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Liste
1
p. 1868-1870
PRUSSE.
Début :
ON mande de Berlin du 25 du mois dernier, que le lendemain du jour auquel s'est faite la [...]
Mots clefs :
Princesse royale de Suède, Reine douairière, Souper, Fête, Roi, Bal, Comédie française
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texteReconnaissance textuelle : PRUSSE.
PRUSSE.
N mande de Berlin du 25 du mois dernier ,
que le lendemain du jour auquel s'eft faite la
célébration du Mariage de la Princeffe Royale de
Suede , le Comte de Teffin , Ambaffadeur Extraordinaire
de S. M. Sued. fe rendit au Palais avec une
fuite de 14
caroffes , pour rendre les refpects à cette
Princeffe ; que le Roi & la Reine affifterent le foir
avec
AOUST. 1744. 1869
avec les Princes & Princeffes de la Famille Royale
à une repréſentation de l'Opera de Caton d'Utique ,
& que leurs Majeftés fouperent enfuite en public
dans la Maifon de la Redoutę .
Le 19 , la Reine Douairiere donna à leurs Majefté
& à la Princeffe Royale de Suede dans le Château
de Montbijou une Fête des plus magnifiques . Ce
Château & les Jardins qui en dépendent , furent entierement
illuminés ; on tira un très - beau Feu d'artifice,&
outre la table deftinée pour le Roi & pour les
deux Reines , laquelle étoit de 60 couverts , on en
fervit plufieurs autres , dont les moindres étoient de
40 couverts chacune.
Après le fouper , la Cour defcendit dans les Jardins
, & vit repréfenter une Comédie Françoise fur
un Théatre de verdure , éclairé d'un grand nombre
de luftres & de girandoles. Ce Spectacle fut fuivi
d'un Fal , qui dura toute la nuit , & pendant
lequel on diftribua des rafraîchiffemens en abondance.
La Fête que le Roi donna le 21 à Charlottembourg
, furpaffa encore en magnificence celle de la
Reine Douairiere. Elle commença par un grand dîner
, auquel 150 Seigneurs & Dames furent invités,
& le foir on fervit une table de 350 couverts dans
Orangerie , dont l'illumination , ainfi que celle du
Jardin , formoir un Spectacle des plus furprenans
en ce genre. L'Artificier , chargé de l'exécution du
Feu qui fut tiré fur la Sprée après le fouper , fe diftingua
par plufieurs nouvelles manieres de faire
níage de la poudre.
Le Roi ouvrit avec la Princeffe Royale de Suede
le Bal qui fuivit le Feu d'artifice , & auquel on admit
tous les Mafques qui fe préfenterent . Il y eut
auffi le jour fuivant un fouper & un Bal chés la Reine
, dans fa Maiſon de plaifance de Schonhauſen,
Cette
1870 MERCURE DE FRANCE.
Cette Princeffe donna le 24 à Berlin une feconde
Fête , qui commença par la repréfentation d'une
Comédie Françoife , & qui fut terminée par un
Concert , après lequel leurs Majeftés , accompagnées
des Princes & des Princeffes de la Famille
Royale , ainfi que des autres Princes & des Princeffes
, qui s'étoient rendus à Berlin pour prendre part
aux réjouiflances publiques , allerent fouper chés
la Reine Douairiere .
La Princeffe Royale de Suede a dû partir le 26 ,
pour fe rendre à Stralfund , où elle devoit s'embar
quer.
N mande de Berlin du 25 du mois dernier ,
que le lendemain du jour auquel s'eft faite la
célébration du Mariage de la Princeffe Royale de
Suede , le Comte de Teffin , Ambaffadeur Extraordinaire
de S. M. Sued. fe rendit au Palais avec une
fuite de 14
caroffes , pour rendre les refpects à cette
Princeffe ; que le Roi & la Reine affifterent le foir
avec
AOUST. 1744. 1869
avec les Princes & Princeffes de la Famille Royale
à une repréſentation de l'Opera de Caton d'Utique ,
& que leurs Majeftés fouperent enfuite en public
dans la Maifon de la Redoutę .
Le 19 , la Reine Douairiere donna à leurs Majefté
& à la Princeffe Royale de Suede dans le Château
de Montbijou une Fête des plus magnifiques . Ce
Château & les Jardins qui en dépendent , furent entierement
illuminés ; on tira un très - beau Feu d'artifice,&
outre la table deftinée pour le Roi & pour les
deux Reines , laquelle étoit de 60 couverts , on en
fervit plufieurs autres , dont les moindres étoient de
40 couverts chacune.
