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2151
p. 2438-2439
POLOGNE.
Début :
On mande de l'Ukraine, que le Comte Kalzinski, Regimentaire, avoit fait rendre [...]
Mots clefs :
Ukraine, Cosaques, Crimée, Princesse
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texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
ر
N mande de l'Ukraine , que le Comte
Kalzinski , Regimentaire , avoit fait rendre
les Chevaux et les Bestiaux que les Cosaques
avoient enlevés sur les frontieres ; que ces
Brigands étoient environnez par l'Armée du
Kan des Tartares de Crimée , qui avoit résolu
de les réduire à la derniere extrêmité , pour se
vanger de plusieurs insultes qu'ils ont faites à
ses sujets , et de l'Assassinat d'un de ses principaux
Officiers ; qu'à l'arrivée du Kan dans l'U
Krainė
OCTOBRE. 1731 .
1731. 2439
>
kraine , le General des Cosaques , nomané Maloczivicez
, étoit allé se jetter à ses pieds pour
lui demander pardon au nom de toute sa Nation
et lui offrir une satisfaction convenable ,
avec 11. Cosaques pour être ses Esclaves ; mais
que toutes ses offres ayant été rejettées , ce General
avoit envoyé des Députez à la Czarine
pour lui offrir de mettre toute la Nation des
Cosaques sous sa protection , et de lui payer
un tribut
et qu'en attendant la réponse de
cette Princesse les principales Familles des
Cosaques s'étoient retirées dans des Bois de la
Pologne , mais qu'on y avoit envoyé quelques
Compagnies franches pour les en chasser .
ر
N mande de l'Ukraine , que le Comte
Kalzinski , Regimentaire , avoit fait rendre
les Chevaux et les Bestiaux que les Cosaques
avoient enlevés sur les frontieres ; que ces
Brigands étoient environnez par l'Armée du
Kan des Tartares de Crimée , qui avoit résolu
de les réduire à la derniere extrêmité , pour se
vanger de plusieurs insultes qu'ils ont faites à
ses sujets , et de l'Assassinat d'un de ses principaux
Officiers ; qu'à l'arrivée du Kan dans l'U
Krainė
OCTOBRE. 1731 .
1731. 2439
>
kraine , le General des Cosaques , nomané Maloczivicez
, étoit allé se jetter à ses pieds pour
lui demander pardon au nom de toute sa Nation
et lui offrir une satisfaction convenable ,
avec 11. Cosaques pour être ses Esclaves ; mais
que toutes ses offres ayant été rejettées , ce General
avoit envoyé des Députez à la Czarine
pour lui offrir de mettre toute la Nation des
Cosaques sous sa protection , et de lui payer
un tribut
et qu'en attendant la réponse de
cette Princesse les principales Familles des
Cosaques s'étoient retirées dans des Bois de la
Pologne , mais qu'on y avoit envoyé quelques
Compagnies franches pour les en chasser .
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Résumé : POLOGNE.
En 1731, en Pologne, le Comte Kalzinski a récupéré des chevaux et du bétail volés par les Cosaques aux frontières de l'Ukraine. Les Cosaques étaient encerclés par l'armée du Kan des Tartares de Crimée, qui cherchait à les punir pour des insultes et l'assassinat d'un de ses officiers. À l'arrivée du Kan en Ukraine, le général des Cosaques, Maloczivicez, s'est jeté à ses pieds pour demander pardon et a offert une satisfaction ainsi que 11 Cosaques comme esclaves. Ces offres ayant été rejetées, Maloczivicez a envoyé des députés à la Czarine pour proposer de placer les Cosaques sous sa protection et de lui payer un tribut. En attendant la réponse, les principales familles cosaques se sont réfugiées dans des bois en Pologne, mais des compagnies franches y ont été envoyées pour les en chasser.
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2152
p. 2439-2440
ALLEMAGNE.
Début :
On apprend de Vienne, que le 14. Septembre, il y eût Fête au Palais de la [...]
Mots clefs :
Vienne, Palais de la Favorite, Électeur de Cologne, Électeur de Mayence
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
N apprend de Vienne , que le 14. Septembre
, il y eût Fête au Palais de la
Favorite , pour l'Anniversaire de la Naissance
de l'Archiduchesse Marie Anne , qui entroit
dans la quatorziéme année de son âge , et selon
l'usage , cette Princesse regala 14 pauvres
Filles de son âge , les servit à table , et leur fir
des aumônes.
On a reçu avis que l'Electeur de Cologne
étoit tombé de Cheval à la Chasse , qu'il s'etoit
rompu deux côtes et fait une blessure conside
rable à la tête , et qu'on craignoit les suites de
ses blessures .
On apprend de Scheverin , que le Duc Char .
les - Leopold de Meckelbourg avoit reçu une remise
de 30000. Ecus à compte des Subsides que
la Czarine sa Belle. Soeur lui a promis , et que
le bruit couroit que les differends de ce Prince
Hij
атес
2440 MERCURE DE FRANCE
avec le Duc Chrétien Louis son Frere , ser
roient incessamment terminez par l'entremise
de l'Empereur et du Roy de Suede.
L'Electeur de Mayence est parti de Vienne
pour retourner à Neus en Silesie. L. M. I. Pons
accompagné jusqu'à Stammerstoff
N apprend de Vienne , que le 14. Septembre
, il y eût Fête au Palais de la
Favorite , pour l'Anniversaire de la Naissance
de l'Archiduchesse Marie Anne , qui entroit
dans la quatorziéme année de son âge , et selon
l'usage , cette Princesse regala 14 pauvres
Filles de son âge , les servit à table , et leur fir
des aumônes.
On a reçu avis que l'Electeur de Cologne
étoit tombé de Cheval à la Chasse , qu'il s'etoit
rompu deux côtes et fait une blessure conside
rable à la tête , et qu'on craignoit les suites de
ses blessures .
On apprend de Scheverin , que le Duc Char .
les - Leopold de Meckelbourg avoit reçu une remise
de 30000. Ecus à compte des Subsides que
la Czarine sa Belle. Soeur lui a promis , et que
le bruit couroit que les differends de ce Prince
Hij
атес
2440 MERCURE DE FRANCE
avec le Duc Chrétien Louis son Frere , ser
roient incessamment terminez par l'entremise
de l'Empereur et du Roy de Suede.
L'Electeur de Mayence est parti de Vienne
pour retourner à Neus en Silesie. L. M. I. Pons
accompagné jusqu'à Stammerstoff
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 14 septembre, une fête a été organisée au Palais de la Favorite à Vienne pour célébrer le quatorzième anniversaire de l'archiduchesse Marie Anne. À cette occasion, la princesse a offert un repas et des aumônes à quatorze jeunes filles de son âge. Par ailleurs, l'Électeur de Cologne a été victime d'un accident de chasse, tombant de cheval et se blessant gravement avec deux côtes fracturées et une blessure à la tête. Le duc Charles-Leopold de Mecklembourg a reçu une remise de 30 000 écus de la part de la tsarine, sa belle-sœur, en guise d'avance sur les subsides promis. Des rumeurs évoquent une possible résolution des différends entre ce duc et son frère, le duc Chrétien Louis, grâce à la médiation de l'empereur et du roi de Suède. Enfin, l'Électeur de Mayence a quitté Vienne pour retourner à Neus en Silésie, accompagné par M. Pons jusqu'à Stammerstoff.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2153
p. 2440-2446
ITALIE.
Début :
Dans le Consistoire du 3. Septembre, le cardinal Ottoboni proposa l'Abbaye de [...]
Mots clefs :
Consistoire, Lyon, Diocèse, Infant d'Espagne, Cardinal, Troupe, Conseil collatéral de Naples
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
Ans le Consistoire du 3. Septembre , le
Dcardinal Ottoboni proposa l'Abbaye de
Nôtre-Dame de Ham Diocèse de Noyon
pour l'Abbé de Sesmaisons ; il préconisa ensuite
I'Evêque de Noyon pour l'Archevêché de Lyon
P'Abbé de S. Simon pour l'Evêché de Noyon
et l'Abbé de Laubrieres pour l'Evêché de
Soissons.
› A la fin du Consistoire le Pape par une
grace particuliere ' , accorda le Pallium à l'Evêque
de Marseille.
Dans le Consistoire tenu au Quirinal le 240.
Septembre , le Cardinal Orthoboni , Protecteur
des affaires de France › proposa l'Evêché de
Mackarska pour M. Etienne Blascowich , Prêtre
du Diocèse de Spalatro ; l'Abbaye de N. D. de
Canderly , Ordre de Citeaux , Diocèse d'Alby ,
pour l'Abbé de Foucaud ; celle de Dalone
même Ordre , Diocèse de Limoges , pour l'Abbé
de Vignau , et celle de Senanques , même Ordre
, Diocêse de Cavaillon' › pour l'Abbé de
Pins de Roquefort. Il préconisa ensuite l'Abbé
de Tilly pour l'Evêché d'Orange , et l'Archevêque
de Narbonne pour l'Abbaye de Bonneval
, Ordre de Citeaux , Diocèse de Rodez
Le 27. du même mois , le Pape tint un autre
ConOCTOBRE.
1731 : 2441
Consistoire public , dans lequel S. S. donna le
Chapeau de Cardinal à Joseph Firrao , Napolitain
, Evêque d'Aversa et à Antoine - Xavier
Gentile , Romain , Archevêque de Petra.
>
L'Abbé Segardi a été nommé pour porter
le Bonnet au Cardinal Vincent Bichi de Sienne,
Archevêque de Laodicée , cy-devant Nonce en
Portugal ; l'Abbé Pasch au Cardinal Sinibald
Doria , Genois , Archevêque de Benevent , et
M. Altoviti au Cardinal Antoine Guadagni ,
Carme Déchaussé de Elorence Neveu de S. St
et à present Evêque d'Arezzo .
Le 18. Septembre , on reçût avis à Rome que
la Duchesse Douairiere de Parme n'êtant point
grosse , M. Oddi , Commissaire du Pape , avoit
fait afficher des Actes de prise de Possession an
nom de S. S. par lesquels il étoit declaré que
les Duchés de Parme et de Plaisance étant Fiefs
relevant du S. Siege , il étoit deffendu aux Peuples
de ces Duchés de reconnoître d'autre Souverain
que le Pape ; mais que le General Stampa,
Commissaire de l'Empereur
"
et son Ministre
Plénipotentiaire , avoit pris possession de ce
même Duché au nom de l'Infant Don Carlos ,
et fait ôter les Actes affichés par les soins de
' M. Oddi.
3
On écrit de Venise , que la Duchesse Douairiere
de Parme étoit retournée auprès du Duc
de Modene son Pere et que le General Stampa
avoit donné des Ordres pour la reception de
F'Infant Don Carlos .
,
>
Par d'autres avis " on a appris que la même
Duchesse Douairiere de Parme avoit declaré
le 13. Septembre qu'elle n'étoit point grosse ,
que le lendemain le General Stampa avoit pris
possession des Duchés de Parme et de Plaisance
Hiij au
2442 MERCURE DE FRANCE
au nom de l'Infant d'Espagne Don Carlos ; qu'
Notaire Imperial , accompagné d'autres Officiers -
de Justice , avoit la l'Edit publié à cet effet daz
Balcon de la maison du Gouverneur de Parme ,
qui est situé sur la grande Place de cette Ville
od il y avoit an grand concours de Peuple , er
que le même jour ce General avoit écrit à tous
Jes Magistrats des Tribunaux de ces Duchés
de continuer les fonctions de leurs Charges
jusqu'à nouvel ordre.
La citation faite au Cardinal Coscia , de comparoître
devant la Congregation de Non Nullis
étant prête à expirer , ce Cardinal a envoyé á
Rome des Certificats de ses Medecins à Naples ,
qui déclarent qu'il est au lit par la Goûte , et
qu'il n'est pas en état de faire le Voyage.
Le 1. Octobre > on publia un Decret de la
Congregation de Non Nullis ; par lequel tous
les Benefices du Cardinal Coscia sont déclarez
vacants , et à la nomination de S. S.
La Donation que le feu Pape Benoît XIII.
avoit faite au Seminaire de Montalto , de quelques
revenus affectés au soulagement des Pauvres
de la même Ville a été annullée le
par
Pape
>
}
On ajoûte que le Commandant d'Ajaccio
avoit défait un Corps de Rebelles , qui s'étoient
assemblés à Mazzanaz , que depuis la Garnison
de la même Ville avoit fait une sortie dans
Laquelle elle avoit tué plusieurs Rebelles , et
leur avoit pris quantité de Chevaux et d'autres
Bestiaux.
Le bruit court que l'Empereur a resolu de
terminer par un Ttaité , les differends de cette
Republique avec les Rebelles de Corse , et qu'on
avoit dépêché de Vienne un Courier chargé
d'InsOCTOBRE.
1731 2443
d'Instructions pout le General Wachtendoncs ,
qui commande les Troupes de S. M. 1. dans
cette Isle.
3.
, pour
Le Courier depêché par le Cardinal Alexandre
Albani , à Turin informer le Roy de
·Sardaigne de ce qui s'étoit passé dans le Consistoire
ou le Pape supprima les Privileges accordés
à de Prince sous le précedept Pontificat , remint
le 3 à Rome , et le bruit s'est répandu adepuis ,
que le Roy de Sardaigne avoit declaré qu'il
étoit inutile de penser à aucun accommode-
• ment ; qu'il croyoit que le Pape n'avoit pas
Te pouvoir de supprimer une Bulle de son Prédecesseur
et qu'il étoit resolu de se servir de
cette Bulle pour demeurer en possession de tout
ce que le feu Pape lui avoit accordé.
>
la Le Duc Cesarini a obtenu du Pape per-
`mission d'emprunter 22000. Ecus dans les
Monts de Piété , pour achever la construction
-de son Nouveau Theatre.
Le bruit court à Rome , que le Cardinal
d'Althan , qui y doit atriver dans peu , et loger
dans le Palais du Cardinal Belluga , s'est attiré
la disgrace de l'Empereur , pour avoir deffendu
aux Protestans de son Diocèse d'épouser des
filles de leur Secte , et pour avoir voulu des
obliger de faire baptiser leurs Enfans par des
Ecclesiastiques Catholiques , quoique par les Constitutions de l'Empire ils eussent des Privileges
contraires ; pour éviter que ces Innovations
n'excitâssent quelques désordres dans ce
Diocèse , S. M. I supprime par un Edit toutes
Jes Ordonnances de ce Cardinal.
Le Cardinal Bentivoglio ayant reçu de Seville
les pleins pouvoirs du Roy d'Espagne , pour
prendre possession au nom de l'Infant Don
Hiiij Carlos
2444 MERCURE DE FRANCE
Carlos , des Biens Allodiaux dépendans du Do
ché de Parme , qui sont situez a Rome et dans
P'Etat Ecclesiastique , ce Cardinal fit faire le
22. Septembre cette prise de Possession par
PAvocat Ferruci , assisté d'un Notaire et d'au
tres Officiers de Justice ; et le 29. cette Emimence
alla en grand Cortege prendre possession
du Palais Farnese au nom de l'Infant Don
Carlos.
>
>
Le Tribunal de la Rote se rassembla le premier
d'Octobre , selon la coûtume , et l'Abbé de
Gamaches , Auditeur de Rote pour la France ,
en fit l'ouverture par un Discours trés- éloquent.
M. Charles Fornary , arriva à Genes le 13 .
du mois dernier , rapporta au grand Conseil ,
que pendant les pluyes continuelles qui tomboient
depuis plusieurs jours dans l'Isle de Corse,
il avoit été impossible de poursuivre les Re
belles dans le quartier de Vescovado mais
qu'un Détachement des Troupes de la Republique
leur avoit enlevé beaucoup de Bestiaux ,
et fait un grand nombre de Prisonniers ; que
la Garnison d'Ajaccio avoit fait aussi plusieurs
sorties contre les Rebelles , et qu'elle avoit toujours
emporté sur eux quelque avantage ; que
la Republique de Genes avoit envoyé dans cette
Isle une Compagnie de Grisons de 200. hommes
, et qu'elle frettoit des Bâtiments pour le
transport de plusieurs autres Compagnies qu'on
leve actuellement chez les Grisons , dont on
devoit former un Regiment. Elle a obtenu de
l'Empereur le second Corps de Troupes qu'elle
lui a fait demander , composé d'un Bataillon
du Regiment d'Oneille , d'un autre du Regiment
de Walsegg , de deux Compagnies des
Grenadiers de ces Regimens , d'une Compagnie
détachée
OCTOBRE 1731. 2445
" détachée de 6o . Hommes et de 150. Hussars.
Ces Troupes partirent de Genes le 24. Septembre
, embarquées sur un Convoy de transport ,
qui doit être arrivé à la Bastia.
Les dernieres Nouvelles de Genes portent
les 2000. hommes de Troupes Imperiales
dont on a parlé , ont débarqué à la Bastia ,
d'où ils ont marché depuis pour aller joindre
le premier Corps de Troupes que l'Empereur
avoit accordé à cette Republique . !
Le Don gratuit de 300000. Ducats , offerts
à l'Empereur par les differentes Communautez
de la Ville de Naples n'a pas été accepté ,
et S. M. I. a déclaré qu'elle avoit besoin cette
aunée d'une Somme de 485 mille florins pour
l'entretien de ses Troupes.
On apprend de Naples , qu'on y avoit publié
un Ordre de l'Empereur , qui deffend aux Offi
ciers de la Nonciature de passer
à pied ,
cheval , ou en voiture devant le Palais du Conseil
Collateral , sous peine d'encourir son indignation
; que ce Conseil avoit fait publier des
Lettres inhibitoires , par lesquelles il ordonne
à tous les Amodiateurs , Receveurs , Agens , ou
Administrateurs des Biens Ecclesiastiques et Seculiers
du Cardinal Coscia , de lui remettre incessamment
les revenus qu'ils ont reçûs depuis:
la saisie qui a été faite par le Nonce du Pape ,
sans qu'il leur soit permis de retarder leurs .
Payemens , sous pretexte de la peine d'excommunication
dont ils ont été menacez.
On meuble actuellement à Rome le Palais
Bonelli pour le Duc de S. Aignan , Ambassa→
deur du Roi T. Ch ,
Le 9. Septembre , il y eut à Rome une
Congrégation extraordinaire , composée des
H Car2446
MERCURE DE FRANCE
Cardinaux Imperiali , Davia , Corsini , Gri
maldi , et Aldobrandini , au sujet des Officiers
de la Nonciature de Naples , que l'Empereur
a exilés.
Le Conseil Collateral de Naples prétend
que le Nonce du Pape lui remette les procedures
qu'il a faites contre le Cardinal Coscia , qui
ont été déclarées nulles , ayant été commencées
à l'insçu de ce Tribunal er sans avoir demandé
le consentement de l'Empereur.
>
Il est aussi survenu de grands differends
entre ce Conseil et le nouvel Archevêque de
Benevent , au sujet de la convocation d'un Synode
que ce Prélat a indiqué sans la permission
de ce Conseil , et il a été deffendu aux Curés
et aux autres Beneficiers de la partie du Diocèse
de Benevent qui est située dans le Royaume
de Naples , d'y assister , sous peine de la saisie
de leur Temporel.
Ans le Consistoire du 3. Septembre , le
Dcardinal Ottoboni proposa l'Abbaye de
Nôtre-Dame de Ham Diocèse de Noyon
pour l'Abbé de Sesmaisons ; il préconisa ensuite
I'Evêque de Noyon pour l'Archevêché de Lyon
P'Abbé de S. Simon pour l'Evêché de Noyon
et l'Abbé de Laubrieres pour l'Evêché de
Soissons.
› A la fin du Consistoire le Pape par une
grace particuliere ' , accorda le Pallium à l'Evêque
de Marseille.
Dans le Consistoire tenu au Quirinal le 240.
Septembre , le Cardinal Orthoboni , Protecteur
des affaires de France › proposa l'Evêché de
Mackarska pour M. Etienne Blascowich , Prêtre
du Diocèse de Spalatro ; l'Abbaye de N. D. de
Canderly , Ordre de Citeaux , Diocèse d'Alby ,
pour l'Abbé de Foucaud ; celle de Dalone
même Ordre , Diocèse de Limoges , pour l'Abbé
de Vignau , et celle de Senanques , même Ordre
, Diocêse de Cavaillon' › pour l'Abbé de
Pins de Roquefort. Il préconisa ensuite l'Abbé
de Tilly pour l'Evêché d'Orange , et l'Archevêque
de Narbonne pour l'Abbaye de Bonneval
, Ordre de Citeaux , Diocèse de Rodez
Le 27. du même mois , le Pape tint un autre
ConOCTOBRE.
1731 : 2441
Consistoire public , dans lequel S. S. donna le
Chapeau de Cardinal à Joseph Firrao , Napolitain
, Evêque d'Aversa et à Antoine - Xavier
Gentile , Romain , Archevêque de Petra.
>
L'Abbé Segardi a été nommé pour porter
le Bonnet au Cardinal Vincent Bichi de Sienne,
Archevêque de Laodicée , cy-devant Nonce en
Portugal ; l'Abbé Pasch au Cardinal Sinibald
Doria , Genois , Archevêque de Benevent , et
M. Altoviti au Cardinal Antoine Guadagni ,
Carme Déchaussé de Elorence Neveu de S. St
et à present Evêque d'Arezzo .
Le 18. Septembre , on reçût avis à Rome que
la Duchesse Douairiere de Parme n'êtant point
grosse , M. Oddi , Commissaire du Pape , avoit
fait afficher des Actes de prise de Possession an
nom de S. S. par lesquels il étoit declaré que
les Duchés de Parme et de Plaisance étant Fiefs
relevant du S. Siege , il étoit deffendu aux Peuples
de ces Duchés de reconnoître d'autre Souverain
que le Pape ; mais que le General Stampa,
Commissaire de l'Empereur
"
et son Ministre
Plénipotentiaire , avoit pris possession de ce
même Duché au nom de l'Infant Don Carlos ,
et fait ôter les Actes affichés par les soins de
' M. Oddi.
3
On écrit de Venise , que la Duchesse Douairiere
de Parme étoit retournée auprès du Duc
de Modene son Pere et que le General Stampa
avoit donné des Ordres pour la reception de
F'Infant Don Carlos .
,
>
Par d'autres avis " on a appris que la même
Duchesse Douairiere de Parme avoit declaré
le 13. Septembre qu'elle n'étoit point grosse ,
que le lendemain le General Stampa avoit pris
possession des Duchés de Parme et de Plaisance
Hiij au
2442 MERCURE DE FRANCE
au nom de l'Infant d'Espagne Don Carlos ; qu'
Notaire Imperial , accompagné d'autres Officiers -
de Justice , avoit la l'Edit publié à cet effet daz
Balcon de la maison du Gouverneur de Parme ,
qui est situé sur la grande Place de cette Ville
od il y avoit an grand concours de Peuple , er
que le même jour ce General avoit écrit à tous
Jes Magistrats des Tribunaux de ces Duchés
de continuer les fonctions de leurs Charges
jusqu'à nouvel ordre.
La citation faite au Cardinal Coscia , de comparoître
devant la Congregation de Non Nullis
étant prête à expirer , ce Cardinal a envoyé á
Rome des Certificats de ses Medecins à Naples ,
qui déclarent qu'il est au lit par la Goûte , et
qu'il n'est pas en état de faire le Voyage.
Le 1. Octobre > on publia un Decret de la
Congregation de Non Nullis ; par lequel tous
les Benefices du Cardinal Coscia sont déclarez
vacants , et à la nomination de S. S.
La Donation que le feu Pape Benoît XIII.
avoit faite au Seminaire de Montalto , de quelques
revenus affectés au soulagement des Pauvres
de la même Ville a été annullée le
par
Pape
>
}
On ajoûte que le Commandant d'Ajaccio
avoit défait un Corps de Rebelles , qui s'étoient
assemblés à Mazzanaz , que depuis la Garnison
de la même Ville avoit fait une sortie dans
Laquelle elle avoit tué plusieurs Rebelles , et
leur avoit pris quantité de Chevaux et d'autres
Bestiaux.
Le bruit court que l'Empereur a resolu de
terminer par un Ttaité , les differends de cette
Republique avec les Rebelles de Corse , et qu'on
avoit dépêché de Vienne un Courier chargé
d'InsOCTOBRE.
1731 2443
d'Instructions pout le General Wachtendoncs ,
qui commande les Troupes de S. M. 1. dans
cette Isle.
3.
, pour
Le Courier depêché par le Cardinal Alexandre
Albani , à Turin informer le Roy de
·Sardaigne de ce qui s'étoit passé dans le Consistoire
ou le Pape supprima les Privileges accordés
à de Prince sous le précedept Pontificat , remint
le 3 à Rome , et le bruit s'est répandu adepuis ,
que le Roy de Sardaigne avoit declaré qu'il
étoit inutile de penser à aucun accommode-
• ment ; qu'il croyoit que le Pape n'avoit pas
Te pouvoir de supprimer une Bulle de son Prédecesseur
et qu'il étoit resolu de se servir de
cette Bulle pour demeurer en possession de tout
ce que le feu Pape lui avoit accordé.
>
la Le Duc Cesarini a obtenu du Pape per-
`mission d'emprunter 22000. Ecus dans les
Monts de Piété , pour achever la construction
-de son Nouveau Theatre.
Le bruit court à Rome , que le Cardinal
d'Althan , qui y doit atriver dans peu , et loger
dans le Palais du Cardinal Belluga , s'est attiré
la disgrace de l'Empereur , pour avoir deffendu
aux Protestans de son Diocèse d'épouser des
filles de leur Secte , et pour avoir voulu des
obliger de faire baptiser leurs Enfans par des
Ecclesiastiques Catholiques , quoique par les Constitutions de l'Empire ils eussent des Privileges
contraires ; pour éviter que ces Innovations
n'excitâssent quelques désordres dans ce
Diocèse , S. M. I supprime par un Edit toutes
Jes Ordonnances de ce Cardinal.
Le Cardinal Bentivoglio ayant reçu de Seville
les pleins pouvoirs du Roy d'Espagne , pour
prendre possession au nom de l'Infant Don
Hiiij Carlos
2444 MERCURE DE FRANCE
Carlos , des Biens Allodiaux dépendans du Do
ché de Parme , qui sont situez a Rome et dans
P'Etat Ecclesiastique , ce Cardinal fit faire le
22. Septembre cette prise de Possession par
PAvocat Ferruci , assisté d'un Notaire et d'au
tres Officiers de Justice ; et le 29. cette Emimence
alla en grand Cortege prendre possession
du Palais Farnese au nom de l'Infant Don
Carlos.
>
>
Le Tribunal de la Rote se rassembla le premier
d'Octobre , selon la coûtume , et l'Abbé de
Gamaches , Auditeur de Rote pour la France ,
en fit l'ouverture par un Discours trés- éloquent.
M. Charles Fornary , arriva à Genes le 13 .
du mois dernier , rapporta au grand Conseil ,
que pendant les pluyes continuelles qui tomboient
depuis plusieurs jours dans l'Isle de Corse,
il avoit été impossible de poursuivre les Re
belles dans le quartier de Vescovado mais
qu'un Détachement des Troupes de la Republique
leur avoit enlevé beaucoup de Bestiaux ,
et fait un grand nombre de Prisonniers ; que
la Garnison d'Ajaccio avoit fait aussi plusieurs
sorties contre les Rebelles , et qu'elle avoit toujours
emporté sur eux quelque avantage ; que
la Republique de Genes avoit envoyé dans cette
Isle une Compagnie de Grisons de 200. hommes
, et qu'elle frettoit des Bâtiments pour le
transport de plusieurs autres Compagnies qu'on
leve actuellement chez les Grisons , dont on
devoit former un Regiment. Elle a obtenu de
l'Empereur le second Corps de Troupes qu'elle
lui a fait demander , composé d'un Bataillon
du Regiment d'Oneille , d'un autre du Regiment
de Walsegg , de deux Compagnies des
Grenadiers de ces Regimens , d'une Compagnie
détachée
OCTOBRE 1731. 2445
" détachée de 6o . Hommes et de 150. Hussars.
Ces Troupes partirent de Genes le 24. Septembre
, embarquées sur un Convoy de transport ,
qui doit être arrivé à la Bastia.
Les dernieres Nouvelles de Genes portent
les 2000. hommes de Troupes Imperiales
dont on a parlé , ont débarqué à la Bastia ,
d'où ils ont marché depuis pour aller joindre
le premier Corps de Troupes que l'Empereur
avoit accordé à cette Republique . !
Le Don gratuit de 300000. Ducats , offerts
à l'Empereur par les differentes Communautez
de la Ville de Naples n'a pas été accepté ,
et S. M. I. a déclaré qu'elle avoit besoin cette
aunée d'une Somme de 485 mille florins pour
l'entretien de ses Troupes.
On apprend de Naples , qu'on y avoit publié
un Ordre de l'Empereur , qui deffend aux Offi
ciers de la Nonciature de passer
à pied ,
cheval , ou en voiture devant le Palais du Conseil
Collateral , sous peine d'encourir son indignation
; que ce Conseil avoit fait publier des
Lettres inhibitoires , par lesquelles il ordonne
à tous les Amodiateurs , Receveurs , Agens , ou
Administrateurs des Biens Ecclesiastiques et Seculiers
du Cardinal Coscia , de lui remettre incessamment
les revenus qu'ils ont reçûs depuis:
la saisie qui a été faite par le Nonce du Pape ,
sans qu'il leur soit permis de retarder leurs .
Payemens , sous pretexte de la peine d'excommunication
dont ils ont été menacez.
On meuble actuellement à Rome le Palais
Bonelli pour le Duc de S. Aignan , Ambassa→
deur du Roi T. Ch ,
Le 9. Septembre , il y eut à Rome une
Congrégation extraordinaire , composée des
H Car2446
MERCURE DE FRANCE
Cardinaux Imperiali , Davia , Corsini , Gri
maldi , et Aldobrandini , au sujet des Officiers
de la Nonciature de Naples , que l'Empereur
a exilés.
Le Conseil Collateral de Naples prétend
que le Nonce du Pape lui remette les procedures
qu'il a faites contre le Cardinal Coscia , qui
ont été déclarées nulles , ayant été commencées
à l'insçu de ce Tribunal er sans avoir demandé
le consentement de l'Empereur.
>
Il est aussi survenu de grands differends
entre ce Conseil et le nouvel Archevêque de
Benevent , au sujet de la convocation d'un Synode
que ce Prélat a indiqué sans la permission
de ce Conseil , et il a été deffendu aux Curés
et aux autres Beneficiers de la partie du Diocèse
de Benevent qui est située dans le Royaume
de Naples , d'y assister , sous peine de la saisie
de leur Temporel.
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Résumé : ITALIE.
En septembre et octobre 1731, plusieurs événements ecclésiastiques et politiques marquants se sont produits. Le 3 septembre, lors d'un consistoire, le cardinal Ottoboni proposa diverses nominations, notamment l'Abbaye de Notre-Dame de Ham pour l'Abbé de Sesmaisons, l'Évêque de Noyon pour l'Archevêché de Lyon, l'Abbé de Saint-Simon pour l'Évêché de Noyon, et l'Abbé de Laubrières pour l'Évêché de Soissons. Le Pape accorda également le Pallium à l'Évêque de Marseille. Le 24 septembre, lors d'un autre consistoire, le cardinal Ottoboni proposa plusieurs autres nominations, dont l'Évêché de Mackarska pour Étienne Blascowich, l'Abbaye de Notre-Dame de Canderly pour l'Abbé de Foucaud, l'Abbaye de Dalone pour l'Abbé de Vignau, et l'Abbaye de Sénanques pour l'Abbé de Pins de Roquefort. Il préconisa également l'Abbé de Tilly pour l'Évêché d'Orange et l'Archevêque de Narbonne pour l'Abbaye de Bonneval. Le 27 septembre, le Pape attribua le chapeau de cardinal à Joseph Firrao et Antoine-Xavier Gentile. Des tensions politiques émergèrent concernant les Duchés de Parme et de Plaisance. La Duchesse Douairière de Parme déclara ne pas être enceinte, permettant au Général Stampa de prendre possession des duchés au nom de l'Infant Don Carlos, malgré les actes de prise de possession affichés par le Commissaire du Pape, M. Oddi. En Corse, des opérations militaires furent menées contre des rebelles, et des troupes impériales furent envoyées pour renforcer la garnison d'Ajaccio. Il fut également rapporté que l'Empereur envisageait un traité pour résoudre les différends avec les rebelles corses. À Rome, le Duc Césarini obtint la permission d'emprunter des fonds pour achever la construction de son théâtre. Le Cardinal d'Althan, en disgrâce auprès de l'Empereur, vit ses ordonnances supprimées. Le Cardinal Bentivoglio prit possession de biens allodiaux au nom de l'Infant Don Carlos. Le Tribunal de la Rote se rassembla le 1er octobre, et des nouvelles militaires concernant la Corse furent rapportées. À Naples, des ordres de l'Empereur et des lettres inhibitoires furent publiés, et des différends surgirent entre le Conseil Collateral et le nouvel Archevêque de Benevent.
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2154
p. 2446-2448
ESPAGNE.
Début :
Il a été résolu dans le Conseil du Roy, que Infant Dom Carlos partiroit pour l'Italie le [...]
Mots clefs :
Escadre, Rade, Or, Conseil du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
L a été résolu dans le Conseil du Roy , que
Infant Dom Carlos partiroit pour l'Italie le
20 ou le 21. de ce mois , et que ce Prince passeroit
par les Provinces Méridionales de France
pour aller s'embarquer à Antibes.Le détachement
des Gardes du Corps qui ont été choisis pour sa
Garde ordinaire , est déja parti avec ses équipages
pour se rendre à Barcelone par deux differentes
routes.
On mande de Malaga que le 3 au soir il y
étoit arrivé un Courier de la Haye,avec un ordre
des Etats Generaux au Contre- Amiral Schryver ,
Commandant des trois Vaissaux de Guerre Hollandois
qui étoient dans ce Port, de joindre l'Es
cadre
OCTOBRE. 1731. 2447
Cadre Angloise qui est dans la Méditerrannée ;
que le 4 au matin cette Escadre avoit passé à la
vue de Malaga , au nombre de quatorze Vaisseaux
de Guerre , qu'elle avoit à bord mille hommes
qu'on avoit embarquez à Gibraltar, et qu'elle
faisoit route vers Barcelone ; que le même jour le
Contre- Amiral Hollandois avoit fait appareiller
ses Vaisseaux pour suivre cette Escadre.
Tous les Officiers qui doivent servir sur l'Escadre
du Roy, sont partis pour se rendre à Barcelone
, où l'on croit qu'elle est arrivée . Cette Escadre
est composée de vingt - deux Vaisseaux de
Guerre et de Bâtimens légers. Le Marquis de
Mari qui la commande , doit monter le Vaisseau
Pisabelle.
3
S. M. Cath. ayant donné les Ordres necessaires
pour faire délivrer l'or , l'argent et autres effets
de la Flotte , et de ceux du dernier retour des
Vaisseaux des Assogues ; on a commencé à délivrer
ces effets sur lesquels on retient , tant pour le
droit d'Indult que pour un don gratuit accordé
au Roy par la Chambre du Commerce , environ
quinre pour cent.
Le is Septembre , l'Escadre du Roy d'Angletérte
, commandée par le Chevalier Charles Wager
, entra dans le Port de Barcelonne , où on lui
rendit le salut qu'elle avoit fait en jettant l'Ancre
dans la Rade . Le Gouverneur et le Conseil suprêine
de la Province allerent le même jour compli
menter le Commandant de cette Escadre et lui
offrir tous les rafraichissemens dont il avoit besoin.
Le soir , le Gouverneur envoya , suivant les
ordres qu'il en avoit reçûs du Roy Cath . à tous
les Vaisseaux Anglois des Vins pour les Officiers,
et des Moutons pour les Equipages.
Le 16 , le Vice- Amiral Wager , accompagné
H vj de
2448 MERCURE DE FRANCE
de plusieurs Officiers , alla rendre visite au Gou
verneur , qui lui donna un Repas magnifique.
Le 17 , l'Escadre de S. M. Cath. commandée
par le Marquis de Mari , et composée de seize
Vaisseaux de Guerre , arriva de Cadix dans le
Port de Barcelone.
Les dernieres Lettres de Barcelone portent que
le Marquis de Mari y étoit arrivé avec son Escadre
; et que le IS de ce mois on devoit commencer
l'embarquement des Troupes.
L a été résolu dans le Conseil du Roy , que
Infant Dom Carlos partiroit pour l'Italie le
20 ou le 21. de ce mois , et que ce Prince passeroit
par les Provinces Méridionales de France
pour aller s'embarquer à Antibes.Le détachement
des Gardes du Corps qui ont été choisis pour sa
Garde ordinaire , est déja parti avec ses équipages
pour se rendre à Barcelone par deux differentes
routes.
On mande de Malaga que le 3 au soir il y
étoit arrivé un Courier de la Haye,avec un ordre
des Etats Generaux au Contre- Amiral Schryver ,
Commandant des trois Vaissaux de Guerre Hollandois
qui étoient dans ce Port, de joindre l'Es
cadre
OCTOBRE. 1731. 2447
Cadre Angloise qui est dans la Méditerrannée ;
que le 4 au matin cette Escadre avoit passé à la
vue de Malaga , au nombre de quatorze Vaisseaux
de Guerre , qu'elle avoit à bord mille hommes
qu'on avoit embarquez à Gibraltar, et qu'elle
faisoit route vers Barcelone ; que le même jour le
Contre- Amiral Hollandois avoit fait appareiller
ses Vaisseaux pour suivre cette Escadre.
Tous les Officiers qui doivent servir sur l'Escadre
du Roy, sont partis pour se rendre à Barcelone
, où l'on croit qu'elle est arrivée . Cette Escadre
est composée de vingt - deux Vaisseaux de
Guerre et de Bâtimens légers. Le Marquis de
Mari qui la commande , doit monter le Vaisseau
Pisabelle.
3
S. M. Cath. ayant donné les Ordres necessaires
pour faire délivrer l'or , l'argent et autres effets
de la Flotte , et de ceux du dernier retour des
Vaisseaux des Assogues ; on a commencé à délivrer
ces effets sur lesquels on retient , tant pour le
droit d'Indult que pour un don gratuit accordé
au Roy par la Chambre du Commerce , environ
quinre pour cent.
Le is Septembre , l'Escadre du Roy d'Angletérte
, commandée par le Chevalier Charles Wager
, entra dans le Port de Barcelonne , où on lui
rendit le salut qu'elle avoit fait en jettant l'Ancre
dans la Rade . Le Gouverneur et le Conseil suprêine
de la Province allerent le même jour compli
menter le Commandant de cette Escadre et lui
offrir tous les rafraichissemens dont il avoit besoin.
Le soir , le Gouverneur envoya , suivant les
ordres qu'il en avoit reçûs du Roy Cath . à tous
les Vaisseaux Anglois des Vins pour les Officiers,
et des Moutons pour les Equipages.
Le 16 , le Vice- Amiral Wager , accompagné
H vj de
2448 MERCURE DE FRANCE
de plusieurs Officiers , alla rendre visite au Gou
verneur , qui lui donna un Repas magnifique.
Le 17 , l'Escadre de S. M. Cath. commandée
par le Marquis de Mari , et composée de seize
Vaisseaux de Guerre , arriva de Cadix dans le
Port de Barcelone.
Les dernieres Lettres de Barcelone portent que
le Marquis de Mari y étoit arrivé avec son Escadre
; et que le IS de ce mois on devoit commencer
l'embarquement des Troupes.
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Résumé : ESPAGNE.
En octobre 1731, il a été décidé que l'Infant Dom Carlos se rendrait en Italie via les provinces méridionales de France, avec des Gardes du Corps déjà en route vers Barcelone. À Malaga, un courrier a ordonné au Contre-Amiral Schryver de rejoindre une escadre angloise dans la Méditerranée, composée de quatorze vaisseaux de guerre et suivie par des vaisseaux hollandais. Tous les officiers destinés à servir sur l'escadre royale se sont rendus à Barcelone, où cette escadre, composée de vingt-deux vaisseaux, était attendue sous le commandement du Marquis de Mari. Le roi catholique avait ordonné la délivrance de l'or, de l'argent et autres effets de la flotte, avec une retenue d'environ cinquante pour cent pour le droit d'indult. Le 1er septembre, l'escadre du roi d'Angleterre, commandée par le Chevalier Charles Wager, est entrée dans le port de Barcelone. Le 17 septembre, l'escadre royale, commandée par le Marquis de Mari et composée de seize vaisseaux de guerre, est arrivée de Cadix à Barcelone. Les dernières lettres confirmaient l'arrivée du Marquis de Mari et l'imminence de l'embarquement des troupes.
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2155
p. 2448-2449
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On attend à Londres le Duc de Lorraine qui doit y arriver d'Hollande. Le Duc de S. Albans [...]
Mots clefs :
Londres, Duc de Lorraine, Yacht, Étoile d'or
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE .
N attend à Londres le Duc de Lorraine qui
doit yarriver d'Hollande. Le Duc de S. Albans
, le Comte d'Essex et deux autres Gentilshommes
de la Chambre du Roy, on été nommez
pour accompagner ce Prince pendant tout le sé→
jour qu'il fera en Angleterre , où il sera traité au
dépens du Roy. Le Comte de Kinski , Ministre
de l'Empereur , a reçû des ordres de S. M. Imp.
pour aller le recevoir à son débarquement .
La Maison du Duc de Cumberland qui doit
être formée après le retour de la Cour au Palais
de S James , sera composée de deux Gentilshommes
de la Chambre , d'un Maître de la Garderobe
, de deux Huissiers de la Chambre , de trois
Pages de la Chambre , de quatre Ecuyers de la
Chambre , d'un Trésorier , d'un Receveur General
, d'un premier Secretaire, d'un premier Ecuyer ,
de deux Sous Ecuyers , de deux Pages d'honneur ,
et de plusieurs Domestiques de livrée .
Le Yacht du Roy est parti pour aller en Hol
lande , prendre le Duc de Lorraine à Roterdam ,,
d'où il devoit partir le 17 , et le conduire en Angleterre
où il gardera l'incognito , sous le nom du
ComtOCTOBRE
1733. 2449
Comte de Blamont. Ce Prince logera chez le
Comte de Kinski, Envoyé extraordinaire de l'Empereur
, qui lui a fait meubler des appartemens:
d'une magnificence extraordinaire . Sa suite sera
de trente- huir personnes.
On apprend de Mewmarket , que les Gagures
qui s'y sont faites pour les Courses de Chevaux >
ont été très- considérables ; qu'il y en avoit eu
une qui montoit à dix mille liv. Sterlin , entre le
Duc de Devons- Hire et le Duc de Bolton , et que
le premier avoit gagné ce pary ; que le prix d'argenterie,
donné par le Roy , avoit été couru cette
année par des Jumens de six ans, erremporté par
celle du Chevalier Gardner.
Le bruit court qu'on a présenté à la Reine , un
projet pour distinguer un certain nombre de
Dames , par une marque d'honneur , dont la Reine
disposera. Cette marque sera une Etoile d'or
qu'elles porteront sur la poitrine.
La Ville de Cockthorpe , dans le Comté de
Norfolck , a été entierement consumée par le
feu.
N attend à Londres le Duc de Lorraine qui
doit yarriver d'Hollande. Le Duc de S. Albans
, le Comte d'Essex et deux autres Gentilshommes
de la Chambre du Roy, on été nommez
pour accompagner ce Prince pendant tout le sé→
jour qu'il fera en Angleterre , où il sera traité au
dépens du Roy. Le Comte de Kinski , Ministre
de l'Empereur , a reçû des ordres de S. M. Imp.
pour aller le recevoir à son débarquement .
La Maison du Duc de Cumberland qui doit
être formée après le retour de la Cour au Palais
de S James , sera composée de deux Gentilshommes
de la Chambre , d'un Maître de la Garderobe
, de deux Huissiers de la Chambre , de trois
Pages de la Chambre , de quatre Ecuyers de la
Chambre , d'un Trésorier , d'un Receveur General
, d'un premier Secretaire, d'un premier Ecuyer ,
de deux Sous Ecuyers , de deux Pages d'honneur ,
et de plusieurs Domestiques de livrée .
Le Yacht du Roy est parti pour aller en Hol
lande , prendre le Duc de Lorraine à Roterdam ,,
d'où il devoit partir le 17 , et le conduire en Angleterre
où il gardera l'incognito , sous le nom du
ComtOCTOBRE
1733. 2449
Comte de Blamont. Ce Prince logera chez le
Comte de Kinski, Envoyé extraordinaire de l'Empereur
, qui lui a fait meubler des appartemens:
d'une magnificence extraordinaire . Sa suite sera
de trente- huir personnes.
On apprend de Mewmarket , que les Gagures
qui s'y sont faites pour les Courses de Chevaux >
ont été très- considérables ; qu'il y en avoit eu
une qui montoit à dix mille liv. Sterlin , entre le
Duc de Devons- Hire et le Duc de Bolton , et que
le premier avoit gagné ce pary ; que le prix d'argenterie,
donné par le Roy , avoit été couru cette
année par des Jumens de six ans, erremporté par
celle du Chevalier Gardner.
Le bruit court qu'on a présenté à la Reine , un
projet pour distinguer un certain nombre de
Dames , par une marque d'honneur , dont la Reine
disposera. Cette marque sera une Etoile d'or
qu'elles porteront sur la poitrine.
La Ville de Cockthorpe , dans le Comté de
Norfolck , a été entierement consumée par le
feu.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En octobre 1733, le duc de Lorraine est attendu à Londres, où il sera accueilli par plusieurs dignitaires, dont le duc de Saint-Albans et le comte d'Essex. Le comte de Kinski, ministre de l'empereur, doit l'accueillir à son débarquement. Le duc voyagera incognito sous le nom de comte de Blamont et logera chez le comte de Kinski, dont les appartements ont été préparés pour l'occasion. Sa suite compte trente-huit personnes. Le yacht du roi est parti pour Rotterdam afin de le conduire en Angleterre. La maison du duc de Cumberland, formée après le retour de la cour au palais de Saint James, comprendra divers gentilshommes, pages, écuyers et domestiques. À Newmarket, les courses de chevaux ont vu des mises considérables, avec une victoire du duc de Devonshire. Un projet a été présenté à la reine pour distinguer certaines dames par une étoile d'or portée sur la poitrine. La ville de Cockthorpe, dans le comté de Norfolk, a été détruite par un incendie.
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2156
p. 2449
HOLLANDE ET PAYS BAS.
Début :
Le bruit court à Bruxelles que les Directeurs de la Compagnie d'Ostende, qui sont allez à [...]
Mots clefs :
Empereur, Duc de Lorraine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HOLLANDE ET PAYS BAS.
HOLLANDE ET PAYS B-A S
E bruit court à Bruxelles que les Directeurs
de la Compagnie d'Ostende , qui sont allez à
Vienne , sont chargez de presenter à l'Empereur
un nouveau Projet pour établir la franchise des
Ports d'Ostende et de Nieuport , et l'on se flate
que si ce projet est approuvé , le commerce des
Pays- Bas en retirera de grands avantages.
Le Duc de Lorraine a resté trois jours à Roterdam
, et s'est embarqué le 20 de ce mois sur
un Yacht des Etats Generaux , pour descendre la
Meuse , dont on aprend qu'il avoit passé l'embouchure
, avec un vent tres-favorable.
E bruit court à Bruxelles que les Directeurs
de la Compagnie d'Ostende , qui sont allez à
Vienne , sont chargez de presenter à l'Empereur
un nouveau Projet pour établir la franchise des
Ports d'Ostende et de Nieuport , et l'on se flate
que si ce projet est approuvé , le commerce des
Pays- Bas en retirera de grands avantages.
Le Duc de Lorraine a resté trois jours à Roterdam
, et s'est embarqué le 20 de ce mois sur
un Yacht des Etats Generaux , pour descendre la
Meuse , dont on aprend qu'il avoit passé l'embouchure
, avec un vent tres-favorable.
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Résumé : HOLLANDE ET PAYS BAS.
Les directeurs de la Compagnie d'Ostende ont présenté à Vienne un projet pour la franchise des ports d'Ostende et de Nieuport, visant à favoriser le commerce des Pays-Bas. Par ailleurs, le duc de Lorraine a séjourné à Rotterdam avant de descendre la Meuse sur un yacht des États Généraux, bénéficiant d'un vent favorable.
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2157
p. 2456-2459
PROMOTION d'Officiers de Marine, du 30 Septembre 1731 .
Mots clefs :
Officiers de marine, Vaisseaux, Chevaliers, Brigades, Artillerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PROMOTION d'Officiers de Marine, du 30 Septembre 1731 .
PROMOTION d'Officiers de Marine,
du 30 Septembre 1731 .
M
Capitaines de Vaisseaux , z4.
ESSIEURS de Sesmaisons. Des
quilles.Comte du Quesne.La Chaire
Beaupoirier. Galiffet. de Kermada
Huon. Ravenel. De Cheylus. De Sabran
Bagnols. Bisault.De Joganville. Baraudin
Breugnon. S. Clair. La Maisonfort du Bois
des Cours. Chevalier de S. Hermine. Toranl.
Comtes des Gouttes. La Jonquiere.
Coulombe . Mauclere. Du Quesnel . Chevalier
d'Albert. De Pardaillan.
Taissea Lieutenans de Vaisseaux , 49.
Messieurs Du Plessis Faucherie. De
Réals. La Prévalais. De Vassan. De Liesta.
Davaleau . Destry. Clancy. De Selve l'aîné.
Desbois. Beaumont le Normant., La
Grandiere. Rousier de Bellisle. Courat de
SurOCTOBR
E. 1731. 2457
Surmont. Pepiner . Vincheguerre. Droualen.
De Cussy, Desgrez Mont S. Pere
Rambures. Bodon de Moisan. Champ-`
martin. Du Tillet. Fonsenai Ruillé. De
Fraïgne. Chevalier du Mené. Chevalier
de Meré. Boisrond d'Orignac. Du Gaspern.
Silly de Louvigny. S. Légier Despannes.
Francfort Mesnier. D'Ypreville.
Pepin de Maisonneuve. Chevalier de
Réals . Longueval d'Haraucourt . Luzenno
de Kersalaun . De Brague. Chevalier
d'Ervaux . Chevalier de Montlovet , Ayde
Major. Du Houlbec. De Rossel . Penandref
de Kersȧuzon . De Rimberlieu . Chevalier
de Kerlorec. De Chabannes. De
Martonne. Chevalier de Flavacourt. Mar
quis de Florensac.
Enseignes de Vaisseaux , 116.
Messieurs Desgots , cadet. Chabert de
Burgues. Daubigny , l'aîné . Téodat de Sossionde.
De Kervenny . La Chivert la Bossierre.
De Gats. De Bournonville. De
Granvil. Clavier . Du Chesineur . Poutevez
cadet. Chevalier de Kersauzon . Du Gémeaux
. La Fregonniere. Keramel Patcevaux
. De Montalet . Dessonville . Marcouville.
La Villeon . De Barazer. Bréchart.
Chevalier de Cogolin. Kerjeanmol. Damblart
2458 MERCURE DE FRANCE
blart de Lasmatre . De Rochemaure la
Devese. De Drucourt. Du Bois de Macquillé
. De Marolies .Ripert.Des Goutte la
Salle. Viry de Lacerée. Chevalier de Pannat.
Chevalier de Villiers.De Mine Quinson.
Muzino: Du Chateau, Beaulieu Thivas
Rolland. Dacher. Chevalier de Requiston.
De Mézières . S. Hilaire . De Sabran
Grammont. Colbert de Turgis.Chevalier
de Parcevaux . De Coetsaillan.D'Herville.
Droüalen. Kersa de Boisgerlin . Kerjean
Kerjean. De Cabannous. De Guerros
. De Molien. Saint- Laurens de Sartres.
Darcy Montfriol. Beaudouvin . De Gouyon
miniac. Chevalier de Castillon, Chevalier
de la Routiere. S. André Montmejean,
S. Allouarne. De Font Rivaux. La
Maisonfort le cadet. Kermabon. Montfort
Gaillardbois , Darquemont, De Tour
Sagny. Cogolin le cadet. De Saliez. Du
Mesnil Norey. Kerlerec de Kerrasegan .
Motheux le cadet. De Merville . Cheva
lier de Vence. Chevalier de Villevieille.
De Gourselas. Thiersant. De Tetreneyre.
Beaussier de Quiez . De Chezac. Jubert de
Bouville. De Chancy . De Kersaint. Tredern
du Drence. De Savigny. De Castillon
l'aîné. Neveu de Roulon . Odon des
Goutes. La Garigue la Tournerie. Bailly
S. Mars. Bart. Chapiseaux . De Fransures.
De
OCTOBRE . 1731. 2459
De Blacas . De Moisset . Boutteville Sebville.
D'Urtubie- Fagosse. Keroulas . Marquis
des Gouttes . Mesnard du Plessix .
Chevalier Damfreville . Roquefeüil . Chevalier
de Mercy . Gabarret. Chevalier de
Tessé. Chevalier de Surgeret .
Chefs de Brigades.
Messieurs Pezeron de Kervenigant. La
Balme.La Clocheterie.Chevalier de Montlevrier.
Chevalier de la Rue du Fresnay.
De Guidy. De Viray. De la Filliere. Du
Castelet Perez .
Artillerie.
Messieurs de Massiac , Capitaine . S.Su
rin de Mortagne , Lieutenant. S. André
du Verger. Chevalier de Guébriant, Sous-
Lieutenant. De Castillon , cadet. Kergui
ziau de Kervasdoué , Aydes.
du 30 Septembre 1731 .
M
Capitaines de Vaisseaux , z4.
ESSIEURS de Sesmaisons. Des
quilles.Comte du Quesne.La Chaire
Beaupoirier. Galiffet. de Kermada
Huon. Ravenel. De Cheylus. De Sabran
Bagnols. Bisault.De Joganville. Baraudin
Breugnon. S. Clair. La Maisonfort du Bois
des Cours. Chevalier de S. Hermine. Toranl.
Comtes des Gouttes. La Jonquiere.
Coulombe . Mauclere. Du Quesnel . Chevalier
d'Albert. De Pardaillan.
Taissea Lieutenans de Vaisseaux , 49.
Messieurs Du Plessis Faucherie. De
Réals. La Prévalais. De Vassan. De Liesta.
Davaleau . Destry. Clancy. De Selve l'aîné.
Desbois. Beaumont le Normant., La
Grandiere. Rousier de Bellisle. Courat de
SurOCTOBR
E. 1731. 2457
Surmont. Pepiner . Vincheguerre. Droualen.
De Cussy, Desgrez Mont S. Pere
Rambures. Bodon de Moisan. Champ-`
martin. Du Tillet. Fonsenai Ruillé. De
Fraïgne. Chevalier du Mené. Chevalier
de Meré. Boisrond d'Orignac. Du Gaspern.
Silly de Louvigny. S. Légier Despannes.
Francfort Mesnier. D'Ypreville.
Pepin de Maisonneuve. Chevalier de
Réals . Longueval d'Haraucourt . Luzenno
de Kersalaun . De Brague. Chevalier
d'Ervaux . Chevalier de Montlovet , Ayde
Major. Du Houlbec. De Rossel . Penandref
de Kersȧuzon . De Rimberlieu . Chevalier
de Kerlorec. De Chabannes. De
Martonne. Chevalier de Flavacourt. Mar
quis de Florensac.
Enseignes de Vaisseaux , 116.
Messieurs Desgots , cadet. Chabert de
Burgues. Daubigny , l'aîné . Téodat de Sossionde.
De Kervenny . La Chivert la Bossierre.
De Gats. De Bournonville. De
Granvil. Clavier . Du Chesineur . Poutevez
cadet. Chevalier de Kersauzon . Du Gémeaux
. La Fregonniere. Keramel Patcevaux
. De Montalet . Dessonville . Marcouville.
La Villeon . De Barazer. Bréchart.
Chevalier de Cogolin. Kerjeanmol. Damblart
2458 MERCURE DE FRANCE
blart de Lasmatre . De Rochemaure la
Devese. De Drucourt. Du Bois de Macquillé
. De Marolies .Ripert.Des Goutte la
Salle. Viry de Lacerée. Chevalier de Pannat.
Chevalier de Villiers.De Mine Quinson.
Muzino: Du Chateau, Beaulieu Thivas
Rolland. Dacher. Chevalier de Requiston.
De Mézières . S. Hilaire . De Sabran
Grammont. Colbert de Turgis.Chevalier
de Parcevaux . De Coetsaillan.D'Herville.
Droüalen. Kersa de Boisgerlin . Kerjean
Kerjean. De Cabannous. De Guerros
. De Molien. Saint- Laurens de Sartres.
Darcy Montfriol. Beaudouvin . De Gouyon
miniac. Chevalier de Castillon, Chevalier
de la Routiere. S. André Montmejean,
S. Allouarne. De Font Rivaux. La
Maisonfort le cadet. Kermabon. Montfort
Gaillardbois , Darquemont, De Tour
Sagny. Cogolin le cadet. De Saliez. Du
Mesnil Norey. Kerlerec de Kerrasegan .
Motheux le cadet. De Merville . Cheva
lier de Vence. Chevalier de Villevieille.
De Gourselas. Thiersant. De Tetreneyre.
Beaussier de Quiez . De Chezac. Jubert de
Bouville. De Chancy . De Kersaint. Tredern
du Drence. De Savigny. De Castillon
l'aîné. Neveu de Roulon . Odon des
Goutes. La Garigue la Tournerie. Bailly
S. Mars. Bart. Chapiseaux . De Fransures.
De
OCTOBRE . 1731. 2459
De Blacas . De Moisset . Boutteville Sebville.
D'Urtubie- Fagosse. Keroulas . Marquis
des Gouttes . Mesnard du Plessix .
Chevalier Damfreville . Roquefeüil . Chevalier
de Mercy . Gabarret. Chevalier de
Tessé. Chevalier de Surgeret .
Chefs de Brigades.
Messieurs Pezeron de Kervenigant. La
Balme.La Clocheterie.Chevalier de Montlevrier.
Chevalier de la Rue du Fresnay.
De Guidy. De Viray. De la Filliere. Du
Castelet Perez .
Artillerie.
Messieurs de Massiac , Capitaine . S.Su
rin de Mortagne , Lieutenant. S. André
du Verger. Chevalier de Guébriant, Sous-
Lieutenant. De Castillon , cadet. Kergui
ziau de Kervasdoué , Aydes.
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Résumé : PROMOTION d'Officiers de Marine, du 30 Septembre 1731 .
Le document, daté du 30 septembre 1731, liste les promotions d'officiers de marine réparties en trois catégories : capitaines de vaisseaux, lieutenants de vaisseaux et enseignes de vaisseaux. Parmi les capitaines promus figurent le comte du Quesne, Beaupoirier, Galiffet, de Kermada, Huon, Ravenel, de Cheylus, de Sabran, Bagnols, Bisault, de Joganville, Baraudin, Breugnon, S. Clair, La Maisonfort du Bois des Cours, Chevalier de S. Hermine, Toranl, comte des Gouttes, La Jonquiere, Coulombe, Mauclere, Du Quesnel, Chevalier d'Albert et de Pardaillan. Les lieutenants promus incluent Du Plessis Faucherie, de Réals, La Prévalais, de Vassan, de Liesta, Davaleau, Destry, Clancy, de Selve l'aîné, Desbois, Beaumont le Normant, La Grandiere, Rousier de Bellisle, Courat de Surmont, Pepiner, Vincheguerre, Droualen, de Cussy, Desgrez, Mont S. Pere, Rambures, Bodon de Moisan, Champ-martin, Du Tillet, Fonsenai, Ruillé, de Fraïgne, Chevalier du Mené, Chevalier de Meré, Boisrond d'Orignac, Du Gaspern, Silly de Louvigny, S. Légier Despannes, Francfort Mesnier, d'Ypreville, Pepin de Maisonneuve, Chevalier de Réals, Longueval d'Haraucourt, Luzenno de Kersalaun, de Brague, Chevalier d'Ervaux, Chevalier de Montlovet, Ayde Major, Du Houlbec, de Rossel, Penandref de Kersȧuzon, de Rimberlieu, Chevalier de Kerlorec, de Chabannes, de Martonne, Chevalier de Flavacourt et marquis de Florensac. Les enseignes promus comprennent Desgots, cadet, Chabert de Burgues, Daubigny, l'aîné, Téodat de Sossionde, de Kervenny, La Chivert la Bossierre, de Gats, de Bournonville, de Granvil, Clavier, Du Chesineur, Poutevez cadet, Chevalier de Kersauzon, Du Gémeaux, La Fregonniere, Keramel Patcevaux, de Montalet, Dessonville, Marcouville, La Villeon, de Barazer, Bréchart, Chevalier de Cogolin, Kerjeanmol, Damblart, blart de Lasmatre, de Rochemaure la Devese, de Drucourt, Du Bois de Macquillé, de Marolies, Ripert, des Goutte la Salle, Viry de Lacerée, Chevalier de Pannat, Chevalier de Villiers, de Mine Quinson, Muzino, Du Chateau, Beaulieu, Thivas, Rolland, Dacher, Chevalier de Requiston, de Mézières, S. Hilaire, de Sabran Grammont, Colbert de Turgis, Chevalier de Parcevaux, de Coetsaillan, d'Herville, Droüalen, Kersa de Boisgerlin, Kerjean Kerjean, de Cabannous, de Guerros, de Molien, Saint-Laurens de Sartres, Darcy Montfriol, Beaudouvin, de Gouyon miniac, Chevalier de Castillon, Chevalier de la Routiere, S. André Montmejean, S. Allouarne, de Font Rivaux, La Maisonfort le cadet, Kermabon, Montfort Gaillardbois, Darquemont, de Tour Sagny, Cogolin le cadet, de Saliez, Du Mesnil Norey, Kerlerec de Kerrasegan, Motheux le cadet, de Merville, Chevalier de Vence, Chevalier de Villevieille, de Gourselas, Thiersant, de Tetreneyre, Beaussier de Quiez, de Chezac, Jubert de Bouville, de Chancy, de Kersaint, Tredern du Drence, de Savigny, de Castillon l'aîné, Neveu de Roulon, Odon des Goutes, La Garigue la Tournerie, Bailly S. Mars, Bart. Chapiseaux, de Fransures, de Blacas, de Moisset, Boutteville Sebville, d'Urtubie-Fagosse, Keroulas, marquis des Gouttes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2158
p. 2488-2516
MEMOIRE HISTORIQUE, sur la défaite des Rebelles de Perse, et l'élevation de Schah Thamas sur le Trône de ses Ancêtres, &ac. Par M. D. G. témoin oculaire.
Début :
LES AGHUANS, ces fameux Rebelles, qui pendant près de huit [...]
Mots clefs :
Mémoire historique, Schah, Rebelles, Barbares, Turcs, Moscovites, Alcoran, Mahomet, Armée royale
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texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE HISTORIQUE, sur la défaite des Rebelles de Perse, et l'élevation de Schah Thamas sur le Trône de ses Ancêtres, &ac. Par M. D. G. témoin oculaire.
MEMOIRE HISTORIQUE , sur la dé
faite des Rebelles de Perse , et l'élevation
de Schah Thamas sur le Trône de ses
Ancêtres , &c. Par M. D. G. témoin
⚫culaire.
LR
ES AGHUANS ( 1 ) , ces fameux
Rebelles , qui pendant près de huic
années ont tenu sous le joug , et désolé la
plus grande partie du Royaume de Perse ,
n'étoient rien moins que ce qu'ils avoient
la réputation d'être ; leur nombre n'a ja➡
mais été audessus de 30000 hommes; leur
valeur étoit audessous de la commune, et
toute leur politique n'alloit qu'à massa→
crer impitoyablement tous les Persans ,
de quelque consideration qu'ils fussent
quand ils leur faisoient le moindre ombrage.
On pourroit même dire que leur
saccès et leur prosperité tenoient bien.
plus du miracle que d'aucun effet d'une
conduite réglée et bien concertée.
Ces Barbares conduits , pour ainsi dire,
"
(1 ) Nation originaire de la Province de Szyr
van , située entre la Mer Caspienne et le Mong
Caucase, depuis transportée par Tamerlan dans
Le Candabar , Frontiere de Perse et du Mogol.
pat
NOVEMBRE 1731. 2489
,
par la main de la fortune , s'étoient cependant
imaginez qu'après avoir pris la Ville
d'Hispaham , détrôné Schah Hussein , et
battu une armée de 120 mille Turcs , il
n'y avoit plus de Puissance au monde capable
de les abbatre ; la paix que le Grand
Seigneur avoit ensuite faite avec eux
l'Ambassade aussi honteuse que solemnel,
le , qu'il leur avoit envoyée pour reconnoître
leur chef Acheraf , les avoient tellement
éblouis, et les avoient rendus si
vains , qu'ils s'estimoient les plus grands
hommes de la terre , et ne regardoient
plus Schah Thamas fils et successeur du
Sultan Hussein que comme un petit sujet
qu'ils anéantiroient , s'il avoit jamais la
hardiesse de se presenter pour soutenir ses
droits , l'apellant par mépris et par dérision
, au lieu de Chazade , qui signifie
fils de Roy ; Tekzadé , c'est- à- dire , fils de
chien.
Il est vrai que la fermeté et la valeur des
Moscovites , lesquels non contens de ne
vouloir pas donner le titre de Roy à leur
chef Acheraf , avoient défait avec trois
cens hommes seulement , 5 à 6000 Aghuans
, leur avoit causé quelque troubles
mais le General Russien qui commandoit
dans le Guilan , leur ayant accordé ure
espece de Trêve,et réglé avec eux certai-
A v nes
2490 MERCURE DE FRANCE
nes limites , jusqu'à ce qu'il eut reçu des
Ordres plus précis du Czar , ils s'étoient
entierement rassurez de ce côté - là , de
sorte qu'Achetaf, qui dans le fonds n'étoit
, pour ainsi dire , qu'un chef de Brigands
, malgré la beauté de son nom , qur
signifie le Noble par excellence , dont les
forces étoient assez médiocres , commença
dèslors à se donner pour un grand Prince
, il ne faisoit plus la Guerre que par ses
Generaux ; c'est ainsi que le Château
d'Iesd fut soumis , après une année et demie
de Siége . Cette Place n'auroit tenu en
Europe devant une Armée , qu'autant de
tems qu'il en faut pour la disposition de
l'attaqué ; mais cette sorte de Guerriers
ne sçavoient ce que c'est que d'enlever
l'Epée à la main , le moindre petit retran
chement . L'Officier qui avoit deffendu
Iesd , et qui ne s'étoit rendu que par famine
, fut cruellement traité , et la Garni
son passée au fil de l'épée , malgré la
role qu'on leur avoit donnée , avec serment
fait sur l'Alcoran , qu'il ne leur seroit
fait aucun mal .
pa-
C'est encore de cette maniere qu'ils s'étoient
ouvert le chemin jusqu'à Benderabassi
* en trompant Sayd Amid ·
Kan qui occupoit će poste. Ce Kan
>
* Fameux Port de Mer , à deux lieuës d'or.
mas , Isle du Golfe Persique.
étoit
NOVEMBRE. 1731. 2491
étoit Prince du Sang Royal , du côté des
femmes ; il étoit bien fait , d'une taille et
d'une force extraordinaire , et rempli de
valeur , il s'étoit révolté contre Schah
Thamas , etavoit pris le titre de Roy dans
le Kirman , au commencement des troubles
, mais son armée n'étant composée
que de gens ramassez , il en étoit ordinairement
abandonné dans les actions.
décisives ; de sorte que réduit à deux ou
trois cens hommes , et ne sçachant plus comment
se maintenir , il aima mieux se rendre
aux Rebelles sur leurs belles promesses ,
que de recourir à la clemence de son Roy
legitime. Il eut le sort que son infidelité
méritoit , et la paya peu de jours après
de sa tête. Plusieurs Villes , sans deffenses,
se rendirent en même - temps , et tout le
pays fut ouvert , comme on l'a dit , jusqu'au
Benderabassi.
Ces prospéritez enfloient tellement le
coeur des Rebelles qu'Acheraf ne daignoit
plus se mettre en campagne,il restoit tranquille
dans Ispaham , faisant bâtir des
Maisons de plaisance , allant pompeuse
ment à la chasse, et vivant, en un mot,com.
me si la fortune eut été inébranlable.A son
exemple tous les grands Seigneurs et les
premiers Officiers qui composoient sa
Cour , vivoient de la même maniere ; ils
A vj avoient
8
2492 MERCURE DE FRANCE .
avoient tous parfaitement oublié leur premiere
origine et leur vile condition de.
Chameliers ou d'Esclaves. Les richesses
immenses dont ils avoient dépouillé les.
