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Détail
Liste
1
p. 134-138
De Bruxelles le 10 Octobre 1717.
Début :
On fit hier en cette Ville l'Inauguration de l'Empereur, comme [...]
Mots clefs :
Inauguration, Empereur, Seigneurs, Marquis, Députés, Officiers, Carosse, Messe, Maréchal, Serments, Cérémonie, Obéissance, Médailles
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texteReconnaissance textuelle : De Bruxelles le 10 Octobre 1717.
De Bruxelles le 10 Octobre 1717.
ON fithier en cette Vile l'Inauguration
de l'Empereur , comme
Duc deBrabant & de Limbourg. Les Seigneurs
Etats du Duché de Brabant &
lesDéputez de Limbourg, s'étant affemblez
chez le Comte de Tildonc , allerent
en Cavalcade vers les ro heures
du matin, à l'Hôtel de M. le Marquis de
Prié , pour le conduire à l'Eglife Collegiale
de S. Michel & de Sainte Gudule.
La marche commença par le Regiment
du Marquis de wefterlo , les Officiers
à la tête , puis les Députez des
Etats du Duché de Limbourg précédez
des trompettes & timbales ; aprés eux, le
Marquis d'Affche portant le grand
Etendart , comme Guidon héréditaire
du Duché de Brabant , ayant devant
luy' les deux Huiffiers des Etats de cette
Province ; enfuite les trois Receveurs &
le Greffier des Etats de Brabant , les
Députez des Villes d'Anvers , de Bruxelles
& de Louvain ; les Nobles &
les Prélats, chacun felon fon rang, ayant
à leur tête l'Abbé & Comte de Gem-1
bloux comme premier Noble . M. l'ED'OCTOBRE.
-135
vêque d'Anvers & l'Archevêque de
Malines fuivirent enfuite . Le Duc d'Urfel
reprefentant le Comte de Grobbendonc
, comme Maréchal heréditaire de
Brabant , portoit l'Epée , ayant devant
lui trois Herauts- d'Armes aux titres de
Brabant , de Limbourg & du Marquifat
du S : Empire ; à fa droite , le Herautd'Armes
à titre de la Toifon d'or , & à
fa gauche, celui à titre de Lothier , tous
vêtus de leurs cotes d'armes, le Caducéé
en main . M. le Marquis de Prić entouré
de la Noble garde des Archers , &
précedé de celle des Hallebardiers ,
marcha enfuite avec les Gentils - Hommes
,fes autres Officiers domeftiques,
Pages , Valets de pied & Haiduques ,.
fes chevaux de main & fes Caroffes de
corps. La marche fut fermée par le Regiment
de Dragons du Prince de Holftein.
Dés que Son Exc. fut entrée dans
l'Eglife , on commença la Meſſe de la
Sainte Trinité , qui fut chantée pontificalement
par M. l'Archevêque de
Malines , Primar des Pays bas , affifté
du Prélat du Parc Archichapelain des
Ducs de Brabant , du Prélat de Villers
comme Diacre , & du Prélat de S Bernard
comme Soudiacre. La Meſſe fi136
LE MERCURE
nie,Son Exc . mit la main fur le Miffel
qui lui fut préfenté pour ce fujet , &
fit entre les mains dudit Seigneur Archevêque,
le ferment accoûtumé pour
l'obſervation des Droits & Privileges
compérans aux Eglifes de Brabant . Le
Doyen de ladite Eglife fuivi des Chanoines
tous en chapes , vint faire enfuite
à M. de Prié la lecture d'un ferment
particulier pour les Droits & Privileges
de l'Eglife de S. Michel & de
Ste Gudule . Ces fonctions étant achevées
, Son Exc. accompagnée defdits
Seigneurs Etats , reprit la marche dans
le même ordre vers la Cour , où Elle
monta fur le grand Théatre qu'on y
avoit préparé pour cette célébre cérémonie
. Elle s'y mit dans un fauteuil
fous un riche dais , où le Portrait de Sa
Majefté Imp . étoit expofé , & fut entourée
de deux côtez des Seigneurs
Archevêque de Malines , de l'Evêque
d'Anvers , des Prelats , des Nobles
des Deputez , & c. Le Duc d'Urfel repréfentant
le Comte de Grobbendock ,
comme Maréchal héréditaire de Brabant
, tenant l'Epée , fe mit à droite de
la Table , & le Marquis d'Affche à la
gauche, comme Guidon héréditaire de
›
B
D'OCTOBRE
137
Brabant avec l'Etendart de la Province.
Chacun étant placé , le premier Heraut-
d'Armes cria à haute voix Silence,
Silence ; Son Exc. déclara le fujet de
cette Affemblée , à quoi le Greffier des
Etats de Brabant ayant répondu , lût à
haute voix les Lettres de Plein -pouvoir
de Sa Majefté Imp. enfuite les Lettres
de la Joyeufe Entrée avec leurs additions
. Enfin , les deux Sermens
ordinaires en langue Brabançonne &
Bourguignone . M. de Prié mit la main
fur le Miffel qui lui fut préfenté par
l'Archevêque , & fit au nom de l'Em
pereur,comme Duc de Brabant , les deux
fermens mentionnez. Enfuite de quoi ,
on fit à haute voix la lecture du ferment
d'obéiffance & de fidelité que les-
Etats de Brabant devoient prêter. Aprés
quoi , l'Archevêque , l'Evêque & les Prelats
le firent entre les mains de Son
Exc & les Nobles & les Députez des
Chefs Villes , en firent de même . Le
Penfionnaire des Etats de Limbourg fic
enfuite lecture des deux fermens que
Son Exc. devoit prêter aux Etats de
la même Province ; Onlûr enfuite le
ferment de fidélité & d'obéïffance que
les Etats de Limbourg devoient prêtez
Octobre 1717. M
138,
LE MERCURE
& que leurs Députez firentpareillement.
Cette Cérémonie étant achevée , le premier
Roi d'Armes cria trois fois à haute
voix : Vive l'Empereur & Roi , Duc
de Lothier , de Brabant , de Limbourg ,
& Marquis du S. Empire. Les trompettes
& timbales fe firent d'abord entendre
, & on fit trois décharges de
l'Artillerie de nos remparts , au fon de
la Cloche de Triomphe ; pendant quoi,
on jetta au Peuple des Médailles d'or
& d'argent. Son Exc . donna enfuite un
fettin fort magnifique dans le grand Salon
de la Cour , aux Seigneurs Etats des
deux Provinces , comme auffi à plufeurs
autres Seigneurs. Le foir il y eût
un grand feu d'artifice dreffé dans le
Parc derriere le Palais.
ON fithier en cette Vile l'Inauguration
de l'Empereur , comme
Duc deBrabant & de Limbourg. Les Seigneurs
Etats du Duché de Brabant &
lesDéputez de Limbourg, s'étant affemblez
chez le Comte de Tildonc , allerent
en Cavalcade vers les ro heures
du matin, à l'Hôtel de M. le Marquis de
Prié , pour le conduire à l'Eglife Collegiale
de S. Michel & de Sainte Gudule.
La marche commença par le Regiment
du Marquis de wefterlo , les Officiers
à la tête , puis les Députez des
Etats du Duché de Limbourg précédez
des trompettes & timbales ; aprés eux, le
Marquis d'Affche portant le grand
Etendart , comme Guidon héréditaire
du Duché de Brabant , ayant devant
luy' les deux Huiffiers des Etats de cette
Province ; enfuite les trois Receveurs &
le Greffier des Etats de Brabant , les
Députez des Villes d'Anvers , de Bruxelles
& de Louvain ; les Nobles &
les Prélats, chacun felon fon rang, ayant
à leur tête l'Abbé & Comte de Gem-1
bloux comme premier Noble . M. l'ED'OCTOBRE.
-135
vêque d'Anvers & l'Archevêque de
Malines fuivirent enfuite . Le Duc d'Urfel
reprefentant le Comte de Grobbendonc
, comme Maréchal heréditaire de
Brabant , portoit l'Epée , ayant devant
lui trois Herauts- d'Armes aux titres de
Brabant , de Limbourg & du Marquifat
du S : Empire ; à fa droite , le Herautd'Armes
à titre de la Toifon d'or , & à
fa gauche, celui à titre de Lothier , tous
vêtus de leurs cotes d'armes, le Caducéé
en main . M. le Marquis de Prić entouré
de la Noble garde des Archers , &
précedé de celle des Hallebardiers ,
marcha enfuite avec les Gentils - Hommes
,fes autres Officiers domeftiques,
Pages , Valets de pied & Haiduques ,.
fes chevaux de main & fes Caroffes de
corps. La marche fut fermée par le Regiment
de Dragons du Prince de Holftein.
