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1
p. 757-758
Traité general des Horloges, &c. [titre d'après la table]
Début :
Les freres Guerin, Libraires à Paris, impriment actuellement un Traité general des Horloges, [...]
Mots clefs :
Horloges, Horlogerie, Temps, Pendules
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texteReconnaissance textuelle : Traité general des Horloges, &c. [titre d'après la table]
Les freres Guerin , Libraires à Paris , impriment
actuellement un Traitégeneral des Horloges,
par le P Dom Noël Alexandre , Benedictin ; en
un volume in 8. avec près de 30. Planches en
Taille-douce .
L'Auteur a traité dans cet Ouvrage de toutes
les especes de Machines dont on s'est servi dans
tous les temps pour mesurer les differentes parties
du jour et de la nuit , et pour les indiquer.
Il s'étend suffisamment sur les Cadrans Solaires
, sur les Clepsidres , les Horloges de gros et
moyen volume , sur les Pendules et les Montres
de poche. L'Histoire de l'Horlogerie y est exac
tement rapportée , et à la fin de l'Ouvrage on
trouvera une Bibliographie de l'Horlogerie , ou
tous les Auteurs qui ont traité de ces matieres ,
soit par des Traitez particuliers , soit par occasion
, y sont rapportez fidelement , avec une idée
de leurs Ouvrages et des Observations.
L'Auteur a lui - même travaillé depuis longtemps
à faire des Pendules dont quelques- unes
ont été présentées en leur temps à l'Académie
Royale
758 MERCURE DE FRANCE
Royale des Sciences , et ont été trouvées trèsingénieuses.
Les Figures de cet Ouvrage ont été
dessinées avec attention et gravées avec propreté;
nous en parlerons plus en détail lorsqu'il sera
mis au jour.
actuellement un Traitégeneral des Horloges,
par le P Dom Noël Alexandre , Benedictin ; en
un volume in 8. avec près de 30. Planches en
Taille-douce .
L'Auteur a traité dans cet Ouvrage de toutes
les especes de Machines dont on s'est servi dans
tous les temps pour mesurer les differentes parties
du jour et de la nuit , et pour les indiquer.
Il s'étend suffisamment sur les Cadrans Solaires
, sur les Clepsidres , les Horloges de gros et
moyen volume , sur les Pendules et les Montres
de poche. L'Histoire de l'Horlogerie y est exac
tement rapportée , et à la fin de l'Ouvrage on
trouvera une Bibliographie de l'Horlogerie , ou
tous les Auteurs qui ont traité de ces matieres ,
soit par des Traitez particuliers , soit par occasion
, y sont rapportez fidelement , avec une idée
de leurs Ouvrages et des Observations.
L'Auteur a lui - même travaillé depuis longtemps
à faire des Pendules dont quelques- unes
ont été présentées en leur temps à l'Académie
Royale
758 MERCURE DE FRANCE
Royale des Sciences , et ont été trouvées trèsingénieuses.
Les Figures de cet Ouvrage ont été
dessinées avec attention et gravées avec propreté;
nous en parlerons plus en détail lorsqu'il sera
mis au jour.
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Résumé : Traité general des Horloges, &c. [titre d'après la table]
Le Père Dom Noël Alexandre, bénédictin, publie un 'Traité général des Horloges' imprimé par les frères Guerin à Paris. Cet ouvrage in-octavo comprend près de 30 planches gravées et traite des diverses machines de mesure du temps, telles que les cadrans solaires, les clepsydres, les horloges, les pendules et les montres de poche. L'auteur y relate l'histoire de l'horlogerie et inclut une bibliographie des auteurs ayant écrit sur ces sujets, avec des descriptions de leurs œuvres et des observations. Le Père Dom Noël Alexandre est également reconnu pour ses créations de pendules, certaines ayant été présentées à l'Académie Royale des Sciences et jugées très ingénieuses. Les illustrations de l'ouvrage sont soigneusement dessinées et gravées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 1926-1934
LETTRE de M. Pierre LE ROY, Horloger, de la Société des Arts, demeurant à Paris, au milieu de la Place Dauphine : Description d'une Pendule à Ressorts, marquant et sonnant le temps vrai.
Début :
Le zéle que vous avez, Monsieur, pour la perfection de l'Horlogerie, m'engage [...]
Mots clefs :
Temps vrai, Mois, Minutes, Heure, Pendules, Ressorts, Levier, Plan, Soleil, Pendules à ressorts, Société des arts
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Pierre LE ROY, Horloger, de la Société des Arts, demeurant à Paris, au milieu de la Place Dauphine : Description d'une Pendule à Ressorts, marquant et sonnant le temps vrai.
LETTRE de M. Pierre LE ROW,
Horloger , de la Société des Arts demeurant
à Paris , au milieu de la Place
Dauphine : Description d'une Pendule à
Ressorts , marquant et sonnant le temps
*
vrai.
L
gage
E zéle que vous avez,Monsieur, pour
la perfection de l'Horlogerie , m'enà
satisfaire votre curiosité sur ce
que vous m'avez demandé au sujet de
la Pendule à ressort que j'ai présentée à
notre Société.
Cette Pendule marque et sonne le temps
vrai , d'une maniere assez simple , pour
dire qu'elle n'est pas plus composée que
les autres Pendules à ressort ; elle marque
aussi le jour du mois , avec presque autant
de simplicité , n'y ayant qu'une
Roue de plus pour le faire marquer , au
lieu qu'aux autres Pendules qui le marquent
, il y a 3 Roues et 2 Pignons.
Avant que d'entreprendre de faire marquer
et sonner le temps vrai aux Pendules
à ressort , leur justesse ne me paroissant
pas suffisante pour y appliquer le
temps vrai aussi utilement qu'on l'auroit
pû souhaitter , je me suis attaché à augmenter
SEPTEMBRE. 1733
1927
•
gmenter cette justesse . Pour y parvenir ,
j'ai imaginé une nouvelle maniere de
faire les Palettes de la Verge du Balancier,
qui rendent les frottemens des dents
de la Roue , de rencontrer sur ces Palettes
, beaucoup plus doux et moins susceptibles
de changement , et qui rend de
plus la justesse de l'échappement beaucoup
plus durable.
2
J'ai aussi trouvé le moïen de rendre
plus égale l'action du grand ressort sur
le mouvement de la Pendule. Par ce
moïen , outre que la justesse est encore.
augmentée , il est moins sujet à se rompre
par l'effort qu'il souffre en le remontant
; l'imaginai cet expédient en 1725 ,
et je l'appliquai à une Pendule que je fis
pour la Cour d'Espagne , dont la justesse
fut reconnue par M. Dosembrai . Il la
garda un mois et demi chez lui pour l'observer
, étant un des Commissaires nommez
par l'Académie des Sciences , à
l'examen de cette Pendule , à laquelle il
y avoit plusieurs autres particularitez ,
dont je vous ferai part une autre fois.
Quand j'eus trouvé le moïen d'augmenter
la justesse des Pendules à ressort , je
me déterminai d'autant plus volontiers
à leur faire marquer et sonner le temps.
vrai , que je remarquai que le Public ti-
B iij reroit
ย
1928 MERCURE DE FRANCE
reroit beaucoup plus d'utilité de l'application
du temps vrai aux Pendules à
ressort , qu'aux Pendules à secondes
parce que la plupart des personnes qui
se servent de Pendules à secondes , sont
versées dans les Sciences , et n'ont besoin
que du temps moïen pour avoir le temps
vrai ; car ils savent toujours bien , quand
ils veulent s'en donner la peine , ajouter
au temps moïen , ou en retrancher la différence
nécessaire, pour trouver le temps
vrai ; au lieu que presque toutes les personnes
qui se servent de Pendules à ressort
, ne sçachant ce que c'est que cette
différence , qu'on nomme ordinairement
Equation de l'Horloge ( qu'il faut ôter
ou ajouter ) ne peuvent presque jamais
avoir le temps vrai ; ce qui est souvent
cause que, quoique leurs Pendules soient
bien reglées sur le temps moïen , ils
croyent cependant qu'elles ne vont pas
bien , parce qu'ils leur attribuent les variétez
du Soleil. Cela les engage à hausser
ou baisser mal à propos la Lentille
du Pendule Or cette méprise est cause
qu'au lieu de les régler , ils les déreglent
du temps moïen , d'où dépend toute la
justesse du temps vrai, et par conséquent
ils les disposent en certains temps à s'écarter
encore davantage du temps vrai.
Si
SEPTEMBRE. 1733. 1929
Si leurs Pendules marquoient le temps
vrai , il leur seroit facile d'éviter cet inconvenient
quand elles viendroient à se
dérégler ; car comme une Pendule qui
marque le temps vrai , n'est autre chofe
qu'une Pendule qui marque l'heure du
Soleil ; il leur suffiroit pour sçavoir s'il
faudroit hausser ou baisser la Lentille
de voir sur le Soleil , si elle auroit avancé
ou retardé ; au lieu que pour regler
une Pendule qui marque le temps moïen,
il faut necessairement remarquer le temps
qu'on l'a mise à l'heure , et ajouter l'é
quation à la quantité des minutes marquées
par leur Eguille , ou la retrancher,
selon qu'elle est additive ou soustractive ,
autrement on ne peut pas , pour la regler
, sçavoir s'il faut hausser ou abbaisser
la Lentille. Quand même la plupart des
personnes qui ont des Pendules à ressort .
sçauroient ajouter au temps moïen , ou
retrancher la quantité de l'équation , il
est aisé de sentir qu'il leur seroit toujours
beaucoup plus avantageux qu'elles
marquassent le temps vrai; d'autant plus
que l'équation changeant journellement
de quantité , il faut toutes les fois qu'on
veut sçavoir l'heure vraie , avoir l'embarras
de faire , pour ainsi dire , une espece
de calcul, ou prendre la peine d'aller
Biiij cher1930
MERCURE DE FRANCE
chercher un Cadran Solaire , ou une Méridienne
.
Outre cet embarras , il y a des Saisons
où le Soleil est long- temps sans paroître,
sur tout dans les mois de Novembre, Décembre
et Janvier , où l'on auroit cependant
le plus de besoin de le voir souvent
pour remettre sa Pendule à l'heure
parce qu'il retarde dans ces trois mois
d'environ trente et une minutes.
Malgré cela , presque tout le monde
et même la plupart des Horlogers , ne
pouvant s'accoutumer à ajouter au temps
moyen , ni à en retrancher l'équation , ne
peuvent pas avoir d'autre ressource pour
mettre leurs Pendules à l'heure , que celle
de les remettre sur le Soleil, par conséquent
l'on ne doit pas être surpris de
voir la plupart des Pendules si mal à
l'heure dans l'espace de ces trois mois.
Il est donc évident par les raisons que
je viens de dire , que l'utilité des Pendules
à ressort se trouve considérablement
augmentée , en leur faisant marquer et
sonner le temps vrai ; dautant qu'elles
ne seront pas plus sujettes à se déranger
que les autres Pendules , étant aussi simples
,comme vous l'allez voir par la Description
qui suit :
Il y a deux Cadrans à cette Pendule ;
Le
SEPTEMBRE . 1733. 1931
le premier est fixe comme celui des Pendules
ordinaires ; il ne sert de même qu'à
marquer les heures et les minutes du tems.
moyen ou temps égal.
Le second Cadran renferme le premier,
et est mobile ; il sert à marquer le temps
vrai , par le moyen de plusieurs chifres
qui sont gravez sur ce Cadran , au - delà
des minutes et des deux index . Ces chifies
sont les jours des mois , entre lesquels
il y a environ une minute d'équation
, c'est- à dire , les jours entre lesquels
le Soleil avance ou tarde d'environ
une minute.
Pour que la Pendule marque et sonne
le temps vrai, il faut premierement faire
tourner le jour du mois sous la ligne de
foy de l'index qui convient au mois où
l'on est , et mettre ensuite l'éguille des
minutes juste à l'heure du Soleil sur le
Cadran mobile . Après cela , pour qu'elle
le marque toujours , il faudra seulement
avoir le soin de faire tourner le jour du
mois où l'on est sous l'index ; j'ai dit l'index
qui convient , parce que celui d'embas
sert pour les jours des mois , depuis
le commencement d'Octobre , jusqu'à la
fin de May , et celui d'en haut sert pour
le reste des autres mois.
En mettant les jours du mois sous la
ligne B v
1932 MERCURE DE FRANCE
•
ligne de foy de l'index , comme il est
expliqué , vous faites avancer ou tarder
le Cadran mobile de la même quantité
que le Soleil a avancé ou tardé, et la sonnerie
avance ou tarde de la même quantité
; parce que cette sonnerie est disposée
de façon qu'elle ne peut sonner que
lorsque l'éguille des minutes est arrivée
à 6c minuses et à 30 minutes de ce cadran,
en quelque position qu'il se trouve.
Pour que l'on ne soit pas obligé d'ou
vrir la porte de la Pendule , pour faire
tourner le jour du mois sur l'index , j'ai
imaginé une petite rouë dentée , qui engraine
en angles droits dans les dents
que j'ai faites autour de la circonference
du Cadran mobile . L'arbre de cette rouë
qui traverse de part en part le côté droit
de la Boëte , porte à son extrêmité un
Bouton gaudroné , qui lui est fixé, et qui
sort hors de la Boëte; par le moyen de ce
Bouton l'on fait tourner avec la main
à droit ou à gauche cette petite Rouë, et
par conséquent le Cadran mobile , pour
mettre le jour du mois sous la ligne de
foy de l'Index , sans qu'il faille ouvrir
la porte.
Ainsi ,outre qu'on évite la peine d'ouvrir
la porte de la Pendule , les Cadrans
conserveront bien plus long- temps leur
propreté.
SEPTEMBRE. 1733. 1933
Pour leur faire sonner le temps vrai
j'ai fait un Lévier , que le Cadran mobi-
Je emporte avec lui.Ce Lévier a un mouvement
perpendiculaire au Plan du Cadran.
L'extrémité de ce Lévier porte un Cera
cle dont le centre répond toujours au centre
du Cadran, et la circonférence à la détente
de la sonnerie , qui est en plan incliné
, en sorte que ce Lévier ne sçauroit
être levé sans glisser sous le plan incliné
de la détente , ce qui la fait lever.
La circonférence de ce Cercle porte un
Plan incliné, dont l'extêmité répond toujours
à 60 minutes du Cadran mobile ,
quelque mouvement qu'on donne à ce
Cadran.
La Rouë de minutes , au lieu de Chevilles,
porte deux Plans inclinez ; un pour
l'heure et l'autre pour la demie. L'extrêmité
de ces deux Plans est dans la direction
de l'éguille. Un de ces Plans rencontrant
le Plan incliné du Lévier , le fait
lever , et fait par conséquent lever la dé
tente de la sonnerie.
Comme l'extrêmité du Plan incliné du
Lévier , répond toujours à 60 minutes
du Cadran mobile , et que les Plans in
clinez de la Rouë de minutes sont dans
la direction de l'éguille ; le Plan incliné
B vj du
1934 MERCURE DE FRANCE
du levier ne peut se dégager de celui de
l'heure que quand l'éguille est arrivée à
60 minutes de ce Cadran , ni de celu
de la demie heure, que quand cette éguille
est arrivée à 30 minutes.
Si - tôt que ce Plan est dégagé de celui
de la Rouë de minutes , le Lévier et la
Détente retombent , et la Pendule sonne
le temps vrai
Horloger , de la Société des Arts demeurant
à Paris , au milieu de la Place
Dauphine : Description d'une Pendule à
Ressorts , marquant et sonnant le temps
*
vrai.
L
gage
E zéle que vous avez,Monsieur, pour
la perfection de l'Horlogerie , m'enà
satisfaire votre curiosité sur ce
que vous m'avez demandé au sujet de
la Pendule à ressort que j'ai présentée à
notre Société.
Cette Pendule marque et sonne le temps
vrai , d'une maniere assez simple , pour
dire qu'elle n'est pas plus composée que
les autres Pendules à ressort ; elle marque
aussi le jour du mois , avec presque autant
de simplicité , n'y ayant qu'une
Roue de plus pour le faire marquer , au
lieu qu'aux autres Pendules qui le marquent
, il y a 3 Roues et 2 Pignons.
Avant que d'entreprendre de faire marquer
et sonner le temps vrai aux Pendules
à ressort , leur justesse ne me paroissant
pas suffisante pour y appliquer le
temps vrai aussi utilement qu'on l'auroit
pû souhaitter , je me suis attaché à augmenter
SEPTEMBRE. 1733
1927
•
gmenter cette justesse . Pour y parvenir ,
j'ai imaginé une nouvelle maniere de
faire les Palettes de la Verge du Balancier,
qui rendent les frottemens des dents
de la Roue , de rencontrer sur ces Palettes
, beaucoup plus doux et moins susceptibles
de changement , et qui rend de
plus la justesse de l'échappement beaucoup
plus durable.
2
J'ai aussi trouvé le moïen de rendre
plus égale l'action du grand ressort sur
le mouvement de la Pendule. Par ce
moïen , outre que la justesse est encore.
augmentée , il est moins sujet à se rompre
par l'effort qu'il souffre en le remontant
; l'imaginai cet expédient en 1725 ,
et je l'appliquai à une Pendule que je fis
pour la Cour d'Espagne , dont la justesse
fut reconnue par M. Dosembrai . Il la
garda un mois et demi chez lui pour l'observer
, étant un des Commissaires nommez
par l'Académie des Sciences , à
l'examen de cette Pendule , à laquelle il
y avoit plusieurs autres particularitez ,
dont je vous ferai part une autre fois.
