'après la table]
Le texte traite de la nomination de nouveaux brigadiers et des difficultés à les connaître en raison de leur manque d'expérience dans les postes d'officiers généraux. L'auteur a effectué des recherches approfondies pour fournir des informations précises sur ces nouveaux brigadiers, en commençant par lister les brigadiers d'infanterie dans l'ordre de leur nomination. Parmi les brigadiers d'infanterie mentionnés, on trouve Mr. Reynold de Valier, capitaine aux Gardes Suisses, chevalier de Saint-Louis, en France depuis plus de 20 ans, blessé à la bataille de Nerwinde. Mr. Reding, capitaine aux Gardes Suisses avec brevet de colonel, est au service de la France depuis près de 25 ans et est parent de plusieurs personnalités influentes. Mr. Mergeret, capitaine aux Gardes Françaises, originaire de Paris, a montré sa valeur à la bataille de Malplaquet. Mr. de Villiers, capitaine aux Gardes Françaises avec brevet de colonel, a servi en Italie sous Monsieur de Vendôme. Mr. le Comte de Mongon, capitaine de grenadiers aux Gardes Françaises avec brevet de colonel, est le fils de Mr. de Mongon, lieutenant général et inspecteur d'infanterie. D'autres brigadiers notables incluent Mr. le Marquis de Gallion, colonel du régiment de Navarre, qui a combattu à la bataille de Malplaquet, et Mr. le Chevalier de Givry, colonel du régiment de la Marche, ayant servi pendant 22 ans et s'étant distingué à la bataille de Malplaquet. Mr. le Comte du Montal, colonel du régiment de Poitou, est le petit-fils d'un célèbre homme de guerre. Mr. de Colandres, colonel du régiment des Vaisseaux, est le fils de feu Mr. le Gendre de Rouen. Mr. le Comte de Guiraud, colonel du régiment de Bourgogne, porte un nom illustre. Mr. le Comte de Laval, colonel du régiment de Bourbon, a montré sa valeur dans plusieurs actions de guerre. Mr. le Marquis de Lannion, colonel du régiment de Xaintonge, est connu pour sa bravoure. Mr. le Marquis de Fériac, colonel du régiment de Piémont, a montré son courage à la bataille de Malplaquet. Mr. le Marquis d'Aubigné, colonel du régiment Royal, a montré sa valeur à la bataille d'Hochstädt. Mr. Berthelot de Bourceau, colonel du régiment de Bretagne, a servi depuis l'âge de 15 ans. Mr. de la Chau-Montauban, colonel d'un régiment d'infanterie portant son nom, a combattu près de Rumersheim. Mr. le Marquis de Crécy, colonel du régiment de Boulonnais, est le fils de feu Mr. Louis Verjus, chevalier comte de Crécy. Mr. le Comte de Sauvebeuf, colonel du régiment de Blaisois, a montré sa valeur dans plusieurs occasions. Mr. le Marquis de Balincourt, colonel du régiment d'Artois, a servi en Rouffillon. Mr. le Chevalier Sanguin de Livry, colonel du régiment de Nivernois, a montré son courage dans plusieurs actions de guerre. Mr. le Marquis de Gondrin, colonel d'un régiment portant son nom, a montré son courage à Hochstädt et à Ramillies. Mr. Obrien, colonel d'un régiment irlandais portant son nom, a combattu à la bataille de Malplaquet. Mr. Perrin, colonel du régiment de Beaufremé, actuellement Noailles, est attaché à la maison de Noailles. Mr. de Saint Morel, lieutenant colonel du régiment de Poitou, a servi pendant près de 35 ans. Mr. de Chastenet, lieutenant colonel du régiment de Xaintonge, a servi pendant près de 35 ans. Mr. de Curty, chevalier de Saint-Louis, lieutenant colonel du régiment de Provence, a servi pendant plus de 30 ans. Le texte se termine par la mention de l'année 1710.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
770
p. 311-314
Addition à l'Article du Sacre de Mr l'Evêque de Marseille. [titre d'après la table]
Début :
Quoy que je vous aye déja parlé dans cette Lettre du [...]
Mots clefs :
Sacre, Evêque de Marseille, Abbé de Belzunce, Cérémonie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Addition à l'Article du Sacre de Mr l'Evêque de Marseille. [titre d'après la table]
Quoy que je vous aye dé-
CALANT 311
ja parlé dans cette Lettre du
Sacre de Mr l'Evêque de Marfeille , il me vient de tomber
entre les mains un nouveau
Memoire touchant ce Sacre ,
dont jay crû vous devoir faire
part , à cauſe quil contient
beaucoup de circonftances
dont je n'ay point parlé dans
l'Article que j'en ay déja mis
dans cette Lettre.
.
91 Mr l'Abbé de Belzunce
grand Vicaire d'Agen , a efté
Sacré Evefque de Marseille
dans l'Eglife de la Maiſon Profeffe des Jefuites. La ceremo
nie a cfté faite par Monfieur
312 MERCURE
Le Cardinal de Noailles, auquel
le nouvel Evêque a l'honneur
d'eftre allié ; les Affiftans ont
efté Mr l'Evêque de Troyes &
Mr l'Evêque de Digne. Il y a
tres-long-temps que l'on n'a
veu une pareille Ceremonie
faite avec plus de dignité , &
avec plus d'ordre ; tout y répondit à la magnificence de
l'Eglife. Tous les Deputez de
l'Affemblée du Clergé , tant
dupremier que du fecond Ordre y affifterent , & ony compta jufques à trente Evêques,
& prefque autant d'Abbez de
qualité. Il y cut un grand nombre
GALANT 313
bre de Ducs , de Ducheffes &
prefque tout ce qu'il y a de plus
confiderable à la Cour , &l'on
doit remarquer quetout ce qui
s'y trouva eftoit parent ou allié
à Mr l'Evefque de Marſeille.
Mrs les Ducs de Laufun & de
Foix yfirent les honneurs pour
les hommes, & Me la Ducheffe
de Laufun & Me la Marquife
de Biron en habit de ceremonie , les firent pour les Dames.
Aprés la Ceremonie Monfieur
le Cardinal de Noailles donna
un magnifique repas au nouvel
Evefque de Marseille , où fe
trouverent Mrs les ArchevêAvril 1710. Dd
314 MERCURE
ques d'Alby & d'Aix , & Mrs
les Evefques de Troyes , de
Tournay &de Digne, ainfi que
Mrle Duc de Laufun , Mrs les
Marquis de Biron , d'Ambres,
de Caftelmoron , & de Gontaut & Mr le Chevalier de Belfunce.
CALANT 311
ja parlé dans cette Lettre du
Sacre de Mr l'Evêque de Marfeille , il me vient de tomber
entre les mains un nouveau
Memoire touchant ce Sacre ,
dont jay crû vous devoir faire
part , à cauſe quil contient
beaucoup de circonftances
dont je n'ay point parlé dans
l'Article que j'en ay déja mis
dans cette Lettre.
.
91 Mr l'Abbé de Belzunce
grand Vicaire d'Agen , a efté
Sacré Evefque de Marseille
dans l'Eglife de la Maiſon Profeffe des Jefuites. La ceremo
nie a cfté faite par Monfieur
312 MERCURE
Le Cardinal de Noailles, auquel
le nouvel Evêque a l'honneur
d'eftre allié ; les Affiftans ont
efté Mr l'Evêque de Troyes &
Mr l'Evêque de Digne. Il y a
tres-long-temps que l'on n'a
veu une pareille Ceremonie
faite avec plus de dignité , &
avec plus d'ordre ; tout y répondit à la magnificence de
l'Eglife. Tous les Deputez de
l'Affemblée du Clergé , tant
dupremier que du fecond Ordre y affifterent , & ony compta jufques à trente Evêques,
& prefque autant d'Abbez de
qualité. Il y cut un grand nombre
GALANT 313
bre de Ducs , de Ducheffes &
prefque tout ce qu'il y a de plus
confiderable à la Cour , &l'on
doit remarquer quetout ce qui
s'y trouva eftoit parent ou allié
à Mr l'Evefque de Marſeille.
Mrs les Ducs de Laufun & de
Foix yfirent les honneurs pour
les hommes, & Me la Ducheffe
de Laufun & Me la Marquife
de Biron en habit de ceremonie , les firent pour les Dames.
Aprés la Ceremonie Monfieur
le Cardinal de Noailles donna
un magnifique repas au nouvel
Evefque de Marseille , où fe
trouverent Mrs les ArchevêAvril 1710. Dd
314 MERCURE
ques d'Alby & d'Aix , & Mrs
les Evefques de Troyes , de
Tournay &de Digne, ainfi que
Mrle Duc de Laufun , Mrs les
Marquis de Biron , d'Ambres,
de Caftelmoron , & de Gontaut & Mr le Chevalier de Belfunce.
Fermer
Résumé : Addition à l'Article du Sacre de Mr l'Evêque de Marseille. [titre d'après la table]
Le texte décrit le sacre de l'abbé de Belzunce comme évêque de Marseille. La cérémonie a eu lieu dans l'église de la Maison Professe des Jésuites et a été présidée par le cardinal de Noailles, parent du nouvel évêque. Les évêques de Troyes et de Digne ont assisté à la cérémonie, qui s'est déroulée avec une grande dignité et un ordre impeccable. Trente évêques et presque autant d'abbés de qualité étaient présents, ainsi que des ducs, des duchesses et des personnalités influentes de la cour, parentes ou alliées de l'évêque de Marseille. Les ducs de Launay et de Foix, ainsi que la duchesse de Launay et la marquise de Biron, ont assuré les honneurs. Après la cérémonie, le cardinal de Noailles a offert un somptueux repas au nouvel évêque, auquel ont participé plusieurs archevêques, évêques et nobles, dont le duc de Launay, les marquis de Biron, d'Ambrès, de Castelmoron et de Gontaut, ainsi que le chevalier de Belfunce.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
771
p. 322-326
Empressement de Monsieur le Duc, pour faire la Campagne, avec plusieurs remarques curieuses sur ce sujet. [titre d'après la table]
Début :
Vous serez bien asie d'apprendre que la nouvelle qui [...]
Mots clefs :
Héros, Campagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Empressement de Monsieur le Duc, pour faire la Campagne, avec plusieurs remarques curieuses sur ce sujet. [titre d'après la table]
Vous ferez bien aife d'ap-
GALANT - 323
·
prendre que la nouvelle qui
court depuis quelque temps ,
que S. A. S. Monfieur le Duc,
fervira cette année eft pleinement confirmée, & vous n'aurez pas moins de plaifir d'apprendre que jamais Prince n'a
fait voir un plus grand empreffement de fervir , & ne l'a
demandé avec plus d'ardeur.
Ce grand defir ne s'eft point
dementy, & il n'a point ceffe
defolliciter & de prier le Roy,
en forte que S. M. qui jufqu'à
prefent avoit fait difficulté
d'accorder à fes preffantes
inftances ce qu'il demandoit ,
•
324 MERCURE
à caufe de la foibleffe de fon
âge , n'ayant pas encore dixhuit ans accomplis , s'eft enfin
laiffée perfuader. La joye que
ce Prince témoigna lors qu'il
reçut l'agrément du Roy de
faire cette Campagne , va audelà de toute imagination , &
ne fe peut exprimer. Il courut
dans tous fes Appartemens
pour annoncer luy-mefme cette nouvelle à tous fes Officiers
qui luy en témoignerent beaucoup de joye. Ce Prince donna ordre auffi-toft qu'on preparât fes Equipages. Son Intendant, luy envoya l'Etat de
GALANT 325
fa Maiſon , & aprés l'avoir
examiné , on fut furpris de
voir qu'il le doubla , & qu'il
refolut de fournir des Chevaux & des Equipages à tous
fes Gentilshommes , afin de
leur en épargner la dépenſe.
Ainfi, il n'a pas feulement donné en cette occafion des marques de la plus boüillante ardeur dont le cœur d'un Prince
puiffe eftre animé ; mais auſſi
d'une liberalité toute Royale,
ce qui ne luy attirera pas moins
que fa naiffance , l'amour & la
veneration des Troupes , &
fur tout du Corps à la teſte
326 MERCURE
duquel il fervira , & qui facrifiera toutfonfangpour le bien
de l'Etat, & pour la gloire d'un
Prince auffi genereux que
grand. Joignez à tout cela
l'effet que peut faire la preſence d'un Prince iffu des plus parfaits Heros. Il fervira pondant fa premiere Campagne , à
la tefte de fon Regiment de
Condé.
GALANT - 323
·
prendre que la nouvelle qui
court depuis quelque temps ,
que S. A. S. Monfieur le Duc,
fervira cette année eft pleinement confirmée, & vous n'aurez pas moins de plaifir d'apprendre que jamais Prince n'a
fait voir un plus grand empreffement de fervir , & ne l'a
demandé avec plus d'ardeur.
Ce grand defir ne s'eft point
dementy, & il n'a point ceffe
defolliciter & de prier le Roy,
en forte que S. M. qui jufqu'à
prefent avoit fait difficulté
d'accorder à fes preffantes
inftances ce qu'il demandoit ,
•
324 MERCURE
à caufe de la foibleffe de fon
âge , n'ayant pas encore dixhuit ans accomplis , s'eft enfin
laiffée perfuader. La joye que
ce Prince témoigna lors qu'il
reçut l'agrément du Roy de
faire cette Campagne , va audelà de toute imagination , &
ne fe peut exprimer. Il courut
dans tous fes Appartemens
pour annoncer luy-mefme cette nouvelle à tous fes Officiers
qui luy en témoignerent beaucoup de joye. Ce Prince donna ordre auffi-toft qu'on preparât fes Equipages. Son Intendant, luy envoya l'Etat de
GALANT 325
fa Maiſon , & aprés l'avoir
examiné , on fut furpris de
voir qu'il le doubla , & qu'il
refolut de fournir des Chevaux & des Equipages à tous
fes Gentilshommes , afin de
leur en épargner la dépenſe.
Ainfi, il n'a pas feulement donné en cette occafion des marques de la plus boüillante ardeur dont le cœur d'un Prince
puiffe eftre animé ; mais auſſi
d'une liberalité toute Royale,
ce qui ne luy attirera pas moins
que fa naiffance , l'amour & la
veneration des Troupes , &
fur tout du Corps à la teſte
326 MERCURE
duquel il fervira , & qui facrifiera toutfonfangpour le bien
de l'Etat, & pour la gloire d'un
Prince auffi genereux que
grand. Joignez à tout cela
l'effet que peut faire la preſence d'un Prince iffu des plus parfaits Heros. Il fervira pondant fa premiere Campagne , à
la tefte de fon Regiment de
Condé.
Fermer
Résumé : Empressement de Monsieur le Duc, pour faire la Campagne, avec plusieurs remarques curieuses sur ce sujet. [titre d'après la table]
Le texte décrit la confirmation de la participation du Duc à une campagne militaire. Bien que n'ayant pas encore dix-huit ans, le Duc a manifesté un grand empressement et une ardente demande pour servir. Le roi, initialement réticent en raison de sa jeunesse, a finalement accepté. À l'annonce de l'accord royal, le Duc a exprimé une immense joie et a immédiatement informé ses officiers et préparé ses équipages. Il a doublé les ressources de sa maison pour fournir des chevaux et des équipements à ses gentilshommes, évitant ainsi des dépenses supplémentaires. Cette générosité et cette ardeur royale lui attireront l'amour et la vénération des troupes. Le Duc servira pendant sa première campagne à la tête de son régiment de Condé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
772
p. 326-342
Mariage de Mademoiselle d'Enguien & de Monsieur de Vendôme, avec plusieurs choses particulières qui regardent ces deux illustres Epoux. [titre d'après la table]
Début :
Je dois vous parler d'un grand Mariage qui merite vôtre [...]
Mots clefs :
Mariage, Monsieur de Vendôme, Mademoiselle d'Enguien, Prince Eugène, Combat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariage de Mademoiselle d'Enguien & de Monsieur de Vendôme, avec plusieurs choses particulières qui regardent ces deux illustres Epoux. [titre d'après la table]
Je dois vous parler d'un
grand Mariage qui merite vôtre attention , & dont toute la
Cour a témoigné beaucoup de
joye ; c'eft de celuy de Mademoiſelle d'Enguien, & de Mon-
GALANT 327
fieur de Vendôme. Il eft des
Perfonnes dont la naiffance eft
fi connue , qu'il eft inutile d'en
parler , puifqu'on n'en pourroit rien dire qui ne fût connu
de tout le monde. Ainfi je vous
parleray feulement de ce qui
regarde les perfonnes de ces
deux illuftres Epoux.
Mademoiselle d Enguien eft
digne fille de Madamela Princoffe , dont la modeſtie , la fageffe, la grande &ardente charité pour les pauvres , &toutes
les vertus font connuës , & qui
en a plus tiré d'éclat , que de
la grande naiffance du feu
328 MERCURE
Prince fon Epoux & de la fienne. On peut juger par là des
bonnes qualitez de Mademoifelle d'Enguien , qui a toûjours
eu de pareils exemples devant
les yeux , & qui a toûjours fait
voir que fon inclination eftoit
toute portée à les fùivre. Enfin,
on a toûjours remarqué que
cette Princeffe a toutes les qualitez & toute la douceur qui
peuvent faire une femme du
caractere de la Princeffe fa
Mere , & l'on s'eft toûjours
fervy en parlant d'elle ,
terme qui dit beaucoup , & qui
fait comprendre encore davand'un
GALANT 329
tage , puifque l'on dit de cette
Princeffe , qu'Elle n'a point d'humeur ; c'eft à- dire , qu'elle ne fe
laiffe entefter d'aucune chofe ,
qu'elle ne s'obtine ſur rien ,
& qu'elle eft toûjours preſte à
prendre le bon party , & à faire tout ce qu'on trouvera à
propos qu'elle faffe pour
bien & pour fa gloire.
fon
A l'égard de Mr de Vendôme, il a toute fa vie preferé la
qualité d'honnête homme à
toutes les autres ; il eft ennemi du fafte , & s'il a de l'ambition ce n'eft que celle que
peut caufer la belle gloire ; il
Avril 1710. Ec
A
330 MERCURE
T
cft bon , humain , & fon éga
lité de vie fait plaifir à tous
ceux qui le connoiffent. Il aime naturellement le Roy &
toute la Maiſon Royale ; il
n'a point de volonté , & il eft
toûjours preſt à faire tout ce
que l'on fouhaite de luy ; il a
toute fa vie fervy le Roy , &
l'Etat. Il a beaucoup fervi en
Allemagne , il a eu la gloire de
fe rendre maiftre de Barcelone ; cette conqueſte étoit auſſi
difficile qu'importante , & fera
vivre éternellement fa memoire , auffi-bien que le grand
nombre de campagnes qu'ila
GALANT 330
7
faites en Italie qui luy ont efté
auffi glorieufes qu'elles étoient
utiles & glorieufes à la France
& à l'Eſpagne en ce temps là ,
& il ya toujours triomphé des
troupes du Comte de Staremberg; de celles que commandoir Mr le Prince Eugene , &
dans les temps que celles de
Monfieur le Duc de Savoye fe
font mifes de la partie , elles
n'ont pasarrefté le cours de fes
conqueftes. Il ne s'eft jamais
vû d'afcendent pareil à celuy
qu'il a toûjours eu fur Mr le
Prince Eugene qui a toûjours
paru un Ecolier auprés de luy.
E cij
332 MERCUR
Ila gagnétant de batailles contre ce Prince que j'en ay oublié
le nombre ; mais vous les trouverez dans mes Lettres dont je
vous ay toujours envoyé d'amples détails à mesure qu'elles ſe
fontdonnées , &je vous ay envoyéen même temps les Relations qu'il en envoyoit au Roy.
Il obfervoit de ne point parler
de luy ; mais irrendoit juftice à
tous ceux qui s'étoient diſtinguez , qu'il nommoit les uns
aprés les autres , en faifant le
détail de leurs actions , & en
leur donnant les loüanges qui
leurs étoient duës . Jamais perཟླ་
GALANT 333
fonne n'a plus brillé que ce
Prince dans un combat ; il étoit
par tout tant que le combat
duroit , à la tefte, à la queue ,
fur les ailes & dans le centre
& les Soldats avoient tant d'amourpour luy, & tant de confiance en fa perfonne qu'ils le .
fuivoient par tout avec le plus
grand empreffement & la plus
vive ardeur , de maniere qu'il
n'y avoit point de déroute à
craindre fous fon Commandement , & qu'il ne luy eſt jamais.
rien arrivé de femblable , &
Mrle Prince Eugene étoit auffi
petit dans ces occafions qu'il
334 MERCURE
étoit granden cetemps là dans
les Gazettes étrangeres , parce
que les Alliez ne vouloienr pas
décourager leurs Sujets , &
qu'ils vouloient au contraire
les encourager à fournir toujours aux frais de la guerre.
Enfin toute l'Europe n'a pû
s'empêcher de demeurer d'accord , que Monfieur de Vendôme a pouffé de pofte en
poſte Mr le Prince Eugenejufqu'au bout de l'Italie , l'ayant
acculé deux fois dans les Montagnes du Trentin. Il l'a chaffé des endroits oùil fe croyoit
en feureté , & dans lesquels il
GALANT 335
croyoit que l'on n'ofoit l'attaquer, & il a efté obligé de ſe
retirerdu Seraglio oùil croyoit
qu'il feroit toûjours maistre de
fortir ou de ne pas fortir , &le
Lac de Garden'a pas efté pour
luyun lieu où il ait efté plus à
couvert. Enfin il me faudroit
un Volume entier fi j'entreprenois de vous parler de routes les Batailles que Monfieur
de Vendôme a gagnées en Ita
lie , & de tous les Poftes qu'il a
remportez les uns aprés les au
tres. Toute 1 Italie parle de fa
gloire ; elle s'en fouvient avec
joye, & elle fe trouve dans la
335 MERCURE
le
derniere affliction de nele plus
avoir. Chacun y feroit maiftre
de fes biens , au lieu que les
Puiffances de cette vaſte Contrée qui devroient n'avoir nulpart en cette guerre , & qui
n'yen avoient point du temps
de ce fameux Conquerant , fe
trouvent accablées de fubfides
pour la continuation d'une
guerre à laquelle elles devroient n'avoir aucune part ,
& qui ne les regarde pas ; & on
oblige même la plûpart de
fournir jufqu'à des hommes.
Enfin toute l'Italie eft dans un
état fi violent qu'il eft impoffible
GALANT 337
fible qu'elle puiffe y refter
long- temps , & on la dégarnit
tellement d'argent & d'hommes quefe fera bien toft un de
fert, où le peud'habitans qui y
refteront ne trouveront pas de
quoyfournir à leur nourriture,
ce quifait qu'elle regrette tous
les jours les Troupes Françoifes , puifque pendant leur ſéjour la liberté y régnoit, que
tous les Peuples jouiffoient de
ce qui leur appartenoit , &que
la France loin d'en emporter
l'argent , y en envoyoits de
maniere que ces Peuples doivent dire : Oh l'heureux temps ,
Avril 1710. Ff
338 MERCURE
quand reviendra till! tala
Je ne dois pas finir cet Ar
ticle fans vous parler de l'af
cendent que Monfieur de Vendôme a encore eu en Flandre
fur Mr le Prince Eugene , & de
la maniere dont il ya brillé en
rompant tous les deffeins des
Alliez , fans qu'il ait efté queftion de Combat ; mais fculement de les empêcher avec
leurs nombreufes & formidables Troupes de prendre un
poulce de terre , ni même de
faire aucunes entrepriſes. Ils
n'ont pas fait un pas pendant
toute cette Campagne qu'il
17
GALANT 339
ne les ait empéché d'avancer ;
& quand ils avoient formé
quelque deiffein , ils fe trouvoient coupez par ce Prince,
quoy qu'il fuft fort éloigné
d'eux dans le temps qu'ils l'avoient formné , & mefme commencéà mettre en excecution;
& lors qu'ils fe vantoient de
faire quelque expedition , &
que Monfieur de Vendôme
l'ayant fçû auoit dit : Ils n'ofe
roient , il n'en eftoit rien. Enfin
avec des forces infiniment
moins confiderables que celles
des Alliez , il les arrefta par fa
grande fermeté , & par fa
Ffij
340 MERCURE
àla
grande experience dans le mé
tier de la guerre, pendant toute la Campagne, fans qu'ils fe
trouvaffent plus avancez
fin qu'au commencement.
Toute l'Europea parlé decette Campagnequ'on a regardée
avec admiration , & quand ce
Princeauroit emporté dix Places confiderables , elle luy au
roit eſté moins glorieufe qu'el
le ne luy a efté en ne faifant
autre chofe que de rompre
tous les projets des Alliez, &
en les arreftant par tout , de
même que s'il avoit cu une
grande fuperiorité fur eux
GALANT 341
quoy qu'elle fult toute de leur
cofté , & il n'y a point de General qui ne voulut avoir fait
unefiglorieufe Campagne , &
qui ne la preferaft à celles dans
lefquelles il auroit fait une
grande moiffon de Lauriers.
C'est ainsi que tout le monde
en a parlé , & a regardé cette
campagne comme une des plus
fçavantes qu'ait jamais fait aucun General , quelque grand,
heureux , & quelque habile
qu'il peut eftre.
Monfieur de Vendôme doit
mêler au premier jour fes Lauriers aux Mirthres de l'Amour.
Ffiij
342 MERCURE
On dit que fon mariage doit
eftre celebré à Seaux. Je ne
puis encore vous en parler dans
cette Lettre , quoy qu'il doive neanmoins eftre confommé dans le temps que vous la
recevrez.
grand Mariage qui merite vôtre attention , & dont toute la
Cour a témoigné beaucoup de
joye ; c'eft de celuy de Mademoiſelle d'Enguien, & de Mon-
GALANT 327
fieur de Vendôme. Il eft des
Perfonnes dont la naiffance eft
fi connue , qu'il eft inutile d'en
parler , puifqu'on n'en pourroit rien dire qui ne fût connu
de tout le monde. Ainfi je vous
parleray feulement de ce qui
regarde les perfonnes de ces
deux illuftres Epoux.
Mademoiselle d Enguien eft
digne fille de Madamela Princoffe , dont la modeſtie , la fageffe, la grande &ardente charité pour les pauvres , &toutes
les vertus font connuës , & qui
en a plus tiré d'éclat , que de
la grande naiffance du feu
328 MERCURE
Prince fon Epoux & de la fienne. On peut juger par là des
bonnes qualitez de Mademoifelle d'Enguien , qui a toûjours
eu de pareils exemples devant
les yeux , & qui a toûjours fait
voir que fon inclination eftoit
toute portée à les fùivre. Enfin,
on a toûjours remarqué que
cette Princeffe a toutes les qualitez & toute la douceur qui
peuvent faire une femme du
caractere de la Princeffe fa
Mere , & l'on s'eft toûjours
fervy en parlant d'elle ,
terme qui dit beaucoup , & qui
fait comprendre encore davand'un
GALANT 329
tage , puifque l'on dit de cette
Princeffe , qu'Elle n'a point d'humeur ; c'eft à- dire , qu'elle ne fe
laiffe entefter d'aucune chofe ,
qu'elle ne s'obtine ſur rien ,
& qu'elle eft toûjours preſte à
prendre le bon party , & à faire tout ce qu'on trouvera à
propos qu'elle faffe pour
bien & pour fa gloire.
fon
A l'égard de Mr de Vendôme, il a toute fa vie preferé la
qualité d'honnête homme à
toutes les autres ; il eft ennemi du fafte , & s'il a de l'ambition ce n'eft que celle que
peut caufer la belle gloire ; il
Avril 1710. Ec
A
330 MERCURE
T
cft bon , humain , & fon éga
lité de vie fait plaifir à tous
ceux qui le connoiffent. Il aime naturellement le Roy &
toute la Maiſon Royale ; il
n'a point de volonté , & il eft
toûjours preſt à faire tout ce
que l'on fouhaite de luy ; il a
toute fa vie fervy le Roy , &
l'Etat. Il a beaucoup fervi en
Allemagne , il a eu la gloire de
fe rendre maiftre de Barcelone ; cette conqueſte étoit auſſi
difficile qu'importante , & fera
vivre éternellement fa memoire , auffi-bien que le grand
nombre de campagnes qu'ila
GALANT 330
7
faites en Italie qui luy ont efté
auffi glorieufes qu'elles étoient
utiles & glorieufes à la France
& à l'Eſpagne en ce temps là ,
& il ya toujours triomphé des
troupes du Comte de Staremberg; de celles que commandoir Mr le Prince Eugene , &
dans les temps que celles de
Monfieur le Duc de Savoye fe
font mifes de la partie , elles
n'ont pasarrefté le cours de fes
conqueftes. Il ne s'eft jamais
vû d'afcendent pareil à celuy
qu'il a toûjours eu fur Mr le
Prince Eugene qui a toûjours
paru un Ecolier auprés de luy.