Après le fouper , la Cour defcendit dans les Jardins
, & vit repréfenter une Comédie Françoise fur
un Théatre de verdure , éclairé d'un grand nombre
de luftres & de girandoles. Ce Spectacle fut fuivi
d'un Fal , qui dura toute la nuit , & pendant
lequel on diftribua des rafraîchiffemens en abondance.
La Fête que le Roi donna le 21 à Charlottembourg
, furpaffa encore en magnificence celle de la
Reine Douairiere. Elle commença par un grand dîner
, auquel 150 Seigneurs & Dames furent invités,
& le foir on fervit une table de 350 couverts dans
Orangerie , dont l'illumination , ainfi que celle du
Jardin , formoir un Spectacle des plus furprenans
en ce genre. L'Artificier , chargé de l'exécution du
Feu qui fut tiré fur la Sprée après le fouper , fe diftingua
par plufieurs nouvelles manieres de faire
níage de la poudre.
Le Roi ouvrit avec la Princeffe Royale de Suede
le Bal qui fuivit le Feu d'artifice , & auquel on admit
tous les Mafques qui fe préfenterent . Il y eut
auffi le jour fuivant un fouper & un Bal chés la Reine
, dans fa Maiſon de plaifance de Schonhauſen,
Cette
1870 MERCURE DE FRANCE.
Cette Princeffe donna le 24 à Berlin une feconde
Fête , qui commença par la repréfentation d'une
Comédie Françoife , & qui fut terminée par un
Concert , après lequel leurs Majeftés , accompagnées
des Princes & des Princeffes de la Famille
Royale , ainfi que des autres Princes & des Princeffes
, qui s'étoient rendus à Berlin pour prendre part
aux réjouiflances publiques , allerent fouper chés
la Reine Douairiere .
La Princeffe Royale de Suede a dû partir le 26 ,
pour fe rendre à Stralfund , où elle devoit s'embar
quer.
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2
p. 2071-2074
PRUSSE.
Début :
LES lettres reçûës de Berlin portent que le Roi de Prusse se préparoit à partir le 15 du mois [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Princesse de Hongrie, Empereur, Bohême, Allemagne, Corps germanique, Grande-Bretagne
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texteReconnaissance textuelle : PRUSSE.
PRUSSE.
Es lettres reçûës de Berlin portent que le Roi
Lde Pruffe fe préparoit à partir le 15 du mois
dernier , pour aller fe mettre à la tête de la premiere
Colonne des troupes , avec lesquelles il doit entrer
en Boheme.
On mande de Berlin du 27 du mois dernier que
le Koi de Pruffe , en envoyant ordre à M. Andrié ,
fon Miniftre à Londres , de remettre aux Miniftres
du Roi de la Grande - Bretagne le Manifeſte
publié par S. M. au fujet de la réfolution qu'elle a
prife de faire marcher les troupes au fecours de
l'Empereur , a adreffé à ce Miniftre un Refcrit ,
contenant la Déclaration particuliere que S. M. le
charge de faire de fa part à la Cour d'Angleterre .
Ce Refcrit porte que depuis la conclufion du Trai.
té de Breslau , le principal objet de l'attention du
Roi a été de cultiver l'amitié de la Reine de Hongrie
, de travailler à rétablir la bonne intelligence
entre
1072 MERCURE DE FRANCE.
entre l'Empereur & cette Princeffe , & d'arrêter le
cours des troubles que leurs differends fur la fucceffion
du feu Empereur ont occafionnés , & dont les
meilleures Provinces des Puiffances Belligerentes ,
auffi bien que plufieurs Etats neutres de l'Allemagne
, n'ont que trop reffenti les funeftes effers ; que
Le Roi ne peut donner trop d'éloges à la générosité
avec laquelle l'Empereur a offert de facrifier fes prétentions
au defir de rendre la tranquillité à l'Empire;
que la Reine de Hongrie a montré des difpofitions
bien differentes de celles de S. M. I. & que cette
Princeffe a fait voir clairement par fa conduite ,
qu'elle ne vouloit point de paix , qui ne la rendît
l'arbitre de l'Allemagne , & qui ne lui affujettft le
Corps Germanique ; que les vaftes & pernicieux
deffeins de S. M. H. fe font développés , à mefure
que la profperité de fes armes a parû affûrer le fuccès
de fon ambition ; qu'elle n'a plus gardé aucun
ménagement pour les Chef de l'Empire , ni aucun
égard pour les prérogatives du College Electoral ;
qu'envain le Roi l'a avertie qu'aucun des Princes de
P'Empire , qui prennent à coeur le maintien des
Conftitutions de l'Allemagne , ne pourroit fouffrir
qu'on attaquât ainfi la Dignité Impériale ; que le
Roi a repréſenté auffi inutilement à cette Princeffe ,
