Résultats : 856 texte(s)
Détail
Liste
151
p. 601-602
« Le 9 de ce mois, les Députez des Etats d'Artois [...] »
Début :
Le 9 de ce mois, les Députez des Etats d'Artois [...]
Mots clefs :
Princesse de Conti, Audience du roi, Comédiens-Italiens
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texteReconnaissance textuelle : « Le 9 de ce mois, les Députez des Etats d'Artois [...] »
RANCE,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &C.
E 9 de ce mois , les Députez des Etats
d'Artois eurent audiance du Roy ,
étant présentés par le Duc d'Elbeuf, Gouverneur de la Province , et par M. d'Angervilliers , Ministre et Secretaire d'Etat.
Ils y furent conduits en la maniere accoutumée , par le Grand-Maître et le Maî
tre des Cérémonies. La Députation étoit
composée de l'Abbé de Ruissauvaille
pour le Clergé , qui porta la parole ; du
Comte de Louvignies pour la Noblesse
et de M. Henin , Echevin de la Ville
d'Arras pour le Tiers Etat.
La Princesse de Conti , seconde Douairiere, ayant demandé par son Testament
d'être enterrée sans aucune des Cérémo
nies qui s'observent après la mort des Princesses du Sang, son corps qui avoit été embaumé le 22 de Fév. ne fut exposé dans
son Hôtel que le 28. Ce jour-là , vers les
9 heures du soir , il fut porté en Carosse
à
602 MERCURE DE FRANCE
à l'Eglise de S. André des Arcs , et il furt
presenté au Curé par l'Evêque de Leitoure qui étoit accompagné du Curé de
la Paroisse de S. Sulpice. La Princesse de
de Conty , troisiéme Doüairiere , accòmpagnée de la Princesse de Conty, sa bellefille , de la Princesse de Lambesc , et de
la Princesse de Lixin , menoit le Deüil.
Après les Prieres ordinaires , le Corps de
la Princesse de Conty fut mis dans le
Caveau où est le Corps du Prince son
Epoux.
Le Marquis de Vaugrenant , que le
Roi a nommé son Ambassadeur auprès
du Roy de Sardaigne , prit congé de
S. M. le 18. de ce mois , et il partira incessamment pour se rendre à Turin.
Le Roy a donné le Gouvernement de
Boüay au Comte de Beauvau , Chevalier des Ordres de S. M. Lieutenant General de ses Armées , et Directeur General de Cavalerie , et celui des Iles de
sainte Marguerite et de S. Honorat , au
Marquis de Dreux , Grand-Maître des
Ceremonies de France , et Lieutenant
General des Armées du Roy.
Le premier Mars , les Comédiens ItaHens représenterent à la Cour la Double
In-
MARS. 17328 63
Inconstance , et la petite Piece nouvelle
de la Critique.
Le 8. Le Prince Travesti , et la Veuve
Coquette.
Le 15. La Piéce nouvelle du Triomphe
de l'Amour, et Agnès de Chaillot.
+
Le 22: Démocrite , prétendu Fon , et le
Retour de Tendresse.
Le Mardy 4. les Comédiens François
représenterent à la Cour , Espritfolet, et
l'Esprit de contradiction.
Le 6. Les Ménechmes , et le Deuil.
Le 11. Agrippa , ou le Faux Tiberinus,
et Crispin , Rival de son Maître.
Le 13. Le Flateur , et le Mariageforce".
Le 18. Phedre et Hyppolite, et la Comtesse d'Escarbagnas.
Le 20. La Réconciliation Normande , et
La Tontine.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &C.
E 9 de ce mois , les Députez des Etats
d'Artois eurent audiance du Roy ,
étant présentés par le Duc d'Elbeuf, Gouverneur de la Province , et par M. d'Angervilliers , Ministre et Secretaire d'Etat.
Ils y furent conduits en la maniere accoutumée , par le Grand-Maître et le Maî
tre des Cérémonies. La Députation étoit
composée de l'Abbé de Ruissauvaille
pour le Clergé , qui porta la parole ; du
Comte de Louvignies pour la Noblesse
et de M. Henin , Echevin de la Ville
d'Arras pour le Tiers Etat.
La Princesse de Conti , seconde Douairiere, ayant demandé par son Testament
d'être enterrée sans aucune des Cérémo
nies qui s'observent après la mort des Princesses du Sang, son corps qui avoit été embaumé le 22 de Fév. ne fut exposé dans
son Hôtel que le 28. Ce jour-là , vers les
9 heures du soir , il fut porté en Carosse
à
602 MERCURE DE FRANCE
à l'Eglise de S. André des Arcs , et il furt
presenté au Curé par l'Evêque de Leitoure qui étoit accompagné du Curé de
la Paroisse de S. Sulpice. La Princesse de
de Conty , troisiéme Doüairiere , accòmpagnée de la Princesse de Conty, sa bellefille , de la Princesse de Lambesc , et de
la Princesse de Lixin , menoit le Deüil.
Après les Prieres ordinaires , le Corps de
la Princesse de Conty fut mis dans le
Caveau où est le Corps du Prince son
Epoux.
Le Marquis de Vaugrenant , que le
Roi a nommé son Ambassadeur auprès
du Roy de Sardaigne , prit congé de
S. M. le 18. de ce mois , et il partira incessamment pour se rendre à Turin.
Le Roy a donné le Gouvernement de
Boüay au Comte de Beauvau , Chevalier des Ordres de S. M. Lieutenant General de ses Armées , et Directeur General de Cavalerie , et celui des Iles de
sainte Marguerite et de S. Honorat , au
Marquis de Dreux , Grand-Maître des
Ceremonies de France , et Lieutenant
General des Armées du Roy.
Le premier Mars , les Comédiens ItaHens représenterent à la Cour la Double
In-
MARS. 17328 63
Inconstance , et la petite Piece nouvelle
de la Critique.
Le 8. Le Prince Travesti , et la Veuve
Coquette.
Le 15. La Piéce nouvelle du Triomphe
de l'Amour, et Agnès de Chaillot.
+
Le 22: Démocrite , prétendu Fon , et le
Retour de Tendresse.
Le Mardy 4. les Comédiens François
représenterent à la Cour , Espritfolet, et
l'Esprit de contradiction.
Le 6. Les Ménechmes , et le Deuil.
Le 11. Agrippa , ou le Faux Tiberinus,
et Crispin , Rival de son Maître.
Le 13. Le Flateur , et le Mariageforce".
Le 18. Phedre et Hyppolite, et la Comtesse d'Escarbagnas.
Le 20. La Réconciliation Normande , et
La Tontine.
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Résumé : « Le 9 de ce mois, les Députez des Etats d'Artois [...] »
Le 9 mars, les députés des États d'Artois furent reçus par le roi, accompagnés par le duc d'Elbeuf et M. d'Angervilliers. La délégation incluait l'abbé de Ruissauvaille pour le clergé, le comte de Louvignies pour la noblesse, et M. Henin pour le tiers état. La princesse de Conti, seconde douairière, avait demandé à être enterrée sans cérémonies. Son corps, embaumé le 22 février, fut exposé le 28 mars et transporté à l'église de Saint-André-des-Arts. La princesse de Conti, troisième douairière, mena le deuil, accompagnée de plusieurs princesses. Après les prières, le corps fut placé dans le caveau où reposait son époux. Le marquis de Vaugrenant, nommé ambassadeur auprès du roi de Sardaigne, prit congé le 18 mars et partit pour Turin. Le roi attribua le gouvernement de Bouay au comte de Beauvau et celui des îles de Sainte-Marguerite et de Saint-Honorat au marquis de Dreux. En mars, les comédiens italiens représentèrent plusieurs pièces à la cour, dont 'La Double Inconstance' et 'La Critique'. Les comédiens français jouèrent également diverses pièces, comme 'Espritfolet', 'Les Ménechmes', 'Phedre et Hyppolite', et 'La Réconciliation Normande'.
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152
p. 602-603
Couches de la Reine, [titre d'après la table]
Début :
Le 22 de ce mois, la Reine qui étoit entrée [...]
Mots clefs :
Reine, Couches
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texteReconnaissance textuelle : Couches de la Reine, [titre d'après la table]
Le 22 de ce mois , la Reine qui étoit
entrée depuis quelques jours dans le 9
mois de sa grossesse , sentit quelques.dou- leurs pour accoucher. On dépêcha un
Courrier au Roy , qui étoit à la Chasse
dans les Bois de Verrieres , à quatre lieuës
de Versailles, S.M. quitta la Chasse et revint dans l'instant au Château de Versaille , et sans s'arrêter , le Roy monta à l'ap
I parte
694 MERCURE DE FRANCE
,
partement de la Reine. Cependant les
douleurs , quoique vives , se calmerent ,
et la Reine passa la nuit tranquillement;
mais le Dimanche 23 Mars , les douleurs
ayant recommencé à une heure après
midi , la Reine accoucha heureusement à
cinq heures , d'une Princesse qui fut ondoyée par le Cardinal de Rohan , GrandAumônier de France,en présence du Curé
de la Paroisse du Château de Versailles.
Après la Cérémonie , cette Princesse fut
portée dans son appartement , par la Duchesse de Talard , Gouvernante des Enfans de France. La Reine se porte aussibien qu'on puisse le désirer
entrée depuis quelques jours dans le 9
mois de sa grossesse , sentit quelques.dou- leurs pour accoucher. On dépêcha un
Courrier au Roy , qui étoit à la Chasse
dans les Bois de Verrieres , à quatre lieuës
de Versailles, S.M. quitta la Chasse et revint dans l'instant au Château de Versaille , et sans s'arrêter , le Roy monta à l'ap
I parte
694 MERCURE DE FRANCE
,
partement de la Reine. Cependant les
douleurs , quoique vives , se calmerent ,
et la Reine passa la nuit tranquillement;
mais le Dimanche 23 Mars , les douleurs
ayant recommencé à une heure après
midi , la Reine accoucha heureusement à
cinq heures , d'une Princesse qui fut ondoyée par le Cardinal de Rohan , GrandAumônier de France,en présence du Curé
de la Paroisse du Château de Versailles.
Après la Cérémonie , cette Princesse fut
portée dans son appartement , par la Duchesse de Talard , Gouvernante des Enfans de France. La Reine se porte aussibien qu'on puisse le désirer
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Résumé : Couches de la Reine, [titre d'après la table]
Le 22 mars, la Reine, enceinte de neuf mois, ressentit des douleurs annonçant l'accouchement. Le Roi, informé, revint immédiatement au château de Versailles. Après une nuit tranquille, la Reine accoucha le 23 mars à cinq heures d'une princesse. Le Cardinal de Rohan procéda à l'ondoiement en présence du curé de Versailles. La Reine se portait bien.
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153
p. 603-604
« Le 24 Mars, la Lotterie de la Compagnie des Indes, [...] »
Début :
Le 24 Mars, la Lotterie de la Compagnie des Indes, [...]
Mots clefs :
Loterie de la Compagnie des Indes, Fête de l'Annonciation de la Vierge
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texteReconnaissance textuelle : « Le 24 Mars, la Lotterie de la Compagnie des Indes, [...] »
Le 24 Mars , la Lotterie de la Compa
gnie des Indes , établie pour le rembour
sement des Actions , fut tirée en la maniere accoutumée , à l'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros gagnans ,
des Actions et dixièmes d'Actions , qui
doivent être remboursées , a été renduë
publique. Elle fait en tout le nombre de
304 Actions.
Le 25 , Fête de l'Annonciation de la
Vierge , il y eut Concert spirituel au Château des Tuilleries. Il commença par
Exurgat Deus, Motet de M. de la Lande.
尊
On
MARS. 1732 605
On chanta ensuite plusieurs petits Motets , qui furent suivis de differentés pieces de Symphonies , exécutées d'une maniere tres brillante , par d'excellens Maî
treses.Le .Le Concertfut terminé par le Cantate,
qui est un des beaux Motets du même Auteur
gnie des Indes , établie pour le rembour
sement des Actions , fut tirée en la maniere accoutumée , à l'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros gagnans ,
des Actions et dixièmes d'Actions , qui
doivent être remboursées , a été renduë
publique. Elle fait en tout le nombre de
304 Actions.
Le 25 , Fête de l'Annonciation de la
Vierge , il y eut Concert spirituel au Château des Tuilleries. Il commença par
Exurgat Deus, Motet de M. de la Lande.
尊
On
MARS. 1732 605
On chanta ensuite plusieurs petits Motets , qui furent suivis de differentés pieces de Symphonies , exécutées d'une maniere tres brillante , par d'excellens Maî
treses.Le .Le Concertfut terminé par le Cantate,
qui est un des beaux Motets du même Auteur
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Résumé : « Le 24 Mars, la Lotterie de la Compagnie des Indes, [...] »
Le 24 mars 1732, la Lotterie de la Compagnie des Indes a attribué 304 actions. Le 25 mars, un concert spirituel a eu lieu au Château des Tuileries. Il a commencé avec le motet 'Exurgat Deus' de M. de la Lande et s'est conclu par une cantate. Divers motets et symphonies ont été interprétés par des maîtres excellents.
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154
p. 605-611
EPITRE A URANIE, Contre les Impies.
Début :
Vous voulez donc, sage Uranie, [...]
Mots clefs :
Impies, Dieu, Orgueil, Punition, Vertu, Foi
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texteReconnaissance textuelle : EPITRE A URANIE, Contre les Impies.
EPITRE A URANIE
Contre les Impies..
Vous voulez donc , sage Uranie ,
Que je m'érige en Apôtre nouveau
Contre l'Impiété . qui d'une voix hardie
S'expliquant sans détour , sans voile , sans ban deau ,
Nous offre l'horrible tableau
Des fureurs dont elle est remplie ·
Maudit orgueil ! fausse Philosophie!
Que servent tes Leçons à l'aspect du tombeau
Quand on n'a point pensé qu'il est une autre,
vie ,
Et que l'on n'a suivi que l'empire des sens ş
I ij Dans
1
26 MERCURE DE FRANCE
Dans ses derniers momens , l'incrédule prophane ,
Gémit , peut- être tard , de ses égaremens.
Tout l'intimide et le condamne.
Heureux qui sur soi - même attentif, scrupuleux ,
Ne connoît que la foy , quand il voit un Mys- tere ,
Marchant d'un pas respectueux
Dans le chemin qui mene au Sanctuaire
Du Dieu mort sur la Croix , que le monde ré- vere.
Ce Dieu Tout- puissant laisse en une affreuse nuit ,
L'orgueilleux et le temeraire.
Implorons son secours , sa bonté nous conduit.
Gémissons et prions , sa grace nous éclaire ;
Les cœurs ingrats en font un Dieu sévere
Mais nous-mêmes plutôt nous devons nous haïr,
Nous , que le péché seul a rendus misérables
Nous seuls , qui devenus coupables
Sentons le droit qu'il a de nous punir.
Nous , enfin , qui, créés à lui-même semblables
Nous éloignons de lui , pour nous mieux ayilir.
On déshonore son Image,
;
Les crimes redoublez , chassent le repentir,
Et le plus grand des maux est de ne pas sentir
Que cet Etre indulgent , pour sauver son Qurage
Par
MARS. 1732 607
$
Par mille doux bienfaits ; cherche à nous pré
venir.
Les hommes ont armé leur fareur meurtriere
De la Religion sappé les fondemens ,
Ils devoient tous périr en même-temps se
Mais la bonté de Dieu , sauve des habitans
Pour instruire la Terre entiere ,
De la punition de ses déréglemens.
Le Déluge causa d'utiles changemens.
La Race qui devoit bien- tôt voir la lumiere
Sur des exemples innocens ,
Auroit dû de son cœur , regler les mouvemens.
Mais l'homme oublie encor qu'il est cendre et
poussiere ,
La Révolte , l'Orgueil , produisent des Titans
Qui dans leurs noirs forfaits , dans leurs empor
temens ,
Surpassent les horreurs de la Race premiere.
Dieu , loin de retirer ses bienfaits éclatans ,
Et par des châtimens sévéres;
Contre ces cœurs ingrats , armer les Elemens.
OO! prodige de grace !! ô8 Tendresse! ô Mysteres!!
Ce qu'il avoit promis à la foy de leurs Peres
Fidele en sa parole , il l'accorde aux Enfans.
Quand sonpeuple devient volage ,
Amateur insensé des superstitions
Il l'abandonne à l'esclavage ,
Ile rend le mépris des autres Nations ,
3
I iij Mais
608 MERCURE DE FRANCE
Mais aux yeux du Sauveur , qui montre sa Puis- sance ,
Tous les cœurs ne sont pas criminels , odieux :
Dans les Flancs d'une Vierge , il vient prendre
. naissance ,
La lumiere qui doit briller à tous les yeux
Se découvre déja sous les traits de l'enfance
Dans l'Etable de Betléhem.
Il fait de notre bien , son plus doux exercice
Mais , ô comble d'horreur ! l'ingrat Iduméen ,
Prépare au Saint des Saints , le plus honteux supplice !
Le Sang d'un Dieu coule pour nous.
Quelle victime , et plus noble et plus rare !
Tremblez, cœurs endurcis, et redoutez les coups,
Que sa justice vous prépare.
Dieu veut mourir pour le salut de tous.
Votre incrédulité , rend sa mort inutile,
Avez-vous mérité sa clémence facile ,
Vous qui n'êtes qu'objets de haine et de cou roux ?
Vous courez vous plonger en d'éternels abîmes
veut vous en tirer à force de bienfaits. ·
Peuple sans foy , lui seul peut compter tous vos crimes ,
Vous n'avez pas compté les biens qu'il vous a
faits.
Ce Dieu vous abandonne en sa juste colere ,
Mais, ( ce qu'il a promis à notre premier Pere)
Le
MARS. 1732. вод
Le salut va passer à cent Peuples divers.
La Vérité détruira le mensonge ,
Dieu dissipe la nuit où le crime les plonge ,
L'Evangile et la Grace éclairent l'Univers.
Amerique , vastes contrées ;
Peuples que Dieu fit naître aux portes du So- leil ,
Vous , Nations hyperborées ,
Qui languites long- temps dans un profond som : merl ,
De toutes vos erreurs , vous serez délivrées ,
Vous ouvrirez les yeux , apprenant qu'autrefois
Dieu daigna se faire Homme , aux plaines Idu-- mées ,
Vous ne rougirez point , le voyant sur la Croix ,
Et vous reconnoîtrez à cette digne Image ,
Le Dieu que l'on doit adorer.
Vous chercherez à l'honorer
Par un culte assidu , par un pieux hommage :..
Ce Vainqueur de la mort , entend du haut des Cieux ,
Une voix plaintive et sincere ;
Ouy, l'incrédulité peut seule lui déplaire ,
L'Impie est seul exécrable à ses yeux.
Qui ne connoîtra pas son Sauveur et son Pere ,
Ne méritera pas d'en être connu mieux.
Quels objets éclatans , viennent frapper ma vûë?
Je vois le CHRIST puissant et glorieux ,
Auprès de lui , dans une nuë ,
I j
Sa
ro MERCURE DE FRANCE..
Sa Croix se découvre à mes yeux ;
Sous ses pieds triomphans , la mort est abbatuë ,
Des Portes de l'Enfer , il sort victorieux,
Son regne est annoncé par la foy des Oracles ;
Son Trône est cimenté par le Sang des Martyrs ;
Tous les pas de ses Saints , sont autant de Miracles;
Il leur promet des biens plus grands que leurs désirs.
Ses Exemples sont saints , sa Morale est divine }
Il console en secret les cœurs qu'il illumine,
Par d'inexprimables plaisirs ;
Sa Sagesse éternelle a fondé sa doctrine ,
t
Nul n'est heureux , ni sage que par
Vous voyez pourtant , Uranic ,
Qu'on tâche d'obscurcir la sainte verité ,
lui.
Mais quel pouvoir , quel effort , quel génie ,
Détruira ja mais sa beauté ? も
Le Tres-haut a parlé; sa Lumiere immortelle
Eclaire , frappe, allume au fond de notre cœur
Pour le vrai Culte , une ardeur naturelle.
La foy , l'humilité , la bonté , la douceur ,
Habiteront sa demeure éternelle.
Devant son Trône , en tout temps , en toys.
lieux ,
Le cœur du Juste est précieux..
Il nous a déclaré qu'une ame charitable ,
Trouve toujours grace à ses yeux ,
Mais il hait l'orgueilleux , le cœur impitoyable ,
Et
MARS. 611 1732.
Et le superbe ambitieux.
Pour le prix de son sang , est-ce trop qu'on l'im
plore?
Ce Dieu que la vertu , que la foy seule honore :
Il régit l'Univers , et ses soins assidus ,
Daignent le conserver malgré nos injustices. "
Adorons ses bontez , offrons-lui des vertus ;
C'est le plus éloquent de tous les Sacrifices.
Contre les Impies..
Vous voulez donc , sage Uranie ,
Que je m'érige en Apôtre nouveau
Contre l'Impiété . qui d'une voix hardie
S'expliquant sans détour , sans voile , sans ban deau ,
Nous offre l'horrible tableau
Des fureurs dont elle est remplie ·
Maudit orgueil ! fausse Philosophie!
Que servent tes Leçons à l'aspect du tombeau
Quand on n'a point pensé qu'il est une autre,
vie ,
Et que l'on n'a suivi que l'empire des sens ş
I ij Dans
1
26 MERCURE DE FRANCE
Dans ses derniers momens , l'incrédule prophane ,
Gémit , peut- être tard , de ses égaremens.
Tout l'intimide et le condamne.
Heureux qui sur soi - même attentif, scrupuleux ,
Ne connoît que la foy , quand il voit un Mys- tere ,
Marchant d'un pas respectueux
Dans le chemin qui mene au Sanctuaire
Du Dieu mort sur la Croix , que le monde ré- vere.
Ce Dieu Tout- puissant laisse en une affreuse nuit ,
L'orgueilleux et le temeraire.
Implorons son secours , sa bonté nous conduit.
Gémissons et prions , sa grace nous éclaire ;
Les cœurs ingrats en font un Dieu sévere
Mais nous-mêmes plutôt nous devons nous haïr,
Nous , que le péché seul a rendus misérables
Nous seuls , qui devenus coupables
Sentons le droit qu'il a de nous punir.
Nous , enfin , qui, créés à lui-même semblables
Nous éloignons de lui , pour nous mieux ayilir.
On déshonore son Image,
;
Les crimes redoublez , chassent le repentir,
Et le plus grand des maux est de ne pas sentir
Que cet Etre indulgent , pour sauver son Qurage
Par
MARS. 1732 607
$
Par mille doux bienfaits ; cherche à nous pré
venir.
Les hommes ont armé leur fareur meurtriere
De la Religion sappé les fondemens ,
Ils devoient tous périr en même-temps se
Mais la bonté de Dieu , sauve des habitans
Pour instruire la Terre entiere ,
De la punition de ses déréglemens.
Le Déluge causa d'utiles changemens.
La Race qui devoit bien- tôt voir la lumiere
Sur des exemples innocens ,
Auroit dû de son cœur , regler les mouvemens.
Mais l'homme oublie encor qu'il est cendre et
poussiere ,
La Révolte , l'Orgueil , produisent des Titans
Qui dans leurs noirs forfaits , dans leurs empor
temens ,
Surpassent les horreurs de la Race premiere.
Dieu , loin de retirer ses bienfaits éclatans ,
Et par des châtimens sévéres;
Contre ces cœurs ingrats , armer les Elemens.
OO! prodige de grace !! ô8 Tendresse! ô Mysteres!!
Ce qu'il avoit promis à la foy de leurs Peres
Fidele en sa parole , il l'accorde aux Enfans.
Quand sonpeuple devient volage ,
Amateur insensé des superstitions
Il l'abandonne à l'esclavage ,
Ile rend le mépris des autres Nations ,
3
I iij Mais
608 MERCURE DE FRANCE
Mais aux yeux du Sauveur , qui montre sa Puis- sance ,
Tous les cœurs ne sont pas criminels , odieux :
Dans les Flancs d'une Vierge , il vient prendre
. naissance ,
La lumiere qui doit briller à tous les yeux
Se découvre déja sous les traits de l'enfance
Dans l'Etable de Betléhem.
Il fait de notre bien , son plus doux exercice
Mais , ô comble d'horreur ! l'ingrat Iduméen ,
Prépare au Saint des Saints , le plus honteux supplice !
Le Sang d'un Dieu coule pour nous.
Quelle victime , et plus noble et plus rare !
Tremblez, cœurs endurcis, et redoutez les coups,
Que sa justice vous prépare.
Dieu veut mourir pour le salut de tous.
Votre incrédulité , rend sa mort inutile,
Avez-vous mérité sa clémence facile ,
Vous qui n'êtes qu'objets de haine et de cou roux ?
Vous courez vous plonger en d'éternels abîmes
veut vous en tirer à force de bienfaits. ·
Peuple sans foy , lui seul peut compter tous vos crimes ,
Vous n'avez pas compté les biens qu'il vous a
faits.
Ce Dieu vous abandonne en sa juste colere ,
Mais, ( ce qu'il a promis à notre premier Pere)
Le
MARS. 1732. вод
Le salut va passer à cent Peuples divers.
La Vérité détruira le mensonge ,
Dieu dissipe la nuit où le crime les plonge ,
L'Evangile et la Grace éclairent l'Univers.
Amerique , vastes contrées ;
Peuples que Dieu fit naître aux portes du So- leil ,
Vous , Nations hyperborées ,
Qui languites long- temps dans un profond som : merl ,
De toutes vos erreurs , vous serez délivrées ,
Vous ouvrirez les yeux , apprenant qu'autrefois
Dieu daigna se faire Homme , aux plaines Idu-- mées ,
Vous ne rougirez point , le voyant sur la Croix ,
Et vous reconnoîtrez à cette digne Image ,
Le Dieu que l'on doit adorer.
Vous chercherez à l'honorer
Par un culte assidu , par un pieux hommage :..
Ce Vainqueur de la mort , entend du haut des Cieux ,
Une voix plaintive et sincere ;
Ouy, l'incrédulité peut seule lui déplaire ,
L'Impie est seul exécrable à ses yeux.
Qui ne connoîtra pas son Sauveur et son Pere ,
Ne méritera pas d'en être connu mieux.
Quels objets éclatans , viennent frapper ma vûë?
Je vois le CHRIST puissant et glorieux ,
Auprès de lui , dans une nuë ,
I j
Sa
ro MERCURE DE FRANCE..
Sa Croix se découvre à mes yeux ;
Sous ses pieds triomphans , la mort est abbatuë ,
Des Portes de l'Enfer , il sort victorieux,
Son regne est annoncé par la foy des Oracles ;
Son Trône est cimenté par le Sang des Martyrs ;
Tous les pas de ses Saints , sont autant de Miracles;
Il leur promet des biens plus grands que leurs désirs.
Ses Exemples sont saints , sa Morale est divine }
Il console en secret les cœurs qu'il illumine,
Par d'inexprimables plaisirs ;
Sa Sagesse éternelle a fondé sa doctrine ,
t
Nul n'est heureux , ni sage que par
Vous voyez pourtant , Uranic ,
Qu'on tâche d'obscurcir la sainte verité ,
lui.
Mais quel pouvoir , quel effort , quel génie ,
Détruira ja mais sa beauté ? も
Le Tres-haut a parlé; sa Lumiere immortelle
Eclaire , frappe, allume au fond de notre cœur
Pour le vrai Culte , une ardeur naturelle.
La foy , l'humilité , la bonté , la douceur ,
Habiteront sa demeure éternelle.
Devant son Trône , en tout temps , en toys.
lieux ,
Le cœur du Juste est précieux..
Il nous a déclaré qu'une ame charitable ,
Trouve toujours grace à ses yeux ,
Mais il hait l'orgueilleux , le cœur impitoyable ,
Et
MARS. 611 1732.
Et le superbe ambitieux.
Pour le prix de son sang , est-ce trop qu'on l'im
plore?
Ce Dieu que la vertu , que la foy seule honore :
Il régit l'Univers , et ses soins assidus ,
Daignent le conserver malgré nos injustices. "
Adorons ses bontez , offrons-lui des vertus ;
C'est le plus éloquent de tous les Sacrifices.
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Résumé : EPITRE A URANIE, Contre les Impies.
L'épître à Uranie critique l'impiété et l'orgueil, qualifiés de 'fausse Philosophie', qui conduisent à l'égarement et à la souffrance. Le texte met en garde contre les dangers de se fier uniquement aux sens sans considérer l'au-delà. Il souligne que même les incrédules peuvent regretter leurs erreurs à la fin de leur vie. Le bonheur est réservé à ceux qui respectent les mystères divins et suivent la foi chrétienne. Le texte évoque la miséricorde de Dieu, qui sauve les hommes malgré leurs péchés, et les avertit des conséquences de leurs actions. Il rappelle les châtiments divins, comme le Déluge, et la nécessité du repentir. La naissance et le sacrifice du Christ sont présentés comme des actes de salut pour l'humanité. Le texte appelle à la reconnaissance des bienfaits divins et à l'abandon de l'incrédulité. Il mentionne également la diffusion de la foi chrétienne à travers le monde, y compris en Amérique et chez les Nations hyperborées, invitant tous les peuples à adorer Dieu. Le Christ est décrit comme victorieux de la mort, son règne étant fondé sur la foi et le sang des martyrs. Le texte se termine par un appel à la foi, à l'humilité, à la bonté et à la douceur, et à l'adoration des bontés divines.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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155
p. 611-620
MORTS, NAISSANCES et Mariages.
Début :
Le 9 Février 1732. mourut à Paris en son Hôtel, [...]
Mots clefs :
Marquis, France, Général, Cavalerie, Chevalier des Ordres
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
MORTS, NAISSANCES
et Mariages.
,
E 9. de Février 1732. mourut à Paris
en son Hôtel , M. Jean de Vins d'A
goult de Montauban, Chevalier , Marquis
de Vins et de Savigny, Baron de Forqualqueret, de S. Savournin , de Rous
sillon , de Castelnau , &c. Lieutenant General des Armées du Roy , Gouverneut
pour S. M. des Pays , Ville et Citadelle :
de Broüage , cy-devant Capitaine- Lieute
nant de la seconde Compagnie des Mousquetaires de la Garde du Roy, un des plus
anciens Officiers de guerre du Royaume
et le dernier de sa Maison. Il étoit second
fils de Melchier , Marquis de Vins , et de
Dame Laurence de Paulien de Veyrac. Il
avoit été reçû Chevalier de Malte ; il étoit
Iv prêct
612 MERCURE DE FRANCE
prêt à faire ses vœux , lorsque son frere
aîné , François de Vins , fut tué dans une
Occasion près d'Utrech en 1672. l'un et
l'autre avoient fait leurs premieres Campagnes en Hongrie, et l'aîné étant repassé en
France , le Cadet demeura pendant quelque temps au service de l'Empereur.
Il se trouva en 1665. à la tête d'une
Compagnie de Cavalerie Allemande , à la
Bataille de Montesclaros en Portugal, où il
fut blessé dangereusement , et c'est la seule
fois qu'il l'ait été. Depuis il alla à Malte et
fit ses Caravanes. Il eut une Compagnie de
Cavalerie en 1667. It servit en 1672.
dans le Regiment de Cavalerie de son
frere aîné , qui fut tué , comme on vient
de le dire; par-là devenu l'aîné , il eut
l'agrément pour un Régiment de Cavalerie , qu'il acheta.
L'Espagne jalouse des progrès de la
France , lui déclara la guerre après la
Prise de Mastric , et le Marquis de Vins
passa en Catalogne avec son Régiment.
Il épousa en 1674. Mad. Lavocat , et
traita de la Lieutenance de la seconde
Compagnie des Mousquetaires , où il a
servi , soit en cette qualité , soit en celle
de Capitaine- Lieutenant, pendant 43 ans.
On peut se représenter les Batailles , les
Assauts et les autres occasions où il s'est
trouvé
MARS. 17326 613
trouvé étant dans ce Corps , les Sieges de
Besançon , de Condé , d'Aire , de Valenciennes , d'Ypre , de Gand , la Bataille de
Cassel. Il fut fait Brigadier des Armées
du Roy à la prise de Valenciennes , où
les Mousquetaires se signalerent d'une
maniere si surprenante , qu'il entrerent
pêle mêle dans la Place avec les ennemis.
Le Marquis de Vins les contint par sa
prudence , et empêcha qu'ils ne se répandissent dans la Ville ; on a toûjours vanté
son intrépidité et ce sang froid qu'il conservoit dans les actions les plus périlleuses.
Il fut fait Maréchal de Camp au mois
d'Août 1688. et comme il devoit commander le Détachement de la seconde
Compagnie des Mousquetaires qui accompagna MONSEIGNEUR , le Roy lui fit
l'honneur de le présenter à ce Prince avec
cet éloge , que c'étoit un des plus sages Officiers de son Royaume , et que Monseigneur
pouvoit prendre ses conseils et les suivre.
Cette Campagne est la derniere qu'il ait
faite avec les Mousquetaires , il a toûjours
servi depuis comme Officier General.
Il fut envoyé en 1689 .. en Bresse , pour
y commander. Il avoit très- peu de mon.
de , mais sa prudence suppléoit à tout;
c'est le témoignage que lui a rendu souI vj vent
614 MERCURE DE FRANCE
vent le Maréchal de Catinat. Il y a peu
de Troupes de ce côté- là , écrit- il , le Marquis de Vins y est , et j'ai l'esprit en repos.
En 1690. M. de S. Ruth et le Marquis
de Vins , s'avançerent dans la Tarentaise,
entre Conflans et Monstier , où ils forcerent le Baron de Sales , qui s'y étoit retranché avec un Corps considerable de
Troupes ; ils le défirent et le prirent
lui-même prisonnier : après ce Combat
ils soumirent presque toute la Savoye ,
et l'année suivante il servit seul de Maréchal de Camp sous M. de Catinat au
Siege de Nice.
Cette même année il fut nommé par
le Roi pour couvrir les Frontieres de Dauphiné et de Provence, Il battit le Sicur
Julien dans la Vallée de Barcelonete , et
soumit toutes ces Montagnes , prit Sos
pelle , Broglio , Saorgio , et autres Places,
jusqu'à la Mer et au Col de Tende.
op
Pendant que le Maréchal de Catinat
veilloit en 1692. sur tous les Passages des
Montagnes , le Marquis de Vins étoit
posé avec un Camp volant , aux desseins
du Duc de Savoye et de ses Alliez , qur
ne se proposoient pas moins que d'envahir le Dauphiné et la Provence; avec fort
peu de Troupes , il rendit leurs efforts
inutiles ou très- peu efficaces.
Cette
1
MAR S. 1732. 615
Cette année lui fut fatale ; il fut fait
Capitaine-Lieutenant de la seconde Compagne des Mousquetaires , par le décès
de M. de Jonvelle , qui la commandoit ,,
mais il perdit son fils unique , jeune Seigneur d'une très-grandees perance, lequel
fut tué au Combat de Steinkerque , à sa
quatriémeCampagne.Ilavoit servi l'année
précédente d'Ayde- de-Camp à son Pere
qui en avoit été très- content. Le Marquis de Vins eut besoin de tout son courage et de toute sa religion pour soutenir
ce-coup , qu'il a senti toute sa vie.
Il fut fait Lieutenant General des Ar
mées du Roy en 1593. et en cette quafité , il commanda l'aîle droite à la Bataille de la Marsaille. Le Duc de Vendôme
voulut être à l'aile gauche , et chargea
Paîle droite des Ennemis avec cette va
leur , que tout le monde lui connoissoit,
et il la chargea jusqu'à quatre fois. Il
trouva toûjours pareille résistance ; le
Corps de Bataille où étoit le Maréchal de
Catinat , qui commandoit l'Armée , souffroit beaucoup. Il pressoit le Marquis de
Vins , qui s'ébranla si à propos , et fit
donner, la Bayonnette au bout du fusil,
avec tant de vigueur , que toute l'aîle
gauche des Ennemis plia et fut entierement défaite , ce qui décida de la Victoire.
Si
616 MERCURE DE FRANCE
Si Asdrubal a reproché à Annibal qu'il
sçavoit vaincre , mais qu'il ne sçavoit pas.
profiter de la victoire , on peut dire du
Marquis de Vins , qu'il servoit bien
mais qu'il ne sçavoit pas faire valoir ses
services ; ennemi de tout faste et de toute
ostentation , modeste à l'excès , il parloit
peu et jamais de lui ni contre personne ;
ayant en horreur les cabales et les intri
guesde quelque genre que ce fût. Il étoit
d'une droiture et d'une probité à toute
épreuve , mettant l'homme d'honneur et
le Chrétien beaucoup au-dessus du Capitaine et du General d'Armée.
Content des biens considerables qu'il
avoit eus de ses Peres , il ne se soucioit
pas d'en avoir davantage , et il croyoit
qu'il suffisoit de bien faire pour mériter
les graces. Jamais il ne s'est plaint de la
Fortune , c'étoit une Divinité qu'il ne
connoissoit pas. Toujours prêt d'aller audevant des besoins de ses amis , il n'at--
tendoit pas qu'ils lui demandassent des
secours pour les soulager. Tel étoit l'hon-,
nête homme, mais le Chrétien alloit bien
plus loin. Il donnoit à son rang tout ce
que la bienséance pouvoit exiger ; sa Maison reglée comme il convenoit,ayant beaucoup d'ordre et d'arrangement dans ses.
affaires , son superflu étoit considerable
et
MAR S. 1732. 617
et tout étoit pour les pauvres ; de-là ses
liberalitez aux Hôpitaux et des Fondations d'Ecoles Chrétiennes dans toutes ses
Terres ; à peine s'y sentoit-on des années de calamité , tant il avoit soin que
la veuve et l'orphelin et generalement
tous les nécessiteux fussent soulagez, sans
que jamais la main gauche sçût ce que faisoit la droite.
Après la Paix de Riswick , il envoya
dans les Vallées de Barcelonete et autres lieux où il avoit fait la guerre , des
sommes considerables pour aider aux Habitans à se rétablir. Lorsqu'en 1717. il
se démit de la Compagnie des Mousquetaires , on lui offrit une pension de douze
mille livres. Il remercia , et dit qu'il n'en
avoit pas besoin , et qu'il valoit mieux
la distribuer à de pauvres Officiers.
Pendant la Peste de Provence , il envoya des sommes considerables dans les
Terres qu'il avoit en ce Pays-là. Dans
toutes ces bonnes œuvres il étoit secondé
par son Epouse ; jamais il n'y eut une plus
grande conformité de sentimens , et l'on
peut trouver dans la maniere dont ils ont
vécu ensemble pendant 58.ans de mariage,
l'idée de la plus parfaite union conjugale.
Tant de vertus ont été récompensées d'une
longue vie. Il est mort âgé de 9o. ans, munide
348 MERCURE DE FRANCE
-de tous les Sacremens, avec cette édification qu'on devoit attendre d'un homme
qui avoit vécu comme il à fait."
Il a institué le Comte du Luc , de la
Maison de Vintimille , son parent et son
ami particulier , son Légataire universel,
avec substitution pour son fils et son petit fils.
Dme Marie- Renée de Berthemet , veuve de M
Gilbert Colbert de S. Poüanges , Commandeur er
Grand Trésorier des Ordres du Roy, mourut à
Paris , le 28 de Fevrier , âgée d'eviron 85 ans.
et M. Pierre Chirac, Premier Medecin du Roy
Sur-Intendant du Jardin Royal des Plantes ,
Associé Libre de l'Academie Röyale des Scien
ces , mourut à Marly, le 1 de ce mois , âgé de 82 ans. Il avoit été Premier Médecin de feue S.
A. R. M. le Duc d'Orleans.
I
Dne Charlote- Angelique Courtin , veuve de
Jacques Roque , Chevaher , Marquis de Varan
geville , Seigneur de Galleville , Dendeville , & ct
Ambassadeur de France à Venise , mourut le 6 ≤
Mars , âgée de 73 ans...
Jean-Baptiste, François Johanne , Marquis de
Saumery , Baron de Chemerol , &c. Chevalier de
S. Louis, Maréchal des Camps et Armées du Roy,
Gouverneur des Isles de sainte Marguerite et de
S. Honorat de Lerins , Gouverneur du Château :
Royal de Chambord , mourut le 19 , âgé d'envi- ron 5 ans.
François Comte d'Esteing , Marquis de Murole , Baron de Spoix , &c. Chevalier des Ordres du
Roy, Lieutenant General des Armées de S. M.
Gouverneur de Douay et de la Ville de Châlons
sur Marne , mourut à Paris , le 20 de ce mois ,
âgé de près de 81 ans.
Alexan
MARS. 17328
Alexandre- César de Cauchon , Baron de la
sainte Ampoule , Seigneur de Neuflize , mourut
le 22 Mars , dans la 57 année de son âge , et fur inhumé à S. Eustache. On prie les Personnes qui
sçavent quelle est l'origine des Barons de la sain
te Ampoule, de vouloir bien en instruire le public.
Dane Marie- Anne Françoise de Montmorin ,
Epouse de Pierre de Champon , Marquis d'Arbouville , Capitaine des Grenadiers au Regiment
des Gardes Françoises , accoucha le 21 Mars ,
d'un Fils , qui fut nommé Pierre-Nicolas , par
Nicolas de Campon , Mestre de Camp , Lieute- .
nant des Grenadiers , et par Dme Angelique Cecile de Montmorin , veuve de-François d'Har
ville , Marquis de Pailoiseau.
François Michel- César le Tellier , Marquis de
Montmirel , Capitaine Colonel des Cent Suisses
de la Garde du Roy , fils mineur de François
Macé le Tellier , Marquis de Louvois , &c. et de :
Dme Anne- Louise de Noailles , épousa le 25 Fé- vrier , Dme Loüise- Antonine de Gontault de Bi- .
ton , fille mineure d'Armand de Gontault , Duc
de Biron , Pair de France , Colonel du Regiment
d'Anjou Cavalerie, Brigadier des Armées du Roy;
et de Dme Adelaide de Grammont , Dame du Palais de la Reine.
Joachim-Louis de Montaigu , Marquis de Bouzol , &c. Lieutenant General de la Province de la
Basse- Auvergne , fils mineur de feu Joseph de
Montaigu , Comte de Bouzol , Maréchal de
Camp , Inspecteur general de la Cavalerie , et des
Dragons , et de Dme Jeanne- Henriette Doreilhet
de Colombines , epousa le 11 Mars , Dme Laure
Fitz-James, fille mineure de M. Jacques , Duc
de Fitz-James de Beryick , Xezica, et de Liria Pair
820 MERCURE DE FRANCE
Pair et Maréchal de France , Genéral des Armées
du Roy, Grand - d'Espagne , Chevalier des Ordres de S. M. de la Toison d'Or , et de la Jarretiere , Gouverneur et Lieutenant General du
Haut et Bas Limousin , et de la Ville de Strasbourg , et de Dme Anne Bulkeley
et Mariages.
,
E 9. de Février 1732. mourut à Paris
en son Hôtel , M. Jean de Vins d'A
goult de Montauban, Chevalier , Marquis
de Vins et de Savigny, Baron de Forqualqueret, de S. Savournin , de Rous
sillon , de Castelnau , &c. Lieutenant General des Armées du Roy , Gouverneut
pour S. M. des Pays , Ville et Citadelle :
de Broüage , cy-devant Capitaine- Lieute
nant de la seconde Compagnie des Mousquetaires de la Garde du Roy, un des plus
anciens Officiers de guerre du Royaume
et le dernier de sa Maison. Il étoit second
fils de Melchier , Marquis de Vins , et de
Dame Laurence de Paulien de Veyrac. Il
avoit été reçû Chevalier de Malte ; il étoit
Iv prêct
612 MERCURE DE FRANCE
prêt à faire ses vœux , lorsque son frere
aîné , François de Vins , fut tué dans une
Occasion près d'Utrech en 1672. l'un et
l'autre avoient fait leurs premieres Campagnes en Hongrie, et l'aîné étant repassé en
France , le Cadet demeura pendant quelque temps au service de l'Empereur.
Il se trouva en 1665. à la tête d'une
Compagnie de Cavalerie Allemande , à la
Bataille de Montesclaros en Portugal, où il
fut blessé dangereusement , et c'est la seule
fois qu'il l'ait été. Depuis il alla à Malte et
fit ses Caravanes. Il eut une Compagnie de
Cavalerie en 1667. It servit en 1672.
dans le Regiment de Cavalerie de son
frere aîné , qui fut tué , comme on vient
de le dire; par-là devenu l'aîné , il eut
l'agrément pour un Régiment de Cavalerie , qu'il acheta.
L'Espagne jalouse des progrès de la
France , lui déclara la guerre après la
Prise de Mastric , et le Marquis de Vins
passa en Catalogne avec son Régiment.
Il épousa en 1674. Mad. Lavocat , et
traita de la Lieutenance de la seconde
Compagnie des Mousquetaires , où il a
servi , soit en cette qualité , soit en celle
de Capitaine- Lieutenant, pendant 43 ans.
On peut se représenter les Batailles , les
Assauts et les autres occasions où il s'est
trouvé
MARS. 17326 613
trouvé étant dans ce Corps , les Sieges de
Besançon , de Condé , d'Aire , de Valenciennes , d'Ypre , de Gand , la Bataille de
Cassel. Il fut fait Brigadier des Armées
du Roy à la prise de Valenciennes , où
les Mousquetaires se signalerent d'une
maniere si surprenante , qu'il entrerent
pêle mêle dans la Place avec les ennemis.
Le Marquis de Vins les contint par sa
prudence , et empêcha qu'ils ne se répandissent dans la Ville ; on a toûjours vanté
son intrépidité et ce sang froid qu'il conservoit dans les actions les plus périlleuses.
Il fut fait Maréchal de Camp au mois
d'Août 1688. et comme il devoit commander le Détachement de la seconde
Compagnie des Mousquetaires qui accompagna MONSEIGNEUR , le Roy lui fit
l'honneur de le présenter à ce Prince avec
cet éloge , que c'étoit un des plus sages Officiers de son Royaume , et que Monseigneur
pouvoit prendre ses conseils et les suivre.
Cette Campagne est la derniere qu'il ait
faite avec les Mousquetaires , il a toûjours
servi depuis comme Officier General.
Il fut envoyé en 1689 .. en Bresse , pour
y commander. Il avoit très- peu de mon.
de , mais sa prudence suppléoit à tout;
c'est le témoignage que lui a rendu souI vj vent
614 MERCURE DE FRANCE
vent le Maréchal de Catinat. Il y a peu
de Troupes de ce côté- là , écrit- il , le Marquis de Vins y est , et j'ai l'esprit en repos.
En 1690. M. de S. Ruth et le Marquis
de Vins , s'avançerent dans la Tarentaise,
entre Conflans et Monstier , où ils forcerent le Baron de Sales , qui s'y étoit retranché avec un Corps considerable de
Troupes ; ils le défirent et le prirent
lui-même prisonnier : après ce Combat
ils soumirent presque toute la Savoye ,
et l'année suivante il servit seul de Maréchal de Camp sous M. de Catinat au
Siege de Nice.
Cette même année il fut nommé par
le Roi pour couvrir les Frontieres de Dauphiné et de Provence, Il battit le Sicur
Julien dans la Vallée de Barcelonete , et
soumit toutes ces Montagnes , prit Sos
pelle , Broglio , Saorgio , et autres Places,
jusqu'à la Mer et au Col de Tende.
op
Pendant que le Maréchal de Catinat
veilloit en 1692. sur tous les Passages des
Montagnes , le Marquis de Vins étoit
posé avec un Camp volant , aux desseins
du Duc de Savoye et de ses Alliez , qur
ne se proposoient pas moins que d'envahir le Dauphiné et la Provence; avec fort
peu de Troupes , il rendit leurs efforts
inutiles ou très- peu efficaces.
Cette
1
MAR S. 1732. 615
Cette année lui fut fatale ; il fut fait
Capitaine-Lieutenant de la seconde Compagne des Mousquetaires , par le décès
de M. de Jonvelle , qui la commandoit ,,
mais il perdit son fils unique , jeune Seigneur d'une très-grandees perance, lequel
fut tué au Combat de Steinkerque , à sa
quatriémeCampagne.Ilavoit servi l'année
précédente d'Ayde- de-Camp à son Pere
qui en avoit été très- content. Le Marquis de Vins eut besoin de tout son courage et de toute sa religion pour soutenir
ce-coup , qu'il a senti toute sa vie.
Il fut fait Lieutenant General des Ar
mées du Roy en 1593. et en cette quafité , il commanda l'aîle droite à la Bataille de la Marsaille. Le Duc de Vendôme
voulut être à l'aile gauche , et chargea
Paîle droite des Ennemis avec cette va
leur , que tout le monde lui connoissoit,
et il la chargea jusqu'à quatre fois. Il
trouva toûjours pareille résistance ; le
Corps de Bataille où étoit le Maréchal de
Catinat , qui commandoit l'Armée , souffroit beaucoup. Il pressoit le Marquis de
Vins , qui s'ébranla si à propos , et fit
donner, la Bayonnette au bout du fusil,
avec tant de vigueur , que toute l'aîle
gauche des Ennemis plia et fut entierement défaite , ce qui décida de la Victoire.
Si
616 MERCURE DE FRANCE
Si Asdrubal a reproché à Annibal qu'il
sçavoit vaincre , mais qu'il ne sçavoit pas.
profiter de la victoire , on peut dire du
Marquis de Vins , qu'il servoit bien
mais qu'il ne sçavoit pas faire valoir ses
services ; ennemi de tout faste et de toute
ostentation , modeste à l'excès , il parloit
peu et jamais de lui ni contre personne ;
ayant en horreur les cabales et les intri
guesde quelque genre que ce fût. Il étoit
d'une droiture et d'une probité à toute
épreuve , mettant l'homme d'honneur et
le Chrétien beaucoup au-dessus du Capitaine et du General d'Armée.
Content des biens considerables qu'il
avoit eus de ses Peres , il ne se soucioit
pas d'en avoir davantage , et il croyoit
qu'il suffisoit de bien faire pour mériter
les graces. Jamais il ne s'est plaint de la
Fortune , c'étoit une Divinité qu'il ne
connoissoit pas. Toujours prêt d'aller audevant des besoins de ses amis , il n'at--
tendoit pas qu'ils lui demandassent des
secours pour les soulager. Tel étoit l'hon-,
nête homme, mais le Chrétien alloit bien
plus loin. Il donnoit à son rang tout ce
que la bienséance pouvoit exiger ; sa Maison reglée comme il convenoit,ayant beaucoup d'ordre et d'arrangement dans ses.
affaires , son superflu étoit considerable
et
MAR S. 1732. 617
et tout étoit pour les pauvres ; de-là ses
liberalitez aux Hôpitaux et des Fondations d'Ecoles Chrétiennes dans toutes ses
Terres ; à peine s'y sentoit-on des années de calamité , tant il avoit soin que
la veuve et l'orphelin et generalement
tous les nécessiteux fussent soulagez, sans
que jamais la main gauche sçût ce que faisoit la droite.
Après la Paix de Riswick , il envoya
dans les Vallées de Barcelonete et autres lieux où il avoit fait la guerre , des
sommes considerables pour aider aux Habitans à se rétablir. Lorsqu'en 1717. il
se démit de la Compagnie des Mousquetaires , on lui offrit une pension de douze
mille livres. Il remercia , et dit qu'il n'en
avoit pas besoin , et qu'il valoit mieux
la distribuer à de pauvres Officiers.
Pendant la Peste de Provence , il envoya des sommes considerables dans les
Terres qu'il avoit en ce Pays-là. Dans
toutes ces bonnes œuvres il étoit secondé
par son Epouse ; jamais il n'y eut une plus
grande conformité de sentimens , et l'on
peut trouver dans la maniere dont ils ont
vécu ensemble pendant 58.ans de mariage,
l'idée de la plus parfaite union conjugale.
Tant de vertus ont été récompensées d'une
longue vie. Il est mort âgé de 9o. ans, munide
348 MERCURE DE FRANCE
-de tous les Sacremens, avec cette édification qu'on devoit attendre d'un homme
qui avoit vécu comme il à fait."
Il a institué le Comte du Luc , de la
Maison de Vintimille , son parent et son
ami particulier , son Légataire universel,
avec substitution pour son fils et son petit fils.
Dme Marie- Renée de Berthemet , veuve de M
Gilbert Colbert de S. Poüanges , Commandeur er
Grand Trésorier des Ordres du Roy, mourut à
Paris , le 28 de Fevrier , âgée d'eviron 85 ans.
et M. Pierre Chirac, Premier Medecin du Roy
Sur-Intendant du Jardin Royal des Plantes ,
Associé Libre de l'Academie Röyale des Scien
ces , mourut à Marly, le 1 de ce mois , âgé de 82 ans. Il avoit été Premier Médecin de feue S.
