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1
p. 71-88
DEPART de la rade de Siam.
Début :
Aprés le peu que je viens de raconter de la Religion, des [...]
Mots clefs :
Fort, Heures, Coups de vent, Eau, Route, Jour, Lieues, Vaisseau, Voyage, Boeufs, Mouiller, Cap de Bonne-Espérance, Gouverneur, Oiseaux, Poissons, Alexandre de Chaumont
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texteReconnaissance textuelle : DEPART de la rade de Siam.
DEPART
de la rade de Siam .
A
Prés le peu que je viens de
raconter de la Religion , des
Moeurs , du Gouvernement , de
la ſcituation &de diverſes chofes
curieuſes du Royaume de
Siam , je reviens à mon départ
dela rade où j'ay interrompu le
ſtil de ma Relation & je diray
quej'en partis le vingt-deuxiéme
Decembre de l'année derniere
mil fix cens quatre- vingt cinq.
Je me misà la Voile ſur les trois
heures du matin avec un bon
vent du Nort qui m'a continuć
tout lelongdes côtes de Camboge
qui eſt un Royaume limitro
72 RELATION
phe de Siam , en tirant vers la
Cochinchine. Les peuples de ces
deux Royaumes ont la meſme
croïance & vivent de la meſme
maniere. Il ne ſe paſſa rien de
digne d'être remarqué juſqu'au
d'etroit deBanca oùj'échoüay par
par le travers d'une Iſle qui ſe
nomme Lucapara , ſur un banc
de vaſe où il n'y avoit que trois
braſſes d'eau , & il en falloit plus
de dix- sept pieds pour le Vaifſeau
, cela ne m'inquieta pas , &
donna feulement de la peine à
l'équipage que j'envoyay auſſi-tôt
ſonder aux environs du Vaiffeau
& on trouva plus de fond , j'y fis
porter un petit ancre que l'on
moüilla fur lequel il y avoit un
cable , & nous nous ôtâmes de
deſſus ce banc avec les cabeftans
du Navireen moins de quatre
ou cinq heures , quoy que
jeuſſe un bon Pilote Hollandois
DU VOYAGE DE SIAM. 73
dois je ne laiſſé pas de toucher
dans ce détroit , en allant & en
revenant ; je continué ma route
& j'arrivay à Bantam le onzeJanvier
mil fix cens quatre- vingt fix
Auſſi- tôtquej'y fus moüillé j'envoyé
Monfieur de Cibois Officier
faire compliment auGouverneur,
& pour avoir des rafraîchiffe
mens. Il m'envoya pour preſent
fix boeufs , des fruits & des herbes;;
je n'y fis point d'eau , parce
qu'elle estoit fortdifficile à avoir,
&je ne reſté que trente heures
dans cette rade. Jefis lever l'ancreledouziéme
au foir , mais le
calme nous prit , ce qui nous
obligea de moüiller.
Letreizićme je fis lever l'ancre,
nous eûmes tout le jour du calme
&du ventcontraire ; mais ſur le
foir il ſe leva un petit vent qui
nous fit doubler la pointe deBantam
,&nous fit paaffffeerr le détroit
g
74 REELATION
de Sonda en moins de huit heu
res . Je fus obligé de mettre en
pane par le travers de l'Ifle du
Prince , qui eft à la fortie de ce
détroit , pour attendre la Fregate
la Malige , qui ne nous avoit
pu ſuivre ,& elle nous y joignit,
Le quatorze je poutfuivis tha
route pour aller droit au Capde
bonne eſperance avec un bon
vent de Nort , &de nort nort eft ,
Le vingt-trois à la pointe du jour
aprés avoir fait environ centcinquante
lieuës nous vimes la terre
des Ifles de ſainte Croix'; ce qui
nous furprit, parce que la veille
jem'étois fait montrer le point
des Pilotes qui ſe difoient tous
à plus de quinzelieuës de latitude
Sud & de vingtde longitude .
Cette Terre eſt fort baffe, & s'il
y avoit eu trois ou quatre heures
de nuit de plus nous nous y
fuffions échoués ; mais il plût
DU VOYAGE DE SIAM. 75
Dieu de nous en preſerver. Nous
attribuâmes
courans qui eſtoientcontre nous
& qui nous empêchoient d'aller
autant de lavant que nous le
croyons; nous paſſames cette Iſle
bien vite , parce qu'il ventoit
beaucoup , & nous continuâmes
noſtre route. La Mer eſt fort
poiffonneuſe en cet endroit-là ,
& il y a quantité d'oiſeaux , le
temps eftoit beau , & nous faiſions
tous les jours trente , quarante
, cinquante , & foixante
lieuës ventarriere , nous nous divertiſſions
à voir une chaffe affez
plaiſante qui ſe donnoit par les
Albucorps & les Bonnittes,& un
petit poiſſon qui ſe nomme poiffon
volant qui quand il ſe
cette erreur aux
د
voit poursuivi des poiſſons qui
en fontleur nourriture , forthors
del'eau & volle tant que ſes aîles
font humides , c'eſt à dire auſſi
gij
76 RELATION
د
loin que le vol d'une caille ; mais
il y a un oiſeau que l'on nomme
paille en quëu , qui porte ce nom
à cauſe d'unegrande plume qu'il
a à la queüe furpaſſant les autres
de plus d'un grand demy pied
&qui a la figure & preſque la
couleur d'une paille ; il eſt toûjours
en l'air & quand il voit ce
poiſſon vollant ſortir de l'eau , il ſe
laiſſe tomber deſſus comme fait
un oiſeau de proye ſur le gibier ,
&quelquefois ils vont plus d'une
braſſe dans l'eau le chercher, ſi
bien que le poiſſon vollant ne
peut pas manquer d'eſtre pris .
Le 15. Février nous nous trouvâmes
par le travers de l'Iſle Maurice
où nous eûmes un coup de
vent qui nous dura trois jours ;
da Mer eſtoit extrémement groffe
& nous tourmenta beaucoup ,
les coups de mer paſſoient frequemment
pardeſſus le Vaiſſeau ,
DU VOYAGE DE SIAM. 77
& nous obligeoient à pomper
ſouvent à cauſe de l'eau que nous
řecevions .
Le dix-neuf le temps s'adoucit&
nous donna lieu de racommoder
ce que la mer nous avoit
ébranlé , il y eut de grands clouds
qui fortoient du bordage qui
tient l'arcaffe du Vaiſſeau au defſous
de ce Tambor , & cela s'étoit
fait par les vagues qui frapoient
contre le Vaiſſeau comme
contre un rocher. La nuit dés le
premier jour dece mauvais temps
la fregatte qui estoit avec moy
s'en ſepara , ſon rendés- vous
eſtoit au Cap de bonne-Eſperance
. Pourſuivant noſtre route
nous eûmes encore deux coups
de vents qui nous incommoderent
fort , parce que la mer eſtoit
fort rude , les vents faiſoient pref
que toûjours le tour du compas ,
de forte que les vagues ſe rengiij
78 RELATION
contrant lesunes contre les autres
font qu'un vaiſſeau ſouffre beaucoup.