Quand j'eus trouvé le moïen d'augmenter
la justesse des Pendules à ressort , je
me déterminai d'autant plus volontiers
à leur faire marquer et sonner le temps.
vrai , que je remarquai que le Public ti-
B iij reroit
ย
1928 MERCURE DE FRANCE
reroit beaucoup plus d'utilité de l'application
du temps vrai aux Pendules à
ressort , qu'aux Pendules à secondes
parce que la plupart des personnes qui
se servent de Pendules à secondes , sont
versées dans les Sciences , et n'ont besoin
que du temps moïen pour avoir le temps
vrai ; car ils savent toujours bien , quand
ils veulent s'en donner la peine , ajouter
au temps moïen , ou en retrancher la différence
nécessaire, pour trouver le temps
vrai ; au lieu que presque toutes les personnes
qui se servent de Pendules à ressort
, ne sçachant ce que c'est que cette
différence , qu'on nomme ordinairement
Equation de l'Horloge ( qu'il faut ôter
ou ajouter ) ne peuvent presque jamais
avoir le temps vrai ; ce qui est souvent
cause que, quoique leurs Pendules soient
bien reglées sur le temps moïen , ils
croyent cependant qu'elles ne vont pas
bien , parce qu'ils leur attribuent les variétez
du Soleil. Cela les engage à hausser
ou baisser mal à propos la Lentille
du Pendule Or cette méprise est cause
qu'au lieu de les régler , ils les déreglent
du temps moïen , d'où dépend toute la
justesse du temps vrai, et par conséquent
ils les disposent en certains temps à s'écarter
encore davantage du temps vrai.
Si
SEPTEMBRE. 1733. 1929
Si leurs Pendules marquoient le temps
vrai , il leur seroit facile d'éviter cet inconvenient
quand elles viendroient à se
dérégler ; car comme une Pendule qui
marque le temps vrai , n'est autre chofe
qu'une Pendule qui marque l'heure du
Soleil ; il leur suffiroit pour sçavoir s'il
faudroit hausser ou baisser la Lentille
de voir sur le Soleil , si elle auroit avancé
ou retardé ; au lieu que pour regler
une Pendule qui marque le temps moïen,
il faut necessairement remarquer le temps
qu'on l'a mise à l'heure , et ajouter l'é
quation à la quantité des minutes marquées
par leur Eguille , ou la retrancher,
selon qu'elle est additive ou soustractive ,
autrement on ne peut pas , pour la regler
, sçavoir s'il faut hausser ou abbaisser
la Lentille. Quand même la plupart des
personnes qui ont des Pendules à ressort .
sçauroient ajouter au temps moïen , ou
retrancher la quantité de l'équation , il
est aisé de sentir qu'il leur seroit toujours
beaucoup plus avantageux qu'elles
marquassent le temps vrai; d'autant plus
que l'équation changeant journellement
de quantité , il faut toutes les fois qu'on
veut sçavoir l'heure vraie , avoir l'embarras
de faire , pour ainsi dire , une espece
de calcul, ou prendre la peine d'aller
Biiij cher1930
MERCURE DE FRANCE
chercher un Cadran Solaire , ou une Méridienne
.
Outre cet embarras , il y a des Saisons
où le Soleil est long- temps sans paroître,
sur tout dans les mois de Novembre, Décembre
et Janvier , où l'on auroit cependant
le plus de besoin de le voir souvent
pour remettre sa Pendule à l'heure
parce qu'il retarde dans ces trois mois
d'environ trente et une minutes.
Malgré cela , presque tout le monde
et même la plupart des Horlogers , ne
pouvant s'accoutumer à ajouter au temps
moyen , ni à en retrancher l'équation , ne
peuvent pas avoir d'autre ressource pour
mettre leurs Pendules à l'heure , que celle
de les remettre sur le Soleil, par conséquent
l'on ne doit pas être surpris de
voir la plupart des Pendules si mal à
l'heure dans l'espace de ces trois mois.
Il est donc évident par les raisons que
je viens de dire , que l'utilité des Pendules
à ressort se trouve considérablement
augmentée , en leur faisant marquer et
sonner le temps vrai ; dautant qu'elles
ne seront pas plus sujettes à se déranger
que les autres Pendules , étant aussi simples
,comme vous l'allez voir par la Description
qui suit :
Il y a deux Cadrans à cette Pendule ;
Le
SEPTEMBRE . 1733. 1931
le premier est fixe comme celui des Pendules
ordinaires ; il ne sert de même qu'à
marquer les heures et les minutes du tems.
moyen ou temps égal.
Le second Cadran renferme le premier,
et est mobile ; il sert à marquer le temps
vrai , par le moyen de plusieurs chifres
qui sont gravez sur ce Cadran , au - delà
des minutes et des deux index . Ces chifies
sont les jours des mois , entre lesquels
il y a environ une minute d'équation
, c'est- à dire , les jours entre lesquels
le Soleil avance ou tarde d'environ
une minute.
Pour que la Pendule marque et sonne
le temps vrai, il faut premierement faire
tourner le jour du mois sous la ligne de
foy de l'index qui convient au mois où
l'on est , et mettre ensuite l'éguille des
minutes juste à l'heure du Soleil sur le
Cadran mobile . Après cela , pour qu'elle
le marque toujours , il faudra seulement
avoir le soin de faire tourner le jour du
mois où l'on est sous l'index ; j'ai dit l'index
qui convient , parce que celui d'embas
sert pour les jours des mois , depuis
le commencement d'Octobre , jusqu'à la
fin de May , et celui d'en haut sert pour
le reste des autres mois.
En mettant les jours du mois sous la
ligne B v
1932 MERCURE DE FRANCE
•
ligne de foy de l'index , comme il est
expliqué , vous faites avancer ou tarder
le Cadran mobile de la même quantité
que le Soleil a avancé ou tardé, et la sonnerie
avance ou tarde de la même quantité
; parce que cette sonnerie est disposée
de façon qu'elle ne peut sonner que
lorsque l'éguille des minutes est arrivée
à 6c minuses et à 30 minutes de ce cadran,
en quelque position qu'il se trouve.
Pour que l'on ne soit pas obligé d'ou
vrir la porte de la Pendule , pour faire
tourner le jour du mois sur l'index , j'ai
imaginé une petite rouë dentée , qui engraine
en angles droits dans les dents
que j'ai faites autour de la circonference
du Cadran mobile . L'arbre de cette rouë
qui traverse de part en part le côté droit
de la Boëte , porte à son extrêmité un
Bouton gaudroné , qui lui est fixé, et qui
sort hors de la Boëte; par le moyen de ce
Bouton l'on fait tourner avec la main
à droit ou à gauche cette petite Rouë, et
par conséquent le Cadran mobile , pour
mettre le jour du mois sous la ligne de
foy de l'Index , sans qu'il faille ouvrir
la porte.
Ainsi ,outre qu'on évite la peine d'ouvrir
la porte de la Pendule , les Cadrans
conserveront bien plus long- temps leur
propreté.
SEPTEMBRE. 1733. 1933
Pour leur faire sonner le temps vrai
j'ai fait un Lévier , que le Cadran mobi-
Je emporte avec lui.Ce Lévier a un mouvement
perpendiculaire au Plan du Cadran.
L'extrémité de ce Lévier porte un Cera
cle dont le centre répond toujours au centre
du Cadran, et la circonférence à la détente
de la sonnerie , qui est en plan incliné
, en sorte que ce Lévier ne sçauroit
être levé sans glisser sous le plan incliné
de la détente , ce qui la fait lever.
La circonférence de ce Cercle porte un
Plan incliné, dont l'extêmité répond toujours
à 60 minutes du Cadran mobile ,
quelque mouvement qu'on donne à ce
Cadran.
La Rouë de minutes , au lieu de Chevilles,
porte deux Plans inclinez ; un pour
l'heure et l'autre pour la demie. L'extrêmité
de ces deux Plans est dans la direction
de l'éguille. Un de ces Plans rencontrant
le Plan incliné du Lévier , le fait
lever , et fait par conséquent lever la dé
tente de la sonnerie.
Comme l'extrêmité du Plan incliné du
Lévier , répond toujours à 60 minutes
du Cadran mobile , et que les Plans in
clinez de la Rouë de minutes sont dans
la direction de l'éguille ; le Plan incliné
B vj du
1934 MERCURE DE FRANCE
du levier ne peut se dégager de celui de
l'heure que quand l'éguille est arrivée à
60 minutes de ce Cadran , ni de celu
de la demie heure, que quand cette éguille
est arrivée à 30 minutes.
Si - tôt que ce Plan est dégagé de celui
de la Rouë de minutes , le Lévier et la
Détente retombent , et la Pendule sonne
le temps vrai
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Résumé : LETTRE de M. Pierre LE ROY, Horloger, de la Société des Arts, demeurant à Paris, au milieu de la Place Dauphine : Description d'une Pendule à Ressorts, marquant et sonnant le temps vrai.
Pierre Le Row, horloger à Paris, présente dans sa lettre une pendule à ressorts innovante capable de marquer et de sonner le temps vrai. Cette pendule, tout en étant aussi simple que les autres modèles à ressorts, intègre une roue supplémentaire pour indiquer le jour du mois. Pour améliorer la précision des pendules à ressorts, Le Row a mis au point une nouvelle méthode de fabrication des palettes de la verge du balancier, réduisant ainsi les frottements et augmentant la durabilité de l'échappement. Il a également trouvé un moyen de rendre l'action du grand ressort plus égale, ce qui améliore la justesse et réduit les risques de rupture. Le Row met en avant l'importance du temps vrai pour le public, soulignant que la plupart des utilisateurs de pendules à ressorts ignorent l'équation de l'horloge, ce qui les empêche d'obtenir le temps vrai. Les pendules à ressorts marquant le temps vrai évitent les erreurs courantes liées à la régulation des pendules sur le temps moyen. La pendule de Le Row est équipée de deux cadrans : un fixe pour les heures et les minutes du temps moyen, et un mobile pour le temps vrai. Le cadran mobile est ajusté quotidiennement pour compenser les variations de l'équation du temps. Un mécanisme permet de tourner le cadran mobile sans ouvrir la pendule, conservant ainsi la propreté des cadrans. Pour la sonnerie du temps vrai, un levier et un cercle incliné actionnent la détente de la sonnerie, assurant que la pendule sonne aux heures et demi-heures exactes du temps vrai.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 285-292
LETTRE écrite à M. D. L. R. sur les Pendules à quadran mobile, par le sieur Julien le Roy, A. D. de la Societé des Arts.
Début :
J'ai remarqué, Monsieur, deux choses qui m'interessent dans la Lettre de M. [...]
Mots clefs :
Cercle, Pendules, Usage, Société des arts, Public, Cadran, Échappement, M. Dufay, Équation, Pendule
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite à M. D. L. R. sur les Pendules à quadran mobile, par le sieur Julien le Roy, A. D. de la Societé des Arts.
LETTRE écrite à M. D. L. R. sur les
Pendules à quadran mobile , par le sieur
Julien le Roy , A. D. de la Societé des
Arts.
J'ai remarqué , Monsieur , deux choses
J'ai remarqué , la 2 deue deM.
Thiou , inserée dans le Mercure de Décembre
1733. pag. 2668. l'une qu'il donne
des idées désavantageuses des Pendules
à cercle d'Equation , et l'autre , qu'il y
avance que c'est M. Dufay qui les a perfectionnées.
Comme j'ai vendu plusieurs de ces
Pendules , dont j'ai loué la justesse et l'utilité
; et que je me suis déclaré le seul
Auteur de la disposition avantageuse de
leurs Cadrans , pour marquer le tems vrai ,
et le tems moyen : ces deux motifs m'obligent
, Monsieur , à vous adresser cette
Lettre , pour me justifier dans le Public
du reproche qu'il auroit droit de me faire ,
si M. Th . accusoit juste dans toute la critique
qu'il fait de la Pendule de M. Pierre
le Roy , mon frere : c'est ce que je vais
faire le plus succinctement qu'il me sera
possible.
Dans i
186 MERCURE DE FRANCE
Dans le même Mercure pag. 2669. M.
Th . dit : « Cette me hode , quoique très
bonne , a des difficultez qui empêchent
» que le public n'en tire tout l'avantage
» qu'il désireroit , parce qu'il est difficile
d'en faire prendre connoissance aux
» personnes même intelligentes , et en ce
» qu'il faut s'approcher du Cadran toutes
>> les fois qu'on veut voir l'heure , et avoir
» toûjours égard aux nouvelles positions
»du Cercle après l'avoir misau quantiéme,
» ce qui nest guerre utile pourun usage ordinaire
, mais très - bon pour un sçavant ,
» comme étoit l'Inventeur , feu M. Dela-
» hire ,, et comme est M. Dufay , qui l'a
» si bien perfectionné.
29
Qui ne croiroit après avoir lû cet article
, que M. Th. n'a jamais voulu faire
de ces Pendules à cercle , parce qu'il les
a trouvées défectueuses ? Cependant il n'y
a peut -être pas d'Horlogeur à Paris qui en
ait fait un aussi grand nombre que lui ;
j'en appelle à témoins tous ceux qui en
ont de sa façon ; auroit- t'il vendu des ouvrages
qu'il n'estimoit pas?Ou voudroit- il
inspirer du mépris pour ceux qu'il n'a
point fait ? On en jugera par ce qui suit .
Lui- même a répandu dans le public en
1735. un Ecrit , imprimé chez la veuve
Knapen , qui a pour titre Instruction sur
l'usage
FEVRIER. 1734 287
Pusage du cercle d'Equation , que le sieur
Th. ajoûte à ses Pendules. Cet imprimé de
trois
pages commence par ces termes.
»Ce Cercle , nouvellement inventé , est
placé à la circonference du Cadran de la
» Pendule , où il est mobile , et divisé
» suivant la table du tems moyen au midy
» vrai , &c. & plus bas , par le cercle
dit il , on a non seulement l'heure du
» Soleil pour tous les jours de l'année
>> mais aussi la facilité d'y vérifier sa Pen-
> dule , &c. -
Comment M. Th. accordera- t'il ses
propres contradictions ? en 1730. il fait
imprimer , et donne au public un usage
pour regler les Pendules qu'il fait à Cercle
d'équation , et en 1733. il avance dans le
Mercu e qu'elles ne sontgueres utiles pour un
usage ordinaire.
En 1730. ce même Cercle lui a paru
nouvellement inventé. Si une invention
qu'il dattoit de huit années et plus , pou
voit alors passer pour nouvelle , il a eu
raison ; car c'est en 1722. que je fis pour
M. de Marian , de l'Académie des Sciences
, la premiere de ces Pendules à Cercle
d'Equation , et peu après une autre , que
M. Dufay me demanda pour M. Landais.
M. Th. veut faire entendre au public
que
288 MERCURE DE FRANCE
que ces Pendules ne sont gueres utiles pour un
usage ordinaire , mais très - bonnes pour un
Sçavant.
.
En effet ne faut -il pas l'être beaucoup
pour sçavoir le quantiéme du mois ? Et
pour tourner avec la main unCadran où il
est gravé , et le mettre vis-à-vis un Index
qui est fixe ? Cela est à peu près aussi difficile
d'ouvrir une montre pour
que
mettre à l'heure .
la
Pour montrer que M. Th. se trompe
totalement , quand il avance que M. Dufay
a perfectionné les Pendules .en questión
, je vais rapporter mot à mot l'Extrait
du Memoire de cet Académicien
qui est inseré dans ceux de l'Académie
Royale des Sciences , année 1725. page 72 .
«Nous avons vû les changemens qu'y
a fait le sieurJulien le Roy : il ne s'en est
» pas tenu - là ; il a imaginé de couper en
»deux la Courbe de M. Delahyre, qui re-
»venoit quatre fois sur elle- même en ser
»pentant, et par ce moyen il l'a tracée sur
» un cercle de laiton mobile , qui entoure
» le Cadran de la Pendule ; ayant placé ex-
» terieurement sur la fausse plaque deux
alidades fixes, l'une à l'heure de midy , et
l'autre à six heures , il ne reste plus qu'à
» tourner avec la main ce Cercle qui porte
» aussi un Cadran de minutes , et placer le
» jour
FEVRIER. 1734 . 289
» jour dont on veut sçavoir l'équation
»sous celle des alidades à laquelle le mois
répond par ce moyer l'aiguille des
» minutes qui marque sur le Cadran fixe
» de la Pendule l'heure moyenne et regu-
» liere , marquera sur le Cadran mobile
>> l'heure du Soleil ; je crois qu'il est difficile
de rien imaginer de plus simple , de
» plus exact , de plus commode , &c.
Peut- on rien dire de plus précis , de
plus clair , et de plus juste que ce que dit
M. Dufay dans cet article ? Il y rend avec
la derniere équité ce qui est dû à M. Delahire
, Inventeur de cette Courbe , et à
moi qui ai imaginé les changemens avantageux
qui l'ont rendue utile ; cette façon
dont je l'ai appliquée aux Pendules, a même
fourni à M. Dufay l'idée d'une machine
de carton , qui est analogue au Cadran
mobile , et qu'il a imaginé pour l'utilité
de ceux qui n'ont point de Cercle d'équation
à leur Pendule .