Persans , la beauté des femmes et des filles.
qu'ils leur avoient enlevées , et dont cha-.
cun d'eux avoit bon nombre , les super-.
bes bâtimens qu'ils habitoient , les habits:
somptueux dont ils se paroient, et la bonne
chere, à laquelle ils s'étoienr adonnez ;
tout cela comparé à leur premier état
leur constituoit en ce monde , selon leur
propre aveu , un Paradis de délices , tel
que Mahomet l'a promis dans l'autre à ses
Sectateurs dans l'Alcoran.
Tandis qu'Acheraf faisoit ainsi le grand
Monarque , Schah Thamas de son côté
travailloit au rétablissement de ses affaires.
On peur dire que la maniere dont it
s'étoit sauvé d'Ispaham, dans le plus fort du
Siége , avec une escorte de cinq cens hommes
, quoique les Aghuans eussent été
précisément avertis par les Arméniens
du jour et de l'heure de sa sortie ; que le
choix que Schah Hussein avoit fait ,
au préjudice de deux de ses aînez , et le
bonheur qu'il eut dans la suite de se tirer
du Piége qu'Acheraf lui avoit tendu à Teïoù
if prétendoit l'enveloper' , sous
prétexte de venir lui rendre homma ge
ron
NOVEMBRE. 1731. 2493
'de lui remettre la Couronne que Mahmont
lui avoit enlevée. On peut, dis- je ,
croire que tous ces évenemens étoient autant
de signes certains que Dieu l'avoit
choisi pour regner, et qu'il le destinoit à
remonter sur le Trône de ses Peres.
Ce Prince , élevé comme le sont ordinairement
les Fils de Roy dans l'Orient
n'avoit vû autre chose, lorsqu'il sortit d'Ispaham
, que l'interieur du Sérail , c'est-àdire
, des Femmes et des Eunuques . If
trouva un dérangement affreux dans tout
le Royaume , pas un Gouverneur de Province
qui eut la moitié des Troupes qu'il
étoit obligé d'entretenir les Finances
épuisées et mal réglées , des Ennemis de
tous côtez,et par surcroit de malheursune
foule de flateurs qui n'avoient en vûë que
leur propre interêt , sans songer en aucune
façon aux besoins de l'Etat.Cependant
Schah Thamas ne laissa pas de lever des
Troupes avec lesquelles il eut plusieurs
fois à faire aux Moscovites , aux Georgiens
, aux Osmanlous , et à d'autres Rebelles
, mais presque toujours avec desavantage
, quoiqu'il combattit lui- même
à la tête de ses plus braves soldats. Enfin
ne pouvant plus résister à tant d'ennemis
à la fois , il fut obligé , pour ainsi dire
abandonner la partie. Les Osmanlous
list
2494 MERCURE DE FRANCE
lui enleverent tout le Païs , qui est depuis
Erivan jusqu'à Tauris , et depuis Tauris
jusqu'à Hamadam. Les Moscovites se rendirent
maîtres du Guilan , la plus riche
Province de Perse , et celle qui donne les
Soyes. Les Géorgiens secouerent entiercment
le joug ; et les Afdalis , autres Re
belles , s'emparerent de Herat et de Machat
, dans le Corassan. Ce malheureux
Prince se trouva ainsi réduit à la Province
de Mazandran , à une partie du Chirvan
, et à une autre partie du Corassan-
Tant de revers , capables d'abatre tout
aatre courage que celui de Thamas , ne
servirent , pour ainsi dire , qu'à le fortifier
et à le corriger de quelques vices ausquels
il s'étoit adonné ; enfin, lorsque ses
affaires paroissoient les plus desesperées ;
le ciel qui le favorisoit , lui suscita un Liberateur
en la personne de Thamas Kouli
Kan. Ce Kan est un Seigneur d'environ
quarante ans , élevé dès son enfance dans
le métier des armes ; brave , s'il en fut jamais
, homme de bon esprit , franc et sincere,
récompensant bien ceux qui se comportent
vaillamment , et punissant de
mort ceux qui lâchent le pied dans les occasions
où ily a moyen de résister. Il donna
d'abord des preuves constantes de sa capacité
, de sa valeur et de sa fidelité , dans
diverNOVEMBRE.
1731 . 2495
diverses occasions où il fut employé ; et
quand il se vit entré assez avant dans les
bonnes graces du jeune Roy , il lui apprit
à discerner les flatteurs et les traîtres ,
l'obligeant à châtier les uns et à éloigner
les autres. Il osa de plus insinuer au Prince
la necessité de se corriger de ces vices
honteux , qui ternissoient ses belles qualitez,
sans quoi , ajontoit- t- il, Dieu ne be
niroit jamais ses Armes. Le Roy écouta
ses conseils , les goûta , les suivit , et ses
affaires commencerent dèslors à prendre
une meilleure face.
L'Armée Royale n'étoit pas nombreuse
, mais elle étoit bien payée et bien disciplinée
; la plus petite desobeïssance étoit
severement punie , et on payoit de la tête
la moindre lâcheté. Les principaux Officiers
et la plupart des Subalternes, étoient
tous d'une valeur à toute épreuve , gens
bien connus et choisis par Thamas Koulikan.
C'est avec une telle Armée et le genie
de ce Kan , que dans le cours de l'année
1729. Schah Thamas avant les prospéritez
qu'il eut depuis contre les Aghuans
, avoit gagné en personne trois Batailles
contre les Afdalis , repris Hérat et
Machat , et soumis tous les Rebelles du
Corassan et des environs. Dans ces expeditions
on passa au fil de l'épée tout ce
qui
2496 MERCURE DE FRANCE
qui fut trouvé portant les Armes ; mais
ceux qui les mirent bas et implorerent la
clemence du Roy,furent épargnez,à condition
qu'ils serviroient dans ses Troupes
, et que les chefs remettroient leurs
familles en otage , pour garants de leur fidelité
.Tout étant ainsi pacifié de ce côtélà
, on commença à songer à la destruction
des Aghuans. Pour commencer, le
Roy fit marcher son Armée de leur côté
dans l'intention cependant de ne plus rien
entreprendre de cette campagne , mais de
donner des quartiers d'hyver à ses Troupes
sur les Frontieres , pour qu'elles fussent
plus à portée d'agir au Printemps
prochain.
Acheraf de son côté , bien informé des
victoires du Roy , et de la marche de son
Armée , crut d'abord qu'on venoit l'atta
quer ; il rappella les Officiers et les Troupes
, qui étoient dispersez en divers lieux,
rassembla toutes ses forces , es se mit ea
campagne avec un grand appareil ; dès le
commencement du mois d'Aouft 1730.
il ne laissa dans Ispaham que deux ou
trois cens hommes , nombre plus que
suffisants pour tenir en bride tout ce qui
restoit d'habitans ; car on en avoit chassé
tous les Persans qui étoient en état de manier
les armes ; on avoit pris la même
préNOVEMBRE.
1731. 2497
que
précaution dans Cachan , Kon , Casbin
Teiron , et autres Villes , où on ne laissa
les vieillards , les femmes et les enfans.
Quoique ce fussent-là des indices de
crainte , les Aghuans ne laissoient pas de
témoigner une grande joie de ce que le
Tekzade , ( c'est ainsi qu'ils appelloient le
Roy ) leur épargnoit la peine de l'aller
chercher dans le Mazandran ; le moindre
des exploits dont ils se flattoient , c'étois
de le prendre en vie , et ceux qui parois
soient les plus raisonnables , plaignoient
disoient- ils , cette pauvre victime qui ve
noit ainsi se livrer à la mort. C'est avec
ces belles idées que les Aghuans se mirent
en campagne.
Schah Thamas qui bruloit d'impatien
ce d'en venir aux mains avec les Rebelles,
et qui n'avoit consenti qu'à regret à terminer
la campagne de si bonne heure , fur
ravi d'apprendre leur résolution , et se
disposa à les bien recevoir ; il n'avançoit
pourtant que lentement , affectant même
quelque crainte , pour attirer Acheraf le
plus avant qu'il pourroit ; celui-cy de son
côté , qui n'avoit jamais vû les Persans tenir
ferme devant lui en pleine campagne;,
s'avança , plein de confiance.
Enfin les Armées se joignirent à Damguam
, petite Ville sur les frontieres du
Chir2498
MERCURE DE FRANCE
Chirvan. L'attaque des Rebelles fut d'ar
bord assez vigoureuse ; les Persans animez
par la présence de leur Roy, l'a soutinrent
sans s'ébranler. Cette fermeté étonna un
peu Acheraf; il pratiqua alors ce qui lut
avoit réussi à la défaite des Turcs. Il fit
quelques détachemens de 2 ou 3000 hommes
, chacun, commandé par deux de ses
plus braves chefs , avec ordre de prendre
un détour et de venir attaquer l'enne
mi en flanc et en queuë ; mais les Rebelles
trouverent par tout le même ordre et lá
même résistance. Ces détachemens furent
repoussez et défaits ; le Corps où Acheraf
commandoit en personne , commença à
s'ébranler ; les Persans redoublerent leur
feu , et après une décharge faite à propos
de toute leur Artillerie , ils s'avancerent
sur les Rebelles qui prirent aussi - tôt
la fuite ; et abandonnant leur Canon et
leurs Equipages , ils se sauverent avec tant
de précipitation qu'en 24 heures ils firent
sept journées de chemin ordinaire et vinrent
jusqu'à Tairon , où ils s'arrêterent un
jour entier pour prendre halcine , après
quoi redoublant toujours les journées , ils
continuerent leur marche jusqu'à Ispaham .
Leur entrée dans cette Ville fut assez
paisible, mais le lendemain Acheraf donna
ordre à tous les siens de se retirer avec
leurs
NOVEMBRE. 1731. 2499
leurs effets et leurs familles , dans le Château.
Ce Château ,au reste ,n'est autre chose
qu'une enceinte de murailles de terre
élevées au centre de la Ville , avec des
Tours de même fabrique , de douze en
douze pas ; il renferme la vieille Citadelle
, la grande Place , le Palais du Roy ,
et peut avoir une lieuë de circuit. C'est
Youvrage d'Acheraf , dès qu'il se fut déclaré
Roy ; ouvrage vraiment misérable
s'il en fut jamais ; on ne sçauroit bien
décrire la précipitation , le tumulte et la
confusion avec laquelle les Rebelles s'y
retirerent. Ils en chasserent tous les Persans
, pillerent , ravagerent et brulerent
tout ce qui leur appartenoit, Et comme
c'est dans cette enceinte que se trouvoient
les plus riches Boutiques , ce fut aussi le
lieu des plus grands dommages qu'air
souffert cette malheureuse Ville. D'abord
que les Rebelles eurent ainsi retiré leurs
effets et leurs familles , ils se remirent en
campagne et allerent établir leur Camp à
neuf ou dix lieues d'Ispaham , près d'un
Village nommé Machakor.
Cependant l'Armée Royale avançoit
toûjours à journées reglées. Thamas Kou
likan , ce fidele et valeureux General
s'étant apperçu dans les Batailles précedentes
, que le Roy s'exposoit trop , ou
peute
665170
2500 MERCURE DE FRANCE
, ce
peut - être voulant avoir seul la gloire
d'achever la défaite des Aghuans , representa
à ce Prince que sa presence n'étoit
plus necessaire pour animer les Troupes ,
et il le supplia au nom de toute l'Armée
de rester à Teiron , avec un Corps de
reserve de 9 ou 10 mille hommes
que le Roy fit. Le Kan muni d'un plein
pouvoir , continua sa marche sans aucun
trouble , et comme les Rebelles avoient
abandonné tout le pays depuis le champ
de bataille jusqu'à Ispaham , les Villa
geois venoient en foule au - devant de
P'Armée Royale , et apportoient sans
être mandés tous les rafraîchissemens
dont elle avoit besoin les Villes ouvrirent
leurs Portes , et tous les Sujets
generalement témoignerent la joye qu'ils
avoient de leur heureuse délivrance .
>
Les deux armées se trouverent en presence
le Dimanche 13. Novembre 1729.
à 8. heures du matin celle des Rebelles.
avoit eû tout le temps qu'il lui falloit
pour se poster avantageusement ; leur
Batterie étoit bien rétranchée et bien
soutenue ; Acheraf se flattoit de rétablir
ses affaires de recouvrer enfin par une
pleine victoire tout le pays qui lui avoit
été enlevé ; mais le General Persan , qui
connoissoit sa foiblesse et qui le mépri-
›
soit ·
NOVEMBRE. 1731. 250r.
soit , ne daigna pas seulement se servir
de son Artilleric. Après avoir essuyé
toute la décharge des Rebelles , il marcha
droit à eux , à travers tout le feu
de leur Mousqueterie , sans tirer un seul
coup , jusqu'à ce qu'il fût arrivé près
de leur batterie , où il fit presqu'à bout
touchant sa premiere et unique décharge.
Les Rebelles furent tellement épou
wantés de cette hardiesse , qu'ils prirent
la fuite , et se sauverent à Ispaham ,
les premiers Fuyards commencerent d'ariver
à trois heures après midi ; ils dirent
d'abord , n'osant avouer leur défaite
, que les Persans avoient été battus ;
mais peu de temps après , les cris et les
lamentations des femmes et des enfans
qu'on entendit dans le Château
fierent le contraire. Acheraf
->
و
>
où
certi-
› qui
par respect
humain
ne fuyoit
pas si
vire que les autres
, n'entra
dans la Ville qu'à la nuit close
, pour
cacher
sa honte
,
Le bruit
de cette
défaite
courut
bien- tôt par toute
la Ville
, et tant les Etran- gers que les Gens
du Pays , tout le mon❤ de prit des mesures
pour
se soustraire
à la fureur
des Barbares
, et pour
se garantir
du massacre
general
dont
ils
avoient
souvent
menacé
au cas qu'ils
fussent
trop
pressés
; mais
Dieu
répandit
sur
2502 MERCURE DE FRANCE
sur eux une telle frayeur , qu'ils ne songerent
alors qu'à leur propre salut. Le
calme et le silence , qui , depuis l'entrée
d'Acheraf , avoient succedé au bruit et
au tumulte , étonnoient tout le monde
mais la surprise fut bien plus grande
quand dès le grand matin du lendemain
la nouvelle de leur fuite se répandit
personne n'osoit pourtant encore sortir
jusqu'à ce que quelques femmes envoyées
de divers endroits dans le Château , pour
sçavoir ce qui se passoit , en rapporterent
quelques meubles qu'elles avoient
enlevez dans les logemens abandonnés.
Ces Femmes furent bien- tôt suivies par
d'autres , et les hommes commencerent
enfin à s'en mêler , de sorte qu'en deux
heures de temps les rues furent pleines
de la Populace allant et venant tout
chargés de Butin . Le jour suivant , les
Villageois des environs se mirent de la
partie , et le pillage fut general . On ne
vît jamais un tel désordre et pas un
homme d'autorité pour l'arrêter , ce qui
dura près de trois jours jusqu'à l'arrivée
du General Persan , qui envoya d'abord
des gens de guerre dans le Château pour
en chasser cette canaille , et on mit à divers
endroits , pour la sûreté publique ,
des Corps-de-garde. On vit alors ,
›
,
› par
un
NOVEMBRE . 1731 2503
un effet admirable de la Divine Providence
, les mêmes Denrées que les Aghuans
tenoient, enfermées dans les Magazins
pour entretenir la cherté , tellement
répandues dans les rues , que pendant
plusieurs jours on ne pouvoit plus
у faire un pas sans marcher sur des tas
de ris , de froment , d'orge , &c.
On a sçu par des Esclaves échapés des
mains des Rebelles , que le jour de leur
fuite ils marcherent pendant quinze
lieues entieres sans s'arrêter , ce qui joint
aux autres dix lieues qu'il y a du champ
de Bataille à Ispaham , fait une traite
très - considerable pour des Fuyards chargez
de leurs bagages et de leurs familles ,
&c. Ils avoient d'abord pris le chemin
du Kiman mais ayant appris que tous
les passages étoient gard: z de ce côté llàà ,
ils se rendirent à Chiras , où ils massacrerent
tous les Persans qu'ils y rencontrerent.
Acheraf emporta la charge de
300. Chameaux , à ce qu'on dit , d'or ,
d'argent , et de meubles précieux de la
Couronne ; il emmena outre la famille
de Mahmoud et la sienne , toutes les
Princesses du Sang Royal , excepté la
Mere de Schah Thamas qu'il ne connoissoit
pas , et qui pendant la Domination
des Rebelles , a toujours fait l'office
de
2504 MERCURE DE FRANCE
de Servante dans le Serrail , sans que les
autres Femmes ni les Ennuques ayent jamais
voulu la déceler , rare exemple de
fidelité , et signe évident de l'esperance
que ces sujets nourissoient dans leur
coeur. On assure que la fuite du Tyran
causa de tels transports de joye à cette
Princesse , qu'elle en fut entierement
aliénée d'esprit pendant trois jours , et
qu'elle ne s'est bien remise qu'après avoir
vû et embrassé ce cher Fils , pour lequel
elle avoit si souvent tremblé avec le
reste du Royaume.
Cependant une grande quantité d'Aghuans
, et d'autres Rebelles , qui n'ayant
pû ou osé suivre les Fuyards , s'étoient
cachez en divers endroits , trouverent
bien- tôt la mort qu'ils tâchoient d'éviters
on sçavoit les déterrer, et sans égard
à l'âge , ils étoient tués par tout où on
les trouvoit. Ceux qui étoient de quelque
consideration , étoient présentez au
General Persan , qui pardonna à quelques-
uns sur les bons témoignages qu'on
rendoit d'eux ; mais ce nombre fût bien
petit , et nous avons vû pendant plusieurs
jours les rues d'Ispaham pleines
des Cadavres des Rebelles , comme nous
des avions vûës remplies cy - devant de
ceux des Habitans de cette miserable
Ville. Le
१
*
"
NOVEMBRE. 1731. 2505
Le Tombeau de Mahmout , qu'on
avoit élevé avec beaucoup de faste dans
un Enclos , au-delà du Pont de Chiras ,
et que les Rebelles respectoient comme
un lieu sacré et de pelerinage , fût démoli
pour en faire des Latrines publiques.
Le Peuple étoit tellement animé
de l'esprit de haine et de vangeance ,
qu'en deux heures de temps , il ne resta
pas pierre sur pierre , d'un ouvrage auquel
des milliers d'ouvriers avoient travaillé
des mois entiers. Chacun vouloit
avoir quelque morceau des os du Tyran
pour vomir chaque jour dessus des imprécations
et des maledictions. Il n'y a
peut- être aucun homme dans Ispaham ,
qui pour marquer sa haine n'ait fait
servir ce lieu à l'usage pour lequel j'ay
dit qu'il étoit destiné.
و
>
le 9 .
Le Roy n'arriva à Ispaham que
Decembre ; son Entrée ne fut pas magnifique
mais elle fut toute guerriere.
Il marcha depuis Gaze , Village à deux
lieuës et demi de la Ville , à la tête de
son Corps de reserve qu'il conduisit
lui- même en bataille jusqu'à la rencontre
de Thamas Koulikan , qui vint au- devant
à la tête de 20. mille hommes. Les
deux Corps avant que de se joindre ,
firent plusieurs mouvemens et diverses
B ένος
2506 MERCURE
DE FRANCE
.
,
,
,
et courut vers son
évolutions
que le Roy commandoit
d'un côté et le General Koulikan de
l'autre. Celui - ci dès qu'il fut à portée ,
mit pied à terre
Maître pour l'empêcher de descendre de
Cheval ; mais ce Prince lui dit gracieusement
: Arrête , arrête ; j'ai fait van de
la pre- marcher sept pas au- devant de toy ,
miere fois que je te reverrois , après avoir
chassé mes ennemis d'Ispaham. LeRoy descendit
effectivement
, marcha quelques pas
puis s'assit sur des Coussins , et prit du
Caffé avec son General , après quoy ils
remonterent
à Cheval , et continuerent
leur marche vers la Ville ; avec cette difference
, que les Troupes défiloient non
pas dans ce bel ordre que l'on observe
en Europe , et qui est inconnu ici , mais
pressez et comme entassez les uns sur
les autres. On laissa pourtant un assez
grand intervalle au milieu , dans lequel
le Roy marchoit seul précedé de ses
Valets de pied , et suivi à dix ou douze
pas de distance de Thamas Koulikan :
tout le reste n'étoit qu'un tas confus
d'Officiers et de Soldatesques qui se pres
soient et se serroient tant qu'ils pouvoient.
Le Peuple de tous états , de tour
sexe et de tout âge étoit en foule aux avenuës
; les rues depuis la porte de Jokgi ,
>
jusNOVEMBRE.
1731. 2507
›
jusqu'à l'interieur du Palais étoient
couvertes de pieces d'Etoffe , que les Soldats
enlevoient d'abord que le Roy étoit
passé ; le * Nagara retentissoit par toute
la Ville ; on jettoit par tout des cris d'allegresse
; en un mot,on ne vit jamais une
joye plus vive et plus universelle. Ce qui
étoit bien opposé à ce qui se passoit à
l'Entrée du Rebelle Acheraf , au retour
de quelque expédition ; car alors
tout le monde fuyoit , toutes les portes
des maisons étoient fermées et aucun
des Habitans ne paroissoit , si ce n'est
les gens de Boutique que l'on forçoit à
les tenir ouvertes aux endroits où le
Tyran devoit passer.
→
Le Roy , après avoir satisfait dans
l'interieur du Serrail , à ce que la bonté
de son coeur , et sa tendresse naturelle
pouvoient exiger , passa les premieres
journées à recevoir les hommages des
differens Ordres de l'Etat ; il reçut aussi
les complimens des Etrangers de distinction
, et traitta tout le monde avec
une douceur qui lui gagna d'abord l'affection
publique. Les Persans aiment naturellement
, et cherissent leur Roy jusqu'à
l'excès ; les bonnes qualitez qu'ils
remarquent en Schah Thamas , leur font
* Longue Trempette à l'usage des Persans.
Bij
COR2508
MERCURE DE FRANCE
>
concevoir les plus flatteuses esperances.
Le Peuple nonobstant la misere où la
longue tyrannie des Rebelles l'avoit réduit
, paya gayement la Taxe qu'on lui
imposa , et supporta sans beaucoup d'inquietude
les petites insolences du Soldat ;
tout respiroit la joye et r'allegresse dans
Ispaham ; mais le Roy au milieu des plaisirs
qu'on tâchoit de lui procurer , paroissoit
toûjours inquiet et chagrin et
quand Thamas Kan voulut lui representer
qu'il devoit désormais oublier ses
disgraces passées , ce Prince lui fit entendre
, que quand même les malheurs
publics , et ses disgraces domestiques
pourroient être oubliés , il ne pouvoit
pas ignorer que le Meurtrier de son
Pere et les Bourreaux de ses Freres
étoient encore à Chiras : le General tou .
ché de ce Discours , donna dans le moment
même ses ordres pour un prochain
départ tout fut prêt en quatre jours ;
en sorte que l'Armée se remit en Campagne
sur la fin du même mois de Decembre.
و
Les Mahometans n'aiment pas à faire
la Guerre l'Hyver , mais ce Ġeneral est
un homme de toutes les Saisons , et comme
il ne se donne presque aucune commodité
au- dessus du simple Soldat , il
>
fur
NOVEMBRE 1732. 2509°
Fut servi dans cette expédition avec tant
de zele et d'ardeur , qu'il força tous les
obstacles de la saison ; enfin , malgré les
pluyes , les neiges et les glaces , il s'ou
vrit un chemin par tout ; il perdit véritablement
beaucoup d'hommes et de
chevaux dans sa marche , mais après des
fatigues et des travaux infinis , il joignit
20. jours après son départ d'Ispaham ,
les Rebelles qui s'étoient avancez à deux
journées en - deçà de Chiras : il les battic
malgré l'avantage du poste qu'ils avoient
choisi , et les obligea . de fuïr devant lui .
Il ne les poursuivit pas crainte de
quelque embuscade ; il avoit même pour
maxime , de ne jamais séparer ses Troupes
, de peur que quelque détachement
venant à être battu , ne mît l'épouvente
dans le reste de l'armée ; il avoit aussi
coûtume de dire que les Victorieux joignent
au petit pas l'Ennemi qui fuit à
toute bride.
et
Les Rebelles eurent donc le temps de
se rallier à Chiras , mais ce n'étoit plus
les mêmes hommes , ils étoient dépouillez
de cette feroce fierté , qui leur faisoit
mépriser le reste des hommes
dédaigner les conseils des plus habiles ;
ils prioient et supplioient les mêmes
personnes qu'ils avoient auparavant ac-
Biij cou2510
MERCURE DE FRANCE
3
coutumé de commander , le Sabre ou le
Bâton à la main ; ils prenoient conseil
de tout le monde , même de leurs femmes
et de leurs Esclaves ; mais il n'y
avoit plus de remede l'heure fatale
étoit arrivée ; ils résolurent cependant
de faire un dernier effort. Le jour qu'ils
sortirent pour venir au devant des Persans
, Acheraf et ses principaux Officiers
se tinrent aux Portes de la Ville , où ils
faisoient jurer les Soldats et les Officiers
de vaincre ou de mourir ; mais ils promettoient
les uns et les autres plus qu'ils
ne pouvoient ni ne vouloient tenir ; ils
n'avoient plus assez de force pour vainere
, ni de courage pour mourir aussi
ils furent battus dès le premier choc , et
cette bataille , si on peut donner ce nom
à quelques actions , ooùù iill nn''yy aa pas eu
mille hommes de tués de part et d'autre.
Cette bataille , dis- je , fut la derniere
et la moins sanglante de toutes. Les Rebelles
épouvantez , oublierent leur promesse
et leur serment ; ils attaquoient
tumultueusement et par pelotons , mais
à peine étoient- ils arrivez à la portée du
fusil , qu'ils faisoient leurs décharges
et se retiroient en désordre. Enfin voyant
que les Persans s'avançoient toujours fierement
, ils prirent la fuite tout de bon.
:
Le
NOVEMBRE. 1731 2511
Le General Persan les laissa fuïr suivant
sa coûtume , et ne les suivit qu'au
petit pas ; mais cette maxime n'étoit plus
de saison ; Acheraf s'en prévalut pour le
tromper , car si- tôt qu'il fut rentré dans
Chiras , il envoya deux de ses principaux
Officiers pour traitter d'accommodement.
Ils offrirent d'abord de rendre tous les
trésors de la Couronne à condition
qu'on les laisseroit retirer avec leurs familles
où bon leur sembleroit. Koulikan
>
leur répondit qu'il auroit pû accepter
cette proposition dans un autre temps ,
mais qu'aujourd'hui il les passeroit tous
au fil de l'Epée , s'ils ne lui remettoient
Acheraf entre les mains. Les députez
qui n'avoient d'autre dessein que celui
de l'amuser pour gagner du temps , promirent
tout ce qu'on voulut , pourvû
qu'il leur fût permis d'en aller conferer
avec les autres Officiers ; mais quand ils
furent de retour tout étoit prêt pour la
fuite. Ils se sauverent tous ensemble
avec leurs Familles et leur Butin ; ils
étoient déja bien loin , quand le General
Persan fut averti de leur retraite.
Il fit quelques détachemens , l'un desquels
les joignit au passage d'un Pont :
mais les Aghuans firent volte à face
faire passer leurs familles et leurs équi-
B iiij pages.
pour
2512 MERCURE DE FRANCE
pages . Ils chargerent ensuite les Persans
qui furent battus .
›
Les Fuyards continuerent leur marche,
mais comme ils ne tenoient aucune route
certaine , et que tout le pays étoit contre
eux les Paysans les harcelloient continuellement
le moindre petit Village
qui pouvoit assembler dix Fusiliers leur
disputoit le passage ; il n'y avoit point
de défilé où ils ne laissassent quelqué
chose. Au commencement c'étoient les
gros Equipages , ensuite leurs Femmes
Persannes et leurs Enfans. Pendant la
nuit les Esclaves détournoient toujours
quelques Chameaux
et c'est de cette
façon que furent ramenées à l'Armée
Royale la Tante et la Soeur de Schal
Thamas , avec quelques autres Princesses
. Enfin , ces miserables ne trouvant
plus de subsistance pour eux ni pour
leurs Chevaux , pressés de tous côtez
commencerent à se débander les uns
tirant d'un côté , les autres de l'autre.
Acheraf resta avec 4. ou 5. cent de ses
plus fideles amis ; son dessein étoit de
se retirer aux Indes ; mais comme il faloit
necessairement passer aux environs
de * Candahar , Hussein Kan , frere de
Mahmout , qui étoit en possession de
* Capitale de la Province de même nom.
›
,
cette
OCTOBRE. 1731. 2513
,
>
cette Place , averti de son dessein lui
coupa le chemin avec un bon corps de
Troupes , le combattit lai enleva le
reste de ses trésors , et le tua. C'est ainsi
que perît cet Usurpateur , qui , après
des cruautez inoüies avoit osé tremper
ses mains dans le sang de Schah Hussein ,
le meilleur , le plus débonnaire et le
plus pacifique Prince qui ait jamais regné.
C'est ainsi qu'ont été détruits et dispersés
les plus détestables et les plus sanguinaires
Usurpateurs qui ayent jamais
été sur la Terre.
,
Koulikan trouva les portes de Chiras
ouvertes ; dès qu'il y fut entré on vit
bien - tôt dans cette Ville ce qu'on avoit
vû auparavant à Ispaham , c'est - à- dire ,
les rues pleines de cadavres des Aghuans
et de leurs alliez , qui n'avoient pû se
sauver avec les autres ; il n'y eut plus
aucun endroit qui pût leur servir d'azile
; on ne pardonna qu'à trois ou quatre
des plus apparents , qui furent envoyez
au Roy ; on passa tout le reste au
fil de l'Epée. Les Persans qui voyoient
tous les jours arriver quelques restes des
Rebelles , dont ils apprenoient à tout
moment le désordre et la misere se
consolerent bien - tôt de la faute que
Koulikan avoit faite de les laisser écha-
By per
>
2514 MERCURE DE FRANCE
per , et quoique c'eût été un coup de
la derniere importance de reprendre les
Trésors de la Couronne ce General
n'en reçût aucun reproche du Roy , qui
le ménage et le considere toujours.
>
Cette grande affaire étant ainsi terminée
, toute l'attention des Persans se
tourna du côté des Turcs. On laissa reposer
les troupes pendant le reste de
Hyver ; mais à peine le Printemps fûtil
arrivé , que Koulikan , qui étoit toujours
resté à Chiras , où l'Armée étoit en
quartier , se remit en Campagne ; et
lorsque nous partîmes d'Ispaham , au
commencement de May 1730. les nouvelles
courantes étoient qu'après avoir
visité en chenin - faisant le Loristan et
les Arabes du Coquilon , il prenoit sa
route du côté d'Hamadan . Nous avons
appris depuis qu'il a battu pendant
la Campagne les Turcs en deux
differentes batailles ; qu'il a repris Hamadan
, Tauris , et presque tout le Pays
que les Turcs avoient usurpé pendant
les troubles jusqu'à Erivan .
>
Un Roy rétabli , neuf batailles gagnées
, presque tout un Royaume de l'étendue
de la Perse reconquis dans moins
de deux années un prodigieux nombre
de Rebelles exterminez ; ce sont des
>
faits
NOVEMBRE 1731. 2515.
faits qui peuvent effacer ceux des Héros
des siècles passés , et égaler les plus
beaux traits de l'histoire ancienne . Les
rares talens qu'a ce General pour la Guerre
le bonheur qui l'accompagne dans
ses expéditions la confiance du Soldat
>
,
qui l'aime et le craint , tout cela joint
ensemble , l'a rendu redoutable chez les
Ennemis mais enfin suspect dans la
Cour du Roy son Maître ; j'ai observé
plus d'une fois , et reconnu que depuis
Bassora jusqu'à Bagdat , et depuis Bagdat
jusqu'aux portes d'Alep , tout tremble
au seul nom de Thamas Koulikan . Cette
haute réputation et certe grande fortune
ne sont - elles point les présages de quelque
prochaine décadence ? Le Peuple et la
Cour,le Roy lui- même , ( à ce qu'on publie
, tous craignent que ce General
n'ait l'ambition de monter plus haut ; il
est lui seul toute chose. Le Roy n'a encore
nommé à aucun des premiers Employs
, sous pretexte que les appointemens
immenses que ces Charges emportent
, seront bien mieux employez au
payement des Troupes. A l'Armée Koulikan
est le seul Officier General , tous
les autres sont des Subalternes qu'il abaisse
, eleve , punit , recompense , casse et
rétablit comme il lui plaît ; il semble
Bv) même
2516 MERCURE DE FRANCE
1
même que depuis ses dernieres victoires ,
il abuse de l'autorité sans bornes que le
Roy lui a confiée dans la necessité de ses
affaires ; on peut même dire qu'il tient
ce Prince en une espece de tutelle ; mais
je sçai par des personnes qui ont l'honneur
de l'approcher , qu'il se reserve à
parler en Maître quand la Guerre du
Turc sera terminée. Ce General de son
côté n'est pas sans crainte ; il sçait qu'il
a beaucoup d'ennemis , et qu'il y a des
plaintes contre lui , sur- tout de la part
des Peuples qu'il a achevé de ruiner
des impositions extraordinaires , et c'est
pour cela , cela , dit-on , qu'il se tient à l'Armée
autant qu'il le peut. Telle est actuellement
la face des affaires de Perse
c'est-à-dire au mois de Mai 1730.
faite des Rebelles de Perse , et l'élevation
de Schah Thamas sur le Trône de ses
Ancêtres , &c. Par M. D. G. témoin
⚫culaire.
LR
ES AGHUANS ( 1 ) , ces fameux
Rebelles , qui pendant près de huic
années ont tenu sous le joug , et désolé la
plus grande partie du Royaume de Perse ,
n'étoient rien moins que ce qu'ils avoient
la réputation d'être ; leur nombre n'a ja➡
mais été audessus de 30000 hommes; leur
valeur étoit audessous de la commune, et
toute leur politique n'alloit qu'à massa→
crer impitoyablement tous les Persans ,
de quelque consideration qu'ils fussent
quand ils leur faisoient le moindre ombrage.
On pourroit même dire que leur
saccès et leur prosperité tenoient bien.
plus du miracle que d'aucun effet d'une
conduite réglée et bien concertée.
Ces Barbares conduits , pour ainsi dire,
"
(1 ) Nation originaire de la Province de Szyr
van , située entre la Mer Caspienne et le Mong
Caucase, depuis transportée par Tamerlan dans
Le Candabar , Frontiere de Perse et du Mogol.
pat
NOVEMBRE 1731. 2489
,
par la main de la fortune , s'étoient cependant
imaginez qu'après avoir pris la Ville
d'Hispaham , détrôné Schah Hussein , et
battu une armée de 120 mille Turcs , il
n'y avoit plus de Puissance au monde capable
de les abbatre ; la paix que le Grand
Seigneur avoit ensuite faite avec eux
l'Ambassade aussi honteuse que solemnel,
le , qu'il leur avoit envoyée pour reconnoître
leur chef Acheraf , les avoient tellement
éblouis, et les avoient rendus si
vains , qu'ils s'estimoient les plus grands
hommes de la terre , et ne regardoient
plus Schah Thamas fils et successeur du
Sultan Hussein que comme un petit sujet
qu'ils anéantiroient , s'il avoit jamais la
hardiesse de se presenter pour soutenir ses
droits , l'apellant par mépris et par dérision
, au lieu de Chazade , qui signifie
fils de Roy ; Tekzadé , c'est- à- dire , fils de
chien.
Il est vrai que la fermeté et la valeur des
Moscovites , lesquels non contens de ne
vouloir pas donner le titre de Roy à leur
chef Acheraf , avoient défait avec trois
cens hommes seulement , 5 à 6000 Aghuans
, leur avoit causé quelque troubles
mais le General Russien qui commandoit
dans le Guilan , leur ayant accordé ure
espece de Trêve,et réglé avec eux certai-
A v nes
2490 MERCURE DE FRANCE
nes limites , jusqu'à ce qu'il eut reçu des
Ordres plus précis du Czar , ils s'étoient
entierement rassurez de ce côté - là , de
sorte qu'Achetaf, qui dans le fonds n'étoit
, pour ainsi dire , qu'un chef de Brigands
, malgré la beauté de son nom , qur
signifie le Noble par excellence , dont les
forces étoient assez médiocres , commença
dèslors à se donner pour un grand Prince
, il ne faisoit plus la Guerre que par ses
Generaux ; c'est ainsi que le Château
d'Iesd fut soumis , après une année et demie
de Siége . Cette Place n'auroit tenu en
Europe devant une Armée , qu'autant de
tems qu'il en faut pour la disposition de
l'attaqué ; mais cette sorte de Guerriers
ne sçavoient ce que c'est que d'enlever
l'Epée à la main , le moindre petit retran
chement . L'Officier qui avoit deffendu
Iesd , et qui ne s'étoit rendu que par famine
, fut cruellement traité , et la Garni
son passée au fil de l'épée , malgré la
role qu'on leur avoit donnée , avec serment
fait sur l'Alcoran , qu'il ne leur seroit
fait aucun mal .
pa-
C'est encore de cette maniere qu'ils s'étoient
ouvert le chemin jusqu'à Benderabassi
* en trompant Sayd Amid ·
Kan qui occupoit će poste. Ce Kan
>
* Fameux Port de Mer , à deux lieuës d'or.
mas , Isle du Golfe Persique.
étoit
NOVEMBRE. 1731. 2491
étoit Prince du Sang Royal , du côté des
femmes ; il étoit bien fait , d'une taille et
d'une force extraordinaire , et rempli de
valeur , il s'étoit révolté contre Schah
Thamas , etavoit pris le titre de Roy dans
le Kirman , au commencement des troubles
, mais son armée n'étant composée
que de gens ramassez , il en étoit ordinairement
abandonné dans les actions.
décisives ; de sorte que réduit à deux ou
trois cens hommes , et ne sçachant plus comment
se maintenir , il aima mieux se rendre
aux Rebelles sur leurs belles promesses ,
que de recourir à la clemence de son Roy
legitime. Il eut le sort que son infidelité
méritoit , et la paya peu de jours après
de sa tête. Plusieurs Villes , sans deffenses,
se rendirent en même - temps , et tout le
pays fut ouvert , comme on l'a dit , jusqu'au
Benderabassi.
Ces prospéritez enfloient tellement le
coeur des Rebelles qu'Acheraf ne daignoit
plus se mettre en campagne,il restoit tranquille
dans Ispaham , faisant bâtir des
Maisons de plaisance , allant pompeuse
ment à la chasse, et vivant, en un mot,com.
me si la fortune eut été inébranlable.A son
exemple tous les grands Seigneurs et les
premiers Officiers qui composoient sa
Cour , vivoient de la même maniere ; ils
A vj avoient
8
2492 MERCURE DE FRANCE .
avoient tous parfaitement oublié leur premiere
origine et leur vile condition de.
Chameliers ou d'Esclaves. Les richesses
immenses dont ils avoient dépouillé les.
Persans , la beauté des femmes et des filles.
qu'ils leur avoient enlevées , et dont cha-.
cun d'eux avoit bon nombre , les super-.
bes bâtimens qu'ils habitoient , les habits:
somptueux dont ils se paroient, et la bonne
chere, à laquelle ils s'étoienr adonnez ;
tout cela comparé à leur premier état
leur constituoit en ce monde , selon leur
propre aveu , un Paradis de délices , tel
que Mahomet l'a promis dans l'autre à ses
Sectateurs dans l'Alcoran.
Tandis qu'Acheraf faisoit ainsi le grand
Monarque , Schah Thamas de son côté
travailloit au rétablissement de ses affaires.
On peur dire que la maniere dont it
s'étoit sauvé d'Ispaham, dans le plus fort du
Siége , avec une escorte de cinq cens hommes
, quoique les Aghuans eussent été
précisément avertis par les Arméniens
du jour et de l'heure de sa sortie ; que le
choix que Schah Hussein avoit fait ,
au préjudice de deux de ses aînez , et le
bonheur qu'il eut dans la suite de se tirer
du Piége qu'Acheraf lui avoit tendu à Teïoù
if prétendoit l'enveloper' , sous
prétexte de venir lui rendre homma ge
ron
NOVEMBRE. 1731. 2493
'de lui remettre la Couronne que Mahmont
lui avoit enlevée. On peut, dis- je ,
croire que tous ces évenemens étoient autant
de signes certains que Dieu l'avoit
choisi pour regner, et qu'il le destinoit à
remonter sur le Trône de ses Peres.
Ce Prince , élevé comme le sont ordinairement
les Fils de Roy dans l'Orient
n'avoit vû autre chose, lorsqu'il sortit d'Ispaham
, que l'interieur du Sérail , c'est-àdire
, des Femmes et des Eunuques . If
trouva un dérangement affreux dans tout
le Royaume , pas un Gouverneur de Province
qui eut la moitié des Troupes qu'il
étoit obligé d'entretenir les Finances
épuisées et mal réglées , des Ennemis de
tous côtez,et par surcroit de malheursune
foule de flateurs qui n'avoient en vûë que
leur propre interêt , sans songer en aucune
façon aux besoins de l'Etat.Cependant
Schah Thamas ne laissa pas de lever des
Troupes avec lesquelles il eut plusieurs
fois à faire aux Moscovites , aux Georgiens
, aux Osmanlous , et à d'autres Rebelles
, mais presque toujours avec desavantage
, quoiqu'il combattit lui- même
à la tête de ses plus braves soldats. Enfin
ne pouvant plus résister à tant d'ennemis
à la fois , il fut obligé , pour ainsi dire
abandonner la partie. Les Osmanlous
list
2494 MERCURE DE FRANCE
lui enleverent tout le Païs , qui est depuis
Erivan jusqu'à Tauris , et depuis Tauris
jusqu'à Hamadam. Les Moscovites se rendirent
maîtres du Guilan , la plus riche
Province de Perse , et celle qui donne les
Soyes. Les Géorgiens secouerent entiercment
le joug ; et les Afdalis , autres Re
belles , s'emparerent de Herat et de Machat
, dans le Corassan. Ce malheureux
Prince se trouva ainsi réduit à la Province
de Mazandran , à une partie du Chirvan
, et à une autre partie du Corassan-
Tant de revers , capables d'abatre tout
aatre courage que celui de Thamas , ne
servirent , pour ainsi dire , qu'à le fortifier
et à le corriger de quelques vices ausquels
il s'étoit adonné ; enfin, lorsque ses
affaires paroissoient les plus desesperées ;
le ciel qui le favorisoit , lui suscita un Liberateur
en la personne de Thamas Kouli
Kan. Ce Kan est un Seigneur d'environ
quarante ans , élevé dès son enfance dans
le métier des armes ; brave , s'il en fut jamais
, homme de bon esprit , franc et sincere,
récompensant bien ceux qui se comportent
vaillamment , et punissant de
mort ceux qui lâchent le pied dans les occasions
où ily a moyen de résister. Il donna
d'abord des preuves constantes de sa capacité
, de sa valeur et de sa fidelité , dans
diverNOVEMBRE.
1731 . 2495
diverses occasions où il fut employé ; et
quand il se vit entré assez avant dans les
bonnes graces du jeune Roy , il lui apprit
à discerner les flatteurs et les traîtres ,
l'obligeant à châtier les uns et à éloigner
les autres. Il osa de plus insinuer au Prince
la necessité de se corriger de ces vices
honteux , qui ternissoient ses belles qualitez,
sans quoi , ajontoit- t- il, Dieu ne be
niroit jamais ses Armes. Le Roy écouta
ses conseils , les goûta , les suivit , et ses
affaires commencerent dèslors à prendre
une meilleure face.
L'Armée Royale n'étoit pas nombreuse
, mais elle étoit bien payée et bien disciplinée
; la plus petite desobeïssance étoit
severement punie , et on payoit de la tête
la moindre lâcheté. Les principaux Officiers
et la plupart des Subalternes, étoient
tous d'une valeur à toute épreuve , gens
bien connus et choisis par Thamas Koulikan.
C'est avec une telle Armée et le genie
de ce Kan , que dans le cours de l'année
1729. Schah Thamas avant les prospéritez
qu'il eut depuis contre les Aghuans
, avoit gagné en personne trois Batailles
contre les Afdalis , repris Hérat et
Machat , et soumis tous les Rebelles du
Corassan et des environs. Dans ces expeditions
on passa au fil de l'épée tout ce
qui
2496 MERCURE DE FRANCE
qui fut trouvé portant les Armes ; mais
ceux qui les mirent bas et implorerent la
clemence du Roy,furent épargnez,à condition
qu'ils serviroient dans ses Troupes
, et que les chefs remettroient leurs
familles en otage , pour garants de leur fidelité
.Tout étant ainsi pacifié de ce côtélà
, on commença à songer à la destruction
des Aghuans. Pour commencer, le
Roy fit marcher son Armée de leur côté
dans l'intention cependant de ne plus rien
entreprendre de cette campagne , mais de
donner des quartiers d'hyver à ses Troupes
sur les Frontieres , pour qu'elles fussent
plus à portée d'agir au Printemps
prochain.
Acheraf de son côté , bien informé des
victoires du Roy , et de la marche de son
Armée , crut d'abord qu'on venoit l'atta
quer ; il rappella les Officiers et les Troupes
, qui étoient dispersez en divers lieux,
rassembla toutes ses forces , es se mit ea
campagne avec un grand appareil ; dès le
commencement du mois d'Aouft 1730.
il ne laissa dans Ispaham que deux ou
trois cens hommes , nombre plus que
suffisants pour tenir en bride tout ce qui
restoit d'habitans ; car on en avoit chassé
tous les Persans qui étoient en état de manier
les armes ; on avoit pris la même
préNOVEMBRE.
1731. 2497
que
précaution dans Cachan , Kon , Casbin
Teiron , et autres Villes , où on ne laissa
les vieillards , les femmes et les enfans.
Quoique ce fussent-là des indices de
crainte , les Aghuans ne laissoient pas de
témoigner une grande joie de ce que le
Tekzade , ( c'est ainsi qu'ils appelloient le
Roy ) leur épargnoit la peine de l'aller
chercher dans le Mazandran ; le moindre
des exploits dont ils se flattoient , c'étois
de le prendre en vie , et ceux qui parois
soient les plus raisonnables , plaignoient
disoient- ils , cette pauvre victime qui ve
noit ainsi se livrer à la mort. C'est avec
ces belles idées que les Aghuans se mirent
en campagne.
Schah Thamas qui bruloit d'impatien
ce d'en venir aux mains avec les Rebelles,
et qui n'avoit consenti qu'à regret à terminer
la campagne de si bonne heure , fur
ravi d'apprendre leur résolution , et se
disposa à les bien recevoir ; il n'avançoit
pourtant que lentement , affectant même
quelque crainte , pour attirer Acheraf le
plus avant qu'il pourroit ; celui-cy de son
côté , qui n'avoit jamais vû les Persans tenir
ferme devant lui en pleine campagne;,
s'avança , plein de confiance.
Enfin les Armées se joignirent à Damguam
, petite Ville sur les frontieres du
Chir2498
MERCURE DE FRANCE
Chirvan. L'attaque des Rebelles fut d'ar
bord assez vigoureuse ; les Persans animez
par la présence de leur Roy, l'a soutinrent
sans s'ébranler. Cette fermeté étonna un
peu Acheraf; il pratiqua alors ce qui lut
avoit réussi à la défaite des Turcs. Il fit
quelques détachemens de 2 ou 3000 hommes
, chacun, commandé par deux de ses
plus braves chefs , avec ordre de prendre
un détour et de venir attaquer l'enne
mi en flanc et en queuë ; mais les Rebelles
trouverent par tout le même ordre et lá
même résistance. Ces détachemens furent
repoussez et défaits ; le Corps où Acheraf
commandoit en personne , commença à
s'ébranler ; les Persans redoublerent leur
feu , et après une décharge faite à propos
de toute leur Artillerie , ils s'avancerent
sur les Rebelles qui prirent aussi - tôt
la fuite ; et abandonnant leur Canon et
leurs Equipages , ils se sauverent avec tant
de précipitation qu'en 24 heures ils firent
sept journées de chemin ordinaire et vinrent
jusqu'à Tairon , où ils s'arrêterent un
jour entier pour prendre halcine , après
quoi redoublant toujours les journées , ils
continuerent leur marche jusqu'à Ispaham .
Leur entrée dans cette Ville fut assez
paisible, mais le lendemain Acheraf donna
ordre à tous les siens de se retirer avec
leurs
NOVEMBRE. 1731. 2499
leurs effets et leurs familles , dans le Château.
Ce Château ,au reste ,n'est autre chose
qu'une enceinte de murailles de terre
élevées au centre de la Ville , avec des
Tours de même fabrique , de douze en
douze pas ; il renferme la vieille Citadelle
, la grande Place , le Palais du Roy ,
et peut avoir une lieuë de circuit. C'est
Youvrage d'Acheraf , dès qu'il se fut déclaré
Roy ; ouvrage vraiment misérable
s'il en fut jamais ; on ne sçauroit bien
décrire la précipitation , le tumulte et la
confusion avec laquelle les Rebelles s'y
retirerent. Ils en chasserent tous les Persans
, pillerent , ravagerent et brulerent
tout ce qui leur appartenoit, Et comme
c'est dans cette enceinte que se trouvoient
les plus riches Boutiques , ce fut aussi le
lieu des plus grands dommages qu'air
souffert cette malheureuse Ville. D'abord
que les Rebelles eurent ainsi retiré leurs
effets et leurs familles , ils se remirent en
campagne et allerent établir leur Camp à
neuf ou dix lieues d'Ispaham , près d'un
Village nommé Machakor.
Cependant l'Armée Royale avançoit
toûjours à journées reglées. Thamas Kou
likan , ce fidele et valeureux General
s'étant apperçu dans les Batailles précedentes
, que le Roy s'exposoit trop , ou
peute
665170
2500 MERCURE DE FRANCE
, ce
peut - être voulant avoir seul la gloire
d'achever la défaite des Aghuans , representa
à ce Prince que sa presence n'étoit
plus necessaire pour animer les Troupes ,
et il le supplia au nom de toute l'Armée
de rester à Teiron , avec un Corps de
reserve de 9 ou 10 mille hommes
que le Roy fit. Le Kan muni d'un plein
pouvoir , continua sa marche sans aucun
trouble , et comme les Rebelles avoient
abandonné tout le pays depuis le champ
de bataille jusqu'à Ispaham , les Villa
geois venoient en foule au - devant de
P'Armée Royale , et apportoient sans
être mandés tous les rafraîchissemens
dont elle avoit besoin les Villes ouvrirent
leurs Portes , et tous les Sujets
generalement témoignerent la joye qu'ils
avoient de leur heureuse délivrance .
>
Les deux armées se trouverent en presence
le Dimanche 13. Novembre 1729.
à 8. heures du matin celle des Rebelles.
avoit eû tout le temps qu'il lui falloit
pour se poster avantageusement ; leur
Batterie étoit bien rétranchée et bien
soutenue ; Acheraf se flattoit de rétablir
ses affaires de recouvrer enfin par une
pleine victoire tout le pays qui lui avoit
été enlevé ; mais le General Persan , qui
connoissoit sa foiblesse et qui le mépri-
›
soit ·
NOVEMBRE. 1731. 250r.
soit , ne daigna pas seulement se servir
de son Artilleric. Après avoir essuyé
toute la décharge des Rebelles , il marcha
droit à eux , à travers tout le feu
de leur Mousqueterie , sans tirer un seul
coup , jusqu'à ce qu'il fût arrivé près
de leur batterie , où il fit presqu'à bout
touchant sa premiere et unique décharge.
Les Rebelles furent tellement épou
wantés de cette hardiesse , qu'ils prirent
la fuite , et se sauverent à Ispaham ,
les premiers Fuyards commencerent d'ariver
à trois heures après midi ; ils dirent
d'abord , n'osant avouer leur défaite
, que les Persans avoient été battus ;
mais peu de temps après , les cris et les
lamentations des femmes et des enfans
qu'on entendit dans le Château
fierent le contraire. Acheraf
->
و
>
où
certi-
› qui
par respect
humain
ne fuyoit
pas si
vire que les autres
, n'entra
dans la Ville qu'à la nuit close
, pour
cacher
sa honte
,
Le bruit
de cette
défaite
courut
bien- tôt par toute
la Ville
, et tant les Etran- gers que les Gens
du Pays , tout le mon❤ de prit des mesures
pour
se soustraire
à la fureur
des Barbares
, et pour
se garantir
du massacre
general
dont
ils
avoient
souvent
menacé
au cas qu'ils
fussent
trop
pressés
; mais
Dieu
répandit
sur
2502 MERCURE DE FRANCE
sur eux une telle frayeur , qu'ils ne songerent
alors qu'à leur propre salut. Le
calme et le silence , qui , depuis l'entrée
d'Acheraf , avoient succedé au bruit et
au tumulte , étonnoient tout le monde
mais la surprise fut bien plus grande
quand dès le grand matin du lendemain
la nouvelle de leur fuite se répandit
personne n'osoit pourtant encore sortir
jusqu'à ce que quelques femmes envoyées
de divers endroits dans le Château , pour
sçavoir ce qui se passoit , en rapporterent
quelques meubles qu'elles avoient
enlevez dans les logemens abandonnés.
Ces Femmes furent bien- tôt suivies par
d'autres , et les hommes commencerent
enfin à s'en mêler , de sorte qu'en deux
heures de temps les rues furent pleines
de la Populace allant et venant tout
chargés de Butin . Le jour suivant , les
Villageois des environs se mirent de la
partie , et le pillage fut general . On ne
vît jamais un tel désordre et pas un
homme d'autorité pour l'arrêter , ce qui
dura près de trois jours jusqu'à l'arrivée
du General Persan , qui envoya d'abord
des gens de guerre dans le Château pour
en chasser cette canaille , et on mit à divers
endroits , pour la sûreté publique ,
des Corps-de-garde. On vit alors ,
›
,
› par
un
NOVEMBRE . 1731 2503
un effet admirable de la Divine Providence
, les mêmes Denrées que les Aghuans
tenoient, enfermées dans les Magazins
pour entretenir la cherté , tellement
répandues dans les rues , que pendant
plusieurs jours on ne pouvoit plus
у faire un pas sans marcher sur des tas
de ris , de froment , d'orge , &c.
On a sçu par des Esclaves échapés des
mains des Rebelles , que le jour de leur
fuite ils marcherent pendant quinze
lieues entieres sans s'arrêter , ce qui joint
aux autres dix lieues qu'il y a du champ
de Bataille à Ispaham , fait une traite
très - considerable pour des Fuyards chargez
de leurs bagages et de leurs familles ,
&c. Ils avoient d'abord pris le chemin
du Kiman mais ayant appris que tous
les passages étoient gard: z de ce côté llàà ,
ils se rendirent à Chiras , où ils massacrerent
tous les Persans qu'ils y rencontrerent.
Acheraf emporta la charge de
300. Chameaux , à ce qu'on dit , d'or ,
d'argent , et de meubles précieux de la
Couronne ; il emmena outre la famille
de Mahmoud et la sienne , toutes les
Princesses du Sang Royal , excepté la
Mere de Schah Thamas qu'il ne connoissoit
pas , et qui pendant la Domination
des Rebelles , a toujours fait l'office
de
2504 MERCURE DE FRANCE
de Servante dans le Serrail , sans que les
autres Femmes ni les Ennuques ayent jamais
voulu la déceler , rare exemple de
fidelité , et signe évident de l'esperance
que ces sujets nourissoient dans leur
coeur. On assure que la fuite du Tyran
causa de tels transports de joye à cette
Princesse , qu'elle en fut entierement
aliénée d'esprit pendant trois jours , et
qu'elle ne s'est bien remise qu'après avoir
vû et embrassé ce cher Fils , pour lequel
elle avoit si souvent tremblé avec le
reste du Royaume.
Cependant une grande quantité d'Aghuans
, et d'autres Rebelles , qui n'ayant
pû ou osé suivre les Fuyards , s'étoient
cachez en divers endroits , trouverent
bien- tôt la mort qu'ils tâchoient d'éviters
on sçavoit les déterrer, et sans égard
à l'âge , ils étoient tués par tout où on
les trouvoit. Ceux qui étoient de quelque
consideration , étoient présentez au
General Persan , qui pardonna à quelques-
uns sur les bons témoignages qu'on
rendoit d'eux ; mais ce nombre fût bien
petit , et nous avons vû pendant plusieurs
jours les rues d'Ispaham pleines
des Cadavres des Rebelles , comme nous
des avions vûës remplies cy - devant de
ceux des Habitans de cette miserable
Ville. Le
१
*
"
NOVEMBRE. 1731. 2505
Le Tombeau de Mahmout , qu'on
avoit élevé avec beaucoup de faste dans
un Enclos , au-delà du Pont de Chiras ,
et que les Rebelles respectoient comme
un lieu sacré et de pelerinage , fût démoli
pour en faire des Latrines publiques.
Le Peuple étoit tellement animé
de l'esprit de haine et de vangeance ,
qu'en deux heures de temps , il ne resta
pas pierre sur pierre , d'un ouvrage auquel
des milliers d'ouvriers avoient travaillé
des mois entiers. Chacun vouloit
avoir quelque morceau des os du Tyran
pour vomir chaque jour dessus des imprécations
et des maledictions. Il n'y a
peut- être aucun homme dans Ispaham ,
qui pour marquer sa haine n'ait fait
servir ce lieu à l'usage pour lequel j'ay
dit qu'il étoit destiné.
و
>
le 9 .
Le Roy n'arriva à Ispaham que
Decembre ; son Entrée ne fut pas magnifique
mais elle fut toute guerriere.
Il marcha depuis Gaze , Village à deux
lieuës et demi de la Ville , à la tête de
son Corps de reserve qu'il conduisit
lui- même en bataille jusqu'à la rencontre
de Thamas Koulikan , qui vint au- devant
à la tête de 20. mille hommes. Les
deux Corps avant que de se joindre ,
firent plusieurs mouvemens et diverses
B ένος
2506 MERCURE
DE FRANCE
.
,
,
,
et courut vers son
évolutions
que le Roy commandoit
d'un côté et le General Koulikan de
l'autre. Celui - ci dès qu'il fut à portée ,
mit pied à terre
Maître pour l'empêcher de descendre de
Cheval ; mais ce Prince lui dit gracieusement
: Arrête , arrête ; j'ai fait van de
la pre- marcher sept pas au- devant de toy ,
miere fois que je te reverrois , après avoir
chassé mes ennemis d'Ispaham. LeRoy descendit
effectivement
, marcha quelques pas
puis s'assit sur des Coussins , et prit du
Caffé avec son General , après quoy ils
remonterent
à Cheval , et continuerent
leur marche vers la Ville ; avec cette difference
, que les Troupes défiloient non
pas dans ce bel ordre que l'on observe
en Europe , et qui est inconnu ici , mais
pressez et comme entassez les uns sur
les autres. On laissa pourtant un assez
grand intervalle au milieu , dans lequel
le Roy marchoit seul précedé de ses
Valets de pied , et suivi à dix ou douze
pas de distance de Thamas Koulikan :
tout le reste n'étoit qu'un tas confus
d'Officiers et de Soldatesques qui se pres
soient et se serroient tant qu'ils pouvoient.
Le Peuple de tous états , de tour
sexe et de tout âge étoit en foule aux avenuës
; les rues depuis la porte de Jokgi ,
>
jusNOVEMBRE.
1731. 2507
›
jusqu'à l'interieur du Palais étoient
couvertes de pieces d'Etoffe , que les Soldats
enlevoient d'abord que le Roy étoit
passé ; le * Nagara retentissoit par toute
la Ville ; on jettoit par tout des cris d'allegresse
; en un mot,on ne vit jamais une
joye plus vive et plus universelle. Ce qui
étoit bien opposé à ce qui se passoit à
l'Entrée du Rebelle Acheraf , au retour
de quelque expédition ; car alors
tout le monde fuyoit , toutes les portes
des maisons étoient fermées et aucun
des Habitans ne paroissoit , si ce n'est
les gens de Boutique que l'on forçoit à
les tenir ouvertes aux endroits où le
Tyran devoit passer.
→
Le Roy , après avoir satisfait dans
l'interieur du Serrail , à ce que la bonté
de son coeur , et sa tendresse naturelle
pouvoient exiger , passa les premieres
journées à recevoir les hommages des
differens Ordres de l'Etat ; il reçut aussi
les complimens des Etrangers de distinction
, et traitta tout le monde avec
une douceur qui lui gagna d'abord l'affection
publique. Les Persans aiment naturellement
, et cherissent leur Roy jusqu'à
l'excès ; les bonnes qualitez qu'ils
remarquent en Schah Thamas , leur font
* Longue Trempette à l'usage des Persans.
Bij
COR2508
MERCURE DE FRANCE
>
concevoir les plus flatteuses esperances.
Le Peuple nonobstant la misere où la
longue tyrannie des Rebelles l'avoit réduit
, paya gayement la Taxe qu'on lui
imposa , et supporta sans beaucoup d'inquietude
les petites insolences du Soldat ;
tout respiroit la joye et r'allegresse dans
Ispaham ; mais le Roy au milieu des plaisirs
qu'on tâchoit de lui procurer , paroissoit
toûjours inquiet et chagrin et
quand Thamas Kan voulut lui representer
qu'il devoit désormais oublier ses
disgraces passées , ce Prince lui fit entendre
, que quand même les malheurs
publics , et ses disgraces domestiques
pourroient être oubliés , il ne pouvoit
pas ignorer que le Meurtrier de son
Pere et les Bourreaux de ses Freres
étoient encore à Chiras : le General tou .
ché de ce Discours , donna dans le moment
même ses ordres pour un prochain
départ tout fut prêt en quatre jours ;
en sorte que l'Armée se remit en Campagne
sur la fin du même mois de Decembre.
و
Les Mahometans n'aiment pas à faire
la Guerre l'Hyver , mais ce Ġeneral est
un homme de toutes les Saisons , et comme
il ne se donne presque aucune commodité
au- dessus du simple Soldat , il
>
fur
NOVEMBRE 1732. 2509°
Fut servi dans cette expédition avec tant
de zele et d'ardeur , qu'il força tous les
obstacles de la saison ; enfin , malgré les
pluyes , les neiges et les glaces , il s'ou
vrit un chemin par tout ; il perdit véritablement
beaucoup d'hommes et de
chevaux dans sa marche , mais après des
fatigues et des travaux infinis , il joignit
20. jours après son départ d'Ispaham ,
les Rebelles qui s'étoient avancez à deux
journées en - deçà de Chiras : il les battic
malgré l'avantage du poste qu'ils avoient
choisi , et les obligea . de fuïr devant lui .
Il ne les poursuivit pas crainte de
quelque embuscade ; il avoit même pour
maxime , de ne jamais séparer ses Troupes
, de peur que quelque détachement
venant à être battu , ne mît l'épouvente
dans le reste de l'armée ; il avoit aussi
coûtume de dire que les Victorieux joignent
au petit pas l'Ennemi qui fuit à
toute bride.
et
Les Rebelles eurent donc le temps de
se rallier à Chiras , mais ce n'étoit plus
les mêmes hommes , ils étoient dépouillez
de cette feroce fierté , qui leur faisoit
mépriser le reste des hommes
dédaigner les conseils des plus habiles ;
ils prioient et supplioient les mêmes
personnes qu'ils avoient auparavant ac-
Biij cou2510
MERCURE DE FRANCE
3
coutumé de commander , le Sabre ou le
Bâton à la main ; ils prenoient conseil
de tout le monde , même de leurs femmes
et de leurs Esclaves ; mais il n'y
avoit plus de remede l'heure fatale
étoit arrivée ; ils résolurent cependant
de faire un dernier effort. Le jour qu'ils
sortirent pour venir au devant des Persans
, Acheraf et ses principaux Officiers
se tinrent aux Portes de la Ville , où ils
faisoient jurer les Soldats et les Officiers
de vaincre ou de mourir ; mais ils promettoient
les uns et les autres plus qu'ils
ne pouvoient ni ne vouloient tenir ; ils
n'avoient plus assez de force pour vainere
, ni de courage pour mourir aussi
ils furent battus dès le premier choc , et
cette bataille , si on peut donner ce nom
à quelques actions , ooùù iill nn''yy aa pas eu
mille hommes de tués de part et d'autre.
Cette bataille , dis- je , fut la derniere
et la moins sanglante de toutes. Les Rebelles
épouvantez , oublierent leur promesse
et leur serment ; ils attaquoient
tumultueusement et par pelotons , mais
à peine étoient- ils arrivez à la portée du
fusil , qu'ils faisoient leurs décharges
et se retiroient en désordre. Enfin voyant
que les Persans s'avançoient toujours fierement
, ils prirent la fuite tout de bon.
:
Le
NOVEMBRE. 1731 2511
Le General Persan les laissa fuïr suivant
sa coûtume , et ne les suivit qu'au
petit pas ; mais cette maxime n'étoit plus
de saison ; Acheraf s'en prévalut pour le
tromper , car si- tôt qu'il fut rentré dans
Chiras , il envoya deux de ses principaux
Officiers pour traitter d'accommodement.
Ils offrirent d'abord de rendre tous les
trésors de la Couronne à condition
qu'on les laisseroit retirer avec leurs familles
où bon leur sembleroit. Koulikan
>
leur répondit qu'il auroit pû accepter
cette proposition dans un autre temps ,
mais qu'aujourd'hui il les passeroit tous
au fil de l'Epée , s'ils ne lui remettoient
Acheraf entre les mains. Les députez
qui n'avoient d'autre dessein que celui
de l'amuser pour gagner du temps , promirent
tout ce qu'on voulut , pourvû
qu'il leur fût permis d'en aller conferer
avec les autres Officiers ; mais quand ils
furent de retour tout étoit prêt pour la
fuite. Ils se sauverent tous ensemble
avec leurs Familles et leur Butin ; ils
étoient déja bien loin , quand le General
Persan fut averti de leur retraite.
Il fit quelques détachemens , l'un desquels
les joignit au passage d'un Pont :
mais les Aghuans firent volte à face
faire passer leurs familles et leurs équi-
B iiij pages.
pour
2512 MERCURE DE FRANCE
pages . Ils chargerent ensuite les Persans
qui furent battus .
›
Les Fuyards continuerent leur marche,
mais comme ils ne tenoient aucune route
certaine , et que tout le pays étoit contre
eux les Paysans les harcelloient continuellement
le moindre petit Village
qui pouvoit assembler dix Fusiliers leur
disputoit le passage ; il n'y avoit point
de défilé où ils ne laissassent quelqué
chose. Au commencement c'étoient les
gros Equipages , ensuite leurs Femmes
Persannes et leurs Enfans. Pendant la
nuit les Esclaves détournoient toujours
quelques Chameaux
et c'est de cette
façon que furent ramenées à l'Armée
Royale la Tante et la Soeur de Schal
Thamas , avec quelques autres Princesses
. Enfin , ces miserables ne trouvant
plus de subsistance pour eux ni pour
leurs Chevaux , pressés de tous côtez
commencerent à se débander les uns
tirant d'un côté , les autres de l'autre.
Acheraf resta avec 4. ou 5. cent de ses
plus fideles amis ; son dessein étoit de
se retirer aux Indes ; mais comme il faloit
necessairement passer aux environs
de * Candahar , Hussein Kan , frere de
Mahmout , qui étoit en possession de
* Capitale de la Province de même nom.
›
,
cette
OCTOBRE. 1731. 2513
,
>
cette Place , averti de son dessein lui
coupa le chemin avec un bon corps de
Troupes , le combattit lai enleva le
reste de ses trésors , et le tua. C'est ainsi
que perît cet Usurpateur , qui , après
des cruautez inoüies avoit osé tremper
ses mains dans le sang de Schah Hussein ,
le meilleur , le plus débonnaire et le
plus pacifique Prince qui ait jamais regné.
C'est ainsi qu'ont été détruits et dispersés
les plus détestables et les plus sanguinaires
Usurpateurs qui ayent jamais
été sur la Terre.
,
Koulikan trouva les portes de Chiras
ouvertes ; dès qu'il y fut entré on vit
bien - tôt dans cette Ville ce qu'on avoit
vû auparavant à Ispaham , c'est - à- dire ,
les rues pleines de cadavres des Aghuans
et de leurs alliez , qui n'avoient pû se
sauver avec les autres ; il n'y eut plus
aucun endroit qui pût leur servir d'azile
; on ne pardonna qu'à trois ou quatre
des plus apparents , qui furent envoyez
au Roy ; on passa tout le reste au
fil de l'Epée. Les Persans qui voyoient
tous les jours arriver quelques restes des
Rebelles , dont ils apprenoient à tout
moment le désordre et la misere se
consolerent bien - tôt de la faute que
Koulikan avoit faite de les laisser écha-
By per
>
2514 MERCURE DE FRANCE
per , et quoique c'eût été un coup de
la derniere importance de reprendre les
Trésors de la Couronne ce General
n'en reçût aucun reproche du Roy , qui
le ménage et le considere toujours.
