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1
p. 286-291
Histoire du Singe. [titre d'après la table]
Début :
C'est vous entretenir trop long-temps de Guerre. Je change [...]
Mots clefs :
Singe, Gentilhomme, Miroir, Dame, Cheveux, Procès
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texteReconnaissance textuelle : Histoire du Singe. [titre d'après la table]
C'eſt vous entretenir trop long - temps de Guerre. Je change de matiere , & paſſe à un Sujet de Procés qui eſt arrivé icy depuis peu , & qui vous paroiſtra affez extraordi- naire. Un Gentilhomme paf- ſant à pied dans la Ruë avec deux Laquris, ſe ſentit couvert d'eau qu'on luy jetta tout-à- coup d'uneFeneſtre. Il leva les yeux en haut pour voir l'Au- theurde l'infulte , &apperceut
un gros Singe qui ayant pris plaisir à l'arrofer , prétendoit encor ſe divertir à luy caffer la teſte d'un Pot qu'il tenoit. Le
Gentilhomme évita le coup en
reculant , & ne fut pas moins chagrin de la méchante odeur que contracterent ſes cheveux
Tome VII. I
194 LE MERCVRE
enunmoment, qu'il avoit eſté furpris de la ſubite inondation.
Les Laquais qui mirent leur honneur à vanger leurMaiſtre,
ramafferent les débris du Pot,
&penfant les jetter contre ce malicieuxAnimal qui faiſoitdes gambades engrinçant lesdents,
ils les jetterent malheureuſe- mentdetravers contre un grand Miroir qui estoit attaché à cô téde la Feneſtre. La Maitrefſe du Logis entroit alors dans fa Chambre. Elle estoit ſuper- ſtitieuſe &avare. Le bruit du
coup l'inſtruit de ſa perte , &
un Miroir caffé la fait ſouffrir
doublement. Elle crie au meurtre. Granderumeur dans levoifinage. Son Cocher fort avec trois Laquais armez de tout ce qu'ils peuvent rencontrer ; ils donnent fur ceux du Gentil-
GALANT. 195 homme, qui ſe croit obligé de les ſecourir. L'un eſt renversé
,
par terre, l'autre à lebras percé d'une Broche & l'Epée du
Maistre auroit peut - eftre eu peine à le garantir luy-meſme des longues Armes qu'on luy oppoſoit , ſans un vieux Con- feiller qui les fepare , & qui in- terpoſe ſon autorité pour pren- dre connoiffance de l'affaire.
La Dame qui ſçait que le Gen- tilhommeluyparle,vient prom- ptement luy porter ſa plainte.
Elle ne demande pasſeulement qu'on luypayefon Miroircaffé,
elleveutqu'on luy réponde de tout ce qui luy doit arriver de finiſtre apres un accident de fi trifte augure. Le Gentilhomme de ſon coſté n'a pas de legeres prétentions. Outre fon Laquais percé de la Broche , qu'il faut
I ij
196 LE MERCVRE
qu'on luy rende fain &fauf, il.
foûtient qu'on luy doit faire raiſon de l'infection de ſa Che-1
velure. Le Conſeiller les écou
te, & fans vouloir prononcer,
quoy qu'ils le faſſent Arbitre du diferend, il porte la Dame à ſe conſoler de fon Miroir , &
le Cavalier à ſe mettre en frais
d'Effences pour reparer le def ordredeſes cheveux. Jeneſçay ſi la Dame qui est un peu obſti- née , en voudra demeurer là,
mais je croy qu'en bonne juf- tice le Singe devroit eſtre con- damné aux deſpens. Cepen- dant le Gentilhomme s'eſt diverty de ſon avanture , en l'é- crivant àuneDame qu'il eſtime
tres-particulierement. On peut croire que cette eſtime va loin,
& que fintelligence eft forte entr'eux, puis qu'il luy a envoyé
GALANT. 197 fon Portrait comme un préſer- vatif afſſure contre le chagrin de fon abſcence. Il s'est fait
peindre avecune Couronne fur
la teſte , pour avoir lieu de luy proteſter galamment qu'il n'en veut une que pour la mettre à
ſes pieds. La Dame en ſeroit fort digne, ayant de la beauté,
de l'eſprit, & affez de naiſſance,
pour n'eſtre pas embarraffée du
rangoù un ſemblable préſent la mettroit. Je crains bien pourtantque ce Portrait envoyé ne faffe tune Affaire au Gentil
homme, car le Paquet fut ou- vert en prefence d'une Dame d'un fort grandmerite , à quifes hommages n'ont point déplû ,
&qui le confiderant affez pour luy avoir dit ſouvent qu'elle ne pouvoitvivre ſans luy, aura pu fe chagriner de ce qu'il femble I iij
298 LE MERCVRE qu'elle neſoit pas la ſeule maif- treffe de fon cœur. Ce Procés
devroit eftre plus redoutable an Cavalierque celuyduSinge. La choſe le regarde. C'eſt à luyd'y mettre ordre. Ilade l'eſprit , 84 comme il entend fort bien rail
lerie, je ne doute point qu'en matiere devœux partagez , il ne trouvemoyendela faire enten,
dre aux autres.
un gros Singe qui ayant pris plaisir à l'arrofer , prétendoit encor ſe divertir à luy caffer la teſte d'un Pot qu'il tenoit. Le
Gentilhomme évita le coup en
reculant , & ne fut pas moins chagrin de la méchante odeur que contracterent ſes cheveux
Tome VII. I
194 LE MERCVRE
enunmoment, qu'il avoit eſté furpris de la ſubite inondation.
