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1
p. 1913-1917
EXTRAIT d'une autre Lettre curieuse, écrite aussi de Malthe dans le même temps, sur un Phénomene de Medecine.
Début :
Or écoutez, Seigneurs, petits & grands, l'Histoire del Medico dell' [...]
Mots clefs :
Eau, Glace, Douleurs, Fièvres, Capucin
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une autre Lettre curieuse, écrite aussi de Malthe dans le même temps, sur un Phénomene de Medecine.
EXTRAIT d'une autre Lettrecurieufe,
écriteauffi deMalthe dans le mêmetemps,
JurunPhénomene de Medecine.
R écoutez , Seigneurs , petits &
grands , l'Hiftoire del Medico dell'
acqua fresca: un Prêtre Sicilien , fils
d'un Apoticaire , Docteur en Medecine,
Chimifte de réputation , & de plus Ca
pucin pour le falut de fon ame , eft ici
depuis fix femaines. Il a par charité , par
vanité ou par malice contre la Faculté
´entrepris de guerir les maux qu'on croit
inconnus aux Medecins: voici le fait.
Le Comte Beveren , Allemand , étoit
depuis trois ans affligé d'une palpitation
de cœur avec des mouvemens convul
fifs , un froid à la poitrine qui ne lui
permettoit pas dans la canicule , de fouf--
frir l'air quoique très chaud. Il étoit
toûjours couvert d'une fourrure fur la
peau , & à l'avenant vêtu de veſtes & de
furtouts outre cet affortiment de jour
il étoit très-chaudement couché , & il
ne pouvoit la nuit fous fes couvertu
res fortir le doigt fans être gelé , &
en avoir des convulfions. Le Capucin
Cij
d'entrée dejeu,le dépouille de fes inuti
les/
1914 MERCURE DE FRANCE.
les furtouts , le mit à l'air , & avec de
l'eau commune à la glace & prefque
gelée, fait en 24. heures , que le Comte
Beveren ne connoît plus la foibleffe de
fa poitrine , nile froid ordinaire dont il
étoit tourmenté , eft fans convulfions ,
1
dort à merveille, & fetrouve déja com
me gueri ; fes palpitations fontfort di
minuées. C'eſt l'ouvrage de cinq ſemai
nes. Nota que tous les Medecins de Fran
ce, d'Angleterre & d'Allemagne conful
tez , n'ont rien connu à ce mal. Ils ont
feulement tenu les difcours ordinaires .
un épaiffement du fang , &c. mais de
remede point du tout.
Le CommandeurGuarrena,Piémontois,
livréparla facultéà ladifcretion d'un po
lipeou Schirre,formé ou non, mais placé
àcôtédufoye en long, &fi dur qu'il n'o
béïffoit pas à la main;exterieurement mar
qué avec tous les fimptômes d'un homme
farci d'obftructions ; un corps fec, exte
nué , face livide , &c. par l'effet de l'eau,
le Schirre fe ramolit , 15. jours après il
fentit toute forte de douleurs. La dureté
s'eft diffipée à mesure que dans fes uri
nes on voyoit des matieres comme de la
craye & vifqueufes,à couper avec le cou
teau. M. Guarrena eft revenu de fes laffi
tudes , fon vifage a repris couleur, & ilfe
trouve guerri. Maux de têtes, migraines,
cha
SEPTEMBRE 1724. 1915
chaleurs d'entrailles , diarrées inveterées,
n'ont fait que blanchir fous l'eau glacée.
Un Prêtre atteint de la fiévre maligne
en trois jours a été fur pied : la fiévre
fut prife dans le commencement , &'dès
qu'ellefut declarée maligne.
UnEſpagnol, Page du Grand-Maître,
abandonné par fon Medecin , & après
avoir reçu les Sacremens , fut dans trois
jours fans fiévre par le fecours du Ca
pucin. Il leprit dans cet état , fit ouvrir
les fenêtres , & lui fit avaler de l'eau à la
glace.
Il prétend guerir les hidropifies avec
l'eau en très-peu de temps , & a propofé
qu'on lui donnât de tels malades.
Le Bailly Ruffo fe trouvant attaqué
d'une fiévre violente, avec une diarréeen
tenefme , & des douleurs affieufes , rien
ne le foulagea. Il fit venir le Capucin &
prit l'eau. Dès les premieres 24. heu
res , plus de fiévre, moins de douleurs.
Le lendemain fa diarrée augmenta &
fit de la matiere verte en abondance ;
le troifiéme jour nous l'avons vû chez
le Grand-Maître. J'en fus tout étonné, je
l'avois vû le matin dans fon lit.
Tout ce que je vous écris , mon cher
Bailly , eft de vifu & auditu : je ne
fuis pas prévenu en faveur de l'eau , je
ne la croyois bonne que pour rinfer nos
ver
C iij
1916 MERCURE DE FRANCE.
verres, & pour laver les égouts.
Voici fa maniere de traiter. Onfait ra
fraîchir l'eau à force de glacé ou de nei
ge, autant qu'elle peut l'être , & vous
en buvez trois grands gobelets le matin ,
& dansle cours de la journée jufques à
35. On ne mange point, fur-tout les pre
miers jours. Lorfqu'on fe trouvefoible
au lieu d'alimens , il donne deux ou trois
verres d'eau le foir , avec deux ou trois
jaunes d'oeufs. Dans la fuite on mange
plus ou moins un demi poulet , un petit
pigeon , deux ou trois onces de macar
rons de Sicile, felon l'état où le Capucin
trouve fon malade. Plus ou moins d'eau ,
plus ou moins d'alimens. Il ne quitté
pas fes malades , & obferve continuelle
ment leur poulx. L'effet de l'eau eſt dé
donner , ou des maux de tête , ou dés
chaleurs extrêmes , ou des douleurs dans
les entrailles , même la diarrée , & de
Vous renouveller tous vos anciens maux.
Voici le remede pour la diarrée il
vous coule des lavemens d'eau à la glacë,
& fait boire dans l'inftant, ainſi que pour
les douleurs d'entrailles , & vous fait
frotter le ventre avec de la glace. Pour
les chaleurs de même , il frotte avec de la
glace la tête & l'eftomach. Si c'eft fciati
que qui fe renouvelle ou rumatifine
friction fur la partie avec cette glace.
Ecce
SEPTEMBRE 1724. 1917
Ecce homo, jugez- en, j'ai vû , je vois
tous les jours ce que j'écris ; il traite ſes
malades fans intereft. Ce Religieux a
de l'efprit , l'air guai , confolant & de
confiance. Je lui ai propofé l'eau pour
mesyeux, il m'afait efperer d'autres re
medes pour fortifier les nerfs optiques ,
j'en uferai s'ils font externes , s'il m'en
propofe d'autres , chiſta benè nonſi mo
ve, mafanté eftparfaite,fon graffo ,fref
co comecarne di vitella. Honorez-moi de
vos ordres dans les quatre mois que je.
ferai encore ici ; heureux fi je pouvois
prouver à vôtre Excellence le tendre &
refpectueux attachement de fon très
humble & très obéiffant ferviteur F. P.
écriteauffi deMalthe dans le mêmetemps,
JurunPhénomene de Medecine.
R écoutez , Seigneurs , petits &
grands , l'Hiftoire del Medico dell'
acqua fresca: un Prêtre Sicilien , fils
d'un Apoticaire , Docteur en Medecine,
Chimifte de réputation , & de plus Ca
pucin pour le falut de fon ame , eft ici
depuis fix femaines. Il a par charité , par
vanité ou par malice contre la Faculté
´entrepris de guerir les maux qu'on croit
inconnus aux Medecins: voici le fait.