Si M. Th. avoit lû le Memoire de
M. du Fay , on doit penser qu'il auroit
équitablement suivi son exemple , et ne se
seroit nullement exposé à laisser entrevoir
qu'il ne lui a attribué le mérite de cette
production , qu'à dessein d'en dépoüiller
celui qui en est le veritable Auteur.
Voilà , M. ce que j'avois à vous écrire
sur
"
20 MERCURE DE FRANCE
sur un article de la Lettre de M. Th.
à l'égard de ce qu'elle contient d'ailleurs,
mon frere est très - capable d'y répondre.
Mais pendant que j'ai la plume à la main,
je suis bien aise , M. d'avoir l'honneur
de vous dire un mot sur un autre petit
démêlé d'Horlogerie que j'ai à finir avec
M. Th. au sujet d'un Echappement de
Montre qu'il a voulu mettre en usage
à Paris , deux ans après que ce même
Echappement avoit été abandonné et reconnu
pour mauvais à Londres. Voici
de quoi il s'agit.
Dans le Mercure d'Avril 1729. page
746. j'écrivis à M. Th . une Lettre dont
voici le premier article .
>> Lorsque vous vous êtes déterminé ;
» M. à donner au Public , par la voye du
» Mercure du mois dernier , page 544.
» une idée avantageuse de l'Echappement
de M. de Flamanville , vous ignoriez
» apparemment que la pluspart des Hor-
» logers de Londres l'ont mis en usage
» dès le commencement de l'année 17.7 .
» et l'ont totalement abandonné vers la
» fin de la même année .
Le Mercure de May suivant contient
une Réponse de M. Th. je n'en donnerai
point ici l'Extrait , parce qu'elle mérite
d'être lûë en entier , afin d'y voir
avec
FEVRIER. 1734 291
avec quelle confiance il y annonce le
succès du nouvel Echappement qu'il appliquoit
pour lors à ses Montres. Comme
cette Lettre fit impression sur l'esprit
de quelques personnes , et que je
fis refléxion alors combien il est difficile
au Public de juger sainement de la bonté
des Montres par leur construction ; je me
déterminai à differer ma réplique , prévoyant
que l'usage du nouvel Echappement
seroit aussi défectueux à Paris qu'il
avoit été trouvé deux ans auparavant à
Londres . A présent que mes conjectures
sont confirmées , je vous fais part , M. de
de ce que j'ay appris sur ce sujet.
Les Ouvriers de M. Th. ont publié il
y a environ deux ans , que j'avois prévû
dans ma Lettre tout ce qui lui étoit
arrivé , et qu'il avoit été obligé de remettre
à l'ordinaire toutes les Montres où
il avoit appliqué le nouvel Echappement
qu'il avoit adopté ; mais si on suppose
que ces discours ont été tenus sans fondement
, je demanderai pourquoi il n'a
pas appliqué ce merveilleux Echappement
à la Montre d'or à quantiéme
à secondes et à répetition , qu'il a eu
l'honneur de faire depuis environ un
an pour M. le Comte de Clermont ?
et pourquoi il n'en a pas fait usage en
travail-
1
292 MERCURE DE FRANCE
travaillant pour un Prince aussi respectable
par ses lumieres , que par la protection
éclatante qu'il accorde aux Arts,
et à ceux qui les professent ?
qui
En attendant que M. Th. nous rende
raison de ses variations , concluons , M.
qu'il seroit avantageux aux Horlogers
nous succederont , et aux progrès
de l'Horlogerie , qu'il nous instruisit- des
raisons qui l'ont déterminé , tant à ne
plus faire de ces Montres- là , qu'à ne
plus dorer les roues de rencontres , comme
il le marque dans sa Lettre du même
Mercure , page 980. Se seroit - il enfin
apperçu que le feu , le Mercure ,
l'eau forte , et les gratteboises , sont des
agents qui détruisent la dureté , la forme
et l'égalité que doivent avoir les dents
d'une roue de rencontre ? Faites- moi la
grace , M. d'être persuadé que je n'ai ici
principalement en vûe que de soutenir
l'usage d'une sorte de Pendule qui est
géneralement approuvée des Sçavans et
des Horlogers , parce que sa construction
est aussi simple qu'elle est commode
et utile au Public. Je suis , &c.
Le Memoire de M. de la Hire , dont
il est question dans ma Lettre , est inseré
dans ceux de l'Académie Royale des
Sciences , année 1717. page 242 .
Pendules à quadran mobile , par le sieur
Julien le Roy , A. D. de la Societé des
Arts.
J'ai remarqué , Monsieur , deux choses
J'ai remarqué , la 2 deue deM.
Thiou , inserée dans le Mercure de Décembre
1733. pag. 2668. l'une qu'il donne
des idées désavantageuses des Pendules
à cercle d'Equation , et l'autre , qu'il y
avance que c'est M. Dufay qui les a perfectionnées.
Comme j'ai vendu plusieurs de ces
Pendules , dont j'ai loué la justesse et l'utilité
; et que je me suis déclaré le seul
Auteur de la disposition avantageuse de
leurs Cadrans , pour marquer le tems vrai ,
et le tems moyen : ces deux motifs m'obligent
, Monsieur , à vous adresser cette
Lettre , pour me justifier dans le Public
du reproche qu'il auroit droit de me faire ,
si M. Th . accusoit juste dans toute la critique
qu'il fait de la Pendule de M. Pierre
le Roy , mon frere : c'est ce que je vais
faire le plus succinctement qu'il me sera
possible.
Dans i
186 MERCURE DE FRANCE
Dans le même Mercure pag. 2669. M.
Th . dit : « Cette me hode , quoique très
bonne , a des difficultez qui empêchent
» que le public n'en tire tout l'avantage
» qu'il désireroit , parce qu'il est difficile
d'en faire prendre connoissance aux
» personnes même intelligentes , et en ce
» qu'il faut s'approcher du Cadran toutes
>> les fois qu'on veut voir l'heure , et avoir
» toûjours égard aux nouvelles positions
»du Cercle après l'avoir misau quantiéme,
» ce qui nest guerre utile pourun usage ordinaire
, mais très - bon pour un sçavant ,
» comme étoit l'Inventeur , feu M. Dela-
» hire ,, et comme est M. Dufay , qui l'a
» si bien perfectionné.
29
Qui ne croiroit après avoir lû cet article
, que M. Th. n'a jamais voulu faire
de ces Pendules à cercle , parce qu'il les
a trouvées défectueuses ? Cependant il n'y
a peut -être pas d'Horlogeur à Paris qui en
ait fait un aussi grand nombre que lui ;
j'en appelle à témoins tous ceux qui en
ont de sa façon ; auroit- t'il vendu des ouvrages
qu'il n'estimoit pas?Ou voudroit- il
inspirer du mépris pour ceux qu'il n'a
point fait ? On en jugera par ce qui suit .
Lui- même a répandu dans le public en
1735. un Ecrit , imprimé chez la veuve
Knapen , qui a pour titre Instruction sur
l'usage
FEVRIER. 1734 287
Pusage du cercle d'Equation , que le sieur
Th. ajoûte à ses Pendules. Cet imprimé de
trois
pages commence par ces termes.
»Ce Cercle , nouvellement inventé , est
placé à la circonference du Cadran de la
» Pendule , où il est mobile , et divisé
» suivant la table du tems moyen au midy
» vrai , &c. & plus bas , par le cercle
dit il , on a non seulement l'heure du
» Soleil pour tous les jours de l'année
>> mais aussi la facilité d'y vérifier sa Pen-
> dule , &c. -
Comment M. Th. accordera- t'il ses
propres contradictions ? en 1730. il fait
imprimer , et donne au public un usage
pour regler les Pendules qu'il fait à Cercle
d'équation , et en 1733. il avance dans le
Mercu e qu'elles ne sontgueres utiles pour un
usage ordinaire.
En 1730. ce même Cercle lui a paru
nouvellement inventé. Si une invention
qu'il dattoit de huit années et plus , pou
voit alors passer pour nouvelle , il a eu
raison ; car c'est en 1722. que je fis pour
M. de Marian , de l'Académie des Sciences
, la premiere de ces Pendules à Cercle
d'Equation , et peu après une autre , que
M. Dufay me demanda pour M. Landais.
M. Th. veut faire entendre au public
que
288 MERCURE DE FRANCE
que ces Pendules ne sont gueres utiles pour un
usage ordinaire , mais très - bonnes pour un
Sçavant.
.
En effet ne faut -il pas l'être beaucoup
pour sçavoir le quantiéme du mois ? Et
pour tourner avec la main unCadran où il
est gravé , et le mettre vis-à-vis un Index
qui est fixe ? Cela est à peu près aussi difficile
d'ouvrir une montre pour
que
mettre à l'heure .
la
Pour montrer que M. Th. se trompe
totalement , quand il avance que M. Dufay
a perfectionné les Pendules .en questión
, je vais rapporter mot à mot l'Extrait
du Memoire de cet Académicien
qui est inseré dans ceux de l'Académie
Royale des Sciences , année 1725. page 72 .
«Nous avons vû les changemens qu'y
a fait le sieurJulien le Roy : il ne s'en est
» pas tenu - là ; il a imaginé de couper en
»deux la Courbe de M. Delahyre, qui re-
»venoit quatre fois sur elle- même en ser
»pentant, et par ce moyen il l'a tracée sur
» un cercle de laiton mobile , qui entoure
» le Cadran de la Pendule ; ayant placé ex-
» terieurement sur la fausse plaque deux
alidades fixes, l'une à l'heure de midy , et
l'autre à six heures , il ne reste plus qu'à
» tourner avec la main ce Cercle qui porte
» aussi un Cadran de minutes , et placer le
» jour
FEVRIER. 1734 . 289
» jour dont on veut sçavoir l'équation
»sous celle des alidades à laquelle le mois
répond par ce moyer l'aiguille des
» minutes qui marque sur le Cadran fixe
» de la Pendule l'heure moyenne et regu-
» liere , marquera sur le Cadran mobile
>> l'heure du Soleil ; je crois qu'il est difficile
de rien imaginer de plus simple , de
» plus exact , de plus commode , &c.
Peut- on rien dire de plus précis , de
plus clair , et de plus juste que ce que dit
M. Dufay dans cet article ? Il y rend avec
la derniere équité ce qui est dû à M. Delahire
, Inventeur de cette Courbe , et à
moi qui ai imaginé les changemens avantageux
qui l'ont rendue utile ; cette façon
dont je l'ai appliquée aux Pendules, a même
fourni à M. Dufay l'idée d'une machine
de carton , qui est analogue au Cadran
mobile , et qu'il a imaginé pour l'utilité
de ceux qui n'ont point de Cercle d'équation
à leur Pendule .
Si M. Th. avoit lû le Memoire de
M. du Fay , on doit penser qu'il auroit
équitablement suivi son exemple , et ne se
seroit nullement exposé à laisser entrevoir
qu'il ne lui a attribué le mérite de cette
production , qu'à dessein d'en dépoüiller
celui qui en est le veritable Auteur.
Voilà , M. ce que j'avois à vous écrire
sur
"
20 MERCURE DE FRANCE
sur un article de la Lettre de M. Th.
à l'égard de ce qu'elle contient d'ailleurs,
mon frere est très - capable d'y répondre.
Mais pendant que j'ai la plume à la main,
je suis bien aise , M. d'avoir l'honneur
de vous dire un mot sur un autre petit
démêlé d'Horlogerie que j'ai à finir avec
M. Th. au sujet d'un Echappement de
Montre qu'il a voulu mettre en usage
à Paris , deux ans après que ce même
Echappement avoit été abandonné et reconnu
pour mauvais à Londres. Voici
de quoi il s'agit.
Dans le Mercure d'Avril 1729. page
746. j'écrivis à M. Th . une Lettre dont
voici le premier article .
>> Lorsque vous vous êtes déterminé ;
» M. à donner au Public , par la voye du
» Mercure du mois dernier , page 544.
» une idée avantageuse de l'Echappement
de M. de Flamanville , vous ignoriez
» apparemment que la pluspart des Hor-
» logers de Londres l'ont mis en usage
» dès le commencement de l'année 17.7 .
» et l'ont totalement abandonné vers la
» fin de la même année .
Le Mercure de May suivant contient
une Réponse de M. Th. je n'en donnerai
point ici l'Extrait , parce qu'elle mérite
d'être lûë en entier , afin d'y voir
avec
FEVRIER. 1734 291
avec quelle confiance il y annonce le
succès du nouvel Echappement qu'il appliquoit
pour lors à ses Montres. Comme
cette Lettre fit impression sur l'esprit
de quelques personnes , et que je
fis refléxion alors combien il est difficile
au Public de juger sainement de la bonté
des Montres par leur construction ; je me
déterminai à differer ma réplique , prévoyant
que l'usage du nouvel Echappement
seroit aussi défectueux à Paris qu'il
avoit été trouvé deux ans auparavant à
Londres . A présent que mes conjectures
sont confirmées , je vous fais part , M. de
de ce que j'ay appris sur ce sujet.
Les Ouvriers de M. Th. ont publié il
y a environ deux ans , que j'avois prévû
dans ma Lettre tout ce qui lui étoit
arrivé , et qu'il avoit été obligé de remettre
à l'ordinaire toutes les Montres où
il avoit appliqué le nouvel Echappement
qu'il avoit adopté ; mais si on suppose
que ces discours ont été tenus sans fondement
, je demanderai pourquoi il n'a
pas appliqué ce merveilleux Echappement
à la Montre d'or à quantiéme
à secondes et à répetition , qu'il a eu
l'honneur de faire depuis environ un
an pour M. le Comte de Clermont ?
et pourquoi il n'en a pas fait usage en
travail-
1
292 MERCURE DE FRANCE
travaillant pour un Prince aussi respectable
par ses lumieres , que par la protection
éclatante qu'il accorde aux Arts,
et à ceux qui les professent ?
qui
En attendant que M. Th. nous rende
raison de ses variations , concluons , M.
qu'il seroit avantageux aux Horlogers
nous succederont , et aux progrès
de l'Horlogerie , qu'il nous instruisit- des
raisons qui l'ont déterminé , tant à ne
plus faire de ces Montres- là , qu'à ne
plus dorer les roues de rencontres , comme
il le marque dans sa Lettre du même
Mercure , page 980. Se seroit - il enfin
apperçu que le feu , le Mercure ,
l'eau forte , et les gratteboises , sont des
agents qui détruisent la dureté , la forme
et l'égalité que doivent avoir les dents
d'une roue de rencontre ? Faites- moi la
grace , M. d'être persuadé que je n'ai ici
principalement en vûe que de soutenir
l'usage d'une sorte de Pendule qui est
géneralement approuvée des Sçavans et
des Horlogers , parce que sa construction
est aussi simple qu'elle est commode
et utile au Public. Je suis , &c.
Le Memoire de M. de la Hire , dont
il est question dans ma Lettre , est inseré
dans ceux de l'Académie Royale des
Sciences , année 1717. page 242 .
Fermer
Résumé : LETTRE écrite à M. D. L. R. sur les Pendules à quadran mobile, par le sieur Julien le Roy, A. D. de la Societé des Arts.
Julien Le Roy répond à des critiques formulées par M. Thiou dans le Mercure de Décembre 1733. Il conteste deux points principaux : les idées désavantageuses sur les pendules à cercle d'équation et l'attribution des perfectionnements à M. Dufay. Julien Le Roy affirme être l'auteur de la disposition avantageuse des cadrans de ces pendules, permettant de marquer le temps vrai et le temps moyen. Il souligne que M. Thiou, malgré ses critiques, a fabriqué et vendu un grand nombre de ces pendules et a même publié un écrit en 1735 expliquant leur usage. Julien Le Roy rappelle qu'il a inventé ces pendules en 1722 et les a améliorées par la suite. Il cite un mémoire de M. Dufay de 1725, qui reconnaît ses contributions. Julien Le Roy mentionne également un différend concernant un échappement de montre, critiqué à Londres avant de l'être à Paris. Il exprime son souhait de promouvoir l'usage des pendules à cercle d'équation, appréciées pour leur simplicité et leur utilité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
4
p. 1262-1274
SUITE de la Lettre de M. P. le Roy, sur l'Horlogerie.
Début :
Mr. Thiout s'exprime en ces termes dans la Lettre sur l'échapement [...]
Mots clefs :
Horlogerie, M. Thiout, Pendule, Échappement, Temps, Cage, Pendules, Vibrations, Roue, Courbe, Équation, Palette, Action, Pignon, Mouvement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Lettre de M. P. le Roy, sur l'Horlogerie.
SUITE de la Lettre de M. P. le Roy
sur l'Horlogerie.
M
R. Thiout s'exprime en ces termes
dans la Lettre sur l'échapement
de ma Pendule .
La justesse des Pendules ne paroissant
pas assez sufisante avec échapement ordinaire
, M. le Roy dit avoir imaginé pour
augmenter cette justesse , un nouvel échapement
qui consiste en une seule palette et deux
Rochets , en arbres , sur ce même axe &c. ›
Je veux bien , à mon tour , rendre à
M. Thiout , la justice de croire qu'il ne
veut point en imposer. J'ai seulement
dit dans ma Lettre que j'avois imaginé
une autre maniere de faire les paletes de
la verge du balancier qui rend les frotemens
des dents de la roue de rencontre
sur ces palettes , beaucoup plus doux
et moins susceptibles de changement et
qui rend la justesse de l'échapement
beaucoup plus durable. Il n'est point
question dans ce que j'ai écrit , du nouvel
échapement , ni d'une seule palette
avec deux roues de rochets sur un même
arbre , mais bien d'un échapement
9
11. Vol.
ordinaire
JUIN. 1734: 1263
ordinaire avec des palettes nouvelles ,
par le soin que j'ai apporté pour rendre
les frotemens plus doux et l'échapement
plus durable.
