Résultats : 1621 texte(s)
Accéder à la liste des domaines.
Détail
Liste
1301
p. 204-205
EXTRAIT du Journal de l'Armée Autrichienne, le 7 Juin.
Début :
Nous avons appris ces jours passés que le Comte de Guadagni avoit été attaqué par un [...]
Mots clefs :
Armée autrichienne, Comte, Attaques, Troupes prussiennes, Poste, Bataillons, Canons, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT du Journal de l'Armée Autrichienne, le 7 Juin.
EXTRAIT du Journal de l'Armée..
Autrichienne , le 7 Juin.
Nous avons appris ces jours paffés que le
Comte de Guadagni avoit été attaqué par un
corps nombreux de troupes Pruffiennes dans un
pofte qu'il occupoit entre Averbach & Falckenftein.
Le Comte de Guadagni qui n'avoit que cent
trente Maîtres fe replia fur Wildenhammer dès
le commencement de l'attaque. Il fut attaqué
dans ce fecond pofte par une autre colonne
des Ennemis composée de deux bataillons d'Infanterie
, foutenus par un eſcadron de Huffards.
La fupériorité de cette colonne qui menoit avec
elle quatre piéces de canon, détermina le Comte
de Guadagni a fe retirer à Eibenstock. Il fut chargé
deux fois dans fa retraite & continuellement harce
lé par les Pruffiens . Mais il foutint leur effort avec
JUILLET. 1759. 203
intrépidité , & arriva à Eibenstock fans beaucoup
de perte . Là il reçut un renfort de cent Croates
qui le mirent en état de pouffer les Hulfards
Énnemis. Il les mis en fuite après avoir tué un
Lieutenant & plufieurs Soldacs.
Autrichienne , le 7 Juin.
Nous avons appris ces jours paffés que le
Comte de Guadagni avoit été attaqué par un
corps nombreux de troupes Pruffiennes dans un
pofte qu'il occupoit entre Averbach & Falckenftein.
Le Comte de Guadagni qui n'avoit que cent
trente Maîtres fe replia fur Wildenhammer dès
le commencement de l'attaque. Il fut attaqué
dans ce fecond pofte par une autre colonne
des Ennemis composée de deux bataillons d'Infanterie
, foutenus par un eſcadron de Huffards.
La fupériorité de cette colonne qui menoit avec
elle quatre piéces de canon, détermina le Comte
de Guadagni a fe retirer à Eibenstock. Il fut chargé
deux fois dans fa retraite & continuellement harce
lé par les Pruffiens . Mais il foutint leur effort avec
JUILLET. 1759. 203
intrépidité , & arriva à Eibenstock fans beaucoup
de perte . Là il reçut un renfort de cent Croates
qui le mirent en état de pouffer les Hulfards
Énnemis. Il les mis en fuite après avoir tué un
Lieutenant & plufieurs Soldacs.
Fermer
Résumé : EXTRAIT du Journal de l'Armée Autrichienne, le 7 Juin.
Le 7 juin, le Comte de Guadagni, avec cent trente hommes, a été attaqué par des troupes prussiennes entre Averbach et Falckenstein. Il s'est replié sur Wildenhammer, où il a de nouveau été attaqué par deux bataillons d'infanterie et un escadron de hussards, soutenus par quatre pièces de canon. Malgré la supériorité numérique ennemie, il s'est retiré à Eibenstock, subissant deux charges et des harcèlements continus. Arrivé à Eibenstock avec peu de pertes, il a reçu un renfort de cent Croates. Grâce à ce soutien, il a repoussé les hussards ennemis, tuant un lieutenant et plusieurs soldats, et les a mis en fuite.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1302
p. 205
DE HAMBOURG le 10 Juin.
Début :
On voit par un écrit que l'on vient de publier que les troupes Prussiennes qui ont [...]
Mots clefs :
Troupes prussiennes, Pillages, Argent, Artillerie, Munitions, Violences, Enrôlement, Dégâts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE HAMBOURG le 10 Juin.
DE HAMBOURG le 10 Juin.
On voit par un écrit que l'on vient de publier
que les troupes Pruffiennes qui ont hiverné dans ,
lesEtats deMecklebourg ne le fontpas conténtées ›
d'en tirer d'énormes contributions en argent &
en toute efpèce de fubfiftances ; qu'elles ont enlevé
l'artillerie & les munitions ; qu'elles fe font empa- .
rées de tous les deniers du Prince ; qu'elles ont
forcé les habitans ſans diſtinction à s'enrôler ſous
leurs drapeaux ; & que pour découvrir les fugitifs
qui cherchoient à ſe dérober à leur violence , elles
ont maltraité les femmes juſqu'à les traîner attachées
à la queue de leurs chevaux , & leur ont fait
des outrages dont on n'a jamais vu d'exemple. On
obſerve que cet excès commis par les Pruſſiens a
couté à l'Etat de Mecklenbourg quatorze millions :
de florins l'Allemagne , fans compter la dévaſta➡ :
tion de festerres & le malfacre d'un grand noms
bre de fehabitans.
On voit par un écrit que l'on vient de publier
que les troupes Pruffiennes qui ont hiverné dans ,
lesEtats deMecklebourg ne le fontpas conténtées ›
d'en tirer d'énormes contributions en argent &
en toute efpèce de fubfiftances ; qu'elles ont enlevé
l'artillerie & les munitions ; qu'elles fe font empa- .
rées de tous les deniers du Prince ; qu'elles ont
forcé les habitans ſans diſtinction à s'enrôler ſous
leurs drapeaux ; & que pour découvrir les fugitifs
qui cherchoient à ſe dérober à leur violence , elles
ont maltraité les femmes juſqu'à les traîner attachées
à la queue de leurs chevaux , & leur ont fait
des outrages dont on n'a jamais vu d'exemple. On
obſerve que cet excès commis par les Pruſſiens a
couté à l'Etat de Mecklenbourg quatorze millions :
de florins l'Allemagne , fans compter la dévaſta➡ :
tion de festerres & le malfacre d'un grand noms
bre de fehabitans.
Fermer
Résumé : DE HAMBOURG le 10 Juin.
Le 10 juin, des troupes prussiennes ont imposé des contributions financières et en nature aux États de Mecklebourg, confisqué l'artillerie et les munitions, et pillé les fonds du prince local. Elles ont forcé les habitants à s'enrôler et maltraité les femmes pour traquer les fugitifs. Ces exactions ont coûté quatorze millions de florins allemands et causé la dévastation des terres et des souffrances aux habitants.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1303
p. 206-207
DE LONDRES, le 16 Juin.
Début :
Le vaisseau le Grantham, appartenant à la Compagnie des Indes, a été pris à la hauteur du [...]
Mots clefs :
Vaisseaux, Cap de Bonne-Espérance, Cargaison, Colonel, Capitaine, Guadeloupe, Artillerie, Retraite des ennemis, Combat, Capitulation, Escadre, Secours, Frégates, Amiral Hawke
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES, le 16 Juin.
DE LONDRES , le 16 Juin.
Le vaiffeau le Grantham , appartenant à la
Compagnie des Indes , a été pris à la hauteur
du Cap de Bonne- Efperance par deux vaiſſeaux
de guerre François . On évalue la cargaiſon de
ce bâtiment à deux cens mille livres fterlings.
Le Colonel Clavering & le Capitaine Leffie
arriverent ici le 13 , envoyés par le Général Baringthon
, pour apporter la nouvelle de la prife
de la Guadeloupe. Le 12 Avril , ce Général envøya
à Arnouville un détachement de quinze
cens hommes avec quatre piéces de canon &
deux obufers. Les ennemis fe retirerent dans
leurs retranchemens au- delà de la riviere & s'y
défendirent avec fermeté. Le 16 ils abandonnerent
le pofte de la Baye. Mahant , & celui de-
Goyave , pour le replier fur Sainte-Marie. Nos.
troupes y marcherent le zo , & après un combat
SY
affez difputé , ils forcerent les ennemis de fe retirer
dans les montagnes où ils fe font tenus
JUILLET. 1759.
207
renfermés , jufqu'à ce que le défaut de vivres
les ait mis dans la néceffité de capituler. C'eſt
le premier de Mai que la capitulation a été
fignée. On a accordé aux troupes les honneurs
de la guerre , & des bâtimens pour les tranfporporter
à la Martinique. On a promis aux habitans
de maintenir leurs priviléges dans toute
leur étenḍue. Une heure après que la capitulation
fut fignée , les François furent avertis qu'un
fecours de fix cens hommes de troupes réglées
& de deux mille Boucaniers , commandés par le
fieur de Beauharnois , venoit de débarquer à.
Sainte Anne avec de l'artillerie & des armes.
pour deux mille hommes. L'Eſcadre du fieur de
Bompart avoit eſcorté ce convoi ; mais comme.
la capitulation étoit fignée , le fecours fut reme
barqué fur le champ.
Du 24.
-Nos frégates ne ceffent de parcourir les côtes
entre Breſt & Dunkerque , pour obferver les
mouvemens des François. Tous les avis qu'elles
nous donnent augmentent les appréhenfions
cauſées par leur armement , & en repréſentent
les effets comme très - prochains. La flotte de
l'Amiral Hawke tient ferme dans fa croifiere
fur la côte Occidentale de la Bretagne. La tempête
qu'elle a effuyée le r2 de ce mois , a confidérablement
endommagé quelques-uns de fes
vaiſſeaux. Le Héros a perdu tous les mats ; le
Temple a rompu fon mat d'artimon & ſon beaupré
; le Montagu a beaucoup fouffert dans fes
manoeuvres. Ces trois vaiſſeaux ont été obligés
de revenir à Plymouth pour ſe réparer.
Le vaiffeau le Grantham , appartenant à la
Compagnie des Indes , a été pris à la hauteur
du Cap de Bonne- Efperance par deux vaiſſeaux
de guerre François . On évalue la cargaiſon de
ce bâtiment à deux cens mille livres fterlings.
Le Colonel Clavering & le Capitaine Leffie
arriverent ici le 13 , envoyés par le Général Baringthon
, pour apporter la nouvelle de la prife
de la Guadeloupe. Le 12 Avril , ce Général envøya
à Arnouville un détachement de quinze
cens hommes avec quatre piéces de canon &
deux obufers. Les ennemis fe retirerent dans
leurs retranchemens au- delà de la riviere & s'y
défendirent avec fermeté. Le 16 ils abandonnerent
le pofte de la Baye. Mahant , & celui de-
Goyave , pour le replier fur Sainte-Marie. Nos.
troupes y marcherent le zo , & après un combat
SY
affez difputé , ils forcerent les ennemis de fe retirer
dans les montagnes où ils fe font tenus
JUILLET. 1759.
207
renfermés , jufqu'à ce que le défaut de vivres
les ait mis dans la néceffité de capituler. C'eſt
le premier de Mai que la capitulation a été
fignée. On a accordé aux troupes les honneurs
de la guerre , & des bâtimens pour les tranfporporter
à la Martinique. On a promis aux habitans
de maintenir leurs priviléges dans toute
leur étenḍue. Une heure après que la capitulation
fut fignée , les François furent avertis qu'un
fecours de fix cens hommes de troupes réglées
& de deux mille Boucaniers , commandés par le
fieur de Beauharnois , venoit de débarquer à.
Sainte Anne avec de l'artillerie & des armes.
pour deux mille hommes. L'Eſcadre du fieur de
Bompart avoit eſcorté ce convoi ; mais comme.
la capitulation étoit fignée , le fecours fut reme
barqué fur le champ.
Du 24.
-Nos frégates ne ceffent de parcourir les côtes
entre Breſt & Dunkerque , pour obferver les
mouvemens des François. Tous les avis qu'elles
nous donnent augmentent les appréhenfions
cauſées par leur armement , & en repréſentent
les effets comme très - prochains. La flotte de
l'Amiral Hawke tient ferme dans fa croifiere
fur la côte Occidentale de la Bretagne. La tempête
qu'elle a effuyée le r2 de ce mois , a confidérablement
endommagé quelques-uns de fes
vaiſſeaux. Le Héros a perdu tous les mats ; le
Temple a rompu fon mat d'artimon & ſon beaupré
; le Montagu a beaucoup fouffert dans fes
manoeuvres. Ces trois vaiſſeaux ont été obligés
de revenir à Plymouth pour ſe réparer.
Fermer
Résumé : DE LONDRES, le 16 Juin.
Le 16 juin, le vaisseau britannique Grantham a été capturé par deux navires français au large du Cap de Bonne-Espérance. Sa cargaison était évaluée à deux cent mille livres sterlings. Le Colonel Clavering et le Capitaine Leffie sont arrivés à Londres le 13 juin pour annoncer la prise de la Guadeloupe par le Général Baringthon. Le 12 avril, Baringthon a envoyé un détachement de cent cinquante hommes à Arnouville. Les ennemis se sont retirés au-delà de la rivière et ont résisté fermement. Le 16 avril, ils ont abandonné les postes de la Baye-Mahault et de Goyave pour se replier sur Sainte-Marie. Nos troupes ont pris Sainte-Marie le 20 avril après un combat. Les ennemis, manquant de vivres, ont capitulé le 1er mai. Ils ont obtenu les honneurs de la guerre et des bâtiments pour être transportés à la Martinique. Les habitants ont reçu la promesse de maintien de leurs privilèges. Une heure après la capitulation, les Français ont appris l'arrivée d'un secours à Sainte-Anne, mais celui-ci a été rembarqué immédiatement. Du 24 juillet, les frégates britanniques surveillent les côtes entre Brest et Dunkerque. La flotte de l'Amiral Hawke, endommagée par une tempête le 12 juillet, a vu plusieurs vaisseaux revenir à Plymouth pour réparations.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1304
p. 197
De Paderborn, le 11 Juillet.
Début :
Il y eut le 5 de ce mois du côté de Halle une escarmouche très-vive entre [...]
Mots clefs :
Escarmouche, Comte de Broglie, Prince Ferdinand , Alliés, Colonel, Régiment, Détachement, Troupes, Cavalerie, Grenadiers, Combat, Renforts, Canon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paderborn, le 11 Juillet.
De Paderborn , le 11 Juillet.
II y a eu les de ce mois du côté de Halle une
efcarmouche très-vive entre un détacheinent des
troupes Françoifes & un corps nombreux des
Alliés. Le Comte de Broglie qui vouloit recon-
noître avec exactitude la pofition du Prince Fer-
dinand , avoit formé le projet de s'emparer de
Halle qui étoit occupé par deux cens Hanovriens.
Il chargea de cette entreprife le fieur de Com-
meyras , Colonel des Volontaires de Clermont ,
qui y marcha avec fon régiment. Il fe fit pré-
céder par un détachement de fes Volontaires
aux ordres du fieur de Romans. Celui-ci s'avança
près du village de Halle , & n'eut pas plutôt
achevé fa difpofition qu'il apperçut une nom
breuse colonne d'Infanterie qui fe déployoit pour
lui faire face. Il fondit fur elle avec tant d'im-
pétuofité , qu'il la força de rentrer dans le Vil
lage où il l'attaqua ; & elle fut contrainte de
l'abandonner. Le fieur de Commeyras arriva
dans ce moment avec le refte de fa troupe , &
pouffa le corps Hanovrien jufques fous le canon
de Ravenfberg. Ce corps eluya dans fa retraite
le feu de quatre cens Volontaires de la None
qui s'étoient embufqués dans les bois de Ra-
venfberg. Mais ayant reçu un renfort de Grena-
diers & de, Cavalerie détaché du camp du Prince
Ferdinand , il fit reculer ces quatre cens Volon-
taires. Le feur de Commeyras , pour favorifer
leur retraite , dirigea fi à propos le feu de fon
canon fur les Hanovriens , qu'ils prirent la fuite
en défordre. Ce combat , qui a duré depuis huit
heures du matin jufqu'à quatre heures après m dì,
a coûté aux Alliés la perte de plus de qub rẻ
cens hommes. Les François ont perdu beaucoup
moins, & font reftés maîtres de-Halle.
II y a eu les de ce mois du côté de Halle une
efcarmouche très-vive entre un détacheinent des
troupes Françoifes & un corps nombreux des
Alliés. Le Comte de Broglie qui vouloit recon-
noître avec exactitude la pofition du Prince Fer-
dinand , avoit formé le projet de s'emparer de
Halle qui étoit occupé par deux cens Hanovriens.
Il chargea de cette entreprife le fieur de Com-
meyras , Colonel des Volontaires de Clermont ,
qui y marcha avec fon régiment. Il fe fit pré-
céder par un détachement de fes Volontaires
aux ordres du fieur de Romans. Celui-ci s'avança
près du village de Halle , & n'eut pas plutôt
achevé fa difpofition qu'il apperçut une nom
breuse colonne d'Infanterie qui fe déployoit pour
lui faire face. Il fondit fur elle avec tant d'im-
pétuofité , qu'il la força de rentrer dans le Vil
lage où il l'attaqua ; & elle fut contrainte de
l'abandonner. Le fieur de Commeyras arriva
dans ce moment avec le refte de fa troupe , &
pouffa le corps Hanovrien jufques fous le canon
de Ravenfberg. Ce corps eluya dans fa retraite
le feu de quatre cens Volontaires de la None
qui s'étoient embufqués dans les bois de Ra-
venfberg. Mais ayant reçu un renfort de Grena-
diers & de, Cavalerie détaché du camp du Prince
Ferdinand , il fit reculer ces quatre cens Volon-
taires. Le feur de Commeyras , pour favorifer
leur retraite , dirigea fi à propos le feu de fon
canon fur les Hanovriens , qu'ils prirent la fuite
en défordre. Ce combat , qui a duré depuis huit
heures du matin jufqu'à quatre heures après m dì,
a coûté aux Alliés la perte de plus de qub rẻ
cens hommes. Les François ont perdu beaucoup
moins, & font reftés maîtres de-Halle.
Fermer
Résumé : De Paderborn, le 11 Juillet.
Le 11 juillet, une escarmouche intense a opposé les troupes françaises à un corps nombreux des Alliés près de Halle. Le Comte de Broglie, désirant connaître la position du Prince Ferdinand, avait ordonné la prise de Halle, alors occupée par deux cents Hanovriens. Cette mission fut confiée au Colonel de Commeyras, à la tête des Volontaires de Clermont. Précédé par un détachement de Volontaires sous les ordres de Romans, de Commeyras affronta une colonne d'infanterie ennemie près du village de Halle. Après avoir repoussé les Hanovriens jusqu'au canon de Ravenfberg, les Français furent à leur tour repoussés par des renforts ennemis, incluant des Grenadiers et de la Cavalerie. De Commeyras intervint avec son artillerie, permettant la retraite des Volontaires. Le combat, qui dura de huit heures du matin à quatre heures de l'après-midi, causa la perte de plus de quatre cents hommes aux Alliés, tandis que les Français perdirent beaucoup moins d'hommes et restèrent maîtres de Halle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1305
p. 198
DE HANOVRE, le 30 Juin.
Début :
On compte que l'armée des Alliés a le fonds de soixante-quinze mille hommes [...]
Mots clefs :
Armée, Soldats, Contingent, Nationalités, Prince Ferdinand , Force
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE HANOVRE, le 30 Juin.
E HANOVRE , le 30 Juin.
On
compte
que
l'armée
des
Alliés
a
le
fonds
de
foixante
-
quinze
mille
hommes
,
dont
trente-
sing
mille
Hanovriens
,
vingt
mille
Heſſois
,
fepèmille
Brunſwickois
,
huit
mille
Anglois
,
deux
mille
Pruſſiens
,
&
environ
trois
mille
de
Buc-
kenbourg
&
de
Saxe
-
Gotha
;
avec
toutes
ces
forces réunies
le
Prince
Ferdinand
pourroit
agir
d'une
maniere
moins
timide
vis
-
à
-
vis
des
François
,
On
compte
que
l'armée
des
Alliés
a
le
fonds
de
foixante
-
quinze
mille
hommes
,
dont
trente-
sing
mille
Hanovriens
,
vingt
mille
Heſſois
,
fepèmille
Brunſwickois
,
huit
mille
Anglois
,
deux
mille
Pruſſiens
,
&
environ
trois
mille
de
Buc-
kenbourg
&
de
Saxe
-
Gotha
;
avec
toutes
ces
forces réunies
le
Prince
Ferdinand
pourroit
agir
d'une
maniere
moins
timide
vis
-
à
-
vis
des
François
,
Fermer
1306
p. 198-199
DU HAVRE, le 7 Juillet.
Début :
Le 2 de ce mois on apperçut de cette Ville trois Frégates Angloises. [...]
Mots clefs :
Frégates, Flotte anglaise, Ennemis, Attaques, Bombes, Citadelle, Bateaux, Port, Dégâts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU HAVRE, le 7 Juillet.
DU HAVRE , le 7 Juillet.
Le 2 de ce mois on apperçut de cette Ville
trois Frégates Angloiſes. Le 3 à fix heures du ma-
tin la flotte Angloife parut : les Ennemis tirèrent
cinq bombes pour en effayer la portée. Le 4 ils
s'approchèrent à la pointe du jour avec leurs tro
bombardes , dont l'une fut établie vis-à-vis de la
jettée , & les deux autres en face du Chantier où
Ï'on conftruit les batteaux. Ils commencèrent à
trois heures & demie du matin à jetter des bom-
bes de tous côtés. Plusieurs tombèrent dans la
Ville & dans la Citadelle fans caufer de dom-
mage. Ils tirèrent jufqu'à minuit ; mais pendant
cet intervalle , leur feu fe rallentiffoit de temps
à autre. Ils recommencerent à tirer les à trois
heures du matin : leur feu continua juſqu'à ſept
heures du ſoir. A neuf heures ils appareillerent,
·
A
·
OUST
.
1759
.
199
&
ils
replièrent la
moitié
de
leur
ligne
fur
leur
gauche
.
A
onze
heures
du
foir
ils
recommence-
rent
leur
fen
,
&
ne
jettèrent
pendant
la
nuit
qu'en-
viron
une douzaine de
bombes
,
fans
beaucoup
de
fuccès
.
Leur
feu
cella
entièrement
le
6
au
matin
.
A
midi
on
apperçut
qu'ils
faifoient
beaucoup
de
mouvemens
.
Les
Ennemis
ont gardé
leur
pofi-tion
jufqu'au ſept
à
neuf
heures
du
matin
,
ayane
leur
droite
à
la hauteur
du
Cap
de
la
Have
,
&
fans
jetter
aucune
bombe
.
Les Ouvriers
ont
repris
le
travail
fur
le chantier
,
&
l'on
doit
mettre
l'eau
aujourd'hui
trois
nouveaux
bateaux
calfatés
.
Les
Anglois ont
appareillé à
dix
heures
du
matin
.
Le
vent
fait
juger
qu'ils
tiennent
route
de
départ
.
A
trois
heures
après
midi
ils
étoient
déja
à
quatre
lieues
,
faifant
route
vraisemblablement
pour
ren-
trer
dans
leur
ports
.
Le
dommage
n'a
pas
été
,
à
beauconp
près
,
autfi
confidérable
qu'il
auroit
.
pû
l'être
,
eu égard
à
la
quantité prodigieufe
de
bombes
qu'ils
ont
jettées
.
Le
feu a été
éteint
avec
la
plus
grande promptitude par
les
troupes
&
les
Ouvriers
de
la
Marine
.
On
évalue
à
très
-
peu
de
choſe
la
perte
cauſée
par
le
feu
de l'Enne-
mi
dans
les
chantiers
de
conſtruction
.
Elle
a
été
réparée fur
le
champ
.
Il
eft
à
préfumer que
les
bombardes
des
Ennemis
ont
été
miſes hors
de
combat
,
tant
par
le
feu
qu'elles
ont
effuyé
denos
batteries
,
que
par
les efforts
de
leurs
pro-pres
mortiers
,
qui
étoient
chargés de
trente
à
trente
-
fix livres
de poudre
.
Le 2 de ce mois on apperçut de cette Ville
trois Frégates Angloiſes. Le 3 à fix heures du ma-
tin la flotte Angloife parut : les Ennemis tirèrent
cinq bombes pour en effayer la portée. Le 4 ils
s'approchèrent à la pointe du jour avec leurs tro
bombardes , dont l'une fut établie vis-à-vis de la
jettée , & les deux autres en face du Chantier où
Ï'on conftruit les batteaux. Ils commencèrent à
trois heures & demie du matin à jetter des bom-
bes de tous côtés. Plusieurs tombèrent dans la
Ville & dans la Citadelle fans caufer de dom-
mage. Ils tirèrent jufqu'à minuit ; mais pendant
cet intervalle , leur feu fe rallentiffoit de temps
à autre. Ils recommencerent à tirer les à trois
heures du matin : leur feu continua juſqu'à ſept
heures du ſoir. A neuf heures ils appareillerent,
·
A
·
OUST
.
1759
.
199
&
ils
replièrent la
moitié
de
leur
ligne
fur
leur
gauche
.
A
onze
heures
du
foir
ils
recommence-
rent
leur
fen
,
&
ne
jettèrent
pendant
la
nuit
qu'en-
viron
une douzaine de
bombes
,
fans
beaucoup
de
fuccès
.
Leur
feu
cella
entièrement
le
6
au
matin
.
A
midi
on
apperçut
qu'ils
faifoient
beaucoup
de
mouvemens
.
Les
Ennemis
ont gardé
leur
pofi-tion
jufqu'au ſept
à
neuf
heures
du
matin
,
ayane
leur
droite
à
la hauteur
du
Cap
de
la
Have
,
&
fans
jetter
aucune
bombe
.
Les Ouvriers
ont
repris
le
travail
fur
le chantier
,
&
l'on
doit
mettre
l'eau
aujourd'hui
trois
nouveaux
bateaux
calfatés
.
Les
Anglois ont
appareillé à
dix
heures
du
matin
.
Le
vent
fait
juger
qu'ils
tiennent
route
de
départ
.
A
trois
heures
après
midi
ils
étoient
déja
à
quatre
lieues
,
faifant
route
vraisemblablement
pour
ren-
trer
dans
leur
ports
.
Le
dommage
n'a
pas
été
,
à
beauconp
près
,
autfi
confidérable
qu'il
auroit
.
pû
l'être
,
eu égard
à
la
quantité prodigieufe
de
bombes
qu'ils
ont
jettées
.
Le
feu a été
éteint
avec
la
plus
grande promptitude par
les
troupes
&
les
Ouvriers
de
la
Marine
.
On
évalue
à
très
-
peu
de
choſe
la
perte
cauſée
par
le
feu
de l'Enne-
mi
dans
les
chantiers
de
conſtruction
.
Elle
a
été
réparée fur
le
champ
.
Il
eft
à
préfumer que
les
bombardes
des
Ennemis
ont
été
miſes hors
de
combat
,
tant
par
le
feu
qu'elles
ont
effuyé
denos
batteries
,
que
par
les efforts
de
leurs
pro-pres
mortiers
,
qui
étoient
chargés de
trente
à
trente
-
fix livres
de poudre
.
Fermer
Résumé : DU HAVRE, le 7 Juillet.
Du 2 au 7 juillet, Le Havre fut la cible d'attaques navales britanniques. Le 2 juillet, trois frégates anglaises furent repérées. Le 3 juillet, la flotte anglaise apparut et testa ses armes. Le 4 juillet, trois bombardes ennemies commencèrent à bombarder la ville et la citadelle dès 3h30 du matin, avec des pauses intermittentes jusqu'à 19 heures. Les attaques reprirent à 21 heures et 23 heures, sans causer de dommages significatifs. Le 6 juillet, le bombardement cessa. Le 7 juillet, les navires anglais quittèrent la zone. Les dégâts furent minimes, les incendies furent rapidement maîtrisés par les troupes et les ouvriers. Les pertes dans les chantiers de construction furent légères et réparées immédiatement. Les bombardes ennemies furent probablement neutralisées par le feu des batteries françaises et leurs propres mortiers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1307
p. 199-200
DE LONDRES, le 13 Juillet.
Début :
Le bruit s'étoit répandu que l'Amiral Rodney avoit rempli avec le plus grand succès [...]
Mots clefs :
Amiral, Chantiers du Havre, Ennemis repoussés, Escadre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES, le 13 Juillet.
De Londres , le 13 Juillet.
Le bruit s'étoit répandu que l'Amiral Rodney
avoit rempli avec le plus grand fuccès l'objet de
fa miſſion. On afſuroit que les chantiers du Ha-
vre avoient été entièrement détruits par nos bom-
bes , que les bateaux plats étoient brulés , & que
toute la Ville étoit en feu. Mais il s'en faut bien
I
iv
200
MERCURE
DE FRANCE
.
que
l'entrepriſe
de
cet
Amiral
ait
fait
à
nos
En
nemis
le
tort
que
nous
efpérions
.
Il
a
ramené
fon
Elcadre
dans nos
Ports
,
&
l'on
dit
qu'il
a perdu
deux de
fes
galiotes
,
dont
l'une
a
été
écraſée
par
une
bombe
lancée
du
Havre
,
&
l'autre
a
péri
par
l'ébranlement
que
l'explofion
trop
forte
de
nos
mortiers
lui
a
caufé
.
Cet
Amiral
avoue
lui-
meine
que
les
bombes
n'ont
pas
eu
beaucoup
d'effet
,
parce
qu'elles
partoient
de
trop
loin
.
Il
a
pourtant
vu
le
feu
qui
avoit
pris
dans
plufieurs
endroits
de
la Ville
,
mais
qui a
été bientôt
éteint
.
Le bruit s'étoit répandu que l'Amiral Rodney
avoit rempli avec le plus grand fuccès l'objet de
fa miſſion. On afſuroit que les chantiers du Ha-
vre avoient été entièrement détruits par nos bom-
bes , que les bateaux plats étoient brulés , & que
toute la Ville étoit en feu. Mais il s'en faut bien
I
iv
200
MERCURE
DE FRANCE
.
que
l'entrepriſe
de
cet
Amiral
ait
fait
à
nos
En
nemis
le
tort
que
nous
efpérions
.
Il
a
ramené
fon
Elcadre
dans nos
Ports
,
&
l'on
dit
qu'il
a perdu
deux de
fes
galiotes
,
dont
l'une
a
été
écraſée
par
une
bombe
lancée
du
Havre
,
&
l'autre
a
péri
par
l'ébranlement
que
l'explofion
trop
forte
de
nos
mortiers
lui
a
caufé
.
Cet
Amiral
avoue
lui-
meine
que
les
bombes
n'ont
pas
eu
beaucoup
d'effet
,
parce
qu'elles
partoient
de
trop
loin
.
Il
a
pourtant
vu
le
feu
qui
avoit
pris
dans
plufieurs
endroits
de
la Ville
,
mais
qui a
été bientôt
éteint
.
Fermer
Résumé : DE LONDRES, le 13 Juillet.
Le 13 juillet, des rumeurs à Londres annonçaient la destruction des chantiers du Havre par l'amiral Rodney. Cependant, Rodney admit que les bombes lancées depuis une distance n'eurent pas beaucoup d'effet. Il perdit deux galiotes, l'une détruite par une bombe française, l'autre par une explosion britannique. Des feux dans la ville furent rapidement éteints.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1308
p. 200-201
Du Journal de l'Armée aux ordres du Maréchal de Contades, le 6 Juillet.
Début :
Le Maréchal de Contades ayant mandé au Comte de Melfort de se porter [...]
Mots clefs :
Maréchal de Contades, Comte, Régiment, Détachement, Ennemis, Ordonnance du roi, Officiers, Mérite militaire, Volontaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du Journal de l'Armée aux ordres du Maréchal de Contades, le 6 Juillet.
Du Journal de l'Armée aux ordres du Maréchal
de Contades , le 6 Juillet.
Le Maréchal de Contades ayant
mandé
au
Comte de Melfort de
fe
relè-
porter à Bock pourver
les
poftes qu'occupoit le
Régiment d'Huf
AOUST
.
1759
.
201
fards de Berchiny , le Comte de Melfort s'y ren-
dit le 29 du mois dernier à onze heures du matin,
à la tête de la brigade qu'il commande ; & ayant
fait toutes fes difpofitions , il envoya un détache-
ment à Bock de l'autre côté de la Lippe , com-
pofé de Volontaires de Flandre & de Volontaires
Liégeois , qui a pouffé & mis en faire toutes les
Troupes Ennemies qu'il a rencontrées : il s'en eft
peu fallu que le Prince Héréditaire de Brunfwick
n'ait été pris. La vigueur de fon cheval Fa tiré
de ce péril. Les Volontaires de Flandre & les
Volontaires Liégeois ont combattu avec beaucoup
d'intépidité. Le fieur de Larre , fils du Lieutenant
Colonel des Volontaires de Flandre , & le fieur
de la Morliere , neveu du Maréchal de Camp de
ce nom , fe font fort diftingués.
Il paroît une Ordonnance du Roi , du ro Mars
1759 , portant Création d'un Etabliffement fous
letitre du Mérite Militaire , en faveur des Officiers
des Régimens Suiffes & Étrangers' qui , faifant
Profeffion de la Religion Proteftante , ne peuvent
être admis dans l'Ordre Royal & Militaire de
Saint Louis. *
Il paroît auffi une Déclaration du Roi , du 8
Juillet fuivant , portant augmentation du Tarif
des Ports de Lettres , & Établillement d'une Poſte
de Ville à Paris.
de Contades , le 6 Juillet.
Le Maréchal de Contades ayant
mandé
au
Comte de Melfort de
fe
relè-
porter à Bock pourver
les
poftes qu'occupoit le
Régiment d'Huf
AOUST
.
1759
.
201
fards de Berchiny , le Comte de Melfort s'y ren-
dit le 29 du mois dernier à onze heures du matin,
à la tête de la brigade qu'il commande ; & ayant
fait toutes fes difpofitions , il envoya un détache-
ment à Bock de l'autre côté de la Lippe , com-
pofé de Volontaires de Flandre & de Volontaires
Liégeois , qui a pouffé & mis en faire toutes les
Troupes Ennemies qu'il a rencontrées : il s'en eft
peu fallu que le Prince Héréditaire de Brunfwick
n'ait été pris. La vigueur de fon cheval Fa tiré
de ce péril. Les Volontaires de Flandre & les
Volontaires Liégeois ont combattu avec beaucoup
d'intépidité. Le fieur de Larre , fils du Lieutenant
Colonel des Volontaires de Flandre , & le fieur
de la Morliere , neveu du Maréchal de Camp de
ce nom , fe font fort diftingués.
Il paroît une Ordonnance du Roi , du ro Mars
1759 , portant Création d'un Etabliffement fous
letitre du Mérite Militaire , en faveur des Officiers
des Régimens Suiffes & Étrangers' qui , faifant
Profeffion de la Religion Proteftante , ne peuvent
être admis dans l'Ordre Royal & Militaire de
Saint Louis. *
Il paroît auffi une Déclaration du Roi , du 8
Juillet fuivant , portant augmentation du Tarif
des Ports de Lettres , & Établillement d'une Poſte
de Ville à Paris.
Fermer
Résumé : Du Journal de l'Armée aux ordres du Maréchal de Contades, le 6 Juillet.
Le 6 juillet 1759, le journal de l'armée rapporte les ordres du Maréchal de Contades au Comte de Melfort. Ce dernier a relevé le Régiment d'Huf à Bock le 29 du mois précédent, à la tête de sa brigade. Un détachement de Volontaires de Flandre et de Volontaires Liégeois a été envoyé à Bock, de l'autre côté de la Lippe, repoussant les troupes ennemies et évitant la capture du Prince Héréditaire de Brunswick. Les Volontaires de Flandre et les Volontaires Liégeois ont fait preuve de bravoure. Les sieurs de Larre et de la Morlière se sont particulièrement distingués. Par ailleurs, une ordonnance royale du 10 mars 1759 a créé un établissement sous le titre du Mérite Militaire pour les officiers des régiments suisses et étrangers protestants, non admissibles dans l'Ordre de Saint-Louis. Une déclaration royale du 8 juillet 1759 a augmenté le tarif des ports de lettres et établi une poste de ville à Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1309
p. 203
De l'Armée Autrichienne, le 26 Juillet.
Début :
Le 23 de ce mois les Russes ont attaqué les Prussiens à Zulichau. [...]
Mots clefs :
Armée autrichienne, Armée prussienne, Attaque, Russes, Victoire, Prince, Garnison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée Autrichienne, le 26 Juillet.
De l'Armée Autrichienne , le 26 Juillet.
LE 2 ; de ce mois les Ruffes ont attaqué les
23
Pruſiens à Zulicbau. Le feu a commencé à deux
heures après -midi , & a duré jufqu'à neuf heures
du foir. La victoire a été entièrement décidée en
faveur des Ruſſes. Ils ont pris tous les bagages &
toute l'artillerie , aina que la caille militaire. Le
carnage a été terrible . Les Ruffes n'ont voulu
faire quartier à perfonne , criant toujours gome
dorf à ceux qui le leur demandoient.
Le Prince de Deux- Ponts eſt entré le y de ce
mois dans la Ville de Léipfick . La garniſon , qui
étoit de quinze cens hommes , a obtenu les honneurs
de la guerre . Douze cens Saxons qui en
faifoient la plus grande partie , ſe ſont joints à
l'armée de l'Empire ; le refte s'eft retiré à Torgau.
Le Prince de Deux - Ponts y marche.
LE 2 ; de ce mois les Ruffes ont attaqué les
23
Pruſiens à Zulicbau. Le feu a commencé à deux
heures après -midi , & a duré jufqu'à neuf heures
du foir. La victoire a été entièrement décidée en
faveur des Ruſſes. Ils ont pris tous les bagages &
toute l'artillerie , aina que la caille militaire. Le
carnage a été terrible . Les Ruffes n'ont voulu
faire quartier à perfonne , criant toujours gome
dorf à ceux qui le leur demandoient.
Le Prince de Deux- Ponts eſt entré le y de ce
mois dans la Ville de Léipfick . La garniſon , qui
étoit de quinze cens hommes , a obtenu les honneurs
de la guerre . Douze cens Saxons qui en
faifoient la plus grande partie , ſe ſont joints à
l'armée de l'Empire ; le refte s'eft retiré à Torgau.
Le Prince de Deux - Ponts y marche.
Fermer
Résumé : De l'Armée Autrichienne, le 26 Juillet.
Le 26 juillet, un rapport autrichien signale deux événements. Le 2 juillet, les Russes ont vaincu les Prussiens à Zulicbau, capturant leurs bagages, artillerie et caisse militaire. Le même jour, le Prince de Deux-Ponts a pris Leipzig. La garnison, composée de 1500 hommes, a obtenu les honneurs de la guerre. 1200 Saxons ont rejoint l'armée de l'Empire, les autres se sont retirés à Torgau.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1310
p. 203-204
De l'Armée aux ordres du Maréchal de Contades, le 23 Juillet.
Début :
Le Marquis d'Armentieres ayant fait toute ses dispositions pour le siège de Munster, [...]
Mots clefs :
Marquis, Artillerie, Siège, Ville, Garnison, Citadelle, Maréchal de camp, Capitulation, Officiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée aux ordres du Maréchal de Contades, le 23 Juillet.
De l'Armée aux ordres du Maréchal de Contades ,
le 23 Juillet.
Le Marquis d'Armentieres ayant fait toutes les
I vi
204 MERCURE DE FRANCE.
ditpofitions pour le fiége de Munfter , & l'artille
rie étant arrivée de Caffel le 18 , il fit ouvrir la
tranchée en deux endroits , l'une devant la Ville
le 19 , & l'autre devant la Citadelle le z1 . On
poulla les ouvrages avec beaucoup de vivacité
& fans perte. La Garniton craignant d'être emportée
l'épée à la main , évacua la Ville , & fe
retira dans la Citadelle. On convint d'une neutralité
pour la Ville , & le Marquis de Goyon ,
Maréchal de Camp , y fut etabli pour y com
mander.
La Citadelle s'eft rendue le 25 à fept heures
du matin. La tranchée avoit été ouverte la nuit
du 21 au 22 , & les batteries avoient commencé
à tirer le 25 au point du jour. Par la Capitulation
, la Garnifon au nombre de trois mille quatre-
vingt- dix hommes , non compris les Off-
*ciers & commandée par le fieur Zoftrow ,
Lieutenant Général , eft prifonniere de guerre.
Elle a été conduite à Weſel.
le 23 Juillet.
Le Marquis d'Armentieres ayant fait toutes les
I vi
204 MERCURE DE FRANCE.
ditpofitions pour le fiége de Munfter , & l'artille
rie étant arrivée de Caffel le 18 , il fit ouvrir la
tranchée en deux endroits , l'une devant la Ville
le 19 , & l'autre devant la Citadelle le z1 . On
poulla les ouvrages avec beaucoup de vivacité
& fans perte. La Garniton craignant d'être emportée
l'épée à la main , évacua la Ville , & fe
retira dans la Citadelle. On convint d'une neutralité
pour la Ville , & le Marquis de Goyon ,
Maréchal de Camp , y fut etabli pour y com
mander.
La Citadelle s'eft rendue le 25 à fept heures
du matin. La tranchée avoit été ouverte la nuit
du 21 au 22 , & les batteries avoient commencé
à tirer le 25 au point du jour. Par la Capitulation
, la Garnifon au nombre de trois mille quatre-
vingt- dix hommes , non compris les Off-
*ciers & commandée par le fieur Zoftrow ,
Lieutenant Général , eft prifonniere de guerre.
Elle a été conduite à Weſel.
Fermer
Résumé : De l'Armée aux ordres du Maréchal de Contades, le 23 Juillet.
Le 23 juillet, le Marquis d'Armentières prit des mesures pour ouvrir des tranchées devant Münster. Les travaux débutèrent le 19 juillet devant la ville et le 21 juillet devant la citadelle, sans pertes notables. Face à la menace d'un assaut, la garnison quitta la ville pour se retrancher dans la citadelle. Une neutralité fut établie pour la ville, et le Marquis de Goyon fut nommé pour la commander. La citadelle capitula le 25 juillet à sept heures du matin. Les batteries commencèrent à tirer ce même jour à l'aube. Selon les termes de la capitulation, la garnison, composée de 3 090 hommes sous le commandement du Lieutenant Général Zoftrow, fut capturée et conduite à Wesel.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1311
p. 204-209
Relation de ce qui s'est passé à l'action du premier Août près de Minden, entre l'armée du Roi & celle des Alliés.
Début :
La prise de Minden par le Duc de Broglie ayant dérangé le projet que [...]
Mots clefs :
Duc de Broglie, Prise de Minden, Armée, Ennemis, Maréchal de Contades, Siège, Prince Ferdinand , Mouvements des troupes, Tactique militaire, Bataillons, Attaque, Infanterie, Cavalerie, Canons, Blessés et morts, Général, Commandant, Retraite, Cassel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Relation de ce qui s'est passé à l'action du premier Août près de Minden, entre l'armée du Roi & celle des Alliés.
Relation de ce qui s'eft paffé à l'action du premier
Août près de Minden , entre l'armée du Roi &
celle des Alliés .
La prife de Minden par le Duc de Broglie
ayant dérangé le projet que le Prince Ferdinand
avoit de fe retirer fous cette ville , & notre
armée s'y étant rendue le 15 Juillet , les ennemis
dirigèrent leur marche fur Petershagen ;
• ils s'avancèrent le 16 à Todenhaufen , & s'emparèrent
le 17 d'un bois qui n'étoit qu'à une deinie-
lieue de Minden.