A. R. M. le Duc d'Orleans.
I
Dne Charlote- Angelique Courtin , veuve de
Jacques Roque , Chevaher , Marquis de Varan
geville , Seigneur de Galleville , Dendeville , & ct
Ambassadeur de France à Venise , mourut le 6 ≤
Mars , âgée de 73 ans...
Jean-Baptiste, François Johanne , Marquis de
Saumery , Baron de Chemerol , &c. Chevalier de
S. Louis, Maréchal des Camps et Armées du Roy,
Gouverneur des Isles de sainte Marguerite et de
S. Honorat de Lerins , Gouverneur du Château :
Royal de Chambord , mourut le 19 , âgé d'envi- ron 5 ans.
François Comte d'Esteing , Marquis de Murole , Baron de Spoix , &c. Chevalier des Ordres du
Roy, Lieutenant General des Armées de S. M.
Gouverneur de Douay et de la Ville de Châlons
sur Marne , mourut à Paris , le 20 de ce mois ,
âgé de près de 81 ans.
Alexan
MARS. 17328
Alexandre- César de Cauchon , Baron de la
sainte Ampoule , Seigneur de Neuflize , mourut
le 22 Mars , dans la 57 année de son âge , et fur inhumé à S. Eustache. On prie les Personnes qui
sçavent quelle est l'origine des Barons de la sain
te Ampoule, de vouloir bien en instruire le public.
Dane Marie- Anne Françoise de Montmorin ,
Epouse de Pierre de Champon , Marquis d'Arbouville , Capitaine des Grenadiers au Regiment
des Gardes Françoises , accoucha le 21 Mars ,
d'un Fils , qui fut nommé Pierre-Nicolas , par
Nicolas de Campon , Mestre de Camp , Lieute- .
nant des Grenadiers , et par Dme Angelique Cecile de Montmorin , veuve de-François d'Har
ville , Marquis de Pailoiseau.
François Michel- César le Tellier , Marquis de
Montmirel , Capitaine Colonel des Cent Suisses
de la Garde du Roy , fils mineur de François
Macé le Tellier , Marquis de Louvois , &c. et de :
Dme Anne- Louise de Noailles , épousa le 25 Fé- vrier , Dme Loüise- Antonine de Gontault de Bi- .
ton , fille mineure d'Armand de Gontault , Duc
de Biron , Pair de France , Colonel du Regiment
d'Anjou Cavalerie, Brigadier des Armées du Roy;
et de Dme Adelaide de Grammont , Dame du Palais de la Reine.
Joachim-Louis de Montaigu , Marquis de Bouzol , &c. Lieutenant General de la Province de la
Basse- Auvergne , fils mineur de feu Joseph de
Montaigu , Comte de Bouzol , Maréchal de
Camp , Inspecteur general de la Cavalerie , et des
Dragons , et de Dme Jeanne- Henriette Doreilhet
de Colombines , epousa le 11 Mars , Dme Laure
Fitz-James, fille mineure de M. Jacques , Duc
de Fitz-James de Beryick , Xezica, et de Liria Pair
820 MERCURE DE FRANCE
Pair et Maréchal de France , Genéral des Armées
du Roy, Grand - d'Espagne , Chevalier des Ordres de S. M. de la Toison d'Or , et de la Jarretiere , Gouverneur et Lieutenant General du
Haut et Bas Limousin , et de la Ville de Strasbourg , et de Dme Anne Bulkeley
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Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
En février et mars 1732, plusieurs personnalités notables décédèrent. Le 9 février 1732, à Paris, M. Jean de Vins d'Agoult de Montauban, Chevalier, Marquis de Vins et de Savigny, Baron de Forqualqueret, de Saint-Savournin, de Roussillon, de Castelnau, Lieutenant Général des Armées du Roi, Gouverneur de Broüage, et ancien Capitaine-Lieutenant des Mousquetaires, s'éteignit à l'âge de 90 ans. Second fils de Melchier, Marquis de Vins, et de Dame Laurence de Paulien de Veyrac, il fut destiné à devenir Chevalier de Malte mais dut reprendre du service après la mort de son frère aîné en 1672. Il participa à de nombreuses campagnes, notamment en Hongrie, au Portugal, et en Catalogne. Il épousa Madame Lavocat en 1674 et servit pendant 43 ans dans les Mousquetaires. Promu Brigadier des Armées du Roi à la prise de Valenciennes, il devint Maréchal de Camp en 1688. Il commanda ensuite en Bresse, en Tarentaise, et en Savoie, où il remporta plusieurs victoires. En 1693, il fut nommé Lieutenant Général des Armées du Roi et joua un rôle crucial à la bataille de la Marsaille. Connu pour sa modestie et sa probité, il laissa une fortune considérable aux pauvres et aux nécessiteux. Il institua le Comte du Luc, de la Maison de Vintimille, comme son légataire universel. D'autres décès notables incluent Dame Marie-Renée de Berthemet, veuve de Gilbert Colbert de Saint-Pouanges, et M. Pierre Chirac, Premier Médecin du Roi. Plusieurs naissances et mariages sont également mentionnés, notamment celui de François Michel-César Le Tellier, Marquis de Montmirel, et de Dame Louise-Antonine de Gontault de Biron. Le texte énumère également trois entités distinctes : le Haut et Bas Limousin, la Ville de Strasbourg, et Dame Anne Bulkeley. Ces éléments sont mentionnés sans contexte supplémentaire ni explication.
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156
p. 620
A CHICHON, Chienne de Madame de l'Hôpital.
Début :
CHICHON, l'on me permet de loüer vos beautez, [...]
Mots clefs :
Chienne, Louer
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texteReconnaissance textuelle : A CHICHON, Chienne de Madame de l'Hôpital.
A CHICHON,
Chienne de Madam: de l'Hôpital.
CHÍCH HICHON
vos beautez ,
l'on me permet de louer
Tout en vous me paroît charmant incompa rable ,
Museau fin , belle Oreille, il vif , poil admi- rable ,
Mais ce qui met le comble à vos félicitez
C'est qu'une Maîtresse adorable ,
-Yous honore de ses bontez.
Chienne de Madam: de l'Hôpital.
CHÍCH HICHON
vos beautez ,
l'on me permet de louer
Tout en vous me paroît charmant incompa rable ,
Museau fin , belle Oreille, il vif , poil admi- rable ,
Mais ce qui met le comble à vos félicitez
C'est qu'une Maîtresse adorable ,
-Yous honore de ses bontez.
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157
p. 620-624
ARRESTS NOTABLES, &c.
Début :
ARREST et Lettres Patentes sur icelui, des 4. et 18. [...]
Mots clefs :
Arrêts, Lettres patentes, Ordonnances, Sentence de police
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texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES, &c.
ARRESTS NOTABLES, &c,
A&
RREST et Lettres Patentes sur icelui , des 4.
et 18 Decembre 1731. qui ordonne que le
droit d'Indemnité du par les Gens de main-morte , pour raison d'acquisitions d'heritages dans la
Directe de Sa Majesté , ou dans l'étendue de ses
Hautes Justices , sera payé en Especes quand il
sera au- dessous de soixante livres , et qu'il en sera
créé des rentes quand il se trouvera monter à
soixante livres et plus,
AUTRE
MAR S. 1732. 621
AUTRE du premier Janvier , qui proro
ge jusqu'au dernier Decembre 1732. le délay porté par celui du 2. Janvier 173 1. pour la moderation à moitié des droits de marc d'or et autres frais de provisions , reception et installation des Offices taxez vacans , ou de nouvelles créations qui se leveront auxRevenus Casuels pendant
le courant de la presente année 1732.,
SENTENCE DE POLICE, du 4. Janvier , qui
condamne le sieur Brunet , Fils , Marchand Libraire à Paris , en trois mille livres d'amende
pour avoir vendu et débité plusieurs Livres imprimez sans permission.
AUTRE du même jour , portant défenses à tous Chartiers , Voituriers , Portefaix et
autres , de brûler des Pailles dans aucun endroit
des Halles, ni de composer de ces mêmes Pailles
des torches pour les allumer.
ARREST du Parlement , contre 35.Accusez
'dont 4. par Contumace. Portant condamnation
de mort , préalablement appliquez à la question
ordinaire et extraordinaire , contre Jean Collor;
Claude-Thomas Hurel , Jacques Falconet et Nicolas Quierceau , accusez de vol avec effraction;
et surcis à l'égard des autres accusez jusqu'après
l'execution dudit Arrêt. Du 21. Fevrier 172 3.
ORDONNANCE DU ROY , au sujet du Cimetiere de S. Medard.
Sa Majesté étant informée de tout ce qui s'est
passé , et de ce qui se passe encore journellement
dans l'un desCimetieres de la Paroisse de S. Medard,
et notamment à l'occasion des mouvemens et agi- tations
622 MERCURE DE FRANCE
rations prétendues involontaires de differens Particuliers qui affectent de s'y donner en spectacle ;
Sa Majesté auroit jugé à propos de donner ses.
ordres pour en faire arrêter plusieurs et les faire
examiner par un nombre considerable de Medecins et Chirurgiens , pour en dresser leur rapport , et porter leur jugement sur la cause et la
nature desdits mouvemens et agitations : ce
qui ayant été executé , lesdits Medecins et Chy- rurgiens ont attesté et déclaré unanimemènt
que lesdits mouvemens n'ont rien de convulsif
ni de surnaturel , et qu'ils sont entierement volontaires de la part desdits particuliers ; doù il
resulte qu'on a cherché manifestement à faire il
lusion , et à surprendre la credulité du peuple. Sa
Majesté a jugé necessaire de faire absolument cesser un tel scandale , et le concours du peuple , qui
est devenu d'ailleurs une occasion continuelle de
discours licentieux , de vols et de libertinage , et
Elle s'est portée d'autant plus volontiers à pren
dre cette resolution , qu'Elle empèchera par là
- toute contravention et désobéissance au Mandement donné par le sieur Archevêque de Paris le
15. Juillet dernier. Vû les rapports , en datte des
11. 15. 17. 18. 19. et 23. Janvier , signez par
les Medecins et Chirurgiens y dénommez ; SA MAJESTE a ordonné et ordonne que la porte
du petit Cimetiere de la Paroisse de S. Medard,
fera et demeurera toujours fermée; fait défenses de
l'ouvrir , si ce n'est pour cause d'inhumation ; et
défend pareillement à toutes personnes , de quelque état et qualité qu'elles soient , de s'assemblerdans les rues qui environment ledit Cimetiere , et
autres rues , places ou maisons , le tout à peine
de désobéissance , même de punition exemplaire,
s'il y échet. Enjoint au sieur Herault , Con-
-
seiller
MARS. 1732 623
seiller d'Etat , Lieutenant General de Police
de la Ville , Prevôté et Vicomté de Paris , de tenir la main à l'execution de la presente Ordonnance,qui sera lûë, publiée et affichée par tout où besoin sera.FAIT à Versailles le 27.Janvier 1732.
signé Louis. Et plus bas , Phelipeaux.
ARREST du 19. Février , qui proroge pendant une année seulement , la permission accordée aux Negocians des Ports et Villes Maritimes
du Royaume, d'envoyer leurs Vaisseaux directement en Irlande , pour y acheter des Bœufs salez
& les transporter ensuite aux Ifles et Colonies
Françoises de l'Amerique.
AUTRE du 11. Mars , qui ordonne et homologue tout ce qui a été fait , tant à Paris que
dans les Provinces , à l'occasion des secours donnez par S. M. à celles qui ont été attaquées de la
peste.
Nomme et autorise M. d'Ormesson , Conseiller d'Etat ordinaire et Intendant des Finances ,
P'effet d'arrêter le compte du sieur Géoflroy ,
Caissier general de ce service.
Ordonne que les Pieces des comptes particu
Tiers arrêtez dans lesdites Provinces , et qui
avoient été envoyées au Conseil seront renvoyées aux sieurs Intendan's , pour être jointes à
la mmute d'iceux , sur laquelle et sur les doubles
qu triples, sera fait mention de ce dépôt.
AUTRE du même jour , qui deffend l'entrée
dans le Royaume, des vieux habits de Soldats et
autres de fabrique étrangere.
C
AUTRE du même jour , qui déclare subrepti- ces
824 MERCURE DE FRANCE
ces et obreptices les Brevets de dons faits en faveur de divers Particuliers , des portions des Casuels des Domaines réservez à S. M. par l'Edit
du mois de Decembre 1701.
>
AUTRE du 18. Mars , qui ordonne que tous
les Ouvrages de Coutellerie qui seront ou auront
été fabriquez dans la Ville de Thiers , auront
outre la marque particuliere, dont chaque Coutelier a coûtume de se servir pour marquer ses Ouvrages , une seconde marque , dont l'emprein
te portera le mot THIERS.
A&
RREST et Lettres Patentes sur icelui , des 4.
et 18 Decembre 1731. qui ordonne que le
droit d'Indemnité du par les Gens de main-morte , pour raison d'acquisitions d'heritages dans la
Directe de Sa Majesté , ou dans l'étendue de ses
Hautes Justices , sera payé en Especes quand il
sera au- dessous de soixante livres , et qu'il en sera
créé des rentes quand il se trouvera monter à
soixante livres et plus,
AUTRE
MAR S. 1732. 621
AUTRE du premier Janvier , qui proro
ge jusqu'au dernier Decembre 1732. le délay porté par celui du 2. Janvier 173 1. pour la moderation à moitié des droits de marc d'or et autres frais de provisions , reception et installation des Offices taxez vacans , ou de nouvelles créations qui se leveront auxRevenus Casuels pendant
le courant de la presente année 1732.,
SENTENCE DE POLICE, du 4. Janvier , qui
condamne le sieur Brunet , Fils , Marchand Libraire à Paris , en trois mille livres d'amende
pour avoir vendu et débité plusieurs Livres imprimez sans permission.
AUTRE du même jour , portant défenses à tous Chartiers , Voituriers , Portefaix et
autres , de brûler des Pailles dans aucun endroit
des Halles, ni de composer de ces mêmes Pailles
des torches pour les allumer.
ARREST du Parlement , contre 35.Accusez
'dont 4. par Contumace. Portant condamnation
de mort , préalablement appliquez à la question
ordinaire et extraordinaire , contre Jean Collor;
Claude-Thomas Hurel , Jacques Falconet et Nicolas Quierceau , accusez de vol avec effraction;
et surcis à l'égard des autres accusez jusqu'après
l'execution dudit Arrêt. Du 21. Fevrier 172 3.
ORDONNANCE DU ROY , au sujet du Cimetiere de S. Medard.
Sa Majesté étant informée de tout ce qui s'est
passé , et de ce qui se passe encore journellement
dans l'un desCimetieres de la Paroisse de S. Medard,
et notamment à l'occasion des mouvemens et agi- tations
622 MERCURE DE FRANCE
rations prétendues involontaires de differens Particuliers qui affectent de s'y donner en spectacle ;
Sa Majesté auroit jugé à propos de donner ses.
ordres pour en faire arrêter plusieurs et les faire
examiner par un nombre considerable de Medecins et Chirurgiens , pour en dresser leur rapport , et porter leur jugement sur la cause et la
nature desdits mouvemens et agitations : ce
qui ayant été executé , lesdits Medecins et Chy- rurgiens ont attesté et déclaré unanimemènt
que lesdits mouvemens n'ont rien de convulsif
ni de surnaturel , et qu'ils sont entierement volontaires de la part desdits particuliers ; doù il
resulte qu'on a cherché manifestement à faire il
lusion , et à surprendre la credulité du peuple. Sa
Majesté a jugé necessaire de faire absolument cesser un tel scandale , et le concours du peuple , qui
est devenu d'ailleurs une occasion continuelle de
discours licentieux , de vols et de libertinage , et
Elle s'est portée d'autant plus volontiers à pren
dre cette resolution , qu'Elle empèchera par là
- toute contravention et désobéissance au Mandement donné par le sieur Archevêque de Paris le
15. Juillet dernier. Vû les rapports , en datte des
11. 15. 17. 18. 19. et 23. Janvier , signez par
les Medecins et Chirurgiens y dénommez ; SA MAJESTE a ordonné et ordonne que la porte
du petit Cimetiere de la Paroisse de S. Medard,
fera et demeurera toujours fermée; fait défenses de
l'ouvrir , si ce n'est pour cause d'inhumation ; et
défend pareillement à toutes personnes , de quelque état et qualité qu'elles soient , de s'assemblerdans les rues qui environment ledit Cimetiere , et
autres rues , places ou maisons , le tout à peine
de désobéissance , même de punition exemplaire,
s'il y échet. Enjoint au sieur Herault , Con-
-
seiller
MARS. 1732 623
seiller d'Etat , Lieutenant General de Police
de la Ville , Prevôté et Vicomté de Paris , de tenir la main à l'execution de la presente Ordonnance,qui sera lûë, publiée et affichée par tout où besoin sera.FAIT à Versailles le 27.Janvier 1732.
signé Louis. Et plus bas , Phelipeaux.
ARREST du 19. Février , qui proroge pendant une année seulement , la permission accordée aux Negocians des Ports et Villes Maritimes
du Royaume, d'envoyer leurs Vaisseaux directement en Irlande , pour y acheter des Bœufs salez
& les transporter ensuite aux Ifles et Colonies
Françoises de l'Amerique.
AUTRE du 11. Mars , qui ordonne et homologue tout ce qui a été fait , tant à Paris que
dans les Provinces , à l'occasion des secours donnez par S. M. à celles qui ont été attaquées de la
peste.
Nomme et autorise M. d'Ormesson , Conseiller d'Etat ordinaire et Intendant des Finances ,
P'effet d'arrêter le compte du sieur Géoflroy ,
Caissier general de ce service.
Ordonne que les Pieces des comptes particu
Tiers arrêtez dans lesdites Provinces , et qui
avoient été envoyées au Conseil seront renvoyées aux sieurs Intendan's , pour être jointes à
la mmute d'iceux , sur laquelle et sur les doubles
qu triples, sera fait mention de ce dépôt.
AUTRE du même jour , qui deffend l'entrée
dans le Royaume, des vieux habits de Soldats et
autres de fabrique étrangere.
C
AUTRE du même jour , qui déclare subrepti- ces
824 MERCURE DE FRANCE
ces et obreptices les Brevets de dons faits en faveur de divers Particuliers , des portions des Casuels des Domaines réservez à S. M. par l'Edit
du mois de Decembre 1701.
>
AUTRE du 18. Mars , qui ordonne que tous
les Ouvrages de Coutellerie qui seront ou auront
été fabriquez dans la Ville de Thiers , auront
outre la marque particuliere, dont chaque Coutelier a coûtume de se servir pour marquer ses Ouvrages , une seconde marque , dont l'emprein
te portera le mot THIERS.
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Résumé : ARRESTS NOTABLES, &c.
En 1732, plusieurs arrêtés et ordonnances royales ont été émis. En décembre 1731, un arrêté a stipulé que le droit d'indemnité des gens de main-morte pour l'acquisition d'héritages serait payé en espèces pour les montants inférieurs à soixante livres et en rentes pour les montants égaux ou supérieurs. En janvier 1732, un autre arrêté a prolongé jusqu'à la fin de l'année la réduction des droits de marc d'or et autres frais pour les offices vacants ou nouvelles créations. Une sentence de police a condamné le libraire Brunet à une amende pour avoir vendu des livres sans permission, et un autre arrêté a interdit de brûler des pailles dans les Halles. En février 1732, un arrêt du Parlement a condamné à mort quatre individus pour vol avec effraction et a sursoit à l'exécution pour les autres accusés. Une ordonnance royale concernant le cimetière de Saint-Médard a mentionné que les mouvements observés étaient volontaires et non convulsifs ou surnaturels, et a ordonné la fermeture du cimetière pour éviter les rassemblements et les troubles. En mars 1732, plusieurs arrêtés ont prolongé des permissions commerciales, homologué les secours donnés aux provinces touchées par la peste, nommé un conseiller pour arrêter les comptes d'un caissier général, interdit l'entrée des vieux habits de soldats étrangers, déclaré subreptices certains brevets de dons, et ordonné une marque spécifique pour les ouvrages de coutellerie fabriqués à Thiers.
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158
p. 794-798
« L'Office de Bailly de Sarreloüis, vacant par la mort [...] »
Début :
L'Office de Bailly de Sarreloüis, vacant par la mort [...]
Mots clefs :
Château, Musique, Dimanche des Rameaux, Concert, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Office de Bailly de Sarreloüis, vacant par la mort [...] »
FRANCE,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
Lat
'Office de Bailly de Sarreloüis , va
cant par la mort de M. le Comte
de Lommont , a été donné le premier de
ce mois , au Marquis du Chastelet , Colonel du Régiment d'Hainault.
Le Gouvernement du Château de
Chambord au Chevalier de Saumery , &
le Marquis de Pifon , fon frere, a eu la
Charge de Grand-Bailly de la ville de
Blois.
Le Roi a nommé pour fon premier
Medecin M. Chicoineau ; il étoit depuis
quelque tems Medecin des Enfans de
France , & M. Bouillac lui fuccede dans
cette place.
S. M. a accordé la Charge de GrandPannetier de France au Chevalier de Brif
fae qui est à present Duc de Brissac.
*
Le 2. Avril le Jardin du Roi a été mis
dans le département du Secretaire d'Etat
de la Maison du Roi , et la Charge d'Inrendant vacante par la mort de M. Chirac , a été donné à M. Dufay , de l'Académie Royale des Sciences.
Le
AVRIE, 17323 795
Le 3. Mars , il y eut Concert chez la
Reine; M.Destouches, Surintendant de la
Musique du Roi , fit chanter le Prologue
et le premier Acte de l'Opera d'Amadis
de Grèce , qui est de sa composition : cetge Piéce fut continuée le 5. et le 10. Les
principaux Rôles furent chantez par les
Dlles Lenner et Courvasier , et par les
sieurs D'Angerville et le Prince , avec
beaucoup d'applaudissemens.
Le12 , le 17 et le 19 on chanta l'Opera
de Telemaque , du même Auteur. La Dlle
Lenner fit le rôle de Minerve dans le
Prologue , et la Dile Mathieu celui de
Amour. La Dlle Antier fut fort applaudie dans le rôle de Calypso , ainsi que
la Dlle Pelissier dans celui d'Eucharis. Les
sieurs Petillot er Dangerville executerent
ceux de Telemaque et d'Astrate avec beaucoup de vivacité. La Simphonie et les
Chœurs furent rendus avec la même précision.
Le 6. Avril , Dimanche des Rameaux
le Roi accompagné du Duc du Maine et
du Comte d'Eu , se rendit dans la Chapelle du Château, où S.M. assista à la Bénediction des Palmes , qui fut faite par
L'Abbé Brosseau , Chapellain ordinaire de
la Chapelle de Musique , qui en présenta
Hiij un e
796 MERCURE DE FRANCE
1
ane au Roi ; S. M. allà à la Procession , et
après l'Evangile elle adora la Croix, Le
Roi entendit ensuite la Grand- Messe célebrée par le même Chapellain , et cham
tée par la Musique. L'après midy le Roi
assista à la Prédication du P. Segaudi
après quoi S. M. entendit les Vêpres chantées par la Musique.
Le Jeudy saint , le Roi entendit le Ser
mon de l'Abbé Pichaud , Theologal de
Eglise Cathedrale de Meanx , après quoi ,
l'Evêque de Dol fit l'Absoute. Ensuite le
Roi lava les pieds à 12 pauvres, et les seri
vit à table : le Duc de Bourbon , GrandMaître de la Maison du Roi , à la tête des
Maîtres d'Hotel,précedoit le Service dont
les plats étoient portez par le Comte de
Charolois , le Prince de Conty , le Prince
de Dombes, le Comte d'Eu, et par les prin
cipaux Officiers de S. M. Après cette Cé
remonie , le Roi se rendit à la Chapelle
du Château , où S. M. entendit la Grande.
Messe , assista à la Procession et ensuite..
aux Vêpres. L'après midy le Roi assista
à l'Office des Tenebres.
Le 8. de ce mois , le Marquis Doria
Envoyé extraordinaire de la Republique
de Genes , eut sa premiere audience publique du Roi , étant conduit par M. He- bers
AVRIL. 1732. 797
bert, Introducteur des Ambassadeurs ; il
alla le prendre dans les Carosses du Roiet de la Reine ; après avoir été traité par
les Officiers du Roi , il fut reconduit à
Paris dans les carosses de L. M. avec les
céremonies accoutumées.
M. Mendez, chargé des affaires du Roi
de Portugal , se rendit le 27. Mars à
là Fonderie pour y voir les six cloches
destinées pour S. M. Port. qu'on sonna
et tinta en présence d'un grand nombre
d'habiles connoisseurs sur les fontes et
l'alliage des métaux , et elles furent trouvées fort harmonieuses , et du ton que le
Roi de Portugal les a demandées ; on
trouva seulement quelque chose à dire
aux deux gros battans qu'on sera obligé
de refaire : l'un de ces battans pese 732 liv.
et l'autre 4831
Le 30. Mars, Dimanche dela Passion
il y eut Concert spirituel au Château des
Thuilleries , qui a été continué tous les
jours jusques et compris le Dimanche de
Quasimodo. M. Mouret y a fait executer
les plus beaux Moters à grand choeur , des
feu M. de la Lande et d'autres Maîtres
modernes. On a chanté aussi avec succès
differens petits Motets nouveaux, conveHij nables
798 MERCURE DE FRANCE
>
nables au tems de Pâques , à une , à deux
et à trois voix. On a aussi exécuté tous
les jours differens Concerto sur le Violon
la Flute et le Basson , avec autant de vivacité que de justesse. Le sieur Batiste excellent Simphoniste , s'y est distingué , et
a joué sur le Violon differentes Pieces de
sa composition avec beaucoup d'applaudissemens.
***
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
Lat
'Office de Bailly de Sarreloüis , va
cant par la mort de M. le Comte
de Lommont , a été donné le premier de
ce mois , au Marquis du Chastelet , Colonel du Régiment d'Hainault.
Le Gouvernement du Château de
Chambord au Chevalier de Saumery , &
le Marquis de Pifon , fon frere, a eu la
Charge de Grand-Bailly de la ville de
Blois.
Le Roi a nommé pour fon premier
Medecin M. Chicoineau ; il étoit depuis
quelque tems Medecin des Enfans de
France , & M. Bouillac lui fuccede dans
cette place.
S. M. a accordé la Charge de GrandPannetier de France au Chevalier de Brif
fae qui est à present Duc de Brissac.
*
Le 2. Avril le Jardin du Roi a été mis
dans le département du Secretaire d'Etat
de la Maison du Roi , et la Charge d'Inrendant vacante par la mort de M. Chirac , a été donné à M. Dufay , de l'Académie Royale des Sciences.
Le
AVRIE, 17323 795
Le 3. Mars , il y eut Concert chez la
Reine; M.Destouches, Surintendant de la
Musique du Roi , fit chanter le Prologue
et le premier Acte de l'Opera d'Amadis
de Grèce , qui est de sa composition : cetge Piéce fut continuée le 5. et le 10. Les
principaux Rôles furent chantez par les
Dlles Lenner et Courvasier , et par les
sieurs D'Angerville et le Prince , avec
beaucoup d'applaudissemens.
Le12 , le 17 et le 19 on chanta l'Opera
de Telemaque , du même Auteur. La Dlle
Lenner fit le rôle de Minerve dans le
Prologue , et la Dile Mathieu celui de
Amour. La Dlle Antier fut fort applaudie dans le rôle de Calypso , ainsi que
la Dlle Pelissier dans celui d'Eucharis. Les
sieurs Petillot er Dangerville executerent
ceux de Telemaque et d'Astrate avec beaucoup de vivacité. La Simphonie et les
Chœurs furent rendus avec la même précision.
Le 6. Avril , Dimanche des Rameaux
le Roi accompagné du Duc du Maine et
du Comte d'Eu , se rendit dans la Chapelle du Château, où S.M. assista à la Bénediction des Palmes , qui fut faite par
L'Abbé Brosseau , Chapellain ordinaire de
la Chapelle de Musique , qui en présenta
Hiij un e
796 MERCURE DE FRANCE
1
ane au Roi ; S. M. allà à la Procession , et
après l'Evangile elle adora la Croix, Le
Roi entendit ensuite la Grand- Messe célebrée par le même Chapellain , et cham
tée par la Musique. L'après midy le Roi
assista à la Prédication du P. Segaudi
après quoi S. M. entendit les Vêpres chantées par la Musique.
Le Jeudy saint , le Roi entendit le Ser
mon de l'Abbé Pichaud , Theologal de
Eglise Cathedrale de Meanx , après quoi ,
l'Evêque de Dol fit l'Absoute. Ensuite le
Roi lava les pieds à 12 pauvres, et les seri
vit à table : le Duc de Bourbon , GrandMaître de la Maison du Roi , à la tête des
Maîtres d'Hotel,précedoit le Service dont
les plats étoient portez par le Comte de
Charolois , le Prince de Conty , le Prince
de Dombes, le Comte d'Eu, et par les prin
cipaux Officiers de S. M. Après cette Cé
remonie , le Roi se rendit à la Chapelle
du Château , où S. M. entendit la Grande.
Messe , assista à la Procession et ensuite..
aux Vêpres. L'après midy le Roi assista
à l'Office des Tenebres.
Le 8. de ce mois , le Marquis Doria
Envoyé extraordinaire de la Republique
de Genes , eut sa premiere audience publique du Roi , étant conduit par M. He- bers
AVRIL. 1732. 797
bert, Introducteur des Ambassadeurs ; il
alla le prendre dans les Carosses du Roiet de la Reine ; après avoir été traité par
les Officiers du Roi , il fut reconduit à
Paris dans les carosses de L. M. avec les
céremonies accoutumées.
M. Mendez, chargé des affaires du Roi
de Portugal , se rendit le 27. Mars à
là Fonderie pour y voir les six cloches
destinées pour S. M. Port. qu'on sonna
et tinta en présence d'un grand nombre
d'habiles connoisseurs sur les fontes et
l'alliage des métaux , et elles furent trouvées fort harmonieuses , et du ton que le
Roi de Portugal les a demandées ; on
trouva seulement quelque chose à dire
aux deux gros battans qu'on sera obligé
de refaire : l'un de ces battans pese 732 liv.
et l'autre 4831
Le 30. Mars, Dimanche dela Passion
il y eut Concert spirituel au Château des
Thuilleries , qui a été continué tous les
jours jusques et compris le Dimanche de
Quasimodo. M. Mouret y a fait executer
les plus beaux Moters à grand choeur , des
feu M. de la Lande et d'autres Maîtres
modernes. On a chanté aussi avec succès
differens petits Motets nouveaux, conveHij nables
798 MERCURE DE FRANCE
>
nables au tems de Pâques , à une , à deux
et à trois voix. On a aussi exécuté tous
les jours differens Concerto sur le Violon
la Flute et le Basson , avec autant de vivacité que de justesse. Le sieur Batiste excellent Simphoniste , s'y est distingué , et
a joué sur le Violon differentes Pieces de
sa composition avec beaucoup d'applaudissemens.
***
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Résumé : « L'Office de Bailly de Sarreloüis, vacant par la mort [...] »
En 1732, plusieurs nominations importantes ont eu lieu à la cour de France. L'Office de Bailly de Sarreloüis a été attribué au Marquis du Chastelet, tandis que le Gouvernement du Château de Chambord a été confié au Chevalier de Saumery. Le Marquis de Pifon a obtenu la charge de Grand-Bailly de la ville de Blois. Le Roi a nommé M. Chicoineau comme premier Médecin, succédant à M. Bouillac pour les Enfants de France. Le Chevalier de Briffaut, Duc de Brissac, a été nommé Grand-Pannetier de France. Le Jardin du Roi a été placé sous la responsabilité du Secrétaire d'État de la Maison du Roi, et M. Dufay a été nommé Intendant à la place de M. Chirac. Des concerts ont été organisés à la cour, notamment des extraits des opéras 'Amadis de Grèce' et 'Télémaque' composés par M. Destouches, qui ont été applaudis par les spectateurs. Le Roi a assisté à diverses cérémonies religieuses, notamment la bénédiction des palmes et la lavande des pieds le Jeudi Saint. Le Marquis Doria, Envoyé extraordinaire de la République de Gênes, a eu sa première audience publique auprès du Roi. M. Mendez, représentant le Roi de Portugal, a visité la Fonderie pour inspecter des cloches destinées au Portugal. Des concerts spirituels ont également été organisés au Château des Tuileries, avec des exécutions de motets et de concertos.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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159
p. 798-803
MORTS, NAISSANCES et Mariages.
Début :
Claude François Pellot, Comte de Trevieres &c. ancien Maître des [...]
Mots clefs :
Marquis, Chevalier, Ordres, Veuve
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
MORTS , NAISSANCES
C
et Mariages
Laude François Pellot,Comte deTrevieres &c. ancien Maître des Requêtes , mourut le 27. Mars âgé de 76. ans.
M. Jacques Bigaut , Docteur en Theo
logie,Curé de sainte Marie Madeleine de
la Ville-Levêque , mourut le 30 Mars ,
âgé de 58 ans.
D. Madelaine d'Archi , veuve de M.
René Duvernet, sieur de la Vallée, Ecuyer
ordinaire de la Grande Ecurie du Roi,
mourut à Paris le 1. Avril, âgée d'environ
82 ans.
Charles-Armand de Gontaut de Biron ,
Abbé Commandataire de l'Abbaye de
S. Bertrand de Chaumont, mourut le 5.
Avril âgé de 29. ans.
Le
AVRIL 1732. 799
་
Le Prince Frederic , frere de l'Archevêque de Vienne , mourut à Strasbourg le
de ce mois , âgé de so ans. Il étoit Grand
Doyen et Chanoine de l'Eglise Cathedrale
de Strasbourg , Grand-Prévor de celle de
Liege , et Prieur du Pont S.Esprit, deNan
tua en Bugey , et de la Charité sur Loire.
D. Angelique Marguerite de Battefort
Delaubepin , veuve de Charle Marie de
Montmorency , Chevalier, Premier Baron
Chrétien en France , Seigneur de NeuvyPailloux , mourut le 15 Avril , âgée de
Sans.
Charles - Thimoleon - Louis de Cossé ,
Duc de Brissac , Pair et Grand Panetier
de France , Baron de Montreuil - Bellai ,
Seigneur de Lugni , Martigni , Briant ,
Bregue , Vaucretien , la Lande &c, mourut à Paris géneralement regretté , le 18
Avril âgé de 39 ans.
Le 21. de ce mois mourut M. Antoine
le Moine, Docteur de la Maison et Societé
de Sorbonne , Chanoine de S. Benoît et
Censeur Royal , âgé de 65 ans , fort regretté par sa candeur et son érudition.
D.Louise de Crevant d'Humieres, veuve de M. Charles- Louis d'Hautefort, Marquis de Surville , Lieutenant Géneral des
Armées du Roi, mourut le 22 Avril dans
fa 72me année de son âge. Elle étoit veuve Hv en
800 MERCURE DE FRANCE
en premieres nôces du Comte de Vassé
Vidame du Mans , mort le 7 Août 1684.
Charles- Louis Auguste le TonnelierBreteuil , Evêque de Rennes , Abbé de
S. Pierre de Chaumes , Prieur Comman→
dataire de Deüil et d'Escarmeil , et GrandMaître de la Chapelle de Musique du Roi,
mourut dans son Diocèse le 24 de ce mois ,
âgé de 4 ans accomplis.
Il étoit fils de François le Tonnelier dé
Breteuil, Marquis de Fontenay- Tresigny,
Sire de Vill bert , Baron de Boitron , Seigneur des Chapelles Breteüil &c. Conseiller d'Etat ordinaire , Intendant des Finances , et de Anne de Calonne de Courrebourne , er frere de François-Victor lo
Tonnelier Breteüil , Marquis de Fonte
nay-Tresigni &c. Commandeur des Or. ,
dres du Roi , Chancelier de la Reine
cy-devant Secretaire d'Etat au departe .
ment de la Guerre.
4
La Maison de Breteuil est trop connue,
pour qu'on entre ici dans le détail de sa
Genealogie.
D. Marie Therese Emmanuel Casimire
Geneviève de Bethune , Epouse de Char
les Louis-Auguste Fouquet , Comte de
Belle Isle , Lieutenant Général des Armées du Roi , Mestre de Camp General
,
des
AVRIL. 1732: 801
ས
des Dragons de France , Gouverneur des
Ville et Fort d'Huningue , Commandant
en chef dans les trois Evêchez, frontieres
de la Lorraine , de l'Alsace et du Duché
de Luxembourg, accoucha le 27 Mars
d'un fils qui fut nommé Louis Marie par
Louis Fouquet , Marquis de Belle- Isle son
Ayeul , et par D. Jeanne- Marie Guion
veuve de Miximilien-Henri de Bethune
Duc de Sully , Pair de France , Chevalier
des Ordres du Roi &c.
- D. Marie- Anne Petit de Villeneuve
fille de feu M. Petit de Villeneuve , Président de la Cour des Aides , Epouse de
M. Jean-Baptiste le Feron , Chevalier Seigneur du Plessis- aux Bois, de Cuisy , d'Iverni , Conseiller du Roi en ses Conseils,
Maître des Requêtes, accoucha le 11 Avril
d'un fils qui fut tenu le même jour sur les
Fonts Baptismaux , et nommé Jean- Bap
tiste Evrard , par M. Evrard Titou Du
tillet , Maître d'Hôtel de feüe Madamela
Dauphine, Mere du Roi et Commissaire:
Provincial des Guerres, son grand Oncle
et par D. Marie- Anne Foucault , veuve
de M. Petit de Villeneuve , Conseiller de
La Cour des Aides, sa Bisayeule.
Le Samedi 12 Avril , Jean- Charles de
Crussol , Duc d'Uzés , premier Pair de
France , Chevalier des Ordres du Roi ,,
H&vj Gou
802 MERCURE DE FRANCE
Gouverneur des Provinces de Saintonges
et d'Angoumois , et D. Anne Julie- Françoise de Crussol d'Uzés , Epouse de M. Louis Cesar de la Baume, le Blanc de la
Valiere , Duc de Vaujour , Gouverneur et
Grand Sénechal en survivance de la Province de Bourbonnois , Colonel du Regiment de la Valiere , tinrent sur les Fonts
de Baptême en l'Eglise deS. Eustache, une
petite Juive âgée de trois ans et demi
fille d'Eléazard Levi , Juif Hollandois et
de Fronoca Jacob , sa femme , et lui don
nerent le nom d'Anne Julie Françoise.
4 D. Marie-Therese de Baillon , Epouse
d'Antoine- François de la Tournelle,Comte de la Tournelle , &c. accoucha le 13
Avril d'une fille, qui fut nommée Jeanne'
Charlotte par Jean de Baillon , Conseiller
au Parlement de Paris , et par D. Jeanne
Charlotte du Deffant de la Lande , veuve
de Roger de la Tournelle, Marquis de
Courancy.
D. Jeanne Marie-Joseph Guyon, Epou
se d'Anne de Lugnac de Reuilly , accou
cha le 19. Avril d'une fille qui fut nommée Marie- Louise par Louis de Gand de
Merodes de Montmorency, Prince d'Isen
ghien , Chevalier des Ordres du Roi
Lieutenant Géneral de ses Armées et de la
Province d'Artois , Gouverneur des Ville
et
AVRIL. 17328 80%
et Citadelle d'Arras , et par D. JeanneMarie Guyon , veuve de MaximilienHenry de Bethune , Duc de Sully , Pair de
France , Prince Souverain d'Henrichemont et de Boissel , Chevalier des ordres
du Roi &c.
Augustin Joseph , Comte de Mailly ར
fils de Joseph , Marquis de Mailly , Baron de S. Amant &c. et de Louise Magdelaine-Joseph-Marie de la Riviere, de la
Roche-de-Vaux , épousa le zr Avril D.
Constance Colbert de Torcy , fille deJean- Baptiste Colbert, Marquis de Torcy,
de Croisy &c. Ministre d'Etat, Comman
deur des Ordres du Roi , et de D: Cathe
rine Felicité Arnaud de Pomponne
C
et Mariages
Laude François Pellot,Comte deTrevieres &c. ancien Maître des Requêtes , mourut le 27. Mars âgé de 76. ans.
M. Jacques Bigaut , Docteur en Theo
logie,Curé de sainte Marie Madeleine de
la Ville-Levêque , mourut le 30 Mars ,
âgé de 58 ans.
D. Madelaine d'Archi , veuve de M.
René Duvernet, sieur de la Vallée, Ecuyer
ordinaire de la Grande Ecurie du Roi,
mourut à Paris le 1. Avril, âgée d'environ
82 ans.
Charles-Armand de Gontaut de Biron ,
Abbé Commandataire de l'Abbaye de
S. Bertrand de Chaumont, mourut le 5.
Avril âgé de 29. ans.
Le
AVRIL 1732. 799
་
Le Prince Frederic , frere de l'Archevêque de Vienne , mourut à Strasbourg le
de ce mois , âgé de so ans. Il étoit Grand
Doyen et Chanoine de l'Eglise Cathedrale
de Strasbourg , Grand-Prévor de celle de
Liege , et Prieur du Pont S.Esprit, deNan
tua en Bugey , et de la Charité sur Loire.
D. Angelique Marguerite de Battefort
Delaubepin , veuve de Charle Marie de
Montmorency , Chevalier, Premier Baron
Chrétien en France , Seigneur de NeuvyPailloux , mourut le 15 Avril , âgée de
Sans.
Charles - Thimoleon - Louis de Cossé ,
Duc de Brissac , Pair et Grand Panetier
de France , Baron de Montreuil - Bellai ,
Seigneur de Lugni , Martigni , Briant ,
Bregue , Vaucretien , la Lande &c, mourut à Paris géneralement regretté , le 18
Avril âgé de 39 ans.
Le 21. de ce mois mourut M. Antoine
le Moine, Docteur de la Maison et Societé
de Sorbonne , Chanoine de S. Benoît et
Censeur Royal , âgé de 65 ans , fort regretté par sa candeur et son érudition.
D.Louise de Crevant d'Humieres, veuve de M. Charles- Louis d'Hautefort, Marquis de Surville , Lieutenant Géneral des
Armées du Roi, mourut le 22 Avril dans
fa 72me année de son âge. Elle étoit veuve Hv en
800 MERCURE DE FRANCE
en premieres nôces du Comte de Vassé
Vidame du Mans , mort le 7 Août 1684.
Charles- Louis Auguste le TonnelierBreteuil , Evêque de Rennes , Abbé de
S. Pierre de Chaumes , Prieur Comman→
dataire de Deüil et d'Escarmeil , et GrandMaître de la Chapelle de Musique du Roi,
mourut dans son Diocèse le 24 de ce mois ,
âgé de 4 ans accomplis.
Il étoit fils de François le Tonnelier dé
Breteuil, Marquis de Fontenay- Tresigny,
Sire de Vill bert , Baron de Boitron , Seigneur des Chapelles Breteüil &c. Conseiller d'Etat ordinaire , Intendant des Finances , et de Anne de Calonne de Courrebourne , er frere de François-Victor lo
Tonnelier Breteüil , Marquis de Fonte
nay-Tresigni &c. Commandeur des Or. ,
dres du Roi , Chancelier de la Reine
cy-devant Secretaire d'Etat au departe .
ment de la Guerre.
4
La Maison de Breteuil est trop connue,
pour qu'on entre ici dans le détail de sa
Genealogie.
D. Marie Therese Emmanuel Casimire
Geneviève de Bethune , Epouse de Char
les Louis-Auguste Fouquet , Comte de
Belle Isle , Lieutenant Général des Armées du Roi , Mestre de Camp General
,
des
AVRIL. 1732: 801
ས
des Dragons de France , Gouverneur des
Ville et Fort d'Huningue , Commandant
en chef dans les trois Evêchez, frontieres
de la Lorraine , de l'Alsace et du Duché
de Luxembourg, accoucha le 27 Mars
d'un fils qui fut nommé Louis Marie par
Louis Fouquet , Marquis de Belle- Isle son
Ayeul , et par D. Jeanne- Marie Guion
veuve de Miximilien-Henri de Bethune
Duc de Sully , Pair de France , Chevalier
des Ordres du Roi &c.
- D. Marie- Anne Petit de Villeneuve
fille de feu M. Petit de Villeneuve , Président de la Cour des Aides , Epouse de
M. Jean-Baptiste le Feron , Chevalier Seigneur du Plessis- aux Bois, de Cuisy , d'Iverni , Conseiller du Roi en ses Conseils,
Maître des Requêtes, accoucha le 11 Avril
d'un fils qui fut tenu le même jour sur les
Fonts Baptismaux , et nommé Jean- Bap
tiste Evrard , par M. Evrard Titou Du
tillet , Maître d'Hôtel de feüe Madamela
Dauphine, Mere du Roi et Commissaire:
Provincial des Guerres, son grand Oncle
et par D. Marie- Anne Foucault , veuve
de M. Petit de Villeneuve , Conseiller de
La Cour des Aides, sa Bisayeule.
Le Samedi 12 Avril , Jean- Charles de
Crussol , Duc d'Uzés , premier Pair de
France , Chevalier des Ordres du Roi ,,
H&vj Gou
802 MERCURE DE FRANCE
Gouverneur des Provinces de Saintonges
et d'Angoumois , et D. Anne Julie- Françoise de Crussol d'Uzés , Epouse de M. Louis Cesar de la Baume, le Blanc de la
Valiere , Duc de Vaujour , Gouverneur et
Grand Sénechal en survivance de la Province de Bourbonnois , Colonel du Regiment de la Valiere , tinrent sur les Fonts
de Baptême en l'Eglise deS. Eustache, une
petite Juive âgée de trois ans et demi
fille d'Eléazard Levi , Juif Hollandois et
de Fronoca Jacob , sa femme , et lui don
nerent le nom d'Anne Julie Françoise.
4 D. Marie-Therese de Baillon , Epouse
d'Antoine- François de la Tournelle,Comte de la Tournelle , &c. accoucha le 13
Avril d'une fille, qui fut nommée Jeanne'
Charlotte par Jean de Baillon , Conseiller
au Parlement de Paris , et par D. Jeanne
Charlotte du Deffant de la Lande , veuve
de Roger de la Tournelle, Marquis de
Courancy.
D. Jeanne Marie-Joseph Guyon, Epou
se d'Anne de Lugnac de Reuilly , accou
cha le 19. Avril d'une fille qui fut nommée Marie- Louise par Louis de Gand de
Merodes de Montmorency, Prince d'Isen
ghien , Chevalier des Ordres du Roi
Lieutenant Géneral de ses Armées et de la
Province d'Artois , Gouverneur des Ville
et
AVRIL. 17328 80%
et Citadelle d'Arras , et par D. JeanneMarie Guyon , veuve de MaximilienHenry de Bethune , Duc de Sully , Pair de
France , Prince Souverain d'Henrichemont et de Boissel , Chevalier des ordres
du Roi &c.
Augustin Joseph , Comte de Mailly ར
fils de Joseph , Marquis de Mailly , Baron de S. Amant &c. et de Louise Magdelaine-Joseph-Marie de la Riviere, de la
Roche-de-Vaux , épousa le zr Avril D.
Constance Colbert de Torcy , fille deJean- Baptiste Colbert, Marquis de Torcy,
de Croisy &c. Ministre d'Etat, Comman
deur des Ordres du Roi , et de D: Cathe
rine Felicité Arnaud de Pomponne
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Résumé : MORTS, NAISSANCES et Mariages.
En avril 1732, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Laude François Pellot, Comte de Trevieres et ancien Maître des Requêtes, est décédé le 27 mars à l'âge de 76 ans. M. Jacques Bigaut, Docteur en Théologie et Curé de Sainte Marie Madeleine de la Ville-Levêque, est mort le 30 mars à 58 ans. D. Madelaine d'Archi, veuve de René Duvernet, sieur de la Vallée, a décédé à Paris le 1er avril à environ 82 ans. Charles-Armand de Gontaut de Biron, Abbé Commandataire de l'Abbaye de Saint Bertrand de Chaumont, est mort le 5 avril à 29 ans. Le Prince Frédéric, frère de l'Archevêque de Vienne, est décédé à Strasbourg le 6 avril à 50 ans. Il occupait plusieurs postes ecclésiastiques importants. D. Angélique Marguerite de Battefort Delaubepin, veuve de Charles Marie de Montmorency, est morte le 15 avril. Charles-Thimoléon-Louis de Cossé, Duc de Brissac, Pair et Grand Panetier de France, est décédé à Paris le 18 avril à 39 ans. M. Antoine le Moine, Docteur de la Maison et Société de Sorbonne, est mort le 21 avril à 65 ans. D. Louise de Crevant d'Humières, veuve de Charles-Louis d'Hautefort, est décédée le 22 avril à 72 ans. Charles-Louis-Auguste le Tonnelier-Breteuil, Evêque de Rennes, est mort dans son diocèse le 24 avril à 44 ans. Plusieurs naissances et mariages ont également été signalés. D. Marie Thérèse Emmanuel Casimire Geneviève de Bethune a accouché le 27 mars d'un fils nommé Louis Marie. D. Marie-Anne Petit de Villeneuve a donné naissance à un fils le 11 avril, baptisé Jean-Baptiste Evrard. Le Duc d'Uzès et D. Anne Julie-Françoise de Crussol d'Uzès ont baptisé une petite Juive de trois ans et demi, nommée Anne Julie Françoise. D. Marie-Thérèse de Baillon a accouché d'une fille le 13 avril, nommée Jeanne-Charlotte. D. Jeanne Marie-Joseph Guyon a donné naissance à une fille le 19 avril, nommée Marie-Louise. Enfin, Augustin Joseph, Comte de Mailly, a épousé D. Constance Colbert de Torcy le 21 avril.
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160
p. 803-809
ADDITION.
Début :
Pierre Chirac, Conseiller d'Etat, Sur-Intendant du Jardin Royal des [...]
Mots clefs :
Médecin, Ecole de Montpellier, Pierre Chirac, Académie royale des sciences, Méthode analytique, Anatomie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ADDITION.
ADDIT Ï O N.
Terre Chirac , Conseiller d'Etat, Sur
PIntendant du Jardin Royal des Plantes , et des Eaux Minérales , Bains etFontaines Médicinales du Royaume , Profes--
seur Royal de Médecine en l'Université
de Montpellier , Membre de l'Académic
Royale des Sciences de Paris , et premier
Médecin du Roy , mourut à Marly, le
a du mois de Mars dernier.
Quoique son Eloge soit renfermé dans
son
804 MERCURE DE FRANCE
son Nom, nous ne sçaurions nous dispenser de dire qu'il est mort , généralement
regretté du Public , dont il avoit mérité
depuis long-temps l'estime et la confiance : c'est un témoignage que nous devons
à sa Mémoire.
Il se fit admirer depuis l'année 1687.
qu'il fut reçu Professeur Royal de Médecine en l'Université de Montpellier ,
où il avoit pris ses dégrez. Il s'y distingua d'abord par les Leçons publiques et
les Cours particuliers qu'il faisoit sur tou
tes les Parties de la Médecine, qu'il a trai
tées chacune en détail ; ses écrits étoient
enrichis des découvertes qu'il faisoit dans
L'Anatomie, Science qu'il aimoit et qu'il
cultivoit particulierement, et qui lui servie
toujours de guide pour rectifier la prati❤
que de la Médecine.
Nous n'avons de cet excellent homme
que quelques petits Traitez particu
liers, imprimez en forme de Dissertation,
n'ayant jamais eu assez de loisir pour
pouvoir mettre ses écrits en état d'être
imprimez en un Corps d'Ouvrage.
En effet ses talens l'enleverent bien-tôt
àl'Ecole de Montpellier , dont il faisoie
l'ornement. Cette Ecole n'a eu d'autre
dédommagement de son absence que l'établissement d'une doctrine refléchie , dont
PAA 3
AVRIL 1732. 8051
1'Anatomie étoit la baze , et que plusieurs
Experiences et Observations réïterées
avoient confirmée.
La Méthode analytique est celle qu'il
avoit employée , comme la plus propre
conduire à la vérité.
Il sortit pour la premiere fois de Montpelier,en l'année 1692. pour aller en qualité de Medecin de l'Armée , au Siege de
Rose , où il sauva au Roy beaucoup de
Soldats attaquez d'une Dissenterie Epidémique , dont il arrêta heureusement le
cours par le changement de nourriture
&c. Ce ne fut pas là la seule occasion
où il signala son zéle pour le service du
Roy ; car ayant été envoyé à Rochefort
où regnoit une maladie pestilentielle ...
inconnue jusqu'alors , il en découvrit la
cause par les fréquentes ouvertures des
Gadavres. Après avoir établi un genre de
Traitement convenable à ce te maladie
par rapport à la cause prochaine et aux
accidens qui l'accompagnoient , il reme
dia à la cause commune par le change
ment de nourriture , et prescrivit un regime préservatif pour ceux qui avoient
été épargnez jusques là; mais à qui la violence de cette maladie avoit fait perdre
tout espoir d'échaper à ses coups.