qu'il ne pourroit enfin fe difpenfer de remplir les
devoirs primitifs , qui lui font impofés par le rang
qu'il tient entre les Membres du Corps Germani
que , & aufquels toute autre confidération doit cé
der ; que la Reine de Hongrie , trop entêtée de fes
projets , pour prêter l'oreille à des repréfentations
dictées par l'amitié , a traité de nulle & d'invalide
PElection de l'Empereur ; qu'elle n'a pas prétendu
moins , que de le faire defcendre du Trône Impérial
, ou bien de le forcer à y recevoir un Affocié ,
qui en auroit ufurpé toute l'autorité ; qu'après avoir
envahi
SEPTEMBRE. 1744. 2073
envahi rous les Etats de l'Empereur , elle a , par un
attentat fans exemple , chaffé du Territoire de l'Empire
les troupes impériales ; que les Princes , qui ont
refulé de favorifer les démarches téméraires de
S. M. H. ont été traités avec autant d'indignité
que d'injustice , & qu'elle n'a épargné ni menaces
ni intrigues , pour former une Confédération contre
eux & contre l'Empereur ; que toutes ces entreprifes
n'ayant pû que révolter étrangement les
Membres du Corps Germanique , zélés pour la gloire
de leur Patrie , plufieurs des plus puiffans de ces
Membres ont jugé néceffaire de s'unir étroitement
avec le Chef de l'Empire , & d'affembler leurs forces
, pour foûtenir la Dignité & fes Droits , & pour
s'opposer aux entreprifes de ceux dont les vues tendent
manifeſtement à la ruine de la liberté de l'Allemagne
que l'honneur & le devoir du Roi lui
ont fait une loi indifpenfable d'entrer dans cette
union , & de fecourir efficacement l'Empereur; que
Pintention de S. M. n'eft pas cependant de rompre
la paix concluë à Breslau , ni de déclarer la guerre à
la Reine de Hongrie ; qu'il n'entre dans la réfolution
du Roi ni paffion ni intérêt ; que S. M. ne le
propofe point d'étendre les limites de fes Etats , mais
qu'elle veut défendre l'Empereur , maintenir la liberté
de l'Empire & affûrer le repos de l'Allemagne ;
que comme aucun Prince de l'Empire n'eft en droit
de fe mêler de la Conftitution du Gouvernement , ni
des affaires de l'intérieur de la Grande- Bretagne ;
on a lieu de s'attendre que la Nation Angloife ne
ſe mêlera pas non plus des affaires qui ne regardent
que le Corps Germanique ; que le Roi eft d'autant
plus fondé à s'en flater , que la Grande- Bretagne
n'a aucune raifon de prendre part à cette querelle ,
ni par l'interêt de fon commerce , ni par d'autres
motifs,qui puiffent lui fournir un prétexte légitime ,
G .&
2074 MERCURE DE FRANCE.
& que quand même la Nation Britannique feroit
portée de defirer plûtôt l'avantage d'une Cour d'Allemagne
que celui d'une autre , elle est trop éclairée
& trop jufte , pour prétendre que des Princes ,
auffi puiffans & auffi refpectables que ceux de l'Empire
, doivent fe régler fur les inclinations d'un
peuple étranger ; qu'au furplus la résolution prife
par le Roi de donner des fecours à l'Empereur ne
regarde en rien la guerre dans laquelle les Anglois
fe trouvent engagés avec d'autres Puiffances , &
que S. M. ne penfe nullement à faire agir les forces
offenfivement contre la Grande Bretagne ; que cette
réſolution ne dérangera pas non plus l'exécution des
engagemens que le Roi a pris avec la Cour de Lordres
; qu'il compte toujours de les remplir avec
toute l'exactitude poffible , & qu'il acquittera entierement
toutes les fommes , dont il s'eft rendų
redevable envers l'Angleterre par le Traité de
Breſlau , pourvû que les Anglois par leurs démar
ches ne contribuent pas eux-mêmes à la rupture des
liens , qui fubfiftent entre les deux Puiffances .
Es lettres reçûës de Berlin portent que le Roi
Lde Pruffe fe préparoit à partir le 15 du mois
dernier , pour aller fe mettre à la tête de la premiere
Colonne des troupes , avec lesquelles il doit entrer
en Boheme.
On mande de Berlin du 27 du mois dernier que
le Koi de Pruffe , en envoyant ordre à M. Andrié ,
fon Miniftre à Londres , de remettre aux Miniftres
du Roi de la Grande - Bretagne le Manifeſte
publié par S. M. au fujet de la réfolution qu'elle a
prife de faire marcher les troupes au fecours de
l'Empereur , a adreffé à ce Miniftre un Refcrit ,
contenant la Déclaration particuliere que S. M. le
charge de faire de fa part à la Cour d'Angleterre .