Comme on pouvoit croire que l'ennemi cherchoit
à engager une affaire , & l'objet du Maréchal
de Contades n'étant que de conferver Minden
& de couvrir le fiége de Munſter , on fir
prendre à l'armée une pofition défenfive. Elle fe
SEPTEMBRE 1759. 205
couvrit d'un petit ruilleau & d'un marais regardé
comme impraticable , la droite appuyée à Minden
, la gauche à la montagne & a des bois.
Le Prince Ferdinand renonçant à nous attaquer
, s'occupa des moyens de nous refferrer
dans notre pofition , & de gêner l'arrivée de
nos convois . 11 fit auffi travailler à des retranchemens
en avant , & dans le bois qui débouchoit
dans la plaine de Minden.
Quand ce Prince crut la gauche affez formidable
pour réfifter à nos efforts , il fit faire à
fon armée un mouvement qui la raprocha du
marais. Son quartier général fut établi au village
de Hill ..
Le Prince héréditaire fut enfuite détaché avec
un corps de douze mille hommes fur Labbecké ,
d'où il s'avança au débouché de nos convois.
3
Ce mouvement engagea le Maréchal de Contades
à faire un détachement de trois mille
hommes aux ordres du Duc de Briffac , pour
protéger nos communications & couvrir les gros
équipages qui avoient été envoyés à Coesfeld.
Le détachement du Prince héréditaire de Brunf
wick ayant affoibli l'armée ennemie , dont le
flanc gauche paroiffoit fort étendu , le Maréchal
de Contades jugea que le moment éroit favorable
pour l'attaquer. L'ara će ennemie étoit derrière
le village de Hill , la gauche derrière celui
d'Holtzhaufen , & cette armée tenoit encore au
Wefer par un corps particulier campé entre le
village de Todenhaufen & celui de Petershagen.
C'eft fur ce corps particulier que le Maréchal
de Contades jugea néceffaire de faire fes premiers
efforts , dans le deffein de le culbuter & d'em➡
bratler enfuite le flanc gauche de l'ennemi.
Le Duc de Broglie avec les troupes de fa ré→
ferve fut chargé de cette attaque ; on la renforça
de huit Bataillons des Grenadiers de France
206 MERCURE DE FRANCE.
& Royaux , de fix piéces de canon de 12 livres
& de quatre obufiers , & il lui fut prefcrit dans
la difpofition générale d'attaquer l'ennemi vivement
& avec rapidité , pour ne pas donner le
temps au Prince Ferdinand d'arriver far notre
gauche qu'on avoit rendue moins forte en nombre
de troupes , parce qu'on vouloit faire le principal
effort par notre droite.
L'armée fe forma en bataille au point du jour ,
appuyant la gauche au marais , occupant le vil .
lage d'Hullem & les hayes qui l'environnent.
Quatre Brigades d'Infanterie aux ordres da
Marquis de Guerchy formoient la gauche de la
premiere ligne , foutenue en feconde ligne par
le corps des troupes Saxones aux ordres du
Comte de Luface.
Trois Brigades de Cavalerie aux ordres du Duc
de Filtz-James formoient le centre de la ligne
dans une grande bruyere qui eft entre le village
de Hullem & celui de Todenhaufen , & elles
étoient foutenues par trois autres Brigades de Cavalerie
en feconde ligne , aux ordres da Marquis
Dumefnil.
La Gendarmerie & fes Carabiniers étoient en
réferve en troifiéme ligne derriere le centre.
La droite de la ligne étoit compofée de quatre
Brigades d'Infanterie aux ordres du Chevalier de
Nicolay ; elle étoit placée à la droite de la Cavalerie
, & foutenue en feconde ligne par deux
Brigades d'Infanterie aux ordres du Comte de
Saint- Germain.
La réſerve du Duc de Broglie faifoit la droite
du tout ; & le Chevalier de Nicolay avoit ordre
de concerter les mouvemens avec ceux du Duc
de Broglie , & même de le foutenir , pour faire
dans cette partie un effort plus décifi£.
SEPTEMBRE. 1759. 107
L'action commença à cette droite à cinq heures
du matin par une canonnade fort vive entre les
troupes du Duc de Broglie , & le corps ennemi
qui s'étoit avancé au village de Todenhaufen.
Cette canonnade dura près de trois heures.
Pendant ce temps - là , fur l'avis que donna le
Duc de Broglie que les ennemis avoient plus
de troupes dans cette partie qu'on ne l'avoit jugé
la veille , le Maréchal de Contades fit marcher
deux brigades d'infanterie de la feconde ligne ,
pour renforcer encore cette droite ; mais l'attaque
ordonnée n'ayant pas eu lieu , le Prince
Ferdinand eut le temps de porter les troupes de
fa droite fur fon centre , & fit déboucher promptement
neuf bataillons fans canon fur la bruyere
vis-à - vis de notre Cavalerie; tandis que d'autres
troupes avec du canon attaquoient la gauche
aux ordres du Marquis de Guerchy , qui foutint
cette attaque avec beaucoup de fermeté.
Le Duc de Filtz James voyant déboucher
cette Infanterie vis - à- vis de lui , fit marcher fur
elle une partie de fa Cavalerie , qui fut repoulfée.
Le Maréchal de Contades dit alors au Duc
de Broglie de retourner à ſa réſerve & de fe
contenter de contenir la gauche des Ennemis ,
en attendant le fuccès du combat qui venoit de
s'engager.
Il ordonna en même temps au Marquis de
Beaupreau d'occuper avec les Brigades d'Infanterie
de Touraine & de Rouergue , & huit piéces de
canon de huit , quelques maifons entourées de
haies , qui étoient en avant de la droite de notre
Cavalerie , pour la protéger , & pour prendre
à revers l'Infanterie ennemie . Pendant que cer
208 MERCURE DE FRANCE.
'ordre s'exécutoit , quelques Brigades de Cavalerie
marcherent de nouveau fur l'Infanterie ennemie
qui foutint cette charge avec autant de fermeté
que la premiere . La Gendarmerie & les Carabiniers
firent avec peu de fuccès une troifiéme
charge. Le Marquis de Poyanne qui les commandoit
fut bleflé d'un coup de feu & de quelques
coups de fabre ; & la droite de la Cavalerie
commandée par le Marquis de Vogué, en fit une
quatriéme auffi infructueule que les autres.
Le Prince de Condé pendant toutes ces attaques
chargea à la tête de la Cavalerie avec une valeur
digne de fon fang & de fon nom .
Toute cette Cavalerie étant en déroute , le
centre fut percé. Les Brigades de Touraine &
de Rouergue qui n'avoient pas encore achevé
d'occuper les maiſons dont on vient de parler ,
furent attaquées par leur flanc droit par plu
fieurs Efcadrons de Cavalerie , & fouffrirent ertrêmement.
Le Marquis de Beaupreau qui les
commandoit fut bleffé de plufieurs coups de labre
, & le Marquis de Monty de deux coups de
feu. Elles fe replierent fur la Brigade d'Auvergne
& d'Anhalt , que le Maréchal de Contades plaça
à la hâte dans les haies en arrière de la bruyere.
L'Ennemi fe rendit maître de ces maifons & f
plaça du canon qui tira avec beaucoup de vivacité
fur nos troupes.
Tandis que ces différentes attaques ſe faifoient
au centre , l'Ennemi pouffoit avec beaucoup de
vivacité celle de notre gauche.
Le Comte de Luface foutint nos brigades de la
première ligne , & attaqua avec quelques baraillons
Saxons une tête de colonne d'Infanterie ennemie
qui débouchoit fur lui ; mais malgré les
efforts qu'il fit de fa perfonne , & avec les troupes
animées par fon exemple , les Brigades d'Aquitaine
& de Condé furent obligées de fe replier
SEPTEMBRE. 1759. 209
8
avec une perte confidérable , & le Marquis dé
Maugiron qui les commandoit fut bleffé de deux
coups de feu .
Dans ce défordre général , le Maréchal de
Contades ordonna la retraite , le Marquis de
Guerchy & le Comte de Luface replierent dans
le camp les Brigades d'Infanterie de la gauche.
Les troupes du Duc de Broglie firent leur retraite
fur la Ville de Minden ; & la Cavalerie entra
auffi dans le camp.
Ce fut dans le moment de cette retraite que le
Maréchal de Contades apprit que le Duc de
Briffac avoit été attaqué & battu auprès de Coovelt
par le corps du Prince héréditaire de Brunfwick
, & que ce Prince étoit maître du Pont de
Coovelt fur la Wera.
Il apprit en même temps par le Commandant
de l'escorte des gros équipages qui étoient à Remen
, que les Ennemis marchoient à lui , & que
pour s'en garantir il avoit fait bruler le Pont des
Salines de Remen.
Cer Pont de Coovelt occupé par l'Ennemi , &
celui des Salines brulé , qui devoient fervir a la
retraite de l'Armée , déterminerent le Maréchal
de Contades à lui faire paffer le Wefer pour fe
retirer fur Einbeck ; & l'ordre en fut donné aux
équipages , aux convois de pain qui étoient à
l'Armée , & aux troupes.
On n'a eu jufqu'à préfent que des détails imparfaits
de la perte qu'on a faite. Elle roule principalement
fur les quarante Efcadrons & les quatre
Brigades d'Infanterie qui ont eu le plus de
part a l'action .
L'Armée s'eft retirée vers Caffel. Je donnerai
dans le Mercure prochain le détail de cette marche
qui fait beaucoup d'honneur aux troupes &
aux Officiers Généraux qui les commandoient ,
Août près de Minden , entre l'armée du Roi &
celle des Alliés .
La prife de Minden par le Duc de Broglie
ayant dérangé le projet que le Prince Ferdinand
avoit de fe retirer fous cette ville , & notre
armée s'y étant rendue le 15 Juillet , les ennemis
dirigèrent leur marche fur Petershagen ;
• ils s'avancèrent le 16 à Todenhaufen , & s'emparèrent
le 17 d'un bois qui n'étoit qu'à une deinie-
lieue de Minden.
Comme on pouvoit croire que l'ennemi cherchoit
à engager une affaire , & l'objet du Maréchal
de Contades n'étant que de conferver Minden
& de couvrir le fiége de Munſter , on fir
prendre à l'armée une pofition défenfive. Elle fe
SEPTEMBRE 1759. 205
couvrit d'un petit ruilleau & d'un marais regardé
comme impraticable , la droite appuyée à Minden
, la gauche à la montagne & a des bois.
Le Prince Ferdinand renonçant à nous attaquer
, s'occupa des moyens de nous refferrer
dans notre pofition , & de gêner l'arrivée de
nos convois . 11 fit auffi travailler à des retranchemens
en avant , & dans le bois qui débouchoit
dans la plaine de Minden.
Quand ce Prince crut la gauche affez formidable
pour réfifter à nos efforts , il fit faire à
fon armée un mouvement qui la raprocha du
marais. Son quartier général fut établi au village
de Hill ..
Le Prince héréditaire fut enfuite détaché avec
un corps de douze mille hommes fur Labbecké ,
d'où il s'avança au débouché de nos convois.
3
Ce mouvement engagea le Maréchal de Contades
à faire un détachement de trois mille
hommes aux ordres du Duc de Briffac , pour
protéger nos communications & couvrir les gros
équipages qui avoient été envoyés à Coesfeld.
Le détachement du Prince héréditaire de Brunf
wick ayant affoibli l'armée ennemie , dont le
flanc gauche paroiffoit fort étendu , le Maréchal
de Contades jugea que le moment éroit favorable
pour l'attaquer. L'ara će ennemie étoit derrière
le village de Hill , la gauche derrière celui
d'Holtzhaufen , & cette armée tenoit encore au
Wefer par un corps particulier campé entre le
village de Todenhaufen & celui de Petershagen.
C'eft fur ce corps particulier que le Maréchal
de Contades jugea néceffaire de faire fes premiers
efforts , dans le deffein de le culbuter & d'em➡
bratler enfuite le flanc gauche de l'ennemi.
Le Duc de Broglie avec les troupes de fa ré→
ferve fut chargé de cette attaque ; on la renforça
de huit Bataillons des Grenadiers de France
206 MERCURE DE FRANCE.
& Royaux , de fix piéces de canon de 12 livres
& de quatre obufiers , & il lui fut prefcrit dans
la difpofition générale d'attaquer l'ennemi vivement
& avec rapidité , pour ne pas donner le
temps au Prince Ferdinand d'arriver far notre
gauche qu'on avoit rendue moins forte en nombre
de troupes , parce qu'on vouloit faire le principal
effort par notre droite.
L'armée fe forma en bataille au point du jour ,
appuyant la gauche au marais , occupant le vil .
lage d'Hullem & les hayes qui l'environnent.
Quatre Brigades d'Infanterie aux ordres da
Marquis de Guerchy formoient la gauche de la
premiere ligne , foutenue en feconde ligne par
le corps des troupes Saxones aux ordres du
Comte de Luface.
Trois Brigades de Cavalerie aux ordres du Duc
de Filtz-James formoient le centre de la ligne
dans une grande bruyere qui eft entre le village
de Hullem & celui de Todenhaufen , & elles
étoient foutenues par trois autres Brigades de Cavalerie
en feconde ligne , aux ordres da Marquis
Dumefnil.
La Gendarmerie & fes Carabiniers étoient en
réferve en troifiéme ligne derriere le centre.
La droite de la ligne étoit compofée de quatre
Brigades d'Infanterie aux ordres du Chevalier de
Nicolay ; elle étoit placée à la droite de la Cavalerie
, & foutenue en feconde ligne par deux
Brigades d'Infanterie aux ordres du Comte de
Saint- Germain.
La réſerve du Duc de Broglie faifoit la droite
du tout ; & le Chevalier de Nicolay avoit ordre
de concerter les mouvemens avec ceux du Duc
de Broglie , & même de le foutenir , pour faire
dans cette partie un effort plus décifi£.
SEPTEMBRE. 1759. 107
L'action commença à cette droite à cinq heures
du matin par une canonnade fort vive entre les
troupes du Duc de Broglie , & le corps ennemi
qui s'étoit avancé au village de Todenhaufen.
Cette canonnade dura près de trois heures.
Pendant ce temps - là , fur l'avis que donna le
Duc de Broglie que les ennemis avoient plus
de troupes dans cette partie qu'on ne l'avoit jugé
la veille , le Maréchal de Contades fit marcher
deux brigades d'infanterie de la feconde ligne ,
pour renforcer encore cette droite ; mais l'attaque
ordonnée n'ayant pas eu lieu , le Prince
Ferdinand eut le temps de porter les troupes de
fa droite fur fon centre , & fit déboucher promptement
neuf bataillons fans canon fur la bruyere
vis-à - vis de notre Cavalerie; tandis que d'autres
troupes avec du canon attaquoient la gauche
aux ordres du Marquis de Guerchy , qui foutint
cette attaque avec beaucoup de fermeté.
Le Duc de Filtz James voyant déboucher
cette Infanterie vis - à- vis de lui , fit marcher fur
elle une partie de fa Cavalerie , qui fut repoulfée.
Le Maréchal de Contades dit alors au Duc
de Broglie de retourner à ſa réſerve & de fe
contenter de contenir la gauche des Ennemis ,
en attendant le fuccès du combat qui venoit de
s'engager.
Il ordonna en même temps au Marquis de
Beaupreau d'occuper avec les Brigades d'Infanterie
de Touraine & de Rouergue , & huit piéces de
canon de huit , quelques maifons entourées de
haies , qui étoient en avant de la droite de notre
Cavalerie , pour la protéger , & pour prendre
à revers l'Infanterie ennemie . Pendant que cer
208 MERCURE DE FRANCE.
'ordre s'exécutoit , quelques Brigades de Cavalerie
marcherent de nouveau fur l'Infanterie ennemie
qui foutint cette charge avec autant de fermeté
que la premiere . La Gendarmerie & les Carabiniers
firent avec peu de fuccès une troifiéme
charge. Le Marquis de Poyanne qui les commandoit
fut bleflé d'un coup de feu & de quelques
coups de fabre ; & la droite de la Cavalerie
commandée par le Marquis de Vogué, en fit une
quatriéme auffi infructueule que les autres.
Le Prince de Condé pendant toutes ces attaques
chargea à la tête de la Cavalerie avec une valeur
digne de fon fang & de fon nom .
Toute cette Cavalerie étant en déroute , le
centre fut percé. Les Brigades de Touraine &
de Rouergue qui n'avoient pas encore achevé
d'occuper les maiſons dont on vient de parler ,
furent attaquées par leur flanc droit par plu
fieurs Efcadrons de Cavalerie , & fouffrirent ertrêmement.
Le Marquis de Beaupreau qui les
commandoit fut bleffé de plufieurs coups de labre
, & le Marquis de Monty de deux coups de
feu. Elles fe replierent fur la Brigade d'Auvergne
& d'Anhalt , que le Maréchal de Contades plaça
à la hâte dans les haies en arrière de la bruyere.
L'Ennemi fe rendit maître de ces maifons & f
plaça du canon qui tira avec beaucoup de vivacité
fur nos troupes.
Tandis que ces différentes attaques ſe faifoient
au centre , l'Ennemi pouffoit avec beaucoup de
vivacité celle de notre gauche.
Le Comte de Luface foutint nos brigades de la
première ligne , & attaqua avec quelques baraillons
Saxons une tête de colonne d'Infanterie ennemie
qui débouchoit fur lui ; mais malgré les
efforts qu'il fit de fa perfonne , & avec les troupes
animées par fon exemple , les Brigades d'Aquitaine
& de Condé furent obligées de fe replier
SEPTEMBRE. 1759. 209
8
avec une perte confidérable , & le Marquis dé
Maugiron qui les commandoit fut bleffé de deux
coups de feu .
Dans ce défordre général , le Maréchal de
Contades ordonna la retraite , le Marquis de
Guerchy & le Comte de Luface replierent dans
le camp les Brigades d'Infanterie de la gauche.
Les troupes du Duc de Broglie firent leur retraite
fur la Ville de Minden ; & la Cavalerie entra
auffi dans le camp.
Ce fut dans le moment de cette retraite que le
Maréchal de Contades apprit que le Duc de
Briffac avoit été attaqué & battu auprès de Coovelt
par le corps du Prince héréditaire de Brunfwick
, & que ce Prince étoit maître du Pont de
Coovelt fur la Wera.
Il apprit en même temps par le Commandant
de l'escorte des gros équipages qui étoient à Remen
, que les Ennemis marchoient à lui , & que
pour s'en garantir il avoit fait bruler le Pont des
Salines de Remen.
Cer Pont de Coovelt occupé par l'Ennemi , &
celui des Salines brulé , qui devoient fervir a la
retraite de l'Armée , déterminerent le Maréchal
de Contades à lui faire paffer le Wefer pour fe
retirer fur Einbeck ; & l'ordre en fut donné aux
équipages , aux convois de pain qui étoient à
l'Armée , & aux troupes.
On n'a eu jufqu'à préfent que des détails imparfaits
de la perte qu'on a faite. Elle roule principalement
fur les quarante Efcadrons & les quatre
Brigades d'Infanterie qui ont eu le plus de
part a l'action .
L'Armée s'eft retirée vers Caffel. Je donnerai
dans le Mercure prochain le détail de cette marche
qui fait beaucoup d'honneur aux troupes &
aux Officiers Généraux qui les commandoient ,
Fermer
Résumé : Relation de ce qui s'est passé à l'action du premier Août près de Minden, entre l'armée du Roi & celle des Alliés.
Le 15 juillet 1759, l'armée française, dirigée par le Maréchal de Contades, s'installa à Minden après que le Duc de Broglie eut pris la ville. Cette action perturba les plans du Prince Ferdinand de se retirer à Minden. Les ennemis avancèrent vers Petershagen, s'emparèrent d'un bois près de Minden et prirent des positions défensives. Le Maréchal de Contades positionna son armée derrière un ruisseau et un marais, avec la droite à Minden et la gauche protégée par une montagne et des bois. Le Prince Ferdinand, renonçant à attaquer, renforça ses positions et gêna les convois français. Le Maréchal de Contades, voyant une opportunité après le départ du Prince héréditaire de Brunswick, décida d'attaquer. L'armée française se forma en bataille au point du jour, avec des unités d'infanterie et de cavalerie réparties stratégiquement. L'action débuta à cinq heures du matin par une canonnade entre les troupes du Duc de Broglie et les ennemis à Todenhaufen. Malgré des renforts, l'attaque française fut repoussée. Les ennemis perçèrent le centre français, et la cavalerie ennemie repoussa plusieurs charges françaises. Le Maréchal de Contades ordonna la retraite après des pertes significatives. Pendant la retraite, il fut informé que le Duc de Brissac avait été battu près de Coesfeld par le Prince héréditaire de Brunswick, et que les ponts nécessaires à la retraite étaient soit occupés, soit détruits. L'armée se retira vers Cassel. Les détails des pertes étaient encore incomplets, mais elles étaient principalement parmi les unités de cavalerie et d'infanterie ayant participé à l'action.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1312
p. 210-212
DE PARIS, le 4 Août.
Début :
Le Comte de Bretenil, Envoyé de l'Inde par le sieur de Lally, Lieutenant Général [...]
Mots clefs :
Lieutenant général des armées du roi, Troupes, Inde, Siège, Gouverneur, Brigadier, Ministre d'État, Académie royale des inscriptions et belles-lettres, Lettres de noblesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 4 Août.
DE PARIS, le 4 Août.
Le Comte de Bretenil , Envoyé de l'Inde par
le fieur de Lally , Lieutenant Général des Armées
du Roi , qui y commande les troupes de Sa Majefté
, a apporté la nouvelle qui fuit. Le fieur de
Lally marchoit vers Arcatte , Capitale de la
Province du Carnate , avec les forces néceffaires
pour faire le fiége de cette Place. Le fieur de
Buffy le joignit en chemin , & dans la vue d'épargner
les frais confidérables d'un fiége dont le
fuccès pouvoit être incertain , il propofa au hieur
de Lally de l'envoyer en avant avec un corps de
troupes, pour ellayer de déterminer le Gouverneur
à fe rendre avant que l'Armée l'y contraiSEPTEMBRE.
1759. 211
gnit. Le fieur de Lally approuva la propofition.
Le fieur de Buffy fe mit en marche , & dès qu'il
fut à portée de la Place , il écrivit au Gouverneur
d'Arcatre pour le fommer de recevoir garnifon
Françoife. Celui- ci , au feul nom du fieur
de Buffy , qui s'eft rendu redoutable dans cette
partie de l'Inde , fe détermina fur le champ à lui
envoyer les clefs de la Ville d'Arcatte , en lui demandant
fon amitié & fa protection . Le lendemain
le Comte d'Eftein Brigadier des Armées du
Roi y entra à la tête d'un Détachement & en
*prit poffetiion .
+
>
On ne peut fe difpenfer de faire part au Public
d'une Lettre écrite au fieur de Lally par des
Officiers d'un grade fupérieur à celui du fieur de
Buffy , qui n'étoit alors que Lieutenant - Colonel .
Il eft aujourd'hui Brigadier. )
MONSIEUR ,
T
» L'eftime que nous avons pour M. de Buffy
» fon mérite , ce que nous voyons qu'il a fair ,
» la confidération qu'il a , l'utilité dont elle doit
» être , la néceffité de la lui conferver , & les
» avantages qu'elle produira en l'augmentant, font
les motifs qui nous engagent vous deman- 31
و و
>
» der qu'il faffe le fervice de premier Brigadier.
» Nous le defirons nous vous le demandons.
>> Une pareille démarche eft peut- être fans exemple
; fi elle eft flatteufe pour M. de Buffy, nous
» la croyons honorable pour nous. C'eft la plus
forte preuve que nous puiffions donner du zèle
» que nous avons pour le fervice du Roi . Elle
» étoit réfervée à des gens , qui tranfplantés au
> fond de l'Afie , ont déjà prouvé authentique-
> ment ce même zèle .
גכ »DifpenfateurdesgracesduRoi,c'eftàvous,
Monfieur , à juger fi ce que nous fouhaitons
>> vous eft poffible.
» Nous avons l'honneur d'être , Monfieur , &c .
212 MERCURE DE FRANCE
»D'Eſtein , Landivifiau , Brigadiers . De Breteuil ,
>> de Crillon , de Verdiere , Colonels .
Le Maréchal d'Eftrées Miniftre d'Etat , eft parti
pour aller concerter avec le Maréchal de Contades
les opérations du refte de la campagne
relativement aux circonftances préfentes.
Pro-
L'Académie Royale des Infcriptions & Belles-
Lettres , dans fon Affemblée du 10 Juillet élut
pour Académicien Aſſocié le fieur le Beau ,
fefleur d'Eloquence au Collège des Graffins , &
frere du fieur le Beau , Secrétaire perpétuel de
la même Académie , à la place du ſieur Bertin
qui a obtenu la vétérance.
Le Roi vient d'accorder des Lettres de Nobleſſe
au fieur Robert de Poitiers qui a fait des recherches
& découvertes fur l'art de fondre les mines de fer
relativement à leurs différentes eſpèces . Au mois
d'Octobre 1757 , le fieur Robert, par ordre de S.M.
réduifit cer Art en Méthode fous la protection de
M. le Comte de S. Florentin ; il la fit imprimer à
la fatisfaction des Maîtres de Forge de plufieurs
Provinces du Royaume qui s'en fervent avec ſuccès
: cette méthode eft le fruit des travaux que
la famille du fieur Robert fait exécuter dans les
Forges depuis près d'un Siècle.
Le Comte de Bretenil , Envoyé de l'Inde par
le fieur de Lally , Lieutenant Général des Armées
du Roi , qui y commande les troupes de Sa Majefté
, a apporté la nouvelle qui fuit. Le fieur de
Lally marchoit vers Arcatte , Capitale de la
Province du Carnate , avec les forces néceffaires
pour faire le fiége de cette Place. Le fieur de
Buffy le joignit en chemin , & dans la vue d'épargner
les frais confidérables d'un fiége dont le
fuccès pouvoit être incertain , il propofa au hieur
de Lally de l'envoyer en avant avec un corps de
troupes, pour ellayer de déterminer le Gouverneur
à fe rendre avant que l'Armée l'y contraiSEPTEMBRE.
1759. 211
gnit. Le fieur de Lally approuva la propofition.
Le fieur de Buffy fe mit en marche , & dès qu'il
fut à portée de la Place , il écrivit au Gouverneur
d'Arcatre pour le fommer de recevoir garnifon
Françoife. Celui- ci , au feul nom du fieur
de Buffy , qui s'eft rendu redoutable dans cette
partie de l'Inde , fe détermina fur le champ à lui
envoyer les clefs de la Ville d'Arcatte , en lui demandant
fon amitié & fa protection . Le lendemain
le Comte d'Eftein Brigadier des Armées du
Roi y entra à la tête d'un Détachement & en
*prit poffetiion .
+
>
On ne peut fe difpenfer de faire part au Public
d'une Lettre écrite au fieur de Lally par des
Officiers d'un grade fupérieur à celui du fieur de
Buffy , qui n'étoit alors que Lieutenant - Colonel .
Il eft aujourd'hui Brigadier. )
MONSIEUR ,
T
» L'eftime que nous avons pour M. de Buffy
» fon mérite , ce que nous voyons qu'il a fair ,
» la confidération qu'il a , l'utilité dont elle doit
» être , la néceffité de la lui conferver , & les
» avantages qu'elle produira en l'augmentant, font
les motifs qui nous engagent vous deman- 31
و و
>
» der qu'il faffe le fervice de premier Brigadier.
» Nous le defirons nous vous le demandons.
>> Une pareille démarche eft peut- être fans exemple
; fi elle eft flatteufe pour M. de Buffy, nous
» la croyons honorable pour nous. C'eft la plus
forte preuve que nous puiffions donner du zèle
» que nous avons pour le fervice du Roi . Elle
» étoit réfervée à des gens , qui tranfplantés au
> fond de l'Afie , ont déjà prouvé authentique-
> ment ce même zèle .
גכ »DifpenfateurdesgracesduRoi,c'eftàvous,
Monfieur , à juger fi ce que nous fouhaitons
>> vous eft poffible.
» Nous avons l'honneur d'être , Monfieur , &c .
212 MERCURE DE FRANCE
»D'Eſtein , Landivifiau , Brigadiers . De Breteuil ,
>> de Crillon , de Verdiere , Colonels .
Le Maréchal d'Eftrées Miniftre d'Etat , eft parti
pour aller concerter avec le Maréchal de Contades
les opérations du refte de la campagne
relativement aux circonftances préfentes.
Pro-
L'Académie Royale des Infcriptions & Belles-
Lettres , dans fon Affemblée du 10 Juillet élut
pour Académicien Aſſocié le fieur le Beau ,
fefleur d'Eloquence au Collège des Graffins , &
frere du fieur le Beau , Secrétaire perpétuel de
la même Académie , à la place du ſieur Bertin
qui a obtenu la vétérance.
Le Roi vient d'accorder des Lettres de Nobleſſe
au fieur Robert de Poitiers qui a fait des recherches
& découvertes fur l'art de fondre les mines de fer
relativement à leurs différentes eſpèces . Au mois
d'Octobre 1757 , le fieur Robert, par ordre de S.M.
réduifit cer Art en Méthode fous la protection de
M. le Comte de S. Florentin ; il la fit imprimer à
la fatisfaction des Maîtres de Forge de plufieurs
Provinces du Royaume qui s'en fervent avec ſuccès
: cette méthode eft le fruit des travaux que
la famille du fieur Robert fait exécuter dans les
Forges depuis près d'un Siècle.
Fermer
Résumé : DE PARIS, le 4 Août.
Le 4 août, le Comte de Breteuil rapporta que le Lieutenant Général des Armées du Roi, le sieur de Lally, se dirigeait vers Arcatte, capitale de la Province du Carnate, pour l'assiéger. Le sieur de Bussy, ayant rejoint de Lally, proposa d'envoyer des troupes pour inciter le Gouverneur à se rendre. De Lally accepta, et après une lettre de Bussy, les clefs de la ville furent remises. Le Comte d'Estein entra ensuite à Arcatte. Des officiers, dont les Brigadiers d'Estein et Landivisiau, demandèrent la nomination de Bussy comme premier Brigadier, soulignant ses mérites. Par ailleurs, le Maréchal d'Estrées consulta le Maréchal de Contades pour les opérations futures. L'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres élut le sieur le Beau comme Académicien Associé. Le Roi accorda des Lettres de Noblesse au sieur Robert de Poitiers pour ses découvertes sur la fonte des mines de fer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1313
p. 203-205
Du Quartier-général de l'armée de l'Empire, le 25 Août.
Début :
Le Prince des Deux-Ponts s'étant rendu maître de Torgau, la garnison Prussienne [...]
Mots clefs :
Prince, Garnison, Canons, Régiment, Fort, Prisonniers, Attaques, Magasins, Provisions, Cavalerie, Généraux, Ville, Comte, Dresde, Baron, Capitulation, Roi de Prusse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du Quartier-général de l'armée de l'Empire, le 25 Août.
Du Quartier -général de l'armée de l'Empire ,
le 25 Août.
LEE Prince des Deux-Ponts s'étant rendu maître
de Torgau , la garniſon Prufſienne fortit de cette
Ville le 1 avec douze piéces de canon & leurs
caillons. Elle prit la route de Wittemberg.
Pendant la marche cette garnifon le révolta ,
ainfi qu'il étoit déja arrivé à celle de Léipfick s
les rébelles déferterent au nombre de huit cens
hommes , qui font venus joindre l'armée.
Le Régiment de Bade-Baden fut mis en gar-
nifon dans la place ; & le Fort fut occupé par un
détachement de Croates. Nous avons trouvé dans
Torgau trois cens prifonniers de troupes Autri-
chiennes & de l'Empire ; un grand nombre de
piéces de canon qui appartiennent au Roi de Polo-
gne , Electeur de Saxe , & un Magafin qui eſt ef-
timé à deux cens mille écus.
Le 20
,
le
Général Kleefeld
marcha
fur
Wit-
temberg
,
avec ordre
de
tenter
une
entrepriſe
contre
cette
place
.
Il
fit
avancer
le
21
un
gros dé-
tachement aux
ordres
du
Colonel Soly
.
Cer Of-
ficier
s'empara des
Fauxbourgs
.
Il
fomma
le
Gé-
néral
Horn
de
fe
rendre
.
Ce Commandant
de-
manda
à
capituler
.
Le
22
,
les
Grenadiers de Badeoccuperent
la porte
de
l'Elftre
,
&
la
garnison
,
compofée de
trois
Bataillons
,
fortit
avec
les
hon
meurs
de la guerre
.
I
vj
204
MERCURE
DE
FRANCE
.
Du
28
.
Les Magafins que les Pruffiens ont été forcés
d'abandonner à Léïpfick & à Torgau confiftent en
38177 mefures de grain , 32656 quintaux de fa-
rine , 10090 rations de biſcuit , 38360 meſures
d'avoine , 10092 mesures d'orge , 7 £24 quintaux
de foin , 28695 bottes de paille , & 4000 tonneaux
remplis de vivres.
Le Régiment de Bade- Baden a été mis en gar-
nifon à Wittemberg avec un détachement de
Croates & de Cavalerie. Torgau eft occupé par
un Régiment d'Infanterie des troupes Electorales
de Trêves.
Les Généraux Autrichiens tiennent la Ville de
Drefde bloquée des deux côtés de l'Elbe. Le fieur
de Churield , Colonel au ſervice de l'Impératrice-
Reine , fomma le Comte de Schmettau de fe
rendre. Ce Commandant répondit qu'il avoir
ordre de fe défendre jufqu'à la derniere extrémité.
Sur cette réponſe le Prince de Deux- Ponts donna
ordre de hârer le tranfport de la groffe artillerie-
qui vient de Prague, & de faire promptement tou-
tes les difpofitions néceffaires pour l'attaque.
Le Comte de Maquire eft pofté fur les hauteurs
qui font vis-à-vis de Dreſde , fur la rive droite de
l'Elbe ; & il a fait jetter un pont fur ce fleuve
pour établir la communication.
Le 27 au matin , le Comte de Maquire donna
avis que la garaifon , après avoir fait miner le
pont de Dreide , avoit évacué la Ville neuve , &
s'étoit retirée précipitamment dans la vieille
Ville ; qu'auth- tôt il avoit donné ordre au Géné
ral de Vehla d'occuper la Ville neuve avec les
Troupes , & qu'on y avoit trouvé un magaſin
confidérable, des armes & des munitions de touse.
elpèce. Le Prince de Deux-Ponts, après avoir bien
OCTOBRE
.
17597
205
affuré fon camp , fe porta au corps du Comte de
Maquire , afin de reconnoître exactement l'état
de la Place , & de faire fes difpofitions en confé-
quence. Les Pruffiens l'ont rendue le 5 Septem-
bre. ( Voyez l'article de la Cour.)
Du
2
Septembre
.
Le Baron de Saint-André manda le 3 I du mois
dernier que la petite garnifon que nous avions à
Wittemberg avoit rendu cette Ville par capitula-
tion , à l'approche d'un corps nombreux détaché
de l'armée du Roi de Prufle , & qu'elle s'étoit
retirée à Léipfick, 2
Le premier de ce mois nous apprîmes que
Torgau s'étoit ren lu la veille au corps de trou-
pes Pruffiennes qui avoit repris Wittemberg. On
aflure que ce corps eft compofé de huit mille
hommes aux ordres du Général Wunſch.
le 25 Août.
LEE Prince des Deux-Ponts s'étant rendu maître
de Torgau , la garniſon Prufſienne fortit de cette
Ville le 1 avec douze piéces de canon & leurs
caillons. Elle prit la route de Wittemberg.
Pendant la marche cette garnifon le révolta ,
ainfi qu'il étoit déja arrivé à celle de Léipfick s
les rébelles déferterent au nombre de huit cens
hommes , qui font venus joindre l'armée.
Le Régiment de Bade-Baden fut mis en gar-
nifon dans la place ; & le Fort fut occupé par un
détachement de Croates. Nous avons trouvé dans
Torgau trois cens prifonniers de troupes Autri-
chiennes & de l'Empire ; un grand nombre de
piéces de canon qui appartiennent au Roi de Polo-
gne , Electeur de Saxe , & un Magafin qui eſt ef-
timé à deux cens mille écus.
Le 20
,
le
Général Kleefeld
marcha
fur
Wit-
temberg
,
avec ordre
de
tenter
une
entrepriſe
contre
cette
place
.
Il
fit
avancer
le
21
un
gros dé-
tachement aux
ordres
du
Colonel Soly
.
Cer Of-
ficier
s'empara des
Fauxbourgs
.
Il
fomma
le
Gé-
néral
Horn
de
fe
rendre
.
Ce Commandant
de-
manda
à
capituler
.
Le
22
,
les
Grenadiers de Badeoccuperent
la porte
de
l'Elftre
,
&
la
garnison
,
compofée de
trois
Bataillons
,
fortit
avec
les
hon
meurs
de la guerre
.
I
vj
204
MERCURE
DE
FRANCE
.
Du
28
.
Les Magafins que les Pruffiens ont été forcés
d'abandonner à Léïpfick & à Torgau confiftent en
38177 mefures de grain , 32656 quintaux de fa-
rine , 10090 rations de biſcuit , 38360 meſures
d'avoine , 10092 mesures d'orge , 7 £24 quintaux
de foin , 28695 bottes de paille , & 4000 tonneaux
remplis de vivres.
Le Régiment de Bade- Baden a été mis en gar-
nifon à Wittemberg avec un détachement de
Croates & de Cavalerie. Torgau eft occupé par
un Régiment d'Infanterie des troupes Electorales
de Trêves.
Les Généraux Autrichiens tiennent la Ville de
Drefde bloquée des deux côtés de l'Elbe. Le fieur
de Churield , Colonel au ſervice de l'Impératrice-
Reine , fomma le Comte de Schmettau de fe
rendre. Ce Commandant répondit qu'il avoir
ordre de fe défendre jufqu'à la derniere extrémité.
Sur cette réponſe le Prince de Deux- Ponts donna
ordre de hârer le tranfport de la groffe artillerie-
qui vient de Prague, & de faire promptement tou-
tes les difpofitions néceffaires pour l'attaque.
Le Comte de Maquire eft pofté fur les hauteurs
qui font vis-à-vis de Dreſde , fur la rive droite de
l'Elbe ; & il a fait jetter un pont fur ce fleuve
pour établir la communication.
Le 27 au matin , le Comte de Maquire donna
avis que la garaifon , après avoir fait miner le
pont de Dreide , avoit évacué la Ville neuve , &
s'étoit retirée précipitamment dans la vieille
Ville ; qu'auth- tôt il avoit donné ordre au Géné
ral de Vehla d'occuper la Ville neuve avec les
Troupes , & qu'on y avoit trouvé un magaſin
confidérable, des armes & des munitions de touse.
elpèce. Le Prince de Deux-Ponts, après avoir bien
OCTOBRE
.
17597
205
affuré fon camp , fe porta au corps du Comte de
Maquire , afin de reconnoître exactement l'état
de la Place , & de faire fes difpofitions en confé-
quence. Les Pruffiens l'ont rendue le 5 Septem-
bre. ( Voyez l'article de la Cour.)
Du
2
Septembre
.
Le Baron de Saint-André manda le 3 I du mois
dernier que la petite garnifon que nous avions à
Wittemberg avoit rendu cette Ville par capitula-
tion , à l'approche d'un corps nombreux détaché
de l'armée du Roi de Prufle , & qu'elle s'étoit
retirée à Léipfick, 2
Le premier de ce mois nous apprîmes que
Torgau s'étoit ren lu la veille au corps de trou-
pes Pruffiennes qui avoit repris Wittemberg. On
aflure que ce corps eft compofé de huit mille
hommes aux ordres du Général Wunſch.
Fermer
Résumé : Du Quartier-général de l'armée de l'Empire, le 25 Août.
Le 25 août, le Prince des Deux-Ponts s'empare de Torgau. La garnison prussienne, composée de 1 200 hommes et de douze pièces de canon, se rend et se dirige vers Wittemberg. En chemin, 800 hommes désertent pour rejoindre l'armée adverse. Les troupes occupantes découvrent 300 prisonniers autrichiens et impériaux, ainsi que des pièces de canon et un magasin évalué à 200 000 écus. Le 20 août, le Général Kleefeld reçoit l'ordre de marcher sur Wittemberg. Le 21, un détachement sous le Colonel Soly prend les faubourgs. Le Général Horn demande à capituler, et le 22, la garnison, composée de trois bataillons, se rend avec les honneurs de la guerre. Les magasins abandonnés par les Prussiens à Leipzig et Torgau contiennent des quantités importantes de grain, de farine, de biscuit, d'avoine, d'orge, de foin, de paille et de vivres. Wittemberg et Torgau sont occupés par le Régiment de Bade-Baden et des Croates, ainsi qu'un régiment d'infanterie des troupes électorales de Trêves. Les Autrichiens bloquent Dresde. Le Comte de Schmettau refuse de se rendre, et le Prince des Deux-Ponts prépare une attaque. Le Comte de Maquire établit un pont sur l'Elbe et occupe la Ville neuve de Dresde, y trouvant des magasins et des munitions. Les Prussiens se retirent dans la vieille ville et se rendent le 5 septembre. Le 2 septembre, Wittemberg et Torgau sont reprises par les troupes prussiennes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1314
p. 205
Du Journal de l'Armée Autrichienne, le premier Septembre.
Début :
Le Général Haddick avoit été chargé d'attaquer la Forteresse de Peitz sur la Sprée. [...]
Mots clefs :
Général Haddick, Forteresse, Commandant, Menace , Capitulation, Garnison, Artillerie, Vivres, Munitions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du Journal de l'Armée Autrichienne, le premier Septembre.
Du Journal de l'Armée Autrichienne , lepremier
Septembre.
Le Général Haddick avoit été chargé d'atta-
quer la Fortereffe de Peitz fur la Sprée. Le 26
il fit fommer le Commandant de fe rendre , en
le menaçant de faire brûler la Ville & les Faux-
bourgs , s'il entreprenoit de lui réſiſter. Cette
menace fit impreffion , & la Garniſon capitula
le lendemain. Il fut réglé qu'elle fortiroit le 28
avec les honneurs de la guerre , & qu'elle feroit
conduite à Berlin ; que les habitans conferve-
roient leurs priviléges , & le libre exercice de leur
religion ; & que la Fortereffe feroit livrée avec
toute l'artillerie , tous les vivres & toutes les mu-
'nitions.
Septembre.
Le Général Haddick avoit été chargé d'atta-
quer la Fortereffe de Peitz fur la Sprée. Le 26
il fit fommer le Commandant de fe rendre , en
le menaçant de faire brûler la Ville & les Faux-
bourgs , s'il entreprenoit de lui réſiſter. Cette
menace fit impreffion , & la Garniſon capitula
le lendemain. Il fut réglé qu'elle fortiroit le 28
avec les honneurs de la guerre , & qu'elle feroit
conduite à Berlin ; que les habitans conferve-
roient leurs priviléges , & le libre exercice de leur
religion ; & que la Fortereffe feroit livrée avec
toute l'artillerie , tous les vivres & toutes les mu-
'nitions.