E cij
332 MERCUR
Ila gagnétant de batailles contre ce Prince que j'en ay oublié
le nombre ; mais vous les trouverez dans mes Lettres dont je
vous ay toujours envoyé d'amples détails à mesure qu'elles ſe
fontdonnées , &je vous ay envoyéen même temps les Relations qu'il en envoyoit au Roy.
Il obfervoit de ne point parler
de luy ; mais irrendoit juftice à
tous ceux qui s'étoient diſtinguez , qu'il nommoit les uns
aprés les autres , en faifant le
détail de leurs actions , & en
leur donnant les loüanges qui
leurs étoient duës . Jamais perཟླ་
GALANT 333
fonne n'a plus brillé que ce
Prince dans un combat ; il étoit
par tout tant que le combat
duroit , à la tefte, à la queue ,
fur les ailes & dans le centre
& les Soldats avoient tant d'amourpour luy, & tant de confiance en fa perfonne qu'ils le .
fuivoient par tout avec le plus
grand empreffement & la plus
vive ardeur , de maniere qu'il
n'y avoit point de déroute à
craindre fous fon Commandement , & qu'il ne luy eſt jamais.
rien arrivé de femblable , &
Mrle Prince Eugene étoit auffi
petit dans ces occafions qu'il
334 MERCURE
étoit granden cetemps là dans
les Gazettes étrangeres , parce
que les Alliez ne vouloienr pas
décourager leurs Sujets , &
qu'ils vouloient au contraire
les encourager à fournir toujours aux frais de la guerre.
Enfin toute l'Europe n'a pû
s'empêcher de demeurer d'accord , que Monfieur de Vendôme a pouffé de pofte en
poſte Mr le Prince Eugenejufqu'au bout de l'Italie , l'ayant
acculé deux fois dans les Montagnes du Trentin. Il l'a chaffé des endroits oùil fe croyoit
en feureté , & dans lesquels il
GALANT 335
croyoit que l'on n'ofoit l'attaquer, & il a efté obligé de ſe
retirerdu Seraglio oùil croyoit
qu'il feroit toûjours maistre de
fortir ou de ne pas fortir , &le
Lac de Garden'a pas efté pour
luyun lieu où il ait efté plus à
couvert. Enfin il me faudroit
un Volume entier fi j'entreprenois de vous parler de routes les Batailles que Monfieur
de Vendôme a gagnées en Ita
lie , & de tous les Poftes qu'il a
remportez les uns aprés les au
tres. Toute 1 Italie parle de fa
gloire ; elle s'en fouvient avec
joye, & elle fe trouve dans la
335 MERCURE
le
derniere affliction de nele plus
avoir. Chacun y feroit maiftre
de fes biens , au lieu que les
Puiffances de cette vaſte Contrée qui devroient n'avoir nulpart en cette guerre , & qui
n'yen avoient point du temps
de ce fameux Conquerant , fe
trouvent accablées de fubfides
pour la continuation d'une
guerre à laquelle elles devroient n'avoir aucune part ,
& qui ne les regarde pas ; & on
oblige même la plûpart de
fournir jufqu'à des hommes.
Enfin toute l'Italie eft dans un
état fi violent qu'il eft impoffible
GALANT 337
fible qu'elle puiffe y refter
long- temps , & on la dégarnit
tellement d'argent & d'hommes quefe fera bien toft un de
fert, où le peud'habitans qui y
refteront ne trouveront pas de
quoyfournir à leur nourriture,
ce quifait qu'elle regrette tous
les jours les Troupes Françoifes , puifque pendant leur ſéjour la liberté y régnoit, que
tous les Peuples jouiffoient de
ce qui leur appartenoit , &que
la France loin d'en emporter
l'argent , y en envoyoits de
maniere que ces Peuples doivent dire : Oh l'heureux temps ,
Avril 1710. Ff
338 MERCURE
quand reviendra till! tala
Je ne dois pas finir cet Ar
ticle fans vous parler de l'af
cendent que Monfieur de Vendôme a encore eu en Flandre
fur Mr le Prince Eugene , & de
la maniere dont il ya brillé en
rompant tous les deffeins des
Alliez , fans qu'il ait efté queftion de Combat ; mais fculement de les empêcher avec
leurs nombreufes & formidables Troupes de prendre un
poulce de terre , ni même de
faire aucunes entrepriſes. Ils
n'ont pas fait un pas pendant
toute cette Campagne qu'il
17
GALANT 339
ne les ait empéché d'avancer ;
& quand ils avoient formé
quelque deiffein , ils fe trouvoient coupez par ce Prince,
quoy qu'il fuft fort éloigné
d'eux dans le temps qu'ils l'avoient formné , & mefme commencéà mettre en excecution;
& lors qu'ils fe vantoient de
faire quelque expedition , &
que Monfieur de Vendôme
l'ayant fçû auoit dit : Ils n'ofe
roient , il n'en eftoit rien. Enfin
avec des forces infiniment
moins confiderables que celles
des Alliez , il les arrefta par fa
grande fermeté , & par fa
Ffij
340 MERCURE
àla
grande experience dans le mé
tier de la guerre, pendant toute la Campagne, fans qu'ils fe
trouvaffent plus avancez
fin qu'au commencement.
Toute l'Europea parlé decette Campagnequ'on a regardée
avec admiration , & quand ce
Princeauroit emporté dix Places confiderables , elle luy au
roit eſté moins glorieufe qu'el
le ne luy a efté en ne faifant
autre chofe que de rompre
tous les projets des Alliez, &
en les arreftant par tout , de
même que s'il avoit cu une
grande fuperiorité fur eux
GALANT 341
quoy qu'elle fult toute de leur
cofté , & il n'y a point de General qui ne voulut avoir fait
unefiglorieufe Campagne , &
qui ne la preferaft à celles dans
lefquelles il auroit fait une
grande moiffon de Lauriers.
C'est ainsi que tout le monde
en a parlé , & a regardé cette
campagne comme une des plus
fçavantes qu'ait jamais fait aucun General , quelque grand,
heureux , & quelque habile
qu'il peut eftre.
Monfieur de Vendôme doit
mêler au premier jour fes Lauriers aux Mirthres de l'Amour.
Ffiij
342 MERCURE
On dit que fon mariage doit
eftre celebré à Seaux. Je ne
puis encore vous en parler dans
cette Lettre , quoy qu'il doive neanmoins eftre confommé dans le temps que vous la
recevrez.
Fermer
Résumé : Mariage de Mademoiselle d'Enguien & de Monsieur de Vendôme, avec plusieurs choses particulières qui regardent ces deux illustres Epoux. [titre d'après la table]
Le texte décrit le mariage de Mademoiselle d'Enguien et de Monsieur de Vendôme, un événement célébré avec joie à la cour. Mademoiselle d'Enguien est présentée comme une jeune femme digne de sa mère, la Princesse, reconnue pour sa modestie, sa sagesse et sa charité. Elle est appréciée pour sa douceur et son absence d'humeur, ce qui la rend prête à accomplir ce qui est approprié pour son bien et sa gloire. Monsieur de Vendôme est loué pour ses qualités d'honnête homme, son aversion pour la fausseté et son ambition pour la gloire. Il est décrit comme bon, humain et égal dans sa manière de vivre, aimant naturellement le roi et la Maison Royale. Ses services militaires en Allemagne et en Italie sont particulièrement notables, notamment la conquête de Barcelone et ses victoires contre les troupes du Comte de Starhemberg et du Prince Eugène. Ses campagnes en Italie et en Flandre sont marquées par sa fermeté et son expérience, lui permettant de contrer les projets des alliés malgré des forces inférieures. Le mariage doit être célébré à Sceaux, bien que les détails précis ne soient pas encore connus au moment de la rédaction du texte.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
773
p. 347
Eloge de la Marine. [titre d'après la table]
Début :
J'aurois encore à vous entretenir de beaucoup de prises [...]
Mots clefs :
Marine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Eloge de la Marine. [titre d'après la table]
J'aurois encore à vous entretenir de beaucoup de prifes
faites fur les ennemis par Mrs
de la Marine ; mais il ne me
refte ny de temps ny de place.
Il fuffit de vous dire , que la
Marine de France remportede
continuels avantages dans l'une & dans l'autre Mer.
faites fur les ennemis par Mrs
de la Marine ; mais il ne me
refte ny de temps ny de place.
Il fuffit de vous dire , que la
Marine de France remportede
continuels avantages dans l'une & dans l'autre Mer.
Fermer
774
p. 349-351
Prises nouvelles. [titre d'après la table]
Début :
Je crois que vous devez être satisfaite de ma Lettre, ne vous [...]
Mots clefs :
Charge, Expéditions de Mer
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prises nouvelles. [titre d'après la table]
Je crois que vous devez être
fatisfaite de ma Lettre , ne vous
en ayant jamais envoyé qui ait
efté remplie d'un auffi grand
nombre d'Articles curieux .
Comme on reçoit fouvent
des nouvelles de nos Expeditions de Mer , & que vous
Avril 1710.
Gg
350 MERCURE.
n'avez encore ouy parler que de la prife
duVaiffeau nommé la Galere d'Amfterdam ,je dois vous faire part de la Lifte
nouvellement arrivée de Toulon , de la
maniere qu'elle eft venue , & dans laquelle vous trouverez que cette prife a
efté accompagnée de plufieurs autres
Expeditions.
Ala Rade de Toulon le 22 , Avril.
Mr l'Aigle prit le 11. Mars , un Vail
feau Anglois, chargé de Hareng , & de
Stocfiche , eftimé 30. mille livres.
Le 28. Mars il prit un autre Vaiffeau
Anglois chargé de pareilles Marchandifes , eftimé 20. mille livres.
Le 15. Avril il prit un Corfaire Fleffingois de 28. cañons , & de 180. hom.
mes d'équipage , & reprit un Navire
François chargé d'huile , que ce Cor- faire avoit enlevé.
Le 17. Avril , il prit le Vaiffeau Hollandois nommé la Galere d'Amfterdam
commandé par le Capitaine d'Ierfeland,
& charge de Marchandifes de Levant,
foye, caffé , & autres , eftimées quatre
cens mille livres.
GALANT 351
Le Capitaine Houdart , Commandant le Corfaire , François nommé le
Prince deFrife , a auffi enlevé un Corfaire Fleffingois de 14. canons , & de 100.
hommes d'équipage.
fatisfaite de ma Lettre , ne vous
en ayant jamais envoyé qui ait
efté remplie d'un auffi grand
nombre d'Articles curieux .
Comme on reçoit fouvent
des nouvelles de nos Expeditions de Mer , & que vous
Avril 1710.
Gg
350 MERCURE.
n'avez encore ouy parler que de la prife
duVaiffeau nommé la Galere d'Amfterdam ,je dois vous faire part de la Lifte
nouvellement arrivée de Toulon , de la
maniere qu'elle eft venue , & dans laquelle vous trouverez que cette prife a
efté accompagnée de plufieurs autres
Expeditions.
Ala Rade de Toulon le 22 , Avril.
Mr l'Aigle prit le 11. Mars , un Vail
feau Anglois, chargé de Hareng , & de
Stocfiche , eftimé 30. mille livres.
Le 28. Mars il prit un autre Vaiffeau
Anglois chargé de pareilles Marchandifes , eftimé 20. mille livres.
Le 15. Avril il prit un Corfaire Fleffingois de 28. cañons , & de 180. hom.
mes d'équipage , & reprit un Navire
François chargé d'huile , que ce Cor- faire avoit enlevé.
Le 17. Avril , il prit le Vaiffeau Hollandois nommé la Galere d'Amfterdam
commandé par le Capitaine d'Ierfeland,
& charge de Marchandifes de Levant,
foye, caffé , & autres , eftimées quatre
cens mille livres.
GALANT 351
Le Capitaine Houdart , Commandant le Corfaire , François nommé le
Prince deFrife , a auffi enlevé un Corfaire Fleffingois de 14. canons , & de 100.
hommes d'équipage.
Fermer
Résumé : Prises nouvelles. [titre d'après la table]
En avril 1710, l'auteur d'une lettre exprime sa satisfaction quant au contenu riche en informations curieuses. Il relate plusieurs prises effectuées par des navires français. Le 11 mars, le navire 'Mr l'Aigle' a capturé un vaisseau anglais chargé de hareng et de stockfish, estimé à 30 000 livres. Le 28 mars, le même navire a pris un autre vaisseau anglais avec des marchandises similaires, estimé à 20 000 livres. Le 15 avril, 'Mr l'Aigle' a capturé un corsaire flessingois de 28 canons et 180 hommes d'équipage, et a repris un navire français chargé d'huile. Le 17 avril, il a pris le vaisseau hollandais 'la Galère d'Amsterdam', commandé par le Capitaine d'Ierfeland, chargé de marchandises du Levant, de soie, de café et d'autres produits, estimés à 400 000 livres. Par ailleurs, le Capitaine Houdart, commandant le corsaire français 'le Prince de Frise', a capturé un corsaire flessingois de 14 canons et 100 hommes d'équipage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
775
p. 351-353
Affaires d'Espagne. [titre d'après la table]
Début :
Je n'ay rien de nouveau à vous dire d'Espagne, parce que toutes les choses [...]
Mots clefs :
Espagne, Fidélité, Reine, Roi d'Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Affaires d'Espagne. [titre d'après la table]
mes d'équipage.
Je n'ay rien de nouveau à vous dire
d'Espagne , parce que toutes les chofes
dont je vous ay déja parlé , continuent
à s'executer de même, & fi je pouvois
y ajoûter quelque chofe d'avantageux,
ce qui eft impoffible , je vous dirois que
l'extrême fidelité des Efpagnols pour
leur legitime Souverain , & leur ardeur
de combatre , femble augmenter tous
les jours ; mais cependant elles font à un
point qu'il eft impoffible qu'elles puiffent aller plus loin. Tous les Royaumes
du Roy d'Espagne continuent de fournir à l'envy tout ce que la nature produit
dans toutes leursVilles, & ils offrent tous
les jours avecun empreffement à S.M.C.
quelque chofe de nouveau. Ce Monarque a fans ceffe travaillé avec application à tout ce qui regardoit la Campagne , afin que rien ne manquât à fes
Gg ij
352 MERCURE
Troupes lorfqu'elle s'ouvriroit. Il a
montré luy-mefme l'exemple à fes Sujets par les grands Reglemens qu'il a
faits dans fa Maiſon , dont il a tout reglé luy-mefme , en forte que fa dépense
fera fort modique , & qu'il n'y aura rien
de fuperflu ; mais en mefme temps il a
tellement pourvû à tout ce qui regarde
les Troupes , qu'elles auront abondamment tout ce qui leur fera neceffaire
fans aucune exception.
La Reine pour y contribuer de fon
cofté, a fait des chofes furprenantes , &
qui ont fait redoubler l'amour & l'admiration que tous les Espagnols ont toujours eues pour cette Princeffe , & dés
qu'on lui a donné quelque chofe de trop
magnifique, ou en trop grande quantité
& de fuperflu , elle a voulu qu'on le retranchât en difant toûjours que cela pouvoit fervir, à l'entretien des Trouppes, &
qu'enfin s'il eftoit befoin pour les encourager , ce qui n'eftoit pas pourtant
neceffaire , elle iroit à la tefte des Troupes , le Prince des Afturies entre fes bras
pour les animer , ce que je crois vous
GALANT 353
*
2
avoir déja rapporté , cette Princeffe
l'ayant fouvent dit. Enfin rien n'eſt égal
àtoutce qui fe paffe aujourd'huy en Efpagne , tant du cofté du Roy & de la
Reine, que de celuy de toute la Nation,
& l'on n'a rien vu de pareil dans aucun
fiecle. Les Ennemis de cette Nation ne
peuvent eux-mêmes s'empêcher de louer
fon zele &fa fidelité, & eftant perfuadez
que rien n'est capable de l'en faire manquer ; ils commencent à douter que leur
entrepriſe puiffe reüffir , & de la maniere que les chofes fe paffent en Espagne,
ils font perfuadez que le Ciel protegera
toujours les Efpagnols , tant à caufe de
leur extrême fidelité que de la grandeur
de leur zele , & que le defordre nefe
mettra pas dans une Armée où le luxe
ne regne pas.
Je n'ay rien de nouveau à vous dire
d'Espagne , parce que toutes les chofes
dont je vous ay déja parlé , continuent
à s'executer de même, & fi je pouvois
y ajoûter quelque chofe d'avantageux,
ce qui eft impoffible , je vous dirois que
l'extrême fidelité des Efpagnols pour
leur legitime Souverain , & leur ardeur
de combatre , femble augmenter tous
les jours ; mais cependant elles font à un
point qu'il eft impoffible qu'elles puiffent aller plus loin. Tous les Royaumes
du Roy d'Espagne continuent de fournir à l'envy tout ce que la nature produit
dans toutes leursVilles, & ils offrent tous
les jours avecun empreffement à S.M.C.
quelque chofe de nouveau. Ce Monarque a fans ceffe travaillé avec application à tout ce qui regardoit la Campagne , afin que rien ne manquât à fes
Gg ij
352 MERCURE
Troupes lorfqu'elle s'ouvriroit. Il a
montré luy-mefme l'exemple à fes Sujets par les grands Reglemens qu'il a
faits dans fa Maiſon , dont il a tout reglé luy-mefme , en forte que fa dépense
fera fort modique , & qu'il n'y aura rien
de fuperflu ; mais en mefme temps il a
tellement pourvû à tout ce qui regarde
les Troupes , qu'elles auront abondamment tout ce qui leur fera neceffaire
fans aucune exception.
La Reine pour y contribuer de fon
cofté, a fait des chofes furprenantes , &
qui ont fait redoubler l'amour & l'admiration que tous les Espagnols ont toujours eues pour cette Princeffe , & dés
qu'on lui a donné quelque chofe de trop
magnifique, ou en trop grande quantité
& de fuperflu , elle a voulu qu'on le retranchât en difant toûjours que cela pouvoit fervir, à l'entretien des Trouppes, &
qu'enfin s'il eftoit befoin pour les encourager , ce qui n'eftoit pas pourtant
neceffaire , elle iroit à la tefte des Troupes , le Prince des Afturies entre fes bras
pour les animer , ce que je crois vous
GALANT 353
*
2
avoir déja rapporté , cette Princeffe
l'ayant fouvent dit. Enfin rien n'eſt égal
àtoutce qui fe paffe aujourd'huy en Efpagne , tant du cofté du Roy & de la
Reine, que de celuy de toute la Nation,
& l'on n'a rien vu de pareil dans aucun
fiecle. Les Ennemis de cette Nation ne
peuvent eux-mêmes s'empêcher de louer
fon zele &fa fidelité, & eftant perfuadez
que rien n'est capable de l'en faire manquer ; ils commencent à douter que leur
entrepriſe puiffe reüffir , & de la maniere que les chofes fe paffent en Espagne,
ils font perfuadez que le Ciel protegera
toujours les Efpagnols , tant à caufe de
leur extrême fidelité que de la grandeur
de leur zele , & que le defordre nefe
mettra pas dans une Armée où le luxe
ne regne pas.
Fermer
Résumé : Affaires d'Espagne. [titre d'après la table]
En Espagne, la fidélité des Espagnols envers leur souverain légitime et leur ardeur au combat croissent chaque jour. Tous les royaumes du roi d'Espagne fournissent abondamment les ressources nécessaires. Le monarque a préparé la campagne en établissant des règlements stricts pour réduire les dépenses superflues tout en assurant que les troupes disposent de tout le nécessaire. La reine a également contribué en réduisant les dépenses excessives pour les rediriger vers l'entretien des troupes. Elle a exprimé sa volonté de mener les troupes au combat si nécessaire, accompagnant le prince des Asturies. La nation entière montre un zèle et une fidélité exceptionnels, impressionnant même les ennemis, qui reconnaissent la détermination et la loyauté des Espagnols. Cette situation unique en Espagne laisse présager une protection divine en raison de leur fidélité et de leur zèle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
776
p. 353-354
Affaires de France. [titre d'après la table]
Début :
Quant à la situation de nos Affaires, vous me permettrez de n'en rien dire, [...]
Mots clefs :
Affaires, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Affaires de France. [titre d'après la table]
Quant à la fituation de nos Affaires ,
vous me permettrez de n'en rien dire ,
parce qu'elles ne font pas deux jours de
fuite dans un même érat , & que vous ne
.pouvez recevoir ma Lettre que quatre
ou cinqjours aprés qu'elle fera achevée.
D'ailleurs tous ceux qui fe mêlent d'en
"
354 MERCURE
>
raiſonner , n'en peuvent parler felon fr
verité qu'ils ne fçavent pas ; mais chacun felon le caractere qui luy eft naturel.
Le timide craint toujours ; le fanfaron
extermine tout ; le feditieux porte les
chofes à la derniere extrêmité , & fait
toûjours grand bruit. Enfin l'on peut dire que la moderation n'eft point du
partage des hommes, & que chacunparle felon fon inclination naturelle & felon
fon enteftement. Ainfi comme la veritable fituation des Affaires eft ignorée , &
qu'un évenement en fait naître unautre,
il n'en faut qu'un avantageux pour faire
changer toute la face des Affaires. Cependant on peut affurer que lorfque les
Troupes du Royferont affemblées, elles
feront nombreuſes, belles, & qu'elles ne
manqueront de rien , & ce fera alors que
le fort decidera de l'évenement de cette
guerre. Je fuis Madame, vôtre , &c.
AParis ce 4. May 1710
vous me permettrez de n'en rien dire ,
parce qu'elles ne font pas deux jours de
fuite dans un même érat , & que vous ne
.pouvez recevoir ma Lettre que quatre
ou cinqjours aprés qu'elle fera achevée.
D'ailleurs tous ceux qui fe mêlent d'en
"
354 MERCURE
>
raiſonner , n'en peuvent parler felon fr
verité qu'ils ne fçavent pas ; mais chacun felon le caractere qui luy eft naturel.
Le timide craint toujours ; le fanfaron
extermine tout ; le feditieux porte les
chofes à la derniere extrêmité , & fait
toûjours grand bruit. Enfin l'on peut dire que la moderation n'eft point du
partage des hommes, & que chacunparle felon fon inclination naturelle & felon
fon enteftement. Ainfi comme la veritable fituation des Affaires eft ignorée , &
qu'un évenement en fait naître unautre,
il n'en faut qu'un avantageux pour faire
changer toute la face des Affaires. Cependant on peut affurer que lorfque les
Troupes du Royferont affemblées, elles
feront nombreuſes, belles, & qu'elles ne
manqueront de rien , & ce fera alors que
le fort decidera de l'évenement de cette
guerre. Je fuis Madame, vôtre , &c.
AParis ce 4. May 1710
Fermer
Résumé : Affaires de France. [titre d'après la table]
Le texte aborde la situation des affaires militaires sans fournir de détails précis, en raison de l'évolution rapide des informations. Les personnes impliquées décrivent la situation selon leur tempérament : les timides expriment toujours des craintes, les fanfarons exagèrent, et les séditieux dramatisent. La véritable situation reste donc méconnue, et un événement peut rapidement modifier le cours des choses. L'auteur assure que les troupes du roi, une fois rassemblées, seront nombreuses, bien équipées et ne manqueront de rien. Le succès dépendra alors de la force militaire. La lettre est datée du 4 mai 1710.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
777
p. 103
Profession faite par Mlle de Noailles, fille de Me la Maréchale de ce nom, [titre d'après la table]
Début :
Mlle de Noailles, fille de Me la Maréchale de ce nom, [...]
Mots clefs :
Mlle de Noailles, Profession, Cérémonie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Profession faite par Mlle de Noailles, fille de Me la Maréchale de ce nom, [titre d'après la table]
Mlle de Noailles, fille de
Me la Maréchale de ce non1,
& niéce de Mrl'Archevêque
-
de Paris, a
fait Profession aux
Filles de la Visitation de Sainte
Marie de la ruë du Bacq. S. E.
a
fait la Ceremonie, & le Pere
Gaillard Jesuite, a
prêché, & il
a
rcçû les applaudissemens qui
luy sont ordinaires, & tout s'est
passé dans cette Ceremonie avec beaucoup d'édification, &
un grand zele delanouvelle
Religieuse. L'Assembléeaesté
nombreuse
,
& Mc la Maréchale de Noailles a
donné un
grand Repas à toute la Communaut
Me la Maréchale de ce non1,
& niéce de Mrl'Archevêque
-
de Paris, a
fait Profession aux
Filles de la Visitation de Sainte
Marie de la ruë du Bacq. S. E.
a
fait la Ceremonie, & le Pere
Gaillard Jesuite, a
prêché, & il
a
rcçû les applaudissemens qui
luy sont ordinaires, & tout s'est
passé dans cette Ceremonie avec beaucoup d'édification, &
un grand zele delanouvelle
Religieuse. L'Assembléeaesté
nombreuse
,
& Mc la Maréchale de Noailles a
donné un
grand Repas à toute la Communaut
Fermer
Résumé : Profession faite par Mlle de Noailles, fille de Me la Maréchale de ce nom, [titre d'après la table]
Mlle de Noailles, fille de la Maréchale de Noailles et nièce de l'Archevêque de Paris, a prononcé ses vœux religieux chez les Filles de la Visitation. La cérémonie, présidée par Son Éminence, a été marquée par un sermon du Père Gaillard. La nouvelle religieuse a montré un grand zèle. La Maréchale de Noailles a offert un repas à la communauté.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
778
p. 104
Mr le Duc de Noailles a obtenu du Roy un Brevet de retenuë de cent mille écus sur sa Charge de premier Capitaine des Gardes du Corps, [titre d'après la table]
Début :
Mr le Duc de Noailles son fils a obtenu du Roy un Brevet [...]
Mots clefs :
Duc de Noailles, Charge, Premier Capitaine des Gardes du Corps
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mr le Duc de Noailles a obtenu du Roy un Brevet de retenuë de cent mille écus sur sa Charge de premier Capitaine des Gardes du Corps, [titre d'après la table]
Mrle Duc de Noailles son
fils a
ob tenu du Roy un Bree
de retenuë de cent mille écus
sur sa Charge de premier Capitaine. des Gardes du Corps.
Jamais Seigneur n'estentré si
jeune dans le Service, & tout
cequ'il a
fait en Catalogne dans
un âge tres- peu avancé, a
donné des preuves éclatantes de
cette vérité. Elleest connuë de
tout le monde. Ainsi je n'entrerai dans aucun détail, car
quoy qu'il ne soit pas encore
fort avancé en âge
,
j'aurois
trop de choses à vous en dire,
sijevouloism'étendre sur toutes ses actions,
fils a
ob tenu du Roy un Bree
de retenuë de cent mille écus
sur sa Charge de premier Capitaine. des Gardes du Corps.
Jamais Seigneur n'estentré si
jeune dans le Service, & tout
cequ'il a
fait en Catalogne dans
un âge tres- peu avancé, a
donné des preuves éclatantes de
cette vérité. Elleest connuë de
tout le monde. Ainsi je n'entrerai dans aucun détail, car
quoy qu'il ne soit pas encore
fort avancé en âge
,
j'aurois
trop de choses à vous en dire,
sijevouloism'étendre sur toutes ses actions,
Fermer
Résumé : Mr le Duc de Noailles a obtenu du Roy un Brevet de retenuë de cent mille écus sur sa Charge de premier Capitaine des Gardes du Corps, [titre d'après la table]
Le duc de Noailles et son fils ont reçu une rétribution royale de cent mille écus pour la charge de premier capitaine des Gardes du Corps. Le fils, malgré son jeune âge, a démontré des compétences remarquables, notamment en Catalogne. Ses actions sont bien connues et reconnues.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
779
p. 108-110
A Nantes le premier May.
Début :
Je vous envoye de nouvelles Expeditions de Mer. J'espere [...]
Mots clefs :
Expéditions de Mer, Nantes, Vaisseau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Nantes le premier May.
Je vous envoye de nouvelles
Expéditions de Mer. J'espere
vous en envoyer encore de
nouvelles avant defermer m.
Letttre.
A Nantes le premier May.
Mr Paul Laurens de Dutv
kerque, Capitaine du Navire
nommé le Duc de Baviere, de
180.tonneaux & de 11. canons, étant à la hauteur de 11.
1à
23. degrez latitude Nord à
20. lieües deVigo, a rencontré
-
un Brigantin venant de
Montbay -
en Angleterre
,
du
port de 24. tonneaux chargé
de 50. Barriques deSardines
& de quelques Saumons de
Plomb dont il s'est saisi.
-
Le 22.dumême mois étant
dans le même parage, il arencontré un Paquebot d'Angleterre armé de dix canons avec 1
son lest, & 45. Matelots &
Soldats,& sixOfficiers Anglois
venant de Lisbonne pour aller
en Angleterre, qu'il a
aussi pris,
& l'a conduit dans la Riviere
de Nantes.
Mr de la Moincrie- Miniac
commandant le Vaisseau du
Roy le Superbe, a
pris une Frcgatte Angloise de 8. canons,
qui alloit en Terre-Neuve
Expéditions de Mer. J'espere
vous en envoyer encore de
nouvelles avant defermer m.
Letttre.
