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7401
p. 1379-1382
Principes de l'Histoire, &c. [titre d'après la table]
Début :
PRINCIPES DE L'HISTOIRE pour l'Education de la Jeunesse ; cinquiéme [...]
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texteReconnaissance textuelle : Principes de l'Histoire, &c. [titre d'après la table]
PRINCIPES DE L'HISTOIRE pour
l'Education de la Jeunesse ; cinquiéme
année, qui contient l'Histoire Etran
gere. Par M. l'Abbé Lenglet du Fresnoy ,
In 12. A Paris , chés Debure l'aîné , 1737.
11. Vol.
Fiij
Co
1380 MERCURE DE FRANCE
Ce Volume est utile par sa diversité,on
y trouve l'Histoire de nos Voisins ; et
l'on commence par les parties qui apro-
chent le plus de notre propre Histoire.
L'Angleterre , qui marche la premiere ,
est utile à un François qui veut connoî-
tre les differends de cette illustre Nation
avec la Françoise ; la connoissance de
l'Espagne nous devient nécessaire ,
doit nous interesser, depuis qu'un Prince
du Sang de nos Rois est monté sur ce
Trône. L'Histoire de Portugal , qui tienţ
à celle d'Espagne , y est traitée avec une
égale précision. Ces trois natures d'His-
toire occupent les cinquante premieres
Leçons.
L'Auteur employe les 20. Leçons sui-
vantes à l'Histoire d'Italie. Venise , Na
ples , Sicile , la Savoye , la Toscane , et
quelques autresPrincipautés y sont expli-
quées avec cette juste précision qui est
nécessaire dans les Abregés. Et l'on
commence à la 71. Leçon à traiter les
quatre grandes Couronnes du Nort ; le
Dannemarck , la Suede , la Pologne et la
Russie. Ce sont des Histoires qu'on ne
doir pas ignorer ; mais M. Lenglet ne
s'attache point au détail des premiers
temps , qui dans ces sortes d'Histoires
sont très-confus et peu interessans . Ces
11. Vol.
Nations
JUIN.
1737
1381
Nations mêmes n'étoient pas encore sor-
ties de la barbarie , qui caractérisoit les
anciens Peuples du Nort.
Les huit dernieres Leçons sont em
ployées à faire connoître ce qu'il y a de
plus illustre dans les Peuples de l'Asie ,
de l'Afrique et de l'Amérique ; mais
quelle précision n'a-t'il pas falu employer
pour donner quelques idées de tous ces
vastes Pays ? Il est vrai que l'Auteur qui
fait remarquer ce qu'il peut y avoir d'u-
tile dans ces Histoires Etrangeres , a soin
de renvoyer aux Auteurs qui en ont trai
té avec le plus d'exactitude;et ce n'est pas
une chose indifferente d'avoir quelque
notion des Peuples avant que d'en exami-
ner l'Histoire avec quelque détail et mê-
me de ne pas ignorer le caractere des plus
grands Princes qui les ont gouvernés.
Toutes les instructions qui accompa
gnent chaque nature d'Histoire, sont au
tant de Méthodes abregées pour les étu-
dier avec plus d'étendue, mais l'Auteur a
toujours soin d'écarter les Livres qui rens
ferment trop de détail , pour ne pas faire
perdreinutilement un temps que l'on doit
quelquefois employer aux affaires ou à
d'autres études conformes à l'état de vie
que l'on a embrassé.
La Préface de ce Volume , plus courts
11. Vel.
Fiiij
que
1382 MERCURE DE FRANCE
que celle des autres , est suivie d'une Lis
te très-succincte de ce qui est absolu-
ment necessaire pour connoître toutes
les Nations dont l'Histoire est traitée
dans cette cinquième année.
L'Auteur fait esperer dans peu le sixié-
me Volume qui termine cet Ouvrage in-
teressant pour la jeunesse ; et qui n'est
pas même inutile pour des Personnes plus
avancées , mais qui ont besoin de ne pas
languir long-tems sur les mêmes Etudes.
l'Education de la Jeunesse ; cinquiéme
année, qui contient l'Histoire Etran
gere. Par M. l'Abbé Lenglet du Fresnoy ,
In 12. A Paris , chés Debure l'aîné , 1737.
11. Vol.
Fiij
Co
1380 MERCURE DE FRANCE
Ce Volume est utile par sa diversité,on
y trouve l'Histoire de nos Voisins ; et
l'on commence par les parties qui apro-
chent le plus de notre propre Histoire.
L'Angleterre , qui marche la premiere ,
est utile à un François qui veut connoî-
tre les differends de cette illustre Nation
avec la Françoise ; la connoissance de
l'Espagne nous devient nécessaire ,
doit nous interesser, depuis qu'un Prince
du Sang de nos Rois est monté sur ce
Trône. L'Histoire de Portugal , qui tienţ
à celle d'Espagne , y est traitée avec une
égale précision. Ces trois natures d'His-
toire occupent les cinquante premieres
Leçons.
L'Auteur employe les 20. Leçons sui-
vantes à l'Histoire d'Italie. Venise , Na
ples , Sicile , la Savoye , la Toscane , et
quelques autresPrincipautés y sont expli-
quées avec cette juste précision qui est
nécessaire dans les Abregés. Et l'on
commence à la 71. Leçon à traiter les
quatre grandes Couronnes du Nort ; le
Dannemarck , la Suede , la Pologne et la
Russie. Ce sont des Histoires qu'on ne
doir pas ignorer ; mais M. Lenglet ne
s'attache point au détail des premiers
temps , qui dans ces sortes d'Histoires
sont très-confus et peu interessans . Ces
11. Vol.
Nations
JUIN.
1737
1381
Nations mêmes n'étoient pas encore sor-
ties de la barbarie , qui caractérisoit les
anciens Peuples du Nort.
Les huit dernieres Leçons sont em
ployées à faire connoître ce qu'il y a de
plus illustre dans les Peuples de l'Asie ,
de l'Afrique et de l'Amérique ; mais
quelle précision n'a-t'il pas falu employer
pour donner quelques idées de tous ces
vastes Pays ? Il est vrai que l'Auteur qui
fait remarquer ce qu'il peut y avoir d'u-
tile dans ces Histoires Etrangeres , a soin
de renvoyer aux Auteurs qui en ont trai
té avec le plus d'exactitude;et ce n'est pas
une chose indifferente d'avoir quelque
notion des Peuples avant que d'en exami-
ner l'Histoire avec quelque détail et mê-
me de ne pas ignorer le caractere des plus
grands Princes qui les ont gouvernés.
Toutes les instructions qui accompa
gnent chaque nature d'Histoire, sont au
tant de Méthodes abregées pour les étu-
dier avec plus d'étendue, mais l'Auteur a
toujours soin d'écarter les Livres qui rens
ferment trop de détail , pour ne pas faire
perdreinutilement un temps que l'on doit
quelquefois employer aux affaires ou à
d'autres études conformes à l'état de vie
que l'on a embrassé.
La Préface de ce Volume , plus courts
11. Vel.
Fiiij
que
1382 MERCURE DE FRANCE
que celle des autres , est suivie d'une Lis
te très-succincte de ce qui est absolu-
ment necessaire pour connoître toutes
les Nations dont l'Histoire est traitée
dans cette cinquième année.
L'Auteur fait esperer dans peu le sixié-
me Volume qui termine cet Ouvrage in-
teressant pour la jeunesse ; et qui n'est
pas même inutile pour des Personnes plus
avancées , mais qui ont besoin de ne pas
languir long-tems sur les mêmes Etudes.
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7402
p. 1382-1395
Bibliotheque Italique, &c. [titre d'après la table]
Début :
SUITE des Lettres de M....... sur la Bibliotheque Italique, ou Histoire Litteraire [...]
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texteReconnaissance textuelle : Bibliotheque Italique, &c. [titre d'après la table]
SUITE des Lettres de M....... sur la
Bibliotheque Italique, ou Histoire Litteraire
de l'Italie. Tomes VIII. et IX. 1730 ,
AGenève , chez Marc- Michel Bousquet et
Compagnie , pp. 278. et pp. 276.
Dix Articles , Monsieur , font tout le
contenu du VIII. Volume de la Bibliote-
que Italique dont je ne toucherai ici que
les Principaux. Le premier présente un
Ouvrage important de M.Fontanini écrit
en Latin. Nos Journalistes en ont traduit
le Titre de cette maniere. Défenses des
Diplômes anciens contre les doutes éle-
vés par le P. Germon , dans l'Ouvrage
qui a pour Titre : De Veteribus Regum
Francorum Diplomatibus , & c. En deux
Livres, avec un Appendix sur les anciens
Auteurs , par M. Juste Fontanini du
11. Vol
Frioul,
JUIN.
II.Vol.
1737.
1383
Frioul , Profeffeur public en Eloquence à
Rome. Rome 1705. pp. 287. sans l'Epi-
tre dédicatoire & l'Indice des Chapitres.
Le P. Germon Jesuite avoit critiqué
I'Ouvrage du P. Mabillon : De Re Diplo
matica : et il avoit proposé dans son Ou
vrage : De Veteribus Regum , &c. beau-
coup de doutes , & même des preuves ,
d'abord contre tous les Diplômes en ge-
neral , & ensuite contre plusieurs de ceux
que le P. Mabillon avoit tenus en parti-
culier pour authentiques . C'est cet Ou-
vrage du P. Germon , que M. Fontanini
s'attacha alors à réfuter dans sa défense-
des Diplômes , qu'il divisa en deux Par-
ties , dont la premiere est employée à
détruire les argumens du P. Germon con⚫
tre les Diplômes en general , et la secon-
de , à justifier en particulier l'authenti
cité de quelques Diplômes publiés par
le P. Mabillon, & attaqués par son Criti-
que. Le Journaliste ne donne ici l'Extrait"
que de la premiere Partie. On peut voir
sur cette dispute du P. Germon les Me-
moires de Trevoux du mois de Mai 1713 .
p. 843. et le troisiéme Volume de l'Ou-
vrage du même Jesuite , dans lequel il
répond à M. Fontanini.
LeJournaliste reprend dans l'article 20
la suite de l'Extrait qu'il avoit donné dans
Fy
le:
1384 MERCURE DE FRANCE
le VI. Volume , du 7. Tome du Recueil.
de M. Muratori : c'est à- dire , 1 ° . de la
Chronique de Sicard , Evêque de Cremo-
ne , Ecrivain du XIII. Siecle , dont l'Ou-
vrage commence à la Naissance de J. C.
et finit en 1221. Cet Auteur étoit mort
dès l'an 1215. Ainsi il faut qu'il ait eu
un Continuateur. 2°. D'une courte Chro-
nique de Cremone depuis l'an 1096.
jusques à l'an 1232. par un Anonyme.
3 °. L'Histoire de la Conquête de la Ter-
re Sainte , écrite en François par Bernard
Trésorier , et traduite en Latin par Fran-
çois Sipino de Bologne , Dominiquain.
Cet Ouvrage finit en 1230.Ilne paroît pas
qu'il dût entrer dans un Recueil des His-
toriens d'Italie , mais la part que les Ita-
liens ont eue aux Guerres d'Outre- Mer
la découverte de cette Piece , qui étoit
comme perdue , et enfin la Nation du
Traducteur qui étoit Italien , ont déter-
miné M. Muratori , à lui donner place
dans son Recueil. Les Auteurs de la Bi-
bliotheque Italique font une comparai-
son curieuse de plusieurs endroits de cer-
te Histoire de Bernard , avec la nouvelle
Histoire d'Angleterre de M. Rapin , dans
les Points qui sont traités par P'un et par
Pautre de ces Historiens. 4°. Une Chro-
nique de Fossanova , depuis la premiere
II. Vol.
annće
JUIN.
11. Vol.
1737.
1385
année de l'Ere Chrétienne jusqu'à l'an-
née 1217. 5°. Une Chronique de l'Egli-
se d'Ateno , depuis Jules Cesar jusqu'à
l'an 1355. c'est peu de chose. 6. Une
autre du Monastere de la Trinité de Ca
va , depuis l'an 569. jusqu'à l'an 1318 ..
c'est pour la premiere fois qu'elle paroît.
M. Muratori l'a recueillie de plusieurs
Mss. differens. 7° . Une Chronique de Ri-
chard de S. Germain depuis l'an 1189.
Epoque de la mort de Guillaume Roi de
Sicile , jusqu'à l'an 1243. 8. Les Ephe-
merides de Naples , ou le Journal de ce
qui s'est passé dans ce Royaume depuis
Fan 1247. jusqu'à l'an 1268. par Mat
thieu Spinelli de Giowenazzo , publié en
Italien pour la premiere fois , avec les
Notes du P. Papebrock.
L'Article III. est employé à donner
un Extrait plus étendu de l'Ouvrage du
Comte de Mezabarba , dont le Journa-
liste avoit déja tracé le plan dans le Tome
V. Il donne dans le I V. Article , la sui-
te de l'Extrait du Voyage Historique d'I-
talie. Il y a peu de choses à vous en dire,
sinon que l'on n'y épargne jamais les
traits de Satyre , sur ce qui peut avoir ra-
· port à la Religion Romaine. A la fin de
l'article le Journaliste soutient contre
l'Auteur du Voyage , qu'un Prince ou
F vj
12
1386 MERCURE DE FRANCE
un Ambassadeur Protestant ne peut bai
ser les pieds du Pape par honneur , sans
blesser sa conscience et sa Religion .
La suite de la Lettre manuscrite du
Comte de..... sur le Caractere des Ita
liens , fait le V. article. Il continue à
traiter de l'Etat de l'Italie par raport aux
Sciences. Dans cette partie de sa Lettre ,
illes regarde particulierement du côtédes
Langues ; de l'Italienne d'abord , puis
de la Latine, de la Grecque, de l'Hebreu ,
du Chaldaïque , et de l'Arabe. Le Comte
y,
donne une notice des meilleurs Au-
teurs Italiens qui ayent cultivé depuis le
XVI. Siecle , ou qui cultivent encore
aujourd'hui ces Langues . L'Auteur passe
ensuite au goût et à l'Etude des Medail-
les , et de tout ce qui concerne l'Antiqui
té, et il a soin de nommer les principaux
Sçavans d'Italie qui s'y sont apliqués.