Fermer
Résumé : Du Journal de l'Armée Autrichienne, le premier Septembre.
Le 26 septembre, le Général Haddick a ordonné la reddition de la forteresse de Peitz. Il a menacé de détruire la ville en cas de résistance. La garnison a capitulé le 27 septembre. Les termes incluaient le départ avec les honneurs de la guerre vers Berlin, la conservation des privilèges des habitants et la remise de la forteresse avec son artillerie et ses munitions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1315
p. 205-206
De Hambourg le 8 Septembre.
Début :
Les lettres de Stettin nous ont appris que l'Armée Suédoise qui campoit à [...]
Mots clefs :
Lettres, Armée suédoise, Prise de la ville, Fort, Capitulation, Déplacement des troupes, Garnison, Attaque, Résistance, Prusse, Retraite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Hambourg le 8 Septembre.
De
Hambourg
le
8
Septembre
.
Les
Lettres
de
Stettin
nous ont appris
que
l'Ar
mée
Suédoife qui campoit à
Loitz
,
en
partir
le
1
206 MERCURE DE FRANCE.
21 du mois dernier , pour ſe porter fur Anclam ?
dont elle s'eft emparée. Un des Détachemens de
cette Armée fe préfenta devant le Fort d'Uker-
munde , qui lui fut rendu par capitulation. Le
gros de l'Armée marcha le 28 à Schwine , Ville
fortifiée par des retrranchemens paliffadés , &
défendue par une garnifon de fix cens hommes.
Le Comte de Meyerfeld fut chargé d'attaquer
cette Place , & il s'y porta avec beaucoup de ré-
folution. L'attaque dura depuis quatre heures du
matin , jufqu'à fept heures du foir. Les Pruffiens
après une vive réſiſtance , furent forcés de fe re-
tirer en défordre. Les Suédois ont enlevé le fieur
Hauflqui commandoit dans la Place , trois Lieu-
tenans , un Enfeigne , huit Bas-Officiers & foixan-
te-onze Soldats Ils ont trouvé dans les retran-
chemens plufieurs piéces de canon , & des mu-
nitions en abondance.
Hambourg
le
8
Septembre
.
Les
Lettres
de
Stettin
nous ont appris
que
l'Ar
mée
Suédoife qui campoit à
Loitz
,
en
partir
le
1
206 MERCURE DE FRANCE.
21 du mois dernier , pour ſe porter fur Anclam ?
dont elle s'eft emparée. Un des Détachemens de
cette Armée fe préfenta devant le Fort d'Uker-
munde , qui lui fut rendu par capitulation. Le
gros de l'Armée marcha le 28 à Schwine , Ville
fortifiée par des retrranchemens paliffadés , &
défendue par une garnifon de fix cens hommes.
Le Comte de Meyerfeld fut chargé d'attaquer
cette Place , & il s'y porta avec beaucoup de ré-
folution. L'attaque dura depuis quatre heures du
matin , jufqu'à fept heures du foir. Les Pruffiens
après une vive réſiſtance , furent forcés de fe re-
tirer en défordre. Les Suédois ont enlevé le fieur
Hauflqui commandoit dans la Place , trois Lieu-
tenans , un Enfeigne , huit Bas-Officiers & foixan-
te-onze Soldats Ils ont trouvé dans les retran-
chemens plufieurs piéces de canon , & des mu-
nitions en abondance.
Fermer
Résumé : De Hambourg le 8 Septembre.
Le 8 septembre, des lettres de Stettin ont rapporté que l'armée suédoise, initialement à Loitz, s'est déplacée vers Anklam le 21 du mois précédent et l'a conquise. Un détachement suédois a ensuite pris le fort d'Uckermunde par capitulation. Le 28, l'armée suédoise a marché vers Schwine, une ville fortifiée par des retranchements palissadés et défendue par une garnison de six cents hommes. Le comte de Meyerfeld a mené l'attaque, qui a duré de quatre heures du matin à sept heures du soir. Malgré une vive résistance, les Prussiens ont été contraints de se retirer en désordre. Les Suédois ont capturé plusieurs officiers et soldats, ainsi que plusieurs pièces de canon et des munitions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1316
p. 206-207
DE LEIPSICK, le 8 Août.
Début :
Le 4 de ce mois, le Baron de Widman, détaché de l'Armée de l'Empire, [...]
Mots clefs :
Baron, Armée de l'Empire, Garnison, Prince, Articles de capitulation, Dettes, Prisonniers de guerre, Liberté, Fort
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LEIPSICK, le 8 Août.
DE LEIPSICK , le 8 Août.
Le
de ce
mois
,
le
Baron de
Widman
;
'
détaché
de l'Armée de
l'Empire
,
arriva
dans
notre
voifinage
,
&
fomma
le
Baron de Hauff
qui
commandoit
notre Garniſon
Pruſſienne
,
de
fe rendre
,
en
lui
fignifiant
de
la
part
du
Prince
de Deux
-
Ponts
,
que
s'il
ofoit
mettre
le
feu
comme
il
nous
en
avoit
ménacé
,
on
le feroit
pendre
,
&
que
toute fa
garnifon
feroit
paffée
au
fil
de
l'épée
.
Cette
fommation
excita
un grand
trouble
parmi
les
foldats
.
Ils
furent fur le
point
de
fe
révolter contre
leur
Commandant
.
Le Baron
de Hauff
qui
craignit
de
n'en
être plus
le
maî-
tre
,
fe hâta
de
régler
avec
le
Baron de
Widman
les articles
de
la capitulation
.
Il
fut arrêté
que
la
Garnifon
fortiroit
avec
les
honneurs de
la
guer-
re
,
&
qu'elle feroit
conduite a
Wittemberg
;
que
les Pruffiens pourroient emporter tous
les effets
OCTOBRE
.
1759
.
107
.
quileur appartenoient , & qu'ils payeroient avant
leurdépart les dettes qu'ils avoientcontractées dans
la Ville ; que les Prifonniers de guerre , & les
ôtages qui étoient actuellement enfermés dans
la Place , auroient leur liberté ; & que l'artillerie
Saxone qui le trouvoit dans le Fort de Pleiffen-
bourg, y feroit laiffée. Les Pruffiens ont enfin
évacué cette Ville, les troupes de l'Empire en ont
pris poffeffion.
Le
de ce
mois
,
le
Baron de
Widman
;
'
détaché
de l'Armée de
l'Empire
,
arriva
dans
notre
voifinage
,
&
fomma
le
Baron de Hauff
qui
commandoit
notre Garniſon
Pruſſienne
,
de
fe rendre
,
en
lui
fignifiant
de
la
part
du
Prince
de Deux
-
Ponts
,
que
s'il
ofoit
mettre
le
feu
comme
il
nous
en
avoit
ménacé
,
on
le feroit
pendre
,
&
que
toute fa
garnifon
feroit
paffée
au
fil
de
l'épée
.
Cette
fommation
excita
un grand
trouble
parmi
les
foldats
.
Ils
furent fur le
point
de
fe
révolter contre
leur
Commandant
.
Le Baron
de Hauff
qui
craignit
de
n'en
être plus
le
maî-
tre
,
fe hâta
de
régler
avec
le
Baron de
Widman
les articles
de
la capitulation
.
Il
fut arrêté
que
la
Garnifon
fortiroit
avec
les
honneurs de
la
guer-
re
,
&
qu'elle feroit
conduite a
Wittemberg
;
que
les Pruffiens pourroient emporter tous
les effets
OCTOBRE
.
1759
.
107
.
quileur appartenoient , & qu'ils payeroient avant
leurdépart les dettes qu'ils avoientcontractées dans
la Ville ; que les Prifonniers de guerre , & les
ôtages qui étoient actuellement enfermés dans
la Place , auroient leur liberté ; & que l'artillerie
Saxone qui le trouvoit dans le Fort de Pleiffen-
bourg, y feroit laiffée. Les Pruffiens ont enfin
évacué cette Ville, les troupes de l'Empire en ont
pris poffeffion.
Fermer
Résumé : DE LEIPSICK, le 8 Août.
Le 8 août, le Baron de Widman, envoyé de l'Armée de l'Empire, rencontra le Baron de Hauff, commandant de la garnison prussienne. Widman transmit une menace du Prince de Deux-Ponts, promettant pendaison et massacre si les Prussiens incendiaient la ville. Cette menace sema la panique parmi les soldats prussiens, qui furent prêts à se révolter. Pour éviter une mutinerie, le Baron de Hauff négocia rapidement les termes de la capitulation avec Widman. Les accords stipulaient que la garnison prussienne quitterait la ville avec les honneurs de la guerre et serait conduite à Wittemberg. Les Prussiens pourraient emporter leurs effets personnels et régler leurs dettes locales. Les prisonniers de guerre et les otages seraient libérés, et l'artillerie saxonne resterait au Fort de Pleissenbourg. Les Prussiens évacuèrent ensuite la ville, permettant aux troupes de l'Empire d'en prendre possession.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1317
p. 207-210
DE CASSEL, le 11 Août.
Début :
L'Armée a pris le chemin d'Oldendorff sur le Weser, où elle arriva le 3. [...]
Mots clefs :
Armée, Comte, Régiment, Prince Héréditaire de Brunswick, Attaques, Ennemis, Soldats, Artillerie, Blessés et morts, Déplacement des troupes, Infanterie, Fatigue, Maréchal de Contades, Nouvelles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE CASSEL, le 11 Août.
DE CASSEL , le ri Août.
L'Armée a pris le chemin d'Oldendorff für le
Wefer , où elle arriva le 3. Elle y féjourna. Elle
fe remit en marche le s , & fe rendit à Eumbeck
?
208
MERCURE
DE FRANCE
.
le 7 avec toute l'artillerie & les équipages. Le
Comte de Saint -Germain avoit été détaché avec
quatre Brigades d'Infanterie & deux Brigades de
Cavalerie , pour maſquer les débouchés d'Hame-
len. L'Armée n'a point été inquiétée pendant fa
marche , & on n'a vu que quelques Chaffeurs
des Ennemis.
La
nuit
du 7 au
8
,
le
Prince
héréditaire
deBrunſwick
,
détaché
de
l'Armée
du
Prince
Fer-
dinand
,
avec
un
corps d'environ
douze
mille
hommes
,
paffa
le
Wefer
à
Hainelen
.
Il
s'ap-
procha d'Eimbeck
le
8 au
point
du
jour
.
Il
atta-
qua
cette
Ville
dans
laquelle
il
étoit réſté
quel
ques
troupes
de
l'arrière
garde aux
ordres
du
feur
de Baye
,
Maréchal
-
de
-
Camp
de
jour
,
qui
défendit
les
rues
fans
être
entamé
.
Les ennemis maîtres de la Ville , en fortirent
en colonne. Ils furent reçus par l'arrière-garde ,
commandée par le Chevalier de Nicolay , &
les Marquis de Traifnel & de Brehan , & com-
pofée de la Brigade de Picardie , des Grenadiers
de France & Royaux , de trois cens Carabiniers,
du Régiment de Berchiny , des Volontaires de
Haynault , & de ceux de Muret. Ces troupes fe
préſenterent à l'ennemi dans le plus grand ordre
& avec la plus grande fermeté. Les Hanovriens
furent forcés de rentrer dans la Ville après
avoir perdu plus de cinq cens hommes , & ils
n'ont plus reparu. Nous n'avons perdu que cin-
quante Grenadiers tués ou bleſſés.
L'Armée
continua fa
marche
,
&
campa
le
même
jour
8
à Barnfen
.
Le
9
elle
vint à
Branf
feldt
,
&
dans
les
journées
du 10
&
du
11
, elle
a
été raflemblée dans
les
environs
de
Caffel
.
Les
ennemis
fe
font préfentés
de nouveau pour
atta-
quer
l'arrière
garde à
l'entrée
des
défilés
de
Munden
.
-
24
OCTOBRE
.
1759
.
209
2
L'Armée marchoit fur deux colonnes . On for-
ma deux arrières gardes , celle de la colonne de
la droite , compolée de la Brigade de Picardie,
& foutenue par celle de Beltunce , aux ordres
du fieur de Planta , Maréchal - de- Camp ; celle
de la gauche , composée des Grenadiers de Fran
ce & Royaux , aux ordres du Marquis de Trail
nel ; la fanté du Marquis de Saint- Pern ne lui
ayant pas permis de s'en charger. Les ennemis
fe, préfenterent en force à l'arrière- garde de la
colonne de la droite. Les deux Brigades de Pi-
cardie & de Béthune fe mirent en bataille à la
tête de la gorge , avant d'y entrer , & reçurent
les ennemis de fi bonne grace avec du canon
que ceux-ci n'oferent s'approcher , & le conten-
terent de tirer quelques coups de canon , mais
de fi loin , qu'ils ne firent aucun mal. Ils prirent
enfuite le parti de gagner les hauteurs pour atta-
quer le Comte de Saint- Germain qui les défen
doit. Ce Général marcha à eux ; il les fit atta-
quer par les Brigades d'Auvergne , d'Aquitaine
& d'Anhalt , & les culbuta . L'action a été vive
Le fieur de Muret étoit far le flanc des enne
mis caché dans le bois avec deux cens Volon-
taires de l'Armée. Lorſqu'il les a vûs ſe retirer en
défordre , il les a fuivis pendant une demi- lieue
d'affez près pour les atteindre à coups de bayon
nette. Depuis ce moment , les ennemis n'ont plus
reparu. nous n'avons eu qu'une vingtaine d'hom
mes tués ou bleffés. On eftime la perte des en¬
nemis à mille ou douze cens hommes.
Du 16.
L'armée fe remet chaquejour des fatigues con-
fidérables qu'elle a éprouvées pendant fa marche ,
& elle trouve ici tous les fecours dont elle a be-
Loin.
Depuis l'avantage que
le
Comte de Saint-
Ger
210 MERCURE DE FRANCE:
main
a
eu
fur
les
troupes
du
Prince
héré
litaire
de
Bruntwick
aux
défilés
de
Munden
,
les
ennemis
n'ont
plus
paru
.
Suivant les états qu'on a reçus , la perte de l'In
fanterie & de la Cavalerie dans l'affaire du pre-
mier de ce mois , ſe monte a trois mille quatre
cens feize hommes tués ou prifonniers , & deux
mille trente bleflés.
Du
25
.
Les nouvelles qu'on eut de la marche de l'ar
mée du Prince Ferdinand qui s'avançoit à travers
le pays de Waldeck , déterminerent le Maréchal
de Contades à faire marcher l'armée le 18 , & à
paller l'Eder dans les environs de Fritzlar. On
campa à la rive droite de cette riviere. On laiffa
à Caffel des détachemens pour la garde de quel-
ques malades & bleffés , qui n'avoient pas été en
état d'être tranfportés. Les ennemis s'emparerent
de cette Place le lendemain par capitulation.
Le 19 , fur les nouvelles qu'on eut de l'arrivée
d'un corps des ennemis à Hayna , & de la marche
du Prince Ferdinand pour fuivre ce corps , l'armée
marcha à Gilfen.
Le 22 , l'armée ſe remit en marche , & vint
camper dans les environs de Treiza .
Le 23 , le Maréchal de Contades ſe rendit avec
l'armée dans les environs de Kirchayn , où elle
campe à la rive gauche de la riviere de Lohn. Le
quartier général a été établi à Groſſelheim , diſtant
de Marburg d'environ deux lieues.
Le Maréchal d'Etrées eſt arrivé ce matin à
l'armée.
L'Armée a pris le chemin d'Oldendorff für le
Wefer , où elle arriva le 3. Elle y féjourna. Elle
fe remit en marche le s , & fe rendit à Eumbeck
?
208
MERCURE
DE FRANCE
.
le 7 avec toute l'artillerie & les équipages. Le
Comte de Saint -Germain avoit été détaché avec
quatre Brigades d'Infanterie & deux Brigades de
Cavalerie , pour maſquer les débouchés d'Hame-
len. L'Armée n'a point été inquiétée pendant fa
marche , & on n'a vu que quelques Chaffeurs
des Ennemis.
La
nuit
du 7 au
8
,
le
Prince
héréditaire
deBrunſwick
,
détaché
de
l'Armée
du
Prince
Fer-
dinand
,
avec
un
corps d'environ
douze
mille
hommes
,
paffa
le
Wefer
à
Hainelen
.
Il
s'ap-
procha d'Eimbeck
le
8 au
point
du
jour
.
Il
atta-
qua
cette
Ville
dans
laquelle
il
étoit réſté
quel
ques
troupes
de
l'arrière
garde aux
ordres
du
feur
de Baye
,
Maréchal
-
de
-
Camp
de
jour
,
qui
défendit
les
rues
fans
être
entamé
.
Les ennemis maîtres de la Ville , en fortirent
en colonne. Ils furent reçus par l'arrière-garde ,
commandée par le Chevalier de Nicolay , &
les Marquis de Traifnel & de Brehan , & com-
pofée de la Brigade de Picardie , des Grenadiers
de France & Royaux , de trois cens Carabiniers,
du Régiment de Berchiny , des Volontaires de
Haynault , & de ceux de Muret. Ces troupes fe
préſenterent à l'ennemi dans le plus grand ordre
& avec la plus grande fermeté. Les Hanovriens
furent forcés de rentrer dans la Ville après
avoir perdu plus de cinq cens hommes , & ils
n'ont plus reparu. Nous n'avons perdu que cin-
quante Grenadiers tués ou bleſſés.
L'Armée
continua fa
marche
,
&
campa
le
même
jour
8
à Barnfen
.
Le
9
elle
vint à
Branf
feldt
,
&
dans
les
journées
du 10
&
du
11
, elle
a
été raflemblée dans
les
environs
de
Caffel
.
Les
ennemis
fe
font préfentés
de nouveau pour
atta-
quer
l'arrière
garde à
l'entrée
des
défilés
de
Munden
.
-
24
OCTOBRE
.
1759
.
209
2
L'Armée marchoit fur deux colonnes . On for-
ma deux arrières gardes , celle de la colonne de
la droite , compolée de la Brigade de Picardie,
& foutenue par celle de Beltunce , aux ordres
du fieur de Planta , Maréchal - de- Camp ; celle
de la gauche , composée des Grenadiers de Fran
ce & Royaux , aux ordres du Marquis de Trail
nel ; la fanté du Marquis de Saint- Pern ne lui
ayant pas permis de s'en charger. Les ennemis
fe, préfenterent en force à l'arrière- garde de la
colonne de la droite. Les deux Brigades de Pi-
cardie & de Béthune fe mirent en bataille à la
tête de la gorge , avant d'y entrer , & reçurent
les ennemis de fi bonne grace avec du canon
que ceux-ci n'oferent s'approcher , & le conten-
terent de tirer quelques coups de canon , mais
de fi loin , qu'ils ne firent aucun mal. Ils prirent
enfuite le parti de gagner les hauteurs pour atta-
quer le Comte de Saint- Germain qui les défen
doit. Ce Général marcha à eux ; il les fit atta-
quer par les Brigades d'Auvergne , d'Aquitaine
& d'Anhalt , & les culbuta . L'action a été vive
Le fieur de Muret étoit far le flanc des enne
mis caché dans le bois avec deux cens Volon-
taires de l'Armée. Lorſqu'il les a vûs ſe retirer en
défordre , il les a fuivis pendant une demi- lieue
d'affez près pour les atteindre à coups de bayon
nette. Depuis ce moment , les ennemis n'ont plus
reparu. nous n'avons eu qu'une vingtaine d'hom
mes tués ou bleffés. On eftime la perte des en¬
nemis à mille ou douze cens hommes.
Du 16.
L'armée fe remet chaquejour des fatigues con-
fidérables qu'elle a éprouvées pendant fa marche ,
& elle trouve ici tous les fecours dont elle a be-
Loin.
Depuis l'avantage que
le
Comte de Saint-
Ger
210 MERCURE DE FRANCE:
main
a
eu
fur
les
troupes
du
Prince
héré
litaire
de
Bruntwick
aux
défilés
de
Munden
,
les
ennemis
n'ont
plus
paru
.
Suivant les états qu'on a reçus , la perte de l'In
fanterie & de la Cavalerie dans l'affaire du pre-
mier de ce mois , ſe monte a trois mille quatre
cens feize hommes tués ou prifonniers , & deux
mille trente bleflés.
Du
25
.
Les nouvelles qu'on eut de la marche de l'ar
mée du Prince Ferdinand qui s'avançoit à travers
le pays de Waldeck , déterminerent le Maréchal
de Contades à faire marcher l'armée le 18 , & à
paller l'Eder dans les environs de Fritzlar. On
campa à la rive droite de cette riviere. On laiffa
à Caffel des détachemens pour la garde de quel-
ques malades & bleffés , qui n'avoient pas été en
état d'être tranfportés. Les ennemis s'emparerent
de cette Place le lendemain par capitulation.
Le 19 , fur les nouvelles qu'on eut de l'arrivée
d'un corps des ennemis à Hayna , & de la marche
du Prince Ferdinand pour fuivre ce corps , l'armée
marcha à Gilfen.
Le 22 , l'armée ſe remit en marche , & vint
camper dans les environs de Treiza .
Le 23 , le Maréchal de Contades ſe rendit avec
l'armée dans les environs de Kirchayn , où elle
campe à la rive gauche de la riviere de Lohn. Le
quartier général a été établi à Groſſelheim , diſtant
de Marburg d'environ deux lieues.
Le Maréchal d'Etrées eſt arrivé ce matin à
l'armée.
Fermer
Résumé : DE CASSEL, le 11 Août.
Du 1er au 9 août, l'armée française se déplaça vers Oldendorff, Eumbeck, Barnfen et Branf feldt sans être sérieusement inquiétée, à l'exception de quelques éclaireurs ennemis. Le 7 août, le Prince héréditaire de Brunswick tenta d'attaquer Eumbeck avec environ douze mille hommes, mais fut repoussé par les troupes françaises commandées par le Chevalier de Nicolay et les Marquis de Traifnel et de Brehan. Les pertes hanovriennes furent significatives. Du 16 au 25 octobre, l'armée se remit des fatigues de la marche et reçut les secours nécessaires. Le 24 octobre, elle marcha en deux colonnes avec des arrières-gardes composées de brigades de Picardie, de Béthune et de grenadiers. Les ennemis tentèrent d'attaquer l'arrière-garde de la colonne de droite, mais furent repoussés par les brigades de Picardie et de Béthune, ainsi que par le Comte de Saint-Germain et les brigades d'Auvergne, d'Aquitaine et d'Anhalt. Les ennemis subirent des pertes estimées à mille ou douze cents hommes, tandis que les Français perdirent une vingtaine d'hommes. Les pertes ennemies lors de l'affrontement du 1er octobre furent de trois mille quatre cents seize hommes tués ou prisonniers, et deux mille trente blessés. Du 18 au 23 octobre, l'armée traversa l'Eder près de Fritzlar, marcha vers Gilfen, Treisa et Kirchayn, où elle campa à la rive gauche de la rivière de Lohn. Le quartier général fut établi à Grosselheim, à environ deux lieues de Marburg, et le Maréchal d'Etrées rejoignit l'armée le 23 octobre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1318
p. 210-211
DU HAVRE, le 5 Septembre.
Début :
On a appris par un courrier arrivé de Cadix, que l'Escadre du Roi commandée par [...]
Mots clefs :
Escadre, Vaisseaux, Anglais, Frégates, Vents violents, Commandant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU HAVRE, le 5 Septembre.
DU HAVRE
, le 5
Septembre
.
On
a
appris
par un
courier arrivé
de Cadix
,
que
l'Eſcadre
du Roi
commandée
par
le fieur
de
la Clue
,
après avoir paſſé le détroit
,
a effuyé
un
coup de vent
la nuit
du 16 au 17 du mois der
OCTOBRE
.
1759.
211
2
nier qui l'a féparée. Les cinq vaiffeaux le Fan-
tafque , le Lyon , le Triton , le Fier , & l'Ori
flame , avec les frégates la Chimere , la Minerve
& la Gracieufe , ont relâché à Cadix . Le refte de
l'Escadre ayant été attaqué par les Efcadres
réunies des Amiraux Boscawen & Broderick , les
vailleaux Centaure & le Téméraire ont été pris , &.
Océan & le Redoutable ont été brûlés à la côte
de Lagos. Au départ du courier on ignoroit le
fort des trois autres vaiffeaux le Guerrier, le Sou
verain , & le Modefte.
Le 24 du mois dernier , les Anglois n'avoient
fait aucunes difpofitions pour attaquer le Havre.
Leur Efcadre étoit mouillée dans la grande rade,
à l'exception de trois frégates & d'une bombarde
qui étoient venues mouiller au pied des hauts de
la rade. C'eft à-peu- près le même endroit où
étoient placées les galiotes à bombes lors du
bombardement.
Nos chaloupes canonnieres s'en approcherent
le 28 après midi. Il y eut des coups de canon de
part & d'autre.
Du
11
.
Les vaiffeaux Anglois ont beaucoup fouffert de
la variation & de la violence des vents. Ils font
encore mouillés dans la même poſition. Le 10 , à
une heure & demie , le vaiffeau Commandant a
tiré trois coups de canon ; mais la brume épaiffe
qui s'eft élevée a empêché de voir l'effet de ce
fignal. On a remarqué un navire Eſpagnol que
les deux frégates & les deux quaiches qui font
continuellement en croifiere , ont arrêté , & que
les ennemis retiennent.
, le 5
Septembre
.
On
a
appris
par un
courier arrivé
de Cadix
,
que
l'Eſcadre
du Roi
commandée
par
le fieur
de
la Clue
,
après avoir paſſé le détroit
,
a effuyé
un
coup de vent
la nuit
du 16 au 17 du mois der
OCTOBRE
.
1759.
211
2
nier qui l'a féparée. Les cinq vaiffeaux le Fan-
tafque , le Lyon , le Triton , le Fier , & l'Ori
flame , avec les frégates la Chimere , la Minerve
& la Gracieufe , ont relâché à Cadix . Le refte de
l'Escadre ayant été attaqué par les Efcadres
réunies des Amiraux Boscawen & Broderick , les
vailleaux Centaure & le Téméraire ont été pris , &.
Océan & le Redoutable ont été brûlés à la côte
de Lagos. Au départ du courier on ignoroit le
fort des trois autres vaiffeaux le Guerrier, le Sou
verain , & le Modefte.
Le 24 du mois dernier , les Anglois n'avoient
fait aucunes difpofitions pour attaquer le Havre.
Leur Efcadre étoit mouillée dans la grande rade,
à l'exception de trois frégates & d'une bombarde
qui étoient venues mouiller au pied des hauts de
la rade. C'eft à-peu- près le même endroit où
étoient placées les galiotes à bombes lors du
bombardement.
Nos chaloupes canonnieres s'en approcherent
le 28 après midi. Il y eut des coups de canon de
part & d'autre.
Du
11
.
Les vaiffeaux Anglois ont beaucoup fouffert de
la variation & de la violence des vents. Ils font
encore mouillés dans la même poſition. Le 10 , à
une heure & demie , le vaiffeau Commandant a
tiré trois coups de canon ; mais la brume épaiffe
qui s'eft élevée a empêché de voir l'effet de ce
fignal. On a remarqué un navire Eſpagnol que
les deux frégates & les deux quaiches qui font
continuellement en croifiere , ont arrêté , & que
les ennemis retiennent.
Fermer
Résumé : DU HAVRE, le 5 Septembre.
Le 5 septembre 1759, un courrier de Cadix a rapporté que l'escadre royale, dirigée par le chevalier de la Clue, a subi un coup de vent dans la nuit du 16 au 17 octobre. Cinq vaisseaux et trois frégates ont dû se réfugier à Cadix. Le reste de l'escadre a été attaqué par les amiraux Boscawen et Broderick. Les vaisseaux Centaure et Téméraire ont été capturés, tandis que l'Océan et le Redoutable ont été brûlés près de Lagos. Le sort des vaisseaux Guerrier, Souverain et Modeste était inconnu. Le 24 août, les Anglais n'avaient pas attaqué Le Havre. Leur escadre était ancrée dans la grande rade, sauf trois frégates et une bombarde. Le 28 août, des chaloupes canonnières françaises ont échangé des coups de canon avec les vaisseaux anglais, immobilisés par des vents violents. Le 10 septembre, un signal a été donné par le vaisseau commandant, mais la brume a empêché d'en voir l'effet. Un navire espagnol a été arrêté par des frégates et des chaïques ennemies.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1319
p. 211-213
Du quartier Général de l'Armée du Maréchal de Contades, le 8 Septembre.
Début :
Le sieur Duverne, Aide-Major du Régiment de Durfort, a apporté au Roi la nouvelle [...]
Mots clefs :
Régiment, Siège de Munster, Général, Ennemis, Bombes, Lieutenant, Troupes, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du quartier Général de l'Armée du Maréchal de Contades, le 8 Septembre.
Du
quartier
Général de l'Armée
du Maréchal deContades , le
8
Septembre
.
Le Geur Duverne
,
Aide
-
Major du Régiment
212
MERCURE
DE FRANCE
.
de
Durfort
,
a
apporté
au
Roi
la
nouvelle
de
la
levée
du
fiége
de
Munfter
.
Le
Général
Imhoff
,
après
avoir
raflemblé
un
corps
de
fept
à
huit
.
mille
hommes
,
avoit
paru
dès
le
24
du
mois
dernier
aux
environs
de
cette
Place
,
&
avoit
fait
ouvrir
la
tranchée
la
nuit
du 26
au
27.
Le
Mar-
guis
d'Armentieres
en
ayant
eu
avis
,
a raſſemblé
,
fans
perdre
de
temps
&
fans attendre
les
fecours
qui
lui
venoient
,
les
troupes
qui
fe
trouvoient
en
état
de marcher en
campagne
,
afin
de
tenter
de
fecourir
Munfter
.
Il
a
paffé
le
Rhin
le
4
fur
le
pont de Wefel
;
&
après
avoir
fait
des
marches-
forcées
,
dans
le
deffem
de
combattre
l'ennemipartout
où
il
le
trouveroit
,
il
est
arrivé
le
6
à
portée
de Munfter
.
Les
ennemis
infórmés de
fa
marche
ont
levé
le
fiége
,
&
le
font
retirés
le
même
jour avec
tant
de
précipitation
que
le
Marquis
d'Armentieres
n'a
pu
les
joindre
.
Ce
Général
eft
entré
dans
Munfter
,
la
grande
fatisfaction
des habitans
qui
fe
voyoient
menacés
des plus
grands malheurs
.
Les
bombes
des
enne-
mis
avoient déja réduit
en
cendres
une grande
quantité
de
leurs
mailons
.
On
ne peut trop
don-
ner
de
louanges à
l'activité
&
a
la
fermeté
que
le
Marquis de
Gayon
,
Maréchal de
Camp
,
qui
commande
à Munfter
,
a
marqué
pendant la
durée
du
fiége
.
Il
a
été
très
-
bien
fecondé
dans
la
bonne
défenfe
qu'il
a
faite
par
le
fieur
Bois-clairau
,
Lieutenant
de Roi de
la Place
,
&
par
les fieurs
Derozieres
,
Ingénieur
,
&
Jaunay
,
commandant
l'artillerie
.
Les troupes ont
témoi
gné pendant
le fiége la
plus
grande
volonté
.
On
a
fait
plufieurs
forties
,
dans
lefquelles
elles
onttoujours
eu de
l'avantage fur celles
des
ennemis
.
Pendant
les
douze
jours
que
le fiége
a duré
,
le
Général Imhoff
n'a
pu s'emparer des ouvrages
.
avancés que
le
Marquis de Gayon
avoit fait
.
OCTOBRE
.
1759
.
213
conftruire dès qu'il s'étoit vu menacé d'ètre
affiégé.
Le
Marquis
d'Armentieres
a
pris
fans
perdre
de
temps
toutes
les
mesures
néceffaires
pour
ap-
provifionner
de nouveau
la
Place
,
&
pour
répa-
rer ce
qu'elle
a
fouffert
par
les
batteries
des
ennemis
.
quartier
Général de l'Armée
du Maréchal deContades , le
8
Septembre
.
Le Geur Duverne
,
Aide
-
Major du Régiment
212
MERCURE
DE FRANCE
.
de
Durfort
,
a
apporté
au
Roi
la
nouvelle
de
la
levée
du
fiége
de
Munfter
.
Le
Général
Imhoff
,
après
avoir
raflemblé
un
corps
de
fept
à
huit
.
mille
hommes
,
avoit
paru
dès
le
24
du
mois
dernier
aux
environs
de
cette
Place
,
&
avoit
fait
ouvrir
la
tranchée
la
nuit
du 26
au
27.
Le
Mar-
guis
d'Armentieres
en
ayant
eu
avis
,
a raſſemblé
,
fans
perdre
de
temps
&
fans attendre
les
fecours
qui
lui
venoient
,
les
troupes
qui
fe
trouvoient
en
état
de marcher en
campagne
,
afin
de
tenter
de
fecourir
Munfter
.
Il
a
paffé
le
Rhin
le
4
fur
le
pont de Wefel
;
&
après
avoir
fait
des
marches-
forcées
,
dans
le
deffem
de
combattre
l'ennemipartout
où
il
le
trouveroit
,
il
est
arrivé
le
6
à
portée
de Munfter
.
Les
ennemis
infórmés de
fa
marche
ont
levé
le
fiége
,
&
le
font
retirés
le
même
jour avec
tant
de
précipitation
que
le
Marquis
d'Armentieres
n'a
pu
les
joindre
.
Ce
Général
eft
entré
dans
Munfter
,
la
grande
fatisfaction
des habitans
qui
fe
voyoient
menacés
des plus
grands malheurs
.
Les
bombes
des
enne-
mis
avoient déja réduit
en
cendres
une grande
quantité
de
leurs
mailons
.
On
ne peut trop
don-
ner
de
louanges à
l'activité
&
a
la
fermeté
que
le
Marquis de
Gayon
,
Maréchal de
Camp
,
qui
commande
à Munfter
,
a
marqué
pendant la
durée
du
fiége
.
Il
a
été
très
-
bien
fecondé
dans
la
bonne
défenfe
qu'il
a
faite
par
le
fieur
Bois-clairau
,
Lieutenant
de Roi de
la Place
,
&
par
les fieurs
Derozieres
,
Ingénieur
,
&
Jaunay
,
commandant
l'artillerie
.
Les troupes ont
témoi
gné pendant
le fiége la
plus
grande
volonté
.
On
a
fait
plufieurs
forties
,
dans
lefquelles
elles
onttoujours
eu de
l'avantage fur celles
des
ennemis
.
Pendant
les
douze
jours
que
le fiége
a duré
,
le
Général Imhoff
n'a
pu s'emparer des ouvrages
.
avancés que
le
Marquis de Gayon
avoit fait
.
OCTOBRE
.
1759
.
213
conftruire dès qu'il s'étoit vu menacé d'ètre
affiégé.
Le
Marquis
d'Armentieres
a
pris
fans
perdre
de
temps
toutes
les
mesures
néceffaires
pour
ap-
provifionner
de nouveau
la
Place
,
&
pour
répa-
rer ce
qu'elle
a
fouffert
par
les
batteries
des
ennemis
.
Fermer
Résumé : Du quartier Général de l'Armée du Maréchal de Contades, le 8 Septembre.
Le 8 septembre, le maréchal de Contades informe le roi de la levée du siège de Munster. Le général Imhoff, à la tête de 7 000 à 8 000 hommes, avait commencé les hostilités le 24 août en ouvrant une tranchée la nuit du 26 au 27 août. Le marquis d'Armentières, alerté, rassembla rapidement les troupes disponibles et traversa le Rhin le 4 septembre pour secourir Munster. Les ennemis, informés de son approche, levèrent le siège le même jour, empêchant toute confrontation directe. Le marquis d'Armentières entra dans Munster, accueilli favorablement par les habitants, dont les maisons avaient été en partie détruites par les bombardements. Le marquis de Gayon, commandant de la place, et ses officiers, notamment le sieur Boisclairiau et les sieurs Derozières et Jaunay, furent loués pour leur défense efficace. Les troupes montrèrent une grande volonté et remportèrent plusieurs victoires. Malgré les efforts du général Imhoff, il ne put s'emparer des ouvrages avancés construits par le marquis de Gayon. En octobre, le marquis d'Armentières prit des mesures pour réapprovisionner et réparer la place.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1320
p. 213-216
DE VERSAILLES le 30 Août.
Début :
Le Roi a donné l'Abbaye de Massay, Ordre de S. Benoît, Diocèse de Bourges, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Diocèse, Ordre, Abbé, Église, Chevalier, Baron, Comte, Conseiller d'État, Dresde, Capitulation, Garnison, Honneurs, Général, Édits, Parlement, Officiers, Arrêt du conseil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES le 30 Août.
DE
VERSAILLES
le
30
Août
.
L
E
Roi
a
donné
l'Abbaye
de Maffay
,
Ordre
de
S.
Benoît
,
Diocèle
de
Bourges
,
à l'Abbé
deJubert
de
Bouville
,
Grand
Vicaire
de
Chartres
.
L'Abbaye de Balle-fontaine , Ordre de Pré-
montré , Diocèſe de Troyes , a l'Abbé de Lomienie
de Brienne , Grand Vicaire de Rouen.
Et la Prevôté de l'Eglife d'Alais , à l'Abbé de
Montolieu , Vicaire Général de ce Diocèfe.
Le 24 , le Roi tint le Sceau.
Le même jour , la Ducheffe de Grammont fur
préfentée aleurs Majeftés & a la Famille Royale,
& prit le tabouret chez la Reine.
Du
6
Septembre
.
Le
26
du
mois
dernier
,
le
Roi
reçut
Cheva-
liers
de
l'Ordre
du
mérite
Militaire le
Prince
de
Nallau
-
Saarbruck
,
L
eutenant général
des
armées
'
de Sa
Majeſté
,
les
Barons de
Wurmier
&
deTunderfeldt
,
le
Marquis de
Salis
de Mayentel
,
&
le
feur
Hirtzal
de
Saint Gratien
.
Le
même
jour
,
Sa
Majefté
nomma
le
Prince de Nallau-
Saarbruck
,
Grand'Croix
,
&
le
Baron de
Wurme
ler
,
Commandeur du même
ordre
.
"
214 MERCURE DE FRANCE.
Le
8
de
ce
mois
,
la
Cour
prendra
le
deuil
pour
un
mois
,
à
l'occafion
de
la
mort du
Roi
d'El-
pagne
.
Du
13
.
Le
Roi a
donné
la
place
de
Conſeiller
d'Etat
d'épée
,
vacante par
la
mort
du
Marquis
du
May
,
au
Marquis
d'Havrincourt
,
Ambaſſadeur de
Sa
Majefté
en Suéde
.
Le 8 de ce mois le Roi tint le Sceau.
Un Gentilhomme du Comte de Luface fut
dépêché par ce Prince pour apporter à Sa Ma-
jefté la nouvelle de la délivrance de Dreſde ,
dont l'armée de l'Empire s'eft emparée.
Le Prince de Deux-Ponts étant arrivé le 30
du mois d'Août devant Drefde , fit fommer fur
le champ le Comte de Schmettau. Ce Com-
mandant répondit qu'il fe défendroit jufqu'à la
derniere extrémité. Ce même jour , la groffe
artillerie qui avoit été embarquée à Leutmeritz
arriva à Pyrna on la fit defcendre jufqu'à une
lieue de Drefde , où elle fut débarquée.
>
Les trois jours fuivans, on fut occupé à conf-
truire les batteries. Ce travail fut pouffé fi vive-
ment , que le 2 de ce mois le Comte de Schmet-
tau le voyant fur le point d'être attaqué , fit
propofer au Comte de Maquire , qui comman-
doit dans la Ville neuve , une fufpenfion d'armes
de vingt- quatre heures , pour régler les articles.
préliminaires de la capitulation. Le Prince de
Deux-Ponts lui fit répondre qu'il pouvoit dreffer
ces articles ; qu'il les examineroit ; & que s'il
attendoit qu'on eût tiré contre lui le premier coup
de canon , il feroit prifonnier de guerre.
Le
3
,
le
Comte
de Macquire
apporta
au
Prince
de Deux
-
Ponts
les
propofitions
du
Commandantde Dreide
:
elles
parurent peu convenables
;
elles
furent renvoyées fur le
champ
;
&
les hoftilités
OCTOBRE
.
1759.
215
recommencerent
.
Les travaux
des
batteries
furent
achevés dans
la
journée
du
4.
On
y
plaça
le
ca-
non
pendant
la nuit
pour
être
en
état
de
tirer
les
à
la
pointe
du
jour
:
mais
une
heure avant
le
jour
le
Comte
de
Schmettau
demanda
à
capi-
tuler
.
On
employa
toute
la
journée
à régler
les
Articles
.
La
capitulation fut
fignée
le foir
;
on
fit
rafer
le
retranchement
qui
couvroit
la tête
du
pont
du
côté
de
la
vieille
Ville
,
&
deux
Compa➡
gnies
de
Grenadiers
en
prirent
poffeffion
.
La
garniſon a
obtenu de
fortir
avec
les
hon-
neurs
de
la
guerre
.
On
a
permis aux
régimens
d'emmener
leurs
canons
&
leur
caiffe
militaire
;
&
on
a exigé
qu'ils
fe
rendroient
à
Magdebourg
.
La
caille
du
Roi de
Pruffe
eft
restée
au
pouvoir
des
Vainqueurs
.
Les
prifonniers
&
les
ôtages qui
avoient
été
emmenés
de
différens
Pays ont
été
mis en
liberté
.
Les , le Général Wunschqui forçoit fa marche
dans le deflein de fecourir la Ville de Dreſde ,
ayant appris que la garnifon venoit de capituler ,
fe retira à l'entrée de la nuit. Il fut pourſuivi par
le Général de Vehla , qui l'atteignit le lende
main. Il l'attaqua conjointement avec les Croates
qui avoient été poftés la veille dans les bois. Il
lui tua fix cens hommes , lui prit dix pièces de
canon , & lui fit environ mille prifonniers.
Du
20
.
Le Roi ayant jugé à propos de faire enregif-
trer plufieurs Edits & Déclarations , a mandé à
fon Parlement de fe rendre aujourd'hui à Ver
failles pour prendre féance au Lit de Juſtice que
Sa Majesté à tenu en la maniere accoutumée. En
conféquence le Parlement eft arrivé ici à onze
heures. A midi le Lit de Juftice s'eft ouvert , & Sa
Majesté a ordonné l'enregistrement 1º de l'Edit
portant fuppreffion des Officiers crées fur les Ports,
216
MERCURE
DE
FRANCE
.
Quais
,
Halles
&
Marchés de
la
Ville
de
Paris
,
depuis
le
Janvier
1727
,
&
la fuppreffion
des
droits
fur le
beurre
,
les
oeufs
&
le
fromage
,
éta-
blis
par
Edit
du
mois
de Septembre
1743. 2
°.
de
l'Edit
portant
création
de
cent
Receveurs
des
rentes
crées fur l'Hôtel
-
de
-
Ville
de
Paris
,
&
autres
effets
publics
.
