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1
p. 167-171
SAXE.
Début :
ON a appris de Dresde, du 19 du mois dernier, que la Régence de cet Electorat ayant refusé [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Troupes, Reine de Hongrie, Ennemis, Saxe, Pologne
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texteReconnaissance textuelle : SAXE.
SAXE.
N a appris de Dreſde , du 29 du mois dernier,
que la Régence de cet Electorat ayant refuſé
le paſſage que le Roi de Pruſſe lui a fait demander
pour 30000 hommes de troupes Pruffiennes , on
étoit fort inquiet des ſuitesqu'aura cette démarche,,
que l'on craint que ces troupes it'entreprennent de
paffer malgré ce refus , & qu'on a fait partir plu-
Geurs chariots chargés d'armes qu'on a tirées de
l'Arsenal de Dreſde , & qu'on deſtine pour armer
leshabitansdes montagnes.
168 MERCURE DE FRANCE.
en
On a appris depuis dus de ce mois que M. de
Wallenrodt , Envoyé du Roi de Pruſſe a remis aux
Miniſtres du Roi de Pologne un Reſcrit , qui porte
que le renouvellement du Traité conclu
1732 entre les Cours de Vienne & de Dreſde , n'obligeant
en nulle façon cette derniere de fournir
des troupes auxiliaires à la Reine de Hongrie , &
aucun des articles de ce Traité n'ayant directement
ni indirectement rapport à la guerre qui diviſe
préſentement l'Empire , S. M. Pr. ne peut enviſager
que comme une rupture du Roi de Pologne
Electeur de Saxe avec elle la jonction des
troupes Saxonnes avec celles de S. M. H. que le
Roi de Pruſſe prie S. M. Pol. de conſidérer quelles
réſolutions il eſt autorisé & même forcé de prendre
pour s'oppoſer aux deſſeins qu'on paroît méditer
contre lui ; qu'on ne ſera point en droit de lui reprocher
les inconveniens qui pourront réſulter de
ladémarche de cette Cour , & qu'il eſpére que le
Roi de Pologne ne voudra rien précipiter dans une
affaire de cette importance , ni porter les chofes à
une extrêmité , qui pourroit teannddrree a la ruine de
leurs Etats reſpectifs .
Le Roi de Pologne Electeur de Saxe a répondu
àce Reſcrit qu'à la vérité par le renouvellement du
Traité de 1732 , il n'étoit point dans l'obligation
de faire marcher des troupes au ſecours de la
Reine de Hongrie , mais que rien n'a pû ni dû
empêcher S. M. d'entrer depuis dans les liaiſons
qui lui ont paru convenables pour la fûreté de fon
Electorat ; qu'en faiſant attention à la fituation de
ſes Etats d'Allemagne , il a jugé néceſſaire de conclure
avec S. M. H. la convention échangée le 13
du mois de Mai dernier , par laquelle cette Princeffe
& S. M. fe garantiffent mutuellement la poc
ſeſſion de la Saxe , de la Boheme & de l'Autriche ,
que
NOVEMBRE. 1744. 169
que d'ailleurs il n'eſt point extraordinaire qu'un
Prince donne,des Troupes à un autre , fans prendre
part aux guerres dans lesquelles la Puiſſance
ſecouruë eſt engagée ; que le Roi de Pruſſe luimême
, en entrant en Boheme avec cent mille
hommes , pour ſoûtenir les intérêts de l'Empereur
, a déclaré qu'il ne prétendoit pas pour cela
contrevenir à ſes engagemens pris par le Traité
de Breſlau ; qu'ainſi le Roi s'en tient à la déclaration
qui a été faite de ſa part à la Cour de Berlin &
à pluſieurs autres Cours , lorſqu'il a pris la réſolution
d'ordonner à ſes Troupes d'aller joindre celles
de la Reine de Hongrie.
On a appris de Berlin , du 10 Novembre , que
lesTroupes que commande le Général Marwitz &
qui étoient campées près de Troppau dans la Haute
Silefie , ſe ſont miſes en marche, pour aller prendre
des quartiers de cantonnement dans les environs
de Breſlau .