Le Comte Beveren , Allemand , étoit
depuis trois ans affligé d'une palpitation
de cœur avec des mouvemens convul
fifs , un froid à la poitrine qui ne lui
permettoit pas dans la canicule , de fouf--
frir l'air quoique très chaud. Il étoit
toûjours couvert d'une fourrure fur la
peau , & à l'avenant vêtu de veſtes & de
furtouts outre cet affortiment de jour
il étoit très-chaudement couché , & il
ne pouvoit la nuit fous fes couvertu
res fortir le doigt fans être gelé , &
en avoir des convulfions. Le Capucin
Cij
d'entrée dejeu,le dépouille de fes inuti
les/
1914 MERCURE DE FRANCE.
les furtouts , le mit à l'air , & avec de
l'eau commune à la glace & prefque
gelée, fait en 24. heures , que le Comte
Beveren ne connoît plus la foibleffe de
fa poitrine , nile froid ordinaire dont il
étoit tourmenté , eft fans convulfions ,
1
dort à merveille, & fetrouve déja com
me gueri ; fes palpitations fontfort di
minuées. C'eſt l'ouvrage de cinq ſemai
nes. Nota que tous les Medecins de Fran
ce, d'Angleterre & d'Allemagne conful
tez , n'ont rien connu à ce mal. Ils ont
feulement tenu les difcours ordinaires .
un épaiffement du fang , &c. mais de
remede point du tout.
Le CommandeurGuarrena,Piémontois,
livréparla facultéà ladifcretion d'un po
lipeou Schirre,formé ou non, mais placé
àcôtédufoye en long, &fi dur qu'il n'o
béïffoit pas à la main;exterieurement mar
qué avec tous les fimptômes d'un homme
farci d'obftructions ; un corps fec, exte
nué , face livide , &c. par l'effet de l'eau,
le Schirre fe ramolit , 15. jours après il
fentit toute forte de douleurs. La dureté
s'eft diffipée à mesure que dans fes uri
nes on voyoit des matieres comme de la
craye & vifqueufes,à couper avec le cou
teau. M. Guarrena eft revenu de fes laffi
tudes , fon vifage a repris couleur, & ilfe
trouve guerri. Maux de têtes, migraines,
cha
SEPTEMBRE 1724. 1915
chaleurs d'entrailles , diarrées inveterées,
n'ont fait que blanchir fous l'eau glacée.
Un Prêtre atteint de la fiévre maligne
en trois jours a été fur pied : la fiévre
fut prife dans le commencement , &'dès
qu'ellefut declarée maligne.
UnEſpagnol, Page du Grand-Maître,
abandonné par fon Medecin , & après
avoir reçu les Sacremens , fut dans trois
jours fans fiévre par le fecours du Ca
pucin. Il leprit dans cet état , fit ouvrir
les fenêtres , & lui fit avaler de l'eau à la
glace.
Il prétend guerir les hidropifies avec
l'eau en très-peu de temps , & a propofé
qu'on lui donnât de tels malades.
Le Bailly Ruffo fe trouvant attaqué
d'une fiévre violente, avec une diarréeen
tenefme , & des douleurs affieufes , rien
ne le foulagea. Il fit venir le Capucin &
prit l'eau. Dès les premieres 24. heu
res , plus de fiévre, moins de douleurs.
Le lendemain fa diarrée augmenta &
fit de la matiere verte en abondance ;
le troifiéme jour nous l'avons vû chez
le Grand-Maître. J'en fus tout étonné, je
l'avois vû le matin dans fon lit.
Tout ce que je vous écris , mon cher
Bailly , eft de vifu & auditu : je ne
fuis pas prévenu en faveur de l'eau , je
ne la croyois bonne que pour rinfer nos
ver
C iij
1916 MERCURE DE FRANCE.
verres, & pour laver les égouts.
Voici fa maniere de traiter. Onfait ra
fraîchir l'eau à force de glacé ou de nei
ge, autant qu'elle peut l'être , & vous
en buvez trois grands gobelets le matin ,
& dansle cours de la journée jufques à
35. On ne mange point, fur-tout les pre
miers jours. Lorfqu'on fe trouvefoible
au lieu d'alimens , il donne deux ou trois
verres d'eau le foir , avec deux ou trois
jaunes d'oeufs. Dans la fuite on mange
plus ou moins un demi poulet , un petit
pigeon , deux ou trois onces de macar
rons de Sicile, felon l'état où le Capucin
trouve fon malade. Plus ou moins d'eau ,
plus ou moins d'alimens. Il ne quitté
pas fes malades , & obferve continuelle
ment leur poulx. L'effet de l'eau eſt dé
donner , ou des maux de tête , ou dés
chaleurs extrêmes , ou des douleurs dans
les entrailles , même la diarrée , & de
Vous renouveller tous vos anciens maux.
Voici le remede pour la diarrée il
vous coule des lavemens d'eau à la glacë,
& fait boire dans l'inftant, ainſi que pour
les douleurs d'entrailles , & vous fait
frotter le ventre avec de la glace. Pour
les chaleurs de même , il frotte avec de la
glace la tête & l'eftomach. Si c'eft fciati
que qui fe renouvelle ou rumatifine
friction fur la partie avec cette glace.
Ecce
SEPTEMBRE 1724. 1917
Ecce homo, jugez- en, j'ai vû , je vois
tous les jours ce que j'écris ; il traite ſes
malades fans intereft. Ce Religieux a
de l'efprit , l'air guai , confolant & de
confiance. Je lui ai propofé l'eau pour
mesyeux, il m'afait efperer d'autres re
medes pour fortifier les nerfs optiques ,
j'en uferai s'ils font externes , s'il m'en
propofe d'autres , chiſta benè nonſi mo
ve, mafanté eftparfaite,fon graffo ,fref
co comecarne di vitella. Honorez-moi de
vos ordres dans les quatre mois que je.
ferai encore ici ; heureux fi je pouvois
prouver à vôtre Excellence le tendre &
refpectueux attachement de fon très
humble & très obéiffant ferviteur F. P.
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2
p. 1335-1347
LETTRE écrite de Malte le 6. May 1725. à S. E. M. le Bailly de Mesmes, Ambassadeur de la Religion à la Cour de France, sur la certitude des operations du remede de l'eau à la glace.
Début :
VOUS souhaités, Monsieur, d'être éxactement informé des operations de [...]
Mots clefs :
Eau, Remède, Malades, Guérir, Signe, Capucin, Commandeur, Glace, Religion, Médecins, Fièvre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Malte le 6. May 1725. à S. E. M. le Bailly de Mesmes, Ambassadeur de la Religion à la Cour de France, sur la certitude des operations du remede de l'eau à la glace.
LETTRE écrite de Malte le 6. May
1725. à S. E. M. le Bailly de Mef.
mes , Ambaffadeur de la Religion à la
CourdeFrance, fur la certitude desope
rations du remede de l'eau à la glace.
OUSfouhaités , Monfieur , d'être
éxactement informé des operations
de l'Eau à la glace. Nous en avons été
auffi étonnés que Vous pouvez l'être
en France & dans toute l'Europe. Il faut
2. vol.
1336 MERCURE DE FRANCE.
à l'avance vous affurer que tous ceux
de ma connoiffance qui ont pris ce re
mede , jouiffent aujourd'hui d'une parfai
te fanté je fuis perfuadé même qu'ils
nerefuferont pointde figner cette Lettre ;
difpenfes moi , feulement de me ſervir
des termes de l'Art ; il m'eſt permis de
les ignorer refufés auffi , du moins ,
mon nom à l'impreffion , & fur cepied
là , je vais vous rendre compte de tout
ce que j'ai veu.