Vous avez , sans soute , vû , Monsieur,
l'échapement à deux rochets et une
seule palette , dont parle M. Thiout ;
les experiences que nous en avons faites
me mettent en état de faire voir que le
jugement de M. Thiout ne sçauroit se
soutenir.
Bien loin que cet échapement ait un
défaut en ce que l'action du rouage ne
s'exerce qu'une fois sur la palette en
deux vibrations , vous reconnoîtrez sans
peine que c'est en cela même qu'il est
plus parfait , car la vibration qui se fait
sans l'action du rouage , est exempte des
inégalitez que la puissance motrice pourroit
lui communiquer , y donc avec
cet échapement , la moitié des vibrations
, dont rien ne trouble la justesse ,
par consequent la Pendule doit être une
fois plus juste.
La grandeur que M. Thiout reproche
à la palette , et qu'il dit que je suis obligé
de lui donner , pour reparer le défaut
d'action sur la moitié des vibrations ,
pourroit en imposer à ceux qui n'auroient
point vû cet échapement ; mais le
II. Vol. A iiij repro1234
MERCURE DE FRANCE
reproche tombera bien tôt , si l'on en
fait la comparaison , avec l'échapement à
deux verges dont les palettes sont presqu'aussi
longues.
Quoique le rouage n'exerce son action
sur la palette , ou pour mieux dire
sur le Pendule , qu'une fois en deux vibrations
, il lui communique cependant
autant d'action que dans les autres
échapemens ; car s'il ne l'exerce
qu'une fois en deux vibrations , il l'exerce
sur un espace double. De plus ,
comme de deux vivrations il n'y en a
qu'une où le rouage s'oppose au mouvement
qu'il a communiqué à ce Pendule ,
il ne peut lui retrancher que la moitié du
mouvement qu'il lui retranche dans les
échapemens ordinaires , et par consequent
il en reste davantage au Pendule.
La preuve s'en trouve tout naturellement,
en ce que l'on peut avec cet échapement
emplir les lentilles de plomb , pour les
rendre plus pesantes et moins susceptibles
du changement de resistance du milieu
, sans craindre que la Pendule s'arrête
, ce que l'on ne peut pas faire avec les
autres échapemens . De plus ; cet échapement
a moins de frotemens que les
échapemens ordinaires , parce que l'on
peut faire agir la dent du rochet sur la
I Vol.
palette,
JUIN. 1734. 1265
palette , sous les plus petits angles qu'il
est possible , et si on la fait un peu plus
longue , c'est seulement pour que le branle
du Pandule ne devienne pas trop grand.
Je passe donc à M. Thiout , que la palette
est un peu plus longue que celle des
autres échapemens ; mais examinons si
elle empêche la Pendule d'avoir toute la
regularité.
1
Chaque jour qu'on augmente la puis
sance motrice d'un Pendule , les vibrations
deviennent plus grandes , et lorsque
les grandes vibrations sont moins de
tems à se faire que les petites , l'on peut
dire que l'échapement est mauvais , puisqu'il
n'y a point d'autre maniere de rendre
les vibrations isochrones, qu'en changeant
quelque chose à l'échapement.
Lorsque les grandes vibrations sont
plus de tems à se faire que les petites , l'échapement
est toujours bon ; car c'est ainsi
que doivent être les vibrations libres , et
c'est une preuve que les inégalités de la
puissance ne trouble point la regularité
des vibrations : Ce seroit pourtant un défaut
si on ne pouvoit point les rendre
isochrones par une courbe appliquée à la
suspension du Pendule.
L'échapement que M. Thiout desaprouve
est dans le dernier cas , en supprimant
Ay la
I. Vol.
1266 MERCURE DE FRANCE
la courbe qui est à la suspension , lors.
que le ressort est au haut, la pendule retarde,
et elle avance, quand il est au bas. Enfin
les vibrations deviennent isochrones
quand on remet la courbe à sa place . Dans
tout ceci je ne vois rien qu'on ne doive
approuveret même qui n'oblige à donner
la préference à cet échapement. Vous
voyez donc clairement , Monsieur , que
le reproche que fait M.Thiout doit necessairement
tomber.
L'attention qu'il a faite pour reconnoître
la façon dont je m'y prends pour rendre
l'action des grands ressorts plus égala
, ne l'a pas mené au but , du moins
pour la construction ; car la maniere de
la faire , qu'il croit la seule après la fusée,
ne l'est point ; il y en a au moins une seconde.
Celle que soupçonne M. Thiout
a un inconvenient ; car si on fait passer la
roue d'arrêt entre la grande roiie moyenne
et le barillet , ce barillet en devient
plus bas , la puissance morrice diminuë ,
ce qui est toujours un défaut. Si la roue
d'arrêt ne passe point entre le barillet et
la grande roue moyenne , cette role
moyenne devient plus petite , et par
Consequent ses dents trop foibles . Si on
lui veut donner un nombre de dents convenable
pour agir sur un pignon de huit
II. Vol. Ou
J.UIN. 1734. 1267
ou de dix , ou si on veut conserver la force
des dents , on diminue le nombre des
aîles du pignon de longue tige , ce qui
fait un autre défaut. On ne peut pas non
plus noyer la roue d'arrêt dans la roue du
barillet , comme M. Thiout le dit , elle
est trop foible pour cela ; et si l'on vouloit
donner une épaisseur suffisante pour
noyer cette roüe , la force motrice diminueroit
également.
L'attention de M. Thiout a été plus
loin , et ju qu'à nous apprendre qu'en
faisant le premier pignon du mouvement
plus petit qu'à l'ordinaire , et en grossisant
les autres à proportion , on corrige
les inégalités d'action du grand ressort,
mais il n'a pas apparemment pris garde
qu'on ne peut changer que la grosseur
du premier et du second pignon , et que
ce changement n'a aucun rapport avec
l'action du grand ressort , quoiqu'il dise
que plusieurs Horlogers se servent de ce
moyen pour corriger les inégalités des
il me permettra de kur rendre
assez de justice pour ne les pas croire capables
de donner dans de pareilles erreurs .
ressorts ,
A l'égard du bouton dont je me sers
pour tourner le cercle d'équation sans ouvrir
la porte, il faut qu'il y ait long-temps
que je l'ai imaginé , puisque je l'avois
11. Vol. A v avant
128 MERCURE DE FRANCE
avant M. Thiout , et qu'il dit qu'il y a
six ou sept ans qu'il l'a mis en usage.
Quoique ma Lettre soit déja bien longue
, je ne puis la finir , M. sans quelques
reflexions sur les Ouvrages que
M. Thiout a donnés pour être de son invention
. En 1727. il répandit dans le public
un imprimé , qui commence par ces
termes. Thiout , Maître Horloger à Paris,
connu pour avoir imaginé trois differentes
Pendules d'équation , vient d'en finir une
pour le Roy de Portugal , & c.
De ces trois Pendules que M.Thiout dit
avoir imaginées, il n'en a executé qu'une,
et l'on a trouvé qu'il avoit agi sagement;
car les projets des deux autres , qui ne
different que par un petit retranchement,
sont trop embarassés pour pouvoir raisonnablement
en entreprendre l'execution.
Les descriptions de ces deux projets
que l'on trouvera , à ce que je crois ,
dans le R cueil que M. Gallon donne au
Public des machines approuvées par
I'Académie
de Sciences , seront des preuves
suffisances de ce que j'avance. A l'égard
de la troisième , sûr de la réussite , par
des raisons que je dirai ailleurs , il ne ba
lança pas à l'executer , et il a toujours continué
à faire ses Pendules d'équation sur
le principe de celle ci .
II. Vol. La
JUIN. 1734 12Gr
La Pendule de M. Thiout a 5. aiguilles
concentriques ; une pour les secondes,
deux ,
, pour le tems moyen , et deux pour
le tems vral. Comme toutes ces aiguilles
ont des queues pour les mettre en équilibre
, on voit dix rayons qui partent ,
tous du centre du Cadran , et qui font
demander , quelle heure est-il , à ceux
qui regardent cette Pendule.
M. Thiout met deux aiguilles pour le
temps vrai ; l'une , dit- il, pour les heures
vrayes , l'autre pour les minutes et secondes
vrayes : je ne crois pas que M. Thiout
demande que l'on croye que sa Pendule
marque les secondes du tems vrai , comme
nos Pendules à secondes marquent celles
du tems moyen ; il faut seulement entendre
par- là , qu'il a divisé chaque minute
de son Cadran en 6. 10. ou 12. parties ,
pour avoir le tems vrai de 10. en 1o. secondes
, où de 6. en 6. ou de 5. en 5. Ces
aiguilles , dit M. Thiout , retardent ou
avancent uniformement tous les jours de
l'année , d'autant de secondes que fait le
Soleil , suivant présisément l'équation.
M. Thiout ne nous donne pas là une grande
idée de la connoissance qu'il a du mouvement
uniforme ; car si ces aiguilles retardent
et avancent sur celles du tems
vrai , suivant l'équation , le retardement
II. Vol.
et
1170 MERCURE DE FRANCE
et l'avancement qui leur arrive ne se fait
pas uniformement.
Je ne comprends pas non plus que
vous , M. et c'est une question à faire à
M. Thiout , pourquoi il dit que les Pendules
de nouvelle invention , qui ont été
faites jusqu'à present , non point l'utilité
de la sienne ; car sans doute par ces mots,
toutes les Pendules , il comprend toutes les
Pendules à équation . Voici les raisons qui
me font douter qu'il soit convaincu de
ce qu'il dit. 1 ° . Dans toutes les Pendules
à équation , on voit distinctement les
heures et les minutes du tems vrai beaucoup
mieux que dans celle de M. Thiout,
car on ne sçauroit se méprendre aux aiguilles.
2° La Pendule de M. le Prieur de
S. Cernin , qui est faite avant celle de
M. Thiout , marque les heures et les minutes
du tems vrai et du tems moyen par
3. ou 4. aiguilles concentriques ; ainsi
voilà au moins une Pendule qui auroit dû
empêcher M. Thiout de s'avancer si har
diment. Il y a plus , c'est que la Pendule
de M. Thiout n'est qu'une copie de la
Pendule de M. le Prieur de S. Cernin ,
autrefois Vicaire de S. Cyr , comme vous
en allez être convaincu ,
L'équation se fait dans la Pendule du
Prieur de S. Cernin , et dans celle de
II. Vol. M.
JUIN. 1734
1271
M. Thiout , par le moyen d'une cage qui
tandis
tourne dans une heure sur un canon fixe
au centre de la platine. Au pied de ce canon
est un pignon fixe et aussi concentrique
, et ce pignon engraine dans une des
roues qui dépendent de la cage mobile
les nombres sont disposés pour que la
courbe d'équation fasse au dedans de cette
cage un tour ,
que la cage en fait
876. ensorte que la courbe fait 8761 .
tours en 365. jours. Il y a dans ces deux
Pendules un rateau dont le talon repose
toujours sur la courbe , et comme ce ra
teau se meut avec la cage dans laquelle il
est , et qu'il engraine dans la roue de minute
du tems vrai , il fait avancer et retarder
cette roue de minute suivant la
construction de la courbe.
Voilà , Monsieur , l'idée generale que
l'on doit avoir de ces deux Pendules ; comme
elles n'ont aucune difference dans le
principe de leur composition , je ne vois
pas comment M. Thiout peut se dire l'inventeur
de la sienne , à moins qu'il ne se
veuille faire un titre du changement qu'il
a fait dans le nombre des roues et des pignons
, comme de mettre quelques vis
sans fin qui ne sont que des pignons de 1 .
en la place de pignons plus nombrés , que
M. le Prieur a employés ; mais vous m'a-
II.Vol. VOR1172
MERCURE DE FRANCE
voüerez , M. que c'est là se dire Inventeur
à bon marché.
M. Thiout dit que voyant ces Pendules
bien reçûës , il s'est cru obligé , pour
en augmenter la nouveauté et l'utilité .
d'y ajouter les sonneries pour l'heure
vraye;mais M.Thiout n'a aucun merite en
cela , car en mettant la cheville qui doit
lever la détente sur la roue de minute du .
tems vrai , au lieu de la mettre sur celle
du tems moyen , la Pendule sonnera le
tems vrai. Il auroit pû se dispenser de
nous faire
part de cette addition prétenduë
, dont personne n'est l'Inventeur.
>
M. Thiout nous dit que sa Pendule est
plus conforme aux principes de la Phýsique
et de la mécanique qu'aucune autre
, en ce que toute la quadrature qui fait
le sujet de cetre nouvelle construction
ne fait qu'un corps très leger qui est en
équilibre et qui se meut sur un arbre fixe,
ce qui procure au mouvement beaucoup
plus de liberté que si la Pendule étoit simple.
Il n'est point question de Physique
dans la quadrature de M. Thiout ; mais
qui eût jamais cru qu'il eut entrepris de
nous persuader qu'une cage à faire tourner
toutes les heures , procure de la liberté
à une Pendule : Voilà un Paradoxe de
méchanique qui ne nous donne pas un pré-
II. Vol. jugé
JUIN. 9734. 1273
jugé avantageux des lumieres de l'Auteur,
et qui pourroit bien lui faire refuser la
confiance qu'il demande par son imprimé.
Cette cage , dit M. Thiout , est un corps
très- leger , mais c'est pourtant une cage
qui doit être assez solide pour être durable
pour contenir les roües , et une courbe
d'équation as cz épaisse . Cette cage avec
les roues , la courbe et le rateau dont
elle est chargée , ne sont donc pas si legers,
ou n'ontpoint de solidité . M. Thiout
met , dit il, tout en équilibre , c'est une
attention qu'il est obligé de donner à une
construction qui ne lui réussiroit point
sans cela ; ce n'est donc pas un merite dans
sa Pendule , c'est une necessité . Mais exaninons
un peu ce corps en équilibre.
1° . La cage de M. Thiout est rivée à
un canon qui tourne sur un autre canon ,
il faut du jeu pour ce mouvement , sa
cage est toujours poussée d'un côté plus
de l'autre , à cause de l'engrainage
dans le pignon fixe , et par consequent la
cage construite en équilibre n'y est plus
que
dans le mouvement.
2°. Le rateau change toujours de situation
en suivant la courbe avec son talon,
ainsi , à moins que le rateau ne soit luimêmê
en équilibre dans la petite cage
tournante ce qui n'est point , la cage
II. Vol.
›
1274 MERCURE DE FRANCE
ne sera pas toujours en équilibre. Je
suis , & c.
sur l'Horlogerie.
M
R. Thiout s'exprime en ces termes
dans la Lettre sur l'échapement
de ma Pendule .
La justesse des Pendules ne paroissant
pas assez sufisante avec échapement ordinaire
, M. le Roy dit avoir imaginé pour
augmenter cette justesse , un nouvel échapement
qui consiste en une seule palette et deux
Rochets , en arbres , sur ce même axe &c. ›
Je veux bien , à mon tour , rendre à
M. Thiout , la justice de croire qu'il ne
veut point en imposer. J'ai seulement
dit dans ma Lettre que j'avois imaginé
une autre maniere de faire les paletes de
la verge du balancier qui rend les frotemens
des dents de la roue de rencontre
sur ces palettes , beaucoup plus doux
et moins susceptibles de changement et
qui rend la justesse de l'échapement
beaucoup plus durable. Il n'est point
question dans ce que j'ai écrit , du nouvel
échapement , ni d'une seule palette
avec deux roues de rochets sur un même
arbre , mais bien d'un échapement
9
11. Vol.
ordinaire
JUIN. 1734: 1263
ordinaire avec des palettes nouvelles ,
par le soin que j'ai apporté pour rendre
les frotemens plus doux et l'échapement
plus durable.
Vous avez , sans soute , vû , Monsieur,
l'échapement à deux rochets et une
seule palette , dont parle M. Thiout ;
les experiences que nous en avons faites
me mettent en état de faire voir que le
jugement de M. Thiout ne sçauroit se
soutenir.
Bien loin que cet échapement ait un
défaut en ce que l'action du rouage ne
s'exerce qu'une fois sur la palette en
deux vibrations , vous reconnoîtrez sans
peine que c'est en cela même qu'il est
plus parfait , car la vibration qui se fait
sans l'action du rouage , est exempte des
inégalitez que la puissance motrice pourroit
lui communiquer , y donc avec
cet échapement , la moitié des vibrations
, dont rien ne trouble la justesse ,
par consequent la Pendule doit être une
fois plus juste.
La grandeur que M. Thiout reproche
à la palette , et qu'il dit que je suis obligé
de lui donner , pour reparer le défaut
d'action sur la moitié des vibrations ,
pourroit en imposer à ceux qui n'auroient
point vû cet échapement ; mais le
II. Vol. A iiij repro1234
MERCURE DE FRANCE
reproche tombera bien tôt , si l'on en
fait la comparaison , avec l'échapement à
deux verges dont les palettes sont presqu'aussi
longues.