Dés que Son Exc. fut entrée dans
l'Eglife , on commença la Meſſe de la
Sainte Trinité , qui fut chantée pontificalement
par M. l'Archevêque de
Malines , Primar des Pays bas , affifté
du Prélat du Parc Archichapelain des
Ducs de Brabant , du Prélat de Villers
comme Diacre , & du Prélat de S Bernard
comme Soudiacre. La Meſſe fi136
LE MERCURE
nie,Son Exc . mit la main fur le Miffel
qui lui fut préfenté pour ce fujet , &
fit entre les mains dudit Seigneur Archevêque,
le ferment accoûtumé pour
l'obſervation des Droits & Privileges
compérans aux Eglifes de Brabant . Le
Doyen de ladite Eglife fuivi des Chanoines
tous en chapes , vint faire enfuite
à M. de Prié la lecture d'un ferment
particulier pour les Droits & Privileges
de l'Eglife de S. Michel & de
Ste Gudule . Ces fonctions étant achevées
, Son Exc. accompagnée defdits
Seigneurs Etats , reprit la marche dans
le même ordre vers la Cour , où Elle
monta fur le grand Théatre qu'on y
avoit préparé pour cette célébre cérémonie
. Elle s'y mit dans un fauteuil
fous un riche dais , où le Portrait de Sa
Majefté Imp . étoit expofé , & fut entourée
de deux côtez des Seigneurs
Archevêque de Malines , de l'Evêque
d'Anvers , des Prelats , des Nobles
des Deputez , & c. Le Duc d'Urfel repréfentant
le Comte de Grobbendock ,
comme Maréchal héréditaire de Brabant
, tenant l'Epée , fe mit à droite de
la Table , & le Marquis d'Affche à la
gauche, comme Guidon héréditaire de
›
B
D'OCTOBRE
137
Brabant avec l'Etendart de la Province.
Chacun étant placé , le premier Heraut-
d'Armes cria à haute voix Silence,
Silence ; Son Exc. déclara le fujet de
cette Affemblée , à quoi le Greffier des
Etats de Brabant ayant répondu , lût à
haute voix les Lettres de Plein -pouvoir
de Sa Majefté Imp. enfuite les Lettres
de la Joyeufe Entrée avec leurs additions
. Enfin , les deux Sermens
ordinaires en langue Brabançonne &
Bourguignone . M. de Prié mit la main
fur le Miffel qui lui fut préfenté par
l'Archevêque , & fit au nom de l'Em
pereur,comme Duc de Brabant , les deux
fermens mentionnez. Enfuite de quoi ,
on fit à haute voix la lecture du ferment
d'obéiffance & de fidelité que les-
Etats de Brabant devoient prêter. Aprés
quoi , l'Archevêque , l'Evêque & les Prelats
le firent entre les mains de Son
Exc & les Nobles & les Députez des
Chefs Villes , en firent de même . Le
Penfionnaire des Etats de Limbourg fic
enfuite lecture des deux fermens que
Son Exc. devoit prêter aux Etats de
la même Province ; Onlûr enfuite le
ferment de fidélité & d'obéïffance que
les Etats de Limbourg devoient prêtez
Octobre 1717. M
138,
LE MERCURE
& que leurs Députez firentpareillement.
Cette Cérémonie étant achevée , le premier
Roi d'Armes cria trois fois à haute
voix : Vive l'Empereur & Roi , Duc
de Lothier , de Brabant , de Limbourg ,
& Marquis du S. Empire. Les trompettes
& timbales fe firent d'abord entendre
, & on fit trois décharges de
l'Artillerie de nos remparts , au fon de
la Cloche de Triomphe ; pendant quoi,
on jetta au Peuple des Médailles d'or
& d'argent. Son Exc . donna enfuite un
fettin fort magnifique dans le grand Salon
de la Cour , aux Seigneurs Etats des
deux Provinces , comme auffi à plufeurs
autres Seigneurs. Le foir il y eût
un grand feu d'artifice dreffé dans le
Parc derriere le Palais.
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2
p. 213
De BRUXELLES le 1 Avril 1763.
Début :
Le Marquis de Monteynard, qui commande les Troupes de France restées sur le [...]
Mots clefs :
Marquis, Troupes, Comte, Mouvements des troupes, Retour, France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De BRUXELLES le 1 Avril 1763.
De BRUXELLES le 1 Avril 1763 .
Le Marquis de Monteynard , qui commande
Ies Troupes de France reſtées ſur le Bas-Rhin , a
paffé hier dans cette Ville avec le Comte d'Eſparbés
, & tous deux prennent la route de Paris. Le
Régiment de Champagne qui ferme la marche
des Troupes qui retournent en France , eſt arrivé
hier à Louvain , & doit être rendu le 6 à Valenciennes.
Le Marquis de Monteynard , qui commande
Ies Troupes de France reſtées ſur le Bas-Rhin , a
paffé hier dans cette Ville avec le Comte d'Eſparbés
, & tous deux prennent la route de Paris. Le
Régiment de Champagne qui ferme la marche
des Troupes qui retournent en France , eſt arrivé
hier à Louvain , & doit être rendu le 6 à Valenciennes.
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3
p. 187-188
DE BRUXELLES, le 3 Novembre 1763.
Début :
L'Empereur a adressé au Chapitre de Liége un Rescrit [...]
Mots clefs :
Chapitre de Liège, Rescrit, Empereur, Offense, Constitution, Chambre, Évêque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE BRUXELLES, le 3 Novembre 1763.
DE BRUXELLES , le 3 Novembre 1763 .
L'Empereur a adreffé au Chapitre de Liége un
Refcrit , en date du o de ce mois , par lequel Sa
Majeſté Impériale , juſtement offenféc de ce que ,
contre les Conftitutions du Pays & l'ordre qui leur
étoit prefcrit , les feize Chambres avoient violé
leur ferment & les règles établies , en prenant la
réfolution de remercier formellement le Chapitre
188 MERCURE DE FRANCE.
du choix qu'il avoit fait d'un Evêque dans la per
fonne du Comte d'Outremont , annulle tout ce
qui a été fait & conclu alors par le Chapitre ; lui
défend de s'écarter en rien à l'avenir des formes
prefcrites par les Conftitutions ; & lui enjoint de
gérer , fans innovation pendant la vacance du Siége
Epifcopal , l'Adminiſtration du Temporel de la
Principauté de Liége.
L'Empereur a adreffé au Chapitre de Liége un
Refcrit , en date du o de ce mois , par lequel Sa
Majeſté Impériale , juſtement offenféc de ce que ,
contre les Conftitutions du Pays & l'ordre qui leur
étoit prefcrit , les feize Chambres avoient violé
leur ferment & les règles établies , en prenant la
réfolution de remercier formellement le Chapitre
188 MERCURE DE FRANCE.
du choix qu'il avoit fait d'un Evêque dans la per
fonne du Comte d'Outremont , annulle tout ce
qui a été fait & conclu alors par le Chapitre ; lui
défend de s'écarter en rien à l'avenir des formes
prefcrites par les Conftitutions ; & lui enjoint de
gérer , fans innovation pendant la vacance du Siége
Epifcopal , l'Adminiſtration du Temporel de la
Principauté de Liége.
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Résumé : DE BRUXELLES, le 3 Novembre 1763.
Le 3 novembre 1763, l'Empereur a adressé un récrit au Chapitre de Liège, exprimant son offense face à la violation des Constitutions du Pays et des règles des seize Chambres. Il annule les décisions du Chapitre concernant le choix de l'Évêque, le Comte d'Outremont, et interdit toute nouvelle pratique administrative pendant la vacance du Siège Épiscopal.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 232-240
De BRUXELLES, le 10 Septembre.
Début :
Toutes les lettres d'Espagne ne présentent que des détails préparatifs formidables que l'on y [...]
Mots clefs :
Bruxelles, Vent, Vaisseaux, Français, Combat, Amiral, Ligne, Bataille, Roi, Lettre, Anglais, Manche, Mademoiselle Raucourt, Française
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De BRUXELLES, le 10 Septembre.
De BRUXELLES le 10 Septembre.