Après qu'il eut mis tout en regle à
Rem
80s MERCURE DE FRANCE
Rochefort pour l'établissement et la fourniture des Hôpitaux , sans oublier la Police necessaire dans une Ville désolée ,
dequor M. Bégon , Intendant de la Province et de la Marine , l'avoit laissé le
Maître , prévoyant qu'il pourroit bien
être attaqué lui- même de la même maladie Epidémique , à laquelle un travail
et une application continuelle , mais indispensables, l'exposoient à tout moment;
il dicta à un Chirurgien qu'il avoit auprès de lui en qualité de Secretaire , une
Methode particuliere et relative à son
temperamment , suivant laquelle il voulbit être traité , en cas qu'il tomba malade , ce qui arriva effectivement ; il fut
tres-long- temps à se remettre , et il vint
achever sa convalescence à Montpellier.
Dès qu'il fut rétabli , il reprit ses exercices de l'Ecole , toujours avec le même
plaisir et la même application. Le succès
de sa pratique enMedecine dédommageoit
alors les habitans de Montpellier et les
Etrangers de la perte du fameux M. Barbeyrac , le plus grand Praticien du siecle
passé.
En l'année 1706. S.A. R. le Duc d'Orléans lui fit l'honneur de le mander pour:
aller en Italie avec lui en qualité de son
Medecin de confiance; il ne fut pas lọngtemps
AVRIL 1732. 807
temps à mériter cet honneur , car il sauva
à cePrince unbras qu'on étoit sur le point
de lui couper , àcause d'une blessure tresdangereuse qu'il avoit reçue au poignet au
Siege de Turin. L'année suivante S.A.R:
ne mena point d'autre Medecin que lup
en Espagne.
Il fut très-utile par lui-même et par ses
conseils à l'Armée des deux Couronnes.
M. Chirac revint à Paris , après avoir
demeuré quelque temps en Espagne , et
dès que le fameux M.Homberg fut mort,
S. A. R. lui donna la place de premier
Medecin de sa Personne.
I
Le Roy lui donna à la mort de M. Fagon , la Sur-Intendance du Jardin du
Roy. Sa Majesté lui accorda des Lettres
de Noblesse en 1728. ses longs services et
la supériorité de ses talens en furent le
motif. Enfin le Roy le choisit pour son
premier Medecin , au mois de Decembre
1730. Tout le monde a été témoin de son
attachement pour la Personne du Roy;
mais on verra , avec beaucoup plus d'étendue , tout ce que M. Chirac avoit de
grand , dans l'Eloge qu'en donnera Pillustre Académicien , à qui , avec des ta-"
lens au dessus des loüanges , il a été
particulierement donné de transmettre
à la posterité , la mémoire des grands hom-
868 MERCURE DE FRANCE
hommes , avec toute la gloire qu'ils se
sont acquise pendant leur vie, ce qui nous
dispense d'en dire davantage..
.
M. François Chicoineau , Conseiller
er Medecin du Roy, Professeur Royal
d'Anatomie et de Botanique , Chancelier
et Juge de l'Université de Medecine de
Montpellier,Intendant du Jardin du Roy,
Membre de la Societé Royale des Sciences , Conseiller en la Cour des Aydes de
la même Ville , depuis peu premier Medecin de Monseigneur le Dauphin et des
Entans de France , gendre de M.Chirac ,
a été nommé par le Roy , le 2 de ce mois,
pour remplir la place de son premier
Medecin. Tout le monde. sçait avec quel
zele M. Chicoineau a signalé sa capacité
er sa charité , à la tête des Medecins envoyez à Marseille , lors de la derniere
Peste: Il a laissé M. son Fils à Montpellier,.
digne heritier de ses talens ; et qui avoit
dès l'année, 1723. la survivance, de toutes
ses Charges, qu'il a exercées sous les yeux
de son pere , depuis ce temps- là.
C'est le cinquiéme de ce nom, de pere
en fils que la celebre Ecole de Montpellier , voit avec plaisir à sa tête , en qua
lité de Chancelier et Juge de l'Universi❤ .
té, Place à laquelle est toujours attachée
l'Intendance du Jardin du Roy, avec
une :
AVRIL 173.2. 869
une Charge de Professeur Royal de Bo
tanique et une d'Anatomie , qui font
l'exercice et la pension annuelle du Chancelier.
Tous les Titres cy-dessus ont été transmis à M. Chicoineau , aujourd'hui pre
mier Medecin du Roy, et Conseiller d'E
tat après la mort de ses deux freres aînez,
tous deux ayant été successivement déco .
résparfeu M.MichelChicoineau leur pere,
Conseiller en la Cour des Aydes de Montpellier, un des plus sçavans Medecins du
siecle dernier , et l'ornement de l'Ecole de
Montpellier.
A MADE
Terre Chirac , Conseiller d'Etat, Sur
PIntendant du Jardin Royal des Plantes , et des Eaux Minérales , Bains etFontaines Médicinales du Royaume , Profes--
seur Royal de Médecine en l'Université
de Montpellier , Membre de l'Académic
Royale des Sciences de Paris , et premier
Médecin du Roy , mourut à Marly, le
a du mois de Mars dernier.
Quoique son Eloge soit renfermé dans
son
804 MERCURE DE FRANCE
son Nom, nous ne sçaurions nous dispenser de dire qu'il est mort , généralement
regretté du Public , dont il avoit mérité
depuis long-temps l'estime et la confiance : c'est un témoignage que nous devons
à sa Mémoire.
Il se fit admirer depuis l'année 1687.
qu'il fut reçu Professeur Royal de Médecine en l'Université de Montpellier ,
où il avoit pris ses dégrez. Il s'y distingua d'abord par les Leçons publiques et
les Cours particuliers qu'il faisoit sur tou
tes les Parties de la Médecine, qu'il a trai
tées chacune en détail ; ses écrits étoient
enrichis des découvertes qu'il faisoit dans
L'Anatomie, Science qu'il aimoit et qu'il
cultivoit particulierement, et qui lui servie
toujours de guide pour rectifier la prati❤
que de la Médecine.
Nous n'avons de cet excellent homme
que quelques petits Traitez particu
liers, imprimez en forme de Dissertation,
n'ayant jamais eu assez de loisir pour
pouvoir mettre ses écrits en état d'être
imprimez en un Corps d'Ouvrage.
En effet ses talens l'enleverent bien-tôt
àl'Ecole de Montpellier , dont il faisoie
l'ornement. Cette Ecole n'a eu d'autre
dédommagement de son absence que l'établissement d'une doctrine refléchie , dont
PAA 3
AVRIL 1732. 8051
1'Anatomie étoit la baze , et que plusieurs
Experiences et Observations réïterées
avoient confirmée.
La Méthode analytique est celle qu'il
avoit employée , comme la plus propre
conduire à la vérité.
Il sortit pour la premiere fois de Montpelier,en l'année 1692. pour aller en qualité de Medecin de l'Armée , au Siege de
Rose , où il sauva au Roy beaucoup de
Soldats attaquez d'une Dissenterie Epidémique , dont il arrêta heureusement le
cours par le changement de nourriture
&c. Ce ne fut pas là la seule occasion
où il signala son zéle pour le service du
Roy ; car ayant été envoyé à Rochefort
où regnoit une maladie pestilentielle ...
inconnue jusqu'alors , il en découvrit la
cause par les fréquentes ouvertures des
Gadavres. Après avoir établi un genre de
Traitement convenable à ce te maladie
par rapport à la cause prochaine et aux
accidens qui l'accompagnoient , il reme
dia à la cause commune par le change
ment de nourriture , et prescrivit un regime préservatif pour ceux qui avoient
été épargnez jusques là; mais à qui la violence de cette maladie avoit fait perdre
tout espoir d'échaper à ses coups.
Après qu'il eut mis tout en regle à
Rem
80s MERCURE DE FRANCE
Rochefort pour l'établissement et la fourniture des Hôpitaux , sans oublier la Police necessaire dans une Ville désolée ,
dequor M. Bégon , Intendant de la Province et de la Marine , l'avoit laissé le
Maître , prévoyant qu'il pourroit bien
être attaqué lui- même de la même maladie Epidémique , à laquelle un travail
et une application continuelle , mais indispensables, l'exposoient à tout moment;
il dicta à un Chirurgien qu'il avoit auprès de lui en qualité de Secretaire , une
Methode particuliere et relative à son
temperamment , suivant laquelle il voulbit être traité , en cas qu'il tomba malade , ce qui arriva effectivement ; il fut
tres-long- temps à se remettre , et il vint
achever sa convalescence à Montpellier.
Dès qu'il fut rétabli , il reprit ses exercices de l'Ecole , toujours avec le même
plaisir et la même application. Le succès
de sa pratique enMedecine dédommageoit
alors les habitans de Montpellier et les
Etrangers de la perte du fameux M. Barbeyrac , le plus grand Praticien du siecle
passé.
En l'année 1706. S.A. R. le Duc d'Orléans lui fit l'honneur de le mander pour:
aller en Italie avec lui en qualité de son
Medecin de confiance; il ne fut pas lọngtemps
AVRIL 1732. 807
temps à mériter cet honneur , car il sauva
à cePrince unbras qu'on étoit sur le point
de lui couper , àcause d'une blessure tresdangereuse qu'il avoit reçue au poignet au
Siege de Turin. L'année suivante S.A.R:
ne mena point d'autre Medecin que lup
en Espagne.
Il fut très-utile par lui-même et par ses
conseils à l'Armée des deux Couronnes.
M. Chirac revint à Paris , après avoir
demeuré quelque temps en Espagne , et
dès que le fameux M.Homberg fut mort,
S. A. R. lui donna la place de premier
Medecin de sa Personne.
I
Le Roy lui donna à la mort de M. Fagon , la Sur-Intendance du Jardin du
Roy. Sa Majesté lui accorda des Lettres
de Noblesse en 1728. ses longs services et
la supériorité de ses talens en furent le
motif. Enfin le Roy le choisit pour son
premier Medecin , au mois de Decembre
1730. Tout le monde a été témoin de son
attachement pour la Personne du Roy;
mais on verra , avec beaucoup plus d'étendue , tout ce que M. Chirac avoit de
grand , dans l'Eloge qu'en donnera Pillustre Académicien , à qui , avec des ta-"
lens au dessus des loüanges , il a été
particulierement donné de transmettre
à la posterité , la mémoire des grands hom-
868 MERCURE DE FRANCE
hommes , avec toute la gloire qu'ils se
sont acquise pendant leur vie, ce qui nous
dispense d'en dire davantage..
.
M. François Chicoineau , Conseiller
er Medecin du Roy, Professeur Royal
d'Anatomie et de Botanique , Chancelier
et Juge de l'Université de Medecine de
Montpellier,Intendant du Jardin du Roy,
Membre de la Societé Royale des Sciences , Conseiller en la Cour des Aydes de
la même Ville , depuis peu premier Medecin de Monseigneur le Dauphin et des
Entans de France , gendre de M.Chirac ,
a été nommé par le Roy , le 2 de ce mois,
pour remplir la place de son premier
Medecin. Tout le monde. sçait avec quel
zele M. Chicoineau a signalé sa capacité
er sa charité , à la tête des Medecins envoyez à Marseille , lors de la derniere
Peste: Il a laissé M. son Fils à Montpellier,.
digne heritier de ses talens ; et qui avoit
dès l'année, 1723. la survivance, de toutes
ses Charges, qu'il a exercées sous les yeux
de son pere , depuis ce temps- là.
C'est le cinquiéme de ce nom, de pere
en fils que la celebre Ecole de Montpellier , voit avec plaisir à sa tête , en qua
lité de Chancelier et Juge de l'Universi❤ .
té, Place à laquelle est toujours attachée
l'Intendance du Jardin du Roy, avec
une :
AVRIL 173.2. 869
une Charge de Professeur Royal de Bo
tanique et une d'Anatomie , qui font
l'exercice et la pension annuelle du Chancelier.
Tous les Titres cy-dessus ont été transmis à M. Chicoineau , aujourd'hui pre
mier Medecin du Roy, et Conseiller d'E
tat après la mort de ses deux freres aînez,
tous deux ayant été successivement déco .
résparfeu M.MichelChicoineau leur pere,
Conseiller en la Cour des Aydes de Montpellier, un des plus sçavans Medecins du
siecle dernier , et l'ornement de l'Ecole de
Montpellier.
A MADE
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Résumé : ADDITION.
Théodore de Chirac, médecin et scientifique français éminent, a marqué l'histoire par ses contributions significatives à la médecine. Né à Montpellier, il a débuté sa carrière en 1687 en tant que Professeur Royal de Médecine à l'Université de Montpellier, où il s'est illustré par ses leçons publiques et ses cours particuliers sur diverses branches de la médecine. Ses écrits étaient enrichis de découvertes en anatomie, une science qu'il cultivait particulièrement et qui guidait sa pratique médicale. En 1692, Chirac a servi comme médecin de l'armée lors du siège de Rose, où il a sauvé de nombreux soldats d'une dissenterie épidémique. Il a également été envoyé à Rochefort pour combattre une maladie pestilentielle, découvrant la cause de la maladie par l'autopsie des cadavres et établissant un traitement approprié. En 1706, il a été appelé en Italie et en Espagne par le Duc d'Orléans, où il a sauvé ce dernier d'une blessure grave. À son retour à Paris, il a succédé à Homberg comme premier Médecin du Duc d'Orléans, puis à Fagon comme Surintendant du Jardin du Roi. En 1728, il a reçu des lettres de noblesse pour ses services et ses talents. En décembre 1730, il a été nommé premier Médecin du Roi. Chirac a occupé plusieurs postes prestigieux, notamment celui de Conseiller d'État, d'Intendant du Jardin Royal des Plantes, et de Membre de l'Académie Royale des Sciences de Paris. Il est décédé à Marly en mars 1732. Le texte mentionne également François Chicoineau, gendre de Chirac et son successeur en tant que premier Médecin du Roi. Chicoineau était également Professeur Royal d'Anatomie et de Botanique, Chancelier et Juge de l'Université de Médecine de Montpellier, et Intendant du Jardin du Roi. Il a été reconnu pour son zèle et sa charité, notamment lors de la peste à Marseille.
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161
p. 809-810
A MADEMOISELLE PINSON SONNET.
Début :
De l'hyver importun, la picquante froidure, [...]
Mots clefs :
Hiver, Printemps, Été, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADEMOISELLE PINSON SONNET.
A MADEMOISELLE PINSON
SONNET.
De l'hyver importun , la picquante froidure;
De ses tristes frimats vient desoler nos Bords,
L'hyver fuit , le Printems ranime la Nature ,
Et dans nos Prez fleuris étale ses trésors.
Utile avantcoureur de l'aimable Pomone ,
L'Eté de ses moissons vient couvrir nos guerets,
L'Eté fuit , et déja je vois naître l'Automne,
Qui joint ses dons chéris aux présens de Cerès.
Lanuit d'un cours reglé succede à la journée ,
8ro MERCURE DE FRANCE
Au dernier an succede une nouvelle année ,
Le siecle où nous vivons aura són successeur.
Tout rencontre ici bas un terme inévitable
L'amour que j'ay pour vous sera seul immuable,
Le temps qui change tout, ne peut changer mon
cœur.
J. M. Gaultier.
SONNET.
De l'hyver importun , la picquante froidure;
De ses tristes frimats vient desoler nos Bords,
L'hyver fuit , le Printems ranime la Nature ,
Et dans nos Prez fleuris étale ses trésors.
Utile avantcoureur de l'aimable Pomone ,
L'Eté de ses moissons vient couvrir nos guerets,
L'Eté fuit , et déja je vois naître l'Automne,
Qui joint ses dons chéris aux présens de Cerès.
Lanuit d'un cours reglé succede à la journée ,
8ro MERCURE DE FRANCE
Au dernier an succede une nouvelle année ,
Le siecle où nous vivons aura són successeur.
Tout rencontre ici bas un terme inévitable
L'amour que j'ay pour vous sera seul immuable,
Le temps qui change tout, ne peut changer mon
cœur.
J. M. Gaultier.
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Résumé : A MADEMOISELLE PINSON SONNET.
Le sonnet décrit la succession des saisons et la régularité des jours et des nuits. Chaque saison apporte ses trésors. L'auteur affirme que son amour pour Mademoiselle Pinson reste immuable, contrairement aux changements constants du temps.
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162
p. 810-818
REMARQUES sur l'Estampe de la Demoiselle Camargo.
Début :
Vous serez sans doute surpris, Monsieur, qu'on ose critiquer [...]
Mots clefs :
Estampe, Danseuse, Camargo, Corps, Posture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUES sur l'Estampe de la Demoiselle Camargo.
REMARQUES fur l'Estampe de la
Demoiselle Camargo.
Ous serez sans doute surpris , Mon
sieur , qu'on ose critiquer l'Estampe
de la Dile Camargo. Seroit - il possible
qu'un Ouvrage si applaudi fut susceptible de quelques défauts et comment ces
défauts auront- ils échappé aux yeux des
connoisseurs , sur tout des Maîtres de
l'Art? Rien cependant de plus facile. On
reconnoît aisément dans cette Estampe
les traits de la Demoiselle. Il n'en a pas
fallu davantage pour retracer dans l'imagination les perfections de cette excellente Danseuse ; mais le plaisir que les idées
de l'original ont fait à l'esprit , a empêché
de faire attention aux défauts qui peuvent être dans la coppie : voici ce que
j'en pense.
Es
AVRIL. 1732. 理
La Figure éffaçant à droit , la Tête ne
doit pas suivre l'effacé. Lors qu'on efface
d'un côté ou d'un autre,la Tête doit demeurer dans sa place naturelle; par consequent une figure qui efface à droit , doit
nous montrer une Tête gracieusement
placée vers l'épaule gauche, j'entens dans
le serieux , car dans le comique le gracieux perd ses regles , pour ainsi dire. On
trouve d'ailleurs de la disproportion dans
la hauteur des bras. Les coudes d'un Danseur doivent être , à peu de chose prés
sur la même ligne , ce qui n'est pas ob
servé.
1
Les deux mains paroissent de face :
quand le contraste d'un Danseur est terminé , comme l'est celui de la Dlle Camargo , ses bras ne doivent jamais se faire
voir qu'aux trois quarts , c'est-à- dire , le dedans de la main du bras ouvert , presque tourné vers la terre, et le dedans de
la main du bras fermé presque vers le
Ciel. Les mains ne doivent paroître de face que dans le tems qu'on passe d'un
contraste à un autre.
Je ne crois pas qu'il soit possible de
contraster moëlleusement les bras dans
la situation où sont ceux-ci , sans pren .
dre de fausses paissances ou fausses déterminations? Peut- être l'habile Peintre , car
jc
812 MERCURE DE FRANCE
5
je connois ses grands talens , suppose-t'il
comme la figure représente Flore ) que
son cher Zephire soufle entre les arbres ,
et qu'elle cherche à l'embrasser ; en ce
cas les bras sont fort bien ; mais s'il n'a
pas eu cette intention , ou quelque autre
équivalente , ils pechent contre les regles
de la danse noble et gracieuse.
L'attitude du pouce et de l'Index de
chaque main n'est pas bien ; cette situation de doigts n'est bonne que quand
une figure tient une guirlande ou autre
chose.
pas
On trouve encore que l'attitude n'est
bien dans son équilibre. Si elle y étoit,
une perpendiculaire sur l'horisontalle
( j'appelle horisontalle l'endroit sur quoi
elle danse ) passant par le point d'appuy
de la figure , qui est le milieu du pied
gauche , devroit la couper en deux parties égales ; ce qui ne se trouve pas , puisque cette ligne aboutit à l'oreille gauche,
et cela laisse beaucoup plus de poids sur
la jambe en l'air ; ce qui n'est pas possible , à moins que d'avoir recours à quelque contorsion de hanche. Une preuve
encore que la figure n'est pas bien à son
aise , c'est que le genouil de la jambe qui
la porte , paroît plié. Or il n'est pas natuel qu'une Danseuse qui reste en repos
Sur
A VRIL. 1732. 18rs
sur un Pas , pour donner le temps à un
Peintre de saisir son attitude , puisse demeurer assez de tems sur une jambe dont
le genoüil est plié.
2.
La jambe en l'air seroit la chose qui me
flateroit le plus , après la parfaite ressemblance , si les regles de l'Art , fondées sur
le naturel , pouvoient me laisser supposer
qu'on puisse la tourner en dehors de la
façon de celle- ci ; il est vrai que l'original fait des choses surnaturelles ; mais il
auroit bien de la peine d'imiter sa copie ,
sans se contorsionner , et peut- être sans
se blesser.
Les Estampes des Dies Subligni , Desmatins , &c. antiennes Danseuses de l'Opera , ne sont pas à beaucoup près si bien
gravées , ni si-bien historiées ; mais elles
sont presque sans défauts à l'égard des regles de la Danse.
La belle posture du corps en repos est
sans doute la situation de toutes ses parties dans l'ordre le plus naturel , et ses
mouvemens les plus agréables à la vuë ,
sont ceux qui se font par la voie qui s'en
éloigne le moins , c'est c'est-àà- dire dire ,, par la voïe
la plus simple. Il est même étonnant
nous aïons besoin de Maîtres pour nous
faire appercevoir ces veritez , et qu'il soit
necessaire de se donner tant de peines
que
pour
$14 MERCURE DE FRANCE
pour acquerir ce qui est en nous naturellement : on n'en peut trouver la raison
que dans notre propre ignorance , et notre manque de discernement et de goût.
L'ame commande au corps en maîtresse,
mais elle ignore les voies par lesquelles
ses ordres s'executent. Peu instruite de la
Mechanique simple qui doit produire un
mouvement , elle y employe souvent des
parties qui n'y furent jamais destinées ;
et plus elle trouve de difficulté dans l'execution , plus elle croit devoir employer
de force. Delà naissent presque toûjours
les grimaces et les differentes contorsions
désagréables. On reste souvent dans l'opinion que ces secours étrangers sont necessaires ; l'habitude devient une seconde
nature , et pour comble de disgrace nous
ne nous appercevons point de nos défauts;
la necessité d'en être instruit nous prouve
celle d'avoir recours à des personnes qui
nous les fassent remarquer.
Les pieds doivent être placez environ
à dix pouces de distance l'un de l'autre ;
ils ne doivent être ni plus serrez ni plus
écartez , parce que dans l'une ou dans
l'autre situation la tête de l'os du fermur
ne seroit pas perpendiculairement dans
sa cavité , et de cette façon les jambes ne
soutiendroient pas le corps avec tout l'avantage
AVRIL. 17327 815
vantage qu'il est possible , dans une figure
debout et dans l'inaction.
Les bras n'étant d'aucun usage pour
renir le corps en repos , ils doivent alors
être considerés comme inutiles ; on doit
donc les abandonner à eux- mêmes, et être
assuré qu'en cet état ils occuperont la
place qui leur convient ; mais une
fausse prévention de l'esprit qui croit
qu'il faut employer des forces pour ne
rien faire , nous empêche quelquefois de
mettre en pratique ces veritez : peut- être
aussi quelqu'un par un goût bizarre , our
pour affecter une methode particuliere ,
youdra til faire passer pour bonne une
attitude qui ne sera rien moins que natu
relle. Quand on croit qu'il n'y a point
de regle établie pour une chose , chacun
croit en pouvoir faire à sa fantaisie ; il
est donc à propos de sçavoir à quoy s'en
.tenir.
Il est aisé de voir dans les Observa
tions osteologiques de M. de Winflow
que le bras ne doit point être absolument tendu en ligne droite , qu'on doit
le laisser pendre naturellement , le dedans de la main tourné du côté de la
-cuisse , la main un peu oblique sur la li
gne du bras , et les doigts ni trop serrez
ni trop écartez. Ce sont là les maximes
I des
816 MERCURE DE FRANCE
des meilleurs Maîtres , qui ont parfaitement suivi l'ordre de la nature , peut-être
sans l'avoir trop étudiée. C'est ainsi que
nous admirons fort souvent des consequences dont nous ignorons le principe.
Nous ne sçavons pas combien la verité a
pour nous de charmes , puisqu'il se trouve des occasions où nous l'aimons sans
presque la connoître.
pas
Puisque la situation naturelle du corps
demande que toutes les parties qui le
composent soient tellement disposées que
se soutenans perpendiculairement les
unes les autres , elles souffrent le moins
d'effort qu'il soit possible , il ne faut
qu'il s'en trouve une plus grande quantité d'un côté que d'un autre , ou ce qui
est la même chose , la ligne qui passe par
le centre de gravité du corps,doit doit passer
justement dans son milieu de façon
qu'un plan qui passeroit par cette ligne ,
le couperoit de tous les côtez en deux
parties égales. La maniere de marcher des
personnes qui sont chargées de quelques
poids nous fait sentir la verité de ce
principes elles sont obligées de déranger
da situation ordinaire du corps , et d'en
avancer quelques parties pour faire équi1bre avec le poids ; car si-tôt que tout
est dans un parfait équilibre , tout est
›
aussi
AVRIL. 1732. 817
aussi dans une situation naturelle.
C'est ce second principe qu'on ne doit
jamais perdre de vue dans tous les mouvemens qu'on fait faire au corps , qui re
gle ces mouvemens , et qui leur donne
des bornes : c'est aussi ce même principe
qui fait quelquefois changer de situation
à des parties qui ne paroîtroient pas cependant devoir contribuer au mouvement qu'on a dessein d'executer. Car à
mesure qu'on se trouve obligé de détruire
l'équilibre , en faisant changer de situation à quelque partie du corps , on doit
emploïer une autre partie à le rétablir.
Si on a donc attention en faisant un
mouvement de n'emploïer que les parties du corps qui doivent le produire , et
en même temps celles qui doivent
rétablir l'équilibre que ce mouvement
auroit rompu , on est certain que ce
mouvement paroîtra gracieux , et que
l'on n'y verra rien de contraint et de
gêné. En suivant exactement ce principe ,
soit qu'on marche , ou qu'on danse , on
aura le corps aussi ferme et aussi assuré
sur ses jambes , que si on ne remuoit pas
d'une place.
C'est l'harmonie et la liaison de ces
mouvemens qui font admirer la justesse
etla précision d'un Danseur ; l'art de conI ij duire
818 MERCURE DE FRANCE
duire le corps sans rompre l'équilibre , le
iet en état de tout entreprendre , sans
craindre d'échouer , et la parfaite imitation de la nature qu'il doit suivre , sans
jamais s'en écarter , lui donne toute la
grace qu'il peut avoir. Je suis, Monsieur,
&c.
A
A.Caen , ce 28. Mars 1732.
Demoiselle Camargo.
Ous serez sans doute surpris , Mon
sieur , qu'on ose critiquer l'Estampe
de la Dile Camargo. Seroit - il possible
qu'un Ouvrage si applaudi fut susceptible de quelques défauts et comment ces
défauts auront- ils échappé aux yeux des
connoisseurs , sur tout des Maîtres de
l'Art? Rien cependant de plus facile. On
reconnoît aisément dans cette Estampe
les traits de la Demoiselle. Il n'en a pas
fallu davantage pour retracer dans l'imagination les perfections de cette excellente Danseuse ; mais le plaisir que les idées
de l'original ont fait à l'esprit , a empêché
de faire attention aux défauts qui peuvent être dans la coppie : voici ce que
j'en pense.
Es
AVRIL. 1732. 理
La Figure éffaçant à droit , la Tête ne
doit pas suivre l'effacé. Lors qu'on efface
d'un côté ou d'un autre,la Tête doit demeurer dans sa place naturelle; par consequent une figure qui efface à droit , doit
nous montrer une Tête gracieusement
placée vers l'épaule gauche, j'entens dans
le serieux , car dans le comique le gracieux perd ses regles , pour ainsi dire. On
trouve d'ailleurs de la disproportion dans
la hauteur des bras. Les coudes d'un Danseur doivent être , à peu de chose prés
sur la même ligne , ce qui n'est pas ob
servé.
1
Les deux mains paroissent de face :
quand le contraste d'un Danseur est terminé , comme l'est celui de la Dlle Camargo , ses bras ne doivent jamais se faire
voir qu'aux trois quarts , c'est-à- dire , le dedans de la main du bras ouvert , presque tourné vers la terre, et le dedans de
la main du bras fermé presque vers le
Ciel. Les mains ne doivent paroître de face que dans le tems qu'on passe d'un
contraste à un autre.
Je ne crois pas qu'il soit possible de
contraster moëlleusement les bras dans
la situation où sont ceux-ci , sans pren .
dre de fausses paissances ou fausses déterminations? Peut- être l'habile Peintre , car
jc
812 MERCURE DE FRANCE
5
je connois ses grands talens , suppose-t'il
comme la figure représente Flore ) que
son cher Zephire soufle entre les arbres ,
et qu'elle cherche à l'embrasser ; en ce
cas les bras sont fort bien ; mais s'il n'a
pas eu cette intention , ou quelque autre
équivalente , ils pechent contre les regles
de la danse noble et gracieuse.
L'attitude du pouce et de l'Index de
chaque main n'est pas bien ; cette situation de doigts n'est bonne que quand
une figure tient une guirlande ou autre
chose.
pas
On trouve encore que l'attitude n'est
bien dans son équilibre. Si elle y étoit,
une perpendiculaire sur l'horisontalle
( j'appelle horisontalle l'endroit sur quoi
elle danse ) passant par le point d'appuy
de la figure , qui est le milieu du pied
gauche , devroit la couper en deux parties égales ; ce qui ne se trouve pas , puisque cette ligne aboutit à l'oreille gauche,
et cela laisse beaucoup plus de poids sur
la jambe en l'air ; ce qui n'est pas possible , à moins que d'avoir recours à quelque contorsion de hanche. Une preuve
encore que la figure n'est pas bien à son
aise , c'est que le genouil de la jambe qui
la porte , paroît plié. Or il n'est pas natuel qu'une Danseuse qui reste en repos
Sur
A VRIL. 1732. 18rs
sur un Pas , pour donner le temps à un
Peintre de saisir son attitude , puisse demeurer assez de tems sur une jambe dont
le genoüil est plié.
2.
La jambe en l'air seroit la chose qui me
flateroit le plus , après la parfaite ressemblance , si les regles de l'Art , fondées sur
le naturel , pouvoient me laisser supposer
qu'on puisse la tourner en dehors de la
façon de celle- ci ; il est vrai que l'original fait des choses surnaturelles ; mais il
auroit bien de la peine d'imiter sa copie ,
sans se contorsionner , et peut- être sans
se blesser.
Les Estampes des Dies Subligni , Desmatins , &c. antiennes Danseuses de l'Opera , ne sont pas à beaucoup près si bien
gravées , ni si-bien historiées ; mais elles
sont presque sans défauts à l'égard des regles de la Danse.
La belle posture du corps en repos est
sans doute la situation de toutes ses parties dans l'ordre le plus naturel , et ses
mouvemens les plus agréables à la vuë ,
sont ceux qui se font par la voie qui s'en
éloigne le moins , c'est c'est-àà- dire dire ,, par la voïe
la plus simple. Il est même étonnant
nous aïons besoin de Maîtres pour nous
faire appercevoir ces veritez , et qu'il soit
necessaire de se donner tant de peines
que
pour
$14 MERCURE DE FRANCE
pour acquerir ce qui est en nous naturellement : on n'en peut trouver la raison
que dans notre propre ignorance , et notre manque de discernement et de goût.
L'ame commande au corps en maîtresse,
mais elle ignore les voies par lesquelles
ses ordres s'executent. Peu instruite de la
Mechanique simple qui doit produire un
mouvement , elle y employe souvent des
parties qui n'y furent jamais destinées ;
et plus elle trouve de difficulté dans l'execution , plus elle croit devoir employer
de force. Delà naissent presque toûjours
les grimaces et les differentes contorsions
désagréables. On reste souvent dans l'opinion que ces secours étrangers sont necessaires ; l'habitude devient une seconde
nature , et pour comble de disgrace nous
ne nous appercevons point de nos défauts;
la necessité d'en être instruit nous prouve
celle d'avoir recours à des personnes qui
nous les fassent remarquer.
Les pieds doivent être placez environ
à dix pouces de distance l'un de l'autre ;
ils ne doivent être ni plus serrez ni plus
écartez , parce que dans l'une ou dans
l'autre situation la tête de l'os du fermur
ne seroit pas perpendiculairement dans
sa cavité , et de cette façon les jambes ne
soutiendroient pas le corps avec tout l'avantage
AVRIL. 17327 815
vantage qu'il est possible , dans une figure
debout et dans l'inaction.
Les bras n'étant d'aucun usage pour
renir le corps en repos , ils doivent alors
être considerés comme inutiles ; on doit
donc les abandonner à eux- mêmes, et être
assuré qu'en cet état ils occuperont la
place qui leur convient ; mais une
fausse prévention de l'esprit qui croit
qu'il faut employer des forces pour ne
rien faire , nous empêche quelquefois de
mettre en pratique ces veritez : peut- être
aussi quelqu'un par un goût bizarre , our
pour affecter une methode particuliere ,
youdra til faire passer pour bonne une
attitude qui ne sera rien moins que natu
relle. Quand on croit qu'il n'y a point
de regle établie pour une chose , chacun
croit en pouvoir faire à sa fantaisie ; il
est donc à propos de sçavoir à quoy s'en
.tenir.
Il est aisé de voir dans les Observa
tions osteologiques de M. de Winflow
que le bras ne doit point être absolument tendu en ligne droite , qu'on doit
le laisser pendre naturellement , le dedans de la main tourné du côté de la
-cuisse , la main un peu oblique sur la li
gne du bras , et les doigts ni trop serrez
ni trop écartez. Ce sont là les maximes
I des
816 MERCURE DE FRANCE
des meilleurs Maîtres , qui ont parfaitement suivi l'ordre de la nature , peut-être
sans l'avoir trop étudiée. C'est ainsi que
nous admirons fort souvent des consequences dont nous ignorons le principe.
Nous ne sçavons pas combien la verité a
pour nous de charmes , puisqu'il se trouve des occasions où nous l'aimons sans
presque la connoître.
pas
Puisque la situation naturelle du corps
demande que toutes les parties qui le
composent soient tellement disposées que
se soutenans perpendiculairement les
unes les autres , elles souffrent le moins
d'effort qu'il soit possible , il ne faut
qu'il s'en trouve une plus grande quantité d'un côté que d'un autre , ou ce qui
est la même chose , la ligne qui passe par
le centre de gravité du corps,doit doit passer
justement dans son milieu de façon
qu'un plan qui passeroit par cette ligne ,
le couperoit de tous les côtez en deux
parties égales. La maniere de marcher des
personnes qui sont chargées de quelques
poids nous fait sentir la verité de ce
principes elles sont obligées de déranger
da situation ordinaire du corps , et d'en
avancer quelques parties pour faire équi1bre avec le poids ; car si-tôt que tout
est dans un parfait équilibre , tout est
›
aussi
AVRIL. 1732. 817
aussi dans une situation naturelle.
C'est ce second principe qu'on ne doit
jamais perdre de vue dans tous les mouvemens qu'on fait faire au corps , qui re
gle ces mouvemens , et qui leur donne
des bornes : c'est aussi ce même principe
qui fait quelquefois changer de situation
à des parties qui ne paroîtroient pas cependant devoir contribuer au mouvement qu'on a dessein d'executer. Car à
mesure qu'on se trouve obligé de détruire
l'équilibre , en faisant changer de situation à quelque partie du corps , on doit
emploïer une autre partie à le rétablir.
Si on a donc attention en faisant un
mouvement de n'emploïer que les parties du corps qui doivent le produire , et
en même temps celles qui doivent
rétablir l'équilibre que ce mouvement
auroit rompu , on est certain que ce
mouvement paroîtra gracieux , et que
l'on n'y verra rien de contraint et de
gêné. En suivant exactement ce principe ,
soit qu'on marche , ou qu'on danse , on
aura le corps aussi ferme et aussi assuré
sur ses jambes , que si on ne remuoit pas
d'une place.
C'est l'harmonie et la liaison de ces
mouvemens qui font admirer la justesse
etla précision d'un Danseur ; l'art de conI ij duire
818 MERCURE DE FRANCE
duire le corps sans rompre l'équilibre , le
iet en état de tout entreprendre , sans
craindre d'échouer , et la parfaite imitation de la nature qu'il doit suivre , sans
jamais s'en écarter , lui donne toute la
grace qu'il peut avoir. Je suis, Monsieur,
&c.
A
A.Caen , ce 28. Mars 1732.
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Résumé : REMARQUES sur l'Estampe de la Demoiselle Camargo.
Le texte critique une estampe représentant la demoiselle Camargo, une célèbre danseuse, malgré son succès, présente des défauts techniques. L'auteur reconnaît que les traits de la danseuse sont bien représentés, mais il note plusieurs erreurs dans la représentation de la danse. Parmi les défauts observés, on trouve la position incorrecte de la tête par rapport au corps, la disproportion des bras, et la mauvaise orientation des mains. L'attitude générale de la danseuse est jugée déséquilibrée, et la jambe en l'air est décrite comme contorsionnée. L'auteur compare cette estampe à celles d'autres danseuses, qui respectent mieux les règles de la danse. Il insiste sur l'importance de suivre les règles naturelles du mouvement pour éviter les contorsions et les grimaces. Selon lui, la grâce en danse réside dans le respect de l'équilibre et de l'harmonie des mouvements.
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163
p. 818
IDYLLE. Traduite du Grec de Bion.
Début :
Avec un zele extreme, au malin Dieu d'Amour [...]
Mots clefs :
Grec, Dieu d'amour
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texteReconnaissance textuelle : IDYLLE. Traduite du Grec de Bion.
IDYLL E,
Traduite du Grec de Bion.
Τα Μοῖσαι τον Ερωτα ,
Vec un zele extreme, au malin Dieu d'Amour
Les Filles de Memoire en tous lieux font leur
cour.
Aussi , qu'un. Insensible ose s'approcher d'elles ,
Il les fait toutes fuir et les trouve rebelles ;
Mais dès que fléchissant sous le joug amoureux,
D'un air tendre il commence à soupirer sesfeux,
85°
Elles lui vont soudain offrir leur assistance.
On peut s'en rapporter à mon experience ;
Si je chante un Heros ou quelqu'autre des Dieux,
Les accens de ma voix n'ont rien de gracieux;
Mais quand je veux chanter ou l'Amour ou Silvie,
De ma bouche les Vers coulent pleins d'har monie,
Par M. CoCQUARD, Avocat an Par
lement de Dijon.
Traduite du Grec de Bion.
Τα Μοῖσαι τον Ερωτα ,
Vec un zele extreme, au malin Dieu d'Amour
Les Filles de Memoire en tous lieux font leur
cour.
Aussi , qu'un. Insensible ose s'approcher d'elles ,
Il les fait toutes fuir et les trouve rebelles ;
Mais dès que fléchissant sous le joug amoureux,
D'un air tendre il commence à soupirer sesfeux,
85°
Elles lui vont soudain offrir leur assistance.
On peut s'en rapporter à mon experience ;
Si je chante un Heros ou quelqu'autre des Dieux,
Les accens de ma voix n'ont rien de gracieux;
Mais quand je veux chanter ou l'Amour ou Silvie,
De ma bouche les Vers coulent pleins d'har monie,
Par M. CoCQUARD, Avocat an Par
lement de Dijon.
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Résumé : IDYLLE. Traduite du Grec de Bion.
Le poème 'IDYLL E' de Bion, traduit par M. CoCQUARD, décrit les Muses, sensibles à l'amour. Elles aident ceux qui aiment et fuient les autres. Le poète note que ses vers sont ordinaires sauf lorsqu'il chante l'amour ou Sylvie.
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164
p. 819
Portrait de la Dlle Sallé, [titre d'après la table]
Début :
Le sieur Lancret, Peintre de l'Académie, compte de donner incessamment [...]
Mots clefs :
Mademoiselle Sallé, Portrait
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Portrait de la Dlle Sallé, [titre d'après la table]
e sieur Lancret , Peintre de l'Académie, compte de donner incessamment au
Public le Portrait historie de Mlle Sallé ,
pour servir de pendant à celui qu'il a
fait de Made Camargo. Ces deux cele.
bres Rivales , qui par la diversité de leurs
talens , n'en concourent que mieux à la
gloire de leur Art , et qui partagent également les suffrages du Public , meritent
la même immortalité.
Public le Portrait historie de Mlle Sallé ,
pour servir de pendant à celui qu'il a
fait de Made Camargo. Ces deux cele.
bres Rivales , qui par la diversité de leurs
talens , n'en concourent que mieux à la
gloire de leur Art , et qui partagent également les suffrages du Public , meritent
la même immortalité.
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165
p. 819
MADRIGAL.
Début :
Ma plume et ton Pinceau, doivent par d'heureux traits, [...]
Mots clefs :
Mademoiselle Sallé, Peindre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL.
Il nous est venu un Madrigal, qui
fut fait chez le Peintre , lorsqu'il dessinoit une attitude d'après cette Danseuse ;
le Public ne sera pas fâché qu'on lui en
fasse part. L'ingenieux Poëte parle à
M. Lancret.
MADRIGAL.
MAplume et ton Pinceau, doivent par d'hew- reux traits ,
Former une image brillante ;
Apallon nous inspire et Sallé se présente ;
Je peindrai ses vertus , tu peindras ses attraits.
Incertain sur le choix des Graces ,
Ton œil épie en vain ses traces ,
Et l'Art tient dans tes mains ses Crayons suspendus,
La peindre est un secret que l'Art confus ignore.
Console-toi , je suis encore ,
Plus incertain sur le choix des Vertus.
fut fait chez le Peintre , lorsqu'il dessinoit une attitude d'après cette Danseuse ;
le Public ne sera pas fâché qu'on lui en
fasse part. L'ingenieux Poëte parle à
M. Lancret.
MADRIGAL.
MAplume et ton Pinceau, doivent par d'hew- reux traits ,
Former une image brillante ;
Apallon nous inspire et Sallé se présente ;
Je peindrai ses vertus , tu peindras ses attraits.
Incertain sur le choix des Graces ,
Ton œil épie en vain ses traces ,
Et l'Art tient dans tes mains ses Crayons suspendus,
La peindre est un secret que l'Art confus ignore.
Console-toi , je suis encore ,
Plus incertain sur le choix des Vertus.
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Résumé : MADRIGAL.
Le texte décrit un madrigal écrit lors d'une séance de dessin entre un peintre et une danseuse. Le poème est une conversation entre un poète et le peintre Lancret. Ils discutent de la difficulté de capturer les grâces de la danseuse Sallé, inspirés par Apollon. Le peintre et le poète sont incertains sur les vertus à représenter.
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166
p. 820-822
LA VIE du B. Vincent de Paul, en Tableaux &c.
Début :
Après la Béatification du B. Vincent de Paul, premier Instituteur [...]
Mots clefs :
Tableau, Béatification, Peindre
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texteReconnaissance textuelle : LA VIE du B. Vincent de Paul, en Tableaux &c.
LAVIE du B. Vincent de Paul ,
en Tableaux &c.
A
Près la Béatification du B. Vincent ·
de Paul , premier Instituteur de lá
Congrégation des Prêtres de la Mission de
S. Lazare , M. Bonnet , qui en est aujour
d'hui le Superieur General , homme d'un
mérite distingué , et rempli de zelé pour
la gloire du saint Fondateur, a entrepris
de faire peindre l'Histoire de sa vie en
plusieurs Tableaux placez dans le Chœur
et dans la Nefde l'Eglise de la Maison de
S. Lazare de Paris , par plusieurs Peintres
célebres.
Le premier et le plus grand de tous ces Tableaux se voit actuellement dans la Nef.
Il a été peint par le F. André , Parisien
Religieux Dominicain du Noviciat. Ce
Peintre s'est acquis une grande reputation
par quantité de beaux et pieux ouvrages
que les Curieux visitent avec empressement dans l'Eglise et dans l'interieur de
son Monastere.
Ce Tableau, qui est de 14 pieds de hau
teur, sur 1 de largeur, représente l'Apotheose du B. V. de Paul donnant sa béné
diction aux Superieurs Generaux qui l'ont.
suivi depuis l'Etablissement de la Maison,
et
AVRIL.. 173-28 821
et qui sont à genoux. On voit aussi dans
le fond du Tableau les Sœurs de la charité , dont le saint homme a été pareillement l'Instituteur , ayant à leur tête la
pieuse Mad. le Gras , qui a beaucoup contribué à cet Etablissement. Tout cela
frappe par son harmonie et par la beauté
de sa composition , aussi les Ĉonnoisseurs
Festiment parfaitement, Ce Tableau sera
seul dans la Nefoù il fait un effet mer
veilleux.
Le même Religieux a peint avec le même succès un autre Tableau , placé dans
le Chœur. On y voit representé le pieux.
Fondateur dans un fauteuil , prêchant aux
pauvres de l'Hôpital du nom deJesus, qu'il
a aussi fondé. Če second Tableau de dix
pieds de hauteur sur à 9 de largeur ,
n'est pas moins estimé que le précedent :
on y distingue sur tout un vrai naturel
dans les Figures.
9
Quatre autres Tableaux ayant les mêmes dimensions , et aussi placez dans le
Chœur , ont été peints par M. de Troy
dont le nom seul fait l'éloge de ses Ouvra
ges. Le premier represente le saint Homme, comme il fait la Mission étant Curé.
Le second exprime , par rapport au sulet
general , la mort du Roi Louis XIII. Let
Iiiij
troj.
822 MERCURE DE FRANCE
troisiéme la Conference des Ecclésiasti
ques. Et le quatrieme le Conseil de la Reine Mere , dans lequel le B. Fondateur est
représenté. Toutes les expressions de ces
Tableaux sont très nobles et d'un beau
pinceau ; on reconnoit par tout le célebre Auteur.
Du côté opposé , toûjours dans le
Chœur , est un cinquiéme Tableau , qui
représente le saint Missionnaire prêchant
aux Galeriens. C'étoit un de ses exercices
"favoris , et dont l'execution demandoit
une main aussi habile que celle de M.
Rhetou , qui n'a rien oublié pour exprimer d'une maniere parfaite cet Acte pénible et laborieux d'une charité consommée.
Ce Tableau est suivi d'un septiéme de
M. Baptiste ; et M. Galloche travaille actuellement au huitième et dernier.
en Tableaux &c.
A
Près la Béatification du B. Vincent ·
de Paul , premier Instituteur de lá
Congrégation des Prêtres de la Mission de
S. Lazare , M. Bonnet , qui en est aujour
d'hui le Superieur General , homme d'un
mérite distingué , et rempli de zelé pour
la gloire du saint Fondateur, a entrepris
de faire peindre l'Histoire de sa vie en
plusieurs Tableaux placez dans le Chœur
et dans la Nefde l'Eglise de la Maison de
S. Lazare de Paris , par plusieurs Peintres
célebres.
Le premier et le plus grand de tous ces Tableaux se voit actuellement dans la Nef.
Il a été peint par le F. André , Parisien
Religieux Dominicain du Noviciat. Ce
Peintre s'est acquis une grande reputation
par quantité de beaux et pieux ouvrages
que les Curieux visitent avec empressement dans l'Eglise et dans l'interieur de
son Monastere.
Ce Tableau, qui est de 14 pieds de hau
teur, sur 1 de largeur, représente l'Apotheose du B. V. de Paul donnant sa béné
diction aux Superieurs Generaux qui l'ont.
suivi depuis l'Etablissement de la Maison,
et
AVRIL.. 173-28 821
et qui sont à genoux. On voit aussi dans
le fond du Tableau les Sœurs de la charité , dont le saint homme a été pareillement l'Instituteur , ayant à leur tête la
pieuse Mad. le Gras , qui a beaucoup contribué à cet Etablissement. Tout cela
frappe par son harmonie et par la beauté
de sa composition , aussi les Ĉonnoisseurs
Festiment parfaitement, Ce Tableau sera
seul dans la Nefoù il fait un effet mer
veilleux.
Le même Religieux a peint avec le même succès un autre Tableau , placé dans
le Chœur. On y voit representé le pieux.
Fondateur dans un fauteuil , prêchant aux
pauvres de l'Hôpital du nom deJesus, qu'il
a aussi fondé. Če second Tableau de dix
pieds de hauteur sur à 9 de largeur ,
n'est pas moins estimé que le précedent :
on y distingue sur tout un vrai naturel
dans les Figures.
9
Quatre autres Tableaux ayant les mêmes dimensions , et aussi placez dans le
Chœur , ont été peints par M. de Troy
dont le nom seul fait l'éloge de ses Ouvra
ges. Le premier represente le saint Homme, comme il fait la Mission étant Curé.
Le second exprime , par rapport au sulet
general , la mort du Roi Louis XIII. Let
Iiiij
troj.
822 MERCURE DE FRANCE
troisiéme la Conference des Ecclésiasti
ques. Et le quatrieme le Conseil de la Reine Mere , dans lequel le B. Fondateur est
représenté. Toutes les expressions de ces
Tableaux sont très nobles et d'un beau
pinceau ; on reconnoit par tout le célebre Auteur.
Du côté opposé , toûjours dans le
Chœur , est un cinquiéme Tableau , qui
représente le saint Missionnaire prêchant
aux Galeriens. C'étoit un de ses exercices
"favoris , et dont l'execution demandoit
une main aussi habile que celle de M.
Rhetou , qui n'a rien oublié pour exprimer d'une maniere parfaite cet Acte pénible et laborieux d'une charité consommée.
Ce Tableau est suivi d'un septiéme de
M. Baptiste ; et M. Galloche travaille actuellement au huitième et dernier.
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Résumé : LA VIE du B. Vincent de Paul, en Tableaux &c.
Le texte relate la création de tableaux illustrant la vie du bienheureux Vincent de Paul, initiée par M. Bonnet, supérieur général de la Congrégation des Prêtres de la Mission de Saint-Lazare. Ces œuvres sont exposées dans l'église de la Maison de Saint-Lazare à Paris. Le premier tableau, situé dans la nef, représente Vincent de Paul bénissant ses successeurs et inclut les Sœurs de la charité dirigées par Madame Le Gras. Réalisé par le frère André, religieux dominicain, il mesure 14 pieds de hauteur sur 1 de largeur et est loué pour son harmonie et sa beauté. Un autre tableau du frère André montre Vincent de Paul prêchant aux pauvres de l'Hôpital du Nom de Jésus. M. de Troy a peint quatre tableaux supplémentaires : Vincent de Paul en tant que curé, la mort du roi Louis XIII, une conférence d'ecclésiastiques et un conseil de la reine mère. M. Rhetou a réalisé un tableau représentant Vincent de Paul prêchant aux galériens. Enfin, M. Baptiste et M. Galloche travaillent respectivement sur le septième et le huitième tableaux.
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167
p. 822-823
CONTE.
Début :
Un vieillard qui, sur ses vieux jours, [...]
Mots clefs :
Vieillard, Jeune femme, Cornes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONTE.
CONTE.
UNViellard qui , sur ses vieux jours ;
Voulant recommencer le métier des Amours,
Fit l'insigne folie
De prendre à soixante ans femmejeune et jolie ,
Trouva dans son chemin par hazard un Meunier.
Bon jour , ami, dit-il , au bon pere l'ânier ;
Dans
AVRIL 1732.
823
Dans quel endroit du corps , sçais-tu par avan
ture
Quel'Asne a la peau la plus dure ?
Ouy, Monsieur , reprit- il , d'un air railleur et
prompt ,
" Je vous apprens que c'eſt au front.
Il eft certaine expérience
Qui prouve assez ce que j'avance .
Mirez-vous , et voyez , si vous êtes sensé ,
Que vos cornes au front n'ont point encor
percé
A
D'AUTEFEUILLE.
UNViellard qui , sur ses vieux jours ;
Voulant recommencer le métier des Amours,
Fit l'insigne folie
De prendre à soixante ans femmejeune et jolie ,
Trouva dans son chemin par hazard un Meunier.
Bon jour , ami, dit-il , au bon pere l'ânier ;
Dans
AVRIL 1732.
823
Dans quel endroit du corps , sçais-tu par avan
ture
Quel'Asne a la peau la plus dure ?
Ouy, Monsieur , reprit- il , d'un air railleur et
prompt ,
" Je vous apprens que c'eſt au front.
Il eft certaine expérience
Qui prouve assez ce que j'avance .
Mirez-vous , et voyez , si vous êtes sensé ,
Que vos cornes au front n'ont point encor
percé
A
D'AUTEFEUILLE.