Quoique le rouage n'exerce son action
sur la palette , ou pour mieux dire
sur le Pendule , qu'une fois en deux vibrations
, il lui communique cependant
autant d'action que dans les autres
échapemens ; car s'il ne l'exerce
qu'une fois en deux vibrations , il l'exerce
sur un espace double. De plus ,
comme de deux vivrations il n'y en a
qu'une où le rouage s'oppose au mouvement
qu'il a communiqué à ce Pendule ,
il ne peut lui retrancher que la moitié du
mouvement qu'il lui retranche dans les
échapemens ordinaires , et par consequent
il en reste davantage au Pendule.
La preuve s'en trouve tout naturellement,
en ce que l'on peut avec cet échapement
emplir les lentilles de plomb , pour les
rendre plus pesantes et moins susceptibles
du changement de resistance du milieu
, sans craindre que la Pendule s'arrête
, ce que l'on ne peut pas faire avec les
autres échapemens . De plus ; cet échapement
a moins de frotemens que les
échapemens ordinaires , parce que l'on
peut faire agir la dent du rochet sur la
I Vol.
palette,
JUIN. 1734. 1265
palette , sous les plus petits angles qu'il
est possible , et si on la fait un peu plus
longue , c'est seulement pour que le branle
du Pandule ne devienne pas trop grand.
Je passe donc à M. Thiout , que la palette
est un peu plus longue que celle des
autres échapemens ; mais examinons si
elle empêche la Pendule d'avoir toute la
regularité.
1
Chaque jour qu'on augmente la puis
sance motrice d'un Pendule , les vibrations
deviennent plus grandes , et lorsque
les grandes vibrations sont moins de
tems à se faire que les petites , l'on peut
dire que l'échapement est mauvais , puisqu'il
n'y a point d'autre maniere de rendre
les vibrations isochrones, qu'en changeant
quelque chose à l'échapement.
Lorsque les grandes vibrations sont
plus de tems à se faire que les petites , l'échapement
est toujours bon ; car c'est ainsi
que doivent être les vibrations libres , et
c'est une preuve que les inégalités de la
puissance ne trouble point la regularité
des vibrations : Ce seroit pourtant un défaut
si on ne pouvoit point les rendre
isochrones par une courbe appliquée à la
suspension du Pendule.
L'échapement que M. Thiout desaprouve
est dans le dernier cas , en supprimant
Ay la
I. Vol.
1266 MERCURE DE FRANCE
la courbe qui est à la suspension , lors.
que le ressort est au haut, la pendule retarde,
et elle avance, quand il est au bas. Enfin
les vibrations deviennent isochrones
quand on remet la courbe à sa place . Dans
tout ceci je ne vois rien qu'on ne doive
approuveret même qui n'oblige à donner
la préference à cet échapement. Vous
voyez donc clairement , Monsieur , que
le reproche que fait M.Thiout doit necessairement
tomber.
L'attention qu'il a faite pour reconnoître
la façon dont je m'y prends pour rendre
l'action des grands ressorts plus égala
, ne l'a pas mené au but , du moins
pour la construction ; car la maniere de
la faire , qu'il croit la seule après la fusée,
ne l'est point ; il y en a au moins une seconde.
Celle que soupçonne M. Thiout
a un inconvenient ; car si on fait passer la
roue d'arrêt entre la grande roiie moyenne
et le barillet , ce barillet en devient
plus bas , la puissance morrice diminuë ,
ce qui est toujours un défaut. Si la roue
d'arrêt ne passe point entre le barillet et
la grande roue moyenne , cette role
moyenne devient plus petite , et par
Consequent ses dents trop foibles . Si on
lui veut donner un nombre de dents convenable
pour agir sur un pignon de huit
II. Vol. Ou
J.UIN. 1734. 1267
ou de dix , ou si on veut conserver la force
des dents , on diminue le nombre des
aîles du pignon de longue tige , ce qui
fait un autre défaut. On ne peut pas non
plus noyer la roue d'arrêt dans la roue du
barillet , comme M. Thiout le dit , elle
est trop foible pour cela ; et si l'on vouloit
donner une épaisseur suffisante pour
noyer cette roüe , la force motrice diminueroit
également.
L'attention de M. Thiout a été plus
loin , et ju qu'à nous apprendre qu'en
faisant le premier pignon du mouvement
plus petit qu'à l'ordinaire , et en grossisant
les autres à proportion , on corrige
les inégalités d'action du grand ressort,
mais il n'a pas apparemment pris garde
qu'on ne peut changer que la grosseur
du premier et du second pignon , et que
ce changement n'a aucun rapport avec
l'action du grand ressort , quoiqu'il dise
que plusieurs Horlogers se servent de ce
moyen pour corriger les inégalités des
il me permettra de kur rendre
assez de justice pour ne les pas croire capables
de donner dans de pareilles erreurs .
ressorts ,
A l'égard du bouton dont je me sers
pour tourner le cercle d'équation sans ouvrir
la porte, il faut qu'il y ait long-temps
que je l'ai imaginé , puisque je l'avois
11. Vol. A v avant
128 MERCURE DE FRANCE
avant M. Thiout , et qu'il dit qu'il y a
six ou sept ans qu'il l'a mis en usage.
Quoique ma Lettre soit déja bien longue
, je ne puis la finir , M. sans quelques
reflexions sur les Ouvrages que
M. Thiout a donnés pour être de son invention
. En 1727. il répandit dans le public
un imprimé , qui commence par ces
termes. Thiout , Maître Horloger à Paris,
connu pour avoir imaginé trois differentes
Pendules d'équation , vient d'en finir une
pour le Roy de Portugal , & c.
De ces trois Pendules que M.Thiout dit
avoir imaginées, il n'en a executé qu'une,
et l'on a trouvé qu'il avoit agi sagement;
car les projets des deux autres , qui ne
different que par un petit retranchement,
sont trop embarassés pour pouvoir raisonnablement
en entreprendre l'execution.
Les descriptions de ces deux projets
que l'on trouvera , à ce que je crois ,
dans le R cueil que M. Gallon donne au
Public des machines approuvées par
I'Académie
de Sciences , seront des preuves
suffisances de ce que j'avance. A l'égard
de la troisième , sûr de la réussite , par
des raisons que je dirai ailleurs , il ne ba
lança pas à l'executer , et il a toujours continué
à faire ses Pendules d'équation sur
le principe de celle ci .
II. Vol. La
JUIN. 1734 12Gr
La Pendule de M. Thiout a 5. aiguilles
concentriques ; une pour les secondes,
deux ,
, pour le tems moyen , et deux pour
le tems vral. Comme toutes ces aiguilles
ont des queues pour les mettre en équilibre
, on voit dix rayons qui partent ,
tous du centre du Cadran , et qui font
demander , quelle heure est-il , à ceux
qui regardent cette Pendule.
M. Thiout met deux aiguilles pour le
temps vrai ; l'une , dit- il, pour les heures
vrayes , l'autre pour les minutes et secondes
vrayes : je ne crois pas que M. Thiout
demande que l'on croye que sa Pendule
marque les secondes du tems vrai , comme
nos Pendules à secondes marquent celles
du tems moyen ; il faut seulement entendre
par- là , qu'il a divisé chaque minute
de son Cadran en 6. 10. ou 12. parties ,
pour avoir le tems vrai de 10. en 1o. secondes
, où de 6. en 6. ou de 5. en 5. Ces
aiguilles , dit M. Thiout , retardent ou
avancent uniformement tous les jours de
l'année , d'autant de secondes que fait le
Soleil , suivant présisément l'équation.
M. Thiout ne nous donne pas là une grande
idée de la connoissance qu'il a du mouvement
uniforme ; car si ces aiguilles retardent
et avancent sur celles du tems
vrai , suivant l'équation , le retardement
II. Vol.
et
1170 MERCURE DE FRANCE
et l'avancement qui leur arrive ne se fait
pas uniformement.
Je ne comprends pas non plus que
vous , M. et c'est une question à faire à
M. Thiout , pourquoi il dit que les Pendules
de nouvelle invention , qui ont été
faites jusqu'à present , non point l'utilité
de la sienne ; car sans doute par ces mots,
toutes les Pendules , il comprend toutes les
Pendules à équation . Voici les raisons qui
me font douter qu'il soit convaincu de
ce qu'il dit. 1 ° . Dans toutes les Pendules
à équation , on voit distinctement les
heures et les minutes du tems vrai beaucoup
mieux que dans celle de M. Thiout,
car on ne sçauroit se méprendre aux aiguilles.
2° La Pendule de M. le Prieur de
S. Cernin , qui est faite avant celle de
M. Thiout , marque les heures et les minutes
du tems vrai et du tems moyen par
3. ou 4. aiguilles concentriques ; ainsi
voilà au moins une Pendule qui auroit dû
empêcher M. Thiout de s'avancer si har
diment. Il y a plus , c'est que la Pendule
de M. Thiout n'est qu'une copie de la
Pendule de M. le Prieur de S. Cernin ,
autrefois Vicaire de S. Cyr , comme vous
en allez être convaincu ,
L'équation se fait dans la Pendule du
Prieur de S. Cernin , et dans celle de
II. Vol. M.
JUIN. 1734
1271
M. Thiout , par le moyen d'une cage qui
tandis
tourne dans une heure sur un canon fixe
au centre de la platine. Au pied de ce canon
est un pignon fixe et aussi concentrique
, et ce pignon engraine dans une des
roues qui dépendent de la cage mobile
les nombres sont disposés pour que la
courbe d'équation fasse au dedans de cette
cage un tour ,
que la cage en fait
876. ensorte que la courbe fait 8761 .
tours en 365. jours. Il y a dans ces deux
Pendules un rateau dont le talon repose
toujours sur la courbe , et comme ce ra
teau se meut avec la cage dans laquelle il
est , et qu'il engraine dans la roue de minute
du tems vrai , il fait avancer et retarder
cette roue de minute suivant la
construction de la courbe.
Voilà , Monsieur , l'idée generale que
l'on doit avoir de ces deux Pendules ; comme
elles n'ont aucune difference dans le
principe de leur composition , je ne vois
pas comment M. Thiout peut se dire l'inventeur
de la sienne , à moins qu'il ne se
veuille faire un titre du changement qu'il
a fait dans le nombre des roues et des pignons
, comme de mettre quelques vis
sans fin qui ne sont que des pignons de 1 .
en la place de pignons plus nombrés , que
M. le Prieur a employés ; mais vous m'a-
II.Vol. VOR1172
MERCURE DE FRANCE
voüerez , M. que c'est là se dire Inventeur
à bon marché.
M. Thiout dit que voyant ces Pendules
bien reçûës , il s'est cru obligé , pour
en augmenter la nouveauté et l'utilité .
d'y ajouter les sonneries pour l'heure
vraye;mais M.Thiout n'a aucun merite en
cela , car en mettant la cheville qui doit
lever la détente sur la roue de minute du .
tems vrai , au lieu de la mettre sur celle
du tems moyen , la Pendule sonnera le
tems vrai. Il auroit pû se dispenser de
nous faire
part de cette addition prétenduë
, dont personne n'est l'Inventeur.
>
M. Thiout nous dit que sa Pendule est
plus conforme aux principes de la Phýsique
et de la mécanique qu'aucune autre
, en ce que toute la quadrature qui fait
le sujet de cetre nouvelle construction
ne fait qu'un corps très leger qui est en
équilibre et qui se meut sur un arbre fixe,
ce qui procure au mouvement beaucoup
plus de liberté que si la Pendule étoit simple.
Il n'est point question de Physique
dans la quadrature de M. Thiout ; mais
qui eût jamais cru qu'il eut entrepris de
nous persuader qu'une cage à faire tourner
toutes les heures , procure de la liberté
à une Pendule : Voilà un Paradoxe de
méchanique qui ne nous donne pas un pré-
II. Vol. jugé
JUIN. 9734. 1273
jugé avantageux des lumieres de l'Auteur,
et qui pourroit bien lui faire refuser la
confiance qu'il demande par son imprimé.
Cette cage , dit M. Thiout , est un corps
très- leger , mais c'est pourtant une cage
qui doit être assez solide pour être durable
pour contenir les roües , et une courbe
d'équation as cz épaisse . Cette cage avec
les roues , la courbe et le rateau dont
elle est chargée , ne sont donc pas si legers,
ou n'ontpoint de solidité . M. Thiout
met , dit il, tout en équilibre , c'est une
attention qu'il est obligé de donner à une
construction qui ne lui réussiroit point
sans cela ; ce n'est donc pas un merite dans
sa Pendule , c'est une necessité . Mais exaninons
un peu ce corps en équilibre.
1° . La cage de M. Thiout est rivée à
un canon qui tourne sur un autre canon ,
il faut du jeu pour ce mouvement , sa
cage est toujours poussée d'un côté plus
de l'autre , à cause de l'engrainage
dans le pignon fixe , et par consequent la
cage construite en équilibre n'y est plus
que
dans le mouvement.
2°. Le rateau change toujours de situation
en suivant la courbe avec son talon,
ainsi , à moins que le rateau ne soit luimêmê
en équilibre dans la petite cage
tournante ce qui n'est point , la cage
II. Vol.
›
1274 MERCURE DE FRANCE
ne sera pas toujours en équilibre. Je
suis , & c.
Fermer
Résumé : SUITE de la Lettre de M. P. le Roy, sur l'Horlogerie.
Le document présente une série de lettres échangées entre deux horlogers, M. le Roy et M. Thiout, portant sur des innovations dans le domaine de l'horlogerie, notamment les échappements de pendule. M. le Roy critique les affirmations de M. Thiout concernant un nouvel échappement à une seule palette et deux rochets. Il soutient que son propre échappement, amélioré par des palettes nouvelles, est plus durable et précis. M. le Roy conteste également les reproches de M. Thiout sur la taille de la palette, affirmant que son échappement permet une plus grande justesse des vibrations. M. le Roy explique que l'échappement de M. Thiout, bien que n'agissant qu'une fois sur deux vibrations, communique autant d'action au pendule en raison de l'espace double parcouru. Il souligne que cet échappement permet d'ajouter des lentilles de plomb sans risquer l'arrêt de la pendule et réduit les frottements. Le texte aborde également des critiques sur les pendules à équation de M. Thiout, les comparant à des modèles antérieurs et remettant en question leur originalité. M. le Roy conclut en affirmant que les innovations de M. Thiout ne sont pas aussi novatrices qu'il le prétend et que ses critiques ne sont pas fondées. Par ailleurs, le document discute d'une invention de M. Thiout, une pendule dont la cage est conçue pour tourner toutes les heures, prétendant ainsi offrir plus de liberté à la pendule. Cette affirmation est perçue comme un paradoxe mécanique et suscite des doutes sur les compétences de l'auteur. La cage, bien que légère, doit être solide pour contenir les rouages et une courbe d'équation spécifique. M. Thiout affirme avoir mis tous les éléments en équilibre, mais cela est présenté comme une nécessité plutôt qu'un mérite. Le texte critique ensuite la construction de la cage. Elle est rivée à un canon tournant sur un autre, nécessitant un jeu pour le mouvement, ce qui déséquilibre la cage. De plus, le rateau change constamment de position en suivant la courbe, ce qui empêche la cage de rester en équilibre. Le texte conclut que la cage n'est en équilibre que pendant le mouvement, remettant en question la validité de l'invention.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 208-212
HORLOGERIE.
Début :
Mémoire sur une nouvelle maniere de faire les Cadrans de pendules, barometres, hygrometres, &c. présenté le 12 Avril 1755, à l'Académie royale des Sciences, par M. Dupont, Horloger privilégié du Roi. [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Horloger, Cadrans, Baromètres, Pendules
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HORLOGERIE.
HORLOGERIE .
, barometres
Memoire fur une nouvelle maniere de faire
les Cadrans de pendules
hygrometres , &c. préfenté le 12 Avril
1755 , à l'Académie royale des Sciences ,
par M. Dupont , Horloger privilégié du
I
Roi.
Left fans doute avantageux pour la
perfection des pendules que leurs cadrans
foient exactement divifés , & qu'ils
nous préfentent conftamment un aspect
agréable. Cette partie de l'horloge eft celle
fur laquelle les yeux s'arrêtent d'abord , &
la pofition exacte des divifions qui y font
marquées , eft effentielle pour nous montrer
les parties de l'heure avec préciſion .
Par ces deux confidérations , je crois les
cadrans que j'ai l'honneur de préfenter à
l'Académie fupérieurs aux autres ; ils font
compofés d'un cercle de verre blanc , fur
lequel l'on peint à rebours les heures & les
minutes * , & d'une efpece de maftic blanc
*Pour peindre ces heures , &c. il faut commencer
par mettre un cadran de papier fous le verre
ce qui dirige en quelque forte l'opération . On
fentira donc aisément que l'idée de me borner à
›
JU I N. 1755. 2091
qui s'applique exactement fur le verre
fait corps avec lui , forme un total qui:
imite l'émail , & que même plufieurs perfonnes
lui préferent , fur - tout dans les .
grands cadrans ; car ceux d'émail d'une
certaine étendue ont un ait de fayence , &,
font prefque toujours défectueux ..
7
A l'égard des divifions , elles feront toujours
plus exactes dans les nouveaux ca→
drans que dans ceux d'émail , parce qu'ils
ne paffent pas au feu comme ces derniers .