Les Laquais qui mirent leur honneur à vanger leurMaiſtre,
ramafferent les débris du Pot,
&penfant les jetter contre ce malicieuxAnimal qui faiſoitdes gambades engrinçant lesdents,
ils les jetterent malheureuſe- mentdetravers contre un grand Miroir qui estoit attaché à cô téde la Feneſtre. La Maitrefſe du Logis entroit alors dans fa Chambre. Elle estoit ſuper- ſtitieuſe &avare. Le bruit du
coup l'inſtruit de ſa perte , &
un Miroir caffé la fait ſouffrir
doublement. Elle crie au meurtre. Granderumeur dans levoifinage. Son Cocher fort avec trois Laquais armez de tout ce qu'ils peuvent rencontrer ; ils donnent fur ceux du Gentil-
GALANT. 195 homme, qui ſe croit obligé de les ſecourir. L'un eſt renversé
,
par terre, l'autre à lebras percé d'une Broche & l'Epée du
Maistre auroit peut - eftre eu peine à le garantir luy-meſme des longues Armes qu'on luy oppoſoit , ſans un vieux Con- feiller qui les fepare , & qui in- terpoſe ſon autorité pour pren- dre connoiffance de l'affaire.
La Dame qui ſçait que le Gen- tilhommeluyparle,vient prom- ptement luy porter ſa plainte.
Elle ne demande pasſeulement qu'on luypayefon Miroircaffé,
elleveutqu'on luy réponde de tout ce qui luy doit arriver de finiſtre apres un accident de fi trifte augure. Le Gentilhomme de ſon coſté n'a pas de legeres prétentions. Outre fon Laquais percé de la Broche , qu'il faut
I ij
196 LE MERCVRE
qu'on luy rende fain &fauf, il.
foûtient qu'on luy doit faire raiſon de l'infection de ſa Che-1
velure. Le Conſeiller les écou
te, & fans vouloir prononcer,
quoy qu'ils le faſſent Arbitre du diferend, il porte la Dame à ſe conſoler de fon Miroir , &
le Cavalier à ſe mettre en frais
d'Effences pour reparer le def ordredeſes cheveux. Jeneſçay ſi la Dame qui est un peu obſti- née , en voudra demeurer là,
mais je croy qu'en bonne juf- tice le Singe devroit eſtre con- damné aux deſpens. Cepen- dant le Gentilhomme s'eſt diverty de ſon avanture , en l'é- crivant àuneDame qu'il eſtime
tres-particulierement. On peut croire que cette eſtime va loin,
& que fintelligence eft forte entr'eux, puis qu'il luy a envoyé
GALANT. 197 fon Portrait comme un préſer- vatif afſſure contre le chagrin de fon abſcence. Il s'est fait
peindre avecune Couronne fur
la teſte , pour avoir lieu de luy proteſter galamment qu'il n'en veut une que pour la mettre à
ſes pieds. La Dame en ſeroit fort digne, ayant de la beauté,
de l'eſprit, & affez de naiſſance,
pour n'eſtre pas embarraffée du
rangoù un ſemblable préſent la mettroit. Je crains bien pourtantque ce Portrait envoyé ne faffe tune Affaire au Gentil
homme, car le Paquet fut ou- vert en prefence d'une Dame d'un fort grandmerite , à quifes hommages n'ont point déplû ,
&qui le confiderant affez pour luy avoir dit ſouvent qu'elle ne pouvoitvivre ſans luy, aura pu fe chagriner de ce qu'il femble I iij
298 LE MERCVRE qu'elle neſoit pas la ſeule maif- treffe de fon cœur. Ce Procés
devroit eftre plus redoutable an Cavalierque celuyduSinge. La choſe le regarde. C'eſt à luyd'y mettre ordre. Ilade l'eſprit , 84 comme il entend fort bien rail
lerie, je ne doute point qu'en matiere devœux partagez , il ne trouvemoyendela faire enten,
dre aux autres.
