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p. 148-161
SÉANCE publique de l'Académie Royale des Belles-Lettres de CAEN.
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L'ACADÉMIE Royale des Belles-Lettres de Caën fit l'ouverture de ses [...]
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texteReconnaissance textuelle : SÉANCE publique de l'Académie Royale des Belles-Lettres de CAEN.
SÉANCE publique de l'Académie
Royale des Belles-Lettres de CAEN.
L'ACADÉMIE Royale des Belles-Lettres de Caën fit l'ouverture de ses
ce qu'elle mérite l'eſtime des hommes.
Il fait voir que cette eſtime n'appartient
Séances publiques le Jeudi 1. Décembre
1763. M. Le Clerc , Avocat , chargé de
l'Eloge de Louis le Grand, Fondateurde
l'Académie , lut undiſcours ſur le bon-
heur attaché à l'amourde la vertu : il la
définit l'amour actif& vrai de tout ce qui
eſtbien , & l'averfion ſincère de tout
cequi eſt mal. Il prouve qu'elle fait le
bonheurdes hommes ; 1°. parce qu'elle
procure la paix dela confcience. 2°. Par-
qu'aux vertueux , dont il fait le por-
FEVRIER . 1764.
149
trait. " Ici je crois entendre les detrac-
>> teurs de la vertu , ſubſtituer à ce por-
>>>trait celui de Socrate dans les fers.
" Voilà , diſent-ils , le plus éclairé , le
>>>plus ſage , & le plus juſte de tous les
>>>hommes.... Que lui fervent ſes ver-
" tus ? ... Ames abjectes , qui ne voyez
> dans ſa condamnationque le moment
>> fi terrible pour vous , qui ſépare le
>>> tems de l'éternité , ſuivez Socrate dans
>> ſon cachot ,& lifez dans ſon cœur,
» Vous y verrez le triomphe de la ver-
» tu.... d'où lui viennent cette fermeté ,
>> cette conſtance que la vue de la mort
>>> ne peut altérer ? Il les doit à la vertu...
>> Néron expirant , voit le Ténare en-
>> tr'ouvert ſous ſes pieds: il ſe croit
>>>poursuivipar les Furies. Socrate meurt
» en paix , fans frayeur & fans foi-
>>>bleſſes.
3°. Enfin , parce que l'homme ver-
tueux , eſtimé , même des méchans , eſt
moins perſécuté qu'eux. Il le prouve
par des exemples tels que celui de Sully,
emportantdans ſa retraite, ſes vertus , ſes
ſervices , & l'ingratitude des hommes.
Lorſque leMaréchal d'Ancre eſt ignomi-
nieuſement traîné dans les rues après
ſa mort. " A quoi bon , dit M. le C....
>>prendre ces exemples dans les Cours ,
Gin
150 MERCURE DE FRANCE .
» & parmi les Grands? ... Cherchons-
>>les dans le Peuple... Les Laboureurs ,
>>les Artiſans ignorent l'Art perfide
» qu'on nomme Politique : ils traitent
>>de fripon celui d'entreux , qui ravit le
>> bien d'autrui... Ils reſpectent au con-
>>traire , celui dont la probité leur eſt
» connue. Ils diſent de lui , c'eſt un
>> honnête-homme : & ils attachent au
>> mot honnête les idées qui lui convien-
» nent...Quel homme ne ſe ſentpas ten-
>>drement ému,au récitd'uneactiongran-
>> de& vertueuſe? il aime, il prend un vif
» intérêt à celuiqui l'a faite. Il voudroit
>>lui témoigner ſon eſtime... Combien
ne l'indigne-t-on pasquandon luiracon-
>> te ces traits de noirceur &de ſcéléra-
>>teffe,qui ſemblentporterune flétriſſure
>> ſur l'eſpèce humaine ! .... Sentimens
>> précieux gravés dans nos cœurs par la
>>Divinité , puiffiez-vous agir encore
>> plus puiſſamment ſur les foibles hu-
>> mains ! Fortifiez en eux l'amour de
la vertu & l'horreur des vices. Ils ne
>>peuvent devenir meilleurs fans de-
» venir plus heureux.
...
C'eſtà laver-
>>tu qu'eſt attachée la paix de la conf-
>> cience. Eſtimée , même des méchans ,
>> moins perfécutée que le vice
و
elle
>>>donne des forces pour foutenir l'ad-
FEVRIER. 1764.
151
» verſité .... Vous connûtes tous ces
> avantages de la vertu , grand Prince ,
>> dont je dois aujourd'hui célébrer la
» mémoire !
C'est ainſi que l'éloge de la vertu
conduit M. le C ... à celui de LOUIS
te Grand. M.de Fontette, Intendant de la
Généralité , & Vice-Protecteur , préſi-
doit à la Séance. Il répondit au Difcours
de M. le Clerc. Il convient que quand
la vertu ſe borne au defir , à l'affection
& au Sentiment , le cœur qui la ren-
ferme ne doit trouver de bonheur qu'en
lui même. » S'il ſe produit au dehors
>>par des effets , ſi l'homme vertueux
>> a le mérite d'exécuter , d'accomplir
» & de pratiquer , la vertu brille à tra-
>>vers les nuages de la corruption ....