Les cadrans de cuivre gravés & recouverts
d'une couche d'argenture , ont à la vérité,
cette derniere propriété , mais on fçait :
qu'ils fe noirciffent en peu de tems. Pour
ce qui eft des cadrans à cartouche , per-.
fonne n'ignore qu'ils font très -imparfaitst
à tous égards. དྭེ ནཱ ཝཱ
ce cadran de papier dût fe préfenter d'abord à
mon imagination ; mais je m'apperçus bientôt
que fi un tel cadran étoit fupportable de loin , il
ne le feroit pas de près , les pores du papier s'appercevant
; je reconnus encore que ce papier ne
tarderoit pas à fe jaunir , fur-tout dans les endroits
où la fumée pouvoit pénétrer.
M. Gallonde s'étoit appercu avant moi de ces
inconvéniens , la dépenſe conſidérable qu'entraîne
les cadrans d'émail , avoit engagé cet habile Artifte
à faire fes cadrans de barometre en papier
mais auffi- tôt qu'il eut connoiffance de ma nouvelle
conftruction , il les abandonna entierement.
210 MERCURE DE FRANCE.
Je ne m'étendrai pas plus , Meffieurs
fur l'avantage de cette nouvelle maniere
de faire les cadrans ; il eft aifé de voir
qu'elle est également applicable à tous les
inftrumens qui ont befoin de divifions.
exactes , comme barometres , thermometres
, & c.
Telles font les différentes propriétés des
cadrans qui font le fujet de ce mémoire .
Je n'ai point cru , Meffieurs , qu'ils formaffent
un objet affez important pour mériter
l'honneur de votre attention : fi j'ofe
aujourd'hui les foumettre à votre jugement,
ce n'eft pas que j'aie changé de fentiment
à cet égards; mais j'ai été enhardi par
le fuffrage des habiles Horlogers qui en
font ufage depuis près d'un an & demi , &
encore plus par votre indulgence pour
tout ce qui peut contribuer au progrès
des arts.
Copie de l'Extrait des Registres de l'Académie
royale des Sciences .
Du 2
23 Avril 175 .
Meffieurs l'Abbé Nollet & Deparcieux .
qui avoient été nommés pour examiner
des cadrans de pendules
barometres ,
→
?
hygrometres &c. formés d'une glace
peinte & enfuite recouverte d'une espece
JUIN. 1755 . 211
de maftic blanc par fa face poftérieure ,
propofés par M. Dupont , Horloger ; en
ayant fait leur rapport , dans lequel ils
ont énoncé plufieurs certificats des meilleurs
Horlogers , qui prouvent que des
cadrans de cette efpece ont fubfifté fans
aucune altération depuis le mois de Juillet
1753 jufqu'à préfent.
L'Académie a jugé que ces cadrans qui
imitent parfaitement les cadrans d'émail ,
& qui font cependant d'un beaucoup
moindre prix, pourroient être avantageux,
& qu'on devoit fçavoir gré à M. Dupont
d'avoir imaginé cette conftruction . En foi
de quoi j'ai figné le préfent certificat' , à
Paris le 24 Avril 1755 .
Signé , GRANDJEAN DE FOUCHY ,
Secretaire perpétuel de l'Académie
royale des Sciences.
Les perfonnes qui voudront fe convaincre
par elles- mêmes de l'agrément &
de l'utilité de ces cadrans , auront la bonté
de s'adreffer à Mademoiſelle Oulfon "
niéce de l'Auteur , qui les exécute fous fes
yeux & dans fa maifon , rue de Richelieu ,
vis-vis la fontaine. Elle fe fera toujours
un devoir de fatisfaire les perfonnes qui
212 MERCURE DE FRANCE.
lui feront l'honneur de l'employer dans
ces fortes d'ouvrages.
- Le
rapport de l'Académie
royale
des
Sciences
, fur une pendule
à fecondes
, à
fonnerie
& à remontoir
du fieur le Mazu
rier , auroit
dû trouver
ici fa place ; mais
le peu qui nous en refte ; nous
force
à le
renvoyer
au Mercure
prochain
, ainfi qu'une
Lettres
fur le rétabliſſement
du Louvre
que nous avions
promis
d'inférer
.
, barometres
Memoire fur une nouvelle maniere de faire
les Cadrans de pendules
hygrometres , &c. préfenté le 12 Avril
1755 , à l'Académie royale des Sciences ,
par M. Dupont , Horloger privilégié du
I
Roi.
Left fans doute avantageux pour la
perfection des pendules que leurs cadrans
foient exactement divifés , & qu'ils
nous préfentent conftamment un aspect
agréable. Cette partie de l'horloge eft celle
fur laquelle les yeux s'arrêtent d'abord , &
la pofition exacte des divifions qui y font
marquées , eft effentielle pour nous montrer
les parties de l'heure avec préciſion .
Par ces deux confidérations , je crois les
cadrans que j'ai l'honneur de préfenter à
l'Académie fupérieurs aux autres ; ils font
compofés d'un cercle de verre blanc , fur
lequel l'on peint à rebours les heures & les
minutes * , & d'une efpece de maftic blanc
*Pour peindre ces heures , &c. il faut commencer
par mettre un cadran de papier fous le verre
ce qui dirige en quelque forte l'opération . On
fentira donc aisément que l'idée de me borner à
›
JU I N. 1755. 2091
qui s'applique exactement fur le verre
fait corps avec lui , forme un total qui:
imite l'émail , & que même plufieurs perfonnes
lui préferent , fur - tout dans les .
grands cadrans ; car ceux d'émail d'une
certaine étendue ont un ait de fayence , &,
font prefque toujours défectueux ..
7
A l'égard des divifions , elles feront toujours
plus exactes dans les nouveaux ca→
drans que dans ceux d'émail , parce qu'ils
ne paffent pas au feu comme ces derniers .
Les cadrans de cuivre gravés & recouverts
d'une couche d'argenture , ont à la vérité,
cette derniere propriété , mais on fçait :
qu'ils fe noirciffent en peu de tems. Pour
ce qui eft des cadrans à cartouche , per-.
fonne n'ignore qu'ils font très -imparfaitst
à tous égards. དྭེ ནཱ ཝཱ
ce cadran de papier dût fe préfenter d'abord à
mon imagination ; mais je m'apperçus bientôt
que fi un tel cadran étoit fupportable de loin , il
ne le feroit pas de près , les pores du papier s'appercevant
; je reconnus encore que ce papier ne
tarderoit pas à fe jaunir , fur-tout dans les endroits
où la fumée pouvoit pénétrer.
M. Gallonde s'étoit appercu avant moi de ces
inconvéniens , la dépenſe conſidérable qu'entraîne
les cadrans d'émail , avoit engagé cet habile Artifte
à faire fes cadrans de barometre en papier
mais auffi- tôt qu'il eut connoiffance de ma nouvelle
conftruction , il les abandonna entierement.
210 MERCURE DE FRANCE.
Je ne m'étendrai pas plus , Meffieurs
fur l'avantage de cette nouvelle maniere
de faire les cadrans ; il eft aifé de voir
qu'elle est également applicable à tous les
inftrumens qui ont befoin de divifions.
exactes , comme barometres , thermometres
, & c.
Telles font les différentes propriétés des
cadrans qui font le fujet de ce mémoire .
Je n'ai point cru , Meffieurs , qu'ils formaffent
un objet affez important pour mériter
l'honneur de votre attention : fi j'ofe
aujourd'hui les foumettre à votre jugement,
ce n'eft pas que j'aie changé de fentiment
à cet égards; mais j'ai été enhardi par
le fuffrage des habiles Horlogers qui en
font ufage depuis près d'un an & demi , &
encore plus par votre indulgence pour
tout ce qui peut contribuer au progrès
des arts.
Copie de l'Extrait des Registres de l'Académie
royale des Sciences .
Du 2
23 Avril 175 .
Meffieurs l'Abbé Nollet & Deparcieux .
qui avoient été nommés pour examiner
des cadrans de pendules
barometres ,
→
?
hygrometres &c. formés d'une glace
peinte & enfuite recouverte d'une espece
JUIN. 1755 . 211
de maftic blanc par fa face poftérieure ,
propofés par M. Dupont , Horloger ; en
ayant fait leur rapport , dans lequel ils
ont énoncé plufieurs certificats des meilleurs
Horlogers , qui prouvent que des
cadrans de cette efpece ont fubfifté fans
aucune altération depuis le mois de Juillet
1753 jufqu'à préfent.
L'Académie a jugé que ces cadrans qui
imitent parfaitement les cadrans d'émail ,
& qui font cependant d'un beaucoup
moindre prix, pourroient être avantageux,
& qu'on devoit fçavoir gré à M. Dupont
d'avoir imaginé cette conftruction . En foi
de quoi j'ai figné le préfent certificat' , à
Paris le 24 Avril 1755 .
Signé , GRANDJEAN DE FOUCHY ,
Secretaire perpétuel de l'Académie
royale des Sciences.
Les perfonnes qui voudront fe convaincre
par elles- mêmes de l'agrément &
de l'utilité de ces cadrans , auront la bonté
de s'adreffer à Mademoiſelle Oulfon "
niéce de l'Auteur , qui les exécute fous fes
yeux & dans fa maifon , rue de Richelieu ,
vis-vis la fontaine. Elle fe fera toujours
un devoir de fatisfaire les perfonnes qui
212 MERCURE DE FRANCE.
lui feront l'honneur de l'employer dans
ces fortes d'ouvrages.
- Le
rapport de l'Académie
royale
des
Sciences
, fur une pendule
à fecondes
, à
fonnerie
& à remontoir
du fieur le Mazu
rier , auroit
dû trouver
ici fa place ; mais
le peu qui nous en refte ; nous
force
à le
renvoyer
au Mercure
prochain
, ainfi qu'une
Lettres
fur le rétabliſſement
du Louvre
que nous avions
promis
d'inférer
.
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Résumé : HORLOGERIE.
Le document expose un mémoire de M. Dupont, horloger privilégié du Roi, présenté à l'Académie royale des Sciences le 12 avril 1755. Dupont y propose une nouvelle méthode pour fabriquer des cadrans pour pendules, hygromètres et autres instruments nécessitant des divisions précises. Ses cadrans sont constitués d'un cercle de verre blanc sur lequel les heures et les minutes sont peintes à rebours, puis recouvertes d'une substance similaire à du mastic blanc. Cette technique imite l'émail et évite les défauts des cadrans émaillés ou en cuivre argenté, qui ont tendance à noircir ou à présenter des imperfections. Les divisions sur ces nouveaux cadrans sont plus exactes car elles ne passent pas au feu, contrairement aux méthodes traditionnelles. Dupont souligne également les inconvénients des cadrans en papier, qui jaunissent et révèlent leurs pores de près. M. Gallonde, ayant observé ces problèmes, a abandonné l'utilisation des cadrans en papier après avoir découvert la méthode de Dupont. L'Académie, après examen par l'Abbé Nollet et Deparcieux, a conclu que ces cadrans imitent parfaitement les cadrans émaillés à un coût moindre et a reconnu la contribution de Dupont. Les cadrans sont fabriqués par Mademoiselle Oulfon, nièce de Dupont, rue de Richelieu à Paris.
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6
p. 231-232
AUTRE.
Début :
On a fait depuis plusieurs années différentes tentatives en Horlogerie, [...]
Mots clefs :
Horlogerie, Pendules, Perfectionnement, Nouvelle méthode
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
ON a fait depuis plufieurs années différentes
tentatives en Horlogerie , pour fimplifier les pendules
, & furtout celles d'obfervation ; mais le
haut prix auquel on étoit obligé de les mettre ,
a toujours affez prouvé au Public , & fait fentir
à leurs Auteurs mêmes , qu'elles n'étoient rien
moins que fimples.
En voici une dont la préciſion & la folidité
font à toute épreuve , & dont on n'a voulu faire
part au Public , qu'après des expériences réitérées
depuis environ huit années par des Aftronoines
& autres Connoiffeurs en ce genre. La nouvelle
conftruction de celle - ci en eft une preuve fatiffaifante
, puifqu'elle offre l'avantage d'une machine
perfectionnée principalement par des
voies très-peu difpendieufes : fa fimplicité ne peur
échapper à quiconque voudra l'examiner & faire
attention à la modicité du prix de ces pendules ,
qui n'eft que de vingt piftoles tout ajustées dans
feurs caiffes de transport . Ce motif d'oeconomie
joint à leur exactitude , en a fait débiter un aſſez
grand nombre,
23,2 MERCURE DE FRANCE.
Ces pendules font renfermées dans des boëtesde
cuivre , ajustées d'une façon nouvelle par des
vis qui les font mouvoir, & qui fervent à les fixer
dans leurs échappemens , d'une maniere au
fimple que folide. On les place à fix pieds environ
de hauteur , ce qui fuffit pour les faire aller
à peu près quinze jours ; elles marquent les heures
, les minutes & les fecondes , & toutes leurs
aiguilles font placées concentriquement . Elles ne
fonnent point , mais on fçait d'ailleurs qu'une
fonnerie eft inutile aux Pendules d'obfervation.
Le pendule fe brife en trois parties d'une façon
nouvelle , & cela fans fe féparer , afin de diminuer
le volume de la caiffe , & rendre par-là ces
machines plus portatives. La caiffe qui leur fert
d'enveloppe , a environ dix-huit pouces de longueur
fur fept à huit pouces de largeur & d'épaiffeur.
On donne à ceux qui prennent de ces Pendules
une petite inftruction fur la façon de les
conduire & de les placer ; & ces Pendules fe trouvent
chez leur Auteur M. Gallonde , Horloger
du Roi , rue Quincanpoix .
Le fieur Gallonde avertit auffi qu'il a fait une
Loterie d'une Pendule finguliere & unique en
fon genre ; cette Loterie eft composée de millè
billets à raison de fix livres le billet , & qu'il ne
lui en refte plus que très- peu. Le jour du tirage
eft fixé au 27 de Janvier prochain , l'après- midi ,
au College de Navarre. Ceux qui fouhaiteront
prendre de ces billets , auront la bonté d'envoyer.
chez M. Gallonde.
ON a fait depuis plufieurs années différentes
tentatives en Horlogerie , pour fimplifier les pendules
, & furtout celles d'obfervation ; mais le
haut prix auquel on étoit obligé de les mettre ,
a toujours affez prouvé au Public , & fait fentir
à leurs Auteurs mêmes , qu'elles n'étoient rien
moins que fimples.
En voici une dont la préciſion & la folidité
font à toute épreuve , & dont on n'a voulu faire
part au Public , qu'après des expériences réitérées
depuis environ huit années par des Aftronoines
& autres Connoiffeurs en ce genre. La nouvelle
conftruction de celle - ci en eft une preuve fatiffaifante
, puifqu'elle offre l'avantage d'une machine
perfectionnée principalement par des
voies très-peu difpendieufes : fa fimplicité ne peur
échapper à quiconque voudra l'examiner & faire
attention à la modicité du prix de ces pendules ,
qui n'eft que de vingt piftoles tout ajustées dans
feurs caiffes de transport . Ce motif d'oeconomie
joint à leur exactitude , en a fait débiter un aſſez
grand nombre,
23,2 MERCURE DE FRANCE.
Ces pendules font renfermées dans des boëtesde
cuivre , ajustées d'une façon nouvelle par des
vis qui les font mouvoir, & qui fervent à les fixer
dans leurs échappemens , d'une maniere au
fimple que folide. On les place à fix pieds environ
de hauteur , ce qui fuffit pour les faire aller
à peu près quinze jours ; elles marquent les heures
, les minutes & les fecondes , & toutes leurs
aiguilles font placées concentriquement . Elles ne
fonnent point , mais on fçait d'ailleurs qu'une
fonnerie eft inutile aux Pendules d'obfervation.
Le pendule fe brife en trois parties d'une façon
nouvelle , & cela fans fe féparer , afin de diminuer
le volume de la caiffe , & rendre par-là ces
machines plus portatives. La caiffe qui leur fert
d'enveloppe , a environ dix-huit pouces de longueur
fur fept à huit pouces de largeur & d'épaiffeur.
On donne à ceux qui prennent de ces Pendules
une petite inftruction fur la façon de les
conduire & de les placer ; & ces Pendules fe trouvent
chez leur Auteur M. Gallonde , Horloger
du Roi , rue Quincanpoix .
Le fieur Gallonde avertit auffi qu'il a fait une
Loterie d'une Pendule finguliere & unique en
fon genre ; cette Loterie eft composée de millè
billets à raison de fix livres le billet , & qu'il ne
lui en refte plus que très- peu. Le jour du tirage
eft fixé au 27 de Janvier prochain , l'après- midi ,
au College de Navarre. Ceux qui fouhaiteront
prendre de ces billets , auront la bonté d'envoyer.
chez M. Gallonde.
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Résumé : AUTRE.
Le texte présente une nouvelle pendule d'observation, résultat de plusieurs années de développement visant à simplifier les mécanismes horlogers. Cette pendule se distingue par sa précision, sa solidité et son coût abordable, fixé à vingt pistoles. Après huit années de tests réussis par des astronomes et autres experts, elle est désormais disponible au public. Les pendules sont logées dans des boîtes de cuivre ajustées par des vis et mesurent environ six pieds de hauteur, offrant une autonomie d'environ quinze jours. Elles indiquent les heures, les minutes et les secondes grâce à des aiguilles concentriques et ne nécessitent pas de sonnerie. Le mécanisme est conçu pour être compact et portable, avec une caisse de dimensions réduites. M. Gallonde, horloger du Roi, fournit une instruction pour l'utilisation et la mise en place des pendules. De plus, il organise une loterie pour une pendule unique, composée de mille billets à six livres chacun, avec un tirage prévu le 27 janvier au Collège de Navarre.