Cette Lettre est assurément une Piece
curieuse , et qui mériteroit bien qu'on
Pimprimât entiere dans un seul Volume ş
elle serviroit à faire connoître le progrès
et l'état present des Sciences en Italie de-
puis le XVI. Siécle , et à désabuser ceux-
qui croyent que tout l'esprit du monde
est renfermé dans leur propre Pays. Le
Journaliste y a ajoûté au bas des pages ,..
un détail très- recherché de tout ce qui:
II. Vol
concerne
JUIN.
1737
1387
concerne les Sçavans et les Ouvrages dont
il est parlé dans la Lettre. Sans ce detail
elle sembleroit manquer d'une partie es
sentielle.
Je ne m'arrêterai pas sur l'Extrait dư
III. Tome des œuvres du Cardinal Noris
qui fait l'Art. VI. ni sur le VII. Art. qui
n'est qu'une Critique de l'Edition des
Chroniques de Villani , qui a été faite à
Milan en 1729 , et à laquelle on en pre-
fère une autre qu'on préparoit alors à
Florence.
J'obmets aussi les deux articles qui
suivent, les sujets en étant ou peu impor-
tans,ou très- connus, pour dire un mot des
Nouvelles Litteraires de ce VIII . Tome .
lesquelles on trouve pour la pluspart dans
d'autres Journaux , comme la nouvelle
Edition de Cornelius à Lapide , et de la
Byzantine , faites à Venise , l'une chés
Albrizzy, et l'autre chés Giavarina . Celui-
ci a encore imprimé l'Euchologe des Grecs
du P. Goar: et les Antiquités Romaines
de Grævius, de Gronovius & de Sallengre.
On aprend de Milan que le P. Orsi Do
minicain , a fait imprimer une Differta-
rion sur l'invocation du S. Esprit dans
les Liturgies Grecques et Orientalès , I.
vol. 4. Milan 1736. Il s'attache à éclair-
cir les Actes du Concile de Florence , et
LK Vol.
à prou-
7388 MERCURE DE FRANCE
à prouver que le sentiment des Grecs
n'est pas aussi fondé sur la tradition que
l'ont avancé les Peres Touttée , Benedic-
tin , dans son Edition de Saint Cyrille
de Jerusalem , et le Brun de l'Oratoire
dans son Livre des Lyturgies.
Il me reste , Monsieur , à parcourir ict
les principaux articles du IX. Tome de
ce Journal. Le premier et le plus consi-
derable regarde la Bibliotheque Orienta-
tale de M. Asseman , Syrien , et Sçavant
Maronite du Mont- Liban. Cet Ouvrage
a pour Titre : Bibiotheca Orientalis ( Cle.
mentino- Vaticana ) &c. ou Bibliotheque
Orientale Clementine du Vatican , dans la
quelle Joseph Asseman Syrien , Maronių ,
Docteur en Théologie , & c , a revi et aran.
rangé des Mss. Syriaques , Arabes, Persans,
Turcs , Hebreux , Samaritains , Armeniens,
Ethy piens , Grecs , Egyptiens , Georgiens ,
et Malabares , aporiés du Lev ant , et mis
dans la Biblioteque du Vatican , par l'ordre
du Pape Clement XI. separé les vrais Ecrits
des suposés , et donné la vie de chaque Aw-
teur. IV. Tom. fol. Rome 1719.
Cet Article est important , et c'est
ce me semble parler un peu tard de
ce qui en fait le sujet : voici ce qui a
donné occasion à ce grand travail. Cle-
mentXI. avoit envoyé en 1707 en Egyp
11. Vol
te
JUI N.
II. Vole
1737.
7389
te le Maronite Elie , Cousin de M. Asse
man ,pour y acheter des Manuscrits des
Moines du Désert. Il n'y en put acque-
zit que 40 dans le Monastere de Sceie ou
Sait , quoiqu'il y eût une Grote remplie
de Mss. Arabes , Cophtes,et Syriaques, en-
tassés sans ordre les uns sur les autres. Ils
furent aportés à Rome sur la fin de 1707.
Entre cette année et l'année 1715 , le
Pape acquit pour la Bibliotheque Vatica-
ne un grand nombre de Mss. Orientaux
de differentes Bibliotheques , entre les-
quels étoient ceux du fameux Voya-
geur Pietro della Valle. Clement XI . en-
voya encore en 1715 , en Orient à la re-
cherche des Mss .
Il en chargea M. As-
seman , qui avoit déja été préposé depuis
l'an 1707 , par le Pape , au soin et à l'exa-
men des Mss. Orientaux. M. Asseman
en acquit un assés bon nombre , soit en
Egypte , où il alla deux fois , soit en Sy-
rie. Il ne fut de retour à Rome que deux
ans après.
Jusques là on n'avoir connu des Au-
feurs Chaldéens , Syriens et Arabes , que
ce que S. Jerôme , Gennade , Abraham
Ecchellensis , et Fauste Neiron , Maroni-
res suivis par Cave et pir Hottinger , en
avoient dit, ce qui n'étoit pas fort consi-
derable. M. Asseman à l'aide de ses sça-
vautes
1390 MERCURE DE FRANCE
vantes recherches , des differens Ecrivains
qu'il a consultés , et des Mss. nombreux
de la Bibliotheque Vaticane , répand un
grand jour sur la Litterature de ces Na-
tions. Il rectifie ce que des Sçavans ont
dit de moins juste sur la Chronologie ,
sur la Topographie , sur les noms et les
Actions de plusieurs Hommes illustres ,
et il éclaircit beaucoup l'Histoire Eccle-
siastique , dans tout ce qui concerne l'o
rigine , les erreurs , les progrès des Mo
nophysites , des Nestoriens , des Mono-
thelites , et les tumultes que ces Sectes
ont causés dans l'Asie. On voit aussi dans
cet Ouvrage la suite de tous les Patriar
ches de chaque Secte , ce que le R. P. let
Quien recherchoit avec tant de soin pour
son Oriens Christianus , la Succession dest
Evêques , les principales Actions , et les
Ecrits des plus celebres de ces Auteurs.
Pour ce qui regarde le Plan de l'Ouvra
gé , je n'entens pas bien l'exposition que
les Journalistes de Genève en donnent ,
lorsqu'à la page 16 du vol . dont nous
parlons , ils disent que la matiere des Re
marques et des Differtations de M. Asse-
man est divisée en 4 Classes , sur le
plan de la Bibliotheque Orientale. La
premiere des Auteurs Syriens Ortho-
doxes , Jacobites , et Nestoriens , soit
MI. Vol
qu'ils
JUIN.
à un autre Article.
1737.
1357
qu'ils ayent écrit premierement en Syria
que , ou qu'ils ayent été traduits de quel
que autre langue en celle-là. La seconde
Classe des Auteurs Arabes , soit Chré-
tiens , soit Mahometans. La troisiéme des
Livres des Cophtes , et des Ethyopiens ,
outre quelques Monumens de la Science
des Persans et des Turcs. La quatriéme
enfin des Livres sacrés en Syriaque et en
Arabe , tels que sont la Bible , les Rituels,
&c. Voilà donc quatre Classes que les
Journalistes disent faire lePlan de cetOu
vrage ; cependant, page 22 , ils disent que
l'Ouvrage est partagé en 4 Tom . Le pre-
mier des Auteurs Syriens Orthodoxes ;
le second des Auteurs Syriens Jacobites ;
le troisiéme des Syriens Nestoriens ; le
quatrième des Ecrivains des autres Na
tions , soit Orthodoxes , soit Héretiques ,
qui ont été traduits en Syriaque. Or ces
Tomes , comme l'on voit , ne remplis
sent que la premiere Classe du Plan ge
neral , à moins que ce ne soit le premier
vol. seul , qui contienne ces quatre Tom.
ce qu'il auroit fallu specifier.
Je n'entrerai pas dans un plus long dé
tail , ni sur l'execution de ce Plan , ni sur
l'extrait qu'on en trouve ici. On voit assés
par ce que je viens de dire , l'importance
de l'Ouvrage de M. Asseman , et je passe
L'His
1392 MERCURE DE FRANCE
L'Histoire des Differends entre la Cour
de Rome et celle du Roy de Sardaigne sous
Benoit XIII. et sous le Pape Clement
XII. n'est gueres susceptible d'Extrait,
et demanderoit un trop long détail . On
poura
la voir dans le Livre même , il
est imprimé à Turin par Valetta , İm-
primeur du Roy de Sardaigne , 1. Vol.
in-fol. de 365. pages , ou dans la Biblio-
teque Italique, Tome IX.art. 3. et T. X.
árt. 5.
Je ne vous parlerai point non plus de
l'Histoire du Royaume de Naples , du Ju-
risconsulte Giannone, dont les Journalis-
tes de Genêve donnent l'Extrait avec
quelque complaisance. Cet Ouvrage a
été défendu. On accuse l'Auteur d'avoir
mêlé avec quelques verités beaucoup de
conjectures qui prennent un air de vrai-
semblance , par le tour que l'Historien
leur donne : conjectures cependant qu'il
avance comme des faits certains , sur les-
quels roulent toutes les déclamations va-
gues dont son Ouvrage est rempli.
L'Art. 4. du même I X. Tome contient
la Suite de la Lettre manuscrite du Comte
de .... sur le Caractere des Italiens. Nos
Journalistes en accompagnent l'Extrait
à leur ordinaire , de Notes curieuses et
interessantes sur les Ouvrages de la Vie
II. Vol.
des
JUIN.
II. Vol.
1737.
1393
des Sçavans et des Hommes Illustres ci-
tés dans la Lettre du Comte.
Les Sçavans d'Italie se sont distingués
également dans la Critique diplomati-
que , et dans la connoissance de l'Histoi-
re Ancienne , Romaine, Grecque, Egyp-
tienne et Etrusque, & c. A cette occasion
l'Auteur de la
Lettre fait un bel
éloge de M. le Marquis Maffei , dont la
vaste érudition , dit- il , a eujusqu'ici très-
peu d'exemples parmi les Nations Ultra-
montaines.
La Géométrie , la plus sublime même,
a fait de grands progrès en Italie , ensor-
te que M. de Fontenelle n'a pu s'empê-
cher d'avouer la superiorité des Géome-
tres de l'Italie et de l'Allemagne , pour
résoudre les Problêmes les plus difficiles.
La Méchanique , l'Hydrostatique, l'Op-
tique , la Dioptrique , &c. n'ont pas été
négligées. Pour l'Astronomie , la Géo-
graphie et la Navigation , elles sont moins
cultivées en Italie qu'ailleurs ; quoiqu'on
ne laisse pas d'y avoir de très bons Mé-
moires d'Astronomie, entre lesquels ceux
de M.M. Manfredi et Bianchini doivent
assurément tenir le premier rang.
On ne rend pas assés de justice parmi
les autres Nations , aux découvertes que
les Italiens ont faites sur la Physique
l'Anato
•
1394 MERCURE DE FRANCE
l'Anatomie et la Medecine. L'Auteur
nomme à son ordinaire les Principaux
Italiens qui se sont rendus célébres par
le succès de leurs travaux et de leurs
Ecrits dans ces Sciences. En parlant des
Philosophes de cette Nation , il dit que
ces Sçavans , en dévelopant la Nature du
Mouvement, du Choc et de la Pression ,
abandonnent tout-à- fait ces termes vui-
des de Sens , tels que ceux d'Horreur , de
Sympathie, d'Apétit et autres, qui quoique
déguisés par differens termes , subsis-
tent encore chés plusieurs Philosophes
en Angleterre et ailleurs , sous les noms
de Force Plastique , d'Harmonie et d'At-
traction.
Les Italiens ont de bons Metaphysi-
ciens , peu ou point de Chymistes, moins
de Botanistes qu'en Angleterre , et des
Chirurgiens inferieurs en tout point aux
François. L'Italie abonde en Jurisconsul
tes , sur-tout à Rome et à Naples . La
fin de cette Lettre se trouve dans le X.
Tome , et traite des Beaux Arts.
On aprend dans les Nouvelles Litte-
raires , Article de Florence , ce qui suit :
Une mort subite nous a enlevé le Docteur
Francesco del TEGLIA , Professeur en
Philosophie Morale , dans le temps mê-
me qu'il recitoit une Harangue , le s
II. Vol
Janvier
JUIN.
1737.
13951
Janvier 1731. en presence d'une belle
Assemblée. Il étoit âgé de 60. ans. Dis-
ciple du fameux Poëte Menzini , dont
il a commenté les Oeuvres ,
il en avoit
reçû un bel éloge en forme d'augure ,
lorsqu'il étoit encore dans l'enfance. Ce
qui avoit donné lieu à cet éloge en Vers
Italiens , raporté dans le Journal, est une
Piece de Poësie Latine qu'il publia à l'âge
d'onze ans , contenant un Panegyrique
de Saint Joseph , par où il eût mérité
une place entre les Enfans Illustres de M.
Baillet , s'il eût pû être connu de lui.
Dès lors il ne fit que croître en mérite
et en belles connoissances , étant devenu
un grand Orateur et un grand Poëte
cant en Latin qu'en Toscan. Il a laissé
plusieurs Ouvrages en Vers et en Prose,
qui sont imprimés.
M. l'Abbé Gori , pour exprimer la
perte que fait la Republique des Lettres,
et pour honorer la Pompe funebre de cet
Homme Illustre , fit une belle Inscrip-
tion Latine , qui se lisoit dans un Car-
touche au Frontispice de l'Eglise où il a
été inhumé. L'Inscription est aussi ra-
portée dans le même Article.
Bibliotheque Italique, ou Histoire Litteraire
de l'Italie. Tomes VIII. et IX. 1730 ,
AGenève , chez Marc- Michel Bousquet et
Compagnie , pp. 278. et pp. 276.
Dix Articles , Monsieur , font tout le
contenu du VIII. Volume de la Bibliote-
que Italique dont je ne toucherai ici que
les Principaux. Le premier présente un
Ouvrage important de M.Fontanini écrit
en Latin. Nos Journalistes en ont traduit
le Titre de cette maniere. Défenses des
Diplômes anciens contre les doutes éle-
vés par le P. Germon , dans l'Ouvrage
qui a pour Titre : De Veteribus Regum
Francorum Diplomatibus , & c. En deux
Livres, avec un Appendix sur les anciens
Auteurs , par M. Juste Fontanini du
11. Vol
Frioul,
JUIN.
II.Vol.
1737.
1383
Frioul , Profeffeur public en Eloquence à
Rome. Rome 1705. pp. 287. sans l'Epi-
tre dédicatoire & l'Indice des Chapitres.