Ce Refcrit porte que depuis la conclufion du Trai.
té de Breslau , le principal objet de l'attention du
Roi a été de cultiver l'amitié de la Reine de Hongrie
, de travailler à rétablir la bonne intelligence
entre
1072 MERCURE DE FRANCE.
entre l'Empereur & cette Princeffe , & d'arrêter le
cours des troubles que leurs differends fur la fucceffion
du feu Empereur ont occafionnés , & dont les
meilleures Provinces des Puiffances Belligerentes ,
auffi bien que plufieurs Etats neutres de l'Allemagne
, n'ont que trop reffenti les funeftes effers ; que
Le Roi ne peut donner trop d'éloges à la générosité
avec laquelle l'Empereur a offert de facrifier fes prétentions
au defir de rendre la tranquillité à l'Empire;
que la Reine de Hongrie a montré des difpofitions
bien differentes de celles de S. M. I. & que cette
Princeffe a fait voir clairement par fa conduite ,
qu'elle ne vouloit point de paix , qui ne la rendît
l'arbitre de l'Allemagne , & qui ne lui affujettft le
Corps Germanique ; que les vaftes & pernicieux
deffeins de S. M. H. fe font développés , à mefure
que la profperité de fes armes a parû affûrer le fuccès
de fon ambition ; qu'elle n'a plus gardé aucun
ménagement pour les Chef de l'Empire , ni aucun
égard pour les prérogatives du College Electoral ;
qu'envain le Roi l'a avertie qu'aucun des Princes de
P'Empire , qui prennent à coeur le maintien des
Conftitutions de l'Allemagne , ne pourroit fouffrir
qu'on attaquât ainfi la Dignité Impériale ; que le
Roi a repréſenté auffi inutilement à cette Princeffe ,
qu'il ne pourroit enfin fe difpenfer de remplir les
devoirs primitifs , qui lui font impofés par le rang
qu'il tient entre les Membres du Corps Germani
que , & aufquels toute autre confidération doit cé
der ; que la Reine de Hongrie , trop entêtée de fes
projets , pour prêter l'oreille à des repréfentations
dictées par l'amitié , a traité de nulle & d'invalide
PElection de l'Empereur ; qu'elle n'a pas prétendu
moins , que de le faire defcendre du Trône Impérial
, ou bien de le forcer à y recevoir un Affocié ,
qui en auroit ufurpé toute l'autorité ; qu'après avoir
envahi
SEPTEMBRE. 1744. 2073
envahi rous les Etats de l'Empereur , elle a , par un
attentat fans exemple , chaffé du Territoire de l'Empire
les troupes impériales ; que les Princes , qui ont
refulé de favorifer les démarches téméraires de
S. M. H. ont été traités avec autant d'indignité
que d'injustice , & qu'elle n'a épargné ni menaces
ni intrigues , pour former une Confédération contre
eux & contre l'Empereur ; que toutes ces entreprifes
n'ayant pû que révolter étrangement les
Membres du Corps Germanique , zélés pour la gloire
de leur Patrie , plufieurs des plus puiffans de ces
Membres ont jugé néceffaire de s'unir étroitement
avec le Chef de l'Empire , & d'affembler leurs forces
, pour foûtenir la Dignité & fes Droits , & pour
s'opposer aux entreprifes de ceux dont les vues tendent
manifeſtement à la ruine de la liberté de l'Allemagne
que l'honneur & le devoir du Roi lui
ont fait une loi indifpenfable d'entrer dans cette
union , & de fecourir efficacement l'Empereur; que
Pintention de S. M. n'eft pas cependant de rompre
la paix concluë à Breslau , ni de déclarer la guerre à
la Reine de Hongrie ; qu'il n'entre dans la réfolution
du Roi ni paffion ni intérêt ; que S. M. ne le
propofe point d'étendre les limites de fes Etats , mais
qu'elle veut défendre l'Empereur , maintenir la liberté
de l'Empire & affûrer le repos de l'Allemagne ;
que comme aucun Prince de l'Empire n'eft en droit
de fe mêler de la Conftitution du Gouvernement , ni
des affaires de l'intérieur de la Grande- Bretagne ;