>>Elle attire le reſpect des Courtiſans :
>> elle mérite la confiance du Trône.
» Si les talens étoient toujours l'apana-
>>>ge des vertus , toujours elles euffent
✔été les Miniſtres de nos Rois. Ils ſe
>>>fonthonneur deleur rendre hommage.
>> Le règne de notre Auguſte Fonda-
>>teur en offre mille éxemples. Il ne
>>feroit pas difficile d'en trouver as.ant
>> fous celui de LOUIS LE BIEN-AIME .
Du bonheur attaché à l'amour des
vertus , M. de F ... paſſe à l'éloge du
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
projet qui tendroit à déraciner l'arbi-
traire fatal qui ruine l'agriculture , le
Commerce , & l'aiſance des Peuples.
Il fait voir que l'arbitraire dans la ré-
partition des impoſitions , eſt la ſource
de nos maux : & que tant qu'on n'y re-
médiera point , il eſt inutile de pro-
pofer les moyens de faire fleurirle com-
merce. M. de F... prend de-là occafion
de parler des Diſcours qui ont concou-
ru pour le Prix de l'année , & qu'aucun
d'eux n'a mérité. ( a )
Le Sujet de 1763, étoit : Quelles ont
étéles révolutions,&c. La queſtion fur
>> les révolutions du Commerce , ajoute-
>> t- il, n'a été bien traitée que par leDif-
>>cours Nº. 2. le ſtyle en eftvif: ( b ) &
> nous nous ſommes déterminés à en
>>donner la lecture , comme une récom-
>> penſe due à l'Auteur.
On lut ce Difcours. Il commence par
un précis très-faillant de l'Histoire des
Normands Guerriers occupés à fonder
des Royaumes , pendant que les Peuples
travailloient à conferver la Normandie ,
parla culture ,la multiplication des bef-
tiaux&le Commerce. Caen devint une
* ( a) C'eſt M. de Fontette qui donne ce Prix.
( b ) Ce diſcours eſt de M. Boullard , le jeune ,
Avocat ,fils de M. Boullard, Profeſſeur enMéde-
cine.
FEVRIER. 1764.
153
Ville floriſſante , par les privilèges que
pluſieurs Rois Anglois_lui accordérent.
Unie à la France par Jean I , repriſe
par l'Anglois , fous Charles VI, & à
lui enlevée par Charles VII, ſon Com-
merce tomba par ces variations & ces
troubles. Il eût pu ſe rétablir ſous Louis
XI, qui lui accordoit deuxfoires. Elles
furent enlevées à la Ville de Caën , ſept
ans après leur création ,par les Habitans
de Rouen. Malgré cet événement le
Commerce devenoit floriſſant. L'Eſpa-
gne , l'Italie , l'Angleterre & tous les
Peuples du Nordſediſputoientnos mar-
chandiſes. Nous étions navigateurs. Un
Normand découvrit les Iſles du Golfe
S. Laurent. Un autre toutes les côtes de
l'Affrique. Tout ſembloit devoir nous
promettre le plusgrandCommerce.Tout
diſparut inſenſiblement. Notre Ville per-
ditſes manufactures de haute-liſſe;les im-
pofitions , qu'on mit ſurles cartes , nous
enlevérentcette branche du Commerce :
le luxe& lesguerres civiles firent tomber
nos manufactures , & la révocation de
l'EditdeNantes nous enleva nos Artiſtes.
Malgré cela le Commerce peut ſeréta-
blir. Des cauſes Phyſiques , la qualité
du climat , celle du terrein , la bonté de
Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
nos eaux & la proximitéde la mer nous
le font eſpérer.
» Il eſt fâcheux , reprit M. de Fontette
>> après cette lecture , que la partie de
» ce Diſcours qui concerne le rétabliſ-
» ſement du Commerce ne réponde
>> point à la première. Les moyens que
>> propoſe l'Auteur , ont , comme ceux
>> des Diſcours qui ont concouru
, le
» défaut commun d'être généraux & de
" convenir à toutes les Provinces du
» Royaume. Aucun de ces Difcoursn'of-
>> fre rienqui rempliſſe les vues d'utilité
>> quenous en attendions. Elles le font
» bien mieuxdans de fimples éſſais faits
>>par l'Auteur couronné l'année der-
» nière.
( c ) Non pour diſputer un
>> Prix dont il eſt exclu par ſa qualité
>> de Secrétaire de l'Académie , mais
>> comme un Juge fcrupuleux & intel-
>>ligent qui étudie & jette de grandes
>>lumières ſur la queſtion propoſée.