Le dixiéme Mars ſur les deux
heures aprésmidy nous apperçûmes
un vaiſſeau , d'abord je crûs
que c'eſtoit celui qui m'avoit
quitté , mais en l'approchant
nous luy vîmes arborer le pavillon
Anglois , & comme j'étois
bien- aiſe d'apprendre des nouvelles
, & queje jugeois qu'il venoit
d'Europe , j'arrivay ſur luy
& quand j'en fus proche je mis
mon canot à la mer & j'envoyé
un Officier à fon bord , pour
ſçavoir s'il n'y avoit point de
guerre ; car quand il y a longtemps
que l'ona quitté la France
, on neſçait point à qui ſe fier,
principalement quand il faut aller
moüiller chez des Etrangers,
on me rapporta que c'eſtoit un
yaiſſeau Marchand Anglois , qui
DU VOYAGE DE SIAM. 79
eſtoit parti de Londres depuis
cinqmois , &qu'il n'avoit touché
ennullepart , qu'il alloit en droi
ture au Tonquin , que le Capitaine
luy avoit dit qu'il n'y avoit
point de guerre en France , &
que toute l'Europe eſtoit en paix,
qu'ily avoit cependant eu quel
que revolte en Angleterre par le
Duc de Monmout qui s'eſtoit
mis à la teſte de dix ou douze mil
hommes ; mais que les trouppes
du Roy l'avoient batu& fait prifonnier
, qu'on luy avoit coupé
la teſte , & qu'on avoit pendu
beaucoup de perſonnes que l'on
avoit auſſi priſes , mais que cette
rebellion eſtoit finie avant fon
départ ; il dit auſſi qu'il avoit
veu la terre le jour d'auparavant
à ſept lieuës , ce qui nous fit juger
que nous devions en eſtre à
30. ou 35. lieuës ; nous conti
nuâmes noſtre route le reſte du
g iiij
80M RELATION
jour & de la nuit , & le lendemain
ſur les dix heures nous vimes
la terre ſous le vent denous,
à ſeptou huit lieuës , j'y fis fonder
& on trouva quatre- vingt
cinq brafſſes qui fit que nous connûmes
que c'eſtoit la terre & le
banc des Eguilles , outre qu'il y
avoitgrande quantité d'oiſeaux ;
ce bancmet trente lieuës au large&
à la meſme longueur , on y
trouve fond juſqu'à cent vingt
braffes, nous forçâmes de voiles
pour tâcher à voiravant la nuit le
Cap de Bonne- Efperance ; le lendemainà
la pointe du jour nous
le vîmes& nous le doublâmes ,
fur les dix heures nous vîmes un
Vaiſſeau ſous le vent de nous
& en l'approchant nous reconnûmes
que c'eſtoir la Fregate , qui
comme je l'ay dit m'avoit quitté
par le travers de l'Iſle Maurice ,
ce fut la ſeconde fois qu'aprés
DU VOYAGE DE SIAM. 8г
beaucoupde temps de ſeparation
nous nous retrouvâmes le meſme
jour de noſtre arrivée, ce qui ne
ſe rencontre que rarement dans
la navigation ; car la meſme chofe
nous eſtoit arrivée en entrant
audétroit de Sonda , ainſi que je
l'ay dit. Comme j'étois preſt de
moüiller le vent vint ſi fort &
tellement contraire que je fus
obligé de faire vent arriere , &
d'aller moüiller à l'Iſle Robins
qui eſt environ à trois lieuësde la
Fortereſſe du Cap ; le lendemain
treiziéme Mars je fis lever l'ancre
, &je m'en allé moüiller prés
de la Fortereſſe où j'arrivay fur
les deux heures , j'y trouvé neuf
Vaiſſeaux qui venoient de Batavia
& s'en alloient en Europe ;
j'envoyé Monfieur le Chevalier
Cibois faire compliment au Gouverneur&
luy demander permiffiond'envoyer
huit ou dixmala-
9
82 RELATION
des à terre faire de l'eau , & prenpre
des rafraîchiſſemens . Il reçût
fort honnêtement mon compliment
, & il dit à l'Officier que
j'étois le Maiſtre , & que je pou
vois faire tout ce qu'il me plairoit
: comme nous eſtions dans le
temps de leur Automne où tous
les fruits étoientbons;il m'envoya
des melons , des raiſins , & des
falades ; je fis ſaluër le Fort de
ſept coups de Canon ; car l'ordre
du Roy eſt de ſaluër les Fortereſſes
les premieres , il me rendit
coup pour coup , le Vaiffeau
qui portoit le pavillon d'Amiral
me ſalua enſuite de ſept coups ,
je luy en rendis autant. Il y avoit
dans cette Flotte trois pavillons ,
Admiral,Vice- Admiral , & Contre-
Admiral. Les fruits qu'on
m'apporta eſtoient admirables de
meſme que les ſalades , les melons
eftoient tres -bons ,& le rai
DU VOYAGE DE SIAM. 83
ſin meilleur qu'en France; j'allay
me promener dans leur beau
Jardin , qui me fit reſſouvenir de
ceux qui font en France ; car
comme je l'ai déja dit il eſt tresbeau
& fort bien entretenu ; la
grande quantité de legumes
qu'on y trouve fait grand plaiſir
aux équipages ; car le Gouverneur
en faifoit donner tant qu'on
en vouloit , il y a auſſi grande
quantité de coins qui font fort
bons pour les voyageurs, card'ordinaire
les maladies de ces traverſes
ſont des flux de fang .
Le Gouverneur eſt homme
d'eſprit , & fort propre pour les
Colonies , & on dit que s'il y
reſte long-temps il fera en ces
quartiers-là un tres-bel établiſſement
; lorſqu'il y a quelques
Hollandois qui veulent s'y habituer
, il leur donnent des terres
autant qu'ils en veulent , leus
84
1
RELATION
د
fait bâtir une maiſon , leur donne
des boeufs pour labourer &
tous les autres animaux & uſtencils
qui leur font neceſſaires , on
fait eſtimer tout ce qu'on leur
donne qu'ils rembourſent aprés à
la Compagnie , quand ils le peuvent.
Ils font obligez de vendre
tout ce qu'ils recuëillent de leurs
terres à la Compagnie ſeulement
&à un prix taxé , ce qui luy eſt
avantageux ainſi qu'auxhabitans .
Le vin qu'elle achete d'eux ſeize
écus la baricque,elle le revent
cent aux Etrangers& à ſes propres
Flottes qui paffent en cet
endroit , c'eſt à dire aux Matelots
qui le boivent fur le lieu ; les
moutons , les boeufs &les autres
chofes ſe vendent à proportion ,
ce quirapporre un grand revenu
à cette Compagnie , & fait que
leurs Flottes s'y rafraîchiffent à
peu de frais & y reſtent des
DU VOYAGE DE SIAM. 85
mois & fix ſemaines entieres
ſelon les malades qu'elles ont.
Quand j'arrivay il n'y avoit pas
long-temps que le Gouverneur
eſtoit de retour d'une découverte
qu'il venoit de faire de mines:
d'or & d'argent , il en a rapporté
plufieurs pierres.Ondit qu'en ces
minesil y a beaucoup d'or &d'ar
gent , &qu'elles font fort faciles
eſtant peu profondes. Il a eſté
juſqu'à deux cens cinquante
lieuës dans les terres ; il menai
avec luy trois ou quatre Outantoſt
du Cap , qui parloient Hollandois
, qui le menerent à la
prochaine Nation qui estoit auffo
Outantoſt , il en prit d'autres
en faiſant ſa route. Il a trouvé
juſques à neuf Nations differentes
, il en prenoit à meſure , qu'il
changeoit de Nation pour ſe faire
entendre , il a tiré à ce que l'on
86 RELATION
dit un fort grand éclairciflement
ſur tout ce qu'il ſouhaittoir,
il dit que la derniere Nation eſt
la plus polie , & qu'ils vinrent
au devant de luy hommes , femmes
& enfans , en danſant , &
qu'ils eſtoient tous habillez de
peaux de Tigres ; c'étoit une
grande robbe qui leur venoit
juſqu'aux pieds. Il a amené un de
ſes Outantots à qui il fait apprendre
l'Hollandois poury retourner
l'année prochaine.Toutes cesNations-
là ont beaucoup de beſtiaux
& c'eſt tout leur revenu. Le
Gouverneur avoit avec luy cinquante
Soldats , un Peintre pour
tirer les couleurs des animaux,des
oiſeaux , des ferpens & des plantes
, qu'il trouveroit, un Deſſinateur
pour marquer ſa route ,&un
Pilote ; car ils alloient toûjours à
la bouffole & avoit emmené trois
cens boeufs pour porter leurs viDU
VOYAGE DE SIAM. 87
vres & traîner quatorze ou quinze
charettes ; quand ils trouvoient
des montagnes ils démontoient
leurs charettes & les chargeoient
avec ce qui estoit dedans ſur les
boeufs pour les paſſer , eſtant
avancé dans le païs il fut trois ou
quatre jours fans trouver d'eau,
ce qui les incommoda fort , il a
eſté cinq mois & demy en fon
voyage.
