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1
p. 2268-2271
FESTE donnée par M. l'Abbé de la Fare, Extrait d'une Lettre écrite, par M..... le 10 Septembre 1744.
Début :
J'arrivai, il y a quatre jours, Monsieur, chés votre ami M. l'Abbé de la Fare Lopez, [...]
Mots clefs :
Dîner, Roi, Rivière, Fanfares, Jardins, Violons, Lampions, Boîtes
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texteReconnaissance textuelle : FESTE donnée par M. l'Abbé de la Fare, Extrait d'une Lettre écrite, par M..... le 10 Septembre 1744.
FESTE donnée parM. l'Abbé de la Fare,
Extrait d'une Lettre écrite , parM..... la
10 Septembre 1744.
J
'Arrivai , il y a quatre jours , Monfieur ;
chés votre ami M. l'Abbé de laFareLopez',
dans ſon Château de Juziers , ſur le
bord du grand chemin de Normandie &de
la riviere de Seine , entre Mante & Meulan,
ſituation encore plus belle que l'on ne
me
OCTOBRE. 1744. 2269
me l'avoit dit ; la maiſon n'eſt pas grande ,
nous y étions pourtant quinze Maîtres tous
bien couchés , & plus de vingt perſonnes à
table ſoir & matin , mais vous connoiffez
ſa façon de penſer ; il ne ſçauroit avoir trop
de monde chés lui : il nous donna une grande
Fête avant-hier ,jour de celle de la Vierge
, en réjouiſſance de la Convalefcence du
Roi. Grande Mefle en Muſique , excellens
inftrumens &belles voix ; le Moter , Tota
pulchra esdeCampra,& unDomineſalvumfac
Regem , au bruit des Fanfares , Trompettes ,
&Ballons excellens , avec une décharge de
mouſqueterie & de trente-fix Boëtes. Après
laMeffe , Concert d'Inſtrumens & des mêmes
voix accompagnées de la Mulette , &
terminées par le Tambourin du fameux M.
Abram de l'Opera , après quoi un grand
dîner ſous l'allée des matonniers , où l'on
avoit mis une table de quarante couverts ,
ſervie avec une abondance , une délicateſſe
&une régularité qui nous étonna tous. Il
avoit invité tous ſes voiſins de la Banlieuë :
fes jardins en terraſſe juſqu'au haut de la
montagne , & fon parterre étoient couverts
de peuple venu de huit lieuës à la ronde
quinous regardoit dîner,&faiſoit un ſpectacle
réjouiſſant. Pendant le dîner , les habitans
précédés de violons , apporterent des
fleurs&des fruits àM. l'Abbé , & les Fani
Fiij fa2270
MERCURE DE FRANCE.
fares ne diſcontinuerent pas ; le repas finic
parun fruit compoſé de vingt-cinq grandes
corbeilles en pyramides, alors l'Abbé ſe leva
&porta à ſes quarante convives armés chacun
d'un verre de vin de Champagne , la
ſanté du Roi Louis le Bien-Aimé; elle fur
célébrée par tout le monde,hommes & femmes
debout , au bruit des Fanfares & d'une
triple décharge de moufqueterie & des
trente- fix Boëtes , après quoi on cria Vive le
Roi, ce qui fut répété par plus de deux mille
perſonnes.
Après le dîner qui fut long , on diſtribua
des violons dans les jardins & dans les
cours pour faire danfer le peuple , auquel
on avoit abandonné le fruit&des tonneaux
de vin ,& on exécuta unConcert magnifi
que dans l'appartement d'en-bas . A l'entrée
de la nuit , on commença l'illumination ,
compoſée de plus de mille gros Lampions ,
ou pots-à-feu , qui faisoient toute l'enceinte
de la Terraffe , & continuoient le long du
grand chemin ſur la riviere de Seine , l'enceinte
des Jardins , Parterres & Baffins
d'eau. :
: Les deux façades de la maifon depuis le
comble , juſqu'au bas , étoient illuminées ,
accompagnées des portiques de feu , &c .
qu'on voyoit de trois lieuës à la ronde des
deux côtés de la riviere. Les Danſes & les
Fan
OCTOBRE. 1744. 227
Fanfares continuerent juſqu'à un grand fouper
, au ſon des violons & le bruit de la
mouſqueterie & des Boëtes , enſuire lesDanſes&
le Concert recommencerent & ne finirent
que vers les cinq heures du matin ,mais
l'illumination fut fi grande & fi heureuſe ,
que les Lampions étoient encore allumés
le lendemain matin à huit heures .