3
°
.
de
l'Edit
portant
établiſſement
d'une fubvention générale
dans
le
Royaume
,
pour
le
foutien
de
la
guerre
&
pour
l'acquitte-
ment
de
fes
charges
.
4.
d'une
Déclaration
por-
tant
que
la
prorogation
des féances
du
Parlement
ordonnée
par
celle
du
s
du
préfent
mois
,
ceflera
d'avoir
lieu
dès
-
a
-
préfent
.
Il paroît un Edit du Roi du mois d'Août , por-
tant fuppreffion des Offices de Jurés- Vendeurs ,
Prudhommes Contrôleurs , Marqueurs , Lotif-
feurs & Déchargeurs de cuirs , & autres, fous
quelque nom que ce foit , ainfi que des droits à
eux attribués : & établiſſement d'un droit unique
dans tout le Royaume fur les cuirs tanés & ap-
prêtés.
Il paroît auffi deux Arrêts du Confeil , l'un du
25 Août , qui modére les droits fur les fucres
bruts venant de l'étranger ; l'autre dus Sep-
tembre concernant les toiles de coton blanches &
les coiles peintes , teintés & imprimées
VERSAILLES
le
30
Août
.
L
E
Roi
a
donné
l'Abbaye
de Maffay
,
Ordre
de
S.
Benoît
,
Diocèle
de
Bourges
,
à l'Abbé
deJubert
de
Bouville
,
Grand
Vicaire
de
Chartres
.
L'Abbaye de Balle-fontaine , Ordre de Pré-
montré , Diocèſe de Troyes , a l'Abbé de Lomienie
de Brienne , Grand Vicaire de Rouen.
Et la Prevôté de l'Eglife d'Alais , à l'Abbé de
Montolieu , Vicaire Général de ce Diocèfe.
Le 24 , le Roi tint le Sceau.
Le même jour , la Ducheffe de Grammont fur
préfentée aleurs Majeftés & a la Famille Royale,
& prit le tabouret chez la Reine.
Du
6
Septembre
.
Le
26
du
mois
dernier
,
le
Roi
reçut
Cheva-
liers
de
l'Ordre
du
mérite
Militaire le
Prince
de
Nallau
-
Saarbruck
,
L
eutenant général
des
armées
'
de Sa
Majeſté
,
les
Barons de
Wurmier
&
deTunderfeldt
,
le
Marquis de
Salis
de Mayentel
,
&
le
feur
Hirtzal
de
Saint Gratien
.
Le
même
jour
,
Sa
Majefté
nomma
le
Prince de Nallau-
Saarbruck
,
Grand'Croix
,
&
le
Baron de
Wurme
ler
,
Commandeur du même
ordre
.
"
214 MERCURE DE FRANCE.
Le
8
de
ce
mois
,
la
Cour
prendra
le
deuil
pour
un
mois
,
à
l'occafion
de
la
mort du
Roi
d'El-
pagne
.
Du
13
.
Le
Roi a
donné
la
place
de
Conſeiller
d'Etat
d'épée
,
vacante par
la
mort
du
Marquis
du
May
,
au
Marquis
d'Havrincourt
,
Ambaſſadeur de
Sa
Majefté
en Suéde
.
Le 8 de ce mois le Roi tint le Sceau.
Un Gentilhomme du Comte de Luface fut
dépêché par ce Prince pour apporter à Sa Ma-
jefté la nouvelle de la délivrance de Dreſde ,
dont l'armée de l'Empire s'eft emparée.
Le Prince de Deux-Ponts étant arrivé le 30
du mois d'Août devant Drefde , fit fommer fur
le champ le Comte de Schmettau. Ce Com-
mandant répondit qu'il fe défendroit jufqu'à la
derniere extrémité. Ce même jour , la groffe
artillerie qui avoit été embarquée à Leutmeritz
arriva à Pyrna on la fit defcendre jufqu'à une
lieue de Drefde , où elle fut débarquée.
>
Les trois jours fuivans, on fut occupé à conf-
truire les batteries. Ce travail fut pouffé fi vive-
ment , que le 2 de ce mois le Comte de Schmet-
tau le voyant fur le point d'être attaqué , fit
propofer au Comte de Maquire , qui comman-
doit dans la Ville neuve , une fufpenfion d'armes
de vingt- quatre heures , pour régler les articles.
préliminaires de la capitulation. Le Prince de
Deux-Ponts lui fit répondre qu'il pouvoit dreffer
ces articles ; qu'il les examineroit ; & que s'il
attendoit qu'on eût tiré contre lui le premier coup
de canon , il feroit prifonnier de guerre.
Le
3
,
le
Comte
de Macquire
apporta
au
Prince
de Deux
-
Ponts
les
propofitions
du
Commandantde Dreide
:
elles
parurent peu convenables
;
elles
furent renvoyées fur le
champ
;
&
les hoftilités
OCTOBRE
.
1759.
215
recommencerent
.
Les travaux
des
batteries
furent
achevés dans
la
journée
du
4.
On
y
plaça
le
ca-
non
pendant
la nuit
pour
être
en
état
de
tirer
les
à
la
pointe
du
jour
:
mais
une
heure avant
le
jour
le
Comte
de
Schmettau
demanda
à
capi-
tuler
.
On
employa
toute
la
journée
à régler
les
Articles
.
La
capitulation fut
fignée
le foir
;
on
fit
rafer
le
retranchement
qui
couvroit
la tête
du
pont
du
côté
de
la
vieille
Ville
,
&
deux
Compa➡
gnies
de
Grenadiers
en
prirent
poffeffion
.
La
garniſon a
obtenu de
fortir
avec
les
hon-
neurs
de
la
guerre
.
On
a
permis aux
régimens
d'emmener
leurs
canons
&
leur
caiffe
militaire
;
&
on
a exigé
qu'ils
fe
rendroient
à
Magdebourg
.
La
caille
du
Roi de
Pruffe
eft
restée
au
pouvoir
des
Vainqueurs
.
Les
prifonniers
&
les
ôtages qui
avoient
été
emmenés
de
différens
Pays ont
été
mis en
liberté
.
Les , le Général Wunschqui forçoit fa marche
dans le deflein de fecourir la Ville de Dreſde ,
ayant appris que la garnifon venoit de capituler ,
fe retira à l'entrée de la nuit. Il fut pourſuivi par
le Général de Vehla , qui l'atteignit le lende
main. Il l'attaqua conjointement avec les Croates
qui avoient été poftés la veille dans les bois. Il
lui tua fix cens hommes , lui prit dix pièces de
canon , & lui fit environ mille prifonniers.
Du
20
.
Le Roi ayant jugé à propos de faire enregif-
trer plufieurs Edits & Déclarations , a mandé à
fon Parlement de fe rendre aujourd'hui à Ver
failles pour prendre féance au Lit de Juſtice que
Sa Majesté à tenu en la maniere accoutumée. En
conféquence le Parlement eft arrivé ici à onze
heures. A midi le Lit de Juftice s'eft ouvert , & Sa
Majesté a ordonné l'enregistrement 1º de l'Edit
portant fuppreffion des Officiers crées fur les Ports,
216
MERCURE
DE
FRANCE
.
Quais
,
Halles
&
Marchés de
la
Ville
de
Paris
,
depuis
le
Janvier
1727
,
&
la fuppreffion
des
droits
fur le
beurre
,
les
oeufs
&
le
fromage
,
éta-
blis
par
Edit
du
mois
de Septembre
1743. 2
°.
de
l'Edit
portant
création
de
cent
Receveurs
des
rentes
crées fur l'Hôtel
-
de
-
Ville
de
Paris
,
&
autres
effets
publics
.
3
°
.
de
l'Edit
portant
établiſſement
d'une fubvention générale
dans
le
Royaume
,
pour
le
foutien
de
la
guerre
&
pour
l'acquitte-
ment
de
fes
charges
.
4.
d'une
Déclaration
por-
tant
que
la
prorogation
des féances
du
Parlement
ordonnée
par
celle
du
s
du
préfent
mois
,
ceflera
d'avoir
lieu
dès
-
a
-
préfent
.
Il paroît un Edit du Roi du mois d'Août , por-
tant fuppreffion des Offices de Jurés- Vendeurs ,
Prudhommes Contrôleurs , Marqueurs , Lotif-
feurs & Déchargeurs de cuirs , & autres, fous
quelque nom que ce foit , ainfi que des droits à
eux attribués : & établiſſement d'un droit unique
dans tout le Royaume fur les cuirs tanés & ap-
prêtés.
Il paroît auffi deux Arrêts du Confeil , l'un du
25 Août , qui modére les droits fur les fucres
bruts venant de l'étranger ; l'autre dus Sep-
tembre concernant les toiles de coton blanches &
les coiles peintes , teintés & imprimées
Fermer
Résumé : DE VERSAILLES le 30 Août.
En août et septembre 1759, plusieurs événements et décisions royales ont marqué la cour. Le 30 août, le roi a attribué diverses abbayes et prévôtés à des abbés et vicaires. Le 24 août, le roi a tenu le sceau et la duchesse de Grammont a été présentée à la famille royale. Le 26 août, le roi a reçu des chevaliers de l'Ordre du mérite militaire et a nommé le prince de Nassau-Saarbruck Grand'Croix et le baron de Wurmer Commandeur du même ordre. Le 8 septembre, la cour a observé un deuil pour la mort du roi d'Espagne. Le 13 septembre, le roi a nommé le marquis d'Havrincourt conseiller d'État d'épée. Sur le front militaire, le 30 août, le prince de Deux-Ponts a assiégé Dresde, qui a capitulé le 5 septembre après des négociations. Les termes de la capitulation ont permis à la garnison de sortir avec les honneurs de la guerre. Le 20 octobre, le roi a tenu un lit de justice pour enregistrer plusieurs édits, notamment la suppression de certains offices et droits, et l'établissement de nouvelles subventions pour soutenir la guerre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1321
p. 203
De l'Armée Autrichienne, le 18 Septembre.
Début :
Le Baron de Beck, à qui le Maréchal de Daun avoit envoyé ordre [...]
Mots clefs :
Baron, Maréchal Daun, Ordre de marche, Officiers, Pillage, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée Autrichienne, le 18 Septembre.
De
l'Armée
Autrichienne
,
le
18
Septembre
.
Le
Baron de Beck
,
à
qui
le
Maréchal de
Daur
avoit
envoyé ordre
de marcher à
Gorlitz
,
nous
informa
qu'un de
fes
Officiers
détaché
du
côté
de
Bruntzlau
,
avoit
enlevé
fur le
chemin de Glogau
trente
tonneaux
de
farine
deftinés
pour
l'armée
ennemie.
l'Armée
Autrichienne
,
le
18
Septembre
.
Le
Baron de Beck
,
à
qui
le
Maréchal de
Daur
avoit
envoyé ordre
de marcher à
Gorlitz
,
nous
informa
qu'un de
fes
Officiers
détaché
du
côté
de
Bruntzlau
,
avoit
enlevé
fur le
chemin de Glogau
trente
tonneaux
de
farine
deftinés
pour
l'armée
ennemie.
Fermer
1322
p. 203-205
De l'Armée de l'Empire, le 12 Septembre.
Début :
Le Général Wunsch, après la capitulation de Dresde, s'est retiré à Torgau. [...]
Mots clefs :
Général, Capitulation, Baron, Torgau, Infanterie, Cavalerie, Attaque, Ennemis, Canon, Prussiens, Régiment, Désertion, Dresde
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée de l'Empire, le 12 Septembre.
De
l'Armée de l'Empire
,
le
12 Septembre.
Le
Général
Wunſch
,
après
la capitulation
deDrefde
,
s'eft
retiré
à
Torgau
.
Le
Prince
de
Deux-Ponts
avoit
ordonné au Baron de
Saint-
André defe porter diligemment
fur
Torgau
avec
fon
corpsd'Infanterie
&
de
Cavalerie
,
pour couper
cette
retraite
au Général
Wunſch
;
mais
étant arrivé
trop tard à
fa deſtination
,
il
a
été forcé
de cam-per près de Torgau
.
Le 8 de ce mois le Général Wunſch fir fortit
Ivj
204
MERCURE
DE
FRANCE
.
toute
fa cavalerie
de
cette
derniere
Ville
pour
attaquer
le
Baron
de
Saint
-
André
,
qui
força d'a
bord
l'ennemi
de
rentrer
dans
la
Place
;
mais
un
moment
après
la
Cavalerie Ptuffienne
fit
une
feconde
fortie
.
Ayant
deux
piéces
de
canon
en
avant
de
chaque
efcadron
,
&
étant
foutenue d'un
corps
d'Infanterie
,
elle
chargea
la
Cavalerie
duBaron
de
Saint
-
André
,
qui
ayant
beaucoup
fouf-
fert
du
feu
du
canon
,
fut
mife
en
déroute
.
La
Cavalerie
Pruffienne
prit
alors
notre
Infanterie
en
fanc
,
qui
a été
fort
maltraitée
,
&
qui
peut
-
être
auroit
été détruite
fi
le
Général
de
Rhot
n'eût
.
remédié
à tout ce défordre
.
Il
commandoit
la
Cavalerie
dans
cette
feconde
action
,
à
la
place
du
Général
Tranfmansdorf
qui
avoit
été bleſſé
dans
le
premier
combat
.
Il la
rallia
promptement
,
&
érant
revenu
à
la
charge
,
il
arrêta
les
progrès
dé
Ia Cavalerie
ennemie
,
Les
Pruffiens
attaquoient
en
même
temps
un
corps
de
Croates
pofté
dans
un champ
de
vignes 5
:
mais
le
Général Ried
qui
les
commandoit
,
&
qui
a eu dans
cette
action
deux
.
chevaux
tués fous
lui,
les repouffa
.
On
ne
fcait
pas encore
quelle
eft
la
ja
perte
du
Baron de
faint
-
André
.
Il
a
rejoint
L'armée
du
Prince
de
Deux- Ponts
,
qui
avoit
envoyé
un
régiment de
Cavalerie
&
un
régimens
.
de
Hullards
pour
protéger
fa
retraite
..
La garnifon Pruthienne fortit de Dreſde le 8..
Elle a perdu plus de deux mille hommes par la
défertion.
Il y a actuellement dans Drefde, ou fous le
canon de cette Ville , quarante mille hommes ,
dont vingt huit mille Autrichiens , & douze mille
hommes des troupes de l'Empire..
Du 16..
Le
1s nous fumes informés que
le
Générat
Wunſch
avoit
marché a
Leipfick ;
&
qu'après
une
OCTOBRE
.
17597
205
courte attaque la garniſon de cette place s'étoit
rendue prifonniere de guerre.
l'Armée de l'Empire
,
le
12 Septembre.
Le
Général
Wunſch
,
après
la capitulation
deDrefde
,
s'eft
retiré
à
Torgau
.
Le
Prince
de
Deux-Ponts
avoit
ordonné au Baron de
Saint-
André defe porter diligemment
fur
Torgau
avec
fon
corpsd'Infanterie
&
de
Cavalerie
,
pour couper
cette
retraite
au Général
Wunſch
;
mais
étant arrivé
trop tard à
fa deſtination
,
il
a
été forcé
de cam-per près de Torgau
.
Le 8 de ce mois le Général Wunſch fir fortit
Ivj
204
MERCURE
DE
FRANCE
.
toute
fa cavalerie
de
cette
derniere
Ville
pour
attaquer
le
Baron
de
Saint
-
André
,
qui
força d'a
bord
l'ennemi
de
rentrer
dans
la
Place
;
mais
un
moment
après
la
Cavalerie Ptuffienne
fit
une
feconde
fortie
.
Ayant
deux
piéces
de
canon
en
avant
de
chaque
efcadron
,
&
étant
foutenue d'un
corps
d'Infanterie
,
elle
chargea
la
Cavalerie
duBaron
de
Saint
-
André
,
qui
ayant
beaucoup
fouf-
fert
du
feu
du
canon
,
fut
mife
en
déroute
.
La
Cavalerie
Pruffienne
prit
alors
notre
Infanterie
en
fanc
,
qui
a été
fort
maltraitée
,
&
qui
peut
-
être
auroit
été détruite
fi
le
Général
de
Rhot
n'eût
.
remédié
à tout ce défordre
.
Il
commandoit
la
Cavalerie
dans
cette
feconde
action
,
à
la
place
du
Général
Tranfmansdorf
qui
avoit
été bleſſé
dans
le
premier
combat
.
Il la
rallia
promptement
,
&
érant
revenu
à
la
charge
,
il
arrêta
les
progrès
dé
Ia Cavalerie
ennemie
,
Les
Pruffiens
attaquoient
en
même
temps
un
corps
de
Croates
pofté
dans
un champ
de
vignes 5
:
mais
le
Général Ried
qui
les
commandoit
,
&
qui
a eu dans
cette
action
deux
.
chevaux
tués fous
lui,
les repouffa
.
On
ne
fcait
pas encore
quelle
eft
la
ja
perte
du
Baron de
faint
-
André
.
Il
a
rejoint
L'armée
du
Prince
de
Deux- Ponts
,
qui
avoit
envoyé
un
régiment de
Cavalerie
&
un
régimens
.
de
Hullards
pour
protéger
fa
retraite
..
La garnifon Pruthienne fortit de Dreſde le 8..
Elle a perdu plus de deux mille hommes par la
défertion.
Il y a actuellement dans Drefde, ou fous le
canon de cette Ville , quarante mille hommes ,
dont vingt huit mille Autrichiens , & douze mille
hommes des troupes de l'Empire..
Du 16..
Le
1s nous fumes informés que
le
Générat
Wunſch
avoit
marché a
Leipfick ;
&
qu'après
une
OCTOBRE
.
17597
205
courte attaque la garniſon de cette place s'étoit
rendue prifonniere de guerre.
Fermer
Résumé : De l'Armée de l'Empire, le 12 Septembre.
Le 12 septembre, après la capitulation de Dresde, le Général Wunsch s'est retiré à Torgau. Le Prince de Deux-Ponts avait ordonné au Baron de Saint-André de bloquer la retraite de Wunsch, mais il est arrivé trop tard. Le 8 septembre, Wunsch a attaqué Saint-André, forçant ce dernier à se replier. La cavalerie prussienne a contre-attaqué avec succès, soutenue par l'artillerie et l'infanterie, causant des pertes significatives. Le Général de Roth a pris le commandement et arrêté l'avancée ennemie. Simultanément, les Prussiens ont attaqué un corps de Croates mais ont été repoussés par le Général Ried. Saint-André a rejoint l'armée du Prince de Deux-Ponts, qui avait envoyé des renforts. La garnison prussienne a quitté Dresde le 8 septembre, perdant plus de deux mille hommes par désertion. Dresde comptait alors quarante mille hommes, dont vingt-huit mille Autrichiens et douze mille hommes des troupes de l'Empire. Le 16 octobre, il a été rapporté que Wunsch avait pris Leipzig après une brève attaque, capturant la garnison.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1323
p. 205
DE HAMBOURG, le 14 Septembre.
Début :
Le Général d'Itzemplitz est mort à Stettin des blessures qu'il avoit reçues [...]
Mots clefs :
Général, Décès, Blessures , Bataille, Escadre suédoise, Navires, Canons, Attaque, Prisonniers de guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE HAMBOURG, le 14 Septembre.
DE HAMBOURG , le 14 Septembre.
Le Général d'ltzemplitz eft mort à Stettin des
bleflures qu'il avoit reçues à la bataille de Cunnerfdorff.
Il étoit âgé de 72 ans.
On mande de Stralfund que l'Efcadre Suédoife
composée de huit galeres & de plufieurs barques ,
attaqua le ro de ce mois près de l'ifle d'Ufedom
douze navires Pruffiens armés en guerre. Après
une vive canonade qui dura trois heures , les
galeres allerent à l'abordage , & prirent huit navires
ennemis. La garnifon de l'ifle , compofée
de fix cens hommes , a été faite prifonniere de
guerre.
Le Général d'ltzemplitz eft mort à Stettin des
bleflures qu'il avoit reçues à la bataille de Cunnerfdorff.
Il étoit âgé de 72 ans.
On mande de Stralfund que l'Efcadre Suédoife
composée de huit galeres & de plufieurs barques ,
attaqua le ro de ce mois près de l'ifle d'Ufedom
douze navires Pruffiens armés en guerre. Après
une vive canonade qui dura trois heures , les
galeres allerent à l'abordage , & prirent huit navires
ennemis. La garnifon de l'ifle , compofée
de fix cens hommes , a été faite prifonniere de
guerre.
Fermer
Résumé : DE HAMBOURG, le 14 Septembre.
Le 14 septembre, le général d'Itzemplitz est mort à Stettin à 72 ans, blessé lors de la bataille de Kunersdorf. À Stralsund, huit galères suédoises ont capturé douze navires prussiens près de l'île d'Usedom, après trois heures de combat. La garnison de l'île, composée de six cents hommes, a été capturée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1324
p. 206-207
DE LONDRES, le 16 Septembre.
Début :
L'Amiral Boscawen a laissé le commandement de son Escadre à l'Amiral [...]
Mots clefs :
Amiral, Escadre, Commandement, Combat naval, Fort de Niagara, Amérique, Prise d'un fort, Officiers, Régiment, Prisonniers de guerre, New York, Montréal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES, le 16 Septembre.
DE LONDRES , le 16 Septembre.
L'Amiral Bofcawen a laiffé le commandement
de fon Efcadre à l'Amiral Broderick. Il s'eft détaché
avec trois vaiffeaux pour amener ici les
vaiffeaux François dont il s'eft emparé fur les
côtes de Portugal. Il mande que le combat a été
très- difputé, & que quoique l'ennemi fùt inférieur
de beaucoup , il s'eft défendu avec une bravoure
extraordinaire. Il ajoute que plufieurs de nos
vaiffeaux ont beaucoup fouffert , & quequelquesuns
ont été mis hors de combat.
La Cour a fait publier le détail fuivant de la
prife du Fort de Niagara dans l'Amérique Septentrionale
. Le 22 Juillet , le général Johnſon
fut averti qu'un corps ennemi compofé de douze
cens François , & de cinq cens Sauvages , s'avançoit
du faut de Niagara , pour fecourir le Fort
de ce nom . Le 23 , il fit occuper le chemin qui
eft entre le faut & le Fort par les troupes légeres,
foutenues de plufieurs piquets d'Infanterie , de
tous les grenadiers , & d'un gros détachement
tiré du quarante-fixieme Régiment .Il pourvut à
la garde de la tranchée , & fit ſes difpofitions
pour le combat . Le 24 , l'ennemi parut , & attaqua
nos troupes en tournant leur flanc. L'attaque
fut pouffée avec tant de vivacité , qu'en
moins d'une heure les principaux Officiers furent
engagés au milieu de nos rangs. Cette ardeur de
T'ennemi lui devint funefte. Il fe trouva séparé
en plufieurs pelotons , qui furent enveloppés &
accablés par nos troupes beaucoup plus nombreufes.
Les fieurs Aubri & de Ligneri , qui commandoient
ce détachement , fe rendirent prifon
niers de guerre , après avoir reçu l'un & l'autre
plufieus bleffures. La garnifon du Fort qui n'a
voit plus d'eſpérance d'être ſecourue , capitula le
OCTOBRE. 1759.
207
25. Elle a été conduite à la nouvelle Yorck . Tour:
ce qu'il y avoit d'habitans dans le Fort a eu permiffion
de le retirer à Montreal.
L'Amiral Bofcawen a laiffé le commandement
de fon Efcadre à l'Amiral Broderick. Il s'eft détaché
avec trois vaiffeaux pour amener ici les
vaiffeaux François dont il s'eft emparé fur les
côtes de Portugal. Il mande que le combat a été
très- difputé, & que quoique l'ennemi fùt inférieur
de beaucoup , il s'eft défendu avec une bravoure
extraordinaire. Il ajoute que plufieurs de nos
vaiffeaux ont beaucoup fouffert , & quequelquesuns
ont été mis hors de combat.
La Cour a fait publier le détail fuivant de la
prife du Fort de Niagara dans l'Amérique Septentrionale
. Le 22 Juillet , le général Johnſon
fut averti qu'un corps ennemi compofé de douze
cens François , & de cinq cens Sauvages , s'avançoit
du faut de Niagara , pour fecourir le Fort
de ce nom . Le 23 , il fit occuper le chemin qui
eft entre le faut & le Fort par les troupes légeres,
foutenues de plufieurs piquets d'Infanterie , de
tous les grenadiers , & d'un gros détachement
tiré du quarante-fixieme Régiment .Il pourvut à
la garde de la tranchée , & fit ſes difpofitions
pour le combat . Le 24 , l'ennemi parut , & attaqua
nos troupes en tournant leur flanc. L'attaque
fut pouffée avec tant de vivacité , qu'en
moins d'une heure les principaux Officiers furent
engagés au milieu de nos rangs. Cette ardeur de
T'ennemi lui devint funefte. Il fe trouva séparé
en plufieurs pelotons , qui furent enveloppés &
accablés par nos troupes beaucoup plus nombreufes.
Les fieurs Aubri & de Ligneri , qui commandoient
ce détachement , fe rendirent prifon
niers de guerre , après avoir reçu l'un & l'autre
plufieus bleffures. La garnifon du Fort qui n'a
voit plus d'eſpérance d'être ſecourue , capitula le
OCTOBRE. 1759.
207
25. Elle a été conduite à la nouvelle Yorck . Tour:
ce qu'il y avoit d'habitans dans le Fort a eu permiffion
de le retirer à Montreal.
Fermer
Résumé : DE LONDRES, le 16 Septembre.
Le 16 septembre, l'amiral Bofcawen a cédé le commandement de son escadre à l'amiral Broderick et a quitté avec trois vaisseaux pour ramener des vaisseaux français capturés au large du Portugal. Malgré la supériorité numérique des forces britanniques, les Français se sont défendus avec bravoure, causant des dommages à plusieurs vaisseaux britanniques, certains étant même mis hors de combat. Par ailleurs, la Cour a publié les détails de la prise du Fort de Niagara en Amérique du Nord. Le 22 juillet, le général Johnson a été informé de l'approche d'un corps ennemi composé de 1 200 Français et 500 Amérindiens pour secourir le Fort de Niagara. Le 23 juillet, Johnson a positionné des troupes légères et des grenadiers pour défendre le chemin entre le fleuve et le fort. Le 24 juillet, l'ennemi a attaqué en tournant le flanc des troupes britanniques. Malgré une résistance acharnée, les forces ennemies ont été divisées et vaincues par les troupes britanniques plus nombreuses. Les chefs français, sieurs Aubri et de Lignery, ont été blessés et faits prisonniers. La garnison du fort, n'ayant plus d'espoir de secours, a capitulé le 25 juillet. Les habitants du fort ont été autorisés à se rendre à Montréal.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1325
p. 201
DE VIENNE, le 8 Octobre.
Début :
On mande de Wurtzbourg que le Colonel Sprung détaché par le Général Luzinski [...]
Mots clefs :
Colonel, Général, Détachement des troupes, Prince Ferdinand , Dragons, Attaque, Prisonniers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VIENNE, le 8 Octobre.
DE VIENNE , le 8 Octobre.
N mande de Wurtzbourg que le Colonel
Sprung détaché par le Général Luzinski dans la
Thuringe , a rencontré près de Corsdroff fur
l'Unftrut un détachement de l'armée du Prince
Ferdinand , compofé de plufieurs piquets de Dragons
du Régiment de Finckenftein , de Huffards
noirs Pruffiens , & de Chaffeurs Hanovriens. Il a
attaqué cette troupe fi vivement , qu'elle a été
mile en déroute avec perte de foixante hommes
tués , & de cent vingt prifonniers.
N mande de Wurtzbourg que le Colonel
Sprung détaché par le Général Luzinski dans la
Thuringe , a rencontré près de Corsdroff fur
l'Unftrut un détachement de l'armée du Prince
Ferdinand , compofé de plufieurs piquets de Dragons
du Régiment de Finckenftein , de Huffards
noirs Pruffiens , & de Chaffeurs Hanovriens. Il a
attaqué cette troupe fi vivement , qu'elle a été
mile en déroute avec perte de foixante hommes
tués , & de cent vingt prifonniers.
Fermer
1326
p. 201
DE BERLIN, le 1 Octobre.
Début :
Les Cosaques profitent de l'éloignement du Roi, qui a passé en Silésie, [...]
Mots clefs :
Cosaques, Silésie, Roi, Général, Ordre, Frontières
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE BERLIN, le 1 Octobre.
De BERLIN , le 1 Oftobre.
Les Cofaques profitent de l'éloignement du
Roi , qui a pallé en Siléfie , pour faire des incurfions
fur nos frontières . Le Général Totleben leur
a donné ordre de mettre à contribution la Poméranie
& la Nouvelle - Matche , & ils exécutent cet
ordre très rigoureuſement ."
Les Cofaques profitent de l'éloignement du
Roi , qui a pallé en Siléfie , pour faire des incurfions
fur nos frontières . Le Général Totleben leur
a donné ordre de mettre à contribution la Poméranie
& la Nouvelle - Matche , & ils exécutent cet
ordre très rigoureuſement ."
Fermer
1327
p. 201-203
De l'Armée de l'Empire, le 26 Septembre.
Début :
Le 21, le Prince de Deux-Ponts fit un mouvement en avant avec toute l'armée, [...]
Mots clefs :
Prince, Mouvements des troupes, Ennemis, Général Haddick, Prussiens, Combat, Artillerie, Bataillons, Infanterie, Blessés et morts, Prisonniers de guerre, Maréchal Daun, Opérations militaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée de l'Empire, le 26 Septembre.
De l'Armée de l'Empire , le 26 Septembre.
Le 21 , le Prince de Deux- Ponts fit un mouvement
en avant avec toute l'armée , dans le deffein
de faire abandonner aux Ennemis la pofition
avantageufe qu'ils occupoient fur les hauteurs de
Meiffen. Le Général Haddick avoit marché la
veille pour Le porter fur le flanc droit des Pruf
Gens.
I
202 MERCURE DE FRANCE.
Toutes les difpofitions étant faites pour l'atta
que, & l'armée s'étant formée fur deux lignes
vis-à-vis de Neuftadt , le combat commença par
le feu de nos canons & de nos obufiers , qui fut
très-vif & très -foutenu pendant toute la journée.
L'Ennemiy répondit par celui de plufieurs batteries.
Le Prince de Deux- Ponts fit attaquer le Village
de Bockwen , où les Pruffiens étoient retranchés.
Nos Grenadiers y mirent le feu , & l'Ennemi
fut contraint d'abandonner ce pofte. Une partie de
notre Infanterie défila fur les hauteurs qui font du
· côté de l'Elbe , pour prendre en flanc l'avantgarde
de l'armée Prufiienne. Cette avant-garde
fut pliée , & perdit du terrein.
Le Général Haddick pofté entre Krogis & Stoifchen
, foudroyoit en même temps avec la groffe
artillerie les redoutes & les batteries des Ennemis.
Le Prince de Deux- Ponts fit un mouvement du
côté de Lomatſch , pour le rapprocher de ce Général.
Les Prulliens qui fe virent en danger de
perdre leur communication avec Torgau & Léipfick
, fe portèrent fur notre aîle gauche , & firent
avancer cinq bataillons foutenus de plufieurs efcadrons
de Cavalerie , qui la chargèrent avec la
plus grande vivacité . Nos troupes foutinrent cette
• attaque avec fermeté, & la repoufferent . La Cavalerie
ennemie fut mife eu déroute : on la pourfuivit
quelque temps ; mais on fut arrêté par la
rencontre de plufieurs bataillons Pruffiens qui
étoient poftés près de Lothayn.
-
Le gros de l'Infanterie ennemie s'avança en
même temps. Le Prince de Deux - Ponts la fic
charger par toute la Cavalerie de l'armée , qui
l'attaqua jufqu'à dix fois fans pouvoir la rompre.
Cette Infanterie venoit de s'emparer d'une de nos
batteries : alors notre Cavalerie redoubla fes efforts
; les bataillons Pruffiens plièrent , & leurs
NOVEMBRE. 1759 203
Dragons qui s'étoient préfentés pour les foutenir
, furent difperfés fans pouvoir ſe rallier . Nos
troupes reprirent la batterie dont l'ennemi s'étoit
emparé , & lui enleverent plufieurs pièces de fa
grolle artillerie. Le pofte de Lothayn étoit encore
occupé par quelques bataillons Pruffiens . Il fut
attaqué & emporté par nos troupes légères , &.
les Ennemis y mirent le feu en fe retirant.
Sur les cinq heures du foir , les Pruffiens étoient
déjà challés de tous leurs poftes . Ils avoient laiffé
fur le champ de bataille plus de dix - huit cents
morts, avec fix piéces de canon & deux étendards .
On leur avoit fait plus de deux cens prifonniers ,
& nous n'avions perdu en tout que mille hommes
tués ou bleffés .
La nuit qui furvint empêcha nos troupes de
pouffer plus loin leurs avantages. Lés Ennemis
eurent le temps de fe reconnoître & de prendre
une nouvelle pofition dans laquelle il nous fut
impoffible de les attaquer.
Du 30.
Le 29 , le Maréchal de Daun arriva à Drefde ,
& le Prince de Deux - Ponts s'y rendit pour concerter
avec lui le plan des opérations qui doivent
terminer la campagne.
Le 21 , le Prince de Deux- Ponts fit un mouvement
en avant avec toute l'armée , dans le deffein
de faire abandonner aux Ennemis la pofition
avantageufe qu'ils occupoient fur les hauteurs de
Meiffen. Le Général Haddick avoit marché la
veille pour Le porter fur le flanc droit des Pruf
Gens.
I
202 MERCURE DE FRANCE.
Toutes les difpofitions étant faites pour l'atta
que, & l'armée s'étant formée fur deux lignes
vis-à-vis de Neuftadt , le combat commença par
le feu de nos canons & de nos obufiers , qui fut
très-vif & très -foutenu pendant toute la journée.
L'Ennemiy répondit par celui de plufieurs batteries.
Le Prince de Deux- Ponts fit attaquer le Village
de Bockwen , où les Pruffiens étoient retranchés.
Nos Grenadiers y mirent le feu , & l'Ennemi
fut contraint d'abandonner ce pofte. Une partie de
notre Infanterie défila fur les hauteurs qui font du
· côté de l'Elbe , pour prendre en flanc l'avantgarde
de l'armée Prufiienne. Cette avant-garde
fut pliée , & perdit du terrein.
Le Général Haddick pofté entre Krogis & Stoifchen
, foudroyoit en même temps avec la groffe
artillerie les redoutes & les batteries des Ennemis.
Le Prince de Deux- Ponts fit un mouvement du
côté de Lomatſch , pour le rapprocher de ce Général.
Les Prulliens qui fe virent en danger de
perdre leur communication avec Torgau & Léipfick
, fe portèrent fur notre aîle gauche , & firent
avancer cinq bataillons foutenus de plufieurs efcadrons
de Cavalerie , qui la chargèrent avec la
plus grande vivacité . Nos troupes foutinrent cette
• attaque avec fermeté, & la repoufferent . La Cavalerie
ennemie fut mife eu déroute : on la pourfuivit
quelque temps ; mais on fut arrêté par la
rencontre de plufieurs bataillons Pruffiens qui
étoient poftés près de Lothayn.
-
Le gros de l'Infanterie ennemie s'avança en
même temps. Le Prince de Deux - Ponts la fic
charger par toute la Cavalerie de l'armée , qui
l'attaqua jufqu'à dix fois fans pouvoir la rompre.
Cette Infanterie venoit de s'emparer d'une de nos
batteries : alors notre Cavalerie redoubla fes efforts
; les bataillons Pruffiens plièrent , & leurs
NOVEMBRE. 1759 203
Dragons qui s'étoient préfentés pour les foutenir
, furent difperfés fans pouvoir ſe rallier . Nos
troupes reprirent la batterie dont l'ennemi s'étoit
emparé , & lui enleverent plufieurs pièces de fa
grolle artillerie. Le pofte de Lothayn étoit encore
occupé par quelques bataillons Pruffiens . Il fut
attaqué & emporté par nos troupes légères , &.
les Ennemis y mirent le feu en fe retirant.
Sur les cinq heures du foir , les Pruffiens étoient
déjà challés de tous leurs poftes . Ils avoient laiffé
fur le champ de bataille plus de dix - huit cents
morts, avec fix piéces de canon & deux étendards .
On leur avoit fait plus de deux cens prifonniers ,
& nous n'avions perdu en tout que mille hommes
tués ou bleffés .
La nuit qui furvint empêcha nos troupes de
pouffer plus loin leurs avantages. Lés Ennemis
eurent le temps de fe reconnoître & de prendre
une nouvelle pofition dans laquelle il nous fut
impoffible de les attaquer.
Du 30.
Le 29 , le Maréchal de Daun arriva à Drefde ,
& le Prince de Deux - Ponts s'y rendit pour concerter
avec lui le plan des opérations qui doivent
terminer la campagne.
Fermer
Résumé : De l'Armée de l'Empire, le 26 Septembre.
Le 21 septembre, le Prince de Deux-Ponts lança une offensive pour chasser les ennemis des hauteurs de Meissen. Le Général Haddick attaqua le flanc droit des Prussiens, débutant le combat par un échange intense d'artillerie. Les forces françaises prirent le village de Bockwen et repoussèrent l'avant-garde prussienne. Haddick, positionné entre Krogis et Stoifchen, bombardait les redoutes ennemies. Les Prussiens attaquèrent l'aile gauche française avec cinq bataillons et de la cavalerie, mais furent repoussés. L'infanterie prussienne captura une batterie française, mais la cavalerie française contre-attaqua et reprit la batterie, capturant plusieurs pièces d'artillerie. Les troupes légères françaises prirent le poste de Lothayn. À la fin de la journée, les Prussiens perdirent plus de 1 800 hommes, six pièces de canon et deux étendards, tandis que les Français firent plus de 200 prisonniers et perdirent environ 1 000 hommes. La nuit interrompit les avancées françaises, permettant aux Prussiens de se repositionner. Le 29 septembre, le Maréchal de Daun arriva à Dresde pour planifier les opérations futures avec le Prince de Deux-Ponts.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1328
p. 203-204
De l'Armée Autrichienne, le 1 Octobre.
Début :
Le Maréchal de Daun, après avoir établi son quartier à Mengelsdorff, alla reconnoître [...]
Mots clefs :
Maréchal Daun, Roi de Prusse, Camp, Opérations militaires, Prince Henri, Troupes, Attaque, Prisonniers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée Autrichienne, le 1 Octobre.
De l'Armée Autrichienne , le 1 Octobre.
Le Maréchal de Daun , après avoir établi fon
quartier à Mengelfdorff , alla reconnoître la pofition
du corps aux ordres du Général Ziethen à
Landfcrone ; & il apprit que le Roi de Pruffe
s'étoit porté de Sagan fur Grienberg. Il fit fes
difpofitions pour envelopper le camp de Landfcrone
le lendemain , & pour marcher enfuite au
Prince Henri. Mais il apprit le 24 , que le Général
Ziethen avoit décampé la nuit , pour le
Iv
204 MERCURE DE FRANCE.
joindre au Prince Henri , dont l'Armée venoit
d'abandonner Gorlitz. Toutes les troupes légères
furent détachées , avec ordre de pourfuivre vivement
les Pruffiens . Elles atteignirent leur bagage ,
en enlevèrent une partie , & firent beaucoup de
prifonniers .
Le Maréchal de Daun , après avoir établi fon
quartier à Mengelfdorff , alla reconnoître la pofition
du corps aux ordres du Général Ziethen à
Landfcrone ; & il apprit que le Roi de Pruffe
s'étoit porté de Sagan fur Grienberg. Il fit fes
difpofitions pour envelopper le camp de Landfcrone
le lendemain , & pour marcher enfuite au
Prince Henri. Mais il apprit le 24 , que le Général
Ziethen avoit décampé la nuit , pour le
Iv
204 MERCURE DE FRANCE.
joindre au Prince Henri , dont l'Armée venoit
d'abandonner Gorlitz. Toutes les troupes légères
furent détachées , avec ordre de pourfuivre vivement
les Pruffiens . Elles atteignirent leur bagage ,
en enlevèrent une partie , & firent beaucoup de
prifonniers .
Fermer
Résumé : De l'Armée Autrichienne, le 1 Octobre.
Le 1er octobre, le Maréchal de Daun repéra le corps du Général Ziethen à Landfcrone et apprit le déplacement du Roi de Prusse vers Grienberg. Le 24 octobre, Ziethen quitta Landfcrone pour rejoindre le Prince Henri. Daun envoya des troupes légères qui capturèrent du bagage ennemi et firent des prisonniers.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1329
p. 204-205
DE HAMBOURG, le 28 Septembre.
Début :
Les Suédois se sont rendus maîtres des Isles de Wollin & d'Usedom [...]
Mots clefs :
Suédois, Îles, Comte, Attaque, Régiment, Troupes, Soldats, Prisonniers, Wollin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE HAMBOURG, le 28 Septembre.
DE HAMBOURG , le 28 Septembre.
Les Suédois fe font rendus maîtres des Ifles de
Wollin & d'Uledom en Pomeranie. Le Comte
NOVEMBRE. 1759. 205
de Ferfen , Lieutenant - Général , dont l'activité
mérite les plus grandes louanges , fit attaquer
Wollin le 16 de ce mois à la pointe du jour . Le
Régiment des Gardes , ceux de Jenkoping &
d'Elfsborg , foutenus de deux cens Volontaires ,
furent commandés pour cette attaque , que là
garnifon foutint pendant deux heures avec beaucoup
de valeur. Les troupes Suédoiſes entrerent
dans la place l'épée à la main ; & la garniſon
après s'être défendue encore quelque temps dans
les rues , fut forcée de fe rendre prifonniere
de guerre. Elle confiftoit en fept cens Soldats &
une trentaine d'Officiers. Celle de Camin apprenant
la reddition de Wollin s'eft retirée à Colberg.
Les Suédois font actuellement maîtres des trois
embouchures de l'Oder , & tout le cercle de
Randaw leur eft ouvert. Ils étendent librement
leurs contributions jufqu'aux portes de Stettin.
On affure que leur armée n'eſt plus qu'à deux
milles de cette Capitale . Les Lettres de cette armée
font mention de la prife du Fort de Swinemonde ,
dont la garnifon compofée d'un Lieutenant - Colonel,
d'un Major , de quatorze Capitaines ou Lieutenans
, & de quatre cent vingt hommes , s'eft rendue
prifonniere de guerre. On a trouvé dans ce
Fort neuf piéces de canon , & des munitions en
abondance. L'attaque avoit été dirigée par le
Comte de Ferfen . Un détachement Sué lois , aux
ordres du Baron de Heffenftein , Lieutenant- Général
, a enlevé aux Pruffiens le pofte de Locknitz
, & y a fait prifonniers deux Officiers &
quatre-vingt- fix foldats.