Le R. Pere Bernardo Maria de Caftro
giaanne , Capucin Sicilien , vint à Malte
les premiers jours de Mai 1724. pour
paffer à Venife. On nous écrivit de Pa
lerme qu'il faifoit des Cures merveilleu
fes en donnant de l'eau à la glace. Il fut
follicitépar plufieurs Chevaliers malades
& il entreprit d'en guerir quelques uns.
Ils fe logerent tous à la Camaradeavec
le Capucin , qui étoit à portée de les
voir la nuit & le jour. Illes traita tous
d'une maniere differente , c'est-à-dire ,
pour le manger , & pour leur donner
de l'eau plus ou moins , le jour ou la
nuit ; mais dans les premiers jours la
diete fût generale : Nous avons vû des
malades être 25. & 30 jours fans man
ger abfolument , ne beuvant que de l'eau
glacée ; & ceux à qui il permettoit de
* Hopital deMalte.
2.vol.
manger
JUIN 1725.
1337
manger n'étoient nourris que de fixjau
nes d'œuf par jour il donnoit à d'au
tres des Macarons cuits à l'eau , avec
du fromage rapé , d'autres mangeoient le
foir & le matin de la viande. Cette ma
niere irreguliere de conduire fes malades
déconcerta tous nos Medecins.
Le Commandeur Baron de Beveren,
Allemand , fouffroitdepuis long-tems des
palpitations , & une oppreffion de cœur
fi violente, qu'il reftoit fouvent , & long
,
>
tems fans connoiffance & avec des
fueurs froides infaportables. Ces accidens
le prenoient ordinairement la nuit : il
étoit fûr , lorfqu'il mettoit les brashors
du lit de ne pouvoir plus les réchauffer ,
il étoit obligé pendant la Canicule de
porter des Camifoles , & d'être vêtu
comme dans l'Hiver. Il avoit eprouvé a
Londres , à Vienne , en Lorraine , & à
Rome,toutefortede remedes inutilement;
fon teint étoit plombé & livide , & fes
forces diminuoient tous les jours. L'eau
à la glacefit réfoudre un abfcès qu'il avoit
audeffous dela region du cœur,qu'il vuida
partie par les vomiffemens & le refte par
en bas. Il étoit d'une fi grande puanteur
qu'on nepouvoit en approcher. Ilfut très
mal pendant l'operation ; mais en conti
nuant deprendre de l'eau, la playe que l'ab
fcèsavoit faite en dedans , & qui étoitfort
I. vol.
dou
1338 MERCURE DE FRANCE:
douloureufe , fe confolida ; il ne fentit
plus la douleur fixe qu'il avoit à la poi
trine depuis 20 ans. Enfin il fe porte à
merveilles à prefent ; il a paffé l'hiver
›
fans manteau fon teint eft frais & fes
forces font revenues. Il eſt âgé de 56.
ans. Cet article eft figné de fa main le
Commandeur Baron de Beverens. Nous
avons vu l'original ainfi quetous les au
tres dont on va parler.
Le Commandeur Rovero dit Guarena
Piémontois , étoit abandonné des Mede
cins ; fon fang, difoient-ils , trop rempli
d'acides circuloit avec peine , & avoit
fait un dépoft audeffus & au bas dufoye,
ce qui caufoit une dureté qui refiſtoit à
la main & qui s'élevoit fur la peau ;
foit que ce fut un Schirre ou autre cho
fe. Il avoit la couleur livide , & les
jambes enflées , tout cela depuis plus.
d'un an. L'eauglacée a détaché cette ma
tiere par les urines ; on a obfervé qu'elle
étoit blanche , & que fechée au Soleil
elle fe reduifoit en poudre trés-menuë.
Le Schirre s'eft diffipé & ce Comman
deur fe porte mieux qu'il n'a fait de fa
vie ; il eft âgé de 50 ans & a auffi figné
de fa main. Il Comendatorefra Pietro Ro
vero di Guarena.
Le Commandeur Gianne Nobile , de
Trapano , a été délivré par l'eau d'une
I. val
coli
JUIN 1725.
colique nephretique , des vertiges , &
d'une grande foibleſſe d'eſtomac ; il fejoi
1339
gnoit à tout cela des vapeurs qu'on ne
connoît ici que fous le nomde Flattus. 11
255. ans. Signé:Fin'oggi, grace al Signor
doppo voti mei: non ho sentito nefun dolore.
IlCommendator de Neriti.
Le Commandeur André di Giovanni
de Meffine , a été gueri d'une foibleffe
& d'un branlement de tête qui eftoit ac
compagnéd'uneferofitéqui affoibliffoit fa
veuc , il avoit auffi des palpitations de
cour & deschaleurs d'entrailles , le bras
droit comme perclus , l'autre fort foible ,
& les jambes engourdies , il joüit à pre
fent d'uneparfaitefanté , à 45. ans : & a
figné, F. Andrea di Giovanni.
Le ChevalierJofeph de Vafconcellos ;
Portugais , âgé de 25 ans , avoit depuis
deux ans une Diarée , avec une douleur
continuelle de tête & d'eftomac , & depuis
trois ans des palpitations de cœur , avec
le col enflé. Il fe porte aujourd'hui très
bien par le même remede & eft fur le
point de s'embarquer fur les Navires de
la Religion. Signéle ChevalierdeVafcon
cellos.
Le Chevalier Narducci de Luques
âgé de 35 ans , a été pareillement gue
ri en peu de jours d'une diffenterie ac
.compagnée de fievre. Signé le Chevalier
Le
Narducci.
1340 MERCURE DE FRANCE.
Le Chevalier de Seraïnchamps , de
Lorraine , âgé de 38 ans , avoit de très
violentes chaleurs d'entrailles & dans les
reinsdepuis dix ans ,aprèsavoirpris l'eau
glacée pendant48 jours , fesurines furent
fibrulantes qu'elles cafferent trois pots
de chambre de verre tout de fuite &
que les matieres qu'il rendoit le foir parو
les felles , bouilloient & fermentoient
encore le lendemain , il avoitde plus des
douleurs dans les reins , destournoyemens
detête, une chaleur immoderéeaux pieds,
&unefoiblefledans lesjambes ; cependant
il est gros & gras aujourd'hui & fe porte
à merveilles. Signé le Chevalier de Se
rainchamps.
Le Chevalier de S.Leger, deNorman
die , & le Chevalier Petrucci de Sienne,
le premier âgéde 38. ans & le 2 de 28.
ont été l'un & l'autre gueris par le même
remede , d'unehumeuracidedont ils fouf
froientdepuis quelques années ce qui cau
foit à l'un des vertiges avec le ventreten
du , & àl'autreune douleur fixe à la tête
ils font tousdeux en merfur les vaiffeaux
de la Religion.
Le Bailly D. Fabritio Ruffo , Napoli
tain , a été gueri en trois jours d'une vio
lente colique , accompagnée d'une groffe
fiévre, & quelque tems après d'une dou
leur dans les mufcles très-vive ; il fe
2.vol.
porte
JUIN 1725.
1341
porte aujourd'hui très-bien & a 55. ans.
Signé F. Fabritio Ruffo.