A Nantes le premier May.
Mr Paul Laurens de Dutv
kerque, Capitaine du Navire
nommé le Duc de Baviere, de
180.tonneaux & de 11. canons, étant à la hauteur de 11.
1à
23. degrez latitude Nord à
20. lieües deVigo, a rencontré
-
un Brigantin venant de
Montbay -
en Angleterre
,
du
port de 24. tonneaux chargé
de 50. Barriques deSardines
& de quelques Saumons de
Plomb dont il s'est saisi.
-
Le 22.dumême mois étant
dans le même parage, il arencontré un Paquebot d'Angleterre armé de dix canons avec 1
son lest, & 45. Matelots &
Soldats,& sixOfficiers Anglois
venant de Lisbonne pour aller
en Angleterre, qu'il a
aussi pris,
& l'a conduit dans la Riviere
de Nantes.
Mr de la Moincrie- Miniac
commandant le Vaisseau du
Roy le Superbe, a
pris une Frcgatte Angloise de 8. canons,
qui alloit en Terre-Neuve
Fermer
Résumé : A Nantes le premier May.
Le 1er mai, le 'Duc de Bavière' a capturé un brigantin anglais près de Vigo. Le 22 mai, il a intercepté un paquebot anglais armé de dix canons, en route vers l'Angleterre. Le 'Le Superbe' a pris une frégate anglaise de 8 canons se dirigeant vers Terre-Neuve.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
780
p. 110-116
Benediction des Etendars des Compagnies des Gardes du Corps de Villeroy & de Bouflers, avec les Discours faits à cette occasion, [titre d'après la table]
Début :
Le 11e de ce mois on fit dans l'Eglise Royale de Saint [...]
Mots clefs :
Église royale de Saint-Quentin, Bénédiction des étendards, Compagnies des gardes du corps, Abbé Despagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Benediction des Etendars des Compagnies des Gardes du Corps de Villeroy & de Bouflers, avec les Discours faits à cette occasion, [titre d'après la table]
Le IIe de ce mois on fie
dans l'Eglise Royale de Saint
Quentin avec beaucoup de
pompe
,
la Benediction des
Etcndarts des Compagnies des
Gardes du Corps de Villeroy
& de Boufflers. Mr l'Abbé
Despagne,Chancelier& Cha-
noine de cette Eglise qui fit la
Ceremonie, fit le Dscours suivant à Mrs les Commandans
de la Maison du Roy, Officiers
& Gardes du Corps de Sa Majessé.
L'hommage
,
MefFeurs
,
que
'Vous faites de vos Etendarts au
Dieu des Armées, en
les déposant
sur nos Autels, pour ensuite les
<
recevoir de la main de tEglzfe)
cft sans doute de vôtre part une
reconnoissance publique, & un
aveu solemnel que la valeur &
la force sans la protection du Ciel
ne sontrien; queDieu tientdans
le seinde sa Providence toutes les
ressources de la guerre, & que
luy seul donne la victoire. Ces
justes sentimens que vôtre foy &
vostrepieté vous donnent de la
puissance du Tres-haut, produisent en vous la sainte e noble
confiance avec laquelle vous entrez en campagne.
La France, Messieurs,vous
regarde comme son principal ap..
puy, & les Troupes de Sa Aiajestétrouventenvousleurs Anges
tutelaires; vous devene^ l'ame
des Armées où t
on vousvoitparcîtrcivousfaites tout à la fois
leur beauté c, leurforce eéucs
doiventordinairementleursgrands
succés au mouvement que vous
leur donnez.On vous connoît
moins à
vos armes & 4 vos habits qu'à la valeur, à
l'honneur
& à la politisse qui vous distinguent. La reputation de vojlre
Corps a
toujours estéinalterable,
malgré lecaprice & la diversité
des évenemens; Ë7 quelqu'issuë
qu'ayent eu pour vous les Combats ,vosactions n'ont jamais
rien perdu du prodige. Puis en
s'adressant à Mr le Comte de
Montesson, Gouverneur de
S. Quentin, Commandant la
Maison du Roy, il dit: susi
tien au monde ne peut encherir
sur la gloire de commander,comme vous faites,Monsieur, un
Corpssi auguste &siredoutable,
que de joindre à
cet honneur la
garde de la Personne sacrée. du
Roy, & d'avoirJçu luy plaire.
Le Commandement de sa Massion
ne pouvoitse refuser à vos longs
services, ny à vostre ancienneté.
Si le chemin d'arriver à cet Employ n'avoitestéfait, vostre bravoure & vostre intrépiditédans le
Combat de l'année derniere,suffisoientseules pour l'abreger;mais
l'endroit leplusbrillant& leplus
solide de vostre gloire, efl devous
trouverselon lecœur dupiussage
& du plus grand Prince du monde, par l'assemblage de toutes les
vertus qui font trouver un parfait Chrestien dans le Haros.
PuifFe={-'VouJ, Monsieur, jouïr
long-temps de
ce
bonheur; fasse le
Ciel, Messieurs, qu'une Paix
prochaine couronne vos travaux,
& que cet amas de gloire qui
vous revient de tant de Guerres
longues & penibles se répande
sur vostrevieillisse, Com la rende
respectable jusqu'au tombeau.
Puissent Us larmes Ci les gemissemens de l'Eglise S'éleverjusqu'aDieu, ~(7 en obtenirle sou-
lagement de son Peuple, & la
réunion desesEnfans;puissent
ces Etendarts benis & confaetez
que ÏEgliJe vous met en main
J
n'estrejamais soüillez du fang
Cbrestien, ~&seconserver tous
entiers par une Paix aussi durable
que le siecle.
dans l'Eglise Royale de Saint
Quentin avec beaucoup de
pompe
,
la Benediction des
Etcndarts des Compagnies des
Gardes du Corps de Villeroy
& de Boufflers. Mr l'Abbé
Despagne,Chancelier& Cha-
noine de cette Eglise qui fit la
Ceremonie, fit le Dscours suivant à Mrs les Commandans
de la Maison du Roy, Officiers
& Gardes du Corps de Sa Majessé.
L'hommage
,
MefFeurs
,
que
'Vous faites de vos Etendarts au
Dieu des Armées, en
les déposant
sur nos Autels, pour ensuite les
<
recevoir de la main de tEglzfe)
cft sans doute de vôtre part une
reconnoissance publique, & un
aveu solemnel que la valeur &
la force sans la protection du Ciel
ne sontrien; queDieu tientdans
le seinde sa Providence toutes les
ressources de la guerre, & que
luy seul donne la victoire. Ces
justes sentimens que vôtre foy &
vostrepieté vous donnent de la
puissance du Tres-haut, produisent en vous la sainte e noble
confiance avec laquelle vous entrez en campagne.
La France, Messieurs,vous
regarde comme son principal ap..
puy, & les Troupes de Sa Aiajestétrouventenvousleurs Anges
tutelaires; vous devene^ l'ame
des Armées où t
on vousvoitparcîtrcivousfaites tout à la fois
leur beauté c, leurforce eéucs
doiventordinairementleursgrands
succés au mouvement que vous
leur donnez.On vous connoît
moins à
vos armes & 4 vos habits qu'à la valeur, à
l'honneur
& à la politisse qui vous distinguent. La reputation de vojlre
Corps a
toujours estéinalterable,
malgré lecaprice & la diversité
des évenemens; Ë7 quelqu'issuë
qu'ayent eu pour vous les Combats ,vosactions n'ont jamais
rien perdu du prodige. Puis en
s'adressant à Mr le Comte de
Montesson, Gouverneur de
S. Quentin, Commandant la
Maison du Roy, il dit: susi
tien au monde ne peut encherir
sur la gloire de commander,comme vous faites,Monsieur, un
Corpssi auguste &siredoutable,
que de joindre à
cet honneur la
garde de la Personne sacrée. du
Roy, & d'avoirJçu luy plaire.
Le Commandement de sa Massion
ne pouvoitse refuser à vos longs
services, ny à vostre ancienneté.
Si le chemin d'arriver à cet Employ n'avoitestéfait, vostre bravoure & vostre intrépiditédans le
Combat de l'année derniere,suffisoientseules pour l'abreger;mais
l'endroit leplusbrillant& leplus
solide de vostre gloire, efl devous
trouverselon lecœur dupiussage
& du plus grand Prince du monde, par l'assemblage de toutes les
vertus qui font trouver un parfait Chrestien dans le Haros.
PuifFe={-'VouJ, Monsieur, jouïr
long-temps de
ce
bonheur; fasse le
Ciel, Messieurs, qu'une Paix
prochaine couronne vos travaux,
& que cet amas de gloire qui
vous revient de tant de Guerres
longues & penibles se répande
sur vostrevieillisse, Com la rende
respectable jusqu'au tombeau.
Puissent Us larmes Ci les gemissemens de l'Eglise S'éleverjusqu'aDieu, ~(7 en obtenirle sou-
lagement de son Peuple, & la
réunion desesEnfans;puissent
ces Etendarts benis & confaetez
que ÏEgliJe vous met en main
J
n'estrejamais soüillez du fang
Cbrestien, ~&seconserver tous
entiers par une Paix aussi durable
que le siecle.
Fermer
Résumé : Benediction des Etendars des Compagnies des Gardes du Corps de Villeroy & de Bouflers, avec les Discours faits à cette occasion, [titre d'après la table]
Le 22 du mois, une cérémonie solennelle a eu lieu dans l'Église Royale de Saint Quentin pour la bénédiction des étendards des Compagnies des Gardes du Corps de Villeroy et de Boufflers. L'Abbé Despagne, Chancelier et Chanoine de cette église, a prononcé un discours à l'attention des commandants, officiers et gardes du corps du roi. Il a souligné que l'hommage rendu par les Gardes du Corps en déposant leurs étendards sur les autels était une reconnaissance publique de la protection divine. Il a insisté sur le fait que la valeur et la force sans la protection du Ciel ne sont rien, et que Dieu tient dans sa Providence toutes les ressources de la guerre, accordant la victoire. Ces sentiments de foi et de piété engendrent une sainte et noble confiance chez les Gardes du Corps lorsqu'ils entrent en campagne. La France considère les Gardes du Corps comme son principal appui, et les troupes royales les voient comme leurs anges tutélaires. Leur présence donne vie et force aux armées, et leurs succès sont souvent attribués à leur influence. Leur réputation est inaltérable, malgré les caprices et la diversité des événements. L'Abbé Despagne a adressé des louanges au Comte de Montesson pour sa bravoure et son intrépidité, notamment lors du combat de l'année précédente. Il a également souhaité une paix prochaine pour couronner leurs travaux et prolonger leur vieillesse dans le respect et la gloire. Enfin, il a prié pour que les étendards bénis ne soient jamais souillés du sang chrétien et que la paix soit durable.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
781
p. 160-187
Benefices donnez dans la dernière Promotion, [titre d'après la table]
Début :
Je passe à l'Article des Benefices donnez par la Roy dans la [...]
Mots clefs :
Bénéfices donnés, Roi, Promotion, Abbayes, Ordre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Benefices donnez dans la dernière Promotion, [titre d'après la table]
Je passe à
l' Article des Benefices donnez par le Roy dansla
derniere Promotion, & je
commence à l'ordinaire par
vous marquer ce que ceux qui
en ontelle pourvusont merité
ducosté de l'Eglise; car, ainj
que je vous ay (OU;O\.lrs marque
,
ce n'est ny aux services
ny à la naissance que le Roy
donne les Benefices; mais cela
ne m'empêche pas de vous parler ensuire de lanaissance&des
services de ceux qui sont distinguez par quelques endroits,
quoy que ce ne soit pas à ces
services & àcettenaissanceque
le Roy ait donné ces Benefices.
** S. M. a
donné l'Abbaye
de S. Sulpice, Ordre de Cifteaux
,
Diocese de Bellay, &
dépendante de Pontigny, à
Dom Languet Prieur de la Fer.
té, & frere de Mr le Comte de
RochefortConseiller
au Par-
lemenf de Bourgogne; de Mr
le Comte de Gergy
,
Gentilhomme ordinaire de Sa Majesté, & son Envoyé Extraordinaire prés du Grand Duc de
Toscane, & qui a
esté ci devant en la mêmequalité prés
des Ducs de Mantouë
,
de
Parme, de Wirtemberg
,
& de
plusieurs autres Princes & Etats
de l'Empire en Allemagne. Il
est aussï frere de Mr le Baron
de Montigny, Colonel de Cuirassiersau service de Monsieur
l'Eleveur de Baviere ;
de Mr
l'AbbéLanguet, Vicaire de
la Paroisse de S. Sulpice, & de
Mr l'Abbé de Coetmaloin
Aumônier de Madame la Duchesse de Bourgogne, & grand
Vicaire de l'Evêché d'Autun,
actuellement à Moulins.
Dom Languet est Docteur
de Sorbonne. Il est très- confideré, & aimé dans son Ordre.
Le feu Abbé de laFertéen faisoit tant de cas qu'il le fie
Prieur de cette Abbaye, & il
a
dit plusieurs fois qu'il desiroit fort qu'il luy fuccedaft.
Cet Abbé estant mort il y a
environ cinq mois, on a procedé à l'élection, & de vingtdeux voix Dom Lai)cyuctcii.,,,i
eu dix pour luy, & celuy qui
estoit Abbé de Saint Sulpice
en a eu douze, & par consequent estant élu Abbé de la
Ferré, l'Abbaye de S. Sulpice
qu'ilpossedoit & qui est à la
nomination du Roy, estant
vacante, Sa Majesté y a
nommé
Dom Languet.
Languer Hubert,- Ministred'Etat d'AugusteDuc deSaxe,
naquit enBourgogne en ij18,
à Viteaux
,
dont estoit GDUverneurson pere Germain Languet, Gentilhomme d'une an- -
cienne famille de l'Autunnois.
Le desir de voyager l'engagea
dés sa jeunesse à passer en Allemagne
,
où il s'attacha à sa
personne & aux sentimens de
Melancthon
;
Auguste ayant
èonnu (on esprit & son habileté pour les négociations se fit
un plaisir de les mettre enœuvre ;
il l'envoya deux fois en
France auprès de Charles IX.
& le fit son Plenipotentiaire à
la Paix de Stetin
,
lorsque cet
Electeur eut esté choisi avec
d'autres Princes pour Médiateur entre les Suédois & les
Moscovites
;
enfin il le retint
en son Conseil pour estlre plus
à portée de le consulter
; Lan-
guet donna dans toutes ces occassons des preuves de son habileté; mais dans la suite mécontent de ce qu'on le foupçonnoit d'avoir voulu répandre en Saxe la doctrine de
Zuingle
,
il se retira de cette
Cour en 1577.le célébré Guillaume Prince d'Orange l'attira
prés de luy, & te servir utilement des conseils de Languer,
qui mourut entre les bras de ce
Prince en 1581. à Anvers ou
il sur enterré. Il avoit eu deux
freres
,
l'un Claude Languet
Seigneur de Saint COrine, qui
s'attacha à lu Cour de la Reine
Catherine de Medicis, & l'autre Guy Languet qui fut Chancelier de Savoye. La famille du
premier subsiste
encore en
Bourgogne avec distinction,
dans les enfans de Denys Languer Seigneur de Rochefort,
Baron de Saffres & Gergy, &c..
Procureur General au Parlement de Dijon. La vie d'Hubert Languet a
esté imprimée
à Hall en Saxe, en 1700. L'on
y a
imprime en mesme temps
un Recueil de Lettres Secrettes
qui regardent ses négociations;
on a
aussi de luy un volume
des Lettres Latines à Camera-
rius,imprime pour la dernière
fois
a
Leipsic, un autre des Let.
tres au Chevalier Sydney fils
du Viceroy d'Irlande,imprime
en 1646.chez Elzewir, une
Relation de l'expedirion d'Augustede Saxe contre Guillaume
Grumbach, & les Revolrez de
cette Province; une Harangue
Françoise à Charles 1 X. Outre
l'ouvrage intitulé, Vindicia contra Ty annos
3
fous le nom de
Stephanusjunius Brutus, Libelle
fameux dont l'Auteur a
esté si
long temps inconnu, & un
Discours des Etats de l'Empire
qui n'a jamais esté imprinlé:
on
on luy attribuë aussi une Apologie pour, Guillaume Prince
d'Orange contre leBan& Edit
du Roy d' Espigne.Joach.Cetmerarius in njitd ph. Aîelanctbonis; Jacq. Auguste de Thou,
L. 74- de son Histoire. Dupleffis Mornay
,
Préfacé de l edir.
latinc du Livre dela Véritable
Religion: Bodinus Dærnon. l. z.
t. C.Jian. VolsPresace des Annales de GuaguinEdit.lar. Gerard Jean Vossius dans la Vie
de Fabien Burgrave de DonaJ
&c. Mr Biyle,Dissertacion sur
le Livre de Stephanus Junïus
I
Brurus.
Sa Majesté ayant esté inforlnée que Dom Perdu Religieux
Profex de l'Abbayedu Gard,
Ordre de Cîceaux, Diocese
d'Ârokns, & Prieurde l'Abbaye de la RIVOUX, de la £lia—
tionde Clevaux depuis qu'il
aembrassé la vie. Monastique,
,
y a
toûjours vécu avec beaucoup de pieré ,-de respict 5C
de sourmssion aux vo docez de
ses Supérieurs
,
d'humilité & 1
de tendresse pour ses Confreres
,
d'amour Se de douceur
envers ceux donc la conduire
luya esté confiée,qu'il
a
passé j
par toutes les chai gc5 deson
Ordre, dans l'exercice dequelles il a
pendant vingt années,
donné des preuves d'une bonne conduite
,
en ayant remply
les devoirs avec toute l'édification, la modesselavigilance,
l'exactitude
,
& la modération
possibles, & convenables à son
état
,
qu'il s'est acquis l'estime
&la consideration de tous ceux
dont il estoit connu, & qu'il
estoit tres capable de remplir
les premieres dignitez de ton
Ordre,l'Abbaye de la GraceDieu du mesme Ordre au
Diocese de Bezançon en Franche-Comté, étant venue à
va-
quer par la mort de Dom Claude François Jou ff oy de Noütllard dernier Abbé, le Roy a
honoré de son choix Dom
Louis Perdu. & l'a nommé à
cette Abbaye. Il estfilsdeMre
Augustin Perdu, & de Dame
Funçoise Lagrené des plusanciennes familles de la Ville d'Amiens,&alliées aux Maisons
les r'u, con fiderables de lamême Ville.
Du costé de son pere, il cft
petit
- neveu de Mis Perdu
Avocats d-ilin-Tuez par leur
merice
,
qui oac excellé dans
leur profession & se [ont,ftC-
quis l'estime & la consideration de toute la Province.
Il est cousin germain deMr
PerduAvocat de la Ville d Amiens, l'un des plus beaux
genies de son temps, qui s'est
ddhngué par son éloquence
& par sa grande érudition, ÔC
qui Lit mort à la stur de sort
âge, regrettélde1 -
tous ceux qui
l'ontconnu.
Il elt aussi cousin de Mr Perdu Tresorier de France de la
même Ville, qui estoit fils de
Mr Perdu Bailly d'Eu.
* Du costé de Me sa mere il
estpetit-neveu de DameMa-
delainePezé, qui estoitundes
plus beaux génies de son sexe,
& de son siecle, laquelle après
avoir mis la Reforme dans
l'Abbaye de Maubuisson Ordre de Cisteaux, & dans rrois
autres Maisons du même Ordrea esté nommée par feu
Giston Duc d'Orléans en
1640. à l'Abbaye de Voysins
pré, de cette Ville,& y
est morte en 1644 en très-bonne
odeur,ayant par savie & par ses
mœursédifiénon feulement les
encore toute la Province, &.
mérité les regrets de tous ceux
donc elleestoit connue. îfljr
<
Il cil arriere petit neveu dcÏ
Mre Francis Rose, qui fut
d'abord Licencié en Droit Canon & Civil, en suite Doyen
de la Cat hédrale. d' Amiens
,, d'où il estoit natifs,&Official
de l'Evêque du même heu, ôc.
qui fut enfin par son rare merite, & par sa pieté profonde
nommé par HenryIV. à l'E.
vêch-é d Orléans en ifyj. &;
qui mourut peu de temps après
regrettéde son Prince qui I 1-ior
noroit de ses bontez, ez de plufleurspersonnes de distinction,
Il a eu aussi pour grand 011-:
cle Mre Nicôlas Lagrené
,
qui*
futélûen1513.Abbédel'Abbaye de Saint Jean d'Amiens, i
Ordre des Chanoines Regu
-
liers de Premonstré
,
& fut
nommé en 1510. par François
I.à l'Evêché d'Ebron
,
& fait i
Suffragant de Mre François de -j
Halleuvin Evêque d'Amiens,
ilfut encore en 1522. élû Abj
bé du Mont Saint Martin, &
mourut le premier Juin1540.
Sa memoire a
esté si recommandable, qu'on a mis son
corps au milieu de la Nef de J
l'Eglise de ladite Abbaye de
SaintJean, fous une tombe de
marbre blanc, soutenuë pn fjx
lions, sur laquelle il est en re- lief couché accompagné de
quatre Anges aux quatre coins;
à l'entour de cette tombe sont
gravez ces mots:Nicolans Lagrene 1540. afifivabat domum
miam
,
& atria m~,atipsum
elegi mibi in filium. 1. i Paral.
t
Ila aussi pour parens, dans
I,E"I!cc) dans l'Epée,& dans
la Robbe
,
un grand nombre
de personnes de nlerite, &
d honneur.
L'AbbayedeS.Sigismonds
a
estédonnée à Me de la Lan-
de, fort estimée dans son Ordre,quoy que Jeune, ce qui
luy a
fait meriter
9
la nominanon du Roy Elle est proche
parente de Mr de la Lande,
ci-devant Colonel de Dragons
,o& Lieurenant général]
pour le Roy dans rOtleanois>
Employqu'ilaeu aprèsla morc^
de Mr le Marquis de la Lan ic
son pere. Le pere <5c le fils DAtl
îous- deux esté honorez du mrcj
de Lieutenans généraux des
Armées du Roy.
Me Carher
a eu
l'Abbaye]
de Blandecque Elle ^exercé
ks principales Charges de sa
Communauté, & toûjours au
gré & à la satisfactionde celles
quiluy estoient (eûmifcs. Elle
porte un nom respéctable dans
l'Eglise, de grands Serviteurs
de Dieu l'ayant porté dans les
deux derniers siecles. L'Abbaye de Blandecque est de l'Ordre de Cisteaux dans le Diocese
de
r
S
Celle
Orner*
de Mouchy
*
a
esté donnée à Me de Monbel de la Menardiere. Cette Dame joint à
une naifrlnce tres distinguée
une vertu qui luy a
souvent
attiré des éloges de ses Superieurs & qui luy a
procuré une
grande consideration dans son
0 dre. Elle a eu coûtes lesprincipales Charges de sa Communauté&elle les a
toujours exercées avec beaucoupde prudence. Elle a un genie superieur
& propre pour les plus grande> affaires. On affure qu'elle
a
fait des progrés surprenans
dans l étude des saintes Lettres.
Cette Abbaye est très ancimJ
ne, & edea eu depuis plusieurs
siecles une alliance de Confraternité avec celle de la Fcrfe,
Diocese de Nismes, & cellede
Goriau, Diocese de Lodeve.
Celle de laBuffiereàMcSe-
i"u deVillerault, qui a
estéélevée dans la Religion depuis sa
plus grande jiuncflè
;
de maniere qu'elle en a
prisde bonne heure l'espnt 6c les ITj;¡xi-,
mes Cette Abbayeestde Ordre de Cisteaux
,
dans le Docese de Bou gcs. Elle est fort
ancienne.
I Celle de Sainte Claire de
Sisteron
,
à
laquelle le Prieuré
de S. Pierre de Souribe
,
autrefois Abbaye, Diocese de Gap,
est uni, à Me de Salamarre de
Revis. L'Abbaye de Sainte
Claire est la trosiéme de ce
Diocese. Celles de Lure & de
~Croiiis sont les deux premieres, & cette derniere est unie
à lEvêché. MrThomassinEvêque de Sisteron
,
un des plus
dignes Prelats du Royaume,
avoit beaucoup d'rlhnle pour
feuë ~Me l'Abbesse de Sainte
Claire, & c'est sur son témoignage que le R>y a
nommé
celle-cy
,
qui joint à une naissance distinguée un merite &
une vertu connuë de toute la
Provence. Ellea iurrourbeau.
coc p
d habileté dans le goUJ
veiûemcnt Ecclesiastique,&il
y a peu de personnes qui s'y
ÍOltllt autant appliquees.
Le Prieuré de Saint Louis de
Rouen à Me de Pommerval
,
Religieuse du même Convent.
Savertu & son merite la distinguent beaucoup. Ellea~lOÛ"
jours accompli avec une fidelité bien édifiante les devoirs
Je son état depuis qu'elle est
dans la Religion; & elle y a
toûjours menéunevietrèspe-
~nitente & tres
-
retirée. On la
consulte de bien des endroits
sur les matieres de spiritualité
;
parcequ'onsçaitqu'elle a
sur
cela de grandes lumieres, &
une expérience de pl ufieursannées.Mrl'Archevêque dcT
Rouen l'estime beaucoup
,
&
c'est le témoignageque cePrélat a
rendu au Royen sa faveur qui a
déterminéce Prince
qui ne cherche dans les choix
qu'ilfait pour l'Eglise, que la
Vertu & lemerile,à luy dpn-
~Der cette ~Digniré. Elle ixfilla
quelquetempsàl' honneur que
SaMajestéluy faisoit,maisenfin des ordres absolus l'ontdeterminée à se charger d un fardeau qu'on a
jugé depuis longtemps n'estre pas rrop pesant
pour elle. Le Prieuré de Saint
Louis d. Rouen est tres -
ancien. Il està peu pté§ de lamê-
me ancienneté que l'Abbaye
de S. Amand qui ell dans la
même Ville, & que celle de
Gomerfontaine. Il a une affinité particuliereavecl'Abbaye
de Filles de Montiers Villiers
qui est dans le même Diocese.
C'est un usage de l'Antiquité
& des premiers Siecles de 1 Ordre Monastique que ces fortes.
de Confraternitez
:
elles formoientune union tres-étroite,
& les Monasteres ainsi liez se
fournissoient reciproquement
les secours spirituels & lestemporels
;
ils s'armoient même
quelquefois -
pour la ~dtffenfe
les unsdes autres; mais c'est sur
tout les Suffrages & les Prieres
que ces sortes d'unions avoient
pour objet principal, comme
le remarque le sçavant Pere
Mabillon, quia fait de si grandes recherches sur l'ordre Monastique.
Le Roy a
donnédepuis quelque temps un Canonicar qui
vacquoit dans l'Eglis Royale
& Collegiale de Nostre Dame
de Ville-neuve lez Avignon,à
Mr l'Abbé Ycard, Ecclesiastiqu.e d'un grand merite, &qui
a
toûjours fait une exacte profcŒoa des vertus & des devoirs
de son e(hc. Il est proche pirent du R. Pere Dom ~Variel
,
Prieur de la ChartreusedeVille neuve, & un des plus grands
sujets de son Ordre. Cet Abbé
est un grand Theologien,&il
estpeud'~Eccltsiftiques mieux
instruits que luy des Principes
de la Morale chrestienne. Il a.
d'autres talens qui luy font
auni beaucoup d'honneur.
l' Article des Benefices donnez par le Roy dansla
derniere Promotion, & je
commence à l'ordinaire par
vous marquer ce que ceux qui
en ontelle pourvusont merité
ducosté de l'Eglise; car, ainj
que je vous ay (OU;O\.lrs marque
,
ce n'est ny aux services
ny à la naissance que le Roy
donne les Benefices; mais cela
ne m'empêche pas de vous parler ensuire de lanaissance&des
services de ceux qui sont distinguez par quelques endroits,
quoy que ce ne soit pas à ces
services & àcettenaissanceque
le Roy ait donné ces Benefices.
** S. M. a
donné l'Abbaye
de S. Sulpice, Ordre de Cifteaux
,
Diocese de Bellay, &
dépendante de Pontigny, à
Dom Languet Prieur de la Fer.
té, & frere de Mr le Comte de
RochefortConseiller
au Par-
lemenf de Bourgogne; de Mr
le Comte de Gergy
,
Gentilhomme ordinaire de Sa Majesté, & son Envoyé Extraordinaire prés du Grand Duc de
Toscane, & qui a
esté ci devant en la mêmequalité prés
des Ducs de Mantouë
,
de
Parme, de Wirtemberg
,
& de
plusieurs autres Princes & Etats
de l'Empire en Allemagne. Il
est aussï frere de Mr le Baron
de Montigny, Colonel de Cuirassiersau service de Monsieur
l'Eleveur de Baviere ;
de Mr
l'AbbéLanguet, Vicaire de
la Paroisse de S. Sulpice, & de
Mr l'Abbé de Coetmaloin
Aumônier de Madame la Duchesse de Bourgogne, & grand
Vicaire de l'Evêché d'Autun,
actuellement à Moulins.
