AUTRE.
' EST pour un art affreux, dont le monde gémit,
Que dans l'âge de fer , me fit naître mon pere ;
Et de deux élémens , je tiens tout mon crédit.
Quan n'aille pas , d'abord , me prendre pour mon
frere:
Je lui reffemble affez , mais je fuis plus petit.
Il eft , ainfi que moi , formé pour le carnages
Des hommes,tous les deux ,nous fervons les defirs,
Lui , quelquefois , utile à leurs plaifirs ,
Moi , jamais qu'à remplir les tranſports de leur
rage:
Emploi trifte,où furtout, dans ces tems malheureux,
Eux -mêmes font forcés , contre leurs propres
voeux ,
Victimes de mes coups , de me mettre en uſage.
Mon nom , dans les dix pieds , offre ... mais, d'un
Cenfear ,
Déjà la voix fe fait entendre:
Il m'objecte , d'un air mocqueur,
Que je puis des détails lui fauver la longueur,
Tant jefuis facile à comprendre.
JUIN . 1760.
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Mais , fans douter que tu tiennes le mot ,
Lecteur , on croit fouvent fçavoir ce qu'on ignore
Examine- le bien encore :
Tu verras que tu n'es qu'un fot.
Un for ? le mot peut ne être équivoque !
Rimailleur , tu pourrois ... cher Lecteur , je le diss
Si tu tefâches , c'eft tant pis ,
Car tu trouveras , qu'on s'en moque...
Cependant , je pourrois railler hors de faiſon:
Je le vois dans tes yeux , au feu dont tu t'animes :
Auffi , pourquoi le prendre fur ce ton ?
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Ne fçais-tu pas , que la raison ,
Ne guide pas toujours le caprice des rimes ?
Avant de t'emporter , confidere un moment,
Qu'une Mufe fouvent , ment :
Bien loin de t'irriter , tu pourras même en rire.
Ou fi ce n'eft l'excale qu'il te faut ;
Venge- toi , j'y confens. Il t'eft permis de dire ,
Que de la Mule qui m'infpire ,
Plût à Dieu , que mentir fut le moindre déffaut !