M. Rouxelin lut ſes Eſſais. Ils débu-
tent par le defir qu'il auroit d'enrichir
( c)M. Rouxelin , Procureur du Roide la Mai-
trifedes Eaux & Forêts de Caen , eſt l'Auteur du
Diſcours ſur les défrîchemens , qui fut couronné
en1762 ,&qui lui mérita les titres d'Académicien
&de Sécretaire perpétuel de l'Académic.
FEVRIER. 1764 .
155
promptement ſa Patrie. C'eſtdans cette
vue qu'il propoſe à ſes Concitoyens de
civilifer quelqu'une des Nations féroces
des Côtes de l'Afrique , d'en faire un
Peuple d'Alliés , de leur communiquer
nos beſoins& nos modes & de partager
avec eux les métaux qu'ils tiennent des
mains de la Nature .
Il définit le Commerce , » l'échange
» que pluſieurs Peuples font entr'eux ,
» des fruits que la terre leur donne , &
>>des Ouvrages que conſtruit l'induſtrie..
>> L'homme n'a que deux moyens de ſe
> procurer ce que la Nature & l'Art lui
>> refuſent. C'eſt l'ufurpation , & l'é-
>> change. Le premier eſt un brigan-
>> dage. Le Commerce eſt donc un be-
» foin.
M. R..... diftingue l'eſprit & la ma.
tière du Commerce. Il ne parle de fon
efprit , que relativement à la néceffité
des Canauxdu tranſport. Illes fait con-
fifter en Ports de mer , en Rivières na-
vigables & en routes qu'on puiffe pra-
tiquer. Il convient du beſoin qu'a ſa
patrie des uns & des autres. Il établit la
néceſſité des chemins par un tableau
de quelques cantons de la Province,
dont on n'exporte rien ,parce qu'on ne
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE.
peut en approcher. » Donnez , dit-il ,
>>>des routes & des manufactures aux in-
>> fortunés habitans de ces lieux ; pro-
» curez - leur furtout la certitude de
>>jouir du fruit de leur travaux , & vous
>> les verrez devenir laborieux.
Il paſſe aux objets qui font la ma-
tière du Commerce. Ils conſiſtent en
denrées & beftiaux d'un pays ; & ils
font encore formés par lesouvrages des
Peuples qui l'habirent. De-là , M. R...
conclut que pour fonder un Commerce
on doit conſulter & la nature de ſon
terrain ,& le genre d'induſtrie de ſa Na-
tion. C'eſt ce qu'il fait : & il entre dans
des détails , qui , quoique très-précis ,
ne ſont pas fufceptibles d'extrait.
Il prouve qu'il eſt trop de terres en
herbe , ruineuſes lorſque les herbes font
abondantes & contraires à lapopulation.
Il parle des chevaux normands , qu'on
éléve avec une economie déteſtable ,
des laines du pays,des boiffons ,des vo-
lailles ,beures , fromages & autresden-
rées qui font prèſque ſans valeur par
notre faute. Il paroît perfuadé que la
Normandie fourniroit beaucoup de
grains à la Capitale , fi on y cultivoit
tout, & fi on vouloit y facrifier les pré-
jugés aux conſeilsdes ſociétés d'agricul-
FEVRIER. 1764.
157
ture. » Nos véritables richeffes , dit-il ,
>> naiſſent de la cultivation. J'en ai la
>>preuve en main.Pourquoinos Citoyens
>> s'enrichiſſent-ils ſi rapidement dans
>>>nos Colonies ? c'eſt qu'ils y devien-
>>nent cultivateurs : c'eſt que le terrain.
» qu'ils défrichent leur produitdeux ré-
>>>coltes par an , fans culture & fans
>>engrais : c'eſt qu'enfin , ils diſpoſent
>>de leurs denrées ,& nous n'avons pas
>>la libertéde l'exportation des nôtres ,
>>>qui ſeroit ſi avantageuſe.
Paſſantau commerce des productions
de l'art , M R.... dit que fi celui-là fleurit
moins , c'eſt que le Peuple a moins d'in-
duſtrie. Tout Artiſte ſelon lui , doit
ſe conformer aux goûts du jour , &
perfectionner ſes ouvrages , s'il veut
en avoir le débit. Ilpenſe que les ma-
nufactures font les Ecoles qui font
germer le goût du travail ; il les con-
feille , il follicite les Paſteurs de les
multiplier , il demande le concours de
l'autorité,parcequ'elles ſont le moyen
de rétablir la population .
Ildit que le travail des manufactures
ne doit jamais nuire à celui de lacul-
tivation.
Après cette lecture M. le Vice Pro-
tecteur expliquant comment on eût dù
158 MERCURE DE FRANCE.
traiter ce ſujet , parla des diſcours qui
avoient concouru .