Le P. Germon Jesuite avoit critiqué
I'Ouvrage du P. Mabillon : De Re Diplo
matica : et il avoit proposé dans son Ou
vrage : De Veteribus Regum , &c. beau-
coup de doutes , & même des preuves ,
d'abord contre tous les Diplômes en ge-
neral , & ensuite contre plusieurs de ceux
que le P. Mabillon avoit tenus en parti-
culier pour authentiques . C'est cet Ou-
vrage du P. Germon , que M. Fontanini
s'attacha alors à réfuter dans sa défense-
des Diplômes , qu'il divisa en deux Par-
ties , dont la premiere est employée à
détruire les argumens du P. Germon con⚫
tre les Diplômes en general , et la secon-
de , à justifier en particulier l'authenti
cité de quelques Diplômes publiés par
le P. Mabillon, & attaqués par son Criti-
que. Le Journaliste ne donne ici l'Extrait"
que de la premiere Partie. On peut voir
sur cette dispute du P. Germon les Me-
moires de Trevoux du mois de Mai 1713 .
p. 843. et le troisiéme Volume de l'Ou-
vrage du même Jesuite , dans lequel il
répond à M. Fontanini.
LeJournaliste reprend dans l'article 20
la suite de l'Extrait qu'il avoit donné dans
Fy
le:
1384 MERCURE DE FRANCE
le VI. Volume , du 7. Tome du Recueil.
de M. Muratori : c'est à- dire , 1 ° . de la
Chronique de Sicard , Evêque de Cremo-
ne , Ecrivain du XIII. Siecle , dont l'Ou-
vrage commence à la Naissance de J. C.
et finit en 1221. Cet Auteur étoit mort
dès l'an 1215. Ainsi il faut qu'il ait eu
un Continuateur. 2°. D'une courte Chro-
nique de Cremone depuis l'an 1096.
jusques à l'an 1232. par un Anonyme.
3 °. L'Histoire de la Conquête de la Ter-
re Sainte , écrite en François par Bernard
Trésorier , et traduite en Latin par Fran-
çois Sipino de Bologne , Dominiquain.
Cet Ouvrage finit en 1230.Ilne paroît pas
qu'il dût entrer dans un Recueil des His-
toriens d'Italie , mais la part que les Ita-
liens ont eue aux Guerres d'Outre- Mer
la découverte de cette Piece , qui étoit
comme perdue , et enfin la Nation du
Traducteur qui étoit Italien , ont déter-
miné M. Muratori , à lui donner place
dans son Recueil. Les Auteurs de la Bi-
bliotheque Italique font une comparai-
son curieuse de plusieurs endroits de cer-
te Histoire de Bernard , avec la nouvelle
Histoire d'Angleterre de M. Rapin , dans
les Points qui sont traités par P'un et par
Pautre de ces Historiens. 4°. Une Chro-
nique de Fossanova , depuis la premiere
II. Vol.
annće
JUIN.
11. Vol.
1737.
1385
année de l'Ere Chrétienne jusqu'à l'an-
née 1217. 5°. Une Chronique de l'Egli-
se d'Ateno , depuis Jules Cesar jusqu'à
l'an 1355. c'est peu de chose. 6. Une
autre du Monastere de la Trinité de Ca
va , depuis l'an 569. jusqu'à l'an 1318 ..
c'est pour la premiere fois qu'elle paroît.
M. Muratori l'a recueillie de plusieurs
Mss. differens. 7° . Une Chronique de Ri-
chard de S. Germain depuis l'an 1189.
Epoque de la mort de Guillaume Roi de
Sicile , jusqu'à l'an 1243. 8. Les Ephe-
merides de Naples , ou le Journal de ce
qui s'est passé dans ce Royaume depuis
Fan 1247. jusqu'à l'an 1268. par Mat
thieu Spinelli de Giowenazzo , publié en
Italien pour la premiere fois , avec les
Notes du P. Papebrock.
L'Article III. est employé à donner
un Extrait plus étendu de l'Ouvrage du
Comte de Mezabarba , dont le Journa-
liste avoit déja tracé le plan dans le Tome
V. Il donne dans le I V. Article , la sui-
te de l'Extrait du Voyage Historique d'I-
talie. Il y a peu de choses à vous en dire,
sinon que l'on n'y épargne jamais les
traits de Satyre , sur ce qui peut avoir ra-
· port à la Religion Romaine. A la fin de
l'article le Journaliste soutient contre
l'Auteur du Voyage , qu'un Prince ou
F vj
12
1386 MERCURE DE FRANCE
un Ambassadeur Protestant ne peut bai
ser les pieds du Pape par honneur , sans
blesser sa conscience et sa Religion .
La suite de la Lettre manuscrite du
Comte de..... sur le Caractere des Ita
liens , fait le V. article. Il continue à
traiter de l'Etat de l'Italie par raport aux
Sciences. Dans cette partie de sa Lettre ,
illes regarde particulierement du côtédes
Langues ; de l'Italienne d'abord , puis
de la Latine, de la Grecque, de l'Hebreu ,
du Chaldaïque , et de l'Arabe. Le Comte
y,
donne une notice des meilleurs Au-
teurs Italiens qui ayent cultivé depuis le
XVI. Siecle , ou qui cultivent encore
aujourd'hui ces Langues . L'Auteur passe
ensuite au goût et à l'Etude des Medail-
les , et de tout ce qui concerne l'Antiqui
té, et il a soin de nommer les principaux
Sçavans d'Italie qui s'y sont apliqués.
Cette Lettre est assurément une Piece
curieuse , et qui mériteroit bien qu'on
Pimprimât entiere dans un seul Volume ş
elle serviroit à faire connoître le progrès
et l'état present des Sciences en Italie de-
puis le XVI. Siécle , et à désabuser ceux-
qui croyent que tout l'esprit du monde
est renfermé dans leur propre Pays. Le
Journaliste y a ajoûté au bas des pages ,..
un détail très- recherché de tout ce qui:
II. Vol
concerne
JUIN.
1737
1387
concerne les Sçavans et les Ouvrages dont
il est parlé dans la Lettre. Sans ce detail
elle sembleroit manquer d'une partie es
sentielle.
Je ne m'arrêterai pas sur l'Extrait dư
III. Tome des œuvres du Cardinal Noris
qui fait l'Art. VI. ni sur le VII. Art. qui
n'est qu'une Critique de l'Edition des
Chroniques de Villani , qui a été faite à
Milan en 1729 , et à laquelle on en pre-
fère une autre qu'on préparoit alors à
Florence.
J'obmets aussi les deux articles qui
suivent, les sujets en étant ou peu impor-
tans,ou très- connus, pour dire un mot des
Nouvelles Litteraires de ce VIII . Tome .
lesquelles on trouve pour la pluspart dans
d'autres Journaux , comme la nouvelle
Edition de Cornelius à Lapide , et de la
Byzantine , faites à Venise , l'une chés
Albrizzy, et l'autre chés Giavarina . Celui-
ci a encore imprimé l'Euchologe des Grecs
du P. Goar: et les Antiquités Romaines
de Grævius, de Gronovius & de Sallengre.
On aprend de Milan que le P. Orsi Do
minicain , a fait imprimer une Differta-
rion sur l'invocation du S. Esprit dans
les Liturgies Grecques et Orientalès , I.
vol. 4. Milan 1736. Il s'attache à éclair-
cir les Actes du Concile de Florence , et
LK Vol.
à prou-
7388 MERCURE DE FRANCE
à prouver que le sentiment des Grecs
n'est pas aussi fondé sur la tradition que
l'ont avancé les Peres Touttée , Benedic-
tin , dans son Edition de Saint Cyrille
de Jerusalem , et le Brun de l'Oratoire
dans son Livre des Lyturgies.
Il me reste , Monsieur , à parcourir ict
les principaux articles du IX. Tome de
ce Journal. Le premier et le plus consi-
derable regarde la Bibliotheque Orienta-
tale de M. Asseman , Syrien , et Sçavant
Maronite du Mont- Liban. Cet Ouvrage
a pour Titre : Bibiotheca Orientalis ( Cle.
mentino- Vaticana ) &c. ou Bibliotheque
Orientale Clementine du Vatican , dans la
quelle Joseph Asseman Syrien , Maronių ,
Docteur en Théologie , & c , a revi et aran.
rangé des Mss. Syriaques , Arabes, Persans,
Turcs , Hebreux , Samaritains , Armeniens,
Ethy piens , Grecs , Egyptiens , Georgiens ,
et Malabares , aporiés du Lev ant , et mis
dans la Biblioteque du Vatican , par l'ordre
du Pape Clement XI. separé les vrais Ecrits
des suposés , et donné la vie de chaque Aw-
teur. IV. Tom. fol. Rome 1719.
Cet Article est important , et c'est
ce me semble parler un peu tard de
ce qui en fait le sujet : voici ce qui a
donné occasion à ce grand travail. Cle-
mentXI. avoit envoyé en 1707 en Egyp
11. Vol
te
JUI N.
II. Vole
1737.
7389
te le Maronite Elie , Cousin de M. Asse
man ,pour y acheter des Manuscrits des
Moines du Désert. Il n'y en put acque-
zit que 40 dans le Monastere de Sceie ou
Sait , quoiqu'il y eût une Grote remplie
de Mss. Arabes , Cophtes,et Syriaques, en-
tassés sans ordre les uns sur les autres. Ils
furent aportés à Rome sur la fin de 1707.
Entre cette année et l'année 1715 , le
Pape acquit pour la Bibliotheque Vatica-
ne un grand nombre de Mss. Orientaux
de differentes Bibliotheques , entre les-
quels étoient ceux du fameux Voya-
geur Pietro della Valle. Clement XI . en-
voya encore en 1715 , en Orient à la re-
cherche des Mss .
Il en chargea M. As-
seman , qui avoit déja été préposé depuis
l'an 1707 , par le Pape , au soin et à l'exa-
men des Mss. Orientaux. M. Asseman
en acquit un assés bon nombre , soit en
Egypte , où il alla deux fois , soit en Sy-
rie. Il ne fut de retour à Rome que deux
ans après.
Jusques là on n'avoir connu des Au-
feurs Chaldéens , Syriens et Arabes , que
ce que S. Jerôme , Gennade , Abraham
Ecchellensis , et Fauste Neiron , Maroni-
res suivis par Cave et pir Hottinger , en
avoient dit, ce qui n'étoit pas fort consi-
derable. M. Asseman à l'aide de ses sça-
vautes
1390 MERCURE DE FRANCE
vantes recherches , des differens Ecrivains
qu'il a consultés , et des Mss. nombreux
de la Bibliotheque Vaticane , répand un
grand jour sur la Litterature de ces Na-
tions. Il rectifie ce que des Sçavans ont
dit de moins juste sur la Chronologie ,
sur la Topographie , sur les noms et les
Actions de plusieurs Hommes illustres ,
et il éclaircit beaucoup l'Histoire Eccle-
siastique , dans tout ce qui concerne l'o
rigine , les erreurs , les progrès des Mo
nophysites , des Nestoriens , des Mono-
thelites , et les tumultes que ces Sectes
ont causés dans l'Asie. On voit aussi dans
cet Ouvrage la suite de tous les Patriar
ches de chaque Secte , ce que le R. P. let
Quien recherchoit avec tant de soin pour
son Oriens Christianus , la Succession dest
Evêques , les principales Actions , et les
Ecrits des plus celebres de ces Auteurs.
Pour ce qui regarde le Plan de l'Ouvra
gé , je n'entens pas bien l'exposition que
les Journalistes de Genève en donnent ,
lorsqu'à la page 16 du vol . dont nous
parlons , ils disent que la matiere des Re
marques et des Differtations de M. Asse-
man est divisée en 4 Classes , sur le
plan de la Bibliotheque Orientale. La
premiere des Auteurs Syriens Ortho-
doxes , Jacobites , et Nestoriens , soit
MI. Vol
qu'ils
JUIN.
à un autre Article.
1737.
1357
qu'ils ayent écrit premierement en Syria
que , ou qu'ils ayent été traduits de quel
que autre langue en celle-là. La seconde
Classe des Auteurs Arabes , soit Chré-
tiens , soit Mahometans. La troisiéme des
Livres des Cophtes , et des Ethyopiens ,
outre quelques Monumens de la Science
des Persans et des Turcs. La quatriéme
enfin des Livres sacrés en Syriaque et en
Arabe , tels que sont la Bible , les Rituels,
&c. Voilà donc quatre Classes que les
Journalistes disent faire lePlan de cetOu
vrage ; cependant, page 22 , ils disent que
l'Ouvrage est partagé en 4 Tom . Le pre-
mier des Auteurs Syriens Orthodoxes ;
le second des Auteurs Syriens Jacobites ;
le troisiéme des Syriens Nestoriens ; le
quatrième des Ecrivains des autres Na
tions , soit Orthodoxes , soit Héretiques ,
qui ont été traduits en Syriaque. Or ces
Tomes , comme l'on voit , ne remplis
sent que la premiere Classe du Plan ge
neral , à moins que ce ne soit le premier
vol. seul , qui contienne ces quatre Tom.
ce qu'il auroit fallu specifier.
Je n'entrerai pas dans un plus long dé
tail , ni sur l'execution de ce Plan , ni sur
l'extrait qu'on en trouve ici. On voit assés
par ce que je viens de dire , l'importance
de l'Ouvrage de M. Asseman , et je passe
L'His
1392 MERCURE DE FRANCE
L'Histoire des Differends entre la Cour
de Rome et celle du Roy de Sardaigne sous
Benoit XIII. et sous le Pape Clement
XII. n'est gueres susceptible d'Extrait,
et demanderoit un trop long détail . On
poura
la voir dans le Livre même , il
est imprimé à Turin par Valetta , İm-
primeur du Roy de Sardaigne , 1. Vol.
in-fol. de 365. pages , ou dans la Biblio-
teque Italique, Tome IX.art. 3. et T. X.
árt. 5.
Je ne vous parlerai point non plus de
l'Histoire du Royaume de Naples , du Ju-
risconsulte Giannone, dont les Journalis-
tes de Genêve donnent l'Extrait avec
quelque complaisance. Cet Ouvrage a
été défendu. On accuse l'Auteur d'avoir
mêlé avec quelques verités beaucoup de
conjectures qui prennent un air de vrai-
semblance , par le tour que l'Historien
leur donne : conjectures cependant qu'il
avance comme des faits certains , sur les-
quels roulent toutes les déclamations va-
gues dont son Ouvrage est rempli.