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Résumé : CONTE.
Dans 'Le Vieillard amoureux', un vieillard décide de se remarier avec une jeune femme. En chemin, il rencontre un meunier qui, de manière railleuse, lui répond que la peau de l'âne est la plus dure au front, faisant allusion aux cornes que le vieillard pourrait porter. La fable est datée d'avril 1732 et attribuée à D'Autefeuille.
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168
p. 823-825
EXTRAIT d'une Lettre, écrite de Rennes, au sujet d'une nouvelle Pompe, pour la plus prompte extinction des Incendies.
Début :
Après avoir travaillé long-temps à la construction de [...]
Mots clefs :
Pompes à incendie, Mécanique, Charpentes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre, écrite de Rennes, au sujet d'une nouvelle Pompe, pour la plus prompte extinction des Incendies.
EXTRAITd'une Lettre , écrite de Rennes, ·
au sujet d'une nouvelle Pompé , pour·la
plus prompte extinction des Incendies.
Près avoir travaillé long- temps à la
construction de plusieurs morceaux
de Mécanique , aussi nouveaux que reconnus utiles dans la pratique ; je me
suis appliqué à construire une Pompe aspirante , et foulante sans Balancier , capable d'éteindre en peu de minutes les
flames de quelque Incendie que ce soit ,
en la maniant adroitement. Elle est por
tative , et un seul homme peut la faire
mouvoir. Feu mon Frere , Officier des
Milices Bourgeoises , qui s'employà utile
Iy
ment
1
824 MERCURE DE FRANCE.
ment lors de l'Incendie general de cetre
Ville , vint à bout par ce moyen,
de sauver entierement son quartier.Ce qui a été
depuis suivi de plusieurs autres experien
ces aussi heureuses , que j'ai faites moimême.La premiere,chez M. de Ligouyer,
Conseiller de ce Parlement ; et tout récemment à la Maison du sieur Perrineau,
près de l'Intendance, où un feu violent s'é
toit pris dans une Cheminée , adhérante
à une Charpente qui joignoit celle de
mon Presbitere. Trois injections de ma.
Pompe l'éteignirent tout- à-fait ; ce qui
fut fait en presense du sieur Abbeille, Ingenieur de la Ville , logé dans la même
maison , lequel admira cette machine et
son succès.
Beaucoup de personnes s'en sont éga- lement servies , avec le même succès ,
pour éteindre des Incendies cachez, dont
il y avoit beaucoup à craindre , et qui
n'ont point cu de suite.
Si cette Pompe , d'autant plus à considerer qu'elle n'est point chargée de res
sorts , construite avec art , dans la simplicité de l'hydraulique , est agréée du public , j'en ferai tenir à Paris , à Padresse
qu'on trouvera bon de me donner. La façon de s'en servir est aussi très-simple ;
la jonction étroite du peu de ressorts quila
AVRIL 1732. 825
a composent , est d'ailleurs à l'épreuves
de l'eau et impenetrable à l'air. Le corps
de la Machine est d'un Métail sonnant et
leger.
Cependant on distribuera de ces Pompes , à Rennes , chez le sieur Bolleret ,
Marchand Planneur, ruë de la Frocassiere,.
lequel donnera en même temps une Instruction imprimée sur la maniere de s'en servir. Leur prix,à Rennes, sera de liv.
et à Paris , de 18 liv. le port compris. J'ai
plusieurs autres Machines et Ouvrages de..
Mécanique , également utiles, que je communiquerai en temps et lieu.
Mon adresse est à M. Bouros , Vicaire
perpetuel de S. Jean , lez Rennes , à son
Presbitere , près l'Intendance.
ARennes en Bretagne ,
lele 2929:1
Fe
vrier 1731.
au sujet d'une nouvelle Pompé , pour·la
plus prompte extinction des Incendies.
Près avoir travaillé long- temps à la
construction de plusieurs morceaux
de Mécanique , aussi nouveaux que reconnus utiles dans la pratique ; je me
suis appliqué à construire une Pompe aspirante , et foulante sans Balancier , capable d'éteindre en peu de minutes les
flames de quelque Incendie que ce soit ,
en la maniant adroitement. Elle est por
tative , et un seul homme peut la faire
mouvoir. Feu mon Frere , Officier des
Milices Bourgeoises , qui s'employà utile
Iy
ment
1
824 MERCURE DE FRANCE.
ment lors de l'Incendie general de cetre
Ville , vint à bout par ce moyen,
de sauver entierement son quartier.Ce qui a été
depuis suivi de plusieurs autres experien
ces aussi heureuses , que j'ai faites moimême.La premiere,chez M. de Ligouyer,
Conseiller de ce Parlement ; et tout récemment à la Maison du sieur Perrineau,
près de l'Intendance, où un feu violent s'é
toit pris dans une Cheminée , adhérante
à une Charpente qui joignoit celle de
mon Presbitere. Trois injections de ma.
Pompe l'éteignirent tout- à-fait ; ce qui
fut fait en presense du sieur Abbeille, Ingenieur de la Ville , logé dans la même
maison , lequel admira cette machine et
son succès.
Beaucoup de personnes s'en sont éga- lement servies , avec le même succès ,
pour éteindre des Incendies cachez, dont
il y avoit beaucoup à craindre , et qui
n'ont point cu de suite.
Si cette Pompe , d'autant plus à considerer qu'elle n'est point chargée de res
sorts , construite avec art , dans la simplicité de l'hydraulique , est agréée du public , j'en ferai tenir à Paris , à Padresse
qu'on trouvera bon de me donner. La façon de s'en servir est aussi très-simple ;
la jonction étroite du peu de ressorts quila
AVRIL 1732. 825
a composent , est d'ailleurs à l'épreuves
de l'eau et impenetrable à l'air. Le corps
de la Machine est d'un Métail sonnant et
leger.
Cependant on distribuera de ces Pompes , à Rennes , chez le sieur Bolleret ,
Marchand Planneur, ruë de la Frocassiere,.
lequel donnera en même temps une Instruction imprimée sur la maniere de s'en servir. Leur prix,à Rennes, sera de liv.
et à Paris , de 18 liv. le port compris. J'ai
plusieurs autres Machines et Ouvrages de..
Mécanique , également utiles, que je communiquerai en temps et lieu.
Mon adresse est à M. Bouros , Vicaire
perpetuel de S. Jean , lez Rennes , à son
Presbitere , près l'Intendance.
ARennes en Bretagne ,
lele 2929:1
Fe
vrier 1731.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre, écrite de Rennes, au sujet d'une nouvelle Pompe, pour la plus prompte extinction des Incendies.
L'auteur d'une lettre présente une pompe aspirante et foulante sans balancier, conçue pour éteindre rapidement les incendies. Cette pompe, portable et manœuvrable par une seule personne, a démontré son efficacité lors de plusieurs interventions, notamment à Rennes chez M. de Ligouyer et chez le sieur Perrineau. Le sieur Abbeille, ingénieur de la ville, a admiré son succès. La pompe est simple à utiliser, robuste et composée de peu de ressorts étanches à l'eau et à l'air. Son prix est de 16 livres à Rennes et 18 livres à Paris, port inclus. L'auteur propose de distribuer la pompe à Rennes chez le sieur Bolleret, qui fournira une instruction imprimée pour son utilisation. Il mentionne également d'autres machines et ouvrages mécaniques utiles qu'il pourrait communiquer ultérieurement. Pour plus d'informations, l'auteur peut être contacté à l'adresse de M. Bouros, vicaire perpétuel de Saint-Jean, près l'Intendance à Rennes.
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169
p. 825-826
BOUTS RIMEZ, Proposez dans le Mercure de Decembre dernier.
Début :
Le bon homme Lucas boira jusqu'à la Mort, [...]
Mots clefs :
Boire, Gobelets
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOUTS RIMEZ, Proposez dans le Mercure de Decembre dernier.
BOUTS RIMEZ,
Proposez dans le Mercure de Decembre
dernier.
Lebon homme Lucas boira jusqu'à la Mort¸´,
Il n'aime pas plus l'eau que l'aspect d'une Biere;`
Pour le vin seul il païe et l'entrée et le
1 vj
Port 7
Est
826 MERCURE DE FRANCE
Et sa cave est profonde autant qu'une Carrière.
Il y va tous les jours lorsque sa femme Sort ,
Jouer des Gobelets , sans sac ni Gibeciere ;
Aprés quoi notre ami chancele , tombe et Dort ,
D'un somme plus profond que ne faisoit Moliere
Sa Moitié quelquefois descend d'un air Hagard ,
Pour troubler le repos du fortuné Vieillard ,
Et de cent maudissons , lui fait longue Apostophe.
Mat ,
Mais Lucas de sa main , lui presentant le Plat,
Lui donne sur la jouë un rude échec et
Puis reboit et redort , sans autre Catastrophe.
Proposez dans le Mercure de Decembre
dernier.
Lebon homme Lucas boira jusqu'à la Mort¸´,
Il n'aime pas plus l'eau que l'aspect d'une Biere;`
Pour le vin seul il païe et l'entrée et le
1 vj
Port 7
Est
826 MERCURE DE FRANCE
Et sa cave est profonde autant qu'une Carrière.
Il y va tous les jours lorsque sa femme Sort ,
Jouer des Gobelets , sans sac ni Gibeciere ;
Aprés quoi notre ami chancele , tombe et Dort ,
D'un somme plus profond que ne faisoit Moliere
Sa Moitié quelquefois descend d'un air Hagard ,
Pour troubler le repos du fortuné Vieillard ,
Et de cent maudissons , lui fait longue Apostophe.
Mat ,
Mais Lucas de sa main , lui presentant le Plat,
Lui donne sur la jouë un rude échec et
Puis reboit et redort , sans autre Catastrophe.
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Résumé : BOUTS RIMEZ, Proposez dans le Mercure de Decembre dernier.
Lucas, passionné par le vin, boit jusqu'à l'ivresse quotidienne dans sa cave profonde. Il ne prend jamais d'argent avec lui. Sa femme le réveille parfois avec des reproches, mais il la frappe et continue de boire.
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170
p. 828
« Le 25. Avril, la Lotterie de la Compagnie des Indes, [...] »
Début :
Le 25. Avril, la Lotterie de la Compagnie des Indes, [...]
Mots clefs :
Loterie de la Compagnie des Indes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 25. Avril, la Lotterie de la Compagnie des Indes, [...] »
Le 25 Avril , la Lotterie de la Compagnie dess Indes , établie pour le remboursement des Actions , fut tirée en la maniere accoutumée à l'Hô-3
tel de la Compagnie. La Liste des Números ga
gnans , des Actions et Dixièmes d'Actions qui doivent être remboursés , a été rendue publique.
faisant en tout le nombre de 304 Actions.
tel de la Compagnie. La Liste des Números ga
gnans , des Actions et Dixièmes d'Actions qui doivent être remboursés , a été rendue publique.
faisant en tout le nombre de 304 Actions.
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171
p. 828-831
PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences pour l'année 1734.
Début :
Feu M. Roüillé de Meslay, ancien Conseiller au Parlement de [...]
Mots clefs :
Prix, Académie royale des sciences, Système général du monde, Astronomie physique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences pour l'année 1734.
RIX proposé par l'Académie Royale
des Sciences pour l'année 1734.
Fu
Eu M. Roüillé de Meslay , ancien Conseiller
au Parlement de Paris , ayant conçû le noble
dessein de contribuer au progrès des Sciences , et
à l'utilité que le Public en doit retirer , a légué à
PAca
AVRIL: 1732 829
l'Académie Royale des Sciences , un fonds pour
deux Prix , qui seront distribuez à ceux , qui au
jugement de cette Compagnie , auront le mieux
réussi sur deux differentes sortes de Sujets , qu'il
a indiqués dans son Testament, et dont il a donné des exemples. "
Les Sujets du premier Prix regardent le sistême.
general du Monde , et PAstronomie Phisique.
Ce Prix devoit être de 2000. livres , aux termes du Testament , et se distribuer tous les ans.
Mais la diminution des Rentes a obligé de ne le
donner que tous les deux ans , afin de le rendre
plus considerable , et il sera de 2 5oo . livres,
Les Sujets du second Prix regardent la Naviga-:
tion & le Commerce.
Il ne se donnera que tous les deux ans, et sera- a
de 2000. livres.
Les Scavans de toutes les Nations sont invitez
à travailler sur les Sujets qui seront proposez, et
même les Associez Etrangers de l'Académie. Elle
s'est fait la Loi d'exclure les Académiciens regnicoles de prétendre aux Prix.
Ceux qui composeront sont invitez à écrire en
François ou en Latin , mais sans aucune obliga-...
tion. Ils pourront écrire en telle Langue qu'ils
voudront , et l'Académie ferâ traduire leurs Ou
vrages
On les prie que leurs écrits soient fort lisibles ,
sur- tout quand il y aura des Calculs d'Algebre.
Ils ne mettront point leur nom à leurs Ouvrages , mais seulement une Sentence ou Devise. Ils
pourront , s'ils veulent , attacher à leur Ecrit un »
Billet séparé et cacheté par eux , où seront avec
cette même Sentence , leur nom , leurs qualitez et leur adresse , et ce Billet ne sera ouvert par l'Académie, qu'en cas que la Piece ait remporté le Prix.
30 MERCURE DE FRANCE .
Ceux qui travailleront pour le Prix , adresse
ront leurs Ouvrages à Paris au Secretaire perpe
tuel de l'Académie , ou les lui feront remettre end
tre les mains- Dans le second cas le Secretaire en
donnera en même temps à celui qui les lui aura
remis , son Recepissé , où sera marquée la Sen
tence de l'Ouvrage et son numero selon l'ordre
ou le temps dans lequel il aura été reçû.
S'il y a un Recepissé du Secretaire pour la Pie- ce qui aura remporté le Prix , le Trésorier de
P'Académie délivrera la somme du Prix à celui
qui lui rapportera ce Recepissé. Il n'y aura à cela
nulle autre formalité.
S'il n'y a pas de Recepissé du Secretaire , le
Trésorier ne délivrera le Prix qu'à l'Auteur mê¹
me, qui se fera connoître , ou au Porteur d'une Procuration de sa part.
Le Sujet proposé pour le Prix de l'année 1732
étoit , Quelle est la Cause Physique de l'inclinaison
des Plans des Orbites des Planettes ; par rapport au
plan de l'Equateur de la révolution du Soleil autour
de son axe, et d'où vient que les inclinaisons de
ces Orbites sont differentes entr'elles.
Quoique dans les Pieces qui ont été envoyées
pour concourrir à ce Prix , il s'en soit trouvé
quelques- unes qui paroissent avoir été faites par
des personnes sçavantes , et où il y a des Recherches curieuses , cependant comme on n'y a rien
trouvé d'assez précis ni d'assez ' clair sur la ques
tion proposée , on n'a pas cru devoir adjuger le Prix
Une matiere aussi importante pour l'Astrono.
mie Physique étant très digne d'êtie approfondie,
l'Académie a jugé devoir proposer de nouvean
le même Sujet pour l'année 1734. dont le Prix
sera double , c** -à -dire de sooo. livres, suivant
les dispositions de M. de Meſlay.
AVRIL. 1732 83·2
Les Auteurs des Pieces qui ont été déja envoyées pour 1732. pourront y faire tels changes mens, ou les mettre sous telle forme nouvelle
qu'ils voudront , mais en marquant que ce se
ront les Pieces auxquelles ils avoient donne telle
Sentence ou Devise , et ils les renvoyeront écris
tes tout de nouveau.
S'ils n'y font aucun changement , ils n'auront
rien à dire , ni à faire sçavoir , et leurs Pieces Concourront encore avec toutes les autres.
A plus forte raison les Pieces absolument nouvelles seront reçûës.
On ne recevra les unes et les autres que jus
qu'au premier Septembre 1733.
L'Académie , à son Assemblée publique d'après
Pâques 1734. proclamera la Piece qui aura ce Prix,
des Sciences pour l'année 1734.
Fu
Eu M. Roüillé de Meslay , ancien Conseiller
au Parlement de Paris , ayant conçû le noble
dessein de contribuer au progrès des Sciences , et
à l'utilité que le Public en doit retirer , a légué à
PAca
AVRIL: 1732 829
l'Académie Royale des Sciences , un fonds pour
deux Prix , qui seront distribuez à ceux , qui au
jugement de cette Compagnie , auront le mieux
réussi sur deux differentes sortes de Sujets , qu'il
a indiqués dans son Testament, et dont il a donné des exemples. "
Les Sujets du premier Prix regardent le sistême.
general du Monde , et PAstronomie Phisique.
Ce Prix devoit être de 2000. livres , aux termes du Testament , et se distribuer tous les ans.
Mais la diminution des Rentes a obligé de ne le
donner que tous les deux ans , afin de le rendre
plus considerable , et il sera de 2 5oo . livres,
Les Sujets du second Prix regardent la Naviga-:
tion & le Commerce.
Il ne se donnera que tous les deux ans, et sera- a
de 2000. livres.
Les Scavans de toutes les Nations sont invitez
à travailler sur les Sujets qui seront proposez, et
même les Associez Etrangers de l'Académie. Elle
s'est fait la Loi d'exclure les Académiciens regnicoles de prétendre aux Prix.
Ceux qui composeront sont invitez à écrire en
François ou en Latin , mais sans aucune obliga-...
tion. Ils pourront écrire en telle Langue qu'ils
voudront , et l'Académie ferâ traduire leurs Ou
vrages
On les prie que leurs écrits soient fort lisibles ,
sur- tout quand il y aura des Calculs d'Algebre.
Ils ne mettront point leur nom à leurs Ouvrages , mais seulement une Sentence ou Devise. Ils
pourront , s'ils veulent , attacher à leur Ecrit un »
Billet séparé et cacheté par eux , où seront avec
cette même Sentence , leur nom , leurs qualitez et leur adresse , et ce Billet ne sera ouvert par l'Académie, qu'en cas que la Piece ait remporté le Prix.
30 MERCURE DE FRANCE .
Ceux qui travailleront pour le Prix , adresse
ront leurs Ouvrages à Paris au Secretaire perpe
tuel de l'Académie , ou les lui feront remettre end
tre les mains- Dans le second cas le Secretaire en
donnera en même temps à celui qui les lui aura
remis , son Recepissé , où sera marquée la Sen
tence de l'Ouvrage et son numero selon l'ordre
ou le temps dans lequel il aura été reçû.
S'il y a un Recepissé du Secretaire pour la Pie- ce qui aura remporté le Prix , le Trésorier de
P'Académie délivrera la somme du Prix à celui
qui lui rapportera ce Recepissé. Il n'y aura à cela
nulle autre formalité.
S'il n'y a pas de Recepissé du Secretaire , le
Trésorier ne délivrera le Prix qu'à l'Auteur mê¹
me, qui se fera connoître , ou au Porteur d'une Procuration de sa part.
Le Sujet proposé pour le Prix de l'année 1732
étoit , Quelle est la Cause Physique de l'inclinaison
des Plans des Orbites des Planettes ; par rapport au
plan de l'Equateur de la révolution du Soleil autour
de son axe, et d'où vient que les inclinaisons de
ces Orbites sont differentes entr'elles.
Quoique dans les Pieces qui ont été envoyées
pour concourrir à ce Prix , il s'en soit trouvé
quelques- unes qui paroissent avoir été faites par
des personnes sçavantes , et où il y a des Recherches curieuses , cependant comme on n'y a rien
trouvé d'assez précis ni d'assez ' clair sur la ques
tion proposée , on n'a pas cru devoir adjuger le Prix
Une matiere aussi importante pour l'Astrono.
mie Physique étant très digne d'êtie approfondie,
l'Académie a jugé devoir proposer de nouvean
le même Sujet pour l'année 1734. dont le Prix
sera double , c** -à -dire de sooo. livres, suivant
les dispositions de M. de Meſlay.
AVRIL. 1732 83·2
Les Auteurs des Pieces qui ont été déja envoyées pour 1732. pourront y faire tels changes mens, ou les mettre sous telle forme nouvelle
qu'ils voudront , mais en marquant que ce se
ront les Pieces auxquelles ils avoient donne telle
Sentence ou Devise , et ils les renvoyeront écris
tes tout de nouveau.
S'ils n'y font aucun changement , ils n'auront
rien à dire , ni à faire sçavoir , et leurs Pieces Concourront encore avec toutes les autres.
A plus forte raison les Pieces absolument nouvelles seront reçûës.
On ne recevra les unes et les autres que jus
qu'au premier Septembre 1733.
L'Académie , à son Assemblée publique d'après
Pâques 1734. proclamera la Piece qui aura ce Prix,
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Résumé : PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences pour l'année 1734.
En 1732, M. Roüillé de Meslay, ancien conseiller au Parlement de Paris, a légué un fonds à l'Académie Royale des Sciences pour établir deux prix annuels. Le premier prix, d'une valeur de 2 500 livres, est destiné aux travaux sur le système général du monde et l'astronomie physique. Le second prix, de 2 000 livres, concerne la navigation et le commerce. Ces prix sont attribués tous les deux ans et sont ouverts aux savants de toutes les nations, à l'exception des académiciens français. Les travaux peuvent être rédigés en français, en latin ou dans toute autre langue et doivent être envoyés au secrétaire perpétuel de l'Académie. Pour l'année 1732, le sujet proposé pour le premier prix était la cause physique de l'inclinaison des plans des orbites des planètes par rapport à l'équateur du Soleil. Aucun travail n'ayant été jugé suffisamment précis ou clair, le sujet a été proposé à nouveau pour 1734, avec un prix doublé à 3 000 livres. Les auteurs des travaux déjà envoyés pour 1732 ont pu les modifier et les soumettre à nouveau jusqu'au 1er septembre 1733. L'Académie a proclamé le lauréat lors de son assemblée publique après Pâques 1734.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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172
p. 832-835
ARRETS NOTABLES.
Début :
EDIT DU ROY , portant réduction des trois Offices de Trésoriers [...]
Mots clefs :
Arrêts, Édit du roi, Lettres patentes, Jugement rendu
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRETS NOTABLES.
ARRETS NOTABLES.
DIT DU ROY, portant réduction dés
Etrois offices de Trésoriers Generate deta
Marine , à deux seuls Corps d'Offices. Et suppression d'un desdits trois Offices. Donné à Versailles au mois de Mars 1732. Registré en Parlelement le 23. Avrik.
ARREST du 29. Mars , qui modere à trois livres du cent pesant , ét lés quatre sols pour livre , les droits d'entrées des Cinq Grosses Fer- mes , sur les Cires blanchies dans la Rafinerie
établie par le sieur Macs dans la basse Ville de
Dunquerque.
Le
832 MERCURE DE FRANCE
Le 29. Mars dernier, les Chambres étant assem
blées à la Tournelle , il fut rendu un Arrêt entre
le Marquis d'Hautefort et la Dle de Kerbabu ,
dont voici le Prononcé.
La Cour faisant droit sur le tout , et sans s'ar
rêter aux requêtes et demandes de Marie- Jeanne
Belingant de Kerbabu , en ce qui concerne les
plaintes et accusations par elle formées , dont elle:
est déboutée , met l'appellation et Sentence de laquelle a été appellé au néant ; émendant , renvoye Emmanuel d'Hautefort de l'accusation contre lui intentée ; condamne ladite Belingant de
Kerbabu en 2000 liv. de dommages et interêts.
vers ledit Emmanuel d'Hautefort ; ordonne
que les termes injurieux portez ès requêtes de la..
dite de Kerbabu , seront et demeureront suppri
mez , renvoye pareillement lesdits Pierre Mandex , Jean Gasselin , Claude Martinon , Etienne
Thomas et Paul Martin , de l'accusation contre
eux intentée ; condamne ladite Kerbabu en 50 liv..
de dommages et interêts vers chacun desdits . Mar
tinon , Thomas et Martin , en 30. liv. aussi de
dommages et interêts vers chacun desdits Mandex et Gasselin , décharge la succession er heritiers Soutet , des demandes de ladite Kerbabu résultantes de l'accusation, formée contre ledit feu
Antoine Soutet ; condamne ladite Kerbabu en 30
liv. de dommages et interêts à cet égard vers les
heritiers Soutet, et en outre ladite Kerbabu en
tous les dépens , tant des causes principales que
d'appel et demandes vers ledit Emmanuel d'Hau
tefort , et vers lesdits Mandex , Gasselin , MartiThomas , Martin et heritiers Soutet , même en ceux réservez ; sauf à ladite Kerbabu à
se pourvoir sur ses demandes à fins civiles ,
ainsi qu'elle avisera bon être , défenses dunon ,
2
dit
AVRIL. 1732. 8335
•
2
dit Emmanuel d'Hautefort au contraire ; permer
audit Emmanuel d'Hautefort de faire imprimer ,
le present Arrêt. Fait en Parlement , &c.
Arrêt du premier Avril , par lequel il est dit
que le Roy étant informé de l'abus qui se prati
que depuis quelques années dans le Royaume, en
subtituant à la Rhubarbe la racine de Rhapontic
étranger , qui , à la verité , a des qualitez qui approchent de celles de la Rhubarbe , mais qui lui
sont fort inferieures ; que cette racine ayant la ·
forme de la Rhubarbe , l'on est en usage de la déguiser , en répandant dessus de la poudre de Rhubarbe veritable , ensorte qu'en ayant la couleur
exterieure et l'odeur , le Public est facilement
trompé; qu'il en résulte des inconveniens trèspréjudiciables , tant parce que ce Rhapontic ne
produit pas des effets aussi utiles que la Rhubaṛbe , que parce que le Public qui croit acheter de
la Rhubarbe veritable , paye le Rhapontic infiniment plus qu'il ne vaut , à quoi Sa Majesté desi- ~
tant pourvoir. Vû Pavis de l'Académie Royale
des Sciences , ensemble celui des Députez du :
Commerce , &c. Le Roy a interdit et prohibé,
interdit et prohibe , à commencer du jour de la
publication du present Arrêt , l'entrée dans le
Royaume par tous les Ports , Passages , Provinces , Pays , Terres et Seigneuries de son obéissance, de la racine appellée Rhapontic ; en conse
quence , fait S.. M. deffenses à tous Marchands
Négocians et autres personnes de quelque quali é
condition qu'elles soient , d'en faire entrer ni
introduire dans le Royaume , sous quelque dénomination que ce puisse être , soit qu'elle vien- ne de Moscovie , ou autres Pays Etrangers , à
peine de confiscation , etde cinq cens livres d'amende
834 MERCURE DE FRANCE
mende contre chacun des contrevehans , &c.´¨
JUGEMENT rendu par M. Herault , Conseil
ler d'Etat , Lieutenant General de Police , et
M's les Conseillers au Siege Présidial du ChâteJet , Commissaires du Conseil en cette partie ; an
sujet de 875. Exemplaires imprimez , intitulez ;
Nouvelles Ecclesiastiques.
Il est dit par déliberation de Conseil et Jugement en dernier ressort , ony ' sur ce le Procureur
General de la Commission , que ladite Marie
Reaubourg est déclarée dûement atteinte et con
vaincue d'avoir été arrêtée trouvée saisie de 875
Exemplaires, imprimez , Libelles intitulez Nou
velles Ecclesiastiques , qu'elle colportoit et introduisoit dans Paris ; pour réparation , la condamnons à être bannie pour cinq ans de la Ville ,
Prévôté et Vicomté de Paris , et en outre la
condamnons en trois livres d'amende envers le
Roy, a prendre sur ses biens. Ordonnons que
conformément à ce qui a été prononcé par l'Arrêt du Parlement du 9. Fevrier 1731. les 871.
Exemplaires imprimez ayant en titre , Nouvelles Ecclesiastiques , étant au Greffe de la Commission,
seront lacerez et brulez par l'Executeur de la haure Justice , en Place de Greve. Ordonnons en ou
tre que le present Jugement sera , à la diligence
du Procureur General de la Commission , imprimé, lû, publié et affiché , &c. Jugé le 23 Avril 1732.
ARREST du 24. Avril , pat lequel il est dit
ce qui suit.
Le Roy étant informé qu'entre plusieurs écrits
C'on affecte de répandre continuellement dans le
Public , sur les affaires présentes de l'Eglise , il
en
AVRIL. 1732. 835
en paroît deux sous le nom de Seconde et de Troi
siéme Lettre de M. l'Abbé de Lifle , sur les Miracles
de M.de Paris, où l'on trouve reünis plus que dans aucun autre , tous les caracteres de Libelles veritablement diffamatoires et séditieux , soit par la li
cence et la malignité avec laquelle l'Archevêque"
de la Capitale de ce Royaume y est témerairement attaqué , sans aucun respect , ni pour sa
personne , ni pour sa dignité,,, soit par les traits
artificieux que l'Auteur de ces Ouvrages y a semez , pour soulever les Fidelles du Diocèse de
Paris contre leur Superieur légitime , et pour
leur inspirer en même-temps le mépris de toute authorité ; Sa Majesté auroit jugé à propos pour
faire cesser un si grand scandale , de fetrir promptement les Libelles qui renferment en eux mêmes le motif de leur condamnation , en attendant que ceux qui en ont été les Auteurs , les
Imprimeurs ou les Distributeurs , étant connus
par une procedure régulière , ils puissent être puiis avec toute la séverité qu'ils méritent , à quoi
étant nécessaire de pourvoir , SA MAJESTE
ESTANT EN SON CONSEIL , a ordonné et ordonne , que lesdits Libelles intitulez Pun Seconde
Lettre de M. l'Abbé de Lifle sur les Miracles de
M. de Paris , et l'autre Troisiéme Lettre de M. l'Abm
bé de Life , sur les Miracles de M. de Paris , &c.
seront lacerez et brulez dans la Place du Parvis
de l'Eglise de Notre- Dame , par l'Executeur de
la haute Justice ; enjoint à tous ceux qui en ont
des Exemplaires , de les remettre incessamment au Greffe du sieur Herault Conseiller d'Etat
Lieutenant General de Police , pour y être lacerez et supprimez , &C.
DIT DU ROY, portant réduction dés
Etrois offices de Trésoriers Generate deta
Marine , à deux seuls Corps d'Offices. Et suppression d'un desdits trois Offices. Donné à Versailles au mois de Mars 1732. Registré en Parlelement le 23. Avrik.
ARREST du 29. Mars , qui modere à trois livres du cent pesant , ét lés quatre sols pour livre , les droits d'entrées des Cinq Grosses Fer- mes , sur les Cires blanchies dans la Rafinerie
établie par le sieur Macs dans la basse Ville de
Dunquerque.
Le
832 MERCURE DE FRANCE
Le 29. Mars dernier, les Chambres étant assem
blées à la Tournelle , il fut rendu un Arrêt entre
le Marquis d'Hautefort et la Dle de Kerbabu ,
dont voici le Prononcé.
La Cour faisant droit sur le tout , et sans s'ar
rêter aux requêtes et demandes de Marie- Jeanne
Belingant de Kerbabu , en ce qui concerne les
plaintes et accusations par elle formées , dont elle:
est déboutée , met l'appellation et Sentence de laquelle a été appellé au néant ; émendant , renvoye Emmanuel d'Hautefort de l'accusation contre lui intentée ; condamne ladite Belingant de
Kerbabu en 2000 liv. de dommages et interêts.
vers ledit Emmanuel d'Hautefort ; ordonne
que les termes injurieux portez ès requêtes de la..
dite de Kerbabu , seront et demeureront suppri
mez , renvoye pareillement lesdits Pierre Mandex , Jean Gasselin , Claude Martinon , Etienne
Thomas et Paul Martin , de l'accusation contre
eux intentée ; condamne ladite Kerbabu en 50 liv..
de dommages et interêts vers chacun desdits . Mar
tinon , Thomas et Martin , en 30. liv. aussi de
dommages et interêts vers chacun desdits Mandex et Gasselin , décharge la succession er heritiers Soutet , des demandes de ladite Kerbabu résultantes de l'accusation, formée contre ledit feu
Antoine Soutet ; condamne ladite Kerbabu en 30
liv. de dommages et interêts à cet égard vers les
heritiers Soutet, et en outre ladite Kerbabu en
tous les dépens , tant des causes principales que
d'appel et demandes vers ledit Emmanuel d'Hau
tefort , et vers lesdits Mandex , Gasselin , MartiThomas , Martin et heritiers Soutet , même en ceux réservez ; sauf à ladite Kerbabu à
se pourvoir sur ses demandes à fins civiles ,
ainsi qu'elle avisera bon être , défenses dunon ,
2
dit
AVRIL. 1732. 8335
•
2
dit Emmanuel d'Hautefort au contraire ; permer
audit Emmanuel d'Hautefort de faire imprimer ,
le present Arrêt. Fait en Parlement , &c.
Arrêt du premier Avril , par lequel il est dit
que le Roy étant informé de l'abus qui se prati
que depuis quelques années dans le Royaume, en
subtituant à la Rhubarbe la racine de Rhapontic
étranger , qui , à la verité , a des qualitez qui approchent de celles de la Rhubarbe , mais qui lui
sont fort inferieures ; que cette racine ayant la ·
forme de la Rhubarbe , l'on est en usage de la déguiser , en répandant dessus de la poudre de Rhubarbe veritable , ensorte qu'en ayant la couleur
exterieure et l'odeur , le Public est facilement
trompé; qu'il en résulte des inconveniens trèspréjudiciables , tant parce que ce Rhapontic ne
produit pas des effets aussi utiles que la Rhubaṛbe , que parce que le Public qui croit acheter de
la Rhubarbe veritable , paye le Rhapontic infiniment plus qu'il ne vaut , à quoi Sa Majesté desi- ~
tant pourvoir. Vû Pavis de l'Académie Royale
des Sciences , ensemble celui des Députez du :
Commerce , &c. Le Roy a interdit et prohibé,
interdit et prohibe , à commencer du jour de la
publication du present Arrêt , l'entrée dans le
Royaume par tous les Ports , Passages , Provinces , Pays , Terres et Seigneuries de son obéissance, de la racine appellée Rhapontic ; en conse
quence , fait S.. M. deffenses à tous Marchands
Négocians et autres personnes de quelque quali é
condition qu'elles soient , d'en faire entrer ni
introduire dans le Royaume , sous quelque dénomination que ce puisse être , soit qu'elle vien- ne de Moscovie , ou autres Pays Etrangers , à
peine de confiscation , etde cinq cens livres d'amende
834 MERCURE DE FRANCE
mende contre chacun des contrevehans , &c.´¨
JUGEMENT rendu par M. Herault , Conseil
ler d'Etat , Lieutenant General de Police , et
M's les Conseillers au Siege Présidial du ChâteJet , Commissaires du Conseil en cette partie ; an
sujet de 875. Exemplaires imprimez , intitulez ;
Nouvelles Ecclesiastiques.
Il est dit par déliberation de Conseil et Jugement en dernier ressort , ony ' sur ce le Procureur
General de la Commission , que ladite Marie
Reaubourg est déclarée dûement atteinte et con
vaincue d'avoir été arrêtée trouvée saisie de 875
Exemplaires, imprimez , Libelles intitulez Nou
velles Ecclesiastiques , qu'elle colportoit et introduisoit dans Paris ; pour réparation , la condamnons à être bannie pour cinq ans de la Ville ,
Prévôté et Vicomté de Paris , et en outre la
condamnons en trois livres d'amende envers le
Roy, a prendre sur ses biens. Ordonnons que
conformément à ce qui a été prononcé par l'Arrêt du Parlement du 9. Fevrier 1731. les 871.
Exemplaires imprimez ayant en titre , Nouvelles Ecclesiastiques , étant au Greffe de la Commission,
seront lacerez et brulez par l'Executeur de la haure Justice , en Place de Greve. Ordonnons en ou
tre que le present Jugement sera , à la diligence
du Procureur General de la Commission , imprimé, lû, publié et affiché , &c. Jugé le 23 Avril 1732.
ARREST du 24. Avril , pat lequel il est dit
ce qui suit.
Le Roy étant informé qu'entre plusieurs écrits
C'on affecte de répandre continuellement dans le
Public , sur les affaires présentes de l'Eglise , il
en
AVRIL. 1732. 835
en paroît deux sous le nom de Seconde et de Troi
siéme Lettre de M. l'Abbé de Lifle , sur les Miracles
de M.de Paris, où l'on trouve reünis plus que dans aucun autre , tous les caracteres de Libelles veritablement diffamatoires et séditieux , soit par la li
cence et la malignité avec laquelle l'Archevêque"
de la Capitale de ce Royaume y est témerairement attaqué , sans aucun respect , ni pour sa
personne , ni pour sa dignité,,, soit par les traits
artificieux que l'Auteur de ces Ouvrages y a semez , pour soulever les Fidelles du Diocèse de
Paris contre leur Superieur légitime , et pour
leur inspirer en même-temps le mépris de toute authorité ; Sa Majesté auroit jugé à propos pour
faire cesser un si grand scandale , de fetrir promptement les Libelles qui renferment en eux mêmes le motif de leur condamnation , en attendant que ceux qui en ont été les Auteurs , les
Imprimeurs ou les Distributeurs , étant connus
par une procedure régulière , ils puissent être puiis avec toute la séverité qu'ils méritent , à quoi
étant nécessaire de pourvoir , SA MAJESTE
ESTANT EN SON CONSEIL , a ordonné et ordonne , que lesdits Libelles intitulez Pun Seconde
Lettre de M. l'Abbé de Lifle sur les Miracles de
M. de Paris , et l'autre Troisiéme Lettre de M. l'Abm
bé de Life , sur les Miracles de M. de Paris , &c.
seront lacerez et brulez dans la Place du Parvis
de l'Eglise de Notre- Dame , par l'Executeur de
la haute Justice ; enjoint à tous ceux qui en ont
des Exemplaires , de les remettre incessamment au Greffe du sieur Herault Conseiller d'Etat
Lieutenant General de Police , pour y être lacerez et supprimez , &C.
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Résumé : ARRETS NOTABLES.
En mars 1732, plusieurs décisions judiciaires et royales ont été enregistrées en France. Le 23 avril, un arrêt royal a réduit les offices de Trésoriers Généraux de la Marine de trois à deux, supprimant ainsi un des trois offices. Le 29 mars, un autre arrêt a fixé les droits d'entrée des Cinq Grosses Fermes sur les cires blanchies à trois livres du cent pesant et quatre sols par livre. Le même jour, une décision judiciaire a été rendue entre le Marquis d'Hautefort et la Dame de Kerbabu, déboutant cette dernière de ses plaintes et la condamnant à verser des dommages et intérêts à plusieurs personnes, dont Emmanuel d'Hautefort. Le 1er avril, un arrêt royal a interdit l'importation de la racine de Rhapontic, souvent substituée à la rhubarbe, en raison de ses effets inférieurs et des tromperies sur le public. Le 23 avril, Marie Reaubourg a été condamnée à cinq ans de bannissement de Paris pour avoir colporté des exemplaires des 'Nouvelles Ecclesiastiques'. Enfin, le 24 avril, un arrêt royal a ordonné la destruction des libelles intitulés 'Seconde et Troisième Lettre de M. l'Abbé de Lifle sur les Miracles de M. de Paris' en raison de leur caractère diffamatoire et séditieux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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173
p. 1009-1010
« Le 25. Avril, le Roi partit de Versailles pour aller [...] »
Début :
Le 25. Avril, le Roi partit de Versailles pour aller [...]
Mots clefs :
Compiègne, Prince de Rohan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 25. Avril, le Roi partit de Versailles pour aller [...] »
FRANCE,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE25
.
E 25. Avril , le Roi partit de Versailles pour aller à Compiegne , où S. M.
arriva le même jour.
Le 1. de ce mois , la Reine après avoir
entendu dans la Chapelle du Château de
Versailles la Messe celebrée par l'Evêque
Comte de Châlons , son premier Aumohier , fut relevée de ses couches"par
même Prélat, avec les Céremonies accoutumées.
le
Le Roi a accordé au Prince de Rohan ,
Capitaine Lieutenant des Gendarmes , l'agrément d'une des Charges de Guidon de
cette Compagnie , pour le Prince de Soubize , son Petit- fils.
Les Députez du Parlement qui avoient
reçu les Ordres du Roi le 13. de ce mois
se rendirent le lendemain à Compiegne
M. Portail , Premier President , étant à
leur tête; ils furent présentez et conduits
avec les céremonies accoutumées à l'AuHiiij dience
TOTO MERCURE DE FRANCE
dience de S.M. qui leur déclara sa volonté.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE25
.
E 25. Avril , le Roi partit de Versailles pour aller à Compiegne , où S. M.
arriva le même jour.
Le 1. de ce mois , la Reine après avoir
entendu dans la Chapelle du Château de
Versailles la Messe celebrée par l'Evêque
Comte de Châlons , son premier Aumohier , fut relevée de ses couches"par
même Prélat, avec les Céremonies accoutumées.
le
Le Roi a accordé au Prince de Rohan ,
Capitaine Lieutenant des Gendarmes , l'agrément d'une des Charges de Guidon de
cette Compagnie , pour le Prince de Soubize , son Petit- fils.
Les Députez du Parlement qui avoient
reçu les Ordres du Roi le 13. de ce mois
se rendirent le lendemain à Compiegne
M. Portail , Premier President , étant à
leur tête; ils furent présentez et conduits
avec les céremonies accoutumées à l'AuHiiij dience
TOTO MERCURE DE FRANCE
dience de S.M. qui leur déclara sa volonté.
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Résumé : « Le 25. Avril, le Roi partit de Versailles pour aller [...] »
Le 25 avril, le roi de France se rendit à Compiègne. Le 1er mai, la reine accoucha à Versailles. Le roi accorda une charge au prince de Soubize. Le 13 mai, les députés du Parlement reçurent les ordres du roi et se rendirent à Compiègne le lendemain, dirigés par M. Portail.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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174
p. 1010-1011
Convalescence de Mademoiselle de Beaujolais, [titre d'après la table]
Début :
Le 21, les Officers et Dames de la Chambre de [...]
Mots clefs :
Convalescence, Mademoiselle de Beaujolais
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texteReconnaissance textuelle : Convalescence de Mademoiselle de Beaujolais, [titre d'après la table]
Le ,
21 les Officiers et Dames de la
Chambre de Mademoiselle de Beaujollois,
firent chanter dans l'Eglise des Quinzevingtun Te Deum solemnel en musique,
avec Timballes et Trompettes, de la composition de M. Morin , en action de graces de la convalescence de cette Princesse
qui avoit été dangereusement malade de
la Rougeole. L'Eglise étoit décorée et ornée de riches Tapisseries , et éclairée d'un
grand nombre de Lustres garnis de bougies. L'Archevêque de Cambray officia
pontificalement. S. A. R , tous les Seigneurs et Dames de sa Cour , et un grand
nombre de personnes de distinction y assisterent.
Le soir , les mêmes Officiers de cette
Princesse signalerent encore leur zéle par
une quantité de fusées qui furent tirées
dans le Jardin du Palais Royal , et par
plusieurs décharges de boetes. Les Proprietaires et les Locataires firent illuminer toutes les Maisons qui communiquent
à ce Jardin. Celle de M. le Comte d'Argen: on , Conseiller d'Etat , Grand-Croix
et Chancelier , Garde des Sceaux de l'Ordre Royal et Militaire de S. Louis , Garde des Sceaux et Sur- Intendant des Finances
MAY. 1732. ΙΘΙΙ
hances de M. le Duc d'Orleans , fut illu
minée extraordinairement ; toute la façade qui donne sur le Jardin , étoit ornée
de quantité de Girandoles et d'une infinité de Lampions rangez avec autant de
goût que de symétrie. Cette belle illumination fut admirée par une foule de peuple qui vint joindre leurs vœux à
ceux de tous les Officiers de cette Princesse pour l'entier rétablissement de sa
santé.
21 les Officiers et Dames de la
Chambre de Mademoiselle de Beaujollois,
firent chanter dans l'Eglise des Quinzevingtun Te Deum solemnel en musique,
avec Timballes et Trompettes, de la composition de M. Morin , en action de graces de la convalescence de cette Princesse
qui avoit été dangereusement malade de
la Rougeole. L'Eglise étoit décorée et ornée de riches Tapisseries , et éclairée d'un
grand nombre de Lustres garnis de bougies. L'Archevêque de Cambray officia
pontificalement. S. A. R , tous les Seigneurs et Dames de sa Cour , et un grand
nombre de personnes de distinction y assisterent.
Le soir , les mêmes Officiers de cette
Princesse signalerent encore leur zéle par
une quantité de fusées qui furent tirées
dans le Jardin du Palais Royal , et par
plusieurs décharges de boetes. Les Proprietaires et les Locataires firent illuminer toutes les Maisons qui communiquent
à ce Jardin. Celle de M. le Comte d'Argen: on , Conseiller d'Etat , Grand-Croix
et Chancelier , Garde des Sceaux de l'Ordre Royal et Militaire de S. Louis , Garde des Sceaux et Sur- Intendant des Finances
MAY. 1732. ΙΘΙΙ
hances de M. le Duc d'Orleans , fut illu
minée extraordinairement ; toute la façade qui donne sur le Jardin , étoit ornée
de quantité de Girandoles et d'une infinité de Lampions rangez avec autant de
goût que de symétrie. Cette belle illumination fut admirée par une foule de peuple qui vint joindre leurs vœux à
ceux de tous les Officiers de cette Princesse pour l'entier rétablissement de sa
santé.
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Résumé : Convalescence de Mademoiselle de Beaujolais, [titre d'après la table]
Le 21 mai 1732, les officiers et dames de la Chambre de Mademoiselle de Beaujollois célébrèrent sa convalescence après une grave maladie de la rougeole par un Te Deum solennel à l'Église des Quinze-Vingts. L'église était ornée de riches tapisseries et éclairée par de nombreux lustres. L'Archevêque de Cambray présida la cérémonie, en présence de Son Altesse Royale, des seigneurs et dames de la cour, ainsi que de nombreuses personnes distinguées. Le soir, des feux d'artifice et des salves de fusées furent tirés dans le jardin du Palais Royal, et les maisons voisines furent illuminées. La résidence du Comte d'Argen: on, Conseiller d'État et Garde des Sceaux, se distingua par une illumination particulièrement élaborée, attirant une foule venue souhaiter le rétablissement complet de la princesse.
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175
p. 1011
« Le 22. jour de la Fête de l'Ascension, il [...] »
Début :
Le 22. jour de la Fête de l'Ascension, il [...]
Mots clefs :
Fête de l'Ascension
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texteReconnaissance textuelle : « Le 22. jour de la Fête de l'Ascension, il [...] »
Le 22. jour de la Fête de l'Ascension
il y eut Concert spirituel au Château des
Thuilleries qui commença par le Credidi
propter , Motet de M. de la Lande , qui
fut suivi de plusieurs petits Motets à une
et à deux voix , et après plusieurs Pieces
de symfonie executez par les sieurs Leclerc , Blavet et autres ; le Concert fut
terminé par le beau Te Deum du même
Auteur , avec Timbales et Trompettes
et précedé d'une symfonie de M. Mouret.
il y eut Concert spirituel au Château des
Thuilleries qui commença par le Credidi
propter , Motet de M. de la Lande , qui
fut suivi de plusieurs petits Motets à une
et à deux voix , et après plusieurs Pieces
de symfonie executez par les sieurs Leclerc , Blavet et autres ; le Concert fut
terminé par le beau Te Deum du même
Auteur , avec Timbales et Trompettes
et précedé d'une symfonie de M. Mouret.
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176
p. 1011-1014
Médailles mises au Pont de Compiegne, Ceremonie, &c. [titre d'après la table]
Début :
M. Dubois, Directeur Géneral des Ponts et Chaussées, toujours attentif [...]
Mots clefs :
Pont, Compiègne, Médailles
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texteReconnaissance textuelle : Médailles mises au Pont de Compiegne, Ceremonie, &c. [titre d'après la table]
M. Dubois , Directeur Géneral des
Ponts et Chaussées , toujours attentif à
tout ce qui peut contribuer à l'embelissement des Maisons Royales et à l'utilité
publique, ayant présenté au Roi il y a
deux ans le dessein d'un Pont , pour la
Hv partic
1012 MERCURE DE FRANCE
partie septentrionale de la Ville de Compiegne,sur la riviere d'Oyse qui en arrose
les murailles de ce côté- là , S.M.l'aprouva,
et voulut poser la premiere pierre duPont en attendant de mettre l'année suivante
dans une des Piles qui soutient une des
Arches de ce somptueux Edifice , des Médailles d'Or , d'Argent et de Bronze ;
mais une maladie épidemique qui regnoit,
dans la ville et aux environs de Compiegne , ayant interrompu le voyage, que
S. M. avoit résolu d'y faire , cette céremonie fut suspendue jusqu'au 11 du présent mois. Voicy comment elle se fit.
Après le Salut , le Roi se rendit au nou
veau Pont , accompagné des principauxSeigneurs de sa Cour , et d'une affluenceextraordinaire de peuple ; étant descendu
de Carosse au bord de la Riviere , M. Dubois alla recevoir S. M. dans une gondole
magnifique et la conduisit à la pile du
Pont où la céremonie devoit se faire. On
avoit fait dresser un échafaut trés - propre
sur lequel on avoit placé une table avec
un tapis : c'est là que M. Dubois avoit
mis la boëte de bois de cedre , dans laquel
le il y avoit six grandes Médailles , une
d'Or , deux d'Argent et trois de Bronze ,
laquelle fut présentée au Roi par M. Dubois, qui après l'avoir reprise des mains de
S. M.
M A Y. 1732. 1013
S.M. la ferma et la mit dans une autre boëte de plomb , laquelle fut soudée en presence duRoi, après quoi cette double boëte fut encore présentée à S.M. qui la plaça
dans le lieu destiné, et pour la couvrir arrangea elle - même des cales et du ciment
avec une petite truelle d'argent que M.
Dubois lui présenta , autour d'une grosse pierre qui y fut posée ; ensuite S.
M. pressa les cales avec un petit marteau
d'Argent que M. Dubois avoit fait faire
exprès.
Cela fait , le Roi suivi des mêmes Seigneurs rentra dans la gondole , et ayant
traversé la riviere , il vit du bord la manœuvre d'une excellente gruë , qui servoit à vouter la derniere Arche du Pont
du côté de la Campagne : elle parutà S. M.
aussi hardie que magnifique. "
Ensuite le Roi ayant repassé la riviere ,
s'avança à pied vers la ville pour voir
l'emplacement d'une porte d'un dessein
admirable qui doit être faite pour con
duire au Pont , et dont le plan qu'en a
tracé le sieur de la Hitte , Inspecteur Général des Ponts er Chaussées , fut fort ap
prouvé par le Roi , ainsi que tout ce qu'il
avoit vu au Pont : après quoi S. M. et toute sa suite se rendirent au Cours où
étoit un détachement de cent hommes du
Hvj Regi
1014 MERCURE DE FRANCE
Regiment de Bourgogne : le Roi leur fit
donner 15 Louis , S. M. en avoit fait donner autant aux Ouvriers du Pont. Après cela le Roi monta en Carosse et arriva au
Château , fort satisfait du zele M. Du- que
bois fait patoître dans toutes les occasions
où il s'agit de remplir les devoirs de sa
Charge.
Ponts et Chaussées , toujours attentif à
tout ce qui peut contribuer à l'embelissement des Maisons Royales et à l'utilité
publique, ayant présenté au Roi il y a
deux ans le dessein d'un Pont , pour la
Hv partic
1012 MERCURE DE FRANCE
partie septentrionale de la Ville de Compiegne,sur la riviere d'Oyse qui en arrose
les murailles de ce côté- là , S.M.l'aprouva,
et voulut poser la premiere pierre duPont en attendant de mettre l'année suivante
dans une des Piles qui soutient une des
Arches de ce somptueux Edifice , des Médailles d'Or , d'Argent et de Bronze ;
mais une maladie épidemique qui regnoit,
dans la ville et aux environs de Compiegne , ayant interrompu le voyage, que
S. M. avoit résolu d'y faire , cette céremonie fut suspendue jusqu'au 11 du présent mois. Voicy comment elle se fit.
Après le Salut , le Roi se rendit au nou
veau Pont , accompagné des principauxSeigneurs de sa Cour , et d'une affluenceextraordinaire de peuple ; étant descendu
de Carosse au bord de la Riviere , M. Dubois alla recevoir S. M. dans une gondole
magnifique et la conduisit à la pile du
Pont où la céremonie devoit se faire. On
avoit fait dresser un échafaut trés - propre
sur lequel on avoit placé une table avec
un tapis : c'est là que M. Dubois avoit
mis la boëte de bois de cedre , dans laquel
le il y avoit six grandes Médailles , une
d'Or , deux d'Argent et trois de Bronze ,
laquelle fut présentée au Roi par M. Dubois, qui après l'avoir reprise des mains de
S. M.
M A Y. 1732. 1013
S.M. la ferma et la mit dans une autre boëte de plomb , laquelle fut soudée en presence duRoi, après quoi cette double boëte fut encore présentée à S.M. qui la plaça
dans le lieu destiné, et pour la couvrir arrangea elle - même des cales et du ciment
avec une petite truelle d'argent que M.