>
Cette grande affaire étant ainsi terminée
, toute l'attention des Persans se
tourna du côté des Turcs. On laissa reposer
les troupes pendant le reste de
Hyver ; mais à peine le Printemps fûtil
arrivé , que Koulikan , qui étoit toujours
resté à Chiras , où l'Armée étoit en
quartier , se remit en Campagne ; et
lorsque nous partîmes d'Ispaham , au
commencement de May 1730. les nouvelles
courantes étoient qu'après avoir
visité en chenin - faisant le Loristan et
les Arabes du Coquilon , il prenoit sa
route du côté d'Hamadan . Nous avons
appris depuis qu'il a battu pendant
la Campagne les Turcs en deux
differentes batailles ; qu'il a repris Hamadan
, Tauris , et presque tout le Pays
que les Turcs avoient usurpé pendant
les troubles jusqu'à Erivan .
>
Un Roy rétabli , neuf batailles gagnées
, presque tout un Royaume de l'étendue
de la Perse reconquis dans moins
de deux années un prodigieux nombre
de Rebelles exterminez ; ce sont des
>
faits
NOVEMBRE 1731. 2515.
faits qui peuvent effacer ceux des Héros
des siècles passés , et égaler les plus
beaux traits de l'histoire ancienne . Les
rares talens qu'a ce General pour la Guerre
le bonheur qui l'accompagne dans
ses expéditions la confiance du Soldat
>
,
qui l'aime et le craint , tout cela joint
ensemble , l'a rendu redoutable chez les
Ennemis mais enfin suspect dans la
Cour du Roy son Maître ; j'ai observé
plus d'une fois , et reconnu que depuis
Bassora jusqu'à Bagdat , et depuis Bagdat
jusqu'aux portes d'Alep , tout tremble
au seul nom de Thamas Koulikan . Cette
haute réputation et certe grande fortune
ne sont - elles point les présages de quelque
prochaine décadence ? Le Peuple et la
Cour,le Roy lui- même , ( à ce qu'on publie
, tous craignent que ce General
n'ait l'ambition de monter plus haut ; il
est lui seul toute chose. Le Roy n'a encore
nommé à aucun des premiers Employs
, sous pretexte que les appointemens
immenses que ces Charges emportent
, seront bien mieux employez au
payement des Troupes. A l'Armée Koulikan
est le seul Officier General , tous
les autres sont des Subalternes qu'il abaisse
, eleve , punit , recompense , casse et
rétablit comme il lui plaît ; il semble
Bv) même
2516 MERCURE DE FRANCE
1
même que depuis ses dernieres victoires ,
il abuse de l'autorité sans bornes que le
Roy lui a confiée dans la necessité de ses
affaires ; on peut même dire qu'il tient
ce Prince en une espece de tutelle ; mais
je sçai par des personnes qui ont l'honneur
de l'approcher , qu'il se reserve à
parler en Maître quand la Guerre du
Turc sera terminée. Ce General de son
côté n'est pas sans crainte ; il sçait qu'il
a beaucoup d'ennemis , et qu'il y a des
plaintes contre lui , sur- tout de la part
des Peuples qu'il a achevé de ruiner
des impositions extraordinaires , et c'est
pour cela , cela , dit-on , qu'il se tient à l'Armée
autant qu'il le peut. Telle est actuellement
la face des affaires de Perse
c'est-à-dire au mois de Mai 1730.
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Résumé : MEMOIRE HISTORIQUE, sur la défaite des Rebelles de Perse, et l'élevation de Schah Thamas sur le Trône de ses Ancêtres, &ac. Par M. D. G. témoin oculaire.
Le texte relate la rébellion des Aghuans en Perse et l'ascension de Schah Thamas au trône. Les Aghuans, originaires de la province de Szyrvan, avaient dominé une grande partie du royaume de Perse pendant près de huit ans avec une armée de 30 000 hommes. Leur succès était davantage dû à la fortune qu'à une stratégie bien concertée. Ils avaient pris la ville d'Hispaham, détrôné Schah Hussein et battu une armée turque de 120 000 hommes. Leur arrogance fut renforcée par la paix et l'ambassade du Grand Seigneur, qui les reconnaissait comme une puissance majeure. Schah Thamas, fils de Schah Hussein, travailla à rétablir ses affaires malgré les revers. Il fut aidé par Thamas Kouli Kan, un seigneur brave et loyal, qui l'aida à discipliner son armée et à corriger ses vices. En 1729, Schah Thamas remporta plusieurs victoires contre les Afdalis et soumit les rebelles du Corassan. En 1730, il affronta les Aghuans à Damguam. Malgré une attaque vigoureuse des rebelles, les Persans tinrent ferme, repoussant les détachements ennemis et défaisant le corps principal commandé par Acheraf. Cette victoire marqua le début de la fin pour les Aghuans et permit à Schah Thamas de remonter sur le trône de ses ancêtres. En novembre 1731, une armée royale persane, dirigée par le général Thamas Koulikan, affronta des rebelles près de Tairon. Les rebelles, menés par Acheraf, prirent la fuite après une brève bataille, abandonnant leurs canons et équipages. Ils se réfugièrent à Ispaham, où ils se retranchèrent dans une enceinte fortifiée, pillant et ravageant les biens des Persans. Les rebelles se déplacèrent ensuite vers Machakor, établissant leur camp à proximité. L'armée royale avança sans obstacle, accueillie favorablement par les habitants des villes libérées. Le 13 novembre 1729, les deux armées se rencontrèrent. Les rebelles, bien positionnés, furent rapidement vaincus par la charge audacieuse des Persans. Acheraf et ses partisans fuirent vers Chiras, massacrant les Persans sur leur passage. La ville d'Ispaham fut ensuite pillée par la population locale. Le roi de Perse, Shah Thamas, arriva à Ispaham en décembre, accueilli avec joie par les habitants. Il reçut les hommages des différents ordres de l'État et des étrangers de distinction. Malgré la misère causée par la tyrannie des rebelles, le peuple paya volontiers les taxes imposées. Cependant, le roi resta préoccupé par la présence des meurtriers de son père et de ses frères à Chiras. Le général Thamas Koulikan prépara une nouvelle expédition, et l'armée se remit en campagne à la fin du mois de décembre, malgré les conditions hivernales défavorables. Le général persan Koulikan, après avoir perdu de nombreux hommes et chevaux lors de sa marche depuis Ispaham, rejoignit les rebelles près de Chiras après 20 jours. Malgré l'avantage du terrain des rebelles, il les battit et les força à fuir. Il ne les poursuivit pas pour éviter les embuscades et pour maintenir la cohésion de son armée. Les rebelles se rallièrent à Chiras, mais avaient perdu leur féroce fierté et cherchaient des conseils auprès de tous, y compris leurs femmes et esclaves. Ils tentèrent une dernière bataille, mais furent rapidement vaincus. Acheraf, leur chef, tenta de négocier, mais Koulikan refusa toute proposition sauf la reddition d'Acheraf. Les rebelles s'enfuirent, mais furent harcelés par les paysans et les détachements persans. Acheraf fut finalement tué près de Candahar par Hussein Kan. Koulikan entra à Chiras et fit exécuter les rebelles restants. Après cette victoire, les Persans se tournèrent vers les Turcs, battant les Turcs en deux batailles et reprenant plusieurs villes. Koulikan, bien que redouté et respecté, suscitait des craintes à la cour du roi en raison de son pouvoir et de son ambition.
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2159
p. 2640-2642
TURQUIE ET PERSE.
Début :
Depuis la déposition du Grand Visir, on assure que le Divan a pris la résolution de faire [...]
Mots clefs :
Conspiration , Janissaire, Troupes, Mufti
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
TURQUIE ET PERS E.
Epuis la déposition du Grand Visir , on assure
que le Divan a pris la résolution de faize
un Traité de Paix avec le Roy de Perse , et
d'accepter les offres qu'il a faites d'abandonner la
Géorgie au G. S.
Le Grand Vizir qui vient d'être déposé a été
nommé Pacha de Négrépont ; où il s'est retiré
avec tous ses effets , qui n'ont pas été confisquez ,
comme on l'avoit cru d'abord.
Les nouvelles de Perse sont toujours fort incer
taines. Le 21 Août on tira beaucoup de Canon du
Serail et d'autres endroits , en rêjouissance de la
prise
NOVEMBRE. 1731. 264%
prise que les Turcs ont faite en Perse, des Villes
de Sina et de Kirmenscha ; mais quelques jours
après , il vint des Lettres qui pouvoient faire
croire que les Persans avoient d'eux - mêmes abandonné
exprès ces deux Places .
Le G. V. Ibrahim Pacha fut déposé le 10 de
ce mois , et embarqué sur une Gafere le même
jour , pour aller à Négrépont , dont le G. S. Pa
nommé Pacha.
Le moment d'après qu'il fut déposé , le Sultan
nomma le Janissaire Aga pour faire par interim
les fonctions de Grand Vizir.
-
Une Lettre de Constantinople porte que le Kislar
Aga ou chef des Eunuques , l'un des favóris
du G. S. informé que le G V. travailloit sous
main à le mettre mal auprès de S. H. insinua de
son côté au G. S que le G.V. fier du succès de sa
derniere entreprise contre les Rebelles , avoit
conçu le dessein de se rendre maître absolu de
toutes les affaires de l'Empire , et que pour réüssir
dans ce dessein , il s'étoit déja fait un grand
nombre de créatures , ausquelles il devoit distribuer
les principaux Emplois de l'Etat. Le G S.
jaloux de sa Puissance , et voulant prévenir tout
ce qui pouvoit y donner atteinte , envoya le 9 de
Septembre un des Officiers du Sérail au G.V.avec
ordre de se rendre incessamment auprès de S. H.
Ce premier Ministre qui ne se doutoit de rien ,
ayant d'abord obéi , fut très - surpris , et changea
même de couleur à la vûë des Domestiques et des
Equipages du Mufti , du Nichandgi Pacha , des
deux Auditeurs Generaux , du Janissaire Aga, du
Tefterdar , ou Grand Trésorier , et de quelques
autres principaux Ministres de la Loy,qu'il trouva
dans la Cour du Serail. Une demie - heure
aptès le bruit se répandit que le G. V. avoit été
déposé.
Le
2542 MERCURE DE FRANCE
Le grand nombre de gens que ce Ministre avoit
fait massacrer , sous prétexte qu'ils avoient eu
part à la derniere conspiration , et dont les corps
avoient été jettez dans les Canaux , ou exposez
dans les ruës ; l'objet affreux d'une quantité prodigieuse
de têtes qu'on voyoit attachées sur des
pieux à presque tous les coins des rues , et dont le
nombre augimentoit tous les jours , joint à l'insolence
des troupes employées à ces exécutions et
à la haine qu'on portoit déja au G. V. avoient si
fort irrité le peuple de cette grande Ville , qu'il
auroit été capable de tout entreprendre pour en
tirer vengeance , si S. H. n'en eut prévenu l'èxésution
, en déposant ce premier Ministre ; ce qui
a entierement appaisé le peuple, et rétabli la tranquillité
dans la Ville.
On ajoute que le G. S. avoit donné une garde
de Janissaires aux Ambassadeurs des Princes
Chrétiens pour les mettre à l'abri de toute însulte,
en cas d'une nouvelle révolte , et que S. H. avoit
défendu aux Officiers des Douanes d'exiger des
Vaisseaux Chrétiens qui entreroient dans le Port,
d'autres droits que ceux qui ont été reglez par le
dernier Tarif.
Epuis la déposition du Grand Visir , on assure
que le Divan a pris la résolution de faize
un Traité de Paix avec le Roy de Perse , et
d'accepter les offres qu'il a faites d'abandonner la
Géorgie au G. S.
Le Grand Vizir qui vient d'être déposé a été
nommé Pacha de Négrépont ; où il s'est retiré
avec tous ses effets , qui n'ont pas été confisquez ,
comme on l'avoit cru d'abord.
Les nouvelles de Perse sont toujours fort incer
taines. Le 21 Août on tira beaucoup de Canon du
Serail et d'autres endroits , en rêjouissance de la
prise
NOVEMBRE. 1731. 264%
prise que les Turcs ont faite en Perse, des Villes
de Sina et de Kirmenscha ; mais quelques jours
après , il vint des Lettres qui pouvoient faire
croire que les Persans avoient d'eux - mêmes abandonné
exprès ces deux Places .
Le G. V. Ibrahim Pacha fut déposé le 10 de
ce mois , et embarqué sur une Gafere le même
jour , pour aller à Négrépont , dont le G. S. Pa
nommé Pacha.
Le moment d'après qu'il fut déposé , le Sultan
nomma le Janissaire Aga pour faire par interim
les fonctions de Grand Vizir.
-
Une Lettre de Constantinople porte que le Kislar
Aga ou chef des Eunuques , l'un des favóris
du G. S. informé que le G V. travailloit sous
main à le mettre mal auprès de S. H. insinua de
son côté au G. S que le G.V. fier du succès de sa
derniere entreprise contre les Rebelles , avoit
conçu le dessein de se rendre maître absolu de
toutes les affaires de l'Empire , et que pour réüssir
dans ce dessein , il s'étoit déja fait un grand
nombre de créatures , ausquelles il devoit distribuer
les principaux Emplois de l'Etat. Le G S.
jaloux de sa Puissance , et voulant prévenir tout
ce qui pouvoit y donner atteinte , envoya le 9 de
Septembre un des Officiers du Sérail au G.V.avec
ordre de se rendre incessamment auprès de S. H.
Ce premier Ministre qui ne se doutoit de rien ,
ayant d'abord obéi , fut très - surpris , et changea
même de couleur à la vûë des Domestiques et des
Equipages du Mufti , du Nichandgi Pacha , des
deux Auditeurs Generaux , du Janissaire Aga, du
Tefterdar , ou Grand Trésorier , et de quelques
autres principaux Ministres de la Loy,qu'il trouva
dans la Cour du Serail. Une demie - heure
aptès le bruit se répandit que le G. V. avoit été
déposé.
Le
2542 MERCURE DE FRANCE
Le grand nombre de gens que ce Ministre avoit
fait massacrer , sous prétexte qu'ils avoient eu
part à la derniere conspiration , et dont les corps
avoient été jettez dans les Canaux , ou exposez
dans les ruës ; l'objet affreux d'une quantité prodigieuse
de têtes qu'on voyoit attachées sur des
pieux à presque tous les coins des rues , et dont le
nombre augimentoit tous les jours , joint à l'insolence
des troupes employées à ces exécutions et
à la haine qu'on portoit déja au G. V. avoient si
fort irrité le peuple de cette grande Ville , qu'il
auroit été capable de tout entreprendre pour en
tirer vengeance , si S. H. n'en eut prévenu l'èxésution
, en déposant ce premier Ministre ; ce qui
a entierement appaisé le peuple, et rétabli la tranquillité
dans la Ville.
On ajoute que le G. S. avoit donné une garde
de Janissaires aux Ambassadeurs des Princes
Chrétiens pour les mettre à l'abri de toute însulte,
en cas d'une nouvelle révolte , et que S. H. avoit
défendu aux Officiers des Douanes d'exiger des
Vaisseaux Chrétiens qui entreroient dans le Port,
d'autres droits que ceux qui ont été reglez par le
dernier Tarif.
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Résumé : TURQUIE ET PERSE.
En Turquie, après la déposition du Grand Vizir, le Divan a conclu un traité de paix avec le roi de Perse et accepté l'abandon de la Géorgie. Le Grand Vizir déposé a été nommé Pacha de Négrépont, conservant ses effets malgré les rumeurs initiales de confiscation. Les nouvelles de Perse restent incertaines : les Turcs ont célébré la prise des villes de Sina et de Kirmenscha, mais des lettres ultérieures suggèrent que les Persans les ont abandonnées volontairement. Le Grand Vizir Ibrahim Pacha a été déposé le 10 novembre et remplacé par le Janissaire Aga. Cette décision a été motivée par des accusations selon lesquelles Ibrahim Pacha cherchait à devenir maître absolu de l'Empire. La population de Constantinople, irritée par les massacres et l'insolence des troupes, était prête à se révolter. La déposition du Grand Vizir a apaisé le peuple et rétabli la tranquillité. Le Grand Seigneur a également mis en place une garde de Janissaires pour protéger les ambassadeurs chrétiens et interdit aux officiers des douanes d'exiger des droits supplémentaires aux vaisseaux chrétiens.
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2160
p. 2642-2647
LETTRE écrite de Constantinople, ce 22.Juin 1731.
Début :
Le 18. du mois passé, on déposa le Mufti Mirza zade, vieillard, encore plus respectable [...]
Mots clefs :
Déposition, Mufti, Sentences de mort, Conspiration , Pacha , Flotte ottomane
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Constantinople, ce 22.Juin 1731.
LETTRE écrite de Constantinople , ce 226
Juin 1731.
E 18. du mois passé , on déposa le Mufti
Mirzazade,vieillard , encore plus respectable
par sa droiture , que par son grand âge.
On dit pour motif de sa déposition , qu'il ne
convenoit point au present Ministere › parte
qu'il étoit trop scrupuleux , et ne vouloit don-
* mer qu'avec connoissance de cause , les Ferfas ,
NOVEMBRE 1731. 2648
• Ou
u Sentences de mort , qu'on lui demandoit journellement
contre des personnes accusées
soupçonnées d'avoir trempé dans les deux dermieres
conspirations. Il n'a point été exilé come
me il arrive d'ordinaire aux Muftis qu'on dépose
, parce que dans les conjonctures presentes
, on a voulu menager les gens de Loi , qui
Pont en grande véneration , et il est resté dans
son Palais , où il jouit paisiblement de tous ses
biens. Son successeur se nomme Pasmadgi-
Zadé : c'est un Emir d'environ 40 ans qui a
beaucoup d'esprit , qui est Courtisan habile
et se prête avec complaisance à tout ce que
le G, S. et le G. V. exigent de lui .
Le même jour , Djanum- Codjca , Capitan-
Pacha > si celebre par ses adversités , et par les
services qu'il a rendus à ses Souverains pendant
plus de 40. années , sur- tour au nouveau Sultan ,
fut pareillement déposé. Comme depuis le mois
de Mars , il avoit fait partir à diverses fois , du
Port de Constantinople , quinze Vaisseaux de
Guerre , qui avoient leur rendez-vous aux Isles
de Sapience , et qu'il comptoit de les aller joindre
dans peu lui-même , avec trois autres Vaisseaux
et 8 ou 10 Galeres 1 sans qu'on aît pa
pénetrer le sujet d'un si grand armement en
temps de Paix ; le Public a attribué sa disgrace
au dessein qu'on prétend qu'il avoit formé de
passer en Barbarie avec la Flotte Ottomane
de s'y faire déclarer Bey de Tunis ou de Tripoli
mais peu de gens se persuadent qu'il eût
effectivement cette intention , et l'on croit avec
plus de vrai -semblance , que cer infortuné Capitan-
Pacha ne s'est attiré son malheur , que faute
d'avoir gardé assez de ménagemens pour les per
sonnes en place , et par l'extrême liberté avec
1
et
laquelle
2644 MERCURE DE FRANCE,
laquelle il déclamoit contre le Gouvernement
d'aujourd'hui.
>
>
1
On assure que l'ordre donné pour sa déposition
, portoit aussi celui de sa mort et qu'en
conséquence , lorsque le 18 May il se rendit à
la Porte , où le G. S, l'avoit mandé on renvoya
d'abord tous ceux qui l'avoient accompa
gné ; on le fit passer seul à la pointe du Serrail ,
où il devoit être étranglé , et où le Bostandgi
Bachi lui avoit même déja fait ôter sa Pelisse ;
mais que dans cette extremité , ayant apperçu
le Sultan dans un Kiosk , il s'étoit tourné vers
fui , le suppliant à très haute voix d'épargner le
peu de jours qui restoient à un Vieillard de 80
ans , qui lui avoit toujours été fidele , et qui ,
dans tant d'occasions avoit exposé sa vie pour
le service de Sa Hiutesse , et qu'alors le G. S
touché de compassion , avoit fait surseoir l'éécution.
>
, rap
Quo :qu'il en soit de ces circonstances
portées par plusieurs personnes dignes de foy ;
ce qu'il y a de certain , c'est que le même jour
de sa déposition , il fut embarqué à onze heures
du soir sur une Galere , sans aucun Domestique ,
et avec un Capigi- Pachi , qui l'a conduit à Retimo
où il doit rester jusqu'à nouvel ordre ;
que son Kiaja , et ses Neveux furent arrêtez dans
la journée , et consignez sur une Galere dans le
Port , et que tous ses biens qui ne se sont pas
trouvez considerables ont été confisquez au
Miry , ou Trésor Imperial.
>
>
Il ne paroit point encore de détail , sur lequel
on puisse compter , des deux grandes Victoires
que les Turcs disent avoir remportées en Perse
au mois d'Avril dernier , la premiere sous les
murs d'Erivan , que Schah-Thamas étoit vena
assieger
NOVEMBRE 1731
2645
assieger ; la seconde sur les bords du Kouchab ,
que l'on croit être l'Araxe , où ce Prince rallioit
les débris de son armée . On débite seulement en
gros que les Turcs ont battu les Persans dans ces
deux actions , et qu'ils y ont fait plusieurs Prisonniers
de conséquence , entr'autres , Veli- Kouli-
Kham , d'une des plus considerables familles
de Perse , et qui avoit été autrefois Grand- Visir
du vieux Schah - Ussein , Pere de Schah- Thamas.
Ce Seigneur arriva à Constantinople le 22 du
mois passé , sous la Garde d'Abdi- Pacha- Oglou ,
Salakor , ou Ecuyer Cavalcadour du G. S. 11
fut aussi-tôt consigné au Kiaja du G. V. qui le
reçut avec beaucoup de politesse , et lui témoi
gna de grands égards ; mais deux jours après ,
sans qu'on en ait bien sçû la raison , il eût la
tête tranchée. On le fit mettre à genoux au milieu
de la ruë , les mains liées derirere le dos
et le visage tourné , à découvert , vis - à - vis un
Kiosk du Serrail , où le G. S. étoit , et d'où il
fit signe de la main , au Boureau , de donner le
coup de la mort au Patient , qui la souffrit avec
beaucoup de fermeté. Ce Kham étoit un homme
de bonne mine , d'environ 60. ans , et il avoit
la réputation d'être aussi brave que spirituel .
→
Depuis cette Exécution , dont les Turcs mê
mes ont été touchez , on a résolu dans plusieurs
Conseils , qu'on à tenu sur les affaires de Perse ,
de continuer la Guerre avec vigueur contre
Schah- Thamas . On prétend même que deux
Pachas ont ordre , l'un d'aller faire le Siege de
Tauris , l'autre celui d'Ispaham , et l'on ajoute
que sur la nouvelle , que le Roy de Perse envoyoit
un Ambassadeur au G. S , la Porte l'ayoit
d'abord fait arrêter en chemin à Cogui ;
qu'ensuite on ayoit dépêché un Officier à ce Ministre
2646 MERCURE DE FRANCE
nistre , pour lui demander ses Lettres de creance
; que sur le réfus qu'il avoit fait de les remet
tre , ( alleguant qu'il avoit ordre de les presen
ter lui- même au Sultan , et au G. V. ) on les lui
avoit enlevées de force avec tous ses autres effets
et qu'on l'avoit conduit au Château de Tenedos
ou il étoit fort durement traité.
Ces jours passez , le Pain manqua à Constan
tinople , ce qui occasionna quelque émotion po
pulaire , qui fut cependant bien-tôt dissipée , par
les Corps de Garde distribuez dans les differens
quartiers de la Ville et par les ordres que le
G. V. donna aux Boulangers , de fournir , sous
peine de la vie , la quantité de Pain nécessaire
pour la substance du Peuple. Ce premier Ministre
alla faire lui-même la visite de plusieurs
Fours et Magazins , où il avoit été informé
qu'on cachoit du Bled et de la Farine , qu'il fit
délivrer à ceux des Boulangers qui n'en avoient
pas. Il fit partir en même temps tous les Bâti
mens qui se trouverent à Constantinople , pour
aller charger du Bled , tant sur les Côtes de la
Mer -Noire , que sur celles de la Mer-Blanche ;
et comme par la vérification qu'il fit faire de la
quantité qu'il y en avoit dans la Ville , il reconnut
qu'elle seroit bien-tôt consommée
qu'on pourroit en manquer totalement , pour
peu que les Bâtiments qui en étoient allé chercher
, fussent retenus par les Vents contraires
il ordonna que jusqu'à ce qu'ils eussent ramené
l'abondance par leur retour on mêleroit à l'avenir
, dans tout le Pain qui se paîtriroit
tiers d'Orge , avec un tiers de Millet et un tiers
de Froment. Ce commencement de disette a fait
renouveller les anciennes deffenses pour la sortie
des grains ; on a expedié des Agas , et d'autres
Officiers
et
Un
NOVEMBRE. 1731.2647.
Officiers , pour aller par tout les faire executer
à la rigueur , et il leur a été enjoint sur tout
d'empêcher que les Bâtimens des Européens ne
chargeassent de cette Denrée.
Le 19. de ce mois , Abdi- Pacha , qui , le jour
même de la déposition de Djanum Codjea , avoit
té nommé pour lui succeder arriva à Constantinople
vers les cinq heures du soir. C'est le
même qu'on connoissoit ci-devant sous le nom
Abdi-Capoudan , lorsqu'il n'étoit que Vice-
Amiral. Le second jour de la révolution , dans
laquelle Achmet III fut déposé , ce Sultan l'avoit
fait Capitan-Pacha ; mais quelques jours
aprés , le nouveau G. S. le dépouilla de cette
charge et l'envoya Pacha à Retimo , où il
étoit resté jusqu'à present , et l'on assure pour
certain ,, que Djanum- Codgea l'a relevé dans la
même qualité Sultan Mahmoud , qui , ce diton
, fait grace â celui-ci , s'étant contenté de
ne le condamner qu'à cet honorable exil.
•
Ce nouveau Capitan- Pacha en a parfaitemene
bien usé envers son Prédecesseur . Outre tous les
honneurs possibles qu'il lui a faits à son arrivée
à Retimo , il lui a laissé sa maison toute meu
blée une partie de ses Domestiques pour le
servir , et lui a donné l'argent dont il pourroit
avoir besoin. Il est revenu ici sur la même Ga❤
fere qui avoit transporté Djanum- Codjea, Avant
que d'entrer dans ce Port , on le débarqua près
du Serrail : il alla d'abord chez le G. V , qui
le révetit d'un Caftan , suivant l'usage , et le
conduisit chez le G. S. après quoi montant sur
la Galliote affectée aux Capitans- Pachas , il se
rendit à l'Arcenal , où il reçut les complimens
et les hommages des Officiers de la Marine
avec les honneurs usitez en pareille occasion .
Juin 1731.
E 18. du mois passé , on déposa le Mufti
Mirzazade,vieillard , encore plus respectable
par sa droiture , que par son grand âge.
On dit pour motif de sa déposition , qu'il ne
convenoit point au present Ministere › parte
qu'il étoit trop scrupuleux , et ne vouloit don-
* mer qu'avec connoissance de cause , les Ferfas ,
NOVEMBRE 1731. 2648
• Ou
u Sentences de mort , qu'on lui demandoit journellement
contre des personnes accusées
soupçonnées d'avoir trempé dans les deux dermieres
conspirations. Il n'a point été exilé come
me il arrive d'ordinaire aux Muftis qu'on dépose
, parce que dans les conjonctures presentes
, on a voulu menager les gens de Loi , qui
Pont en grande véneration , et il est resté dans
son Palais , où il jouit paisiblement de tous ses
biens. Son successeur se nomme Pasmadgi-
Zadé : c'est un Emir d'environ 40 ans qui a
beaucoup d'esprit , qui est Courtisan habile
et se prête avec complaisance à tout ce que
le G, S. et le G. V. exigent de lui .
Le même jour , Djanum- Codjca , Capitan-
Pacha > si celebre par ses adversités , et par les
services qu'il a rendus à ses Souverains pendant
plus de 40. années , sur- tour au nouveau Sultan ,
fut pareillement déposé. Comme depuis le mois
de Mars , il avoit fait partir à diverses fois , du
Port de Constantinople , quinze Vaisseaux de
Guerre , qui avoient leur rendez-vous aux Isles
de Sapience , et qu'il comptoit de les aller joindre
dans peu lui-même , avec trois autres Vaisseaux
et 8 ou 10 Galeres 1 sans qu'on aît pa
pénetrer le sujet d'un si grand armement en
temps de Paix ; le Public a attribué sa disgrace
au dessein qu'on prétend qu'il avoit formé de
passer en Barbarie avec la Flotte Ottomane
de s'y faire déclarer Bey de Tunis ou de Tripoli
mais peu de gens se persuadent qu'il eût
effectivement cette intention , et l'on croit avec
plus de vrai -semblance , que cer infortuné Capitan-
Pacha ne s'est attiré son malheur , que faute
d'avoir gardé assez de ménagemens pour les per
sonnes en place , et par l'extrême liberté avec
1
et
laquelle
2644 MERCURE DE FRANCE,
laquelle il déclamoit contre le Gouvernement
d'aujourd'hui.
>
>
1
On assure que l'ordre donné pour sa déposition
, portoit aussi celui de sa mort et qu'en
conséquence , lorsque le 18 May il se rendit à
la Porte , où le G. S, l'avoit mandé on renvoya
d'abord tous ceux qui l'avoient accompa
gné ; on le fit passer seul à la pointe du Serrail ,
où il devoit être étranglé , et où le Bostandgi
Bachi lui avoit même déja fait ôter sa Pelisse ;
mais que dans cette extremité , ayant apperçu
le Sultan dans un Kiosk , il s'étoit tourné vers
fui , le suppliant à très haute voix d'épargner le
peu de jours qui restoient à un Vieillard de 80
ans , qui lui avoit toujours été fidele , et qui ,
dans tant d'occasions avoit exposé sa vie pour
le service de Sa Hiutesse , et qu'alors le G. S
touché de compassion , avoit fait surseoir l'éécution.
>
, rap
Quo :qu'il en soit de ces circonstances
portées par plusieurs personnes dignes de foy ;
ce qu'il y a de certain , c'est que le même jour
de sa déposition , il fut embarqué à onze heures
du soir sur une Galere , sans aucun Domestique ,
et avec un Capigi- Pachi , qui l'a conduit à Retimo
où il doit rester jusqu'à nouvel ordre ;
que son Kiaja , et ses Neveux furent arrêtez dans
la journée , et consignez sur une Galere dans le
Port , et que tous ses biens qui ne se sont pas
trouvez considerables ont été confisquez au
Miry , ou Trésor Imperial.
>
>
Il ne paroit point encore de détail , sur lequel
on puisse compter , des deux grandes Victoires
que les Turcs disent avoir remportées en Perse
au mois d'Avril dernier , la premiere sous les
murs d'Erivan , que Schah-Thamas étoit vena
assieger
NOVEMBRE 1731
2645
assieger ; la seconde sur les bords du Kouchab ,
que l'on croit être l'Araxe , où ce Prince rallioit
les débris de son armée . On débite seulement en
gros que les Turcs ont battu les Persans dans ces
deux actions , et qu'ils y ont fait plusieurs Prisonniers
de conséquence , entr'autres , Veli- Kouli-
Kham , d'une des plus considerables familles
de Perse , et qui avoit été autrefois Grand- Visir
du vieux Schah - Ussein , Pere de Schah- Thamas.
Ce Seigneur arriva à Constantinople le 22 du
mois passé , sous la Garde d'Abdi- Pacha- Oglou ,
Salakor , ou Ecuyer Cavalcadour du G. S. 11
fut aussi-tôt consigné au Kiaja du G. V. qui le
reçut avec beaucoup de politesse , et lui témoi
gna de grands égards ; mais deux jours après ,
sans qu'on en ait bien sçû la raison , il eût la
tête tranchée. On le fit mettre à genoux au milieu
de la ruë , les mains liées derirere le dos
et le visage tourné , à découvert , vis - à - vis un
Kiosk du Serrail , où le G. S. étoit , et d'où il
fit signe de la main , au Boureau , de donner le
coup de la mort au Patient , qui la souffrit avec
beaucoup de fermeté. Ce Kham étoit un homme
de bonne mine , d'environ 60. ans , et il avoit
la réputation d'être aussi brave que spirituel .
→
Depuis cette Exécution , dont les Turcs mê
mes ont été touchez , on a résolu dans plusieurs
Conseils , qu'on à tenu sur les affaires de Perse ,
de continuer la Guerre avec vigueur contre
Schah- Thamas . On prétend même que deux
Pachas ont ordre , l'un d'aller faire le Siege de
Tauris , l'autre celui d'Ispaham , et l'on ajoute
que sur la nouvelle , que le Roy de Perse envoyoit
un Ambassadeur au G. S , la Porte l'ayoit
d'abord fait arrêter en chemin à Cogui ;
qu'ensuite on ayoit dépêché un Officier à ce Ministre
2646 MERCURE DE FRANCE
nistre , pour lui demander ses Lettres de creance
; que sur le réfus qu'il avoit fait de les remet
tre , ( alleguant qu'il avoit ordre de les presen
ter lui- même au Sultan , et au G. V. ) on les lui
avoit enlevées de force avec tous ses autres effets
et qu'on l'avoit conduit au Château de Tenedos
ou il étoit fort durement traité.
Ces jours passez , le Pain manqua à Constan
tinople , ce qui occasionna quelque émotion po
pulaire , qui fut cependant bien-tôt dissipée , par
les Corps de Garde distribuez dans les differens
quartiers de la Ville et par les ordres que le
G. V. donna aux Boulangers , de fournir , sous
peine de la vie , la quantité de Pain nécessaire
pour la substance du Peuple. Ce premier Ministre
alla faire lui-même la visite de plusieurs
Fours et Magazins , où il avoit été informé
qu'on cachoit du Bled et de la Farine , qu'il fit
délivrer à ceux des Boulangers qui n'en avoient
pas. Il fit partir en même temps tous les Bâti
mens qui se trouverent à Constantinople , pour
aller charger du Bled , tant sur les Côtes de la
Mer -Noire , que sur celles de la Mer-Blanche ;
et comme par la vérification qu'il fit faire de la
quantité qu'il y en avoit dans la Ville , il reconnut
qu'elle seroit bien-tôt consommée
qu'on pourroit en manquer totalement , pour
peu que les Bâtiments qui en étoient allé chercher
, fussent retenus par les Vents contraires
il ordonna que jusqu'à ce qu'ils eussent ramené
l'abondance par leur retour on mêleroit à l'avenir
, dans tout le Pain qui se paîtriroit
tiers d'Orge , avec un tiers de Millet et un tiers
de Froment. Ce commencement de disette a fait
renouveller les anciennes deffenses pour la sortie
des grains ; on a expedié des Agas , et d'autres
Officiers
et
Un
NOVEMBRE. 1731.2647.
Officiers , pour aller par tout les faire executer
à la rigueur , et il leur a été enjoint sur tout
d'empêcher que les Bâtimens des Européens ne
chargeassent de cette Denrée.
Le 19. de ce mois , Abdi- Pacha , qui , le jour
même de la déposition de Djanum Codjea , avoit
té nommé pour lui succeder arriva à Constantinople
vers les cinq heures du soir. C'est le
même qu'on connoissoit ci-devant sous le nom
Abdi-Capoudan , lorsqu'il n'étoit que Vice-
Amiral. Le second jour de la révolution , dans
laquelle Achmet III fut déposé , ce Sultan l'avoit
fait Capitan-Pacha ; mais quelques jours
aprés , le nouveau G. S. le dépouilla de cette
charge et l'envoya Pacha à Retimo , où il
étoit resté jusqu'à present , et l'on assure pour
certain ,, que Djanum- Codgea l'a relevé dans la
même qualité Sultan Mahmoud , qui , ce diton
, fait grace â celui-ci , s'étant contenté de
ne le condamner qu'à cet honorable exil.
•
Ce nouveau Capitan- Pacha en a parfaitemene
bien usé envers son Prédecesseur . Outre tous les
honneurs possibles qu'il lui a faits à son arrivée
à Retimo , il lui a laissé sa maison toute meu
blée une partie de ses Domestiques pour le
servir , et lui a donné l'argent dont il pourroit
avoir besoin. Il est revenu ici sur la même Ga❤
fere qui avoit transporté Djanum- Codjea, Avant
que d'entrer dans ce Port , on le débarqua près
du Serrail : il alla d'abord chez le G. V , qui
le révetit d'un Caftan , suivant l'usage , et le
conduisit chez le G. S. après quoi montant sur
la Galliote affectée aux Capitans- Pachas , il se
rendit à l'Arcenal , où il reçut les complimens
et les hommages des Officiers de la Marine
avec les honneurs usitez en pareille occasion .
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Résumé : LETTRE écrite de Constantinople, ce 22.Juin 1731.
En juin 1731, Mirzazade, le Mufti de Constantinople, fut démis de ses fonctions pour excès de scrupulosité dans l'émission de sentences de mort. Il fut remplacé par Pasmadgi-Zadé, un courtisan habile et complaisant. Le même jour, Djanum-Codjca, Capitain-Pacha, fut déposé en raison de son manque de prudence et de ses critiques ouvertes du gouvernement. Initialement condamné à mort, il fut exilé à Retimo après que le sultan eut suspendu son exécution. En novembre 1731, des victoires turques en Perse furent annoncées, notamment près d'Erivan et sur les bords du Kouchab. Veli-Kouli-Kham, ancien Grand-Vizir, fut exécuté à Constantinople après avoir été capturé. Malgré cette exécution, les Turcs décidèrent de poursuivre la guerre contre le Shah Thamas. Des préparatifs pour les sièges de Tauris et d'Ispahan furent signalés. Un ambassadeur perse fut arrêté et maltraité au château de Tenedos. À Constantinople, une pénurie de pain en novembre 1731 provoqua des troubles rapidement réprimés. Le Grand Vizir ordonna la distribution de pain sous peine de mort et fit inspecter les fours et magasins pour libérer le blé caché. Des navires furent envoyés chercher du blé sur les côtes de la mer Noire et de la mer Blanche. Les sorties de grains furent interdites et des officiers furent envoyés pour faire respecter cette interdiction. Le 19 novembre, Abdi Pacha arriva à Constantinople pour succéder à Djanum Codjea comme Capitain-Pacha. Il traita son prédécesseur avec respect, lui laissant sa maison meublée et des domestiques. À son arrivée, il fut accueilli par le Grand Vizir et reçut les hommages des officiers de la marine à l'arsenal.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2161
p. 2648-2653
RELATION de la conspiration découverte à Constantinople, le 1 Septembre 1731.
Début :
Depuis l'incendie du 21 Juillet dernier, où les Janissaires donnerent encore des marques [...]
Mots clefs :
Aga des Janissaires, Incendie, Révolte, Pacha , Persans
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texteReconnaissance textuelle : RELATION de la conspiration découverte à Constantinople, le 1 Septembre 1731.
2648 MERCURE DE FRANCE
RELATION de la conspiration découverte
à Constantinople , le 1 Septembre 1731.
Epuis l'incendie du 21 Juillet dernier, où les
Janissaires donnerent encore des marques
de leur disposition à la révolte , on n'avoit eu aucun
indice qu'il se tramât rien contre le Gouvernement
cependant le 1 Septembre le ( 1 )
Dgebedgi Bachi vint avertir le G. V. qu'il s'étoit
formé une nouvelle conspiration à Constantinople,
et qu'elle devoit éclater le lendemain à la
pointe du jour.
·
1
Sur cet avis ce Ministre , qui ne put être informé
alors du nombre ni de la qualité des Rebelles
, se contenta de renforcer les Patrouilles pour
la nuit suivante , et d'augmenter considerablement
la garde , tant au Sérail , que chez lui , et
chez le Janissaice Aga. Celui- ci étant allé faire
sa ronde à l'ordinaire , rencontra à deux heures
de nuit, deux Dgebedgis bien armez , il les fit arrêter
, et sur leur air embarrassé et les réponses
qu'ils lui firent , îl les envoya chez le G. V.
Ce premier Ministre les ayant interrogez à son
tour , ils furent encore plus déconcertez , et jugeant
bien eux-mêmes , qu'après les défenses séveres
qui avoient été faites de marcher la nuit
avec des armes , il ne leur restoit aucun espoir
de se sauver , ils lui dirent franchement : Nous
sçavons bien , Seigneur , que c'est fait de notre
vie , mais avant que de mourir , nous voulons
vous déclarer tour. Nous sommes 1500 hommes
qui devions demain matin exciter une troisiéme
(1) C'est le Chef d'un Corps de Milice par.
ticuliere.
séditioni
NOVEMBRE. 1731. 2649
sédition , Nous avons vingt Etendarts , qui fuivis
chacun d'une bonne Troupe , se seroient répandus
par tous les quartiers de la Ville , et en
auroient fait soulever le Peuple . Le G. V. leur
ayant demandé , par quel motif ils avoient formé
un si noir dessein : Notre but , répondirentils
, étoit de nous faire une réputation dans le
monde , de nous enrichir et d'obliger notre Empereur
àfaire la paix avec nos freres les Persans,
et à faire la guerre aux Chrétiens . Quels
sont vos Chefs ? reprit le G. V. Ils repliquerent
qu'ils n'en connoissoient que six , qu'ils lui désignerent,
et qui leur avoient dit de ne s'embarrasser
de rien et de suivre seulement leurs ordres .
On envoya aussi-tôt du monde pour se saisir de
ces six Chefs. Ils n'étoient point alors chez eux ,
mais on y trouva beaucoup d'armes et plusieurs
Drapeaux , dont on s'empara. Ils furent ensuite
prix eux- mêmes , ainsi qu'un grand nombre de
jeurs complices avant la fin de la nuit . On alla en
même- tems prendre tous ceux qui furent accusez
ou soupçonnez , lesquels furent étranglez ou eurent
la tête coupée. On jetta les cadavres à la
Mer , et il y en eût quelques- uns exposez dans
les endroits les plus frequentez de Constantinople.
On dit que de ces 1500 Révoltez
, tous gens de
la lie du peuple , sans une seule personne
de marque, il y en avoit soo du Corps des Dgebed- gis , que la plus grande partie des autres étoit des Albanois
, et d'autres Gens , connus icy sous le nom general d'Arnautes
, qui avoient été chas- sez de Constantinople
après la seconde sédition , et qui y étoient rentrez successivement
, dégui- sez sous differens habits , et avec de grandes barbes
qu'ils s'étoient laissé croître pour être moins
H faci2650
MERCURE DE FRANCE
facilement reconnus ; le reste étoient des Janissaires
du Caire , dont il en est arrivé environ
4000 depuis peu , pour aller en Perse par la
Mer noire , et dont quelques- uns s'étoient débarquez
malgré les ordres prècis qu'on avoit
donnez , d'empêcher qu'aucun d'eux ne mit pied à
terre.
Comme ces derniers sont la plupart des déterminez
qui ne reconnoissent point de subordination
, qu'il y en avoit d'ailleurs cinq ou six
cent d'embarquez sur trois Bâtimens François ,
frétez à Aléxandrie, pour les transporter jusqu'ici
seulement , et qu'il est arrivé d'ailleurs d'autres
incidens inutiles à rapporter ; il n'a pas été possible
d'éviter qu'il ne s'en échapât journellement
plusieurs. Il y en eut même dix , qui la veille du
jour que la sédition devoit éclater, vinrent s'enyvrer
à Bey-Oglou , à l'extrémité de Péra. La Garde
qui est établie dans ce quartier , étant accourue
pour les saisir , ils se deffendirent si bien ,
qu'ils ne furent pris qu'après avoir blessé 1s
hommes, de plus de 150 , dont cette Garde étoit
composée.
Bien des gens assurent que les deux Dgebedgis
qui furent trouvez la nuit du 1 de ce mois
par le Janissaire Aga , lui ayant dit qu'ils avoient
quelque chose de conséquence à communiquer au
G. S. on les conduisit sur le champ au Serail ,
où ils déclarerent à S H. que tant qu'elle laisseroit
en place le G. V. et le Janissaire Aga , elle ne
devoit pas se flater d'être jamais tranquille sur le
Trône; que quant à eux , ils sçavoient bien qu'ils
n'avoient point de grace à esperer et qu'ils
étoient tout résignez à la mort , mais que ce seroit
sans cesse recommencer et que pour deux
hommes que l'on feroit mourir , il en renaîtroit
cinquante.
à
QuoiNOVEMBRE.
1731. 265!
"
Quoiqu'il en soit de ces differens rapports , il
est toujours certain que cette derniere conjuration
été découverte assez à temps pour la ayant
faire avorter il est à présumer que le G. V. l'a
entierement dissipée, par les promptes exécutions
qu'il a fait faire de tous ceux qu'on a pû surprendre,
qui y ont eu quelque part. Cela ne l'empûche
pas pourtant de prendre toutes les précautions
imaginables , pour prévenir de pareils complots
, et il a entr'autres donné de nouveaux ordres
d'arrêter généralement tous ceux qu'on trouveroit
la nuit dans les rues , en conséquence de
quoi le Topgi-Bachi , ou Chef des Canoniers ,
envoya lea de ce mois prier les Ministres qui
demeurent à Pera , d'ordonner aux Gens de leurs
Palais , à leurs Nationaux et à leurs Protegez
de se retirer de bonne - heure , et de ne sortir la
nuit , en cas de nécessité , qu'avec de la lumiere
et en compagnie d'un Janissaire.
Les Lettres de Constantinople , du ; et du 18
Septembre , portent qu'on continue toujours la
recherche et les exécutions des derniers Rebelles.
On avoit cru d'abord , comme il a été dit cidessus
, qu'il n'y avoit que de la Canaille parmi
cux ; mais on a découvert par les dépositions de
ceux qu'on a pris depuis , que cette conspiration
étoit d'une bien plus grande conséquence,puisque
beaucoup de gens de Loy en étoient les véritables
Chefs ; qu'ils s'étoient même distribuez dans
les différens quartiers de la Ville d'où devoient
partir les Etendarts , et qu'ils avoient si fort compté
sur le succès de leur entreprise , qu'ils étoient
déja convenu du partage, qu'ils se proposoient de
faire entr'eux , des principales Charges de l'Empire
Hij EX
2652 MERCURE DE FRANCE
EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople
, écrite le 15 Septembre 1731 .
L s'est formé depuis pen un nouveau com-
Iplot de soulevement , dont les Chefs étoient
un Vizir , un Aga Albanois et quelques gens
de Loy ; ils avoient projetté de commencer la révolte
par le massacre du premier Vizir , universellement
abhorré à cause de sa cruauté et de
son avarice, Mais ce Ministre ayant pénétré leur
secret , donna des ordres avec tant de promptitude
que les Conjurez avant que d'avoir pu s'assembler
, furent partie taillez en pieces , et partie
traînez dans les Prisons ; tout le reste est en
fuite et entierement dissipé,
Le G. V. voyant cependant que cette tempête
menaçoit principalement sa tête , et voulant prévenir
ses ennemis cachez , presenta d'abord au
Sultan une liste d'environ 30 personnes , qui ,
comme créatures du gouvernement précédent
étoient censées être les Auteurs de la Rebellion
, prètendant de les faire transporter sur deux
Caleres , dans un exil éloigné , et d'en obtenir
Pordre du G. S.
Dans cette Liste il y avoit entr'autres noms
celui du Kislar-Agassi , lequel voyant le danger
qui le menaçoit , songea à le prévenir en perdant
son ennemi. Pour cet effet il gagna d'abord l'esprit
du G. S. par le moyen de la Sultane Validéş
il gagna aussi les Janissaires ; et par le conseil du
grand Trésorier et du Mufti , on demanda le rétablissement
de l'ancienne Coûtume , de tenir
deux Divans par semaine enfin à force d'intrigues
, la nuit du 10 du courant , le G. V. fut luimeme
embarqué sur la Galere qu'il avoit desti
néc
NOVEMBRE
1731. 2653-
1
Lee pour le transport de ses principaux ennemis ,
pour être conduit à Négrépont , en qualité de
Pacha de cette Province . Grace particuliere qu'il
doit à quelque reste de faveur auprès de la Reine
Mere , et du Sultan.
1 Le grand Sceau de l'Empire ôté au G. V. fut
donné le même temps à l'Aga des Janissaires, dé
claré par provision Caïmaran , jusqu'à l'arrivée
1 du sujet destiné à remplacer le Vizir déposé. On
parle fort de Issouf , Pacha de Silistrie , homme
septuagenaire , qui a été fort cher à Mustapha ,
Père du Sultan regnant.
Les Lettres d'Achmet , Pacha de Babilone, portent
qu'on s'est rendu maître de Chirmansach.
Cette nouvelle a été célébrée icy pendant trois
jours , au bruit du Canon ; mais on sçait que ce
poste avoit été abandonné par les Persans ; er on
est informé d'ailleurs que du côté d'Erivan , où
estle fort de la guerre , l'Armée d'Ali Pacha est
fort délabrée , tant par la désertion , que par les
maladies ; pendant que celle de Schach Thamas
est , dit- on , forte de 150000 combattans, qui se
trouvent campez sous le Canon de Tauris , dans
une situation avantageuse , et fortifiée d'une nom❤❤
breuse Artillerie.
D'autres Lettres marquent que deux Pachas
Turcs se sont jettez du côté des Persans , avec un
Corps de plus de 20000 hommes.La Porte ayant
été informée qu'ils entretenoient une secrete correspondance
avec les Ennemis , dépêcha des Capigis
pour apporter leurs têtes ; de quoi ayant
été avertis , ils ont pris le parti de se retirer tout
à-fait chez les Persans.
RELATION de la conspiration découverte
à Constantinople , le 1 Septembre 1731.
Epuis l'incendie du 21 Juillet dernier, où les
Janissaires donnerent encore des marques
de leur disposition à la révolte , on n'avoit eu aucun
indice qu'il se tramât rien contre le Gouvernement
cependant le 1 Septembre le ( 1 )
Dgebedgi Bachi vint avertir le G. V. qu'il s'étoit
formé une nouvelle conspiration à Constantinople,
et qu'elle devoit éclater le lendemain à la
pointe du jour.
·
1
Sur cet avis ce Ministre , qui ne put être informé
alors du nombre ni de la qualité des Rebelles
, se contenta de renforcer les Patrouilles pour
la nuit suivante , et d'augmenter considerablement
la garde , tant au Sérail , que chez lui , et
chez le Janissaice Aga. Celui- ci étant allé faire
sa ronde à l'ordinaire , rencontra à deux heures
de nuit, deux Dgebedgis bien armez , il les fit arrêter
, et sur leur air embarrassé et les réponses
qu'ils lui firent , îl les envoya chez le G. V.
Ce premier Ministre les ayant interrogez à son
tour , ils furent encore plus déconcertez , et jugeant
bien eux-mêmes , qu'après les défenses séveres
qui avoient été faites de marcher la nuit
avec des armes , il ne leur restoit aucun espoir
de se sauver , ils lui dirent franchement : Nous
sçavons bien , Seigneur , que c'est fait de notre
vie , mais avant que de mourir , nous voulons
vous déclarer tour. Nous sommes 1500 hommes
qui devions demain matin exciter une troisiéme
(1) C'est le Chef d'un Corps de Milice par.
ticuliere.
séditioni
NOVEMBRE. 1731. 2649
sédition , Nous avons vingt Etendarts , qui fuivis
chacun d'une bonne Troupe , se seroient répandus
par tous les quartiers de la Ville , et en
auroient fait soulever le Peuple . Le G. V. leur
ayant demandé , par quel motif ils avoient formé
un si noir dessein : Notre but , répondirentils
, étoit de nous faire une réputation dans le
monde , de nous enrichir et d'obliger notre Empereur
àfaire la paix avec nos freres les Persans,
et à faire la guerre aux Chrétiens . Quels
sont vos Chefs ? reprit le G. V. Ils repliquerent
qu'ils n'en connoissoient que six , qu'ils lui désignerent,
et qui leur avoient dit de ne s'embarrasser
de rien et de suivre seulement leurs ordres .
On envoya aussi-tôt du monde pour se saisir de
ces six Chefs. Ils n'étoient point alors chez eux ,
mais on y trouva beaucoup d'armes et plusieurs
Drapeaux , dont on s'empara. Ils furent ensuite
prix eux- mêmes , ainsi qu'un grand nombre de
jeurs complices avant la fin de la nuit . On alla en
même- tems prendre tous ceux qui furent accusez
ou soupçonnez , lesquels furent étranglez ou eurent
la tête coupée. On jetta les cadavres à la
Mer , et il y en eût quelques- uns exposez dans
les endroits les plus frequentez de Constantinople.
On dit que de ces 1500 Révoltez
, tous gens de
la lie du peuple , sans une seule personne
de marque, il y en avoit soo du Corps des Dgebed- gis , que la plus grande partie des autres étoit des Albanois
, et d'autres Gens , connus icy sous le nom general d'Arnautes
, qui avoient été chas- sez de Constantinople
après la seconde sédition , et qui y étoient rentrez successivement
, dégui- sez sous differens habits , et avec de grandes barbes
qu'ils s'étoient laissé croître pour être moins
H faci2650
MERCURE DE FRANCE
facilement reconnus ; le reste étoient des Janissaires
du Caire , dont il en est arrivé environ
4000 depuis peu , pour aller en Perse par la
Mer noire , et dont quelques- uns s'étoient débarquez
malgré les ordres prècis qu'on avoit
donnez , d'empêcher qu'aucun d'eux ne mit pied à
terre.
Comme ces derniers sont la plupart des déterminez
qui ne reconnoissent point de subordination
, qu'il y en avoit d'ailleurs cinq ou six
cent d'embarquez sur trois Bâtimens François ,
frétez à Aléxandrie, pour les transporter jusqu'ici
seulement , et qu'il est arrivé d'ailleurs d'autres
incidens inutiles à rapporter ; il n'a pas été possible
d'éviter qu'il ne s'en échapât journellement
plusieurs. Il y en eut même dix , qui la veille du
jour que la sédition devoit éclater, vinrent s'enyvrer
à Bey-Oglou , à l'extrémité de Péra. La Garde
qui est établie dans ce quartier , étant accourue
pour les saisir , ils se deffendirent si bien ,
qu'ils ne furent pris qu'après avoir blessé 1s
hommes, de plus de 150 , dont cette Garde étoit
composée.
Bien des gens assurent que les deux Dgebedgis
qui furent trouvez la nuit du 1 de ce mois
par le Janissaire Aga , lui ayant dit qu'ils avoient
quelque chose de conséquence à communiquer au
G. S. on les conduisit sur le champ au Serail ,
où ils déclarerent à S H. que tant qu'elle laisseroit
en place le G. V. et le Janissaire Aga , elle ne
devoit pas se flater d'être jamais tranquille sur le
Trône; que quant à eux , ils sçavoient bien qu'ils
n'avoient point de grace à esperer et qu'ils
étoient tout résignez à la mort , mais que ce seroit
sans cesse recommencer et que pour deux
hommes que l'on feroit mourir , il en renaîtroit
cinquante.
à
QuoiNOVEMBRE.
1731. 265!
"
Quoiqu'il en soit de ces differens rapports , il
est toujours certain que cette derniere conjuration
été découverte assez à temps pour la ayant
faire avorter il est à présumer que le G. V. l'a
entierement dissipée, par les promptes exécutions
qu'il a fait faire de tous ceux qu'on a pû surprendre,
qui y ont eu quelque part. Cela ne l'empûche
pas pourtant de prendre toutes les précautions
imaginables , pour prévenir de pareils complots
, et il a entr'autres donné de nouveaux ordres
d'arrêter généralement tous ceux qu'on trouveroit
la nuit dans les rues , en conséquence de
quoi le Topgi-Bachi , ou Chef des Canoniers ,
envoya lea de ce mois prier les Ministres qui
demeurent à Pera , d'ordonner aux Gens de leurs
Palais , à leurs Nationaux et à leurs Protegez
de se retirer de bonne - heure , et de ne sortir la
nuit , en cas de nécessité , qu'avec de la lumiere
et en compagnie d'un Janissaire.
Les Lettres de Constantinople , du ; et du 18
Septembre , portent qu'on continue toujours la
recherche et les exécutions des derniers Rebelles.
On avoit cru d'abord , comme il a été dit cidessus
, qu'il n'y avoit que de la Canaille parmi
cux ; mais on a découvert par les dépositions de
ceux qu'on a pris depuis , que cette conspiration
étoit d'une bien plus grande conséquence,puisque
beaucoup de gens de Loy en étoient les véritables
Chefs ; qu'ils s'étoient même distribuez dans
les différens quartiers de la Ville d'où devoient
partir les Etendarts , et qu'ils avoient si fort compté
sur le succès de leur entreprise , qu'ils étoient
déja convenu du partage, qu'ils se proposoient de
faire entr'eux , des principales Charges de l'Empire
Hij EX
2652 MERCURE DE FRANCE
EXTRAIT d'une Lettre de Constantinople
, écrite le 15 Septembre 1731 .
L s'est formé depuis pen un nouveau com-
Iplot de soulevement , dont les Chefs étoient
un Vizir , un Aga Albanois et quelques gens
de Loy ; ils avoient projetté de commencer la révolte
par le massacre du premier Vizir , universellement
abhorré à cause de sa cruauté et de
son avarice, Mais ce Ministre ayant pénétré leur
secret , donna des ordres avec tant de promptitude
que les Conjurez avant que d'avoir pu s'assembler
, furent partie taillez en pieces , et partie
traînez dans les Prisons ; tout le reste est en
fuite et entierement dissipé,
Le G. V. voyant cependant que cette tempête
menaçoit principalement sa tête , et voulant prévenir
ses ennemis cachez , presenta d'abord au
Sultan une liste d'environ 30 personnes , qui ,
comme créatures du gouvernement précédent
étoient censées être les Auteurs de la Rebellion
, prètendant de les faire transporter sur deux
Caleres , dans un exil éloigné , et d'en obtenir
Pordre du G. S.
Dans cette Liste il y avoit entr'autres noms
celui du Kislar-Agassi , lequel voyant le danger
qui le menaçoit , songea à le prévenir en perdant
son ennemi. Pour cet effet il gagna d'abord l'esprit
du G. S. par le moyen de la Sultane Validéş
il gagna aussi les Janissaires ; et par le conseil du
grand Trésorier et du Mufti , on demanda le rétablissement
de l'ancienne Coûtume , de tenir
deux Divans par semaine enfin à force d'intrigues
, la nuit du 10 du courant , le G. V. fut luimeme
embarqué sur la Galere qu'il avoit desti
néc
NOVEMBRE
1731. 2653-
1
Lee pour le transport de ses principaux ennemis ,
pour être conduit à Négrépont , en qualité de
Pacha de cette Province . Grace particuliere qu'il
doit à quelque reste de faveur auprès de la Reine
Mere , et du Sultan.
1 Le grand Sceau de l'Empire ôté au G. V. fut
donné le même temps à l'Aga des Janissaires, dé
claré par provision Caïmaran , jusqu'à l'arrivée
1 du sujet destiné à remplacer le Vizir déposé. On
parle fort de Issouf , Pacha de Silistrie , homme
septuagenaire , qui a été fort cher à Mustapha ,
Père du Sultan regnant.
Les Lettres d'Achmet , Pacha de Babilone, portent
qu'on s'est rendu maître de Chirmansach.
Cette nouvelle a été célébrée icy pendant trois
jours , au bruit du Canon ; mais on sçait que ce
poste avoit été abandonné par les Persans ; er on
est informé d'ailleurs que du côté d'Erivan , où
estle fort de la guerre , l'Armée d'Ali Pacha est
fort délabrée , tant par la désertion , que par les
maladies ; pendant que celle de Schach Thamas
est , dit- on , forte de 150000 combattans, qui se
trouvent campez sous le Canon de Tauris , dans
une situation avantageuse , et fortifiée d'une nom❤❤
breuse Artillerie.
D'autres Lettres marquent que deux Pachas
Turcs se sont jettez du côté des Persans , avec un
Corps de plus de 20000 hommes.La Porte ayant
été informée qu'ils entretenoient une secrete correspondance
avec les Ennemis , dépêcha des Capigis
pour apporter leurs têtes ; de quoi ayant
été avertis , ils ont pris le parti de se retirer tout
à-fait chez les Persans.
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Résumé : RELATION de la conspiration découverte à Constantinople, le 1 Septembre 1731.
En juillet 1731, un incendie à Constantinople révéla la disposition des Janissaires à la révolte. Le 1er septembre, le Dgebedgi Bachi informa le Grand Vizir d'une nouvelle conspiration prévue pour le lendemain. Le Grand Vizir, ignorant le nombre et la qualité des rebelles, renforça les patrouilles et la garde. Deux Dgebedgis armés furent arrêtés et avouèrent faire partie d'une conspiration impliquant 1500 hommes, 20 étendards, et un plan pour soulever le peuple. Leur objectif était de se faire une réputation, s'enrichir, et forcer l'Empereur à faire la paix avec les Persans et la guerre aux Chrétiens. Six chefs et de nombreux complices furent identifiés et arrêtés. Les rebelles étaient principalement des Janissaires du Caire et des Albanais récemment revenus à Constantinople. Des exécutions massives suivirent, et les cadavres furent jetés à la mer ou exposés. Malgré ces mesures, des incidents continuèrent, et le Grand Vizir prit des précautions supplémentaires pour prévenir de futurs complots. Une nouvelle conspiration impliquant un Vizir et des gens de loi fut également découverte et réprimée. Le Grand Vizir fut finalement exilé, et le Grand Sceau de l'Empire fut donné à l'Aga des Janissaires. Parallèlement, des nouvelles de la guerre contre les Persans mentionnaient des désertions et des maladies dans l'armée turque, ainsi que des défections de deux Pachas turcs.
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2162
p. 2654-2655
RUSSIE.
Début :
Les Capucins arrivez à Moscou depuis peu pour y établir une Mission, ont été reçus [...]
Mots clefs :
Capucins, Monastère, Tsarine, Noblesse
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texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
Es Capucins arrivez à Moscou depuis peu
pour y établir une Mission , ont été reçus
avec beaucoup d'accueil et la Czarine leur a
accordé un terrain assès considerable pour y bâ
tir un Monastere.
Il s'est tenu à Ismalow plusieurs conférences
particulieres des principaux Ministres , en présence
de S. M. Cz. , et il s'est depuis répandu
un bruit que cette Princesse , à l'exemple du
Czar Pierre I. vouloit nommer un successeur
au Trône.
>
Suivant l'état qu'on a arrêté des Troupes que
la Czarine a sur pied , il paroit qu'il y as sooo.
hommes en Moscovie , 44000. tant dans les
Provinces cedées par la Couronne de Suede , que
dans la Curlande , et 66000. hommes à Astracan
, à Derbent et dans les autres Villes conquises
en Perse sans compter les Cosaques et
fes Tartares , qui peuvent monter à 150000 .
Cette Princesse peut aussi mettre en Mer 460
Vaisseaux de Guerre et 60. Fregatės.
>
>
Les Lettres de Moscou portent qu'on y avoit
reçu avis , qu'une Caravane partie il y a mois
de Nanquin , dans la Chine , étoit arrivée à
Tobolska , et que les Passagers qui viennent
avec cette Caravanne , confirment le grand Tremblement
de Terre arrivé il y a quelque temps.
dans cet Empire , lequel y avoit causé des dommages
inexprimables , la Pagode , bâtie de Porcelaine
qui est dans la Plaine de Pekin en
ayant entr'autres été renversée , au grand regret
des Chinois , qui la regardoient comme un ou-
>
›
›
viage
NOVEMBRE . 1731. 2655
vrage sans pareil. Quant au nombre de ceux qui
ont péri , on le fait monter à 36000 .
On assure que la Czarine a promis aux Députez
de la Noblesse de Curlande , d'entretenir
Toujours un certain nombre de Troupes dans ce
Duché , afin d'empêcher que la Republique de
Pologne ne le divise en Palatinat après la mort
du Souverain.
Es Capucins arrivez à Moscou depuis peu
pour y établir une Mission , ont été reçus
avec beaucoup d'accueil et la Czarine leur a
accordé un terrain assès considerable pour y bâ
tir un Monastere.
Il s'est tenu à Ismalow plusieurs conférences
particulieres des principaux Ministres , en présence
de S. M. Cz. , et il s'est depuis répandu
un bruit que cette Princesse , à l'exemple du
Czar Pierre I. vouloit nommer un successeur
au Trône.
>
Suivant l'état qu'on a arrêté des Troupes que
la Czarine a sur pied , il paroit qu'il y as sooo.
hommes en Moscovie , 44000. tant dans les
Provinces cedées par la Couronne de Suede , que
dans la Curlande , et 66000. hommes à Astracan
, à Derbent et dans les autres Villes conquises
en Perse sans compter les Cosaques et
fes Tartares , qui peuvent monter à 150000 .
Cette Princesse peut aussi mettre en Mer 460
Vaisseaux de Guerre et 60. Fregatės.
>
>
Les Lettres de Moscou portent qu'on y avoit
reçu avis , qu'une Caravane partie il y a mois
de Nanquin , dans la Chine , étoit arrivée à
Tobolska , et que les Passagers qui viennent
avec cette Caravanne , confirment le grand Tremblement
de Terre arrivé il y a quelque temps.
dans cet Empire , lequel y avoit causé des dommages
inexprimables , la Pagode , bâtie de Porcelaine
qui est dans la Plaine de Pekin en
ayant entr'autres été renversée , au grand regret
des Chinois , qui la regardoient comme un ou-
>
›
›
viage
NOVEMBRE . 1731. 2655
vrage sans pareil. Quant au nombre de ceux qui
ont péri , on le fait monter à 36000 .
On assure que la Czarine a promis aux Députez
de la Noblesse de Curlande , d'entretenir
Toujours un certain nombre de Troupes dans ce
Duché , afin d'empêcher que la Republique de
Pologne ne le divise en Palatinat après la mort
du Souverain.
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Résumé : RUSSIE.
En Russie, les Capucins, nouvellement installés à Moscou, ont été bien accueillis par la Czarine, qui leur a octroyé un terrain pour construire un monastère. Des conférences privées avec les principaux ministres ont eu lieu à Ismalow, alimentant des rumeurs sur la volonté de la Czarine de désigner un successeur au trône, à l'instar du Czar Pierre I. Les forces armées de la Czarine comptent 500 000 hommes en Moscovie, 44 000 dans les provinces suédoises et en Curlande, et 66 000 à Astracan, Derbent et dans les villes persanes conquises. Environ 150 000 Cosaques et Tartares complètent ces troupes. La Russie dispose également de 460 vaisseaux de guerre et 60 frégates. Par ailleurs, une caravane venue de Nanquin a rapporté un tremblement de terre en Chine, causant 36 000 victimes et détruisant la pagode de porcelaine près de Pékin. La Czarine a assuré aux députés de la noblesse de Curlande qu'elle maintiendrait des troupes dans ce duché pour empêcher la Pologne de le diviser après la mort du souverain.
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2163
p. 2655
POLOGNE.
Début :
Le 28. Octobre, le Roy arriva à Warsovie au bruit d'une Salve generale de l'Artillerie [...]
Mots clefs :
Roi, Concours de noblesse, Conspiration , Aurore boréale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
PoO L GN B
E 28. Octobre , le Roy arriva à Warsovie
au bruit d'une Salve generale de l'Artillerie
des Remparts. Il y eut un grand concours de
Noblesse au Château , pour complimenter S. M.
sur son heureux Voyage , pendant lequel on
assure que S. M. a découvert une conspiration
contre sa personne , et qu'on a arrêté deux
Etrangers , entr'autres , le Baron de Geisberg de
Chevenost , Chimiste , qui a été pris à Offembach
, et conduit prisonnier à Dresde.
On a vú à Grodno , pendant trois nuits consecutives
, une Aurore boreale d'une lumiere
très-vive , et qui s'est fait appercevoir à trente
lieues à la ronde.
SUE
E 28. Octobre , le Roy arriva à Warsovie
au bruit d'une Salve generale de l'Artillerie
des Remparts. Il y eut un grand concours de
Noblesse au Château , pour complimenter S. M.
sur son heureux Voyage , pendant lequel on
assure que S. M. a découvert une conspiration
contre sa personne , et qu'on a arrêté deux
Etrangers , entr'autres , le Baron de Geisberg de
Chevenost , Chimiste , qui a été pris à Offembach
, et conduit prisonnier à Dresde.