Les Suédois fe font rendus maîtres des Ifles de
Wollin & d'Uledom en Pomeranie. Le Comte
NOVEMBRE. 1759. 205
de Ferfen , Lieutenant - Général , dont l'activité
mérite les plus grandes louanges , fit attaquer
Wollin le 16 de ce mois à la pointe du jour . Le
Régiment des Gardes , ceux de Jenkoping &
d'Elfsborg , foutenus de deux cens Volontaires ,
furent commandés pour cette attaque , que là
garnifon foutint pendant deux heures avec beaucoup
de valeur. Les troupes Suédoiſes entrerent
dans la place l'épée à la main ; & la garniſon
après s'être défendue encore quelque temps dans
les rues , fut forcée de fe rendre prifonniere
de guerre. Elle confiftoit en fept cens Soldats &
une trentaine d'Officiers. Celle de Camin apprenant
la reddition de Wollin s'eft retirée à Colberg.
Les Suédois font actuellement maîtres des trois
embouchures de l'Oder , & tout le cercle de
Randaw leur eft ouvert. Ils étendent librement
leurs contributions jufqu'aux portes de Stettin.
On affure que leur armée n'eſt plus qu'à deux
milles de cette Capitale . Les Lettres de cette armée
font mention de la prife du Fort de Swinemonde ,
dont la garnifon compofée d'un Lieutenant - Colonel,
d'un Major , de quatorze Capitaines ou Lieutenans
, & de quatre cent vingt hommes , s'eft rendue
prifonniere de guerre. On a trouvé dans ce
Fort neuf piéces de canon , & des munitions en
abondance. L'attaque avoit été dirigée par le
Comte de Ferfen . Un détachement Sué lois , aux
ordres du Baron de Heffenftein , Lieutenant- Général
, a enlevé aux Pruffiens le pofte de Locknitz
, & y a fait prifonniers deux Officiers &
quatre-vingt- fix foldats.
Fermer
Résumé : DE HAMBOURG, le 28 Septembre.
En septembre 1759, les Suédois ont pris le contrôle des îles de Wollin et d'Usedom en Poméranie. Le 16 septembre, le comte de Ferzen a lancé une attaque sur Wollin à l'aube, avec les régiments des Gardes, de Jönköping et d'Elfsborg, renforcés par deux cents volontaires. La garnison, composée de sept cents soldats et une trentaine d'officiers, s'est rendue après deux heures de défense. La garnison de Camin s'est retirée à Kolberg. Les Suédois contrôlent désormais les trois embouchures de l'Oder et le cercle de Randow, étendant leurs contributions jusqu'aux portes de Stettin. L'armée suédoise est à deux milles de Stettin. Le fort de Swinemünde, dirigé par le comte de Ferzen, a également été pris, avec une garnison composée d'un lieutenant-colonel, d'un major, de quatorze capitaines ou lieutenants, et de quatre cent vingt hommes. Neuf pièces de canon et des munitions abondantes y ont été trouvées. Par ailleurs, un détachement suédois sous les ordres du baron de Hessenstein a capturé le poste de Locknitz, faisant prisonniers deux officiers et quatre-vingt-six soldats prussiens.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1330
p. 207-210
DE LONDRES, le 30 Septembre.
Début :
Un de nos navires, la Galere de Gênes, revenant de Livourne à Bristol, [...]
Mots clefs :
Navires, Escadre, Guadeloupe, Enlèvement par les Français, Navires à marchandises, Amiral, Souscription, Comte, Indes, Pondichéry, Colonel, Attaque, Ennemis, Fortifications
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES, le 30 Septembre.
De LONDRES , le 30 Septembre .
Un de nos navires , la Galere de Gênes ,
revenant de Livourne à Briſtol , a été rançonnée
pour trois milles livres fterling , par le Guet208
MERCURE DE FRANCE.
rier , l'un des vaiffeaux de l'efcadre du fieur
de la Clue. Nous avons fçu que ce vaiffeau étoit
rentré à Rochefort. Les dernieres Lettres venues
de la Guadeloupe nous ont appris que les François
dans le courant du mois de Juin , ont enlevé
vingt-fept de nos vaiffeaux chargés de proviſions
& de marchandiſes pour plufieurs de nos Colonies;
& qu'ils les ont conduits à la Martinique.
Du 17 Octobre.
La Ville de Londres a ouvert une foufcription
dont l'objet eſt de donner cinq livres sterling à
tous ceux qui s'engageront pour trois ans dans
les troupes du Roi. Il paroît que cette foufcrip.
tion eft fort au gré du Public.
Il s'en faut bien que tous ces encouragemens
ayent procuré jufqu'à préfent le nombre des
Soldats & des Matelots dont on a befoin , & l'on
eft encore obligé d'enlever des hommes par
force .
Le Roi , à la recommandation de l'Amiral Bofcawen
, a donné le titre de Chevalier au fieur
Bentlei , Commandant du vaiffeau de guerre
le Warpight , pour le récompenfer de la valeur
diftinguée qu'il a fait paroître dans le combat du
18 Août , contre une partie de l'Eſcadre du fieur
de la Clue. Cet Officier a parlé ici avec beaucoup
d'eftime du Comte de Sabran Grammont commandant
le vaiffeau de guerre François le Centaure
, qui pendant ce combat a foutenu le feu
de fept de nos vaiffeaux , & qui ne s'eſt rendu
que lorfqu'il n'a plus eu de poudre.
Le vaiffeau de guerre le Port Mahon , a amené
aux Dunes deux gros Navires Hollandois , qui
revenoient de Carelfcroon à Amfterdam . Ces
navires ont été enlevés fous prétexte qu'ils faifoient
un commerce prohibé. L'Amirauté a nomNOVEMBRE.
1759. 200
mé des Commiffaires pour examiner la nature &
l'objet de leur cargaifon .
Du 18 .
Un vaiffeau de la Compagnie arrivé le 9 de
ce mois à Portſmouth > a apporté de Madraſs
les nouvelles fuivantes. Les François aux ordres
du fieur de Lally , après avoir foumis le Fort
Saint-David , entreprirent le fiége de Tanjaour .
Ils avoient déja fait bréche au rempart ; mais le
défaut de munitions & de fubfiftances les obligea
d'abandonner ce fiége , & de fe retirer à Carical
où ils arriverent au milieu du mois d'Août de
l'année derniere. Ils fe rendirent de là à Pondicheri
, & ils exécuterent cette marche pénible
fans rencontrer d'oppofition . Le fieur de Lally
cantonna fes troupes dans la Nababie d'Arcate ;
& le 4 Octobre il marcha vers la Capitale de
cette Province. De là les François continuerent
leur marche , & fe partagerent en trois divifions
, pour attaquer tout à la fois trois de nos
établiffemens. Le 12 Décembre ils fe rendirent
maîtres d'Egmore & de S. Thomé . Le lendemain
ils fe réunirent pour attaquer la baffe ville de
Madras , autrement dite la Ville-Noire. Nos
poftes avancés fe replierent dans la Place. Une
heure après le Colonel Drapper fit une fortie fur
l'Ennemi . Le Régiment de Lorraine fut furpris , &
le combat devint très- vif. Le Colonel Drapper
fut mal fecondé par fes Grenadiers. La brigade
du fieur de Lally accourut au fecours du Régiment
de Lorraine , & nos troupes furent repouffées.
Nous perdîmes dans cette occafion huit Offi
ciers & cent cinquante hommes tués , bleffés Ou
prifonniers. La perte des Ennemis fut beaucoup
plus confidérable ; le Comte d'Estaing , qui a rang
de Brigadier , fut au nombre des priſonniers.
210 MERCURE DE FRANCE.
L'Ennemi refta dans fon camp , fans rien en .
treprendre , jufqu'au 6 Janvier de cette année.
Ce jour-là il démaſqua pluſieurs batteries de canons
& de mortiers , qui ne cefferent pendant
vingt jours de foudroyer le Fort. Trois de nos
mortiers & vingt- fix de nos piéces de canon fu- ,
rent démontées. Les travaux de la tranchée avançoient.
L'Ennemi établit une batterie de quatre
piéces de canon fur le glacis du Fort . Elle commença
à faire feu le 31 du même mois . Mais la
garnifon lui oppofa un feu fi fupérieur , que cinq
jours après l'Ennemi fe trouva hors d'état de
faire ufage de cette batterie. La groffe Artillerie
des François étoit dans un autre batterie à quatre
cens cinquante toiles de la place. Elle recommença
à faire feu , mais fans beaucoup d'effet.
Cependant les travaux de la fappe , le long de la
côte embraffoient déja entierement l'angle du
chemin couvert ; & la moufquetterie des Ennemis
obligea nos troupes de l'abandonner. Ils
voulurent quelques jours après faire jouer une
mine , pour s'ouvrir un paffage dans le foffé .
Mais cette entrepriſe ne leur réuffit point ; & ils
furent exposés au feu de plufieurs canons de la
Place , qui les incommoda beaucoup .
Le 16 Février , le vaiffeau du Roi le Queenbo
rough & le navire de la Compagnie la Revanche,
parurent devant Madrafs à l'entrée de la nuit.
Ils amenoient un renfort de fix cens hommes ,
dont une partie débarqua fur le champ. La
nuit les Affiégeans firent grand feu contre la Place
; mais le lendemain ils décamperent avant le
jour. En paffant à Egmore ils détruifirent les
moulins à poudre . Nous avons fçu depuis que le
projet du fieur de Lally étoit de mettre le feu
aux maifons de la Ville noire , & qu'il l'auroit
exécuté , fi nos vailleaux étoient arrivés un peu
plus tard .
Un de nos navires , la Galere de Gênes ,
revenant de Livourne à Briſtol , a été rançonnée
pour trois milles livres fterling , par le Guet208
MERCURE DE FRANCE.
rier , l'un des vaiffeaux de l'efcadre du fieur
de la Clue. Nous avons fçu que ce vaiffeau étoit
rentré à Rochefort. Les dernieres Lettres venues
de la Guadeloupe nous ont appris que les François
dans le courant du mois de Juin , ont enlevé
vingt-fept de nos vaiffeaux chargés de proviſions
& de marchandiſes pour plufieurs de nos Colonies;
& qu'ils les ont conduits à la Martinique.
Du 17 Octobre.
La Ville de Londres a ouvert une foufcription
dont l'objet eſt de donner cinq livres sterling à
tous ceux qui s'engageront pour trois ans dans
les troupes du Roi. Il paroît que cette foufcrip.
tion eft fort au gré du Public.
Il s'en faut bien que tous ces encouragemens
ayent procuré jufqu'à préfent le nombre des
Soldats & des Matelots dont on a befoin , & l'on
eft encore obligé d'enlever des hommes par
force .
Le Roi , à la recommandation de l'Amiral Bofcawen
, a donné le titre de Chevalier au fieur
Bentlei , Commandant du vaiffeau de guerre
le Warpight , pour le récompenfer de la valeur
diftinguée qu'il a fait paroître dans le combat du
18 Août , contre une partie de l'Eſcadre du fieur
de la Clue. Cet Officier a parlé ici avec beaucoup
d'eftime du Comte de Sabran Grammont commandant
le vaiffeau de guerre François le Centaure
, qui pendant ce combat a foutenu le feu
de fept de nos vaiffeaux , & qui ne s'eſt rendu
que lorfqu'il n'a plus eu de poudre.
Le vaiffeau de guerre le Port Mahon , a amené
aux Dunes deux gros Navires Hollandois , qui
revenoient de Carelfcroon à Amfterdam . Ces
navires ont été enlevés fous prétexte qu'ils faifoient
un commerce prohibé. L'Amirauté a nomNOVEMBRE.
1759. 200
mé des Commiffaires pour examiner la nature &
l'objet de leur cargaifon .
Du 18 .
Un vaiffeau de la Compagnie arrivé le 9 de
ce mois à Portſmouth > a apporté de Madraſs
les nouvelles fuivantes. Les François aux ordres
du fieur de Lally , après avoir foumis le Fort
Saint-David , entreprirent le fiége de Tanjaour .
Ils avoient déja fait bréche au rempart ; mais le
défaut de munitions & de fubfiftances les obligea
d'abandonner ce fiége , & de fe retirer à Carical
où ils arriverent au milieu du mois d'Août de
l'année derniere. Ils fe rendirent de là à Pondicheri
, & ils exécuterent cette marche pénible
fans rencontrer d'oppofition . Le fieur de Lally
cantonna fes troupes dans la Nababie d'Arcate ;
& le 4 Octobre il marcha vers la Capitale de
cette Province. De là les François continuerent
leur marche , & fe partagerent en trois divifions
, pour attaquer tout à la fois trois de nos
établiffemens. Le 12 Décembre ils fe rendirent
maîtres d'Egmore & de S. Thomé . Le lendemain
ils fe réunirent pour attaquer la baffe ville de
Madras , autrement dite la Ville-Noire. Nos
poftes avancés fe replierent dans la Place. Une
heure après le Colonel Drapper fit une fortie fur
l'Ennemi . Le Régiment de Lorraine fut furpris , &
le combat devint très- vif. Le Colonel Drapper
fut mal fecondé par fes Grenadiers. La brigade
du fieur de Lally accourut au fecours du Régiment
de Lorraine , & nos troupes furent repouffées.
Nous perdîmes dans cette occafion huit Offi
ciers & cent cinquante hommes tués , bleffés Ou
prifonniers. La perte des Ennemis fut beaucoup
plus confidérable ; le Comte d'Estaing , qui a rang
de Brigadier , fut au nombre des priſonniers.
210 MERCURE DE FRANCE.
L'Ennemi refta dans fon camp , fans rien en .
treprendre , jufqu'au 6 Janvier de cette année.
Ce jour-là il démaſqua pluſieurs batteries de canons
& de mortiers , qui ne cefferent pendant
vingt jours de foudroyer le Fort. Trois de nos
mortiers & vingt- fix de nos piéces de canon fu- ,
rent démontées. Les travaux de la tranchée avançoient.
L'Ennemi établit une batterie de quatre
piéces de canon fur le glacis du Fort . Elle commença
à faire feu le 31 du même mois . Mais la
garnifon lui oppofa un feu fi fupérieur , que cinq
jours après l'Ennemi fe trouva hors d'état de
faire ufage de cette batterie. La groffe Artillerie
des François étoit dans un autre batterie à quatre
cens cinquante toiles de la place. Elle recommença
à faire feu , mais fans beaucoup d'effet.
Cependant les travaux de la fappe , le long de la
côte embraffoient déja entierement l'angle du
chemin couvert ; & la moufquetterie des Ennemis
obligea nos troupes de l'abandonner. Ils
voulurent quelques jours après faire jouer une
mine , pour s'ouvrir un paffage dans le foffé .
Mais cette entrepriſe ne leur réuffit point ; & ils
furent exposés au feu de plufieurs canons de la
Place , qui les incommoda beaucoup .
Le 16 Février , le vaiffeau du Roi le Queenbo
rough & le navire de la Compagnie la Revanche,
parurent devant Madrafs à l'entrée de la nuit.
Ils amenoient un renfort de fix cens hommes ,
dont une partie débarqua fur le champ. La
nuit les Affiégeans firent grand feu contre la Place
; mais le lendemain ils décamperent avant le
jour. En paffant à Egmore ils détruifirent les
moulins à poudre . Nous avons fçu depuis que le
projet du fieur de Lally étoit de mettre le feu
aux maifons de la Ville noire , & qu'il l'auroit
exécuté , fi nos vailleaux étoient arrivés un peu
plus tard .
Fermer
Résumé : DE LONDRES, le 30 Septembre.
Le 30 septembre, la Galère de Gênes, un navire britannique, a été rançonnée pour trois mille livres sterling par le Guet, un vaisseau français de l'escadre du sieur de la Clue, qui est ensuite rentré à Rochefort. En juin, les Français ont capturé vingt-sept navires britanniques chargés de provisions et de marchandises destinées à plusieurs colonies, les conduisant à la Martinique. Le 17 octobre, la ville de Londres a lancé une souscription offrant cinq livres sterling à ceux s'engageant pour trois ans dans les troupes du Roi. Malgré ces encouragements, le nombre de soldats et de matelots nécessaires n'a pas été atteint, obligeant à enlever des hommes par force. Le Roi a décerné le titre de Chevalier au sieur Bentlei, commandant du vaisseau de guerre le Warpight, pour sa bravoure lors du combat du 18 août contre une partie de l'escadre du sieur de la Clue. Le sieur Bentlei a loué le commandant français du Centaure, le Comte de Sabran Grammont, pour sa résistance. Le vaisseau de guerre le Port Mahon a capturé deux gros navires hollandais près des Dunes, prétextant un commerce prohibé. L'Amirauté a nommé des commissaires pour examiner leur cargaison. Le 18 novembre, un vaisseau de la Compagnie arrivé à Portsmouth a rapporté que les Français, sous les ordres du sieur de Lally, ont pris le Fort Saint-David et entrepris le siège de Tanjaour. Manquant de munitions et de subsistances, ils ont abandonné le siège et se sont retirés à Pondichéry. Ils ont ensuite marché vers la capitale de la province d'Arcate et pris plusieurs établissements britanniques, dont Egmore et Saint-Thomé. Le 13 décembre, ils ont attaqué Madras, repoussant les troupes britanniques après un combat intense. Le siège a continué jusqu'au 16 février, date à laquelle les Français ont décampé après l'arrivée de renforts britanniques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1331
p. 85-86
LOGOGRYPHE.
Début :
C'est par moi que Condé, Turenne & Catinat [...]
Mots clefs :
Tactique
1332
p. 197
DE PETERSBOURG, le 15 Octobre.
Début :
L'Impératrice de Russie vient de rendre une Ordonnance par laquelle [...]
Mots clefs :
Impératrice de Russie, Ordonnance, Levée de soldats, Provinces, Pologne, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PETERSBOURG, le 15 Octobre.
De PETERSBOURG , le 15 Octobre.
L'IMPERATRICE de Ruffie vient de rendre une
Ordonnance par laquelle il eft enjoint de lever
quarante-cinq mille hommes de recrues dans les
Provinces. On fe propofe de les faire partir pour
la Pologne avec fept mille hommes de troupes
réglées , qui doivent aller renforcer l'armée aux
ordres du Comte de Soltikoff.
L'IMPERATRICE de Ruffie vient de rendre une
Ordonnance par laquelle il eft enjoint de lever
quarante-cinq mille hommes de recrues dans les
Provinces. On fe propofe de les faire partir pour
la Pologne avec fept mille hommes de troupes
réglées , qui doivent aller renforcer l'armée aux
ordres du Comte de Soltikoff.
Fermer
1333
p. 197-198
DE HAMBOURG, le 20 Octobre.
Début :
Les armées du Prince Henry & du Maréchal de Daun en Saxe [...]
Mots clefs :
Armées, Maréchal Daun, Saxe, Prussiens, Fortifications, Général, Troupes suédoises, Comte, Baron de Laudon, Opérations militaires, Navires anglais
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE HAMBOURG, le 20 Octobre.
De
HAMBOURG , le 20 Octobre.
Les armées du Prince Henry & du Maréchal
I iij
98 MERCURE DE FRANCE.
de Daun en Saxe ont fait divers mouvemens .
Les Pruffiens ont été obligés d'abandonner la
pofition avantageufe qu'ils occupoient. On continue
de travailler aux fortifications de Drefde.
Cette Ville fera dans peu une des meilleures Pla-.
cés de l'Empire. Elle eft défendue par une garnifon
de dix mille hommes.
こDus Novembre.
Les corps avancés des Suédois ne font qu'à
huit milles de Berlin . Le Général Manteuffel qui
eft chargé de s'oppofer à leurs progrès , devoit
recevoir un renfort de dix mille hommes détachés
de l'armée du Roi de Pruffe , & qui avoient
d'abord été deſtinés pour celle du Prince Henry.
Mais les nouveaux ordres envoyés par l'Impératrice
de Ruffie ont déterminé le Roi de Pruffe
à garder ce corps de troupes.
x
On prétend que le Comte de Soltikoff avoit
effectivement pris la refolution de terminer la
campagne & d'aller prendre des quartiers en Pologne
; que le Baron de Laudon l'avoit prié de
différer cette retraite jufqu'à la fin d'Octobre
& que fur ces entrefaites un Courier de Peterf
bourg étoit arrivé & avoit apporté au Général
des Ruffes l'ordre de continuer les opérations ,
d'hiverner en Siléfie , & d'y affurer fes quartiers.
Le Prince Henry paroît déterminé à fe maintenir
dans fon camp de Torgau.
Un convoi de Navires Anglois eft entré dans
le Wefer , & a débarqué à Nienbourg trentehuit
canons , deux mortiers , & quinze cens hommes
de recrues.
HAMBOURG , le 20 Octobre.
Les armées du Prince Henry & du Maréchal
I iij
98 MERCURE DE FRANCE.
de Daun en Saxe ont fait divers mouvemens .
Les Pruffiens ont été obligés d'abandonner la
pofition avantageufe qu'ils occupoient. On continue
de travailler aux fortifications de Drefde.
Cette Ville fera dans peu une des meilleures Pla-.
cés de l'Empire. Elle eft défendue par une garnifon
de dix mille hommes.
こDus Novembre.
Les corps avancés des Suédois ne font qu'à
huit milles de Berlin . Le Général Manteuffel qui
eft chargé de s'oppofer à leurs progrès , devoit
recevoir un renfort de dix mille hommes détachés
de l'armée du Roi de Pruffe , & qui avoient
d'abord été deſtinés pour celle du Prince Henry.
Mais les nouveaux ordres envoyés par l'Impératrice
de Ruffie ont déterminé le Roi de Pruffe
à garder ce corps de troupes.
x
On prétend que le Comte de Soltikoff avoit
effectivement pris la refolution de terminer la
campagne & d'aller prendre des quartiers en Pologne
; que le Baron de Laudon l'avoit prié de
différer cette retraite jufqu'à la fin d'Octobre
& que fur ces entrefaites un Courier de Peterf
bourg étoit arrivé & avoit apporté au Général
des Ruffes l'ordre de continuer les opérations ,
d'hiverner en Siléfie , & d'y affurer fes quartiers.
Le Prince Henry paroît déterminé à fe maintenir
dans fon camp de Torgau.
Un convoi de Navires Anglois eft entré dans
le Wefer , & a débarqué à Nienbourg trentehuit
canons , deux mortiers , & quinze cens hommes
de recrues.
Fermer
Résumé : DE HAMBOURG, le 20 Octobre.
Le 20 octobre, les armées du Prince Henry et du Maréchal de Daun ont effectué divers mouvements en Saxe, forçant les Prussiens à abandonner une position avantageuse. Les travaux de fortification de Dresde se poursuivent, en faisant une des meilleures places fortes de l'Empire, défendue par une garnison de dix mille hommes. Le 8 novembre, les corps avancés des Suédois se trouvent à huit milles de Berlin. Le Général Manteuffel, chargé de les contrer, devait recevoir un renfort de dix mille hommes de l'armée du Roi de Prusse, initialement destinés au Prince Henry. Cependant, de nouveaux ordres de l'Impératrice de Russie ont conduit le Roi de Prusse à conserver ces troupes. Le Comte de Soltikoff envisageait de terminer la campagne et de se retirer en Pologne, mais le Baron de Laudon l'a convaincu de différer cette retraite jusqu'à la fin octobre. Un courrier de Petersbourg a ensuite ordonné aux Russes de continuer les opérations et d'hiverner en Silésie. Le Prince Henry semble déterminé à rester dans son camp de Torgau. Un convoi de navires anglais a débarqué à Nienbourg trente-huit canons, deux mortiers et mille cinq cents recrues.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1334
p. 198-199
DE DRESDE, le 3 Novembre.
Début :
Le corps aux ordres du Duc d'Aremberg se porta le 25 du mois dernier à Domnitz, [...]
Mots clefs :
Duc, Prince Henry, Elbe, Camps militaires, Général, Attaque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE DRESDE, le 3 Novembre.
De DRESDE , le 3 Novembre.
Le corps aux ordres du Duc d'Aremberg fe
porta le 25 du mois dernier à Dominitz , dans le
deflein d'êter au . Prince Henry la facilité de s'é-
1
DECEMBRE. 1759. 195
|
tendre fur la rive gauche de l'Elbe , & de couper
la communication de fon camp avec Léipfick
Le lendemain le Duc d'Aremberg poufla un dé
tachement au - deffous de Torgau. Le Prince
Henry qui craignit les fuites de cette difpofition ,
donna ordre aux Généraux Finck & Wunſch de
paffer l'Elbe , & de faire les plus grands efforts
pour joindre le Général Rebentiſch , qui couroit
rifque d'être coupé. Ces deux Généraux trouverent
les paffages occupés par les troupes du
Duc d'Aremberg , & réfolurent de forcer ce Général
à changer de pofition : l'action s'engagea
le 29. Les Pruffiens chargerent avec vivacité , &
furent repouffés deux fois ; une troifiéme attaque
leur fut plus avantageufe. Le Duc d'Aremberg
s'eft replié fur Eulenbourg.
Le corps aux ordres du Duc d'Aremberg fe
porta le 25 du mois dernier à Dominitz , dans le
deflein d'êter au . Prince Henry la facilité de s'é-
1
DECEMBRE. 1759. 195
|
tendre fur la rive gauche de l'Elbe , & de couper
la communication de fon camp avec Léipfick
Le lendemain le Duc d'Aremberg poufla un dé
tachement au - deffous de Torgau. Le Prince
Henry qui craignit les fuites de cette difpofition ,
donna ordre aux Généraux Finck & Wunſch de
paffer l'Elbe , & de faire les plus grands efforts
pour joindre le Général Rebentiſch , qui couroit
rifque d'être coupé. Ces deux Généraux trouverent
les paffages occupés par les troupes du
Duc d'Aremberg , & réfolurent de forcer ce Général
à changer de pofition : l'action s'engagea
le 29. Les Pruffiens chargerent avec vivacité , &
furent repouffés deux fois ; une troifiéme attaque
leur fut plus avantageufe. Le Duc d'Aremberg
s'eft replié fur Eulenbourg.
Fermer
Résumé : DE DRESDE, le 3 Novembre.
Le 25 octobre 1759, le Duc d'Aremberg bloqua le Prince Henry près de l'Elbe. Le 26 octobre, le Duc envoya un détachement vers Torgau. Le Prince Henry ordonna aux Généraux Finck et Wunsch de rejoindre Rebentisch. Le 29 octobre, après trois attaques, les Prussiens vainquirent le Duc d'Aremberg, qui se retira vers Eulenbourg.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1335
p. 199-204
DE LONDRES, le 20 Octobre.
Début :
La Cour a reçu plusieurs lettres du Canada, dont le contenu vient d'être [...]
Mots clefs :
Canada, Troupes, Général, Bataillons, Ennemis, Camp, Indiens d'Amérique, Français, Débarquement, Siège de Québec, Attaques, Blessés et morts, Grenadiers, Avantages, Commandant, Vaisseaux, Amiral, Forts, Capitaine, Courrier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES, le 20 Octobre.
De
LONDRES , le 20 Octobre.
La Cour a reçu plufieurs lettres du Canada ,
dont le contenu vient d'être rendu public , Elles
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
portent en fubftance les nouvelles fuivantes :
Les troupes aux ordres du Général Wolf dé
barquerent le 2 Juin dans l'Ifle d'Orléans. Deux
jours après , le fieur Monckton , Brigadier , fut
détaché avec quatre bataillons pour déloger quel→
ques troupes ennemies , qui occupoient la pointe
de Lévi. Il fit cette entrepriſe le 30 , tandis qu'un
fecond détachement commandé par le Colonel
Carleton s'établiffoit à la pointe occidentale de
l'Ifle. On travailla aufſitôt à conſtruire des batte
ries à la pointe de Lévi . Seize cens Ennemis tra
verferent le fleuve dans l'intention de détruire
nos ouvrages ; mais ils furent repouffés & obligés
de fe retirer avec perte, La Compagnie du Capi +
taine Dancks , qui avoit éte poftée dans les bois
pour couvrir nos travailleurs , fut attaquée par
un corps d'Indiens , & entierement détruite.
Le camp du Général Wolf n'étoit féparé de celui
du Marquis de Montcalm ,que par la riviere de
Montmorenci. Nos troupes firent pluſieurs tenta
tives pour paffer cette riviere;mais elles trouverent
le bod oppofé tout-à-fait inacceffible ; & les Indiens
qui le gardoient leur tuerent une quarantaine
d'hommes. Le 31 Juillet le Général Wolf fir
embarquer à la pointe de Lévi un détachement
fur les efquifs de la flotte. Le vaiffeau le Centurion
entra dans le canal pour protéger les troupes
contre le feu des batteries de l'Ennemi . On gar
nit d'artillerie les hauteurs. Treize Compagnies
de Grenadiers aborderent avec deux cens hommes
du ſecond bataillon Américain . Ils avoient
ordre de ne commencer l'attaque que lorsqu'ils
verroient les brigades des fieurs Monckton &
Townshend à portée de les foutenir. Leur ardeur
ne leur permit pas d'attendre ce fecours.
Ils attaquerent une redoute , & furent foudrøyés
par le feu des François. Il fallut les rappeller , &.
DECEMBRE . 1759. 201
renoncer à cette attaque , où nous avons eu deux
cens hommes tués , & près de fept cens bleffés.
Quelques jours après le Général Wolf envoya
à Chambaud un détachement de douze cen's
hommes , & le magafin que les ennemis y avoient
formé fut brûlé . Ce Général , de concert avec
l'Amiral Saunders , reconnut attentivement l'état
de la place , & la pofition de l'armée Françoife
qui occupoit un camp retranché le long de la
côte de Beauport , depuis la riviere de Saint-
Charles,jufqu'au faut de Montmorency : Il jugea
qu'il étoit impoffible de réuffir dans le fiége de
Québec , à moins qu'on ne vînt à bout de tirer
l'armée Françoile de fa pofition & de l'engager
à une bataille. Après avoir pris l'avis des Officiers-
Généraux , il fut réfolu qu'une partie de la flotte
remonteroit la riviere pour attaquer les vailleaux
ennemis , & que les bateaux plats feroient employés
à débarquer les troupes à trois milles au
dellas de la ville. Cette réfolution fut exécutée le
8 Septembre.
Le débarquement fe fit le 11 une heure avant
le jour à quelque diſtance du Cap Diamant . Le
lendemain l'action s'engagea. Le front de l'ennemi
étoit couvert par des brouffail es. Les François
commencerent l'attaque & chargerent notre
droite avec beaucoup de vivacité . Cette attaque
devint funefte aux deux Généraux. Le Marquis
de Montcalm fut tué à la tête de fes bataillons.
Le Général Wolf eut le même fort ; & les Commandans
en fecond des deux troupes furent
dangereufement bleffés . On fe battit de part &
d'autre avec acharnement. Nos Grenadiers for--
dirent fur l'ennemi la bayonnette au bout du
fufil , & le firent plier de toute part. L'attaque
Fut moins vive à notre gauche. L'Ennemi tenta
plufieurs fois de prendre en flancs mais fes
Iy
202 MERCURE DE FRANCE.
mouvemens furent toujours arrêtés par l'activité
de nos troupes : enfin reſtés maîtres du champ de
bataille , nous nous emparâmes d'une pièce de
canon , & nous fimes quatorze Officiers prifonniers
de guerre.
Notre avantage avoit été confidérable , mais
il n'étoit pas décifif. Nos Généraux prirent toutes
les mesures néceffaires pour bien fortifier leur
camp. Le 17 , nous n'avions point encore de
batterie établie , & les travaux de la tranchée
étoient à peine commencés . Sur le foir , contre
notre attente , le Commandant de la Place
demanda à capituler. Les articles furent dreffés
pendant la nuit , & fignés le jour fuivant à huit
heures du matin. Nos Généraux ont accordé à
la garniſon tous les honneurs de la guerre. Les
habitans ont été maintenus dans leurs poffeffions ,
& dans la jouiffance de leurs priviléges . On s'eft
engagé à leur conferver le libre exercice de leur
religion . On s'eft déterminé à leur accorder toutes
leurs demandes , parce que la faifon étoit déjà
bien avancée , & qu'on craignoit qu'une plus
longue résistance de leur part n'expofât les
troupes & furtout la flotte à de fâcheux accidens .
La garniſon vient d'être embarquée fur plufieurs
de nos bâtimens , qui doivent la conduire
en France , où elle a demandé d'être tranfportée.
Nous avons trouvé dans la ville fix petits
canons de bronze , cent quatre-vingt-dix canons
de fer , feize mortiers, & quantité de bombes , de
boulets & de munitions. ( L'arrivée des Officiers
François les met à portée de détruire la mauvaile
impreffion que les papiers Anglois ont pu donner
fur leur conduite. )
Du 28.
L'Amiral Saunders a fait embarquer la Garni
fon Françoile de Quebec , avec tous les priſonDECEMBRE.
1759. 203
niers que nos troupes ont fait dans le Canada. Il
mande qu'il a eu avis que les François ont abandonné
tous les Forts qu'ils avoient fur l'Ohio ,
après les avoir démolis ; & qu'ils ont fait dire aux
Indiens qu'ils étoient obligés de fe rapprocher de
Montréal , mais qu'ils efpéroient de retourner
fur l'Ohio l'année prochaine .
Du 6 Novembre.
Depuis qu'on a été informé que le Capitaine
Thurot étoit parti de Dunkerque, on a été trèsattentif
à découvrir la route de fon eſcadre , & à
prendre des mefures pour faire échouer fes def
Teins que l'on ignore. Quelques bâtimens Hollandois
qui font entrés dans nos Ports ont déclaré
qu'ils avoient apperçu cette efcadre à la hauteur
de Texel , faifant voile vers le Nord. Le Chef
d'Efcadre Boys a ordre de la poursuivre. Il arriva
le 25 du mois dernier à Edimbourg , où il s'arrêta
quelques heures pour renouveller fes provifions ;
& il en partit enfuite pour aller à la recherche de
cet ennemi. On a détaché plufieurs corvettes qui
ont ordre de croifer le long des Côtes orientales
d'Angleterre & d'Ecoffe. Le Chevalier Brett doit
fe porter inceffamment fur la Côte d'Irlande ,
pour veiller à la fureté de ce Royaume.
L'Amiral Broderick continue de croifer à la
hauteur de Cadix , pour empêcher la fortie des
vaiffeaux qui faifoient partie de l'efcadre du fieur
de la Clue , & qui ont relâché dans ce Port. Le
Chef d'Elcadre Duff eft avec dix vailleaux devant
la baye de Quiberon en Bretagne.
L'Amiral Hawke eft devant Breft avec vingtun
vaiffeaux de ligne. Il a informé la Cour que
le Maréchal de Conflans avoit reçu des ordres
pofitifs de mettre à la voile, & qu'on doit s'at
tendre qu'il les exécutera inceffamment . L'efca
dre de l'Amiral Hawke a été affoiblie par l'e
I vj
204 MERCURE DE FRANCE..
détachementqu'il a eu ordre de faire de quelques
vaiffeaux de guerre qui font partis pour aller
croifer à la hauteur du Cap de Finiftere. L'objet
de ce détachement eft d'arrêter l'efcadre du fieur
de Bompart , qui eft en route pour revenir fur
les Côtes de France.
150
Le 31 , on dépêcha un Courier au Roi de Pruffe.
On le dit chargé de porter à ce Prince le renouvellement
du Traité de Subfide entre les Cours
de Londres & de Berlin. Le fubfi te accordé à Sa
Majefté Pruffienne pour l'année prochaine , eft
d'un million de livres fterling. On affure que le
Traité avec le Landgrave de Helle- Caffel fera renouvellé
incellamment , & que ce Prince fournira
un nouveau corps de fix mille hommes à la
folde de l'Angleterre .
Un Courier arriva de Petersbourg ce même
jour. On n'a rien publié jufqu'à prélent du contenu
de les dépêches . Mais on fçait que le fieur
Keith , Miniftre du Roi à la Cour de Ruffie , a été
trompé dans l'efpérance qu'il avoit conçue d'engager
cette Couronne à retirer les troupes.
LONDRES , le 20 Octobre.
La Cour a reçu plufieurs lettres du Canada ,
dont le contenu vient d'être rendu public , Elles
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
portent en fubftance les nouvelles fuivantes :
Les troupes aux ordres du Général Wolf dé
barquerent le 2 Juin dans l'Ifle d'Orléans. Deux
jours après , le fieur Monckton , Brigadier , fut
détaché avec quatre bataillons pour déloger quel→
ques troupes ennemies , qui occupoient la pointe
de Lévi. Il fit cette entrepriſe le 30 , tandis qu'un
fecond détachement commandé par le Colonel
Carleton s'établiffoit à la pointe occidentale de
l'Ifle. On travailla aufſitôt à conſtruire des batte
ries à la pointe de Lévi . Seize cens Ennemis tra
verferent le fleuve dans l'intention de détruire
nos ouvrages ; mais ils furent repouffés & obligés
de fe retirer avec perte, La Compagnie du Capi +
taine Dancks , qui avoit éte poftée dans les bois
pour couvrir nos travailleurs , fut attaquée par
un corps d'Indiens , & entierement détruite.
Le camp du Général Wolf n'étoit féparé de celui
du Marquis de Montcalm ,que par la riviere de
Montmorenci. Nos troupes firent pluſieurs tenta
tives pour paffer cette riviere;mais elles trouverent
le bod oppofé tout-à-fait inacceffible ; & les Indiens
qui le gardoient leur tuerent une quarantaine
d'hommes. Le 31 Juillet le Général Wolf fir
embarquer à la pointe de Lévi un détachement
fur les efquifs de la flotte. Le vaiffeau le Centurion
entra dans le canal pour protéger les troupes
contre le feu des batteries de l'Ennemi . On gar
nit d'artillerie les hauteurs. Treize Compagnies
de Grenadiers aborderent avec deux cens hommes
du ſecond bataillon Américain . Ils avoient
ordre de ne commencer l'attaque que lorsqu'ils
verroient les brigades des fieurs Monckton &
Townshend à portée de les foutenir. Leur ardeur
ne leur permit pas d'attendre ce fecours.
Ils attaquerent une redoute , & furent foudrøyés
par le feu des François. Il fallut les rappeller , &.
DECEMBRE . 1759. 201
renoncer à cette attaque , où nous avons eu deux
cens hommes tués , & près de fept cens bleffés.
Quelques jours après le Général Wolf envoya
à Chambaud un détachement de douze cen's
hommes , & le magafin que les ennemis y avoient
formé fut brûlé . Ce Général , de concert avec
l'Amiral Saunders , reconnut attentivement l'état
de la place , & la pofition de l'armée Françoife
qui occupoit un camp retranché le long de la
côte de Beauport , depuis la riviere de Saint-
Charles,jufqu'au faut de Montmorency : Il jugea
qu'il étoit impoffible de réuffir dans le fiége de
Québec , à moins qu'on ne vînt à bout de tirer
l'armée Françoile de fa pofition & de l'engager
à une bataille. Après avoir pris l'avis des Officiers-
Généraux , il fut réfolu qu'une partie de la flotte
remonteroit la riviere pour attaquer les vailleaux
ennemis , & que les bateaux plats feroient employés
à débarquer les troupes à trois milles au
dellas de la ville. Cette réfolution fut exécutée le
8 Septembre.
Le débarquement fe fit le 11 une heure avant
le jour à quelque diſtance du Cap Diamant . Le
lendemain l'action s'engagea. Le front de l'ennemi
étoit couvert par des brouffail es. Les François
commencerent l'attaque & chargerent notre
droite avec beaucoup de vivacité . Cette attaque
devint funefte aux deux Généraux. Le Marquis
de Montcalm fut tué à la tête de fes bataillons.
Le Général Wolf eut le même fort ; & les Commandans
en fecond des deux troupes furent
dangereufement bleffés . On fe battit de part &
d'autre avec acharnement. Nos Grenadiers for--
dirent fur l'ennemi la bayonnette au bout du
fufil , & le firent plier de toute part. L'attaque
Fut moins vive à notre gauche. L'Ennemi tenta
plufieurs fois de prendre en flancs mais fes
Iy
202 MERCURE DE FRANCE.
mouvemens furent toujours arrêtés par l'activité
de nos troupes : enfin reſtés maîtres du champ de
bataille , nous nous emparâmes d'une pièce de
canon , & nous fimes quatorze Officiers prifonniers
de guerre.
Notre avantage avoit été confidérable , mais
il n'étoit pas décifif. Nos Généraux prirent toutes
les mesures néceffaires pour bien fortifier leur
camp. Le 17 , nous n'avions point encore de
batterie établie , & les travaux de la tranchée
étoient à peine commencés . Sur le foir , contre
notre attente , le Commandant de la Place
demanda à capituler. Les articles furent dreffés
pendant la nuit , & fignés le jour fuivant à huit
heures du matin. Nos Généraux ont accordé à
la garniſon tous les honneurs de la guerre. Les
habitans ont été maintenus dans leurs poffeffions ,
& dans la jouiffance de leurs priviléges . On s'eft
engagé à leur conferver le libre exercice de leur
religion . On s'eft déterminé à leur accorder toutes
leurs demandes , parce que la faifon étoit déjà
bien avancée , & qu'on craignoit qu'une plus
longue résistance de leur part n'expofât les
troupes & furtout la flotte à de fâcheux accidens .
La garniſon vient d'être embarquée fur plufieurs
de nos bâtimens , qui doivent la conduire
en France , où elle a demandé d'être tranfportée.
Nous avons trouvé dans la ville fix petits
canons de bronze , cent quatre-vingt-dix canons
de fer , feize mortiers, & quantité de bombes , de
boulets & de munitions. ( L'arrivée des Officiers
François les met à portée de détruire la mauvaile
impreffion que les papiers Anglois ont pu donner
fur leur conduite. )
Du 28.
L'Amiral Saunders a fait embarquer la Garni
fon Françoile de Quebec , avec tous les priſonDECEMBRE.
1759. 203
niers que nos troupes ont fait dans le Canada. Il
mande qu'il a eu avis que les François ont abandonné
tous les Forts qu'ils avoient fur l'Ohio ,
après les avoir démolis ; & qu'ils ont fait dire aux
Indiens qu'ils étoient obligés de fe rapprocher de
Montréal , mais qu'ils efpéroient de retourner
fur l'Ohio l'année prochaine .
Du 6 Novembre.
Depuis qu'on a été informé que le Capitaine
Thurot étoit parti de Dunkerque, on a été trèsattentif
à découvrir la route de fon eſcadre , & à
prendre des mefures pour faire échouer fes def
Teins que l'on ignore. Quelques bâtimens Hollandois
qui font entrés dans nos Ports ont déclaré
qu'ils avoient apperçu cette efcadre à la hauteur
de Texel , faifant voile vers le Nord. Le Chef
d'Efcadre Boys a ordre de la poursuivre. Il arriva
le 25 du mois dernier à Edimbourg , où il s'arrêta
quelques heures pour renouveller fes provifions ;
& il en partit enfuite pour aller à la recherche de
cet ennemi. On a détaché plufieurs corvettes qui
ont ordre de croifer le long des Côtes orientales
d'Angleterre & d'Ecoffe. Le Chevalier Brett doit
fe porter inceffamment fur la Côte d'Irlande ,
pour veiller à la fureté de ce Royaume.
L'Amiral Broderick continue de croifer à la
hauteur de Cadix , pour empêcher la fortie des
vaiffeaux qui faifoient partie de l'efcadre du fieur
de la Clue , & qui ont relâché dans ce Port. Le
Chef d'Elcadre Duff eft avec dix vailleaux devant
la baye de Quiberon en Bretagne.