L'Art. 4. du même I X. Tome contient
la Suite de la Lettre manuscrite du Comte
de .... sur le Caractere des Italiens. Nos
Journalistes en accompagnent l'Extrait
à leur ordinaire , de Notes curieuses et
interessantes sur les Ouvrages de la Vie
II. Vol.
des
JUIN.
II. Vol.
1737.
1393
des Sçavans et des Hommes Illustres ci-
tés dans la Lettre du Comte.
Les Sçavans d'Italie se sont distingués
également dans la Critique diplomati-
que , et dans la connoissance de l'Histoi-
re Ancienne , Romaine, Grecque, Egyp-
tienne et Etrusque, & c. A cette occasion
l'Auteur de la
Lettre fait un bel
éloge de M. le Marquis Maffei , dont la
vaste érudition , dit- il , a eujusqu'ici très-
peu d'exemples parmi les Nations Ultra-
montaines.
La Géométrie , la plus sublime même,
a fait de grands progrès en Italie , ensor-
te que M. de Fontenelle n'a pu s'empê-
cher d'avouer la superiorité des Géome-
tres de l'Italie et de l'Allemagne , pour
résoudre les Problêmes les plus difficiles.
La Méchanique , l'Hydrostatique, l'Op-
tique , la Dioptrique , &c. n'ont pas été
négligées. Pour l'Astronomie , la Géo-
graphie et la Navigation , elles sont moins
cultivées en Italie qu'ailleurs ; quoiqu'on
ne laisse pas d'y avoir de très bons Mé-
moires d'Astronomie, entre lesquels ceux
de M.M. Manfredi et Bianchini doivent
assurément tenir le premier rang.
On ne rend pas assés de justice parmi
les autres Nations , aux découvertes que
les Italiens ont faites sur la Physique
l'Anato
•
1394 MERCURE DE FRANCE
l'Anatomie et la Medecine. L'Auteur
nomme à son ordinaire les Principaux
Italiens qui se sont rendus célébres par
le succès de leurs travaux et de leurs
Ecrits dans ces Sciences. En parlant des
Philosophes de cette Nation , il dit que
ces Sçavans , en dévelopant la Nature du
Mouvement, du Choc et de la Pression ,
abandonnent tout-à- fait ces termes vui-
des de Sens , tels que ceux d'Horreur , de
Sympathie, d'Apétit et autres, qui quoique
déguisés par differens termes , subsis-
tent encore chés plusieurs Philosophes
en Angleterre et ailleurs , sous les noms
de Force Plastique , d'Harmonie et d'At-
traction.
Les Italiens ont de bons Metaphysi-
ciens , peu ou point de Chymistes, moins
de Botanistes qu'en Angleterre , et des
Chirurgiens inferieurs en tout point aux
François. L'Italie abonde en Jurisconsul
tes , sur-tout à Rome et à Naples . La
fin de cette Lettre se trouve dans le X.
Tome , et traite des Beaux Arts.
On aprend dans les Nouvelles Litte-
raires , Article de Florence , ce qui suit :
Une mort subite nous a enlevé le Docteur
Francesco del TEGLIA , Professeur en
Philosophie Morale , dans le temps mê-
me qu'il recitoit une Harangue , le s
II. Vol
Janvier
JUIN.
1737.
13951
Janvier 1731. en presence d'une belle
Assemblée. Il étoit âgé de 60. ans. Dis-
ciple du fameux Poëte Menzini , dont
il a commenté les Oeuvres ,
il en avoit
reçû un bel éloge en forme d'augure ,
lorsqu'il étoit encore dans l'enfance. Ce
qui avoit donné lieu à cet éloge en Vers
Italiens , raporté dans le Journal, est une
Piece de Poësie Latine qu'il publia à l'âge
d'onze ans , contenant un Panegyrique
de Saint Joseph , par où il eût mérité
une place entre les Enfans Illustres de M.
Baillet , s'il eût pû être connu de lui.
Dès lors il ne fit que croître en mérite
et en belles connoissances , étant devenu
un grand Orateur et un grand Poëte
cant en Latin qu'en Toscan. Il a laissé
plusieurs Ouvrages en Vers et en Prose,
qui sont imprimés.
M. l'Abbé Gori , pour exprimer la
perte que fait la Republique des Lettres,
et pour honorer la Pompe funebre de cet
Homme Illustre , fit une belle Inscrip-
tion Latine , qui se lisoit dans un Car-
touche au Frontispice de l'Eglise où il a
été inhumé. L'Inscription est aussi ra-
portée dans le même Article.
Fermer
7403
p. 1395-1396
« PHARSAMON, ou les Nouvelles Folies Romanesques ; cinquième, sixième, septiéme, huitiéme, [...] »
Début :
PHARSAMON, ou les Nouvelles Folies Romanesques ; cinquième, sixième, septiéme, huitiéme, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « PHARSAMON, ou les Nouvelles Folies Romanesques ; cinquième, sixième, septiéme, huitiéme, [...] »
PHARSAMON, ou les Nouvelles Folies
Romanesques ; cinquième, sixième, septiéme, huitiéme,
11. Vol.
septième,
1396 MERCURE DE FRANCE
neuvième et dixié
me Parties. Par M. de Marivaux. 1737.
in- 8. A Paris , chés Prault , Pere, Quay
de Gêvres , au Paradis.
Romanesques ; cinquième, sixième, septiéme, huitiéme,
11. Vol.
septième,
1396 MERCURE DE FRANCE
neuvième et dixié
me Parties. Par M. de Marivaux. 1737.
in- 8. A Paris , chés Prault , Pere, Quay
de Gêvres , au Paradis.
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7404
p. 1396-1397
Lettre Critique sur la Vie de Pierre Gassendi, [titre d'après la table]
Début :
LETTRE Critique et Historique à l'Auteur de la Vie de Pierre Gassendi Brochure [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre Critique sur la Vie de Pierre Gassendi, [titre d'après la table]
LETTRE Critique et Historique à l'Auteur
de la Vie de Pierre Gassendi Brochure
in 12. d'environ 80. pp. A Paris , chés
F. Herissant. M. DCC. XXXVII.
Quelque desir qu'ayent les Historiens
de ne rien omettre de ce qui regarde le
sujet qu'ils ont entrepris de traiter , au
moins en Faits d'importance, il leur arri
ve quelquefois de passer certaines choses
sous silence , ou parce qu'ils n'en ont
pas eu de connoissance , ou parce qu'ils
croyent avoir dit l'équivalent. Ce n'est
point à nous à prononcer sur la cause des
omissions que l'Auteur de cette Lettre
remarque avoir été faites par le R. P.
Bougerel , et si ces omissions peuvent
lui être justement reprochées. Il nous
suffira d'observer qu'elle contient quel
ques Articles qui mériteront de trouver
leur place dans une seconde Edition de
cette Vie. Le Public équitable et éclairé
sçaura toujours bon gré à l'Auteur d'a
voir donné sur Gassendi , avec beaucoup
d'ordre , de soin et de sagacité , tout ce
qui est venu à sa connoissance , et on
11. Vol.
n
JUIN.
1737.
1397
deui reprochera jamais d'avoir ignoré
certles Taits particuliers contenus dans
des Ecrits qui ne sont point publics , et
qui , comme tout le Monde sçait , ne se
devinent point.
de la Vie de Pierre Gassendi Brochure
in 12. d'environ 80. pp. A Paris , chés
F. Herissant. M. DCC. XXXVII.
Quelque desir qu'ayent les Historiens
de ne rien omettre de ce qui regarde le
sujet qu'ils ont entrepris de traiter , au
moins en Faits d'importance, il leur arri
ve quelquefois de passer certaines choses
sous silence , ou parce qu'ils n'en ont
pas eu de connoissance , ou parce qu'ils
croyent avoir dit l'équivalent. Ce n'est
point à nous à prononcer sur la cause des
omissions que l'Auteur de cette Lettre
remarque avoir été faites par le R. P.
Bougerel , et si ces omissions peuvent
lui être justement reprochées. Il nous
suffira d'observer qu'elle contient quel
ques Articles qui mériteront de trouver
leur place dans une seconde Edition de
cette Vie. Le Public équitable et éclairé
sçaura toujours bon gré à l'Auteur d'a
voir donné sur Gassendi , avec beaucoup
d'ordre , de soin et de sagacité , tout ce
qui est venu à sa connoissance , et on
11. Vol.
n
JUIN.
1737.
1397
deui reprochera jamais d'avoir ignoré
certles Taits particuliers contenus dans
des Ecrits qui ne sont point publics , et
qui , comme tout le Monde sçait , ne se
devinent point.
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7405
p. 1397
« DESCRIPTION des Tableaux du Palais Royal, avec la Vie des Peintres à la [...] »
Début :
DESCRIPTION des Tableaux du Palais Royal, avec la Vie des Peintres à la [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « DESCRIPTION des Tableaux du Palais Royal, avec la Vie des Peintres à la [...] »
DESCRIPTION des Tableaux du Palais
Royal, avec la Vie des Peintres à la
tête de leurs Ouvrages , dédiée à M. le
Duc d'Orleans, Premier Prince du Sang.
Seconde Edition , revûë , corrigée et aug.
mentée. A Paris , rue S, Severin , chés
Houry , seul Imprimeur et Libraire de
M. le Duc d'Orleans. 1737. in- 12.
Royal, avec la Vie des Peintres à la
tête de leurs Ouvrages , dédiée à M. le
Duc d'Orleans, Premier Prince du Sang.
Seconde Edition , revûë , corrigée et aug.
mentée. A Paris , rue S, Severin , chés
Houry , seul Imprimeur et Libraire de
M. le Duc d'Orleans. 1737. in- 12.
Fermer
7406
p. 1397
« LE JALOUX, Concerto Pantomime, executé et dansé sur le Théatre de la Comédie [...] »
Début :
LE JALOUX, Concerto Pantomime, executé et dansé sur le Théatre de la Comédie [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LE JALOUX, Concerto Pantomime, executé et dansé sur le Théatre de la Comédie [...] »
LE JALOUX, Concerto Pantomime,
executé et dansé sur le Théatre de la Comédie
Italienne , pour les Violons , Flu-
tes , Hautbois , Vielles et Musettes , avec
la Basse continuë et Basson , par M. de
Rochet. Prix 3. livres, les cinq Parties sé-
parées. A Paris , chés le Clerc , ruë du
Roulle , à la Croix d'or ; chés la Veuve
Boivin , rue S. Honoré , à la Regle d'or,
et à la Comédie Italienne. 1737.
Cette Piece de Symphonie qui a été faite
à l'occasion de la Comédie de l'Italien
marié à Paris , a été très aplaudie , et
parfaitement bien caracterisée au sujet
pour lequel elle a été composée.
executé et dansé sur le Théatre de la Comédie
Italienne , pour les Violons , Flu-
tes , Hautbois , Vielles et Musettes , avec
la Basse continuë et Basson , par M. de
Rochet. Prix 3. livres, les cinq Parties sé-
parées. A Paris , chés le Clerc , ruë du
Roulle , à la Croix d'or ; chés la Veuve
Boivin , rue S. Honoré , à la Regle d'or,
et à la Comédie Italienne. 1737.
Cette Piece de Symphonie qui a été faite
à l'occasion de la Comédie de l'Italien
marié à Paris , a été très aplaudie , et
parfaitement bien caracterisée au sujet
pour lequel elle a été composée.
Fermer
7407
p. 1398-1399
Discours Evangéliques, &c. [titre d'après la table]
Début :
DISCOURS EVANGELIQUES Sur differentes Verités de la Religion, et d'autant [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours Evangéliques, &c. [titre d'après la table]
DISCOURS EVANGELIQUES Sur differentes
Verités de la Religion, et d'autant
plus utiles dans chaque état , que les su
jets et les desseins en sont plus particu-
liers, et plus rarement traités. Leurs Tex-
tes sont pris ordinairement des Evangi
les de l'Avent et du Carême. Par le P. L.
R. D. S. D. Tome troisiéme. A Paris ,
chés de Billy , Quay des Augustins , à S.
Jerôme;le Clerc, Grand - Salle du Palais, à
la Prudence ; Gissey , rue de la Vieille
Bouclerie , à l'Arbre de Jessé , et Clou-
sier, rue S. Jacques, à l'Ecu de France
1727. in- 12.
e Public a déja reçû favorablement
les deux premiers Volumes de cet Ou
L'Auteur pour le rendre plus par-
vrage. L'Auteur
fait , et pour satisfaire à l'empressement
des Lecteurs , a donné ce troisiéme To-
me , dans lequel , aussi-bien que dans
les deux premiers, on trouve un stile vif,
soûtenu , coulant , un tour naturel , in-
telligible , suivi , persuasif , et des apli-
cations justes et frequentes de l'Ecriture
Sainte.
Ce troiséme Volume contient cinq
discours , dont le premier traite des mo
tifs et des dispositions pour aprocher de
la Sainte Table.
Le second roule sur la devotion ena
II. Vol.
vers
1
i
4
الر
JUI N.
1737
faire pour arriver au Ciel .
1399
Wert Marie , renfe rmée dansle Rosaire.
Le troisième , explique ce qu'il y a à
Le quatrième comprend les Vertus
d'un Apôtre , exprimées dans Saint Do-
minique.
Et le cinquiéme , fait connoître les
dangers du monde , pour le grand Ou-
vrage du Salut.
Verités de la Religion, et d'autant
plus utiles dans chaque état , que les su
jets et les desseins en sont plus particu-
liers, et plus rarement traités. Leurs Tex-
tes sont pris ordinairement des Evangi
les de l'Avent et du Carême. Par le P. L.
R. D. S. D. Tome troisiéme. A Paris ,
chés de Billy , Quay des Augustins , à S.
Jerôme;le Clerc, Grand - Salle du Palais, à
la Prudence ; Gissey , rue de la Vieille
Bouclerie , à l'Arbre de Jessé , et Clou-
sier, rue S. Jacques, à l'Ecu de France
1727. in- 12.
e Public a déja reçû favorablement
les deux premiers Volumes de cet Ou
L'Auteur pour le rendre plus par-
vrage. L'Auteur
fait , et pour satisfaire à l'empressement
des Lecteurs , a donné ce troisiéme To-
me , dans lequel , aussi-bien que dans
les deux premiers, on trouve un stile vif,
soûtenu , coulant , un tour naturel , in-
telligible , suivi , persuasif , et des apli-
cations justes et frequentes de l'Ecriture
Sainte.