on a lieu de s'attendre que la Nation Angloife ne
ſe mêlera pas non plus des affaires qui ne regardent
que le Corps Germanique ; que le Roi eft d'autant
plus fondé à s'en flater , que la Grande- Bretagne
n'a aucune raifon de prendre part à cette querelle ,
ni par l'interêt de fon commerce , ni par d'autres
motifs,qui puiffent lui fournir un prétexte légitime ,
G .&
2074 MERCURE DE FRANCE.
& que quand même la Nation Britannique feroit
portée de defirer plûtôt l'avantage d'une Cour d'Allemagne
que celui d'une autre , elle est trop éclairée
& trop jufte , pour prétendre que des Princes ,
auffi puiffans & auffi refpectables que ceux de l'Empire
, doivent fe régler fur les inclinations d'un
peuple étranger ; qu'au furplus la résolution prife
par le Roi de donner des fecours à l'Empereur ne
regarde en rien la guerre dans laquelle les Anglois
fe trouvent engagés avec d'autres Puiffances , &
que S. M. ne penfe nullement à faire agir les forces
offenfivement contre la Grande Bretagne ; que cette
réſolution ne dérangera pas non plus l'exécution des
engagemens que le Roi a pris avec la Cour de Lordres
; qu'il compte toujours de les remplir avec
toute l'exactitude poffible , & qu'il acquittera entierement
toutes les fommes , dont il s'eft rendų
redevable envers l'Angleterre par le Traité de
Breſlau , pourvû que les Anglois par leurs démar
ches ne contribuent pas eux-mêmes à la rupture des
liens , qui fubfiftent entre les deux Puiffances .
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3
p. 163-164
PRUSSE.
Début :
ON mande de Berlin du 2 de ce mois, que le Roi après avoir passé la Moldaw, avoit fait [...]
Mots clefs :
Roi, Charles de Lorraine, Ennemis
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texteReconnaissance textuelle : PRUSSE.
PRUSSE.
Nomande de
Ο Berlindu 2 de ce mois , que le
Roi après avoir paflé la Moldaw , avoit fait
tout ce qu'il avoit pû pour obliger les ennemis d'en
venir à une action générale , mais qu'ils ont toujours
évité la bataille , & qu'ils s'étoient retirés
dans des endroits , où on ne pouvoit les attaquer
fans beaucoup de rifque .
Sur l'avis qu'on a reçû d'un de leurs mouvemens,
S. M. a jugé à propos d'abandonner l'autre côté de
laMoldaw,craignant que les ennemis ne lui coupaſ
1
164 MERCURE DE FRANCE.
fent la communication avec ſes principaux mag
fins& avec la Ville de Prague.
L'armée commandée par le Prince Charles de
Lorraine après avoir paſſé le 1s du mois dernier la
Moldaw , & avoir été jointe par les troupes Saxonnes
, alla camper dans les environs deBeniſchau.
Le Roi ſe rapprocha le 25 de cette armée , &
étant arrivé en préſence des ennemis , il fit toutes
ſes diſpoſitions pour les engager à une action .
Le Prince Charles de Lorraine de ſon côté détacha
le Comte de Nadaſti à la tête de toute la Cavalerie
Hongroiſe, avec ordre de s'avancer à une petite
diſtance des Pruſſiens , qui firent fur cette Cavalerie
un feu très- vif d'artillerie & de mouſqueteric.
Elle fut miſe en déſordre, & les Pruſſiens ſe latoient
que le PrinceCharles de Lorraine marcheroit à fon
ſecours , & qu'il étoit dans la réſolution de hazarder
une bataille , lorſqu'ils s'apperçurent qu'il
s'étoit retiré ſur les montagnes le long de la
Sazawa. On ne poursuivit que juſqu'à une certaine
diſtance le Comte de Nadaſti , parce qu'ayant
rallié ſa Cavalerie , il prit le parti de la diviſer
en pluſieurs Corps , qui prirent des routes diffe
rentes .
Le Roi ayant lieu de croire que le Prince Charles
de Lorraine avoit deſſein de lui dérober une
marche , & de paſſer la Sazawa , S. M. le prévint ,
&elle occupa le camp de Piſcheli.
1500 des Soldats , qui ont été faits prifonniers
dans Prague , ſont entrés au ſervice du Roi , & le
reſte de l'ancienne garniſon de cette Place a été
envoyé à Spandau.
Nomande de
Ο Berlindu 2 de ce mois , que le
Roi après avoir paflé la Moldaw , avoit fait
tout ce qu'il avoit pû pour obliger les ennemis d'en
venir à une action générale , mais qu'ils ont toujours
évité la bataille , & qu'ils s'étoient retirés
dans des endroits , où on ne pouvoit les attaquer
fans beaucoup de rifque .