Il a rencontré beaucoup de bêtes
ſauvages , il dit que les Elephansy
font monstrueux & bien
plus grands qu'aux Indes ,des Rinoceros
d'une prodigieuſe grofſeur.
Il en a veu un dont il penſa
eſtre tué ; car quand cet animal
eſt en furie il n'y a point d'arme
qui le puiſſe arrêter , ſa peau eſt
tres - dure , & où les coups de
mouſquets ne font rien , il faut
les attrapper au deffaut de l'épaule
pour les tuer , ils ont deux cor-
L
88 RELATION
nes , je rapporte trois de ſes cornes
, il y en a deux qui ſe tiennent
enſemble avec de la peau decet
animal ; le ſejour que j'ay fait au
Cap m'a fourni beaucoup de
poiſſon durant le Carême où nous
eſtions. Je vis une balaine d'une
furieuſe groffeur qui vint à la
portéed'un demy piſtolet de mon
Vaiſſeau ; il y avoit auſſi des oiſeaux
en quantité , qui nous donnoient
le meſme plaiſir que les
pailles en queue dont j'ay parlé .
de la rade de Siam .
A
Prés le peu que je viens de
raconter de la Religion , des
Moeurs , du Gouvernement , de
la ſcituation &de diverſes chofes
curieuſes du Royaume de
Siam , je reviens à mon départ
dela rade où j'ay interrompu le
ſtil de ma Relation & je diray
quej'en partis le vingt-deuxiéme
Decembre de l'année derniere
mil fix cens quatre- vingt cinq.
Je me misà la Voile ſur les trois
heures du matin avec un bon
vent du Nort qui m'a continuć
tout lelongdes côtes de Camboge
qui eſt un Royaume limitro
72 RELATION
phe de Siam , en tirant vers la
Cochinchine. Les peuples de ces
deux Royaumes ont la meſme
croïance & vivent de la meſme
maniere. Il ne ſe paſſa rien de
digne d'être remarqué juſqu'au
d'etroit deBanca oùj'échoüay par
par le travers d'une Iſle qui ſe
nomme Lucapara , ſur un banc
de vaſe où il n'y avoit que trois
braſſes d'eau , & il en falloit plus
de dix- sept pieds pour le Vaifſeau
, cela ne m'inquieta pas , &
donna feulement de la peine à
l'équipage que j'envoyay auſſi-tôt
ſonder aux environs du Vaiffeau
& on trouva plus de fond , j'y fis
porter un petit ancre que l'on
moüilla fur lequel il y avoit un
cable , & nous nous ôtâmes de
deſſus ce banc avec les cabeftans
du Navireen moins de quatre
ou cinq heures , quoy que
jeuſſe un bon Pilote Hollandois
DU VOYAGE DE SIAM. 73
dois je ne laiſſé pas de toucher
dans ce détroit , en allant & en
revenant ; je continué ma route
& j'arrivay à Bantam le onzeJanvier
mil fix cens quatre- vingt fix
Auſſi- tôtquej'y fus moüillé j'envoyé
Monfieur de Cibois Officier
faire compliment auGouverneur,
& pour avoir des rafraîchiffe
mens. Il m'envoya pour preſent
fix boeufs , des fruits & des herbes;;
je n'y fis point d'eau , parce
qu'elle estoit fortdifficile à avoir,
&je ne reſté que trente heures
dans cette rade. Jefis lever l'ancreledouziéme
au foir , mais le
calme nous prit , ce qui nous
obligea de moüiller.
Letreizićme je fis lever l'ancre,
nous eûmes tout le jour du calme
&du ventcontraire ; mais ſur le
foir il ſe leva un petit vent qui
nous fit doubler la pointe deBantam
,&nous fit paaffffeerr le détroit
g
74 REELATION
de Sonda en moins de huit heu
res . Je fus obligé de mettre en
pane par le travers de l'Ifle du
Prince , qui eft à la fortie de ce
détroit , pour attendre la Fregate
la Malige , qui ne nous avoit
pu ſuivre ,& elle nous y joignit,
Le quatorze je poutfuivis tha
route pour aller droit au Capde
bonne eſperance avec un bon
vent de Nort , &de nort nort eft ,
Le vingt-trois à la pointe du jour
aprés avoir fait environ centcinquante
lieuës nous vimes la terre
des Ifles de ſainte Croix'; ce qui
nous furprit, parce que la veille
jem'étois fait montrer le point
des Pilotes qui ſe difoient tous
à plus de quinzelieuës de latitude
Sud & de vingtde longitude .
Cette Terre eſt fort baffe, & s'il
y avoit eu trois ou quatre heures
de nuit de plus nous nous y
fuffions échoués ; mais il plût
DU VOYAGE DE SIAM. 75
Dieu de nous en preſerver. Nous
attribuâmes
courans qui eſtoientcontre nous
& qui nous empêchoient d'aller
autant de lavant que nous le
croyons; nous paſſames cette Iſle
bien vite , parce qu'il ventoit
beaucoup , & nous continuâmes
noſtre route. La Mer eſt fort
poiffonneuſe en cet endroit-là ,
& il y a quantité d'oiſeaux , le
temps eftoit beau , & nous faiſions
tous les jours trente , quarante
, cinquante , & foixante
lieuës ventarriere , nous nous divertiſſions
à voir une chaffe affez
plaiſante qui ſe donnoit par les
Albucorps & les Bonnittes,& un
petit poiſſon qui ſe nomme poiffon
volant qui quand il ſe
cette erreur aux
د
voit poursuivi des poiſſons qui
en fontleur nourriture , forthors
del'eau & volle tant que ſes aîles
font humides , c'eſt à dire auſſi
gij
76 RELATION
د
loin que le vol d'une caille ; mais
il y a un oiſeau que l'on nomme
paille en quëu , qui porte ce nom
à cauſe d'unegrande plume qu'il
a à la queüe furpaſſant les autres
de plus d'un grand demy pied
&qui a la figure & preſque la
couleur d'une paille ; il eſt toûjours
en l'air & quand il voit ce
poiſſon vollant ſortir de l'eau , il ſe
laiſſe tomber deſſus comme fait
un oiſeau de proye ſur le gibier ,
&quelquefois ils vont plus d'une
braſſe dans l'eau le chercher, ſi
bien que le poiſſon vollant ne
peut pas manquer d'eſtre pris .
Le 15. Février nous nous trouvâmes
par le travers de l'Iſle Maurice
où nous eûmes un coup de
vent qui nous dura trois jours ;
da Mer eſtoit extrémement groffe
& nous tourmenta beaucoup ,
les coups de mer paſſoient frequemment
pardeſſus le Vaiſſeau ,
DU VOYAGE DE SIAM. 77
& nous obligeoient à pomper
ſouvent à cauſe de l'eau que nous
řecevions .
