AUTRE,
HEUREUX EUREUX celui qui dès l'enfance
A pris grand foin de m'éviter !
On ne fauroit me fupporter
Malgré le ton de fuffifance
Que fouvent je fais affecter.
Pour moi rien n'eft à refpecter ;
Je ne connois ni bienféance ,
Ni petits - foins , ni complaifance ,
Ni les égards que , fans flatter ,
Nous devons tous à la naiffance ,
Au vrai mérite , à la beauté . ...
Vrai mal dans la fociété ,
On ne devroit pas m'y connoître ,
J'oſe cependant y paroître ,
Et je me montre en fûreté .
Servant d'escorte au petit-maître ,
70 MERCURE DE FRANCE.
Ou fuivant fièrement les pas
De la prude & de la coquette ,
J'empêche , il eft vrai , la conquête
Des coeurs qu'elles n'accueillent pas ,
Et fais grand tort à leurs appas ,
Tant leur abord eft mal -honnête ! ...
Si tu veux me connoître mieux ,
Mon nom , Lecteur , offre tes yeux
Un mot fait pour compter richelles ;
Un fentiment que nos foibleffes
En tout temps devroient exciter ;
Ce que l'on cherche à mériter
Des gens de bien que l'on fréquente ;
Un mal affreux qui nous , tourmente ,
Par bonheur , affez rarement ; ɛ.
Ce que l'on prend également
Sur nos biens & fur nos perfonnes ;
Ce qui renverfe les couronnes
Et détruit fans ménagement
Les palais des Rois & leurs trônes ;
Un Empereur . Mahometan ;
Un ornement d'arhitecture ;
Un mets plus doux que confiture ;
Ce qui répété forme un an ;
Un tiffu moins beau que la foie ;
Une Déeffe ; un fale vent ;
Un minéral ; un vêtement
Que pendant l'hiver on emploie ;
Un vieux mot fynonime à jaie ;
Gai etgracieux.
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La brune Philis dans mon coeurAllume lap
vive flame,Mais de Climene un trait vain
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-queur L'efface bientôt de mon a..me. O toi qui
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cause mon ennui Daigneras - tu m'entendre
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mour, ou rend mon coeur moins ten
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dre
Ou décidepour lui.Amour,ou rendmon coeurmo
ten- dre, Ou décidepour
lui.
MARS 1767. 71
C
Un livre dont tous les matins
Les Prêtres font un bon ufage ;
Le fils connu d'un homme fage ,
Du fecond père des humains ;
Mais finitions ce verbiage :
Je t'offre encore deux mots latins
Qui font faits pour ce badinage ,
Tu diras l'un avec plaifir
Si , dans ces vers , j'ai fçu te plaire ;
Mais tu diras l'autre , au contraire ,
Si tu n'as point pu me faifir,
Par l'auteur de la première énigme.