Dubois lui présenta , autour d'une grosse pierre qui y fut posée ; ensuite S.
M. pressa les cales avec un petit marteau
d'Argent que M. Dubois avoit fait faire
exprès.
Cela fait , le Roi suivi des mêmes Seigneurs rentra dans la gondole , et ayant
traversé la riviere , il vit du bord la manœuvre d'une excellente gruë , qui servoit à vouter la derniere Arche du Pont
du côté de la Campagne : elle parutà S. M.
aussi hardie que magnifique. "
Ensuite le Roi ayant repassé la riviere ,
s'avança à pied vers la ville pour voir
l'emplacement d'une porte d'un dessein
admirable qui doit être faite pour con
duire au Pont , et dont le plan qu'en a
tracé le sieur de la Hitte , Inspecteur Général des Ponts er Chaussées , fut fort ap
prouvé par le Roi , ainsi que tout ce qu'il
avoit vu au Pont : après quoi S. M. et toute sa suite se rendirent au Cours où
étoit un détachement de cent hommes du
Hvj Regi
1014 MERCURE DE FRANCE
Regiment de Bourgogne : le Roi leur fit
donner 15 Louis , S. M. en avoit fait donner autant aux Ouvriers du Pont. Après cela le Roi monta en Carosse et arriva au
Château , fort satisfait du zele M. Du- que
bois fait patoître dans toutes les occasions
où il s'agit de remplir les devoirs de sa
Charge.
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Résumé : Médailles mises au Pont de Compiegne, Ceremonie, &c. [titre d'après la table]
M. Dubois, Directeur Général des Ponts et Chaussées, proposa au Roi la construction d'un pont dans la partie septentrionale de Compiègne, sur la rivière d'Oyse. Le Roi approuva le projet et prévoyait de poser la première pierre, mais une épidémie interrompit le voyage royal. La cérémonie eut lieu le 11 mai 1732. Le Roi, accompagné de seigneurs et d'une grande affluence de peuple, se rendit au nouveau pont. M. Dubois, à bord d'une gondole, conduisit le Roi à la pile du pont. Une boîte en bois de cèdre contenant six médailles fut présentée au Roi, qui la plaça dans une boîte de plomb soudée en sa présence. Le Roi scella ensuite la boîte dans la pile du pont à l'aide d'une truelle et d'un marteau d'argent. Il observa la manœuvre d'une grue pour voûter la dernière arche et traversa la rivière pour voir l'emplacement d'une porte. Le Roi fit don de 15 Louis aux ouvriers et à un détachement du régiment de Bourgogne, puis retourna au château, satisfait du zèle de M. Dubois.
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177
p. 1014-1015
Benefices donnez, [titre d'après la table]
Début :
Le Roi a nommé l'Abbé de la Valette-Thomas [...]
Mots clefs :
Abbayes, Charges
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texteReconnaissance textuelle : Benefices donnez, [titre d'après la table]
Le Roi a nommé l'Abbé de la ValetteThomas , à l'Evêché d'Autun.
S. M. a accordé l'Abbaye de S. Urbain ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Châlons ,
à l'Abbé de Brissac , Aumonier du Roi
et Agent Géneral du Clergé.
Celle de Verteuil , Ordre de S. Augustin , Diocèse de Bordeaux , à l'Abbé de
Courtarvelle , Chanoine de l'Eglise Cathedrale de Blois.
Celle de S. André en Goufern , Ordre
de Citeaux , Diocèse de Séez , à l'Abbé
d'Albergotti .
L'Abbaye Réguliere et Elective de Choques , Ordre de S. Augustin , Diocèse de
S. Omer , au P. Floride Lassus.
Celle de Sainte Genevieve de Monsort
Alençon , Ordre de S. Benoît , Diocése
1 Mans , à la Dame de Lisle.
Celle de la Deserte à Lyon , même Ortre , à la Dame de Chatillon- Moyria.
I
M*A*Y. 1732.
à
Le Prieuré de Sainte Radegondé , même Ordre , Diocése de la Rochelle ,
l'Abbé de Chateauneuf.
Celle de Chaumont- la- Piscine , Ordre
de Prémontré , Diòcése de Reims , à l'ancien Evêque d'Orange.
L'Evêché de Rennes , à l'Abbé de
Vaureal , Maître de l'Oratoire du Roy.
S. M. vient de lui donner l'agrément de
la Charge de Maître de la Chapelle de
Musique. Le Roy avoit accordé au Marquis de Breteuil , Chancelier de la Reine
la permission de vendre cette Charge qui
vaquoit par la mort de l'Evêque de Rennes son frere.
S. M. a accordé l'Abbaye de S. Urbain ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Châlons ,
à l'Abbé de Brissac , Aumonier du Roi
et Agent Géneral du Clergé.
Celle de Verteuil , Ordre de S. Augustin , Diocèse de Bordeaux , à l'Abbé de
Courtarvelle , Chanoine de l'Eglise Cathedrale de Blois.
Celle de S. André en Goufern , Ordre
de Citeaux , Diocèse de Séez , à l'Abbé
d'Albergotti .
L'Abbaye Réguliere et Elective de Choques , Ordre de S. Augustin , Diocèse de
S. Omer , au P. Floride Lassus.
Celle de Sainte Genevieve de Monsort
Alençon , Ordre de S. Benoît , Diocése
1 Mans , à la Dame de Lisle.
Celle de la Deserte à Lyon , même Ortre , à la Dame de Chatillon- Moyria.
I
M*A*Y. 1732.
à
Le Prieuré de Sainte Radegondé , même Ordre , Diocése de la Rochelle ,
l'Abbé de Chateauneuf.
Celle de Chaumont- la- Piscine , Ordre
de Prémontré , Diòcése de Reims , à l'ancien Evêque d'Orange.
L'Evêché de Rennes , à l'Abbé de
Vaureal , Maître de l'Oratoire du Roy.
S. M. vient de lui donner l'agrément de
la Charge de Maître de la Chapelle de
Musique. Le Roy avoit accordé au Marquis de Breteuil , Chancelier de la Reine
la permission de vendre cette Charge qui
vaquoit par la mort de l'Evêque de Rennes son frere.
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Résumé : Benefices donnez, [titre d'après la table]
En mai 1732, le Roi a procédé à plusieurs nominations et attributions d'abbayes et d'évêchés. L'Abbé de la Valette-Thomas a été nommé à l'Évêché d'Autun. L'Abbaye de Saint Urbain, dans le Diocèse de Châlons, a été attribuée à l'Abbé de Brissac, Aumonier du Roi et Agent Général du Clergé. L'Abbé de Courtarvelle a reçu l'Abbaye de Verteuil, dans le Diocèse de Bordeaux. L'Abbé d'Albergotti a été nommé à l'Abbaye de Saint André en Goufern, dans le Diocèse de Séez. Le Père Floride Lassus a obtenu l'Abbaye Régulière et Élective de Choques, dans le Diocèse de Saint Omer. La Dame de Lisle a reçu l'Abbaye de Sainte Geneviève de Monsort, dans le Diocèse du Mans. La Dame de Châtillon-Moyria a été attribuée à l'Abbaye de la Déserte à Lyon. L'Abbé de Châteauneuf a obtenu le Prieuré de Sainte Radegonde, dans le Diocèse de La Rochelle. L'ancien Évêque d'Orange a reçu l'Abbaye de Chaumont-la-Piscine, dans le Diocèse de Reims. L'Abbé de Vaureal a été nommé à l'Évêché de Rennes et a reçu l'agrément pour la charge de Maître de la Chapelle de Musique. Le Marquis de Breteuil, Chancelier de la Reine, avait obtenu la permission de vendre cette charge, vacante à la suite du décès de l'Évêque de Rennes, son frère.
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178
p. 1015-1022
MORTS NAISSANCES et Mariages.
Début :
Dame Elisabeth de Massol, veuve du Marquis de Clermont-Tonnere, [...]
Mots clefs :
Marquis, Comte de Valbelle, Âge, Capitaine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS NAISSANCES et Mariages.
MORTS NAISSANCES
et Mariages.
Ame Elisabeth de Massol , veuve du
D'Marquis de Clermont - Tonnere ·
>
Marquis de Crusil , et de Vovillars , mourur dans sa Terre de Vovillars , le 8.
Avril dernier dans la 83. année de son
âge , étant née à Dijon le 1. de Juin 1649.
Sa beauté et son esprit étoient peu com-.
muns. Depuis la mort de M. son époux ,
arrivée le 29 Fevrier 1689. , elle a toûjours
1016 MERCURE DE FRANCE
jours couché dans sa biére, et pratiqué une
grande dévotion ; elle a toûjours vêcu
avec toute la noblesse et la grandeur qui
convenoient à sa naissance. Elle étoit mere du Marquis de Clermont-Tonnerre ,
· Chevalier des Ordres du Roi , et Commissaire General de la Cavalerie Legere ; *
et de Madame de Courtivron , Présidente à Mortier au Parlement de Bourgogne.
M. Joseph de Gasquet , Marêchal des
Camps et Armées du Roi , et Commandeur de l'Ordre Royal et Militaire de
S. Louis , mourut à Agen le 12 Avril ,
âgé de 93 ans.
Jean-François de la Baume Comte
de Forsat , &c. mourut le 15. âgé d'en - ¨
viron 70. ans.
2
Le 20 Avril , mourut à Paris en son
Hôtel , Cosme Alphonse de Valbelle
Chevalier , Marquis de Monfuron , et de
Bressieux , Comte de Ribiers , Premier
Capitaine Sous - Lieutenant des Gendar
mes de la Garde du Roi , Brigadier de
ses Armées , Commandeur de l'Ordre
Royal et Militaire de S. Louis , Grand Bailly des Montagnes de Dauphiné , Grand
Sénechal de Marseille. Ce Seigneur est
mort sans alliance à la fin de sa 41 année,
il étoit le dernier mâle de la branche de
Valbelle Montfuron 2, cadette de celle de
Valbelle
Μ ΑΥ. 17323 1017
Valbelle Meirargües , devenue l'ainée de
toutes les branches de cette Maison par
la mort de Cosme de Valbelle mort sans ~
postérité le 29 Avril 1716.
Le Comte de Valbelle étoit fils du second lit de Leon de Valbelle , Marquis
de Montfuron , Comte de Ribiers , Grand
Bailly des Montagnes de Dauphiné , et
d'Antoinette d'Albon S. Forgeux , dont les
Pere avoit eu pour premiere femme Marie de Pontevés- Buous , qui lui avoit don--
né Gaspard de Valbelle , mort Capitaine
de Cavalerie dans le Régiment de Monseigneur le Dauphin, et Louis de Valbelle , tué Capitaine de Cavalerie dans le
Régiment de Berry:
Il étoit aimé et estimé de tous ceux qui
le connoissoient , surtout de Mrs lesGendarmes et de tous ceux qui servoient dans
la Compagnie des Gendarmes , aussi par
une distinction jusqu'à présent inconnue ,.
ils ont voulu assister en Corps et en habits
uniformes à ses funerailles , voulant marquer au public par une distinction qui
n'étoit pas en usage , combien ils honoroient un Officier qui avoit toûjours été
occupé de leurs interêts et de leurs avan--
tages.
Il fit sa premiere Campagne en 1706...
n'étant pour lors âgé que de 15 ans ; V il Se
1018 MERCURE DE FRANCE
મ
se trouva dans cette année à la Bataille
de Ramilly , et il y fut blessé de plusieurs
coups , dont un l'avoit frappé dans un endroit remarquable , en lui fendant la joue
et la lévre inferieure ; il se trouva en 1708.
à la Bataille d'Oudenarde où il eut un
cheval tué sous lui. En 1709 , il se distingua fort la veille de la Bataille de Mal-'
plaquet dans la Troüée , où l'on l'avoit
placé avec un Escadron de la Maison du
Roi qu'il avoit l'honneur de commander.
Lejour de la Bataille , il soutint avec courage l'impétuosité des ennemis , qui firent les derniers efforts pour rompre la
Maison du Roi ; il receut pendant l'ac
tion plusieurs coups dans ses habits , et
quelques légeres contusions. Un Gentilhomme attaché à lui , eut auprès de
sa Personne une jambe emportée d'un
coup de Canon. Il fit toutes les autrès
Campagnesde la même Guerre en se distinguant toujours par son éxact tude , et par
son assiduité à tous les devoirs d'un bon
Officier; ne négligeant pas même de faire
les fonctions d'Aide de Camp de M. le
Prince de Rohan , afin de tout voir, et de
tout connoître,et dese rendre par- là capable d'être un jour utile à sa Patrie.
Il avoit servi dans la Compagnie des
Gendarmes en qualité d'Enseigne depuis
7
le
MAY. 1732. 101
le mois de Janvier 1707, et il en fut fait
Capitaine Sous- Lieutenant en 1715. Il
fut fait Brigadier des Armées du Roi en
1719 , et Commandeur de l'Ordre de
S. Louis en 1722. Dans tous ces Emplois
on l'a vu se conduire avec fermeté , lorsqu'il s'agissoit du bien du service , et
avec unedouceur qui ne peut s'exprimer,
soit en donnant les ordres qui concernoient le bien du service , soit en toute
autre occasion.
Jacques-Antoine Phelipeaux , Evêque
de Lodéve , et Abbé des Abbayes de
Nantz , de S. Sauveurs et de S Gilles ,
mourut dans son Diocèse vers la fin du
mois d'Avril.
Le P. Louis de la Ferté, de la Compagnie
de Jesus , mourut le 7. de ce mois auCollege de la Fleche , dans la 74 année de
son âge; il étoit second fils du Maréchal
Duc de la Ferté , Pair de France.
Dame Marie-Elizabeth Langlois, veuve
de M. Nicolas le Camus , Maitre des Requêtes , qui avoit été nommé Premier President de la Cour des Aides en survivance de M. le Camus son Pere , mourut ..
Paris le ୨9 du même mois dans la 62 année de son âge..
M. Samuel- Charles de la Reinterie, Che
valier de l'Ordre Militaire de S. Louis ,
Brigadier
1020 MERCURE DE FRANCE
Brigadier des Armées du Roi , Comman
dant pour sa Majesté au Gouvernement
des Ville et Chateau de Brest , y mourut
le 10 de ce mois âgé de 77 ans , il y en
avoit 64 qu'il servoit. Il commandoit le´
Regiment de Touraine dont il étoit Major à la Bataille de Fleurus ; au siége de
Mons il en fut fait Lieutenant-Colonel.
Il avoit deffendu la Ville et Chateau d'Os
talric où il commandoit en chef, et il en
fit lever le siége . Après le siége de Barce
lone, il eut le Gouvernement du Chateau
de Montjouï ; après l'évasion , il se retira
chez lui , et en 1702 il eut le Comman
dement de Brest où il a été 30 ans. Il a
eu deux freres , deux fils , deux neveux
tuez dans le Regiment de Touraine et actacllement le seul fils qui lui resté , y est
Capitaine depuis 13 ans.
Jean-Baptiste de Lillerin , Seigneur de
Britissendeau , ancien Conseiller au Parlement de Bretagne , mourut le 15. May,
âgé de 68. ans.
Charles-Pierre Auget , Seigneur de la
Chabossiere , &c. Commandeur de l'Ordre de S. Lazare , ancien Commissaire
General des Chevaux- Legers de la Garde
du Roy , mourut le 19, de ce mois ,
âgé de 91. ans.
Renéde Cordouan, Marquis de la Noüe,
Brigadier
#
ΜΑΥ. 1732. 1021
Brigadier des Armées du Roi et Inspecteur Géneral de Cavalerie , mourut à Pa
ris le 20 de ce mois âgé d'environ 60 ans.
Pierre le Mastin , Capitaine de l'une des
Compagnies du Regiment des Gardes
Françoises , mourut à Paris le 21 , dans
la 55 année de son âge..
Dame Claude-Marguerite Marie-Mag
delaine Antoinette Desseville , Epouse de
François Frederic de Boullene , Marquis
de S. Remy, Exempt des Gardes du Roi ,
accoucha le 27 Avrildernier d'un fils, tenu
sur les Fonts de Batême par M. Antoine
Denis Raudot , Intendant Géneral des
Classes de la Marine, son Oncle maternel,"
et par Dame Reine- Genevieve Aimejas ,
veuve de M. François- Frederic de Boul
lene , Chevalier Marquis de S. Remy.
-Dame Françoise- Louise de Laurant , Epouse
de Louis-François Laurant , Comte de Monsse- rin , &c. accoucha le 11. May d'un fils , fut qui
nommé Jean-Louis , par N... Prince Duc de
Melfort , et par D. Euphemie Wallace , veuve du
Prince Duc de Melfort,
D. Therese- Gilette Locquet de Grandville ,
Epouse de François , Comte de Broglie , Chevalier des Ordres du Roy, Lieutenant General de ses Armées , Gouverneur de Mont-Dauphin ,
Directeur General de la Cavalerie et des Dragons , Ambassadeur de S. M, auprès du Roy de
I
lak
1022 MEREURE DE FRANCE
la Grande-Bretagne, accoucha le 11. d'une fille
qui fut nommée Marie- Therese , par M. Guill.
de Lamoignon , Président au Parlement , et par
D. Marie- Françoise Méliant , Epouse de Guill.
Urbain de Lamoignon , Conseiller d'Etat Ordinaire , et au Conseil Royal des Finances.
Cesar-Gabriel de Choiseul, Marquis de Choiseal , de la Riviere , fils de Hubert , Marquis
de Choiseul , et de Dame Henriette-Louise de
Beauveau , épousa le 30. Avril D Marie de
Champagne , fille de feu René Braudesy de
Champagne , Marquis de Villaine et de la - Varenne , et de Dame Catherine- Therese le Royer.
Louis-François de Damas , Comte de Thiange
er Danlezy , &c. Capitaine au Regiment Mestre
de Camp General , fils de feu Louis- Amoine.
Herard de Damas , Comte Danlezy , Maréchal
des Camps et Armées du Roy , Commandeur de
POrdre de S. Louis , et de D. Marie- Elizabeth '
Palatine de Dio , de Montperou , &c. épousa le'
26. May D. Madelaine-Angelique de Gassion
fille de Jean de Gassion , Marquis de Gassion er
Dalluge , Premier Baron , Doyen du PercheGouet , Maréchal de Camp , et de D. Anne- Ma
rie-Jeanne Fleuriau d'Armenonville.
et Mariages.
Ame Elisabeth de Massol , veuve du
D'Marquis de Clermont - Tonnere ·
>
Marquis de Crusil , et de Vovillars , mourur dans sa Terre de Vovillars , le 8.
Avril dernier dans la 83. année de son
âge , étant née à Dijon le 1. de Juin 1649.
Sa beauté et son esprit étoient peu com-.
muns. Depuis la mort de M. son époux ,
arrivée le 29 Fevrier 1689. , elle a toûjours
1016 MERCURE DE FRANCE
jours couché dans sa biére, et pratiqué une
grande dévotion ; elle a toûjours vêcu
avec toute la noblesse et la grandeur qui
convenoient à sa naissance. Elle étoit mere du Marquis de Clermont-Tonnerre ,
· Chevalier des Ordres du Roi , et Commissaire General de la Cavalerie Legere ; *
et de Madame de Courtivron , Présidente à Mortier au Parlement de Bourgogne.
M. Joseph de Gasquet , Marêchal des
Camps et Armées du Roi , et Commandeur de l'Ordre Royal et Militaire de
S. Louis , mourut à Agen le 12 Avril ,
âgé de 93 ans.
Jean-François de la Baume Comte
de Forsat , &c. mourut le 15. âgé d'en - ¨
viron 70. ans.
2
Le 20 Avril , mourut à Paris en son
Hôtel , Cosme Alphonse de Valbelle
Chevalier , Marquis de Monfuron , et de
Bressieux , Comte de Ribiers , Premier
Capitaine Sous - Lieutenant des Gendar
mes de la Garde du Roi , Brigadier de
ses Armées , Commandeur de l'Ordre
Royal et Militaire de S. Louis , Grand Bailly des Montagnes de Dauphiné , Grand
Sénechal de Marseille. Ce Seigneur est
mort sans alliance à la fin de sa 41 année,
il étoit le dernier mâle de la branche de
Valbelle Montfuron 2, cadette de celle de
Valbelle
Μ ΑΥ. 17323 1017
Valbelle Meirargües , devenue l'ainée de
toutes les branches de cette Maison par
la mort de Cosme de Valbelle mort sans ~
postérité le 29 Avril 1716.
Le Comte de Valbelle étoit fils du second lit de Leon de Valbelle , Marquis
de Montfuron , Comte de Ribiers , Grand
Bailly des Montagnes de Dauphiné , et
d'Antoinette d'Albon S. Forgeux , dont les
Pere avoit eu pour premiere femme Marie de Pontevés- Buous , qui lui avoit don--
né Gaspard de Valbelle , mort Capitaine
de Cavalerie dans le Régiment de Monseigneur le Dauphin, et Louis de Valbelle , tué Capitaine de Cavalerie dans le
Régiment de Berry:
Il étoit aimé et estimé de tous ceux qui
le connoissoient , surtout de Mrs lesGendarmes et de tous ceux qui servoient dans
la Compagnie des Gendarmes , aussi par
une distinction jusqu'à présent inconnue ,.
ils ont voulu assister en Corps et en habits
uniformes à ses funerailles , voulant marquer au public par une distinction qui
n'étoit pas en usage , combien ils honoroient un Officier qui avoit toûjours été
occupé de leurs interêts et de leurs avan--
tages.
Il fit sa premiere Campagne en 1706...
n'étant pour lors âgé que de 15 ans ; V il Se
1018 MERCURE DE FRANCE
મ
se trouva dans cette année à la Bataille
de Ramilly , et il y fut blessé de plusieurs
coups , dont un l'avoit frappé dans un endroit remarquable , en lui fendant la joue
et la lévre inferieure ; il se trouva en 1708.
à la Bataille d'Oudenarde où il eut un
cheval tué sous lui. En 1709 , il se distingua fort la veille de la Bataille de Mal-'
plaquet dans la Troüée , où l'on l'avoit
placé avec un Escadron de la Maison du
Roi qu'il avoit l'honneur de commander.
Lejour de la Bataille , il soutint avec courage l'impétuosité des ennemis , qui firent les derniers efforts pour rompre la
Maison du Roi ; il receut pendant l'ac
tion plusieurs coups dans ses habits , et
quelques légeres contusions. Un Gentilhomme attaché à lui , eut auprès de
sa Personne une jambe emportée d'un
coup de Canon. Il fit toutes les autrès
Campagnesde la même Guerre en se distinguant toujours par son éxact tude , et par
son assiduité à tous les devoirs d'un bon
Officier; ne négligeant pas même de faire
les fonctions d'Aide de Camp de M. le
Prince de Rohan , afin de tout voir, et de
tout connoître,et dese rendre par- là capable d'être un jour utile à sa Patrie.
Il avoit servi dans la Compagnie des
Gendarmes en qualité d'Enseigne depuis
7
le
MAY. 1732. 101
le mois de Janvier 1707, et il en fut fait
Capitaine Sous- Lieutenant en 1715. Il
fut fait Brigadier des Armées du Roi en
1719 , et Commandeur de l'Ordre de
S. Louis en 1722. Dans tous ces Emplois
on l'a vu se conduire avec fermeté , lorsqu'il s'agissoit du bien du service , et
avec unedouceur qui ne peut s'exprimer,
soit en donnant les ordres qui concernoient le bien du service , soit en toute
autre occasion.
Jacques-Antoine Phelipeaux , Evêque
de Lodéve , et Abbé des Abbayes de
Nantz , de S. Sauveurs et de S Gilles ,
mourut dans son Diocèse vers la fin du
mois d'Avril.
Le P. Louis de la Ferté, de la Compagnie
de Jesus , mourut le 7. de ce mois auCollege de la Fleche , dans la 74 année de
son âge; il étoit second fils du Maréchal
Duc de la Ferté , Pair de France.
Dame Marie-Elizabeth Langlois, veuve
de M. Nicolas le Camus , Maitre des Requêtes , qui avoit été nommé Premier President de la Cour des Aides en survivance de M. le Camus son Pere , mourut ..
Paris le ୨9 du même mois dans la 62 année de son âge..
M. Samuel- Charles de la Reinterie, Che
valier de l'Ordre Militaire de S. Louis ,
Brigadier
1020 MERCURE DE FRANCE
Brigadier des Armées du Roi , Comman
dant pour sa Majesté au Gouvernement
des Ville et Chateau de Brest , y mourut
le 10 de ce mois âgé de 77 ans , il y en
avoit 64 qu'il servoit. Il commandoit le´
Regiment de Touraine dont il étoit Major à la Bataille de Fleurus ; au siége de
Mons il en fut fait Lieutenant-Colonel.
Il avoit deffendu la Ville et Chateau d'Os
talric où il commandoit en chef, et il en
fit lever le siége . Après le siége de Barce
lone, il eut le Gouvernement du Chateau
de Montjouï ; après l'évasion , il se retira
chez lui , et en 1702 il eut le Comman
dement de Brest où il a été 30 ans. Il a
eu deux freres , deux fils , deux neveux
tuez dans le Regiment de Touraine et actacllement le seul fils qui lui resté , y est
Capitaine depuis 13 ans.
Jean-Baptiste de Lillerin , Seigneur de
Britissendeau , ancien Conseiller au Parlement de Bretagne , mourut le 15. May,
âgé de 68. ans.
Charles-Pierre Auget , Seigneur de la
Chabossiere , &c. Commandeur de l'Ordre de S. Lazare , ancien Commissaire
General des Chevaux- Legers de la Garde
du Roy , mourut le 19, de ce mois ,
âgé de 91. ans.
Renéde Cordouan, Marquis de la Noüe,
Brigadier
#
ΜΑΥ. 1732. 1021
Brigadier des Armées du Roi et Inspecteur Géneral de Cavalerie , mourut à Pa
ris le 20 de ce mois âgé d'environ 60 ans.
Pierre le Mastin , Capitaine de l'une des
Compagnies du Regiment des Gardes
Françoises , mourut à Paris le 21 , dans
la 55 année de son âge..
Dame Claude-Marguerite Marie-Mag
delaine Antoinette Desseville , Epouse de
François Frederic de Boullene , Marquis
de S. Remy, Exempt des Gardes du Roi ,
accoucha le 27 Avrildernier d'un fils, tenu
sur les Fonts de Batême par M. Antoine
Denis Raudot , Intendant Géneral des
Classes de la Marine, son Oncle maternel,"
et par Dame Reine- Genevieve Aimejas ,
veuve de M. François- Frederic de Boul
lene , Chevalier Marquis de S. Remy.
-Dame Françoise- Louise de Laurant , Epouse
de Louis-François Laurant , Comte de Monsse- rin , &c. accoucha le 11. May d'un fils , fut qui
nommé Jean-Louis , par N... Prince Duc de
Melfort , et par D. Euphemie Wallace , veuve du
Prince Duc de Melfort,
D. Therese- Gilette Locquet de Grandville ,
Epouse de François , Comte de Broglie , Chevalier des Ordres du Roy, Lieutenant General de ses Armées , Gouverneur de Mont-Dauphin ,
Directeur General de la Cavalerie et des Dragons , Ambassadeur de S. M, auprès du Roy de
I
lak
1022 MEREURE DE FRANCE
la Grande-Bretagne, accoucha le 11. d'une fille
qui fut nommée Marie- Therese , par M. Guill.
de Lamoignon , Président au Parlement , et par
D. Marie- Françoise Méliant , Epouse de Guill.
Urbain de Lamoignon , Conseiller d'Etat Ordinaire , et au Conseil Royal des Finances.
Cesar-Gabriel de Choiseul, Marquis de Choiseal , de la Riviere , fils de Hubert , Marquis
de Choiseul , et de Dame Henriette-Louise de
Beauveau , épousa le 30. Avril D Marie de
Champagne , fille de feu René Braudesy de
Champagne , Marquis de Villaine et de la - Varenne , et de Dame Catherine- Therese le Royer.
Louis-François de Damas , Comte de Thiange
er Danlezy , &c. Capitaine au Regiment Mestre
de Camp General , fils de feu Louis- Amoine.
Herard de Damas , Comte Danlezy , Maréchal
des Camps et Armées du Roy , Commandeur de
POrdre de S. Louis , et de D. Marie- Elizabeth '
Palatine de Dio , de Montperou , &c. épousa le'
26. May D. Madelaine-Angelique de Gassion
fille de Jean de Gassion , Marquis de Gassion er
Dalluge , Premier Baron , Doyen du PercheGouet , Maréchal de Camp , et de D. Anne- Ma
rie-Jeanne Fleuriau d'Armenonville.
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Résumé : MORTS NAISSANCES et Mariages.
En 1732, plusieurs décès et naissances ont marqué la noblesse française. Ame Elisabeth de Massol, veuve du Marquis de Clermont-Tonnerre, est décédée à Vovillars le 8 avril à l'âge de 83 ans. Connue pour sa beauté et son esprit, elle était la mère du Marquis de Clermont-Tonnerre et de Madame de Courtivron. Joseph de Gasquet, Maréchal des Camps et Armées du Roi, est mort à Agen le 12 avril à 93 ans. Jean-François de la Baume, Comte de Forsat, est décédé le 15 avril à environ 70 ans. Cosme Alphonse de Valbelle, Chevalier et Marquis de Monfuron, est mort à Paris le 20 avril à 41 ans. Il était Premier Capitaine Sous-Lieutenant des Gendarmes de la Garde du Roi et Commandeur de l'Ordre de Saint-Louis. Jacques-Antoine Phelipeaux, Évêque de Lodève, et le Père Louis de la Ferté, de la Compagnie de Jésus, sont également décédés en avril. Marie-Elizabeth Langlois, veuve de Nicolas le Camus, est morte à Paris le 29 avril à 62 ans. Samuel-Charles de la Reinterie, Brigadier des Armées du Roi, est décédé à Brest le 10 mai à 77 ans. Jean-Baptiste de Lillerin, ancien Conseiller au Parlement de Bretagne, est mort le 15 mai à 68 ans. Charles-Pierre Auget, Commandeur de l'Ordre de Saint-Lazare, est décédé le 19 mai à 91 ans. René de Cordouan, Marquis de la Noüe, est mort à Paris le 20 mai à environ 60 ans. Pierre le Mastin, Capitaine des Gardes Françaises, est décédé à Paris le 21 mai à 55 ans. Parmi les naissances, Claude-Marguerite Desseville a accouché d'un fils le 27 avril. Françoise-Louise de Laurant et Thérèse-Gilette Locquet de Grandville ont toutes deux donné naissance à un fils et à une fille respectivement le 11 mai. Enfin, César-Gabriel de Choiseul a épousé Marie de Champagne le 30 avril, et Louis-François de Damas a épousé Madeleine-Angélique de Gassion le 26 mai.
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179
p. 1022
« Le sieur Dugeron, ancien Chirurgien d'Armée, donne encore avis [...] »
Début :
Le sieur Dugeron, ancien Chirurgien d'Armée, donne encore avis [...]
Mots clefs :
Dents, Opiate
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Dugeron, ancien Chirurgien d'Armée, donne encore avis [...] »
Le sieur Dugeron , ancien Chirurgien d'Armée , donne encore avis qu'il a le secret d'une
Opiate sans goût , qui préserve les dents de se
gâter et de tomber. Il demeure rue Comtesse
d'Artois , proche la Comédie Italienne, Avec Ta- bleau
Opiate sans goût , qui préserve les dents de se
gâter et de tomber. Il demeure rue Comtesse
d'Artois , proche la Comédie Italienne, Avec Ta- bleau
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180
p. 1023-1024
SUPPLEMENT.
Début :
Nous venons d'apprendre que les Métamorphoses d'Ovide, traduites [...]
Mots clefs :
Métamorphoses d'Ovide
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUPPLEMENT.
SUPPLEMENT.
Ous venons d'apprendre que les
Métamorphoses d'Ovide , traduites
en François , par M. l'Abbé Banier , de
l'Académie des Belles Lettres , avec des
-remarques et des explications dont l'objet est de ramener à l'Histoire les Fables
dont cet Ouvrage est composé , étoient
arrivées depuis quelques jours , et qu'elles se débitoient chez plusieurs Libraires.
Westein et Smith , Libraires d'Amsterdam
qui les ont imprimées , n'ont rien oublié .
pour en rendre l'Edition magnifique. Le
papier , le caractere et les figures , dont
la plûpart sont de B. Picari , et les autres
des plus habiles Graveurs , tout doit répondre à l'attente du public. Outre cette
Edition en 2 volumes in folie , dans laquelle leTexte latin est sur une colomne,
et la Traduction françoise sur l'autre, les
mêmes Libraires en ont donné en même
tems une en 3 vol. in 12 , toute en ftançois , avec une figure à la tête de chaque
Livre. Dans l'in-folio , il y a des figures
pour chaque Fable.
Les mêmes Libraires ont aussi fait traduire en Flamand , et en Anglois , les
expli-
$1024 MERCURE DE FRANCE
J
explications et les remarques de M.l'Abbé Banier , qu'ils ont fait imprimer dans
ces deux Langues , avec le Texte d'Ovide , en 2 vol in-folio .
Cet Ouvrage dont nous donnerons une
idée plus étendue, lorsque nous l'aurons
lû , est dédié au Roi.
Ous venons d'apprendre que les
Métamorphoses d'Ovide , traduites
en François , par M. l'Abbé Banier , de
l'Académie des Belles Lettres , avec des
-remarques et des explications dont l'objet est de ramener à l'Histoire les Fables
dont cet Ouvrage est composé , étoient
arrivées depuis quelques jours , et qu'elles se débitoient chez plusieurs Libraires.
Westein et Smith , Libraires d'Amsterdam
qui les ont imprimées , n'ont rien oublié .
pour en rendre l'Edition magnifique. Le
papier , le caractere et les figures , dont
la plûpart sont de B. Picari , et les autres
des plus habiles Graveurs , tout doit répondre à l'attente du public. Outre cette
Edition en 2 volumes in folie , dans laquelle leTexte latin est sur une colomne,
et la Traduction françoise sur l'autre, les
mêmes Libraires en ont donné en même
tems une en 3 vol. in 12 , toute en ftançois , avec une figure à la tête de chaque
Livre. Dans l'in-folio , il y a des figures
pour chaque Fable.
Les mêmes Libraires ont aussi fait traduire en Flamand , et en Anglois , les
expli-
$1024 MERCURE DE FRANCE
J
explications et les remarques de M.l'Abbé Banier , qu'ils ont fait imprimer dans
ces deux Langues , avec le Texte d'Ovide , en 2 vol in-folio .
Cet Ouvrage dont nous donnerons une
idée plus étendue, lorsque nous l'aurons
lû , est dédié au Roi.
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Résumé : SUPPLEMENT.
Le texte annonce la publication des 'Métamorphoses d'Ovide' traduites en français par l'Abbé Banier, membre de l'Académie des Belles Lettres. Cette édition, imprimée par les libraires Westein et Smith d'Amsterdam, se distingue par la qualité de son papier, de ses caractères et de ses figures, dont la plupart sont de B. Picari. L'ouvrage est disponible en deux formats : une édition en deux volumes in-folio, où le texte latin et la traduction française sont présentés en colonnes parallèles, et une édition en trois volumes in-12 entièrement en français, avec une illustration en tête de chaque livre. L'édition in-folio inclut des figures pour chaque fable. Les explications et remarques de l'Abbé Banier ont été traduites en flamand et en anglais, et sont également disponibles en deux volumes in-folio. Cet ouvrage est dédié au Roi.
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181
p. 1024-1027
A Mrs de l'Académie des Belles-Lettres de Marseille. ODE.
Début :
Est-ce un charme trompeur Mercure fend la nuë, [...]
Mots clefs :
Académie des belles-lettres de Marseille, Hélicon, Mercure, Maréchal de Villars
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Mrs de l'Académie des Belles-Lettres de Marseille. ODE.
A Mrs de l'Académie des Belles- Lettres
de Marseille.
E
OD E.
St-ce un charme trompeur. Mercure (a) fend
la nuë ,
Apeine accessible à ma vuë ,
Une Guirlande en main , il coule dans les airs...
Il s'approche ... ozerai-je croire
Que j'ai surpris enfin un trait de cette gloire,
Dont ses favoris sont couverts ?
› C'en est fait ; ta présence accomplit mes présages ,
En ce jour , d'éclatans suffrages
De mes foibles travaux consacrent le succès
Et déja ta main immortelle ,
(a ) Mercure est comme on sçait , le Dien de
Eloquence.
M.A, Y. 1732. 1025
En m'offrant ces Rameaux , vient , pour prix de
mon zéle ,
M'offrir le prix de ses bienfaits.
Mon sort fut moins heureux , quand la Nymphe Lyrique ,
Me fit
M'embrazant d'un feu Poëtique ,
rompre ( ) une Lance au pied du double
Mont ;
La victoire fut incertaine ;
Mais , mon Rival vainqueur , je n'eus que Kom bre vaine ,
Du Laurier qui para son front.
Dèslors de l'Hélicon , dédaignant les trophées,
J'abjurai les sçavantes Fées ,
Pour chercher l'Eloquence en vos divins écrits :
Heureux (b ) Interpretes des graces ,
Pouvois-je m'égarer ? J'ai trouvé sur vos traces,
Le chemin de leurs favoris.
Sur ces doctes trésors établissant sa gloire
Marseille verra sa mémoire ,
Echaper aux efforts du temps er de l'oubli t
a ) L'Auteur avoit concouru l'année derniere¿
pour le prix de Poësie.
(b) Les 20 de l'Academie de Marseille,
Phébus
To26 MERCURE DE FRANCE
Phébus lui verse ses richesses ,
Et pour elle Plutus ( a ) épuisant ses largesses ,
Déja semble s'être appauvri.
Ainsi par vos ( a ) Aïeux , depuis long - temps illustre ,
Son nom va prendre un nouveau lustre ;
J'en crois de vos talens , le rapport glorieux ;
Si la tige a touché la nuë ,
Bien-tôt les rejettons échapez à la vue;"
N'auront de bornes que les Cieux.
Pour remplir cet Augure , achevez votre ouvrage ;
Formez un sçavant héritage ,
Digne du ( a ) Conquerant que célebrent vos
voix :
L'Envie au front ceint de Couleuvres ,
Suspend leurs siflemens , en voïant vos chefd'œuvres
Marquez au coin de ses Exploits.
Que pouvoit-il encor ajouter à sa gloire # 1
Déja P'ornement de l'histoire ,
(a )Le Commerce, source de richesses à Marseille.
(b ) L'ancienne Académie de Marseille.
(c) M. le Maréchal de Villars , Protecteur de
Académie.
Pouvoit-
MAY. 1732 1027
Pouvoit- il s'élever au dessus de son nom
Des beaux Arts il se rend le Pere ;
Puisse chacun de vous devenir son Homere,
Comme il devient votre Apollon.
Ainsi le vrai Héros qui fit le sort des Armes,
Des neuf Sœurs cultivant les charmes ,
Sçait encor dans la Paix , moissonner des Laus riers ;
Gloire doublement immortelle !
VILLARS , à l'avenir , tu fournis le modele ,
Et des Sçavans et des Guerriers.
Mais quelle ardeur m'entraîne ? Arrête, Muse;
arrête >
Quand leurs mains couronnent ma tête,
Achanter leur Mécene oses- tu te borner ?
Des cœurs interprete fidele ,
De ma reconnoissance exprime tout le zéle ,
Si tu suffis pour l'exprimer.
Quedis-je? L'équité dirige vos suffrages ;
Si le prix seul de nos ouvrages ,
Nous rend victorieux de nos jaloux Rivaux ,
Vos Lauriers sont-ils une grace ?
Non. La reconnoissance , arbitre du Parnasse,
· Est d'en mériter de nouveaux
de Marseille.
E
OD E.
St-ce un charme trompeur. Mercure (a) fend
la nuë ,
Apeine accessible à ma vuë ,
Une Guirlande en main , il coule dans les airs...
Il s'approche ... ozerai-je croire
Que j'ai surpris enfin un trait de cette gloire,
Dont ses favoris sont couverts ?
› C'en est fait ; ta présence accomplit mes présages ,
En ce jour , d'éclatans suffrages
De mes foibles travaux consacrent le succès
Et déja ta main immortelle ,
(a ) Mercure est comme on sçait , le Dien de
Eloquence.
M.A, Y. 1732. 1025
En m'offrant ces Rameaux , vient , pour prix de
mon zéle ,
M'offrir le prix de ses bienfaits.
Mon sort fut moins heureux , quand la Nymphe Lyrique ,
Me fit
M'embrazant d'un feu Poëtique ,
rompre ( ) une Lance au pied du double
Mont ;
La victoire fut incertaine ;
Mais , mon Rival vainqueur , je n'eus que Kom bre vaine ,
Du Laurier qui para son front.
Dèslors de l'Hélicon , dédaignant les trophées,
J'abjurai les sçavantes Fées ,
Pour chercher l'Eloquence en vos divins écrits :
Heureux (b ) Interpretes des graces ,
Pouvois-je m'égarer ? J'ai trouvé sur vos traces,
Le chemin de leurs favoris.
Sur ces doctes trésors établissant sa gloire
Marseille verra sa mémoire ,
Echaper aux efforts du temps er de l'oubli t
a ) L'Auteur avoit concouru l'année derniere¿
pour le prix de Poësie.
(b) Les 20 de l'Academie de Marseille,
Phébus
To26 MERCURE DE FRANCE
Phébus lui verse ses richesses ,
Et pour elle Plutus ( a ) épuisant ses largesses ,
Déja semble s'être appauvri.
Ainsi par vos ( a ) Aïeux , depuis long - temps illustre ,
Son nom va prendre un nouveau lustre ;
J'en crois de vos talens , le rapport glorieux ;
Si la tige a touché la nuë ,
Bien-tôt les rejettons échapez à la vue;"
N'auront de bornes que les Cieux.
Pour remplir cet Augure , achevez votre ouvrage ;
Formez un sçavant héritage ,
Digne du ( a ) Conquerant que célebrent vos
voix :
L'Envie au front ceint de Couleuvres ,
Suspend leurs siflemens , en voïant vos chefd'œuvres
Marquez au coin de ses Exploits.
Que pouvoit-il encor ajouter à sa gloire # 1
Déja P'ornement de l'histoire ,
(a )Le Commerce, source de richesses à Marseille.
(b ) L'ancienne Académie de Marseille.
(c) M. le Maréchal de Villars , Protecteur de
Académie.
Pouvoit-
MAY. 1732 1027
Pouvoit- il s'élever au dessus de son nom
Des beaux Arts il se rend le Pere ;
Puisse chacun de vous devenir son Homere,
Comme il devient votre Apollon.
Ainsi le vrai Héros qui fit le sort des Armes,
Des neuf Sœurs cultivant les charmes ,
Sçait encor dans la Paix , moissonner des Laus riers ;
Gloire doublement immortelle !
VILLARS , à l'avenir , tu fournis le modele ,
Et des Sçavans et des Guerriers.
Mais quelle ardeur m'entraîne ? Arrête, Muse;
arrête >
Quand leurs mains couronnent ma tête,
Achanter leur Mécene oses- tu te borner ?
Des cœurs interprete fidele ,
De ma reconnoissance exprime tout le zéle ,
Si tu suffis pour l'exprimer.
Quedis-je? L'équité dirige vos suffrages ;
Si le prix seul de nos ouvrages ,
Nous rend victorieux de nos jaloux Rivaux ,
Vos Lauriers sont-ils une grace ?
Non. La reconnoissance , arbitre du Parnasse,
· Est d'en mériter de nouveaux
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Résumé : A Mrs de l'Académie des Belles-Lettres de Marseille. ODE.
En mai 1732, l'auteur adresse une lettre à l'Académie des Belles-Lettres de Marseille pour exprimer sa gratitude après avoir reçu un prix littéraire, symbolisé par une guirlande apportée par Mercure. Il rappelle une précédente compétition poétique où il n'avait pas remporté la victoire, mais avait depuis cherché l'éloquence dans les écrits des membres de l'Académie. L'auteur célèbre Marseille et son commerce, source de richesses. Il mentionne également le soutien du maréchal de Villars, protecteur de l'Académie, et loue ses talents et ses exploits. La lettre se conclut par une expression de reconnaissance envers l'Académie et ses membres, soulignant que les lauriers reçus ne sont pas seulement une grâce, mais le fruit du mérite.
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182
p. 1028-1032
ELOGE de l'Humeur Capricieuse, par M...
Début :
Peut-être trouverez-vous étonnant, Monsieur, que j'entreprenne de [...]
Mots clefs :
Humeur capricieuse, Femme, Plaisirs, Caractère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ELOGE de l'Humeur Capricieuse, par M...
LOGE de l'Humeur Capricieuse,
par M....
Eut-être trouverez- vous étonnant,
Monsieur , que j'entreprenne de fairol'éloge de l'humeur capricieuse. Ceprojet vous paroîtra nouveau,et ne manquera
pas de Critiques ; mais après plusieurs réAlexions sur les différens effets du caprice
dans toutes les actions de la vie , j'ai.reconnu qué cette humeur pouvoit former un
caractere qui se soutient également lors
qu'on l'a dans sa perfection. C'est aussi
de l'humeur parfaitement capricieuse
que je veux parler, non d'une humeur
foujours bourue , toujours brutale mais
de l'humeur inégale , tantôt gaye , tantôt
triste , quelquefois gracieuse et prévenante , quelquefois fiere et impolie.
,
La Femme me fournira plus aisément
un sujet convenable à mon dessein elle
a seule assez de vivacité assez de ce
feu céleste qui donne de l'élévation à
l'esprit , car il faut nécessairemt un
gérie audessus du commun pour être
capricieux ; il y a dans ce caractere un
merveilleux qui ne se dément jamais ,
et qui surprend toujours ; on peut donc
distinguer dans la femme deux espepeces
MA Y. 1732. 11029
·
6
mary
ces d'humeur capricieuses , l'une dans
le domestique , l'autre dans le monde. La
femme capricieuse dans le domestique est
alternativement en colere pour des bagatelles , tranquille et patiente pour des
choses essentielles ; tantôt elle a pour un
des airs de froideur et de hauteur
tantôt elle est soumise et empressée , et
l'accable de caresses ; elle se moque quelquefois des idées raisonnables qu'il à , et
est ingénieuse à lui déplaire ; quelquefois
elle est gracieuse, attirante;elle le prévient
sur tout un moment après elle le tourne en ridicule , le traite avec mépris , et.
par un changement inesperé elle lui donhe ensuite des marques d'une admiration,
et d'une estime particuliere.. Combien,
l'inconstance naturelle d'un mary n'est-elle point satisfaite avec un tel caractere. II,
a deux femmes dans une. La capricieuse
rend l'autre plus aimable en lui donnant
sans cesse la grace de la nouveauté; le caprice irrite les désirs d'un mary , le tient
entre l'esperance et la crainte , toujours
en suspens , toujours dans cette agitation,
qui empêche de tomber dans la tiedeur et
dans l'indolence; enfin il l'éxcite et le ranimeassez pour lui faireoublier ce qu'il peut
y avoir d'in ipide et d'ennuyeux dans la
longue habitude dumariage. Quel charme
I ÿj pour
1035 MERCURE DE FRANCE
pour un mary de trouver sa femme gaye
quand il craignoit de la trouver en coTere et de mauvaise humeur ! 11 est flaté
d'un bien auquel il ne s'attendoit pas ; il
s'en applaudit , il croit que c'est en sa faveur que s'est fait ce changement , et il
tombenécessairement d'accord en lui-même que les plaisirs ne sont sensibles qu'autant que le caprice en réveille le gout. La
Capricieuse dans le monde esttriste quand
les autres sont gayes , ou elle est gaye
avec tant d'excés qu'elle en déconcerte
les plus enjoüées : elle s'attache à certaines
personnes pendant deux ou trois jours ,
elle les voit d'un air d'amitié la plus sincere , et ne sçauroit les quitter : occupée
ensuite d'un nouvel objet , elle est un
mois sans leur parler , et loin de répondre à leurs honnêtetez et à leurs avances ,
elle les regarde comme si elle ne les avoit
jamais connuës ; elle est douce et flateuse
quelquefois , et quelquefois d'un commerce dur et rebutant : alors vous la verrez
ne pas même regarder ceux qui viennent
chez elle , ne les pas saluer , s'offenser des
politesses qu'on lui fera , prendre du
mauvais côté les choses qui ont deux faees ,se croire insultée quand elle ne l'est
point , et souffrir les choses les plus piquantes, sans s'en plaindre.
t
11
MAY 1732 1031
Il faut donc conclure par les agrémens
d'une femme capricieuse, que rien n'est si
charmant , rien n'est si aimable qu'une
femme parfaitement capricieuse. Pour
moi si le Ciel m'avoit destiné à passer
mes jours avec un aussi rare caractere , je
me croirois des mortels le plus fortunés
rien n'égaleroit la douceur d'une vie dont
les momens seroient si variez , que l'on
n'auroit le tems de s'affliger. pas
Personne n'ignore que ce qui nous tourmente le plus dans le monde , c'est la
Refléxion. On ne fait des reflexions que
quand on tombe dans l'indolence , et que
Poisiveté nous rend à nous- mêmes ; mais
avec une femme capricieuse est- il possible
de rentrer en soi - même? Ne nous occupe t'elle pas tous les instans de notre vie?
tantôt dans la crainte de la voir de mauvaise humeur , tantôt dans l'esperance de
la trouver gaye ; l'amour le plus parfait ,
la tendresse la plus vive pour une femme
"ordinaire , laisse encore du vuide dans le
cœur , et c'est ce vuide qui est trop souvent et si cruellement rempli par mille,
refléxions douloureuses qui naissent tantôt des dégoûts , tantôt des mouvemens.
de jalousie , et toûjours par l'inconstance.
On n'est point exposé à ces chagrins avec
une femme capricieuse ; aussi n'y auraI iij t'il
1032 MERCURE DE FRANCE
t'il jamais que le contraste perpetuel de
son humeur qui puisse remplir le cœur
de l'homme; c'est de cette source que
coule une source inépuisable de plaisirs ,
parce que comme il n'y a point de peines sans refléxions , de- même il n'y a que
des plaisirs où il n'y a point de peines
s'ils est donc vrai que ce soit dans le seul
commerce d'une femme capricieuse que
l'on trouve des plaisirs exempts de refléxions , conséquemment exempts de
peines ; il faut convenir que rien n'égale
le mérite d'une femme capricieuse , puisqu'il n'y a qu'elle qui puisse procurer.
P'homme des plaisirs solides et constans.
par M....
Eut-être trouverez- vous étonnant,
Monsieur , que j'entreprenne de fairol'éloge de l'humeur capricieuse. Ceprojet vous paroîtra nouveau,et ne manquera
pas de Critiques ; mais après plusieurs réAlexions sur les différens effets du caprice
dans toutes les actions de la vie , j'ai.reconnu qué cette humeur pouvoit former un
caractere qui se soutient également lors
qu'on l'a dans sa perfection. C'est aussi
de l'humeur parfaitement capricieuse
que je veux parler, non d'une humeur
foujours bourue , toujours brutale mais
de l'humeur inégale , tantôt gaye , tantôt
triste , quelquefois gracieuse et prévenante , quelquefois fiere et impolie.