Le dix-neuf le temps s'adoucit&
nous donna lieu de racommoder
ce que la mer nous avoit
ébranlé , il y eut de grands clouds
qui fortoient du bordage qui
tient l'arcaffe du Vaiſſeau au defſous
de ce Tambor , & cela s'étoit
fait par les vagues qui frapoient
contre le Vaiſſeau comme
contre un rocher. La nuit dés le
premier jour dece mauvais temps
la fregatte qui estoit avec moy
s'en ſepara , ſon rendés- vous
eſtoit au Cap de bonne-Eſperance
. Pourſuivant noſtre route
nous eûmes encore deux coups
de vents qui nous incommoderent
fort , parce que la mer eſtoit
fort rude , les vents faiſoient pref
que toûjours le tour du compas ,
de forte que les vagues ſe rengiij
78 RELATION
contrant lesunes contre les autres
font qu'un vaiſſeau ſouffre beaucoup.
Le dixiéme Mars ſur les deux
heures aprésmidy nous apperçûmes
un vaiſſeau , d'abord je crûs
que c'eſtoit celui qui m'avoit
quitté , mais en l'approchant
nous luy vîmes arborer le pavillon
Anglois , & comme j'étois
bien- aiſe d'apprendre des nouvelles
, & queje jugeois qu'il venoit
d'Europe , j'arrivay ſur luy
& quand j'en fus proche je mis
mon canot à la mer & j'envoyé
un Officier à fon bord , pour
ſçavoir s'il n'y avoit point de
guerre ; car quand il y a longtemps
que l'ona quitté la France
, on neſçait point à qui ſe fier,
principalement quand il faut aller
moüiller chez des Etrangers,
on me rapporta que c'eſtoit un
yaiſſeau Marchand Anglois , qui
DU VOYAGE DE SIAM. 79
eſtoit parti de Londres depuis
cinqmois , &qu'il n'avoit touché
ennullepart , qu'il alloit en droi
ture au Tonquin , que le Capitaine
luy avoit dit qu'il n'y avoit
point de guerre en France , &
que toute l'Europe eſtoit en paix,
qu'ily avoit cependant eu quel
que revolte en Angleterre par le
Duc de Monmout qui s'eſtoit
mis à la teſte de dix ou douze mil
hommes ; mais que les trouppes
du Roy l'avoient batu& fait prifonnier
, qu'on luy avoit coupé
la teſte , & qu'on avoit pendu
beaucoup de perſonnes que l'on
avoit auſſi priſes , mais que cette
rebellion eſtoit finie avant fon
départ ; il dit auſſi qu'il avoit
veu la terre le jour d'auparavant
à ſept lieuës , ce qui nous fit juger
que nous devions en eſtre à
30. ou 35. lieuës ; nous conti
nuâmes noſtre route le reſte du
g iiij
80M RELATION
jour & de la nuit , & le lendemain
ſur les dix heures nous vimes
la terre ſous le vent denous,
à ſeptou huit lieuës , j'y fis fonder
& on trouva quatre- vingt
cinq brafſſes qui fit que nous connûmes
que c'eſtoit la terre & le
banc des Eguilles , outre qu'il y
avoitgrande quantité d'oiſeaux ;
ce bancmet trente lieuës au large&
à la meſme longueur , on y
trouve fond juſqu'à cent vingt
braffes, nous forçâmes de voiles
pour tâcher à voiravant la nuit le
Cap de Bonne- Efperance ; le lendemainà
la pointe du jour nous
le vîmes& nous le doublâmes ,
fur les dix heures nous vîmes un
Vaiſſeau ſous le vent de nous
& en l'approchant nous reconnûmes
que c'eſtoir la Fregate , qui
comme je l'ay dit m'avoit quitté
par le travers de l'Iſle Maurice ,
ce fut la ſeconde fois qu'aprés
DU VOYAGE DE SIAM. 8г
beaucoupde temps de ſeparation
nous nous retrouvâmes le meſme
jour de noſtre arrivée, ce qui ne
ſe rencontre que rarement dans
la navigation ; car la meſme chofe
nous eſtoit arrivée en entrant
audétroit de Sonda , ainſi que je
l'ay dit. Comme j'étois preſt de
moüiller le vent vint ſi fort &
tellement contraire que je fus
obligé de faire vent arriere , &
d'aller moüiller à l'Iſle Robins
qui eſt environ à trois lieuësde la
Fortereſſe du Cap ; le lendemain
treiziéme Mars je fis lever l'ancre
, &je m'en allé moüiller prés
de la Fortereſſe où j'arrivay fur
les deux heures , j'y trouvé neuf
Vaiſſeaux qui venoient de Batavia
& s'en alloient en Europe ;
j'envoyé Monfieur le Chevalier
Cibois faire compliment au Gouverneur&
luy demander permiffiond'envoyer
huit ou dixmala-
9
82 RELATION
des à terre faire de l'eau , & prenpre
des rafraîchiſſemens . Il reçût
fort honnêtement mon compliment
, & il dit à l'Officier que
j'étois le Maiſtre , & que je pou
vois faire tout ce qu'il me plairoit
: comme nous eſtions dans le
temps de leur Automne où tous
les fruits étoientbons;il m'envoya
des melons , des raiſins , & des
falades ; je fis ſaluër le Fort de
ſept coups de Canon ; car l'ordre
du Roy eſt de ſaluër les Fortereſſes
les premieres , il me rendit
coup pour coup , le Vaiffeau
qui portoit le pavillon d'Amiral
me ſalua enſuite de ſept coups ,
je luy en rendis autant. Il y avoit
dans cette Flotte trois pavillons ,
Admiral,Vice- Admiral , & Contre-
Admiral. Les fruits qu'on
m'apporta eſtoient admirables de
meſme que les ſalades , les melons
eftoient tres -bons ,& le rai
DU VOYAGE DE SIAM. 83
ſin meilleur qu'en France; j'allay
me promener dans leur beau
Jardin , qui me fit reſſouvenir de
ceux qui font en France ; car
comme je l'ai déja dit il eſt tresbeau
& fort bien entretenu ; la
grande quantité de legumes
qu'on y trouve fait grand plaiſir
aux équipages ; car le Gouverneur
en faifoit donner tant qu'on
en vouloit , il y a auſſi grande
quantité de coins qui font fort
bons pour les voyageurs, card'ordinaire
les maladies de ces traverſes
ſont des flux de fang .
Le Gouverneur eſt homme
d'eſprit , & fort propre pour les
Colonies , & on dit que s'il y
reſte long-temps il fera en ces
quartiers-là un tres-bel établiſſement
; lorſqu'il y a quelques
Hollandois qui veulent s'y habituer
, il leur donnent des terres
autant qu'ils en veulent , leus
84
1
RELATION
د
fait bâtir une maiſon , leur donne
des boeufs pour labourer &
tous les autres animaux & uſtencils
qui leur font neceſſaires , on
fait eſtimer tout ce qu'on leur
donne qu'ils rembourſent aprés à
la Compagnie , quand ils le peuvent.
Ils font obligez de vendre
tout ce qu'ils recuëillent de leurs
terres à la Compagnie ſeulement
&à un prix taxé , ce qui luy eſt
avantageux ainſi qu'auxhabitans .
Le vin qu'elle achete d'eux ſeize
écus la baricque,elle le revent
cent aux Etrangers& à ſes propres
Flottes qui paffent en cet
endroit , c'eſt à dire aux Matelots
qui le boivent fur le lieu ; les
moutons , les boeufs &les autres
chofes ſe vendent à proportion ,
ce quirapporre un grand revenu
à cette Compagnie , & fait que
leurs Flottes s'y rafraîchiffent à
peu de frais & y reſtent des
DU VOYAGE DE SIAM. 85
mois & fix ſemaines entieres
ſelon les malades qu'elles ont.
