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1
p. 2351
CANTATILLE Sur l'heureux retour de la Reine à Versailles.
Début :
QUEL éclat vient frapper nos yeux ! [...]
Mots clefs :
Reine, Retour, Éclat, Concert, Marie Antier
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texteReconnaissance textuelle : CANTATILLE Sur l'heureux retour de la Reine à Versailles.
CANTATILLE
Sur l'heureux retour de la Reine à Versailles.
QUel éclat vient frapper nos yeux !
Muſes, raſſemblez -vous, c'eſt notre aimable Reine,
Un trop funeſte ſort lui fit quitter ces Lieux ;
Unheureux deſtin l'y ramene .
Chantons; livrons nos coeurs aux tranſports les plus
doux;
C'eſt ici qu'elle vient attendre
Le retour fortuné de ſon Auguſte Epoux ;
Malgré ſes ennemis, de ſa Grandeur jaloux,
La Victoire va nous le rendre .
Que ſur la Terre & ſur les flots
Afes plus chers déſirs à l'envi tout réponde;
Le Ciel nous donna ce Héros
Pour la félicité du Monde..
Les Vers de cette Cantatille ſont de M. l'Abb
Pellegrin, miſe en Muſique par M. de Blamont ,
Sur- Intendant de la Muſique du Roi. Elle a été
exécutée à Verſailles au Concert de la Reine , &
chantée par Mile Antier le 23 de ce mois. Gette
célebre Actrice,dont on a eu occafion pluſieurs fois
de parler avec éloge , n'a rien perdu de l'éclat de ſa
voix, quoique retirée du Théatre. Elle a été honorée
des éloges de la Reine& de ceux de toute la
Cour,
Sur l'heureux retour de la Reine à Versailles.
QUel éclat vient frapper nos yeux !
Muſes, raſſemblez -vous, c'eſt notre aimable Reine,
Un trop funeſte ſort lui fit quitter ces Lieux ;
Unheureux deſtin l'y ramene .
Chantons; livrons nos coeurs aux tranſports les plus
doux;
C'eſt ici qu'elle vient attendre
Le retour fortuné de ſon Auguſte Epoux ;
Malgré ſes ennemis, de ſa Grandeur jaloux,
La Victoire va nous le rendre .
Que ſur la Terre & ſur les flots
Afes plus chers déſirs à l'envi tout réponde;
Le Ciel nous donna ce Héros
Pour la félicité du Monde..
Les Vers de cette Cantatille ſont de M. l'Abb
Pellegrin, miſe en Muſique par M. de Blamont ,
Sur- Intendant de la Muſique du Roi. Elle a été
exécutée à Verſailles au Concert de la Reine , &
chantée par Mile Antier le 23 de ce mois. Gette
célebre Actrice,dont on a eu occafion pluſieurs fois
de parler avec éloge , n'a rien perdu de l'éclat de ſa
voix, quoique retirée du Théatre. Elle a été honorée
des éloges de la Reine& de ceux de toute la
Cour,
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1
p. 91-98
ODE Sur les avantages de la Paix, & sur les obligations que nous avons au Roy de nous l'avoir procurée.
Début :
Du haut de la voute azurée, [...]
Mots clefs :
Paix, Yeux, Terre, Roi, Académie française
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texteReconnaissance textuelle : ODE Sur les avantages de la Paix, & sur les obligations que nous avons au Roy de nous l'avoir procurée.
ODE
Sur les avantages de la Paix ,
& fur les obligations que
nous avons au Roy de nous
l'avoir procurée.
1
Du haut de la voute azurée ,
Quel éclat vient frapper mes
yeux!
Eft ce toy ,Paix tant defirée ?
Est-cetoy qui deſcends desCieux?
Maisdois-je hefiterà le croire
Aprés les doux chants de victoire
Dont ce rivage a retenti ?
Loüis a toûjoursfait la guerre
Pour rendre laPaixàla terre
1
Hij
92 MERCURE
Loüis ne s'est pas démenti.
ر
Epargne toy , noire Diſcorde,
L'horreur de voir le monde beureux
: i
Les biens que Loüis nous accorde
Seroient pour toy des maux affreux:
Fuy. C'en estfait,rien ne l'arrête:
Ses ferpents,fiflantſurſa tête ,
Nous confirment nôtre bonheur:
Ses adieux fontdes crisfunebres ;
Parmy d'éternelles tenebres ,
Elle vadevorerſon coeur.