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7
p. 212
« Adou, Maître Vitrier, rue S. Victor, vis-à-vis le Séminaire de S. Nicolas, [...] »
Début :
Adou, Maître Vitrier, rue S. Victor, vis-à-vis le Séminaire de S. Nicolas, [...]
Mots clefs :
Vitrier, Magasin, Verres, Estampes, Pendules, Mignatures, Couleurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Adou, Maître Vitrier, rue S. Victor, vis-à-vis le Séminaire de S. Nicolas, [...] »
AUDOU , Maître Vitrier , rue S. Victor , vis - àle
Séminaire de S. Nicolas , proche la rue du
Paon : Tient Magafin de très- beaux Verres blancs
de Bohème & autres propres aux Eftampes , Pafrelles
, Voitures, Pendules, Mignatures , & pour les
Croisées. Il monte les Eftampes en Bordures de
routes couleurs . Il colle les Cartes , Thèfes fur
toile. Entreprend le Bâtiment. Le tout à jufte
prix.
Séminaire de S. Nicolas , proche la rue du
Paon : Tient Magafin de très- beaux Verres blancs
de Bohème & autres propres aux Eftampes , Pafrelles
, Voitures, Pendules, Mignatures , & pour les
Croisées. Il monte les Eftampes en Bordures de
routes couleurs . Il colle les Cartes , Thèfes fur
toile. Entreprend le Bâtiment. Le tout à jufte
prix.
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8
p. 104-105
HORLOGERIE.
Début :
NOUVEL Échapement applicable aux Montres & Pendules, approuvé par l'Académie [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences de Paris, Montres, Pendules, Échappement, Pendule à secondes portative
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HORLOGERIE.
HORLOGER I E.
NOUVEL Échapement applicable aux
PA-
>
Montres & Pendules, approuvé par
cadémie Royale des Sciences de Paris
inventé par M. Millot , Horloger du Roi
rue S. Dominique , Faubourg S. Germain
, Auteur de la nouvelle Pendule
aftronomique annoncée au Mercure de
Mars dernier,
Outre la propriété qu'a cet échapement
de vibrer avec très - peu de
force , il a celle de battre les fecondes
d'un feul temps avec une Pendule de
neuf pouces
, fans aucun ajoutement
ni rapport ; l'éguille des fecondes eft
directement placée fur la tige du rochet
d'échapement à l'ordinaire ; il fait
le même effet à la montre lorsqu'il y
eft dirigé en faifant battre 14400 coups
par heures au balancier , de forte que
l'on peut avoir une Pendule à fecondes
portative pour MM , les Aftronomes
JANVIER. 1763. 165
C
qui vont en campagne faire leurs obfervations
, & que
l'on peut même pofer
fur une cheminée , comme l'Académie
l'a jugé.
NOUVEL Échapement applicable aux
PA-
>
Montres & Pendules, approuvé par
cadémie Royale des Sciences de Paris
inventé par M. Millot , Horloger du Roi
rue S. Dominique , Faubourg S. Germain
, Auteur de la nouvelle Pendule
aftronomique annoncée au Mercure de
Mars dernier,
Outre la propriété qu'a cet échapement
de vibrer avec très - peu de
force , il a celle de battre les fecondes
d'un feul temps avec une Pendule de
neuf pouces
, fans aucun ajoutement
ni rapport ; l'éguille des fecondes eft
directement placée fur la tige du rochet
d'échapement à l'ordinaire ; il fait
le même effet à la montre lorsqu'il y
eft dirigé en faifant battre 14400 coups
par heures au balancier , de forte que
l'on peut avoir une Pendule à fecondes
portative pour MM , les Aftronomes
JANVIER. 1763. 165
C
qui vont en campagne faire leurs obfervations
, & que
l'on peut même pofer
fur une cheminée , comme l'Académie
l'a jugé.
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Résumé : HORLOGERIE.
En janvier 1763, M. Millot, horloger du Roi, invente un nouvel échappement approuvé par l'Académie Royale des Sciences de Paris. Cet échappement vibre avec peu de force et bat les secondes avec précision. Une pendule de neuf pouces ou une montre équipée de cet échappement peut indiquer les secondes sans ajoutement. L'échappement peut aussi être utilisé sur une cheminée.
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9
p. 119-129
HORLOGERIE. ÉSSAI sur l'Horlogerie ; Par M. FERDINAND BERTHOUD, Horloger à Paris.*
Début :
L'ART de l'Horlogerie si long-temps ignoré a acquis de nos jours un très grand [...]
Mots clefs :
Montres, Pendules, Horloges, Horlogerie, Construction, Machine, Perfection
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HORLOGERIE. ÉSSAI sur l'Horlogerie ; Par M. FERDINAND BERTHOUD, Horloger à Paris.*
HORLOGERIE.
ÉSSAI fur l'Horlogerie ; Par M. FERDIN
AND BERTHOUD , Horloger
à Paris. *
-
L'ART de l'Horlogerie fi long-temps
ignoré a acquis de nos jours un trèsgrand
degré de perfection du côté de la
main-d'oeuvre ; mais on n'avoit pas encore
tenté de réduire cette Science en
principes. Les Auteurs qui en ont écrit
jufqu'à préfent , fe font contentés de
décrire les piéces d'Horlogerie les plus
en ufage , & de traiter chacun à ſa maniere
de quelques foins de pratique . Delà
eft venue la variété que l'on s'eft
permife dans la fabrication des Pendules
& des Montres. Ce n'eft cependant
* Cet Auteur eft déjà connu par les Articles
Horlogerie qu'il a faits pour l'Encyclopédie ;
par différens Ouvrages de fon invention , préfentés
à l'Académie Royale des Sciences ; par le Livre
de l'Art de conduire & de régler les Pendules &
les Montres &c.
On trouvera auffi chez les mêmes Libraires le Livre
de l'Art de conduire & de régler les Pendules
& les Montres.
120 MERCURE DE FRANCE.
que d'après des principes bien établis
que l'on peut parvenir au point de conftruire
& d'éxécuter ces Machines , pour
les mettre en état de mefurer le temps
avec la plus grande précifion.
C'est pour répondre au défir des Amateurs
de cet Art, & au befoin des fabricateurs
d'Horlogerie que l'Auteur de cet
Ouvrage s'eft déterminé à faire part au
Public de tout ce qu'il eft parvenu à
découvrir fur cette fcience par un travail
conftant & defintéreffé qui l'occupe
depuis plus de dix ans & par
l'étude particulière qu'il a faite des principes
de méchanique , & furtout par un
grand nombre d'expériences tendantes
vérifier ces principes .
,
Cet Ouvrage eft donc le fruit d'une
étude longue & pénible , & l'Auteur
n'y fait myſtère d'aucune des chofes qu'il
a apprifes ; il y expofe les principes fur
Lefquels il eft parvenu à compofer non
feulement des Horloges à pendule , qui
ne varient ni par le chaud ni par le froid ;
des Horloges marines pour fervir aux
longitudes , & c ; mais encore à établir
une théorie fur les Montres , vérifiée
par l'expérience , & au moyen de laquelle
il conftruit auffi des Montres
qui ne varient point par les différentes
températures ;
FEVRIER. 1763. 12.1
températures ; chofe à laquelle on n'avoit
ofé penfer jufqu'à préfent .
Le but de l'Auteur étant d'inftruire
les Artiſtes & les Amateurs , il ne fe
contente pas de les guider par des principes
mis à leur porté , il entre encore
dans tous les détails de pratique fur les
Pendules & les Montres ; enforte qu'avec
un peu de réflexion une perfonne
qui n'auroit même aucune teinture de
l'Art , pourroit parvenir à exécuter des
Pendules & des Montres qui marcheroient
avec jufteffe .
L'Ouvrage entier eft divifé en deux
Parties , qui forment chacune un Volume.
La première Partie comprend
trente-fix Chapitres , qui traitent principalement
des defcriptions des Machines
ordinaires d'Horlogerie , comme Pendules
à fecondes , fonnerie d'un an
an ,
Horloges à répétition , à équation , & c.
Des Montres ; Montres à réveil , à répétition
, à équation , à quatre parties ,
& plufieurs inftrumens & outils les plus
éffentiels , & c ; de tous les détails de
main-d'oeuvre d'une Répétition en Pendule.
Dix-neuf Planches jointes au premier
Volume , font relatives à l'objet
de cette Partie .
La feconde Partie eft divifée en qua-
F
122 MERCURE DE FRANCE.
rante-fept Chapitres , qui traitent particuliérement
des principes & de la théorie
de l'art , de la meſure du temps ;
grand nombre d'expériences & de machines
faites pour vérifier ces principes ;
la conftruction qu'il faut donner aux
machines qui mefurent le temps , tant
dans les Horloges aftronomiques , que
dans les Montres & les Horloges Marines
, &c. Dix- neuf Planches gravées
en taille-douce , font relatives aux matières
traitées dans ce Volume. Nous
allons parcourir la totalité de cet Ouvrage
, pour donner une notice de ce
qu'il contient.
PREMIERE PARTIE . Le Chapitre L
traite de la divifion du temps , qui eft
mefuré par les révolutions du foleil': on
fait voir que le foleil varie , & l'on explique
les caufes de ces écarts : Chap. II.
Pour parvenir à faire concevoir parfairement
les divers effets de cette partie
d'une Horloge qui mefure le temps ,
l'Auteur fuppofe que n'ayant aucune
notion des machines qui mefurent le
temps , on veut en compofer une. Pour
cet effet il paffe des idées les plus fimples
& par gradation , au point de former la
machine ; & l'on acquiert par cette mé-
-thode des idées générales , nettes &
FEVRIER. 1763. 123
justes de chaque partie des Horloges ;
Au Chap. III , Defcription d'une Pendule
à fecondes , à fonnerie : Chap. IV
& V , fur les fonneries . Defcription
d'une fonnerie d'un an. Chap . VI &
VII , Notion générale des répétitions ,
avec la defcription de ce méchaniſme.
Pour parvenir à donner des notions nettes
des Montres , l'Auteur fuppofe que
l'on ne connoît point le méchaniſme de
ces ingénieuſes machines , & que l'on
veut en compofer une ; il fait voir par
gradation comment on pourroit y parvenir
c'est l'objet du Chap . VIII. Le
IX eft la defcription d'une Montre ordinaire
Chap . X , Defcription d'une
Montre à répétition : Chap . XI , Defcription
d'une Montre à réveil : Chap.
XII , de l'Équation ; fes effets. Les
Chap . XIII , XIV , XV , XVI , XVII
& XVIII , contiennent des defcriptions
de différentes fortes d'Equation pour les
Pendules & pour les Montres : Montres
d'un mois fans monter à répétition , fecondes
, équation , & c. Chap. XIX , on
entre dans les détails d'exécution de ces
machines : Chap. XX , de l'uſage des
Tables d'équation jointes à ce Livre .
Les Chap . XXI , XXII , XXIII & XXIV
font des defcriptions d'échappemens
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
pour les Pendules ou pour les Montres :
Chap. XXV , de la machine à fendre
les roues Chap . XXVI , de l'outil à
tailler les fufées. Les Chap. XXVII ,
XXVIII & XXIX font des defcriptions
des outils les plus éffentiels qui fervent à
la pratique de l'Art. Chap . XXX , Defcription
d'une Montre à trois parties.
Chap . XXXI , de quelques foins de
conftruction & d'exécution des Montres.
Chap. XXXII & XXXIII , Examen
des caufes d'arrêts & de variations
des Montres & des Pendules. Chap.
XXXIV , fur les nouvelles productions
d'Horlogerie. Chap. XXXV, des Baromêtres
& Thermomêtres à aiguille. Enfin
on termine cette première Partie
par tous les détails de main-d'oeuvre pour
l'entière exécution d'une Pendule à répétition
: celaforme le Chapitre XXXVI,
qui eft de 260 pages.
II. PARTIE
,
POUR parvenir à établir une théorie
fur les machines qui mefurent le temps ,
objet de la feconde Partie l'Auteurcommence
dans le premier Chapitre par
démontrer les loix de l'équilibre dans le
fimple levier. Ce principe établi il
l'employe à faire entendre comment les
,
FEVRIER. 1763. 125
roues , qui ne font que des compofés de
leviers , agiffent les unes fur les autres :
c'eft le but du Chapitre II . Dans le III ,
on donne des règles générales pour mefurer
la force tranfmife par le moteur à
la dernière roue d'un rouage. On examine
dans le Chap. IV les effets des
mauvais engrénages. Au Chap . V , on
démontre les courbés que doivent avoir
les dents des roues & pignons. Les Chapitres
VI , VII & VIII , traitent du
calcul des rouages , foit pour trouver les
nombres des dents des roues & pignons,
quand on compofe un Pendule ; ou ,
cette machine ou Pendule étant faite ,
pour favoir les révolutions que les roues
font , & pour trouver le nombre de
dents de rochets relativement à la longueur
d'un Pendule donné. Les Chapitres
IX & X traitent des loix du Pendule
fimple & de fes propriétés. On recherche
dans le Chapitre XI la meilleure
manière de fufpendre un Pendule ; &
dans le XII , comment doit être la lentille
pour éprouver une moindre réfiftance
de l'air. Chap. XIII , Expériences
fur les réfiftances de l'air . Chap. XIV &
XV , calcul de la force requife pour entretenir
en mouvement un Pendule :
ce qui conduit à la meilleure manière
F iij
126 MERCURE DE FRANCE.
de régulateur . L'Auteur traite dans les
Chapitres XVI & XXVII des Pendules
qui font mus par l'action inégale des
refforts ; des effets des échappemens ; &
de la machine qu'il a conftruite pour
faire des expériences fur cette matière ,
& c. Il traite dans le Chap. XVIII , de
la dilatation & contraction des métaux
par le chaud & le froid . Chap. XIX , du
Pyrometre qu'il a compofé pour mefurer
les effets des métaux ; & Chap . XX ,
il donne le précis des expériences qu'il
a faites là -deffus. Chap . XXI , des écarts
que la différence de la température caufe
aux Horloges à pendule. L'Auteur
traite dans les Chap . XXII & XXIII
de la conftruction de plufieurs verges
compofées pour compenfer les effets du
chaud & du froid. Chap . XXIV , Defcription
d'une Horloge aftronomique ,
à fecondes concentriques , allant un an :
Sonnerie de fecondes pour faciliter les
obfervations pour les Aftronomes.
Après avoir traité des parties les plus
éffentielles des Horloges à pendule ,
l'Auteur a entrepris de parcourir tour
ce qui peut contribuer à la jufteffe des
Horloges portatives , & à établir une
théorie fur les Montres . Pour cet effet ,
il examine dans le Chapitre XXV , le
FEVRIER . 1763. 127
Balancier fimple ; & Chap. XXVI , les
propriétés du Spiral. Chap . XXVII ,
les conditions du meilleur régulateur de
Montre. Il démontre dans le Chapitre
XXVIII , tout ce qui eft relatif au Balancier
, poids , grandeurs , vîteffes ,
&c. Chap. XXIX , l'Auteur traite des
frottemens , de leurs effets , des huiles ,
& c. Il donne dans le Chap. XXX deux
propofitions qui fervent de baſe à la
théorie qu'il établit pour les compenfations
du chaud & du froid fur les Montres.
Le Chap. XXXI contient plufieurs
expériences qui confirment cette théorie.
Chap. XXXII , des effets des échappemens
dans les Montres , leurs propriétés
, &c. Il donne dans le Chapitre
XXXIII des principes fur la force de
mouvement des Balanciers , & on en
fait l'application dans le Chap . XXXIV ,
pour trouver les pefanteurs des Balanciers
, forces de refforts , étendue de
vibration , & c. Chap. XXXV , l'Auteur
y établit quelques principes fur les Ref
forts on trouve dans le Chap. XXXVI
la deſcription d'une Montre à fecondes
concentriques de fa façon ; & Chapitre
XXXVII , la defcription d'une Montre à
huit jours à fecondes , régulateur à deux
balanciers.
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE .
L'Horloge aftronomique décrite dans
le Chap. XXIV n'ayant pas autant approché
de la perfection que l'Auteur le
defiroit , il a travaillé à une nouvelle
Horloge , dans la conftruction de laquelle
il a raffemblé tout ce que l'étude
& l'expérience ont pu lui apprendre ;
auffi a -t- elle parfaitement réuffi . Cette
Horloge a fait l'objet des Chapitres
XXXVIII & XXXIX.
Après avoir travaillé avec fuccès à
la perfection des Horloges aftronomiques
& des Montres , l'Auteur a formé
le projet de conftruire une Horloge marine
pour fervir aux longitudes : c'eſt
l'objet de quatre Chapitres. Pour parvenir
au but qu'il fe propofe ; il donne
dans le Chapitre XL une notion des longitudes
& de leur utilité en mer ; de
l'ufage de l'Horlogerie pour parvenir à
leur découverte . Le Chap. XLI traite
des principes qu'il a fuivis pour la compofition
d'une Horloge marine , laquelle
ell décrite Chap. XLII ; & d'après l'exétion
qu'il en a faite , il donne dans le
Chapitre XLIII les détails de maind'oeuvre
, & les expériences faites avec
cette machine. Il propofe dans le Chapitre
XLIV la conftruction d'une Horloge
marine plus fimple & moins coû
FEVRIER . 1763. 129
-
•
teufe que celle qu'il a exécutée . Il donne
auffi le plan de cette machine. Ce Chapitre
eft terminé par la defcription d'une
troifiéme Horloge , qu'il croit préférable
aux précédentes : il ne l'a pas exécutée
, mais il en donne le plan.