L'Amiral Hawke eft devant Breft avec vingtun
vaiffeaux de ligne. Il a informé la Cour que
le Maréchal de Conflans avoit reçu des ordres
pofitifs de mettre à la voile, & qu'on doit s'at
tendre qu'il les exécutera inceffamment . L'efca
dre de l'Amiral Hawke a été affoiblie par l'e
I vj
204 MERCURE DE FRANCE..
détachementqu'il a eu ordre de faire de quelques
vaiffeaux de guerre qui font partis pour aller
croifer à la hauteur du Cap de Finiftere. L'objet
de ce détachement eft d'arrêter l'efcadre du fieur
de Bompart , qui eft en route pour revenir fur
les Côtes de France.
150
Le 31 , on dépêcha un Courier au Roi de Pruffe.
On le dit chargé de porter à ce Prince le renouvellement
du Traité de Subfide entre les Cours
de Londres & de Berlin. Le fubfi te accordé à Sa
Majefté Pruffienne pour l'année prochaine , eft
d'un million de livres fterling. On affure que le
Traité avec le Landgrave de Helle- Caffel fera renouvellé
incellamment , & que ce Prince fournira
un nouveau corps de fix mille hommes à la
folde de l'Angleterre .
Un Courier arriva de Petersbourg ce même
jour. On n'a rien publié jufqu'à prélent du contenu
de les dépêches . Mais on fçait que le fieur
Keith , Miniftre du Roi à la Cour de Ruffie , a été
trompé dans l'efpérance qu'il avoit conçue d'engager
cette Couronne à retirer les troupes.
Fermer
Résumé : DE LONDRES, le 20 Octobre.
En 1759, des événements militaires significatifs se sont déroulés au Canada. Le 2 juin, les troupes du Général Wolfe ont débarqué sur l'île d'Orléans. Le Brigadier Monckton a été chargé de déloger des troupes ennemies à la pointe de Lévi, tandis que le Colonel Carleton établissait une position à l'ouest de l'île. Les Britanniques ont construit des batteries à la pointe de Lévi, repoussant une attaque ennemie de 160 hommes. Cependant, une compagnie britannique a été détruite par des Indiens. Le 31 juillet, Wolfe a tenté une attaque sur les lignes françaises mais a subi de lourdes pertes. Quelques jours plus tard, un détachement britannique a brûlé un magasin ennemi à Chambaud. Wolfe et l'Amiral Saunders ont décidé d'attaquer Québec en remontant la rivière et en débarquant les troupes à trois milles de la ville. Le 11 septembre, les troupes ont débarqué près du Cap Diamant et ont engagé le combat le lendemain. Les généraux Wolfe et Montcalm ont été tués. Les Britanniques ont pris le contrôle du champ de bataille, capturant des prisonniers et des canons. Le commandant français a demandé à capituler le 17 septembre. Les Britanniques ont accordé à la garnison les honneurs de la guerre et ont embarqué les prisonniers pour la France. Par ailleurs, l'Amiral Saunders a reçu des informations sur l'abandon des forts français sur l'Ohio. En Europe, des mesures ont été prises pour contrer les mouvements de l'escadre française du Capitaine Thurot. Divers amiraux britanniques surveillaient les côtes pour empêcher les sorties de vaisseaux français. Un traité de subside entre l'Angleterre et la Prusse a été renouvelé, et un courier a été envoyé à Petersbourg sans que le contenu des dépêches soit divulgué.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1336
p. 205-206
DE WESEL, le 1 Novembre.
Début :
le 15 du mois dernier, le marquis de Gayon & le sieur de [...]
Mots clefs :
Marquis, Lieutenant colonel, Déplacement des troupes, Régiment, Attaque, Blessés et morts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE WESEL, le 1 Novembre.
De WESEL, le Novembre..
I
Le du mois dernier , le Marquis de Gayon
& le fieur de Boisclaireau , Lieutenant- Colonel,
Commandant fous les ordres y font fortis de
Munster avec un gros détachement & du canon ..
Ils fe font portés à trois quarts de lieue de la
ville fur le chemin de Roxem , juſqu'au ruiffeau
derriere lequel les Ennemis avoient un camp de
Cavalerie & d'Infanterie . On a fait canonner ce
camp pendant une heure & demie. Les Ennemis
ont été obligés de le lever après avoir perdu beau
Coup de monde.
Le 16 , le fieur de Boisclaireau , ayant à fes
ordres le fieur de Montfort , Lieutenant- Colone
à la fuite du Régiment de Provence , fortit de
nouveau pour aller attaquer un autre camp des
Ennemis , placé fur la bruyere de Dyburg , compofé
de deux bataillons & de deux elcadrons.
Le fieur de Boisclaireau arriva fur le camp fans
être apperçu , tomba fur l'Infanterie , tandis que
le fieur de Canavad , avec un détachement de
Dragons de Thianges & de Volontaires de Cler
206 MERCURE DE FRANCE.
mont , tomboit fur la Cavalerie. On s'eft em
paré des armes aux faiſceaux , & des chevaux au
piquet. Quelques Grenadiers des Ennemis & quelques
Cavaliers ont voulu faire réſiſtance ; mais
tout a été pris , tué ou mis en fuite. On a ramené
à Munfter près de deux cens prisonniers & une
piéce de canon . On a pris auſſi un drapeau du
Régiment de Marshal . Les troupes font rentrées
dans Munſter après avoir mis le feu au camp..
Nous avons eu fix Officiers bleffés & une trentaine
de foldats tués ou bleffés .
I
Le du mois dernier , le Marquis de Gayon
& le fieur de Boisclaireau , Lieutenant- Colonel,
Commandant fous les ordres y font fortis de
Munster avec un gros détachement & du canon ..
Ils fe font portés à trois quarts de lieue de la
ville fur le chemin de Roxem , juſqu'au ruiffeau
derriere lequel les Ennemis avoient un camp de
Cavalerie & d'Infanterie . On a fait canonner ce
camp pendant une heure & demie. Les Ennemis
ont été obligés de le lever après avoir perdu beau
Coup de monde.
Le 16 , le fieur de Boisclaireau , ayant à fes
ordres le fieur de Montfort , Lieutenant- Colone
à la fuite du Régiment de Provence , fortit de
nouveau pour aller attaquer un autre camp des
Ennemis , placé fur la bruyere de Dyburg , compofé
de deux bataillons & de deux elcadrons.
Le fieur de Boisclaireau arriva fur le camp fans
être apperçu , tomba fur l'Infanterie , tandis que
le fieur de Canavad , avec un détachement de
Dragons de Thianges & de Volontaires de Cler
206 MERCURE DE FRANCE.
mont , tomboit fur la Cavalerie. On s'eft em
paré des armes aux faiſceaux , & des chevaux au
piquet. Quelques Grenadiers des Ennemis & quelques
Cavaliers ont voulu faire réſiſtance ; mais
tout a été pris , tué ou mis en fuite. On a ramené
à Munfter près de deux cens prisonniers & une
piéce de canon . On a pris auſſi un drapeau du
Régiment de Marshal . Les troupes font rentrées
dans Munſter après avoir mis le feu au camp..
Nous avons eu fix Officiers bleffés & une trentaine
de foldats tués ou bleffés .
Fermer
Résumé : DE WESEL, le 1 Novembre.
En novembre, le Marquis de Gayon et le sieur de Boisclaireau, Lieutenant-Colonel, dirigèrent une opération militaire depuis Munster. Le 16 octobre, ils attaquèrent un camp ennemi près de Roxem, forçant les ennemis à se retirer après une heure et demie de bombardement. Le 16 novembre, le sieur de Boisclaireau, accompagné du sieur de Montfort, Lieutenant-Colonel du Régiment de Provence, attaqua un autre camp ennemi à la bruyère de Dyburg. Ce camp comprenait deux bataillons d'infanterie et deux escadrons de cavalerie. L'attaque surprise permit de capturer des armes, des chevaux, et de faire près de deux cents prisonniers, ainsi qu'une pièce de canon et un drapeau du Régiment de Marshal. Les troupes ennemies furent soit tuées, soit mises en fuite. Les forces françaises subirent des pertes, avec six officiers blessés et une trentaine de soldats tués ou blessés. Après l'attaque, les troupes rentrèrent à Munster, ayant mis le feu au camp ennemi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1337
p. 206-207
Du Quartier général de Klein-Linnes, le 28 Octobre.
Début :
Le Comte de Melfort ayant sous ses ordres le sieur Delaar, Lieutenant-Colonel [...]
Mots clefs :
Comte, Lieutenant colonel, Attaque, Régiment, Alliés, Maréchal de Contades, Duc de Broglie, Ennemis, Général, Prince Ferdinand
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du Quartier général de Klein-Linnes, le 28 Octobre.
Du Quartier général de Klein - Linnes , le 28
Octobre.
Le Comte de Melfort ayant fous fes ordres
le fieur Delaar , Lieutenant- Colonel des Volontaires
de Flandre , a attaqué la nuit derniere le
pofte de Nordecken . Il étoit occupé par deux
cens Dragons du Régiment de Finckenftein , foutenus
de cinquante Huffards noirs. Le pofte fut
forcé avec perte de la part des Alliés de plufieurs
hommes tués & bleffés , de cent vingt-fix chevaux
enlevés , & de quarante- cinq prifonniers.
『་ , Du 9 Novembre.
7
Le Maréchal de Contades partit d'ici le 31 da
mois dernier , après avoir remis le commandement
de l'armée au Duc de Broglie.
Il n'y a eu aucun mouvement dans l'armée ni
dans celle des Ennemis , & tout eft de part &
d'autre dans la même pofition .
Le fourrage qui s'eft fait avant- hier , aux ordres
du Prince de Condé , a eu tout le faccès poffible.
Les Ennemis en ont attaqué la chaîne en
plufieurs endroits ; mais ils ont été reponfiés
partout.
Nous n'apprenons rien d'intéreffant du corps
de troupes que commande le Marquis d'Armen
DECEMBRE. 1759. 207
cieres fur le Bas - Rhin. On fçait feulement que
le Général Imhoff a reçu les fecours qui lui ont
été envoyés par le Prince Ferdinand .
Octobre.
Le Comte de Melfort ayant fous fes ordres
le fieur Delaar , Lieutenant- Colonel des Volontaires
de Flandre , a attaqué la nuit derniere le
pofte de Nordecken . Il étoit occupé par deux
cens Dragons du Régiment de Finckenftein , foutenus
de cinquante Huffards noirs. Le pofte fut
forcé avec perte de la part des Alliés de plufieurs
hommes tués & bleffés , de cent vingt-fix chevaux
enlevés , & de quarante- cinq prifonniers.
『་ , Du 9 Novembre.
7
Le Maréchal de Contades partit d'ici le 31 da
mois dernier , après avoir remis le commandement
de l'armée au Duc de Broglie.
Il n'y a eu aucun mouvement dans l'armée ni
dans celle des Ennemis , & tout eft de part &
d'autre dans la même pofition .
Le fourrage qui s'eft fait avant- hier , aux ordres
du Prince de Condé , a eu tout le faccès poffible.
Les Ennemis en ont attaqué la chaîne en
plufieurs endroits ; mais ils ont été reponfiés
partout.
Nous n'apprenons rien d'intéreffant du corps
de troupes que commande le Marquis d'Armen
DECEMBRE. 1759. 207
cieres fur le Bas - Rhin. On fçait feulement que
le Général Imhoff a reçu les fecours qui lui ont
été envoyés par le Prince Ferdinand .
Fermer
Résumé : Du Quartier général de Klein-Linnes, le 28 Octobre.
Le 28 octobre, sous les ordres du comte de Melfort, le lieutenant-colonel Delaar a attaqué le poste de Nordecken, tenu par deux cents dragons du régiment de Finckenstein et cinquante hussards noirs. Cette offensive a causé plusieurs pertes parmi les Alliés, avec la capture de cent vingt-six chevaux et quarante-cinq prisonniers. Le 9 novembre, le maréchal de Contades a quitté son poste, laissant le commandement de l'armée au duc de Broglie. Les armées alliées et ennemies sont restées en position statique sans activité notable. Une opération de fourrage, ordonnée par le prince de Condé, a réussi malgré plusieurs attaques ennemies repoussées. Aucune information significative n'a été reçue concernant le corps de troupes du marquis d'Armen sur le Bas-Rhin, sauf la confirmation que le général Imhoff a reçu des renforts du prince Ferdinand.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1338
p. 193-194
DE VIENNE, le 10 Novembre.
Début :
Le 22, le Baron de Laudon avec le Corps qu'il commande se rendit [...]
Mots clefs :
Baron de Laudon, Commandant, Roi de Prusse, Armée russe, Camp, Attaque, Ennemis, Artillerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VIENNE, le 10 Novembre.
DE VIENNE , le 10 Novembre.
E 22 , le Baron de Laudon avec le Corps
qu'il commande fe rendit maître des hauteurs
près d'Hernftadt. Dès qu'il y fut établi , il fit
menacer le Commandant de la Place de la réduire
en cendres s'il ne l'abandonnoit pas fur le
champ. Le Commandant répondit qu'il ne pouvoit
pas fe retirer , fans un ordre du Roi de
Prufle , & il demanda quelques heures pour
prendre fa réfolution . L'armée des Ruſſes arriva ,
& occupa le camp que le Baron de Laudon venoit
de lui marquer. Il s'avança à Babiele fur le
flanc gauche de cette armée ; & vers le foir on
obferva que les Pruffiens faifoient divers mouvemens
fur les hauteurs qui font derriere la Place
& au- delà de la rivière.
On apperçut le lendemain leur armée qui
campoit fur ces hauteurs . Sur les neuf heures du
matin , le Comte de Soltikoff envoya un de fes
Aides de Camp pour fommer de nouveau le Commandant
de la Place. Celui - ci répondit qu'il
avoit ordre du Roi fon Maître de fe défendre jufqu'à
la derniere extrêmité. Sur cette réponſe le
Comte de Soltikoff fit démafquer une grande
batterie qui venoit d'être conftruite fur les hauteurs.
Le feu des canons & des mortiers fit beaucoup
d'effet fur la Ville & embrafa les fauxbourgs.
I. Vol.
I
194 MERCURE DE FRANCE.
Le fieur Holmer , Lieutenant- général d'Artillerie
, fe tranfporta l'après - midi dans les Fauxbourgs
qui venoient d'étre brûlés , afin de reconnoître
deplus près l'état dela Place . Il fut découvert
par l'ennemi , & effuya une décharge de
moufqueterie. Le Comte de Soltikoff, à qui il
rendit compte de fes obfervations , fit approcher
la groffe artillerie pour embrafer la ville . Ses
ordres furent exécutés fi ponctuellement , que le
feu prit tout à la fois en quatre endroits différens,
Pendant ce temps-là l'artillerie des Autrichiens.
foudroyoit l'avant - garde des Pruffiens . Cette
canonnade dura jufqu'à la nuit , & la Ville de
Hernftadt fut entièrement détruite .
E 22 , le Baron de Laudon avec le Corps
qu'il commande fe rendit maître des hauteurs
près d'Hernftadt. Dès qu'il y fut établi , il fit
menacer le Commandant de la Place de la réduire
en cendres s'il ne l'abandonnoit pas fur le
champ. Le Commandant répondit qu'il ne pouvoit
pas fe retirer , fans un ordre du Roi de
Prufle , & il demanda quelques heures pour
prendre fa réfolution . L'armée des Ruſſes arriva ,
& occupa le camp que le Baron de Laudon venoit
de lui marquer. Il s'avança à Babiele fur le
flanc gauche de cette armée ; & vers le foir on
obferva que les Pruffiens faifoient divers mouvemens
fur les hauteurs qui font derriere la Place
& au- delà de la rivière.
On apperçut le lendemain leur armée qui
campoit fur ces hauteurs . Sur les neuf heures du
matin , le Comte de Soltikoff envoya un de fes
Aides de Camp pour fommer de nouveau le Commandant
de la Place. Celui - ci répondit qu'il
avoit ordre du Roi fon Maître de fe défendre jufqu'à
la derniere extrêmité. Sur cette réponſe le
Comte de Soltikoff fit démafquer une grande
batterie qui venoit d'être conftruite fur les hauteurs.
Le feu des canons & des mortiers fit beaucoup
d'effet fur la Ville & embrafa les fauxbourgs.
I. Vol.
I
194 MERCURE DE FRANCE.
Le fieur Holmer , Lieutenant- général d'Artillerie
, fe tranfporta l'après - midi dans les Fauxbourgs
qui venoient d'étre brûlés , afin de reconnoître
deplus près l'état dela Place . Il fut découvert
par l'ennemi , & effuya une décharge de
moufqueterie. Le Comte de Soltikoff, à qui il
rendit compte de fes obfervations , fit approcher
la groffe artillerie pour embrafer la ville . Ses
ordres furent exécutés fi ponctuellement , que le
feu prit tout à la fois en quatre endroits différens,
Pendant ce temps-là l'artillerie des Autrichiens.
foudroyoit l'avant - garde des Pruffiens . Cette
canonnade dura jufqu'à la nuit , & la Ville de
Hernftadt fut entièrement détruite .
Fermer
Résumé : DE VIENNE, le 10 Novembre.
Le 10 novembre, le Baron de Laudon s'empara des hauteurs près d'Hernftadt et menaça de réduire la ville en cendres si elle ne se rendait pas. Le commandant refusa, attendant un ordre du Roi de Prusse. L'armée russe arriva et occupa le camp indiqué par Laudon. Les Prussiens effectuèrent divers mouvements sur les hauteurs derrière la ville. Le lendemain, le Comte de Soltikoff demanda au commandant de se rendre, mais celui-ci reçut l'ordre de se défendre jusqu'au bout. Soltikoff fit alors ouvrir le feu avec une grande batterie, causant des dégâts importants et incendiant les faubourgs. Le lieutenant-général d'artillerie Holmer, envoyé pour évaluer l'état de la place, fut découvert et dut se retirer. Soltikoff ordonna ensuite d'utiliser l'artillerie lourde, provoquant des incendies en plusieurs points de la ville. Pendant ce temps, l'artillerie autrichienne bombardait l'avant-garde prussienne. La canonnade dura jusqu'à la nuit, entraînant la destruction totale de la ville d'Hernftadt.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1339
p. 194
De l'Armée Autrichienne, le 3 Novembre.
Début :
Le détachement que le Général Prentano commande fut attaqué près de [...]
Mots clefs :
Détachement des troupes, Prussiens, Attaque, Canons, Ennemis, Prisonniers, Blessés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée Autrichienne, le 3 Novembre.
De l'Armée Autrichienne , le 3 Novembre.
Le détachement que le Général Prentano commande
fut attaqué près de Vogelang . Les Pruf
fiens firent les plus grands efforts pour le chaffer
de ce pofte. L'attaque commença par un grand
feu de moufqueterie qui fut fuivi d'une canonnade
des plus vives. L'ennemi après avoir été
repouffé deux fois , fut obligé d'abandonner cette
entrepriſe . Sa perte fut confidérable . Nos troupes
lui firent foixante - dix prifonniers , & n'eurent
qu'une vingtaine de foldats bleffés .
Le détachement que le Général Prentano commande
fut attaqué près de Vogelang . Les Pruf
fiens firent les plus grands efforts pour le chaffer
de ce pofte. L'attaque commença par un grand
feu de moufqueterie qui fut fuivi d'une canonnade
des plus vives. L'ennemi après avoir été
repouffé deux fois , fut obligé d'abandonner cette
entrepriſe . Sa perte fut confidérable . Nos troupes
lui firent foixante - dix prifonniers , & n'eurent
qu'une vingtaine de foldats bleffés .
Fermer
Résumé : De l'Armée Autrichienne, le 3 Novembre.
Le 3 novembre, près de Vogelang, les Prussiens attaquèrent un détachement autrichien commandé par le Général Prentano. Après un feu de mousqueterie et une canonnade, les Prussiens furent repoussés. Ils subirent des pertes importantes, tandis que les Autrichiens firent soixante-dix prisonniers et eurent vingt soldats blessés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1340
p. 194-195
DE HAMBOURG, le 4 Novembre.
Début :
On mande de Poméranie, que les Prussiens ont été forcés d'abandonner la Ville de [...]
Mots clefs :
Prussiens, Troupes suédoises, Libération, Ville, Pillages, Ennemis, Attaque, Officiers, Soldats, Reddition
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE HAMBOURG, le 4 Novembre.
DE HAMBOURG , le 4 Novembre.
On mande de Pomeranie , que les Pruffiens
ont été forcés d'abandonner la Ville de Demmin
, qu'ils avoient furprife. Les troupes Suédoifes
arrivées trop tard pour fauver la Place ,
pourfuivirent les Prufliens dans leur retraite , &
les atteignirent à Malchin le 25 au foir . Les Barons
de Wrangel & de Sprengport, qui commandoient
ces troupes , firent enfoncer les portes de
JANVIER. 1760 . 195
La Ville , chafsèrent l'ennemi de rue en rue , &
le forcèrent de fe retirer en défordre. Ils lui enlevèrent
le butin & les prifonniers . Les Pruffiens
eurent beaucoup de foldats tués dans cette artaque.
Un de leurs Lieutenans , dix Bas - Officiers
& cent Soldats furent enveloppés & obligés de ſe
rendre.
On mande de Pomeranie , que les Pruffiens
ont été forcés d'abandonner la Ville de Demmin
, qu'ils avoient furprife. Les troupes Suédoifes
arrivées trop tard pour fauver la Place ,
pourfuivirent les Prufliens dans leur retraite , &
les atteignirent à Malchin le 25 au foir . Les Barons
de Wrangel & de Sprengport, qui commandoient
ces troupes , firent enfoncer les portes de
JANVIER. 1760 . 195
La Ville , chafsèrent l'ennemi de rue en rue , &
le forcèrent de fe retirer en défordre. Ils lui enlevèrent
le butin & les prifonniers . Les Pruffiens
eurent beaucoup de foldats tués dans cette artaque.
Un de leurs Lieutenans , dix Bas - Officiers
& cent Soldats furent enveloppés & obligés de ſe
rendre.
Fermer
Résumé : DE HAMBOURG, le 4 Novembre.
Le 4 novembre, les Prussiens ont abandonné la ville de Demmin. Les troupes suédoises les ont poursuivis et les ont atteints à Malchin le 25 octobre. Les commandants Wrangel et Sprengport ont repris la ville, récupéré le butin et les prisonniers. Les Prussiens ont subi de lourdes pertes, avec un lieutenant, dix sous-officiers et cent soldats capturés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1341
p. 195-197
DE LONDRES, le 11 Novembre.
Début :
L'expédition tentée contre Sutatte a eu le succès qu'on desiroit. [...]
Mots clefs :
Flotte anglaise, Bombay, Débarquement, Troupes, Attaque, Désertion, Parlement, Discours, Succès des armes, Sa Majesté anglaise, Caroline, Sauvages, Colonies, Attaques, Forts, Capitaine, New York, Français, Expéditions, Officiers, Québec
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES, le 11 Novembre.
DE LONDRES , le 11 Novembre.
L'expédition tentée contre Suratte a eu le fuccès
qu'on defiroit. La flotte partit de Bombai à la fin
de Février. Les troupes de débarquement étoient
comparées de huit cens Européens & de trois
mille Cipayes. On arriva heureuſement ſur la
côte; mais quand il fut queftion d'entrer dans la
riviere , on ne pût faire aucun ulage des gros
vaiffeaux . On eut beaucoup de peine à faire avancer
jufqu'à la ville un bâtiment de vingt pièces
de canon , & quatre galiotes à bombes. Les troupes
débarquèrent ; elles attaquèrent la place , &
furent repouffées deux fois avec beaucoup de
perte. La défertion , qui devint confidérable , en
diminua encore le nombre. On tenta un dernier
effort. Le bâtiment & les galiotes eurent ordre
de rompre la chaîne qui fermoir l'entrée du port.
Dès que la chaîne fut rompue , on reprit l'attaque
de la place , & dans l'efpace de quatre heures
ony jetta quarante - deux bombes & cinq cens
boulets. La garnifon répondit à ce feu violent par
celui de quatre batteries, qui tuèrent ou bleſsèrent
près de la moitié des équipages de nos bâtimens.
Le 2 Mars le Château capitula , & nos troupes
entrèrent dans la place .
Du 16.
Le 13 de ce mois , le Parlement fut aſſemblé.
Les féances commencèrent dans les deux Cham-
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
bres par la lecture d'un Difcours qui leur fut
adreffé de la part du Roi. Ce Difcours rappelle
les principaux fuccès qui ont couronné les armes
de Sa Majesté. Le Roi déclare que comme il n'a
point commencé la guerre par des vues d'ambi
tion , il eft fort éloigné de la continuer par un
motif de reffentiment ; qu'il defire fincèrement de
voir la paix rétablie , & qu'il écoutera volontiers
les propofitions qui pourront lui être faites , pourvu
qu'elles foient honorables pour Sa Majesté &
pour les Alliés.
Du 30.
Nous venons de recevoir les nouvelles fuivantes
de Charleſtown dans la Caroline . Les François
ont mis en mouvement la Nation Indienne
des Chorokées . Ces Sauvages au nombre de trois
mille hommes ont pénétré dans quelques - unes
de nos Colonies. Ils ont paru dans le voisinage
du Fort Laudon , & ont enlevé la chevelure à
quelques foldats de la garnison de ce Fort. Les
habitans de ces contrées ont pris l'épouvante à
leur approche , & ont cherché un afyle dans le
Fort Prince-George. Ils ont rencontré dans les
bois plufieurs partis de ces Sauvages , dont ils
n'ont évité la fureur qu'en abandonnant la plus
grande partie de leurs effets . Plufieurs des Indiens
qui avoient marqué le plus de zèle pour
nos intérêts , font juftement foupçonnés de fomenter
la guerre. Plufieurs établiflemens de
grande valeur ont été abandonnés . Les Fermiers
& les Cultivateurs ont pris la fuite , pour ne
pas demeurer expofés à la cruauté des Sauvages.
Le Capitaine , Stuart marche avec un Corps
de troupes vers le pays des Cherokées . On efpere
beaucoup de l'habileté & de la bravoure de
cet Officier. Les Compagnies Provinciales & fes
Milices ont ordre de fe tenir prêtes à marcher.
JANVIER. 1966 . 197
Ön mande de la nouvelle York les détails
fuivans. Les troupes aux ordres du Général Amherft
ont été occupées jufqu'au 10 Octobre à
fortifier la pointe de la Couronne . On a entrepris
d'y conftruire trois Forts fur les hauteurs
qui commandent cette Place. Dès les premiers
jours d'Octobre , le Général Amherst fit fes dif
pofitions pour traverfer le Lac Champlin. Toutes
les difpofitions étant faites pour l'embarquement,
les troupes au nombre de quatre mille cinq cens
hommes , fe rendirent à bord des bateaux . Le
11 Novembre la flotte mit à la voile , & quelques
jours après elle mouilla à la hauteur du
Fort Saint Jean. Trois bâtimens François étoient
fur cette côte. Le Général Amherſt les fit attaquer.
Deux furent coulés à fond , & le troifiéme
échoua . Les vents contraires empêcherent ce Général
de poursuivre fon expédition ; & le 21 , il
fut obligé de revenir à la pointe de la Couronne .
Un corps de dix mille hommes de troupes fran
çoifes occupe différens poftes , & ne laifle aucune
fureté entre Québec & la pointe de la Couronne.
Le Général Amherſt a beaucoup à craindre
d'un Corps i nombreux. Les Officiers qui le
commandoient , annoncent faas diffimulation ,
qu'auffitôt que la glace fera affez forte pour porter
leur artillerie , ils paroîtront fur les murs de
Québec.
L'expédition tentée contre Suratte a eu le fuccès
qu'on defiroit. La flotte partit de Bombai à la fin
de Février. Les troupes de débarquement étoient
comparées de huit cens Européens & de trois
mille Cipayes. On arriva heureuſement ſur la
côte; mais quand il fut queftion d'entrer dans la
riviere , on ne pût faire aucun ulage des gros
vaiffeaux . On eut beaucoup de peine à faire avancer
jufqu'à la ville un bâtiment de vingt pièces
de canon , & quatre galiotes à bombes. Les troupes
débarquèrent ; elles attaquèrent la place , &
furent repouffées deux fois avec beaucoup de
perte. La défertion , qui devint confidérable , en
diminua encore le nombre. On tenta un dernier
effort. Le bâtiment & les galiotes eurent ordre
de rompre la chaîne qui fermoir l'entrée du port.
Dès que la chaîne fut rompue , on reprit l'attaque
de la place , & dans l'efpace de quatre heures
ony jetta quarante - deux bombes & cinq cens
boulets. La garnifon répondit à ce feu violent par
celui de quatre batteries, qui tuèrent ou bleſsèrent
près de la moitié des équipages de nos bâtimens.
Le 2 Mars le Château capitula , & nos troupes
entrèrent dans la place .
Du 16.
Le 13 de ce mois , le Parlement fut aſſemblé.
Les féances commencèrent dans les deux Cham-
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
bres par la lecture d'un Difcours qui leur fut
adreffé de la part du Roi. Ce Difcours rappelle
les principaux fuccès qui ont couronné les armes
de Sa Majesté. Le Roi déclare que comme il n'a
point commencé la guerre par des vues d'ambi
tion , il eft fort éloigné de la continuer par un
motif de reffentiment ; qu'il defire fincèrement de
voir la paix rétablie , & qu'il écoutera volontiers
les propofitions qui pourront lui être faites , pourvu
qu'elles foient honorables pour Sa Majesté &
pour les Alliés.
Du 30.
Nous venons de recevoir les nouvelles fuivantes
de Charleſtown dans la Caroline . Les François
ont mis en mouvement la Nation Indienne
des Chorokées . Ces Sauvages au nombre de trois
mille hommes ont pénétré dans quelques - unes
de nos Colonies. Ils ont paru dans le voisinage
du Fort Laudon , & ont enlevé la chevelure à
quelques foldats de la garnison de ce Fort. Les
habitans de ces contrées ont pris l'épouvante à
leur approche , & ont cherché un afyle dans le
Fort Prince-George. Ils ont rencontré dans les
bois plufieurs partis de ces Sauvages , dont ils
n'ont évité la fureur qu'en abandonnant la plus
grande partie de leurs effets . Plufieurs des Indiens
qui avoient marqué le plus de zèle pour
nos intérêts , font juftement foupçonnés de fomenter
la guerre. Plufieurs établiflemens de
grande valeur ont été abandonnés . Les Fermiers
& les Cultivateurs ont pris la fuite , pour ne
pas demeurer expofés à la cruauté des Sauvages.
Le Capitaine , Stuart marche avec un Corps
de troupes vers le pays des Cherokées . On efpere
beaucoup de l'habileté & de la bravoure de
cet Officier. Les Compagnies Provinciales & fes
Milices ont ordre de fe tenir prêtes à marcher.
JANVIER. 1966 . 197
Ön mande de la nouvelle York les détails
fuivans. Les troupes aux ordres du Général Amherft
ont été occupées jufqu'au 10 Octobre à
fortifier la pointe de la Couronne . On a entrepris
d'y conftruire trois Forts fur les hauteurs
qui commandent cette Place. Dès les premiers
jours d'Octobre , le Général Amherst fit fes dif
pofitions pour traverfer le Lac Champlin. Toutes
les difpofitions étant faites pour l'embarquement,
les troupes au nombre de quatre mille cinq cens
hommes , fe rendirent à bord des bateaux . Le
11 Novembre la flotte mit à la voile , & quelques
jours après elle mouilla à la hauteur du
Fort Saint Jean. Trois bâtimens François étoient
fur cette côte. Le Général Amherſt les fit attaquer.
Deux furent coulés à fond , & le troifiéme
échoua . Les vents contraires empêcherent ce Général
de poursuivre fon expédition ; & le 21 , il
fut obligé de revenir à la pointe de la Couronne .
Un corps de dix mille hommes de troupes fran
çoifes occupe différens poftes , & ne laifle aucune
fureté entre Québec & la pointe de la Couronne.
Le Général Amherſt a beaucoup à craindre
d'un Corps i nombreux. Les Officiers qui le
commandoient , annoncent faas diffimulation ,
qu'auffitôt que la glace fera affez forte pour porter
leur artillerie , ils paroîtront fur les murs de
Québec.
Fermer
Résumé : DE LONDRES, le 11 Novembre.
Le 11 novembre, une expédition contre Suratte a réussi. La flotte, partie de Bombay fin février, comprenait huit cents Européens et trois mille Cipayes. Après un débarquement réussi, les troupes ont rencontré des difficultés avec les gros vaisseaux pour avancer vers la ville. Un bâtiment de vingt pièces de canon et quatre galiotes à bombes ont été utilisés pour rompre la chaîne fermant l'entrée du port. Après un assaut intense de quatre heures, la garnison a capitulé le 2 mars, permettant aux troupes d'entrer dans la place. Le 16 novembre, le Parlement a été assemblé et les féances ont commencé par la lecture d'un discours du roi. Ce discours rappelait les succès militaires et exprimait le désir du roi de rétablir la paix de manière honorable. Le 30 novembre, des nouvelles de Charlestown en Caroline ont rapporté que les Français avaient incité la nation indienne des Cherokées à attaquer les colonies. Trois mille Sauvages ont pénétré dans les colonies, semant la peur parmi les habitants. Le Capitaine Stuart a été envoyé avec des troupes pour contrer cette menace. À New York, les troupes du Général Amherst ont fortifié la pointe de la Couronne et ont tenté de traverser le Lac Champlain. Cependant, des vents contraires ont obligé le Général à revenir. Un corps de dix mille troupes françaises occupe divers postes entre Québec et la pointe de la Couronne, posant une menace significative.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1342
p. 197-198
DE WESEL, le 15 Novembre.
Début :
Les nouvelles qu'on vient de recevoir de Munster nous apprennent que les [...]
Mots clefs :
Münster, Ennemis, Attaque, Marquis, Maréchal de camp, Postes militaires, Troupes, Infanterie, Brigadiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE WESEL, le 15 Novembre.
De WESEL , le is Novembre.
Les nouvelles qu'on vient de recevoir de Munfter
nous apprennent que les Ennemis ont ouvert
la tranchée devant cette Place la nuit du 8 au 9
de ce mois , à la Porte Sainte-Egide , & que la
nuit du 10 au 11 ils ont formé une feconde
attaque entre la Porte neuve & la Citadelle. On
affure qu'ils ont fait auffi un petit retranchement
devant la Porte d'Exter.
I iij
598 MERCURE DE FRANCE
Du 22 .
7.
Le 19 de ce mois , les Marquis Dauvet & de
Maupeou , Maréchaux de Camp, furent détachés,
le premier à Amelbure en avant de la droite
le fecond à Albachten en avant de la gauche .
Ce dernier Pofte étoit important à occuper, pour
fçavoir le parti qu'avoient pris les Ennemis , &
pour être certain de leur pofition . Le Marquis
d'Armentieres ordonna l'attaque de ce Village.
Elle fut faite par le Marquis de Maupeou. La
troupe de Fischer qui s'y eft fort diftinguée , &
les Grenadiers de l'Infanterie emporterent le Châ
teau & le Village , après une réſiſtance affez opiniâtre
de la part des Ennemis. Le Marquis Dau--
vet a chaffé les Ennemis du Village d'Amelbure.
Les nouvelles qu'on vient de recevoir de Munfter
nous apprennent que les Ennemis ont ouvert
la tranchée devant cette Place la nuit du 8 au 9
de ce mois , à la Porte Sainte-Egide , & que la
nuit du 10 au 11 ils ont formé une feconde
attaque entre la Porte neuve & la Citadelle. On
affure qu'ils ont fait auffi un petit retranchement
devant la Porte d'Exter.
I iij
598 MERCURE DE FRANCE
Du 22 .
7.
Le 19 de ce mois , les Marquis Dauvet & de
Maupeou , Maréchaux de Camp, furent détachés,
le premier à Amelbure en avant de la droite
le fecond à Albachten en avant de la gauche .
Ce dernier Pofte étoit important à occuper, pour
fçavoir le parti qu'avoient pris les Ennemis , &
pour être certain de leur pofition . Le Marquis
d'Armentieres ordonna l'attaque de ce Village.
Elle fut faite par le Marquis de Maupeou. La
troupe de Fischer qui s'y eft fort diftinguée , &
les Grenadiers de l'Infanterie emporterent le Châ
teau & le Village , après une réſiſtance affez opiniâtre
de la part des Ennemis. Le Marquis Dau--
vet a chaffé les Ennemis du Village d'Amelbure.
Fermer
Résumé : DE WESEL, le 15 Novembre.
Le 8 novembre, les ennemis ont commencé à creuser des tranchées devant la ville de Munster, notamment à la Porte Sainte-Egide. La nuit suivante, ils ont lancé une seconde attaque entre la Porte neuve et la Citadelle, et ont construit un retranchement devant la Porte d'Exter. Le 19 novembre, les marquis Dauvet et de Maupeou, maréchaux de camp, ont été envoyés en mission. Le marquis Dauvet a été détaché à Amelbure, en avant de la droite, tandis que le marquis de Maupeou a été envoyé à Albachten, en avant de la gauche, un poste stratégique pour déterminer les intentions des ennemis. Le marquis d'Armentieres a ordonné l'attaque du village d'Albachten, menée par le marquis de Maupeou. La troupe de Fischer et les grenadiers de l'infanterie ont pris le château et le village après une résistance farouche des ennemis. Par ailleurs, le marquis Dauvet a chassé les ennemis du village d'Amelbure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1343
p. 199-201
DE PARIS, le 1 Décembre.
Début :
Le 20 du mois dernier, l'Escadre aux ordres du Maréchal de Conflans [...]
Mots clefs :
Escadre, Maréchal, Amiral Hawke, Bretagne, Vaisseaux, Capitaine, Combat, Artillerie, Maréchal Daun, Ordre, Enrôlement, Garnison, Capitulation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 1 Décembre.
De PARIS , le 1 Décembre.
Le zo du mois dernier , l'Eſcadre aux ordres
du Maréchal de Conflans fut rencontrée à la hauteur
de Belle- Ifle par celle de l'Amiral Hawke ,
renforcée de tous les vaiffeaux que les Anglois
avoient à la côte de Bretagne. La mer étoit fort
grofle , il y a eu des changemens de vent par
grains dans la journée , ce qui n'a permis à aucune
des deux Efcadres de fe mettre en ligne . Cependant
le combat s'engagea vers deux heures aprèsmidi
entre les vaiffeaux de l'arriere garde , qui
étoient le Magnifique , le Héros & le Formidable
, lefquels furent attaqués & environnés
par huit ou dix vaiffeaux Anglois. Peu de tems
après le combat devint général , mais fans ordre
de part & d'autre. Le Formidable commandé par
le fieur de Saint-André du Verger , Chef d'Efcadre
des armées navales , eft le feul vaiffeau qui ait été
pris. On a eu le malheur de perdre le vaiffeau le
Théfée & le Superbe , commandés par les fieurs de
Kerfaint & de Montalais , Capitaines de Vaiffeau.
Ils ont coulé à fond dans le combat , pen
dant lequel un Vaiffeau de l'Eſcadre Angloife
dont on ignore le nom , a auffi coulé à fond. Le
Vailleau le Soleil Royal , que montoit le Maréchal
de Conflans , s'eſt brûlé à la côte du Croific
le 21 , après qu'on a eu fauvé l'équipage . Le
Héros , commandé par le Vicomte de Sanfay ,
qui a eu trente hommes tués , & quatre-vingt-fix
bleffés dans le combat , s'eſt brûlé au même en-
Liv
200 MERCURE DE FRANCE.
droit. Le Jufte , commandé par le fieur de Saint-
Allouarn , Capitaine de Vaiffeau , tué dans le combat,
& après lui par le fieur Rofmader de Saint-
Allouarn , fon frere , auffi tué dans le combat , a
péri à l'ance d'Ecoublas à l'entrée de la Loire , &
on a fauvé une partie de l'équipage . Les vaiffeaux
Anglois la Réfolution , de foixante- quatorze canons
, & l'Effex de foixante - dix , ont péri à la
côte du Croilic. Un autre vaiffeau Anglois dont
on ignore lenom a aufli péri à l'entrée de la Loire.
Une partie des vaiffeaux de l'efcadre de Breſt eſt à
la rade de l'lfle d'Aix , & les autres font dans la
rivière de Vilaine.
Le fieur Galibert , dépêché par le Comte de
Montazet, apporta la nouvelle fuivante . Le Maréchal
de Daun attaqua le 20 Novembre un corps
de Pruffiens d'environ vingt-quatre mille hommes
commandés par les Généraux Finck "
Wunsch & Rebentiſch. Le combat s'eft donné
à Maxen à deux lieues de Pyrna & à trois lieues
de Drefde. Il a commencé à midi & n'a fini
qu'a la nuit Les Prufliens ayant été dépoftés des
hauteurs qu'il occupoient & forcés de ſe retirer
dans un fond , ont perdu dans cette occafion
la plus grande partie de leur artillerie & toutes
leurs munitions.
Le Maréchal de Daun avoit fait fes difpofitions,
de maniere que ce Corps d'Arinée étoit entouré
par les troupes Autrichiennes & par celles de
l'Empire. Le lendemain le Général Rebentiſch fur
envoyé au Maréchal de Daun par le Général
Finck , pour capituler. Le Maréchal de Daun exigea
que cette armée mit les arines bas , & fe rendit
prifonniere de guerre ; & il ne donna que
quatre minutes pour fe déterminer . Les Pruffiens
ont été forcés de fubir ces conditions . On les a fait
partir ce même jour pour la Bohême . Il y avoit
JANVIER. 1760 .
201
dans ce corps d'armée fix mille hommes de Cavalerie.
On aifure que le Roi de Pruffe & le Prince
Henri étoient à quatre lieues du champ de bataille
avec trente mille hommes.
On affure auffi qu'il a envoyé ordre dans tous
fes Etats d'enrôler tout ce qu'il y refte d'hommes
depuis l'âge de 14 ans jufqu'à celui de 60 .
Du 8.
La garnifon de Munfter a capitulé le 21 du
mois dernier. Elle a obtenu les honneurs de la
guerre Les ennemis ont donné toutes fortes de
marques de confidérations aux troupes qui la
compofent ainsi qu'au Marquis de Gayon , Maréchal-
de-camp , qui la commande , & au fieur de
Boisclaireau , Lieutenant de Roi & de la Ville,
La garnifon eft arrivée à Wefel le 26 .
Le zo du mois dernier , l'Eſcadre aux ordres
du Maréchal de Conflans fut rencontrée à la hauteur
de Belle- Ifle par celle de l'Amiral Hawke ,
renforcée de tous les vaiffeaux que les Anglois
avoient à la côte de Bretagne. La mer étoit fort
grofle , il y a eu des changemens de vent par
grains dans la journée , ce qui n'a permis à aucune
des deux Efcadres de fe mettre en ligne . Cependant
le combat s'engagea vers deux heures aprèsmidi
entre les vaiffeaux de l'arriere garde , qui
étoient le Magnifique , le Héros & le Formidable
, lefquels furent attaqués & environnés
par huit ou dix vaiffeaux Anglois. Peu de tems
après le combat devint général , mais fans ordre
de part & d'autre. Le Formidable commandé par
le fieur de Saint-André du Verger , Chef d'Efcadre
des armées navales , eft le feul vaiffeau qui ait été
pris. On a eu le malheur de perdre le vaiffeau le
Théfée & le Superbe , commandés par les fieurs de
Kerfaint & de Montalais , Capitaines de Vaiffeau.