Que pour jamais elle s'exile
De ceslieux où triomphoit Mars;
GALANT. 93
Que ſes cris reſpectent l'aſyle
EtdesMuses,&des beaux Arts!
BeauxArts.
Que vois-je ? quelfort nous ap-
:
pelle !
Toutfleurit , toutſe renouvelle :
Accourez, Enfans d'Apollon :
Que la Paix icy vous ramene ;
Ει τους , bords heureux de la
Seine
Changez- vous enſacré Vallon.
Quel feu dans mes veinesſe
Igliffe ! ......
Je vois un champ&desRivaux :
On ouvre une brillante lice
Pour les ingenieux travaux.
Aux yeux d'un Tribunal Auguste
94 MERCURE
Auffi redoutable que juſte ,
Enfouleon ſe metfur les rangs:
Mon émulation s'irrite ;
Mais je tremble à voir le merite
DesJuges&des Concurrents.
:
D'oùnaiffent mesfrayeurs extrêmes!
Ay-jeoublié que dans ces lieux ,
Ces Concurrents, cesJuges mêmes
,
M'ontdéja vû victorieux
Quoy?j'envisageaifans allarmes
Lepremier champ qu'au bruit des
armes
La victoire me vint ouvrir;
Et je refterois en arriere
GALANT. 95
Dans cette nouvelle carriere
Où la Paix m'invite à courir.
ॐ
Taiſez vous ,guerrieres trompettes
,
Ne venez plus troubler nos jeux .
F'aime à voir , au fon des mufettes
,
Danfer les Faunesamoureux :
LesMoutonshorsdes Bergeries ,
Sur le vert tapis des Prairies
Bondir au grédeleurs defirs :
LeBerger dire àla Bergere ,
C'estunRoytendre debonnaire
Qui nousfait ces heureux loiſirs .
Quel objet pour mes yeux
avides !
96 MERCURE
Que d'épics couvrent nos querets.
Les champs deMars neſemblent
vuides
Que pour remplir ceux de Cerés.
Nos Soldats , fi fiers dans la
guerre,
Dans la Paix labourent la terre ;
Ils font tels que les vieux Romains
:
Bellonne à peine est disparuë ,
Qu'on les revoitfur la charruë,
Porter leurs triomphantes mains.
Aux épics que l'Etémoifſſonne ,
Se joignent des trefors nouveaux:
Les fruits que doit meurir l'Au-
هم
tomne
Font
GALANT. 97
Font briller vergers &coteaux.
Jamais ,pour enrichir le monde ,
La terre nefut fifeconde ;
Non; rien n'égale unfibeau jour.
Douce Paix , toute la nature
S'épuiſe à tracer la peinture
Des biens que produit ton retour.
Quel art en miraclefertile
Raffemble cent Peuples divers ,
Et neforme plus qu'une Ville
Du vaſteſeinde l'Univers.
Jusqu'aux rives dont nousfepare
L'Ocean trop longtems avare ,
La Paix nous ouvre des chemins :
Les biens que laguerre difperfe
Sont réünis par le commerce ,
Octobre 1715 . I
98 MERCURE
!
Et semblent croître ſous nos
mains.
Peuples,chantez dans l'abondance
Le Vainqueur qui vous rend la
Paix
Reglez vostre reconnoiſſance
Surla grandeur deſes bienfaits ;
Goûtezle fruit deſes conquêtes :
Quefon nomdans toutes vosfêtes
Soit repeté par les échos :
Vostre bonheur estfon ouvrage;
Qu'àjamais le plus tendre hommage
Vous acquitte envers ce Heros.
Omnes gentes , plaudite
manibus. Pf.
Sur les avantages de la Paix ,
& fur les obligations que
nous avons au Roy de nous
l'avoir procurée.
1
Du haut de la voute azurée ,
Quel éclat vient frapper mes
yeux!
Eft ce toy ,Paix tant defirée ?
Est-cetoy qui deſcends desCieux?
Maisdois-je hefiterà le croire
Aprés les doux chants de victoire
Dont ce rivage a retenti ?