Quand j'arrivay il n'y avoit pas
long-temps que le Gouverneur
eſtoit de retour d'une découverte
qu'il venoit de faire de mines:
d'or & d'argent , il en a rapporté
plufieurs pierres.Ondit qu'en ces
minesil y a beaucoup d'or &d'ar
gent , &qu'elles font fort faciles
eſtant peu profondes. Il a eſté
juſqu'à deux cens cinquante
lieuës dans les terres ; il menai
avec luy trois ou quatre Outantoſt
du Cap , qui parloient Hollandois
, qui le menerent à la
prochaine Nation qui estoit auffo
Outantoſt , il en prit d'autres
en faiſant ſa route. Il a trouvé
juſques à neuf Nations differentes
, il en prenoit à meſure , qu'il
changeoit de Nation pour ſe faire
entendre , il a tiré à ce que l'on
86 RELATION
dit un fort grand éclairciflement
ſur tout ce qu'il ſouhaittoir,
il dit que la derniere Nation eſt
la plus polie , & qu'ils vinrent
au devant de luy hommes , femmes
& enfans , en danſant , &
qu'ils eſtoient tous habillez de
peaux de Tigres ; c'étoit une
grande robbe qui leur venoit
juſqu'aux pieds. Il a amené un de
ſes Outantots à qui il fait apprendre
l'Hollandois poury retourner
l'année prochaine.Toutes cesNations-
là ont beaucoup de beſtiaux
& c'eſt tout leur revenu. Le
Gouverneur avoit avec luy cinquante
Soldats , un Peintre pour
tirer les couleurs des animaux,des
oiſeaux , des ferpens & des plantes
, qu'il trouveroit, un Deſſinateur
pour marquer ſa route ,&un
Pilote ; car ils alloient toûjours à
la bouffole & avoit emmené trois
cens boeufs pour porter leurs viDU
VOYAGE DE SIAM. 87
vres & traîner quatorze ou quinze
charettes ; quand ils trouvoient
des montagnes ils démontoient
leurs charettes & les chargeoient
avec ce qui estoit dedans ſur les
boeufs pour les paſſer , eſtant
avancé dans le païs il fut trois ou
quatre jours fans trouver d'eau,
ce qui les incommoda fort , il a
eſté cinq mois & demy en fon
voyage.
Il a rencontré beaucoup de bêtes
ſauvages , il dit que les Elephansy
font monstrueux & bien
plus grands qu'aux Indes ,des Rinoceros
d'une prodigieuſe grofſeur.
Il en a veu un dont il penſa
eſtre tué ; car quand cet animal
eſt en furie il n'y a point d'arme
qui le puiſſe arrêter , ſa peau eſt
tres - dure , & où les coups de
mouſquets ne font rien , il faut
les attrapper au deffaut de l'épaule
pour les tuer , ils ont deux cor-
L
88 RELATION
nes , je rapporte trois de ſes cornes
, il y en a deux qui ſe tiennent
enſemble avec de la peau decet
animal ; le ſejour que j'ay fait au
Cap m'a fourni beaucoup de
poiſſon durant le Carême où nous
eſtions. Je vis une balaine d'une
furieuſe groffeur qui vint à la
portéed'un demy piſtolet de mon
Vaiſſeau ; il y avoit auſſi des oiſeaux
en quantité , qui nous donnoient
le meſme plaiſir que les
pailles en queue dont j'ay parlé .
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Résumé : DEPART de la rade de Siam.
Le texte relate le départ du narrateur de la rade de Siam le 22 décembre 1785, à bord d'un navire naviguant avec un bon vent du nord le long des côtes du Cambodge en direction de la Cochinchine. Les peuples de ces royaumes partagent des croyances et modes de vie similaires. Le voyage se poursuit sans incident notable jusqu'au détroit de Banca, où le navire échoue sur un banc de vase. Grâce à l'intervention rapide de l'équipage, le vaisseau est rapidement dégagé. Le narrateur arrive à Bantam le 11 janvier 1786 et envoie un officier faire des compliments au gouverneur et obtenir des rafraîchissements. Après un court séjour, il reprend la mer mais doit faire face à des calmes et des vents contraires. Le 14 janvier, il rejoint la frégate La Malige et continue vers le Cap de Bonne-Espérance. Le 23 janvier, ils aperçoivent les îles de Sainte-Croix plus tôt que prévu en raison de courants contraires. Le 15 février, ils passent près de l'île Maurice et affrontent une tempête. Le 10 mars, ils rencontrent un vaisseau anglais qui les informe de l'absence de guerre en Europe. Le 13 mars, ils doublent le Cap de Bonne-Espérance et retrouvent la frégate qu'ils avaient perdue de vue. Le narrateur mouille ensuite près de la forteresse du Cap, où il est accueilli par neuf vaisseaux venant de Batavia. Il envoie un officier faire des compliments au gouverneur, qui lui offre des fruits et des légumes. Le gouverneur du Cap est décrit comme un homme d'esprit, propice aux colonies, aidant les Hollandais à s'installer en leur fournissant terres et animaux. Le texte mentionne également une récente découverte de mines d'or et d'argent par le gouverneur, qui a exploré des terres à plus de 250 lieues de la côte. Le séjour au Cap permet d'obtenir une grande quantité de poisson durant le Carême. Une baleine de grande taille est observée à portée de demi-pistolet du vaisseau. Le texte mentionne aussi la présence d'oiseaux en grande quantité, offrant un plaisir similaire à celui des pailles en queue. De plus, le narrateur décrit une rencontre avec un animal sauvage particulièrement dangereux. Cet animal, lorsqu'il est en furie, ne peut être arrêté par aucune arme en raison de sa peau très dure, imperméable aux coups de mousquet. La seule méthode efficace pour le tuer est de le frapper au défaut de l'épaule. L'animal possède deux cornes, dont trois spécimens sont rapportés, deux d'entre elles étant attachées par la peau de l'animal.
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2
p. 2270-2272
ALLEMAGNE.
Début :
Le bruit court à Vienne que l'Empereur a refusé d'entendre les nouvelles Représentations [...]
Mots clefs :
Allemagne, Commission impériale, Boeufs, Pluie, Marchandises
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
E bruit court à Vienne que l'Empereur a re
fusé d'entendre les nouvelles Représentations
que le Marquis Palavicini , Envoïé de la Répu blique de Génes , vouloit lui faire de la part de
cette République , et que S. M. Imp. lui a fait
dire qu'elle ne lui accorderoit d'Audience que
quand il viendroit pour lui apprendre que la République avoit satisfait à toutes les conditions
du Traité conclu entre Elle et les Peuples de
' Isle de Corse ´et qu'elle auroit fait mettre
OCTOBRE. 1722. 227
un liberté les quatre Chefs de cette Nation.
Leurs Majestez Impériales arriverent à Vienne
en parfaite santé de leur voyage de Lieutz , &c.
le 7 de ce mois.
On apprend de Demitz que le Duc Charles
Léopold avoit fait remettre aux Commissaires
Subdelegués de la CommissionImpériale une protestation de nullité contre tous les Réglemens que
l'Empereur pourroit faire publier par rapport aux affaires du Duché de Meckelbourg. On a vû de→
puis un Décret de S. M. I. qui porte en substan
ce que le Duc Chrétien-Louis de Meckelbourg Schwerin son frere , sera confirmé et établi Administrateur du Duché ; qu'on lui donnera pour
Adjoints quatre Conseillers qui seront nommés
par le Roi d'Angleterre comme Electeur d'Hanover , par le Roi de Prusse comme Electeur de
Brandebourg , par le Roi de Suede comme Duc
de Pomeranic , et par le Duc de Brunswick Wol
fembutel ; tous les quatre en qualité de Directeurs du Cercle de la Basse Saxe ; qu'on mettra
dans Domitz une Garnison de Troupes de ce
Cercle ; qu'on réglera les revenus annuels des
deux Princes de Meckelbourg , et que la Nobles
se du Duché sera rétablie dans la jouissance de
ses anciens Privileges et prérogatives.
