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1
p. 311-312
DEVISE SUR LA STATUE de Diane trouvée en la Ville d'Arles, qui depuis plusieurs siécles y estoit cachée, & qui a esté présentée au Roy.
Début :
Cette Devise a pour corps la Lune, qui apres l'Eclipse qu'elle [...]
Mots clefs :
Statue, Lune, Éclipses, Lumière, Diane, Gloire, Esprits, Bonheur
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texteReconnaissance textuelle : DEVISE SUR LA STATUE de Diane trouvée en la Ville d'Arles, qui depuis plusieurs siécles y estoit cachée, & qui a esté présentée au Roy.
DEVISE SUR LA STATUE
de Diane trouvée en lav VVailllëe
Artes, qui depuis plufieurs
fiécles y eftoit cachée , & qui
ma efté préſentée au Royd saa
Cette Devife a pour corps la Lune,
qui apres ↳ Eclipſe qu'elle fouffre par
l'interpofition de la Terre diametralemensoppofée
entre lle & le Soleil, fe
tire de l'ombre & reçoit la lumiere
de ce mefme Aftre. Cesparoles luyfervent
d'ame , Aliena luce corufcat .
Ellesfont expliquées par ces Vers.
Pourquoy
Ourquoy ne vanter pas cette illuftre
Diane,
Cet Oraclefameux, ce Chefd'oeuvre de
l'Art;
Puis que lesbeaux Efprits yprennent.tant
de parta
.
312
Extraordinaire
3
Et n'y trouvent rien de profane?
Pendant un long filence , & fans gloire
& fans bruit,
La terreluvfervoit d'une profonde nuit,
Quoy quel Aftredujourfist toûjoursfa
carrière ;
Mais par un bonheurfans pareil,
Si- toft qu'elle voit la lumiere,
Elle prendfon éclat de celuy du Soleil
RAULT.
de Diane trouvée en lav VVailllëe
Artes, qui depuis plufieurs
fiécles y eftoit cachée , & qui
ma efté préſentée au Royd saa
Cette Devife a pour corps la Lune,
qui apres ↳ Eclipſe qu'elle fouffre par
l'interpofition de la Terre diametralemensoppofée
entre lle & le Soleil, fe
tire de l'ombre & reçoit la lumiere
de ce mefme Aftre. Cesparoles luyfervent
d'ame , Aliena luce corufcat .
Ellesfont expliquées par ces Vers.
Pourquoy
Ourquoy ne vanter pas cette illuftre
Diane,
Cet Oraclefameux, ce Chefd'oeuvre de
l'Art;
Puis que lesbeaux Efprits yprennent.tant
de parta
.
312
Extraordinaire
3
Et n'y trouvent rien de profane?
Pendant un long filence , & fans gloire
& fans bruit,
La terreluvfervoit d'une profonde nuit,
Quoy quel Aftredujourfist toûjoursfa
carrière ;
Mais par un bonheurfans pareil,
Si- toft qu'elle voit la lumiere,
Elle prendfon éclat de celuy du Soleil
RAULT.
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Résumé : DEVISE SUR LA STATUE de Diane trouvée en la Ville d'Arles, qui depuis plusieurs siécles y estoit cachée, & qui a esté présentée au Roy.
La devise sur la statue de Diane, découverte dans la vallée de Vaillèle, utilise la Lune comme symbole central. Après une éclipse, la Lune sort de l'ombre et reçoit la lumière du Soleil, illustrée par 'Aliena luce corufcat'. Les vers soulignent la grandeur de Diane et l'admiration pour cette œuvre. Le texte décrit une période de silence et d'obscurité sur Terre, suivie d'un retour à la lumière grâce au Soleil.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 129-130
LETTRE écrite de Bonaventure, Isle de l'Amerique, à sept lieües au Sud de l'Embouchure du Fleuve de S. Laurens, le 25. Juillet 1733 sur une Eclipse.
Début :
Le Mardi 26. de May, sur les 7. heures du matin, le Soleil se fit voir de couleur de feu, [...]
Mots clefs :
Éclipses, Soleil
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Bonaventure, Isle de l'Amerique, à sept lieües au Sud de l'Embouchure du Fleuve de S. Laurens, le 25. Juillet 1733 sur une Eclipse.
LETTRE écrite de Bonaventure, Ile de
Amerique à sept lienes au Sud de l'Embouchure
du Fleuve de S. Laurens , le
25. Fuillet 1733 sur une Eclipse.
E Mardi 26. de May , sur les 7. heures du
Lmatin, leSoleil se fit voir de couleur de feu ,
et couvert de petites taches et barres ; le temps
s'obscurcit peu à peu , je crus que c'étoit l'effer
de quelque brouillard à venir , ce qui ne manqua
pas d'arriver , mais qui ne dura pas long- temps ,
car à dix heures on voyoit des Etoiles , et il
faisoit si nuit que nous ne nous reconnoissions
pas sur le Gaillard .
J'étois alors à 3. lieues dans le Sud d'ici , je
demeurai bien surpris , parce que la Lune étoit
sous notre horison.
Vers les onze heures le jour recommença , et
je croyois le tout passé ; il faisoit beau jour à
midi , quand je fus derechef étonné de voir la
nuit revenir aussi obscure qu'auparavant ; cela
me fit prendre le parti de faire route pour la
Baye de Penouille , à 6. lieues au Nord de Bo-
Maventure.
Cependant sur les deux à trois heures , le temps
commença à s'éclaircir , et à sept heures , étant à
l'ouvert de la Baye , je vis le Soleil . Je fis apporter
un miroir où j'apperçûs cet Astre et deux
petits Globes à ses côtez ; et sans miroir je vis un
troisiéme Globe qui n'étoit pas fort lumineux ,
environ de la grandeur du Soleil , et qui sembloit
s'y joindre droit au - dessus ; mais nous ne pûmes
pas voir long- temps ce Parelie , parce que
nuages en empêcherent , et que le Soleil se couchoir.
les
G Je
130
MERCURE DE FRANCE
au
Je laisse aux Astronomes à deviner la cause de
cette sorte d'Eclipse surprenante qui a duré
moins dix heures , pendant trois desquelles
nous fumes obligez d'avoir de la chandelle
allumée dans l'Habitacle * Je crois que
cette Eclipse est causée par quelque corps inconnu
jusqu'à présent.
* Lieu où sont les Boussoles.
Amerique à sept lienes au Sud de l'Embouchure
du Fleuve de S. Laurens , le
25. Fuillet 1733 sur une Eclipse.
E Mardi 26. de May , sur les 7. heures du
Lmatin, leSoleil se fit voir de couleur de feu ,
et couvert de petites taches et barres ; le temps
s'obscurcit peu à peu , je crus que c'étoit l'effer
de quelque brouillard à venir , ce qui ne manqua
pas d'arriver , mais qui ne dura pas long- temps ,
car à dix heures on voyoit des Etoiles , et il
faisoit si nuit que nous ne nous reconnoissions
pas sur le Gaillard .
J'étois alors à 3. lieues dans le Sud d'ici , je
demeurai bien surpris , parce que la Lune étoit
sous notre horison.
Vers les onze heures le jour recommença , et
je croyois le tout passé ; il faisoit beau jour à
midi , quand je fus derechef étonné de voir la
nuit revenir aussi obscure qu'auparavant ; cela
me fit prendre le parti de faire route pour la
Baye de Penouille , à 6. lieues au Nord de Bo-
Maventure.
Cependant sur les deux à trois heures , le temps
commença à s'éclaircir , et à sept heures , étant à
l'ouvert de la Baye , je vis le Soleil . Je fis apporter
un miroir où j'apperçûs cet Astre et deux
petits Globes à ses côtez ; et sans miroir je vis un
troisiéme Globe qui n'étoit pas fort lumineux ,
environ de la grandeur du Soleil , et qui sembloit
s'y joindre droit au - dessus ; mais nous ne pûmes
pas voir long- temps ce Parelie , parce que
nuages en empêcherent , et que le Soleil se couchoir.
les
G Je
130
MERCURE DE FRANCE
au
Je laisse aux Astronomes à deviner la cause de
cette sorte d'Eclipse surprenante qui a duré
moins dix heures , pendant trois desquelles
nous fumes obligez d'avoir de la chandelle
allumée dans l'Habitacle * Je crois que
cette Eclipse est causée par quelque corps inconnu
jusqu'à présent.
* Lieu où sont les Boussoles.
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Résumé : LETTRE écrite de Bonaventure, Isle de l'Amerique, à sept lieües au Sud de l'Embouchure du Fleuve de S. Laurens, le 25. Juillet 1733 sur une Eclipse.
Le 26 mai 1733, une éclipse solaire inhabituelle a été observée à Bonaventure. Vers 7 heures du matin, le Soleil apparut rougeâtre, couvert de taches et de barres. Le ciel s'obscurcit progressivement, permettant de voir des étoiles à 10 heures. La Lune était sous l'horizon. Vers 11 heures, le jour revint, mais la nuit revint à midi. Vers 14-15 heures, le ciel commença à s'éclaircir, et à 19 heures, le Soleil réapparut. À travers un miroir, l'observateur aperçut le Soleil accompagné de trois globes lumineux. Cette éclipse, qui dura moins de dix heures, a été qualifiée de surprenante et pourrait être causée par un corps inconnu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 2017-2023
Traité sur l'Aberration apparente des Etoiles, Extrait, [titre d'après la table]
Début :
Mr Fontaine des Crutes, vient de faire imprimer chés Quillau, Libraire, ruë [...]
Mots clefs :
Étoiles fixes, Aberration, Étoile, Lune, Mouvement, Ascension, Terre, Soleil, Éclipses, Parallaxe
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texteReconnaissance textuelle : Traité sur l'Aberration apparente des Etoiles, Extrait, [titre d'après la table]
MR Fontaine des Crutes , vient de faire
imprimer chés Quillau, Libraire, ruë
Galande , près la Place Maubert à Paris, un
Traité complet fur l'Aberration apparente
des Etoiles fixes, qu'il avoit annoncé dans le
fecondVolume duMercure & dans le Journal
de Trévoux du mois de Juin de l'année derniere
, à l'occafion de l'Occultation d'une
Etoile du Sagittaire par la Lune , arrivée le
2 Août , vers les dix heures & demie du
foir.
Cet Ouvrage , qui eft in 8 ° . imprimé ſur
de bon papier & en beaux Caractéres , eſt
orné de huit Planches , & diftribué en
quatre Parties , lefquelles font précédées
d'une Hiftoire Générale de l'Aftronomie
ancienne.
La premiere partie contient un Expofé du
Systême Général du Monde , felon les Principes
de la Philofophie ancienne & moderd'où
l'on déduit le mouvement annuel
de la Terre autour du Soleil , & fa rotation
en 24 heures autour de fon Axe.
ne ,
La
2018 MERCURE DE FRANCE.
La feconde Partie eft un Abregé de la
Sphère, où il eft feulement traité des principaux
Cercles , Lignes & Points les plus
néceffaires pour l'intelligence du refte de
P'Ouvrage on y traite auffi , en peu de
mots , des réfractions , de la parallaxe & de
leurs effets.