,
TOUTES les lettres d'Efpagne ne préfentent que
des détails des préparatifs formidables que l'on y
fait.. On écrit d'Utrera , à 4 lieues de Séville , qu'on
va y former un Camp de 20 mille hommes, & que;
tous les Grenadiers Provinciaux du Royaume ont
ordre de fe raffembler au Camp de St. - Roch , devant
Gibraltar . La Marine eft maintenant fur le pied
le plus refpectable ; les Matelots néceffaires à tant
de vaiffeaux , n'auroient pu être levés dans le
Royaume , fans interrompre le fervice du Commerce
& de la Pêche ; les Etrangers en ont fourni ;
il en eft arrivé 10,000 de Naples , dont 3000 Napolitains
, & 7000 Grecs de Lipari . Ils ont mis
en état d'en renvoyer un pareil nombre de Nationaux .
au Commerce ; dans deux ans , ils reviendront fur la
Marine du Roi , prendre la place de 10,000 autres .
Nationaux qu'on renverra pour fervir à leur tour
le Commerce . Tant de mouvements & de préparatifs
font toujours penfer qu'on a en vue des projets d'une
grande importance ; on ne tardera pas à les pénétrer ,
ce qu'on lit dans la lettre fuivante de Madrid , eft
し
( 233 )
לכ vrai. » Le Roi a fait demander à l'Ambaffadeur d'Angleterre
, raifon de l'infulte faite à fon pavillon dans
le Miffiffipi. On peut le rappeller qu'un Capitaine
Anglois fit des menaces au Gouverneur de la Nouvelle
-Orléans , pour avoir donné afyle dans ce Port
à deux Corfaires Américains , qui avoient pris 2
bâtiments Anglois dans ces parages , & que ce Capitaine
n'ayant pu intimider le Gouverneur Efpagnol
, retourna à la Jamaïque pour y demander un
renfort dans la vue de fe faire lui -même juftice . La
demarche actuelle de l'Espagne femble prouver
qu'elle foutient les Américains , comme fes alliés ,
& qu'elle ne tardera pas à faire cauſe commune avec
la France , aux termes du pacte de famille. On dit
même ici très -publiquement , que deux Députés des
Etats - Unis ont conclu fecrètement un Traité avec
cette Cour ; & qu'enfuite ils font parcis pour la Corogne
, où ils fe font embarqués de nuit , fur les
Paquebots dont on a tant parlé le mois paflé «.
On fe rappelle le bruit calomnicux qui s'étoit répandu
au fujet de Mlle . Raucourt , célèbre Actrice
Françoife , fur la foi d'une Gazette Allemande ; cette
Actrice empreffée de le détruire , écrivit de Heffe-
Caffel , où elle fe trouvoit , à M. le Baron de la
Houze , Miniftre Plenipotentiaire du Roi , près les
Princes & Etats du Cercle de la Baffe - Saxe , Réfident
à Hambourg , qui lui répondit fur- le-champ : » J'allois
partir pour aller dîner à la campagne , Mlle. ,
quand l'Eftafette que vous m'avez dépêché le 4 de
ce mois , m'a apporté ce matin à 11 h . & demie , la
lettre par laquelle vous réclamez la juftice qui vous
eft due , relativement au féjour que vous avez fait à
Hambourg. J'ai tout quitté pour vous la procurer;
je me fuis cmpreffé de recourir à M. le Syndic Schuback
, pour détruire par un Certificat ce que la plus
noire calomnie a inventé . J'adreffe au Ministre du
Roi ce Certificat que j'ai légalifé , & qui ſera ſuivi
d'un hommage rendu en votre faveur à la vérité ,
( 234 )
dans les Gazettes de Hambourg que je vous feraf
paller par le premier ordinaire. Je defire qu'il puiffe
contribuer à votre fatisfaction . Je ſuis Mile. Signé.
Le Baron de la Houze.
Le Certificat de M. Schuback eft conçu ainfi :
»Mlle Raucourt, célèbre actrice Françoile , a féjourné
quelques femaines ici au commencement de cet été
avec Mlle . de Souque , qui y avoir un procès ; &'
comme j'ai été nommé Commiffaire par le Sénat
dans ce procès , j'ai été à même de connoître Mile.
Raucourt & tout le tems quelle a été ici , elle a
mené une vie & une conduite irréprochables en tout
point ; il eft faux qu'elle ait fait une fauffe lettre de
change & ait été obligée de quitter la ville après
une punition publique. En foi de quoi , je donne le
préfent certificat «. Signé Schuback , Syndic.
M. le Baron de la Houze a donné la légalifation
fuivante à cette pièce , « Nous Mathieu de Baſquiat
Chevalier , Baron de la Houze , & Miniftré plénipotentiaire
de S. M. T. C. près les Princes & Etats du
Cercle de baffe Saxe , certifions & atteftons à tous
qu'il appartiendra , que le certificat & la fignature
ci- deffus font véritablement de M. Schuback , Syndic
de la République de Hambourg , & que foi doit y
être ajoutée tant en jugement que dehors ; en foi de
quoi avons délivré le préfent , figné de notre main ,
contrefigné par notre Secrétaire , & fcellé du cachet
de nos armes. A Hambourg ce 6 Août 1778. La
Houze. Et plus bas , Saint- Paul.
Mile Rancourt a fait faire plufieurs copies de
ces pièces , que le Miniftre du Roi à Heffe- Ċaffel , a
auffi légalifées , & qu'elle a envoyées par- tout . Nous
fouffigné , Miniftre plénipotentiaire de S. M. T. C.
auprès du Landgrave règnant de Heffe- Caffèl , certifions
que les copies ci-deffus font en tout conformes
aux originaux que nous en avons lus , & qui font
reftés aux mains de Mlle. Raucourt . Fait à Caffel ,
le 30 Avril 1778. Ce font certainement les ennemis
( 235 )
de Mlle. Raucourt qui l'ont auffi cruellement calomniée
dans les différens bulletins qui circulent dans
Paris. Le Comte de Grais «.
Les flottes Françoife & Angloife font à la veille
de fe mefurer une feconde fois ; on fait que la première
eft bien déterminée à ne laiffer à la feconde
aucun prétexte d'effayer d'en impofer à fa Nation
& à l'Europe , qui n'ont point été trompées fur l'iffue
du combat. En attendant que l'Amiral Keppel parvienne
, s'il le peut , à réparer l'échec qu'il a reçu
dans celui d'Oueffant , les Gazetiers Anglois ne ceffent
de répéter des relations de fon prétendu triomphe.
Un Officier de l'armée navale de France vient
d'adreffer une lettre à l'Amiral Anglois , à bord de
l'efcadre Françoife près d'Oueffant le 9 Août ; c'eft
une réponse à celle que la Gazette de Londres , a
imprimée fous le nom de M. Keppel , à qui perfonne
en France n'a fait l'injure de croire qu'elle fût de
lui ; cette réponſe en conféquence s'adreffe à l'Auteur
inconnu de cette lettre. Après avoir obſervé l'attention
de l'Auteur à vanter les fuccès des Généraux Anglois
en Amérique pendant qu'ils y éprouvoient des revers
continuels ; la relation du combat de la Belle
Poule , de la priſe de 2 frégates par 21 vaiffeaux
Anglois qui tenoient la mer , tandis que les François
étoient dans leurs rades ; on admire , avec raifon ,
fon entrepriſe hardie , de préfenter comme victorieufe
une flotte battue , & qui avoit pris la fuite 24
heures avant que les vainqueurs entraflent dans Breft.
" Vous dites qu'avant le 27 Juillet les François
avoient fui l'occafion de combattre & pourquoi
donc vous étiez -vous réfugiés dans la Manche , dont
ils gardoient l'entrée , où vous faviez qu'ils n'iroient
pas , où vous aviez des Ports , où ils n'en ont aucup ,
* Cette lettre imprimée avec le plan figuré des principales
évolutions des deux armées navales , fe trouve à Paris , chez
Fournier , Libraire , rue du Hurepoix .