Ils ont coulé à fond dans le combat , pen
dant lequel un Vaiffeau de l'Eſcadre Angloife
dont on ignore le nom , a auffi coulé à fond. Le
Vailleau le Soleil Royal , que montoit le Maréchal
de Conflans , s'eſt brûlé à la côte du Croific
le 21 , après qu'on a eu fauvé l'équipage . Le
Héros , commandé par le Vicomte de Sanfay ,
qui a eu trente hommes tués , & quatre-vingt-fix
bleffés dans le combat , s'eſt brûlé au même en-
Liv
200 MERCURE DE FRANCE.
droit. Le Jufte , commandé par le fieur de Saint-
Allouarn , Capitaine de Vaiffeau , tué dans le combat,
& après lui par le fieur Rofmader de Saint-
Allouarn , fon frere , auffi tué dans le combat , a
péri à l'ance d'Ecoublas à l'entrée de la Loire , &
on a fauvé une partie de l'équipage . Les vaiffeaux
Anglois la Réfolution , de foixante- quatorze canons
, & l'Effex de foixante - dix , ont péri à la
côte du Croilic. Un autre vaiffeau Anglois dont
on ignore lenom a aufli péri à l'entrée de la Loire.
Une partie des vaiffeaux de l'efcadre de Breſt eſt à
la rade de l'lfle d'Aix , & les autres font dans la
rivière de Vilaine.
Le fieur Galibert , dépêché par le Comte de
Montazet, apporta la nouvelle fuivante . Le Maréchal
de Daun attaqua le 20 Novembre un corps
de Pruffiens d'environ vingt-quatre mille hommes
commandés par les Généraux Finck "
Wunsch & Rebentiſch. Le combat s'eft donné
à Maxen à deux lieues de Pyrna & à trois lieues
de Drefde. Il a commencé à midi & n'a fini
qu'a la nuit Les Prufliens ayant été dépoftés des
hauteurs qu'il occupoient & forcés de ſe retirer
dans un fond , ont perdu dans cette occafion
la plus grande partie de leur artillerie & toutes
leurs munitions.
Le Maréchal de Daun avoit fait fes difpofitions,
de maniere que ce Corps d'Arinée étoit entouré
par les troupes Autrichiennes & par celles de
l'Empire. Le lendemain le Général Rebentiſch fur
envoyé au Maréchal de Daun par le Général
Finck , pour capituler. Le Maréchal de Daun exigea
que cette armée mit les arines bas , & fe rendit
prifonniere de guerre ; & il ne donna que
quatre minutes pour fe déterminer . Les Pruffiens
ont été forcés de fubir ces conditions . On les a fait
partir ce même jour pour la Bohême . Il y avoit
JANVIER. 1760 .
201
dans ce corps d'armée fix mille hommes de Cavalerie.
On aifure que le Roi de Pruffe & le Prince
Henri étoient à quatre lieues du champ de bataille
avec trente mille hommes.
On affure auffi qu'il a envoyé ordre dans tous
fes Etats d'enrôler tout ce qu'il y refte d'hommes
depuis l'âge de 14 ans jufqu'à celui de 60 .
Du 8.
La garnifon de Munfter a capitulé le 21 du
mois dernier. Elle a obtenu les honneurs de la
guerre Les ennemis ont donné toutes fortes de
marques de confidérations aux troupes qui la
compofent ainsi qu'au Marquis de Gayon , Maréchal-
de-camp , qui la commande , & au fieur de
Boisclaireau , Lieutenant de Roi & de la Ville,
La garnifon eft arrivée à Wefel le 26 .
Fermer
Résumé : DE PARIS, le 1 Décembre.
Le 1er décembre, une bataille navale a opposé les escadres française et anglaise près de Belle-Île. La mer agitée et les changements de vent ont perturbé les manœuvres. Le vaisseau français Formidable a été capturé, tandis que les Thésée et Superbe ont coulé, ainsi qu'un vaisseau anglais inconnu. Le Soleil Royal, commandé par le Maréchal de Conflans, s'est échoué et a brûlé. Le Héros et le Juste ont également brûlé après de lourdes pertes. Plusieurs vaisseaux anglais ont été perdus. Sur le front terrestre, le Maréchal de Daun a attaqué un corps prussien de 24 000 hommes près de Maxen le 20 novembre. Les Prussiens ont été délogés et ont perdu une grande partie de leur artillerie et munitions. Le lendemain, le Général Rebentisch a négocié la capitulation, et les Prussiens ont été faits prisonniers et envoyés en Bohême. Le Roi de Prusse et le Prince Henri étaient proches avec 30 000 hommes. La garnison de Münster a capitulé le 21 novembre, obtenant les honneurs de la guerre, et est arrivée à Wesel le 26 novembre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1344
p. 201-202
DE FRANCFORT, le 8 Décembre.
Début :
Le Prince héréditaire de Brunswick ayant été détaché de l'armée [...]
Mots clefs :
Prince Héréditaire de Brunswick, Prince Ferdinand , Duc, Postes militaires, Grenadiers, Régiments, Infanterie, Cavalerie, Déplacement des troupes, Attaque, Ennemis, Expédition, Retraite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE FRANCFORT, le 8 Décembre.
De FRANCFORT , le 8 Décembre.
Le Prince héréditaire de Brunfwick ayant été
détaché de l'armée du Prince Ferdinand avec un
nombre confidérable de troupes , s'eft porté par
des marches forcées vers Fulde , où le Duc de
Wirtemberg étoit depuis quelques jours avec fes
troupes , que le Roi a prifes à fa folde , & dont
une partie s'étoit avancée dans la Heffe . Les
Poftes avancés du Duc de Wirtemberg ayant été
forcés de fe replier , le Prince héréditaire s'avança
rapidement vers Fulde , & parut le premier
de ce mois à neuf heures du matin près de
cette Ville .
Le Duc de Wirtemberg avoit déja raffemblé
la plus grande partie de fes Grenadiers & quelques
piéces de canon avec un de fes Régimens de
Cuiralliers fur la rive gauche de la Fulde , difpu
tant le terrein aux Ennemis , afin d'avoir le temps;
de faire arriver le refte de fes troupes.
Pendant ce temps-là , le Prince héréditaire
I w
202 MERCURE, DE FRANCE.
avançoit en force vers Fulde , faiſant filer par
fa droite une colonne d'Infanterie & de Cava-
Jerie pour attaquer les ponts & couper la retraite
du Duc de Wirtemberg. Le pont de la
Ville fur attaqué avec beaucoup de vigueur. Les
Grenadiers de Wirtemberg s'y défendirent avec
toute la valeur poffible ; mais le canon des Ennemis
qui les plongeoit , les maltraita extrêmement.
Ils fe retirerent en fe défendant pied - àpied
dans la Ville. Le fecond pont fut également
force ; le canon des Ennemis ayant tou-
Jours la fupériorité , & les Grenadiers de Wirten
berg continuant de montrer la même valeur.,
La Ville fut difputée ; mais les Ennemis la foumirent.
Ce Prince fe trouvoit alors léparé d'une
grande partie de fon corps d'armée , qui n'avoit
pu arriver à cauſe de l'éloignement de fa pofition
. Il fut obligé d'ordonner la retraite , qui ſe
fit fous les yeux des Ennemis avec tout l'ordre
poffible jufqu'au-delà du pont de l'Enherode , fur
un des ruilleaux que forme la riviere de Fulde.
Après cette expédition le Prince héréditaire
s'eft replié ; & dès le 2 de ce mois, les Huffards
du Duc de Wirtemberg étoient rentrés dans
Fulde.
Le Prince héréditaire de Brunfwick ayant été
détaché de l'armée du Prince Ferdinand avec un
nombre confidérable de troupes , s'eft porté par
des marches forcées vers Fulde , où le Duc de
Wirtemberg étoit depuis quelques jours avec fes
troupes , que le Roi a prifes à fa folde , & dont
une partie s'étoit avancée dans la Heffe . Les
Poftes avancés du Duc de Wirtemberg ayant été
forcés de fe replier , le Prince héréditaire s'avança
rapidement vers Fulde , & parut le premier
de ce mois à neuf heures du matin près de
cette Ville .
Le Duc de Wirtemberg avoit déja raffemblé
la plus grande partie de fes Grenadiers & quelques
piéces de canon avec un de fes Régimens de
Cuiralliers fur la rive gauche de la Fulde , difpu
tant le terrein aux Ennemis , afin d'avoir le temps;
de faire arriver le refte de fes troupes.
Pendant ce temps-là , le Prince héréditaire
I w
202 MERCURE, DE FRANCE.
avançoit en force vers Fulde , faiſant filer par
fa droite une colonne d'Infanterie & de Cava-
Jerie pour attaquer les ponts & couper la retraite
du Duc de Wirtemberg. Le pont de la
Ville fur attaqué avec beaucoup de vigueur. Les
Grenadiers de Wirtemberg s'y défendirent avec
toute la valeur poffible ; mais le canon des Ennemis
qui les plongeoit , les maltraita extrêmement.
Ils fe retirerent en fe défendant pied - àpied
dans la Ville. Le fecond pont fut également
force ; le canon des Ennemis ayant tou-
Jours la fupériorité , & les Grenadiers de Wirten
berg continuant de montrer la même valeur.,
La Ville fut difputée ; mais les Ennemis la foumirent.
Ce Prince fe trouvoit alors léparé d'une
grande partie de fon corps d'armée , qui n'avoit
pu arriver à cauſe de l'éloignement de fa pofition
. Il fut obligé d'ordonner la retraite , qui ſe
fit fous les yeux des Ennemis avec tout l'ordre
poffible jufqu'au-delà du pont de l'Enherode , fur
un des ruilleaux que forme la riviere de Fulde.
Après cette expédition le Prince héréditaire
s'eft replié ; & dès le 2 de ce mois, les Huffards
du Duc de Wirtemberg étoient rentrés dans
Fulde.
Fermer
Résumé : DE FRANCFORT, le 8 Décembre.
Le 8 décembre, le Prince héréditaire de Brunswick, accompagné de troupes, a quitté l'armée du Prince Ferdinand pour se diriger vers Fulde. Le Duc de Wurtemberg, présent à Fulde avec ses forces, avait déjà avancé une partie de ses troupes en Hesse. Le Prince héréditaire a atteint Fulde le 1er décembre. Le Duc de Wurtemberg avait positionné ses grenadiers et quelques canons sur la rive gauche de la Fulde pour défendre la ville. Le Prince héréditaire a envoyé une colonne d'infanterie et de cavalerie pour attaquer les ponts et couper la retraite du Duc de Wurtemberg. Malgré une défense vaillante, les grenadiers de Wurtemberg ont dû se retirer dans la ville face à la supériorité de l'artillerie ennemie. La ville de Fulde a été disputée et finalement soumise par les forces ennemies. Le Duc de Wurtemberg, séparé d'une grande partie de son armée, a ordonné une retraite ordonnée jusqu'au-delà du pont de l'Enherode. Après cette expédition, le Prince héréditaire s'est replié, et dès le 2 décembre, les hussards du Duc de Wurtemberg étaient rentrés à Fulde.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1345
p. 203-216
MORTS. ÉLOGE HISTORIQUE DE M. LE MARQUIS DE MONTCALM.
Début :
Si l'on doit apprécier les hommes par les sacrifices qu'ils font à la société, [...]
Mots clefs :
Marquis de Montcalm, Sacrifices, Éloges, Vertu, Lieutenant général des armées du roi, Études, Littérature, Carrière militaire, Régiment, Ardeur , Talents, Amérique, Capitaine, Prodige, Campagnes militaires, Exploits, Gloire, Canada, Homme illustre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS. ÉLOGE HISTORIQUE DE M. LE MARQUIS DE MONTCALM.
MORT S.
ÉLOGE HISTORIQUE
DEM.
LE MARQUIS DE MONTCALM.
SI
&
I l'on doit apprécier les hommes par les facrifices
qu'ils font à la fociété , & par les fervices
qu'ils lui rendent , qui jamais fut plus digne que
M. le Marquis de Montcalm de nos éloges & de
nos regrets ? Immoler fon repos à l'Etat , fe féparer
pour lui de rout ce qu'on a de plus cher
lui donner fon fang & fa vie , eft un devoir attaché
à la noble profeffion des armes , & ce dévoûment
héroïque eft la vertu des Guerriers de
tous les pays & de tous les temps . Mais cette
vertu reçoit un nouveau luftre des talens qui la
fecondent , & des circonftances qui l'éprouvent ;
& jamais elle n'a été ni plus éprouvée ni mieux
foutenue que dans le héros que nous pleurons.
LOUIS-JOSEPH , MARQUIS DE MONTCALMGOZON
DE SAINT VÉRAN , Seigneur de Gabriac
& c. Lieutenant - Général des Armées du Roi ,
Commandeur honoraire de l'Ordre Royal & Mi-
I vi
204 MERCURE
DE FRANCE.
litaire de Saint- Louis , commandant en Chef les :
Troupes Françoifes dans l'Amérique Septentrionale
, étoit né en 1712 d'une très- ancienne famille
de Rouergue . ( a )
le
Elève de M. Dumas , Inventeur du Bureau Typographique
, il ne fit pas moins d'honneur aux
leçons de ce Maître habile que Jeune Candiac
fon frere cader , mort à l'âge de ſept ans , & mis
au nombre des enfans célèbres . (b)
"
M. de Montcalm employa fes premieres années
à l'étude des Langues; & perfonne n'étoit.
plus verfé dans la Littérature Grecque & Latine.
La mémoire eft la nourrice de l'efprit , &
celle de M. de Montcalm étoit fi heureuſe , qu'il
n'oublioit rien de ce qu'il avoit appris une fois.
Il a confervé le goût de l'étude au milieu de
tous les travaux ; & parmi les agrémens de fa
retraite , il comptoit pour beaucoup l'efpérance
d'être reçu
à l'Académie des Belles- Lettres .
Il avoit fervi pendant dix fept ans dans le Régiment
de Hainault Infanterie , où il avoit été
fucceffivement Enfeigne , Lieutenant & Capitaine.
Il fut fait Colonel du Régiment d'Auxerrois
Infanterie , en. 1743 ; Brigadier des Armées du
Roi en 1747 ; Meſtre de Camp d'un nouveau
Régiment de Cavalerie de fon nom , en 1749 ;
a voit ( a ) Jean de Montcalm , l'un de fes ancêtres ,
éponfé Jeanne de Gozon , petite nièce du Grand Maître
Diodat de Gozon , vainqueur du dragon qui defoloit l'Iffs
de Rhodes.
( b ) Jean -Louis- Pierre - Elifabeth de Montcalm de Can
diac , né à Candiac le 7 Novembre 1739 , mort à Paris
le 8 Octobre 1726. Il avoit fait des progrès furprenans
dans les langues Hébraïque , Grecque & Latine , & acquis
des connoiffances prodigieufes pour fon âge. L'Auteur du Bureau typographique avoit fait fur lui la
première expérience de cette nouvelle méthode. Voyez le
Supplément de Moreri à l'Article CANDIA· C.
JANVIER. 1760. 205
Maréchal de Camp & Commandant des Troupes
Françoiles en Amérique , en 1756-3 Commandeur
par honneur de l'Ordre de Saint- Louis , en
175 ; & Lieutenant Général , en 1758 .
Dans les grades inférieurs il le diftingua par
une ardeur & une application fans relâche ; attentif
à recueillir dans chacun de ces emplois les
lumières & l'expérience qui leur font propres &
qui compofent par degrés le fyftême de l'Art
militaire.
Devenu Colonel ' , la connoiffance qu'on avoit
de fes talens & de fon activité , lui fit confier
dans toutes les occafions des commandemens
particuliers ; & il y foutine avec éclat la réputation
qu'il avoit acquife . Il reçut trois bleffures à
la bataille fous Plaifance , donnée le 13 Juin
1746 ; & comme il fe faifoit guérir à Montpellier
de deux coups de fabre à la tête , il apprit
que fon Régiment marchoit pour aller attaquer
le pofte de l'affiette où M. le Chevalier de Belleifle
fut tué. Il part , la tête enveloppée , & , fest
bleffures encore ouvertes , joint fon Corps , fe
trouve à l'attaque , & y reçoit deux coups de feu.
Mais c'eft en Amérique furtout que les qualités
de ce grand Capitaine ont paru dans tour
leur jour. C'est là qu'il a fait voir à quel degré
il réuniſſoit la bravoure du Soldat & la grandeur
d'ame du héros ; la prudence du confeil & l'activité
de l'exécution ; ce fang- froid que rien n'altére
, cette patience que rien ne rebute , & cette
réfolution courageule qui ofe répondre du fuccès
dans des circonftances où la timide (péculation
auroit à peine entrevu des refources. C'eft
là qu'au milieu des Sauvages dont il étoit devenu
le pere , on l'a vu fe plier à leur caractère
féroce , s'endurcir aux mêmes travaux , & fe reftreindre
aux mémes befoins , les apprivoiler par
200 MERCURE DE FRANCE.
la douceur, les attirer par la confiance, les attendrir
par tous les foins de l'humanité compâtiffante , &
faire dominer le refpect & l'amour fur des ames
également indociles au joug de l'obéiffance & au
frein de la difcipline militaire ( c) . C'est là que des
fatigues & des dangers fans nombre & inconnus en
Europe n'ontjamais rallenti fon zèle . Tantôt préfent
à des fpectacles dont l'idée feule fait frémir
la nature tantôt expofé à manquer de
tout , & fouvent à mourir de faim ; réduit pendant
onze mois à quatre onces de pain par
jour ; mangeant du cheval pour donner l'exem
ple , il fut le même dans tous les temps , fati
fait de tout endurer pour la caufe de la Patrie &
pour la gloire de fon Roi. C'eſt là qu'il a exécuté
des chofes prefque incroyables , & que nós
Ennemis eux- mêmes ont regardées comme des
prodiges ; qu'avec fix bataillons François & quelques
troupes de la Colonie , non feulement il a
fait tête à trente , quarante , cinquante mille
hommes , mais qu'il leur en a impofé partout , les
a vaincus , les a diffipés , jufqu'à la malheureufe
journée où vient de périr ce grand homme.
Arrivé dans la Colonie en 1756 , il arrête par
fes bonnes difpofitions l'armée du Général Lou-
( c ) Il étoit venu à bout de les conduire fans leur donner
ni vin , ni eau - de - vie , ni même les chofes dont ils
avoient un befoin réel , & dont on manquoit à l'armée ;
mais il avoit le plus grand foin de leurs malades & de
leurs bleffés . Il connoît , difoient -ils , nos ufages & nos
manières comme s'il avoit été élevé au milieu de nos cabanes.
Loriqu'il reçut à Choueguen la nouvelle que le
Roi l'avoit honoré du Cordon rouge , ils vinrent le complimenter.
Nous fommes charmés ; lui dirent - ils , de la
grace que le grand Onowthio vient de t'accorder , parce
que nous fçavons qu'elle te caufe de la joie. Pour nous ,
nous ne t'en aimons ni ne t'en eftimons davantage , car
F'eft ta perfonne que nous eftimons & que nous aimons.
JANVIER 1760 . 207
don au lac Saint - Sacrement , laiffe des inftruce
tions au Chevalier de Lévi , Commandant en ?
fecond , revient à Montréal & marche rapidement
au lac Ontario , où il trouve trois bataillons
François & environ douze cens hommes de milices .
du pays. Avec cette petite armée qu'il allemble à
Frontenac, il court à Choueguen, y aborde fous le
feu de huit barques de dix , douze & vingt pièces
de canon que l'Anglois avoit fur ce lac , forme
un fiége , ouvre une tranchée , & enlève en cinq ,
jours les trois Forts de l'ennemi ( d ). Il y faic
dix-fept cens quarante-deux prifonniers , parmi
lefquels fe trouvoient quatre-vingt Officiers , &
deux Régimens de cette brave Infanterie Angloife.
qui avoit combattu à Fontenoy. Il rafe les Forts ,
revient à Montréal & retourne au lac Saint-Sacrement
avec les troupes victorieufes. Là il fait.
face de nouveau au Général Loudon qui eft obligé
de fe retirer à Albani , fans avoir ofé l'attaquer
malgré la fupériorité de fes forces . Il revint de
cette expédition à la fin de Novembre fur les
glaces , fouffrant depuis plus de deux mois unfroid
exceffif , & ayant parcouru depuis le mois
de Juin environ huit cens lieues de pays déferts.
C'eft ainfi que les François animés par fon exemple
ont fait la guerre en Amérique.
La campagne de 1757 ne fut pas moins furprenante
. M. de Montcalm réunit fes forces , confiftant
en fix bataillons de troupes régléesc , en
viron deux mille hommes de milice , & dix- huit
cens Sauvages de trente- deux Nations différen
tes , à la chute du lac Saint - Sacrement . Là il diviſe
fon armée en deux parties ; l'une marche
par terre , fe frayant une route à travers des
montagnes & dans des bois jufqu'alors incon
(d ) Le fort Ontario, le fort Chouëguen & le fort Georget
208 MERCURE DE FRANCE.
nus ; l'autre eſt embarquée fur le lac. Après
quatorze lieues de marche il entreprend de forcer
l'Ennemi retranché dans fon camp fous le
Fort Guillaume - Henry. Ce Fort eſt défendu par
une garnison de cinq cens hommes continuellement
rafraîchie par les troupes du camp : il l'attaque
, il le détruit , & s'il ne retint pas la garniton
prifonniere , ce ne fut que dans l'impoffibilité
où l'on étoit de la nourrir ( e ) . Peut- être
n'en feroit- il pas refté là s'il n'avoit été obligé
de renvoyer les Milices pour faire la récolte , &
de lailler partir les Sauvages dont quelques- uns
étoient venus de huit cent lieues uniquement
pour voir par eux-mêmes ce que la renommée
leur avoit appris de cet homme prodigieux.
Mais fi l'on ajoute à la circonftance du départ
des Sauvages & des Colons le défaut de munitions
de guerre & de bouché , l'extrême difficulté
du transport de tout ce qu'exige l'appareil
d'un fiége , à fix lieues de diftance , & à bras
d'hommes , avec une armée épuisée de fatigue,
& plus affoiblie encore par la mauvaiſe nourriture
, que penfera- t- on du reproche qu'on lui
fit alors de n'avoir pas marché du Fort Guillau
me au Fort Edouard ? Il fe vengea de fes Ennemis
en grand homme : il mit le comble à faréputation
dans la Campagne de 1758 , & les
accabla du poids de fa gloire.
La difette affreufe de l'Automne 1757 , qui
dura jufqu'a la fin du Printemps 1758 , mit la
Colonie à deux doigts de fa perte. M. de Montcalm
avoit reçu de France le fecours de deux
bataillons très-affoiblis par une maladie épidémi-,
que qui les avoit attaqués fur la iner, Les Anglois
( e ) Les habitans de Québec étoient alors réduits à un
quarteron de pain par jour ,
JANVIE R. 1760. 209
toujours infiniment fupérieurs en nombre & ea
moyens , avoient été renforcés de plufieurs régimens
envoyés d'Europe. Le Lord Loudon venoit
d'être rappellé pendant l'Hiver & remplacé par
le Général Abercromby. Celui-ci fait tous fes
préparatifs pour entrer de bonne heure en campa
gne & prévenir le Marquis de Montcalm . Retardé
par le défaut de vivres , le Général François ne
put mettre en mouvement qu'au mois de Juin
les huit bataillons affoiblis, les uns par les pertes de
la Campagne précédente , les autres par la maladie.
Ces bataillons ne formoient en total que trois
mille trois cens hommes. M. de Montcalm fe
porta avec cette poignée de monde fur la frontière
du Lac Saint - Sacrement ; le Général Anglois
marchoit à lui avec une armée de plus de vingtfept
mille hommes. Si M. de Montcalm étoit
battu , il n'avoit aucune retraite ; l'Ennemi pouvoit
s'avancer jufqu'a Montréal & couper en deux
la Colonie. Le Héros du canada prend dans cette
extrémité le feul parti qu'il y avoit à prendre. Il
reconnoit & choifit lui-même une polition avantageufe
fur les hauteurs de Carillon ; il y fait
tracer un retranchement en abattis , laiffe un
bataillon pour commencer l'ouvrage, & en même
temps pour garder le fort , fait avec fa petite-
Armée un mouvement audacieux , en fe portant
à quatre lieues en avant , envoie reconnoître &
reconnoît lui - même la marche de l'Ennemi ,
l'examine , le tâte , lui en impofe par fa conte
nance. Cette manoeuvre digne des plus grands
Maîtres rallentit l'ardeur de la multitude ennemie,&
occafionne dans fes mouvemens une lenteur
dont M. de Montcalm fçait tirer avantage.
Ceci fe palloit le 6 Juillet 17 58. Il écrivit le
foir en ces termes à M. Doreil , Commillaire Or210
MERCURE DE FRANCE.
donnateur. Je n'ai que pour huit jours de vivres,
> point de Canadiens (f) , pas un feul Sauvage ;
> ils ne font point arrivés : j'ai affaire à une armée
i formidable ; malgré cela je ne défefpere de
> rien , j'ai de bonnes troupes. A la contenance
» de l'ennemi je vois qu'il tatonne ; fi , par fa
lenteur , il me donne le temps de gagner la
pofition que j'ai choifie fur les hauteurs de
» Carillon , & de m'y retrancher , je le battrai . ››
M. de Montcalmrfe replia dans la nuit du 6 au 7 ,
& fit faire à la hâte fon retranchement auquel
il travailla lui- même. L'abattis n'étoit pas encore
entierement achevé , lorfqu'il fut attaqué le 8-
Juillet par dix- huit mille hommes , avec la plus
grande valeur (g) . L'ennemi toujours repouffé
revient fept fois à la charge , où plutôt on combat
fept heures préfque fans relâche depuis` midi jufqu'à
la nuit : alors le découragement & l'effroi
s'emparent des Anglois ; & , cherchant leur falut
dans la fuite , il fe retirent l'efpace de douze lieues
jufques vers les ruines du fort George , laiffant
en chemin leurs bleffés , leurs vivres & leurs équi
pages. ( h)
Cettejournée à jamais glorieuſe pour la nation
(f) Quelques relations dífent qu'il avoit 1 5 ſauvages &
450 hommes , tant de la Colonie que de la marine , mais
que les fauvages abandonnèrent dans les montagnes le détachement
auquel ils fervoient de guide , & que les 450
hommes de la Colonie & de la marine demeurèrent postés
dans la plaine , & n'y furent point attaqués.
(g) M. le Chevalier de Lévi commandoit la droite de
notre armée , M. de Bourlamaque la gauche , M. de Montcalm
le centre.
(b) Le lendemain du combat , àla pointe du jour , M.
de Montcalm envoya M. le Chevalier de Lévi , fi digne de
fa confiance par fa valeur & fon habileté ; reconnoître ce
qu'étoit devenue l'armée Anglaife . Partout M de Léyi nẹ
trouva que les traces d'une fuite précipitée.
JANVIE R. 1760. 217
Françoife couta à l'ennemi , de fon aveu , fix
mille morts ou bleffés , dont trois mille cadavres
étoient au pied de l'abattis . Le Marquis de Montcalm
étoit partout ; fes difpofitions avoient préparé
la victoire , fon exemple la décida : ni les
Canadiens ni les Sauvages ne participèrent à
l'honneur de cette journée ; ils ne joignirent l'Armée
que cinq jours après. Les foldats , pendant
le combat crioient à chaque inftant : Vive le
Roi & notre Général ! C'elt cette confiance por-`
tée jufqu'à l'entoufiafme qui fait le fort des batail-'
les : une Armée eft presque toujours affurée de
vaincre quand elle le croit invincible , & l'opinion
qu'elle a d'elle-même dépend furtout de
l'idée qu'elle a de ſon Chef.
..
לכ
En écrivant au mêine M. Doreil , dù champ
de bataille à huit heures du foir , voici comment
s'exprimoit ce Vainqueur auffi modefte dans le
triomphe qu'intrépide dans le combat : » l'Armée
»& trop petite Armée du Roi vient de battre fes>
>> ennemis. Quelle journée pour la France ! Siv
» j'avois eu deux cens Sauvages pour fervir de
» tête à un détachement de mille hommes d'élite ,
>> dont j'aurois confié le commandement au
>> Chevalier de Lévi , il n'en feroit pas échappé
» beaucoup dans leur fuite . Ah ! quelles troupes ,
>> mon cher Doreil , que les nôtres ! je n'en ai
»jamais vu de pareilles : que n'étoient- elles à
Louifbourg » Cette lettre eft digne de M. de
Turenne comme l'action qui en eft le fujet.
Dans la relation qu'il envoya le lendemain à
M. le Marquis de Vaudreuil après avoir fait
l'éloge des troupes en général , celui de MM. de
Lévi , de Bourlamaque , Officiers fupérieurs &
de la plus grande diftinction , des Commandans
des Corps , & pour ainfi dire de chaque Officier
en particulier , il ajoutoit Pour moi je n'ai
λ
2
212 MERCURE DE FRANCE.
que le mérite de m'être trouvé Général de
aufli valeureuſes.
>> troupes
Il eut toujours la même attention de rendre à
chacun de fes Officiers la part qu'ils avoient à
fa gloire. J'ai lu dans une lettre qu'il écrivit du
Camp de Carillon le 28 Septembre . » M. le Che-
» valier de Lévi qui connoît très- bien cette fron-
» tière , y a fait les meilleures difpofitions du
» monde , & je les ai fuivies.
.
Il y a de lui une infinité de traits qui caractérifent
le patriote , le guerrier , l'homme jufte ,
vertueux & modefte ; mais la diſtance des lieux
ne m'a pas permis d'en recueillir les preuves 3
& comme je ne veux dire que la vérité , je n'ai
pas cru devoir m'en tenir à la tradition , qui s'altere
de bouche en bouche.
La conftance & la réfolution furent de toutes
fes vertus les plus éprouvées & les plus éclatanres
; mais elles n'avoient rien d'une présomption
aveugle ; & perfonne ne voyoit mieux que lui
les dangers qu'il alloit courir.
Il écrivoit de Montréal le 14 Avril 1759 , » Le
» nouveau Général Anglois Amherſt a de gran-
» des forces & de grands moyens , 22 bataillons
de troupes réglées , plus de 30000 hommes de
milices auffi les Anglois comptent attaquer
» le Canada par plufieurs endroits & l'envahir.
Nous avons fauvé cette Colonie l'année der-
> nière par un fuccès qui tient quafi du prodige.
Faut il en efpérer un pareil ? il faudra au
> moins le tenter. Quel dommage que nous
n'ayons pas un plus grand nombre d'auffi va-
>> leureux foldats ! » L'arrivée de l'Efcadre Angloife
, en mettant le comble aux dangers qui
menaçoient la Colonie , ne fit que redoubler le
courage & le zèle de fon défenſeur .
On n'eft que trop inftruit du détail du combat
JANVIER . 1760. 213
qui a précédé la prife de Québec , & dans lequel
a péri M. de Montcalm. Tous les effets qu'on
peut attendre de la prudence , de la valeur , de
l'activité d'un Général , avoient été employés
par celui- ci , foit pour défendre à l'Ennemi l'approche
de la Ville , foit pour conferver la communication
de l'armée avec les vailleaux qui
avoient remonté le fleuve , & où les vivres
étoient déposés.
Le combat du 31 Juillet , où huit cens Grenadiers
Anglois refterent fur la place à l'attaque du
camp de Beauport qu'ils ne purent jamais forcer ,
quoique la gauche du camp qu'ils attaquoient
efit à foutenir en même temps le feu croiſé de
plus de 80 pièces d'artillerie ; ce combat , dis-je ,
prouve affez la bonté du pofte & l'intrépide réfolution
de celui qui le défendoit ( i ) .
La communication avec les vivres ne fut pas
moins courageufement défendue . Quatre fois
les Anglois tenterent de débarquer au- deffous de
Québec , & quatre fois M. de Bougainville chargé
du foin pénible & critique de couvrir quinze
lieues de pays avec une poignée de monde répandue
fur le rivage , les repouffe & les oblige
de s'éloigner , quoique toujours fupérieurs en
nombre , & foutenus par le feu des frégates qui
les protégeoient. Mais comment une Armée de
huit à neuf mille hommes répandue fur la rivé
d'un fleuve immenfe auroit - elle pu la rendre
inacceffible dans toute fon étendue à dix mille
hommes de troupes réglées , qui , au moyen d'une
flotte de vingt cinq vaiffeaux de guerre , de trente
(i) Je ne dois pas négliger de dire , à la gloire de M. le
Chevalier de Lévi , que c'etoit lui qui avoit demandé que
se camp , dont la gauche n'étoit d'abord appuyée qu'au
ruiffeau de Beauport , fût étendu juſqu'à la riviere de Montmorenci
, dont le paffage étoit plus difficile .
214 MERCURE DE FRANCE
frégates & d'environ cent quatre-vingt bâtimens
de tranfport , exécutoient fur le fleuve & à la faveur
de la marée & de la nuit , des mouvemens
continuels & rapides qu'il étoit impotlible à nos
troupes de terre de prévoir , d'obferver & de
fuivre? Ces infatigables troupes n'avoient , pas
aillé que de faire face partout , de défendre ce
rivage pendant plus de deux mois , prodige incroyable
de vigilance ( k) & d'activité , Torfqu'enfin
le 13 Septembre , tandis que M. de
Bougainville étoit occupé au Cap- rouge , trois
lieues au-deflus de Québec , par les démonftrations
d'une attaque , les Anglois furprirent &
forcerent pendant la nuit un pofte à demie lieue
de la Ville & s'y établirent avant le jour.
M. de Montcalm accourut du camp de Beauport
avec trois mille hommes ; il en trouva
fix mille de débarqués ; & plein de cette noble
ardeur qui avoit toujours décidé la victoire , il
réfolut de les attaquer avant qu'ils fuffent en
plus grand nombre. Dans cette action décifive &
meurtriere , il fut bleflé de deux coups de feu ;
& ce moment fatal fut le premier où la victoire
l'abandonna ( 1 ) . Quoique bleffé mortellement
il eut le courage de refter à cheval , & fit luianême
la retraite de l'armée fous les murailles
de Québec , ou plutôt fur les débris de ces murailles
que l'artillerie Angloife battoit fans relâche
( k ) Le détachement de M. de Bougainville avoit paſſé
trois mois au Bivouac .
( 2 ) Il est très - certain que M. de Bougainville ne fut
averti au Cap rouge du débarquement des Anglois qu'à
zeuf heures du matin , & qu'ayant plus de trois lieues de
chemin à faire , il ne put arriver fur le champ de bataille
qu'après la déroute. Il n'en fit pas moins bonne contenance
, & fa retraite comme fa conduite dans cette pénible
campagne , a justifié pleinement la confiance que M. de
Montcalm avoit en lui.
JAN VIER. 1760. LIS
د ر
depuis deux mois. Il entra dans cette Ville ruinée ,
donna les ordres à tout , fe fit panfer , interrogea
le Chirurgien ; & fur la réponſe , dit au Lieutenant
de Roi & au Commandant de Royal Rouffillon
, Meffieurs , je vous recommande de
ménager l'honneur de la France , & de tâcher
»que ma petite armée puiffe fe retirer cette nuit
» au delà de la riviere du Cap- rouge , pour joindre
le Corps aux ordres de M. de Bougainville
: pour moi je vais la paller avec Dieu , &
me préparer à la mort . Qu'on ne me parle
» plus d'autres chofes. » Il mourut en Héros le
lendemain 14 Septembre à cinq heures du matin,
& fut enterré fans fafte dans un trou de bombe ,
fépulture digne d'un homme qui avoit réfolu de
défendre le Canada ou de s'enfevelir fous fes
ruines ( m ).
Je n'ai eu qu'à raconter les faits dans toute
lear fimplicité , pour faire des talents & des vertus
militaires de M. le Marquis de Montcalm un
éloge peut-être unique. L'Hiftoire les atteftera ,
& la postérité aura peine à les croire ; mais la
Colonie qu'il a défendue , les Guerriers qu'il a
commandés (n ) , les ennemis qu'il a vaincus
tant de fois, en rendront d'éclatans témoignages ;
& ces mêmes Sauvages qu'il a étonnés par des
prodiges de conftance , de réfolution & de valeur
, montreront à leurs enfans dans leurs dé-
(m)Les Anglois lui ont rendu les mêmes honneurs funébres
qu'au Général Wolf tué dans le même combat .
( n) L'un d'eux écrit du Canada : » Je ne me confo-
" lerai jamais de la perte de mon Général ; qu'elle eft
grande & pour nous & pour ce pays & pour l'Etat !
,, C'étoit un bon Général , un Citoyen zélé , un ami folide ,
,, un Pere pour nous tous. Il a été enlevé au moment de
,, jouir du fruit d'une campagne que M. de Turenne n'au
défavouée. Tous les jours je le chercherai , &
tous les jours ma douleur fera plus vive,
23 roit
pas
216 MERCURE DE FRANCE.
ferts inhabités les traces de ce Guerrier qui les
menoit à la victoire , & les lieux où ils ont eu
la gloire de combattre & de vaincre avec lui .
C'elt furtout dans le coeur des François que M.
de Montcalm doit fe furvivre . Notre Nation
qu'on accufe d'oublier trop ailément les grands
hommes qu'elle a perdus , eft profondément
frappée de la mort de celui-ci , & lui donne les
plus juftes larmes.
ÉLOGE HISTORIQUE
DEM.
LE MARQUIS DE MONTCALM.
SI
&
I l'on doit apprécier les hommes par les facrifices
qu'ils font à la fociété , & par les fervices
qu'ils lui rendent , qui jamais fut plus digne que
M. le Marquis de Montcalm de nos éloges & de
nos regrets ? Immoler fon repos à l'Etat , fe féparer
pour lui de rout ce qu'on a de plus cher
lui donner fon fang & fa vie , eft un devoir attaché
à la noble profeffion des armes , & ce dévoûment
héroïque eft la vertu des Guerriers de
tous les pays & de tous les temps . Mais cette
vertu reçoit un nouveau luftre des talens qui la
fecondent , & des circonftances qui l'éprouvent ;
& jamais elle n'a été ni plus éprouvée ni mieux
foutenue que dans le héros que nous pleurons.
LOUIS-JOSEPH , MARQUIS DE MONTCALMGOZON
DE SAINT VÉRAN , Seigneur de Gabriac
& c. Lieutenant - Général des Armées du Roi ,
Commandeur honoraire de l'Ordre Royal & Mi-
I vi
204 MERCURE
DE FRANCE.
litaire de Saint- Louis , commandant en Chef les :
Troupes Françoifes dans l'Amérique Septentrionale
, étoit né en 1712 d'une très- ancienne famille
de Rouergue . ( a )
le
Elève de M. Dumas , Inventeur du Bureau Typographique
, il ne fit pas moins d'honneur aux
leçons de ce Maître habile que Jeune Candiac
fon frere cader , mort à l'âge de ſept ans , & mis
au nombre des enfans célèbres . (b)
"
M. de Montcalm employa fes premieres années
à l'étude des Langues; & perfonne n'étoit.
plus verfé dans la Littérature Grecque & Latine.
La mémoire eft la nourrice de l'efprit , &
celle de M. de Montcalm étoit fi heureuſe , qu'il
n'oublioit rien de ce qu'il avoit appris une fois.
Il a confervé le goût de l'étude au milieu de
tous les travaux ; & parmi les agrémens de fa
retraite , il comptoit pour beaucoup l'efpérance
d'être reçu
à l'Académie des Belles- Lettres .
Il avoit fervi pendant dix fept ans dans le Régiment
de Hainault Infanterie , où il avoit été
fucceffivement Enfeigne , Lieutenant & Capitaine.
Il fut fait Colonel du Régiment d'Auxerrois
Infanterie , en. 1743 ; Brigadier des Armées du
Roi en 1747 ; Meſtre de Camp d'un nouveau
Régiment de Cavalerie de fon nom , en 1749 ;
a voit ( a ) Jean de Montcalm , l'un de fes ancêtres ,
éponfé Jeanne de Gozon , petite nièce du Grand Maître
Diodat de Gozon , vainqueur du dragon qui defoloit l'Iffs
de Rhodes.
( b ) Jean -Louis- Pierre - Elifabeth de Montcalm de Can
diac , né à Candiac le 7 Novembre 1739 , mort à Paris
le 8 Octobre 1726. Il avoit fait des progrès furprenans
dans les langues Hébraïque , Grecque & Latine , & acquis
des connoiffances prodigieufes pour fon âge. L'Auteur du Bureau typographique avoit fait fur lui la
première expérience de cette nouvelle méthode. Voyez le
Supplément de Moreri à l'Article CANDIA· C.
JANVIER. 1760. 205
Maréchal de Camp & Commandant des Troupes
Françoiles en Amérique , en 1756-3 Commandeur
par honneur de l'Ordre de Saint- Louis , en
175 ; & Lieutenant Général , en 1758 .
Dans les grades inférieurs il le diftingua par
une ardeur & une application fans relâche ; attentif
à recueillir dans chacun de ces emplois les
lumières & l'expérience qui leur font propres &
qui compofent par degrés le fyftême de l'Art
militaire.
Devenu Colonel ' , la connoiffance qu'on avoit
de fes talens & de fon activité , lui fit confier
dans toutes les occafions des commandemens
particuliers ; & il y foutine avec éclat la réputation
qu'il avoit acquife . Il reçut trois bleffures à
la bataille fous Plaifance , donnée le 13 Juin
1746 ; & comme il fe faifoit guérir à Montpellier
de deux coups de fabre à la tête , il apprit
que fon Régiment marchoit pour aller attaquer
le pofte de l'affiette où M. le Chevalier de Belleifle
fut tué. Il part , la tête enveloppée , & , fest
bleffures encore ouvertes , joint fon Corps , fe
trouve à l'attaque , & y reçoit deux coups de feu.
Mais c'eft en Amérique furtout que les qualités
de ce grand Capitaine ont paru dans tour
leur jour. C'est là qu'il a fait voir à quel degré
il réuniſſoit la bravoure du Soldat & la grandeur
d'ame du héros ; la prudence du confeil & l'activité
de l'exécution ; ce fang- froid que rien n'altére
, cette patience que rien ne rebute , & cette
réfolution courageule qui ofe répondre du fuccès
dans des circonftances où la timide (péculation
auroit à peine entrevu des refources. C'eft
là qu'au milieu des Sauvages dont il étoit devenu
le pere , on l'a vu fe plier à leur caractère
féroce , s'endurcir aux mêmes travaux , & fe reftreindre
aux mémes befoins , les apprivoiler par
200 MERCURE DE FRANCE.
la douceur, les attirer par la confiance, les attendrir
par tous les foins de l'humanité compâtiffante , &
faire dominer le refpect & l'amour fur des ames
également indociles au joug de l'obéiffance & au
frein de la difcipline militaire ( c) . C'est là que des
fatigues & des dangers fans nombre & inconnus en
Europe n'ontjamais rallenti fon zèle . Tantôt préfent
à des fpectacles dont l'idée feule fait frémir
la nature tantôt expofé à manquer de
tout , & fouvent à mourir de faim ; réduit pendant
onze mois à quatre onces de pain par
jour ; mangeant du cheval pour donner l'exem
ple , il fut le même dans tous les temps , fati
fait de tout endurer pour la caufe de la Patrie &
pour la gloire de fon Roi. C'eſt là qu'il a exécuté
des chofes prefque incroyables , & que nós
Ennemis eux- mêmes ont regardées comme des
prodiges ; qu'avec fix bataillons François & quelques
troupes de la Colonie , non feulement il a
fait tête à trente , quarante , cinquante mille
hommes , mais qu'il leur en a impofé partout , les
a vaincus , les a diffipés , jufqu'à la malheureufe
journée où vient de périr ce grand homme.