On trouve enfuite un Traité complet &
fort étendu fur l'Aberration des Etoiles fixes
, avec plufieurs Tables qui ont rapport
à cette matiere , ce qui fait le fujet de la
troifiéme Partie ; on y fait voir dans quel
tems , & qui ont été les Aftronomes , qui
les premiers , fe font apperçus de l'Aberration
; qui font ceux , qui , en conféquence
de cette heureufe découverte , ont fait des
Obfervations innombrables pour la confirmer
; enfin , après avoir été convaincu de
ces apparences , & avoir rejetté differentes
hypothéfes , qu'on auroit formées pour les
expliquer , on verra comment on fauve ces
apparences , & de quelle façon on vient à
bout de les expliquer , au moyen du mouvement
annuel de la Terre autour du Soleil
, comparé au mouvement fucceffif de
la lumiere.
On fçait de quelle importance font les
corrections que l'on fait ordinairement
dans les hauteurs des Aftres , par rapport
aux réfractions , & à la parallaxe , & que
l'effet
SEPTEMBRE. 1744. 2019
l'effet de celle- ci détruit toujours une partie
, très-petite à la vérité , de l'effet de
l'autre , parce qu'elles font en fens contraires
; mais enfin quoique la parallaxe produife
un effet d'autant plus petit , que l'AL
tre eft proche du Zénith , fi néanmoins il
faut y avoir égard , combien , à plus forte
raifon , doit- on tenir compte de l'Aberration
, qui influë , non-feulement fur la Latitude
d'un Aftre, comme les deux caufes précédentes
, mais encore fait varier fa Longitude
fon Afcenfion droite & fa Déclinaifon
?
,
Cela fait voir qu'on étoit très -éloigné
d'avoir la vraie fituation des Etoiles fixes ,
& qu'on auroit été perpétuellement dans
F'erreur , fans cette admirable découverte ;
en effet , fi la paral'axe ne caufe que quelques
fecondes d'erreur dans les hauteurs ,
Aberration a un effet bien plus confidérable
, & on voit fouvent qu'elle peut déran
ger en apparence , d'une certaine quantité ,
non - feulement de fecondes , mais même
de plufieurs minutes , certaines Etoiles
de leur vrai lieu . C'eft ainfi que dans l'E
toile Polaire fon Aberration annuelle en
Latitude eft de 36 fecondes & demie ; elle eſt
d'une minute 40 fecondes en Longitude ,
d'environ 40 fecondes pour la Déclinaifon,
& l'Afcenfion droite de cette Etoile eft prefde
17. minutes. Après que
2020 MERCURE DE FRANCE.
Après que l'Auteur de cet Ouvrage a démontré
dans le courant de cette Partie
toutes les regles & les formules qu'on doit
fuivre pour calculer les differentes Aberrations
d'une Etoile quelconque , après avoir
averti de l'ordre qu'il convient de fuivre , &
même avoir fait l'application des regles an
Calcul d'une Etoile , il a jugé à propos ,
afin que le Lecteur ne fût point embarrallé
dans la recherche de toutes ces regles , de
les récapituler dans un Chapitre particulier,
& de renfermer dans des Cartouches , les
formules qu'il a déduites de la Théorie .
44
Il a de plus calculé & donné dans l'Ouvrage
une Table des plus grandes Aberrations
des Etoiles en Latitude , felon leurs diftances
de l'Ecliptique , de 10 minutes en
10 minutes , & depuis o jufqu'à 90 degrés.
Il a auffi donné deux autres Tables , l'une
des Longitudes & des Latitudes , & l'antre
des Afcenfions droites & Déclinaifons
de 20 des principales Etoiles, telles qu'elles
étoient au commencement de l'année 1740,
& vis-à-vis de chaque Etoile , il a eu foin de
placer fon mouvement annuel , tant en Afcenfion
droite , qu'en Déclinaiſon , afin
qu'on puiffe faire les réductions convenables
pour d'autres années , foit précédentes
ou à venir.
Deux autres Tables fuccedent à celles
dont
SEPTEMBRE, 1744. 2021
que
dont on vient de parler ; la premiere contient
les Lieux où fe trouve le Soleil , lorfl'Aberration
des mêmes 20 Etoiles eft
nulle en Afcenfion droite , elle contient
encore leurs plus grandes variations en
Aberration , qu'on trouve pofées entre les
deux tems de l'année où elles arrivent ; la
Partie du Monde yers laquelle ces variations
fe font , eft indiquée par ces mots Or.
& Occ. , c'est- à-dire Orient & Occident,
La deuxième Table contient l'Aberration
en Déclinaison de ces 20 Etoiles ,avec le mê
me ordre qu'on vient de dire pour l'Afcenfion
droite.Toutes ces Tables font fuivies de
leurs ufages, c'eft- à- dire, de la maniere d'appliquer
l'Aberration ,foit par rapport auxCalculs
, ou par rapport aux Obfervations Aftronomiques
; avec des Remarques très-curieufes
touchant les proprietés de la lumiere
lancée par les Etoiles.
Enfin la quatriéme & derniere partie traite
de l'Occultation des Etoiles fixes par la Lune.
On a déja fait remarquer dans le Mercure
& dans le Journal dont on a parlé cidevant
, de combien ces fortes d'Occultations
étoient préférables aux Phaſes obfervées
dans une Eclipfe de Lune , & même
aux Eclipfes des Satellites de Jupiter dans la
détermination des Longitudes ; car dans les
premieres Obfervations , on eft au moins
une
2022 MERCURE DE FRANCE
une minute ou deux dans l'incertitude du
commencement ou de la fin d'une Phaſe , &'
dans les Eclipfes des Satellites , une demie
minute & plus ; joint à cela que pour obferver
ces fortes d'Eclipfes , il faut employer
des Lunettes depuis 7 ou 8 pieds jufqu'à 18
& 20 de longueur. Les Occultations , des
Etoiles par la Lune , ne font point fujettes
à tous ces inconvéniens, car à caufe de la rapidité
du mouvement de la Lune, lorfqu'el
le paffe au-deffous d'une Etoile , l'Eclipſe eſt
inſtantanée , c'eſt- à -dire , qu'elle ſe fair ſi lubitement
, qu'il n'eft pas poffible qu'un Obfervateur
foit une demie feconde de tems
dans l'incertitude, ce qui eft un grand avantage,
fans compter qu'une Lunette de deux
ou trois pieds fuffit pour l'obferver.
Toutes ces confidérations ont engagé
l'Auteur à donner une Methode courte &
aifée pour déterminer facilement ces fortes
d'Eclipfes , au moyen d'une projection ; il
conduit même fon Lecteur dans la conftruction
de cette figure , & lui en fait faire l'application
, en prenant pour exemple une
Etoile du Sagittaire dont l'Eclipfe eft arrivée
le 2 Août 1743 , & à l'occafion de laquelle
il lui en fait détermir er toutes les
Phaſes ; cependant malgré la fimplicité de
cette Méthode , elle deviendroit ſouvent
inutile, fi , avant que d'entreprendre le Calcul
,
SEPTEMBRE. 1744. 1023
cul , on ne pouvoit pas s'affûrer fi une conjonction
de la Lune avec une Etoile fera
Ecliptique & de plus , vifible fur l'Horifon ,
c'eft à quoi l'Auteur s'eft attaché , de façon
qu'il efpere que le Public n'aura plus rien
à défirer fur cette matiere.
L'Auteur avertit encore les Curieux qu'ils
vont avoir la plus belle occafion de s'exercer
avec utilité fur cette matiere , qu'on puiffe
fouhaiter; car la Lune pendant trois ou quacre
années de fuite , va rencontrer chaque
mois quelques unes des 72 Etoiles qui compofent
la Conſtellation des Pleïades ; peuton
rien trouver de plus favorable à la Géographie
, pour la rétablir & la porter au plus
haut degré de perfection ? En effet , fi l'on
obferve ces Occultations avec foin dans les
Villes principales & dans tous les Ports de
Mer,pour enfuite fe les communiquer , il eſt
hors de doute qu'on aura la fituation de tous
ces Lieux , les uns à l'égard des autres ,
dans la derniere exactitude ; c'eft ce qu'on
a lieu d'efperer dans la fuite , & ce qui a
été le but de l'Auteur.
On doit bien obferver que le Lecteur aura
la fatisfaction de voir comment on peut faire
application de l'Aberration dans de
reils Calculs.
imprimer chés Quillau, Libraire, ruë
Galande , près la Place Maubert à Paris, un
Traité complet fur l'Aberration apparente
des Etoiles fixes, qu'il avoit annoncé dans le
fecondVolume duMercure & dans le Journal
de Trévoux du mois de Juin de l'année derniere
, à l'occafion de l'Occultation d'une
Etoile du Sagittaire par la Lune , arrivée le
2 Août , vers les dix heures & demie du
foir.
Cet Ouvrage , qui eft in 8 ° . imprimé ſur
de bon papier & en beaux Caractéres , eſt
orné de huit Planches , & diftribué en
quatre Parties , lefquelles font précédées
d'une Hiftoire Générale de l'Aftronomie
ancienne.
La premiere partie contient un Expofé du
Systême Général du Monde , felon les Principes
de la Philofophie ancienne & moderd'où
l'on déduit le mouvement annuel
de la Terre autour du Soleil , & fa rotation
en 24 heures autour de fon Axe.
ne ,
La
2018 MERCURE DE FRANCE.
La feconde Partie eft un Abregé de la
Sphère, où il eft feulement traité des principaux
Cercles , Lignes & Points les plus
néceffaires pour l'intelligence du refte de
P'Ouvrage on y traite auffi , en peu de
mots , des réfractions , de la parallaxe & de
leurs effets.
On trouve enfuite un Traité complet &
fort étendu fur l'Aberration des Etoiles fixes
, avec plufieurs Tables qui ont rapport
à cette matiere , ce qui fait le fujet de la
troifiéme Partie ; on y fait voir dans quel
tems , & qui ont été les Aftronomes , qui
les premiers , fe font apperçus de l'Aberration
; qui font ceux , qui , en conféquence
de cette heureufe découverte , ont fait des
Obfervations innombrables pour la confirmer
; enfin , après avoir été convaincu de
ces apparences , & avoir rejetté differentes
hypothéfes , qu'on auroit formées pour les
expliquer , on verra comment on fauve ces
apparences , & de quelle façon on vient à
bout de les expliquer , au moyen du mouvement
annuel de la Terre autour du Soleil
, comparé au mouvement fucceffif de
la lumiere.
On fçait de quelle importance font les
corrections que l'on fait ordinairement
dans les hauteurs des Aftres , par rapport
aux réfractions , & à la parallaxe , & que
l'effet
SEPTEMBRE. 1744. 2019
l'effet de celle- ci détruit toujours une partie
, très-petite à la vérité , de l'effet de
l'autre , parce qu'elles font en fens contraires
; mais enfin quoique la parallaxe produife
un effet d'autant plus petit , que l'AL
tre eft proche du Zénith , fi néanmoins il
faut y avoir égard , combien , à plus forte
raifon , doit- on tenir compte de l'Aberration
, qui influë , non-feulement fur la Latitude
d'un Aftre, comme les deux caufes précédentes
, mais encore fait varier fa Longitude
fon Afcenfion droite & fa Déclinaifon
?