Les Etats de Hongrie ont fait présent au Duc
de Lorraine , avant son départ de Presbourg pour
Bude , &c. de cent Bœufs , de mille Moutons
de cent mesures de vin de Tockoy , et d'une
grande quantité d'autres vins de Hongrie.
·
On mande de Francfort que le 29 Septembre on avoit essuyé à Wertheim un orage terrible
qu'il y étoit tombé une pluye si abondante qu'en moins de deux heures la Riviere de Tauber étoit sortie de son lit , et qu'elle avoit empor Hij té
2272 MERCURE DE FRANCE
té le Pont de Bateaux de cette Ville , l'Hôpital
P'Eglise voisine et toutes les maisons du Faubourg ; que les eaux de cette Riviere qui tom→
bent dans le Mein,l'avoient aussi enflée si considerablement , qu'il s'étoit répandu dans les Magazins bas de Francfort , où il avoit endommagé
une grande quantité de Marchandises , et , et qu'une des Arches du Pont avoit été emportée.
E bruit court à Vienne que l'Empereur a re
fusé d'entendre les nouvelles Représentations
que le Marquis Palavicini , Envoïé de la Répu blique de Génes , vouloit lui faire de la part de
cette République , et que S. M. Imp. lui a fait
dire qu'elle ne lui accorderoit d'Audience que
quand il viendroit pour lui apprendre que la République avoit satisfait à toutes les conditions
du Traité conclu entre Elle et les Peuples de
' Isle de Corse ´et qu'elle auroit fait mettre
OCTOBRE. 1722. 227
un liberté les quatre Chefs de cette Nation.
Leurs Majestez Impériales arriverent à Vienne
en parfaite santé de leur voyage de Lieutz , &c.
le 7 de ce mois.
On apprend de Demitz que le Duc Charles
Léopold avoit fait remettre aux Commissaires
Subdelegués de la CommissionImpériale une protestation de nullité contre tous les Réglemens que
l'Empereur pourroit faire publier par rapport aux affaires du Duché de Meckelbourg. On a vû de→
puis un Décret de S. M. I. qui porte en substan
ce que le Duc Chrétien-Louis de Meckelbourg Schwerin son frere , sera confirmé et établi Administrateur du Duché ; qu'on lui donnera pour
Adjoints quatre Conseillers qui seront nommés
par le Roi d'Angleterre comme Electeur d'Hanover , par le Roi de Prusse comme Electeur de
Brandebourg , par le Roi de Suede comme Duc
de Pomeranic , et par le Duc de Brunswick Wol
fembutel ; tous les quatre en qualité de Directeurs du Cercle de la Basse Saxe ; qu'on mettra
dans Domitz une Garnison de Troupes de ce
Cercle ; qu'on réglera les revenus annuels des
deux Princes de Meckelbourg , et que la Nobles
se du Duché sera rétablie dans la jouissance de
ses anciens Privileges et prérogatives.
Les Etats de Hongrie ont fait présent au Duc
de Lorraine , avant son départ de Presbourg pour
Bude , &c. de cent Bœufs , de mille Moutons
de cent mesures de vin de Tockoy , et d'une
grande quantité d'autres vins de Hongrie.
·
On mande de Francfort que le 29 Septembre on avoit essuyé à Wertheim un orage terrible
qu'il y étoit tombé une pluye si abondante qu'en moins de deux heures la Riviere de Tauber étoit sortie de son lit , et qu'elle avoit empor Hij té
2272 MERCURE DE FRANCE
té le Pont de Bateaux de cette Ville , l'Hôpital
P'Eglise voisine et toutes les maisons du Faubourg ; que les eaux de cette Riviere qui tom→
bent dans le Mein,l'avoient aussi enflée si considerablement , qu'il s'étoit répandu dans les Magazins bas de Francfort , où il avoit endommagé
une grande quantité de Marchandises , et , et qu'une des Arches du Pont avoit été emportée.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En octobre 1722, à Vienne, l'empereur a refusé de recevoir le Marquis Palavicini, envoyé de la République de Gênes, jusqu'à ce que Gênes respecte les conditions du traité avec les habitants de l'île de Corse et libère quatre chefs corses. Les souverains impériaux sont arrivés à Vienne le 7 octobre après un voyage depuis Lieutz. À Demitz, le Duc Charles Léopold a protesté contre les règlements impériaux concernant le Duché de Mecklembourg. Un décret impérial a nommé le Duc Chrétien-Louis de Mecklembourg-Schwerin administrateur du duché, assisté par quatre conseillers désignés par les rois d'Angleterre, de Prusse, de Suède et le Duc de Brunswick-Wolfenbüttel. Une garnison du Cercle de Basse-Saxe a été installée à Demitz, et la noblesse du duché a récupéré ses privilèges. Les États de Hongrie ont fourni des provisions et des vins au Duc de Lorraine avant son départ de Presbourg. À Francfort, un orage a causé des inondations, endommageant des biens et détruisant une arche du pont.
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3
p. 132-134
ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE. ANNÉE 1762. MALADIE Épidémique dans la Paroisse de MEYSIEU en Dauphiné.
Début :
LES Élèves de l'École Royale Vétérinaire ont été envoyés dans cette [...]
Mots clefs :
Maladie épidémique, École royale vétérinaire, Élèves, Boeufs, Vaches, Curé, Maire, Procureur fiscal
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texteReconnaissance textuelle : ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE. ANNÉE 1762. MALADIE Épidémique dans la Paroisse de MEYSIEU en Dauphiné.
ECOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE.
ANNÉE 1762.
MALADIE Epidemique dans la Paroiffe
de MEYSIEU en Dauphiné.
L ES Eléves de l'Ecole Royale Vétérinaire
ont été envoyés dans cette
Paroiffe le 20 Juin , & font revenus
le 3 du mois de Septembre.
Ils ont traité dans cette Paroiffe cinquante
boeufs ou vaches , fept chevaux ,
trois mulets , cinq ânes , en tout 62
animaux malades ; ils en ont guéri 53.
Avant leur arrivée on avoit entrepris
la guérifon de 29 boeufs ou vaches &
d'un mulet , en sout 30 malades , tous
30 morts.
re ,
Pendant leur féjour on a fait traiter
par d'autres que par eux 17 boeufs ou
vaches & 2 chevaux, en tout 19 malades,
tous 19 morts. Le Curé du Lieu , le Maile
Châtelain , le Procureur Fifcal &
le Greffier ont attefté les Etats qui ont
été dreffés par les Elèves. Ces Etats
contiennent le nom des Propriétaires des
animaux malades , lenombre & l'espèce
de ces animaux , le nombre des morts
MA I. 1763. 133
& des guéris ; ils ont été envoyés dans
le temps au Miniftre des Finances , à
M. de Marcheval , Intendant du Dauphiné
& à tous ceux des autres Intendans
de Province qui tiennent des Elèves à
l'Ecole.
Le nombre des animaux préfervés
dans cette même Paroiffe de Meyfieu ,
monte à plus de 300.
Les Elèves députés par M. Bourgelat,
& chargés de fe conformer à la méthode
qu'il a prefcrite dans cette occafion
& qui a été laiffée à M. Chenevaz, Maire
dudit Lieu , font les fieurs Bredin ,
Elève entretenu par la Ville d'Auxonne ;
il a fervi en chef.
Moret , Elève entretenu par la Ville
de Châlons- fur- Sône.
Brachet , Elève entretenu par la Province
de Bugey ; il fut attaqué d'un
charbon après avoir fait l'ouverture d'un
cadavre .
Les Elèves qui ont été fucceffivement
envoyés à l'effet d'aider les premiers
, font les fieurs Gauthier , de la
Ville de Lyon.