Loüis a toûjoursfait la guerre
Pour rendre laPaixàla terre
1
Hij
92 MERCURE
Loüis ne s'est pas démenti.
ر
Epargne toy , noire Diſcorde,
L'horreur de voir le monde beureux
: i
Les biens que Loüis nous accorde
Seroient pour toy des maux affreux:
Fuy. C'en estfait,rien ne l'arrête:
Ses ferpents,fiflantſurſa tête ,
Nous confirment nôtre bonheur:
Ses adieux fontdes crisfunebres ;
Parmy d'éternelles tenebres ,
Elle vadevorerſon coeur.
Que pour jamais elle s'exile
De ceslieux où triomphoit Mars;
GALANT. 93
Que ſes cris reſpectent l'aſyle
EtdesMuses,&des beaux Arts!
BeauxArts.
Que vois-je ? quelfort nous ap-
:
pelle !
Toutfleurit , toutſe renouvelle :
Accourez, Enfans d'Apollon :
Que la Paix icy vous ramene ;
Ει τους , bords heureux de la
Seine
Changez- vous enſacré Vallon.
Quel feu dans mes veinesſe
Igliffe ! ......
Je vois un champ&desRivaux :
On ouvre une brillante lice
Pour les ingenieux travaux.
Aux yeux d'un Tribunal Auguste
94 MERCURE
Auffi redoutable que juſte ,
Enfouleon ſe metfur les rangs:
Mon émulation s'irrite ;
Mais je tremble à voir le merite
DesJuges&des Concurrents.
:
D'oùnaiffent mesfrayeurs extrêmes!
Ay-jeoublié que dans ces lieux ,
Ces Concurrents, cesJuges mêmes
,
M'ontdéja vû victorieux
Quoy?j'envisageaifans allarmes
Lepremier champ qu'au bruit des
armes
La victoire me vint ouvrir;
Et je refterois en arriere
GALANT. 95
Dans cette nouvelle carriere
Où la Paix m'invite à courir.
ॐ
Taiſez vous ,guerrieres trompettes
,
Ne venez plus troubler nos jeux .
F'aime à voir , au fon des mufettes
,
Danfer les Faunesamoureux :
LesMoutonshorsdes Bergeries ,
Sur le vert tapis des Prairies
Bondir au grédeleurs defirs :
LeBerger dire àla Bergere ,
C'estunRoytendre debonnaire
Qui nousfait ces heureux loiſirs .
Quel objet pour mes yeux
avides !
96 MERCURE
Que d'épics couvrent nos querets.
Les champs deMars neſemblent
vuides
Que pour remplir ceux de Cerés.
Nos Soldats , fi fiers dans la
guerre,
Dans la Paix labourent la terre ;
Ils font tels que les vieux Romains
:
Bellonne à peine est disparuë ,
Qu'on les revoitfur la charruë,
Porter leurs triomphantes mains.
Aux épics que l'Etémoifſſonne ,
Se joignent des trefors nouveaux:
Les fruits que doit meurir l'Au-
هم
tomne
Font
GALANT. 97
Font briller vergers &coteaux.
Jamais ,pour enrichir le monde ,
La terre nefut fifeconde ;
Non; rien n'égale unfibeau jour.
Douce Paix , toute la nature
S'épuiſe à tracer la peinture
Des biens que produit ton retour.
Quel art en miraclefertile
Raffemble cent Peuples divers ,
Et neforme plus qu'une Ville
Du vaſteſeinde l'Univers.
Jusqu'aux rives dont nousfepare
L'Ocean trop longtems avare ,
La Paix nous ouvre des chemins :
Les biens que laguerre difperfe
Sont réünis par le commerce ,
Octobre 1715 . I
98 MERCURE
!
Et semblent croître ſous nos
mains.
Peuples,chantez dans l'abondance
Le Vainqueur qui vous rend la
Paix
Reglez vostre reconnoiſſance
Surla grandeur deſes bienfaits ;
Goûtezle fruit deſes conquêtes :
Quefon nomdans toutes vosfêtes
Soit repeté par les échos :
Vostre bonheur estfon ouvrage;
Qu'àjamais le plus tendre hommage
Vous acquitte envers ce Heros.
Omnes gentes , plaudite
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