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9101
p. 2061-2068
Camp du Régiment du Roi à Fontainebleau, [titre d'après la table]
Début :
Le 9, le Roy partit de Versailles vers les onze heures du matin pour aller coucher [...]
Mots clefs :
Fontainebleau, Cour, Roi, Revue, Régiment, Rangs, Lieutenant colonel, Camp
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Camp du Régiment du Roi à Fontainebleau, [titre d'après la table]
Le 9 , le Roy partit de Versailles " vers
les onze heures du matin pour aller cou
cher au Château de Fontainebleau..
>
Le 10, la Reine alla coucher à PetitHv Bourg
2062 MERCURE DE FRANCE
Bourg , pour se rendre le lendemain à
Fontainebleau.
La Cour y est encore. Le Roy prend
le divertissement de la chasse du Cerf,
du Sanglier et du Chevreuil , presque
tous les jours , hors les Dimanches et
les Jeudis , que Sa Majesté va se promener le soir au Château de la Rivicre , chez le Comte de Toulouze.
Les jours où il n'y a point de chasse , le
Roy voit jouer quatre des plus fameuxJoueurs de Paume de Paris.
Il y a Comédie Françoise le Mardy et
le Jeudy ; Samedi , Comédie Italienne ,
et Concert chez la Reine le Lundy et le
Mercredi ,
Le 20 de ce mois , les 4 Bataillons du
Régiment du Roy , vinrent camper dans
la Prairie de Tomery, sur les bords de la
Seine , à une lieuë de Fontainebleau.
Le 22 , S.E.M. le Cardinal de Fleury vins
voir le Regiment, qu'il trouva en Bataille. M. le Garde des Sceaux , M. d'Angervilliers , les autres Secretaires d'Etat , et
plusieurs Seigneurs de la Cour étoient:
avec lui.
S. E passa au front des 4 Bataillons , et
enfuite dans tous les Rangs ; après que le
Ré-
SEPTEMBRE. 1732. 2063
Régiment eut fait l'exercice et quelques
évolutions , comme il défiloit devant elle,
le Roy qu'on n'attendoit point , arriva.
Il ordonna qu'on continuât à marcher,
et fit ensuite remettre le Regiment en Bataille, à la tête de son Camp, où il voulut
qu'on rentrat et que les Soldats prissent
leurs Surtouts et leurs Bonnets. Le Roy
mit aussi-tôt pied à terre et passa dans les
rues duCamp, en s'informant si les Soldats
avoient suffilamment de la Paille. S. M.
alla ensuite aux Cuisines pour voir par
Elle- même si rien ne manquoit à leur
subsistance. Le Soleil étant couché , S. M.-
ordonna qu'on battit la Retraite , après
quoi Elle se retira .
Le 23 , le Roy ayant déclaré lé matin
qu'il vouloit faire une Revûë tres- exacte
de son Regiment , il ordonna que toutes
les Compagnies fussent mises en haye; l'après midy , s'étant rendu au Camp sur les
3 heures , il les trouva dans cet ordre et
vit les 68 Compagnies dont est composé
le Regiment , homme par homme ; il en
reforma même quelques- uns. Sa Majesté
fit toute cette inspection à pied , quol
qu'elle y employa près de 2 heures.
Lorsqu'elle eut passé en Revue la derniere Compagnie , Elle voulat que le ReHvp gimene
2064 MERCURE DE FRANCE
giment se rémit en Bataille: aussi- tôt après
elle le fit mettre en Colonne par Bataillon entier. Lorsqu'il eut marché en cet
ordre , environ cent pas , Elle commanda
qu'on format un Bataillon quarré ; ce qui
fut exécuté avec ordre et promptitude.
S. M. le fit marcher sur toutes les faces ;
faisant faire alte de temps en temps. A
chaque fois qu'elle donnoit le signal pour
s'arrêter, un rang tiroit. Elle fit tirer ainsi
successivement les 4 Rangs.
+
Elle ordonna ensuite qu'on rompit le
Bataillon pourse remettre en Bataille ; ce
qui étant exécuté , elle le fit mettre en
Colonne , par quart de Rang , et le fit dé- filer dans cet ordre. La nuit qui approchoit empêcha S. M. d'exercer plus longtemps son Regiment , elle le fit rentrer
dans son Camp..
Le 25 , L. M: arriverent au Camp sur
les 3 heures; elles trouverent le Regiment
qui les attendoit , rangé en Bataille: Elles
passerent ensuite au front des 4 Bataillons
oùelles furent faluées.
L'intention du Roy ayant été que les
Sergens passassent à la queue ; il les y examina sur une même ligne ; après quoi
S. M. retourna se poster au Centre pour
y voir faire l'exercice au son du. Tambour , lequel étant exécuté, Elle ordonna
qu'on
SEPTEMBRE. 1732. 2065
qu'on le renouvellat à la muette et elle fut
se placer à cet effet au flanc gauche du
quatriéme Bataillon. L'Exercice à la Gre
nade fut fait ensuite par l'ordre duRoy ,
et de pied ferme et en marchant , et toutes les deux fois on jetta des Grenades de
Carton ; après quoi S. M. voulut qu'on
executat les à droits et les à gauches par
cinq.
Le Régiment s'étant retrouvé en Ba taille , se rompit par demi quart de rang.
Dans cet ordre , il défila devant Elle et
fut se ranger en Bataille à la tête du Camp où il rentra. S. M. voulut revoir les Sol
dats en Surtout et en Bonnet à la tête des
Ruës.
Le Regiment ayant un armement neuf,
le Roy voulur, en passant devant les Fais
seaux , qu'on lui montrat un Fuzil; après
l'avoir lui-même examiné , il ordonna
qu'on en démontat le Canon et la Platine
pour le voir encore plus exactement.
Le 28. le Roy ayant ordonné que son
Régiment prît les armes , S. M. arriva au
Camp à 3. heures et demie. En passant
à la tête des Bataillons elle dit à M.de Cadeville , Lieutenant Colonel , qu'elle l'avoit fait Brigadier , pour lui témoigner
la satisfaction qu'elle avoit de lui et du
Régiment Elle
2066 MERCURE DE FRANCE
Elle ordonna qu'on lui fit faire des
quarts de conversion par quatt de rang.
Ce mouvement fut repeté quatre fois
à droit et quatre fois à gauche ; le même
mouvement s'executa par demi Bataillon.
Lorsqu'il fut fini , le Roy destra voir tirer, et ordonna qu'on commençât à le
fairé pat un peloton de chaque Bataillon
à la fois ; ensuite par deux , puis par trois- trojs…
Compagnies silil fit après tirer par Bataillon entier , ensuite par chaque rang
des 4. Bataillons à la fois. Le feu roulant
suivit en commençant par la droite du
quatrième rang , il vint reprendre la gau..
che du troisième , et ainsi de suite les
autres rangs. Cet Exercice finit par une
décharge géneraie de tout le Régiment.
Après cela S. M. le fit rompre par quart
de rang , pour marcher sur quatre colomnes , chaque Bataillon en formant
une , avec ordre de ne se point débor--
der en marchant et de se porter jusqu'à
trois cent pas en avant du Champ de Ba- taille. A moitié de cet intervale elle fit
réformer les Bataillons pour les voir tous
quatre en colonne. Ensuite le Roy les
fit rompre pour continuer à marcher jus
qu'au terrain qu'elle leur avoit d'abord
marqué. Lorsqu'ils y furent arrivés , ils
se remit ent en batailie sur la même lignes:
Lorsque
SEPTEMBRE. 1732. 2067-
7
Lorsque S. M. eut vû s'ils s'étoient bienalignez , Elle fit de nouveau rompre leRégiment sur huit colonnes , marchant
par ordre renversé , pour revenir sur le
même Champ de Bataille, d'où ils étoient
dabord partis. A moitié de la marche
Elle ordonna que chaque colonne se mît
en bataille , ce qui en forma une seule
de huit demi Bataillons ; après quoi s'étant encore rompu pour se mettre sur
les huit colonnes , il arriva dans cet or--
dre sur son premier terrain , où il se reforma en bataille.
Le Roy fit après marcher en avanttout le Régiment en bataille.Lorsqu'il eut
fait environ cent- cinquante pas dans cet
ordre , S. M. ordonna qu'on lui fit faire
un moulinet , pour voir tourner sur leur
centre les 4. Bataillons. Elle fit repeter.
2 fois ce mouvement , après lequel Elle
ordonna qu'on rentrât dans le Camp.
S. M. vit encore défiler et reformer le
Régiment à la tête du Camp. Alors Elle
fit appeller six Officiers qu'elle avoit
nommez le matin Chevaliers de S. Louis,
et les recût à la tête du Régiment , nonobsrat la pluye qu'il faisoit et qui n'avoit pas discontinué un moment depuisl'arrivée de S. M.
Lorsque le Régiment fut rentré dans
2068 MERCURE DE FRANCE
le Camp , Elle fit l'honneur au Marquis
de Pezé, d'aller souper chez lui , comme
Elle avoit fait le 23
les onze heures du matin pour aller cou
cher au Château de Fontainebleau..
>
Le 10, la Reine alla coucher à PetitHv Bourg
2062 MERCURE DE FRANCE
Bourg , pour se rendre le lendemain à
Fontainebleau.
La Cour y est encore. Le Roy prend
le divertissement de la chasse du Cerf,
du Sanglier et du Chevreuil , presque
tous les jours , hors les Dimanches et
les Jeudis , que Sa Majesté va se promener le soir au Château de la Rivicre , chez le Comte de Toulouze.
Les jours où il n'y a point de chasse , le
Roy voit jouer quatre des plus fameuxJoueurs de Paume de Paris.
Il y a Comédie Françoise le Mardy et
le Jeudy ; Samedi , Comédie Italienne ,
et Concert chez la Reine le Lundy et le
Mercredi ,
Le 20 de ce mois , les 4 Bataillons du
Régiment du Roy , vinrent camper dans
la Prairie de Tomery, sur les bords de la
Seine , à une lieuë de Fontainebleau.
Le 22 , S.E.M. le Cardinal de Fleury vins
voir le Regiment, qu'il trouva en Bataille. M. le Garde des Sceaux , M. d'Angervilliers , les autres Secretaires d'Etat , et
plusieurs Seigneurs de la Cour étoient:
avec lui.
S. E passa au front des 4 Bataillons , et
enfuite dans tous les Rangs ; après que le
Ré-
SEPTEMBRE. 1732. 2063
Régiment eut fait l'exercice et quelques
évolutions , comme il défiloit devant elle,
le Roy qu'on n'attendoit point , arriva.
Il ordonna qu'on continuât à marcher,
et fit ensuite remettre le Regiment en Bataille, à la tête de son Camp, où il voulut
qu'on rentrat et que les Soldats prissent
leurs Surtouts et leurs Bonnets. Le Roy
mit aussi-tôt pied à terre et passa dans les
rues duCamp, en s'informant si les Soldats
avoient suffilamment de la Paille. S. M.
alla ensuite aux Cuisines pour voir par
Elle- même si rien ne manquoit à leur
subsistance. Le Soleil étant couché , S. M.-
ordonna qu'on battit la Retraite , après
quoi Elle se retira .
Le 23 , le Roy ayant déclaré lé matin
qu'il vouloit faire une Revûë tres- exacte
de son Regiment , il ordonna que toutes
les Compagnies fussent mises en haye; l'après midy , s'étant rendu au Camp sur les
3 heures , il les trouva dans cet ordre et
vit les 68 Compagnies dont est composé
le Regiment , homme par homme ; il en
reforma même quelques- uns. Sa Majesté
fit toute cette inspection à pied , quol
qu'elle y employa près de 2 heures.
Lorsqu'elle eut passé en Revue la derniere Compagnie , Elle voulat que le ReHvp gimene
2064 MERCURE DE FRANCE
giment se rémit en Bataille: aussi- tôt après
elle le fit mettre en Colonne par Bataillon entier. Lorsqu'il eut marché en cet
ordre , environ cent pas , Elle commanda
qu'on format un Bataillon quarré ; ce qui
fut exécuté avec ordre et promptitude.
S. M. le fit marcher sur toutes les faces ;
faisant faire alte de temps en temps. A
chaque fois qu'elle donnoit le signal pour
s'arrêter, un rang tiroit. Elle fit tirer ainsi
successivement les 4 Rangs.
+
Elle ordonna ensuite qu'on rompit le
Bataillon pourse remettre en Bataille ; ce
qui étant exécuté , elle le fit mettre en
Colonne , par quart de Rang , et le fit dé- filer dans cet ordre. La nuit qui approchoit empêcha S. M. d'exercer plus longtemps son Regiment , elle le fit rentrer
dans son Camp..
Le 25 , L. M: arriverent au Camp sur
les 3 heures; elles trouverent le Regiment
qui les attendoit , rangé en Bataille: Elles
passerent ensuite au front des 4 Bataillons
oùelles furent faluées.
L'intention du Roy ayant été que les
Sergens passassent à la queue ; il les y examina sur une même ligne ; après quoi
S. M. retourna se poster au Centre pour
y voir faire l'exercice au son du. Tambour , lequel étant exécuté, Elle ordonna
qu'on
SEPTEMBRE. 1732. 2065
qu'on le renouvellat à la muette et elle fut
se placer à cet effet au flanc gauche du
quatriéme Bataillon. L'Exercice à la Gre
nade fut fait ensuite par l'ordre duRoy ,
et de pied ferme et en marchant , et toutes les deux fois on jetta des Grenades de
Carton ; après quoi S. M. voulut qu'on
executat les à droits et les à gauches par
cinq.
Le Régiment s'étant retrouvé en Ba taille , se rompit par demi quart de rang.
Dans cet ordre , il défila devant Elle et
fut se ranger en Bataille à la tête du Camp où il rentra. S. M. voulut revoir les Sol
dats en Surtout et en Bonnet à la tête des
Ruës.
Le Regiment ayant un armement neuf,
le Roy voulur, en passant devant les Fais
seaux , qu'on lui montrat un Fuzil; après
l'avoir lui-même examiné , il ordonna
qu'on en démontat le Canon et la Platine
pour le voir encore plus exactement.
Le 28. le Roy ayant ordonné que son
Régiment prît les armes , S. M. arriva au
Camp à 3. heures et demie. En passant
à la tête des Bataillons elle dit à M.de Cadeville , Lieutenant Colonel , qu'elle l'avoit fait Brigadier , pour lui témoigner
la satisfaction qu'elle avoit de lui et du
Régiment Elle
2066 MERCURE DE FRANCE
Elle ordonna qu'on lui fit faire des
quarts de conversion par quatt de rang.
Ce mouvement fut repeté quatre fois
à droit et quatre fois à gauche ; le même
mouvement s'executa par demi Bataillon.
Lorsqu'il fut fini , le Roy destra voir tirer, et ordonna qu'on commençât à le
fairé pat un peloton de chaque Bataillon
à la fois ; ensuite par deux , puis par trois- trojs…
Compagnies silil fit après tirer par Bataillon entier , ensuite par chaque rang
des 4. Bataillons à la fois. Le feu roulant
suivit en commençant par la droite du
quatrième rang , il vint reprendre la gau..
che du troisième , et ainsi de suite les
autres rangs. Cet Exercice finit par une
décharge géneraie de tout le Régiment.
Après cela S. M. le fit rompre par quart
de rang , pour marcher sur quatre colomnes , chaque Bataillon en formant
une , avec ordre de ne se point débor--
der en marchant et de se porter jusqu'à
trois cent pas en avant du Champ de Ba- taille. A moitié de cet intervale elle fit
réformer les Bataillons pour les voir tous
quatre en colonne. Ensuite le Roy les
fit rompre pour continuer à marcher jus
qu'au terrain qu'elle leur avoit d'abord
marqué. Lorsqu'ils y furent arrivés , ils
se remit ent en batailie sur la même lignes:
Lorsque
SEPTEMBRE. 1732. 2067-
7
Lorsque S. M. eut vû s'ils s'étoient bienalignez , Elle fit de nouveau rompre leRégiment sur huit colonnes , marchant
par ordre renversé , pour revenir sur le
même Champ de Bataille, d'où ils étoient
dabord partis. A moitié de la marche
Elle ordonna que chaque colonne se mît
en bataille , ce qui en forma une seule
de huit demi Bataillons ; après quoi s'étant encore rompu pour se mettre sur
les huit colonnes , il arriva dans cet or--
dre sur son premier terrain , où il se reforma en bataille.
Le Roy fit après marcher en avanttout le Régiment en bataille.Lorsqu'il eut
fait environ cent- cinquante pas dans cet
ordre , S. M. ordonna qu'on lui fit faire
un moulinet , pour voir tourner sur leur
centre les 4. Bataillons. Elle fit repeter.
2 fois ce mouvement , après lequel Elle
ordonna qu'on rentrât dans le Camp.
S. M. vit encore défiler et reformer le
Régiment à la tête du Camp. Alors Elle
fit appeller six Officiers qu'elle avoit
nommez le matin Chevaliers de S. Louis,
et les recût à la tête du Régiment , nonobsrat la pluye qu'il faisoit et qui n'avoit pas discontinué un moment depuisl'arrivée de S. M.
Lorsque le Régiment fut rentré dans
2068 MERCURE DE FRANCE
le Camp , Elle fit l'honneur au Marquis
de Pezé, d'aller souper chez lui , comme
Elle avoit fait le 23
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Résumé : Camp du Régiment du Roi à Fontainebleau, [titre d'après la table]
En septembre 1732, le roi quitta Versailles le 9 pour se rendre au Château de Fontainebleau. La reine le rejoignit à Fontainebleau le 11 en passant par Petit-Bourg. À Fontainebleau, le roi pratiquait la chasse presque quotidiennement, sauf les dimanches et jeudis, où il se promenait au Château de la Rivière. Les jours sans chasse, il assistait à des parties de paume. Les représentations de comédie française avaient lieu le mardi et le jeudi, tandis que la comédie italienne et un concert chez la reine étaient programmés le samedi et le lundi. Le 20 septembre, quatre bataillons du Régiment du Roi campèrent à Tomery, près de Fontainebleau. Le 22, le Cardinal de Fleury visita le régiment, accompagné de plusieurs hauts dignitaires. Le roi, présent de manière inattendue, inspecta les soldats et leur campement. Le 23, le roi passa en revue le régiment, inspectant chaque compagnie et supervisant divers exercices militaires. Le 25, les maréchaux de camp examinèrent les sergents et supervisèrent des exercices de tir et de grenade. Le roi nomma également plusieurs officiers Chevaliers de Saint-Louis malgré la pluie continue. Le 28, le roi ordonna au régiment de réaliser divers mouvements tactiques, incluant des tirs en peloton et en bataillon, des marches en colonne, et des reformations en bataille. Il nomma également le Lieutenant Colonel de Cadeville Brigadier. Après ces exercices, le roi soupa chez le Marquis de Pezé.
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9102
p. 2068-2069
« Le 4 Août on chanta au Concert de la Reine le Prologue et le premier Acte de Bellerophon; il [...] »
Début :
Le 4 Août on chanta au Concert de la Reine le Prologue et le premier Acte de Bellerophon; il [...]
Mots clefs :
Concert, Choeur, Violons, Prologue, Reine, Comédiens-Français, Comédiens-Italiens, Loterie de la Compagnie des Indes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 4 Août on chanta au Concert de la Reine le Prologue et le premier Acte de Bellerophon; il [...] »
Le 4 Août on chanta au Concert de la Reine le
Prologue et le premier Acte de Bellerophon ; il fut continué le 6 et le 11. Les principaux rôles
furent remplis par les Sieurs d'Angerville , Tribou , Chassé et du Bourg , et par les Diles Du- hamel , Courvasier et Robelin , lesquels furent très-bien éxécutéz.
Le 13. on chanta le Prologue et le premier
'Acte de Jephté.
Le 18. le second et le troisiéme Acte ; on répéta le Choeur du premier Acte que la Cour souhaita d'entendre encore une fois , et on finit cet
Opéra le 20. par le quatriéme et cinquième Acte ; le Rôle d'Apollon dans le Prologue fut chanté
par le sieur Dubourg , et ceux de Polymnie, Terpsicore , Venus et la Verité , par les Des Courvasier , Robelin , Mathieu et Lenner ; les principaux Rôles de la Piéce furent chantez par les
Ds Antier et le Maure , et par les Sieurs Chas◄
sé , le Begue , Ducros et Petillot. Ce Concert >
dont l'éxécution fut parfaite , fit beaucoup de
plaisir à la Reine et à toute la Cour , les Auteurs
du Poëme et de la Musique en reçûment des
complimens très-gracieux.
Le 25. jour de S. Louis , les 24 Violons de la Chambre exécuterent au dîné et au souper du
Roi plusieurs Piéces de Simphonies de la compo- sition de M. de Blamont , Sur - Intendant de la
Musique du Roi.
Le 27. on concerta chez la Reiné le Prologue
le premier Acte des Fêtes Grecques et Romai nes&
SEPTEMBRE. 1732. 2069
TIES du même Auteur , qu'on continua le
trente par le second et le troisiéme Acte ; il y
eut le même jour au Souper du Roi une grande
Simphonie , composée de toute sorte d'Instru
mens.
Le 15. 17. et 22. Septembre , on chanta chez
la Reine le Prologue et les cinq Entrées de l'E
rope Galante dont l'éxécution fut parfaite ; les principaux Rôles furent chantés par les meilleurs
Sujets de la Musique du Roi..
Le 16 Septembre les Comédiens François représenterent à Fontainebleau la Tragédie d'Habis , qui fut suivie de la petite Comédie de l'Indiscret , de M. de Voltaire.
Le 18. Les Femmes Sçavantes.
Le 23. La Tragédie de Venceslas et l'Epreuve
Réciproque.
Le 25. Le Médisant.
Le 30. Rhadamiste et l'Amour Diable.
Le 13. les Comédiens Italiens représenterent
l'Embarras des Richesses et la petite Comédie de
l'Ecole des Meres. Le sicur Roland´, dont il a été
parlé , dansa à la fin de la premiere Piéce une
Entrée de Sabotier , et la D Roland , sa fille ,
dansa ensuite un Pas de Deux avec le sieur Lélio qui fit beaucoup de plaisir.
1°
Le 20. Le Jeu de l'Amour et du Hazard ,
fut suivi de la Comédie de la Silphide.
qui
Le 24. Démocrite prétendu Fon , et les Effets du
Dépit.
Le 25. Septembre la Lotterie de la Compagnie
des Indes , établie pour le remboursement des Actions fut tirée en la maniere accoutumée à
PHO
2070 MERCURE DE FRANCE
l'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros
gagnans des Actions et dixièmes d'Actions qui
doivent être remboursées a été renduë publique,
aisant en tout le nombre de 319. Actions.
Prologue et le premier Acte de Bellerophon ; il fut continué le 6 et le 11. Les principaux rôles
furent remplis par les Sieurs d'Angerville , Tribou , Chassé et du Bourg , et par les Diles Du- hamel , Courvasier et Robelin , lesquels furent très-bien éxécutéz.
Le 13. on chanta le Prologue et le premier
'Acte de Jephté.
Le 18. le second et le troisiéme Acte ; on répéta le Choeur du premier Acte que la Cour souhaita d'entendre encore une fois , et on finit cet
Opéra le 20. par le quatriéme et cinquième Acte ; le Rôle d'Apollon dans le Prologue fut chanté
par le sieur Dubourg , et ceux de Polymnie, Terpsicore , Venus et la Verité , par les Des Courvasier , Robelin , Mathieu et Lenner ; les principaux Rôles de la Piéce furent chantez par les
Ds Antier et le Maure , et par les Sieurs Chas◄
sé , le Begue , Ducros et Petillot. Ce Concert >
dont l'éxécution fut parfaite , fit beaucoup de
plaisir à la Reine et à toute la Cour , les Auteurs
du Poëme et de la Musique en reçûment des
complimens très-gracieux.
Le 25. jour de S. Louis , les 24 Violons de la Chambre exécuterent au dîné et au souper du
Roi plusieurs Piéces de Simphonies de la compo- sition de M. de Blamont , Sur - Intendant de la
Musique du Roi.
Le 27. on concerta chez la Reiné le Prologue
le premier Acte des Fêtes Grecques et Romai nes&
SEPTEMBRE. 1732. 2069
TIES du même Auteur , qu'on continua le
trente par le second et le troisiéme Acte ; il y
eut le même jour au Souper du Roi une grande
Simphonie , composée de toute sorte d'Instru
mens.
Le 15. 17. et 22. Septembre , on chanta chez
la Reine le Prologue et les cinq Entrées de l'E
rope Galante dont l'éxécution fut parfaite ; les principaux Rôles furent chantés par les meilleurs
Sujets de la Musique du Roi..
Le 16 Septembre les Comédiens François représenterent à Fontainebleau la Tragédie d'Habis , qui fut suivie de la petite Comédie de l'Indiscret , de M. de Voltaire.
Le 18. Les Femmes Sçavantes.
Le 23. La Tragédie de Venceslas et l'Epreuve
Réciproque.
Le 25. Le Médisant.
Le 30. Rhadamiste et l'Amour Diable.
Le 13. les Comédiens Italiens représenterent
l'Embarras des Richesses et la petite Comédie de
l'Ecole des Meres. Le sicur Roland´, dont il a été
parlé , dansa à la fin de la premiere Piéce une
Entrée de Sabotier , et la D Roland , sa fille ,
dansa ensuite un Pas de Deux avec le sieur Lélio qui fit beaucoup de plaisir.
1°
Le 20. Le Jeu de l'Amour et du Hazard ,
fut suivi de la Comédie de la Silphide.
qui
Le 24. Démocrite prétendu Fon , et les Effets du
Dépit.
Le 25. Septembre la Lotterie de la Compagnie
des Indes , établie pour le remboursement des Actions fut tirée en la maniere accoutumée à
PHO
2070 MERCURE DE FRANCE
l'Hôtel de la Compagnie. La Liste des Numeros
gagnans des Actions et dixièmes d'Actions qui
doivent être remboursées a été renduë publique,
aisant en tout le nombre de 319. Actions.
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Résumé : « Le 4 Août on chanta au Concert de la Reine le Prologue et le premier Acte de Bellerophon; il [...] »
Du 4 au 20 août 1732, plusieurs représentations musicales se déroulèrent au Concert de la Reine. Le 4 août, le prologue et le premier acte de 'Bellerophon' furent interprétés par les sieurs d'Angerville, Tribou, Chassé, du Bourg, et les demoiselles Duhamel, Courvasier et Robelin. Les représentations continuèrent les 6 et 11 août. Le 13 août, le prologue et le premier acte de 'Jephté' furent chantés, suivis des deuxième, troisième, quatrième et cinquième actes les 18 et 20 août, avec des rôles interprétés par les sieurs Dubourg, Courvasier, Robelin, Mathieu, Lenner, Antier, le Maure, Chassé, le Bègue, Ducros et Petillot. L'exécution fut acclamée par la Reine et la Cour. Le 25 août, à la fête de Saint-Louis, les 24 Violons de la Chambre jouèrent des symphonies de M. de Blamont. Le 27 août, le prologue et le premier acte des 'Fêtes Grecques et Romaines' furent chantés chez la Reine. En septembre, plusieurs représentations eurent lieu. Du 15 au 22 septembre, le prologue et les cinq entrées de 'L'Europe Galante' furent chantés chez la Reine. Le 16 septembre, les Comédiens Français jouèrent 'Habis' et 'L'Indiscret' de Voltaire à Fontainebleau. Du 18 au 30 septembre, diverses pièces de théâtre furent représentées, incluant 'Les Femmes Savantes', 'Venceslas', 'Le Médisant', 'Rhadamiste' et 'L'Amour Diable'. Les Comédiens Italiens jouèrent 'L'Embarras des Richesses' et 'L'École des Mères', avec des danses du sieur Roland et de la demoiselle Roland. Le 25 septembre, la lotterie de la Compagnie des Indes fut tirée à l'Hôtel de la Compagnie, avec 319 actions remboursées.
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9103
p. 2070
Orage à Joigny, [titre d'après la table]
Début :
On écrit de Joigny le 4 Septembre, que le 25. du mois passé, jour de S. Louis, vers les 9. [...]
Mots clefs :
Joigny, Orage, Pluie, Vignes, Grêle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Orage à Joigny, [titre d'après la table]
On écrit de Joigny le 4 Septembre , que le
25. du mois passé , jour de S. Louis , vers les g.
heures du soir , un Orage mêlé de pluye et de
grêle , a ravagé une grande étendue de Païs aux
environs. On compte une partie de cette Election,
au nombre de 17 Villages ou Hameaux, très-endommagez. Les habitans du Territoire qui est
entre Villeneuve- le-Roi et Joigny , ont souffert
des maux irréparables. Il y a quantité de maisons abbatues , la plupart des Vignes sont déra- cinées , les bois taillis même sont hachez par la
grêle. Il s'en est trouvé du poids de cinq quarte.
rons; quantité de Gibier a péri par ce fleau , et
peu de volatile en a échappée; ensorte que le lendemain on a trouvé dans un seul Jardin jusqu'à
six douzaines de Moineaux morts. Les Emblures :
des menus grains sont entierement perdus. Le
vent étoit des plus violens , et donnoit,pour ainsi
dire , une augmentation de force à la grêle. Enfin , l'eau est tombé avec tant d'impetuosité pendant quelques heures , qu'elle n'a pas épargné la
récolte des Bleds , faite et serrée dans les Granges. On ne sçauroit voir tant de pauvres gens
désolez sans beaucoup de compassion. C'est un
bonheur que l'Orage ne soit pas arrivé deux
heures plutôt tous les bestiaux auroient péri par la campagne où ils paissoient dans ce temslà. Nos Côteaux , ces fameux Côteaux , ditl'Auteur de la Lettre , si recommandables par
leurs Vins délicieux , ont été heureusement préservés , et l'on espere encore de faire ici des Vins
excellens , &c.
25. du mois passé , jour de S. Louis , vers les g.
heures du soir , un Orage mêlé de pluye et de
grêle , a ravagé une grande étendue de Païs aux
environs. On compte une partie de cette Election,
au nombre de 17 Villages ou Hameaux, très-endommagez. Les habitans du Territoire qui est
entre Villeneuve- le-Roi et Joigny , ont souffert
des maux irréparables. Il y a quantité de maisons abbatues , la plupart des Vignes sont déra- cinées , les bois taillis même sont hachez par la
grêle. Il s'en est trouvé du poids de cinq quarte.
rons; quantité de Gibier a péri par ce fleau , et
peu de volatile en a échappée; ensorte que le lendemain on a trouvé dans un seul Jardin jusqu'à
six douzaines de Moineaux morts. Les Emblures :
des menus grains sont entierement perdus. Le
vent étoit des plus violens , et donnoit,pour ainsi
dire , une augmentation de force à la grêle. Enfin , l'eau est tombé avec tant d'impetuosité pendant quelques heures , qu'elle n'a pas épargné la
récolte des Bleds , faite et serrée dans les Granges. On ne sçauroit voir tant de pauvres gens
désolez sans beaucoup de compassion. C'est un
bonheur que l'Orage ne soit pas arrivé deux
heures plutôt tous les bestiaux auroient péri par la campagne où ils paissoient dans ce temslà. Nos Côteaux , ces fameux Côteaux , ditl'Auteur de la Lettre , si recommandables par
leurs Vins délicieux , ont été heureusement préservés , et l'on espere encore de faire ici des Vins
excellens , &c.
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Résumé : Orage à Joigny, [titre d'après la table]
Le 4 septembre, une lettre de Joigny signale un violent orage survenu le 25 août, causant des dégâts importants dans une vaste région. Dix-sept villages ou hameaux de l'élection de Joigny, notamment entre Villeneuve-le-Roi et Joigny, ont été sévèrement touchés. Les dommages incluent des maisons détruites, des vignes déracinées et des bois taillis endommagés par des grêlons pesant jusqu'à cinq quarts. De nombreux animaux, y compris des oiseaux, ont péri, et des cultures comme les emblaves et les blés stockés dans les greniers ont été détruits. Le vent puissant et la pluie torrentielle ont amplifié les pertes agricoles. Cependant, les célèbres coteaux de la région, connus pour leurs vins délicieux, ont été épargnés, laissant espérer une bonne récolte viticole malgré les ravages.
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9104
p. 2071-2074
FESTE donnée au Pavillon, Maison de Plaisance près de la Ville d'Aix. Extrait d'une Lettre du cinquiéme Septembre.
Début :
Le Roi vient de faire à Mrs de Lenfant une grace considerable, en accordant à un fils [...]
Mots clefs :
Provence, Fête, Pavillon, Maison, Eaux jaillissantes, Coups de canon, Tambours, Spectacle, Dîner
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texteReconnaissance textuelle : FESTE donnée au Pavillon, Maison de Plaisance près de la Ville d'Aix. Extrait d'une Lettre du cinquiéme Septembre.
FESTE donnée an Pavillon , Maison de
Plaisance près de la Ville d'Aix. Ex--
trait d'une Lettre du cinquiéme Septembre.
L
E Roi vient de faire à Mrs de Lenfant une ·
grace considerable , en accordant à un fils
aîné, encore assez jeune , la survivance et l'éxercice des Charges de Commissaire Provincial des
Troupes en Provence , et d'Intendant de la
Garnison Françoise de la Principauté de Monaco que M. De Lenfant pere remplit depuis plusieurs années avec approbation.
Le Pavillon est une fort belle Maison qui leur
appartient , située dans un des plus beaux lieux
de la Provence , fréquentée presque toute l'année
par beaucoup de personnes de condition de l'un
et de l'autre sexe , qui aiment à goûter pendant
quelque tems la tranquillité d'une agréable solitude , et à respirci un air plus pur que celui des
Villes.
La Maison est assez vaste , bien distribuée , et
d'une agréable Architecture. Le plus précieux
meuble qu'on y trouve est une Bibliotheque de
Livres choisis , commencée et très- augmentée
par M. de Lenfant pere , qui ne se lasse point de
T'enrichir. Son goût particulier pour la Peinture
paroît aussi par quantité de Tableaux des meil
leurs Auteurs Italiens , François et Flamands
qui ornent les Salons , avec un grand nombre
d'Estampes des plus habiles Maîtres,
Les dehors présentent différens agrémens , sans
parler de la vue charmante des Paysages des environs , &c. On arrive au Pavillon par deux gran- >
2072 MERCURE DE FRANCE
grandes Allées des plus beaux Maroniers. Entre
ces Allées il y en a une autre , plantée de diffe
rens Arbres choisis , et propres à recevoir par
la taille toutes les formes qu'on veut leur don
ner. On y voit avec plaisir les quatre Saisons en
grandes Statues , Mercure prêt à voler , -Bellone'
avec ses Attributs et plusieurs autres Sujets de P'Histoire fabuleuse.
Les eaux jaillissantes contribuent encore à em
bellir ces dehors. La Piéce la plus confi térable
est au bout de l'Allée du milieu , en face du På→
villon: c'est une Statue colossalle d'Hercule , qui avec sa Massuë , abbat les têtes de l'Hydre , d'ou
sortent autant de jets d'eau , lesquels en tombant
forment une grande nape d'eau. On ne dit rient de plusieurs autres jets d'eau distribuez en divers
endroits , pour ne pas oublier deux belles Cascades qui forment devant le Pavillon un grand Réservoir , où l'on nourrit des Poissons.
Le Parterre est des mieux entendus pour le
dessein général , et des plus heureusement éxécu
tez par la varieté et par le goût des compartimens.
Oncroira sans peine que les plus beaux Orangers,
les Citroniers et les plus belles fleurs du Pays
abondent dans ce Parterre , et qu'on y trouve un
Printems presque continuel.
C'est dans un si agréable Lieu qu'a été célebrée
la Fête en question. Elle commença le 24. Août
au soir , veille de S. Louis, dès qu'on cut reçu
Pagréable nouvelle dont on a parlé.
M. de Lenfant , fils aîné , qui y étoit le plus
interessé , fit d'abord dresser les appareils d'un
grand Feu au bout de l'Allée de la Bibliotheque ;
on l'orna de Banderoles , de Guidons armoriez
et de plusieurs Panaches de diverses couleurs. A
Pentrée de la nuit il fut allumé par M. de Len
fant
SEPTEMBRE. 1732 2073
fant pere , et par M. l'Abbé , son frere , avec des
flambeaux qui leur furent présentez en cérémonie
par les jeunes Mrs de Lenfant. On tira en mê→
me-tems plusieurs coups de Canon , on entendir
le son des Tambours et des Fifres , et la joye
éclata encore par un grand nombre de Fusées ,
et de Serpentaux , qui furent tirez par les Domes
tiques,
* Il n'en fallut pas davantage ; ce fut un signal pour attirer au Pavillon une Assemblée nombreuse de Dames et de Cavaliers. Ce fut aussi un
signal pour attirer tout ce qu'il y avoit aux envi
Lons de Jeunesse d'élite , la plus vive et la plus experte en Danses Provençales. Il se forma en
peu de tems plusieurs Bandes de Bergeres et de Bergers , qui danserent toute la nuit en différens
endroits , et le Spectacle n'étoit pas indifférent.
Au déclin du Feu , on servit un grand Soupé ,
dont la gayete fut un des meilleurs mets ; et on
n'oublia pas de faire donner en abondance des ra- fraichissemens aux Amateurs de la Danse et à
tous les Spectateurs. Ce ne fut là que le prélude de la Fête,
Elle commença le lendemain jour de S. Louis,
par la célébration de plusieurs Messes à la Chapelle de la Maison , extraordinairement ornée et
illuminée. On chanta ensuite une grande Messe
en Musique, composée par M Pellegrin, si connų
par ses belles compositions. A l'Elevation , la pe tite Artillerie se fit entendre.
On servit là dîner , sur deux Tables , dressées
dans l'Orangerie ; la délicatesse égala la profusion. On en étoit aux Liqueurs les plus exquises
et sur la fin du repas , quand les Tambours et les
Hautbois de la Ville , envoyez pour contribuer à
la joie de cette journée,en redoublerent la gayeté,
On
2074 MERCURE DE FRANCE
On s'amusa après ledîner à plusieurs parties de
Jeu et à la Danse jusqu'à l'heure de Vespres , qui furent chantées en grande Symphonie ; et après
le Service , les mêmes Musiciens de la Ville , qui
- avoient pris la peine de venir en grand nombre,
› donnerent un- Concert , où l'on exécuta les Piéces les mieux choisies.
Après le Concert il y eut une double Danse
sçavoir , des Dames & des Messieurs au son des
violons , et des Bergeres et Bergers au son des
Tambourins , des Flutes et des Fifres.
A l'entrée de la nuit , on fit une grande décharge de Boëtes , ce qui servit de signal pour
illuminer le Vaisseau qui est dans la grande
Piece d'Eau. Il ne manque à ce Vaisseau , qu'on
peut dire un ouvrage parfait , rien de ce qui se
trouve aux plus grands Bâtimens de mer , cordages, agrets &c. où toutes les parties étant artistement éclairées , on ne pouvoit rien voir en
son genre de plus agréable et de plus frapant
C'étoit une imitation et un abrégé de ces illuminations brillantes et ingénieuses que l'on voit à Marseille sur les Galeres du Roi en certaines
grandes occafions.
On fe mit à table pour le fouper au bruit des
Boëtes qui se firent encore entendre en beuvant la santé de M. Lebret , Conseiller d'Etat , Premier Président , Intendant de la Province & du
Commerce , & Commandant en Chef en Provence. La Fête finit par des acclamations & par
les voeux les plus ardens ponr la continuation de
la santé du Roi , de la Reine et de toute la Famille Auguste.
Plaisance près de la Ville d'Aix. Ex--
trait d'une Lettre du cinquiéme Septembre.
L
E Roi vient de faire à Mrs de Lenfant une ·
grace considerable , en accordant à un fils
aîné, encore assez jeune , la survivance et l'éxercice des Charges de Commissaire Provincial des
Troupes en Provence , et d'Intendant de la
Garnison Françoise de la Principauté de Monaco que M. De Lenfant pere remplit depuis plusieurs années avec approbation.
Le Pavillon est une fort belle Maison qui leur
appartient , située dans un des plus beaux lieux
de la Provence , fréquentée presque toute l'année
par beaucoup de personnes de condition de l'un
et de l'autre sexe , qui aiment à goûter pendant
quelque tems la tranquillité d'une agréable solitude , et à respirci un air plus pur que celui des
Villes.
La Maison est assez vaste , bien distribuée , et
d'une agréable Architecture. Le plus précieux
meuble qu'on y trouve est une Bibliotheque de
Livres choisis , commencée et très- augmentée
par M. de Lenfant pere , qui ne se lasse point de
T'enrichir. Son goût particulier pour la Peinture
paroît aussi par quantité de Tableaux des meil
leurs Auteurs Italiens , François et Flamands
qui ornent les Salons , avec un grand nombre
d'Estampes des plus habiles Maîtres,
Les dehors présentent différens agrémens , sans
parler de la vue charmante des Paysages des environs , &c. On arrive au Pavillon par deux gran- >
2072 MERCURE DE FRANCE
grandes Allées des plus beaux Maroniers. Entre
ces Allées il y en a une autre , plantée de diffe
rens Arbres choisis , et propres à recevoir par
la taille toutes les formes qu'on veut leur don
ner. On y voit avec plaisir les quatre Saisons en
grandes Statues , Mercure prêt à voler , -Bellone'
avec ses Attributs et plusieurs autres Sujets de P'Histoire fabuleuse.
Les eaux jaillissantes contribuent encore à em
bellir ces dehors. La Piéce la plus confi térable
est au bout de l'Allée du milieu , en face du På→
villon: c'est une Statue colossalle d'Hercule , qui avec sa Massuë , abbat les têtes de l'Hydre , d'ou
sortent autant de jets d'eau , lesquels en tombant
forment une grande nape d'eau. On ne dit rient de plusieurs autres jets d'eau distribuez en divers
endroits , pour ne pas oublier deux belles Cascades qui forment devant le Pavillon un grand Réservoir , où l'on nourrit des Poissons.
Le Parterre est des mieux entendus pour le
dessein général , et des plus heureusement éxécu
tez par la varieté et par le goût des compartimens.
Oncroira sans peine que les plus beaux Orangers,
les Citroniers et les plus belles fleurs du Pays
abondent dans ce Parterre , et qu'on y trouve un
Printems presque continuel.
C'est dans un si agréable Lieu qu'a été célebrée
la Fête en question. Elle commença le 24. Août
au soir , veille de S. Louis, dès qu'on cut reçu
Pagréable nouvelle dont on a parlé.
M. de Lenfant , fils aîné , qui y étoit le plus
interessé , fit d'abord dresser les appareils d'un
grand Feu au bout de l'Allée de la Bibliotheque ;
on l'orna de Banderoles , de Guidons armoriez
et de plusieurs Panaches de diverses couleurs. A
Pentrée de la nuit il fut allumé par M. de Len
fant
SEPTEMBRE. 1732 2073
fant pere , et par M. l'Abbé , son frere , avec des
flambeaux qui leur furent présentez en cérémonie
par les jeunes Mrs de Lenfant. On tira en mê→
me-tems plusieurs coups de Canon , on entendir
le son des Tambours et des Fifres , et la joye
éclata encore par un grand nombre de Fusées ,
et de Serpentaux , qui furent tirez par les Domes
tiques,
* Il n'en fallut pas davantage ; ce fut un signal pour attirer au Pavillon une Assemblée nombreuse de Dames et de Cavaliers. Ce fut aussi un
signal pour attirer tout ce qu'il y avoit aux envi
Lons de Jeunesse d'élite , la plus vive et la plus experte en Danses Provençales. Il se forma en
peu de tems plusieurs Bandes de Bergeres et de Bergers , qui danserent toute la nuit en différens
endroits , et le Spectacle n'étoit pas indifférent.
Au déclin du Feu , on servit un grand Soupé ,
dont la gayete fut un des meilleurs mets ; et on
n'oublia pas de faire donner en abondance des ra- fraichissemens aux Amateurs de la Danse et à
tous les Spectateurs. Ce ne fut là que le prélude de la Fête,
Elle commença le lendemain jour de S. Louis,
par la célébration de plusieurs Messes à la Chapelle de la Maison , extraordinairement ornée et
illuminée. On chanta ensuite une grande Messe
en Musique, composée par M Pellegrin, si connų
par ses belles compositions. A l'Elevation , la pe tite Artillerie se fit entendre.
On servit là dîner , sur deux Tables , dressées
dans l'Orangerie ; la délicatesse égala la profusion. On en étoit aux Liqueurs les plus exquises
et sur la fin du repas , quand les Tambours et les
Hautbois de la Ville , envoyez pour contribuer à
la joie de cette journée,en redoublerent la gayeté,
On
2074 MERCURE DE FRANCE
On s'amusa après ledîner à plusieurs parties de
Jeu et à la Danse jusqu'à l'heure de Vespres , qui furent chantées en grande Symphonie ; et après
le Service , les mêmes Musiciens de la Ville , qui
- avoient pris la peine de venir en grand nombre,
› donnerent un- Concert , où l'on exécuta les Piéces les mieux choisies.
Après le Concert il y eut une double Danse
sçavoir , des Dames & des Messieurs au son des
violons , et des Bergeres et Bergers au son des
Tambourins , des Flutes et des Fifres.
A l'entrée de la nuit , on fit une grande décharge de Boëtes , ce qui servit de signal pour
illuminer le Vaisseau qui est dans la grande
Piece d'Eau. Il ne manque à ce Vaisseau , qu'on
peut dire un ouvrage parfait , rien de ce qui se
trouve aux plus grands Bâtimens de mer , cordages, agrets &c. où toutes les parties étant artistement éclairées , on ne pouvoit rien voir en
son genre de plus agréable et de plus frapant
C'étoit une imitation et un abrégé de ces illuminations brillantes et ingénieuses que l'on voit à Marseille sur les Galeres du Roi en certaines
grandes occafions.
On fe mit à table pour le fouper au bruit des
Boëtes qui se firent encore entendre en beuvant la santé de M. Lebret , Conseiller d'Etat , Premier Président , Intendant de la Province & du
Commerce , & Commandant en Chef en Provence. La Fête finit par des acclamations & par
les voeux les plus ardens ponr la continuation de
la santé du Roi , de la Reine et de toute la Famille Auguste.
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Résumé : FESTE donnée au Pavillon, Maison de Plaisance près de la Ville d'Aix. Extrait d'une Lettre du cinquiéme Septembre.
Le texte relate une fête organisée au Pavillon, une résidence de la famille de Lenfant située près d'Aix. Cette célébration marquait l'octroi d'une grâce royale à un fils aîné de la famille, qui avait reçu la survivance et l'exercice des charges de Commissaire Provincial des Troupes en Provence et d'Intendant de la Garnison Française de Monaco, fonctions exercées par son père depuis plusieurs années. Le Pavillon est décrit comme une vaste et agréable maison, renommée pour sa bibliothèque riche en livres choisis et sa collection de tableaux et d'estampes. Les jardins offrent divers agréments, avec des allées bordées de marronniers et d'autres arbres, des statues représentant les saisons et des figures mythologiques, ainsi que des jets d'eau et des cascades. Le parterre est orné d'orangers, de citronniers et de fleurs, créant un printemps presque continuel. La fête a débuté le 24 août au soir avec des feux d'artifice, des coups de canon et des danses provençales. Le lendemain, jour de la Saint-Louis, des messes ont été célébrées, suivies d'un dîner somptueux dans l'orangerie. La journée s'est poursuivie avec des jeux, des danses et un concert. La soirée s'est terminée par l'illumination d'un vaisseau dans la pièce d'eau, imitant les illuminations des galères royales à Marseille. La fête s'est conclue par des acclamations en l'honneur du Roi, de la Reine et de la famille royale.
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9105
p. 2074-2077
Réception du Marquis de Sassenage à Grenoble, [titre d'après la table]
Début :
On écrit de Valence que le Marquis de Sassenage, Lieutenant Général de la Province de [...]
Mots clefs :
Marquis de Sassenage, Souper, Grenoble, Parlement
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texteReconnaissance textuelle : Réception du Marquis de Sassenage à Grenoble, [titre d'après la table]
On écrit de Valence que le Marquis de
Sassenage, Lieutenant Général de la Province de
Dauphiné
SEPTEMBRE. 1732. 2075
Dauphiné , où il commandoit en chef, en est
parti le 28. du mois dernier pour se rendre à
Paris. Il étoit venu dans cette Province pour
prendre possession de la Lieutenance Générale.
•
Le 11.Juillet , les Consuis et le Corps de Ville
de Grenoble allerent à sa rencontre au bourg
de Moirans , qui est à trois lieues de cette Ville.
Il trouva à S. Robert , qui en est éloigné d'une
lieue , M. de Grammont, Premier Président du
Parlement , & M. de Fontanieux , Intendant de
La Province , avec un grand nombre de persons du Corps de la Noblesse , & de ceux de la
agistrature qui s'y étoient rendus en Carosse
ur lui faire cortege. Arrivant à Grenoble , il
contra à la porte de France le Marquis de
ircieux , Gouverneur de la Ville qui l'attenit pour lui en présenter les clefs. 11 fit son ene au bruit du Canon et précédé de la Com nie de ses Gaides , de toute la Maréchaussée
la Province , le Prévost Géneral à la tête , et
ne multitude de gens à cheval; quantité de
rosses à six chevaux et à quatre , remplis de
x qui étoient venus à sa rencontre , fermoient
narche. Le Bataillon de Romillé du Régiment
yal Artillerie, et la Milice bourgeoise sous les
ies , formoient une double haye depuis la
Porte de France jusqu'à l'Hôtel de ce Seigneur:
il le trouva rempli de personnes de condition
de l'un et de l'autre sexe , qui l'y attendoient
pour lui témoigner leur joie de son arrivée qui
en a causé une générale. Les boutiques furent
fermées ce jour - là ; le soir toute la Ville fut ili
Juminée , on tira une grande quantité de fusées,
et il y eut des feux de joie dans les divers·quar-·
tiers.
Le Marquis de Sassenage alla fouper chez M. Inten
2076 MERCURE DE FRANCE
Intendant ; le repas étoit magnifique , la com
pagnie nombreuse et composée de ce qu'il y a
de plus distingué dans tous les Etats de cette ville. Le lendemain il recut les Complimens du
Parlement , de la Chambre des Comptes et du
Bureau des Finances par les Députez de ces différentes Compagnies. Les Magistrats inférieurs
et la Ville , vinrent le complimenter en Corps :
les Chapitres et tous les Corps du Clergé seculier et regulier s'acquitterent de ce devoir dans
la même forme.
Le 17. du même mois , il fit son entrée au Parlement , la Compagnie de ses Gardes le précedoit dans la marche qui se fit à pied depuis son
Hôtel jusqu'au Palais , suivi par deux Conseillers deputez pour le recevoir et le conduire à la
Grand- Chambre , où il prit sceance à la tête du
Parlement , les Chambres assemblees , et il fit un
discours qui fut trés appiaudi. Il fut reconduit avec les mêmes ceremonies.
Un quart d'heure après qu'il fut retiré
dans son Hôtel , le Parlement alla lui rendre
visite en corps. Le mêmejour , il donna à dîner
à Messieurs du Parlement , à la Noblesse et aux
Officiers des Troupes. Il y avoit cent quarante
Couverts en differentes tables qui toutes furent
servies avec beaucoup de magnificence et de délicatesse. Ce jour- là les boutiques furent fermées,
et le soir il y eut une illumination generale.
Le 23. il fit son entrée à la Chambre des
Comptes , dans le même ordre et avec le même
céremonial obfervé au Parlement. Il alla ensuite
prendre séance à la tête du Bureau des Finances ,
oùil fit un autre discours qui fut très applaudi
Le même jour il donna à dîner à Messieurs de
la Chambre et du Bureau et à plusieurs hommes
dg
SEPTEMBRE. 1732. 2077
de condition ou Militaires , au nombre de cent
yingt personnes.
Toutes ces Céremonies achevées , le Marquis
de Sassenage a été visiter les places frontieres de la Province. On l'a reçû par tout avec de vives démonstrations de joie , les troupes sous
les armes, et au bruit du Canon &c. et il s'est
attiré tous les cœurs par ses manieres affables ,
nobles et engageantes.
O
E
Sassenage, Lieutenant Général de la Province de
Dauphiné
SEPTEMBRE. 1732. 2075
Dauphiné , où il commandoit en chef, en est
parti le 28. du mois dernier pour se rendre à
Paris. Il étoit venu dans cette Province pour
prendre possession de la Lieutenance Générale.
•
Le 11.Juillet , les Consuis et le Corps de Ville
de Grenoble allerent à sa rencontre au bourg
de Moirans , qui est à trois lieues de cette Ville.
Il trouva à S. Robert , qui en est éloigné d'une
lieue , M. de Grammont, Premier Président du
Parlement , & M. de Fontanieux , Intendant de
La Province , avec un grand nombre de persons du Corps de la Noblesse , & de ceux de la
agistrature qui s'y étoient rendus en Carosse
ur lui faire cortege. Arrivant à Grenoble , il
contra à la porte de France le Marquis de
ircieux , Gouverneur de la Ville qui l'attenit pour lui en présenter les clefs. 11 fit son ene au bruit du Canon et précédé de la Com nie de ses Gaides , de toute la Maréchaussée
la Province , le Prévost Géneral à la tête , et
ne multitude de gens à cheval; quantité de
rosses à six chevaux et à quatre , remplis de
x qui étoient venus à sa rencontre , fermoient
narche. Le Bataillon de Romillé du Régiment
yal Artillerie, et la Milice bourgeoise sous les
ies , formoient une double haye depuis la
Porte de France jusqu'à l'Hôtel de ce Seigneur:
il le trouva rempli de personnes de condition
de l'un et de l'autre sexe , qui l'y attendoient
pour lui témoigner leur joie de son arrivée qui
en a causé une générale. Les boutiques furent
fermées ce jour - là ; le soir toute la Ville fut ili
Juminée , on tira une grande quantité de fusées,
et il y eut des feux de joie dans les divers·quar-·
tiers.
Le Marquis de Sassenage alla fouper chez M. Inten
2076 MERCURE DE FRANCE
Intendant ; le repas étoit magnifique , la com
pagnie nombreuse et composée de ce qu'il y a
de plus distingué dans tous les Etats de cette ville. Le lendemain il recut les Complimens du
Parlement , de la Chambre des Comptes et du
Bureau des Finances par les Députez de ces différentes Compagnies. Les Magistrats inférieurs
et la Ville , vinrent le complimenter en Corps :
les Chapitres et tous les Corps du Clergé seculier et regulier s'acquitterent de ce devoir dans
la même forme.
Le 17. du même mois , il fit son entrée au Parlement , la Compagnie de ses Gardes le précedoit dans la marche qui se fit à pied depuis son
Hôtel jusqu'au Palais , suivi par deux Conseillers deputez pour le recevoir et le conduire à la
Grand- Chambre , où il prit sceance à la tête du
Parlement , les Chambres assemblees , et il fit un
discours qui fut trés appiaudi. Il fut reconduit avec les mêmes ceremonies.
Un quart d'heure après qu'il fut retiré
dans son Hôtel , le Parlement alla lui rendre
visite en corps. Le mêmejour , il donna à dîner
à Messieurs du Parlement , à la Noblesse et aux
Officiers des Troupes. Il y avoit cent quarante
Couverts en differentes tables qui toutes furent
servies avec beaucoup de magnificence et de délicatesse. Ce jour- là les boutiques furent fermées,
et le soir il y eut une illumination generale.
Le 23. il fit son entrée à la Chambre des
Comptes , dans le même ordre et avec le même
céremonial obfervé au Parlement. Il alla ensuite
prendre séance à la tête du Bureau des Finances ,
oùil fit un autre discours qui fut très applaudi
Le même jour il donna à dîner à Messieurs de
la Chambre et du Bureau et à plusieurs hommes
dg
SEPTEMBRE. 1732. 2077
de condition ou Militaires , au nombre de cent
yingt personnes.
Toutes ces Céremonies achevées , le Marquis
de Sassenage a été visiter les places frontieres de la Province. On l'a reçû par tout avec de vives démonstrations de joie , les troupes sous
les armes, et au bruit du Canon &c. et il s'est
attiré tous les cœurs par ses manieres affables ,
nobles et engageantes.
O
E
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Résumé : Réception du Marquis de Sassenage à Grenoble, [titre d'après la table]
En septembre 1732, le Marquis de Sassenage, Lieutenant Général de la Province de Dauphiné, se rendit à Paris après avoir pris possession de la Lieutenance Générale. Le 11 juillet, les Consuls et le Corps de Ville de Grenoble l'accueillirent à Moirans. À Saint-Robert, il fut reçu par M. de Grammont, Premier Président du Parlement, et M. de Fontanieux, Intendant de la Province, ainsi que par de nombreux nobles et magistrats. À Grenoble, il fut accueilli par le Marquis de Bercieux, Gouverneur de la Ville, et fit son entrée au bruit du canon, précédé par sa compagnie de gardes et la maréchaussée. La ville était décorée et illuminée, et des feux de joie furent allumés. Le Marquis dîna chez l'Intendant et reçut les compliments du Parlement, de la Chambre des Comptes et du Bureau des Finances. Le 17 juillet, il fit son entrée au Parlement, prononça un discours applaudi et offrit un dîner à cent quarante personnes. Le 23 juillet, il fit son entrée à la Chambre des Comptes et au Bureau des Finances, prononça un autre discours et offrit un dîner à cent vingt personnes. Après ces cérémonies, il visita les places frontières de la Province, où il fut accueilli avec joie et respect.
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9106
p. 2077-2079
EPITRE, A M. Lefort, Echevin, &c.
Début :
O Frere, tendrement et justement aimé [...]
Mots clefs :
Échevin, Époux, Pudique ardeur, Gloire, Citoyens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE, A M. Lefort, Echevin, &c.
EPITRE,
A M. Lefort, Echevin , &c.
Frere , tendrement et justement aimé ,
De mes jours les plus beaux voici l'heurense
époque ,
De vos nouveaux honneurs que mon cœur est
charmé !
Vous sçavez si pour vous mon zéle est équi
voque.
Mais les Muses que l'on invoque ,
Ne servent pas à point nommé.
Au gré de mes désirs enfin elles m'inspirent ,
Et mon tribut , quoique tardif,
N'en est ni moins vrai , ni moins vif.
A le justifier que de vertus conspirent !
Le Ciel , dès vos plus jeunes ans ,
Répandit sur vous ces présens.
Qui de vos Citoyens vous acquirent l'estime ,
De tout ce qu'on admire en vous ,
La Pourpre consulaire est le prix légitime.
I Digne
7
2078 MERCURE DE FRANCE
Digne moitié d'un digne Epoux,
Par vous seule heureuse et contente ,
Ma sœur en ce grand jour voit combler son attente,
L'objet de sa pudique ardeur ,
Sans qu'elle en puisse être jalouse ,
Desormais partage son cœur ,
Entre son Peuple et son Epouse.
Mais n'y bornez pas votre amour.
La Nature a ses droits , et le sang.vous engage ;
Afaire entrer dans ce partage,
Celle qui vous donna le jour.
Ne cessez point d'aimer la plus tendre des meres
Eh ! qui peut le mériter mieux ?
Daignez aussi jetter les yeux,
Et sur vos sœurs et sur vos freres.
Mais que dis-je ? Est-ce à vous qu'on dicte ces
leçons ?
A vous que l'on choisit pour en donner sans cesse ?
Et puis-je sur votre tendresse ,
Concevoir les moindres soupçons
Non ; vous sçavez trop-bien comme il faut P'on aime ,
L'interêt general à vos soins est commis ;
que
Etrangers , Citoyens, freres, sœurs, Mere même,
Nourris dans votre sein , nous sommes tous vos fils.
De vos soins paternels la trop courte durée ,. De
SEPTEMBRE. 1732 2079
Par le cours de trois ans en vain est mesurée ,
Vos bienfaits à venir seront toujours presens ;
ceux qui vous suivront, laissez -en la mémoire;
C'est en éterniser la gloire ;
C'est être Echevin tous les ans.
A M. Lefort, Echevin , &c.
Frere , tendrement et justement aimé ,
De mes jours les plus beaux voici l'heurense
époque ,
De vos nouveaux honneurs que mon cœur est
charmé !
Vous sçavez si pour vous mon zéle est équi
voque.
Mais les Muses que l'on invoque ,
Ne servent pas à point nommé.
Au gré de mes désirs enfin elles m'inspirent ,
Et mon tribut , quoique tardif,
N'en est ni moins vrai , ni moins vif.
A le justifier que de vertus conspirent !
Le Ciel , dès vos plus jeunes ans ,
Répandit sur vous ces présens.
Qui de vos Citoyens vous acquirent l'estime ,
De tout ce qu'on admire en vous ,
La Pourpre consulaire est le prix légitime.
I Digne
7
2078 MERCURE DE FRANCE
Digne moitié d'un digne Epoux,
Par vous seule heureuse et contente ,
Ma sœur en ce grand jour voit combler son attente,
L'objet de sa pudique ardeur ,
Sans qu'elle en puisse être jalouse ,
Desormais partage son cœur ,
Entre son Peuple et son Epouse.
Mais n'y bornez pas votre amour.
La Nature a ses droits , et le sang.vous engage ;
Afaire entrer dans ce partage,
Celle qui vous donna le jour.
Ne cessez point d'aimer la plus tendre des meres
Eh ! qui peut le mériter mieux ?
Daignez aussi jetter les yeux,
Et sur vos sœurs et sur vos freres.
Mais que dis-je ? Est-ce à vous qu'on dicte ces
leçons ?
A vous que l'on choisit pour en donner sans cesse ?
Et puis-je sur votre tendresse ,
Concevoir les moindres soupçons
Non ; vous sçavez trop-bien comme il faut P'on aime ,
L'interêt general à vos soins est commis ;
que
Etrangers , Citoyens, freres, sœurs, Mere même,
Nourris dans votre sein , nous sommes tous vos fils.
De vos soins paternels la trop courte durée ,. De
SEPTEMBRE. 1732 2079
Par le cours de trois ans en vain est mesurée ,
Vos bienfaits à venir seront toujours presens ;
ceux qui vous suivront, laissez -en la mémoire;
C'est en éterniser la gloire ;
C'est être Echevin tous les ans.
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Résumé : EPITRE, A M. Lefort, Echevin, &c.
L'épître est adressée à M. Lefort, nouvellement promu échevin. L'auteur exprime sa joie et son admiration pour les honneurs récemment reçus par Lefort, soulignant que ses vertus et ses qualités ont toujours mérité reconnaissance. Depuis son jeune âge, Lefort a reçu des dons divins qui lui ont valu l'estime de ses concitoyens, justifiant ainsi sa nomination à la pourpre consulaire. L'auteur félicite également la sœur de Lefort, heureuse et comblée en ce jour, partageant son cœur entre son peuple et son époux. Il encourage Lefort à étendre son amour à sa mère, ses sœurs et ses frères, bien que cela soit superflu, car Lefort est naturellement bienveillant et dévoué. L'auteur reconnaît que Lefort consacre ses soins à l'intérêt général, considérant tous les citoyens comme ses fils. Enfin, l'auteur espère que les bienfaits de Lefort perdureront au-delà de sa courte durée en fonction, laissant une mémoire éternelle de sa gloire et de son dévouement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9107
p. 2079-2080
MORTS, MARIAGES.
Début :
Dame Agnès Bouvart de Fourqueux, Eposue de VIncent Maynon, Seigneur de Villemanche [...]
Mots clefs :
Lieutenant général des armées
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, MARIAGES.
MORTS , MARIAGES.
DdeVincent
>
Ame Agnès Bouvart de Fourqueux , Epousé
de Vincent Maynon , Seigneur de Ville
manche , &c. Conseiller Honoraire au Parlement, mourut le 28 Aoust , âgée de 40 ans.
Charles de Roye de la Rochefoucaud , Comte
de Blanzac , Lieutenant General des Armées du
Roy et Gouverneur de Bapaume, mourut à Faris,
le 4 de ce mois , âgé de 67 ans. Son. Gouverne
ment a été donné au Comte de Rouci , son fils
Colonel du Regiment de Conti , Infanterie.
Dame Charlotte-Magdelaine Huguet de Sémonville , veuve de M. Charles César , Marquis
dé Costentin , cy-devant Colonel du Regiment
Dauphin, Cavalerie , mourut le même jour, âgée
de 52 ans.
M. Pierre de Vienne , Prêtre , Ancien Archidiacre de la Cathedrale de Troye,mourut à Paris
les Septembre , âgé de 82 ans.
Marc-Antoine Vallentin de Rollinde, Cheva
lier , Baron de Biozat , Seigneur de Chantraine ,
&c. Conseiller de la grande Chambre du Parle
ment , mourut le 6 , âgé d'environ 52 ans.