Le Chevalier Orighi Romain & le
Chevalier Marco Gironda de Bari, lepre
mier malade d'une Diffenterie & le 2.
d'une enflure aux jambes & fouvent au
refte du corps , depuis long-tems , ont
été auffi gueris ; enforte qu'ils font tous
deux actuellement à la mer pour le fer
yice de la Religion , l'un âgé de 2 2. ans
& l'autre de 35.
Michel-Ange Dorel, Prêtre, tourmen
té d'un flux d'urine , & enfin abandonné
des Medecins , a été fi bien gueri par le
même remede , qu'il eftactuellement en
Sicile,où il est allé prendre l'air , âgé de
de 36 ans. Signé Dorel: pourmon fils,qui
eft abfent,étant alléen Sicile changer d'air.
LeComte Trautshon Allemand , a été
délivré par l'eau glacée d'une migraine
qui le tourmentoit.depuis plufieurs an
nées ; ileft âgé de 25. ans. Signé Comte
de Trautshon...
Le fieur Fortunato Xebaras , Maltois,
âgé de so ans , s'eft delivré par le mê.
me moyen d'une grande perte de fang ,
caufée par les hemorroïdes,
les hemorroïdes, enforte qu'il
en perdoit deux & troislivres à la fois
& d'unegrande foibleffe d'eftomac ; les
Medecins l'avoient abandonné. Cequi eft
attefté dans l'original par le Comman
2, vol.
D deur.
1342 MERCURE DE FRANCE.
deurd'Argouges, en ces termes : J'attefte
comme témoin oculaire la guerifon dudit
Xebaras. Signé le Commandeur d'Ar
gouges..
Le Chevalier Pietro Sarzana , Eſpa
gnol , Page de Son Alteffe Emin. âgé
de 15 ans , a été auffi gueri par l'eau
glacée d'une fievre maligne avec délire,
une toux feche , & dupourpre ; enforte
que lesMedecins l'avoient abandonné. Il
eft actuellement en Espagne en bonne
fanté. Cet article eft attefté de la maniere
2
Le
qui fuit : Par le Commandeur Rovero
de Guarena. Signé Fra Pietro Romero de
Guarena teftimonio di vista.
Chevalier LeonardMarfilli de Sien
ne auf Page de Son Alteffe Emin,
âgé de14ans , a été pareillement délivré
& enpeu dejours d'unefievre continuë
accompagnée d'une douleur de côté ; il
eft actuellement dans fon pays..
Le Commandeur d'Argouges , Fran
çois , âgéde 32 ans , a été.gueri par le
même remede , d'une humeur âcre &
bilieufe qui enflammoit fes yeux, tout
પ્રવ
autre remede n'ayant pû le foulager ; &
dernierement il le fut encore par l'eau
glacée endeux jours , d'un mal fort à la
modeici depuis deux mois , que je crois
être une ebullition de fang , & qu'on
nomme à Malte Pourpourina. On a les
a. al.
mêmes
JUIN 1725.
1343
mêmes fymptomes que dans la petite ve
role & fouvent la fievre. Signele Com
mandeur d'Argouges.
Le Chevalier de Revel de Nice , âgé
de 18ans , après 28 joursde fievre ma
ligne interne , qu'on ne connût pas d'a
bord, a été auffi gueri par notre Mede
cin , & le porte fi bien qu'il eftactuel
lement fur les Vaiffeaux de la Religion.
Cet article eft attefté par le Chevalier
Provane fon oncle. Signé le Chevalier
Provane , en absence de mon néven.
Le fils du Comte Pretiofi , Maltois ,
âgé ſeulement de 6 ans , fut attaqué d'une
fievre continue qui le mit à deux doigts
de la mort l'eau à la glace l'a parfaite
ment gueri , au grand étonnement des
Médecins qui l'avoient abandonné. Ce
même enfant eut trois mois après la pe
tite verole, le Capucin luidonna le méme
remede , mais bien differemment ; car à
mefure qu'il vomiffoit , il lui en faiſoit
prendre jour & nuit. 48 heures après la
premiereprife , la petite verole parut ,
elle s'enfla , fecha , & tomba enfin le
troifiéme jour , fans qu'on ait fenti au
cune mauvaiſe odeur , ni qu'elle ait creu
fé la peau.Il auroit pufortir le quatrième
jour. Le Pere de l'enfant a figné de cette
maniere. Il Contepor miofiglio Pretiosy.
Le Chevalier de Levi , François , at
2. vol.
Dij taqué
1344 MERCURE DE FRANCE.
taqué d'une fievre maligne , abandonné
des Medecins & fans connoiffance , aété
auffi gueri en peude tems.Comme il étoit
malade à l'Infirmerie , S. Alteffe Emin.
obligea les Medecins d'en répondre
ou de le remettre entre les mains du P.د
Capucia , cequ'ils firent ; il fe porteaurs
jourd'hui parfaitementbien,âgé de20ans.
Signé le Chevalier de Levi.n
Le Commandeur Staxi, âgé de 45 ans,
ayant oui parler du Capucin , eft revenu
d'Efpagne a Malte,& a été gueri par fon
remede d'une humeur âcre , dontil étoit
tourmenté depuis long-tems , tousles au
tres remedes luiayant été inutiles. Il avoit
le vifage d'un rouge noirâtre , fon teint
eft revenu & ilfeporte à merveille.
Unhommeaccabléde maux veneriens,
s'avifa de prendre de lui-même l'eau à
la glace fous un autre pretexte ; mais
s'étant declaré au Capucin, celui-cichan
gea feulement la maniere delui donner
l'eau. Elle le faifoit fuer regulierement
une heure & demie tous les matins , &
le refte du jour il trembloit de froid ; il
a été enfin parfaitement gueri. Il ne faut
pas oublier que cette cure a été faite
}
dans le mois de Janvier ; & ce n'eft pas
la feule de cette effece.
Ily aeuplufieurs Chevaliers & d'au
tres perfonnes qui ont été delivrées de
leurs
2. vole.
JUIN 1725.
leurs infirmités par ce même remede ;
mais je crois , Monfieur , qu'il feroit inu
tile de vous en faire un plus long detail.
1345
f
La maniere dont le P. Capucin don
ne l'eau glacée à fes malades , eft, com
me j'ai déja dit , differente , felon les
maux , l'âge & le temperament du
malade maison aobfervé qu'il veut que
tous les malades prennent l'air , les fenê
tres & les portes ouvertes , qu'ils foient
peu couverts ; avec la tête razée, fouvent
fans bonnet , même dans lesfievres ma
1
lignes. Le Chevalier de Revel qui en
eftoit attaqué , marchoit nuds pieds & la
tête razée. Dès qu'il put fe foutenir,ilfut
purgé avecun Melond'eauàlaglace, fans
fouffrirde tranchées & fort doucement.
LeCommandeurGuarena Piedmontois
fe trouva perclus d'unejambe dans letems
de fa cure , & il fut gueri par des fric
tions de glace. Le Medecin en fait faire
fur latête & fur l'eftomac , felon l'état
où il voit les malades ; il ordonne auffi
des lavemens d'eau à la glace , qui font
des effets merveilleux.
Tout le monde a vû ici ce que j'ai
l'honneur de vous écrire. Vous compre
nez affez que les Medecins n'ont rien
oublié au commencement pour décrédi
ter le remede ; mais les Certificats qu'ils
ont efté obligez de fournir aux malades
2. vol.
Dilj
aban
1346 MERCURE DE FRANCE.
abandonnez & remis au Capuçin , lejuſ
tifient parfaitement.