On a vú à Grodno , pendant trois nuits consecutives
, une Aurore boreale d'une lumiere
très-vive , et qui s'est fait appercevoir à trente
lieues à la ronde.
SUE
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Résumé : POLOGNE.
Le 28 octobre, le roi arriva à Varsovie. La noblesse le félicita. Durant son voyage, il découvrit une conspiration, menant à l'arrestation du baron de Geisberg et d'un autre étranger. À Grodno, une aurore boréale intense fut observée trois nuits de suite.
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2164
p. 2655-2656
SUÈDE.
Début :
Le Roy a actuellement sur pied 40000. hommes, tant d'Infanterie que de Cavalerie. Les [...]
Mots clefs :
Infanterie, Ratification, Convention préliminaire, Traité de Commerce
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texteReconnaissance textuelle : SUÈDE.
SUEDE.
LERoy a actuellement mes , tant d'Infanteriesquurepideed C4a0v0al0e0r,ieh.oLme-s
Magazins de la Finlande sont remplis , et le
Gouverneur General de cette Province , écrit
qu'il y avoit suffisamment de grains pour nourrir
les habitans jusqu'à la récolte prochaine.
On écrit de Copenhague qu'on y a reçu
Hilj la
de
2656 MERCURE DE FRANCE
la Haye la ratification d'une convention préli--
minaire , qui a été concluë entre le Roy de
Dannemarck et les Etats Generaux , laquelle , à
ce qu'on croit
de Commerce.
LERoy a actuellement mes , tant d'Infanteriesquurepideed C4a0v0al0e0r,ieh.oLme-s
Magazins de la Finlande sont remplis , et le
Gouverneur General de cette Province , écrit
qu'il y avoit suffisamment de grains pour nourrir
les habitans jusqu'à la récolte prochaine.
On écrit de Copenhague qu'on y a reçu
Hilj la
de
2656 MERCURE DE FRANCE
la Haye la ratification d'une convention préli--
minaire , qui a été concluë entre le Roy de
Dannemarck et les Etats Generaux , laquelle , à
ce qu'on croit
de Commerce.
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Résumé : SUÈDE.
En Suède, les magasins de la Finlande sont bien approvisionnés en grains, assurant la subsistance jusqu'à la prochaine récolte. Au Danemark, une convention préliminaire a été conclue entre le roi et les États Généraux des Pays-Bas, probablement concernant le commerce.
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2165
p. 2656-2657
ALLEMAGNE.
Début :
L'Envoyé du G. S. partit de Vienne le 17. d'Octobre pour retourner à Constantinople ; [...]
Mots clefs :
Envoyé , Cardinal, Tutelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
L'Envoyé du G. S. partit de Vienne le 17.
d'Octobre pour retourner à Constantinople ;
il a été escorté jusqu'à Comorre par un Détachement
de la Garnison de Vienne , et accom
pagné par le Consul de sa Nation , qui a été
continué pour trois ans .
Le Comte de Staremberg , Ministre de l'Empereur
à la Diette de Ratisbonne , est revenu de
Munich , où il étoit allé pour une commission
particuliere , par rapport à la garantie de la
Pragmatique- Sanction , par laquelle S. M. Imp.
souhaitte d'assurer à l'Archiduchesse , sa Fille
aînée , la succession aux Pays héreditaires de la
Maison d'Autriche. Les Regimens d'Infanterie
et de Cavalerie que S. M. I. fait revenir d'Itafie
, sont actuellement en marche pour se rendre
dans la Basse- Autriche,
Le Comte Salvatico , qui réside à Vienne depuis
dix ans , avec caractère d'Envoyé du Duc
de Parme , a été continué dans ses fonctions par
l'Infant Don Carlos .
Le Cardinal d'Althan est actuellement dans un
Convent prês de Presbourg on dit que c'est
par ordre de l'Empereur.
On a publié à Vienne un Decret du Conseil
Aulique , datté du 16. d'Oetobre , par lequel
l'Empereur déclare qu'ayant accepté l'émancipation
que le Roy d'Espagne a faite de l'Infant
Don
NOVEMBRE. 1731. 2657
·
Don Carlos , S. M. 1. avoit pourvu à la turelle
de ce Prince et qu'elle avoit nommé pour sa
Tutrice la Duchesse Dorothée Sophie , Duchesse
Douairiere de Parme et de Plaisance , son
Aycule , et pour son Tuteur , le grand Duc de
Toscane.
L'Envoyé du G. S. partit de Vienne le 17.
d'Octobre pour retourner à Constantinople ;
il a été escorté jusqu'à Comorre par un Détachement
de la Garnison de Vienne , et accom
pagné par le Consul de sa Nation , qui a été
continué pour trois ans .
Le Comte de Staremberg , Ministre de l'Empereur
à la Diette de Ratisbonne , est revenu de
Munich , où il étoit allé pour une commission
particuliere , par rapport à la garantie de la
Pragmatique- Sanction , par laquelle S. M. Imp.
souhaitte d'assurer à l'Archiduchesse , sa Fille
aînée , la succession aux Pays héreditaires de la
Maison d'Autriche. Les Regimens d'Infanterie
et de Cavalerie que S. M. I. fait revenir d'Itafie
, sont actuellement en marche pour se rendre
dans la Basse- Autriche,
Le Comte Salvatico , qui réside à Vienne depuis
dix ans , avec caractère d'Envoyé du Duc
de Parme , a été continué dans ses fonctions par
l'Infant Don Carlos .
Le Cardinal d'Althan est actuellement dans un
Convent prês de Presbourg on dit que c'est
par ordre de l'Empereur.
On a publié à Vienne un Decret du Conseil
Aulique , datté du 16. d'Oetobre , par lequel
l'Empereur déclare qu'ayant accepté l'émancipation
que le Roy d'Espagne a faite de l'Infant
Don
NOVEMBRE. 1731. 2657
·
Don Carlos , S. M. 1. avoit pourvu à la turelle
de ce Prince et qu'elle avoit nommé pour sa
Tutrice la Duchesse Dorothée Sophie , Duchesse
Douairiere de Parme et de Plaisance , son
Aycule , et pour son Tuteur , le grand Duc de
Toscane.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En octobre 1731, l'Envoyé du Grand Seigneur quitta Vienne pour Constantinople, escorté jusqu'à Comorre par un détachement de la garnison de Vienne et accompagné par le Consul de sa nation, dont le mandat fut renouvelé pour trois ans. Le Comte de Staremberg, Ministre de l'Empereur à la Diète de Ratisbonne, revint de Munich après une mission concernant la garantie de la Pragmatique Sanction, visant à assurer la succession des Pays héréditaires de la Maison d'Autriche à l'Archiduchesse, fille aînée de l'Empereur. Les régiments d'infanterie et de cavalerie revenant d'Italie étaient en marche vers la Basse-Autriche. Le Comte Salvatico, Envoyé du Duc de Parme à Vienne depuis dix ans, fut reconduit dans ses fonctions par l'Infant Don Carlos. Le Cardinal d'Althan résidait dans un couvent près de Presbourg, selon les ordres de l'Empereur. Un décret du Conseil Aulique, daté du 16 octobre, annonça que l'Empereur avait accepté l'émancipation de l'Infant Don Carlos par le Roi d'Espagne et nommé la Duchesse Dorothée Sophie, Duchesse douairière de Parme et de Plaisance, comme tutrice, et le Grand-Duc de Toscane comme tuteur du Prince.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2166
p. 2657-2660
ITALIE.
Début :
La Congregation établie à Rome pour faire construire le nouveau Portail de l'Eglise de [...]
Mots clefs :
Congrégation, Rome, Pape, Obédience, Régence, Duchesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
>
> pour
A Congregation établie à Rome pour faire
construire le nouveau Portail de l'Eglise de
S. Jean de Latran s'assembla le 8. Octobre
chez le Cardinal Corsini chercher les
moyens d'avoir les fonds nécessaires , et il fut
résolu de représenter au Pape , qu'il étoit impossible
d'entreprendre cet Edifice , à moins que
S. S. ne voulût y contribuer de ses propres
deniers , à l'exemple d'Innocent XIII .
On convint aussi de prier le Pape d'écrire à
tous les Princes Catholiques , pour les engager
à contribuer à l'édification d'un Monument qui
doit orner la premiere Eglise de cette Capitale.
L'Architecte qui en a fourni le Dessein , a offert
de le faire executer sans en recevoir aucun émolument
.
> Le Pape a résolu de rétablir l'ancien usage
qui oblige les nouveaux Cardinaux à faire une
Entrée publique , et à se rendre en Cavalcade au
Palais pour l'obédience .
"
Le 30. Octobre , on fit partir pour Civita-
Vecchia , une Chaîne de 66, Criminels , condamnez
aux Galeres du nombre desquels étoit
le Caporal des Sbirres , qui eût l'insolence de
frapper , il y a quelques mois , le Suisse du Ministre
du Roi de Pologne.
Le 7: Ottobre vers les 8 , heures du matin ,
Hv
2658 MERCURE DE FRANCE
on ressentit à Naples une secousse de Tremblement
de Terre , qui ne causa aucun dom- .
mage ; mais le Peuple en fut si fort effrayé ,
qu'il sortit en foule de la Ville et resta jusqu'au
lendemain dans la Campagne.
"
On a fermé à cette occasion tous les Theatres ,
et on a exposé les principales Reliques de l'Eglise
Métropolitaine.
On a appris que la Regence de Parme avoit
fait payer à la Duchesse Doüairiere , Henriette
de Modene , les 60000. Pistoles que le feu Duc
son Epoux lui avoit laissées par son Testament ;
qu'on faisoit à Parme de grands Préparatis.
pour la réception de l'Infant Don Carlos , et
que le bruit couroit qu'on devoit fortifier quelques
Places de ce Duché , pour y former des
Magazins tant de Provisions que de Munitions
de Guerre.
>
>-
On écrit de Florence , que le 18. Octobre
M. Marmos , Auditeur General , eût une longue
Audience du Grand Duc , dans laquelle il fit
en presence de M. Tornaquinci , Secretaire d'Etat
et de l'Auditeur Fiscal , la lecture du projet
de Serment que le Grand Duc doit prêter en
qualité de Tuteur de l'Infant Don Carlos , done
la Princesse Dorothée premiere Duchesse
Douairiere de Parme sera aussi Tutrice jusqu'à
la majorité de ce Prince , qui est fixée à
18. ans.
"
>
L'Escadre du Roy d'Espagne et celle du Roy
d'Angleterre , qui étoient parties le 16 et le 17
Octobre de Barcelonne , parurent à la vûë de
Livourne le 26 sur les 4. heures après midi. Le
27. au matin , elles commencerent à y jetter
P'Ancre elles sont composées de 36 Vaisseaux
de Guerre et de 116 Bâtimens de transport.
:
>
NOVEMBRE 1731. 2659
>
Le 29 on commença à débarquer les Troupes
Espagnoles , qu'on a distribuées dans leurs quartiers
, à mesure qu'elles entroient dans la Ville.
Le Comte Caponi , Gouverneur de Livourne
reçut le même jour les complimens des deux
Commandans de ces Escadres , qui dépêcherent
le soir à Florence deux Officiers de distinction
pour rendre au Grand Duc des respects de leur
part..
Les Galeres du Roy d'Espagne sont restées
à Antibes , où elles attendront l'Infant Don
Carlos , qui montera la Capitane.
Les Gouverneurs de Pise et de Porto- Ferrayo ,
se sont rendus à leurs Gouvernemens » pour recevoir
les détachemens des Troupes Espagnoles ,
qu'on doit envoyer dans ces deux Places.
On a appris de Venise , que le Renegat Jean
Joggia étoit avec son Escadre dans les Mers
du Levant ; qu'il avoit pris un Vaisseau de la
République qu'il en avoit fait massacrer l'Equipage
, et mis le Capitaine aux Fers , et qu'on
craignoit qu'il ne vint attaquer quelques Forte
resses de la Republique dans le Levant
On mande de Genes que le Grand Conseil a
nommé plusieurs Gentilshommes pour compli
menter le Duc de S. Aignan , Ambassadeur du
Roi T. Ch . auprès du S. Siege , à son arrivée
à Genes , et pour lui tenir compagnie pendant
le séjour qu'il y fera..
Les Lettres de Corse portent que le Colone,,
Vela s'étoit emparé de la petite Ville de Luncio,
O plusieurs Rebelles . qui s'y étoient retirés é
avoient été taillés en pieces ; qu'il étoit retourn
ensuite à Ajaccio et que les habitans de plus
sieurs autres Villes de l'Isle de Corse y avoien
euvoyé des Députez pour se soumettre à la République..
Hvis Le
2660 MERCURE DE FRANCE
Le bruit court que , malgré les Négociations ,
commencées pour terminer les affaires de cente
Isle , par l'entremise de l'Empereur , le General
Wachtendonck avoit dû attaquer les Rebelles
dans leurs retranchemens de Vescovado .
L'Officier Allemand que le même General
avoit dépêché à Vienne , pour y porter les Propositions
des Rebelles de l'Isle de Corse , en est
revenu ; et on assure qu'il a rapporté que l'Empereur
étoit disposé à se rendre Mediateur de leur
differend avec la Republique , à condition que
les Chefs de ces Rebelles ne seroient point compris
dans l'Amnistie Generale qu'on accordera à
tous les autres et qu'ils sortiroient de l'Isle
avec leurs Familles et leurs Effets , sans jamais
pouvoir y revenir , sous quelque prétexte que
ce puisse être.
Le bruit court qu'on a attaqué les Rebelles
dans leurs rétranchemens de Vescovado ; qu'ils
ont été contraints de les abandonner , mais que
les Troupes de la Republique , et les Troupes
Auxiliaires de l'Empereur y avoient perdu plu
sieurs Officiers de consideration.
>
> pour
A Congregation établie à Rome pour faire
construire le nouveau Portail de l'Eglise de
S. Jean de Latran s'assembla le 8. Octobre
chez le Cardinal Corsini chercher les
moyens d'avoir les fonds nécessaires , et il fut
résolu de représenter au Pape , qu'il étoit impossible
d'entreprendre cet Edifice , à moins que
S. S. ne voulût y contribuer de ses propres
deniers , à l'exemple d'Innocent XIII .
On convint aussi de prier le Pape d'écrire à
tous les Princes Catholiques , pour les engager
à contribuer à l'édification d'un Monument qui
doit orner la premiere Eglise de cette Capitale.
L'Architecte qui en a fourni le Dessein , a offert
de le faire executer sans en recevoir aucun émolument
.
> Le Pape a résolu de rétablir l'ancien usage
qui oblige les nouveaux Cardinaux à faire une
Entrée publique , et à se rendre en Cavalcade au
Palais pour l'obédience .
"
Le 30. Octobre , on fit partir pour Civita-
Vecchia , une Chaîne de 66, Criminels , condamnez
aux Galeres du nombre desquels étoit
le Caporal des Sbirres , qui eût l'insolence de
frapper , il y a quelques mois , le Suisse du Ministre
du Roi de Pologne.
Le 7: Ottobre vers les 8 , heures du matin ,
Hv
2658 MERCURE DE FRANCE
on ressentit à Naples une secousse de Tremblement
de Terre , qui ne causa aucun dom- .
mage ; mais le Peuple en fut si fort effrayé ,
qu'il sortit en foule de la Ville et resta jusqu'au
lendemain dans la Campagne.
"
On a fermé à cette occasion tous les Theatres ,
et on a exposé les principales Reliques de l'Eglise
Métropolitaine.
On a appris que la Regence de Parme avoit
fait payer à la Duchesse Doüairiere , Henriette
de Modene , les 60000. Pistoles que le feu Duc
son Epoux lui avoit laissées par son Testament ;
qu'on faisoit à Parme de grands Préparatis.
pour la réception de l'Infant Don Carlos , et
que le bruit couroit qu'on devoit fortifier quelques
Places de ce Duché , pour y former des
Magazins tant de Provisions que de Munitions
de Guerre.
>
>-
On écrit de Florence , que le 18. Octobre
M. Marmos , Auditeur General , eût une longue
Audience du Grand Duc , dans laquelle il fit
en presence de M. Tornaquinci , Secretaire d'Etat
et de l'Auditeur Fiscal , la lecture du projet
de Serment que le Grand Duc doit prêter en
qualité de Tuteur de l'Infant Don Carlos , done
la Princesse Dorothée premiere Duchesse
Douairiere de Parme sera aussi Tutrice jusqu'à
la majorité de ce Prince , qui est fixée à
18. ans.
"
>
L'Escadre du Roy d'Espagne et celle du Roy
d'Angleterre , qui étoient parties le 16 et le 17
Octobre de Barcelonne , parurent à la vûë de
Livourne le 26 sur les 4. heures après midi. Le
27. au matin , elles commencerent à y jetter
P'Ancre elles sont composées de 36 Vaisseaux
de Guerre et de 116 Bâtimens de transport.
:
>
NOVEMBRE 1731. 2659
>
Le 29 on commença à débarquer les Troupes
Espagnoles , qu'on a distribuées dans leurs quartiers
, à mesure qu'elles entroient dans la Ville.
Le Comte Caponi , Gouverneur de Livourne
reçut le même jour les complimens des deux
Commandans de ces Escadres , qui dépêcherent
le soir à Florence deux Officiers de distinction
pour rendre au Grand Duc des respects de leur
part..
Les Galeres du Roy d'Espagne sont restées
à Antibes , où elles attendront l'Infant Don
Carlos , qui montera la Capitane.
Les Gouverneurs de Pise et de Porto- Ferrayo ,
se sont rendus à leurs Gouvernemens » pour recevoir
les détachemens des Troupes Espagnoles ,
qu'on doit envoyer dans ces deux Places.
On a appris de Venise , que le Renegat Jean
Joggia étoit avec son Escadre dans les Mers
du Levant ; qu'il avoit pris un Vaisseau de la
République qu'il en avoit fait massacrer l'Equipage
, et mis le Capitaine aux Fers , et qu'on
craignoit qu'il ne vint attaquer quelques Forte
resses de la Republique dans le Levant
On mande de Genes que le Grand Conseil a
nommé plusieurs Gentilshommes pour compli
menter le Duc de S. Aignan , Ambassadeur du
Roi T. Ch . auprès du S. Siege , à son arrivée
à Genes , et pour lui tenir compagnie pendant
le séjour qu'il y fera..
Les Lettres de Corse portent que le Colone,,
Vela s'étoit emparé de la petite Ville de Luncio,
O plusieurs Rebelles . qui s'y étoient retirés é
avoient été taillés en pieces ; qu'il étoit retourn
ensuite à Ajaccio et que les habitans de plus
sieurs autres Villes de l'Isle de Corse y avoien
euvoyé des Députez pour se soumettre à la République..
Hvis Le
2660 MERCURE DE FRANCE
Le bruit court que , malgré les Négociations ,
commencées pour terminer les affaires de cente
Isle , par l'entremise de l'Empereur , le General
Wachtendonck avoit dû attaquer les Rebelles
dans leurs retranchemens de Vescovado .
L'Officier Allemand que le même General
avoit dépêché à Vienne , pour y porter les Propositions
des Rebelles de l'Isle de Corse , en est
revenu ; et on assure qu'il a rapporté que l'Empereur
étoit disposé à se rendre Mediateur de leur
differend avec la Republique , à condition que
les Chefs de ces Rebelles ne seroient point compris
dans l'Amnistie Generale qu'on accordera à
tous les autres et qu'ils sortiroient de l'Isle
avec leurs Familles et leurs Effets , sans jamais
pouvoir y revenir , sous quelque prétexte que
ce puisse être.
Le bruit court qu'on a attaqué les Rebelles
dans leurs rétranchemens de Vescovado ; qu'ils
ont été contraints de les abandonner , mais que
les Troupes de la Republique , et les Troupes
Auxiliaires de l'Empereur y avoient perdu plu
sieurs Officiers de consideration.
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Résumé : ITALIE.
En octobre 1731, à Rome, une congrégation se réunit pour discuter de la construction du nouveau portail de l'église Saint-Jean-de-Latran. Il fut décidé de solliciter une contribution financière du Pape et des princes catholiques. L'architecte proposa de réaliser le projet sans rémunération. Le Pape rétablit également l'usage des entrées publiques des nouveaux cardinaux. Le 30 octobre, 66 criminels, dont un caporal des sbires, furent envoyés aux galères à Civita-Vecchia. À Naples, une secousse de tremblement de terre le 7 octobre effraya la population, entraînant la fermeture des théâtres et l'exposition des principales reliques de l'église métropolitaine. À Parme, la régence versa 60 000 pistoles à la duchesse douairière Henriette de Modène et se préparait à recevoir l'infant Don Carlos. Des rumeurs circulaient sur la fortification de certaines places du duché. À Florence, l'auditeur général Marmos lut un projet de serment que le grand-duc devait prêter en tant que tuteur de Don Carlos. La princesse Dorothée était également tutrice jusqu'à la majorité du prince, fixée à 18 ans. Les escadres du roi d'Espagne et du roi d'Angleterre, composées de 36 vaisseaux de guerre et 116 bâtiments de transport, apparurent à Livourne le 26 octobre. Le 27, elles commencèrent à débarquer les troupes espagnoles. Les gouverneurs de Pise et de Porto-Ferrajo se rendirent à leurs postes pour recevoir les détachements des troupes espagnoles. À Venise, le renégat Jean Joggia attaqua un vaisseau de la République, massacrant l'équipage et capturant le capitaine. À Gênes, le grand conseil nomma des gentilshommes pour accueillir l'ambassadeur du roi auprès du Saint-Siège. En Corse, le colonel Vela s'empara de la ville de Luncio et reçut la soumission de plusieurs autres villes. Des négociations étaient en cours pour terminer les affaires de l'île, avec l'Empereur comme médiateur potentiel. Les rebelles furent attaqués dans leurs retranchements de Vescovado, mais les troupes subirent des pertes.
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2167
p. 2660
PORTUGAL.
Début :
On écrit de Lisbonne, que le 4. Octobre le Roi, accompagné de l'Infant Don Antoine [...]
Mots clefs :
Infant, Lisbonne, Religieux franciscains de la Réforme
2168
p. 2661
ESPAGNE.
Début :
L'Infant Don Carlos partit de Seville le 20 Octobre ; il est accompagné du Comte de [...]
Mots clefs :
Grand d'Espagne de la premiere classe, Prince, Marquis
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
'Infant Don Carlos partit de Seville le 20
Octobre ; il est accompagné du Comte de
Sant Estevan , Chevalier de l'Ordre du S. Esprit ,
Grand d'Espagne de la premiere Classe , en qualité
de son Gouverneur , de Grand - Maître de sa
Maison et de Ministre Plénipotentiaire de
S. M. Cath. Le Duc de Tursis Doria a nommé
Grand Chambellan et Grand Echanson de ce
Prince le Prince Corsini , Neveu du Pape , son
Grand Ecuyer , le Com : e Ugolini , son premier
Ecuyer , le Duc d'Arion , son premier Gentilhomme
de la Chambre , le Marquis de Villaverde
, le Marquis Giustiniani et Don Joseph
Castellar ses Majordômes de Semaine , Don
Joseph de Miranda , et Don Pedre Gasca , Gentils-
hommes de sa Chambre , Don Joseph Joachin
de Montalegre , son Secretaire d'Etat , et
Don Lelio Caraffe , Capitaine de la Compagnie
de ses Gardes du Corps.
>
>
La route de cePrince avant que d'arriver à Perpignan,
sera de 47. jours. Le Prince , la Princesse
des Asturies , et l'Infant Don Philippe l'ont accompagné
jusqu'à trois lieues de Seville , et le
lendemain le Marquis Scotti alla à Carmona de
la part du Roi et de la Reine , pour sçavoir des
nouvelles de la santé de ce Prince,
'Infant Don Carlos partit de Seville le 20
Octobre ; il est accompagné du Comte de
Sant Estevan , Chevalier de l'Ordre du S. Esprit ,
Grand d'Espagne de la premiere Classe , en qualité
de son Gouverneur , de Grand - Maître de sa
Maison et de Ministre Plénipotentiaire de
S. M. Cath. Le Duc de Tursis Doria a nommé
Grand Chambellan et Grand Echanson de ce
Prince le Prince Corsini , Neveu du Pape , son
Grand Ecuyer , le Com : e Ugolini , son premier
Ecuyer , le Duc d'Arion , son premier Gentilhomme
de la Chambre , le Marquis de Villaverde
, le Marquis Giustiniani et Don Joseph
Castellar ses Majordômes de Semaine , Don
Joseph de Miranda , et Don Pedre Gasca , Gentils-
hommes de sa Chambre , Don Joseph Joachin
de Montalegre , son Secretaire d'Etat , et
Don Lelio Caraffe , Capitaine de la Compagnie
de ses Gardes du Corps.
>
>
La route de cePrince avant que d'arriver à Perpignan,
sera de 47. jours. Le Prince , la Princesse
des Asturies , et l'Infant Don Philippe l'ont accompagné
jusqu'à trois lieues de Seville , et le
lendemain le Marquis Scotti alla à Carmona de
la part du Roi et de la Reine , pour sçavoir des
nouvelles de la santé de ce Prince,
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Résumé : ESPAGNE.
Le 20 octobre, l'Infant Don Carlos quitta Séville, accompagné du Comte de Sant Estevan, Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit et Grand d'Espagne de la première Classe. Ce dernier exerçait les fonctions de Gouverneur, Grand-Maître de la Maison et Ministre Plénipotentiaire de Sa Majesté Catholique. Le Duc de Tursis Doria nomma plusieurs dignitaires pour le Prince : le Prince Corsini comme Grand Chambellan et Grand Échanson, le Comte Ugolini comme Grand Écuyer, le Duc d'Arion comme premier Gentilhomme de la Chambre, et les Marquis de Villaverde, Giustiniani et Don Joseph Castellar comme Majordômes de Semaine. D'autres personnalités, telles que Don Joseph de Miranda et Don Pedre Gasca, furent nommées Gentilshommes de la Chambre, Don Joseph Joachin de Montalegre comme Secrétaire d'État, et Don Lelio Caraffe comme Capitaine de la Compagnie des Gardes du Corps. Le trajet du Prince jusqu'à Perpignan durerait 47 jours. L'Infant fut accompagné jusqu'à trois lieues de Séville par le Prince des Asturies, la Princesse des Asturies et l'Infant Don Philippe. Le lendemain, le Marquis Scotti se rendit à Carmona au nom du Roi et de la Reine pour prendre des nouvelles de la santé du Prince.
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2169
p. 2661-2663
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 21 Octobre vers les 8. heures du soir, le Duc de Lorraine arriva à Greenwich dans [...]
Mots clefs :
Duc de Lorraine, Ambassadeur, Statue équestre
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
E 21 Octobre vers les 8. heures du soir , le
Duc de Lorraine arriva à Greenwich dans
le Yacht des Etats - Generaux , à bord duquel il
Pasta
2662 MERCURE DE FRANCE
>
,
passa la nuit. Le 24. vers les neuf heures diz
matin il alla débarquer à la Tour , où le
Comte de Kinski , Envoyé Extr . de l'Empereur,.
alla le recevoir et le conduisit à son Hôtel ,
dans la Place d'Hanover où ce Prince recût
les complimens des Ministres Etrangers , et de
plusieurs Seigneurs de la Cour. L'après-midy,
il fut complimenté de la part du Roy par le
Comte de Scarborough , et de la part du Prince:
de Galles par le Lord Malpas .
>
le
Le 2s ,le Duc de Lorraine partit pour Hamp
toncourt , dans le Carosse du Comte de Kinski
où étoient cet Ambassadeur , et deux autres Personnes
de distinction . Ce Prince étant arrivé à
Hamptoncourt vers les deux heures après midy
il fut reçu par le Lord . Chambellan et par
Comte de Dunmore , Gentil-homme de la Chambre
en quartier ,, qui le conduisirent dans le
Cabinet de S. M d'où il fut conduit à l'Appartement
de la Reine par le Comte de Gran--
tham et ensuite à celui du Prince de Galles..
Vers les 4. heures après midi , le Duc de Lorraine
alla diner à la Maison de Campagne du
Comte de Kinski . Le 27. le Roy , la Reine et
le Duc de Lorraine allerent courir le Cerf dans.
la Forêt de Windsor , avec les Princes et Prin
cesses de la Famille Royale ; vers les
4. heures
êtant revenus à Hamploncourt , ce Prince dina
avec L. M.
•
On apprend de Londres , que le 2 de ce
mois il se tint une Assemblée à l'Hôtel de Ville ,
dans laquelle on présenta une Requête , signée
par un grand nombre de Citoyens et autres 2
pour demander permission d'ériger à leurs propres
frais une Statue Equestre du feu Roy
Guillaume , à l'entrée de Cheapside , qui est la
plus
NOVEMBRE. 1731. 2663
plus belle rue de la Cité ; mais la question ayant:
été proposée , si on feroit la lecture de cette Requête
, la Negative l'emporta de 77. voix contre :
25 , quoique le Lord Maire et huit des Aldermans
qui y étoient presens , eussent vôté
nimement pour en faire la lecture.
E 21 Octobre vers les 8. heures du soir , le
Duc de Lorraine arriva à Greenwich dans
le Yacht des Etats - Generaux , à bord duquel il
Pasta
2662 MERCURE DE FRANCE
>
,
passa la nuit. Le 24. vers les neuf heures diz
matin il alla débarquer à la Tour , où le
Comte de Kinski , Envoyé Extr . de l'Empereur,.
alla le recevoir et le conduisit à son Hôtel ,
dans la Place d'Hanover où ce Prince recût
les complimens des Ministres Etrangers , et de
plusieurs Seigneurs de la Cour. L'après-midy,
il fut complimenté de la part du Roy par le
Comte de Scarborough , et de la part du Prince:
de Galles par le Lord Malpas .
>
le
Le 2s ,le Duc de Lorraine partit pour Hamp
toncourt , dans le Carosse du Comte de Kinski
où étoient cet Ambassadeur , et deux autres Personnes
de distinction . Ce Prince étant arrivé à
Hamptoncourt vers les deux heures après midy
il fut reçu par le Lord . Chambellan et par
Comte de Dunmore , Gentil-homme de la Chambre
en quartier ,, qui le conduisirent dans le
Cabinet de S. M d'où il fut conduit à l'Appartement
de la Reine par le Comte de Gran--
tham et ensuite à celui du Prince de Galles..
Vers les 4. heures après midi , le Duc de Lorraine
alla diner à la Maison de Campagne du
Comte de Kinski . Le 27. le Roy , la Reine et
le Duc de Lorraine allerent courir le Cerf dans.
la Forêt de Windsor , avec les Princes et Prin
cesses de la Famille Royale ; vers les
4. heures
êtant revenus à Hamploncourt , ce Prince dina
avec L. M.
•
On apprend de Londres , que le 2 de ce
mois il se tint une Assemblée à l'Hôtel de Ville ,
dans laquelle on présenta une Requête , signée
par un grand nombre de Citoyens et autres 2
pour demander permission d'ériger à leurs propres
frais une Statue Equestre du feu Roy
Guillaume , à l'entrée de Cheapside , qui est la
plus
NOVEMBRE. 1731. 2663
plus belle rue de la Cité ; mais la question ayant:
été proposée , si on feroit la lecture de cette Requête
, la Negative l'emporta de 77. voix contre :
25 , quoique le Lord Maire et huit des Aldermans
qui y étoient presens , eussent vôté
nimement pour en faire la lecture.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Du 21 au 27 octobre, le Duc de Lorraine effectua une visite officielle en Angleterre. Le 21 octobre, il arriva à Greenwich et passa la nuit à bord du yacht des États-Généraux. Le 24 octobre, il débarqua à la Tour de Londres où il fut accueilli par le Comte de Kinski, envoyé de l'Empereur, et reçut les compliments des ministres étrangers et de plusieurs seigneurs de la cour. Dans l'après-midi, il fut salué par le Comte de Scarborough au nom du roi et par le Lord Malpas au nom du Prince de Galles. Le 25 octobre, il se rendit à Hampton Court dans le carrosse du Comte de Kinski et fut reçu par le Lord Chambellan et le Comte de Dunmore, qui le conduisirent dans les appartements royaux. Vers 16 heures, il dîna à la maison de campagne du Comte de Kinski. Le 27 octobre, le roi, la reine et le Duc de Lorraine participèrent à une chasse au cerf dans la forêt de Windsor avec les princes et princesses de la famille royale, avant de dîner ensemble à Hampton Court. Par ailleurs, le 2 novembre, une assemblée à l'Hôtel de Ville de Londres rejeta une requête pour ériger une statue équestre du roi Guillaume à l'entrée de Cheapside, malgré le soutien du Lord Maire et de huit aldermen.
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2170
p. 2663-2664
ADDITION.
Début :
Par les dernieres Lettres de Constantinople, on a appris que c'étoit Osman, Pacha de [...]
Mots clefs :
Constantinople, Grand vizir, Divan, Milice, Tremblement de terre, Bataillon, Lisbonne
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texteReconnaissance textuelle : ADDITION.
ADDITION.
Ar les dernieres Lettres de Constantinople ;
on a appris que c'étoit Osman , Pacha de
Bosnie , qui avoit été nommé Grand Visir
qu'il avoit fait uue Entrée magnifique ; que le .
Peuple l'avoit reçu avec de grandes acclama
tions ; que les trois jours après son Entrée , it
avoit fait assembler le Divan , pour lui faireconnoître
la nécessité qu'il y avoit de prendre
des mesures pour rétablir la bonne intelligence
entre le G. S , la Milice et le Peuple ; qu'il falloit
cesser les poursuites qu'on faisoit avec trop
de rigueur contre ceux qui n'étoient que soupçonnez
d'avoir eû part aux dernieres revoltes ;
que c'étoit le seul moyen qu'il croyoit capable
de rétablir la tranquillité dans la Ville ; qu'en
conséquence de cet avis , on avoit déchiré tous
les Procès qu'on avoit commencé d'instruire:
contre divers Particuliers , et qu'on avoit r'ouvert
les Caffés publics qui avoient été fermez
par ordre du dernier G. V ; que le G. S. avoit
nommé un nouvel Aga des Jannissaires , et un
nouveau Capitan Pacha.
On mande de Moscou , qu'un Officier arrivé
de Derbent avoit confirmé les premiers avis. "
d'une
2664 MERCURE DE FRANCE
'd'une Victoire remportée par le Roi de Perse
sur le secours que le G. S. envoyoit au Gouver
neur d'Erivan. Ce secours qui étoit de 20000 .
hommes ayant été attaqué par les Persans à
une journée de Bagdad , dans un défilé où il ne
pouvoit se mettre en bataille , 8000. Turcs y
furent tués sur la place , 2000. faits Prisonniers,
et le reste s'étant sauvé abandonna ses provisions
ses munitions de Guerre et quelques
pieces de Canon.
2
›
,
Par les Lettres de Naples on apprend que le
Tremblement de Terre du 17. du inois dernier ,
avoit été très - violent dans la Pouille et dans
l'Abruzze ; qu'il avoit renversé près des deux
tiers de la petite Ville de Barletta , et un grand
nombre de Maisons dans celle de Canosa , et
que plusieurs habitans de ces deux Villes avoient
péri sous les ruines.
Deux Bataillons du Regiment de Ligneville ,
et le Regiment de Dragons de Saxe- Gotha , qui
étoient dans le Royaume de Napies , se préparent
à partir dans peu pour Genes où ils feront
partie du troisiéme Corps de Troupes que
l'Empereur a accordé à cette Republique , pour
soumettre les Rebelles de l'Isle de Corse .
จ
On apprend de Lisbonne le , que 10 Octobre
on publia un Decret , par lequel le Roy de
Portugal a levé toutes les deffenses faites aa
mois de Juillet 1728 , d'avoir aucune correspons
dance avec la Cour de Rome.
Ar les dernieres Lettres de Constantinople ;
on a appris que c'étoit Osman , Pacha de
Bosnie , qui avoit été nommé Grand Visir
qu'il avoit fait uue Entrée magnifique ; que le .
Peuple l'avoit reçu avec de grandes acclama
tions ; que les trois jours après son Entrée , it
avoit fait assembler le Divan , pour lui faireconnoître
la nécessité qu'il y avoit de prendre
des mesures pour rétablir la bonne intelligence
entre le G. S , la Milice et le Peuple ; qu'il falloit
cesser les poursuites qu'on faisoit avec trop
de rigueur contre ceux qui n'étoient que soupçonnez
d'avoir eû part aux dernieres revoltes ;
que c'étoit le seul moyen qu'il croyoit capable
de rétablir la tranquillité dans la Ville ; qu'en
conséquence de cet avis , on avoit déchiré tous
les Procès qu'on avoit commencé d'instruire:
contre divers Particuliers , et qu'on avoit r'ouvert
les Caffés publics qui avoient été fermez
par ordre du dernier G. V ; que le G. S. avoit
nommé un nouvel Aga des Jannissaires , et un
nouveau Capitan Pacha.
On mande de Moscou , qu'un Officier arrivé
de Derbent avoit confirmé les premiers avis. "
d'une
2664 MERCURE DE FRANCE
'd'une Victoire remportée par le Roi de Perse
sur le secours que le G. S. envoyoit au Gouver
neur d'Erivan. Ce secours qui étoit de 20000 .
hommes ayant été attaqué par les Persans à
une journée de Bagdad , dans un défilé où il ne
pouvoit se mettre en bataille , 8000. Turcs y
furent tués sur la place , 2000. faits Prisonniers,
et le reste s'étant sauvé abandonna ses provisions
ses munitions de Guerre et quelques
pieces de Canon.
2
›
,
Par les Lettres de Naples on apprend que le
Tremblement de Terre du 17. du inois dernier ,
avoit été très - violent dans la Pouille et dans
l'Abruzze ; qu'il avoit renversé près des deux
tiers de la petite Ville de Barletta , et un grand
nombre de Maisons dans celle de Canosa , et
que plusieurs habitans de ces deux Villes avoient
péri sous les ruines.
Deux Bataillons du Regiment de Ligneville ,
et le Regiment de Dragons de Saxe- Gotha , qui
étoient dans le Royaume de Napies , se préparent
à partir dans peu pour Genes où ils feront
partie du troisiéme Corps de Troupes que
l'Empereur a accordé à cette Republique , pour
soumettre les Rebelles de l'Isle de Corse .
จ
On apprend de Lisbonne le , que 10 Octobre
on publia un Decret , par lequel le Roy de
Portugal a levé toutes les deffenses faites aa
mois de Juillet 1728 , d'avoir aucune correspons
dance avec la Cour de Rome.
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Résumé : ADDITION.
Le texte décrit plusieurs événements politiques et militaires. À Constantinople, Osman, Pacha de Bosnie, a été nommé Grand Visir et a proposé des mesures pour rétablir la paix entre le Grand Sultan, la milice et le peuple. Il a recommandé de cesser les poursuites contre les suspects des récentes révoltes et de rouvrir les cafés publics, ce qui a conduit à l'abandon des procès en cours et à la nomination de nouveaux responsables militaires. À Moscou, une victoire du roi de Perse sur une troupe ottomane de 20 000 hommes près de Bagdad a été confirmée. En Italie, un tremblement de terre a détruit une grande partie de Barletta et de nombreuses maisons à Canosa, causant plusieurs morts. Par ailleurs, deux bataillons du régiment de Ligneville et le régiment de dragons de Saxe-Gotha se préparent à partir pour Gênes pour renforcer les troupes impériales contre les rebelles corses. À Lisbonne, un décret royal a levé les interdictions de correspondance avec la Cour de Rome, mises en place en juillet 1728.
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2171
p. 2871-2872
AFFRIQUE.
Début :
On a appris par les Lettres de Mazagaon, du 13 d'Octobre , qu'Abdallah , Roy de [...]
Mots clefs :
Roi de Maroc, Ceuta, Séville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AFFRIQUE.
AFFRIQUE.
Na appris par les Lettres de Mazagaon ,
du 13 d'Octobre , qu'Abdallah , Roy de
Maroc , avoit fait marcher des Troupes du côté
de Ceuta et de Mazagaon , pour n'être point
Surpris par les Troupes qu'il croyoit que le Roy
1. Vol. H vj d'Es2872
MERCURE DE FRANCE
d'Espagne auroit pû accorder au Prince Maure
neveu Abdallah , qui étoit allé à Seville il y
a quelques mois , demander du secours
Na appris par les Lettres de Mazagaon ,
du 13 d'Octobre , qu'Abdallah , Roy de
Maroc , avoit fait marcher des Troupes du côté
de Ceuta et de Mazagaon , pour n'être point
Surpris par les Troupes qu'il croyoit que le Roy
1. Vol. H vj d'Es2872
MERCURE DE FRANCE
d'Espagne auroit pû accorder au Prince Maure
neveu Abdallah , qui étoit allé à Seville il y
a quelques mois , demander du secours
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2172
p. 2872
RUSSIE.
Début :
Le Gouverneur de Derbent a écrit à la Czarine, que plusieurs Kans de Tartarie qui [...]
Mots clefs :
Tsarine, Armée du roi de Perse, Christianisme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE .
E. Gouverneur de Derbent a écrit à la Cza
Linrine , que plusieurs Kans de Tartarie qui
sont sous la protection de cette Princesse , lui
ayant demandé la permission d'aller servir dans.
P'Armée du Roy de Perse , il avoit crû qu'il ne
devoit pas les en empêcher, et qu'ils étoient partis
avec differentes Troupes de leurs sujets , qui
pouvoient monter ensemble à 20. ou 25. mille
hommes .
L'Archevêque de Novogrood est , depuis trois
mois , en grand credit auprès de la Czarine , et
on croit qu'il sera déclaré dans peu , Patriar
che de toutes les Eglises de Moscovie. C'est par
ses avis qu'on a envoyé des Missionnaires Moscovites
chez les Tartares Idolâtres , qui parois
sent disposez à embrasser le Christianisme .
E. Gouverneur de Derbent a écrit à la Cza
Linrine , que plusieurs Kans de Tartarie qui
sont sous la protection de cette Princesse , lui
ayant demandé la permission d'aller servir dans.
P'Armée du Roy de Perse , il avoit crû qu'il ne
devoit pas les en empêcher, et qu'ils étoient partis
avec differentes Troupes de leurs sujets , qui
pouvoient monter ensemble à 20. ou 25. mille
hommes .
L'Archevêque de Novogrood est , depuis trois
mois , en grand credit auprès de la Czarine , et
on croit qu'il sera déclaré dans peu , Patriar
che de toutes les Eglises de Moscovie. C'est par
ses avis qu'on a envoyé des Missionnaires Moscovites
chez les Tartares Idolâtres , qui parois
sent disposez à embrasser le Christianisme .
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Résumé : RUSSIE.
Le gouverneur de Derbent a autorisé plusieurs khans de Tartarie à rejoindre l'armée perse avec 20 000 à 25 000 hommes. L'archevêque de Novgorod, favori de la czarine, sera bientôt patriarche. Il a envoyé des missionnaires chez les Tartares, qui envisagent de se convertir au christianisme.
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2173
p. 2872
POLOGNE.
Début :
Les Lettres de la Frontiere portent que l'Hospodar de Valachie, qui avoit été mis en [...]
Mots clefs :
Révolte de Constantinople, Hospodar de Valachie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
Po OG NE..
Lpodar de Valachie ,qui avoit été mis en
Es Lettres de la Frontiere portent que l'Hos
place par les Auteurs de la précedente révolte
de Constantinople , ayant été deposé , le Prince
Constantin Mauro Cordato , Fils du feu Hospodar
, avoit été mis en sa place,
Lpodar de Valachie ,qui avoit été mis en
Es Lettres de la Frontiere portent que l'Hos
place par les Auteurs de la précedente révolte
de Constantinople , ayant été deposé , le Prince
Constantin Mauro Cordato , Fils du feu Hospodar
, avoit été mis en sa place,
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2174
p. 2873
SUEDE.
Début :
Le 15 Novembre, le Roy arriva à Stokolm de ses Etats d'Allemagne, d'avec toute sa [...]
Mots clefs :
Artillerie des remparts, Equipage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUEDE.
SUE D.E..
Lde ses Brats d'Allemagne , avec toute sa
E 15 Novembre , le Roy arriva à Stokolm
suite , et S. M. fut reçue dans la Ville aux acclamations
réitorées du Peuple et au bruit
'd'une Salve generale de l'Artillerie des Remparts .
et des Forteresses ..
›
On a reçu avis que le Vaisseau sur lequel
s'étoit embarqué M. Rumph , Envoyé Extraor
dinaire des Etats Generaux . en revenant des
Eaux de Spa , avoit fait nauffrage sur la Côte de
l'Isle de Rugen , et que ce Ministre ayant eû le
bonheur de se sauver , avoit été transporté à
Isted , à bord du Yacht de l'Amiral Taube .
On a appris aussi de Revel que le Vaisseau
sur lequel le Major General Tessin , cy -devant
Envoyé Extraordinaire du Duc d'Holstein , s'é- -
toit embarqué à Petersbourg avec toute sa suite ,
avoit péri a 20 lieues de cette derniere Ville , er
que , de tout l'Equipage et des Passagers , il ne
s'étoit sauvé qu'un seul Domestique , qui avoit
rapporté que le corps de son Maître avoit été
retiré du Vaisseau , et qu'on l'avoit enterré sur
le . Rivage voisin du nauffrage.
Lde ses Brats d'Allemagne , avec toute sa
E 15 Novembre , le Roy arriva à Stokolm
suite , et S. M. fut reçue dans la Ville aux acclamations
réitorées du Peuple et au bruit
'd'une Salve generale de l'Artillerie des Remparts .
et des Forteresses ..
›
On a reçu avis que le Vaisseau sur lequel
s'étoit embarqué M. Rumph , Envoyé Extraor
dinaire des Etats Generaux . en revenant des
Eaux de Spa , avoit fait nauffrage sur la Côte de
l'Isle de Rugen , et que ce Ministre ayant eû le
bonheur de se sauver , avoit été transporté à
Isted , à bord du Yacht de l'Amiral Taube .
On a appris aussi de Revel que le Vaisseau
sur lequel le Major General Tessin , cy -devant
Envoyé Extraordinaire du Duc d'Holstein , s'é- -
toit embarqué à Petersbourg avec toute sa suite ,
avoit péri a 20 lieues de cette derniere Ville , er
que , de tout l'Equipage et des Passagers , il ne
s'étoit sauvé qu'un seul Domestique , qui avoit
rapporté que le corps de son Maître avoit été
retiré du Vaisseau , et qu'on l'avoit enterré sur
le . Rivage voisin du nauffrage.
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Résumé : SUEDE.
Le 15 novembre, le roi arriva à Stockholm, accueilli par les acclamations du peuple et une salve d'artillerie. Des nouvelles rapportèrent que le vaisseau de M. Rumph, envoyé extraordinaire des États Généraux, avait fait naufrage sur la côte de l'île de Rügen. Rumph réussit à se sauver et fut transporté à Isted à bord du yacht de l'amiral Taube. Par ailleurs, à Revel, on apprit que le vaisseau du major général Tessin, ancien envoyé extraordinaire du duc d'Holstein, avait péri à 20 lieues de Petersbourg. Seul un domestique survécut et rapporta que le corps de Tessin avait été retiré du vaisseau et enterré sur le rivage voisin du naufrage.
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2175
p. 2873-2874
ALLEMAGNE.
Début :
Le 18 Novembre, on fit partir de Vienne pour l'Evêché de Saltzbourg un Bataillon [...]
Mots clefs :
Évêché, Troupes impériales, Service militaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLE MA GN E.
LE18 Novembre
on fit partir de Vienne
pour l'Evêché de Saltzbourg un Bataillon
du Regiment de Wurmbrand , arrivé depuis peu s
d'Italie , de sorte qu'il y a presentement dans .
cet Evêché 2000. hommes de Troupes Impe-
Ja Vol
riales
2874 MERCURE DE FRANCE
riales , qui sont campées dans les environs de
Rastat.
On écrit de Berlin , que le 28 Novembre
tous les Generaux et Colonels de l'Armée , qui
sont dans cette Ville , ayant à leur tête le Prince
d'Anhalt , se rendirent dans l'appartement du
Roy , et supplierent S. M. de permettre que le
Prince Royal rentrat dans le Service Militaire
vû que s. A. R. faisoit évidemment connoître le
regret qu'elle avoit d'avoir déplu à S. M. Le
Roy fit là - dessus un Discours fort pathetique ,
et ayant fait venir le Prince Royal , S. M. lui
pardonna tout le passé , lai rendit l'Uniforme
et le Porte- Epée , et l'embrassa avec beaucoup
de tendresse. Le Prince s'étant jetté aux genoux
du Roy son Pere , Passura de sa profonde soûmission
et obéissance.
LE18 Novembre
on fit partir de Vienne
pour l'Evêché de Saltzbourg un Bataillon
du Regiment de Wurmbrand , arrivé depuis peu s
d'Italie , de sorte qu'il y a presentement dans .
cet Evêché 2000. hommes de Troupes Impe-
Ja Vol
riales
2874 MERCURE DE FRANCE
riales , qui sont campées dans les environs de
Rastat.
On écrit de Berlin , que le 28 Novembre
tous les Generaux et Colonels de l'Armée , qui
sont dans cette Ville , ayant à leur tête le Prince
d'Anhalt , se rendirent dans l'appartement du
Roy , et supplierent S. M. de permettre que le
Prince Royal rentrat dans le Service Militaire
vû que s. A. R. faisoit évidemment connoître le
regret qu'elle avoit d'avoir déplu à S. M. Le
Roy fit là - dessus un Discours fort pathetique ,
et ayant fait venir le Prince Royal , S. M. lui
pardonna tout le passé , lai rendit l'Uniforme
et le Porte- Epée , et l'embrassa avec beaucoup
de tendresse. Le Prince s'étant jetté aux genoux
du Roy son Pere , Passura de sa profonde soûmission
et obéissance.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 18 novembre, un bataillon du régiment de Wurmbrand, récemment arrivé d'Italie, fut envoyé de Vienne à l'Évêché de Salzbourg, qui abritait alors 2 000 hommes de troupes impériales, principalement cantonnés près de Rastatt. Le 28 novembre, à Berlin, tous les généraux et colonels de l'armée, dirigés par le Prince d'Anhalt, se rendirent dans les appartements du roi. Ils supplièrent Sa Majesté de permettre au Prince Royal de réintégrer le service militaire, celui-ci ayant exprimé son regret d'avoir déplu au roi. Le roi prononça un discours émouvant, pardonna au Prince Royal, lui rendit son uniforme et son épée, et l'embrassa avec tendresse. Le Prince Royal, à genoux, exprima sa soumission et son obéissance.
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2176
p. 2874-2877
ITALIE.
Début :
Le Pere Colloredo, Religieux du Convent, dit de l'Eglise Neave, qui avoit d'abord [...]
Mots clefs :
Pape, Promotion de Cardinaux, Abbé, Forteresse, Rebelles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E Pere Colloredo , Religieux du Convent ;
Ldit de l'Eglise Neave , qui avoit d'abord
refusé l'Archevêché de Lucques , auquel le Pape
Favoit nommé , s'est déterminé à l'accepter
par soumission aux Ordres de S. S. Elle lui a
accordé depuis une pension de 1500. Ecus sur
l'Evêché vacant de Plaisance .
Le Courier qu'on avoit dépêché de Rome à
Lisbonne › pour y porter la nouvelle de la derniere
promotion de Cardinaux , en est revenu
avec des Lettres par lesquelles on apprend que
le Roy de Portugal avoit levé l'interdiction publiée
en 1728 ; qu'on y avoit rouvert le Tribunal
de la Nonciature au bruit de cinq décharges
de Boëtes , et que le soir la Place du Palais du
Nonce avoit été magnifiquement illuminée. Le
I. Vol. CarDECEMBRE
1731. 2875
Cardinal Cienfuegos , auquel ces Lettres étoient
adressées , alla le soir les communiquer au Pape ,
qui en parût très- satisfait.
La Congregation du bon Gouvernement s'est
Encore assemblée au sujet de la proposition qui
a été faite au Pape , de rendre le Port d'Ancone
un Port franc .
2 Dans le Consistoire du 19 Novembre le
Cardinal Ottoboni proposa l'Archevêché de
Lyon pour l'Evêque de Noyon , PÉvêché d'Orange
pour l'Abbé de Tilly , l'Abbaye de S. Jean
d'Angely , dans le Diocèse de Xaintes , pour
l'Abbé de Pezé , celle de Saint Pierre de Chezi
dans le Diocèse de Soissons , pour l'Abbé Joly
de Fleury , Chanoine de l'Église Métropolitaine
de Paris et celle de Saint Pierre de Lesterp ,
Diocèse de Limoges , pour l'Abbé de Maillé de
la Tour Landry. I préconisa ensuite l'Abbé
Salomon pour celle de S. Gervais et S. Protais
d'Essey , Diocèse d'Agen ; l'Abbé de Bernon
de Charand , pour celle de S. Pierre de Vierson ,
Diocèse de Bourges , et l'Abbé Neret pour celle
-de S. Etienne de Vaux , Diocèse de Xaintes,
>
On mande de la Bastia en Corse , que depuis la
- réduction de la Forteresse de San Pelegrino , on
étoit convenu de part et d'autre d'une suspension
d'armes pour trois mois , et que pendant ce temps
les Rebelles auroient la liberté de se retirer dans
leurs maisons , sans pouvoir y être inquietés en
aucune manière.
On a appris depuis que les Troupes de la République
de Genes et les Troupes Auxiliaires de
P'Empereur qui sont dans l'Isle de Corse , ont
abandonné le Poste de San Pelegrino , parce qu'il
est trop exposé , et que ces Troupes étoient trop
éloignées de la Bastia , pour en recevoir du sé-
Cours , si les Rebelles les avoient attaqués.
I. Vol.
Оя
2876 MERCURE DE FRANCE
On a appris en dernier lieu de la Bastia , que
les hostilités y avoient entierement cessé depuis
la suspension d'Armes , et que le General Wach,
rendonc avoit dépêché un Courier à Vienne ,
pour y porter le résultat des dernieres confe
rences qu'il a eues avec les Chefs des Rebelles ,
qui se sont plaint de ce que les Troupes de la
République s'étoient retranchées dans le Poste
de San Pelegrino , quoiqu'on cût stipulé le con
traire dans l'Acte de suspension d'Armes.
,
Le 1. Novembre , le Comte de Charni , qui
commande les Troupes du Roy d'Espagne en
Italie , a prêté Serment au Grand Duc entre
les mains du General Capponi , Gouverneur de
Livourne , au nom des Troupes de S. M. Cath. -
qui resteront dant la Toscane. Ce Serment est
conçu en ces termes ::
I
i
Je Emanuel d'Orleans , Comte de Charni , &c.
promets , jure et m'engage , tant pour moi que
les Officiers et Soldats de S. M. Cath. que
pour
j'observerai toûjours inviolablement la plus réligieuse
fidelité et obéissance aux Ordres du Sere
nissime Jean- Gaston , Grand Duc de Toscane,, .
comme légitime et unique Souverain des Etats
de Toscane ; que chacun de nous , en entrant
au service de S. A. R , s'employera à défendre
sa personne , sa souveraineté , son authorité , ses
Etats , Biens et Sujets , et tout ce qui peut lui
appartenir , pourvû qu'il n'y ait rien de contraire
à la succession immediate du Serenissime
Prince et Infant Don Carlos , que nous devons
défendre et soûtenir conjointement avec les forces
de Toscane , que nous ne ferons rien qui
puisse empêcher ou retarder l'éxecution des ordres
des Gouverneurs et Ministres de S. A. R ,
conformément aux Reglemens faits à ce sujet ,
La Volo décla→ -
DECEMBRË. 1731. 1731 . 2877
déclarant en outre que nous serons toûjours
prêts à leur donner assistance à la premiere sommation
et à leur fournir tous les sécours nécessaires
& c.
>
2
Les Officiers de distinction qui sont arrivés
à Livourne avec l'Escadre du Roy d'Espagne ,
sont le Marquis de Mari , qui la commande
le Comte Don Fernand de Nunnez , Comman◄
dant sous le Marquis de Mari ; Don Joseph
de los Bosquos , Commandant des Galeres , le
Comte de Charni , le Marquis de Châteaufort ,
le Marquis del Pozzo - Blanco , le Marquis de
Torre Mayor , le Duc de Castro Pinnano , Don
Joseph de Flor de Viola , Commissaire General
des Guerres , Don François Utigers , et Don
Joseph Univars , Inspecteur , et le Colonel du
Regiment de Castille,
On a preparé dans la Maison Professe des Jesuites
de Livourne un Appartement pour le Car
dinal Belluga , qui doit venir y recevoir l'Infant
Don Carlos , accompagné d'un grand nom
bre de Gentilshommes Romains
La Garnison de Livourne est composée presentement
de 2200. Espagnols et de 1100. Toscans,
ces derniers sont commandez par le Colonel
Velluti. Il y aura à Porto Ferraïo 800.
Espagnols sous le commandement du Colonel
Ferreti , et à Pişe un Détachement d'Infanterie
Espagnole avec 400. hommes de Cavalerie de la
même Nation .
Les dernieres Lettres de Livourne portent , que
les Troupes destinées à la Garnison de cette Ville,
étoient composées les deux tiers d'Espagnols
et le tiers de Toscans ; et que le service des uns
et des autres étoit si bien concerté et reglé , qu'il
ne pouvoit survenir aucun sujet de dispute entre
les deux Nations.
E Pere Colloredo , Religieux du Convent ;
Ldit de l'Eglise Neave , qui avoit d'abord
refusé l'Archevêché de Lucques , auquel le Pape
Favoit nommé , s'est déterminé à l'accepter
par soumission aux Ordres de S. S. Elle lui a
accordé depuis une pension de 1500. Ecus sur
l'Evêché vacant de Plaisance .
Le Courier qu'on avoit dépêché de Rome à
Lisbonne › pour y porter la nouvelle de la derniere
promotion de Cardinaux , en est revenu
avec des Lettres par lesquelles on apprend que
le Roy de Portugal avoit levé l'interdiction publiée
en 1728 ; qu'on y avoit rouvert le Tribunal
de la Nonciature au bruit de cinq décharges
de Boëtes , et que le soir la Place du Palais du
Nonce avoit été magnifiquement illuminée. Le
I. Vol. CarDECEMBRE
1731. 2875
Cardinal Cienfuegos , auquel ces Lettres étoient
adressées , alla le soir les communiquer au Pape ,
qui en parût très- satisfait.
La Congregation du bon Gouvernement s'est
Encore assemblée au sujet de la proposition qui
a été faite au Pape , de rendre le Port d'Ancone
un Port franc .
2 Dans le Consistoire du 19 Novembre le
Cardinal Ottoboni proposa l'Archevêché de
Lyon pour l'Evêque de Noyon , PÉvêché d'Orange
pour l'Abbé de Tilly , l'Abbaye de S. Jean
d'Angely , dans le Diocèse de Xaintes , pour
l'Abbé de Pezé , celle de Saint Pierre de Chezi
dans le Diocèse de Soissons , pour l'Abbé Joly
de Fleury , Chanoine de l'Église Métropolitaine
de Paris et celle de Saint Pierre de Lesterp ,
Diocèse de Limoges , pour l'Abbé de Maillé de
la Tour Landry. I préconisa ensuite l'Abbé
Salomon pour celle de S. Gervais et S. Protais
d'Essey , Diocèse d'Agen ; l'Abbé de Bernon
de Charand , pour celle de S. Pierre de Vierson ,
Diocèse de Bourges , et l'Abbé Neret pour celle
-de S. Etienne de Vaux , Diocèse de Xaintes,
>
On mande de la Bastia en Corse , que depuis la
- réduction de la Forteresse de San Pelegrino , on
étoit convenu de part et d'autre d'une suspension
d'armes pour trois mois , et que pendant ce temps
les Rebelles auroient la liberté de se retirer dans
leurs maisons , sans pouvoir y être inquietés en
aucune manière.
On a appris depuis que les Troupes de la République
de Genes et les Troupes Auxiliaires de
P'Empereur qui sont dans l'Isle de Corse , ont
abandonné le Poste de San Pelegrino , parce qu'il
est trop exposé , et que ces Troupes étoient trop
éloignées de la Bastia , pour en recevoir du sé-
Cours , si les Rebelles les avoient attaqués.
I. Vol.
Оя
2876 MERCURE DE FRANCE
On a appris en dernier lieu de la Bastia , que
les hostilités y avoient entierement cessé depuis
la suspension d'Armes , et que le General Wach,
rendonc avoit dépêché un Courier à Vienne ,
pour y porter le résultat des dernieres confe
rences qu'il a eues avec les Chefs des Rebelles ,
qui se sont plaint de ce que les Troupes de la
République s'étoient retranchées dans le Poste
de San Pelegrino , quoiqu'on cût stipulé le con
traire dans l'Acte de suspension d'Armes.
,
Le 1. Novembre , le Comte de Charni , qui
commande les Troupes du Roy d'Espagne en
Italie , a prêté Serment au Grand Duc entre
les mains du General Capponi , Gouverneur de
Livourne , au nom des Troupes de S. M. Cath. -
qui resteront dant la Toscane. Ce Serment est
conçu en ces termes ::
I
i
Je Emanuel d'Orleans , Comte de Charni , &c.
promets , jure et m'engage , tant pour moi que
les Officiers et Soldats de S. M. Cath. que
pour
j'observerai toûjours inviolablement la plus réligieuse
fidelité et obéissance aux Ordres du Sere
nissime Jean- Gaston , Grand Duc de Toscane,, .
comme légitime et unique Souverain des Etats
de Toscane ; que chacun de nous , en entrant
au service de S. A. R , s'employera à défendre
sa personne , sa souveraineté , son authorité , ses
Etats , Biens et Sujets , et tout ce qui peut lui
appartenir , pourvû qu'il n'y ait rien de contraire
à la succession immediate du Serenissime
Prince et Infant Don Carlos , que nous devons
défendre et soûtenir conjointement avec les forces
de Toscane , que nous ne ferons rien qui
puisse empêcher ou retarder l'éxecution des ordres
des Gouverneurs et Ministres de S. A. R ,
conformément aux Reglemens faits à ce sujet ,
La Volo décla→ -
DECEMBRË. 1731. 1731 . 2877
déclarant en outre que nous serons toûjours
prêts à leur donner assistance à la premiere sommation
et à leur fournir tous les sécours nécessaires
& c.
>
2
Les Officiers de distinction qui sont arrivés
à Livourne avec l'Escadre du Roy d'Espagne ,
sont le Marquis de Mari , qui la commande
le Comte Don Fernand de Nunnez , Comman◄
dant sous le Marquis de Mari ; Don Joseph
de los Bosquos , Commandant des Galeres , le
Comte de Charni , le Marquis de Châteaufort ,
le Marquis del Pozzo - Blanco , le Marquis de
Torre Mayor , le Duc de Castro Pinnano , Don
Joseph de Flor de Viola , Commissaire General
des Guerres , Don François Utigers , et Don
Joseph Univars , Inspecteur , et le Colonel du
Regiment de Castille,
On a preparé dans la Maison Professe des Jesuites
de Livourne un Appartement pour le Car
dinal Belluga , qui doit venir y recevoir l'Infant
Don Carlos , accompagné d'un grand nom
bre de Gentilshommes Romains
La Garnison de Livourne est composée presentement
de 2200. Espagnols et de 1100. Toscans,
ces derniers sont commandez par le Colonel
Velluti. Il y aura à Porto Ferraïo 800.
Espagnols sous le commandement du Colonel
Ferreti , et à Pişe un Détachement d'Infanterie
Espagnole avec 400. hommes de Cavalerie de la
même Nation .
Les dernieres Lettres de Livourne portent , que
les Troupes destinées à la Garnison de cette Ville,
étoient composées les deux tiers d'Espagnols
et le tiers de Toscans ; et que le service des uns
et des autres étoit si bien concerté et reglé , qu'il
ne pouvoit survenir aucun sujet de dispute entre
les deux Nations.
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Résumé : ITALIE.
En décembre 1731, plusieurs événements politiques et militaires ont marqué l'Italie et la Corse. En Italie, le religieux Pere Colloredo a accepté l'Archevêché de Lucques après avoir reçu une pension de 1500 écus du Pape. Le Roi de Portugal a levé l'interdiction de 1728, permettant la réouverture du Tribunal de la Nonciature à Lisbonne, ce qui a satisfait le Pape. La Congrégation du bon Gouvernement a examiné la proposition de transformer le Port d'Ancone en Port franc. Lors du Consistoire du 19 novembre, diverses nominations ecclésiastiques ont été proposées, notamment pour les archevêchés de Lyon et les abbayes de Saint-Jean-d'Angély et Saint-Pierre de Chezi. En Corse, une suspension d'armes de trois mois a été conclue après la réduction de la forteresse de San Pellegrino, permettant aux rebelles de se retirer chez eux sans être inquiétés. Les troupes de la République de Gênes et les troupes auxiliaires de l'Empereur ont abandonné le poste de San Pellegrino en raison de son exposition. Les hostilités ont cessé à Bastia, et le général Wach a envoyé un courrier à Vienne pour rapporter les résultats des conférences avec les chefs rebelles. Le Comte de Charni, commandant des troupes espagnoles en Italie, a prêté serment au Grand-Duc de Toscane, affirmant fidélité et obéissance aux ordres du Grand-Duc et à la succession du Prince Don Carlos. Plusieurs officiers espagnols de distinction sont arrivés à Livourne avec l'escadre du Roi d'Espagne. La garnison de Livourne est composée de 2200 Espagnols et 1100 Toscans, avec des détachements à Porto Ferraio et Pise. Un appartement a été préparé pour le Cardinal Belluga à Livourne, où il doit recevoir l'Infant Don Carlos.
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2177
p. 2878
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On a appris de Dublin, que les Dettes du Royaume d'Irlande montaient le 25 Mars [...]
Mots clefs :
Dublin, Dettes, Royaume d'Irlande, Manufactures de toiles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
Na appris de Dublin , que les Dettes du
Royaume 25. Mars
dernier à 335400. livres sterlings ; que le Comité
de la Chambre des Communes, avoit été d'avis
d'accorder au Roy un Subside de 624323, livres
sterlings , de donner zooo livres sterlings tous
les ans pendant deux ou trois années aux Entrepreneurs
des Manufactures de Toiles , pour les
encourager à continuer la culture du Chanvre et
du Lin et 2000, livres differens autres
usages.
J pour
Le 6. de ce mois , le Duc de Lorraine prir
séance à Londres dans la Société Royale , et en
signala les Statuts en presence du Prince de Galles
et de toutes les Personnes de distinction qui
sont de cette Societé.
Na appris de Dublin , que les Dettes du
Royaume 25. Mars
dernier à 335400. livres sterlings ; que le Comité
de la Chambre des Communes, avoit été d'avis
d'accorder au Roy un Subside de 624323, livres
sterlings , de donner zooo livres sterlings tous
les ans pendant deux ou trois années aux Entrepreneurs
des Manufactures de Toiles , pour les
encourager à continuer la culture du Chanvre et
du Lin et 2000, livres differens autres
usages.
J pour
Le 6. de ce mois , le Duc de Lorraine prir
séance à Londres dans la Société Royale , et en
signala les Statuts en presence du Prince de Galles
et de toutes les Personnes de distinction qui
sont de cette Societé.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 25 mars, les dettes du Royaume-Uni étaient de 335 400 livres sterlings. La Chambre des Communes a recommandé un subside de 624 323 livres sterlings au roi. 2 000 livres sterlings annuelles ont été allouées pour encourager la culture du chanvre et du lin. Le Duc de Lorraine a présidé une séance à Londres le 6 mars, en présence du Prince de Galles.
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2178
p. 2878-2880
ADDITION.
Début :
On a eû avis par la voye de Russie, que le grand secours attendu par les Tures, croit [...]
Mots clefs :
Lettres, Vienne, Persans, Constantinople, Armée ottomane
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ADDITION.
ADDITION.
Na cu avis par la voye de Russie , que fè
grand secours attendu par les Tures , croit
arrivé à 30 lieuës de Bagdad , et que le Roy de
Perse ayant rassemblé toutes ses Troupes qui
étoient dispersées en differens endroits , étoit
allé au-devant de ce secours pour le combattre
Les dernieres Lettres de Vienne portent , que
le bruit y étoit répandu que les Turcs ont rem²
porté une Victoire complette sur les Persans ;
que le Roi de Perse a perdu près de 40000 hommes
dans le combat ; que les Tures lui ont pris
cent pieces de canon , et tour son bagage , et
& Volo
qu'on
DECEMBRE. 1731. 2879
qu'on ne croyoit pas que ce Prince fût en état -
de continuer la guerre.