Mre Jean Danthon , Abbé, Supérieur general
des Chanoines Reguliers, de S. Augustin Congrégation de S. Antoine , est mort dans son AbI ij baye
2080 MERCURE DE FRANCE
baye de S. Antoine de Vienne en Dauphiné , le
6 de ce mois , âgé de 83 ans. Cette Congrégation qu'il a gouvernée pendant 30 années avec un
désinteressement de cœur sans égal , avec une
sagesse , une régularité et une vertu qui ne s'est
jamais démentie , a sujet d'être infiniment sensible à la grande perte qu'elle vient de faire. Les
derniers momens de sa vie ont également marqué la pureté de ses intentions et la solidité de
sa piété, et on lui doit cette justice , qu'il n'est
point d'exemple de modestie , de douceur , et de
véritable attachement à son Ordre , dont il tenoit
à grand honneur d'être le Chef,qu'il n'aïe laissé à
ses Successeurs,
"
Hercule Meriadec , Prince de Rohan , Duc de
Rohan , Pair de France , Capitaine Lieutenant de
la Compagnie des Gens - d'Armes de la Garde
du Roy, Lieutenant General de ses Armées, Gouverneur et Lieutenant General pour S. M. des
Provinces de Champagne et Brie , veuf de Dams
Anne- Geneviève de Lévi de Vantadour , épousa
le à Septembre , Dame Marie Sophie de Courcillon, veuve de Charles- François Dalbert Dailly,
Duc de Péquigny , Pair de France, et Fille de feu
Philippe Egon , Marquis de Courcillon , et de
Dame Marie- Françoise de Pompadour.
DdeVincent
>
Ame Agnès Bouvart de Fourqueux , Epousé
de Vincent Maynon , Seigneur de Ville
manche , &c. Conseiller Honoraire au Parlement, mourut le 28 Aoust , âgée de 40 ans.
Charles de Roye de la Rochefoucaud , Comte
de Blanzac , Lieutenant General des Armées du
Roy et Gouverneur de Bapaume, mourut à Faris,
le 4 de ce mois , âgé de 67 ans. Son. Gouverne
ment a été donné au Comte de Rouci , son fils
Colonel du Regiment de Conti , Infanterie.
Dame Charlotte-Magdelaine Huguet de Sémonville , veuve de M. Charles César , Marquis
dé Costentin , cy-devant Colonel du Regiment
Dauphin, Cavalerie , mourut le même jour, âgée
de 52 ans.
M. Pierre de Vienne , Prêtre , Ancien Archidiacre de la Cathedrale de Troye,mourut à Paris
les Septembre , âgé de 82 ans.
Marc-Antoine Vallentin de Rollinde, Cheva
lier , Baron de Biozat , Seigneur de Chantraine ,
&c. Conseiller de la grande Chambre du Parle
ment , mourut le 6 , âgé d'environ 52 ans.
Mre Jean Danthon , Abbé, Supérieur general
des Chanoines Reguliers, de S. Augustin Congrégation de S. Antoine , est mort dans son AbI ij baye
2080 MERCURE DE FRANCE
baye de S. Antoine de Vienne en Dauphiné , le
6 de ce mois , âgé de 83 ans. Cette Congrégation qu'il a gouvernée pendant 30 années avec un
désinteressement de cœur sans égal , avec une
sagesse , une régularité et une vertu qui ne s'est
jamais démentie , a sujet d'être infiniment sensible à la grande perte qu'elle vient de faire. Les
derniers momens de sa vie ont également marqué la pureté de ses intentions et la solidité de
sa piété, et on lui doit cette justice , qu'il n'est
point d'exemple de modestie , de douceur , et de
véritable attachement à son Ordre , dont il tenoit
à grand honneur d'être le Chef,qu'il n'aïe laissé à
ses Successeurs,
"
Hercule Meriadec , Prince de Rohan , Duc de
Rohan , Pair de France , Capitaine Lieutenant de
la Compagnie des Gens - d'Armes de la Garde
du Roy, Lieutenant General de ses Armées, Gouverneur et Lieutenant General pour S. M. des
Provinces de Champagne et Brie , veuf de Dams
Anne- Geneviève de Lévi de Vantadour , épousa
le à Septembre , Dame Marie Sophie de Courcillon, veuve de Charles- François Dalbert Dailly,
Duc de Péquigny , Pair de France, et Fille de feu
Philippe Egon , Marquis de Courcillon , et de
Dame Marie- Françoise de Pompadour.
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Résumé : MORTS, MARIAGES.
Le texte relate plusieurs décès et un mariage de personnalités notables. Agnès Bouvart de Fourqueux, épouse de Vincent Maynon, Seigneur de Villemanche et Conseiller Honoraire au Parlement, est décédée le 28 août à 40 ans. Charles de Roye de la Rochefoucauld, Comte de Blanzac, Lieutenant Général des Armées du Roi et Gouverneur de Bapaume, est mort à Paris le 4 du mois à 67 ans. Son fils, le Comte de Rouci, Colonel du Régiment de Conti, Infanterie, lui a succédé. Dame Charlotte-Magdelaine Huguet de Sémonville, veuve de Charles César, Marquis de Costentin et ancien Colonel du Régiment Dauphin, Cavalerie, est décédée le même jour à 52 ans. M. Pierre de Vienne, Prêtre et Ancien Archidiacre de la Cathédrale de Troyes, est mort à Paris le 7 septembre à 82 ans. Marc-Antoine Vallentin de Rollinde, Chevalier, Baron de Biozat et Seigneur de Chantraine, Conseiller de la Grande Chambre du Parlement, est décédé le 6 du mois à environ 52 ans. M. Jean Danthon, Abbé et Supérieur Général des Chanoines Réguliers de Saint-Augustin de la Congrégation de Saint-Antoine, est mort dans son abbaye de Saint-Antoine de Vienne en Dauphiné le 6 du mois à 83 ans, après avoir gouverné la congrégation pendant 30 années. Hercule Meriadec, Prince de Rohan, Duc de Rohan, Pair de France, Capitaine Lieutenant de la Compagnie des Gens-d'Armes de la Garde du Roi, Lieutenant Général de ses Armées, et Gouverneur des Provinces de Champagne et Brie, a épousé le 7 septembre Dame Marie Sophie de Courcillon, veuve de Charles-François Dalbert Dailly, Duc de Péquigny, Pair de France, et fille de Philippe Egon, Marquis de Courcillon, et de Dame Marie-Françoise de Pompadour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9108
p. 2080-2098
LIT DE JUSTICE.
Début :
Le Parlement qui avoit reçu le 2. de ce mois les ordres du Roi par le Marquis de Dreux, [...]
Mots clefs :
Roi, Chancelier, Justice, Arrêts, Déclarations, Procès verbal, Parlement, Lit de justice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LIT DE JUSTICE.
LIT DE JUSTIC E.
E Parlement qui avoit reçu le 2. de ce mois Liesordres du Roi par le Marquis de Dreux,
Grand- Maître des Céremonies , se rendit le len
demain à Versailles vers, les dix heures, pour le
Lit de Justice que S. M. avoit résolu de tenir.
Le Parlement s'étant assemblé dans la Salle qui
avoir
SEPTEMBRE. 1732. 2087
avoit été préparée ; toutes les séances furent pri
ses en la maniere ordinaire. Aussitôt que le Roi
qui étoit revenu de Matly le même jour , fut
sorti de son appartement pour aller tenir son
Lit de Justice , quatre Présidens à Mortier et six Conseillers allerent recevoir S. M avec les cérémonies accoutumées &c. Le Roi s'assit_sous son Dais &c.
PROCES VERBAL de ce qui s'est passé
au Lit de Justice.
EXTRAIT des Registres de Parlement du mecredy
trois Septembre 1732 , du matin.
LE ROY LOUIS XV. du nom tenant son Lit
de Justice en son Château de Versailles.
Asa droite aux hauts Sieges.
Le Duc d'Orleans , le Duc de Bourbon , le Comte de Charolois , le Comte de Clermont , le Prince de Conty , Princes du Sang.
Sur le reste du banc.
Les Ducs de Luynes , de la Rochefoucault
d'Estrées , de Gramont , de Gesvres , de Charost
de Villars , de Fitz-james , de Rohan Rohan
d'Ostun , de Valentinois , d'Aiguillon , Pairs
Laïcs.
Sur le même banc.
Le Gouverneur de Paris.
Sur les trois bancs couverts de tapisserie dans
le Parquet , et sur les bancs répondant au premier et second Barreau , vis- à- vis de Messieurs
les Présidens , les Conseillers d'honneur , Maîtres
des Requestes , Conseillers de la Grand- Chambre,
Présidens des Enquestes et Requestes.
L'Abbé de Clugny , Conseiller d'honneur.
Présidens I iij
2082 MERCURE DE FRANCE
Présidens des Enquêtes et Requêtes.
du Roland , Berthier , Moreau , de Fourcy , Roujault , Feideau , Crozat , le Peletier , Bernard ,
Bois, Poncer, Durey , Fremont , Masson.
Conseillers de la Grand- Chambre.
Canaye , de Vienne , Pallu , de la Guillaumie ,
Daverdoing , Nigot , le Moine , Soullet , Loren.
chet , Goislart , Nau , de Tourmont , Racine ,
Droüin , Coste.
A la gauche du Roi aux hauts Sieges.
L'Evêque Comte de Beauvais , Pair Ecclésias
tique.
A ses pieds.
Charles Godefroy de la Tour d'Auvergne
Grand Chambellan..
>
A droite sur un tabouret , au bas des degrez
du Siege Royal , Charles de Lorraine , Grand
Ecuyer de France , portant au col l'Epée de Parement du Roi.
A gauche sur un banç , au dessous de celui des
Pairs Ecclésiastiques.
Le Ducde Noailles, le Duc de Villeroi , le Duc
de Charost , le Duc d'Harcourt , Capitaine des
Gardes du Corps du Roi , & le Marquis de
Courtenvaux , Commandant la Compagnie des
Cent Suisses de la garde.
En une Chaise à bras, couverte de l'extrémité
du tapis de velours violet , semé de fleur-de lys
servant de drap de pied au Roi.
M. Henry-François Daguesseau , Chancelier
de France , vêtu d'une robe de velours violet.
C- Sur le banc répondant à celui où sieient Mes- sieurs les Présidens au Conseil en la Chambre du
Parlement , MM. le Pelletier , de Maupeou , de ....
la
SEPTEMBR E. 122. 2083
la Moignon , d'Aligre , Portail , Molé, Talon Présidens. •
Dans le Parquet , sur deux tabourets devant
M le Chancelier, à droite, le sieur Dreux, GrandMaitre , et à gauche , le sieur des Granges, Mai- tre des Céremonies.
Dans ledit Parquet , au milieu , à genoux devant le Roi , deux Huissiers- Massiers du Roi,
tenant leurs Masses d'argent doré , & six He- rauts d'Armes.
A côté droit sur les deux bancs couvèrs de tapis de fleur-de-lys , les Conseillers d'Etat et les
Maîtres des Requêtes venus avec M. le Chan- celier.
Conseillers d'Etat.
L'Abbé Bignon , Desmarests de Vaubourg , le Goux de la Berchere , Fagon , De la Moignon
de Courson , le Guerchois , Berryer de la Ferriere , de Bernage , d'Argenson , Meliand , de
Machaut , de Harlay , Orry.
Maitres des Requêtes.
Le Fevre de Caumartin , Chopin , de la Moignon de Bournan, Camus de Pontcarré,d'Aguesseau de Fresne , de Machault.
Sur une forme à gauche , en entrant vis- à- vis Messieurs les Présidens.
MM. Phelypeaux de Maurepas , Phelypeaux de S. Florentin ee Bauyn d'Angerviliers Secre- taires d'Etat.
Sur trois autres bancs à gauche dans le Parquet , vis- à vis les Conseillers d'Etat , les sieurs ,
Chevaliers de l'Ordre.
De Goesbriand , de Livry, de Matignon , de
Nesle , de Beauveau , de Tavannes , de ClermontI iiij Tonnere,
2084 MERCURE DE FRANCE
J Tonnerre, de Simiane, Comtede Grammont , de
Beringhein , de la Farre.
Gouverneurs de Provinces.
D'Arpajon , de . Fervaques,
Lieutenans Géneraux de Provinces.
De Buron , de Joyeuse , de Souvré , de Bonnelles , de Givry , de Château- Regnaud , d'Enonville , de Lignerac , de Seignelay , d'Isanghien.. A côté de la forme où étoient les Secretaires
d'Etat , Mirey Secretaire de la Cour , faisant les fonctions de Gieffier en chef.
A côté de lui , à gauche , un des trois principaux Commis pour la Grand-Chambre , tenant
la plume , ayant devant eux chacun un Bureau couvert de velours violet.
Sur une autre forme derriere eux , Dufranc ,
Secretaire de la Cour.
Sur une autre forme , le Grand- Prévôt de
l'Hôtel.
Sur un siege à l'entrée du Parquet , Delauge
premier Huissier.
En la pláce répondant à celle qu'ils occupent toutes les Chambres assemblées.
M. Pierre Gilbert de Voisins Avocat.
M. Guillaume-François Jolyde Fleury
Procureur General.
M. Louis Chauvelin , Avocat.
M. Guillaume- François - Louis Joly
de Fleury , Avocat.
>duRoy:
Dans le surplus des Bancs , les Conseillers des
Enquêtes et Requêtes , Neyret , de Monthulé ,
Lamblin, le Rebours , Benoise , Robert , Tubeuf.
Fermé , de Blair , Alexandre , Pineau Henin ,
Rulleau , Bertin , Pajot , Lemée , Carré , Clement,
le Clerc , Thomé , Fieubet , Latteignant , Mon- tholon
7
SEPTEMBRE. 1732. 2085
tholon , Dumans , Lamouche , Dupré , de Beze ,
Pajot , de Paris , Boucher, Chambennat , le Clerc,
Seguier , de Paris , de la Michaudiere , Lespine ,
fe Maistre , Henin , le Gendre , de Bragelogne ,
Langlois , Pichon , Pasquier , Anjorrant , Nouet,
Barally , de la Forest , le Riche , Boutin , Mayneau , Parent , Salaberry , Barré , Leveque , le
Prestre , Moufle , le Boindre , Michau , Jassault ,
Guillier , Aubin , le Fer , de la Guillaumie , de
Favieres , Macé , Chalmette , Boulanger , Baudry,
Berger , de la Guillaumie , Godheu , de Vougny,
Roland, Feydeau , le Bel , Doublet , de la Live ,
Lescalopier , Boulet , le Tourneur , Chevalier ,
Aymerec , de Berny , Amyot, Goujon , Moriceau
le Lay , Petit , Berthier , de Tourmont , Potier ,
Pineau, Blondeau , Boucher , Brayer, du Trousset , de Selle , Maissat , Berrier , Ravot , Theve
nin , Doublet, de Nicolay , Lozandiere , Lamoignon , du Rousset , Durand, Aubourg , Michau,
Foucault , le Gars , Caze , du Noyer, Jacquier
Hermant , Thiroux.
Ce jour, la Cour , toutes les Chambres assemblées , en robes et chaperons d'écarlate , dans la
grande Salle des Gardes du Corps du Roi , pré- parée pour tenir son Lit de Justice , Messieurs les
Presidens revêtus de leurs Manteaux , qu'ils
avoient été prendre dans une piéce voisine , te- nant leurs Mortiers à la main , attendant la venuë du Roi , le Grand- Maître des Cérémonies
ayant averti la Compagnie que le Roi étoit prêt ,
ont été députez pour l'aller recevoir et saluer
Messieurs les Présidens de Maupeou , de Lamoignon , d'Aligre et Portail , et Mrs Canaye Pallu , de la Guillaumie et Daverdoing , Laics
et Mrs de Vienne et le Moyne Clercs , Conseillers en la Grand-Chambre, lesquels l'ont conduit
Iz
f
2086 MERCURE DE FRANCE
་
en son Lit de Justice , Mrs les Présidens mar- chant à ses côtez , Mrs les Conseillers derriere
lui , et le Premier Huissier entre les deux Massiers du Roi , immédiatement devant sa Person
ne Le Roi étoit précedé de M. le Duc d'Or
leans , de M. le Duc de Bourbon , de M. le
Comte de Charollois , de M. le Comte de Clermont , et de M. le Prince de Conty , Princes du
Sang , qui ont pris leur place traversant le Parquet le Roi étoit aussi précedé du Marquis de
Courtenvaux , commandant la Compagnie des
Cent Suisses de la garde , du Grand Chambellan,
et du Grand Ecuyer de France , et étoit suivi
des quatre Capitaines des gardes.
Les Chevaliers de l'Ordre , Gouverneurs et
Lieutenans generaux de Provinces, avoient pris
peu avant leurs places , pour éviter la confusion ,
quoiqu'ils n'ayent droit que d'accompagner let
Roi , et d'entrer à sa suite étant mandez.
Après le Roi , est entré M. le Chancelier , lequel a traversé le Parquet , et a pris place dans
un siége à bras , placé aux pieds du Roi , coùvert de l'extrêmité du même tapis de velours
violet , semé de fleurs-de- lys , qui servoit de ta- pis de pied au Roi , et un Bureau devant lui avec lui sont entrez les Conseillers d'Etat et Maîtres des Requêtes ci-dessus nommez , qui se sont de- placez dans le Parquet sur deux bancs ,
vant les bas siéges , étant au--dessous des Pairs
Laïcs.
1
Le Roi s'étant assis et couvert , M. le Chancelier a dit par son ordre que Sa Majesté commandoit qu'on prît séance ; après quoi le Roi
ayant ôté et remis son chapeau , a dit :
Messieurs , je vous ai fait venir pour vous faire
51-
SEPTEMBRE. 1732. 2007
sçavoir mes volontez , mon Chancelier va vous
les expliquer.
M. le Chancelier étant ensuite monté vers le
Roi , agenouillé à ses pieds pour recevoir ses or
drès , descendu , remis en sa place , assis et couvert , après avoir dit que le Roi permettoit qu'on
se couvrit , a dit :
MESSIEURS ,
La conduite passée de Sa Majesté vous a fait
voir l'indulgence d'un Pere , plutôt que la severité
d'un Roy. Elle a voulu tout attendre de votre reconnoissance , et ne regner sur vous quepar sa bonté,
Le succès a-t'il répondu à des dispositions si favor rables ?
Au lieu des actions de graces qui étoient dûes au
Roy , les Remontrances qu'il n'a pas refusé de recevoir n'ont presque été remplies que de traits capables de rappeller tout ce que S. M. avoit bien vous lu oublier. Mais malgré cet esprit qui y regnoit,
malgré ces mouvemens prématurez et peu respec- tueux, dont elles ont été suivies , la moderation du
Roy a encore étouffé tout autre sentiment.
Toujours maître de lui-même , et aussi exempt
depassion que la Loy , il ne s'est expliqué qu'en Legislateur attentif à regler l'avenir , plutôt qu'à réparer le passé ; et en éloignant tout ce qui pouvoit
être une occasion de lui déplaire , il a voulu encore
plus s'épargner à lui-même la peine de se voir forcé
à donner des marques de son mécontentement.
Des sentimens si dignes du Roy ont dicté la Déclaration qui vous a été adressée , et c'est cependant
à la premiere lecture d'une telle Loy , que le Parle
ment se porte à y resister , dans des termes qne son
respect pour le Roy devroit lui faire ignover ; et ily
ajoûte en même temps la résolution encore plus -
I vj prenante
2088 MERCURE DE FRANCE
"f
·_prenante , de suspendre le jugement de toutes les affaires particulieres; comme si en cessant defaire son devoir , il vouloit contraindre S M. par l'amour
même qu'elle apour la Justice , à recevoir la loy de
ceux à qui elle doit la donner Etoit-ce donc la le moyen d'obtenir la grace sur laquelle on avoit resolu de faire encore de nouvelles instances auprès de
Sa Majesté ?
La volonté du Roy , declarée plus d'une fois , n'a
pû vaincre la resistance de cette Compagnie , et c'est ainsi que contre la Religion du serment qui consacre
les Magistrats au ministere de la Justice , contre l'obligation essentiellement attachée à un caractere
dont le Roy seul peut suspendre l'exercice , comme le
Roy seul peut l'imprimer , le service du public demeure abandonné par ceux mémes dont la plus grande gloire est de s'y devouer
Le Roy veut bien cependant vous donner encore une derniere marque de son indulgence ; et n'ayant
pour objet en ce moment , que defaire respecter la
Majesté Royale , par la publication de sa Loy , il
se contente de montrer qu'il possede la plenitude de la Justice et qu'il est la source de toute autorité.
Vous , à qui il veut bien en communiquer une
partie si importante , vous n'en étes que plus obligez
à donner l'exemple de la soumission qui lui est dûe ,
et à lui montrer par votre conduite , comme vos Peres le disoient autrefois , que si l'obéïssance étoit
per due dans ce Royaume , on la retrouveroit
dans votre Compagnie.
Avec de telles dispositions , vous pouvez être sûrs
obtenir un accès favorable auprès du Trône de
S. M. Que le zele qui vous y amene soit toûjours
accompagné de ces sentimens respectueux et soumis
qui animoient vos Prédecesseurs , et qui donnoient
tant de poids à leurs representations , lorsqu'ils pro- testoient
>
SEPTEMBRE. 1732. 2089
testoient hautement que parlant devant leur Roy
et leur Maître , leurs Remontrances ne signifioient que des supplications et des prieres.
Tel a été le langage des Magistrats , qui dans des
temps moins tranquilles que ceux où nous vivons ,
·portoient au Roy les vœux de cette Compagnie ; et
quel Maitre fut jamais plus digne que celui qui nous gouverne , d'être servi avec ces sentimens ? Le
Ciel nous l'a donné pour faire le bonheur de tout
son Royaume, mettez-le en état de faire toujours le votre et de suivre son inclination naturelle , en
ne vous faisant jamais sentir que les effets de sa
protection et de sa bonté
Après quoi M. le Président le Peletier , et tous Messieurs les Présidents et Conseillers découverts,
ont mis le genou en terre , M le Chancelier leur
a dit , Le Roi ordonne que vous vous leviez , eux relevez, debout, et découverts, M. le Président le
Peletier a dit :
SIRE,
Il n'est point de douleur plus sensible pour des Sujets uniquement occupez de l'amour le plus tendre et
le plus respectueux pour la sacrée personne de VOTRE
MAJESTE' , et du zele le plus ardent et le plus sincere pour ses interêts , que d'apprendre en ce moment
qu'ils ont eu le malheur de lui déplaire.
Puissions- nous , SIRE , découvrir à V. M. les
veritables sentimens de nos cœurs , Elle y verroit
gravez ceux de la soumission la plus parfaite , et de
Pobéissance la plus respectueuse , dont nous sommes
chargez par état de donner l'exemple à ses Sujets.
Toujours animez du desir de plaire à V. M. , et de
remplir l'obligation que nous avons contractée de la
servir , nous ne redoutons que sa colere.
•
Mais lorsque votre bras s'appesantit sur nousnas,
2090 MERCURE DE FRANCE
nos jours ne sont plus que des jours d'amertume et de douleur ; nos esprits sont saisis d'une consterna- tion, que la bonté seule de V. M. peut dissiper.
Rendez-nous , SIRE , ces marques de votre bonté accoûtumée , et rien ne sera jamais capable de
nous arrêter dans la carriere penible de nos de- voirs.
Qu'il nous soit encore permis , SIRE , en suivant les traces de ceux qui nous ont precedez , de repre
senter a V. M. , ce qu'ils n'ont jamais obmis de
témoigner en semblables occasions à V. M, même ,
et aux Rois ses prédecesseurs.
L'examen le plus exact , et la liberté d'esprit la
plus entiere , peuvent seuls nous mettre en état de satisfaire dignement aux devoirs que nous impose P'honneur que V. M. nous fait de nous consulter
sur les matieres les plus importantes.
Tout occupez du respect que la présence de V. M.
leur inspiroit , ils l'ont toujours assûrée qu'ils ne
pouvoient en ce moment remplir d'autre devoir que celui du silence.
Penetrez de ces mêmes sentimens dans un jour ,
où tout, jusqu'au lieu même où nous sommes assem- blez , nous annonce le courroux de V. M. nous devons , SIRE , à plus forte raison , adresser en tour
respect et toute humilité les mêmes vœux à V. M,
et la supplier pour le bien de son service et l'acquit
de nos honneurs et consciences , de nous faire remettre la Declaration sur laquelle il veut bien consulter son Parlement , pour en déliberer en la maniere
accoûtumée.
La Declaration du 18. Août 1732. se trouve
dans des circonstances differentes ; l'examen que votre Parlement en a fait , le met en état de represen
ter à V. M. tout ce qu'il craint pour le bien de son service , et celui de son Etat , des dispositions de
cette
SEPTEMBRE. 132. 2090
cette loy. S'il obmettoit une occasion d'en represen
ter les conséquences , il croiroit manquer à ce qu'exigent de lui le zele infatigable et l'attachement
inviolable dont il ne cessera jamais de donner des
preuves à V. M.
Le Discours de M. le Président le Peletier fini,
M. le Chancelier est monté vers le Roi , pour
prendre ses ordres le genou en terre , descendu ,
remis en sa place , assis et couvert , a fait ouvrir les portes , et a ordonné áu Secretaire de la
Cour , faisant les fonctions de Greffier en chef
de faire lecture de la premiere Déclaration.
D
Les portes ayant été ouvertes , et le Secretaire
de la Cour ayant fait lecture , debout et décou- vert , de ladite Déclaration , M. le Chancelier a
dit aux Gens du Roi qu'ils pouvoient parler aussitôt les Gens du Roi se sont mis à genoux.
›
M. le Chancelier leur a dit , que le Roi ordonnoit qu'ils se levassent , eux relevez , debout
et découverts , Maître Pierre Gilbert de Voisins
portant la parole , ils ont dit :
SIRE ,
En vain nous voudrions étouffer la douleur dons
nous sommes pénetrez , elle échapperoit malgré nous;
et nous osons croire qu'elle ne peut etre imprévûë à
V. M. même. Frappez de la Déclaration que
V. M. nous fit remettre il y a quinzejours en sai
présence , assujettis par le commandement absolu de
sa propre bouche, nous vous avons rendu , SIRE ,
cette aveugle obéissance que vous nous aviez imposée. Nous pouvions flater nos vœux de quelque ressource ; le Ciel ne l'a pas permis , SIRE ; n'attribuons qu'à sa disgrace l'extrémité où une affaire si
fâcheuse se trouve réduite aujourd'hui.
Obéis-
1092 MERCURE DE FRANCE
-
Obéissons encore en ce moment , où V. M. fate
publier cette même Déclaration avec tout l'appareil
de sa puissance. Faudroit-il pour nous d'autre sujet
de douleur , que ces termes de menaces et d'indigna- tion qui en marquent la plupart des dispositions , et
que la Posterité pourra voir dans cette Loy tracée
par V. M. pour la premiere Compagnie de son
Royaume.
Lorsqu'on voit qu'elle met des bornes au zele de
votre Parlement pour votre service , et pour le bien
de vos Sujets , on ne peut s'empêcher de craindre ,
qu'Elle n'en mette aussi entre le cœur de V. M. et
ce Corps qui tient d'Elle seule tout ce qu'il a de
caractere et de pouvoir. Ceux qui , comme nos Rois,
trouvent en eux la plénitude de la souveraine puis- sance , semblent n'avoirpas besoin d'assigner des
termes , aux prieres , aux supplications , aux humbles remontrances de leurs Officiers ; Dieu même
dont ils sont l'image , attend souvent de nous des
vœux réiterez , et , s'il est permis de le dire , quelquefois sa bonté veut être en quelque sorte impor tunée.
Jamais votre Parlement , SIRE , n'a mieux servi
les Rois vos Prédecesseurs , que lorsqu'il a été plus
libre , et qu'il s'est vu plus honoré de leur confiance et de leur bonté.
Si ceux qui le composent ont eu le malheur de déplaire à V. M. quel surcroît d'affliction pour eux et
pour nous, que le contre-coup en pût porter quelque
joursur le bien public , et sur votre service , dont il
est inséparable!
Attendons tout de V. M. de sa bonté et de sa sageffe : Ces Loix que la fatalité des conjonctures fait
éclore , marquées d'un ressentiment sous lequel on
ne sçauroit trop s'humilier , dépendent sur tout du
retour de la bienveillancé du Prince. Votre cœur,
SIRE
SEPTEMBRE. 1732. 2093
SIRE , si genereux et si noble , est facile à s'appai
ser. La colere de nos Rois n'est jamais durable , et
le plus souvent avec elle , s'efface ce qu'elle n'avoit
produit qu'à regret.
Soutenus de cette esperance , nousfaisons à V.M.
puisqu'Elle l'ordonne , l'humble sacrifice de nos
propres sentimens ; et de son très- exprès commandement , nous requerons que sur la Déclaration
dont la lecture vient d'être faite , il soit mis, qu'elle
a été lûë et publiée ; V.M. séant en son Lit de Justice, et registrée au Greffe de la Cour , pour être
exécuté selon sa forme et teneur.
Ensuite Monsieur le Chancelier , monté vers le
Roy , pour prendre sa volonté , ayant mis un genou en terre , a été aux opinions à Messieurs
les Princes du Sang , à Messieurs les Pairs Laïcs,
et revenu , passé devant le Roy , lui a fait une
profonde reverence , a pris l'avis de l'Evêque et
Comte de Beauvais , Pair Ecclesiastique , et des
quatre Capitaines des Gardes ci- dessus nommez ;
puis descendant dans le Parquet à Messieurs les Présidens de la Cour , aux Conseillers d'Etat et
Maîtres des Requêtes venus avec lui, à l'Abbé de
Clugni, Conseiller d'honneur, Présidens des Enquêtes et Requêtes, et Conseillers de la Cour , est
remonté vers le Roy , comme cy- dessus , redefcendu , assis et couvert , a prononcé :
Le Roy séant en son Lit deJustice , a ordonné et
ordonne que la Declaration qui vient d'être lûë,sera
enregistrée au Greffe de son Parlement , et que sur
le repli d'icelle il soit mis, que lecture en a étéfaite,
et l'enregistrement ordonné , ce requerant son Procureur general , pour être le contenu en icelle executé selon saforme et teneur.
Ensuite Monsieur le Chancelier remonté vers
le Roy, pour prendre ses Ordres , le genou en terre
2004 MERCURE DE FRANCE
térre , descendu , remis en sa place, assis et cou- vert , a dit :
Si la Justice est toujours le premier objet de l'attention du Roy , S. M. ne doit pas oublier ce qu'exige d'Elle la necessisé indispensable de soutenir les
charges de l'Etat , qui nepeuvent êtresupportées que
par l'Etat même.
Sensible à tous les besoins de ses Sujets , $ M. est
bien éloignée de vouloir les augmenter par de nouvelles dépenses : Elle ne travaille au contraire qu'à diminuer les anciennes , et Elle voudroit pouvoir
parvenir , par ce seul moren , à la liberation de l'Etat, sans étre obligée de proroger encore la durée de
plusieurs droits, dont la perception , continuée pour 6
ans , par des Lettres Patentes de 1726 , doit cesser .
suivant les mêmes Lettres , dans le cours de cette
année. $
Mais si les conjonctures presentes et la situation
actuelle des affaires de S. M. ne lui permettent pas
encore de suivre tous les mouvemens de son affection
pour ses Peuples , Elle leur donne au moins de plus
grandes esperances pour l'avenir , en ordonnant dèsa-present lasuppression entiere d'une partie des Droits
qui avoient été rétablis, etla modération de plusieurs autres.
F
- Tel est le sujet de la Loy , dont vous allez entendre la lecture. Vous y verrez que dans l'adminis
tration même de ses Finances , le Roy est toujours
occupé de ce qui regarde la Justic´ .
'Le soulagement qu'il a accorde aujourd'hui,tombe
entierement sur ceux qui sont obligez de la reclamer
dans les Tribunaux. S. M ne cherche qu'à en applanir les voies , à les rendre également accessibles
à toutes les conditions , et à empêcher que la crainte
des frais excessifs n'étouffe les plaintes du pauvre et
nefavorise l'oppression du riche..
Recevez donc avec respect une Loy qui tend à
pre-
SEPTEMBRE 1732. 2093
procurer successivement un sï grand bien, et à faci
liter cette prompte expédition des affaires, qui fais
unepartie si essentielle de la Justice.
Après quoi , Monsieur le Chancelier a ordon né au Secretaire de la Cour , faifant la fonction
de Greffier en chef, de lire ladite Declaration ; et
après la lecture , Monsieur le Chancelier ayant
dit ; les Gens du Roy peuvent parler ; lesd. Gens du
Roy se sont mis à genoux , et Monsieur le Chancelier leur ayant dit : Le Roy ordonne que vous»
vous leviez. Eux relevez , debout et découverts ;.
Me Pierre Gilbert de Voisins portant la parole,
on dire.
I. SIRE,
Nous ne pouvons douter de l'intention ni des dé➡
sirs de VOTRE MAJESTE' pour le soulagement de
ses Sujets : Et lorsqu'Elle déclare que la situation
présente deses Finances ne lui permet pas encore de
leur épargner la prorogation de ces impositions di verses rassemblées dans un même Edit ; nous som
mes persuadez que sa bonté en est plus touchée que nous-mêmes. Le retranchement ou la diminution de
quelques- unes dès-à-present , en est un gage assûré Achevez , SIRE, l'ouvrage de votre bonté
Royale pour vosPeuples , le plutôt que l'état de vos.
affaires le pourra permettre Nous ne pouvons en
supplier V. M. avec trop d'instance , ni trop de
respect.
Qu'Elle nous permette de la supplier “aussi trèsi humblement , defaire une attention. Ces Charges
de l'Etat dont Elle sent le poids , et qui retardent
les effets de son cœur vraiement paternel pour ses
Peuples , se sont accumulées de longue main dans l'a diversité des occasions. Peut-être qu'un peu plus
instances humbles et respectueuses , faites dans le
temps
2096 MERCURE DE FRANCE
temps , en eussent épargné quelque partie , et V. M.
elle même en recueilleroit le fruit aujourd'hui.
Nous requerons que sur la Déclaration , dont la
lecture vient d'êtrefaite , il soit mis , qu'elle a été
Izë et publiée , V. Mséant en son Lit de Justice , et
registrée au Greffe de la Cour , pour être exécutée selon saforme et teneur : Et que Coppies collationnées ensoient envoyées aux Bailliages et Sénéchaussées du ressort , pour y être pareillement lûë, publiée
et en registrée. Enjoint auxSubstituts de votre Procureur General d'y tenir la main , et d'en certifier
la Cour au mois.
S
2
Après quoi Monsieur le Chancelier est monté
vers le Roy pour prendre fa volonté, le genou en
terre , a été aux avis , ainsi que la prémiere fois
Revenu en son Siége , assis et couvert, a prononcé:
Le Roy seant en son Lit de Justice , a ordonné es
ordonne que la Declaration qui vient d'être lie
sera enregistrée au Greffe de son Parlement , et que
sur le repli d'icelle il soit mis que lecture en a été
faite et l'enregistrement ordonné , ce requerant son
Procureur General , pour être le contenu en icelle
executé selon sa forme et teneur , et copies collationnées envoyées aux Bailliages et Senechaussées du
Ressort, pour y être pareillement lûe, publiée et enregistrée. Enjoint aux Substituts de son Procureur General dy tenir la main, et d'en certifier la Cour au
mois.
Ensuite a dit que pour la plus prompte execution de ce qui venoit d'être ordonné , le Roy
vouloit que par le Greffier de son Parlement , il
fût mis présentement sur le repli des deux Décla
rations qui avoient été publiées , ce que ledit Seigneur Roy avoit ordonné qui y fût mis , ce qui a été executé à l'instant.
Ensuite M. le Chancelier remonté vers le Roy
pour
SEPTEMBRE. 1-32. 2097
$
pour prendre ses ordres , le genou en terre , descendu, remis en son siege , assis et couvert a dit :
Le Roy voulant finir cette Seance dans le même
esprit avec lequel S. M. l'a commencée , m'ordonne
de vous dire qu'il regarde l'obligation defaire rendre la justice à ses Sujets , comme le premier et le plus essentiel des devoirs de la Royauté.
Il juge que son aatorité et sa conscience sont éga lement blessées , lorsque ceux qu'il a établis роит
remplir unefonction si necessaire , en son nom et à
sa décharge , cessent de s'en acquitter ; et S. M. n'a
pû voir sans une extrème surprise , que son Parlement ait suspendu l'expedition de toute affaire par- ticuliere , sous pretexte qu'il avoit arrêté que les
Chambres demeureroient assemblées.
Le Roy vous ordonne donc très-expressément et
avec toute l'autorité qu'il a sur vos Charges et sur
vos personnes , de rendre assidument la justice que
vous devez à ses Peuples , et de prendre de telles mesures pour la tenue des assemblées de Chambre , que
le service ordinaire puisse être continué; S. M.
ordonnant à toutes et chacunes les Chambres ,
s'en acquitter exactement , et de n'en interrompre
jamais le cours d'elles-mêmes et sans son aveu , pour
quelque raison et sous quélque prétexte que ce puisse tre.
de
Après quoi le Roy ayant pris la parole , a dit :
Je vous ordonne de ma propre bouche d'executer tout
ce qui vient de vous être dit , et principalement sur l'exercice de la Justice : S'est levé et est sorti danş
le même ordre qu'il étoit entré.
Signé, MIREY.
DECLARATION DU ROY, qui proroge
pendant six années , à commencer au premier
Octobre prochain , la levée de differens droits y
énoncez
2093 MERCURE DE FRANCE
énoncez ; et ordonne la suppression ou modération d'une partie desdits droits. Donnée à Ver-
<sailles le 3. Août 1732. Registrée en Parlement
le . Septembre , le Roy tenant son Lit de Justice.
AUTRE Déclaration du Roy , donnée à
Marly le 18. Août , Registrée en Parlemene
le même jour 3. Septembre.
ARREST du 2 Aoust , qui proroge jusqu'au
dernier Decembre 1734. l'exemption des Droits
d'entrée sur les Bestiaux , venant des Païs Etrangers dans le Royaume.
ARREST DU CONSEIL , dus Aoust , con- cernant les Droits d'Insinuation des substitutions testamentaire , par lequel S. M. ordo nne que l'Article V. du Tarif des Insinuations , du
29 Septembre 1722 , sera exécuté suivant sa forme et teneur ; en conséquence, qu'il ne pourra
être perçu plus de quatre Droits d'Insinuation
pour les Substitutions contenues dans les Testamens ou dispositions de derniere volonté , en
quelque nombre que soient les héritiers instituez
ou légataires grévez de substitution. Lesquels
Droits seront payez au domicile du Testateur ,
sans préjudice du centiéme denier , dans le cas
où il est dû. Ordonne pareillement S. M. que
lesdites substitutions seront insinuées dans les
Bureaux de la situation des biens , en payant
seulement le centiéme denier , et au cas que le
centiéme denier ne fût pas dû , il sera payé un
seul Droit, suivant la qualité du Testateur conformément aux Classes de l'Art. V. du Tarif ,
du 29 Septembre 1722. dans chacun desdits Bu-*
xcaux , pour l'Insinuation desdites substitutions.
TABLE
E Parlement qui avoit reçu le 2. de ce mois Liesordres du Roi par le Marquis de Dreux,
Grand- Maître des Céremonies , se rendit le len
demain à Versailles vers, les dix heures, pour le
Lit de Justice que S. M. avoit résolu de tenir.
Le Parlement s'étant assemblé dans la Salle qui
avoir
SEPTEMBRE. 1732. 2087
avoit été préparée ; toutes les séances furent pri
ses en la maniere ordinaire. Aussitôt que le Roi
qui étoit revenu de Matly le même jour , fut
sorti de son appartement pour aller tenir son
Lit de Justice , quatre Présidens à Mortier et six Conseillers allerent recevoir S. M avec les cérémonies accoutumées &c. Le Roi s'assit_sous son Dais &c.
PROCES VERBAL de ce qui s'est passé
au Lit de Justice.
EXTRAIT des Registres de Parlement du mecredy
trois Septembre 1732 , du matin.
LE ROY LOUIS XV. du nom tenant son Lit
de Justice en son Château de Versailles.
Asa droite aux hauts Sieges.
Le Duc d'Orleans , le Duc de Bourbon , le Comte de Charolois , le Comte de Clermont , le Prince de Conty , Princes du Sang.
Sur le reste du banc.
Les Ducs de Luynes , de la Rochefoucault
d'Estrées , de Gramont , de Gesvres , de Charost
de Villars , de Fitz-james , de Rohan Rohan
d'Ostun , de Valentinois , d'Aiguillon , Pairs
Laïcs.
Sur le même banc.
Le Gouverneur de Paris.
Sur les trois bancs couverts de tapisserie dans
le Parquet , et sur les bancs répondant au premier et second Barreau , vis- à- vis de Messieurs
les Présidens , les Conseillers d'honneur , Maîtres
des Requestes , Conseillers de la Grand- Chambre,
Présidens des Enquestes et Requestes.
L'Abbé de Clugny , Conseiller d'honneur.
Présidens I iij
2082 MERCURE DE FRANCE
Présidens des Enquêtes et Requêtes.
du Roland , Berthier , Moreau , de Fourcy , Roujault , Feideau , Crozat , le Peletier , Bernard ,
Bois, Poncer, Durey , Fremont , Masson.
Conseillers de la Grand- Chambre.
Canaye , de Vienne , Pallu , de la Guillaumie ,
Daverdoing , Nigot , le Moine , Soullet , Loren.
chet , Goislart , Nau , de Tourmont , Racine ,
Droüin , Coste.
A la gauche du Roi aux hauts Sieges.
L'Evêque Comte de Beauvais , Pair Ecclésias
tique.
A ses pieds.
Charles Godefroy de la Tour d'Auvergne
Grand Chambellan..
>
A droite sur un tabouret , au bas des degrez
du Siege Royal , Charles de Lorraine , Grand
Ecuyer de France , portant au col l'Epée de Parement du Roi.
A gauche sur un banç , au dessous de celui des
Pairs Ecclésiastiques.
Le Ducde Noailles, le Duc de Villeroi , le Duc
de Charost , le Duc d'Harcourt , Capitaine des
Gardes du Corps du Roi , & le Marquis de
Courtenvaux , Commandant la Compagnie des
Cent Suisses de la garde.
En une Chaise à bras, couverte de l'extrémité
du tapis de velours violet , semé de fleur-de lys
servant de drap de pied au Roi.
M. Henry-François Daguesseau , Chancelier
de France , vêtu d'une robe de velours violet.
C- Sur le banc répondant à celui où sieient Mes- sieurs les Présidens au Conseil en la Chambre du
Parlement , MM. le Pelletier , de Maupeou , de ....
la
SEPTEMBR E. 122. 2083
la Moignon , d'Aligre , Portail , Molé, Talon Présidens. •
Dans le Parquet , sur deux tabourets devant
M le Chancelier, à droite, le sieur Dreux, GrandMaitre , et à gauche , le sieur des Granges, Mai- tre des Céremonies.
Dans ledit Parquet , au milieu , à genoux devant le Roi , deux Huissiers- Massiers du Roi,
tenant leurs Masses d'argent doré , & six He- rauts d'Armes.
A côté droit sur les deux bancs couvèrs de tapis de fleur-de-lys , les Conseillers d'Etat et les
Maîtres des Requêtes venus avec M. le Chan- celier.
Conseillers d'Etat.
L'Abbé Bignon , Desmarests de Vaubourg , le Goux de la Berchere , Fagon , De la Moignon
de Courson , le Guerchois , Berryer de la Ferriere , de Bernage , d'Argenson , Meliand , de
Machaut , de Harlay , Orry.
Maitres des Requêtes.
Le Fevre de Caumartin , Chopin , de la Moignon de Bournan, Camus de Pontcarré,d'Aguesseau de Fresne , de Machault.
Sur une forme à gauche , en entrant vis- à- vis Messieurs les Présidens.
MM. Phelypeaux de Maurepas , Phelypeaux de S. Florentin ee Bauyn d'Angerviliers Secre- taires d'Etat.
Sur trois autres bancs à gauche dans le Parquet , vis- à vis les Conseillers d'Etat , les sieurs ,
Chevaliers de l'Ordre.
De Goesbriand , de Livry, de Matignon , de
Nesle , de Beauveau , de Tavannes , de ClermontI iiij Tonnere,
2084 MERCURE DE FRANCE
J Tonnerre, de Simiane, Comtede Grammont , de
Beringhein , de la Farre.
Gouverneurs de Provinces.
D'Arpajon , de . Fervaques,
Lieutenans Géneraux de Provinces.
De Buron , de Joyeuse , de Souvré , de Bonnelles , de Givry , de Château- Regnaud , d'Enonville , de Lignerac , de Seignelay , d'Isanghien.. A côté de la forme où étoient les Secretaires
d'Etat , Mirey Secretaire de la Cour , faisant les fonctions de Gieffier en chef.
A côté de lui , à gauche , un des trois principaux Commis pour la Grand-Chambre , tenant
la plume , ayant devant eux chacun un Bureau couvert de velours violet.
Sur une autre forme derriere eux , Dufranc ,
Secretaire de la Cour.
Sur une autre forme , le Grand- Prévôt de
l'Hôtel.
Sur un siege à l'entrée du Parquet , Delauge
premier Huissier.
En la pláce répondant à celle qu'ils occupent toutes les Chambres assemblées.
M. Pierre Gilbert de Voisins Avocat.
M. Guillaume-François Jolyde Fleury
Procureur General.
M. Louis Chauvelin , Avocat.
M. Guillaume- François - Louis Joly
de Fleury , Avocat.
>duRoy:
Dans le surplus des Bancs , les Conseillers des
Enquêtes et Requêtes , Neyret , de Monthulé ,
Lamblin, le Rebours , Benoise , Robert , Tubeuf.
Fermé , de Blair , Alexandre , Pineau Henin ,
Rulleau , Bertin , Pajot , Lemée , Carré , Clement,
le Clerc , Thomé , Fieubet , Latteignant , Mon- tholon
7
SEPTEMBRE. 1732. 2085
tholon , Dumans , Lamouche , Dupré , de Beze ,
Pajot , de Paris , Boucher, Chambennat , le Clerc,
Seguier , de Paris , de la Michaudiere , Lespine ,
fe Maistre , Henin , le Gendre , de Bragelogne ,
Langlois , Pichon , Pasquier , Anjorrant , Nouet,
Barally , de la Forest , le Riche , Boutin , Mayneau , Parent , Salaberry , Barré , Leveque , le
Prestre , Moufle , le Boindre , Michau , Jassault ,
Guillier , Aubin , le Fer , de la Guillaumie , de
Favieres , Macé , Chalmette , Boulanger , Baudry,
Berger , de la Guillaumie , Godheu , de Vougny,
Roland, Feydeau , le Bel , Doublet , de la Live ,
Lescalopier , Boulet , le Tourneur , Chevalier ,
Aymerec , de Berny , Amyot, Goujon , Moriceau
le Lay , Petit , Berthier , de Tourmont , Potier ,
Pineau, Blondeau , Boucher , Brayer, du Trousset , de Selle , Maissat , Berrier , Ravot , Theve
nin , Doublet, de Nicolay , Lozandiere , Lamoignon , du Rousset , Durand, Aubourg , Michau,
Foucault , le Gars , Caze , du Noyer, Jacquier
Hermant , Thiroux.
Ce jour, la Cour , toutes les Chambres assemblées , en robes et chaperons d'écarlate , dans la
grande Salle des Gardes du Corps du Roi , pré- parée pour tenir son Lit de Justice , Messieurs les
Presidens revêtus de leurs Manteaux , qu'ils
avoient été prendre dans une piéce voisine , te- nant leurs Mortiers à la main , attendant la venuë du Roi , le Grand- Maître des Cérémonies
ayant averti la Compagnie que le Roi étoit prêt ,
ont été députez pour l'aller recevoir et saluer
Messieurs les Présidens de Maupeou , de Lamoignon , d'Aligre et Portail , et Mrs Canaye Pallu , de la Guillaumie et Daverdoing , Laics
et Mrs de Vienne et le Moyne Clercs , Conseillers en la Grand-Chambre, lesquels l'ont conduit
Iz
f
2086 MERCURE DE FRANCE
་
en son Lit de Justice , Mrs les Présidens mar- chant à ses côtez , Mrs les Conseillers derriere
lui , et le Premier Huissier entre les deux Massiers du Roi , immédiatement devant sa Person
ne Le Roi étoit précedé de M. le Duc d'Or
leans , de M. le Duc de Bourbon , de M. le
Comte de Charollois , de M. le Comte de Clermont , et de M. le Prince de Conty , Princes du
Sang , qui ont pris leur place traversant le Parquet le Roi étoit aussi précedé du Marquis de
Courtenvaux , commandant la Compagnie des
Cent Suisses de la garde , du Grand Chambellan,
et du Grand Ecuyer de France , et étoit suivi
des quatre Capitaines des gardes.
Les Chevaliers de l'Ordre , Gouverneurs et
Lieutenans generaux de Provinces, avoient pris
peu avant leurs places , pour éviter la confusion ,
quoiqu'ils n'ayent droit que d'accompagner let
Roi , et d'entrer à sa suite étant mandez.
Après le Roi , est entré M. le Chancelier , lequel a traversé le Parquet , et a pris place dans
un siége à bras , placé aux pieds du Roi , coùvert de l'extrêmité du même tapis de velours
violet , semé de fleurs-de- lys , qui servoit de ta- pis de pied au Roi , et un Bureau devant lui avec lui sont entrez les Conseillers d'Etat et Maîtres des Requêtes ci-dessus nommez , qui se sont de- placez dans le Parquet sur deux bancs ,
vant les bas siéges , étant au--dessous des Pairs
Laïcs.
1
Le Roi s'étant assis et couvert , M. le Chancelier a dit par son ordre que Sa Majesté commandoit qu'on prît séance ; après quoi le Roi
ayant ôté et remis son chapeau , a dit :
Messieurs , je vous ai fait venir pour vous faire
51-
SEPTEMBRE. 1732. 2007
sçavoir mes volontez , mon Chancelier va vous
les expliquer.
M. le Chancelier étant ensuite monté vers le
Roi , agenouillé à ses pieds pour recevoir ses or
drès , descendu , remis en sa place , assis et couvert , après avoir dit que le Roi permettoit qu'on
se couvrit , a dit :
MESSIEURS ,
La conduite passée de Sa Majesté vous a fait
voir l'indulgence d'un Pere , plutôt que la severité
d'un Roy. Elle a voulu tout attendre de votre reconnoissance , et ne regner sur vous quepar sa bonté,
Le succès a-t'il répondu à des dispositions si favor rables ?
Au lieu des actions de graces qui étoient dûes au
Roy , les Remontrances qu'il n'a pas refusé de recevoir n'ont presque été remplies que de traits capables de rappeller tout ce que S. M. avoit bien vous lu oublier. Mais malgré cet esprit qui y regnoit,
malgré ces mouvemens prématurez et peu respec- tueux, dont elles ont été suivies , la moderation du
Roy a encore étouffé tout autre sentiment.
Toujours maître de lui-même , et aussi exempt
depassion que la Loy , il ne s'est expliqué qu'en Legislateur attentif à regler l'avenir , plutôt qu'à réparer le passé ; et en éloignant tout ce qui pouvoit
être une occasion de lui déplaire , il a voulu encore
plus s'épargner à lui-même la peine de se voir forcé
à donner des marques de son mécontentement.
Des sentimens si dignes du Roy ont dicté la Déclaration qui vous a été adressée , et c'est cependant
à la premiere lecture d'une telle Loy , que le Parle
ment se porte à y resister , dans des termes qne son
respect pour le Roy devroit lui faire ignover ; et ily
ajoûte en même temps la résolution encore plus -
I vj prenante
2088 MERCURE DE FRANCE
"f
·_prenante , de suspendre le jugement de toutes les affaires particulieres; comme si en cessant defaire son devoir , il vouloit contraindre S M. par l'amour
même qu'elle apour la Justice , à recevoir la loy de
ceux à qui elle doit la donner Etoit-ce donc la le moyen d'obtenir la grace sur laquelle on avoit resolu de faire encore de nouvelles instances auprès de
Sa Majesté ?
La volonté du Roy , declarée plus d'une fois , n'a
pû vaincre la resistance de cette Compagnie , et c'est ainsi que contre la Religion du serment qui consacre
les Magistrats au ministere de la Justice , contre l'obligation essentiellement attachée à un caractere
dont le Roy seul peut suspendre l'exercice , comme le
Roy seul peut l'imprimer , le service du public demeure abandonné par ceux mémes dont la plus grande gloire est de s'y devouer
Le Roy veut bien cependant vous donner encore une derniere marque de son indulgence ; et n'ayant
pour objet en ce moment , que defaire respecter la
Majesté Royale , par la publication de sa Loy , il
se contente de montrer qu'il possede la plenitude de la Justice et qu'il est la source de toute autorité.
Vous , à qui il veut bien en communiquer une
partie si importante , vous n'en étes que plus obligez
à donner l'exemple de la soumission qui lui est dûe ,
et à lui montrer par votre conduite , comme vos Peres le disoient autrefois , que si l'obéïssance étoit
per due dans ce Royaume , on la retrouveroit
dans votre Compagnie.
Avec de telles dispositions , vous pouvez être sûrs
obtenir un accès favorable auprès du Trône de
S. M. Que le zele qui vous y amene soit toûjours
accompagné de ces sentimens respectueux et soumis
qui animoient vos Prédecesseurs , et qui donnoient
tant de poids à leurs representations , lorsqu'ils pro- testoient
>
SEPTEMBRE. 1732. 2089
testoient hautement que parlant devant leur Roy
et leur Maître , leurs Remontrances ne signifioient que des supplications et des prieres.
Tel a été le langage des Magistrats , qui dans des
temps moins tranquilles que ceux où nous vivons ,
·portoient au Roy les vœux de cette Compagnie ; et
quel Maitre fut jamais plus digne que celui qui nous gouverne , d'être servi avec ces sentimens ? Le
Ciel nous l'a donné pour faire le bonheur de tout
son Royaume, mettez-le en état de faire toujours le votre et de suivre son inclination naturelle , en
ne vous faisant jamais sentir que les effets de sa
protection et de sa bonté
Après quoi M. le Président le Peletier , et tous Messieurs les Présidents et Conseillers découverts,
ont mis le genou en terre , M le Chancelier leur
a dit , Le Roi ordonne que vous vous leviez , eux relevez, debout, et découverts, M. le Président le
Peletier a dit :
SIRE,
Il n'est point de douleur plus sensible pour des Sujets uniquement occupez de l'amour le plus tendre et
le plus respectueux pour la sacrée personne de VOTRE
MAJESTE' , et du zele le plus ardent et le plus sincere pour ses interêts , que d'apprendre en ce moment
qu'ils ont eu le malheur de lui déplaire.
Puissions- nous , SIRE , découvrir à V. M. les
veritables sentimens de nos cœurs , Elle y verroit
gravez ceux de la soumission la plus parfaite , et de
Pobéissance la plus respectueuse , dont nous sommes
chargez par état de donner l'exemple à ses Sujets.
Toujours animez du desir de plaire à V. M. , et de
remplir l'obligation que nous avons contractée de la
servir , nous ne redoutons que sa colere.
•
Mais lorsque votre bras s'appesantit sur nousnas,
2090 MERCURE DE FRANCE
nos jours ne sont plus que des jours d'amertume et de douleur ; nos esprits sont saisis d'une consterna- tion, que la bonté seule de V. M. peut dissiper.
Rendez-nous , SIRE , ces marques de votre bonté accoûtumée , et rien ne sera jamais capable de
nous arrêter dans la carriere penible de nos de- voirs.
Qu'il nous soit encore permis , SIRE , en suivant les traces de ceux qui nous ont precedez , de repre
senter a V. M. , ce qu'ils n'ont jamais obmis de
témoigner en semblables occasions à V. M, même ,
et aux Rois ses prédecesseurs.
L'examen le plus exact , et la liberté d'esprit la
plus entiere , peuvent seuls nous mettre en état de satisfaire dignement aux devoirs que nous impose P'honneur que V. M. nous fait de nous consulter
sur les matieres les plus importantes.
Tout occupez du respect que la présence de V. M.
leur inspiroit , ils l'ont toujours assûrée qu'ils ne
pouvoient en ce moment remplir d'autre devoir que celui du silence.
Penetrez de ces mêmes sentimens dans un jour ,
où tout, jusqu'au lieu même où nous sommes assem- blez , nous annonce le courroux de V. M. nous devons , SIRE , à plus forte raison , adresser en tour
respect et toute humilité les mêmes vœux à V. M,
et la supplier pour le bien de son service et l'acquit
de nos honneurs et consciences , de nous faire remettre la Declaration sur laquelle il veut bien consulter son Parlement , pour en déliberer en la maniere
accoûtumée.
La Declaration du 18. Août 1732. se trouve
dans des circonstances differentes ; l'examen que votre Parlement en a fait , le met en état de represen
ter à V. M. tout ce qu'il craint pour le bien de son service , et celui de son Etat , des dispositions de
cette
SEPTEMBRE. 132. 2090
cette loy. S'il obmettoit une occasion d'en represen
ter les conséquences , il croiroit manquer à ce qu'exigent de lui le zele infatigable et l'attachement
inviolable dont il ne cessera jamais de donner des
preuves à V. M.
Le Discours de M. le Président le Peletier fini,
M. le Chancelier est monté vers le Roi , pour
prendre ses ordres le genou en terre , descendu ,
remis en sa place , assis et couvert , a fait ouvrir les portes , et a ordonné áu Secretaire de la
Cour , faisant les fonctions de Greffier en chef
de faire lecture de la premiere Déclaration.
D
Les portes ayant été ouvertes , et le Secretaire
de la Cour ayant fait lecture , debout et décou- vert , de ladite Déclaration , M. le Chancelier a
dit aux Gens du Roi qu'ils pouvoient parler aussitôt les Gens du Roi se sont mis à genoux.
›
M. le Chancelier leur a dit , que le Roi ordonnoit qu'ils se levassent , eux relevez , debout
et découverts , Maître Pierre Gilbert de Voisins
portant la parole , ils ont dit :
SIRE ,
En vain nous voudrions étouffer la douleur dons
nous sommes pénetrez , elle échapperoit malgré nous;
et nous osons croire qu'elle ne peut etre imprévûë à
V. M. même. Frappez de la Déclaration que
V. M. nous fit remettre il y a quinzejours en sai
présence , assujettis par le commandement absolu de
sa propre bouche, nous vous avons rendu , SIRE ,
cette aveugle obéissance que vous nous aviez imposée. Nous pouvions flater nos vœux de quelque ressource ; le Ciel ne l'a pas permis , SIRE ; n'attribuons qu'à sa disgrace l'extrémité où une affaire si
fâcheuse se trouve réduite aujourd'hui.
Obéis-
1092 MERCURE DE FRANCE
-
Obéissons encore en ce moment , où V. M. fate
publier cette même Déclaration avec tout l'appareil
de sa puissance. Faudroit-il pour nous d'autre sujet
de douleur , que ces termes de menaces et d'indigna- tion qui en marquent la plupart des dispositions , et
que la Posterité pourra voir dans cette Loy tracée
par V. M. pour la premiere Compagnie de son
Royaume.
Lorsqu'on voit qu'elle met des bornes au zele de
votre Parlement pour votre service , et pour le bien
de vos Sujets , on ne peut s'empêcher de craindre ,
qu'Elle n'en mette aussi entre le cœur de V. M. et
ce Corps qui tient d'Elle seule tout ce qu'il a de
caractere et de pouvoir. Ceux qui , comme nos Rois,
trouvent en eux la plénitude de la souveraine puis- sance , semblent n'avoirpas besoin d'assigner des
termes , aux prieres , aux supplications , aux humbles remontrances de leurs Officiers ; Dieu même
dont ils sont l'image , attend souvent de nous des
vœux réiterez , et , s'il est permis de le dire , quelquefois sa bonté veut être en quelque sorte impor tunée.
Jamais votre Parlement , SIRE , n'a mieux servi
les Rois vos Prédecesseurs , que lorsqu'il a été plus
libre , et qu'il s'est vu plus honoré de leur confiance et de leur bonté.
Si ceux qui le composent ont eu le malheur de déplaire à V. M. quel surcroît d'affliction pour eux et
pour nous, que le contre-coup en pût porter quelque
joursur le bien public , et sur votre service , dont il
est inséparable!
Attendons tout de V. M. de sa bonté et de sa sageffe : Ces Loix que la fatalité des conjonctures fait
éclore , marquées d'un ressentiment sous lequel on
ne sçauroit trop s'humilier , dépendent sur tout du
retour de la bienveillancé du Prince. Votre cœur,
SIRE
SEPTEMBRE. 1732. 2093
SIRE , si genereux et si noble , est facile à s'appai
ser. La colere de nos Rois n'est jamais durable , et
le plus souvent avec elle , s'efface ce qu'elle n'avoit
produit qu'à regret.
Soutenus de cette esperance , nousfaisons à V.M.
puisqu'Elle l'ordonne , l'humble sacrifice de nos
propres sentimens ; et de son très- exprès commandement , nous requerons que sur la Déclaration
dont la lecture vient d'être faite , il soit mis, qu'elle
a été lûë et publiée ; V.M. séant en son Lit de Justice, et registrée au Greffe de la Cour , pour être
exécuté selon sa forme et teneur.
Ensuite Monsieur le Chancelier , monté vers le
Roy , pour prendre sa volonté , ayant mis un genou en terre , a été aux opinions à Messieurs
les Princes du Sang , à Messieurs les Pairs Laïcs,
et revenu , passé devant le Roy , lui a fait une
profonde reverence , a pris l'avis de l'Evêque et
Comte de Beauvais , Pair Ecclesiastique , et des
quatre Capitaines des Gardes ci- dessus nommez ;
puis descendant dans le Parquet à Messieurs les Présidens de la Cour , aux Conseillers d'Etat et
Maîtres des Requêtes venus avec lui, à l'Abbé de
Clugni, Conseiller d'honneur, Présidens des Enquêtes et Requêtes, et Conseillers de la Cour , est
remonté vers le Roy , comme cy- dessus , redefcendu , assis et couvert , a prononcé :
Le Roy séant en son Lit deJustice , a ordonné et
ordonne que la Declaration qui vient d'être lûë,sera
enregistrée au Greffe de son Parlement , et que sur
le repli d'icelle il soit mis, que lecture en a étéfaite,
et l'enregistrement ordonné , ce requerant son Procureur general , pour être le contenu en icelle executé selon saforme et teneur.
Ensuite Monsieur le Chancelier remonté vers
le Roy, pour prendre ses Ordres , le genou en terre
2004 MERCURE DE FRANCE
térre , descendu , remis en sa place, assis et cou- vert , a dit :
Si la Justice est toujours le premier objet de l'attention du Roy , S. M. ne doit pas oublier ce qu'exige d'Elle la necessisé indispensable de soutenir les
charges de l'Etat , qui nepeuvent êtresupportées que
par l'Etat même.
Sensible à tous les besoins de ses Sujets , $ M. est
bien éloignée de vouloir les augmenter par de nouvelles dépenses : Elle ne travaille au contraire qu'à diminuer les anciennes , et Elle voudroit pouvoir
parvenir , par ce seul moren , à la liberation de l'Etat, sans étre obligée de proroger encore la durée de
plusieurs droits, dont la perception , continuée pour 6
ans , par des Lettres Patentes de 1726 , doit cesser .
suivant les mêmes Lettres , dans le cours de cette
année. $
Mais si les conjonctures presentes et la situation
actuelle des affaires de S. M. ne lui permettent pas
encore de suivre tous les mouvemens de son affection
pour ses Peuples , Elle leur donne au moins de plus
grandes esperances pour l'avenir , en ordonnant dèsa-present lasuppression entiere d'une partie des Droits
qui avoient été rétablis, etla modération de plusieurs autres.
F
- Tel est le sujet de la Loy , dont vous allez entendre la lecture. Vous y verrez que dans l'adminis
tration même de ses Finances , le Roy est toujours
occupé de ce qui regarde la Justic´ .
'Le soulagement qu'il a accorde aujourd'hui,tombe
entierement sur ceux qui sont obligez de la reclamer
dans les Tribunaux. S. M ne cherche qu'à en applanir les voies , à les rendre également accessibles
à toutes les conditions , et à empêcher que la crainte
des frais excessifs n'étouffe les plaintes du pauvre et
nefavorise l'oppression du riche..
Recevez donc avec respect une Loy qui tend à
pre-
SEPTEMBRE 1732. 2093
procurer successivement un sï grand bien, et à faci
liter cette prompte expédition des affaires, qui fais
unepartie si essentielle de la Justice.
Après quoi , Monsieur le Chancelier a ordon né au Secretaire de la Cour , faifant la fonction
de Greffier en chef, de lire ladite Declaration ; et
après la lecture , Monsieur le Chancelier ayant
dit ; les Gens du Roy peuvent parler ; lesd. Gens du
Roy se sont mis à genoux , et Monsieur le Chancelier leur ayant dit : Le Roy ordonne que vous»
vous leviez. Eux relevez , debout et découverts ;.
Me Pierre Gilbert de Voisins portant la parole,
on dire.