Le Roide Pruſſe a fait publier un Décret , pour
rappelter tous ceux de ſes Sujets qui fervent dans
les Troupes , ou qui font établis dans les Etats de la
Reine de Hongrie , ce Décret porte que le Roi
'ayant été informé qu'auſſi tốt après qu'il a fait entrer
dansle Royaume de Boheme ſes Troupes , en
qualité d'auxiliaires de l'Empereur , la Cour de
Vienne avoit ménacé par un Edit tous les Hongrois
qui étoient actuellement dans les Troupes
Pruffiennes , de les déclarer traîtres à la Patrie , &
de confiſquer leurs biens , s'ils ne quittoient pas
le ſervice du Roi ; S. M. ordonne non- feulement à
ſes Vaffaux & Sujets du Royaume de Pruſſe , de la
Marche de Brandebourg & de ſes autres anciennespoffeffions
, mais encore à ceux du Duché de,
Siléſie , même à ceux , qui ſans être nés dans ce
Duché , y poſſédent desbiens , & qui font attachés
11. Vol. H
1
170 MERCURE DE FRANCE.
à la Reine de Hongrie par des Emplois Militaires
ou Civils , ou qui demeurent dans quelques- uns des
Pays de la domination de cette Princeſſe , de ſe
rendre d'ici à deux mois dans les Etats de S. M. que
ceux qui le conformeront aux intentions de S. M.
peuvent espérer d'être employés convenablement
à leur naiffance & à leur rang , qu'au contraire
ceux qui réfuferont d'obéir , encoureront l'indignation
du Roi , & que la confiſcation de leurs
biens fera deſtinée à dédommager les Hongrois ,
qui auront perdu les leurs par leur attachement au
ſervice de S. M.
On mande du Camp du Roi de Prufſe près de
Piſcheli du 28 du mois dernier , que ſur l'avis qu'on
avoit reçu d'un nouveau mouvement fait par l'armée
de la Reine de Hongrie ,le Roi , après avoir
reconnu la poſition des ennemis , fit marcher le
26 fur plufieurs colonnes ſes Troupes , dont l'avant
garde s'avança à un quart de lieue du Camp
du Prince Charles de Lorraine. Les Troupes Pruffiennes
ſe poſterent fur les hauteurs voilines de celles
que les ennemis occupoient , & l'on eſpéroit de
les engager à une action , mais des marais impraticables
, empêcherent les Pruffiens d'aller plus
avant , & il n'y eut que de légeres eſcarmouches.
L'armée de la Reine de Hongrie ayant commencé
à défiler par fa gauche , on la ſuivit , pour
tâcher de la prendre en flanc , mais le terrain qui la
féparoit des Pruffiens , étant par tout rempli d'érangs
, de ravines & de fondrieres , il n'y eut pas
moyen d'approcher des ennemis , & le Roi prit le
parti de tetourner dans le Camp de Piſcheli .
Le Comte de Naffau , que le Roi avoit détaché
pour s'emparer de Cammerſbourg , ayant été averti
dans ſa marche par ſes Eſpions qu'un Corps
conſidérable des ennemis , commandé par le Prince
NOVEMBRE. 1744. 171
Eſterhaſi , étoit venu camper dans les environs de
ce poſte , il prit le parti d'attaquer ce Corps. Dans
cedeſſein , il fit paſſer à fon Infanterie quelques
défilés qu'elle franchit ſans obstacle , & la Cavalerie
ayant ſuivi l'Infanterie , le Comte de Naffau
ſe diſpoſa à charger l'ennemi. Le Prince Efterhaſi
fit mine de vouloir accepter le combat , mais
quand il vit que le Comte de Naſſau avoit de l'Artillerie
, il abandonna ſon Camp , après avoir rétiré
la garniſon qui étoit dans Cammerſbourg. Le
Comte de Naſſau fit auffi-tôt occuper ce poſte , &
lemême jour il ſe rendit maître de celui de Sazawa.
Le 19 du mois dernier , un Détachement de
1500 Grenadiers des ennemis ſoûtenus de 600 des
Huffards qu'ils ont fait venir de Moravie , tenta
d'emporter d'affaut la Ville de Parduwitz , & fut
repouffé par le Bataillon Proffien , qui y étoit en
garniſon , ſous les ordres du Colonel Zimmernow ;
il y eut en cette occaſion 40 hommes de tués &
plus de 60 de bleſſés du côté des ennemis ; on leur
a fait un Officier & 43 Soldats priſonniers , & on
n'a eu que fix hommes de bleſſés , & le Colonel
Zimmernow eſt de ce nombre ; il a un bras caffé &
& une bleſſure à la tête.