وت
Des Lettres de Constantinople portent , que
le 22 Septembre dernier , Topal Osman Pacha ,
nouveau Grand Vizir fie en cetre qualité son
Entrée publique dans cette Capitale. Elle fut des
plus superbes et des plus nombreuses : non- seulement
tous les Grands de l'Empire y assisterent
, mais aussi PAga des Janissaires , quoique
ce dernier ne paroisse ordinairement dans ces
sortes de cérémonies qu'à la suite du Grand Seigneur.
On a observé que lorsque ce premier
Ministre fut arrivé à PHôtel ordinaire des
Grands Vizirs , il en monta l'Escalier , appuyé.
sur l'Aga des Janissaires, et sur le Cafmacan , ou
Gouverneur de Constantinople , ce qu'on remarque
comme une distinction particuliere done
on n'a gueres vû d'exemples , et qui prouve l'estime
qu'on fait de ce premier Ministre , lequel ,
par sa douceur et par son affabilité , a sçu se
faire aimer de toute la Nation.
>
lui
Après que le G. V. se fut reposé quelque tems
dans son appartement › il se rendit au Serrail
où le G. S. le réçut fort gracieusement
remit les Sceaux de l'Empire , lui déclara en
même temps , à ce qu'on assure » qu'il le laissoit
le maître d'agir comme il le jugeroit à pro
pos dans la conjoncture presente. Il alla ensuite
au Divan , où il fur revêtu du Caftan d'hon
en presence des principaux Officiers de
l'Empire , qui le complimenterent sur sa nou
velle dignité , en lui baisant le bas de sa Robe.
neur ›
Le lendemain le G. V. alla à l'Audience du
G. S , avec lequel il fut long-temps en conféfence.
A son retour dans son Hôtel , il donna
I. Vol. Audience
2880 MERCURE DE FRANCE
Audience aux Interpretes des Ambassadeurs et
Ministres Etrangers , qui s'y étoient rendus pours
le complimenter au nom de leurs Maîtres : il
les reçut tous fort gracieusement.
Ces Lettres ajoûtent qu'on avoit reçu avis de
Perse , qu'il s'étoit donné deux sanglantes Batailles
près d'Erivan , Ville assiegée par les Persans
; que dans la premiere , ceux - cy avoient été
les Vainqueurs , mais que dans la seconde ils
avoient éré battus par les Turcs. Cette Victoire,
a causé à Constantinople une joye generale , et ,
on a fait à ce sujet de grandes réjouissances
cependant on assure que le Divan a pris la ré◄
solution de faire de nouvelles offres fort avantageuses
au Roi de Perse pour l'engager à faire,
la Paix avec la Porte ; ce qui fait craindre que
cette Victoire , ne soit pas si complette qu'on le
publi . Quoiqu'il en soit cette nouvelle , jointe
au doux Gouvernement du nouveau G. V , et a
l'Amnistie generale accordée par S. H. à tous
ceux qui ont eû part aux dernieres révoltes , a
beaucoup contribué à rétablir la tranquillité dans
Constantinople.
,
ة ي ر
Ces Lettres ajoûtent encore que la derniere,
Bataille qui s'étoit donnée en Perse avoit été
très-sanglante , ayant duré plus de sept heures
que les Turcs commandez par le Pacha de Babilone
, avoient perdu plus de 12000 hommes
de leurs meilleures Troupes , et quantité d'Offi
ciers de distinction ; mais qu'enfin l'Armée Ot
tomane avoit remporté la Victoire après avoir
entierement défait l'Infanterie Persane ; que les
Turcs avoient fait un butin considerable , tout
le précieux: Bagage du Roi de Perse étant resté :
aux Vainqueurs , &C..
Na cu avis par la voye de Russie , que fè
grand secours attendu par les Tures , croit
arrivé à 30 lieuës de Bagdad , et que le Roy de
Perse ayant rassemblé toutes ses Troupes qui
étoient dispersées en differens endroits , étoit
allé au-devant de ce secours pour le combattre
Les dernieres Lettres de Vienne portent , que
le bruit y étoit répandu que les Turcs ont rem²
porté une Victoire complette sur les Persans ;
que le Roi de Perse a perdu près de 40000 hommes
dans le combat ; que les Tures lui ont pris
cent pieces de canon , et tour son bagage , et
& Volo
qu'on
DECEMBRE. 1731. 2879
qu'on ne croyoit pas que ce Prince fût en état -
de continuer la guerre.
وت
Des Lettres de Constantinople portent , que
le 22 Septembre dernier , Topal Osman Pacha ,
nouveau Grand Vizir fie en cetre qualité son
Entrée publique dans cette Capitale. Elle fut des
plus superbes et des plus nombreuses : non- seulement
tous les Grands de l'Empire y assisterent
, mais aussi PAga des Janissaires , quoique
ce dernier ne paroisse ordinairement dans ces
sortes de cérémonies qu'à la suite du Grand Seigneur.
On a observé que lorsque ce premier
Ministre fut arrivé à PHôtel ordinaire des
Grands Vizirs , il en monta l'Escalier , appuyé.
sur l'Aga des Janissaires, et sur le Cafmacan , ou
Gouverneur de Constantinople , ce qu'on remarque
comme une distinction particuliere done
on n'a gueres vû d'exemples , et qui prouve l'estime
qu'on fait de ce premier Ministre , lequel ,
par sa douceur et par son affabilité , a sçu se
faire aimer de toute la Nation.
>
lui
Après que le G. V. se fut reposé quelque tems
dans son appartement › il se rendit au Serrail
où le G. S. le réçut fort gracieusement
remit les Sceaux de l'Empire , lui déclara en
même temps , à ce qu'on assure » qu'il le laissoit
le maître d'agir comme il le jugeroit à pro
pos dans la conjoncture presente. Il alla ensuite
au Divan , où il fur revêtu du Caftan d'hon
en presence des principaux Officiers de
l'Empire , qui le complimenterent sur sa nou
velle dignité , en lui baisant le bas de sa Robe.
neur ›
Le lendemain le G. V. alla à l'Audience du
G. S , avec lequel il fut long-temps en conféfence.
A son retour dans son Hôtel , il donna
I. Vol. Audience
2880 MERCURE DE FRANCE
Audience aux Interpretes des Ambassadeurs et
Ministres Etrangers , qui s'y étoient rendus pours
le complimenter au nom de leurs Maîtres : il
les reçut tous fort gracieusement.
Ces Lettres ajoûtent qu'on avoit reçu avis de
Perse , qu'il s'étoit donné deux sanglantes Batailles
près d'Erivan , Ville assiegée par les Persans
; que dans la premiere , ceux - cy avoient été
les Vainqueurs , mais que dans la seconde ils
avoient éré battus par les Turcs. Cette Victoire,
a causé à Constantinople une joye generale , et ,
on a fait à ce sujet de grandes réjouissances
cependant on assure que le Divan a pris la ré◄
solution de faire de nouvelles offres fort avantageuses
au Roi de Perse pour l'engager à faire,
la Paix avec la Porte ; ce qui fait craindre que
cette Victoire , ne soit pas si complette qu'on le
publi . Quoiqu'il en soit cette nouvelle , jointe
au doux Gouvernement du nouveau G. V , et a
l'Amnistie generale accordée par S. H. à tous
ceux qui ont eû part aux dernieres révoltes , a
beaucoup contribué à rétablir la tranquillité dans
Constantinople.
,
ة ي ر
Ces Lettres ajoûtent encore que la derniere,
Bataille qui s'étoit donnée en Perse avoit été
très-sanglante , ayant duré plus de sept heures
que les Turcs commandez par le Pacha de Babilone
, avoient perdu plus de 12000 hommes
de leurs meilleures Troupes , et quantité d'Offi
ciers de distinction ; mais qu'enfin l'Armée Ot
tomane avoit remporté la Victoire après avoir
entierement défait l'Infanterie Persane ; que les
Turcs avoient fait un butin considerable , tout
le précieux: Bagage du Roi de Perse étant resté :
aux Vainqueurs , &C..
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Résumé : ADDITION.
En 1731, des événements militaires et politiques impliquent l'Empire ottoman et la Perse. Des nouvelles de Russie signalent l'arrivée de renforts turcs près de Bagdad et la mobilisation des troupes persanes. Des lettres de Vienne rapportent une victoire ottomane à Bagdad, avec des pertes lourdes pour les Persans, incluant 40 000 hommes et cent pièces de canon, remettant en question la capacité du roi de Perse à poursuivre la guerre. À Constantinople, Topal Osman Pacha est nommé Grand Vizir et reçoit les sceaux de l'Empire, marquant son entrée publique par une cérémonie grandiose. En Perse, deux batailles près d'Erivan voient d'abord une défaite turque, suivie d'une victoire. Cette victoire est célébrée à Constantinople, mais le Divan envisage des offres de paix au roi de Perse. La dernière bataille, très sanglante, dure plus de sept heures et se solde par une victoire ottomane. La tranquillité est rétablie à Constantinople grâce à cette victoire et à une amnistie générale accordée par le sultan.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2179
p. 2881-2883
LETTRE écrite de Constantinople, le 2 . Novembre 1731.
Début :
Notre nouveau Grand Vizir Topal Osman Nucha a paru jusqu'à present d'une humeur [...]
Mots clefs :
Grand vizir, Ministre, Grand Trésorier
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Constantinople, le 2 . Novembre 1731.
LETTRE écrite de Constantinople , le 2 .
Novembre 1731 .
Otre nouveau Grand Vizir Topal Osman
,
Nucha a paru jusqu'à present d'une humeur
assès moderée et très- genereuse ; il est fort
porté en faveur des Chrétiens , tant Catholiques
que Grecs Schismatiques , de quoi il a déja
donné quelques marques , en leur accordant la
permission de rébâtir leurs Eglises consumées
dans le dernier Incendie .
Ce Ministre s'est d'abord appliqué à rétablir
icy l'abondance des Vivres ; plusieurs Navires
étant déja partis de ce Port pour aller chercher
des Bleds ; et comme la Viande commençoit à
être à un trop haut prix , il a fait dire au Chef
des Bouchers qu'il le feroit pendre si on en manquoit.
Cette ménace a produit un merveilleux
effet ; la Viande étant presentement bien plus
abondante , et à son prix ordinaire. Ainsi l'une
des principales causes du mécontentement étant
ôtée , nous nous trouvons dans une assez grande
tranquillité , et on n'entend plus parler de rébellion
ni d'incendie.
Il y a quelques jours que le Prince de Valachie
a été déposé , la Porte a mis à sa place le
fils du Waivode Nicolas Maurocordato , ce dernier
étant mort de la Peste quelques jours avant
la derniere Rebellion .
Il y a eu quelque mutinerie dans l'Armée des
Turcs sur la Frontiere de Perse , et le bruit a
même couru que le Seraskier ou Commandant
en chef avoit passé par le sabre des Mutins . On
a tenu là- dessus de fréquentes Conferences à la
Porte.
I. Vol.
Le
2882 MERCURE DE FRANCE
Le Tefterdar ou Grand -Trésorier , qui étoit
sur la Liste du dernier Vizir déposé , pour ceux
qui devoient être releguez, a été élevé à la Charge
de Pacha à trois queues , conservant cependant
sa Charge de Grand- Trésorier ; on croit même
qu'il pourra succeder au Grand- Vizir. C'est un
homme de beaucoup d'esprit et de mérite.
Le Patriarche de Constantinople en charge , a
été d'abord confirmé par le nouveauG. V. ce qui
affoiblit l'esperance dont se flatoit le Patriarche
Jeremie son Concurrent , de remonter à ce Poste
éminent ; cependant ce Prélat s'est accommodé
et promis de se retirer ; sur quoi on lui a conferé
l'Archevêché de Negrepont : il est encore actuellement
chez les PP. Capucins de Pera , sans qu'on
dise que son départ soit fixé.
ou
Aujourd'hui le Prince de Scherbataf,, envoyé
de la Czarine , est arrivé à Ponte- Piccolo
il doit rester deux jours , et le S. de ce mois faire
son Entrée publique dans Pera-lès - Constantinople.
1
Suivant les dernieres nouvelles de l'Armée , les
Persans étoient retranchez sous le Canon de
Tauris avec 1 5oooo. Combattans , et paroissoient
n'avoir nulle envie de donner bataille; mais nous
apprenons aujourd'hui qu'elle a été donnée sans
qu'on dise qui des Turcs ou des Persans a commencé
l'attaque , ni ce qui peut l'avoir occasionnée;
on assure seulement que l'action a été trèsconsiderable
et au désavantage des Persans. Voici
les principales circonstances qu'on public.
La Bataille dont on ne fixe pas le jour , a duré
heures entieres. Le Pacha de Babylone y commandoit
en chef l'Armée de la Porte, comme Seraskier.
Les deux premieres heures se sont passées
dans un feu continuel du Canon et de la Mous-
I. Vol. queterie
DECEMBRE 1731. 2883
queterie, et les cinq dernieres à combattre à
Coups de Sabre. La victoire a cu de la peine à se
déterminer ; les Turcs ont perdu 12 mille hommes
, parmi lesquels étoit l'élite des plus braves
Officiers que le Commandant avoit cu soin de
placer auprès de lui.
✓
Du côté des Persans , toute l'Infanterie est
presque restée sur le champ de bataille ; leur Bagage
est tombé entre les mains des Turcs , qui
ont trouvé dans les dépouilles les Ornemens
Royaux de Schach Thamas ; ce Monarque s'étant
à peine sauvé du debris de son Armée, Sans
parler de 30 Pieces de Canon de fonte , qui sont
d'une telle beauté , que les Turcs croyent que
c'est l'ouvrage des Chrétiens. Outre ce butin si
considerable , les Turcs ont trouvé dans Hamadan
100. Pieces de Canon ; sçavoir , 70. qu'ils y
avoient laissez , et 30. dont les Persans avoient
augmenté l'Artillerie de cette Place.
Cette nouvelle a été annoncée au Peuple pen
dant trois jours consecutifs et par trois décharges
par jour de toute l'Artillerie du Serrail.
Nonobstant la publication de ce grand avanta
ge , il semble. que cette Guerre ne soit pas du
goût de la Nation. Les Lettres qui nous appren
nent ces circonstances , confirment qu'il y a eu
quelque mutinerie dans l'Armée des Turcs , mais
elles ne confirment pas que le Seraskier ait été sabré
par les Mutins , comme on l'avoit dit ; on voir
au contraire , que ce General a conduit toute
P'Action , et que c'est à lui qu'est duë la victoire
dont on fait ici tant de bruit.
Novembre 1731 .
Otre nouveau Grand Vizir Topal Osman
,
Nucha a paru jusqu'à present d'une humeur
assès moderée et très- genereuse ; il est fort
porté en faveur des Chrétiens , tant Catholiques
que Grecs Schismatiques , de quoi il a déja
donné quelques marques , en leur accordant la
permission de rébâtir leurs Eglises consumées
dans le dernier Incendie .
Ce Ministre s'est d'abord appliqué à rétablir
icy l'abondance des Vivres ; plusieurs Navires
étant déja partis de ce Port pour aller chercher
des Bleds ; et comme la Viande commençoit à
être à un trop haut prix , il a fait dire au Chef
des Bouchers qu'il le feroit pendre si on en manquoit.
Cette ménace a produit un merveilleux
effet ; la Viande étant presentement bien plus
abondante , et à son prix ordinaire. Ainsi l'une
des principales causes du mécontentement étant
ôtée , nous nous trouvons dans une assez grande
tranquillité , et on n'entend plus parler de rébellion
ni d'incendie.
Il y a quelques jours que le Prince de Valachie
a été déposé , la Porte a mis à sa place le
fils du Waivode Nicolas Maurocordato , ce dernier
étant mort de la Peste quelques jours avant
la derniere Rebellion .
Il y a eu quelque mutinerie dans l'Armée des
Turcs sur la Frontiere de Perse , et le bruit a
même couru que le Seraskier ou Commandant
en chef avoit passé par le sabre des Mutins . On
a tenu là- dessus de fréquentes Conferences à la
Porte.
I. Vol.
Le
2882 MERCURE DE FRANCE
Le Tefterdar ou Grand -Trésorier , qui étoit
sur la Liste du dernier Vizir déposé , pour ceux
qui devoient être releguez, a été élevé à la Charge
de Pacha à trois queues , conservant cependant
sa Charge de Grand- Trésorier ; on croit même
qu'il pourra succeder au Grand- Vizir. C'est un
homme de beaucoup d'esprit et de mérite.
Le Patriarche de Constantinople en charge , a
été d'abord confirmé par le nouveauG. V. ce qui
affoiblit l'esperance dont se flatoit le Patriarche
Jeremie son Concurrent , de remonter à ce Poste
éminent ; cependant ce Prélat s'est accommodé
et promis de se retirer ; sur quoi on lui a conferé
l'Archevêché de Negrepont : il est encore actuellement
chez les PP. Capucins de Pera , sans qu'on
dise que son départ soit fixé.
ou
Aujourd'hui le Prince de Scherbataf,, envoyé
de la Czarine , est arrivé à Ponte- Piccolo
il doit rester deux jours , et le S. de ce mois faire
son Entrée publique dans Pera-lès - Constantinople.
1
Suivant les dernieres nouvelles de l'Armée , les
Persans étoient retranchez sous le Canon de
Tauris avec 1 5oooo. Combattans , et paroissoient
n'avoir nulle envie de donner bataille; mais nous
apprenons aujourd'hui qu'elle a été donnée sans
qu'on dise qui des Turcs ou des Persans a commencé
l'attaque , ni ce qui peut l'avoir occasionnée;
on assure seulement que l'action a été trèsconsiderable
et au désavantage des Persans. Voici
les principales circonstances qu'on public.
La Bataille dont on ne fixe pas le jour , a duré
heures entieres. Le Pacha de Babylone y commandoit
en chef l'Armée de la Porte, comme Seraskier.
Les deux premieres heures se sont passées
dans un feu continuel du Canon et de la Mous-
I. Vol. queterie
DECEMBRE 1731. 2883
queterie, et les cinq dernieres à combattre à
Coups de Sabre. La victoire a cu de la peine à se
déterminer ; les Turcs ont perdu 12 mille hommes
, parmi lesquels étoit l'élite des plus braves
Officiers que le Commandant avoit cu soin de
placer auprès de lui.
✓
Du côté des Persans , toute l'Infanterie est
presque restée sur le champ de bataille ; leur Bagage
est tombé entre les mains des Turcs , qui
ont trouvé dans les dépouilles les Ornemens
Royaux de Schach Thamas ; ce Monarque s'étant
à peine sauvé du debris de son Armée, Sans
parler de 30 Pieces de Canon de fonte , qui sont
d'une telle beauté , que les Turcs croyent que
c'est l'ouvrage des Chrétiens. Outre ce butin si
considerable , les Turcs ont trouvé dans Hamadan
100. Pieces de Canon ; sçavoir , 70. qu'ils y
avoient laissez , et 30. dont les Persans avoient
augmenté l'Artillerie de cette Place.
Cette nouvelle a été annoncée au Peuple pen
dant trois jours consecutifs et par trois décharges
par jour de toute l'Artillerie du Serrail.
Nonobstant la publication de ce grand avanta
ge , il semble. que cette Guerre ne soit pas du
goût de la Nation. Les Lettres qui nous appren
nent ces circonstances , confirment qu'il y a eu
quelque mutinerie dans l'Armée des Turcs , mais
elles ne confirment pas que le Seraskier ait été sabré
par les Mutins , comme on l'avoit dit ; on voir
au contraire , que ce General a conduit toute
P'Action , et que c'est à lui qu'est duë la victoire
dont on fait ici tant de bruit.
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Résumé : LETTRE écrite de Constantinople, le 2 . Novembre 1731.
La lettre datée du 2 novembre 1731 de Constantinople relate divers événements politiques et militaires. Le nouveau Grand Vizir, Topal Osman, se distingue par son attitude modérée et généreuse envers les Chrétiens, permettant la reconstruction de leurs églises détruites par un incendie. Il a également pris des mesures pour rétablir l'abondance des vivres et stabiliser les prix de la viande, contribuant ainsi à apaiser les tensions et éviter les rébellions. Le Prince de Valachie a été déposé et remplacé par le fils de Nicolas Maurocordato, décédé de la peste. Des mutineries ont été signalées dans l'armée turque à la frontière perse, mais le Seraskier a mené une bataille victorieuse contre les Persans, capturant des trésors et des canons. Le Tefterdar a été promu au rang de Pacha à trois queues tout en conservant son poste, et est considéré comme un potentiel successeur au Grand Vizir. Le Patriarche de Constantinople a été confirmé dans ses fonctions, tandis que son concurrent, Jérémie, a accepté un archevêché à Negrepont. L'envoyé de la Czarine, le Prince de Scherbataf, est arrivé à Ponte-Piccolo et doit faire son entrée publique à Pera-lès-Constantinople. Les nouvelles de l'armée indiquent que les Persans étaient retranchés à Tauris, mais une bataille a eu lieu, dont les détails exacts restent flous. Les Turcs ont subi des pertes importantes, mais ont finalement remporté la victoire, capturant des trésors et des canons persans. Malgré cette victoire, la guerre semble impopulaire parmi la population.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2180
p. 2893-2908
RELATION du Passage de l'Infant DON CARLOS, dans la Province du Roussillon.
Début :
Le Marquis de Gailus, Grand-Croix de l'Ondre de 3. Loüis, Lieutenant General des armées [...]
Mots clefs :
Prince, Province, Officiers, Perpignan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION du Passage de l'Infant DON CARLOS, dans la Province du Roussillon.
RELATION du Passage de l'Infans
DON CARLOS , dans la Province.
du. Roussillon..
E Marquis de Gailus , Grand- Croix de l'On-
> Edre de 3. Louis ,Lieutenant General des at
mées du Roy et de la Province du Roussillon ,,
commandant en chef, reçut les ordres de la
1. Voli
F Cou
2894 MERCURE DE FRANCE
Cour le 8. Novembre , au sujet du Passage de
Don Carlos en France , lesquels portoient que
Pintention du Roy étoit qu'il fût reçû comme
Fils de France , et qu'on lui rendît tous les honneurs
dûs à cette qualité. A ces ordres on avoit
joint la route qu'il devoit tenir , et ajoûté que
M. Desgranges , Maître des Ceremonies , se rendroit
incessamment dans cette Province pour se
trouver à l'arrivée du Prince , et regler le Ceremonial.
Suivant cet itineraire , la Marche de Don
Carlos devoit être de Seville à Barcelonne de 47.
jours , les séjours non compris , et par là ce Prin
ce ne partant que le 20. d'Octobre , ne pouvoit,
en la suivant, arriver à Perpignan que vers le 15.
de Decembre , ce qui auroit donné un temps sufe
fisant pour les préparatifs nécessaires.
Le M. de Cailus donna d'abord ses ordres ,
tant pour la réparation des chemins , que pour
les logemens et l'abondance des vivres ; et comme
Je Col du Pertus , par où il faut passer , est un
chemin très - étroit entre deux Montagues , que
la chute des eaux avoit depuis un temps- infini
rendu impraticable et qui demandoit beaucoup
de soin et de travail pour le réparer ; il chargea
de Viguier du Roussillon , de se rendre sur les
lieux pour le mettre en l'état qu'il convenoit,
Une grande partie de ce chemin n'étant que de
Rocher , il cominanda un Sergent et 16. Mineurs.
pour y travailler ; soo. Paysans furent employez
à cet ouvrage , dont la moitié étoit de cette Province
et l'autre moitié d'Espagne ; ce qui se fit
de concert entre les Marquis de Cailus et de Risbourg,
Capitaine General de Catalogne. Les pré-
Cautions que le M. de Cailus avoit prises à l'égard
de ce passage , furent si utiles et ses ordres
si bien executez, que quoique l'Infant soit arrivé
-1 Volo
DECEMBRE. 1931. 1895
18. jours plutôt qu'il n'étoit marqué par sa route
, l'on a passé très -commodément dans ce che
min , et le succès a été au-delà de ce que l'on
pouvoit esperer.
Sur quelques bruits qui se répandirent que le
Prince acceleroit sa marche et doubloit ses journées
, le M. de Cailus voulut voir par lui- même
dans quel état étoit ce chemin ; il s'y rendit le
22. Novembre , et étant à portée du Pertus , il
rencontra un Courrier dépêché par le M. de Risbourg
, qui lui donnoit avis que l'Infant arrive
foit le 25. à Figuieres , et le 26. à coucher au
Boulou.
A cette nouvelle inopinée , le M. de Cailus re
int sur ses pas au Boulou. Ce lieu est un des plus
mauvais Villages du Roussillon , à peine y trou
veroit- on six Maisons où il y ait des
portes eg
des fenêtres ; l'état affreux de ce Village ne déconcerta
pas M. de Cailus , après l'avoir visité
il choisit la maison la plus propre pour loger le
Prince et trois autres maisons voisines pour les
gens nécessaires auprès de sa personne ; la plus
logeable après celle du Prince fut destinée pour
M. le Comte de Sant- Estevan , Gouverneur de
sa Personne , &c. et le M. de Cailus fut obligé ,
dans celle qu'il prit pour lui , d'y joindre une
Grange voisine , où il fallut pratiquer et faire
bâtir des cheminées et generalement tout ce qui
est necessaire pour des Cuisines et Offices ; il fal
lut aussi ouvrir des portes pour communiquer
dans la Maison où il tient ses Tables , et le tour :
fut executé en deux fois vingt - quatre heures par
la quantité d'Ouvriers que l'on y employa .
*
* Voyez toutes les qualitez de ce Seigneur
dans le Mercure de Novembre 173 1. page 2661.
I: Vol.
4.vi Ces
2896 MERCURE DE FRANCE
Ces ordres donnez , ce General se rendit à Peri
pignan , où ses premiers soins furent d'envoyer,
une partie de ses Officiers au Boulou , et tout ca
qui étoit necessaire pour recevoir avec dignité le
Prince et sa Suite.
Le 25. Le M. de Cailus accompagné de la No.
blesse du Roussillon et de la Compagnie des Gardes
de la Province , se rendit à Bellegarde , où il
coucha. M. de Jallais , Intendant , s'y rendit aussi.
Le 26. sur les 11. heures du matin , ce General
se rendit sur la petite Riviere d'Allobragat , qui
fait la séparation des deux Rouyaumes ; il trouva
au-de là de cette Riviere deux Escadrons de Dra
gons en bataille , du Régiment de Sagunte. A
une heure après midi arriverent le M. de Risbourg
et M. de Sartim , Intendant de Catalogne. M. de
Cailus présenta M. de Jallais à M. de Risbourg ,
et ces deux Generaux , après s'être donné plu
sieurs marques de cordialité et d'amitié , eurent
une conference ensemble jusques à l'arrivée du
Prince , qui fut vers les trois heures ; les deux Intendants
en eurent une autre séparément .
Son Altesse Royale arriva dans sa Berline ;
dans laquelle étoient le Comte de Sant- Estevan
et un Gentilhomme de sa Chambre , elle étoit
escortée par ses Gardes du Corps et par ses Hallebardiers
. M. de Risbourg présenta au Prince
M. de Cailus et ce dernier présenta à S. A. R.
M. de Jallais et la Noblesse de la Province ; il lui
offrit en même- temps sa Littiere pour passer
plus commodement la Montagne , le Prince lui .
dit qu'il étoit informé de l'attention qu'il avoit
eue à la faire venir , qu'il lui étoit obligé , qu'il
passeroit la Montagne en Berline , et que s'il y
avoit quelque mauvais pas , il mettroit pied à
terre , aimant fort à marcher ; à quoi il ne fug.
1. Yola
poing
DECEMBRE . 1731. 28977
oint obligé, les Equipages étant passez très - aisé
ment et sans nulle difficulté . Mi de Cailus offrit
aux Gentilshommes de la Maison du Prince sa
Berline , attelée de six chevaux , qu'il avoit fair
mener à vuide , mais ces Messieurs le remercie
rent et ne s'en servirent pas .
L'Infant continuant sa Marche , fut salué en
passant sous Bellegarde , d'un décharge generale
du Canon de cette Place. La Maréchausséeétoit
postée par Brigades de distance en distance .
sur la route ; la Compagnie des Gardes de la
Province marchoit un quart de lieuë devant ;
M. de Cailus suivit à cheval pendant quelque:
temps S. A. R. Il s'avança ensuite pour se trou
ver à la descente du Carrosse . Le Prince arriva à¸
P'entrée de la nuit au Boulou. M. de Cailus eut-
Phonneur de lui donner la main pour le conduire
dans sa chambre , où il fut vû de tout le mondejusqu'à
l'heure du souper et pendant son souper.
Suivant les instructions de la Cour , M. Des
granges devoit conferer avec le Comte de Sant-.
Estevan , regler avec lui le Ceremonial , en ren-.
dre compte à M. de Cailus , et s'arranger ensemble
là - dessus ; mais M. Desgranges n'étant pas
arrivé , M. de Cailus fut obligé de suppléer à
tout. Il eut une Conference avec M. de Sant-
Estevan , de plus d'une heure , à laquelle fut présent
M. de Jallais ; ce Seigneur , qui est particu
lierement chargé de la conduite du Prince , parue
très -satisfait des attentions et des politesses de
M. de Cailus.
Ce fut dans cette Conference que M. de Cailus .
fit changer l'ordre de la Marche du Prince , qui
devoit , partant de Perpignan le 28. aller coucher
à Salces et détermina M. de Sant - Estevan à séjourner
à Perpignan ce jour là, et d'aller le 29. à
L. Fel Sigeant
ક
2898 MERCURE DE FRANCE
Sigean ; ce General se détermina à cela , à cause
des maladies qui sont à Salce , ne voulant pas hazarder
que S. A. R. logeât dans un lieu , ou de-.
puis trois mois , il est peu de Maisons où il n'y
ait des malades.
Le M. de Cailus avoit fait venir de Couliouvre
au Boulou , les deux Compagnies des Grenadiers
du Régiment de Toulouse et deux Détachemens
de so. hommes chacun . La premiere Compagniede
Grenadiers monta la Garde chez l'Infant , et
les autres Troupes furent dispersées en differens :
postes , pour la sureté du Quartier et des Equipages
du Prince.
Les attentions de M. de Cailus furent jusques à
faire illuminer par des flambeaux de poing et par
des Réchauts de Rempart , tout le Village du
Boulou , ce qui évita tous désordres et toute la
confusion .
Le foin et la paille furent distribuez gratis des
Magazins de la Province , par les ordres de :
M.P'Intendant.
Après le souper de S. A. R..M de Cailus demanda
la permisson au Prince de prendre les devants
pour le recevoir à son Entrée à Perpignan ,
après quoi il se rendit dans sa Maison du Boulou
, où il y avoit 4. Tables de 20. couverts chacune,
et une cinquième pour les Gardes du Corps
du Prince. Ces Tables furent servies en mêmetemps
avec toute la magnificence , la délicatesse
et la somptuosité possible. Les Vins étrangers et
les Liqueurs y furent abondantes ; elles furent
remplies par les Officiers de la Maison du Prince,.
par la Noblesse de la Province et par les Officiers
du Détachement. Tous ces Messieurs parurent
surpris qu'en aussi peu de temps et dans un si
mauvais lieu , on cût pû donner à manger avec
Io, Veho autane
DECEMBRE . 1731 . 2899
autant d'arrangement , de gout et d'abondance,
M. l'Inrendant eût aussi des Tables dans sa
Maison.
A une heure après minuit M. de Cailus monta
dans sa Berline et se rend à Perpignan , où le
Prince arriva à onze heures du matin , il fut reçu
à la Barriere par le M.de Cailus, à la tête de l'Etat
Major , qu'il eut l'honneur de présenter à S. A. R.
qui lui demanda à quelle heure il étoit parti du
Boulou , ajoutant qu'il n'avoit pas eû le temps de
se reposer , M. de Cailus lui dit qu'il étoit venu
en diligence pour que rien ne manquât à sa réception.
Le Canon de la Ville et celui de la Citadelle ,
firent une dêcharge generale , et depuis la Porte
de S. Martin , par où l'Infant entra , jusqu'à sons
Palais , il -marcha entre les Troupes qui bordoient.
la haye des deux côtez , et il fut salué de l'Esponton
par les Officiers. Sa Garde étoit composée
de 150 hommes avec un Drapeau.
M. de Cailus , suivi de l'Etat- Major et de la
Noblesse , se trouva à la descente du Carrosse du
Prince, il eut l'honneur de lui donner la main , et
de le conduire dans son Appartement : M. l'Evêque
et M. l'Intendant s'y trouverent aussi,
Le M. de Cailus avoit cedé entierement son
Hôtel à S. A. R. Le Comte de Sant- Estevan ,
Madame son Epouse , le Duc et la Duchesse d'Arion
, les trois Enfans du Comte de Sant -Estevan
et les principaux Officiers necessaires auprés de
la Personne du Prince , logerent dans le même
Hôtel , aussi-bien que les Officiers de la Chame
bre , de la Garderobe et de la Bouche ; on n'avoit
rien épargné pour le meubler superbement. L'Appartement
étoit composé en enfilade de deux
grandes Sales , d'une troisième ou étoit placé le
1. Vola Daio
2900 MERCURE DE FRANCE
Dais de la Chambre du Prince , de deux Cabi
nets et Garderobes , et d'une Sale à manger ; la
tout meublé d'un goût et d'une magnificence peu
ordinaire dans les Provinces ; tous les autres Appartemens
de l'Hôtel ou logeoit la Maison de
S. A. R. l'étoient à proportion , et rien ne man→
quoit pour l'utile et pour l'agréable..
2
et
L'attention de M. de Cailus fut portée si loin ,
que ses Offices et Gardes- mangers furent toûjours
remplis de tout ce qu'il y a de plus recherché ,
e'est de-là que les Officiers du Prince tirerent pour
sa Bouche et pour sa Maison , tout ce qui leur
étoit necessaire, aussi -bien que ceux du Comte de
Sant-Estevan les Officiers 1 . de M. de Cailus
avoient soin de remplacer ce que l'on en tiroit
comme l'on avoit fait au Boulou.
Le Prince mange toûjours seul ; il est servi par
ses Officiers.
Comme l'Infant avoit prévenu M. de Cailus
qu'il seroit bien aise de recevoir les Complimens
qu'on avoit à lui faire avant le dîner , ce General
fit avertir les Corps qui devoient haranguer , de
se rendre au Palais de l'Infant d'abord après'son
arrivée Le Conseil Souverain s'y rendit et harangua
le premier ; le M. de Cailus marchoit à la
tête, et eut l'honneur de le presenter au Prince. Le
Premier Président porta la parole. Il reçut ensuite
les respects du Chapitre de la Cathedrale , l'Archidiacre
Salleles parla au nom du Clergé. Les
Consuls en Robes de Ceremonie , suivirent le
Clergé et offrirent les présens accoutumez . Tous
tes autres Corps complimenterent successivement
Le Chevalier de Cailus , fils du Marquis de
Cailus , âgé de 8. ans , fit aussi à S. A. R. un
Compliment avec beaucoup de grace. Le Prince
en fut si charmé , qu'il l'a toujours voulu avoir
La Vol.
auprès
DECEMBRE. 1731. 2908
auprès de sa Personne pendant son séjour , cejeune
Seigneur , auquel il a marqué plusieurs dé
monstrations de bienveillance et de bonté.
Les Harangues finies , Madame la M. de Cai
lus , suivie des principales Dames de cette Ville ,
fit demander au Comte de Sant Estevan , si elle
pourroit avoir l'honneur de faire la réverence à
P'Infant , le Comte de Sant- Estevan ayant reçu ,
les ordres du . Prince , vint chercher la Marquise .
de Cailus , et l'annonça à S , A, R. Cette Dame ,
ornée de toutes les graces possibles et d'un esprit
superieur , moins brillante encore par toutes ses
qualitez , que par sa vertu et par le talent de se
faire aimer generalement de tout le monde , charma
le Prince et tonte sa Cour , par la maniere
noble avec laquelle elle se présenta et parla à.
SA. R. Elle lui présenta toutes les Dames de sa
suite .
Le Prince dîna en public , et peu de temps.
après son dîner il alla à la Chasse dans la Réserves.
il fit paroître dans cet exercice beaucoup d'adresse
et d'inclination , et tua plusieurs pieces de Gibier.
Il arriva à la nuit et trouva son Hôtel illuminé
d'un goût singulier ; tous les Appartemens étoient
éclairez par quantité de Lustres , de Girandoles ,
et de Bras arrangez avec un ordre qui présentoit
à la vûë une illumination peu commune.
La Terrasse qui regne le long de l'Apparte
ment qu'occupoit l'Infant étoit ornée de Lauriers
er de Festons de fleurs , qui formoient des Colomnes
et des Bordures que l'on avoit garnies de
Lampions et de Guirlandes , avec une admirable
cimetrie; ce qui joint à plusieurs Vases remplis
d'Orangers et d'Arbrisseaux dont la Terrasse
étoit couverte , offroit un spectacle charmant et
qui frappoit très agréablement la vûë lorsque
tout était illuminé, La
2902 MERCURE DEFRANCE
::
و م
La façade de l'Hotel étoit décorée d'un goût
aussi singulier que charmant : c'étoit un Arc
de Triomphe élevé sur un Plan dressé par M.
Boutiller Dauroy , Officier d'Artillerie . Cet Edifice
avoit 44 pieds et demy de largeur sur 45.
pieds de hauteur ; il étoit orné de Trophées ,.
desquels pen loient deux Médaillons qui représentoient
, l'un le Soleil dans le signe du Lion
avec ces paroles Transeundo recreat . Et l'au
tre , le Soleil levant , avec la Legende : jubess
sperare. Les Pilastres qui portoient les Médaillóns
, étoient surmontés d'une Corniche termi➡
née par une Balustrade de 4 pieds et demy de
hauteur , sur laquelle s'élevoit un Attique de six :
pieds de hauteur , lequel soûtenoit les Armes
d'Espagne , au côté desquelles étoient deux Piramides
hautes de 11. pieds , terminées par une
Fleur de Lys .
Tout l'Edifice étoit peint en Marbre de diffe
rentes couleurs Pintervalle qui restoit entre
l'architrave et la principale porte , étoit rempli
par un Tableau de 9 pieds de largeur sur 4 pieds
de hauteur , qui représentoit Mars et Minerve
se donnant la main ; derriere ces Figures s'élevoit
un Olivier , aux branches duquel étoit atta-,
ché l'Ecu de France entre ceux de l'Empire
l'Espagne , de l'Angleterre et de la Hollande .
avec cette Legende : Spes pacis eterna fundata.
> de
L'espace depuis chaque Pilastre jusqu'au Mur
où se terminoit le côté de la façade étoit dé
coré par une Maçonnerie de 2 pieds de hauteur:
sur 11. de largeur , sur laquelle regnoit encore
une Balustrade faisant simetrie avec celle qui
étoit au- dessus de la Corniche : cet intervalle
étoit aussi orné de deux Médaillons , sur un
I. Vel.. desquels ,
DECEMBRE 1731. 2903
esquels étoit représentée l'Espagne assise sur
Un Globe avec ses armes , la Rénommée lui
présentoit la Couronne des Etats d'Italie , dont :
le . Prince Don Carlos va prendre possession ,
avec cette Inscription : Spes matura felicitatis .
Sur l'autre étoit représentée l'Europe assise et en
repos au milieu de ses attributs , avec ces mots ::
Tranquillitas Europa . La bordure du grand.
Tableau et celle des Médaillons , aussi-bien ;
que l'Arceau du milieu , étoient ornés de Guirlandes
, de Lauriers , et de Mirthes entrelassés
de fleurs.
Tout l'Edifice étoit garni de Lampions qui
suivoient par tout la forme et les Profils de l'Architecture.
Ces Lampions allumés joints à l'Ar-,
tifice qui sortoit de divers endroits de cet Arc de
Triomphe,formerent pendant une partiede la nuit
un spectacle brillant aux yeux du Peuple qui y étoit
accouru de toute la Ville , ou que la curiosité.
avoit attiré de divers endroits de la Province,
Les autres façades de cet Hôtel et toutes les
fenêtres étoient illuminées par un nombre infini
de flambeaux de poing. L'Hôtel de M. l'Intendant
étoit aussi éclairé avec beaucoup de
goût , tant en- dehors qu'en dedans.
2.
>
2
L'Hôtel de Ville , dont la façade est trèsétendue
étoit éclairé avec autant de goût et de
cimetrie , les Consuls , pour marquer leur zele
donnerent le 27 une danse sur la Place de l'Hôtel
, nommée la Loge , avec les Instruments qui
sont en usage dans le Pays , où tout le Peuple
dansa une partie de la nuit. Le 28 , ils donnerent
un Bal dans la grande Sale du même Hôtel
pour toutes les Personnes de consideration ; il
y eût une collation magnifique , et toute sorte
de rafraîchissemens,
1. Vol Pendang
2904 MERCURE DE FRANCE
Pendant les deux nuits que le Prince a passées
Perpignan , toutes les maisons ont été illuminées
, et il n'y a personne qui n'ait fait paroître.
du zéle et de l'émulation.
>
La Marquise de Cailus se trouva chez le
Prince au retour de la Chasse suivie de plusieurs
Dames qu'elle eût encore l'honneur de lui
présenter et l'invita, d'assister à un Concert
qu'elle avoit fait préparer dans la grande Salle
des Gardes : S. A. R. parut très contente du
Concert , et dit à la Marquise de Cailus que
c'étoit le premier Concert qu'il eût entendu en
François. Madame de Jallais eût l'honneur de
faire la réverence au Prince un moment avant:
qu'il entrât au Concert. S. A. R. soupa ensuite
en Public comme le matin..
Le 28 , le Prince entendit la Messe dans la
Chapelle de son Appartement , qui étoit magnifiquement
ornée. Il avoit dit le soir à M. de
Cailus qu'il souhaittoit voir la . Citadelle le
lendemain à 9 heures du matin . Ce Commandant
se rendit chez S. A. R. à l'heure marquée
puis la devança pour se trouver sur la Place
d'Armes de la Citadelle , à la descente du Carosse.
Les Troupes de la Garnison étoient en
Bataille sur cette Place , le Prince ayant mis pied.
à terre , fut salué en passant à la tête des Troupes
; il fit le tour des Remparts et vit la Sale :
d'Armes ; il fut encore salué en entrant à la Citadelle
par toute l'Artillerie ; la même Salve fut
repetée à sa sortie , qu'il fit à pied , appuyé sur
le Marquis de Cailus , et il ne monta en Carosse
qu'après avoir passé le dernier Pont Levis.
›
Le Prince dina et soupa en public , alla à la
Chasse et au Concert, comme le jour précédent.
Après le Concert , Mad . de Cailus prit congé de
La Kola $
DECEMBRE 1731. 2905
E. A. R. qui parut tres- satisfaite de toutes les attentions
de cette Dame.
Le Marquis de Cailus qui avoit abandonné son
Hôtel à S.A.R. étoit logé dans celui du Marquis
d'Aguilar , où il tint pendant tout le temps que
Prince a resta à Perpignan , cinq Tables , de so
Couverts chacune , qui furent toujours remplies
tant par les Officiers de la Maison du Prince , les
Dames de la Ville,la Noblesse , les Officiers,Mess.
du Conseil Souverain , que par d'autres personnes
de distinction .
Ces cinq Tables furent toujours servies soir et
matin en même- temps , avec toute la profusion
et toute la délicatesse imaginable. Les Vins
étrangers et les Liqueurs s'y trouverent en abondance
. Le Dessert sur tout y étoit magnifique et
fort ingénieux . Les Cristaux des côtez et des bouts
étoient dispersez en Cascade , et à chaque repas ,
d'un arrangement different. Les Découpures qui
les accompagnoient , presentoient de tous côtez
les Armes de France , d'Espagne , de Parme et de
Toscane. On distinguoit pareillement dans les
festons des Fleurs de Lys , des Lions , des Tours
et les autres Symboles convenables. Les Pirami
des des Cristaux du milieu étoient terminées par
des Banderolles en découpure , peintes en miniature
, et chargées d'emblêmes , faisant allusion
au voyage de l'Infant. Toutes ces Piramides
étoient garnies aux soupers de quantité de Bougies
à quatre méches , artistement placées , qui
faisoient un effet aussi charmant que singulier
Il ne fut pas possible à M. de Cailus de faire
les honneurs aux dîners , ayant toujours suivi
S. A. R. à la chasse ; mais la Marquise son
Epouse y suppléa. De l'aveu general de tous ceux
qui ont assisté à ces Repas , il est impossible de
1. Vol s'en2905
MERCURE DE FRANCE
s'en acquitter avec plus de grace , de politesse
d'attention et d'enjouement que cette illustre
Dame l'a fait. Les Etrangers ne cesserent de lui
donner des louanges et d'applaudir , le Prince
même , satisfait au dernier point , eut la bonté de
dire à M. de Cailus que s'il n'étoit aussi pressé
de partir qu'il l'étoit , il auroit séjourné deux
jours de plus avec plaisir dans cette Ville . S.A.R.
ordonna de plus au Comte de Candelle et à quelques,
autres Officiers de lui rendre un compte
exact de la façon dont ils avoient été traitez , er
de la maniere avec laquelle les Tables avoient été
servies chez le M. de Cailus : Elle parut si contente
de la Relation qu'on lui en fit , qu'il l'écrivit
de sa main pour l'envoyer à la Reine d'Espagne
, sa Mere .
M. de Jallais de son côté tint des Tables chez
lui qui furent servies avec délicatesse et magnificence.
M. le Comte de Sant Estevan ne pouvant pas
quitter la Personne du Prince , tint une Table
pour les Officiers qui étoient de service auprès de
' Infant , et pour ceux qui étoient de garde , et il
n'a mangé nulle part qu'à cette Table.
2M Desgranges , Maître des Cérémonies , arriva
à Perpignan le 28 , à 9 heures du matin ; il
fut présenté au Prince par M. de Cailus ; il n'eut
qu'à applaudir à tout ce qui s'étoit fait en son
absence sur le Cérémonial , et dit que quand il
auroit été présent , il n'auroit rien pû ajouter à
tout ce que M. de Cailus avoit fait, tant pour le
Cérémonial , que pour les honneurs qu'on avoit
rendus à l'Infant , &c.
Le 29 , sur les 8 heures du matin , le Prince
partit après avoir entendu la Messe , comme le
jour précédent, Les Troupes bordoient la Have
I. Vol.
desDECEMBRE
. 1731. 2907
des deux côtez , depuis son Hôtel , jusques à la
porte de Notre Dame par où il sortit. Îl fut salué
de l'Esponton par les Officiers , et l'Artillerie
de la Ville , et la Citadelle firent les mêmes salves
qu'à son arrivée .
La marche du Prince de Perpignan à Fitou , se
fit dans le même ordre qu'elle avoit été du Boulou
à Pérpignan
Le M. de Cailus , suivi de la Noblesse de la Province
, se rendit à Fitou ; il avoit eu la précaution
de faire porter à Salces une abondante & magnifique
alte , qui ne fut pas inutile , plusieurs of
ficiers du Prince en ayant profité .
Depuis l'entrée de l'Infant dans le Roussillon
jusques à sa sortie de cetté Province M. de Cailus
ne l'a point quitté , lui faisant sa cour tres- exactement
avec une noblesse et une dignité dont peu
de personnes sont capables. Toute la Maison du
Prince a été charmée de ses politesses et de ses attentions
, et M.de Sant -Estevan le lui a témoigné
plusieurs fois ; non- seulement les Etrangers ont
été tres- contens , mais il n'est personnes dans
cette Province qui n'ait eu lieu de se louer de ses
bonnes manieres , de son affabilité et de sa douceur.
On ne peut rien ajouter à la magnificence
avec laquelle il a agi dans cette occasion , et enfin
on est surpris de la dépense excessive qu'il a
faite.
S. A. R. passant à Salces fut salué de tout le
Canon de cette Place : Elle arriva à Fitou à onze
heures et demie du matin . Le M. de Lafare, Chevalier
des Ordres du Roy , Maréchal de Camp
de ses Armées , Commandant dans la Province de
Languedoc, étoit à Fitou pour y attendre le Prin
ce. M. de Cailus le presenta à S. A. R. et remit
ge Prince entre ses mains, comme M.de Risbourg
1. Vol. l'avoit
2908 MERCURE DE FRANCE
T'avoit remis entre les siennes. Les Intendans de
Roussillon et de Languedoc s'y trouverent aussi.
Le Comte de Sant- Estevan pria le M. de Cailus
a dîner , et le Prince s'amusa à tuer des Lapins
que M. de Cailus avoit fait porter à Fitou .
DON CARLOS , dans la Province.
du. Roussillon..
E Marquis de Gailus , Grand- Croix de l'On-
> Edre de 3. Louis ,Lieutenant General des at
mées du Roy et de la Province du Roussillon ,,
commandant en chef, reçut les ordres de la
1. Voli
F Cou
2894 MERCURE DE FRANCE
Cour le 8. Novembre , au sujet du Passage de
Don Carlos en France , lesquels portoient que
Pintention du Roy étoit qu'il fût reçû comme
Fils de France , et qu'on lui rendît tous les honneurs
dûs à cette qualité. A ces ordres on avoit
joint la route qu'il devoit tenir , et ajoûté que
M. Desgranges , Maître des Ceremonies , se rendroit
incessamment dans cette Province pour se
trouver à l'arrivée du Prince , et regler le Ceremonial.
Suivant cet itineraire , la Marche de Don
Carlos devoit être de Seville à Barcelonne de 47.
jours , les séjours non compris , et par là ce Prin
ce ne partant que le 20. d'Octobre , ne pouvoit,
en la suivant, arriver à Perpignan que vers le 15.
de Decembre , ce qui auroit donné un temps sufe
fisant pour les préparatifs nécessaires.
Le M. de Cailus donna d'abord ses ordres ,
tant pour la réparation des chemins , que pour
les logemens et l'abondance des vivres ; et comme
Je Col du Pertus , par où il faut passer , est un
chemin très - étroit entre deux Montagues , que
la chute des eaux avoit depuis un temps- infini
rendu impraticable et qui demandoit beaucoup
de soin et de travail pour le réparer ; il chargea
de Viguier du Roussillon , de se rendre sur les
lieux pour le mettre en l'état qu'il convenoit,
Une grande partie de ce chemin n'étant que de
Rocher , il cominanda un Sergent et 16. Mineurs.
pour y travailler ; soo. Paysans furent employez
à cet ouvrage , dont la moitié étoit de cette Province
et l'autre moitié d'Espagne ; ce qui se fit
de concert entre les Marquis de Cailus et de Risbourg,
Capitaine General de Catalogne. Les pré-
Cautions que le M. de Cailus avoit prises à l'égard
de ce passage , furent si utiles et ses ordres
si bien executez, que quoique l'Infant soit arrivé
-1 Volo
DECEMBRE. 1931. 1895
18. jours plutôt qu'il n'étoit marqué par sa route
, l'on a passé très -commodément dans ce che
min , et le succès a été au-delà de ce que l'on
pouvoit esperer.
Sur quelques bruits qui se répandirent que le
Prince acceleroit sa marche et doubloit ses journées
, le M. de Cailus voulut voir par lui- même
dans quel état étoit ce chemin ; il s'y rendit le
22. Novembre , et étant à portée du Pertus , il
rencontra un Courrier dépêché par le M. de Risbourg
, qui lui donnoit avis que l'Infant arrive
foit le 25. à Figuieres , et le 26. à coucher au
Boulou.
A cette nouvelle inopinée , le M. de Cailus re
int sur ses pas au Boulou. Ce lieu est un des plus
mauvais Villages du Roussillon , à peine y trou
veroit- on six Maisons où il y ait des
portes eg
des fenêtres ; l'état affreux de ce Village ne déconcerta
pas M. de Cailus , après l'avoir visité
il choisit la maison la plus propre pour loger le
Prince et trois autres maisons voisines pour les
gens nécessaires auprès de sa personne ; la plus
logeable après celle du Prince fut destinée pour
M. le Comte de Sant- Estevan , Gouverneur de
sa Personne , &c. et le M. de Cailus fut obligé ,
dans celle qu'il prit pour lui , d'y joindre une
Grange voisine , où il fallut pratiquer et faire
bâtir des cheminées et generalement tout ce qui
est necessaire pour des Cuisines et Offices ; il fal
lut aussi ouvrir des portes pour communiquer
dans la Maison où il tient ses Tables , et le tour :
fut executé en deux fois vingt - quatre heures par
la quantité d'Ouvriers que l'on y employa .
*
* Voyez toutes les qualitez de ce Seigneur
dans le Mercure de Novembre 173 1. page 2661.
I: Vol.
4.vi Ces
2896 MERCURE DE FRANCE
Ces ordres donnez , ce General se rendit à Peri
pignan , où ses premiers soins furent d'envoyer,
une partie de ses Officiers au Boulou , et tout ca
qui étoit necessaire pour recevoir avec dignité le
Prince et sa Suite.
Le 25. Le M. de Cailus accompagné de la No.
blesse du Roussillon et de la Compagnie des Gardes
de la Province , se rendit à Bellegarde , où il
coucha. M. de Jallais , Intendant , s'y rendit aussi.
Le 26. sur les 11. heures du matin , ce General
se rendit sur la petite Riviere d'Allobragat , qui
fait la séparation des deux Rouyaumes ; il trouva
au-de là de cette Riviere deux Escadrons de Dra
gons en bataille , du Régiment de Sagunte. A
une heure après midi arriverent le M. de Risbourg
et M. de Sartim , Intendant de Catalogne. M. de
Cailus présenta M. de Jallais à M. de Risbourg ,
et ces deux Generaux , après s'être donné plu
sieurs marques de cordialité et d'amitié , eurent
une conference ensemble jusques à l'arrivée du
Prince , qui fut vers les trois heures ; les deux Intendants
en eurent une autre séparément .
Son Altesse Royale arriva dans sa Berline ;
dans laquelle étoient le Comte de Sant- Estevan
et un Gentilhomme de sa Chambre , elle étoit
escortée par ses Gardes du Corps et par ses Hallebardiers
. M. de Risbourg présenta au Prince
M. de Cailus et ce dernier présenta à S. A. R.
M. de Jallais et la Noblesse de la Province ; il lui
offrit en même- temps sa Littiere pour passer
plus commodement la Montagne , le Prince lui .
dit qu'il étoit informé de l'attention qu'il avoit
eue à la faire venir , qu'il lui étoit obligé , qu'il
passeroit la Montagne en Berline , et que s'il y
avoit quelque mauvais pas , il mettroit pied à
terre , aimant fort à marcher ; à quoi il ne fug.
1. Yola
poing
DECEMBRE . 1731. 28977
oint obligé, les Equipages étant passez très - aisé
ment et sans nulle difficulté . Mi de Cailus offrit
aux Gentilshommes de la Maison du Prince sa
Berline , attelée de six chevaux , qu'il avoit fair
mener à vuide , mais ces Messieurs le remercie
rent et ne s'en servirent pas .
L'Infant continuant sa Marche , fut salué en
passant sous Bellegarde , d'un décharge generale
du Canon de cette Place. La Maréchausséeétoit
postée par Brigades de distance en distance .
sur la route ; la Compagnie des Gardes de la
Province marchoit un quart de lieuë devant ;
M. de Cailus suivit à cheval pendant quelque:
temps S. A. R. Il s'avança ensuite pour se trou
ver à la descente du Carrosse . Le Prince arriva à¸
P'entrée de la nuit au Boulou. M. de Cailus eut-
Phonneur de lui donner la main pour le conduire
dans sa chambre , où il fut vû de tout le mondejusqu'à
l'heure du souper et pendant son souper.
Suivant les instructions de la Cour , M. Des
granges devoit conferer avec le Comte de Sant-.
Estevan , regler avec lui le Ceremonial , en ren-.
dre compte à M. de Cailus , et s'arranger ensemble
là - dessus ; mais M. Desgranges n'étant pas
arrivé , M. de Cailus fut obligé de suppléer à
tout. Il eut une Conference avec M. de Sant-
Estevan , de plus d'une heure , à laquelle fut présent
M. de Jallais ; ce Seigneur , qui est particu
lierement chargé de la conduite du Prince , parue
très -satisfait des attentions et des politesses de
M. de Cailus.
Ce fut dans cette Conference que M. de Cailus .
fit changer l'ordre de la Marche du Prince , qui
devoit , partant de Perpignan le 28. aller coucher
à Salces et détermina M. de Sant - Estevan à séjourner
à Perpignan ce jour là, et d'aller le 29. à
L. Fel Sigeant
ક
2898 MERCURE DE FRANCE
Sigean ; ce General se détermina à cela , à cause
des maladies qui sont à Salce , ne voulant pas hazarder
que S. A. R. logeât dans un lieu , ou de-.
puis trois mois , il est peu de Maisons où il n'y
ait des malades.
Le M. de Cailus avoit fait venir de Couliouvre
au Boulou , les deux Compagnies des Grenadiers
du Régiment de Toulouse et deux Détachemens
de so. hommes chacun . La premiere Compagniede
Grenadiers monta la Garde chez l'Infant , et
les autres Troupes furent dispersées en differens :
postes , pour la sureté du Quartier et des Equipages
du Prince.
Les attentions de M. de Cailus furent jusques à
faire illuminer par des flambeaux de poing et par
des Réchauts de Rempart , tout le Village du
Boulou , ce qui évita tous désordres et toute la
confusion .
Le foin et la paille furent distribuez gratis des
Magazins de la Province , par les ordres de :
M.P'Intendant.
Après le souper de S. A. R..M de Cailus demanda
la permisson au Prince de prendre les devants
pour le recevoir à son Entrée à Perpignan ,
après quoi il se rendit dans sa Maison du Boulou
, où il y avoit 4. Tables de 20. couverts chacune,
et une cinquième pour les Gardes du Corps
du Prince. Ces Tables furent servies en mêmetemps
avec toute la magnificence , la délicatesse
et la somptuosité possible. Les Vins étrangers et
les Liqueurs y furent abondantes ; elles furent
remplies par les Officiers de la Maison du Prince,.
par la Noblesse de la Province et par les Officiers
du Détachement. Tous ces Messieurs parurent
surpris qu'en aussi peu de temps et dans un si
mauvais lieu , on cût pû donner à manger avec
Io, Veho autane
DECEMBRE . 1731 . 2899
autant d'arrangement , de gout et d'abondance,
M. l'Inrendant eût aussi des Tables dans sa
Maison.
A une heure après minuit M. de Cailus monta
dans sa Berline et se rend à Perpignan , où le
Prince arriva à onze heures du matin , il fut reçu
à la Barriere par le M.de Cailus, à la tête de l'Etat
Major , qu'il eut l'honneur de présenter à S. A. R.
qui lui demanda à quelle heure il étoit parti du
Boulou , ajoutant qu'il n'avoit pas eû le temps de
se reposer , M. de Cailus lui dit qu'il étoit venu
en diligence pour que rien ne manquât à sa réception.
Le Canon de la Ville et celui de la Citadelle ,
firent une dêcharge generale , et depuis la Porte
de S. Martin , par où l'Infant entra , jusqu'à sons
Palais , il -marcha entre les Troupes qui bordoient.
la haye des deux côtez , et il fut salué de l'Esponton
par les Officiers. Sa Garde étoit composée
de 150 hommes avec un Drapeau.
M. de Cailus , suivi de l'Etat- Major et de la
Noblesse , se trouva à la descente du Carrosse du
Prince, il eut l'honneur de lui donner la main , et
de le conduire dans son Appartement : M. l'Evêque
et M. l'Intendant s'y trouverent aussi,
Le M. de Cailus avoit cedé entierement son
Hôtel à S. A. R. Le Comte de Sant- Estevan ,
Madame son Epouse , le Duc et la Duchesse d'Arion
, les trois Enfans du Comte de Sant -Estevan
et les principaux Officiers necessaires auprés de
la Personne du Prince , logerent dans le même
Hôtel , aussi-bien que les Officiers de la Chame
bre , de la Garderobe et de la Bouche ; on n'avoit
rien épargné pour le meubler superbement. L'Appartement
étoit composé en enfilade de deux
grandes Sales , d'une troisième ou étoit placé le
1. Vola Daio
2900 MERCURE DE FRANCE
Dais de la Chambre du Prince , de deux Cabi
nets et Garderobes , et d'une Sale à manger ; la
tout meublé d'un goût et d'une magnificence peu
ordinaire dans les Provinces ; tous les autres Appartemens
de l'Hôtel ou logeoit la Maison de
S. A. R. l'étoient à proportion , et rien ne man→
quoit pour l'utile et pour l'agréable..
2
et
L'attention de M. de Cailus fut portée si loin ,
que ses Offices et Gardes- mangers furent toûjours
remplis de tout ce qu'il y a de plus recherché ,
e'est de-là que les Officiers du Prince tirerent pour
sa Bouche et pour sa Maison , tout ce qui leur
étoit necessaire, aussi -bien que ceux du Comte de
Sant-Estevan les Officiers 1 . de M. de Cailus
avoient soin de remplacer ce que l'on en tiroit
comme l'on avoit fait au Boulou.
Le Prince mange toûjours seul ; il est servi par
ses Officiers.
Comme l'Infant avoit prévenu M. de Cailus
qu'il seroit bien aise de recevoir les Complimens
qu'on avoit à lui faire avant le dîner , ce General
fit avertir les Corps qui devoient haranguer , de
se rendre au Palais de l'Infant d'abord après'son
arrivée Le Conseil Souverain s'y rendit et harangua
le premier ; le M. de Cailus marchoit à la
tête, et eut l'honneur de le presenter au Prince. Le
Premier Président porta la parole. Il reçut ensuite
les respects du Chapitre de la Cathedrale , l'Archidiacre
Salleles parla au nom du Clergé. Les
Consuls en Robes de Ceremonie , suivirent le
Clergé et offrirent les présens accoutumez . Tous
tes autres Corps complimenterent successivement
Le Chevalier de Cailus , fils du Marquis de
Cailus , âgé de 8. ans , fit aussi à S. A. R. un
Compliment avec beaucoup de grace. Le Prince
en fut si charmé , qu'il l'a toujours voulu avoir
La Vol.
auprès
DECEMBRE. 1731. 2908
auprès de sa Personne pendant son séjour , cejeune
Seigneur , auquel il a marqué plusieurs dé
monstrations de bienveillance et de bonté.
Les Harangues finies , Madame la M. de Cai
lus , suivie des principales Dames de cette Ville ,
fit demander au Comte de Sant Estevan , si elle
pourroit avoir l'honneur de faire la réverence à
P'Infant , le Comte de Sant- Estevan ayant reçu ,
les ordres du . Prince , vint chercher la Marquise .
de Cailus , et l'annonça à S , A, R. Cette Dame ,
ornée de toutes les graces possibles et d'un esprit
superieur , moins brillante encore par toutes ses
qualitez , que par sa vertu et par le talent de se
faire aimer generalement de tout le monde , charma
le Prince et tonte sa Cour , par la maniere
noble avec laquelle elle se présenta et parla à.
SA. R. Elle lui présenta toutes les Dames de sa
suite .
Le Prince dîna en public , et peu de temps.
après son dîner il alla à la Chasse dans la Réserves.
il fit paroître dans cet exercice beaucoup d'adresse
et d'inclination , et tua plusieurs pieces de Gibier.
Il arriva à la nuit et trouva son Hôtel illuminé
d'un goût singulier ; tous les Appartemens étoient
éclairez par quantité de Lustres , de Girandoles ,
et de Bras arrangez avec un ordre qui présentoit
à la vûë une illumination peu commune.
La Terrasse qui regne le long de l'Apparte
ment qu'occupoit l'Infant étoit ornée de Lauriers
er de Festons de fleurs , qui formoient des Colomnes
et des Bordures que l'on avoit garnies de
Lampions et de Guirlandes , avec une admirable
cimetrie; ce qui joint à plusieurs Vases remplis
d'Orangers et d'Arbrisseaux dont la Terrasse
étoit couverte , offroit un spectacle charmant et
qui frappoit très agréablement la vûë lorsque
tout était illuminé, La
2902 MERCURE DEFRANCE
::
و م
La façade de l'Hotel étoit décorée d'un goût
aussi singulier que charmant : c'étoit un Arc
de Triomphe élevé sur un Plan dressé par M.
Boutiller Dauroy , Officier d'Artillerie . Cet Edifice
avoit 44 pieds et demy de largeur sur 45.
pieds de hauteur ; il étoit orné de Trophées ,.
desquels pen loient deux Médaillons qui représentoient
, l'un le Soleil dans le signe du Lion
avec ces paroles Transeundo recreat . Et l'au
tre , le Soleil levant , avec la Legende : jubess
sperare. Les Pilastres qui portoient les Médaillóns
, étoient surmontés d'une Corniche termi➡
née par une Balustrade de 4 pieds et demy de
hauteur , sur laquelle s'élevoit un Attique de six :
pieds de hauteur , lequel soûtenoit les Armes
d'Espagne , au côté desquelles étoient deux Piramides
hautes de 11. pieds , terminées par une
Fleur de Lys .
Tout l'Edifice étoit peint en Marbre de diffe
rentes couleurs Pintervalle qui restoit entre
l'architrave et la principale porte , étoit rempli
par un Tableau de 9 pieds de largeur sur 4 pieds
de hauteur , qui représentoit Mars et Minerve
se donnant la main ; derriere ces Figures s'élevoit
un Olivier , aux branches duquel étoit atta-,
ché l'Ecu de France entre ceux de l'Empire
l'Espagne , de l'Angleterre et de la Hollande .
avec cette Legende : Spes pacis eterna fundata.
> de
L'espace depuis chaque Pilastre jusqu'au Mur
où se terminoit le côté de la façade étoit dé
coré par une Maçonnerie de 2 pieds de hauteur:
sur 11. de largeur , sur laquelle regnoit encore
une Balustrade faisant simetrie avec celle qui
étoit au- dessus de la Corniche : cet intervalle
étoit aussi orné de deux Médaillons , sur un
I. Vel.. desquels ,
DECEMBRE 1731. 2903
esquels étoit représentée l'Espagne assise sur
Un Globe avec ses armes , la Rénommée lui
présentoit la Couronne des Etats d'Italie , dont :
le . Prince Don Carlos va prendre possession ,
avec cette Inscription : Spes matura felicitatis .
Sur l'autre étoit représentée l'Europe assise et en
repos au milieu de ses attributs , avec ces mots ::
Tranquillitas Europa . La bordure du grand.
Tableau et celle des Médaillons , aussi-bien ;
que l'Arceau du milieu , étoient ornés de Guirlandes
, de Lauriers , et de Mirthes entrelassés
de fleurs.
Tout l'Edifice étoit garni de Lampions qui
suivoient par tout la forme et les Profils de l'Architecture.
Ces Lampions allumés joints à l'Ar-,
tifice qui sortoit de divers endroits de cet Arc de
Triomphe,formerent pendant une partiede la nuit
un spectacle brillant aux yeux du Peuple qui y étoit
accouru de toute la Ville , ou que la curiosité.
avoit attiré de divers endroits de la Province,
Les autres façades de cet Hôtel et toutes les
fenêtres étoient illuminées par un nombre infini
de flambeaux de poing. L'Hôtel de M. l'Intendant
étoit aussi éclairé avec beaucoup de
goût , tant en- dehors qu'en dedans.
2.
>
2
L'Hôtel de Ville , dont la façade est trèsétendue
étoit éclairé avec autant de goût et de
cimetrie , les Consuls , pour marquer leur zele
donnerent le 27 une danse sur la Place de l'Hôtel
, nommée la Loge , avec les Instruments qui
sont en usage dans le Pays , où tout le Peuple
dansa une partie de la nuit. Le 28 , ils donnerent
un Bal dans la grande Sale du même Hôtel
pour toutes les Personnes de consideration ; il
y eût une collation magnifique , et toute sorte
de rafraîchissemens,
1. Vol Pendang
2904 MERCURE DE FRANCE
Pendant les deux nuits que le Prince a passées
Perpignan , toutes les maisons ont été illuminées
, et il n'y a personne qui n'ait fait paroître.
du zéle et de l'émulation.
>
La Marquise de Cailus se trouva chez le
Prince au retour de la Chasse suivie de plusieurs
Dames qu'elle eût encore l'honneur de lui
présenter et l'invita, d'assister à un Concert
qu'elle avoit fait préparer dans la grande Salle
des Gardes : S. A. R. parut très contente du
Concert , et dit à la Marquise de Cailus que
c'étoit le premier Concert qu'il eût entendu en
François. Madame de Jallais eût l'honneur de
faire la réverence au Prince un moment avant:
qu'il entrât au Concert. S. A. R. soupa ensuite
en Public comme le matin..
Le 28 , le Prince entendit la Messe dans la
Chapelle de son Appartement , qui étoit magnifiquement
ornée. Il avoit dit le soir à M. de
Cailus qu'il souhaittoit voir la . Citadelle le
lendemain à 9 heures du matin . Ce Commandant
se rendit chez S. A. R. à l'heure marquée
puis la devança pour se trouver sur la Place
d'Armes de la Citadelle , à la descente du Carosse.