De Tuncq , Elève entretenu par M.
l'Intendant d'Amiens.
Rambert , Elève entretenu par la Province
du Bugey.
134 MERCURE DE FRANCE.
*
Kamerlet , Elève entretenu par la Ville
de Nancy.
M. Bourgelat s'eft tranfporté lui - mêmettois
fois fur les Lieux .
On obfervera que du 15 Février
jour auquel l'Ecole a été ouverte , au 20
Juin , jour auquel ces Elèves font partis,
il ne s'étoit encore écoulé que 4 mois.
ANNÉE 1762.
MALADIE Epidemique dans la Paroiffe
de MEYSIEU en Dauphiné.
L ES Eléves de l'Ecole Royale Vétérinaire
ont été envoyés dans cette
Paroiffe le 20 Juin , & font revenus
le 3 du mois de Septembre.
Ils ont traité dans cette Paroiffe cinquante
boeufs ou vaches , fept chevaux ,
trois mulets , cinq ânes , en tout 62
animaux malades ; ils en ont guéri 53.
Avant leur arrivée on avoit entrepris
la guérifon de 29 boeufs ou vaches &
d'un mulet , en sout 30 malades , tous
30 morts.
re ,
Pendant leur féjour on a fait traiter
par d'autres que par eux 17 boeufs ou
vaches & 2 chevaux, en tout 19 malades,
tous 19 morts. Le Curé du Lieu , le Maile
Châtelain , le Procureur Fifcal &
le Greffier ont attefté les Etats qui ont
été dreffés par les Elèves. Ces Etats
contiennent le nom des Propriétaires des
animaux malades , lenombre & l'espèce
de ces animaux , le nombre des morts
MA I. 1763. 133
& des guéris ; ils ont été envoyés dans
le temps au Miniftre des Finances , à
M. de Marcheval , Intendant du Dauphiné
& à tous ceux des autres Intendans
de Province qui tiennent des Elèves à
l'Ecole.
Le nombre des animaux préfervés
dans cette même Paroiffe de Meyfieu ,
monte à plus de 300.
Les Elèves députés par M. Bourgelat,
& chargés de fe conformer à la méthode
qu'il a prefcrite dans cette occafion
& qui a été laiffée à M. Chenevaz, Maire
dudit Lieu , font les fieurs Bredin ,
Elève entretenu par la Ville d'Auxonne ;
il a fervi en chef.
Moret , Elève entretenu par la Ville
de Châlons- fur- Sône.
Brachet , Elève entretenu par la Province
de Bugey ; il fut attaqué d'un
charbon après avoir fait l'ouverture d'un
cadavre .
Les Elèves qui ont été fucceffivement
envoyés à l'effet d'aider les premiers
, font les fieurs Gauthier , de la
Ville de Lyon.
De Tuncq , Elève entretenu par M.
l'Intendant d'Amiens.
Rambert , Elève entretenu par la Province
du Bugey.
134 MERCURE DE FRANCE.
*
Kamerlet , Elève entretenu par la Ville
de Nancy.
M. Bourgelat s'eft tranfporté lui - mêmettois
fois fur les Lieux .
On obfervera que du 15 Février
jour auquel l'Ecole a été ouverte , au 20
Juin , jour auquel ces Elèves font partis,
il ne s'étoit encore écoulé que 4 mois.
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Résumé : ÉCOLE ROYALE VÉTÉRINAIRE. ANNÉE 1762. MALADIE Épidémique dans la Paroisse de MEYSIEU en Dauphiné.
En 1762, des élèves de l'École Royale Vétérinaire ont été envoyés à Meysieu en Dauphiné pour combattre une épidémie animale. Arrivés le 20 juin et repartis le 3 septembre, ils ont soigné 62 animaux malades, en guérissant 53. Avant leur arrivée, 30 animaux avaient été traités sans succès et étaient décédés. Pendant leur mission, 19 autres animaux traités par d'autres personnes sont également morts. Les autorités locales ont attesté les rapports des élèves, qui détaillaient les propriétaires des animaux, les types et nombres d'animaux malades, ainsi que les décès et guérisons. Ces rapports ont été envoyés au ministre des Finances, à M. de Marcheval, intendant du Dauphiné, et aux autres intendants de province. Plus de 300 animaux ont été préservés dans la paroisse. Les élèves, sous la direction de M. Bourgelat et supervisés par M. Chenevaz, ont suivi une méthode prescrite par M. Bourgelat. Les élèves impliqués étaient Bredin, Moret, Brachet, Gauthier, De Tuncq, Rambert et Kamerlet. M. Bourgelat s'est également rendu sur place. Brachet a contracté un charbon après avoir ouvert un cadavre. L'école avait été ouverte depuis seulement quatre mois avant leur départ.
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4
p. 135-136
ANNÉE 1762. MALADIE ÉPIDÉMIQUE dans la Paroisse de Villeurbanne, en Dauphiné.
Début :
LES Élèves de l'École Royale Vétérinaire y ont été envoyés le 15 Septembre [...]
Mots clefs :
Maladie épidémique, Élèves de l'École royale vétérinaire, Bestiaux, Cure, Greffier, Boeufs, Vaches
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texteReconnaissance textuelle : ANNÉE 1762. MALADIE ÉPIDÉMIQUE dans la Paroisse de Villeurbanne, en Dauphiné.
ANNÉE 1762 .
MALADIE ÉPIDÉMIQUE dans la
Paroiffe de Villeurbane , en Dauphiné...
LES ES Eléves de l'Ecole Royale Vété
rinaire y ont été envoyés le 15 Septembre
& en font revenus le 25 Octobre.
Ils ont traité 11 boeufs ou vaches , il
y en a eu dix de guéris .
De tous les beftiaux traités par d'au
tres , aucun n'a échappé. Les remédes
préfervatifs donnés par les Elèves ont
opéré avec la plus grande éfficacité. Les
Elèves employés à la cure de cette maladie
, font les fieurs de Tunc , Elève
entretenu par M. l'Intendant d'Amiens .
Mouffette , Elève entretenu par M.
l'Intendant d'Amiens..
136 MERCURE DE FRANCE .
Les Etats par colonnes rapportés par
eux font duement certifiés par le Curé ,
le Procureur Fifcal & le Greffier .
MALADIE ÉPIDÉMIQUE dans la
Paroiffe de Villeurbane , en Dauphiné...
LES ES Eléves de l'Ecole Royale Vété
rinaire y ont été envoyés le 15 Septembre
& en font revenus le 25 Octobre.
Ils ont traité 11 boeufs ou vaches , il
y en a eu dix de guéris .
De tous les beftiaux traités par d'au
tres , aucun n'a échappé. Les remédes
préfervatifs donnés par les Elèves ont
opéré avec la plus grande éfficacité. Les
Elèves employés à la cure de cette maladie
, font les fieurs de Tunc , Elève
entretenu par M. l'Intendant d'Amiens .
Mouffette , Elève entretenu par M.
l'Intendant d'Amiens..
136 MERCURE DE FRANCE .
Les Etats par colonnes rapportés par
eux font duement certifiés par le Curé ,
le Procureur Fifcal & le Greffier .
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Résumé : ANNÉE 1762. MALADIE ÉPIDÉMIQUE dans la Paroisse de Villeurbanne, en Dauphiné.
En 1762, une épidémie a touché la paroisse de Villeurbanne, en Dauphiné. Des élèves de l'École Royale Vétérinaire y ont été envoyés du 15 septembre au 25 octobre. Ils ont soigné 11 bovins, en guérissant 10. Aucun animal traité par d'autres méthodes n'a survécu. Les remèdes préventifs des élèves étaient efficaces. Les élèves Tunc et Mouffette, soutenus par l'Intendant d'Amiens, ont rédigé des rapports certifiés par le curé, le procureur fiscal et le greffier.