Il faut cependant convenir que l'eau à
la glace n'empêche pas de mourir ceux
qui font, pourainfi dire,frappezdemort
ou quiont attendu trop long-tems : nous
enavonsdeux outrois exemples. M. Bou
garel , Pretre Conventuel, mourut en
moins de trois jours d'une fievre ardente
caufée par un coup de foleil : le Capu
cin dit d'abord, en le voyant , qu'il avoit
befoin de recevoir les Sacremens
,
&
qu'il eftoit prefque inutile de lui donner
Feau à laglace, Le BaillyDuantemourut
auffi en trois jours d'une retention d'uri
ne & d'une inflammation interne : fans
parlerdu Chevalier Caftrioti ; il eft vrai
qu'il lui furvint une attaque d'Apople
xie, & d'autres accidents qui le mirent
C
au tombeau aubout de so. jours.
Le P. Capucin eftfils d'un Apotiquai
re qui eft aufli Docteuren Medecine, &
grand Chymifte ; il quittala pratique or
dinaire de la Medecine pour traiter fes
malades avec l'eau glacée. Il a un frere
Medecin à Saragoffe , qui doit s'embar
quer inceffamment avec toute lafamille
pour venir s'établir ici , avec 300 écus
de penfion , , que Son Alteffe Emin. lui
fait donner , & il traitera à fon profit
les malades quiprendront l'eau à laglace,
2. vol.
car
1347
JUIN 1725.
car il donne ce remede commefonfrere
Je Capucin.
Celui-ci a propofé aux Medecins d'en-,
treprendre de traiter, à leur maniere-or
dinaire , cent malades , & que fi fur ce
nombre , ils en fauvent feulement dix , il
prétend, lui, en guerir 60. plus furement
& enmoins de tems d'un pareil nombre
de cent, à qui il donnera l'eau à la gla
ce. J'oubliois de vous dire que le Capu
cin défend à fes malades de s'echauffer
& de fepromener aufoleil , pour évi
ter la fueur.
Vous recevrez la relation de la cere
monie de l'Eftoc par le Secretaire des
Commandemens de Son Alteffe Emin.
Les Galeres fe préparent pour le retour
du Mgre. On croit que le General ira à
Rome. Nous attendons avec impatience
des nouvelles de France. Si vous croyés
devoir montrer les certificats autentiques
fur les guerifons operées par Teau gla
cée à S. A. S. M. le Duc, vous enêtes
leMaître. Lefrere du Capucinvient d'ar
river. J'ai l'honneur d'eftre avec un par
fait attachement de V. Excellence le très
humble & très-obeiffant Serviteur, F. P.
1725. à S. E. M. le Bailly de Mef.
mes , Ambaffadeur de la Religion à la
CourdeFrance, fur la certitude desope
rations du remede de l'eau à la glace.
OUSfouhaités , Monfieur , d'être
éxactement informé des operations
de l'Eau à la glace. Nous en avons été
auffi étonnés que Vous pouvez l'être
en France & dans toute l'Europe. Il faut
2. vol.
1336 MERCURE DE FRANCE.
à l'avance vous affurer que tous ceux
de ma connoiffance qui ont pris ce re
mede , jouiffent aujourd'hui d'une parfai
te fanté je fuis perfuadé même qu'ils
nerefuferont pointde figner cette Lettre ;
difpenfes moi , feulement de me ſervir
des termes de l'Art ; il m'eſt permis de
les ignorer refufés auffi , du moins ,
mon nom à l'impreffion , & fur cepied
là , je vais vous rendre compte de tout
ce que j'ai veu.
Le R. Pere Bernardo Maria de Caftro
giaanne , Capucin Sicilien , vint à Malte
les premiers jours de Mai 1724. pour
paffer à Venife. On nous écrivit de Pa
lerme qu'il faifoit des Cures merveilleu
fes en donnant de l'eau à la glace. Il fut
follicitépar plufieurs Chevaliers malades
& il entreprit d'en guerir quelques uns.
Ils fe logerent tous à la Camaradeavec
le Capucin , qui étoit à portée de les
voir la nuit & le jour. Illes traita tous
d'une maniere differente , c'est-à-dire ,
pour le manger , & pour leur donner
de l'eau plus ou moins , le jour ou la
nuit ; mais dans les premiers jours la
diete fût generale : Nous avons vû des
malades être 25. & 30 jours fans man
ger abfolument , ne beuvant que de l'eau
glacée ; & ceux à qui il permettoit de
* Hopital deMalte.
2.vol.
manger
JUIN 1725.
1337
manger n'étoient nourris que de fixjau
nes d'œuf par jour il donnoit à d'au
tres des Macarons cuits à l'eau , avec
du fromage rapé , d'autres mangeoient le
foir & le matin de la viande. Cette ma
niere irreguliere de conduire fes malades
déconcerta tous nos Medecins.
Le Commandeur Baron de Beveren,
Allemand , fouffroitdepuis long-tems des
palpitations , & une oppreffion de cœur
fi violente, qu'il reftoit fouvent , & long
,
>
tems fans connoiffance & avec des
fueurs froides infaportables. Ces accidens
le prenoient ordinairement la nuit : il
étoit fûr , lorfqu'il mettoit les brashors
du lit de ne pouvoir plus les réchauffer ,
il étoit obligé pendant la Canicule de
porter des Camifoles , & d'être vêtu
comme dans l'Hiver. Il avoit eprouvé a
Londres , à Vienne , en Lorraine , & à
Rome,toutefortede remedes inutilement;
fon teint étoit plombé & livide , & fes
forces diminuoient tous les jours. L'eau
à la glacefit réfoudre un abfcès qu'il avoit
audeffous dela region du cœur,qu'il vuida
partie par les vomiffemens & le refte par
en bas. Il étoit d'une fi grande puanteur
qu'on nepouvoit en approcher. Ilfut très
mal pendant l'operation ; mais en conti
nuant deprendre de l'eau, la playe que l'ab
fcèsavoit faite en dedans , & qui étoitfort
I. vol.
dou
1338 MERCURE DE FRANCE:
douloureufe , fe confolida ; il ne fentit
plus la douleur fixe qu'il avoit à la poi
trine depuis 20 ans. Enfin il fe porte à
merveilles à prefent ; il a paffé l'hiver
›
fans manteau fon teint eft frais & fes
forces font revenues. Il eſt âgé de 56.
ans. Cet article eft figné de fa main le
Commandeur Baron de Beverens. Nous
avons vu l'original ainfi quetous les au
tres dont on va parler.
Le Commandeur Rovero dit Guarena
Piémontois , étoit abandonné des Mede
cins ; fon fang, difoient-ils , trop rempli
d'acides circuloit avec peine , & avoit
fait un dépoft audeffus & au bas dufoye,
ce qui caufoit une dureté qui refiſtoit à
la main & qui s'élevoit fur la peau ;
foit que ce fut un Schirre ou autre cho
fe. Il avoit la couleur livide , & les
jambes enflées , tout cela depuis plus.
d'un an. L'eauglacée a détaché cette ma
tiere par les urines ; on a obfervé qu'elle
étoit blanche , & que fechée au Soleil
elle fe reduifoit en poudre trés-menuë.
Le Schirre s'eft diffipé & ce Comman
deur fe porte mieux qu'il n'a fait de fa
vie ; il eft âgé de 50 ans & a auffi figné
de fa main. Il Comendatorefra Pietro Ro
vero di Guarena.
Le Commandeur Gianne Nobile , de
Trapano , a été délivré par l'eau d'une
I. val
coli
JUIN 1725.
colique nephretique , des vertiges , &
d'une grande foibleſſe d'eſtomac ; il fejoi
1339
gnoit à tout cela des vapeurs qu'on ne
connoît ici que fous le nomde Flattus. 11
255. ans. Signé:Fin'oggi, grace al Signor
doppo voti mei: non ho sentito nefun dolore.