,
Cela fait voir qu'on étoit très -éloigné
d'avoir la vraie fituation des Etoiles fixes ,
& qu'on auroit été perpétuellement dans
F'erreur , fans cette admirable découverte ;
en effet , fi la paral'axe ne caufe que quelques
fecondes d'erreur dans les hauteurs ,
Aberration a un effet bien plus confidérable
, & on voit fouvent qu'elle peut déran
ger en apparence , d'une certaine quantité ,
non - feulement de fecondes , mais même
de plufieurs minutes , certaines Etoiles
de leur vrai lieu . C'eft ainfi que dans l'E
toile Polaire fon Aberration annuelle en
Latitude eft de 36 fecondes & demie ; elle eſt
d'une minute 40 fecondes en Longitude ,
d'environ 40 fecondes pour la Déclinaifon,
& l'Afcenfion droite de cette Etoile eft prefde
17. minutes. Après que
2020 MERCURE DE FRANCE.
Après que l'Auteur de cet Ouvrage a démontré
dans le courant de cette Partie
toutes les regles & les formules qu'on doit
fuivre pour calculer les differentes Aberrations
d'une Etoile quelconque , après avoir
averti de l'ordre qu'il convient de fuivre , &
même avoir fait l'application des regles an
Calcul d'une Etoile , il a jugé à propos ,
afin que le Lecteur ne fût point embarrallé
dans la recherche de toutes ces regles , de
les récapituler dans un Chapitre particulier,
& de renfermer dans des Cartouches , les
formules qu'il a déduites de la Théorie .
44
Il a de plus calculé & donné dans l'Ouvrage
une Table des plus grandes Aberrations
des Etoiles en Latitude , felon leurs diftances
de l'Ecliptique , de 10 minutes en
10 minutes , & depuis o jufqu'à 90 degrés.
Il a auffi donné deux autres Tables , l'une
des Longitudes & des Latitudes , & l'antre
des Afcenfions droites & Déclinaifons
de 20 des principales Etoiles, telles qu'elles
étoient au commencement de l'année 1740,
& vis-à-vis de chaque Etoile , il a eu foin de
placer fon mouvement annuel , tant en Afcenfion
droite , qu'en Déclinaiſon , afin
qu'on puiffe faire les réductions convenables
pour d'autres années , foit précédentes
ou à venir.
Deux autres Tables fuccedent à celles
dont
SEPTEMBRE, 1744. 2021
que
dont on vient de parler ; la premiere contient
les Lieux où fe trouve le Soleil , lorfl'Aberration
des mêmes 20 Etoiles eft
nulle en Afcenfion droite , elle contient
encore leurs plus grandes variations en
Aberration , qu'on trouve pofées entre les
deux tems de l'année où elles arrivent ; la
Partie du Monde yers laquelle ces variations
fe font , eft indiquée par ces mots Or.
& Occ. , c'est- à-dire Orient & Occident,
La deuxième Table contient l'Aberration
en Déclinaison de ces 20 Etoiles ,avec le mê
me ordre qu'on vient de dire pour l'Afcenfion
droite.Toutes ces Tables font fuivies de
leurs ufages, c'eft- à- dire, de la maniere d'appliquer
l'Aberration ,foit par rapport auxCalculs
, ou par rapport aux Obfervations Aftronomiques
; avec des Remarques très-curieufes
touchant les proprietés de la lumiere
lancée par les Etoiles.
Enfin la quatriéme & derniere partie traite
de l'Occultation des Etoiles fixes par la Lune.
On a déja fait remarquer dans le Mercure
& dans le Journal dont on a parlé cidevant
, de combien ces fortes d'Occultations
étoient préférables aux Phaſes obfervées
dans une Eclipfe de Lune , & même
aux Eclipfes des Satellites de Jupiter dans la
détermination des Longitudes ; car dans les
premieres Obfervations , on eft au moins
une
2022 MERCURE DE FRANCE
une minute ou deux dans l'incertitude du
commencement ou de la fin d'une Phaſe , &'
dans les Eclipfes des Satellites , une demie
minute & plus ; joint à cela que pour obferver
ces fortes d'Eclipfes , il faut employer
des Lunettes depuis 7 ou 8 pieds jufqu'à 18
& 20 de longueur. Les Occultations , des
Etoiles par la Lune , ne font point fujettes
à tous ces inconvéniens, car à caufe de la rapidité
du mouvement de la Lune, lorfqu'el
le paffe au-deffous d'une Etoile , l'Eclipſe eſt
inſtantanée , c'eſt- à -dire , qu'elle ſe fair ſi lubitement
, qu'il n'eft pas poffible qu'un Obfervateur
foit une demie feconde de tems
dans l'incertitude, ce qui eft un grand avantage,
fans compter qu'une Lunette de deux
ou trois pieds fuffit pour l'obferver.
Toutes ces confidérations ont engagé
l'Auteur à donner une Methode courte &
aifée pour déterminer facilement ces fortes
d'Eclipfes , au moyen d'une projection ; il
conduit même fon Lecteur dans la conftruction
de cette figure , & lui en fait faire l'application
, en prenant pour exemple une
Etoile du Sagittaire dont l'Eclipfe eft arrivée
le 2 Août 1743 , & à l'occafion de laquelle
il lui en fait détermir er toutes les
Phaſes ; cependant malgré la fimplicité de
cette Méthode , elle deviendroit ſouvent
inutile, fi , avant que d'entreprendre le Calcul
,
SEPTEMBRE. 1744. 1023
cul , on ne pouvoit pas s'affûrer fi une conjonction
de la Lune avec une Etoile fera
Ecliptique & de plus , vifible fur l'Horifon ,
c'eft à quoi l'Auteur s'eft attaché , de façon
qu'il efpere que le Public n'aura plus rien
à défirer fur cette matiere.
L'Auteur avertit encore les Curieux qu'ils
vont avoir la plus belle occafion de s'exercer
avec utilité fur cette matiere , qu'on puiffe
fouhaiter; car la Lune pendant trois ou quacre
années de fuite , va rencontrer chaque
mois quelques unes des 72 Etoiles qui compofent
la Conſtellation des Pleïades ; peuton
rien trouver de plus favorable à la Géographie
, pour la rétablir & la porter au plus
haut degré de perfection ? En effet , fi l'on
obferve ces Occultations avec foin dans les
Villes principales & dans tous les Ports de
Mer,pour enfuite fe les communiquer , il eſt
hors de doute qu'on aura la fituation de tous
ces Lieux , les uns à l'égard des autres ,
dans la derniere exactitude ; c'eft ce qu'on
a lieu d'efperer dans la fuite , & ce qui a
été le but de l'Auteur.
On doit bien obferver que le Lecteur aura
la fatisfaction de voir comment on peut faire
application de l'Aberration dans de
reils Calculs.
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4
p. 68-84
LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE. SUR le Traité abrégé de PHYSIQUE à l'usage des Écoliers. Par M. DE SAINTIGNON, de la Société Royale des Sciences & Arts de Metz, &c.
Début :
Le but de votre Journal, Monsieur, étant d'annoncer les productions nouvelles [...]
Mots clefs :
Physique systématique, Abrégé, Solidité de la matière, Physique expérimentale, Opinion, Système, Révolutions célestes , Éclipses, Électricité, Attraction
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE. SUR le Traité abrégé de PHYSIQUE à l'usage des Écoliers. Par M. DE SAINTIGNON, de la Société Royale des Sciences & Arts de Metz, &c.
LETTRE A L'AUTEUR DU
MERCURE.
SUR le Traité abrégé de PHYSIQUE
à l'usage des Ecoliers. Par M. DE
SAINTIGNON , de la Société Royale
des Sciences & Arts de Metz , &c.
Le but de votre Journal , Monfieur ,
étant d'annoncer les productions nouvelles
des Sciences & des Arts , & ce
qui n'eſt pas moins utile , de les préfenter
d'une manière qui puiſſe fixer le cas
que le Public en doit faire , j'eſpére que
vous voudrez bien inférer dans le MerJUIN.
1763 . 69
cure prochain l'Analyſe ſuivante d'une
partie du Traité abrégé de Physique à
l'usage des Ecoliers , par M. de Saintignon
, de la Congrégation de Notre Sauveur
, de la Société Royale des Sciences
& Arts de Metz , &c. Si cet Ouvrage
convient à ceux à qui M. de Saintignon
le deſtine , c'eſt un travail précieux
qu'on ne peut trop ſe hater de
faire connoître : dans le cas contraire il
eſt important de leur épargner la perte
d'un temps qu'ils peuvent employer plus
utilement , & de prévenir le tort que
peuvent faire à des têtes neuves, les traces
que laiſſe toujours après foi un
ouvrage élémentaire qui manque d'exa-
Ctitude. Dans l'un & l'autre cas , les remarques
que j'ai l'honneur de vous
adreſſer feront utiles , fi elles font bornées
à ce que renferme véritablement
le Livre de M. de Saintignon. Afin que
le Lecteur n'héſite point à m'accorder.
ſa confiance fur ce point, j'aurai ſoin
de tranfcrire l'ouvrage même le plus
ſouvent que je pourrai.
En lifant dans la Préface du Traité
abrégé de Phyfique la déclaration qu'y
fait M. de Saintignon , qu'il ne prétend
pas fe donner pour Auteur , il n'eſt aucun
Lecteur ſans doute qui ne ſe ſente
70 MERCURE DE FRANCE.
diſpoſé à lui accorder le mérite de la
modeſtie ; on ne ſuppoſe pas volontiers
que quelqu'un entreprenne d'écrire en
fix volumes un abrégé fur cette matière
fans avoir rien de nouveau à donner.
Nous accordons cependant à M. de
Saintignon la vérité de ſa déclaration
dans ce ſens qu'il a copié comme il
l'avoue lui-même , des Ouvrages de
ce genre que tout le monde a entre les
mains ; mais on verra par la ſuite , qu'il
y a hazardé de fon chef beaucoup de
choſes qu'il n'a trouvées nulle-part ,
mais qui auront peine à être reçues.
Parmi les Ouvrages que M. de Saintignona
incorporés dans ſon Livre , l'excellent
traité de Phyſique expérimentale
de M. l'Abbé Nollet eſt celui dont
il paroît avoir tiré plus que de tout autre.
Nous applaudirions à ce choix , fi M.
de Saintignon eût obſervé partout la
même marche qu'il a ſuivie dans un
très-grand nombre d'endroits , celle de
s'en tenir aux expreffions de l'Auteur ;
mais les changemens qu'il s'eſt permis
d'y faire en quelques occaſions ,ne nous
ont point paru avoir ni l'exactitude ni
la clarté qu'on eſt en droit d'éxiger
dans un Ouvrage élémentaire. Par exemple
, M. de Saintignon après avoir penJUIN.
1763 . 71
dant quelques lignes ſuivi M. l'Abbé
Nollet mot à mot ſur les idées qu'il
donne de la ſolidité , au lieu d'adopter
ces expreffions ſi claires & fi exactes
de l'Auteur qu'il copie... » Etre ſolide
>> eſt une propriété non ſeulement com-
» munee, mais même éſſentielle à tous
>>les corps ; c'eſt le ſigne le moins équi-
>>voque de leur éxiſtence , &c. M. de
Saintignon ,dis-je, y ſubſtitue les ſuivantes
, il paroît qu'on peut confondre la
folidité de la matière avec la matière
méme ... La ſolidité eſt une ſuite de l'étendue
folide.
L'uſage des Planches dans les Livres
foit de Mathématique, ſoit de Phyſique ,
eſt d'une utilité généralement reconnue.
Le ſeul motif qui puiſſe engager un
Auteur à s'en paſſer , eſt celui de diminuer
les frais. Mais ce motif eſt il--
luſoire lorſqu'on veut écrire ſur ces
matières pour des commençans. En effet
il eſt aiſéde ſe convaincre queles planches
véritablement néceſſaires n'augmententque
très-médiocrement le prix,
& que leur fuppreffion au contraire
rend le Livre abſolument inutile à ceux
à qui on le deſtine. M. de Saintignon
qui a pris ce dernier parti , a néanmoins
ſenti l'impoffibilité de ſe paſſer entière
72 MERCURE DE FRANCE.
ment de figures ; mais malheureuſement
outre qu'il n'en a employé qu'un trèspetit
nombre , elles manquent d'ailleurs
dans les endroits où elles étoient bien
plus néceſſaires , par exemple dans la
defcription des machines , ou dans l'expoſition
des Phénomènes un peu compofés.
,
M. de Saintignon a tâché de faire
marcher enfemble la Phyſique ſyſtématique
& la Phyſique expérimentale .
Sous ce dernier titre on s'attend à
trouver dans cet ouvrage des expériences
décrites avec netteté & avec
exactitude : elles n'y font cependant
qu'indiquées ou imparfaitement décrites
: nous dirions plutôt que c'eſt une
hiſtoire abrégée de la Phyfique expérimentale.
Quant à la partie fyſtématique,
on la trouve expoſée dans le premier
volume , ſous ce titre : Systéme de M.
de la Periere.
J'avoue que je ne connoiſſois pas le
ſyſtême de M. de la Periere ; ainfi je
ne fuis pas en état de juger fi ce dernier
a lieu d'être content de la manière
dont M. de Saintignon a rendu
ſes idées ; mais ce que je puis afſurer ,
c'eſt que , quoique je ne fois pas neuf
en cette matière , je n'ai pû juſqu'ici
parvenir
JUIN. 1763 . 73
parvenir à entendre ce ſyſtême , je veux
dire à le concilier avec les principes de
la faine méchanique. On en verra par la
fuite quelques échantillons ; obſervons
ſeulement que c'eſt de ce ſyſtême , que
M. de Saintignon entreprend de déduire
l'explication de différens Phénomènes
que la Phyſique conſidére .
C'eſt ſans doute par égard pour la
réputation de Newton , que M. de Saintignon
, après avoir expoſé les avantages
qu'il croit voir dans le ſyſtème de M.
de la Periere , accorde quelques pages
à la réfutation de ce qu'il appelle le
ſyſtême de Newton , qu'il paroît confondre
avec les inepties de quelquesuns
des Sectateurs de ce grand homme .
Nous ne raporterons pas ici cette réfutation
, parce qu'elle eſt longue , &
qu'elle ne plairoit pas même aux Anti-
Newtoniens ; car elle n'intéreſſe aucunement
l'opinion de Newton ; nous
rapporterons cependant la conclufion :
Enfin , dit M. de Saintignon , quand
tout auroit répondu à l'attente des calculateurs
, même pour l'explication des
phénomènes terrestres , on pourroit encore.
n'avoir pas deviné le vrai mechaniſme
du monde , puisqu'il eft incontestable
que le Créateur a été libre dans le choix
D
74 MERCURE DE FRANCE.
des moyens & dans l'exécution.
Si ces raiſons ſont concluantes , elles
le font indifféremment contre tout fyftême
; & M. de Saintignon n'a cependant
pas eu intention , je penſe ,
d'y comprendre celui qu'il adopte. Si
M. de Saintignon avoit moins de dégoût
pour le calcul & les Calculateurs ,
qu'il ne le témoigne dans ſon Livre ,
il auroit trouvé dans la Doctrine des
probabilités , qu'il y a infiniment plus
à parier pour un ſyſtême qui rempliroit
ces conditions , que pour tout autre.
Pour traiter les Newtoniens avec
cette ſévérité , il ne faudroit pas ſe permettre
d'avancer que la matière peut
être réfléchie par le néant. C'eſt cependant
la manière dont M. de Saintignon
ſe tire , dans ſon Ouvrage , de quelques
difficultés qui l'embarraſſent.
M. de Saintignon nous aſſure qu'on
va donner les derniers coups auSystéme
Newtonien , en démontrant que les révolutions
célestes nefont pas des éclipses.
Il ne nomme pas l'Auteur , & cela eft
fort fage , car l'expreſſion ne lui feroit
pas honneur. Mais en attendant que
cette redoutable menace , priſe dans le
ſens que M. de Saintignon avoit deffein
d'exprimer , arrive à l'exécution , paffons
JUIN. 1763 . 75
1
àd'autres choses ; car fans doute le Lecteur
ne nous ſçauroit pas gré de nous appeſantir
ſur toutes les inadvertances qui
échappentà M. de Sain tignon dans cette
prétendue réfutation. Ce feroit affez inutilement
, qu'en tranſcrivant M. de Saintignon
, nous rappellerions les vains efforts
qui ont été faits par ceux qui ont
mieux aimé entreprendre de réfuter
Newton, que de ſe mettre en état de l'entendre.
L'Électricité entre les mains de M.
l'Abbé Nollet , n'a pas un meilleur fort
chez M. de Saintignon que l'Attraction
entre celles de Newton : elle y eft attaquée
de la même manière , c'est-à- dire ,
par la répétition des objections faites par
d'autres. L'équité demandoit que l'on
fit ſuivre les réponſes quiy ont été faites.
Il ſemble qu'on n'a fait mention de ces
deux Sçavans , que pour avoir occafion
de ſubſtituer à leurs raisonnemens , les
idées de M. De la Périere.
J'ai paffé ſous filence les notions que
M. de Saintignon donne de la matière
& de ſes propriétés générales : cela va
quelquefois affez bien quand il tranſcrit;
mais quand il marche ſeul , alors , propriétés
& qualités font la même chose.....
les couleurs , les odeurs , & c , n'existent
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
qu'en apparence.... On ne doit point rai-
Jonner contre l'expérience .... Laifferonsnousà
nos arrières - neveux la commiſſion
de raifonner ?..... Nous ne concluons cependant
pas que l'étendue foit effentielle
aux corps , &c.
On a penfé jufqu'ici en Phyſique que
le feu& la lumière étoient très-élaſtiques
; M. de Saintignon les croit trèscompreffibles
: fans doute , il veut dire
très -élastiques ; mais cette inattention
peut induire en erreur un Ecolier , qui
croit qu'on a ſoin d'employer les mots
felon leur fignification.
Perfonne aujourd'hui ne s'aviſeroit
de confondre l'inertie avec la pefanteur ;
l'expérience & le raiſonnement ont féparé
ces deux propriétés. Quoi qu'il en
foit , M. de Saintignon , nonobſtant le
principe qu'il a porté ci-deſſus , qu'on ne
doit point raifonner contre l'expérience ,
nous affure que l'inertie est la même cho-
Se que la pesanteur , & dans un autre
endroit , que les corps en mouvement
n'ont pas d'inertie. Ceci n'eſt cependant
pas une affaire d'opinions. Voyons quelques-
uns des raiſonnemens de M. de
Saintignon.
L'Attraction , dit M. de Saintignon ,
n'est pas la cause de la force d'inertie.
JUIN. 1763.. 77
On en convient , mais on ne conviendra
pas , je penſe , que le raiſonnement ,
que M. de Saintignon emploie pour le
prouver ,foit concluant ; car , continuet-
il , cette qualité merveilleuse qui agiroitfi
puiſſamment ſur les corps , devroit
empêcher toute évaporation , toute tranfpiration
des corpsſolides ou fluides ; elle
empêcheroit la lune d'attirer les eaux de
l'océan , ou elle ne l'empêcheroit pas d'attirerjusqu'à
elle tous les nuages de notre
Atmosphère.
Non-feulement ce raiſonnement ne
prouve rien de ce qui eft en queſtion ,
mais il paroît qu'en écrivant ceci , M.
de Saintignon a perdu de vue les principes
de la Méchanique. Comment ne
s'est- il pas rappellé , par exemple , qu'une
aiguille ſoumiſe à l'action de deux aimans
prend toujours une fituation telle
que les actions de cesdeuxaimans ſur elle,
ſe font mutuellement équilibre. Si M.
de Saintignon avoit eu moins de répugnance
pour le calcul & les calculateurs
, il auroit vu que la lune peut élever
les eaux de l'Océan , agir fur l'Atmofphère
, & cependant , en vertu de
cette action même , les chofes demeurer
en l'état où elles font actuellement ;
mais malheureuſement tout cela a été
Diij
78 MERCURE DE FRANCE.
prouvé par des Calculateurs , & ne peut
par conféquent contribuer en rien àdégoûter
M. de Saintignon de ces déclamations
, qui d'ailleurs font , ce me femble
, très-déplacées dans un Ouvrage
élémentaire.
La cauſe de la dureté des corps fait
depuis longtemps l'objetdes méditations
des Phyſiciens. M. de Saintignon ſe.
tire aifément de cette queſtion en y
appliquant le prétendu ſyſtême de M.
De la Périere : il est vrai que dans un
endroit , les élémens de la matière ont
une dureté radicale , & dans un autre
, ils ne font points durs par leur nature
, parce qu'ils font matière ; mais
à ces petites contradictions près , il n'y
aplus rien d'obfcur dans la cauſe de la
dureté des corps ; cela eſt évident , car
la cohésion des parties d'un corps eft occafionnéeparla
preſſion extérieure d'une
maſſe prodigieuse de fluides quelconques
plus déliés que l'air que nous ref.
pirons , qui environne tous les corps en
les preſſantplus ou moins perpendiculairement
à leursfurfaces dans la direction
de leur centre parfon reffort , que rien
ne gêne & ne dégrade au-dehors , tandis
que les portions des mémesfluides
*
en-
* Nous avons pris la liberté de mettre engaJUI
N. 1763 . 79
gagées dans les corps y font affoiblies
&plus ou moins dégradées par les chocs ,
les réfléctions, les réfractions que leur oc
fionnent le mélange & la fréquente rencontre
des parties non-élastiques de ces
corps dont il arrive , &c. Combien de
ſuppoſitions dans ce paſſage ? Combien
dedifcours il faudroit pour y répandre
la clarté ? On croira , peut-être , que ce
n'eſt qu'un énoncé dont l'explication &
ladémonstration viendront enſuite ; mais
M. de Saintignon ne les promet & ne
les donne point. Il ne feroit pas voir ,
par exemple , que les corps ſont preffés
tout à la fois perpendiculairement à leurs
furfaces & dans la direction de leurs
centres , ſurtout après avoir attribué aux
parties de la matière une forme non-ſphérique.
La cauſe de la fléxibilité , de la moleffe
, &c, n'eſt pas expliquée plus clairement
, & l'on peut àjuſte titre ſe plaindre
du défaut de méthode ſenſible à chaque
pas , foit dans la ſucceſſion des
matières, ſoit dans le choix des exemples,
gées , affoiblies , dégradées , &c , quoique dans le
Texte de M. de Saintignon tout cela ſoit au mafculin
; cependant comme nous ne nous flatons
pas d'entendre ce Paſſage , ſi M. de Saintignon
penſe que nous avons eu tort , nous conviendrons
que c'eſt pour n'y avoir rien entendu.
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
foit enfin dans les définitions même qui
fort ſouvent n'arrivent qu'après qu'on a
fait longtemps uſage des expreffions
qu'elles doivent éclaircir. Il y auroit encore
beaucoup d'autres choſes à remarquer
fur tous ces objets ; tels ſeroient ,
par exemple , un grand nombre de pafſages
de la nature de celui-ci. Lafléxibilité
ne paroît différer de la molleſſe que
du plus au moins , elle peut s'allier avec
une grande dureté.
L'expoſition des loix de l'union de
l'âme & du corps , ainſi que plufieurs
autres queſtions de Métaphyfique ſur lef
quelles Mde Saintignon s'arrête trop ,
& qu'il eſt dangereux d'entreprendre
apres M. de Buffon , n'est pas dans l'Ouvrage
de M. de Saintignon , un tableau
intéreſſant pour les Lecteurs de bon
goût; & nous ne croyons pas qu'ils y
voyent avec plaifir que le cerveau ou le
fiége de l'âme , eft le bureau d'adreſſe où
doivent aboutir les dépêches du dehors.
Que l'âme ſoit là ou ailleurs , cela eſt
fort indifférent; mais nous ne penſons pas
que les dépéches qui arrivent à ce bureau
d'adreſſe de la part des corps odorans ,
s'y annoncent ſelon la raiſon inverſe du
quarré des diſtances. Avec beaucoup
d'abſtractions , cela est vrai , & fe déJUIN.
1763 . 81
montre même d'une manière beaucoup
plus courte que ne l'a fait M. de Saintignon.
Mais eu égard à tout , il n'en eft
pas ainfi , & il eût été bon d'en prévenir
les Ecoliers. Les odeurs & les faveurs
ont encore donné lieu à M. de Saintignon
de joindre à ſa Differtation un
difcours contre la cuiſine moderne que
bien des gens n'approuveront pas .
La plus grande partie de ce qui vient
enfuite fur les fons renferme encore un
grand nombre d'expreffions & d'affertions
de la nature des précédentes .....
La vitesse dufon dépend de la vitelſſfe des
parties founantes , &c. Ceci ſemble fuppofer
un déplacement ſenſible dans les
partiesfonnantes. Ce qu'on ne croit pas
communément en Phyfiques: cette propofition
eſt au moins mal fonnante . Il
en eft de même de cette autre-ci.... Une
pendule de trois pieds huit lignes & demie ,
éxécute une vibration à chaquefeconde
depuis la plus grandejusqu'à la plus petite.
On ne dit point dans le cas préfent
une pendule mais un pendule : & pour
parler plus clairement & plus exactement
, on doit dire un pendule de trois
pieds huit lignes & demie , acheve chacune
de ſes ofcillations en une ſeconde ,
foit que ees ofcillations foient ou ne
Dv
82 MERCURE DE FRANCE.
foient pas d'une égale érendue , pourvu
que cette étendue foit médiocre. Paffons
au mouvement.
Pour faire entendre clairement à ſes
Ecoliers * , que la quantité de mouvement
ſe meſure en multipliant la maffe
par la vîteſſe , M. de Saintignon choiſit
l'exemple ſuivant. Si un homme peut
faire une lieue en une heure , dix hommes
qui marcheroient dix fois moins víte ,
ne laiſſeroient pas de faire entr'eux
une lieue en une heure de temps , car
chacun d'eux feroit la dixième partie
d'une heure.
On voit bien que M. de Saintignon
a voulu dire la dixiéme partie d'une
lieue ; mais approuvera- t-on cette manière
de prouver la propoſition dont il
s'agit ? Pour moi il me semble qu'elle
ne prouve rien. Quand on voit un Auteur
expliquer ainſi les chofes les plus
élémentaires , on ſe ſent de la défiance
pour celles qui exigent de ſa part un
raiſonnement plus fuivi ; ne nous y arrêtons
pas , mais terminons cet Ecrit
par quelques Remarques fur la Pefanteur&
fur la Méchanique.
M. de Saintignon entreprend d'af-
*M. de Saintignon a été Profeſſeur de Philo-
Sophie.
JUI N. 1763 . 83
figner la cauſe de la peſanteur ; il regarde
d'abord avec lesAuteurs qu'il tranfcrit
, cette force comme appliquée à
chacune des parties de la matière ; mais
comme cette manière de conſidérer la
peſanteur ne cadre pas exactement avec
le ſyſtême qu'il a embraffe , quelques
pages après , M. de Saintignon ne la
regarde que comme appliquée à certaines
parties : on ſent bien à quelles conſéquences
cette marche conduit , ſans
compter l'inconféquence à laquelle M.
de Saintignon ſe laiſſe aller. Ce n'eſt
pas que M. de Saintignon ne ſente
bien que cela n'est pas régulier , mais
il répond .... Il n'y a pas de ſyſtême qui
n'aitses défauts , ce qui ne s'explique
pas aujourd'hui , s'expliquera peut- être .
par lafuite.
En parlant de l'Accélération dans la
chûte des graves M. de Saintignon dit ,
puisque la viteffe compenfe la masse , ur
corps d'une livre quitombe de vingtpieds
aura autant de mouvement qu'un corps
de cinq livres qui tomberoit de quatre
pieds feulement. Cette propofition eſt
contraire aux notions les plus communes
de laMéchanique. M. de Saintignon
appelle Phénomène la loi des eſpaces que
décrivent les corps graves. Paffons le
D vj
84 MERCURE DE FRANCE.
terme , mais c'eſt un Phénomène dont
M. de Saintignon n'étoit pas bien frappé
quand il avancé cette propoſition.
Terminons par une Remarque qui
nous diſpenſe évidemment d'aller plus
loin , & diſons que Mde Saintignon
confond à chaque inſtant le ſinus d'un
angle avec l'angle même, en employant
ce dernier au lieu du premier dans l'eſtimation
du rapport des puiſſances dans
l'équilibre .
Je ne puis croire que M. de Saintignon
, qui a profeſſé longtemps , à ce
qu'il dit , la Philofophie , ait fait avec
réfléxions les fautes que ſes expreffions
mettent en droit de lui repréſenter , & je
defire qu'on penſe avec moi , que ſes
inadvertances , ſon peu de méthode &
de clarté viennent du peu de loiſir qu'il
a eu & des affaires étrangères à la Phyfique
, dont il eſt occupé ; mais il n'en
eſt pas moins vrai que fon Livre a beſoin
de beaucoup de corrections avant que
d'être appliquable à l'uſage auquel il
l'a deſtiné.
J'ai l'honneur d'être , &c.
MERCURE.
SUR le Traité abrégé de PHYSIQUE
à l'usage des Ecoliers. Par M. DE
SAINTIGNON , de la Société Royale
des Sciences & Arts de Metz , &c.
Le but de votre Journal , Monfieur ,
étant d'annoncer les productions nouvelles
des Sciences & des Arts , & ce
qui n'eſt pas moins utile , de les préfenter
d'une manière qui puiſſe fixer le cas
que le Public en doit faire , j'eſpére que
vous voudrez bien inférer dans le MerJUIN.
1763 . 69
cure prochain l'Analyſe ſuivante d'une
partie du Traité abrégé de Physique à
l'usage des Ecoliers , par M. de Saintignon
, de la Congrégation de Notre Sauveur
, de la Société Royale des Sciences
& Arts de Metz , &c. Si cet Ouvrage
convient à ceux à qui M. de Saintignon
le deſtine , c'eſt un travail précieux
qu'on ne peut trop ſe hater de
faire connoître : dans le cas contraire il
eſt important de leur épargner la perte
d'un temps qu'ils peuvent employer plus
utilement , & de prévenir le tort que
peuvent faire à des têtes neuves, les traces
que laiſſe toujours après foi un
ouvrage élémentaire qui manque d'exa-
Ctitude. Dans l'un & l'autre cas , les remarques
que j'ai l'honneur de vous
adreſſer feront utiles , fi elles font bornées
à ce que renferme véritablement
le Livre de M. de Saintignon. Afin que
le Lecteur n'héſite point à m'accorder.
ſa confiance fur ce point, j'aurai ſoin
de tranfcrire l'ouvrage même le plus
ſouvent que je pourrai.
En lifant dans la Préface du Traité
abrégé de Phyfique la déclaration qu'y
fait M. de Saintignon , qu'il ne prétend
pas fe donner pour Auteur , il n'eſt aucun
Lecteur ſans doute qui ne ſe ſente
70 MERCURE DE FRANCE.
diſpoſé à lui accorder le mérite de la
modeſtie ; on ne ſuppoſe pas volontiers
que quelqu'un entreprenne d'écrire en
fix volumes un abrégé fur cette matière
fans avoir rien de nouveau à donner.
Nous accordons cependant à M. de
Saintignon la vérité de ſa déclaration
dans ce ſens qu'il a copié comme il
l'avoue lui-même , des Ouvrages de
ce genre que tout le monde a entre les
mains ; mais on verra par la ſuite , qu'il
y a hazardé de fon chef beaucoup de
choſes qu'il n'a trouvées nulle-part ,
mais qui auront peine à être reçues.
Parmi les Ouvrages que M. de Saintignona
incorporés dans ſon Livre , l'excellent
traité de Phyſique expérimentale
de M. l'Abbé Nollet eſt celui dont
il paroît avoir tiré plus que de tout autre.
Nous applaudirions à ce choix , fi M.
de Saintignon eût obſervé partout la
même marche qu'il a ſuivie dans un
très-grand nombre d'endroits , celle de
s'en tenir aux expreffions de l'Auteur ;
mais les changemens qu'il s'eſt permis
d'y faire en quelques occaſions ,ne nous
ont point paru avoir ni l'exactitude ni
la clarté qu'on eſt en droit d'éxiger
dans un Ouvrage élémentaire. Par exemple
, M. de Saintignon après avoir penJUIN.
1763 . 71
dant quelques lignes ſuivi M. l'Abbé
Nollet mot à mot ſur les idées qu'il
donne de la ſolidité , au lieu d'adopter
ces expreffions ſi claires & fi exactes
de l'Auteur qu'il copie... » Etre ſolide
>> eſt une propriété non ſeulement com-
» munee, mais même éſſentielle à tous
>>les corps ; c'eſt le ſigne le moins équi-
>>voque de leur éxiſtence , &c. M. de
Saintignon ,dis-je, y ſubſtitue les ſuivantes
, il paroît qu'on peut confondre la
folidité de la matière avec la matière
méme ... La ſolidité eſt une ſuite de l'étendue
folide.
L'uſage des Planches dans les Livres
foit de Mathématique, ſoit de Phyſique ,
eſt d'une utilité généralement reconnue.
Le ſeul motif qui puiſſe engager un
Auteur à s'en paſſer , eſt celui de diminuer
les frais. Mais ce motif eſt il--
luſoire lorſqu'on veut écrire ſur ces
matières pour des commençans. En effet
il eſt aiſéde ſe convaincre queles planches
véritablement néceſſaires n'augmententque
très-médiocrement le prix,
& que leur fuppreffion au contraire
rend le Livre abſolument inutile à ceux
à qui on le deſtine. M. de Saintignon
qui a pris ce dernier parti , a néanmoins
ſenti l'impoffibilité de ſe paſſer entière
72 MERCURE DE FRANCE.
ment de figures ; mais malheureuſement
outre qu'il n'en a employé qu'un trèspetit
nombre , elles manquent d'ailleurs
dans les endroits où elles étoient bien
plus néceſſaires , par exemple dans la
defcription des machines , ou dans l'expoſition
des Phénomènes un peu compofés.
,
M. de Saintignon a tâché de faire
marcher enfemble la Phyſique ſyſtématique
& la Phyſique expérimentale .
Sous ce dernier titre on s'attend à
trouver dans cet ouvrage des expériences
décrites avec netteté & avec
exactitude : elles n'y font cependant
qu'indiquées ou imparfaitement décrites
: nous dirions plutôt que c'eſt une
hiſtoire abrégée de la Phyfique expérimentale.
Quant à la partie fyſtématique,
on la trouve expoſée dans le premier
volume , ſous ce titre : Systéme de M.
de la Periere.
J'avoue que je ne connoiſſois pas le
ſyſtême de M. de la Periere ; ainfi je
ne fuis pas en état de juger fi ce dernier
a lieu d'être content de la manière
dont M. de Saintignon a rendu
ſes idées ; mais ce que je puis afſurer ,
c'eſt que , quoique je ne fois pas neuf
en cette matière , je n'ai pû juſqu'ici
parvenir
JUIN. 1763 . 73
parvenir à entendre ce ſyſtême , je veux
dire à le concilier avec les principes de
la faine méchanique. On en verra par la
fuite quelques échantillons ; obſervons
ſeulement que c'eſt de ce ſyſtême , que
M. de Saintignon entreprend de déduire
l'explication de différens Phénomènes
que la Phyſique conſidére .
C'eſt ſans doute par égard pour la
réputation de Newton , que M. de Saintignon
, après avoir expoſé les avantages
qu'il croit voir dans le ſyſtème de M.
de la Periere , accorde quelques pages
à la réfutation de ce qu'il appelle le
ſyſtême de Newton , qu'il paroît confondre
avec les inepties de quelquesuns
des Sectateurs de ce grand homme .
Nous ne raporterons pas ici cette réfutation
, parce qu'elle eſt longue , &
qu'elle ne plairoit pas même aux Anti-
Newtoniens ; car elle n'intéreſſe aucunement
l'opinion de Newton ; nous
rapporterons cependant la conclufion :
Enfin , dit M. de Saintignon , quand
tout auroit répondu à l'attente des calculateurs
, même pour l'explication des
phénomènes terrestres , on pourroit encore.
n'avoir pas deviné le vrai mechaniſme
du monde , puisqu'il eft incontestable
que le Créateur a été libre dans le choix
D
74 MERCURE DE FRANCE.
des moyens & dans l'exécution.
Si ces raiſons ſont concluantes , elles
le font indifféremment contre tout fyftême
; & M. de Saintignon n'a cependant
pas eu intention , je penſe ,
d'y comprendre celui qu'il adopte. Si
M. de Saintignon avoit moins de dégoût
pour le calcul & les Calculateurs ,
qu'il ne le témoigne dans ſon Livre ,
il auroit trouvé dans la Doctrine des
probabilités , qu'il y a infiniment plus
à parier pour un ſyſtême qui rempliroit
ces conditions , que pour tout autre.
Pour traiter les Newtoniens avec
cette ſévérité , il ne faudroit pas ſe permettre
d'avancer que la matière peut
être réfléchie par le néant. C'eſt cependant
la manière dont M. de Saintignon
ſe tire , dans ſon Ouvrage , de quelques
difficultés qui l'embarraſſent.
M. de Saintignon nous aſſure qu'on
va donner les derniers coups auSystéme
Newtonien , en démontrant que les révolutions
célestes nefont pas des éclipses.
Il ne nomme pas l'Auteur , & cela eft
fort fage , car l'expreſſion ne lui feroit
pas honneur. Mais en attendant que
cette redoutable menace , priſe dans le
ſens que M. de Saintignon avoit deffein
d'exprimer , arrive à l'exécution , paffons
JUIN. 1763 . 75
1
àd'autres choses ; car fans doute le Lecteur
ne nous ſçauroit pas gré de nous appeſantir
ſur toutes les inadvertances qui
échappentà M. de Sain tignon dans cette
prétendue réfutation. Ce feroit affez inutilement
, qu'en tranſcrivant M. de Saintignon
, nous rappellerions les vains efforts
qui ont été faits par ceux qui ont
mieux aimé entreprendre de réfuter
Newton, que de ſe mettre en état de l'entendre.
L'Électricité entre les mains de M.
l'Abbé Nollet , n'a pas un meilleur fort
chez M. de Saintignon que l'Attraction
entre celles de Newton : elle y eft attaquée
de la même manière , c'est-à- dire ,
par la répétition des objections faites par
d'autres. L'équité demandoit que l'on
fit ſuivre les réponſes quiy ont été faites.
Il ſemble qu'on n'a fait mention de ces
deux Sçavans , que pour avoir occafion
de ſubſtituer à leurs raisonnemens , les
idées de M. De la Périere.
J'ai paffé ſous filence les notions que
M. de Saintignon donne de la matière
& de ſes propriétés générales : cela va
quelquefois affez bien quand il tranſcrit;
mais quand il marche ſeul , alors , propriétés
& qualités font la même chose.....
les couleurs , les odeurs , & c , n'existent
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
qu'en apparence.... On ne doit point rai-
Jonner contre l'expérience .... Laifferonsnousà
nos arrières - neveux la commiſſion
de raifonner ?..... Nous ne concluons cependant
pas que l'étendue foit effentielle
aux corps , &c.
On a penfé jufqu'ici en Phyſique que
le feu& la lumière étoient très-élaſtiques
; M. de Saintignon les croit trèscompreffibles
: fans doute , il veut dire
très -élastiques ; mais cette inattention
peut induire en erreur un Ecolier , qui
croit qu'on a ſoin d'employer les mots
felon leur fignification.
Perfonne aujourd'hui ne s'aviſeroit
de confondre l'inertie avec la pefanteur ;
l'expérience & le raiſonnement ont féparé
ces deux propriétés. Quoi qu'il en
foit , M. de Saintignon , nonobſtant le
principe qu'il a porté ci-deſſus , qu'on ne
doit point raifonner contre l'expérience ,
nous affure que l'inertie est la même cho-
Se que la pesanteur , & dans un autre
endroit , que les corps en mouvement
n'ont pas d'inertie. Ceci n'eſt cependant
pas une affaire d'opinions. Voyons quelques-
uns des raiſonnemens de M. de
Saintignon.
L'Attraction , dit M. de Saintignon ,
n'est pas la cause de la force d'inertie.
JUIN. 1763.. 77
On en convient , mais on ne conviendra
pas , je penſe , que le raiſonnement ,
que M. de Saintignon emploie pour le
prouver ,foit concluant ; car , continuet-
il , cette qualité merveilleuse qui agiroitfi
puiſſamment ſur les corps , devroit
empêcher toute évaporation , toute tranfpiration
des corpsſolides ou fluides ; elle
empêcheroit la lune d'attirer les eaux de
l'océan , ou elle ne l'empêcheroit pas d'attirerjusqu'à
elle tous les nuages de notre
Atmosphère.
Non-feulement ce raiſonnement ne
prouve rien de ce qui eft en queſtion ,
mais il paroît qu'en écrivant ceci , M.
de Saintignon a perdu de vue les principes
de la Méchanique. Comment ne
s'est- il pas rappellé , par exemple , qu'une
aiguille ſoumiſe à l'action de deux aimans
prend toujours une fituation telle
que les actions de cesdeuxaimans ſur elle,
ſe font mutuellement équilibre. Si M.
de Saintignon avoit eu moins de répugnance
pour le calcul & les calculateurs
, il auroit vu que la lune peut élever
les eaux de l'Océan , agir fur l'Atmofphère
, & cependant , en vertu de
cette action même , les chofes demeurer
en l'état où elles font actuellement ;
mais malheureuſement tout cela a été
Diij
78 MERCURE DE FRANCE.
prouvé par des Calculateurs , & ne peut
par conféquent contribuer en rien àdégoûter
M. de Saintignon de ces déclamations
, qui d'ailleurs font , ce me femble
, très-déplacées dans un Ouvrage
élémentaire.
La cauſe de la dureté des corps fait
depuis longtemps l'objetdes méditations
des Phyſiciens. M. de Saintignon ſe.
tire aifément de cette queſtion en y
appliquant le prétendu ſyſtême de M.
De la Périere : il est vrai que dans un
endroit , les élémens de la matière ont
une dureté radicale , & dans un autre
, ils ne font points durs par leur nature
, parce qu'ils font matière ; mais
à ces petites contradictions près , il n'y
aplus rien d'obfcur dans la cauſe de la
dureté des corps ; cela eſt évident , car
la cohésion des parties d'un corps eft occafionnéeparla
preſſion extérieure d'une
maſſe prodigieuse de fluides quelconques
plus déliés que l'air que nous ref.
pirons , qui environne tous les corps en
les preſſantplus ou moins perpendiculairement
à leursfurfaces dans la direction
de leur centre parfon reffort , que rien
ne gêne & ne dégrade au-dehors , tandis
que les portions des mémesfluides
*
en-
* Nous avons pris la liberté de mettre engaJUI
N. 1763 . 79
gagées dans les corps y font affoiblies
&plus ou moins dégradées par les chocs ,
les réfléctions, les réfractions que leur oc
fionnent le mélange & la fréquente rencontre
des parties non-élastiques de ces
corps dont il arrive , &c. Combien de
ſuppoſitions dans ce paſſage ? Combien
dedifcours il faudroit pour y répandre
la clarté ? On croira , peut-être , que ce
n'eſt qu'un énoncé dont l'explication &
ladémonstration viendront enſuite ; mais
M. de Saintignon ne les promet & ne
les donne point. Il ne feroit pas voir ,
par exemple , que les corps ſont preffés
tout à la fois perpendiculairement à leurs
furfaces & dans la direction de leurs
centres , ſurtout après avoir attribué aux
parties de la matière une forme non-ſphérique.
La cauſe de la fléxibilité , de la moleffe
, &c, n'eſt pas expliquée plus clairement
, & l'on peut àjuſte titre ſe plaindre
du défaut de méthode ſenſible à chaque
pas , foit dans la ſucceſſion des
matières, ſoit dans le choix des exemples,
gées , affoiblies , dégradées , &c , quoique dans le
Texte de M. de Saintignon tout cela ſoit au mafculin
; cependant comme nous ne nous flatons
pas d'entendre ce Paſſage , ſi M. de Saintignon
penſe que nous avons eu tort , nous conviendrons
que c'eſt pour n'y avoir rien entendu.
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
foit enfin dans les définitions même qui
fort ſouvent n'arrivent qu'après qu'on a
fait longtemps uſage des expreffions
qu'elles doivent éclaircir. Il y auroit encore
beaucoup d'autres choſes à remarquer
fur tous ces objets ; tels ſeroient ,
par exemple , un grand nombre de pafſages
de la nature de celui-ci. Lafléxibilité
ne paroît différer de la molleſſe que
du plus au moins , elle peut s'allier avec
une grande dureté.
L'expoſition des loix de l'union de
l'âme & du corps , ainſi que plufieurs
autres queſtions de Métaphyfique ſur lef
quelles Mde Saintignon s'arrête trop ,
& qu'il eſt dangereux d'entreprendre
apres M. de Buffon , n'est pas dans l'Ouvrage
de M. de Saintignon , un tableau
intéreſſant pour les Lecteurs de bon
goût; & nous ne croyons pas qu'ils y
voyent avec plaifir que le cerveau ou le
fiége de l'âme , eft le bureau d'adreſſe où
doivent aboutir les dépêches du dehors.
Que l'âme ſoit là ou ailleurs , cela eſt
fort indifférent; mais nous ne penſons pas
que les dépéches qui arrivent à ce bureau
d'adreſſe de la part des corps odorans ,
s'y annoncent ſelon la raiſon inverſe du
quarré des diſtances. Avec beaucoup
d'abſtractions , cela est vrai , & fe déJUIN.
1763 . 81
montre même d'une manière beaucoup
plus courte que ne l'a fait M. de Saintignon.
Mais eu égard à tout , il n'en eft
pas ainfi , & il eût été bon d'en prévenir
les Ecoliers. Les odeurs & les faveurs
ont encore donné lieu à M. de Saintignon
de joindre à ſa Differtation un
difcours contre la cuiſine moderne que
bien des gens n'approuveront pas .
La plus grande partie de ce qui vient
enfuite fur les fons renferme encore un
grand nombre d'expreffions & d'affertions
de la nature des précédentes .....
La vitesse dufon dépend de la vitelſſfe des
parties founantes , &c. Ceci ſemble fuppofer
un déplacement ſenſible dans les
partiesfonnantes. Ce qu'on ne croit pas
communément en Phyfiques: cette propofition
eſt au moins mal fonnante . Il
en eft de même de cette autre-ci.... Une
pendule de trois pieds huit lignes & demie ,
éxécute une vibration à chaquefeconde
depuis la plus grandejusqu'à la plus petite.
On ne dit point dans le cas préfent
une pendule mais un pendule : & pour
parler plus clairement & plus exactement
, on doit dire un pendule de trois
pieds huit lignes & demie , acheve chacune
de ſes ofcillations en une ſeconde ,
foit que ees ofcillations foient ou ne
Dv
82 MERCURE DE FRANCE.
foient pas d'une égale érendue , pourvu
que cette étendue foit médiocre. Paffons
au mouvement.
Pour faire entendre clairement à ſes
Ecoliers * , que la quantité de mouvement
ſe meſure en multipliant la maffe
par la vîteſſe , M. de Saintignon choiſit
l'exemple ſuivant. Si un homme peut
faire une lieue en une heure , dix hommes
qui marcheroient dix fois moins víte ,
ne laiſſeroient pas de faire entr'eux
une lieue en une heure de temps , car
chacun d'eux feroit la dixième partie
d'une heure.
On voit bien que M. de Saintignon
a voulu dire la dixiéme partie d'une
lieue ; mais approuvera- t-on cette manière
de prouver la propoſition dont il
s'agit ? Pour moi il me semble qu'elle
ne prouve rien. Quand on voit un Auteur
expliquer ainſi les chofes les plus
élémentaires , on ſe ſent de la défiance
pour celles qui exigent de ſa part un
raiſonnement plus fuivi ; ne nous y arrêtons
pas , mais terminons cet Ecrit
par quelques Remarques fur la Pefanteur&
fur la Méchanique.
M. de Saintignon entreprend d'af-
*M. de Saintignon a été Profeſſeur de Philo-
Sophie.
JUI N. 1763 . 83
figner la cauſe de la peſanteur ; il regarde
d'abord avec lesAuteurs qu'il tranfcrit
, cette force comme appliquée à
chacune des parties de la matière ; mais
comme cette manière de conſidérer la
peſanteur ne cadre pas exactement avec
le ſyſtême qu'il a embraffe , quelques
pages après , M. de Saintignon ne la
regarde que comme appliquée à certaines
parties : on ſent bien à quelles conſéquences
cette marche conduit , ſans
compter l'inconféquence à laquelle M.
de Saintignon ſe laiſſe aller. Ce n'eſt
pas que M. de Saintignon ne ſente
bien que cela n'est pas régulier , mais
il répond .... Il n'y a pas de ſyſtême qui
n'aitses défauts , ce qui ne s'explique
pas aujourd'hui , s'expliquera peut- être .
par lafuite.
En parlant de l'Accélération dans la
chûte des graves M. de Saintignon dit ,
puisque la viteffe compenfe la masse , ur
corps d'une livre quitombe de vingtpieds
aura autant de mouvement qu'un corps
de cinq livres qui tomberoit de quatre
pieds feulement. Cette propofition eſt
contraire aux notions les plus communes
de laMéchanique. M. de Saintignon
appelle Phénomène la loi des eſpaces que
décrivent les corps graves. Paffons le
D vj
84 MERCURE DE FRANCE.
terme , mais c'eſt un Phénomène dont
M. de Saintignon n'étoit pas bien frappé
quand il avancé cette propoſition.
Terminons par une Remarque qui
nous diſpenſe évidemment d'aller plus
loin , & diſons que Mde Saintignon
confond à chaque inſtant le ſinus d'un
angle avec l'angle même, en employant
ce dernier au lieu du premier dans l'eſtimation
du rapport des puiſſances dans
l'équilibre .
Je ne puis croire que M. de Saintignon
, qui a profeſſé longtemps , à ce
qu'il dit , la Philofophie , ait fait avec
réfléxions les fautes que ſes expreffions
mettent en droit de lui repréſenter , & je
defire qu'on penſe avec moi , que ſes
inadvertances , ſon peu de méthode &
de clarté viennent du peu de loiſir qu'il
a eu & des affaires étrangères à la Phyfique
, dont il eſt occupé ; mais il n'en
eſt pas moins vrai que fon Livre a beſoin
de beaucoup de corrections avant que
d'être appliquable à l'uſage auquel il
l'a deſtiné.
J'ai l'honneur d'être , &c.
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Résumé : LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE. SUR le Traité abrégé de PHYSIQUE à l'usage des Écoliers. Par M. DE SAINTIGNON, de la Société Royale des Sciences & Arts de Metz, &c.
La lettre critique le 'Traité abrégé de Physique à l'usage des Écoliers' de M. de Saintignon, membre de la Société Royale des Sciences et Arts de Metz. L'auteur évalue la qualité de cet ouvrage destiné aux élèves, en vérifiant s'il est précis et utile ou s'il risque de nuire aux étudiants par ses inexactitudes. L'auteur reconnaît que M. de Saintignon a principalement copié des œuvres existantes, notamment le traité de physique expérimentale de l'Abbé Nollet, mais critique les modifications apportées, jugées inexactes et peu claires. La lettre déplore l'absence de planches illustratives et note que les expériences sont mal décrites. Le traité combine la physique systématique et expérimentale, mais l'auteur trouve le système de M. de la Perière, utilisé par M. de Saintignon, difficile à comprendre et incompatible avec les principes de la mécanique. La lettre mentionne également une réfutation du système de Newton, jugée inintéressante et non pertinente. M. de Saintignon critique les théories de Newton sur le mécanisme du monde et les phénomènes célestes, affirmant que les calculs n'expliquent pas nécessairement le mécanisme exact du monde. Il attaque l'électricité et l'attraction sans proposer de solutions alternatives solides, répétant des objections déjà formulées. Le texte souligne l'incohérence de M. de Saintignon, qui commet des erreurs conceptuelles comme confondre inertie et pesanteur, et ignore les principes de la mécanique. L'ouvrage contient des explications obscures et mal démontrées sur la dureté des corps et des digressions sur des sujets comme les odeurs et la cuisine moderne. Les explications sur des concepts physiques élémentaires, comme la mesure de la quantité de mouvement et la pesanteur, sont jugées imprécises et incohérentes. L'auteur conclut que l'ouvrage nécessite de nombreuses corrections avant de pouvoir être utilisé de manière appropriée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 158-159
DE MADRID, le 10 Avril 1764.
Début :
L'Abbé Clouet, Membre de l'Académie des Sciences de Rouen, a observé [...]
Mots clefs :
Abbé, Académie des sciences, Soleil, Anneau, Éclipses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE MADRID, le 10 Avril 1764.
DE MADRID , le 10 Avril 1764.
L'Abbé Clouet , Membre de l'Académie des
Sciences de Rouen , a obſervé ici l'Eclipſe annulaire
du 1. de ce mois ; il n'a pu en appercevoir le
commencement à caufe des nuages qui couvrojent
JUILLET. 1764. T59
alors le Soleil . L'anneau s'eft formé à 9 heures 47
minutes 38 fecondes du matin , & s'eſt rompu à 9
h. 52 m. rf. de forte que le diamètre de la Lune
a refté en entier fur le Soleil l'efpace de 4 minutes
, 23 fecondes . L'Eclipſe a fini à 11 heures 24-
minutes. Suivant les calculs qu'on avoit annoncés ,
elle ne devoit point être annulaire à Madrid , & la
latitude de la Lune devoit être plus confidérable
qu'elle ne l'a été. L'Abbé Clouet a obfervé quelques
autres particularités dont il fe propofe de
rendre compte aux Académies avec lesquelles il
eft en correſpondance..
L'Abbé Clouet , Membre de l'Académie des
Sciences de Rouen , a obſervé ici l'Eclipſe annulaire
du 1. de ce mois ; il n'a pu en appercevoir le
commencement à caufe des nuages qui couvrojent
JUILLET. 1764. T59
alors le Soleil . L'anneau s'eft formé à 9 heures 47
minutes 38 fecondes du matin , & s'eſt rompu à 9
h. 52 m. rf. de forte que le diamètre de la Lune
a refté en entier fur le Soleil l'efpace de 4 minutes
, 23 fecondes . L'Eclipſe a fini à 11 heures 24-
minutes. Suivant les calculs qu'on avoit annoncés ,
elle ne devoit point être annulaire à Madrid , & la
latitude de la Lune devoit être plus confidérable
qu'elle ne l'a été. L'Abbé Clouet a obfervé quelques
autres particularités dont il fe propofe de
rendre compte aux Académies avec lesquelles il
eft en correſpondance..
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Résumé : DE MADRID, le 10 Avril 1764.
Le 10 avril 1764, l'Abbé Clouet a observé à Madrid une éclipse annulaire du Soleil. L'anneau s'est formé à 9h47 et s'est rompu à 9h52, couvrant entièrement le Soleil pendant 4 minutes et 23 secondes. L'éclipse s'est terminée à 11h24. Contrairement aux prédictions, la latitude de la Lune était moins importante que prévu.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 167-169
De PARIS, le 30 Avril 1764.
Début :
Par un Arrêt du Conseil d'État du Roi, du 25 Janvier, Sa Majesté a réuni [...]
Mots clefs :
Arrêt, Conseil d'État, Éclipses, Soleil, Loterie de l'Hôtel-de-ville, Numéros, Tirage, Loterie de l'école royale militaire, Évêque, Gardes, Revue, Ordre royal et militaire, Loterie, Tirage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 30 Avril 1764.
De PARIS , le 30 Avril 1764.
Par un Arrêt du Confeil d'Etat du Roi , du 28.
Janvier, Sa Majeſté a réuni à la charge du Grand
Ecuyer , la Direction générale & Surintendance
des Haras des Provinces de Normandie , Limoges
& Auvergne.
On a appris que l'Eclipfe du premier Avril a
été obfervée à Auxerre , à Sens , à Caen , à Breft,
à Pluviers , à Londres & à Edimbourg. Le Sieur
Blondeau , Hydrographe du Roi à Calais , y a
vu la Lune toute entière fur le Soleil pendant 6
minutes 8 fecondes. Ces obfervations ont vérifié
ce que les Aftronomes avoient annoncé .
Le trente-neuviéme tirage de la Loterie de
l'Hôtel de Ville s'eft fait le 24 du mois dernier ,
en la manière accoutumée. Le Lot de cinquante
mille livres eft échu au numéro 22993 ; celui de
vingt mille livres au numéro 2 606 3 & les deux
de dix mille livres aux numéros 27738 & 31603 .
Les de ce mois , on a tiré la Loterie de l'Ecole
>
8
168 MERCURE DE FRANCE .
Royale Militaire . Les numéros fortis de roue de
fortune , font , 62 , 2 , j9 , 54 , 55 .
Du 18 Mai.
Le 19 du mois dernier, l'Evêque de Châlons
fur Marne a été lacré dans la Chapelle Royale du
Coliége de Navarre par l'Archeveque de Rheims ,
qui avoit pour Atfiftans les Evêques de Carcailonne
& de Seniis.
颖
Le premier de ce mois , l'Evêque de Vence
fut facré au Château de Gallon par 1 Archevêque
de Rouen , afliſté des Evêques d'Evreux & de
Mâcon .
Le 14 , le Roi fit , dans la Plaine des Sablons •
la revue des Gardes Françoifes & des Gardes
Suiffes qui avoient le nouvel uniforme. Sa Majefté
paila dans les rangs , & les deux Régimens
défilerent devant Elle après avoir fait l'exercice .
Monfeigneur le Dauphin , Monfeigneur le Duc
de Berry , Monſeigneur le Comte de Provence
Madame Adélaide , Mefdames Victoire , Sophie
& Louife ont affifté à cette revue , ainsi que le
Duc de Chartres , le Prince de Condé , le Duc de
Bourbon & le Prince de Lamballe.
Le Duc d'Aumont , Pair de France , Chevalier
Commandeur des Ordres du Roi , Lieutenant-
Général de les Armées & premier Gentilhomme
de la Chambre , le rendit , le 8 , au Coavent
des Peres Cordeliers , revêtu des marques
des Ordres de Sa Majeſté , & précédé des Sieurs
Chendret , Hérault & Perceville , Huillier defdits
Ordres , ayant leur habit de Cérémonie : il
y préfida , au nom du Roi , au Chapitre de Saint
Michel , & reçut Chevaliers de cet Ordre le
Sieur Perroner , Premier Ingénieur des Ponts &
Chaullées, l'un des Architectes du Roi & Membre
de
JUILLET. 1764. 169
de fon Académie Royale d'Architecture ; le Sieur
Berthier , Capitaine d'Infanterie , Ingénieur-
Géographe en chef des Camps & Marches des
Armées du Roi , Gouverneur des Hôtels des
Affaires Etrangères, de la Guerre & de la Marine à
Verſailles, & Commandant de la Compagnie des
Bas- Officiers commiſe à la garde de ces Hôtels
; & le Sieur Mique , Premier Architecte du
Roi de Pologne , Duc de Lorraine & de Bar ,
Directeur Général de fes Bâtimens , Fontaines
& Jardins , & Ingénieur en chef des Ponts &
Chauffées des Duchés de Lorraine & de Bar. Le
Duc d'Aumont affifta enfuite , avec tous les Chevaliers
qui fe trouvoient préfens , à la Grand'-
Meffe qui fe célébre tous les ans dans l'Eglife des
Peres Cordeliers , en mémoire de l'apparition de
Saint Michel.
L'Ordre Royal Militaire & Hofpitalier de Notre-
Dame du Mont Carmel & de Saint Lazare
de Jérufalem a fait célébrer , le 14 , dans la
Chapelle du Louvre , l'Anniverſaire pour le repos
de l'âme du Roi Henri IV de glorieuse mémoi
re , Fondateur de cet Ordre. L'Abbé Gaultier ,
Aumônier de l'Ordre & du Duc d'Orléans , a dit
la Meffe de Requiem . Les Grands Officiers &
plufieurs Chevaliers- Commandeurs de l'Ordre ,
ont affifté à cette Cérémonie.
Les , on a tiré la Loterie de l'Ecole Royale
Militaire . Les numéros fortis de la roue de fortune
, font , 68 , 70 , 29 , 28 , 37.
Le quarantième tirage de la Loterie de l'Hôtelde-
Ville s'eft fait le 25 du mois dernier , en la
manière accoutumée. Le Lot de cinquante mille
livres eſt échu au numéro 53962 ; celui de vingt
mille livres au numéro 55594 , & les deux de
dix mille livres aux numéros 47221 & 47574 •
Par un Arrêt du Confeil d'Etat du Roi , du 28.
Janvier, Sa Majeſté a réuni à la charge du Grand
Ecuyer , la Direction générale & Surintendance
des Haras des Provinces de Normandie , Limoges
& Auvergne.
On a appris que l'Eclipfe du premier Avril a
été obfervée à Auxerre , à Sens , à Caen , à Breft,
à Pluviers , à Londres & à Edimbourg. Le Sieur
Blondeau , Hydrographe du Roi à Calais , y a
vu la Lune toute entière fur le Soleil pendant 6
minutes 8 fecondes. Ces obfervations ont vérifié
ce que les Aftronomes avoient annoncé .
Le trente-neuviéme tirage de la Loterie de
l'Hôtel de Ville s'eft fait le 24 du mois dernier ,
en la manière accoutumée. Le Lot de cinquante
mille livres eft échu au numéro 22993 ; celui de
vingt mille livres au numéro 2 606 3 & les deux
de dix mille livres aux numéros 27738 & 31603 .
Les de ce mois , on a tiré la Loterie de l'Ecole
>
8
168 MERCURE DE FRANCE .
Royale Militaire . Les numéros fortis de roue de
fortune , font , 62 , 2 , j9 , 54 , 55 .
Du 18 Mai.
Le 19 du mois dernier, l'Evêque de Châlons
fur Marne a été lacré dans la Chapelle Royale du
Coliége de Navarre par l'Archeveque de Rheims ,
qui avoit pour Atfiftans les Evêques de Carcailonne
& de Seniis.
颖
Le premier de ce mois , l'Evêque de Vence
fut facré au Château de Gallon par 1 Archevêque
de Rouen , afliſté des Evêques d'Evreux & de
Mâcon .
Le 14 , le Roi fit , dans la Plaine des Sablons •
la revue des Gardes Françoifes & des Gardes
Suiffes qui avoient le nouvel uniforme. Sa Majefté
paila dans les rangs , & les deux Régimens
défilerent devant Elle après avoir fait l'exercice .
Monfeigneur le Dauphin , Monfeigneur le Duc
de Berry , Monſeigneur le Comte de Provence
Madame Adélaide , Mefdames Victoire , Sophie
& Louife ont affifté à cette revue , ainsi que le
Duc de Chartres , le Prince de Condé , le Duc de
Bourbon & le Prince de Lamballe.
Le Duc d'Aumont , Pair de France , Chevalier
Commandeur des Ordres du Roi , Lieutenant-
Général de les Armées & premier Gentilhomme
de la Chambre , le rendit , le 8 , au Coavent
des Peres Cordeliers , revêtu des marques
des Ordres de Sa Majeſté , & précédé des Sieurs
Chendret , Hérault & Perceville , Huillier defdits
Ordres , ayant leur habit de Cérémonie : il
y préfida , au nom du Roi , au Chapitre de Saint
Michel , & reçut Chevaliers de cet Ordre le
Sieur Perroner , Premier Ingénieur des Ponts &
Chaullées, l'un des Architectes du Roi & Membre
de
JUILLET. 1764. 169
de fon Académie Royale d'Architecture ; le Sieur
Berthier , Capitaine d'Infanterie , Ingénieur-
Géographe en chef des Camps & Marches des
Armées du Roi , Gouverneur des Hôtels des
Affaires Etrangères, de la Guerre & de la Marine à
Verſailles, & Commandant de la Compagnie des
Bas- Officiers commiſe à la garde de ces Hôtels
; & le Sieur Mique , Premier Architecte du
Roi de Pologne , Duc de Lorraine & de Bar ,
Directeur Général de fes Bâtimens , Fontaines
& Jardins , & Ingénieur en chef des Ponts &
Chauffées des Duchés de Lorraine & de Bar. Le
Duc d'Aumont affifta enfuite , avec tous les Chevaliers
qui fe trouvoient préfens , à la Grand'-
Meffe qui fe célébre tous les ans dans l'Eglife des
Peres Cordeliers , en mémoire de l'apparition de
Saint Michel.
L'Ordre Royal Militaire & Hofpitalier de Notre-
Dame du Mont Carmel & de Saint Lazare
de Jérufalem a fait célébrer , le 14 , dans la
Chapelle du Louvre , l'Anniverſaire pour le repos
de l'âme du Roi Henri IV de glorieuse mémoi
re , Fondateur de cet Ordre. L'Abbé Gaultier ,
Aumônier de l'Ordre & du Duc d'Orléans , a dit
la Meffe de Requiem . Les Grands Officiers &
plufieurs Chevaliers- Commandeurs de l'Ordre ,
ont affifté à cette Cérémonie.
Les , on a tiré la Loterie de l'Ecole Royale
Militaire . Les numéros fortis de la roue de fortune
, font , 68 , 70 , 29 , 28 , 37.
Le quarantième tirage de la Loterie de l'Hôtelde-
Ville s'eft fait le 25 du mois dernier , en la
manière accoutumée. Le Lot de cinquante mille
livres eſt échu au numéro 53962 ; celui de vingt
mille livres au numéro 55594 , & les deux de
dix mille livres aux numéros 47221 & 47574 •
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Résumé : De PARIS, le 30 Avril 1764.
En 1764, plusieurs événements marquants ont eu lieu en France. Le 30 avril, un arrêté du Conseil d'État du Roi a confié au Grand Écuyer la direction générale et la surintendance des haras des provinces de Normandie, Limoges et Auvergne. Le 1er avril, une éclipse a été observée dans diverses villes françaises et européennes, validant les prévisions des astronomes. Le 24 avril, le tirage de la loterie de l'Hôtel de Ville a attribué des lots aux numéros 22993, 26063, 27738 et 31603. Le 19 mai, l'évêque de Châlons-sur-Marne a été sacré à la Chapelle Royale du Collège de Navarre. Le 1er juin, l'évêque de Vence a été sacré au Château de Gallon. Le 14 juin, le roi a passé en revue les Gardes Françaises et Suisses à la Plaine des Sablons, en présence de membres de la famille royale et de la noblesse. Le 8 juin, le duc d'Aumont a présidé une cérémonie au couvent des Pères Cordeliers, où trois nouveaux chevaliers ont été reçus dans l'Ordre de Saint-Michel. Le 14 juin, l'Ordre Royal Militaire et Hospitalier de Notre-Dame du Mont Carmel et de Saint Lazare de Jérusalem a célébré l'anniversaire du roi Henri IV au Louvre. Les tirages des loteries de l'École Royale Militaire et de l'Hôtel de Ville ont également été mentionnés, avec les numéros gagnants respectifs.
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