I. SIRE,
Nous ne pouvons douter de l'intention ni des dé➡
sirs de VOTRE MAJESTE' pour le soulagement de
ses Sujets : Et lorsqu'Elle déclare que la situation
présente deses Finances ne lui permet pas encore de
leur épargner la prorogation de ces impositions di verses rassemblées dans un même Edit ; nous som
mes persuadez que sa bonté en est plus touchée que nous-mêmes. Le retranchement ou la diminution de
quelques- unes dès-à-present , en est un gage assûré Achevez , SIRE, l'ouvrage de votre bonté
Royale pour vosPeuples , le plutôt que l'état de vos.
affaires le pourra permettre Nous ne pouvons en
supplier V. M. avec trop d'instance , ni trop de
respect.
Qu'Elle nous permette de la supplier “aussi trèsi humblement , defaire une attention. Ces Charges
de l'Etat dont Elle sent le poids , et qui retardent
les effets de son cœur vraiement paternel pour ses
Peuples , se sont accumulées de longue main dans l'a diversité des occasions. Peut-être qu'un peu plus
instances humbles et respectueuses , faites dans le
temps
2096 MERCURE DE FRANCE
temps , en eussent épargné quelque partie , et V. M.
elle même en recueilleroit le fruit aujourd'hui.
Nous requerons que sur la Déclaration , dont la
lecture vient d'êtrefaite , il soit mis , qu'elle a été
Izë et publiée , V. Mséant en son Lit de Justice , et
registrée au Greffe de la Cour , pour être exécutée selon saforme et teneur : Et que Coppies collationnées ensoient envoyées aux Bailliages et Sénéchaussées du ressort , pour y être pareillement lûë, publiée
et en registrée. Enjoint auxSubstituts de votre Procureur General d'y tenir la main , et d'en certifier
la Cour au mois.
S
2
Après quoi Monsieur le Chancelier est monté
vers le Roy pour prendre fa volonté, le genou en
terre , a été aux avis , ainsi que la prémiere fois
Revenu en son Siége , assis et couvert, a prononcé:
Le Roy seant en son Lit de Justice , a ordonné es
ordonne que la Declaration qui vient d'être lie
sera enregistrée au Greffe de son Parlement , et que
sur le repli d'icelle il soit mis que lecture en a été
faite et l'enregistrement ordonné , ce requerant son
Procureur General , pour être le contenu en icelle
executé selon sa forme et teneur , et copies collationnées envoyées aux Bailliages et Senechaussées du
Ressort, pour y être pareillement lûe, publiée et enregistrée. Enjoint aux Substituts de son Procureur General dy tenir la main, et d'en certifier la Cour au
mois.
Ensuite a dit que pour la plus prompte execution de ce qui venoit d'être ordonné , le Roy
vouloit que par le Greffier de son Parlement , il
fût mis présentement sur le repli des deux Décla
rations qui avoient été publiées , ce que ledit Seigneur Roy avoit ordonné qui y fût mis , ce qui a été executé à l'instant.
Ensuite M. le Chancelier remonté vers le Roy
pour
SEPTEMBRE. 1-32. 2097
$
pour prendre ses ordres , le genou en terre , descendu, remis en son siege , assis et couvert a dit :
Le Roy voulant finir cette Seance dans le même
esprit avec lequel S. M. l'a commencée , m'ordonne
de vous dire qu'il regarde l'obligation defaire rendre la justice à ses Sujets , comme le premier et le plus essentiel des devoirs de la Royauté.
Il juge que son aatorité et sa conscience sont éga lement blessées , lorsque ceux qu'il a établis роит
remplir unefonction si necessaire , en son nom et à
sa décharge , cessent de s'en acquitter ; et S. M. n'a
pû voir sans une extrème surprise , que son Parlement ait suspendu l'expedition de toute affaire par- ticuliere , sous pretexte qu'il avoit arrêté que les
Chambres demeureroient assemblées.
Le Roy vous ordonne donc très-expressément et
avec toute l'autorité qu'il a sur vos Charges et sur
vos personnes , de rendre assidument la justice que
vous devez à ses Peuples , et de prendre de telles mesures pour la tenue des assemblées de Chambre , que
le service ordinaire puisse être continué; S. M.
ordonnant à toutes et chacunes les Chambres ,
s'en acquitter exactement , et de n'en interrompre
jamais le cours d'elles-mêmes et sans son aveu , pour
quelque raison et sous quélque prétexte que ce puisse tre.
de
Après quoi le Roy ayant pris la parole , a dit :
Je vous ordonne de ma propre bouche d'executer tout
ce qui vient de vous être dit , et principalement sur l'exercice de la Justice : S'est levé et est sorti danş
le même ordre qu'il étoit entré.
Signé, MIREY.
DECLARATION DU ROY, qui proroge
pendant six années , à commencer au premier
Octobre prochain , la levée de differens droits y
énoncez
2093 MERCURE DE FRANCE
énoncez ; et ordonne la suppression ou modération d'une partie desdits droits. Donnée à Ver-
<sailles le 3. Août 1732. Registrée en Parlement
le . Septembre , le Roy tenant son Lit de Justice.
AUTRE Déclaration du Roy , donnée à
Marly le 18. Août , Registrée en Parlemene
le même jour 3. Septembre.
ARREST du 2 Aoust , qui proroge jusqu'au
dernier Decembre 1734. l'exemption des Droits
d'entrée sur les Bestiaux , venant des Païs Etrangers dans le Royaume.
ARREST DU CONSEIL , dus Aoust , con- cernant les Droits d'Insinuation des substitutions testamentaire , par lequel S. M. ordo nne que l'Article V. du Tarif des Insinuations , du
29 Septembre 1722 , sera exécuté suivant sa forme et teneur ; en conséquence, qu'il ne pourra
être perçu plus de quatre Droits d'Insinuation
pour les Substitutions contenues dans les Testamens ou dispositions de derniere volonté , en
quelque nombre que soient les héritiers instituez
ou légataires grévez de substitution. Lesquels
Droits seront payez au domicile du Testateur ,
sans préjudice du centiéme denier , dans le cas
où il est dû. Ordonne pareillement S. M. que
lesdites substitutions seront insinuées dans les
Bureaux de la situation des biens , en payant
seulement le centiéme denier , et au cas que le
centiéme denier ne fût pas dû , il sera payé un
seul Droit, suivant la qualité du Testateur conformément aux Classes de l'Art. V. du Tarif ,
du 29 Septembre 1722. dans chacun desdits Bu-*
xcaux , pour l'Insinuation desdites substitutions.
TABLE
Fermer
Résumé : LIT DE JUSTICE.
Le 3 septembre 1732, le Parlement se rendit à Versailles pour un Lit de Justice convoqué par le roi Louis XV. Le roi, revenu de Marly le même jour, fut accueilli par des dignitaires et s'assit sous son dais royal. Le procès-verbal du Lit de Justice liste les personnalités présentes, incluant les Princes du Sang, les Pairs laïcs, et divers Conseillers. Le roi rappela au Parlement son obligation de soumission et de respect envers la couronne, soulignant que la résistance aux lois royales était inacceptable. Le Président Le Peletier, au nom des Présidents et Conseillers, exprima leur douleur d'avoir déplu au Roi et leur dévouement. Ils demandèrent la bienveillance du Roi et la possibilité de délibérer sur une déclaration royale. Le Chancelier de France, Henry-François Daguesseau, lut ensuite la déclaration, qui concernait la prorogation de certains droits et taxes pour des raisons financières. Les Gens du Roi, représentés par Maître Pierre Gilbert de Voisins, exprimèrent leur douleur face à la déclaration et leur espoir en la bonté du Roi. Après consultation des Princes du Sang et des Pairs, le Chancelier ordonna l'enregistrement de la déclaration au Greffe du Parlement. Le Roi, par l'intermédiaire du Chancelier, souligna l'importance de la justice et du soulagement des sujets face aux charges de l'État. La déclaration visait à faciliter l'accès à la justice en réduisant les frais excessifs. Les Gens du Roi supplièrent le Roi de continuer à soulager ses sujets et de prendre en compte les charges accumulées. Le Chancelier ordonna l'envoi de copies de la déclaration aux bailliages et sénéchaussées pour enregistrement et exécution. Le roi adressa également des instructions solennelles au Parlement, ordonnant la reprise de l'exercice de la justice et du service ordinaire sans interruption, sauf sur son ordre explicite. Plusieurs déclarations et arrêts royaux furent enregistrés entre août et septembre 1732, concernant la prorogation et la suppression de divers droits, notamment la levée de droits, l'exemption des droits d'entrée sur les bestiaux étrangers, et la réglementation des droits d'insinuation des substitutions testamentaires.
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9109
s. p.
TABLE
Début :
Pieces Fugitives. Réponse en Vers de M. de Voltaire à Mlle de la Vigne. [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE
ABLE
Ieces Fugitives. Réponse en Vers de M. de Voltaire à Mile de la Vigne, 1887
Suite des Conférences sur la paix entre les Turcs et les Persans ,
Le Progrès de la Tragédie , Ode.
Ode sur le Jugement, Dernier ,
Lettre sur l'Ordonnance de Bacchus ,
1891
1907
1912
1929
Lettre sur la Litterature des Mahometans , &c.
1933
Idylle à M. de Fontenelle par Mie de la Vigne
Troisiéme Lettre sur Oran , &c.
Enigmes , Logogryphes ,
que raisonnée , &c.
Essai sur la Peinture et sur la Poësie ,
Le Spectacle de la Nature , Histoire naturelle
1941
1953
1970
Nouvelles Litteraires des beaux Arts , Bibliothe-
·1975
1977
1983
1991
1993 2000
Rondeau sur les Des Camargo , &c.
Hérissons vivans rendus par une Vache
Inscription Latine proposée à faire ,
2002
> 2003
2004
&C.
Dictionnaire Economique , &c.
Gallia Christiana , &c. Tome V.
Déliberation sur la Coregraphic, &c.
Nouvel Ordre de Chevalerie en Dannemarck
Chanson notée ,
-9
2005
2007
Spectacles , Tragédie et Ballet , et Décoration du ,
College de Louis Le Grand , 2009
L'Ecole des Meres , Comédie , Extrait. 2017 L'Opéra Comique , Extrait des Piéces • 2026
Scylla , Tragédie en musique , 2034
Nouvelles Etrangeres , de Turquie et de Perse
2036
Lettre écrite de Constantinople , &c. 2037
Journal du Camp de Villa-Nova,en Pologne, 2047
D'Allemagne , d'Ita ie et d'Espagne ,
2014
France , nouvelles de la Cour, de Paris , &c. 2c6C
Camp du Régiment du Roi à Fontainebleau, 2061
Orage à Joigny ,
2070
Fête donnée en Provence , 2071
Récéption du Marquis de Sassenage à Grenoble ,
2074
Epitre en Vers , 2077
Morts , Mariages , 2078
Lit de Justice , Déclarations et Arrêts. 2080
Ieces Fugitives. Réponse en Vers de M. de Voltaire à Mile de la Vigne, 1887
Suite des Conférences sur la paix entre les Turcs et les Persans ,
Le Progrès de la Tragédie , Ode.
Ode sur le Jugement, Dernier ,
Lettre sur l'Ordonnance de Bacchus ,
1891
1907
1912
1929
Lettre sur la Litterature des Mahometans , &c.
1933
Idylle à M. de Fontenelle par Mie de la Vigne
Troisiéme Lettre sur Oran , &c.
Enigmes , Logogryphes ,
que raisonnée , &c.
Essai sur la Peinture et sur la Poësie ,
Le Spectacle de la Nature , Histoire naturelle
1941
1953
1970
Nouvelles Litteraires des beaux Arts , Bibliothe-
·1975
1977
1983
1991
1993 2000
Rondeau sur les Des Camargo , &c.
Hérissons vivans rendus par une Vache
Inscription Latine proposée à faire ,
2002
> 2003
2004
&C.
Dictionnaire Economique , &c.
Gallia Christiana , &c. Tome V.
Déliberation sur la Coregraphic, &c.
Nouvel Ordre de Chevalerie en Dannemarck
Chanson notée ,
-9
2005
2007
Spectacles , Tragédie et Ballet , et Décoration du ,
College de Louis Le Grand , 2009
L'Ecole des Meres , Comédie , Extrait. 2017 L'Opéra Comique , Extrait des Piéces • 2026
Scylla , Tragédie en musique , 2034
Nouvelles Etrangeres , de Turquie et de Perse
2036
Lettre écrite de Constantinople , &c. 2037
Journal du Camp de Villa-Nova,en Pologne, 2047
D'Allemagne , d'Ita ie et d'Espagne ,
2014
France , nouvelles de la Cour, de Paris , &c. 2c6C
Camp du Régiment du Roi à Fontainebleau, 2061
Orage à Joigny ,
2070
Fête donnée en Provence , 2071
Récéption du Marquis de Sassenage à Grenoble ,
2074
Epitre en Vers , 2077
Morts , Mariages , 2078
Lit de Justice , Déclarations et Arrêts. 2080
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Résumé : TABLE
Le document présente une liste chronologique d'œuvres littéraires et d'événements historiques, couvrant la période de 1887 à 2080. Les entrées incluent divers genres littéraires tels que des poèmes, des lettres, des essais, des tragédies, des odes, des journaux et des comptes rendus. Parmi les œuvres notables, on trouve des réponses en vers, des conférences sur la paix entre les Turcs et les Persans, et des lettres abordant des sujets comme l'ordonnance de Bacchus et la littérature mahométane. Le texte mentionne également des essais sur la peinture et la poésie, ainsi que des événements spécifiques tels que des fêtes, des réceptions et des lits de justice. Les dernières entrées concernent des nouvelles étrangères, des journaux de camp et des événements à la cour de France.
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9110
s. p.
Errata d'Août.
Début :
Page 1727. ligne 25. connectaretur, lisez concitaretur [...]
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texteReconnaissance textuelle : Errata d'Août.
Errata d'Août.
Page1727. ligne 25. connectaretur , lisez con- citaretur
P. 1883. l. 13. Chevalier , l. Seigneur.
P. 1885. 1. 24. proposera , l. présenter
Page1727. ligne 25. connectaretur , lisez con- citaretur
P. 1883. l. 13. Chevalier , l. Seigneur.
P. 1885. 1. 24. proposera , l. présenter
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9111
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
Page 1888. ligne 3. du bas, à, lisez a. P. 1904. l. 2 du b. vous en , l. vous nous en [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fautes à corriger dans ce Livre.
Fautes à corriger dans ce Livre.
PAge 1888. ligne 3. du bas ,' à , lisez a. P. 1904. 1. 2. du b. vous en , l. vous nous en P. 1910. 1. der. Astrée , l. Attréc.
P. 1913 1. , 18. longueur , l. largeur.
P. 1915. 1. 8. de ses entrailles , ôtez ces mots.
P. 1931. 1. 7. ou , 1. et.
P. 1942. 1. 13. par derriere , 1.
f.
en arriere.
P. 1966. l. du b. trouble , 1. troupe.
P. 1979. 1. 17. est , l, étoit.
P. 2033. 1. 2. repris , l. reprit.
P. 2035. 1. 12. vu, ôtez ce mot.
P. 2050. 1. 29. de ligne , l. de la ligne.
PAge 1888. ligne 3. du bas ,' à , lisez a. P. 1904. 1. 2. du b. vous en , l. vous nous en P. 1910. 1. der. Astrée , l. Attréc.
P. 1913 1. , 18. longueur , l. largeur.
P. 1915. 1. 8. de ses entrailles , ôtez ces mots.
P. 1931. 1. 7. ou , 1. et.
P. 1942. 1. 13. par derriere , 1.
f.
en arriere.
P. 1966. l. du b. trouble , 1. troupe.
P. 1979. 1. 17. est , l, étoit.
P. 2033. 1. 2. repris , l. reprit.
P. 2035. 1. 12. vu, ôtez ce mot.
P. 2050. 1. 29. de ligne , l. de la ligne.
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Résumé : Fautes à corriger dans ce Livre.
Le document énumère des corrections orthographiques et grammaticales pour un livre. Par exemple, à la page 1888, ligne 3 du bas, 'à' doit être remplacé par 'a'. À la page 1904, ligne 2 du bas, 'vous en' devient 'vous nous en'. D'autres modifications incluent la suppression de mots ou leur remplacement, comme 'de ses entrailles' à la page 1915. Des ajustements de termes similaires et de conjugaison sont également nécessaires.
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9112
s. p.
« La Médaille doit regarder la page 1954 La Chanson, page 2007. [...] »
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La Médaille doit regarder la page 1954 La Chanson, page 2007. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Médaille doit regarder la page 1954 La Chanson, page 2007. [...] »
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9113
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AVIS.
Début :
L'ADRESSE generale est à Monsieur MOREAU, Commis au [...]
Mots clefs :
Avis, Adresse, Prix
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
A VIS.
L
'ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU ,
Commis an
Mercure , vis - à - vis la Comedie FranCoife , à Paris. Ceux qui pour leur commodité voudront remettre leurs Paquets cashetez aux Libraires qui vendent le Mercure, à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
Onprie très-inftamment, quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
-le déplaifir de les rebuter ; & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront avoir le Mercure de France de la premiere main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
Perte de temps : de les faire porter fur
T'heure à la Pofte , on anx Meffageries qu'on
lui indiquera.
. PRIX XXX. SOLS.
L
'ADRESSE generale eft à
Monfieur MOREAU ,
Commis an
Mercure , vis - à - vis la Comedie FranCoife , à Paris. Ceux qui pour leur commodité voudront remettre leurs Paquets cashetez aux Libraires qui vendent le Mercure, à Paris , peuventfe fervir de cette voye
pour les faire tenir.
Onprie très-inftamment, quand on adreſſe
des Lettres ou Paquets par la Pofte , d'avoir
foin d'en affranchir le Port , comme cela s'eft
toujours pratiqué , afin d'épargner , à nous
-le déplaifir de les rebuter ; & à ceux qui
les envoyent , celui , non-feulement de ne
pas voir paroître leurs Ouvrages , mais
même de les perdre , s'ils n'en ont pas gardé
de copie.
Les Libraires des Provinces & des Pays
Etrangers , ou les Particuliers qui fouhaiteront avoir le Mercure de France de la premiere main , & plus promptement , n'auront
qu'à donner leurs adreffes à M. Moreau
qui aura foin de faire leurs Paquets fans
Perte de temps : de les faire porter fur
T'heure à la Pofte , on anx Meffageries qu'on
lui indiquera.
. PRIX XXX. SOLS.
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Résumé : AVIS.
Le journal 'Mercure' peut être envoyé via Monsieur Moreau, commis au Mercure, situé vis-à-vis la Comédie Française à Paris. Pour simplifier l'envoi des paquets, les lecteurs peuvent les confier aux libraires parisiens qui vendent le Mercure. Il est conseillé d'affranchir les lettres ou paquets envoyés par la poste afin d'éviter qu'ils ne soient rejetés. Les libraires des provinces et des pays étrangers, ainsi que les particuliers désirant recevoir rapidement le Mercure de France, doivent fournir leurs adresses à Monsieur Moreau. Ce dernier se chargera de préparer et d'envoyer les paquets sans délai, soit par la poste, soit par les messageries indiquées. Le prix du journal est de trente sols.
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9114
s. p.
ODE A M. l'Evêque de Metz, Duc et Pair de France.
Début :
Scavantes Nymphes du Permesse, [...]
Mots clefs :
France, Coeur, Amour, Évêque de Metz, Louange, Temple
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texteReconnaissance textuelle : ODE A M. l'Evêque de Metz, Duc et Pair de France.
ODE
A M. l'Evêque de Metz , Duc et Pair
S
de France,
Cavantes Nymphes du Permesse ,
Secondez-moi de vos leçons ;
Je veux soutenir la Noblesse ,
De vos immortelles Chansons ;
Dans le doux transport qui m'inspire ,
Je pense déja que ma Lyre,
Traîne les Rochers et les Bois ;
Et que de la Mozelle au Gange ,
A ij Elle
2100 MERCURE DE FRANCE
Elle va porter la loüange ,
Du grand Prélat dont j'ai fait choix.
Coislin , l'ornement de notre âge.
Cefut pour nous un grand bonheur
Quand des Monarques le plus sage
Te choisit pour notre Pasteur ;
D'abord ta sage vigilance ,
Loin de toi bannit l'ignorance ,
Qui se glissoit dans ton Clergé ;
Qui ne sait que dans tes Ecoles ,
Nourri des divines paroles ,
Dans peu de temps il fut changé ?a
Tendre Pere pour tes ouailles ,
Tu ne bornes pas là tes soins ;
Leurs maux déchirant tes entrailles ,
Tu pourvois à tous leurs besoins,
Pour tirer la Fille égarée ,
D'un lieu qui l'a deshonorée ,
Tu fais élever un Saint lieu ;
C'est là que , grace au bon exemple ,
Son cœur souillé devient le Temple ,
De l'amour qu'on doit au vrai Dicu.
Bientôt en faveur du malade ,
Denué de soulagement ,
Ta
OCTOBRE. 1732. 2101
·
Ta charité te persuade,
De faire un vaste logement s
Là , par ta sage prévoyance
I1 reçoit avec abondance ,
Les secours les plus précieux ;
Pour prix de cet amour si tendre ,
N'es-tu pas en droit de prétendre
Une couronne dans les Cieux ?
Par les voix de la Renommée ,
Qui vole en cent climats divers ,
Ta vertu se trouve semée
Dans tous les coins de l'Univers.
Pour la garantir des naufrages,
Qui peuvent suivre les orages ,
Du vaste Ocean où tu cours
La Piété te sert de guide ,
Et te prete un secours solide ,
Contre les vices de nos jours.
Dans ses yeux , la grace allumée ,
D'un feu pur et rempli d'appas
Te fait d'inutile fumée ,
Traiter tous les biens d'ici-bas.
>
Ton cœur ne connoît leur usage ,
Que par le genereux partage ,
Qu'il en accorde aux malheureux ;
A iij Come
2102 MERCURE DE FRANCE
Combien languiroient dans les chaînes,
Qui sont délivrez de leurs peines ,
Par tes dons répandus ( 1 ) sur eux ?
Icy je vois un Seminaire ,
Fondé pour le Clerc indigent ;
Là , des Temples tombez par terre
Relevez par ton zele ardent.
Tel que , dans sa vaste carriere
Le Soleil porte sa lumiere ,
Aux differentes Nations ;
Telles tes bontez secourables ,
S'étendent sur les misérables ,
De toutes les conditions.
Des doux effets de ta largesse ,
Quels sont ces nouveaux monumens !
J'admire ta haute sagesse ,
Dans ces suberbes ( 2 ) bâtimens :
C'est peu d'embellir notre Ville ;
Ils servent de frein et d'azile ;
Le Soldat s'y tient rassemblé ;
( 1 ) Ala naissance de Monseigneur le Dauphin,
il a payé les dettes d'un grand nombre de Prisonniers , qui ont été mis en liberté.
( 2 ) Il afait construire deux grands Corps de
Cazernes , qui forment avec leurs Pavillons , une Place magnifique.
Par
5
OCTOBRE. 1732.
2103 Par tes soins la foible innocence ,
N'est plus en proye à la licence ;
Notre sommeil n'est plus troublé.
Mais de quelle affreuse misere ,
L'humble Artisan est délivré !
Il est maître de son salaire ,
Du Soldat jadis ( 1 ) dévoré ;
Tranquille , à couvert des insultes ;
De cet Hôte , ami des tumultes ,
Il benit l'auteur de son sort ;
Et dans un sort si favorable ,
Il baise la main secourable
Qui l'a fait entrer dans le Port.
C'est pour consacrer la mémoire
De tant de celebres bienfaits ,
Qu'au Ciel nous élevons ta gloire ,
Qui ne s'effacera jamais ;
Parmi des accords magnifiques ,
On n'entend que sacrez Cantiques
Dans les Temples du Dieu jaloux ,
Là, nos cœurs , d'une sainte audace ,
Lui demandent pour toute grace
Que tu vives cent ans pour nous.
( 1 ) Avant qu'il y eut des Cazernes , on fourpissoit aux Soldats le logement , le lit , le bois , la chandelle et toutes les ustancilles du ménage.
Aiiij Dans
2104 MERCURE DE FRANCE
>
Dans ce jour de réjouissance
Qui ne s'empresse avec ardeur
A marquer la reconnoissance
Qui le pénétre jusqu'au cœur
On ne voit que Tables riantes ,
Que Feux dont les flammes brillantes ,
Font de la nuit un nouveau jour.
Mais tous nos efforts pour te plaire ,
Ne sont qu'une image légere
Des sentimens de notre amour.
O toy , dont le ferme courage ,
A travers les Ondes du Rhin ,
Se fit un glorieux passage ,
Qui nous mit les Palmes ( 1 ) en main ;
Que dis- tu des travaux illustres
Qui sans cesse depuis sept lustres ,
Occupent ton sage héritier ?
Digne fils d'un si noble Pere ,
De la vertu la plus austere ,
Il suit le pénible sentier.
Que dis-tu quand tu consideres
Ce prodige d'humilité
Y
( 1 ) En 1672. son pere Armand du Cambout ;
Duc de Coislin, Pair de France , et Lieutenant General des Armées du Roy , se signala avec éclat an
fameux passage duRhin.
Se
OCTOBRE. 1732 2105
Se plaindre des respects sinceres ,
Que nous rendons à sa bonté ? ,
Dans sa contenance modeste ,
Eclate une vertu celeste ,
En qui nous mettons notre appui
Quel témoignage plus fidele
Qu'un jour il sera le modele ,
De ceux qui viendront après lui
A M. l'Evêque de Metz , Duc et Pair
S
de France,
Cavantes Nymphes du Permesse ,
Secondez-moi de vos leçons ;
Je veux soutenir la Noblesse ,
De vos immortelles Chansons ;
Dans le doux transport qui m'inspire ,
Je pense déja que ma Lyre,
Traîne les Rochers et les Bois ;
Et que de la Mozelle au Gange ,
A ij Elle
2100 MERCURE DE FRANCE
Elle va porter la loüange ,
Du grand Prélat dont j'ai fait choix.
Coislin , l'ornement de notre âge.
Cefut pour nous un grand bonheur
Quand des Monarques le plus sage
Te choisit pour notre Pasteur ;
D'abord ta sage vigilance ,
Loin de toi bannit l'ignorance ,
Qui se glissoit dans ton Clergé ;
Qui ne sait que dans tes Ecoles ,
Nourri des divines paroles ,
Dans peu de temps il fut changé ?a
Tendre Pere pour tes ouailles ,
Tu ne bornes pas là tes soins ;
Leurs maux déchirant tes entrailles ,
Tu pourvois à tous leurs besoins,
Pour tirer la Fille égarée ,
D'un lieu qui l'a deshonorée ,
Tu fais élever un Saint lieu ;
C'est là que , grace au bon exemple ,
Son cœur souillé devient le Temple ,
De l'amour qu'on doit au vrai Dicu.
Bientôt en faveur du malade ,
Denué de soulagement ,
Ta
OCTOBRE. 1732. 2101
·
Ta charité te persuade,
De faire un vaste logement s
Là , par ta sage prévoyance
I1 reçoit avec abondance ,
Les secours les plus précieux ;
Pour prix de cet amour si tendre ,
N'es-tu pas en droit de prétendre
Une couronne dans les Cieux ?
Par les voix de la Renommée ,
Qui vole en cent climats divers ,
Ta vertu se trouve semée
Dans tous les coins de l'Univers.
Pour la garantir des naufrages,
Qui peuvent suivre les orages ,
Du vaste Ocean où tu cours
La Piété te sert de guide ,
Et te prete un secours solide ,
Contre les vices de nos jours.
Dans ses yeux , la grace allumée ,
D'un feu pur et rempli d'appas
Te fait d'inutile fumée ,
Traiter tous les biens d'ici-bas.
>
Ton cœur ne connoît leur usage ,
Que par le genereux partage ,
Qu'il en accorde aux malheureux ;
A iij Come
2102 MERCURE DE FRANCE
Combien languiroient dans les chaînes,
Qui sont délivrez de leurs peines ,
Par tes dons répandus ( 1 ) sur eux ?
Icy je vois un Seminaire ,
Fondé pour le Clerc indigent ;
Là , des Temples tombez par terre
Relevez par ton zele ardent.
Tel que , dans sa vaste carriere
Le Soleil porte sa lumiere ,
Aux differentes Nations ;
Telles tes bontez secourables ,
S'étendent sur les misérables ,
De toutes les conditions.
Des doux effets de ta largesse ,
Quels sont ces nouveaux monumens !
J'admire ta haute sagesse ,
Dans ces suberbes ( 2 ) bâtimens :
C'est peu d'embellir notre Ville ;
Ils servent de frein et d'azile ;
Le Soldat s'y tient rassemblé ;
( 1 ) Ala naissance de Monseigneur le Dauphin,
il a payé les dettes d'un grand nombre de Prisonniers , qui ont été mis en liberté.
( 2 ) Il afait construire deux grands Corps de
Cazernes , qui forment avec leurs Pavillons , une Place magnifique.
Par
5
OCTOBRE. 1732.
2103 Par tes soins la foible innocence ,
N'est plus en proye à la licence ;
Notre sommeil n'est plus troublé.
Mais de quelle affreuse misere ,
L'humble Artisan est délivré !
Il est maître de son salaire ,
Du Soldat jadis ( 1 ) dévoré ;
Tranquille , à couvert des insultes ;
De cet Hôte , ami des tumultes ,
Il benit l'auteur de son sort ;
Et dans un sort si favorable ,
Il baise la main secourable
Qui l'a fait entrer dans le Port.
C'est pour consacrer la mémoire
De tant de celebres bienfaits ,
Qu'au Ciel nous élevons ta gloire ,
Qui ne s'effacera jamais ;
Parmi des accords magnifiques ,
On n'entend que sacrez Cantiques
Dans les Temples du Dieu jaloux ,
Là, nos cœurs , d'une sainte audace ,
Lui demandent pour toute grace
Que tu vives cent ans pour nous.
( 1 ) Avant qu'il y eut des Cazernes , on fourpissoit aux Soldats le logement , le lit , le bois , la chandelle et toutes les ustancilles du ménage.
Aiiij Dans
2104 MERCURE DE FRANCE
>
Dans ce jour de réjouissance
Qui ne s'empresse avec ardeur
A marquer la reconnoissance
Qui le pénétre jusqu'au cœur
On ne voit que Tables riantes ,
Que Feux dont les flammes brillantes ,
Font de la nuit un nouveau jour.
Mais tous nos efforts pour te plaire ,
Ne sont qu'une image légere
Des sentimens de notre amour.
O toy , dont le ferme courage ,
A travers les Ondes du Rhin ,
Se fit un glorieux passage ,
Qui nous mit les Palmes ( 1 ) en main ;
Que dis- tu des travaux illustres
Qui sans cesse depuis sept lustres ,
Occupent ton sage héritier ?
Digne fils d'un si noble Pere ,
De la vertu la plus austere ,
Il suit le pénible sentier.
Que dis-tu quand tu consideres
Ce prodige d'humilité
Y
( 1 ) En 1672. son pere Armand du Cambout ;
Duc de Coislin, Pair de France , et Lieutenant General des Armées du Roy , se signala avec éclat an
fameux passage duRhin.
Se
OCTOBRE. 1732 2105
Se plaindre des respects sinceres ,
Que nous rendons à sa bonté ? ,
Dans sa contenance modeste ,
Eclate une vertu celeste ,
En qui nous mettons notre appui
Quel témoignage plus fidele
Qu'un jour il sera le modele ,
De ceux qui viendront après lui
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Résumé : ODE A M. l'Evêque de Metz, Duc et Pair de France.
Le texte est une ode dédiée à Armand de Coislin, évêque de Metz, Duc et Pair de France. L'auteur invoque les muses pour célébrer la noblesse et la vertu de l'évêque. Il loue la sagesse et la vigilance de Coislin, qui a banni l'ignorance dans son clergé et a fondé des écoles pour former les fidèles. L'évêque est décrit comme un père attentionné pour ses ouailles, prenant soin de leurs besoins spirituels et matériels. Il a construit des lieux saints pour les filles égarées et des logements pour les malades. Sa charité et sa piété sont soulignées, ainsi que son dévouement envers les malheureux et les indigents. L'auteur mentionne également des actions spécifiques de Coislin, comme la fondation d'un séminaire pour les clercs pauvres et la reconstruction de temples. Il admire la sagesse et la générosité de l'évêque, qui a embelli la ville et construit des casernes pour protéger les habitants. L'ode se termine par une prière pour que l'évêque vive longtemps et par des louanges à son fils, qui suit les traces de son père avec humilité et vertu.
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9115
p. 2105-2111
REMARQUES sur la nouvelle publication de l'Inscription qu'on voyoit cy devant au Portail de sainte Croix d'Orleans, adressées aux Auteurs du Mercure.
Début :
Ayant appris, Messieurs, de ceux qui ont vû le Mercure de Juin avant [...]
Mots clefs :
Inscription, Portail de Sainte-Croix d'Orléans, Polluche, Quadratus orbis
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texteReconnaissance textuelle : REMARQUES sur la nouvelle publication de l'Inscription qu'on voyoit cy devant au Portail de sainte Croix d'Orleans, adressées aux Auteurs du Mercure.
du monde. Si le monde est rond comme
un globe , et quarré en même-tems , voilà tout d'un coup la quadrature du cercle qu'on se fatigue tant à chercher. Pasquier s'est diverti à la faire remarquer dans un bonnet de forme quarrée , qui
coëffe une tête ronde. Si par quadratus or
bis on doit entendre les quatre parties.
du monde on peut demander s'il est
donc vrai que celle qu'on appelle l'Amérique fut dès-lors connue. Mais je finis
car je m'appe çois qu'insensiblement je
m'éloigne du sujet qui ma engagé à vous
écrire. Je suis , &c.
>
A Auxerre , ce is. 15.
Juillet 1732.
un globe , et quarré en même-tems , voilà tout d'un coup la quadrature du cercle qu'on se fatigue tant à chercher. Pasquier s'est diverti à la faire remarquer dans un bonnet de forme quarrée , qui
coëffe une tête ronde. Si par quadratus or
bis on doit entendre les quatre parties.
du monde on peut demander s'il est
donc vrai que celle qu'on appelle l'Amérique fut dès-lors connue. Mais je finis
car je m'appe çois qu'insensiblement je
m'éloigne du sujet qui ma engagé à vous
écrire. Je suis , &c.
>
A Auxerre , ce is. 15.
Juillet 1732.
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Résumé : REMARQUES sur la nouvelle publication de l'Inscription qu'on voyoit cy devant au Portail de sainte Croix d'Orleans, adressées aux Auteurs du Mercure.
Le texte de 1732 discute de la forme du monde, à la fois ronde et carrée, illustrée par un bonnet carré sur une tête ronde. Il aborde la quadrature du cercle et les 'quatre parties du monde', se demandant si l'Amérique était connue. L'auteur s'excuse de s'être éloigné du sujet initial de sa lettre.
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9116
p. 2112-2117
LE PROGRÈS DE LA TRAGÉDIE, Sous le Régne de Louis le Grand. ODE.
Début :
Vois-tu, divine Melpomene, [...]
Mots clefs :
Prière, Louis le Grand, Dieu, Tragédie, Progrès, Scène, Siècle, Gloire
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texteReconnaissance textuelle : LE PROGRÈS DE LA TRAGÉDIE, Sous le Régne de Louis le Grand. ODE.
LE PROGRE'S
DE LA TRAGEDIE,
V
Sous le Regne de Louis le Grand.
O D E.
Oiś-tu , divine Melpomene
Cette foule de Spectateurs ?
C'est toi qui venant sur la Scene
En fais autant d'admirateurs :
Pleins d'un trouble qui les enchante
Saisis d'une terreur charmante ,
Touchés de tes tristes soupirs ;
Leurs cœurs partagent tes allarmes ;
Et verser avec toi des larmes
Est le plus doux de leurs plaisirs.-
>
Rappelle ces jours pleins de gloire ,
Où le plus grand de tous nos Rois ,
Suivi par tout de la victoire
Faisoit par tout suivre ses loix ;
Où seul , de l'Europe étonnée ,
Dissipant la Ligue effrennée 2
Vaing
OCTOBRE. 1732. 211
Vainqueur de cent Peuples divers ,
LOUIS faisoit par sa prudence ,
Et les délices de la France ,
Et la terreur de l'Univers.
O qu'avant ce Régne héroïque ,
Tu brillois peu dans nos Etats ?
Envain sur la Scene Tragique ,
Eut-on cherché de vrais appas.
Quel amas de pointes frivoles !
Quel cahos de gaines paroles !
Que de sang versé quelle horreur !
Fades Sujets , Heros vulgaires ,
Sans art , sans choix , sans caractere ,
Que dis-je , souvent sans pudeur.
Mais Ciel ! est ce erreur ou miracle &
La Scene change ; ô doux momens !
Je vois à ce grossier spectacle
Succeder mille enchantemens.
Déja les passions émûës
Les sources du beau reconnuës ,
Tout frappe mes yeux éblouis.
Fuyez loin , ignorance vaine ,
Triomphez, raison souveraine ,
C'est le siécle du Grand Lo U I S.
Siécle
2114 MERCURE DE FRANCE
Siécle heureux , où les doctes Fées
Admirant ses nobles travaux ,
Dressent chaque jour des Trophées ,
Ala vertu de ce Heros.
Où sur ses Conquêtes rapides ,
Nos Sophocles nos Euripides ,
Forment leurs plus pompeux Concerts,
Plus animés dans leurs ouvrages ,
Par l'espoir d'avoir ses suffrages ,
Que par le feu du Dieu des Vers.
Oui , grand Roi , de leurs doctes veilles;
Tu fus toujours l'objet flateur ;
Les Racines et les Corneilles ,
A ta gloire doivent la leur..
Jamais leur Muse dramatique
Ne nous eut du vrai pathetique ,
Fait sentir toutes les beautés ,
Si dans leurs immortelles rimes ,
On n'eut vù tes vertus sublimes ,
Briller sous des noms empruntés,
Et toi jadis deshonorée ,
Dans plus d'un spectacle indécent ,
Goute enfin, Probité sacrée ,
Le plaisir le plus ravissant
Voi l'utile joint à l'aimable ,
Le merveilleux au vraisemblable,
Le
OCTOBRE. 1732. 2115
Le simple et le grand tour à tour
Voi même , ô merveille étonnante
Voi la sagesse triomphante ,
Eclater jusques dans l'Amour.
Louerai-je ici cette élegance
Qui brille dans l'expression è
Décrirai-je la véhemence
Qui régne dans la passion ?
Rappellerai-je ces figures >
Ces beaux traits , ces vives peintures
Qui charment si bien mes ennuis
Toujours sûr de m'y reconnoître
Peint tantôt tel que je dois être ,
Et tantôt peint tel que je suis,
[ Ah ! que dans mon ame attendrie ,
J'éprouve un doux ravissement !
Polieucte , Esther , Athalie ,
Que vous m'instruisés noblement !
Que je t'adinire vieil Horace !
Cinna , que je plains ta disgrace !
Que ta candeur me plaît , Burrhus !
Ainsi , par un sage artifice ,
Ou fut le Théatre du vice
S'ouvre l'Ecole des vertus.
2.
Poursui,
2116 MERCURE DE FRANCE
Poursui , trop aimable Déesse ,
Et pour avancer tes progrès ,
Hâte-toi de former sans cesse
Sur Louis les plus beaux Portraits.
Quel vaste champ , quelle abondance !
Un Prince , l'amour de la France ,
L'Arbitre et la gloire des Rois ,
Aussi cher par la paix qu'il donne ,
Que celui dont il tient le Trône ,
Fut redouté par ses exploits..
Quod si me lyricis , &c. Hor..
PRIERE POUR LE ROI.
SEigneur , écoutez nos prieres
Voulez-vous nous combler de vos dons les plus
beaux ?
Daignés sur ce jeune Heros ,
Verser vos faveurs les plus cheres !'
Dans des Princes digne de lui ,
Il se voit déja reproduire :
Poursuivés , ô mon Dieu ! soyez toujours
l'appui ,
Et du Monarque et de l'Empire ,
Nous ne demandons pas qu'au gré de sa va- leur ,
Un jour de ses hauts faits il remplisse le monde ;
Qu'il
OCTOBRE. 1732 2117
Qu'il vive seulement ; sa sagesse profonde
Nous répond de sa gloire et de notre bon heur.
?
Par M. l'Abbé Portes Chanoine du
Chapitre Royal de S. Louis , à la Fere.
DE LA TRAGEDIE,
V
Sous le Regne de Louis le Grand.
O D E.
Oiś-tu , divine Melpomene
Cette foule de Spectateurs ?
C'est toi qui venant sur la Scene
En fais autant d'admirateurs :
Pleins d'un trouble qui les enchante
Saisis d'une terreur charmante ,
Touchés de tes tristes soupirs ;
Leurs cœurs partagent tes allarmes ;
Et verser avec toi des larmes
Est le plus doux de leurs plaisirs.-
>
Rappelle ces jours pleins de gloire ,
Où le plus grand de tous nos Rois ,
Suivi par tout de la victoire
Faisoit par tout suivre ses loix ;
Où seul , de l'Europe étonnée ,
Dissipant la Ligue effrennée 2
Vaing
OCTOBRE. 1732. 211
Vainqueur de cent Peuples divers ,
LOUIS faisoit par sa prudence ,
Et les délices de la France ,
Et la terreur de l'Univers.
O qu'avant ce Régne héroïque ,
Tu brillois peu dans nos Etats ?
Envain sur la Scene Tragique ,
Eut-on cherché de vrais appas.
Quel amas de pointes frivoles !
Quel cahos de gaines paroles !
Que de sang versé quelle horreur !
Fades Sujets , Heros vulgaires ,
Sans art , sans choix , sans caractere ,
Que dis-je , souvent sans pudeur.
Mais Ciel ! est ce erreur ou miracle &
La Scene change ; ô doux momens !
Je vois à ce grossier spectacle
Succeder mille enchantemens.
Déja les passions émûës
Les sources du beau reconnuës ,
Tout frappe mes yeux éblouis.
Fuyez loin , ignorance vaine ,
Triomphez, raison souveraine ,
C'est le siécle du Grand Lo U I S.
Siécle
2114 MERCURE DE FRANCE
Siécle heureux , où les doctes Fées
Admirant ses nobles travaux ,
Dressent chaque jour des Trophées ,
Ala vertu de ce Heros.
Où sur ses Conquêtes rapides ,
Nos Sophocles nos Euripides ,
Forment leurs plus pompeux Concerts,
Plus animés dans leurs ouvrages ,
Par l'espoir d'avoir ses suffrages ,
Que par le feu du Dieu des Vers.
Oui , grand Roi , de leurs doctes veilles;
Tu fus toujours l'objet flateur ;
Les Racines et les Corneilles ,
A ta gloire doivent la leur..
Jamais leur Muse dramatique
Ne nous eut du vrai pathetique ,
Fait sentir toutes les beautés ,
Si dans leurs immortelles rimes ,
On n'eut vù tes vertus sublimes ,
Briller sous des noms empruntés,
Et toi jadis deshonorée ,
Dans plus d'un spectacle indécent ,
Goute enfin, Probité sacrée ,
Le plaisir le plus ravissant
Voi l'utile joint à l'aimable ,
Le merveilleux au vraisemblable,
Le
OCTOBRE. 1732. 2115
Le simple et le grand tour à tour
Voi même , ô merveille étonnante
Voi la sagesse triomphante ,
Eclater jusques dans l'Amour.
Louerai-je ici cette élegance
Qui brille dans l'expression è
Décrirai-je la véhemence
Qui régne dans la passion ?
Rappellerai-je ces figures >
Ces beaux traits , ces vives peintures
Qui charment si bien mes ennuis
Toujours sûr de m'y reconnoître
Peint tantôt tel que je dois être ,
Et tantôt peint tel que je suis,
[ Ah ! que dans mon ame attendrie ,
J'éprouve un doux ravissement !
Polieucte , Esther , Athalie ,
Que vous m'instruisés noblement !
Que je t'adinire vieil Horace !
Cinna , que je plains ta disgrace !
Que ta candeur me plaît , Burrhus !
Ainsi , par un sage artifice ,
Ou fut le Théatre du vice
S'ouvre l'Ecole des vertus.
2.
Poursui,
2116 MERCURE DE FRANCE
Poursui , trop aimable Déesse ,
Et pour avancer tes progrès ,
Hâte-toi de former sans cesse
Sur Louis les plus beaux Portraits.
Quel vaste champ , quelle abondance !
Un Prince , l'amour de la France ,
L'Arbitre et la gloire des Rois ,
Aussi cher par la paix qu'il donne ,
Que celui dont il tient le Trône ,
Fut redouté par ses exploits..
Quod si me lyricis , &c. Hor..
PRIERE POUR LE ROI.
SEigneur , écoutez nos prieres
Voulez-vous nous combler de vos dons les plus
beaux ?
Daignés sur ce jeune Heros ,
Verser vos faveurs les plus cheres !'
Dans des Princes digne de lui ,
Il se voit déja reproduire :
Poursuivés , ô mon Dieu ! soyez toujours
l'appui ,
Et du Monarque et de l'Empire ,
Nous ne demandons pas qu'au gré de sa va- leur ,
Un jour de ses hauts faits il remplisse le monde ;
Qu'il
OCTOBRE. 1732 2117
Qu'il vive seulement ; sa sagesse profonde
Nous répond de sa gloire et de notre bon heur.
?
Par M. l'Abbé Portes Chanoine du
Chapitre Royal de S. Louis , à la Fere.
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Résumé : LE PROGRÈS DE LA TRAGÉDIE, Sous le Régne de Louis le Grand. ODE.
Le poème célèbre le règne de Louis XIV et son influence sur le théâtre tragique. Il commence par une invocation à Melpomène, la muse de la tragédie, qui enchante et émeut les spectateurs. Le texte évoque ensuite les jours glorieux du règne de Louis XIV, où le roi, victorieux et sage, imposait ses lois et inspirait la terreur et l'admiration en Europe. Avant son règne, le théâtre français était marqué par des sujets frivoles, des personnages vulgaires et un manque d'art. Sous Louis XIV, le théâtre connaît une transformation profonde, devenant un reflet des passions humaines et des vertus héroïques. Les dramaturges comme Racine et Corneille trouvent leur inspiration dans les vertus du roi, qui brillent à travers leurs œuvres. Le théâtre devient alors une école de vertus, où des pièces comme 'Polyeucte', 'Esther', 'Athalie', 'Cinna' et 'Horace' instruisent et émouviennent les spectateurs. Le poème se conclut par une prière pour le roi, souhaitant sa longévité et sa sagesse pour le bien de la France et de l'empire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9117
p. 2117-2139
SUITE du Voyage de Basse-Normandie, par M. D. L. R. IX. LETTRE,
Début :
Les raisons que j'avois, Monsieur, de séjourner à Caën, énoncées dans mes [...]
Mots clefs :
Voyage, Basse-Normandie, Abbaye de Cerisy, Bayeux, Cathédrale, Messe, Sacristie, Trésor, Ornements, Croix, Chanoine, Inscription, Buste, Diane de Poitiers
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texteReconnaissance textuelle : SUITE du Voyage de Basse-Normandie, par M. D. L. R. IX. LETTRE,
UITE du Voyage de Basse - Normandie ,
par M. D. L. R.
*
IX. LETTRE,
Lséjournerà Caen , énoncées dans mes Es raisons que j'avois , Monsieur , de
dernieres Lettres , subsistoient toujours:
elles m'engagerent de profiter de cette
occasion pour aller voir la Ville de
Bayeux , et l'Abbaye de Cerisy , l'une
des plus considérables de ce Diocèse. Le
même Docteur en Médecinè , homme
comme je vous ai dit , d'érudition , et
d'un agréable commerce ,
voulut encore
m'accompagner dans cette course. Nous
partîmes de Caën d'assez bon matin , et
comme Bayeux n'en est éloigné que de
six licuës , nous y arrivâmes avant l'heu-
* Ces Lettres sont dans le Mercure de Juin 1730.
vol.11 . et dans le Mercure d'Avril 1732.
re
2118 MERCURE DE FRANCE
re de dîner. Nous allâmes d'abord à la
Cathedrale , où après avoir entendu laMesse , nous fumes abordez fort gracieusement par M. l'Abbé de... Chanoine de
la connoissance du Médecin , qui nous
fit voir tout ce qu'il y a de remarquable
dans cette Eglise dédiée à la Vierge , et
nous instruisit de tout ce que des Voyageurs de notre espéce étoient bien aises
de ne pas ignorer. Le Bâtiment est un
Vaisseau assez spacieux , d'une Architecture gothique , mais bien éxécutée L'Autel principal , placé au fond du Chœur ,
est d'une simplicité noble et édifiante.
Le Chœur est seulement orné d'une Tapisserie qui représente la vie de la sainte
Vierge , à qui l'Eglise est dédiée , et les
Mysteres quiy ont du rapport. Leon Conseil , Chancelier de cette Eglise , en fit
faire les desseins, qui furent assez bien éxécutez , et lui en fit présent.
Une autre Tapisserie d'une fabrique
bien différente , régne autour de la Nef.
Elle n'a pas plus de deux pieds et demi
de hauteur ; c'est cependant un ornement instructif et des plus curieux qu'on
puisse trouver en ce genre. On y trouve
toute l'Histoire du fameux Guillaume II.
Duc de Normandie , par rapport à sa
Conquête du Royaume d'Angleterre , et
on
OCTOBRE. 1732. 2119
on peut dire que pour le tems auquel cet
ouvrage a été fait , il n'y a presque rien
à désirer pour les Figures , qu'un peu
plus de correction de dessein. Tous les
fonds restent à remplir , ce qui fait présumer que le projet étoit de faire ces
fonds en or ou en argent mais il ne
manque rien aux personnages , et aux Figures , qui composent ensemble un Monument respectable et instructif. Tout le
monde veut que la Princesse Mathilde
fille de Baudouin , Comte de Flandres Niéce du Roi Robert et de la Reine
Constance , Epouse du Duc Guillaume
fit faire cette Tapisserie pour immortaliser ses Exploits. Apparemment
cette Princesse ne vêcut pas assez pour faire achever entierement l'ouvrage. M. Foucault , qui en connoissoit le mérite , en
avoit fait dessiner quelques morceaux
qu'on a vûs à Paris dans sa Bibliotheque.
Depuis mon Voyage de Normandie , et après
la mort de M. Foucault , ce qu'il en avoit fait copier est heureusement tombé entre les mains de
M. Lancelot , qui a composé là- dessus un très-beau .
Discours qu'il a lû à l'Académie , dont il en est un
très-digne Membre ; et le R. P. de Montfaucon a
fait graver le même Monument dont il donne aussi l'explication dans les premiers Volumes de ses
Monumens de la Monarchie.
Nous
2120 MERCURE DE FRANCE
2 que
Nous passâmes dans la Sacristie , où
nous vîmes le Trésor , et beaucoup de riches Ornemens : nous y vîmes le petit
Coffre d'yvoire , de fabrique Moresque
qui renferme la Chasuble de S. Renobert,
second Evêque de Bayeux , fermé d'une
espéce de serrure d'argent , sur laquelle
est gravée une Inscription Arabe. J'ai
parlé,comme vous le sçavez , de ce Coffre
et de l'Inscription avant de les
avoir vûs , dans une de mes Lettres écrite à M. Rigord , qui est imprimée dans
les Mémoires de Trévoux du mois d'Octobre 1714. vous sçavez , dis je ,
sieur , par cette Lettre , que l'Inscription
éxactement copiée et apportée à M. Petist
de la Croix , Interpréte du Roi , chez qui
j'étois alors , se trouva être une Sentence
Mahometane , dont le sens est tel. Au
NOM DE DIEU. Quelque honneur que nousrendions à Dieu , nous ne pouvons pas l'honorer autant qu'il le mérite ; mais nous l'honoronspar son Saint Nom.
MonJe dis à cette occasion dans ma Lettre
que tout se peut concilier par le moyen
de l'Histoire et de la raison , mais que je
n'entreprenois pas de démêler comment ,
par qui , et en quel tems , deux choses
aussi opposées , que le sont la Relique
de S. Kenobert et le Coffret à Inscription
OCTOBRE.
1732 2121 tion Mahometane , ont pû se rencontrer
ensemble dans le lieu où elles sont aujourd'hui. Le R. P. Tournemine , qui dirigeoit alors le Journal de Trévoux , proposa là - dessus une conjecture qui paroît
plausible , et qu'il fit imprimer à la fin de
ma Lettre dans le même Journal.
» On sçait , dit- il , que Charles Martel
»
vainquit les Sarrazins proche de Tours ,
leur Camp fut pillé , la Cassete marquée de l'Inscription Arabe aura été
» prise en cette occasion , et la Reine
»
Ermantrude, Epouse de Charles le Chauve , à qui cette Cassete venoit de la suċcession de son Trisayeul, l'ayant euë de
» son mari , la consacra à
renfermer les
»Reliques de S. Renobert , qui avoit guéri le Roi son époux. Cette guérison et
la magnifique reconnoissance d'Ermantrude , sont marquées dans les Historiens. Cette Cassete étoit apparemment
» celle du Prince Sarrazin Abdarrha-
> man.
Quoiqu'il en soit , deux Auteurs nouveaux , sçavoir Dom Beaunier , Benedictin , et M. Piganiol de la Force , ont profité de ce que j'avois appris au public làdessus dès l'année 1714. l'un dans son
Recueil Historique, & c. des Archevêchez e
Evêchez de France , &c. Tom. II. p. 714.
B publié
2122 MERCURE DE FRANCE
publié en 1726. et l'autre dans son nou
veau Voyage de France , pag. 582. qui a
paru presque en même tems. Ils onttrouvé à propos l'un et l'autre de s'en faire
honneur , et de ne pas déclarer où ils ont
pris cette découverte , ce qui n'arrive ja- mais aux véritables Sçavans.
Le Chapitre de 1Eglise de Bayeux est
un des plus considérables qu'il y ait en
France il est composé de douze Digni
tez , dont la premiere est celle de Doyen,
et de cinquante Chanoines. Cette Eglise
reconnoît pour son premier Evêque saint
Exupere , vers la fin du deuxième, * siecle : pour second , S. Renobert , auquel
plusieurs autres saints Evêques ont suc- cedé. Elle a eu aussi des Cardinaux et des
Prélats très- distinguez par leur naissance ,
par leur doctrine et par leur pieté.. Les
Cardinaux sont Renaud , ou René de
Prie , Augustin Trivulce , Arnaud Dossat , Charles d'Humieres.
Au sortir de l'Eglise nous allâmes voir
le Subdelegué de M. l'Intendant , qui
*C'est la Chronologie d'un Historien Moderne
laquelle est rejettée par les meilleurs Critiques.
5. Renobert , second Evêque de Bayeux , assista
en 1630. à un Concile de Rheims , et par conséquent, &c.
nous
OCTOBRE. 1732.
nous retint à dîner, et nous engagea,
2723 puisque nous devions coucher à Bayeux , d'aller l'après dîner nous promener à S. Vigor , qui n'en est éloigné que d'un bon
quart de lieuë. Le Chanoine dont j'ai
parlé se joignit à nous , et j'appris encore bien des choses dans cette promenade.
S. Vigor ,
surnommé le Grand , pour
le distinguer de plusieurs Paroisses de même nom, dans le même pays , est un Prieuré de Benedictins de la Congrégation de
S. Maur ; le lieu est fort élevé , ensorte
qu'il y a beaucoup à monter pour y arriver ; mais il est très-agréable , et on découvre de- là une grande étendue de
Il est en même tems fort renommépays par.'
la dévotion des Peuples envers le Saint
de ce nom , qui a été l'un des premiers
Evêques de Bayeux , et par la cérémonie
qui s'y fait à chaque changement d'Evêque , lorsque le Prélat fait pour la premiere fois son Entrée publique dans la
Ville , et prend possession de son Eglise.
a
On ne voit rien à S. Vigor qui mérite
une attention singuliere.
L'Eglise du
Prieuré paroît bâtie sur une autre plus ancienne et ce qu'il y de nouveau
n'est pas achevé. Celle de la Paroisse est
très- moderne et fort propre. Les BeneBij dic
,
2124 MERCURE DE FRANCE
dictins de S. Maur , qui sont là en assez
petit nombre , ont bien réparé le Monastere , et ils édifient par leur éxacte régularité. Nous fûmes très-contens de leur
réception. Je trouvai dans leur petite
Bibliotheque , où sont aussi quelques titres , et les papiers de la Maison , une
Copie du Procès Verbal de la cérémonie
dont je viens de parler , telle qu'elle se
passa , lorsque François de Nesmond fit
sa premiere entrée dans la Ville de Bayeux.
Un Religieux âgé de près de 9o . ans , qui
ayoit assisté à cette cérémonie , me don-"
na l'Extrait qu'il avoit fait de ce Procès
Verbal , qui me parut curieux , et sur le
quel j'ai fait le petit narré que vous ne serez pas fâché de trouver ici.
M. l'Evêque ayant fixé le jour de son
Entrée solemnelle dans la Ville de Bayeux
au 15 Mai 1662. Il se rendit , selon la
coûtume, le matin du jour précédent à la
Chapelle de Notre Dame de la Délivrande. M. Buhot de Cartigny , Docteur de
Sorbonne , Directeur de cette Chapelle
le reçût à la Porte , revêtu d'une Chape
assisté des Prêtres qui la desservent , et le
harangua, L'Evêque étant entré , et s'étant mis à genoux sur un Prie- Dieu , le
même Chanoine lui présenta la Croix à
baiser. Après avoir fait sa priere , il célébra
OCTOBRE. 1732. 2125
6
bra la Messe , il se rendit ensuite à saing
Vigor,monté sur une Haquenéé blanche
pour y passer le reste du jour , et coucher
dans le Monastere.
Le Prélat fut conduit-une partie du chemin les Vassaux et les Habitans sous par
les armes de la Baronie de Douvres. Il
rencontra à deux ou trois lieues de Saint
Vigor les Députez du Chapitre deBayeux,
quatre Dignitez , et quatre Chanoines
qui le complimenterent. La Noblesse
vint aussi en grand nombre le saluer , le
Marquis de Colombieres , quoique de la
Religion P. R. portant la parole , ce
Marquis et les principaux de la Noblesse
l'accompagnerent jusqu'au Prieuré.
M. de Choisy , Seigneur du Fief de
Beaumont , qui releve de l'Evêché , se
trouva à la descente , et tint l'étrier , suivant l'obligation de son Fief ; le Prélat
étant descendu , le Gentilhomme se saisit
de la Haquenée , qu'il envoya , montée
par un autre Gentilhomme,à son Ecurie ,
selon le droit du même Fief.
L'Evêque se mit tout de suite sous un
Dais porté par quatre Religieux ; et prenant le chemin de l'Eglise , il fût reçû à
l'entrée du Cimetiere de la Paroisse par
le Prieur des Benedictins . Quand il fût arrivé à l'Eglise du Prieuré , on chanta le
B iij Te
2126 MERCURE DE FRANCE
1
Te Deum , et ensuite il fut conduit à sor
Appartement parles principaux de la Ng
blesse , &c. A l'heure du souper on lu
servit en maigre un Repas fort frugal
suivant le Cérémonial.
Le lendemain de grand matin , tout I
Clergé Séculier et Régulier de la Vill
s'étant assemblé au son des grosses Clo
ches dans l'Eglise Cathedrale , il se form
une Procession , dont le Corps du Cha
pitre faisoit la queue , laquelle se rendi
au Prieuré de S. Vigor. Le Doyen et le
principaux du Chapitre monterent à
l'appartement du Prélat , qu'ils trouve.
rent en prieres. Après de profondes révé rences , le Doyen le conduisit dans un
Chapelle de l'Eglise , où le Sacristain lu
ôta ses souliers et ses bas , et lui mit ur
espéce de sandales fort minces. On le r
vêtit en même-tems d'une Chappe blan
che , et on lui mit une Mitre toute sir
ple. Il alla ainsi se placer dans une ancie
ne Chaire de marbre, couverte d'un Dai
qui est près le grand Autel , où M.
Franqueville de Longaulnay le harai. ;
en présence du Clergé. L'Evêque se le
immédiatement après , et partit de S. Y
gor pour se rendre à Bayeux en
ordre.
Il étoit placé entre Mrs de Chois Bai
OCTOBRE. 1732. 2127
le Baron deBeaumont, et le Baron de Bosqbrunville , représentant le Seigneur d'E
trehan , soutenant l'un et l'autre les bouts
de sa Chappe , dont deux Aumoniers portoient la queue. Derriere étoit un Gentilhomme armé de toutes piéces à l'antique,'
portant une Hallebarde sur l'épaule , seÎon le devoir de son Fief, et un autre
Vassal marchoit immédiatement devant
le Prélat , semant de la paille depuis saint
Vigor jusqu'à la Porte de l'Eglise de
S. Sauveur de Bayeux. Les Compagnies
Bourgeoises qui étoient sous les armes ,
formerent cependant une double haye
depuis le Monastere des Capucins jusqu'à
l'Eglise Cathedrale.
L'Evêque entra , suivant la coûtume ,
dans l'Eglise de S. Sauveur , on lui lava
les mains et les pieds. Le Bassin et l'Aiguiere d'argent appartiennent au Curé
de cette Eglise ; mais le Curé étant alors
en * Déport , ils furent donnez au Chapitre. Après avoir pris des Habits pontificaux , plus riches que les précedens , il
$ rendit à la Porte de l'Eglise Cathedra
qu'il trouva fermée , et qui fût ou-
* Déport est le nom qu'on donne au droit qu'ont
les Evêques de Normandie , de joüir des revenus des
Cures de leurs Diocèses la premiere année de la vacance de chacun de ces Benefices.
B iiij verte
2128 MERCURE DE FRANCE
1
verte un moment après par quatre Chanoines.
Le Prélat se mit à genoux , à l'entrée ,
sur un Carreau de velours violet ; et après
avoir fait la priete , il fit le serment accoutumé. On le conduisit tout de suite
au Chœur jusqu'à sa Chaire Episcopale ,
et après qu'on eut chanté solemnellement
le Te Deum , il entra dans la Sacristie ,
il prit les plus magnifiques ornemens. Il
celebra la Messe pontificalement , assisté
de quatre Diacres , et de quatre Soudiacres.
où
La Messe étant finie , l'Evêque fut conduit en son Palais par le Chapitre , qu'il
retint à dîner , ainsi que les Barons , et
plusieurs autres personnes de condition
qui s'étoient trouvez à la cérémonie. Le
même jour il reçut les complimens de
tous les Corps de la Ville. Il reçut même
celui du Ministre de la Religion P.R.qui
fut éloquent , respectueux , et fort applaudi.
* La même ceremonie icy décrite , a été renouvellée depuis peu à la prise de possession de M. de
Luynes , actuellement Evêque de Bayeux ; et il en a paru une Relation en forme de Lettre , addressée
par le Chevalier de S. Jory , à Madame la Duchesse
de Chevreuse, imprimée à Caen. Cette Relation oùs
il ne falloit que de la simplicité et de l'exactitude ,
est si pleine d'emphase et de choses déplacées , &e,
qu'on peut dire qu'elle n'a contenté personne.
OCTOBRE. 1732. 2129
Nous rentrâmes de fort bonne heure
dans la Ville , ce qui me donna lieu de retourner à l'Eglise Cathedrale, pour voir la
Bibliotheque et le Chartrier du Chapitre ;
c'est presque la même chose. Quoique cette Bibliotheque , comme la plupart de
celles des autres Chapitres , Abbayes et
Monasteres ait souffert beaucoup de diminution par la vicissitude et par les malheurs des temps , on y trouve encore de
bons Manuscrits , qui regardent non- seu
lement l'Eglise , et le Diocèse de Bayeux,
mais qui pourroient encore beaucoup servir pour 'Histoire generale de la Province , même pour l'Histoire d'Angleterre ;
à cause de la part qu'ont eû quelques Evêques de Bayeux aux affaires d'Etat des
Ducs de Normandie , devenus Rois de la
Grande Bretagne. On tireroit sur tout
beaucoup de lumieres des Ecrits d'Eusebe
l'Angevin , docte Chanoine de Bayeux ;
qui sont dans ce Chartrier.
Ony apprend que l'Evêque deBayeux a
droit de sacrer le Métropolitain , Primat
de Normandie , en qualité de Doyen des
Evêques de la Province,et que cette qualité de Doyen lui fut confirmée dans un
Synode de la mêmeProvince, tenu à Caën
en 1061. en présence du Duc Guillaume ,
à cause de l'ancienneté de son Eglise , anB v te
2130 MERCURE DE FRANCE
.
térieure même à celle de Rouen , et à toutes les autres Eglises de la Normandie. Les Evêques y sont nommez en
cer ordre: Bayeux , Avranches , Evreux
Séez , Lisieux , Coûtances ; ce qui se trouve ainsi établi dans tous les Conciles Provinciaux , jusqu'au différend survenu entre Louis du Moulinet , Evêque de Séez
et Bernardin de S. François , Evêque de
Bayeux.
anco.com-
,
Le premier prétendoit la préséanc
me plus ancien Evêque dans le Concile
Provincial tņu à Rouen en 1581 , où
pré-idoit le Cardinal Chales de Bourbon.