13
J'ai vu avec
>>plaifir , dit- il ,dans celui nº. 1. que
>>nos draps & nos toiles tirent pour
» Cayenne. Le nom du Gouverneur
>>>doit être le ſignal de ralliement pour
>>>nos manufactures abandonnées. Les
>> facrifices qu'ilfait pour rétablir,que dis-
>>je ?pour fonder une nouvelle Colonie,
>> font une preuve fi extraordinaire de
>> fon amour pour la Patrie , qu'on peut
>> compter qu'il n'oubliera pas les in-
>>térêts de cette Province , qui eſt plus
>> particulierement la fienne. (d) En
> l'affociant à cette Académie nous vou-
>>lons l'engager à nous afſocier à fa
>>glorieuſe entrepriſe , & à nous com-
>>muniquer les ſages réglemens que
>> fa prudence va dicter pour le bon-
>>heur de ſes nouveaux Colons. Du
>>>fond de fon Iſle , il nousdonnerades
leçons d'expérience ſur les défriche-
mens; & fur l'établiſſement des ma-
>> nufactures: deux objets tellement ré-
>>latifs , qu'il faut néceſſairement qu'ils
>>fe nuiſent , où qu'ils s'aident. Il vau-
>>droit encore mieux pour nous,ſuivre
(d)M. le Chevalier Turgot , Gouverneur de
Cayenne & deGuyanne, reçu Académicien Allo-
cié , étoit préſent le jour de cette féance.
FEVRIER. 1764.
159
>>l'abus de vendre nos matières pre-
>> mières que deles mettre en œuvres
>>aux dépens de l'agriculture , qui man-
> queroit de bras. Seroit-il impoffible
» de prévenir ce danger , parle choix
» des établiſſemens, par le choix des
>> ouvriers ? cette que ſtioneſt aſſez im-
>>portante pour en faire le ſujet du
>> prixdel'année 1764.L'Académie pro-
>> poſe donc; quels fontles moyens de
>>multiplier les manufactures dans la
>>Généralité de Caën, fans nuire à la
>>>culture des terres. »
Les dicours feront remis francs de
port, à M. Rouxelin , Sécretaire per-
pétuel avant le premier de Novembre
1764. les Auteurs ne ſe feront pas
connoître avant le 6 Décembre.
M. le Chevalier Turgot termina la
ſéance par un Dicours de remercî-
ment à l'Académie , ſur ſa réception.
Il eut enſuite la générofité de propoſer
trois prix , tendans à encourager la
culture, & la multiplication des bef-
tiaux,& à procurer à la Provincele débit
de ſes denrées.
Le premier de 500 liv, àla perſonne
qui aura ſalé du bœuf aux moindres
frais poffibles , & qui fupportedans nos
Colonies , la concurrence pour la qua-
lité, avec les bœufs d'Irlande.
:
160 MERCURE DE FRANCE.
Le deuxième de 400liv. à la perſonne
qui avec des bled de la Province , pré-
parera des farines auſſi bonnes pour le
tranſport dans nos Colonies , que les
farines Angloiſes. Il eſt bon d'employer
la déſſication par le moyen des étuves ;
de ne pas blutter les farines , lorſqu'elles
fortent de deſſous la meule ; & de les
laiſſer réfroidir avant de les mettre au
blutteau. Le franc bled, que dans les
environs de Caën , on nomme blé-
gris ,donne les farines les plus propres
àfoutenir le tranſport dans les climats
chauds.
Le troiſième de 300 liv. à qui pré-
parera & falera des beurres auſſi bons
que ceux d'Irlande. Le lavage exact ,
avant la ſalaiſon,eſt une opération eſſen-
tielle. Le premier Volume des mémoires
de la Société d'agriculture de Rouen ,
indique les attentions qu'il faut obſer-
ver pour ſe procurer des beurres de la
premiere qualité.
Ceuxqui voudront concourir , ſe mu-
niront de Certificats des Subdélégués ,
ou Magiſtrats des Villes dans lesquelles
ils habitent , ou de leurs Curés , s'ils
demeurent à la campagne. Ces Certi-
ficats porteront que la denrée préſentée
ſoit bœufſalé , farines , ou beurres , a
FEVRIER . 1764.
161
été préparée avec des matières du Païs.
Chaque denrée ſuivant ſon eſpéce, ſera
renfermée dans des barils , quarts , ou
tines ,qui feront marqués de la marque
du Particulier concourant , &du cachet
ou marque des Subdélégués , Magiſtrats,
&Curés.
Il ſera envoyé à M. l'Intendant de
Caën une liſte des perſonnes qui auront
concouru , contenant leurs noms , qua-
lités & demeure , leur marque parti-
culiere , celledes Subdélégués ,&Magif
trats ouCurés.
Il ſera envoyé à la Guyanne , à la
Guadelouppe , & à la Martinique ,
une égale quantité de chaque denrée
concourante aux prix , avec les ren-
ſeignemens propres à faire connoître
le nom de la perſonne , dont la denrée
ſe trouvera de la meilleure qualité , ou
plus approchante. Sur le compte qui
fera rendu à M. l'Intendant , & à l'A-
cadémie , elle adjugera , & diftribuera
les prix le Jeudi cinq Décembre 1765.
jourde fa rentrée publique.