Dom Languet est Docteur
de Sorbonne. Il est très- confideré, & aimé dans son Ordre.
Le feu Abbé de laFertéen faisoit tant de cas qu'il le fie
Prieur de cette Abbaye, & il
a
dit plusieurs fois qu'il desiroit fort qu'il luy fuccedaft.
Cet Abbé estant mort il y a
environ cinq mois, on a procedé à l'élection, & de vingtdeux voix Dom Lai)cyuctcii.,,,i
eu dix pour luy, & celuy qui
estoit Abbé de Saint Sulpice
en a eu douze, & par consequent estant élu Abbé de la
Ferré, l'Abbaye de S. Sulpice
qu'ilpossedoit & qui est à la
nomination du Roy, estant
vacante, Sa Majesté y a
nommé
Dom Languet.
Languer Hubert,- Ministred'Etat d'AugusteDuc deSaxe,
naquit enBourgogne en ij18,
à Viteaux
,
dont estoit GDUverneurson pere Germain Languet, Gentilhomme d'une an- -
cienne famille de l'Autunnois.
Le desir de voyager l'engagea
dés sa jeunesse à passer en Allemagne
,
où il s'attacha à sa
personne & aux sentimens de
Melancthon
;
Auguste ayant
èonnu (on esprit & son habileté pour les négociations se fit
un plaisir de les mettre enœuvre ;
il l'envoya deux fois en
France auprès de Charles IX.
& le fit son Plenipotentiaire à
la Paix de Stetin
,
lorsque cet
Electeur eut esté choisi avec
d'autres Princes pour Médiateur entre les Suédois & les
Moscovites
;
enfin il le retint
en son Conseil pour estlre plus
à portée de le consulter
; Lan-
guet donna dans toutes ces occassons des preuves de son habileté; mais dans la suite mécontent de ce qu'on le foupçonnoit d'avoir voulu répandre en Saxe la doctrine de
Zuingle
,
il se retira de cette
Cour en 1577.le célébré Guillaume Prince d'Orange l'attira
prés de luy, & te servir utilement des conseils de Languer,
qui mourut entre les bras de ce
Prince en 1581. à Anvers ou
il sur enterré. Il avoit eu deux
freres
,
l'un Claude Languet
Seigneur de Saint COrine, qui
s'attacha à lu Cour de la Reine
Catherine de Medicis, & l'autre Guy Languet qui fut Chancelier de Savoye. La famille du
premier subsiste
encore en
Bourgogne avec distinction,
dans les enfans de Denys Languer Seigneur de Rochefort,
Baron de Saffres & Gergy, &c..
Procureur General au Parlement de Dijon. La vie d'Hubert Languet a
esté imprimée
à Hall en Saxe, en 1700. L'on
y a
imprime en mesme temps
un Recueil de Lettres Secrettes
qui regardent ses négociations;
on a
aussi de luy un volume
des Lettres Latines à Camera-
rius,imprime pour la dernière
fois
a
Leipsic, un autre des Let.
tres au Chevalier Sydney fils
du Viceroy d'Irlande,imprime
en 1646.chez Elzewir, une
Relation de l'expedirion d'Augustede Saxe contre Guillaume
Grumbach, & les Revolrez de
cette Province; une Harangue
Françoise à Charles 1 X. Outre
l'ouvrage intitulé, Vindicia contra Ty annos
3
fous le nom de
Stephanusjunius Brutus, Libelle
fameux dont l'Auteur a
esté si
long temps inconnu, & un
Discours des Etats de l'Empire
qui n'a jamais esté imprinlé:
on
on luy attribuë aussi une Apologie pour, Guillaume Prince
d'Orange contre leBan& Edit
du Roy d' Espigne.Joach.Cetmerarius in njitd ph. Aîelanctbonis; Jacq. Auguste de Thou,
L. 74- de son Histoire. Dupleffis Mornay
,
Préfacé de l edir.
latinc du Livre dela Véritable
Religion: Bodinus Dærnon. l. z.
t. C.Jian. VolsPresace des Annales de GuaguinEdit.lar. Gerard Jean Vossius dans la Vie
de Fabien Burgrave de DonaJ
&c. Mr Biyle,Dissertacion sur
le Livre de Stephanus Junïus
I
Brurus.
Sa Majesté ayant esté inforlnée que Dom Perdu Religieux
Profex de l'Abbayedu Gard,
Ordre de Cîceaux, Diocese
d'Ârokns, & Prieurde l'Abbaye de la RIVOUX, de la £lia—
tionde Clevaux depuis qu'il
aembrassé la vie. Monastique,
,
y a
toûjours vécu avec beaucoup de pieré ,-de respict 5C
de sourmssion aux vo docez de
ses Supérieurs
,
d'humilité & 1
de tendresse pour ses Confreres
,
d'amour Se de douceur
envers ceux donc la conduire
luya esté confiée,qu'il
a
passé j
par toutes les chai gc5 deson
Ordre, dans l'exercice dequelles il a
pendant vingt années,
donné des preuves d'une bonne conduite
,
en ayant remply
les devoirs avec toute l'édification, la modesselavigilance,
l'exactitude
,
& la modération
possibles, & convenables à son
état
,
qu'il s'est acquis l'estime
&la consideration de tous ceux
dont il estoit connu, & qu'il
estoit tres capable de remplir
les premieres dignitez de ton
Ordre,l'Abbaye de la GraceDieu du mesme Ordre au
Diocese de Bezançon en Franche-Comté, étant venue à
va-
quer par la mort de Dom Claude François Jou ff oy de Noütllard dernier Abbé, le Roy a
honoré de son choix Dom
Louis Perdu. & l'a nommé à
cette Abbaye. Il estfilsdeMre
Augustin Perdu, & de Dame
Funçoise Lagrené des plusanciennes familles de la Ville d'Amiens,&alliées aux Maisons
les r'u, con fiderables de lamême Ville.
Du costé de son pere, il cft
petit
- neveu de Mis Perdu
Avocats d-ilin-Tuez par leur
merice
,
qui oac excellé dans
leur profession & se [ont,ftC-
quis l'estime & la consideration de toute la Province.
Il est cousin germain deMr
PerduAvocat de la Ville d Amiens, l'un des plus beaux
genies de son temps, qui s'est
ddhngué par son éloquence
& par sa grande érudition, ÔC
qui Lit mort à la stur de sort
âge, regrettélde1 -
tous ceux qui
l'ontconnu.
Il elt aussi cousin de Mr Perdu Tresorier de France de la
même Ville, qui estoit fils de
Mr Perdu Bailly d'Eu.
* Du costé de Me sa mere il
estpetit-neveu de DameMa-
delainePezé, qui estoitundes
plus beaux génies de son sexe,
& de son siecle, laquelle après
avoir mis la Reforme dans
l'Abbaye de Maubuisson Ordre de Cisteaux, & dans rrois
autres Maisons du même Ordrea esté nommée par feu
Giston Duc d'Orléans en
1640. à l'Abbaye de Voysins
pré, de cette Ville,& y
est morte en 1644 en très-bonne
odeur,ayant par savie & par ses
mœursédifiénon feulement les
encore toute la Province, &.
mérité les regrets de tous ceux
donc elleestoit connue. îfljr
<
Il cil arriere petit neveu dcÏ
Mre Francis Rose, qui fut
d'abord Licencié en Droit Canon & Civil, en suite Doyen
de la Cat hédrale. d' Amiens
,, d'où il estoit natifs,&Official
de l'Evêque du même heu, ôc.
qui fut enfin par son rare merite, & par sa pieté profonde
nommé par HenryIV. à l'E.
vêch-é d Orléans en ifyj. &;
qui mourut peu de temps après
regrettéde son Prince qui I 1-ior
noroit de ses bontez, ez de plufleurspersonnes de distinction,
Il a eu aussi pour grand 011-:
cle Mre Nicôlas Lagrené
,
qui*
futélûen1513.Abbédel'Abbaye de Saint Jean d'Amiens, i
Ordre des Chanoines Regu
-
liers de Premonstré
,
& fut
nommé en 1510. par François
I.à l'Evêché d'Ebron
,
& fait i
Suffragant de Mre François de -j
Halleuvin Evêque d'Amiens,
ilfut encore en 1522. élû Abj
bé du Mont Saint Martin, &
mourut le premier Juin1540.
Sa memoire a
esté si recommandable, qu'on a mis son
corps au milieu de la Nef de J
l'Eglise de ladite Abbaye de
SaintJean, fous une tombe de
marbre blanc, soutenuë pn fjx
lions, sur laquelle il est en re- lief couché accompagné de
quatre Anges aux quatre coins;
à l'entour de cette tombe sont
gravez ces mots:Nicolans Lagrene 1540. afifivabat domum
miam
,
& atria m~,atipsum
elegi mibi in filium. 1. i Paral.
t
Ila aussi pour parens, dans
I,E"I!cc) dans l'Epée,& dans
la Robbe
,
un grand nombre
de personnes de nlerite, &
d honneur.
L'AbbayedeS.Sigismonds
a
estédonnée à Me de la Lan-
de, fort estimée dans son Ordre,quoy que Jeune, ce qui
luy a
fait meriter
9
la nominanon du Roy Elle est proche
parente de Mr de la Lande,
ci-devant Colonel de Dragons
,o& Lieurenant général]
pour le Roy dans rOtleanois>
Employqu'ilaeu aprèsla morc^
de Mr le Marquis de la Lan ic
son pere. Le pere <5c le fils DAtl
îous- deux esté honorez du mrcj
de Lieutenans généraux des
Armées du Roy.
Me Carher
a eu
l'Abbaye]
de Blandecque Elle ^exercé
ks principales Charges de sa
Communauté, & toûjours au
gré & à la satisfactionde celles
quiluy estoient (eûmifcs. Elle
porte un nom respéctable dans
l'Eglise, de grands Serviteurs
de Dieu l'ayant porté dans les
deux derniers siecles. L'Abbaye de Blandecque est de l'Ordre de Cisteaux dans le Diocese
de
r
S
Celle
Orner*
de Mouchy
*
a
esté donnée à Me de Monbel de la Menardiere. Cette Dame joint à
une naifrlnce tres distinguée
une vertu qui luy a
souvent
attiré des éloges de ses Superieurs & qui luy a
procuré une
grande consideration dans son
0 dre. Elle a eu coûtes lesprincipales Charges de sa Communauté&elle les a
toujours exercées avec beaucoupde prudence. Elle a un genie superieur
& propre pour les plus grande> affaires. On affure qu'elle
a
fait des progrés surprenans
dans l étude des saintes Lettres.
Cette Abbaye est très ancimJ
ne, & edea eu depuis plusieurs
siecles une alliance de Confraternité avec celle de la Fcrfe,
Diocese de Nismes, & cellede
Goriau, Diocese de Lodeve.
Celle de laBuffiereàMcSe-
i"u deVillerault, qui a
estéélevée dans la Religion depuis sa
plus grande jiuncflè
;
de maniere qu'elle en a
prisde bonne heure l'espnt 6c les ITj;¡xi-,
mes Cette Abbayeestde Ordre de Cisteaux
,
dans le Docese de Bou gcs. Elle est fort
ancienne.
I Celle de Sainte Claire de
Sisteron
,
à
laquelle le Prieuré
de S. Pierre de Souribe
,
autrefois Abbaye, Diocese de Gap,
est uni, à Me de Salamarre de
Revis. L'Abbaye de Sainte
Claire est la trosiéme de ce
Diocese. Celles de Lure & de
~Croiiis sont les deux premieres, & cette derniere est unie
à lEvêché. MrThomassinEvêque de Sisteron
,
un des plus
dignes Prelats du Royaume,
avoit beaucoup d'rlhnle pour
feuë ~Me l'Abbesse de Sainte
Claire, & c'est sur son témoignage que le R>y a
nommé
celle-cy
,
qui joint à une naissance distinguée un merite &
une vertu connuë de toute la
Provence. Ellea iurrourbeau.
coc p
d habileté dans le goUJ
veiûemcnt Ecclesiastique,&il
y a peu de personnes qui s'y
ÍOltllt autant appliquees.
Le Prieuré de Saint Louis de
Rouen à Me de Pommerval
,
Religieuse du même Convent.
Savertu & son merite la distinguent beaucoup. Ellea~lOÛ"
jours accompli avec une fidelité bien édifiante les devoirs
Je son état depuis qu'elle est
dans la Religion; & elle y a
toûjours menéunevietrèspe-
~nitente & tres
-
retirée. On la
consulte de bien des endroits
sur les matieres de spiritualité
;
parcequ'onsçaitqu'elle a
sur
cela de grandes lumieres, &
une expérience de pl ufieursannées.Mrl'Archevêque dcT
Rouen l'estime beaucoup
,
&
c'est le témoignageque cePrélat a
rendu au Royen sa faveur qui a
déterminéce Prince
qui ne cherche dans les choix
qu'ilfait pour l'Eglise, que la
Vertu & lemerile,à luy dpn-
~Der cette ~Digniré. Elle ixfilla
quelquetempsàl' honneur que
SaMajestéluy faisoit,maisenfin des ordres absolus l'ontdeterminée à se charger d un fardeau qu'on a
jugé depuis longtemps n'estre pas rrop pesant
pour elle. Le Prieuré de Saint
Louis d. Rouen est tres -
ancien. Il està peu pté§ de lamê-
me ancienneté que l'Abbaye
de S. Amand qui ell dans la
même Ville, & que celle de
Gomerfontaine. Il a une affinité particuliereavecl'Abbaye
de Filles de Montiers Villiers
qui est dans le même Diocese.
C'est un usage de l'Antiquité
& des premiers Siecles de 1 Ordre Monastique que ces fortes.
de Confraternitez
:
elles formoientune union tres-étroite,
& les Monasteres ainsi liez se
fournissoient reciproquement
les secours spirituels & lestemporels
;
ils s'armoient même
quelquefois -
pour la ~dtffenfe
les unsdes autres; mais c'est sur
tout les Suffrages & les Prieres
que ces sortes d'unions avoient
pour objet principal, comme
le remarque le sçavant Pere
Mabillon, quia fait de si grandes recherches sur l'ordre Monastique.
Le Roy a
donnédepuis quelque temps un Canonicar qui
vacquoit dans l'Eglis Royale
& Collegiale de Nostre Dame
de Ville-neuve lez Avignon,à
Mr l'Abbé Ycard, Ecclesiastiqu.e d'un grand merite, &qui
a
toûjours fait une exacte profcŒoa des vertus & des devoirs
de son e(hc. Il est proche pirent du R. Pere Dom ~Variel
,
Prieur de la ChartreusedeVille neuve, & un des plus grands
sujets de son Ordre. Cet Abbé
est un grand Theologien,&il
estpeud'~Eccltsiftiques mieux
instruits que luy des Principes
de la Morale chrestienne. Il a.
d'autres talens qui luy font
auni beaucoup d'honneur.
Fermer
Résumé : Benefices donnez dans la dernière Promotion, [titre d'après la table]
Le texte traite de la promotion de bénéfices ecclésiastiques accordés par le roi, soulignant que ces nominations ne sont pas basées sur les services ou la naissance, mais sur les mérites ecclésiastiques. Plusieurs nominations sont mentionnées, notamment celle de Dom Languet à l'Abbaye de Saint-Sulpice, Ordre de Cîteaux, Diocèse de Bellay. Dom Languet est décrit comme un homme respecté et confié dans son ordre, et frère de plusieurs personnalités influentes. Le texte détaille également la vie et les réalisations de Languer Hubert, un ministre d'État d'Auguste Duc de Saxe, connu pour ses habilités en négociations et ses écrits. D'autres nominations incluent Dom Perdu à l'Abbaye de la Grâce-Dieu en Franche-Comté, Me de la Lande à l'Abbaye de Saint-Sigismond, Me de Salmarre de Revis à l'Abbaye de Sainte Claire de Sisteron, et Me de Pommerval au Prieuré de Saint Louis de Rouen. Ces personnes sont louées pour leurs vertus, leurs mérites et leurs contributions à leurs ordres respectifs. Le texte mentionne également des alliances de confraternité entre certaines abbayes et des usages monastiques anciens.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
782
p. 187-1940
Election de Dom de Montjournal à la dignité d'Abbé de la Ferté, [titre d'après la table]
Début :
Dom N... Vernois de Montjournal Abbé nommé de Saint [...]
Mots clefs :
Dom Vernois de Montjournal, Élection, Saint Sulpice, Abbé de la Ferté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Election de Dom de Montjournal à la dignité d'Abbé de la Ferté, [titre d'après la table]
Dom N.Vernois de Montjournal Abbé nommé de Saint
Sulpice en Bugey &,quin,âvilt
pas encore reçu la ~B-nedi& on Abbatiale,
a lnéélûdet'uis
quelque tempsAbbé de la
Ferté. Mr Pinon Intendant
de Bourgogne prcfida à cette
élection & c'est la dernierc
fonction qu'il ait faite de son
employ en Bourgogne. Dom
de Montjournal estoit Abbé
de Saint Sulpice depuis environ
deux années. Il y en a
Gx ou
sept que le Roy luy donna
une Abbaye de l'Etroite Obfervance de Cîteaux, mais sur
ce qu'on representa à S. M.
que ce Religieux n'estoit pas
de la Reforme, ce Prince
dont la justice regle toutes les
avions craignant qu'un Abbé
qui n'estoit pas Reformé ne
pût pas compatir avec des
Religieux quil'estoient revoqua ta grace qu'il luy avoir
faite, maisen luy laissantl'esperancede le dédommager
bien tost
; en effet Mrs de
Guenegaud, à la famille desquels ce Religieux estoit fore
attaché
3
ayant fait ressouvenir
S. M. de la grace qu'il avoir
promis à Dom deMontjournal, il luy donna il y a
environ deux annéesl'Abbaye
de Saint Sulpice qui vaquoit
par la mort de Mr de Montholon frere du feu premief
President de Rouen. Il estoit
alors Professeur en Théologie:
auCollege des Bernardins de
Paris, & il n'y avoit que très,
peu de temps qu'il avoit pris le
Bonner de Docteur de~Soi-bon:
ne
,
la Licence dont ,il eiloicj
avec feu Mr 1 Abbé d'Heudi-^
court nommé Evêque dE^
vreux
,
n'ayant fini qu'avec
l'année1703. Il n'avoit pasencore esté beni Abbé, de S.
Sulpice lors qu'ilaestée|uj
Abbé de la Ferté. Il a eu pour
concurrent Dom Languet
Prieur de laFerté sur lequc.i,.i-il
ne l'a emportéque de deux
voix, & le même Dom Lan-J
J
guet a en fuite esté son successeur en l'Abbaye de Saint Sulpice qui est trcs ancienne &
qui a
eud'illustres Abbez qui
luy ont fait de grands biens ;
tels sont les Moyna, & les
Ecrevieu, Abbez de S. Sulpice
dont on voit encore les Armes
dans une belle Crosse & dans
le Chœur de cette ancienne
Abbaye. Dom de Montjournal a un frere Chanoine de
Noyonqui y
est fort estimé,
&que feu Mr de Tonnerre y
attira;il ena unautre Conseiller au Presidial de Moulins. Ils.
font de cette Ville-là & d'une
ï
ancienne famille de Bourbonnois. Le nouvel Abbé a
elle
fort regretté à Saint Sulpice ;
ila quitté ce lieu au bruit que
répandoient dans toute 1Abbaye les pleurs & les gem.Hemens de ses Religieux, de ses
Domestiques & de tous les
Paysans des Villages dépendant de Saint Sulpice qui
estoient accourus pour recevoir ses derniers adieux & sa
Bénédiction & qui fondoient
tous en larm-s en voyanr qu'il
s'élolgnoit d'eux pour ne les
plus revoir.Jamaisspectacle
ne fut plus couchant,les manic..
res
[CS de cet Abbé avoient cité
si gracieuses
,
si douces, & si
prévenantes qu'on ne doit pas
estre surpris des regrets que
son départ acaufez dans toute
la Province du Bugey. La
Noblesse qui le cherissoit a
aulh pris part à l'affliction
publique; un grand nombre
de Gentilshommes & d'Ecclesiastiques du voisinagevinrent
luy rendre leurs hommages
pour
la derniere fois presque
tous fondant en larmes. La
maniere dont cet Abbé avoit
Ivlcu avec eux les avoir charmez. SaMaisonestoit ouverte
a tous les honnestes gens qui
y
estoientreçus avec une politesse & une sage profusion qui
faisoient beaucoup d'honneur
à cet Abbé. Les pauvres y
ont le plus perdu: aussi leurs
'04 regretsle fontils faits remarqu
Sulpice en Bugey &,quin,âvilt
pas encore reçu la ~B-nedi& on Abbatiale,
a lnéélûdet'uis
quelque tempsAbbé de la
Ferté. Mr Pinon Intendant
de Bourgogne prcfida à cette
élection & c'est la dernierc
fonction qu'il ait faite de son
employ en Bourgogne. Dom
de Montjournal estoit Abbé
de Saint Sulpice depuis environ
deux années. Il y en a
Gx ou
sept que le Roy luy donna
une Abbaye de l'Etroite Obfervance de Cîteaux, mais sur
ce qu'on representa à S. M.
que ce Religieux n'estoit pas
de la Reforme, ce Prince
dont la justice regle toutes les
avions craignant qu'un Abbé
qui n'estoit pas Reformé ne
pût pas compatir avec des
Religieux quil'estoient revoqua ta grace qu'il luy avoir
faite, maisen luy laissantl'esperancede le dédommager
bien tost
; en effet Mrs de
Guenegaud, à la famille desquels ce Religieux estoit fore
attaché
3
ayant fait ressouvenir
S. M. de la grace qu'il avoir
promis à Dom deMontjournal, il luy donna il y a
environ deux annéesl'Abbaye
de Saint Sulpice qui vaquoit
par la mort de Mr de Montholon frere du feu premief
President de Rouen. Il estoit
alors Professeur en Théologie:
auCollege des Bernardins de
Paris, & il n'y avoit que très,
peu de temps qu'il avoit pris le
Bonner de Docteur de~Soi-bon:
ne
,
la Licence dont ,il eiloicj
avec feu Mr 1 Abbé d'Heudi-^
court nommé Evêque dE^
vreux
,
n'ayant fini qu'avec
l'année1703. Il n'avoit pasencore esté beni Abbé, de S.
Sulpice lors qu'ilaestée|uj
Abbé de la Ferté. Il a eu pour
concurrent Dom Languet
Prieur de laFerté sur lequc.i,.i-il
ne l'a emportéque de deux
voix, & le même Dom Lan-J
J
guet a en fuite esté son successeur en l'Abbaye de Saint Sulpice qui est trcs ancienne &
qui a
eud'illustres Abbez qui
luy ont fait de grands biens ;
tels sont les Moyna, & les
Ecrevieu, Abbez de S. Sulpice
dont on voit encore les Armes
dans une belle Crosse & dans
le Chœur de cette ancienne
Abbaye. Dom de Montjournal a un frere Chanoine de
Noyonqui y
est fort estimé,
&que feu Mr de Tonnerre y
attira;il ena unautre Conseiller au Presidial de Moulins. Ils.
font de cette Ville-là & d'une
ï
ancienne famille de Bourbonnois. Le nouvel Abbé a
elle
fort regretté à Saint Sulpice ;
ila quitté ce lieu au bruit que
répandoient dans toute 1Abbaye les pleurs & les gem.Hemens de ses Religieux, de ses
Domestiques & de tous les
Paysans des Villages dépendant de Saint Sulpice qui
estoient accourus pour recevoir ses derniers adieux & sa
Bénédiction & qui fondoient
tous en larm-s en voyanr qu'il
s'élolgnoit d'eux pour ne les
plus revoir.Jamaisspectacle
ne fut plus couchant,les manic..
res
[CS de cet Abbé avoient cité
si gracieuses
,
si douces, & si
prévenantes qu'on ne doit pas
estre surpris des regrets que
son départ acaufez dans toute
la Province du Bugey. La
Noblesse qui le cherissoit a
aulh pris part à l'affliction
publique; un grand nombre
de Gentilshommes & d'Ecclesiastiques du voisinagevinrent
luy rendre leurs hommages
pour
la derniere fois presque
tous fondant en larmes. La
maniere dont cet Abbé avoit
Ivlcu avec eux les avoir charmez. SaMaisonestoit ouverte
a tous les honnestes gens qui
y
estoientreçus avec une politesse & une sage profusion qui
faisoient beaucoup d'honneur
à cet Abbé. Les pauvres y
ont le plus perdu: aussi leurs
'04 regretsle fontils faits remarqu
Fermer
Résumé : Election de Dom de Montjournal à la dignité d'Abbé de la Ferté, [titre d'après la table]
Dom Vernois de Montjournal, abbé de Saint-Sulpice en Bugey, fut élu abbé de la Ferté avant même de recevoir la bénédiction abbatiale. Cette élection, supervisée par Mr Pinon, Intendant de Bourgogne, marqua la dernière fonction de ce dernier en Bourgogne. Dom de Montjournal avait été abbé de Saint-Sulpice pendant environ deux ans, après avoir reçu cette abbaye grâce à l'intervention de la famille Guénégaud. Précédemment, le roi lui avait offert une abbaye de l'Étroite Observance de Cîteaux, mais cette grâce fut révoquée car il n'appartenait pas à la Réforme. Le roi lui avait promis un dédommagement. Dom de Montjournal était également professeur de théologie au Collège des Bernardins de Paris et avait récemment obtenu le bonnet de docteur en Sorbonne. Son élection à la Ferté fut contestée par Dom Languet, prieur de la Ferté, qui obtint deux voix de moins. Dom de Montjournal avait un frère chanoine de Noyon et un autre conseiller au Présidial de Moulins. Son départ de Saint-Sulpice fut marqué par des pleurs et des regrets profonds de la part des religieux, des domestiques et des paysans des villages dépendants de l'abbaye. La noblesse et les ecclésiastiques du voisinage vinrent lui rendre hommage, touchés par sa manière de vivre et sa générosité envers les pauvres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
783
p. 194-201
Ce qui s'est passé au Chapitre Provincial des grands Augustins, tenu dans leur grand Convent de Lyon, [titre d'après la table]
Début :
Le Chapitre Provincial des Augustins s'est tenu depuis quelque temps [...]
Mots clefs :
Chapitre Provincial, Couvent des augustins, Lyon, Père le Blanc, Docteur, Harangue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ce qui s'est passé au Chapitre Provincial des grands Augustins, tenu dans leur grand Convent de Lyon, [titre d'après la table]
Le Chapitre Provincial des
Augustins s'est tenu depuis
quelque temps dans leur grand
Convent de Lyon. Le Pçjc de
Morillon de Poyle Docteur de>
Sorbonne & de la Ville de
Beziers, ayant fini son temps
de Provincial, on luy a
donné
pour successeur le P. de Coha-
de de la Province d'Auvergne, & qui a
déjà pasle par les
charges principales de l'Ordre.
Le P. le Blanc Docteur de Sorbonne & d'un merite generalement reconnu a
esté fait Definiteur. Selon l'usage ordinaire il y eut des Theses de Theologie dans le cours de ce Chapitre Le P. de Courcclles Saint
Julien d'une Maison très qualissée de FrancheComté, Pretre de cct Ordre, en soutint le
Lundy il. du mois de May
dans l'Eglise. Elles estoient sur
la Penitence. Mr de Cohadc
Docteur de la Maison & So-*
cieté de Sorbonne, Custode de
l'Eglise Paroissiale de SainteCroix, & un des Vicaires Généraux de Mr l'Archevêque de
Lyon en fit l'ouverture par une l,
tres-belle Harangue à la gloire,
du Soûtenantqu'ilfelicita sur
le retour de sa santo'-( lePere dcl
Saint Julien avoit c:fié:plaladc à
Cremieuoùil demeure) & dans
laquelleil donna des loüanges
àl'Ordre des Augustins,&aux
grands hommes qui en font
fortis.Gilles de Rome,&un
grand nombre d'autres n'ysu
lent pas oubliez. Il argument
ensuite sur i'Amicion;& il ifJ
r
puya beaucoup sur un Décret
de laFaculté de Paris, qui semble favoriser l'opinion de ceux
qui disent quel'amour de Dieu
commence n'est pas absolumenc necessaire dans ce Sacrement. Un jeune Docteur de
Sorbonne argumenta ensuite
sur l'inutilité de la Penitence
pour la justification(vous sçavez sans doute, que dans la
dispute celuy qui argumente
prend toûjours le mauvais parti > ôc attaquede frontlesveritez les mieux établies, & que
ce ne font que des combats
feints) ce jeune Docteur s'ap-
puya de l'autorité de quantité
de Conciles, & de celle de la
Confession d'Aufbourg,& sur
tout cela il étala une grande
érudition. Le P. Rolin Jacobin
Bachelier de Sorbonne &grand
Predicateur, argumenta enfuite sur l'Attrition
,
& unPcre
Carme qui prit enfuitc la These argumenta fort solidement
sur la necessité de se confesser
& de recourir à la Penitence,
dés qu'on estoit tombé dans le
péchémortel, sous peine d'en
commettre de nouveau chaque fois qu'on diffère de recourir au remede. Enfin le Perc
Valant Jesuite & un des Professeurs de Theologie dans le
grand College, fit laclôture;
il commença par une Harangue qui fut tres belle,& d'une
latinité très pure; illoü
1
fort le
Soutenant,&il parla de la noblesse de son origine d'une maniere très -
avantageuse. Il s'étendit ensuite sur l'affinitéqu'il
y avoit toujours euë entre l'Ordre des Augustins & la Compagnie de Jesus. Illoüa fort les
grands hommes sortis du premier de ces Or dres, & à cette
occasion il parla de Mr l'Evêque d'Ascalonquiest à la Chi-
ne, &,qui a
esté Augustin, Ce
Prélat dans les. questionsagîtées en ce Pays-là, apris hautcment le parti desPP. Jesuites,
sur cela le Pere Valant fit une
belle& touchante peinture île
ItCâf ou est à present la'ç-hrftienté en la Chine; & en parlant de leurs adversairesqu'il
traita de Scioli, il eniît desportraits qui plurent fort. Son argument fut court à cause de
l'heure qui sonna. Le Soutenant fit ensuite son Harangue,
qui fut tresbelle&biendéclamée,, Elleestoità laloüangedu
Chapitre Provincial. Le Perc
Rousset Docteur en Theologie presidoit.
