LOGOGRYPH E.
Das cruautés du fort victime deplorable ,
ES
Je fouffre à chaque inftant mille tourmens nouveaux
.
Encor fi du deftin l'arrêt impitoyable
M'eût laiffé pour efpoir de voir finir mes maux.
Mais non ô barbarie ! ô cruelle injuftice !
Pour n'en plus endurer , il faut que je périffe.
A ce trifte début tu me plains , cher Lecteur ?
J'excite ta pitié ? Mais fois faifi d'horreur :
Vois comme une main affaffine
De mille & mille dards vient me percer le fein.
En font- ils arrachés hélas ! on m'en deftine ,
L'inſtant d'après , un plus nombreux effain .
Enfin trop répété , cet horrible martyre
Met mon corps en lambeaux , & je ne vaux plus
rien .
Si des maux fi connus ne m'indiquoient pas
bien ,
Cherche , Lecteur , ce que defire
Cet homme ambitieux , qui , for jouet du ſort ,
Rifquant fon bien , par avarice ,,
Attend qu'il plaiſe à fon caprice
De décider s'il eut raifon ou tort.
J'offre encore à tes yeux un des points de la
terre ,
66 MERCURE DE FRANCE.
Qui termine fon axe : un Dieu qui , pour Junon }
Sous les flots écumans , miniftre de colere ,
Des Troyens échappés voulut , à fa priere ,
Noyer le trifte refte , & perdre jufqu'au nom :
En la cuifine un meuble néceffaire :
Un fleuve d'Italie ; enfin un ornement
Que peut porter un Prêtre feulement.
C'en eft affez , Lecteur , il faut me taire :
T. PASQUIER.