Extrait d'une Lettre écrite , parM..... la
10 Septembre 1744.
J
'Arrivai , il y a quatre jours , Monfieur ;
chés votre ami M. l'Abbé de laFareLopez',
dans ſon Château de Juziers , ſur le
bord du grand chemin de Normandie &de
la riviere de Seine , entre Mante & Meulan,
ſituation encore plus belle que l'on ne
me
OCTOBRE. 1744. 2269
me l'avoit dit ; la maiſon n'eſt pas grande ,
nous y étions pourtant quinze Maîtres tous
bien couchés , & plus de vingt perſonnes à
table ſoir & matin , mais vous connoiffez
ſa façon de penſer ; il ne ſçauroit avoir trop
de monde chés lui : il nous donna une grande
Fête avant-hier ,jour de celle de la Vierge
, en réjouiſſance de la Convalefcence du
Roi. Grande Mefle en Muſique , excellens
inftrumens &belles voix ; le Moter , Tota
pulchra esdeCampra,& unDomineſalvumfac
Regem , au bruit des Fanfares , Trompettes ,
&Ballons excellens , avec une décharge de
mouſqueterie & de trente-fix Boëtes. Après
laMeffe , Concert d'Inſtrumens & des mêmes
voix accompagnées de la Mulette , &
terminées par le Tambourin du fameux M.
Abram de l'Opera , après quoi un grand
dîner ſous l'allée des matonniers , où l'on
avoit mis une table de quarante couverts ,
ſervie avec une abondance , une délicateſſe
&une régularité qui nous étonna tous. Il
avoit invité tous ſes voiſins de la Banlieuë :
fes jardins en terraſſe juſqu'au haut de la
montagne , & fon parterre étoient couverts
de peuple venu de huit lieuës à la ronde
quinous regardoit dîner,&faiſoit un ſpectacle
réjouiſſant. Pendant le dîner , les habitans
précédés de violons , apporterent des
fleurs&des fruits àM. l'Abbé , & les Fani
Fiij fa2270
MERCURE DE FRANCE.
fares ne diſcontinuerent pas ; le repas finic
parun fruit compoſé de vingt-cinq grandes
corbeilles en pyramides, alors l'Abbé ſe leva
&porta à ſes quarante convives armés chacun
d'un verre de vin de Champagne , la
ſanté du Roi Louis le Bien-Aimé; elle fur
célébrée par tout le monde,hommes & femmes
debout , au bruit des Fanfares & d'une
triple décharge de moufqueterie & des
trente- fix Boëtes , après quoi on cria Vive le
Roi, ce qui fut répété par plus de deux mille
perſonnes.
Après le dîner qui fut long , on diſtribua
des violons dans les jardins & dans les
cours pour faire danfer le peuple , auquel
on avoit abandonné le fruit&des tonneaux
de vin ,& on exécuta unConcert magnifi
que dans l'appartement d'en-bas . A l'entrée
de la nuit , on commença l'illumination ,
compoſée de plus de mille gros Lampions ,
ou pots-à-feu , qui faisoient toute l'enceinte
de la Terraffe , & continuoient le long du
grand chemin ſur la riviere de Seine , l'enceinte
des Jardins , Parterres & Baffins
d'eau. :
: Les deux façades de la maifon depuis le
comble , juſqu'au bas , étoient illuminées ,
accompagnées des portiques de feu , &c .
qu'on voyoit de trois lieuës à la ronde des
deux côtés de la riviere. Les Danſes & les
Fan
OCTOBRE. 1744. 227
Fanfares continuerent juſqu'à un grand fouper
, au ſon des violons & le bruit de la
mouſqueterie & des Boëtes , enſuire lesDanſes&
le Concert recommencerent & ne finirent
que vers les cinq heures du matin ,mais
l'illumination fut fi grande & fi heureuſe ,
que les Lampions étoient encore allumés
le lendemain matin à huit heures .
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2
p. 152-157
AVIS AU PUBLIC, SUR LA PETITE POSTE. Par M. D........
Début :
LA Poste de Paris paroît plaire universellement aujourd'hui, & son succès est [...]
Mots clefs :
Lettres, Heures, Facteurs, Bureau, Boîtes, Registre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS AU PUBLIC, SUR LA PETITE POSTE. Par M. D........
AVIS AU PUBLIC ,
SUR LA PETITE POSTE.
Par M. D ....
LA Pofte de Paris paroît plaire univerfellement
aujourd'hui , & fon fuccès eft
tel qu'il ne me reſteroit plus rien à dire
à ce fujet , fi je ne m'occupois que du
produit ; mais je ne faurois marquer trop
fouvent au Public la reconnoiffance que
j'ai de la justice qu'il veut bien rendre à
mon zèle; j'ai donc cru devoir lui préfenter
quelques réflexions qui tendent à aſfurer
de plus en plus un bon fervice.
On tient au Bureau 'général de cette
Pofte un Regiftre à deux colonnes ;
dans l'une font tranfcrites toutes les
plaintes qui y arrivent ; dans l'autre le
réfultat des recherches qu'on fait en
conféquence. Ce Regiftre prouve que
la plupart des retards ou autres fautes
dont quelques perfonnes fe plaignent
encore , ne doivent être imputés qu'à
des gens étrangers à la Pofte : en effet ,
les perfonnes qui voudront bien venir
parcourir ce Regiftre , verront qu'il ne
contient aucunes plaintes des Marchands
, & en général de tous ceux qui
JANVIER. 1763. 153
de
donnent eux-mêmes leurs Lettres aux
Facteurs , & qui les reçoivent d'eux directement.
Ainfi la plupart des plaintes
juftes , tant de ceux dont les Letrres
n'ont pas été remifes exactement , que
de ceux qui ne les ont pas reçues dans
leur temps , ne doivent point inculper
cet établiffement. On doit plutôt , comme
je l'ai déja dit , imputer ces fautes à
ceux qui font chargés de porter ces
Lettres à la Pofte ou à ceux à qui les
Facteurs font obligés de les confier . Les
timbres qui font fur chaque Lettre ont
été imaginés pour remédier à ces abus
& pour donner au Public la preuve
l'exactitude de la Pofte ; mais prefque
perfonne ne veut fe donner la peine de
les examiner. Un de ces timbres indique
le quantiéme du mois ; un autre celui
de la levée , & par conféquent l'heure
à laquelle la Lettre a été mife à la Poſte.
La premiere levée commence à fix heures
du matin, & toutes les autres d'heure-
& -demie en heure-& - demie , à un
quart d'heure ou une demie heure près ,
lorfque dans quelques-unes de ces levées
les Facteurs ont une grande quantité de
Lettres à rendre. Il faut toujours l'intervalle
d'une levée pour que l'on ait le
temps de porter les Lettres qui ne font
Gy
154 MERCURE DE FRANCE. ·
pás pour le quartier du Bureau où elles
ont été collectées , au Bureau général ,
dans lequel feul on peut les trier , c'eſtà-
dire les diftribuer par quartier , & les
envoyer aux différens Bureaux des quartiers
où elles font adreffées ainfi les
Lettres de la premiere levée , qui fe fait
de fix heures du matin à fept heures &
demie , font portées au triage dans l'intervalle
de la deuxiéme levée , qui eft de
7 heures & demie à 9 heures , & diftribuées
dans les quartiers où elles font
adreffées par les Facteurs qui font la
troifiéme levée & la feconde diftribution
, & qui commencent leurs tournées
à 9 heures du matin & la finiffent à 10
heures & demie. Les Lettres de la feconde
levée , qui font collectées dans
la tournée de 7 heures& demie à 9o heures
, font rendues à leur adreffe dans
la tournée de 10 heures & demie à midi
, & cette tournée fait la quatriéme
levée & la troifiéme diftribution ; les
autres levées & diftributions fe font
pendant toute la journée dans le même
ordre. D'aprés ce détail , & en regardant
les deux timbres dont on vient de
parler , il eft facile de voir de qui vient
la faute. Le troifiéme timbre ne fert qu'à
retrouver d'où vient une Lettre quand
JANVIER . 1763. 155:
cela eft néceffaire ; mais comme fouvent ,
la négligence de celui à qui on a confié
une Lettre pour la mettre à la Boete
fait que la date intérieure de cette Lettre
ne cadre point avec le timbre de la dáte ,
que le Bureau met exactement fur toutes
celles qui lui font apportées , il feroit
à fouhaiter que ceux qui écrivent vouluffent
bien dater leurs Lettres fur le
deffus , furtout lorfqu'on les envoye aux
Boëtes ; car toutes celles qui font remifes
aux Facteurs dans leurs tournées , par
des perfonnes fûres , & qui ont foin de
les faire mettre dans le Coffret du Facteur
en leur préfence , ne peuvent effuyer
de retards ni s'égarer , la clef du
coffret du Facteur ne fortant jamais du
Bureau auquel il eft attaché. Le nombre
de Lettres de Paris pour Paris , qui fe
trouvent journellement dans les Boetes ,
dela Grande Pofte, prouvent l'infidélité
ou le peu d'intelligence de plufieurs de
ceux par qui on envoie des Lettres aux
Boëtes. L'obligation où l'on eft d'entrer
dans les boutiques de ceux qui tiennent
dès Boëtes de la Pofte de Paris & de lesy
affranchir , met une fi grande différence
entre ces Boetes & celles de la .
Grande Pofte , qui font ouvertes dans la
rue, & où on ne paye rien , que l'on
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE.
ne peut croire que par imbécilité feule
on puiffe s'y méprendre.
>
S'il étoit encore quelque point dans le
fervice de cette Pofte que le Public ne
trouvât pas affez éclairci , ou fur lequel il
defirât quelque changement ; les principes
& les motifs qui me conduiſent,
doivent l'affurer de l'empreffement avec
lequel je me porterai à le fatisfaire . Le
nombre de Lettres dans le commencement
de l'année eft fi confidérable
que les tournées des Facteurs font néceffairement
retardées , & que les dernieres
finiffent très-tard , ce qui fait que
beaucoup de Lettres , quoique mifes tard
à la Pofte dans ces temps-là , font néanmoins
portées le lendemain à la premiere
diftribution . Pour procurer au Public
le même avantage en Automne , où
le nombre des Lettres diminue beaucoup
, il a été arrêté qu'en tout temps la
derniere tournée pour collecter fe feroit
vers les huit heures du foir dans tous
les Quartiers qui ne font pas trop
écartés
pour y lever les Lettres que l'on voudra
qui foient rendues le matin de 7
heures & demie à 9 heures.
Toutes les perfonnes qui verroient
des Facteurs ne pas mettre les Lettres
qu'on leur donneroit dans leur coffret ,
JANVIER. 1763. 157
ou des Boëtiers qui ne les mettroient
pas dans leur boete , font priés d'en
envoyer une note au Bureau général
en l'adreffant à M. de Beauvoifin , Infpecteur
général , qui y demeure. Il eft
ordonné aux Boëtiers & aux Facteurs de
fe charger fans aucune rétribution de
ces notes , & généralement de tous les
avis qu'on voudra bien lui adreffer.
On continuera toujours de faite des
vifites , foit au commencement de l'année
, foit dans toute autre circonftance
pour tous ceux qui enverronr des cartes
de leur nom , & au bas les noms & demeures
des différentes perfonnes chez
qui ils veulent qu'elles foient portées
en payant un fol pour chaque vifite.
Avant que de rendre la carte , celui qui
fera chargé de la porter aura foin de
couper la demeure.
On ne peut recommander avec trop
d'inftance de ne mettre dans les Lettres
ni or , ni argent , ni effets précieux : on
fe chargera toujours de porter par la
Pofte les fommes & les effets que l'on
voudra , au prix & aux conditions qui
ont été déja annoncées , pourvu que
l'on les déclare , & qu'on en tire reconnoiffance
, fi cela en vaut la peine.
SUR LA PETITE POSTE.
Par M. D ....
LA Pofte de Paris paroît plaire univerfellement
aujourd'hui , & fon fuccès eft
tel qu'il ne me reſteroit plus rien à dire
à ce fujet , fi je ne m'occupois que du
produit ; mais je ne faurois marquer trop
fouvent au Public la reconnoiffance que
j'ai de la justice qu'il veut bien rendre à
mon zèle; j'ai donc cru devoir lui préfenter
quelques réflexions qui tendent à aſfurer
de plus en plus un bon fervice.
On tient au Bureau 'général de cette
Pofte un Regiftre à deux colonnes ;
dans l'une font tranfcrites toutes les
plaintes qui y arrivent ; dans l'autre le
réfultat des recherches qu'on fait en
conféquence. Ce Regiftre prouve que
la plupart des retards ou autres fautes
dont quelques perfonnes fe plaignent
encore , ne doivent être imputés qu'à
des gens étrangers à la Pofte : en effet ,
les perfonnes qui voudront bien venir
parcourir ce Regiftre , verront qu'il ne
contient aucunes plaintes des Marchands
, & en général de tous ceux qui
JANVIER. 1763. 153
de
donnent eux-mêmes leurs Lettres aux
Facteurs , & qui les reçoivent d'eux directement.
Ainfi la plupart des plaintes
juftes , tant de ceux dont les Letrres
n'ont pas été remifes exactement , que
de ceux qui ne les ont pas reçues dans
leur temps , ne doivent point inculper
cet établiffement. On doit plutôt , comme
je l'ai déja dit , imputer ces fautes à
ceux qui font chargés de porter ces
Lettres à la Pofte ou à ceux à qui les
Facteurs font obligés de les confier . Les
timbres qui font fur chaque Lettre ont
été imaginés pour remédier à ces abus
& pour donner au Public la preuve
l'exactitude de la Pofte ; mais prefque
perfonne ne veut fe donner la peine de
les examiner. Un de ces timbres indique
le quantiéme du mois ; un autre celui
de la levée , & par conféquent l'heure
à laquelle la Lettre a été mife à la Poſte.
La premiere levée commence à fix heures
du matin, & toutes les autres d'heure-
& -demie en heure-& - demie , à un
quart d'heure ou une demie heure près ,
lorfque dans quelques-unes de ces levées
les Facteurs ont une grande quantité de
Lettres à rendre. Il faut toujours l'intervalle
d'une levée pour que l'on ait le
temps de porter les Lettres qui ne font
Gy
154 MERCURE DE FRANCE. ·
pás pour le quartier du Bureau où elles
ont été collectées , au Bureau général ,
dans lequel feul on peut les trier , c'eſtà-
dire les diftribuer par quartier , & les
envoyer aux différens Bureaux des quartiers
où elles font adreffées ainfi les
Lettres de la premiere levée , qui fe fait
de fix heures du matin à fept heures &
demie , font portées au triage dans l'intervalle
de la deuxiéme levée , qui eft de
7 heures & demie à 9 heures , & diftribuées
dans les quartiers où elles font
adreffées par les Facteurs qui font la
troifiéme levée & la feconde diftribution
, & qui commencent leurs tournées
à 9 heures du matin & la finiffent à 10
heures & demie. Les Lettres de la feconde
levée , qui font collectées dans
la tournée de 7 heures& demie à 9o heures
, font rendues à leur adreffe dans
la tournée de 10 heures & demie à midi
, & cette tournée fait la quatriéme
levée & la troifiéme diftribution ; les
autres levées & diftributions fe font
pendant toute la journée dans le même
ordre. D'aprés ce détail , & en regardant
les deux timbres dont on vient de
parler , il eft facile de voir de qui vient
la faute. Le troifiéme timbre ne fert qu'à
retrouver d'où vient une Lettre quand
JANVIER . 1763. 155:
cela eft néceffaire ; mais comme fouvent ,
la négligence de celui à qui on a confié
une Lettre pour la mettre à la Boete
fait que la date intérieure de cette Lettre
ne cadre point avec le timbre de la dáte ,
que le Bureau met exactement fur toutes
celles qui lui font apportées , il feroit
à fouhaiter que ceux qui écrivent vouluffent
bien dater leurs Lettres fur le
deffus , furtout lorfqu'on les envoye aux
Boëtes ; car toutes celles qui font remifes
aux Facteurs dans leurs tournées , par
des perfonnes fûres , & qui ont foin de
les faire mettre dans le Coffret du Facteur
en leur préfence , ne peuvent effuyer
de retards ni s'égarer , la clef du
coffret du Facteur ne fortant jamais du
Bureau auquel il eft attaché. Le nombre
de Lettres de Paris pour Paris , qui fe
trouvent journellement dans les Boetes ,
dela Grande Pofte, prouvent l'infidélité
ou le peu d'intelligence de plufieurs de
ceux par qui on envoie des Lettres aux
Boëtes. L'obligation où l'on eft d'entrer
dans les boutiques de ceux qui tiennent
dès Boëtes de la Pofte de Paris & de lesy
affranchir , met une fi grande différence
entre ces Boetes & celles de la .