Vu par l'Académie, ROUXELIN.
Royale des Belles-Lettres de CAEN.
L'ACADÉMIE Royale des Belles-Lettres de Caën fit l'ouverture de ses
ce qu'elle mérite l'eſtime des hommes.
Il fait voir que cette eſtime n'appartient
Séances publiques le Jeudi 1. Décembre
1763. M. Le Clerc , Avocat , chargé de
l'Eloge de Louis le Grand, Fondateurde
l'Académie , lut undiſcours ſur le bon-
heur attaché à l'amourde la vertu : il la
définit l'amour actif& vrai de tout ce qui
eſtbien , & l'averfion ſincère de tout
cequi eſt mal. Il prouve qu'elle fait le
bonheurdes hommes ; 1°. parce qu'elle
procure la paix dela confcience. 2°. Par-
qu'aux vertueux , dont il fait le por-
FEVRIER . 1764.
149
trait. " Ici je crois entendre les detrac-
>> teurs de la vertu , ſubſtituer à ce por-
>>>trait celui de Socrate dans les fers.
" Voilà , diſent-ils , le plus éclairé , le
>>>plus ſage , & le plus juſte de tous les
>>>hommes.... Que lui fervent ſes ver-
" tus ? ... Ames abjectes , qui ne voyez
> dans ſa condamnationque le moment
>> fi terrible pour vous , qui ſépare le
>>> tems de l'éternité , ſuivez Socrate dans
>> ſon cachot ,& lifez dans ſon cœur,
» Vous y verrez le triomphe de la ver-
» tu.... d'où lui viennent cette fermeté ,
>> cette conſtance que la vue de la mort
>>> ne peut altérer ? Il les doit à la vertu...
>> Néron expirant , voit le Ténare en-
>> tr'ouvert ſous ſes pieds: il ſe croit
>>>poursuivipar les Furies. Socrate meurt
» en paix , fans frayeur & fans foi-
>>>bleſſes.
3°. Enfin , parce que l'homme ver-
tueux , eſtimé , même des méchans , eſt
moins perſécuté qu'eux. Il le prouve
par des exemples tels que celui de Sully,
emportantdans ſa retraite, ſes vertus , ſes
ſervices , & l'ingratitude des hommes.
Lorſque leMaréchal d'Ancre eſt ignomi-
nieuſement traîné dans les rues après
ſa mort. " A quoi bon , dit M. le C....
>>prendre ces exemples dans les Cours ,
Gin
150 MERCURE DE FRANCE .
» & parmi les Grands? ... Cherchons-
>>les dans le Peuple... Les Laboureurs ,
>>les Artiſans ignorent l'Art perfide
» qu'on nomme Politique : ils traitent
>>de fripon celui d'entreux , qui ravit le
>> bien d'autrui... Ils reſpectent au con-
>>traire , celui dont la probité leur eſt
» connue. Ils diſent de lui , c'eſt un
>> honnête-homme : & ils attachent au
>> mot honnête les idées qui lui convien-
» nent...Quel homme ne ſe ſentpas ten-
>>drement ému,au récitd'uneactiongran-
>> de& vertueuſe? il aime, il prend un vif
» intérêt à celuiqui l'a faite. Il voudroit
>>lui témoigner ſon eſtime... Combien
ne l'indigne-t-on pasquandon luiracon-
>> te ces traits de noirceur &de ſcéléra-
>>teffe,qui ſemblentporterune flétriſſure
>> ſur l'eſpèce humaine ! .... Sentimens
>> précieux gravés dans nos cœurs par la
>>Divinité , puiffiez-vous agir encore
>> plus puiſſamment ſur les foibles hu-
>> mains ! Fortifiez en eux l'amour de
la vertu & l'horreur des vices. Ils ne
>>peuvent devenir meilleurs fans de-
» venir plus heureux.
...
C'eſtà laver-
>>tu qu'eſt attachée la paix de la conf-
>> cience. Eſtimée , même des méchans ,
>> moins perfécutée que le vice
و
elle
>>>donne des forces pour foutenir l'ad-
FEVRIER. 1764.
151
» verſité .... Vous connûtes tous ces
> avantages de la vertu , grand Prince ,
>> dont je dois aujourd'hui célébrer la
» mémoire !
C'est ainſi que l'éloge de la vertu
conduit M. le C ... à celui de LOUIS
te Grand. M.de Fontette, Intendant de la
Généralité , & Vice-Protecteur , préſi-
doit à la Séance. Il répondit au Difcours
de M. le Clerc. Il convient que quand
la vertu ſe borne au defir , à l'affection
& au Sentiment , le cœur qui la ren-
ferme ne doit trouver de bonheur qu'en
lui même. » S'il ſe produit au dehors
>>par des effets , ſi l'homme vertueux
>> a le mérite d'exécuter , d'accomplir
» & de pratiquer , la vertu brille à tra-
>>vers les nuages de la corruption ....