Augustins s'est tenu depuis
quelque temps dans leur grand
Convent de Lyon. Le Pçjc de
Morillon de Poyle Docteur de>
Sorbonne & de la Ville de
Beziers, ayant fini son temps
de Provincial, on luy a
donné
pour successeur le P. de Coha-
de de la Province d'Auvergne, & qui a
déjà pasle par les
charges principales de l'Ordre.
Le P. le Blanc Docteur de Sorbonne & d'un merite generalement reconnu a
esté fait Definiteur. Selon l'usage ordinaire il y eut des Theses de Theologie dans le cours de ce Chapitre Le P. de Courcclles Saint
Julien d'une Maison très qualissée de FrancheComté, Pretre de cct Ordre, en soutint le
Lundy il. du mois de May
dans l'Eglise. Elles estoient sur
la Penitence. Mr de Cohadc
Docteur de la Maison & So-*
cieté de Sorbonne, Custode de
l'Eglise Paroissiale de SainteCroix, & un des Vicaires Généraux de Mr l'Archevêque de
Lyon en fit l'ouverture par une l,
tres-belle Harangue à la gloire,
du Soûtenantqu'ilfelicita sur
le retour de sa santo'-( lePere dcl
Saint Julien avoit c:fié:plaladc à
Cremieuoùil demeure) & dans
laquelleil donna des loüanges
àl'Ordre des Augustins,&aux
grands hommes qui en font
fortis.Gilles de Rome,&un
grand nombre d'autres n'ysu
lent pas oubliez. Il argument
ensuite sur i'Amicion;& il ifJ
r
puya beaucoup sur un Décret
de laFaculté de Paris, qui semble favoriser l'opinion de ceux
qui disent quel'amour de Dieu
commence n'est pas absolumenc necessaire dans ce Sacrement. Un jeune Docteur de
Sorbonne argumenta ensuite
sur l'inutilité de la Penitence
pour la justification(vous sçavez sans doute, que dans la
dispute celuy qui argumente
prend toûjours le mauvais parti > ôc attaquede frontlesveritez les mieux établies, & que
ce ne font que des combats
feints) ce jeune Docteur s'ap-
puya de l'autorité de quantité
de Conciles, & de celle de la
Confession d'Aufbourg,& sur
tout cela il étala une grande
érudition. Le P. Rolin Jacobin
Bachelier de Sorbonne &grand
Predicateur, argumenta enfuite sur l'Attrition
,
& unPcre
Carme qui prit enfuitc la These argumenta fort solidement
sur la necessité de se confesser
& de recourir à la Penitence,
dés qu'on estoit tombé dans le
péchémortel, sous peine d'en
commettre de nouveau chaque fois qu'on diffère de recourir au remede. Enfin le Perc
Valant Jesuite & un des Professeurs de Theologie dans le
grand College, fit laclôture;
il commença par une Harangue qui fut tres belle,& d'une
latinité très pure; illoü
1
fort le
Soutenant,&il parla de la noblesse de son origine d'une maniere très -
avantageuse. Il s'étendit ensuite sur l'affinitéqu'il
y avoit toujours euë entre l'Ordre des Augustins & la Compagnie de Jesus. Illoüa fort les
grands hommes sortis du premier de ces Or dres, & à cette
occasion il parla de Mr l'Evêque d'Ascalonquiest à la Chi-
ne, &,qui a
esté Augustin, Ce
Prélat dans les. questionsagîtées en ce Pays-là, apris hautcment le parti desPP. Jesuites,
sur cela le Pere Valant fit une
belle& touchante peinture île
ItCâf ou est à present la'ç-hrftienté en la Chine; & en parlant de leurs adversairesqu'il
traita de Scioli, il eniît desportraits qui plurent fort. Son argument fut court à cause de
l'heure qui sonna. Le Soutenant fit ensuite son Harangue,
qui fut tresbelle&biendéclamée,, Elleestoità laloüangedu
Chapitre Provincial. Le Perc
Rousset Docteur en Theologie presidoit.
Fermer
Résumé : Ce qui s'est passé au Chapitre Provincial des grands Augustins, tenu dans leur grand Convent de Lyon, [titre d'après la table]
Le Chapitre Provincial des Augustins s'est tenu récemment au grand couvent de Lyon. Le Père Morillon de Poyle a terminé son mandat de Provincial et a été remplacé par le Père de Cohade de la Province d'Auvergne. Le Père le Blanc a été nommé Définiteur. Conformément à la tradition, des thèses de théologie ont été soutenues. Le Père de Courcelles Saint Julien a soutenu des thèses sur la pénitence le 11 mai. Monsieur de Cohade a ouvert la séance en louant le soutenant et l'Ordre des Augustins, mentionnant Gilles de Rome. Un jeune Docteur de Sorbonne a argumenté sur l'inutilité de la pénitence pour la justification. Le Père Rolin et un Père Carme ont ensuite discuté de l'attrition et de la nécessité de la confession. Le Père Valant, Jésuite, a clôturé les débats en latin, soulignant l'affinité entre les Augustins et la Compagnie de Jésus. Il a également parlé des chrétiens en Chine. Le soutenant a conclu en louant le Chapitre Provincial, sous la présidence du Père Rousset.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
784
p. 216-222
Article touchant un obmission faite dans celuy des nouveaux Brigadiers, [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay déja marqué en vous parlant des nouveaux [...]
Mots clefs :
Mr de Margeret, Capitaine, Nouveaux brigadiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Article touchant un obmission faite dans celuy des nouveaux Brigadiers, [titre d'après la table]
Je vous ay déja marqué en
vous parlant des nouveaux
Brigadiers, qu'il n'estoit pas
impossible que je ne me fùfTc
trompe
trompé à l'égard de quelquesuns, ce qui est arrivé touchant
Mr deMargeret, dont le pere
n'a jamaisestéaux Isles.Jedois
ajoûter aussi que celuy dont
j'ay parlé ne s'est point trouvé
à la Bataille de Malplaquet.
Mrde Margeret Capitaine
au Regiment des Gardes Françoises, Chevalier de S. Louis,
«
cH: fils de Pierre de Margeret,
S' Grand Audiancier de France,
Seigneur de Pontaut qui estoit
petit-neveu du Capitaine Mari geret, qui ayant fait plusieurs
voyages dans les Pays les plus
)
éloignez, son fort voulut qu'-
aprés qu'il eut servi le Prince
de Transilvanie, ensuite l'Empereur en Hongrie, puis le
Roy de Pologne, en qualité
de Capitaine d'uneCompagnie
de gens de pied, & estre parvenu au service de Boris Empereur de Ruffie il eut le Com-
• mandement d'une Compagnie
deCavalerie. Demetriusayant
fucccdé à Boris, cet Empereur
l'honora dela Charge de la premiere Compagnie de ses Gardes;mais lesaffairesdecet Empereur ayant esté extrêmement
bouleversées, ce Capitaine fut
obligé de revenir en France,
où il fut tres- bien reçû du Roy
Henry IV. qui l'honora de
son affection, & qui luy or- donna de donner au Public un Recit des Mœurs, & de beaucoup de particularitez de l'Etat de Russie.
Il reste encore plusieurs ensans de Pierre Margeret grand
Audiencier; voicy une circonstance qui regarde l'aîné, & qui àcause de sasingulariré, merite de vous estre rapportée. Dés
sa naissance il sur mis chez un Maistre de Pension qui avoit chez luy des Nourrices qui ne partoient que Latin; en sorte
les Enfans que l'on y mettoit
suçoient cette Langue en suçantle lair. Dés qu'il eut) la
langue déliée il parut unssi
grand prodige qu'il fut presenté au Roy devant quise
trouverent des gens tres habiles qui furent étonnez de voir
un enfant de deux ans parler
Latin comme il auroit pû faire
à quarante. Depuis cetemps-là
son pere luy fit apprendre p!usieurs Langues, & sur tout la
Grecque, où il réüssitparfairemenr. Il le fit étudier ensuite
enTheologie & en Droit où i
ilserendit fort habile;maisil
l
changea les Portefeüilles. en
une épée, & il monta par dcgrcz à la Charge de Capitaine
aux Gardes.
J'aurois beaucoup de ebofes
à vous dire de Mr l'Abbé de
Margeret, si le temps ne me
manquoit pas; il a
beaucoup
contribué à l'avancement de
ses freres, dansle service.
Feuë leur mere avoir un
vray & singulier merite. Elle
estoit si remplie de bonnes
qualitez
,
qu'un tres -
grand
nombre de Princesses & de
Duchesses l'estimoient beaucoup. Madame Royale luy fai-
soit tressouvent l'honneur de
luy écrire,aussi bien que la
Reine de Portugal; & Mrs de
Margeret conservent encore
jeurs Lettres, comme des déposts considerables, & capables de faire honneur à la memoire d'une si digne mere & à
ses enfans.
vous parlant des nouveaux
Brigadiers, qu'il n'estoit pas
impossible que je ne me fùfTc
trompe
trompé à l'égard de quelquesuns, ce qui est arrivé touchant
Mr deMargeret, dont le pere
n'a jamaisestéaux Isles.Jedois
ajoûter aussi que celuy dont
j'ay parlé ne s'est point trouvé
à la Bataille de Malplaquet.
Mrde Margeret Capitaine
au Regiment des Gardes Françoises, Chevalier de S. Louis,
«
cH: fils de Pierre de Margeret,
S' Grand Audiancier de France,
Seigneur de Pontaut qui estoit
petit-neveu du Capitaine Mari geret, qui ayant fait plusieurs
voyages dans les Pays les plus
)
éloignez, son fort voulut qu'-
aprés qu'il eut servi le Prince
de Transilvanie, ensuite l'Empereur en Hongrie, puis le
Roy de Pologne, en qualité
de Capitaine d'uneCompagnie
de gens de pied, & estre parvenu au service de Boris Empereur de Ruffie il eut le Com-
• mandement d'une Compagnie
deCavalerie. Demetriusayant
fucccdé à Boris, cet Empereur
l'honora dela Charge de la premiere Compagnie de ses Gardes;mais lesaffairesdecet Empereur ayant esté extrêmement
bouleversées, ce Capitaine fut
obligé de revenir en France,
où il fut tres- bien reçû du Roy
Henry IV. qui l'honora de
son affection, & qui luy or- donna de donner au Public un Recit des Mœurs, & de beaucoup de particularitez de l'Etat de Russie.
Il reste encore plusieurs ensans de Pierre Margeret grand
Audiencier; voicy une circonstance qui regarde l'aîné, & qui àcause de sasingulariré, merite de vous estre rapportée. Dés
sa naissance il sur mis chez un Maistre de Pension qui avoit chez luy des Nourrices qui ne partoient que Latin; en sorte
les Enfans que l'on y mettoit
suçoient cette Langue en suçantle lair. Dés qu'il eut) la
langue déliée il parut unssi
grand prodige qu'il fut presenté au Roy devant quise
trouverent des gens tres habiles qui furent étonnez de voir
un enfant de deux ans parler
Latin comme il auroit pû faire
à quarante. Depuis cetemps-là
son pere luy fit apprendre p!usieurs Langues, & sur tout la
Grecque, où il réüssitparfairemenr. Il le fit étudier ensuite
enTheologie & en Droit où i
ilserendit fort habile;maisil
l
changea les Portefeüilles. en
une épée, & il monta par dcgrcz à la Charge de Capitaine
aux Gardes.
J'aurois beaucoup de ebofes
à vous dire de Mr l'Abbé de
Margeret, si le temps ne me
manquoit pas; il a
beaucoup
contribué à l'avancement de
ses freres, dansle service.
Feuë leur mere avoir un
vray & singulier merite. Elle
estoit si remplie de bonnes
qualitez
,
qu'un tres -
grand
nombre de Princesses & de
Duchesses l'estimoient beaucoup. Madame Royale luy fai-
soit tressouvent l'honneur de
luy écrire,aussi bien que la
Reine de Portugal; & Mrs de
Margeret conservent encore
jeurs Lettres, comme des déposts considerables, & capables de faire honneur à la memoire d'une si digne mere & à
ses enfans.
Fermer
Résumé : Article touchant un obmission faite dans celuy des nouveaux Brigadiers, [titre d'après la table]
Le texte évoque la famille Margeret et ses membres notables. L'auteur reconnaît une erreur concernant Monsieur de Margeret, dont le père n'a jamais été aux Îles et qui n'a pas participé à la bataille de Malplaquet. Monsieur de Margeret est capitaine au régiment des Gardes Françaises et chevalier de Saint-Louis. Il est le fils de Pierre de Margeret, grand auditeur de France et seigneur de Pontaut. Pierre de Margeret avait plusieurs enfants, dont l'aîné a maîtrisé plusieurs langues, s'est distingué en théologie et en droit avant de devenir capitaine aux Gardes. Leur mère, décédée, était respectée par de nombreuses princesses et duchesses, telles que Madame Royale et la reine de Portugal, qui lui écrivaient fréquemment. Les lettres de ces personnalités témoignent de la valeur de cette mère et de ses enfants. Un autre membre notable de la famille est un capitaine Margeret, petit-neveu de Pierre, qui a servi divers princes européens et le tsar Boris en Russie avant de revenir en France et de rédiger un récit sur les mœurs russes à la demande du roi Henri IV.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
785
p. 222-225
Ceremonie aussi devote que curieuse faite à Soissons, à laquelle a assisté la Compagnie des Gardes du Corps commandée par Mr le Duc de Villeroy, [titre d'après la table]
Début :
Voicy un Article qui vous paroistra des plus curieux, & [...]
Mots clefs :
Pères feuillants, Religion, Gardes du corps, Soissons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ceremonie aussi devote que curieuse faite à Soissons, à laquelle a assisté la Compagnie des Gardes du Corps commandée par Mr le Duc de Villeroy, [titre d'après la table]
Voicy un Article qui vous
paroistra des plus curieux, Se
qui vous donnera des marques
de l'attachement que les François ont pour le Roy & de
leur zelepour ce qui regarde
la Religion.
La Compagnie des Gardes
du Corps commandée par Mr
le Duc de Villeroy
,
s'éstant ap.
semblée à Soissons le 29.Avril
pour aller en Flandre le premier de May, Mr de la Boulaye, qui estoit alors seul Chef
deBrigade, accepta l'offre que
les Peres Feüillans de cette Ville vinrent luy faire de dire le
premier jour de May, jour du
départ, & Feste de S. Jacques
& S. Philippes, la Messe à cinq
heures du matin, pour la santé
du Roy, & pour la prosperité
de ses Armes. Mrde la Boulaye s'y rendit avec la Compagnie, qui reçut à la fin de la
Messe, la Benediction du tresSaint Sacrement. Mrs de la
Boulaye
,
de Grillet, du Clos,
de la Faye, Beauchamps, Croisillac Officiers superieurs,avec
tous les Brigadiers, Sous-Brigadiers
,
Porte Etendarts, & plusieurs anciens Gardes reçurent
aussi en forme de Scapulaire un
S. Suaire, sur lequel le P. Dom
Jacques de Saint Dominique,
avoit tous les jours en disant
la Messe, fait repofcr la sainte
Hostie. Le petit S. Suaire est
cacheté dans du papier, & enveloppé dans une petite Bourses avec l'Inscripcion desEten-
dam du grand Constantin;
quand al triompha des enneTais2c Dieu& del' Eglise. In
àocsignovinces.
w
Rienn'est plus édifiant, tant
du cofté des Officiers, que de
celuy des Peres Feüillans de
Soissons.
paroistra des plus curieux, Se
qui vous donnera des marques
de l'attachement que les François ont pour le Roy & de
leur zelepour ce qui regarde
la Religion.
La Compagnie des Gardes
du Corps commandée par Mr
le Duc de Villeroy
,
s'éstant ap.
semblée à Soissons le 29.Avril
pour aller en Flandre le premier de May, Mr de la Boulaye, qui estoit alors seul Chef
deBrigade, accepta l'offre que
les Peres Feüillans de cette Ville vinrent luy faire de dire le
premier jour de May, jour du
départ, & Feste de S. Jacques
& S. Philippes, la Messe à cinq
heures du matin, pour la santé
du Roy, & pour la prosperité
de ses Armes. Mrde la Boulaye s'y rendit avec la Compagnie, qui reçut à la fin de la
Messe, la Benediction du tresSaint Sacrement. Mrs de la
Boulaye
,
de Grillet, du Clos,
de la Faye, Beauchamps, Croisillac Officiers superieurs,avec
tous les Brigadiers, Sous-Brigadiers
,
Porte Etendarts, & plusieurs anciens Gardes reçurent
aussi en forme de Scapulaire un
S. Suaire, sur lequel le P. Dom
Jacques de Saint Dominique,
avoit tous les jours en disant
la Messe, fait repofcr la sainte
Hostie. Le petit S. Suaire est
cacheté dans du papier, & enveloppé dans une petite Bourses avec l'Inscripcion desEten-
dam du grand Constantin;
quand al triompha des enneTais2c Dieu& del' Eglise. In
àocsignovinces.
w
Rienn'est plus édifiant, tant
du cofté des Officiers, que de
celuy des Peres Feüillans de
Soissons.
Fermer
Résumé : Ceremonie aussi devote que curieuse faite à Soissons, à laquelle a assisté la Compagnie des Gardes du Corps commandée par Mr le Duc de Villeroy, [titre d'après la table]
Le 29 avril, la Compagnie des Gardes du Corps, sous la direction du Duc de Villeroy, se rassembla à Soissons pour partir en Flandre le 1er mai. Monsieur de la Boullaye, Chef de Brigade, accepta l'offre des Pères Feuillants de Soissons de célébrer une messe à cinq heures du matin, jour du départ, qui coïncidait avec la fête de Saint Jacques et Saint Philippe. La Compagnie assista à cette messe pour la santé du roi et la prospérité de ses armées. À la fin de la messe, la Compagnie reçut la bénédiction du Très-Saint Sacrement. Plusieurs officiers supérieurs, brigadiers, sous-brigadiers, porte-étendards et anciens gardes reçurent un petit suaire contenant une sainte hostie bénie par le Père Dom Jacques de Saint Dominique. Ce suaire était cacheté dans du papier et enveloppé dans une petite bourse, accompagnée d'une inscription évoquant l'étendard de Constantin. La scène fut jugée très édifiante par les officiers et les Pères Feuillants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
786
p. 225-233
Mariage de Mademoiselle d'Enguien, & tout ce qui s'est fait à cette occasion, [titre d'après la table]
Début :
Je passe à un des plus grands Mariages qui se soient faits [...]
Mots clefs :
Mariage, Mademoiselle d'Enguien, Concert, Académie française, Vers, Monsieur de Vendôme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariage de Mademoiselle d'Enguien, & tout ce qui s'est fait à cette occasion, [titre d'après la table]
Jepasse à un des plus grands
Mariages qui se soient faits
depuis long temps, puisqu'il
s'agit de celuy de Mademoiselle d'Enguien, fille de feuë -
o
S. A. S. Monsieurle Prince, &
d'Anne de Baviere
,
fille d'Edoüard de Baviere, Comte PalatinduRhin, Duc de Baviere,
& de Madame Annede Gonzaçnieo de Cleves, Princesse de
Mantouë, avec Monsieur de
Vendotme.
Ce Prince arriva à Seaux
,
où estoit certe Prince sse
,
le
Mercredy 14. de May l'apresdinée. Il y eur le soir avant soupé un grand Concert de Voix
&d'instrumens dansl'Appartement de MadamelaDuchesse
du Maine, & dont Mr de Malezieu, de l'Académie Françoise, avoit fait les Vers, ausquels on trouva le tour d'esprit qui luy est ordinaire, qui
plurent beaucoup à l'A(Tem-
blée,& qui reçurent de grands
applaudissemens. Ces Vers étoient à la loüange de Macfemoiselle d'Enguien & de Monsieur de Vendosme, & ils
avoient esté mis en Air par un
des Musiciens de S. A. S. Monsieur le Duc du Maine. Il y eut
ensuite un grand soupé, duquel
estoient les familles de Condé
& de Conry, & Monsieur le
Comte deToulouse.
Le lendemain,vers le Midy,
on signa le Contrat de Mariage dans l'Appartement de Madame la Duchesse du Maine.
De là ils allerent à la Chapelle
où ils turent mariez par
Mr l'Archevêque d'A IX
,
assisté du Curé de Scaux,& de
l'Aumônier de Monsieur le
Duc du Maine; cet Archevêque dit la Mené. Toute l'Assemblée fut ensuite traitée à
dîné par Monsieur le Duc du
Meine, & Mr l'Archevêque
d'A'x sur de ce repas. Il y eut
le soir un grand Concert, après
lequelil veutungrand soupé.
Le Vendredy il y eut un
grand dîné après lequel on
joüa,& sur le soir il y eut Concert qui fut composé de Mr
Buterne Organise du Roy,
qui accompagnoit du Clavecin ;
de Mr Forcroy, qui
jouoit de la Baffe de Viole, "tic
Mr des Costeaux qui joüoit de
la Flute Allemande, & de Mr
Visée,quijoüoit du Theor be.
Mr de Canipistron, de l'Academie Françoise, & attaché
à Monsieur de Vendosme
)
donna après le Mariage leVirelay suivant.
Je veux parlerje ne puis plus me
taire,
Enfin deux Cœurs l'un pour l'au-
,.
tre formez
Sont de leurs feux également
charmez
Ah le beau coup que ïAmour
vient defaire!
Parcentvertusd'un brillant caractere
On njojoit bien
ces Cœursse ressembler;
Mais cejloit, peu comment les
assembler
C'est l'heureux coup quel'Hymen
vient defaire.
Ce Dieufolâtre a
conduit
ce mystere
En Dieusensécar il a
biensenty
Qu'ilfalloit mettre Hymen deson
party
C'est, ~c
jnj(]ua ce jourinsensible,severe,
ENGUIEN avoitdédaignétous les
'VŒUX,
L'Hymen pourtant l'enchaîne de
ses nœuds,
-
C'est, &C.
VENDÔMEenproye ason ardeur
guerrière
3
Nourri de Gloire, affamé de Com- -
bats
Bravoit l'Hymen çy ne s'attendoit pas.
A l'heureux coup que l*Amour
vient de faire.
Il me souvient d'une semblable
affaire
Et quand DU MAINE obtint
l'objet charmant
De ses desirs chacun dit hautement
Ah le beau coup, &c.
Prince D'ANETfcyez donc bien.
tôt Pere D' jeune Mars,d'unfils digne
devous
Afin qu'alors nous chantions encor tous
Ah le beau coup 3
&c. Le Samedi Monsieur de Vcn-
dôme partit sur les 5. ou 6.
heures pour Versaillesoùétoit
le Roy, & le Dimanche il revint coucher à Seaux.
Mariages qui se soient faits
depuis long temps, puisqu'il
s'agit de celuy de Mademoiselle d'Enguien, fille de feuë -
o
S. A. S. Monsieurle Prince, &
d'Anne de Baviere
,
fille d'Edoüard de Baviere, Comte PalatinduRhin, Duc de Baviere,
& de Madame Annede Gonzaçnieo de Cleves, Princesse de
Mantouë, avec Monsieur de
Vendotme.
Ce Prince arriva à Seaux
,
où estoit certe Prince sse
,
le
Mercredy 14. de May l'apresdinée. Il y eur le soir avant soupé un grand Concert de Voix
&d'instrumens dansl'Appartement de MadamelaDuchesse
du Maine, & dont Mr de Malezieu, de l'Académie Françoise, avoit fait les Vers, ausquels on trouva le tour d'esprit qui luy est ordinaire, qui
plurent beaucoup à l'A(Tem-
blée,& qui reçurent de grands
applaudissemens. Ces Vers étoient à la loüange de Macfemoiselle d'Enguien & de Monsieur de Vendosme, & ils
avoient esté mis en Air par un
des Musiciens de S. A. S. Monsieur le Duc du Maine. Il y eut
ensuite un grand soupé, duquel
estoient les familles de Condé
& de Conry, & Monsieur le
Comte deToulouse.
Le lendemain,vers le Midy,
on signa le Contrat de Mariage dans l'Appartement de Madame la Duchesse du Maine.
De là ils allerent à la Chapelle
où ils turent mariez par
Mr l'Archevêque d'A IX
,
assisté du Curé de Scaux,& de
l'Aumônier de Monsieur le
Duc du Maine; cet Archevêque dit la Mené. Toute l'Assemblée fut ensuite traitée à
dîné par Monsieur le Duc du
Meine, & Mr l'Archevêque
d'A'x sur de ce repas. Il y eut
le soir un grand Concert, après
lequelil veutungrand soupé.
Le Vendredy il y eut un
grand dîné après lequel on
joüa,& sur le soir il y eut Concert qui fut composé de Mr
Buterne Organise du Roy,
qui accompagnoit du Clavecin ;
de Mr Forcroy, qui
jouoit de la Baffe de Viole, "tic
Mr des Costeaux qui joüoit de
la Flute Allemande, & de Mr
Visée,quijoüoit du Theor be.
Mr de Canipistron, de l'Academie Françoise, & attaché
à Monsieur de Vendosme
)
donna après le Mariage leVirelay suivant.
Je veux parlerje ne puis plus me
taire,
Enfin deux Cœurs l'un pour l'au-
,.
tre formez
Sont de leurs feux également
charmez
Ah le beau coup que ïAmour
vient defaire!
Parcentvertusd'un brillant caractere
On njojoit bien
ces Cœursse ressembler;
Mais cejloit, peu comment les
assembler
C'est l'heureux coup quel'Hymen
vient defaire.
Ce Dieufolâtre a
conduit
ce mystere
En Dieusensécar il a
biensenty
Qu'ilfalloit mettre Hymen deson
party
C'est, ~c
jnj(]ua ce jourinsensible,severe,
ENGUIEN avoitdédaignétous les
'VŒUX,
L'Hymen pourtant l'enchaîne de
ses nœuds,
-
C'est, &C.
VENDÔMEenproye ason ardeur
guerrière
3
Nourri de Gloire, affamé de Com- -
bats
Bravoit l'Hymen çy ne s'attendoit pas.
A l'heureux coup que l*Amour
vient de faire.
Il me souvient d'une semblable
affaire
Et quand DU MAINE obtint
l'objet charmant
De ses desirs chacun dit hautement
Ah le beau coup, &c.
Prince D'ANETfcyez donc bien.
tôt Pere D' jeune Mars,d'unfils digne
devous
Afin qu'alors nous chantions encor tous
Ah le beau coup 3
&c. Le Samedi Monsieur de Vcn-
dôme partit sur les 5. ou 6.
heures pour Versaillesoùétoit
le Roy, & le Dimanche il revint coucher à Seaux.
Fermer
Résumé : Mariage de Mademoiselle d'Enguien, & tout ce qui s'est fait à cette occasion, [titre d'après la table]
Le texte relate le mariage de Mademoiselle d'Enguien, fille du Prince d'Enguien et d'Anne de Bavière, avec Monsieur de Vendôme. La cérémonie se déroula à Sceaux. Le Prince de Vendôme arriva le 14 mai. Un concert fut organisé dans l'appartement de Madame la Duchesse du Maine, avec des vers de Monsieur de Malezieu et de la musique d'un musicien du Duc du Maine. Le lendemain, le contrat de mariage fut signé en présence de l'Archevêque d'Aix et de l'Aumônier du Duc du Maine, suivi d'un dîner offert par le Duc du Maine et l'Archevêque. Le vendredi, un autre dîner et un concert eurent lieu. Monsieur de Canpistron, de l'Académie Française, composa un virielay célébrant l'union des deux cœurs. Le samedi, Monsieur de Vendôme se rendit à Versailles et revint coucher à Sceaux le dimanche.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
787
p. 234-238
Nomination à un Prieuré qui avoit esté oublié dans la derniere Promotion, [titre d'après la table]
Début :
Vous attend peut-estre que je vous parle de l'ouverture [...]