Les Troupes de la Garnison étoient en
Bataille sur cette Place , le Prince ayant mis pied.
à terre , fut salué en passant à la tête des Troupes
; il fit le tour des Remparts et vit la Sale :
d'Armes ; il fut encore salué en entrant à la Citadelle
par toute l'Artillerie ; la même Salve fut
repetée à sa sortie , qu'il fit à pied , appuyé sur
le Marquis de Cailus , et il ne monta en Carosse
qu'après avoir passé le dernier Pont Levis.
›
Le Prince dina et soupa en public , alla à la
Chasse et au Concert, comme le jour précédent.
Après le Concert , Mad . de Cailus prit congé de
La Kola $
DECEMBRE 1731. 2905
E. A. R. qui parut tres- satisfaite de toutes les attentions
de cette Dame.
Le Marquis de Cailus qui avoit abandonné son
Hôtel à S.A.R. étoit logé dans celui du Marquis
d'Aguilar , où il tint pendant tout le temps que
Prince a resta à Perpignan , cinq Tables , de so
Couverts chacune , qui furent toujours remplies
tant par les Officiers de la Maison du Prince , les
Dames de la Ville,la Noblesse , les Officiers,Mess.
du Conseil Souverain , que par d'autres personnes
de distinction .
Ces cinq Tables furent toujours servies soir et
matin en même- temps , avec toute la profusion
et toute la délicatesse imaginable. Les Vins
étrangers et les Liqueurs s'y trouverent en abondance
. Le Dessert sur tout y étoit magnifique et
fort ingénieux . Les Cristaux des côtez et des bouts
étoient dispersez en Cascade , et à chaque repas ,
d'un arrangement different. Les Découpures qui
les accompagnoient , presentoient de tous côtez
les Armes de France , d'Espagne , de Parme et de
Toscane. On distinguoit pareillement dans les
festons des Fleurs de Lys , des Lions , des Tours
et les autres Symboles convenables. Les Pirami
des des Cristaux du milieu étoient terminées par
des Banderolles en découpure , peintes en miniature
, et chargées d'emblêmes , faisant allusion
au voyage de l'Infant. Toutes ces Piramides
étoient garnies aux soupers de quantité de Bougies
à quatre méches , artistement placées , qui
faisoient un effet aussi charmant que singulier
Il ne fut pas possible à M. de Cailus de faire
les honneurs aux dîners , ayant toujours suivi
S. A. R. à la chasse ; mais la Marquise son
Epouse y suppléa. De l'aveu general de tous ceux
qui ont assisté à ces Repas , il est impossible de
1. Vol s'en2905
MERCURE DE FRANCE
s'en acquitter avec plus de grace , de politesse
d'attention et d'enjouement que cette illustre
Dame l'a fait. Les Etrangers ne cesserent de lui
donner des louanges et d'applaudir , le Prince
même , satisfait au dernier point , eut la bonté de
dire à M. de Cailus que s'il n'étoit aussi pressé
de partir qu'il l'étoit , il auroit séjourné deux
jours de plus avec plaisir dans cette Ville . S.A.R.
ordonna de plus au Comte de Candelle et à quelques,
autres Officiers de lui rendre un compte
exact de la façon dont ils avoient été traitez , er
de la maniere avec laquelle les Tables avoient été
servies chez le M. de Cailus : Elle parut si contente
de la Relation qu'on lui en fit , qu'il l'écrivit
de sa main pour l'envoyer à la Reine d'Espagne
, sa Mere .
M. de Jallais de son côté tint des Tables chez
lui qui furent servies avec délicatesse et magnificence.
M. le Comte de Sant Estevan ne pouvant pas
quitter la Personne du Prince , tint une Table
pour les Officiers qui étoient de service auprès de
' Infant , et pour ceux qui étoient de garde , et il
n'a mangé nulle part qu'à cette Table.
2M Desgranges , Maître des Cérémonies , arriva
à Perpignan le 28 , à 9 heures du matin ; il
fut présenté au Prince par M. de Cailus ; il n'eut
qu'à applaudir à tout ce qui s'étoit fait en son
absence sur le Cérémonial , et dit que quand il
auroit été présent , il n'auroit rien pû ajouter à
tout ce que M. de Cailus avoit fait, tant pour le
Cérémonial , que pour les honneurs qu'on avoit
rendus à l'Infant , &c.
Le 29 , sur les 8 heures du matin , le Prince
partit après avoir entendu la Messe , comme le
jour précédent, Les Troupes bordoient la Have
I. Vol.
desDECEMBRE
. 1731. 2907
des deux côtez , depuis son Hôtel , jusques à la
porte de Notre Dame par où il sortit. Îl fut salué
de l'Esponton par les Officiers , et l'Artillerie
de la Ville , et la Citadelle firent les mêmes salves
qu'à son arrivée .
La marche du Prince de Perpignan à Fitou , se
fit dans le même ordre qu'elle avoit été du Boulou
à Pérpignan
Le M. de Cailus , suivi de la Noblesse de la Province
, se rendit à Fitou ; il avoit eu la précaution
de faire porter à Salces une abondante & magnifique
alte , qui ne fut pas inutile , plusieurs of
ficiers du Prince en ayant profité .
Depuis l'entrée de l'Infant dans le Roussillon
jusques à sa sortie de cetté Province M. de Cailus
ne l'a point quitté , lui faisant sa cour tres- exactement
avec une noblesse et une dignité dont peu
de personnes sont capables. Toute la Maison du
Prince a été charmée de ses politesses et de ses attentions
, et M.de Sant -Estevan le lui a témoigné
plusieurs fois ; non- seulement les Etrangers ont
été tres- contens , mais il n'est personnes dans
cette Province qui n'ait eu lieu de se louer de ses
bonnes manieres , de son affabilité et de sa douceur.
On ne peut rien ajouter à la magnificence
avec laquelle il a agi dans cette occasion , et enfin
on est surpris de la dépense excessive qu'il a
faite.
S. A. R. passant à Salces fut salué de tout le
Canon de cette Place : Elle arriva à Fitou à onze
heures et demie du matin . Le M. de Lafare, Chevalier
des Ordres du Roy , Maréchal de Camp
de ses Armées , Commandant dans la Province de
Languedoc, étoit à Fitou pour y attendre le Prin
ce. M. de Cailus le presenta à S. A. R. et remit
ge Prince entre ses mains, comme M.de Risbourg
1. Vol. l'avoit
2908 MERCURE DE FRANCE
T'avoit remis entre les siennes. Les Intendans de
Roussillon et de Languedoc s'y trouverent aussi.
Le Comte de Sant- Estevan pria le M. de Cailus
a dîner , et le Prince s'amusa à tuer des Lapins
que M. de Cailus avoit fait porter à Fitou .
Fermer
Résumé : RELATION du Passage de l'Infant DON CARLOS, dans la Province du Roussillon.
Le marquis de Gailus, Grand-Croix de l'Ordre de Saint-Louis et Lieutenant Général des armées du roi, reçut le 8 novembre des instructions pour préparer le passage de Don Carlos en France. Le roi souhaitait que Don Carlos soit accueilli comme Fils de France avec tous les honneurs. Le trajet de Seville à Barcelone, prévu pour durer 47 jours, devait permettre une arrivée à Perpignan vers le 15 décembre. Le marquis de Gailus organisa la réparation des chemins, notamment le col du Pertus, en mobilisant des mineurs et des paysans. Malgré l'arrivée anticipée de Don Carlos, les préparatifs assurèrent un passage confortable. Le 22 novembre, le marquis de Gailus inspecta le chemin et apprit que Don Carlos arriverait le 25 à Figueras et le 26 au Boulou. Il prépara rapidement des logements appropriés dans ce village. Le 26 décembre, il accueillit Don Carlos à la frontière, accompagné de nobles et de gardes. Don Carlos traversa la rivière Allobragat et fut salué par une décharge de canon à Bellegarde. La maréchaussée assura la sécurité le long du trajet. À Perpignan, Don Carlos fut accueilli par des salves de canon et escorté par diverses troupes et autorités locales. M. de Cailus, chargé de l'organisation, prit des initiatives pour assurer la sécurité et le confort du Prince. Il modifia l'itinéraire pour éviter les zones touchées par des maladies à Salces et organisa des mesures de sécurité et des réceptions somptueuses. Le Prince fut logé dans l'hôtel de M. de Cailus, magnifiquement aménagé. Les officiers du Prince et du Comte de Sant-Estevan bénéficièrent des provisions et des services préparés par M. de Cailus. Le séjour du Prince à Perpignan fut marqué par des réceptions fastueuses. Divers corps et dignitaires se rendirent au Palais de l'Infant pour le saluer. Le Conseil Souverain, mené par le marquis de Cailus, harangua le prince en premier, suivi par les représentants du clergé, les consuls, et d'autres corps. Le chevalier de Cailus, fils du marquis, impressionna le prince par son compliment gracieux. Madame de Cailus, accompagnée des principales dames de la ville, charma le prince et sa cour par sa grâce et son esprit. Le prince dîna en public, partit à la chasse, et découvrit son hôtel illuminé à son retour. Les façades de l'hôtel et de l'Hôtel de Ville étaient également illuminées, et des danses et un bal furent organisés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2181
p. 2908-2913
LETTRE écrite de Montpellier le 2 Decembre 1731. contenant le détail du voyage de DON CARLOS, depuis Perpignan jusqu'à Montpellier.
Début :
L'Infant Don Carlos, qui arriva le 27 de Novembre à Perpignan, et qui y séjourna le 28, [...]
Mots clefs :
Prince, Régiment, Garde, Consuls
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Montpellier le 2 Decembre 1731. contenant le détail du voyage de DON CARLOS, depuis Perpignan jusqu'à Montpellier.
LETTRE écrite de Montpellier le 2 Decembre
1731. contenant le détail du voya❤
ge de DON CARLOS , depuis Perpignan
jusqu'à Montpellier.
'Infant Don Carlos , qui arriva le 27 de No-
L'efabre àPerpignan, et qui y séjourna le 28,
entra en Langnedoc le 29. vers les onze heures du
matin , et fut reçu aux Cabanes de Fitou , premieres
Maisons qui se rencontrent sur le chemin ,
par M.le Marquis de la Fare, Commandant, et par
M. de Bernage de S. Maurice , Intendant de la
Province. Le Prince descendit -là , à une petite
Chapelle , parce que M. de Fitou , Seigneur de
cet endroit , dont la femme étoit accouchée. la
veille d'une fille , avoit envoyé un Courier à M.
de Cailus , à Perpignan , pour l'engager à obtenir
de S.A.R, qu'elle fit à cette enfant l'honneur de
la tenir sur les Fonts de Baptême ; ce que ce Prince
a fait avec beaucoup de bonté , et après la ceremonie
, il a fait donner au Pere un present .de
la valeur de trois mille Hyres , et cent Pistolles
au Curé.
L'Infant dina en ce lieu - là ; les Officiers que
M. l'Archevêque de Narbonne avoit prêtez à M.
le Marquis de la Fare, parce qu'à peine son équipage
avoit il eu le temps d'arriver ce jour-là à
Sigean , servirent une grande Table à toute sa
Suite
Ce Prince continuă sa foute l'après dînée, jus-
I.Vol. ques
DECEMBRE. 1931. 2909.
ques à Sigean , et chassa en chemin ; ce qui joint
a la longueur de la journée , fit qu'il n'y arriva
que la nuit. M. de la Fare n'avoir pu faire trouver
là que les deux Compagnies de Grenadiers
du Regiment de Talard , qui ont servi de garde
pour cette couchée .
Le lendemain za , S. A. R. se mit en marche,
dès sept heutes du matin , et arriva à Narbonnet
sur les onze heures. Il fur reçu à la porte par les
Consuls , au bruit de tout le Canon. Il trouva
ensuite sous les armes la Compagnie d'Halebardiers
, qui compose la garnison ordinaire , et le
Regiment de Médoc qui formoit une double Haye
jusqu'à l'Archevêché,où une Garde de 1so ham
mes , commandez par deux Capitaines , deux
Lieutenans et deux Enseignes , avec un Drapeau ,
Pattendoit , conformément aux Ordres du Roys
M. l'Archevêque de Narbonne se trouva à la
descente du Carosse, Ge: Prince étant monté dans
le grand appartement de ce Palais . qu'il trouva
fort beau , y reçut les présens de la Ville, se mig
Table et dîna en public. M. l'Archevêque fit
servir dans un appartement séparé, plusieurs Tasi
bles , pour toute sa suite.
· S. A. R. partit à deux heures après midi de
Narbonne , au bruit du Ganon , et le Régiment
de Médoc sousdes armes sur son chemin , pour
aller coucher à Béziers . Elle cyy arriva à l'entrée da
la nuit, Les Consuls l'attendoient à la porte, er la
reçurent au bruit de quantité de Boëtes , L'Ine
fant logea à l'Evêché , et y trouva une Garde pas
teille à celle du matin , du second Bataillon du
Regiment du Maine, S.. A. R. reçut une demis
Keure après les presens de la Ville. Elle admit en
suite le Chapitre de la Cathedrale , à la tête dun
quel-M. P'Evêque de Béziers harangua , et le Pré-
Kaidial
2920 MERCURE DE FRANCE
sidial aussi qui eut l'honneur de lui faire son com→›
pliment , par la bouche du Jage-Mage. Après le
soupé , l'Infant assista à un Concert qui lui avoit
été préparé dans un autre appartement , et il en
parut tres-content.
Le samedi premier de Decembre , ce Prince ar
riva sur le midi à Pezenas. Il trouva les Consuls à
la porte et une Garde du premier Bataillon dù
Regiment de Talard . Il reçut avant son dîné les
présens de la Ville. Comme S. A. R. aime fort à
tirer du Gibier , M. de la Fare en avoit fait rassembler
plusieurs pieces, dans le Parc de la Grange
des Prex , où ce Prince passa quelque temps
et il en tua la plus grande partie.
Le Dimanche deux Decembre , l'Infant ayant
voulu faire absolument la journée de Pezenas à
Montpellier, quoiqu'il y ait huit grandes lieuës ,
en partit extrémement matin , et s'arrêta au
Bourg de Loupian, où il trouva encore une Garde
, pareille aux précedentes , du premier Batail-
Jon du Régiment de Talard , qui avoit été envoyé
exprès dans les Cazernes de Meze. Comme
le Gibier de cette Terre est assez bien conservé ,
le Prince s'amusa encore une heure ou deux à y
tirer. Le Marquis de Montault , Seigueur de ce
lieu , s'y étoit rendu pour en faire les honneurs ,
et y avoit fait rassembler le plus de Gibier qui
Jui avoit été possible.
*.M. de la Faré fit servir à tout le Cortege une
grande alte , après laquelle on se remit en mar
che jusqu'à Montpelliet.
S. A. R. est descendu à la Maison du Roy ;
ou loge le premier President de la Chambre des
Comptes et Cour des Aydes de Languedoc , ou
le Roy d'Espagne son pere , et la Reine sa premiere
Epouse , avoient logé lorsque LL. MM
1. Vol……. passereng
DECEMBRE . 1731. 2911
L
passerent par cette Province. Le, Premier Prési
dent n'a rien oublié de tout ce qui pouvoit rendre
cette Maison commode , non seulement à §.
A.R. mais aux Principaux Seigneurs qui sont indispensablement
obligez', par leurs Charges , de
coucher dans la même Maison où est logé l'Infant.
>
Ce Prince a fait son entree dans cette Ville par
la Place du Pérou , où est la Statue-Equestre de
Louis LE GRAND son bis-ayeul , qu'il a trouvée
fort belle, Outre la Harangue des Consuls à
la Porte , et les presens de Ville dans la Maison
du Roy , il a reçu les Complimens du Clergé
par la bouche de M. l'Abbé de Belleval , Grand
Prevôt de l'Eglise Cathedrale ; ceux de la Chambre
des Comptes er Cour des Aydes , par celle du
Premier Président. M. le Vicomte Daumelas a
porté la parole pour les Trésoriers de France ,
et M. de Massillan, Juge-Mage, a eu aussi l'honneur
de le complimenter , ainsi que le Corps des
-deux Facultez de Droit et de Médecine.
-Le Regiment de Tessé reçut le Prince de la même
façon que celui de Médoc fit à Narbonne
toute l'Artillerie de la Citadelle , à laquelle étoit
joint un grand nombre de Boëttes , placées sur
Je Pérou , fit une longue salve.
Le Chevalet ( a ) qui est un grand divertisse
ment pour les peuples de ces païs-cy , est allé à
plus de demi lieuë au devant de l'Infant , qui
en a paru fort satisfait. Si ce Prince avoit fait
quelque séjour, on lui auroit donné plusieurs autres
divertissemens , qu'ona été obligé de supprimer.
Toutes les Villes de cette Province ou l'In
(a) Voyez le Mercure
I. Vol. Kij
fant
2912 MERCURE DE FRANCE
fant à couche , ont été illuminées , sur tout la
Maison qui avoit été choisie pour le loger, et les
rues ont éié tendues et tapissées , &c.
Malgré la sécheresse de l'année et la marche
précipitée de ce Prince , M. l'Intendant avoit sibien
disposé toutes choses , que les subsistances
ont été tres -abondantes pour les Hommes et
pour les Chevaux, et hors le logement de Sigean,
qui encore n'a pas été des plus mauvais , il serdir
difficile de traverser aussi rapidement aucun païs
fet d'y trouver autant de commoditez.
La suite de l'Infant est composée d'environ
250 personnes. Pour M. le Comte de S. Estevan ,
il est trop connu à la Cour de France pour un
-Seigneur et pour un Ministre des plus accomplis,
pour qu'on puisse rien ajouter icy à son égard.
Les Equipages sont composés d'environ mille
‹ tant Chevaux que Mulets : il est étonnant qu'ils
soient en si bon état , après avoir fait une si longne
route.p
Nous partirons demain matin , Lundy 3 Decembre
, pour Nismes et après demain on arri-
* vera à Tarascon , où se trouvera M. le Bret , pre-
* mier Président du Parlement d'Aix , Intendant de
Provence et . Commandant. Suivant la derniere
route qui a été arrêtée , en séjournant un jour à
Marseille et un jour à Toulon, S. A. R. arrivera
le 14 de ce mois à Antibes.
S. A R. vient de se déterminer dans le mo◄
'ment , (c'est-à-dire , le Dimanche au soir , z. Decembre)
à séjourner icy demain , >
Au reste , l'Infant Don Carlos est un très -beau
Prince , affable, populaire, genereux ; parlant bon
et marquant en tout autant de vivacité
que de lumieres d'esprit et de goût. Les Peuples de
ces Provinces en sont charmez. Ils ont reconnu
1.Vol.
·
en
DECEMBRE. 1731. 2913
en lui la bonté du naturel, et les grandes qualitez
du Sang des Bourbons ; et ils ont témoigné leur
tendre zele , par les transports de joye et les acclamations
les plus éclatantes.
1731. contenant le détail du voya❤
ge de DON CARLOS , depuis Perpignan
jusqu'à Montpellier.
'Infant Don Carlos , qui arriva le 27 de No-
L'efabre àPerpignan, et qui y séjourna le 28,
entra en Langnedoc le 29. vers les onze heures du
matin , et fut reçu aux Cabanes de Fitou , premieres
Maisons qui se rencontrent sur le chemin ,
par M.le Marquis de la Fare, Commandant, et par
M. de Bernage de S. Maurice , Intendant de la
Province. Le Prince descendit -là , à une petite
Chapelle , parce que M. de Fitou , Seigneur de
cet endroit , dont la femme étoit accouchée. la
veille d'une fille , avoit envoyé un Courier à M.
de Cailus , à Perpignan , pour l'engager à obtenir
de S.A.R, qu'elle fit à cette enfant l'honneur de
la tenir sur les Fonts de Baptême ; ce que ce Prince
a fait avec beaucoup de bonté , et après la ceremonie
, il a fait donner au Pere un present .de
la valeur de trois mille Hyres , et cent Pistolles
au Curé.
L'Infant dina en ce lieu - là ; les Officiers que
M. l'Archevêque de Narbonne avoit prêtez à M.
le Marquis de la Fare, parce qu'à peine son équipage
avoit il eu le temps d'arriver ce jour-là à
Sigean , servirent une grande Table à toute sa
Suite
Ce Prince continuă sa foute l'après dînée, jus-
I.Vol. ques
DECEMBRE. 1931. 2909.
ques à Sigean , et chassa en chemin ; ce qui joint
a la longueur de la journée , fit qu'il n'y arriva
que la nuit. M. de la Fare n'avoir pu faire trouver
là que les deux Compagnies de Grenadiers
du Regiment de Talard , qui ont servi de garde
pour cette couchée .
Le lendemain za , S. A. R. se mit en marche,
dès sept heutes du matin , et arriva à Narbonnet
sur les onze heures. Il fur reçu à la porte par les
Consuls , au bruit de tout le Canon. Il trouva
ensuite sous les armes la Compagnie d'Halebardiers
, qui compose la garnison ordinaire , et le
Regiment de Médoc qui formoit une double Haye
jusqu'à l'Archevêché,où une Garde de 1so ham
mes , commandez par deux Capitaines , deux
Lieutenans et deux Enseignes , avec un Drapeau ,
Pattendoit , conformément aux Ordres du Roys
M. l'Archevêque de Narbonne se trouva à la
descente du Carosse, Ge: Prince étant monté dans
le grand appartement de ce Palais . qu'il trouva
fort beau , y reçut les présens de la Ville, se mig
Table et dîna en public. M. l'Archevêque fit
servir dans un appartement séparé, plusieurs Tasi
bles , pour toute sa suite.
· S. A. R. partit à deux heures après midi de
Narbonne , au bruit du Ganon , et le Régiment
de Médoc sousdes armes sur son chemin , pour
aller coucher à Béziers . Elle cyy arriva à l'entrée da
la nuit, Les Consuls l'attendoient à la porte, er la
reçurent au bruit de quantité de Boëtes , L'Ine
fant logea à l'Evêché , et y trouva une Garde pas
teille à celle du matin , du second Bataillon du
Regiment du Maine, S.. A. R. reçut une demis
Keure après les presens de la Ville. Elle admit en
suite le Chapitre de la Cathedrale , à la tête dun
quel-M. P'Evêque de Béziers harangua , et le Pré-
Kaidial
2920 MERCURE DE FRANCE
sidial aussi qui eut l'honneur de lui faire son com→›
pliment , par la bouche du Jage-Mage. Après le
soupé , l'Infant assista à un Concert qui lui avoit
été préparé dans un autre appartement , et il en
parut tres-content.
Le samedi premier de Decembre , ce Prince ar
riva sur le midi à Pezenas. Il trouva les Consuls à
la porte et une Garde du premier Bataillon dù
Regiment de Talard . Il reçut avant son dîné les
présens de la Ville. Comme S. A. R. aime fort à
tirer du Gibier , M. de la Fare en avoit fait rassembler
plusieurs pieces, dans le Parc de la Grange
des Prex , où ce Prince passa quelque temps
et il en tua la plus grande partie.
Le Dimanche deux Decembre , l'Infant ayant
voulu faire absolument la journée de Pezenas à
Montpellier, quoiqu'il y ait huit grandes lieuës ,
en partit extrémement matin , et s'arrêta au
Bourg de Loupian, où il trouva encore une Garde
, pareille aux précedentes , du premier Batail-
Jon du Régiment de Talard , qui avoit été envoyé
exprès dans les Cazernes de Meze. Comme
le Gibier de cette Terre est assez bien conservé ,
le Prince s'amusa encore une heure ou deux à y
tirer. Le Marquis de Montault , Seigueur de ce
lieu , s'y étoit rendu pour en faire les honneurs ,
et y avoit fait rassembler le plus de Gibier qui
Jui avoit été possible.
*.M. de la Faré fit servir à tout le Cortege une
grande alte , après laquelle on se remit en mar
che jusqu'à Montpelliet.
S. A. R. est descendu à la Maison du Roy ;
ou loge le premier President de la Chambre des
Comptes et Cour des Aydes de Languedoc , ou
le Roy d'Espagne son pere , et la Reine sa premiere
Epouse , avoient logé lorsque LL. MM
1. Vol……. passereng
DECEMBRE . 1731. 2911
L
passerent par cette Province. Le, Premier Prési
dent n'a rien oublié de tout ce qui pouvoit rendre
cette Maison commode , non seulement à §.
A.R. mais aux Principaux Seigneurs qui sont indispensablement
obligez', par leurs Charges , de
coucher dans la même Maison où est logé l'Infant.
>
Ce Prince a fait son entree dans cette Ville par
la Place du Pérou , où est la Statue-Equestre de
Louis LE GRAND son bis-ayeul , qu'il a trouvée
fort belle, Outre la Harangue des Consuls à
la Porte , et les presens de Ville dans la Maison
du Roy , il a reçu les Complimens du Clergé
par la bouche de M. l'Abbé de Belleval , Grand
Prevôt de l'Eglise Cathedrale ; ceux de la Chambre
des Comptes er Cour des Aydes , par celle du
Premier Président. M. le Vicomte Daumelas a
porté la parole pour les Trésoriers de France ,
et M. de Massillan, Juge-Mage, a eu aussi l'honneur
de le complimenter , ainsi que le Corps des
-deux Facultez de Droit et de Médecine.
-Le Regiment de Tessé reçut le Prince de la même
façon que celui de Médoc fit à Narbonne
toute l'Artillerie de la Citadelle , à laquelle étoit
joint un grand nombre de Boëttes , placées sur
Je Pérou , fit une longue salve.
Le Chevalet ( a ) qui est un grand divertisse
ment pour les peuples de ces païs-cy , est allé à
plus de demi lieuë au devant de l'Infant , qui
en a paru fort satisfait. Si ce Prince avoit fait
quelque séjour, on lui auroit donné plusieurs autres
divertissemens , qu'ona été obligé de supprimer.
Toutes les Villes de cette Province ou l'In
(a) Voyez le Mercure
I. Vol. Kij
fant
2912 MERCURE DE FRANCE
fant à couche , ont été illuminées , sur tout la
Maison qui avoit été choisie pour le loger, et les
rues ont éié tendues et tapissées , &c.
Malgré la sécheresse de l'année et la marche
précipitée de ce Prince , M. l'Intendant avoit sibien
disposé toutes choses , que les subsistances
ont été tres -abondantes pour les Hommes et
pour les Chevaux, et hors le logement de Sigean,
qui encore n'a pas été des plus mauvais , il serdir
difficile de traverser aussi rapidement aucun païs
fet d'y trouver autant de commoditez.
La suite de l'Infant est composée d'environ
250 personnes. Pour M. le Comte de S. Estevan ,
il est trop connu à la Cour de France pour un
-Seigneur et pour un Ministre des plus accomplis,
pour qu'on puisse rien ajouter icy à son égard.
Les Equipages sont composés d'environ mille
‹ tant Chevaux que Mulets : il est étonnant qu'ils
soient en si bon état , après avoir fait une si longne
route.p
Nous partirons demain matin , Lundy 3 Decembre
, pour Nismes et après demain on arri-
* vera à Tarascon , où se trouvera M. le Bret , pre-
* mier Président du Parlement d'Aix , Intendant de
Provence et . Commandant. Suivant la derniere
route qui a été arrêtée , en séjournant un jour à
Marseille et un jour à Toulon, S. A. R. arrivera
le 14 de ce mois à Antibes.
S. A R. vient de se déterminer dans le mo◄
'ment , (c'est-à-dire , le Dimanche au soir , z. Decembre)
à séjourner icy demain , >
Au reste , l'Infant Don Carlos est un très -beau
Prince , affable, populaire, genereux ; parlant bon
et marquant en tout autant de vivacité
que de lumieres d'esprit et de goût. Les Peuples de
ces Provinces en sont charmez. Ils ont reconnu
1.Vol.
·
en
DECEMBRE. 1731. 2913
en lui la bonté du naturel, et les grandes qualitez
du Sang des Bourbons ; et ils ont témoigné leur
tendre zele , par les transports de joye et les acclamations
les plus éclatantes.
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Résumé : LETTRE écrite de Montpellier le 2 Decembre 1731. contenant le détail du voyage de DON CARLOS, depuis Perpignan jusqu'à Montpellier.
La lettre du 2 décembre 1731 relate le voyage de l'Infant Don Carlos depuis Perpignan jusqu'à Montpellier. Don Carlos arriva à Perpignan le 27 novembre et entra en Languedoc le 29 novembre. À son arrivée aux Cabanes de Fitou, il fut accueilli par le Marquis de la Fare et l'Intendant de la Province, M. de Bernage de Saint-Maurice. Il baptisa une enfant née la veille et fit des dons au père et au curé. Après avoir dîné sur place, il poursuivit son voyage jusqu'à Sigean, où il arriva de nuit. Le lendemain, il se rendit à Narbonne, où il fut reçu par les Consuls et les autorités locales. Il visita ensuite Béziers, Pezenas, et Loupian, où il chassa et fut accueilli par les autorités locales. Le 2 décembre, il arriva à Montpellier et logea à la Maison du Roy. Il reçut les compliments des autorités locales et des corps constitués. La suite de l'Infant, composée d'environ 250 personnes et 1000 chevaux et mulets, était en bon état malgré la longue route. Don Carlos est décrit comme un prince affable, populaire et généreux, apprécié par les populations locales. Il prévoit de continuer son voyage vers Nîmes, Tarascon, Marseille, Toulon, et Antibes.
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2182
p. 3045
« Les Lettres venues par la Russie, portent que le Roy de Perse avoit attaqué, avec avantage, [...] »
Début :
Les Lettres venues par la Russie, portent que le Roy de Perse avoit attaqué, avec avantage, [...]
Mots clefs :
Perse, Gouverneur, Château, Salzbourg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Lettres venues par la Russie, portent que le Roy de Perse avoit attaqué, avec avantage, [...] »
Lle Roy de Perse avoit attaqué, avec avantage,
une partie du secours que le Grand- Seigneur
envoyoit au Pacha , Gouverneur d'Erivan ; mais
que le reste de ce secours étant arrivé , les Turcs
avoient battu les Persans.
Ont écrit de Stokolm , que M. Finch , Ministre
du Roy d'Angleterre , avoit reçu ordre de
déclarer aux Directeurs de la nouvelle Compa
gnie des Indes , que S. M. B. et la Nation Angloise
prendroient toutes les mesures imaginables
pour empêcher le succès de leur nouveau
Commerce , si on venoit à découvrir que quelques-
uns des principaux Interessez de la Compagnie
d'Ostende y eussent mis des fonds.
On mande de Saltzbourg , que le 27. Novembre
, deux Compagnies de Dragons y avoient,
amené 460. Montagnards avec leurs femmes ,
leurs enfans et leurs domestiques , et que le len
demain ces mêmes Compagnics étoient retournées
dans les Montagnes pour en chercher d'autres
que le même jour > 2.5. de leurs Chefs
avoient été enfermez dans le Château ; qu'on
avoit embarqué les autres pour les envoyer en
Hongrie , et qu'à l'égard de leurs enfans , les
Bourgeois de Saltzbourg les avoient pris chez
eux pour les faire élever .
une partie du secours que le Grand- Seigneur
envoyoit au Pacha , Gouverneur d'Erivan ; mais
que le reste de ce secours étant arrivé , les Turcs
avoient battu les Persans.
Ont écrit de Stokolm , que M. Finch , Ministre
du Roy d'Angleterre , avoit reçu ordre de
déclarer aux Directeurs de la nouvelle Compa
gnie des Indes , que S. M. B. et la Nation Angloise
prendroient toutes les mesures imaginables
pour empêcher le succès de leur nouveau
Commerce , si on venoit à découvrir que quelques-
uns des principaux Interessez de la Compagnie
d'Ostende y eussent mis des fonds.
On mande de Saltzbourg , que le 27. Novembre
, deux Compagnies de Dragons y avoient,
amené 460. Montagnards avec leurs femmes ,
leurs enfans et leurs domestiques , et que le len
demain ces mêmes Compagnics étoient retournées
dans les Montagnes pour en chercher d'autres
que le même jour > 2.5. de leurs Chefs
avoient été enfermez dans le Château ; qu'on
avoit embarqué les autres pour les envoyer en
Hongrie , et qu'à l'égard de leurs enfans , les
Bourgeois de Saltzbourg les avoient pris chez
eux pour les faire élever .
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Résumé : « Les Lettres venues par la Russie, portent que le Roy de Perse avoit attaqué, avec avantage, [...] »
Le roi de Perse a attaqué avec succès une partie des renforts envoyés par le Grand Seigneur au Pacha d'Erivan. Cependant, les Turcs, renforcés par le reste des troupes, ont vaincu les Persans. À Stockholm, il a été rapporté que M. Finch, ministre du roi d'Angleterre, avait reçu l'ordre de déclarer aux directeurs de la nouvelle Compagnie des Indes que la Grande-Bretagne empêcherait le succès de leur commerce si des fonds de la Compagnie d'Ostende étaient impliqués. À Salzbourg, le 27 novembre, deux compagnies de dragons ont amené 460 montagnards avec leurs familles. Le lendemain, ces compagnies sont retournées chercher d'autres montagnards. Vingt-cinq chefs ont été emprisonnés, tandis que les autres montagnards étaient envoyés en Hongrie. Les enfants des montagnards ont été confiés aux bourgeois de Salzbourg pour être élevés.
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2183
p. 3046
ITALIE.
Début :
Le Pape a envoyé au Cardinal Bichi, une Cedule de 3000. écus, pour le mettre en état [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
Ledule de 1000, écus , pour le mettre en état
E Pape a envoyé au Cardinal Bichi , une
de faire son Entrée publique à Rome , où l'on
croit qu'il ne viendra que vers les Fêtes de Pâques .
On a appris de la Bastia , que les Rebelles de
PIsle de Corse faisoient des préparatifs extraordinaires
pour attaquer le Poste de San - Pelegrino ,
aussi-tôt que le terme de la Suspension d'Armes
seroit expiré ; que le General qui commande les
Troupes de la République , avoit fait fortifierce
Poste , qui est dans une situation avantageuse ;.
que les Troupes Genoises étoient entrées en
quartier d'hyver , ainsi que les Troupes Auxiliaires
de l'Empereur , dont il est mort plus de 800.
hommes de differentes maladies..
On écrit de Florence , qu'on a envoyé les
ordres du Grand Duc à Livourne , pour y faireéquiper
en diligence les Galeres de ce Prince, qui
doivent aller au - devant de l'Infant Don Carlos ,
et que le Grand-Dac a nommé vingt Chevaliers de
P'Ordre de S. Etienne , pour monter ces Galeres ,
qui iront jusqu'à Antibes .
On attend de Rome le Prince Barthelemi Corsini
, Grand - Ecuyer de Don Carlos , qui doit se
rendre à Livourne , pour y remplir les fonctions
de sa Charge.
E Pape a envoyé au Cardinal Bichi , une
de faire son Entrée publique à Rome , où l'on
croit qu'il ne viendra que vers les Fêtes de Pâques .
On a appris de la Bastia , que les Rebelles de
PIsle de Corse faisoient des préparatifs extraordinaires
pour attaquer le Poste de San - Pelegrino ,
aussi-tôt que le terme de la Suspension d'Armes
seroit expiré ; que le General qui commande les
Troupes de la République , avoit fait fortifierce
Poste , qui est dans une situation avantageuse ;.
que les Troupes Genoises étoient entrées en
quartier d'hyver , ainsi que les Troupes Auxiliaires
de l'Empereur , dont il est mort plus de 800.
hommes de differentes maladies..
On écrit de Florence , qu'on a envoyé les
ordres du Grand Duc à Livourne , pour y faireéquiper
en diligence les Galeres de ce Prince, qui
doivent aller au - devant de l'Infant Don Carlos ,
et que le Grand-Dac a nommé vingt Chevaliers de
P'Ordre de S. Etienne , pour monter ces Galeres ,
qui iront jusqu'à Antibes .
On attend de Rome le Prince Barthelemi Corsini
, Grand - Ecuyer de Don Carlos , qui doit se
rendre à Livourne , pour y remplir les fonctions
de sa Charge.
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Résumé : ITALIE.
Au début du XVIIIe siècle en Italie, plusieurs événements politiques et militaires sont rapportés. À Rome, le pape a adressé une lettre au Cardinal Bichi pour organiser son entrée publique prévue vers les fêtes de Pâques. En Corse, les rebelles se préparent à attaquer le poste de San-Pelegrino après la fin de la suspension d'armes, tandis que le général commandant les troupes de la République a renforcé ce poste. Les troupes génoises et les forces auxiliaires de l'empereur sont en quartiers d'hiver, mais plus de 800 hommes sont décédés de diverses maladies. À Florence, le Grand-Duc a ordonné l'équipement des galères à Livourne pour accueillir l'Infant Don Carlos. Vingt chevaliers de l'Ordre de Saint-Étienne ont été désignés pour servir sur ces galères, qui se dirigeront vers Antibes. Le Prince Barthélemi Corsini, Grand-Écuyer de Don Carlos, est attendu à Rome avant de se rendre à Livourne pour y exercer ses fonctions.
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2184
p. 3047-3050
REGLEMENT fait et publié à Livourne, au sujet des Troupes débarquées, &c.
Début :
Les Troupes Espagnoles qu'on introduira dans les Places de la Toscane, seront payées et entretenues [...]
Mots clefs :
Toscane, Bataillons, Dragons, Garnisons, Lisbonne, Londres
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texteReconnaissance textuelle : REGLEMENT fait et publié à Livourne, au sujet des Troupes débarquées, &c.
REGLEMENT fait et publié à
Livourne , au sujet des Troupes
débarquées , &c.
Es Troupes Espagnoles qu'on introduira dans
les Places de la Toscane , seront payées et entretenues
aux dépens de S. M. Cat. sans que le
Trésor du Grand- Duc , ni le Pays , soient tenus ,
d'y subvenir en aucune maniere.
Deux Bataillons de ces Troupes entreront
dans Pise avec 300. Dragons ; deux autres Bataillons
seront introduits dans Porto - Ferrayo ,..
et on mettra dans Livourne 60. à 70. Dragons ,
avec autant d'Infanterie , que les Magazins de la
Porte Murée, des Cantines et de l'Huile pourront
en contenir, jusqu'à ce que le Comte de Charni et :
le Gouverneur,soient convenus des quartiers pour
les autres Troupes , qui , en attendant ,
peront aux environs de cette Ville , sans que le
Comte de Charni puisse prétendre , sous quelque
prétexte que ce soit , de les distribuer dans d'autres
endroits des Etats du Grand - Duc.
cam-
Le Comte de Charni aura dans Livourne le
Commandement suprême du Militaire ; et les
Troupes Espagnoles , conjointement avec celles
de S. A. R. y feront le Service , selon l'alternative
des Officiers des Corps des unes et des autres
, selon leur rang , les deux tiers des Troupes
de la Garnison seront Espagnoles , et le reste
Toscanes. Le Comte de Charni sera chargé de
distribuer lesdites Troupes dans les Postes qu'il
jugera convenabies , mais il ne pourra se mêler
des affaires du Gouvernement Civil , @ conomique
, Politique et Marchand , non - plus que du:
Département de la Santé , ce qui dépendra uni- .
1.1. Vol.
quement:
3048 MERCURE DE FRANCE
ment du Gouverneur de Livourne , auquel le
Comte de Charni sera tenu de donner des Trot
pes au cas qu'il en ait besoin , avec des Officiers .
qui seront obligez d'aller prendre les ordres du.
Gouverneur.
Les Galeres du Grand - Duc demeureront en
tout et partout sous le commandement immédiat
de S.A.R.de même que le Corps de Troupes Toscanes
, faisant partie de la Garnison de Livourne
, que S. A. R. pourra réduire à sa volonté
sans pouvoir néanmoins l'augmenter au- delà
du tiers.
Le Salut sera rendu selon le stile ordinaire de
la Place , et si on veut y faire quelque changement
, le Comte de Charni et le Gouverneur devront
être d'accord ; ce dernier continuera d'avoir
sa . Garde composée de Soldats et Officiers Toscans.
On conviendra sur le mêine pied par rapport
à l'autorité des Officiers Espagnols à Porto - Ferrayo
, et à celle du Gouverneur de cette Place ,
sur les Troupes respectives de la Garnison . On
tiendra un Inventaire juste de toute l'Artillerie et
autres Agrets , appartenans au Grand- Duc. , et les .
Commandans Espagnols en auront un double.
S. A. R. pourra toujours tirer des Provisions et
des Munitions de guerre de Livourne et de Porto-
Ferrayo , mais seulement de ce qui sera reconnu
lui appartenir , et qui sera mis sous les clefs à la
disposition des Ministres de S. A. R. Si les Espagnols
venoient à manquer de Provisions et d'aųtres
choses semblables , ils pourront en tirer des
Magazins du Grand - Duc , à un prix raisonnable
, & c. Signé , Frere Sauveur Ascanio , Emmanuel
Comte de Charni ; le Marquis de Mari ,.
Charles Renuccini , Charles Wager , François
Colman.
DECEMBRE . 1731. 3049
On mande de Lisbonne , que les Vaisseaux de
la Flote de Rio de Janeiro , avoient apporté
pour le compte du Roy de Portugal 148. Arobes
, 37. Marcs , 38. onces , 17. grains d'or ca
lingots ; un Million 118697. Cruzades d'or monnoyé
; 102000. Crusades d'or , confisquées sur
quelques Particuliers qui vouloient les faire entrer
en contrebande , et une boëte de Diamans
de la nouvelle Mine.
Il y avoit sur les mêmes Vaisseaux pour le
compte des Particuliers , 24. millions , 117697 .
Cruzades , et 220. Arobes d'or ; 40000. Cuirs
de Buenos- Aires , et 4000. Caisses de Sucre . Ces
Lettres ajoûtent qu'aucune Flote du Brezil n'avoit
jamais apporté une si grande quantité d'or .
On écrit de Londres , que le 18 Decembre le
Duc de Lorraine se rendit au Palais de S James
où il prit congé du Roy , de la Reine et des Prin .
ces et Princesses de la Famille Royale. Vers les
deux heures après midi il partit pour Greenwich,
dans le Carosse du Comte de Kinski , Envoyé
Extraordinaire de l'Empereur , accompagné de
ce Ministre , du Duc de Rishmond et du Lord
Baltimore. Après avoir dîné chez le Duc de
Rishmond , il s'embarqua pour la Hollande à
bord du Yacht le Fubbs .
Ce Prince yit sur le Théatre du Marché au
Foin le 14. de ce mois , le combat des Srs Figg et
Sporks , deux fameux Gladiateurs , le Duc de
Lorraine fit donner une gratification considerable
aux Acteurs de ce terrible Spectacle.
On écrit d'Hollande , que le Duc de Lorraine
Y. étoit arrivé, et qu'il étoit parti pour Nimegue ,
d'où il doit se rendre dans diverses Cours de
P'Empire.
11. Vol. I
• 3050 MERCURE DE FRANCE
Il a été résolu dans le commun Conseil de la i
Ville de Bristol , d'ériger dans cette Ville une
Statue Equestre au feu Roy Guillaume III . Cette
Statue qui sera de Bronze , sera posée sur un C
Piedestal de Marbre au milieu de la Place , dite.
de la Reine.
Depuis le 28. Décembre 1730. jusqu'au 2 5. Décembre
1731. on a baptisé dans Londres et dans
Westminster 9177 garçons et 8658. filles , ce
qui fait en tout. 1783 5. enfans.
Il est mort pendant le même temps 12608 .
hommes ou garçons , et 12654. femmes ou filles,
ce qui comparé avec l'Etat des Morts de l'année
derniere , qui furent en plus grand nombre , fait
une difference de 14079.
Livourne , au sujet des Troupes
débarquées , &c.
Es Troupes Espagnoles qu'on introduira dans
les Places de la Toscane , seront payées et entretenues
aux dépens de S. M. Cat. sans que le
Trésor du Grand- Duc , ni le Pays , soient tenus ,
d'y subvenir en aucune maniere.
Deux Bataillons de ces Troupes entreront
dans Pise avec 300. Dragons ; deux autres Bataillons
seront introduits dans Porto - Ferrayo ,..
et on mettra dans Livourne 60. à 70. Dragons ,
avec autant d'Infanterie , que les Magazins de la
Porte Murée, des Cantines et de l'Huile pourront
en contenir, jusqu'à ce que le Comte de Charni et :
le Gouverneur,soient convenus des quartiers pour
les autres Troupes , qui , en attendant ,
peront aux environs de cette Ville , sans que le
Comte de Charni puisse prétendre , sous quelque
prétexte que ce soit , de les distribuer dans d'autres
endroits des Etats du Grand - Duc.
cam-
Le Comte de Charni aura dans Livourne le
Commandement suprême du Militaire ; et les
Troupes Espagnoles , conjointement avec celles
de S. A. R. y feront le Service , selon l'alternative
des Officiers des Corps des unes et des autres
, selon leur rang , les deux tiers des Troupes
de la Garnison seront Espagnoles , et le reste
Toscanes. Le Comte de Charni sera chargé de
distribuer lesdites Troupes dans les Postes qu'il
jugera convenabies , mais il ne pourra se mêler
des affaires du Gouvernement Civil , @ conomique
, Politique et Marchand , non - plus que du:
Département de la Santé , ce qui dépendra uni- .
1.1. Vol.
quement:
3048 MERCURE DE FRANCE
ment du Gouverneur de Livourne , auquel le
Comte de Charni sera tenu de donner des Trot
pes au cas qu'il en ait besoin , avec des Officiers .
qui seront obligez d'aller prendre les ordres du.
Gouverneur.
Les Galeres du Grand - Duc demeureront en
tout et partout sous le commandement immédiat
de S.A.R.de même que le Corps de Troupes Toscanes
, faisant partie de la Garnison de Livourne
, que S. A. R. pourra réduire à sa volonté
sans pouvoir néanmoins l'augmenter au- delà
du tiers.
Le Salut sera rendu selon le stile ordinaire de
la Place , et si on veut y faire quelque changement
, le Comte de Charni et le Gouverneur devront
être d'accord ; ce dernier continuera d'avoir
sa . Garde composée de Soldats et Officiers Toscans.
On conviendra sur le mêine pied par rapport
à l'autorité des Officiers Espagnols à Porto - Ferrayo
, et à celle du Gouverneur de cette Place ,
sur les Troupes respectives de la Garnison . On
tiendra un Inventaire juste de toute l'Artillerie et
autres Agrets , appartenans au Grand- Duc. , et les .
Commandans Espagnols en auront un double.
S. A. R. pourra toujours tirer des Provisions et
des Munitions de guerre de Livourne et de Porto-
Ferrayo , mais seulement de ce qui sera reconnu
lui appartenir , et qui sera mis sous les clefs à la
disposition des Ministres de S. A. R. Si les Espagnols
venoient à manquer de Provisions et d'aųtres
choses semblables , ils pourront en tirer des
Magazins du Grand - Duc , à un prix raisonnable
, & c. Signé , Frere Sauveur Ascanio , Emmanuel
Comte de Charni ; le Marquis de Mari ,.
Charles Renuccini , Charles Wager , François
Colman.
DECEMBRE . 1731. 3049
On mande de Lisbonne , que les Vaisseaux de
la Flote de Rio de Janeiro , avoient apporté
pour le compte du Roy de Portugal 148. Arobes
, 37. Marcs , 38. onces , 17. grains d'or ca
lingots ; un Million 118697. Cruzades d'or monnoyé
; 102000. Crusades d'or , confisquées sur
quelques Particuliers qui vouloient les faire entrer
en contrebande , et une boëte de Diamans
de la nouvelle Mine.
Il y avoit sur les mêmes Vaisseaux pour le
compte des Particuliers , 24. millions , 117697 .
Cruzades , et 220. Arobes d'or ; 40000. Cuirs
de Buenos- Aires , et 4000. Caisses de Sucre . Ces
Lettres ajoûtent qu'aucune Flote du Brezil n'avoit
jamais apporté une si grande quantité d'or .
On écrit de Londres , que le 18 Decembre le
Duc de Lorraine se rendit au Palais de S James
où il prit congé du Roy , de la Reine et des Prin .
ces et Princesses de la Famille Royale. Vers les
deux heures après midi il partit pour Greenwich,
dans le Carosse du Comte de Kinski , Envoyé
Extraordinaire de l'Empereur , accompagné de
ce Ministre , du Duc de Rishmond et du Lord
Baltimore. Après avoir dîné chez le Duc de
Rishmond , il s'embarqua pour la Hollande à
bord du Yacht le Fubbs .
Ce Prince yit sur le Théatre du Marché au
Foin le 14. de ce mois , le combat des Srs Figg et
Sporks , deux fameux Gladiateurs , le Duc de
Lorraine fit donner une gratification considerable
aux Acteurs de ce terrible Spectacle.
On écrit d'Hollande , que le Duc de Lorraine
Y. étoit arrivé, et qu'il étoit parti pour Nimegue ,
d'où il doit se rendre dans diverses Cours de
P'Empire.
11. Vol. I
• 3050 MERCURE DE FRANCE
Il a été résolu dans le commun Conseil de la i
Ville de Bristol , d'ériger dans cette Ville une
Statue Equestre au feu Roy Guillaume III . Cette
Statue qui sera de Bronze , sera posée sur un C
Piedestal de Marbre au milieu de la Place , dite.
de la Reine.
Depuis le 28. Décembre 1730. jusqu'au 2 5. Décembre
1731. on a baptisé dans Londres et dans
Westminster 9177 garçons et 8658. filles , ce
qui fait en tout. 1783 5. enfans.
Il est mort pendant le même temps 12608 .
hommes ou garçons , et 12654. femmes ou filles,
ce qui comparé avec l'Etat des Morts de l'année
derniere , qui furent en plus grand nombre , fait
une difference de 14079.
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Résumé : REGLEMENT fait et publié à Livourne, au sujet des Troupes débarquées, &c.
Le règlement de Livourne, daté de décembre 1731, traite de l'introduction et de l'entretien des troupes espagnoles dans les places de la Toscane. Les troupes espagnoles seront financées et entretenues par le roi d'Espagne, sans implication du trésor du Grand-Duc ou du pays. Deux bataillons de troupes espagnoles, accompagnés de 300 dragons, entreront à Pise, tandis que deux autres bataillons iront à Porto-Ferrajo. À Livourne, 60 à 70 dragons et autant d'infanterie seront stationnés en attendant la décision du Comte de Charni et du gouverneur concernant les quartiers des autres troupes. Le Comte de Charni exercera le commandement militaire suprême à Livourne, où les troupes espagnoles et toscanes serviront alternativement. Les galères du Grand-Duc resteront sous le commandement de Son Altesse Royale, qui pourra également ajuster le nombre de troupes toscanes dans la garnison de Livourne. Le salut sera rendu selon les coutumes locales, et les officiers espagnols et toscans partageront l'autorité à Porto-Ferrajo. Un inventaire de l'artillerie et des équipements du Grand-Duc sera dressé, et les commandants espagnols en recevront une copie. Son Altesse Royale pourra se procurer des provisions et des munitions à Livourne et Porto-Ferrajo, à condition qu'elles lui appartiennent. En cas de besoin, les Espagnols pourront acheter des provisions des magasins du Grand-Duc à un prix raisonnable. Le document est signé par Frère Sauveur Ascanio, Emmanuel Comte de Charni, le Marquis de Mari, Charles Renuccini, Charles Wager, et François Colman. Par ailleurs, des nouvelles de Lisbonne signalent l'arrivée de vaisseaux de la flotte de Rio de Janeiro apportant une grande quantité d'or et de marchandises.
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2185
p. 3051-3052
Addition aux Nouvelles Etrangeres.
Début :
Les dernieres Lettres de Constantinople ne confirment pas les premiers avis qu'on avoit [...]
Mots clefs :
Constantinople, Armée du roi de Perse, Traité de paix, Puissance chrétienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Addition aux Nouvelles Etrangeres.
Lconfirment
pas les premiers avis qu'on avoit
cûs de la Victoire remportée par les Turcs sur
P'Armée du Roi de Perse : elles ne font mention
que de quelques avantages peu considerables.
Par un Courier arrivé à Vienne le 23 Decembre
de Constantinople , on a appris qu'il y avoit
un Traité de Paix conclu entre le G. S. et le
Roi de Perse , qu'on devoit faire incessamment
des réjouissances à ce sujet , et que comme on
continuoit d'y faire de grands préparatifs de
Guerre on croyoit que S. H, avoit résolu ,
pour contenter le Peuple et les Janissaires de
déclarer la Guerre à quelque Puissance Chrézienne.
II, Vol .
,
On
3052 MERCURE DE FRANCE
On apprend aussi de Vienne , que le Roy de
Pologne , l'Electeur Palatin , et l'Electeur de Ba
viere s'étoient excusés de signer les Garanties de
la Pragmatique-Sanction , par laquelle l'Empereur
veut assurer à l'Archiduchesse , sa Fille ainée
, la succession des Pays héreditaires de la
Maison d'Autriche.
On apprend de Coppenhague , que le Roi de
Dannemarck a accordé à la Reine le revenu de
la pêche des Perles de Drontheim en Norwegue
dont la Reine Douairiere joüissoit , et qui a rapporté
quelquefois jusqu'à 80000 Ecus.
2
Le 8 de ce mois , il arriva à Naples un Courier
de Vienne , avec les Lettres Patentes de l'Empereur
, par lesquelles le Comte d'Harrach est
continué dans les fonctions de Viceroy dans co
Royaume pendant trois ans & c.
pas les premiers avis qu'on avoit
cûs de la Victoire remportée par les Turcs sur
P'Armée du Roi de Perse : elles ne font mention
que de quelques avantages peu considerables.
Par un Courier arrivé à Vienne le 23 Decembre
de Constantinople , on a appris qu'il y avoit
un Traité de Paix conclu entre le G. S. et le
Roi de Perse , qu'on devoit faire incessamment
des réjouissances à ce sujet , et que comme on
continuoit d'y faire de grands préparatifs de
Guerre on croyoit que S. H, avoit résolu ,
pour contenter le Peuple et les Janissaires de
déclarer la Guerre à quelque Puissance Chrézienne.
II, Vol .
,
On
3052 MERCURE DE FRANCE
On apprend aussi de Vienne , que le Roy de
Pologne , l'Electeur Palatin , et l'Electeur de Ba
viere s'étoient excusés de signer les Garanties de
la Pragmatique-Sanction , par laquelle l'Empereur
veut assurer à l'Archiduchesse , sa Fille ainée
, la succession des Pays héreditaires de la
Maison d'Autriche.
On apprend de Coppenhague , que le Roi de
Dannemarck a accordé à la Reine le revenu de
la pêche des Perles de Drontheim en Norwegue
dont la Reine Douairiere joüissoit , et qui a rapporté
quelquefois jusqu'à 80000 Ecus.
2
Le 8 de ce mois , il arriva à Naples un Courier
de Vienne , avec les Lettres Patentes de l'Empereur
, par lesquelles le Comte d'Harrach est
continué dans les fonctions de Viceroy dans co
Royaume pendant trois ans & c.
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Résumé : Addition aux Nouvelles Etrangeres.
Le texte décrit plusieurs événements diplomatiques et politiques. Initialement, les informations sur une victoire des Turcs contre l'armée perse étaient exagérées. Un courrier du 23 décembre à Vienne a révélé un traité de paix entre le sultan ottoman et le roi de Perse, mais des préparatifs de guerre continuaient, suggérant une possible déclaration de guerre contre une puissance chrétienne pour apaiser le peuple et les janissaires. Par ailleurs, le roi de Pologne, l'électeur palatin et l'électeur de Bavière ont refusé de signer les garanties de la Pragmatique Sanction, un acte visant à assurer la succession des pays héréditaires de la Maison d'Autriche à l'archiduchesse, fille aînée de l'empereur. Enfin, le roi de Danemark a accordé à la reine le revenu de la pêche des perles de Drontheim en Norvège, une source de revenus ayant rapporté jusqu'à 80 000 écus. Le 8 du mois, un courrier de Vienne à Naples a apporté les lettres patentes de l'empereur nommant le comte d'Harrach vice-roi du royaume de Naples pour trois ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2186
p. 3052-3056
Nouvelles de la Cour, de Paris, &C. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a donné son agrément pour le Mariage du Prince de Conti avec [...]
Mots clefs :
Duc, Roi, Orateur, Course de traîneaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &C. [titre d'après la table]
FRANCE ,
Nouvelles de la Cour , de Paris , & Gà -
E Roy a donné son agrément pour
le Mariage du Prince de Conti avec
Mademoiselle de Chartres , soeur cadette
du Duc d'Orleans , et de Mademoiselle
de Beaujolois . On a dépêché un Courier
à Rome , pour demander au Pape les
dispenses pour ce Mariage , dont la Cé→
lébration est fixée au 22. Janvier. -
I. Vol. Le
DECEMBRE 1731. 3053
Le Comte d'Ayen , auquel le Roy
'avoit accordé , il y a quelques années , la
Charge de Capitaine de la premiere Compagnie
des Gardes du Corps , en survivance
du Duc de Noailles , son Pere Pere ,
prêta serment le 23 Decembre entre les
mains de S. M , et il est entré en exercice
pour servir conjointement avec son Pere .
Le Roy a accordé au Marquis de Ximenés
, Brigadier de ses Armées , l'agrément
de la Charge de Maréchal General
des Logis , des Camps et Armées de S.M.
Le 10 de ce mois , il y eût une magnifique
Course de Traineaux dans le Parc
de Versailles . Elle étoit composée de dix
Traineaux à un Cheval , dans l'un desquels
étoit le Roy ; d'un autre à quatre
Chevaux , conduit par le Marquis de
Beringhen , premier Ecuyer de S. M ;
d'un à cinq places , tiré par six Chevaux ,
et de celui qui représentoit le Cerf, poursuivi
par
des Chiens , qui étoit à deux
Chevaux. Tous ces Traineaux étoient pa
rez d'Etendarts , de Banderoles , et autres
ornemens . Les Chevaux étoient caparaçonnés
et garnis de Sonnettes et de
Grelots d'Argent . Le Roy , après avoir
fait le tour de la Piece d'Eau , qu'on ap-
II. Vol.
pelle
3054 MERCURE DE FRANCE
pelle des Suisses , monta dans le Parterre
du Château , et passa devant les fenêtres
de l'Appartement de la Reine , devant
celles de l'Appartement du Duc d'Orleans
, où étoit le Duc de Chartres , et devant
celles de l'Appartement des Enfans
de France , où S. M. s'arrêta pour pren
dre Mesdemoiselles de Charolois , de Clermont
, et de la Roche -sur-Yon , qui entrerent
chacune dans un Traineau , conduites
par des Seigneurs de la Cour ; d'autres
Dames entrerent dans le Traineau à
cinq places ; on continua la course autour
du Parc des Jardins , et on se rendit à la
Menagerie .
3
Le 18 Decembre les Chambres du
Parlement assemblées , on reçut M.Talon
Président à Mortier , M. Joly de Fleury ,
Fils de M. le Procureur General , Avocat
General , et Mr. de St. Contest , Avocat
du Roy au Châtelet , Conseiller au Parlement.
Le jour de Noël le feu prit à Estrée
St. Denis , près de Compiegne , et consuma
une Maison considerable , appartenante
au Sr. de Ste Croix , Capitaine
au Regiment d'Auxerrois , qui abbandonna
sa Maison , et la sacrifia pour sauver
tout le Village , dont plusieurs Mai-
II. Vol. sons
DECEMBRE. 1731. 3055
sons étoient déja en feu , et auroient été
consumées infailliblement , à cause du
grand vent qu'il faisoit ce jour - là.
La veille de Noël , le Roy , revêtu du
grand Collier de l'ordre du S. Esprit , se
rendit à la Chapelle du Château de Versailles
, où S. M. communia par les mains
de l'Abbé du Guesclin , Aumônier du
Roy en quartier : S. M. toucha ensuite
un grand nombre de Malades .
Le 25 Decembre , Fête de la Nativité
de Notre Seigneur , le Roy et la Reine
qui avoient entendu trois Messes à minuit
, assisterent le matin à la grande-
Messe , célebrée pontificalement par l'Evêque
de Grasse , et chantée par la Musique.
و
L'aprés- midy , L. M , accompagnées
du Duc d'Orleans , de Mesdemoiselles de
Clermont , et de la Roche- sur-Yon , du
Duc du Maine , &c. entendirent la Prédication
du Pere Boursault , Supérieur
des Théatins lequel termina sa course
de l'Avent avec autant de force et d'applaudissemens
qu'il l'avoit commencée ,
et qu'il l'a toûjours soûtenuë. Tous ses
Sermons lui ont attiré une admiration si
unanime de toute la Cour , et même une
affection si generale de tous ( Grands et
11. Vol. Petits
3058 MERCURE DE FRANCE
Petits , ) que les Personnes les plus âgées
ne se souviennent pas d'avoir jamais vû
un plus grand succés .
L'Orateur eût l'art de répandre dans
son compliment au Roy, des Instructions
si nobles et si chrétiennes, que Sa Majesté
en parut penetrée et ce fut avec tant de
dignité , et d'un stile si pathétique , qu'il
toucha la Royale Education qui est due
aux Enfans de France , que tous les Auditeurs
, à commencer pat tout ce qu'il
ya de plus grand et de plus auguste , ne
pûrent retenir des larmes d'approbation.
et de tendresse , qui font également honneur
et à la bonté du coeur de ceux qui
les ont versées , et à la supériorité de l'esprit
de celui qui les a fait répandre. Ensuite
leurs Majestez assisterent aux Vêpres
chantées par la Musique , &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , & Gà -
E Roy a donné son agrément pour
le Mariage du Prince de Conti avec
Mademoiselle de Chartres , soeur cadette
du Duc d'Orleans , et de Mademoiselle
de Beaujolois . On a dépêché un Courier
à Rome , pour demander au Pape les
dispenses pour ce Mariage , dont la Cé→
lébration est fixée au 22. Janvier. -
I. Vol. Le
DECEMBRE 1731. 3053
Le Comte d'Ayen , auquel le Roy
'avoit accordé , il y a quelques années , la
Charge de Capitaine de la premiere Compagnie
des Gardes du Corps , en survivance
du Duc de Noailles , son Pere Pere ,
prêta serment le 23 Decembre entre les
mains de S. M , et il est entré en exercice
pour servir conjointement avec son Pere .
Le Roy a accordé au Marquis de Ximenés
, Brigadier de ses Armées , l'agrément
de la Charge de Maréchal General
des Logis , des Camps et Armées de S.M.
Le 10 de ce mois , il y eût une magnifique
Course de Traineaux dans le Parc
de Versailles . Elle étoit composée de dix
Traineaux à un Cheval , dans l'un desquels
étoit le Roy ; d'un autre à quatre
Chevaux , conduit par le Marquis de
Beringhen , premier Ecuyer de S. M ;
d'un à cinq places , tiré par six Chevaux ,
et de celui qui représentoit le Cerf, poursuivi
par
des Chiens , qui étoit à deux
Chevaux. Tous ces Traineaux étoient pa
rez d'Etendarts , de Banderoles , et autres
ornemens . Les Chevaux étoient caparaçonnés
et garnis de Sonnettes et de
Grelots d'Argent . Le Roy , après avoir
fait le tour de la Piece d'Eau , qu'on ap-
II. Vol.
pelle
3054 MERCURE DE FRANCE
pelle des Suisses , monta dans le Parterre
du Château , et passa devant les fenêtres
de l'Appartement de la Reine , devant
celles de l'Appartement du Duc d'Orleans
, où étoit le Duc de Chartres , et devant
celles de l'Appartement des Enfans
de France , où S. M. s'arrêta pour pren
dre Mesdemoiselles de Charolois , de Clermont
, et de la Roche -sur-Yon , qui entrerent
chacune dans un Traineau , conduites
par des Seigneurs de la Cour ; d'autres
Dames entrerent dans le Traineau à
cinq places ; on continua la course autour
du Parc des Jardins , et on se rendit à la
Menagerie .
3
Le 18 Decembre les Chambres du
Parlement assemblées , on reçut M.Talon
Président à Mortier , M. Joly de Fleury ,
Fils de M. le Procureur General , Avocat
General , et Mr. de St. Contest , Avocat
du Roy au Châtelet , Conseiller au Parlement.
Le jour de Noël le feu prit à Estrée
St. Denis , près de Compiegne , et consuma
une Maison considerable , appartenante
au Sr. de Ste Croix , Capitaine
au Regiment d'Auxerrois , qui abbandonna
sa Maison , et la sacrifia pour sauver
tout le Village , dont plusieurs Mai-
II. Vol. sons
DECEMBRE. 1731. 3055
sons étoient déja en feu , et auroient été
consumées infailliblement , à cause du
grand vent qu'il faisoit ce jour - là.
La veille de Noël , le Roy , revêtu du
grand Collier de l'ordre du S. Esprit , se
rendit à la Chapelle du Château de Versailles
, où S. M. communia par les mains
de l'Abbé du Guesclin , Aumônier du
Roy en quartier : S. M. toucha ensuite
un grand nombre de Malades .
Le 25 Decembre , Fête de la Nativité
de Notre Seigneur , le Roy et la Reine
qui avoient entendu trois Messes à minuit
, assisterent le matin à la grande-
Messe , célebrée pontificalement par l'Evêque
de Grasse , et chantée par la Musique.
و
L'aprés- midy , L. M , accompagnées
du Duc d'Orleans , de Mesdemoiselles de
Clermont , et de la Roche- sur-Yon , du
Duc du Maine , &c. entendirent la Prédication
du Pere Boursault , Supérieur
des Théatins lequel termina sa course
de l'Avent avec autant de force et d'applaudissemens
qu'il l'avoit commencée ,
et qu'il l'a toûjours soûtenuë. Tous ses
Sermons lui ont attiré une admiration si
unanime de toute la Cour , et même une
affection si generale de tous ( Grands et
11. Vol. Petits
3058 MERCURE DE FRANCE
Petits , ) que les Personnes les plus âgées
ne se souviennent pas d'avoir jamais vû
un plus grand succés .
L'Orateur eût l'art de répandre dans
son compliment au Roy, des Instructions
si nobles et si chrétiennes, que Sa Majesté
en parut penetrée et ce fut avec tant de
dignité , et d'un stile si pathétique , qu'il
toucha la Royale Education qui est due
aux Enfans de France , que tous les Auditeurs
, à commencer pat tout ce qu'il
ya de plus grand et de plus auguste , ne
pûrent retenir des larmes d'approbation.
et de tendresse , qui font également honneur
et à la bonté du coeur de ceux qui
les ont versées , et à la supériorité de l'esprit
de celui qui les a fait répandre. Ensuite
leurs Majestez assisterent aux Vêpres
chantées par la Musique , &c.
Fermer
Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &C. [titre d'après la table]
En décembre 1731, le roi de France approuva le mariage du Prince de Conti avec Mademoiselle de Chartres, sœur cadette du Duc d'Orléans, et de Mademoiselle de Beaujolais. Une demande de dispenses fut envoyée à Rome pour permettre la célébration prévue le 22 janvier. Le Comte d'Ayen prêta serment pour la charge de Capitaine de la première Compagnie des Gardes du Corps, en survivance de son père, le Duc de Noailles, et commença à exercer conjointement avec lui. Le roi accorda également au Marquis de Ximenés, Brigadier des Armées, l'agrément pour la charge de Maréchal Général des Logis des Camps et Armées. Le 10 décembre, une course de traîneaux se tint dans le parc de Versailles, avec la participation du roi et de plusieurs nobles. Le 18 décembre, de nouveaux membres furent intégrés aux Chambres du Parlement, dont M. Talon, Président à Mortier, et M. Joly de Fleury, Avocat Général. Le jour de Noël, un incendie détruisit une maison à Estrées-Saint-Denis, près de Compiègne, appartenant au Sr. de Ste Croix. La veille de Noël, le roi communia et toucha un grand nombre de malades. Le 25 décembre, le roi et la reine assistèrent à la grande-messe et à la prédication du Père Boursault, Supérieur des Théatins, qui reçut une admiration unanime pour ses sermons.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2187
p. 3057-3066
Honneurs rendus à l'Infant Don Carlos en France [titre d'après la table]
Début :
Le Roy ayant appris que l'Infant Don Carlos étoit parti de Seville pour se rendre [...]