Le second la lui disputoir par la prééminence don Siege , et par l'usage. On jugea par provision en faveur de lEvêque
de Bayeux comme Doyen de la Provin
ce Ecclésiastique. Il est vrai que le Pape
Grégoire X II. consulté sur cetre contestation, ordonna par son Rescrit de la même année 1581. qu'on se regleroit à l'avenir sur l'ancienn té de l'ordination ou
du Sacre des Evêques.
On trouve aussi dans ce même Lieu les
Ecrits historiques de Robert Cénalis ,
Chanoine de Bayeux , puis Evêque d'Avranches , l'un des meilleurs Esprits de
son temps , et dont l'ouvrage sur l'Histoire Topographyque de France est plein
de recherches curieuses. On
OCTOBRE. 1732. 21L
On apprend encore bien des choses.dans
un grand Cartulaire, nommé le Livre noir,
tout rempli de Titres et d'Actes autentiques.
C'est dans ce lieu qu'on est informé surement du mérite distingué, de plusieurs
Personnages illustres du Chapitre de cette
Eglise , entr'autres , de Robert Vaice, ou
de Vace , Chanoine sous Philippe de Harcourt , Auteur du Roman de Rou et des
Normans , écrit en Vers François , vers
l'an 1160. et dédié à Henry II. Roy d'Angleterre, dans lequel on apprend bien des
faits historiques , &c.
,
De Roger du Hommet, Archidiacre de
Bayeux, élu Evêque de Dol en 1160. d'Arnoul , Trésorier de la même Eglise , puis
Evêque de Lisieux , sçavant homme et
Auteur de plusieurs Ouvrages , mort en
1182. et enterré à S. Victor de Paris , où il
s'étoit retiré. De Pierre de Blois , Chanoine , Précepteur , puis Sécretaire de Guillaume.II. Roy de Sicile , ensuite Chancelier de Richard , Archevêque de Cantorbery, grand Homme d'Etat, et qui a beaucoup écrit , mort vers l'année 1200.
D'Etienne , Chanoine de Gavrai , neveu
du Pape Innocent III . qui le fit Cardinal,
mort en 1254.
D'Henry de Vezelai , Archidiacre , l'un
B vj des
2132 MERCURE DE FRANCE
/
des Exécuteurs du Testament de S.Louis,
puis l'un des Regens du Royaume , sous
Philippe le Hardy , enfin Chancelier de
France , mort vers l'année 1280.
De Raoul ou Radulphe de Harcourt ,
Chancelier de l'Eglise de Bayeux , Archidiacre et Chanoine de Rouen, Chantre de
la Cathedrale d'Evreux , Archidiacre de
Coutance , puis premier Aumônier du
Comte de Valois , fils de Philippe le Hardi , Conseiller d'Etat , &c. mort en 1301.
Les Eclaircissemens Historiques , pris
dans cette Bibliotheque et dans les Archives de l'Evêché , que nous visitâmes ensuite, me fourniroient une ample matiere
de parler aussi de plusieurs Evêques de
Bayeux Illustres par la naissance , par la
doctrine ou par la piéré ; mais je dois me
souvenir que j'écris une Lettre et non pas.
une Hi toire. Je me contenterai de faire
icy mention de deux outrois des plus distinguez de ces Prélats.
Ŏdon ou Eudes , surnommé le Grand,
fils de Herluin ou Hellouin , Comte de
Conteville , et d'Arlete,qui fut aimée par Robert , Duc de Normandie , amour qui
donna naissance au fameux Duc Guillaume, fut le trentiéme Evêque de Bayeux ,
en 1055. Il fit bâtir l'Eglise Cathedrale
et peindre dans la voute du Chanr , les
Ενέ
OCTOBRE. 1732. 2133
Evêques de Bayeux , réputez Saints. Il fit
faire aussi le grand Vitrage de la Nef,
peint suivant l'art de ce temps-là, qui s'est
perdu depuis , avec diverses représentations instructives et convenables au Lieu.
Ce Prélat donna , par une Charte , en
108 2. le Prieuré de S. Vigor , dont nous
avons parlé , à Gerenton , Abbé de saint
Benigne de Dijon , qui lui avoit rendu
favorable le Pape Urbain II. et choisit
pour sa sépulture , et pour celle de ses
Successeurs et de son Clergé , l'Eglise de
S. Vigor. Ce qui fut confirmé par une Bulle de l'année 1096.
Le même Evêque a joué un grand rôle
en Angleterre unie à la Normandie sous
un même Prince , dès l'année 1065. Il en
fut le Viceroy ; mais l'Histoire remarque
que son Gouvernement fut dur , et qu'il
usurpa souvent l'autorité souveraine ; ce
qui lui causa bien des disgraces.
Il partit enfin pour la Terre- Sainte avec
le Duc Robert son neveu ; ce voyage lui
fut fatal , car étant arrivé en Sicile, il tomba malade , et mourut à Palerme en l'année 1097. Gilbert , Evêque d'Evreux, prit
soin de ses Obseques , le fit inhumer dans
la Cathedrale , et Roger , Comte de Sicile , honora son Tombeau d'une Epitaphe.
Ce Prélat régit l'Eglise de Bayeux pendant
2134 MERCURE DE FRANCE "
dant so années. Il assista à 7 Conciles ou
Assemblées de la Province.
Philippe de Harcourt , 35 Evêque, est
celui qui après Odon , a fait le plus de
bien à l'Eglise de Bayeux. Il étoit Fils de
Robert , Sire de Hircourt , premier du
nom , et Frere de Guillaume Richard
Chevalier du Temple, qui en l'année 11115050. fonda la Commanderie de S. Etien- .
ne de Renneville , au Diocèse d'Evreux ,
dont j'ai parlé dans ma premiere Lettre ,
et où , comme je l'ai dit, on voit le Tombeau du Fondateur.
*
Ce Prélat fut d'abord Archidiac re d'Evreux; puis étant Evêque , il fonda l'Abbaye du Val- Richer , Ordre de Citeaux
et fit rebâtir en 1159. l'Eglise Cathédrale , où l'on voit son Tombeau, d'un Mar◄
bre grisatre. Sa mort arriva en l'année
1163 .
Pierre de Benais , Doyen , puis 42º Evêque de Bayeux , tint un Concile Diocésain , pour le rétablissement de la Disclpline , dans lequel furent faits 113 Statuts , qui sont insérez dans la Collection
des PP. Labbe et Cossart de l'année 1671.
et fort louez par le Sçavant P. Sirmond
qui les a aussi donnez dans son Recueil
* Cette Lettre est dans le Mercure de Decembre
1726. vol. 1. pag. 2696,
des
4
OCTOBRE. 1732. 2135
'des Conciles de France. Ce Prélat mourut
en 1306. six ans après la publication de ces
Statuts , dont il y a un beau Manuscrit
dans la Biblioteque de S. Victor de Paris.
C'est le même qui fonda le Collège de
Bayeux à Paris , qui subsiste encore dans
la rue de la Harpe.
que
Ason imitation François Servien, Evêde Bayeux , publia long-temps après
des Ordonnances Synodales , qui furent
imprimées en 1656. Et à propos de ce
dernier Prélat, nous apprimes que quand
on voulut l'inhumer en 1659.on ouvrit le
Tombeau de l'Evêque Guy, mort en 1259.
Son Corps fut trouvé entier , mais l'air le
réduisit bientôt en poussiere ; on lui trouva un Anneau d'or , enrichi d'un Saphir ,
qui nous fut montré dans le Trésor de '
l'Eglise Cathédrale.
Jean de Bayenx n'a pas gouverné ce
Diocèse , mais il mérite de tenir un rang
distingué parmi les Hommes Illust es qui
y sont nez. Ce vertueux Prélat fut d'abord Evêque d'Avranches, et ensuite Archevêque de Rollen. Grand amateur de la
Discipline il tint en l'année 1074. un Concile à Rouen , dans lequel on érigea en
Abbaye le Prieuré de S. Victor en Caux ,
à la priere de Roger de Mortemer. C'est
lui qui fit la Dédicace solemnelle de l'Eglise
2136 MERCURE DE FRANCE
glise de S. Etienne de Caën en présence
du Duc Guillaume , qui en est le Fondateur. Ce Prélat composa un Ouvrage estimé : De Divinis Officiis , qui a été imprimé en 1641.
Nous apprîmes encore dans le Chartrier
de l'Evêché , qui peut fournir beaucoup .
de fait, historiques , principalement dans
un Cartulaire , nommé Le Livre Rouge ;
nous apprîmes , dis- je , qu'il y a une ancienne union entre PEglise Cathedrale
d'Auverre et celle de Bayeux , fondée sur
ce qu'on croit qu'Exupere venant d'Italie , passa par la Ville d'Auxerre , et y précha le Christianisme. Cette union fut renouvellée en 1520. par la Députation que
fit le Chapitre d'Auxerre , d'un de ses
Chanoines lequel reçut dans l'Eglise de
Bayeux les mêmes honneurs et jouit des
mêmes droits qui sont dûs aux Chanoines
de cette Eglise.
François Armand de Lorraine , fils de
Louis de Lorraine, Comte d'Armagnac &c.
Grand Ecuyer de France , et de Catherine de Neufville- Villeroy , est aujourd'hui Evêque de Bayeux depuis l'année
714. Il a succedé à François de Nesmond, Prélat d'un mérite accompli.
Je ne vous dirai rien , Monsieur, de la
Ville de Bayeux , qui n'est pas considé
rable
OCTOBRE. 1732. 2137
1
rable , quoique la Capitale du Païs Bessin,
à une lieue et demie de la Mer , ce qui
peut lui donner de grandes commoditez.
On y compte plus de quinze Paroisses ,
cependant elle est assez mal peuplée.Cette Ville a été long- temps au pouvoir des
Anglois ; mais le fameux Comte de Dunoit l'ayant assiégée pour le Roy Charles VII. il la prit par Capitulation , suivant laquelle tous les Anglois en sortirent
desarmez , et un bâton à la main. Ce qui arriva en 1450.
Comme nous étions sur le point de monter à Cheval , pour voir l'Abbaye de Cérisi , et retourner à Caën, je vis arriver un
Exprès qu'on m'envoyoit de Torigny, lequel ne m'ayant point trouvé dans cette Ville , crut devoir faire le voyage de
Bayeux, pour me rendre une Lettre, par la
quelle j'étois invité le plus gracieusement du monde , à me rendre dans ce beau
séjour , sous peine de ne revoir de longtemps mes compagnons de voyage, et d'ê
tre privé des plaisirs de plus d'une espece.'
On ajoutoit que je trouverois - là de l'Antique et du Moderne , pour contenter ma
curiosité et pour grossir mes Memoires.
Il ne fallut qu'un moment pour me déterminer; mais comme il étoit déja un peu
tard, je pris le parti de coucher à Bayeux
et
2138 MERCURE DE FRANCE
#
et d'aller à Torigny , par l'Abbaye de
Cérisy , sans repasser par Caën. Je passai
le reste du jour à revoir mon Memoire sur
Bayeux , et je le lus à deux ou trois personnes intelligentes et instruites , qui y
trouverent de l'exactitude ; à un parent ,
sur tout defeu M. Petite ,Chanoine et Of
ficial de Bayeux , qui lui a laissé quantité de Memoires d'un travail immense
sur l'Histoire Ecclesiastique et Civile de
Bayeux , qu'il avoit dessein de publier, et
qui manque à ce grand Diocèse.
*
Ce Chanoine étoit aussi fort curieux de
Médailles Antiques et Modernes , dont
il avoit amassé un très- grand nombre; les
Antiques furent acquises après sa mort ,
par M. Foucault ; et une partie des Modernes sont encore au pouvoir de ce proche Parent , qui voulut bien me les com-
* On peut dire que cette Histoire manque au Diocèse de Bayeux. Celle qui a été écrite par M. Her- mant, Curé de Maltot , et imprimée à Caën en
1705. ne peut gueres passer que pour une ébauche;
outre que des trois Parties, dont elle devoit être composée , l'Autheur n'en a encore publié que la premiere, qui est peu exacte du côté de la Chronologie ,
at qui ne donne pas une grande idée de sa Criti
que, &c. J'apprens que Dom Toussaints du Plessis
qui a écrit avec succès l'Histoire du Diocèse de
Meaux, et qui compose actuellement celle de l'Archevêché de Rouen, a pris des engagemens pour écrive aussi l'Histoire du Diocèse de Bayeux.
niquer
THE NEW YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR, LENOX AND TILDEN
FOUNDATION8
.
VALENTINORVA DVX
DIANA
CLARISSIMA
AE
I
WAINWO
REM VICI
OCTOBRE. 1732 2139
muniquer aussi obligemment que les Manuscrits. Il fit plus , il me donna celle de
Diane de Poitiers, Duchesse deValentinois,
celebre dans notre Histoire , qui ne m'étoit point encore tombée entre les mains :
vous en trouverez ici un Dessein qui sarisfera , sans doute , votre curiosité ; il est
de la grandeur de l'Original . On y voit
d'un côté le Buste de cette Dame coëffée
et habillée suivant l'usage de son tems
avec cette Inscription : DIANA DUX VALENTINORUM CLARISSIMA , et de l'autre la
figure de Diane en pied avec son équipade Chasse ,foulant fierement l'Amour,
qui est terrassé à ses pieds, et ces mots auge
tour : OMNIUM VICTOREM VICI. Vous sentez , sans doute , l'allusion et la justesse
de ce symbole , pour le moins aussi flateur pour la Dame que pour le Grand et
Victorieux Monarque dont elle avoit fait
la conquête , il n'est pas nécessaire de
vous en dire davantage , ni de vous avertir que ma premiere Lettre vous rendra
un compte fidele de mon Voyage
par M. D. L. R.
*
IX. LETTRE,
Lséjournerà Caen , énoncées dans mes Es raisons que j'avois , Monsieur , de
dernieres Lettres , subsistoient toujours:
elles m'engagerent de profiter de cette
occasion pour aller voir la Ville de
Bayeux , et l'Abbaye de Cerisy , l'une
des plus considérables de ce Diocèse. Le
même Docteur en Médecinè , homme
comme je vous ai dit , d'érudition , et
d'un agréable commerce ,
voulut encore
m'accompagner dans cette course. Nous
partîmes de Caën d'assez bon matin , et
comme Bayeux n'en est éloigné que de
six licuës , nous y arrivâmes avant l'heu-
* Ces Lettres sont dans le Mercure de Juin 1730.
vol.11 . et dans le Mercure d'Avril 1732.
re
2118 MERCURE DE FRANCE
re de dîner. Nous allâmes d'abord à la
Cathedrale , où après avoir entendu laMesse , nous fumes abordez fort gracieusement par M. l'Abbé de... Chanoine de
la connoissance du Médecin , qui nous
fit voir tout ce qu'il y a de remarquable
dans cette Eglise dédiée à la Vierge , et
nous instruisit de tout ce que des Voyageurs de notre espéce étoient bien aises
de ne pas ignorer. Le Bâtiment est un
Vaisseau assez spacieux , d'une Architecture gothique , mais bien éxécutée L'Autel principal , placé au fond du Chœur ,
est d'une simplicité noble et édifiante.
Le Chœur est seulement orné d'une Tapisserie qui représente la vie de la sainte
Vierge , à qui l'Eglise est dédiée , et les
Mysteres quiy ont du rapport. Leon Conseil , Chancelier de cette Eglise , en fit
faire les desseins, qui furent assez bien éxécutez , et lui en fit présent.
Une autre Tapisserie d'une fabrique
bien différente , régne autour de la Nef.
Elle n'a pas plus de deux pieds et demi
de hauteur ; c'est cependant un ornement instructif et des plus curieux qu'on
puisse trouver en ce genre. On y trouve
toute l'Histoire du fameux Guillaume II.
Duc de Normandie , par rapport à sa
Conquête du Royaume d'Angleterre , et
on
OCTOBRE. 1732. 2119
on peut dire que pour le tems auquel cet
ouvrage a été fait , il n'y a presque rien
à désirer pour les Figures , qu'un peu
plus de correction de dessein. Tous les
fonds restent à remplir , ce qui fait présumer que le projet étoit de faire ces
fonds en or ou en argent mais il ne
manque rien aux personnages , et aux Figures , qui composent ensemble un Monument respectable et instructif. Tout le
monde veut que la Princesse Mathilde
fille de Baudouin , Comte de Flandres Niéce du Roi Robert et de la Reine
Constance , Epouse du Duc Guillaume
fit faire cette Tapisserie pour immortaliser ses Exploits. Apparemment
cette Princesse ne vêcut pas assez pour faire achever entierement l'ouvrage. M. Foucault , qui en connoissoit le mérite , en
avoit fait dessiner quelques morceaux
qu'on a vûs à Paris dans sa Bibliotheque.
Depuis mon Voyage de Normandie , et après
la mort de M. Foucault , ce qu'il en avoit fait copier est heureusement tombé entre les mains de
M. Lancelot , qui a composé là- dessus un très-beau .
Discours qu'il a lû à l'Académie , dont il en est un
très-digne Membre ; et le R. P. de Montfaucon a
fait graver le même Monument dont il donne aussi l'explication dans les premiers Volumes de ses
Monumens de la Monarchie.
Nous
2120 MERCURE DE FRANCE
2 que
Nous passâmes dans la Sacristie , où
nous vîmes le Trésor , et beaucoup de riches Ornemens : nous y vîmes le petit
Coffre d'yvoire , de fabrique Moresque
qui renferme la Chasuble de S. Renobert,
second Evêque de Bayeux , fermé d'une
espéce de serrure d'argent , sur laquelle
est gravée une Inscription Arabe. J'ai
parlé,comme vous le sçavez , de ce Coffre
et de l'Inscription avant de les
avoir vûs , dans une de mes Lettres écrite à M. Rigord , qui est imprimée dans
les Mémoires de Trévoux du mois d'Octobre 1714. vous sçavez , dis je ,
sieur , par cette Lettre , que l'Inscription
éxactement copiée et apportée à M. Petist
de la Croix , Interpréte du Roi , chez qui
j'étois alors , se trouva être une Sentence
Mahometane , dont le sens est tel. Au
NOM DE DIEU. Quelque honneur que nousrendions à Dieu , nous ne pouvons pas l'honorer autant qu'il le mérite ; mais nous l'honoronspar son Saint Nom.
MonJe dis à cette occasion dans ma Lettre
que tout se peut concilier par le moyen
de l'Histoire et de la raison , mais que je
n'entreprenois pas de démêler comment ,
par qui , et en quel tems , deux choses
aussi opposées , que le sont la Relique
de S. Kenobert et le Coffret à Inscription
OCTOBRE.
1732 2121 tion Mahometane , ont pû se rencontrer
ensemble dans le lieu où elles sont aujourd'hui. Le R. P. Tournemine , qui dirigeoit alors le Journal de Trévoux , proposa là - dessus une conjecture qui paroît
plausible , et qu'il fit imprimer à la fin de
ma Lettre dans le même Journal.
» On sçait , dit- il , que Charles Martel
»
vainquit les Sarrazins proche de Tours ,
leur Camp fut pillé , la Cassete marquée de l'Inscription Arabe aura été
» prise en cette occasion , et la Reine
»
Ermantrude, Epouse de Charles le Chauve , à qui cette Cassete venoit de la suċcession de son Trisayeul, l'ayant euë de
» son mari , la consacra à
renfermer les
»Reliques de S. Renobert , qui avoit guéri le Roi son époux. Cette guérison et
la magnifique reconnoissance d'Ermantrude , sont marquées dans les Historiens. Cette Cassete étoit apparemment
» celle du Prince Sarrazin Abdarrha-
> man.
Quoiqu'il en soit , deux Auteurs nouveaux , sçavoir Dom Beaunier , Benedictin , et M. Piganiol de la Force , ont profité de ce que j'avois appris au public làdessus dès l'année 1714. l'un dans son
Recueil Historique, & c. des Archevêchez e
Evêchez de France , &c. Tom. II. p. 714.
B publié
2122 MERCURE DE FRANCE
publié en 1726. et l'autre dans son nou
veau Voyage de France , pag. 582. qui a
paru presque en même tems. Ils onttrouvé à propos l'un et l'autre de s'en faire
honneur , et de ne pas déclarer où ils ont
pris cette découverte , ce qui n'arrive ja- mais aux véritables Sçavans.
Le Chapitre de 1Eglise de Bayeux est
un des plus considérables qu'il y ait en
France il est composé de douze Digni
tez , dont la premiere est celle de Doyen,
et de cinquante Chanoines. Cette Eglise
reconnoît pour son premier Evêque saint
Exupere , vers la fin du deuxième, * siecle : pour second , S. Renobert , auquel
plusieurs autres saints Evêques ont suc- cedé. Elle a eu aussi des Cardinaux et des
Prélats très- distinguez par leur naissance ,
par leur doctrine et par leur pieté.. Les
Cardinaux sont Renaud , ou René de
Prie , Augustin Trivulce , Arnaud Dossat , Charles d'Humieres.
Au sortir de l'Eglise nous allâmes voir
le Subdelegué de M. l'Intendant , qui
*C'est la Chronologie d'un Historien Moderne
laquelle est rejettée par les meilleurs Critiques.
5. Renobert , second Evêque de Bayeux , assista
en 1630. à un Concile de Rheims , et par conséquent, &c.
nous
OCTOBRE. 1732.
nous retint à dîner, et nous engagea,
2723 puisque nous devions coucher à Bayeux , d'aller l'après dîner nous promener à S. Vigor , qui n'en est éloigné que d'un bon
quart de lieuë. Le Chanoine dont j'ai
parlé se joignit à nous , et j'appris encore bien des choses dans cette promenade.
S. Vigor ,
surnommé le Grand , pour
le distinguer de plusieurs Paroisses de même nom, dans le même pays , est un Prieuré de Benedictins de la Congrégation de
S. Maur ; le lieu est fort élevé , ensorte
qu'il y a beaucoup à monter pour y arriver ; mais il est très-agréable , et on découvre de- là une grande étendue de
Il est en même tems fort renommépays par.'
la dévotion des Peuples envers le Saint
de ce nom , qui a été l'un des premiers
Evêques de Bayeux , et par la cérémonie
qui s'y fait à chaque changement d'Evêque , lorsque le Prélat fait pour la premiere fois son Entrée publique dans la
Ville , et prend possession de son Eglise.
a
On ne voit rien à S. Vigor qui mérite
une attention singuliere.
L'Eglise du
Prieuré paroît bâtie sur une autre plus ancienne et ce qu'il y de nouveau
n'est pas achevé. Celle de la Paroisse est
très- moderne et fort propre. Les BeneBij dic
,
2124 MERCURE DE FRANCE
dictins de S. Maur , qui sont là en assez
petit nombre , ont bien réparé le Monastere , et ils édifient par leur éxacte régularité. Nous fûmes très-contens de leur
réception. Je trouvai dans leur petite
Bibliotheque , où sont aussi quelques titres , et les papiers de la Maison , une
Copie du Procès Verbal de la cérémonie
dont je viens de parler , telle qu'elle se
passa , lorsque François de Nesmond fit
sa premiere entrée dans la Ville de Bayeux.
Un Religieux âgé de près de 9o . ans , qui
ayoit assisté à cette cérémonie , me don-"
na l'Extrait qu'il avoit fait de ce Procès
Verbal , qui me parut curieux , et sur le
quel j'ai fait le petit narré que vous ne serez pas fâché de trouver ici.
M. l'Evêque ayant fixé le jour de son
Entrée solemnelle dans la Ville de Bayeux
au 15 Mai 1662. Il se rendit , selon la
coûtume, le matin du jour précédent à la
Chapelle de Notre Dame de la Délivrande. M. Buhot de Cartigny , Docteur de
Sorbonne , Directeur de cette Chapelle
le reçût à la Porte , revêtu d'une Chape
assisté des Prêtres qui la desservent , et le
harangua, L'Evêque étant entré , et s'étant mis à genoux sur un Prie- Dieu , le
même Chanoine lui présenta la Croix à
baiser. Après avoir fait sa priere , il célébra
OCTOBRE. 1732. 2125
6
bra la Messe , il se rendit ensuite à saing
Vigor,monté sur une Haquenéé blanche
pour y passer le reste du jour , et coucher
dans le Monastere.
Le Prélat fut conduit-une partie du chemin les Vassaux et les Habitans sous par
les armes de la Baronie de Douvres. Il
rencontra à deux ou trois lieues de Saint
Vigor les Députez du Chapitre deBayeux,
quatre Dignitez , et quatre Chanoines
qui le complimenterent. La Noblesse
vint aussi en grand nombre le saluer , le
Marquis de Colombieres , quoique de la
Religion P. R. portant la parole , ce
Marquis et les principaux de la Noblesse
l'accompagnerent jusqu'au Prieuré.
M. de Choisy , Seigneur du Fief de
Beaumont , qui releve de l'Evêché , se
trouva à la descente , et tint l'étrier , suivant l'obligation de son Fief ; le Prélat
étant descendu , le Gentilhomme se saisit
de la Haquenée , qu'il envoya , montée
par un autre Gentilhomme,à son Ecurie ,
selon le droit du même Fief.
L'Evêque se mit tout de suite sous un
Dais porté par quatre Religieux ; et prenant le chemin de l'Eglise , il fût reçû à
l'entrée du Cimetiere de la Paroisse par
le Prieur des Benedictins . Quand il fût arrivé à l'Eglise du Prieuré , on chanta le
B iij Te
2126 MERCURE DE FRANCE
1
Te Deum , et ensuite il fut conduit à sor
Appartement parles principaux de la Ng
blesse , &c. A l'heure du souper on lu
servit en maigre un Repas fort frugal
suivant le Cérémonial.
Le lendemain de grand matin , tout I
Clergé Séculier et Régulier de la Vill
s'étant assemblé au son des grosses Clo
ches dans l'Eglise Cathedrale , il se form
une Procession , dont le Corps du Cha
pitre faisoit la queue , laquelle se rendi
au Prieuré de S. Vigor. Le Doyen et le
principaux du Chapitre monterent à
l'appartement du Prélat , qu'ils trouve.
rent en prieres. Après de profondes révé rences , le Doyen le conduisit dans un
Chapelle de l'Eglise , où le Sacristain lu
ôta ses souliers et ses bas , et lui mit ur
espéce de sandales fort minces. On le r
vêtit en même-tems d'une Chappe blan
che , et on lui mit une Mitre toute sir
ple. Il alla ainsi se placer dans une ancie
ne Chaire de marbre, couverte d'un Dai
qui est près le grand Autel , où M.
Franqueville de Longaulnay le harai. ;
en présence du Clergé. L'Evêque se le
immédiatement après , et partit de S. Y
gor pour se rendre à Bayeux en
ordre.
Il étoit placé entre Mrs de Chois Bai
OCTOBRE. 1732. 2127
le Baron deBeaumont, et le Baron de Bosqbrunville , représentant le Seigneur d'E
trehan , soutenant l'un et l'autre les bouts
de sa Chappe , dont deux Aumoniers portoient la queue. Derriere étoit un Gentilhomme armé de toutes piéces à l'antique,'
portant une Hallebarde sur l'épaule , seÎon le devoir de son Fief, et un autre
Vassal marchoit immédiatement devant
le Prélat , semant de la paille depuis saint
Vigor jusqu'à la Porte de l'Eglise de
S. Sauveur de Bayeux. Les Compagnies
Bourgeoises qui étoient sous les armes ,
formerent cependant une double haye
depuis le Monastere des Capucins jusqu'à
l'Eglise Cathedrale.
L'Evêque entra , suivant la coûtume ,
dans l'Eglise de S. Sauveur , on lui lava
les mains et les pieds. Le Bassin et l'Aiguiere d'argent appartiennent au Curé
de cette Eglise ; mais le Curé étant alors
en * Déport , ils furent donnez au Chapitre. Après avoir pris des Habits pontificaux , plus riches que les précedens , il
$ rendit à la Porte de l'Eglise Cathedra
qu'il trouva fermée , et qui fût ou-
* Déport est le nom qu'on donne au droit qu'ont
les Evêques de Normandie , de joüir des revenus des
Cures de leurs Diocèses la premiere année de la vacance de chacun de ces Benefices.
B iiij verte
2128 MERCURE DE FRANCE
1
verte un moment après par quatre Chanoines.
Le Prélat se mit à genoux , à l'entrée ,
sur un Carreau de velours violet ; et après
avoir fait la priete , il fit le serment accoutumé. On le conduisit tout de suite
au Chœur jusqu'à sa Chaire Episcopale ,
et après qu'on eut chanté solemnellement
le Te Deum , il entra dans la Sacristie ,
il prit les plus magnifiques ornemens. Il
celebra la Messe pontificalement , assisté
de quatre Diacres , et de quatre Soudiacres.
où
La Messe étant finie , l'Evêque fut conduit en son Palais par le Chapitre , qu'il
retint à dîner , ainsi que les Barons , et
plusieurs autres personnes de condition
qui s'étoient trouvez à la cérémonie. Le
même jour il reçut les complimens de
tous les Corps de la Ville. Il reçut même
celui du Ministre de la Religion P.R.qui
fut éloquent , respectueux , et fort applaudi.
* La même ceremonie icy décrite , a été renouvellée depuis peu à la prise de possession de M. de
Luynes , actuellement Evêque de Bayeux ; et il en a paru une Relation en forme de Lettre , addressée
par le Chevalier de S. Jory , à Madame la Duchesse
de Chevreuse, imprimée à Caen. Cette Relation oùs
il ne falloit que de la simplicité et de l'exactitude ,
est si pleine d'emphase et de choses déplacées , &e,
qu'on peut dire qu'elle n'a contenté personne.
OCTOBRE. 1732. 2129
Nous rentrâmes de fort bonne heure
dans la Ville , ce qui me donna lieu de retourner à l'Eglise Cathedrale, pour voir la
Bibliotheque et le Chartrier du Chapitre ;
c'est presque la même chose. Quoique cette Bibliotheque , comme la plupart de
celles des autres Chapitres , Abbayes et
Monasteres ait souffert beaucoup de diminution par la vicissitude et par les malheurs des temps , on y trouve encore de
bons Manuscrits , qui regardent non- seu
lement l'Eglise , et le Diocèse de Bayeux,
mais qui pourroient encore beaucoup servir pour 'Histoire generale de la Province , même pour l'Histoire d'Angleterre ;
à cause de la part qu'ont eû quelques Evêques de Bayeux aux affaires d'Etat des
Ducs de Normandie , devenus Rois de la
Grande Bretagne. On tireroit sur tout
beaucoup de lumieres des Ecrits d'Eusebe
l'Angevin , docte Chanoine de Bayeux ;
qui sont dans ce Chartrier.
Ony apprend que l'Evêque deBayeux a
droit de sacrer le Métropolitain , Primat
de Normandie , en qualité de Doyen des
Evêques de la Province,et que cette qualité de Doyen lui fut confirmée dans un
Synode de la mêmeProvince, tenu à Caën
en 1061. en présence du Duc Guillaume ,
à cause de l'ancienneté de son Eglise , anB v te
2130 MERCURE DE FRANCE
.
térieure même à celle de Rouen , et à toutes les autres Eglises de la Normandie. Les Evêques y sont nommez en
cer ordre: Bayeux , Avranches , Evreux
Séez , Lisieux , Coûtances ; ce qui se trouve ainsi établi dans tous les Conciles Provinciaux , jusqu'au différend survenu entre Louis du Moulinet , Evêque de Séez
et Bernardin de S. François , Evêque de
Bayeux.
anco.com-
,
Le premier prétendoit la préséanc
me plus ancien Evêque dans le Concile
Provincial tņu à Rouen en 1581 , où
pré-idoit le Cardinal Chales de Bourbon.
Le second la lui disputoir par la prééminence don Siege , et par l'usage. On jugea par provision en faveur de lEvêque
de Bayeux comme Doyen de la Provin
ce Ecclésiastique. Il est vrai que le Pape
Grégoire X II. consulté sur cetre contestation, ordonna par son Rescrit de la même année 1581. qu'on se regleroit à l'avenir sur l'ancienn té de l'ordination ou
du Sacre des Evêques.
On trouve aussi dans ce même Lieu les
Ecrits historiques de Robert Cénalis ,
Chanoine de Bayeux , puis Evêque d'Avranches , l'un des meilleurs Esprits de
son temps , et dont l'ouvrage sur l'Histoire Topographyque de France est plein
de recherches curieuses. On
OCTOBRE. 1732. 21L
On apprend encore bien des choses.dans
un grand Cartulaire, nommé le Livre noir,
tout rempli de Titres et d'Actes autentiques.
C'est dans ce lieu qu'on est informé surement du mérite distingué, de plusieurs
Personnages illustres du Chapitre de cette
Eglise , entr'autres , de Robert Vaice, ou
de Vace , Chanoine sous Philippe de Harcourt , Auteur du Roman de Rou et des
Normans , écrit en Vers François , vers
l'an 1160. et dédié à Henry II. Roy d'Angleterre, dans lequel on apprend bien des
faits historiques , &c.
,
De Roger du Hommet, Archidiacre de
Bayeux, élu Evêque de Dol en 1160. d'Arnoul , Trésorier de la même Eglise , puis
Evêque de Lisieux , sçavant homme et
Auteur de plusieurs Ouvrages , mort en
1182. et enterré à S. Victor de Paris , où il
s'étoit retiré. De Pierre de Blois , Chanoine , Précepteur , puis Sécretaire de Guillaume.II. Roy de Sicile , ensuite Chancelier de Richard , Archevêque de Cantorbery, grand Homme d'Etat, et qui a beaucoup écrit , mort vers l'année 1200.
D'Etienne , Chanoine de Gavrai , neveu
du Pape Innocent III . qui le fit Cardinal,
mort en 1254.
D'Henry de Vezelai , Archidiacre , l'un
B vj des
2132 MERCURE DE FRANCE
/
des Exécuteurs du Testament de S.Louis,
puis l'un des Regens du Royaume , sous
Philippe le Hardy , enfin Chancelier de
France , mort vers l'année 1280.
De Raoul ou Radulphe de Harcourt ,
Chancelier de l'Eglise de Bayeux , Archidiacre et Chanoine de Rouen, Chantre de
la Cathedrale d'Evreux , Archidiacre de
Coutance , puis premier Aumônier du
Comte de Valois , fils de Philippe le Hardi , Conseiller d'Etat , &c. mort en 1301.
Les Eclaircissemens Historiques , pris
dans cette Bibliotheque et dans les Archives de l'Evêché , que nous visitâmes ensuite, me fourniroient une ample matiere
de parler aussi de plusieurs Evêques de
Bayeux Illustres par la naissance , par la
doctrine ou par la piéré ; mais je dois me
souvenir que j'écris une Lettre et non pas.
une Hi toire. Je me contenterai de faire
icy mention de deux outrois des plus distinguez de ces Prélats.
Ŏdon ou Eudes , surnommé le Grand,
fils de Herluin ou Hellouin , Comte de
Conteville , et d'Arlete,qui fut aimée par Robert , Duc de Normandie , amour qui
donna naissance au fameux Duc Guillaume, fut le trentiéme Evêque de Bayeux ,
en 1055. Il fit bâtir l'Eglise Cathedrale
et peindre dans la voute du Chanr , les
Ενέ
OCTOBRE. 1732. 2133
Evêques de Bayeux , réputez Saints. Il fit
faire aussi le grand Vitrage de la Nef,
peint suivant l'art de ce temps-là, qui s'est
perdu depuis , avec diverses représentations instructives et convenables au Lieu.
Ce Prélat donna , par une Charte , en
108 2. le Prieuré de S. Vigor , dont nous
avons parlé , à Gerenton , Abbé de saint
Benigne de Dijon , qui lui avoit rendu
favorable le Pape Urbain II. et choisit
pour sa sépulture , et pour celle de ses
Successeurs et de son Clergé , l'Eglise de
S. Vigor. Ce qui fut confirmé par une Bulle de l'année 1096.
Le même Evêque a joué un grand rôle
en Angleterre unie à la Normandie sous
un même Prince , dès l'année 1065. Il en
fut le Viceroy ; mais l'Histoire remarque
que son Gouvernement fut dur , et qu'il
usurpa souvent l'autorité souveraine ; ce
qui lui causa bien des disgraces.
Il partit enfin pour la Terre- Sainte avec
le Duc Robert son neveu ; ce voyage lui
fut fatal , car étant arrivé en Sicile, il tomba malade , et mourut à Palerme en l'année 1097. Gilbert , Evêque d'Evreux, prit
soin de ses Obseques , le fit inhumer dans
la Cathedrale , et Roger , Comte de Sicile , honora son Tombeau d'une Epitaphe.
Ce Prélat régit l'Eglise de Bayeux pendant
2134 MERCURE DE FRANCE "
dant so années. Il assista à 7 Conciles ou
Assemblées de la Province.
Philippe de Harcourt , 35 Evêque, est
celui qui après Odon , a fait le plus de
bien à l'Eglise de Bayeux. Il étoit Fils de
Robert , Sire de Hircourt , premier du
nom , et Frere de Guillaume Richard
Chevalier du Temple, qui en l'année 11115050. fonda la Commanderie de S. Etien- .
ne de Renneville , au Diocèse d'Evreux ,
dont j'ai parlé dans ma premiere Lettre ,
et où , comme je l'ai dit, on voit le Tombeau du Fondateur.
*
Ce Prélat fut d'abord Archidiac re d'Evreux; puis étant Evêque , il fonda l'Abbaye du Val- Richer , Ordre de Citeaux
et fit rebâtir en 1159. l'Eglise Cathédrale , où l'on voit son Tombeau, d'un Mar◄
bre grisatre. Sa mort arriva en l'année
1163 .
Pierre de Benais , Doyen , puis 42º Evêque de Bayeux , tint un Concile Diocésain , pour le rétablissement de la Disclpline , dans lequel furent faits 113 Statuts , qui sont insérez dans la Collection
des PP. Labbe et Cossart de l'année 1671.
et fort louez par le Sçavant P. Sirmond
qui les a aussi donnez dans son Recueil
* Cette Lettre est dans le Mercure de Decembre
1726. vol. 1. pag. 2696,
des
4
OCTOBRE. 1732. 2135
'des Conciles de France. Ce Prélat mourut
en 1306. six ans après la publication de ces
Statuts , dont il y a un beau Manuscrit
dans la Biblioteque de S. Victor de Paris.
C'est le même qui fonda le Collège de
Bayeux à Paris , qui subsiste encore dans
la rue de la Harpe.
que
Ason imitation François Servien, Evêde Bayeux , publia long-temps après
des Ordonnances Synodales , qui furent
imprimées en 1656. Et à propos de ce
dernier Prélat, nous apprimes que quand
on voulut l'inhumer en 1659.on ouvrit le
Tombeau de l'Evêque Guy, mort en 1259.
Son Corps fut trouvé entier , mais l'air le
réduisit bientôt en poussiere ; on lui trouva un Anneau d'or , enrichi d'un Saphir ,
qui nous fut montré dans le Trésor de '
l'Eglise Cathédrale.
Jean de Bayenx n'a pas gouverné ce
Diocèse , mais il mérite de tenir un rang
distingué parmi les Hommes Illust es qui
y sont nez. Ce vertueux Prélat fut d'abord Evêque d'Avranches, et ensuite Archevêque de Rollen. Grand amateur de la
Discipline il tint en l'année 1074. un Concile à Rouen , dans lequel on érigea en
Abbaye le Prieuré de S. Victor en Caux ,
à la priere de Roger de Mortemer. C'est
lui qui fit la Dédicace solemnelle de l'Eglise
2136 MERCURE DE FRANCE
glise de S. Etienne de Caën en présence
du Duc Guillaume , qui en est le Fondateur. Ce Prélat composa un Ouvrage estimé : De Divinis Officiis , qui a été imprimé en 1641.
Nous apprîmes encore dans le Chartrier
de l'Evêché , qui peut fournir beaucoup .
de fait, historiques , principalement dans
un Cartulaire , nommé Le Livre Rouge ;
nous apprîmes , dis- je , qu'il y a une ancienne union entre PEglise Cathedrale
d'Auverre et celle de Bayeux , fondée sur
ce qu'on croit qu'Exupere venant d'Italie , passa par la Ville d'Auxerre , et y précha le Christianisme. Cette union fut renouvellée en 1520. par la Députation que
fit le Chapitre d'Auxerre , d'un de ses
Chanoines lequel reçut dans l'Eglise de
Bayeux les mêmes honneurs et jouit des
mêmes droits qui sont dûs aux Chanoines
de cette Eglise.
François Armand de Lorraine , fils de
Louis de Lorraine, Comte d'Armagnac &c.
Grand Ecuyer de France , et de Catherine de Neufville- Villeroy , est aujourd'hui Evêque de Bayeux depuis l'année
714. Il a succedé à François de Nesmond, Prélat d'un mérite accompli.
Je ne vous dirai rien , Monsieur, de la
Ville de Bayeux , qui n'est pas considé
rable
OCTOBRE. 1732. 2137
1
rable , quoique la Capitale du Païs Bessin,
à une lieue et demie de la Mer , ce qui
peut lui donner de grandes commoditez.
On y compte plus de quinze Paroisses ,
cependant elle est assez mal peuplée.Cette Ville a été long- temps au pouvoir des
Anglois ; mais le fameux Comte de Dunoit l'ayant assiégée pour le Roy Charles VII. il la prit par Capitulation , suivant laquelle tous les Anglois en sortirent
desarmez , et un bâton à la main. Ce qui arriva en 1450.
Comme nous étions sur le point de monter à Cheval , pour voir l'Abbaye de Cérisi , et retourner à Caën, je vis arriver un
Exprès qu'on m'envoyoit de Torigny, lequel ne m'ayant point trouvé dans cette Ville , crut devoir faire le voyage de
Bayeux, pour me rendre une Lettre, par la
quelle j'étois invité le plus gracieusement du monde , à me rendre dans ce beau
séjour , sous peine de ne revoir de longtemps mes compagnons de voyage, et d'ê
tre privé des plaisirs de plus d'une espece.'
On ajoutoit que je trouverois - là de l'Antique et du Moderne , pour contenter ma
curiosité et pour grossir mes Memoires.
Il ne fallut qu'un moment pour me déterminer; mais comme il étoit déja un peu
tard, je pris le parti de coucher à Bayeux
et
2138 MERCURE DE FRANCE
#
et d'aller à Torigny , par l'Abbaye de
Cérisy , sans repasser par Caën. Je passai
le reste du jour à revoir mon Memoire sur
Bayeux , et je le lus à deux ou trois personnes intelligentes et instruites , qui y
trouverent de l'exactitude ; à un parent ,
sur tout defeu M. Petite ,Chanoine et Of
ficial de Bayeux , qui lui a laissé quantité de Memoires d'un travail immense
sur l'Histoire Ecclesiastique et Civile de
Bayeux , qu'il avoit dessein de publier, et
qui manque à ce grand Diocèse.
*
Ce Chanoine étoit aussi fort curieux de
Médailles Antiques et Modernes , dont
il avoit amassé un très- grand nombre; les
Antiques furent acquises après sa mort ,
par M. Foucault ; et une partie des Modernes sont encore au pouvoir de ce proche Parent , qui voulut bien me les com-
* On peut dire que cette Histoire manque au Diocèse de Bayeux. Celle qui a été écrite par M. Her- mant, Curé de Maltot , et imprimée à Caën en
1705. ne peut gueres passer que pour une ébauche;
outre que des trois Parties, dont elle devoit être composée , l'Autheur n'en a encore publié que la premiere, qui est peu exacte du côté de la Chronologie ,
at qui ne donne pas une grande idée de sa Criti
que, &c. J'apprens que Dom Toussaints du Plessis
qui a écrit avec succès l'Histoire du Diocèse de
Meaux, et qui compose actuellement celle de l'Archevêché de Rouen, a pris des engagemens pour écrive aussi l'Histoire du Diocèse de Bayeux.
niquer
THE NEW YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR, LENOX AND TILDEN
FOUNDATION8
.
VALENTINORVA DVX
DIANA
CLARISSIMA
AE
I
WAINWO
REM VICI
OCTOBRE. 1732 2139
muniquer aussi obligemment que les Manuscrits. Il fit plus , il me donna celle de
Diane de Poitiers, Duchesse deValentinois,
celebre dans notre Histoire , qui ne m'étoit point encore tombée entre les mains :
vous en trouverez ici un Dessein qui sarisfera , sans doute , votre curiosité ; il est
de la grandeur de l'Original . On y voit
d'un côté le Buste de cette Dame coëffée
et habillée suivant l'usage de son tems
avec cette Inscription : DIANA DUX VALENTINORUM CLARISSIMA , et de l'autre la
figure de Diane en pied avec son équipade Chasse ,foulant fierement l'Amour,
qui est terrassé à ses pieds, et ces mots auge
tour : OMNIUM VICTOREM VICI. Vous sentez , sans doute , l'allusion et la justesse
de ce symbole , pour le moins aussi flateur pour la Dame que pour le Grand et
Victorieux Monarque dont elle avoit fait
la conquête , il n'est pas nécessaire de
vous en dire davantage , ni de vous avertir que ma premiere Lettre vous rendra
un compte fidele de mon Voyage
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Résumé : SUITE du Voyage de Basse-Normandie, par M. D. L. R. IX. LETTRE,
L'auteur décrit son séjour à Caen et sa visite de Bayeux en compagnie d'un médecin érudit. Ils se rendent à la cathédrale de Bayeux, dédiée à la Vierge, où ils sont accueillis par un chanoine. La cathédrale présente une architecture gothique avec un autel principal sobre et édifiant. Elle abrite des tapisseries remarquables, dont une représentant la vie de la Vierge et une autre illustrant la conquête de l'Angleterre par Guillaume II, attribuée à la princesse Mathilde. Cette tapisserie est incomplète mais riche en détails historiques. Après la visite de la cathédrale, ils se rendent à la sacristie pour voir le trésor et divers ornements, notamment un coffret en ivoire contenant la chasuble de Saint Renobert, le second évêque de Bayeux. Ce coffret porte une inscription arabe interprétée comme une sentence mahométane. L'auteur mentionne des conjectures sur l'origine de ce coffret, notamment une victoire de Charles Martel sur les Sarrazins. Le chapitre de l'église de Bayeux est l'un des plus importants de France, composé de douze dignités et cinquante chanoines. L'église reconnaît saint Exupère comme premier évêque et saint Renobert comme second. Plusieurs cardinaux et prélats distingués ont marqué l'histoire de cette église. L'auteur et son accompagnateur se rendent ensuite à Saint-Vigor, un prieuré bénédictin situé à un quart de lieue de Bayeux. Ils assistent à une cérémonie traditionnelle lors de l'entrée solennelle d'un nouvel évêque dans la ville. Cette cérémonie inclut une procession, des prières et des discours, et se termine par une entrée solennelle à la cathédrale de Bayeux. Le texte décrit également la cérémonie de prise de possession de l'évêque de Bayeux, qui inclut un serment, une messe pontificale, et un dîner avec le chapitre et les barons. Cette cérémonie a été renouvelée pour M. de Luynes, mais la relation écrite de cet événement a été critiquée pour son emphase et son manque de simplicité. La bibliothèque et le chartrier du chapitre de Bayeux contiennent des manuscrits précieux pour l'histoire de la région et de l'Angleterre. L'évêque de Bayeux a le droit de sacrer le métropolitain, en tant que doyen des évêques de la province, un privilège confirmé en 1061. La bibliothèque conserve des écrits historiques importants, notamment ceux d'Eusèbe l'Angevin et de Robert Cénalis. Le texte évoque plusieurs personnages illustres du chapitre de Bayeux, tels que Robert Wace, auteur du Roman de Rou, et Pierre de Blois, homme d'État et écrivain. Parmi les évêques notables, Odon le Grand et Philippe de Harcourt sont mentionnés pour leurs contributions à l'église de Bayeux. Le texte se termine par une description de la ville de Bayeux, son histoire, et une invitation à visiter l'abbaye de Cérisy.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9118
p. 2140-2142
PALINODIE. Jamjam efficaci do manus scientia.
Début :
Oui, je crois à la Médecine, [...]
Mots clefs :
Médecine, Efficacité, Chimie, Infirmité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PALINODIE. Jamjam efficaci do manus scientia.
PALINO DIE.
Jamjam efficaci do manus scientia.
OUi , je crois à la Médecine ,
Et j'en sens l'efficacité ,
Depuis que la malignité
D'une humeur traîtresse ,
Une exhalaison du Lethé ,
assassine
Chez moi , glissée à la sourdine ,
Ayant tout d'un coup affecté ,
Tout un côté de ma Machine ;
Par Arrest de la Faculté.
Là cruelle enfin m'a quitté.
Contre ingrédiens de Chimie ,
Je chante la Palinodie ;
Et chez lui s'il fut ironie
Qu'il soit icy sincerité ,
Pour l'ami que je remercie.
Une affreuse Paralysic ,
Avoit subitement gâté ,
Le Siége de ma Poësie;
Mon œil de sa place écarté ,
Ma
OCTOBRE.
1732. 2148
Majoue horriblement bouffie;
Tournant ma bouche de côté,
D'une étrange difformité ,
Couvroient ma Phisionomie.
Un Rhumatisme aux reins planté ,
Et la Goutte , sa bonne amie ,
Travailloient en société ,
A borner le cours de ma vie.
Si près de ma caducité ,
Leur tâche étoit presque finic.
Par ce Livre bien inventé ,
Pour la publique utilité ,
Je veux que tout le monde sçache ,
Que de ces trois maux tourmenté ,
Je dois au celebre Vinache ,
Le doux retour de ma santé.
Qu'à ce fait plein de vérité ,
Ces petits Vers servent d'attache ,
C'est tout ce qui m'en a couté ;
Pour si peu , m'étant acquitté
A Dieu ne plaise que je cache
Ce trait de générosité,
Ni cet effet d'habileté.
Bien , est-il vrai qu'il m'est resté,
Quelque obstruction dans la veine ;
2142 MERCURE DE FRANCE
Ces Vers-cy ne sortent qu'à peine;
D'un Chef encor débilité ,
Mais à qui faut-il qu'on s'en prenne ?
Guérir de toute infirmité ,
Un Buveur des Eaux d'Hyppocrene
Lui rendre la tête bien saine ,
Quine l'a jamais trop été ,
Surpasse la science humaine;
C'est une impossibilité ;
Et c'est ce qu'il n'a pas tenté ,
Son entreprise eut été vaine.
6.
AUTREAU.
Jamjam efficaci do manus scientia.
OUi , je crois à la Médecine ,
Et j'en sens l'efficacité ,
Depuis que la malignité
D'une humeur traîtresse ,
Une exhalaison du Lethé ,
assassine
Chez moi , glissée à la sourdine ,
Ayant tout d'un coup affecté ,
Tout un côté de ma Machine ;
Par Arrest de la Faculté.
Là cruelle enfin m'a quitté.
Contre ingrédiens de Chimie ,
Je chante la Palinodie ;
Et chez lui s'il fut ironie
Qu'il soit icy sincerité ,
Pour l'ami que je remercie.
Une affreuse Paralysic ,
Avoit subitement gâté ,
Le Siége de ma Poësie;
Mon œil de sa place écarté ,
Ma
OCTOBRE.
1732. 2148
Majoue horriblement bouffie;
Tournant ma bouche de côté,
D'une étrange difformité ,
Couvroient ma Phisionomie.
Un Rhumatisme aux reins planté ,
Et la Goutte , sa bonne amie ,
Travailloient en société ,
A borner le cours de ma vie.
Si près de ma caducité ,
Leur tâche étoit presque finic.
Par ce Livre bien inventé ,
Pour la publique utilité ,
Je veux que tout le monde sçache ,
Que de ces trois maux tourmenté ,
Je dois au celebre Vinache ,
Le doux retour de ma santé.
Qu'à ce fait plein de vérité ,
Ces petits Vers servent d'attache ,
C'est tout ce qui m'en a couté ;
Pour si peu , m'étant acquitté
A Dieu ne plaise que je cache
Ce trait de générosité,
Ni cet effet d'habileté.
Bien , est-il vrai qu'il m'est resté,
Quelque obstruction dans la veine ;
2142 MERCURE DE FRANCE
Ces Vers-cy ne sortent qu'à peine;
D'un Chef encor débilité ,
Mais à qui faut-il qu'on s'en prenne ?
Guérir de toute infirmité ,
Un Buveur des Eaux d'Hyppocrene
Lui rendre la tête bien saine ,
Quine l'a jamais trop été ,
Surpasse la science humaine;
C'est une impossibilité ;
Et c'est ce qu'il n'a pas tenté ,
Son entreprise eut été vaine.
6.
AUTREAU.
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Résumé : PALINODIE. Jamjam efficaci do manus scientia.
Le texte décrit la guérison de l'auteur après avoir souffert de divers maux. Une humeur maligne avait paralysé un côté de son corps, affectant sa capacité à écrire de la poésie. En octobre 1732, il était également atteint d'une mâchoire bouffie, d'un rhumatisme aux reins et de la goutte, maladies qui semblaient le conduire vers la mort. Grâce à un livre inventé par le célèbre Vinache, l'auteur a recouvré la santé. Il exprime sa gratitude envers Vinache, bien qu'il lui reste quelques obstructions dans la veine. Il reconnaît que guérir complètement de toutes infirmités est une tâche impossible, même pour un buveur des eaux d'Hippocrate. Le texte se conclut par une reconnaissance de la générosité et de l'habileté de Vinache.
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9119
p. 2142-2144
LETTRE écrite de Marseille le 3. Septembre, au sujet du mot de Guespin attribué aux Orleanois.
Début :
En relisant, Monsieur, le Mercure du mois de mai dernier, j'ai fait attention [...]
Mots clefs :
Orléanais, Guespin, Ville des Gaules
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Marseille le 3. Septembre, au sujet du mot de Guespin attribué aux Orleanois.
LETTRE écrite de Marseille le 3. Sepau sujet du mot de Guespin tembre
attribué aux Orleanois.
E
N relisant , Monsieur , le Mercure du
mois de mai dernier , j'ai fait attention à une petite Dissertation , faite par
M. P. au sujet du mot de Guespin , qu'on
donne aux Orléanois. Quelque sçavant
que m'ait parû son Ouvrage , je n'ai pas
laissé de m'appercevoir qu'il n'avoit pour
fondement qu'une erreur populaire, à laquel1
OCTOBRE. 1732. 2143
quelle je m'étonne qu'un homme versé
comme lui dans l'Antiquité soumette si
facilement son jugement ; il ne devroit
pas, ce me semble, ignorer qu'Orleans est
une des plus anciennes Villes des Gaules ,
fondée par une Colonie Grecque sortie
des environs de l'Epire , 250. ans après la
destruction de Troyes; et comme dans ces
tems là les Grecs étoient les seuls Peuples
addonnez aux Sciences , ils firent par leur
nouvelle Colonie, d'Orleans, la plus sçavante Ville des Gaules. On remarqubit
dans ses habitans un certain génie vif et
brillant , qu'on ne distinguoit point dans
les autres Gaulois : aussi leur donna- t'on
dès lors le nom de Guespos , qui en Grec
signifie ( comme il est facile de le voir )
Pierre brillante , c'étoit une espece de
caillou transparant qui se trouvoit aux
environs de l'Epire , et qui a long - tems
decoré les Temples des Grecs. Ce nom
leur est resté depuis , et par corruption
de langage a été changé en celui de Guespin.
Je n'ignore pas que ce même mot entraîne une autre idée , que quelques ignorans lui ont donnée , par rapport à une
sorte de Mouche appellée Guespe , dont
la piqueure est mauvaise. Je pardonnetois à tout autre qu'à un Orleanois éclaiτέ
2144 MERCURE DE FRANCE
ré , de donner dans une idée si grossiere ;
la franchise qu'il affecte dahs son Ecrit
n'est , ce me semble , qu'un voile dont
il couvre adroitement sa négligence pour
la recherche de la verité.
Au reste , les qualitez qu'il attribuë
aux Orleanois sont très- bien fondées , et
à l'exception du génie mordant , dont il
prétend les taxer pour autoriser son explication , je n'y trouve rien que de conforme aux sentimens de tous les Etrangers
qui les connoissent . J'ai l'honneur d'être , &c.
V. D. G.
attribué aux Orleanois.
E
N relisant , Monsieur , le Mercure du
mois de mai dernier , j'ai fait attention à une petite Dissertation , faite par
M. P. au sujet du mot de Guespin , qu'on
donne aux Orléanois. Quelque sçavant
que m'ait parû son Ouvrage , je n'ai pas
laissé de m'appercevoir qu'il n'avoit pour
fondement qu'une erreur populaire, à laquel1
OCTOBRE. 1732. 2143
quelle je m'étonne qu'un homme versé
comme lui dans l'Antiquité soumette si
facilement son jugement ; il ne devroit
pas, ce me semble, ignorer qu'Orleans est
une des plus anciennes Villes des Gaules ,
fondée par une Colonie Grecque sortie
des environs de l'Epire , 250. ans après la
destruction de Troyes; et comme dans ces
tems là les Grecs étoient les seuls Peuples
addonnez aux Sciences , ils firent par leur
nouvelle Colonie, d'Orleans, la plus sçavante Ville des Gaules. On remarqubit
dans ses habitans un certain génie vif et
brillant , qu'on ne distinguoit point dans
les autres Gaulois : aussi leur donna- t'on
dès lors le nom de Guespos , qui en Grec
signifie ( comme il est facile de le voir )
Pierre brillante , c'étoit une espece de
caillou transparant qui se trouvoit aux
environs de l'Epire , et qui a long - tems
decoré les Temples des Grecs. Ce nom
leur est resté depuis , et par corruption
de langage a été changé en celui de Guespin.
Je n'ignore pas que ce même mot entraîne une autre idée , que quelques ignorans lui ont donnée , par rapport à une
sorte de Mouche appellée Guespe , dont
la piqueure est mauvaise. Je pardonnetois à tout autre qu'à un Orleanois éclaiτέ
2144 MERCURE DE FRANCE
ré , de donner dans une idée si grossiere ;
la franchise qu'il affecte dahs son Ecrit
n'est , ce me semble , qu'un voile dont
il couvre adroitement sa négligence pour
la recherche de la verité.
Au reste , les qualitez qu'il attribuë
aux Orleanois sont très- bien fondées , et
à l'exception du génie mordant , dont il
prétend les taxer pour autoriser son explication , je n'y trouve rien que de conforme aux sentimens de tous les Etrangers
qui les connoissent . J'ai l'honneur d'être , &c.
V. D. G.
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Résumé : LETTRE écrite de Marseille le 3. Septembre, au sujet du mot de Guespin attribué aux Orleanois.
La lettre, datée du 3 septembre et écrite à Marseille, aborde le terme 'Guespin' attribué aux habitants d'Orléans. L'auteur conteste une dissertation de M. P. publiée dans le Mercure de mai, qui repose sur une erreur populaire. Il affirme qu'Orléans est l'une des plus anciennes villes des Gaules, fondée par une colonie grecque venue des environs de l'Épire, 250 ans après la destruction de Troie. Les Grecs, alors les seuls peuples savants, firent d'Orléans une ville érudite. Les Orléanois étaient réputés pour leur esprit vif et brillant, ce qui leur valut le nom de 'Guespos', signifiant 'Pierre brillante' en grec. Ce nom a évolué en 'Guespin' par corruption linguistique. L'auteur rejette l'idée que 'Guespin' soit lié à une mouche, comme le suggèrent certains. Il conclut que les qualités attribuées aux Orléanois par M. P. sont bien fondées, sauf le génie mordant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9120
p. 2144-2148
LE SINGE, HERITIER PRESOMPTIF DU LION. FABLE.
Début :
La soif de l'or souvent démasque un politique [...]
Mots clefs :
Singe, Lion, Or, Envie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE SINGE, HERITIER PRESOMPTIF DU LION. FABLE.
LE SINGE,
HERITIER PRESOMPTIF
DU LION.
FABLE.
LA soif de l'or souvent démasque un politique :
Sous ce voile , grands Dieux , que l'homme es
different !
D'être ami genereux tel hardiment se pique ,
Qui
O.CTOBRE 1732. 2145
Qui n'est , mis au creuzet , qu'un avide rent.
Mais à ce propos veritable ,
S'il faut un exemple ajoûter ;
Sur ce point le Singe en ma Fable
Ne laisse rien à souhaiter.
>
Seigneur Lion au plus fort de son âge,
Avoit trois Châteaux à choisir
Hôtel en ville ; avec tel appanage ,
On peut varier son plaisir.
Item , chez lui table friande
Où l'on trouvoit tout à foison ,
Mets exquis , Gibier de saison
Vins délicats , bonne provende ;
Au reste point de successeur ,
Foible ressource de la vie ,
Mais qui sert de frein à l'envie
Contre un paisible possesseur.
Enfin , parmi sa parentelle ,
Un Singe étoit collateral ;
Singe amusant , mais animal
Manquant quelquefois de cervelle,
Je dis quelquefois seulement ;
Car le matois jouoit son rôle
Pour l'ordinaire habilement
Et manioit bien la parole.
Jamais , à l'entendre parler ,
APlutus ne fit la courbette ;
paz
C Hon
2146 MERCURE
DE FRANCE
Honneurs et fortune complette
N'avoient rien qui pût l'ébranler.
Soins empressés , minauderies ,
Caresses , jeux et singeries ,
S'adressoient à son cher Parent
Et rien du tout àson argent.
Arriva pourtant le contraire :
Unjour que le Seigneur Lion
Aux champs étoit , où nulle affaire
Ne l'attiroit que la belle saison ,
Le Singe en ville entend à ses oreilles
Par un frelon ces trois mots bourdonner.
Lion est mort ! Singe de s'étonner !
Bien-tôt après de s'écrier merveilles !
Ce coup flate trop ses desirs ;
Pas un doute sur la nouvelle !
Il n'apperçoit que des plaisirs.
Est-ce-là cet ami fidelle ?
Le perfide à l'instant quitte table et fats
teuil ,
Se compose et se met en deuil ,
Demande pour escorte un supôt de justice ;
D'abord , l'Ours du quartier requis pour cet of
fice ,
Accourt chez notre Singe , arrive mal leché ,
Pour Scribe suit un Chat d'une plume har
naché ,
L'heritier avec eux monte en leste équipage ,
Où Levriers déja sont mis en attelage ;
2
•
OCTOBRE. 1732. 2147
Un Barbet sur le siege assis grotesquement ,
Prend les renes fouette et fond chez le pa
rent.
>
Un Dogue grommelant se présente à la porte ,
Demande ce que veut la vorace cohorte ?
On l'instruit , on l'effraie , il deffend son pa lier ,
Le grand nombre l'accable , on gagne l'esca- lier.
D'un Cabinet bien- tôt les effets on cachete ;
Paroît dans le moment un Renard , fine tête ,
Qui voit qu'en étourdis l'on procede en ce lieu ,
Dit : Messieurs , cessez.... vîte et nous dites
adieu.
Il faut premierement constater l'aventure ,
Et prouver par extrait la mort la sépul
ture.
>
Pour sçavoir ce qu'il craint , il
tient ;
part impa
Il trouve le Lion gros , gras , se bien por- tant.
Menageant sa harangue en Orateur habile ,
Lui dit deux nors du tour qu'on lui jouoit en ville ,
Et ces deux mots allumerent sa bile.
Le Renard très - joyeux s'en retourne aussi- tôt ,
Dit que notre défunt mange et boit comme il
faut ;
Cij Qu'en
2148 MERCURE
DE FRANCE
Qu'en dépit de l'envie il est encor des nô-.
tres ;*
Qu'il ne veut chez Pluton si-tôt suivre tant
d'autres. La joye au même instant fut chez tous les voisins , Et Bacchus tout au mieux fit l'honneur de ses
vins. A la tristesse enfin , loin de ces lieux bannie
Succederent les ris , les jeux et l'harmonie,
Chacun fut satisfait , mais le. Singe chagrin ,
Bien penaut , ruminoit , craignoit fâcheux des
tin ;
Pour prévenir l'orage , il va demander grace ,
Mais une telle faute aisément ne s'efface ;
A peine on l'apperçoit qu'on lui lâche mi
raut ;
Celui- ci n'est pas seul ,. arrive encor Brifaut ;
Le Singe délogea sans Tambour ni Trompete
tes ,
Et ses chausses de peur n'en sont pas encor
nettes.
HERITIER PRESOMPTIF
DU LION.
FABLE.
LA soif de l'or souvent démasque un politique :
Sous ce voile , grands Dieux , que l'homme es
different !
D'être ami genereux tel hardiment se pique ,
Qui
O.CTOBRE 1732. 2145
Qui n'est , mis au creuzet , qu'un avide rent.
Mais à ce propos veritable ,
S'il faut un exemple ajoûter ;
Sur ce point le Singe en ma Fable
Ne laisse rien à souhaiter.
>
Seigneur Lion au plus fort de son âge,
Avoit trois Châteaux à choisir
Hôtel en ville ; avec tel appanage ,
On peut varier son plaisir.