,
La Femme me fournira plus aisément
un sujet convenable à mon dessein elle
a seule assez de vivacité assez de ce
feu céleste qui donne de l'élévation à
l'esprit , car il faut nécessairemt un
gérie audessus du commun pour être
capricieux ; il y a dans ce caractere un
merveilleux qui ne se dément jamais ,
et qui surprend toujours ; on peut donc
distinguer dans la femme deux espepeces
MA Y. 1732. 11029
·
6
mary
ces d'humeur capricieuses , l'une dans
le domestique , l'autre dans le monde. La
femme capricieuse dans le domestique est
alternativement en colere pour des bagatelles , tranquille et patiente pour des
choses essentielles ; tantôt elle a pour un
des airs de froideur et de hauteur
tantôt elle est soumise et empressée , et
l'accable de caresses ; elle se moque quelquefois des idées raisonnables qu'il à , et
est ingénieuse à lui déplaire ; quelquefois
elle est gracieuse, attirante;elle le prévient
sur tout un moment après elle le tourne en ridicule , le traite avec mépris , et.
par un changement inesperé elle lui donhe ensuite des marques d'une admiration,
et d'une estime particuliere.. Combien,
l'inconstance naturelle d'un mary n'est-elle point satisfaite avec un tel caractere. II,
a deux femmes dans une. La capricieuse
rend l'autre plus aimable en lui donnant
sans cesse la grace de la nouveauté; le caprice irrite les désirs d'un mary , le tient
entre l'esperance et la crainte , toujours
en suspens , toujours dans cette agitation,
qui empêche de tomber dans la tiedeur et
dans l'indolence; enfin il l'éxcite et le ranimeassez pour lui faireoublier ce qu'il peut
y avoir d'in ipide et d'ennuyeux dans la
longue habitude dumariage. Quel charme
I ÿj pour
1035 MERCURE DE FRANCE
pour un mary de trouver sa femme gaye
quand il craignoit de la trouver en coTere et de mauvaise humeur ! 11 est flaté
d'un bien auquel il ne s'attendoit pas ; il
s'en applaudit , il croit que c'est en sa faveur que s'est fait ce changement , et il
tombenécessairement d'accord en lui-même que les plaisirs ne sont sensibles qu'autant que le caprice en réveille le gout. La
Capricieuse dans le monde esttriste quand
les autres sont gayes , ou elle est gaye
avec tant d'excés qu'elle en déconcerte
les plus enjoüées : elle s'attache à certaines
personnes pendant deux ou trois jours ,
elle les voit d'un air d'amitié la plus sincere , et ne sçauroit les quitter : occupée
ensuite d'un nouvel objet , elle est un
mois sans leur parler , et loin de répondre à leurs honnêtetez et à leurs avances ,
elle les regarde comme si elle ne les avoit
jamais connuës ; elle est douce et flateuse
quelquefois , et quelquefois d'un commerce dur et rebutant : alors vous la verrez
ne pas même regarder ceux qui viennent
chez elle , ne les pas saluer , s'offenser des
politesses qu'on lui fera , prendre du
mauvais côté les choses qui ont deux faees ,se croire insultée quand elle ne l'est
point , et souffrir les choses les plus piquantes, sans s'en plaindre.
t
11
MAY 1732 1031
Il faut donc conclure par les agrémens
d'une femme capricieuse, que rien n'est si
charmant , rien n'est si aimable qu'une
femme parfaitement capricieuse. Pour
moi si le Ciel m'avoit destiné à passer
mes jours avec un aussi rare caractere , je
me croirois des mortels le plus fortunés
rien n'égaleroit la douceur d'une vie dont
les momens seroient si variez , que l'on
n'auroit le tems de s'affliger. pas
Personne n'ignore que ce qui nous tourmente le plus dans le monde , c'est la
Refléxion. On ne fait des reflexions que
quand on tombe dans l'indolence , et que
Poisiveté nous rend à nous- mêmes ; mais
avec une femme capricieuse est- il possible
de rentrer en soi - même? Ne nous occupe t'elle pas tous les instans de notre vie?
tantôt dans la crainte de la voir de mauvaise humeur , tantôt dans l'esperance de
la trouver gaye ; l'amour le plus parfait ,
la tendresse la plus vive pour une femme
"ordinaire , laisse encore du vuide dans le
cœur , et c'est ce vuide qui est trop souvent et si cruellement rempli par mille,
refléxions douloureuses qui naissent tantôt des dégoûts , tantôt des mouvemens.
de jalousie , et toûjours par l'inconstance.
On n'est point exposé à ces chagrins avec
une femme capricieuse ; aussi n'y auraI iij t'il
1032 MERCURE DE FRANCE
t'il jamais que le contraste perpetuel de
son humeur qui puisse remplir le cœur
de l'homme; c'est de cette source que
coule une source inépuisable de plaisirs ,
parce que comme il n'y a point de peines sans refléxions , de- même il n'y a que
des plaisirs où il n'y a point de peines
s'ils est donc vrai que ce soit dans le seul
commerce d'une femme capricieuse que
l'on trouve des plaisirs exempts de refléxions , conséquemment exempts de
peines ; il faut convenir que rien n'égale
le mérite d'une femme capricieuse , puisqu'il n'y a qu'elle qui puisse procurer.
P'homme des plaisirs solides et constans.
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Résumé : ELOGE de l'Humeur Capricieuse, par M...
Le texte 'Loge de l'Humeur Capricieuse' examine l'éloge de l'humeur capricieuse, un sujet susceptible de critiques. L'auteur distingue l'humeur capricieuse parfaite, qui alterne entre gaieté et tristesse, de l'humeur constamment brutale. Il considère la femme comme le modèle idéal de cette humeur, en raison de sa vivacité et de son esprit élevé. L'auteur identifie deux types de femmes capricieuses : celle du domaine domestique et celle du monde. La femme capricieuse à la maison est imprévisible, passant de la colère à la patience, de la froideur à la soumission. Elle satisfait l'inconstance naturelle de son mari en lui offrant une variété constante, évitant ainsi la monotonie du mariage. Dans le monde, elle est soit triste quand les autres sont gais, soit excessivement gaie, attachante un moment puis indifférente le suivant. L'auteur conclut que les agréments d'une femme capricieuse rendent la vie variée et exemptée de réflexions douloureuses. Une femme capricieuse occupe constamment l'esprit de son partenaire, alternant entre crainte et espoir, et évitant ainsi les chagrins liés à l'indolence et à la jalousie. Ainsi, le commerce avec une femme capricieuse procure des plaisirs solides et constants, exempts de peines.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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183
p. 1032-1036
EGLOGUE, Pour celebrer la Santé et le Retour du R. P. R. D. L. O.
Début :
Loin d'ici, noir chagrin, cherche un autre séjour; [...]
Mots clefs :
Bergers, Chants, Flore, Églogue
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texteReconnaissance textuelle : EGLOGUE, Pour celebrer la Santé et le Retour du R. P. R. D. L. O.
EGLOGUE
Pour celebrer la Santé et le Retour
du R. P. R. D. L. O. .
L
Silvandre.
Oin d'ici , noir chagrin , cherche un autre
séjour ;
Dans ces heureux climats Daphnis est de tetour,
Il est de nos hameaux, l'ornement & la joye ,
Benissons , Bergers , le Ciel qui nous l'envoyez
En ce jour solemnel que nos jeunes agneaux
sensibles , fassent voir leur aise par des sauts ;
Hâtez-vous de venir , solitaires Dryades ;
Ac-
MAY. 1732. 1033
Accourez , joignez - vous aux humides Nayades
Foulez l'herbe naissante au gré de nos desirs ;
Flore , reparoissez , ramenez les Zephirs.
Les Nymphes quitteront leur rétraite rustique
Pour être les témoins d'une Fête publique.
Damon.
Cher Silvandre , tirons des chants de nos hau→
bois ,
Tels qu'un Chantre fameux en fit entendre aux
bois ;
Les Frênes , les Ormeaux descendant des montagnes ,
Nous suivront attentifs dans nos vastes campagnes ,
Commencez ; c'est à vous , celebrons tour
. tour ,
De l'illustre Daphnis l'agréable retour ,
Les maux & les soucis que causa son absence ,
Et les plaisirs qu'on sent de sa convalescence.
Silvandre.
Ce qu'un Loup ravissant est à notre bercail ,
Un mal contagieux au debile bétail ,
Un pâtre mercenaire aux tristes bergerics ,"
Un fougueux Aquilon à l'émail des prairies ,
L'absence des brebis à leurs tendres agneaux ,
La langueur de Daphnis l'étoit à nos troupeaux,
Damon.
Ce que sont aux Jardins les larmes de l'Aurore,
I iiij .. Les
1034 MERCURE DE FRANCEぶ
Les amoureux Zephirs aux dons brillants de Flore ,
La Plante la plus verte aux meres des chevreaux ,
Aux Moissonneurs lassez le cristal des ruisseaux ;
Ce qu'est pour les Bergers l'ombrage frais d'un hêtre,
La santé de Daphnis l'est au bétail , au Maître,
Silvandre.
Depuis le jour fatal qu'il partit de ces lieux ,
On n'a plus entendu de son mélodieux ;
Ma Flute étoit sans voix , et ma tendre Mu
setre
Tristement suspenduë étoit toûjours muette ;
Nul Berger n'avoit soin d'enfler ses chalumeaux
Nos soupirs étoient seuls repetez des échos.
Damon.
Dès l'instant que Daphnis reparut dans nos
plaines ,
On vit tarir nos pleurs , on vit cesser nos pei--
nes ;
Par tes Airs les plus doux nous chantons son
retour ;
Pour signaler au loin sa gloire & mon amour;
Tous les ans de ce Dieu qui daigne nous le
* rendre ,
J'arroserai l'Autel du sang d'un Agneau tendre.
Silvandre.
Pour son heureux retour les Nymphes de ces lieux
MAY. 17.32.
1035
Par "
des accens plaintifs importunoient les Cieux,
Sensible à son départ , presqu'autant que le maî- tre ,
Le bétail negligeoit et de boire et de paître ,
La douleur arracha des plaintes d'un rocher ;
Apollon & Palès coururent se cacher.
Damon.
Le Tigre calme enfin sa fureur homicide :
Du sang, de nos Agneaux le Loup n'est plus avide ;
Le Serpent a perdu son venin dangereux ;
Avoir les doux transports de nos Troupeaux nombreux ,
On diroit que Pallas est en cette Contrée ,
Ou que nous revoyons l'heureux siecle d'Astrée.
Silvandre.
Au lieu du pur Froment l'yvroie & les chardons
S'élevoient sous nos yeux , et couvroient nos sillons ;
Tranquilles nous voyions la Terre sans parure ;
Nos Vignes sans façon , nos Vergers sans cul- ture ;
Les Fleuves , les Rochers , les Pins , les Arbris
seaux >
Vous rapelloient , Daphnis , auprès de nos troupeaux..
Damon.
Nos Prez sont tapissez d'une aimable verdure ร
Les
1026 MERCURE DE FRANCE
Les Arbres ont repris leur verte chevelure ;
Le Printemps , les Zephirs , Flore et toute sa Cour ,
Annoncent de Daphnis la santé , le retour ;
Pendant les belles nuits , Diane en nos Campagnes
Foule à pas cadencez l'herbe avec ses compagnes.
Silvandre.
Daphnis aime mes Vers , il aprouve mes Chants,
Il m'a dit plusieurs fois qu'il les trouve tou- chants :
Mes Sons , à beaucoup près , de lui ne sont pas
dignes ;
Je fais , comme un Oison , du bruit entre les
Cignes ,
J'imite nos Bergers , mais ce qui plaît le plus ,
C'est l'effort que je fais pour chanter ses vertus.
Damon.
•
Sur le mont Helicon pour Poëte on l'avoue ;
Il peut le disputer au Pasteur de Mantouë ,
Muses , qui protegez vos doctes Nourrissons
Pour lui faites couler du parfum, des buissons ;
Vous , Parques , filez-lui des jours d'or & de soye
Et les Bergers alois nageront dans la joye.
M. Chabaud.
Pour celebrer la Santé et le Retour
du R. P. R. D. L. O. .
L
Silvandre.
Oin d'ici , noir chagrin , cherche un autre
séjour ;
Dans ces heureux climats Daphnis est de tetour,
Il est de nos hameaux, l'ornement & la joye ,
Benissons , Bergers , le Ciel qui nous l'envoyez
En ce jour solemnel que nos jeunes agneaux
sensibles , fassent voir leur aise par des sauts ;
Hâtez-vous de venir , solitaires Dryades ;
Ac-
MAY. 1732. 1033
Accourez , joignez - vous aux humides Nayades
Foulez l'herbe naissante au gré de nos desirs ;
Flore , reparoissez , ramenez les Zephirs.
Les Nymphes quitteront leur rétraite rustique
Pour être les témoins d'une Fête publique.
Damon.
Cher Silvandre , tirons des chants de nos hau→
bois ,
Tels qu'un Chantre fameux en fit entendre aux
bois ;
Les Frênes , les Ormeaux descendant des montagnes ,
Nous suivront attentifs dans nos vastes campagnes ,
Commencez ; c'est à vous , celebrons tour
. tour ,
De l'illustre Daphnis l'agréable retour ,
Les maux & les soucis que causa son absence ,
Et les plaisirs qu'on sent de sa convalescence.
Silvandre.
Ce qu'un Loup ravissant est à notre bercail ,
Un mal contagieux au debile bétail ,
Un pâtre mercenaire aux tristes bergerics ,"
Un fougueux Aquilon à l'émail des prairies ,
L'absence des brebis à leurs tendres agneaux ,
La langueur de Daphnis l'étoit à nos troupeaux,
Damon.
Ce que sont aux Jardins les larmes de l'Aurore,
I iiij .. Les
1034 MERCURE DE FRANCEぶ
Les amoureux Zephirs aux dons brillants de Flore ,
La Plante la plus verte aux meres des chevreaux ,
Aux Moissonneurs lassez le cristal des ruisseaux ;
Ce qu'est pour les Bergers l'ombrage frais d'un hêtre,
La santé de Daphnis l'est au bétail , au Maître,
Silvandre.
Depuis le jour fatal qu'il partit de ces lieux ,
On n'a plus entendu de son mélodieux ;
Ma Flute étoit sans voix , et ma tendre Mu
setre
Tristement suspenduë étoit toûjours muette ;
Nul Berger n'avoit soin d'enfler ses chalumeaux
Nos soupirs étoient seuls repetez des échos.
Damon.
Dès l'instant que Daphnis reparut dans nos
plaines ,
On vit tarir nos pleurs , on vit cesser nos pei--
nes ;
Par tes Airs les plus doux nous chantons son
retour ;
Pour signaler au loin sa gloire & mon amour;
Tous les ans de ce Dieu qui daigne nous le
* rendre ,
J'arroserai l'Autel du sang d'un Agneau tendre.
Silvandre.
Pour son heureux retour les Nymphes de ces lieux
MAY. 17.32.
1035
Par "
des accens plaintifs importunoient les Cieux,
Sensible à son départ , presqu'autant que le maî- tre ,
Le bétail negligeoit et de boire et de paître ,
La douleur arracha des plaintes d'un rocher ;
Apollon & Palès coururent se cacher.
Damon.
Le Tigre calme enfin sa fureur homicide :
Du sang, de nos Agneaux le Loup n'est plus avide ;
Le Serpent a perdu son venin dangereux ;
Avoir les doux transports de nos Troupeaux nombreux ,
On diroit que Pallas est en cette Contrée ,
Ou que nous revoyons l'heureux siecle d'Astrée.
Silvandre.
Au lieu du pur Froment l'yvroie & les chardons
S'élevoient sous nos yeux , et couvroient nos sillons ;
Tranquilles nous voyions la Terre sans parure ;
Nos Vignes sans façon , nos Vergers sans cul- ture ;
Les Fleuves , les Rochers , les Pins , les Arbris
seaux >
Vous rapelloient , Daphnis , auprès de nos troupeaux..
Damon.
Nos Prez sont tapissez d'une aimable verdure ร
Les
1026 MERCURE DE FRANCE
Les Arbres ont repris leur verte chevelure ;
Le Printemps , les Zephirs , Flore et toute sa Cour ,
Annoncent de Daphnis la santé , le retour ;
Pendant les belles nuits , Diane en nos Campagnes
Foule à pas cadencez l'herbe avec ses compagnes.
Silvandre.
Daphnis aime mes Vers , il aprouve mes Chants,
Il m'a dit plusieurs fois qu'il les trouve tou- chants :
Mes Sons , à beaucoup près , de lui ne sont pas
dignes ;
Je fais , comme un Oison , du bruit entre les
Cignes ,
J'imite nos Bergers , mais ce qui plaît le plus ,
C'est l'effort que je fais pour chanter ses vertus.
Damon.
•
Sur le mont Helicon pour Poëte on l'avoue ;
Il peut le disputer au Pasteur de Mantouë ,
Muses , qui protegez vos doctes Nourrissons
Pour lui faites couler du parfum, des buissons ;
Vous , Parques , filez-lui des jours d'or & de soye
Et les Bergers alois nageront dans la joye.
M. Chabaud.
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Résumé : EGLOGUE, Pour celebrer la Santé et le Retour du R. P. R. D. L. O.
Le texte est une églogue célébrant le retour et la santé retrouvée du R. P. R. D. L. O., surnommé Daphnis. Deux bergers, Silvandre et Damon, expriment leur joie et leur soulagement à travers des dialogues poétiques. Silvandre invite à célébrer ce retour en conviant les Dryades et les Nayades à se joindre à la fête. Damon propose de chanter les maux causés par l'absence de Daphnis et les plaisirs de sa convalescence. Silvandre compare l'absence de Daphnis à divers maux affectant la nature et les bergers, tandis que Damon associe la santé de Daphnis à des éléments bénéfiques pour la nature et les bergers. Les deux bergers décrivent la tristesse et le silence qui ont régné pendant l'absence de Daphnis et la joie revenue avec son retour. Ils mentionnent également les transformations positives dans la nature, comme la verdure revenue et les animaux apaisés. Silvandre et Damon louent les talents poétiques de Daphnis et souhaitent qu'il soit protégé par les Muses et les Parques, afin que les bergers puissent vivre dans la joie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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184
p. 1037-1040
DIFFICULTÉ proposée à M. Rollin, sur un endroit de son Traité des Etudes.
Début :
C'est un des Adorateurs des Ecrits et des Talens [...]
Mots clefs :
Traité des Etudes, Prononciation, Syllabes, Acents
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DIFFICULTÉ proposée à M. Rollin, sur un endroit de son Traité des Etudes.
DIFFICULTE' proposée à. M. Rollin
sur un endroit de son Traité des Etudes.
Est un des Adorateurs des Ecrits et des Ta- Clens lens de M. Rollin , qui prend la liberté de
lui demander la solution d'un doute qui lui est
venu en lisant son Traité des Etudes , tom. 1 .
page 15. Edit. de Paris , chez Etienne , 1726.
M. Rollin s'exprime ainsi , la quantité qui contribue tant au nombre et à la cadence du discours ,
n'a pû sefaire admettre dans la Langue Françoise.
J'avoueray bien que la quantité qui se trouve
dans notre Langue , n'est peut-être pas aussibien marquée que dans les Langues Grecque et
Latine , mais qu'il n'y en ait point du tout , c'est
une décision qui me paroît un peu forte.
Je crois en trouver dans la prononciation de
tous les mots François de toutes les phrases ; ne
pourroit-on pas même dire que notre Poësie a
une espece de quantité , sans laquelle les VersFrançois n'ont aucune grace et sont extremement rudes ?
M. Rollin , tom. I. p . 199. dit lui- même
qu'en François l'on ne peut prononcer pate , qui
se dit des animaux , comme pâte , qui signifie de
la farine détrempée avec de l'eau , ce qui ne peut venir que de ce que le premier est bref , et le second est long.
On peut voir encore tome r. p. 262. une note
o M. Rollin paroît retrancher ce qu'il avoit dit cy- dessus , p. 15.
1. Pour ce qui regarde les mots , en voici de
route espece , par rapport à la quantité.
La premiere sy labe est breve dans bilon ,
meton , mouton , ăvoit , feroit , děvant , jämais ,
toujours , &c.
Ivj La
1038 MERCURE DE FRANCE
La premiere est longue dans baton , brom,
nombreux, lungueur, quarré, parlé, beauté, &c.
En voici dont la seconde est breve , muse
buse , regle , cette , et tous les mots qui finissent
en e muet.
Les mots suivans sont de trois longues , cōm¬
pōsē , appōllōn , presumption , &c.
Ceux-cy sont de trois breves, l'unisson , ünissons , &c.
Les mots d'une longue et de deux breves sont
encore plus connus convenir, sōutenir, rēgalër,
conjerer , plaidoyer , &c.
On en trouve aussi grand nombre d'une breve
et de deux longues , comme remarquer , gouver
ner , &c Il faut raisonner de même des autres
especes de pieds où la quantité n'est gueres plus.
difficile à discerner qu'en Latin.
2. Cette quantité qui se fait si bien sentir , ce
me semble , dans les mots François , paroît encore plus dans les phrases. Celle que j'ai rapporté
du Traité des Etudes , peut servir d'exemple , on
ne peut gueres la prononcer qu'avec cette quan- rité..
La quantité qui contribue tant aŭ nombre et
ă lă câdence du discours nå pū së faire admēttrẻ dāns la Langue Françoise. Cet exemple suf
fit pour faire sentir la difficulté que je propose..
3. Pour ce qui est de la Poësie , tout le monde
lit les grands Vers avec une certaine cadence
sans laquelle la Poësie seroit extremement_rude. Tous les Vers François ne sont pas susceptibles de cette cadence , il n'y a que ceux où le
goût ou plutôt l'oreille , a sçû placer les mots
dont la quantité étoit la plus propre à la structure du Vers, et à son harmonie. Cette quantité
Quable et necessaire à la Poësie Françoise , se
trouve
MAY. 1252. ro39
trouve dans ces Vers de M. Despréaux , qui
pour cette raison font plaisir à entendre lire er
prononcer.
De tōus lēs ǎnīmaūx qui s'ëlēvĕnt dåns l'ãix,
Qui mārchēnt sur la Tērre ou nàgēnt dans la Mēr ,
Dě Părïs aū Pěrou , dū Jăpon jusqu'à Rōmě ,
Lè plüs sōt ānĭmǎl , å mōn ävis , est l'hōmmč.
Faute de cette cadence , fondée sur la quantité
des mots François , l'on trouve dans les mauvais
Poetes une infinité de Vers qui sont extremement
chocquans , quoique l'émistiche et le nombre
des pieds y soient scrupuleusement gardez.
Je ne m'étends pas davantage , parce que je ne
prétens qu'exposer une difficulté que M. Rollin est
plus que personne en état de résoudre. Je crois que
si l'on faisoit attention à cette quantité de la Langue Françoise et qu'on en recherchât les regles.
avec soin , on faciliteroit aux Etrangers sa veritable prononciation , et qu'on corrigeroit les
mauvais accens qu'apportent à Paris la plu- part des personnes de Province ; ces accens défectueux ne viennent , ce me semble , que de ce
qu'ils font longues les syllabes qu'il faudroit fairebreves , comme les Norinans , ou breves celles.
qu'il faudroit faire longues , comme les Gascons , Provençaux , Perigourdins, & c. Si M. Rollin veut avoir pour l'Auteur de cette difficulté la
même condescendance qu'il a pour tous ceux qui cherchent à s'instruire , peut-être ê pourra -t'il t sehazarder à lui proposer d'autres . difficultez plus
importantes encore, qui l'arrêtent dans le Traité
des Etudes qu'il juge cependant si plein de dọc- tring:
1040 MERCURE DE FRANCE
trine , qu'il croit que les plus grands 'Maîtres
peuvent y trouver de quoi profiter.
C. L. R ***
sur un endroit de son Traité des Etudes.
Est un des Adorateurs des Ecrits et des Ta- Clens lens de M. Rollin , qui prend la liberté de
lui demander la solution d'un doute qui lui est
venu en lisant son Traité des Etudes , tom. 1 .
page 15. Edit. de Paris , chez Etienne , 1726.
M. Rollin s'exprime ainsi , la quantité qui contribue tant au nombre et à la cadence du discours ,
n'a pû sefaire admettre dans la Langue Françoise.
J'avoueray bien que la quantité qui se trouve
dans notre Langue , n'est peut-être pas aussibien marquée que dans les Langues Grecque et
Latine , mais qu'il n'y en ait point du tout , c'est
une décision qui me paroît un peu forte.
Je crois en trouver dans la prononciation de
tous les mots François de toutes les phrases ; ne
pourroit-on pas même dire que notre Poësie a
une espece de quantité , sans laquelle les VersFrançois n'ont aucune grace et sont extremement rudes ?
M. Rollin , tom. I. p . 199. dit lui- même
qu'en François l'on ne peut prononcer pate , qui
se dit des animaux , comme pâte , qui signifie de
la farine détrempée avec de l'eau , ce qui ne peut venir que de ce que le premier est bref , et le second est long.
On peut voir encore tome r. p. 262. une note
o M. Rollin paroît retrancher ce qu'il avoit dit cy- dessus , p. 15.
1. Pour ce qui regarde les mots , en voici de
route espece , par rapport à la quantité.
La premiere sy labe est breve dans bilon ,
meton , mouton , ăvoit , feroit , děvant , jämais ,
toujours , &c.
Ivj La
1038 MERCURE DE FRANCE
La premiere est longue dans baton , brom,
nombreux, lungueur, quarré, parlé, beauté, &c.
En voici dont la seconde est breve , muse
buse , regle , cette , et tous les mots qui finissent
en e muet.
Les mots suivans sont de trois longues , cōm¬
pōsē , appōllōn , presumption , &c.
Ceux-cy sont de trois breves, l'unisson , ünissons , &c.
Les mots d'une longue et de deux breves sont
encore plus connus convenir, sōutenir, rēgalër,
conjerer , plaidoyer , &c.
On en trouve aussi grand nombre d'une breve
et de deux longues , comme remarquer , gouver
ner , &c Il faut raisonner de même des autres
especes de pieds où la quantité n'est gueres plus.
difficile à discerner qu'en Latin.
2. Cette quantité qui se fait si bien sentir , ce
me semble , dans les mots François , paroît encore plus dans les phrases. Celle que j'ai rapporté
du Traité des Etudes , peut servir d'exemple , on
ne peut gueres la prononcer qu'avec cette quan- rité..
La quantité qui contribue tant aŭ nombre et
ă lă câdence du discours nå pū së faire admēttrẻ dāns la Langue Françoise. Cet exemple suf
fit pour faire sentir la difficulté que je propose..
3. Pour ce qui est de la Poësie , tout le monde
lit les grands Vers avec une certaine cadence
sans laquelle la Poësie seroit extremement_rude. Tous les Vers François ne sont pas susceptibles de cette cadence , il n'y a que ceux où le
goût ou plutôt l'oreille , a sçû placer les mots
dont la quantité étoit la plus propre à la structure du Vers, et à son harmonie. Cette quantité
Quable et necessaire à la Poësie Françoise , se
trouve
MAY. 1252. ro39
trouve dans ces Vers de M. Despréaux , qui
pour cette raison font plaisir à entendre lire er
prononcer.
De tōus lēs ǎnīmaūx qui s'ëlēvĕnt dåns l'ãix,
Qui mārchēnt sur la Tērre ou nàgēnt dans la Mēr ,
Dě Părïs aū Pěrou , dū Jăpon jusqu'à Rōmě ,
Lè plüs sōt ānĭmǎl , å mōn ävis , est l'hōmmč.
Faute de cette cadence , fondée sur la quantité
des mots François , l'on trouve dans les mauvais
Poetes une infinité de Vers qui sont extremement
chocquans , quoique l'émistiche et le nombre
des pieds y soient scrupuleusement gardez.
Je ne m'étends pas davantage , parce que je ne
prétens qu'exposer une difficulté que M. Rollin est
plus que personne en état de résoudre. Je crois que
si l'on faisoit attention à cette quantité de la Langue Françoise et qu'on en recherchât les regles.
avec soin , on faciliteroit aux Etrangers sa veritable prononciation , et qu'on corrigeroit les
mauvais accens qu'apportent à Paris la plu- part des personnes de Province ; ces accens défectueux ne viennent , ce me semble , que de ce
qu'ils font longues les syllabes qu'il faudroit fairebreves , comme les Norinans , ou breves celles.
qu'il faudroit faire longues , comme les Gascons , Provençaux , Perigourdins, & c. Si M. Rollin veut avoir pour l'Auteur de cette difficulté la
même condescendance qu'il a pour tous ceux qui cherchent à s'instruire , peut-être ê pourra -t'il t sehazarder à lui proposer d'autres . difficultez plus
importantes encore, qui l'arrêtent dans le Traité
des Etudes qu'il juge cependant si plein de dọc- tring:
1040 MERCURE DE FRANCE
trine , qu'il croit que les plus grands 'Maîtres
peuvent y trouver de quoi profiter.
C. L. R ***
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Résumé : DIFFICULTÉ proposée à M. Rollin, sur un endroit de son Traité des Etudes.
Un admirateur de M. Rollin interroge une affirmation de son 'Traité des Études', où Rollin soutient que la quantité, influençant le nombre et la cadence du discours, n'existe pas en français. L'admirateur conteste cette affirmation, affirmant que la quantité est présente, bien que moins marquée qu'en grec ou en latin. Il cite des exemples comme 'pate' et 'pâte', où la prononciation varie selon la quantité. L'admirateur note que Rollin reconnaît cette variation dans d'autres parties de son ouvrage. Il fournit des exemples de mots français où la quantité des syllabes est perceptible, comme 'bilon' (première syllabe brève) et 'baton' (première syllabe longue). Il souligne l'importance de la quantité en poésie française, où une mauvaise cadence rend les vers rudes. Il cite des vers de M. Despréaux pour illustrer cette nécessité de cadence. L'admirateur suggère que l'étude de cette quantité pourrait aider à corriger les mauvais accents des étrangers et des provinciaux, qui allongent ou raccourcissent incorrectement les syllabes. Il espère que Rollin pourra résoudre cette difficulté et propose d'autres questions pour enrichir le 'Traité des Études'.
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185
p. 1040-1042
A MADEMOISELLE S***
Début :
Travailler à votre Portrait, [...]
Mots clefs :
Portrait, Peinture, Traits
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texteReconnaissance textuelle : A MADEMOISELLE S***
A MADEMOISELLE S ***
Travailler à votre Portrait ,
C'est , je Péprouve assez , une rude entreprise.
Mille difficultez s'offrent à mon projet ,
Mais le tendre amour l'authorise ;
Quoique ce Dieu s'en mêle , il pourroit arrivere
Que dans les Traits de ma peinture ,
On ne puisse pas retrouver
Tous les dons que vous fit la prodigue nature ;.
Mais qui pourroit , s'en étonner !
Il est plus glorieux de choisir un modele ,
Qu'eut manqué le Pinceau d'Apelle ,
Que d'étre obligé de l'orner.
Si mon cœur pouvoit par lui même ,
Exécuter votre Portrait ,
Je le garantirois , ressemblant trait pour trait ,
Mais l'esprit qui n'a pas , cette justesse extrême
Et que vous connoissez pour être un barbouil
leur ,
N'a rien pû faire de meilleur.
Heureux, si des apas que vous faites paroître ,
J'en pouvois representer un >
En vous il n'est rien de commun ,
On ne pourroit vous méconnoître.
PRO
MAY 17320 104T
PORTRAIT.
Quand la nature manque , on a recours
Part,
Et de toute beauté , la louange ordinaire ,
Est qu'elle effaceroit la Reine de Cithere' ;
Mon Pinceau ne tient point de fard ,
Il me suffit d'être sincere.
Sans avoir de Venus , la divine beauté,
S *** est aussi ravissante ;
L'exacte régularité ,
N'est pas toujours assez touchante.
Tous ses traits ne sont pas également finis
Mais ils sont si bien assortis ,,
Que leur ensemble nous enchante ;
Ses yeux , par qui le Dieu des cœurs
Semble nous dire des douceurs
Vailent ses cruautez d'une feinte tendresse ;
Un charme secret interesse
A tout ce qu'elle dit , et mon cœur malheureux,
S'étonne que l'amour assis dessus sa bouche,
Lui souffre de donner tant d'Arrêts rigoureux ;
En des objets communs, un rien peut être heu
reux ,
Mais en elle , ce rien nous touche
Je m'en rapporte à tous les yeux.
Ces
1042 MERCURE DE FRANCE
Ses Cheveux terniroient la couleur agréable ,
a
De ceux qui brillent dans les cieux , ( « )
Et leur arrangement simple, mais convenable
N'a rien à désirer des soins industrieux.
Sa tailie est libre , avantageuse ,
Elle a cet air enfin qui n'a rien d'imparfait
Et dont la nature est soigneuse
De cacher à l'art le secret.
Son sexe curieux de plaire ,
Demande aux Dieux ses graces , ses at¬ traits ;
Le nôtre , qui lui rend un tribut volontaire ,
Voudroit la voir toujours ou ne la voir jamais.
Pourtant quand on la quitte , après l'avoir con nuë ,
Le regret de ne la plus voir
Se tourneroit en désespoir ,
Si l'ame n'étoit soûtenuë
Par le tendre pla sir qu'on sent à l'avoir vuë.
Qui mieux que moi peut le savoir à
Elle dispute à Philomelle
Le charme délicat d'une brillante voix.
O vous qui de l'amour redoutez le Carquois
Ou qui ne voulez point devenir infidelle ,
Deffendez-vous d'entendre et de voir cette Belle
Ou bien di posez-vous à recevoir ses loix.
(a) La Chevelure de Berenice
Travailler à votre Portrait ,
C'est , je Péprouve assez , une rude entreprise.
Mille difficultez s'offrent à mon projet ,
Mais le tendre amour l'authorise ;
Quoique ce Dieu s'en mêle , il pourroit arrivere
Que dans les Traits de ma peinture ,
On ne puisse pas retrouver
Tous les dons que vous fit la prodigue nature ;.
Mais qui pourroit , s'en étonner !
Il est plus glorieux de choisir un modele ,
Qu'eut manqué le Pinceau d'Apelle ,
Que d'étre obligé de l'orner.
Si mon cœur pouvoit par lui même ,
Exécuter votre Portrait ,
Je le garantirois , ressemblant trait pour trait ,
Mais l'esprit qui n'a pas , cette justesse extrême
Et que vous connoissez pour être un barbouil
leur ,
N'a rien pû faire de meilleur.
Heureux, si des apas que vous faites paroître ,
J'en pouvois representer un >
En vous il n'est rien de commun ,
On ne pourroit vous méconnoître.
PRO
MAY 17320 104T
PORTRAIT.
Quand la nature manque , on a recours
Part,
Et de toute beauté , la louange ordinaire ,
Est qu'elle effaceroit la Reine de Cithere' ;
Mon Pinceau ne tient point de fard ,
Il me suffit d'être sincere.
Sans avoir de Venus , la divine beauté,
S *** est aussi ravissante ;
L'exacte régularité ,
N'est pas toujours assez touchante.
Tous ses traits ne sont pas également finis
Mais ils sont si bien assortis ,,
Que leur ensemble nous enchante ;
Ses yeux , par qui le Dieu des cœurs
Semble nous dire des douceurs
Vailent ses cruautez d'une feinte tendresse ;
Un charme secret interesse
A tout ce qu'elle dit , et mon cœur malheureux,
S'étonne que l'amour assis dessus sa bouche,
Lui souffre de donner tant d'Arrêts rigoureux ;
En des objets communs, un rien peut être heu
reux ,
Mais en elle , ce rien nous touche
Je m'en rapporte à tous les yeux.
Ces
1042 MERCURE DE FRANCE
Ses Cheveux terniroient la couleur agréable ,
a
De ceux qui brillent dans les cieux , ( « )
Et leur arrangement simple, mais convenable
N'a rien à désirer des soins industrieux.
Sa tailie est libre , avantageuse ,
Elle a cet air enfin qui n'a rien d'imparfait
Et dont la nature est soigneuse
De cacher à l'art le secret.
Son sexe curieux de plaire ,
Demande aux Dieux ses graces , ses at¬ traits ;
Le nôtre , qui lui rend un tribut volontaire ,
Voudroit la voir toujours ou ne la voir jamais.
Pourtant quand on la quitte , après l'avoir con nuë ,
Le regret de ne la plus voir
Se tourneroit en désespoir ,
Si l'ame n'étoit soûtenuë
Par le tendre pla sir qu'on sent à l'avoir vuë.
Qui mieux que moi peut le savoir à
Elle dispute à Philomelle
Le charme délicat d'une brillante voix.
O vous qui de l'amour redoutez le Carquois
Ou qui ne voulez point devenir infidelle ,
Deffendez-vous d'entendre et de voir cette Belle
Ou bien di posez-vous à recevoir ses loix.
(a) La Chevelure de Berenice
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Résumé : A MADEMOISELLE S***
L'auteur d'une lettre évoque les défis rencontrés en peignant le portrait d'une demoiselle. Il reconnaît que son œuvre ne pourra peut-être pas rendre justice à tous ses dons naturels, mais il choisit de rester fidèle à son modèle plutôt que d'ajouter des artifices. Il admire la beauté unique de la demoiselle, notant que ses traits, bien que non parfaitement réguliers, sont harmonieusement assortis et enchanteurs. Il met en avant ses yeux, sa voix et un charme secret qui touchent profondément. La lettre se conclut par un avertissement aux lecteurs de se méfier de l'amour que la demoiselle inspire, comparant sa voix à celle de Philomèle.
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186
p. 1043
« Le 26. May, la Loterie de la Compagnie des Indes [...] »
Début :
Le 26. May, la Loterie de la Compagnie des Indes [...]
Mots clefs :
Loterie de la Compagnie des Indes
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texteReconnaissance textuelle : « Le 26. May, la Loterie de la Compagnie des Indes [...] »
Le 26. May, la Loterie de la Compagnie dest
Indes , établie pour le remboursement des Actions , fut tirée en la maniere accoûtumée à
Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros
gagnans des Actions et Dixième d'Actions qui
doivent être remboursées , a été renduë publique,
faisant en tout le nombre de 304. Actions.
La même Compagnie donne avis dans la même
Liste , que sur celle du mois d'Avril dernier , aux
Actions , le N°. 30930. ne doit point y être,
ayant été remboursée par remplacement sur le
mois de Juin 1730 lequel No. sera remplacé par
une Action que l'on tirera de plus à la Loterie
prochaine
Indes , établie pour le remboursement des Actions , fut tirée en la maniere accoûtumée à
Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros
gagnans des Actions et Dixième d'Actions qui
doivent être remboursées , a été renduë publique,
faisant en tout le nombre de 304. Actions.
La même Compagnie donne avis dans la même
Liste , que sur celle du mois d'Avril dernier , aux
Actions , le N°. 30930. ne doit point y être,
ayant été remboursée par remplacement sur le
mois de Juin 1730 lequel No. sera remplacé par
une Action que l'on tirera de plus à la Loterie
prochaine
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Résumé : « Le 26. May, la Loterie de la Compagnie des Indes [...] »
Le 26 mai, la Loterie de la Compagnie des Indes a été tirée à l'Hôtel de la Compagnie pour rembourser 304 actions. Le numéro 30930, mentionné en avril, ne sera pas remboursé car déjà remboursé en juin 1730. Il sera remplacé lors de la prochaine loterie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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187
p. 1043
BOUTS-RIMEZ A REMPLIR.
Début :
Boire, Butin, Latin, Foire. Loire, Lutin, Satin, Poire. Rabot, Nabot, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOUTS-RIMEZ A REMPLIR.
BOUTS-RIMEZ A REMPLIR.
Boire ,
Butin
Latin,
Foire.
Loire ,
Lutin ,
Satin
Poire.
Rabot,
Nabot ,
Souche.
Bateau
Ruisseau,
Louche.
Boire ,
Butin
Latin,
Foire.
Loire ,
Lutin ,
Satin
Poire.
Rabot,
Nabot ,
Souche.
Bateau
Ruisseau,
Louche.
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188
p. 1044-1048
ARRETS NOTABLES.
Début :
DECLARATION DU ROY, qui regle les Gages et Taxations des [...]
Mots clefs :
Arrêts, Sentence de police, Ordonnance du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRETS NOTABLES.
XXXXXX XXXXXXXXXXXXXX
ARRETS NOTABLE S.
ECLARATION DU ROY , qui regle les
pes de la Maison du Roy. Donnée à Versailles
le 18. Mars 1732. Registrée en Parlement le 29.- Avril suivant.
ORDONNANCE du Roy , du 10. Avril ,
par laquelle il est dit que S. M. voulant bien que
Ja fourniture du pain continuë d'être faite à ses
Troupes dans les Garnisons ou Camps , dans
lesquels , à cause de la cherté des grains , il seroit trop onereux aux Cavaliers , Dragons et Soldats de se pourvoir de pain ; elle a ordonné et
ordonne , que dans les Places et Camps où le pain- de munition continuera d'être fourni , il sera déduit sur la solde , à commencer au premier May
prochain , jusqu'à- ce qu'il en soit autrement ordonné , pour chaque Ration de pain du poids de
vingt- quatre onces , cuit et rassis , entre bis et
blanc , vingt-quatre deniers par jour , que le Tré--
sorier general de l'Extraordinaire des Guerres
retiendra en ses mains : enjoignant, Sa Majesté ,
aux Officiers de ses Troupes , de tenir la main à
te qu'elles s'y conforment sans difficulté , sur
peine de desobeïssance.
ORDONNANCE DU ROY , du 19 Avril
par laquelle il est dit que S. M. étant infor- mée que les ordres qu'elle a fait donner au Directeur de l'Opera , de ne laisser entrer aucunespersonnes sur le Théatre , n'étoient pas executez;
et S M. voulant rendre sa volonté publique à cet
égard, a ordonné et ordonne qu'à l'avenir aucune
per-
MAY. 1732. 1045
personne de quelque état et qualité qu'elle puisse
être , ne pourra entrer sur le Théatre de l'Opera,
à l'exception de celles qui ont loué des Loges ,
dont l'entrée est par le Théatre , ou qui auront
des Cachets pour aller dans lesdites Loges ; deffend très-expressément S. M. à toutes personnes
qui ont lesdites Loges sur le Théatre , ou à celles
qui auront des Cachets pour y entrer ,
de se tenir dans les Coulisses ni dans les Loges des Actrices ; enjoint S. M. au Sergent des Gardes de
POpera , de tenir la main avec une entiere exactitude à l'execution de la presente Ordonnance, &c.
AUTRE ORDONNANCE du Roy, du même jour, par laquelle il est dit que S. M. voulant
que les deffenses qui ont été faites et qu'elle a renouvellées , à l'exemple du feu Roy , d'entrer à
POpera sans payer et d'interrompre le Spectacle
sous aucun prétexte , soient régulierement observées; et étant informée que quelques personnes.
ne s'y conforment pas aussi exactement qu'elle
le desire , S. M. à fait très-expresses inhibitions
et deffenses à toutes personnes,de quelque qualité
et condition qu'elles soient , même aux Officiers.
de sa Maison, Gardes , Gendarmes , ChevauxLegers , Mousquetaires et autres , d'entrer à l'Opera sans payer. Deffend pareillement à tous ceux
qui assisteront à ce Spectacle , et particulierement.
a ceux qui se placeront au Parterre , d'y commettre aucun desordre en entrant ni en sortant,
de crier ni de faire du bruit avant que le Spectacle commence, de siffler et faire des huées, d'avoir
le chapeau sur la tête et d'interrompre les Acteurs pendant les Réprésentations , de quelque
maniere et sous quelque prétexte que ce soit , à
peine de désobéissance. Fait semblables deffenses
et sous les mêmes peines , à toutes personnes d'entrer
1046 MERCURE DE FRANCE
d'entrer sur le Théatre de l'Opera et de s'arrêter
dans les Coulisses qui y servent d'entrée , même
aux Acteurs et Actrices d'y paroître avec d'autres habits que ceux de Théatre. Deffend aussi
S. M. à tous Domestiques portant ivrée , sans
aucune réserve, exception ni distinction, d'entrer
à l'Opera , même en payant , de commettre au- cune violence , indécences ou autres desordres
aux entrées ni aux environs de la Sale où se font
les Représentations, sous telles peines qu'elle jugera convenables. Ordonne S. M. d'emprisonner
les contrevenans ; deffend très - expressement à
toutes Personnes , telles qu'elles puissent être ,
aux Officiers de sa Maison et autres , de s'opposer directement ni indirectement à ce qui est
cy- dessus ordonné , et d'empêcher par la force
ou autrement, que ceux qui y contreviendront
me soient arrêtez et conduits en prison.
SENTENCE DE POLICE , du 25. Avril,
qui condamne en vingt livres d'amende le nommé Jouan , fils , Regrattier de Paille et de Foin,
pour avoir contrevenu aux Ordonnances et Reglemens de Police concernant la vente et achapt de la Marchandise de Foin , et notamment pour
avoir acheté de mauvais Foin sur les Ports à vil
prix , et avoir voulu le faire passer comme Foin arrivé par terre , en le faisant rebotteler de nouyeau , et qui ordonne la confiscation dudit Foin.
AUTRE Ordonnance de Police du même jour
qui deffend la vente des Huitres pendant les
grandes chaleurs , à commencer au premier May
jusques et compris le dernier Jeudy du mois d'Août prochain.
AUTRE du 30. Avril , qui fait deffenses à
toutes personnes de passer sur les Terres ensemencées
MAY. 1732 1047
mencées , et d'y causer aucuns dégâts , sous quel
que prétexte que ce soit , à peine de soo. livres
d'amende , confiscation des Chevaux et Bestiaux
et de prison en cas de Rebellion.
ARREST du 3. May , dont voici la teneur.
Le Roy étant informé de tous les mouvemens qu'on excite continuellement dans les esprits , રે
Poccasion de plusieurs guérisons qu'on prétend
être miraculeusement arrivées par l'intercession du Sr de Paris , Diacre du Diocèse de Paris , et
dont on veut faire un argument de parti , pour
fournir des armes à ceux qui se révoltent contre
l'authorité de l'Eglise , et perpetuer la division
dans le Royaume , au sujet de la Constitution
Unigenitus , contre les dispositions des Déclara- tions de Sa Majesté , et de l'Arrêt qu'elle a rendu
les. Septembre dernier , pour faire cesser toutes
disputes et contestations sur ce sujet ; S. M. qui
a déja interposé son authorité dans cette matiere,
soit par son Ordonnance du 27. Janvier dernier soit par l'Arrêt qu'elle a rendu le 24. Avril suivant contre deux Libelles qui regardent les faits
cy-dessus marquez , a jugé à propos de continuer d'en prendre connoissance , pour prévenir
tout ce qui pourroit être une nouvelle occasion
de troubler la tranquillité de l'Eglise et de l'Etat :
à quoi desírant pourvoir ,SA MAJESTE ESTANT
EN SON CONSEIL , a fait et fait de très expres- ses inhibitions et deffenses à tous ses Sujets , de
quelque état et condition qu'ils soient , de faire
aucunes poursuites ni procedures pardevant ses
Cours et autres Juges , au sujet des faits cy- dessus énoncez , leurs circonstances ou dépendances
et de tout ce qui pourroit avoir été ou être fait
à cette occasion , $. M. s'en retenant la connois-
* sance , qu'elle interdit à toutes sesdites Cours et aucunes
1048 MERCURE DE FRANCE
autres Juges , et se réservant à elle seule de prendre les mesures qu'elle estimera les plus conve- nables pour faire cesser toutes disputes et contestations sur ce sujet Deffend pareillement S. M.
à tous ses Sujets , de composer , imprimer , vendre , debiter , ou autrement distribuer, sous quelque nom et titre que ce soit , aucuns Ouvrages,
Memoires ou Ecrits tendants à entretenir les disputes qui se sont formées au sujet desdits faits
ou de tout ce qui peut y avoir rapport , et de la
Constitution Unigenitus ; le tout sous les peines
portées par ledit Arrêt du 5. Septembre 1731.
lequel sera executé selon sa forme et teneur ,
tamment contre les Auteurs , Imprimeurs ou distributeurs de libelles ou d'écrits contraires à
la Religion , au respect dû au S. Siege , à N. S..
Pere le Pape et aux Evêques , à l'authorité de
P'Eglise et à celle de S. M. aux droits de sa Couronne, et aux Libertez de l'Eglise Gallicane , &c.
ARRETS NOTABLE S.
ECLARATION DU ROY , qui regle les
pes de la Maison du Roy. Donnée à Versailles
le 18. Mars 1732. Registrée en Parlement le 29.- Avril suivant.
ORDONNANCE du Roy , du 10. Avril ,
par laquelle il est dit que S. M. voulant bien que
Ja fourniture du pain continuë d'être faite à ses
Troupes dans les Garnisons ou Camps , dans
lesquels , à cause de la cherté des grains , il seroit trop onereux aux Cavaliers , Dragons et Soldats de se pourvoir de pain ; elle a ordonné et
ordonne , que dans les Places et Camps où le pain- de munition continuera d'être fourni , il sera déduit sur la solde , à commencer au premier May
prochain , jusqu'à- ce qu'il en soit autrement ordonné , pour chaque Ration de pain du poids de
vingt- quatre onces , cuit et rassis , entre bis et
blanc , vingt-quatre deniers par jour , que le Tré--
sorier general de l'Extraordinaire des Guerres
retiendra en ses mains : enjoignant, Sa Majesté ,
aux Officiers de ses Troupes , de tenir la main à
te qu'elles s'y conforment sans difficulté , sur
peine de desobeïssance.
ORDONNANCE DU ROY , du 19 Avril
par laquelle il est dit que S. M. étant infor- mée que les ordres qu'elle a fait donner au Directeur de l'Opera , de ne laisser entrer aucunespersonnes sur le Théatre , n'étoient pas executez;
et S M. voulant rendre sa volonté publique à cet
égard, a ordonné et ordonne qu'à l'avenir aucune
per-
MAY. 1732. 1045
personne de quelque état et qualité qu'elle puisse
être , ne pourra entrer sur le Théatre de l'Opera,
à l'exception de celles qui ont loué des Loges ,
dont l'entrée est par le Théatre , ou qui auront
des Cachets pour aller dans lesdites Loges ; deffend très-expressément S. M. à toutes personnes
qui ont lesdites Loges sur le Théatre , ou à celles
qui auront des Cachets pour y entrer ,
de se tenir dans les Coulisses ni dans les Loges des Actrices ; enjoint S. M. au Sergent des Gardes de
POpera , de tenir la main avec une entiere exactitude à l'execution de la presente Ordonnance, &c.
AUTRE ORDONNANCE du Roy, du même jour, par laquelle il est dit que S. M. voulant
que les deffenses qui ont été faites et qu'elle a renouvellées , à l'exemple du feu Roy , d'entrer à
POpera sans payer et d'interrompre le Spectacle
sous aucun prétexte , soient régulierement observées; et étant informée que quelques personnes.
ne s'y conforment pas aussi exactement qu'elle
le desire , S. M. à fait très-expresses inhibitions
et deffenses à toutes personnes,de quelque qualité
et condition qu'elles soient , même aux Officiers.
de sa Maison, Gardes , Gendarmes , ChevauxLegers , Mousquetaires et autres , d'entrer à l'Opera sans payer. Deffend pareillement à tous ceux
qui assisteront à ce Spectacle , et particulierement.
a ceux qui se placeront au Parterre , d'y commettre aucun desordre en entrant ni en sortant,
de crier ni de faire du bruit avant que le Spectacle commence, de siffler et faire des huées, d'avoir
le chapeau sur la tête et d'interrompre les Acteurs pendant les Réprésentations , de quelque
maniere et sous quelque prétexte que ce soit , à
peine de désobéissance. Fait semblables deffenses
et sous les mêmes peines , à toutes personnes d'entrer
1046 MERCURE DE FRANCE
d'entrer sur le Théatre de l'Opera et de s'arrêter
dans les Coulisses qui y servent d'entrée , même
aux Acteurs et Actrices d'y paroître avec d'autres habits que ceux de Théatre. Deffend aussi
S. M. à tous Domestiques portant ivrée , sans
aucune réserve, exception ni distinction, d'entrer
à l'Opera , même en payant , de commettre au- cune violence , indécences ou autres desordres
aux entrées ni aux environs de la Sale où se font
les Représentations, sous telles peines qu'elle jugera convenables. Ordonne S. M. d'emprisonner
les contrevenans ; deffend très - expressement à
toutes Personnes , telles qu'elles puissent être ,
aux Officiers de sa Maison et autres , de s'opposer directement ni indirectement à ce qui est
cy- dessus ordonné , et d'empêcher par la force
ou autrement, que ceux qui y contreviendront
me soient arrêtez et conduits en prison.
SENTENCE DE POLICE , du 25. Avril,
qui condamne en vingt livres d'amende le nommé Jouan , fils , Regrattier de Paille et de Foin,
pour avoir contrevenu aux Ordonnances et Reglemens de Police concernant la vente et achapt de la Marchandise de Foin , et notamment pour
avoir acheté de mauvais Foin sur les Ports à vil
prix , et avoir voulu le faire passer comme Foin arrivé par terre , en le faisant rebotteler de nouyeau , et qui ordonne la confiscation dudit Foin.
AUTRE Ordonnance de Police du même jour
qui deffend la vente des Huitres pendant les
grandes chaleurs , à commencer au premier May
jusques et compris le dernier Jeudy du mois d'Août prochain.
AUTRE du 30. Avril , qui fait deffenses à
toutes personnes de passer sur les Terres ensemencées
MAY. 1732 1047
mencées , et d'y causer aucuns dégâts , sous quel
que prétexte que ce soit , à peine de soo. livres
d'amende , confiscation des Chevaux et Bestiaux
et de prison en cas de Rebellion.
ARREST du 3. May , dont voici la teneur.