Mots clefs :
Infant Don Carlos, Intendants, Séville, Perpignan, Narbonne, Consuls
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Honneurs rendus à l'Infant Don Carlos en France [titre d'après la table]
Le Roy ayant appris que l'Infant Don
Carlos étoit parti de Seville pour se rendre
en Italie , et le Marquis de Castellar
ayant demandé à S. M. de la part du Roi
d'Espagne , de trouver bon que l'Infant
passât par le Roussillon , par le Languedoc
, et par la Provence , le Roy donna
ses Ordres aux Commandans et aux Intendans
de ces trois Provinces , pour que
S. A. R. y fut reçue avec tous les honneurs
dûs à son rang ; et M. Desgranges ,
Maître des Cérémonies , fut envoyé sur
- II. Vol. G la
308 MERCURE DE FRANCE
la Frontiere , pour accompagner l'Infant
jusqu'à Antibes , et le faire recévoir dans
toutes les Villes de son passage , avec les
cérémonies convenables.
›
3 L'Infant Don Carlos , qui avoit fait
en traversant l'Espagne , plus de diligence
qu'on ne l'avoit compté , arriva le 26
du mois de Novembre dernier au Ruisseau
de Lobregat , qui sépare les Royaumes
de France et d'Espagne , et il y fut
reçu par le Marquis de Cailus , Lieutenant
General des Armées du Roy et
Commandant en Roussillon , et par M.
de Jallais , Intendant de la même Province.
Il alla coucher au Boulou , où un
Détachement du Regiment de Toulouse
de 150 hommes , avecun Drapeau de couleur
, monta la Garde chez ce Prince
comme cela s'est pratiqué dans tous les
endroits où il s'est arrêté pendant son
passage en France.
Le 27 , S. A. R. arriva à Perpignan , et
elle y entra au bruit de toute l'Artillerie
de la Place , dont la Garnison étoit sous
les Armes ; lorsqu'elle fut descenduë à la
Maison qui lui avoit été préparée , elle
fut complimentée par le Chapitre de la
Cathedrale , par le Conseil supérieur du
Rousillon , par les Consuls , et par tous
les Corps de la Ville. L'après- midy , l'In-
II. Vol. · fant
1
.
DECEMBRE 1731. 3059
Fant alla prendre le divertissement de la
Chasse , et à son retour , il trouva toutes
les rues illuminées : l'Hôtel de Ville , et
les Maisons occupées par le Marquis de
Cailus et par M. de Jallais , le furent avec
beaucoup de magnificence.
> " Le 28 , l'Infant alla voir la Citadelle ;
où il fut salué , en entrant et en sortant ,
par toute l'Artillerie le soir , il y eût
des illuminations dans toute la Ville ;
'on donna à l'Hôtel de Ville un grand Bal,
et il y eût , comme le jour précedent , un
Concert dans l'Appartement de l'Infant.
Le 29 , ce Prince partit de Perpignan ;
le Marquis de Cailus et M. de Jallais l'ac
compagnerent jusqu'aux Cabanes de Firou
, qui séparent le Roussillon d'avec le
Languedoc . S. A. R. y trouva le Marquis
de la Fare , Chevalier des Ordres du Roi,
Commandant en Languedoc , et M. Ber
nage de St. Maurice , qui en est Intendant.
L'Infant dîna à Fitou et il alla
coucher à Sigean .
Le 30 , il dîna à Narbonne ; où il fut
reçu à la porte de la Ville par les Consuls,
et au bruit du Canon . La Compagnie dés
Hallebardiers qui compose la Garnison
ordinaire de la Ville , étoit sous les Armes
, et le Regiment de Medoc formoit
'une double haye depuis la Porte de la
II. Vol. Gij Ville
3060 MERCURE DE FRANCE
Ville jusqu'au Palais Archiepiscopal , dont
l'Archevêque fit les honneurs. S. A. R.
y reçut les presens de la Ville ; et après
avoir dîné en public , elle partit pour
aller coucher à Beziers. L'Infant descendit
à l'Evêché , et il y fut complimenté
par l'Evêque à la tête du Chapitre , et par
le Présidial . Les Consuls qui l'avoient
à la Porte de la Ville , lui
reçu apporterent
les presens ordinaires , et le soir on
donna un Concert à ce Prince.
Le 1. Decembre , l'Infant arriva à Pezenas
, et il employa l'après-midy à chasser
dans le Parc de la Grange des Prez ,
où le Marquis de la Fare avoit fait rassembler
une grande quantité de Gibier.
Le 2 , l'Infant dîna à Loupian , et il
arriva le même jour à Montpellier ; et
après avoir été complimenté à la Porte de
la Ville par les Consuls , il alla descendre
à une Maison qui appartient au Roy , et
qui est ordinairement occupée par le Premier
Président de la Chambre des Comptes
. Les ruës par lesquelles ce Prince pasétoient
tenduës sa > de Tapisseries ; la
Ville étoit illuminée , et on a observé la
même chose dans les Villes du Languedoc
, où il s'est arrêté. Lorsque l'Infant
entra à Montpellier , il fut salué par le
Canon de la Citadelle , et par un grand
nombre JI. Vol
DECEMBRE . 1731. 3051
nombre de Boëtes , et le Regiment de
Tessé étoit en haye sur le passage de S.
A. R, qui en descendant de Carosse voulut
que le Marquis delaFare eût l'honneur
de lui donner la main . Aussi tôt que l'Infant
fut entré dans son Appartement , il
y reçut les presens de la Ville , et il fut
complimenté par le Chapitre, par la Cour
des Compres et des Aydes , par le Bureau
des Finances , par le Présidial , et par les
Facultés de Droit et de Medecine.
Ce Prince s'étant déterminé à séjourner
le 3. à Montpellier , il alla le matin.
voir la Statue Equestre du feu Roy , et le
Jardin Royal des Plantes , où il fut reçu
M. Chicoyneau Fils , Chancelier de
la Faculté de Medecine , qui , au sortir
du Jardin , lui fit voir des Anatomies en
cire. L'après-midy , l'Infant alla à la Chasse
, et en rentrant , il vit la Citadelle.
· par
pa
Le 4 , ce Prince reçut , en partant de
Montpellier , les mêmes honneurs qui lui
avoient été rendus à son arrivée : il dîna
à Lunel , et alla coucher à Nismes , où il
trouva les Consuls à la Porte. Il logea à
l'Evêché , où il fut complimenté par l'Evêque
, et par le Président de Montclus.
où Les , l'Infant arriva à Tarascon ,
le Marquis de la Fare et M. Bernage dè
S. Maurice prirent congé de S. A. R. qui
II. Vol Giij fut
3062 MERCURE DE FRANCE
fut reçue , en entrant en Provence , par
M. Le Bret , Conseiller d'Etat , Premier
Président du Parlement de Provence
Commandant et Intendant dans cette
Province.
Le 6 , l'Infant partit de Tarascon , et
alla coucher à Sallon , où le mauvais tems,
l'obligea de séjourner le 7.
Le 8 , ce Prince arriva à Aix. Il y fut
complimenté par l'Archevêque , à la tête
du Chapitre , par les Députez du Parlement
, par ceux de la Cour des Comptes,
Aydes et Finances , par les Trésoriers,
de France , par l'Université et par la
Sénéchaussée les Syndics de la Noblesse.
lui rendirent aussi leurs respects , et S. A. -
R. reçut les presens de la Ville ,
:
Le 9 , l'Infant coucha à S. Maximin ;
le 10 , à Brignole , et le 11. il arriva au
Luc. Le débordement de quelques Ruisseaux
ayant rendu les chemins impratiquables
, l'Infant séjourna au Luc jusqu'au
5 , qu'il en partit pour Frejus , d'où il
alla le 16 à Cannes. Le Grand-Prieur de
France , que le Roy avoit envoyé pour
complimenter l'Infant , et qui étoit parti
de Paris aussi- tôt que l'on avoit appris
que ce Prince étoit entré en France , arriva
Cannes le 17 au matin , dans le moment
S. A. R. alloit en partir. Le Grand-
II. Vol. Prieur
que
DECEMBRE 1732. 3063
Prieur , après avoir exécuté la commis
sion que le Roy lui avoit donnée , accom
pagna l'infant à Antibes , où il lui pré
senta l'Epée garnie de Diamans , que S.M.
a envoyée à S. A. R , qui parut très tou
chée de ce present.
Le lendemain de l'arrivée de l'Infant
à Antibes , on commenca à préparer tour
ce qui étoit nécessaire pour le départ de
ce Prince , qui s'est embarqué le 23. au
matin sur les Galeres d'Espagne qui l'attendoient
depuis 15 jours , et qui doi,
vent le transporter en Italie . L'Infant a
marqué beaucoup de satisfaction des honneurs
qui lui ont été rendus en France ,
et de la maniere avec laquelle il a été reçu
dans les Provinces par lesquelles il a passé
: les Commandans et les Intendans de
ces Provinces ont tenu pendant le Voyage
de S. A. R. des Tables servies avec autant
de délicatesse que d'abondance . Ils ont
procuré à ce Prince tous les amusemens
que le peu de temps qu'ils ont eû pour se
préparer à le recevoir , a pû leur permet
tre , et ils n'ont rien épargné dans cette
occasion pour exécuter dignement les ordres
du Roy , et pour répondre en tout ce
qui les regardoit aux intentions de S.M ..
De Marseille le 7. Decembre. Tous les
JL.Kolo. Giiij pré3064
MERCURE DE FRANCE
préparatifs étoient faits et tous les ordres
donnez pour recevoir ce soir dans
cette Ville l'Infant Don Carlos , suivant
P'Itineraire que ce Prince devoit suivre
pour se rendre à Antibes. Il devoit séjourner
ici tout demain Samedy , et partir
le Dimanche matin. Tous les Quartiers
étoient sous les Armes , la superbe façade
de l'Hôtel de Ville préparée pour une
illumination des plus brillantes; toutes les
ruës par où l'Infant devoit passer ornées
de Tapisseries, d'Arcs de Triomphes , &c.
Une Illumination generale de toutes les
Maisons de la Ville devoit durer toute la
nuit , ainsi que les Feux de joye . Les Galeres
du Roy étoient prêtes aussi à être illuminées
et à faire des décharges generales
à l'arrivée du Prince qui devoit encore
être salué par tout le Canon des deux Citadelles
, et des Forts. Douze des plus
gros Vaisseaux de ce Port formoient une
ligne depuis la Chaîne jusqu'à l'Arcenal,
et étoient pareillement prêts à faire trois
salves . La Maison de M. P'Intendant ;
où le Prince devoit loger , étoit superbement
ornée. Enfin la Ville , dont tous les
Habitans étoient transportez d'une veritable
joye , avoit préparé des Présens extraordinaires.
L'Orateur de la Ville étoit
prêt de haranguer avec son éloquence
ordinaire,
11. Vol •
DECEMBRE 1731. 3063
ordinaire. Les choses en cet état , on regut
hier au soir par un Courier de M. le
Commandant , un avis que le Prince
ne viendroit point à Marseille , étant
obligé de presser sa marche et d'en changer
l'ordre. Une foule de nos Habitans
sont partis ce matin pour avoir,du moins,
le plaisir de le voir à Aix , &c..
De S. Maximin , le 16. Decembre. Le
R. P. Lombard , Prieur du Convent
Royal des Dominicains de cette Ville , a
écrit ce qui suit au sujet du Passage de
' Infant. Nous reçûmes ici le 9. de ce
mois à cinq heures du soir l'Infant Dor
Carlos et sa Suite nombreuse . Le Prince
coucha dans notre Monastere , ainsi que
le Comte de Sant- Estevan , son Gouver
eur , le Capitaine des Gardes , le Premier
Gentilhomme de sa Chambre , le P. Con
fesseur et son Compagnon, de l'Ordre de
S. François , sans parler d'un certain nom-.
bre de Gardes du Corps , &c . Je fus le
seul qui eut l'honneur de complimenter
S. A. R. et ce fut dans sa Chambre . J'assistai
à son souper , et le lendemain à
son dîner. Le soir de son arrivée le Com...
e de Sant-Estevan , qui avoit une Table
de 14.Couverts , m'invita à son souper,
quoi je m'excusai sur notre abstinence de:
1.1. Vol. Gv viande
de:
3066 MERCURE DE FRANCE
viande ; je restai cependant assis pendant
le souper auprès de la Table , et je bus à
la santé de son Excellence , après avoirmangé
quelques pieces de Confiture qu'elle
me fit l'honneur de me présenter sur
une assiete.
Le lendemain le Prince entendit la Mess
se dans sa Chambre , et après son dîné ,
il voulut visiter notre Eglise , voir les Reliques
et tout le Trésor , que j'eus l'honneur
de lui montrer. A la sortie de l'Eglise
S. A. R. monta en Carrosse pour
aller coucher à Brignole. On ne peut rien
voir de plus aimable que ce Prince
marquant beaucoup de pieté , d'esprit
et de vivacité. Il sçait fort bien le Fran
çois , mais il ne parle qu'Espagnol.
Carlos étoit parti de Seville pour se rendre
en Italie , et le Marquis de Castellar
ayant demandé à S. M. de la part du Roi
d'Espagne , de trouver bon que l'Infant
passât par le Roussillon , par le Languedoc
, et par la Provence , le Roy donna
ses Ordres aux Commandans et aux Intendans
de ces trois Provinces , pour que
S. A. R. y fut reçue avec tous les honneurs
dûs à son rang ; et M. Desgranges ,
Maître des Cérémonies , fut envoyé sur
- II. Vol. G la
308 MERCURE DE FRANCE
la Frontiere , pour accompagner l'Infant
jusqu'à Antibes , et le faire recévoir dans
toutes les Villes de son passage , avec les
cérémonies convenables.
›
3 L'Infant Don Carlos , qui avoit fait
en traversant l'Espagne , plus de diligence
qu'on ne l'avoit compté , arriva le 26
du mois de Novembre dernier au Ruisseau
de Lobregat , qui sépare les Royaumes
de France et d'Espagne , et il y fut
reçu par le Marquis de Cailus , Lieutenant
General des Armées du Roy et
Commandant en Roussillon , et par M.
de Jallais , Intendant de la même Province.
Il alla coucher au Boulou , où un
Détachement du Regiment de Toulouse
de 150 hommes , avecun Drapeau de couleur
, monta la Garde chez ce Prince
comme cela s'est pratiqué dans tous les
endroits où il s'est arrêté pendant son
passage en France.
Le 27 , S. A. R. arriva à Perpignan , et
elle y entra au bruit de toute l'Artillerie
de la Place , dont la Garnison étoit sous
les Armes ; lorsqu'elle fut descenduë à la
Maison qui lui avoit été préparée , elle
fut complimentée par le Chapitre de la
Cathedrale , par le Conseil supérieur du
Rousillon , par les Consuls , et par tous
les Corps de la Ville. L'après- midy , l'In-
II. Vol. · fant
1
.
DECEMBRE 1731. 3059
Fant alla prendre le divertissement de la
Chasse , et à son retour , il trouva toutes
les rues illuminées : l'Hôtel de Ville , et
les Maisons occupées par le Marquis de
Cailus et par M. de Jallais , le furent avec
beaucoup de magnificence.
> " Le 28 , l'Infant alla voir la Citadelle ;
où il fut salué , en entrant et en sortant ,
par toute l'Artillerie le soir , il y eût
des illuminations dans toute la Ville ;
'on donna à l'Hôtel de Ville un grand Bal,
et il y eût , comme le jour précedent , un
Concert dans l'Appartement de l'Infant.
Le 29 , ce Prince partit de Perpignan ;
le Marquis de Cailus et M. de Jallais l'ac
compagnerent jusqu'aux Cabanes de Firou
, qui séparent le Roussillon d'avec le
Languedoc . S. A. R. y trouva le Marquis
de la Fare , Chevalier des Ordres du Roi,
Commandant en Languedoc , et M. Ber
nage de St. Maurice , qui en est Intendant.
L'Infant dîna à Fitou et il alla
coucher à Sigean .
Le 30 , il dîna à Narbonne ; où il fut
reçu à la porte de la Ville par les Consuls,
et au bruit du Canon . La Compagnie dés
Hallebardiers qui compose la Garnison
ordinaire de la Ville , étoit sous les Armes
, et le Regiment de Medoc formoit
'une double haye depuis la Porte de la
II. Vol. Gij Ville
3060 MERCURE DE FRANCE
Ville jusqu'au Palais Archiepiscopal , dont
l'Archevêque fit les honneurs. S. A. R.
y reçut les presens de la Ville ; et après
avoir dîné en public , elle partit pour
aller coucher à Beziers. L'Infant descendit
à l'Evêché , et il y fut complimenté
par l'Evêque à la tête du Chapitre , et par
le Présidial . Les Consuls qui l'avoient
à la Porte de la Ville , lui
reçu apporterent
les presens ordinaires , et le soir on
donna un Concert à ce Prince.
Le 1. Decembre , l'Infant arriva à Pezenas
, et il employa l'après-midy à chasser
dans le Parc de la Grange des Prez ,
où le Marquis de la Fare avoit fait rassembler
une grande quantité de Gibier.
Le 2 , l'Infant dîna à Loupian , et il
arriva le même jour à Montpellier ; et
après avoir été complimenté à la Porte de
la Ville par les Consuls , il alla descendre
à une Maison qui appartient au Roy , et
qui est ordinairement occupée par le Premier
Président de la Chambre des Comptes
. Les ruës par lesquelles ce Prince pasétoient
tenduës sa > de Tapisseries ; la
Ville étoit illuminée , et on a observé la
même chose dans les Villes du Languedoc
, où il s'est arrêté. Lorsque l'Infant
entra à Montpellier , il fut salué par le
Canon de la Citadelle , et par un grand
nombre JI. Vol
DECEMBRE . 1731. 3051
nombre de Boëtes , et le Regiment de
Tessé étoit en haye sur le passage de S.
A. R, qui en descendant de Carosse voulut
que le Marquis delaFare eût l'honneur
de lui donner la main . Aussi tôt que l'Infant
fut entré dans son Appartement , il
y reçut les presens de la Ville , et il fut
complimenté par le Chapitre, par la Cour
des Compres et des Aydes , par le Bureau
des Finances , par le Présidial , et par les
Facultés de Droit et de Medecine.
Ce Prince s'étant déterminé à séjourner
le 3. à Montpellier , il alla le matin.
voir la Statue Equestre du feu Roy , et le
Jardin Royal des Plantes , où il fut reçu
M. Chicoyneau Fils , Chancelier de
la Faculté de Medecine , qui , au sortir
du Jardin , lui fit voir des Anatomies en
cire. L'après-midy , l'Infant alla à la Chasse
, et en rentrant , il vit la Citadelle.
· par
pa
Le 4 , ce Prince reçut , en partant de
Montpellier , les mêmes honneurs qui lui
avoient été rendus à son arrivée : il dîna
à Lunel , et alla coucher à Nismes , où il
trouva les Consuls à la Porte. Il logea à
l'Evêché , où il fut complimenté par l'Evêque
, et par le Président de Montclus.
où Les , l'Infant arriva à Tarascon ,
le Marquis de la Fare et M. Bernage dè
S. Maurice prirent congé de S. A. R. qui
II. Vol Giij fut
3062 MERCURE DE FRANCE
fut reçue , en entrant en Provence , par
M. Le Bret , Conseiller d'Etat , Premier
Président du Parlement de Provence
Commandant et Intendant dans cette
Province.
Le 6 , l'Infant partit de Tarascon , et
alla coucher à Sallon , où le mauvais tems,
l'obligea de séjourner le 7.
Le 8 , ce Prince arriva à Aix. Il y fut
complimenté par l'Archevêque , à la tête
du Chapitre , par les Députez du Parlement
, par ceux de la Cour des Comptes,
Aydes et Finances , par les Trésoriers,
de France , par l'Université et par la
Sénéchaussée les Syndics de la Noblesse.
lui rendirent aussi leurs respects , et S. A. -
R. reçut les presens de la Ville ,
:
Le 9 , l'Infant coucha à S. Maximin ;
le 10 , à Brignole , et le 11. il arriva au
Luc. Le débordement de quelques Ruisseaux
ayant rendu les chemins impratiquables
, l'Infant séjourna au Luc jusqu'au
5 , qu'il en partit pour Frejus , d'où il
alla le 16 à Cannes. Le Grand-Prieur de
France , que le Roy avoit envoyé pour
complimenter l'Infant , et qui étoit parti
de Paris aussi- tôt que l'on avoit appris
que ce Prince étoit entré en France , arriva
Cannes le 17 au matin , dans le moment
S. A. R. alloit en partir. Le Grand-
II. Vol. Prieur
que
DECEMBRE 1732. 3063
Prieur , après avoir exécuté la commis
sion que le Roy lui avoit donnée , accom
pagna l'infant à Antibes , où il lui pré
senta l'Epée garnie de Diamans , que S.M.
a envoyée à S. A. R , qui parut très tou
chée de ce present.
Le lendemain de l'arrivée de l'Infant
à Antibes , on commenca à préparer tour
ce qui étoit nécessaire pour le départ de
ce Prince , qui s'est embarqué le 23. au
matin sur les Galeres d'Espagne qui l'attendoient
depuis 15 jours , et qui doi,
vent le transporter en Italie . L'Infant a
marqué beaucoup de satisfaction des honneurs
qui lui ont été rendus en France ,
et de la maniere avec laquelle il a été reçu
dans les Provinces par lesquelles il a passé
: les Commandans et les Intendans de
ces Provinces ont tenu pendant le Voyage
de S. A. R. des Tables servies avec autant
de délicatesse que d'abondance . Ils ont
procuré à ce Prince tous les amusemens
que le peu de temps qu'ils ont eû pour se
préparer à le recevoir , a pû leur permet
tre , et ils n'ont rien épargné dans cette
occasion pour exécuter dignement les ordres
du Roy , et pour répondre en tout ce
qui les regardoit aux intentions de S.M ..
De Marseille le 7. Decembre. Tous les
JL.Kolo. Giiij pré3064
MERCURE DE FRANCE
préparatifs étoient faits et tous les ordres
donnez pour recevoir ce soir dans
cette Ville l'Infant Don Carlos , suivant
P'Itineraire que ce Prince devoit suivre
pour se rendre à Antibes. Il devoit séjourner
ici tout demain Samedy , et partir
le Dimanche matin. Tous les Quartiers
étoient sous les Armes , la superbe façade
de l'Hôtel de Ville préparée pour une
illumination des plus brillantes; toutes les
ruës par où l'Infant devoit passer ornées
de Tapisseries, d'Arcs de Triomphes , &c.
Une Illumination generale de toutes les
Maisons de la Ville devoit durer toute la
nuit , ainsi que les Feux de joye . Les Galeres
du Roy étoient prêtes aussi à être illuminées
et à faire des décharges generales
à l'arrivée du Prince qui devoit encore
être salué par tout le Canon des deux Citadelles
, et des Forts. Douze des plus
gros Vaisseaux de ce Port formoient une
ligne depuis la Chaîne jusqu'à l'Arcenal,
et étoient pareillement prêts à faire trois
salves . La Maison de M. P'Intendant ;
où le Prince devoit loger , étoit superbement
ornée. Enfin la Ville , dont tous les
Habitans étoient transportez d'une veritable
joye , avoit préparé des Présens extraordinaires.
L'Orateur de la Ville étoit
prêt de haranguer avec son éloquence
ordinaire,
11. Vol •
DECEMBRE 1731. 3063
ordinaire. Les choses en cet état , on regut
hier au soir par un Courier de M. le
Commandant , un avis que le Prince
ne viendroit point à Marseille , étant
obligé de presser sa marche et d'en changer
l'ordre. Une foule de nos Habitans
sont partis ce matin pour avoir,du moins,
le plaisir de le voir à Aix , &c..
De S. Maximin , le 16. Decembre. Le
R. P. Lombard , Prieur du Convent
Royal des Dominicains de cette Ville , a
écrit ce qui suit au sujet du Passage de
' Infant. Nous reçûmes ici le 9. de ce
mois à cinq heures du soir l'Infant Dor
Carlos et sa Suite nombreuse . Le Prince
coucha dans notre Monastere , ainsi que
le Comte de Sant- Estevan , son Gouver
eur , le Capitaine des Gardes , le Premier
Gentilhomme de sa Chambre , le P. Con
fesseur et son Compagnon, de l'Ordre de
S. François , sans parler d'un certain nom-.
bre de Gardes du Corps , &c . Je fus le
seul qui eut l'honneur de complimenter
S. A. R. et ce fut dans sa Chambre . J'assistai
à son souper , et le lendemain à
son dîner. Le soir de son arrivée le Com...
e de Sant-Estevan , qui avoit une Table
de 14.Couverts , m'invita à son souper,
quoi je m'excusai sur notre abstinence de:
1.1. Vol. Gv viande
de:
3066 MERCURE DE FRANCE
viande ; je restai cependant assis pendant
le souper auprès de la Table , et je bus à
la santé de son Excellence , après avoirmangé
quelques pieces de Confiture qu'elle
me fit l'honneur de me présenter sur
une assiete.
Le lendemain le Prince entendit la Mess
se dans sa Chambre , et après son dîné ,
il voulut visiter notre Eglise , voir les Reliques
et tout le Trésor , que j'eus l'honneur
de lui montrer. A la sortie de l'Eglise
S. A. R. monta en Carrosse pour
aller coucher à Brignole. On ne peut rien
voir de plus aimable que ce Prince
marquant beaucoup de pieté , d'esprit
et de vivacité. Il sçait fort bien le Fran
çois , mais il ne parle qu'Espagnol.
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Résumé : Honneurs rendus à l'Infant Don Carlos en France [titre d'après la table]
L'Infant Don Carlos traversa la France en route pour l'Italie, passant par le Roussillon, le Languedoc et la Provence. Le roi de France ordonna aux commandants et intendants de ces provinces de l'accueillir avec tous les honneurs dus à son rang. M. Desgranges, Maître des Cérémonies, fut chargé de l'accompagner jusqu'à Antibes. L'Infant arriva au Ruisseau de Lobregat le 26 novembre et fut accueilli par le Marquis de Cailus et M. de Jallais. Des cérémonies appropriées, incluant des salves d'artillerie et des illuminations, furent organisées en son honneur. À Perpignan, il fut reçu par divers corps de la ville et participa à des activités telles que la chasse et des concerts. Son voyage continua à travers plusieurs villes, dont Narbonne, Béziers, Pezenas, Montpellier, Nîmes, Tarascon, Aix, et enfin Antibes. Dans chaque ville, il reçut des honneurs similaires, incluant des salves de canon, des compliments des autorités locales et des illuminations. Le Grand-Prieur de France le rejoignit à Cannes et lui remit une épée garnie de diamants de la part du roi de France. L'Infant s'embarqua à Antibes le 23 décembre sur les galères d'Espagne. Il exprima sa satisfaction des honneurs reçus en France. Les commandants et intendants des provinces traversées avaient préparé des réceptions somptueuses, avec des tables abondantes et des amusements variés. Marseille, bien que préparée pour sa visite, ne le reçut pas en raison d'un changement d'itinéraire.
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2188
p. 3070-3073
Reception et Provisions du Premier Président de la Chambre des Comptes. [titre d'après la table]
Début :
M. de Nicolaï, Conseiller au Parlement, fils aîné de M. le Premier President [...]
Mots clefs :
Chambre des comptes, Président, Conseiller, Comptes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Reception et Provisions du Premier Président de la Chambre des Comptes. [titre d'après la table]
M. de Nicolaï , Conseiller au Parle
ment , fils aîné de M. le Premier President
de la Chambre des Comptes , et
dont il est fait mention dans le Mer
cure de France du mois de Juillet der
nier , ayant été pourvû en survivance
( qui est le neuviéme de sa Famille , ) de
la Charge de son pere , a été reçû à l'âge
de vingt - deux ans et demi à la Chambre
le 8. Decembre , ayant obtenu en même-
temps la voix déliberative au Parle
11. Vol:
ment
DECEMBRE. 1731. 307✡
ment. Cette Reception s'est faite en pré-.
sence de tous les Officiers de la Chambre
et d'un grand concours de persona
nes de distinction . M. de Villiers , Maî
tre des Comptes , Rapporteur des Provide
donner son avis, fit un
>
sions, avant que
grand Eloge de ce jeune Magistrat , qui
après avoir prêté Serment entre les mains .
de M. le Président de Paris , et avoir pris
place , fut complimenté
par ce Président,
qui dans un Discours très éloquent , exposa
tout ce qui étoit honorable à la
Chambre et à la Maison de Nicolaï , par
les Graces que nos Rois ont toûjours accordées
en faveur de l'une et de l'autre..
Ensuite M. de Nicolaï fit un très- beau.
Remerciement
, digne de son nom , qu'il
prononça avec toute grace et toute la
dignité convenable
au Poste éminent
qu'il doit occuper un jour.
t
' la
On verra par la lecture de l'Exposé de
ses Provisions , quels ont été les justes
motis de Sa Majesté.
LOUIS , par par la Grace de Dieu , Roy
de France et de Navarre , à tous ceux qui
ces Rresentes verront , SALUT. Les Graces
extraordinaires que nous faisons à quelquesans
de nos Sujets , en consideration de leurs
services , outre ceux de leurs Ancêtres , ne
11. Velo pouvant
1572 MERCURE
DE FRANCE
pouvant que confirmer les autres dans in
fidelité qu'ils nous doivent , nous croyons
qu'en ces rencontres l'avantage d'un Particulier
est celui de l'Etat et du Public , c'est
pourquoi nous ne faisons aucune difficulté
d'accorder de nouvelles marques de notre bien³
veillance à notre amé et feal Conseiller en
nos Conseils d'Etat et Privé , Jean- Aymard
Nicolay , .Premier President Clerc en notre
Chambre des Comptes de Paris , en considération
des grands et importans services
qu'il nous a rendus et au feu Roy , notre
très- honoré Seigneur et Bisayeul, de gloriense
mémoire , et pour lui faire connoître de plus
en plus l'estime toute particuliere que nous
faisons de son mérite personnel et de ses
vertus , nous avons en agréable la supplication
qu'il nous a faite d'admettre la
résignation de sondit Office de Premier President
en faveur de notre amé et féal Ayž
mard-Jean Nicolay , son fils , Conseiller en
notre Cour de Parlement de Paris , et Com
missaire aux Requêtes de notre Palais , à
Condition ncanmoins de survivance et retenue
de services , laquelle nous lui avions accor
dée dès l'année mil sept cent dix -sept , pour
Antoine- Nicolas Nicolay son fils ainé,qu'une
mort prématurée auroit enlevé dans un temps
où sa droiture , sa capacité et une experience
de près de vingt années dans l'exercice de
I A Vola
DECEMBRE. 1731. 3075
la Charge de Conseiller en notredite Cour de
Parlement , le mettoient en état de remplir
avec toute la distinction possible une place
aussi importante , et d'ailleurs bien informez
des qualitez avantageuses qui se trouvent en
la personne dudit Sieur Nicolay , fils , ainsi
que de son affection à notre service dans les
differes Emplois qu'il a exercez , tant en
qualité de Lieutenant dans notre Régiment
d'Infanterie , et de Capitaine de Cavalerie ,
que dans celle de Mesire de Camp d'un Régiment
de Dragonspendant près de dix années
, nous aurions estimé qu'il étoit du bien
de notre service , de le pourvoir cy- devans
dudit Office de Conseiller , dont ledit Sieur
son frere est mort revêtu , étant persuadez
qu'il nous serviroit dans la Magistrature
avec le même Zele qu'il a fait dans nos Trou
pes , ce qu'il nous a déja fait connoître par
une application suivie et une integrité à toute
épreuves ensorte que nous avons tout lien
d'esperer qu'il remplira un jour avec dignité
ladite Charge de Premier President , surtout
étant instruit et formé par un Pere d'une ex-.
perience la plus consommée , animé par son
exemple et celui de ses Ancêtres , qui ont possedé
la même Charge pendant septgenerations ,
et nousy ont servi et les Rois nos predecesseurs,
à leur satisfaction et à la nôtre. A Ces Cau-
SES , &c. 18. Octobre 1731 .
ment , fils aîné de M. le Premier President
de la Chambre des Comptes , et
dont il est fait mention dans le Mer
cure de France du mois de Juillet der
nier , ayant été pourvû en survivance
( qui est le neuviéme de sa Famille , ) de
la Charge de son pere , a été reçû à l'âge
de vingt - deux ans et demi à la Chambre
le 8. Decembre , ayant obtenu en même-
temps la voix déliberative au Parle
11. Vol:
ment
DECEMBRE. 1731. 307✡
ment. Cette Reception s'est faite en pré-.
sence de tous les Officiers de la Chambre
et d'un grand concours de persona
nes de distinction . M. de Villiers , Maî
tre des Comptes , Rapporteur des Provide
donner son avis, fit un
>
sions, avant que
grand Eloge de ce jeune Magistrat , qui
après avoir prêté Serment entre les mains .
de M. le Président de Paris , et avoir pris
place , fut complimenté
par ce Président,
qui dans un Discours très éloquent , exposa
tout ce qui étoit honorable à la
Chambre et à la Maison de Nicolaï , par
les Graces que nos Rois ont toûjours accordées
en faveur de l'une et de l'autre..
Ensuite M. de Nicolaï fit un très- beau.
Remerciement
, digne de son nom , qu'il
prononça avec toute grace et toute la
dignité convenable
au Poste éminent
qu'il doit occuper un jour.
t
' la
On verra par la lecture de l'Exposé de
ses Provisions , quels ont été les justes
motis de Sa Majesté.
LOUIS , par par la Grace de Dieu , Roy
de France et de Navarre , à tous ceux qui
ces Rresentes verront , SALUT. Les Graces
extraordinaires que nous faisons à quelquesans
de nos Sujets , en consideration de leurs
services , outre ceux de leurs Ancêtres , ne
11. Velo pouvant
1572 MERCURE
DE FRANCE
pouvant que confirmer les autres dans in
fidelité qu'ils nous doivent , nous croyons
qu'en ces rencontres l'avantage d'un Particulier
est celui de l'Etat et du Public , c'est
pourquoi nous ne faisons aucune difficulté
d'accorder de nouvelles marques de notre bien³
veillance à notre amé et feal Conseiller en
nos Conseils d'Etat et Privé , Jean- Aymard
Nicolay , .Premier President Clerc en notre
Chambre des Comptes de Paris , en considération
des grands et importans services
qu'il nous a rendus et au feu Roy , notre
très- honoré Seigneur et Bisayeul, de gloriense
mémoire , et pour lui faire connoître de plus
en plus l'estime toute particuliere que nous
faisons de son mérite personnel et de ses
vertus , nous avons en agréable la supplication
qu'il nous a faite d'admettre la
résignation de sondit Office de Premier President
en faveur de notre amé et féal Ayž
mard-Jean Nicolay , son fils , Conseiller en
notre Cour de Parlement de Paris , et Com
missaire aux Requêtes de notre Palais , à
Condition ncanmoins de survivance et retenue
de services , laquelle nous lui avions accor
dée dès l'année mil sept cent dix -sept , pour
Antoine- Nicolas Nicolay son fils ainé,qu'une
mort prématurée auroit enlevé dans un temps
où sa droiture , sa capacité et une experience
de près de vingt années dans l'exercice de
I A Vola
DECEMBRE. 1731. 3075
la Charge de Conseiller en notredite Cour de
Parlement , le mettoient en état de remplir
avec toute la distinction possible une place
aussi importante , et d'ailleurs bien informez
des qualitez avantageuses qui se trouvent en
la personne dudit Sieur Nicolay , fils , ainsi
que de son affection à notre service dans les
differes Emplois qu'il a exercez , tant en
qualité de Lieutenant dans notre Régiment
d'Infanterie , et de Capitaine de Cavalerie ,
que dans celle de Mesire de Camp d'un Régiment
de Dragonspendant près de dix années
, nous aurions estimé qu'il étoit du bien
de notre service , de le pourvoir cy- devans
dudit Office de Conseiller , dont ledit Sieur
son frere est mort revêtu , étant persuadez
qu'il nous serviroit dans la Magistrature
avec le même Zele qu'il a fait dans nos Trou
pes , ce qu'il nous a déja fait connoître par
une application suivie et une integrité à toute
épreuves ensorte que nous avons tout lien
d'esperer qu'il remplira un jour avec dignité
ladite Charge de Premier President , surtout
étant instruit et formé par un Pere d'une ex-.
perience la plus consommée , animé par son
exemple et celui de ses Ancêtres , qui ont possedé
la même Charge pendant septgenerations ,
et nousy ont servi et les Rois nos predecesseurs,
à leur satisfaction et à la nôtre. A Ces Cau-
SES , &c. 18. Octobre 1731 .
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Résumé : Reception et Provisions du Premier Président de la Chambre des Comptes. [titre d'après la table]
Le texte décrit la réception de M. de Nicolaï, fils aîné de M. le Premier Président de la Chambre des Comptes, à la Chambre des Comptes le 8 décembre 1731. À l'âge de vingt-deux ans et demi, il a été nommé pour succéder à son père, devenant ainsi le neuvième membre de sa famille à occuper cette charge. La cérémonie a eu lieu en présence de tous les officiers de la Chambre et de nombreuses personnes de distinction. M. de Villiers, Maître des Comptes, a loué les qualités du jeune magistrat, qui a ensuite prêté serment et été félicité par M. le Président de Paris. Le roi Louis XV a accordé cette nomination en reconnaissance des services rendus par Jean-Aymard Nicolay, le père, et en considération des qualités d'Aymard-Jean Nicolay, le fils. Le roi a accepté la résignation de la charge de Premier Président en faveur de son fils, avec une clause de survivance et de retenue de services. Cette décision a été motivée par les qualités et les services du fils, tant dans la magistrature que dans l'armée, ainsi que par l'exemple et l'expérience de son père et de ses ancêtres, qui ont occupé cette charge pendant sept générations.
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2189
p. 3075-3077
Promotion d'Officiers Géneraux.
Début :
Le Roy a fait Lieutenant Generaux. Messieurs Le Marquis de Livry. [...]
Mots clefs :
Régiment, Lieutenant, Brigadier, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Promotion d'Officiers Géneraux.
Le Roy a fait Lieutenant Generaux.
Messieurs Le Marquis de Livry.
Ceberet.
M. de Louville.
M. de Mallebois.
Comte de Belle - Ifle .
Messieurs le Marquis de Lille , Colo
41, Kol nek
076 MERCURE DE FRANCE
1
nel du Regiment de la Fere , et le Chexalier
de Rocausel , Colonel du Regiment
d'Angoumois , Maréchaux de Camps.
Le Regiment de la Fere a été donné
au Chevalier de l'Isle , et celui d'Angoumois
au Marquis de Fleury , Capitaine
dans le Regiment de la Marine.
M. Bosnier a vendu sa Charge de Ma
réchal general des Logis des Camps et Ar◄
mées au Marquis de Ximenes , Brigadier
d'Infanterie , cy - devant Colonel
du Regiment Royal Roussillon.
›
Le Gouvernement de Seyne a été
donné au Comte de Chastellux , Brigadier
de Cavalerie , Capitaine Lieutenant
des Gendarmes de Flandre.
Le Gouvernement de S. André de Villeneuve-
lez-Avignon , à M. de Montalembert
, Brigadier d'Infanterie , Lieute
nant Colonel du Regiment de Nivernois.
La Majorité d'Arras , à M, du Roure ,
Major du Regiment d'Auvergne.
La Lieutenance de Roy de Sisteron , à
M. de Leautaud , Commandant le second
Bataillon du Regiment de Pons.
Le Roy a aussi donné la Sous Lieutenance
de la Compagnie des Chevaux
Legers d'Orleans au Comte de Casteja
Enseigne de la Compagnie des Gendarmes
de Bretagne , et Ministre Plenipoten-
IL.Kola
tiaire
DECEMBRE. 1731. 3077
tiaire de S. M. auprès du Roy de Suede .
Le Marquis de Vassy a été nommé Enseigne
de la Compagnie des Gendarmes
de Bretagne , et M.de la Chaise, Cornette
de la Compagnie des Chevaux Legers
de la Reine .
Messieurs Le Marquis de Livry.
Ceberet.
M. de Louville.
M. de Mallebois.
Comte de Belle - Ifle .
Messieurs le Marquis de Lille , Colo
41, Kol nek
076 MERCURE DE FRANCE
1
nel du Regiment de la Fere , et le Chexalier
de Rocausel , Colonel du Regiment
d'Angoumois , Maréchaux de Camps.
Le Regiment de la Fere a été donné
au Chevalier de l'Isle , et celui d'Angoumois
au Marquis de Fleury , Capitaine
dans le Regiment de la Marine.
M. Bosnier a vendu sa Charge de Ma
réchal general des Logis des Camps et Ar◄
mées au Marquis de Ximenes , Brigadier
d'Infanterie , cy - devant Colonel
du Regiment Royal Roussillon.
›
Le Gouvernement de Seyne a été
donné au Comte de Chastellux , Brigadier
de Cavalerie , Capitaine Lieutenant
des Gendarmes de Flandre.
Le Gouvernement de S. André de Villeneuve-
lez-Avignon , à M. de Montalembert
, Brigadier d'Infanterie , Lieute
nant Colonel du Regiment de Nivernois.
La Majorité d'Arras , à M, du Roure ,
Major du Regiment d'Auvergne.
La Lieutenance de Roy de Sisteron , à
M. de Leautaud , Commandant le second
Bataillon du Regiment de Pons.
Le Roy a aussi donné la Sous Lieutenance
de la Compagnie des Chevaux
Legers d'Orleans au Comte de Casteja
Enseigne de la Compagnie des Gendarmes
de Bretagne , et Ministre Plenipoten-
IL.Kola
tiaire
DECEMBRE. 1731. 3077
tiaire de S. M. auprès du Roy de Suede .
Le Marquis de Vassy a été nommé Enseigne
de la Compagnie des Gendarmes
de Bretagne , et M.de la Chaise, Cornette
de la Compagnie des Chevaux Legers
de la Reine .
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Résumé : Promotion d'Officiers Géneraux.
En décembre 1731, le roi a procédé à plusieurs nominations et promotions militaires. Les Marquis de Livry, Ceberet, M. de Louville, M. de Mallebois et le Comte de Belle-Île ont été nommés lieutenants généraux. Les Marquis de Lille et le Chevalier de Rocausel ont été promus maréchaux de camp. Le Chevalier de l'Isle a reçu le Régiment de la Fère, tandis que le Marquis de Fleury a obtenu celui d'Angoumois. M. Bosnier a cédé sa charge de maréchal général des logis des camps et armées au Marquis de Ximenes. Le Gouvernement de Seyne a été confié au Comte de Chastellux, celui de Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon à M. de Montalembert, la majorité d'Arras à M. du Roure, et la lieutenance royale de Sisteron à M. de Leautaud. Le Comte de Casteja a été nommé sous-lieutenant de la Compagnie des Chevaux légers d'Orléans et ministre plénipotentiaire auprès du roi de Suède. Enfin, le Marquis de Vassy a été nommé enseigne de la Compagnie des Gendarmes de Bretagne, et M. de la Chaise, cornette de la Compagnie des Chevaux légers de la Reine.
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2190
p. 149-150
TURQUIE ET PERSE.
Début :
Les Lettres du Levant confirment la Suspension d'armes, signée [...]
Mots clefs :
Turquie, Perse, Suspension d'armes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
TURQUIE ET PERSE.
Es Léttres du Levant confirment la Suspension d'armes , signée par le Roy de Perse et
par les Generaux Turcs ; mais on ajoûte que la
Paix paroît difficile à conclure entre les deux
Nations
rso MERCURE DE FRANCE.
Nations , le Roy de Perse n'étant pas disposé à
rien ceder aux Turcs des conquêtes qu'ils ont :
faites en Perse pendant la derniere Révolution.
Ces Lettres ajoûtent qu'on avoit arboré à Cons
tantinople la Queiie de Cheval , et que le bruit
couroit qu'au Printemps prochain le G. S. déclareroit la guerre à quelque Puissance Chrétienne
D'autres Lettres de Constantinople portent
que la Paix est sur le point d'être conclue entre
le G. S. et le Roy de Perse , et qu'on ne
doutoit pas qu'aussi- tôt qu'on auroit reçû la nou- velle de la signature , Sa Hautesse ne déclarât la
guerre à quelques autres Puissances , afin d'occu
per les Milices qui paroissoient toûjours dispo sées à la révolte.
Es Léttres du Levant confirment la Suspension d'armes , signée par le Roy de Perse et
par les Generaux Turcs ; mais on ajoûte que la
Paix paroît difficile à conclure entre les deux
Nations
rso MERCURE DE FRANCE.
Nations , le Roy de Perse n'étant pas disposé à
rien ceder aux Turcs des conquêtes qu'ils ont :
faites en Perse pendant la derniere Révolution.
Ces Lettres ajoûtent qu'on avoit arboré à Cons
tantinople la Queiie de Cheval , et que le bruit
couroit qu'au Printemps prochain le G. S. déclareroit la guerre à quelque Puissance Chrétienne
D'autres Lettres de Constantinople portent
que la Paix est sur le point d'être conclue entre
le G. S. et le Roy de Perse , et qu'on ne
doutoit pas qu'aussi- tôt qu'on auroit reçû la nou- velle de la signature , Sa Hautesse ne déclarât la
guerre à quelques autres Puissances , afin d'occu
per les Milices qui paroissoient toûjours dispo sées à la révolte.
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Résumé : TURQUIE ET PERSE.
Les lettres du Levant confirment une suspension d'armes entre le roi de Perse et les généraux turcs, mais la paix est difficile à conclure. Le roi de Perse refuse de céder les territoires conquis. À Constantinople, la Queue de Cheval a été arborée, et des rumeurs de guerre contre une puissance chrétienne circulent. D'autres lettres annoncent une paix imminente entre le Grand Seigneur et le roi de Perse, suivie d'une déclaration de guerre contre d'autres puissances.
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2191
p. 150-153
RUSSIE.
Début :
On écrit de Moscou, que les Lettres du Gouverneur de [...]
Mots clefs :
Russie, Tsar Pierre I, Conquêtes, Tsarine Anne, Succession au Trône, Prisonniers d'État, Empire
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texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
N écrit de Moscou , que les Lettres du Gouverneur de Derbent , portent que l'un
des articles préliminaires du Traité qui se négocient entre le G. S. et le Roy de Perse , est de
réünir leurs forces pour attaquer telle Puissance
Chrétienne qu'il leur conviendra , et qu'il a été
résolu dans le Conseil de la Czarine de prendre
toutes les précautions necessaires pour conserver les Conquêtes que le Czar Pierre I. a faites du côté de la Mer Caspienne , et d'y envoyer pour
cela un nouveau renfort des Troupes.
La République de Pologne a fait prier la Czarine de retirer ses Troupes de la Curlande et de ne
plus se mêler des affaires de ce Duché , si elle
vouloit continuer de vivre en bonne intelligence
avec la Couronne de Pologne.
Le Feld Maréchal Dolhorucki , qui fut arrêté
au mois de Movembre dernier , a éte condamné
JANVIER 1732. IST
avoir la tête tranchée ; mais la Czarine , cedant
aux instances des principaux Seigneurs de la
Cour, a converti sa peine en une prison perpetuelle dans la Citadelle de Schlusselbourg , on
l'on met ordinairement les Prisonniers d'Etat.
Sur la fin du mois de Janvier , la Czarine fit
appeller au Palais tous les Generaux , les Ministres et les principaux Membres du Clergé , après
avoir donné ordre au General Soltikoff , d'assem
bler au Château du Cremelin , les trois Régimens.
des Gardes; S. M. Cz. leur fit un Discours qui
dura un quart d'heure , et ordonna à l'Archevêque de Novogrood de lire le Formulaire d'un
Serment , portant qu'ils reconnoîtront pour leur
Souverain ceux que S. M. Cz. nommeroit pour
ses successeurs ce qui fut executé , Nemine contradicente ; et la Duchesse de Mekelbourg , la
Princesse sa fille et la Princesse Elizabeth , le sigaerent les premieres. Voici la Traduction de
cette Déclaration de la Czarine , touchant la Suc
cession au Trône.
NOUS , ANNE, par la grace de Dieu , Impera
trice et Souveraine de tous les Russes , ¿c. sçavoir
faisons par la Presente, à tous nos fideles Sujets. Il
paroit par tant de Manifestes , nouvelles Loix , Re-.
glemens et Ordonnances , que nous avons fait pu-.
blier depuis le commencement de notre Regne , avec
sombien de zele et de soins , conformément audevoir
qui nous a été imposé de Dieu , nous avons employé
tous nos efforts pour maintenir et étendre la Religion Chrétienne et Örthodoxe selon le Rit Grec , pour soutenir la Justice , pour deffendre nos Sujets opprimez.
pourintroduire unmeilleur ordre et discipline dans nos Armées, destinées à la deffense de cet Empire contre
toute attaque de l'Ennemi , pour eriger des Ecoles
Suffi
152 MERCURE DE FRANCE
suffisantes et de belles Académies , dans lesquelles la
Jeunesse est non-seulement élevée gratis , dans la
crainte de Dieu et dans notre Religion Orthodoxe ,
mais aussi dans toutes les Sciences , tant Civiles que
Militaires , utiles à l'Empire , et qui peuvent tendre
a procurer tout ce qui peut avancer le bien , la tranquillité et le salut de tous nos fideles Sujets , et àfai
re fleurir de plus en plus notre chere Patrie. Nous
employons aussi actuellement nos soins gracieux à
chercher les moyens necessaires pour mettre les Subsides sur un meilleur pied , et les diminuer le plus
qu'il sera possible , dès que les necessitez generales
et les interêts de l'Empire pourront le permettre.
En consequence de tous ces efforts salutaires et
continuels pour le bien de notre Empire , nous avons
jugé qu'il étoit principalement de notre devoir
tant envers Dieu qui nous a confié le souverain gouvernement de nos Royaumes , qu'envers nos Sujets ,
davoir soin de confirmer par de bonnes et suffisantes Loix et Ordonnances , cette heureuse situation de nos
Royaumes , non-seulement pendant notre Régence ,
mais aussi pour les temps à venir , afin que dans tous
les incidens qui peuvent survenir et qui dépendent
du Ciel , nos fidèles Sujets puissent , pour la conservation de l'Empire , être maintenus en toute tranquillité et mis en sureté contre les desordres et trou- bles contraires aux Loix divines et auxConstitutions
et Loix fondamentales de notre Empire , comme il
en est arrivé à notre avenement au Trône , qui au- roient certainement ruiné notre chere Patrie , si Dieu
par sa grace particuliere et par sa bonté ne les est
éloignés.
>
Quoique nosfideles Sujets nous ayent déja prêté,
comme à leur Souveraine et Dame , le Serment de
fidelité et de soumission parfaite , et que , conformé- ment à l'ordre de succession , établi le J. Février
17220
JANVIER. 1732. 153
1722. et confirmé par un Serment solemnel de tous
les Etats et fideles Sujets de l'Empire Russien , il a
oûjours dépendu du choix et du bon plaisir des Souverains , de nommer leur Successeur ; néanmoins
afin de confirmer le bonheur et la conservation de
l'Empire , maintenir tous nos fideles Sujets dans une
parfaite tranquillité , et prévenir tout ce qui pourroit troubler ces vues salutaires , nous avons jugé à propos d'ordonner par la Presente , à tous et un cha
cun de nos fideles Sujets , tant Ecclesiastiques que
Temporels , Militaires et Civils , de quelque nom
qu'on puisse les nommer , de nous prêter de nouveau
serment et hommage , selon le Formulaire cy-joint ,
entierement conforme auSerment qui a été prêté auk
Empereurs nos Prédecesseurs. C'est pourquoi nous
avons ordonné defaire imprimer notre present Com
mandement avec le Formulaire, et de le faire publier
par tout notre Empire , afin que personne n'on puisse
prétendre cause d'ignorance : et de notre part , nous avons résolu , et notre volonté est , après avoir invoqué l'assistance divine par des Prieres ardentes ,
de prendre de telles mesures qui ne peuvent tendre qu'au veritable avantage et au bonheur de tout
l'Empire et de tous nos fideles Sujets et à la conservation de notre Religion Orthodoxe. En foi de quoi
nous avons signé la Presente de notre propre main Fait à Moscou le 28. Decembre 1731.
N écrit de Moscou , que les Lettres du Gouverneur de Derbent , portent que l'un
des articles préliminaires du Traité qui se négocient entre le G. S. et le Roy de Perse , est de
réünir leurs forces pour attaquer telle Puissance
Chrétienne qu'il leur conviendra , et qu'il a été
résolu dans le Conseil de la Czarine de prendre
toutes les précautions necessaires pour conserver les Conquêtes que le Czar Pierre I. a faites du côté de la Mer Caspienne , et d'y envoyer pour
cela un nouveau renfort des Troupes.
La République de Pologne a fait prier la Czarine de retirer ses Troupes de la Curlande et de ne
plus se mêler des affaires de ce Duché , si elle
vouloit continuer de vivre en bonne intelligence
avec la Couronne de Pologne.
Le Feld Maréchal Dolhorucki , qui fut arrêté
au mois de Movembre dernier , a éte condamné
JANVIER 1732. IST
avoir la tête tranchée ; mais la Czarine , cedant
aux instances des principaux Seigneurs de la
Cour, a converti sa peine en une prison perpetuelle dans la Citadelle de Schlusselbourg , on
l'on met ordinairement les Prisonniers d'Etat.
Sur la fin du mois de Janvier , la Czarine fit
appeller au Palais tous les Generaux , les Ministres et les principaux Membres du Clergé , après
avoir donné ordre au General Soltikoff , d'assem
bler au Château du Cremelin , les trois Régimens.
des Gardes; S. M. Cz. leur fit un Discours qui
dura un quart d'heure , et ordonna à l'Archevêque de Novogrood de lire le Formulaire d'un
Serment , portant qu'ils reconnoîtront pour leur
Souverain ceux que S. M. Cz. nommeroit pour
ses successeurs ce qui fut executé , Nemine contradicente ; et la Duchesse de Mekelbourg , la
Princesse sa fille et la Princesse Elizabeth , le sigaerent les premieres. Voici la Traduction de
cette Déclaration de la Czarine , touchant la Suc
cession au Trône.
NOUS , ANNE, par la grace de Dieu , Impera
trice et Souveraine de tous les Russes , ¿c. sçavoir
faisons par la Presente, à tous nos fideles Sujets. Il
paroit par tant de Manifestes , nouvelles Loix , Re-.
glemens et Ordonnances , que nous avons fait pu-.
blier depuis le commencement de notre Regne , avec
sombien de zele et de soins , conformément audevoir
qui nous a été imposé de Dieu , nous avons employé
tous nos efforts pour maintenir et étendre la Religion Chrétienne et Örthodoxe selon le Rit Grec , pour soutenir la Justice , pour deffendre nos Sujets opprimez.
pourintroduire unmeilleur ordre et discipline dans nos Armées, destinées à la deffense de cet Empire contre
toute attaque de l'Ennemi , pour eriger des Ecoles
Suffi
152 MERCURE DE FRANCE
suffisantes et de belles Académies , dans lesquelles la
Jeunesse est non-seulement élevée gratis , dans la
crainte de Dieu et dans notre Religion Orthodoxe ,
mais aussi dans toutes les Sciences , tant Civiles que
Militaires , utiles à l'Empire , et qui peuvent tendre
a procurer tout ce qui peut avancer le bien , la tranquillité et le salut de tous nos fideles Sujets , et àfai
re fleurir de plus en plus notre chere Patrie. Nous
employons aussi actuellement nos soins gracieux à
chercher les moyens necessaires pour mettre les Subsides sur un meilleur pied , et les diminuer le plus
qu'il sera possible , dès que les necessitez generales
et les interêts de l'Empire pourront le permettre.
En consequence de tous ces efforts salutaires et
continuels pour le bien de notre Empire , nous avons
jugé qu'il étoit principalement de notre devoir
tant envers Dieu qui nous a confié le souverain gouvernement de nos Royaumes , qu'envers nos Sujets ,
davoir soin de confirmer par de bonnes et suffisantes Loix et Ordonnances , cette heureuse situation de nos
Royaumes , non-seulement pendant notre Régence ,
mais aussi pour les temps à venir , afin que dans tous
les incidens qui peuvent survenir et qui dépendent
du Ciel , nos fidèles Sujets puissent , pour la conservation de l'Empire , être maintenus en toute tranquillité et mis en sureté contre les desordres et trou- bles contraires aux Loix divines et auxConstitutions
et Loix fondamentales de notre Empire , comme il
en est arrivé à notre avenement au Trône , qui au- roient certainement ruiné notre chere Patrie , si Dieu
par sa grace particuliere et par sa bonté ne les est
éloignés.
>
Quoique nosfideles Sujets nous ayent déja prêté,
comme à leur Souveraine et Dame , le Serment de
fidelité et de soumission parfaite , et que , conformé- ment à l'ordre de succession , établi le J. Février
17220
JANVIER. 1732. 153
1722. et confirmé par un Serment solemnel de tous
les Etats et fideles Sujets de l'Empire Russien , il a
oûjours dépendu du choix et du bon plaisir des Souverains , de nommer leur Successeur ; néanmoins
afin de confirmer le bonheur et la conservation de
l'Empire , maintenir tous nos fideles Sujets dans une
parfaite tranquillité , et prévenir tout ce qui pourroit troubler ces vues salutaires , nous avons jugé à propos d'ordonner par la Presente , à tous et un cha
cun de nos fideles Sujets , tant Ecclesiastiques que
Temporels , Militaires et Civils , de quelque nom
qu'on puisse les nommer , de nous prêter de nouveau
serment et hommage , selon le Formulaire cy-joint ,
entierement conforme auSerment qui a été prêté auk
Empereurs nos Prédecesseurs. C'est pourquoi nous
avons ordonné defaire imprimer notre present Com
mandement avec le Formulaire, et de le faire publier
par tout notre Empire , afin que personne n'on puisse
prétendre cause d'ignorance : et de notre part , nous avons résolu , et notre volonté est , après avoir invoqué l'assistance divine par des Prieres ardentes ,
de prendre de telles mesures qui ne peuvent tendre qu'au veritable avantage et au bonheur de tout
l'Empire et de tous nos fideles Sujets et à la conservation de notre Religion Orthodoxe. En foi de quoi
nous avons signé la Presente de notre propre main Fait à Moscou le 28. Decembre 1731.
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Résumé : RUSSIE.
En 1732, plusieurs événements politiques et militaires marquent la Russie. Les négociations entre le Gouvernement russe et le roi de Perse incluent un article préliminaire visant à attaquer une puissance chrétienne. La Russie prévoit de renforcer ses troupes dans la région de la mer Caspienne pour conserver les conquêtes de Pierre Ier. La République de Pologne demande à la czarine de retirer ses troupes de la Courlande afin de maintenir de bonnes relations. Le feld-maréchal Dolhorucki, arrêté en novembre précédent, est condamné à mort, mais sa peine est commuée en prison perpétuelle à Schlusselbourg. En janvier 1732, la czarine Anne convoque les généraux, ministres et membres du clergé pour un discours. Elle leur fait prêter serment de fidélité à ses successeurs. La déclaration de la czarine met en avant ses efforts pour maintenir et étendre la religion orthodoxe, soutenir la justice, défendre les sujets opprimés, et améliorer l'ordre et la discipline dans les armées. Elle souligne également ses initiatives pour éduquer la jeunesse et chercher des moyens de réduire les subsides. La czarine ordonne à ses sujets de prêter serment de fidélité et de soumission, conformément aux lois de succession établies en 1722.
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2192
p. 153-154
SUEDE.
Début :
La Flotte du Roi consiste déjà en 38 Vaisseaux de [...]
Mots clefs :
Suède
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texteReconnaissance textuelle : SUEDE.
SUEDE.
A Flotte du Roi consiste déja en 38. Vaisseaux de ligne , et quantité d'autres Bâtimens armez en guerre.
Les Lettres de Stokolm , portent qu'on y publia un Edit le 23. du mois dernier , pour reprimer le luxe dans les habillemens , et les dépenses H ex-
134 MERCURE DE FRANCE ,
excessives qui se font aux Nôces , aux Enterreamens , &c.
Οtoffes d'or et d'argent..
A Flotte du Roi consiste déja en 38. Vaisseaux de ligne , et quantité d'autres Bâtimens armez en guerre.
Les Lettres de Stokolm , portent qu'on y publia un Edit le 23. du mois dernier , pour reprimer le luxe dans les habillemens , et les dépenses H ex-
134 MERCURE DE FRANCE ,
excessives qui se font aux Nôces , aux Enterreamens , &c.
Οtoffes d'or et d'argent..
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2193
p. 154-155
ALLEMAGNE.
Début :
On apprend de Vienne que le 7. de ce mois [...]
Mots clefs :
Allemagne, Don Carlos
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
ONonapprend y reçut deavisVienne que ,29.quedulemois 7. dedernier ce moisla
possession des Duchez de Parme et de Plaisance
avoit été prise au nom de l'Infant Don Carlos
par la Duchesse Douairiere Dorothée , qui a la tutelle de ce Prince jusqu'à sa Majorité , que les
Troupes de l'Empereur étoient sorties de ces Duehez, et s'étoient retirées dans le Milanez.
D'autres Lettres du 8 portent que l'Infant
Don Carlos étoit arrivé à Livourne le 27. De-.
cembre.
On mande de Saltzbourg , qu'il étoit sorti de
ce Diocèse un grand nombre de Protestans ; que
près de 900. s'étoient retirez dans la Suabe ; que les Magistrats des Bailliages avoient exhortéles
Habitans de les retirer chez eux, et de leur donner tous les secours possibles ; que 800. autres de
ces Protestans avoient passé en Baviere , et que l'Electeur avoit donné des ordres pour faire une
collecte d'aumônes en leur faveur.
On apprend de Ratisbonne , que la garantie de la Pragmatique - Sanction avoit fait naître de
grandes contestations dans la Diette de l'Empire;
que le Ministre de l'Electeur de Baviere avoit déclaré que ce Prince étoit dans la disposition d'obliger l'Empereur en toute occasion ; mais qu'il
étoit forcé de représenter que si les Princes de
P'Empire signoient cette garantie de la succession.
des Pays hereditaires de la Maison d'Autriche en
faveur de l'Archiduchesse , fille aînée de l'Empecur , ils s'engageroïent à entrer dans les guerres qui
JANVIER 1732. 155
qui pourroient en résulter , et ce pour des Do
maines qui ne dépendent pas de l'Empire , puisqu'ils n'y ont jamais été immatriculez , tels que
sont le Royaume de Hongrie , la Transilvanie ,
la Moravie , les Royaumes de Naples et de Sicile
Yet autres Etats ; on ajoute que les Ministres de l'Electeur de Saxe et de l'Electeur Palatin avoient
fait les mêmes représentations.
ONonapprend y reçut deavisVienne que ,29.quedulemois 7. dedernier ce moisla
possession des Duchez de Parme et de Plaisance
avoit été prise au nom de l'Infant Don Carlos
par la Duchesse Douairiere Dorothée , qui a la tutelle de ce Prince jusqu'à sa Majorité , que les
Troupes de l'Empereur étoient sorties de ces Duehez, et s'étoient retirées dans le Milanez.
D'autres Lettres du 8 portent que l'Infant
Don Carlos étoit arrivé à Livourne le 27. De-.
cembre.
On mande de Saltzbourg , qu'il étoit sorti de
ce Diocèse un grand nombre de Protestans ; que
près de 900. s'étoient retirez dans la Suabe ; que les Magistrats des Bailliages avoient exhortéles
Habitans de les retirer chez eux, et de leur donner tous les secours possibles ; que 800. autres de
ces Protestans avoient passé en Baviere , et que l'Electeur avoit donné des ordres pour faire une
collecte d'aumônes en leur faveur.
On apprend de Ratisbonne , que la garantie de la Pragmatique - Sanction avoit fait naître de
grandes contestations dans la Diette de l'Empire;
que le Ministre de l'Electeur de Baviere avoit déclaré que ce Prince étoit dans la disposition d'obliger l'Empereur en toute occasion ; mais qu'il
étoit forcé de représenter que si les Princes de
P'Empire signoient cette garantie de la succession.
des Pays hereditaires de la Maison d'Autriche en
faveur de l'Archiduchesse , fille aînée de l'Empecur , ils s'engageroïent à entrer dans les guerres qui
JANVIER 1732. 155
qui pourroient en résulter , et ce pour des Do
maines qui ne dépendent pas de l'Empire , puisqu'ils n'y ont jamais été immatriculez , tels que
sont le Royaume de Hongrie , la Transilvanie ,
la Moravie , les Royaumes de Naples et de Sicile
Yet autres Etats ; on ajoute que les Ministres de l'Electeur de Saxe et de l'Electeur Palatin avoient
fait les mêmes représentations.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En Allemagne, le 29 décembre, la Duchesse Douairière Dorothée a pris possession des Duchés de Parme et de Plaisance au nom de l'Infant Don Carlos, dont elle assure la tutelle. Les troupes impériales ont quitté ces duchés pour regagner le Milanais. Par ailleurs, l'Infant Don Carlos est arrivé à Livourne le 27 décembre. À Salzbourg, environ 1700 protestants ont fui le diocèse, se réfugiant en Souabe et en Bavière. Les magistrats locaux et l'Électeur de Bavière ont organisé leur accueil et leur secours. À Ratisbonne, lors de la Diète de l'Empire, la garantie de la Pragmatique Sanction a suscité des contestations. Les ministres des Électeurs de Bavière, de Saxe et du Palatinat ont déclaré que les princes de l'Empire ne s'engageraient pas dans des guerres pour des domaines non immatriculés dans l'Empire, comme la Hongrie, la Transylvanie, la Moravie, les Royaumes de Naples et de Sicile, et autres États.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2194
p. 155-157
ITALIE.
Début :
Dans le Consistoire que le Pape tint le 17. du [...]
Mots clefs :
Italie, Protestants, Éruption du Vésuve, Tremblements de terre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
TALIE.
Doisdernier ,le Cardinal Otthoboni , proAns le Consistoire que le Pape fint le 17. du
posa l'Abbaye de Bonneval , Diocèse de Rhodez,
pour l'Archevêque de Narbonne ; celle d'Essey ,
Diocèse d'Agen , pour l'Abbé Salomon ; celle
de Vierzon , Diocèse de Bourges , pour l'Abbé de
Charand, et celle de S. Etienne de Vaux , Diocèse
de Saintes , pour l'Abbé Nerét.
Le Projet pour la franchise du Port d'Ancone
a été approuvé dans la derniere Congrégation
tenue à ce sujet ; et le Pape en a remis l'execution au Trésorier de la Chambre Apostolique et
au Cardinal Firrao.
La Loterie établie à Rome à l'imitation de
celle de Genes , sera tirée neuf fois l'année au
Capitole ; on mettra chaque fois dans la roüe dite
de Fortune , les noms de '90. jeunes filles dont on
en tirera seulement sept , à chacune desquelles on
donnera so. Ecus et des habits. Ce seront ces
septnoms qui procureront le gain à ceux qui au- 2
ront pris interêt dans la Loterie , et qui seront
assez heureux d'avoir choisi ceux qui sortiront
de la rouë. On fera du profit qui en reviendra au
Gouvernement , un fonds pour le soulagement des pauvres Communautez , des Familles honteuHij ses
75€ MERCURE DE FRANCE
ses et des Pauvres de la Charité de S. Jerône er
pour les besoins les plus pressans de la Chambre
Apostolique. Il est deffendu aux Sujets du Pape
de s'interesser dans les Loteries étrangeres. Le
Comte Peluchi a été choisi pour être Directeur
General de cette Loterie avec cent écus d'appointement par mois.
Le Roi de Portugal ayantfait present de soooo.
écus à la Fabrique de S. Pierre , le Pape les a
destinez avec 70000. écus qu'il y a ajouté , à
augmenter de quelques Salles la Sacristie du PaJais du Vatican.
Par les ordres de l'Empereur , on a commencé
à Naples à reformer les quatre Compagnies dont
on avoit augmenté chaque Regiment d'Infanterie Allemande. Les Soldats reformez ont servi de
Recrues aux autres Compagnies , et les Officiers
qui n'ont pas d'employ , ont été mis à la demipaye.
M. Monditle Orsini , Archevêque de Capouë,
et neveu du feu Pape Benoit XIII , a quitté son
Diocèse , et s'est retiré à Naples dans le Convent des Religieux de Sainte Marie , qui a été fondé par ces Ancêtres.
On entendit sur la fin du mois dernier , un
bruit extraordinaire du côté du Mont Vesuve
et l'on a sçu depuis que les éruptions du feu
étoient plus frequentes que de coûtume , ce qui
fait craindre qu'il n'y ait bien- tôt quelque violent Tremblement de Terre , et quelques dégorgemens de matieres bitumineuses.
On écrit de Florence , que le Signor Roggieri , Ingenieur et célebre Dessinateur , est
allé à Livourne , pour faire exécuter le Dessein d'un Arc de Triomphe , que les Marchands Anglois , établis dans cette Ville , y
font
JANVIER. 1732. 1 ཉ 7 ་
font élever en l'honneur de l'Infant Don
Carlos.
La Garde que le Grand Duc y a envoyée pour
le service de ce Prince , est composée de 24 CuiLassiers Allemands , de deux Caporaux , et deux
Trompettes , tous habillés de Drap écarlate , ga- lonné d'or.
Le Duc Salviati , Grand-Veneur du Duché de
Toscane , est allé à Pise avec vinge Chasseurs ,
pour garnir un Parc de toutes sortes de Gibier
afin que l'Infant puisse y prendre le divertissément de la Chasse lorsqu'il ira voir cette
Ville.
Le Grand Duc a promis d'avancer 50000
Ecus aux Exécuteurs du Testament de la feng
Princesse Douairiere de Florence , afin qu'ils puis
cent acquitter les legs qu'elle a faits , sans être
obligez de vendre ses Diamans.
Le Roi d'Espagne a fait present au Grand Duc d'un Vaisseau de Guerre de so pieces da Canon , tout neuf, et garni de tous ses agrets. S
M. Cat. lui a envoyé en même temps so mil
liers de Cacao , 300 livres de Vannille , cent
Caisses de Liqueurs et de Vins exquis , huit
grains de Mine d'or naturelle d'un poids consi
derable , qui ont été tirés des Mines du Perou
sans qu'il se soit trouvé uni avec cet or aucune
matiere étrangere comme dans les Mines ordi
maires , une Cassette de Diamans brutes ,
Cages d'Oiseaux rares des Indes Occidentales er
Orientales , 30 Caisses des plus fines Porcelaines
et & bales d'Etoffes d'or et d'argent..
Doisdernier ,le Cardinal Otthoboni , proAns le Consistoire que le Pape fint le 17. du
posa l'Abbaye de Bonneval , Diocèse de Rhodez,
pour l'Archevêque de Narbonne ; celle d'Essey ,
Diocèse d'Agen , pour l'Abbé Salomon ; celle
de Vierzon , Diocèse de Bourges , pour l'Abbé de
Charand, et celle de S. Etienne de Vaux , Diocèse
de Saintes , pour l'Abbé Nerét.
Le Projet pour la franchise du Port d'Ancone
a été approuvé dans la derniere Congrégation
tenue à ce sujet ; et le Pape en a remis l'execution au Trésorier de la Chambre Apostolique et
au Cardinal Firrao.
La Loterie établie à Rome à l'imitation de
celle de Genes , sera tirée neuf fois l'année au
Capitole ; on mettra chaque fois dans la roüe dite
de Fortune , les noms de '90. jeunes filles dont on
en tirera seulement sept , à chacune desquelles on
donnera so. Ecus et des habits. Ce seront ces
septnoms qui procureront le gain à ceux qui au- 2
ront pris interêt dans la Loterie , et qui seront
assez heureux d'avoir choisi ceux qui sortiront
de la rouë. On fera du profit qui en reviendra au
Gouvernement , un fonds pour le soulagement des pauvres Communautez , des Familles honteuHij ses
75€ MERCURE DE FRANCE
ses et des Pauvres de la Charité de S. Jerône er
pour les besoins les plus pressans de la Chambre
Apostolique. Il est deffendu aux Sujets du Pape
de s'interesser dans les Loteries étrangeres. Le
Comte Peluchi a été choisi pour être Directeur
General de cette Loterie avec cent écus d'appointement par mois.
Le Roi de Portugal ayantfait present de soooo.
écus à la Fabrique de S. Pierre , le Pape les a
destinez avec 70000. écus qu'il y a ajouté , à
augmenter de quelques Salles la Sacristie du PaJais du Vatican.
Par les ordres de l'Empereur , on a commencé
à Naples à reformer les quatre Compagnies dont
on avoit augmenté chaque Regiment d'Infanterie Allemande. Les Soldats reformez ont servi de
Recrues aux autres Compagnies , et les Officiers
qui n'ont pas d'employ , ont été mis à la demipaye.
M. Monditle Orsini , Archevêque de Capouë,
et neveu du feu Pape Benoit XIII , a quitté son
Diocèse , et s'est retiré à Naples dans le Convent des Religieux de Sainte Marie , qui a été fondé par ces Ancêtres.
On entendit sur la fin du mois dernier , un
bruit extraordinaire du côté du Mont Vesuve
et l'on a sçu depuis que les éruptions du feu
étoient plus frequentes que de coûtume , ce qui
fait craindre qu'il n'y ait bien- tôt quelque violent Tremblement de Terre , et quelques dégorgemens de matieres bitumineuses.
On écrit de Florence , que le Signor Roggieri , Ingenieur et célebre Dessinateur , est
allé à Livourne , pour faire exécuter le Dessein d'un Arc de Triomphe , que les Marchands Anglois , établis dans cette Ville , y
font
JANVIER. 1732. 1 ཉ 7 ་
font élever en l'honneur de l'Infant Don
Carlos.
La Garde que le Grand Duc y a envoyée pour
le service de ce Prince , est composée de 24 CuiLassiers Allemands , de deux Caporaux , et deux
Trompettes , tous habillés de Drap écarlate , ga- lonné d'or.
Le Duc Salviati , Grand-Veneur du Duché de
Toscane , est allé à Pise avec vinge Chasseurs ,
pour garnir un Parc de toutes sortes de Gibier
afin que l'Infant puisse y prendre le divertissément de la Chasse lorsqu'il ira voir cette
Ville.
Le Grand Duc a promis d'avancer 50000
Ecus aux Exécuteurs du Testament de la feng
Princesse Douairiere de Florence , afin qu'ils puis
cent acquitter les legs qu'elle a faits , sans être
obligez de vendre ses Diamans.
Le Roi d'Espagne a fait present au Grand Duc d'un Vaisseau de Guerre de so pieces da Canon , tout neuf, et garni de tous ses agrets. S
M. Cat. lui a envoyé en même temps so mil
liers de Cacao , 300 livres de Vannille , cent
Caisses de Liqueurs et de Vins exquis , huit
grains de Mine d'or naturelle d'un poids consi
derable , qui ont été tirés des Mines du Perou
sans qu'il se soit trouvé uni avec cet or aucune
matiere étrangere comme dans les Mines ordi
maires , une Cassette de Diamans brutes ,
Cages d'Oiseaux rares des Indes Occidentales er
Orientales , 30 Caisses des plus fines Porcelaines
et & bales d'Etoffes d'or et d'argent..
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Résumé : ITALIE.
En 1732, plusieurs décisions ecclésiastiques et politiques ont été prises. Le Cardinal Otthoboni a proposé au Consistoire que le Pape attribue diverses abbayes à des dignitaires : Bonneval à l'Archevêque de Narbonne, Essey à l'Abbé Salomon, Vierzon à l'Abbé de Charand, et Saint-Étienne de Vaux à l'Abbé Nerét. Le projet pour la franchise du Port d'Ancone a été approuvé, et sa mise en œuvre a été confiée au Trésorier de la Chambre Apostolique et au Cardinal Firrao. Une loterie, inspirée de celle de Gênes, a été établie à Rome avec des tirages neuf fois par an au Capitole. Les gains de cette loterie sont destinés à aider les pauvres et les familles nécessiteuses. Le Comte Peluchi a été nommé Directeur Général de cette loterie. Le Roi de Portugal a fait don de 5 000 écus à la Fabrique de Saint-Pierre, somme augmentée de 70 000 écus par le Pape pour agrandir la sacristie du Palais du Vatican. À Naples, l'Empereur a ordonné la réforme des compagnies d'infanterie allemande. L'Archevêque de Capoue, M. Monditle Orsini, s'est retiré à Naples. Des éruptions fréquentes du Mont Vesuve ont été signalées, suscitant des craintes de tremblements de terre. À Florence, le Signor Roggieri a été chargé de construire un Arc de Triomphe pour l'Infant Don Carlos. Le Grand Duc de Toscane a envoyé une garde et des chasseurs pour le service de l'Infant. Le Roi d'Espagne a offert divers présents au Grand Duc, incluant un vaisseau de guerre, des denrées rares et des objets précieux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2195
p. 157-159
Arrivée de Don Carlos en Italie, [titre d'après la table]
Début :
L'Infant Don Carlos étant parti d'Antibes le 23. [...]
Mots clefs :
Don Carlos, Livourne, Arrivée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Arrivée de Don Carlos en Italie, [titre d'après la table]
L'Infant Don Carlos étant parti d'Antibes le 23 Decembre , sur les Galeres du Roy d'Espagne , accompagnées de trois Galeres du Grand Duc de Toscane , arriva à Livourne le 27 , au
Hij bruit
158 MERCURE DE FRANCE
,
bruit de toute l'Artillerie , à bord d'une des Ga
leres d'Espagne ; S. A. R. ayant débarqué vers
le soir , fit son Entrée publique dans cette Ville ,
où elle fut reçue en qualité de Grand Prince de Toscane avec tout l'éclat et toute la magnificence possible ; la Ville étoit entierement illuminée , et les Ruës par où ce Prince passa étoient ornées de riches Tapisseries &c. Don Carlos
a essuyé une terrible tempête la nuit du 26 au
27. à la hauteur du Cap Noli : toutes les Galeres
ayant été dispersées , mais elles ont eû le bonheur de resister à la violence des Vents ; les trois
Galeres de Toscane étant déja entrées dans le
Port de Livourne) , de même que les autres Galeres d'Espagne.
Après que Don Carlos fut arrivé en Toscane
son premier soin fut d'expedier des Couriers au
Grand-Duc et àla Duchesse Dorothée , Douairiere de Parme , pour leur donner avis de son
arrivée , et pour faire reconnoître cette Princesse
en son nom , Regente de Parme et de Plaisance.
En effet , la Princesse Dorothée prit possession
te 29 au nom de l'Infant Don Carlos ,
de ces
deux Duchez. Elle reçut les Sermens de tous les
Ordres , les Troupes de ces deux Etats reprirent
leurs Postes , et le lendemain au matin les Troupes Imperiales sortirent de Parme et de Plai- sance pour se retirer dans le Milanez.
>
Le jour de cette prise de Possession , la Duchesse Dorothée fit distribuer un grand nombre
de Medailles d'or , d'argent et de cuivre , qu'elle
avoit fait frapper à ce sujet , pour en marquer L'Epoque de cet évenement.
Le soir du 28 , S. A. R. vit passer sous ses
fenêtres un Char de Triomphe magnifiquement.
orné que la Nation Françoise avoit fait préparer
JANVIER. 1732. r59
parer , sur lequel il y avoit un fort beau Con
cert de toutes sortes d'Instrumens et de Voix. Le
l'Infant retourna chasser dans le Bosquer
des Capucins , où il tua plusieurs Oiseaux et un
Marcassin.
Hij bruit
158 MERCURE DE FRANCE
,
bruit de toute l'Artillerie , à bord d'une des Ga
leres d'Espagne ; S. A. R. ayant débarqué vers
le soir , fit son Entrée publique dans cette Ville ,
où elle fut reçue en qualité de Grand Prince de Toscane avec tout l'éclat et toute la magnificence possible ; la Ville étoit entierement illuminée , et les Ruës par où ce Prince passa étoient ornées de riches Tapisseries &c. Don Carlos
a essuyé une terrible tempête la nuit du 26 au
27. à la hauteur du Cap Noli : toutes les Galeres
ayant été dispersées , mais elles ont eû le bonheur de resister à la violence des Vents ; les trois
Galeres de Toscane étant déja entrées dans le
Port de Livourne) , de même que les autres Galeres d'Espagne.
Après que Don Carlos fut arrivé en Toscane
son premier soin fut d'expedier des Couriers au
Grand-Duc et àla Duchesse Dorothée , Douairiere de Parme , pour leur donner avis de son
arrivée , et pour faire reconnoître cette Princesse
en son nom , Regente de Parme et de Plaisance.
En effet , la Princesse Dorothée prit possession
te 29 au nom de l'Infant Don Carlos ,
de ces
deux Duchez. Elle reçut les Sermens de tous les
Ordres , les Troupes de ces deux Etats reprirent
leurs Postes , et le lendemain au matin les Troupes Imperiales sortirent de Parme et de Plai- sance pour se retirer dans le Milanez.
>
Le jour de cette prise de Possession , la Duchesse Dorothée fit distribuer un grand nombre
de Medailles d'or , d'argent et de cuivre , qu'elle
avoit fait frapper à ce sujet , pour en marquer L'Epoque de cet évenement.
Le soir du 28 , S. A. R. vit passer sous ses
fenêtres un Char de Triomphe magnifiquement.
orné que la Nation Françoise avoit fait préparer
JANVIER. 1732. r59
parer , sur lequel il y avoit un fort beau Con
cert de toutes sortes d'Instrumens et de Voix. Le
l'Infant retourna chasser dans le Bosquer
des Capucins , où il tua plusieurs Oiseaux et un
Marcassin.
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Résumé : Arrivée de Don Carlos en Italie, [titre d'après la table]
Le 23 décembre, l'Infant Don Carlos quitta Antibes à bord des galères du roi d'Espagne, escorté par trois galères du Grand Duc de Toscane. Après avoir surmonté une violente tempête près du Cap Noli, il arriva à Livourne le 27 décembre. Il fut accueilli solennellement en tant que Grand Prince de Toscane, avec des illuminations et des décorations somptueuses. À son arrivée en Toscane, Don Carlos envoya des courriers au Grand-Duc et à la Duchesse Dorothée pour annoncer sa venue et reconnaître cette dernière comme régente de Parme et de Plaisance. Le 29 décembre, la Duchesse Dorothée prit possession de ces duchés au nom de Don Carlos, reçut les serments des différents ordres et ordonna le retrait des troupes impériales. Elle fit également distribuer des médailles commémorant cet événement. Le soir du 28 décembre, Don Carlos assista à un concert sur un char de triomphe préparé par la nation française. Le lendemain, il se rendit dans le bois des Capucins pour chasser, y tuant plusieurs oiseaux et un marcassin.
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2196
p. 159-163
Arc de Triomphe, en son honneur, [titre d'après la table]
Début :
Le I. de ce mois, S. A. R. reçut les complimens [...]
Mots clefs :
Don Carlos, Infant, Arc de triomphe, Médaillons, Inscriptions, Arrivée, Livourne
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texteReconnaissance textuelle : Arc de Triomphe, en son honneur, [titre d'après la table]
Le r. de ce mois,S. A. R. reçut les complimens
sur la nouvelle année de toutes les personnes de
distinction qui sont à Livourne. La Nation Hol landoise donna à ce Prince le divertissement d'une
Course de chevaux , dont le Prix étoit un Man
teau de Velours cramoisi garni d'argent ; et la
Nation Angloise exposa la Machine qu'elle avoir
fait construire. C'étoit un Arc de Triomphe.
qui avoit sa principale face tournée du côté
de la Porte de la Marine on y voyoit deux Pilastres peints à l'imitation du Marbre verd antique , avec les Bases et les Chapiteaux dorez ,
d'un Ordre composé entre chaque Pilastre étoit
placée une Statue , dont l'une représentoit la
Justice , et l'autre la Clemence. On voyoit un
bas-relief au Piedestal de la Justice , le Conseil
des Dieux , et Mercure conduisant par la main
un jeune Héros , en action de parler , pour le
présenter aux Muses qui se réjouissoient sur les
Mont Parnasse à la vue de ce Héros :
sous on lisoit ::
au-desJam novaprogenies calo demittitur alto.
Dans l'autre bas- relief du Piedestal de la Clemence , étoient représentés le Port et la Ville
de Livourne , ayant les Portes ouvertes : dans le
lointain , diverses Galeres qui y dirigeoient leur
course , dont on distinguoit la Royale d'Espagne , sur le devant de laquelle on voyoit la Fe
Licité qui prioit Neptune de calmer la Mer , et
d'accorder un heureux Voyage au Prince Don
Carlos ; et derriere Neptune on voyoit le Temps Hij qui:
166 MERCURE DE FRANCE
qui tenoit la Tempête assujettie à ses pieds : au dessus étoit écrit :
Volvenda dies en attulit ultro..
L'Inscription suivante paroissoit sur la partie
supérieure , en lettres d'or et noires , comme sur un fond imité de Marbre blanc.
SALVO ATQUE INCOLUMI CAROLO PRIN-.-
CIPE PHILIPPI V , Hispaniarum Regis , et Ré-,
gina Elisabetha Farnesia , Filio inclito , Felice ,
Augusto , Parma et Placentia Duce , quod optatissimo adventu suo impletis omnium votis qualis
quantusque futurus sit in hoc Imperio faustis aus-,
piciis ostendat restituta Europa pace , confirmataque Etruria felicitate Britanni hic Negociantes ,
annuente et favente Joanne Gastone , Magno Duce
Etruria , summa_latitia gestientibus animis po- suere.
Sur les Médaillons de chaque côté étoient as¬
sises deux Statues , dont l'une représentoit la
Gloire , et l'autre l'Eternité , et au dessus de
FInscription étoient les Armes d'Espagne.
Il y avoit dans l'autre façade de l'Arc de
Triomphe , tournée du côté de la Porte de Pise
entre deux Pilastres , deux Statues , dont l'une
à droite représentoit la Providence , et l'autre la Liberalité. Les Arts liberaux et l'accroissement
du Commerce étoient dépeints dans le bas-relief
du Piedestal qui étoit sous la Providence , avec ces mots FELICITAS ETRURIÆ ; et sous la
Liberalité , on voyoit la Paix et la Felicité qui
embrassoient l'Europe. Le Temple de Janus paroissoit fermé , et sur le devant on voyoit des
petits genies qui amassoient des Armes et des
Instrumens de Guerre , et en faisoient un Feu de
joye , avec ces mots ; PAIX D'EUROPE.
L'Ins
JANVIER 1732 161
L'Inscription suivante , en lettres d'or et noi-
> étoit dans la partie supérieure de cette:
façade.
Ingresso feliciter Etruriam exoptatissimo ›Prin+-
cipe Carolo , multiplicatis ubique votis latisque
acclamationibus , Britanni hac Negociantes maximo gestientes gaudio , Philippi V. Hispaniarum
Regis , et Regina Elizabetha Farnesis , atque Joanni Gastori; Magno Duci Etruria , Sospite filio inclito , dignoque successore , perenni obsequio gratu lantur.
Sur les deux Médaillons des côtez , paroissoient assises la Joye et la Constance , avec les
Symboles et les Attributs qui leur sont propres ;
et sur l'Inscription de cette Façade , de même que
sur les deux côtez de l'édifice , on voyoit pareillement les Armes d'Espagne, surmontées par tout
d'une Couronne dorée , et supportées par deux :
Lions.
Aux quatres parties intérieures de l'Arc de :
triomphe étoient placez quatre Médaillons ovales , peints au Chiaro Oscuro. Dans le premier ,
qui répondoit à l'alignement de la Justice , paroissoit unjeune Prince, avec son Manteau Royal,, tenant de la main droite un Globe ; et de la gauche une Lance , avec ces mots : PRINCIPI JU- ·
VENTUTIS ; et dans l'endroit qui répondoit à la Clémence , étoit peinte une Galere , conduite par
Neptune , et faisant voile , avec un vent fa vorable , avec ces mots : FELIX ADVENTUS.
Vis-à- vis , à l'endroit qui répondoit à la Sa--
rue de la Liberalité, il y avoit un autre Médaillon,
dans lequel étoit représentée l'Esperance , avec une
Fleur à la main , et ayant à ses pieds une Mesuse remplie d'Epics. de Blé , avec cette Devise a :
H.v. SPES ›
162 MERCURE DE FRANCE®
SPES PUBLICA; et vis- à vis le premier Médail
lon , du côté de la Statuë de la Providence ,
étoient peints quatre petits Genies , faisant un
beau Groupe , représentant allégoriquement les
quatre Saisons , avec ces mots : FELICITAS,
TEMPORUM.
Les Bases , Chapiteaux , Corniches , Festons et- autres ornemens de cet Edifice étoient tous dorez; ce qui, joint au bon gout qui regnoit dans la
distribution des couleurs , à l'imitation des plus beaux marbres , offroit à la vue tout ce qu'on
peut s'imaginer de plus magnifique et de plus .
Beau. Les huit Statues et les quatre Médaillons ,
étoient pris des Revers des Médailles des Empereurs Romains et peints par differens Peintres ,
qui ont le plus de réputation . Les deux Façades ,
avoient 47 pieds , et les deux côtez 28 pieds de largeur , et 76 pieds de hauteur. Le tout a été
conduit par le sieur Ferdinand Ruggier , celebre Architecte Florentin. L'Abbé Antoine - François
Gori , Professeur en l'Histoire de l'Université
deFlorence , est l'Auteur des Inscriptions,.
de vent
Voicy d'autres circonstances sur l'arrivée de
Don Carlos , en Italie. Le 27 Decembre dernier
la Galere du Chevalier Marescotti , entra dans le
Port deLivourne, ayant été séparée des deux-au-.. tres Galeres du Grand Duc , par un coup
qui l'avoit assez endommagée. Deux heures après
il arriva une autre Galere du Grand Duc , commandée par le Capitaine Nanglé , et le soir on .
vit entrer dans le Port , la Capitane des Galeres .
du Roy d'Espagne , que montoit l'Infant Don Carlos , suivie d'une autre Galere Espagnole. Aussi-tôr qu'on eut donné le signal de l'arrivée de
se Prince , onfit plusieurs décharges d'Artillerie ,.
après
JANVIER. 17326 163
après lesquelles S. A. R. descendit dans la ChaFoupe du Grand Duc , qui étoit magnifiquement
ornée. Il fit ensuite son Entrée publique en cette
Ville , dont la Garnison et la Bourgeoisie étoient.
en Haye et sous les Armes.
Il se rendit d'abord à l'Eglise du Dôme , dans ›
les Carosses du Grand Duc , et il fut reçu par
l'Archevêque de Pise , qui après l'avoir conduit
dans le Choeur , entonna le Te Deum , pendant
lequel on fit encore plusieurs Salves d'Artillerie.
Après le TeDeum , l'Infant Don Carlos se rendir au Palais , où il fut complimenté de la part du
Grand Duc, par la Noblesse et les Officiers de la ·
Ville , ausquels il donna sa main à baiser. Il se
mit à Table à neuf heures du soir , et il fut servi
par le Marquis Ricardi , qui fit les fonctions de
premier Maître d'Hôtel , et par le Comte Ca
nale, qui fit celles d'Echanson. Vers les onze heures du soir , le Marquis de Villa- Réal fut dépêché à Séville , pour porter à L, M. Cath, la nou-- velle de l'arrivée de S. A. R. en Italie.
Le 29 au matin , l'Infant , après avoir fait ses
dévotions la veille , se rendit au Bosquer des Capucins , où il prit le divertissement de tirer des:
Cignes dont on avoit mis un grand nombre
dans le Canal ; l'après midi il se promena dans .
divers quartiers de la Ville , pour se faire voir :
au peuple , qui a fait pendant trois nuits consé
cutives des Feux de joye et des Illuminations.
Les dernieres Lettres d'Italie portent que l'Infant Don Carlos avoit été attaqué de la Petite
Verole peu de tems après son arrivée à Livourne ,
mais que ce Prince étoit hors de tout danger au
départ du Courier.
sur la nouvelle année de toutes les personnes de
distinction qui sont à Livourne. La Nation Hol landoise donna à ce Prince le divertissement d'une
Course de chevaux , dont le Prix étoit un Man
teau de Velours cramoisi garni d'argent ; et la
Nation Angloise exposa la Machine qu'elle avoir
fait construire. C'étoit un Arc de Triomphe.
qui avoit sa principale face tournée du côté
de la Porte de la Marine on y voyoit deux Pilastres peints à l'imitation du Marbre verd antique , avec les Bases et les Chapiteaux dorez ,
d'un Ordre composé entre chaque Pilastre étoit
placée une Statue , dont l'une représentoit la
Justice , et l'autre la Clemence. On voyoit un
bas-relief au Piedestal de la Justice , le Conseil
des Dieux , et Mercure conduisant par la main
un jeune Héros , en action de parler , pour le
présenter aux Muses qui se réjouissoient sur les
Mont Parnasse à la vue de ce Héros :
sous on lisoit ::
au-desJam novaprogenies calo demittitur alto.
Dans l'autre bas- relief du Piedestal de la Clemence , étoient représentés le Port et la Ville
de Livourne , ayant les Portes ouvertes : dans le
lointain , diverses Galeres qui y dirigeoient leur
course , dont on distinguoit la Royale d'Espagne , sur le devant de laquelle on voyoit la Fe
Licité qui prioit Neptune de calmer la Mer , et
d'accorder un heureux Voyage au Prince Don
Carlos ; et derriere Neptune on voyoit le Temps Hij qui:
166 MERCURE DE FRANCE
qui tenoit la Tempête assujettie à ses pieds : au dessus étoit écrit :
Volvenda dies en attulit ultro..
L'Inscription suivante paroissoit sur la partie
supérieure , en lettres d'or et noires , comme sur un fond imité de Marbre blanc.
SALVO ATQUE INCOLUMI CAROLO PRIN-.-
CIPE PHILIPPI V , Hispaniarum Regis , et Ré-,
gina Elisabetha Farnesia , Filio inclito , Felice ,
Augusto , Parma et Placentia Duce , quod optatissimo adventu suo impletis omnium votis qualis
quantusque futurus sit in hoc Imperio faustis aus-,
piciis ostendat restituta Europa pace , confirmataque Etruria felicitate Britanni hic Negociantes ,
annuente et favente Joanne Gastone , Magno Duce
Etruria , summa_latitia gestientibus animis po- suere.
Sur les Médaillons de chaque côté étoient as¬
sises deux Statues , dont l'une représentoit la
Gloire , et l'autre l'Eternité , et au dessus de
FInscription étoient les Armes d'Espagne.
Il y avoit dans l'autre façade de l'Arc de
Triomphe , tournée du côté de la Porte de Pise
entre deux Pilastres , deux Statues , dont l'une
à droite représentoit la Providence , et l'autre la Liberalité. Les Arts liberaux et l'accroissement
du Commerce étoient dépeints dans le bas-relief
du Piedestal qui étoit sous la Providence , avec ces mots FELICITAS ETRURIÆ ; et sous la
Liberalité , on voyoit la Paix et la Felicité qui
embrassoient l'Europe. Le Temple de Janus paroissoit fermé , et sur le devant on voyoit des
petits genies qui amassoient des Armes et des
Instrumens de Guerre , et en faisoient un Feu de
joye , avec ces mots ; PAIX D'EUROPE.
L'Ins
JANVIER 1732 161
L'Inscription suivante , en lettres d'or et noi-
> étoit dans la partie supérieure de cette:
façade.
Ingresso feliciter Etruriam exoptatissimo ›Prin+-
cipe Carolo , multiplicatis ubique votis latisque
acclamationibus , Britanni hac Negociantes maximo gestientes gaudio , Philippi V. Hispaniarum
Regis , et Regina Elizabetha Farnesis , atque Joanni Gastori; Magno Duci Etruria , Sospite filio inclito , dignoque successore , perenni obsequio gratu lantur.
Sur les deux Médaillons des côtez , paroissoient assises la Joye et la Constance , avec les
Symboles et les Attributs qui leur sont propres ;
et sur l'Inscription de cette Façade , de même que
sur les deux côtez de l'édifice , on voyoit pareillement les Armes d'Espagne, surmontées par tout
d'une Couronne dorée , et supportées par deux :
Lions.
Aux quatres parties intérieures de l'Arc de :
triomphe étoient placez quatre Médaillons ovales , peints au Chiaro Oscuro. Dans le premier ,
qui répondoit à l'alignement de la Justice , paroissoit unjeune Prince, avec son Manteau Royal,, tenant de la main droite un Globe ; et de la gauche une Lance , avec ces mots : PRINCIPI JU- ·
VENTUTIS ; et dans l'endroit qui répondoit à la Clémence , étoit peinte une Galere , conduite par
Neptune , et faisant voile , avec un vent fa vorable , avec ces mots : FELIX ADVENTUS.
Vis-à- vis , à l'endroit qui répondoit à la Sa--
rue de la Liberalité, il y avoit un autre Médaillon,
dans lequel étoit représentée l'Esperance , avec une
Fleur à la main , et ayant à ses pieds une Mesuse remplie d'Epics. de Blé , avec cette Devise a :
H.v. SPES ›
162 MERCURE DE FRANCE®
SPES PUBLICA; et vis- à vis le premier Médail
lon , du côté de la Statuë de la Providence ,
étoient peints quatre petits Genies , faisant un
beau Groupe , représentant allégoriquement les
quatre Saisons , avec ces mots : FELICITAS,
TEMPORUM.
Les Bases , Chapiteaux , Corniches , Festons et- autres ornemens de cet Edifice étoient tous dorez; ce qui, joint au bon gout qui regnoit dans la
distribution des couleurs , à l'imitation des plus beaux marbres , offroit à la vue tout ce qu'on
peut s'imaginer de plus magnifique et de plus .
Beau. Les huit Statues et les quatre Médaillons ,
étoient pris des Revers des Médailles des Empereurs Romains et peints par differens Peintres ,
qui ont le plus de réputation . Les deux Façades ,
avoient 47 pieds , et les deux côtez 28 pieds de largeur , et 76 pieds de hauteur. Le tout a été
conduit par le sieur Ferdinand Ruggier , celebre Architecte Florentin. L'Abbé Antoine - François
Gori , Professeur en l'Histoire de l'Université
deFlorence , est l'Auteur des Inscriptions,.
de vent
Voicy d'autres circonstances sur l'arrivée de
Don Carlos , en Italie. Le 27 Decembre dernier
la Galere du Chevalier Marescotti , entra dans le
Port deLivourne, ayant été séparée des deux-au-.. tres Galeres du Grand Duc , par un coup
qui l'avoit assez endommagée. Deux heures après
il arriva une autre Galere du Grand Duc , commandée par le Capitaine Nanglé , et le soir on .
vit entrer dans le Port , la Capitane des Galeres .
du Roy d'Espagne , que montoit l'Infant Don Carlos , suivie d'une autre Galere Espagnole. Aussi-tôr qu'on eut donné le signal de l'arrivée de
se Prince , onfit plusieurs décharges d'Artillerie ,.
après
JANVIER. 17326 163
après lesquelles S. A. R. descendit dans la ChaFoupe du Grand Duc , qui étoit magnifiquement
ornée. Il fit ensuite son Entrée publique en cette
Ville , dont la Garnison et la Bourgeoisie étoient.
en Haye et sous les Armes.
Il se rendit d'abord à l'Eglise du Dôme , dans ›
les Carosses du Grand Duc , et il fut reçu par
l'Archevêque de Pise , qui après l'avoir conduit
dans le Choeur , entonna le Te Deum , pendant
lequel on fit encore plusieurs Salves d'Artillerie.
Après le TeDeum , l'Infant Don Carlos se rendir au Palais , où il fut complimenté de la part du
Grand Duc, par la Noblesse et les Officiers de la ·
Ville , ausquels il donna sa main à baiser. Il se
mit à Table à neuf heures du soir , et il fut servi
par le Marquis Ricardi , qui fit les fonctions de
premier Maître d'Hôtel , et par le Comte Ca
nale, qui fit celles d'Echanson. Vers les onze heures du soir , le Marquis de Villa- Réal fut dépêché à Séville , pour porter à L, M. Cath, la nou-- velle de l'arrivée de S. A. R. en Italie.
Le 29 au matin , l'Infant , après avoir fait ses
dévotions la veille , se rendit au Bosquer des Capucins , où il prit le divertissement de tirer des:
Cignes dont on avoit mis un grand nombre
dans le Canal ; l'après midi il se promena dans .
divers quartiers de la Ville , pour se faire voir :
au peuple , qui a fait pendant trois nuits consé
cutives des Feux de joye et des Illuminations.
Les dernieres Lettres d'Italie portent que l'Infant Don Carlos avoit été attaqué de la Petite
Verole peu de tems après son arrivée à Livourne ,
mais que ce Prince étoit hors de tout danger au
départ du Courier.
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Résumé : Arc de Triomphe, en son honneur, [titre d'après la table]
En janvier 1732, Son Altesse Royale reçut les vœux de la nouvelle année de la part des personnalités distinguées de Livourne. La Nation Hollandais organisa une course de chevaux pour le prince, avec un manteau de velours cramoisi garni d'argent comme prix. La Nation Anglaise présenta un Arc de Triomphe devant la Porte de la Marine. Cet arc comportait deux pilastres imitant le marbre vert antique, avec des bases et des chapiteaux dorés. Entre les pilastres se trouvaient des statues représentant la Justice et la Clémence. Le bas-relief du piédestal de la Justice montrait le Conseil des Dieux et Mercure conduisant un jeune héros vers les Muses sur le Mont Parnasse. Celui de la Clémence représentait le port et la ville de Livourne, avec des galères et des figures allégoriques comme la Félicité et Neptune. L'Arc de Triomphe comportait des inscriptions en lettres d'or et noires, louant le prince Don Carlos et ses parents, le roi Philippe V d'Espagne et la reine Élisabeth Farnèse. Des statues de la Gloire et de l'Éternité, ainsi que les armes d'Espagne, étaient présentes. Sur la façade tournée vers la Porte de Pise, se trouvaient des statues de la Providence et de la Liberalité, avec des bas-reliefs représentant les arts libéraux, le commerce, la paix et la félicité embrassant l'Europe. Le Temple de Janus fermé symbolisait la paix en Europe. L'arrivée de Don Carlos en Italie fut marquée par plusieurs événements. Le 27 décembre, la galère du Chevalier Marescotti entra dans le port de Livourne, suivie par d'autres galères du Grand Duc et du roi d'Espagne. Don Carlos fut accueilli par des salves d'artillerie et se rendit à l'église du Dôme pour le Te Deum. Il fut ensuite complimenté par la noblesse et les officiers de la ville. Le 29 décembre, il se promena dans divers quartiers de Livourne pour se faire voir au peuple. Peu après son arrivée, Don Carlos contracta la petite vérole, mais il était hors de danger au départ du courrier.
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2197
p. 164-165
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On écrit de Londres que le 8. de ce mois, [...]
Mots clefs :
Grande-Bretagne, Parlement d'Irlande
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
N écrit de Londres que le 8 de ce mois
Adgi Mahomet Said et Adgi Ali , Envoyez de la Regence d'Alger, eurent leur premiere Audience particuliere du Roy , dans l'appar
tement duquel ils furent introduits par le Lord
Harrington , Secretaire d'Etat. Ils eurent ensuite
Audience de la Reine, étant présentez par le Com
te de Grantham , Lord Chambellan de S. M. Le
lendemain ils eurent Audience du Pr. de Galles ee
du Duc de Cumberland. Le Roy a accordé à ces
deux Envoyez 80 liv. sterl. par mois, pendant leur
séjour en Angleterre.
་
LeParlement d'Irlande a continué la taxe sur la
Biere , le Vin et les Eaux Spiriteuses , et pour
être en état de fournir un nouveau subside auRoy,
ila mis une imposition de quatre Chelins par liv.
sur tous les revenus des terres , rentes et pensions.
Quelques Gentils- hommes ayant formé dans、
de
JANVIER. 1732. 165
le même Royaume une Société , pour le progrès
de l'Agriculture , ils ont choisi le Duc de Dorset,
Viceroy, pour leur Président , et le Primat dus
Royaume pour leur Vice-Président..
-
L'Amiral Wager arriva sur la fin du mois dernier à Londres , de retour de Livourne , avec
la Flotte Angloise. Il fut tres favorablement
reçu du Roy et de la Reine ; et fit voir à L. M.
le magnifique Portrait du Roy d'Espagne , dontS. M. Cath. lui a fait présent. Il est enrichi de deux rangs de Diamans brillans, surmonté d'une
Couronne , au haut de laquelle est un tres-gros
Diamant , estimé 800liv. sterl, et le tout ensein.
ble sooo liv. sterl.
N écrit de Londres que le 8 de ce mois
Adgi Mahomet Said et Adgi Ali , Envoyez de la Regence d'Alger, eurent leur premiere Audience particuliere du Roy , dans l'appar
tement duquel ils furent introduits par le Lord
Harrington , Secretaire d'Etat. Ils eurent ensuite
Audience de la Reine, étant présentez par le Com
te de Grantham , Lord Chambellan de S. M. Le
lendemain ils eurent Audience du Pr. de Galles ee
du Duc de Cumberland. Le Roy a accordé à ces
deux Envoyez 80 liv. sterl. par mois, pendant leur
séjour en Angleterre.
་
LeParlement d'Irlande a continué la taxe sur la
Biere , le Vin et les Eaux Spiriteuses , et pour
être en état de fournir un nouveau subside auRoy,
ila mis une imposition de quatre Chelins par liv.
sur tous les revenus des terres , rentes et pensions.
Quelques Gentils- hommes ayant formé dans、
de
JANVIER. 1732. 165
le même Royaume une Société , pour le progrès
de l'Agriculture , ils ont choisi le Duc de Dorset,
Viceroy, pour leur Président , et le Primat dus
Royaume pour leur Vice-Président..
-
L'Amiral Wager arriva sur la fin du mois dernier à Londres , de retour de Livourne , avec
la Flotte Angloise. Il fut tres favorablement
reçu du Roy et de la Reine ; et fit voir à L. M.
le magnifique Portrait du Roy d'Espagne , dontS. M. Cath. lui a fait présent. Il est enrichi de deux rangs de Diamans brillans, surmonté d'une
Couronne , au haut de laquelle est un tres-gros
Diamant , estimé 800liv. sterl, et le tout ensein.
ble sooo liv. sterl.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En janvier 1732, Adgi Mahomet Said et Adgi Ali, représentants de la Régence d'Alger, ont été reçus à Londres par le roi, la reine, le prince de Galles et le duc de Cumberland. Le roi leur a accordé une allocation mensuelle de 80 livres sterling. En Irlande, le Parlement a maintenu des taxes sur la bière, le vin et les spiritueux, et a instauré une nouvelle imposition de quatre shillings par livre sur les revenus des terres, rentes et pensions. Parallèlement, des gentilshommes ont fondé une société pour le progrès de l'agriculture, avec le duc de Dorset comme président et le primat du royaume comme vice-président. L'amiral Wager est rentré à Londres avec la flotte anglaise après un voyage à Livourne. Il a été accueilli par le roi et la reine, et a présenté un portrait du roi d'Espagne orné de diamants, estimé à 5000 livres sterling.
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2198
p. 164-165
ESPAGNE.
Début :
Les Ouvrages que le Roy a fait construire le long [...]
Mots clefs :
Espagne, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
Ouvrages que le Roy a fait construire le
Llong de la Ligne, qui empêche la communica
tion de Gibraltar avec l'Andalousie , étant suffisans pour empêcher que les Anglois ne fassene la contrebande dans cette Province. S.M.a donné
depuis peu des Ordres pour les faire cesser et
pour renvoyer dans leurs quartiers, les Troupes
qui y étoient occupées.
On apprend que le Duc de Riperda qui étoit
arrivé à Tanger , sur un Vaisseau Hollandois ,
en étoit parti pour se rendre à la Cour du Roy de Maroc
Ouvrages que le Roy a fait construire le
Llong de la Ligne, qui empêche la communica
tion de Gibraltar avec l'Andalousie , étant suffisans pour empêcher que les Anglois ne fassene la contrebande dans cette Province. S.M.a donné
depuis peu des Ordres pour les faire cesser et
pour renvoyer dans leurs quartiers, les Troupes
qui y étoient occupées.
On apprend que le Duc de Riperda qui étoit
arrivé à Tanger , sur un Vaisseau Hollandois ,
en étoit parti pour se rendre à la Cour du Roy de Maroc
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Résumé : ESPAGNE.
Le roi d'Espagne a ordonné l'arrêt des travaux et le retrait des troupes des fortifications entre Gibraltar et l'Andalousie. Ces ouvrages empêchaient la contrebande anglaise. Par ailleurs, le Duc de Riperda a quitté Tanger pour la cour du roi du Maroc.
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2199
p. 165-169
Discours du Roy au Parlement, &c. [titre d'après la table]
Début :
MYLORDS ET MESSIEURS, C'est un grand plaisir pour moi [...]
Mots clefs :
Discours, Roi d'Angleterre, Chambre des pairs, Espagne, Chambre des communes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours du Roy au Parlement, &c. [titre d'après la table]
idi , le Roy se rendit en Cortège en la Chambre des Pairs , ayant mandé les Communes.S M. fit l'ouverture de la Scéance du Parlement par le.
Discours suivant.
MYLORDS ET MESSIEURS,
C'est un grand plaisir pour moi de pouvoir vous dire que les esperances que je vous ai données de
temps en temps , de voir la tranquillité de l'Europe rétablie et affermie , sont à present entierement
accomplies,je m'assure que la part du crédit et de
l'influence que la Couronne d'Angleterre a eue dans
La réussite de cette affaire , comme on le reconnoît au dehors , sera agréable à mon peuple , et que vous en aurez de la reconnoissance..
On sçait que depuis le temps de la conclusion,
de la Quadruple Alliance , les diferentes Cours de
l'Europe ont cherché les moyens d'exécuter ce qui
avoit été convenu par les Puissances principales pour la succession de Toscane , et des Duchez de
Parme et de Plaisance , en faveur d'un Infant
d'Espagne
2
18 MERCURE DE FRANCE
Espagne , mais les interets differens et opposez
difficiles à concilier et à réunir pour faire réussir
une affaire de si grande importance; les vues éten
dues et les esperances qu'on avoit conçûës de chaque côté, d'obtenir de plus grands avantages , les ja- ·
lousies naturelles et les défiances que de tels principes
et des desseins contraires les uns aux autres , ont
fait naître parmi les differentes Puissances interessées avoit tenu en suspens et dans l'inéxécution ;
ce quela Cour d'Espagne avoit extrêmement àcœur,,
et avoit causé des troubles et des désordes qui ont
embarassé les affaires de l'Europe pendant plusieurs
années , et dans lesquels les interêts particuliers de
cette Nation ont été envelopez. ,
Vous avez été de temps en temps informez des :
differentes mesures et négociations qu'on a employées
de tous côtez durant cette situation incertaine des affaires , et vous m'avez mis en état de continuer
mes soins , pour conserver les droits et possessions .
de ce Royaume, la paix et la balance de l'Europe
Les articles préliminaires et les transactions qui les
ont suivies , n'ayant pas répondu aux attentes de la
Cour d'Espagne , et ayant causéde la froideur et du mécontentement entre les Parties contractantes di
premier Traité de Vienne , furent le fondement et là
cause du Traité de Séville , et détruisirent parla :
cette union , qui avoit fait naître tant de crainte et allarmé le monde si long- temps.
L'exécution du Traité de Séville étoit la grande
difficulté qui restoit encore ; et quelqu'insurmontable qu'on a crût,j'aipar lesecours etparlaconfiance que vous avez euë en moi , été en état de la vaincre par des Traitez justes et honorables , sans en
venir aux extrémitez , sans courir le hazard ni
m'exposer à la dépense qu'auroit causé une rupture··
générale , et sans allumer la guerre dans aucune
partie de l'Europe... Parme
JANVIER 1732: 167-
Parme et Plaisance sont à présent dans l'actuelle ·
possession de l'Infant Don Carlos. Six mille Espagnols ont été tranquillement reçus et mis en quar-.
tiers dans le Duché de Toscane , afin d'assurer à ce
Prince, du propre consentement et de l'agrément du Grand Duc, la survivance à ses Etats ; et l'on a:
fait une convention de famille entre les Cours d'Espagne et de Toscane , pour conserver la Paixet l'a
mitié entre ses deux Maisons pendant la vie du
Grand Duc.
Pour perfectionner et finir cet Ouvrage ennuyeux,
conduit au travers d'une suite de changement et de ·
vicissitude infinie , et embarassé de toutes les diffe .
rentes vûës d'interêts et d'ambition ; j'ay conclu le :
dernier Traité de Vienne , oùje ne suis entré dans ;
aucuns engagemens contraires aux précédens Trai
tez, ni qui tendent à agrandir ou diminuer lepouvoir ou le poids d'aucun Potentat ; le but n'étant, &
de conserver une juste balance et d'éviter la confusion que les nouveaux changemens et de nouveaux troubles , que les évenemens futurs feroient
naitre , causeroient inévitablement, et dans lesquels .
PAngleterre ne pourroit jamais demeurer tranquille
ni être spectatrice oisive.
que
Quandcela aura été bien consideréet qu'on verra
queles playes qui ont saigné long-temps , sont entierement consolidées ; les jalousies sans fondement cesseront , la paix et la bonne harmonie reviendront
ensemble , toute défiance et soupçon , effet naturel des
délais réitérez , artificieusement insinués et indus-..
trieusement augmentez et aggravez , seront éloignez ; une mutuelle satisfaction sera la conséquence
de la ponctuelle et effective exécution de tous nos
Engagemens , dont on se ressouviendra toujours
avec beaucoup d'égard et d'honneur pour la Couronne et pour cette Nation , et qui mettra ceux quiJu
13 MERCURE DE FRANCE
·
sont immédiatement intéressez , dans une obliga--
tion indispensable d'en avoir la reconnoissance que
P'honneur et la justice demandent.
MESSIEURS de la Chambre des
Communes ,
On remettra devant vous les estimations où l'é--
tat des dépenses pour le service de l'année courante , qui , comme vous le remarquerez, sont beau coup moins considérables que celles des années précédentes. C'est un plaisir pour moi de soulager mes :
Sujets quand le temps le permet , vous avez veu les
heureux effets de votre ancien zele et fermeté , le
succès a accompagné mes mesures et vous recueillez
le fruit de mes efforts et de votre confiance en moy.
C'est pour vous une satisfaction de sçavoir quetour
tes les dépenses que vous avez faites en dernier lieu,
sont amplement recompensées, en en évitant de beaucoup plus grandes.
MYLORDS ET MESSIEURS ,
Je mepromets que cette heureuse situation des affaires vous donnera des dispositions unanimes et un juste zele pour le bien public , telles qu'elles convien
nenta un Parlement qui connoit les grands bonheurs
dont il jouit. Le devoir et l'affection de mes Sujets ·
sont toute la reconnoissance queje désire pour l'amour paternel que j'ai pour eux , et pour l'interêt que
jeprends en tout ce qui les regarde.. Mon gouvernement n'a de sureté que dans -ce
qui peut contribuer également à votre bonheur et
ala protection de mon peuple , et votre prosperité n'a
de fondement que dans la défense et le soutien de
mon gouvernement. Notre sureté est mutuelle , nas
intérêts sont inséparables. ·
Le Roy étant sorti de la Chambre , les Sei
gneurs
JANVIER. 1732. 169
gneurs résolurent unanimement de présenter une
adresse à S M. pour le remercier de sa Harangue,
Les Communes retirées dans leur Chambre , y
prirent une semblable résolution.
Discours suivant.
MYLORDS ET MESSIEURS,
C'est un grand plaisir pour moi de pouvoir vous dire que les esperances que je vous ai données de
temps en temps , de voir la tranquillité de l'Europe rétablie et affermie , sont à present entierement
accomplies,je m'assure que la part du crédit et de
l'influence que la Couronne d'Angleterre a eue dans
La réussite de cette affaire , comme on le reconnoît au dehors , sera agréable à mon peuple , et que vous en aurez de la reconnoissance..
On sçait que depuis le temps de la conclusion,
de la Quadruple Alliance , les diferentes Cours de
l'Europe ont cherché les moyens d'exécuter ce qui
avoit été convenu par les Puissances principales pour la succession de Toscane , et des Duchez de
Parme et de Plaisance , en faveur d'un Infant
d'Espagne
2
18 MERCURE DE FRANCE
Espagne , mais les interets differens et opposez
difficiles à concilier et à réunir pour faire réussir
une affaire de si grande importance; les vues éten
dues et les esperances qu'on avoit conçûës de chaque côté, d'obtenir de plus grands avantages , les ja- ·
lousies naturelles et les défiances que de tels principes
et des desseins contraires les uns aux autres , ont
fait naître parmi les differentes Puissances interessées avoit tenu en suspens et dans l'inéxécution ;
ce quela Cour d'Espagne avoit extrêmement àcœur,,
et avoit causé des troubles et des désordes qui ont
embarassé les affaires de l'Europe pendant plusieurs
années , et dans lesquels les interêts particuliers de
cette Nation ont été envelopez. ,
Vous avez été de temps en temps informez des :
differentes mesures et négociations qu'on a employées
de tous côtez durant cette situation incertaine des affaires , et vous m'avez mis en état de continuer
mes soins , pour conserver les droits et possessions .
de ce Royaume, la paix et la balance de l'Europe
Les articles préliminaires et les transactions qui les
ont suivies , n'ayant pas répondu aux attentes de la
Cour d'Espagne , et ayant causéde la froideur et du mécontentement entre les Parties contractantes di
premier Traité de Vienne , furent le fondement et là
cause du Traité de Séville , et détruisirent parla :
cette union , qui avoit fait naître tant de crainte et allarmé le monde si long- temps.
L'exécution du Traité de Séville étoit la grande
difficulté qui restoit encore ; et quelqu'insurmontable qu'on a crût,j'aipar lesecours etparlaconfiance que vous avez euë en moi , été en état de la vaincre par des Traitez justes et honorables , sans en
venir aux extrémitez , sans courir le hazard ni
m'exposer à la dépense qu'auroit causé une rupture··
générale , et sans allumer la guerre dans aucune
partie de l'Europe... Parme
JANVIER 1732: 167-
Parme et Plaisance sont à présent dans l'actuelle ·
possession de l'Infant Don Carlos. Six mille Espagnols ont été tranquillement reçus et mis en quar-.
tiers dans le Duché de Toscane , afin d'assurer à ce
Prince, du propre consentement et de l'agrément du Grand Duc, la survivance à ses Etats ; et l'on a:
fait une convention de famille entre les Cours d'Espagne et de Toscane , pour conserver la Paixet l'a
mitié entre ses deux Maisons pendant la vie du
Grand Duc.
Pour perfectionner et finir cet Ouvrage ennuyeux,
conduit au travers d'une suite de changement et de ·
vicissitude infinie , et embarassé de toutes les diffe .
rentes vûës d'interêts et d'ambition ; j'ay conclu le :
dernier Traité de Vienne , oùje ne suis entré dans ;
aucuns engagemens contraires aux précédens Trai
tez, ni qui tendent à agrandir ou diminuer lepouvoir ou le poids d'aucun Potentat ; le but n'étant, &
de conserver une juste balance et d'éviter la confusion que les nouveaux changemens et de nouveaux troubles , que les évenemens futurs feroient
naitre , causeroient inévitablement, et dans lesquels .
PAngleterre ne pourroit jamais demeurer tranquille
ni être spectatrice oisive.
que
Quandcela aura été bien consideréet qu'on verra
queles playes qui ont saigné long-temps , sont entierement consolidées ; les jalousies sans fondement cesseront , la paix et la bonne harmonie reviendront
ensemble , toute défiance et soupçon , effet naturel des
délais réitérez , artificieusement insinués et indus-..
trieusement augmentez et aggravez , seront éloignez ; une mutuelle satisfaction sera la conséquence
de la ponctuelle et effective exécution de tous nos
Engagemens , dont on se ressouviendra toujours
avec beaucoup d'égard et d'honneur pour la Couronne et pour cette Nation , et qui mettra ceux quiJu
13 MERCURE DE FRANCE
·
sont immédiatement intéressez , dans une obliga--
tion indispensable d'en avoir la reconnoissance que
P'honneur et la justice demandent.
MESSIEURS de la Chambre des
Communes ,
On remettra devant vous les estimations où l'é--
tat des dépenses pour le service de l'année courante , qui , comme vous le remarquerez, sont beau coup moins considérables que celles des années précédentes. C'est un plaisir pour moi de soulager mes :
Sujets quand le temps le permet , vous avez veu les
heureux effets de votre ancien zele et fermeté , le
succès a accompagné mes mesures et vous recueillez
le fruit de mes efforts et de votre confiance en moy.
C'est pour vous une satisfaction de sçavoir quetour
tes les dépenses que vous avez faites en dernier lieu,
sont amplement recompensées, en en évitant de beaucoup plus grandes.
MYLORDS ET MESSIEURS ,
Je mepromets que cette heureuse situation des affaires vous donnera des dispositions unanimes et un juste zele pour le bien public , telles qu'elles convien
nenta un Parlement qui connoit les grands bonheurs
dont il jouit. Le devoir et l'affection de mes Sujets ·
sont toute la reconnoissance queje désire pour l'amour paternel que j'ai pour eux , et pour l'interêt que
jeprends en tout ce qui les regarde.. Mon gouvernement n'a de sureté que dans -ce
qui peut contribuer également à votre bonheur et
ala protection de mon peuple , et votre prosperité n'a
de fondement que dans la défense et le soutien de
mon gouvernement. Notre sureté est mutuelle , nas
intérêts sont inséparables. ·
Le Roy étant sorti de la Chambre , les Sei
gneurs
JANVIER. 1732. 169
gneurs résolurent unanimement de présenter une
adresse à S M. pour le remercier de sa Harangue,
Les Communes retirées dans leur Chambre , y
prirent une semblable résolution.
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Résumé : Discours du Roy au Parlement, &c. [titre d'après la table]
Le roi s'est rendu à la Chambre des Pairs pour ouvrir la séance du Parlement par un discours. Il a annoncé que les espoirs de rétablir la tranquillité en Europe étaient accomplis, mettant en avant le rôle de la Couronne d'Angleterre dans cette réussite. Depuis la Quadruple Alliance, les cours européennes cherchaient à exécuter les accords concernant la succession de la Toscane et des duchés de Parme et de Plaisance en faveur d'un infant d'Espagne. Cependant, les intérêts divergents et les défiances avaient retardé l'exécution de ces accords, causant des troubles en Europe. Le roi a mentionné les différentes mesures et négociations employées durant cette période incertaine, visant à conserver les droits et possessions du Royaume, ainsi que la paix et la balance en Europe. Les articles préliminaires et les transactions du premier Traité de Vienne n'ayant pas répondu aux attentes de la Cour d'Espagne, ils furent à l'origine du Traité de Séville. L'exécution de ce traité fut facilitée par des accords justes et honorables, évitant ainsi une rupture générale et une guerre en Europe. Parme et Plaisance sont désormais sous la possession de l'infant Don Carlos, et des Espagnols ont été installés en Toscane pour assurer la succession. Une convention de famille entre les cours d'Espagne et de Toscane a été conclue pour maintenir la paix et l'amitié. Le roi a conclu le dernier Traité de Vienne, visant à conserver une juste balance et à éviter de nouveaux troubles. Le roi a souligné que les dépenses pour l'année courante étaient moins considérables que les années précédentes, remerciant ses sujets pour leur zèle et leur confiance. Il a exprimé son désir de voir le Parlement uni et zélé pour le bien public, soulignant que la sécurité et la prospérité mutuelles dépendaient de la défense et du soutien réciproques. À la fin du discours, les seigneurs et les communes ont résolu de présenter une adresse au roi pour le remercier de sa harangue.
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2200
p. 170-174
« Le premier Janvier, les Hautbois de la Chambre du Roy joüerent selon [...] »
Début :
Le premier Janvier, les Hautbois de la Chambre du Roy joüerent selon [...]
Mots clefs :
Symphonie, Concert, Opéra, Ballet, Théâtre, Course de traîneaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le premier Janvier, les Hautbois de la Chambre du Roy joüerent selon [...] »
FRANCE
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE
E premier Janvier , les Hautbois de
la Chambre du Roy joüerent selon
la coutume , plusieurs Pieces de Sympho
nie de M. de Lully , au lever de S. M. et:
les Vingt- quatre executerent au dîner une
suite d'Airs de la composition de M. Destouches , Sur- Intendant de la Musique du
Roy en semestre.
Le 2 , il y eut Concert dans le salon de
de la Reine , et on chanta devant S. M. le
quattiéme Acte de l'Opera de Roland ,
dont le principal Rôle fut chanté par le:
sieur Chassé , les Actes precedens avoient
été chantés au mois de Decembre.
Le7. on fit entendre à la Reine le Prologue et le premier Acte d'Amadis , et on
continua la suite le 9. etle 14.La Dlle Antier chanta le Rôle d'Arcabonne , le sieur
d'Angerville: celui d'Arcalaus , le sieur
Guedon celui d'Amadis , & la Dle le.
Maurefit avec un grand succès leRôle d'O-- rianne.
•
Le is. la Reine demanda l'Opera d'Omphale:
JANVIER. 1732. 171
phale, mis en Musique par M.Destouches.
S. M. entendit le Prologue et le 1er Acte
dans son Salon. Le même Opera fut continué le 21. et le 23. les Dlles Antier et
Lenners chanterent les Rôles d'Argine et
d'Omphale , et les sieurs d'Angerville et;
Petillot ceux d'Hercule et d'Iphis.
Le 28. il y eut Ballet sur le Theatre ou
Pon joue ordinairement la Comedie. Le
divertissement étoit composé de la qua
triéme Entrée du Ballet de l'Europe Galante, intitulé la Turquie, de la quatriéme Entrée du Ballet des Elemens , qui a pour titre
la Terre, et de l'Acte du Bal des Fêtes Ve nitiennes.
Dans le premier Acte les sieurs Thevenard et Chassé chanterent les Rôles du
Sultan et du Grand Bostangi , et les Dlles
Antier etPellessier ceux des deux Sultanes,
P'une favorite et l'autre disgraciée.
Dans le second Acte , les sieurs Tribou ;
et Chassé firent les Rôles de Vertumne et
de Pan , et la Dlle le Maure celui de Pamone.
›
Dans l'Acte du Bal , les sieurs Chassé
et Dumats , ont fait les Rôles d'Alamir
et de Themir; ceux du Maître de Musique et de Danse ont été joués par les sieurs
Tribou et Laval , et la Dlle Petit- Pas a
chanté le Rôle d'Iphise... Les
72 MERCURE DE FRANCE,
Les sieurs du Pré , du Moulin Freres
Laval , Javilliers , Malter & les Diles Prevôr , Camargo , Salé et autres , ont executé le Ballet composé par le sieur Blondi ;
on y a dansépar ordre de la Reine le Past
de Trois du quatriéme Acte de Callirhoé.
L'Orchestre étoit composé des Violons,
Hautbois et Flutes du Roy, et les Chœurs
ont été executés par les Acteurs et Actrices de l'Académie Royalede Musique.
Le 7. de ce mois, le Roy prit le Divertissement d'uneCourse deTraineaux.S.M.
après avoir été prendre à l'Appartement
de Mädemoiselle de Charolois , les Princesses du Sang et les Dames de la Cour,
qui entrerent dans des Traineaux , conduits par les Seigneurs en habits et bonnets de velours cramoisi , doublez d'hermine, fit plusieurs tours dans les Allées
du Parc et le long du grand Canal pendant trois heures ; ayant changé deux
fois de Relais , le Roy mena ensuite la
Compagnie à Trianon , où elle eu l'honneur de souper avec S. M. qui ne retour“
na à Versailles que vers les deux heures
du matin au clair de la Lune.
Les Députez du Parlement qui avoient
reçû les ordres du Roy le 9. Janvier , se
rendirent à Versailles le lendemain matin,
M. Portail, Premier Président , étant à
lcut
JANVIER. 1732. 173
leur tête ; ils furent présentez et conduits
avec les ceremonies ordinaires à l'AKdiance de S. M. qui leur déclara sa volonté.
.Le 13 L'Abbé de Laubriere., cy- devant
Conseiller au Parlement , nommé à l'Evêché de Soissons , fut sacré dans la Chapelle de l'Archevêché, par l'Archevêque de
Paris , assisté de l'Evêque de Châlons sur
Marne , et de l'Evêque de Luçon , et le
20 il prêta serment de fidelité entre les
mains du Roy.
Le 15.et le 16.les Religieux Mathurins,
de l'Ordre de la sainte Trinité , condui
sirent en Procession dans la Ville de Paris , 33. Esclaves qu'ils ont rachetez à
Constantinople pendant l'année derniere.
Le Marquis de Solera , premier Gentilhomme de la Chambre de l'Infant Dan
Carlos , et que son A. R. a envoyé à Paris
pour remercier le Roy des honneurs qui
lui ont été rendus dans son passage en
France , et pour marquer à S. M. sa reconnoissance de la maniere avec laquelle
on l'a reçu , s'acquitta de cette commission le 15 de ce mois ; il fut présenté au
Roy, par le Marquis de Castellar , Ambassadeur Extraordinaire de S. M. Cath.
Il prit congé de S. M. le 29 , présenté par
le même Ambassadeur.
Le
174 MERCURE DE FRANCE
Le 19 de ce mois , après la Messe du
Roy, Mademoiselle de Chartres reçut
dans la Chapelle du Chateau de Versailles les Cérémonies du Baptême. Le Roy
fut son Parrain ; la Princesse de Conty ,
troisiéme Douairiere, la Maraine ; et cette
Princesse fut nommé Louise Diane. La
Reine et les Princes et Princesses assisterent à cette Cérémonie , qui fut faite par
le Cardinal de Rohan , Grand Aumonier
de France , en présence du Curé de la
Paroisse du Château.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE
E premier Janvier , les Hautbois de
la Chambre du Roy joüerent selon
la coutume , plusieurs Pieces de Sympho
nie de M. de Lully , au lever de S. M. et:
les Vingt- quatre executerent au dîner une
suite d'Airs de la composition de M. Destouches , Sur- Intendant de la Musique du
Roy en semestre.
Le 2 , il y eut Concert dans le salon de
de la Reine , et on chanta devant S. M. le
quattiéme Acte de l'Opera de Roland ,
dont le principal Rôle fut chanté par le:
sieur Chassé , les Actes precedens avoient
été chantés au mois de Decembre.
Le7. on fit entendre à la Reine le Prologue et le premier Acte d'Amadis , et on
continua la suite le 9. etle 14.La Dlle Antier chanta le Rôle d'Arcabonne , le sieur
d'Angerville: celui d'Arcalaus , le sieur
Guedon celui d'Amadis , & la Dle le.
Maurefit avec un grand succès leRôle d'O-- rianne.
•
Le is. la Reine demanda l'Opera d'Omphale:
JANVIER. 1732. 171
phale, mis en Musique par M.Destouches.
S. M. entendit le Prologue et le 1er Acte
dans son Salon. Le même Opera fut continué le 21. et le 23. les Dlles Antier et
Lenners chanterent les Rôles d'Argine et
d'Omphale , et les sieurs d'Angerville et;
Petillot ceux d'Hercule et d'Iphis.
Le 28. il y eut Ballet sur le Theatre ou
Pon joue ordinairement la Comedie. Le
divertissement étoit composé de la qua
triéme Entrée du Ballet de l'Europe Galante, intitulé la Turquie, de la quatriéme Entrée du Ballet des Elemens , qui a pour titre
la Terre, et de l'Acte du Bal des Fêtes Ve nitiennes.
Dans le premier Acte les sieurs Thevenard et Chassé chanterent les Rôles du
Sultan et du Grand Bostangi , et les Dlles
Antier etPellessier ceux des deux Sultanes,
P'une favorite et l'autre disgraciée.
Dans le second Acte , les sieurs Tribou ;
et Chassé firent les Rôles de Vertumne et
de Pan , et la Dlle le Maure celui de Pamone.
›
Dans l'Acte du Bal , les sieurs Chassé
et Dumats , ont fait les Rôles d'Alamir
et de Themir; ceux du Maître de Musique et de Danse ont été joués par les sieurs
Tribou et Laval , et la Dlle Petit- Pas a
chanté le Rôle d'Iphise... Les
72 MERCURE DE FRANCE,
Les sieurs du Pré , du Moulin Freres
Laval , Javilliers , Malter & les Diles Prevôr , Camargo , Salé et autres , ont executé le Ballet composé par le sieur Blondi ;
on y a dansépar ordre de la Reine le Past
de Trois du quatriéme Acte de Callirhoé.
L'Orchestre étoit composé des Violons,
Hautbois et Flutes du Roy, et les Chœurs
ont été executés par les Acteurs et Actrices de l'Académie Royalede Musique.
Le 7. de ce mois, le Roy prit le Divertissement d'uneCourse deTraineaux.S.M.
après avoir été prendre à l'Appartement
de Mädemoiselle de Charolois , les Princesses du Sang et les Dames de la Cour,
qui entrerent dans des Traineaux , conduits par les Seigneurs en habits et bonnets de velours cramoisi , doublez d'hermine, fit plusieurs tours dans les Allées
du Parc et le long du grand Canal pendant trois heures ; ayant changé deux
fois de Relais , le Roy mena ensuite la
Compagnie à Trianon , où elle eu l'honneur de souper avec S. M. qui ne retour“
na à Versailles que vers les deux heures
du matin au clair de la Lune.
Les Députez du Parlement qui avoient
reçû les ordres du Roy le 9. Janvier , se
rendirent à Versailles le lendemain matin,
M. Portail, Premier Président , étant à
lcut
JANVIER. 1732. 173
leur tête ; ils furent présentez et conduits
avec les ceremonies ordinaires à l'AKdiance de S. M. qui leur déclara sa volonté.
.Le 13 L'Abbé de Laubriere., cy- devant
Conseiller au Parlement , nommé à l'Evêché de Soissons , fut sacré dans la Chapelle de l'Archevêché, par l'Archevêque de
Paris , assisté de l'Evêque de Châlons sur
Marne , et de l'Evêque de Luçon , et le
20 il prêta serment de fidelité entre les
mains du Roy.
Le 15.et le 16.les Religieux Mathurins,
de l'Ordre de la sainte Trinité , condui
sirent en Procession dans la Ville de Paris , 33. Esclaves qu'ils ont rachetez à
Constantinople pendant l'année derniere.
Le Marquis de Solera , premier Gentilhomme de la Chambre de l'Infant Dan
Carlos , et que son A. R. a envoyé à Paris
pour remercier le Roy des honneurs qui
lui ont été rendus dans son passage en
France , et pour marquer à S. M. sa reconnoissance de la maniere avec laquelle
on l'a reçu , s'acquitta de cette commission le 15 de ce mois ; il fut présenté au
Roy, par le Marquis de Castellar , Ambassadeur Extraordinaire de S. M. Cath.
Il prit congé de S. M. le 29 , présenté par
le même Ambassadeur.
Le
174 MERCURE DE FRANCE
Le 19 de ce mois , après la Messe du
Roy, Mademoiselle de Chartres reçut
dans la Chapelle du Chateau de Versailles les Cérémonies du Baptême. Le Roy
fut son Parrain ; la Princesse de Conty ,
troisiéme Douairiere, la Maraine ; et cette
Princesse fut nommé Louise Diane. La
Reine et les Princes et Princesses assisterent à cette Cérémonie , qui fut faite par
le Cardinal de Rohan , Grand Aumonier
de France , en présence du Curé de la
Paroisse du Château.
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Résumé : « Le premier Janvier, les Hautbois de la Chambre du Roy joüerent selon [...] »
En janvier 1732 à la cour de France, plusieurs événements musicaux et sociaux marquèrent le mois. Le 1er janvier, les hautbois de la chambre du roi jouèrent des pièces de Jean-Baptiste Lully au lever du roi, et les Vingt-quatre exécutèrent des airs de Michel Richard Delalande au dîner. Le 2 janvier, un concert eut lieu dans le salon de la reine, avec la représentation du quatrième acte de l'opéra 'Roland', interprété par le sieur Chassé. Du 7 au 14 janvier, des extraits de l'opéra 'Amadis' furent chantés, avec des rôles interprétés par la demoiselle Antier, le sieur d'Angerville, le sieur Guédon et la demoiselle Le Maure. Le 11 janvier, la reine demanda l'opéra 'Omphale' de Michel Richard Delalande, continué les 21 et 23 janvier avec les demoiselles Antier et Lenners, et les sieurs d'Angerville et Petillot. Le 28 janvier, un ballet fut présenté sur le théâtre de la comédie, composé de plusieurs entrées de ballets célèbres. Les rôles furent interprétés par divers artistes, dont les sieurs Thévenard, Chassé, Tribou, Dumats, et les demoiselles Antier et Pellessier. Le 7 janvier, le roi participa à une course de traîneaux avec les princesses du sang et les dames de la cour, suivie d'un souper à Trianon. Le 10 janvier, les députés du Parlement se rendirent à Versailles pour recevoir les ordres du roi. Le 13 janvier, l'abbé de Laubrière fut sacré évêque de Soissons et prêta serment de fidélité au roi le 20 janvier. Les 15 et 16 janvier, les Religieux Mathurins conduisirent une procession dans Paris avec des esclaves rachetés à Constantinople. Le 15 janvier, le marquis de Solera, premier gentilhomme de la chambre de l'infant Don Carlos, remercia le roi pour les honneurs reçus et prit congé le 29 janvier. Le 19 janvier, Mademoiselle de Chartres reçut les cérémonies du baptême au château de Versailles, avec le roi comme parrain et la princesse de Conty comme marraine.
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