>>Elle attire le reſpect des Courtiſans :
>> elle mérite la confiance du Trône.
» Si les talens étoient toujours l'apana-
>>>ge des vertus , toujours elles euffent
✔été les Miniſtres de nos Rois. Ils ſe
>>>fonthonneur deleur rendre hommage.
>> Le règne de notre Auguſte Fonda-
>>teur en offre mille éxemples. Il ne
>>feroit pas difficile d'en trouver as.ant
>> fous celui de LOUIS LE BIEN-AIME .
Du bonheur attaché à l'amour des
vertus , M. de F ... paſſe à l'éloge du
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
projet qui tendroit à déraciner l'arbi-
traire fatal qui ruine l'agriculture , le
Commerce , & l'aiſance des Peuples.
Il fait voir que l'arbitraire dans la ré-
partition des impoſitions , eſt la ſource
de nos maux : & que tant qu'on n'y re-
médiera point , il eſt inutile de pro-
pofer les moyens de faire fleurirle com-
merce. M. de F... prend de-là occafion
de parler des Diſcours qui ont concou-
ru pour le Prix de l'année , & qu'aucun
d'eux n'a mérité. ( a )
Le Sujet de 1763, étoit : Quelles ont
étéles révolutions,&c. La queſtion fur
>> les révolutions du Commerce , ajoute-
>> t- il, n'a été bien traitée que par leDif-
>>cours Nº. 2. le ſtyle en eftvif: ( b ) &
> nous nous ſommes déterminés à en
>>donner la lecture , comme une récom-
>> penſe due à l'Auteur.
On lut ce Difcours. Il commence par
un précis très-faillant de l'Histoire des
Normands Guerriers occupés à fonder
des Royaumes , pendant que les Peuples
travailloient à conferver la Normandie ,
parla culture ,la multiplication des bef-
tiaux&le Commerce. Caen devint une
* ( a) C'eſt M. de Fontette qui donne ce Prix.
( b ) Ce diſcours eſt de M. Boullard , le jeune ,
Avocat ,fils de M. Boullard, Profeſſeur enMéde-
cine.
FEVRIER. 1764.
153
Ville floriſſante , par les privilèges que
pluſieurs Rois Anglois_lui accordérent.
Unie à la France par Jean I , repriſe
par l'Anglois , fous Charles VI, & à
lui enlevée par Charles VII, ſon Com-
merce tomba par ces variations & ces
troubles. Il eût pu ſe rétablir ſous Louis
XI, qui lui accordoit deuxfoires. Elles
furent enlevées à la Ville de Caën , ſept
ans après leur création ,par les Habitans
de Rouen. Malgré cet événement le
Commerce devenoit floriſſant. L'Eſpa-
gne , l'Italie , l'Angleterre & tous les
Peuples du Nordſediſputoientnos mar-
chandiſes. Nous étions navigateurs. Un
Normand découvrit les Iſles du Golfe
S. Laurent. Un autre toutes les côtes de
l'Affrique. Tout ſembloit devoir nous
promettre le plusgrandCommerce.Tout
diſparut inſenſiblement. Notre Ville per-
ditſes manufactures de haute-liſſe;les im-
pofitions , qu'on mit ſurles cartes , nous
enlevérentcette branche du Commerce :
le luxe& lesguerres civiles firent tomber
nos manufactures , & la révocation de
l'EditdeNantes nous enleva nos Artiſtes.
Malgré cela le Commerce peut ſeréta-
blir. Des cauſes Phyſiques , la qualité
du climat , celle du terrein , la bonté de
Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
nos eaux & la proximitéde la mer nous
le font eſpérer.
» Il eſt fâcheux , reprit M. de Fontette
>> après cette lecture , que la partie de
» ce Diſcours qui concerne le rétabliſ-
» ſement du Commerce ne réponde
>> point à la première. Les moyens que
>> propoſe l'Auteur , ont , comme ceux
>> des Diſcours qui ont concouru
, le
» défaut commun d'être généraux & de
" convenir à toutes les Provinces du
» Royaume. Aucun de ces Difcoursn'of-
>> fre rienqui rempliſſe les vues d'utilité
>> quenous en attendions. Elles le font
» bien mieuxdans de fimples éſſais faits
>>par l'Auteur couronné l'année der-
» nière.
( c ) Non pour diſputer un
>> Prix dont il eſt exclu par ſa qualité
>> de Secrétaire de l'Académie , mais
>> comme un Juge fcrupuleux & intel-
>>ligent qui étudie & jette de grandes
>>lumières ſur la queſtion propoſée.
M. Rouxelin lut ſes Eſſais. Ils débu-
tent par le defir qu'il auroit d'enrichir
( c)M. Rouxelin , Procureur du Roide la Mai-
trifedes Eaux & Forêts de Caen , eſt l'Auteur du
Diſcours ſur les défrîchemens , qui fut couronné
en1762 ,&qui lui mérita les titres d'Académicien
&de Sécretaire perpétuel de l'Académic.