Le Roy étant informé de tous les mouvemens qu'on excite continuellement dans les esprits , રે
Poccasion de plusieurs guérisons qu'on prétend
être miraculeusement arrivées par l'intercession du Sr de Paris , Diacre du Diocèse de Paris , et
dont on veut faire un argument de parti , pour
fournir des armes à ceux qui se révoltent contre
l'authorité de l'Eglise , et perpetuer la division
dans le Royaume , au sujet de la Constitution
Unigenitus , contre les dispositions des Déclara- tions de Sa Majesté , et de l'Arrêt qu'elle a rendu
les. Septembre dernier , pour faire cesser toutes
disputes et contestations sur ce sujet ; S. M. qui
a déja interposé son authorité dans cette matiere,
soit par son Ordonnance du 27. Janvier dernier soit par l'Arrêt qu'elle a rendu le 24. Avril suivant contre deux Libelles qui regardent les faits
cy-dessus marquez , a jugé à propos de continuer d'en prendre connoissance , pour prévenir
tout ce qui pourroit être une nouvelle occasion
de troubler la tranquillité de l'Eglise et de l'Etat :
à quoi desírant pourvoir ,SA MAJESTE ESTANT
EN SON CONSEIL , a fait et fait de très expres- ses inhibitions et deffenses à tous ses Sujets , de
quelque état et condition qu'ils soient , de faire
aucunes poursuites ni procedures pardevant ses
Cours et autres Juges , au sujet des faits cy- dessus énoncez , leurs circonstances ou dépendances
et de tout ce qui pourroit avoir été ou être fait
à cette occasion , $. M. s'en retenant la connois-
* sance , qu'elle interdit à toutes sesdites Cours et aucunes
1048 MERCURE DE FRANCE
autres Juges , et se réservant à elle seule de prendre les mesures qu'elle estimera les plus conve- nables pour faire cesser toutes disputes et contestations sur ce sujet Deffend pareillement S. M.
à tous ses Sujets , de composer , imprimer , vendre , debiter , ou autrement distribuer, sous quelque nom et titre que ce soit , aucuns Ouvrages,
Memoires ou Ecrits tendants à entretenir les disputes qui se sont formées au sujet desdits faits
ou de tout ce qui peut y avoir rapport , et de la
Constitution Unigenitus ; le tout sous les peines
portées par ledit Arrêt du 5. Septembre 1731.
lequel sera executé selon sa forme et teneur ,
tamment contre les Auteurs , Imprimeurs ou distributeurs de libelles ou d'écrits contraires à
la Religion , au respect dû au S. Siege , à N. S..
Pere le Pape et aux Evêques , à l'authorité de
P'Eglise et à celle de S. M. aux droits de sa Couronne, et aux Libertez de l'Eglise Gallicane , &c.
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Résumé : ARRETS NOTABLES.
En mars et avril 1732, plusieurs ordonnances royales ont été émises. Le 18 mars, une déclaration royale a réglé les pensions de la Maison du Roi, enregistrée au Parlement le 29 avril. Le 10 avril, une ordonnance a stipulé que la fourniture de pain aux troupes continuerait, avec une déduction sur la solde pour chaque ration de pain. Le 19 avril, deux ordonnances ont été promulguées concernant l'accès au théâtre de l'Opéra : la première a interdit l'accès à toute personne non autorisée, sauf celles ayant loué des loges ou possédant des cachets. La seconde a renforcé les interdictions d'entrer à l'Opéra sans payer et de perturber les spectacles. Le 25 avril, une sentence de police a condamné un regrattier pour violation des règlements sur la vente de foin, et une autre ordonnance a interdit la vente des huîtres pendant les grandes chaleurs. Le 30 avril, une ordonnance a interdit de passer sur les terres ensemencées. Enfin, le 3 mai, un arrêt royal a interdit toute poursuite ou publication concernant les guérisons attribuées au Diacre de Paris, afin de prévenir les troubles liés à la Constitution Unigenitus.
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189
p. 1234-1236
Voyage de la Reine à Chartres, [titre d'après la table]
Début :
La Reine, qui depuis la Naissance de Monseigneur le Dauphin, [...]
Mots clefs :
Reine, Naissance, Chartres, Versailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Voyage de la Reine à Chartres, [titre d'après la table]
FRANCE,
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LdeMonseigneur le Dauphin , desiA Reine , qui depuis la Naissance
roit d'en aller rendre ses actions de graces à Dieu , dans l'Eglise Cathedrale de
Chartres , dediée à la sainte Vierge , partit de Versailles le 26 du mois dernier
pour se rendre à Chartres , étant accompagnée de Mademoiselle de Clermont ,
Surintendante de sa Maison , des Dames
de sa Cour et de ses principaux Officiers.
Elle arriva le même jour au Château de
Rambouillet , où S. M. fut reçue par le
Comte et la Comtesse de Toulouse.
Le 27 la Reine , après avoir entendu
la Messe dans la Chapelle du Château,
partit pour Maintenon , où le Duc de
Noailles la reçut : S. M. y dîna , et arriva
à Chartres vers les sept heures du soir.
Le Marquis d'Armenonville , Gouverneur et Grand- Bailly de la Ville , accom
pagné des Maire et Echevins , complimenta la Reine à la porte de la Ville et
lui en presenta les clefs. Les rues par lesI. Vol quelles
JUIN. 1732 1235
quelles S. M. passa étoient tapissées , et
la Bourgeoisie y étoit rangée en haye et
sous les armes. La Reine alla descendre à
l'Eglise Cathédrale , devant laquelle S. M.
trouva les Gardes Françoises et Suisses en
haye et sous les armes. L'Evêque de Chartres , revêtu de ses habits pontificaux, et
à la tête des Chanoines en chappe , reçut
la Reine à la porte de l'Eglise , avec les
céremonies accoutumées ; et après l'avoir
complimentée, et lui avoir présenté l'eau
bénite , la conduisit dans le Chœur,
On chanta le Te Deum après lequel la
Reine fut accompagnée par l'Evêque et
par le Chapitre jusqu'à l'Evêché où S. M.
a logé.
Le 28 , la Reine fut conduite par l'Evêque et par le Chapitre à l'Eglise Cathé
drale et ensuite à la Chapelle basse dédiée
à la sainte Vierge. S. M. y entendit la
Messe, et y communia par les mains de
l'Abbé de S. Hermine son Aumônier en
quartier.
Le même jour , la Reine retourna à
l'Eglise Cathédrale , où S. M. entendit la
Messe qui fut célébrée par l'Evêque , pendant laquelle on chanta un Motet en Musique. Après la Messe , la Reine s'approcha de l'Autel où l'Evêque lui fit voir
toutes les Reliques et les présens que les
I. Vol. Rois
1236 MERCURE DE FRANCE
Rois et les Reines de France ont faits à
l'Eglise de Chartres : S. M. alla ensuite
faire sa priere à la Chapelle de la Vierge ,
où elle retourna le soir après avoir assisté
au Salut et reçu la bénédiction du S. Sacrement qui fut donnée par l'Evêque.
Le mêmejour , la Reine alla au Monastere des Religieuses Carmelites et à celui
des Religieuses de la Visitation. Le soir,
pendant le souper de la Reine , on tira
un grand nombre de boëtes et de fusées
dans le jardin de l'Evêché. Il y eut , comme le jour précedent , des illuminations
dans toute la Ville ; et pendant le sejour
que la Reine y a fait , le peuple a donné par des acclamations continuelles , des
marques de son respect et de son amour
pour S. M.
Le 29 , la Reine après avoir entendu la
Messe dans la Chapelle basse , partit de
Chartres : S. M. dîna à Maintenon , coucha à Rambouillet et le lendemain elle
arriva à Versailles vers les cinq heures du
soir
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LdeMonseigneur le Dauphin , desiA Reine , qui depuis la Naissance
roit d'en aller rendre ses actions de graces à Dieu , dans l'Eglise Cathedrale de
Chartres , dediée à la sainte Vierge , partit de Versailles le 26 du mois dernier
pour se rendre à Chartres , étant accompagnée de Mademoiselle de Clermont ,
Surintendante de sa Maison , des Dames
de sa Cour et de ses principaux Officiers.
Elle arriva le même jour au Château de
Rambouillet , où S. M. fut reçue par le
Comte et la Comtesse de Toulouse.
Le 27 la Reine , après avoir entendu
la Messe dans la Chapelle du Château,
partit pour Maintenon , où le Duc de
Noailles la reçut : S. M. y dîna , et arriva
à Chartres vers les sept heures du soir.
Le Marquis d'Armenonville , Gouverneur et Grand- Bailly de la Ville , accom
pagné des Maire et Echevins , complimenta la Reine à la porte de la Ville et
lui en presenta les clefs. Les rues par lesI. Vol quelles
JUIN. 1732 1235
quelles S. M. passa étoient tapissées , et
la Bourgeoisie y étoit rangée en haye et
sous les armes. La Reine alla descendre à
l'Eglise Cathédrale , devant laquelle S. M.
trouva les Gardes Françoises et Suisses en
haye et sous les armes. L'Evêque de Chartres , revêtu de ses habits pontificaux, et
à la tête des Chanoines en chappe , reçut
la Reine à la porte de l'Eglise , avec les
céremonies accoutumées ; et après l'avoir
complimentée, et lui avoir présenté l'eau
bénite , la conduisit dans le Chœur,
On chanta le Te Deum après lequel la
Reine fut accompagnée par l'Evêque et
par le Chapitre jusqu'à l'Evêché où S. M.
a logé.
Le 28 , la Reine fut conduite par l'Evêque et par le Chapitre à l'Eglise Cathé
drale et ensuite à la Chapelle basse dédiée
à la sainte Vierge. S. M. y entendit la
Messe, et y communia par les mains de
l'Abbé de S. Hermine son Aumônier en
quartier.
Le même jour , la Reine retourna à
l'Eglise Cathédrale , où S. M. entendit la
Messe qui fut célébrée par l'Evêque , pendant laquelle on chanta un Motet en Musique. Après la Messe , la Reine s'approcha de l'Autel où l'Evêque lui fit voir
toutes les Reliques et les présens que les
I. Vol. Rois
1236 MERCURE DE FRANCE
Rois et les Reines de France ont faits à
l'Eglise de Chartres : S. M. alla ensuite
faire sa priere à la Chapelle de la Vierge ,
où elle retourna le soir après avoir assisté
au Salut et reçu la bénédiction du S. Sacrement qui fut donnée par l'Evêque.
Le mêmejour , la Reine alla au Monastere des Religieuses Carmelites et à celui
des Religieuses de la Visitation. Le soir,
pendant le souper de la Reine , on tira
un grand nombre de boëtes et de fusées
dans le jardin de l'Evêché. Il y eut , comme le jour précedent , des illuminations
dans toute la Ville ; et pendant le sejour
que la Reine y a fait , le peuple a donné par des acclamations continuelles , des
marques de son respect et de son amour
pour S. M.
Le 29 , la Reine après avoir entendu la
Messe dans la Chapelle basse , partit de
Chartres : S. M. dîna à Maintenon , coucha à Rambouillet et le lendemain elle
arriva à Versailles vers les cinq heures du
soir
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Résumé : Voyage de la Reine à Chartres, [titre d'après la table]
En juin 1732, la Reine de France entreprit un voyage à Chartres. Le 26 juin, elle quitta Versailles avec Mademoiselle de Clermont et sa cour, s'arrêtant d'abord au Château de Rambouillet où elle fut reçue par le Comte et la Comtesse de Toulouse. Le lendemain, elle se rendit à Maintenon, accueillie par le Duc de Noailles, avant d'arriver à Chartres en soirée. À Chartres, elle fut accueillie par le Marquis d'Armenonville, le Maire et les Échevins, qui lui remirent les clefs de la ville. Les rues étaient décorées et la bourgeoisie était en armes. La Reine se rendit à la cathédrale, où elle fut reçue par l'Évêque de Chartres et les Chanoines, et un Te Deum fut chanté. Elle logea à l'Évêché. Le 28 juin, elle assista à la messe, communia, visita les reliques et les présents royaux, pria à la chapelle de la Vierge et visita les monastères des Carmélites et des Visitandines. Des feux d'artifice et des illuminations eurent lieu en son honneur. Le 29 juin, après la messe, elle quitta Chartres pour revenir à Versailles, en passant par Maintenon et Rambouillet.
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190
p. 1236-1241
« Le 30 May, vers les 7. heures du soir, le [...] »
Début :
Le 30 May, vers les 7. heures du soir, le [...]
Mots clefs :
Roi, Messe, Château, Musique, Procession, Fête de la Pentecôte, Fête-Dieu
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texteReconnaissance textuelle : « Le 30 May, vers les 7. heures du soir, le [...] »
Le 30 May , vers les 7. heures du soir ,
le Roi arriva du Château de Compiegne
à Versailles ; S. M. en partit le trois de
ce mois pour retourner à Compiegne.
Le 1.de ce mois , l'Abbé de S. Simon 'D
I. Vol. nommé
JUIN. 1732. 1237
nommé par le Roi à l'Evêché de Noyon ,
fut sacré dans l'Eglise du Noviciat des
Dominicains : la Céremonie fut faite par
l'Archevêque de Rouen , assisté de l'Evêque d'Uzés, et de l'Evêque de Bayeux.
Le Roi Stanislas et la Reine son Epouse , qui ont passé quelque tems à Versailles avec la Reine , en partirent le 23.
pour retourner au Château de Chambort.
M. de Gasville , Intendant de la Généralité de Rouen , ayant demandé au Roi
la permission de se retirer , S. M. a nommé pour le remplacer dans cette Intendance , M. de la Bourdonnaye Me des
Requêtes.
Le 1. de ce mois , Fête de la Pentecôte
le Roi revêtu du grand Collier de l'Ordre du S. Esprit , se rendit à 3. heures du
matinà la Chapelle du Chateau de Versailles , oùS. M. entendit la Messe, et communia les mains de l'Abbé de Suze par
Aumônier du Roy en quartier. l'Evêque
de Perigueux prêta Serment de fidelité
entre les mains du Roy pendant, cette
Messe , après laquelle S. M. toucha un
grand nombre de Malades.
Le même jour , les Chevaliers , Com
I. Vol.
mandeurs
1238 MERCURE DE FRANCE
mandeurs , et Officiers de l'Ordre du S.
Esprit , s'étant rendus vers les 11. heures
du matin dans le Cabinet du Roi , S. M.
tint un Chapitre , dans lequel le Prince
de Conti fut nommé Chevalier. Le Roi
alla ensuite à la Chapelle , étant précedé
du Duc d'Orleans , du Duc de Bourbon
du Comte de Charolois , du Comte de
Clermont , du Duc du Maine , du Prince de Dombes , du Comte d'Eu , du Comte de Toulouse et des Chevaliers , Commandeurs et Officiers de l'Ordre. Le Roi,
devant lequel les deux Huissiers de la
Chambre portoient leurs Masses , étoit
en Manteau , le Collier de l'Ordre par
dessus , ainsi que les Chevaliers. S. M.
entendit la Grand- Messe qui fut célébrée.
par l'Abbé Brosseau , Chapelain ordinaire
de la Chapelle de Musique, et chantée
par la Musique. La Reine accompagnée
des Dames de sa Cour , assista à la même Messe dans sa Tribune.
L'après midy , L. M. entendirent le
Sermon du P. Hericourt , Religieux
Théatin , et ensuite les Vêpres chantées
par la Musique.
Le 2. après la Messe du Roi , le Duc
de Chartres reçut dans la Chapelle du
Château les Céremonies du Baptême , et
il fut nommé Louis-Philippe par le Roi
1. Vol. et
JUI N. 1732. 1239
et la Reine qui furent ses Parain et Maraine. Cette Ceremonie fut faite par
l'Abbé de Bellefons , Aumônier du Roi
en quartier , en présence du Curé de la
Paroisse du Château,
7
Le 12. de ce mois jour de la Fête- Dieu ,
le Roi accompagné du Duc d'Orleans
du Duc de Bourbon , du Prince de Dombes , du Comte d'Eu et du Comte de
Toulouse , se rendit à 1o. heures du matin à l'Eglise de l'Abbaye Royale de saint
Corneille de Compiegne , où S. M. assista à l'Office , à la Grand- Messe , à laquelle
l'Evêque de Soissons officia pontificalement, et ensuite à la Procession. Le R. P.
Dom Jean-Baptiste Alaydon , Superieur
Général de la Congrégation de S. Maur, à
la tête du Clergé de la Ville , eut l'honneur de recevoir et de complimenter le
Roi à l'entrée de l'Eglise. La Cour témoigna être également satisfaite et édifiée de
la dignité avec laquelle les Religieux de
cette Abbaye font l'Office divin et les
ceremonies.
Le jour de la Fête-Dieu , la Procession
de la Paroisse de Versailles , vint , suivant l'usage , à la Chapelle du Château ,
où la Reine s'étoit rendue dans sa Tri1. Vol. I bune.
4240 MERCURE DE FRANCE
bune. S. M. y reçut la bénédiction du
S. Sacrement et , entendit la Messe ensuite. Monseigneur le Dauphin , Monseigneur le Duc d'Anjou et Mesdames de
France , virent passer la Procession des
fenêtres de l'Apartement du Cardinal de
Fleury. Le soir , ainsi que pendant toute
l'Octave , la Reine assista au Salut dans
La Chapelle.
T
Les.Deputez du Parlement qui avoient
reçu les ordres du Roi le 16. de ce mois,
se rendirent le lendemain à Compiegne ,
et M. Portail , Premier Président , étant
à leur tête , ils furent conduits et présentez avec les cérémonies accoutumées à
l'Audience de S. M. qui leur declara sa
volonté
Les Dimanches et les Fêtes , le Roi asşiste au Service Divin le matin et l'aprèsmidy; le Jeudy S. M. ne sort point ; elle
voit jouer à la paume les quatre Maîtres
de Paris qui ont été mandez à Compie
gne ; les autres jours il y a jeu et chasse ,
du Cerfet du Sanglier , alternativement.
Ontrouve cette année une grande quantité de Cerfs et de Biches dans la Forêt
de Compiegne ; on en voit jusqu'à trente
en troupes,ce qui fait que le Roi en prend
Д. Vol. sou-
JUIN 1732 1241
souvent deux de suite. Le soir S.M. soupe avec les Seigneurs de sa Cour.
Le sieur Dedelay de la Garde , Secretaire du Roi et Payeur des rentes , a été
nommé Fermier Géneral à la place de
feu M. de Salins. Ce choix a été univer
sellement approuvé.
Le 19 Juin dernier jour de l'octave
de la Fête- Dieu , les Comédiens Italiens
firent construire un Reposoir à l'entrée
de la rue Françoise à l'occasion de la Procession de la Paroisse S. Sauveur qui passe par le bout de cette rue. Ce Reposoir
étoit orné de riches Tapisseries , décoré
et illuminé d'une maniere très- brillante.
Un chœur de Musique composé de plus
de cinquante personnes , s'étoit rendu
avant la Procession à l'Eglise de S. Sauveur où l'on chanta une Messe solemnelle
en Musique , après laquelle les mêmes
Musiciens se rendirent au Reposoir et se
placerent sur des Tribunes construites exprès à droite et à gauche ; on y chanta
dans le tems que la procession s'y arrêta ,
un tres-beau Motet à grand chœur, con
le Roi arriva du Château de Compiegne
à Versailles ; S. M. en partit le trois de
ce mois pour retourner à Compiegne.
Le 1.de ce mois , l'Abbé de S. Simon 'D
I. Vol. nommé
JUIN. 1732. 1237
nommé par le Roi à l'Evêché de Noyon ,
fut sacré dans l'Eglise du Noviciat des
Dominicains : la Céremonie fut faite par
l'Archevêque de Rouen , assisté de l'Evêque d'Uzés, et de l'Evêque de Bayeux.
Le Roi Stanislas et la Reine son Epouse , qui ont passé quelque tems à Versailles avec la Reine , en partirent le 23.
pour retourner au Château de Chambort.
M. de Gasville , Intendant de la Généralité de Rouen , ayant demandé au Roi
la permission de se retirer , S. M. a nommé pour le remplacer dans cette Intendance , M. de la Bourdonnaye Me des
Requêtes.
Le 1. de ce mois , Fête de la Pentecôte
le Roi revêtu du grand Collier de l'Ordre du S. Esprit , se rendit à 3. heures du
matinà la Chapelle du Chateau de Versailles , oùS. M. entendit la Messe, et communia les mains de l'Abbé de Suze par
Aumônier du Roy en quartier. l'Evêque
de Perigueux prêta Serment de fidelité
entre les mains du Roy pendant, cette
Messe , après laquelle S. M. toucha un
grand nombre de Malades.
Le même jour , les Chevaliers , Com
I. Vol.
mandeurs
1238 MERCURE DE FRANCE
mandeurs , et Officiers de l'Ordre du S.
Esprit , s'étant rendus vers les 11. heures
du matin dans le Cabinet du Roi , S. M.
tint un Chapitre , dans lequel le Prince
de Conti fut nommé Chevalier. Le Roi
alla ensuite à la Chapelle , étant précedé
du Duc d'Orleans , du Duc de Bourbon
du Comte de Charolois , du Comte de
Clermont , du Duc du Maine , du Prince de Dombes , du Comte d'Eu , du Comte de Toulouse et des Chevaliers , Commandeurs et Officiers de l'Ordre. Le Roi,
devant lequel les deux Huissiers de la
Chambre portoient leurs Masses , étoit
en Manteau , le Collier de l'Ordre par
dessus , ainsi que les Chevaliers. S. M.
entendit la Grand- Messe qui fut célébrée.
par l'Abbé Brosseau , Chapelain ordinaire
de la Chapelle de Musique, et chantée
par la Musique. La Reine accompagnée
des Dames de sa Cour , assista à la même Messe dans sa Tribune.
L'après midy , L. M. entendirent le
Sermon du P. Hericourt , Religieux
Théatin , et ensuite les Vêpres chantées
par la Musique.
Le 2. après la Messe du Roi , le Duc
de Chartres reçut dans la Chapelle du
Château les Céremonies du Baptême , et
il fut nommé Louis-Philippe par le Roi
1. Vol. et
JUI N. 1732. 1239
et la Reine qui furent ses Parain et Maraine. Cette Ceremonie fut faite par
l'Abbé de Bellefons , Aumônier du Roi
en quartier , en présence du Curé de la
Paroisse du Château,
7
Le 12. de ce mois jour de la Fête- Dieu ,
le Roi accompagné du Duc d'Orleans
du Duc de Bourbon , du Prince de Dombes , du Comte d'Eu et du Comte de
Toulouse , se rendit à 1o. heures du matin à l'Eglise de l'Abbaye Royale de saint
Corneille de Compiegne , où S. M. assista à l'Office , à la Grand- Messe , à laquelle
l'Evêque de Soissons officia pontificalement, et ensuite à la Procession. Le R. P.
Dom Jean-Baptiste Alaydon , Superieur
Général de la Congrégation de S. Maur, à
la tête du Clergé de la Ville , eut l'honneur de recevoir et de complimenter le
Roi à l'entrée de l'Eglise. La Cour témoigna être également satisfaite et édifiée de
la dignité avec laquelle les Religieux de
cette Abbaye font l'Office divin et les
ceremonies.
Le jour de la Fête-Dieu , la Procession
de la Paroisse de Versailles , vint , suivant l'usage , à la Chapelle du Château ,
où la Reine s'étoit rendue dans sa Tri1. Vol. I bune.
4240 MERCURE DE FRANCE
bune. S. M. y reçut la bénédiction du
S. Sacrement et , entendit la Messe ensuite. Monseigneur le Dauphin , Monseigneur le Duc d'Anjou et Mesdames de
France , virent passer la Procession des
fenêtres de l'Apartement du Cardinal de
Fleury. Le soir , ainsi que pendant toute
l'Octave , la Reine assista au Salut dans
La Chapelle.
T
Les.Deputez du Parlement qui avoient
reçu les ordres du Roi le 16. de ce mois,
se rendirent le lendemain à Compiegne ,
et M. Portail , Premier Président , étant
à leur tête , ils furent conduits et présentez avec les cérémonies accoutumées à
l'Audience de S. M. qui leur declara sa
volonté
Les Dimanches et les Fêtes , le Roi asşiste au Service Divin le matin et l'aprèsmidy; le Jeudy S. M. ne sort point ; elle
voit jouer à la paume les quatre Maîtres
de Paris qui ont été mandez à Compie
gne ; les autres jours il y a jeu et chasse ,
du Cerfet du Sanglier , alternativement.
Ontrouve cette année une grande quantité de Cerfs et de Biches dans la Forêt
de Compiegne ; on en voit jusqu'à trente
en troupes,ce qui fait que le Roi en prend
Д. Vol. sou-
JUIN 1732 1241
souvent deux de suite. Le soir S.M. soupe avec les Seigneurs de sa Cour.
Le sieur Dedelay de la Garde , Secretaire du Roi et Payeur des rentes , a été
nommé Fermier Géneral à la place de
feu M. de Salins. Ce choix a été univer
sellement approuvé.
Le 19 Juin dernier jour de l'octave
de la Fête- Dieu , les Comédiens Italiens
firent construire un Reposoir à l'entrée
de la rue Françoise à l'occasion de la Procession de la Paroisse S. Sauveur qui passe par le bout de cette rue. Ce Reposoir
étoit orné de riches Tapisseries , décoré
et illuminé d'une maniere très- brillante.
Un chœur de Musique composé de plus
de cinquante personnes , s'étoit rendu
avant la Procession à l'Eglise de S. Sauveur où l'on chanta une Messe solemnelle
en Musique , après laquelle les mêmes
Musiciens se rendirent au Reposoir et se
placerent sur des Tribunes construites exprès à droite et à gauche ; on y chanta
dans le tems que la procession s'y arrêta ,
un tres-beau Motet à grand chœur, con
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Résumé : « Le 30 May, vers les 7. heures du soir, le [...] »
En juin 1732, le roi séjourna à Versailles du 30 mai au 3 juin, avant de retourner au Château de Compiègne. Le 1er juin, l'Abbé de Saint-Simon fut nommé et sacré évêque de Noyon par l'archevêque de Rouen, assisté des évêques d'Uzès et de Bayeux. Le roi Stanislas et la reine quittèrent Versailles le 23 juin pour le Château de Chambord. M. de Gasville, intendant de la généralité de Rouen, fut remplacé par M. de la Bourdonnaye. Le 1er juin, jour de la Pentecôte, le roi, portant le grand collier de l'Ordre du Saint-Esprit, assista à la messe et communia. L'évêque de Périgueux prêta serment de fidélité, et le roi toucha un grand nombre de malades. Le prince de Conti fut nommé chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit lors d'un chapitre royal. Le duc de Chartres reçut les cérémonies du baptême et fut nommé Louis-Philippe par le roi et la reine. Le 12 juin, jour de la Fête-Dieu, le roi se rendit à l'abbaye royale de Saint-Corneille de Compiègne pour l'office et la procession. La reine reçut la bénédiction du Saint-Sacrement à la chapelle du château de Versailles. Les députés du Parlement reçurent les ordres du roi et se rendirent à Compiègne pour une audience. Le roi participait aux services divins les dimanches et fêtes, jouait à la paume le jeudi, et chassait les autres jours. Une grande quantité de cerfs et de biches fut observée dans la forêt de Compiègne. Le sieur Dedelay de la Garde fut nommé fermier général à la place de M. de Salins. Le 19 juin, les comédiens italiens construisirent un reposoir pour la procession de la paroisse Saint-Sauveur, orné de riches tapisseries et illuminé de manière brillante.
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191
p. 1242
BOUQUET, A Mlle...... qui ne sçauroit souffrir l'odeur des Fleurs.
Début :
Aimbale Iris, c'est demain votre Fête, [...]
Mots clefs :
Amour, Bouquet, Fleurs, Iris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BOUQUET, A Mlle...... qui ne sçauroit souffrir l'odeur des Fleurs.
A Mile
Ne dites
BOUQUET,
qui ne sçauroit souffrir
l'odeur des Fleurs.
AImable Iris , c'est demain votre Fête ,
Je veux vous donner un Bouquet ;
pas : les Fleurs me font mal à la tête ,
Je n'en veux point ; voyez dequoi le mien est fait.
Ce n'est point un Bouquet dont l'odeur s'évas
pore,
Iris , ce sont des Fleurs du Dieu qu'on nomme Amour ,
C'est vous qui les faites éclore ,
C'est moi qui leur donne le jour.
Que dis-je qu'ai- je fait ? cet avèu vous offense ,
Amour , fatal Amour , pourquoi me trahis- tu
Eh , ne pouvois- tu donc rester dans le silence ,
Ou faire que d'Iris , tu fusses mieux reçu ?
Mais je vois un souris qui dissipe mes craintes ,
Allez, mes Vers , produisez-vous ,
Dites-lui que mon cœur sent les vives atteintes
D'un feu ..paix ! gardez-vous d'alllumer son couroux.
Ne dites
BOUQUET,
qui ne sçauroit souffrir
l'odeur des Fleurs.
AImable Iris , c'est demain votre Fête ,
Je veux vous donner un Bouquet ;
pas : les Fleurs me font mal à la tête ,
Je n'en veux point ; voyez dequoi le mien est fait.
Ce n'est point un Bouquet dont l'odeur s'évas
pore,
Iris , ce sont des Fleurs du Dieu qu'on nomme Amour ,
C'est vous qui les faites éclore ,
C'est moi qui leur donne le jour.
Que dis-je qu'ai- je fait ? cet avèu vous offense ,
Amour , fatal Amour , pourquoi me trahis- tu
Eh , ne pouvois- tu donc rester dans le silence ,
Ou faire que d'Iris , tu fusses mieux reçu ?
Mais je vois un souris qui dissipe mes craintes ,
Allez, mes Vers , produisez-vous ,
Dites-lui que mon cœur sent les vives atteintes
D'un feu ..paix ! gardez-vous d'alllumer son couroux.
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Résumé : BOUQUET, A Mlle...... qui ne sçauroit souffrir l'odeur des Fleurs.
Le locuteur adresse un poème à Iris pour sa fête, exprimant son aversion pour les fleurs mais offrant un bouquet symbolisant l'amour. Il craint d'offenser Iris mais voit son sourire dissiper ses craintes. Il met en garde les vers de ne pas révéler ses sentiments.
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192
p. 1243-1244
BENEFICES DONNEZ.
Début :
Le Roy a nommé à l'Evêché de Lodève, l'Abbé [...]
Mots clefs :
Bénéfices, Ordres
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texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNEZ.
BENEFICES DONNEZ
E Roy a nommé à l'Evêché de LodeLELve,l'Abbé deSouliac ,Grand Vicai >
res de l'Evêque de Périgueux.
S. M. a donné l'Abbaye de S. Gilles ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Nismes ,
à l'Evêque de Nísmies.
Celle de Nants , Ordre de S. Benoît ,
Diocèse de Vabres , à l'Evêque de Gap.
Celle de Mazun , Ordre de Citeaux ,
Diocèse de Viviers, à l'Evêque d'Orange.
Celle de Fontdouce , Ordre de S. Benoît , Diocèse de Xaintes , à l'Abbé de
Coulanges , Grand-Vicaire de l'Evêque
de S. Paul-Trois- Châteaux.
Celle de S. Sauveur de Lodève , Ordre
de S. Benoît , à l'Abbé le Noir , Théologal de l'Eglise Cathedrale de Montpellier.
Celle de S. Jacques de Provins , Ordre
de S. Augustin , Diocèse de Sens, àl'Abbé
Mercier , Chanoine de la Ste Chapelle
de Paris.
Celle de Mauleon , Ordre de S. Auguftin , Diocèse de la Rochelle, à l'Abbé
de la Garde Jasier , Chanoine de l'Eglise
Cathédrale de S. Malo.
Celle de S. Gilbert, Ordre de PrémonI. Vol. I iij tré,
1244 MERCURE DE FRANCE
tré , Diocèse de Clermont , à l'Abbé de
Lisle du Guast , Chanoine de l'Eglise Ca
thédrale de Chartres.
Celle de Notre Dame de Vielmeur
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Castres
à la Dame d'Espinouse.
Celle de Ste Geneviève de Chaillot,
lez - Paris , Ordre de S. Augustin , à la
Dame de Tournefort.
L'Abbaye de S. Savin , Ordre de S.Benoît , Diocèse de Poitiers ; à l'Abbé de la..
Richardie, Grand-Vicaire de l'Evêque de
Noyon.
Le Prieuré de S. Robert de Cornillon
Ordre de S. Augustin , Diocèse de Gre
noble , à l'Evêque de Grenoble.
E Roy a nommé à l'Evêché de LodeLELve,l'Abbé deSouliac ,Grand Vicai >
res de l'Evêque de Périgueux.
S. M. a donné l'Abbaye de S. Gilles ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Nismes ,
à l'Evêque de Nísmies.
Celle de Nants , Ordre de S. Benoît ,
Diocèse de Vabres , à l'Evêque de Gap.
Celle de Mazun , Ordre de Citeaux ,
Diocèse de Viviers, à l'Evêque d'Orange.
Celle de Fontdouce , Ordre de S. Benoît , Diocèse de Xaintes , à l'Abbé de
Coulanges , Grand-Vicaire de l'Evêque
de S. Paul-Trois- Châteaux.
Celle de S. Sauveur de Lodève , Ordre
de S. Benoît , à l'Abbé le Noir , Théologal de l'Eglise Cathedrale de Montpellier.
Celle de S. Jacques de Provins , Ordre
de S. Augustin , Diocèse de Sens, àl'Abbé
Mercier , Chanoine de la Ste Chapelle
de Paris.
Celle de Mauleon , Ordre de S. Auguftin , Diocèse de la Rochelle, à l'Abbé
de la Garde Jasier , Chanoine de l'Eglise
Cathédrale de S. Malo.
Celle de S. Gilbert, Ordre de PrémonI. Vol. I iij tré,
1244 MERCURE DE FRANCE
tré , Diocèse de Clermont , à l'Abbé de
Lisle du Guast , Chanoine de l'Eglise Ca
thédrale de Chartres.
Celle de Notre Dame de Vielmeur
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Castres
à la Dame d'Espinouse.
Celle de Ste Geneviève de Chaillot,
lez - Paris , Ordre de S. Augustin , à la
Dame de Tournefort.
L'Abbaye de S. Savin , Ordre de S.Benoît , Diocèse de Poitiers ; à l'Abbé de la..
Richardie, Grand-Vicaire de l'Evêque de
Noyon.
Le Prieuré de S. Robert de Cornillon
Ordre de S. Augustin , Diocèse de Gre
noble , à l'Evêque de Grenoble.
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Résumé : BENEFICES DONNEZ.
Le document relate diverses nominations et attributions de bénéfices ecclésiastiques. Le roi a nommé l'Abbé de Souliac, Grand Vicaire de l'Évêque de Périgueux, à l'Évêché de Lodève. Plusieurs abbayes ont été attribuées à divers évêques et abbés. L'Abbaye de Saint-Gilles, dans le Diocèse de Nîmes, a été donnée à l'Évêque de Nîmes. L'Abbaye de Nants, dans le Diocèse de Vabres, a été attribuée à l'Évêque de Gap. L'Abbaye de Mazun, dans le Diocèse de Viviers, a été donnée à l'Évêque d'Orange. L'Abbaye de Fontdouce, dans le Diocèse de Saintes, a été attribuée à l'Abbé de Coulanges, Grand-Vicaire de l'Évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux. L'Abbaye de Saint-Sauveur de Lodève a été donnée à l'Abbé le Noir, Théologal de l'Église Cathédrale de Montpellier. L'Abbaye de Saint-Jacques de Provins, dans le Diocèse de Sens, a été attribuée à l'Abbé Mercier, Chanoine de la Sainte Chapelle de Paris. L'Abbaye de Mauleon, dans le Diocèse de la Rochelle, a été donnée à l'Abbé de la Garde Jasier, Chanoine de l'Église Cathédrale de Saint-Malo. L'Abbaye de Saint-Gilbert, dans le Diocèse de Clermont, a été attribuée à l'Abbé de Lisle du Guast, Chanoine de l'Église Cathédrale de Chartres. L'Abbaye de Notre-Dame de Vielmeur, dans le Diocèse de Castres, a été donnée à la Dame d'Espinouse. L'Abbaye de Sainte-Geneviève de Chaillot, près de Paris, a été attribuée à la Dame de Tournefort. L'Abbaye de Saint-Savin, dans le Diocèse de Poitiers, a été donnée à l'Abbé de la Richardie, Grand-Vicaire de l'Évêque de Noyon. Enfin, le Prieuré de Saint-Robert de Cornillon, dans le Diocèse de Grenoble, a été attribué à l'Évêque de Grenoble.
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193
p. 1244-1245
BOUQUET, A M. Antoine ***
Début :
Quelle saison pour votre Fête ! [...]
Mots clefs :
Fleurs, Bouquets, Ornements
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texteReconnaissance textuelle : BOUQUET, A M. Antoine ***
B OU QUET,
A M. Antoine *
Quelle Uelle saison pour votre
*
Fête!
J'ai beau chercher des fleurs pour orner votre
sête,
Je ne trouve que des glaçons ;
Quel présent , pour prouver à quel point je vous aime ;
La promte violette même ;
N'oseroit naître encore à l'abri des Buissons.
La nature gemit de se voir déparée
I. Vol.
Da
J'UIN. 1732. 1243
De tous ses plus beaux ornemens ;
Ce qu'elle avoit produit est détruit par Borée ,
Et la Cohorte des Autans ;
Les Zéphirs , Flore , et ses Compagnes
Ont abandonné nos Campagnes.
Je vais , faute de fleurs , former pour vous dés vœux ,
Puissent vos jours couler dans un repos heu
reux !
Qu'à Lachesis leur trame échape ,
Sans les remedes d'Esculape.
Que l'Astre qui fait les saisons ,
Fasse cent fois le tour de ses douze Maisons ;
Avant que la chaleur vous quitte ;..
Avant que vous passiez le fabuleux Cocyte.
M.CHABAUD.”
A M. Antoine *
Quelle Uelle saison pour votre
*
Fête!
J'ai beau chercher des fleurs pour orner votre
sête,
Je ne trouve que des glaçons ;
Quel présent , pour prouver à quel point je vous aime ;
La promte violette même ;
N'oseroit naître encore à l'abri des Buissons.
La nature gemit de se voir déparée
I. Vol.
Da
J'UIN. 1732. 1243
De tous ses plus beaux ornemens ;
Ce qu'elle avoit produit est détruit par Borée ,
Et la Cohorte des Autans ;
Les Zéphirs , Flore , et ses Compagnes
Ont abandonné nos Campagnes.
Je vais , faute de fleurs , former pour vous dés vœux ,
Puissent vos jours couler dans un repos heu
reux !
Qu'à Lachesis leur trame échape ,
Sans les remedes d'Esculape.
Que l'Astre qui fait les saisons ,
Fasse cent fois le tour de ses douze Maisons ;
Avant que la chaleur vous quitte ;..
Avant que vous passiez le fabuleux Cocyte.
M.CHABAUD.”
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Résumé : BOUQUET, A M. Antoine ***
L'auteur écrit à M. Antoine pour une fête hivernale, regrettant l'absence de fleurs. Il souhaite à M. Antoine un repos heureux et une longue vie. La lettre est signée M. Chabaud et datée de juin 1732.
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194
p. 1245-1247
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Joigny, le 10 Juin 1732. au sujet du Jeu de l'Arquebuse.
Début :
Les Chevaliers du Jeu de l'Arquebuse de la Ville [...]
Mots clefs :
Jeu de l'Arquebuse, Joigny, Prix
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Joigny, le 10 Juin 1732. au sujet du Jeu de l'Arquebuse.
EXTRAITd'une Lettre écrite de Joigny,
le 10 Juin 1732. au sujet du Jeu de l'Atquebuse.
Es Chevaliers du Jeu de l'Arquebuse
Lde laville de Joigny,au nombre de
plus de 50. sans parler des Chevaliers
d'honneur , tirerent le grand Prix , appellé Loyseau, ces Fêtes dernieres, en présence d'un prodigieux nombre de Spec- 1
tateurs , de toutes qualitez, accourus des
Villes et lieux circonvoisins... Il y avoit
I. Vol.
I iiij huit
1245 MERCURE DE FRANCE
huit ans que ce Prix , qui consiste ordinairement en argenterie , n'avoit été tiré.
~ Il fut tiré à la Butte , à 52 toises de distance , sur un rond de 4 pouces de diametre , avec des Fuzils , à Canons non marmettez , rayez , ni virolez , non plus qu'à
lunettes.
Les Armes furent chargées en présence
du Commissaire , qui prend garde qu'aucun Chevalier ne charge son arme de
doubles Balles, ou ramées. On continua le
Jeu jusqu'au 8 du courant , que l'Oyseau
fut mis à bas. On proclama le Roy au son
des Tambours , des Fiffres, et par une décharge des Armes de la Compagnie , et
des Boëtes de la Ville.
Ce Chevalier vainqueur m'arrête icy s
son mérite personnel et son adresse à tirer,
demandent une distinction particuliere.
On pourroit dire de lui ce qu'un Auteur
de la vie d'Alexandre rapporte d'un Soldat de l'Armée de ce Prince , qui tiroit
à coup sûr des Fléches , entre les doigts
de la main de ses camarades , sans jamais.
les offenser.
Je me persuade que l'on n'a pas encore
vû dans aucun Jeu de l'Arquebuse du
Royaume un mêmeChevalier 4 fois Roy.
Celui dont je parle, a mis 4 fois l'Oyseau
I. Vol.
â
JUIN 1732. 1247
à bas , son nom est M. Platard , aujourd'hui Maire de Joigny , &c.
le 10 Juin 1732. au sujet du Jeu de l'Atquebuse.
Es Chevaliers du Jeu de l'Arquebuse
Lde laville de Joigny,au nombre de
plus de 50. sans parler des Chevaliers
d'honneur , tirerent le grand Prix , appellé Loyseau, ces Fêtes dernieres, en présence d'un prodigieux nombre de Spec- 1
tateurs , de toutes qualitez, accourus des
Villes et lieux circonvoisins... Il y avoit
I. Vol.
I iiij huit
1245 MERCURE DE FRANCE
huit ans que ce Prix , qui consiste ordinairement en argenterie , n'avoit été tiré.
~ Il fut tiré à la Butte , à 52 toises de distance , sur un rond de 4 pouces de diametre , avec des Fuzils , à Canons non marmettez , rayez , ni virolez , non plus qu'à
lunettes.
Les Armes furent chargées en présence
du Commissaire , qui prend garde qu'aucun Chevalier ne charge son arme de
doubles Balles, ou ramées. On continua le
Jeu jusqu'au 8 du courant , que l'Oyseau
fut mis à bas. On proclama le Roy au son
des Tambours , des Fiffres, et par une décharge des Armes de la Compagnie , et
des Boëtes de la Ville.
Ce Chevalier vainqueur m'arrête icy s
son mérite personnel et son adresse à tirer,
demandent une distinction particuliere.
On pourroit dire de lui ce qu'un Auteur
de la vie d'Alexandre rapporte d'un Soldat de l'Armée de ce Prince , qui tiroit
à coup sûr des Fléches , entre les doigts
de la main de ses camarades , sans jamais.
les offenser.
Je me persuade que l'on n'a pas encore
vû dans aucun Jeu de l'Arquebuse du
Royaume un mêmeChevalier 4 fois Roy.
Celui dont je parle, a mis 4 fois l'Oyseau
I. Vol.
â
JUIN 1732. 1247
à bas , son nom est M. Platard , aujourd'hui Maire de Joigny , &c.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Joigny, le 10 Juin 1732. au sujet du Jeu de l'Arquebuse.
Le 10 juin 1732, à Joigny, plus de 50 Chevaliers du Jeu de l'Arquebuse ont participé à une compétition pour le grand Prix Loyseau, un trophée d'argenterie non attribué depuis huit ans. La compétition s'est tenue à la Butte, à 52 toises de distance, sur une cible de 4 pouces de diamètre, avec des fusils non modifiés. Les armes ont été chargées sous surveillance pour garantir l'équité. La compétition a duré jusqu'au 8 juin, date à laquelle l'oiseau cible a été abattu. La victoire a été proclamée par des tambours, des fifres et une salve d'armes. Le vainqueur, M. Platard, maire de Joigny, a été distingué pour son adresse exceptionnelle, remportant le prix pour la quatrième fois, un exploit rare dans les jeux de l'Arquebuse du royaume. Sa précision a été comparée à celle d'un soldat de l'armée d'Alexandre.
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195
p. 1247-1248
A M. LE CHEVALIER DE LA T...
Début :
Dans l'étude de la sagesse, [...]
Mots clefs :
Sagesse, Fuite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A M. LE CHEVALIER DE LA T...
A M. LE CHEVALIER DE LA T....
*
D Ans l'étude de la sagesse ,
Vous avez jusqu'icy passé votre jeunesse
Quelquefois par délassement ;
Dans un esprit de badinage ,
Vous exerciez plus d'un talent ,
Dont vous ne faites plus un si fréquent usage ::
Vous vous plaisiez sur tout à peindre élégam- ment ,
Le redoutable Amour , ce Dieu si plein de char mes ,
Hélas ! vous ignoriez le pouvoit de ses armes !!
Vous ne l'aviez alors , guéres vû qu'en Tablèau ,,
Sorti de votre plume , ou de votre pinceau,
Mais aujourd'hui , dans les yeux de Silvie
Vous le bravez à tout moment.
Minerve qui se plût à régler votre vie ,
En murmure assez hautement.
Alle apprend qu'on ne peut vaincre que par las fuite ,
Si le vertueux Hypolite ,
Que l'on compte entre les Héros ,
Abandonna pour Aricie,
Son Char , son Arc, ses Javelots ,
Ah ! je crains bien que pour Silvie .
1. Vol.
I v Vous
1248 MERCURE DE FRANCE
Vous ne perdiez votre repos ,
Avec votre Philosophie
Par M. de Sommevesle , de Châlons
en Champagne.
*
D Ans l'étude de la sagesse ,
Vous avez jusqu'icy passé votre jeunesse
Quelquefois par délassement ;
Dans un esprit de badinage ,
Vous exerciez plus d'un talent ,
Dont vous ne faites plus un si fréquent usage ::
Vous vous plaisiez sur tout à peindre élégam- ment ,
Le redoutable Amour , ce Dieu si plein de char mes ,
Hélas ! vous ignoriez le pouvoit de ses armes !!
Vous ne l'aviez alors , guéres vû qu'en Tablèau ,,
Sorti de votre plume , ou de votre pinceau,
Mais aujourd'hui , dans les yeux de Silvie
Vous le bravez à tout moment.
Minerve qui se plût à régler votre vie ,
En murmure assez hautement.
Alle apprend qu'on ne peut vaincre que par las fuite ,
Si le vertueux Hypolite ,
Que l'on compte entre les Héros ,
Abandonna pour Aricie,
Son Char , son Arc, ses Javelots ,
Ah ! je crains bien que pour Silvie .
1. Vol.
I v Vous
1248 MERCURE DE FRANCE
Vous ne perdiez votre repos ,
Avec votre Philosophie
Par M. de Sommevesle , de Châlons
en Champagne.
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Résumé : A M. LE CHEVALIER DE LA T...
M. de Sommevesle écrit au Chevalier de La T... pour évoquer sa jeunesse dédiée à la sagesse et aux arts. Il mentionne l'amour ignoré alors, mais aujourd'hui présent dans les yeux de Silvie. Minerve conseille la fuite, citant Hypolite. L'auteur craint que Silvie ne perturbe le repos et la philosophie du destinataire.
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196
p. 1248-1251
CEREMONIE singuliere, faite dans l'Eglise Cathedrale d'Auxerre.
Début :
MR le Comte de Chastellux, Brigadier des Armées du Roy, [...]
Mots clefs :
Cérémonie, Auxerre, Chastellux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CEREMONIE singuliere, faite dans l'Eglise Cathedrale d'Auxerre.
CEREMONIE singuliere , faite
dans l'Eglise Cathedrale d'Auxerre.
Ma
R le Comte de Chastellux , Brigadier des Armées du Roy, Capitaine.
des Gens d'armes de Flandres , a pris possession le 2 de ce mois de Juin, de la Dignité de premier Chanoine héréditaire de
l'Eglise d'Auxerre , attachée à ceux de sa
Maison, qui sont Seigneurs Haut-Justiciers
de la Terre et Seigneurie de . Chastellux.
Cette Cérémonie fut faite avec beaucoup
d'éclat , et attira une foule prodigieuse
de monde dans la Cathedrale.
Il y avoit 84ans que M.son pere CesarPhilippe de Chastellux avoit été reçu .
On a commencé, suivant l'usage, par lä
faire prêter en Chapitre le serment en ces
termes: Nous,Guillaume - Antoine. Seigneur
Haut-Justicier de la Terre, Justice & Seigneurie de Chastellux , promettons vivre et
continuer en l'exercice de la Religion Catho-..
lique , Apostolique et Romaine , et que se...
rons bons et loyaux à l'Eglise et aux Duyen,
Changings , et Chapitre de l'Eglife Cathé 1. Vol.
drale
JUIN. 1732. 1249
drale de S. Etienne d'Auxerre , et aiderons
de tout notre pouvoir à garder et deffendre les
Droits, Terres , et Possessions et autres revenus appartenans à l'Eglise et ausdits
Doyen , Chanoines, et Chapitre , pourchasserons le bien , honneur et profit d'icelle Eglise, et desdits Doyen, Chanoines, et Chapitre,
et éviterons leur dommage de tout notre loyal
pouvoir. Ensuite il s'est présenté à la grande porte du Choeur, sous le Jubé,pendant
L'Office de Tierce , en habit Militaire
botté , éperonné , revétu d'un Surplis , le
Baudrier , avec l'Epée par dessus , Gánté
des deux mains , ayane sur le bras gauche
une Aumusse,et sur le Poing un Faucon,
tenant de la main droite un Chapeau bordé, couvert d'une plume blanche.Il a été
ainsi conduit en sa place , qui est dans les
hautes - Chaires , du côté droit , entre
celle du Pénitencier et celle du Sou- Chantre.
Cette ceremonie s'est trouvée convenir
avec l'Office des Fêtes de la Pentecôte.On
avoit depuis quelques temps destiné la 3ª
Fête pour la solemnité d'une Translation i
de Reliques de S. Prix et de ses Compagnons ; elle se fit après que M. l'Evêque
d'Auxerre eut prêché sur ce sujet. La
Grande Messe fut suivie de la Procession,
où M. l'Evêque officia . M. le Comte de
1. Vol. I vj Chas
1250 MERCURE DE FRANCE
Chastellux y assista à son rang de premier Chanoine, avec les mêmes véremens
que la veille d'après midi ; il parut à Vêpres en sa place , sans autre distinction du
reste des Laïques que son Aumusse Canoniale sur le bras , parce que selon le titre
il lui est loisible d'assister à l'Office sans
Surplis , ou avec un Surplis ; mais il doit
toûjours avoir une Aumusse , se confor
mer au surplus pour se découvrir et recouvrir , se lever et s'asseoir &c. au
reste du Clergé.
L'origine de ce droit est de l'année 1423.
pendant laquelle Claude de Beauvoir
Seigneur de Chastellux , à l'aide de ses
parens , alliez et amis , ainsi qu'il est rapporté dans les Chartes , ayant chassé des
Brigans qui occupoient la Ville de Cravan,
appartenante au Chapitre d'Auxerre ; il
y fut ensuite assiegé par des Troupes reglées ; il soutint le Siege pendant cinq
semaines , après lesquelles ayant été secouru il fit une sortie , aida à défaire les
Assiegeans, et fit prisonnier le Connétable
d'Ecosse , leur General. La Ville étant délivrée , il la remit sans aucun dédommagement entre les mains du Chapitre d'Auxerre , lequel , en reconnoissance , lui ac
corda et à ceux de sa posterité , posses
seurs de la Terre , Justice et Seigneuri
་
I. Vol. d
JUIN. 1732. 1251
de Chastellux, le droit dont il a été parlé,
et celui d'assister au Choeur avec ses habits de guerre et ceux d'Eglise.
Claude de Beauvoir est le même qui
avoit été fait Maréchal de France en 1418.
et qui prêta serment en cette qualité le
6 Juin de cette année. Il est enterré dans
l'Eglise d'Auxerre avec Georges de Beauvoir, son frere , Amiral de France. Ses
descendans, en droite ligne, ont joïi jusqu'à present de ce droit. En 1683. le Roy
Louis XIV. passant par Auxerre , y fut
reçû par M. l'Evêque et le Chapitre en
Corps. M.le Comte de Chastellux , pere,
étoit parmi les Chanoines avec l'habillement qui a été décrit. Sa Majesté fut trèsattentive à cette distinction. Elle témoigna qu'elle la trouvoit très-honorable.