IlCommendator de Neriti.
Le Commandeur André di Giovanni
de Meffine , a été gueri d'une foibleffe
& d'un branlement de tête qui eftoit ac
compagnéd'uneferofitéqui affoibliffoit fa
veuc , il avoit auffi des palpitations de
cour & deschaleurs d'entrailles , le bras
droit comme perclus , l'autre fort foible ,
& les jambes engourdies , il joüit à pre
fent d'uneparfaitefanté , à 45. ans : & a
figné, F. Andrea di Giovanni.
Le ChevalierJofeph de Vafconcellos ;
Portugais , âgé de 25 ans , avoit depuis
deux ans une Diarée , avec une douleur
continuelle de tête & d'eftomac , & depuis
trois ans des palpitations de cœur , avec
le col enflé. Il fe porte aujourd'hui très
bien par le même remede & eft fur le
point de s'embarquer fur les Navires de
la Religion. Signéle ChevalierdeVafcon
cellos.
Le Chevalier Narducci de Luques
âgé de 35 ans , a été pareillement gue
ri en peu de jours d'une diffenterie ac
.compagnée de fievre. Signé le Chevalier
Le
Narducci.
1340 MERCURE DE FRANCE.
Le Chevalier de Seraïnchamps , de
Lorraine , âgé de 38 ans , avoit de très
violentes chaleurs d'entrailles & dans les
reinsdepuis dix ans ,aprèsavoirpris l'eau
glacée pendant48 jours , fesurines furent
fibrulantes qu'elles cafferent trois pots
de chambre de verre tout de fuite &
que les matieres qu'il rendoit le foir parو
les felles , bouilloient & fermentoient
encore le lendemain , il avoitde plus des
douleurs dans les reins , destournoyemens
detête, une chaleur immoderéeaux pieds,
&unefoiblefledans lesjambes ; cependant
il est gros & gras aujourd'hui & fe porte
à merveilles. Signé le Chevalier de Se
rainchamps.
Le Chevalier de S.Leger, deNorman
die , & le Chevalier Petrucci de Sienne,
le premier âgéde 38. ans & le 2 de 28.
ont été l'un & l'autre gueris par le même
remede , d'unehumeuracidedont ils fouf
froientdepuis quelques années ce qui cau
foit à l'un des vertiges avec le ventreten
du , & àl'autreune douleur fixe à la tête
ils font tousdeux en merfur les vaiffeaux
de la Religion.
Le Bailly D. Fabritio Ruffo , Napoli
tain , a été gueri en trois jours d'une vio
lente colique , accompagnée d'une groffe
fiévre, & quelque tems après d'une dou
leur dans les mufcles très-vive ; il fe
2.vol.
porte
JUIN 1725.
1341
porte aujourd'hui très-bien & a 55. ans.
Signé F. Fabritio Ruffo.
Le Chevalier Orighi Romain & le
Chevalier Marco Gironda de Bari, lepre
mier malade d'une Diffenterie & le 2.
d'une enflure aux jambes & fouvent au
refte du corps , depuis long-tems , ont
été auffi gueris ; enforte qu'ils font tous
deux actuellement à la mer pour le fer
yice de la Religion , l'un âgé de 2 2. ans
& l'autre de 35.
Michel-Ange Dorel, Prêtre, tourmen
té d'un flux d'urine , & enfin abandonné
des Medecins , a été fi bien gueri par le
même remede , qu'il eftactuellement en
Sicile,où il est allé prendre l'air , âgé de
de 36 ans. Signé Dorel: pourmon fils,qui
eft abfent,étant alléen Sicile changer d'air.
LeComte Trautshon Allemand , a été
délivré par l'eau glacée d'une migraine
qui le tourmentoit.depuis plufieurs an
nées ; ileft âgé de 25. ans. Signé Comte
de Trautshon...
Le fieur Fortunato Xebaras , Maltois,
âgé de so ans , s'eft delivré par le mê.
me moyen d'une grande perte de fang ,
caufée par les hemorroïdes,
les hemorroïdes, enforte qu'il
en perdoit deux & troislivres à la fois
& d'unegrande foibleffe d'eftomac ; les
Medecins l'avoient abandonné. Cequi eft
attefté dans l'original par le Comman
2, vol.
D deur.
1342 MERCURE DE FRANCE.
deurd'Argouges, en ces termes : J'attefte
comme témoin oculaire la guerifon dudit
Xebaras. Signé le Commandeur d'Ar
gouges..
Le Chevalier Pietro Sarzana , Eſpa
gnol , Page de Son Alteffe Emin. âgé
de 15 ans , a été auffi gueri par l'eau
glacée d'une fievre maligne avec délire,
une toux feche , & dupourpre ; enforte
que lesMedecins l'avoient abandonné. Il
eft actuellement en Espagne en bonne
fanté. Cet article eft attefté de la maniere
2
Le
qui fuit : Par le Commandeur Rovero
de Guarena. Signé Fra Pietro Romero de
Guarena teftimonio di vista.
Chevalier LeonardMarfilli de Sien
ne auf Page de Son Alteffe Emin,
âgé de14ans , a été pareillement délivré
& enpeu dejours d'unefievre continuë
accompagnée d'une douleur de côté ; il
eft actuellement dans fon pays..
Le Commandeur d'Argouges , Fran
çois , âgéde 32 ans , a été.gueri par le
même remede , d'une humeur âcre &
bilieufe qui enflammoit fes yeux, tout
પ્રવ
autre remede n'ayant pû le foulager ; &
dernierement il le fut encore par l'eau
glacée endeux jours , d'un mal fort à la
modeici depuis deux mois , que je crois
être une ebullition de fang , & qu'on
nomme à Malte Pourpourina. On a les
a. al.
mêmes
JUIN 1725.
1343
mêmes fymptomes que dans la petite ve
role & fouvent la fievre. Signele Com
mandeur d'Argouges.
Le Chevalier de Revel de Nice , âgé
de 18ans , après 28 joursde fievre ma
ligne interne , qu'on ne connût pas d'a
bord, a été auffi gueri par notre Mede
cin , & le porte fi bien qu'il eftactuel
lement fur les Vaiffeaux de la Religion.
Cet article eft attefté par le Chevalier
Provane fon oncle. Signé le Chevalier
Provane , en absence de mon néven.
Le fils du Comte Pretiofi , Maltois ,
âgé ſeulement de 6 ans , fut attaqué d'une
fievre continue qui le mit à deux doigts
de la mort l'eau à la glace l'a parfaite
ment gueri , au grand étonnement des
Médecins qui l'avoient abandonné. Ce
même enfant eut trois mois après la pe
tite verole, le Capucin luidonna le méme
remede , mais bien differemment ; car à
mefure qu'il vomiffoit , il lui en faiſoit
prendre jour & nuit. 48 heures après la
premiereprife , la petite verole parut ,
elle s'enfla , fecha , & tomba enfin le
troifiéme jour , fans qu'on ait fenti au
cune mauvaiſe odeur , ni qu'elle ait creu
fé la peau.Il auroit pufortir le quatrième
jour. Le Pere de l'enfant a figné de cette
maniere. Il Contepor miofiglio Pretiosy.
Le Chevalier de Levi , François , at
2. vol.