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Résumé : Histoire du Singe. [titre d'après la table]
Un gentilhomme, accompagné de deux laquais, est aspergé d'eau par un singe depuis une fenêtre. Le singe tente ensuite de lui lancer un pot à la tête. Le gentilhomme évite le projectile mais est contrarié par l'odeur. Les laquais, voulant venger leur maître, lancent les débris du pot et brisent un miroir. La maîtresse du logis, superstitieuse et avare, accuse le gentilhomme de meurtre. Une rixe éclate entre les domestiques des deux parties. Un conseiller intervient et propose une solution : la dame doit se consoler de la perte de son miroir, et le gentilhomme doit réparer l'odeur de ses cheveux. Le gentilhomme s'est amusé de cette aventure et l'a écrite à une dame qu'il estime. Il lui a envoyé son portrait avec une couronne, symbolisant son désir de la placer au-dessus de lui. Cependant, ce portrait a été ouvert par une autre dame, ce qui pourrait causer un problème plus grave pour le gentilhomme que le procès initial.
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2
s. p.
LA METEMPSICOSE, FABLE.
Début :
Qui du monde connoît la Carte, [...]
Mots clefs :
Métempsycose, Singe, Âne, Roi du ténébreux séjour, Perroquet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA METEMPSICOSE, FABLE.
LA METEMPSICOSE ,
FABLE.
Ui du monde connoit la Carte,
Spait qu'il abonde en prestiges
divers ;
De la droite raison plus ou moins on s'écarte ,
Et les Humains ont chacun leurtravers.
Il est sur tout certaine engeance ,
Qui
994 MERCURE
3
DE FRANCE
Qui défigure l'homme et qui pullula en France .
Que l'on fuit dans tous les climats ,
Lt que ces Vers ne corrigeront
pas.
Un vieux Singe étant mort , son ombre Calotine,
Sollicita l'Epoux de Proserpine ,
Pour revoir la clarté du jour“ ;
Le Roi du tenebreux séjour,
Lui voulant ôter sa souplesse ,
Sa malice sur tour , et sa vivacité ,
Du corps d'un Asne alloit la faire hôtesse ;
Ainsi l'avoit -il arrêté :
Mais l'Ombre après quelques gambades
Et deux ou trois Pantalonades ,
Dont le bon Pluton rit bien fort ,
Obtient du Dieu de se choisir un sort
Et lui demande avec instance ,
La faveur de passer au corps d'un Perroquet .
C'est , disoit- elle , mon paquet ;
Carje pourrai du moins dans cette résidence ;
Conserver avec l'homme un peu de ressemblance
On sçait qu'étant Singe autrefois ,
J'imitois son air et son geste ;
Et joiiant ici de mon reste ,
Je le copierai de la voix.
L'ame du Singe à peine anime un verd plumage;
Qu'une vieille Fachette et le met dans la cage.
Bayard comme elle , il charmoit son ennui
Au
AMAY. 1731.998.
Aux Passans il chantoit leur game ,
Causoit le long du jour avec la bonne femme,,
Qui ne parloit plus sensément que lui.
Le Sire en fit aisément la conquête...
A son nouveau talent d'étourdir le quartier ,
Il joint , je ne sçai quoi , de son premier métier:
En Arlequin il remuoit la tête ,
Faisoit craquer son bec , formoit differens sons
Il agitoit sa queue en cent et cent façons ,
Et joüoit les Marionnettes.
La vieille mettant ses Lunettes ,
Ne se lassoit de l'admirer ,
Triste d'être un peu sourde ,et souvent d'ignorer,
Ce qu'avoit dit son Peroquet fertile.
Au demeurant , suivant son stile
Le drôle aimoit à sirotter >
La vieille aussi ; l'âge de radotter
Est assez la saison de boire;
L'une tint bon , l'autre s'en trouva mal .
Notre emplumé pour n'être assez frugal ,
Se vit encor contraint de passer l'Onde noire .
Il reparut devant Pluton ,
Qui le privant de la parole ,
Vouloit le renvoyer dans le corps d'une Sole.
L'autre craignant sur tout de devenir Poisson ,
Eut recours à son Protocole ,
Vous fit nouvelle cabriole ,
Joia sa farce, et plut. On sçait que quelquefois ,
A iij
Peu
996 MERCURE DE FRANCE
Peu de chose amuse les Rois.
Selon son goût , enfin le Dieu le fit renaître ,
Et de l'homme lui donna l'être :
> Mais n'osant pas en faire un Mortel vertueux
Un sage , il le destine au corps d'un petit Maître,
D'un brouillon , d'un présomptueux ,
Portant la tête au vent , de soi-même idolâtre ,
Importun , fanfaron , d'ennuyeux entretien ,
Parlant beaucoup , ne disant rien ;
Vrai personnage de Théatre ,
It d'ordinaire aussi personnage de Cour."
Mercure , en cet état , le rencontrant un jour ;
Je t'ai vû n'aguere au Tenare ,
S'écria -t'il , tu n'es qu'un composé bizarre ,
Et du Singe , et du Perroquet.
Grace à ton geste , ainsi qu'à ton caquet ,
Ton ridicule se consomme.
D'un semblable mêlange on ne fait qu'un so
homme ,
Et nul n'est pris à cet appas .
Ainsi le Dieu traita la chose.
O ! combien de gens ici bas ,
Me feroient croire à la Métempsicose.
M. Tanevot..
FABLE.