Item , chez lui table friande
Où l'on trouvoit tout à foison ,
Mets exquis , Gibier de saison
Vins délicats , bonne provende ;
Au reste point de successeur ,
Foible ressource de la vie ,
Mais qui sert de frein à l'envie
Contre un paisible possesseur.
Enfin , parmi sa parentelle ,
Un Singe étoit collateral ;
Singe amusant , mais animal
Manquant quelquefois de cervelle,
Je dis quelquefois seulement ;
Car le matois jouoit son rôle
Pour l'ordinaire habilement
Et manioit bien la parole.
Jamais , à l'entendre parler ,
APlutus ne fit la courbette ;
paz
C Hon
2146 MERCURE
DE FRANCE
Honneurs et fortune complette
N'avoient rien qui pût l'ébranler.
Soins empressés , minauderies ,
Caresses , jeux et singeries ,
S'adressoient à son cher Parent
Et rien du tout àson argent.
Arriva pourtant le contraire :
Unjour que le Seigneur Lion
Aux champs étoit , où nulle affaire
Ne l'attiroit que la belle saison ,
Le Singe en ville entend à ses oreilles
Par un frelon ces trois mots bourdonner.
Lion est mort ! Singe de s'étonner !
Bien-tôt après de s'écrier merveilles !
Ce coup flate trop ses desirs ;
Pas un doute sur la nouvelle !
Il n'apperçoit que des plaisirs.
Est-ce-là cet ami fidelle ?
Le perfide à l'instant quitte table et fats
teuil ,
Se compose et se met en deuil ,
Demande pour escorte un supôt de justice ;
D'abord , l'Ours du quartier requis pour cet of
fice ,
Accourt chez notre Singe , arrive mal leché ,
Pour Scribe suit un Chat d'une plume har
naché ,
L'heritier avec eux monte en leste équipage ,
Où Levriers déja sont mis en attelage ;
2
•
OCTOBRE. 1732. 2147
Un Barbet sur le siege assis grotesquement ,
Prend les renes fouette et fond chez le pa
rent.
>
Un Dogue grommelant se présente à la porte ,
Demande ce que veut la vorace cohorte ?
On l'instruit , on l'effraie , il deffend son pa lier ,
Le grand nombre l'accable , on gagne l'esca- lier.
D'un Cabinet bien- tôt les effets on cachete ;
Paroît dans le moment un Renard , fine tête ,
Qui voit qu'en étourdis l'on procede en ce lieu ,
Dit : Messieurs , cessez.... vîte et nous dites
adieu.
Il faut premierement constater l'aventure ,
Et prouver par extrait la mort la sépul
ture.
>
Pour sçavoir ce qu'il craint , il
tient ;
part impa
Il trouve le Lion gros , gras , se bien por- tant.
Menageant sa harangue en Orateur habile ,
Lui dit deux nors du tour qu'on lui jouoit en ville ,
Et ces deux mots allumerent sa bile.
Le Renard très - joyeux s'en retourne aussi- tôt ,
Dit que notre défunt mange et boit comme il
faut ;
Cij Qu'en
2148 MERCURE
DE FRANCE
Qu'en dépit de l'envie il est encor des nô-.
tres ;*
Qu'il ne veut chez Pluton si-tôt suivre tant
d'autres. La joye au même instant fut chez tous les voisins , Et Bacchus tout au mieux fit l'honneur de ses
vins. A la tristesse enfin , loin de ces lieux bannie
Succederent les ris , les jeux et l'harmonie,
Chacun fut satisfait , mais le. Singe chagrin ,
Bien penaut , ruminoit , craignoit fâcheux des
tin ;
Pour prévenir l'orage , il va demander grace ,
Mais une telle faute aisément ne s'efface ;
A peine on l'apperçoit qu'on lui lâche mi
raut ;
Celui- ci n'est pas seul ,. arrive encor Brifaut ;
Le Singe délogea sans Tambour ni Trompete
tes ,
Et ses chausses de peur n'en sont pas encor
nettes.
Fermer
Résumé : LE SINGE, HERITIER PRESOMPTIF DU LION. FABLE.
La fable 'Le Singe, héritier présomptif du Lion' relate l'histoire d'un singe, parent du Lion, qui simule l'amitié et la loyauté envers ce dernier. Le Lion, propriétaire de trois châteaux et d'une table abondante, n'a pas de successeur, ce qui suscite l'envie du Singe. Un jour, le Singe apprend la fausse nouvelle de la mort du Lion et se rend chez lui avec une escorte composée d'un Ours, d'un Chat, de lévriers et d'un Barbet. Il est arrêté par un Dogue. Un Renard, découvrant la supercherie, informe le Lion de la tentative du Singe. Furieux, le Lion chasse le Singe, qui s'enfuit pris de peur. La fable met en lumière la cupidité et la perfidie du Singe, démasquées par la ruse du Renard.
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9121
p. 2149-2154
LETTRE écrite à Madame Meheul, Auteur de l'Histoire d'Emilie, ou des Amours de Mlle de...
Début :
Je vous envoye, Madame, le Livre que vous avez eu la bonté de me prêter [...]
Mots clefs :
Histoire d'Émilie, Ouvrage, Éloge, Auteurs, Princesse de Clèves
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite à Madame Meheul, Auteur de l'Histoire d'Emilie, ou des Amours de Mlle de...
LETTRE écrite à Madame Meheul ,
Auteur de l'Histoire d'Emilie , ou des
Amours de Mlle de...
J
E vous envoye Madame , le Livre.
que vous avez eu la bonté de me prêter , je l'ai lû deux fois avec un plaisir et
une avidité qu'il seroit bien difficile d'ex
primer. Je n'ai guére vû d'Ouvrage en ce
genre , mieux écrit et plus interessant.
Le sujet en est parfaitement bien conçû
et bien conduit ; le dénoüement ( écüeil
ordinaire de la plupart des Auteurs ) est
très-heureusement amené ; le stile en est
bien varié , serré et rapide : les Caracteres
bién marquez et bien soutenus , on peut
dire même qu'il y a beaucoup d'expressions neuves ou heureusement hazardées ,
d'Antitheres et de Sentences fort justes.
>
L'action est simple , et entierement dégagée de ces ornemens monstrueux , de
ce merveilleux et de ces aventures extraordinaires qui ne trouvent aucune
créance dans l'esprit , et qui sont la ressource ordinaire d'un génie borné , comme l'a fort bien remarqué le plus grand
Auteur tragique que nous ayons eu. AmuCiij Scr
2150 MERCURE DE FRANCE
ser agréablement l'esprit , émouvoir , interesser et attendrir le cœur , par le tour
heureux des pensées et de l'expression ;
par la varieté et la beauté des Images , la noblesse et l'élévation des sentimens ; voilà le dernier effort de l'esprit humain
c'est aussi par-là que vous avez excellé.
Si tant de beautez ne sont que des coups
d'essais , que ne doit- on donc pas attendre de vous , Madame , dans la suite. Cette considération me conduiroit naturellement à faire ici l'éloge de votre Livre
mais plus la matiere est belle , et moins
je dois l'entreprendre , les loüanges que
mérite ce bel ouvrage sont trop au- dessus
de ma portée. Ainsi , je me bornerai seulement à m'acquitter de la promesse que
je vous ai faite , de vous rendre compte des jugemens divers que le Public
sur cet Ouvrage.
>
›
porte
Ne vous flattez pas, Madame,d'une appro
bation universelle , jamais aucun Auteur
n'a joui de cet avantage , Homere , Virgile , Corneille , Racine et Despreaux , ont
eu leurs Censeurs , vous avez aussi les vôtres. Je pense même qu'il est avantageux
qu'il y ait des Critiques. Boileau , cet
Horace Moderne , ce fameux satirique ,
qui a critiqué tant d'Auteurs , n'a pas
feint de dire qu'il étoit redevable à ses
enne
OCTOBRE. 1732. 2151
ennemis même , d'une partie de la répu
tation qu'il s'étoit acquise , en le relevanc
de quantité de fautes dont il ne s'appercevoit point. D'ailleurs , c'est un grand préjugé pour la réussite d'un Livre , que cet
acharnement que les Critiques font paroftre pour le décrier ; un Ouvrage médiocre n'excite guére la mauvaise humeur
d'un Censeur , il tombe de lui- même parce qu'aucun mérite ne le soûtient ; au contraire , un bon Ouvrage triomphe tôt ou
tard de la malignité de ses ennemis , réünit en sa faveur tous les suffrages , et fait
benir dans la Posterité la plus reculée la
mémoire et le nom de son Auteur.
Tel sera , Madame , le sort d'Emilie
son vrai mérite et ses rares beautez feront
taire la critique et l'envie ; sûre de l'estime publique , elle partagera avec justice
les applaudissemens que l'on ne se lasse
point de donner à Zaïde et à la Princesse
de Cléves. Votre nom , Madame , sera
porté par la Renommée au Temple de
Mémoire , et placé à côté de ceux de ces
Dames sçavantes qui ont illustré par leurs
doctes Ecrits la République des Lettres.
Mais que fais-je ? je tombe insensiblement
dans l'inconvenient que je voulois éviter ,
ceci ne sent- il pas un peu trop le Panegytique ? quelle témerité ! mais , Madame
Cij jc
2152 MERCURE DE FRANCE
je suis sincere , et de quelque façon que
je m'exprime , mon cœur n'écoute plus
rien , lorsqu'il s'agit de rendre justice au
vrai. J'espere , Madame , que vous me
pardonnerez mon écart en faveur de cette
consideration ; je reviens aux jugemens
que l'on fait de votre Livre , permettezmoi de commencer par vos Critiques.
Dès que l'on est informé que l'amour
d'Emilie pour M. de S. Hillaire n'est
qu'une feinte , l'esprit n'est plus occupé
>
ils
rien , il ne s'interesse plus à rien , ce
vuide est rempli par de longues conversations qui ennuyent extrêmement le Lecteur. Les Amours de votre Heroïne et du
Comte viennent trop subitement
sont toujours remplis d'allarmes et de
plaintes lorsque rien ne semble les traverser ; on vous accuse aussi d'avoir trop fait
mourir de personnes sans aucune utilité
pour votre sujet. A l'égard du pauvre
M. de S. Hillaire , chacun est surpris que
vous ayez si peu menagé sa réputation ;
on est , dit-on , scandalisé de le voir si
maltraité par Emilie après son Escapade ;
vous deviez lui donner des sentimens
plus humains dans sa situation présente
et faire connoître à vos Lecteurs , que si
Emilie ne payoit pas de sa main les importans services qu'elle avoue avoir reçû
de
OCTOBRE. 1732 2153
de M. de S. Hillaire , c'est qu'elle ne se
croyoit plus digne de lui . Enfin , on vous
reproche d'avoir rapporté les affreux exemples de Julie , de Faustine , et de Marie
de Valois , comme très - pernicieux pour
une jeunesse , à qui on doit toujours exposer des exemples de vertu plutôt que
ceux du libertinage.
Voilà , Madame , les principaux chefs
de critiques que l'on vous objecte ; au
reste , tout le monde en general vous
rend toute la justice qui vous est dûë , et
ces éloges à cet égard ne peuvent être ni
plus flateurs , ni plus complets.
Il ne me reste plus , Madame , qu'à
vous demander pardon d'avoir gardé votre Livre si long- tems ; deux ou trois
personnes ausquelles j'en avois fait un
rapport avantageux ont marqué tant
d'empressement pour le voir , queje n'ai
pas pû me dispenser de le leur prêter ; ma
déference n'est pas demeurée sans fruit
j'ai eu la satisfaction de me voir comblé
de remerciemens par ces mêmes personnes , pour leur avoir procuré la lecture
d'un Livre qui leur a fait , m'ont-ils dit ,
un plaisir infini. J'avoue que je finis ma
Lettre par où je la devois commencer ;
quelle transposition , ou plutôt quelle Cv faute
2154 MERCURE DE FRANCE
faute de jugement , oserois-je aprés cela
vous dire que je suis , &c.
C ***.
Auteur de l'Histoire d'Emilie , ou des
Amours de Mlle de...
J
E vous envoye Madame , le Livre.
que vous avez eu la bonté de me prêter , je l'ai lû deux fois avec un plaisir et
une avidité qu'il seroit bien difficile d'ex
primer. Je n'ai guére vû d'Ouvrage en ce
genre , mieux écrit et plus interessant.
Le sujet en est parfaitement bien conçû
et bien conduit ; le dénoüement ( écüeil
ordinaire de la plupart des Auteurs ) est
très-heureusement amené ; le stile en est
bien varié , serré et rapide : les Caracteres
bién marquez et bien soutenus , on peut
dire même qu'il y a beaucoup d'expressions neuves ou heureusement hazardées ,
d'Antitheres et de Sentences fort justes.
>
L'action est simple , et entierement dégagée de ces ornemens monstrueux , de
ce merveilleux et de ces aventures extraordinaires qui ne trouvent aucune
créance dans l'esprit , et qui sont la ressource ordinaire d'un génie borné , comme l'a fort bien remarqué le plus grand
Auteur tragique que nous ayons eu. AmuCiij Scr
2150 MERCURE DE FRANCE
ser agréablement l'esprit , émouvoir , interesser et attendrir le cœur , par le tour
heureux des pensées et de l'expression ;
par la varieté et la beauté des Images , la noblesse et l'élévation des sentimens ; voilà le dernier effort de l'esprit humain
c'est aussi par-là que vous avez excellé.
Si tant de beautez ne sont que des coups
d'essais , que ne doit- on donc pas attendre de vous , Madame , dans la suite. Cette considération me conduiroit naturellement à faire ici l'éloge de votre Livre
mais plus la matiere est belle , et moins
je dois l'entreprendre , les loüanges que
mérite ce bel ouvrage sont trop au- dessus
de ma portée. Ainsi , je me bornerai seulement à m'acquitter de la promesse que
je vous ai faite , de vous rendre compte des jugemens divers que le Public
sur cet Ouvrage.
>
›
porte
Ne vous flattez pas, Madame,d'une appro
bation universelle , jamais aucun Auteur
n'a joui de cet avantage , Homere , Virgile , Corneille , Racine et Despreaux , ont
eu leurs Censeurs , vous avez aussi les vôtres. Je pense même qu'il est avantageux
qu'il y ait des Critiques. Boileau , cet
Horace Moderne , ce fameux satirique ,
qui a critiqué tant d'Auteurs , n'a pas
feint de dire qu'il étoit redevable à ses
enne
OCTOBRE. 1732. 2151
ennemis même , d'une partie de la répu
tation qu'il s'étoit acquise , en le relevanc
de quantité de fautes dont il ne s'appercevoit point. D'ailleurs , c'est un grand préjugé pour la réussite d'un Livre , que cet
acharnement que les Critiques font paroftre pour le décrier ; un Ouvrage médiocre n'excite guére la mauvaise humeur
d'un Censeur , il tombe de lui- même parce qu'aucun mérite ne le soûtient ; au contraire , un bon Ouvrage triomphe tôt ou
tard de la malignité de ses ennemis , réünit en sa faveur tous les suffrages , et fait
benir dans la Posterité la plus reculée la
mémoire et le nom de son Auteur.
Tel sera , Madame , le sort d'Emilie
son vrai mérite et ses rares beautez feront
taire la critique et l'envie ; sûre de l'estime publique , elle partagera avec justice
les applaudissemens que l'on ne se lasse
point de donner à Zaïde et à la Princesse
de Cléves. Votre nom , Madame , sera
porté par la Renommée au Temple de
Mémoire , et placé à côté de ceux de ces
Dames sçavantes qui ont illustré par leurs
doctes Ecrits la République des Lettres.
Mais que fais-je ? je tombe insensiblement
dans l'inconvenient que je voulois éviter ,
ceci ne sent- il pas un peu trop le Panegytique ? quelle témerité ! mais , Madame
Cij jc
2152 MERCURE DE FRANCE
je suis sincere , et de quelque façon que
je m'exprime , mon cœur n'écoute plus
rien , lorsqu'il s'agit de rendre justice au
vrai. J'espere , Madame , que vous me
pardonnerez mon écart en faveur de cette
consideration ; je reviens aux jugemens
que l'on fait de votre Livre , permettezmoi de commencer par vos Critiques.
Dès que l'on est informé que l'amour
d'Emilie pour M. de S. Hillaire n'est
qu'une feinte , l'esprit n'est plus occupé
>
ils
rien , il ne s'interesse plus à rien , ce
vuide est rempli par de longues conversations qui ennuyent extrêmement le Lecteur. Les Amours de votre Heroïne et du
Comte viennent trop subitement
sont toujours remplis d'allarmes et de
plaintes lorsque rien ne semble les traverser ; on vous accuse aussi d'avoir trop fait
mourir de personnes sans aucune utilité
pour votre sujet. A l'égard du pauvre
M. de S. Hillaire , chacun est surpris que
vous ayez si peu menagé sa réputation ;
on est , dit-on , scandalisé de le voir si
maltraité par Emilie après son Escapade ;
vous deviez lui donner des sentimens
plus humains dans sa situation présente
et faire connoître à vos Lecteurs , que si
Emilie ne payoit pas de sa main les importans services qu'elle avoue avoir reçû
de
OCTOBRE. 1732 2153
de M. de S. Hillaire , c'est qu'elle ne se
croyoit plus digne de lui . Enfin , on vous
reproche d'avoir rapporté les affreux exemples de Julie , de Faustine , et de Marie
de Valois , comme très - pernicieux pour
une jeunesse , à qui on doit toujours exposer des exemples de vertu plutôt que
ceux du libertinage.
Voilà , Madame , les principaux chefs
de critiques que l'on vous objecte ; au
reste , tout le monde en general vous
rend toute la justice qui vous est dûë , et
ces éloges à cet égard ne peuvent être ni
plus flateurs , ni plus complets.
Il ne me reste plus , Madame , qu'à
vous demander pardon d'avoir gardé votre Livre si long- tems ; deux ou trois
personnes ausquelles j'en avois fait un
rapport avantageux ont marqué tant
d'empressement pour le voir , queje n'ai
pas pû me dispenser de le leur prêter ; ma
déference n'est pas demeurée sans fruit
j'ai eu la satisfaction de me voir comblé
de remerciemens par ces mêmes personnes , pour leur avoir procuré la lecture
d'un Livre qui leur a fait , m'ont-ils dit ,
un plaisir infini. J'avoue que je finis ma
Lettre par où je la devois commencer ;
quelle transposition , ou plutôt quelle Cv faute
2154 MERCURE DE FRANCE
faute de jugement , oserois-je aprés cela
vous dire que je suis , &c.
C ***.
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Résumé : LETTRE écrite à Madame Meheul, Auteur de l'Histoire d'Emilie, ou des Amours de Mlle de...
La lettre adressée à Madame Meheul, autrice de 'L'Histoire d'Émilie', exprime une grande admiration pour l'ouvrage. L'auteur de la lettre loue particulièrement la qualité de l'écriture, la gestion du sujet, le dénouement et la variété du style. Il apprécie la simplicité de l'action, qui évite les merveilles ou les aventures extraordinaires, ainsi que la profondeur des sentiments et des expressions. Bien que l'œuvre puisse susciter des critiques, l'auteur est convaincu que son mérite finira par triompher. Les critiques mentionnées reprochent notamment la feinte de l'amour d'Émilie, les conversations ennuyeuses, la mort inutile de certains personnages et le traitement de M. de S. Hillaire. Malgré ces points négatifs, l'ouvrage est globalement bien accueilli et loué par le public. L'auteur conclut en s'excusant d'avoir gardé le livre longtemps et en exprimant sa satisfaction des retours positifs des lecteurs.
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9122
p. 2154-2159
IMITATIONE D'Alcuni Madrigaletti, del Signor Cavaliere Battista Guarini, fatta da Madamigella Malcresia della Vigna, del Crusico in Bretagna.
Début :
Donna, lasciare i Boschi: [...]
Mots clefs :
Imitation, Battista Guarini, Madrigal, Oiseau, Amant, Brasier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IMITATIONE D'Alcuni Madrigaletti, del Signor Cavaliere Battista Guarini, fatta da Madamigella Malcresia della Vigna, del Crusico in Bretagna.
IMITATIONE
D'Alcuni Madrigaletti , del Signor Ca
valiere Battista Guarini , fatta la Madamigella Malcresia della Vigna , del
Crusico in Bretagna.
Madrigale xvii. La bella Cacciatrice.
DOnna , lasciate i Boschi :
Che fù ben Cintia cacciatrice anch'ella ,
Ma non fù ; comme voi Leggiadra , e Bella.
Voihavete beltate
Da far preda di cori , e non di Belve.
Venar infra le selve ,
Star non conviene e se convien , debbiate
Fera solo à le fere , à me benigna ,
Cintia ne, Boschi , e nel mio sen Ciprigna..
Abandonnez Iris , les Monts et les Forêts ;
Si Diane autrefois se plaisoit à la chasse
Eut-elle à menager de si rares attraits ?
Loin
OCTOBRE. 1732. 2155
Loin d'aller contre un Cerf essayer votre audace ,
Ahi c'est sur les Humains qu'il faut lancer vos traits.
Ce plaisir dont la peine est le seul avantage ,
Certes s'ajuste mal avec tant de beauté.
Mais si le sort en est jetté ;
Si votre humeur guerriere à chasser vous en
gage ;
Bornez à terrasser quelqu'Animal sauvage ,
Votre impitoyable rigueur
Et soyez ,
tage ,
chere Iris , par un charmant parDiane dans les Bois et Venus dans mon
cœur.
>
Cangiati Sguardi, Madr. xxiv.
Oechi , un tempo mia vita ,
Occhi di questo cor dolci sostegni ,
Voi mi negate aita.
Questi son ben de la mia morte i segni.
Non più speme, ò conforto.
Tempo è sol di morire ; à che più tardo ?
Occhi ch'a si gran terro ,
Morirme fate , à che torcete il guardo?
Forse per non mirar, come va dora ,
Mirate almen ch'io more.
S vi Les
2156 MERCURE DE FRANCE
Les Regards changez , Imit.
Beaux yeux qui secondant autrefois mon en vie ,
Eclairiez de vos feux l'orison de mes jours ,
En me refusant du secours ,
Vous annoncez ma mort, vous qui faisiez ma
vie.
Mon espoir s'est enfui , le Destin me convie
Avoler sans retour au trépas qui m'attend.
Daignez avant ma mort trop aimable ennemie ,
Tourner vos yeux cruels sur un Berger cons tant ;
Et si ce n'est pour voir sa tendresse infinie
Si vous voulez le perdre au lieu de le guérir ;
Ah ! c'est à vos genoux que l'Amour vous en
prie ,
Du moins regardez-le mourir..
L'Huomo è picciol mondo. Mad. CLX.
E l'huomo un picciol mondo ,
Ma , grande à l'hor ch'è con la Donna unito ,
Che l'un per l'altro hà la Natura ordito.
Hà l'huom del mondo frale
Quanto enlui di caduco e di mortale ;
Ma ne la Donna si contien l'eterno.
Il volto è l'Paradiso , e'l cor l'Inferno.
Hom
OCTOBRE. 1732 2157
L'Homme est un petit monde , alors que sans
appui
Il languit séparé de son autre Hemisphere ;
Mais quand un double accord sombre ami du mistere ,
Compose un tout vivant de la femme et de
lui.
La féconde Nature en ce moment ravie
De se voir tendrement servie ,
De l'homme illustré forme un grand monde aussi tôt
Et l'homme à la femme en un mot
Devroit-il s'enhardir de contester l'Empire ?
Le Ciel ne lui donna que ce qu'il cut de pire ,
De caduc , de pesant , de grossier , de mortel ,
Mais la femme au contraire eut par un beat
partage ,
Le vif, le volatil , le charmant , l'éternel ,
Le brulant , l'immateriel.
Qui pourroit s'il n'étoit peu sage ,
En ceci me taxer d'erreur ?
Puisque , sur son divin visage ,
Elle a le Paradis , et l'Enfer dans son cœur.
Auventurosa Augello. LII.
O comme se' gentile ,
Caro Augellino, è quanto
E'l mio stato amoroso al tuo simile !
Th
2158 MERCURE DE FRANCE
Tu prigion , io prigion , tu canti , io canto;
Tu canti per colei
Che t'ha legato , ed io canto per lei.
Mà inquesto è differente
La mia sorte dolente ,
Che giova pur à te l'esser canoro ;
Vivi cantando , ed io cantando more.
ODE Anacréontique. Imitation.
L'Oiseau plus heureux que
Serin qu'Iris tient en cage ,
Mon état ressemble au tien
Tu lui dois ton esclavage ,
C'est elle qui fit le mien.
l'Amant.
Nous chantons tous deux pour celle
Dont nous sommes prisonniers ;
Et pour 's'amuser , la Belle
Nous entend les jours entiers.
Mais que le mal qui m'enigre
Rend notre sort different !
C'est ton chant qui te fait vivre ,
Et moi je meurs en chantant.
Donna
OCTOBRE. 1732. 2159,
Donna che❜n Vecchia. XXXIX.
Gia commincia à sentire
La bella Dona mia , l'ingiurie e i danni
De l'etate , e degli anni ,
Neperò il mio desire
Vien , che s'intepidisca , o si rallenti.
O veloci , e possenti
Armi del Tempo al mio soccorso tarde !
Lafiamma mia incenerisce , e'l cor mio arde.
IMITATION.
Les ans de mon Iris qui deviennent nom- breux
Sur ses attraits brillans exercent leur ravage ;
Cependant aujourd'hui mon cœur bravant leur
rage ,
Est embrasé de mille feux ,
O Tems ; ô cruel Tems , ton dévorant Em
pire ,
Soumet tout à ses loix , excepté mes amours.
Ta fureur ne sçauroit leur nuire ,
Mon brasier tombe en cendre , et je brûle ton
jours.
D'Alcuni Madrigaletti , del Signor Ca
valiere Battista Guarini , fatta la Madamigella Malcresia della Vigna , del
Crusico in Bretagna.
Madrigale xvii. La bella Cacciatrice.
DOnna , lasciate i Boschi :
Che fù ben Cintia cacciatrice anch'ella ,
Ma non fù ; comme voi Leggiadra , e Bella.
Voihavete beltate
Da far preda di cori , e non di Belve.
Venar infra le selve ,
Star non conviene e se convien , debbiate
Fera solo à le fere , à me benigna ,
Cintia ne, Boschi , e nel mio sen Ciprigna..
Abandonnez Iris , les Monts et les Forêts ;
Si Diane autrefois se plaisoit à la chasse
Eut-elle à menager de si rares attraits ?
Loin
OCTOBRE. 1732. 2155
Loin d'aller contre un Cerf essayer votre audace ,
Ahi c'est sur les Humains qu'il faut lancer vos traits.
Ce plaisir dont la peine est le seul avantage ,
Certes s'ajuste mal avec tant de beauté.
Mais si le sort en est jetté ;
Si votre humeur guerriere à chasser vous en
gage ;
Bornez à terrasser quelqu'Animal sauvage ,
Votre impitoyable rigueur
Et soyez ,
tage ,
chere Iris , par un charmant parDiane dans les Bois et Venus dans mon
cœur.
>
Cangiati Sguardi, Madr. xxiv.
Oechi , un tempo mia vita ,
Occhi di questo cor dolci sostegni ,
Voi mi negate aita.
Questi son ben de la mia morte i segni.
Non più speme, ò conforto.
Tempo è sol di morire ; à che più tardo ?
Occhi ch'a si gran terro ,
Morirme fate , à che torcete il guardo?
Forse per non mirar, come va dora ,
Mirate almen ch'io more.
S vi Les
2156 MERCURE DE FRANCE
Les Regards changez , Imit.
Beaux yeux qui secondant autrefois mon en vie ,
Eclairiez de vos feux l'orison de mes jours ,
En me refusant du secours ,
Vous annoncez ma mort, vous qui faisiez ma
vie.
Mon espoir s'est enfui , le Destin me convie
Avoler sans retour au trépas qui m'attend.
Daignez avant ma mort trop aimable ennemie ,
Tourner vos yeux cruels sur un Berger cons tant ;
Et si ce n'est pour voir sa tendresse infinie
Si vous voulez le perdre au lieu de le guérir ;
Ah ! c'est à vos genoux que l'Amour vous en
prie ,
Du moins regardez-le mourir..
L'Huomo è picciol mondo. Mad. CLX.
E l'huomo un picciol mondo ,
Ma , grande à l'hor ch'è con la Donna unito ,
Che l'un per l'altro hà la Natura ordito.
Hà l'huom del mondo frale
Quanto enlui di caduco e di mortale ;
Ma ne la Donna si contien l'eterno.
Il volto è l'Paradiso , e'l cor l'Inferno.
Hom
OCTOBRE. 1732 2157
L'Homme est un petit monde , alors que sans
appui
Il languit séparé de son autre Hemisphere ;
Mais quand un double accord sombre ami du mistere ,
Compose un tout vivant de la femme et de
lui.
La féconde Nature en ce moment ravie
De se voir tendrement servie ,
De l'homme illustré forme un grand monde aussi tôt
Et l'homme à la femme en un mot
Devroit-il s'enhardir de contester l'Empire ?
Le Ciel ne lui donna que ce qu'il cut de pire ,
De caduc , de pesant , de grossier , de mortel ,
Mais la femme au contraire eut par un beat
partage ,
Le vif, le volatil , le charmant , l'éternel ,
Le brulant , l'immateriel.
Qui pourroit s'il n'étoit peu sage ,
En ceci me taxer d'erreur ?
Puisque , sur son divin visage ,
Elle a le Paradis , et l'Enfer dans son cœur.
Auventurosa Augello. LII.
O comme se' gentile ,
Caro Augellino, è quanto
E'l mio stato amoroso al tuo simile !
Th
2158 MERCURE DE FRANCE
Tu prigion , io prigion , tu canti , io canto;
Tu canti per colei
Che t'ha legato , ed io canto per lei.
Mà inquesto è differente
La mia sorte dolente ,
Che giova pur à te l'esser canoro ;
Vivi cantando , ed io cantando more.
ODE Anacréontique. Imitation.
L'Oiseau plus heureux que
Serin qu'Iris tient en cage ,
Mon état ressemble au tien
Tu lui dois ton esclavage ,
C'est elle qui fit le mien.
l'Amant.
Nous chantons tous deux pour celle
Dont nous sommes prisonniers ;
Et pour 's'amuser , la Belle
Nous entend les jours entiers.
Mais que le mal qui m'enigre
Rend notre sort different !
C'est ton chant qui te fait vivre ,
Et moi je meurs en chantant.
Donna
OCTOBRE. 1732. 2159,
Donna che❜n Vecchia. XXXIX.
Gia commincia à sentire
La bella Dona mia , l'ingiurie e i danni
De l'etate , e degli anni ,
Neperò il mio desire
Vien , che s'intepidisca , o si rallenti.
O veloci , e possenti
Armi del Tempo al mio soccorso tarde !
Lafiamma mia incenerisce , e'l cor mio arde.
IMITATION.
Les ans de mon Iris qui deviennent nom- breux
Sur ses attraits brillans exercent leur ravage ;
Cependant aujourd'hui mon cœur bravant leur
rage ,
Est embrasé de mille feux ,
O Tems ; ô cruel Tems , ton dévorant Em
pire ,
Soumet tout à ses loix , excepté mes amours.
Ta fureur ne sçauroit leur nuire ,
Mon brasier tombe en cendre , et je brûle ton
jours.
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Résumé : IMITATIONE D'Alcuni Madrigaletti, del Signor Cavaliere Battista Guarini, fatta da Madamigella Malcresia della Vigna, del Crusico in Bretagna.
Le texte présente une série de madrigaux et d'imitations poétiques traduits en français, extraits de l'œuvre du cavalier Battista Guarini. Les thèmes principaux abordés incluent la beauté féminine, l'amour et la condition humaine. Dans le madrigale XVII, 'La bella Cacciatrice', l'auteur s'adresse à une femme, Iris, qu'il compare à Diane, la déesse de la chasse. Il l'encourage à abandonner la chasse et à diriger ses 'traits' vers les cœurs humains plutôt que vers les bêtes sauvages, soulignant que sa beauté est plus apte à séduire les hommes qu'à chasser des animaux. Le madrigale XXIV, 'Cangiati Sguardi', exprime la douleur d'un amant dont les yeux de sa bien-aimée, autrefois source de vie, annoncent maintenant sa mort. Il supplie ces yeux de se tourner vers lui, même pour voir sa mort, tant il souffre de leur indifférence. Dans le madrigale CLX, 'L'Huomo è picciol mondo', l'auteur compare l'homme et la femme à deux mondes complémentaires. L'homme est décrit comme fragile et mortel, tandis que la femme possède des qualités éternelles et divines. Il souligne que l'homme et la femme forment un tout harmonieux et que la femme a le pouvoir de transformer l'homme en un être supérieur. Enfin, le madrigale LII, 'Auventurosa Augello', et l'ode anacréontique comparent le sort d'un oiseau en cage à celui d'un amant prisonnier de son amour. Tous deux chantent pour leur bien-aimée, mais tandis que le chant maintient l'oiseau en vie, il conduit l'amant à la mort. Le texte se conclut par une réflexion sur le passage du temps et ses effets sur la beauté d'Iris, la bien-aimée. Malgré les ravages des années, l'amour de l'auteur reste inébranlable, défiant la fureur du temps.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9123
p. 2160-2165
METHODE pour gouverner un Vaisseau, et pour en retarder le Sillage dans une Mer qui n'a point de fond.
Début :
L'Art de la Navigation facilite le Sillage du Vaisseau, en augmentant son [...]
Mots clefs :
Vaisseau, Navigation, Sillage, Corps du navire, Naufrage, Méthode
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texteReconnaissance textuelle : METHODE pour gouverner un Vaisseau, et pour en retarder le Sillage dans une Mer qui n'a point de fond.
METHODEpourgouverner un Vaisseau , et pour en retarder le Sillage dans
une Merqui n'a point defond.
' Art de la Navigation facilite le SilL'lage du Vaisseau, en augmentant. Sos
volume supérieur , et en diminuant son
volume inférieur ( ou la partie du Vaisseau qui est dans l'eau ) et par ce moyen ,
avec un peu de vent, on fait beaucoup de
chemin.
i
Sur ce príncipe , il est évident qu'on
retardera le Sillage du Vaisseau en faisant
le contraire ; c'est à- dire, en diminuant le
volume du Vaisseau qui est hors de l'eau,
et en augmentant celui qui est dans l'eau.
Il n'est pas question de la diminution
du volume superieur du Vaisseau pendant la tempête ; c'est une chose connuë;
mais il y a lieu d'être surpris qu'on n'ait
pas songé plutôt à la nécessité d'augmen
ter le volume inférieur du Vaisseau ; ce
qui est pourtant aussi sûr et aussi facile
qu'il est necessaire. Or il être aug peut
nienté tout contre le Corps du Navire ,
ou à quelque distance ; chacune de ces
deux augmentations peut- être exécutée
atilement en bien des manieres. On ne
donnera
OCTOBRE. 1732 2167
donnera icy que deux manieres de faire
cette augmentation loin du Vaisseau, parce qu'elles out toutes les qualitez qu'on
peut désirer. Elles sont sures , simples ,
d'une exécution facile , et de peu de dépense ; outre l'effet ordinaire de retar
der le mouvement du Bâtiment, elles ont
encore celui de le gouverner; en sorte que
par ces opérations , le Sillage du Vaisseau
est retardé considérablement , et le Navire reste toujours dans la même situation
à l'égard du vent , quelque changement
qui arrive dans le vent.
La premiere augmentation de volume
consiste en une voile de la forme qu'on
voudra , qui sera attachée par ses bords ,
à peu près comme le sont des Bassins de
Balance, à un Cable, d'une longueur convenable amaré au Vaisseau. Cette surface étant chargée d'un poids qui ne luž
permettra point de rester sur l'eau , lors
qu'elle n'agit point, fera deux effets.
Le premier de retarder le mouvement
du Vaisseau , parce qu'elle ne pourra le
suivre , sans entraîner en même temps le
volume d'eau ; ce qui diminuera le mouvement du Vaisseau , à propertion de la
grandeur de cette surface.
Son second effet de gouverner le Bâti
ment, parce que la partie à laquelle le Cable
2162 MERCURE DE FRANCE
Cable sera attaché , sera toujours exposée
au vent. Ainsi,supposant qu'on aura présenté au vent la partie du Vaisseau la plus
favorable , pour résister à la tempête , il
est vrai de dire qu'unNavire sera gouverné de la maniere la plus avantageuse , car
on peut aisément changer la situation du
Vaisseau. En un mot , cette furface aussibien que celle qu'on va proposer , seront
de vraies Ancres flotantes , qui procureront les avantages d'une Ancre qui labou
re; avec cette difference , que la résistance de l'eau étant de beaucoup plus douce
que celle de la terre , l'impression du vent
et des vagues sur le Vaisseau , sera bien
moins préjudiciable avec les Ancres flotantes , qu'avec les Ancres ordinaires.
La seconde maniere d'augmenter le volume du Vaisseau , est aussi simple ; elle
consiste uniquement en une Vergue qu'on
attache par les bouts à une corde ; laquelle pour cet effet est divisée en deux
son extrêmité , et forme un triangle
avec la Vergue. Or la Vergue suivra le
Vaisseau en travers , et trouvera par conséquent de la résistance dans toute sa longueur. Cette Vergue doit être comme la
surface précedente , accompagnée d'un
poids suffisant pour l'attirer en bas lorsqu'elle cesse d'être traînée par le Vaisseau.
Ов
OCTOBRE. 1732 : 2163
On n'entrera point à presént dans plusieurs détails , qui contribueront à perfectionner le moyen qu'on propose. On les
expliquera dans la suite.
Les avantages de ces nouvelles opéra- tions seront tres- considérables ; car outre
le retardement du Sillage et le gouvernement du Vaisseau , qui se feront d'euxmêmes, à la faveur des nouvelles Ancres,
et sans que l'équipage ait besoin de travailler , ni même d'être exposé au mauvais temps sur le Tillac ; on peut dire
que le Capot sera tres- difficile , pour ne
rien dire de plus ; et qu'un Vaisseau sera
bien foible , s'il est brisé par les Vagues ;
étant si aisé de le tenir dans la situation la
plus avantageuse.
Je ne parle pas de la facilité de ces opérations , persuadé qu'on sent assez qu'un
Equipage qui n'auroit pas la force de les
faire , seroit peu en état de naviguer.
Le cas de Tempête ne sera pas le seul
où l'augmentation du volume inférieur
du Vaisseau sera utile. On fera voir
qu'il le sera en bien d'autres occasions importantes. Les Expériences qu'on a faites
quoiqu'en petit ) rendent tout ce qu'on
vient de dire , tres-sensible.
L'Auteur de ce Mémoire, prétend qu'on
pourra par les moyens qui y sont propo- sea
2164 MERCURE DE FRANCE
sez , prévenir beaucoup de Naufrages . qui seroient inévitables d'ailleurs. Il se flatte
que la proposition qu'il fit l'année derniere , de rendre la Navigation plus sûre
et plus facile , ne sera plus regardée , comme elle l'a été jusqu'icy , et qu'on pren
dra ce qu'il donne aujourd'hui pour une
preuve suffisante de la premiere Partie de
sa proposition. A l'égard de l'autre Par
tie qui a la facilité de la Navigation pour
objet ; en attendant la maniere , dont l
premiere sera reçue. Il ne craint point d'a
vancer qu'il mettra les chofes aú poing
que le moindre Pilote fera en état de dé.
cider une question qui embarrasseroit le
plus habiles du métier , et cela sans une
grande étude , ni même beaucoup d'ap
plication. Dès la premiere explication i!
sera en état de décider , sans crainte de se
tromper. La proposition est un peu forte
aussi ne l'ai-je voulu faire , dit il , qu'après avoir donné de nouvelles preuves de suffisance. Ainsi sans retracter rien de c
que j'ai avancé , je crois pouvoir dire que
sans avoir trouvé les longitudes , je dônnerai des moyens qui feront un effet fort
approchant. Je ferai voir , par exemple ,
que la grande difference qui se trouve
dans la route de plusieurs Pilotes également habiles , ne vient que des courans.
Le
OCTOBRE. 1732. 2169
Le remede à cette erreur sera un moyen
de connoître les courans que je donnerai,
Le moyen sera de pratique , je n'en proposerai jamais d'autre ; je donnerai ure
maniete de mesurer le Sillage bien plus
exacte et même plus facile que toutes celles dont on s'est servi jusqu'à aujourd'hui;
en un mot , sans parler de bien d'autres
choses de moindre conséquence , j'espere que le public n'aura pas moins lieu
d'être content des moyens que je donnerai pour la facilité de la Navigation , que
je crois qu'il le sera de ceux que je donne
aujourd'hui,
une Merqui n'a point defond.
' Art de la Navigation facilite le SilL'lage du Vaisseau, en augmentant. Sos
volume supérieur , et en diminuant son
volume inférieur ( ou la partie du Vaisseau qui est dans l'eau ) et par ce moyen ,
avec un peu de vent, on fait beaucoup de
chemin.
i
Sur ce príncipe , il est évident qu'on
retardera le Sillage du Vaisseau en faisant
le contraire ; c'est à- dire, en diminuant le
volume du Vaisseau qui est hors de l'eau,
et en augmentant celui qui est dans l'eau.
Il n'est pas question de la diminution
du volume superieur du Vaisseau pendant la tempête ; c'est une chose connuë;
mais il y a lieu d'être surpris qu'on n'ait
pas songé plutôt à la nécessité d'augmen
ter le volume inférieur du Vaisseau ; ce
qui est pourtant aussi sûr et aussi facile
qu'il est necessaire. Or il être aug peut
nienté tout contre le Corps du Navire ,
ou à quelque distance ; chacune de ces
deux augmentations peut- être exécutée
atilement en bien des manieres. On ne
donnera
OCTOBRE. 1732 2167
donnera icy que deux manieres de faire
cette augmentation loin du Vaisseau, parce qu'elles out toutes les qualitez qu'on
peut désirer. Elles sont sures , simples ,
d'une exécution facile , et de peu de dépense ; outre l'effet ordinaire de retar
der le mouvement du Bâtiment, elles ont
encore celui de le gouverner; en sorte que
par ces opérations , le Sillage du Vaisseau
est retardé considérablement , et le Navire reste toujours dans la même situation
à l'égard du vent , quelque changement
qui arrive dans le vent.
La premiere augmentation de volume
consiste en une voile de la forme qu'on
voudra , qui sera attachée par ses bords ,
à peu près comme le sont des Bassins de
Balance, à un Cable, d'une longueur convenable amaré au Vaisseau. Cette surface étant chargée d'un poids qui ne luž
permettra point de rester sur l'eau , lors
qu'elle n'agit point, fera deux effets.
Le premier de retarder le mouvement
du Vaisseau , parce qu'elle ne pourra le
suivre , sans entraîner en même temps le
volume d'eau ; ce qui diminuera le mouvement du Vaisseau , à propertion de la
grandeur de cette surface.
Son second effet de gouverner le Bâti
ment, parce que la partie à laquelle le Cable
2162 MERCURE DE FRANCE
Cable sera attaché , sera toujours exposée
au vent. Ainsi,supposant qu'on aura présenté au vent la partie du Vaisseau la plus
favorable , pour résister à la tempête , il
est vrai de dire qu'unNavire sera gouverné de la maniere la plus avantageuse , car
on peut aisément changer la situation du
Vaisseau. En un mot , cette furface aussibien que celle qu'on va proposer , seront
de vraies Ancres flotantes , qui procureront les avantages d'une Ancre qui labou
re; avec cette difference , que la résistance de l'eau étant de beaucoup plus douce
que celle de la terre , l'impression du vent
et des vagues sur le Vaisseau , sera bien
moins préjudiciable avec les Ancres flotantes , qu'avec les Ancres ordinaires.
La seconde maniere d'augmenter le volume du Vaisseau , est aussi simple ; elle
consiste uniquement en une Vergue qu'on
attache par les bouts à une corde ; laquelle pour cet effet est divisée en deux
son extrêmité , et forme un triangle
avec la Vergue. Or la Vergue suivra le
Vaisseau en travers , et trouvera par conséquent de la résistance dans toute sa longueur. Cette Vergue doit être comme la
surface précedente , accompagnée d'un
poids suffisant pour l'attirer en bas lorsqu'elle cesse d'être traînée par le Vaisseau.
Ов
OCTOBRE. 1732 : 2163
On n'entrera point à presént dans plusieurs détails , qui contribueront à perfectionner le moyen qu'on propose. On les
expliquera dans la suite.
Les avantages de ces nouvelles opéra- tions seront tres- considérables ; car outre
le retardement du Sillage et le gouvernement du Vaisseau , qui se feront d'euxmêmes, à la faveur des nouvelles Ancres,
et sans que l'équipage ait besoin de travailler , ni même d'être exposé au mauvais temps sur le Tillac ; on peut dire
que le Capot sera tres- difficile , pour ne
rien dire de plus ; et qu'un Vaisseau sera
bien foible , s'il est brisé par les Vagues ;
étant si aisé de le tenir dans la situation la
plus avantageuse.
Je ne parle pas de la facilité de ces opérations , persuadé qu'on sent assez qu'un
Equipage qui n'auroit pas la force de les
faire , seroit peu en état de naviguer.
Le cas de Tempête ne sera pas le seul
où l'augmentation du volume inférieur
du Vaisseau sera utile. On fera voir
qu'il le sera en bien d'autres occasions importantes. Les Expériences qu'on a faites
quoiqu'en petit ) rendent tout ce qu'on
vient de dire , tres-sensible.
L'Auteur de ce Mémoire, prétend qu'on
pourra par les moyens qui y sont propo- sea
2164 MERCURE DE FRANCE
sez , prévenir beaucoup de Naufrages . qui seroient inévitables d'ailleurs. Il se flatte
que la proposition qu'il fit l'année derniere , de rendre la Navigation plus sûre
et plus facile , ne sera plus regardée , comme elle l'a été jusqu'icy , et qu'on pren
dra ce qu'il donne aujourd'hui pour une
preuve suffisante de la premiere Partie de
sa proposition. A l'égard de l'autre Par
tie qui a la facilité de la Navigation pour
objet ; en attendant la maniere , dont l
premiere sera reçue. Il ne craint point d'a
vancer qu'il mettra les chofes aú poing
que le moindre Pilote fera en état de dé.
cider une question qui embarrasseroit le
plus habiles du métier , et cela sans une
grande étude , ni même beaucoup d'ap
plication. Dès la premiere explication i!
sera en état de décider , sans crainte de se
tromper. La proposition est un peu forte
aussi ne l'ai-je voulu faire , dit il , qu'après avoir donné de nouvelles preuves de suffisance. Ainsi sans retracter rien de c
que j'ai avancé , je crois pouvoir dire que
sans avoir trouvé les longitudes , je dônnerai des moyens qui feront un effet fort
approchant. Je ferai voir , par exemple ,
que la grande difference qui se trouve
dans la route de plusieurs Pilotes également habiles , ne vient que des courans.
Le
OCTOBRE. 1732. 2169
Le remede à cette erreur sera un moyen
de connoître les courans que je donnerai,
Le moyen sera de pratique , je n'en proposerai jamais d'autre ; je donnerai ure
maniete de mesurer le Sillage bien plus
exacte et même plus facile que toutes celles dont on s'est servi jusqu'à aujourd'hui;
en un mot , sans parler de bien d'autres
choses de moindre conséquence , j'espere que le public n'aura pas moins lieu
d'être content des moyens que je donnerai pour la facilité de la Navigation , que
je crois qu'il le sera de ceux que je donne
aujourd'hui,
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Résumé : METHODE pour gouverner un Vaisseau, et pour en retarder le Sillage dans une Mer qui n'a point de fond.
Le texte aborde des techniques pour gouverner un vaisseau et retarder son sillage dans une mer sans fond. La navigation est facilitée en augmentant le volume supérieur du vaisseau et en diminuant le volume inférieur. Pour retarder le sillage, il est recommandé de réduire le volume hors de l'eau et d'augmenter celui immergé. L'accent est mis sur l'importance d'accroître le volume inférieur du vaisseau, ce qui peut être réalisé par diverses méthodes. Deux approches spécifiques sont proposées pour augmenter le volume inférieur. La première méthode consiste à attacher une voile à un câble chargé d'un poids. Cette voile retarde le mouvement du vaisseau et le gouverne en résistant au vent. La seconde méthode utilise une vergue attachée à une corde, formant un triangle, qui offre une résistance sur toute sa longueur. Ces méthodes présentent plusieurs avantages, notamment le retardement du sillage et le gouvernement du vaisseau sans effort supplémentaire de l'équipage. Elles sont simples, économiques et efficaces, même en cas de tempête. Le texte souligne également leur utilité pour prévenir les naufrages et améliorer la sécurité et la facilité de la navigation. L'auteur mentionne qu'il pourra fournir des moyens pratiques pour connaître les courants et mesurer le sillage avec précision.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9124
p. 2165-2166
SONNET sur les Bouts-rimez, proposez dans le Mercure de May.
Début :
Les Suppôts de Bacchus ne parlent que de Boire, [...]
Mots clefs :
Boire, Butin, Foire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET sur les Bouts-rimez, proposez dans le Mercure de May.
SONNET sur les Bouts - rimez
proposez dans le Mercure de May.
Es Suppôts de Bacchus ne parlent que de Boire
Le Corsaire Phorbas ne pense qu'au Busin
Le suberbe Pedant ne dit que du Latin,
Le jargon du Marchand n'est que commerce et Foire.
Damon qui n'a rien vû que les bords de la Loire ,
moins qued'emprunter le secours d'un Latin ,
Ne
2166 MERCURE DE FRANCE
Nesçauroit discourir , si ce n'est de Satin ,
De Moire , de Tabis , ou de Pomme et de Poire.
Tour moi qui fais des Vers, un mystique Rabot,
M'a dressé , m'a poli lors que j'étois
Mais le temps écoulé m'a fait devenir
Nabot ,
Souche ;
Cependant jusqu'icy j'ai conduit mon Bateau,
Et quand dans ce Sonnet j'aurai mis un Ruisseau
S'il n'est droit à vos yeux , c'est que vous êtes
Louche.
proposez dans le Mercure de May.
Es Suppôts de Bacchus ne parlent que de Boire
Le Corsaire Phorbas ne pense qu'au Busin
Le suberbe Pedant ne dit que du Latin,
Le jargon du Marchand n'est que commerce et Foire.
Damon qui n'a rien vû que les bords de la Loire ,
moins qued'emprunter le secours d'un Latin ,
Ne
2166 MERCURE DE FRANCE
Nesçauroit discourir , si ce n'est de Satin ,
De Moire , de Tabis , ou de Pomme et de Poire.
Tour moi qui fais des Vers, un mystique Rabot,
M'a dressé , m'a poli lors que j'étois
Mais le temps écoulé m'a fait devenir
Nabot ,
Souche ;
Cependant jusqu'icy j'ai conduit mon Bateau,
Et quand dans ce Sonnet j'aurai mis un Ruisseau
S'il n'est droit à vos yeux , c'est que vous êtes
Louche.
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Résumé : SONNET sur les Bouts-rimez, proposez dans le Mercure de May.
Le sonnet 'SONNET sur les Bouts - rimez' décrit des personnages obsédés par leurs passions : les suppôts de Bacchus par la boisson, Phorbas par son métier de corsaire, le pédant par le latin, et le marchand par le commerce. Damon, familier des bords de la Loire, parle de satin, moire, tabis, pommes ou poires. L'auteur se compare à un bateau formé et poli par un mystique rabot, mais réduit à une souche par le temps. Il conclut que si son sonnet ne plaît pas, c'est que le lecteur est louche.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9125
p. 2166-2170
LETTRE d'un Chirurgien de Soissons, à M. FOUBERT, Maître Chirurgien de Paris, sur l'Opération de la Taille.
Début :
Vous connoissez sans doute, Monsieur, une Lettre de M. Morand, [...]
Mots clefs :
Opération de la taille, Méthode, M. Cheselden, Chirurgien, Malade, M. Morand, Guérisons, Académie de Saint Côme, Lithotomie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE d'un Chirurgien de Soissons, à M. FOUBERT, Maître Chirurgien de Paris, sur l'Opération de la Taille.
LETTRE d'un Chirurgien de Soissons,
à M. FOUBERT, Maître Chirurgien
de Paris , sur l'Opération de la Taille.
V
Ous connoissez sans doute , Monsieur , une Lettre de M. Morand
Chirurgien de Paris , insérée dans le Mercure d'Aoust , et qui contient le détail de
quelques Tailles faites selon la Méthode
de M. Cheselden. J'ai appris avec étonnement par cette Lettre , que vous aviez
fait deux Tailles , selon la Méthode Angloise , ou du moins avec si peu de changemens , que M. Morand se croit en droit
de rapporter à la Méthode de M. Cheselden , le succès de vos Opérations.
Seroit
OCTOBRE. 1732. 2167
Seroit-il donc vrai , Monsieur , que
vous auriez abandonné la Méthode dont
je vous ai cru l'inventeur , et queje vous
vis pratiquer icy il y a quelques mois ?
Au premier coup d'œil elle me parut
pour le manuel entierement differente
de celle de M. Ch selden; mais vous eûtes
la bonté de me faire connoître que le lieu
de l'incision la rendoit encore plus diffé
rente ; en effet , vous incisicz , si je ne me
trompe, le corps même de la Vessie , au
dessus des Prostates ; et au contraire , M.
Cheselden , dans son Opération , coupe le
col de la Vessie , la Prostate et le com-"
mencement de l'Uretre.
Ces deux Opérations sont si differentes
que je ne puis me persuader que M. Morand les ait regardées comme semblables;
mandez moi donc , je vous supplie , ce
qui vous détermine à quitter votre ancienne façon d'opérer.
Au reste , le malade que je vous ai vû
tailler se trouve parfaitement guéri ; mais
c'est moins sur ce succès que sur les raisons que vous me donnâtes dans le tems
que j'ai jugé de la bonté de votre opération.
Je vous avouerai que l'argument qu'on
voudroit tirer d'un grand nombre de guérisons faites par une méthode , est , à
mon
2168 MERCURE DE FRANCE
mon avis , l'argument le moins décisif
qu'on puisse employer pour prouver que
cette Méthode mérite la préference sur
toutes les autres.
Pour qu'on pût décider de l'excellence
d'une Méthode , sur ce qu'elle auroit
operé des guérisons plus nombreuses , il
faudroit que le concours des circonstances se fut trouvé précisement le même .
dans les opérations faites selon les unes et
les autres Méthodes , ce qui est moralement impossible ; aussi arrive- t'il souvent
qu'après la guérison , une cicatrice cache
aux yeux des plus habiles gens , les fautes
qui ont peut-être été commises dans une
opération ; lors qu'au contraire on trouve
quelquefois dans l'ouverture du cadavre
de quoi justifier pleinement et l'Operareur et la Methode qu'on a suivie.
Les illustres Lithotomistes que vous
possedez à Paris , sentent bien, à ce qu'il
paroît , Monsieur , le peu de fondement
qu'on doit faire sur les listes semblables
àcelles que produit M. Morand: sans cela
nous verrions les nouvelles publiques
remplies de leurs promesses. Mais si les
listes dont il s'agit font peu d'impression
sur l'esprit des gens éclairés , ou de ceux
qui libres de préjugés et d'interêts , cherchent sincerement la verité , elles servent
du
OCTOBRE. 1732. 2169
du moins à faire observer avec attention
ceux qui les fournissent.
Pour moi , j'approuve beaucoup les efforts qu'on fait pour se rendre habile ;
mais je voudrois que le bien general' n'en
souffrit jamais ; cependant rien ne me paroît plus dangereux que de prévenir le
Public en faveur d'une opération à laquelle il ne doit néanmoins donner sa
confiance que lorsque les gens les plus
fameux dans l'Art l'auront approuvée.
Donner avec appareil dans le Mercure des
listes de guérisons , ce n'est pas sculement
vouloir remettre au Public la décision
d'une question sur laquelle il ne peut ju
ger; c'est presque , j'ose le dire , le séduire , en lui présentant l'état de la question dans un point de vûë tout different
de celui dans lequel il conviendroit de
l'envisager.
Les guérisons que M. Morand publie ,
sont des faits qu'il n'est peut- être pas
inutile de conserver ; j'en conviens avec
vous , Monsieur , mais je pense qu'il eut
encore mieux valu les laisser dans l'oubli
que de les divulguer sans mettre le Public en garde contre l'abus qu'il en peut
faire. Pourquoi ne se pas contenter d'annoncer ces cures aux gens de la Profession ? Votre Académie de S. Côme ne
D de-
2170 MERCURE DE FRANCE
devoit-elle point naturellement en être
la dépositaire , elle de qui le Public attend la perfection de la Lithotomie, comme celle de toutes les autres opérations
de Chirurgie. J'ai l'honneur d'être , &c.
F. J.
A Soissons , le 14 Septembre 1732
à M. FOUBERT, Maître Chirurgien
de Paris , sur l'Opération de la Taille.
V
Ous connoissez sans doute , Monsieur , une Lettre de M. Morand
Chirurgien de Paris , insérée dans le Mercure d'Aoust , et qui contient le détail de
quelques Tailles faites selon la Méthode
de M. Cheselden. J'ai appris avec étonnement par cette Lettre , que vous aviez
fait deux Tailles , selon la Méthode Angloise , ou du moins avec si peu de changemens , que M. Morand se croit en droit
de rapporter à la Méthode de M. Cheselden , le succès de vos Opérations.
Seroit
OCTOBRE. 1732. 2167
Seroit-il donc vrai , Monsieur , que
vous auriez abandonné la Méthode dont
je vous ai cru l'inventeur , et queje vous
vis pratiquer icy il y a quelques mois ?
Au premier coup d'œil elle me parut
pour le manuel entierement differente
de celle de M. Ch selden; mais vous eûtes
la bonté de me faire connoître que le lieu
de l'incision la rendoit encore plus diffé
rente ; en effet , vous incisicz , si je ne me
trompe, le corps même de la Vessie , au
dessus des Prostates ; et au contraire , M.
Cheselden , dans son Opération , coupe le
col de la Vessie , la Prostate et le com-"
mencement de l'Uretre.
Ces deux Opérations sont si differentes
que je ne puis me persuader que M. Morand les ait regardées comme semblables;
mandez moi donc , je vous supplie , ce
qui vous détermine à quitter votre ancienne façon d'opérer.
Au reste , le malade que je vous ai vû
tailler se trouve parfaitement guéri ; mais
c'est moins sur ce succès que sur les raisons que vous me donnâtes dans le tems
que j'ai jugé de la bonté de votre opération.
Je vous avouerai que l'argument qu'on
voudroit tirer d'un grand nombre de guérisons faites par une méthode , est , à
mon
2168 MERCURE DE FRANCE
mon avis , l'argument le moins décisif
qu'on puisse employer pour prouver que
cette Méthode mérite la préference sur
toutes les autres.
Pour qu'on pût décider de l'excellence
d'une Méthode , sur ce qu'elle auroit
operé des guérisons plus nombreuses , il
faudroit que le concours des circonstances se fut trouvé précisement le même .
dans les opérations faites selon les unes et
les autres Méthodes , ce qui est moralement impossible ; aussi arrive- t'il souvent
qu'après la guérison , une cicatrice cache
aux yeux des plus habiles gens , les fautes
qui ont peut-être été commises dans une
opération ; lors qu'au contraire on trouve
quelquefois dans l'ouverture du cadavre
de quoi justifier pleinement et l'Operareur et la Methode qu'on a suivie.
Les illustres Lithotomistes que vous
possedez à Paris , sentent bien, à ce qu'il
paroît , Monsieur , le peu de fondement
qu'on doit faire sur les listes semblables
àcelles que produit M. Morand: sans cela
nous verrions les nouvelles publiques
remplies de leurs promesses. Mais si les
listes dont il s'agit font peu d'impression
sur l'esprit des gens éclairés , ou de ceux
qui libres de préjugés et d'interêts , cherchent sincerement la verité , elles servent
du
OCTOBRE. 1732. 2169
du moins à faire observer avec attention
ceux qui les fournissent.
Pour moi , j'approuve beaucoup les efforts qu'on fait pour se rendre habile ;
mais je voudrois que le bien general' n'en
souffrit jamais ; cependant rien ne me paroît plus dangereux que de prévenir le
Public en faveur d'une opération à laquelle il ne doit néanmoins donner sa
confiance que lorsque les gens les plus
fameux dans l'Art l'auront approuvée.
Donner avec appareil dans le Mercure des
listes de guérisons , ce n'est pas sculement
vouloir remettre au Public la décision
d'une question sur laquelle il ne peut ju
ger; c'est presque , j'ose le dire , le séduire , en lui présentant l'état de la question dans un point de vûë tout different
de celui dans lequel il conviendroit de
l'envisager.
Les guérisons que M. Morand publie ,
sont des faits qu'il n'est peut- être pas
inutile de conserver ; j'en conviens avec
vous , Monsieur , mais je pense qu'il eut
encore mieux valu les laisser dans l'oubli
que de les divulguer sans mettre le Public en garde contre l'abus qu'il en peut
faire. Pourquoi ne se pas contenter d'annoncer ces cures aux gens de la Profession ? Votre Académie de S. Côme ne
D de-
2170 MERCURE DE FRANCE
devoit-elle point naturellement en être
la dépositaire , elle de qui le Public attend la perfection de la Lithotomie, comme celle de toutes les autres opérations
de Chirurgie. J'ai l'honneur d'être , &c.
F. J.
A Soissons , le 14 Septembre 1732
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Résumé : LETTRE d'un Chirurgien de Soissons, à M. FOUBERT, Maître Chirurgien de Paris, sur l'Opération de la Taille.
Le chirurgien de Soissons adresse une lettre à M. Foubert, maître chirurgien de Paris, pour discuter de la méthode de l'opération de la taille. Il fait référence à une lettre de M. Morand, publiée dans le Mercure d'août, qui décrit des opérations effectuées selon la méthode de M. Cheselden. Le chirurgien de Soissons exprime sa surprise que M. Foubert ait adopté cette méthode, alors qu'il avait auparavant pratiqué une technique différente, jugée plus efficace. Le chirurgien de Soissons distingue les deux méthodes : M. Foubert incise le corps de la vessie au-dessus des prostates, tandis que M. Cheselden coupe le col de la vessie, la prostate et le début de l'urètre. Il demande à M. Foubert les raisons de ce changement de méthode. Il critique l'argument des guérisons nombreuses pour prouver l'excellence d'une méthode, soulignant que les circonstances des opérations ne sont jamais identiques. Il approuve les efforts pour améliorer les compétences, mais met en garde contre la divulgation prématurée de nouvelles méthodes au public. Il suggère que les décisions concernant les méthodes chirurgicales doivent être validées par les experts de la profession. Il estime que les guérisons publiées par M. Morand auraient dû être partagées uniquement avec les professionnels de la santé.
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9126
p. 2170-2171
RÉPONSE de M. Foubert, Maître Chirurgien de Paris, à M. F. J.
Début :
Vous êtes surpris, Monsieur, de me voir dans le Mercure du mois [...]
Mots clefs :
Opération de la taille, Lithotomistes, M. Cheselden, M. Morand
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texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE de M. Foubert, Maître Chirurgien de Paris, à M. F. J.
REPONSE de M. Foubert , Maître
Chirurgien de Paris , à M. F. J.
V
Ous êtes surpris , Monsieur , de me
voir dans le Mercure du mois
d'Août , au nombre des Lithotomistes
qui suivent la Méthode de M. Cheselden.
J'en ai été aussi étonné que vous , nonseulement parce que je n'avois pas prié
M. Morand de m'annoncer au Public
mais encore parce qu'il y a une trèsgrande difference entre la Méthode qu'il
suit , et celle que je pratique. J'ai cu
l'honneur de présenter à l'Académie
de Chirurgie un Mémoire qui ne
permet pas à M. Morand d'ignorer
la Méthode dont je suis l'Auteur , Il doit
›
y avoir vû que pour faire l'Opération de
la Taille , je n'ouvre que le corps de la
vessie entre le col et la vesicule seminale
gauche , et que je n'endommage point
les
OCTOBRE. 1732. 2171
les parties qu'il coupe par l'opération
Angloise , sçavoir l'uretre , la prostate
le col , le sphincter de la vessie , &c. Il
connoît mes instrumens , il sçait que je
ne me sers que d'un trois- cart crenellé ,
sur lequel je dirige un coûteau fort different de celui de M. Cheselden , sans avoir
besoin de sonde dans l'uretre , ni d'un
homme extrêmement adroit pour la tenir.
›
Depuis deux ans je n'ai point eu d'autre façon d'opérer , et jamais je n'ai fait '
sur les vivans l'opération de M. Che
selden.
Du reste Monsieur vos refléxions
me paroissent très-judicieuses , et je vous
prie de croire que le succès de mes opérations , n'eût jamais été annoncé en cette
maniere , si M. Morand ne l'eût fait sans
mon aveu , croyant sans doute m'obliger. Je suis très - parfaitement , Monsieur , &c.