Mots clefs :
Parlement, Promotion, Dom de la Guerinière
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nomination à un Prieuré qui avoit esté oublié dans la derniere Promotion, [titre d'après la table]
Vous attendez peut-estre
que je vous parle de l'ouverture d'après Pâques du Parlement; mais il y a
déja plusieurs
années que Mr le Premier President de Harlay, a
supprimé
ces sortes d'ouvertures, qui ne
se font plus qu'après la Saint
Martin. Il a
seulement conlervé les Mercuriales, qui ne se
font qu'à buis clos. Elles ont
esté faites cette année par Mr
Jolly de Fleury Avocat General
,
dont Meissieurs ont cilé
tres-satisfaits. Rien n'estplus
profitable que ces fortes de
Discours lors qu'on s'en acquitte aussi bien qu'a fait cet
Avocat General, qui a
parlé
avec autant d'éloquence que de
bon sens.
Dans la derniere Promotion
des Benefices faire par le Roy
y
lePrieuré de Raveau en Angoumois à
3. lieuës d'Angou-
lesme, qui vaquoit depuis quelque temps
,
avoir esté oublié.
Mais Sa Majesté en signant la
feüille l'a donné à Dom de la
GueriniereReligieux de Grandmont, dont le mérité est generalement reconnu. Ce Religieux n'a que trente ans. Cependant, quoy qu'il foit encore dans un âge si peu avancé, il a
déjà Professé la Philophie & la Theologie dans l'Abbaye de Grandmont, qui est le
Chef de l'Ordre, avec l'ap.
plaudissement de Mr FAbbe
de Grandmont son General,
qui a
la réputation de sçavoir
parfaitement juger du vray
merite.
Dom de la Gueriniere est
d'une tres-bonne Maison du
Maine. Il en ennemi de toutes
les nouveautez. Il défend &
soûtient la saine Doctrine avec
d'autant plus d'ardeur qu'il a
toûjours fait voir une inclination naturelle pour l'amourde
la vérité. Il joint à un profond
sçavoir une vertu solide. La
sincerité en son caractere ; Se
enfin il est d'une modestie singuliere qui se trouve rarement.
dans les personnes qui peuvent véritablement se flatter
d'avoir d'aussi beaux & d'aussi
heureux talens que ce digne
Religieux.
que je vous parle de l'ouverture d'après Pâques du Parlement; mais il y a
déja plusieurs
années que Mr le Premier President de Harlay, a
supprimé
ces sortes d'ouvertures, qui ne
se font plus qu'après la Saint
Martin. Il a
seulement conlervé les Mercuriales, qui ne se
font qu'à buis clos. Elles ont
esté faites cette année par Mr
Jolly de Fleury Avocat General
,
dont Meissieurs ont cilé
tres-satisfaits. Rien n'estplus
profitable que ces fortes de
Discours lors qu'on s'en acquitte aussi bien qu'a fait cet
Avocat General, qui a
parlé
avec autant d'éloquence que de
bon sens.
Dans la derniere Promotion
des Benefices faire par le Roy
y
lePrieuré de Raveau en Angoumois à
3. lieuës d'Angou-
lesme, qui vaquoit depuis quelque temps
,
avoir esté oublié.
Mais Sa Majesté en signant la
feüille l'a donné à Dom de la
GueriniereReligieux de Grandmont, dont le mérité est generalement reconnu. Ce Religieux n'a que trente ans. Cependant, quoy qu'il foit encore dans un âge si peu avancé, il a
déjà Professé la Philophie & la Theologie dans l'Abbaye de Grandmont, qui est le
Chef de l'Ordre, avec l'ap.
plaudissement de Mr FAbbe
de Grandmont son General,
qui a
la réputation de sçavoir
parfaitement juger du vray
merite.
Dom de la Gueriniere est
d'une tres-bonne Maison du
Maine. Il en ennemi de toutes
les nouveautez. Il défend &
soûtient la saine Doctrine avec
d'autant plus d'ardeur qu'il a
toûjours fait voir une inclination naturelle pour l'amourde
la vérité. Il joint à un profond
sçavoir une vertu solide. La
sincerité en son caractere ; Se
enfin il est d'une modestie singuliere qui se trouve rarement.
dans les personnes qui peuvent véritablement se flatter
d'avoir d'aussi beaux & d'aussi
heureux talens que ce digne
Religieux.
Fermer
Résumé : Nomination à un Prieuré qui avoit esté oublié dans la derniere Promotion, [titre d'après la table]
Le texte aborde deux sujets principaux. Premièrement, il mentionne la suppression des ouvertures du Parlement après Pâques, remplacées par les Mercuriales, des discours tenus à huis clos. Cette année, ces discours ont été prononcés par Monsieur Jolly de Fleury, Avocat Général, et ont été très bien accueillis. Les discours de ce type sont jugés profitables lorsqu'ils sont bien exécutés, ce que Monsieur Jolly de Fleury a réussi à faire avec éloquence et bon sens. Deuxièmement, le texte évoque la promotion des bénéfices par le roi, notamment le prieuré de Raveau en Angoumois, vacant depuis quelque temps et oublié. Le roi a attribué ce prieuré à Dom de la Guerinière, un religieux de l'ordre de Grandmont, reconnu pour son mérite. Dom de la Guerinière, âgé de trente ans, a enseigné la philosophie et la théologie à l'abbaye de Grandmont, sous l'approbation de l'abbé de Grandmont, son général. Issu d'une bonne famille du Maine, il est connu pour son opposition aux nouveautés et son soutien à la saine doctrine. Il est décrit comme ayant un profond savoir, une vertu solide, une sincérité de caractère et une modestie rare parmi les personnes talentueuses.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
788
p. 241-243
Mr le Maréchal Duc de Bervick, est nommé Pair de France, [titre d'après la table]
Début :
Je ne vous ay point encore dit que le Roy avoit créé Duc [...]
Mots clefs :
Pair de France, Duc de Berwick
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mr le Maréchal Duc de Bervick, est nommé Pair de France, [titre d'après la table]
Je ne vous ay point encore
dit que le Roy avoit créé Duc
&Pair de France, Mr le Maréchal Duc de Berwick. J'attendois qu'il fût reçu au Parlement
pour vous en parler
,
ce que
l'on avoit laissé en suspens, u
on laissoit mesme répandre le
bruit que cette Recc ption se
feroit avant qu'il partit pour
aller commander l'Armée de
Dauphiné;maistout cela n'é-
toit qu'une adresse pour empêcher les Alliez de croire qu'il
irait servir cette Campagne en
Flandre. Aussi, jamais na t-on
parlé si diversement d'un départ, & le jour mêmequ'il est
party, personne ne pouvoit
assurer qu'il partiroic. Ceux qui
connoissent parfaitement ce
Maréchal font charmez de sa
conduite, & sur tout ceux qui
se sont trouvez à la Bataille
d'Almanza. Jamais General n'a
gardé plus de sens froid dans
lesCombats. Il s'esttrouvé par
tout dans cette fameuse BatailIci il a tout examiné par luy-
niernie; il a
donné ordre à
tout, & il s'yest acquisune
estime générale.Ceux qui l'ont
vu commander en Dauphiné,
ne sont pas moins charmez de
sa conduite & de sa fermeté,
& disent que voyant tout par
luy mesme, il est impossible de
le surprendre en la moindre
chose.
dit que le Roy avoit créé Duc
&Pair de France, Mr le Maréchal Duc de Berwick. J'attendois qu'il fût reçu au Parlement
pour vous en parler
,
ce que
l'on avoit laissé en suspens, u
on laissoit mesme répandre le
bruit que cette Recc ption se
feroit avant qu'il partit pour
aller commander l'Armée de
Dauphiné;maistout cela n'é-
toit qu'une adresse pour empêcher les Alliez de croire qu'il
irait servir cette Campagne en
Flandre. Aussi, jamais na t-on
parlé si diversement d'un départ, & le jour mêmequ'il est
party, personne ne pouvoit
assurer qu'il partiroic. Ceux qui
connoissent parfaitement ce
Maréchal font charmez de sa
conduite, & sur tout ceux qui
se sont trouvez à la Bataille
d'Almanza. Jamais General n'a
gardé plus de sens froid dans
lesCombats. Il s'esttrouvé par
tout dans cette fameuse BatailIci il a tout examiné par luy-
niernie; il a
donné ordre à
tout, & il s'yest acquisune
estime générale.Ceux qui l'ont
vu commander en Dauphiné,
ne sont pas moins charmez de
sa conduite & de sa fermeté,
& disent que voyant tout par
luy mesme, il est impossible de
le surprendre en la moindre
chose.
Fermer
Résumé : Mr le Maréchal Duc de Bervick, est nommé Pair de France, [titre d'après la table]
Le roi a nommé le maréchal duc de Berwick duc et pair de France. Sa réception au Parlement a été retardée pour éviter que les alliés ne pensent qu'il irait servir en Flandre. Son départ pour commander l'armée de Dauphiné a été marqué par des rumeurs et des incertitudes jusqu'au dernier moment. Berwick est apprécié pour sa conduite, notamment par ceux ayant participé à la bataille d'Almanza. Lors de cette bataille, il a montré un grand sang-froid et une maîtrise exceptionnelle, examinant et ordonnant tout personnellement, ce qui lui a valu une estime générale. Sa conduite et sa fermeté en Dauphiné ont également été louées, soulignant son attention aux détails et sa capacité à anticiper les situations.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
789
p. 243-245
Serment presté entre les mains du Roy par Mr le Bret, pour la Charge de Premier President du Parlement d'Aix, [titre d'après la table]
Début :
Voicy un Article qui regarde une autre prestation de serment. [...]
Mots clefs :
Serment, Premier président du Parlement d'Aix, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Serment presté entre les mains du Roy par Mr le Bret, pour la Charge de Premier President du Parlement d'Aix, [titre d'après la table]
Voicy un Article qui regarde une autre prestation de serment. Mr le Bret Intendant de
Provence, dont j'ay souvent
eu occasion de vous parler, &
dont le mérité & les services
sontgeneralement reconnus,
vient de recevoir des marques
que le Roy a
de la satisfaction
de ses services, & vient de
prester ferment entre les mains
de Sa Majesté, de la Charge de
Premier Président du Parlement d'Aix. Comme la Provence a
toûjours elle satisfaite
de ses maniérés d'agir dans
D
toutes les choses où il a
esté
employé par le Roy, il n'y a
pas lieu de douter qu'elle n'aie
beaucoup de joye de le voir élevé à la teste d'un Parlement
où il pourra tous les jours faire connoître aux Provençaux
l'amour qu'il a pour eux en
les servant,& en leurrendant
justice en tout ce qu'il pourra.
Provence, dont j'ay souvent
eu occasion de vous parler, &
dont le mérité & les services
sontgeneralement reconnus,
vient de recevoir des marques
que le Roy a
de la satisfaction
de ses services, & vient de
prester ferment entre les mains
de Sa Majesté, de la Charge de
Premier Président du Parlement d'Aix. Comme la Provence a
toûjours elle satisfaite
de ses maniérés d'agir dans
D
toutes les choses où il a
esté
employé par le Roy, il n'y a
pas lieu de douter qu'elle n'aie
beaucoup de joye de le voir élevé à la teste d'un Parlement
où il pourra tous les jours faire connoître aux Provençaux
l'amour qu'il a pour eux en
les servant,& en leurrendant
justice en tout ce qu'il pourra.
Fermer
Résumé : Serment presté entre les mains du Roy par Mr le Bret, pour la Charge de Premier President du Parlement d'Aix, [titre d'après la table]
L'article annonce la nomination de M. le Bret comme Premier Président du Parlement d'Aix. Le roi salue ses services et son mérite. La Provence approuve cette promotion, espérant que M. le Bret continuera à rendre justice aux Provençaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
790
p. 245-248
Cahiers des Etats de Bourgogne, presentez au Roy, [titre d'après la table]
Début :
Je vous parlay l'année derniere de la tenuë des Etats de [...]
Mots clefs :
États de Bourgogne, Province
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Cahiers des Etats de Bourgogne, presentez au Roy, [titre d'après la table]
Je vous parlay l'année derniere de la tenue des Etats de
Bourgogne. Vous sçavez, que
cette Province qui en des plus
zélées du Royaume pour le
bien de l'Etar
,
tant à cause
de sa fidélité pour le Roy qui
luy est naturelle, que par les
exemples que luy en ont donné les Princes du Sang qui en
ont esté Gouverneurs, s'est
toûjourssurpassée lors qu'il a
esté question des Dons gratuits qu'elle est obligée de faire tous les trois ans, ainsi que
font tousles autres Païs d'Etats.
Je vous envoyai alors un détail
des genereux efforts qu'elle fie
en cette occasion
,
& je vous
fis voir en mesme temps ce que
feuë S. A. S. Monsieur le Duc
fit en cette occasion pour le
bien de l'Etat, & pour soulager la Province, en forte que
malgré la difficulté du temps,
tout se passa au gré du Roy,
& à la satisfactionduPeriple.
Il est vray que ce Prince fit des
choses surprenantes, & qu'il
sacrifia beaucoup de droits qui
lui appartenoient.
Les Deputez de ces mesmes
Etats, qui sont Mr l'Abbé de
Druys pour le Clergé; Mr lc)
Comte d'Epinac pour la Noblesse) & Mr le Meullier, Maire
de la Ville de Semur, pour le
Tiers Etat, viennent de presenter à Sa Majesté les Cahiers
de la Province, & ils ont esté
conduits à la maniéré accoûtumée, ayant esté presentez par
Mr le Marquis de la Vrilliere
Secretaire d'Etat, & conduits
par Mr des Granges, Maître
des Ceremonies; & ils ont eu
Audiance de toute la Maison
Royale. S. A. S. Monsieur le
Duc, auroit tenu le premier
rang à cette fonction, sans son
départ pour l'Armée.Vous
scavez la grande impatience
de ce jeune Prince-pour courir
à la gloire, & qu'il seroit party beaucoup plûtôt qui n'a
fait, si des- ordres particuliers
di* Roy ne l'eussent arresté ;
qu'il est presentement à la telle
du Regiment de Condé Cavalerie où il espere faire connoître qu'il estdu même Sang,
& qu'il ressent la mesme ardeur donr tous ses Ayeuls ont
esté animez
Bourgogne. Vous sçavez, que
cette Province qui en des plus
zélées du Royaume pour le
bien de l'Etar
,
tant à cause
de sa fidélité pour le Roy qui
luy est naturelle, que par les
exemples que luy en ont donné les Princes du Sang qui en
ont esté Gouverneurs, s'est
toûjourssurpassée lors qu'il a
esté question des Dons gratuits qu'elle est obligée de faire tous les trois ans, ainsi que
font tousles autres Païs d'Etats.
Je vous envoyai alors un détail
des genereux efforts qu'elle fie
en cette occasion
,
& je vous
fis voir en mesme temps ce que
feuë S. A. S. Monsieur le Duc
fit en cette occasion pour le
bien de l'Etat, & pour soulager la Province, en forte que
malgré la difficulté du temps,
tout se passa au gré du Roy,
& à la satisfactionduPeriple.
Il est vray que ce Prince fit des
choses surprenantes, & qu'il
sacrifia beaucoup de droits qui
lui appartenoient.
Les Deputez de ces mesmes
Etats, qui sont Mr l'Abbé de
Druys pour le Clergé; Mr lc)
Comte d'Epinac pour la Noblesse) & Mr le Meullier, Maire
de la Ville de Semur, pour le
Tiers Etat, viennent de presenter à Sa Majesté les Cahiers
de la Province, & ils ont esté
conduits à la maniéré accoûtumée, ayant esté presentez par
Mr le Marquis de la Vrilliere
Secretaire d'Etat, & conduits
par Mr des Granges, Maître
des Ceremonies; & ils ont eu
Audiance de toute la Maison
Royale. S. A. S. Monsieur le
Duc, auroit tenu le premier
rang à cette fonction, sans son
départ pour l'Armée.Vous
scavez la grande impatience
de ce jeune Prince-pour courir
à la gloire, & qu'il seroit party beaucoup plûtôt qui n'a
fait, si des- ordres particuliers
di* Roy ne l'eussent arresté ;
qu'il est presentement à la telle
du Regiment de Condé Cavalerie où il espere faire connoître qu'il estdu même Sang,
& qu'il ressent la mesme ardeur donr tous ses Ayeuls ont
esté animez
Fermer
Résumé : Cahiers des Etats de Bourgogne, presentez au Roy, [titre d'après la table]
L'auteur souligne la fidélité de la province de Bourgogne envers le roi et son zèle pour le bien de l'État, notamment à travers les dons gratuits effectués tous les trois ans. L'année précédente, il avait déjà rapporté la tenue des États de Bourgogne et les actions du duc défunt pour soulager la province malgré les difficultés. Récemment, les députés des États de Bourgogne, représentant le clergé, la noblesse et le tiers état, ont présenté à Sa Majesté les cahiers de la province. Ils ont été introduits par le marquis de La Vrillière, secrétaire d'État, et conduits par des Granges, maître des cérémonies, et ont eu audience de toute la maison royale. Le duc, qui aurait dû tenir le premier rang lors de cette fonction, est parti pour l'armée, animé par une grande impatience de courir à la gloire. Il se trouve actuellement au sein du régiment de Condé cavalerie, espérant y prouver sa valeur et son ardeur héritée de ses ancêtres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
791
p. 256-263
Nouvelles Expeditions de Mer, [titre d'après la table]
Début :
Quoy que les Nouvelles publiques vous ayent appris plusieurs [...]
Mots clefs :
Expéditions de Mer, Vaisseaux, Marine, Sucre, Cacao
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles Expeditions de Mer, [titre d'après la table]
Quoy que les Nouvelles publiques vous ayent appris plufleurs Expéditions de Mer, je
vous en envoyc un Memoire
beaucoup plus ample que celuy que vous avez déja vû. Je
ne laisseray pas de vous repeter ce que porte celuy qui a
déjaesté rendu public, où il se
trouve même quelques circonstances dffirenrcs. --.t
* >• *
DeS.Ma!olep.Mayi7io,
*" +. Les Vaisseaux le Curieux &,
le Diligent venant de Moka
dans la Mer rouge sont arrivez. En faisant leur route pour
1
se rendre à Moka ils prirent
vers les 23. degrez 50. mi-
nutes Sud, après cinq heures
de combat le VaitTeauleVainqueurdeMiddelbourg de trente-six Canons montez, de
205 hommes d'équipage, &
de 800. tonneaux qui alloit
à Batavia. Il estoit chargé de
50. milleducatons, de 30. mille piastres en or, & de 1jo/
milleflorins en marchandises.
Ils arriverent à Moka au mois
de Janvier 170.9. ils furent tresbien reçus par le Roy & par
les Peuples de ce Pays; ayant
eu la permission de traiter à
trois pour cent de droits, quoy
que les autres Nations en
payent plus de lix. Aprés leur
départ de Moka ils prirent le
Vaisseau Hollandois nommé
le Quismy, de 24. canons & de
800. tonneaux sorti de Batavia pour Surate chargé de deux
cens douze mille cinq cens livres de poivre, de cinq cens soixante dix-huit mille huit cens
quatre-vingt sept livresde fucrc
en poudre, de cent huit mille livres de sucre candy, de dixhuit mille cent soixante & dixsept livres de dents d'Eléphant,
de trenteneufmille cent vingtcinq livres de cuivre du Japon,
de quarante mille livres d'alun,
& de cinquante milliers de fer
en petites barres.LeVaisseau le
Diligent est chargé de 1700.
balles de Caffé pesant deux
cent cinquante livres chacune,
& le Curieux de deux mille
trois cens aussi de deux cens
cinquante livres chacune.
La Couronne Corsaire de S.
Malo y a
amené un Vaisseau
d'Amsterdamde six-vingt tonneaux venant de Curasso, chargé de cacao, de sucre, de tabac, de cuirs, & de bois de
Campesche, estimé trentemille écus. Ce Bastiment estoit
parti de Curasso avec une t.Flu-
te de trois cens tonneaux, qui
a
aussi esté prisele iy Avril
par deux Vaisseaux de Saint
Malo.
Le Corsaire le S.Jan de Rot:
cofde 6. canons a
pris sur les
Sorlingues le 16.le Navire les
cinq Sœurs de Middelbourg,
Interlope Hollandois, qui venoit de la Coste de la Mine. Il
s'y esttrouvé250. marcs de
poudre d'or, dix milliers de
morfil & quelques autres marchandises de Traitte. Le Capitaine François a
esté dangereusement blessé
)
& le Capitaine Hollandoistué. Les Ar..
mateurs auront prés de quinze
pour un de profit.
La Fregate du Roy la Nymphe venant de la Martinique
,
estarrivée à la Rochelle. Mr
du Gué qui la commande a
pris un Corsaire Anglois forti
d'Antigue.
UnVaisseau de h même
Nation,chargé de planches
& de merrcin.
Un autrevenantde Nieves,
chargé de sucre
,
& un autre
qui vient de la Barbade aussi
chargé de sucre.
La Fregate de S. Malo l4
Reine el'EsPagne, cil arrivée à
laRochelle, venant del'Amerique richement chargée.
Mr Porée commandant la
Fregate laBecasse a pris &conduit au Port-Louis un Corsairedc Gersé.
Je crois que vous apprendrez toutes ces Prises avec
beaucoup de plaisir, tant à
cause de l'honneur qu'elles
font à la Marine de France
„
que des avantages que la Nation en retire.
vous en envoyc un Memoire
beaucoup plus ample que celuy que vous avez déja vû. Je
ne laisseray pas de vous repeter ce que porte celuy qui a
déjaesté rendu public, où il se
trouve même quelques circonstances dffirenrcs. --.t
* >• *
DeS.Ma!olep.Mayi7io,
*" +. Les Vaisseaux le Curieux &,
le Diligent venant de Moka
dans la Mer rouge sont arrivez. En faisant leur route pour
1
se rendre à Moka ils prirent
vers les 23. degrez 50. mi-
nutes Sud, après cinq heures
de combat le VaitTeauleVainqueurdeMiddelbourg de trente-six Canons montez, de
205 hommes d'équipage, &
de 800. tonneaux qui alloit
à Batavia. Il estoit chargé de
50. milleducatons, de 30. mille piastres en or, & de 1jo/
milleflorins en marchandises.
Ils arriverent à Moka au mois
de Janvier 170.9. ils furent tresbien reçus par le Roy & par
les Peuples de ce Pays; ayant
eu la permission de traiter à
trois pour cent de droits, quoy
que les autres Nations en
payent plus de lix. Aprés leur
départ de Moka ils prirent le
Vaisseau Hollandois nommé
le Quismy, de 24. canons & de
800. tonneaux sorti de Batavia pour Surate chargé de deux
cens douze mille cinq cens livres de poivre, de cinq cens soixante dix-huit mille huit cens
quatre-vingt sept livresde fucrc
en poudre, de cent huit mille livres de sucre candy, de dixhuit mille cent soixante & dixsept livres de dents d'Eléphant,
de trenteneufmille cent vingtcinq livres de cuivre du Japon,
de quarante mille livres d'alun,
& de cinquante milliers de fer
en petites barres.LeVaisseau le
Diligent est chargé de 1700.
balles de Caffé pesant deux
cent cinquante livres chacune,
& le Curieux de deux mille
trois cens aussi de deux cens
cinquante livres chacune.
La Couronne Corsaire de S.
Malo y a
amené un Vaisseau
d'Amsterdamde six-vingt tonneaux venant de Curasso, chargé de cacao, de sucre, de tabac, de cuirs, & de bois de
Campesche, estimé trentemille écus. Ce Bastiment estoit
parti de Curasso avec une t.Flu-
te de trois cens tonneaux, qui
a
aussi esté prisele iy Avril
par deux Vaisseaux de Saint
Malo.
Le Corsaire le S.Jan de Rot:
cofde 6. canons a
pris sur les
Sorlingues le 16.le Navire les
cinq Sœurs de Middelbourg,
Interlope Hollandois, qui venoit de la Coste de la Mine. Il
s'y esttrouvé250. marcs de
poudre d'or, dix milliers de
morfil & quelques autres marchandises de Traitte. Le Capitaine François a
esté dangereusement blessé
)
& le Capitaine Hollandoistué. Les Ar..
mateurs auront prés de quinze
pour un de profit.
La Fregate du Roy la Nymphe venant de la Martinique
,
estarrivée à la Rochelle. Mr
du Gué qui la commande a
pris un Corsaire Anglois forti
d'Antigue.
UnVaisseau de h même
Nation,chargé de planches
& de merrcin.
Un autrevenantde Nieves,
chargé de sucre
,
& un autre
qui vient de la Barbade aussi
chargé de sucre.
La Fregate de S. Malo l4
Reine el'EsPagne, cil arrivée à
laRochelle, venant del'Amerique richement chargée.
Mr Porée commandant la
Fregate laBecasse a pris &conduit au Port-Louis un Corsairedc Gersé.
Je crois que vous apprendrez toutes ces Prises avec
beaucoup de plaisir, tant à
cause de l'honneur qu'elles
font à la Marine de France
„
que des avantages que la Nation en retire.
Fermer
Résumé : Nouvelles Expeditions de Mer, [titre d'après la table]
Le document décrit plusieurs expéditions maritimes et prises de vaisseaux par des corsaires français. Les vaisseaux *Le Curieux* et *Le Diligent*, revenus de Moka dans la mer Rouge, ont capturé le vaisseau hollandais *Le Vainqueur de Middelbourg*, chargé de 50 000 ducats, 30 000 piastres en or et 130 000 florins en marchandises. Ils ont également pris *Le Quismy*, un vaisseau hollandais transportant du poivre, du sucre, des dents d'éléphant, du cuivre et d'autres marchandises. *Le Diligent* transportait 1 700 balles de café, et *Le Curieux* 2 300 balles. La couronne corsaire de Saint-Malo a capturé un vaisseau d'Amsterdam chargé de cacao, sucre, tabac et bois de Campêche. Le corsaire *Le Saint-Jean de Rotcoff* a pris le navire *Les cinq Sœurs* près des Sorlingues, trouvant à bord 250 marcs de poudre d'or et 10 000 morfil. La frégate royale *La Nymphe* a capturé un corsaire anglais près d'Antigua. Plusieurs autres vaisseaux, chargés de planches, de sucre et de marchandises diverses, ont également été pris. Ces prises sont saluées pour l'honneur qu'elles apportent à la marine française et les avantages qu'elles procurent à la nation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
792
p. 271-278
Discours faits par Mr Hervé à Mr de Beauharnois, Intendant de la Rochelle, & de la Marine au Port de Rochefort, [titre d'après la table]
Début :
Comme ma Lettre est susceptible de toutes sortes de matieres, [...]
Mots clefs :
Discours, Ordres, Mr de Beauharnais, Rochefort
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours faits par Mr Hervé à Mr de Beauharnois, Intendant de la Rochelle, & de la Marine au Port de Rochefort, [titre d'après la table]
Comme ma Lettre estsusceptible de toutes fortes de
matieres, je vous envoye un
Discours fait à Mr de Beauharnois dont je vous ay déja entretenu des grands Emplois.
Vous sçavez qu'il est presentement Intendant de la Generalité de la Rochelle & de la Marine, au Port de Rochefort.
Ce Discours fut prononcé le
16e May par Mr HervéPresi-
dent au SiegeRoyal de Rochefort.
MONSEIGNEUR,
Ce n'estpasfeulement legenie
superieur, mais c'est aussi la majestéde nostre Souverain,qui brille dans le choixqu'ilfait des Sujetspropres pour remplirlesCharges considerables, & les principaux Emplois deson Etat. En
effetrienn'estpluscapablededonner une haute idée desesperfections
,
e-rd'wfyirer desfnlimens
respectueux poursasuprême Dignité, quelorsque les premiers
Ministres de ses volontez expliquent les ordres de Sa Majesté.
Llinfinous reverrons tous ceux qui
ont l'honneur d'estrechargez
de l'execution de ses ordres, CT
nous reverrons en vous [on zele
pour la Religion,son amour pour,
la Justice, &fin attention singuliere au bien & au soulagement
desesSujets. Vousavezdéjafait
admirer dans le nouveau Monde toutes les Vertus Royales de
LOUIS LE GRAND. Mais
ceferoit peu que de les avoir exposées à la seule veneration des
Peuples qui habitent au de-là des
mers; (;7 de n'avoirsoûtenu 14
gloire de son regne que dans les
froids climatsd'une partie de i.Amerique
,
si vous ne faijte% pas
aujjt respecterson nom dans rEurope. Il ne manquoit à V. G.pour
unsiloüabledessin
3
que le Poste
important dont il asçurecompenser en dernier lieu vos services
p1[p%* present que semblable
àl'Ange dont nous
parleS.Jean,
vous avez un piedsur la terre,
&l'autresur la mer, vous vous
trouve^ en
place & dans unesituation à faire redouter sur ces
deux Elemens les forces de la
France. Il est vray que diversement occupé par vos differentes
jonctions vos regards seront necefairementpartar'ieK comme l'étoientceux de Janus. Maissans
rien perdre de vûë vous les porterezd'un costésur les détails de la
Marine,&d'un autresur les affaires de la Generalité. Vousy
estestses entré,Monseigneur,sous les entre
,,
Monseigneur, fous les
favorables auspices d'une paix
prochaine, qu'en devons-nous augurer que lebiende l'Etat, &la
félicité publique? Heureuse donc
la destinée des Provinces de Xaintonge & d'Aunis; & heureux
en particulier le fort devos treshumbles & tres-obeeansferviteurs.