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5
p. 136-137
ANNÉE 1762. MALADIE Épidémique dans la Paroisse de Sauvagnat en Auvergne & autres Paroisses voisines.
Début :
LES malades traités par les Élèves de l'École Royale vétérinaire depuis le 21 Septembre [...]
Mots clefs :
Maladie épidémique, Élèves de l'École royale vétérinaire, Boeufs, Vaches, Bêtes, Méthode préservative et curative, Traitement, Auvergne
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texteReconnaissance textuelle : ANNÉE 1762. MALADIE Épidémique dans la Paroisse de Sauvagnat en Auvergne & autres Paroisses voisines.
ANNÉE 1762.
MALADIE Epidémique dans la Paroiffe
de Sauvagnat en Auvergne &
autres Paroiffes voifines.
LES malades traités par les Eléves de
l'Ecole Royale
véterinaire depuis le 21
Septembre
jufqu'au 4 Octobre , font en
boeufs ou vaches au nombre de 28. Celui
des animaux guéris eft le même.
Ces Eléves ont donné avec fuccès à
221 bêtes à cornes les remédes préfervatifs.
On obfervera que depuis le mois de
Juillet jufqu'au 4 Octobre , 250 bêtes à
corne font mortes dans la feule Paroiffe
de Sauvagnat ; il faut encore remarquer
que de toutes celles que différens Particuliers
ont traitées , il n'y en a pas eu une
feule parfaitement guérie . On a laiffé
de l'ordre de M. de Bourgelat à M. le
Bailli d'Hermans , la méthode préfervative
& curative. Les Eléves ont enfeigné
à plufieurs habitans la manière de
M A I. 1763. 137
faigner , & ils leur ont expliqué la méthode
du traitement.
Les états par colonnes rapportés par
eux , ont été duement certifiés par M.
le Bailli d'Hermans & par M. le Curé
de Sauvagnat.
Les Eléves envoyés en Auvergne font
les Srs Bredin , entretenu par la Ville
d'Auxonne en chef.
Moret , entretenu par la Ville de Châlons-
fur-Sône .
Bloufard , entretenu par la Province
de Breffe.
Preflier , entretenu par M. l'Intendant
de Moulins.
MALADIE Epidémique dans la Paroiffe
de Sauvagnat en Auvergne &
autres Paroiffes voifines.
LES malades traités par les Eléves de
l'Ecole Royale
véterinaire depuis le 21
Septembre
jufqu'au 4 Octobre , font en
boeufs ou vaches au nombre de 28. Celui
des animaux guéris eft le même.
Ces Eléves ont donné avec fuccès à
221 bêtes à cornes les remédes préfervatifs.
On obfervera que depuis le mois de
Juillet jufqu'au 4 Octobre , 250 bêtes à
corne font mortes dans la feule Paroiffe
de Sauvagnat ; il faut encore remarquer
que de toutes celles que différens Particuliers
ont traitées , il n'y en a pas eu une
feule parfaitement guérie . On a laiffé
de l'ordre de M. de Bourgelat à M. le
Bailli d'Hermans , la méthode préfervative
& curative. Les Eléves ont enfeigné
à plufieurs habitans la manière de
M A I. 1763. 137
faigner , & ils leur ont expliqué la méthode
du traitement.
Les états par colonnes rapportés par
eux , ont été duement certifiés par M.
le Bailli d'Hermans & par M. le Curé
de Sauvagnat.
Les Eléves envoyés en Auvergne font
les Srs Bredin , entretenu par la Ville
d'Auxonne en chef.
Moret , entretenu par la Ville de Châlons-
fur-Sône .
Bloufard , entretenu par la Province
de Breffe.
Preflier , entretenu par M. l'Intendant
de Moulins.
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Résumé : ANNÉE 1762. MALADIE Épidémique dans la Paroisse de Sauvagnat en Auvergne & autres Paroisses voisines.
En 1762, une épidémie a touché la paroisse de Sauvagnat en Auvergne et les paroisses environnantes. Du 21 septembre au 4 octobre, les élèves de l'École Royale Vétérinaire ont soigné avec succès 28 bovins et administré des remèdes préventifs à 221 autres bêtes à cornes. Durant cette période, 250 bêtes à cornes sont mortes à Sauvagnat. Aucun animal traité par des particuliers n'a été guéri. Sur ordre de M. de Bourgelat, la méthode de traitement a été transmise à M. le Bailli d'Hermans. Les élèves ont formé les habitants à soigner leurs animaux. Les rapports des élèves, validés par M. le Bailli d'Hermans et M. le Curé de Sauvagnat, détaillaient les interventions. Les élèves impliqués étaient Bredin, Moret, Bloufard et Preflier, soutenus respectivement par la ville d'Auxonne, la ville de Châlons-sur-Saône, la province de Bretagne et M. l'Intendant de Moulins.
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p. 137-138
ANNÉE 1762. MALADIE Épidémique dans la Paroisse de Ste Magdeleine en Forets.
Début :
LE total des animaux malades traités par les Élèves de l'École Royale vétérinaire [...]
Mots clefs :
Animaux malades traités, Élèves de l'École royale vétérinaire, Boeufs, Vaches, Maladie épidémique, Subdélégué , Remèdes préservatifs
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texteReconnaissance textuelle : ANNÉE 1762. MALADIE Épidémique dans la Paroisse de Ste Magdeleine en Forets.
ANNÉE 1762.
MALADIE Epidémique dans la Paroiffe
de Ste Magdelaine en Forets.
LEE total des animaux malades traités
par les Eléves de l'Ecole Royale vétérinaire
, fe monte à 16 boeufs ou vaches ,
& le total des guéris eft le même.
Il étoit mort fix boeufs avant l'arrivée
des Eléves ; il n'en eft mort aucun
depuis.
Les Eléves ont laiffé la méthode pré138
MERCURE DE FRANCE .
fervative & curative entre les mains de
M. de Bigny , Subdélegué à Mont- Brifon
, qui a certifié l'état par colonne
ainfi que M. de Grandris , Gentilhomme
propriétaire des animaux guéris .
Les remédes préfervatifs ont été don
nés avec fuccès à nombre d'animaux.
Les Elèves font les Srs de Tuncq & Did
ney , entretenus par M. l'Intendant d'Amiens.
MALADIE Epidémique dans la Paroiffe
de Ste Magdelaine en Forets.
LEE total des animaux malades traités
par les Eléves de l'Ecole Royale vétérinaire
, fe monte à 16 boeufs ou vaches ,
& le total des guéris eft le même.
Il étoit mort fix boeufs avant l'arrivée
des Eléves ; il n'en eft mort aucun
depuis.
Les Eléves ont laiffé la méthode pré138
MERCURE DE FRANCE .
fervative & curative entre les mains de
M. de Bigny , Subdélegué à Mont- Brifon
, qui a certifié l'état par colonne
ainfi que M. de Grandris , Gentilhomme
propriétaire des animaux guéris .
Les remédes préfervatifs ont été don
nés avec fuccès à nombre d'animaux.
Les Elèves font les Srs de Tuncq & Did
ney , entretenus par M. l'Intendant d'Amiens.
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Résumé : ANNÉE 1762. MALADIE Épidémique dans la Paroisse de Ste Magdeleine en Forets.
En 1762, une épidémie a frappé la paroisse de Sainte-Magdeleine-en-Forêt. Six bovins sont morts avant l'intervention des élèves de l'École Royale vétérinaire, qui en ont soigné 16 avec succès. Les élèves de Tuncq et Didey, soutenus par l'Intendant d'Amiens, ont appliqué des méthodes supervisées par M. de Bigny et confirmées par M. de Grandris. Des remèdes préventifs ont aussi été administrés à d'autres animaux.
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