Ce troiséme Volume contient cinq
discours , dont le premier traite des mo
tifs et des dispositions pour aprocher de
la Sainte Table.
Le second roule sur la devotion ena
II. Vol.
vers
1
i
4
الر
JUI N.
1737
faire pour arriver au Ciel .
1399
Wert Marie , renfe rmée dansle Rosaire.
Le troisième , explique ce qu'il y a à
Le quatrième comprend les Vertus
d'un Apôtre , exprimées dans Saint Do-
minique.
Et le cinquiéme , fait connoître les
dangers du monde , pour le grand Ou-
vrage du Salut.
Fermer
7408
p. 1399
Mémorial Alphabétique sur toutes les Matieres des Eaux et Forêts, &c. [titre d'après la table]
Début :
Legras, Libraire, au troisiéme Pilier de la Grand'Salle du Palais, et Rollin, fils, aussi Libraire, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mémorial Alphabétique sur toutes les Matieres des Eaux et Forêts, &c. [titre d'après la table]
Legras, Libraire, au troisiéme Pilier de la
Grand'Salle du Palais, et Rollin, fils, aussi Libraire,
Quay des Augustins , donnent avis qu'ils vien-
nent d'imprimer le Mémorial Alphabetique de tou-
tes les Matieres des Eaux et Forêts, Pêches et Chas.
ses , avec tous les Edits , Ordonnances , Déclara-
tions , Arrêts et Reglemens rendus jusqu'à pré-
sent sur icelles , ensemble les Modeles de tous les
Actes des Grands- Maîtres , des autres Officiers
des Eaux et Forêts , et des Instructions pour les
Gardes , &c. Volume in 4. Prix 9 livres.
M. Noel, ancien Conseiller du Roy , Greffier en
chef des Eaux et Forêts de la Table de Marbre ,
Auteur de cet Ouvrage , continuëra de donner ses
Consultations sur ces Matieres en sa Maison
Cloître S. Jean en Greve,
Grand'Salle du Palais, et Rollin, fils, aussi Libraire,
Quay des Augustins , donnent avis qu'ils vien-
nent d'imprimer le Mémorial Alphabetique de tou-
tes les Matieres des Eaux et Forêts, Pêches et Chas.
ses , avec tous les Edits , Ordonnances , Déclara-
tions , Arrêts et Reglemens rendus jusqu'à pré-
sent sur icelles , ensemble les Modeles de tous les
Actes des Grands- Maîtres , des autres Officiers
des Eaux et Forêts , et des Instructions pour les
Gardes , &c. Volume in 4. Prix 9 livres.
M. Noel, ancien Conseiller du Roy , Greffier en
chef des Eaux et Forêts de la Table de Marbre ,
Auteur de cet Ouvrage , continuëra de donner ses
Consultations sur ces Matieres en sa Maison
Cloître S. Jean en Greve,
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7409
p. 1399-1401
Nouvelle Imprimerie à Lausanne, &c. [titre d'après la table]
Début :
Nous aprenons par des Lettres de Suisse, qu'il s'est fait depuis peu à Lausanne un Etablissement [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle Imprimerie à Lausanne, &c. [titre d'après la table]
Nous aprenons par des Lettres de Suisse, qu'il
s'est fait depuis peu à Lausanne un Etablissement
considérable, et qui fait bien honneur à ceux qui
en ont été les Promoteurs. Il y avoit dans cette
Ville quelques petits Libraires passablement
fournis de Livres du temps , et une Impri-
merie pour l'usage de l'Académie, Le sieur Marc
II. Vol.
G
Michel
1400 MERCURE DE FRANCE
Michel Bousquet , Imprimeur et Libraire
Genêve , ayant rompu les engagemens qu'il
avoit dans sa Patrie, et s'étant transplanté à Lau-
sanne , il y a formé le dessein d'une Imprimerie
et Librairie , pour le succès de laquelle tout a
concouru. La Seigneurie de Lausanne lui a fait
construire sur la Piace S. François , et dans une
belle exposition, un Bâtiment d'une grande éten
due et avec toutes les commodités qu'il pouvoit
souhaiter. Les Magistrats de Berne lui ont aussi
prêté un fonds assés considérable pour dix ans,
sans interêt , et outre ces secours , il s'est formé
une Societé qui s'est chargée d'avoir l'œil sur le
choix des Livres à imprimer , et sur la correc-`
tion et perfection de l'Imprimerie. Cette Socie-
té est composée de gens éclairés et d'un mérite
distingué , soit par leur naissance ou par leurs
talens. Elle paroît être formée sur le modele
de la Societé Palatine de Milan , et elle a grande
attention à ne faire imprimer que de bons Ou-
vrages , et à ce qu'il ne soit donné que de belles
Editions , qui seront ornées de Vignettes , Cuis-
de-lampe et Lettres grises d'un fort bon goût;il
y a un grand nombre de Presses qui roulent jour-
nellement , et il en est déja sorti de bons Livres.
Parmi ceux que la Société se propose de faire
imprimer incessamment , l'on compte 'Histoire
Romaine de Laurent Echard: celle de Naples , par
Giannone, une Traduction Françoise du curieux
Ouvrage du Marquis Maffei de Verone , qui a
pour titre Della Scienza Cavalleresca , et une
autre Traduction en la même Langue , d'une
Histoire de Suisse , écrire en Allemand par M.
Lauffer, Professeur en Eloquence et en Histoire
à Berne , homme d'un beau génie et qui mourut
il y a deux ans d'une chute à la fleur de son âge.»
II, Vel,
* Cette
Lettres.
JUIN 1737.
F401
Cette Histoire s'est trouvée manuscrite parmi
ses papiers ; et c'est M. Loys de Bochar , Profes➡
seur en Droit et en Histoire à Lausanne , l'un
des Interessés dans la Societé , qui s'est chargé
de la traduire et qui s'en acquirera bien, comme
on en peut juger par les Essais qu'il a donnés
de sa capacité , tels que les excellens Extraits
qu'il a fournis à la Bibliotheque Italique , et la
Dissertation qu'il a publiée en 1726. sur les En- ·
gagemens des Soldats , qui a été inscrée dans
les Tomes XI. et XII. de la Bibliotheque Ger-
manique.
Quant à M. Bousquet , il n'oublie rien pour
répondre aux vues de la Societé qui le dirige; il
est arrivé depuis peu de la Foire de Francfort ,
où il a fair emplerte des meilleurs Ouvrages .
d'Allemagne , il attend aussi des envois consi-
derables de Hollande , et il en a déja reçû plu-
sieurs de Paris. C'est ce que portent les Lettres
que nous avons vûës.
On y trouve aussi que le Mercure Suisse se conti-
nueavecbeaucoup de succès àNeufchâtel.Ce Mer- i
care,qui paroît tous les mois, a commencé en Dé-
cembre 1732. et n'a pas été discontinué jusqu'à
- présent. Nous en avons raporté quelques frag-
mens dans notre Journal du mois de Juin 1733 .
second volume , et nous aurions continué d'en
faire usage si nous avions cû occasion d'en voir
la suite il est surprenant que ceux de nos Li-
braires qui font commerce de Journaux Etran➡
gers , ne se soient pas encore avisés de faire ve- s
air celui-ci , qu'on dit contenir des Pieces cu
rieuses de Litterature , qui sont fournies par des
Sçavans du Pays,et entre autres par M.Bourguet,
Professeur en Philosophie à Neufchâtel , bom
me d'un mérite connu dans la République des
s'est fait depuis peu à Lausanne un Etablissement
considérable, et qui fait bien honneur à ceux qui
en ont été les Promoteurs. Il y avoit dans cette
Ville quelques petits Libraires passablement
fournis de Livres du temps , et une Impri-
merie pour l'usage de l'Académie, Le sieur Marc
II. Vol.
G
Michel
1400 MERCURE DE FRANCE
Michel Bousquet , Imprimeur et Libraire
Genêve , ayant rompu les engagemens qu'il
avoit dans sa Patrie, et s'étant transplanté à Lau-
sanne , il y a formé le dessein d'une Imprimerie
et Librairie , pour le succès de laquelle tout a
concouru. La Seigneurie de Lausanne lui a fait
construire sur la Piace S. François , et dans une
belle exposition, un Bâtiment d'une grande éten
due et avec toutes les commodités qu'il pouvoit
souhaiter. Les Magistrats de Berne lui ont aussi
prêté un fonds assés considérable pour dix ans,
sans interêt , et outre ces secours , il s'est formé
une Societé qui s'est chargée d'avoir l'œil sur le
choix des Livres à imprimer , et sur la correc-`
tion et perfection de l'Imprimerie. Cette Socie-
té est composée de gens éclairés et d'un mérite
distingué , soit par leur naissance ou par leurs
talens. Elle paroît être formée sur le modele
de la Societé Palatine de Milan , et elle a grande
attention à ne faire imprimer que de bons Ou-
vrages , et à ce qu'il ne soit donné que de belles
Editions , qui seront ornées de Vignettes , Cuis-
de-lampe et Lettres grises d'un fort bon goût;il
y a un grand nombre de Presses qui roulent jour-
nellement , et il en est déja sorti de bons Livres.
Parmi ceux que la Société se propose de faire
imprimer incessamment , l'on compte 'Histoire
Romaine de Laurent Echard: celle de Naples , par
Giannone, une Traduction Françoise du curieux
Ouvrage du Marquis Maffei de Verone , qui a
pour titre Della Scienza Cavalleresca , et une
autre Traduction en la même Langue , d'une
Histoire de Suisse , écrire en Allemand par M.
Lauffer, Professeur en Eloquence et en Histoire
à Berne , homme d'un beau génie et qui mourut
il y a deux ans d'une chute à la fleur de son âge.»
II, Vel,
* Cette
Lettres.
JUIN 1737.
F401
Cette Histoire s'est trouvée manuscrite parmi
ses papiers ; et c'est M. Loys de Bochar , Profes➡
seur en Droit et en Histoire à Lausanne , l'un
des Interessés dans la Societé , qui s'est chargé
de la traduire et qui s'en acquirera bien, comme
on en peut juger par les Essais qu'il a donnés
de sa capacité , tels que les excellens Extraits
qu'il a fournis à la Bibliotheque Italique , et la
Dissertation qu'il a publiée en 1726. sur les En- ·
gagemens des Soldats , qui a été inscrée dans
les Tomes XI. et XII. de la Bibliotheque Ger-
manique.
Quant à M. Bousquet , il n'oublie rien pour
répondre aux vues de la Societé qui le dirige; il
est arrivé depuis peu de la Foire de Francfort ,
où il a fair emplerte des meilleurs Ouvrages .
d'Allemagne , il attend aussi des envois consi-
derables de Hollande , et il en a déja reçû plu-
sieurs de Paris. C'est ce que portent les Lettres
que nous avons vûës.
On y trouve aussi que le Mercure Suisse se conti-
nueavecbeaucoup de succès àNeufchâtel.Ce Mer- i
care,qui paroît tous les mois, a commencé en Dé-
cembre 1732. et n'a pas été discontinué jusqu'à
- présent. Nous en avons raporté quelques frag-
mens dans notre Journal du mois de Juin 1733 .
second volume , et nous aurions continué d'en
faire usage si nous avions cû occasion d'en voir
la suite il est surprenant que ceux de nos Li-
braires qui font commerce de Journaux Etran➡
gers , ne se soient pas encore avisés de faire ve- s
air celui-ci , qu'on dit contenir des Pieces cu
rieuses de Litterature , qui sont fournies par des
Sçavans du Pays,et entre autres par M.Bourguet,
Professeur en Philosophie à Neufchâtel , bom
me d'un mérite connu dans la République des
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7410
p. 1402
« On nous écrit de Hollande, que le premier jour du mois de Juillet prochain on doit commencer [...] »
Début :
On nous écrit de Hollande, que le premier jour du mois de Juillet prochain on doit commencer [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On nous écrit de Hollande, que le premier jour du mois de Juillet prochain on doit commencer [...] »
On nous écrit de Hollande, que le premier
jour du mois de Juillet prochain on doit commencer
à la Haye la vente d'une grande et cu
rieuse Bibliotheque, qualification qui est justifiée
par le Catalogue que nous en avons. Nous en
donnerons seulement le Titre qui est te!.
BIBLIOTHECA INDERVELDIANA,
Sive Catalogus Librorum in quavis Facultate es
Arte exquisitissimorum quibus, dum in vivis esset,
utebatur Pranobilis Dominus JOH. WALTHERUS
INDERVELDI , &c. Huic Catalogo sparsim
interposta reperitur et alia Bibliotheca , priori ob
Codicum prastantiam haud quaquam inferior.
Quarum binarum Libros Adrianus Moetjens et
Eustachius de Haen Bibliopola Haga - Batavi in
Aula Magna Curia Hollandia , ad diem 1. Julii
1737. et seqq. Quibuscumque Musarum cultoribus
pagina sequenti expressa conditione venales expo-
nunt 1. vol. in 8. pp . 420. Haga Batavorum, apud
eosdem Bibliopolas M. DCC . XXXVII.
On lit à la page qui suit ce Titre, cette courte
Instruction.
Chaque Personne qui achetera
» pour son compte à cette Vente , sera tenuë de
D
payer argent comptant ; et ceux qui achete-
ront en commission , auront six semaines de
crédit pour le payement , à condition qu'ils
donneront caution Bourgeoise.
» Cer Article ne regarde pas seulement les Par-
ticuliers , mais aussi les Libraires qui seront
»obligés aux mêmes Loix , dont ils ne pourong
-être dispensés , atendu les conventions faites
entre les Proprietaires de la Bibliotheque et
• nous.
» On devra payer , comme c'est la coûtume,
de chaque florin cinq dures.
jour du mois de Juillet prochain on doit commencer
à la Haye la vente d'une grande et cu
rieuse Bibliotheque, qualification qui est justifiée
par le Catalogue que nous en avons. Nous en
donnerons seulement le Titre qui est te!.
BIBLIOTHECA INDERVELDIANA,
Sive Catalogus Librorum in quavis Facultate es
Arte exquisitissimorum quibus, dum in vivis esset,
utebatur Pranobilis Dominus JOH. WALTHERUS
INDERVELDI , &c. Huic Catalogo sparsim
interposta reperitur et alia Bibliotheca , priori ob
Codicum prastantiam haud quaquam inferior.
Quarum binarum Libros Adrianus Moetjens et
Eustachius de Haen Bibliopola Haga - Batavi in
Aula Magna Curia Hollandia , ad diem 1. Julii
1737. et seqq. Quibuscumque Musarum cultoribus
pagina sequenti expressa conditione venales expo-
nunt 1. vol. in 8. pp . 420. Haga Batavorum, apud
eosdem Bibliopolas M. DCC . XXXVII.
On lit à la page qui suit ce Titre, cette courte
Instruction.
Chaque Personne qui achetera
» pour son compte à cette Vente , sera tenuë de
D
payer argent comptant ; et ceux qui achete-
ront en commission , auront six semaines de
crédit pour le payement , à condition qu'ils
donneront caution Bourgeoise.
» Cer Article ne regarde pas seulement les Par-
ticuliers , mais aussi les Libraires qui seront
»obligés aux mêmes Loix , dont ils ne pourong
-être dispensés , atendu les conventions faites
entre les Proprietaires de la Bibliotheque et
• nous.
» On devra payer , comme c'est la coûtume,
de chaque florin cinq dures.
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7411
p. 1403-1404
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Caën le 24. May 1737. au sujet des Ouvrages de M. de Thou.
Début :
Je vous prie, Monsieur, de publier dans le prochain Mercure le Memoire suivant ; le Public [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une Lettre écrite de Caën le 24. May 1737. au sujet des Ouvrages de M. de Thou.
EXTRAIT d'une Lettre écrite de Caën
le 24. May 1737. au sujet des Ouvrages
de M. de Thou.
Je vous prie, Monsieur, de publier dans le
prochain Mercure le Memoire suivant ; le Public
poura vous en sçavoir gré , et j'en serai en
particulier tès- reconnoissant. J'ai l'honneur
d'être , &c.
Feu M. d'Ifs, Gentilhomme d'auprès de Caen,
traduisit en 1710. les Memoires de M. de Thou,
et la Préface de la grande Histoire ; il dédía són
Ouvrage à M. l'Abbé de Thou , qui l'honoroit
de son amitié ; cette Traduction fut très-esti
mée ; elle renferme toutes les Poësies Latines de
M. de Thou , mises en Vers François , et sur
tout le Poême à la posterité, qui avoit été impri-
mé séparément avant les deux Editions des Mé-
moires complets ; la premiere en 1711. in 48
chés Reinier Léers , à Rotterdam , ou plutôt chés
Cailloué , à Rouen. La seconde en 1713. in 12.
chés François l'Honoré, à Amsterdam, dédiée par
P'Imprimeur à M.le Baron de Schoulembourg.
Une marque de la bonté de cet Ouvrage , c'est
que Mrs les nouveaux Traducteurs de M.deThou,
l'ont inséré sans y rien changer dans leur pré-
mier tome, je fais cas sûrement d'une telle Apro
bation; mais zelé comine je le suis pour la gloire
d'un Pere , dont la memoire est également pré-
cieuse - aux honnêtes gens , et aux amateurs des
Belles- Lettres , je ne puis lui laisser ravir le seul
Ouvrage par où il soit connu aujourd'hui dans
le Monde sçavant ; je dis aujourd'hui , car cent
Ouvrages délicats et brillans de génie, lui avoient
acquis pendant sa vie une réputation qu'il s'est
II. Vol.
Gij
si
1404 MERCURE DE FRANCE
si pen soucié de perpetuer , qu'après sa mort à
peine ai-je trouvé deux ou trois Originaux.
Je prie donc Mrs les Traducteurs,que je n'ai pas
Phonneur de connoître , de rendre justice à la
verité dans la nouvelle Edition qu'ils préparent
de leur excellente révision , correction et aug
mentation du travail de Mrs du Ryer et Cassan-
dre. Ils peuvent dire dans un Avertissement qu'ils
ont trouvé la Vie de M. de Thou traduite , tr
qu'ils l'adoptent sans y toucher , ayant crû, avec
raison ne la pouvoir rendre meilleure. Ils peu
vent aussi nommer l'Auteur de cette Traduction;
je viens de le leur faire connoître , s'ils ne´le
connossoient pas déja , ce que j'ai peine à croi-
re , après les Aprobations aussi publiques qu'il-
lustres que mon Pere a cues sur son Ouvrage.
Voilà de quoi j'ai trouvé à propos d'instruire le
Public par zele pour la mémoire de mon Pere
et par amour pour la vérité.
le 24. May 1737. au sujet des Ouvrages
de M. de Thou.
Je vous prie, Monsieur, de publier dans le
prochain Mercure le Memoire suivant ; le Public
poura vous en sçavoir gré , et j'en serai en
particulier tès- reconnoissant. J'ai l'honneur
d'être , &c.
Feu M. d'Ifs, Gentilhomme d'auprès de Caen,
traduisit en 1710. les Memoires de M. de Thou,
et la Préface de la grande Histoire ; il dédía són
Ouvrage à M. l'Abbé de Thou , qui l'honoroit
de son amitié ; cette Traduction fut très-esti
mée ; elle renferme toutes les Poësies Latines de
M. de Thou , mises en Vers François , et sur
tout le Poême à la posterité, qui avoit été impri-
mé séparément avant les deux Editions des Mé-
moires complets ; la premiere en 1711. in 48
chés Reinier Léers , à Rotterdam , ou plutôt chés
Cailloué , à Rouen. La seconde en 1713. in 12.
chés François l'Honoré, à Amsterdam, dédiée par
P'Imprimeur à M.le Baron de Schoulembourg.
Une marque de la bonté de cet Ouvrage , c'est
que Mrs les nouveaux Traducteurs de M.deThou,
l'ont inséré sans y rien changer dans leur pré-
mier tome, je fais cas sûrement d'une telle Apro
bation; mais zelé comine je le suis pour la gloire
d'un Pere , dont la memoire est également pré-
cieuse - aux honnêtes gens , et aux amateurs des
Belles- Lettres , je ne puis lui laisser ravir le seul
Ouvrage par où il soit connu aujourd'hui dans
le Monde sçavant ; je dis aujourd'hui , car cent
Ouvrages délicats et brillans de génie, lui avoient
acquis pendant sa vie une réputation qu'il s'est
II. Vol.
Gij
si
1404 MERCURE DE FRANCE
si pen soucié de perpetuer , qu'après sa mort à
peine ai-je trouvé deux ou trois Originaux.
Je prie donc Mrs les Traducteurs,que je n'ai pas
Phonneur de connoître , de rendre justice à la
verité dans la nouvelle Edition qu'ils préparent
de leur excellente révision , correction et aug
mentation du travail de Mrs du Ryer et Cassan-
dre. Ils peuvent dire dans un Avertissement qu'ils
ont trouvé la Vie de M. de Thou traduite , tr
qu'ils l'adoptent sans y toucher , ayant crû, avec
raison ne la pouvoir rendre meilleure. Ils peu
vent aussi nommer l'Auteur de cette Traduction;
je viens de le leur faire connoître , s'ils ne´le
connossoient pas déja , ce que j'ai peine à croi-
re , après les Aprobations aussi publiques qu'il-
lustres que mon Pere a cues sur son Ouvrage.
Voilà de quoi j'ai trouvé à propos d'instruire le
Public par zele pour la mémoire de mon Pere
et par amour pour la vérité.
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7412
p. 1404-1408
Cours de Chymie démontré par Expérience, &c. [titre d'après la table]
Début :
On vient de nous communiquer un Ecrit dont le sujet nous a parû interessant pour le Public, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Cours de Chymie démontré par Expérience, &c. [titre d'après la table]
On vient de nous communiquer un Ecrit dont
le sujet nous a parû interessant pour le Public,
et qui fera , sans doute , plaisir aux Amateurs de
la Physique experimentale. Cet Ecrit que nous
allons donner dans les mêmes termes ,est intitulé.
COURS DE PHYSIQUE , démontré par
P'Expérience. Par M. Beuvain .
Comme la certitude des verités de la Physique
et les progrès qu'on peut faire dans cette Scien-
ce , dépendent d'une infinité d'Experiences que
tout le monde n'a pas la commodité de faire',
deux personnes se sont proposé , pour faciliter
cette étude à ceux qui voudront s'y apliquer , de
donner un Cours de Physique Experimentale ;
P'un qui a ramassé avec beaucoup de soin tous
les Instrumens et les Machines nécessaires , s'est
II, Vol.
charge
MAJU IN 1737.
II. Vol.
1409
thargé d'executer les Expériences , et l'autre de
les expliquer et déveloper à leur occasion tous
Jes Phénomenes de la Nature.
On se propose d'embrasser en quelque façon
toute la Physique dans ce Cours , au moins ce
qui est le plus curieux et ce qu'il est plus né-
cessaire de sçavoir. On commencera par donner
une idée de la matiere , en faisant connoître son
essence , son étenduë , sa divisibilité , sa mobi
lité , ce qui fera entrer dans l'exposition de la na
ture du mouvement , de ses loix generales et des
principes de la Mechanique, dont on mettra sous
les yeux les differentes Machines , tant simples
que composées.
Après avoir donné quelques connoissances de
la Sphere , on fera vour que le Systême de Pro
lomée , qui place la Terre au centre du Monde,
ne satisfait point aux Observations que les Astro-
nomes ont faites , et que Copernic seul a trouvé
le juste arangement des Corps Celestes. Dans
Phypothese des Tourbillons qu'on prouvera , on
kendra la raison physique de tous les mouve-
inens des Planettes , de leurs aparences , de leurs
Eclipses , &c. la Sphere de Copernic , et differens
Globes qu'on mettra sous les yeux , mais sur tout
le jeu de plusieurs nouveaux Planispheres, faci+
literont l'intelligence de ces Explications.
On expliquera ensuite la nature du feu , et on
apuycra l'explication qu'on en aura donnée par
plusieurs Expériences très curieuses sur la Hui-
dié , la lumiere , la chaleur et par oposition sug
Je froid. On expliquera la fabrique et l'usage du
Thermometre, Comme la chaleur produit la plu-
part des fermentations, on expliquera encore cet-
e source inépuisable de Phénomenes , en y joi
guant des Expériences , sur tout celle de la pou-
I iiij
dra
1406 MERCURE DE FRANCE
åre fulminante ; on fera aussi par occasion quet-
ques Expériences de Chymie.
Au sujet de la lumiere,on fera voir les différens
Phosphores, les,differentes sortes de Lunettes,par-
ticulierement une d'une nouvelle invention . On
représentera sur une table les objets exterieurs pat
le moyen d'une Chambre obscure, ce qui imite la
maniere dont ils se peignent au fond de l'œil, du
quelon expliquera la construction; on fera paroî
tre sur un Plan plusieurs figures qui semblent y
marcher. Le Cylindre en ramasse d'autres qu'on
ne distinguoit pas sur les Cartes. On fera voir
aussi les effets du Miroir ardent. Les couleurs se-
ront expliquées dans le Systême de M. Mariotte,
et dans celui de M. Newton , dont on répètera
les Expériences. Cette matiere finita par l'im
tation de l'Arc- en - Ciel.
:
On passera ensuite à l'Air , dont la pesanteus
sera démontréé , ainsi que le Ressort , par une
infinité de belles Experiences , après qu'on aura
donné des conjectures sur ces deux Phénomenes
en general. La Machine pneumatique fournira
les plus interessantes. On fera voir que c'est l'air
qui fait monter l'eau dans les Pompes , dont on
démontrera la structure et le méchanisme, aussi-
bien que celui de toutes les Machines Hydrau
liques , Fontaines , Réservoirs , Jets - d'eau , Mou
lins , Syphons , & c. que l'on mettra sous les
yeux: On expliquera aussi le Barometre.
On fera voir que tous les Corps contiennent
beaucoup d'air, que ce fluide est absolument né-
cessaire pourla vie animale,la circulation du sang,
la végetation des Plantes , qu'il transmet jusqu'à
nos oreilles le son , sur lequel on fera des Expé-
riences qui découvriront ses proprietés. On finira
ce qui regarde Fair par l'explication de la Poudre
à Canom.
JUIN
1737.
1407
En parlant de l'Eau , on donnera des conjec-
eures sur le Flux et Reflux de la Mer et sur l'o-
rigine des Fontaines. On fera des Experiences sur
Pequilibre des Liqueurs , dont on démontrera
les Loix.
En parlant de la Terre , on s'étendra sur les
Métaux et les Mineraux , dont on exposera lä
formation. On s'arêtera beaucoup à la Pierre
d'Aimant , dont on fera les Expériences , parti
culierement celles de l'Aimant artificiel, L'Elec
tricité , qui ressemble à la vertu de l'Aimant , en
fournira d'autres encore très- curieuses, et on ré-
perera celles que M. Dufay a faites.
En traitant des Animaux , on établira par la
maniere dont se fait leur génération , que la cor
ruption n'y a aucune part , que l'Auteur de la
Nature les a organisés dès le commencement
pour être dévelopés dans le temps. On explique-
ra le mouvement des membres de notre Corps ,
les différentes préparations des alimens qui nous
font vivre , la transpiration par les pores , le
mouvement du cœur , la circulation du sang.
On montrera par quels principes les Animaux
marchent, les Oiseaux volent , les Poissons na-
gent. On expliquera ce qu'on apelle les sens , le
roucher , le goût , l'odorat , l'oüie ; la vûë , &c.
Ce Cours sera terminé par une Explication
simple de la plupart des Météores, du Tonnerrey
de la Grêle , des Vents , de la Pluye , de l'Au-
rore Boreale , &c.
On communiquera aux Personnes qui vou-
dront être instruites plus à fond sur ces matie
res , des Manuscrits où elles sont traitées avec
étendue et on leur indiquera les Livres qu'elles
peuvent lire utilement.
Ce Cours de Physique se fait actuellement chés
II. Vol.
G- Y
140 MERCURE DE FRANCE
M. Rogeau , Maître de Mathématiques , rue des
Lavandieres , proche celle de S. Germain l'Au
-xerrois .
le sujet nous a parû interessant pour le Public,
et qui fera , sans doute , plaisir aux Amateurs de
la Physique experimentale. Cet Ecrit que nous
allons donner dans les mêmes termes ,est intitulé.
COURS DE PHYSIQUE , démontré par
P'Expérience. Par M. Beuvain .