AParis, ce 20 Septembre 1732.
Chirurgien de Paris , à M. F. J.
V
Ous êtes surpris , Monsieur , de me
voir dans le Mercure du mois
d'Août , au nombre des Lithotomistes
qui suivent la Méthode de M. Cheselden.
J'en ai été aussi étonné que vous , nonseulement parce que je n'avois pas prié
M. Morand de m'annoncer au Public
mais encore parce qu'il y a une trèsgrande difference entre la Méthode qu'il
suit , et celle que je pratique. J'ai cu
l'honneur de présenter à l'Académie
de Chirurgie un Mémoire qui ne
permet pas à M. Morand d'ignorer
la Méthode dont je suis l'Auteur , Il doit
›
y avoir vû que pour faire l'Opération de
la Taille , je n'ouvre que le corps de la
vessie entre le col et la vesicule seminale
gauche , et que je n'endommage point
les
OCTOBRE. 1732. 2171
les parties qu'il coupe par l'opération
Angloise , sçavoir l'uretre , la prostate
le col , le sphincter de la vessie , &c. Il
connoît mes instrumens , il sçait que je
ne me sers que d'un trois- cart crenellé ,
sur lequel je dirige un coûteau fort different de celui de M. Cheselden , sans avoir
besoin de sonde dans l'uretre , ni d'un
homme extrêmement adroit pour la tenir.
›
Depuis deux ans je n'ai point eu d'autre façon d'opérer , et jamais je n'ai fait '
sur les vivans l'opération de M. Che
selden.
Du reste Monsieur vos refléxions
me paroissent très-judicieuses , et je vous
prie de croire que le succès de mes opérations , n'eût jamais été annoncé en cette
maniere , si M. Morand ne l'eût fait sans
mon aveu , croyant sans doute m'obliger. Je suis très - parfaitement , Monsieur , &c.
AParis, ce 20 Septembre 1732.
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Résumé : RÉPONSE de M. Foubert, Maître Chirurgien de Paris, à M. F. J.
M. Foubert, chirurgien à Paris, a répondu à M. F. J. concernant une publication dans le Mercure d'août 1732 qui le mentionnait parmi les lithotomistes utilisant la méthode de M. Cheselden. Foubert a exprimé sa surprise, car il n'avait pas demandé à M. Morand de l'annoncer au public. Il a souligné une différence majeure entre la méthode de Morand et la sienne. Foubert a présenté un mémoire à l'Académie de Chirurgie détaillant sa méthode, qui consiste à ouvrir uniquement le corps de la vessie entre le col et la vésicule séminale gauche, évitant ainsi d'endommager l'urètre, la prostate, le col et le sphincter de la vessie. Il utilise un instrument spécifique, un trois-cart crenellé, et un couteau différent de celui de Cheselden, sans nécessiter de sonde dans l'urètre ni d'homme adroit pour la tenir. Depuis deux ans, Foubert n'a pratiqué que sa propre méthode et n'a jamais effectué l'opération de Cheselden sur des vivants. Il reconnaît la justesse des réflexions de M. F. J. et regrette que le succès de ses opérations ait été annoncé sans son aval, bien que Morand ait probablement agi avec de bonnes intentions.
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9127
p. 2172-2173
A M. Nericault Destouches.
Début :
De nos jours, aimable Terence, [...]
Mots clefs :
Coeur, Art, Plaisir, Scène, Traits, Orgueil
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texteReconnaissance textuelle : A M. Nericault Destouches.
A M. Nericault Destouches.
E nos jours,aimable Terence ,
Jouis des applaudissemens ,
Dont le bon goût qui reste en France ,
Et que tu fais revivre, honore tes talens.
Ton Art , ami de la Nature ,
Donne de l'ame à ses portraits ,
Et par une heureuse imposture
De la réalité la feinte a tous les traits.
J'admire dans chaque partie
Ce qui me charme dans le tout ;
La Scene à la Scene assortie
De plaisirs en plaisirs me conduit jusqu'au bout.
Le Philosophe m'interesse ,
La Coquette me divertit ,
Mélite surprend ma tendresse ,
Et je pleure et je ris quand l'Oncle s'attendrit.
La noblesse des caracteres
Me charme dans le Glorieux ;
Com
OCTOBRE. 1732 2173
Combien de mouvemens contraires
Agitent tour à tour son cœur impérieux.
L'orgueil , ce vice détestable ,
Malgré lui se voit confondu ,
9
Que la sœur du Comte est aimable !
Son cœur répare bien tout ce qu'elle a perdu
Par tout, d'ingénieux contrastes
Naissent sous ta féconde main ;
Tu sçais mieux que les Teophrastes ,
Déployer avec art le fond du cœur humain.
Tu découvres de nos caprices
Jusques aux traits les moins connus ;
Ton esprit sçait peindre les vices ,
Et ton cœur sans effort exprime les vertus.
En vain l'envieuse Critique
Maigrit et séche de dépit ,
Lors
Laisse gronder ce monstre étique
que pour te venger tout Paris t'aplaudit.
G. D. V.
E nos jours,aimable Terence ,
Jouis des applaudissemens ,
Dont le bon goût qui reste en France ,
Et que tu fais revivre, honore tes talens.
Ton Art , ami de la Nature ,
Donne de l'ame à ses portraits ,
Et par une heureuse imposture
De la réalité la feinte a tous les traits.
J'admire dans chaque partie
Ce qui me charme dans le tout ;
La Scene à la Scene assortie
De plaisirs en plaisirs me conduit jusqu'au bout.
Le Philosophe m'interesse ,
La Coquette me divertit ,
Mélite surprend ma tendresse ,
Et je pleure et je ris quand l'Oncle s'attendrit.
La noblesse des caracteres
Me charme dans le Glorieux ;
Com
OCTOBRE. 1732 2173
Combien de mouvemens contraires
Agitent tour à tour son cœur impérieux.
L'orgueil , ce vice détestable ,
Malgré lui se voit confondu ,
9
Que la sœur du Comte est aimable !
Son cœur répare bien tout ce qu'elle a perdu
Par tout, d'ingénieux contrastes
Naissent sous ta féconde main ;
Tu sçais mieux que les Teophrastes ,
Déployer avec art le fond du cœur humain.
Tu découvres de nos caprices
Jusques aux traits les moins connus ;
Ton esprit sçait peindre les vices ,
Et ton cœur sans effort exprime les vertus.
En vain l'envieuse Critique
Maigrit et séche de dépit ,
Lors
Laisse gronder ce monstre étique
que pour te venger tout Paris t'aplaudit.
G. D. V.
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Résumé : A M. Nericault Destouches.
L'auteur adresse une lettre à M. Nericault Destouches, le comparant à Terence, un dramaturge célèbre. Il exprime son admiration pour les œuvres de Destouches, soulignant leur fidélité à la nature et leur capacité à donner de l'âme aux portraits. Chaque scène suscite divers sentiments, allant de l'intérêt philosophique au divertissement, en passant par la tendresse et la joie. Les personnages, tels que le Philosophe, la Coquette, Mélite et l'Oncle, sont appréciés pour leur authenticité et leur capacité à émouvoir. Le texte loue également la noblesse des caractères et les contrastes ingénieux présents dans les œuvres de Destouches. L'auteur admire la capacité de Destouches à révéler les caprices humains et à peindre les vices tout en exprimant les vertus. Enfin, il mentionne que la critique envieuse ne peut nuire à la popularité de Destouches, car tout Paris l'applaudit.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9128
p. 2174-2187
QUATRIEME Lettre écrite par M. D. L. R. à M- le Marquis de B. au sujet de la conquête d'Oran, &c.
Début :
Il me reste, Monsieur, peu de chose à vous dire au sujet de la Conquête d'Oran en elle-même. [...]
Mots clefs :
Conquête d'Oran, Commerce, Pirates, Prince Maure, Troupes, Alger, Nonce d'Espagne, Rome, André Doria, Gloire
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texteReconnaissance textuelle : QUATRIEME Lettre écrite par M. D. L. R. à M- le Marquis de B. au sujet de la conquête d'Oran, &c.
QUATRIEME Lettre écrite par M. D.
L. R. à M-le Marquis de B. au sujet de
la conquête d'Oran , &c.
Idire au sujet de la Conquête d'Oran en elle- L me reste , Monsieur , peu de chose à vous
même. C'est une affaire heureusement copsommée par rapport au principal objet de larement et de l'Expédition. Sçavoir la prise de deux
Places importantes , qui assûrent la Navigation
et le Commerce dans une partie de la Mer Méditerrannée , contre les courses des Pyrates, Maures , et qui font aussi la sûreté des côtes d'Espagne très- peu éloignées de celles de Barbarie ; outre que la Religion et la Couronne d'Espagne rentrent par là dans leur ancienne possession. IL
est vrai , Monsieur , que par ma derniere Lettre
vous vous attendez d'apprendre de nouveaux
progrez des Armes de S. M. C. en Affrique. En
effet , le Comte de Montemar , après avoir sou
mis beaucoup de Païs aux environs , avoit fait ,
comme je vous l'ai mandé, un détachement considérable d'Infanterie et de Cavalerie , commandé par le Marquis de Villa - Darias , pour aller
faire le Siége de Mostagran , Ville située à l'em- bouchure de la Riviere de Chilef , à IS lieuës
d'Oran , du côté d'Alger ; à laquelle embouchure il avoit envoyé des Vaisseaux de Guerre et des
Galleres pour ' attaquer en même- temps la Place
par Mer. Mais les Vents contraires ayant empêché pendant plusieurs jours l'Escadre d'avancer , temps dont les ennemis ont sçu profiter
pour
OCTOBRE. 1732. 2175
pour se fortifier et pour recevoir des secours , le
Comte de Montemar envoya ordre au Marquis
de Villa- Darias de revenir au Camp avec ses
Troupes, remettant cette Expédition à une con- joncture plus favorable.
Depuis , ce General ayant reçu du Roy d'Espagne des Ordres précis de faire rembarquer toutes les Troupes , à l'exception de ce qui doit
composer les Garnisons des Places conquises , il
y a satisfait , et on a eu avis que la Flote et tous
les Bâtimens de transport étoient heureusement
arrivez dans les Ports d'Espagne. Le Comte de
Montemar s'est ensuite embarqué lui- même
venir rendre compte au Roy du succès de l'Expédition. On apprend qu'il est arrivé à la Cour le 17 d'Aoust que S. M. l'avoit fait Chevalier
de la Toison d'or , ainsi que Don Joseph Pathino , et qu'elle avoit honoré le Comte d'un
accueil des plus favorables.
pour
Pour ce qui regarde le Prince Maure, dont toutes les Nouvelles publiques ont parlé , qui offroit
la jonction de ses Troupes , pour réduire une
grande étendue de Païs , de donner son Fils en
Otage , &c. et qu'on attendoit même à Madrid ,
je n'en ai encore rien appris que je puisse vous donner pour certain. Mais la chose est
très-vraisemblable , et il n'est pas nouveau que
des Princes Mautes ayent recherché l'alliance des
Rois d'Espagne. Pour ne point sortir du sujet ni du Pays d'Oran , je vous dirai , Monsieur
ce que l'Histoire m'apprend à cet égard.
pour
A peine le Cardinal Ximenés étoit repassé en
Espagne , de retour de sa conquête , qu'il arriva
à la Cour des Ambassadeurs faire des propositions de la part du Roi de Tremesen ,
quelques moindres Princes de la Mautitanic , ofDiiij frant
et de
9
2176 MERCURE DE FRANCE
frant de rendre tous les Esclaves Chrétiens , de
payer même un tribut à laCouronne d'Epagne , en
faisant de grandes instances pour l'ouverture du commerce entre Oran et les Etats de ces Princes.
Ces Ambassadeurs , entr'autres choses , présenterent au Roi dix des plus beaux chevaux du pays,
magnifiquement harnachez , dix Faucons tout
dressez , de riches tapis , et un Lion apprivoisé
d'une grandeur et d'une beauté extraordinaire.
Je ne doute pas , Monsieur , qu'à mesure que
le Roi d'Espagne s'affermira dans sa nouvelle
conquête , et que ses Armes auront du progrès
dans le pays , les Puissances voisines ne tiennent
une pareille conduite.
Vous avez sçû , sans doute , que l'allarme a
été grande à Alger avant même la prise d'Oran ,
qui faisoit partie de cette Régence ; Alger , dis- je,
Ville si fiere , si bien munie , et si redoutable à la
Navigation , et au Commerce de la Chrétienté.
Aux seuls préparatifs de l'armement , la terreur
a été telle que les Algeriens avoient envoyé les
femmes , les enfans et leurs meilleurs effets dans
les Montagnes , et que la Régence avoit envoyé
une députation au Grand Seigneur pour deman- der du secours. Le Bailli de Vattan étant allé
dans le même tems à Alger avec l'Escadre des
Vaisseaux du Roi , qu'il commande , il a trouvé
les choses sur le pied que je viens de dire ; quelques Lettres ajoûtent que le Dey allarmé lui
avoit demandé si la France s'unissoit à l'Espagne
contre cette Régence , à quoi M. de Vattan
avoit répondu que quand le Roi son Maître auroit sujet de se plaindre d'elle il sçauroit la punir,
sans avoir besoin d'autré puissance que dela sienne.Veuille le Ciel humilier de plus en plus ces ennemis du Christianisme et du Genre humain. Et
puis-
OCTOBRE. 1732. 2177
puissent enfin les Vainqueurs d'Oran y faire
reporter ces fameuses Cloches qui en furent
' enlevées lors de la derniere invasion , et menées ,
pour ainsi dire , Captives à Alger.
D
Cependant vous ne sçauriez croire , Monsieur,
combien tout le Monde chrétien à été sensible
à l'heureux succès des Armes du Roi d'Espagne
à commencer par la capitale. Le Cardinal Ben
tivoglio , Ministre de cette Couronne à Rome
reçût l'heureuse nouvelle le 2.1 . Juillet , sans par- ler des dépêches du Nonce d'Espagne , qu'un autre Courrier apporta le même jour. Le Pape reçût cette nouvelle avec un excès de joye. S. S. en donna sur le champ des marques publiques Après
avoir fait l'éloge de la pieté et du zele de S. M. C.
elle assura le Cardinal B. qu'elle feroit tout ce
qui seroit en son pouvoir pour seconder ses
grands et ses pieux desseins. Le Pape résolut en
même-tems d'envoyer au Roi d'Espagne un Bref de félicitation , d'exhortation , &c. Le Cardinal
Alberoni partit quelques jours après pour Florence pour complimenter l'Infant Don Carlos sur cet évenement.
Ce Prince qui avoir reçu la même nouvelle le
20. se rendit d'abord à l'Église de l'Annonciade ,
où il fit chanter le Te Deum , en actions de gra
ces. Le Grand Duc le fit chanter dans l'Eglise
Métropolitaine de Florence..
* Ce sont les grandes Cloches que le C. Ximenés
fit fondrepour la principale Eglise d'Oran , qu'il nomma Notre- Dame de la Victoire. Les Maures
Les enleverent en l'année 1708. les porterent à Alger, et affecterent de les placer à une des Portes de
La Ville , où on les voit encore comme une espece de
triomphe sur les Chrétiens.. D Y
2178 MERCURE DE FRANCE
Je reviens à Rome , pour ajouter que le Pape
fit part au Sacré Collège de la prise d'Oran, &c.
dans un Consistoire particulier,tenu le 11 Aoust;
et le 13 , on commença par ordre de S. S. les ré
jouissances publiques. On sonna toutes les Cloches de la Ville , on tira le Canon du Château
S. Ange , et le soir il y eut des Feux et des Illuminations par toute la Ville. Le 15. Fête de l'Assomption, le Pape se rendit, en grand Cortege , à
l'Eglise de Sainte Marie Majeure , où S. S. tint
Chapelle Pontificale , à laquelle le Sacré Collége
assista. La Messe y fut célebrée par le Cardinal de
la Mirandole, Archiprêtre de cette Eglise, et aprèsla Messe on chanta le Te Deum à plusieurs
Chœurs de Musique. Il y eut un grand concours de personnes de distinction , et une affluance extraordinaire de Peuple. Le Château S. Ange
fit plusieurs décharges de toute son Artillerie.
Le Cardinal Bentivoglio avoit déja fait chanter le Te Deum solemnellement dans l'Eglise Nationnale des Espagnols , le 25 Juillet , jour de St
Jacques , auquel le Cardinal Belluga , Protecteur
des Affaires d'Espagne , celebra , avec beaucoup
de pompe , la Fête de cet Apôtre , Patron des
Espagnes.
-Je m'attens bien d'apprendre dans peu de jours:
que de pareilles actions de graces ont été renduës
dans Oran même , et que l'exercice de la vraie
Religion s'y fait actuellement dans les mêmes
Temples , dont le Mahométisme s'étoit emparé;
que les Livres d'Eglise y sont à la place de l'Alcoran et de la à Sunnah , et que la Foy pourroit
a C'est ainsi que les Mahometans appellent le Recueil des Faits et Dits de Mahomet , conservez
par tradition , &c. C'est comme la Miscnah des
Hebreux; la seconde Loy , la Loy Orale . c.
enfin
OCTOBRE. 1732. 2179
enfin penetrer delà dans le reste de cette Partie
de l'Affrique , où elle a été autrefois si floris- sante.
Vous me demanderez peut être , Monsieur , si
on n'a point rapporté parmi les dépouilles des
deux Places conquises , quelques Manuscrits de
Littérature Arabe? Cela se pourroit fort bien ;
les Sciences n'ont pas moins fleuri sous les Califes d'Affrique que sous ceux de l'Asie, et particu- lierement dans les Païs circonvoisins d'Oran, sur
tout après l'expulsion des Arabes de toute l'Espagne ; expulsion qui contribua beaucoup à faire
de cette Ville , l'une des plus grandes , des plus:
celebres et des plus riches Villes du Mahométisme,où se retirerent les Personnages les plus con- sidérables en tout genre.
Les Historiens Espagnols m'apprennent que
lorsque le Cardinal Ximenés fit son entrée solemnelle dans Alcala , après la Conquête d'Oran ; la
seconde chose qui parut dans son triomphe, après
plusieurs Chameaux , conduits par des Esclaves
chargez de Pieces d'or et d'Argent destinées pour
le Roy , ce fut une quantité de Livres Arabes d'Histoire , de Médecine , d'Astrologie , &c. qui
furent placez dans la Bibliotheque du Cardinal ,
lequel les laissa depuis à la Bibliotheque de l'Université d'Alcala , qu'il avoit fondée , où on les
voit encore aujourd'hui.
Ximenês n'a pas sans doute tout enlevé, et dans
Fespace d'environ 25 années qu'a duré la derniere invasion , il peut être entré dans Oran d'au
tres Manuscrits Arabes , curieux et utiles ; le
Païs des environs et sur tout la Ville de Trémé
sen , qui a fondé celle d'Oran , ne doivent pas em
être dépourvûs. Je connois deux Autheurs de réputation , originaires de cette même Ville , done D vi les:
3 MERCURE DE FRANCE
-
les Ouvrages sont fort estimez par les Bibliogra
phes Orientaux. Le premier est Assifeddin , Soliman Ben Ali , surnommé Telmessani ou de
Tremesen , Autheur d'un Scharh , ou Commentaire sur le Poeme du celebre Ebn * Faredh , intitulé , Taiiah. Ce Commentateur est mort l'an
690 de l'Hégire 1291. de J. C. L'autre Ecrivain
Arabe est Schamseddin , Mohammed Ben Amed,
Ebn Al Merousi , Marzouk , aussi surnommé
Talmessani, ou de Trémésen. Il est Autheur d'un
Livre , intitulé : AschrafAl Thoraf l'Almalek Al
Aschraf: C'est un Recueil de Eons Mots et de
Contes agréables , dédié à Malek Al Aschraf
Roy d'Egypte , avec un Traité de l'Egypte, dans
lequel l'Autheur prétend prouver que c'est le meilleur Pais de toute la Terre habitable Il mourut l'an 781. de l'H.gire ou l'an 1379. de notre
époque. Mais lais ons à l'illustre Gouverneur
d'Oran 1 soin de recueillir tout ce qui peut être
resté de bon dans le Païs , en fait d'Erudition
Arabe Il est plus en état que personne de le faire,
avec un juste discernement , et d'en enrichir un
jour la République des Lettres.
Vous me paroissez touché du mérite d'André
Doria , le Liberateur d'Oran , et content de la
Médaille de ce grand Homme , dont je vous ai
Scharfeddin Omar Ebn' Faredh , originaire
de Hamal , en Syrie , né au Caire l'an 577 de
l'Hegire , ou 1181. de J. C. fut l'un des plut Illus- tres Poëtes Arabes. Le Recueil de ses Poësies, sous le
nom de Divan , est tres- estimé , et a eu plusieurs
Commentateurs. Il composa le Taiiah , en faveur
des Sofis , espece de Religieux Musulmans qui
donnent dans la Mysticité , &c. Les Foësies de cet Autheur sont dans la Bibliotheque du Roy.. entre
1
OCTOBRE. 1732. 2181
entretenu dans ma derniere Lettre. Je puis bien
avoir fait quelque omission sur ce sujet , car , je
vous avoue , Monsieur , que ce n'est qu'en finissant cette Lettre , que j'étois pressé de faire partir, que j'ai sçu que Doria avoit eu un Historien,
et que cet Historien est le fameux Jesuite Sigonius , dont les Ouvrages , en grand nombre, sont
en réputation et ne se trouvent pas tous ensemble bien aisément. J'ai cependant eû le plaisir de
lire depuis dans cet Autheur la Vie a d'André
Doria , et d'avoir trouvé en lui un garant des
principales choses que je vous ai écrites sur ce
sujet.
de
Il en faut seulement excepter l'article de la
Statue , érigée par la République de Génes , en
l'honneur de Doria Elle est de Marbre blanc ,
selon mes Mémoires , et suivant le rapport
ceux qui l'ont vûë placée dans le Vestibule du
Palais où s'assemble le Sénat , et élevée sur un
Pié d'Estal , sur lequel est l'Inscription que j'ai
rapportée.
Aprendre littéralement le Narré de Sigonius,
qui rapporte tout du long le Decret du Sénat , la
Statue seroit de Bronze , et placée dans la grande Sale de ce Palais. Mais cela me paroît aisé a
concilier. Dans ce Decret , datté du mois d'Octobre 1578. le Sénat , après avoir fait un Előge magnifique de Doria , qui avoit, dit-il , rendu
la liberté à sa Patrie , &c . s'exprime ainsi , au su
a Cette Vie se trouve dans un des Volumes des
Oeuvres de Sigonius , intitulé : Caroli Sigonii ,
Historia de Rebus Bononiensibus , Libri VIII.
Ejusdem de vita ANDREE DORIE , Libri duo..
quibus accesserunt , &c. 1. vol. Fol. Francofurti ,
1603
jer
2182 MERCURE DE FRANCE
jet de la Statuë : Decrevit ut Andrea Doria Enea
Statua in magna Pratorii Aula , quoadfieri possit
ornatissima , cum ipsius nominis Inscriptione ponatur. Il est sans doute arrivé que dans l'exécution
de ce Décret , le Sénat , toujours le Maitre de ses
Décisions , ait , par des raisons qui nous sont inconnues , trouvé à propos de changer la matiere
et la situation de ce Monument , qui en effet se
trouve plus exposé à la vénération publique à
l'entrée du Palais , qu'il ne le seroit dans l'enté- rieur de ce Bâtiment. L'intention du Sénat est
toujours remplie , et l'Historien qui a écrit , et
qui est mort avant l'exécution , n'a point de
tort.
à
Je n'ai pû trouver, au reste , dans cet Historien, ni dans aucun autre Ecrivain le nom et la famille
de l'Epouse d'André Doria , dont le même Historien éleve si fort le rare génie et le mérite superieur, dont il fait, en un mot , une Héroïne , laquelle l'Empereur Charles V. voulut rendre visite en passant par Génes et qui donna à ce Prince des Conseils admirables , &c Je ne comprens pas trop cette omission de la part de Sigonius, d'ailleurs si exacts qu'en nommant la Mere
de Doria , il nous fait entendre qu'elle étoit de la
même Maison que son Epoux. J'ai aussi appris de cet Autheur que la Principauté de Melphe , donnée par Charles V. à Doria , et généreusement refusée d'abord, est située
dans le Royaume de Naples , relevant de cette.
Couronne. Elle Y avoit été réunie par la défection , ou la félonie de Jean Carracioli , Prince de
Melphe. Vous avez vû , Monsieur , dans ma derniere
Lettre , que le fameux Pyrate Dragut , pris par char- les Galeres de Doria , fut amené à Génes ,
gé
OCTOBRE. 1732. 218
é de chaînes , &c. Sigonius décrit élégamment
Phumanité et la générosité exercée par A. Doria
envers ce Captif , que je crois plus que jamais ,
après cette lecture , être representé sur le Revers
de notre Médaille , et non pas Barbarousse, com
me je l'avois d'abord pensé. Ce Captif , dis- je ,
homme féroce et barbare , s'il en fut jamais , est
bien connu sur ce pied-là par Doria Norat enim feros illius. moreş , et immanem naturam , dit notre Historien. Je crois que vous le reconnoîtrez à
ces traits sur la Médaille même , tant l'habileté
du Graveur a été grande àexprimer tout cela, par son Burin.
Rien,au reste, n'est plus pathétique et plus moral que le Discours de Doria fait à Dragut en le mettant en liberté. Il mérite d'être lû dans cet
Autheur: Morale et Eloquence perduës! les monstres ne s'apprivoisent presque jamais. Vous sçavez de quelle ingratitude Dragut paya dans la
suite son Libérateur, qui pensa être la Dupe d'une
générosité sans exemple.
J'apprens encore dans le même Livre , que les
Génois avoient fait Doria leur Généralissime de
Terre et de Mer. C'est la matiere du 38 Chap.
du onzième Livre , intitulé : De Maritimo ac
Terrestri Imperio ei à Genuensib, delato.
Je trouve enfin une circonstance singuliere dans
le 43 et dernier Chapitre , qui donne une grande idée de l'attachement et de la reconnoissance
de ce General , pour l'Empereur Charles V. en
ordonnant par l'Acte solemnel de ses dernieres
volontez, qu'on mit avec lui dans son Tombeau
Les Lettres de ce Prince par lesquelles il l'avoit
créé Chevalier de la Toison d'or.
Une autre circonstance non moins singuliere ,
que j'ai tirée d'un Mémoire particulier, venu de- puis
2184 MERCURE DE FRANCE
puis peu de Génes , c'est qu'André Doria , né
pour ainsi dire , pour les Armes et pour les Exploits Guerriers, ne porta jamais d'Epée ni de Poignard ; il disoit sur cela que toute sa force êtoit dans sa tête et dans l'amour de ses Concitoyens. Ne vous semble-t -il pas, Monsieur , être
transporté dans les meilleurs temps de la Republique Romaine , et voir revivre les Fabius , les
Lucullus , les Catons , dans ce grand Personnage ?
Finissons par un court Eloge , consacré à sa
Mémoire , et composé à Génes , en 158 6. à l'occasion de la Statue dont nous avons déja parlé ,
par l'Editeur de Sigonius :
Hic tamferventi Patria flagravit amore ,
Illius ut chara pro libertate tuenda
Horribiles Regum non formidaverit iras ,
Hic quoque cum Patria Regno , Sceptroquepotiri
Posset et aurata frontem redimire corona ,
Contempsit Regni fastus , nomenque Tyranni.
Huic maris Imperium vasti , sævumque tridentem
Neptunus , Pelagique leves concessit habenas :
Quin etiam aratis premerit cum classibus &quor,
Haud Pauci impavidi admirantes pectoris ausa.
Neptunum , aut sacro Neptuni è sanguine cretum
Mortalesque Deum vultus sumpsisse putarunt.
Hoc certum est , nullas Neptunum amplectier oras
Quá non ille simulfama penetrarit et armis,
Je finirois ici ma Lettre , Monsieur , si par vo
tre Réponse à ma précedente , je n'étois pas obligé
OCTOBRE. 1732. 2185
gé de revenir à Oran , pour vous dire en trèspeu de mots, qu'après quelques recherches je n'ai
rien trouvé qui autorise ce que Davity * en a dit,
sçavoir , qu'elle est la Capitale d'un petit Etat
nommé le Marquizat d'Oran , &c. et qu'à l'égard de Marzalquibir , dépendant , dit il , de ce
Marquisat, cette Ville fut enlevée aux Maures par
le Marquis de Comarez en 1555. Ce dernier fait
me paroît contredit par les meilleurs Historiens,
qui s'accordent tous à mettre la premiere conquête de Marzalquibir par les Espagnols en 1508.
ce fut comme le prélude de celle d'Oran , qui ne
fut réduit que l'année d'après. Don Fernand de
Cordoue commandoit l'Armée qui prit Marzalquibir , et non pas le Marquis de Comarez.
Dans mes Recherches j'ai trouvé quelquefois
cette expression dans certains Auteurs le Royaume d'Oran , cela n'est peut-être pas exact, mais il sert àprouver que cette Ville , Colonie , comme
je l'ai dit ailleurs , de celle de Tremesen et dans l'entiere dépendance des Rois de Tremesen , devenue extrêmement puissante par le commerce
et par la navigation , avoit secoué le joug de ses
prémiers Maîtres pour se faire Capitale d'un Etat
particulier , qui obéissoit apparemment à quelque Chef qui prit le nom de Roy , Etat qui devint ensuite presque Républiquain et qui étoit
tel lorsque les Espagnols conquirent Oran et ses
dépendances.
A l'égard de la puissance de cette Ville lors de
la Conquête , l'Historien du Ministere du Cardinal Ximenés , dit que les Maures chassez d'Espagne qui s'y étoient retirez , l'avoient tellement peu-
* Description generale de l'Affrique. Edition de
Rocolles , T. VI, in fol. Paris 1660.
plée
2186 MERCURE DE FRANCE
›
*
plée et enrichie, qu'elle pouvoit mettre sur pied des
Armées assez considerables. On peut juger , ajoûtet'il , de la grandeur et des richesses d'Oran par son
commerce et de son commerce par le nombre de
1500. Boutiques qui y étoient lorsque Ximenés la
prit.Le butin, sans y comprendre ce qui fut détourné,
fut estimé 500. mille écus d'or ; toute l'Armée s'enrichit à cetteprise , et il y eut tel particulier qui en rapporta jusqu'à dix mille ducats. Les richesses
d'Oran n'étoient pas ce qui contribuoit le plus à sa
réputation; sa grandeur , le nombre de ses habitans,
sa situation , son Port , son Arcenal , où l'on trouva
plus de 60 Pieces de gros Canons , sans compter les
moindres , et un nombre infini de toutes sortes d'armes >
la faisoient passer pour la plus importante
Ville de toute l'Afrique.
Il est vrai qu'il y a eu du changement dans la
fortune de cette Ville; mais sa situation maritime,
et ses autres avantages naturels étant toûjours les
mêmes , c'est un coup important pour l'Espagne
d'en avoir fait la conquête , contre la pensée de
certaines gens mal instruits et peu éclairez , qui
font des raisonnemens contraires et qui comptent
pour peu de chose la prise de ces deux Places. La
seule prise du Port de Marzalquibir met toute la
Côte d'Espagne même en sureté,et ouvre une entrée à la conquête de l'Affrique. C'est ainsi que
s'estexprimésur ce sujet un Historien Espagnol
des plus sensez.
Qu'il me soit permis , Monsieur , en finissant
Jerome Julien , Historien , qui étoit à la conquête d'Oran , dit les avoir comptées , par le nom
de Boutiques ilfaut entendre des Magazins remplis de Marchandises , c.
* Alvar-Gomez de Castro de reb. gestis Ximen.
d'observer
OCTOBRE. 1732. 2187
d'observer ici une méprise de M. d'Herbelor
dans sa Bibliotheque Orientale au sujet de notre
Marzalquibir , page 558 , que l'Auteur confond
avec le Port et la Ville de Velez , autrement le
Penon de Velez, situez sur la même Côte de Barbarie , mais c'est si peu la même chose , que selon les meilleurs Géographes et selon la nouvelle
Carte de la Mer Méditerranée , il y a de Marzalquibir à Velez , situé près le Détroit , plus de
deux cens cinquante milles, ou environ soixante
et dix lieuës Françoises. M. d'Herbelot ajoûte
que Garcia de Tolede , Capitaine Espagnol , prit
Velez en 1564. ce qui ne s'accorde pas avec l'Histoire de la conquête d'Oran par Ximenés ; l'Au- teur Espagnol qui l'a écrite , marque expressément que peu de temps avant la prise d'O
*
ran, le même Pierre de Navarre , dont il est tant
parlé dans cette Histoire , avoit réduit cette Ville
de Velez sous l'obéissance du Roy d'Espagne. Ce
General après le départ de Ximenés fit encore
d'autres conquêtes ; il prit Bugie , Capitale du
Royaume de ce nom , puis Tripoly , &c. et se
rendit la terreur de toute l'Affrique. Enfin Alger
se rendit tributaire de la Couronne d'Espagne.
,
Je souhaite aux Armes de S. M. C. de pareils
succès et de plus considerables pour le bien de la
Chrétienté , pour la gloire de ce grand Prince et
pour celle de la Religion. Je m'engage en même
temps de vous instruire avec la même exactitude
de la suite des Evenemens. Je suis, Monsieur, &c.
A Paris , le 26. Septembre 1732..
*Pi
L. R. à M-le Marquis de B. au sujet de
la conquête d'Oran , &c.
Idire au sujet de la Conquête d'Oran en elle- L me reste , Monsieur , peu de chose à vous
même. C'est une affaire heureusement copsommée par rapport au principal objet de larement et de l'Expédition. Sçavoir la prise de deux
Places importantes , qui assûrent la Navigation
et le Commerce dans une partie de la Mer Méditerrannée , contre les courses des Pyrates, Maures , et qui font aussi la sûreté des côtes d'Espagne très- peu éloignées de celles de Barbarie ; outre que la Religion et la Couronne d'Espagne rentrent par là dans leur ancienne possession. IL
est vrai , Monsieur , que par ma derniere Lettre
vous vous attendez d'apprendre de nouveaux
progrez des Armes de S. M. C. en Affrique. En
effet , le Comte de Montemar , après avoir sou
mis beaucoup de Païs aux environs , avoit fait ,
comme je vous l'ai mandé, un détachement considérable d'Infanterie et de Cavalerie , commandé par le Marquis de Villa - Darias , pour aller
faire le Siége de Mostagran , Ville située à l'em- bouchure de la Riviere de Chilef , à IS lieuës
d'Oran , du côté d'Alger ; à laquelle embouchure il avoit envoyé des Vaisseaux de Guerre et des
Galleres pour ' attaquer en même- temps la Place
par Mer. Mais les Vents contraires ayant empêché pendant plusieurs jours l'Escadre d'avancer , temps dont les ennemis ont sçu profiter
pour
OCTOBRE. 1732. 2175
pour se fortifier et pour recevoir des secours , le
Comte de Montemar envoya ordre au Marquis
de Villa- Darias de revenir au Camp avec ses
Troupes, remettant cette Expédition à une con- joncture plus favorable.
Depuis , ce General ayant reçu du Roy d'Espagne des Ordres précis de faire rembarquer toutes les Troupes , à l'exception de ce qui doit
composer les Garnisons des Places conquises , il
y a satisfait , et on a eu avis que la Flote et tous
les Bâtimens de transport étoient heureusement
arrivez dans les Ports d'Espagne. Le Comte de
Montemar s'est ensuite embarqué lui- même
venir rendre compte au Roy du succès de l'Expédition. On apprend qu'il est arrivé à la Cour le 17 d'Aoust que S. M. l'avoit fait Chevalier
de la Toison d'or , ainsi que Don Joseph Pathino , et qu'elle avoit honoré le Comte d'un
accueil des plus favorables.
pour
Pour ce qui regarde le Prince Maure, dont toutes les Nouvelles publiques ont parlé , qui offroit
la jonction de ses Troupes , pour réduire une
grande étendue de Païs , de donner son Fils en
Otage , &c. et qu'on attendoit même à Madrid ,
je n'en ai encore rien appris que je puisse vous donner pour certain. Mais la chose est
très-vraisemblable , et il n'est pas nouveau que
des Princes Mautes ayent recherché l'alliance des
Rois d'Espagne. Pour ne point sortir du sujet ni du Pays d'Oran , je vous dirai , Monsieur
ce que l'Histoire m'apprend à cet égard.
pour
A peine le Cardinal Ximenés étoit repassé en
Espagne , de retour de sa conquête , qu'il arriva
à la Cour des Ambassadeurs faire des propositions de la part du Roi de Tremesen ,
quelques moindres Princes de la Mautitanic , ofDiiij frant
et de
9
2176 MERCURE DE FRANCE
frant de rendre tous les Esclaves Chrétiens , de
payer même un tribut à laCouronne d'Epagne , en
faisant de grandes instances pour l'ouverture du commerce entre Oran et les Etats de ces Princes.
Ces Ambassadeurs , entr'autres choses , présenterent au Roi dix des plus beaux chevaux du pays,
magnifiquement harnachez , dix Faucons tout
dressez , de riches tapis , et un Lion apprivoisé
d'une grandeur et d'une beauté extraordinaire.
Je ne doute pas , Monsieur , qu'à mesure que
le Roi d'Espagne s'affermira dans sa nouvelle
conquête , et que ses Armes auront du progrès
dans le pays , les Puissances voisines ne tiennent
une pareille conduite.
Vous avez sçû , sans doute , que l'allarme a
été grande à Alger avant même la prise d'Oran ,
qui faisoit partie de cette Régence ; Alger , dis- je,
Ville si fiere , si bien munie , et si redoutable à la
Navigation , et au Commerce de la Chrétienté.
Aux seuls préparatifs de l'armement , la terreur
a été telle que les Algeriens avoient envoyé les
femmes , les enfans et leurs meilleurs effets dans
les Montagnes , et que la Régence avoit envoyé
une députation au Grand Seigneur pour deman- der du secours. Le Bailli de Vattan étant allé
dans le même tems à Alger avec l'Escadre des
Vaisseaux du Roi , qu'il commande , il a trouvé
les choses sur le pied que je viens de dire ; quelques Lettres ajoûtent que le Dey allarmé lui
avoit demandé si la France s'unissoit à l'Espagne
contre cette Régence , à quoi M. de Vattan
avoit répondu que quand le Roi son Maître auroit sujet de se plaindre d'elle il sçauroit la punir,
sans avoir besoin d'autré puissance que dela sienne.Veuille le Ciel humilier de plus en plus ces ennemis du Christianisme et du Genre humain. Et
puis-
OCTOBRE. 1732. 2177
puissent enfin les Vainqueurs d'Oran y faire
reporter ces fameuses Cloches qui en furent
' enlevées lors de la derniere invasion , et menées ,
pour ainsi dire , Captives à Alger.
D
Cependant vous ne sçauriez croire , Monsieur,
combien tout le Monde chrétien à été sensible
à l'heureux succès des Armes du Roi d'Espagne
à commencer par la capitale. Le Cardinal Ben
tivoglio , Ministre de cette Couronne à Rome
reçût l'heureuse nouvelle le 2.1 . Juillet , sans par- ler des dépêches du Nonce d'Espagne , qu'un autre Courrier apporta le même jour. Le Pape reçût cette nouvelle avec un excès de joye. S. S. en donna sur le champ des marques publiques Après
avoir fait l'éloge de la pieté et du zele de S. M. C.
elle assura le Cardinal B. qu'elle feroit tout ce
qui seroit en son pouvoir pour seconder ses
grands et ses pieux desseins. Le Pape résolut en
même-tems d'envoyer au Roi d'Espagne un Bref de félicitation , d'exhortation , &c. Le Cardinal
Alberoni partit quelques jours après pour Florence pour complimenter l'Infant Don Carlos sur cet évenement.
Ce Prince qui avoir reçu la même nouvelle le
20. se rendit d'abord à l'Église de l'Annonciade ,
où il fit chanter le Te Deum , en actions de gra
ces. Le Grand Duc le fit chanter dans l'Eglise
Métropolitaine de Florence..
* Ce sont les grandes Cloches que le C. Ximenés
fit fondrepour la principale Eglise d'Oran , qu'il nomma Notre- Dame de la Victoire. Les Maures
Les enleverent en l'année 1708. les porterent à Alger, et affecterent de les placer à une des Portes de
La Ville , où on les voit encore comme une espece de
triomphe sur les Chrétiens.. D Y
2178 MERCURE DE FRANCE
Je reviens à Rome , pour ajouter que le Pape
fit part au Sacré Collège de la prise d'Oran, &c.
dans un Consistoire particulier,tenu le 11 Aoust;
et le 13 , on commença par ordre de S. S. les ré
jouissances publiques. On sonna toutes les Cloches de la Ville , on tira le Canon du Château
S. Ange , et le soir il y eut des Feux et des Illuminations par toute la Ville. Le 15. Fête de l'Assomption, le Pape se rendit, en grand Cortege , à
l'Eglise de Sainte Marie Majeure , où S. S. tint
Chapelle Pontificale , à laquelle le Sacré Collége
assista. La Messe y fut célebrée par le Cardinal de
la Mirandole, Archiprêtre de cette Eglise, et aprèsla Messe on chanta le Te Deum à plusieurs
Chœurs de Musique. Il y eut un grand concours de personnes de distinction , et une affluance extraordinaire de Peuple. Le Château S. Ange
fit plusieurs décharges de toute son Artillerie.
Le Cardinal Bentivoglio avoit déja fait chanter le Te Deum solemnellement dans l'Eglise Nationnale des Espagnols , le 25 Juillet , jour de St
Jacques , auquel le Cardinal Belluga , Protecteur
des Affaires d'Espagne , celebra , avec beaucoup
de pompe , la Fête de cet Apôtre , Patron des
Espagnes.
-Je m'attens bien d'apprendre dans peu de jours:
que de pareilles actions de graces ont été renduës
dans Oran même , et que l'exercice de la vraie
Religion s'y fait actuellement dans les mêmes
Temples , dont le Mahométisme s'étoit emparé;
que les Livres d'Eglise y sont à la place de l'Alcoran et de la à Sunnah , et que la Foy pourroit
a C'est ainsi que les Mahometans appellent le Recueil des Faits et Dits de Mahomet , conservez
par tradition , &c. C'est comme la Miscnah des
Hebreux; la seconde Loy , la Loy Orale . c.
enfin
OCTOBRE. 1732. 2179
enfin penetrer delà dans le reste de cette Partie
de l'Affrique , où elle a été autrefois si floris- sante.
Vous me demanderez peut être , Monsieur , si
on n'a point rapporté parmi les dépouilles des
deux Places conquises , quelques Manuscrits de
Littérature Arabe? Cela se pourroit fort bien ;
les Sciences n'ont pas moins fleuri sous les Califes d'Affrique que sous ceux de l'Asie, et particu- lierement dans les Païs circonvoisins d'Oran, sur
tout après l'expulsion des Arabes de toute l'Espagne ; expulsion qui contribua beaucoup à faire
de cette Ville , l'une des plus grandes , des plus:
celebres et des plus riches Villes du Mahométisme,où se retirerent les Personnages les plus con- sidérables en tout genre.
Les Historiens Espagnols m'apprennent que
lorsque le Cardinal Ximenés fit son entrée solemnelle dans Alcala , après la Conquête d'Oran ; la
seconde chose qui parut dans son triomphe, après
plusieurs Chameaux , conduits par des Esclaves
chargez de Pieces d'or et d'Argent destinées pour
le Roy , ce fut une quantité de Livres Arabes d'Histoire , de Médecine , d'Astrologie , &c. qui
furent placez dans la Bibliotheque du Cardinal ,
lequel les laissa depuis à la Bibliotheque de l'Université d'Alcala , qu'il avoit fondée , où on les
voit encore aujourd'hui.
Ximenês n'a pas sans doute tout enlevé, et dans
Fespace d'environ 25 années qu'a duré la derniere invasion , il peut être entré dans Oran d'au
tres Manuscrits Arabes , curieux et utiles ; le
Païs des environs et sur tout la Ville de Trémé
sen , qui a fondé celle d'Oran , ne doivent pas em
être dépourvûs. Je connois deux Autheurs de réputation , originaires de cette même Ville , done D vi les:
3 MERCURE DE FRANCE
-
les Ouvrages sont fort estimez par les Bibliogra
phes Orientaux. Le premier est Assifeddin , Soliman Ben Ali , surnommé Telmessani ou de
Tremesen , Autheur d'un Scharh , ou Commentaire sur le Poeme du celebre Ebn * Faredh , intitulé , Taiiah. Ce Commentateur est mort l'an
690 de l'Hégire 1291. de J. C. L'autre Ecrivain
Arabe est Schamseddin , Mohammed Ben Amed,
Ebn Al Merousi , Marzouk , aussi surnommé
Talmessani, ou de Trémésen. Il est Autheur d'un
Livre , intitulé : AschrafAl Thoraf l'Almalek Al
Aschraf: C'est un Recueil de Eons Mots et de
Contes agréables , dédié à Malek Al Aschraf
Roy d'Egypte , avec un Traité de l'Egypte, dans
lequel l'Autheur prétend prouver que c'est le meilleur Pais de toute la Terre habitable Il mourut l'an 781. de l'H.gire ou l'an 1379. de notre
époque. Mais lais ons à l'illustre Gouverneur
d'Oran 1 soin de recueillir tout ce qui peut être
resté de bon dans le Païs , en fait d'Erudition
Arabe Il est plus en état que personne de le faire,
avec un juste discernement , et d'en enrichir un
jour la République des Lettres.
Vous me paroissez touché du mérite d'André
Doria , le Liberateur d'Oran , et content de la
Médaille de ce grand Homme , dont je vous ai
Scharfeddin Omar Ebn' Faredh , originaire
de Hamal , en Syrie , né au Caire l'an 577 de
l'Hegire , ou 1181. de J. C. fut l'un des plut Illus- tres Poëtes Arabes. Le Recueil de ses Poësies, sous le
nom de Divan , est tres- estimé , et a eu plusieurs
Commentateurs. Il composa le Taiiah , en faveur
des Sofis , espece de Religieux Musulmans qui
donnent dans la Mysticité , &c. Les Foësies de cet Autheur sont dans la Bibliotheque du Roy.. entre
1
OCTOBRE. 1732. 2181
entretenu dans ma derniere Lettre. Je puis bien
avoir fait quelque omission sur ce sujet , car , je
vous avoue , Monsieur , que ce n'est qu'en finissant cette Lettre , que j'étois pressé de faire partir, que j'ai sçu que Doria avoit eu un Historien,
et que cet Historien est le fameux Jesuite Sigonius , dont les Ouvrages , en grand nombre, sont
en réputation et ne se trouvent pas tous ensemble bien aisément. J'ai cependant eû le plaisir de
lire depuis dans cet Autheur la Vie a d'André
Doria , et d'avoir trouvé en lui un garant des
principales choses que je vous ai écrites sur ce
sujet.
de
Il en faut seulement excepter l'article de la
Statue , érigée par la République de Génes , en
l'honneur de Doria Elle est de Marbre blanc ,
selon mes Mémoires , et suivant le rapport
ceux qui l'ont vûë placée dans le Vestibule du
Palais où s'assemble le Sénat , et élevée sur un
Pié d'Estal , sur lequel est l'Inscription que j'ai
rapportée.
Aprendre littéralement le Narré de Sigonius,
qui rapporte tout du long le Decret du Sénat , la
Statue seroit de Bronze , et placée dans la grande Sale de ce Palais. Mais cela me paroît aisé a
concilier. Dans ce Decret , datté du mois d'Octobre 1578. le Sénat , après avoir fait un Előge magnifique de Doria , qui avoit, dit-il , rendu
la liberté à sa Patrie , &c . s'exprime ainsi , au su
a Cette Vie se trouve dans un des Volumes des
Oeuvres de Sigonius , intitulé : Caroli Sigonii ,
Historia de Rebus Bononiensibus , Libri VIII.
Ejusdem de vita ANDREE DORIE , Libri duo..
quibus accesserunt , &c. 1. vol. Fol. Francofurti ,
1603
jer
2182 MERCURE DE FRANCE
jet de la Statuë : Decrevit ut Andrea Doria Enea
Statua in magna Pratorii Aula , quoadfieri possit
ornatissima , cum ipsius nominis Inscriptione ponatur. Il est sans doute arrivé que dans l'exécution
de ce Décret , le Sénat , toujours le Maitre de ses
Décisions , ait , par des raisons qui nous sont inconnues , trouvé à propos de changer la matiere
et la situation de ce Monument , qui en effet se
trouve plus exposé à la vénération publique à
l'entrée du Palais , qu'il ne le seroit dans l'enté- rieur de ce Bâtiment. L'intention du Sénat est
toujours remplie , et l'Historien qui a écrit , et
qui est mort avant l'exécution , n'a point de
tort.
à
Je n'ai pû trouver, au reste , dans cet Historien, ni dans aucun autre Ecrivain le nom et la famille
de l'Epouse d'André Doria , dont le même Historien éleve si fort le rare génie et le mérite superieur, dont il fait, en un mot , une Héroïne , laquelle l'Empereur Charles V. voulut rendre visite en passant par Génes et qui donna à ce Prince des Conseils admirables , &c Je ne comprens pas trop cette omission de la part de Sigonius, d'ailleurs si exacts qu'en nommant la Mere
de Doria , il nous fait entendre qu'elle étoit de la
même Maison que son Epoux. J'ai aussi appris de cet Autheur que la Principauté de Melphe , donnée par Charles V. à Doria , et généreusement refusée d'abord, est située
dans le Royaume de Naples , relevant de cette.
Couronne. Elle Y avoit été réunie par la défection , ou la félonie de Jean Carracioli , Prince de
Melphe. Vous avez vû , Monsieur , dans ma derniere
Lettre , que le fameux Pyrate Dragut , pris par char- les Galeres de Doria , fut amené à Génes ,
gé
OCTOBRE. 1732. 218
é de chaînes , &c. Sigonius décrit élégamment
Phumanité et la générosité exercée par A. Doria
envers ce Captif , que je crois plus que jamais ,
après cette lecture , être representé sur le Revers
de notre Médaille , et non pas Barbarousse, com
me je l'avois d'abord pensé. Ce Captif , dis- je ,
homme féroce et barbare , s'il en fut jamais , est
bien connu sur ce pied-là par Doria Norat enim feros illius. moreş , et immanem naturam , dit notre Historien. Je crois que vous le reconnoîtrez à
ces traits sur la Médaille même , tant l'habileté
du Graveur a été grande àexprimer tout cela, par son Burin.
Rien,au reste, n'est plus pathétique et plus moral que le Discours de Doria fait à Dragut en le mettant en liberté. Il mérite d'être lû dans cet
Autheur: Morale et Eloquence perduës! les monstres ne s'apprivoisent presque jamais. Vous sçavez de quelle ingratitude Dragut paya dans la
suite son Libérateur, qui pensa être la Dupe d'une
générosité sans exemple.
J'apprens encore dans le même Livre , que les
Génois avoient fait Doria leur Généralissime de
Terre et de Mer. C'est la matiere du 38 Chap.
du onzième Livre , intitulé : De Maritimo ac
Terrestri Imperio ei à Genuensib, delato.
Je trouve enfin une circonstance singuliere dans
le 43 et dernier Chapitre , qui donne une grande idée de l'attachement et de la reconnoissance
de ce General , pour l'Empereur Charles V. en
ordonnant par l'Acte solemnel de ses dernieres
volontez, qu'on mit avec lui dans son Tombeau
Les Lettres de ce Prince par lesquelles il l'avoit
créé Chevalier de la Toison d'or.
Une autre circonstance non moins singuliere ,
que j'ai tirée d'un Mémoire particulier, venu de- puis
2184 MERCURE DE FRANCE
puis peu de Génes , c'est qu'André Doria , né
pour ainsi dire , pour les Armes et pour les Exploits Guerriers, ne porta jamais d'Epée ni de Poignard ; il disoit sur cela que toute sa force êtoit dans sa tête et dans l'amour de ses Concitoyens. Ne vous semble-t -il pas, Monsieur , être
transporté dans les meilleurs temps de la Republique Romaine , et voir revivre les Fabius , les
Lucullus , les Catons , dans ce grand Personnage ?
Finissons par un court Eloge , consacré à sa
Mémoire , et composé à Génes , en 158 6. à l'occasion de la Statue dont nous avons déja parlé ,
par l'Editeur de Sigonius :
Hic tamferventi Patria flagravit amore ,
Illius ut chara pro libertate tuenda
Horribiles Regum non formidaverit iras ,
Hic quoque cum Patria Regno , Sceptroquepotiri
Posset et aurata frontem redimire corona ,
Contempsit Regni fastus , nomenque Tyranni.
Huic maris Imperium vasti , sævumque tridentem
Neptunus , Pelagique leves concessit habenas :
Quin etiam aratis premerit cum classibus &quor,
Haud Pauci impavidi admirantes pectoris ausa.
Neptunum , aut sacro Neptuni è sanguine cretum
Mortalesque Deum vultus sumpsisse putarunt.
Hoc certum est , nullas Neptunum amplectier oras
Quá non ille simulfama penetrarit et armis,
Je finirois ici ma Lettre , Monsieur , si par vo
tre Réponse à ma précedente , je n'étois pas obligé
OCTOBRE. 1732. 2185
gé de revenir à Oran , pour vous dire en trèspeu de mots, qu'après quelques recherches je n'ai
rien trouvé qui autorise ce que Davity * en a dit,
sçavoir , qu'elle est la Capitale d'un petit Etat
nommé le Marquizat d'Oran , &c. et qu'à l'égard de Marzalquibir , dépendant , dit il , de ce
Marquisat, cette Ville fut enlevée aux Maures par
le Marquis de Comarez en 1555. Ce dernier fait
me paroît contredit par les meilleurs Historiens,
qui s'accordent tous à mettre la premiere conquête de Marzalquibir par les Espagnols en 1508.
ce fut comme le prélude de celle d'Oran , qui ne
fut réduit que l'année d'après. Don Fernand de
Cordoue commandoit l'Armée qui prit Marzalquibir , et non pas le Marquis de Comarez.
Dans mes Recherches j'ai trouvé quelquefois
cette expression dans certains Auteurs le Royaume d'Oran , cela n'est peut-être pas exact, mais il sert àprouver que cette Ville , Colonie , comme
je l'ai dit ailleurs , de celle de Tremesen et dans l'entiere dépendance des Rois de Tremesen , devenue extrêmement puissante par le commerce
et par la navigation , avoit secoué le joug de ses
prémiers Maîtres pour se faire Capitale d'un Etat
particulier , qui obéissoit apparemment à quelque Chef qui prit le nom de Roy , Etat qui devint ensuite presque Républiquain et qui étoit
tel lorsque les Espagnols conquirent Oran et ses
dépendances.
A l'égard de la puissance de cette Ville lors de
la Conquête , l'Historien du Ministere du Cardinal Ximenés , dit que les Maures chassez d'Espagne qui s'y étoient retirez , l'avoient tellement peu-
* Description generale de l'Affrique. Edition de
Rocolles , T. VI, in fol. Paris 1660.
plée
2186 MERCURE DE FRANCE
›
*
plée et enrichie, qu'elle pouvoit mettre sur pied des
Armées assez considerables. On peut juger , ajoûtet'il , de la grandeur et des richesses d'Oran par son
commerce et de son commerce par le nombre de
1500. Boutiques qui y étoient lorsque Ximenés la
prit.Le butin, sans y comprendre ce qui fut détourné,
fut estimé 500. mille écus d'or ; toute l'Armée s'enrichit à cetteprise , et il y eut tel particulier qui en rapporta jusqu'à dix mille ducats. Les richesses
d'Oran n'étoient pas ce qui contribuoit le plus à sa
réputation; sa grandeur , le nombre de ses habitans,
sa situation , son Port , son Arcenal , où l'on trouva
plus de 60 Pieces de gros Canons , sans compter les
moindres , et un nombre infini de toutes sortes d'armes >
la faisoient passer pour la plus importante
Ville de toute l'Afrique.
Il est vrai qu'il y a eu du changement dans la
fortune de cette Ville; mais sa situation maritime,
et ses autres avantages naturels étant toûjours les
mêmes , c'est un coup important pour l'Espagne
d'en avoir fait la conquête , contre la pensée de
certaines gens mal instruits et peu éclairez , qui
font des raisonnemens contraires et qui comptent
pour peu de chose la prise de ces deux Places. La
seule prise du Port de Marzalquibir met toute la
Côte d'Espagne même en sureté,et ouvre une entrée à la conquête de l'Affrique. C'est ainsi que
s'estexprimésur ce sujet un Historien Espagnol
des plus sensez.
Qu'il me soit permis , Monsieur , en finissant
Jerome Julien , Historien , qui étoit à la conquête d'Oran , dit les avoir comptées , par le nom
de Boutiques ilfaut entendre des Magazins remplis de Marchandises , c.
* Alvar-Gomez de Castro de reb. gestis Ximen.
d'observer
OCTOBRE. 1732. 2187
d'observer ici une méprise de M. d'Herbelor
dans sa Bibliotheque Orientale au sujet de notre
Marzalquibir , page 558 , que l'Auteur confond
avec le Port et la Ville de Velez , autrement le
Penon de Velez, situez sur la même Côte de Barbarie , mais c'est si peu la même chose , que selon les meilleurs Géographes et selon la nouvelle
Carte de la Mer Méditerranée , il y a de Marzalquibir à Velez , situé près le Détroit , plus de
deux cens cinquante milles, ou environ soixante
et dix lieuës Françoises. M. d'Herbelot ajoûte
que Garcia de Tolede , Capitaine Espagnol , prit
Velez en 1564. ce qui ne s'accorde pas avec l'Histoire de la conquête d'Oran par Ximenés ; l'Au- teur Espagnol qui l'a écrite , marque expressément que peu de temps avant la prise d'O
*
ran, le même Pierre de Navarre , dont il est tant
parlé dans cette Histoire , avoit réduit cette Ville
de Velez sous l'obéissance du Roy d'Espagne. Ce
General après le départ de Ximenés fit encore
d'autres conquêtes ; il prit Bugie , Capitale du
Royaume de ce nom , puis Tripoly , &c. et se
rendit la terreur de toute l'Affrique. Enfin Alger
se rendit tributaire de la Couronne d'Espagne.
,
Je souhaite aux Armes de S. M. C. de pareils
succès et de plus considerables pour le bien de la
Chrétienté , pour la gloire de ce grand Prince et
pour celle de la Religion. Je m'engage en même
temps de vous instruire avec la même exactitude
de la suite des Evenemens. Je suis, Monsieur, &c.
A Paris , le 26. Septembre 1732..
*Pi
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Résumé : QUATRIEME Lettre écrite par M. D. L. R. à M- le Marquis de B. au sujet de la conquête d'Oran, &c.
La lettre de M. D. L. R. au Marquis de B. discute de la conquête d'Oran et de ses conséquences. La prise d'Oran et d'une autre place stratégique sécurise la navigation et le commerce en Méditerranée, protégeant ainsi les côtes espagnoles des attaques des pirates maures. Cette victoire permet à la religion et à la couronne d'Espagne de récupérer des possessions anciennes. Le Comte de Montemar, après avoir soumis plusieurs pays voisins, avait envoyé un détachement dirigé par le Marquis de Villa-Darias pour assiéger Mostagran. Cependant, des vents contraires ont empêché l'escadre d'avancer, permettant aux ennemis de se renforcer. Montemar a donc ordonné le retrait des troupes et reporté l'expédition à une date plus favorable. Par la suite, Montemar a reçu l'ordre du roi d'Espagne de rembarquer toutes les troupes, sauf celles nécessaires pour les garnisons des places conquises. La flotte est arrivée en Espagne, et Montemar a été fait Chevalier de la Toison d'or pour ses succès. La lettre mentionne également un prince maure offrant son alliance, bien que cette proposition manque de confirmation certaine. Historiquement, des ambassadeurs avaient déjà proposé des alliances et des tributs à l'Espagne après la conquête d'Oran par le Cardinal Ximenès. La nouvelle de la conquête a suscité une grande joie à Rome et à Florence, où des actions de grâce ont été organisées. Le pape a félicité le roi d'Espagne et a ordonné des réjouissances publiques. La lettre évoque aussi la possibilité de retrouver des manuscrits arabes de littérature, de médecine et d'astrologie, similaires à ceux rapportés par Ximenès lors de sa conquête. Elle mentionne deux auteurs arabes réputés originaires de Trémésen, ville voisine d'Oran. Enfin, la lettre fait référence à André Doria, libérateur d'Oran, et à son historien, le jésuite Sigonius, qui a écrit sur la vie de Doria.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9129
p. 2188
A MLLE MALCRAIS DE LA VIGNE du Croisy.
Début :
Docte Malcrais, dont les gentils Ecrits, [...]
Mots clefs :
Mercure, Docte, Génie, Savoir, Être imaginaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MLLE MALCRAIS DE LA VIGNE du Croisy.
A MILE M ALCRAIS DE LA VIGNE
du Croisy.
Docte Malcrais , dont les gentils Ecrits ,
Dans le Mercure obtiennent toûjours place ,
Lorsque je lis vos Vers remplis de grace ,
Certain soupçon se forme en mes esprits.
Je vous le dis , quand devrois vous déplaire ,
Vous n'êtes femme en aucune façon ,
Si fin génie et sçavoir si profond ,
Dans votre Sexe est extraordinaire ,
Ainsi je vois ; confirmant mon soupçon ,
Que Malcrais n'est qu'un Estre imaginaire,
V. D. G.
De Marseille le 3. Septembre 17 32.
du Croisy.
Docte Malcrais , dont les gentils Ecrits ,
Dans le Mercure obtiennent toûjours place ,
Lorsque je lis vos Vers remplis de grace ,
Certain soupçon se forme en mes esprits.
Je vous le dis , quand devrois vous déplaire ,
Vous n'êtes femme en aucune façon ,
Si fin génie et sçavoir si profond ,
Dans votre Sexe est extraordinaire ,
Ainsi je vois ; confirmant mon soupçon ,
Que Malcrais n'est qu'un Estre imaginaire,
V. D. G.
De Marseille le 3. Septembre 17 32.
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9130
p. 2188-2192
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Provence au mois de Juillet dernier, au sujet d'une quantité d'ancienne Monnoye trouvée à Marseille.
Début :
Le 16. du mois passé des Massons travaillant à faire creuser une Cave [...]
Mots clefs :
Ancienne monnaie, Marseille, Maçons, Cave
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Provence au mois de Juillet dernier, au sujet d'une quantité d'ancienne Monnoye trouvée à Marseille.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de
Provence au mois de Juillet dernier, an
sujet d'une quantité d'ancienne Monnoye
trouvée à Marseille.
LaE 16. du mois passé des Massons
travaillant à faire creuser une Cavę
dans une Maison nouvellement alignée et
qu'on
OCTOBRE. 1732. 2189
qu'on rebâtit à Marseille dans la ruë de
Rome près de la Fontaine Longue , trouverent un vase de terre fait en forme de
bouteille à l'Angloise , et l'ayant cassé,
il en sortit de l'eau avec une quantité
de petite Monnoye d'argent , toute de
la même qualité en grandeur , qui est à
peu près comme celle de nos Liards. Sept
Ouvriers se partagerent entre eux ces Especes. Le sieur Fortoul Bourgeois et Proprietaire de la Maison , en fut averti et
prétendit se les faire restituer ; le Receveur du Domaine agit aussi de son côté
et établit des Gardes sur les Lieux , mais
ces Travailleurs , à ce qu'on assure , en
avoient déja vendu à des Changeurs pour
quatre ou 500. livres , et ce qui étoit
encore entre les mains de quelques- uns
fût déposé à la Police , le tout ensemble
pouvant valoir environ mille livres. On
a depuis continué à creuser au même endroit , où l'on prétend que les Templiers
avoient eu une Maison , ce qui d'abord
avoit fait présumer quelque trésor enfoui , &c. mais on n'a plus rien trouvé.
J'ai trouvé le moyen d'avoir de la
Monnoye quelques-unes de ces Pieces. On y voit d'un côté la tête d'un
Comte de Provence et pour Legende Co.
MES PROVINCIE, et de l'autre MASSIL
>
CI-
2190 MERCURE DE FRANCE
CIVITAS. en caracteres du temps >
c'est-à-dire fort gothiques. M. de Ruffy
le Pere a fait graver une pareille Monnoye dans le x. Liv. de son Histoire de
Marseille , page 444. publiée en 1642. ce
que son fils a obmis dans la seconde Edition. Cette Monnoye s'appelloit dans les
Titres Solidi minuti Massilienses , et vulgairement Menus Marseillois. Elle pese
suivant l'essai que j'en ai fait faire à la
Monnoye sur une Piece des plus entieres , un denier douze grains , et est au
titre de onze deniers de fin.
Comme le nom du Comte de Provence
n'y est pas exprimé , on ne peut pas sçavoir précisément à quel Prince on doit
la rapporter. Elle peut être de Charles
d'Anjou, frere de S. Louis, avant qu'il fut
Roy de Sicile ; mais aussi elle pourroit
bien être de quelqu'un des Berengers , ce
qui me paroît assez difficile à déterminer.