( 236 )
où un feul coup de
auroit difperfé leur
23 au 24,
vent , tel que celui du
armée & jetté leurs vaiſſeaux à la côte Avant cette époque du 23 , vous étiez donc réduits vous-mêmes à des croiſières sûres & renfermées
, en nous abandonnant
le golfe de Gascogne & les grandes mers qui y communiquent
. L'éloignement
des François , à l'époque du coup de vent du 23 , n'eut que l'objet indifpenfable
de leur sûreté ; & c'est ce même vent forcé de nord- oueft qui les mit au large & vous fit fortir de la Manche , égale- ment pour votre sûreté , & lorfque vous faviez bien que les François ne pouvoient plus être à portée de vous en défendre la fortie. Du 24 au 27 , vous fûtes
à la vue les uns des autres ; les François s'étoient rapprochés
de vous dès qu'il l'avoient pu ; ils n'a- voient donc pas évité le combat : il ne vous le livrè- rent point , parce que vous l'évitiez vous- mêmes , & qu'ils attendoient d'être joints par le Duc de Bour gogne & l'Alexandre
, que la tempête avoit écartés : ils évitoient fi peu le combat , qu'ils ne manoeuvroient
que pour l'engager le 27 , quoique ces deux vaif- feaux n'euffent pas rejoints. Ils vous y forcèrent
lorfque les deux armées faifant la même route , nôtre revira par la contremarche
. Cette manoeuvre
, qui trompoit votre Amiral , mit bientôt l'avant-garde & le centre des François hors de mefure. Vous revi- râtes alors vent devant , & vous forçâtes de voiles pour attaquer & féparer , avec l'avantage du nombre, l'arrière-garde de vos ennemis ; alors , par leur ma noeuvre , & non par les vôrres , vous vous trouvâtes
pour la première fois à la portée de leur canon. Auffi- tôt ils revirèrent
de nouveau, vent devant , tous à la
fois ; & prolongeant
leur ligne en fens contraire. chacun de vos vailleaux fut obligé de recevoir le feu de tous les vaiffeaux François
, & réciproquement
de le leur rendre.
la
» Pendant certe promenade militaire de 30 de vos
vaiffeaux contre 27 ( M. le Comte d'Orvilliers en
( 237 )
avoit mis en réferve ) , vous aviez l'avantage du
nombre , des calibres , de l'échantillon de la force
& du rang , puifque vous aviez s vaiíleaux de 3 ponts ,
& que les François n'en avoit que 2 ; vous aviez la
fupériorité de 300 canons ; panchés par le vent , vous
aviez la facilité de vous fervir de tout votre feu quand
l'armée de France ne pouvoit pas faire ufage de fes
premières batteries : & malgré ces avantages , vous
favez que quand les deux lignes fe furent dépaffées ,
tous les vaiffeaux François furent en état de manoeuvrer
& de combattre. Vous convenez auffi que vous
aviez beaucoup fouffert; plufieurs de vos vaiffeaux
étoient démâtés & fans voiles ; vous en aviez au
moins 7 de défemparés . Les François , malgré la
grande inégalité de leurs forces , vous avoient donc
battus autant que le genre
de combat , qui venoit de
Le donner , avoit pu le leur permettre.
"Vous ne craignez pas de dire que
dans cette fituation
les François fe formèrent en bataille , & enfuite
qu'ils le refufèrent à un fecond combat. Cette contradiction
eft manifefte : fe former en bataille , c'eſt
au moins ne pas refufer le combat , c'eſt au contraire
s'y difpofer & le préfenter de nouveau. Et pourquoi
s'y feroient -ils refufés , puifque , par vos propres
aveux , ils avoient moins fouffert que vous ?
Les deux lignes s'étant dépallées & fuivant un- cours
oppofé , il falloit , de toute néceffité , que l'une des
deux , au moins , revirât de bord pour vous remettre
en préfence. Ce furent les François qui revirèrent par
la contre-marche ; ils ne craignirent point defe former
en bataille fous le vent pour avoir la poffibilité d'engager
une nouvelle action. Vous mîtes à profit cet
avantage du vent pour vous foutenir loin d'eux , &
ce n'étoit pas à l'approche de la nuit , comme vous le
dites : il vous reftoit plufieurs heures de jour , dont
on préfume que votre Amiral aurcit fait , s'il l'avoit
pu , un plus glorieux ufage. Le Général François
fous le vent ne pouvant pas vous approcher , quand
( 238 )
vous ne le vouliez point , vous provoqua en vain à
un combat qui ne dépendoit que de vous ; & lorſque
la nuit fut venue , maître du champ de bataille , allumant
fes feux pour que vous n'euffiez pas l'excufe
de l'avoir perdu de vue , ne vous difcernant plus dans
la profonde obfcurité dont vous vous étiez prudemment
enveloppés , vous vous remîtes dans la Manche
auffi promptement que le défordre de quelques - uns
de vos vailleaux traîneurs pouvoit le comporter.
» C'eft après avoir cédé le champ de bataille , après
avoir été forcés à un premier combat de ligne , quand
vous n'aviez cherché qu'une ſurpriſe d'arrière -garde
après avoir évité une feconde action , après avoir fui
toute une nuit fans fanaux vers Plymouth , & enfuite
plus avant jufqu'à Portſmouth , pour y réparer vos
vailleaux délabrés , que vous dites aux 20,000 compagnons
de cette fuite , & à l'Europe entière , que les
François n'ont pas voulu combattre ! Le Général
François refta toute la journée du 28 dans les mêmes
eaux où il avoit combattu ; il vous fit fuivre par fes
frégates , & vous étiez déja bien loin quand il profita
de la proximité de fon port pour y débarquer fes
bléffés & réparer des dommages , fuites inévitables
d'un combat. Dès le lendemain trois de fes vaiſſeaux
reparurent à l'entrée de la Manche.
» J'étois occupé , faites -vous dire à M. l'Amiral ,
de la pourfuite d'une flotte nombreuſe de vaiffeaux
de guerre François. Quoi ! dans la Manche , où ils
n'étoient pas entrés , d'où vous n'êtes fortis que par
les mêmes vents qui les avoient éloignés , & pour
éviter les mêmes dangers de la côte ? Vous ne les
avez pas pourſuivis dans la Manche : dans quel efpace
les avez-vous donc pourfuivis ? La flotte Françoife
étant toujours au vent & gagnant le large , j'employai
tous les moyens poffibles de la ferrer de
près... Cette précaution étoit devenue néceſſaire à
raifon de la manière circonfpecte avec laquelle les
François manoeuvroient. Ils fuyoient & manoeu
( 239 )
vroient ! Ils gagnoient le large , & fe trouvoient au
plus près fur Oueffant ! La vérité eft qu'ils vous ferroient
de près eux mêmes , & fur la ligne la plus
avancée dont ils vouloient vous défendre l'approche.
>
» Les François , ajoutez-vous , commencèrent à
faire feufur celui des vaiffeaux de la Divifion du
Vice - Amiral Sir Robert Harland. Les François devant
Queffant fur la ligne qu'ils ne vouloient ni ne
devoient pas dépaffer , font feu les premiers ; ils
avoient le vent & pouvoient vous éviter ; eft- ce ainfi
qu'ils vous fuyoient ? C'eft le premier vaiffeau de la di
vifion de votre Vice-Amiral qui tira fa première bordée
fur le Saint-Esprit , quand la manoeuvre preflante &
hardie du Général François , en ordonnant qu'on vi
rât ENSEMBLE Vent devant , eut déconcerté vos projets
& vous eut obligé de combattre , non pas une
arrière-garde , mais une ligne entière. Vous voudriez
bien que l'on crût que , par le premier feu , les Fran
çois ont été les aggreffeurs . Eh ! qu'importe ce premier
feu ? dès qu'ils avoient été fi bien poursuivis, fi
bien ferrés de près , vous vous étiez déclarés leurs
ennemis , & la défenfe , au moins , leur étoit permife.
Il paroit , dites vous , pour M. l'Amiral , que l'objet
des François a étéde défemparer les vaiffeaux du Roi
de leurs mâts & de leurs voiles , projet dans lequel
ILS ONT SI BIEN RÉUSSI , qu'ils ont mis plufieurs
vaiffeaux de ma flotte HORS D'ÉTAT DE ME SUIVRE
, lorfqueje virai vent arrière à l'effet de porter
vers la flotte Françoife ; je me vis donc obligé de
virer encore pour joindre les vaiffeaux , &c. Les
François avoient donc bien réuffi à défemparer plufieurs
vaiffeaux , & fi bien réuffi , que plufieurs ne
pouvoient pas vous fuivre , & c. Et qu'auriez - vous
voulu que les François euffent fait de mieux ? Ils
avoient mis une partie de votre armée hors de combat
, & obligé l'autre de manoeuvrer pour la joindre ,
c'eft à -dire , de ceffer de combattre , de refter dans
l'impoffibilité , non-feulement de nous attaquer , mais
( 240 )
même de fe défendre . Si l'aveu de votre embarras &
de votre impuiflance étoit moins clair , moins précis ,
je vous dirois que votre ligne étoit dans le plus grand
défordre ; que plufieurs de vos vaiffeaux étoient démâtés
; quelques-uns fans voiles & fans vergues ;
qu'un de ceux à trois ponts , qui porroit pavil
bleu à fa milaine , étoit démâté de fon grand mât .
qu'un autre des vôtres fit ridiculement feu de fes deux
bords hors de toute portée ; que votre vaiſſeau Amiral
, après avoir effuyé la bordée de la Bretagne & de
la Ville de Paris , arriva tast qu'il le put , & ceifa
tout fon feu ; que celui des François fut fi prompt &
fi terrible , que la Bretagne feule , en longeant votre
ligne , tira 1400 coups de canon ; que la Ville de
Paris , dérivant par défaut de conftruction , affaillie
de basbord & de ftribord par votre Amiral de 100
canons , & le Formidable de 90 , les combattit tous
deux à la fois , & les força de fe retirer ; qu'enfin , en
terminant le premier combat , nous avions fi bien
réuffi à vous défemparer , que d'après votre propre
conviction , & dans peu de momens , notre victoire
auroit été complette fi notre pofition nous avoit permis
de regagner le vent... Vous avouez que les
François , vers le déclin du jour , eurent le tems de
rallier leurflotte & de la former en ligne de bataille
fous le vent de la vôtre ; ils pouvoient donc ce que
vous ne pouviez plus , former une ligne de tous leurs
vaiffeaux ; donc aucun d'eux n'étoit défemparé : s'ils
fe mirent en bataille , ils vous offrirent le combat ,
que vous n'acceptâtes point , quoiqu'ayant le vent ,
vous fuffiez libre de l'accepter. Ils ofèrent vous défier
fous le vent ; mais comment auroient- ils pu vous
rejoindre , quand vous aviez reviré pour joindre en
arrière vos vaiffeaux défemparés ? Ce fut l'avantage
du vent & non le déclin , fuppofé , du jour qui , pendant
plufieurs heures , vous fit éviter une feconde action
, que vous n'étiez plus en état de foutenir.
La fuite à l'ordinaire prochain.
,
TOUTES les lettres d'Efpagne ne préfentent que
des détails des préparatifs formidables que l'on y
fait.. On écrit d'Utrera , à 4 lieues de Séville , qu'on
va y former un Camp de 20 mille hommes, & que;
tous les Grenadiers Provinciaux du Royaume ont
ordre de fe raffembler au Camp de St. - Roch , devant
Gibraltar . La Marine eft maintenant fur le pied
le plus refpectable ; les Matelots néceffaires à tant
de vaiffeaux , n'auroient pu être levés dans le
Royaume , fans interrompre le fervice du Commerce
& de la Pêche ; les Etrangers en ont fourni ;
il en eft arrivé 10,000 de Naples , dont 3000 Napolitains
, & 7000 Grecs de Lipari . Ils ont mis
en état d'en renvoyer un pareil nombre de Nationaux .
au Commerce ; dans deux ans , ils reviendront fur la
Marine du Roi , prendre la place de 10,000 autres .
Nationaux qu'on renverra pour fervir à leur tour
le Commerce . Tant de mouvements & de préparatifs
font toujours penfer qu'on a en vue des projets d'une
grande importance ; on ne tardera pas à les pénétrer ,
ce qu'on lit dans la lettre fuivante de Madrid , eft
し
( 233 )
לכ vrai. » Le Roi a fait demander à l'Ambaffadeur d'Angleterre
, raifon de l'infulte faite à fon pavillon dans
le Miffiffipi. On peut le rappeller qu'un Capitaine
Anglois fit des menaces au Gouverneur de la Nouvelle
-Orléans , pour avoir donné afyle dans ce Port
à deux Corfaires Américains , qui avoient pris 2
bâtiments Anglois dans ces parages , & que ce Capitaine
n'ayant pu intimider le Gouverneur Efpagnol
, retourna à la Jamaïque pour y demander un
renfort dans la vue de fe faire lui -même juftice . La
demarche actuelle de l'Espagne femble prouver
qu'elle foutient les Américains , comme fes alliés ,
& qu'elle ne tardera pas à faire cauſe commune avec
la France , aux termes du pacte de famille. On dit
même ici très -publiquement , que deux Députés des
Etats - Unis ont conclu fecrètement un Traité avec
cette Cour ; & qu'enfuite ils font parcis pour la Corogne
, où ils fe font embarqués de nuit , fur les
Paquebots dont on a tant parlé le mois paflé «.
On fe rappelle le bruit calomnicux qui s'étoit répandu
au fujet de Mlle . Raucourt , célèbre Actrice
Françoife , fur la foi d'une Gazette Allemande ; cette
Actrice empreffée de le détruire , écrivit de Heffe-
Caffel , où elle fe trouvoit , à M. le Baron de la
Houze , Miniftre Plenipotentiaire du Roi , près les
Princes & Etats du Cercle de la Baffe - Saxe , Réfident
à Hambourg , qui lui répondit fur- le-champ : » J'allois
partir pour aller dîner à la campagne , Mlle. ,
quand l'Eftafette que vous m'avez dépêché le 4 de
ce mois , m'a apporté ce matin à 11 h . & demie , la
lettre par laquelle vous réclamez la juftice qui vous
eft due , relativement au féjour que vous avez fait à
Hambourg. J'ai tout quitté pour vous la procurer;
je me fuis cmpreffé de recourir à M. le Syndic Schuback
, pour détruire par un Certificat ce que la plus
noire calomnie a inventé . J'adreffe au Ministre du
Roi ce Certificat que j'ai légalifé , & qui ſera ſuivi
d'un hommage rendu en votre faveur à la vérité ,
( 234 )
dans les Gazettes de Hambourg que je vous feraf
paller par le premier ordinaire. Je defire qu'il puiffe
contribuer à votre fatisfaction . Je ſuis Mile. Signé.
Le Baron de la Houze.
Le Certificat de M. Schuback eft conçu ainfi :
»Mlle Raucourt, célèbre actrice Françoile , a féjourné
quelques femaines ici au commencement de cet été
avec Mlle . de Souque , qui y avoir un procès ; &'
comme j'ai été nommé Commiffaire par le Sénat
dans ce procès , j'ai été à même de connoître Mile.
Raucourt & tout le tems quelle a été ici , elle a
mené une vie & une conduite irréprochables en tout
point ; il eft faux qu'elle ait fait une fauffe lettre de
change & ait été obligée de quitter la ville après
une punition publique. En foi de quoi , je donne le
préfent certificat «. Signé Schuback , Syndic.
M. le Baron de la Houze a donné la légalifation
fuivante à cette pièce , « Nous Mathieu de Baſquiat
Chevalier , Baron de la Houze , & Miniftré plénipotentiaire
de S. M. T. C. près les Princes & Etats du
Cercle de baffe Saxe , certifions & atteftons à tous
qu'il appartiendra , que le certificat & la fignature
ci- deffus font véritablement de M. Schuback , Syndic
de la République de Hambourg , & que foi doit y
être ajoutée tant en jugement que dehors ; en foi de
quoi avons délivré le préfent , figné de notre main ,
contrefigné par notre Secrétaire , & fcellé du cachet
de nos armes. A Hambourg ce 6 Août 1778. La
Houze. Et plus bas , Saint- Paul.
Mile Rancourt a fait faire plufieurs copies de
ces pièces , que le Miniftre du Roi à Heffe- Ċaffel , a
auffi légalifées , & qu'elle a envoyées par- tout . Nous
fouffigné , Miniftre plénipotentiaire de S. M. T. C.
auprès du Landgrave règnant de Heffe- Caffèl , certifions
que les copies ci-deffus font en tout conformes
aux originaux que nous en avons lus , & qui font
reftés aux mains de Mlle. Raucourt . Fait à Caffel ,
le 30 Avril 1778. Ce font certainement les ennemis
( 235 )
de Mlle. Raucourt qui l'ont auffi cruellement calomniée
dans les différens bulletins qui circulent dans
Paris. Le Comte de Grais «.
Les flottes Françoife & Angloife font à la veille
de fe mefurer une feconde fois ; on fait que la première
eft bien déterminée à ne laiffer à la feconde
aucun prétexte d'effayer d'en impofer à fa Nation
& à l'Europe , qui n'ont point été trompées fur l'iffue
du combat. En attendant que l'Amiral Keppel parvienne
, s'il le peut , à réparer l'échec qu'il a reçu
dans celui d'Oueffant , les Gazetiers Anglois ne ceffent
de répéter des relations de fon prétendu triomphe.
Un Officier de l'armée navale de France vient
d'adreffer une lettre à l'Amiral Anglois , à bord de
l'efcadre Françoife près d'Oueffant le 9 Août ; c'eft
une réponse à celle que la Gazette de Londres , a
imprimée fous le nom de M. Keppel , à qui perfonne
en France n'a fait l'injure de croire qu'elle fût de
lui ; cette réponſe en conféquence s'adreffe à l'Auteur
inconnu de cette lettre. Après avoir obſervé l'attention
de l'Auteur à vanter les fuccès des Généraux Anglois
en Amérique pendant qu'ils y éprouvoient des revers
continuels ; la relation du combat de la Belle
Poule , de la priſe de 2 frégates par 21 vaiffeaux
Anglois qui tenoient la mer , tandis que les François
étoient dans leurs rades ; on admire , avec raifon ,
fon entrepriſe hardie , de préfenter comme victorieufe
une flotte battue , & qui avoit pris la fuite 24
heures avant que les vainqueurs entraflent dans Breft.
" Vous dites qu'avant le 27 Juillet les François
avoient fui l'occafion de combattre & pourquoi
donc vous étiez -vous réfugiés dans la Manche , dont
ils gardoient l'entrée , où vous faviez qu'ils n'iroient
pas , où vous aviez des Ports , où ils n'en ont aucup ,
* Cette lettre imprimée avec le plan figuré des principales
évolutions des deux armées navales , fe trouve à Paris , chez
Fournier , Libraire , rue du Hurepoix .
( 236 )
où un feul coup de
auroit difperfé leur
23 au 24,
vent , tel que celui du
armée & jetté leurs vaiſſeaux à la côte Avant cette époque du 23 , vous étiez donc réduits vous-mêmes à des croiſières sûres & renfermées
, en nous abandonnant
le golfe de Gascogne & les grandes mers qui y communiquent
. L'éloignement
des François , à l'époque du coup de vent du 23 , n'eut que l'objet indifpenfable
de leur sûreté ; & c'est ce même vent forcé de nord- oueft qui les mit au large & vous fit fortir de la Manche , égale- ment pour votre sûreté , & lorfque vous faviez bien que les François ne pouvoient plus être à portée de vous en défendre la fortie. Du 24 au 27 , vous fûtes
à la vue les uns des autres ; les François s'étoient rapprochés
de vous dès qu'il l'avoient pu ; ils n'a- voient donc pas évité le combat : il ne vous le livrè- rent point , parce que vous l'évitiez vous- mêmes , & qu'ils attendoient d'être joints par le Duc de Bour gogne & l'Alexandre
, que la tempête avoit écartés : ils évitoient fi peu le combat , qu'ils ne manoeuvroient
que pour l'engager le 27 , quoique ces deux vaif- feaux n'euffent pas rejoints. Ils vous y forcèrent
lorfque les deux armées faifant la même route , nôtre revira par la contremarche
. Cette manoeuvre
, qui trompoit votre Amiral , mit bientôt l'avant-garde & le centre des François hors de mefure. Vous revi- râtes alors vent devant , & vous forçâtes de voiles pour attaquer & féparer , avec l'avantage du nombre, l'arrière-garde de vos ennemis ; alors , par leur ma noeuvre , & non par les vôrres , vous vous trouvâtes
pour la première fois à la portée de leur canon. Auffi- tôt ils revirèrent
de nouveau, vent devant , tous à la
fois ; & prolongeant
leur ligne en fens contraire. chacun de vos vailleaux fut obligé de recevoir le feu de tous les vaiffeaux François
, & réciproquement
de le leur rendre.
la
» Pendant certe promenade militaire de 30 de vos
vaiffeaux contre 27 ( M. le Comte d'Orvilliers en
( 237 )
avoit mis en réferve ) , vous aviez l'avantage du
nombre , des calibres , de l'échantillon de la force
& du rang , puifque vous aviez s vaiíleaux de 3 ponts ,
& que les François n'en avoit que 2 ; vous aviez la
fupériorité de 300 canons ; panchés par le vent , vous
aviez la facilité de vous fervir de tout votre feu quand
l'armée de France ne pouvoit pas faire ufage de fes
premières batteries : & malgré ces avantages , vous
favez que quand les deux lignes fe furent dépaffées ,
tous les vaiffeaux François furent en état de manoeuvrer
& de combattre. Vous convenez auffi que vous
aviez beaucoup fouffert; plufieurs de vos vaiffeaux
étoient démâtés & fans voiles ; vous en aviez au
moins 7 de défemparés . Les François , malgré la
grande inégalité de leurs forces , vous avoient donc
battus autant que le genre
de combat , qui venoit de
Le donner , avoit pu le leur permettre.
"Vous ne craignez pas de dire que
dans cette fituation
les François fe formèrent en bataille , & enfuite
qu'ils le refufèrent à un fecond combat. Cette contradiction
eft manifefte : fe former en bataille , c'eſt
au moins ne pas refufer le combat , c'eſt au contraire
s'y difpofer & le préfenter de nouveau. Et pourquoi
s'y feroient -ils refufés , puifque , par vos propres
aveux , ils avoient moins fouffert que vous ?
Les deux lignes s'étant dépallées & fuivant un- cours
oppofé , il falloit , de toute néceffité , que l'une des
deux , au moins , revirât de bord pour vous remettre
en préfence. Ce furent les François qui revirèrent par
la contre-marche ; ils ne craignirent point defe former
en bataille fous le vent pour avoir la poffibilité d'engager
une nouvelle action. Vous mîtes à profit cet
avantage du vent pour vous foutenir loin d'eux , &
ce n'étoit pas à l'approche de la nuit , comme vous le
dites : il vous reftoit plufieurs heures de jour , dont
on préfume que votre Amiral aurcit fait , s'il l'avoit
pu , un plus glorieux ufage. Le Général François
fous le vent ne pouvant pas vous approcher , quand
( 238 )
vous ne le vouliez point , vous provoqua en vain à
un combat qui ne dépendoit que de vous ; & lorſque
la nuit fut venue , maître du champ de bataille , allumant
fes feux pour que vous n'euffiez pas l'excufe
de l'avoir perdu de vue , ne vous difcernant plus dans
la profonde obfcurité dont vous vous étiez prudemment
enveloppés , vous vous remîtes dans la Manche
auffi promptement que le défordre de quelques - uns
de vos vailleaux traîneurs pouvoit le comporter.
» C'eft après avoir cédé le champ de bataille , après
avoir été forcés à un premier combat de ligne , quand
vous n'aviez cherché qu'une ſurpriſe d'arrière -garde
après avoir évité une feconde action , après avoir fui
toute une nuit fans fanaux vers Plymouth , & enfuite
plus avant jufqu'à Portſmouth , pour y réparer vos
vailleaux délabrés , que vous dites aux 20,000 compagnons
de cette fuite , & à l'Europe entière , que les
François n'ont pas voulu combattre ! Le Général
François refta toute la journée du 28 dans les mêmes
eaux où il avoit combattu ; il vous fit fuivre par fes
frégates , & vous étiez déja bien loin quand il profita
de la proximité de fon port pour y débarquer fes
bléffés & réparer des dommages , fuites inévitables
d'un combat. Dès le lendemain trois de fes vaiſſeaux
reparurent à l'entrée de la Manche.
» J'étois occupé , faites -vous dire à M. l'Amiral ,
de la pourfuite d'une flotte nombreuſe de vaiffeaux
de guerre François. Quoi ! dans la Manche , où ils
n'étoient pas entrés , d'où vous n'êtes fortis que par
les mêmes vents qui les avoient éloignés , & pour
éviter les mêmes dangers de la côte ? Vous ne les
avez pas pourſuivis dans la Manche : dans quel efpace
les avez-vous donc pourfuivis ? La flotte Françoife
étant toujours au vent & gagnant le large , j'employai
tous les moyens poffibles de la ferrer de
près... Cette précaution étoit devenue néceſſaire à
raifon de la manière circonfpecte avec laquelle les
François manoeuvroient. Ils fuyoient & manoeu
( 239 )
vroient ! Ils gagnoient le large , & fe trouvoient au
plus près fur Oueffant ! La vérité eft qu'ils vous ferroient
de près eux mêmes , & fur la ligne la plus
avancée dont ils vouloient vous défendre l'approche.
>
» Les François , ajoutez-vous , commencèrent à
faire feufur celui des vaiffeaux de la Divifion du
Vice - Amiral Sir Robert Harland. Les François devant
Queffant fur la ligne qu'ils ne vouloient ni ne
devoient pas dépaffer , font feu les premiers ; ils
avoient le vent & pouvoient vous éviter ; eft- ce ainfi
qu'ils vous fuyoient ? C'eft le premier vaiffeau de la di
vifion de votre Vice-Amiral qui tira fa première bordée
fur le Saint-Esprit , quand la manoeuvre preflante &
hardie du Général François , en ordonnant qu'on vi
rât ENSEMBLE Vent devant , eut déconcerté vos projets
& vous eut obligé de combattre , non pas une
arrière-garde , mais une ligne entière. Vous voudriez
bien que l'on crût que , par le premier feu , les Fran
çois ont été les aggreffeurs . Eh ! qu'importe ce premier
feu ? dès qu'ils avoient été fi bien poursuivis, fi
bien ferrés de près , vous vous étiez déclarés leurs
ennemis , & la défenfe , au moins , leur étoit permife.
Il paroit , dites vous , pour M. l'Amiral , que l'objet
des François a étéde défemparer les vaiffeaux du Roi
de leurs mâts & de leurs voiles , projet dans lequel
ILS ONT SI BIEN RÉUSSI , qu'ils ont mis plufieurs
vaiffeaux de ma flotte HORS D'ÉTAT DE ME SUIVRE
, lorfqueje virai vent arrière à l'effet de porter
vers la flotte Françoife ; je me vis donc obligé de
virer encore pour joindre les vaiffeaux , &c. Les
François avoient donc bien réuffi à défemparer plufieurs
vaiffeaux , & fi bien réuffi , que plufieurs ne
pouvoient pas vous fuivre , & c. Et qu'auriez - vous
voulu que les François euffent fait de mieux ? Ils
avoient mis une partie de votre armée hors de combat
, & obligé l'autre de manoeuvrer pour la joindre ,
c'eft à -dire , de ceffer de combattre , de refter dans
l'impoffibilité , non-feulement de nous attaquer , mais
( 240 )
même de fe défendre . Si l'aveu de votre embarras &
de votre impuiflance étoit moins clair , moins précis ,
je vous dirois que votre ligne étoit dans le plus grand
défordre ; que plufieurs de vos vaiffeaux étoient démâtés
; quelques-uns fans voiles & fans vergues ;
qu'un de ceux à trois ponts , qui porroit pavil
bleu à fa milaine , étoit démâté de fon grand mât .
qu'un autre des vôtres fit ridiculement feu de fes deux
bords hors de toute portée ; que votre vaiſſeau Amiral
, après avoir effuyé la bordée de la Bretagne & de
la Ville de Paris , arriva tast qu'il le put , & ceifa
tout fon feu ; que celui des François fut fi prompt &
fi terrible , que la Bretagne feule , en longeant votre
ligne , tira 1400 coups de canon ; que la Ville de
Paris , dérivant par défaut de conftruction , affaillie
de basbord & de ftribord par votre Amiral de 100
canons , & le Formidable de 90 , les combattit tous
deux à la fois , & les força de fe retirer ; qu'enfin , en
terminant le premier combat , nous avions fi bien
réuffi à vous défemparer , que d'après votre propre
conviction , & dans peu de momens , notre victoire
auroit été complette fi notre pofition nous avoit permis
de regagner le vent... Vous avouez que les
François , vers le déclin du jour , eurent le tems de
rallier leurflotte & de la former en ligne de bataille
fous le vent de la vôtre ; ils pouvoient donc ce que
vous ne pouviez plus , former une ligne de tous leurs
vaiffeaux ; donc aucun d'eux n'étoit défemparé : s'ils
fe mirent en bataille , ils vous offrirent le combat ,
que vous n'acceptâtes point , quoiqu'ayant le vent ,
vous fuffiez libre de l'accepter. Ils ofèrent vous défier
fous le vent ; mais comment auroient- ils pu vous
rejoindre , quand vous aviez reviré pour joindre en
arrière vos vaiffeaux défemparés ? Ce fut l'avantage
du vent & non le déclin , fuppofé , du jour qui , pendant
plufieurs heures , vous fit éviter une feconde action
, que vous n'étiez plus en état de foutenir.
La fuite à l'ordinaire prochain.
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Résumé : De BRUXELLES, le 10 Septembre.
Le document du 10 septembre détaille les préparatifs militaires en Espagne, notamment la création d'un camp de 20 000 hommes près de Séville et le regroupement des grenadiers provinciaux. La marine espagnole est renforcée par des matelots étrangers, permettant aux marins nationaux de se consacrer au commerce et à la pêche. Ces actions laissent présager des projets significatifs, possiblement une alliance avec la France contre l'Angleterre. L'Espagne a également protesté auprès de l'ambassadeur anglais après une insulte faite à son pavillon sur le Mississippi. Des rumeurs parlent d'un traité secret entre l'Espagne et les États-Unis. Le texte défend également Mlle Raucourt, une actrice française, contre des calomnies publiées dans une gazette allemande, confirmant son innocence grâce à des certificats et légalisations. En réponse à une lettre de la Gazette de Londres attribuée à tort à M. Keppel, le document critique le parti pris en faveur des généraux anglais en Amérique malgré leurs revers. Il mentionne la bataille de la Belle Poule et la prise de deux frégates françaises par 21 vaisseaux anglais. La réponse conteste les accusations de fuite des Français avant le 27 juillet, expliquant que leurs mouvements étaient dictés par des considérations de sécurité face à des conditions météorologiques défavorables. Entre le 24 et le 27 juillet, les deux flottes étaient en vue l'une de l'autre, mais les Français attendaient des renforts avant d'engager le combat. Lors de l'affrontement naval, les Anglais bénéficiaient d'un avantage numérique en vaisseaux et en canons. Les Français ont maintenu leur capacité de manœuvre et de combat. Les Anglais accusent les Français d'avoir refusé un second combat, ce que la réponse réfute en soulignant que se former en bataille signifie se préparer au combat. Après la bataille, les Anglais se sont éloignés pour réparer leurs vaisseaux endommagés. Les Français accusent les Britanniques de ne pas avoir voulu combattre, soulignant leur supériorité du vent et leur prudence. Les Français ont réussi à désemparer plusieurs vaisseaux britanniques, évitant ainsi une seconde confrontation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 139-142
De BRUXELLES, le 17 Décembre.
Début :
Les Etats de Frise ont écrit aux Etats-Généraux assemblés à la Haye, pour demander [...]
Mots clefs :
Bruxelles, États de Frise, Villes, La Haye, République, Province, Provinces, Résolution
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De BRUXELLES, le 17 Décembre.
De BRUXELLES , le 17 Décembre.
LES Etats de Frife ont écrit aux Etats-
Généraux affemblés à la Haye , pour demander
une diminution du contingent qu'ils
doivent fournir dans les dépenfes de la
République . Cette lettre a été envoyée par
la Généralité aux Etats de chaque Province ;
ceux de Hollande ont déclaré fur-le- champ
que le tems actuel n'étoit pas celui de fonger
à une nouvelle répartition , vu que la République
étoit agitée par une guerre audehors
& des troubles au- dedans ; mais que
les repréfentations de la Frife paroiffant
juftes , ils vouloient bien fe charger de
fournir un demi-million de florins pour completter
le déficit de cette Province , comme
ils l'avoient déja fait pour la Zélande , juſqu'à
( 140 )
ce qu'on pût convenir d'une nouvelle répartition
; celle qui a lieu actuellement peut
donner une idée de l'importance & de la
confiftance respective des 7 Provinces - Unies ;
c'eft ainfi qu'une Gazette Hollandoife en
préfente le tableau.
33 Sur chaque centaine de florins à fournir par la
Généralité , les Provinces contribuent de la manière
fuivante.
La Gueldre pour
La Hollande
La Zélande
Utrecht .
La Frife
Ovéryffel .
SA. 12 13 .
58 6 4
9 3
4 16 7 .
• II
3 S.
3
11 " 5.
Groninge S IS
110 A.
Les divifions règnent toujours dans la
République , qui , dans le moment préfent
, auroit plus befoin que jamais de fe
réunir.
La Chambre des 11 villes , écrit-on de Leuwarde
, qui forme le Quatrième quartier des Etats de la
Province de Frife , s'eft conftamment oppofée aux
réfolutions des 3 autres Chambres , compofées par
les Députés , tant Nobles que Francs- Tenanciers des
trois quartiers du plat pays , & on fait que cette
conduite , fi contraire au vou du peuple , n'eft attribuće
qu'à l'influence qu'un feul individu exerce daus
chacune de ces villes , fous le nom de premier
Bourgmestre , & à la coutume qui s'étoit introduite
de rendre la nomination à toutes les charges Municipales
dépendante de la Cour Stadhoudérienne.
L'excès de cet abus a caufé , de la part du Magiftrat
de Dockum , une démarche vigoureuſe ; il a
réfola unanimement ( à l'exception du premier
( 141 )
-
Bourguemeftre ) de rendre , aux Membres de
fa Régence , l'ancienne liberté de difpofer des
Charges Provinciales qui vaqueront , d'en informer
les dix autres Villes par lettres circulaires
en les exhortant à fuivre fon exemple , & d'en prévenir
également le Prince ; ce qui a été fait par une
lettre en date du 29 Novembre. Le Magiftrat , dans
la réfolution prife le 26 , donne les motifs fuivans
de fa démarche. Qu'étonné & mécontent des avis
donnés par le Quartier des Villes dans les délibé
rations d'Etats contre le fentiment des trois autres
Quartiers , quoique tendant évidemment à avancer
le bien public dans les affaires les plus effentielles ,
il ne pouvoit attribuer un procédé fi étrange qu'aux
obligations que les principaux Députés de ce Quartier
( les premiers Bourguemeftres font conftamment
du nombre ) ont au Stathouder & à la dépendance
où ils font à fon égard : il n'a pris cette réfolution
que pour prévenir les effets de cette influence .
-
Cette réfolution a été mise à exécution fur- lechamp
, en nommant à deux places qui ont vaqué
dans le Confeil Municipal. La lettre circulaire , expédiée
aux dix autres Villes , y a été déja miſe en
délibération ,
Pendant ces difcuffions , qui annoncent
néceffairement du mécontentemenr les
Bourgeois de la Haye , à la fuite d'une fête
qu'ils font dans l'ufage de donner au Stathouder
, avoient projetté de lui offrir une
adreffe , pour le remercier des ouvertures
franches & fatisfaifantes , & des foins paternels
qu'il a montrés dans la direction des
affaires maritimes. Cette pièce , qui a paru
dans la Gazette de la Haye , a femblé bleffer
les Etats de plufieurs Provinces , qui demandent
des éclairciffemens fur cette direction
. Le Stadhouder a paru defirer lui(
142 )
même qu'on ne lui offrit point cette
adreffe , & il en a été rédigé une autre ,
où les Bourgeois fe contentent de complimenter
le Prince , fans entrer dans aucune
difcuffion d'objets qui n'appartiennent qu'aux
Etats Souverains.
LES Etats de Frife ont écrit aux Etats-
Généraux affemblés à la Haye , pour demander
une diminution du contingent qu'ils
doivent fournir dans les dépenfes de la
République . Cette lettre a été envoyée par
la Généralité aux Etats de chaque Province ;
ceux de Hollande ont déclaré fur-le- champ
que le tems actuel n'étoit pas celui de fonger
à une nouvelle répartition , vu que la République
étoit agitée par une guerre audehors
& des troubles au- dedans ; mais que
les repréfentations de la Frife paroiffant
juftes , ils vouloient bien fe charger de
fournir un demi-million de florins pour completter
le déficit de cette Province , comme
ils l'avoient déja fait pour la Zélande , juſqu'à
( 140 )
ce qu'on pût convenir d'une nouvelle répartition
; celle qui a lieu actuellement peut
donner une idée de l'importance & de la
confiftance respective des 7 Provinces - Unies ;
c'eft ainfi qu'une Gazette Hollandoife en
préfente le tableau.
33 Sur chaque centaine de florins à fournir par la
Généralité , les Provinces contribuent de la manière
fuivante.
La Gueldre pour
La Hollande
La Zélande
Utrecht .
La Frife
Ovéryffel .
SA. 12 13 .
58 6 4
9 3
4 16 7 .
• II
3 S.
3
11 " 5.
Groninge S IS
110 A.
Les divifions règnent toujours dans la
République , qui , dans le moment préfent
, auroit plus befoin que jamais de fe
réunir.
La Chambre des 11 villes , écrit-on de Leuwarde
, qui forme le Quatrième quartier des Etats de la
Province de Frife , s'eft conftamment oppofée aux
réfolutions des 3 autres Chambres , compofées par
les Députés , tant Nobles que Francs- Tenanciers des
trois quartiers du plat pays , & on fait que cette
conduite , fi contraire au vou du peuple , n'eft attribuće
qu'à l'influence qu'un feul individu exerce daus
chacune de ces villes , fous le nom de premier
Bourgmestre , & à la coutume qui s'étoit introduite
de rendre la nomination à toutes les charges Municipales
dépendante de la Cour Stadhoudérienne.
L'excès de cet abus a caufé , de la part du Magiftrat
de Dockum , une démarche vigoureuſe ; il a
réfola unanimement ( à l'exception du premier
( 141 )
-
Bourguemeftre ) de rendre , aux Membres de
fa Régence , l'ancienne liberté de difpofer des
Charges Provinciales qui vaqueront , d'en informer
les dix autres Villes par lettres circulaires
en les exhortant à fuivre fon exemple , & d'en prévenir
également le Prince ; ce qui a été fait par une
lettre en date du 29 Novembre. Le Magiftrat , dans
la réfolution prife le 26 , donne les motifs fuivans
de fa démarche. Qu'étonné & mécontent des avis
donnés par le Quartier des Villes dans les délibé
rations d'Etats contre le fentiment des trois autres
Quartiers , quoique tendant évidemment à avancer
le bien public dans les affaires les plus effentielles ,
il ne pouvoit attribuer un procédé fi étrange qu'aux
obligations que les principaux Députés de ce Quartier
( les premiers Bourguemeftres font conftamment
du nombre ) ont au Stathouder & à la dépendance
où ils font à fon égard : il n'a pris cette réfolution
que pour prévenir les effets de cette influence .
-
Cette réfolution a été mise à exécution fur- lechamp
, en nommant à deux places qui ont vaqué
dans le Confeil Municipal. La lettre circulaire , expédiée
aux dix autres Villes , y a été déja miſe en
délibération ,
Pendant ces difcuffions , qui annoncent
néceffairement du mécontentemenr les
Bourgeois de la Haye , à la fuite d'une fête
qu'ils font dans l'ufage de donner au Stathouder
, avoient projetté de lui offrir une
adreffe , pour le remercier des ouvertures
franches & fatisfaifantes , & des foins paternels
qu'il a montrés dans la direction des
affaires maritimes. Cette pièce , qui a paru
dans la Gazette de la Haye , a femblé bleffer
les Etats de plufieurs Provinces , qui demandent
des éclairciffemens fur cette direction
. Le Stadhouder a paru defirer lui(
142 )
même qu'on ne lui offrit point cette
adreffe , & il en a été rédigé une autre ,
où les Bourgeois fe contentent de complimenter
le Prince , fans entrer dans aucune
difcuffion d'objets qui n'appartiennent qu'aux
Etats Souverains.
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Résumé : De BRUXELLES, le 17 Décembre.
Le 17 décembre, les États de Frise ont sollicité une réduction de leur contribution financière aux dépenses de la République auprès des États-Généraux réunis à La Haye. Cette requête a été relayée par la Généralité aux États de chaque province. Les États de Hollande ont refusé de reconsidérer la répartition des charges financières en raison des troubles internes et de la guerre extérieure. Cependant, ils ont accepté de fournir un demi-million de florins pour combler le déficit de la Frise, comme ils l'avaient déjà fait pour la Zélande, en attendant une nouvelle répartition. Des divisions persistent au sein de la République, nécessitant une réunion. En Frise, la Chambre des 11 villes, représentant le quatrième quartier des États, s'oppose régulièrement aux décisions des trois autres chambres. Cette opposition est attribuée à l'influence d'un individu occupant le poste de premier bourgmestre dans chaque ville et à la pratique de nomination des charges municipales sous l'influence de la Cour Stadhoudérienne. Le magistrat de Dokkum a pris une mesure décisive en rétablissant l'ancienne liberté de disposer des charges provinciales vacantes et a encouragé les dix autres villes à suivre cet exemple. Cette décision a été immédiatement appliquée avec la nomination de membres pour deux postes vacants dans le conseil municipal. Par ailleurs, les bourgeois de La Haye prévoyaient d'adresser une lettre de remerciement au Stathouder pour ses actions dans les affaires maritimes. Cette initiative a suscité des réactions variées parmi les États de plusieurs provinces, qui ont demandé des clarifications. Le Stathouder a opté pour une adresse plus neutre, évitant ainsi toute discussion sur des sujets relevant des États souverains.
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