LOGOGRYPHE.
AMlle Diga. Par M. D. V. **,
UN Normand qui trent sa parole
Est , dit - on , un Phénix ; ce n'est point hyd
perbole,
Je conviens avec vous de ce proverbe ; oui ;
Mais veux ,
d'hui
belle Diga , vous prouver aujour
Que je suis cet Oiseau dont on prône merveilles,
Recherché si soigneusement ,
Qu'après tant de soins et de veilles
L'on trouve encor si rarement ;
Et deussai - je souffrir cent fois plus que Sisyphe,
Vous composer le Logogryphe
Que je vous promis en partant ,
Pour vous prouver qu'il est tout au moins un
Normand
Des promesses qu'il fait observateur fidelle ,
Et que ce Phénix , c'est V ....
Sans perdre. donc le tems en discours superflus ,
Au fait. Dès ma naissance à demi consumée ,
Si l'on en croit quarante Auteurs et plus ,
Un Mont enflammé m'a formée ;
Le Notaire , le Financier,
II. Vol. Après
JUIN. 1351 1735 .
Après que l'on m'a fait tailler , unir, seier ,
Me conservent dans leur Etude ,
Et je leur plaits , sur tout quand je suis un peu
.rude.
Je fais aussi , dit -on , l'office de Barbier ;
Mais V ** jamais n'a voulu s'y fier,
Si de couper mon chef d'abord on se contente,
Sans rien changer de plus à mon individu ,
Tout aussi-tôt je représente
Un poids en France assez connu.
Mettant en cet état pour mon membre deuxième
Celui qui mon premier faisoit ,
Il faudroit être en quatrième ,
Si dans l'instant on ne voyoit
Un festin qu'en Ville et Village ,
Fait l'ignorant , le docte , aussi bien que Is
sage ,
Quant à l'objet de ses amours
Il vient de s'unir pour toujours ;
Mais changés encor ma structure ,
Et ventre-.
e- Sengris , je vous jure ,
Que vous trouverés sûrement ,
Si l'on en croit le Ruliment ,
Une maudite particule ,
Qui fait à l'Ecolier donner mainte férule.
Lecteur , si ton esprit est encore incertain ,
Malgré ta clair-voyance extréme ;
Tu pourras me trouyer chez un fameux Romain
II. Vol. Qui E
1352 MERCURE DE FRANCE
Qui , juge de son Souverain
Oprima l'innocence même.
Muse , alte- là , c'en est assez
De promettre et tenir pour un homme de Sées