Il est parlé de cette Monnoye dans les
Chapitres de Paix , où le fameux Traité
fait en 1257. entre Charles d'Anjou et
la Ville de Marseille , lorsque cette Ville
se donna et se soumit à ce Prince.
Avant que d'avoir reçû la Lettre dont
on vient de lire l'Extrait , qui est d'une
Personne de consideration et fort intelligente , on nous avoit envoyé de Marseille
S.
OCTOBR E. 1732. 2191
,
5. ou 6. de ces mêmes Pieces ; nous n'aurions pas pû en faire une description plus
exacte , ni donner là-dessus des Remarques plus justes. Nous ajoûterons seulement ici que sur le côté de cette Monnoye où se lit Massil civitas, on voit comme le Frontispice d'un Bâtiment avec
une Croix au sommet. M. de Ruffy * le
fils , veut que ce soit la Ville même
ayant ses Clochers élevez , ce qui , en tout
cas , est fort grossierement représenté.
Nous observerons encore que les cinq
Pieces qui nous ont été envoyées sont
de differens coins , et ont été frappées
sous differens Princes. Deux même de
ces Têtes ont une Coëffure et un air de
femme , ce qui peut donner lieu à des
conjectures et à des recherches ' curieuses;
matiere que nous laissons volontiers à
éclaircir à M" de la nouvelle Académie
de Marseille , qui ont formé le dessein
d'en écrire l'Histoire. L'Article des Monnoyes frappées dans cette Ville , et de son
autorité , par un droit anciennement acquis et exercé pendant plusieurs siecles ,
ne sera pas le moins important , et il
mérite d'autant plus d'attention que ce
sujet paroît confusément traité par les
* Hist. de Marseille , Liv. XIII. pag. 324. 58-
CordeEdition 1696.
Ecrivains
2192 MERCURE DE FRANCE
Ecrivains qui ont précedé nos Académiciens.
Provence au mois de Juillet dernier, an
sujet d'une quantité d'ancienne Monnoye
trouvée à Marseille.
LaE 16. du mois passé des Massons
travaillant à faire creuser une Cavę
dans une Maison nouvellement alignée et
qu'on
OCTOBRE. 1732. 2189
qu'on rebâtit à Marseille dans la ruë de
Rome près de la Fontaine Longue , trouverent un vase de terre fait en forme de
bouteille à l'Angloise , et l'ayant cassé,
il en sortit de l'eau avec une quantité
de petite Monnoye d'argent , toute de
la même qualité en grandeur , qui est à
peu près comme celle de nos Liards. Sept
Ouvriers se partagerent entre eux ces Especes. Le sieur Fortoul Bourgeois et Proprietaire de la Maison , en fut averti et
prétendit se les faire restituer ; le Receveur du Domaine agit aussi de son côté
et établit des Gardes sur les Lieux , mais
ces Travailleurs , à ce qu'on assure , en
avoient déja vendu à des Changeurs pour
quatre ou 500. livres , et ce qui étoit
encore entre les mains de quelques- uns
fût déposé à la Police , le tout ensemble
pouvant valoir environ mille livres. On
a depuis continué à creuser au même endroit , où l'on prétend que les Templiers
avoient eu une Maison , ce qui d'abord
avoit fait présumer quelque trésor enfoui , &c. mais on n'a plus rien trouvé.
J'ai trouvé le moyen d'avoir de la
Monnoye quelques-unes de ces Pieces. On y voit d'un côté la tête d'un
Comte de Provence et pour Legende Co.
MES PROVINCIE, et de l'autre MASSIL
>
CI-
2190 MERCURE DE FRANCE
CIVITAS. en caracteres du temps >
c'est-à-dire fort gothiques. M. de Ruffy
le Pere a fait graver une pareille Monnoye dans le x. Liv. de son Histoire de
Marseille , page 444. publiée en 1642. ce
que son fils a obmis dans la seconde Edition. Cette Monnoye s'appelloit dans les
Titres Solidi minuti Massilienses , et vulgairement Menus Marseillois. Elle pese
suivant l'essai que j'en ai fait faire à la
Monnoye sur une Piece des plus entieres , un denier douze grains , et est au
titre de onze deniers de fin.
Comme le nom du Comte de Provence
n'y est pas exprimé , on ne peut pas sçavoir précisément à quel Prince on doit
la rapporter. Elle peut être de Charles
d'Anjou, frere de S. Louis, avant qu'il fut
Roy de Sicile ; mais aussi elle pourroit
bien être de quelqu'un des Berengers , ce
qui me paroît assez difficile à déterminer.
Il est parlé de cette Monnoye dans les
Chapitres de Paix , où le fameux Traité
fait en 1257. entre Charles d'Anjou et
la Ville de Marseille , lorsque cette Ville
se donna et se soumit à ce Prince.
Avant que d'avoir reçû la Lettre dont
on vient de lire l'Extrait , qui est d'une
Personne de consideration et fort intelligente , on nous avoit envoyé de Marseille
S.
OCTOBR E. 1732. 2191
,
5. ou 6. de ces mêmes Pieces ; nous n'aurions pas pû en faire une description plus
exacte , ni donner là-dessus des Remarques plus justes. Nous ajoûterons seulement ici que sur le côté de cette Monnoye où se lit Massil civitas, on voit comme le Frontispice d'un Bâtiment avec
une Croix au sommet. M. de Ruffy * le
fils , veut que ce soit la Ville même
ayant ses Clochers élevez , ce qui , en tout
cas , est fort grossierement représenté.
Nous observerons encore que les cinq
Pieces qui nous ont été envoyées sont
de differens coins , et ont été frappées
sous differens Princes. Deux même de
ces Têtes ont une Coëffure et un air de
femme , ce qui peut donner lieu à des
conjectures et à des recherches ' curieuses;
matiere que nous laissons volontiers à
éclaircir à M" de la nouvelle Académie
de Marseille , qui ont formé le dessein
d'en écrire l'Histoire. L'Article des Monnoyes frappées dans cette Ville , et de son
autorité , par un droit anciennement acquis et exercé pendant plusieurs siecles ,
ne sera pas le moins important , et il
mérite d'autant plus d'attention que ce
sujet paroît confusément traité par les
* Hist. de Marseille , Liv. XIII. pag. 324. 58-
CordeEdition 1696.
Ecrivains
2192 MERCURE DE FRANCE
Ecrivains qui ont précedé nos Académiciens.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Provence au mois de Juillet dernier, au sujet d'une quantité d'ancienne Monnoye trouvée à Marseille.
En juillet de l'année précédente, des maçons à Marseille ont découvert un vase contenant des pièces de monnaie ancienne en argent, similaires aux liards. Sept ouvriers se sont partagé les pièces, et certaines ont été vendues à des changeurs pour environ 400 à 500 livres. Le propriétaire de la maison et le receveur du domaine ont tenté de récupérer les pièces, mais une partie avait déjà été vendue. Les pièces restantes, d'une valeur totale d'environ mille livres, ont été déposées à la police. Cette monnaie, appelée 'Solidi minuti Massilienses' ou 'Menus Marseillois', porte l'effigie d'un comte de Provence et des inscriptions en caractères gothiques. L'analyse de son poids et de sa pureté a révélé un titre de onze deniers de fin. L'origine exacte de cette monnaie reste incertaine, pouvant appartenir à Charles d'Anjou ou à un membre de la famille des Bérengers. Des pièces similaires avaient été trouvées auparavant, confirmant les descriptions et les remarques faites. Les pièces proviennent de différents coins et princes, certaines montrant des traits féminins, ce qui ouvre des perspectives pour des recherches historiques. L'Académie de Marseille prévoit d'écrire l'histoire de cette monnaie, un sujet confusément traité par les écrivains précédents.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9131
p. 2192
MADRIGAL. De Mlle de Malcrais de la Vigne, au Poëte des bords de la Marne, Auteur de l'Ode à sa louange, imprimée dans le Mercure de May 1732.
Début :
Berger, dont l'aimable Musette [...]
Mots clefs :
Berger, Coeur, Sons flatteurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MADRIGAL. De Mlle de Malcrais de la Vigne, au Poëte des bords de la Marne, Auteur de l'Ode à sa louange, imprimée dans le Mercure de May 1732.
MADRIGAL.
De Me de Malcrais de la Vigne , au
Poëte des bords de la Marne , Auteur de
l'Ode à sa loйange , imprimée dans le
Mercure de May 1732.
Berger ,dont l'aimable Musette ,
Sçut raisonner pour moi sur un si joli ton ,
Que l'écho de mon cœur sans cesse le repete ;
De dites-moi votre nom.
grace ,
beau Berger ,
Mais non , non , taisez vous: Sur le riant gazon ,
Le hazard se plairoit à nous mener peut- être.
Un cœur n'est pas toûjours son maitre ;
Et vous chantez si tendrement ,
Vos sons flateurs entrent si doucement ,
Non , je ne veux pas vous connoître.
De Me de Malcrais de la Vigne , au
Poëte des bords de la Marne , Auteur de
l'Ode à sa loйange , imprimée dans le
Mercure de May 1732.
Berger ,dont l'aimable Musette ,
Sçut raisonner pour moi sur un si joli ton ,
Que l'écho de mon cœur sans cesse le repete ;
De dites-moi votre nom.
grace ,
beau Berger ,
Mais non , non , taisez vous: Sur le riant gazon ,
Le hazard se plairoit à nous mener peut- être.
Un cœur n'est pas toûjours son maitre ;
Et vous chantez si tendrement ,
Vos sons flateurs entrent si doucement ,
Non , je ne veux pas vous connoître.
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Résumé : MADRIGAL. De Mlle de Malcrais de la Vigne, au Poëte des bords de la Marne, Auteur de l'Ode à sa louange, imprimée dans le Mercure de May 1732.
Le madrigal célèbre un poète des bords de la Marne, auteur de l'Ode publiée en mai 1732. Le locuteur admire la mélodie d'un berger, dont la musique résonne dans son cœur. Il préfère ignorer le nom du berger, se laissant guider par le hasard, et savoure la douceur de sa musique sans connaître son identité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9132
p. 2192
« On a dû expliquer les Enigmes et les Logogryphes de Septembre , par la Satyre, [...] »
Début :
On a dû expliquer les Enigmes et les Logogryphes de Septembre , par la Satyre, [...]
Mots clefs :
Satire, Fièvre, Orgueil, Chiourme, Oraison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On a dû expliquer les Enigmes et les Logogryphes de Septembre , par la Satyre, [...] »
On a dû expliquer les Enigmes et les
Logogryphes de Septembre , par la Satyre,
la Fieure, Orgueil , Chiourme , Oraison.
Logogryphes de Septembre , par la Satyre,
la Fieure, Orgueil , Chiourme , Oraison.
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9133
p. 2193
ENIGME.
Début :
Joliette, [...]
Mots clefs :
Noisette
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
J
Oliette ,
Rondelette
C'est aux champs ,
Qu'on me cueille,
Et ma feuille ,
Aux Amans,
Sert d'ombrage.
Heureux l'âge,
Où la dent ,
Aisément ,
De ma loge ,
Me déloge ;
Quelquefois,
De mon bois
Retirée ,
Et sucrée ,
Je parois,
Bien blanchette ;
De grisette ,
Que j'étois.
J... de Paris.
J
Oliette ,
Rondelette
C'est aux champs ,
Qu'on me cueille,
Et ma feuille ,
Aux Amans,
Sert d'ombrage.
Heureux l'âge,
Où la dent ,
Aisément ,
De ma loge ,
Me déloge ;
Quelquefois,
De mon bois
Retirée ,
Et sucrée ,
Je parois,
Bien blanchette ;
De grisette ,
Que j'étois.
J... de Paris.
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9134
p. 2193-2195
LOGOGRYPHE.
Début :
Sept membres arrangez font mon individu, [...]
Mots clefs :
Drapeau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
OGOGRYPHE.
SEpt membres arrangez font mon individu ,
Dont les quatre premiers , sans les changer de
place , E For
2194 MERCURE DE FRANCE
Forment, un autre Tout , au Lecteur fort connu
Qui peu propre et grossier ,
suffisoit pour Horace , I
Dans les trois quarts du monde on en fait tres
grand cas ,
Le besoin prétend qu'on en fasse.
Cependant autre part un Roy même s'en passe,
Et l'homme ne le cherche pas
Tant qu'aimant Dieu plus qué lui-même ,
La sincere innocence eut pour lui des appas.
Si vous doublez le quatrième
Ajustant l'un des deux aux trois autres restez ;
Des deux parts de mon tout vous verrez la der niere ,
Dans les Prez , les Valons , et les lieux écartez ,
Sans cesse porter la premiere ,
Avant qu'à la Nature humble et simple ouvriere,
L'Art superbe faisant de sçavantes leçons ,
L'embellisse et la change en diverses façons,
Pour servir aux Humains en plus d'une maniere.
Mais si les trois derniers sont pris séparément ,
Vous trouverez un Element ,
Réunissez mon corps , et d'abord dans la guerre,
D'un air fier , et pompeux, vous me verrez marcher,
Et de Mars en couroux , défier le tonnerre,
I .. ? toga qua deffendere frigus ,
Quamvis crassa, queat. Sat. 111,
Prenez
7
Σ
OCTOBRE. 1732. 2195
Prenez- moi , dans un autre sens ,
Ma fonction est basse et vile ;
Alors je ne deviens utile
Sur tout qu'aux plus petits enfans.'
SEpt membres arrangez font mon individu ,
Dont les quatre premiers , sans les changer de
place , E For
2194 MERCURE DE FRANCE
Forment, un autre Tout , au Lecteur fort connu
Qui peu propre et grossier ,
suffisoit pour Horace , I
Dans les trois quarts du monde on en fait tres
grand cas ,
Le besoin prétend qu'on en fasse.
Cependant autre part un Roy même s'en passe,
Et l'homme ne le cherche pas
Tant qu'aimant Dieu plus qué lui-même ,
La sincere innocence eut pour lui des appas.
Si vous doublez le quatrième
Ajustant l'un des deux aux trois autres restez ;
Des deux parts de mon tout vous verrez la der niere ,
Dans les Prez , les Valons , et les lieux écartez ,
Sans cesse porter la premiere ,
Avant qu'à la Nature humble et simple ouvriere,
L'Art superbe faisant de sçavantes leçons ,
L'embellisse et la change en diverses façons,
Pour servir aux Humains en plus d'une maniere.
Mais si les trois derniers sont pris séparément ,
Vous trouverez un Element ,
Réunissez mon corps , et d'abord dans la guerre,
D'un air fier , et pompeux, vous me verrez marcher,
Et de Mars en couroux , défier le tonnerre,
I .. ? toga qua deffendere frigus ,
Quamvis crassa, queat. Sat. 111,
Prenez
7
Σ
OCTOBRE. 1732. 2195
Prenez- moi , dans un autre sens ,
Ma fonction est basse et vile ;
Alors je ne deviens utile
Sur tout qu'aux plus petits enfans.'
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9135
p. 2195-2196
AUTRE LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis mere de sept enfans, [...]
Mots clefs :
Semaine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE LOGOGRYPHE.
UTRE LOGOGRYPHE.
JE suis mere de sept enfans ,
Quide moi n'ont point pris naissance,
Et par une autre circonstance ,
Nous dattons tous du mênre-temp
Le fils d'un Patriarche au début se présente ,
Une riviere vient après
Ma premiere de moins , ainsi que sa suivante
Al'instant vous reconnoîtrezé
Une des Provinces de France ,
ง
En cet état , mon second membre à part ,
Je plais , ou je déplais sur la simple apparence¿
Pris dans un autre sens , je suis pour le Soudart
Un sujet de travail ainsi que de science ,
Voulez-vous autrement m'interpreter encor
A bon droit je suis un trésor ;
Le susdit remis en sa place ,
Si mon dernier est retranché
Tel humain est bien empêché ,
Qui de moi, par force se passe,
Rognez encor , et puis à découvert ,
E ij
Vous
2196 MERCURE DE FRANCE
Vous verrz que jamais on ne me prend sans verd.
JE suis mere de sept enfans ,
Quide moi n'ont point pris naissance,
Et par une autre circonstance ,
Nous dattons tous du mênre-temp
Le fils d'un Patriarche au début se présente ,
Une riviere vient après
Ma premiere de moins , ainsi que sa suivante
Al'instant vous reconnoîtrezé
Une des Provinces de France ,
ง
En cet état , mon second membre à part ,
Je plais , ou je déplais sur la simple apparence¿
Pris dans un autre sens , je suis pour le Soudart
Un sujet de travail ainsi que de science ,
Voulez-vous autrement m'interpreter encor
A bon droit je suis un trésor ;
Le susdit remis en sa place ,
Si mon dernier est retranché
Tel humain est bien empêché ,
Qui de moi, par force se passe,
Rognez encor , et puis à découvert ,
E ij
Vous
2196 MERCURE DE FRANCE
Vous verrz que jamais on ne me prend sans verd.
Fermer
9136
p. 2196-2198
« INSTRUCTIONS CHRÉTIENNES sur les huit Béatitudes, par Demandes et par [...] »
Début :
INSTRUCTIONS CHRÉTIENNES sur les huit Béatitudes, par Demandes et par [...]
Mots clefs :
Instructions chrétienes, Coutumes, Constantinople, Sermons choisis, Imitation de Jésus-Christ, Oeuvres de Rabelais, Cardinal d'Ossat
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texteReconnaissance textuelle : « INSTRUCTIONS CHRÉTIENNES sur les huit Béatitudes, par Demandes et par [...] »
NSTRUCTIONS CHRETIENNES sur les
huit Béatitudes , par Demandes et par
Réponses , tirées des SS. P P. et en particulier de S. Augustin ; avec des Prieres et
Aspirations sur chaque Instruction. AParis , rue S. Jacques , chez Witte et Henry !
in 12. avec fig. en Taille- douce.
COUTUMES GENERALES , LOCALES , du
Duché de Bourbonnois; avec un Commentaite , dans lequel ces Coûtumes sont expliquées suivant les Observations manuscrites et les sentimens des plus Sçavans
Magistrats , et des plus habiles Avocats
de la Province qui ont vécu depuis la réduction de ces Coutumes , jusqu'à present , &c. Par M.Math- Auroux des Pommiers , Prêtre , Docteur en Théologie
Conseiller- Clerc en la . Sénéchaussée de
Bourbonnois et Siége de Moulins. Chez le
Breton , fils , Quai des Augustins , 2. vol.
in fol.
>
VOYAGE
OCTOBRE. 17327 2197
VOYAGE DE CONSTANTINOPLE , pour
Rachapt des Captifs. Par le R.P.Jehannot,
Docteur en Théologie de la Faculté de
Paris , Ministre et Supérieur de la Maison
de Beauvoir sur Mer , de l'Ordre de la
Sainte Trinité. Chez de Lormel , ruë du
Foin , et René Josse , au coin du Marché
Neuf, 1732. in 12.
SERMONS CHOISIS , sur les Mysteres , la
Vérité de la Religion et sur differens fujets
de la Morale Chrétienne.Tom. 12. conte
nant l'Octave du S. Sacrement et autres
Sermons et Discours. 1732. in 12. Chez
Herissant , et Lottin , rues Neuve Notre
Dame et S. Jacques.
L'IMITATION DE JESUS-CHRIST , traduite et revûë par M. du Fresnoi , D. de S.
sur l'ancien Original François , d'où l'on
a tiré un Chapitre qui manque dans les
autres Editions. Avec l'Ordinaire de la
Sainte Messe ; in 8 °. 1731. Chez P. Gans
douin , Quai des Augustins.
OEUVRES de Maître François Rabelais ;
publiées sous le Titre de Faits et Dits du
Géant Gargantua , et de son fils Pantagruel ; avec la Pronostication Pantagrue
line , l'Epître du Limosin , la Crême PhiE iij loso
198 MERCURE DE FRANCE
losophale , deux Epîtres à deux Vieilles
de mœurs et d'humeurs differentes , et
des Pemarques Historiques et Critiques
de M. le Duchat, sur tout l'Ouvrage.
Nouvelle Edition , augmentée de quelques Remarques nouvelles. 1732. in 8°.
6 vol. Par la Compagnie des Libraires.
LETTRES du Cardinal d'Ossat , avec des
Notes Historiques et Politiques , de M.
Amelot de la Houssaye. Nouvelle Edition ,
corrigée sur le Manuscrit original , considérablement augmentée et enrichie de
nouvelles Notes de M. Amelot de la .
Houssaye , qui ne se trouvent point dans
la derniere Edition de Paris de 1697. §
vol. in 12. Par la Compagnie des Libraires.
huit Béatitudes , par Demandes et par
Réponses , tirées des SS. P P. et en particulier de S. Augustin ; avec des Prieres et
Aspirations sur chaque Instruction. AParis , rue S. Jacques , chez Witte et Henry !
in 12. avec fig. en Taille- douce.
COUTUMES GENERALES , LOCALES , du
Duché de Bourbonnois; avec un Commentaite , dans lequel ces Coûtumes sont expliquées suivant les Observations manuscrites et les sentimens des plus Sçavans
Magistrats , et des plus habiles Avocats
de la Province qui ont vécu depuis la réduction de ces Coutumes , jusqu'à present , &c. Par M.Math- Auroux des Pommiers , Prêtre , Docteur en Théologie
Conseiller- Clerc en la . Sénéchaussée de
Bourbonnois et Siége de Moulins. Chez le
Breton , fils , Quai des Augustins , 2. vol.
in fol.
>
VOYAGE
OCTOBRE. 17327 2197
VOYAGE DE CONSTANTINOPLE , pour
Rachapt des Captifs. Par le R.P.Jehannot,
Docteur en Théologie de la Faculté de
Paris , Ministre et Supérieur de la Maison
de Beauvoir sur Mer , de l'Ordre de la
Sainte Trinité. Chez de Lormel , ruë du
Foin , et René Josse , au coin du Marché
Neuf, 1732. in 12.
SERMONS CHOISIS , sur les Mysteres , la
Vérité de la Religion et sur differens fujets
de la Morale Chrétienne.Tom. 12. conte
nant l'Octave du S. Sacrement et autres
Sermons et Discours. 1732. in 12. Chez
Herissant , et Lottin , rues Neuve Notre
Dame et S. Jacques.
L'IMITATION DE JESUS-CHRIST , traduite et revûë par M. du Fresnoi , D. de S.
sur l'ancien Original François , d'où l'on
a tiré un Chapitre qui manque dans les
autres Editions. Avec l'Ordinaire de la
Sainte Messe ; in 8 °. 1731. Chez P. Gans
douin , Quai des Augustins.
OEUVRES de Maître François Rabelais ;
publiées sous le Titre de Faits et Dits du
Géant Gargantua , et de son fils Pantagruel ; avec la Pronostication Pantagrue
line , l'Epître du Limosin , la Crême PhiE iij loso
198 MERCURE DE FRANCE
losophale , deux Epîtres à deux Vieilles
de mœurs et d'humeurs differentes , et
des Pemarques Historiques et Critiques
de M. le Duchat, sur tout l'Ouvrage.
Nouvelle Edition , augmentée de quelques Remarques nouvelles. 1732. in 8°.
6 vol. Par la Compagnie des Libraires.
LETTRES du Cardinal d'Ossat , avec des
Notes Historiques et Politiques , de M.
Amelot de la Houssaye. Nouvelle Edition ,
corrigée sur le Manuscrit original , considérablement augmentée et enrichie de
nouvelles Notes de M. Amelot de la .
Houssaye , qui ne se trouvent point dans
la derniere Edition de Paris de 1697. §
vol. in 12. Par la Compagnie des Libraires.
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Résumé : « INSTRUCTIONS CHRÉTIENNES sur les huit Béatitudes, par Demandes et par [...] »
Le document répertorie diverses publications. Parmi elles, des ouvrages religieux comme les 'Instructions Chrétiennes sur les huit Béatitudes', basées sur les écrits des saints Pères et de saint Augustin, incluant des prières. Les 'Coutumes Générales et Locales du Duché de Bourbonnois' sont expliquées par M. Math-Auroux des Pommiers, prêtre et docteur en théologie. Le 'Voyage de Constantinople, pour Rachapt des Captifs' est rédigé par le R.P. Jehannot, docteur en théologie et supérieur de la Maison de Beauvoir sur Mer. Les 'Sermons Choisis' sur divers sujets de la morale chrétienne sont compilés par un auteur non nommé. L''Imitation de Jésus-Christ' est traduite et révisée par M. du Fresnoi, avec un chapitre supplémentaire. Les 'Œuvres de Maître François Rabelais' sont publiées sous le titre 'Faits et Dits du Géant Gargantua et de son fils Pantagruel', avec des remarques historiques et critiques de M. le Duchat. Enfin, les 'Lettres du Cardinal d'Ossat' sont accompagnées de notes historiques et politiques de M. Amelot de la Houssaye.
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9137
p. 2198-2201
LIVRES nouveaux, d'Impression Etrangere, qui se trouvent chez Briasson, ruë S. Jacques.
Début :
AELIANI (CL.) Varia Historiae Gr. et Lat. cum Notis variorum et abr. Gronovii [...]
Mots clefs :
Livres nouveaux, Briasson
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texteReconnaissance textuelle : LIVRES nouveaux, d'Impression Etrangere, qui se trouvent chez Briasson, ruë S. Jacques.
LIVRES nouveaux, d'Impression Etran
gere , qui se trouvent chez Briasson , ruë
S. Jacques..
ELIANI( CL. ) Varia Historia Gr. et
Lat. cum Notis variorum et abr. Gronovii.
2 vol. 4°. Amst. 1731.
EXCELLENCE de la Religion , par Bernard , avec sa Vie. 2 vol. in 12. Amst.
17321
HISTOIRE de l'Eglise et de l'Empire, par
Le Sueur, continuée par Pictet, 11 . vol. 4°.
Amst. 1729. et 173 1 .
IDE'E
OCTOBRE. 1732 2199
IDE'E d'une République heureuse ou
PUtopie, de Thomas Morus, traduite par
Gueudeville , in 12. avec figures, Amst.
1730.
INTRODUCTION à l'Etude des Sciences
et des Belles Lettres , par la Martiniere,
89. La Haye 1731.
LETTRES sur la formation des Sels et
des Cristaux , et sur la Generation , et le
Méchanisme Organique des Plantes et des
Animaux , par Bourguet , in 12. avec figures. Amst. 1730.
MEMOIRES et Négociations pour servir
à l'Histoire du XVIIIe siecle , par M. Lamberty , 10 vol. in 4° . avec figures. A la
Haye, 1727. 1731. les derniers vol. se vendent séparement.
MORT des Justes , ou l'Art de bien
mourir , par M. de la Placette. 2 vol. in
8°. La Haye. 1730.
OEUVRES de Clement Marot , avec celles de Jean et de Michel Marot, très-auganentées , avec des Notes , &c. 4 vol. in
49. La Haye , 1731. grand et petit papier.
Les mêmes , in 12. 6 vol. و
RECUEIL de Chansons notées , 6 vol.in
12. la Haye , 1731. On vend séparément le s et 6º vol.
THEOLOGIE Physique , ou Démonstrátion de l'Existence de Dieu par ses créa
E iiij tures
200 MERCURE DE FRANCE
tures , traduit de l'Anglois de Derham.
2 vol. 8°. fig. Rotterd. 1731.
TRAITEZ Géographiques , pour l'Intelligence de l'Ecriture Sainte , recueillis de
divers Auteurs , par la Martiniere, 2 vol.
in 12. la Haye, 1730.
THUCYDIDIS Opera omnia , Gr. et Lat.
cum Notis variorum et D. Wasse , et variis
Dissertationibus.Fol. cum fig. Amst. 173 1.
WOLFII ( Christian . ) Elementa Matheseos , in 4. fig. Geneva. 1731 .
ZODIAQUE de la vie , traduit du Latin
de Marcel Pallingene , par M. de la Monnerie , 2 vol. in 12. la Haye , 1731.
PHILIPPI Cluverii Introductio ad Geogra
phiam, cum Notis variorum et Editoris,
cum Tabulis et Fig. Æneis. 4. Amst. 1731.
L'Editeur de ce Livre est M. de la Martiniere.
JOAN.FOY Vaillant Seleucidarum Imperium , seu Historia Regum Syria. fig. Hage
Comitis , 1732. Le sieur Briasson vend
aussi les autres Ouvrages de ce celebre
Antiquaire.
L'ART d'orner l'Esprit en l'amusant ;
ou nouveau choix de traits vifs , saillans
et legers , soit en Vers , soit en Prose , et
de Morceaux d'Histoires singulieres, &c.
Par M. Gayot de Pitaval , 4. vol. in 12. à
Paris , chez Briasson , rue Saint Jacques ,
1732
OCTOBRE. 1732 2701
1732. C'est une nouvelle édition à laquelle la 3 et la 4 partie sont ajoutées , et que
l'on vend séparément , en faveur de ceux
qui ont déja les deux premieres Parties de
la premiere Edition .
SAILLIES d'Esprit ou Choix curieux de
Traits utiles et agréables pour la conversation , entrelassez d'Histoires singulieres , d'Anecdotes intéressantes , de Réfléxions Critiques , morales , de Jugemens sur plusieurs Poëtes modernes , et
de l'élite de leurs Poësies. Par M. Gayot
de Pitaval : Nouvelle Edition , augmentée ,
revue et corrigée , 4 vol. in 12.
La 3 et7 la 4 Partie sont pareillement
ajoutées à cette nouvelle Edition , et on
les vend séparement à ceux qui , dans la
premiere Edition , ont déja les deux premieres Parties. Il y a une grande variété
dans ce double Recueil ; on peut y ap
prendre bien des faits particuliers ,propres
à amuser agréablement , sans parler de
plusieurs morceaux de Poësie , répandus
dans chaque volume.
gere , qui se trouvent chez Briasson , ruë
S. Jacques..
ELIANI( CL. ) Varia Historia Gr. et
Lat. cum Notis variorum et abr. Gronovii.
2 vol. 4°. Amst. 1731.
EXCELLENCE de la Religion , par Bernard , avec sa Vie. 2 vol. in 12. Amst.
17321
HISTOIRE de l'Eglise et de l'Empire, par
Le Sueur, continuée par Pictet, 11 . vol. 4°.
Amst. 1729. et 173 1 .
IDE'E
OCTOBRE. 1732 2199
IDE'E d'une République heureuse ou
PUtopie, de Thomas Morus, traduite par
Gueudeville , in 12. avec figures, Amst.
1730.
INTRODUCTION à l'Etude des Sciences
et des Belles Lettres , par la Martiniere,
89. La Haye 1731.
LETTRES sur la formation des Sels et
des Cristaux , et sur la Generation , et le
Méchanisme Organique des Plantes et des
Animaux , par Bourguet , in 12. avec figures. Amst. 1730.
MEMOIRES et Négociations pour servir
à l'Histoire du XVIIIe siecle , par M. Lamberty , 10 vol. in 4° . avec figures. A la
Haye, 1727. 1731. les derniers vol. se vendent séparement.
MORT des Justes , ou l'Art de bien
mourir , par M. de la Placette. 2 vol. in
8°. La Haye. 1730.
OEUVRES de Clement Marot , avec celles de Jean et de Michel Marot, très-auganentées , avec des Notes , &c. 4 vol. in
49. La Haye , 1731. grand et petit papier.
Les mêmes , in 12. 6 vol. و
RECUEIL de Chansons notées , 6 vol.in
12. la Haye , 1731. On vend séparément le s et 6º vol.
THEOLOGIE Physique , ou Démonstrátion de l'Existence de Dieu par ses créa
E iiij tures
200 MERCURE DE FRANCE
tures , traduit de l'Anglois de Derham.
2 vol. 8°. fig. Rotterd. 1731.
TRAITEZ Géographiques , pour l'Intelligence de l'Ecriture Sainte , recueillis de
divers Auteurs , par la Martiniere, 2 vol.
in 12. la Haye, 1730.
THUCYDIDIS Opera omnia , Gr. et Lat.
cum Notis variorum et D. Wasse , et variis
Dissertationibus.Fol. cum fig. Amst. 173 1.
WOLFII ( Christian . ) Elementa Matheseos , in 4. fig. Geneva. 1731 .
ZODIAQUE de la vie , traduit du Latin
de Marcel Pallingene , par M. de la Monnerie , 2 vol. in 12. la Haye , 1731.
PHILIPPI Cluverii Introductio ad Geogra
phiam, cum Notis variorum et Editoris,
cum Tabulis et Fig. Æneis. 4. Amst. 1731.
L'Editeur de ce Livre est M. de la Martiniere.
JOAN.FOY Vaillant Seleucidarum Imperium , seu Historia Regum Syria. fig. Hage
Comitis , 1732. Le sieur Briasson vend
aussi les autres Ouvrages de ce celebre
Antiquaire.
L'ART d'orner l'Esprit en l'amusant ;
ou nouveau choix de traits vifs , saillans
et legers , soit en Vers , soit en Prose , et
de Morceaux d'Histoires singulieres, &c.
Par M. Gayot de Pitaval , 4. vol. in 12. à
Paris , chez Briasson , rue Saint Jacques ,
1732
OCTOBRE. 1732 2701
1732. C'est une nouvelle édition à laquelle la 3 et la 4 partie sont ajoutées , et que
l'on vend séparément , en faveur de ceux
qui ont déja les deux premieres Parties de
la premiere Edition .
SAILLIES d'Esprit ou Choix curieux de
Traits utiles et agréables pour la conversation , entrelassez d'Histoires singulieres , d'Anecdotes intéressantes , de Réfléxions Critiques , morales , de Jugemens sur plusieurs Poëtes modernes , et
de l'élite de leurs Poësies. Par M. Gayot
de Pitaval : Nouvelle Edition , augmentée ,
revue et corrigée , 4 vol. in 12.
La 3 et7 la 4 Partie sont pareillement
ajoutées à cette nouvelle Edition , et on
les vend séparement à ceux qui , dans la
premiere Edition , ont déja les deux premieres Parties. Il y a une grande variété
dans ce double Recueil ; on peut y ap
prendre bien des faits particuliers ,propres
à amuser agréablement , sans parler de
plusieurs morceaux de Poësie , répandus
dans chaque volume.
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Résumé : LIVRES nouveaux, d'Impression Etrangere, qui se trouvent chez Briasson, ruë S. Jacques.
Le document énumère des livres nouvellement imprimés et disponibles chez Briasson, rue Saint Jacques. Les ouvrages couvrent divers domaines, notamment l'histoire, la théologie, la science et la littérature. Parmi les titres notables figurent 'Varia Historia' de Cl. Eliani, 'Excellence de la Religion' de Bernard, et 'Histoire de l'Église et de l'Empire' de Le Sueur, continuée par Pictet. D'autres publications incluent 'Idée d'une République heureuse ou Utopie' de Thomas Morus, traduite par Gueudeville, et 'L'Art d'orner l'Esprit en l'amusant' de M. Gayot de Pitaval, disponible en nouvelle édition augmentée. Le document mentionne également des recueils de chansons, des mémoires historiques, et des traités scientifiques comme 'Lettre sur la formation des Sels et des Cristaux' de Bourguet. Certains livres sont vendus en différentes éditions et formats, avec des options pour ceux qui possèdent déjà des parties précédentes.
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9138
p. 2201-2203
« MANDEMENT de M. l'Evêque de Marseille, pour l'Etablissement des Priéres [...] »
Début :
MANDEMENT de M. l'Evêque de Marseille, pour l'Etablissement des Priéres [...]
Mots clefs :
Mandement, Evêque de Marseille, Navigations, Accidents
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texteReconnaissance textuelle : « MANDEMENT de M. l'Evêque de Marseille, pour l'Etablissement des Priéres [...] »
MANDEMENT de M. l'Evêque de Marseille , pour l'Etablissement des Priéres pu--
bliques pour la conservation de ses Diocésains , qui vont sur la Mer , et pour læ
prosperité du commerce de Marseille. A
E v Mare
#202 MERCURE DE FRANCE
1
Marseille,de l'Imprimerie deJean Brebion.
C'est icy un nouveau Monument de
la piété de M. l'Evêque de Marseille et de
sa charité pastorale pour ses Diocésains ,
pour ceux en particulier que leur état et
cur profession engagent de s'exposer aux
périls de la Mer,et qui sont en tres grand
nombre dans ce Diocèse : Le Seigneur,
dit-il avec l'Ecriture , qui a formé seul la
vaste étendue des Cieux , qui marche sur les
Flots de la Mer, quifait à son gré sortir les
Vents du secret de ses Trésors , qui prescrit
une Loy aux Pluies , et qui marque le chemin auxfoudres et aux tempêtes, est le seul
qui puisse les préserver et les délivrer des
fâcheux et funestes accidents qui peuvent
leur arriver dans des Navigations pénibles et toujours dangereuses. Il est le salut
de son Peuples il écoute les cris que l'on
pousse vers lui dans la tribulation et dans
le péril addressons nous donc à lui avec
la confiance que doivent nous inspirer
et sa puissance et sa bonté , &c.
A la fin du Mandement , donné le re
Aoust 1732. est la Liste des Eglises où
tous les jours de l'année on donnera dans
quelqu'une d'icelles la Benediction du
tres-Saint Sacrement , dans l'intention du
Mandement. Après la Listé , suivent les
Prieres qui seront dites pour le même sujet
OCTOBRE. 1732. 2203
jet entre lesquelles est le Pseaume 68. en
Latin et en François , et en particulier le
Pseaume 129. pour le repos des ames de
tous ceux qui ont péri sur la Mer.
bliques pour la conservation de ses Diocésains , qui vont sur la Mer , et pour læ
prosperité du commerce de Marseille. A
E v Mare
#202 MERCURE DE FRANCE
1
Marseille,de l'Imprimerie deJean Brebion.
C'est icy un nouveau Monument de
la piété de M. l'Evêque de Marseille et de
sa charité pastorale pour ses Diocésains ,
pour ceux en particulier que leur état et
cur profession engagent de s'exposer aux
périls de la Mer,et qui sont en tres grand
nombre dans ce Diocèse : Le Seigneur,
dit-il avec l'Ecriture , qui a formé seul la
vaste étendue des Cieux , qui marche sur les
Flots de la Mer, quifait à son gré sortir les
Vents du secret de ses Trésors , qui prescrit
une Loy aux Pluies , et qui marque le chemin auxfoudres et aux tempêtes, est le seul
qui puisse les préserver et les délivrer des
fâcheux et funestes accidents qui peuvent
leur arriver dans des Navigations pénibles et toujours dangereuses. Il est le salut
de son Peuples il écoute les cris que l'on
pousse vers lui dans la tribulation et dans
le péril addressons nous donc à lui avec
la confiance que doivent nous inspirer
et sa puissance et sa bonté , &c.
A la fin du Mandement , donné le re
Aoust 1732. est la Liste des Eglises où
tous les jours de l'année on donnera dans
quelqu'une d'icelles la Benediction du
tres-Saint Sacrement , dans l'intention du
Mandement. Après la Listé , suivent les
Prieres qui seront dites pour le même sujet
OCTOBRE. 1732. 2203
jet entre lesquelles est le Pseaume 68. en
Latin et en François , et en particulier le
Pseaume 129. pour le repos des ames de
tous ceux qui ont péri sur la Mer.
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Résumé : « MANDEMENT de M. l'Evêque de Marseille, pour l'Etablissement des Priéres [...] »
Le 1er août 1732, l'évêque de Marseille émet un mandement ordonnant des prières publiques pour la protection des marins et la prospérité du commerce maritime. L'évêque rappelle que Dieu, maître des éléments, est le seul à pouvoir protéger les marins des dangers de la navigation. Il encourage la confiance en la puissance et la bonté divine face aux périls marins. Le mandement précise les églises où la bénédiction du Saint-Sacrement sera donnée quotidiennement. Les prières incluent les Psaumes 68 et 129, ce dernier étant dédié au repos des âmes des marins disparus en mer.
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9139
p. 2203-2206
« PRINCIPES GENERAUX et raisonnez de la Grammaire Françoise, avec des observations [...] »
Début :
PRINCIPES GENERAUX et raisonnez de la Grammaire Françoise, avec des observations [...]
Mots clefs :
Grammaire française, Médecine pratique, Entretiens physiques, Bains de Termopyles, Le Zodiaque de la vie, Oiseaux
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texteReconnaissance textuelle : « PRINCIPES GENERAUX et raisonnez de la Grammaire Françoise, avec des observations [...] »
PRINCIPES GENERAUX et raisonnez de
la Grammaire Françoise , avec des observations sur l'Orthographe , les Accens , la
Ponctuation et la Prononciation ; et un
Abregé des Regles de la Versification
Françoise ; dédiez à Monseigneur le Duc
de Chartres. Par M. Restant , nouvelle ?
Edition , corrigée et augmentée. AParis
chez le Gras , au Palais : Lottin, rue S.Jacques ; De Saint , rue S. Jean de Beauvais;
Chaubert , Quai des Augustins. 1732. in
12. pag. 552. voyez en l'Extrait dans le
Journal des Sçavans , d'Octobre , p. 60s,
OBSERVATIONS DE MEDECINE PRATIQUE,
par Louis Jean le Thieullier, Docteur Regent de la Faculté de Médecine en l'Université, Conseiller du Roy, et son Medecin
ordinaire dans le grand Conseil , 1732.
A Paris , chez Charles Osmont , P. Mich.
Huart et Jacques Clousier, ruë S. Jacques
vol. in 12. pag. 395. L'Ouvrage est en La- tin. Nous renvoïons pour l'idée juste
qu'on en peut donner , à l'Extrait qui est
dans le Journal des Sçavans , de ce mois,
-page $96. E vj
↓
LIS
1204 MERCURE DE FRANCE
LES ENTRETIENS PHYSIQUES d'Ariste et
d'Eudoxe , ou Physique nouvelle en Dialogues , qui renferme précisément ce qui
s'est découvert de plus curieux et de plus
utile dans la nature.Enrichis de beaucoup
de Figures. Nouvelle édition , revûë et
augmentée d'un volume. Par le P.Regnault,
de la Compagnie de JESUS. A Paris , chez
Jacq. Clouzier, ruë S. Jacques , 1732. 4
vol, in 12. premier vol. pag. 385. 2ª vol.
pag. 416.3 vol. pag. 376. 4 vol. pag.421.
sans les Tables , qui font ensemble 122.
pag. Voyez- en l'Extrait dans le même
Journal.
LES BAINS DES TERMOPYLES , à la Prine
cesse de Milet. Par feu Mlle Scudery. A
Paris , rue de la Comédie Françoise , chez
la veuve Ribou , 1732. brochure de 73. p.
ANA Ou Bigarures Calotines. Premier Recueil. AParis , rue Gisle-Coeur , chez Antoine de Henqueville , et Quai des Augustins , chez Louis- Antoine de Henqueville,
1732. Brochure in 12.de 73 pag. avec une
Préface , dans laquelle l'Auteur dit qu'on
trouvera icy quantité d'Anecdotes curieuses et Litteraires , qui n'ont jamais été imprimées , et qui pour la plus grande partie ne sont connues que d'un très - petit
nombre
OCTOBRE: 1732 2205
Hombre de personnes. Je les ai recueillies
dit-il , des conversations des plus beaux
esprits , et des plus sçavans hommes de ce
temps.
LA VOYE E'TROITE , qui conduit à la
voïe marquée dans les 8 Béatitudes , avec
les moïens pour les acquerir , et les Priéres pour les demander à Dieu. Par le R.P.
Barbaza, Religieux de l'Observance de
S. François. A Lyon , chezClaudeJournet
1731.in 12.
LE ZODIAQUE DE LA VIE , ou Préceptes
pour diriger la conduite et les mœurs
des hommes ; traduit du Poëme Latin de
Marcel Palingene , celebre Poëte de la
Stellada.Par M.de la Monnerie A la Haye,
cbez Jean Swart , 1731. 2. vol. in 12. de
520. pag. les 2. vol.
RELATION FIDELLE des troubles arrivez
dans l'Empire de Pluton , au sujet de
Histoire de Sethos ; en 4 Lettres , écrites
des Champs Elisées , à M. l'Abbé * ***
Auteur de cette Histoire. Amsterdam ;
chez les Westins. 1751. in 8. de 211. pag.
HISTOIRE NATURELLE DES OYSEAUX
&c. en 101 Planches gravées , dessinées
2206 MERCURE DE FRANCE
et enluminées d'après des Oyseaux vivans. Le nom de chaque Oyseau est marqué en Anglois et en Latin , avec des Remarques et Explications. Par M. Eleazar
Albin , Auteur de l'Histoire naturelle des
Insectes. A Londres , chez Janys. in 46
la Grammaire Françoise , avec des observations sur l'Orthographe , les Accens , la
Ponctuation et la Prononciation ; et un
Abregé des Regles de la Versification
Françoise ; dédiez à Monseigneur le Duc
de Chartres. Par M. Restant , nouvelle ?
Edition , corrigée et augmentée. AParis
chez le Gras , au Palais : Lottin, rue S.Jacques ; De Saint , rue S. Jean de Beauvais;
Chaubert , Quai des Augustins. 1732. in
12. pag. 552. voyez en l'Extrait dans le
Journal des Sçavans , d'Octobre , p. 60s,
OBSERVATIONS DE MEDECINE PRATIQUE,
par Louis Jean le Thieullier, Docteur Regent de la Faculté de Médecine en l'Université, Conseiller du Roy, et son Medecin
ordinaire dans le grand Conseil , 1732.
A Paris , chez Charles Osmont , P. Mich.
Huart et Jacques Clousier, ruë S. Jacques
vol. in 12. pag. 395. L'Ouvrage est en La- tin. Nous renvoïons pour l'idée juste
qu'on en peut donner , à l'Extrait qui est
dans le Journal des Sçavans , de ce mois,
-page $96. E vj
↓
LIS
1204 MERCURE DE FRANCE
LES ENTRETIENS PHYSIQUES d'Ariste et
d'Eudoxe , ou Physique nouvelle en Dialogues , qui renferme précisément ce qui
s'est découvert de plus curieux et de plus
utile dans la nature.Enrichis de beaucoup
de Figures. Nouvelle édition , revûë et
augmentée d'un volume. Par le P.Regnault,
de la Compagnie de JESUS. A Paris , chez
Jacq. Clouzier, ruë S. Jacques , 1732. 4
vol, in 12. premier vol. pag. 385. 2ª vol.
pag. 416.3 vol. pag. 376. 4 vol. pag.421.
sans les Tables , qui font ensemble 122.
pag. Voyez- en l'Extrait dans le même
Journal.
LES BAINS DES TERMOPYLES , à la Prine
cesse de Milet. Par feu Mlle Scudery. A
Paris , rue de la Comédie Françoise , chez
la veuve Ribou , 1732. brochure de 73. p.
ANA Ou Bigarures Calotines. Premier Recueil. AParis , rue Gisle-Coeur , chez Antoine de Henqueville , et Quai des Augustins , chez Louis- Antoine de Henqueville,
1732. Brochure in 12.de 73 pag. avec une
Préface , dans laquelle l'Auteur dit qu'on
trouvera icy quantité d'Anecdotes curieuses et Litteraires , qui n'ont jamais été imprimées , et qui pour la plus grande partie ne sont connues que d'un très - petit
nombre
OCTOBRE: 1732 2205
Hombre de personnes. Je les ai recueillies
dit-il , des conversations des plus beaux
esprits , et des plus sçavans hommes de ce
temps.
LA VOYE E'TROITE , qui conduit à la
voïe marquée dans les 8 Béatitudes , avec
les moïens pour les acquerir , et les Priéres pour les demander à Dieu. Par le R.P.
Barbaza, Religieux de l'Observance de
S. François. A Lyon , chezClaudeJournet
1731.in 12.
LE ZODIAQUE DE LA VIE , ou Préceptes
pour diriger la conduite et les mœurs
des hommes ; traduit du Poëme Latin de
Marcel Palingene , celebre Poëte de la
Stellada.Par M.de la Monnerie A la Haye,
cbez Jean Swart , 1731. 2. vol. in 12. de
520. pag. les 2. vol.
RELATION FIDELLE des troubles arrivez
dans l'Empire de Pluton , au sujet de
Histoire de Sethos ; en 4 Lettres , écrites
des Champs Elisées , à M. l'Abbé * ***
Auteur de cette Histoire. Amsterdam ;
chez les Westins. 1751. in 8. de 211. pag.
HISTOIRE NATURELLE DES OYSEAUX
&c. en 101 Planches gravées , dessinées
2206 MERCURE DE FRANCE
et enluminées d'après des Oyseaux vivans. Le nom de chaque Oyseau est marqué en Anglois et en Latin , avec des Remarques et Explications. Par M. Eleazar
Albin , Auteur de l'Histoire naturelle des
Insectes. A Londres , chez Janys. in 46
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Résumé : « PRINCIPES GENERAUX et raisonnez de la Grammaire Françoise, avec des observations [...] »
Le document énumère diverses publications parues en 1731 et 1732. Parmi elles, 'Principes généraux et raisonnez de la Grammaire Françoise' de M. Restant, une édition corrigée et augmentée dédiée à Monseigneur le Duc de Chartres, publiée à Paris chez plusieurs éditeurs. 'Observations de Médecine Pratique' de Louis Jean le Thieullier, Docteur Régent de la Faculté de Médecine, est publié en latin à Paris. 'Les Entretiens Physiques d'Ariste et d'Eudoxe' du Père Regnault, enrichis de figures et augmentés d'un volume, sont publiés en quatre volumes à Paris. Les brochures 'Les Bains des Termopyles' de Mlle Scudery et 'ANA ou Bigarures Calotines' sont également mentionnées. D'autres ouvrages religieux et littéraires incluent 'La Voie Étroite' du Père Barbaza, 'Le Zodiaque de la Vie' traduit par M. de la Monnerie, et 'Relation Fidèle des troubles arrivez dans l'Empire de Pluton'. Enfin, 'Histoire Naturelle des Oyseaux' d'Eleazar Albin, illustrée de planches gravées, est publiée à Londres.
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9140
p. 2206-2208
Discours présentez à l'Academie de Marseille, pour les Prix, &c. [titre d'après la table]
Début :
DISCOURS qui ont été présentez à l'Académie des Belles-Lettres de Marseille, [...]
Mots clefs :
Discours, Académie des belles-lettres de Marseille, Prix, Médaille d'or, Poésie
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texteReconnaissance textuelle : Discours présentez à l'Academie de Marseille, pour les Prix, &c. [titre d'après la table]
DISCOURS qui ont été présentez à l'Académie des Belles - Lettres de Marseille
pour le Prix de l'année 1732. Brochure in
12. de 63. pag. A Marseille , chezla veuve
Boy.
Un Avertissement , qui est à la tête de
ce Recueil , apprend que M. le Maréchal
Duc de Villars, Protecteur de l'Académie,
vient de fonder sur sa Principaúté de
Martigues en Provence, le Prix annuelde
300 liv.qu'il a bien voulu lui fournir tous
les ans, depuis son Institution, fondation
qui assure à la Ville de Marseille , et à
toute la Province , l'avantage de récompenser le mérite , et aux Muses une source immortelle d'émulation de gloire et de
couronnes.
On apprend aussi dans cette petite Préface que le Prix sera toujours une Médaille d'or de la valeur de 300 liv.mais au lieu
que cette Médaille portoit d'un côté les
Armes de M. le Maréchal , et sur le Revers , la Devise de l'Académie ; elle portera
OCTOBRE. 1732. 2207
tera désormais d'un côté le Buste , et sur
le Revers la Devise de M. de Villars . Le
jour de l'adjudication du Prix , qui étoit
cy-devant fixé au premier Mécredy après
Quasimodo , le sera à l'avenir pour toujours au 25 Aoust , jour de la Fête de S.
Louis ; ce qui ne commencera d'avoir lieu
que l'année prochaine 173 3. par les rai- sons énoncées.
Le Prix sera adjugé à une Piéce de Poësie de 100 Vers au plus,et de 80 au moins,
quisera une Ode , ou un Poëme à rimes
Plattes , dont le sujet sera ; l'Utilité des
Prix Académiques , à l'occasion de la fondation de celui de l'Academie des Belles
-Lettres de Marseille , par M. le Maré
chal de Villars , son Protecteur.
On addressera jusqu'au premier jour de
May inclusivément , les Ouvrages destinez au concours , à M. Chalamont de la
Visclede, Secretaire perpétuel de l'Acadé
mie, rue de l'Evêché , en affranchissant
les Paquets.Les Auteurs ne mettront point
leurs noms , mais une Sentence de l'Ecriture, des Peres ou des Auteurs pròfanes , &c.
L'Auteur qui aura remporté le Prix ,
viendra le recevoir dans la Salle de l'Académie , le jour de la Séance publique, s'il
est à Marseille , sinon il enverra à une
per-
2208 MERCURE DE FRANCE
t
personne domiciliée , le Récepissé de M.
fe Secretaire , à qui les Auteurs auront
eu soin de donner leurs addresses , et
moïennant le Récepissé on delivrera le
Prix à cette personne.
Les Discours imprimez dans cette Brochure , sont au nombre de quatre, et roulent sur ces paroles de Seneque : Neminem
adversa Fortuna comminuit nisi quem secunda decepit.L'adversité n'abat que ceux que
la prosperité avoit aveuglés. Le premier
qui se presente est celui qui, au jugement
de l'Académie , a remporté le prix. Il est
du R. P. Raynaud , de l'Oratoire. Nous
n'entrerons là- dessus dans aucun détail ,
pour nepoint exceder nos bornes ordinaires.Nous ne dirons rien par la même raison
d'une Lettre anonyme , dattée d'Aix, le 3
Juillet 1732. imprimée à Marseille sans
nom d'Imprimeur , et sans aucune marque d'authorisation , intitulée : Réfléxions
critiques sur le Discours qui a remporté le
Prix de l'Académie des Belles Lettres de
Marseille , en l'année 1731. addressées à
M. de*** brochure in 12. de 42 pag.
pour le Prix de l'année 1732. Brochure in
12. de 63. pag. A Marseille , chezla veuve
Boy.
Un Avertissement , qui est à la tête de
ce Recueil , apprend que M. le Maréchal
Duc de Villars, Protecteur de l'Académie,
vient de fonder sur sa Principaúté de
Martigues en Provence, le Prix annuelde
300 liv.qu'il a bien voulu lui fournir tous
les ans, depuis son Institution, fondation
qui assure à la Ville de Marseille , et à
toute la Province , l'avantage de récompenser le mérite , et aux Muses une source immortelle d'émulation de gloire et de
couronnes.
On apprend aussi dans cette petite Préface que le Prix sera toujours une Médaille d'or de la valeur de 300 liv.mais au lieu
que cette Médaille portoit d'un côté les
Armes de M. le Maréchal , et sur le Revers , la Devise de l'Académie ; elle portera
OCTOBRE. 1732. 2207
tera désormais d'un côté le Buste , et sur
le Revers la Devise de M. de Villars . Le
jour de l'adjudication du Prix , qui étoit
cy-devant fixé au premier Mécredy après
Quasimodo , le sera à l'avenir pour toujours au 25 Aoust , jour de la Fête de S.
Louis ; ce qui ne commencera d'avoir lieu
que l'année prochaine 173 3. par les rai- sons énoncées.
Le Prix sera adjugé à une Piéce de Poësie de 100 Vers au plus,et de 80 au moins,
quisera une Ode , ou un Poëme à rimes
Plattes , dont le sujet sera ; l'Utilité des
Prix Académiques , à l'occasion de la fondation de celui de l'Academie des Belles
-Lettres de Marseille , par M. le Maré
chal de Villars , son Protecteur.
On addressera jusqu'au premier jour de
May inclusivément , les Ouvrages destinez au concours , à M. Chalamont de la
Visclede, Secretaire perpétuel de l'Acadé
mie, rue de l'Evêché , en affranchissant
les Paquets.Les Auteurs ne mettront point
leurs noms , mais une Sentence de l'Ecriture, des Peres ou des Auteurs pròfanes , &c.
L'Auteur qui aura remporté le Prix ,
viendra le recevoir dans la Salle de l'Académie , le jour de la Séance publique, s'il
est à Marseille , sinon il enverra à une
per-
2208 MERCURE DE FRANCE
t
personne domiciliée , le Récepissé de M.
fe Secretaire , à qui les Auteurs auront
eu soin de donner leurs addresses , et
moïennant le Récepissé on delivrera le
Prix à cette personne.
Les Discours imprimez dans cette Brochure , sont au nombre de quatre, et roulent sur ces paroles de Seneque : Neminem
adversa Fortuna comminuit nisi quem secunda decepit.L'adversité n'abat que ceux que
la prosperité avoit aveuglés. Le premier
qui se presente est celui qui, au jugement
de l'Académie , a remporté le prix. Il est
du R. P. Raynaud , de l'Oratoire. Nous
n'entrerons là- dessus dans aucun détail ,
pour nepoint exceder nos bornes ordinaires.Nous ne dirons rien par la même raison
d'une Lettre anonyme , dattée d'Aix, le 3
Juillet 1732. imprimée à Marseille sans
nom d'Imprimeur , et sans aucune marque d'authorisation , intitulée : Réfléxions
critiques sur le Discours qui a remporté le
Prix de l'Académie des Belles Lettres de
Marseille , en l'année 1731. addressées à
M. de*** brochure in 12. de 42 pag.
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Résumé : Discours présentez à l'Academie de Marseille, pour les Prix, &c. [titre d'après la table]
Le document décrit le Prix annuel de l'Académie des Belles-Lettres de Marseille pour l'année 1732. Fondé par le Maréchal Duc de Villars, ce prix, doté de 300 livres, récompense une œuvre poétique de 80 à 100 vers sur l'utilité des prix académiques. La récompense est une médaille d'or portant le buste et la devise de M. de Villars. La date de remise du prix est fixée au 25 août, jour de la fête de Saint-Louis, à partir de 1733. Les candidatures doivent être soumises au secrétaire perpétuel, M. Chalamont de la Visclede, avant le 1er mai, anonymement et accompagnées d'une citation. Le lauréat reçoit le prix lors d'une séance publique ou peut envoyer un représentant. La brochure inclut quatre discours sur une citation de Sénèque, le meilleur étant celui du R. P. Raynaud de l'Oratoire. Une lettre anonyme critique a également été publiée à Marseille sans autorisation.
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9141
p. 2209-2210
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Constantinople par le R. P. Romain de Paris, Capucin, Conseiller des Missions de Grece, et Préfet du College des Enfans de Langues, sur diverses Traductions.
Début :
Nous avons vû ici, Monsieur, avec plaisir et reconnoissance l'annonce [...]
Mots clefs :
Collège des enfants de langues, Traductions, Langues orientales
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Constantinople par le R. P. Romain de Paris, Capucin, Conseiller des Missions de Grece, et Préfet du College des Enfans de Langues, sur diverses Traductions.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Constantinople par le R. P. Romain de Paris ;
Capucin , Conseiller des Missions de
Grece , et Préfet du College des Enfans
de Langues , sur diverses Traductions.
N
pl
vâ Ous avons vu ici , Monsieur , avec
plaisir et reconnoissance l'anonce
faite dans l'un des Mercures de l'année
1731. de la Traduction Françoise de deux
Ouvrages Orientaux ; fruits de l'applica
tion des jeunes gens de notre Nation, qui
étudient les Langues dans le College dont
nous avons la direction. Depuis ce temslà , la même Jeunesse a donné plusieurs
autres Traductions d'Ouvrages estimez
lesquelles ont été envoyées en France à
Monseigneur le Comte de Maurepas , et
dont nous vous prions de vouloir bien.
publier la liste ci-jointe. Il est bon que le
Public n'ignore pas ce que nous faisons
dans ce pays éloigné sous la puissante protection du Roi , et pour le bien du servi
ce de S. M. l'institution de ce College
n'ayant point d'autre but que celui- là.
J'ai envoyé en même tems que ces
Traductions tous les Mémoires que j'ai
crû nécessaires pour l'éclaircissement du
Projet de mon Dictionnaire en sept Langues
420 MERCURE DE FRANCE
gues , dont M. l'Ambassadeur a bien vouJu depuis proposer l'impression. Sice Pro
jet réussit , comme je commence de l'esperer , son éxécution procurera un grand
avantage à tous ceux qui s'appliquent à
l'étude des Langues Orientales. L'Allemagne a la gloire d'en avoir donné un
qui commence par le Turc , mais on a
toujours souhaité depuis qu'on en produisit un autre qui commençât par le
François. Celui que j'ai anoncé et dont
vous avez publié l'essai dans votre Jour
nal , imprimé dans la nouvelle Imprimerie de cette Ville , aura tous les avantages qu'on peut souhaiter , et sera utile à
notre Nation et à la Litterature en gé néral.
Capucin , Conseiller des Missions de
Grece , et Préfet du College des Enfans
de Langues , sur diverses Traductions.
N
pl
vâ Ous avons vu ici , Monsieur , avec
plaisir et reconnoissance l'anonce
faite dans l'un des Mercures de l'année
1731. de la Traduction Françoise de deux
Ouvrages Orientaux ; fruits de l'applica
tion des jeunes gens de notre Nation, qui
étudient les Langues dans le College dont
nous avons la direction. Depuis ce temslà , la même Jeunesse a donné plusieurs
autres Traductions d'Ouvrages estimez
lesquelles ont été envoyées en France à
Monseigneur le Comte de Maurepas , et
dont nous vous prions de vouloir bien.
publier la liste ci-jointe. Il est bon que le
Public n'ignore pas ce que nous faisons
dans ce pays éloigné sous la puissante protection du Roi , et pour le bien du servi
ce de S. M. l'institution de ce College
n'ayant point d'autre but que celui- là.
J'ai envoyé en même tems que ces
Traductions tous les Mémoires que j'ai
crû nécessaires pour l'éclaircissement du
Projet de mon Dictionnaire en sept Langues
420 MERCURE DE FRANCE
gues , dont M. l'Ambassadeur a bien vouJu depuis proposer l'impression. Sice Pro
jet réussit , comme je commence de l'esperer , son éxécution procurera un grand
avantage à tous ceux qui s'appliquent à
l'étude des Langues Orientales. L'Allemagne a la gloire d'en avoir donné un
qui commence par le Turc , mais on a
toujours souhaité depuis qu'on en produisit un autre qui commençât par le
François. Celui que j'ai anoncé et dont
vous avez publié l'essai dans votre Jour
nal , imprimé dans la nouvelle Imprimerie de cette Ville , aura tous les avantages qu'on peut souhaiter , et sera utile à
notre Nation et à la Litterature en gé néral.
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Résumé : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Constantinople par le R. P. Romain de Paris, Capucin, Conseiller des Missions de Grece, et Préfet du College des Enfans de Langues, sur diverses Traductions.
Le Père Romain de Paris, capucin et conseiller des Missions de Grèce, écrit depuis Constantinople pour signaler la traduction française de deux ouvrages orientaux réalisée par des étudiants du Collège des Enfants de Langues. Depuis 1731, ces étudiants ont traduit plusieurs ouvrages estimés, envoyés en France à Monseigneur le Comte de Maurepas. Le Père Romain souhaite informer le public des activités du Collège, qui vise à servir le roi et à promouvoir l'étude des langues orientales. Il a également envoyé des mémoires détaillant son projet de dictionnaire en sept langues, soutenu par l'ambassadeur. Ce dictionnaire, commençant par le français, offrira des avantages pour l'étude des langues orientales, contrairement à celui existant en Allemagne qui commence par le turc. Un essai du projet a déjà été publié, et celui-ci sera bénéfique pour la nation et la littérature en général.
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9142
p. 2210-2213
TRADUCTIONS faites dans le College des Enfans, ou Jeunes de Langues de France, par les soins et sous la direction du R. P. -Romain de Paris, jusqu'au mois de Décembre 1731.
Début :
Le Pendattar, ou Instructions et Conseils à un Prince pour bien se gouverner [...]
Mots clefs :
Traductions, Collège des enfants, Jeunes de langues, Ouvrages, Langue turque, Grammaire Turque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TRADUCTIONS faites dans le College des Enfans, ou Jeunes de Langues de France, par les soins et sous la direction du R. P. -Romain de Paris, jusqu'au mois de Décembre 1731.
TRADUCTIONS faites dans le College
des Enfans , ou Jeunes de Langues de
France , par les soins et sous la direction
du R. P. Romain de Paris , jusqu'au mois
de Décembre 1731.
L
E Pendattar , ou Instructions et Conseils à un Prince pour se bien gou
verner dans l'administration de ses Etats,
avec des Remarques et des Notes curieuses pour une plus facile intelligence de
cette Traduction , faite par le sieur Șiel1
ve ,
OCTOBRE. 1732. 2211
ve , à présent Interprete du Roi à Alep.
Instruction d'un Pere à ses enfans , traduite par le sieur de Latine , Interprete
au Caire.
Histoire du dernier Siége de Vienne ,
par Kara Mustafa , Gr. Vizir , traduit par
le même.