Arrivé dans la Colonie en 1756 , il arrête par
fes bonnes difpofitions l'armée du Général Lou-
( c ) Il étoit venu à bout de les conduire fans leur donner
ni vin , ni eau - de - vie , ni même les chofes dont ils
avoient un befoin réel , & dont on manquoit à l'armée ;
mais il avoit le plus grand foin de leurs malades & de
leurs bleffés . Il connoît , difoient -ils , nos ufages & nos
manières comme s'il avoit été élevé au milieu de nos cabanes.
Loriqu'il reçut à Choueguen la nouvelle que le
Roi l'avoit honoré du Cordon rouge , ils vinrent le complimenter.
Nous fommes charmés ; lui dirent - ils , de la
grace que le grand Onowthio vient de t'accorder , parce
que nous fçavons qu'elle te caufe de la joie. Pour nous ,
nous ne t'en aimons ni ne t'en eftimons davantage , car
F'eft ta perfonne que nous eftimons & que nous aimons.
JANVIER 1760 . 207
don au lac Saint - Sacrement , laiffe des inftruce
tions au Chevalier de Lévi , Commandant en ?
fecond , revient à Montréal & marche rapidement
au lac Ontario , où il trouve trois bataillons
François & environ douze cens hommes de milices .
du pays. Avec cette petite armée qu'il allemble à
Frontenac, il court à Choueguen, y aborde fous le
feu de huit barques de dix , douze & vingt pièces
de canon que l'Anglois avoit fur ce lac , forme
un fiége , ouvre une tranchée , & enlève en cinq ,
jours les trois Forts de l'ennemi ( d ). Il y faic
dix-fept cens quarante-deux prifonniers , parmi
lefquels fe trouvoient quatre-vingt Officiers , &
deux Régimens de cette brave Infanterie Angloife.
qui avoit combattu à Fontenoy. Il rafe les Forts ,
revient à Montréal & retourne au lac Saint-Sacrement
avec les troupes victorieufes. Là il fait.
face de nouveau au Général Loudon qui eft obligé
de fe retirer à Albani , fans avoir ofé l'attaquer
malgré la fupériorité de fes forces . Il revint de
cette expédition à la fin de Novembre fur les
glaces , fouffrant depuis plus de deux mois unfroid
exceffif , & ayant parcouru depuis le mois
de Juin environ huit cens lieues de pays déferts.
C'eft ainfi que les François animés par fon exemple
ont fait la guerre en Amérique.
La campagne de 1757 ne fut pas moins furprenante
. M. de Montcalm réunit fes forces , confiftant
en fix bataillons de troupes régléesc , en
viron deux mille hommes de milice , & dix- huit
cens Sauvages de trente- deux Nations différen
tes , à la chute du lac Saint - Sacrement . Là il diviſe
fon armée en deux parties ; l'une marche
par terre , fe frayant une route à travers des
montagnes & dans des bois jufqu'alors incon
(d ) Le fort Ontario, le fort Chouëguen & le fort Georget
208 MERCURE DE FRANCE.
nus ; l'autre eſt embarquée fur le lac. Après
quatorze lieues de marche il entreprend de forcer
l'Ennemi retranché dans fon camp fous le
Fort Guillaume - Henry. Ce Fort eſt défendu par
une garnison de cinq cens hommes continuellement
rafraîchie par les troupes du camp : il l'attaque
, il le détruit , & s'il ne retint pas la garniton
prifonniere , ce ne fut que dans l'impoffibilité
où l'on étoit de la nourrir ( e ) . Peut- être
n'en feroit- il pas refté là s'il n'avoit été obligé
de renvoyer les Milices pour faire la récolte , &
de lailler partir les Sauvages dont quelques- uns
étoient venus de huit cent lieues uniquement
pour voir par eux-mêmes ce que la renommée
leur avoit appris de cet homme prodigieux.
Mais fi l'on ajoute à la circonftance du départ
des Sauvages & des Colons le défaut de munitions
de guerre & de bouché , l'extrême difficulté
du transport de tout ce qu'exige l'appareil
d'un fiége , à fix lieues de diftance , & à bras
d'hommes , avec une armée épuisée de fatigue,
& plus affoiblie encore par la mauvaiſe nourriture
, que penfera- t- on du reproche qu'on lui
fit alors de n'avoir pas marché du Fort Guillau
me au Fort Edouard ? Il fe vengea de fes Ennemis
en grand homme : il mit le comble à faréputation
dans la Campagne de 1758 , & les
accabla du poids de fa gloire.
La difette affreufe de l'Automne 1757 , qui
dura jufqu'a la fin du Printemps 1758 , mit la
Colonie à deux doigts de fa perte. M. de Montcalm
avoit reçu de France le fecours de deux
bataillons très-affoiblis par une maladie épidémi-,
que qui les avoit attaqués fur la iner, Les Anglois
( e ) Les habitans de Québec étoient alors réduits à un
quarteron de pain par jour ,
JANVIE R. 1760. 209
toujours infiniment fupérieurs en nombre & ea
moyens , avoient été renforcés de plufieurs régimens
envoyés d'Europe. Le Lord Loudon venoit
d'être rappellé pendant l'Hiver & remplacé par
le Général Abercromby. Celui-ci fait tous fes
préparatifs pour entrer de bonne heure en campa
gne & prévenir le Marquis de Montcalm . Retardé
par le défaut de vivres , le Général François ne
put mettre en mouvement qu'au mois de Juin
les huit bataillons affoiblis, les uns par les pertes de
la Campagne précédente , les autres par la maladie.
Ces bataillons ne formoient en total que trois
mille trois cens hommes. M. de Montcalm fe
porta avec cette poignée de monde fur la frontière
du Lac Saint - Sacrement ; le Général Anglois
marchoit à lui avec une armée de plus de vingtfept
mille hommes. Si M. de Montcalm étoit
battu , il n'avoit aucune retraite ; l'Ennemi pouvoit
s'avancer jufqu'a Montréal & couper en deux
la Colonie. Le Héros du canada prend dans cette
extrémité le feul parti qu'il y avoit à prendre. Il
reconnoit & choifit lui-même une polition avantageufe
fur les hauteurs de Carillon ; il y fait
tracer un retranchement en abattis , laiffe un
bataillon pour commencer l'ouvrage, & en même
temps pour garder le fort , fait avec fa petite-
Armée un mouvement audacieux , en fe portant
à quatre lieues en avant , envoie reconnoître &
reconnoît lui - même la marche de l'Ennemi ,
l'examine , le tâte , lui en impofe par fa conte
nance. Cette manoeuvre digne des plus grands
Maîtres rallentit l'ardeur de la multitude ennemie,&
occafionne dans fes mouvemens une lenteur
dont M. de Montcalm fçait tirer avantage.
Ceci fe palloit le 6 Juillet 17 58. Il écrivit le
foir en ces termes à M. Doreil , Commillaire Or210
MERCURE DE FRANCE.
donnateur. Je n'ai que pour huit jours de vivres,
> point de Canadiens (f) , pas un feul Sauvage ;
> ils ne font point arrivés : j'ai affaire à une armée
i formidable ; malgré cela je ne défefpere de
> rien , j'ai de bonnes troupes. A la contenance
» de l'ennemi je vois qu'il tatonne ; fi , par fa
lenteur , il me donne le temps de gagner la
pofition que j'ai choifie fur les hauteurs de
» Carillon , & de m'y retrancher , je le battrai . ››
M. de Montcalmrfe replia dans la nuit du 6 au 7 ,
& fit faire à la hâte fon retranchement auquel
il travailla lui- même. L'abattis n'étoit pas encore
entierement achevé , lorfqu'il fut attaqué le 8-
Juillet par dix- huit mille hommes , avec la plus
grande valeur (g) . L'ennemi toujours repouffé
revient fept fois à la charge , où plutôt on combat
fept heures préfque fans relâche depuis` midi jufqu'à
la nuit : alors le découragement & l'effroi
s'emparent des Anglois ; & , cherchant leur falut
dans la fuite , il fe retirent l'efpace de douze lieues
jufques vers les ruines du fort George , laiffant
en chemin leurs bleffés , leurs vivres & leurs équi
pages. ( h)
Cettejournée à jamais glorieuſe pour la nation
(f) Quelques relations dífent qu'il avoit 1 5 ſauvages &
450 hommes , tant de la Colonie que de la marine , mais
que les fauvages abandonnèrent dans les montagnes le détachement
auquel ils fervoient de guide , & que les 450
hommes de la Colonie & de la marine demeurèrent postés
dans la plaine , & n'y furent point attaqués.
(g) M. le Chevalier de Lévi commandoit la droite de
notre armée , M. de Bourlamaque la gauche , M. de Montcalm
le centre.
(b) Le lendemain du combat , àla pointe du jour , M.
de Montcalm envoya M. le Chevalier de Lévi , fi digne de
fa confiance par fa valeur & fon habileté ; reconnoître ce
qu'étoit devenue l'armée Anglaife . Partout M de Léyi nẹ
trouva que les traces d'une fuite précipitée.
JANVIE R. 1760. 217
Françoife couta à l'ennemi , de fon aveu , fix
mille morts ou bleffés , dont trois mille cadavres
étoient au pied de l'abattis . Le Marquis de Montcalm
étoit partout ; fes difpofitions avoient préparé
la victoire , fon exemple la décida : ni les
Canadiens ni les Sauvages ne participèrent à
l'honneur de cette journée ; ils ne joignirent l'Armée
que cinq jours après. Les foldats , pendant
le combat crioient à chaque inftant : Vive le
Roi & notre Général ! C'elt cette confiance por-`
tée jufqu'à l'entoufiafme qui fait le fort des batail-'
les : une Armée eft presque toujours affurée de
vaincre quand elle le croit invincible , & l'opinion
qu'elle a d'elle-même dépend furtout de
l'idée qu'elle a de ſon Chef.
..
לכ
En écrivant au mêine M. Doreil , dù champ
de bataille à huit heures du foir , voici comment
s'exprimoit ce Vainqueur auffi modefte dans le
triomphe qu'intrépide dans le combat : » l'Armée
»& trop petite Armée du Roi vient de battre fes>
>> ennemis. Quelle journée pour la France ! Siv
» j'avois eu deux cens Sauvages pour fervir de
» tête à un détachement de mille hommes d'élite ,
>> dont j'aurois confié le commandement au
>> Chevalier de Lévi , il n'en feroit pas échappé
» beaucoup dans leur fuite . Ah ! quelles troupes ,
>> mon cher Doreil , que les nôtres ! je n'en ai
»jamais vu de pareilles : que n'étoient- elles à
Louifbourg » Cette lettre eft digne de M. de
Turenne comme l'action qui en eft le fujet.
Dans la relation qu'il envoya le lendemain à
M. le Marquis de Vaudreuil après avoir fait
l'éloge des troupes en général , celui de MM. de
Lévi , de Bourlamaque , Officiers fupérieurs &
de la plus grande diftinction , des Commandans
des Corps , & pour ainfi dire de chaque Officier
en particulier , il ajoutoit Pour moi je n'ai
λ
2
212 MERCURE DE FRANCE.
que le mérite de m'être trouvé Général de
aufli valeureuſes.
>> troupes
Il eut toujours la même attention de rendre à
chacun de fes Officiers la part qu'ils avoient à
fa gloire. J'ai lu dans une lettre qu'il écrivit du
Camp de Carillon le 28 Septembre . » M. le Che-
» valier de Lévi qui connoît très- bien cette fron-
» tière , y a fait les meilleures difpofitions du
» monde , & je les ai fuivies.
.
Il y a de lui une infinité de traits qui caractérifent
le patriote , le guerrier , l'homme jufte ,
vertueux & modefte ; mais la diſtance des lieux
ne m'a pas permis d'en recueillir les preuves 3
& comme je ne veux dire que la vérité , je n'ai
pas cru devoir m'en tenir à la tradition , qui s'altere
de bouche en bouche.
La conftance & la réfolution furent de toutes
fes vertus les plus éprouvées & les plus éclatanres
; mais elles n'avoient rien d'une présomption
aveugle ; & perfonne ne voyoit mieux que lui
les dangers qu'il alloit courir.
Il écrivoit de Montréal le 14 Avril 1759 , » Le
» nouveau Général Anglois Amherſt a de gran-
» des forces & de grands moyens , 22 bataillons
de troupes réglées , plus de 30000 hommes de
milices auffi les Anglois comptent attaquer
» le Canada par plufieurs endroits & l'envahir.
Nous avons fauvé cette Colonie l'année der-
> nière par un fuccès qui tient quafi du prodige.
Faut il en efpérer un pareil ? il faudra au
> moins le tenter. Quel dommage que nous
n'ayons pas un plus grand nombre d'auffi va-
>> leureux foldats ! » L'arrivée de l'Efcadre Angloife
, en mettant le comble aux dangers qui
menaçoient la Colonie , ne fit que redoubler le
courage & le zèle de fon défenſeur .
On n'eft que trop inftruit du détail du combat
JANVIER . 1760. 213
qui a précédé la prife de Québec , & dans lequel
a péri M. de Montcalm. Tous les effets qu'on
peut attendre de la prudence , de la valeur , de
l'activité d'un Général , avoient été employés
par celui- ci , foit pour défendre à l'Ennemi l'approche
de la Ville , foit pour conferver la communication
de l'armée avec les vailleaux qui
avoient remonté le fleuve , & où les vivres
étoient déposés.
Le combat du 31 Juillet , où huit cens Grenadiers
Anglois refterent fur la place à l'attaque du
camp de Beauport qu'ils ne purent jamais forcer ,
quoique la gauche du camp qu'ils attaquoient
efit à foutenir en même temps le feu croiſé de
plus de 80 pièces d'artillerie ; ce combat , dis-je ,
prouve affez la bonté du pofte & l'intrépide réfolution
de celui qui le défendoit ( i ) .
La communication avec les vivres ne fut pas
moins courageufement défendue . Quatre fois
les Anglois tenterent de débarquer au- deffous de
Québec , & quatre fois M. de Bougainville chargé
du foin pénible & critique de couvrir quinze
lieues de pays avec une poignée de monde répandue
fur le rivage , les repouffe & les oblige
de s'éloigner , quoique toujours fupérieurs en
nombre , & foutenus par le feu des frégates qui
les protégeoient. Mais comment une Armée de
huit à neuf mille hommes répandue fur la rivé
d'un fleuve immenfe auroit - elle pu la rendre
inacceffible dans toute fon étendue à dix mille
hommes de troupes réglées , qui , au moyen d'une
flotte de vingt cinq vaiffeaux de guerre , de trente
(i) Je ne dois pas négliger de dire , à la gloire de M. le
Chevalier de Lévi , que c'etoit lui qui avoit demandé que
se camp , dont la gauche n'étoit d'abord appuyée qu'au
ruiffeau de Beauport , fût étendu juſqu'à la riviere de Montmorenci
, dont le paffage étoit plus difficile .
214 MERCURE DE FRANCE
frégates & d'environ cent quatre-vingt bâtimens
de tranfport , exécutoient fur le fleuve & à la faveur
de la marée & de la nuit , des mouvemens
continuels & rapides qu'il étoit impotlible à nos
troupes de terre de prévoir , d'obferver & de
fuivre? Ces infatigables troupes n'avoient , pas
aillé que de faire face partout , de défendre ce
rivage pendant plus de deux mois , prodige incroyable
de vigilance ( k) & d'activité , Torfqu'enfin
le 13 Septembre , tandis que M. de
Bougainville étoit occupé au Cap- rouge , trois
lieues au-deflus de Québec , par les démonftrations
d'une attaque , les Anglois furprirent &
forcerent pendant la nuit un pofte à demie lieue
de la Ville & s'y établirent avant le jour.
M. de Montcalm accourut du camp de Beauport
avec trois mille hommes ; il en trouva
fix mille de débarqués ; & plein de cette noble
ardeur qui avoit toujours décidé la victoire , il
réfolut de les attaquer avant qu'ils fuffent en
plus grand nombre. Dans cette action décifive &
meurtriere , il fut bleflé de deux coups de feu ;
& ce moment fatal fut le premier où la victoire
l'abandonna ( 1 ) . Quoique bleffé mortellement
il eut le courage de refter à cheval , & fit luianême
la retraite de l'armée fous les murailles
de Québec , ou plutôt fur les débris de ces murailles
que l'artillerie Angloife battoit fans relâche
( k ) Le détachement de M. de Bougainville avoit paſſé
trois mois au Bivouac .
( 2 ) Il est très - certain que M. de Bougainville ne fut
averti au Cap rouge du débarquement des Anglois qu'à
zeuf heures du matin , & qu'ayant plus de trois lieues de
chemin à faire , il ne put arriver fur le champ de bataille
qu'après la déroute. Il n'en fit pas moins bonne contenance
, & fa retraite comme fa conduite dans cette pénible
campagne , a justifié pleinement la confiance que M. de
Montcalm avoit en lui.
JAN VIER. 1760. LIS
د ر
depuis deux mois. Il entra dans cette Ville ruinée ,
donna les ordres à tout , fe fit panfer , interrogea
le Chirurgien ; & fur la réponſe , dit au Lieutenant
de Roi & au Commandant de Royal Rouffillon
, Meffieurs , je vous recommande de
ménager l'honneur de la France , & de tâcher
»que ma petite armée puiffe fe retirer cette nuit
» au delà de la riviere du Cap- rouge , pour joindre
le Corps aux ordres de M. de Bougainville
: pour moi je vais la paller avec Dieu , &
me préparer à la mort . Qu'on ne me parle
» plus d'autres chofes. » Il mourut en Héros le
lendemain 14 Septembre à cinq heures du matin,
& fut enterré fans fafte dans un trou de bombe ,
fépulture digne d'un homme qui avoit réfolu de
défendre le Canada ou de s'enfevelir fous fes
ruines ( m ).
Je n'ai eu qu'à raconter les faits dans toute
lear fimplicité , pour faire des talents & des vertus
militaires de M. le Marquis de Montcalm un
éloge peut-être unique. L'Hiftoire les atteftera ,
& la postérité aura peine à les croire ; mais la
Colonie qu'il a défendue , les Guerriers qu'il a
commandés (n ) , les ennemis qu'il a vaincus
tant de fois, en rendront d'éclatans témoignages ;
& ces mêmes Sauvages qu'il a étonnés par des
prodiges de conftance , de réfolution & de valeur
, montreront à leurs enfans dans leurs dé-
(m)Les Anglois lui ont rendu les mêmes honneurs funébres
qu'au Général Wolf tué dans le même combat .
( n) L'un d'eux écrit du Canada : » Je ne me confo-
" lerai jamais de la perte de mon Général ; qu'elle eft
grande & pour nous & pour ce pays & pour l'Etat !
,, C'étoit un bon Général , un Citoyen zélé , un ami folide ,
,, un Pere pour nous tous. Il a été enlevé au moment de
,, jouir du fruit d'une campagne que M. de Turenne n'au
défavouée. Tous les jours je le chercherai , &
tous les jours ma douleur fera plus vive,
23 roit
pas
216 MERCURE DE FRANCE.
ferts inhabités les traces de ce Guerrier qui les
menoit à la victoire , & les lieux où ils ont eu
la gloire de combattre & de vaincre avec lui .
C'elt furtout dans le coeur des François que M.
de Montcalm doit fe furvivre . Notre Nation
qu'on accufe d'oublier trop ailément les grands
hommes qu'elle a perdus , eft profondément
frappée de la mort de celui-ci , & lui donne les
plus juftes larmes.
Fermer
Résumé : MORTS. ÉLOGE HISTORIQUE DE M. LE MARQUIS DE MONTCALM.
Le Marquis de Montcalm, né en 1712, fut un militaire français distingué pour son dévouement et ses sacrifices pour l'État. Il débuta sa carrière au Régiment de Hainault Infanterie et gravit les échelons jusqu'à devenir Lieutenant-Général des Armées du Roi et commandant en chef des troupes françaises en Amérique septentrionale. Montcalm était également un érudit, maîtrisant les langues grecque et latine, et conservant un goût pour l'étude tout au long de sa carrière. Montcalm servit avec distinction dans plusieurs campagnes en Europe et en Amérique. En Amérique, il montra une bravoure exceptionnelle, une grande prudence et une résolution courageuse, menant des troupes françaises et des alliés autochtones contre des forces ennemies supérieures en nombre. Ses campagnes, notamment autour du lac Saint-Sacrement et du fort Carillon, furent marquées par des victoires stratégiques et des manœuvres audacieuses. En 1759-1760, Montcalm et ses troupes, sous les ordres de Lévi et Bourlamaque, remportèrent une victoire significative contre les forces ennemies. La bataille coûta à l'ennemi environ six mille morts ou blessés, avec trois mille cadavres près de l'abattis. Les Canadiens et les Sauvages ne participèrent pas à cette victoire, rejoignant l'armée cinq jours plus tard. Les soldats crièrent 'Vive le Roi et notre Général!' durant le combat, reflétant leur confiance en Montcalm. Montcalm écrivit à Doreil pour exprimer sa satisfaction de la victoire et regretta de ne pas avoir plus de troupes pour poursuivre l'ennemi. Il loua également ses officiers et soldats, soulignant leur valeur et leur discipline. Dans une lettre à Vaudreuil, il attribua la victoire aux dispositions prises et à l'exemple donné par lui-même. La défense de Québec contre les forces anglaises fut marquée par des combats acharnés pour protéger les vivres et les communications. Montcalm fut blessé mortellement lors d'une bataille décisive près de Québec et mourut le 14 septembre 1760. Ses dernières paroles furent de recommander à ses officiers de préserver l'honneur de la France. Les ennemis et les alliés de Montcalm témoignèrent de ses talents militaires et de ses vertus.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1346
p. 200-201
DE VIENNE, le 6 Décembre.
Début :
Les derniers avantages remportés par nos Troupes en Saxe, ont déterminé [...]
Mots clefs :
Troupes, Saxe, Impératrice, Guerre, Général, Baron, Ennemis, Artillerie, Bateaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VIENNE, le 6 Décembre.
De VIENNE , le 6 Décembre.
Les derniers avantages remportés par nos
Troupes en Saxe , ont déterminé l'Impératrice
Reine à leur accorder des gratifications pour les
encourager à continuer La guerre pendant
l'hyver.
Un Corps de troupes Pruffiennes , aux ordrès
du Général Hulfen , étoit pofté le 4 à Meiſſen får
la rive droite de l'Elbe qu'il avoit derriere lui. Ce
corps étoit de fept mille hommes d'élite. Les bateaux
étoient difpofés pour le paffer ſur l'autre
tive du fleuve. Le Baron de Beck , avec le corps
JANVIER, 1760 .
201
de troupes qu'il commande , fe préfenta ce même
jour en bataille devant le Corps Pruffien . Il l'attaqua
avec la plus grande impétuofité , & le défit
totalement. Environ la moitié du corps ennemi eut
le temps de fe jetter dans les bateaux , & de fe
fauver , en laiffant fur le champ de bataille huit
cens morts , quinze cens prifonniers & huit piéces
de canon. Mais l'artillerie Autrichienne poinrée
en diligence fur les bateaux fit effuyer aux
vaincus une feconde perte d'environ fix cens hom
mes qui furent précipités & noyés dans l'Elbe.
Les derniers avantages remportés par nos
Troupes en Saxe , ont déterminé l'Impératrice
Reine à leur accorder des gratifications pour les
encourager à continuer La guerre pendant
l'hyver.
Un Corps de troupes Pruffiennes , aux ordrès
du Général Hulfen , étoit pofté le 4 à Meiſſen får
la rive droite de l'Elbe qu'il avoit derriere lui. Ce
corps étoit de fept mille hommes d'élite. Les bateaux
étoient difpofés pour le paffer ſur l'autre
tive du fleuve. Le Baron de Beck , avec le corps
JANVIER, 1760 .
201
de troupes qu'il commande , fe préfenta ce même
jour en bataille devant le Corps Pruffien . Il l'attaqua
avec la plus grande impétuofité , & le défit
totalement. Environ la moitié du corps ennemi eut
le temps de fe jetter dans les bateaux , & de fe
fauver , en laiffant fur le champ de bataille huit
cens morts , quinze cens prifonniers & huit piéces
de canon. Mais l'artillerie Autrichienne poinrée
en diligence fur les bateaux fit effuyer aux
vaincus une feconde perte d'environ fix cens hom
mes qui furent précipités & noyés dans l'Elbe.
Fermer
Résumé : DE VIENNE, le 6 Décembre.
Le 6 décembre, l'Impératrice Reine a décidé d'accorder des gratifications aux troupes autrichiennes en Saxe pour les encourager à poursuivre les combats pendant l'hiver, suite à leurs récents succès. Le 4 décembre, un corps de troupes prussiennes, composé de sept mille hommes d'élite sous les ordres du Général Hulfen, était positionné à Meissen sur la rive droite de l'Elbe. Les Prussiens avaient préparé des bateaux pour traverser le fleuve. Le même jour, le Baron de Beck, à la tête de ses troupes, a attaqué les Prussiens avec une grande impétuosité et les a vaincus. Environ la moitié des troupes prussiennes a réussi à s'enfuir en utilisant les bateaux, laissant sur le champ de bataille huit cents morts, mille cinq cents prisonniers et huit pièces de canon. L'artillerie autrichienne, rapidement déployée sur les bateaux, a causé une seconde perte aux Prussiens, environ six cents hommes ayant été précipités et noyés dans l'Elbe.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1347
p. 201
DE LEIPSICK, le 16 Décembre.
Début :
Après l'affaire de Meissen, le Général Beck s'est porté sur Torgau avec un [...]
Mots clefs :
Général, Torgau, Troupes, Attaque, Magasins, Ennemis, Prussiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LEIPSICK, le 16 Décembre.
De LEIPSICK , le 16 Décembre.
Après l'affaire de Meiffen , le Général Beck
s'eft porté fur Torgau avec un Corps de feize
mille hommes . Il a rencontré fur l'Elbe foixante
barques chargées de proviſions pour les Pruffiens .
Il a fait attaquer ce convoi , & toutes les barques
ont été brulées ou coulées à fond . Il a brulé les
magafins que les Ennemis avoient à Riella , à
Striehlen & à Belgern ; enfuire il s'eft préſenté
devant Torgau. Mais ayant reconnu qu'il lui
étoit impoffible de tenter le paffage de l'Elbe ,
il s'eft contenté de jetter quelques bombes dans
la Place , & il s'eft replié fur Efter werda .
Le 23 , les Pruffiens évacuerent Dippoldiswalde
, que le Général Prentano fit occuper fur le
champ ; & ils fe retirerent fur Freyberg.
Après l'affaire de Meiffen , le Général Beck
s'eft porté fur Torgau avec un Corps de feize
mille hommes . Il a rencontré fur l'Elbe foixante
barques chargées de proviſions pour les Pruffiens .
Il a fait attaquer ce convoi , & toutes les barques
ont été brulées ou coulées à fond . Il a brulé les
magafins que les Ennemis avoient à Riella , à
Striehlen & à Belgern ; enfuire il s'eft préſenté
devant Torgau. Mais ayant reconnu qu'il lui
étoit impoffible de tenter le paffage de l'Elbe ,
il s'eft contenté de jetter quelques bombes dans
la Place , & il s'eft replié fur Efter werda .
Le 23 , les Pruffiens évacuerent Dippoldiswalde
, que le Général Prentano fit occuper fur le
champ ; & ils fe retirerent fur Freyberg.
Fermer
Résumé : DE LEIPSICK, le 16 Décembre.
Le 16 décembre, le général Beck, à la tête de seize mille hommes, intercepta et détruisit des barques de provisions prussiennes sur l'Elbe. Il incendia des magasins ennemis à Riella, Striehlen et Belgern, puis attaqua Torgau sans succès. Le 23 décembre, les Prussiens quittèrent Dippoldiswalde, occupé par le général Prentano.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1348
p. 201-202
DE PRAGUE, le 22 Décembre.
Début :
Le 17 de ce mois un détachement de 1800 Prussiens surprit le Monastère [...]
Mots clefs :
Détachement des troupes, Monastère, Abbé, Pillage, Attaque, Menace
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PRAGUE, le 22 Décembre.
De PRAGUE, le 22 Décembre.
rompre
Le 17 de ce mois un détachement de 1800
Pruffiens furprit le Monaftère d'Offeg. L'Officier
qui les commandoit demanda l'Abbé ; & comme
on lui dit qu'il étoit abfent , il fit
les portes de la chambre du dépôt , & enleva
l'argent. Enfuite il ordonna au Prieur de fournir
cent mille écus , avec menace s'il n'obéifloit
pas , de faire brüler le Monaffère. Le lende
?
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
main , la Communauté n'ayant pu raffembler
que mille florins , le Monaftère & l'Eglife furent
mis au plus affreux pillage.
rompre
Le 17 de ce mois un détachement de 1800
Pruffiens furprit le Monaftère d'Offeg. L'Officier
qui les commandoit demanda l'Abbé ; & comme
on lui dit qu'il étoit abfent , il fit
les portes de la chambre du dépôt , & enleva
l'argent. Enfuite il ordonna au Prieur de fournir
cent mille écus , avec menace s'il n'obéifloit
pas , de faire brüler le Monaffère. Le lende
?
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
main , la Communauté n'ayant pu raffembler
que mille florins , le Monaftère & l'Eglife furent
mis au plus affreux pillage.
Fermer
Résumé : DE PRAGUE, le 22 Décembre.
Le 17 décembre, 1800 Prussiens ont attaqué le monastère d'Offeg. L'officier a volé l'argent du dépôt et a exigé cent mille écus du prieur, menaçant de brûler le monastère. Le lendemain, après avoir obtenu seulement mille florins, ils ont pillé le monastère et l'église.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1349
p. 202-203
DE LONDRES, le 10 Décembre.
Début :
Le Général Amherst, qui n'a pu réussir dans l'expédition qu'il avoit projettée contre [...]
Mots clefs :
Général, Expédition, Fort, Amérique septentrionale, Réparations, Forteresse, Troupes, Escadre, Amiral, Québec, Indes orientales
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES, le 10 Décembre.
De' LONDRES , le 10 Décembre .
Le Général Amherst , qui n'a pu réuffir dans
l'expédition qu'il avoit projettée contre le fort
Saint Jean , fur le Lac Champlain dans l'Amérique
Septentrionale , n'a pas été plus heureux
dans le deffein d'occuper le pofte avantageux de
la Galette . Le Général Gage qu'il avoit chargé
de cette entrepriſe lui écrivit le 11 Septembre
que la faifon étoit trop avancée.
Les réparations du fort Carillon font entierement
finies. Le Général Amherſt affure que le terrein
fur lequel la Fortereffe de la pointe de la couronne
eft fituée , eft le plus avantageux qu'il ait
vu en Amérique. Rien ne le commande ; & il
préfente toutes les commodités pour une fortification
régulière. Les Grenadiers & les troupes
légères continuent de travailler à la conftruction
de trois forts , qui rendront cette place des
plus formidables. Le Général Amherſt ne ſe flatte
pas qu'il puiffe porter tous ces travaux au point
de leur perfection ; mais il croit pouvoir garantir
qu'ils feront affez avancés pour empêcher le fuccès
de l'ennemi , au cas qu'il tentât de reprendre fur
nous la pointe de la Couronne.
L'on a appris que trois des vaiffeaux de l'Efcadre
de l'Amiral Boys , qui eft depuis fi longtems
à la recherche du fieur Thurot , ont eu le malheur
d'être défemparés de tous leurs mâts par un
gros vent , & ont relâché dans un Port d'Ecoffe.
Sur cette nouvelle on affure que l'Amirauré
envoyé ordre au fieur Brett , qui étoit aux Dunes ,
d'en partir auffitôt avec les vailleaux à ſes ordres ,
pouraller à la pourfuite de la petite Efcadre Françoiſe.
a
JANVIER. 1760. 203
Nous avons ici de nouvelles Lettres de Québec
en date du to Octobre. Elles portent que le fieur
de Bougainville , Colonel dans les troupes Françoiſes
, eft venu dans cette Ville traiter de quelque
arrangement avec le fieur Murray , qui en eft le
Gouverneur ; mais on en ignore encore l'objet.
Les vivres y font extraordinairement chers ; toutes
les maifons abattues laiffoient le Soldat fans abri.
Un autre inconvénient , au moins aufli grand ,
c'eft qu'il n'y avoit point du tout de bois pour le
chauffage.
Di 15.
Un bâtiment venu des Indes Orientales nous
a apporté les nouvelles fuivantes. Le fieur d'Aché
eft parti de l'Ifle de Bourbon pour ſe rendre fur
la côte de Coromandel.
Il fut appercu le 2 du mois d'Août dernier au
Sud de Madagascar , faifant route avec onze
vaiffeaux , trois frégates , & plufieurs bâtimens
de tranfport. Les François fe flattent que ce Général
, avec des forces fi confidérables , réparera
les pertes qu'ils ont faites précédemment.
Le Général Amherst , qui n'a pu réuffir dans
l'expédition qu'il avoit projettée contre le fort
Saint Jean , fur le Lac Champlain dans l'Amérique
Septentrionale , n'a pas été plus heureux
dans le deffein d'occuper le pofte avantageux de
la Galette . Le Général Gage qu'il avoit chargé
de cette entrepriſe lui écrivit le 11 Septembre
que la faifon étoit trop avancée.
Les réparations du fort Carillon font entierement
finies. Le Général Amherſt affure que le terrein
fur lequel la Fortereffe de la pointe de la couronne
eft fituée , eft le plus avantageux qu'il ait
vu en Amérique. Rien ne le commande ; & il
préfente toutes les commodités pour une fortification
régulière. Les Grenadiers & les troupes
légères continuent de travailler à la conftruction
de trois forts , qui rendront cette place des
plus formidables. Le Général Amherſt ne ſe flatte
pas qu'il puiffe porter tous ces travaux au point
de leur perfection ; mais il croit pouvoir garantir
qu'ils feront affez avancés pour empêcher le fuccès
de l'ennemi , au cas qu'il tentât de reprendre fur
nous la pointe de la Couronne.
L'on a appris que trois des vaiffeaux de l'Efcadre
de l'Amiral Boys , qui eft depuis fi longtems
à la recherche du fieur Thurot , ont eu le malheur
d'être défemparés de tous leurs mâts par un
gros vent , & ont relâché dans un Port d'Ecoffe.
Sur cette nouvelle on affure que l'Amirauré
envoyé ordre au fieur Brett , qui étoit aux Dunes ,
d'en partir auffitôt avec les vailleaux à ſes ordres ,
pouraller à la pourfuite de la petite Efcadre Françoiſe.
a
JANVIER. 1760. 203
Nous avons ici de nouvelles Lettres de Québec
en date du to Octobre. Elles portent que le fieur
de Bougainville , Colonel dans les troupes Françoiſes
, eft venu dans cette Ville traiter de quelque
arrangement avec le fieur Murray , qui en eft le
Gouverneur ; mais on en ignore encore l'objet.
Les vivres y font extraordinairement chers ; toutes
les maifons abattues laiffoient le Soldat fans abri.
Un autre inconvénient , au moins aufli grand ,
c'eft qu'il n'y avoit point du tout de bois pour le
chauffage.
Di 15.
Un bâtiment venu des Indes Orientales nous
a apporté les nouvelles fuivantes. Le fieur d'Aché
eft parti de l'Ifle de Bourbon pour ſe rendre fur
la côte de Coromandel.
Il fut appercu le 2 du mois d'Août dernier au
Sud de Madagascar , faifant route avec onze
vaiffeaux , trois frégates , & plufieurs bâtimens
de tranfport. Les François fe flattent que ce Général
, avec des forces fi confidérables , réparera
les pertes qu'ils ont faites précédemment.
Fermer
Résumé : DE LONDRES, le 10 Décembre.
Le 10 décembre, le général Amherst a échoué dans son expédition contre le fort Saint Jean et le poste de la Galette. Le général Gage a justifié cet échec par l'avancement de la saison. Les réparations du fort Carillon sont terminées. Amherst juge le terrain de la forteresse de la pointe de la Couronne comme le plus avantageux en Amérique pour une fortification régulière. La construction de trois forts est en cours pour renforcer cette position. Amherst assure que ces travaux empêcheront toute tentative ennemie de reprendre la pointe de la Couronne. Trois vaisseaux de l'escadre de l'amiral Boys, cherchant Thurot, ont été endommagés par un gros vent et ont dû se réfugier dans un port écossais. L'amirauté a ordonné au sieur Brett de poursuivre une petite escadre française. Des lettres de Québec du 10 octobre signalent l'arrivée de Bougainville pour négocier avec Murray. À Québec, les vivres sont très chers, les maisons détruites laissent les soldats sans abri, et il manque de bois pour le chauffage. Un bâtiment venu des Indes Orientales rapporte que d'Aché est parti de l'île de Bourbon pour la côte de Coromandel avec onze vaisseaux, trois frégates et plusieurs bâtiments de transport, dans l'espoir de réparer les pertes françaises précédentes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1350
p. 205-206
DE PARIS, le 22 Décembre.
Début :
Le 17 de ce mois le Parlement, toutes les Chambres assemblées, enregistra un Edit, [...]
Mots clefs :
Parlement, Édit, Rentes viagères, Vaisseaux anglais, Croisic, Officiers, Canons, Menace , Ennemis, Escarmouche, Canada, Tempête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 22 Décembre.
De PARIS , le 22 Décembre .
Le 17 de ce mois le Parlement , toutes les
Chambres affemblées , enregistra un Edit , portant
création de trois millions de rentes viagè
res , en forme de Tontine , divifées en actions
de deux cens livres chacune , diſtribuées en huit
claffes & établies fur la Ferme Générale des Pof
tes & fur les Aydes & Gabelles .
On mande de Vannes , que plufieurs vaiſſeaux
Anglois ont paru à la hauteur du Croific. Le
Chef d'Efcadre qui les commande a envoyé un
Officier à terre, qui a demandé que l'on rendît
le canon des vailleaux de leur Nation qui ont
été brulés fur cette côte , avec menace de bombarder
le Croific fi on ne les rendoit pas . On a
rejetté la demande & mépriſé la menace. Au
fitôt les vaiffeaux ennemis ont commencé le
bombardement de cette Ville .
Suivant les dernieres nouvelles du 23 de ce
mois , l'armée d'Allemagne continue d'occuper
fes cantonnemens dans les environs de Friedberg
; celle des ennemis eft toujours dans la
même poſition . Il y a eu quelques eſcarmouches
entre les poftes avancés ; on a fait quelques
prifonniers aux ennemis.
Du s. Janvier.
Le feur Canon , Lieutenant de frégate , qui
étoit parti au mois de Mars de l'année derniere
avec un convoi pour le Canada , en eft de retour.
Suivant les dernieres Lettres de Cadix , on
ne défarme point les vaiffeaux ; on a reçu des
ordres contraires , ainfi que pour les troupes de
206 MERCURE DE FRANCE.
•
terre. Ces Lettres ajoutent qu'une tempête a difperfé
l'Efcadre Angloife qui croifoit dans ces parages
, & que trois de fes plus gros vaiffeaux ont
été démâtés , & mis hors d'état de tenir la mer.
Les cinq vaiffeaux François & les quatre frégates
qui étoient fortis du Portles , ont été obligés
d'y rentrer le 7 .
Le 17 de ce mois le Parlement , toutes les
Chambres affemblées , enregistra un Edit , portant
création de trois millions de rentes viagè
res , en forme de Tontine , divifées en actions
de deux cens livres chacune , diſtribuées en huit
claffes & établies fur la Ferme Générale des Pof
tes & fur les Aydes & Gabelles .
On mande de Vannes , que plufieurs vaiſſeaux
Anglois ont paru à la hauteur du Croific. Le
Chef d'Efcadre qui les commande a envoyé un
Officier à terre, qui a demandé que l'on rendît
le canon des vailleaux de leur Nation qui ont
été brulés fur cette côte , avec menace de bombarder
le Croific fi on ne les rendoit pas . On a
rejetté la demande & mépriſé la menace. Au
fitôt les vaiffeaux ennemis ont commencé le
bombardement de cette Ville .
Suivant les dernieres nouvelles du 23 de ce
mois , l'armée d'Allemagne continue d'occuper
fes cantonnemens dans les environs de Friedberg
; celle des ennemis eft toujours dans la
même poſition . Il y a eu quelques eſcarmouches
entre les poftes avancés ; on a fait quelques
prifonniers aux ennemis.
Du s. Janvier.
Le feur Canon , Lieutenant de frégate , qui
étoit parti au mois de Mars de l'année derniere
avec un convoi pour le Canada , en eft de retour.
Suivant les dernieres Lettres de Cadix , on
ne défarme point les vaiffeaux ; on a reçu des
ordres contraires , ainfi que pour les troupes de
206 MERCURE DE FRANCE.
•
terre. Ces Lettres ajoutent qu'une tempête a difperfé
l'Efcadre Angloife qui croifoit dans ces parages
, & que trois de fes plus gros vaiffeaux ont
été démâtés , & mis hors d'état de tenir la mer.
Les cinq vaiffeaux François & les quatre frégates
qui étoient fortis du Portles , ont été obligés
d'y rentrer le 7 .
Fermer
Résumé : DE PARIS, le 22 Décembre.
Le 17 décembre, le Parlement de Paris enregistra un édit créant trois millions de rentes viagères sous forme de tontine, divisées en actions de 200 livres chacune, réparties en huit classes. Ces rentes étaient établies sur la Ferme Générale des Postes, les Aydes et les Gabelles. À Vannes, plusieurs vaisseaux anglais apparurent au large du Croisic. Leur chef demanda la restitution des canons des vaisseaux anglais brûlés sur la côte, menaçant de bombarder la ville en cas de refus. La demande fut rejetée, entraînant le bombardement de la ville par les vaisseaux ennemis. En Allemagne, l'armée continua d'occuper ses cantonnements près de Friedberg, tandis que l'armée ennemie resta en position. Quelques escarmouches eurent lieu entre les postes avancés, résultant en la capture de quelques prisonniers ennemis. Le 1er janvier, le lieutenant de frégate Canon, parti en mars précédent avec un convoi pour le Canada, revint. Selon les dernières lettres de Cadix, les vaisseaux ne furent pas désarmés et des ordres contraires furent reçus pour les troupes de terre. Une tempête dispersa l'escadre anglaise, démâtant trois de ses plus gros vaisseaux et les rendant inaptes à naviguer. Les cinq vaisseaux français et les quatre frégates fortifiant Portles durent y rentrer le 7.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer