APPLICATION
D'uneMetamorphose
d'Ovide, à laprise de
Gironne,sous le nom
de Maurice& de Gironde.
vers les bords du prochain
rivage,
A l'abry des Monts escarpez
Je vois une Nymphe volagc>
Rire de ses Amans trompez
Gironde fille de Prothée,
Par leur plus tendre effort
ne pûc estre arrestée,
Habile à s'en débarasser,
En Lis ils lavirent changer,
Devenuë Aigle ensuite
,
elle fut dégagée,
Des mains qui croyoient
l'embrasser
Du Guerrier qui la trouve
belle,
Mille desirs secrets ont
échaufé le sein.
Et la Gloire a part au
dessein,
De fixercecoeurinfidelle,
Maurice plein d'ardeur
court au sacré Vallon,
Où sur son entreprise il
consulte Apollon, Tu dois t'attendre à mille
obstacles
, Dit le Dieu clair-voyant,
mais c'est pour tes pareils,
Que le Ciel garde ses Miracles.
Ose tour,& fuis mes conseils,
Avant que la saison nouvelle.
Permette un courslibre aux
Nochers,
Surprend cette Beauté rebelle,
Endormie entre sept Rochers.
Alors qu'elle se fasse, ou
Lyonneou Tygresse,
Qu'elle se change eneaux,
en feux,
Point de relâche, insiste
,
presse
, Qui sçait estre constant à
la fin est heureux,
Maurice marche à longue
traites
,
Envjn pour en troubler le
couts ,
Mille noirs Chevres pieds
ont quitté leurs retraites,
Qu'ils partagent avec les
Ours,
Au premier bruit la Nymphe
alerte
Du Heros medite la perte ,
Mil- éclairs partent de ses
yeux,
Mais c'est en vain, qu'elle
fulmine
-
En vain de sa fureurl'éclat8L
Imperueux,
Fait mugir les échos deJa
rivevoisine,
Maurice n'est pas moins ,
ardent,audacieux,
Gironde par ce témeraire)
Voyant de son courroux le
feupeurespecté,
Confie à l'Element contraire,
Et sa Gloire& sa liberté.
La jeune & timide Nayade,
Qojjn Satyre pour suit de pris
Jamais fous tant de flots ne
cacha ses attraits,
Et la plus humide Plcyade,
Jamais d'un tel torrent n'innonda
les Guerets,
Mais en eau vainement fon-
-
due:
Sans qu'Elle ébranle le
Heros,
A sa premiere forme elle
estenfinrendue,
Et luy fait entendre ces
mots:
Redoute un desespoir fu-
,jar
neste,
Garde - toy d'abuser du
désordre ou je fuis,
Fais grace à mes derniers
réduits,
Et jet'abandonne lereste.
Maurice nesçait pastriompher
à demy,
La Nymphe en dépit d'Elle
admire,
La valeur de son ennemy,
Ellerougit,elle fou pire,
Enfin elle s'écrie en luy
rendant la main,
De ton ardeur confiante on
ne peut se deffendre,
Mais sans doute l'effortqui
me
force à me rendre,
N'etoit pas un effort ht^
main.