FEVRIER. 1764 .
155
promptement ſa Patrie. C'eſtdans cette
vue qu'il propoſe à ſes Concitoyens de
civilifer quelqu'une des Nations féroces
des Côtes de l'Afrique , d'en faire un
Peuple d'Alliés , de leur communiquer
nos beſoins& nos modes & de partager
avec eux les métaux qu'ils tiennent des
mains de la Nature .
Il définit le Commerce , » l'échange
» que pluſieurs Peuples font entr'eux ,
» des fruits que la terre leur donne , &
>>des Ouvrages que conſtruit l'induſtrie..
>> L'homme n'a que deux moyens de ſe
> procurer ce que la Nature & l'Art lui
>> refuſent. C'eſt l'ufurpation , & l'é-
>> change. Le premier eſt un brigan-
>> dage. Le Commerce eſt donc un be-
» foin.
M. R..... diftingue l'eſprit & la ma.
tière du Commerce. Il ne parle de fon
efprit , que relativement à la néceffité
des Canauxdu tranſport. Illes fait con-
fifter en Ports de mer , en Rivières na-
vigables & en routes qu'on puiffe pra-
tiquer. Il convient du beſoin qu'a ſa
patrie des uns & des autres. Il établit la
néceſſité des chemins par un tableau
de quelques cantons de la Province,
dont on n'exporte rien ,parce qu'on ne
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE.
peut en approcher. » Donnez , dit-il ,
>>>des routes & des manufactures aux in-
>> fortunés habitans de ces lieux ; pro-
» curez - leur furtout la certitude de
>>jouir du fruit de leur travaux , & vous
>> les verrez devenir laborieux.
Il paſſe aux objets qui font la ma-
tière du Commerce. Ils conſiſtent en
denrées & beftiaux d'un pays ; & ils
font encore formés par lesouvrages des
Peuples qui l'habirent. De-là , M. R...
conclut que pour fonder un Commerce
on doit conſulter & la nature de ſon
terrain ,& le genre d'induſtrie de ſa Na-
tion. C'eſt ce qu'il fait : & il entre dans
des détails , qui , quoique très-précis ,
ne ſont pas fufceptibles d'extrait.
Il prouve qu'il eſt trop de terres en
herbe , ruineuſes lorſque les herbes font
abondantes & contraires à lapopulation.
Il parle des chevaux normands , qu'on
éléve avec une economie déteſtable ,
des laines du pays,des boiffons ,des vo-
lailles ,beures , fromages & autresden-
rées qui font prèſque ſans valeur par
notre faute. Il paroît perfuadé que la
Normandie fourniroit beaucoup de
grains à la Capitale , fi on y cultivoit
tout, & fi on vouloit y facrifier les pré-
jugés aux conſeilsdes ſociétés d'agricul-
FEVRIER. 1764.
157
ture. » Nos véritables richeffes , dit-il ,
>> naiſſent de la cultivation. J'en ai la
>>preuve en main.Pourquoinos Citoyens
>> s'enrichiſſent-ils ſi rapidement dans
>>>nos Colonies ? c'eſt qu'ils y devien-
>>nent cultivateurs : c'eſt que le terrain.
» qu'ils défrichent leur produitdeux ré-
>>>coltes par an , fans culture & fans
>>engrais : c'eſt qu'enfin , ils diſpoſent
>>de leurs denrées ,& nous n'avons pas
>>la libertéde l'exportation des nôtres ,
>>>qui ſeroit ſi avantageuſe.
Paſſantau commerce des productions
de l'art , M R.... dit que fi celui-là fleurit
moins , c'eſt que le Peuple a moins d'in-
duſtrie. Tout Artiſte ſelon lui , doit
ſe conformer aux goûts du jour , &
perfectionner ſes ouvrages , s'il veut
en avoir le débit. Ilpenſe que les ma-
nufactures font les Ecoles qui font
germer le goût du travail ; il les con-
feille , il follicite les Paſteurs de les
multiplier , il demande le concours de
l'autorité,parcequ'elles ſont le moyen
de rétablir la population .
Ildit que le travail des manufactures
ne doit jamais nuire à celui de lacul-
tivation.
Après cette lecture M. le Vice Pro-
tecteur expliquant comment on eût dù
158 MERCURE DE FRANCE.
traiter ce ſujet , parla des diſcours qui
avoient concouru .