AUTRE DISCOURS
Fait par le même pour l'Hôtel de Ville.
MONSEIGNEUR,
La perte que nous avonsfaite
ne pouvoit fifre reparée que par un
des premiers hommes du siecle.
Maissipoursoûtenir le titre glorieux d'Intendant deJustice, Police, Finances, & Marine, il est
necessaire d'avoir d'éminentes qualitck qui répondent à
ces
differentesfonctions. La Renomméeapris
le soin de publier par tout qu'à
l'exemple du Sage vousfaites toûjours presiderl'équité dans HJOS
Ju.
gemens«Quavec la salutaire pré1voyance de Joseph
,
vous aue;C
faitgoûter les fruits d'une bonne
Police au Peuple que Sa Majesxtiauoitfournis à
vos ordres. Qie
,Jans l'œconomie des Finances du
Prince vous ave% mérité les éloges que l'Esprit de véritédonneau
serviteur prudent & fidele ; &
qu'enfin vostre habileté dans les
mdjfaires maritimes surpasse celle
des Officiers qui fous le regne du
plus puissant Roy d'Israèlleservirentsi utilement dans la Mari- ne
qu'ils procurerent a ses Etats
uneprodigieuse abondance des choJes mêmeles plus rares, & les
plus precieuses. Fasse le Ciel que
de tant de vertus réünies dans V.
G. la France en retire à jamais
tous les grands avantages qu'elle
en doit esperer; &quesous votre
favorable &puissante protection
cette Ville na,antejouee de ses
Privileges, prenne d'heureux accroissemens, &soitdélivréepour
toûjours de l'estat déplorable où le
malheur des temps l'aréduite. Ce
font les souhaits, Monseigneur,
de vos tres-humbles &tres-obéïssansserviteur
matieres, je vous envoye un
Discours fait à Mr de Beauharnois dont je vous ay déja entretenu des grands Emplois.
Vous sçavez qu'il est presentement Intendant de la Generalité de la Rochelle & de la Marine, au Port de Rochefort.
Ce Discours fut prononcé le
16e May par Mr HervéPresi-
dent au SiegeRoyal de Rochefort.
MONSEIGNEUR,
Ce n'estpasfeulement legenie
superieur, mais c'est aussi la majestéde nostre Souverain,qui brille dans le choixqu'ilfait des Sujetspropres pour remplirlesCharges considerables, & les principaux Emplois deson Etat. En
effetrienn'estpluscapablededonner une haute idée desesperfections
,
e-rd'wfyirer desfnlimens
respectueux poursasuprême Dignité, quelorsque les premiers
Ministres de ses volontez expliquent les ordres de Sa Majesté.
Llinfinous reverrons tous ceux qui
ont l'honneur d'estrechargez
de l'execution de ses ordres, CT
nous reverrons en vous [on zele
pour la Religion,son amour pour,
la Justice, &fin attention singuliere au bien & au soulagement
desesSujets. Vousavezdéjafait
admirer dans le nouveau Monde toutes les Vertus Royales de
LOUIS LE GRAND. Mais
ceferoit peu que de les avoir exposées à la seule veneration des
Peuples qui habitent au de-là des
mers; (;7 de n'avoirsoûtenu 14
gloire de son regne que dans les
froids climatsd'une partie de i.Amerique
,
si vous ne faijte% pas
aujjt respecterson nom dans rEurope. Il ne manquoit à V. G.pour
unsiloüabledessin
3
que le Poste
important dont il asçurecompenser en dernier lieu vos services
p1[p%* present que semblable
àl'Ange dont nous
parleS.Jean,
vous avez un piedsur la terre,
&l'autresur la mer, vous vous
trouve^ en
place & dans unesituation à faire redouter sur ces
deux Elemens les forces de la
France. Il est vray que diversement occupé par vos differentes
jonctions vos regards seront necefairementpartar'ieK comme l'étoientceux de Janus. Maissans
rien perdre de vûë vous les porterezd'un costésur les détails de la
Marine,&d'un autresur les affaires de la Generalité. Vousy
estestses entré,Monseigneur,sous les entre
,,
Monseigneur, fous les
favorables auspices d'une paix
prochaine, qu'en devons-nous augurer que lebiende l'Etat, &la
félicité publique? Heureuse donc
la destinée des Provinces de Xaintonge & d'Aunis; & heureux
en particulier le fort devos treshumbles & tres-obeeansferviteurs.
AUTRE DISCOURS
Fait par le même pour l'Hôtel de Ville.
MONSEIGNEUR,
La perte que nous avonsfaite
ne pouvoit fifre reparée que par un
des premiers hommes du siecle.
Maissipoursoûtenir le titre glorieux d'Intendant deJustice, Police, Finances, & Marine, il est
necessaire d'avoir d'éminentes qualitck qui répondent à
ces
differentesfonctions. La Renomméeapris
le soin de publier par tout qu'à
l'exemple du Sage vousfaites toûjours presiderl'équité dans HJOS
Ju.
gemens«Quavec la salutaire pré1voyance de Joseph
,
vous aue;C
faitgoûter les fruits d'une bonne
Police au Peuple que Sa Majesxtiauoitfournis à
vos ordres. Qie
,Jans l'œconomie des Finances du
Prince vous ave% mérité les éloges que l'Esprit de véritédonneau
serviteur prudent & fidele ; &
qu'enfin vostre habileté dans les
mdjfaires maritimes surpasse celle
des Officiers qui fous le regne du
plus puissant Roy d'Israèlleservirentsi utilement dans la Mari- ne
qu'ils procurerent a ses Etats
uneprodigieuse abondance des choJes mêmeles plus rares, & les
plus precieuses. Fasse le Ciel que
de tant de vertus réünies dans V.
G. la France en retire à jamais
tous les grands avantages qu'elle
en doit esperer; &quesous votre
favorable &puissante protection
cette Ville na,antejouee de ses
Privileges, prenne d'heureux accroissemens, &soitdélivréepour
toûjours de l'estat déplorable où le
malheur des temps l'aréduite. Ce
font les souhaits, Monseigneur,
de vos tres-humbles &tres-obéïssansserviteur
Fermer
Résumé : Discours faits par Mr Hervé à Mr de Beauharnois, Intendant de la Rochelle, & de la Marine au Port de Rochefort, [titre d'après la table]
Le texte est une lettre accompagnant deux discours prononcés par Monsieur Hervé, Président au Siège Royal de Rochefort, le 16 mai. Le premier discours est adressé à Monsieur de Beauharnois, Intendant de la Généralité de La Rochelle et de la Marine au Port de Rochefort. Monsieur Hervé loue la sagesse du souverain dans le choix de ses sujets pour des charges importantes et met en avant les qualités de Monsieur de Beauharnois, notamment son zèle pour la religion, son amour pour la justice et son attention au bien-être des sujets. Il souligne également l'importance de ses services tant sur terre que sur mer et exprime l'espoir d'une paix prochaine. Le second discours, prononcé à l'Hôtel de Ville, salue l'arrivée de Monsieur de Beauharnois comme Intendant de Justice, Police, Finances et Marine. Il souligne ses qualités éminentes et ses succès dans diverses fonctions, comparant ses actions à celles de figures bibliques comme Joseph. Le discours exprime le souhait que ses vertus apportent de grands avantages à la France et que la ville profite de ses privilèges et connaisse une prospérité accrue.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
793
p. 291
Prise de cinq Vaisseaux Anglois, [titre d'après la table]
Début :
Nous apprenons, par les Anglois mesmes, puisque c'est [...]
Mots clefs :
Anglais, Vaisseau, Prise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prise de cinq Vaisseaux Anglois, [titre d'après la table]
Nous apprenons, par les
Anglôis mesmes, puisque c'est
par
1 unVaisseau arriveen 29.
jours de la Jamaïque à Bristol,
que quatre Vaisseaux de guerre
François avoient pris l'Heureux
retour, Brigantin, & quatre autres Navires sur la Coste de
Guinée, & que sur l'un de ces derniers il y
avoit 500. Negre
Anglôis mesmes, puisque c'est
par
1 unVaisseau arriveen 29.
jours de la Jamaïque à Bristol,
que quatre Vaisseaux de guerre
François avoient pris l'Heureux
retour, Brigantin, & quatre autres Navires sur la Coste de
Guinée, & que sur l'un de ces derniers il y
avoit 500. Negre
Fermer
794
p. 292
Affaires d'Espagne, [titre d'après la table]
Début :
Je ne vous dis rien des Affaires d'Espagne, selon toutes [...]
Mots clefs :
Espagne, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Affaires d'Espagne, [titre d'après la table]
Je ne vous dis rien des Affaires d'Espagne, selontoutes
les apparences, elles ne peuvent aller mieux, & l'amour
des Espagnols fcmblc tous leaJ
jours augmenter pour leur legitime Roy, quoy qu'il ait
pa-j
ru depuis long-tempsqu'il rïC;
pouvoit aller plus loin. Il s'est
rendu maistre de Balaguer, &
les Aragonoisfontvoir pour
ce Prince une ardeur, & une
fidelité incroyables. On ne
peut voir d'Armée mieux regtée sans superflu,parce que lesuperflu retranchémet rou-1
tes choses dans l'abondance.
les apparences, elles ne peuvent aller mieux, & l'amour
des Espagnols fcmblc tous leaJ
jours augmenter pour leur legitime Roy, quoy qu'il ait
pa-j
ru depuis long-tempsqu'il rïC;
pouvoit aller plus loin. Il s'est
rendu maistre de Balaguer, &
les Aragonoisfontvoir pour
ce Prince une ardeur, & une
fidelité incroyables. On ne
peut voir d'Armée mieux regtée sans superflu,parce que lesuperflu retranchémet rou-1
tes choses dans l'abondance.
Fermer
Résumé : Affaires d'Espagne, [titre d'après la table]
Le texte évoque une amélioration de la situation en Espagne, où l'amour des Espagnols pour leur roi légitime croît malgré sa longue règne. Le roi a récemment pris le contrôle de Balaguer. Les Aragonais montrent une grande fidélité. L'armée espagnole est bien organisée, sans excès, même en période d'abondance.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
795
p. 293-294
Affaires de Flandre, [titre d'après la table]
Début :
A l'égard des Affaires de Flandre, je me trouve obligé [...]
Mots clefs :
Flandre, Siège
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Affaires de Flandre, [titre d'après la table]
A l'égard des Affaires de
Flandre,je me trouve obligé
de finir ma Lettre sans pouvoir dire à quoy elles aboutiront. Dés que les Ennemis ont
vu que l'on marchoit à eux,
la peur les a
saisîs;ils se sont
retirez dans leurs retranchemens dont ils estoient sortis
pour marc her vers nous;ils
ont fait venir une partie des
Troupes qui font le Siege de
Douay, & Mr d'Albergotti
s'etf servy à propos de cette
occasion pour faire une sortie
qui a
comblé tous leurs travaux; de maniere que le Siege
de cette Place pourra durer encore plus long-temps qu'il n'a
fait jusqu'à present. Je fuis, Madame, vostre, &c. A Paris ce 3e Juin 1710.
Flandre,je me trouve obligé
de finir ma Lettre sans pouvoir dire à quoy elles aboutiront. Dés que les Ennemis ont
vu que l'on marchoit à eux,
la peur les a
saisîs;ils se sont
retirez dans leurs retranchemens dont ils estoient sortis
pour marc her vers nous;ils
ont fait venir une partie des
Troupes qui font le Siege de
Douay, & Mr d'Albergotti
s'etf servy à propos de cette
occasion pour faire une sortie
qui a
comblé tous leurs travaux; de maniere que le Siege
de cette Place pourra durer encore plus long-temps qu'il n'a
fait jusqu'à present. Je fuis, Madame, vostre, &c. A Paris ce 3e Juin 1710.
Fermer
Résumé : Affaires de Flandre, [titre d'après la table]
En juin 1710, les opérations militaires en Flandre sont incertaines. Les ennemis, effrayés par l'approche des troupes, se retirent dans leurs retranchements et rappellent des troupes assiégeant Douai. Monsieur d'Albergotti prolonge ainsi le siège de Douai. La lettre est datée du 3 juin 1710 à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
796
p. 17-30
Nouvelles de Juin. [titre d'après la table]
Début :
De Paris le 26. Juin. LE 22. AVRIL la Ville [...]
Mots clefs :
Brigadier, Camp, Commandant, Versailles, Ratisbonne, Paris, Camp de Corbins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Juin. [titre d'après la table]
De Paris le z6.Juin.
*
LE ZI. AVRIL la Ville
de Douay a esté investie par
les Alliez.
LA NUIT DU 4.AU 5. JUIN
la tranchéeaesté ouverte.
LE 29.JUIN laVilleaesté
renduë par Capitulation,
avec le Fort de Scarpe.
Mrle Comte d'Albergothy
,
Lieutenant General,
Commandant en Chef.
Mr de Pomereu, Gouverneur.
Mrde Valory, Maréchal
de Camp, & Commandant
les Ingénieurs.
Mr le Comte de Dreux,
Maréchal de Camp.
M1le Duc de Mortemar,
Brigadier General d'Infanterie.
Mrle Comte de Lagnion,
Brigadier.
MrdeChastenay, Brigadier.
M' le Chevalier de Saucourt,
Commandant l'Artillerie.
Les Maréchaux de Camp
ont esté faits Lieutenans
Generaux.
ï M1 k Duc de Mortemar
aété faitMaréchal de Camp.
Mrle Marquis de Lille,
Colonel, a esté fait Brigadier.
Mrle Chevalier de Villouvet,
Colonel, a este fait Brigadier.
Il n'y avoit dans la Place
que 7500. hommes.
Le corps d'Armée détaché
pour le siege
,
estoit
composé de 40. Bataillons
& de 40. Escadrons.
Leur Artillerie estoit de
70. pieces de canori, & de
80.mortiers ou pieriers.
Les Assiegeans ont perdu
8. à 9000. hommes.
On a fait 32.sorties.
La droite de l'Ataque c*
toit commandée par lePrince
d'Anhalt-Dessau,& la
gauche par le Prince d'Orange.
L'Armée d'observation;
commandée par le Prince
Eugene,& par Milord Mari..
borough.
Je distingue les moindres
circonstances par
Articles, pour en faclliter
la recherche.
Je mets en forme de
Table la date des Lettres
davis, & à la teste de
chaque Articleladate du
fait dont il s'agit.Voicy,
par exemple, l'arrangement
que je suivray pour
les dates.
JDt Versailles le y. Juin.
LE 5. JUIN Monsieur
le Cardinal de Noailles béniz
la nouvelle Chapelle du
Chasteau avec les ceremonies
ordinaires.
Du Camp de Corbins le
t 5.Juin.
•
LE2.JUIN, Dom Juan
Anronio d'Amezaga,commandant
un détachement
de tArmeeduRoy d'Espagne,
prit d'alTaut la Ville
, d'Estadilla.
De Paris le 6.Juin.
LE le Roy a donné
à Mr Coypel;la Charge de
Garde des Tableaux & des
Peintures de la Couronne.
Elle vacquoit par la mort de
Mr Oats.
De Paris le 6.Juin.
LE 6.JU1N Louisedela
Baulme le Blanc,Duchesse
de la Valliere, est morte
âgée de 67. ans au grand
Convent des Carmelites.
Elle y avoit pris l Habit de
Religion fous le nom de
Soeur Louise de la Misericorde,
& elle y avoic passé 36. ans
dans la pratique de la penitence
la plus austere, & de
toutesles vertus chrêtiennes.
DeRatisbonnele
LIl E.leDucHenry de
Saxe -
Reinhield est more
sans enfans. Le Duc Jean-
Ernest de Salfeld son frere,
& le Duc de Saxe -
Meincngen
son neveu, ont pris
possession de ses Etats. Le
Duc de Saxe- Gotha,aussi
neveu du défunt s'yest opposé.
DeVcrfailleslei LE13. JUIN le Roy
a donnél'Abbaye d'Haulmont
à Don Ansbert Petit.
De Versailles le 13.Juin
LE13 JUINle Roy a
donné l'Abbaye de VernaisonàMcduRouffecdela
Baume.
- DeVeifailles le 13, Juin,
LE13 JUIN leRoya
donné l'Abbaye de Sainte
Claire de Clermont à Mc
Dagrain.
DeVeifâillesIt13.Juin..
LE 13. JUIN le Roy
a donné le Doyenné de
Saint Omer à Mr l'Abbé
des Lyons, Grand - Vicaire
de Saint Omer.
1
C'estassez de Nouvelles
de fuite: je les interrompray
souvent par des
Ouvragesd'esprit ou par
des Historiettes
,
quand
j'enauray. Cettealternative
des-ennuyera également
certains beaux
Esprits que les Nouvelles
fatiguent,&certains
Nouvellistes qu'un Ouvrage
d'esprit fait bâiller.
La difficulté,C'est de
trouver une especed'ordre
pour arranger d'une
maniere amusante tant
de sujets differens ou opposez.
Je trouve cela si
difficile que je desespere
d'yréüssir. Un bel ordre
est bien plus aisé à trouver.
L'ord re a des réglés ;
mais un desordre agreable
n'a gueres d'autres réglés
que la variété &c le
goust.
La variété est une re,.
gleseure pour plaire; je
vous promets de varier
quand j'auray dequoy. A
l'égarddu goust, la regle
feure c'est quelegoust
d'un seul homme ne
sçauroit plaire à tous.
-
Je ne puis pourtant arranger
que selon mon
goust. J'ensuis fâché
: je
tâcheray de reparer le dé..
faut de l'arrangement
par le bon choix des
Ouvrages.
En donnant d'abord
quelques Pieces composées
par des Auteurs du
premier ordre, je prétens
rendre honorable la place
que je donneray dans
mon Mercure. Je prie
donc tous les excellents
Compositeurs de s'y placer
,
afin qu'il soit honteux
de n'y pas estre
,
à
tous ceux qui me refuseront
leurs Ouvrages.
*
LE ZI. AVRIL la Ville
de Douay a esté investie par
les Alliez.
LA NUIT DU 4.AU 5. JUIN
la tranchéeaesté ouverte.
LE 29.JUIN laVilleaesté
renduë par Capitulation,
avec le Fort de Scarpe.
Mrle Comte d'Albergothy
,
Lieutenant General,
Commandant en Chef.
Mr de Pomereu, Gouverneur.
Mrde Valory, Maréchal
de Camp, & Commandant
les Ingénieurs.
Mr le Comte de Dreux,
Maréchal de Camp.
M1le Duc de Mortemar,
Brigadier General d'Infanterie.
Mrle Comte de Lagnion,
Brigadier.
MrdeChastenay, Brigadier.
M' le Chevalier de Saucourt,
Commandant l'Artillerie.
Les Maréchaux de Camp
ont esté faits Lieutenans
Generaux.
ï M1 k Duc de Mortemar
aété faitMaréchal de Camp.
Mrle Marquis de Lille,
Colonel, a esté fait Brigadier.
Mrle Chevalier de Villouvet,
Colonel, a este fait Brigadier.
Il n'y avoit dans la Place
que 7500. hommes.
Le corps d'Armée détaché
pour le siege
,
estoit
composé de 40. Bataillons
& de 40. Escadrons.
Leur Artillerie estoit de
70. pieces de canori, & de
80.mortiers ou pieriers.
Les Assiegeans ont perdu
8. à 9000. hommes.
On a fait 32.sorties.
La droite de l'Ataque c*
toit commandée par lePrince
d'Anhalt-Dessau,& la
gauche par le Prince d'Orange.
L'Armée d'observation;
commandée par le Prince
Eugene,& par Milord Mari..
borough.
Je distingue les moindres
circonstances par
Articles, pour en faclliter
la recherche.
Je mets en forme de
Table la date des Lettres
davis, & à la teste de
chaque Articleladate du
fait dont il s'agit.Voicy,
par exemple, l'arrangement
que je suivray pour
les dates.
JDt Versailles le y. Juin.
LE 5. JUIN Monsieur
le Cardinal de Noailles béniz
la nouvelle Chapelle du
Chasteau avec les ceremonies
ordinaires.
Du Camp de Corbins le
t 5.Juin.
•
LE2.JUIN, Dom Juan
Anronio d'Amezaga,commandant
un détachement
de tArmeeduRoy d'Espagne,
prit d'alTaut la Ville
, d'Estadilla.
De Paris le 6.Juin.
LE le Roy a donné
à Mr Coypel;la Charge de
Garde des Tableaux & des
Peintures de la Couronne.
Elle vacquoit par la mort de
Mr Oats.
De Paris le 6.Juin.
LE 6.JU1N Louisedela
Baulme le Blanc,Duchesse
de la Valliere, est morte
âgée de 67. ans au grand
Convent des Carmelites.
Elle y avoit pris l Habit de
Religion fous le nom de
Soeur Louise de la Misericorde,
& elle y avoic passé 36. ans
dans la pratique de la penitence
la plus austere, & de
toutesles vertus chrêtiennes.
DeRatisbonnele
LIl E.leDucHenry de
Saxe -
Reinhield est more
sans enfans. Le Duc Jean-
Ernest de Salfeld son frere,
& le Duc de Saxe -
Meincngen
son neveu, ont pris
possession de ses Etats. Le
Duc de Saxe- Gotha,aussi
neveu du défunt s'yest opposé.
DeVcrfailleslei LE13. JUIN le Roy
a donnél'Abbaye d'Haulmont
à Don Ansbert Petit.
De Versailles le 13.Juin
LE13 JUINle Roy a
donné l'Abbaye de VernaisonàMcduRouffecdela
Baume.
- DeVeifailles le 13, Juin,
LE13 JUIN leRoya
donné l'Abbaye de Sainte
Claire de Clermont à Mc
Dagrain.
DeVeifâillesIt13.Juin..
LE 13. JUIN le Roy
a donné le Doyenné de
Saint Omer à Mr l'Abbé
des Lyons, Grand - Vicaire
de Saint Omer.
1
C'estassez de Nouvelles
de fuite: je les interrompray
souvent par des
Ouvragesd'esprit ou par
des Historiettes
,
quand
j'enauray. Cettealternative
des-ennuyera également
certains beaux
Esprits que les Nouvelles
fatiguent,&certains
Nouvellistes qu'un Ouvrage
d'esprit fait bâiller.
La difficulté,C'est de
trouver une especed'ordre
pour arranger d'une
maniere amusante tant
de sujets differens ou opposez.
Je trouve cela si
difficile que je desespere
d'yréüssir. Un bel ordre
est bien plus aisé à trouver.
L'ord re a des réglés ;
mais un desordre agreable
n'a gueres d'autres réglés
que la variété &c le
goust.
La variété est une re,.
gleseure pour plaire; je
vous promets de varier
quand j'auray dequoy. A
l'égarddu goust, la regle
feure c'est quelegoust
d'un seul homme ne
sçauroit plaire à tous.
-
Je ne puis pourtant arranger
que selon mon
goust. J'ensuis fâché
: je
tâcheray de reparer le dé..
faut de l'arrangement
par le bon choix des
Ouvrages.
En donnant d'abord
quelques Pieces composées
par des Auteurs du
premier ordre, je prétens
rendre honorable la place
que je donneray dans
mon Mercure. Je prie
donc tous les excellents
Compositeurs de s'y placer
,
afin qu'il soit honteux
de n'y pas estre
,
à
tous ceux qui me refuseront
leurs Ouvrages.
Fermer
Résumé : Nouvelles de Juin. [titre d'après la table]
En juin, plusieurs événements historiques marquants ont eu lieu. Le 21 avril, les alliés ont investi la ville de Douai. La tranchée a été ouverte la nuit du 4 au 5 juin, et la ville s'est rendue le 29 juin par capitulation, accompagnée du Fort de Scarpe. Les principaux commandants étaient le Comte d'Albergothy, Lieutenant Général et Commandant en Chef, ainsi que plusieurs autres officiers de haut rang. La garnison de Douai comptait 7 500 hommes, tandis que le corps d'armée assiégeant était composé de 40 bataillons et 40 escadrons, avec une artillerie de 70 pièces de canon et 80 mortiers. Les assiégeants ont subi des pertes de 8 000 à 9 000 hommes et ont effectué 32 sorties. Les attaques étaient commandées par le Prince d'Anhalt-Dessau à droite et le Prince d'Orange à gauche. L'armée d'observation était dirigée par le Prince Eugène et Milord Marlborough. Parallèlement, d'autres événements notables ont eu lieu. Le 5 juin, la nouvelle chapelle du Château de Versailles a été bénie par le Cardinal de Noailles. Le 2 juin, la ville d'Estadilla a été prise par Dom Juan Antonio d'Amezaga. Le 6 juin, Louise de La Baume Le Blanc, Duchesse de La Vallière, est décédée à l'âge de 67 ans. Le 13 juin, le Roi a fait plusieurs donations d'abbayes et de doyennés. Le texte mentionne également la mort du Duc Henry de Saxe-Reinhield et les disputes de succession qui en ont découlé. L'auteur exprime ses difficultés à organiser les nouvelles de manière amusante et variée, tout en promettant de présenter des œuvres d'auteurs de premier ordre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
797
p. 37-38
NOUVELLES DE JUILLET.
Début :
LE I. JUILLET M[RC] Armand de Joyeuse est mort âgé [...]
Mots clefs :
Armand de Joyeuse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES DE JUILLET.
NOUVELLES
DDEE J U ILL, É' t. JUILLEF,
DeParis le l.Juillet,
LE IJ.. JUILLET MrQ
J Armand de Joyeuse eil:
mort âgé de plus de80ans.
Il estoit Marechal de France,
Chevalrcr des Ordres du
Roy, Gouverneur & Lieutenant
General pour sa Majesté
des Villes,Pays, &
EvèchezdeMets&Verdun;
& Gouverneurparticulier
de la Ville & Citadelle de
Mets.
DDEE J U ILL, É' t. JUILLEF,
DeParis le l.Juillet,
LE IJ.. JUILLET MrQ
J Armand de Joyeuse eil:
mort âgé de plus de80ans.
Il estoit Marechal de France,
Chevalrcr des Ordres du
Roy, Gouverneur & Lieutenant
General pour sa Majesté
des Villes,Pays, &
EvèchezdeMets&Verdun;
& Gouverneurparticulier
de la Ville & Citadelle de
Mets.
Fermer
798
p. 47-50
« De Paris le 3. Juillet. LE 2. JUILLET le Roy [...] »
Début :
De Paris le 3. Juillet. LE 2. JUILLET le Roy [...]
Mots clefs :
Monsieur de Nointel, Paris, Lunéville, La Haye
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De Paris le 3. Juillet. LE 2. JUILLET le Roy [...] »
DeParts le^.Juillet.
i LE 2. JUILLET LERoy
donnaà Mrle Comte d'Albergotti
le Gouvernement
de Saar-Louis, & S. M. l'a
nomme pour cilie Cheva.
lierduS.Esprit.
-
DeLunevtllele4.
Juillet,
- « LE 4. JUILLET à5.heures
du matin, S. A R. Madame
la Duchesse de Lorraine
est accouchée d'une
Princesse. 1De Paris le7.Juillet. ,G 1 1* i
LE 2,9. JU INMleMarquis
de Sablé est mort. j Il eftoic fils de Mr Servien
Ministre & Secretaire
d'Ecar, & Surineendant des
Finances; & frere de Mr
l'Abbé Servien
,
& de feuë
MelaDuchclfedcSully.
-,
DeParisle10.Juillet.
LE10. JUILLET Mr
de Nointel
,
fils de Mr de
Nointel Bechameil Coru
seiller d'Etat,aépousé Mlle:
Rouillé,fille de Mr Rouillé
Maistre des Requestes.
Delà Hayele 10.failleti
LEJUILLET le General
Hompefch a esté
nomme au Gouvernement
de laville deDouay.
Mr des Roques Ingenieur
en chef a esté nommé
à celuy du Fort deScarpe.
i LE 2. JUILLET LERoy
donnaà Mrle Comte d'Albergotti
le Gouvernement
de Saar-Louis, & S. M. l'a
nomme pour cilie Cheva.
lierduS.Esprit.
-
DeLunevtllele4.