Dij taqué
1344 MERCURE DE FRANCE.
taqué d'une fievre maligne , abandonné
des Medecins & fans connoiffance , aété
auffi gueri en peude tems.Comme il étoit
malade à l'Infirmerie , S. Alteffe Emin.
obligea les Medecins d'en répondre
ou de le remettre entre les mains du P.د
Capucia , cequ'ils firent ; il fe porteaurs
jourd'hui parfaitementbien,âgé de20ans.
Signé le Chevalier de Levi.n
Le Commandeur Staxi, âgé de 45 ans,
ayant oui parler du Capucin , eft revenu
d'Efpagne a Malte,& a été gueri par fon
remede d'une humeur âcre , dontil étoit
tourmenté depuis long-tems , tousles au
tres remedes luiayant été inutiles. Il avoit
le vifage d'un rouge noirâtre , fon teint
eft revenu & ilfeporte à merveille.
Unhommeaccabléde maux veneriens,
s'avifa de prendre de lui-même l'eau à
la glace fous un autre pretexte ; mais
s'étant declaré au Capucin, celui-cichan
gea feulement la maniere delui donner
l'eau. Elle le faifoit fuer regulierement
une heure & demie tous les matins , &
le refte du jour il trembloit de froid ; il
a été enfin parfaitement gueri. Il ne faut
pas oublier que cette cure a été faite
}
dans le mois de Janvier ; & ce n'eft pas
la feule de cette effece.
Ily aeuplufieurs Chevaliers & d'au
tres perfonnes qui ont été delivrées de
leurs
2. vole.
JUIN 1725.
leurs infirmités par ce même remede ;
mais je crois , Monfieur , qu'il feroit inu
tile de vous en faire un plus long detail.
1345
f
La maniere dont le P. Capucin don
ne l'eau glacée à fes malades , eft, com
me j'ai déja dit , differente , felon les
maux , l'âge & le temperament du
malade maison aobfervé qu'il veut que
tous les malades prennent l'air , les fenê
tres & les portes ouvertes , qu'ils foient
peu couverts ; avec la tête razée, fouvent
fans bonnet , même dans lesfievres ma
1
lignes. Le Chevalier de Revel qui en
eftoit attaqué , marchoit nuds pieds & la
tête razée. Dès qu'il put fe foutenir,ilfut
purgé avecun Melond'eauàlaglace, fans
fouffrirde tranchées & fort doucement.
LeCommandeurGuarena Piedmontois
fe trouva perclus d'unejambe dans letems
de fa cure , & il fut gueri par des fric
tions de glace. Le Medecin en fait faire
fur latête & fur l'eftomac , felon l'état
où il voit les malades ; il ordonne auffi
des lavemens d'eau à la glace , qui font
des effets merveilleux.
Tout le monde a vû ici ce que j'ai
l'honneur de vous écrire. Vous compre
nez affez que les Medecins n'ont rien
oublié au commencement pour décrédi
ter le remede ; mais les Certificats qu'ils
ont efté obligez de fournir aux malades
2. vol.
Dilj
aban
1346 MERCURE DE FRANCE.
abandonnez & remis au Capuçin , lejuſ
tifient parfaitement.
Il faut cependant convenir que l'eau à
la glace n'empêche pas de mourir ceux
qui font, pourainfi dire,frappezdemort
ou quiont attendu trop long-tems : nous
enavonsdeux outrois exemples. M. Bou
garel , Pretre Conventuel, mourut en
moins de trois jours d'une fievre ardente
caufée par un coup de foleil : le Capu
cin dit d'abord, en le voyant , qu'il avoit
befoin de recevoir les Sacremens
,
&
qu'il eftoit prefque inutile de lui donner
Feau à laglace, Le BaillyDuantemourut
auffi en trois jours d'une retention d'uri
ne & d'une inflammation interne : fans
parlerdu Chevalier Caftrioti ; il eft vrai
qu'il lui furvint une attaque d'Apople
xie, & d'autres accidents qui le mirent
C
au tombeau aubout de so. jours.
Le P. Capucin eftfils d'un Apotiquai
re qui eft aufli Docteuren Medecine, &
grand Chymifte ; il quittala pratique or
dinaire de la Medecine pour traiter fes
malades avec l'eau glacée. Il a un frere
Medecin à Saragoffe , qui doit s'embar
quer inceffamment avec toute lafamille
pour venir s'établir ici , avec 300 écus
de penfion , , que Son Alteffe Emin. lui
fait donner , & il traitera à fon profit
les malades quiprendront l'eau à laglace,
2. vol.
car
1347
JUIN 1725.
car il donne ce remede commefonfrere
Je Capucin.
Celui-ci a propofé aux Medecins d'en-,
treprendre de traiter, à leur maniere-or
dinaire , cent malades , & que fi fur ce
nombre , ils en fauvent feulement dix , il
prétend, lui, en guerir 60. plus furement
& enmoins de tems d'un pareil nombre
de cent, à qui il donnera l'eau à la gla
ce. J'oubliois de vous dire que le Capu
cin défend à fes malades de s'echauffer
& de fepromener aufoleil , pour évi
ter la fueur.
Vous recevrez la relation de la cere
monie de l'Eftoc par le Secretaire des
Commandemens de Son Alteffe Emin.
Les Galeres fe préparent pour le retour
du Mgre. On croit que le General ira à
Rome. Nous attendons avec impatience
des nouvelles de France. Si vous croyés
devoir montrer les certificats autentiques
fur les guerifons operées par Teau gla
cée à S. A. S. M. le Duc, vous enêtes
leMaître. Lefrere du Capucinvient d'ar
river. J'ai l'honneur d'eftre avec un par
fait attachement de V. Excellence le très
humble & très-obeiffant Serviteur, F. P.
Fermer
3
p. 423-426
LOU CAPOUCHIN DÉ SUCRÉ, CONTÉ.
Début :
Marsillo passo à bouen drech en beouta, [...]
Mots clefs :
Capouchin, Capucin, Sucre, Mero, Mère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOU CAPOUCHIN DÉ SUCRÉ, CONTÉ.
LOU CAPOUCHIN DE' SUCRE',
MArsillo
CONTE'.
Arsillo passo à bouen drech en beouta ,
Per son coumerço et son antiquita ,
Per sa grandour , fouessos Villos dau Mondé ,
La ges de Ben qu'en ello noun aboundé :
L'ordré li regno et tout les ben mena ,
Per leis Consouls que lou sort la douna.
Venguens au fait. Si trobo dins Marsillo ,
Entré dex millo , une poulido Fillo ,
Que la Naturo our et de seis presens ,
En quèlesprit a devança lou temps ;
Ello dau Conté a fourni la matiero ,
N'ai qué l'hounour de lou mettre en lumiero ;
En trabaillant sur un sujet tan beou ,
S'agradi pas , Pegazo es un Cameou .
La jouino Roso ( es lou nom de la Fillo )
Fasié la gau d'un aimablo Famillo ,
Que
424 MERCURE DE FRANCE
Que néro pas sourtido dau mailloué ,
N'aurien pas fa changi contro un Pitoué .
La changearien aujourd'hui mens encaro.
Ren n'es plus beau que son Amo et sa Caro,
Dau Ciel en tout adouren les raisouns ,
Es nado Fillo , et d'autres sount Garçouns.
Per amusar leis innoucens capricis ,
D'aquel Enfant , que fasié leis delicis ,
Et d'une Mero , et dun Pero encantats ;
Chacun courrié cerquar de tous coustats
Mille juguets l'avie jamai de Fiero , :
Que n'oun Venguesso ou Pipado de Ciero ,
Ou siblets d'or garnis de Cascaveous ,
Ou ben Rampaus emé seis auri peous :
Mai son esprit , que deja poun chejavo ,
Anavo au Bouen , lou saisissié , laimavo ;
Avie per tout , hors dau sucré , un mesprés ,
Danquau degun faou que siegue susprés.