Tout ce qui est ici rapporté est tiré des
Chartes du Chapitre de l'Eglise d'Auxerre,.
des Registres du Parlement de Paris , et de
Monstrelet , Historien.
On prie la Personne qui a envoyé ce Memoire, d'apprendre au Public s'il y a Jans
I'Histoire quelque vestiged'un pareil usageCEREMONIE singuliere , faite
dans l'Eglise Cathedrale d'Auxerre.
Ma
R le Comte de Chastellux , Brigadier des Armées du Roy, Capitaine.
des Gens d'armes de Flandres , a pris possession le 2 de ce mois de Juin, de la Dignité de premier Chanoine héréditaire de
l'Eglise d'Auxerre , attachée à ceux de sa
Maison, qui sont Seigneurs Haut-Justiciers
de la Terre et Seigneurie de . Chastellux.
Cette Cérémonie fut faite avec beaucoup
d'éclat , et attira une foule prodigieuse
de monde dans la Cathedrale.
Il y avoit 84ans que M.son pere CesarPhilippe de Chastellux avoit été reçu .
On a commencé, suivant l'usage, par lä
faire prêter en Chapitre le serment en ces
termes: Nous,Guillaume - Antoine. Seigneur
Haut-Justicier de la Terre, Justice & Seigneurie de Chastellux , promettons vivre et
continuer en l'exercice de la Religion Catho-..
lique , Apostolique et Romaine , et que se...
rons bons et loyaux à l'Eglise et aux Duyen,
Changings , et Chapitre de l'Eglife Cathé 1. Vol.
drale
JUIN. 1732. 1249
drale de S. Etienne d'Auxerre , et aiderons
de tout notre pouvoir à garder et deffendre les
Droits, Terres , et Possessions et autres revenus appartenans à l'Eglise et ausdits
Doyen , Chanoines, et Chapitre , pourchasserons le bien , honneur et profit d'icelle Eglise, et desdits Doyen, Chanoines, et Chapitre,
et éviterons leur dommage de tout notre loyal
pouvoir. Ensuite il s'est présenté à la grande porte du Choeur, sous le Jubé,pendant
L'Office de Tierce , en habit Militaire
botté , éperonné , revétu d'un Surplis , le
Baudrier , avec l'Epée par dessus , Gánté
des deux mains , ayane sur le bras gauche
une Aumusse,et sur le Poing un Faucon,
tenant de la main droite un Chapeau bordé, couvert d'une plume blanche.Il a été
ainsi conduit en sa place , qui est dans les
hautes - Chaires , du côté droit , entre
celle du Pénitencier et celle du Sou- Chantre.
Cette ceremonie s'est trouvée convenir
avec l'Office des Fêtes de la Pentecôte.On
avoit depuis quelques temps destiné la 3ª
Fête pour la solemnité d'une Translation i
de Reliques de S. Prix et de ses Compagnons ; elle se fit après que M. l'Evêque
d'Auxerre eut prêché sur ce sujet. La
Grande Messe fut suivie de la Procession,
où M. l'Evêque officia . M. le Comte de
1. Vol. I vj Chas
1250 MERCURE DE FRANCE
Chastellux y assista à son rang de premier Chanoine, avec les mêmes véremens
que la veille d'après midi ; il parut à Vêpres en sa place , sans autre distinction du
reste des Laïques que son Aumusse Canoniale sur le bras , parce que selon le titre
il lui est loisible d'assister à l'Office sans
Surplis , ou avec un Surplis ; mais il doit
toûjours avoir une Aumusse , se confor
mer au surplus pour se découvrir et recouvrir , se lever et s'asseoir &c. au
reste du Clergé.
L'origine de ce droit est de l'année 1423.
pendant laquelle Claude de Beauvoir
Seigneur de Chastellux , à l'aide de ses
parens , alliez et amis , ainsi qu'il est rapporté dans les Chartes , ayant chassé des
Brigans qui occupoient la Ville de Cravan,
appartenante au Chapitre d'Auxerre ; il
y fut ensuite assiegé par des Troupes reglées ; il soutint le Siege pendant cinq
semaines , après lesquelles ayant été secouru il fit une sortie , aida à défaire les
Assiegeans, et fit prisonnier le Connétable
d'Ecosse , leur General. La Ville étant délivrée , il la remit sans aucun dédommagement entre les mains du Chapitre d'Auxerre , lequel , en reconnoissance , lui ac
corda et à ceux de sa posterité , posses
seurs de la Terre , Justice et Seigneuri
་
I. Vol. d
JUIN. 1732. 1251
de Chastellux, le droit dont il a été parlé,
et celui d'assister au Choeur avec ses habits de guerre et ceux d'Eglise.
Claude de Beauvoir est le même qui
avoit été fait Maréchal de France en 1418.
et qui prêta serment en cette qualité le
6 Juin de cette année. Il est enterré dans
l'Eglise d'Auxerre avec Georges de Beauvoir, son frere , Amiral de France. Ses
descendans, en droite ligne, ont joïi jusqu'à present de ce droit. En 1683. le Roy
Louis XIV. passant par Auxerre , y fut
reçû par M. l'Evêque et le Chapitre en
Corps. M.le Comte de Chastellux , pere,
étoit parmi les Chanoines avec l'habillement qui a été décrit. Sa Majesté fut trèsattentive à cette distinction. Elle témoigna qu'elle la trouvoit très-honorable.
Tout ce qui est ici rapporté est tiré des
Chartes du Chapitre de l'Eglise d'Auxerre,.
des Registres du Parlement de Paris , et de
Monstrelet , Historien.
On prie la Personne qui a envoyé ce Memoire, d'apprendre au Public s'il y a Jans
I'Histoire quelque vestiged'un pareil usage
dans l'Eglise Cathedrale d'Auxerre.
Ma
R le Comte de Chastellux , Brigadier des Armées du Roy, Capitaine.
des Gens d'armes de Flandres , a pris possession le 2 de ce mois de Juin, de la Dignité de premier Chanoine héréditaire de
l'Eglise d'Auxerre , attachée à ceux de sa
Maison, qui sont Seigneurs Haut-Justiciers
de la Terre et Seigneurie de . Chastellux.
Cette Cérémonie fut faite avec beaucoup
d'éclat , et attira une foule prodigieuse
de monde dans la Cathedrale.
Il y avoit 84ans que M.son pere CesarPhilippe de Chastellux avoit été reçu .
On a commencé, suivant l'usage, par lä
faire prêter en Chapitre le serment en ces
termes: Nous,Guillaume - Antoine. Seigneur
Haut-Justicier de la Terre, Justice & Seigneurie de Chastellux , promettons vivre et
continuer en l'exercice de la Religion Catho-..
lique , Apostolique et Romaine , et que se...
rons bons et loyaux à l'Eglise et aux Duyen,
Changings , et Chapitre de l'Eglife Cathé 1. Vol.
drale
JUIN. 1732. 1249
drale de S. Etienne d'Auxerre , et aiderons
de tout notre pouvoir à garder et deffendre les
Droits, Terres , et Possessions et autres revenus appartenans à l'Eglise et ausdits
Doyen , Chanoines, et Chapitre , pourchasserons le bien , honneur et profit d'icelle Eglise, et desdits Doyen, Chanoines, et Chapitre,
et éviterons leur dommage de tout notre loyal
pouvoir. Ensuite il s'est présenté à la grande porte du Choeur, sous le Jubé,pendant
L'Office de Tierce , en habit Militaire
botté , éperonné , revétu d'un Surplis , le
Baudrier , avec l'Epée par dessus , Gánté
des deux mains , ayane sur le bras gauche
une Aumusse,et sur le Poing un Faucon,
tenant de la main droite un Chapeau bordé, couvert d'une plume blanche.Il a été
ainsi conduit en sa place , qui est dans les
hautes - Chaires , du côté droit , entre
celle du Pénitencier et celle du Sou- Chantre.
Cette ceremonie s'est trouvée convenir
avec l'Office des Fêtes de la Pentecôte.On
avoit depuis quelques temps destiné la 3ª
Fête pour la solemnité d'une Translation i
de Reliques de S. Prix et de ses Compagnons ; elle se fit après que M. l'Evêque
d'Auxerre eut prêché sur ce sujet. La
Grande Messe fut suivie de la Procession,
où M. l'Evêque officia . M. le Comte de
1. Vol. I vj Chas
1250 MERCURE DE FRANCE
Chastellux y assista à son rang de premier Chanoine, avec les mêmes véremens
que la veille d'après midi ; il parut à Vêpres en sa place , sans autre distinction du
reste des Laïques que son Aumusse Canoniale sur le bras , parce que selon le titre
il lui est loisible d'assister à l'Office sans
Surplis , ou avec un Surplis ; mais il doit
toûjours avoir une Aumusse , se confor
mer au surplus pour se découvrir et recouvrir , se lever et s'asseoir &c. au
reste du Clergé.
L'origine de ce droit est de l'année 1423.
pendant laquelle Claude de Beauvoir
Seigneur de Chastellux , à l'aide de ses
parens , alliez et amis , ainsi qu'il est rapporté dans les Chartes , ayant chassé des
Brigans qui occupoient la Ville de Cravan,
appartenante au Chapitre d'Auxerre ; il
y fut ensuite assiegé par des Troupes reglées ; il soutint le Siege pendant cinq
semaines , après lesquelles ayant été secouru il fit une sortie , aida à défaire les
Assiegeans, et fit prisonnier le Connétable
d'Ecosse , leur General. La Ville étant délivrée , il la remit sans aucun dédommagement entre les mains du Chapitre d'Auxerre , lequel , en reconnoissance , lui ac
corda et à ceux de sa posterité , posses
seurs de la Terre , Justice et Seigneuri
་
I. Vol. d
JUIN. 1732. 1251
de Chastellux, le droit dont il a été parlé,
et celui d'assister au Choeur avec ses habits de guerre et ceux d'Eglise.
Claude de Beauvoir est le même qui
avoit été fait Maréchal de France en 1418.
et qui prêta serment en cette qualité le
6 Juin de cette année. Il est enterré dans
l'Eglise d'Auxerre avec Georges de Beauvoir, son frere , Amiral de France. Ses
descendans, en droite ligne, ont joïi jusqu'à present de ce droit. En 1683. le Roy
Louis XIV. passant par Auxerre , y fut
reçû par M. l'Evêque et le Chapitre en
Corps. M.le Comte de Chastellux , pere,
étoit parmi les Chanoines avec l'habillement qui a été décrit. Sa Majesté fut trèsattentive à cette distinction. Elle témoigna qu'elle la trouvoit très-honorable.
Tout ce qui est ici rapporté est tiré des
Chartes du Chapitre de l'Eglise d'Auxerre,.
des Registres du Parlement de Paris , et de
Monstrelet , Historien.
On prie la Personne qui a envoyé ce Memoire, d'apprendre au Public s'il y a Jans
I'Histoire quelque vestiged'un pareil usageCEREMONIE singuliere , faite
dans l'Eglise Cathedrale d'Auxerre.
Ma
R le Comte de Chastellux , Brigadier des Armées du Roy, Capitaine.
des Gens d'armes de Flandres , a pris possession le 2 de ce mois de Juin, de la Dignité de premier Chanoine héréditaire de
l'Eglise d'Auxerre , attachée à ceux de sa
Maison, qui sont Seigneurs Haut-Justiciers
de la Terre et Seigneurie de . Chastellux.
Cette Cérémonie fut faite avec beaucoup
d'éclat , et attira une foule prodigieuse
de monde dans la Cathedrale.
Il y avoit 84ans que M.son pere CesarPhilippe de Chastellux avoit été reçu .
On a commencé, suivant l'usage, par lä
faire prêter en Chapitre le serment en ces
termes: Nous,Guillaume - Antoine. Seigneur
Haut-Justicier de la Terre, Justice & Seigneurie de Chastellux , promettons vivre et
continuer en l'exercice de la Religion Catho-..
lique , Apostolique et Romaine , et que se...
rons bons et loyaux à l'Eglise et aux Duyen,
Changings , et Chapitre de l'Eglife Cathé 1. Vol.
drale
JUIN. 1732. 1249
drale de S. Etienne d'Auxerre , et aiderons
de tout notre pouvoir à garder et deffendre les
Droits, Terres , et Possessions et autres revenus appartenans à l'Eglise et ausdits
Doyen , Chanoines, et Chapitre , pourchasserons le bien , honneur et profit d'icelle Eglise, et desdits Doyen, Chanoines, et Chapitre,
et éviterons leur dommage de tout notre loyal
pouvoir. Ensuite il s'est présenté à la grande porte du Choeur, sous le Jubé,pendant
L'Office de Tierce , en habit Militaire
botté , éperonné , revétu d'un Surplis , le
Baudrier , avec l'Epée par dessus , Gánté
des deux mains , ayane sur le bras gauche
une Aumusse,et sur le Poing un Faucon,
tenant de la main droite un Chapeau bordé, couvert d'une plume blanche.Il a été
ainsi conduit en sa place , qui est dans les
hautes - Chaires , du côté droit , entre
celle du Pénitencier et celle du Sou- Chantre.
Cette ceremonie s'est trouvée convenir
avec l'Office des Fêtes de la Pentecôte.On
avoit depuis quelques temps destiné la 3ª
Fête pour la solemnité d'une Translation i
de Reliques de S. Prix et de ses Compagnons ; elle se fit après que M. l'Evêque
d'Auxerre eut prêché sur ce sujet. La
Grande Messe fut suivie de la Procession,
où M. l'Evêque officia . M. le Comte de
1. Vol. I vj Chas
1250 MERCURE DE FRANCE
Chastellux y assista à son rang de premier Chanoine, avec les mêmes véremens
que la veille d'après midi ; il parut à Vêpres en sa place , sans autre distinction du
reste des Laïques que son Aumusse Canoniale sur le bras , parce que selon le titre
il lui est loisible d'assister à l'Office sans
Surplis , ou avec un Surplis ; mais il doit
toûjours avoir une Aumusse , se confor
mer au surplus pour se découvrir et recouvrir , se lever et s'asseoir &c. au
reste du Clergé.
L'origine de ce droit est de l'année 1423.
pendant laquelle Claude de Beauvoir
Seigneur de Chastellux , à l'aide de ses
parens , alliez et amis , ainsi qu'il est rapporté dans les Chartes , ayant chassé des
Brigans qui occupoient la Ville de Cravan,
appartenante au Chapitre d'Auxerre ; il
y fut ensuite assiegé par des Troupes reglées ; il soutint le Siege pendant cinq
semaines , après lesquelles ayant été secouru il fit une sortie , aida à défaire les
Assiegeans, et fit prisonnier le Connétable
d'Ecosse , leur General. La Ville étant délivrée , il la remit sans aucun dédommagement entre les mains du Chapitre d'Auxerre , lequel , en reconnoissance , lui ac
corda et à ceux de sa posterité , posses
seurs de la Terre , Justice et Seigneuri
་
I. Vol. d
JUIN. 1732. 1251
de Chastellux, le droit dont il a été parlé,
et celui d'assister au Choeur avec ses habits de guerre et ceux d'Eglise.
Claude de Beauvoir est le même qui
avoit été fait Maréchal de France en 1418.
et qui prêta serment en cette qualité le
6 Juin de cette année. Il est enterré dans
l'Eglise d'Auxerre avec Georges de Beauvoir, son frere , Amiral de France. Ses
descendans, en droite ligne, ont joïi jusqu'à present de ce droit. En 1683. le Roy
Louis XIV. passant par Auxerre , y fut
reçû par M. l'Evêque et le Chapitre en
Corps. M.le Comte de Chastellux , pere,
étoit parmi les Chanoines avec l'habillement qui a été décrit. Sa Majesté fut trèsattentive à cette distinction. Elle témoigna qu'elle la trouvoit très-honorable.
Tout ce qui est ici rapporté est tiré des
Chartes du Chapitre de l'Eglise d'Auxerre,.
des Registres du Parlement de Paris , et de
Monstrelet , Historien.
On prie la Personne qui a envoyé ce Memoire, d'apprendre au Public s'il y a Jans
I'Histoire quelque vestiged'un pareil usage
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Résumé : CEREMONIE singuliere, faite dans l'Eglise Cathedrale d'Auxerre.
Le 2 juin 1732, le Comte de Chastellux, Brigadier des Armées du Roy et Capitaine des Gens d'armes de Flandres, a pris possession de la dignité de premier Chanoine héréditaire de l'Église d'Auxerre. Cette cérémonie, qui a eu lieu 84 ans après celle de son père, César-Philippe de Chastellux, a été marquée par un grand éclat et une affluence considérable. Le Comte a prêté serment en Chapitre, promettant de vivre selon la Religion Catholique, Apostolique et Romaine, et de défendre les droits et possessions de l'Église d'Auxerre. Vêtu d'un habit militaire et d'un surplis, il a été conduit à sa place dans les hautes-chaires du chœur. Cette cérémonie coïncidait avec les fêtes de la Pentecôte et la translation des reliques de Saint Prix et de ses compagnons. Le Comte a assisté à la Grande Messe, à la procession et aux vêpres, conformément à ses privilèges héréditaires. Ces privilèges remontent à 1423, lorsque Claude de Beauvoir, Seigneur de Chastellux, avait libéré la ville de Cravan des brigands et avait été récompensé par le Chapitre d'Auxerre. Claude de Beauvoir, Maréchal de France en 1418, est enterré dans l'Église d'Auxerre avec son frère Georges, Amiral de France. En 1683, Louis XIV avait remarqué cette distinction lors de son passage à Auxerre. Les informations rapportées proviennent des chartes du Chapitre de l'Église d'Auxerre, des registres du Parlement de Paris et de l'historien Monstrelet.
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197
p. 1251-1253
SUR LE MOIS D'AVRIL.
Début :
Dans une Cabane champêtre, [...]
Mots clefs :
Avril, Saison, Retraites
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LE MOIS D'AVRIL.
SUR LE MOIS D'AVRIL.
Dansune Cabane champêtre ,
Doux Avril , agréable mois ,
1. Vol.
Ton
1252 MERCURE DE FRANCE
Ton huitiéme jour me vit naître
L'an de Grace mil sept cens trois.
O que le temps s'écoule vite !
Qu'il sert peu de le regretter !.
Que rarement on en profite ,
Comme on devroit en profiter,!
Pour rajeunir Vertumne et Flore ,
Enfin , je te vois revenir ;
Beau Mois, n'aurois- tu point encore ,
Le pouvoir de me rajeunir ?
Tun'as point ce pouvoir , sans doute ,
Et mes desirs sont superflus ;
Je me trouve au bout d'une route
Par où je ne passerai plus.
M
Adieu , florissante Jeunesse
Adieu, Saison pleine d'attraits.
Que n'a-t'on assez de sagessé ,
Pour t'abandonner sans regrets ?
Mille disgraces sont voisines ,
De tes passageres faveurs
Si l'on connoissoit tes épines
On cueilliroit peu de tes fleurs.
M
Cependant l'aimable Zephire,
Rappelle la Mere d'Ļtis. --- ་་
ᏗᏤ . Déja
JUIN 1732% 1253
Déja plus d'un riche Navire ,
Fend l'Onde calme de Thétis ;..
Deja Cerès couvrant la Terre ,
Fait esperer d'amples moissons ;
Bientôt par une feinte guerre ,
Mars instruira ses. Nourrissons.
Sfc
Dans nos Retraites bocageres ,
Les jeux de Márs sont étrangers.
Chanter , danser , plaire aux Bergeres ,.
C'est la Milice des Bergers, .
Jadis , comme eux , j'aimois à suivre z
Mes tendres inclinations ;
Aujourd'hui mon ame se livre ,
A de tristes refléxions.
Charmes séduisans de la vie ,
Dis-je , Plaisirs , Jeux, Ris , Amours ,
Vous me donnez bien quelque envie ,
Mais helas? vous êtes trop courts.
Dela pus longue jouissance ,
En vain l'espoir vient, me flåter ;
Je renonce à tout quand je pense ,
Qu'un jour il faudra tout quitter.
F. M. F
Dansune Cabane champêtre ,
Doux Avril , agréable mois ,
1. Vol.
Ton
1252 MERCURE DE FRANCE
Ton huitiéme jour me vit naître
L'an de Grace mil sept cens trois.
O que le temps s'écoule vite !
Qu'il sert peu de le regretter !.
Que rarement on en profite ,
Comme on devroit en profiter,!
Pour rajeunir Vertumne et Flore ,
Enfin , je te vois revenir ;
Beau Mois, n'aurois- tu point encore ,
Le pouvoir de me rajeunir ?
Tun'as point ce pouvoir , sans doute ,
Et mes desirs sont superflus ;
Je me trouve au bout d'une route
Par où je ne passerai plus.
M
Adieu , florissante Jeunesse
Adieu, Saison pleine d'attraits.
Que n'a-t'on assez de sagessé ,
Pour t'abandonner sans regrets ?
Mille disgraces sont voisines ,
De tes passageres faveurs
Si l'on connoissoit tes épines
On cueilliroit peu de tes fleurs.
M
Cependant l'aimable Zephire,
Rappelle la Mere d'Ļtis. --- ་་
ᏗᏤ . Déja
JUIN 1732% 1253
Déja plus d'un riche Navire ,
Fend l'Onde calme de Thétis ;..
Deja Cerès couvrant la Terre ,
Fait esperer d'amples moissons ;
Bientôt par une feinte guerre ,
Mars instruira ses. Nourrissons.
Sfc
Dans nos Retraites bocageres ,
Les jeux de Márs sont étrangers.
Chanter , danser , plaire aux Bergeres ,.
C'est la Milice des Bergers, .
Jadis , comme eux , j'aimois à suivre z
Mes tendres inclinations ;
Aujourd'hui mon ame se livre ,
A de tristes refléxions.
Charmes séduisans de la vie ,
Dis-je , Plaisirs , Jeux, Ris , Amours ,
Vous me donnez bien quelque envie ,
Mais helas? vous êtes trop courts.
Dela pus longue jouissance ,
En vain l'espoir vient, me flåter ;
Je renonce à tout quand je pense ,
Qu'un jour il faudra tout quitter.
F. M. F
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Résumé : SUR LE MOIS D'AVRIL.
Le poème 'Sur le mois d'avril', publié dans le Mercure de France en 1732, est écrit par un auteur né le 8 avril 1703. Il exprime sa nostalgie face à la fugacité de la jeunesse et regrette de n'avoir pas su en profiter pleinement. Le poète accueille le retour du mois d'avril, mais reconnaît que celui-ci ne peut le rajeunir. Il admet être au bout d'une route qu'il ne parcourra plus et dit adieu à la jeunesse et à ses attraits. Il met en garde contre les disgrâces accompagnant les faveurs passagères de la jeunesse. Le poème évoque également l'arrivée du printemps, avec Zephir rappelant Thétis, et la reprise des activités agricoles et militaires. Dans les retraites champêtres, les bergers chantent, dansent et plaisent aux bergères. L'auteur contraste son passé, où il suivait ses inclinations, avec son présent marqué par des réflexions tristes. Il trouve les charmes de la vie séduisants mais éphémères et renonce à toute jouissance durable en pensant à l'inévitable départ.
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198
p. 1254-1258
ARREST Notable rendu au Parlement de Dijon, les Chambres consultées, le 21. Avril 1732. Par lequel il a été jugé que les Enfans étant sous la puissance paternelle, ne peuvent faire aucune disposition de derniere volonté, sans la permission de leurs Pere, au profit d'autres personnes.
Début :
Quoique le Parlement de Besançon, sur le fondement de plusieurs [...]
Mots clefs :
Dijon, Parlement, Pères et fils, Dernière volonté, Testament
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARREST Notable rendu au Parlement de Dijon, les Chambres consultées, le 21. Avril 1732. Par lequel il a été jugé que les Enfans étant sous la puissance paternelle, ne peuvent faire aucune disposition de derniere volonté, sans la permission de leurs Pere, au profit d'autres personnes.
AREST Notable rendu au Parlement
de Dijon , les Chambres consultées , le
21. Avril 1732: Par lequel il a étéjugé
que les Enfans étant sous la puissance
paternelle , ne peuvent faire aucune disposition de derniere volonté , sans la per
mission de leurs Peres , au profit d'autres
personnes..
Q
Uoique le Parlement de Besançon ,
ur le fondement de plusieurs Certificats d'Usage , eût en 1703. dans un
Procès évoqué du Parlement de Dijon ,
decidé la Question, en faveur de la li
berté des Fils de Famille , neanmoins cette
même difficulté s'étant présentée au Parlement de Dijon en 1726. Par Arrêt rendu en la Chambre des Enquêtes , au rapporr de M. Bazin , puîné , le 19. Juillet
de la même année , il fut jugé qu'un Fils
de Famille n'avoit pû, faire une donation
à cause de mort au profit de son frere ,
sans le consentement de son pere.
Cer Arrêt fit grand bruit dans toute la
Province. D'un côté , le celebre Magistrat (a) qui présidoit en cette Chambre ,
daigna lui-même le faire imprimer avec
une Dissertation sçavante , où toutes les
(a) M. le President Bouhier , de l'Académie Françoise.
I. Vol. raisons
JUI N. 1732. 1255
raisons , soins et autoritez pour et contre sont rapportées avec beaucoup de
netteté et de précision.
D'autre côté , un ancien et habile Avo
cat (b) du même Parlement , donna aussi
au Public ses Refléxions contraires au
sentiment du Magistrat qui étoit de l'avis
de l'Arrêt de 1726. ce qui occasionna
plusieurs autres Ecrits très - curieux de
part et d'autre.
Comme cette diversité d'Arrêt et d'O
pinions , sembloit laisser sur ce point la
Jurisprudence incertaine , la même Ques
tion a encore été depuis peu soumise à la dé--
cision du Parlement de Dijon. Voici le Fait Jacques Roux, fils de MeBenici le Fait.
Roux,
Avocat en la Cour , et demeurant en la
Ville de Châlons sur Saône , étant en
âge de puberté , et prêt à faire Profession
Religieuse au Monastere des Carmes de
Dijon , fit un Testament olographe le
17. Juillet 1727. revêtu de la superscrip
tion de Rey , Notaire en la même Ville,
assisté de deux Témoins , suivant la Coû
tume ; par lequel il institua son pere en
( b) M. Raviot , qui vient de mettre au jour un Recueil d'Arrêts rendus au Parlement de
Dijon, avec un ample Commentaire en 1. vol. in
folio , chez Arnault , Jean-Baptiste Augé, Imprimeur Libraire près les Jesuites,
1. Vol.
sa
1236 MERCURE DE FRANCE
sa légitime , se réserva une pension annuelle de la somme de 30 livres , et
laissa le reste de ses biens à Jeanne Roux
sa sœur , Hospitaliere à Châlons.
2
Le Testateur ayant fait Profession , et
son pere étant mort quelques années après ,
Jeanne Roux fit paroître le Testament
de son frere , et se pourvut à la Chancel
lerie de Châlons , tant pour en faire or
donner la publication , que pour être en
voyée en consequence en possession des
biens du Testateur. En effet par Sentence
rendue contradictoirement avec Guillaume Roux , son frere , Geneviève Roux
sa sœur ,femme de Me Jacques Gagnare
Conseiller au Bailliage de Châlons , et
encore le même Gagnare , en qualité de
Tuteur de Jeanne Roux , sa Niece ; le
15. Mars 1731. l'Heritiere instituée fut
envoyée par provision et à caution , en
possession des biens de Jacques Roux ;
et avant que fai e droit sur la conversion
en définitive , ou sur la révocation de la
provision , il fut ordonné que Jeanne
Roux communiqueroit à ses Parties le
Testament dont il étoit question, pour ensuite être ordonné ce qu'il appartiendroit.
Après cette communication , Guillaume Roux , aquiesça au Jugement , pour
cequi la concernoit. Mais Geneviève Roux
1. Vol. et
JUIN. 1732. 1257
et son Mari soutinrent que le Testament
étoit nul , pour avoir été fait par JacquesRoux, sans la permission de son pere ,
quoiqu'elle fût necessaire , suivant les Atrêts de la Cour, quand la disposition étoit
faite au profit d'un autre que du pere.
Néanmoins par une seconde Sentence de
la Chancellerie du 7. Juin suivant , la
possession provisionnelle , accordée par
le premler Jugement ; fut convertie en .
définitive.
Geneviève Roux et son mari , interjet
terent appel de ces deux Sentences à la
Cour , où la cause a été plaidée pendant
trois Audiances par Mes Mency et Prinsset , Avocats des Parties..
Comme le précis des raisons et autoritez employées d'une et d'autre part
excederoient sans doute les bornes prescrités pour un simple Extrait , nous nous
contenterons de renvoyer les Curieux
aux Ecrits que le Magistrat et l'Avocat
dont nous avons parlé plus haut , ont
rendus publics par l'impression, et qui se
trouvent à Dijon , chez Antoine Defay ,
Imprimeur et Libraire , ruë Portelle. Nous
observerons seulement que M. Thierry
Avocat General , conclut avec beaucoup
de solidité à la réformation des Sentences
er à la cassation du Testament de Jac
ques Roux.
1258 MERCURE DE FRANCE.
La Cour desirant rendre sur cette Question un Arrêt solemnel , toutes les Chambres consultées , ordonna le 21. Janvier
1732. que les Pieces seroient mises sur le
Bureau pour être fait droit aux Parties ,
ainsi qu'il appartiendroit.
Et depuis l'affaire ayant été examinée
au rapport de M. Lantin , après que les
Chambres ont été consultées : La Cour
a mis l'appellation et ce dont étoit appel
au neants et par nouveau jugement , sans
s'arrêter au Testament de Frere Jacques
Roux , qui demeure cassé et annullé ,
a ordonné que sa succession sera regléc
ab intestat , tous dépens compensez. Le
Lundi 21. Avril 1732.
XXXXXXX: FEFF
de Dijon , les Chambres consultées , le
21. Avril 1732: Par lequel il a étéjugé
que les Enfans étant sous la puissance
paternelle , ne peuvent faire aucune disposition de derniere volonté , sans la per
mission de leurs Peres , au profit d'autres
personnes..
Q
Uoique le Parlement de Besançon ,
ur le fondement de plusieurs Certificats d'Usage , eût en 1703. dans un
Procès évoqué du Parlement de Dijon ,
decidé la Question, en faveur de la li
berté des Fils de Famille , neanmoins cette
même difficulté s'étant présentée au Parlement de Dijon en 1726. Par Arrêt rendu en la Chambre des Enquêtes , au rapporr de M. Bazin , puîné , le 19. Juillet
de la même année , il fut jugé qu'un Fils
de Famille n'avoit pû, faire une donation
à cause de mort au profit de son frere ,
sans le consentement de son pere.
Cer Arrêt fit grand bruit dans toute la
Province. D'un côté , le celebre Magistrat (a) qui présidoit en cette Chambre ,
daigna lui-même le faire imprimer avec
une Dissertation sçavante , où toutes les
(a) M. le President Bouhier , de l'Académie Françoise.
I. Vol. raisons
JUI N. 1732. 1255
raisons , soins et autoritez pour et contre sont rapportées avec beaucoup de
netteté et de précision.
D'autre côté , un ancien et habile Avo
cat (b) du même Parlement , donna aussi
au Public ses Refléxions contraires au
sentiment du Magistrat qui étoit de l'avis
de l'Arrêt de 1726. ce qui occasionna
plusieurs autres Ecrits très - curieux de
part et d'autre.
Comme cette diversité d'Arrêt et d'O
pinions , sembloit laisser sur ce point la
Jurisprudence incertaine , la même Ques
tion a encore été depuis peu soumise à la dé--
cision du Parlement de Dijon. Voici le Fait Jacques Roux, fils de MeBenici le Fait.
Roux,
Avocat en la Cour , et demeurant en la
Ville de Châlons sur Saône , étant en
âge de puberté , et prêt à faire Profession
Religieuse au Monastere des Carmes de
Dijon , fit un Testament olographe le
17. Juillet 1727. revêtu de la superscrip
tion de Rey , Notaire en la même Ville,
assisté de deux Témoins , suivant la Coû
tume ; par lequel il institua son pere en
( b) M. Raviot , qui vient de mettre au jour un Recueil d'Arrêts rendus au Parlement de
Dijon, avec un ample Commentaire en 1. vol. in
folio , chez Arnault , Jean-Baptiste Augé, Imprimeur Libraire près les Jesuites,
1. Vol.
sa
1236 MERCURE DE FRANCE
sa légitime , se réserva une pension annuelle de la somme de 30 livres , et
laissa le reste de ses biens à Jeanne Roux
sa sœur , Hospitaliere à Châlons.
2
Le Testateur ayant fait Profession , et
son pere étant mort quelques années après ,
Jeanne Roux fit paroître le Testament
de son frere , et se pourvut à la Chancel
lerie de Châlons , tant pour en faire or
donner la publication , que pour être en
voyée en consequence en possession des
biens du Testateur. En effet par Sentence
rendue contradictoirement avec Guillaume Roux , son frere , Geneviève Roux
sa sœur ,femme de Me Jacques Gagnare
Conseiller au Bailliage de Châlons , et
encore le même Gagnare , en qualité de
Tuteur de Jeanne Roux , sa Niece ; le
15. Mars 1731. l'Heritiere instituée fut
envoyée par provision et à caution , en
possession des biens de Jacques Roux ;
et avant que fai e droit sur la conversion
en définitive , ou sur la révocation de la
provision , il fut ordonné que Jeanne
Roux communiqueroit à ses Parties le
Testament dont il étoit question, pour ensuite être ordonné ce qu'il appartiendroit.
Après cette communication , Guillaume Roux , aquiesça au Jugement , pour
cequi la concernoit. Mais Geneviève Roux
1. Vol. et
JUIN. 1732. 1257
et son Mari soutinrent que le Testament
étoit nul , pour avoir été fait par JacquesRoux, sans la permission de son pere ,
quoiqu'elle fût necessaire , suivant les Atrêts de la Cour, quand la disposition étoit
faite au profit d'un autre que du pere.
Néanmoins par une seconde Sentence de
la Chancellerie du 7. Juin suivant , la
possession provisionnelle , accordée par
le premler Jugement ; fut convertie en .
définitive.
Geneviève Roux et son mari , interjet
terent appel de ces deux Sentences à la
Cour , où la cause a été plaidée pendant
trois Audiances par Mes Mency et Prinsset , Avocats des Parties..
Comme le précis des raisons et autoritez employées d'une et d'autre part
excederoient sans doute les bornes prescrités pour un simple Extrait , nous nous
contenterons de renvoyer les Curieux
aux Ecrits que le Magistrat et l'Avocat
dont nous avons parlé plus haut , ont
rendus publics par l'impression, et qui se
trouvent à Dijon , chez Antoine Defay ,
Imprimeur et Libraire , ruë Portelle. Nous
observerons seulement que M. Thierry
Avocat General , conclut avec beaucoup
de solidité à la réformation des Sentences
er à la cassation du Testament de Jac
ques Roux.
1258 MERCURE DE FRANCE.
La Cour desirant rendre sur cette Question un Arrêt solemnel , toutes les Chambres consultées , ordonna le 21. Janvier
1732. que les Pieces seroient mises sur le
Bureau pour être fait droit aux Parties ,
ainsi qu'il appartiendroit.
Et depuis l'affaire ayant été examinée
au rapport de M. Lantin , après que les
Chambres ont été consultées : La Cour
a mis l'appellation et ce dont étoit appel
au neants et par nouveau jugement , sans
s'arrêter au Testament de Frere Jacques
Roux , qui demeure cassé et annullé ,
a ordonné que sa succession sera regléc
ab intestat , tous dépens compensez. Le
Lundi 21. Avril 1732.
XXXXXXX: FEFF
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Résumé : ARREST Notable rendu au Parlement de Dijon, les Chambres consultées, le 21. Avril 1732. Par lequel il a été jugé que les Enfans étant sous la puissance paternelle, ne peuvent faire aucune disposition de derniere volonté, sans la permission de leurs Pere, au profit d'autres personnes.
Le document traite d'une affaire juridique concernant la validité des testaments des enfants sous l'autorité paternelle. En 1732, le Parlement de Dijon a statué que les enfants ne peuvent pas faire de testament sans l'autorisation de leurs pères. Cette décision a été confirmée malgré une précédente décision du Parlement de Besançon en 1703, qui avait favorisé la liberté des fils de famille. En 1726, le Parlement de Dijon avait déjà confirmé la nécessité du consentement paternel dans une affaire similaire. L'affaire en question implique Jacques Roux, un avocat de Châlons-sur-Saône, qui avait rédigé un testament en 1727, léguant ses biens à sa sœur Jeanne Roux. Après la mort de leur père, Jeanne Roux a tenté de faire valider ce testament. Cependant, sa sœur Geneviève Roux et son mari ont contesté sa validité, arguant du manque de consentement paternel. Malgré une première décision en faveur de Jeanne Roux, Geneviève Roux a fait appel. Le Parlement de Dijon, après consultation des Chambres et examen des pièces, a cassé et annulé le testament de Jacques Roux le 21 avril 1732. Il a ordonné que la succession soit réglée ab intestat, c'est-à-dire sans testament. Cette décision a mis fin à la controverse juridique sur la validité des dispositions testamentaires des enfants sous l'autorité paternelle.
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198
199
p. 1258-1160
MORTS NAISSANCE, &c.
Début :
François de Carbonieres, Chevalier, Marquis de la Capelle-Biron, de [...]
Mots clefs :
Veuve, Seigneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS NAISSANCE, &c.
MORTS NAISSANCES, &c.
Rançois de Carbonieres , Chevalier ,
- >
Georis et du Freche , Comte de Rabas ,
Seigneur du Pain , mourut le 27. May
âgé de 75. ans environ.
Pierre -Jean- Martin de Berulle , Abbé
de l'Abbaye de Lezat , Ordre de S. Benoît , Diocèse de Rieux , mourut à Paris.
le 29. de Juin , âgé de 43. ans.
Charles-Hubert de Mesgrigni, ChevaI. Vola lier
JUIN.. 1732 1259
lier, Marquis de Mesgrigni et de Vandeuvre , Baron de l'Orme , Vicomte de Bridiers , Seigneur de Rhodes , &c. Conseiller de la Grand'Chambre du Parlement,
mourut le 30. du même mois.
D. Catherine- Elizabeth de Manneville
veuve de Charles de Tilly , Marquis de
Blaru, Lieutenant de Roy de l'Isle de France , mourut le 12. Juin , âgée de 68. ans.
D. Marie - Françoise - Celeste de Voyer
de Paulmy, veuve de M. Charles-YvesJacques , Comte de la Riviere , Gouverneur de S. Brieux , mourut à Paris le 12.
de Juin , âgée de 70 ans.
: D.Marie de Méelz,veuve de JeanBaptiste Piquot Ecuyer, Seigneur du Housset ;
Maréchal des Logis de la Maison du Roi ,
mourut le 13. Juin.
Frere François de Comenge , GrandCroix et Hospitalier de l'Ordre de S. Jean
de Jerusalem , Commandeur de Chantraine et Vaillantpont , Abbé de l'Abbaye.
de Notre Dame de Lauroux , Ordre de
Citeaux , Diocèse d'Angers , mourut à
Paris le 16. dans la 73. année de son âge.
D. Henriette Faideau , Epouse d'Arnauld-Paul de Fieubet , Enseigne des
Gendarmes de la Garde , accoucha le 26.
Mai d'un fils qui fut nommé GaspardLouis , par Louis- Gaspard de Fieuber ,
1. Vol.
Con-
་ 60 MERCURE DE FRANCE
Conseiller au Parlement et par D. MarieLouise Croiset , veuve d'Henry Faideau,
President au Parlement.
, D. Marie Louise de Vaudrey , Epouse
de Claude-Alexandre Barberot de Travaux , accoucha le 8. de Juin d'une fille
qui fut nommée Charlotte Eleonor- Loui
se, par Louis-Henri d'Auber Daubœuf.
Chevalier de S. Louis , Capitaine de Cavalerie , et par D. Eleonor- Charlotte de
Sandresleben , Princesse de WittembergMontbelliard , Epouse de S. A. S. Geor
ge Leopold de Wittemberg - Montbelliard.
D. Louise- Genevieve Pajot , Epouse de
Pierre Maximilien Pajot, Seigneur de Villeperrot , Brigadier des Armées du Roi ,
Colonel du Regiment de Beauvoisis , Chevalier de S. Louis , accoucha le 4. Juin
d'une fille qui fut nommée CharlotteLouise , par Charles - Christophle Pajot.,
Conseiller Secretaire du Roi , &c. et par
D. Anne-Marie Pajot , épouse de ClaudeJoseph le Jai , Gouverneur de la ville
d'Aire , Chevalier de S. Louis.
Rançois de Carbonieres , Chevalier ,
- >
Georis et du Freche , Comte de Rabas ,
Seigneur du Pain , mourut le 27. May
âgé de 75. ans environ.
Pierre -Jean- Martin de Berulle , Abbé
de l'Abbaye de Lezat , Ordre de S. Benoît , Diocèse de Rieux , mourut à Paris.
le 29. de Juin , âgé de 43. ans.
Charles-Hubert de Mesgrigni, ChevaI. Vola lier
JUIN.. 1732 1259
lier, Marquis de Mesgrigni et de Vandeuvre , Baron de l'Orme , Vicomte de Bridiers , Seigneur de Rhodes , &c. Conseiller de la Grand'Chambre du Parlement,
mourut le 30. du même mois.
D. Catherine- Elizabeth de Manneville
veuve de Charles de Tilly , Marquis de
Blaru, Lieutenant de Roy de l'Isle de France , mourut le 12. Juin , âgée de 68. ans.
D. Marie - Françoise - Celeste de Voyer
de Paulmy, veuve de M. Charles-YvesJacques , Comte de la Riviere , Gouverneur de S. Brieux , mourut à Paris le 12.
de Juin , âgée de 70 ans.
: D.Marie de Méelz,veuve de JeanBaptiste Piquot Ecuyer, Seigneur du Housset ;
Maréchal des Logis de la Maison du Roi ,
mourut le 13. Juin.
Frere François de Comenge , GrandCroix et Hospitalier de l'Ordre de S. Jean
de Jerusalem , Commandeur de Chantraine et Vaillantpont , Abbé de l'Abbaye.
de Notre Dame de Lauroux , Ordre de
Citeaux , Diocèse d'Angers , mourut à
Paris le 16. dans la 73. année de son âge.
D. Henriette Faideau , Epouse d'Arnauld-Paul de Fieubet , Enseigne des
Gendarmes de la Garde , accoucha le 26.
Mai d'un fils qui fut nommé GaspardLouis , par Louis- Gaspard de Fieuber ,
1. Vol.
Con-
་ 60 MERCURE DE FRANCE
Conseiller au Parlement et par D. MarieLouise Croiset , veuve d'Henry Faideau,
President au Parlement.
, D. Marie Louise de Vaudrey , Epouse
de Claude-Alexandre Barberot de Travaux , accoucha le 8. de Juin d'une fille
qui fut nommée Charlotte Eleonor- Loui
se, par Louis-Henri d'Auber Daubœuf.
Chevalier de S. Louis , Capitaine de Cavalerie , et par D. Eleonor- Charlotte de
Sandresleben , Princesse de WittembergMontbelliard , Epouse de S. A. S. Geor
ge Leopold de Wittemberg - Montbelliard.
D. Louise- Genevieve Pajot , Epouse de
Pierre Maximilien Pajot, Seigneur de Villeperrot , Brigadier des Armées du Roi ,
Colonel du Regiment de Beauvoisis , Chevalier de S. Louis , accoucha le 4. Juin
d'une fille qui fut nommée CharlotteLouise , par Charles - Christophle Pajot.,
Conseiller Secretaire du Roi , &c. et par
D. Anne-Marie Pajot , épouse de ClaudeJoseph le Jai , Gouverneur de la ville
d'Aire , Chevalier de S. Louis.
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Résumé : MORTS NAISSANCE, &c.
Le document relate les décès et naissances survenus en juin 1732. Parmi les décès notables, Georis et du Freche, Comte de Rabas, Seigneur du Pain, est décédé le 27 mai à 75 ans. Pierre-Jean-Martin de Bérulle, Abbé de l'Abbaye de Lezat, est mort à Paris le 29 juin à 43 ans. Charles-Hubert de Mesgrigny, Marquis de Mesgrigny et de Vandeuvre, est décédé le 30 juin. D'autres décès incluent ceux de D. Catherine-Elisabeth de Manneville, veuve de Charles de Tilly, le 12 juin à 68 ans, et de D. Marie-Françoise-Celeste de Voyer de Paulmy, veuve de Charles-Yves-Jacques, Comte de la Rivière, également le 12 juin à 70 ans. Frère François de Comenge, Grand-Croix et Hospitalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, est mort à Paris le 16 juin à 73 ans. En ce qui concerne les naissances, D. Henriette Faideau a accouché le 26 mai d'un fils nommé Gaspard-Louis. D. Marie-Louise de Vaudrey a donné naissance le 8 juin à une fille nommée Charlotte-Éléonore-Louise. D. Louise-Geneviève Pajot a accouché le 4 juin d'une fille nommée Charlotte-Louise.
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200
p. 1433-1435
« Le Roi a accordé l'agrément de la Charge de [...] »
Début :
Le Roi a accordé l'agrément de la Charge de [...]
Mots clefs :
Maître de l'Oratoire, Surintendant de la Musique du roi, Fête-Dieu, Loterie de la Compagnie des Indes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roi a accordé l'agrément de la Charge de [...] »
FRANCE, ·
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
E Roi a accordé l'agrément de la
LCharge de Maitre de Pont de
l'Abbé de Cosnac , Grand-Vicaire de l'Archevêque de Paris , et Doyen du Chapi-"
tre de S. Germain de l'Auxerrois.
Le 21. Mai , il y eut Concert à Versailles chez à Reine , M. Destouches
Sur-Intendant de la Musique du Roi
fit chanter devant S. M. les deux derniers
Actes du Ballet des Elemens , dont les
principaux Rôles furent chantez par les
IllesAntier et le Maure , et par les Sicurs *
d'Angerville et Tribou.
•
Le 24 , on exécutà dans le Salon de la
Reine , un nouveau Te Deum de la com-`
position de M. Destouches , dont le suc-”
cès fut très brillant.
Le 9. Juin , on chanta devant la Rei
ne le Prologue et le premier Acte de l'Opeta de Callirhoé , du même Auteur.
Le 21 et le 25 on continua le même
Opéra par le second et troisiéme Acte
II. Vol. Hv
1474 MERCURE DE FRANCE
qui fut suivi de la Cantate de l'Amour
et de Bacchus , de M. Clerambault
d'une autre Cantate nouvelle , mise en
Musique par le sieur Marchand le fils
Dessus de Violon de la Musique du
Roy.
2
Le 30. on finit la même Piéce par le
quatrième et cinquiéme Acte , les Llles
Courvasier et Mathieu ont chanté les
Rôles de la Gloire et d'Astrée dans le Prologue , celui de Callirhoé a été éxécuté
d'une maniere très- touchante par la Elle
Pellissier , et les Srs Tribou et Chassé ont
chanté ceux d'Agenor et de Coresus ; les
Chœurs et la Simfonie se sont distinguez,
dans l'éxécution de la Piéce qui a été fort
applaudie.
La Procession du S. Sacrement de la
Paroisse de S. Sulpice , le jour de la FêteDieu, et le dernier jour de l'Octave, a été,
aussi belle cette année que bien ordonnée..
ce pieux Spectacle étoit encore rendu plus
pompeux et plus édifiant par la présence
de la Reine Douairiere d'Espagne , qui accompagna les deux Processions à pied
suivie de ses Dames d'Honneur , et des
Officiers de sa Maison , avec une dévotion
éxemplaire. On voyoit encore avec édification à la derniere de ces Processions un.
II.Vo! fort
JUIN 1732. 1435
fort grand nombre de prisonniers , hommes et femmes , délivrez pour dettes
des aumônes de M. le Curé. Il y en avoit
encore un très-grand nombre à la Procession de S. Germain l'Auxerrois.
Le 25 Juin , la Lotterie de la Compagnie des Indes , établie pour le remboursement des Actions , fut tirée en la maniere accoûtumée à l'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numero gagnans des
Actions et dixièmes d'Actions qui doivent être temboursez , a été renduë pu
blique , faisant en tout le nombre de
305. Action's."
Le 28 Juin l'ouverture de la Foire saint
Laurent fut faite par le Lieutenant Géné--
ral de Police en la maniere accoûtumée.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
E Roi a accordé l'agrément de la
LCharge de Maitre de Pont de
l'Abbé de Cosnac , Grand-Vicaire de l'Archevêque de Paris , et Doyen du Chapi-"
tre de S. Germain de l'Auxerrois.
Le 21. Mai , il y eut Concert à Versailles chez à Reine , M. Destouches
Sur-Intendant de la Musique du Roi
fit chanter devant S. M. les deux derniers
Actes du Ballet des Elemens , dont les
principaux Rôles furent chantez par les
IllesAntier et le Maure , et par les Sicurs *
d'Angerville et Tribou.
•
Le 24 , on exécutà dans le Salon de la
Reine , un nouveau Te Deum de la com-`
position de M. Destouches , dont le suc-”
cès fut très brillant.
Le 9. Juin , on chanta devant la Rei
ne le Prologue et le premier Acte de l'Opeta de Callirhoé , du même Auteur.
Le 21 et le 25 on continua le même
Opéra par le second et troisiéme Acte
II. Vol. Hv
1474 MERCURE DE FRANCE
qui fut suivi de la Cantate de l'Amour
et de Bacchus , de M. Clerambault
d'une autre Cantate nouvelle , mise en
Musique par le sieur Marchand le fils
Dessus de Violon de la Musique du
Roy.
2
Le 30. on finit la même Piéce par le
quatrième et cinquiéme Acte , les Llles
Courvasier et Mathieu ont chanté les
Rôles de la Gloire et d'Astrée dans le Prologue , celui de Callirhoé a été éxécuté
d'une maniere très- touchante par la Elle
Pellissier , et les Srs Tribou et Chassé ont
chanté ceux d'Agenor et de Coresus ; les
Chœurs et la Simfonie se sont distinguez,
dans l'éxécution de la Piéce qui a été fort
applaudie.
La Procession du S. Sacrement de la
Paroisse de S. Sulpice , le jour de la FêteDieu, et le dernier jour de l'Octave, a été,
aussi belle cette année que bien ordonnée..
ce pieux Spectacle étoit encore rendu plus
pompeux et plus édifiant par la présence
de la Reine Douairiere d'Espagne , qui accompagna les deux Processions à pied
suivie de ses Dames d'Honneur , et des
Officiers de sa Maison , avec une dévotion
éxemplaire. On voyoit encore avec édification à la derniere de ces Processions un.
II.Vo! fort
JUIN 1732. 1435
fort grand nombre de prisonniers , hommes et femmes , délivrez pour dettes
des aumônes de M. le Curé. Il y en avoit
encore un très-grand nombre à la Procession de S. Germain l'Auxerrois.
Le 25 Juin , la Lotterie de la Compagnie des Indes , établie pour le remboursement des Actions , fut tirée en la maniere accoûtumée à l'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numero gagnans des
Actions et dixièmes d'Actions qui doivent être temboursez , a été renduë pu
blique , faisant en tout le nombre de
305. Action's."
Le 28 Juin l'ouverture de la Foire saint
Laurent fut faite par le Lieutenant Géné--
ral de Police en la maniere accoûtumée.
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Résumé : « Le Roi a accordé l'agrément de la Charge de [...] »
En mai et juin 1732, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour de France. Le roi a validé la nomination de l'Abbé de Cosnac à trois postes : Maître de Pont, Grand-Vicaire de l'Archevêque de Paris et Doyen du Chapitre de Saint-Germain de l'Auxerrois. Le 21 mai, un concert à Versailles a présenté les deux derniers actes du Ballet des Éléments par M. Destouches, Sur-Intendant de la Musique du Roi. Le 24 mai, un nouveau Te Deum composé par M. Destouches a été interprété dans le Salon de la Reine. Du 9 au 30 juin, l'opéra Callirhoé de M. Destouches a été joué en plusieurs actes, accompagné de cantates de M. Clerambault et du sieur Marchand. Les rôles principaux ont été tenus par les demoiselles Courvasier, Mathieu, Pellissier, et les sieurs Tribou et Chassé. La procession du Saint-Sacrement à Saint-Sulpice, en présence de la Reine Douairière d'Espagne, a été notable. Le 25 juin, la lotterie de la Compagnie des Indes a été tirée avec 305 actions gagnantes. Enfin, le 28 juin, la foire Saint-Laurent a été inaugurée par le Lieutenant Général de Police.
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