13
J'ai vu avec
>>plaifir , dit- il ,dans celui nº. 1. que
>>nos draps & nos toiles tirent pour
» Cayenne. Le nom du Gouverneur
>>>doit être le ſignal de ralliement pour
>>>nos manufactures abandonnées. Les
>> facrifices qu'ilfait pour rétablir,que dis-
>>je ?pour fonder une nouvelle Colonie,
>> font une preuve fi extraordinaire de
>> fon amour pour la Patrie , qu'on peut
>> compter qu'il n'oubliera pas les in-
>>térêts de cette Province , qui eſt plus
>> particulierement la fienne. (d) En
> l'affociant à cette Académie nous vou-
>>lons l'engager à nous afſocier à fa
>>glorieuſe entrepriſe , & à nous com-
>>muniquer les ſages réglemens que
>> fa prudence va dicter pour le bon-
>>heur de ſes nouveaux Colons. Du
>>>fond de fon Iſle , il nousdonnerades
leçons d'expérience ſur les défriche-
mens; & fur l'établiſſement des ma-
>> nufactures: deux objets tellement ré-
>>latifs , qu'il faut néceſſairement qu'ils
>>fe nuiſent , où qu'ils s'aident. Il vau-
>>droit encore mieux pour nous,ſuivre
(d)M. le Chevalier Turgot , Gouverneur de
Cayenne & deGuyanne, reçu Académicien Allo-
cié , étoit préſent le jour de cette féance.
FEVRIER. 1764.
159
>>l'abus de vendre nos matières pre-
>> mières que deles mettre en œuvres
>>aux dépens de l'agriculture , qui man-
> queroit de bras. Seroit-il impoffible
» de prévenir ce danger , parle choix
» des établiſſemens, par le choix des
>> ouvriers ? cette que ſtioneſt aſſez im-
>>portante pour en faire le ſujet du
>> prixdel'année 1764.L'Académie pro-
>> poſe donc; quels fontles moyens de
>>multiplier les manufactures dans la
>>Généralité de Caën, fans nuire à la
>>>culture des terres. »
Les dicours feront remis francs de
port, à M. Rouxelin , Sécretaire per-
pétuel avant le premier de Novembre
1764. les Auteurs ne ſe feront pas
connoître avant le 6 Décembre.
M. le Chevalier Turgot termina la
ſéance par un Dicours de remercî-
ment à l'Académie , ſur ſa réception.
Il eut enſuite la générofité de propoſer
trois prix , tendans à encourager la
culture, & la multiplication des bef-
tiaux,& à procurer à la Provincele débit
de ſes denrées.
Le premier de 500 liv, àla perſonne
qui aura ſalé du bœuf aux moindres
frais poffibles , & qui fupportedans nos
Colonies , la concurrence pour la qua-
lité, avec les bœufs d'Irlande.
:
160 MERCURE DE FRANCE.
Le deuxième de 400liv. à la perſonne
qui avec des bled de la Province , pré-
parera des farines auſſi bonnes pour le
tranſport dans nos Colonies , que les
farines Angloiſes. Il eſt bon d'employer
la déſſication par le moyen des étuves ;
de ne pas blutter les farines , lorſqu'elles
fortent de deſſous la meule ; & de les
laiſſer réfroidir avant de les mettre au
blutteau. Le franc bled, que dans les
environs de Caën , on nomme blé-
gris ,donne les farines les plus propres
àfoutenir le tranſport dans les climats
chauds.
Le troiſième de 300 liv. à qui pré-
parera & falera des beurres auſſi bons
que ceux d'Irlande. Le lavage exact ,
avant la ſalaiſon,eſt une opération eſſen-
tielle. Le premier Volume des mémoires
de la Société d'agriculture de Rouen ,
indique les attentions qu'il faut obſer-
ver pour ſe procurer des beurres de la
premiere qualité.
Ceuxqui voudront concourir , ſe mu-
niront de Certificats des Subdélégués ,
ou Magiſtrats des Villes dans lesquelles
ils habitent , ou de leurs Curés , s'ils
demeurent à la campagne. Ces Certi-
ficats porteront que la denrée préſentée
ſoit bœufſalé , farines , ou beurres , a
FEVRIER . 1764.
161
été préparée avec des matières du Païs.
Chaque denrée ſuivant ſon eſpéce, ſera
renfermée dans des barils , quarts , ou
tines ,qui feront marqués de la marque
du Particulier concourant , &du cachet
ou marque des Subdélégués , Magiſtrats,
&Curés.
Il ſera envoyé à M. l'Intendant de
Caën une liſte des perſonnes qui auront
concouru , contenant leurs noms , qua-
lités & demeure , leur marque parti-
culiere , celledes Subdélégués ,&Magif
trats ouCurés.
Il ſera envoyé à la Guyanne , à la
Guadelouppe , & à la Martinique ,
une égale quantité de chaque denrée
concourante aux prix , avec les ren-
ſeignemens propres à faire connoître
le nom de la perſonne , dont la denrée
ſe trouvera de la meilleure qualité , ou
plus approchante. Sur le compte qui
fera rendu à M. l'Intendant , & à l'A-
cadémie , elle adjugera , & diftribuera
les prix le Jeudi cinq Décembre 1765.
jourde fa rentrée publique.
Vu par l'Académie, ROUXELIN.
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