Ui du monde connoit la Carte,
Spait qu'il abonde en prestiges
divers ;
De la droite raison plus ou moins on s'écarte ,
Et les Humains ont chacun leurtravers.
Il est sur tout certaine engeance ,
Qui
994 MERCURE
3
DE FRANCE
Qui défigure l'homme et qui pullula en France .
Que l'on fuit dans tous les climats ,
Lt que ces Vers ne corrigeront
pas.
Un vieux Singe étant mort , son ombre Calotine,
Sollicita l'Epoux de Proserpine ,
Pour revoir la clarté du jour“ ;
Le Roi du tenebreux séjour,
Lui voulant ôter sa souplesse ,
Sa malice sur tour , et sa vivacité ,
Du corps d'un Asne alloit la faire hôtesse ;
Ainsi l'avoit -il arrêté :
Mais l'Ombre après quelques gambades
Et deux ou trois Pantalonades ,
Dont le bon Pluton rit bien fort ,
Obtient du Dieu de se choisir un sort
Et lui demande avec instance ,
La faveur de passer au corps d'un Perroquet .
C'est , disoit- elle , mon paquet ;
Carje pourrai du moins dans cette résidence ;
Conserver avec l'homme un peu de ressemblance
On sçait qu'étant Singe autrefois ,
J'imitois son air et son geste ;
Et joiiant ici de mon reste ,
Je le copierai de la voix.
L'ame du Singe à peine anime un verd plumage;
Qu'une vieille Fachette et le met dans la cage.
Bayard comme elle , il charmoit son ennui
Au
AMAY. 1731.998.
Aux Passans il chantoit leur game ,
Causoit le long du jour avec la bonne femme,,
Qui ne parloit plus sensément que lui.
Le Sire en fit aisément la conquête...
A son nouveau talent d'étourdir le quartier ,
Il joint , je ne sçai quoi , de son premier métier:
En Arlequin il remuoit la tête ,
Faisoit craquer son bec , formoit differens sons
Il agitoit sa queue en cent et cent façons ,
Et joüoit les Marionnettes.
La vieille mettant ses Lunettes ,
Ne se lassoit de l'admirer ,
Triste d'être un peu sourde ,et souvent d'ignorer,
Ce qu'avoit dit son Peroquet fertile.
Au demeurant , suivant son stile
Le drôle aimoit à sirotter >
La vieille aussi ; l'âge de radotter
Est assez la saison de boire;
L'une tint bon , l'autre s'en trouva mal .
Notre emplumé pour n'être assez frugal ,
Se vit encor contraint de passer l'Onde noire .
Il reparut devant Pluton ,
Qui le privant de la parole ,
Vouloit le renvoyer dans le corps d'une Sole.
L'autre craignant sur tout de devenir Poisson ,
Eut recours à son Protocole ,
Vous fit nouvelle cabriole ,
Joia sa farce, et plut. On sçait que quelquefois ,
A iij
Peu
996 MERCURE DE FRANCE
Peu de chose amuse les Rois.
Selon son goût , enfin le Dieu le fit renaître ,
Et de l'homme lui donna l'être :
> Mais n'osant pas en faire un Mortel vertueux
Un sage , il le destine au corps d'un petit Maître,
D'un brouillon , d'un présomptueux ,
Portant la tête au vent , de soi-même idolâtre ,
Importun , fanfaron , d'ennuyeux entretien ,
Parlant beaucoup , ne disant rien ;
Vrai personnage de Théatre ,
It d'ordinaire aussi personnage de Cour."
Mercure , en cet état , le rencontrant un jour ;
Je t'ai vû n'aguere au Tenare ,
S'écria -t'il , tu n'es qu'un composé bizarre ,
Et du Singe , et du Perroquet.
Grace à ton geste , ainsi qu'à ton caquet ,
Ton ridicule se consomme.
D'un semblable mêlange on ne fait qu'un so
homme ,
Et nul n'est pris à cet appas .
Ainsi le Dieu traita la chose.
O ! combien de gens ici bas ,
Me feroient croire à la Métempsicose.
M. Tanevot..
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Résumé : LA METEMPSICOSE, FABLE.
La fable 'La Métempsycose' relate les aventures de l'âme d'un singe après sa mort. L'âme, sous forme d'ombre, demande à Pluton de revoir la lumière. Pluton, voulant la punir, décide de la réincarner en âne, mais l'âme choisit de devenir un perroquet. Adoptée par une vieille femme, le perroquet meurt après avoir trop mangé et reparaît devant Pluton, qui envisage de le réincarner en poisson. L'âme, par une cabriole, plaît à Pluton, qui la réincarne alors en homme, un 'petit maître' présomptueux. Mercure reconnaît en cet homme un mélange de singe et de perroquet, soulignant son ridicule. La fable se conclut par une réflexion sur la métempsycose et les comportements humains qui pourraient y faire croire.
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3
p. 2144-2148
LE SINGE, HERITIER PRESOMPTIF DU LION. FABLE.
Début :
La soif de l'or souvent démasque un politique [...]
Mots clefs :
Singe, Lion, Or, Envie
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texteReconnaissance textuelle : LE SINGE, HERITIER PRESOMPTIF DU LION. FABLE.
LE SINGE,
HERITIER PRESOMPTIF
DU LION.
FABLE.
LA soif de l'or souvent démasque un politique :
Sous ce voile , grands Dieux , que l'homme es
different !
D'être ami genereux tel hardiment se pique ,
Qui
O.CTOBRE 1732. 2145
Qui n'est , mis au creuzet , qu'un avide rent.
Mais à ce propos veritable ,
S'il faut un exemple ajoûter ;
Sur ce point le Singe en ma Fable
Ne laisse rien à souhaiter.
>
Seigneur Lion au plus fort de son âge,
Avoit trois Châteaux à choisir
Hôtel en ville ; avec tel appanage ,
On peut varier son plaisir.
Item , chez lui table friande
Où l'on trouvoit tout à foison ,
Mets exquis , Gibier de saison
Vins délicats , bonne provende ;
Au reste point de successeur ,
Foible ressource de la vie ,
Mais qui sert de frein à l'envie
Contre un paisible possesseur.
Enfin , parmi sa parentelle ,
Un Singe étoit collateral ;
Singe amusant , mais animal
Manquant quelquefois de cervelle,
Je dis quelquefois seulement ;
Car le matois jouoit son rôle
Pour l'ordinaire habilement
Et manioit bien la parole.
Jamais , à l'entendre parler ,
APlutus ne fit la courbette ;
paz
C Hon
2146 MERCURE
DE FRANCE
Honneurs et fortune complette
N'avoient rien qui pût l'ébranler.
Soins empressés , minauderies ,
Caresses , jeux et singeries ,
S'adressoient à son cher Parent
Et rien du tout àson argent.
Arriva pourtant le contraire :
Unjour que le Seigneur Lion
Aux champs étoit , où nulle affaire
Ne l'attiroit que la belle saison ,
Le Singe en ville entend à ses oreilles
Par un frelon ces trois mots bourdonner.
Lion est mort ! Singe de s'étonner !
Bien-tôt après de s'écrier merveilles !
Ce coup flate trop ses desirs ;
Pas un doute sur la nouvelle !
Il n'apperçoit que des plaisirs.
Est-ce-là cet ami fidelle ?
Le perfide à l'instant quitte table et fats
teuil ,
Se compose et se met en deuil ,
Demande pour escorte un supôt de justice ;
D'abord , l'Ours du quartier requis pour cet of
fice ,
Accourt chez notre Singe , arrive mal leché ,
Pour Scribe suit un Chat d'une plume har
naché ,
L'heritier avec eux monte en leste équipage ,
Où Levriers déja sont mis en attelage ;
2
•
OCTOBRE. 1732. 2147
Un Barbet sur le siege assis grotesquement ,
Prend les renes fouette et fond chez le pa
rent.
>
Un Dogue grommelant se présente à la porte ,
Demande ce que veut la vorace cohorte ?
On l'instruit , on l'effraie , il deffend son pa lier ,
Le grand nombre l'accable , on gagne l'esca- lier.
D'un Cabinet bien- tôt les effets on cachete ;
Paroît dans le moment un Renard , fine tête ,
Qui voit qu'en étourdis l'on procede en ce lieu ,
Dit : Messieurs , cessez.... vîte et nous dites
adieu.
Il faut premierement constater l'aventure ,
Et prouver par extrait la mort la sépul
ture.
>
Pour sçavoir ce qu'il craint , il
tient ;
part impa
Il trouve le Lion gros , gras , se bien por- tant.
Menageant sa harangue en Orateur habile ,
Lui dit deux nors du tour qu'on lui jouoit en ville ,
Et ces deux mots allumerent sa bile.
Le Renard très - joyeux s'en retourne aussi- tôt ,
Dit que notre défunt mange et boit comme il
faut ;
Cij Qu'en
2148 MERCURE
DE FRANCE
Qu'en dépit de l'envie il est encor des nô-.
tres ;*
Qu'il ne veut chez Pluton si-tôt suivre tant
d'autres. La joye au même instant fut chez tous les voisins , Et Bacchus tout au mieux fit l'honneur de ses
vins. A la tristesse enfin , loin de ces lieux bannie
Succederent les ris , les jeux et l'harmonie,
Chacun fut satisfait , mais le. Singe chagrin ,
Bien penaut , ruminoit , craignoit fâcheux des
tin ;
Pour prévenir l'orage , il va demander grace ,
Mais une telle faute aisément ne s'efface ;
A peine on l'apperçoit qu'on lui lâche mi
raut ;
Celui- ci n'est pas seul ,. arrive encor Brifaut ;
Le Singe délogea sans Tambour ni Trompete
tes ,
Et ses chausses de peur n'en sont pas encor
nettes.
HERITIER PRESOMPTIF
DU LION.
FABLE.
LA soif de l'or souvent démasque un politique :
Sous ce voile , grands Dieux , que l'homme es
different !
D'être ami genereux tel hardiment se pique ,
Qui
O.CTOBRE 1732. 2145
Qui n'est , mis au creuzet , qu'un avide rent.
Mais à ce propos veritable ,
S'il faut un exemple ajoûter ;
Sur ce point le Singe en ma Fable
Ne laisse rien à souhaiter.
>
Seigneur Lion au plus fort de son âge,
Avoit trois Châteaux à choisir
Hôtel en ville ; avec tel appanage ,
On peut varier son plaisir.
Item , chez lui table friande
Où l'on trouvoit tout à foison ,
Mets exquis , Gibier de saison
Vins délicats , bonne provende ;
Au reste point de successeur ,
Foible ressource de la vie ,
Mais qui sert de frein à l'envie
Contre un paisible possesseur.
Enfin , parmi sa parentelle ,
Un Singe étoit collateral ;
Singe amusant , mais animal
Manquant quelquefois de cervelle,
Je dis quelquefois seulement ;
Car le matois jouoit son rôle
Pour l'ordinaire habilement
Et manioit bien la parole.
Jamais , à l'entendre parler ,
APlutus ne fit la courbette ;
paz
C Hon
2146 MERCURE
DE FRANCE
Honneurs et fortune complette
N'avoient rien qui pût l'ébranler.
Soins empressés , minauderies ,
Caresses , jeux et singeries ,
S'adressoient à son cher Parent
Et rien du tout àson argent.
Arriva pourtant le contraire :
Unjour que le Seigneur Lion
Aux champs étoit , où nulle affaire
Ne l'attiroit que la belle saison ,
Le Singe en ville entend à ses oreilles
Par un frelon ces trois mots bourdonner.
Lion est mort ! Singe de s'étonner !
Bien-tôt après de s'écrier merveilles !
Ce coup flate trop ses desirs ;
Pas un doute sur la nouvelle !
Il n'apperçoit que des plaisirs.
Est-ce-là cet ami fidelle ?
Le perfide à l'instant quitte table et fats
teuil ,
Se compose et se met en deuil ,
Demande pour escorte un supôt de justice ;
D'abord , l'Ours du quartier requis pour cet of
fice ,
Accourt chez notre Singe , arrive mal leché ,
Pour Scribe suit un Chat d'une plume har
naché ,
L'heritier avec eux monte en leste équipage ,
Où Levriers déja sont mis en attelage ;
2
•
OCTOBRE. 1732. 2147
Un Barbet sur le siege assis grotesquement ,
Prend les renes fouette et fond chez le pa
rent.
>
Un Dogue grommelant se présente à la porte ,
Demande ce que veut la vorace cohorte ?
On l'instruit , on l'effraie , il deffend son pa lier ,
Le grand nombre l'accable , on gagne l'esca- lier.
D'un Cabinet bien- tôt les effets on cachete ;
Paroît dans le moment un Renard , fine tête ,
Qui voit qu'en étourdis l'on procede en ce lieu ,
Dit : Messieurs , cessez.... vîte et nous dites
adieu.
Il faut premierement constater l'aventure ,
Et prouver par extrait la mort la sépul
ture.
>
Pour sçavoir ce qu'il craint , il
tient ;
part impa
Il trouve le Lion gros , gras , se bien por- tant.
Menageant sa harangue en Orateur habile ,
Lui dit deux nors du tour qu'on lui jouoit en ville ,
Et ces deux mots allumerent sa bile.
Le Renard très - joyeux s'en retourne aussi- tôt ,
Dit que notre défunt mange et boit comme il
faut ;
Cij Qu'en
2148 MERCURE
DE FRANCE
Qu'en dépit de l'envie il est encor des nô-.
tres ;*
Qu'il ne veut chez Pluton si-tôt suivre tant
d'autres. La joye au même instant fut chez tous les voisins , Et Bacchus tout au mieux fit l'honneur de ses
vins. A la tristesse enfin , loin de ces lieux bannie
Succederent les ris , les jeux et l'harmonie,
Chacun fut satisfait , mais le. Singe chagrin ,
Bien penaut , ruminoit , craignoit fâcheux des
tin ;
Pour prévenir l'orage , il va demander grace ,
Mais une telle faute aisément ne s'efface ;
A peine on l'apperçoit qu'on lui lâche mi
raut ;
Celui- ci n'est pas seul ,. arrive encor Brifaut ;
Le Singe délogea sans Tambour ni Trompete
tes ,
Et ses chausses de peur n'en sont pas encor
nettes.
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Résumé : LE SINGE, HERITIER PRESOMPTIF DU LION. FABLE.
La fable 'Le Singe, héritier présomptif du Lion' relate l'histoire d'un singe, parent du Lion, qui simule l'amitié et la loyauté envers ce dernier. Le Lion, propriétaire de trois châteaux et d'une table abondante, n'a pas de successeur, ce qui suscite l'envie du Singe. Un jour, le Singe apprend la fausse nouvelle de la mort du Lion et se rend chez lui avec une escorte composée d'un Ours, d'un Chat, de lévriers et d'un Barbet. Il est arrêté par un Dogue. Un Renard, découvrant la supercherie, informe le Lion de la tentative du Singe. Furieux, le Lion chasse le Singe, qui s'enfuit pris de peur. La fable met en lumière la cupidité et la perfidie du Singe, démasquées par la ruse du Renard.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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p. 104-106
LE Nouvel ABAILLARD, ou Lettres d'un Singe au Docteur ABADOLFS, traduites de l'Allemand, se trouve à Paris chez Dufour & Grangé, Libraires, sur le Pont Notre-Dame. 2 Volumes in-12.
Début :
CES Lettres contiennent une Histoire intéressante, dont les principaux Acteurs [...]
Mots clefs :
Bonté du caractère , Financier, Singe, Militaire, Abbé, Liberté sans indécence, Savoir sans pédanterie, Philosophie sans préjugés , Grâces sans prétentions, Bonheur sans amertume, Lettres, Fabulistes
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texteReconnaissance textuelle : LE Nouvel ABAILLARD, ou Lettres d'un Singe au Docteur ABADOLFS, traduites de l'Allemand, se trouve à Paris chez Dufour & Grangé, Libraires, sur le Pont Notre-Dame. 2 Volumes in-12.
LE Nouvel ABAILLARD , ou Lettres
d'un Singe au Docteur ABADOLFS ,
traduites de l'Allemand Se trouve
à Paris chez Dufour & Grangé , Libraires
, fur le Pont Notre-Dame. 2
Volumes in- 12.
CESES Lettres contiennent une Hiſtoire
intéreſſante , dont les principaux Acteurs
, font un homme qui joint à un
efprit cultivé & orné des plus belles connoiſſances
, la bonté du caractère &
l'amour de l'humanité ; une jeune perſonne
aimable & ſenſible , un Financier
modelé fur l'ancien moule , un Militaire
vicieux & capable de toute forte
d'excès , un Abbé plein de prétentions
& qui eſt parvenu à ne rougir de rien
une fille , dont la fingulière façon de
penfer &d'agir , ſe ſoutient dans tout le
cours de l'Ouvrage. L'intrigue s'ouvre
dans la 7 Lettre. Après avoir crayonné
le tableau de la maiſon du Financier , de
ceux qui la fréquentent, & du premier
Perſonnage , dont nous venons de parler
, ( M. d'Armilli ) voici comme l'Auteur
s'exprime .
,
M. d'Armilli pourroit jouir d'une con
JUIN. 1763 .. 105
fidération diftinguée dans le grand monde
, mais fon humeur mélancolique
l'en éloigne , & depuis qu'il a vu Theréſe
, je comprends par ſon affiduité à
fréquenter notre maiſon , qu'il n'en fréquente
plus d'autres. Theréſe voit M.
d'Armilli avec plaifir : ſon âme eſt douée
d'une vertu magnétique. Ils ſe parloient
il y a quelques jours ſur le ton de la confance
& de l'amitié. On les gênoit
quand on vouloit entrer dans leurs converſations
quoiqu'elles ne roulaffent que
furdes choſes indifférentes ; ils ſe fixoient
avec complaifance , ils ſourioient prèſque
en même-temps , ils devinoient leurs
penſées , je n'ai jamais remarqué de ſympathie
plus parfaite. Ils offroient le touchant
aſſemblage de la liberté ſans indécence
, du ſçavoir fans pédanterie , de
la philoſophie fans préjugés , des grâces
fans prétentions , du bonheur ſans amer
tume. Qu'ils me paroiffent changés !
Leurs yeux ne ſe parlent plus , parce
qu'ils craignent ſans doute d'en comprendre
le langage. Hélas ! ils ne font
point changés. Ils ſe craignent , donc
ils s'aiment. Tant mieux , diras-tu peutêtre
; ce vertueux jeune homme ſemble
formé pour ma fille.... Reviens , vénérable
Abadolfs , de cette erreur funeſte.
Ev
106 MERCURE DE FRANCE .
Frémis , mon cher Maître . Dans quel
lieu as-tu envoyé le fruit d'un amour cher
à ton coeur ? .... Tâche plutôt d'étouffer
par les meilleurs avis une paffion dont
les fuites feroient terribles. Apprends
que d'Armilli eſt marié.
Cet amour malheureux eſt la cauſe
de la variété des événemens qu'on trouve
dans cette Hiſtoire. Le récit en eft
ſouvent coupé par de petitesDiffertations
fur différens Sujets. On rend compte
dans la Préface de la manière dont ces
Lettres , qu'on attribue à un Singe , ont
été trouvées. On établit,en plaiſantant,
la poſſibilité de cette fiction que l'exemple
des Fabuliſtes ſemble juſtifier. L'abondance
des matières ne nous permet
pas de nous étendre davantage ſur cet
Ouvrage. On l'attribue à M. de Campigneulles
, qui a déja publié pluſieurs
Ecrits , qui ont reçu un accueil favorable.
d'un Singe au Docteur ABADOLFS ,
traduites de l'Allemand Se trouve
à Paris chez Dufour & Grangé , Libraires
, fur le Pont Notre-Dame. 2
Volumes in- 12.