Grande Pofte , qui font ouvertes dans la
rue, & où on ne paye rien , que l'on
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE.
ne peut croire que par imbécilité feule
on puiffe s'y méprendre.
>
S'il étoit encore quelque point dans le
fervice de cette Pofte que le Public ne
trouvât pas affez éclairci , ou fur lequel il
defirât quelque changement ; les principes
& les motifs qui me conduiſent,
doivent l'affurer de l'empreffement avec
lequel je me porterai à le fatisfaire . Le
nombre de Lettres dans le commencement
de l'année eft fi confidérable
que les tournées des Facteurs font néceffairement
retardées , & que les dernieres
finiffent très-tard , ce qui fait que
beaucoup de Lettres , quoique mifes tard
à la Pofte dans ces temps-là , font néanmoins
portées le lendemain à la premiere
diftribution . Pour procurer au Public
le même avantage en Automne , où
le nombre des Lettres diminue beaucoup
, il a été arrêté qu'en tout temps la
derniere tournée pour collecter fe feroit
vers les huit heures du foir dans tous
les Quartiers qui ne font pas trop
écartés
pour y lever les Lettres que l'on voudra
qui foient rendues le matin de 7
heures & demie à 9 heures.
Toutes les perfonnes qui verroient
des Facteurs ne pas mettre les Lettres
qu'on leur donneroit dans leur coffret ,
JANVIER. 1763. 157
ou des Boëtiers qui ne les mettroient
pas dans leur boete , font priés d'en
envoyer une note au Bureau général
en l'adreffant à M. de Beauvoifin , Infpecteur
général , qui y demeure. Il eft
ordonné aux Boëtiers & aux Facteurs de
fe charger fans aucune rétribution de
ces notes , & généralement de tous les
avis qu'on voudra bien lui adreffer.
On continuera toujours de faite des
vifites , foit au commencement de l'année
, foit dans toute autre circonftance
pour tous ceux qui enverronr des cartes
de leur nom , & au bas les noms & demeures
des différentes perfonnes chez
qui ils veulent qu'elles foient portées
en payant un fol pour chaque vifite.
Avant que de rendre la carte , celui qui
fera chargé de la porter aura foin de
couper la demeure.
On ne peut recommander avec trop
d'inftance de ne mettre dans les Lettres
ni or , ni argent , ni effets précieux : on
fe chargera toujours de porter par la
Pofte les fommes & les effets que l'on
voudra , au prix & aux conditions qui
ont été déja annoncées , pourvu que
l'on les déclare , & qu'on en tire reconnoiffance
, fi cela en vaut la peine.
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Résumé : AVIS AU PUBLIC, SUR LA PETITE POSTE. Par M. D........
L'avis public concernant la Petite Poste de Paris met en avant son succès et la reconnaissance de son zèle. Pour garantir un bon service, un registre est maintenu au Bureau général, où sont consignées les plaintes et les résultats des recherches. La majorité des retards ou erreurs sont attribués à des personnes extérieures à la Poste, telles que celles qui apportent les lettres au Bureau ou les destinataires. Les timbres apposés sur les lettres indiquent la date et l'heure de dépôt, facilitant ainsi l'identification des fautes. Les levées et distributions des lettres sont organisées à des intervalles précis tout au long de la journée. Il est recommandé de dater les lettres sur l'enveloppe pour éviter les retards et il est signalé l'infidélité de ceux qui utilisent les boîtes de la Grande Poste. Pour améliorer le service, il est proposé de collecter les lettres jusqu'à huit heures du soir en automne. Les citoyens sont encouragés à signaler les manquements des facteurs ou boîtiers. Enfin, il est fortement déconseillé d'envoyer des objets de valeur par la Poste, bien qu'il soit possible de les déclarer pour un transport sécurisé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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