D'un Capouchin , fa de pasto de Geno ,
Li fan presen per faire Leno Leno :"
Gardas lou ben , Roso , se lou lipas ,
Li dit sa Mero , iou non Vaimarai pas.
L'ordré es douna , mai la Filletto penso ,
Coumo pourran l'envejo et la deffenso ,
S'accoumoudar , et commo entamanar ,
Lou Capouchin : lou fai donc proumenar ,
* Termes dont se servent les Nourrices en Prewence
pour amuser les Enfans.
Devant
MARS.
425 1733
Devant seis ueils et devant sa bouqueto ;
Eou li fasié terriblement ligueto.
Quand quau quaren en quint'agi que sié ,
Es defendu , per lors fa mai d'enscié.
Enfin un jour. que la barbo sucrado ,
S'aprouchet traou , Roso d'une lipado
La démouchet ; Capouchin benhuroux ,
Aro ton sort farié fouessos gieloux.
Au Capouchin fa sentir sa dent primo ;
Une autre fes la sandalo s'esprimo ;
Na plus qu'un bras , lou nás un beou matin,
Es escourchi , puis lou soir lou gourdin.
Coumo a toujours fouert crignu la Cridesto ,
Songet dabord d'avé léxcuse lesto :
Roso vesen que lou sucra santoun ,
De jour en jour si fasié plus pichoun ,
Et que ben leon n'aurié pas brigo entiero ,
N'avertisset sa Mero la premiero ,
Mero ben digno ( à va dire en passant ,
De mettre au jour un tant aimable Enfant ! )
Vaviou ti pas , diguet dabord la Mero ,
Fasen semblant de si mettré en coulero ,
Ben deffendût que noun lou lipessias ?
Parlas ? diguas , groumande que vous sias
Es vrai : mai se lou Capouchin me lipo
Nes pas miracle ansin sé si dissipo ';
Mi yen baisar , li voue li ges de ben :
Saquo duravo , oh ! lirestarie ren,
"
426 MERCURE DE FRANCE
La Mero alors surpresso , desarmado ,
Sén va contar de plaisir penetrado ,
A son Mari ce quê degun creirié ;
Resto surprés , eh ! qu noun vaserié !
Per iou , Lectour,mon Ame es tan charmado
D'un tal esprit , d'une tallo pensado ,
D'un tau sujet , que jusques à la mouer
Laurai graya ben avant dins lou couer.
Par M. Louis Rodophile.
MArsillo
CONTE'.
Arsillo passo à bouen drech en beouta ,
Per son coumerço et son antiquita ,
Per sa grandour , fouessos Villos dau Mondé ,
La ges de Ben qu'en ello noun aboundé :
L'ordré li regno et tout les ben mena ,
Per leis Consouls que lou sort la douna.
Venguens au fait. Si trobo dins Marsillo ,
Entré dex millo , une poulido Fillo ,
Que la Naturo our et de seis presens ,
En quèlesprit a devança lou temps ;
Ello dau Conté a fourni la matiero ,
N'ai qué l'hounour de lou mettre en lumiero ;
En trabaillant sur un sujet tan beou ,
S'agradi pas , Pegazo es un Cameou .
La jouino Roso ( es lou nom de la Fillo )
Fasié la gau d'un aimablo Famillo ,
Que
424 MERCURE DE FRANCE
Que néro pas sourtido dau mailloué ,
N'aurien pas fa changi contro un Pitoué .
La changearien aujourd'hui mens encaro.
Ren n'es plus beau que son Amo et sa Caro,
Dau Ciel en tout adouren les raisouns ,
Es nado Fillo , et d'autres sount Garçouns.
Per amusar leis innoucens capricis ,
D'aquel Enfant , que fasié leis delicis ,
Et d'une Mero , et dun Pero encantats ;
Chacun courrié cerquar de tous coustats
Mille juguets l'avie jamai de Fiero , :
Que n'oun Venguesso ou Pipado de Ciero ,
Ou siblets d'or garnis de Cascaveous ,
Ou ben Rampaus emé seis auri peous :
Mai son esprit , que deja poun chejavo ,
Anavo au Bouen , lou saisissié , laimavo ;
Avie per tout , hors dau sucré , un mesprés ,
Danquau degun faou que siegue susprés.
D'un Capouchin , fa de pasto de Geno ,
Li fan presen per faire Leno Leno :"
Gardas lou ben , Roso , se lou lipas ,
Li dit sa Mero , iou non Vaimarai pas.
L'ordré es douna , mai la Filletto penso ,
Coumo pourran l'envejo et la deffenso ,
S'accoumoudar , et commo entamanar ,
Lou Capouchin : lou fai donc proumenar ,
* Termes dont se servent les Nourrices en Prewence
pour amuser les Enfans.
Devant
MARS.
425 1733
Devant seis ueils et devant sa bouqueto ;
Eou li fasié terriblement ligueto.
Quand quau quaren en quint'agi que sié ,
Es defendu , per lors fa mai d'enscié.
Enfin un jour. que la barbo sucrado ,
S'aprouchet traou , Roso d'une lipado
La démouchet ; Capouchin benhuroux ,
Aro ton sort farié fouessos gieloux.
Au Capouchin fa sentir sa dent primo ;
Une autre fes la sandalo s'esprimo ;
Na plus qu'un bras , lou nás un beou matin,
Es escourchi , puis lou soir lou gourdin.
Coumo a toujours fouert crignu la Cridesto ,
Songet dabord d'avé léxcuse lesto :
Roso vesen que lou sucra santoun ,
De jour en jour si fasié plus pichoun ,
Et que ben leon n'aurié pas brigo entiero ,
N'avertisset sa Mero la premiero ,
Mero ben digno ( à va dire en passant ,
De mettre au jour un tant aimable Enfant ! )
Vaviou ti pas , diguet dabord la Mero ,
Fasen semblant de si mettré en coulero ,
Ben deffendût que noun lou lipessias ?
Parlas ? diguas , groumande que vous sias
Es vrai : mai se lou Capouchin me lipo
Nes pas miracle ansin sé si dissipo ';
Mi yen baisar , li voue li ges de ben :
Saquo duravo , oh ! lirestarie ren,
"
426 MERCURE DE FRANCE
La Mero alors surpresso , desarmado ,
Sén va contar de plaisir penetrado ,
A son Mari ce quê degun creirié ;
Resto surprés , eh ! qu noun vaserié !
Per iou , Lectour,mon Ame es tan charmado
D'un tal esprit , d'une tallo pensado ,
D'un tau sujet , que jusques à la mouer
Laurai graya ben avant dins lou couer.
Par M. Louis Rodophile.
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Résumé : LOU CAPOUCHIN DÉ SUCRÉ, CONTÉ.
Le poème 'Lou Capouchin de' Sucre'' de Louis Rodophile raconte l'histoire de Roso, un enfant marseillais issu d'une famille aimable et noble. Roso possède un capucin en sucre, un jouet précieux offert par son père. Par curiosité et caprice, Roso mange progressivement le capucin jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un bras. Sa mère découvre alors la situation. Roso, craignant sa réaction, invente des excuses. La mère, bien que surprise, comprend la curiosité de l'enfant et décide de ne pas le punir sévèrement. Le narrateur admire l'esprit et la pensée de Roso ainsi que le sujet du poème.
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