N a appris de Dreſde , du 29 du mois dernier,
que la Régence de cet Electorat ayant refuſé
le paſſage que le Roi de Pruſſe lui a fait demander
pour 30000 hommes de troupes Pruffiennes , on
étoit fort inquiet des ſuitesqu'aura cette démarche,,
que l'on craint que ces troupes it'entreprennent de
paffer malgré ce refus , & qu'on a fait partir plu-
Geurs chariots chargés d'armes qu'on a tirées de
l'Arsenal de Dreſde , & qu'on deſtine pour armer
leshabitansdes montagnes.
168 MERCURE DE FRANCE.
en
On a appris depuis dus de ce mois que M. de
Wallenrodt , Envoyé du Roi de Pruſſe a remis aux
Miniſtres du Roi de Pologne un Reſcrit , qui porte
que le renouvellement du Traité conclu
1732 entre les Cours de Vienne & de Dreſde , n'obligeant
en nulle façon cette derniere de fournir
des troupes auxiliaires à la Reine de Hongrie , &
aucun des articles de ce Traité n'ayant directement
ni indirectement rapport à la guerre qui diviſe
préſentement l'Empire , S. M. Pr. ne peut enviſager
que comme une rupture du Roi de Pologne
Electeur de Saxe avec elle la jonction des
troupes Saxonnes avec celles de S. M. H. que le
Roi de Pruſſe prie S. M. Pol. de conſidérer quelles
réſolutions il eſt autorisé & même forcé de prendre
pour s'oppoſer aux deſſeins qu'on paroît méditer
contre lui ; qu'on ne ſera point en droit de lui reprocher
les inconveniens qui pourront réſulter de
ladémarche de cette Cour , & qu'il eſpére que le
Roi de Pologne ne voudra rien précipiter dans une
affaire de cette importance , ni porter les chofes à
une extrêmité , qui pourroit teannddrree a la ruine de
leurs Etats reſpectifs .
Le Roi de Pologne Electeur de Saxe a répondu
àce Reſcrit qu'à la vérité par le renouvellement du
Traité de 1732 , il n'étoit point dans l'obligation
de faire marcher des troupes au ſecours de la
Reine de Hongrie , mais que rien n'a pû ni dû
empêcher S. M. d'entrer depuis dans les liaiſons
qui lui ont paru convenables pour la fûreté de fon
Electorat ; qu'en faiſant attention à la fituation de
ſes Etats d'Allemagne , il a jugé néceſſaire de conclure
avec S. M. H. la convention échangée le 13
du mois de Mai dernier , par laquelle cette Princeffe
& S. M. fe garantiffent mutuellement la poc
ſeſſion de la Saxe , de la Boheme & de l'Autriche ,
que
NOVEMBRE. 1744. 169
que d'ailleurs il n'eſt point extraordinaire qu'un
Prince donne,des Troupes à un autre , fans prendre
part aux guerres dans lesquelles la Puiſſance
ſecouruë eſt engagée ; que le Roi de Pruſſe luimême
, en entrant en Boheme avec cent mille
hommes , pour ſoûtenir les intérêts de l'Empereur
, a déclaré qu'il ne prétendoit pas pour cela
contrevenir à ſes engagemens pris par le Traité
de Breſlau ; qu'ainſi le Roi s'en tient à la déclaration
qui a été faite de ſa part à la Cour de Berlin &
à pluſieurs autres Cours , lorſqu'il a pris la réſolution
d'ordonner à ſes Troupes d'aller joindre celles
de la Reine de Hongrie.
On a appris de Berlin , du 10 Novembre , que
lesTroupes que commande le Général Marwitz &
qui étoient campées près de Troppau dans la Haute
Silefie , ſe ſont miſes en marche, pour aller prendre
des quartiers de cantonnement dans les environs
de Breſlau .
Le Roide Pruſſe a fait publier un Décret , pour
rappelter tous ceux de ſes Sujets qui fervent dans
les Troupes , ou qui font établis dans les Etats de la
Reine de Hongrie , ce Décret porte que le Roi
'ayant été informé qu'auſſi tốt après qu'il a fait entrer
dansle Royaume de Boheme ſes Troupes , en
qualité d'auxiliaires de l'Empereur , la Cour de
Vienne avoit ménacé par un Edit tous les Hongrois
qui étoient actuellement dans les Troupes
Pruffiennes , de les déclarer traîtres à la Patrie , &
de confiſquer leurs biens , s'ils ne quittoient pas
le ſervice du Roi ; S. M. ordonne non- feulement à
ſes Vaffaux & Sujets du Royaume de Pruſſe , de la
Marche de Brandebourg & de ſes autres anciennespoffeffions
, mais encore à ceux du Duché de,
Siléſie , même à ceux , qui ſans être nés dans ce
Duché , y poſſédent desbiens , & qui font attachés
11. Vol. H
1
170 MERCURE DE FRANCE.
à la Reine de Hongrie par des Emplois Militaires
ou Civils , ou qui demeurent dans quelques- uns des
Pays de la domination de cette Princeſſe , de ſe
rendre d'ici à deux mois dans les Etats de S. M. que
ceux qui le conformeront aux intentions de S. M.
peuvent espérer d'être employés convenablement
à leur naiffance & à leur rang , qu'au contraire
ceux qui réfuferont d'obéir , encoureront l'indignation
du Roi , & que la confiſcation de leurs
biens fera deſtinée à dédommager les Hongrois ,
qui auront perdu les leurs par leur attachement au
ſervice de S. M.
On mande du Camp du Roi de Prufſe près de
Piſcheli du 28 du mois dernier , que ſur l'avis qu'on
avoit reçu d'un nouveau mouvement fait par l'armée
de la Reine de Hongrie ,le Roi , après avoir
reconnu la poſition des ennemis , fit marcher le
26 fur plufieurs colonnes ſes Troupes , dont l'avant
garde s'avança à un quart de lieue du Camp
du Prince Charles de Lorraine. Les Troupes Pruffiennes
ſe poſterent fur les hauteurs voilines de celles
que les ennemis occupoient , & l'on eſpéroit de
les engager à une action , mais des marais impraticables
, empêcherent les Pruffiens d'aller plus
avant , & il n'y eut que de légeres eſcarmouches.
L'armée de la Reine de Hongrie ayant commencé
à défiler par fa gauche , on la ſuivit , pour
tâcher de la prendre en flanc , mais le terrain qui la
féparoit des Pruffiens , étant par tout rempli d'érangs
, de ravines & de fondrieres , il n'y eut pas
moyen d'approcher des ennemis , & le Roi prit le
parti de tetourner dans le Camp de Piſcheli .
Le Comte de Naffau , que le Roi avoit détaché
pour s'emparer de Cammerſbourg , ayant été averti
dans ſa marche par ſes Eſpions qu'un Corps
conſidérable des ennemis , commandé par le Prince
NOVEMBRE. 1744. 171
Eſterhaſi , étoit venu camper dans les environs de
ce poſte , il prit le parti d'attaquer ce Corps. Dans
cedeſſein , il fit paſſer à fon Infanterie quelques
défilés qu'elle franchit ſans obstacle , & la Cavalerie
ayant ſuivi l'Infanterie , le Comte de Naffau
ſe diſpoſa à charger l'ennemi. Le Prince Efterhaſi
fit mine de vouloir accepter le combat , mais
quand il vit que le Comte de Naſſau avoit de l'Artillerie
, il abandonna ſon Camp , après avoir rétiré
la garniſon qui étoit dans Cammerſbourg. Le
Comte de Naſſau fit auffi-tôt occuper ce poſte , &
lemême jour il ſe rendit maître de celui de Sazawa.
Le 19 du mois dernier , un Détachement de
1500 Grenadiers des ennemis ſoûtenus de 600 des
Huffards qu'ils ont fait venir de Moravie , tenta
d'emporter d'affaut la Ville de Parduwitz , & fut
repouffé par le Bataillon Proffien , qui y étoit en
garniſon , ſous les ordres du Colonel Zimmernow ;
il y eut en cette occaſion 40 hommes de tués &
plus de 60 de bleſſés du côté des ennemis ; on leur
a fait un Officier & 43 Soldats priſonniers , & on
n'a eu que fix hommes de bleſſés , & le Colonel
Zimmernow eſt de ce nombre ; il a un bras caffé &
& une bleſſure à la tête.
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