Sur l'avis qu'on a reçû d'un de leurs mouvemens,
S. M. a jugé à propos d'abandonner l'autre côté de
laMoldaw,craignant que les ennemis ne lui coupaſ
1
164 MERCURE DE FRANCE.
fent la communication avec ſes principaux mag
fins& avec la Ville de Prague.
L'armée commandée par le Prince Charles de
Lorraine après avoir paſſé le 1s du mois dernier la
Moldaw , & avoir été jointe par les troupes Saxonnes
, alla camper dans les environs deBeniſchau.
Le Roi ſe rapprocha le 25 de cette armée , &
étant arrivé en préſence des ennemis , il fit toutes
ſes diſpoſitions pour les engager à une action .
Le Prince Charles de Lorraine de ſon côté détacha
le Comte de Nadaſti à la tête de toute la Cavalerie
Hongroiſe, avec ordre de s'avancer à une petite
diſtance des Pruſſiens , qui firent fur cette Cavalerie
un feu très- vif d'artillerie & de mouſqueteric.
Elle fut miſe en déſordre, & les Pruſſiens ſe latoient
que le PrinceCharles de Lorraine marcheroit à fon
ſecours , & qu'il étoit dans la réſolution de hazarder
une bataille , lorſqu'ils s'apperçurent qu'il
s'étoit retiré ſur les montagnes le long de la
Sazawa. On ne poursuivit que juſqu'à une certaine
diſtance le Comte de Nadaſti , parce qu'ayant
rallié ſa Cavalerie , il prit le parti de la diviſer
en pluſieurs Corps , qui prirent des routes diffe
rentes .
Le Roi ayant lieu de croire que le Prince Charles
de Lorraine avoit deſſein de lui dérober une
marche , & de paſſer la Sazawa , S. M. le prévint ,
&elle occupa le camp de Piſcheli.
1500 des Soldats , qui ont été faits prifonniers
dans Prague , ſont entrés au ſervice du Roi , & le
reſte de l'ancienne garniſon de cette Place a été
envoyé à Spandau.
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4
p. 188-192
PRUSSE.
Début :
ON mande de Berlin du 17 du mois dernier, que le Roi de Prusse, après avoir [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Troupes, Prince Charles, Saxe, Prague, Sázava
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRUSSE.
PRUSSE.
,
onttra-
Nmandede Berlin du 17 du mois der-
Οnier , que le Roi de Pruſſe , après avoir
renforcé la Garniſon de Prague , a quire
les bords de la Szazawa ,an d'etre joir
plus facilement par les convois qui font venus
par l'Elbe , & d'aſſurer le paffage de ceut
qui ayant pris leur route par terre
verſé le cercle de Buntzlau. S. M. avant cre
informée que les troupes de la Reine de
Hongrie ,& celles du Roi de Pologne,
Electeur de Saxe , avoient paffé la Szazawa ,
elle a gagné deux marches fur les ennemis ,
& elle s'eſt emparée des poftes de Kollin
& de Podiebrodt , par le moyen deſquels
elle peut conſerver la communication avec
la Silefie , & le Comté de Naſſau a occupé
en même tems les principaux poftes neceffaires
pour entretenir cette communication.
Les le Rois'avança du côté de Kuttenberg
, & étant arrivé le lendemain à une
demie lieue du Camp du Prince Charles de
Lorraine , il fut occupé depuis la pointe du
jour juſqu'à midi , à faire fes difpofitiors
pour recevoir les ennemis en cas qu'as
Pattaquaflent; ils ne prirent point ce parti ,
&il ne ſe paſſa dans cette journée que
DECEMBRE. 1744 . 189
:
quelques legeres eſcarmouches entre les
Huffards.
Les deux armées demeurerent le 7 & le
8. en préſence , étant preſque dans la méme
poſition qu'à la bataille qui s'eſt donnée
le 17 Mai 1742
Le Prince Charles fit le 9 au matin un
mouvement pour s'approcher de l'Elbe , & la
nuit ſuivante le Roi jugea à propos de repaffer
cette riviere , après avoir laiſſé un
détachement de 1500 hommes à Podie
brot & un de 1200 à Kollin .
Le Général Marwitz , qui commande les
troupes de S. M. en Siléfie , les a diſtribuées
le long des Frontieres de ce Duché,
de forte qu'elles couvrent le Comté de
Glatz , & tout le Pays qui eſt au de-là juſ
qu'a la Neiff.
* La Régence de l'Electorat de Saxe a
declaré au Comte de Bees , qui réſide à
Drefde en qualité de Miniftre du Roi , que
le Roi de Pologne Electeur de Saxe ne
pouvoit plus permettre que S. M. fit paffer
par la Saxe les troupes ni les munitions de
Guerre qu'elle voudroit envoyer dans le
Royaume de Bohême.
On apprend du Camp de Czaflaw du
13 du mois dernier , que depuis que le Roi
de Pruffe s'eſt rapproché de Prague , l'objet
190 MERCURE DEFRANCE
du Prince Charles de Lorraine a été de
tâcher de lui couper la communication ave:
le Comté de Glatz & avec la Sitéfie. Il 2
paflé dans ce deſſein la Szazawa , & ayant
marchépar ſadroite dans le cercle de Kaurzin
, il s'eſt poſté dans les environs de Kuttenberg.
Le Roi de Pruſſe , peu de jours après ce
mouvement de l'armée de la Reine de Hongrie
, sett éloigné de la Szazawa pour fe
replier vers l'Ebe , qu'il a fait pafler à une
partie de l'Artillerie & des équipages de
Jon Armée ; on apprit qu'il avoit dérobe
deux marchés au Prince Charles , & que
s'étant rendu maître de pluſieurs poftes le
long de l'Elbe , il étoit allé camper à Zafmuck.
Un corps conſidérable de Huſſards Prufſiens
attaqua les équipages de l'armée ,
que le Prince Charles avoit fait marcher à
Kaurzin. Ces Huſſards ne purent enlever
que quelques chariots , & on leur fit pluſieurs
prifonniers , du nombre deſquels
étoient cinq Officiers .
Le Prince Charles s'étant avancé fous
Czaſlaw , il détacha quelques troupes fous
les ordres du Major Général Roth , pour
inveſtir le poſte de Kollin , & fit marcher
pluſieurs Régimens pour s'emparer de Pardubitz.
DECEMBRE . 1744. 191
Le Roi de Pruſſe lui ayant propofé
l'échange des priſonniers , il y a confenti ,
&les Commiſſaires nommés pour y procé
der ſe ſont déja aſſemblés pluſieurs fois dans
unChâteau ſitué à quelques lieuës de Prague,
On mande de Berlin du 30 du mois derniér
, que la nuit du 26 au 27 les troupes
Pruffiennes , quiétoient reſtées dans Prague ,
étoient forties de cette Place en exécution
des ordres que le Baron d'Enfiedel avoit
reçûs du Roi de Pruffe.
Sa M. après avoir campé pendant quelques
jours dans les environs de Konigsgratz
s'eſt rapproché de la Siléſie , & elle a tel
lement diftribué ſes troupes qu'en couvrant
cette Province , elle étoit également à portée
de penetrer dans la Saxe , ou de retourner
quand elle le jugeroit à propos dans
l'intérieur du Royaume de Boheme.
Le General Keyl , qui commande dans
Olmutz pour la Reine de Hongrie s'étant
joint avec une partie de la garniſon de
cette Ville au corps de troupes Hongroiſes
que le Comte Rodolphe Palfy a conduit
en Moravie , ces deux Generaux ont marché
vers les Frontieres de la Siléfie , le 10
ils ſurprirent le poſte de Friedlan dans la
Principauté de Troppau , & ils avoient
formé le deffein de s'emparer de Jagerndorft ,
MERCURE DE FRANCE.
mais le General Marwitz ayant raſſemblé
10000 hommes, il s'avança pour les attaquer
, ils n'oferent avec des troupes inférieures
riſquer une action & ils prirent la
fuite après avoir abandonné Friedland&le
village de Grotz dans lequel ils avoient
poſté un détachement de 7 à 800 hommes,
,
onttra-
Nmandede Berlin du 17 du mois der-
Οnier , que le Roi de Pruſſe , après avoir
renforcé la Garniſon de Prague , a quire
les bords de la Szazawa ,an d'etre joir
plus facilement par les convois qui font venus
par l'Elbe , & d'aſſurer le paffage de ceut
qui ayant pris leur route par terre
verſé le cercle de Buntzlau. S. M. avant cre
informée que les troupes de la Reine de
Hongrie ,& celles du Roi de Pologne,
Electeur de Saxe , avoient paffé la Szazawa ,
elle a gagné deux marches fur les ennemis ,
& elle s'eſt emparée des poftes de Kollin
& de Podiebrodt , par le moyen deſquels
elle peut conſerver la communication avec
la Silefie , & le Comté de Naſſau a occupé
en même tems les principaux poftes neceffaires
pour entretenir cette communication.
Les le Rois'avança du côté de Kuttenberg
, & étant arrivé le lendemain à une
demie lieue du Camp du Prince Charles de
Lorraine , il fut occupé depuis la pointe du
jour juſqu'à midi , à faire fes difpofitiors
pour recevoir les ennemis en cas qu'as
Pattaquaflent; ils ne prirent point ce parti ,
&il ne ſe paſſa dans cette journée que
DECEMBRE. 1744 . 189
:
quelques legeres eſcarmouches entre les
Huffards.
Les deux armées demeurerent le 7 & le
8. en préſence , étant preſque dans la méme
poſition qu'à la bataille qui s'eſt donnée
le 17 Mai 1742
Le Prince Charles fit le 9 au matin un
mouvement pour s'approcher de l'Elbe , & la
nuit ſuivante le Roi jugea à propos de repaffer
cette riviere , après avoir laiſſé un
détachement de 1500 hommes à Podie
brot & un de 1200 à Kollin .
Le Général Marwitz , qui commande les
troupes de S. M. en Siléfie , les a diſtribuées
le long des Frontieres de ce Duché,
de forte qu'elles couvrent le Comté de
Glatz , & tout le Pays qui eſt au de-là juſ
qu'a la Neiff.
* La Régence de l'Electorat de Saxe a
declaré au Comte de Bees , qui réſide à
Drefde en qualité de Miniftre du Roi , que
le Roi de Pologne Electeur de Saxe ne
pouvoit plus permettre que S. M. fit paffer
par la Saxe les troupes ni les munitions de
Guerre qu'elle voudroit envoyer dans le
Royaume de Bohême.
On apprend du Camp de Czaflaw du
13 du mois dernier , que depuis que le Roi
de Pruffe s'eſt rapproché de Prague , l'objet
190 MERCURE DEFRANCE
du Prince Charles de Lorraine a été de
tâcher de lui couper la communication ave:
le Comté de Glatz & avec la Sitéfie. Il 2
paflé dans ce deſſein la Szazawa , & ayant
marchépar ſadroite dans le cercle de Kaurzin
, il s'eſt poſté dans les environs de Kuttenberg.
Le Roi de Pruſſe , peu de jours après ce
mouvement de l'armée de la Reine de Hongrie
, sett éloigné de la Szazawa pour fe
replier vers l'Ebe , qu'il a fait pafler à une
partie de l'Artillerie & des équipages de
Jon Armée ; on apprit qu'il avoit dérobe
deux marchés au Prince Charles , & que
s'étant rendu maître de pluſieurs poftes le
long de l'Elbe , il étoit allé camper à Zafmuck.
Un corps conſidérable de Huſſards Prufſiens
attaqua les équipages de l'armée ,
que le Prince Charles avoit fait marcher à
Kaurzin. Ces Huſſards ne purent enlever
que quelques chariots , & on leur fit pluſieurs
prifonniers , du nombre deſquels
étoient cinq Officiers .
Le Prince Charles s'étant avancé fous
Czaſlaw , il détacha quelques troupes fous
les ordres du Major Général Roth , pour
inveſtir le poſte de Kollin , & fit marcher
pluſieurs Régimens pour s'emparer de Pardubitz.
DECEMBRE . 1744. 191
Le Roi de Pruſſe lui ayant propofé
l'échange des priſonniers , il y a confenti ,
&les Commiſſaires nommés pour y procé
der ſe ſont déja aſſemblés pluſieurs fois dans
unChâteau ſitué à quelques lieuës de Prague,
On mande de Berlin du 30 du mois derniér
, que la nuit du 26 au 27 les troupes
Pruffiennes , quiétoient reſtées dans Prague ,
étoient forties de cette Place en exécution
des ordres que le Baron d'Enfiedel avoit
reçûs du Roi de Pruffe.
Sa M. après avoir campé pendant quelques
jours dans les environs de Konigsgratz
s'eſt rapproché de la Siléſie , & elle a tel
lement diftribué ſes troupes qu'en couvrant
cette Province , elle étoit également à portée
de penetrer dans la Saxe , ou de retourner
quand elle le jugeroit à propos dans
l'intérieur du Royaume de Boheme.
Le General Keyl , qui commande dans
Olmutz pour la Reine de Hongrie s'étant
joint avec une partie de la garniſon de
cette Ville au corps de troupes Hongroiſes
que le Comte Rodolphe Palfy a conduit
en Moravie , ces deux Generaux ont marché
vers les Frontieres de la Siléfie , le 10
ils ſurprirent le poſte de Friedlan dans la
Principauté de Troppau , & ils avoient
formé le deffein de s'emparer de Jagerndorft ,
MERCURE DE FRANCE.
mais le General Marwitz ayant raſſemblé
10000 hommes, il s'avança pour les attaquer
, ils n'oferent avec des troupes inférieures
riſquer une action & ils prirent la
fuite après avoir abandonné Friedland&le
village de Grotz dans lequel ils avoient
poſté un détachement de 7 à 800 hommes,
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