CESES Lettres contiennent une Hiſtoire
intéreſſante , dont les principaux Acteurs
, font un homme qui joint à un
efprit cultivé & orné des plus belles connoiſſances
, la bonté du caractère &
l'amour de l'humanité ; une jeune perſonne
aimable & ſenſible , un Financier
modelé fur l'ancien moule , un Militaire
vicieux & capable de toute forte
d'excès , un Abbé plein de prétentions
& qui eſt parvenu à ne rougir de rien
une fille , dont la fingulière façon de
penfer &d'agir , ſe ſoutient dans tout le
cours de l'Ouvrage. L'intrigue s'ouvre
dans la 7 Lettre. Après avoir crayonné
le tableau de la maiſon du Financier , de
ceux qui la fréquentent, & du premier
Perſonnage , dont nous venons de parler
, ( M. d'Armilli ) voici comme l'Auteur
s'exprime .
,
M. d'Armilli pourroit jouir d'une con
JUIN. 1763 .. 105
fidération diftinguée dans le grand monde
, mais fon humeur mélancolique
l'en éloigne , & depuis qu'il a vu Theréſe
, je comprends par ſon affiduité à
fréquenter notre maiſon , qu'il n'en fréquente
plus d'autres. Theréſe voit M.
d'Armilli avec plaifir : ſon âme eſt douée
d'une vertu magnétique. Ils ſe parloient
il y a quelques jours ſur le ton de la confance
& de l'amitié. On les gênoit
quand on vouloit entrer dans leurs converſations
quoiqu'elles ne roulaffent que
furdes choſes indifférentes ; ils ſe fixoient
avec complaifance , ils ſourioient prèſque
en même-temps , ils devinoient leurs
penſées , je n'ai jamais remarqué de ſympathie
plus parfaite. Ils offroient le touchant
aſſemblage de la liberté ſans indécence
, du ſçavoir fans pédanterie , de
la philoſophie fans préjugés , des grâces
fans prétentions , du bonheur ſans amer
tume. Qu'ils me paroiffent changés !
Leurs yeux ne ſe parlent plus , parce
qu'ils craignent ſans doute d'en comprendre
le langage. Hélas ! ils ne font
point changés. Ils ſe craignent , donc
ils s'aiment. Tant mieux , diras-tu peutêtre
; ce vertueux jeune homme ſemble
formé pour ma fille.... Reviens , vénérable
Abadolfs , de cette erreur funeſte.
Ev
106 MERCURE DE FRANCE .
Frémis , mon cher Maître . Dans quel
lieu as-tu envoyé le fruit d'un amour cher
à ton coeur ? .... Tâche plutôt d'étouffer
par les meilleurs avis une paffion dont
les fuites feroient terribles. Apprends
que d'Armilli eſt marié.
Cet amour malheureux eſt la cauſe
de la variété des événemens qu'on trouve
dans cette Hiſtoire. Le récit en eft
ſouvent coupé par de petitesDiffertations
fur différens Sujets. On rend compte
dans la Préface de la manière dont ces
Lettres , qu'on attribue à un Singe , ont
été trouvées. On établit,en plaiſantant,
la poſſibilité de cette fiction que l'exemple
des Fabuliſtes ſemble juſtifier. L'abondance
des matières ne nous permet
pas de nous étendre davantage ſur cet
Ouvrage. On l'attribue à M. de Campigneulles
, qui a déja publié pluſieurs
Ecrits , qui ont reçu un accueil favorable.
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Résumé : LE Nouvel ABAILLARD, ou Lettres d'un Singe au Docteur ABADOLFS, traduites de l'Allemand, se trouve à Paris chez Dufour & Grangé, Libraires, sur le Pont Notre-Dame. 2 Volumes in-12.
'Le Nouvel Abaillard, ou Lettres d'un Singe au Docteur Abadolfs' est un ouvrage traduit de l'allemand, publié à Paris chez Dufour & Grangé. Composé de deux volumes, il relate une histoire impliquant plusieurs personnages : un homme cultivé, une jeune femme sensible, un financier, un militaire, un abbé prétentieux et une fille au comportement singulier. L'intrigue commence dans la septième lettre, décrivant la maison du financier et les interactions entre M. d'Armilli et Thérèse. Leur relation passe de la sympathie à la crainte réciproque, révélant un amour impossible car M. d'Armilli est marié. Cet amour influence les événements du récit, ponctué de discussions variées. La préface explique que les lettres sont attribuées à un singe, une fiction justifiée par les fabulistes. L'ouvrage est attribué à M. de Campigneulles, auteur de plusieurs écrits bien accueillis.
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