Juillet,
- « LE 4. JUILLET à5.heures
du matin, S. A R. Madame
la Duchesse de Lorraine
est accouchée d'une
Princesse. 1De Paris le7.Juillet. ,G 1 1* i
LE 2,9. JU INMleMarquis
de Sablé est mort. j Il eftoic fils de Mr Servien
Ministre & Secretaire
d'Ecar, & Surineendant des
Finances; & frere de Mr
l'Abbé Servien
,
& de feuë
MelaDuchclfedcSully.
-,
DeParisle10.Juillet.
LE10. JUILLET Mr
de Nointel
,
fils de Mr de
Nointel Bechameil Coru
seiller d'Etat,aépousé Mlle:
Rouillé,fille de Mr Rouillé
Maistre des Requestes.
Delà Hayele 10.failleti
LEJUILLET le General
Hompefch a esté
nomme au Gouvernement
de laville deDouay.
Mr des Roques Ingenieur
en chef a esté nommé
à celuy du Fort deScarpe.
Fermer
Résumé : « De Paris le 3. Juillet. LE 2. JUILLET le Roy [...] »
Le 2 juillet, le Comte d'Albergotti fut nommé Chevalier du Saint-Esprit. Le 4 juillet, la Duchesse de Lorraine accoucha d'une princesse. Le 9 juillet, le Marquis de Sablé, fils du Ministre Servien, décéda. Le 10 juillet, Monsieur de Nointel épousa Mademoiselle Rouillé. Le même jour, Hompesch fut nommé Gouverneur de Douai et des Roques Gouverneur du Fort de Scarpe.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
799
p. 50-57
Mariage de Monseigneur le Duc de Berry. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy ayant fait inviter par Mr Desgranges, Maître des [...]
Mots clefs :
Duc de Berry, Duchesse de Berry, Princes, Princesses, Versailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariage de Monseigneur le Duc de Berry. [titre d'après la table]
De Verfailles le u.. Juillet.iic/
Le Roy ayant fait inviter
par MrDesgranges,
Maître des Ceremonies,
les Princes & Princesses de
la Maison Royale,au Mariage
de Monseigneur le
Duc de Berry avec Mademoiselle
,
ils se trouvèrent
tous à Versailles le 5. de ce
mois. Le mêmejourleContrat
fut signé dans le Cabi-
O net du Roy,& ensuite les
Fiançailles furent faites par
Monsieur le Cardinal de
Janson, Grand Aumônier
de France.
Le Lendemain 6. le Ma-, -
riage fut célébré dans la
Chapelle du Chasteau par
le même Cardinal en presence
du Roy, de tous les
Princes, & de toutes leg
Princenes. Le soitil y eut un
grand repas dans le Salon de
l'Appartement du Roy; ils
estoient28. à tablé, Princes
& Princesses de la Maison
Royale. Messieurs les
Prince de Dombes & le
Comte d'Eu, ausquels le
Roy a accordé les mêmes
honneurs qu'a Monsieur le
Duc du Maine leur pere,
y estoientaussi dans leur
rang.
Le Roy estoit au bout
d'une Table dont la droite
& la gauche estoient reçat
plies dans l'ordre qui suit. -
LE ROY.
A la droite du R.
Monseigneur.
Madame la Duchesse de
Bourgogne.
Madame laDuchesse de
Berry.
MonsieurleDuc d'Orleans.
Madame la Grande DuchcITC.
Madame la Princesse.
Madame la Princesse de
Conty ancienne Doüair icrc.
Mosieur le Prince de
Conty.
Mademoiselle de Valois.
de Charollois.
Madame la Duchesse de
Vendosme.
Mademoiselle de la Roche-
sur-Yon.
Monsieur le Prince de
Dombes.
Monsieur le Comte de
Toulouse.
A la gauche du Roy.
Monseigneur le Duc de
Bourgogne.
Monseigneur leDucde
Berry.
Madame.
Madame la Duchesse
d'Orléans.
Monsieur le Duc de
Chartres.
Monsieur le Comtede
Charollois.
Madame la Princesse de
Conty nouvelle Doüairiere.
Mademoiselle deChartres
Mademoiselle de Bourbon.
Madame la Duchesse du
Maine.
Mademoiselle de Conty.
Monsieur le Duc du Maine,
Monsieur le Comte
d'Eu.
*
Le 7. Monseigneur le
Duc & Madame la Duchesse
de Berry furent vificez
par le Roy, par Monseigneur
le Dauphin par tous
les autres Princes & Princesses
& par les Grands de la
1
Cour; la KeinedAngleterre
y vint aussi de Chaillot.
Le 8. ils furent visitez pal:
les Ambassadeurs & Ministrçs
Etrangers, & le .9. par
le Prevost des Marchands &
Echevins de la VilledeParis,
qui firent à Madame la buchesse
de Berry les presens
accoûtutnez en pareilles occafions.
Voicy l'Extrait des
Lettres d'Appanage.
Le Roy ayant fait inviter
par MrDesgranges,
Maître des Ceremonies,
les Princes & Princesses de
la Maison Royale,au Mariage
de Monseigneur le
Duc de Berry avec Mademoiselle
,
ils se trouvèrent
tous à Versailles le 5. de ce
mois. Le mêmejourleContrat
fut signé dans le Cabi-
O net du Roy,& ensuite les
Fiançailles furent faites par
Monsieur le Cardinal de
Janson, Grand Aumônier
de France.
Le Lendemain 6. le Ma-, -
riage fut célébré dans la
Chapelle du Chasteau par
le même Cardinal en presence
du Roy, de tous les
Princes, & de toutes leg
Princenes. Le soitil y eut un
grand repas dans le Salon de
l'Appartement du Roy; ils
estoient28. à tablé, Princes
& Princesses de la Maison
Royale. Messieurs les
Prince de Dombes & le
Comte d'Eu, ausquels le
Roy a accordé les mêmes
honneurs qu'a Monsieur le
Duc du Maine leur pere,
y estoientaussi dans leur
rang.
Le Roy estoit au bout
d'une Table dont la droite
& la gauche estoient reçat
plies dans l'ordre qui suit. -
LE ROY.
A la droite du R.
Monseigneur.
Madame la Duchesse de
Bourgogne.
Madame laDuchesse de
Berry.
MonsieurleDuc d'Orleans.
Madame la Grande DuchcITC.
Madame la Princesse.
Madame la Princesse de
Conty ancienne Doüair icrc.
Mosieur le Prince de
Conty.
Mademoiselle de Valois.
de Charollois.
Madame la Duchesse de
Vendosme.
Mademoiselle de la Roche-
sur-Yon.
Monsieur le Prince de
Dombes.
Monsieur le Comte de
Toulouse.
A la gauche du Roy.
Monseigneur le Duc de
Bourgogne.
Monseigneur leDucde
Berry.
Madame.
Madame la Duchesse
d'Orléans.
Monsieur le Duc de
Chartres.
Monsieur le Comtede
Charollois.
Madame la Princesse de
Conty nouvelle Doüairiere.
Mademoiselle deChartres
Mademoiselle de Bourbon.
Madame la Duchesse du
Maine.
Mademoiselle de Conty.
Monsieur le Duc du Maine,
Monsieur le Comte
d'Eu.
*
Le 7. Monseigneur le
Duc & Madame la Duchesse
de Berry furent vificez
par le Roy, par Monseigneur
le Dauphin par tous
les autres Princes & Princesses
& par les Grands de la
1
Cour; la KeinedAngleterre
y vint aussi de Chaillot.
Le 8. ils furent visitez pal:
les Ambassadeurs & Ministrçs
Etrangers, & le .9. par
le Prevost des Marchands &
Echevins de la VilledeParis,
qui firent à Madame la buchesse
de Berry les presens
accoûtutnez en pareilles occafions.
Voicy l'Extrait des
Lettres d'Appanage.
Fermer
Résumé : Mariage de Monseigneur le Duc de Berry. [titre d'après la table]
Le 5 juillet, le roi organisa le mariage de Monseigneur le Duc de Berry avec Mademoiselle. Le contrat fut signé dans le cabinet royal, et les fiançailles furent bénies par le Cardinal de Janson. Le lendemain, la cérémonie nuptiale eut lieu dans la chapelle du château, en présence du roi et des membres de la Maison Royale. Un grand repas fut servi dans le salon de l'appartement royal, réunissant 28 personnes, dont les princes et princesses de la Maison Royale, ainsi que les princes de Dombes et le comte d'Eu. Le roi présida le repas, entouré des membres de la famille royale selon un ordre précis. Les jours suivants, le Duc et la Duchesse de Berry reçurent des visites de courtoisie, notamment de la reine d'Angleterre, des ambassadeurs étrangers et des représentants de la ville de Paris, qui offrirent des présents à la Duchesse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
800
p. 121-141
AUTRES NOUVELLES de Juillet.
Début :
De Paris le 3. Juillet. LE 2. JUILLET, le Roy [...]
Mots clefs :
Roi, Parlement, Évêché, Toulouse, Montmorin, Martyrs, Cardinal, Abbaye, Maréchal, Conversion, Paris, Versailles, Agde
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRES NOUVELLES de Juillet.
AUTRES NOUVELLES
Ac Juillet.
De Parie le Juillet.
Lei. JUILLET, leRoy
a donné à Mr le Maréchal
de Villars, les Gouvernements
desVilles,Pays3 &,
Evêchez de Metz, ôc-de
Verdun, & de la Citadelle
de la première deces Villes.
Ces Gouvernementsvacquoient
par la mort deMr
dejoyeuse.
DeParùlej.juillet.
LE 3. JUILLET, Monsieur
le Cardinal de Jansonn,
Grand-Aumônier de
France, administra les ceremoniesdu
Baptême a
Monsieur le Duc de Chartres.
Monseigneur le Duc de
Bourgogne fut le Parrain,
& Madame, la Marraine;
ils le nommèrent LOUIS.
Mademoisellede Valois
reçut aum les cérémonies
du Baptême.
Elle fut tenuë par Monseigneur
le Duc de Berry,
&: par Mademoiselle qui
la nommerent Charlotte-
Aglaé.
A l'occauon du nom
,d'Aglaé:l je diray deux mots
de la conversion de cette
Sainte,parce que cette conversionest
fort singuliere,
& peu connue Mr l'Abbé
Fleury en parle dans son
Histoire de l'Eglise.
- Je vous donne cette Di.
gression historique, seulement
comme un essay des
soins queje prendray pour
varier mes nouvelles. Je
saisiray la moindre occasion
: le nom d'une Ville
ou d'une Famille suffira
pour me faire citer quel
-
questraitscurieux ou d'histoireoud'érudition.
Enun
mot avec le temps je vous
donneray millechoses que
je ne vous promets point;
mais pour me dédommager
jemanquerayquelquefois
à vous donnerce queje
vous auray promis.
CONVERSIOND'AGLAE
AGlaé, Dame Romaine
,
fille d'Alsace
,
qui avoitesléProconsul,
& si riche quelleavoit
un grand nombre d'Intendarits,
trouva tant de
méritéa Fund'eux, quelle
l'aima passionément,
f5 réfiolut de l'époufer.
rUnefeule difficultél'arressoit.
Cet Intendtlnt qui
avoit nom BonavenrureMépriroitfortles
Chre-
Jïiens que l'onperfecutoit
alors en Oriént. Àglaé au
contraire
> ne parloit au
jeune Pajen que de laferveur
des Chrestiens pour
le Dieu qu'ils adoroient.
Elle luy ordonnad'aller
luy-même en Orient, f5
de Imy apporter des Reli
ques de ces Saints Martyrs
dontonparIcittant a
Rome) & IUJI déclara
quellene repoujeroitpoine
qu'il ne lujen eutappor-
,
té. luy en eut appor-
Bonaventurefut forcé
d'obeir.AglaéluYdonna
des équipagesr/Jagnijiques,
ê5 des parfumspour
embaumer un de ces corps
Saints quelle vouloitvoiy
ahfolur/Jellt. Bonaventure
part;Aglaé¡¡ttendJon
retour avec impatience;
elle ne doute point qu'il
ne revienne Chretlien dés
quil aura vu ce nombre'
infini de Martyrs.Bonaventure
arrive dans la
* ville de Tharfi
,
e5 voit
en effet tant de Martyrs
& tant de miracles, quetouché
de ces grands cxemples
3
il voulut les
suivre.IlfutJepresenter
au Tyran j il se déclara
Cbreftien, eS ilfutlivré
aux tourments,ou avant
que d'expirer il ordonna
à Ces gens de porter fort
corps a Aglaepouracheverde
la convertir.
Cela fut executé; le
Cc(o)rrtetgeegearrivaaRRoommee'
avec la mêmepompe qu -
jigléavoit ordonnée pour
apporter le corps d'un
Martyr. Dti, plus- loinquelle
le vit, trarjortée
dejoyeelle courut au devant
des Reliques qu'elle
attendott ; mais trouvant
à leur place celuy quelle
dévottépoufer3quellefÙrj
j' -'
prijt! elle enJut frappee
>
comme d'un coup de foudre
iînats ce fut un coup
heureux de la grâce, qui
d'Aglaé Payenne encore
jusqua ce jour, sa une
grande Sainte que noas
honorons.
De Versailles le n.-Juillet,
LE II. JUILLET, le
Roy a nommé à l'Archevesché
de Reims,Mr l'Archevesque
d'Arles.
Il est de la Maison de lit Mailly, frere de Mr l'Evesque
de Lavaur;de Me de
Mailly, Prieure perpétuelle
à la nomination duRoy,
du Monastere Royal de
S. Louis dePoissy ,&de
Me de Mailly Religieuse à
Longchamps
LEIF.JUILLET,leRoy
a nommé à l'Evescl é de
Seez
,
Mr l'Abbé Turgot,
Aumosnier de Sa Majessé.
IlaestéAgent duClergé
«LE II.JUILLET;leRoy,
a nomme a l'Evéché de
Vabres
,
Mr l'Abbé de la
Chapelle
,
Grand-Vicaire
deMende.
Il étoit Député à laderniere
Assemblée du Cler-
•
gé"
LEII.JUILLET,leRoy
a nommé à l'Evesché de
Comminges
,
Mr l'Abbé
du Boucher.
Ilest de S.Pourçainen
Auvergne, & il se nomme
Gabriel Olivier de Nubieres
du Boucher.
LEII. JUI LLET,Roy
a nomméàl'Evêché d'Aire
y
Mr l'Abbé de Montmorin,,
Grand-Vicaire de
Vienne.
Il est de la Maison de
S. Heran de Montmorin.
La Terre de Montmorin
est l'une des quatre premières
& plus anciennes
Baronies d'Auvergne.
LEII.JUI LLET,leRoy
a nommé à l'Evesché d'Autun
,
Mr l'Abbé de Dromesnil
,
Aumosnier de Sa
Majesté.
Mr l'Abbé de Maulévrier
aussi Aumosuier de
Sa Majesté, qui avoit cydevant
elle nomme a cet
Evesché, s'en étoit démis
volontairement.
Mr l'Abbé de Dromefnil
est proche parent de
Mr le Maréchal de Bout
fiers.
LEII. JUILLET,leRoy
a nommé à l'Evesché de
Nismes, Mr l'Abbé de la
Parifiere.
Il est parentde Mr l'Archevefque
de Rouen.
Le Roya donné sur cet
Evesché, une pension à Mr
l'Abbé du Doucet, fils de
Mrepierre du Doucet, Chepalier
Seigneur de Cussac,
d'uneancienne noblesse de
Poitou.
LElLiE.J1U1JuIiLLLLEETT.J, IeeRRooyy
a nomméà l'Evesché d'Evreux,
Mr l'Abbé le Normand
,Chanoine de Saine
Honoréa & Officiai de
Paris.
Il est parent de Mr le
Normand Fermier General.
LE 11. JuiLLETJeRoy
a donné l'Abbaye de Saint
Remy de Reims, à Mrle
Cardinal Gualteri'o.
Il a esté Vice-Legat
d'Avignon ,&ensuite
Nonce du Pape en France.
LF-II.JUILLET,leRoy
a donnél'Abbaye de Saint
Etienne de Caen à Mrle
Cardinal delaTrimoille.
Cette Abbaye est dans
le Diocese de Bayeux, de
l'Ordre de S. Benoist,&
de la Congregation de
S. Maur;elleavoit été fondée
par Guillaume le Conquérant
Roy d'Angleterre.
i
DeParisle 13.Juillet.
LE 12. JUI LLET, Mre
François Berthier, ChevalierSeigneur
de S. Géniés,
cy -devant Avocat
General au Parlement de
Toulouse,innommépremier
President au Parlement de
Pau en 17°. a été fait Premier
President du Parlement
de Toulouse par la
démission volontaire de
Mre Alexandre Morant
que Ces incommoditez ont
obligé de se retirer.
On trouve le nom de
Berthier dans les Fastes de
la ville de Toulouse du18e
siecle
-$
& dans les Registres
du Parlement du icc
siecle.
Les Annales Ecclesiastiques
font mention de cinq
Prelats que cette Maison a
donnez à l'Eglise, dont il
y a eu aussi-
Un Chancelier de la
Reine Marguerite, qui
estoit en mesme temps
Conseiller d'Etat.
Un premier President:
du Parlement deToulouse,
outre celuy qui donne lieu
à cet Article.
Deux Presidents a Mortier
,
& plusieurs autres
Magistrats.
c? 4
D'Agde en Languedoc
le 14. Jurllet.
LE 13. JUILLET
,
Mr
( l'Abbé Maboul Evesque
dAlet fut sacré dans FEglise
Cathedrale de cette
Vilie, par les mains de Mr
l'Evesqued'Agde,a{ïifté
de Mrs les Evesques de
Beziers & de Castres.
De Paris le 15
,
Juillet. -
LE 15. JUI llet ,
Mr - l'Abbé Anselme a esté reçu
à l'Académie des Médailles
&Inscriptions.
De Paris le 16.Juillet,
Le.Juillet,le
Roya nomme Me la Duchesse
de S. Simon
,
fille
de feu Mr le Maréchal de
Lorge, Dame d'Honneur
de Madame la Duchesse
deBerry. : 1
MedelaVieuville,Da
med'Atour. \1.
Et Mled'Aveze premiere
Femme de Chambre.
Autre interruption
de Nouvelles. Je les interromps
icy par pure
envie de les interrompre,
c'est- d ire, pour
varier.
Ac Juillet.
De Parie le Juillet.
Lei. JUILLET, leRoy
a donné à Mr le Maréchal
de Villars, les Gouvernements
desVilles,Pays3 &,
Evêchez de Metz, ôc-de
Verdun, & de la Citadelle
de la première deces Villes.
Ces Gouvernementsvacquoient
par la mort deMr
dejoyeuse.
DeParùlej.juillet.
LE 3. JUILLET, Monsieur
le Cardinal de Jansonn,
Grand-Aumônier de
France, administra les ceremoniesdu
Baptême a
Monsieur le Duc de Chartres.
Monseigneur le Duc de
Bourgogne fut le Parrain,
& Madame, la Marraine;
ils le nommèrent LOUIS.
Mademoisellede Valois
reçut aum les cérémonies
du Baptême.
Elle fut tenuë par Monseigneur
le Duc de Berry,
&: par Mademoiselle qui
la nommerent Charlotte-
Aglaé.
A l'occauon du nom
,d'Aglaé:l je diray deux mots
de la conversion de cette
Sainte,parce que cette conversionest
fort singuliere,
& peu connue Mr l'Abbé
Fleury en parle dans son
Histoire de l'Eglise.
- Je vous donne cette Di.
gression historique, seulement
comme un essay des
soins queje prendray pour
varier mes nouvelles. Je
saisiray la moindre occasion
: le nom d'une Ville
ou d'une Famille suffira
pour me faire citer quel
-
questraitscurieux ou d'histoireoud'érudition.
Enun
mot avec le temps je vous
donneray millechoses que
je ne vous promets point;
mais pour me dédommager
jemanquerayquelquefois
à vous donnerce queje
vous auray promis.
CONVERSIOND'AGLAE
AGlaé, Dame Romaine
,
fille d'Alsace
,
qui avoitesléProconsul,
& si riche quelleavoit
un grand nombre d'Intendarits,
trouva tant de
méritéa Fund'eux, quelle
l'aima passionément,
f5 réfiolut de l'époufer.
rUnefeule difficultél'arressoit.
Cet Intendtlnt qui
avoit nom BonavenrureMépriroitfortles
Chre-
Jïiens que l'onperfecutoit
alors en Oriént. Àglaé au
contraire
> ne parloit au
jeune Pajen que de laferveur
des Chrestiens pour
le Dieu qu'ils adoroient.
Elle luy ordonnad'aller
luy-même en Orient, f5
de Imy apporter des Reli
ques de ces Saints Martyrs
dontonparIcittant a
Rome) & IUJI déclara
quellene repoujeroitpoine
qu'il ne lujen eutappor-
,
té. luy en eut appor-
Bonaventurefut forcé
d'obeir.AglaéluYdonna
des équipagesr/Jagnijiques,
ê5 des parfumspour
embaumer un de ces corps
Saints quelle vouloitvoiy
ahfolur/Jellt. Bonaventure
part;Aglaé¡¡ttendJon
retour avec impatience;
elle ne doute point qu'il
ne revienne Chretlien dés
quil aura vu ce nombre'
infini de Martyrs.Bonaventure
arrive dans la
* ville de Tharfi
,
e5 voit
en effet tant de Martyrs
& tant de miracles, quetouché
de ces grands cxemples
3
il voulut les
suivre.IlfutJepresenter
au Tyran j il se déclara
Cbreftien, eS ilfutlivré
aux tourments,ou avant
que d'expirer il ordonna
à Ces gens de porter fort
corps a Aglaepouracheverde
la convertir.
Cela fut executé; le
Cc(o)rrtetgeegearrivaaRRoommee'
avec la mêmepompe qu -
jigléavoit ordonnée pour
apporter le corps d'un
Martyr. Dti, plus- loinquelle
le vit, trarjortée
dejoyeelle courut au devant
des Reliques qu'elle
attendott ; mais trouvant
à leur place celuy quelle
dévottépoufer3quellefÙrj
j' -'
prijt! elle enJut frappee
>
comme d'un coup de foudre
iînats ce fut un coup
heureux de la grâce, qui
d'Aglaé Payenne encore
jusqua ce jour, sa une
grande Sainte que noas
honorons.
De Versailles le n.-Juillet,
LE II. JUILLET, le
Roy a nommé à l'Archevesché
de Reims,Mr l'Archevesque
d'Arles.
Il est de la Maison de lit Mailly, frere de Mr l'Evesque
de Lavaur;de Me de
Mailly, Prieure perpétuelle
à la nomination duRoy,
du Monastere Royal de
S. Louis dePoissy ,&de
Me de Mailly Religieuse à
Longchamps
LEIF.JUILLET,leRoy
a nommé à l'Evescl é de
Seez
,
Mr l'Abbé Turgot,
Aumosnier de Sa Majessé.
IlaestéAgent duClergé
«LE II.JUILLET;leRoy,
a nomme a l'Evéché de
Vabres
,
Mr l'Abbé de la
Chapelle
,
Grand-Vicaire
deMende.
Il étoit Député à laderniere
Assemblée du Cler-
•
gé"
LEII.JUILLET,leRoy
a nommé à l'Evesché de
Comminges
,
Mr l'Abbé
du Boucher.
Ilest de S.Pourçainen
Auvergne, & il se nomme
Gabriel Olivier de Nubieres
du Boucher.
LEII. JUI LLET,Roy
a nomméàl'Evêché d'Aire
y
Mr l'Abbé de Montmorin,,
Grand-Vicaire de
Vienne.
Il est de la Maison de
S. Heran de Montmorin.
La Terre de Montmorin
est l'une des quatre premières
& plus anciennes
Baronies d'Auvergne.
LEII.JUI LLET,leRoy
a nommé à l'Evesché d'Autun
,
Mr l'Abbé de Dromesnil
,
Aumosnier de Sa
Majesté.
Mr l'Abbé de Maulévrier
aussi Aumosuier de
Sa Majesté, qui avoit cydevant
elle nomme a cet
Evesché, s'en étoit démis
volontairement.
Mr l'Abbé de Dromefnil
est proche parent de
Mr le Maréchal de Bout
fiers.
LEII. JUILLET,leRoy
a nommé à l'Evesché de
Nismes, Mr l'Abbé de la
Parifiere.
Il est parentde Mr l'Archevefque
de Rouen.
Le Roya donné sur cet
Evesché, une pension à Mr
l'Abbé du Doucet, fils de
Mrepierre du Doucet, Chepalier
Seigneur de Cussac,
d'uneancienne noblesse de
Poitou.
LElLiE.J1U1JuIiLLLLEETT.J, IeeRRooyy
a nomméà l'Evesché d'Evreux,
Mr l'Abbé le Normand
,Chanoine de Saine
Honoréa & Officiai de
Paris.
Il est parent de Mr le
Normand Fermier General.
LE 11. JuiLLETJeRoy
a donné l'Abbaye de Saint
Remy de Reims, à Mrle
Cardinal Gualteri'o.
Il a esté Vice-Legat
d'Avignon ,&ensuite
Nonce du Pape en France.
LF-II.JUILLET,leRoy
a donnél'Abbaye de Saint
Etienne de Caen à Mrle
Cardinal delaTrimoille.
Cette Abbaye est dans
le Diocese de Bayeux, de
l'Ordre de S. Benoist,&
de la Congregation de
S. Maur;elleavoit été fondée
par Guillaume le Conquérant
Roy d'Angleterre.
i
DeParisle 13.Juillet.
LE 12. JUI LLET, Mre
François Berthier, ChevalierSeigneur
de S. Géniés,
cy -devant Avocat
General au Parlement de
Toulouse,innommépremier
President au Parlement de
Pau en 17°. a été fait Premier
President du Parlement
de Toulouse par la
démission volontaire de
Mre Alexandre Morant
que Ces incommoditez ont
obligé de se retirer.
On trouve le nom de
Berthier dans les Fastes de
la ville de Toulouse du18e
siecle
-$
& dans les Registres
du Parlement du icc
siecle.
Les Annales Ecclesiastiques
font mention de cinq
Prelats que cette Maison a
donnez à l'Eglise, dont il
y a eu aussi-
Un Chancelier de la
Reine Marguerite, qui
estoit en mesme temps
Conseiller d'Etat.
Un premier President:
du Parlement deToulouse,
outre celuy qui donne lieu
à cet Article.
Deux Presidents a Mortier
,
& plusieurs autres
Magistrats.
c? 4
D'Agde en Languedoc
le 14. Jurllet.
LE 13. JUILLET
,
Mr
( l'Abbé Maboul Evesque
dAlet fut sacré dans FEglise
Cathedrale de cette
Vilie, par les mains de Mr
l'Evesqued'Agde,a{ïifté
de Mrs les Evesques de
Beziers & de Castres.
De Paris le 15
,
Juillet. -
LE 15. JUI llet ,
Mr - l'Abbé Anselme a esté reçu
à l'Académie des Médailles
&Inscriptions.
De Paris le 16.Juillet,
Le.Juillet,le
Roya nomme Me la Duchesse
de S. Simon
,
fille
de feu Mr le Maréchal de
Lorge, Dame d'Honneur
de Madame la Duchesse
deBerry. : 1
MedelaVieuville,Da
med'Atour. \1.
Et Mled'Aveze premiere
Femme de Chambre.
Autre interruption
de Nouvelles. Je les interromps
icy par pure
envie de les interrompre,
c'est- d ire, pour
varier.
Fermer
Résumé : AUTRES NOUVELLES de Juillet.
En juillet, plusieurs événements et nominations ont eu lieu. Le roi a attribué au Maréchal de Villars les gouvernements des villes, pays et évêchés de Metz, Verdun, et la citadelle de Metz, suite au décès de Monsieur de Joyeuse. Le Cardinal de Janson a administré le baptême au Duc de Chartres, nommé Louis, avec le Duc de Bourgogne comme parrain et Madame comme marraine. Mademoiselle de Valois a été baptisée Charlotte-Aglaé par le Duc de Berry et Mademoiselle. Le texte mentionne également la conversion de Sainte Aglaé, une dame romaine qui a converti son fiancé Bonaventure au christianisme. Le roi a nommé plusieurs prélats à divers évêchés : Monsieur l'Archevêque d'Arles à Reims, l'Abbé Turgot à Seez, l'Abbé de la Chapelle à Vabres, l'Abbé du Boucher à Comminges, l'Abbé de Montmorin à Aire, l'Abbé de Dromesnil à Autun, l'Abbé de la Parisière à Nîmes, et l'Abbé le Normand à Évreux. Le Cardinal Gualterio a reçu l'Abbaye de Saint-Rémy de Reims, et le Cardinal de la Trémoille celle de Saint-Étienne de Caen. François Berthier, ancien Avocat Général au Parlement de Toulouse, a été nommé Premier Président du Parlement de Toulouse. L'Abbé Maboul a été sacré évêque d'Alet. Enfin, la Duchesse de Saint-Simon a été nommée Dame d'Honneur de Madame la Duchesse de Berry, et Mademoiselle de Vieuville et Mademoiselle d'Avezé ont été nommées premières femmes de chambre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer