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14801
p. 211-212
AVIS.
Début :
Les lampes optiques de M. Rabiqueau se multipliant considérablement, il est obligé [...]
Mots clefs :
Lampes optiques, Défaut de fabrication, Lumière, Mèches, Huile, M. Rabiqueau
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
Las lampes optiques de M. Rabiqueau fe multipliant
confidérablement , il eft obligé d'avertir
qu'un petit défaut d'attention , prive plufieurs perfonnes
de jouir de la beauté qu'ils remarquent ,
tant au cabinet , que chez plufieurs Princes &
Seigneurs , &c.
Le défaut le plus général, eftqu'on tient toujours
les meches trop groffes ; ce qui rend la lumiere
plus rouge , & forme plutôt champignon : ainfi
on doit être exact à les laiffer plus petites que plus
groffes , flottant dans le porte-meches , fans tomber.
Il faut couper le brûlé tous les jours , & régler
la hauteur des meches au fil fer , ou trois lignes
de fórtie. Les bouteilles fe rempliront plutôt
que plus tard , afin de ne pas laiffer les meches
fans buile : ce défaut fait brûler les meches en
dedans , & produit un feu qui s'alonge , fait caf
fer les verres , & peut même fondre l'étain. Quoiqu'on
ait donné une inftruction pour remettre des
bouteilles , fi on les caffe, il y a des perfonnes
qui remettent des bouteilles à l'aventure ; & l'huile
n'eft plus à fon point. D'autres fe font contentés
de mettre de l'huile dans le réfervoir des meches &
ce qui produit encore un mauvais effet , l'huile
s'abaiffant trop . Pour parer à ces inconvéniens , il
faut que les domestiques viennent avec la lampe ,
& une bouteille on deux , on les leur ajuftera.
Pour la Province , il faut qu'ils ayent foin de les
caffer & régler à la hauteur déterminée . Il vient
prefque tous les jours des perfonnes , foit de Paris.
eu des Provinces , qui veulent voir l'effet des lampes
au billard. On eft obligé de les renvoyer à la
212 MERCURE DE FRANCE.
nuit , la plupart venant dans le jour , même
l'heure des repréfentations phyfiques & méchaniques
, qui fe font tous les après midi jufqu'à fepe
heures du foir au cabinet privilégié du Roi , rue
S. Jacques , vis - à-vis les filles Ste. Marie , feul
endroit où l'on vend les lampes optiques.
Las lampes optiques de M. Rabiqueau fe multipliant
confidérablement , il eft obligé d'avertir
qu'un petit défaut d'attention , prive plufieurs perfonnes
de jouir de la beauté qu'ils remarquent ,
tant au cabinet , que chez plufieurs Princes &
Seigneurs , &c.
Le défaut le plus général, eftqu'on tient toujours
les meches trop groffes ; ce qui rend la lumiere
plus rouge , & forme plutôt champignon : ainfi
on doit être exact à les laiffer plus petites que plus
groffes , flottant dans le porte-meches , fans tomber.
Il faut couper le brûlé tous les jours , & régler
la hauteur des meches au fil fer , ou trois lignes
de fórtie. Les bouteilles fe rempliront plutôt
que plus tard , afin de ne pas laiffer les meches
fans buile : ce défaut fait brûler les meches en
dedans , & produit un feu qui s'alonge , fait caf
fer les verres , & peut même fondre l'étain. Quoiqu'on
ait donné une inftruction pour remettre des
bouteilles , fi on les caffe, il y a des perfonnes
qui remettent des bouteilles à l'aventure ; & l'huile
n'eft plus à fon point. D'autres fe font contentés
de mettre de l'huile dans le réfervoir des meches &
ce qui produit encore un mauvais effet , l'huile
s'abaiffant trop . Pour parer à ces inconvéniens , il
faut que les domestiques viennent avec la lampe ,
& une bouteille on deux , on les leur ajuftera.
Pour la Province , il faut qu'ils ayent foin de les
caffer & régler à la hauteur déterminée . Il vient
prefque tous les jours des perfonnes , foit de Paris.
eu des Provinces , qui veulent voir l'effet des lampes
au billard. On eft obligé de les renvoyer à la
212 MERCURE DE FRANCE.
nuit , la plupart venant dans le jour , même
l'heure des repréfentations phyfiques & méchaniques
, qui fe font tous les après midi jufqu'à fepe
heures du foir au cabinet privilégié du Roi , rue
S. Jacques , vis - à-vis les filles Ste. Marie , feul
endroit où l'on vend les lampes optiques.
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Résumé : AVIS.
L'avis traite des lampes optiques de M. Rabiqueau, dont la production a augmenté. Un défaut d'attention empêche certaines personnes de profiter pleinement de ces lampes, présentes dans des cabinets privés et chez des princes. Le problème principal est l'utilisation de mèches trop grosses, rendant la lumière rouge et formant des champignons. Il est recommandé d'utiliser des mèches plus petites, flottant dans le porte-mèches sans tomber, et de couper le brûlé quotidiennement. La hauteur des mèches doit être réglée avec un fil de fer ou trois lignes de fortie. Les bouteilles doivent être remplies à temps pour éviter que les mèches ne brûlent en dedans, ce qui peut endommager les verres et fondre l'étain. Malgré les instructions pour remplacer les bouteilles cassées, certaines personnes utilisent de l'huile non optimale. Pour remédier à ces inconvénients, les domestiques doivent apporter la lampe et des bouteilles pour ajustement sur place. Dans les provinces, il est crucial d'éviter de casser les bouteilles et de régler correctement la hauteur des mèches. De nombreuses personnes souhaitent voir l'effet des lampes au billard, mais sont souvent renvoyées le soir car elles viennent pendant la journée, y compris aux heures des représentations physiques et mécaniques au cabinet privilégié du Roi, rue Saint-Jacques.
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14802
p. 212
AUTRE.
Début :
Le sieur Cartier, nouvellement arrivé en cette Ville, débite une pommade [...]
Mots clefs :
Pommade, Teint, Rides, Boutons, Couperose, Coups de soleil
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LE fieur Cartier , nouvellement arrivé en cette
Ville , débite une pommade faite avec des fimples
, pour le teint , & qui a beaucoup de vertus ,
entr'autres. 1 °. Elle conferve le teint toujours trèsfrais
& la peau très- blanche. Elle empêche les rides
, & ôte les taches de rouffeur , en s'en fervant
tous les foirs : elle ôte auffi parfaitement le rouge.
2º. Elle emporte les boutons de telle efpece qu'ils
foient au vifage & au refte du corps , fans les faire
rentrer en dedans. 3°. Elle eft auffi très - bonne
pour les perfonnes couperofées , ou qui ont le
teint échauffé. 4° . Elle guérit les dartres vives &
farineufes. . Elle adoucit beaucoup les Hémorroïdes.
6° . Elle efface la marque que laiffent les
coups de foleil , en s'en fervant fur le champ. 7 °
Enfin elle eft bonne pour tous les vices auxquel's
la peau eft fujette. Elle peut fe conferver au moins
fix ans , en la tenant dans un endroit fec , fupporte
même la mer. Si elle jauniffoit , on la remanieroit
avec de l'eau de la Reine d'Hongrie , &
elle reprendroit fa premiere blanchear . Il eft bon
d'obferver que quand elle jauniroit , elle ne perdroit
que le coup d'oeil , fans perdre rien de fes
qualités . Cette pommade fe débite au café dans le
Palais du Luxembourg. Il y a des pots de 6. 1. &
de 3. L. Le nom de l'Auteur eft fur les pos
LE fieur Cartier , nouvellement arrivé en cette
Ville , débite une pommade faite avec des fimples
, pour le teint , & qui a beaucoup de vertus ,
entr'autres. 1 °. Elle conferve le teint toujours trèsfrais
& la peau très- blanche. Elle empêche les rides
, & ôte les taches de rouffeur , en s'en fervant
tous les foirs : elle ôte auffi parfaitement le rouge.
2º. Elle emporte les boutons de telle efpece qu'ils
foient au vifage & au refte du corps , fans les faire
rentrer en dedans. 3°. Elle eft auffi très - bonne
pour les perfonnes couperofées , ou qui ont le
teint échauffé. 4° . Elle guérit les dartres vives &
farineufes. . Elle adoucit beaucoup les Hémorroïdes.
6° . Elle efface la marque que laiffent les
coups de foleil , en s'en fervant fur le champ. 7 °
Enfin elle eft bonne pour tous les vices auxquel's
la peau eft fujette. Elle peut fe conferver au moins
fix ans , en la tenant dans un endroit fec , fupporte
même la mer. Si elle jauniffoit , on la remanieroit
avec de l'eau de la Reine d'Hongrie , &
elle reprendroit fa premiere blanchear . Il eft bon
d'obferver que quand elle jauniroit , elle ne perdroit
que le coup d'oeil , fans perdre rien de fes
qualités . Cette pommade fe débite au café dans le
Palais du Luxembourg. Il y a des pots de 6. 1. &
de 3. L. Le nom de l'Auteur eft fur les pos
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Résumé : AUTRE.
Le texte décrit une pommade créée par le sieur Cartier, récemment installé en ville. Cette pommade, à base de simples, offre divers bienfaits pour la peau. Elle préserve le teint frais et la blancheur de la peau, prévient les rides et élimine les taches de rousseur et les rougeurs. Elle traite les boutons sans les faire s'enfoncer, est bénéfique pour les personnes couperosées ou au teint échauffé, et guérit les dartres vives et farineuses. Elle adoucit également les hémorroïdes, efface les marques de coups de soleil et combat divers problèmes cutanés. La pommade se conserve au moins six ans dans un endroit sec et supporte les voyages en mer. En cas de jaunissement, elle peut être rafraîchie avec de l'eau de la Reine d'Hongrie sans perdre ses propriétés. Elle est disponible en pots de six et trois livres au café du Palais du Luxembourg, avec le nom de l'auteur indiqué sur les pots.
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14803
p. 213-214
AUTRE.
Début :
La veuve du sieur Bunon, Dentiste des Enfans de France, donne avis [...]
Mots clefs :
Dentiste, Remède, Élixir anti-scorbutique, Gencives, Tumeurs, Boutons, Douleurs, Eau, Opiate, Poudre de corail
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LAA veuve du fieur Bunon , Dentiſte des Enfans
de France , donne avis qu'elle débite journellement
chez elle , rue des Saints Peres , fauxbourg
Saint Germain , la troifieme porte cochere à main
droite en entrant par la rue de Grenelle , les Remedes
de feu fon mari , dont elle a feule la compofition
, & qu'elle a toujours préparés elle- même.
L'on en trouvera toujours chez le fieur Georget ,
fon frere , Chirurgien , rue Sainte Avoye , au coin
de la rue de Braque, pour la commodité des perfon
nes qui logent au Marais. Sçavoir , 1º. Un Elixir
anti -fcorbutique qui affermit les dents , diffipe le
gonflement & l'inflammation des gencives , les
fortifie , les fait recroître, diffipe & prévient toutes
les afflictions fcorbutiques , & appaiſe la douleur
des dents. 2° . Une Eau appellée Souveraine , qui
affermit auffi les dents , rétablit les gencives , en
diffipe toutes tumeurs , chancres & boutons qui
viennent auffi à la langue , à l'intérieur des levres
& des joues , en fe.rinçant la bouche de quelques
gouttes dans de l'eau tous les jours , & elle la rend
fraîche & fans odeurs , & en éloigne les corrup
tions , elle calme la douleur des dents. 3º. Un
Opiat pour affermir & blanchir les dents , diffiper
le fang épais & groffier des gencives , qui les rend
tendres & mollaffes , & caufe de l'odeur dans la
bouche, 4° . Une Poudre de Corail pour blanchir
les dents & les entretenir ; elle empêche que le
limon ne fe forme en tartre, & qu'il ne corrompe
les gencives, & elle les conferve fermes & bonnes
de forte qu'elle peut fouffrir pour les perfonnes
qui ont foin de leurs dents , fans qu'il ſoit nécef214
MERCURE DE FRANCE:
faire de leur faire nettoyer. Les plus petites boud
teilles d'Elixir font d'une livre dix fols. Les plus
petites bouteilles d'Eau Souveraine , font d'une livre
quatre fols , mais plus grandes que celles de
l'élixir. Les pots d'Opiat , les petits , font d'une
livre dix fols. Les boîtes de Poudre de Corail
font d'une livre quatre fols.
LAA veuve du fieur Bunon , Dentiſte des Enfans
de France , donne avis qu'elle débite journellement
chez elle , rue des Saints Peres , fauxbourg
Saint Germain , la troifieme porte cochere à main
droite en entrant par la rue de Grenelle , les Remedes
de feu fon mari , dont elle a feule la compofition
, & qu'elle a toujours préparés elle- même.
L'on en trouvera toujours chez le fieur Georget ,
fon frere , Chirurgien , rue Sainte Avoye , au coin
de la rue de Braque, pour la commodité des perfon
nes qui logent au Marais. Sçavoir , 1º. Un Elixir
anti -fcorbutique qui affermit les dents , diffipe le
gonflement & l'inflammation des gencives , les
fortifie , les fait recroître, diffipe & prévient toutes
les afflictions fcorbutiques , & appaiſe la douleur
des dents. 2° . Une Eau appellée Souveraine , qui
affermit auffi les dents , rétablit les gencives , en
diffipe toutes tumeurs , chancres & boutons qui
viennent auffi à la langue , à l'intérieur des levres
& des joues , en fe.rinçant la bouche de quelques
gouttes dans de l'eau tous les jours , & elle la rend
fraîche & fans odeurs , & en éloigne les corrup
tions , elle calme la douleur des dents. 3º. Un
Opiat pour affermir & blanchir les dents , diffiper
le fang épais & groffier des gencives , qui les rend
tendres & mollaffes , & caufe de l'odeur dans la
bouche, 4° . Une Poudre de Corail pour blanchir
les dents & les entretenir ; elle empêche que le
limon ne fe forme en tartre, & qu'il ne corrompe
les gencives, & elle les conferve fermes & bonnes
de forte qu'elle peut fouffrir pour les perfonnes
qui ont foin de leurs dents , fans qu'il ſoit nécef214
MERCURE DE FRANCE:
faire de leur faire nettoyer. Les plus petites boud
teilles d'Elixir font d'une livre dix fols. Les plus
petites bouteilles d'Eau Souveraine , font d'une livre
quatre fols , mais plus grandes que celles de
l'élixir. Les pots d'Opiat , les petits , font d'une
livre dix fols. Les boîtes de Poudre de Corail
font d'une livre quatre fols.
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Résumé : AUTRE.
La veuve du dentiste Bunon, connu sous le nom de 'dentiste des Enfants de France', vend quotidiennement les remèdes de son mari, dont elle seule maîtrise la composition et la préparation. Ces produits sont disponibles chez elle, rue des Saints Pères, dans le faubourg Saint-Germain, ainsi que chez son frère, le chirurgien Georget, rue Sainte Avoye, pour les habitants du Marais. Les remèdes incluent un élixir antiscorbutique qui affermit les dents, dissout les inflammations des gencives, les fortifie et prévient les affections scorbutiques. Une eau souveraine, utilisée en rinçage buccal, affermit les dents, dissout les tumeurs et les chancres, et rafraîchit la bouche. Un opiat est proposé pour affermir et blanchir les dents, dissoudre le sang épais des gencives et éliminer les mauvaises odeurs. Enfin, une poudre de corail est disponible pour blanchir et entretenir les dents, prévenir la formation de tartre et conserver les gencives en bonne santé. Les prix des produits varient selon leur taille et leur type.
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14804
p. 214
AUTRE.
Début :
Madame Lepreux, Marchande Lingere à Paris, rue & près l'Echelle [...]
Mots clefs :
Poudre, Tâches, Textiles et tissus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
MADAME Lepreux , Marchande Lingere à Pa
ris , rue & près l'Echelle du Temple , à l'Ange
Gardien , donne avis au public qu'elle vend une
poudre qui a la vertu d'enlever fur le champ de
deffus les toiles , mouffelines & dentelles , les taches
d'encre & de rouille , fans aucun danger de
rien gâter , quand même lefdites taches feroient
anciennes , & que les chofes fufdites auroient été
blanchies ; elle les ôte fur les étoffes de foie & de
laine blanche. Elle fe vend 24 fols le paquet
avec la maniere de les enlever. L'on en fait l'expé
rience fur le champ devant les perſonnes qui le
Jouhaitent.
MADAME Lepreux , Marchande Lingere à Pa
ris , rue & près l'Echelle du Temple , à l'Ange
Gardien , donne avis au public qu'elle vend une
poudre qui a la vertu d'enlever fur le champ de
deffus les toiles , mouffelines & dentelles , les taches
d'encre & de rouille , fans aucun danger de
rien gâter , quand même lefdites taches feroient
anciennes , & que les chofes fufdites auroient été
blanchies ; elle les ôte fur les étoffes de foie & de
laine blanche. Elle fe vend 24 fols le paquet
avec la maniere de les enlever. L'on en fait l'expé
rience fur le champ devant les perſonnes qui le
Jouhaitent.
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Résumé : AUTRE.
Madame Lepreux, marchande lingère à Paris, vend une poudre éliminant les taches sur toiles, mousselines, dentelles, et étoffes de soie et laine blanche. Efficace sur taches d'encre et de rouille, même anciennes. 24 sols le paquet, avec instructions. Démonstration possible sur place.
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14805
p. 214
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le premier volume [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le premier volume du Mercure du mois d'Avril ,
& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
T'impreffion. A Paris , ce 29 Mars 1758.
GUIROY,
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le premier volume du Mercure du mois d'Avril ,
& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
T'impreffion. A Paris , ce 29 Mars 1758.
GUIROY,
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14806
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Les Torts, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
LES
Torts ,
page
s
Effai
fur la Médiocrité
des
Conditions
, traduit
de l'Anglois
de M.
Hume
,
Les deux
Serins
, à Mademoiſelle
A. C. Fable
, 15
Azema
, Hiftoire
Orientale
,
7
48
18
Vers à Madame *** , fur les Tablettes Enchan
tées. Conte qui a paru dans le ſecond volume
de Janvier 1758 ,
Vers au fujer de ce que M. de Boiffy a dit dans le
Mercure de Février , qu'il feroit main- baſſe ſur
toutes les Pieces qui n'annonceroient point de
49
talent ,
Suite
de M.
de Fontenelle
, par
M.
l'Abbé
Trublet
, contenant
des
corrections
& additions
aux
articles
précédens
,
L'Amour attrapé ,
Epitre de M. Piron ,
so
79
83
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure du mois de Mars ,
Enigme ,
Logogryphe
Chanfon
88
ibid.
89
90
ART. II. NOUVELLES , LITTERAIRES.
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux
Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Autre Lettre à Auteur du Mercure ,
110
112
Lettre à l'Auteur de l'Almanach de Picardie , 122
Lettre à l'Auteur du Mercure 134
216
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Hiftoire. Divorce de l'Hiftoire & de la Fable . Suite
de la Differtation critique du P. Féijoo , Bénědictin
Eſpagnol , 133
148
Médailles. Devifes pour les Jettons du premier
Janvier 1758 ,
Hiftoire Naturelle. Remarques fur un poiffon
qu'on croit être la Tortile ,
Chirurgie. Defcription d'un Enfant furnaturel ,
qui a été préfenté à l'Académie royale de Chirurgie
, le 6 Septembre dernier ,
Musique,
ART. IV. BEAUX-ARTS.
IsI
158
159
A l'Auteur du Mercure. Précis de l'idée de M.
Clément fur la compofition & fur l'accompa
gnement du Clavecin ,
Gravure ,
ART. V. SPECTACLES.
Opera ,
Comédie Françoiſe ,
Comédie Italienne ,
Opera Comique ,
Concert Spirituel ,
160
163
165
166
168
169
170
Les Ifraélites à la montagne d'Oreb . Poëme , 172
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres , 179
Nouvelles de la Cour , de Paris &o ; 191
Bénéfices donnés , 203
Mariage & Morts , 204
Avis divers ,
Supplément à l'article de Chirurgie ,
206
211
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
LES
Torts ,
page
s
Effai
fur la Médiocrité
des
Conditions
, traduit
de l'Anglois
de M.
Hume
,
Les deux
Serins
, à Mademoiſelle
A. C. Fable
, 15
Azema
, Hiftoire
Orientale
,
7
48
18
Vers à Madame *** , fur les Tablettes Enchan
tées. Conte qui a paru dans le ſecond volume
de Janvier 1758 ,
Vers au fujer de ce que M. de Boiffy a dit dans le
Mercure de Février , qu'il feroit main- baſſe ſur
toutes les Pieces qui n'annonceroient point de
49
talent ,
Suite
de M.
de Fontenelle
, par
M.
l'Abbé
Trublet
, contenant
des
corrections
& additions
aux
articles
précédens
,
L'Amour attrapé ,
Epitre de M. Piron ,
so
79
83
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure du mois de Mars ,
Enigme ,
Logogryphe
Chanfon
88
ibid.
89
90
ART. II. NOUVELLES , LITTERAIRES.
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux
Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Autre Lettre à Auteur du Mercure ,
110
112
Lettre à l'Auteur de l'Almanach de Picardie , 122
Lettre à l'Auteur du Mercure 134
216
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Hiftoire. Divorce de l'Hiftoire & de la Fable . Suite
de la Differtation critique du P. Féijoo , Bénědictin
Eſpagnol , 133
148
Médailles. Devifes pour les Jettons du premier
Janvier 1758 ,
Hiftoire Naturelle. Remarques fur un poiffon
qu'on croit être la Tortile ,
Chirurgie. Defcription d'un Enfant furnaturel ,
qui a été préfenté à l'Académie royale de Chirurgie
, le 6 Septembre dernier ,
Musique,
ART. IV. BEAUX-ARTS.
IsI
158
159
A l'Auteur du Mercure. Précis de l'idée de M.
Clément fur la compofition & fur l'accompa
gnement du Clavecin ,
Gravure ,
ART. V. SPECTACLES.
Opera ,
Comédie Françoiſe ,
Comédie Italienne ,
Opera Comique ,
Concert Spirituel ,
160
163
165
166
168
169
170
Les Ifraélites à la montagne d'Oreb . Poëme , 172
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres , 179
Nouvelles de la Cour , de Paris &o ; 191
Bénéfices donnés , 203
Mariage & Morts , 204
Avis divers ,
Supplément à l'article de Chirurgie ,
206
211
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication structurée en six sections principales. L'Article Premier recense diverses pièces fugitives en vers et en prose, incluant des traductions, des fables, des histoires, des poèmes et des épîtres. Parmi les œuvres notables figurent 'Les Torts', un 'Essai sur la Médiocrité des Conditions' traduit de l'anglais par M. Hume, et des vers dédiés à différentes personnes. L'Article II contient des nouvelles littéraires, avec des extraits, des précisions ou des indications de livres récents, ainsi que des lettres adressées à divers auteurs. L'Article III explore les sciences et les belles-lettres, couvrant des sujets tels que l'histoire, les médailles, l'histoire naturelle, la chirurgie et la musique. L'Article IV traite des beaux-arts, avec un précis sur la composition et l'accompagnement du clavecin. L'Article V se concentre sur les spectacles, incluant l'opéra, la comédie française et italienne, l'opéra comique, et les concerts spirituels. Enfin, l'Article VI inclut des nouvelles étrangères, des nouvelles de la cour et de Paris, des annonces de bénéfices, de mariages et de décès, ainsi que divers avis et un supplément à l'article de chirurgie.
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14807
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 90, & la planche [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 90, & la planche [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 90, & la planche [...] »
La Chanson notée doit regarder la page 90 , & la
planche des Médailles , la page 148 .
planche des Médailles , la page 148 .
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14808
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert.
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14809
p. 57-58
ENIGME.
Début :
Au Maître à qui je suis je fus toujours fidele ; [...]
Mots clefs :
Oeil
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Au Maître à qui je fuis je fus toujours fidele
Jamais à fes fouhaits je ne parus rebelle :
Clair & vivant flambeau toujours je le conduis ;
Quelque danger qu'il courre , en tous lieux je le
fais.
Je lui découvre tout aveugle pour moi - même ;
Et pour preuve de ma foi ,
Sans lui je ne puis vivre , il peut vivre fans moi ;
Mais c'eſt toujours par un malheur extrême.
Souvent mon air doux & riant ,
N'eft qu'un appas double & perfide
Quelquefois j'ai l'air intrépide ,
Audacieux , entreprenant.
A tout fpectacle je préfide.
Par ma grande légéreté ,
Je fuis le trait le plus rapide :
Sans langue & fans diſcours , je donne des confeils
;
J'enflamme , & de frayeur je frappe mes pareils ;
Je tue , & je guéris ; j'accorde , & je refuſe ;
Je permets , je défends , j'autorife , & j'excufe
Dans les uns , j'ai beaucoup plus de vivacité ,
Je puis fervir à différent ufage :
La Coquette furtout tire un grand avantage
De mon agilité :
Cx
SS MERCURE DE FRANCE.
D'un ruiffeau je ſuis l'image ;
J'ai des bords , un rivage;
J'ai toujours de l'humidité ,
Je ne coule que dans l'orage :
L'on m'employe en tous lieux à cent travaux
divers ;
Je fuis utile au Grand, au Bourgeois , au Cham
L
roll ¿pêtre,,, ormos liupssppul ev. 19
Et dans le moment même où tu veux me connoître
NOVA TUOY 517 , C
Cher Lecteur , je te fers.
N. T. BRÉMONTIER , de Rouen.
Au Maître à qui je fuis je fus toujours fidele
Jamais à fes fouhaits je ne parus rebelle :
Clair & vivant flambeau toujours je le conduis ;
Quelque danger qu'il courre , en tous lieux je le
fais.
Je lui découvre tout aveugle pour moi - même ;
Et pour preuve de ma foi ,
Sans lui je ne puis vivre , il peut vivre fans moi ;
Mais c'eſt toujours par un malheur extrême.
Souvent mon air doux & riant ,
N'eft qu'un appas double & perfide
Quelquefois j'ai l'air intrépide ,
Audacieux , entreprenant.
A tout fpectacle je préfide.
Par ma grande légéreté ,
Je fuis le trait le plus rapide :
Sans langue & fans diſcours , je donne des confeils
;
J'enflamme , & de frayeur je frappe mes pareils ;
Je tue , & je guéris ; j'accorde , & je refuſe ;
Je permets , je défends , j'autorife , & j'excufe
Dans les uns , j'ai beaucoup plus de vivacité ,
Je puis fervir à différent ufage :
La Coquette furtout tire un grand avantage
De mon agilité :
Cx
SS MERCURE DE FRANCE.
D'un ruiffeau je ſuis l'image ;
J'ai des bords , un rivage;
J'ai toujours de l'humidité ,
Je ne coule que dans l'orage :
L'on m'employe en tous lieux à cent travaux
divers ;
Je fuis utile au Grand, au Bourgeois , au Cham
L
roll ¿pêtre,,, ormos liupssppul ev. 19
Et dans le moment même où tu veux me connoître
NOVA TUOY 517 , C
Cher Lecteur , je te fers.
N. T. BRÉMONTIER , de Rouen.
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14810
p. 58-59
LOGOGRYPHE.
Début :
Nombre de gens, Lecteur, ont du foible pour moi, [...]
Mots clefs :
Récrimination
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
OMBRE de gens , Lecteur , ont du foible
moi ,
pour
N'en conclus pas que je fois belle ;
Je ne ſçaurois me vanter d'être telle ,
Mais bien d'avoir certain je ne fçais quoi
Qui féduit ; & de plus je fuis fort naturelle ,
Défendue , il eft vrai , de tout temps par la loi ,
Loi divine , Lecteur ; ainfi prends garde à toi ,
Et dans l'occafion ... c'eft le moment critique ,
Et le feul où je puis ... finiffons ce difcours :
Pour me connoître , il faut que l'on s'applique ;
Je vais t'embarraffer par mes petits détours ,
A promener de mes pieds à ma tête ,
AVRIL. 1758. 59.
Sans oublier ni le col , ni le corps ;
Je l'avouerai , je me fais une fête
D'engager ton efprit à faire des efforts
Pour découvrir un mot dont peut être l'uſage ,
Pour toi depuis long- temps n'eft pas apprentif
fage ;
Mes pieds qu'il ne faut pas , s'il te plaît , déſunir ;,
T'offrent un peuple entier , & tu peux le choifir ;
Je te préfente après la feconde perfonne ,
D'un alphabet de beau monde connu ,
Par la mode , & le goût toujours bien foutenu ,,
Un inftrument utile ; enfuite je te donne
A ce qui fuit , fi tu veux dire bis ,
Le joli petit nom , je gage que
Philis
Ne m'en dédira pas : confultes- en la Belle ,
Ce peut bien être ainfi que fon Amant l'appelle
:
Brouillons le tout , & formons d'autres mots ::
Voici la qualité qui donne l'importance ,
A celui qui jamais dans la claffe des fots ,
Ne fut choisi pour féjourner en France :
Voici de plus un Moine , un métal précieux ,.
Un poids , un élément , un oifeau de paffage ,
Un inftrument de mer , un habitant des cieux ,
Dont on cite fouvent la force & le courage ::
Imitez - le , Lecteur , & dans l'occafion.
Point ne ferez larron ,
OMBRE de gens , Lecteur , ont du foible
moi ,
pour
N'en conclus pas que je fois belle ;
Je ne ſçaurois me vanter d'être telle ,
Mais bien d'avoir certain je ne fçais quoi
Qui féduit ; & de plus je fuis fort naturelle ,
Défendue , il eft vrai , de tout temps par la loi ,
Loi divine , Lecteur ; ainfi prends garde à toi ,
Et dans l'occafion ... c'eft le moment critique ,
Et le feul où je puis ... finiffons ce difcours :
Pour me connoître , il faut que l'on s'applique ;
Je vais t'embarraffer par mes petits détours ,
A promener de mes pieds à ma tête ,
AVRIL. 1758. 59.
Sans oublier ni le col , ni le corps ;
Je l'avouerai , je me fais une fête
D'engager ton efprit à faire des efforts
Pour découvrir un mot dont peut être l'uſage ,
Pour toi depuis long- temps n'eft pas apprentif
fage ;
Mes pieds qu'il ne faut pas , s'il te plaît , déſunir ;,
T'offrent un peuple entier , & tu peux le choifir ;
Je te préfente après la feconde perfonne ,
D'un alphabet de beau monde connu ,
Par la mode , & le goût toujours bien foutenu ,,
Un inftrument utile ; enfuite je te donne
A ce qui fuit , fi tu veux dire bis ,
Le joli petit nom , je gage que
Philis
Ne m'en dédira pas : confultes- en la Belle ,
Ce peut bien être ainfi que fon Amant l'appelle
:
Brouillons le tout , & formons d'autres mots ::
Voici la qualité qui donne l'importance ,
A celui qui jamais dans la claffe des fots ,
Ne fut choisi pour féjourner en France :
Voici de plus un Moine , un métal précieux ,.
Un poids , un élément , un oifeau de paffage ,
Un inftrument de mer , un habitant des cieux ,
Dont on cite fouvent la force & le courage ::
Imitez - le , Lecteur , & dans l'occafion.
Point ne ferez larron ,
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14811
p. 146-156
Fragment d'une Lettre écrite de Venise.
Début :
Vous voulez sçavoir, Madame, ce que je pense de l'Opera Italien : il faut vous [...]
Mots clefs :
Opéra, Ariette, Musique, Opéra italien, Scène, Intérêt, Chant, Sentiment, Ariettes, Coeur, Récitatif, Nature, Chanter, Oreilles, Bouffons
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texteReconnaissance textuelle : Fragment d'une Lettre écrite de Venise.
Fragment d'une Leure écrite de Venife.
Vou's voulez fçavoir , Madame , ce que
je penfe de l'Opera Italien : il faut vous
obéir , & vous rendre compte des fenfations
que ce Spectacle m'a fait éprouver.
J'ai vu des falles immenfes & magnifi-
"ques , des théâtres vaftes & pompeufement
décorés , beaucoup de fpectacle , des Acteurs
richement vêtus , des danſes d'une
gaieté & d'une légéreté finguliere ; j'ai
entendu des Chanteurs & des Symphoniſres
merveilleux pour la jufteffe & la préci
fion ; une mufique facile , abondante , légere
, ingénieufe , brillante : mes yeux ont
été enchantés , mes oreilles ravies ; mais
'mon coeur eft refté vuide : j'ai cherché
L'intérêt ; je n'ai trouvé que du bruit , fças
AVRIL 1758. 147
vant & délicieux à la vérité ; j'écoutois ,
j'admirois , je n'étois ni attaché , ni ému .
Qu'est-ce que l'Opera Italien ? Il confifte
en vingt ou trente fcenes de récitatif ,
terminées fidélement chacune par une
Ariette. Les Poëmes ont des beautés , mais
fouvent peu propres à être mifes en mulique
: on y trouve des préceptes , des fentences
, des réflexions , des récits , des expofitions
, des harangues , des éclairciffemens
. Le récitatif a donc dû être mauvais
, d'abord par la nature des paroles
qu'il ne pouvoit rendre ; mais il l'eft encore
plus par lui- même : on n'y apperçoit
qu'une efpece bâtarde entre la déclamation
& le chant , voulant tenir de l'un & de
l'autre , & les gâtant tous deux ; une pfalmodie
aride , monotone & forcée , qui
n'eft propre qu'à contrarier le fentiment
& anéantir l'attention , fans vie , fans ame ,
n'infpirant & ne peignant rien : il faut
rendre juftice aux Italiens , ils ne l'écoutent
jamais.
L'Ariette arrive à la fin de chaque fcene
: le perfonnage ne peut quitter le théâtre
fans l'avoir chantée ; qu'on aſſaſſine
fon pere , il ne peut aller au fecours fans
avoir rempli cette loi ; il faut qu'il chante ,
& fans faire grace d'une feule répétition .
Mérope accufée devant les Etats du Royau-
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
me d'avoir fait affaffiner fon mari , exécute
une longue Ariette pour toute réponſe , &
s'en va . Artaban remet à fon fils l'épée
enfanglantée dont il vient d'égorger le Roi ;
on ne fut jamais plus preffé de fuir le
jeune homme chante , & fait des points
d'orgue on ne finiroit pas de rapporter
des exemples pareils tirés des meilleures
Opera.
Toutes les Ariettes ne font pas auffi ridi.
culement déplacées , mais toutes le font
plus ou moins. Souvent la fcene eft terminée
, le perfonnage refte pour rendre en
mufique une penfée ingénieufe qui ne tient
à rien , une maxime , une comparaifon , &
ces comparaifons font toujours tirées des
mêmes objets , dont la répétition ne peut
manquer de paroître froide ; d'autres fois
l'Ariette n'eft que la conclufion même de
la fcene : ce font des ordres , des confeils
des reproches , des incertitudes ; mais en
ce cas , pourquoi quitter la marche du rérécitatif
? pourquoi tout à coup tant de
chant , de bruit , de répétitions fymmétriques
& de cliquetis d'inftrumens ? La nature
défavoue un contrafte fi fubit & fi
bizarre dans une fuite des mêmes fentimens.
Comment place-t'on des roulemens trèslongs
& très - légers dans la trifteffe & la
AVRIL. 1758. 149
douleur comment un point d'orgue termine-
t'il des ordres donnés par un Roi ?
comment le défefpoir le plus violent attend-
t'il la fin de la ritournelle pour éclater
? comment fe permet- il de répéter tant
de fois les mêmes traits ?
Confidérez la longueur périodique de
l'Ariette , fes reprifes , fes retours concertés
, l'excès de fes ornemens , l'action & le
gefte de routine , auquel l'Acteur eſt forcé
par un chant qui l'occupe & le fatigue ; enfin
le défoeuvrement ridicule & inévitable
de ceux qui font en fcene avec lui : fi le
récitatif avoit pu infpirer quelque intérêt ,
il faudroit qu'il expirât à chaque Ariette.
:
Je compare les Ariettes difperfées de
l'Opera Italien à des tableaux qui ornent
une galerie chacun d'eux peut produire
une impreffion ifolée ; mais ils ne fçauroient
jamais concourir tous enſemble à
une émotion totale & continue. L'intérêt
ne marche que par des liaiſons , des nuances
, des gradations imperceptibles ; le
moindre vuide , le plus léger contraſte , la
plus petite interruption l'anéantit : Qui a
jamais dit , ou éprouvé que l'impreffion
d'une Ariette fervît à fortifier celle de la
> fcene précédente ou qu'elle préparât
celle qui doit fuivre ? C'eft le cas dont
parle Horace ; Unus & alter affuitur pan.
Giij
Iso MERCURE DE FRANCE.
nus. Jamais aucun Compofiteur n'a imaginé
de les varier que pour l'oreille : la
nature de l'Ariette eft donc de flatter l'oreille
; mais elle eſt en oppoſition conftante
& abfolue avec l'intérêt . Eh ! qu'eſt-ce
qu'un fpectacle qui dure cinq heures fans
intérêt ? Il faut s'être obftiné à l'écouter ,
pour fçavoir jufqu'à quel point de perfection
l'ennui peut- être porté.
Si je confidere l'Ariette fimplement en
Muficien , je trouve fouvent un fujet heureux
, brillant , naturel même ; mais bientôt
il m'échappe noyé, perdu , fous les ornemens
: l'oreille la plus exercée a peine à
faifir ce Prothée actif à fe varier , à fe contrafter
, à fe tourmenter en cent façons :
toujours même nombre de repriſes , de
variations , de doubles ; qu'il foit queſtion
de tendreffe , de fureur , ou d'une fimple
chanfon , la même marche exifte , on n'y
peut rien changer. La premiere partie de
l'air toujours plus vive , plus ornée ; la feconde
travaillée avec des notes recherchées
, mais moins de mouvement. La
premiere toujours fidélement repriſe avec
toutes les répétitions placées au même
pofte : n'oublions pas les points d'orgue.
qui font exactement l'arriere- garde , les
ritournelles qui précedent toujours le
chant , les coups de force qui terminent
AVRIL. 1758. 15 %
Fair , & les arpeggio qui pourfuivent le
Chanteur après qu'il a fini , & il faut
convenir que c'eft la routine en perfonne
qui a difpofé l'Opera Italien , & les parties
qui le compofent.
En vain les motifs des airs font variés ,
ils font accablés fous la broderie qui les
couvre ; elle eft partout la même , & je
n'apperçois qu'elle.
Je vois la mufique Italienne comme
une coquette bruyante , minaudiere , babillant
joliment , & fouvent ne diſant rien
qui intéreffe ; elle plaît d'abord , & finit
quelquefois par fatiguer ; elle s'annonce
toujours avec fracas , précédée & fuivie
de tout fon cortege , enfevelie dans fa pa¬
rure : n'efperez pas la furprendre jamais
dans une fimplicité naïve , dans un négligé
intéreffant , dans un repos touchant &
tendre ; elle ne veut qu'éblouir , quelquefois
elle s'amufe à jouer le fentiment ; mais
elle ne l'éprouve , ni ne l'inſpire ; toujours
extrême , fi elle l'atteint , c'elt pour aller
au- delà : l'a- t'elle faifi , bientôt elle le défigure
; l'air du caprice fe mêle à fa tendreffe
, le ton de la folie la fuit dans fa
douleur , la fureur de briller éclate jufques
dans fon défefpoir.
Repréfentez - vous enfuite une beauté
noble & intéreffante , tantôt tendre &
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
naïve , tantôt vive & brillante , touchante
, ingénieufe , négligée ou parée ; mais
toujours avec bienféance , dédaignant de
féduire & d'éblouir , ne voulant qu'attacher
, ne prétendant point de fuccès dont
elle ait à rougir , toujours décente même
dans la paffion la plus vive , toujours fidelle
au fentiment jufques dans fa joie la plus
éclatante.
Celle - ci fans doute aura fes partiſans ;
mais la premiere avec tous fes défauts
aura les fiens auffi , & peut-être en plus
grand nombre ; la gaieté , la légèreté ,
l'éclat , ont des droits univerfels : tous les
hommes ont des oreilles , peu de gens ont
une ame ſenſible , un goût jufte , un coeur.
délicat , fufceptible d'une impreffion férieufe
, continue , attachante & profonde.
L'Opera Italien ne préfente aucunes
traces de la variété qui regne dans le nôtre
point de choeurs , point de fêtes liées
au fujet ; vous n'y verrez aucune de nos
belles imitations de la nature , qui annoncent
le débrouillement du cahos , le lever
de l'aurore , des bruits de guerre ou de
chaffe , le foulévement des flots , le fifflement
des vents , la tempête & le calme
renaiffant ; nos belles chanfonnettes , nos
fymphonies céleftes , infernales , fauvages,
paftorales : on n'y trouve point de ces airs
AVRIL. 1758. 153
de chant , d'un genre fimple , tempéré &
doux , qui s'uniffant entr'eux & fe mariant
avec le récitatif , femblent parler
tantôt fi voluptueufement , tantôt fi gaiement
, & qui ont chacun leur caractere ,
& , pour ainfi dire , leur phyfionomie fi
vraie , fi différente & fi décidée ; rien n'y
remplace les tréfors de l'imagination Françoife
; nos bergeries , nos féeries délicieufes
, nos marches , nos facrifices , nos oracles
, nos choeurs , tout tremble devant le
Seigneur... Brillant foleil ... ébranlons la
terre... l'amour triomphe ... nos fcenes fi
bien traitées , nos plaintes fi touchantes ,
que l'on écoute avec une attention fi tendre
, une rêverie fi naïve , un intérêt fi
doux & fi féduifant .
Qu'oppofe t'on à toutes ces richeffes ?
Vingt Ariettes enfilées au bout de vingt
fcenes d'ennui , toutes ces Ariettes marchant
, s'annonçant , finiffant , répétant ,
roulant , reprenant de même. L'Opera
François forme un fpectacle noble , majeftueux
, auffi régulier que varié & intéreffant
dans toutes fes parties : l'Opera Italien
n'eft qu'une Ariette ; il eft abfolument
inécoutable dans la moitié au moins de fa
durée. Les Italiens n'écoutent jamais la
fcene , & c'eft en cela qu'ils ont raifon
G v
154 MERCURE DE FRANCE.
nous écoutons la nôtre , il me femble que
le procès eft jugé.
A l'égard des Opera bouffons , il ne
leur manque que des Poëmes pour être lé
triomphe de la mufique Italienne ; c'eſt
dans ce genre que fes caprices , fes folies
fes contraſtes les plus bizarres peuvent
trouver une place convenable ; mais la
plupart des Poëmes ne préfentent ni inté
rêt , ni caracteres , ni intrigue , ni détails
ce font des Ariettes fur des grimaces ; la
feule nouveauté peut leur donner une vo
gue momentanée : on fe laffe enfin de facrifier
fon coeur & fon goût à fes oreilles .
Un homme d'efprit qui a pris plaifir à
fe jouer des idées les plus évidentes , a
ofé dire que nous n'avions point de mufi
que ; fon opinion n'a fait que le bruit
qu'elle a dû faire : tant de gens qui ne
fentent pas qu'un raifonnement fatigue &
qu'une Epigramme décide , tant d'hommes
communs qui courent après leur original ,
ne pouvoient manquer d'exciter une rumeur
: fi la mufique n'eft faite que pour
être admirée & non pour être fentie , fi
l'homme n'a que des oreilles , fi fon ame
fi fon coeur , font comptés pour rien , fans
doute M. Rouffeau a eu raifon ; en ce cas
L'agilité du gofier eft tout ; la grace , l'exAVRIL
1758. 155
preffion , le fentiment , font des êtres ima
ginaires ; la danfe fur la corde méritera
feule le nom de danfe ; le menuet , la farabande
feront indignes de ce nom.
Si la mufique ne renferme que des combinaifons
de fons fans expreffion , fans
imitation , je dis qu'elle eft indigne d'un
être qui fent & qui penfe. C'eft le fentiment
feul qui doit être l'objet & la perfection
de l'art . Laquelle des deux mufiques
l'a mieux connu : j'en appelle. J'ai entendu
fouvent les Italiens eux- mêmes gémir des
excès de l'art , & du mauvais goût qu'ils
ont introduit chez eux ( 1 ) . Je ſuis bien
éloigné de prétendre que la mufique Fran +
coife foit fans défauts ; fouvent plaintive ,
monotone , peinée , languiffante , elle récite
trop & ne chante pas affez ; elle a befoin
d'embelliflemens , mais elle a faifi la
vraie route.
Les Italiens poffedent , fans doute , à
un haut degré le génie de la mufique ; mais
l'oreille feule a été l'objet de leurs travaux ;
ils fe font amufés à la féduire par de petites
notes brillantes , rapides & volatiles
ils ont négligé le coeur & le fentiment ,
femblent même quelquefois avoir pris à
tâche de leur infulter ; c'eft ce que l'on
&
(1 ) Voyez l'Effai fur l'Opera Italien , par M.
Algarotti , Mercure de France , 1757.
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE.
voit dans leurs Opera bouffons , où l'imi
tation des fentimens n'eft fouvent qu'une
moquerie ; leur ſcience , leur art même les
a égarés le chant a été fubordonné à la
fymphonie. Le principal perfonnage de
leur Opera n'eft ni Didon , ni Artaxerce ,
c'eſt le premier violon . L'Ariette admirable
dans une fête , eft déplacée dans la fcene ;
elle chante trop , le récitatif ne chante pas
affez : trop oppofés & trop voifins , tous
deux ne font que s'entrenuite ; ils ont méconnu
le beau caractere des voix que la
nature a formées , ils font chanter infipidement
la baffe-taille , & plus encore la
haute contre en revanche , ils fe font
donné des voix factices en dégradant l'humanité.
Titus ne parle , ni ne déclame ;
l'Empereur de Rome n'eft qu'un oifeau
qui gazouille : il leur faut tant de décorations
par Opera , tant d'entrées par
Ballet , tant d'Ariettes par acte & par perfonnage.
Goldoni n'ofa donner une Comédie
fans un Arlequin & un Pantalon . Leur
danſe eſt toute en entrechats , & leur poéfie
en Sonnets.
Vou's voulez fçavoir , Madame , ce que
je penfe de l'Opera Italien : il faut vous
obéir , & vous rendre compte des fenfations
que ce Spectacle m'a fait éprouver.
J'ai vu des falles immenfes & magnifi-
"ques , des théâtres vaftes & pompeufement
décorés , beaucoup de fpectacle , des Acteurs
richement vêtus , des danſes d'une
gaieté & d'une légéreté finguliere ; j'ai
entendu des Chanteurs & des Symphoniſres
merveilleux pour la jufteffe & la préci
fion ; une mufique facile , abondante , légere
, ingénieufe , brillante : mes yeux ont
été enchantés , mes oreilles ravies ; mais
'mon coeur eft refté vuide : j'ai cherché
L'intérêt ; je n'ai trouvé que du bruit , fças
AVRIL 1758. 147
vant & délicieux à la vérité ; j'écoutois ,
j'admirois , je n'étois ni attaché , ni ému .
Qu'est-ce que l'Opera Italien ? Il confifte
en vingt ou trente fcenes de récitatif ,
terminées fidélement chacune par une
Ariette. Les Poëmes ont des beautés , mais
fouvent peu propres à être mifes en mulique
: on y trouve des préceptes , des fentences
, des réflexions , des récits , des expofitions
, des harangues , des éclairciffemens
. Le récitatif a donc dû être mauvais
, d'abord par la nature des paroles
qu'il ne pouvoit rendre ; mais il l'eft encore
plus par lui- même : on n'y apperçoit
qu'une efpece bâtarde entre la déclamation
& le chant , voulant tenir de l'un & de
l'autre , & les gâtant tous deux ; une pfalmodie
aride , monotone & forcée , qui
n'eft propre qu'à contrarier le fentiment
& anéantir l'attention , fans vie , fans ame ,
n'infpirant & ne peignant rien : il faut
rendre juftice aux Italiens , ils ne l'écoutent
jamais.
L'Ariette arrive à la fin de chaque fcene
: le perfonnage ne peut quitter le théâtre
fans l'avoir chantée ; qu'on aſſaſſine
fon pere , il ne peut aller au fecours fans
avoir rempli cette loi ; il faut qu'il chante ,
& fans faire grace d'une feule répétition .
Mérope accufée devant les Etats du Royau-
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
me d'avoir fait affaffiner fon mari , exécute
une longue Ariette pour toute réponſe , &
s'en va . Artaban remet à fon fils l'épée
enfanglantée dont il vient d'égorger le Roi ;
on ne fut jamais plus preffé de fuir le
jeune homme chante , & fait des points
d'orgue on ne finiroit pas de rapporter
des exemples pareils tirés des meilleures
Opera.
Toutes les Ariettes ne font pas auffi ridi.
culement déplacées , mais toutes le font
plus ou moins. Souvent la fcene eft terminée
, le perfonnage refte pour rendre en
mufique une penfée ingénieufe qui ne tient
à rien , une maxime , une comparaifon , &
ces comparaifons font toujours tirées des
mêmes objets , dont la répétition ne peut
manquer de paroître froide ; d'autres fois
l'Ariette n'eft que la conclufion même de
la fcene : ce font des ordres , des confeils
des reproches , des incertitudes ; mais en
ce cas , pourquoi quitter la marche du rérécitatif
? pourquoi tout à coup tant de
chant , de bruit , de répétitions fymmétriques
& de cliquetis d'inftrumens ? La nature
défavoue un contrafte fi fubit & fi
bizarre dans une fuite des mêmes fentimens.
Comment place-t'on des roulemens trèslongs
& très - légers dans la trifteffe & la
AVRIL. 1758. 149
douleur comment un point d'orgue termine-
t'il des ordres donnés par un Roi ?
comment le défefpoir le plus violent attend-
t'il la fin de la ritournelle pour éclater
? comment fe permet- il de répéter tant
de fois les mêmes traits ?
Confidérez la longueur périodique de
l'Ariette , fes reprifes , fes retours concertés
, l'excès de fes ornemens , l'action & le
gefte de routine , auquel l'Acteur eſt forcé
par un chant qui l'occupe & le fatigue ; enfin
le défoeuvrement ridicule & inévitable
de ceux qui font en fcene avec lui : fi le
récitatif avoit pu infpirer quelque intérêt ,
il faudroit qu'il expirât à chaque Ariette.
:
Je compare les Ariettes difperfées de
l'Opera Italien à des tableaux qui ornent
une galerie chacun d'eux peut produire
une impreffion ifolée ; mais ils ne fçauroient
jamais concourir tous enſemble à
une émotion totale & continue. L'intérêt
ne marche que par des liaiſons , des nuances
, des gradations imperceptibles ; le
moindre vuide , le plus léger contraſte , la
plus petite interruption l'anéantit : Qui a
jamais dit , ou éprouvé que l'impreffion
d'une Ariette fervît à fortifier celle de la
> fcene précédente ou qu'elle préparât
celle qui doit fuivre ? C'eft le cas dont
parle Horace ; Unus & alter affuitur pan.
Giij
Iso MERCURE DE FRANCE.
nus. Jamais aucun Compofiteur n'a imaginé
de les varier que pour l'oreille : la
nature de l'Ariette eft donc de flatter l'oreille
; mais elle eſt en oppoſition conftante
& abfolue avec l'intérêt . Eh ! qu'eſt-ce
qu'un fpectacle qui dure cinq heures fans
intérêt ? Il faut s'être obftiné à l'écouter ,
pour fçavoir jufqu'à quel point de perfection
l'ennui peut- être porté.
Si je confidere l'Ariette fimplement en
Muficien , je trouve fouvent un fujet heureux
, brillant , naturel même ; mais bientôt
il m'échappe noyé, perdu , fous les ornemens
: l'oreille la plus exercée a peine à
faifir ce Prothée actif à fe varier , à fe contrafter
, à fe tourmenter en cent façons :
toujours même nombre de repriſes , de
variations , de doubles ; qu'il foit queſtion
de tendreffe , de fureur , ou d'une fimple
chanfon , la même marche exifte , on n'y
peut rien changer. La premiere partie de
l'air toujours plus vive , plus ornée ; la feconde
travaillée avec des notes recherchées
, mais moins de mouvement. La
premiere toujours fidélement repriſe avec
toutes les répétitions placées au même
pofte : n'oublions pas les points d'orgue.
qui font exactement l'arriere- garde , les
ritournelles qui précedent toujours le
chant , les coups de force qui terminent
AVRIL. 1758. 15 %
Fair , & les arpeggio qui pourfuivent le
Chanteur après qu'il a fini , & il faut
convenir que c'eft la routine en perfonne
qui a difpofé l'Opera Italien , & les parties
qui le compofent.
En vain les motifs des airs font variés ,
ils font accablés fous la broderie qui les
couvre ; elle eft partout la même , & je
n'apperçois qu'elle.
Je vois la mufique Italienne comme
une coquette bruyante , minaudiere , babillant
joliment , & fouvent ne diſant rien
qui intéreffe ; elle plaît d'abord , & finit
quelquefois par fatiguer ; elle s'annonce
toujours avec fracas , précédée & fuivie
de tout fon cortege , enfevelie dans fa pa¬
rure : n'efperez pas la furprendre jamais
dans une fimplicité naïve , dans un négligé
intéreffant , dans un repos touchant &
tendre ; elle ne veut qu'éblouir , quelquefois
elle s'amufe à jouer le fentiment ; mais
elle ne l'éprouve , ni ne l'inſpire ; toujours
extrême , fi elle l'atteint , c'elt pour aller
au- delà : l'a- t'elle faifi , bientôt elle le défigure
; l'air du caprice fe mêle à fa tendreffe
, le ton de la folie la fuit dans fa
douleur , la fureur de briller éclate jufques
dans fon défefpoir.
Repréfentez - vous enfuite une beauté
noble & intéreffante , tantôt tendre &
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
naïve , tantôt vive & brillante , touchante
, ingénieufe , négligée ou parée ; mais
toujours avec bienféance , dédaignant de
féduire & d'éblouir , ne voulant qu'attacher
, ne prétendant point de fuccès dont
elle ait à rougir , toujours décente même
dans la paffion la plus vive , toujours fidelle
au fentiment jufques dans fa joie la plus
éclatante.
Celle - ci fans doute aura fes partiſans ;
mais la premiere avec tous fes défauts
aura les fiens auffi , & peut-être en plus
grand nombre ; la gaieté , la légèreté ,
l'éclat , ont des droits univerfels : tous les
hommes ont des oreilles , peu de gens ont
une ame ſenſible , un goût jufte , un coeur.
délicat , fufceptible d'une impreffion férieufe
, continue , attachante & profonde.
L'Opera Italien ne préfente aucunes
traces de la variété qui regne dans le nôtre
point de choeurs , point de fêtes liées
au fujet ; vous n'y verrez aucune de nos
belles imitations de la nature , qui annoncent
le débrouillement du cahos , le lever
de l'aurore , des bruits de guerre ou de
chaffe , le foulévement des flots , le fifflement
des vents , la tempête & le calme
renaiffant ; nos belles chanfonnettes , nos
fymphonies céleftes , infernales , fauvages,
paftorales : on n'y trouve point de ces airs
AVRIL. 1758. 153
de chant , d'un genre fimple , tempéré &
doux , qui s'uniffant entr'eux & fe mariant
avec le récitatif , femblent parler
tantôt fi voluptueufement , tantôt fi gaiement
, & qui ont chacun leur caractere ,
& , pour ainfi dire , leur phyfionomie fi
vraie , fi différente & fi décidée ; rien n'y
remplace les tréfors de l'imagination Françoife
; nos bergeries , nos féeries délicieufes
, nos marches , nos facrifices , nos oracles
, nos choeurs , tout tremble devant le
Seigneur... Brillant foleil ... ébranlons la
terre... l'amour triomphe ... nos fcenes fi
bien traitées , nos plaintes fi touchantes ,
que l'on écoute avec une attention fi tendre
, une rêverie fi naïve , un intérêt fi
doux & fi féduifant .
Qu'oppofe t'on à toutes ces richeffes ?
Vingt Ariettes enfilées au bout de vingt
fcenes d'ennui , toutes ces Ariettes marchant
, s'annonçant , finiffant , répétant ,
roulant , reprenant de même. L'Opera
François forme un fpectacle noble , majeftueux
, auffi régulier que varié & intéreffant
dans toutes fes parties : l'Opera Italien
n'eft qu'une Ariette ; il eft abfolument
inécoutable dans la moitié au moins de fa
durée. Les Italiens n'écoutent jamais la
fcene , & c'eft en cela qu'ils ont raifon
G v
154 MERCURE DE FRANCE.
nous écoutons la nôtre , il me femble que
le procès eft jugé.
A l'égard des Opera bouffons , il ne
leur manque que des Poëmes pour être lé
triomphe de la mufique Italienne ; c'eſt
dans ce genre que fes caprices , fes folies
fes contraſtes les plus bizarres peuvent
trouver une place convenable ; mais la
plupart des Poëmes ne préfentent ni inté
rêt , ni caracteres , ni intrigue , ni détails
ce font des Ariettes fur des grimaces ; la
feule nouveauté peut leur donner une vo
gue momentanée : on fe laffe enfin de facrifier
fon coeur & fon goût à fes oreilles .
Un homme d'efprit qui a pris plaifir à
fe jouer des idées les plus évidentes , a
ofé dire que nous n'avions point de mufi
que ; fon opinion n'a fait que le bruit
qu'elle a dû faire : tant de gens qui ne
fentent pas qu'un raifonnement fatigue &
qu'une Epigramme décide , tant d'hommes
communs qui courent après leur original ,
ne pouvoient manquer d'exciter une rumeur
: fi la mufique n'eft faite que pour
être admirée & non pour être fentie , fi
l'homme n'a que des oreilles , fi fon ame
fi fon coeur , font comptés pour rien , fans
doute M. Rouffeau a eu raifon ; en ce cas
L'agilité du gofier eft tout ; la grace , l'exAVRIL
1758. 155
preffion , le fentiment , font des êtres ima
ginaires ; la danfe fur la corde méritera
feule le nom de danfe ; le menuet , la farabande
feront indignes de ce nom.
Si la mufique ne renferme que des combinaifons
de fons fans expreffion , fans
imitation , je dis qu'elle eft indigne d'un
être qui fent & qui penfe. C'eft le fentiment
feul qui doit être l'objet & la perfection
de l'art . Laquelle des deux mufiques
l'a mieux connu : j'en appelle. J'ai entendu
fouvent les Italiens eux- mêmes gémir des
excès de l'art , & du mauvais goût qu'ils
ont introduit chez eux ( 1 ) . Je ſuis bien
éloigné de prétendre que la mufique Fran +
coife foit fans défauts ; fouvent plaintive ,
monotone , peinée , languiffante , elle récite
trop & ne chante pas affez ; elle a befoin
d'embelliflemens , mais elle a faifi la
vraie route.
Les Italiens poffedent , fans doute , à
un haut degré le génie de la mufique ; mais
l'oreille feule a été l'objet de leurs travaux ;
ils fe font amufés à la féduire par de petites
notes brillantes , rapides & volatiles
ils ont négligé le coeur & le fentiment ,
femblent même quelquefois avoir pris à
tâche de leur infulter ; c'eft ce que l'on
&
(1 ) Voyez l'Effai fur l'Opera Italien , par M.
Algarotti , Mercure de France , 1757.
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE.
voit dans leurs Opera bouffons , où l'imi
tation des fentimens n'eft fouvent qu'une
moquerie ; leur ſcience , leur art même les
a égarés le chant a été fubordonné à la
fymphonie. Le principal perfonnage de
leur Opera n'eft ni Didon , ni Artaxerce ,
c'eſt le premier violon . L'Ariette admirable
dans une fête , eft déplacée dans la fcene ;
elle chante trop , le récitatif ne chante pas
affez : trop oppofés & trop voifins , tous
deux ne font que s'entrenuite ; ils ont méconnu
le beau caractere des voix que la
nature a formées , ils font chanter infipidement
la baffe-taille , & plus encore la
haute contre en revanche , ils fe font
donné des voix factices en dégradant l'humanité.
Titus ne parle , ni ne déclame ;
l'Empereur de Rome n'eft qu'un oifeau
qui gazouille : il leur faut tant de décorations
par Opera , tant d'entrées par
Ballet , tant d'Ariettes par acte & par perfonnage.
Goldoni n'ofa donner une Comédie
fans un Arlequin & un Pantalon . Leur
danſe eſt toute en entrechats , & leur poéfie
en Sonnets.
Fermer
Résumé : Fragment d'une Lettre écrite de Venise.
L'auteur admire les aspects visuels et musicaux de l'opéra italien, notamment ses décors somptueux, costumes riches, danses légères et musique brillante. Cependant, il critique sévèrement le manque d'intérêt émotionnel et dramatique. L'opéra italien est structuré en scènes de récitatif suivies d'ariettes, souvent mal intégrées dans le récit. Ces ariettes, obligatoires à la fin de chaque scène, interrompent le flux narratif et manquent de cohérence émotionnelle. L'auteur les compare à des tableaux isolés dans une galerie, incapables de créer une émotion continue. Il souligne également la rigidité et la répétitivité des structures musicales des ariettes, nuisant à l'intérêt dramatique global. En comparaison, l'opéra français est décrit comme noble et varié, avec des scènes riches et des airs reflétant une imagination fertile. L'auteur critique l'opéra italien pour son manque d'intérêt et de caractère, le réduisant à une succession d'ariettes sans cohérence. Il reconnaît que la musique italienne possède un génie certain mais regrette qu'elle néglige le cœur et le sentiment au profit de la séduction auditive. L'opéra italien est perçu comme une 'coquette bruyante', plaisante initialement mais fatigante par sa complexité et son manque de simplicité. L'auteur conclut que la musique française, bien que perfectible, suit la bonne voie en cherchant à exprimer des émotions authentiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14812
p. 175
DU LEVANT.
Début :
Au milieu du calme dont jouit cet Empire sous un Prince pacifique, [...]
Mots clefs :
Empire, Prince pacifique, Successeur, Grande Caravane, Attaque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU LEVANT.
DU LEVANT.
DE CONSTANTINOPLE , le 10 Février.
Au milieu du calme dont jouit cet Empire fous
un Prince pacifique , il y a de temps en temps
quelques révolutions dans le miniftere. Le Mufti ,
le Chiaoux-Bafchi , & les Reis-Effendi ont été depuis
peu dépofés tous trois. Ils ont eu pour fucceffeurs
le premier , Salik- Effendi , Cadiſleker de
Romélie ; le fecond , Bekir- Effendi ; & le troifieme
, le Secrétaire du Grand Vizir.
On eft ici fort occupé d'une nouvelle dont la
confirmation pourroit donner de l'embarras à la
Porte. La grande Caravane qui ſe raffemble tous
les ans au Grand Caire , pour paffer de -là à la
Mecque , eft ordinairement efcortée par les Troupes
du Gouvernement de Damas , au nombre d'environ
trente mille hommes . Le dernier Gouver
neur de cette Province ayant été déposé depuis
peu , s'eft dit- on , mis à la tête d'un grand Corps
d'Arabes , avec lequel il eft tombé fi brufquement
fur la Caravane & fur les Troupes qui lui fervoient
d'escorte , qu'il l'a détruite entiérement ,
& a fait un butin immenfe. Près de cinquante
mille ames , à ce qu'on prétend , ont péri dans
cette rencontre.
DE CONSTANTINOPLE , le 10 Février.
Au milieu du calme dont jouit cet Empire fous
un Prince pacifique , il y a de temps en temps
quelques révolutions dans le miniftere. Le Mufti ,
le Chiaoux-Bafchi , & les Reis-Effendi ont été depuis
peu dépofés tous trois. Ils ont eu pour fucceffeurs
le premier , Salik- Effendi , Cadiſleker de
Romélie ; le fecond , Bekir- Effendi ; & le troifieme
, le Secrétaire du Grand Vizir.
On eft ici fort occupé d'une nouvelle dont la
confirmation pourroit donner de l'embarras à la
Porte. La grande Caravane qui ſe raffemble tous
les ans au Grand Caire , pour paffer de -là à la
Mecque , eft ordinairement efcortée par les Troupes
du Gouvernement de Damas , au nombre d'environ
trente mille hommes . Le dernier Gouver
neur de cette Province ayant été déposé depuis
peu , s'eft dit- on , mis à la tête d'un grand Corps
d'Arabes , avec lequel il eft tombé fi brufquement
fur la Caravane & fur les Troupes qui lui fervoient
d'escorte , qu'il l'a détruite entiérement ,
& a fait un butin immenfe. Près de cinquante
mille ames , à ce qu'on prétend , ont péri dans
cette rencontre.
Fermer
Résumé : DU LEVANT.
Le texte décrit des événements politiques et militaires dans l'Empire ottoman. À Constantinople, des changements récents ont eu lieu au sein du ministère malgré un contexte de paix. Le Mufti, le Chiaoux-Bafchi et les Reis-Effendi ont été démis de leurs fonctions et remplacés par Salik-Effendi, Bekir-Effendi et le Secrétaire du Grand Vizir, respectivement. Une nouvelle préoccupante concerne la grande caravane annuelle de la Mecque au Grand Caire, habituellement escortée par trente mille hommes des troupes de Damas. Le dernier gouverneur de Damas, récemment déposé, aurait attaqué la caravane avec un grand nombre d'Arabes, causant sa destruction totale et un butin considérable. Selon les rapports, près de cinquante mille personnes auraient péri lors de cette attaque.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14813
p. 176-184
ALLEMAGNE.
Début :
Depuis près de quinze jours, on a fait partir un Corps de [...]
Mots clefs :
Königgrätz, Général, Troupes prussiennes, Mouvements des troupes, Prise de la ville, Dantzig, Armée russe, Conquête, Ennemis, Troupes impériales, Roi de Pologne, Vienne, Impératrice-Reine, Dresde, Régiments, Leipzig, Décrets, Maréchal Keith, Taxes, Exactions, Ratisbonne, Réquisitions, Marchandises
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE KONIGSGRATZ EN BOHEME ,
le 7 Mars.
Depuis près de quinze jours , on a fait partir un
Corps de dix-huit mille hommes , commandé par
Te fieur Buchow , Général de Cavalerie , pour faire
lever le fiége de Schweidnitz . La tranchée devant
cette place eft ouverte du 4 de mars.
Le Major Général de Sickowich ayant été chargé
de tenter une entrepriſe fur Liebau , Place qui
étoit occupée par des troupes Pruffiennes , elles
en ont été délogées fans prefque aucune perte de
notre part. Les ennemis dans cette affaire ont eu
cinquante- cinq hommes de tués , & en ont encore
perdu près de deux cents en prifonniers & en
déferteurs. Le reſte a été obligé de ſe retirer à
Landshutt , où l'on affure que le Roi de Pruffe
étoit en perfonne pendant l'attaque de Liebau ..
Tout eft en mouvement dans ce royaume. Le
Corps du Général Marshal doit être arrivé à Ga
bel & à Reechenberg ; le Général Haddick eft à
Toplitz , & le Colonel Mittowski près de Commotau
, avec deux Bataillons de Croates. Ceux - ci
ont envoyé à Prague le 23 Février , feize charriots.
chargés de cuivre & d'argent qu'ils ont enlevés
aux Pruffiens dans le canton d'Erzgeburg en Saxe.
>
La prife de Troppau , dont s'eft emparé le Général
de Ville en forçant la Garnifon Pruffienne ,
nous a coûté très- peu de monde. Les Bavarois
qui faifoient Partie des fix mille hommes employés
à ce coup de main , n'y ont perdu que fept
à huit hommes.
AVRIL 1758. 177
DE DANTZICK , le 15 Mars.
Marienwerder , la derniere place de la Pruffe
Ducale , fut occupée par les Ruffiens le 21 de Février
, & les Magiftrats de cette Ville prêterent le
même jour ferment de fidélité à l'Impératrice de
Ruffie.
Tout le diftri& d'Elbing qui appartient au Roi
de Pruffe , eft obligé de fournir à l'armée Ruffienne
par chaque Mairie , une mefure de bled , une
mefure & demie d'avoine , & quatre quintaux de
foin.
Le Général Fermer a envoyé ordre à Thorn ,
Culm , Graudens , Newenbourg , Mewe , Marienbourg
, & aux Places voifines , d'y préparer des
quartiers pour feize Régimens d'Infanterie , fix de
Cavalerie, & deux mille Cofaques . D'autre part ,
dix mille hommes de Troupes Ruffiennes ont été
réparties dans les Villes de Rifenbourg , Freystad ,
Gardenfée , Marienwerder , & dans les Bourgs ou
Villages voifins.
L'armée Ruffienne eft actuellement de plus de
foixante mille hommes , & elle s'avance par déta
chemens vers la Viftule.
3
Nous apprenons de Lithuanie , qu'un Corps
confidérable de Ruffiens va paffer par ce Grand
Duché , & qu'il doit diriger fa marche par la Pologne
, vers Francfort fur l'Oder. On ajoute qu'un
autre Corps des mêmes Troupe marchera par
Mewe , Stargard , Berend , &c. & qu'il fera la même
route qu'ont fait les Pruffiens en allant en Poméranie.
Il a parn
à huit ou dix lieues
d'ici un Détachement
de Huffards
Ruffiens
, qui nous
a donné
quelque
inquiétude
, par rapport
au bruit
que faf-
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
foient courir des gens auffi peu inftruits que ma
intentionnés , que les Troupes Ruffiennes vouloient
mettre ici garniſon . Mais nous fommes
bien raffurés par une lettre que le Général Fermer
a écrite au Réfident de Ruffie en cette Ville . Cette
lettre , datée de Konigsberg & du 17 Février dernier
, eſt conçue ainsi .
CC
Ayant appris que quelques efprits turbulens
» & des Nouvelliftes ont répandu le bruit que j'a
» vois deffein , non - feulement de paffer avec les
» Troupes Impériales que j'ai l'honneur de com-
» mander , par la Ville de Dantzick & le Couvent
» d'Olive , mais encore d'occuper ces Places , je
>> ne puis me difpenfer de vous affurer que cette
» nouvelle eſt très-faufſe & entiérement contraire
» aux ordres de notre Souveraine. Sa Majesté Impé
» riale , au lieu de vouloir incommoder les Villes
» & les territoires qui jouiffent de la protection
du Roi de Pologne & de la République , m'a
» très expreffément ordonné de les regarder com
» me des Places qui participent à l'alliance & à l'a-
» mitié établies entre les deux Cours , & de les
» ménager comme les pays propres de Sa Majefté.
Ainfi les habitans de Dantzick doivent être
» à l'abri de toute crainte , à la faveur des inten-
» tions, bienfaifantes de Sa Majefté Impériale à
» leur égard , intentions dont le temps & toute
» ma conduite juftifieront la droiture . N'avons-
» nous pas la plus belle occafion de faire des con
quêtes d'une autre conféquence pour les Alliés.
» de notre Souveraine , fans penſer à l'occupation
» des Etats qui font fes amis Que Dantzick, foit
> tranquille fur ce point : elle n'a rien à craindre,
» Mais auffi nous espérons que les Dantzickois
» tâcheront réciproquement de témoigner leur
attachement au Roi & à la République de Po
AVRIL. 1758. 179
logne , par leur empreffement à être utiles aux
>> armes de Sa Majesté Impériale » .
»
Après quelques repréfentations faites au Géné
ral Fermer par les Magiftrats d'Elbing , les Trou
pes Ruffiennes ont été reçues dans cette Place , &
le Major Général Stoffel Y commande . La lettre
écrite à ces Magiftrats par le Général Ruffien ,
pour les raffarer , portoit en fubftance : « Que
» les ordres de l'Impératrice de Ruffie étant ex-
» preffément de faire occuper par fes Troupes , fi
» la raifon de guerre l'exigeoit , les Villes d'Elbing
& de Thorn , il ne dépendoit pas de lui de
» laiffer ces Villes à leur propre garde ; qu'au fur-
>> plus il leur donnoit par écrit les plus fortes affu
» rances , que l'entrée des Troupes Impériales ne
>> cauferoit pas dans la Ville le moindre embarras
>> ni aucun dommage ; qu'il lui en reviendroit au
» contraire un avantage très-réel , par l'exacte
» difcipline qui feroit obfervée & par la confom-
>> mation que feroient ces Troupes ; que l'intérêt
>> commun du Roi & de la République de Pologne
» éxigeoit qu'on prft ce parti , & qu'enfin , loin
» que leur préſence dût leur faire la moindre pei
» ne , ils devoient les regarder comme leurs pro
» pres Troupes >> .
Toutes les Troupes Ruffiennes marchent for
trois colonnes. L'une , qui confifte en dix Régimens
d'Infanterie & en mille Huffards , eft commandée
par le Prince
Gallitzin
, Lieutenant
-Géné
ral. La feconde
, auffi compofée
de dix Régimens
d'Infanterie
& d'un Régiment
de Huffards
, eft:
aux ordres
du Lieutenant
-Général
Soltikof
. La
troifieme
, qui eft commandée
par le fieur de
Braun , Général
en chef, eft formée
d'un pareil
nombre
de Régimens
d'Infanterie
& de cinq Régimens
de Cavalerie
, vingt Compagnies
de Gré
Hv
180 MERCURE DE FRANCE.
nadiers à cheval & trois Régimens de Huffards
Les deux premieres fe raffemblent aux environs.
de Marienwerder , où le Général Fermer a établi
fon Quartier Général , & tout fe diſpoſe à paſſer
la Viftule .
Les Troupes légeres font déja des courfes dans
la Pomeranie. Trois cens Huffards , commandés
par un Major, fe font avancés près de Stolpen &
fe font portés à Battow , d'où ils ont amené pour
ôtages le Capitaine , le Bourguemeftre & le Notaire
de la Ville . Ce détachement a rapporté qu'il
n'y avoit pas de Pruffiens cantonnés en deçà de
Stettin , & qu'à leur arrivée les habitans du pays
avoient été dans les plus grandes alarmes ; mais
que la bonne difcipline & la conduite des foldats
les avoient bientôt raffurés furtout lorfqu'ils
avoient vu qu'à l'exception du fourrage , on leur
payoit tour argent comptant . Depuis , les Poméraniens
paroiffent difpofés à ramaffer des vivres
& des fourrages pour l'armée Ruffienne , lorfqu'elle
s'approchera de leurs frontieres.
•
On prétend que le Général Fermer a reçu des
ordres précis de n'obéir à aucun ordre , & de ne
fuivre aucune inftruction qui ne foient fignés de
la propre main de l'Impératrice de Ruffie.
DE VIENNE , le 22 Mars.
L'Impératrice-Reine a ordonné la levée d'un
Bouveau Régiment d'Artillerie de campagne , ou
la paie fera plus forte que dans tous les autres
Corps. Les foldats auront la liberté de ne s'engager
que pour fix ans.
Sa Majesté a donné au Général de Buchow le
Régiment de Cuiraffiers vacant par la mort din
Général Luchef..
AVRIL. 1758. 181
Les motifs du voyage que le Prince de Brunfwick-
Bevern a fait en cette Cour , ne paroiffene
point un myftere ; & voici ce qu'on en publie .
Peu de jours après que ce Prince eut été fait prifonnier
de guerre , il demanda la permiffion d'écrire
au Roi de Pruffe , & elle lui fut accordée :
il écrivit en conféquence , & plus d'une fois ,
mais il n'eut jamais de réponſe . Ce Prince alors
fit demander à l'Impératrice - Reine , comme une
grace particuliere , de pouvoir fe racheter luimême
, & de payer fa rançon. La réponſe de Sa
Majefté fut qu'Elle n'en vouloit recevoir aucune ,
& qu'Elle lui accordoit néanmoins la liberté , mais
gratuitement. Pénétré d'une bonté fi rare ,
Prince eft venu fur le champ épancher fa reconnoiffance
aux pieds de l'impératrice - Reine ; &
après avoir reçu dans cette Cour l'accueil le plus
diftingué , il en eft parti avant -hier.
DE DRESDE, le 10 Mars.
ce
Les fix mille hommes de recrue que le Roi de
Pruffe exige de cet Electorat , fe levent avec la
même rigueur qu'on employe pour toutes les autres
exactions , & cette Ville pour fa part en doit
fournir cent trente- cinq.
Cinq cens hommes des Gardes à pied du Roi
de Pologne , détenus depuis plus d'un an à Magdebourg
, & maintenant réduits aux deux tiers par
la mifere & les mauvais traitemens , viennent
d'être répartis dans plufieurs Régimens Pruffiens ,
fans qu'on ait pu les porter encore à prêter ferment
au Roi de Pruffe. On apprend de Léipfick ,
qu'il en a paffé derniérement quatre-vingts , que
Fon conduifoit fous bonne efcorte à Freyberg ,
pour les incorporer dans le Régiment de Hulfen.
182 MERCURE DE FRANCE.
Le Maréchal Keith a quitté ce canton , pour
s'avancer dans le Voigtland avec une partie du
Corps qu'il commande ; & la troupe du partiſan
Meyer , renforcée de quelques efcadrons de Huf
fards , s'eft portée jufqu'à Plaven .
DE LEIPSICK , le 13 Mars.
Les Décrets du Directoire de Torgau , qui fe
multiplient tous les jours , achevent d'épuifer cet
Electorat ; & voici la lettre adreffée le 14 de Février
par le Maréchal Keith au Baron de Borck ,
Miniftre Pruffien en cette Ville . « Monfieur , j'ai
» reçu hier un ordre du Roi , par lequel S. M. me
» charge de faire lever fur la Ville de Drefde la
fomme de cinq cens mille écus. , d'employer
» pour cet effet les plus rigoureufes exécutions ,
» de n'épargner abfolument perfonne , & de chat-
» ger particuliérement les Catholiques Romains ,
» & ceux qui ont des charges à la Cour. J'ai déja
» notifié ces ordres aux Magiftrats qui font la
répartition de cette fomme fur la Ville. Il- eft:
vrai que je ne me flatte pas de la tirer en entier;
» mais comme je veux employer toutes les rigueurs
dont les François ont ufé à Halberstadt ,
»je compte en pouvoir tirer une bonne partie.
» Cet exemple fera peut- être de quelque utilité
» aux Etats affemblés à Léipfick . Car V. E. peut
» les affurer , que le refte de la Saxe ne fera pas
» plus épargné que la Capitale , & que puifqu'on
» nous oblige à fuivre de mauvais exemples , ils
» doivent en porter la peine. Je ne vois qu'un
» moyen qui puiffe les garantir d'une ruine tota
» le , c'eft de faire leurs derniers efforts pour con-
» tenter le Roi qui ne veut plus être amuſé debelles
paroles . Jufqu'ici la Saxe a été peu traitée
par
AVRIL 1758. 18
en pays ennemi ; mais je vois que les ménage
» mens tirent à leur fin , & que le Roi irrité des
» ravages que les ennemis ont faits dans fes Etats
»pourra bien faire reffentir , par de juttes repré-.
failles , les triftes effets de fon indignation . Jas
» déja déclaré ici que je ne permettrois plus de
» faire aucunes repréfentations à S M. que j'avois
» reçu les ordres , & que je trouverois bien moyen
» de les mettre à exécution , & c. »
Ainfi les éxactions inouies que les Pruffiens ,
depuis leur invafion , n'ont fait que continuer ou
multiplier , font colorées aujourd'hui du nom de
repréfailles , & nous payons pour Halberstadt.
La nouvelle monnoie que l'on frappe actuellement
dans le Château de Pleiffenberg , eft au coin
du Roi de Pruffe.
DE RATISBONNE , le 18 Mars.
Toutes les lettres du Duché de Mecklenbourg
ne parlent que de l'excès des demandes , ou des
ordres violens adreffés par le Maréchal de Lehwald
aux habitans de ce Duché . Indépendamment
de plus de cent mille facs de farine qu'ils ont été
contraints de nouveau de faire voiturer à Demmin
, & des contributions en argent qui ne pour
ront jamais être acquittées ; ils font encore forcés.
de livrer , 1°. feize cens chevaux pour la Cavalerie
, tous noirs, ou bay-bruns , taille de cinq pieds ,
& de cinq à fix ans , avec les conducteurs néceffaires
pour les amener à Berlin , ou à Francfort
fur l'Oder ; 2 ° Quinze cens chevaux de trait pour
le tranfport des vivres , & quatre cens hommes
pour les conduire ; . 3 Trois mille hommes de
recrue , robuftes & de taille , dont mille tirés des
domaines & terres du Duc , mille fournis par les
·
184 MERCURE DE FRANCE.
Etats , & pareil nombre par les Villes. La fenfe
Ville de Roftock entr'autres , en doir fournir deur
cens cinquante.
DE KONIGSGRATZ EN BOHEME ,
le 7 Mars.
Depuis près de quinze jours , on a fait partir un
Corps de dix-huit mille hommes , commandé par
Te fieur Buchow , Général de Cavalerie , pour faire
lever le fiége de Schweidnitz . La tranchée devant
cette place eft ouverte du 4 de mars.
Le Major Général de Sickowich ayant été chargé
de tenter une entrepriſe fur Liebau , Place qui
étoit occupée par des troupes Pruffiennes , elles
en ont été délogées fans prefque aucune perte de
notre part. Les ennemis dans cette affaire ont eu
cinquante- cinq hommes de tués , & en ont encore
perdu près de deux cents en prifonniers & en
déferteurs. Le reſte a été obligé de ſe retirer à
Landshutt , où l'on affure que le Roi de Pruffe
étoit en perfonne pendant l'attaque de Liebau ..
Tout eft en mouvement dans ce royaume. Le
Corps du Général Marshal doit être arrivé à Ga
bel & à Reechenberg ; le Général Haddick eft à
Toplitz , & le Colonel Mittowski près de Commotau
, avec deux Bataillons de Croates. Ceux - ci
ont envoyé à Prague le 23 Février , feize charriots.
chargés de cuivre & d'argent qu'ils ont enlevés
aux Pruffiens dans le canton d'Erzgeburg en Saxe.
>
La prife de Troppau , dont s'eft emparé le Général
de Ville en forçant la Garnifon Pruffienne ,
nous a coûté très- peu de monde. Les Bavarois
qui faifoient Partie des fix mille hommes employés
à ce coup de main , n'y ont perdu que fept
à huit hommes.
AVRIL 1758. 177
DE DANTZICK , le 15 Mars.
Marienwerder , la derniere place de la Pruffe
Ducale , fut occupée par les Ruffiens le 21 de Février
, & les Magiftrats de cette Ville prêterent le
même jour ferment de fidélité à l'Impératrice de
Ruffie.
Tout le diftri& d'Elbing qui appartient au Roi
de Pruffe , eft obligé de fournir à l'armée Ruffienne
par chaque Mairie , une mefure de bled , une
mefure & demie d'avoine , & quatre quintaux de
foin.
Le Général Fermer a envoyé ordre à Thorn ,
Culm , Graudens , Newenbourg , Mewe , Marienbourg
, & aux Places voifines , d'y préparer des
quartiers pour feize Régimens d'Infanterie , fix de
Cavalerie, & deux mille Cofaques . D'autre part ,
dix mille hommes de Troupes Ruffiennes ont été
réparties dans les Villes de Rifenbourg , Freystad ,
Gardenfée , Marienwerder , & dans les Bourgs ou
Villages voifins.
L'armée Ruffienne eft actuellement de plus de
foixante mille hommes , & elle s'avance par déta
chemens vers la Viftule.
3
Nous apprenons de Lithuanie , qu'un Corps
confidérable de Ruffiens va paffer par ce Grand
Duché , & qu'il doit diriger fa marche par la Pologne
, vers Francfort fur l'Oder. On ajoute qu'un
autre Corps des mêmes Troupe marchera par
Mewe , Stargard , Berend , &c. & qu'il fera la même
route qu'ont fait les Pruffiens en allant en Poméranie.
Il a parn
à huit ou dix lieues
d'ici un Détachement
de Huffards
Ruffiens
, qui nous
a donné
quelque
inquiétude
, par rapport
au bruit
que faf-
Hv
178 MERCURE DE FRANCE.
foient courir des gens auffi peu inftruits que ma
intentionnés , que les Troupes Ruffiennes vouloient
mettre ici garniſon . Mais nous fommes
bien raffurés par une lettre que le Général Fermer
a écrite au Réfident de Ruffie en cette Ville . Cette
lettre , datée de Konigsberg & du 17 Février dernier
, eſt conçue ainsi .
CC
Ayant appris que quelques efprits turbulens
» & des Nouvelliftes ont répandu le bruit que j'a
» vois deffein , non - feulement de paffer avec les
» Troupes Impériales que j'ai l'honneur de com-
» mander , par la Ville de Dantzick & le Couvent
» d'Olive , mais encore d'occuper ces Places , je
>> ne puis me difpenfer de vous affurer que cette
» nouvelle eſt très-faufſe & entiérement contraire
» aux ordres de notre Souveraine. Sa Majesté Impé
» riale , au lieu de vouloir incommoder les Villes
» & les territoires qui jouiffent de la protection
du Roi de Pologne & de la République , m'a
» très expreffément ordonné de les regarder com
» me des Places qui participent à l'alliance & à l'a-
» mitié établies entre les deux Cours , & de les
» ménager comme les pays propres de Sa Majefté.
Ainfi les habitans de Dantzick doivent être
» à l'abri de toute crainte , à la faveur des inten-
» tions, bienfaifantes de Sa Majefté Impériale à
» leur égard , intentions dont le temps & toute
» ma conduite juftifieront la droiture . N'avons-
» nous pas la plus belle occafion de faire des con
quêtes d'une autre conféquence pour les Alliés.
» de notre Souveraine , fans penſer à l'occupation
» des Etats qui font fes amis Que Dantzick, foit
> tranquille fur ce point : elle n'a rien à craindre,
» Mais auffi nous espérons que les Dantzickois
» tâcheront réciproquement de témoigner leur
attachement au Roi & à la République de Po
AVRIL. 1758. 179
logne , par leur empreffement à être utiles aux
>> armes de Sa Majesté Impériale » .
»
Après quelques repréfentations faites au Géné
ral Fermer par les Magiftrats d'Elbing , les Trou
pes Ruffiennes ont été reçues dans cette Place , &
le Major Général Stoffel Y commande . La lettre
écrite à ces Magiftrats par le Général Ruffien ,
pour les raffarer , portoit en fubftance : « Que
» les ordres de l'Impératrice de Ruffie étant ex-
» preffément de faire occuper par fes Troupes , fi
» la raifon de guerre l'exigeoit , les Villes d'Elbing
& de Thorn , il ne dépendoit pas de lui de
» laiffer ces Villes à leur propre garde ; qu'au fur-
>> plus il leur donnoit par écrit les plus fortes affu
» rances , que l'entrée des Troupes Impériales ne
>> cauferoit pas dans la Ville le moindre embarras
>> ni aucun dommage ; qu'il lui en reviendroit au
» contraire un avantage très-réel , par l'exacte
» difcipline qui feroit obfervée & par la confom-
>> mation que feroient ces Troupes ; que l'intérêt
>> commun du Roi & de la République de Pologne
» éxigeoit qu'on prft ce parti , & qu'enfin , loin
» que leur préſence dût leur faire la moindre pei
» ne , ils devoient les regarder comme leurs pro
» pres Troupes >> .
Toutes les Troupes Ruffiennes marchent for
trois colonnes. L'une , qui confifte en dix Régimens
d'Infanterie & en mille Huffards , eft commandée
par le Prince
Gallitzin
, Lieutenant
-Géné
ral. La feconde
, auffi compofée
de dix Régimens
d'Infanterie
& d'un Régiment
de Huffards
, eft:
aux ordres
du Lieutenant
-Général
Soltikof
. La
troifieme
, qui eft commandée
par le fieur de
Braun , Général
en chef, eft formée
d'un pareil
nombre
de Régimens
d'Infanterie
& de cinq Régimens
de Cavalerie
, vingt Compagnies
de Gré
Hv
180 MERCURE DE FRANCE.
nadiers à cheval & trois Régimens de Huffards
Les deux premieres fe raffemblent aux environs.
de Marienwerder , où le Général Fermer a établi
fon Quartier Général , & tout fe diſpoſe à paſſer
la Viftule .
Les Troupes légeres font déja des courfes dans
la Pomeranie. Trois cens Huffards , commandés
par un Major, fe font avancés près de Stolpen &
fe font portés à Battow , d'où ils ont amené pour
ôtages le Capitaine , le Bourguemeftre & le Notaire
de la Ville . Ce détachement a rapporté qu'il
n'y avoit pas de Pruffiens cantonnés en deçà de
Stettin , & qu'à leur arrivée les habitans du pays
avoient été dans les plus grandes alarmes ; mais
que la bonne difcipline & la conduite des foldats
les avoient bientôt raffurés furtout lorfqu'ils
avoient vu qu'à l'exception du fourrage , on leur
payoit tour argent comptant . Depuis , les Poméraniens
paroiffent difpofés à ramaffer des vivres
& des fourrages pour l'armée Ruffienne , lorfqu'elle
s'approchera de leurs frontieres.
•
On prétend que le Général Fermer a reçu des
ordres précis de n'obéir à aucun ordre , & de ne
fuivre aucune inftruction qui ne foient fignés de
la propre main de l'Impératrice de Ruffie.
DE VIENNE , le 22 Mars.
L'Impératrice-Reine a ordonné la levée d'un
Bouveau Régiment d'Artillerie de campagne , ou
la paie fera plus forte que dans tous les autres
Corps. Les foldats auront la liberté de ne s'engager
que pour fix ans.
Sa Majesté a donné au Général de Buchow le
Régiment de Cuiraffiers vacant par la mort din
Général Luchef..
AVRIL. 1758. 181
Les motifs du voyage que le Prince de Brunfwick-
Bevern a fait en cette Cour , ne paroiffene
point un myftere ; & voici ce qu'on en publie .
Peu de jours après que ce Prince eut été fait prifonnier
de guerre , il demanda la permiffion d'écrire
au Roi de Pruffe , & elle lui fut accordée :
il écrivit en conféquence , & plus d'une fois ,
mais il n'eut jamais de réponſe . Ce Prince alors
fit demander à l'Impératrice - Reine , comme une
grace particuliere , de pouvoir fe racheter luimême
, & de payer fa rançon. La réponſe de Sa
Majefté fut qu'Elle n'en vouloit recevoir aucune ,
& qu'Elle lui accordoit néanmoins la liberté , mais
gratuitement. Pénétré d'une bonté fi rare ,
Prince eft venu fur le champ épancher fa reconnoiffance
aux pieds de l'impératrice - Reine ; &
après avoir reçu dans cette Cour l'accueil le plus
diftingué , il en eft parti avant -hier.
DE DRESDE, le 10 Mars.
ce
Les fix mille hommes de recrue que le Roi de
Pruffe exige de cet Electorat , fe levent avec la
même rigueur qu'on employe pour toutes les autres
exactions , & cette Ville pour fa part en doit
fournir cent trente- cinq.
Cinq cens hommes des Gardes à pied du Roi
de Pologne , détenus depuis plus d'un an à Magdebourg
, & maintenant réduits aux deux tiers par
la mifere & les mauvais traitemens , viennent
d'être répartis dans plufieurs Régimens Pruffiens ,
fans qu'on ait pu les porter encore à prêter ferment
au Roi de Pruffe. On apprend de Léipfick ,
qu'il en a paffé derniérement quatre-vingts , que
Fon conduifoit fous bonne efcorte à Freyberg ,
pour les incorporer dans le Régiment de Hulfen.
182 MERCURE DE FRANCE.
Le Maréchal Keith a quitté ce canton , pour
s'avancer dans le Voigtland avec une partie du
Corps qu'il commande ; & la troupe du partiſan
Meyer , renforcée de quelques efcadrons de Huf
fards , s'eft portée jufqu'à Plaven .
DE LEIPSICK , le 13 Mars.
Les Décrets du Directoire de Torgau , qui fe
multiplient tous les jours , achevent d'épuifer cet
Electorat ; & voici la lettre adreffée le 14 de Février
par le Maréchal Keith au Baron de Borck ,
Miniftre Pruffien en cette Ville . « Monfieur , j'ai
» reçu hier un ordre du Roi , par lequel S. M. me
» charge de faire lever fur la Ville de Drefde la
fomme de cinq cens mille écus. , d'employer
» pour cet effet les plus rigoureufes exécutions ,
» de n'épargner abfolument perfonne , & de chat-
» ger particuliérement les Catholiques Romains ,
» & ceux qui ont des charges à la Cour. J'ai déja
» notifié ces ordres aux Magiftrats qui font la
répartition de cette fomme fur la Ville. Il- eft:
vrai que je ne me flatte pas de la tirer en entier;
» mais comme je veux employer toutes les rigueurs
dont les François ont ufé à Halberstadt ,
»je compte en pouvoir tirer une bonne partie.
» Cet exemple fera peut- être de quelque utilité
» aux Etats affemblés à Léipfick . Car V. E. peut
» les affurer , que le refte de la Saxe ne fera pas
» plus épargné que la Capitale , & que puifqu'on
» nous oblige à fuivre de mauvais exemples , ils
» doivent en porter la peine. Je ne vois qu'un
» moyen qui puiffe les garantir d'une ruine tota
» le , c'eft de faire leurs derniers efforts pour con-
» tenter le Roi qui ne veut plus être amuſé debelles
paroles . Jufqu'ici la Saxe a été peu traitée
par
AVRIL 1758. 18
en pays ennemi ; mais je vois que les ménage
» mens tirent à leur fin , & que le Roi irrité des
» ravages que les ennemis ont faits dans fes Etats
»pourra bien faire reffentir , par de juttes repré-.
failles , les triftes effets de fon indignation . Jas
» déja déclaré ici que je ne permettrois plus de
» faire aucunes repréfentations à S M. que j'avois
» reçu les ordres , & que je trouverois bien moyen
» de les mettre à exécution , & c. »
Ainfi les éxactions inouies que les Pruffiens ,
depuis leur invafion , n'ont fait que continuer ou
multiplier , font colorées aujourd'hui du nom de
repréfailles , & nous payons pour Halberstadt.
La nouvelle monnoie que l'on frappe actuellement
dans le Château de Pleiffenberg , eft au coin
du Roi de Pruffe.
DE RATISBONNE , le 18 Mars.
Toutes les lettres du Duché de Mecklenbourg
ne parlent que de l'excès des demandes , ou des
ordres violens adreffés par le Maréchal de Lehwald
aux habitans de ce Duché . Indépendamment
de plus de cent mille facs de farine qu'ils ont été
contraints de nouveau de faire voiturer à Demmin
, & des contributions en argent qui ne pour
ront jamais être acquittées ; ils font encore forcés.
de livrer , 1°. feize cens chevaux pour la Cavalerie
, tous noirs, ou bay-bruns , taille de cinq pieds ,
& de cinq à fix ans , avec les conducteurs néceffaires
pour les amener à Berlin , ou à Francfort
fur l'Oder ; 2 ° Quinze cens chevaux de trait pour
le tranfport des vivres , & quatre cens hommes
pour les conduire ; . 3 Trois mille hommes de
recrue , robuftes & de taille , dont mille tirés des
domaines & terres du Duc , mille fournis par les
·
184 MERCURE DE FRANCE.
Etats , & pareil nombre par les Villes. La fenfe
Ville de Roftock entr'autres , en doir fournir deur
cens cinquante.
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
En mars 1758, plusieurs opérations militaires se déroulent en Allemagne. Le général Buchow mène un corps de 18 000 hommes pour lever le siège de Schweidnitz, dont la tranchée est ouverte le 4 mars. Le général Sickowich repousse les troupes prussiennes de Liebau avec peu de pertes, capturant environ 200 prisonniers ou déserteurs. Les ennemis se retirent à Landshutt où se trouve le roi de Prusse. Les troupes russes, dirigées par les généraux Marshal, Haddick et Mittowski, se déplacent dans le royaume. Les Croates envoient à Prague du cuivre et de l'argent pris aux Prussiens en Saxe. La prise de Troppau par le général Ville coûte peu de vies, les Bavarois n'y perdant que sept à huit hommes. À Dantzig, Marienwerder est occupée par les Russes le 21 février, et les magistrats prêtent serment à l'impératrice de Russie. Le district d'Elbing fournit des vivres à l'armée russe. Le général Fermer prépare des quartiers pour des régiments d'infanterie et de cavalerie dans plusieurs villes. Les troupes russes, totalisant plus de soixante mille hommes, avancent vers la Vistule. Un détachement de hussards russes inquiète Dantzig, mais le général Fermer rassure les habitants en affirmant que les Russes n'ont pas l'intention d'occuper la ville. À Vienne, l'impératrice-reine ordonne la levée d'un nouveau régiment d'artillerie de campagne avec une paie plus élevée. Le général Buchow reçoit le régiment de cuirassiers vacant. Le prince de Brunswick-Bevern, libéré par l'impératrice-reine, lui rend visite pour exprimer sa reconnaissance. À Dresde, le roi de Prusse exige 5 000 recrues de l'Électorat, dont 135 de Dresde. Des gardes polonais détenus à Magdebourg sont incorporés dans des régiments prussiens. Le maréchal Keith avance dans le Voigtland avec une partie de son corps. À Leipzig, les décrets du Directoire de Torgau épuisent l'Électorat. Le maréchal Keith reçoit l'ordre de lever 500 000 écus à Dresde, ciblant particulièrement les catholiques et les fonctionnaires. Les exactions prussiennes sont justifiées par des représailles pour les ravages subis. À Ratisbonne, les lettres du Duché de Mecklenbourg rapportent des demandes excessives et des ordres violents du maréchal de Lehwald, incluant la livraison de chevaux, de recrues et de contributions en argent.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14814
p. 184-196
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
M. l'Abbé d'Agoult, Chanoine & nouveau Doyen de l'Eglise de Paris, [...]
Mots clefs :
Cérémonies, Famille royale, Église, Parlement, Déclaration du roi, Fêtes religieuses, Siège de Minden, Armée, Lieutenant, Mouvements des troupes, Ennemis, Duc, Comte, Audience du roi, Gendarmerie, Officiers, Nominations, Vaisseaux, Corsaires, Navires anglais, Marchandises
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
M. l'Abbé Agoult , Chanoine & nouveaut
Doyen de l'Eglife de Paris , fut préſenté au Rož
le 17 Mars.
Le 19 , Dimanche des Rameaux , le Roi , ac
compagné de Monfeigneur le Dauphin , de Ma→
dame la Dauphine , de Madame Infante , de Ma
dame , & de Mefdames Victoire , Sophie & Louife
, affifta à la Bénédiction des Palmes . Cette céré
honie fut faite par M. l'Abbé Gergoy , Chapelain
ordinaire de la Chapelle- Mufique , qui préfenta
ane palme à Sa Majefté. Le Roi affifta de même à
la Proceffion & à l'adoration de la Croix. Enfuite
Sa Majesté entendit la grand'Meffe , qui fut aufft
célébrée par M. l'Abbé Gergoy , & chantée par la
Mufique.
La Reine affifta dans fa tribune à l'Office.
Le Roi ayant donné fon agrément à M. le Marquis
de Gefvres pour fon mariage avec Damoifelle
Françoife-Marie du Guefclin , Leurs Majeftés & la
Famille Royale, en fignerent le contrat le 19 Mars.
Le Roi a accordé à M. le Marquis de Gefvres la
furvivance du Gouvernement de l'Ile de France
de la Capitainerie Royale de Montceaux , & dis
Brevet de retenue de cinquante mille écus accor
dé au Duc de Trefmes fon pere.
AVRIL. 1758. 189
Leurs Majeftés & la Famille Royale fignerent
auffi le même jour le contrat de mariage de M.
Hérault de Séchelles , Colonel du Régiment de
Rouergue , avec la Demoiſelle de la Lande-
Magon,
Le jeudi-faint , M. l'Evêque de Dol ayant fait
l'Abfoute , & le Roi ayant entendu le Sermon de
la Cêne du Pere Boule , Religieux Cordelier , Sa
Majefté à lavé les pieds à douze pauvres , & les a
fervis à table. M. le Prince de Condé , Grand-
Maître de la Maiſon du Roi , étoit à la tête des
Maîtres d'Hôtel , & il précédoit le fervice. Les
plats étoient portés par Monfeigneur le Dauphin ,
MM. le Duc d'Orléans , le Prince de Conty , le
Comte de la Marche , le Comte d'Eu , le Duc de
Penthievre , & par les principaux Officiers de Sa
Majefté . Après cette cérémonie , le Roi & la Reine
fe font rendus à la Chapelle , où Leurs Majeftés
ont entendu la grand'Meffe , & ont enfuite affifté
à la Proceffion.
Le Roi a accordé à M. le Marquis de Mont
mort , Major de fes Gardes , l'expectative de Comi
mandeur honoraire de l'Ordre de Saint Louis . Sa
Majefté lui a donné , en attendant , la permiffion
d'en porter les honneurs.
Quatre Bataillons des Gardes Françoiſes font
partis d'ici les 9, 11 , 13 & 15 de Mars pour Saint.
Omer , où ils doivent être rendus en dix jours , &
deux Bataillons des Gardes Suiffes le font mis en
marche le 9 & le 11 pour la ville d'Aire , où ils
ont dû être rendus dans le même eſpace de
temps.
Le Parlement a enrégiftré le ro de Mars deux
nouvelles Déclarations du Roi : la premiere , por
tant Réglement fur la diftribution & le jugement
des procès ou inftances qui étoient pendans dans
186 MERCURE DE FRANCE:
:
les quatrieme & cinquieme Chambres des Enquée
tes du Parlement de Paris , lors de la fuppreffion
d'icelles la feconde , concernant le rembourfement
de foixante Offices de Confeillers Laïcs , de
quatre Offices de Confeillers - Clercs , & d'une
Commiffion des Requêtes du Palais , vacans ou
fupprimés en exécution de l'Edit du mois de Décembre
1756.
La difette exceffive des fourrages a déterminé
M. le Comte de Clermont à paffer le Wefer, pour
fe porter fur Paderbon , & ce Prince s'eft mis en
marche le 17 de Mars.
Le 23 , la Reine entendit le Sermon de la
Cêne de M. l'Abbé d'Eſpiard , Chanoine de la
Métropole de Befançon , & Confeiller Clerc au
Parlement de la même Ville. M. l'Evêque de Dol
fit enfuite l'Abfoute , après laquelle Sa Majefté
lava les pieds à douze pauvres filles & les fervit à
table .M. le Marquis de Chalmazel , premier Maî
tre d'Hôtel de la Reine , précédoit le ſervice , dont
les plats étoient portés par Madame la Dauphine ,
Madame Infante , Madame , Madame Sophie ,
Madame la Princeffe de Condé , les Dames du Palais
, & plufieurs autres Dames de la Cour .
LeursMajeftés & la Famille Royale ſe rendirent
le même jour für les dix heures du ſoir à la Chapelle
du Château , & firent leurs prieres devant
'Autel où le Saint Sacrement étoit en dépôt.
Le 24 , jour du vendredi - faint , le Roi & la
Reine , accompagnés de Monfeigneur le Dauphin
, Madame la Dauphine , Madame Infante ;
Madame , & de Mefdames Victoire , Sophie &
Louife , entendirent le fermon de la paffion du
Pere Chapelain , Jéfaite .
Le 26 , Fête de Pâques , le Roi , la Reine &
la Famille Royale , entendirent la grande Meffe
AVRIL. 1758. 187
célébrée pontificalement par M. l'Evêque de Dol';
& chantée par la mufique.
Le 28 , le Roi , la Reine & la Famille Royale
fignerent le contrat de mariage de M. le Marquis
de Damas- Dantlezy avec Demoifelle Tillieres , &
celui de M. de Lamoignon de Baville , avec la
Demoiſelle Berryer .
Le même jour , le Roi tint le Sceau
vingt-fixieme fois.
pour la
Sa Majesté a donné le Régiment de la Couronne
, vacant par la démiffion du Comte de Pólaftron
, au Comte de Montbarey , Colonel dans le
Régiment des Grenadiers de France , & la place
de Colonel dans le même Régiment , à M. le Mar
quis de Montefquiou , Capitaine dans le Régiment
du Roi , Cavalerie.
Voici le détail qu'on a reçu du fiége de Minden
Le 4 du mois de Mars , l'armée Hanovrienne
déboucha des bois de Thaudozen & y campa le
lendemain 5.Le Prince Héréditaire de Brunſwick
& M. Dauberg , Lieutenant- Colonel , chargés du
fiége , envoyerent fommer M. le Marquis de Morangies
, Lieutenant - Général des Armées du Roi ,
qui commandoit dans Minden , de ſe rendre , en
lui offrant la capitulation qu'il pourroit défirer ..
M. le Marquis de Morangies refufa toute propofition
, & répondit qu'il vouloit fe défendre. Le
même jour , la place fut inveftie par toute l'armée.
Le 6 , le Prince Ferdinand de Brunſwick s'empara
des gorges en avant de Minden , & établit fon
Quartier Général à Hill . La nuit du 6 au 7 , Pennemi
ouvrit la tranchée devant la place hors de la
portée du canon , & dans la nuit du 7 il perfectionna
la premiere parallele. Le 8 , M. le Marquis
de Morangies ordonna une fortie de so Volontaires
d'Infanterie & de sa Volontaires de Hay
188 MERCURE DE FRANCE.
nault à cheval , pour aller enlever dans les Villa
ges voisins , où l'ennemi avoit des poftes de ca
valerie , des moutons , des boeufs , des , vaches &
d'autres provifions ; ce qui fut exécuté fans peine ,
parce que les ennemis fe retirerent à l'approche
du détachement qu'ils crurent plus nombreux:
ainfi le convoi entra dans la place fans aucun inconvénient.
Le 9 , les affiégeans poufferent deux
zigzags en avant dans la premiere parallele. Le
10 , ils formerent la feconde parallele & acheverent
d'embraffer le front de l'attaque. Le même
jour , M. le Marquis de Morangies ordonna une
fortie de 100 hommes , pour faire entrer du bois
dans la place , dont la garnifon paffoit toutes les
nuits au bivouac , ainfi que pour reconnoître en
même temps les travaux des ennemis & les tâter.
Le feu fut affez vif de part & d'autre ; on leur tua
10 à 12 hommes , & les deux objets furent remplis.
Le 11 , les ennemis poufferent deux zigzags
en avant de la feconde parallele , & ils établirent
deux batteries de trois pieces de canon chacune ,
qui tirerent avec fi peu de fuccès , qu'ils firent
ceffer. Dans l'après-midi du même jour , ils éta
blirent une autre batterie de trois pieces de canon
qui tira fur la place : cette batterie fut bientôt
éteinte par le feu fupérieur de notre artillerie . Lé
12 , les ennemis établirent cinq batteries de fix
pieces de canon de 17 & de 33 , & une batterie
de fix mortiers , qui jettoient des bombes de huit
pouces. Toutes ces batteries furent en état de tirer
Le matin , à la réſerve d'une feule qu'ils ne démaf
querent point : quelques maifons du rempart furent
endommagées ; cependant leur feu n'eut pas.
un grand fuccès , parce qu'on leur oppofa un feu
d'artillerie qui les incommoda beaucoup . Le mê
me jour , on commanda cinq Compagnies de Gre↓
AVRIL. 1758. 189
nadiers & cinquante Volontaires , pour faire une
fortie & pour attaquer la tranchée. L'ennemi fa
trouva partout en force , parce que précisément
alors on relevoit la tranchée. Le 13 , les ennemis
firent la troisieme parallele & rapprocherent leurs
batteries à so toifes de la contrefcarpe ; ils firent
pendant toute la journée un feu terrible , & ils jetterent
une fi prodigieufe quantité de bombes dans
la Ville , qu'ils y mirent feu . Le foir , nos batte
ries fe trouverent en mauvais ordre & la poudre
manqua. Dans cette extrêmité , les Commandans
des Corps s'affemblerent chez M. le Marquis de
Morangies , où il fut conclu de rendre la place.
Pat la capitulation , qui fut fignée le 14 , la Garni
fon a été faite prifonniere de guerre.
M. le Duc de Broglie a évacué Caffel , & il s'eft
mis en marche le 23 avec toutes les Troupes qui
fent fous les ordres , pour joindre l'armée de M.
le Comte de Clermont. Il n'y a aucun Corps ennemi
à portée de s'opposer à cette jonction.
Le onzième tirage de la premiere Loterie
Royale , fe fit le 16 du mois dernier & les jours
faivans. Le principal lot eft échu au numero 376393
le fecond lot au numero 27416 , & la prime de
20000 livres au numero 19214.
Le Roi , la Reine , & la Famille Royale fignerent
le 2 d'Avril , le contrat de mariage de M.
le Marquis de Chauvelin , Lieutenant- Général
des Armées de Sa Majefté , & fon Ambaffadeur
auprès du Roi de Sardaigne , avec la Demoiſelle
Mazade d'Argeville , & celui de M. le Marquis
d'Avarey , avec Angélique- Adélaïde Sophie de
Mailly-de Rubempre.
Le trois Avril , le Duc d'Aumont , Premier
Gentilhomme de la Chambre , & la Ducheffe de
Luynes , Dame d'Honneur de la Reine , tinrent
190 MERCURE DE FRANCE.
au nom du Roi & de la Reine fur les fonts de Bap
tême , à la Paroiffe du Château , l'enfant du fieur
Chatelain , Contrôleur ordinaire de la Bouche du
Roi.
Le cinq , le Baron de Lichtenſtein , Miniſ
tre Plénipotentiaire du Duc de Saxe-Gotha , eur
une audience particuliére du Roi , dans laquelle il
préfenta à Sa Majefté ſes Lettres de rappel. Il fut
conduit à cette audience , ainſi qu'à celles de la
Reine , de Monfeigneur le Dauphin , de Madame
la Dauphine , de Monfeigneur le Duc de Bourgo
gne , de Monſeigneur le Duc de Berry , de Monfeigneur
le Comte de Provence , de Madame Infante
, de Madame , & de Meſdames Victoire , So.
phie & Louife , par le fieur Dufort , Introducteur
des Ambaffadeurs.
Le même jour , M. l'Evêque d'Orleans prêta ferment
entre les mains du Roi , pour l'Evêché de
Condom ; & M. l'Evêque de Digne , pour l'Evê,
ché d'Orleans.
Suivant la difpofition faite par le Roi des emplois
de la Gendarmerie , la Soulieutenance des
Gendarmes de Flandres eſt donnée à M. le Cointe
de Saint-Chamans, premier Cornette ; la premiere
Cornette des Chevaux- Légers de Bourgogne, à M.
le Baron de Breteuil , Guidon ; le Guidon des Gendarmes
d'Orléans , à M. le Comte de Noé , Capitaine
dans le Régiment de Cavalerie de Viefville ;
la Soulieutenance des Chevaux- Légers d'Orléans ,
à M. le Comte de Fougieres , Enſeigne ; l'Enfeigne
des Gendarmes d'Orléans , à M. le Comte de
Choifeul-Savigny , fecond Cornette ; la feconde
Cornette des Chevaux - Légers de la Reine , à M.
de Marquis de Crenolles , Lieutenant dans le Régiment
d'Infanterie du Roi,; .la Compagnie des
Chevaux-Légers de Bourgogne , à M. le Comte
A VRIL. 1758. 191
Herbouville , Soulieutenant ; la Soulieutenance
des Gendarmes d'Aquitaine , à M. le Comte de Cuf
tines de Guermnage, Enfeigne; l'Enſeigne des Gendarmes
de Flandres , à M.le Comte de Roncé fecond
Cornette; la feconde Cornette des Chevaux - Légers
d'Orléans , à M. le Baron de Choiſeul- Buffiere
Lieutenant dans le Régiment du Roi , Infanterie ;
le Guidon des Gendarmes Ecoffois , à M. le Comte
de Saiffeval , Guidon des Gendarmes de Berry ;
le Guidon des Gendarmes de Berry , à M. le Mar
quis le Veneur , Moufquetaire ; le Guidon des
Gendarmes Bourguignons , à M. le Marquis de
Valençay , Capitaine dans le Régiment du Commiffaire
Général de la Cavalerie ; la Soulieute
nance des Gendarmes Bourguignons , à M. le
Marquis de Carvoifin d'Achy , Enſeigne ; l'Enfeigne
des Gendarmes Dauphins , à M. le Comte
de Caftellane , fecond Cornette ; l'Enfeigne des
Gendarmes de Bourgogne , à M. le Marquis de
Seran , Guidon ; le Guidon des Gendarmes Dauphins
, à M. le Comte Dauvet , Aide- Major dans
le Régiment des Gardes Françoifes ; la feconde
Cornette des Chevaux- Légers d'Aquitaine , à M.
le Marquis de Lambertie , Moufquetaire , & le.
Guidon des Gendarmes de Flandres , à M. le Mar
quis d'Houdetot , Lieutenant en fecond dans le
Régiment du Roi , Infanterie.
Sa Majesté vient d'accorder des Croix de Saint
Louis & différentes graces aux Officiers qui ſe font
diftingués à l'attaque du pont de Weiffenfels , fous
les ordres de M. le Marquis de Crillon . Les Gre
nadiers des deux Compagnies du Régiment de
Saint Chamond , qui dans cette action ont mar
qué beaucoup de valeur , ont auffi reçu du Roi
chacun une gratification.
Le Roi a nommé Brigadier d'Infanterie M. de
2192 MERCURE DE FRANCE.
Buffy , qui , depuis fept ans , commande en chef
les Troupes Françoifes dans le Dekan aux Indes
Occidentales.
L'Armée du Comte de Clermont eſt arrivée à
Wezel , fans avoir été inquiétée dans fa marche.
Les Troupes qui étoient dans Caffel & dans le
pays de Hefle , font actuellement à Duffeldorp ,
Capitale du Duché de Bergues , & dans les environs
de cette Ville . Elles s'y font rendues , fans
rencontrer le moindre obſtacle de la part des ennemis.
La nuit du 3 Mars au premier Avril , M. le
Comte de Clermont fut attaqué d'une violente &
douloureuſe efquinancie , qui a mis ſa vie en danger.
Il a été faigné trois fois dans le même jour ,
& on a employé fi à propos les remedes convenables
, que la fanté de ce Prince eft parfaitement
Tétablie.
Les Gazettes d'Angleterre font monter le nombre
des vaiffeaux que les François leur ont pris ,
depuis le 29 Octobre 1757 , juſqu'au 10 Janvier
dernier , à cent cinquante-deux , non compris
plufieurs autres bâtimens , comme chaloupes &
Bateaux de Pêcheurs , & le nombre des vailleaux
François pris par les Anglois , pendant le même
temps , à cent navires. Ainfi , felon eux , nos prifes
excedent les leurs d'environ foixante vaiffeaux.
Le Capitaine Guitton , commandant le Corfaire
le Don de Dieu , de Calais , a rançonné pour
125 guinées deux bâteaux Anglois dont il s'étoit
emparé!
Le Corfaire le Machault , de Granville , a pris
& conduit à Saint- Malo le Navire Anglois le Sa-
Pisbary , de Liverpool, qui alloit à la côte de
Guinée avec une cargaifon d'eau - de- vie , de fer ,
de poudre de guerre , de fufils , de pistolets de
toiles
AVRIL. 1758. 193
toiles peintes , & autres marchandifes propres
pour la traite des Negres.
Le même Corfaire s'eft rendu maître des Navites
Anglois le Recovry & l'Europe , & il les a rançonnés
pour 19 mille livres.
Le Capitaine le Tourneur , commandant le
Mefny , autre Corſaire du même port , y a conduit
un Bateau Anglois chargé de vin de Florence ,
d'huile d'olive & de raiſins .
Le Navire Anglois le Samuel , de 300 tonneaux ,
allant de Saint - Chriftophe à Londres , avec un
chargement compofé de 366 boucaurs de fucre ,
& de 10 bottes de vin de Madere , a été pris par
le Capitaine le Roi , commandant.le Corfaire le
Comte de Langeron de Saint- Malo , où il a été
conduit.
Le Navire Anglois le Laurier, pris par le Cor
faire la Revanche de Dunkerque , a été conduit
dans le port d'Abreuvaç en Bretagne. Il eſt chargé
de tabac , de favon & d'autres marchandiſes.
Les Frégates du Roi , la Calypfo & l'Eclair , ſe
font emparés du Corfaire Anglois le Tartare , de
Briftol , armé de 12 canons , 10 pierriers , 71
hommes d'équipage , & elles l'ont conduit dans
la rade de l'ile Daix.
Le Corfaire la Comteffe de la Serre , de Dunkerque
, y a conduit le Navire Anglois lá Lady-
Liveſtown , de 60 tonneaux , chargé de vin , d'eaude-
vie & de graine de lin.
Le Senaw Anglois la Providence , de 120 tonneaux
, ayant pour cargaifon 8 à 10 barriques
d'eau- de-vie , go barriqués de vieux fer , 7 balles
de lin , & 30 petits barrils de falpêtre , a été pris
par le Corfaire le Moiffonneur , de Calais.
Deux autres Corfaires de ce port , appellés ;
P'un le Don de Dieu , l'autre le Bart, ont remis à
11. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
Dunkerque les ôtages qu'ils ont pris , pour affu
rer le paiement de quatre rançons montant enfemble
à 375 guinées .
Le Navire Anglois les Amis , de 200 tonneaux ,
chargé de farine , de biere , & d'autres vivres &
marchandifes deftinées pour Gibraltar , a été pris
par le Corfaire la Revanche , de Dunkerque , qui
l'a fait conduire au Havre.
Le Corfaire la Bellone , de Saint - Malo , a pris
& conduit à Cherbourg le Navire Anglois le Butterfly
, de 70 tonneaux , chargé de 130 futailles
de vin de Madere .
Il est arrivé à Saint -Malo deux prifes faites par
le Corfaire l'Augufte , de ce port : l'une eft le Senaw
l'Anne , de 120 tonneaux , chargé de riz ,
d'indigo & de bois d'Acajou ; l'autre eft le Sloup
l'Endeavour , de so tonneaux , allant de Briſtol
à la nouvelle Angleterre , avec un chargement de
vivres & d'autres denrées , deſtinés pour cette Colonie.
Le Capitaine Naguille , commandant le Corfaire
le Labourt , de Saint- Jean-de-Luz , a pris &
conduit à Bayonne le Navire Anglois la Liffe , de
Liverpool , ayant pour cargaison 296 boucauts de
fucre , 12 barriques de taffia , 10 barriques d'indigo
, 10 barriques de café , &c. & un autre bâtiment
chargé de goudron.
Le Chevalier Barrot , autre Corſaire de Bayonne
, a conduit à Saint-Sébaſtien un Navire Anglois
chargé de 450 barrils de riz & de quelques pelleteries.
1 I
On écrit du Havre de Grace , que le Corſaire
la Comteffe de Filtz-James , de 30 canons , a relâché
à Granville , après s'être longtemps battu
contre un Vaiffeau de guerre ennemi de o cas
Aons , qui n'a pu s'en rendre maître.
AVRIL. 1758. 195
eLe Capitaine Robert , commandant le Corfairela
Comtelle de la Serre , de Dunkerque , y a fait
conduire un Bâtiment , dont la cargaifon compofée
d'indigo , de fucre , de café & d'autres marchandiſes
, eft eftimée plus de trois cents mille
livres.
Le Navire Anglois la Prospérité , de Dublin , a
été pris par le Corfaire la Marquise de Mazelet ,
de Boulogne , qui l'a rançonné pour fept mille
deux cents livres.
Le Comte de Valence , autre Corſaire du même
port , a pris & conduit à Cherbourg un Bâtiment
Anglois chargé de laine , de fer , de taffia , & de
quelques barriques de fucre.
Il est arrivé à Saint- Malo un Corfaire Anglois
appellé la Défiance , de Jerzey, armé de 6 canons ,
6 pierriers & 74 hommes d'équipages : c'eft le
Corfaire la Bellone , de ce port , qui s'en eft rendu
maître.
On mande de Bayonne , que les Capitaines
Guillaume Lavernis & Pierre-Denis Labat , commandant
les Corfaires l'Aurore & le Chevalier
Barrau , de ce port , y ont fait conduire , l'un
le Navire Anglois le Guillaume , dont la cargaifon
confifte en huile de poiffon & en merrains ;
Pautre , un Bâtiment appellé le Tom , de Philadelphie
, chargé de riz.
1.
Le Capitaine de Laire , commandant le Corfaire
la Marquife de Nazelle , de Boulogne , s'eft
emparé des Bateaux Anglois le Moineau & la Bonne-
Amie, & il les a rançonnés , l'un pour so ,
l'autre pour 60 livres fterlings.
Les Corfaires le Comte de Valence & le Comte
d'Ayen , de Boulogne , ont fait conduire à Cherbourg
un petit Navire Anglois chargé de bled.
Le Navire Anglois la Providence , de Bristol ,
I ij
196 , MERCURE DE FRANCE.
armné de 8 canons , & ayant pour chargement 210
boucauts de fucre blanc , 20 tonneaux de gingem
bre , & 200 dents d'éléphant , a été pris par le
Corfaire le Macbault, de Grandville , & conduit
à Morlaix. 2
Le Capitaine Deftouches , commandant le Mara
quis de Marigny , autre Corfaire de Granville , a
rançonné pour 17000 livres un Navire Anglois
dont il s'étoit emparé.
Le Corfaire le Moras , de S. Malo , s'eft rendu
maître du Navire Anglois le Bafton , de 199 100-
neaux , dont la cargaison confifte en 1400 barrils
de goudron , so barrils de brai , & quelques doug
velles .
On mande de Bayonne qu'il y eft arrivé un Nad
vire Anglois appellé le Pemberton , de 450 ton
neaux , armé de 18 canons & de 4s hommes d'é
quipage , dont le Corfaire le Machault , de ce
Port , s'eft rendu maître .
M. l'Abbé Agoult , Chanoine & nouveaut
Doyen de l'Eglife de Paris , fut préſenté au Rož
le 17 Mars.
Le 19 , Dimanche des Rameaux , le Roi , ac
compagné de Monfeigneur le Dauphin , de Ma→
dame la Dauphine , de Madame Infante , de Ma
dame , & de Mefdames Victoire , Sophie & Louife
, affifta à la Bénédiction des Palmes . Cette céré
honie fut faite par M. l'Abbé Gergoy , Chapelain
ordinaire de la Chapelle- Mufique , qui préfenta
ane palme à Sa Majefté. Le Roi affifta de même à
la Proceffion & à l'adoration de la Croix. Enfuite
Sa Majesté entendit la grand'Meffe , qui fut aufft
célébrée par M. l'Abbé Gergoy , & chantée par la
Mufique.
La Reine affifta dans fa tribune à l'Office.
Le Roi ayant donné fon agrément à M. le Marquis
de Gefvres pour fon mariage avec Damoifelle
Françoife-Marie du Guefclin , Leurs Majeftés & la
Famille Royale, en fignerent le contrat le 19 Mars.
Le Roi a accordé à M. le Marquis de Gefvres la
furvivance du Gouvernement de l'Ile de France
de la Capitainerie Royale de Montceaux , & dis
Brevet de retenue de cinquante mille écus accor
dé au Duc de Trefmes fon pere.
AVRIL. 1758. 189
Leurs Majeftés & la Famille Royale fignerent
auffi le même jour le contrat de mariage de M.
Hérault de Séchelles , Colonel du Régiment de
Rouergue , avec la Demoiſelle de la Lande-
Magon,
Le jeudi-faint , M. l'Evêque de Dol ayant fait
l'Abfoute , & le Roi ayant entendu le Sermon de
la Cêne du Pere Boule , Religieux Cordelier , Sa
Majefté à lavé les pieds à douze pauvres , & les a
fervis à table. M. le Prince de Condé , Grand-
Maître de la Maiſon du Roi , étoit à la tête des
Maîtres d'Hôtel , & il précédoit le fervice. Les
plats étoient portés par Monfeigneur le Dauphin ,
MM. le Duc d'Orléans , le Prince de Conty , le
Comte de la Marche , le Comte d'Eu , le Duc de
Penthievre , & par les principaux Officiers de Sa
Majefté . Après cette cérémonie , le Roi & la Reine
fe font rendus à la Chapelle , où Leurs Majeftés
ont entendu la grand'Meffe , & ont enfuite affifté
à la Proceffion.
Le Roi a accordé à M. le Marquis de Mont
mort , Major de fes Gardes , l'expectative de Comi
mandeur honoraire de l'Ordre de Saint Louis . Sa
Majefté lui a donné , en attendant , la permiffion
d'en porter les honneurs.
Quatre Bataillons des Gardes Françoiſes font
partis d'ici les 9, 11 , 13 & 15 de Mars pour Saint.
Omer , où ils doivent être rendus en dix jours , &
deux Bataillons des Gardes Suiffes le font mis en
marche le 9 & le 11 pour la ville d'Aire , où ils
ont dû être rendus dans le même eſpace de
temps.
Le Parlement a enrégiftré le ro de Mars deux
nouvelles Déclarations du Roi : la premiere , por
tant Réglement fur la diftribution & le jugement
des procès ou inftances qui étoient pendans dans
186 MERCURE DE FRANCE:
:
les quatrieme & cinquieme Chambres des Enquée
tes du Parlement de Paris , lors de la fuppreffion
d'icelles la feconde , concernant le rembourfement
de foixante Offices de Confeillers Laïcs , de
quatre Offices de Confeillers - Clercs , & d'une
Commiffion des Requêtes du Palais , vacans ou
fupprimés en exécution de l'Edit du mois de Décembre
1756.
La difette exceffive des fourrages a déterminé
M. le Comte de Clermont à paffer le Wefer, pour
fe porter fur Paderbon , & ce Prince s'eft mis en
marche le 17 de Mars.
Le 23 , la Reine entendit le Sermon de la
Cêne de M. l'Abbé d'Eſpiard , Chanoine de la
Métropole de Befançon , & Confeiller Clerc au
Parlement de la même Ville. M. l'Evêque de Dol
fit enfuite l'Abfoute , après laquelle Sa Majefté
lava les pieds à douze pauvres filles & les fervit à
table .M. le Marquis de Chalmazel , premier Maî
tre d'Hôtel de la Reine , précédoit le ſervice , dont
les plats étoient portés par Madame la Dauphine ,
Madame Infante , Madame , Madame Sophie ,
Madame la Princeffe de Condé , les Dames du Palais
, & plufieurs autres Dames de la Cour .
LeursMajeftés & la Famille Royale ſe rendirent
le même jour für les dix heures du ſoir à la Chapelle
du Château , & firent leurs prieres devant
'Autel où le Saint Sacrement étoit en dépôt.
Le 24 , jour du vendredi - faint , le Roi & la
Reine , accompagnés de Monfeigneur le Dauphin
, Madame la Dauphine , Madame Infante ;
Madame , & de Mefdames Victoire , Sophie &
Louife , entendirent le fermon de la paffion du
Pere Chapelain , Jéfaite .
Le 26 , Fête de Pâques , le Roi , la Reine &
la Famille Royale , entendirent la grande Meffe
AVRIL. 1758. 187
célébrée pontificalement par M. l'Evêque de Dol';
& chantée par la mufique.
Le 28 , le Roi , la Reine & la Famille Royale
fignerent le contrat de mariage de M. le Marquis
de Damas- Dantlezy avec Demoifelle Tillieres , &
celui de M. de Lamoignon de Baville , avec la
Demoiſelle Berryer .
Le même jour , le Roi tint le Sceau
vingt-fixieme fois.
pour la
Sa Majesté a donné le Régiment de la Couronne
, vacant par la démiffion du Comte de Pólaftron
, au Comte de Montbarey , Colonel dans le
Régiment des Grenadiers de France , & la place
de Colonel dans le même Régiment , à M. le Mar
quis de Montefquiou , Capitaine dans le Régiment
du Roi , Cavalerie.
Voici le détail qu'on a reçu du fiége de Minden
Le 4 du mois de Mars , l'armée Hanovrienne
déboucha des bois de Thaudozen & y campa le
lendemain 5.Le Prince Héréditaire de Brunſwick
& M. Dauberg , Lieutenant- Colonel , chargés du
fiége , envoyerent fommer M. le Marquis de Morangies
, Lieutenant - Général des Armées du Roi ,
qui commandoit dans Minden , de ſe rendre , en
lui offrant la capitulation qu'il pourroit défirer ..
M. le Marquis de Morangies refufa toute propofition
, & répondit qu'il vouloit fe défendre. Le
même jour , la place fut inveftie par toute l'armée.
Le 6 , le Prince Ferdinand de Brunſwick s'empara
des gorges en avant de Minden , & établit fon
Quartier Général à Hill . La nuit du 6 au 7 , Pennemi
ouvrit la tranchée devant la place hors de la
portée du canon , & dans la nuit du 7 il perfectionna
la premiere parallele. Le 8 , M. le Marquis
de Morangies ordonna une fortie de so Volontaires
d'Infanterie & de sa Volontaires de Hay
188 MERCURE DE FRANCE.
nault à cheval , pour aller enlever dans les Villa
ges voisins , où l'ennemi avoit des poftes de ca
valerie , des moutons , des boeufs , des , vaches &
d'autres provifions ; ce qui fut exécuté fans peine ,
parce que les ennemis fe retirerent à l'approche
du détachement qu'ils crurent plus nombreux:
ainfi le convoi entra dans la place fans aucun inconvénient.
Le 9 , les affiégeans poufferent deux
zigzags en avant dans la premiere parallele. Le
10 , ils formerent la feconde parallele & acheverent
d'embraffer le front de l'attaque. Le même
jour , M. le Marquis de Morangies ordonna une
fortie de 100 hommes , pour faire entrer du bois
dans la place , dont la garnifon paffoit toutes les
nuits au bivouac , ainfi que pour reconnoître en
même temps les travaux des ennemis & les tâter.
Le feu fut affez vif de part & d'autre ; on leur tua
10 à 12 hommes , & les deux objets furent remplis.
Le 11 , les ennemis poufferent deux zigzags
en avant de la feconde parallele , & ils établirent
deux batteries de trois pieces de canon chacune ,
qui tirerent avec fi peu de fuccès , qu'ils firent
ceffer. Dans l'après-midi du même jour , ils éta
blirent une autre batterie de trois pieces de canon
qui tira fur la place : cette batterie fut bientôt
éteinte par le feu fupérieur de notre artillerie . Lé
12 , les ennemis établirent cinq batteries de fix
pieces de canon de 17 & de 33 , & une batterie
de fix mortiers , qui jettoient des bombes de huit
pouces. Toutes ces batteries furent en état de tirer
Le matin , à la réſerve d'une feule qu'ils ne démaf
querent point : quelques maifons du rempart furent
endommagées ; cependant leur feu n'eut pas.
un grand fuccès , parce qu'on leur oppofa un feu
d'artillerie qui les incommoda beaucoup . Le mê
me jour , on commanda cinq Compagnies de Gre↓
AVRIL. 1758. 189
nadiers & cinquante Volontaires , pour faire une
fortie & pour attaquer la tranchée. L'ennemi fa
trouva partout en force , parce que précisément
alors on relevoit la tranchée. Le 13 , les ennemis
firent la troisieme parallele & rapprocherent leurs
batteries à so toifes de la contrefcarpe ; ils firent
pendant toute la journée un feu terrible , & ils jetterent
une fi prodigieufe quantité de bombes dans
la Ville , qu'ils y mirent feu . Le foir , nos batte
ries fe trouverent en mauvais ordre & la poudre
manqua. Dans cette extrêmité , les Commandans
des Corps s'affemblerent chez M. le Marquis de
Morangies , où il fut conclu de rendre la place.
Pat la capitulation , qui fut fignée le 14 , la Garni
fon a été faite prifonniere de guerre.
M. le Duc de Broglie a évacué Caffel , & il s'eft
mis en marche le 23 avec toutes les Troupes qui
fent fous les ordres , pour joindre l'armée de M.
le Comte de Clermont. Il n'y a aucun Corps ennemi
à portée de s'opposer à cette jonction.
Le onzième tirage de la premiere Loterie
Royale , fe fit le 16 du mois dernier & les jours
faivans. Le principal lot eft échu au numero 376393
le fecond lot au numero 27416 , & la prime de
20000 livres au numero 19214.
Le Roi , la Reine , & la Famille Royale fignerent
le 2 d'Avril , le contrat de mariage de M.
le Marquis de Chauvelin , Lieutenant- Général
des Armées de Sa Majefté , & fon Ambaffadeur
auprès du Roi de Sardaigne , avec la Demoiſelle
Mazade d'Argeville , & celui de M. le Marquis
d'Avarey , avec Angélique- Adélaïde Sophie de
Mailly-de Rubempre.
Le trois Avril , le Duc d'Aumont , Premier
Gentilhomme de la Chambre , & la Ducheffe de
Luynes , Dame d'Honneur de la Reine , tinrent
190 MERCURE DE FRANCE.
au nom du Roi & de la Reine fur les fonts de Bap
tême , à la Paroiffe du Château , l'enfant du fieur
Chatelain , Contrôleur ordinaire de la Bouche du
Roi.
Le cinq , le Baron de Lichtenſtein , Miniſ
tre Plénipotentiaire du Duc de Saxe-Gotha , eur
une audience particuliére du Roi , dans laquelle il
préfenta à Sa Majefté ſes Lettres de rappel. Il fut
conduit à cette audience , ainſi qu'à celles de la
Reine , de Monfeigneur le Dauphin , de Madame
la Dauphine , de Monfeigneur le Duc de Bourgo
gne , de Monſeigneur le Duc de Berry , de Monfeigneur
le Comte de Provence , de Madame Infante
, de Madame , & de Meſdames Victoire , So.
phie & Louife , par le fieur Dufort , Introducteur
des Ambaffadeurs.
Le même jour , M. l'Evêque d'Orleans prêta ferment
entre les mains du Roi , pour l'Evêché de
Condom ; & M. l'Evêque de Digne , pour l'Evê,
ché d'Orleans.
Suivant la difpofition faite par le Roi des emplois
de la Gendarmerie , la Soulieutenance des
Gendarmes de Flandres eſt donnée à M. le Cointe
de Saint-Chamans, premier Cornette ; la premiere
Cornette des Chevaux- Légers de Bourgogne, à M.
le Baron de Breteuil , Guidon ; le Guidon des Gendarmes
d'Orléans , à M. le Comte de Noé , Capitaine
dans le Régiment de Cavalerie de Viefville ;
la Soulieutenance des Chevaux- Légers d'Orléans ,
à M. le Comte de Fougieres , Enſeigne ; l'Enfeigne
des Gendarmes d'Orléans , à M. le Comte de
Choifeul-Savigny , fecond Cornette ; la feconde
Cornette des Chevaux - Légers de la Reine , à M.
de Marquis de Crenolles , Lieutenant dans le Régiment
d'Infanterie du Roi,; .la Compagnie des
Chevaux-Légers de Bourgogne , à M. le Comte
A VRIL. 1758. 191
Herbouville , Soulieutenant ; la Soulieutenance
des Gendarmes d'Aquitaine , à M. le Comte de Cuf
tines de Guermnage, Enfeigne; l'Enſeigne des Gendarmes
de Flandres , à M.le Comte de Roncé fecond
Cornette; la feconde Cornette des Chevaux - Légers
d'Orléans , à M. le Baron de Choiſeul- Buffiere
Lieutenant dans le Régiment du Roi , Infanterie ;
le Guidon des Gendarmes Ecoffois , à M. le Comte
de Saiffeval , Guidon des Gendarmes de Berry ;
le Guidon des Gendarmes de Berry , à M. le Mar
quis le Veneur , Moufquetaire ; le Guidon des
Gendarmes Bourguignons , à M. le Marquis de
Valençay , Capitaine dans le Régiment du Commiffaire
Général de la Cavalerie ; la Soulieute
nance des Gendarmes Bourguignons , à M. le
Marquis de Carvoifin d'Achy , Enſeigne ; l'Enfeigne
des Gendarmes Dauphins , à M. le Comte
de Caftellane , fecond Cornette ; l'Enfeigne des
Gendarmes de Bourgogne , à M. le Marquis de
Seran , Guidon ; le Guidon des Gendarmes Dauphins
, à M. le Comte Dauvet , Aide- Major dans
le Régiment des Gardes Françoifes ; la feconde
Cornette des Chevaux- Légers d'Aquitaine , à M.
le Marquis de Lambertie , Moufquetaire , & le.
Guidon des Gendarmes de Flandres , à M. le Mar
quis d'Houdetot , Lieutenant en fecond dans le
Régiment du Roi , Infanterie.
Sa Majesté vient d'accorder des Croix de Saint
Louis & différentes graces aux Officiers qui ſe font
diftingués à l'attaque du pont de Weiffenfels , fous
les ordres de M. le Marquis de Crillon . Les Gre
nadiers des deux Compagnies du Régiment de
Saint Chamond , qui dans cette action ont mar
qué beaucoup de valeur , ont auffi reçu du Roi
chacun une gratification.
Le Roi a nommé Brigadier d'Infanterie M. de
2192 MERCURE DE FRANCE.
Buffy , qui , depuis fept ans , commande en chef
les Troupes Françoifes dans le Dekan aux Indes
Occidentales.
L'Armée du Comte de Clermont eſt arrivée à
Wezel , fans avoir été inquiétée dans fa marche.
Les Troupes qui étoient dans Caffel & dans le
pays de Hefle , font actuellement à Duffeldorp ,
Capitale du Duché de Bergues , & dans les environs
de cette Ville . Elles s'y font rendues , fans
rencontrer le moindre obſtacle de la part des ennemis.
La nuit du 3 Mars au premier Avril , M. le
Comte de Clermont fut attaqué d'une violente &
douloureuſe efquinancie , qui a mis ſa vie en danger.
Il a été faigné trois fois dans le même jour ,
& on a employé fi à propos les remedes convenables
, que la fanté de ce Prince eft parfaitement
Tétablie.
Les Gazettes d'Angleterre font monter le nombre
des vaiffeaux que les François leur ont pris ,
depuis le 29 Octobre 1757 , juſqu'au 10 Janvier
dernier , à cent cinquante-deux , non compris
plufieurs autres bâtimens , comme chaloupes &
Bateaux de Pêcheurs , & le nombre des vailleaux
François pris par les Anglois , pendant le même
temps , à cent navires. Ainfi , felon eux , nos prifes
excedent les leurs d'environ foixante vaiffeaux.
Le Capitaine Guitton , commandant le Corfaire
le Don de Dieu , de Calais , a rançonné pour
125 guinées deux bâteaux Anglois dont il s'étoit
emparé!
Le Corfaire le Machault , de Granville , a pris
& conduit à Saint- Malo le Navire Anglois le Sa-
Pisbary , de Liverpool, qui alloit à la côte de
Guinée avec une cargaifon d'eau - de- vie , de fer ,
de poudre de guerre , de fufils , de pistolets de
toiles
AVRIL. 1758. 193
toiles peintes , & autres marchandifes propres
pour la traite des Negres.
Le même Corfaire s'eft rendu maître des Navites
Anglois le Recovry & l'Europe , & il les a rançonnés
pour 19 mille livres.
Le Capitaine le Tourneur , commandant le
Mefny , autre Corſaire du même port , y a conduit
un Bateau Anglois chargé de vin de Florence ,
d'huile d'olive & de raiſins .
Le Navire Anglois le Samuel , de 300 tonneaux ,
allant de Saint - Chriftophe à Londres , avec un
chargement compofé de 366 boucaurs de fucre ,
& de 10 bottes de vin de Madere , a été pris par
le Capitaine le Roi , commandant.le Corfaire le
Comte de Langeron de Saint- Malo , où il a été
conduit.
Le Navire Anglois le Laurier, pris par le Cor
faire la Revanche de Dunkerque , a été conduit
dans le port d'Abreuvaç en Bretagne. Il eſt chargé
de tabac , de favon & d'autres marchandiſes.
Les Frégates du Roi , la Calypfo & l'Eclair , ſe
font emparés du Corfaire Anglois le Tartare , de
Briftol , armé de 12 canons , 10 pierriers , 71
hommes d'équipage , & elles l'ont conduit dans
la rade de l'ile Daix.
Le Corfaire la Comteffe de la Serre , de Dunkerque
, y a conduit le Navire Anglois lá Lady-
Liveſtown , de 60 tonneaux , chargé de vin , d'eaude-
vie & de graine de lin.
Le Senaw Anglois la Providence , de 120 tonneaux
, ayant pour cargaifon 8 à 10 barriques
d'eau- de-vie , go barriqués de vieux fer , 7 balles
de lin , & 30 petits barrils de falpêtre , a été pris
par le Corfaire le Moiffonneur , de Calais.
Deux autres Corfaires de ce port , appellés ;
P'un le Don de Dieu , l'autre le Bart, ont remis à
11. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
Dunkerque les ôtages qu'ils ont pris , pour affu
rer le paiement de quatre rançons montant enfemble
à 375 guinées .
Le Navire Anglois les Amis , de 200 tonneaux ,
chargé de farine , de biere , & d'autres vivres &
marchandifes deftinées pour Gibraltar , a été pris
par le Corfaire la Revanche , de Dunkerque , qui
l'a fait conduire au Havre.
Le Corfaire la Bellone , de Saint - Malo , a pris
& conduit à Cherbourg le Navire Anglois le Butterfly
, de 70 tonneaux , chargé de 130 futailles
de vin de Madere .
Il est arrivé à Saint -Malo deux prifes faites par
le Corfaire l'Augufte , de ce port : l'une eft le Senaw
l'Anne , de 120 tonneaux , chargé de riz ,
d'indigo & de bois d'Acajou ; l'autre eft le Sloup
l'Endeavour , de so tonneaux , allant de Briſtol
à la nouvelle Angleterre , avec un chargement de
vivres & d'autres denrées , deſtinés pour cette Colonie.
Le Capitaine Naguille , commandant le Corfaire
le Labourt , de Saint- Jean-de-Luz , a pris &
conduit à Bayonne le Navire Anglois la Liffe , de
Liverpool , ayant pour cargaison 296 boucauts de
fucre , 12 barriques de taffia , 10 barriques d'indigo
, 10 barriques de café , &c. & un autre bâtiment
chargé de goudron.
Le Chevalier Barrot , autre Corſaire de Bayonne
, a conduit à Saint-Sébaſtien un Navire Anglois
chargé de 450 barrils de riz & de quelques pelleteries.
1 I
On écrit du Havre de Grace , que le Corſaire
la Comteffe de Filtz-James , de 30 canons , a relâché
à Granville , après s'être longtemps battu
contre un Vaiffeau de guerre ennemi de o cas
Aons , qui n'a pu s'en rendre maître.
AVRIL. 1758. 195
eLe Capitaine Robert , commandant le Corfairela
Comtelle de la Serre , de Dunkerque , y a fait
conduire un Bâtiment , dont la cargaifon compofée
d'indigo , de fucre , de café & d'autres marchandiſes
, eft eftimée plus de trois cents mille
livres.
Le Navire Anglois la Prospérité , de Dublin , a
été pris par le Corfaire la Marquise de Mazelet ,
de Boulogne , qui l'a rançonné pour fept mille
deux cents livres.
Le Comte de Valence , autre Corſaire du même
port , a pris & conduit à Cherbourg un Bâtiment
Anglois chargé de laine , de fer , de taffia , & de
quelques barriques de fucre.
Il est arrivé à Saint- Malo un Corfaire Anglois
appellé la Défiance , de Jerzey, armé de 6 canons ,
6 pierriers & 74 hommes d'équipages : c'eft le
Corfaire la Bellone , de ce port , qui s'en eft rendu
maître.
On mande de Bayonne , que les Capitaines
Guillaume Lavernis & Pierre-Denis Labat , commandant
les Corfaires l'Aurore & le Chevalier
Barrau , de ce port , y ont fait conduire , l'un
le Navire Anglois le Guillaume , dont la cargaifon
confifte en huile de poiffon & en merrains ;
Pautre , un Bâtiment appellé le Tom , de Philadelphie
, chargé de riz.
1.
Le Capitaine de Laire , commandant le Corfaire
la Marquife de Nazelle , de Boulogne , s'eft
emparé des Bateaux Anglois le Moineau & la Bonne-
Amie, & il les a rançonnés , l'un pour so ,
l'autre pour 60 livres fterlings.
Les Corfaires le Comte de Valence & le Comte
d'Ayen , de Boulogne , ont fait conduire à Cherbourg
un petit Navire Anglois chargé de bled.
Le Navire Anglois la Providence , de Bristol ,
I ij
196 , MERCURE DE FRANCE.
armné de 8 canons , & ayant pour chargement 210
boucauts de fucre blanc , 20 tonneaux de gingem
bre , & 200 dents d'éléphant , a été pris par le
Corfaire le Macbault, de Grandville , & conduit
à Morlaix. 2
Le Capitaine Deftouches , commandant le Mara
quis de Marigny , autre Corfaire de Granville , a
rançonné pour 17000 livres un Navire Anglois
dont il s'étoit emparé.
Le Corfaire le Moras , de S. Malo , s'eft rendu
maître du Navire Anglois le Bafton , de 199 100-
neaux , dont la cargaison confifte en 1400 barrils
de goudron , so barrils de brai , & quelques doug
velles .
On mande de Bayonne qu'il y eft arrivé un Nad
vire Anglois appellé le Pemberton , de 450 ton
neaux , armé de 18 canons & de 4s hommes d'é
quipage , dont le Corfaire le Machault , de ce
Port , s'eft rendu maître .
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En mars 1758, plusieurs événements significatifs se déroulèrent à la cour de France. Le 17 mars, l'abbé Agoult fut présenté au roi en tant que nouveau doyen de l'église de Paris. Le 19 mars, jour des Rameaux, le roi et la famille royale assistèrent à la bénédiction des palmes et à la grand-messe célébrée par l'abbé Gergoy. Le roi approuva le mariage du marquis de Gesvres avec Françoise-Marie du Guesclin et signa leur contrat de mariage. Il accorda également au marquis de Gesvres la survivance du gouvernement de l'Île-de-France et de la capitainerie royale de Montceaux, ainsi qu'un brevet de retenue de cinquante mille écus au duc de Trémoïlle. Le 18 avril, la famille royale signa le contrat de mariage de M. Hérault de Séchelles avec la demoiselle de la Lande-Magon. Le jeudi saint, le roi lava les pieds de douze pauvres et assista à la grand-messe. Quatre bataillons des Gardes Françaises et deux bataillons des Gardes Suisses furent envoyés en renfort à Saint-Omer et Aire. Le Parlement enregistra deux déclarations royales concernant la distribution des procès et le remboursement d'offices vacants. Le 23 mars, la reine écouta le sermon de la Cène de l'abbé d'Espiard et lava les pieds de douze pauvres filles. Le 24 mars, le roi et la reine assistèrent au sermon de la Passion. Le 26 mars, à Pâques, ils assistèrent à la grand-messe célébrée par l'évêque de Dol. Le 28 mars, ils signèrent les contrats de mariage du marquis de Damas-Dantelzy et de M. de Lamoignon de Baville. Le roi nomma le comte de Montbarey au régiment de la Couronne et le marquis de Montesquiou au régiment des Grenadiers de France. Sur le front militaire, le siège de Minden fut marqué par des échanges intenses entre les forces françaises et hanovriennes. La place fut capitulée le 14 avril. Le duc de Broglie évacua Cassel et rejoignit l'armée du comte de Clermont à Wezel. Diverses nominations et distinctions furent accordées aux officiers pour leurs actions distinguées. Le roi nomma également plusieurs officiers à des postes dans la gendarmerie. Sur le front maritime, les troupes françaises se déplacèrent à Duffeldorp, capitale du Duché de Bergues, sans rencontrer de résistance. Le comte de Clermont fut gravement malade le 3 mars mais fut soigné avec succès. Les gazettes anglaises rapportèrent que les Français avaient capturé 152 vaisseaux britanniques entre le 29 octobre 1757 et le 10 janvier 1758, tandis que les Britanniques en avaient capturé 100. Plusieurs corsaires français réalisèrent des prises notables, notamment le capitaine Guitton qui rançonna deux bateaux anglais pour 125 guinées. Divers corsaires capturèrent des navires britanniques chargés de marchandises variées, telles que de l'eau-de-vie, du fer, des armes, du sucre, du tabac, et des denrées alimentaires. Plusieurs de ces prises furent conduites dans des ports français comme Saint-Malo, Cherbourg, et Bayonne. Les frégates royales françaises capturèrent également un corsaire anglais, le Tartare. Plusieurs corsaires français rançonnèrent ou conduisirent à port des navires anglais, augmentant ainsi les prises françaises.
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14815
p. 196-197
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye du Tréport, Ordre de Saint Benoît, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Ordre, Diocèse, Abbé, Chanoine, Vicaire
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texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS,
Majeſté a donné l'Abbaye du Tréport , Om
dre de Saint Benoît , Dioceſe de Rouen , à M.
Abbé Comte de Lagnafco , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi de Pologne , Electeur de Saxe , à
Rames l'Abbaye de Poultiere , même Ordre ,
Diocefe de Langres , à M. l'Abbé de Saintnom ,
Confeiller au Parlement ; l'Abbaye de Sainte Co
lambe , même Ordre , Diocefe de Seas (fur la démiffion
de M. l'Evêque de Mende ) à M. l'Abbé de
Livry, Evêque in partibus ; l'Abbaye de Saint
Crefpin- le - Grand , même Ordre , Dioceſe de
Soifons , à M. PAbbé d'Héricourt , Confeiller an
Parlement ; l'Abbaye de Lonlay , même Ordre ,
f
AVRIL 1758. 197
Dioceſe du Mans , à M. l'Abbé de Clery-de Serans
, Chanoine de Merz ; l'Abbaye de Quimperlé
, même Ordre , Dioceſe de Quimper , à M.
P'Abbé Berthelot , Inffituteur des Enfans de France
; l'Abbaye de Tirronneau , Ordre de Câteaux ,
Diocefe du Mans ( fur la démiffion de M. l'Evêque
de Mende ) à M. l'Abbé de Saint-Simon ,
Vicaire Général de Touloufe ; l'Abbaye de la
Cafe-Dieu , Ordre de Prémontré, Dioceſe d'Auch,
à M. l'Abbé de Vienne, Chanoine de Notre- Dame ;
PAbbaye de Saint Severin , Ordre de S. Auguf
tin , Diocefe de Poitiers , à M. l'Abbé de la Noue ;
P'Abbaye de Reffons , Ordre de Prémontré ,
Diocefe de Rouen , à M. l'Abbé de Salignac- de
Fénélon , Vicaire Général de Toul ; l'Abbaye
de Longuay , même Ordre , Dioceſe de Rheims
à M. l'Abbé de Saint-Capraire , Vicaire Général
de Troyes ; l'Abbaye Réguliere de S. Vincentaux-
Bois , Ordre de Saint Auguftin , Diocefe de
Chartres , à M. l'Abbé André , Vicaire Général du
même Dioceſe ; l'Abbaye réguliere de Villers-
Cotterets , Ordre de Prémontré , Diocefe de Soif
fons , à Dom Richard , Procureur Général de
T'Ordre l'Abbaye de Saint Bénigne de Dijon ,
Ordre de S. Benoît ( fur la démiffion de M. Def
marets ) à M. Poncet- de la Riviere , ancien Evêque
de Troyes; l'Abbaye de Montebourg , même
Ordre , Diocefe de Coutances ( fur la démiffion
de M. Poncer de la Riviere ) à M. l'Abbé Deſmarets
l'Abbaye de la Buffiere , Ordre de Câteaux ,
Diocefe d'Autun , à M. l'Abbé Paris ; le Prieuré
de Montrelais , Diocefe de Nantes , à M. l'Abbé
Jaloutz Vicaire Général de Cambray & l'Abbaye
de Saint Denis de Rheims , Ordre de S. Auguftin
, à M. l'Abbé Comte de Lodran , Chanoine
du Chapitre d'Olmatz,
Majeſté a donné l'Abbaye du Tréport , Om
dre de Saint Benoît , Dioceſe de Rouen , à M.
Abbé Comte de Lagnafco , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi de Pologne , Electeur de Saxe , à
Rames l'Abbaye de Poultiere , même Ordre ,
Diocefe de Langres , à M. l'Abbé de Saintnom ,
Confeiller au Parlement ; l'Abbaye de Sainte Co
lambe , même Ordre , Diocefe de Seas (fur la démiffion
de M. l'Evêque de Mende ) à M. l'Abbé de
Livry, Evêque in partibus ; l'Abbaye de Saint
Crefpin- le - Grand , même Ordre , Dioceſe de
Soifons , à M. PAbbé d'Héricourt , Confeiller an
Parlement ; l'Abbaye de Lonlay , même Ordre ,
f
AVRIL 1758. 197
Dioceſe du Mans , à M. l'Abbé de Clery-de Serans
, Chanoine de Merz ; l'Abbaye de Quimperlé
, même Ordre , Dioceſe de Quimper , à M.
P'Abbé Berthelot , Inffituteur des Enfans de France
; l'Abbaye de Tirronneau , Ordre de Câteaux ,
Diocefe du Mans ( fur la démiffion de M. l'Evêque
de Mende ) à M. l'Abbé de Saint-Simon ,
Vicaire Général de Touloufe ; l'Abbaye de la
Cafe-Dieu , Ordre de Prémontré, Dioceſe d'Auch,
à M. l'Abbé de Vienne, Chanoine de Notre- Dame ;
PAbbaye de Saint Severin , Ordre de S. Auguf
tin , Diocefe de Poitiers , à M. l'Abbé de la Noue ;
P'Abbaye de Reffons , Ordre de Prémontré ,
Diocefe de Rouen , à M. l'Abbé de Salignac- de
Fénélon , Vicaire Général de Toul ; l'Abbaye
de Longuay , même Ordre , Dioceſe de Rheims
à M. l'Abbé de Saint-Capraire , Vicaire Général
de Troyes ; l'Abbaye Réguliere de S. Vincentaux-
Bois , Ordre de Saint Auguftin , Diocefe de
Chartres , à M. l'Abbé André , Vicaire Général du
même Dioceſe ; l'Abbaye réguliere de Villers-
Cotterets , Ordre de Prémontré , Diocefe de Soif
fons , à Dom Richard , Procureur Général de
T'Ordre l'Abbaye de Saint Bénigne de Dijon ,
Ordre de S. Benoît ( fur la démiffion de M. Def
marets ) à M. Poncet- de la Riviere , ancien Evêque
de Troyes; l'Abbaye de Montebourg , même
Ordre , Diocefe de Coutances ( fur la démiffion
de M. Poncer de la Riviere ) à M. l'Abbé Deſmarets
l'Abbaye de la Buffiere , Ordre de Câteaux ,
Diocefe d'Autun , à M. l'Abbé Paris ; le Prieuré
de Montrelais , Diocefe de Nantes , à M. l'Abbé
Jaloutz Vicaire Général de Cambray & l'Abbaye
de Saint Denis de Rheims , Ordre de S. Auguftin
, à M. l'Abbé Comte de Lodran , Chanoine
du Chapitre d'Olmatz,
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Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
En avril 1758, le roi a attribué plusieurs abbayes à divers dignitaires ecclésiastiques. L'Abbaye du Tréport, dans le diocèse de Rouen, a été donnée à M. l'Abbé Comte de Lagnafco, ministre plénipotentiaire du Roi de Pologne et Électeur de Saxe. L'Abbaye de Poultiere, dans le diocèse de Langres, a été attribuée à M. l'Abbé de Saintnom, conseiller au Parlement. L'Abbaye de Sainte Colombe, dans le diocèse de Sens, a été confiée à M. l'Abbé de Livry, évêque in partibus, suite à la démission de M. l'Évêque de Mende. L'Abbaye de Saint Crépin-le-Grand, dans le diocèse de Soissons, a été donnée à M. l'Abbé d'Héricourt, conseiller au Parlement. L'Abbaye de Lonlay, dans le diocèse du Mans, a été attribuée à M. l'Abbé de Clery-de Serans, chanoine de Metz. L'Abbaye de Quimperlé, dans le diocèse de Quimper, a été confiée à M. l'Abbé Berthelot, instituteur des Enfants de France. L'Abbaye de Tirronneau, dans le diocèse du Mans, a été donnée à M. l'Abbé de Saint-Simon, vicaire général de Toulouse, suite à la démission de M. l'Évêque de Mende. L'Abbaye de la Case-Dieu, dans le diocèse d'Auch, a été attribuée à M. l'Abbé de Vienne, chanoine de Notre-Dame. L'Abbaye de Saint Severin, dans le diocèse de Poitiers, a été confiée à M. l'Abbé de la Noue. L'Abbaye de Reffons, dans le diocèse de Rouen, a été donnée à M. l'Abbé de Salignac-de Fénelon, vicaire général de Toul. L'Abbaye de Longuay, dans le diocèse de Reims, a été attribuée à M. l'Abbé de Saint-Capraire, vicaire général de Troyes. L'Abbaye régulière de Saint Vincent-aux-Bois, dans le diocèse de Chartres, a été confiée à M. l'Abbé André, vicaire général du même diocèse. L'Abbaye régulière de Villers-Cotterêts, dans le diocèse de Soissons, a été donnée à Dom Richard, procureur général de l'Ordre. L'Abbaye de Saint Bénigne de Dijon, dans le diocèse de Dijon, a été attribuée à M. Poncet-de la Rivière, ancien évêque de Troyes, suite à la démission de M. Desmarets. L'Abbaye de Montebourg, dans le diocèse de Coutances, a été confiée à M. l'Abbé Desmarets, suite à la démission de M. Poncet-de la Rivière. L'Abbaye de la Buffière, dans le diocèse d'Autun, a été donnée à M. l'Abbé Paris. Le prieuré de Montrelais, dans le diocèse de Nantes, a été attribué à M. l'Abbé Jaloutz, vicaire général de Cambrai. Enfin, l'Abbaye de Saint Denis de Reims, dans le diocèse de Reims, a été confiée à M. l'Abbé Comte de Lodran, chanoine du Chapitre d'Olmatz.
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14816
p. 198-201
MARIAGES ET MORTS.
Début :
Messire Charles de Biotiere de Chassincourt, Marquis de Tilly, Chevalier Seigneur [...]
Mots clefs :
Chevalier, Marquis, Maison de Biotiere de Chassincourt, Maison Durfort, Morts, Mariages, Maison de Bouchet
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGES ET MORTS.
MARIAGES ET MORTS.
MESSIRE ESSIRE Charles de Biotiere de Chaffincour ;
Marquis de Tilly , Chevalier Seigneur de Montfant
, de Ris , de Bau , du Treüil des Gardais , de
S. Martin , de S. Bluife , la Ronde les Giffiers , &c.
époufa le 9 de Mars , Damoiſelle Marie - Anne de
Durfort. La célébration du mariage fe fit dans la
Chapelle de l'Hôtel de Duras , & la Bénédiction
nuptiale leur fut donnée par M. l'abbé de Durfort,
Grand Vicaire de Narbonne.
La maison de Biotiere de Chaffincour ; eft une
des plus anciennes du Bourbonnois , d'extraction
militaire , & de cette nobleffe dont on peut trouver
P'origine même dans les temps les plus reculés,
on voit par fes titres qui font chez M. de Claframbault
, qu'elle a toujours été noble , & toujours
inviolablement attaché à fon Roi & à fa
Patrie.
Quant à la maifon de Durfort , pour tout dire
il fuffit de la nommer.
Meffire Louis- Joachim Paris Potier , Marquis
de Gefvres , Vicomte de Pledrau & du Pirruit ,
épousé le 4 Avril Françoife Marie du Guefclin',
fille de feu Bertrand Celar , Marquis du Guéfclin',
Meftre de Camp , Premier Gent homme de la
Chambre du Duc d'Orleans , & de Dame Marguerite
Bofc. La Bénédiction nuptiale leur a été
donnée à Saint- Ouen par le Cardinal de Gefvres.
Le Marquis de Gefvres eft fils de Louis - Léon Potier
de Gefvres , Duc de Trefmes , Pair de France,
Marquis de Gandelu , Lieutenant Général des Ar
mées du Roi , Gouverneur & Capitaine du Châ
AVRIL. 1758. 199
teau & Capitainerie Royale de Montceaux , &
Gouverneur Général de l'Ile de France , & de feue
Eleonore- Marie de Montmorency- Luxembourg.
Les perfonnes les plus qualifiées de la Cour & de
la Ville ont affifté à cette Noce , & toute l'affemblée
qui étoit nombreuſe a été traitée , avec autant
de goût que de magnificence.
M. le Marquis Defcars eft mort le 14 Février
à fa terre de la Mothe- Deſcars , près de Toulouſe,
dans la quatre -vingt- deuxieme année de fon âge.
Il étoit de la même maifon , mais d'une autre branche
, que les trois Officiers Généraux du nom de
Perreufe - Defcars , dont un eſt Maréchal de Camp,
un autre Colonel du Régiment de Normandie , &
le troifieme auffi Colonel du Régiment Defcars ,
Cavalerie .
Le 19 Février dernier mourut à Haguenau Dame
Magdeleine d'Aine , veuve de Meffire Etienne
Duvivier , Chevalier de l'ordre royal & militaire
de S. Louis , Commandant dudit Haguenau , âgée
de quatre-vingt- un an accomplis ; elle étoit foeur
puînée de Marins Bazile Daine , Ecuyer , Commiffaire
ordonnateur , & Infpecteur Général de
l'habillement des troupes de Sa Majefté , ayeul
de Meffire Daine , Maître des Requêtes. M.
Duvivier étoit décédé auffi à Haguenau en 1756,
il avoit été nommé Major de cette Place en
1704 , & Commandant en 1715. Il étoit entré
au Service dès l'année 1697. Ils ne laiffent point
d'enfans.
Meffire Louis - Anne-Jules Potier , Marquis de
Novion , mourut en cette Ville le 27 de Février
âgé de foixante-fept ans."
>
Le 27 Février , mourut dans fon Château de
Courtozé en Vendômois , Charlotte d'Alboin
époufe de Charles -Louis du Bouchet , Chevalier
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
de l'ordre royal & militaire de S. Louis , dit le
Marquis du Bouchet.
Elle étoit fille unique de Trophyme -Jofeph ,
Marquis d'Alborn , Chevalier de l'ordre militaire
de S. Louis , Lieutenant pour le Roi à Belle - Iſle
& d'Anne -Louiſe d'Azemard , foeur du Comte de
la Serre , Maréchal de Camp , Grand-Croix de
P'ordre militaire de S. Louis , Infpecteur d'Infanterie
, & Gouverneur des Invalides.
La branche du Marquis du Bouchet , eft un
faméau de celle de Malefre , puînée de la maifon
de Bouchet , depuis Seigneur & Marquis, de
Sourches. Simon , Chevalier , Seigneur de la Guionniere
, Jarfan , la Bouverie , la Fremondiere &c ,
3 fils de Jean , Seigneur de Malefre , auteur de
cette branche établie en Vendômois , fut Chambellan
de Charles VII ; furprit en 1429 , la ville
de Laval fur les Anglois , & fut déclaré exempt
de tous droits de franc- fiefs , comme noble & extrait
d'ancienne lignée le 18 Juin 1458. Il avoit
époufé en 1418 , Agnès de la Chapelle. Charles ,
fon fils , Seigneur de Jarfan , &c , partagea avec fes
freres , le 14 Octobre 1461 , & s'allia à Jeanne de
Mondoucet. Il en eut Jean , Seigneur de Jarfan
& c , majeur le 18 Mars 1 500 , lequel eut de Barbe
d'Amilly , entr'autres enfans , Bertrand , qui
fut Capitaine de so hommes d'armes , mort fans
hoirs ; & Nicolas , qui a continué la postérité , &c.
eur de Philippe de Franqueville plufieurs enfans
dont l'aîné Artus , Seigneur de Jarfan, &c , Chevalier
de l'ordre du Roi , Gentilhomme ordinaire du
Duc d'Alençon le 6 Septembre 1757 , épouſa Fran
goife de Beaufils : il en eut Lancelot , & Abel ,
Gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi ,
Gouverneur de la Ville & Château de Preuilli , le
29 Décembre 1622. Lancelot , Seigneux de Jarfan,
AVRIL. 1758. 201
kc, Gentilhomme ordinaire de la Chambre du
Roi , Capitaine de se hommes d'armes , Gouver
neur du Vendômois & de la Ville & Chateau de
Vendôme , s'allia le 4 Février 1625 , à Géneviéve
de Tours il en eur Louis , Seigneur de la Grand-
Salle , Capitaine au Régiment de Mercoeur , marié
le 7 Février 169 , à Anne de Beaufils . Charles-
Louis , leur fils aîné , Capitaine de Grenadiers au
Régiment de Quercy , tué en 170s , à la bataille
de Caffano , s'étoit allié le 3 Janvier 1703 , à Su-
Janne d'Argy , dont eft iffu le Marquis du Bou
chet , marié le 11 Septembre 1740 , à Charlotte
d'Alboin qui donne lieu à cet article , & dont il ă
eu deux garçons & deux filles.
Meffire Jean-François de Bafchi , Marquis du
Caila , fils unique du Marquis d'Aubais , mourut
ây Château d'Aubais , Dioceſe de Nîmes , leé 28
Février , dans fa quarantie unieme année.
Meffire Prix Hay , Abbé Commandataire de
Abbaye Royale , de Brantome , Ordre de Saint
Benoit , Diocefe de Perigueux , eft mort à Auxerre
le 12 Mars , âgé de quatre- vingt ans .
圈
Il eft mort dans la Paroiffe de Lerat , Diocefe
de Rieux , une fille âgée de cent ſept ans , nomé
mée Catherine Reymon , native de Montefquiou
Quinze jours avant fon décès , elle avoit encore.um
appétit furprenant , & buvoit furtout beaucoup
de vin..
Le fieur Alboug , Curé de Saint André de Val-
Borgne , dans le Diocèfe d'Alais , qui gouvernoir
cette Paroiffe depuis 1680 , eft auſſi décédé depuis
peu , au même âge de cent fept ans. H ne buvoit
point de vin , & depuis fon enfance il në vivois
que de légantess
MESSIRE ESSIRE Charles de Biotiere de Chaffincour ;
Marquis de Tilly , Chevalier Seigneur de Montfant
, de Ris , de Bau , du Treüil des Gardais , de
S. Martin , de S. Bluife , la Ronde les Giffiers , &c.
époufa le 9 de Mars , Damoiſelle Marie - Anne de
Durfort. La célébration du mariage fe fit dans la
Chapelle de l'Hôtel de Duras , & la Bénédiction
nuptiale leur fut donnée par M. l'abbé de Durfort,
Grand Vicaire de Narbonne.
La maison de Biotiere de Chaffincour ; eft une
des plus anciennes du Bourbonnois , d'extraction
militaire , & de cette nobleffe dont on peut trouver
P'origine même dans les temps les plus reculés,
on voit par fes titres qui font chez M. de Claframbault
, qu'elle a toujours été noble , & toujours
inviolablement attaché à fon Roi & à fa
Patrie.
Quant à la maifon de Durfort , pour tout dire
il fuffit de la nommer.
Meffire Louis- Joachim Paris Potier , Marquis
de Gefvres , Vicomte de Pledrau & du Pirruit ,
épousé le 4 Avril Françoife Marie du Guefclin',
fille de feu Bertrand Celar , Marquis du Guéfclin',
Meftre de Camp , Premier Gent homme de la
Chambre du Duc d'Orleans , & de Dame Marguerite
Bofc. La Bénédiction nuptiale leur a été
donnée à Saint- Ouen par le Cardinal de Gefvres.
Le Marquis de Gefvres eft fils de Louis - Léon Potier
de Gefvres , Duc de Trefmes , Pair de France,
Marquis de Gandelu , Lieutenant Général des Ar
mées du Roi , Gouverneur & Capitaine du Châ
AVRIL. 1758. 199
teau & Capitainerie Royale de Montceaux , &
Gouverneur Général de l'Ile de France , & de feue
Eleonore- Marie de Montmorency- Luxembourg.
Les perfonnes les plus qualifiées de la Cour & de
la Ville ont affifté à cette Noce , & toute l'affemblée
qui étoit nombreuſe a été traitée , avec autant
de goût que de magnificence.
M. le Marquis Defcars eft mort le 14 Février
à fa terre de la Mothe- Deſcars , près de Toulouſe,
dans la quatre -vingt- deuxieme année de fon âge.
Il étoit de la même maifon , mais d'une autre branche
, que les trois Officiers Généraux du nom de
Perreufe - Defcars , dont un eſt Maréchal de Camp,
un autre Colonel du Régiment de Normandie , &
le troifieme auffi Colonel du Régiment Defcars ,
Cavalerie .
Le 19 Février dernier mourut à Haguenau Dame
Magdeleine d'Aine , veuve de Meffire Etienne
Duvivier , Chevalier de l'ordre royal & militaire
de S. Louis , Commandant dudit Haguenau , âgée
de quatre-vingt- un an accomplis ; elle étoit foeur
puînée de Marins Bazile Daine , Ecuyer , Commiffaire
ordonnateur , & Infpecteur Général de
l'habillement des troupes de Sa Majefté , ayeul
de Meffire Daine , Maître des Requêtes. M.
Duvivier étoit décédé auffi à Haguenau en 1756,
il avoit été nommé Major de cette Place en
1704 , & Commandant en 1715. Il étoit entré
au Service dès l'année 1697. Ils ne laiffent point
d'enfans.
Meffire Louis - Anne-Jules Potier , Marquis de
Novion , mourut en cette Ville le 27 de Février
âgé de foixante-fept ans."
>
Le 27 Février , mourut dans fon Château de
Courtozé en Vendômois , Charlotte d'Alboin
époufe de Charles -Louis du Bouchet , Chevalier
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
de l'ordre royal & militaire de S. Louis , dit le
Marquis du Bouchet.
Elle étoit fille unique de Trophyme -Jofeph ,
Marquis d'Alborn , Chevalier de l'ordre militaire
de S. Louis , Lieutenant pour le Roi à Belle - Iſle
& d'Anne -Louiſe d'Azemard , foeur du Comte de
la Serre , Maréchal de Camp , Grand-Croix de
P'ordre militaire de S. Louis , Infpecteur d'Infanterie
, & Gouverneur des Invalides.
La branche du Marquis du Bouchet , eft un
faméau de celle de Malefre , puînée de la maifon
de Bouchet , depuis Seigneur & Marquis, de
Sourches. Simon , Chevalier , Seigneur de la Guionniere
, Jarfan , la Bouverie , la Fremondiere &c ,
3 fils de Jean , Seigneur de Malefre , auteur de
cette branche établie en Vendômois , fut Chambellan
de Charles VII ; furprit en 1429 , la ville
de Laval fur les Anglois , & fut déclaré exempt
de tous droits de franc- fiefs , comme noble & extrait
d'ancienne lignée le 18 Juin 1458. Il avoit
époufé en 1418 , Agnès de la Chapelle. Charles ,
fon fils , Seigneur de Jarfan , &c , partagea avec fes
freres , le 14 Octobre 1461 , & s'allia à Jeanne de
Mondoucet. Il en eut Jean , Seigneur de Jarfan
& c , majeur le 18 Mars 1 500 , lequel eut de Barbe
d'Amilly , entr'autres enfans , Bertrand , qui
fut Capitaine de so hommes d'armes , mort fans
hoirs ; & Nicolas , qui a continué la postérité , &c.
eur de Philippe de Franqueville plufieurs enfans
dont l'aîné Artus , Seigneur de Jarfan, &c , Chevalier
de l'ordre du Roi , Gentilhomme ordinaire du
Duc d'Alençon le 6 Septembre 1757 , épouſa Fran
goife de Beaufils : il en eut Lancelot , & Abel ,
Gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi ,
Gouverneur de la Ville & Château de Preuilli , le
29 Décembre 1622. Lancelot , Seigneux de Jarfan,
AVRIL. 1758. 201
kc, Gentilhomme ordinaire de la Chambre du
Roi , Capitaine de se hommes d'armes , Gouver
neur du Vendômois & de la Ville & Chateau de
Vendôme , s'allia le 4 Février 1625 , à Géneviéve
de Tours il en eur Louis , Seigneur de la Grand-
Salle , Capitaine au Régiment de Mercoeur , marié
le 7 Février 169 , à Anne de Beaufils . Charles-
Louis , leur fils aîné , Capitaine de Grenadiers au
Régiment de Quercy , tué en 170s , à la bataille
de Caffano , s'étoit allié le 3 Janvier 1703 , à Su-
Janne d'Argy , dont eft iffu le Marquis du Bou
chet , marié le 11 Septembre 1740 , à Charlotte
d'Alboin qui donne lieu à cet article , & dont il ă
eu deux garçons & deux filles.
Meffire Jean-François de Bafchi , Marquis du
Caila , fils unique du Marquis d'Aubais , mourut
ây Château d'Aubais , Dioceſe de Nîmes , leé 28
Février , dans fa quarantie unieme année.
Meffire Prix Hay , Abbé Commandataire de
Abbaye Royale , de Brantome , Ordre de Saint
Benoit , Diocefe de Perigueux , eft mort à Auxerre
le 12 Mars , âgé de quatre- vingt ans .
圈
Il eft mort dans la Paroiffe de Lerat , Diocefe
de Rieux , une fille âgée de cent ſept ans , nomé
mée Catherine Reymon , native de Montefquiou
Quinze jours avant fon décès , elle avoit encore.um
appétit furprenant , & buvoit furtout beaucoup
de vin..
Le fieur Alboug , Curé de Saint André de Val-
Borgne , dans le Diocèfe d'Alais , qui gouvernoir
cette Paroiffe depuis 1680 , eft auſſi décédé depuis
peu , au même âge de cent fept ans. H ne buvoit
point de vin , & depuis fon enfance il në vivois
que de légantess
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Résumé : MARIAGES ET MORTS.
En 1758, plusieurs événements marquants eurent lieu au sein de la noblesse française, notamment des mariages et des décès. Le 9 mars, Charles de Biotiere de Chaffincour, Marquis de Tilly, épousa Marie-Anne de Durfort dans la chapelle de l'Hôtel de Duras. La cérémonie fut présidée par l'abbé de Durfort, Grand Vicaire de Narbonne. La famille de Biotiere de Chaffincour est l'une des plus anciennes du Bourbonnois, connue pour son extraction militaire et noble. Le 4 avril, Louis-Joachim Paris Potier, Marquis de Gesvres, épousa Françoise Marie du Guesclin à Saint-Ouen. La bénédiction fut donnée par le Cardinal de Gesvres. Le Marquis de Gesvres est le fils de Louis-Léon Potier de Gesvres, Duc de Tresmes, Pair de France, et d'Éléonore-Marie de Montmorency-Luxembourg. Cette union attira de nombreuses personnalités. Plusieurs décès notables furent également enregistrés. Le Marquis Descars mourut le 14 février à l'âge de 82 ans. Dame Magdeleine d'Aine, veuve de Étienne Duvivier, décéda le 19 février à Haguenau à l'âge de 81 ans. Louis-Anne-Jules Potier, Marquis de Novion, mourut le 27 février à l'âge de 67 ans. La même journée, Charlotte d'Alboin, épouse de Charles-Louis du Bouchet, décéda à Courtozé en Vendômois. Louis-François de Bafchi, Marquis du Caila, mourut le 28 février à l'âge de 41 ans. Prix Hay, Abbé Commandataire de l'Abbaye Royale de Brantôme, décéda le 12 mars à Auxerre à l'âge de 80 ans. De plus, Catherine Reymon et le Curé de Saint-André-de-Valborgne décédèrent tous deux à l'âge de 107 ans.
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14817
p. 202-203
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
Début :
Monsieur, il est naturel de vous prendre pour Juge dans le différend poétique, [...]
Mots clefs :
Différend poétique, Vers, Poète, Poétesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à l'Auteur du Mercure.
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
t
MONSIEUR , il eft naturel de vous prendre
pour Juge dans le différend poétique,
qui s'eft élevé entre ma foeur & moi ; &
vous ne pourriez vous récufer dans certe
caufe , quoique vous y foyez intéreffé
fans nous faire le plus fenfible déplaifir.
Voici le fait. Nous nous difputons qui de
nous a le mieux réuffi, dans les vers cijoints
, que nous avons faits en réponſe à
ceux que vous adreffez à M. le Contrôleur
Général dans ce dernier Mercure. Lifez
Monfieur , & prononcez nous ferons
d'accord. Mais comme chez un galant- hom
me , le coeur prend fouvent la place de
refprit , quand il s'agit des intérêts du
beau fexe, c'est pour obvier à cet inconvénient
, que j'ai cru devoir vous cacher
lequel de ces deux petits morceaux eft de
ma foeur. Si par hazard , Monfieur , vous
trouviez qu'ils méritaffent , foit en les
laiffant féparés , foit en les fondant enfemble
, l'attention du public , je ferais.
AVRIL 1758.. 203.
fort aile , ainfi que ma foeur , qu'il vît
par le moyen du Mercure , ce témoignage.
de l'admiration que nous avons pour vos
talens , & de l'eftime parfaite avec laquelle
j'ai l'honneur d'être , & c.
Le Chevalier DE JUILLY -THOMASSIN ,
Garde du Corps du Roi.
A Arc- en - Barois , Le 14 8.
t
MONSIEUR , il eft naturel de vous prendre
pour Juge dans le différend poétique,
qui s'eft élevé entre ma foeur & moi ; &
vous ne pourriez vous récufer dans certe
caufe , quoique vous y foyez intéreffé
fans nous faire le plus fenfible déplaifir.
Voici le fait. Nous nous difputons qui de
nous a le mieux réuffi, dans les vers cijoints
, que nous avons faits en réponſe à
ceux que vous adreffez à M. le Contrôleur
Général dans ce dernier Mercure. Lifez
Monfieur , & prononcez nous ferons
d'accord. Mais comme chez un galant- hom
me , le coeur prend fouvent la place de
refprit , quand il s'agit des intérêts du
beau fexe, c'est pour obvier à cet inconvénient
, que j'ai cru devoir vous cacher
lequel de ces deux petits morceaux eft de
ma foeur. Si par hazard , Monfieur , vous
trouviez qu'ils méritaffent , foit en les
laiffant féparés , foit en les fondant enfemble
, l'attention du public , je ferais.
AVRIL 1758.. 203.
fort aile , ainfi que ma foeur , qu'il vît
par le moyen du Mercure , ce témoignage.
de l'admiration que nous avons pour vos
talens , & de l'eftime parfaite avec laquelle
j'ai l'honneur d'être , & c.
Le Chevalier DE JUILLY -THOMASSIN ,
Garde du Corps du Roi.
A Arc- en - Barois , Le 14 8.
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Résumé : LETTRE à l'Auteur du Mercure.
Le Chevalier de Juilly-Thomassin, Garde du Corps du Roi, adresse une lettre à l'auteur du Mercure pour solliciter son jugement sur un différend poétique. L'auteur et sa sœur ont chacun rédigé des vers en réponse à ceux adressés au Contrôleur Général dans le dernier numéro du Mercure. Pour éviter tout parti pris, l'auteur ne révèle pas lequel des deux poèmes est de sa sœur. Il demande à l'auteur du Mercure d'évaluer les œuvres et, si elles le méritent, de les publier séparément ou fusionnées. La lettre exprime également admiration et estime pour les talents de l'auteur du Mercure. Elle est datée du 14 août 1758 à Arc-en-Barrois.
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14818
p. 203
RÉPONSE Aux Vers de M. Tanevot, à M. le Contrôleur Général.
Début :
Pourquoi donc si mal présumer [...]
Mots clefs :
Muse, Printemps, Langage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE Aux Vers de M. Tanevot, à M. le Contrôleur Général.
RÉPONSE
AuxVers de M. Tanevat , à M. le Contrôleur
Général.
POURQUOI donc fi mal préfumer
Des nouveaux accords de ta lyre ?
Comme autrefois , ta verve a droit de nous charmer
,'
Tu n'éprouvas jamais de plus heureux délire.
A fes tranfports fans crainte abandonne tes fens. i
Ta mufe femble n'être encor qu'à fon printemps
Pourrois-tu nous priver de ce qu'elle t'infpire
Quand exprimant tes voeux , par des fons ravif
fans,
Tu rends à ton Héros ce légitime hommage ;
Chacun , cher Tanevot , t'admire & le partage
Et l'oreille des Dieux , jaloux de ton encens,
Se plaît , fans doute , à tes accens
Tu parles leur plus pur langage.
AuxVers de M. Tanevat , à M. le Contrôleur
Général.
POURQUOI donc fi mal préfumer
Des nouveaux accords de ta lyre ?
Comme autrefois , ta verve a droit de nous charmer
,'
Tu n'éprouvas jamais de plus heureux délire.
A fes tranfports fans crainte abandonne tes fens. i
Ta mufe femble n'être encor qu'à fon printemps
Pourrois-tu nous priver de ce qu'elle t'infpire
Quand exprimant tes voeux , par des fons ravif
fans,
Tu rends à ton Héros ce légitime hommage ;
Chacun , cher Tanevot , t'admire & le partage
Et l'oreille des Dieux , jaloux de ton encens,
Se plaît , fans doute , à tes accens
Tu parles leur plus pur langage.
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Résumé : RÉPONSE Aux Vers de M. Tanevot, à M. le Contrôleur Général.
L'auteur répond à un poème de M. Tanevat, adressé à M. le Contrôleur Général, en admirant ses nouveaux accords lyriques. Il encourage Tanevat à suivre son inspiration, soulignant la vitalité de sa muse. L'auteur apprécie l'expression des vœux de Tanevat et note que chacun admire cet hommage, même les dieux, jaloux de son talent.
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14819
p. 204
AUTRE.
Début :
Tu ne formas jamais ni des voeux, ni d'accens, [...]
Mots clefs :
Voeux, Hommage, Jupiter, Phébus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Tu ne formas jamais ni des voeux , ni d'accens ,
Plus dignes du grand homme à qui tu rends hom
mage ;
Jupiter eft jaloux de ton nouvel encens ,
Et Phébus l'eft de ton langage.
Tu ne formas jamais ni des voeux , ni d'accens ,
Plus dignes du grand homme à qui tu rends hom
mage ;
Jupiter eft jaloux de ton nouvel encens ,
Et Phébus l'eft de ton langage.
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14820
p. 204-205
REPLIQUE de M. Tanevot.
Début :
Dans cette aimable lutte, à ma gloire entreprise, [...]
Mots clefs :
Gloire, Lutte, Frère et soeur, Talents
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REPLIQUE de M. Tanevot.
REPLIQUE de M. Tanevot.
DAN'S ANs cette aimable lutte , à ma gloire entred
prife,
L'efprit ne reconnoît qu'un avantage égal :
L'on peut des mêmes fleurs , fans crainte de més
prife ,
Couronner à la fois l'un & l'autre Rival :
Que ne puis- je au Parnaffe en cueillir des plus
belles ..
J'en ornerois le front du frere & de la foeur ;
Les Pierides immortelles
Ne m'ont point accordé la charmante douceur
De moiffonner ces plantes fi chéries ,
Qui par le temps ne font jamais Rétries:
Nez tous deux pour vous reflembler ,
Vous avez le même génie ;
Et les talens , prompts à vous accoupler,
N'ont pas moins que le fang mis en vous d'hier
monie ;
Je gagerois qu'aux champs de Mars,
Prête à braves tous les hazards ,
AVRIL 1758. 20
Là foeurfùivant le frete ou le danger domine ,
Pour ne lui rien céder , feroit une héroïne.
DAN'S ANs cette aimable lutte , à ma gloire entred
prife,
L'efprit ne reconnoît qu'un avantage égal :
L'on peut des mêmes fleurs , fans crainte de més
prife ,
Couronner à la fois l'un & l'autre Rival :
Que ne puis- je au Parnaffe en cueillir des plus
belles ..
J'en ornerois le front du frere & de la foeur ;
Les Pierides immortelles
Ne m'ont point accordé la charmante douceur
De moiffonner ces plantes fi chéries ,
Qui par le temps ne font jamais Rétries:
Nez tous deux pour vous reflembler ,
Vous avez le même génie ;
Et les talens , prompts à vous accoupler,
N'ont pas moins que le fang mis en vous d'hier
monie ;
Je gagerois qu'aux champs de Mars,
Prête à braves tous les hazards ,
AVRIL 1758. 20
Là foeurfùivant le frete ou le danger domine ,
Pour ne lui rien céder , feroit une héroïne.
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Résumé : REPLIQUE de M. Tanevot.
En avril 1758, M. Tanevot exprime une rivalité amicale entre deux individus égaux en talents. Il admire leur génie comparable à celui des héros. Il affirme que la sœur suivrait courageusement le frère au combat, prête à affronter tous les dangers. Il regrette de ne pouvoir offrir des fleurs immortelles, faute de capacité poétique.
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14821
p. 205-207
ORDONNANCE de Monseigneur l'Intendant, de la Généralité de Rouen, qui accorde aux Habitants de la Campagne, qui entretiennent des Mouches à miel, une diminution de leur Capitation proportionnée au nombre de Ruches qu'ils auront chaque année. Du 15 Novembre 1757.
Début :
Antoine-Paul-Joseph Feydeau de Brou, Chevalier, Conseiller du Roi en ses Conseils, [...]
Mots clefs :
Miel, Mouches à miel, Ruches, Industrie, Encouragements, Apiculture, Privilèges, Taxation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ORDONNANCE de Monseigneur l'Intendant, de la Généralité de Rouen, qui accorde aux Habitants de la Campagne, qui entretiennent des Mouches à miel, une diminution de leur Capitation proportionnée au nombre de Ruches qu'ils auront chaque année. Du 15 Novembre 1757.
ORDONNANCE de Monfeigneur l'Intendant
, de la Généralité de Rouen ,
qua
accorde anx Habitans de la Campagne
qui entretiennent des Mouches à miel , une
diminution de leur Capitation proportion
née au nombre de Ruches qu'ils auront
chaque année. Du 19 Novembre 1757%
ANTOINE- Paul- Jofeph Feydeau-de Brou , Che
valier , Confeiller du Roi en fes Confeils , Ma
tre des Requêtes ordinaires de fon Hôtel , Inten
dant de Juftice , Police & Finances en la Généra
Ité de Rouen. Etant informés que plufieurs ha
bitans de la campagne s'appliquent avec fuccès
élever & à entretenir des ruches à miel , nous avons
eru devoir , en les récompenfant de leurs foins
encourager ce genre d'induſtrie , capable de ré
pandre de Paifance dans les campagnes ; & d'y
accroftre les progrès de la culture , qui en font la
fuite néceffaire . Nous fommes portés d'autant plus
volontiers à former & à fuivre cette réfolution ,
qu'outre les avantages que la culture pent en retirer
, il en résultera également un avantage pour
le commerce , qui ne fera plas obligé de tirer de
l'étranger une auffi grande quantité de cires que
celle qu'il fait venir aujourd'hui en France , où la
confommation en devient de jour en jour plus
confidérable. Nous avons cru ne pouvoir exciter
plus furement les habitans de la campagne à fe
livrer à cette branche d'induſtrie qui s'allic fi nay
LOG MERCURE DE FRANCE.
turellement avec la culture des terres , qu'en ac
cordant , à ceux qui s'y appliqueront avec une
certaine émulation , des récompenfes qui , en
même temps qu'elles leur feront utiles , ne tour
neront point au préjudice de leurs concitoyens &
n'en augmenteront point les charges.
3
ART. 1. Ceux qui auront dix ruches garnies de
mouches à miel au mois d'Avril de chaque année ,
jouiront de cinq livres de diminution fur leur capitation
, pendant les fix premieres années ,
compter du mois d'Avril prochain , & plus long
temps même , s'il eft jugé néceffaire ; & fi leur
capitation ne monte point à cette fomme , ils fesont
déchargés du payement entier de celle à la
quelle ils étoient impofés.
II. Ceux qui auront vingt- cinq ruches gar
nies de mouches à miel au mois d'Avril , outre
les cinq livres de diminution far la capitation
jouiront encore du privilege d'être taxés d'office
à la taille ; & pour nous mettre en état de déterminer
la fomme à laquelle ils devront être taxés ,
ils feront tenus à nous repréfenter les quittances
des fommes qu'ils ont payées les trois années précédentes.
III. Ceux qui auront quarante- cinq ruches à
miel , jouiront du privilege d'être taxes d'office ,
& ils auront vingt livres de diminution fur leur
capitation.
7.
IV. Voulons que ceux que nous aurons ainfi
taxés d'office , ne puiffent être augmentés à la
taille , capitation , induftrie & autres impofitions ,
pour raifon dudit commerce tant qu'ils entretiendront
la quantité de ruches portée par l'arti
cle fecond , ou même une plus grande quantités
finon au marc la livre de l'augmentation de taille
que nous aurions été obligés de donner à leur pas
AVRIL. 1758. ἐσχ
toiffe , lors de nos départemens , & auffi feule
ment par proportion aux nouvelles occupatione
qu'ils pourroient prendre , & aux acquisitions
d'immeubles qu'ils auroient faites.
V. Pour nous mettre en état de faire jouir des
avantages accordés par les articles précédens ,
ceux qui auront été dans le cas de les mériter
nous ordonnons qu'ils feront tenus de nous repré
fenter pendant le cours du mois d'Avril de cha→
que année , un certificat figné du Syndic & de
quatre principaux habitans de la Paroiffe , qui
contiendra le nombre de ruches à miel que poffé
dera celui ou ceux qui defireront jouir defdits
avantages , & ledit certificat fera vité d'un de nos
fubdélégués , avant que de nous être envoyé.
VI. Défendons , fous telles peines qu'il appar
tiendra , de faire aucunes fauffes déclarations , ni
de chercher à furprendre notre religion par des fi
gnatures données à la follicitation & fans connoiffance
de cauſe.
VII. La diminution que nous accorderons fur
la capitation de ceux qui auront été dans le cas de
l'obtenir , ne fera point rejetée fur les autres ha→
bitans; mais elle paffera en décharge dans les
comptes des receveurs des tailles , en vertu des
ordonnances que nous rendrons à cet effet. Fait à
Rouen , en notre hôtel , le If Novembre 1757-
Signé , Feydeau. Et plus bas : Par Monfeigneur
Dailly.
, de la Généralité de Rouen ,
qua
accorde anx Habitans de la Campagne
qui entretiennent des Mouches à miel , une
diminution de leur Capitation proportion
née au nombre de Ruches qu'ils auront
chaque année. Du 19 Novembre 1757%
ANTOINE- Paul- Jofeph Feydeau-de Brou , Che
valier , Confeiller du Roi en fes Confeils , Ma
tre des Requêtes ordinaires de fon Hôtel , Inten
dant de Juftice , Police & Finances en la Généra
Ité de Rouen. Etant informés que plufieurs ha
bitans de la campagne s'appliquent avec fuccès
élever & à entretenir des ruches à miel , nous avons
eru devoir , en les récompenfant de leurs foins
encourager ce genre d'induſtrie , capable de ré
pandre de Paifance dans les campagnes ; & d'y
accroftre les progrès de la culture , qui en font la
fuite néceffaire . Nous fommes portés d'autant plus
volontiers à former & à fuivre cette réfolution ,
qu'outre les avantages que la culture pent en retirer
, il en résultera également un avantage pour
le commerce , qui ne fera plas obligé de tirer de
l'étranger une auffi grande quantité de cires que
celle qu'il fait venir aujourd'hui en France , où la
confommation en devient de jour en jour plus
confidérable. Nous avons cru ne pouvoir exciter
plus furement les habitans de la campagne à fe
livrer à cette branche d'induſtrie qui s'allic fi nay
LOG MERCURE DE FRANCE.
turellement avec la culture des terres , qu'en ac
cordant , à ceux qui s'y appliqueront avec une
certaine émulation , des récompenfes qui , en
même temps qu'elles leur feront utiles , ne tour
neront point au préjudice de leurs concitoyens &
n'en augmenteront point les charges.
3
ART. 1. Ceux qui auront dix ruches garnies de
mouches à miel au mois d'Avril de chaque année ,
jouiront de cinq livres de diminution fur leur capitation
, pendant les fix premieres années ,
compter du mois d'Avril prochain , & plus long
temps même , s'il eft jugé néceffaire ; & fi leur
capitation ne monte point à cette fomme , ils fesont
déchargés du payement entier de celle à la
quelle ils étoient impofés.
II. Ceux qui auront vingt- cinq ruches gar
nies de mouches à miel au mois d'Avril , outre
les cinq livres de diminution far la capitation
jouiront encore du privilege d'être taxés d'office
à la taille ; & pour nous mettre en état de déterminer
la fomme à laquelle ils devront être taxés ,
ils feront tenus à nous repréfenter les quittances
des fommes qu'ils ont payées les trois années précédentes.
III. Ceux qui auront quarante- cinq ruches à
miel , jouiront du privilege d'être taxes d'office ,
& ils auront vingt livres de diminution fur leur
capitation.
7.
IV. Voulons que ceux que nous aurons ainfi
taxés d'office , ne puiffent être augmentés à la
taille , capitation , induftrie & autres impofitions ,
pour raifon dudit commerce tant qu'ils entretiendront
la quantité de ruches portée par l'arti
cle fecond , ou même une plus grande quantités
finon au marc la livre de l'augmentation de taille
que nous aurions été obligés de donner à leur pas
AVRIL. 1758. ἐσχ
toiffe , lors de nos départemens , & auffi feule
ment par proportion aux nouvelles occupatione
qu'ils pourroient prendre , & aux acquisitions
d'immeubles qu'ils auroient faites.
V. Pour nous mettre en état de faire jouir des
avantages accordés par les articles précédens ,
ceux qui auront été dans le cas de les mériter
nous ordonnons qu'ils feront tenus de nous repré
fenter pendant le cours du mois d'Avril de cha→
que année , un certificat figné du Syndic & de
quatre principaux habitans de la Paroiffe , qui
contiendra le nombre de ruches à miel que poffé
dera celui ou ceux qui defireront jouir defdits
avantages , & ledit certificat fera vité d'un de nos
fubdélégués , avant que de nous être envoyé.
VI. Défendons , fous telles peines qu'il appar
tiendra , de faire aucunes fauffes déclarations , ni
de chercher à furprendre notre religion par des fi
gnatures données à la follicitation & fans connoiffance
de cauſe.
VII. La diminution que nous accorderons fur
la capitation de ceux qui auront été dans le cas de
l'obtenir , ne fera point rejetée fur les autres ha→
bitans; mais elle paffera en décharge dans les
comptes des receveurs des tailles , en vertu des
ordonnances que nous rendrons à cet effet. Fait à
Rouen , en notre hôtel , le If Novembre 1757-
Signé , Feydeau. Et plus bas : Par Monfeigneur
Dailly.
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Résumé : ORDONNANCE de Monseigneur l'Intendant, de la Généralité de Rouen, qui accorde aux Habitants de la Campagne, qui entretiennent des Mouches à miel, une diminution de leur Capitation proportionnée au nombre de Ruches qu'ils auront chaque année. Du 15 Novembre 1757.
L'ordonnance de l'Intendant de la Généralité de Rouen, datée du 19 novembre 1757, accorde des réductions de capitation aux habitants de la campagne qui élèvent des ruches à miel. Cette mesure, prise par Antoine-Paul-Joseph Feydeau de Brou, Intendant de Justice, Police et Finances, vise à encourager l'apiculture, considérée comme bénéfique pour la paix dans les campagnes et le développement de la culture. Elle cherche également à réduire les importations de cire en France. Les habitants peuvent obtenir des réductions de capitation en fonction du nombre de ruches qu'ils possèdent. Ceux ayant dix ruches bénéficient d'une diminution de cinq livres pendant les six premières années. Ceux ayant vingt-cinq ruches obtiennent la même réduction et sont taxés d'office à la taille. Ceux ayant quarante-cinq ruches bénéficient d'une réduction de vingt livres et sont également taxés d'office. Les apiculteurs ne peuvent voir leurs impôts augmentés tant qu'ils maintiennent leur activité apicole. Pour obtenir ces avantages, les apiculteurs doivent fournir un certificat signé par le syndic et quatre principaux habitants de la paroisse, attestant du nombre de ruches. Ce certificat doit être validé par un subdélégué. L'ordonnance interdit les fausses déclarations et précise que les réductions de capitation ne seront pas rejetées sur les autres habitants mais passeront en décharge dans les comptes des receveurs des tailles.
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14821
14822
p. 207-208
AVIS.
Début :
Les heureux succès que produit le vinaigre romain pour la conservation de la bouche, [...]
Mots clefs :
Vinaigre romain, Bouche, Hygiène, Dents, Prévention des caries, Vinaigre de turbie, Peau, Teinture
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
Las heureux fuccès que produit le vinaigre re
main pour la conſervation de la bouche , prou
yent que cette compofition eft la plus parfaite qui
208 MERCURE DE FRANCE .
fe foit trouvée. Ce vinaigre blanchit les dents
arrête le progrès de la carie , empêche que les
autres dents ne fe carient , & prévient l'haleine
forte. Le vinaigre de Turbie le débité avec une
zéushte parfaite pour la guériſon du mal de dents ,
comme auffi différentes fortes de vinaigres ſervans
à ôter les boutons , tâches du vifage , dartres fa→
sineuſes , blanchir la peau , & noircir les cheveux
& fourcils roux ou blanes . Ces vinaigres ſe vendent
chez le fieur Maille , Vinaigrier - Diſtillateur
de leurs Majefté Impériale , & le feul pour la com
pofition de ces fortes de vinaigres. Il tient maga→
fin de vinaigres au nombre de cent ſoixante-douze
fortes. Il demeure à Paris rue S. André des Arts
La troifieme porté cochere à droite par le bout qui
fait face à la rue de la Huchette aux Armes Impé
riales . Les moindres bouteilles font de trois livresj
Aux perfonnes de Province qui défireront fe pro
curer ces fortes de vinaigres en écrivant une lettre
d'avis au fieur Maille , & remertant Pargent par
la pofte le tout affranchi , on leur fera tenir exace
tement le vinaigre , ainfi que la façon de s'en feri
vir. Le fieur Maille , après qu'il aura eu l'hon
meur de préfenter à leurs Majeſtés Impériales , de
nouveaux vinaigres en couleur qui n'ont pointen
core parus , les annoncera dans les Mercures in→
ceffamment.
Las heureux fuccès que produit le vinaigre re
main pour la conſervation de la bouche , prou
yent que cette compofition eft la plus parfaite qui
208 MERCURE DE FRANCE .
fe foit trouvée. Ce vinaigre blanchit les dents
arrête le progrès de la carie , empêche que les
autres dents ne fe carient , & prévient l'haleine
forte. Le vinaigre de Turbie le débité avec une
zéushte parfaite pour la guériſon du mal de dents ,
comme auffi différentes fortes de vinaigres ſervans
à ôter les boutons , tâches du vifage , dartres fa→
sineuſes , blanchir la peau , & noircir les cheveux
& fourcils roux ou blanes . Ces vinaigres ſe vendent
chez le fieur Maille , Vinaigrier - Diſtillateur
de leurs Majefté Impériale , & le feul pour la com
pofition de ces fortes de vinaigres. Il tient maga→
fin de vinaigres au nombre de cent ſoixante-douze
fortes. Il demeure à Paris rue S. André des Arts
La troifieme porté cochere à droite par le bout qui
fait face à la rue de la Huchette aux Armes Impé
riales . Les moindres bouteilles font de trois livresj
Aux perfonnes de Province qui défireront fe pro
curer ces fortes de vinaigres en écrivant une lettre
d'avis au fieur Maille , & remertant Pargent par
la pofte le tout affranchi , on leur fera tenir exace
tement le vinaigre , ainfi que la façon de s'en feri
vir. Le fieur Maille , après qu'il aura eu l'hon
meur de préfenter à leurs Majeſtés Impériales , de
nouveaux vinaigres en couleur qui n'ont pointen
core parus , les annoncera dans les Mercures in→
ceffamment.
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Résumé : AVIS.
Le texte est une publicité mettant en avant les bienfaits du vinaigre, notamment pour la conservation de la bouche et la prévention de la carie dentaire. Il blanchit les dents, empêche leur carie et prévient l'haleine forte. Le vinaigre de Turbie est recommandé pour soigner le mal de dents. D'autres vinaigres traitent divers problèmes esthétiques comme les boutons, les tâches du visage, les dartres, blanchissent la peau et noircissent les cheveux et sourcils roux ou blonds. Le sieur Maille, vinaigrier et distillateur des Majestés Impériales, propose cent soixante-douze sortes de vinaigres. Il réside à Paris, rue Saint-André des Arts, à la troisième porte cochère à droite en face de la rue de la Huchette, aux Armes Impériales. Les bouteilles les plus petites contiennent trois livres. Les personnes de province peuvent commander par lettre en envoyant l'argent affranchi. Le vinaigre et les instructions seront expédiés. Le sieur Maille prévoit d'annoncer de nouveaux vinaigres en couleur dans les Mercures.
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14823
p. 208-209
AUTRE.
Début :
Le sieur Mangin, maître Perruquier à Paris, rue Montmartre à côté de la porte [...]
Mots clefs :
Eau, Dents, Blanchiment, Douleurs, Apaisement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
A U T R E.
La fieur Mangin, maître Perruquier à Paris ,
Fue Montmartre à côté de la porte cochere de l
Juffienne , que nous avons déja annoncé dans le
Mercure de Janvier dernier , comme ayant le fe
eret d'une eau dont les propriétés fant , de come
AVRIL 1758. 200
per
ferver, nettoyer les dents , & en appaifer & diffi
les douleurs , a encore le fecret d'une farinė
qui blanchit parfaitement les dents ; la manierede
s'en fervir , eft de tremper le doigt dans l'eau
fufdite , & enfuite dans la farine à plufieurs fois ,
& de s'en frotter les dents. Le prix de chaque pe
tite boke de farine , ainsi que de chaque fiolle
d'eau , eft de 24 fols.
La fieur Mangin, maître Perruquier à Paris ,
Fue Montmartre à côté de la porte cochere de l
Juffienne , que nous avons déja annoncé dans le
Mercure de Janvier dernier , comme ayant le fe
eret d'une eau dont les propriétés fant , de come
AVRIL 1758. 200
per
ferver, nettoyer les dents , & en appaifer & diffi
les douleurs , a encore le fecret d'une farinė
qui blanchit parfaitement les dents ; la manierede
s'en fervir , eft de tremper le doigt dans l'eau
fufdite , & enfuite dans la farine à plufieurs fois ,
& de s'en frotter les dents. Le prix de chaque pe
tite boke de farine , ainsi que de chaque fiolle
d'eau , eft de 24 fols.
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Résumé : AUTRE.
La perruquière Mangin, à Montmartre, propose une eau et une farine pour les soins dentaires. L'eau conserve, nettoie les dents et apaise les douleurs. La farine les blanchit. Utilisation : mélanger l'eau et la farine, puis frotter les dents. Prix : 24 sols par boîte ou fiole.
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14824
p. 209
AUTRE.
Début :
Monsieur Marchand continue à faire des cures admirables avec le secret [...]
Mots clefs :
Chancres, Loupes, Guérison
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
ONSIEUR Marchand continue à faire des cures
admirables avec le fecret qu'il a trouvé de guérir
les loupes & les chancres. Il vient d'opérer la
parfaite guérifon du pere Tiburce Denielle , Gar
dien des Recollets d'Arras , d'une loupe monf
trueufe qu'il avoit fur le nez , fous laquelle étoit
un chancre qui pénétroit jufqu'au cartilage. Mrs
Jes Médecins & Chirurgiens jugeoient fon mal incurable
, il eft aujourd'hui fi parfaitement guéri
qu'on ne voit pas fur fon nez la moindre marque
qu'il y ait eu du mal . Monfieur Marchand demeu
re rue du Chantre près du Louvre , à Paris .
ONSIEUR Marchand continue à faire des cures
admirables avec le fecret qu'il a trouvé de guérir
les loupes & les chancres. Il vient d'opérer la
parfaite guérifon du pere Tiburce Denielle , Gar
dien des Recollets d'Arras , d'une loupe monf
trueufe qu'il avoit fur le nez , fous laquelle étoit
un chancre qui pénétroit jufqu'au cartilage. Mrs
Jes Médecins & Chirurgiens jugeoient fon mal incurable
, il eft aujourd'hui fi parfaitement guéri
qu'on ne voit pas fur fon nez la moindre marque
qu'il y ait eu du mal . Monfieur Marchand demeu
re rue du Chantre près du Louvre , à Paris .
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Résumé : AUTRE.
Monsieur Marchand a découvert un remède efficace contre les loupes et les chancres. Il a guéri le père Tiburce Denielle, gardien des Recollets d'Arras, d'une loupe massive et d'un chancre sur le nez. Plusieurs médecins avaient jugé cette affection incurable. Le père Denielle est aujourd'hui complètement guéri. Monsieur Marchand réside rue du Chantre près du Louvre, à Paris.
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14825
p. 209-210
AUTRE.
Début :
On construit & arme actuellement à Salenelle ; près de la ville de Caën, [...]
Mots clefs :
Frégates, Construction, Armements
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
ON conftruit & arme actuellement à Safenelle ;
près la ville de Caën , deux frégates nommées le
Comte & la Comteffe d'Harcourt. La premiere
de 150 pieds de longueur de tête en tête , montant
trente pieces de canon de 12 livres de balle
en batterie , 4 pieces dé 18 dans fon entrepont ,
& 14 pieces de 6 fur fes gaillards , avec so pier
piers , bordant 40 rames ou environs. La feconde
de 145 pieds de longueur , de tête en tête , mone
210 MERCURE DE FRANCE.
tant 28 pieces de canon de 12 livres de balle en
batterie , 4 pieces de 18 dans fon entrepont & 8
pieces de fur fes gaillards , avee 40 pierriers ,
bordant 36 rames ou environs. Les deux frégates
font armées pour faire la courſe enſemble contre
les ennemis de l'Etat , avec 1000 à 1100 hommes
d'équipages & les menues armes à proportion , &
dont l'armement pourra monter en total à fix cens
mille livres ou environ , ceux ou celles qui voudront
s'intéreffer dans ledit armement , auront la
bonté de s'adreffer à Paris , chez Mrs Chabert &
Banquet , Banquiers , rue Thévenot , dans le cul
de- fac de l'Etoile . A Rouen , chez M. Marie
Ecuyer , Maire de ladite Ville , rue gros Horloge.
A Caen , à M. Legaigneur , place S. Pierre , armateur
defdites deux frégates , lefquels recevront
les foufcriptions & recevront les actions qui font
de 1000 livres pour la facilité du public , & pour
mieux fatisfaire Mrs les intéreffés , ils nommeront
s'ils le jugent à propos quelqu'un pour être préfent
aux ventes des prifes , qui pourront être faites
par lefdites deux frégates , & les fonds qui en
proviendront , feront mis à furt & à meſure de la.
rentrée à un chacun au prorata de ſon intérêt
fans attendre la fin de la courſe entiere. Le tout par
le fieur Legaigneur , qui rendra compte des mifes
& benéfices rélativement aux ordonnances de Sa
Majefté.
ON conftruit & arme actuellement à Safenelle ;
près la ville de Caën , deux frégates nommées le
Comte & la Comteffe d'Harcourt. La premiere
de 150 pieds de longueur de tête en tête , montant
trente pieces de canon de 12 livres de balle
en batterie , 4 pieces dé 18 dans fon entrepont ,
& 14 pieces de 6 fur fes gaillards , avec so pier
piers , bordant 40 rames ou environs. La feconde
de 145 pieds de longueur , de tête en tête , mone
210 MERCURE DE FRANCE.
tant 28 pieces de canon de 12 livres de balle en
batterie , 4 pieces de 18 dans fon entrepont & 8
pieces de fur fes gaillards , avee 40 pierriers ,
bordant 36 rames ou environs. Les deux frégates
font armées pour faire la courſe enſemble contre
les ennemis de l'Etat , avec 1000 à 1100 hommes
d'équipages & les menues armes à proportion , &
dont l'armement pourra monter en total à fix cens
mille livres ou environ , ceux ou celles qui voudront
s'intéreffer dans ledit armement , auront la
bonté de s'adreffer à Paris , chez Mrs Chabert &
Banquet , Banquiers , rue Thévenot , dans le cul
de- fac de l'Etoile . A Rouen , chez M. Marie
Ecuyer , Maire de ladite Ville , rue gros Horloge.
A Caen , à M. Legaigneur , place S. Pierre , armateur
defdites deux frégates , lefquels recevront
les foufcriptions & recevront les actions qui font
de 1000 livres pour la facilité du public , & pour
mieux fatisfaire Mrs les intéreffés , ils nommeront
s'ils le jugent à propos quelqu'un pour être préfent
aux ventes des prifes , qui pourront être faites
par lefdites deux frégates , & les fonds qui en
proviendront , feront mis à furt & à meſure de la.
rentrée à un chacun au prorata de ſon intérêt
fans attendre la fin de la courſe entiere. Le tout par
le fieur Legaigneur , qui rendra compte des mifes
& benéfices rélativement aux ordonnances de Sa
Majefté.
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Résumé : AUTRE.
À Safenelle, près de Caen, deux frégates sont en construction et en armement. La première, le Comte d'Harcourt, mesure 150 pieds et est équipée de 30 pièces de canon de 12 livres, 4 de 18 livres et 14 de 6 livres, ainsi que 50 pierriers et 40 rames. La seconde, la Comtesse d'Harcourt, mesure 145 pieds et dispose de 28 pièces de canon de 12 livres, 4 de 18 livres, 8 de 6 livres, 40 pierriers et 36 rames. Ces frégates, destinées à la course contre les ennemis de l'État, auront un équipage de 1000 à 1100 hommes. L'armement total est estimé à six cents mille livres. Les investissements peuvent être effectués via des actions de 1000 livres auprès des banquiers Chabert & Banquet à Paris, M. Marie Ecuyer à Rouen, ou M. Legaigneur à Caen. Les bénéfices des prises seront distribués proportionnellement aux intérêts des investisseurs. M. Legaigneur assurera la gestion des mises et des bénéfices conformément aux ordonnances royales.
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14826
p. 210-211
AUTRE.
Début :
Mademoiselle Geraudly, niéce & éléve de feu M. Geraudly, seule privilégiée du Roi, [...]
Mots clefs :
Élixir, Dents, Fortifiant, Gencives, Opiate, Blanchiment, Douleurs, Essence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
ADEMOISELLE Geraudly , niéce & éléve de
feu M. Geraudly , feule privilégiée du Roi , dé
bite journellement dans fa maifon , rue d'Orléans ,
quartier S. Honoré , vis-à-vis l'hôtel de la Prove
AVRIL 1758. 277
dence , au fecond fur le derriere. 1º . Un élixir
qui fortifie les dents qui branlent , & qui fait croître
les gencives. 2° . Un opiat qui nettoie & blanchit
les dents. 3 °. Une effence qui appaife & guérit
fur le champ les douleurs des dents . Les prix
font marqués fur chaque bouteille , fur chaque
pot & fur chaque boîte.
ADEMOISELLE Geraudly , niéce & éléve de
feu M. Geraudly , feule privilégiée du Roi , dé
bite journellement dans fa maifon , rue d'Orléans ,
quartier S. Honoré , vis-à-vis l'hôtel de la Prove
AVRIL 1758. 277
dence , au fecond fur le derriere. 1º . Un élixir
qui fortifie les dents qui branlent , & qui fait croître
les gencives. 2° . Un opiat qui nettoie & blanchit
les dents. 3 °. Une effence qui appaife & guérit
fur le champ les douleurs des dents . Les prix
font marqués fur chaque bouteille , fur chaque
pot & fur chaque boîte.
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Résumé : AUTRE.
En avril 1758, Mademoiselle Geraudly, nièce de feu M. Geraudly, propose trois produits dentaires : un élixir pour renforcer les dents et les gencives, un opiat pour nettoyer et blanchir les dents, et une essence pour apaiser les douleurs dentaires. Elle réside rue d'Orléans, quartier Saint-Honoré. Les prix sont indiqués sur chaque emballage.
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14827
p. 211-212
AUTRE.
Début :
Le sieur Villermé, qui s'est fait annoncer il y a plusieurs années dans le Mercure [...]
Mots clefs :
Guérison, Écrouelles, Remèdes internes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
La fieur Villermé , qui-s'eſt fait annoncer il y'a
plufieurs années dans le Mercure pour la guérifon
des écrouelles , avertit de nouveau le public qu'il
continue de traiter ces maladies avec tout le fuccès
poffible. Ce n'eft , comme il l'a déja marqué ,
ni par des opérations , ni par des topiques , qu'il
parvient à les guérir. Appliqué depuis longtemps
à connoître & à fuivre ces torres de maladies , il
fçait que ces moyens ne peuvent être qu'infiuctueux
, & qu'une affection générale & habituelle ,
qui a fon principe dans toute la mafſe du fang , ne
fe détruit pas comme un mal paffager. Il emploie
intérieurement des remedés , dont une longue expérience
lui a confirmé la propriété & l'efficacité ,
& il a la fatisfaction avec plus ou moins de temps
fuivant les différens fujets , de rendre à leurs pa
rens des enfans dont la fanté & l'embonpoint les
étonnent , après les lui avoir donnés dans un état
qui leur paroiffoit défefpéré. L'on fouhaiteroit
peut-être que le fieur Villermé , pour prouver ce
qu'il avance, produifft quelque certificat ; mais
quel eft celui qui voudroit confentir qu'il apprît au
public que c'eft fon enfant qu'il a guéri ? Perſonne
ne veut être connu, & il doit par état & par confidération
, garder le filence là- deffus. Tout ce qu'i
212 MERGURE DE FRANCE.
fe croit permis , c'eft d'affuret qu'il ne cherelle
pas à en impofer , & qu'il ne dit ici rien qui ne
foit exactement vrai. Sa demeure est toujours à
Lardy , à 2 lieues d'Arpajeon , & à neuf de Paris,
route d'Orléans.
La fieur Villermé , qui-s'eſt fait annoncer il y'a
plufieurs années dans le Mercure pour la guérifon
des écrouelles , avertit de nouveau le public qu'il
continue de traiter ces maladies avec tout le fuccès
poffible. Ce n'eft , comme il l'a déja marqué ,
ni par des opérations , ni par des topiques , qu'il
parvient à les guérir. Appliqué depuis longtemps
à connoître & à fuivre ces torres de maladies , il
fçait que ces moyens ne peuvent être qu'infiuctueux
, & qu'une affection générale & habituelle ,
qui a fon principe dans toute la mafſe du fang , ne
fe détruit pas comme un mal paffager. Il emploie
intérieurement des remedés , dont une longue expérience
lui a confirmé la propriété & l'efficacité ,
& il a la fatisfaction avec plus ou moins de temps
fuivant les différens fujets , de rendre à leurs pa
rens des enfans dont la fanté & l'embonpoint les
étonnent , après les lui avoir donnés dans un état
qui leur paroiffoit défefpéré. L'on fouhaiteroit
peut-être que le fieur Villermé , pour prouver ce
qu'il avance, produifft quelque certificat ; mais
quel eft celui qui voudroit confentir qu'il apprît au
public que c'eft fon enfant qu'il a guéri ? Perſonne
ne veut être connu, & il doit par état & par confidération
, garder le filence là- deffus. Tout ce qu'i
212 MERGURE DE FRANCE.
fe croit permis , c'eft d'affuret qu'il ne cherelle
pas à en impofer , & qu'il ne dit ici rien qui ne
foit exactement vrai. Sa demeure est toujours à
Lardy , à 2 lieues d'Arpajeon , & à neuf de Paris,
route d'Orléans.
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Résumé : AUTRE.
Le texte présente le sieur Villermé, un guérisseur spécialisé dans le traitement des écrouelles, une maladie de la peau. Villermé affirme traiter cette affection non par des opérations ou des applications locales, mais par des remèdes internes. Il explique que les écrouelles résultent d'une affection générale et habituelle du sang, nécessitant un traitement interne. Villermé souligne que son expérience a confirmé l'efficacité de ses remèdes, permettant de rétablir la santé et l'embonpoint des enfants qu'il traite. Il mentionne que les certificats de guérison sont difficiles à obtenir, car les parents préfèrent rester anonymes. Villermé assure qu'il ne cherche pas à imposer ses méthodes et qu'il ne dit que la vérité. Il réside à Lardy, à deux lieues d'Arpajon et neuf de Paris, sur la route d'Orléans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14828
p. 212
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le second volume du [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond volume du Mercure du mois d'Avril ,
& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
Pimpreffion. A Paris , ce 13 Avril 1758.
GUIROY.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le fecond volume du Mercure du mois d'Avril ,
& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
Pimpreffion. A Paris , ce 13 Avril 1758.
GUIROY.
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14829
p. 212-214
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Le Chêne & le [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
LE Chêne & le Temps , Fable à Madame …..
page s
Réflexions fur l'Inconftance , qui tiendront lien
d'un Conte ,
L'Aveu ingénu ,
Lettre à M. de Boiffy,
19
20
Lettre en réponse à M. l'Abbé de ….. Chanoine
d'Autun 22
Vers d'une jeune Ecoliere fur le retour d'un Abbé
de fes amis , & Envoi à M. de Boiffy , 39
Lettre à M. de ... für la durée de certaines Paffions
,
40
L'Hyver & le Printemps , par M. Varé , à Gran=”
ville
Réponſe aux Remarques inférées dans le Mercure
21
de Février dernier , touchant les Réflexions de
M. de Vauvenargues au fujet de Rouffeau , 46
Lettre de M. l'Abbé Aubert à M. de Voltaire , en
lui envoyant le Recueil de les Fables , 52
Réponse de M. de Voltaire à M. l'Abbé Aubert, 54
Rondeau ,
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier Mercure du mois d'Avril ,
Enigme ,
Logogryphe
.
56
57
58
Chanfon
à Mademoiſelle
D.
R.
pour
l'engager
à
paffer
quelques
jours
de
plus
qu'elle
ne
vouloić
à la maison
de
campagne
de
M.
D... 60
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES .
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux
61
73 Lettre à M. de Boiffy ,
Lettre à Auteur du Mercure , & Réflexions fur
la Differtation militaire de la Colonne , &c. 84
Précis & fragmens de l'Examen abrégé des diffé
rentes Iphigénies en Tauride , en forme de
Lettres adreffés à M. de V... par M. G... D... 92
émoire des Libraires affociés à l'Encyclopédie ,
fur les motifs de la ſuſpenſion actuelle de cer
Ouvrage , 97
ART. III. SCIENCES BT BELLES LETTRES,
Hiftoire Naturelle. Second Cours public fur l'hif
toire naturelle , concernant les minéraux , les
végétaux & les animaux , relativement aux Arts
& aux Métiers, &c. par M. Bomare-de Valmont,
105
107
Médecine . Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Chirurgie. Obfervation fur les Injections , 112
Lettre à l'Auteur du Mercure fur les Accouche
mens
121
214
Projet de Soufcription pour la Carte générale de
France , en 173 feuilles , propofé par M. Caffini-
de Thury ,
130
Affemblée, publique de l'Académie des Infcriptions
& Belles-Lettres j 135
Séance publique de l'Académie Royale des Sciences',
Séance publique de l'Académie de Befançon , & c.
ART. IV. BEAUX-ARTS.
137
138
145 Mufique ,
Fragment d'une Lettre écrite de Venife , 146
Peinture. Lettre à M. l'Abbé Pernetti , Chevalier
de S. Jean , à Lyon ,
Gravure ,
157
162
Gnomonique. Lettre à M. de Boiffy , fur un Cadran
Solaire ,
Opera ,
ART. V. SPECTACLES.
Comédie Françoiſe
Comédie Italienne
Concert Spirituel ,
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
Bénéfices donnés ,
Mariages & Morts ,
Supplément à la Partie Fugitive ,
163
165
ibid.
167
170
175
"
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c , #1184
196
198
202
Réponse aux Vers de M. Tanevot, à M. le Contrôleur
Général ,
Replique de M. Tanevot ,
203
204
205
207
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
LE Chêne & le Temps , Fable à Madame …..
page s
Réflexions fur l'Inconftance , qui tiendront lien
d'un Conte ,
L'Aveu ingénu ,
Lettre à M. de Boiffy,
19
20
Lettre en réponse à M. l'Abbé de ….. Chanoine
d'Autun 22
Vers d'une jeune Ecoliere fur le retour d'un Abbé
de fes amis , & Envoi à M. de Boiffy , 39
Lettre à M. de ... für la durée de certaines Paffions
,
40
L'Hyver & le Printemps , par M. Varé , à Gran=”
ville
Réponſe aux Remarques inférées dans le Mercure
21
de Février dernier , touchant les Réflexions de
M. de Vauvenargues au fujet de Rouffeau , 46
Lettre de M. l'Abbé Aubert à M. de Voltaire , en
lui envoyant le Recueil de les Fables , 52
Réponse de M. de Voltaire à M. l'Abbé Aubert, 54
Rondeau ,
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
premier Mercure du mois d'Avril ,
Enigme ,
Logogryphe
.
56
57
58
Chanfon
à Mademoiſelle
D.
R.
pour
l'engager
à
paffer
quelques
jours
de
plus
qu'elle
ne
vouloić
à la maison
de
campagne
de
M.
D... 60
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES .
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux
61
73 Lettre à M. de Boiffy ,
Lettre à Auteur du Mercure , & Réflexions fur
la Differtation militaire de la Colonne , &c. 84
Précis & fragmens de l'Examen abrégé des diffé
rentes Iphigénies en Tauride , en forme de
Lettres adreffés à M. de V... par M. G... D... 92
émoire des Libraires affociés à l'Encyclopédie ,
fur les motifs de la ſuſpenſion actuelle de cer
Ouvrage , 97
ART. III. SCIENCES BT BELLES LETTRES,
Hiftoire Naturelle. Second Cours public fur l'hif
toire naturelle , concernant les minéraux , les
végétaux & les animaux , relativement aux Arts
& aux Métiers, &c. par M. Bomare-de Valmont,
105
107
Médecine . Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Chirurgie. Obfervation fur les Injections , 112
Lettre à l'Auteur du Mercure fur les Accouche
mens
121
214
Projet de Soufcription pour la Carte générale de
France , en 173 feuilles , propofé par M. Caffini-
de Thury ,
130
Affemblée, publique de l'Académie des Infcriptions
& Belles-Lettres j 135
Séance publique de l'Académie Royale des Sciences',
Séance publique de l'Académie de Befançon , & c.
ART. IV. BEAUX-ARTS.
137
138
145 Mufique ,
Fragment d'une Lettre écrite de Venife , 146
Peinture. Lettre à M. l'Abbé Pernetti , Chevalier
de S. Jean , à Lyon ,
Gravure ,
157
162
Gnomonique. Lettre à M. de Boiffy , fur un Cadran
Solaire ,
Opera ,
ART. V. SPECTACLES.
Comédie Françoiſe
Comédie Italienne
Concert Spirituel ,
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
Bénéfices donnés ,
Mariages & Morts ,
Supplément à la Partie Fugitive ,
163
165
ibid.
167
170
175
"
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c , #1184
196
198
202
Réponse aux Vers de M. Tanevot, à M. le Contrôleur
Général ,
Replique de M. Tanevot ,
203
204
205
207
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles répartie en six sections. La première section regroupe des œuvres diverses en vers et en prose, telles que des fables, des lettres, des poèmes et des énigmes. Parmi les œuvres notables figurent 'Le Chêne & le Temps', 'Réflexions sur l'Inconstance', et des lettres adressées à des destinataires comme M. de Boiffy et l'Abbé de Chanoine d'Autun. La deuxième section traite des nouvelles littéraires, incluant des extraits de livres récents, des lettres et des réflexions sur divers sujets. La troisième section aborde les sciences et les belles-lettres, avec des cours sur l'histoire naturelle, des observations médicales et chirurgicales, ainsi que des projets de souscription pour des cartes géographiques. La quatrième section est dédiée aux beaux-arts, avec des fragments de lettres sur la musique, la peinture, la gravure et la gnomonique. La cinquième section mentionne les spectacles, tels que la comédie française, la comédie italienne et les concerts spirituels. Enfin, la sixième section couvre les nouvelles étrangères, les bénéfices donnés, les mariages et les décès, ainsi qu'un supplément à la partie fugitive et des nouvelles de la cour et de Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14830
p. 214
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch, Ant. Jombert.
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14831
p. 72
ENIGME.
Début :
Dans un palais d'yvoire on me trouve enfermée ; [...]
Mots clefs :
Langue
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
DANS un palais d'yvoire on me trouve eas
fermée ;
Je ne fuis point au large , & ne fuis point gênée:
Le bien , le mal , font tous à mon pouvoir ;
Je poffede beaucoup fans pourtant rien avoir.
Iris , pour toi , j'ai toujours l'avantage
Dans ma prifon , de te donner pour gage
Tout ce que peut fur un coeur amoureux
Infpirer fans regret la force de tes yeux.
Par M. de V *** .
DANS un palais d'yvoire on me trouve eas
fermée ;
Je ne fuis point au large , & ne fuis point gênée:
Le bien , le mal , font tous à mon pouvoir ;
Je poffede beaucoup fans pourtant rien avoir.
Iris , pour toi , j'ai toujours l'avantage
Dans ma prifon , de te donner pour gage
Tout ce que peut fur un coeur amoureux
Infpirer fans regret la force de tes yeux.
Par M. de V *** .
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14832
p. 72
« La personne qui nous a envoyé l'Enigme du premier volume d'Avril, l'a mise sous [...] »
Début :
La personne qui nous a envoyé l'Enigme du premier volume d'Avril, l'a mise sous [...]
Mots clefs :
Énigme, Désaveu, Faussaires
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texteReconnaissance textuelle : « La personne qui nous a envoyé l'Enigme du premier volume d'Avril, l'a mise sous [...] »
La perfonne qui nous a envoyé l'Enigme
du premier volume d'Avril , l'a mife fous
le nom de Mademoiſelle de la Boiffierre ,
de Moulins , qui nous a chargé de publier
fon défaveu . Nous prions très-inftamment
ceux qui nous feront l'honneur de nous
adreffer leurs productions de ne pas commettre
de femblables infidélités ; car nous
ne pourrions nous difpenfer de démafquer
aux yeux du Public ces fauffaires , fi nous
parvenions à les reconnoître.
du premier volume d'Avril , l'a mife fous
le nom de Mademoiſelle de la Boiffierre ,
de Moulins , qui nous a chargé de publier
fon défaveu . Nous prions très-inftamment
ceux qui nous feront l'honneur de nous
adreffer leurs productions de ne pas commettre
de femblables infidélités ; car nous
ne pourrions nous difpenfer de démafquer
aux yeux du Public ces fauffaires , fi nous
parvenions à les reconnoître.
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14833
p. 73-74
LOGOGRYPHE.
Début :
A tes yeux quelquefois vile avant que de naître ; [...]
Mots clefs :
Tabatière
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
tes yeux quelquefois vile avant que de naître
Si je plais , à l'art feul je dois ce que je fuis ;
Quelque part où le goût me force de paroître ;
J'ai toujours l'heureux don de charmer les ennuis
Mon fein loge un captif que tu chéris peut-être ;
Ilfut long-temps fans gloire : en honneur aujour
d'hui ,
Je lui donne des fers , on en reçoit de lui :
Cher Lecteur , à ces traits peux- tu me mécon◄
noître ?
J'ai neuf pieds dans mon tout , je renferme un
poiffon ,
Une arme , un élément , un être fans raifon
Du Berger & du Roi le lugubre appanage ;
Un peuple de l'Afie , & fon vafte héritage :
L'Artifan fabuleux d'un horrible forfait ,
Que le foleil , dit- on , n'éclaira qu'à regret ;
Ce
que porte
fans ceffe une vile monture ,
Pour Cérès en automne un vrai lieu de torture ;
Ce qui pare un Pontife : un Empereur Romain :
corps une partie ; un fleuve ultramontain.
Ce n'eft pas tout , Lecteur , il te refte à réfoudre
Du
Ce
que poffede un Prince , un lieu d'où part la
foudre ;
Un afyle fur mer , un péché capital ,
D
74 MERCURE DE FRANCE.
Du fuprême Ouvrier l'induftrieux rival ;
Certain pays en France ; animal amphibie ;
Une marque d'honneur , un ton dans l'harmonie ;
Enfin , fans t'ennuyer d'un détail importun ,
Au Prêtre , au Magiftrat , un ornement commun.
BLAND DE S. JUST,
tes yeux quelquefois vile avant que de naître
Si je plais , à l'art feul je dois ce que je fuis ;
Quelque part où le goût me force de paroître ;
J'ai toujours l'heureux don de charmer les ennuis
Mon fein loge un captif que tu chéris peut-être ;
Ilfut long-temps fans gloire : en honneur aujour
d'hui ,
Je lui donne des fers , on en reçoit de lui :
Cher Lecteur , à ces traits peux- tu me mécon◄
noître ?
J'ai neuf pieds dans mon tout , je renferme un
poiffon ,
Une arme , un élément , un être fans raifon
Du Berger & du Roi le lugubre appanage ;
Un peuple de l'Afie , & fon vafte héritage :
L'Artifan fabuleux d'un horrible forfait ,
Que le foleil , dit- on , n'éclaira qu'à regret ;
Ce
que porte
fans ceffe une vile monture ,
Pour Cérès en automne un vrai lieu de torture ;
Ce qui pare un Pontife : un Empereur Romain :
corps une partie ; un fleuve ultramontain.
Ce n'eft pas tout , Lecteur , il te refte à réfoudre
Du
Ce
que poffede un Prince , un lieu d'où part la
foudre ;
Un afyle fur mer , un péché capital ,
D
74 MERCURE DE FRANCE.
Du fuprême Ouvrier l'induftrieux rival ;
Certain pays en France ; animal amphibie ;
Une marque d'honneur , un ton dans l'harmonie ;
Enfin , fans t'ennuyer d'un détail importun ,
Au Prêtre , au Magiftrat , un ornement commun.
BLAND DE S. JUST,
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14834
p. 193-197
ALLEMAGNE.
Début :
Ce qu'on sçait ici de certain des marches & des mouvements des Prussiens [...]
Mots clefs :
Prague, Mouvements des troupes, Prusse, Attaques, Ennemis, Postes militaires, Feld-maréchal, Colonel, Officiers, Hanau, Évacuation, Artillerie, Düsseldorf, Duc de Broglie, Bataillons, Troupes, Bautzen, Troupes autrichiennes, Wesel
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE PRAGUE , le 3 Avril.
Ce qu'on fçait ici de certain des marches & des
E
mouvemens des Pruffiens en Siléfie , fe réduit au
détail fuivant. Le Roi arriva le 17 Mars de Breſlau
à Landshut ; il alla le 19 à Criffau , & le lendemain
il y transféra fon Quartier Général . Ses
Troupes font partagées en trois Corps . L'un d'environ
vingt -cinq mille hommes eft campé entre
Frauftad & Glogau , près des frontieres de Pologne
, pour obferver les mouvemens de l'armée ,
Ruffienne. Il y a dans la Haute Siléfie un autre
Corps deftiné à agir du côté de la Moravie. Le
troiſieme Corps eft dans la Luface , pour affurer
la communication entre la Saxe & la Siléfie . Ce
dernier fait partie de l'armée que le Roi commande
en perfonne , & qui eft forte , à ce qu'on prétend
, de plus de cinquante mille hommes.
ce ,
Les premiers pas des Pruffiens ont été dirigés
vers le Comté de Glatz. Ils s'y font portés en forpour
faire abandonner ce canton au Général
Janhus , & s'étendre eux- mêmes de ce côté- là ;
ce qui leur a réuffi . Leur grande fupériorité a obligé
le Général Janhus de fe replier , fuivant les
ordres qu'il en avoit , fur Mittelwalde , & delà
fur Senftenberg ; mais ce n'a pas été fans coup
I
194 MERCURE DE FRANCE.
férir. L'ennemi dans cette retraite , a¨efſuyé un
feu continuel , qui lui a fait perdre bien du monde.
Les Pruffiens depuis ont fait occuper Grulick
par cinq mille hommes d'Infanterie & quelques
chevaux. De là ils ont fait des excurſions jufqu'à
Wigftatl , & ont pillé le canton . Cependant , foit
qu'ils ayent eu avis des difpofitions qui fe faifoient
pour les recevoir vigoureufement , s'ils étoient
avancés vers nos frontieres , foit qu'ils ayent voulu
prévenir le débordement des eaux qui leur eût
coupé la retraite , s'ils avoient été attaqués , ils
n'ont pas gardé longtemps ce pofte. Dès le 25 ;
ils revinrent à Mittelwalde , ils marcherent enfuite
fur Schonfeld , pafferent Habetſchwerd , &
prirent de nouveau pofte à Ullerfdorff. Le Corps
entiers des Prufhiens , dont on croit que le véri
table objet étoit d'enlever le magafin que nous
avons à Leutomyffel , étoit , au rapport de leurs
Déferteurs , de quinze à feize mille hommes. Il
étoit commandé par le Général de la Mothe-Fon
quet , le Prince François de Brunſwick & le Gée
néral Putkammer.
L'ennemi continue de fe renforcer du côté de
Landshut. Il fe retranche auffi à Liébeau & à
Schoenberg.
Les poftes que les Pruffiens ont du côté de
Braunau vers les frontieres de la Siléfie , ont déja
tenté plufieurs fois de furprendre nos poftes avancés
; mais ils ont toujours été repouflés avec
perte,
L'armée du Feld- Maréchal Comte de Daun
s'eft miſe en marche le 24 , & s'avance du côté
de Braunau.
Les Pruffiens ayant échoué dans la tentative
qu'ils ont faite pour pénétrer dans ce Royaume
par Grulick , en ont fait depuis une nouvelle du
M. A I. 1758. 195
tôté de Reinerts. Le Prince François de Brunfwick,
avec un Corps de quatre mille hommes ,
s'eft porté le 28 Mars fur ce dernier pofte , &
après s'être formé fur les hauteurs dont la Place
eft environnée , il a fait attaquer par deux côtés
différens un Détachement de nos Troupes légeres
qui en formoit la Garnifon . L'Officier qui le commandoit
, étant obligé de céder à la fupériorité
de l'ennemi , fit fa retraite en fi bon ordre , qu'on
ne put jamais entamer fa Troupe , quoique les
Pruffiens l'attaquaffent à la fois par quatre côtés.
Une autre Compagnie de nos Troupes légeres
vint à fon fecours , & le Colonel de Zettwitz ,
qui commande dans ces quartiers -là , s'avança ,
pour la foutenir , avec quatre Compagnies des
mêmes Troupes. Le fen de part & d'autre fut trèsvif
; mais enfin les ennemis furent obligés de fe
replier avec perte , & de fe retirer par Ruckers.
Hs font prefque tous les jours de pareilles tentatives
, pour furprendre de petits poftes fur la frontiere
, & il s'y fait de continuelles eſcarmouches.
DE HANAU , le 2 Avril.
>
L'évacuation de Hanau , que toutes les difpefitions
des François avoient annoncée , ne paroît
rien moins que prochaine. Le Comte de Lorges
qui y commande , a reçu depuis peu ordre d'y
refter avec la Garniſon , & de s'y fortifier. On a
repris en conféquence , dès le jour de Pâques , les
travaux avec plus d'activité que jamais . Toutes les
Troupes , l'artillerie & les munitions , qui depuis
le 26 Mars marchoient vers le Rhin , reviennent
fur leurs pas ; la Garniſon eſt même augmentée
de deux Bataillons , & l'on garnit de canon les
remparts.
Lij
196 MERCURE DE FRANCE .
DE DUSSELDORP , les Avril.
Les Troupes aux ordres du Duc de Broglie vont
paffer fucceffivement le Rhin , &, feront bientôt
toutes raffemblées dans ces quartiers- ci . Elles font
partagées en deux colonnes , dont chacune mar
che en trois Divifions . La premiere Divifion de la
Colonne de la droite , eft compofée des quatre
Bataillons du Régiment du Roi , & des dix Efcadrons
des Carabiniers ; la feconde , de l'artillerie
, des deux Bataillons de Dauphin , & de la
Brigade Impériale de trois Bataillons ; la troifieme
, des deux Bataillons de Touraine , de deux
Efcadrons de Montcalm , & des Grenadiers de
cette Colonne. Les trois Divifions de la Colonne
de la gauche , confiftent 1 ° , en deux Bataillons
de Provence , un de Foix , un de Tournaifis , un
de la Marck , deux de Rochefort , & deux de Planta.
2°. Deux de Caftellas , deux de Diefback , deux
Efcadrons de Royal Allemand , deux de Naffau ,
& deux de Poly. 3 °. Deux Bataillons de Vaubecourt
, un de Royal Lorraine , avec les Grenadiers
de cette Colonne , & fix Eſcadrons des Huf.
fards Impériaux de Czeczeni.
•
Une partie de ces Troupes étoit fortie de Soeft
le 28 du mois de Mars à midi , & elles étoient à
peine à quatre cents pas de la Ville , lorfque des
Huffards Pruffiens Noirs & Jaunes , fe montrerent
avec quelques Chaffeurs. Les Huffards de Czeczeni
les chargerent , & les repoufferent le fabre à
la main jufques fous les remparts de Soeft . Il y a
eu dans ce choc de part & d'autre environ quarante
hommes tués ou bleffés , & à peu près au
tant de chevaux. Le Marquis de Loftanges , Colonel
des Cuiraffiers , qui voulut être de la partie ,
a eu fon cheyal tué fous lui.
MA I. 1758. 197
DE BAUTZEN , dans la Haute Luface ,
le 27 Mars.
Il eft arrivé dans ces cantons un Corps de Trou
pes Autrichiennes aux ordres du Général de Sincere.
Ce Général vient d'établir des poftes de
communication avec la Boheme , & avec l'armée
du Comte de Daun . Par la pofition qu'il a prife ,
il est en même temps à portée de troubler de ce
côté- là les communications entre l'armée Pruffienne
& la Saxe. Un Détachement de Huffards ,
qui fut envoyé il y a quelques jours à la décou
-verte , s'eft avancé jufqu'à Cotbus , eft entré dans
cette Ville , a enlevé la Caiffe que le Roi de Pruffe
y faifoit garder , & s'eft retiré fans obſtacle avec ·
fon butin.
DE WESEL , le 12 Avril .
Les Troupes qui font cantonnées felon l'ordre
de bataille , peuvent fe raffembler en deux fois
vingt- quatre heures , & elles s'occupent avec fuc
cès de leurs réparations. Plufieurs Régimens font
déja complets , avec le fecours des Miliciens qui
y ont été incorporés . Chaque Officier Général eft
avec la Divifion dont le commandement lui eft
deftiné pour la campagne prochaine , & veille par
ce moyen au rétabliffement de la difcipline . Ainfi
il y a lieu d'efpérer que dans peu de temps , notre
armée fe trouvera en auffi bon état qu'elle étoit ,
il y a un an , avant que de paffer le Rhin.
DE PRAGUE , le 3 Avril.
Ce qu'on fçait ici de certain des marches & des
E
mouvemens des Pruffiens en Siléfie , fe réduit au
détail fuivant. Le Roi arriva le 17 Mars de Breſlau
à Landshut ; il alla le 19 à Criffau , & le lendemain
il y transféra fon Quartier Général . Ses
Troupes font partagées en trois Corps . L'un d'environ
vingt -cinq mille hommes eft campé entre
Frauftad & Glogau , près des frontieres de Pologne
, pour obferver les mouvemens de l'armée ,
Ruffienne. Il y a dans la Haute Siléfie un autre
Corps deftiné à agir du côté de la Moravie. Le
troiſieme Corps eft dans la Luface , pour affurer
la communication entre la Saxe & la Siléfie . Ce
dernier fait partie de l'armée que le Roi commande
en perfonne , & qui eft forte , à ce qu'on prétend
, de plus de cinquante mille hommes.
ce ,
Les premiers pas des Pruffiens ont été dirigés
vers le Comté de Glatz. Ils s'y font portés en forpour
faire abandonner ce canton au Général
Janhus , & s'étendre eux- mêmes de ce côté- là ;
ce qui leur a réuffi . Leur grande fupériorité a obligé
le Général Janhus de fe replier , fuivant les
ordres qu'il en avoit , fur Mittelwalde , & delà
fur Senftenberg ; mais ce n'a pas été fans coup
I
194 MERCURE DE FRANCE.
férir. L'ennemi dans cette retraite , a¨efſuyé un
feu continuel , qui lui a fait perdre bien du monde.
Les Pruffiens depuis ont fait occuper Grulick
par cinq mille hommes d'Infanterie & quelques
chevaux. De là ils ont fait des excurſions jufqu'à
Wigftatl , & ont pillé le canton . Cependant , foit
qu'ils ayent eu avis des difpofitions qui fe faifoient
pour les recevoir vigoureufement , s'ils étoient
avancés vers nos frontieres , foit qu'ils ayent voulu
prévenir le débordement des eaux qui leur eût
coupé la retraite , s'ils avoient été attaqués , ils
n'ont pas gardé longtemps ce pofte. Dès le 25 ;
ils revinrent à Mittelwalde , ils marcherent enfuite
fur Schonfeld , pafferent Habetſchwerd , &
prirent de nouveau pofte à Ullerfdorff. Le Corps
entiers des Prufhiens , dont on croit que le véri
table objet étoit d'enlever le magafin que nous
avons à Leutomyffel , étoit , au rapport de leurs
Déferteurs , de quinze à feize mille hommes. Il
étoit commandé par le Général de la Mothe-Fon
quet , le Prince François de Brunſwick & le Gée
néral Putkammer.
L'ennemi continue de fe renforcer du côté de
Landshut. Il fe retranche auffi à Liébeau & à
Schoenberg.
Les poftes que les Pruffiens ont du côté de
Braunau vers les frontieres de la Siléfie , ont déja
tenté plufieurs fois de furprendre nos poftes avancés
; mais ils ont toujours été repouflés avec
perte,
L'armée du Feld- Maréchal Comte de Daun
s'eft miſe en marche le 24 , & s'avance du côté
de Braunau.
Les Pruffiens ayant échoué dans la tentative
qu'ils ont faite pour pénétrer dans ce Royaume
par Grulick , en ont fait depuis une nouvelle du
M. A I. 1758. 195
tôté de Reinerts. Le Prince François de Brunfwick,
avec un Corps de quatre mille hommes ,
s'eft porté le 28 Mars fur ce dernier pofte , &
après s'être formé fur les hauteurs dont la Place
eft environnée , il a fait attaquer par deux côtés
différens un Détachement de nos Troupes légeres
qui en formoit la Garnifon . L'Officier qui le commandoit
, étant obligé de céder à la fupériorité
de l'ennemi , fit fa retraite en fi bon ordre , qu'on
ne put jamais entamer fa Troupe , quoique les
Pruffiens l'attaquaffent à la fois par quatre côtés.
Une autre Compagnie de nos Troupes légeres
vint à fon fecours , & le Colonel de Zettwitz ,
qui commande dans ces quartiers -là , s'avança ,
pour la foutenir , avec quatre Compagnies des
mêmes Troupes. Le fen de part & d'autre fut trèsvif
; mais enfin les ennemis furent obligés de fe
replier avec perte , & de fe retirer par Ruckers.
Hs font prefque tous les jours de pareilles tentatives
, pour furprendre de petits poftes fur la frontiere
, & il s'y fait de continuelles eſcarmouches.
DE HANAU , le 2 Avril.
>
L'évacuation de Hanau , que toutes les difpefitions
des François avoient annoncée , ne paroît
rien moins que prochaine. Le Comte de Lorges
qui y commande , a reçu depuis peu ordre d'y
refter avec la Garniſon , & de s'y fortifier. On a
repris en conféquence , dès le jour de Pâques , les
travaux avec plus d'activité que jamais . Toutes les
Troupes , l'artillerie & les munitions , qui depuis
le 26 Mars marchoient vers le Rhin , reviennent
fur leurs pas ; la Garniſon eſt même augmentée
de deux Bataillons , & l'on garnit de canon les
remparts.
Lij
196 MERCURE DE FRANCE .
DE DUSSELDORP , les Avril.
Les Troupes aux ordres du Duc de Broglie vont
paffer fucceffivement le Rhin , &, feront bientôt
toutes raffemblées dans ces quartiers- ci . Elles font
partagées en deux colonnes , dont chacune mar
che en trois Divifions . La premiere Divifion de la
Colonne de la droite , eft compofée des quatre
Bataillons du Régiment du Roi , & des dix Efcadrons
des Carabiniers ; la feconde , de l'artillerie
, des deux Bataillons de Dauphin , & de la
Brigade Impériale de trois Bataillons ; la troifieme
, des deux Bataillons de Touraine , de deux
Efcadrons de Montcalm , & des Grenadiers de
cette Colonne. Les trois Divifions de la Colonne
de la gauche , confiftent 1 ° , en deux Bataillons
de Provence , un de Foix , un de Tournaifis , un
de la Marck , deux de Rochefort , & deux de Planta.
2°. Deux de Caftellas , deux de Diefback , deux
Efcadrons de Royal Allemand , deux de Naffau ,
& deux de Poly. 3 °. Deux Bataillons de Vaubecourt
, un de Royal Lorraine , avec les Grenadiers
de cette Colonne , & fix Eſcadrons des Huf.
fards Impériaux de Czeczeni.
•
Une partie de ces Troupes étoit fortie de Soeft
le 28 du mois de Mars à midi , & elles étoient à
peine à quatre cents pas de la Ville , lorfque des
Huffards Pruffiens Noirs & Jaunes , fe montrerent
avec quelques Chaffeurs. Les Huffards de Czeczeni
les chargerent , & les repoufferent le fabre à
la main jufques fous les remparts de Soeft . Il y a
eu dans ce choc de part & d'autre environ quarante
hommes tués ou bleffés , & à peu près au
tant de chevaux. Le Marquis de Loftanges , Colonel
des Cuiraffiers , qui voulut être de la partie ,
a eu fon cheyal tué fous lui.
MA I. 1758. 197
DE BAUTZEN , dans la Haute Luface ,
le 27 Mars.
Il eft arrivé dans ces cantons un Corps de Trou
pes Autrichiennes aux ordres du Général de Sincere.
Ce Général vient d'établir des poftes de
communication avec la Boheme , & avec l'armée
du Comte de Daun . Par la pofition qu'il a prife ,
il est en même temps à portée de troubler de ce
côté- là les communications entre l'armée Pruffienne
& la Saxe. Un Détachement de Huffards ,
qui fut envoyé il y a quelques jours à la décou
-verte , s'eft avancé jufqu'à Cotbus , eft entré dans
cette Ville , a enlevé la Caiffe que le Roi de Pruffe
y faifoit garder , & s'eft retiré fans obſtacle avec ·
fon butin.
DE WESEL , le 12 Avril .
Les Troupes qui font cantonnées felon l'ordre
de bataille , peuvent fe raffembler en deux fois
vingt- quatre heures , & elles s'occupent avec fuc
cès de leurs réparations. Plufieurs Régimens font
déja complets , avec le fecours des Miliciens qui
y ont été incorporés . Chaque Officier Général eft
avec la Divifion dont le commandement lui eft
deftiné pour la campagne prochaine , & veille par
ce moyen au rétabliffement de la difcipline . Ainfi
il y a lieu d'efpérer que dans peu de temps , notre
armée fe trouvera en auffi bon état qu'elle étoit ,
il y a un an , avant que de paffer le Rhin.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En avril 1758, les mouvements des troupes prussiennes en Silésie sont minutieusement rapportés. Le roi de Prusse a déplacé son quartier général à Criffau après être arrivé de Breslau. Les troupes prussiennes sont organisées en trois corps : un près des frontières de Pologne, un autre en Haute Silésie pour agir vers la Moravie, et le troisième en Lusace pour sécuriser les communications entre la Saxe et la Silésie. Ce dernier corps fait partie de l'armée personnelle du roi, forte de plus de cinquante mille hommes. Les Prussiens ont d'abord avancé vers le Comté de Glatz, forçant le général Janhus à se replier après des combats intenses. Ils ont ensuite occupé Grulick et effectué des raids jusqu'à Wigstatt, avant de se retirer vers Mittelwalde et Ullersdorff. Leur objectif semblait être de capturer un magasin à Leutomyßel. Les Prussiens renforcent leurs positions à Landshut, Liebau et Schoenberg, tentant régulièrement de surprendre les postes avancés français, mais sont souvent repoussés. L'armée du feld-maréchal Comte de Daun se dirige vers Braunau. Par ailleurs, les Prussiens ont tenté de pénétrer en royaume par Reinerts, mais ont été repoussés par les troupes légères françaises. Des escarmouches continues ont lieu le long de la frontière. À Hanau, l'évacuation annoncée des troupes françaises n'a pas eu lieu. Le comte de Lorges a reçu l'ordre de rester et de fortifier la ville. Les travaux de renforcement des remparts ont repris avec vigueur. Les troupes du duc de Broglie passent le Rhin et se rassemblent près de Düsseldorf. Elles sont divisées en deux colonnes, chacune en trois divisions, prêtes pour la campagne prochaine. Une escarmouche a eu lieu près de Soest entre les hussards français et prussiens, résultant en des pertes des deux côtés. En Haute Lusace, un corps de troupes autrichiennes sous le général Sincere a établi des postes de communication avec la Bohême et l'armée du comte de Daun, perturbant ainsi les communications prussiennes. Un détachement de hussards autrichiens a également capturé une caisse royale à Cottbus. Les troupes cantonnées à Wesel se préparent activement pour la campagne prochaine, avec des régiments complets et une discipline rétablie.
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14835
p. 198-203
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 9 du mois d'Avril, M. le Marquis de Paulmy, Ministre d'Etat, [...]
Mots clefs :
Marquis, Maréchal, Roi de France, Parlement, Escadre anglaise, Vaisseaux, Canons, Marchandises, Frégates, Attaque, Princesse, Ducs, Serment, Chevalier, Évêques, Mademoiselle de Charolois, Cérémonie funèbre, Édit du roi, Rentes, Taxes, Capitaines, Corsaires, Combat naval
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &G.
Lag du mois d'Avril, M. le Marquis de Paulmy,
Miniftre d'Etat , prêta ferment entre les mains du
Roi , pour la charge de Tréforier de l'Ordre du
Saint-Efprit.
Les deux nouveaux Maréchaux de France ( MM.
les Comces de Bercheny & de Conflans ) prêterent
auffi ferment le même jour en cette qualité.
Le Roi ayant fait choix de M. le Maréchal Duc
de Befle- Ifle pour remplir la charge de Secrétaire
d'Etat au Département de la Guerre , Sa Majefté
a appellé près de fa perfonne M. de Crémille ,
Lieutenant- Général de fes Armées , pour aider
M. le Maréchal de Belle-Ifle dans les fonctions &
dans les détails de fon Département , & fous les
ordres.
La Vacance du Parlement ayant obligé de remettre
la Proceffion qui fe fait tous les ans le 22
de Mars , en mémoire de la réduction de certe
Capitale fous Pobéiffance de Henry IV , elle fe
fr en la maniere accoutumée le 7 de ce mois. Les
Lettres du Roi avoient été portées la veille aux
Compagnies , dont la préfence y eft requiſe , fuivant
l'ufage , par M. de Gizeux , Maître des cérémonies
de France en furvivance.
L'Efcadre Angloife , commandée par l'Amiral
Hawke , eft entrée le 4 Avril après-midi aux ra
des de la Rochelle , & a mouillé le 5 dans celle
de l'Ifle. Daix . Elle en eft repartie le 7 au matin
M A 1. 1758. 199
Cette Efcadre étoit compofée de fept Vaiffeaux de
ligne le Ramillies , de yo canons , le Royal-
Georges & le Royal- Guillaume , de 100 canons
chacun ; le Torbay , de 74 ; le Bedford , de 70 ;
l'Intrépide , de 64 ; & le Windſor , de 60 , avec
trois Frégates & un Senaw. L'Amiral Hauke a fait
débarquer quelque monde à l'ifle Daix , & y a
fait brûler les plattes formes , outils de travailleurs
, tombereaux , charettes , fauciffons , fafcinages
, ponts , & généralement tout ce qui s'eft
trouvé de combuftible dans les fortifications provifionnelles
que l'on y exécutoir. Tous les habitans
& ouvriers qui étoient à l'Iſle Daix , s'en étoient
retirés à Fouras dans le moment où l'Eſcadre Angloife
a paru , & il n'y étoit resté que quelques
Soldats. Les Anglois en ont emmené fept ou huit
avec eux. Les Vaiffeaux du Roi le Floriffant , le
Dragón , le Sphinx , le Hardy & le Warwick , qui
étoient en rade avec quelques Frégates , n'étant
point en état de réfilter à des forces fi fupérieures ,
fe font réfugiés dans la Charente entre Fouras &
l'Iſle Madame , & ils s'y font entraversé de maniere
à empêcher Pentrée de la riviere à l'Efcadre
Angloife , fi elle eût fair quelques tentatives pour
forcer le paffage. On avoit fait des difpofitions à
Rochefort , pour nuire par tous les moyens praticables
aux Vaiffeaux Anglois , s'ils n'en avoient
pas prévenu l'effet par leur retraite . Cependant les
Chaloupes canonnieres Anguille & l'Aventure ,
armées chacune d'un canon de 24 , & comman→
dées par les fieurs de Kergariou & de Camiran
Enfeignes de Vaiffeau, ont fort incommodé le
Vaiffeau Anglois l'Intrépide , qui étoit échoué fur
le banc de Boyard , & qui attendoit la haute mer
pour le mettre à flor. Nos Chaloupes feroient même
parvenues à le défemparer , fans le Vaiffeau le
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
Windfor & quelques Frégates qui ont mis fours
voile pour le dégager . Les Fregates . la Thetis
l'Anemone & l'Ecureuil , commandées par les
fieurs de Goimpy , de Feuquieres , Lieutenant de
Vaiffeau , du Guafpern & de Queralbeau , Enfeignes
, conduifoient un convoi de Navires de commerce
de Breft à Rochefort . L'Anemone a gagné
l'entrée de la Charente avec une partie du convoi
, & le refte s'eft mis fous la protection de la
Citadelle de Saint-Martin de Ré , avec les Fregates
la Thetis & l'Ecureuil. Cette premiere s'eft même
emparé dans le Pertuis - Breton du Corſaire Anglois
le Franc-Maçon , de 10 carrons & de 70 hommes
d'équipage , & l'a fait entrer à Saint -Martin
de Ré à la vue de l'Efcadre Angloiſe.
Le 14 Avril , le Roi tint le Sceau pour la vingtfeptieme
fois.
Sa Majefté , à l'occafion de la mort de Mademoiſelle
de Charolois , alla le même jour rendre
vifite à la Princeffe de Conty , & à Mademoiſelle
de Sens , chez qui fe trouverent le Prince & la
Princeffe de Condé .
La Reine , Monfeigneur le Dauphin , Madame
la Dauphine , Monfeigneur le Duc de Bourgogne,
Monſeigneur le Duc de Berry , Monfeigneur le
Comte de Provence , Madame Infante , Madame
& Mefdames Victoire & Louiſe , vifiterent auffi
ces Princeffes .
Le 15 , la Princeffe de Conty & Mademoiſelle
de Sens , allerent faire leurs révérences au Roi , à
la Reine & à la Famille Royale.
Le même jour , Madame Louife donna le voile
à la Dame de Ziner , dans l'Abbaye de Saint Cyr.
Le 19 , MM. l'Evêque de Digne & l'Evêquè
d'Aire prêterent ferment entre les mains du Roi .
Les fieurs Guyot de Saint- Amand & de Gangy
MA 1.1758. 201
4
prêterent ferment entre les mains du Roi le 9 du
même mois ; le premier , pour la charge de Lieutenant
de Roi de la Province du Chalonnois ; le
fecond , pour la charge de Lieutenant de Roi au
Département & Sénéchauffée de Poitiers & de Lu
fignan.
Le Roi reçut le même jour Chevaliers de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint Louis , M. le Marquis
de Foffeufe , Capitaine- Lieutenant des Gendarmes
de la Reine , Menin de Monfeigneur le
Dauphin , & MM. les ) Comtes de Biernay , Soulieutenant
des Gendarmes de Berry ; de Lordat ,
Soulieutenant des Chevaux- Légers de Bretagne ;
de Murinais , premier Cornette des Chevaux - Legers
d'Aquitaine ; de Noé & de Saiffeval , Guidons
de Gendarmerie.
M. PEyêque de Digne a été facré le 16 Avril
dans l'Eglife des Miffions Etrangeres , par M.
l'Archevêque d'Embrun , affifté des Evêques de
Dol & de Vence,
M. l'Evêque d'Aire,a été facré le même jour à
Meaux par l'Evêque de cette derniere Ville , affifté
de l'ancien Evêque de Troyes & de celui de
Condom.
L'Académie Royale des Sciences ayant élu le
feur Bezout & le Comte de Lauragais , pour remplir
les deux places d'Adjoints - Méchaniciens , va
cantes par la promotion de M. le Chevalier d'Arcy
& de M. Yaucanfon à celles d'Affociés Ordinaires
, le Roi a bien voulu agréer fon choix.
Le Corps de Mademoiſelle de Charolois , après
avoir été embaumé , a été expofé pendant plufeurs
jours dans une Chambre de parade , éclairée.
par un grand nombre de lumieres , & tendue de
blanc. Il fut porté le 13 Avril au Couvent des
Carmelites du Fauxbourg Saint Jacques , pour y
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
être inhumé. Le cortège du Convoi étoit compoft
de cent Pauvres , couverts de draps gris , & tenant
chacun un fambeau ; des Officiers , des Suiffes &
des Valets de Chambre de la Princeffe à cheval
de plus de cent cinquante Valers de pieds , de fept
Carroffes drapés à fix chevaux harnachés & capa
raçonnés de noir , qui étoient remplis par les
Ecuyers , les Gentilshommes , les principaux Of
heiers , & les Femmes de Chambres ; & de deux
Carroles à huit chevaux. Dans le premier de ces
deux Carroffes , étoit le Corps de la Princeffe
avec les deur Aumôniers. La Princeffe de Condé
étoit dans le fecond avec la Princeffe de Rohan
la Dame de Renty , fa Dame d'Honneur , la Dame
du Guefelin , fa Dame de Compagnie , & les
Dames attachées à la Princeffe défunte. Lorsqu'on
fut aux Carmelites , le Corps fat defcendu du Carroffe
par les huit Valers de Chambre, & porté fous
le portique intérieur de l'Eglife , ou les Religieufes
, tenant chacune un cierge à la main , étoient
rangées à droite & à gauche avec trente Eeclefiafriques
, le Supérieur de la Maifon à leur tête. L'Evêque
de Valence en camail & en rochet , accom
pagné du Curé de Saint Sulpice en étole ; en préfentant
le Corps & le Coeur de la Princeffe aux
Carmelites , leur fit un difcours auquel le Supé
rieur répondit , enfuite ces Religieufes commencerent
l'Office des Morts. Les prietes finies , les
hair Valets de Chambre porterent le Corps près de
la foffe , & Py ayant defeende , le Ceur fur pofe
fur la croix du cerceuil . La Princeffe de Condé qui
menoit le deuil , étoit en longue mante , dont la
queue étoit portée par le fieur de Tourailles , for
fecond Ecuyer.
On vient de publier un Edit du Roi portant
création de trois millions deur cens mille livres
MAI. 1758.
203
actuelles & effectives de Rentes héréditaires à
quatre pour cent fur les Aydes & Gabelles , par
forme de remplacement des Rentes créées par
l'Edit de Juin 1720. Chaque conſtitution particuliere
defdites Rentes ne pourra être moindre que
de mille livres de principal , qui produiront quarante
livres de rente. Il n'y aura fur ces Rentes
aucune retenue de vingtieme ni des deux fols pour
livre du dixieme , & de toutes autres impofitions.
Les Communautés Eccléfiaftiques , les Hôpitaux ,
& tous gens de main- morte , ainfi que les Etran
gers non-naturalifés & ceux mêmes qui demeure-
Font hots du Royaume , pourront acquérir lefdites
Rentes & en jouir , fans être obligés à aucune
formalité, ni payer aucuns droits d'amortiffemens.
On pourra en tranfmettre la propriété à d'autres
par voie de réconftitution. A commencer du premier
Janvier 1760 , on remboursera tous les ans
en deniers comptans une partie des capitaux defdites
Rentes jufqu'à leur extinétion totale , & ce
remboursement fe fera par la voie du fort , en
forme de Loterie , en la maniere qu'il eft porté &
expliqué par l'Edit . Les capitaux desdites Rentes
feront fournis moitié en argent, moitié en contrats .
Les lettres de Livourne annoncent que la Frégate
la Rofe , de 16 canons , commandée par le
feur de Sade , Capitaine de Vaiffeau , a conduit
à Malte le 9 Mars le Corſaire Anglois le Léopard,
de 36 canons , dont elle s'eft emparé après um
long combat.
•
Le Capitaine Ferdinand de Renaud , qui commande
le Corfaire le Duc d'Ayen , de Boulogne ,
s'eft rendu maître des Brigantins Anglois le Sal
tens, chargéd'orge & de farine,& laFortune, ayant
pour cargaifon du fucre ,du fel , des vins , des fruits,
&c. & il les a fait conduire à Dunkerque. Le mê-
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
me Corfaire a pris un troifieme Bâtiment Anglois
chargé de charbon de terre , qui s'est échoué aux
environs d'Oftende .
Le Navire Anglois le Thomlefon , d'Antigues ,
'de 200 tonneaux , chargé de fucre & de coton
eft arrivé à Morlaix : il a été pris par le Corfaire
le Comte de Langeron , de Saint -Malo..
On mande de Marfeille , qu'il y a été conduit
un Brigantin Anglois appellé le Conftant , chargé
raifins fecs , qui a été pris par les Corfaires la
Conftance & le Charron , de ce port .
Le Corfaire la Ville- Helio , de Vannes , ayant
rencontré le 17 Juillet dernier au Cap Finiſtere
le Navire Anglois l'Elifabeth , forti de Roterdam
le 2 du même mois fous pavillon Hollandois , le
fomma d'amener & d'exhiber fes papiers . Ce Bâtiment
ayant refuſé d'amener , le Corſaire François
l'attaqua , & après un combat fanglant , s'en rendit
maître à l'abordage . Cette prife fi légitime a
fait l'objet d'une conteftation qui a été jugée le 8
de ce mois au Confeil des Prifes , en faveur du
Corfaire de Vannes. Elle eft eftimée plus de quatre
cens mille livres.
Le Capitaine Adrien de Lille , commandant le
Corfaire la Fulvie , de Dunkerque , s'eft rendu
maître des Navires Anglois l'Ellis , de Liverpool ,
de 200 tonneaux , armé de 4 canons & de 15 hommes
, & la Providence , de Briſtol , de 350 tonneaux
, armé de 24 canons & de 60 hommes. Ces
deux Bâtimens , qui alloient à la Jamaïque chacun
avec un chargement confiftant en vivres & en
marchandifes feches , ont été conduits à Morlaix .
Le Capitaine de Lille , en fociété avec le Corſaire
le Maurepas , de Dunkerque , a fait de plus pour
environ cinquante mille livres de rançons.
Le Navire Anglois l'Ulyffe , de la Nouvelle .
MA I. 1758 . 203
Yorck, d'où il venoit avec un chargement compofé
de bois de campêche, & de 80 barrils de goudron
, a été pris par le Corfaire l'Espérance , de
Bayonne, où il eft arrivé.
Le Capitaine Durbecq- de la Ciotat , commandant
la Galliote la Curieufe , qui a été armée en
courſe à Marſeille au mois de Janvier dernier , s'eft
rendu maître à la hauteur de Malaga , d'un Navire
Anglois dont le Capitaine a offert deux mille livres
fterlings pour fa rançon .
Lag du mois d'Avril, M. le Marquis de Paulmy,
Miniftre d'Etat , prêta ferment entre les mains du
Roi , pour la charge de Tréforier de l'Ordre du
Saint-Efprit.
Les deux nouveaux Maréchaux de France ( MM.
les Comces de Bercheny & de Conflans ) prêterent
auffi ferment le même jour en cette qualité.
Le Roi ayant fait choix de M. le Maréchal Duc
de Befle- Ifle pour remplir la charge de Secrétaire
d'Etat au Département de la Guerre , Sa Majefté
a appellé près de fa perfonne M. de Crémille ,
Lieutenant- Général de fes Armées , pour aider
M. le Maréchal de Belle-Ifle dans les fonctions &
dans les détails de fon Département , & fous les
ordres.
La Vacance du Parlement ayant obligé de remettre
la Proceffion qui fe fait tous les ans le 22
de Mars , en mémoire de la réduction de certe
Capitale fous Pobéiffance de Henry IV , elle fe
fr en la maniere accoutumée le 7 de ce mois. Les
Lettres du Roi avoient été portées la veille aux
Compagnies , dont la préfence y eft requiſe , fuivant
l'ufage , par M. de Gizeux , Maître des cérémonies
de France en furvivance.
L'Efcadre Angloife , commandée par l'Amiral
Hawke , eft entrée le 4 Avril après-midi aux ra
des de la Rochelle , & a mouillé le 5 dans celle
de l'Ifle. Daix . Elle en eft repartie le 7 au matin
M A 1. 1758. 199
Cette Efcadre étoit compofée de fept Vaiffeaux de
ligne le Ramillies , de yo canons , le Royal-
Georges & le Royal- Guillaume , de 100 canons
chacun ; le Torbay , de 74 ; le Bedford , de 70 ;
l'Intrépide , de 64 ; & le Windſor , de 60 , avec
trois Frégates & un Senaw. L'Amiral Hauke a fait
débarquer quelque monde à l'ifle Daix , & y a
fait brûler les plattes formes , outils de travailleurs
, tombereaux , charettes , fauciffons , fafcinages
, ponts , & généralement tout ce qui s'eft
trouvé de combuftible dans les fortifications provifionnelles
que l'on y exécutoir. Tous les habitans
& ouvriers qui étoient à l'Iſle Daix , s'en étoient
retirés à Fouras dans le moment où l'Eſcadre Angloife
a paru , & il n'y étoit resté que quelques
Soldats. Les Anglois en ont emmené fept ou huit
avec eux. Les Vaiffeaux du Roi le Floriffant , le
Dragón , le Sphinx , le Hardy & le Warwick , qui
étoient en rade avec quelques Frégates , n'étant
point en état de réfilter à des forces fi fupérieures ,
fe font réfugiés dans la Charente entre Fouras &
l'Iſle Madame , & ils s'y font entraversé de maniere
à empêcher Pentrée de la riviere à l'Efcadre
Angloife , fi elle eût fair quelques tentatives pour
forcer le paffage. On avoit fait des difpofitions à
Rochefort , pour nuire par tous les moyens praticables
aux Vaiffeaux Anglois , s'ils n'en avoient
pas prévenu l'effet par leur retraite . Cependant les
Chaloupes canonnieres Anguille & l'Aventure ,
armées chacune d'un canon de 24 , & comman→
dées par les fieurs de Kergariou & de Camiran
Enfeignes de Vaiffeau, ont fort incommodé le
Vaiffeau Anglois l'Intrépide , qui étoit échoué fur
le banc de Boyard , & qui attendoit la haute mer
pour le mettre à flor. Nos Chaloupes feroient même
parvenues à le défemparer , fans le Vaiffeau le
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
Windfor & quelques Frégates qui ont mis fours
voile pour le dégager . Les Fregates . la Thetis
l'Anemone & l'Ecureuil , commandées par les
fieurs de Goimpy , de Feuquieres , Lieutenant de
Vaiffeau , du Guafpern & de Queralbeau , Enfeignes
, conduifoient un convoi de Navires de commerce
de Breft à Rochefort . L'Anemone a gagné
l'entrée de la Charente avec une partie du convoi
, & le refte s'eft mis fous la protection de la
Citadelle de Saint-Martin de Ré , avec les Fregates
la Thetis & l'Ecureuil. Cette premiere s'eft même
emparé dans le Pertuis - Breton du Corſaire Anglois
le Franc-Maçon , de 10 carrons & de 70 hommes
d'équipage , & l'a fait entrer à Saint -Martin
de Ré à la vue de l'Efcadre Angloiſe.
Le 14 Avril , le Roi tint le Sceau pour la vingtfeptieme
fois.
Sa Majefté , à l'occafion de la mort de Mademoiſelle
de Charolois , alla le même jour rendre
vifite à la Princeffe de Conty , & à Mademoiſelle
de Sens , chez qui fe trouverent le Prince & la
Princeffe de Condé .
La Reine , Monfeigneur le Dauphin , Madame
la Dauphine , Monfeigneur le Duc de Bourgogne,
Monſeigneur le Duc de Berry , Monfeigneur le
Comte de Provence , Madame Infante , Madame
& Mefdames Victoire & Louiſe , vifiterent auffi
ces Princeffes .
Le 15 , la Princeffe de Conty & Mademoiſelle
de Sens , allerent faire leurs révérences au Roi , à
la Reine & à la Famille Royale.
Le même jour , Madame Louife donna le voile
à la Dame de Ziner , dans l'Abbaye de Saint Cyr.
Le 19 , MM. l'Evêque de Digne & l'Evêquè
d'Aire prêterent ferment entre les mains du Roi .
Les fieurs Guyot de Saint- Amand & de Gangy
MA 1.1758. 201
4
prêterent ferment entre les mains du Roi le 9 du
même mois ; le premier , pour la charge de Lieutenant
de Roi de la Province du Chalonnois ; le
fecond , pour la charge de Lieutenant de Roi au
Département & Sénéchauffée de Poitiers & de Lu
fignan.
Le Roi reçut le même jour Chevaliers de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint Louis , M. le Marquis
de Foffeufe , Capitaine- Lieutenant des Gendarmes
de la Reine , Menin de Monfeigneur le
Dauphin , & MM. les ) Comtes de Biernay , Soulieutenant
des Gendarmes de Berry ; de Lordat ,
Soulieutenant des Chevaux- Légers de Bretagne ;
de Murinais , premier Cornette des Chevaux - Legers
d'Aquitaine ; de Noé & de Saiffeval , Guidons
de Gendarmerie.
M. PEyêque de Digne a été facré le 16 Avril
dans l'Eglife des Miffions Etrangeres , par M.
l'Archevêque d'Embrun , affifté des Evêques de
Dol & de Vence,
M. l'Evêque d'Aire,a été facré le même jour à
Meaux par l'Evêque de cette derniere Ville , affifté
de l'ancien Evêque de Troyes & de celui de
Condom.
L'Académie Royale des Sciences ayant élu le
feur Bezout & le Comte de Lauragais , pour remplir
les deux places d'Adjoints - Méchaniciens , va
cantes par la promotion de M. le Chevalier d'Arcy
& de M. Yaucanfon à celles d'Affociés Ordinaires
, le Roi a bien voulu agréer fon choix.
Le Corps de Mademoiſelle de Charolois , après
avoir été embaumé , a été expofé pendant plufeurs
jours dans une Chambre de parade , éclairée.
par un grand nombre de lumieres , & tendue de
blanc. Il fut porté le 13 Avril au Couvent des
Carmelites du Fauxbourg Saint Jacques , pour y
I v
202 MERCURE DE FRANCE.
être inhumé. Le cortège du Convoi étoit compoft
de cent Pauvres , couverts de draps gris , & tenant
chacun un fambeau ; des Officiers , des Suiffes &
des Valets de Chambre de la Princeffe à cheval
de plus de cent cinquante Valers de pieds , de fept
Carroffes drapés à fix chevaux harnachés & capa
raçonnés de noir , qui étoient remplis par les
Ecuyers , les Gentilshommes , les principaux Of
heiers , & les Femmes de Chambres ; & de deux
Carroles à huit chevaux. Dans le premier de ces
deux Carroffes , étoit le Corps de la Princeffe
avec les deur Aumôniers. La Princeffe de Condé
étoit dans le fecond avec la Princeffe de Rohan
la Dame de Renty , fa Dame d'Honneur , la Dame
du Guefelin , fa Dame de Compagnie , & les
Dames attachées à la Princeffe défunte. Lorsqu'on
fut aux Carmelites , le Corps fat defcendu du Carroffe
par les huit Valers de Chambre, & porté fous
le portique intérieur de l'Eglife , ou les Religieufes
, tenant chacune un cierge à la main , étoient
rangées à droite & à gauche avec trente Eeclefiafriques
, le Supérieur de la Maifon à leur tête. L'Evêque
de Valence en camail & en rochet , accom
pagné du Curé de Saint Sulpice en étole ; en préfentant
le Corps & le Coeur de la Princeffe aux
Carmelites , leur fit un difcours auquel le Supé
rieur répondit , enfuite ces Religieufes commencerent
l'Office des Morts. Les prietes finies , les
hair Valets de Chambre porterent le Corps près de
la foffe , & Py ayant defeende , le Ceur fur pofe
fur la croix du cerceuil . La Princeffe de Condé qui
menoit le deuil , étoit en longue mante , dont la
queue étoit portée par le fieur de Tourailles , for
fecond Ecuyer.
On vient de publier un Edit du Roi portant
création de trois millions deur cens mille livres
MAI. 1758.
203
actuelles & effectives de Rentes héréditaires à
quatre pour cent fur les Aydes & Gabelles , par
forme de remplacement des Rentes créées par
l'Edit de Juin 1720. Chaque conſtitution particuliere
defdites Rentes ne pourra être moindre que
de mille livres de principal , qui produiront quarante
livres de rente. Il n'y aura fur ces Rentes
aucune retenue de vingtieme ni des deux fols pour
livre du dixieme , & de toutes autres impofitions.
Les Communautés Eccléfiaftiques , les Hôpitaux ,
& tous gens de main- morte , ainfi que les Etran
gers non-naturalifés & ceux mêmes qui demeure-
Font hots du Royaume , pourront acquérir lefdites
Rentes & en jouir , fans être obligés à aucune
formalité, ni payer aucuns droits d'amortiffemens.
On pourra en tranfmettre la propriété à d'autres
par voie de réconftitution. A commencer du premier
Janvier 1760 , on remboursera tous les ans
en deniers comptans une partie des capitaux defdites
Rentes jufqu'à leur extinétion totale , & ce
remboursement fe fera par la voie du fort , en
forme de Loterie , en la maniere qu'il eft porté &
expliqué par l'Edit . Les capitaux desdites Rentes
feront fournis moitié en argent, moitié en contrats .
Les lettres de Livourne annoncent que la Frégate
la Rofe , de 16 canons , commandée par le
feur de Sade , Capitaine de Vaiffeau , a conduit
à Malte le 9 Mars le Corſaire Anglois le Léopard,
de 36 canons , dont elle s'eft emparé après um
long combat.
•
Le Capitaine Ferdinand de Renaud , qui commande
le Corfaire le Duc d'Ayen , de Boulogne ,
s'eft rendu maître des Brigantins Anglois le Sal
tens, chargéd'orge & de farine,& laFortune, ayant
pour cargaifon du fucre ,du fel , des vins , des fruits,
&c. & il les a fait conduire à Dunkerque. Le mê-
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
me Corfaire a pris un troifieme Bâtiment Anglois
chargé de charbon de terre , qui s'est échoué aux
environs d'Oftende .
Le Navire Anglois le Thomlefon , d'Antigues ,
'de 200 tonneaux , chargé de fucre & de coton
eft arrivé à Morlaix : il a été pris par le Corfaire
le Comte de Langeron , de Saint -Malo..
On mande de Marfeille , qu'il y a été conduit
un Brigantin Anglois appellé le Conftant , chargé
raifins fecs , qui a été pris par les Corfaires la
Conftance & le Charron , de ce port .
Le Corfaire la Ville- Helio , de Vannes , ayant
rencontré le 17 Juillet dernier au Cap Finiſtere
le Navire Anglois l'Elifabeth , forti de Roterdam
le 2 du même mois fous pavillon Hollandois , le
fomma d'amener & d'exhiber fes papiers . Ce Bâtiment
ayant refuſé d'amener , le Corſaire François
l'attaqua , & après un combat fanglant , s'en rendit
maître à l'abordage . Cette prife fi légitime a
fait l'objet d'une conteftation qui a été jugée le 8
de ce mois au Confeil des Prifes , en faveur du
Corfaire de Vannes. Elle eft eftimée plus de quatre
cens mille livres.
Le Capitaine Adrien de Lille , commandant le
Corfaire la Fulvie , de Dunkerque , s'eft rendu
maître des Navires Anglois l'Ellis , de Liverpool ,
de 200 tonneaux , armé de 4 canons & de 15 hommes
, & la Providence , de Briſtol , de 350 tonneaux
, armé de 24 canons & de 60 hommes. Ces
deux Bâtimens , qui alloient à la Jamaïque chacun
avec un chargement confiftant en vivres & en
marchandifes feches , ont été conduits à Morlaix .
Le Capitaine de Lille , en fociété avec le Corſaire
le Maurepas , de Dunkerque , a fait de plus pour
environ cinquante mille livres de rançons.
Le Navire Anglois l'Ulyffe , de la Nouvelle .
MA I. 1758 . 203
Yorck, d'où il venoit avec un chargement compofé
de bois de campêche, & de 80 barrils de goudron
, a été pris par le Corfaire l'Espérance , de
Bayonne, où il eft arrivé.
Le Capitaine Durbecq- de la Ciotat , commandant
la Galliote la Curieufe , qui a été armée en
courſe à Marſeille au mois de Janvier dernier , s'eft
rendu maître à la hauteur de Malaga , d'un Navire
Anglois dont le Capitaine a offert deux mille livres
fterlings pour fa rançon .
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En avril 1758, plusieurs événements significatifs se sont déroulés à la cour de France. Le Marquis de Paulmy a prêté serment pour la charge de Trésorier de l'Ordre du Saint-Esprit. Les Comtes de Bercheny et de Conflans ont été nommés Maréchaux de France et ont également prêté serment. Le Roi a nommé le Maréchal Duc de Belle-Isle au Département de la Guerre et a appelé M. de Crémille pour l'assister. La procession annuelle en mémoire de la réduction de Paris sous Henri IV a été reportée au 7 avril. Sur le plan militaire, l'escadre anglaise commandée par l'Amiral Hawke est entrée dans la rade de l'île d'Aix le 4 avril, composée de sept vaisseaux de ligne et de trois frégates. Les vaisseaux français se sont réfugiés dans la Charente pour éviter un affrontement. Les chaloupes canonnières françaises ont attaqué le vaisseau anglais l'Intrépide, échoué sur le banc de Boyard. Plusieurs frégates françaises ont protégé un convoi de navires de commerce. Le Roi a tenu le Sceau pour la vingt-septième fois le 14 avril. À l'occasion de la mort de Mademoiselle de Charolois, le Roi et la famille royale ont rendu visite à la Princesse de Conty et à Mademoiselle de Sens. Le corps de Mademoiselle de Charolois a été inhumé au couvent des Carmélites du Faubourg Saint-Jacques. Des nominations et promotions ont eu lieu, notamment celles des Évêques de Digne et d'Aire, et de plusieurs officiers. L'Académie Royale des Sciences a élu les sieurs Bezout et le Comte de Lauragais comme Adjoints-Mécaniciens. Un édit royal a créé trois millions de livres de rentes héréditaires à quatre pour cent. En mer, plusieurs prises de navires anglais par des corsaires français ont été signalées, notamment par le Capitaine de Renaud et le Capitaine Adrien de Lille. Ces prises ont été conduites à Dunkerque et à Morlaix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14836
p. 203
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a nommé à l'Evêché d'Autun ; M. l'Abbé Comte de Bouillé, [...]
Mots clefs :
Abbé, Évêché, Diocèse, Abbaye, Ordre
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texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
A Majefté a nommé à l'Evêché d'Autun ;
M. l'Abbé Comte de Bouillé , Doyen des Comtés
de Lyon , & premier Aumônier du Roi ; à l'Ab- .
baye de Brantôme , Ordre de S. Benoît , Dioceſe
de Périgueux , M. l'Abbé Bertin , Vicaire Géné
ral du même Dioceſe , & Conſeiller Clerc au
Parlement de Bordeaux ; à l'Abbaye de Préaux ;
même Ordre , Dioceſe de Lizieux , la Dame de
de Saint - Chamans , Abbeffe de Saint Jean de
Bonneval- lès - Thouars , Diocefe de Poitiers ; à
PAbbaye de Saint Jean de Bonneval - lès - Thouars ,
la Dame Bouchard d'Efparbès- de Luffan- d'Aubeterre
, Grande Prieure de l'Abbaye de Sainte Croix
de Poitiers.
A Majefté a nommé à l'Evêché d'Autun ;
M. l'Abbé Comte de Bouillé , Doyen des Comtés
de Lyon , & premier Aumônier du Roi ; à l'Ab- .
baye de Brantôme , Ordre de S. Benoît , Dioceſe
de Périgueux , M. l'Abbé Bertin , Vicaire Géné
ral du même Dioceſe , & Conſeiller Clerc au
Parlement de Bordeaux ; à l'Abbaye de Préaux ;
même Ordre , Dioceſe de Lizieux , la Dame de
de Saint - Chamans , Abbeffe de Saint Jean de
Bonneval- lès - Thouars , Diocefe de Poitiers ; à
PAbbaye de Saint Jean de Bonneval - lès - Thouars ,
la Dame Bouchard d'Efparbès- de Luffan- d'Aubeterre
, Grande Prieure de l'Abbaye de Sainte Croix
de Poitiers.
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Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
Le roi a nommé plusieurs ecclésiastiques. M. l'Abbé Comte de Bouillé est nommé à l'Évêché d'Autun. M. l'Abbé Bertin devient abbé de Brantôme. La Dame de Saint-Chamans est nommée à l'Abbaye de Préaux. La Dame Bouchard d'Esparbès-de Luffan-d'Aubeterre devient abbesse de Saint Jean de Bonneval-lès-Thouars.
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14837
p. 203-207
MARIAGE ET MORTS.
Début :
Messire Jean-Pierre Damas, Marquis de Thiange, fils de feu Louis-François [...]
Mots clefs :
Mariages, Morts, Damoiselle, Marquis, Lieutenant, Duc, Chevalier, Ambassadeur, Princesse du sang, Abbé
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGE ET MORTS.
MARIAGES ET MORTS.
MESSIRE Jean - Pierre Damas , Marquis de
Thiange , fils de feu Louis-François Damas , Comte
de Thiange & d'Anlezy , & de Dame Magde206
MERCURE DE FRANCE.
leine- Angélique de Gaffion , époufa le 4 Avril
Damoiselle Michelle-Perette le Veneur-de Tilliezes
, fille de Jacques Tanneguy-le Veneur , Comte
de Tillieres , & de feue Dame Michelle -Julie
Françoife Bouchard d'Eſparbès-de Luffan d'Aubeterre-
de Jonfac. Ils ont reçula Bénédiction Nup
tiale dans la Chapelle de l'hôtel de Châtillon .
Meffire Claude-Antoine de Beziade , Marquis
d'Avarey, Grand Bailli d'Orléans , fils de feu Meffire
Charles , Marquis d'Avarey, &c. de Dame Marguerite
-Elifabeth Meigret , fut marié le { à Angélique-
Adélaïde - Sophie de Mailly , fille de Louis,
Comte de Mailly , Chevalier des Ordres du Roi ,
Lieutenant-Général des Armées de Sa Majefté ,
premier Ecuyer de Madame la Dauphine , & de
Dame Anne -Françoife- Elifabeth Arbalete - de
Melun. La Bénédiction Nuptiale leur a été donnée
dans l'Eglife de Saint Eustache par l'Archevêque
de Toulouſe.
M. le Marquis de Chauvelin , Lieutenant-Général
des Armées du Roi , Grand-Croix honoraire
de l'Ordre de Saint Louis , & Ambaffadeur de Sa
Majefté auprès du Roi de Sardaigne , époufa le
même jour dans la Chapelle particuliere de l'hôtel
du Duc de Broglie , la Demoifelle Agnès - Thérele
Mazade d'Argeville.
Mademoiſelle de Charolois , Princeffe du Sang ,
eft morte en cette Ville le 8 d'Avril , vers les cinq
heures du matin , âgée de foixante - deux ans , neuf
mois & feize jours. Cette Princeffe , qui fe nommoit
Louife-Anne de Bourbon Condé , étoit fille
de Louis , Duc de Bourbon- Conde , Prince du
Sang , Grand- Maître de la Maifon du Roi , &
Gouverneur du Duché de Bourgogne , mort le 4
Mars 1710; & de Louife - Françoife de Bourbon ,.
Légitimée de France, fille du feu Roi, mome le 14
Juin 1743.
MAI. 1758. 207
Mehre N. de Brancas , Abbé Commendataire
de l'Abbaye royale d'Aulnay , Ordre de Cheaux ,
Diocefe de Bayeux , eft décédé le fr du mois
d'Avril.
Mere Charles- Marie - Léopold , Comte de
Dunois , Mestre de Camp en fecond du Régiment
Colonel général des Dragons , & fils aîné du Duc
de Chevreufe , eft mont le 12 à Ruremonde , à
Farmée du bas-Rhin , dans la dir- haitieme année
de fon âge.
MESSIRE Jean - Pierre Damas , Marquis de
Thiange , fils de feu Louis-François Damas , Comte
de Thiange & d'Anlezy , & de Dame Magde206
MERCURE DE FRANCE.
leine- Angélique de Gaffion , époufa le 4 Avril
Damoiselle Michelle-Perette le Veneur-de Tilliezes
, fille de Jacques Tanneguy-le Veneur , Comte
de Tillieres , & de feue Dame Michelle -Julie
Françoife Bouchard d'Eſparbès-de Luffan d'Aubeterre-
de Jonfac. Ils ont reçula Bénédiction Nup
tiale dans la Chapelle de l'hôtel de Châtillon .
Meffire Claude-Antoine de Beziade , Marquis
d'Avarey, Grand Bailli d'Orléans , fils de feu Meffire
Charles , Marquis d'Avarey, &c. de Dame Marguerite
-Elifabeth Meigret , fut marié le { à Angélique-
Adélaïde - Sophie de Mailly , fille de Louis,
Comte de Mailly , Chevalier des Ordres du Roi ,
Lieutenant-Général des Armées de Sa Majefté ,
premier Ecuyer de Madame la Dauphine , & de
Dame Anne -Françoife- Elifabeth Arbalete - de
Melun. La Bénédiction Nuptiale leur a été donnée
dans l'Eglife de Saint Eustache par l'Archevêque
de Toulouſe.
M. le Marquis de Chauvelin , Lieutenant-Général
des Armées du Roi , Grand-Croix honoraire
de l'Ordre de Saint Louis , & Ambaffadeur de Sa
Majefté auprès du Roi de Sardaigne , époufa le
même jour dans la Chapelle particuliere de l'hôtel
du Duc de Broglie , la Demoifelle Agnès - Thérele
Mazade d'Argeville.
Mademoiſelle de Charolois , Princeffe du Sang ,
eft morte en cette Ville le 8 d'Avril , vers les cinq
heures du matin , âgée de foixante - deux ans , neuf
mois & feize jours. Cette Princeffe , qui fe nommoit
Louife-Anne de Bourbon Condé , étoit fille
de Louis , Duc de Bourbon- Conde , Prince du
Sang , Grand- Maître de la Maifon du Roi , &
Gouverneur du Duché de Bourgogne , mort le 4
Mars 1710; & de Louife - Françoife de Bourbon ,.
Légitimée de France, fille du feu Roi, mome le 14
Juin 1743.
MAI. 1758. 207
Mehre N. de Brancas , Abbé Commendataire
de l'Abbaye royale d'Aulnay , Ordre de Cheaux ,
Diocefe de Bayeux , eft décédé le fr du mois
d'Avril.
Mere Charles- Marie - Léopold , Comte de
Dunois , Mestre de Camp en fecond du Régiment
Colonel général des Dragons , & fils aîné du Duc
de Chevreufe , eft mont le 12 à Ruremonde , à
Farmée du bas-Rhin , dans la dir- haitieme année
de fon âge.
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Résumé : MARIAGE ET MORTS.
En avril 1758, plusieurs événements marquants eurent lieu parmi la noblesse française. Le 4 avril, trois mariages notables furent célébrés : Messire Jean-Pierre Damas, Marquis de Thiange, épousa Damoiselle Michelle-Perette le Veneur-de Tilliezes à la Chapelle de l'hôtel de Châtillon. Messire Claude-Antoine de Béziade, Marquis d'Avarey, se maria avec Angélique-Adélaïde-Sophie de Mailly à l'église de Saint-Eustache. Le même jour, M. le Marquis de Chauvelin épousa Mademoiselle Agnès-Thérèse Mazade d'Argeville dans la chapelle particulière de l'hôtel du Duc de Broglie. Le 8 avril, Mademoiselle de Charolois, Princesse du Sang, décéda à l'âge de soixante-deux ans, neuf mois et seize jours. Elle était fille de Louis, Duc de Bourbon-Condé, et de Louise-Françoise de Bourbon. En mai 1758, deux décès furent enregistrés : Mehre N. de Brancas, Abbé Commendataire de l'Abbaye royale d'Aulnay, décéda le premier jour d'avril. Le 12 avril, Me Charles-Marie-Léopold, Comte de Dunois, mourut à Ruremonde à l'âge de trente-huit ans.
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14838
p. 207-210
ARREST du Conseil d'Etat du Roi, qui permet à toutes personnes de faire le commerce des Laines, tant nationales qu'étrangeres, comme aussi de les faire circuler dans tout le Royaume, en exemption de tous droits d'entrée & de sortie, &c. Du 20 Mars 1758. Extraits des Registres du Conseil d'Etat.
Début :
Le Roi s'étant fait représenter, en son Conseil, l'Arrêt rendu [...]
Mots clefs :
Arrêt du Conseil d'État, Commerce de laine, Exemption des droits, Roi, Marchands, Provinces, Royaume
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texteReconnaissance textuelle : ARREST du Conseil d'Etat du Roi, qui permet à toutes personnes de faire le commerce des Laines, tant nationales qu'étrangeres, comme aussi de les faire circuler dans tout le Royaume, en exemption de tous droits d'entrée & de sortie, &c. Du 20 Mars 1758. Extraits des Registres du Conseil d'Etat.
MRREST du Confeil d'Erat du Roi , qui permet
à toutes personnes de faire le commerce des
Laines , tant nationales qu'étrangeres , comme
auffe de lesfaire cirouler dans tout le Royaume
en exemption de tous droits d'entrée & defortie ,
&c. Da 20Mars 1758.
Extrait des Regifres du Confeil d'Etat.
Le Roi s'étant fait répréfenter , en fon Confeil ,
PArrêt renduen icelui le 4 Août 1716 , par lequel
auroit été dérogé aux difpofitions d'autres arrêts
des 9 Mai & 2 Juin 1699 , qui défendent à tous
autres qu'aux Marchands de laine & aux Fabricans
d'acheter des laines pour les revendre &
en faire trafic , & ordonné qu'à la venir ce commerce
feroit entièrement libre & permis à toutes
perfonnes Autre arrêt du 9 Décembre 1749 ,
par lequel Sa Majefté a exempté de tous droits.
d'entrée & de fortie , & des droits locaux dépendans
de la Ferme générale , les laines qui pafferoient
des provinces des cinq groffes Fermes
dans les provinces réputées étrangeres , & des
provinces réputées étrangeres dans celles des
sing groffes Fermes : & Sa Majefté érant infor
·
208 MERCURE DE FRANCE.
mée que par arrêt du 7 Avril 1714 , il a été fait
défenfes de fortir les laines de la province de Lan,
guedoc pour les tranfporter dans les autres provinces
du Royaume , fans en avoir une pers
miffion expreffe & par écrit du fieur Intendant
& Commiffaire départi dans ladite province ;
ce qui empêche l'effet de la liberté que Sa Majesté
a eu intention de procurer au commerce des
laines qu'il paroît fubfifter auffi quelques autres
réglemens , qui reftreignent la liberté de ce commerce.
A quoi Sa Majefté defirant pourvoir ; ouï
le rapport du fieur de Boullongne , Confeiller ordinaire
au Confeil royal , Contrôleur général des
finances , le Roi étant en fon Confeil , a ordonné
& ordonne que les arrêts des 4 Août 1716 &
9 Décembre 1749 , feront exécutés felon leur
forme & teneur en conféquence , permet à toutes
perfonnes de faire le commerce des laines ,
tant nationales qu'étrangeres ; comme auffi de
faire circuler librement lefdites laines dans tout
l'intérieur, du Royaume , en exemption de tous
droits, foit d'entrée & de fort ie , lorfqu'elles pafferont
des provinces réputées étrangeres dans celles
des cinq groffes Fermes , & de celles des cinq
groffes Fermes dans les provinces réputées étran
geres , qu'autres droits locaux , à l'exception néan,
moins de ceux dépendans des Fermes des Aides &
Domaines dérogeant à cet effet Sa Majefté , tant
à l'arrêt du 7 Avril 1714 , qu'à toute autre dif
pofition contraire au préfent arrêt ; fans préjudice
toutefois du droit de ving - cinq livres du
cent pefant , que les laines nationales continueront
d'acquitter à la fortie du Royaume , con
formément à l'article V de l'arrêt du 9 Décem
bre 1749, Enjoint Sa Majefté aux fieurs Intendans
& Commiffaires départis pour l'exécution
MA I. 1758.
203
de fes ordres dans les provinces & généralités
du Royaume , de tenir la main à l'exécution
du préfent arrêt. Fait au Confeil d'Etat da Rõi¹,
Sa Majesté y étant , tenu à Verſailles le vingtieme
jour de Mars mil fept cent cinquante- huit. Signé
Phelipeaux.
LOUIS , par la grace de Dieu , Roi de France
& de Navarre , Dauphin de Viennois , Comte de
Valentinois
& Diois , Provence , Forcalquier
&
terres adjacentes
: A nos amés & féaux Confeillers
en nos Confeils , les ,fieurs Intendans
&
Commiffaires
, départis pour l'exécution
de nos
ordres dans les provinces & généralités
de notre
Royaume ; Salut. Nous vous mandons & enjoignons
par ces préfentes fignées de nous , de
tenir , chacun en droit foi , la main à l'exécution
de, l'arrêt dont l'extrait eft ci -attaché fous le
contre-fcel de notre Chancellerie
, cejourd'hui
rendu en notre Confeil d'Etat , Nous y étante,
pour les caufes y contenus : Comman
ons au
premier notre Huiffier ou Sergent fur ce requis ,
de fignifier ledit arrêt à tous qu'il appartiendra
,
à ce que perfonne n'en ignore ; & de faire pour
l'entiere exécution d'icelui , tous actes & exploits
néceffaires
, fans autre permiffion
, nonobftant
clameur de Haro , Chartre Normande
& lettres
à ce contraires
; aux copies duquel , collationnées
par l'un de nos amés & féaux Confeillers
Secrétaires
, voulons que foi foit ajoûtée comme
aux originaux
: Car tel eft notre plaifir . Donné à
Verfailles
le vingtieme
jour de Mars , l'an de
grace mil fept cent cinquante-huit , & de no
tre regne le quarante- troifieme . Signé LOUIS . Et
plus bas , Par le Roi , Dauphin , Comte de Provence.
Signé Phelipeaux
. Et fcellé.
210 MERCURE DE FRANCE.
Pour le Roi. Collationné aux originaux , par
nous Ecuyer , Confeiller Secrétaire du Roi , Mai
fon , Couronne de France & de fes finances.
à toutes personnes de faire le commerce des
Laines , tant nationales qu'étrangeres , comme
auffe de lesfaire cirouler dans tout le Royaume
en exemption de tous droits d'entrée & defortie ,
&c. Da 20Mars 1758.
Extrait des Regifres du Confeil d'Etat.
Le Roi s'étant fait répréfenter , en fon Confeil ,
PArrêt renduen icelui le 4 Août 1716 , par lequel
auroit été dérogé aux difpofitions d'autres arrêts
des 9 Mai & 2 Juin 1699 , qui défendent à tous
autres qu'aux Marchands de laine & aux Fabricans
d'acheter des laines pour les revendre &
en faire trafic , & ordonné qu'à la venir ce commerce
feroit entièrement libre & permis à toutes
perfonnes Autre arrêt du 9 Décembre 1749 ,
par lequel Sa Majefté a exempté de tous droits.
d'entrée & de fortie , & des droits locaux dépendans
de la Ferme générale , les laines qui pafferoient
des provinces des cinq groffes Fermes
dans les provinces réputées étrangeres , & des
provinces réputées étrangeres dans celles des
sing groffes Fermes : & Sa Majefté érant infor
·
208 MERCURE DE FRANCE.
mée que par arrêt du 7 Avril 1714 , il a été fait
défenfes de fortir les laines de la province de Lan,
guedoc pour les tranfporter dans les autres provinces
du Royaume , fans en avoir une pers
miffion expreffe & par écrit du fieur Intendant
& Commiffaire départi dans ladite province ;
ce qui empêche l'effet de la liberté que Sa Majesté
a eu intention de procurer au commerce des
laines qu'il paroît fubfifter auffi quelques autres
réglemens , qui reftreignent la liberté de ce commerce.
A quoi Sa Majefté defirant pourvoir ; ouï
le rapport du fieur de Boullongne , Confeiller ordinaire
au Confeil royal , Contrôleur général des
finances , le Roi étant en fon Confeil , a ordonné
& ordonne que les arrêts des 4 Août 1716 &
9 Décembre 1749 , feront exécutés felon leur
forme & teneur en conféquence , permet à toutes
perfonnes de faire le commerce des laines ,
tant nationales qu'étrangeres ; comme auffi de
faire circuler librement lefdites laines dans tout
l'intérieur, du Royaume , en exemption de tous
droits, foit d'entrée & de fort ie , lorfqu'elles pafferont
des provinces réputées étrangeres dans celles
des cinq groffes Fermes , & de celles des cinq
groffes Fermes dans les provinces réputées étran
geres , qu'autres droits locaux , à l'exception néan,
moins de ceux dépendans des Fermes des Aides &
Domaines dérogeant à cet effet Sa Majefté , tant
à l'arrêt du 7 Avril 1714 , qu'à toute autre dif
pofition contraire au préfent arrêt ; fans préjudice
toutefois du droit de ving - cinq livres du
cent pefant , que les laines nationales continueront
d'acquitter à la fortie du Royaume , con
formément à l'article V de l'arrêt du 9 Décem
bre 1749, Enjoint Sa Majefté aux fieurs Intendans
& Commiffaires départis pour l'exécution
MA I. 1758.
203
de fes ordres dans les provinces & généralités
du Royaume , de tenir la main à l'exécution
du préfent arrêt. Fait au Confeil d'Etat da Rõi¹,
Sa Majesté y étant , tenu à Verſailles le vingtieme
jour de Mars mil fept cent cinquante- huit. Signé
Phelipeaux.
LOUIS , par la grace de Dieu , Roi de France
& de Navarre , Dauphin de Viennois , Comte de
Valentinois
& Diois , Provence , Forcalquier
&
terres adjacentes
: A nos amés & féaux Confeillers
en nos Confeils , les ,fieurs Intendans
&
Commiffaires
, départis pour l'exécution
de nos
ordres dans les provinces & généralités
de notre
Royaume ; Salut. Nous vous mandons & enjoignons
par ces préfentes fignées de nous , de
tenir , chacun en droit foi , la main à l'exécution
de, l'arrêt dont l'extrait eft ci -attaché fous le
contre-fcel de notre Chancellerie
, cejourd'hui
rendu en notre Confeil d'Etat , Nous y étante,
pour les caufes y contenus : Comman
ons au
premier notre Huiffier ou Sergent fur ce requis ,
de fignifier ledit arrêt à tous qu'il appartiendra
,
à ce que perfonne n'en ignore ; & de faire pour
l'entiere exécution d'icelui , tous actes & exploits
néceffaires
, fans autre permiffion
, nonobftant
clameur de Haro , Chartre Normande
& lettres
à ce contraires
; aux copies duquel , collationnées
par l'un de nos amés & féaux Confeillers
Secrétaires
, voulons que foi foit ajoûtée comme
aux originaux
: Car tel eft notre plaifir . Donné à
Verfailles
le vingtieme
jour de Mars , l'an de
grace mil fept cent cinquante-huit , & de no
tre regne le quarante- troifieme . Signé LOUIS . Et
plus bas , Par le Roi , Dauphin , Comte de Provence.
Signé Phelipeaux
. Et fcellé.
210 MERCURE DE FRANCE.
Pour le Roi. Collationné aux originaux , par
nous Ecuyer , Confeiller Secrétaire du Roi , Mai
fon , Couronne de France & de fes finances.
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Résumé : ARREST du Conseil d'Etat du Roi, qui permet à toutes personnes de faire le commerce des Laines, tant nationales qu'étrangeres, comme aussi de les faire circuler dans tout le Royaume, en exemption de tous droits d'entrée & de sortie, &c. Du 20 Mars 1758. Extraits des Registres du Conseil d'Etat.
Le document est un extrait des registres du Conseil d'État du Roi, daté du 20 mars 1758, traitant du commerce des laines. Le Roi, après avoir été informé des restrictions précédentes, a ordonné l'exécution des arrêts des 4 août 1716 et 9 décembre 1749. Ces arrêts permettent à toutes les personnes de commercer les laines, qu'elles soient nationales ou étrangères, et de les faire circuler librement dans tout le Royaume, en exemption de droits d'entrée et de sortie. Les laines passant des provinces réputées étrangères vers celles des cinq grosses fermes, et vice versa, sont également exemptées de droits locaux, sauf ceux des Fermes des Aides et Domaines. Le Roi a également abrogé l'arrêt du 7 avril 1714, qui interdisait l'exportation des laines du Languedoc sans permission. Les Intendants et Commissaires sont chargés de faire exécuter cet arrêt dans les provinces. Le document est signé par le Roi Louis et le Conseiller Philippeaux.
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14838
14839
p. 210-211
AVIS.
Début :
Nouvelle invention pour les ouvrages d'armées, par le sieur Lafontaine Dulin, [...]
Mots clefs :
Inventions, Vie militaire, Meubles, Expérience métaphysique, Construction, Solidité, Officiers
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texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
"
auvelas invention pour les ouvrages d'armées
, par le fieur Lafontaine Dulin , éleve de
l'Ecole Militaire , inftituée par feu M. le Chevalier
de Luffan, Ingenieur. Il eft auteur artifte des
lits , tables , fiéges , tabourets , échaudées , fecrétaires
, cuifinieres , fauteuils , bidets tables
de nuit , tables à écrire , & chaiſes de commodités.
Il fait auffi une nouvelle piece qui
fert de bidet & de chaife de commodité , dans
la même piece , il y a un refervoir , des flacons ,
éponges & une feringue , le tout formant le né
ceffaire des Officiers militaires , tant fur terre
que fur mer, plufieurs de ces pieces font utiles
pour la chaffe.
Le tout fait par principes de Mathématiques ,
combinaiſon Géométrique , & par expérience
Métaphyfique.
Ayant confidéré que toutes les fujetions qui
font dans les ouvrages ordinaires , joint à leur
pefanteur & au grand nombre de pieces qu'il
faut pour faire une des pieces ci deffus , ne font
que très- nuifibles & embarraffantes à monter
pour les Domeftiques , & même pour les voi
turer d'un endroit à l'autre ; j'ai trouvé le moyen
de les réduire , & certaines preces de cinq fix liv.
fans pourtant en diminuer le mérite & la folidité
, au contraire.
Dans ma conſtruction j'ai réuni enfemble
toutes les pieces qu'il faut , pour en faire une ,
MA I. 1758.
211
font par ce moyen plus faciles à monter que
celles dont on fait ufage actuellement.
Je peux parler affirmativement de la folidité
de mes ouvrages , vu qu'ils tombent à plomb
ou perpendiculairement ce qui fait que l'on
eft toujours bien affis : je fais aufli toutes fortes
d'ouvrages de Menuiferie , Ebénisterie , & d'un
bon goût. J'ai eu l'honneur d'en faire pour plufieurs
Officiers Généraux ; pour leurs Alteffes Séréniffimes
Monfeigneur le Comte de Clermont ;
Monfeigneur le Prince de Soubile & de Rohan ;
Monfieur le Marquis de Maurange , Lieutenant
général M. le Marquis de Gamache , M. le
Marquis de Lirie , M. le Comte de Milfort ; &
pour beaucoup de Tapiffiers-Tentiers. L'on trou
ve chez l'Artifte , de ces fortes d'ouvrages prêts
à mettre en ufage.
Il demeure grande rue du Fauxbourg S. Antoine
, chez M. Perfon, Marchand Epicier.
"
auvelas invention pour les ouvrages d'armées
, par le fieur Lafontaine Dulin , éleve de
l'Ecole Militaire , inftituée par feu M. le Chevalier
de Luffan, Ingenieur. Il eft auteur artifte des
lits , tables , fiéges , tabourets , échaudées , fecrétaires
, cuifinieres , fauteuils , bidets tables
de nuit , tables à écrire , & chaiſes de commodités.
Il fait auffi une nouvelle piece qui
fert de bidet & de chaife de commodité , dans
la même piece , il y a un refervoir , des flacons ,
éponges & une feringue , le tout formant le né
ceffaire des Officiers militaires , tant fur terre
que fur mer, plufieurs de ces pieces font utiles
pour la chaffe.
Le tout fait par principes de Mathématiques ,
combinaiſon Géométrique , & par expérience
Métaphyfique.
Ayant confidéré que toutes les fujetions qui
font dans les ouvrages ordinaires , joint à leur
pefanteur & au grand nombre de pieces qu'il
faut pour faire une des pieces ci deffus , ne font
que très- nuifibles & embarraffantes à monter
pour les Domeftiques , & même pour les voi
turer d'un endroit à l'autre ; j'ai trouvé le moyen
de les réduire , & certaines preces de cinq fix liv.
fans pourtant en diminuer le mérite & la folidité
, au contraire.
Dans ma conſtruction j'ai réuni enfemble
toutes les pieces qu'il faut , pour en faire une ,
MA I. 1758.
211
font par ce moyen plus faciles à monter que
celles dont on fait ufage actuellement.
Je peux parler affirmativement de la folidité
de mes ouvrages , vu qu'ils tombent à plomb
ou perpendiculairement ce qui fait que l'on
eft toujours bien affis : je fais aufli toutes fortes
d'ouvrages de Menuiferie , Ebénisterie , & d'un
bon goût. J'ai eu l'honneur d'en faire pour plufieurs
Officiers Généraux ; pour leurs Alteffes Séréniffimes
Monfeigneur le Comte de Clermont ;
Monfeigneur le Prince de Soubile & de Rohan ;
Monfieur le Marquis de Maurange , Lieutenant
général M. le Marquis de Gamache , M. le
Marquis de Lirie , M. le Comte de Milfort ; &
pour beaucoup de Tapiffiers-Tentiers. L'on trou
ve chez l'Artifte , de ces fortes d'ouvrages prêts
à mettre en ufage.
Il demeure grande rue du Fauxbourg S. Antoine
, chez M. Perfon, Marchand Epicier.
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Résumé : AVIS.
L'avis présente l'invention du sieur Lafontaine Dulin, élève de l'École Militaire fondée par le chevalier de Luffan. Dulin, artisan de divers meubles, a créé des lits, tables, sièges, tabourets, échaudées, secrétaires, cuisinières, fauteuils, bidets, tables de nuit, tables à écrire et chaises de commodité. Il a également conçu une pièce combinant bidet et chaise de commodité, équipée d'un réservoir, de flacons, d'éponges et d'une seringue, utile pour les officiers militaires. Plusieurs de ses créations sont adaptées à la chasse. Les meubles de Dulin sont réalisés selon des principes mathématiques et géométriques, simplifiant les sujets et réduisant le nombre de pièces sans compromettre la solidité. Ses constructions permettent de réunir toutes les pièces en une seule, facilitant le montage et le transport. Dulin assure la solidité de ses ouvrages, qui tombent à plomb, garantissant une assise stable. Il a travaillé pour plusieurs officiers généraux et personnalités notables, telles que Monseigneur le Comte de Clermont, Monseigneur le Prince de Soubise et de Rohan, et Monsieur le Marquis de Maurange. Ses œuvres sont disponibles chez lui, situé grande rue du Faubourg Saint-Antoine, chez Monsieur Perfon, marchand épicier.
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14840
p. 211-212
AUTRE.
Début :
Le sieur Fagonde, Marchand à Paris, rue Saint Denis, à côté de Sainte [...]
Mots clefs :
Eau anticaustique, Guérison, Brûlures, Mal, Cloques, Apaisement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Life
La fieur Fagonde, Marchand à Paris , rue Saine
Denis, à côté de Sainte Catherine , à l'enfeigne
de la Toilette , débite roujours avee fuccès , l'ean
Anticauftique , ainfi appellée à caufe de fa vertu
fouveraine , pour la guérifon prompte & fure de
toutes fortes de brûlures de quelque nature
qu'elles puiffent être . Perfonne n'ignore combien
eft vive la douleur excitée par l'action du
feu: la guérifon d'une brûlure eft ordinairement
affez longue , parce que le mal augmente pendant
dix à douzejours. Ce n'eft d'abord qu'une
longeur plus ou moins grande : furviennent en
fuire des tumeurs féruſes , vulgairement appel.
212 MERCURE DE FRANCE:
lées cloches , la partie affligée ſe gonfle , & s'er
flamme de plus en plus , tout cela eſt accompagné
de douleurs aiguës , qui fouvent occafionnent
la fièvre , la peau du malade ſe roidit , lés
petites fibres ne pouvant plus faire leurs fonctions
fe détruifent , & enfin on refte fouvent eſtropié
La liqueur Anticauftique , appliquée à froid , &
fouvent renouvellée , remedie à tous ces accidens
: elle commence par appaiſer la douleur ,
& elle arrête enfuite très-promptement tous les
progrès que le mal pourroit faire. Le prix eſt de
3 liv. le flacon de demi- fetier , le demi facon
30 fols. Cette eau peut le tranſporter en tous
lieux & fe conferve toujours , pourvu que les bouteilles
foient bien bouchées. On donnera une
inftruction pour l'employer.
Life
La fieur Fagonde, Marchand à Paris , rue Saine
Denis, à côté de Sainte Catherine , à l'enfeigne
de la Toilette , débite roujours avee fuccès , l'ean
Anticauftique , ainfi appellée à caufe de fa vertu
fouveraine , pour la guérifon prompte & fure de
toutes fortes de brûlures de quelque nature
qu'elles puiffent être . Perfonne n'ignore combien
eft vive la douleur excitée par l'action du
feu: la guérifon d'une brûlure eft ordinairement
affez longue , parce que le mal augmente pendant
dix à douzejours. Ce n'eft d'abord qu'une
longeur plus ou moins grande : furviennent en
fuire des tumeurs féruſes , vulgairement appel.
212 MERCURE DE FRANCE:
lées cloches , la partie affligée ſe gonfle , & s'er
flamme de plus en plus , tout cela eſt accompagné
de douleurs aiguës , qui fouvent occafionnent
la fièvre , la peau du malade ſe roidit , lés
petites fibres ne pouvant plus faire leurs fonctions
fe détruifent , & enfin on refte fouvent eſtropié
La liqueur Anticauftique , appliquée à froid , &
fouvent renouvellée , remedie à tous ces accidens
: elle commence par appaiſer la douleur ,
& elle arrête enfuite très-promptement tous les
progrès que le mal pourroit faire. Le prix eſt de
3 liv. le flacon de demi- fetier , le demi facon
30 fols. Cette eau peut le tranſporter en tous
lieux & fe conferve toujours , pourvu que les bouteilles
foient bien bouchées. On donnera une
inftruction pour l'employer.
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Résumé : AUTRE.
Le texte est une annonce publicitaire pour une liqueur nommée 'Eau Anticaustique', vendue par la fleur Fagonde, marchand à Paris, rue Sainte-Denis, près de Sainte Catherine, sous l'enseigne de la Toilette. Cette eau est reconnue pour son efficacité dans le traitement rapide et sûr des brûlures. Les brûlures sont décrites comme extrêmement douloureuses, avec des symptômes tels que des douleurs vives, des tumeurs, des cloques, un gonflement, une inflammation, et parfois de la fièvre. Ces complications peuvent entraîner une rigidité de la peau, une destruction des fibres, et une estropie. L'Eau Anticaustique, appliquée à froid et renouvelée fréquemment, apaise la douleur et stoppe la progression des dommages. Elle est disponible à 3 livres le flacon de demi-setier et 30 sols le demi-flacon. Les bouteilles doivent être bien bouchées pour assurer une conservation et un transport faciles. Une instruction pour son utilisation est fournie.
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14841
p. 212-214
AUTRE, A L'AUTEUR DU MERCURE.
Début :
Monsieur, l'attention que vous avez d'insérer dans votre Mercure, tout ce qui peut [...]
Mots clefs :
Remède, Rhumatismes, Sciatique, Paralysie, Tumeurs froides, Écrouelles, Succès, Guérison, Commission royale de médecine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE, A L'AUTEUR DU MERCURE.
AUTRE ,
A L'AUTEUR DU MERCURE.
MONSIEUR , l'attention que vous avez d'inféser
dans votre Mercure , tout ce qui peut concourir à
l'avantage & à la fatisfaction du public , me fait
efpérer que vous voudrez bien lui annoncer un
Remede nouveau , dont les bons effets ont été conf
tatés par un grand nombre de cures furprenantes.
C'est un Topique éprouvé avec le plus grand fucpour
les Rhumatifmes fimples & goutteup ,
pour la fciatique , la paralifie commençante, pour
toutes les maladies de nerf, les fraîcheurs des parties
, contre les anchilofes , exoftoles , écrouelles
, & généralement contre toutes les tumeurs
froides...
cès
Il agit principalement par les urines , ſouvent
MA 1. 1758. 213
par un fuintement confidérable , qui évacue l'humeur
, & quelquefois par les felles . Comme on
doit être en garde contre les nouveautés en fait de
Médecine , j'ai voulu par moi- même reconnoître
les effets du remede , & ai fuivi quelques maladies
dont la guérifon radicale a levé tous mes doutes.
Vous me permettrez d'en çiter une , que je croyois
au deffus de toutes les reffources de l'art . La nommée
Leroi âgée d'environ 60 ans , demeurant, rue
Dauphine chez un Ceinturonnier , étoit travaillée
depuis plus de trois mois d'un fhumatifme goutteux
, qui lui faifoit fouffrir les plus cuifantes douleurs
elle avoit été traitée inutilement par plufieurs
Médecins & Chirurgiens qui défefpéroient
de fa guérifon. Je la trouvai au lit dans un état pitoyable
, & avec des douleurs fi vives , qu'elle ne
pouvoit le remuer , ni fouffrir qu'on la touchât ;
le bras gauche perclus & entiérement defféché ,
& au genouil du même côté une anchyloſe énorme
; enfin elle étoit à l'extrêmité : un mois de
l'ufage du remede l'a rétablie entiérement . Je vous
en citerois un grand nombre d'autres , fi les barnes
de votre recueil me, permettoient de donner
plus d'étendue à cette lettre. Soyez perfuadé
Monfieur , que c'est l'intérêt feul de la vérité &
celui du public , qui m'ont déterminé à vous écrire.
Ceux qui me connoiffent , n'en douteront
point , & les malades qui auront éprouvé par l'ufage
l'efficacité du topique , nous fçaurons gré à
P'un & à l'autre de l'avoir indiqué. Le privilege qui
vient d'être délivré par M. le premier Médecin du
Roi , & par Mrs de la commiffion royale de Mé→
decine , prouve encore plus que tout ce que je
pourrois dire , qu'on ne fçauroit avoir trop de
confiance en ce remede. Le fieur Berthelot qui le
diftribue, demeure à l'hôtel de Tour, rue du Paon,
214 MERCURE DE FRANCE.
& avertit qu'il ne retirera point de lettres qu'elles
m'aient été affranchies.
J'ai l'honneur d'être , & c.
Giraud.
A L'AUTEUR DU MERCURE.
MONSIEUR , l'attention que vous avez d'inféser
dans votre Mercure , tout ce qui peut concourir à
l'avantage & à la fatisfaction du public , me fait
efpérer que vous voudrez bien lui annoncer un
Remede nouveau , dont les bons effets ont été conf
tatés par un grand nombre de cures furprenantes.
C'est un Topique éprouvé avec le plus grand fucpour
les Rhumatifmes fimples & goutteup ,
pour la fciatique , la paralifie commençante, pour
toutes les maladies de nerf, les fraîcheurs des parties
, contre les anchilofes , exoftoles , écrouelles
, & généralement contre toutes les tumeurs
froides...
cès
Il agit principalement par les urines , ſouvent
MA 1. 1758. 213
par un fuintement confidérable , qui évacue l'humeur
, & quelquefois par les felles . Comme on
doit être en garde contre les nouveautés en fait de
Médecine , j'ai voulu par moi- même reconnoître
les effets du remede , & ai fuivi quelques maladies
dont la guérifon radicale a levé tous mes doutes.
Vous me permettrez d'en çiter une , que je croyois
au deffus de toutes les reffources de l'art . La nommée
Leroi âgée d'environ 60 ans , demeurant, rue
Dauphine chez un Ceinturonnier , étoit travaillée
depuis plus de trois mois d'un fhumatifme goutteux
, qui lui faifoit fouffrir les plus cuifantes douleurs
elle avoit été traitée inutilement par plufieurs
Médecins & Chirurgiens qui défefpéroient
de fa guérifon. Je la trouvai au lit dans un état pitoyable
, & avec des douleurs fi vives , qu'elle ne
pouvoit le remuer , ni fouffrir qu'on la touchât ;
le bras gauche perclus & entiérement defféché ,
& au genouil du même côté une anchyloſe énorme
; enfin elle étoit à l'extrêmité : un mois de
l'ufage du remede l'a rétablie entiérement . Je vous
en citerois un grand nombre d'autres , fi les barnes
de votre recueil me, permettoient de donner
plus d'étendue à cette lettre. Soyez perfuadé
Monfieur , que c'est l'intérêt feul de la vérité &
celui du public , qui m'ont déterminé à vous écrire.
Ceux qui me connoiffent , n'en douteront
point , & les malades qui auront éprouvé par l'ufage
l'efficacité du topique , nous fçaurons gré à
P'un & à l'autre de l'avoir indiqué. Le privilege qui
vient d'être délivré par M. le premier Médecin du
Roi , & par Mrs de la commiffion royale de Mé→
decine , prouve encore plus que tout ce que je
pourrois dire , qu'on ne fçauroit avoir trop de
confiance en ce remede. Le fieur Berthelot qui le
diftribue, demeure à l'hôtel de Tour, rue du Paon,
214 MERCURE DE FRANCE.
& avertit qu'il ne retirera point de lettres qu'elles
m'aient été affranchies.
J'ai l'honneur d'être , & c.
Giraud.
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Résumé : AUTRE, A L'AUTEUR DU MERCURE.
La lettre adressée à l'auteur du Mercure annonce un nouveau remède efficace contre diverses affections. Giraud, l'auteur de la lettre, souligne l'intérêt du Mercure pour le bien-être du public. Le remède est un topique éprouvé pour traiter les rhumatismes simples et goutteux, la sciatique, la paralysie commençante, les maladies des nerfs, les fraîcheurs des parties, les anchyloses, les exostoses, les écrouelles et les tumeurs froides. Il agit principalement par les urines et parfois par les selles. Giraud rapporte le cas de la nommée Leroi, âgée d'environ 60 ans, souffrant de rhumatismes goutteux depuis plus de trois mois. Après des traitements infructueux de plusieurs médecins et chirurgiens, elle a été guérie en un mois grâce à ce remède. Giraud mentionne également un privilège délivré par le premier Médecin du Roi et la commission royale de Médecine, confirmant l'efficacité du remède. Le distributeur, le sieur Berthelot, réside à l'hôtel de Tour, rue du Paon.
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14842
p. 214
AUTRE.
Début :
Leclerc, Maître Perruquier, rue de la Harpe, près S. Côme, [...]
Mots clefs :
Pommade, Fortifiant, Cheveux, Sourcils, Succès, Certificats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
LECT
ECLERC , Maître Perruquier
, rue de la Har
pe , près S. Côme , vend & diftribue une Pommade
Chymique
, parfaite pour fortifier la racine
des cheveux , les empêcher
de tomber & les
faire revenir ; elle eft auffi d'ufage pour faire reve
nir les fourcils , & ce n'eft qu'après plufieurs expériences
faites par nombre de perfonnes
qui
en ont fait ufage , qu'il donne des Certificats
de
vérité de l'effet de ladite Pommade
, à tous ceux
& celles qui l'ignorent
; & on ne trouvera la véritable
Pommade
Chymique
que chez le fieur
Leclerc. Il vend le pot 3 liv. & 6 liv.
LECT
ECLERC , Maître Perruquier
, rue de la Har
pe , près S. Côme , vend & diftribue une Pommade
Chymique
, parfaite pour fortifier la racine
des cheveux , les empêcher
de tomber & les
faire revenir ; elle eft auffi d'ufage pour faire reve
nir les fourcils , & ce n'eft qu'après plufieurs expériences
faites par nombre de perfonnes
qui
en ont fait ufage , qu'il donne des Certificats
de
vérité de l'effet de ladite Pommade
, à tous ceux
& celles qui l'ignorent
; & on ne trouvera la véritable
Pommade
Chymique
que chez le fieur
Leclerc. Il vend le pot 3 liv. & 6 liv.
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Résumé : AUTRE.
Maître Leclerc, perruquier rue de la Harpe, vend une pommade chimique pour fortifier les cheveux, prévenir leur chute et favoriser leur repousse. Elle est également efficace pour les sourcils. Les effets sont attestés par des certificats d'utilisateurs. La pommade est disponible uniquement chez Leclerc au prix de 3 ou 6 livres le pot.
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14843
p. 214
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure du [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION
.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier ,
le Mercure du mois de Mai , & je n'y ai rien
trouvé qui puiffe en empêcher l'impreſſion. A
Paris , ce 29 Avril 1758.
GUIROY
.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier ,
le Mercure du mois de Mai , & je n'y ai rien
trouvé qui puiffe en empêcher l'impreſſion. A
Paris , ce 29 Avril 1758.
GUIROY
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14844
p. 215-216
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Les deux Chiens [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
LES deux Chiens &le Chat , Fable ,
page
Les Abfens ont tort , maxime françoife ; Conte à
Madame P... de M ... de L ...
Vers à Madame la Marquife de Boufflers , par Ma
l'Abbé P...
Lettre à M. de Boiffy 2
Epitre à M. D. H. G, D. T. R.
25
29
Parallele de l'orgueil & de l'élévation des Sentimens
32
Vers fur la mort du Moineau de Madame de St.. 36
Suite fur M. de Fontenelle , par M. l'Abbé Trublet,
contenant des corrections & additions aux arti
cles précédens ,
Vers à Mademoiſelle Frogier- Dupleffis ,
37
36
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Pensées détatraduites
chées , de l'Anglois de Pope & de
Swift ,
ノ
57659
Vers à M. D. G. D. L. R. pour le premier Jour de
l'An , 78
Explication de l'Enigme & du Logegryphe du
fecond Mercure du mois d'Avril ,
Enigme ,
Logogryphe
Chanfon ,
ibida
72
73
74
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux ,
75
Lettre à M. de Boiffy , en réponse à celle du Solitaire
de Bretagne ,
114
314
ART. III. SCIENCES
ET BELLES LETTRES
.. Hiftoire. Lettre de M. Coleffe à M. l'Abbé Hardi ,
127
& c.
Médecine. Obſervations fur les effets de la Poudre
d'Alliot. Par M. de Thierry , Docteur - Régent
de la Faculté de Médecine de Paris , 133
Eloge de M. de Réaumur , lu à l'affemblée publique
de l'Académie Royale des Sciences , & c.
ART. IV. BEAUX-ARTS.
1
Mufique ,
Gravure ,
142
171
172
176
Jayallerie. Lettre à l'Auteur du Mercure , fur les
"feuilles à mettre fous les pierres de différentes
couleurs ,
Manufactures. Réflexions fur la fituation des principales
Manufactures de France , & particuliérement
de celle de Tours ,
Opera ,
ART. V. SPECTACLES.
178
181
Comédie Françoiſe , 182
Comédie Italienne , 183
Profpectus du Théâtre Italien ; 184
Nouveau Ballet du fieur Noverre ,
189
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
193
Nouvelles de la Cour , de Paris , &¿ ‚ 198
Bénéfices donnés , 205
Mariages & Morts ,
ibid.
merce des laines ,
Arrêt du Confeil d'Etat du Roi , au fujet du com→
Avis divers ,
207
21Q
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
LES deux Chiens &le Chat , Fable ,
page
Les Abfens ont tort , maxime françoife ; Conte à
Madame P... de M ... de L ...
Vers à Madame la Marquife de Boufflers , par Ma
l'Abbé P...
Lettre à M. de Boiffy 2
Epitre à M. D. H. G, D. T. R.
25
29
Parallele de l'orgueil & de l'élévation des Sentimens
32
Vers fur la mort du Moineau de Madame de St.. 36
Suite fur M. de Fontenelle , par M. l'Abbé Trublet,
contenant des corrections & additions aux arti
cles précédens ,
Vers à Mademoiſelle Frogier- Dupleffis ,
37
36
Lettre à l'Auteur du Mercure , & Pensées détatraduites
chées , de l'Anglois de Pope & de
Swift ,
ノ
57659
Vers à M. D. G. D. L. R. pour le premier Jour de
l'An , 78
Explication de l'Enigme & du Logegryphe du
fecond Mercure du mois d'Avril ,
Enigme ,
Logogryphe
Chanfon ,
ibida
72
73
74
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux ,
75
Lettre à M. de Boiffy , en réponse à celle du Solitaire
de Bretagne ,
114
314
ART. III. SCIENCES
ET BELLES LETTRES
.. Hiftoire. Lettre de M. Coleffe à M. l'Abbé Hardi ,
127
& c.
Médecine. Obſervations fur les effets de la Poudre
d'Alliot. Par M. de Thierry , Docteur - Régent
de la Faculté de Médecine de Paris , 133
Eloge de M. de Réaumur , lu à l'affemblée publique
de l'Académie Royale des Sciences , & c.
ART. IV. BEAUX-ARTS.
1
Mufique ,
Gravure ,
142
171
172
176
Jayallerie. Lettre à l'Auteur du Mercure , fur les
"feuilles à mettre fous les pierres de différentes
couleurs ,
Manufactures. Réflexions fur la fituation des principales
Manufactures de France , & particuliérement
de celle de Tours ,
Opera ,
ART. V. SPECTACLES.
178
181
Comédie Françoiſe , 182
Comédie Italienne , 183
Profpectus du Théâtre Italien ; 184
Nouveau Ballet du fieur Noverre ,
189
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres ,
193
Nouvelles de la Cour , de Paris , &¿ ‚ 198
Bénéfices donnés , 205
Mariages & Morts ,
ibid.
merce des laines ,
Arrêt du Confeil d'Etat du Roi , au fujet du com→
Avis divers ,
207
21Q
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles divisée en six sections principales. L'Article Premier rassemble des pièces fugitives en vers et en prose, telles que des fables, des contes, des lettres, des épîtres et des poèmes dédiés à diverses personnes. Parmi les œuvres notables figurent 'Les deux Chiens & le Chat, Fable' et 'Les Abfens ont tort, maxime françoife'. L'Article II traite des nouvelles littéraires, incluant des extraits de livres récents et une lettre en réponse à celle du Solitaire de Bretagne. L'Article III aborde les sciences et les belles-lettres, avec une lettre historique et des observations médicales sur la Poudre d'Alliot par M. de Thierry, ainsi qu'un éloge de M. de Réaumur. L'Article IV se concentre sur les beaux-arts, avec des sections sur la musique, la gravure, la peinture et les manufactures. L'Article V concerne les spectacles, détaillant les programmes de la comédie française et italienne, ainsi que des prospectus et des ballets. Enfin, l'Article VI présente des nouvelles étrangères, des nouvelles de la cour et de Paris, des mariages, des décès et des avis divers, incluant un arrêt du Conseil d'État du Roi au sujet de la merce des laines.
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14845
p. 216
« La Chanson notée doit regarder la page 74. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 74. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 74. [...] »
La Chanfon notée doit regarder la page 74.
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14846
p. 216
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch . Ant . Jombert,
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14847
p. 88
ENIGME.
Début :
J'ai le corps gros & le col mince ; [...]
Mots clefs :
Thermomètre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
J'AT le corps gros & le col mince -
ΑΙ
Je ſuis fans têté & plein d'eſprit :
Chez le Curieux & le Prince ,
Plus qu'autre part eft mon crédit :
Je ſuis foumis au temps , comme lui, variable :
Je vais & viens ; cependant je fuis ftable ,
Reftant fixe à l'endroit où l'on veut me placer :
C'eft affez , cher Lecteur , je te laiffe y penſer
J'AT le corps gros & le col mince -
ΑΙ
Je ſuis fans têté & plein d'eſprit :
Chez le Curieux & le Prince ,
Plus qu'autre part eft mon crédit :
Je ſuis foumis au temps , comme lui, variable :
Je vais & viens ; cependant je fuis ftable ,
Reftant fixe à l'endroit où l'on veut me placer :
C'eft affez , cher Lecteur , je te laiffe y penſer
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14848
p. 88-90
« Dans le Mercure de Mai nous nous étions bornés à apprendre au Public que / MONSIEUR, j'ai été extrêmement surprise de trouver dans le premier volume [...] »
Début :
Dans le Mercure de Mai nous nous étions bornés à apprendre au Public que / MONSIEUR, j'ai été extrêmement surprise de trouver dans le premier volume [...]
Mots clefs :
Mercure, Public, Moulins, Énigme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Dans le Mercure de Mai nous nous étions bornés à apprendre au Public que / MONSIEUR, j'ai été extrêmement surprise de trouver dans le premier volume [...] »
Dans le Mercure de Mai nous nous
étions bornés à apprendre au Public que
Mademoiſelle de la Boiffiere , de Moulins ,
défavouoit l'Enigme qui a paru fous fon
nom dans le premier volume du Mercure
d'Avril. Comme il nous eft revenu qu'elle
ne fe contente point de ce défaveu , auJUIN.
1758 . 89
quel elle dit n'avoir aucune part, & qu'elle
fouhaite que nous inférions ici la Lettre
qu'elle nous a écrite à ce fujet , & qui contient
celui qu'elle fait elle- même , nous
ne croyons pas pouvoir lui refuſer la fatisfaction
qu'elle exige de nous. La voici :
MONSIEUR , ONSIEUR , j'ai été extrêmement furpriſe
de trouver dans le premier volume
du Mercure d'Avril , une Enigme au bas
de laquelle eft le nom de Mademoiſelle
de la Boiffiere : c'eft celui fous lequel je
fuis le plus connue , il n'y a point d'autre
perfonne à Moulins qui porte ce nom. Je
puis vous affurer , Monfieur , que cette
Enigme n'eft point de moi , que
l'on vous
en a impofé , & au Public , lorfqu'on vous
l'a adreffée fous mon nom . Je n'ai jamais
donné dans la littérature , encore moins
dans la poéfie. Je ne me flatte pas d'avoir
affez de connoiffance pour juger fi elle eft
bonne ou mauvaiſe , ni affez d'efprit pour
l'entendre. Telle qu'elle eft je la défavoue,
& j'ai tout fujet de me plaindre de la
perfonne qui vous l'a adreffée fous mon
nom. Si on a prétendu me faire honneur ,
de m'ériger en Auteur , en faifant inférer
dans le Mercure un ouvrage auquel je
n'ai aucune part , on auroit dû me demander
mon confentement , & fûrement je ne
go MERCURE DE FRANCE.
fuis pas.
l'aurois pas donné ; je n'ai point la fotte
vanité de vouloir paroître ce que je ne
Si on a voulu me donner un ridicule
, ma plainte eft encore mieux fondée
; je ne crois pas l'avoir mérité : je me
flattois d'avoir vécu jufqu'à préfent de
façon à ne me point faire d'ennemi . De
quelque part que ce procédé vienne , il eft
intéreffant pour moi que le Public foit
défabufé . Ainfi , Monfieur , je vous demande
en grace de vouloir bien inférer
dans votre prochain Mercure la Lettre que
j'ai l'honneur de vous adreffer. Je fuis ,
Monfieur , votre très- humble & très-obéiffante
fervante , LA BOISSIERE.
A Moulins , ce 12 Avril 1758 .
étions bornés à apprendre au Public que
Mademoiſelle de la Boiffiere , de Moulins ,
défavouoit l'Enigme qui a paru fous fon
nom dans le premier volume du Mercure
d'Avril. Comme il nous eft revenu qu'elle
ne fe contente point de ce défaveu , auJUIN.
1758 . 89
quel elle dit n'avoir aucune part, & qu'elle
fouhaite que nous inférions ici la Lettre
qu'elle nous a écrite à ce fujet , & qui contient
celui qu'elle fait elle- même , nous
ne croyons pas pouvoir lui refuſer la fatisfaction
qu'elle exige de nous. La voici :
MONSIEUR , ONSIEUR , j'ai été extrêmement furpriſe
de trouver dans le premier volume
du Mercure d'Avril , une Enigme au bas
de laquelle eft le nom de Mademoiſelle
de la Boiffiere : c'eft celui fous lequel je
fuis le plus connue , il n'y a point d'autre
perfonne à Moulins qui porte ce nom. Je
puis vous affurer , Monfieur , que cette
Enigme n'eft point de moi , que
l'on vous
en a impofé , & au Public , lorfqu'on vous
l'a adreffée fous mon nom . Je n'ai jamais
donné dans la littérature , encore moins
dans la poéfie. Je ne me flatte pas d'avoir
affez de connoiffance pour juger fi elle eft
bonne ou mauvaiſe , ni affez d'efprit pour
l'entendre. Telle qu'elle eft je la défavoue,
& j'ai tout fujet de me plaindre de la
perfonne qui vous l'a adreffée fous mon
nom. Si on a prétendu me faire honneur ,
de m'ériger en Auteur , en faifant inférer
dans le Mercure un ouvrage auquel je
n'ai aucune part , on auroit dû me demander
mon confentement , & fûrement je ne
go MERCURE DE FRANCE.
fuis pas.
l'aurois pas donné ; je n'ai point la fotte
vanité de vouloir paroître ce que je ne
Si on a voulu me donner un ridicule
, ma plainte eft encore mieux fondée
; je ne crois pas l'avoir mérité : je me
flattois d'avoir vécu jufqu'à préfent de
façon à ne me point faire d'ennemi . De
quelque part que ce procédé vienne , il eft
intéreffant pour moi que le Public foit
défabufé . Ainfi , Monfieur , je vous demande
en grace de vouloir bien inférer
dans votre prochain Mercure la Lettre que
j'ai l'honneur de vous adreffer. Je fuis ,
Monfieur , votre très- humble & très-obéiffante
fervante , LA BOISSIERE.
A Moulins , ce 12 Avril 1758 .
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Résumé : « Dans le Mercure de Mai nous nous étions bornés à apprendre au Public que / MONSIEUR, j'ai été extrêmement surprise de trouver dans le premier volume [...] »
Dans le Mercure de Mai, Mademoiselle de la Boiffiere de Moulins conteste la publication d'une énigme parue sous son nom dans le Mercure d'Avril. Elle exprime son désaveu et demande la publication de sa lettre pour clarifier la situation. Dans cette lettre, datée du 12 avril 1758, elle affirme n'être ni l'auteure de l'énigme ni impliquée dans la littérature ou la poésie. Elle manifeste son mécontentement face à cette usurpation de son nom et souhaite désabuser le public. Mademoiselle de la Boiffiere précise qu'elle n'aurait jamais donné son consentement pour une telle publication et nie chercher à se faire passer pour une auteure. Elle conclut en demandant la publication de sa lettre pour rétablir la vérité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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14849
p. 90-92
LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis fille de l'air, l'on ne me voit jamais : [...]
Mots clefs :
Mélodie
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGO GRYPHE.
Js fuis fille de l'air , l'on ne me voit jamais : B
Les vents étendent mon empire ;
Et dans le moment où j'expire ,
Au creux d'un rec à demi je renais .
Mon nom contient un pays de l'Attique ;
Une Ville en Hollande , & l'autre en Dauphinés
Et quand il plaît à qui m'a combiné ,
Je deviens un ton de mufique.
J'immortalife & Pindare , & Rouffeau ;
Mes bords font environnés d'eau :
JUIN. 1758.
Je gouverne un état ſur les côtes d'Afrique ,
Où le Chrétien reçoit des fers du Muſulman ;
Et j'embellis par ma ftructure
Un Temple à Rome , à Stamboul le Divan..
Des fimples je fais des victimes ;
Je défends l'innocence , & je punis les crimes ;
Je nourris le Clergé , je nourris le vieillard ;
L'on me recueille fur l'hymette :
Je fus au ciel élevé fur un char ,
Je parois , après la tempête ,
Sur les mâts & fur le gaillard.
De l'Egyptien idolâtre
J'obtins des Autels à Memphis :
D'un fexe léger & folâtre ,
Dans la faifon des amours & des ris ;
Je releve les tendres graces :
Si je lui plais , il plaît par moi.
De l'orage quand les menaces
Répandent un cruel effroi ,
J'offre aux vaiffeaux un für afyle ,
Où dans un parage tranquille ,
Ils bravent la mer en fureur.
Je mords le métal le plus dur.
Diane trouve en moi le nom qu'elle éut d'une
Inle :
Chez les Romains , je divifois les temps :
Victorieux , je montai fur le trône
Des Empereurs de Babylone :
Au fage Grec, je confiai les vents :
2 MERCURE DE FRANCE:
Je fauve un doigt d'une pointe inhumaine ,
Je caufai le trépas du vaillant fils d'Alcmene:
Par moi du corps fe font les mouvemens ;
Je fuis un oifeau de riviere ,
Et des liqueurs la fubftance groffiere
Un fimple contre les poifons :
Enfin , malgré l'éclat du Dieu de la lumiere ,
Si je manquois à l'homme , il iroit à tâtons
Js fuis fille de l'air , l'on ne me voit jamais : B
Les vents étendent mon empire ;
Et dans le moment où j'expire ,
Au creux d'un rec à demi je renais .
Mon nom contient un pays de l'Attique ;
Une Ville en Hollande , & l'autre en Dauphinés
Et quand il plaît à qui m'a combiné ,
Je deviens un ton de mufique.
J'immortalife & Pindare , & Rouffeau ;
Mes bords font environnés d'eau :
JUIN. 1758.
Je gouverne un état ſur les côtes d'Afrique ,
Où le Chrétien reçoit des fers du Muſulman ;
Et j'embellis par ma ftructure
Un Temple à Rome , à Stamboul le Divan..
Des fimples je fais des victimes ;
Je défends l'innocence , & je punis les crimes ;
Je nourris le Clergé , je nourris le vieillard ;
L'on me recueille fur l'hymette :
Je fus au ciel élevé fur un char ,
Je parois , après la tempête ,
Sur les mâts & fur le gaillard.
De l'Egyptien idolâtre
J'obtins des Autels à Memphis :
D'un fexe léger & folâtre ,
Dans la faifon des amours & des ris ;
Je releve les tendres graces :
Si je lui plais , il plaît par moi.
De l'orage quand les menaces
Répandent un cruel effroi ,
J'offre aux vaiffeaux un für afyle ,
Où dans un parage tranquille ,
Ils bravent la mer en fureur.
Je mords le métal le plus dur.
Diane trouve en moi le nom qu'elle éut d'une
Inle :
Chez les Romains , je divifois les temps :
Victorieux , je montai fur le trône
Des Empereurs de Babylone :
Au fage Grec, je confiai les vents :
2 MERCURE DE FRANCE:
Je fauve un doigt d'une pointe inhumaine ,
Je caufai le trépas du vaillant fils d'Alcmene:
Par moi du corps fe font les mouvemens ;
Je fuis un oifeau de riviere ,
Et des liqueurs la fubftance groffiere
Un fimple contre les poifons :
Enfin , malgré l'éclat du Dieu de la lumiere ,
Si je manquois à l'homme , il iroit à tâtons
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14850
p. 195-199
ALLEMAGNE.
Début :
Les Prussiens avoient établi vis-à-vis de l'isle de Rugen, près de [...]
Mots clefs :
Stralsund, Prussiens, Artillerie, Contribution financière, Ratisbonne, Recrutement, Violence, Hambourg, Diminution des contributions, Poméranie, Armée impériale, Quartier général, Silésie, Troupes, Ennemi, Combats, Colonel, Mouvements des troupes
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE STRALSUND , le 9 Avril. 9.
Les Pruffiens avoient établi vis- à - vis de l'iſle de
Rugen , près de Stahlbroë , une batterie qui incommodoit
beaucoup les Suédois . Ceux -ci ayant
pris la réfolution de la détruire , firent partir le 2
du mois d'Avril de Danholm , à un quart de lieue
de cette Ville , plufieurs bâtimens plats chargés
d'artillerie. La canonnade , qui fut très- vive de
part & d'autre , dura depuis cinq heures jufqu'à
neuf heures du matin , & les Suédois font venus à
bout de ruiner entiérement cette batterie.
Depuis les détachemens que les Pruffiens ont
été obligés de faire , pour s'opposer aux progrès
des Ruffiens , ils n'ont plus ici que quinze ou feize
mille hommes. Ainfi les Suédois fe difpofent à
quitter inceffamment l'ifle de Rugen & Stralfund ,
pour pénétrer une feconde fois dans la Poméranie
Pruffienne.
par
Malgré les affurances par écrit , données
le Maréchal de Lehwald aux Etats de la Poméra
nie Suédoife , qu'il ne feroit exigé d'eux aucune
autre contribution que celle qu'ils ont déja
payée , le Comte de Dohna , qui a pris le commandement
de l'armée Pruffienne , leur demande
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
encore foixante mille écus , & une certaine quantité
de bled .
DE RATISBONNE , le 7 Avril.
On écrit de Reftock , que le 28 du mois de
Mars , les Pruffiens ayant empêché d'ouvrir les
portes de la Ville , commencerent de grand matin
à vifiter toutes les maifons , & enleverent indiftinctement
tous ceux qui leur parurent propres
à porter les armes. La vifite dura jufqu'à neufheures
, & quantité de Négocians fe trouvant compris
dans le nombre de ces recrues bourgeoiles de
nouvelle efpece , la confternation fut générale .
Cependant les cris des femmes , des enfans & du
peuple , obligerent le Commandant Pruffien à
faire relâcher plufieurs hommes d'un âge avancé ;
mais ce ne fut qu'en leur déclarant qu'aucun d'eux
ne feroit exempt d'entrer au fervice du Roi de
Pruffe , à moins qu'il ne fût remplacé par un autre
en état de fervir. Comme à cette premiere vifite
, on ne put faire affez de recrue pour completter
le nombre auquel les Pruffiens ont taxé
cette Ville , la nuit fuivante ils recommencerent
à faire de nouvelles recherches , & ils s'emparerent
encore d'un grand nombre d'habitans,
DE HAMBOURG , le 19 Avril.
L'impoffibilité où le trouvent les habitans du
Duché de Mecklenbourg , de payer les contributions
en argent qui leur ont été impofées , a enfia
été reconnue , & le Roi de Pruffe en conféquence
, a permis d'accorder une diminution de
cinq cens mille écus .
Les Troupes Pruffiennes répandues dans ce mê
JUIN. 1758. 197
me Etat , vont l'évacuer , pour se rendre à l'armée
de Poméranie , qui a befoin de renforts . Le
détachement qui bloquoit la ville de Schwerin
étoit déja retiré le 13 .
Tous les avis qui viennent de Pomeranie , marquent
que les Pruffiens fortifient confidérablement
Stettin , & que par ordre du Roi de Pruffe , on
coupe dans les forêts voifines quarante mille paliffades
, pour être tranfportées dans cette Ville.
Du Quartier général de l'Armée Impériale
fur les frontieres de Silefie , le 18 Avril.
Une colonne de Troupes Pruffiennes , aux or
dres du Général de la Mothe.Fouquet , compofée
d'environ fix mille hommes , Infanterie , Cavalerie
& Huffards , s'eft portée de Winfchelbourg à
Braunau , & s'eft emparé de ce pofte , où nous
n'avions qu'un détachement de cent cinquante
hommes , pour obferver les mouvemens de l'ennemi
, & en donner avis fur le champ , avec ordre
de fe retirer , s'il s'avançoit avec des forces
fupérieures. Cette colonne à été bientôt ſuivie
d'un corps d'environ trois mille hommes qui ont
marché de Friedland à Ruppersdorff. Un détachement
de ce corps obligea d'abord nos poftes avancés
de fe replier fur une redoute établie à portée
de Podifch ; mais à l'arrivée de deux cens Huffards
qui venoient relever ces poftes , les ennemis
furent contraints de fe retirer eux-mêmes
jufqu'à Ruppersdorff. Les ennemis dans ce petit
choc n'ont perdu que neuf hommes tués , & deux
faits prifonniers ; mais le nombre de leurs bleffés
doit être plus grand . Nous y avons eu deux foldats
tués , un Lieutenant & onze hommes bleffés ,
& le fieur de Fourar , Lieutenant- Colonel du Ré-
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
giment de Huffards de l'Empereur , ayant eu fon
cheval tué fous lui , a été fait priſonnier , ainfi
que quatre foldats qui venoient pour le dégager.
Le 8 Avril , le Colonel Pruffien le Noble , avec
un bataillon de Volontaires & deux Efcadrons de
Huffards , ayant tout-à-coup débouché d'un bois ,
attaqua vigoureufement nos poftesavancés d'Halbftadt.
La fupériorité du nombre obligea d'abord
les nôtres à fe replier jufqu'à une redoute qui était
hors de portée. Mais le Général Laundon , commandant
dans cette partie , fit fur le champ des
difpofitions qui arrêterent les Pruffiens . Un détachement
de Huffards , foutenu par des Croates ,
tomba rapidement le fabre à la main fur les ennemis
, & les obligea de fe replier eux- mêmes avec
la plus grande précipitation. Les Pruffiens , protégés
par un feu très-vif, tâcherent de regagner
le bois , & d'y reprendre pofte ; mais les Croates
les ayant tournés , les en empêcherent , & les re
menerent battant jufqu'à Halbftadt.
Pendant cette action , un autre détachement
Pruffien , compofé d'Infanterie & de Cavalerie ,
fit la même tentative du côté de Dieterbaſch ;
mais le Général Laundon y pourvut encore , &
l'ennemi fut repouffé avec perte.
Enfin le lendemain , un troifieme corps de
Pruffiens venant de Schwartzwaffer , voulut pénétrer
du côté de Schatzlar ; mais il n'ofa rien
entreprendre , parce que le pofte que nous y
avions , lui parut bien difpofé à le recevoir , & il
s'en retourna comme il étoit venu .
Depuis , le corps du Colonel le Noble , renfor
cé de trois bataillons de Grenadiers , parut vouloir
de nouveau forcer une redoute que nous avions
établie à Potifch. Cependant cette expédition fe
borna à détacher quelques troupes , pour débar
JUIN. 1758. 199
raffer les environs de Hutberg des abbatis qu'on
y avoit faits ; & le pofte que nous y avions , fe
défendit avec tant de vigueur , que l'ennemi fut
contraint d'abandonner l'entreprife. Ainfi toute
la troupe rentra dans fes quartiers à Dieterſbach ,
& travailla fur le champ à fe retrancher près d'une
ferme à portée de-là. La nuit fuivante , le Général
Laundon fit attaquer par les Croates le retranchement
des Pruffiens , & l'ennemi , après quelque
perte , fut encore obligé de fe retirer .
On vient d'apprendre que la ville de Schweidnitz
s'eft rendue aux ennemis , la nuit du 16 au
17 du mois d'Avril , aux mêmes conditions qu'elle
s'étoit rendue ci -devant aux troupes de l'Impératrice-
Reine.
DE STRALSUND , le 9 Avril. 9.
Les Pruffiens avoient établi vis- à - vis de l'iſle de
Rugen , près de Stahlbroë , une batterie qui incommodoit
beaucoup les Suédois . Ceux -ci ayant
pris la réfolution de la détruire , firent partir le 2
du mois d'Avril de Danholm , à un quart de lieue
de cette Ville , plufieurs bâtimens plats chargés
d'artillerie. La canonnade , qui fut très- vive de
part & d'autre , dura depuis cinq heures jufqu'à
neuf heures du matin , & les Suédois font venus à
bout de ruiner entiérement cette batterie.
Depuis les détachemens que les Pruffiens ont
été obligés de faire , pour s'opposer aux progrès
des Ruffiens , ils n'ont plus ici que quinze ou feize
mille hommes. Ainfi les Suédois fe difpofent à
quitter inceffamment l'ifle de Rugen & Stralfund ,
pour pénétrer une feconde fois dans la Poméranie
Pruffienne.
par
Malgré les affurances par écrit , données
le Maréchal de Lehwald aux Etats de la Poméra
nie Suédoife , qu'il ne feroit exigé d'eux aucune
autre contribution que celle qu'ils ont déja
payée , le Comte de Dohna , qui a pris le commandement
de l'armée Pruffienne , leur demande
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
encore foixante mille écus , & une certaine quantité
de bled .
DE RATISBONNE , le 7 Avril.
On écrit de Reftock , que le 28 du mois de
Mars , les Pruffiens ayant empêché d'ouvrir les
portes de la Ville , commencerent de grand matin
à vifiter toutes les maifons , & enleverent indiftinctement
tous ceux qui leur parurent propres
à porter les armes. La vifite dura jufqu'à neufheures
, & quantité de Négocians fe trouvant compris
dans le nombre de ces recrues bourgeoiles de
nouvelle efpece , la confternation fut générale .
Cependant les cris des femmes , des enfans & du
peuple , obligerent le Commandant Pruffien à
faire relâcher plufieurs hommes d'un âge avancé ;
mais ce ne fut qu'en leur déclarant qu'aucun d'eux
ne feroit exempt d'entrer au fervice du Roi de
Pruffe , à moins qu'il ne fût remplacé par un autre
en état de fervir. Comme à cette premiere vifite
, on ne put faire affez de recrue pour completter
le nombre auquel les Pruffiens ont taxé
cette Ville , la nuit fuivante ils recommencerent
à faire de nouvelles recherches , & ils s'emparerent
encore d'un grand nombre d'habitans,
DE HAMBOURG , le 19 Avril.
L'impoffibilité où le trouvent les habitans du
Duché de Mecklenbourg , de payer les contributions
en argent qui leur ont été impofées , a enfia
été reconnue , & le Roi de Pruffe en conféquence
, a permis d'accorder une diminution de
cinq cens mille écus .
Les Troupes Pruffiennes répandues dans ce mê
JUIN. 1758. 197
me Etat , vont l'évacuer , pour se rendre à l'armée
de Poméranie , qui a befoin de renforts . Le
détachement qui bloquoit la ville de Schwerin
étoit déja retiré le 13 .
Tous les avis qui viennent de Pomeranie , marquent
que les Pruffiens fortifient confidérablement
Stettin , & que par ordre du Roi de Pruffe , on
coupe dans les forêts voifines quarante mille paliffades
, pour être tranfportées dans cette Ville.
Du Quartier général de l'Armée Impériale
fur les frontieres de Silefie , le 18 Avril.
Une colonne de Troupes Pruffiennes , aux or
dres du Général de la Mothe.Fouquet , compofée
d'environ fix mille hommes , Infanterie , Cavalerie
& Huffards , s'eft portée de Winfchelbourg à
Braunau , & s'eft emparé de ce pofte , où nous
n'avions qu'un détachement de cent cinquante
hommes , pour obferver les mouvemens de l'ennemi
, & en donner avis fur le champ , avec ordre
de fe retirer , s'il s'avançoit avec des forces
fupérieures. Cette colonne à été bientôt ſuivie
d'un corps d'environ trois mille hommes qui ont
marché de Friedland à Ruppersdorff. Un détachement
de ce corps obligea d'abord nos poftes avancés
de fe replier fur une redoute établie à portée
de Podifch ; mais à l'arrivée de deux cens Huffards
qui venoient relever ces poftes , les ennemis
furent contraints de fe retirer eux-mêmes
jufqu'à Ruppersdorff. Les ennemis dans ce petit
choc n'ont perdu que neuf hommes tués , & deux
faits prifonniers ; mais le nombre de leurs bleffés
doit être plus grand . Nous y avons eu deux foldats
tués , un Lieutenant & onze hommes bleffés ,
& le fieur de Fourar , Lieutenant- Colonel du Ré-
I iij
198 MERCURE DE FRANCE .
giment de Huffards de l'Empereur , ayant eu fon
cheval tué fous lui , a été fait priſonnier , ainfi
que quatre foldats qui venoient pour le dégager.
Le 8 Avril , le Colonel Pruffien le Noble , avec
un bataillon de Volontaires & deux Efcadrons de
Huffards , ayant tout-à-coup débouché d'un bois ,
attaqua vigoureufement nos poftesavancés d'Halbftadt.
La fupériorité du nombre obligea d'abord
les nôtres à fe replier jufqu'à une redoute qui était
hors de portée. Mais le Général Laundon , commandant
dans cette partie , fit fur le champ des
difpofitions qui arrêterent les Pruffiens . Un détachement
de Huffards , foutenu par des Croates ,
tomba rapidement le fabre à la main fur les ennemis
, & les obligea de fe replier eux- mêmes avec
la plus grande précipitation. Les Pruffiens , protégés
par un feu très-vif, tâcherent de regagner
le bois , & d'y reprendre pofte ; mais les Croates
les ayant tournés , les en empêcherent , & les re
menerent battant jufqu'à Halbftadt.
Pendant cette action , un autre détachement
Pruffien , compofé d'Infanterie & de Cavalerie ,
fit la même tentative du côté de Dieterbaſch ;
mais le Général Laundon y pourvut encore , &
l'ennemi fut repouffé avec perte.
Enfin le lendemain , un troifieme corps de
Pruffiens venant de Schwartzwaffer , voulut pénétrer
du côté de Schatzlar ; mais il n'ofa rien
entreprendre , parce que le pofte que nous y
avions , lui parut bien difpofé à le recevoir , & il
s'en retourna comme il étoit venu .
Depuis , le corps du Colonel le Noble , renfor
cé de trois bataillons de Grenadiers , parut vouloir
de nouveau forcer une redoute que nous avions
établie à Potifch. Cependant cette expédition fe
borna à détacher quelques troupes , pour débar
JUIN. 1758. 199
raffer les environs de Hutberg des abbatis qu'on
y avoit faits ; & le pofte que nous y avions , fe
défendit avec tant de vigueur , que l'ennemi fut
contraint d'abandonner l'entreprife. Ainfi toute
la troupe rentra dans fes quartiers à Dieterſbach ,
& travailla fur le champ à fe retrancher près d'une
ferme à portée de-là. La nuit fuivante , le Général
Laundon fit attaquer par les Croates le retranchement
des Pruffiens , & l'ennemi , après quelque
perte , fut encore obligé de fe retirer .
On vient d'apprendre que la ville de Schweidnitz
s'eft rendue aux ennemis , la nuit du 16 au
17 du mois d'Avril , aux mêmes conditions qu'elle
s'étoit rendue ci -devant aux troupes de l'Impératrice-
Reine.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En avril 1758, les Suédois ont détruit une batterie prussienne près de Stahlbroë, sur l'île de Rügen, après une intense canonnade. Les Prussiens, affaiblis par des détachements, ne comptaient plus que 15 à 16 000 hommes dans la région, permettant aux Suédois de préparer une nouvelle incursion en Poméranie prussienne. Le comte de Dohna, nouveau commandant prussien, a demandé aux États de la Poméranie suédoise une contribution supplémentaire de 60 000 écus et une quantité de blé, malgré les assurances du maréchal de Lehwald. À Reftock, les Prussiens ont enlevé des habitants pour les enrôler de force, provoquant une grande consternation. À Hambourg, le roi de Prusse a accordé une réduction de 500 000 écus aux habitants du Duché de Mecklenbourg, incapables de payer les contributions imposées. Les troupes prussiennes ont évacué cette région pour renforcer l'armée en Poméranie, où elles ont fortifié Stettin. Sur les frontières de Silésie, les Prussiens ont pris plusieurs postes avancés de l'armée impériale, notamment à Braunau et Halbstadt, après des affrontements mineurs. Ils ont également tenté sans succès de prendre plusieurs positions impériales, comme Schatzlar et Potifch. La ville de Schweidnitz s'est rendue aux Prussiens la nuit du 16 au 17 avril.
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