Avanture extraordinaire , arrivée à Scutary , à un certain Yaya Tcheleby, Corroyeur de Constantinople , traduite
te sieur Legrand.
par
Histoire du Siége de Canize en Hongrie,
par les Allemands , traduite par le sieur
de Fiennes , Pensionnaire au College des
Jeunes de Langues , et fils de M. de Fiennes , Interprete du Roi à la Cour.
Histoire d'Achraseb , Roi de Scythie ',
traduite par M. Imbault.
Conte Turc, intitulé Temim Davi , traduit par le sieur Galland.
Conquêtes des Turcs dans la Mer blanche , depuis l'établissement de leur Monarchie jusqu'à Khaireddin Pacha
Barberousse , Ouvrage traduit
*Roques.
ou
par le sieur
le
Histoire extraordinaire de Selim de
Vasite , Ville de Chaldée , traduite par
sieur Berault.
Histoire des dernieres Révolutions de
Perse , imprimées en Turc à Constantinople,
211 MERCURE DE FRANCE
ple , traduite par le sieur Choquet.
Tous ces Ouvrages sont écrits en Langue Turque , et les Traducteurs sont actuellement , ou ont été du College des
Enfans François , ou Jeunes de Langues,
établi à Constantinople aux dépens et
sous la protection du Roi.
*
L'occasion et la confirmité du sujet nous
engageroient de dire ici quelque chose
de la Grammaire Turque , &c. imprimée à
Constantinople , vol. in 4. 1730. de 194.
pages , dont nous avons reçû presqu'en
même- tems un Exemplaire ; si Mrs les
Auteurs du Journal des Sçavans n'avoient déja rendu de cet Ouvrage un
compte très- éxact dans le mois de Mai
dernier , l'article est curieux , et mérite
d'être lû. Nous nous contenterons de
nommer l'Auteur principal de cette Grammaire ; sçavoir , le R. P. Olderman , Jésuite Allemand, lequel a eu pour Adjoint
Ibrahim Effendi, Hongrois , Directeur de
la nouvelle Imprimerie. Nous nous sommes apperçus dans la sixième partie de
cette Grammaire , contenant un Recueil
des Noms et des Verbes , &c. de la sterilité de la Langue Turque , et des emprunts qu'elle a faits dans les Langues des
Peuples voisins ; mais cette sterilité a
quelquefois donné lieu à des expressions
heu
OCTOBRE. 1732. 221
heureuses , et qui supposent , contre la
croyance ordinaire , que les Turcs n'ignorent pas l'Histoire fabuleuse des Grecs
et des Romains : faute , par exemple , de
terme pour exprimer le Laurier, ils l'ap
pellent Daphne Aghadgi , &c,
des Enfans , ou Jeunes de Langues de
France , par les soins et sous la direction
du R. P. Romain de Paris , jusqu'au mois
de Décembre 1731.
L
E Pendattar , ou Instructions et Conseils à un Prince pour se bien gou
verner dans l'administration de ses Etats,
avec des Remarques et des Notes curieuses pour une plus facile intelligence de
cette Traduction , faite par le sieur Șiel1
ve ,
OCTOBRE. 1732. 2211
ve , à présent Interprete du Roi à Alep.
Instruction d'un Pere à ses enfans , traduite par le sieur de Latine , Interprete
au Caire.
Histoire du dernier Siége de Vienne ,
par Kara Mustafa , Gr. Vizir , traduit par
le même.
Avanture extraordinaire , arrivée à Scutary , à un certain Yaya Tcheleby, Corroyeur de Constantinople , traduite
te sieur Legrand.
par
Histoire du Siége de Canize en Hongrie,
par les Allemands , traduite par le sieur
de Fiennes , Pensionnaire au College des
Jeunes de Langues , et fils de M. de Fiennes , Interprete du Roi à la Cour.
Histoire d'Achraseb , Roi de Scythie ',
traduite par M. Imbault.
Conte Turc, intitulé Temim Davi , traduit par le sieur Galland.
Conquêtes des Turcs dans la Mer blanche , depuis l'établissement de leur Monarchie jusqu'à Khaireddin Pacha
Barberousse , Ouvrage traduit
*Roques.
ou
par le sieur
le
Histoire extraordinaire de Selim de
Vasite , Ville de Chaldée , traduite par
sieur Berault.
Histoire des dernieres Révolutions de
Perse , imprimées en Turc à Constantinople,
211 MERCURE DE FRANCE
ple , traduite par le sieur Choquet.
Tous ces Ouvrages sont écrits en Langue Turque , et les Traducteurs sont actuellement , ou ont été du College des
Enfans François , ou Jeunes de Langues,
établi à Constantinople aux dépens et
sous la protection du Roi.
*
L'occasion et la confirmité du sujet nous
engageroient de dire ici quelque chose
de la Grammaire Turque , &c. imprimée à
Constantinople , vol. in 4. 1730. de 194.
pages , dont nous avons reçû presqu'en
même- tems un Exemplaire ; si Mrs les
Auteurs du Journal des Sçavans n'avoient déja rendu de cet Ouvrage un
compte très- éxact dans le mois de Mai
dernier , l'article est curieux , et mérite
d'être lû. Nous nous contenterons de
nommer l'Auteur principal de cette Grammaire ; sçavoir , le R. P. Olderman , Jésuite Allemand, lequel a eu pour Adjoint
Ibrahim Effendi, Hongrois , Directeur de
la nouvelle Imprimerie. Nous nous sommes apperçus dans la sixième partie de
cette Grammaire , contenant un Recueil
des Noms et des Verbes , &c. de la sterilité de la Langue Turque , et des emprunts qu'elle a faits dans les Langues des
Peuples voisins ; mais cette sterilité a
quelquefois donné lieu à des expressions
heu
OCTOBRE. 1732. 221
heureuses , et qui supposent , contre la
croyance ordinaire , que les Turcs n'ignorent pas l'Histoire fabuleuse des Grecs
et des Romains : faute , par exemple , de
terme pour exprimer le Laurier, ils l'ap
pellent Daphne Aghadgi , &c,
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Résumé : TRADUCTIONS faites dans le College des Enfans, ou Jeunes de Langues de France, par les soins et sous la direction du R. P. -Romain de Paris, jusqu'au mois de Décembre 1731.
Le Collège des Enfants ou Jeunes de Langues de France, dirigé par le Père Romain de Paris, a réalisé plusieurs traductions d'ouvrages en langue turque jusqu'en décembre 1731. Parmi ces traductions figurent 'Le Pendattar', 'Instruction d'un Père à ses enfants', 'Histoire du dernier Siège de Vienne', ainsi que divers récits historiques et contes. Les traducteurs étaient des interprètes du Roi ou des pensionnaires du Collège, établis à Constantinople sous la protection du Roi. Le texte mentionne également une Grammaire Turque imprimée à Constantinople en 1730, dont l'auteur principal est le Père Olderman, jésuite allemand, assisté par Ibrahim Effendi, Hongrois. Cette grammaire a été commentée dans le Journal des Sçavans. Le texte note la stérilité de la langue turque et ses emprunts aux langues voisines, tout en soulignant certaines expressions qui montrent une connaissance des histoires fabuleuses grecques et romaines.
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9143
p. 2213-2214
« On trouve chez Gabriel Martin, Libraire, ruë S. Jacques, un Livre qui a pour titre: Le Triomphe [...] »
Début :
On trouve chez Gabriel Martin, Libraire, ruë S. Jacques, un Livre qui a pour titre: Le Triomphe [...]
Mots clefs :
Libraire, Exemplaires, Journées Calotines, André Doria, Académie royale espagnole, Fusée parabolique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On trouve chez Gabriel Martin, Libraire, ruë S. Jacques, un Livre qui a pour titre: Le Triomphe [...] »
On trouve chez Gabriel Martin , Libraire , rue
3. Jacques , un Livre qui a pour titre : Le Triomphe de la Pauvreté et des Humiliations , ou la Vie
de Madlle de Bellere du Tronchay , appellée Sou
Louise de la Misericorde , 1732. in- 12.
On trouve aussi chez Chaubert , Quai des Augustins , quelques Exemplaires d'une nouveauté
qui paroît en brochure , sous le titre de Journées
Calotines , en deux Dialogues , &c. Cet Ouvrage
qui nous paroît ingénieux , et d'un caractere
fort singulier , sera sans doute bien reçû du Public , nous en parlerons plus au long.
Quand nous avons parlé ci- devant du mérite
t des Ouvrages devenus rares de Sigonius , Auteur de la Vie d'André Doria, &c. nous ignorions
qu'on en prépare actuellement une belle Edition
en Italie, Nous venons de l'apprendre par un Prospectus Latin , qui nous a été envoyé de la part du
sçavant M Argelati , de Boulogne, Chefde l'Illus
tre Societé Palatine de Milan , et qui a tant de
part au fameuxRecueil des Ecrivains de l'Histoire
d'Italie , &c. C'est M. Argelati qui a entrepris
cette nouvelle Edition de Sigonius. Son Prospecus est si curieux, si interessant , si instructif, que
nous ne manquerons pas d'en parler au long
dans notre prochain Journal , ce qu'il nous est
impos
2214 MERCURE DE FRANCE
•
impossible de faire dès-à-présent. Nous nous
contentons de donner aux Sçavans cette agréa
ble nouvelle , et d'avertir le Public que le premier volume de cette Edition se trouve , tant en
grand qu'en petit papier , chez le sieur Debure
Libraire, Quai des Augustins, à l'Image S. Ger
main , lequel délivrera des Billets de Souscription , signez de M. Argelati , à ceux qui voudront souscrire pour les volumes suivans.
D
On apprend de Seville , que le 4 du mois der
mier , quatre Académiciens de l'Académie Royale Espagnole , eurent audience du Roi , de la Rei ne , et des Princes et Princesses de la Famille
Royale , ausquels ils présenterent , au nom de
cette Compagnie, le troisième Tome du Dictionnaire de la Langue Castillanne , qui a été achevé
d'imprimer depuis peu. Don Jean Curiel , Auditeur de cette Académie , porta la parole , et fit
un Discours très éloquent.
On mande de Cobourg , dans le Cercle de
Franconie , qu'on y avoit apperçu au commencement du mois passé un Phénomene du côté du
Nord , qui ressembloit à la Fusée Parabolique
d'une Bombe , au bout de laquelle paroissoit un
Globle embrasé , qui dura près de six minutes en
l'air , et qui disparut ensuite insensiblement. Le
même Phénomene a été vû à Bamberg , mais fi→
guré diféremment.
3. Jacques , un Livre qui a pour titre : Le Triomphe de la Pauvreté et des Humiliations , ou la Vie
de Madlle de Bellere du Tronchay , appellée Sou
Louise de la Misericorde , 1732. in- 12.
On trouve aussi chez Chaubert , Quai des Augustins , quelques Exemplaires d'une nouveauté
qui paroît en brochure , sous le titre de Journées
Calotines , en deux Dialogues , &c. Cet Ouvrage
qui nous paroît ingénieux , et d'un caractere
fort singulier , sera sans doute bien reçû du Public , nous en parlerons plus au long.
Quand nous avons parlé ci- devant du mérite
t des Ouvrages devenus rares de Sigonius , Auteur de la Vie d'André Doria, &c. nous ignorions
qu'on en prépare actuellement une belle Edition
en Italie, Nous venons de l'apprendre par un Prospectus Latin , qui nous a été envoyé de la part du
sçavant M Argelati , de Boulogne, Chefde l'Illus
tre Societé Palatine de Milan , et qui a tant de
part au fameuxRecueil des Ecrivains de l'Histoire
d'Italie , &c. C'est M. Argelati qui a entrepris
cette nouvelle Edition de Sigonius. Son Prospecus est si curieux, si interessant , si instructif, que
nous ne manquerons pas d'en parler au long
dans notre prochain Journal , ce qu'il nous est
impos
2214 MERCURE DE FRANCE
•
impossible de faire dès-à-présent. Nous nous
contentons de donner aux Sçavans cette agréa
ble nouvelle , et d'avertir le Public que le premier volume de cette Edition se trouve , tant en
grand qu'en petit papier , chez le sieur Debure
Libraire, Quai des Augustins, à l'Image S. Ger
main , lequel délivrera des Billets de Souscription , signez de M. Argelati , à ceux qui voudront souscrire pour les volumes suivans.
D
On apprend de Seville , que le 4 du mois der
mier , quatre Académiciens de l'Académie Royale Espagnole , eurent audience du Roi , de la Rei ne , et des Princes et Princesses de la Famille
Royale , ausquels ils présenterent , au nom de
cette Compagnie, le troisième Tome du Dictionnaire de la Langue Castillanne , qui a été achevé
d'imprimer depuis peu. Don Jean Curiel , Auditeur de cette Académie , porta la parole , et fit
un Discours très éloquent.
On mande de Cobourg , dans le Cercle de
Franconie , qu'on y avoit apperçu au commencement du mois passé un Phénomene du côté du
Nord , qui ressembloit à la Fusée Parabolique
d'une Bombe , au bout de laquelle paroissoit un
Globle embrasé , qui dura près de six minutes en
l'air , et qui disparut ensuite insensiblement. Le
même Phénomene a été vû à Bamberg , mais fi→
guré diféremment.
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Résumé : « On trouve chez Gabriel Martin, Libraire, ruë S. Jacques, un Livre qui a pour titre: Le Triomphe [...] »
Le texte présente diverses informations littéraires et scientifiques. Chez Gabriel Martin, Libraire, rue Jacques, est disponible 'Le Triomphe de la Pauvreté et des Humiliations, ou la Vie de Madlle de Bellere du Tronchay, appelée Sou Louise de la Misericorde', publié en 1732. Chez Chaubert, Quai des Augustins, on trouve 'Journées Calotines', une brochure en deux dialogues, jugée ingénieuse et singulière. Le texte mentionne également une nouvelle édition des œuvres de Sigonius, auteur de la 'Vie d'André Doria', préparée par M. Argelati, chef de la Société Palatine de Milan. Cette édition est disponible chez le libraire Debure, Quai des Augustins. À Séville, quatre académiciens de l'Académie Royale Espagnole ont présenté le troisième tome du 'Dictionnaire de la Langue Castillanne' au roi et à la famille royale. Enfin, un phénomène céleste, décrit comme une fusée parabolique avec un globe embrasé, a été observé à Cobourg et Bamberg.
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9144
p. 2214-2216
Estampes nouvelles. [titre d'après la table]
Début :
Nous avons une nouvelle Estampe à annoncer, véritablement digne de la curiosité des plus [...]
Mots clefs :
Estampe, C. N. Cochin, Tableau, Lepicié, Sujet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampes nouvelles. [titre d'après la table]
Nous avons une nouvelle Estampe à annoncer
véritablement digne de la curiosité des plus
grands Connoisseurs. Elle est excellemment gra- vée par C. N. Cochin , d'après un petit Tableau
de chevalet en hauteur , de M. le Moine , repré-
*SCR-
OCTOBRE. 1732. 22.1 S
sentant Jacob arrivant en Mésopotamie , apperce
vant Rachel , et se faisant connoître à elle. Ce Tableau est dans le Cabinet de la Comtesse de Ver
rue. Le sieur Cochin , chez qui se vend cette
Estampe, rue S. Jacques , à S. Prosper , n'avoit pas
encore gravé de si grandes Figures ; il ne connoissoit pas tout son talent. Il a sçû allier dans
cet Ouvrage tout ce que son Burin a de tendre et
de pittoresque , avec l'harmonie enchanteresse
la suavité , les graces naïves et touchantes du
Pinceau de M. le Moine. Cette Estampe est dédiée au Cardinal de Poligna , aussi illustre par
les lumieres de l'esprit , l'amour et la connoissance des beaux Arts , que par la grande naissance et les éminentes Dignitez.
Voici une autre Estampe en hauteur et moins
grande, qu'on peut comparer à celle qu'on vient d'annoncer , quoique dans un genre très- différent , et c'est en faire un fort grand éloge. Nous croyons que les Auteurs de ces deux excellens
morceaux ne se plaindront pas du parallele , et
que le Public confirmera notre suffrage.
Cette nouvelle Estampe du sieur Lepicié , d'après un Tableau estimé de M. Charles Coypel est le pendant de celle que nous avons annoncée
dans le Mercure de Juillet , p. 1609. dont le Sujet est l'Amour de Village, ou l'Amour Naïf. Cel le-ci porte pour titre , l'Amour de Ville , ou l'Amour Coquet. On lit ces Vers au bas.
Loin de l'innocence des Bois ,
Pour le fidele Amour il n'est point de retraite :
Ala Ville on suit d'autres loix ;
3
Ee
213 MERCURE DE FRANCE
1
Et c'est un jeu pour la Coquette ,
De tromper deux cœurs à la fois.
Ce Sujet est traité d'une maniere élégante et
ine, avec des expressions justes et délicates ; une
très-belle personne , galamment ajustée , reçoit
la déclaration et les sermens de son Amant, dans
le moment qu'elle glisse adroitement un Poulet
à un petit More , qui le reçoit de même , et fait
connoître par an souris malin , la legereté du
cœur de sa Maîtresse. Le sieur Lepicie demeure
rue S. Louis , au coin de l'Abrevoir du Quai des Orfévres , chez M. Marlié.
véritablement digne de la curiosité des plus
grands Connoisseurs. Elle est excellemment gra- vée par C. N. Cochin , d'après un petit Tableau
de chevalet en hauteur , de M. le Moine , repré-
*SCR-
OCTOBRE. 1732. 22.1 S
sentant Jacob arrivant en Mésopotamie , apperce
vant Rachel , et se faisant connoître à elle. Ce Tableau est dans le Cabinet de la Comtesse de Ver
rue. Le sieur Cochin , chez qui se vend cette
Estampe, rue S. Jacques , à S. Prosper , n'avoit pas
encore gravé de si grandes Figures ; il ne connoissoit pas tout son talent. Il a sçû allier dans
cet Ouvrage tout ce que son Burin a de tendre et
de pittoresque , avec l'harmonie enchanteresse
la suavité , les graces naïves et touchantes du
Pinceau de M. le Moine. Cette Estampe est dédiée au Cardinal de Poligna , aussi illustre par
les lumieres de l'esprit , l'amour et la connoissance des beaux Arts , que par la grande naissance et les éminentes Dignitez.
Voici une autre Estampe en hauteur et moins
grande, qu'on peut comparer à celle qu'on vient d'annoncer , quoique dans un genre très- différent , et c'est en faire un fort grand éloge. Nous croyons que les Auteurs de ces deux excellens
morceaux ne se plaindront pas du parallele , et
que le Public confirmera notre suffrage.
Cette nouvelle Estampe du sieur Lepicié , d'après un Tableau estimé de M. Charles Coypel est le pendant de celle que nous avons annoncée
dans le Mercure de Juillet , p. 1609. dont le Sujet est l'Amour de Village, ou l'Amour Naïf. Cel le-ci porte pour titre , l'Amour de Ville , ou l'Amour Coquet. On lit ces Vers au bas.
Loin de l'innocence des Bois ,
Pour le fidele Amour il n'est point de retraite :
Ala Ville on suit d'autres loix ;
3
Ee
213 MERCURE DE FRANCE
1
Et c'est un jeu pour la Coquette ,
De tromper deux cœurs à la fois.
Ce Sujet est traité d'une maniere élégante et
ine, avec des expressions justes et délicates ; une
très-belle personne , galamment ajustée , reçoit
la déclaration et les sermens de son Amant, dans
le moment qu'elle glisse adroitement un Poulet
à un petit More , qui le reçoit de même , et fait
connoître par an souris malin , la legereté du
cœur de sa Maîtresse. Le sieur Lepicie demeure
rue S. Louis , au coin de l'Abrevoir du Quai des Orfévres , chez M. Marlié.
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Résumé : Estampes nouvelles. [titre d'après la table]
Le texte présente deux estampes remarquables. La première, gravée par Charles-Nicolas Cochin d'après un tableau de M. le Moine, illustre Jacob arrivant en Mésopotamie et rencontrant Rachel. Cette œuvre appartient à la Comtesse de Verrue et est dédiée au Cardinal de Polignac. Cochin y démontre une harmonie entre la tendresse et le pittoresque de son burin et les qualités du pinceau de M. le Moine. La seconde estampe, plus petite, est réalisée par Lepicié d'après un tableau de Charles Coypel. Intitulée 'L'Amour de Ville, ou l'Amour Coquet', elle montre une femme élégante recevant les déclarations de son amant tout en transmettant un message à un jeune homme, symbolisant la légèreté de son cœur. Lepicié réside rue Saint-Louis, au coin de l'Abrevoir du Quai des Orfèvres, chez M. Marlié.
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9145
p. 2216-2217
« Le 27. Septembre, le sieur Charles Léopold de Grevembroëck, fut reçû à l'Académie Royale [...] »
Début :
Le 27. Septembre, le sieur Charles Léopold de Grevembroëck, fut reçû à l'Académie Royale [...]
Mots clefs :
Académie royale de peinture et de sculpture, Charles Léopold de Grevembroëck
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texteReconnaissance textuelle : « Le 27. Septembre, le sieur Charles Léopold de Grevembroëck, fut reçû à l'Académie Royale [...] »
Le 27. Septembre , le sieur Charles Léopold
de Grevenbroeck , fut reçû à l'Académie Royale
de Peinture et Sculpture , présenté par M. Caze ,
ancienProfesseur à l'Assemblée ou tous les Professeurs se trouverent. M. de Boullongne , Chevalier de l'Ordre de S. Michel , Secretaire du Roi ,
son premier Peintre , Directeur et Recteur de
l'Académie , lui donna des marques de sa bonté
et de sapolitesse ordinaire, et toute l'Académie fut
si contente desOuvrages du sieur deGrevembroëck,
que pour lui en donner des marques , il fut dans
la même Assemblée agréé et reçû ; êt les deux
Tableaux de Marine qu'il présenta à l'Académie furent acceptez ; et en même-tems , par considération particuliere , il fut dispensé des droits que
l'on a coûtume de payer en pareille occasion.
Le sieur de Grevembroëch est originaire d'Hol
lande , de la Maison de Grevembroëck , et né à
Milan. Après avoir voyagé par toute l'Italie .
où il a appris la Peinture , il est venu à Paris , sur
La haute réputation de notre Académie , pour tâ- cheg
OCTOBRE. 1732. 2217
ther de s'y faire recevoir. Les Projets de cet habile Etranger ont été suivis d'un plein succès.
Les lumieres et la politesse de l'Académie ont
parfaitement répondu à ses souhaits
de Grevenbroeck , fut reçû à l'Académie Royale
de Peinture et Sculpture , présenté par M. Caze ,
ancienProfesseur à l'Assemblée ou tous les Professeurs se trouverent. M. de Boullongne , Chevalier de l'Ordre de S. Michel , Secretaire du Roi ,
son premier Peintre , Directeur et Recteur de
l'Académie , lui donna des marques de sa bonté
et de sapolitesse ordinaire, et toute l'Académie fut
si contente desOuvrages du sieur deGrevembroëck,
que pour lui en donner des marques , il fut dans
la même Assemblée agréé et reçû ; êt les deux
Tableaux de Marine qu'il présenta à l'Académie furent acceptez ; et en même-tems , par considération particuliere , il fut dispensé des droits que
l'on a coûtume de payer en pareille occasion.
Le sieur de Grevembroëch est originaire d'Hol
lande , de la Maison de Grevembroëck , et né à
Milan. Après avoir voyagé par toute l'Italie .
où il a appris la Peinture , il est venu à Paris , sur
La haute réputation de notre Académie , pour tâ- cheg
OCTOBRE. 1732. 2217
ther de s'y faire recevoir. Les Projets de cet habile Etranger ont été suivis d'un plein succès.
Les lumieres et la politesse de l'Académie ont
parfaitement répondu à ses souhaits
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Résumé : « Le 27. Septembre, le sieur Charles Léopold de Grevembroëck, fut reçû à l'Académie Royale [...] »
Le 27 septembre, Charles Léopold de Grevenbroeck fut admis à l'Académie Royale de Peinture et Sculpture. Présenté par M. Caze, ancien professeur, l'assemblée des professeurs était complète. M. de Boullongne, Chevalier de l'Ordre de Saint-Michel, Secrétaire du Roi, Premier Peintre, Directeur et Recteur de l'Académie, lui témoigna sa bienveillance et sa courtoisie. L'Académie approuva les œuvres de M. de Grevenbroeck et l'accepta immédiatement. Les deux tableaux de marine qu'il présenta furent également acceptés. Il fut dispensé des droits habituellement exigés. Originaire des Pays-Bas, de la Maison de Grevenbroeck, il est né à Milan. Après avoir voyagé en Italie où il a étudié la peinture, il s'est rendu à Paris pour intégrer l'Académie, attiré par sa haute réputation. Ses projets furent couronnés de succès, et l'Académie lui offrit les lumières et la politesse qu'il espérait.
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9146
p. 2217
PROGRAMME de l'Académie Royale des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux.
Début :
L'Académie ayant été obligée de réserver un des deux Prix de cette année, elle en propose [...]
Mots clefs :
Académie royale des belles-lettres, sciences et arts de Bordeaux, Prix, Circulation de la sève dans les plantes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROGRAMME de l'Académie Royale des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux.
PROGRAMME de l'Académie Royale
des Belles- Lettres , Sciences et Arts
de Bordeaux.
'Académie ayant été obligée de réserver yn
L'des deux Prix de cette année , elle en propose encore deux aux Sçavans de l'Europe , qui seront distribués le 25 d'Août 1733. Elle destine
un de ces Prix à celui qui expliquera avec le plus
de probabilité le Systême de la Circulation de la
Séve dans les Plantes , ou qui établira le mieux
l'opinion contraire. L'autre est destiné à celui qui
donnera l'explication la plus probable de la Nature de l'Air, et de ses proprietez. Il sera libre d'envoyer les Dissertations en François ou en Latin.
On demande qu'elles soient écrites en caracteres
lisibles , elles ne seront reçûës pour le concours
que jusqu'au premier Mai prochain inclusivement. Au bas des Dissertations il y aura une Sentence , & l'Auteur mettra dans un billet séparé et cacheté la même Sentence avec son nom et son
adresse. Les paquets seront affranchis et adressez
à M. Sarrau , Secretaire de l'Académie , ruë de
Gourgues , ou au sieur Brun , Imprimeur de l'Académie , ruë S. Jâmes. M. l'Abbé de la Quintine
est l'Auteur de la Dissertation sur le Magnetisme
des corps qui a remporté un des deux Prix pro- posez pour l'année 1732.
A Bordeaux , ce 25. Août
des Belles- Lettres , Sciences et Arts
de Bordeaux.
'Académie ayant été obligée de réserver yn
L'des deux Prix de cette année , elle en propose encore deux aux Sçavans de l'Europe , qui seront distribués le 25 d'Août 1733. Elle destine
un de ces Prix à celui qui expliquera avec le plus
de probabilité le Systême de la Circulation de la
Séve dans les Plantes , ou qui établira le mieux
l'opinion contraire. L'autre est destiné à celui qui
donnera l'explication la plus probable de la Nature de l'Air, et de ses proprietez. Il sera libre d'envoyer les Dissertations en François ou en Latin.
On demande qu'elles soient écrites en caracteres
lisibles , elles ne seront reçûës pour le concours
que jusqu'au premier Mai prochain inclusivement. Au bas des Dissertations il y aura une Sentence , & l'Auteur mettra dans un billet séparé et cacheté la même Sentence avec son nom et son
adresse. Les paquets seront affranchis et adressez
à M. Sarrau , Secretaire de l'Académie , ruë de
Gourgues , ou au sieur Brun , Imprimeur de l'Académie , ruë S. Jâmes. M. l'Abbé de la Quintine
est l'Auteur de la Dissertation sur le Magnetisme
des corps qui a remporté un des deux Prix pro- posez pour l'année 1732.
A Bordeaux , ce 25. Août
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Résumé : PROGRAMME de l'Académie Royale des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux.
L'Académie Royale des Belles-Lettres, Sciences et Arts de Bordeaux a annoncé deux prix pour l'année 1733, à remettre le 25 août. Le premier prix concerne l'explication la plus probable du système de la circulation de la sève dans les plantes ou l'établissement de l'opinion contraire. Le second prix récompense l'explication la plus probable de la nature de l'air et de ses propriétés. Les dissertations, rédigées en français ou en latin, doivent être soumises avant le 1er mai 1733. Chaque dissertation doit inclure une sentence en bas de page, et l'auteur doit envoyer une copie de cette sentence avec son nom et son adresse dans un billet séparé et cacheté. Les paquets doivent être adressés à M. Sarrau, secrétaire de l'Académie, ou au sieur Brun, imprimeur de l'Académie. L'Abbé de la Quintine a remporté un des deux prix proposés pour l'année 1732 avec sa dissertation sur le magnétisme des corps.
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9147
p. 2218
« Le sieur Lescure, ci-devant Chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne, donne avis au [...] »
Début :
Le sieur Lescure, ci-devant Chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne, donne avis au [...]
Mots clefs :
Remède, Chirurgien des gardes du corps de la reine d'Espagne, Épilepsie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Lescure, ci-devant Chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne, donne avis au [...] »
e sieur Lescure , ci-devant Chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne , donne avis au
Public qu'il continue à distribuer ( avec beaucoup de succès ) un Reméde en forme de Sel spécifique .
pour la guérison de l'Epilepsie ou mal caduc , vapeurs bisteriques, convulsives , et simples vertiges ou étourdissement , paralisie , tremblement , et foiblesses
de nerfs ; il est très-souverain dans toutes les maladies qui attaquent le genre nerveux. Les preuves de l'excellence de ce Reméde sont les expériences qui en
ont étéfaites, tant à l'Hôpital General , que dans le
Public , sous les yeux de plusieurs célebres Médecins de la Faculté de Paris , sur un grand nombre de malades de tout sexe , de differens âges et tempéramens qui lui ont merité leurs approbations , et le
Privilege du Roi , pour le distribuer dans toute l'é- tendue duRoyaume.
Ce Reméde opere la guérison de ces fâcheuses maladies avec autant de douceur que de certitude ; il
purifie la masse du sang , dissipe les obstructions , et
corrige les humeurs acides et gluantes qui piccotent
et embarassent les nerfs ; il n'agit que suivant le
tempérament du malade , et ne l'oblige à aucun
régime particulier , ni à se déranger de ses occupa- tions. Il est très- aisé à prendre , conserve toujours sa
vertu , et peut se transporter par tout sans souffrir
la moindre alteration. Il donne la maniere de s'en
servir. 1
Le sieur Lescure demeure rue du Jour, vis- àvis le grand Portail de S. Eustache , à Paris. Ceux
qui lui écriront de Province auront soin d'affranchir leurs Lettres.
Public qu'il continue à distribuer ( avec beaucoup de succès ) un Reméde en forme de Sel spécifique .
pour la guérison de l'Epilepsie ou mal caduc , vapeurs bisteriques, convulsives , et simples vertiges ou étourdissement , paralisie , tremblement , et foiblesses
de nerfs ; il est très-souverain dans toutes les maladies qui attaquent le genre nerveux. Les preuves de l'excellence de ce Reméde sont les expériences qui en
ont étéfaites, tant à l'Hôpital General , que dans le
Public , sous les yeux de plusieurs célebres Médecins de la Faculté de Paris , sur un grand nombre de malades de tout sexe , de differens âges et tempéramens qui lui ont merité leurs approbations , et le
Privilege du Roi , pour le distribuer dans toute l'é- tendue duRoyaume.
Ce Reméde opere la guérison de ces fâcheuses maladies avec autant de douceur que de certitude ; il
purifie la masse du sang , dissipe les obstructions , et
corrige les humeurs acides et gluantes qui piccotent
et embarassent les nerfs ; il n'agit que suivant le
tempérament du malade , et ne l'oblige à aucun
régime particulier , ni à se déranger de ses occupa- tions. Il est très- aisé à prendre , conserve toujours sa
vertu , et peut se transporter par tout sans souffrir
la moindre alteration. Il donne la maniere de s'en
servir. 1
Le sieur Lescure demeure rue du Jour, vis- àvis le grand Portail de S. Eustache , à Paris. Ceux
qui lui écriront de Province auront soin d'affranchir leurs Lettres.
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Résumé : « Le sieur Lescure, ci-devant Chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne, donne avis au [...] »
Le sieur Lescure, ancien chirurgien des Gardes du Corps de la Reine d'Espagne, annonce la distribution d'un remède en forme de sel spécifique pour traiter diverses affections nerveuses. Ce remède est efficace contre l'épilepsie, les vapeurs hystériques, les convulsions, les vertiges, la paralysie, les tremblements et les faiblesses nerveuses. Il est également souverain pour toutes les maladies nerveuses. Son efficacité a été prouvée par des expériences réalisées à l'Hôpital Général et dans le public, sous la supervision de célèbres médecins de la Faculté de Paris. Ces expériences ont été menées sur un grand nombre de malades de tous sexes, âges et tempéraments, et ont obtenu leurs approbations. Le remède a reçu le privilège royal pour être distribué dans tout le royaume. Il opère la guérison avec douceur et certitude, purifie le sang, dissipe les obstructions et corrige les humeurs acides et gluantes qui irritent les nerfs. Il s'adapte au tempérament du malade sans imposer de régime particulier ni perturber ses occupations. Facile à prendre et conservant toujours sa vertu, il peut être transporté sans altération. Les instructions d'utilisation sont fournies. Le sieur Lescure réside rue du Jour, vis-à-vis le grand portail de Saint-Eustache à Paris. Les personnes écrivant de province doivent affranchir leurs lettres.
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9148
p. 2219-2221
CHANSON.
Début :
Amis, bénissons le lien, [...]
Mots clefs :
Amour, Dieux, Plaisirs, Bonheur, Camp de Tomery, Mars
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON.
Amis , bénissons le lien ,
Qui joint votre sort et le mien ,
Des Dieux unis à notre bien ,
C'est l'harmonie.
Je sens leur douce sympathie ,
Des Graces j'entens l'entretien ;
Je vois Iris ; mon verre est plein ;
L'aimable vie !
Nous rassemblons ici les Jeux ,
Les Ris , les transports amoureux ,
Le Nectar , la Table , les Dieux
Et la Folie..
L'Amour , sous le nom de Sylvie ,
Nous consume de ses beaux yeux ,
Mais Bacchus par ses divins feux
Nous rend la vie.
Nous ne poussons point de soupirs ;
La jouissance des plaisirs ,
Nous ôte le soin des désirs ,
Et de l'envie,
Fij Qu'à
2220 MERCURE DE FRANCE
Qu'à jamais mon ame ravie ,
Goûte un aussi charmant loisir ,
Je n'aspire point à joüir
D'une autre vie.
Que ce Nectar a de saveur !
Que ce bel œil est enchanteur !
'Aisément à leurs coups mon cœur
Se sacrific,
Par cette douce sympathie,
Des Dieux j'égale le bonheur ;
Fixer Iris , être bûveur ,
L'aimable vie !
Couplets sur le Camp de Tomery.
Belles , venez sur la Seine ,
Pour y camper avec nous ;
Sous un jeune Capitaine ,
Vous irez sans peur aux coups,
Un cœur s'enrôle sans peine ,
Quand l'exercice est si doux.
M
Sous les loix que Mars enseigne,
Jamais l'Amour n'a tremblé ,
Mars et l'Amour n'ont qu'un régne ,
L'un
OCTOBRE. 1732 2221
L'un par l'autre est enrôlé ;
Venus a porté l'Enseigne
Pendant que Mars a filé.
Amis , bénissons le lien ,
Qui joint votre sort et le mien ,
Des Dieux unis à notre bien ,
C'est l'harmonie.
Je sens leur douce sympathie ,
Des Graces j'entens l'entretien ;
Je vois Iris ; mon verre est plein ;
L'aimable vie !
Nous rassemblons ici les Jeux ,
Les Ris , les transports amoureux ,
Le Nectar , la Table , les Dieux
Et la Folie..
L'Amour , sous le nom de Sylvie ,
Nous consume de ses beaux yeux ,
Mais Bacchus par ses divins feux
Nous rend la vie.
Nous ne poussons point de soupirs ;
La jouissance des plaisirs ,
Nous ôte le soin des désirs ,
Et de l'envie,
Fij Qu'à
2220 MERCURE DE FRANCE
Qu'à jamais mon ame ravie ,
Goûte un aussi charmant loisir ,
Je n'aspire point à joüir
D'une autre vie.
Que ce Nectar a de saveur !
Que ce bel œil est enchanteur !
'Aisément à leurs coups mon cœur
Se sacrific,
Par cette douce sympathie,
Des Dieux j'égale le bonheur ;
Fixer Iris , être bûveur ,
L'aimable vie !
Couplets sur le Camp de Tomery.
Belles , venez sur la Seine ,
Pour y camper avec nous ;
Sous un jeune Capitaine ,
Vous irez sans peur aux coups,
Un cœur s'enrôle sans peine ,
Quand l'exercice est si doux.
M
Sous les loix que Mars enseigne,
Jamais l'Amour n'a tremblé ,
Mars et l'Amour n'ont qu'un régne ,
L'un
OCTOBRE. 1732 2221
L'un par l'autre est enrôlé ;
Venus a porté l'Enseigne
Pendant que Mars a filé.
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Résumé : CHANSON.
La chanson célèbre l'harmonie et la sympathie divine, évoquant une vie pleine de plaisirs et de joie. Elle met en avant l'union des dieux avec les humains, symbolisée par l'harmonie et la sympathie divine. Les plaisirs mentionnés incluent les jeux, les rires, les transports amoureux, le nectar, la table, les dieux et la folie. L'amour, personnifié par Sylvie, consume les cœurs, tandis que Bacchus offre une vie pleine de feux divins. Les plaisirs ôtent les soucis et les désirs, permettant de goûter un loisir charmant sans aspirer à une autre vie. Le cœur se sacrifie aisément aux coups de l'amour et de la sympathie divine, égalant ainsi le bonheur des dieux. La chanson se termine par un appel aux belles de venir camper sur la Seine, soulignant que l'amour ne tremble jamais sous les lois de Mars, et que Mars et l'amour sont enrôlés l'un par l'autre, avec Vénus portant l'enseigne et Mars filant.
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9149
p. 2221-2224
La Mere Jalouse, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le 19 Septembre, l'Opera Comique, donna la premiere Représentation [...]
Mots clefs :
La Mère Jalouse, Mariage, Chants, Danses, Vaudeville, Opéra-Comique
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texteReconnaissance textuelle : La Mere Jalouse, &c. [titre d'après la table]
Ldonna le premiere Représentation
E 19 Septembre , l'Opera Comique
d'une Piéce nouvelle en un Acte , qui a
pour titre la MereJalouse , dont voici le
sujet.
Pierot et Olivette expliquent d'abord le
Caractere de la MereJalouse , qui regarde
sa fille de travers à cause qu'elle est plus
jeune qu'elle , et qui a dessein de lui enlever Clitandre , son Amant. Araminte
mere d'Henriette paroît , et laisse voir à
Pierot et à Olivette son inclination pour
l'adorateur de sa fille ; Clitandre arrive et
parle à Araminte de son Mariage avec
Henriette , comme d'une cerémonie fort
prochaine la mere amoureuse soupire"
et enfin déclare sans façon son amour à
son Gendre futur , qui se retire fort chagrin et fort confus. Araminte confie ses
nouveaux tourmens à Olivette , qui ne
l'épargne pas , et lui remontre impitoyaFiij ble
222 MERCURE DE FRANCE
blement qu'Henriette convient mieux
qu'elle à Clitandre. Araminte sort , et
Henriette apprend, en arrivant, avec étonnement et avec douleur qu'elle a sa mere
pour Rivale. Clitandre survient ; ils tiennent conseil sur le péril que court leur
tendresse , et Henriette s'abandonne enticrement à la conduite de Clitandre , qui
ne sçait que résoudre ; il fait part de son
chagrin à un Financier de ses amis qui le
raille sur sa constance , et lui conseille le
célibat. Il chante sur l'air: Le plaisirpasse
la peine.
Reste garçon , mon cher Clitandre ,
L'Hymen n'est pas un Dieu bien tendre ;
La peine passe le plaisir.
Mais quand on méprise la chaîne
De ce Dieu qui fait tant souffrir ,
Le plaisir passe la peine.
Après les plaisanteries , le spirituel Fi
nancier propose à Clitandre de feindre
de l'amour pour Araminte , tandis que
lui demandera sa fille en mariage , et qu'il
arrangera cette intrigue avec le Notaire.
Cette idée se réalise dans le moment. Hen
riette qui n'est pas prévenuë en est accablée ; Araminte accorde sa fille au Financier, qui sort pour aller achever son projet.
OCTOBRE. 1732. 2223
jet. Clitandre reste seul troublé du cha
grin que sa feinte inconstance vient de
Causer à l'aimable Henriette. Olivette
l'avertit que sa Maîtresse est seule dans sa
chambre , et que sa mere est allée chez
le Notaire avec le Financier... l'Eveillé
Paysan du Château d'Araminte , qui est
venu pour la prier des Vendanges , apprend son Mariage avec Clitandre , et en
raisonne avec Olivette. Le Notaire dénoue l'intrigue en apportant le Contract,
où Araminte a signé comme mere d'Henriette qu'elle a marié à Clitandre , et le
Financier s'applaudit d'avoir imaginé cette ruse. Le Divertissement termine l'Acte
par des chants de Danses , et du Vaudeville dont voici les Couplets. Il est gravé
avec la Chanson.
Vieille,qui prend jeune Mari
Doit s'attendre au Charivari
Dans son ménage ;
Jeune,qui prend un v ieux barbon
N'a pas un meilleur carillon ,
C'est-là l'usage.
生
Femme,qui trompé son Mari ,
Ne fait jamais charivari
Dans son ménage :
Fiiij Fem
2224 MERCURE DE FRANCE
Femme, dont la vertu tient bon ,
A chaque instant fait carillon ;
C'est-là l'usage.
Un Traitant par tout est cheri ;
Il ne fait point charivari
Dans un ménage.
C'est le Perou d'une maison ,
11 paye faisant carillon ;
C'est-là l'usage.
M
L'Amant qui veut être Mari ,
Dit qu'il hait le charivari
Dans le ménage ;
Mais est- il époux tout de bon
Pour un rien il fait carillon
C'est- là l'usage.
Epoux , l'aspect d'un Favori ,
Cause toujours charivari
Dans un ménage.
Femmes, suivez cette leçon ;
A bas bruit faites carillon ;
C'est- là l'usage
E 19 Septembre , l'Opera Comique
d'une Piéce nouvelle en un Acte , qui a
pour titre la MereJalouse , dont voici le
sujet.
Pierot et Olivette expliquent d'abord le
Caractere de la MereJalouse , qui regarde
sa fille de travers à cause qu'elle est plus
jeune qu'elle , et qui a dessein de lui enlever Clitandre , son Amant. Araminte
mere d'Henriette paroît , et laisse voir à
Pierot et à Olivette son inclination pour
l'adorateur de sa fille ; Clitandre arrive et
parle à Araminte de son Mariage avec
Henriette , comme d'une cerémonie fort
prochaine la mere amoureuse soupire"
et enfin déclare sans façon son amour à
son Gendre futur , qui se retire fort chagrin et fort confus. Araminte confie ses
nouveaux tourmens à Olivette , qui ne
l'épargne pas , et lui remontre impitoyaFiij ble
222 MERCURE DE FRANCE
blement qu'Henriette convient mieux
qu'elle à Clitandre. Araminte sort , et
Henriette apprend, en arrivant, avec étonnement et avec douleur qu'elle a sa mere
pour Rivale. Clitandre survient ; ils tiennent conseil sur le péril que court leur
tendresse , et Henriette s'abandonne enticrement à la conduite de Clitandre , qui
ne sçait que résoudre ; il fait part de son
chagrin à un Financier de ses amis qui le
raille sur sa constance , et lui conseille le
célibat. Il chante sur l'air: Le plaisirpasse
la peine.
Reste garçon , mon cher Clitandre ,
L'Hymen n'est pas un Dieu bien tendre ;
La peine passe le plaisir.
Mais quand on méprise la chaîne
De ce Dieu qui fait tant souffrir ,
Le plaisir passe la peine.
Après les plaisanteries , le spirituel Fi
nancier propose à Clitandre de feindre
de l'amour pour Araminte , tandis que
lui demandera sa fille en mariage , et qu'il
arrangera cette intrigue avec le Notaire.
Cette idée se réalise dans le moment. Hen
riette qui n'est pas prévenuë en est accablée ; Araminte accorde sa fille au Financier, qui sort pour aller achever son projet.
OCTOBRE. 1732. 2223
jet. Clitandre reste seul troublé du cha
grin que sa feinte inconstance vient de
Causer à l'aimable Henriette. Olivette
l'avertit que sa Maîtresse est seule dans sa
chambre , et que sa mere est allée chez
le Notaire avec le Financier... l'Eveillé
Paysan du Château d'Araminte , qui est
venu pour la prier des Vendanges , apprend son Mariage avec Clitandre , et en
raisonne avec Olivette. Le Notaire dénoue l'intrigue en apportant le Contract,
où Araminte a signé comme mere d'Henriette qu'elle a marié à Clitandre , et le
Financier s'applaudit d'avoir imaginé cette ruse. Le Divertissement termine l'Acte
par des chants de Danses , et du Vaudeville dont voici les Couplets. Il est gravé
avec la Chanson.
Vieille,qui prend jeune Mari
Doit s'attendre au Charivari
Dans son ménage ;
Jeune,qui prend un v ieux barbon
N'a pas un meilleur carillon ,
C'est-là l'usage.
生
Femme,qui trompé son Mari ,
Ne fait jamais charivari
Dans son ménage :
Fiiij Fem
2224 MERCURE DE FRANCE
Femme, dont la vertu tient bon ,
A chaque instant fait carillon ;
C'est-là l'usage.
Un Traitant par tout est cheri ;
Il ne fait point charivari
Dans un ménage.
C'est le Perou d'une maison ,
11 paye faisant carillon ;
C'est-là l'usage.
M
L'Amant qui veut être Mari ,
Dit qu'il hait le charivari
Dans le ménage ;
Mais est- il époux tout de bon
Pour un rien il fait carillon
C'est- là l'usage.
Epoux , l'aspect d'un Favori ,
Cause toujours charivari
Dans un ménage.
Femmes, suivez cette leçon ;
A bas bruit faites carillon ;
C'est- là l'usage
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Résumé : La Mere Jalouse, &c. [titre d'après la table]
Le 19 septembre, l'Opéra Comique a présenté 'La Mère Jalouse', une pièce en un acte. L'intrigue tourne autour d'Araminte, la mère jalouse d'Henriette, qui convoite Clitandre, le fiancé de sa fille. Pierrot et Olivette révèlent le caractère possessif d'Araminte. Clitandre, en discutant avec Araminte de son mariage imminent avec Henriette, découvre les sentiments amoureux d'Araminte à son égard. Confuse et chagrinée, Araminte confie ses tourments à Olivette, qui lui rappelle que Henriette convient mieux à Clitandre. Henriette apprend avec douleur qu'Araminte est sa rivale. Clitandre, désemparé, consulte un financier qui lui suggère de feindre l'amour pour Araminte tout en arrangeant le mariage d'Henriette avec lui-même. Henriette est accablée par cette feinte, mais le financier obtient l'accord d'Araminte. Le notaire dénoue l'intrigue en révélant que le contrat de mariage unit Henriette et Clitandre. La pièce se termine par des chants et des danses, accompagnés d'un vaudeville commentant les usages matrimoniaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9150
p. 2224-2231
Le Cheveu. Parodie de Scylla. [titre d'après la table]
Début :
Le 25 Septembre le même Opera Comique donna la premiere Représentation [...]
Mots clefs :
Opéra-Comique, Scylla, Parodie, Cheveu, Représentation
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texteReconnaissance textuelle : Le Cheveu. Parodie de Scylla. [titre d'après la table]
Le 25 Septembre le même Opera Comique
OCTOBRE. 1732. 2225
mique donna la premiere Représentation
du Cheveu , Parodie de Scylla , éxecutée
par les petits Comédiens. La Scene ouvre
par Doris, qui dit à Scylla :Il y a une heure
que je vous cherche , qui diantre auroit cri
vous trouver ici dans le beau milieu de la
campagne , et près du camp des ennemis ?
est-ce là une promenade pour une Princesse
assiegée ? Doris lui apprend que la paix
va se conclure entre le Roi Nisus , Pere
de la Princesse ambulante , et Minos , et
même que son Mariage pourra s'achever
avec Dardanus , à qui elle est promise
cette nouvelle réjouit peu Scylla , qui
avoüe franchement à sa Confidente qu'elle est charmée du Roi de Crete , et de la
grace qu'il avoit en tuant les Sujets de
son Pere. Dardanus arrive et confirme la
nouvelle de la paix et de son Mariage.
Scylla le reçoit assez froidement , et lui
dit à propos de rien , sur l'air : Cela m'est
bien dur.
Mon Pere , du Dieu de la Guerre ,
Est le fils le mieux partagé ;
Il n'est aucun Roi sur la terre
Qui soit si bien avantagé ;
Un seul Cheveu -le rend invulnerable ,
Quel poil admirable !
Fv Ni
2226 MERCURE DE FRANCE
Nisus peut se battre à coup
Il a le cuir dur.
sûr;
Ovide , par parentese , nous apprend
que le Cheveu qui établissoit l'invulnerabilité de Nisus étoit couleur de pourpre ;
Scylla , après quelques mauvaises défaites
se retire en voyant Capis et Dardanus
qui ne s'apperçoit pas que c'est lui seul
qu'elle fuit ; il la suit pourtant impitoya
blement. Capis apprend à sa Confidente
Ismene , qu'elle est jalouse de Scylla , et
amoureuse de Dardanus ; Il n'est rien , lui
répond Ismene , que je nefasse pour votre
service , et chante sur l'air : Tourelontonton.
Dans votre Cour où j'ai reçû la vie ,
On m'a donné bonne éducation ,
Partant je sçai joliment la Magie ,
Et de l'Enfer j'ai la protection ,
Et tourelontonton ,
De notre diablerie
Je vous ferai voir un échantillon.
Capis qui doit être accoûtumée aux
Fêtes infernales ( puisqu'elle a une Sorciere pour Femme de chambre ) refuse la
galanterie d'Ismene , et reste pour être
témoin de la succinte cérémonie qui se fait
OCTOBRE 1732. 2227
fait en plein vent pour jurer la paix que
Nisus , Minos et Dardanus se promettent, le verre à la main. Leur serment est
interrompu par le Tonnere , et qui pis
est par la pluye. Les Princes mouillés
prennentle parti d'aller consulter l'Oracle
de Pallas sur cette subite ondée. Scylla
revient dans cette campagne cherie , où
Minos la trouve et lui reproche son indévotion.
Princesse , quel sujet dans ce lieu vous arrête ?
Le peuple court en foule au Temple de Pallas.
و
,
1
Ensuite il lui parle en jaloux de Dardanus. Scylla qui est sincere outre mesure , ne le laisse pas long- tems dans
l'erreur et l'instruit charitablement de
P'amour qu'elle ressent pour lui , et enfin lui promet d'obtenir de son pere Ni- sus qu'il differe son Mariage. Minos
content d'un si heureux début , quitte
Scylla qui est abordée par Capis ; Scylla
laisse deviner à Capis qu'elle n'aime pas
trop Dardanus , et se sépare d'elle séchement. Capis conjure sa Sorciere domestique de se servir de sa noire science pour
sçavoir positivement le destin de sa tendresse , qui à l'Opéra est pompeusement
et inutilement éclaircie par une évocation
F vj pos-
2228 MERCURE DE FRANCE
و
postiche. Ismene foraine se refuse à
cette ridicule opération en s'écriant
quelle imagination ! A-t-on jamais chargé
le Diable d'une déclaration d'amour ? et
chante sur l'air : J'enjurerois presque sur sa
laideur.
Je n'aurai pas la sotte fantaisie
De remuer tout l'Enfer pour un rien
Et d'évoquer l'ombre de Tirésie
Pour dire un mot que je dirai fort bien .
Elle tient sur le champ sa parole , et
déclare intelligiblement à Dardanus la
passion de Capis , qui est reçûë , Dieu
sçait ce qui fait dire à la Reine rebutée , sur l'air du nouveau monde...
J'admire l'opération
De notre déclaration !
Dardanus assez peu s'y prête s
Il la reçoit tout aussi mal ,
Que si par un charme infernal ;
Un mort obligeant l'avoit faite.
Minos et Scylla reviennent faire une
Scene très- singuliere , puisque la Tréve
est rompuë ; Minos se trouve dans une
Ville ennemie , et y fait l'amour en veritable Chevalier errant ; quelle étourderie
pour
OCTOBRE. 1732 2229
pourMinos , qui devoit être après sa mort
un flegmatique Juge des Enfers ! il part
désesperé , et la Princesse , allarmée du
péril qu'il va courir en se battant contre
l'invulnerable Nisus , éxamine quel reméde elle apportera dans cette dangereuse conjoncture; elle se détermine enfin contre son Pere en fille qui n'a
jugés. Allons , dit-elle ,
pas de préPuisqu'un cheveu rend Nisus invincible ,
Qu'il soit rasé : mettons tous ses cheveux i
bas...
Mais quel conte ! non sible ,
non, cela
n'est pas pos
Un cheveu braveroit cent et cent coutelas .
Sur l'air : Pour voir comment ça fera.
".
O Dieux ! sont- ce là de vos soins ;
Comment voulés- vous qu'on les nomme ?
Quoi d'un Poil de plus ou de moins
Dépendroit la valeur d'un homme
Il faut couper ce cheveu là
Pour voir un peu comment ça fera.
Cette louable résolution est d'abord ac
complie , après pourtant que la paix et la
discorde ont fourni des épisodes em
brouillés et mal cousus ; la Princesse ,
après.
2230 MERCURE DE FRANCE
après avoir tondu son pere , sent l'énormité de son crime , qui lui est détaillé par
Doris dans un seul Couplet qui contient
une liste de morts à l'instar de l'Opera ;
Scylla s'empoisonne , et Minos vient à
propos pour la voir mourir. Le poison
n'empêche pas l'agonisante d'avoir une
assez longue conversation avec le prudent Minos ; ah ! lui dit- elle :
L'arsenic dans le corps , pâle foible mou
rante ›
>
Je veux jaser autant que la Scylla chantante.
Viens , soutiens -moi , Doris , car ce petit vi- lain ,
>
Songe-t'il seulement à me donner la main ?
C'est ainsi qu'un Heros trépasse sur la Scene
Qu'il gobe du poison , qu'il perce sa bedaine ,
On le laisse languir et crever comme un chien ,
Ou sans Orvietan , ou sans Chirurgien ;
Et le Vainqueur orné des Palmes les plus belles ,
Ne voit à son trépas qu'un moucheur de chan- delles.
Minos.
C'est la régle au Théatre , on a beau se blesser ,
Personne ne s'occupe à vous faire panser...
Mais vous agonisés , je crois , et je l'endure
Sans
OCTOBRE. 1732. 2238
Sans risquer , par honneur , la moindre égrati→
gnure.
C'est mon Rôle ceci.
Scylla.
Dites du moins un mor.
Minos.
J'imite l'Opera, je m'en vais comme un sot.
En chantant , ô grands Dieux, trop soigneux de
ma gloire ,
Ce n'est donc qu'un Cheveu que coûte ma victoire.
Scylla.
Ce n'est donc qu'un Cheveu qui fait mourir.
Scylla ,
Ce n'est donc qu'un Cheveu qui lie un Opera
OCTOBRE. 1732. 2225
mique donna la premiere Représentation
du Cheveu , Parodie de Scylla , éxecutée
par les petits Comédiens. La Scene ouvre
par Doris, qui dit à Scylla :Il y a une heure
que je vous cherche , qui diantre auroit cri
vous trouver ici dans le beau milieu de la
campagne , et près du camp des ennemis ?
est-ce là une promenade pour une Princesse
assiegée ? Doris lui apprend que la paix
va se conclure entre le Roi Nisus , Pere
de la Princesse ambulante , et Minos , et
même que son Mariage pourra s'achever
avec Dardanus , à qui elle est promise
cette nouvelle réjouit peu Scylla , qui
avoüe franchement à sa Confidente qu'elle est charmée du Roi de Crete , et de la
grace qu'il avoit en tuant les Sujets de
son Pere. Dardanus arrive et confirme la
nouvelle de la paix et de son Mariage.
Scylla le reçoit assez froidement , et lui
dit à propos de rien , sur l'air : Cela m'est
bien dur.
Mon Pere , du Dieu de la Guerre ,
Est le fils le mieux partagé ;
Il n'est aucun Roi sur la terre
Qui soit si bien avantagé ;
Un seul Cheveu -le rend invulnerable ,
Quel poil admirable !
Fv Ni
2226 MERCURE DE FRANCE
Nisus peut se battre à coup
Il a le cuir dur.
sûr;
Ovide , par parentese , nous apprend
que le Cheveu qui établissoit l'invulnerabilité de Nisus étoit couleur de pourpre ;
Scylla , après quelques mauvaises défaites
se retire en voyant Capis et Dardanus
qui ne s'apperçoit pas que c'est lui seul
qu'elle fuit ; il la suit pourtant impitoya
blement. Capis apprend à sa Confidente
Ismene , qu'elle est jalouse de Scylla , et
amoureuse de Dardanus ; Il n'est rien , lui
répond Ismene , que je nefasse pour votre
service , et chante sur l'air : Tourelontonton.
Dans votre Cour où j'ai reçû la vie ,
On m'a donné bonne éducation ,
Partant je sçai joliment la Magie ,
Et de l'Enfer j'ai la protection ,
Et tourelontonton ,
De notre diablerie
Je vous ferai voir un échantillon.
Capis qui doit être accoûtumée aux
Fêtes infernales ( puisqu'elle a une Sorciere pour Femme de chambre ) refuse la
galanterie d'Ismene , et reste pour être
témoin de la succinte cérémonie qui se fait
OCTOBRE 1732. 2227
fait en plein vent pour jurer la paix que
Nisus , Minos et Dardanus se promettent, le verre à la main. Leur serment est
interrompu par le Tonnere , et qui pis
est par la pluye. Les Princes mouillés
prennentle parti d'aller consulter l'Oracle
de Pallas sur cette subite ondée. Scylla
revient dans cette campagne cherie , où
Minos la trouve et lui reproche son indévotion.
Princesse , quel sujet dans ce lieu vous arrête ?
Le peuple court en foule au Temple de Pallas.
و
,
1
Ensuite il lui parle en jaloux de Dardanus. Scylla qui est sincere outre mesure , ne le laisse pas long- tems dans
l'erreur et l'instruit charitablement de
P'amour qu'elle ressent pour lui , et enfin lui promet d'obtenir de son pere Ni- sus qu'il differe son Mariage. Minos
content d'un si heureux début , quitte
Scylla qui est abordée par Capis ; Scylla
laisse deviner à Capis qu'elle n'aime pas
trop Dardanus , et se sépare d'elle séchement. Capis conjure sa Sorciere domestique de se servir de sa noire science pour
sçavoir positivement le destin de sa tendresse , qui à l'Opéra est pompeusement
et inutilement éclaircie par une évocation
F vj pos-
2228 MERCURE DE FRANCE
و
postiche. Ismene foraine se refuse à
cette ridicule opération en s'écriant
quelle imagination ! A-t-on jamais chargé
le Diable d'une déclaration d'amour ? et
chante sur l'air : J'enjurerois presque sur sa
laideur.
Je n'aurai pas la sotte fantaisie
De remuer tout l'Enfer pour un rien
Et d'évoquer l'ombre de Tirésie
Pour dire un mot que je dirai fort bien .
Elle tient sur le champ sa parole , et
déclare intelligiblement à Dardanus la
passion de Capis , qui est reçûë , Dieu
sçait ce qui fait dire à la Reine rebutée , sur l'air du nouveau monde...
J'admire l'opération
De notre déclaration !
Dardanus assez peu s'y prête s
Il la reçoit tout aussi mal ,
Que si par un charme infernal ;
Un mort obligeant l'avoit faite.
Minos et Scylla reviennent faire une
Scene très- singuliere , puisque la Tréve
est rompuë ; Minos se trouve dans une
Ville ennemie , et y fait l'amour en veritable Chevalier errant ; quelle étourderie
pour
OCTOBRE. 1732 2229
pourMinos , qui devoit être après sa mort
un flegmatique Juge des Enfers ! il part
désesperé , et la Princesse , allarmée du
péril qu'il va courir en se battant contre
l'invulnerable Nisus , éxamine quel reméde elle apportera dans cette dangereuse conjoncture; elle se détermine enfin contre son Pere en fille qui n'a
jugés. Allons , dit-elle ,
pas de préPuisqu'un cheveu rend Nisus invincible ,
Qu'il soit rasé : mettons tous ses cheveux i
bas...
Mais quel conte ! non sible ,
non, cela
n'est pas pos
Un cheveu braveroit cent et cent coutelas .
Sur l'air : Pour voir comment ça fera.
".
O Dieux ! sont- ce là de vos soins ;
Comment voulés- vous qu'on les nomme ?
Quoi d'un Poil de plus ou de moins
Dépendroit la valeur d'un homme
Il faut couper ce cheveu là
Pour voir un peu comment ça fera.
Cette louable résolution est d'abord ac
complie , après pourtant que la paix et la
discorde ont fourni des épisodes em
brouillés et mal cousus ; la Princesse ,
après.
2230 MERCURE DE FRANCE
après avoir tondu son pere , sent l'énormité de son crime , qui lui est détaillé par
Doris dans un seul Couplet qui contient
une liste de morts à l'instar de l'Opera ;
Scylla s'empoisonne , et Minos vient à
propos pour la voir mourir. Le poison
n'empêche pas l'agonisante d'avoir une
assez longue conversation avec le prudent Minos ; ah ! lui dit- elle :
L'arsenic dans le corps , pâle foible mou
rante ›
>
Je veux jaser autant que la Scylla chantante.
Viens , soutiens -moi , Doris , car ce petit vi- lain ,
>
Songe-t'il seulement à me donner la main ?
C'est ainsi qu'un Heros trépasse sur la Scene
Qu'il gobe du poison , qu'il perce sa bedaine ,
On le laisse languir et crever comme un chien ,
Ou sans Orvietan , ou sans Chirurgien ;
Et le Vainqueur orné des Palmes les plus belles ,
Ne voit à son trépas qu'un moucheur de chan- delles.
Minos.
C'est la régle au Théatre , on a beau se blesser ,
Personne ne s'occupe à vous faire panser...
Mais vous agonisés , je crois , et je l'endure
Sans
OCTOBRE. 1732. 2238
Sans risquer , par honneur , la moindre égrati→
gnure.
C'est mon Rôle ceci.
Scylla.
Dites du moins un mor.
Minos.
J'imite l'Opera, je m'en vais comme un sot.
En chantant , ô grands Dieux, trop soigneux de
ma gloire ,
Ce n'est donc qu'un Cheveu que coûte ma victoire.
Scylla.
Ce n'est donc qu'un Cheveu qui fait mourir.
Scylla ,
Ce n'est donc qu'un Cheveu qui lie un Opera
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Résumé : Le Cheveu. Parodie de Scylla. [titre d'après la table]
Le 25 septembre 1732, l'Opéra Comique présente 'Le Cheveu', une parodie de 'Scylla'. La pièce commence avec Doris cherchant Scylla près du camp ennemi. Doris annonce à Scylla que la paix sera conclue entre le roi Nisus, père de Scylla, et Minos, permettant ainsi le mariage de Scylla avec Dardanus. Scylla avoue à Doris son attirance pour Minos et admire sa grâce. Dardanus arrive et confirme la nouvelle de la paix et du mariage, mais Scylla le reçoit froidement. Scylla exprime son admiration pour le cheveu invulnérable de Nisus, qui le rend invincible. Après quelques défaites, Scylla fuit en voyant Capis et Dardanus. Capis révèle à Ismene, sa confidente jalouse de Scylla et amoureuse de Dardanus, qu'elle est prête à tout pour lui. Ismene propose ses services magiques, mais Capis refuse et assiste à la cérémonie de paix entre Nisus, Minos et Dardanus. Leur serment est interrompu par un orage, les poussant à consulter l'oracle de Pallas. Scylla rencontre Minos, qui lui reproche son indévotion et sa jalousie envers Dardanus. Scylla avoue son amour pour Minos et promet de différer son mariage avec Dardanus. Minos, content, quitte Scylla, qui est ensuite abordée par Capis. Capis, jalouse, conjure sa sorcière domestique pour connaître le destin de sa tendresse. Ismene refuse d'évoquer les morts pour une déclaration d'amour et révèle la passion de Capis à Dardanus, qui la reçoit mal. Minos et Scylla reviennent alors que la trêve est rompue. Minos, désespéré, part se battre contre Nisus. Scylla décide de raser le cheveu invulnérable de son père pour sauver Minos. Après avoir accompli cet acte, Scylla se sent coupable et s'empoisonne. Minos la trouve agonisante et ils ont une longue conversation avant sa mort. Scylla critique la règle du théâtre où les héros meurent sans soins, et Minos part en chantant, soulignant l'absurdité de sa victoire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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