Le Chap. XLV contient quelques
additions & expériences relatives à la
perfection des Horloges aftronomiques .
Le Chapitre XLVI contient des additions
à plufieurs parties des Montres ; fur
les frottemens , compenfations du chaud
& du froid , & c : on y trouvera la defcription
de plufieurs inftrumens éffentiels
à la perfection des Montres , & entr'autres
une machine à fendre & à tailler
les roues de cylindre & roues de rencontres
enarbrées ; de l'exécution de l'échappement
à cylindre , &c . Enfin , pour
terminer cet Ouvrage , l'Auteur traite
dans le Chap. XLVII de la conftruction
& de l'exécution d'une bonne Montre
& il fait concourir tout ce qui peut la
porter à la plus grande perfection , &
entre dans tous les détails de fa conftruction
& dans les plus éffentiels de
fon exécution.
ÉSSAI fur l'Horlogerie ; Par M. FERDIN
AND BERTHOUD , Horloger
à Paris. *
-
L'ART de l'Horlogerie fi long-temps
ignoré a acquis de nos jours un trèsgrand
degré de perfection du côté de la
main-d'oeuvre ; mais on n'avoit pas encore
tenté de réduire cette Science en
principes. Les Auteurs qui en ont écrit
jufqu'à préfent , fe font contentés de
décrire les piéces d'Horlogerie les plus
en ufage , & de traiter chacun à ſa maniere
de quelques foins de pratique . Delà
eft venue la variété que l'on s'eft
permife dans la fabrication des Pendules
& des Montres. Ce n'eft cependant
* Cet Auteur eft déjà connu par les Articles
Horlogerie qu'il a faits pour l'Encyclopédie ;
par différens Ouvrages de fon invention , préfentés
à l'Académie Royale des Sciences ; par le Livre
de l'Art de conduire & de régler les Pendules &
les Montres &c.
On trouvera auffi chez les mêmes Libraires le Livre
de l'Art de conduire & de régler les Pendules
& les Montres.
120 MERCURE DE FRANCE.
que d'après des principes bien établis
que l'on peut parvenir au point de conftruire
& d'éxécuter ces Machines , pour
les mettre en état de mefurer le temps
avec la plus grande précifion.
C'est pour répondre au défir des Amateurs
de cet Art, & au befoin des fabricateurs
d'Horlogerie que l'Auteur de cet
Ouvrage s'eft déterminé à faire part au
Public de tout ce qu'il eft parvenu à
découvrir fur cette fcience par un travail
conftant & defintéreffé qui l'occupe
depuis plus de dix ans & par
l'étude particulière qu'il a faite des principes
de méchanique , & furtout par un
grand nombre d'expériences tendantes
vérifier ces principes .
,
Cet Ouvrage eft donc le fruit d'une
étude longue & pénible , & l'Auteur
n'y fait myſtère d'aucune des chofes qu'il
a apprifes ; il y expofe les principes fur
Lefquels il eft parvenu à compofer non
feulement des Horloges à pendule , qui
ne varient ni par le chaud ni par le froid ;
des Horloges marines pour fervir aux
longitudes , & c ; mais encore à établir
une théorie fur les Montres , vérifiée
par l'expérience , & au moyen de laquelle
il conftruit auffi des Montres
qui ne varient point par les différentes
températures ;
FEVRIER. 1763. 12.1
températures ; chofe à laquelle on n'avoit
ofé penfer jufqu'à préfent .
Le but de l'Auteur étant d'inftruire
les Artiſtes & les Amateurs , il ne fe
contente pas de les guider par des principes
mis à leur porté , il entre encore
dans tous les détails de pratique fur les
Pendules & les Montres ; enforte qu'avec
un peu de réflexion une perfonne
qui n'auroit même aucune teinture de
l'Art , pourroit parvenir à exécuter des
Pendules & des Montres qui marcheroient
avec jufteffe .
L'Ouvrage entier eft divifé en deux
Parties , qui forment chacune un Volume.
La première Partie comprend
trente-fix Chapitres , qui traitent principalement
des defcriptions des Machines
ordinaires d'Horlogerie , comme Pendules
à fecondes , fonnerie d'un an
an ,
Horloges à répétition , à équation , & c.
Des Montres ; Montres à réveil , à répétition
, à équation , à quatre parties ,
& plufieurs inftrumens & outils les plus
éffentiels , & c ; de tous les détails de
main-d'oeuvre d'une Répétition en Pendule.
Dix-neuf Planches jointes au premier
Volume , font relatives à l'objet
de cette Partie .
La feconde Partie eft divifée en qua-
F
122 MERCURE DE FRANCE.
rante-fept Chapitres , qui traitent particuliérement
des principes & de la théorie
de l'art , de la meſure du temps ;
grand nombre d'expériences & de machines
faites pour vérifier ces principes ;
la conftruction qu'il faut donner aux
machines qui mefurent le temps , tant
dans les Horloges aftronomiques , que
dans les Montres & les Horloges Marines
, &c. Dix- neuf Planches gravées
en taille-douce , font relatives aux matières
traitées dans ce Volume. Nous
allons parcourir la totalité de cet Ouvrage
, pour donner une notice de ce
qu'il contient.
PREMIERE PARTIE . Le Chapitre L
traite de la divifion du temps , qui eft
mefuré par les révolutions du foleil': on
fait voir que le foleil varie , & l'on explique
les caufes de ces écarts : Chap. II.
Pour parvenir à faire concevoir parfairement
les divers effets de cette partie
d'une Horloge qui mefure le temps ,
l'Auteur fuppofe que n'ayant aucune
notion des machines qui mefurent le
temps , on veut en compofer une. Pour
cet effet il paffe des idées les plus fimples
& par gradation , au point de former la
machine ; & l'on acquiert par cette mé-
-thode des idées générales , nettes &
FEVRIER. 1763. 123
justes de chaque partie des Horloges ;
Au Chap. III , Defcription d'une Pendule
à fecondes , à fonnerie : Chap. IV
& V , fur les fonneries . Defcription
d'une fonnerie d'un an. Chap . VI &
VII , Notion générale des répétitions ,
avec la defcription de ce méchaniſme.
Pour parvenir à donner des notions nettes
des Montres , l'Auteur fuppofe que
l'on ne connoît point le méchaniſme de
ces ingénieuſes machines , & que l'on
veut en compofer une ; il fait voir par
gradation comment on pourroit y parvenir
c'est l'objet du Chap . VIII. Le
IX eft la defcription d'une Montre ordinaire
Chap . X , Defcription d'une
Montre à répétition : Chap . XI , Defcription
d'une Montre à réveil : Chap.
XII , de l'Équation ; fes effets. Les
Chap . XIII , XIV , XV , XVI , XVII
& XVIII , contiennent des defcriptions
de différentes fortes d'Equation pour les
Pendules & pour les Montres : Montres
d'un mois fans monter à répétition , fecondes
, équation , & c. Chap. XIX , on
entre dans les détails d'exécution de ces
machines : Chap. XX , de l'uſage des
Tables d'équation jointes à ce Livre .
Les Chap . XXI , XXII , XXIII & XXIV
font des defcriptions d'échappemens
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
pour les Pendules ou pour les Montres :
Chap. XXV , de la machine à fendre
les roues Chap . XXVI , de l'outil à
tailler les fufées. Les Chap. XXVII ,
XXVIII & XXIX font des defcriptions
des outils les plus éffentiels qui fervent à
la pratique de l'Art. Chap . XXX , Defcription
d'une Montre à trois parties.
Chap . XXXI , de quelques foins de
conftruction & d'exécution des Montres.
Chap. XXXII & XXXIII , Examen
des caufes d'arrêts & de variations
des Montres & des Pendules. Chap.
XXXIV , fur les nouvelles productions
d'Horlogerie. Chap. XXXV, des Baromêtres
& Thermomêtres à aiguille. Enfin
on termine cette première Partie
par tous les détails de main-d'oeuvre pour
l'entière exécution d'une Pendule à répétition
: celaforme le Chapitre XXXVI,
qui eft de 260 pages.
II. PARTIE
,
POUR parvenir à établir une théorie
fur les machines qui mefurent le temps ,
objet de la feconde Partie l'Auteurcommence
dans le premier Chapitre par
démontrer les loix de l'équilibre dans le
fimple levier. Ce principe établi il
l'employe à faire entendre comment les
,
FEVRIER. 1763. 125
roues , qui ne font que des compofés de
leviers , agiffent les unes fur les autres :
c'eft le but du Chapitre II . Dans le III ,
on donne des règles générales pour mefurer
la force tranfmife par le moteur à
la dernière roue d'un rouage. On examine
dans le Chap. IV les effets des
mauvais engrénages. Au Chap . V , on
démontre les courbés que doivent avoir
les dents des roues & pignons. Les Chapitres
VI , VII & VIII , traitent du
calcul des rouages , foit pour trouver les
nombres des dents des roues & pignons,
quand on compofe un Pendule ; ou ,
cette machine ou Pendule étant faite ,
pour favoir les révolutions que les roues
font , & pour trouver le nombre de
dents de rochets relativement à la longueur
d'un Pendule donné. Les Chapitres
IX & X traitent des loix du Pendule
fimple & de fes propriétés. On recherche
dans le Chapitre XI la meilleure
manière de fufpendre un Pendule ; &
dans le XII , comment doit être la lentille
pour éprouver une moindre réfiftance
de l'air. Chap. XIII , Expériences
fur les réfiftances de l'air . Chap. XIV &
XV , calcul de la force requife pour entretenir
en mouvement un Pendule :
ce qui conduit à la meilleure manière
F iij
126 MERCURE DE FRANCE.
de régulateur . L'Auteur traite dans les
Chapitres XVI & XXVII des Pendules
qui font mus par l'action inégale des
refforts ; des effets des échappemens ; &
de la machine qu'il a conftruite pour
faire des expériences fur cette matière ,
& c. Il traite dans le Chap. XVIII , de
la dilatation & contraction des métaux
par le chaud & le froid . Chap. XIX , du
Pyrometre qu'il a compofé pour mefurer
les effets des métaux ; & Chap . XX ,
il donne le précis des expériences qu'il
a faites là -deffus. Chap . XXI , des écarts
que la différence de la température caufe
aux Horloges à pendule. L'Auteur
traite dans les Chap . XXII & XXIII
de la conftruction de plufieurs verges
compofées pour compenfer les effets du
chaud & du froid. Chap . XXIV , Defcription
d'une Horloge aftronomique ,
à fecondes concentriques , allant un an :
Sonnerie de fecondes pour faciliter les
obfervations pour les Aftronomes.
Après avoir traité des parties les plus
éffentielles des Horloges à pendule ,
l'Auteur a entrepris de parcourir tour
ce qui peut contribuer à la jufteffe des
Horloges portatives , & à établir une
théorie fur les Montres . Pour cet effet ,
il examine dans le Chapitre XXV , le
FEVRIER . 1763. 127
Balancier fimple ; & Chap. XXVI , les
propriétés du Spiral. Chap . XXVII ,
les conditions du meilleur régulateur de
Montre. Il démontre dans le Chapitre
XXVIII , tout ce qui eft relatif au Balancier
, poids , grandeurs , vîteffes ,
&c. Chap. XXIX , l'Auteur traite des
frottemens , de leurs effets , des huiles ,
& c. Il donne dans le Chap. XXX deux
propofitions qui fervent de baſe à la
théorie qu'il établit pour les compenfations
du chaud & du froid fur les Montres.
Le Chap. XXXI contient plufieurs
expériences qui confirment cette théorie.
Chap. XXXII , des effets des échappemens
dans les Montres , leurs propriétés
, &c. Il donne dans le Chapitre
XXXIII des principes fur la force de
mouvement des Balanciers , & on en
fait l'application dans le Chap . XXXIV ,
pour trouver les pefanteurs des Balanciers
, forces de refforts , étendue de
vibration , & c. Chap. XXXV , l'Auteur
y établit quelques principes fur les Ref
forts on trouve dans le Chap. XXXVI
la deſcription d'une Montre à fecondes
concentriques de fa façon ; & Chapitre
XXXVII , la defcription d'une Montre à
huit jours à fecondes , régulateur à deux
balanciers.
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE .
L'Horloge aftronomique décrite dans
le Chap. XXIV n'ayant pas autant approché
de la perfection que l'Auteur le
defiroit , il a travaillé à une nouvelle
Horloge , dans la conftruction de laquelle
il a raffemblé tout ce que l'étude
& l'expérience ont pu lui apprendre ;
auffi a -t- elle parfaitement réuffi . Cette
Horloge a fait l'objet des Chapitres
XXXVIII & XXXIX.
Après avoir travaillé avec fuccès à
la perfection des Horloges aftronomiques
& des Montres , l'Auteur a formé
le projet de conftruire une Horloge marine
pour fervir aux longitudes : c'eſt
l'objet de quatre Chapitres. Pour parvenir
au but qu'il fe propofe ; il donne
dans le Chapitre XL une notion des longitudes
& de leur utilité en mer ; de
l'ufage de l'Horlogerie pour parvenir à
leur découverte . Le Chap. XLI traite
des principes qu'il a fuivis pour la compofition
d'une Horloge marine , laquelle
ell décrite Chap. XLII ; & d'après l'exétion
qu'il en a faite , il donne dans le
Chapitre XLIII les détails de maind'oeuvre
, & les expériences faites avec
cette machine. Il propofe dans le Chapitre
XLIV la conftruction d'une Horloge
marine plus fimple & moins coû
FEVRIER . 1763. 129
-
•
teufe que celle qu'il a exécutée . Il donne
auffi le plan de cette machine. Ce Chapitre
eft terminé par la defcription d'une
troifiéme Horloge , qu'il croit préférable
aux précédentes : il ne l'a pas exécutée
, mais il en donne le plan.
Le Chap. XLV contient quelques
additions & expériences relatives à la
perfection des Horloges aftronomiques .
Le Chapitre XLVI contient des additions
à plufieurs parties des Montres ; fur
les frottemens , compenfations du chaud
& du froid , & c : on y trouvera la defcription
de plufieurs inftrumens éffentiels
à la perfection des Montres , & entr'autres
une machine à fendre & à tailler
les roues de cylindre & roues de rencontres
enarbrées ; de l'exécution de l'échappement
à cylindre , &c . Enfin , pour
terminer cet Ouvrage , l'Auteur traite
dans le Chap. XLVII de la conftruction
& de l'exécution d'une bonne Montre
& il fait concourir tout ce qui peut la
porter à la plus grande perfection , &
entre dans tous les détails de fa conftruction
& dans les plus éffentiels de
fon exécution.
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Résumé : HORLOGERIE. ÉSSAI sur l'Horlogerie ; Par M. FERDINAND BERTHOUD, Horloger à Paris.*
Le texte présente un ouvrage sur l'horlogerie rédigé par Ferdinand Berthoud, horloger à Paris. Berthoud observe que, bien que l'art de l'horlogerie ait progressé en termes de main-d'œuvre, il manquait de principes scientifiques formalisés. Les auteurs précédents se limitaient à décrire les pièces et les pratiques courantes, entraînant une grande diversité dans la fabrication des pendules et des montres. Berthoud a donc entrepris de structurer cette science en principes établis, après plus de dix ans de travail et d'expériences. Son ouvrage vise à instruire les artisans et les amateurs en exposant les principes mécaniques et les détails pratiques nécessaires à la construction de machines précises. Il aborde la fabrication de pendules et de montres résistantes aux variations de température, ainsi que des horloges marines pour la détermination des longitudes. L'ouvrage est divisé en deux parties. La première partie, composée de trente-six chapitres, décrit les machines ordinaires d'horlogerie, les montres et les outils essentiels. La seconde partie, en quarante-sept chapitres, traite des principes théoriques, des expériences et des constructions de machines précises, y compris les horloges astronomiques et marines. Berthoud inclut également des planches illustratives et des détails techniques pour chaque type de machine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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« AUDOU, Maître Vitrier, rue S. Victor, vis-à-vis le Séminaire de S. Nicolas, proche la rue [...] »
Début :
AUDOU, Maître Vitrier, rue S. Victor, vis-à-vis le Séminaire de S. Nicolas, proche la rue [...]
Mots clefs :
Vitrier, Estampes, Pendules, Voitures, Verres
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texteReconnaissance textuelle : « AUDOU, Maître Vitrier, rue S. Victor, vis-à-vis le Séminaire de S. Nicolas, proche la rue [...] »
AUDOU , Maître Vitrier , rue S. Vidor , vis- àvis
le Séminaire de S. Nicolas , proche la rue
du Paon : Tient magafin de très-beaux verres
blancs de Bohême & autres propres aux Eftampes
, Paſtelles , Voitures , Pendules , Mignatures ,
& pour les croifées . Il monte les Eftampes en
Bordures de toutes couleurs . Il colle les Cartes
Thèles , fur toile : Entreprend le Bâtiment . Le
tout à jufte prix . A Paris.
le Séminaire de S. Nicolas , proche la rue
du Paon : Tient magafin de très-beaux verres
blancs de Bohême & autres propres aux Eftampes
, Paſtelles , Voitures , Pendules , Mignatures ,
& pour les croifées . Il monte les Eftampes en
Bordures de toutes couleurs . Il colle les Cartes
Thèles , fur toile : Entreprend le Bâtiment . Le
tout à jufte prix . A Paris.
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