Comme la certitude des verités de la Physique
et les progrès qu'on peut faire dans cette Scien-
ce , dépendent d'une infinité d'Experiences que
tout le monde n'a pas la commodité de faire',
deux personnes se sont proposé , pour faciliter
cette étude à ceux qui voudront s'y apliquer , de
donner un Cours de Physique Experimentale ;
P'un qui a ramassé avec beaucoup de soin tous
les Instrumens et les Machines nécessaires , s'est
II, Vol.
charge
MAJU IN 1737.
II. Vol.
1409
thargé d'executer les Expériences , et l'autre de
les expliquer et déveloper à leur occasion tous
Jes Phénomenes de la Nature.
On se propose d'embrasser en quelque façon
toute la Physique dans ce Cours , au moins ce
qui est le plus curieux et ce qu'il est plus né-
cessaire de sçavoir. On commencera par donner
une idée de la matiere , en faisant connoître son
essence , son étenduë , sa divisibilité , sa mobi
lité , ce qui fera entrer dans l'exposition de la na
ture du mouvement , de ses loix generales et des
principes de la Mechanique, dont on mettra sous
les yeux les differentes Machines , tant simples
que composées.
Après avoir donné quelques connoissances de
la Sphere , on fera vour que le Systême de Pro
lomée , qui place la Terre au centre du Monde,
ne satisfait point aux Observations que les Astro-
nomes ont faites , et que Copernic seul a trouvé
le juste arangement des Corps Celestes. Dans
Phypothese des Tourbillons qu'on prouvera , on
kendra la raison physique de tous les mouve-
inens des Planettes , de leurs aparences , de leurs
Eclipses , &c. la Sphere de Copernic , et differens
Globes qu'on mettra sous les yeux , mais sur tout
le jeu de plusieurs nouveaux Planispheres, faci+
literont l'intelligence de ces Explications.
On expliquera ensuite la nature du feu , et on
apuycra l'explication qu'on en aura donnée par
plusieurs Expériences très curieuses sur la Hui-
dié , la lumiere , la chaleur et par oposition sug
Je froid. On expliquera la fabrique et l'usage du
Thermometre, Comme la chaleur produit la plu-
part des fermentations, on expliquera encore cet-
e source inépuisable de Phénomenes , en y joi
guant des Expériences , sur tout celle de la pou-
I iiij
dra
1406 MERCURE DE FRANCE
åre fulminante ; on fera aussi par occasion quet-
ques Expériences de Chymie.
Au sujet de la lumiere,on fera voir les différens
Phosphores, les,differentes sortes de Lunettes,par-
ticulierement une d'une nouvelle invention . On
représentera sur une table les objets exterieurs pat
le moyen d'une Chambre obscure, ce qui imite la
maniere dont ils se peignent au fond de l'œil, du
quelon expliquera la construction; on fera paroî
tre sur un Plan plusieurs figures qui semblent y
marcher. Le Cylindre en ramasse d'autres qu'on
ne distinguoit pas sur les Cartes. On fera voir
aussi les effets du Miroir ardent. Les couleurs se-
ront expliquées dans le Systême de M. Mariotte,
et dans celui de M. Newton , dont on répètera
les Expériences. Cette matiere finita par l'im
tation de l'Arc- en - Ciel.
:
On passera ensuite à l'Air , dont la pesanteus
sera démontréé , ainsi que le Ressort , par une
infinité de belles Experiences , après qu'on aura
donné des conjectures sur ces deux Phénomenes
en general. La Machine pneumatique fournira
les plus interessantes. On fera voir que c'est l'air
qui fait monter l'eau dans les Pompes , dont on
démontrera la structure et le méchanisme, aussi-
bien que celui de toutes les Machines Hydrau
liques , Fontaines , Réservoirs , Jets - d'eau , Mou
lins , Syphons , & c. que l'on mettra sous les
yeux: On expliquera aussi le Barometre.
On fera voir que tous les Corps contiennent
beaucoup d'air, que ce fluide est absolument né-
cessaire pourla vie animale,la circulation du sang,
la végetation des Plantes , qu'il transmet jusqu'à
nos oreilles le son , sur lequel on fera des Expé-
riences qui découvriront ses proprietés. On finira
ce qui regarde Fair par l'explication de la Poudre
à Canom.
JUIN
1737.
1407
En parlant de l'Eau , on donnera des conjec-
eures sur le Flux et Reflux de la Mer et sur l'o-
rigine des Fontaines. On fera des Experiences sur
Pequilibre des Liqueurs , dont on démontrera
les Loix.
En parlant de la Terre , on s'étendra sur les
Métaux et les Mineraux , dont on exposera lä
formation. On s'arêtera beaucoup à la Pierre
d'Aimant , dont on fera les Expériences , parti
culierement celles de l'Aimant artificiel, L'Elec
tricité , qui ressemble à la vertu de l'Aimant , en
fournira d'autres encore très- curieuses, et on ré-
perera celles que M. Dufay a faites.
En traitant des Animaux , on établira par la
maniere dont se fait leur génération , que la cor
ruption n'y a aucune part , que l'Auteur de la
Nature les a organisés dès le commencement
pour être dévelopés dans le temps. On explique-
ra le mouvement des membres de notre Corps ,
les différentes préparations des alimens qui nous
font vivre , la transpiration par les pores , le
mouvement du cœur , la circulation du sang.
On montrera par quels principes les Animaux
marchent, les Oiseaux volent , les Poissons na-
gent. On expliquera ce qu'on apelle les sens , le
roucher , le goût , l'odorat , l'oüie ; la vûë , &c.
Ce Cours sera terminé par une Explication
simple de la plupart des Météores, du Tonnerrey
de la Grêle , des Vents , de la Pluye , de l'Au-
rore Boreale , &c.
On communiquera aux Personnes qui vou-
dront être instruites plus à fond sur ces matie
res , des Manuscrits où elles sont traitées avec
étendue et on leur indiquera les Livres qu'elles
peuvent lire utilement.
Ce Cours de Physique se fait actuellement chés
II. Vol.
G- Y
140 MERCURE DE FRANCE
M. Rogeau , Maître de Mathématiques , rue des
Lavandieres , proche celle de S. Germain l'Au
-xerrois .
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7413
p. 1408
« Dom André Gonzales de Barcia, du Conseil et de la Grande Chambre de Castille, donne avis [...] »
Début :
Dom André Gonzales de Barcia, du Conseil et de la Grande Chambre de Castille, donne avis [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Dom André Gonzales de Barcia, du Conseil et de la Grande Chambre de Castille, donne avis [...] »
Dom André Gonzales de Barcia, du Conseil
et de la Grande Chambre de Castille, donne avis
au Public qu'il se dispose à mettre sous presse
une Edition en six volumes in folio , Nicola!
Antonii Bibliotheca Hispanica , publiée ci - devant
aussi en deux tomes in folio , ayant déja reçû
beaucoup de secours des Sçavans d'Italie , Cata-
Jogue , Portugal , et autres Endroits de l'Espa
gne , il lui reste à prier ceux de France, Flandres,
Pays- Bas , de Hollande , d'Angleterré , d'Alle-
magne , de Suede et Dannemarc , de vouloir
l'aider de leurs Découvertes ; il auront la bonté
de lui adresser leurs Manuscrits à Madrid , on
au sieur Montalant , Libraire à Paris , par les
voitures publiques et non par la Poste. Il aura
one attention infinie de leur en marquer sa re
Connoissance.
et de la Grande Chambre de Castille, donne avis
au Public qu'il se dispose à mettre sous presse
une Edition en six volumes in folio , Nicola!
Antonii Bibliotheca Hispanica , publiée ci - devant
aussi en deux tomes in folio , ayant déja reçû
beaucoup de secours des Sçavans d'Italie , Cata-
Jogue , Portugal , et autres Endroits de l'Espa
gne , il lui reste à prier ceux de France, Flandres,
Pays- Bas , de Hollande , d'Angleterré , d'Alle-
magne , de Suede et Dannemarc , de vouloir
l'aider de leurs Découvertes ; il auront la bonté
de lui adresser leurs Manuscrits à Madrid , on
au sieur Montalant , Libraire à Paris , par les
voitures publiques et non par la Poste. Il aura
one attention infinie de leur en marquer sa re
Connoissance.
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7414
p. 1408
« On trouvera au Caffé de la Marine, vis-à-vis l'Hôtel de Toulouse, près la Place des Victoires, [...] »
Début :
On trouvera au Caffé de la Marine, vis-à-vis l'Hôtel de Toulouse, près la Place des Victoires, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On trouvera au Caffé de la Marine, vis-à-vis l'Hôtel de Toulouse, près la Place des Victoires, [...] »
On trouvera au Caffé de la Marine, vis-à-vis
l'Hôtel de Toulouse, près la Place des Victoires,
et au Palais Royal , Les Tables Chronologiques de
Tous les Opera représentés à Paris par l'Académie
Royale de Musique , et de toutes les Pieces repré¹
sentées sur le nouveau Théatre Italien , jusques et
compris l'année 1736.
L'Auteur promet donner incessamment une
pareille Table Chronologique pour le Théatre
Fran çois.
Chique Exemplaire aura la Marque que l'Au-
tour in lique ici, c'est-à-dire des Lettres D. G.
avec sou Paraphe.
l'Hôtel de Toulouse, près la Place des Victoires,
et au Palais Royal , Les Tables Chronologiques de
Tous les Opera représentés à Paris par l'Académie
Royale de Musique , et de toutes les Pieces repré¹
sentées sur le nouveau Théatre Italien , jusques et
compris l'année 1736.
L'Auteur promet donner incessamment une
pareille Table Chronologique pour le Théatre
Fran çois.
Chique Exemplaire aura la Marque que l'Au-
tour in lique ici, c'est-à-dire des Lettres D. G.
avec sou Paraphe.
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7415
p. 1409
Académie de Peinture et Sculpture, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le 15. du mois dernier, l'Académie Royale de Peinture et Sculpture, reçut M. Adam, Sculpteur, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Académie de Peinture et Sculpture, &c. [titre d'après la table]
Le 15. du mois dernier, l'Académie Royale
de Peinture et Sculpture, reçut M. Adam, Sculpteur,
dont les Ouvrages se ressentent avanta-
geusement du long séjour qu'il a fait à Rome.
M. Tremoliere , qui a été six ans à Rome Pen-
sionnaire du Roy , digne Eleve de M. Vanloo ,
et M. Boizot , Peintres , M. de la Tour , Peintre
en Pastel , de réputation.
M. Adam a été reçû sur un Groupe de Mar-
bre , représentant Neptune et un Triton , géné-
rálement aprouvé.
M. Tremoliere , sur un grand Tableau , re-
présentant Ulisse sauvé du naufrage par le se-
Cours de Minerve , d'une gracieuse et belle exe-
cution.
M. Boizot,sur un Tableau représentant Apol-
lon et Leucotoé , peint avec beaucoup d'intelli-
gence et de graces , er M. de la Tour , sur cing
Portraits très-ressemblans.
de Peinture et Sculpture, reçut M. Adam, Sculpteur,
dont les Ouvrages se ressentent avanta-
geusement du long séjour qu'il a fait à Rome.
M. Tremoliere , qui a été six ans à Rome Pen-
sionnaire du Roy , digne Eleve de M. Vanloo ,
et M. Boizot , Peintres , M. de la Tour , Peintre
en Pastel , de réputation.
M. Adam a été reçû sur un Groupe de Mar-
bre , représentant Neptune et un Triton , géné-
rálement aprouvé.
M. Tremoliere , sur un grand Tableau , re-
présentant Ulisse sauvé du naufrage par le se-
Cours de Minerve , d'une gracieuse et belle exe-
cution.
M. Boizot,sur un Tableau représentant Apol-
lon et Leucotoé , peint avec beaucoup d'intelli-
gence et de graces , er M. de la Tour , sur cing
Portraits très-ressemblans.
Fermer
7416
p. 1412-1413
Morts d'Hommes Illustres, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le 14. Avril, mourut à Basle Christophe Iselin, Professeur en Théologie dans l'Université de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts d'Hommes Illustres, &c. [titre d'après la table]
Le 14. Avril, mourut à Basle Christophe Iselin,
Professeur en Théologie dans l'Université de
cette Ville, et Associé de l'Académie Royale des
Inscriptions et Belles- Lettres de Paris.
1
Mathieu Marais , Avocat au Parlement de Pa
ris , distingué dans sa Profession , sur tout pour
les Consultations , mourut le 21. Juin, âgé d'en-
viron 73. ans. Il avoir fort cultivé les Lettres ,
et étoit lié avec plusieurs Sçavans de réputation.
M. Bayle a parlé de lui avec éloge en plusieurs
Endroits de son Dictionaire , et encore plus
dans ses Lettres , il y en a même plusieurs dans
le Recuci imprimé , qui lui sont adressées , et
ce sont les plus interessantes. Bayle avoit raison,
car M. Marais lui avoit communiqué de très-
amples Mémoires , il avoit même fait des Arti-
cles particuliers du Dictionaire Critique. L'Ab-
bé le Clerc , qui a fait la Critique de Bayle , l'a-
dressa à M. Marais , dont il respectoit le mérite
e connoissoit l'érudition . Enfin toutes les Per-
11. Vol.
sonnes
JUIN.
1737
1415
sonnes qui l'ont fréquenté , témoignent qu'il
étoit d'un commerce doux et aimable , commu-
ni quant volontiers ce qu'il sçavoit. Il n'avoit pay
é é marié,
On aprend de Londres , que l'Epouse du sicur
Thomas Martin , accoucha le 16. de ce mos
Ratchiff, de trois garçons et d'une fille.
Professeur en Théologie dans l'Université de
cette Ville, et Associé de l'Académie Royale des
Inscriptions et Belles- Lettres de Paris.
1
Mathieu Marais , Avocat au Parlement de Pa
ris , distingué dans sa Profession , sur tout pour
les Consultations , mourut le 21. Juin, âgé d'en-
viron 73. ans. Il avoir fort cultivé les Lettres ,
et étoit lié avec plusieurs Sçavans de réputation.
M. Bayle a parlé de lui avec éloge en plusieurs
Endroits de son Dictionaire , et encore plus
dans ses Lettres , il y en a même plusieurs dans
le Recuci imprimé , qui lui sont adressées , et
ce sont les plus interessantes. Bayle avoit raison,
car M. Marais lui avoit communiqué de très-
amples Mémoires , il avoit même fait des Arti-
cles particuliers du Dictionaire Critique. L'Ab-
bé le Clerc , qui a fait la Critique de Bayle , l'a-
dressa à M. Marais , dont il respectoit le mérite
e connoissoit l'érudition . Enfin toutes les Per-
11. Vol.
sonnes
JUIN.
1737
1415
sonnes qui l'ont fréquenté , témoignent qu'il
étoit d'un commerce doux et aimable , commu-
ni quant volontiers ce qu'il sçavoit. Il n'avoit pay
é é marié,
On aprend de Londres , que l'Epouse du sicur
Thomas Martin , accoucha le 16. de ce mos
Ratchiff, de trois garçons et d'une fille.
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7417
p. 1413-1414
LETTRE à M. ** à Paris, sur les Pilules Mercurielles de M. Belloste.
Début :
Lorsque je suis parti pour l'Italie, Monsieur, vous m'avez chargé expressément de vous [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. ** à Paris, sur les Pilules Mercurielles de M. Belloste.
LETTRE à M. ** à Paris, sur les
Pilules Mercurielles de M. Belloste.
Lorsque je suis parti pour l'Italie, Monsieur,
vous m'avez chargé expressément de vous
donner des informations particulieres sur les
Pilules de M. Belloste. Je vous dirai , qu'é-
tant arrivé à Turin ,
j'ai été assés malheu-
reux pour n'y pas rencontrer M. le Docteur
Belloste ; j'ai parlé à son Correspondant , lequel
m'a dit qu'il étoit allé à Casal- Montferrat , &c.
A Milan et à Bresse , où j'ai séjourné , on m'a
assuré que ces Pilules y sont contrefaites ; mais
il n'y a rien de surprenant en cela , puisqu'elles le
sont bien à Turin même. Etant arrivé à Venise,
je ne me suis pas laissé entraîner si fort au tor-
rent des plaisirs qui y abondent en cette saison
que je n'aye songé à vous satisfaire. J'ai trouvé
qu'on a imprimé ici la Traduction Italienne du
premier tome du Chirurgien d'Hôpital , mais da
second on n'en a traduit que le Traité du Mercure,
parce qu'il est plus universel pour la guérison
des Malades , et que le premier paroît être suffi-
samment instructif pour le pansement des bles-
ses ; au bas de ce petit volume , qui n'est que de
123. pages , on a ajoûté deux Lettres que je me
suis donné la peine de traduire moi- même mor
11. Vol.
1414 MERCURE DE FRANCE
à mot , persuadé que je suis que vous ne sçau
rez bon gré de vous les communiquer. Vous ver
rez dans la derniere le caractere de feu M. Bel
loste , et le cas qu'on peut faire de son Remede.
Cette Lettre est d'autant plus digne de foi qu'elle
est d'une personne respectable,qui a eu l'honneur
d'occuperà la Cour de Savoye un poste égal à
son mérite , et qui est ici dans une estime uni-
verselle par sa pratique et par le rang distingué
qu'il tient dans une des plus celebres Universitée
de l'Europe.
Pilules Mercurielles de M. Belloste.
Lorsque je suis parti pour l'Italie, Monsieur,
vous m'avez chargé expressément de vous
donner des informations particulieres sur les
Pilules de M. Belloste. Je vous dirai , qu'é-
tant arrivé à Turin ,
j'ai été assés malheu-
reux pour n'y pas rencontrer M. le Docteur
Belloste ; j'ai parlé à son Correspondant , lequel
m'a dit qu'il étoit allé à Casal- Montferrat , &c.
A Milan et à Bresse , où j'ai séjourné , on m'a
assuré que ces Pilules y sont contrefaites ; mais
il n'y a rien de surprenant en cela , puisqu'elles le
sont bien à Turin même. Etant arrivé à Venise,
je ne me suis pas laissé entraîner si fort au tor-
rent des plaisirs qui y abondent en cette saison
que je n'aye songé à vous satisfaire. J'ai trouvé
qu'on a imprimé ici la Traduction Italienne du
premier tome du Chirurgien d'Hôpital , mais da
second on n'en a traduit que le Traité du Mercure,
parce qu'il est plus universel pour la guérison
des Malades , et que le premier paroît être suffi-
samment instructif pour le pansement des bles-
ses ; au bas de ce petit volume , qui n'est que de
123. pages , on a ajoûté deux Lettres que je me
suis donné la peine de traduire moi- même mor
11. Vol.
1414 MERCURE DE FRANCE
à mot , persuadé que je suis que vous ne sçau
rez bon gré de vous les communiquer. Vous ver
rez dans la derniere le caractere de feu M. Bel
loste , et le cas qu'on peut faire de son Remede.
Cette Lettre est d'autant plus digne de foi qu'elle
est d'une personne respectable,qui a eu l'honneur
d'occuperà la Cour de Savoye un poste égal à
son mérite , et qui est ici dans une estime uni-
verselle par sa pratique et par le rang distingué
qu'il tient dans une des plus celebres Universitée
de l'Europe.
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7418
p. 1414-1415
LETTRE adressée à M. Cicognini, Conseiller et Premier Médecin de feuë Madame Royale, Doüairiere de Savoye, et Premier Professeur de Médecine Théorique dans l'Université de Padoüe.
Début :
Il s'est excité dans ce Pays, Monsieur, une curiosité quasi universelle de lire le Traité du [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE adressée à M. Cicognini, Conseiller et Premier Médecin de feuë Madame Royale, Doüairiere de Savoye, et Premier Professeur de Médecine Théorique dans l'Université de Padoüe.
LETTRE adressée à M. Cicognini,
Conseiller et Premier Médecin de feuë
Madame Royale, Doüairiere de Savoye,
et Premier Professeur de Médecine
Théorique dans l'Université de
Padoüe.
Il s'est excité dans ce Pays, Monsieur, une curiosité quasi universelle de lire le Traité du
Mercure de M. Belloste , inséré dans son Livre
intitulé Suite du Chirurgien d'Hôpital , à causé
des effets admirables qu'on dit avoir été produits sur
diverses personnes par le Mercure ; cè qui a fait
qu'un de mes amis s'est disposé à mettre au jour
Ta Traduction Italienne qu'il afaite de cet Ouvra
ge,pour satisfaire aux pressantes sollicitations d'u-
ne personne de consideration qui l'en a prié. Mais
parce qu'il craint qu'il n'y ait quelqu'un , comme
il arrive ordinairement lorsqu'on propose de nou-
veaux Remedes , qui accuse l'Auteur d'imposture
et qui méprise le mérite d'un tel Remede , il sou-
haite de joindre à l'impression de cet Ouvrage vo-
ire témoignage sincere et autentique , par lequet
LI. Vol
078
JU IN,
1737.
1455
or vende justice à la probité de l'Auteur et à la
bonté de son Remede. Pour obtenir de vous cette
grace il s'est adressé à moi , étant persuadé de mon
attachement pour votre service , et de votre bonté
singuliere à mon égard ; et c'est pour lui complai-
re que je prends la liberté de vous suplier , Mon-
sieur, de me donner quelques informations des mœurs
et du merite de M. Belloste, et de rendre témoigna
gne de ces effets desquels cet Auteur dit que vous
avez été témoin oculaire , comme dans le cas de
M. le Chevalier de Morette , de M. le Comte
d'Arc , Bavarois , de Mad, la Comtesse Busque ?,
et de M. Marchetti , Médecin de S. E. M. le
Cardinal Pic de la Mirandole. Par ce moyen voiss
ferez honneur à la memoire de ce grand homme qui
vous a été parfaitement connu
vous rendrez un
service considérable au Public , en certifiant les ef
fets d'un Remede dont l'usage pouroit être d'une
utilité infinie , et vous m'obligerez sensiblement
dans le dessein où je suis de servir mon ami. Je ne
manquerai pas de chercher les occasions à vous té-
moigner une vraye et parfaite reconnoissance , et
Pestime toute particuliere avec laquelle je suis,
N. C.
A Venise ce 2. Aoust 1734.
Conseiller et Premier Médecin de feuë
Madame Royale, Doüairiere de Savoye,
et Premier Professeur de Médecine
Théorique dans l'Université de
Padoüe.
Il s'est excité dans ce Pays, Monsieur, une curiosité quasi universelle de lire le Traité du
Mercure de M. Belloste , inséré dans son Livre
intitulé Suite du Chirurgien d'Hôpital , à causé
des effets admirables qu'on dit avoir été produits sur
diverses personnes par le Mercure ; cè qui a fait
qu'un de mes amis s'est disposé à mettre au jour
Ta Traduction Italienne qu'il afaite de cet Ouvra
ge,pour satisfaire aux pressantes sollicitations d'u-
ne personne de consideration qui l'en a prié. Mais
parce qu'il craint qu'il n'y ait quelqu'un , comme
il arrive ordinairement lorsqu'on propose de nou-
veaux Remedes , qui accuse l'Auteur d'imposture
et qui méprise le mérite d'un tel Remede , il sou-
haite de joindre à l'impression de cet Ouvrage vo-
ire témoignage sincere et autentique , par lequet
LI. Vol
078
JU IN,
1737.
1455
or vende justice à la probité de l'Auteur et à la
bonté de son Remede. Pour obtenir de vous cette
grace il s'est adressé à moi , étant persuadé de mon
attachement pour votre service , et de votre bonté
singuliere à mon égard ; et c'est pour lui complai-
re que je prends la liberté de vous suplier , Mon-
sieur, de me donner quelques informations des mœurs
et du merite de M. Belloste, et de rendre témoigna
gne de ces effets desquels cet Auteur dit que vous
avez été témoin oculaire , comme dans le cas de
M. le Chevalier de Morette , de M. le Comte
d'Arc , Bavarois , de Mad, la Comtesse Busque ?,
et de M. Marchetti , Médecin de S. E. M. le
Cardinal Pic de la Mirandole. Par ce moyen voiss
ferez honneur à la memoire de ce grand homme qui
vous a été parfaitement connu
vous rendrez un
service considérable au Public , en certifiant les ef
fets d'un Remede dont l'usage pouroit être d'une
utilité infinie , et vous m'obligerez sensiblement
dans le dessein où je suis de servir mon ami. Je ne
manquerai pas de chercher les occasions à vous té-
moigner une vraye et parfaite reconnoissance , et
Pestime toute particuliere avec laquelle je suis,
N. C.
A Venise ce 2. Aoust 1734.
Fermer
7419
p. 1415-1417
RÉPONSE de M. Cicognini.
Début :
Vous m'ordonnez, Monsieur, de vous donner quelques éclaircissemens sur la probité de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RÉPONSE de M. Cicognini.
RÉPONSE de M. Cicognini.
Monsieur , pour lequel je conserve tant d'estime.
II. Vol.
s
Vous m'ordonnez, Monsieur, de vous donner
quelques éclaircissemens sur la probité de
M. Belloste , Auteur du Livre intitulé Suite du
..
Chirurgien d'Hôpital , et de la vérité des faits
dans lesquelsje suis cité comme témoin. Il n'est rien
de plus équitable que de rendre justice à la vérité et
de complaire en même- temps à un ami comme vous,
Monsieur , pour lequel je conserve tant d'estime.
II. Vol.
s
Vous m'ordonnez, Monsieur, de vous donner
quelques éclaircissemens sur la probité de
M. Belloste , Auteur du Livre intitulé Suite du
..
Chirurgien d'Hôpital , et de la vérité des faits
dans lesquelsje suis cité comme témoin. Il n'est rien
de plus équitable que de rendre justice à la vérité et
de complaire en même- temps à un ami comme vous,
Fermer
7420
p. 1418
« Le sieur Charles Presle, Marchand Joüaillier, donne avis qu'il a inventé de nouveaux Plateaux [...] »
Début :
Le sieur Charles Presle, Marchand Joüaillier, donne avis qu'il a inventé de nouveaux Plateaux [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Charles Presle, Marchand Joüaillier, donne avis qu'il a inventé de nouveaux Plateaux [...] »
Le sieur Charles Presle, Marchand Joüaillier,
donne avis qu'il a inventé de nouveaux Plateaux
pour les Services de fruits et desserts de tables ,
dans des goûts variés , dont la magnificence ,
l'ordre, l'arangement et le coup d'œil , font plai
sir , outre les doubles objets que les glaces repré-
sentent et qui produisent un effet très agréable. I
en a fourni à divers Seigneurs, Ambassadeurs et
autres Errangers , tous de differentes manieres et
à differens Services ; il en fait fabriquer actuel-
lement qui peuvent servir à toutes sortes de ta
bles , soir grandes , moyennes , ou petites , et en
12. ou 15. sortes de Desseins, selon comme l'on
veut afanger les Plateaux .
Il demeure rue S. Martin , au coin de celle de
Venise , à la bonne Foy. Ceux qui en voudrost
voir , peuvent aller chés lui. Il en vend et don-
ae à loyer à juste prix.
A l'égard des prix qu'ils se vendent, on ne peut
pas les déterminer,par raport aux augmentations
ou diminutions d'ouvrages et chantournemens
que les personnes qui en souhaitent désirent ; de
même des nombres et grandeurs de Plateau
proportionnés aux grandeurs des tables.
donne avis qu'il a inventé de nouveaux Plateaux
pour les Services de fruits et desserts de tables ,
dans des goûts variés , dont la magnificence ,
l'ordre, l'arangement et le coup d'œil , font plai
sir , outre les doubles objets que les glaces repré-
sentent et qui produisent un effet très agréable. I
en a fourni à divers Seigneurs, Ambassadeurs et
autres Errangers , tous de differentes manieres et
à differens Services ; il en fait fabriquer actuel-
lement qui peuvent servir à toutes sortes de ta
bles , soir grandes , moyennes , ou petites , et en
12. ou 15. sortes de Desseins, selon comme l'on
veut afanger les Plateaux .
Il demeure rue S. Martin , au coin de celle de
Venise , à la bonne Foy. Ceux qui en voudrost
voir , peuvent aller chés lui. Il en vend et don-
ae à loyer à juste prix.
A l'égard des prix qu'ils se vendent, on ne peut
pas les déterminer,par raport aux augmentations
ou diminutions d'ouvrages et chantournemens
que les personnes qui en souhaitent désirent ; de
même des nombres et grandeurs de Plateau
proportionnés aux grandeurs des tables.
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7421
p. 1419-1420
« La Comédie Héroïque de l'Ambitieux se soutient toujours au Théatre [...] »
Début :
La Comédie Héroïque de l'Ambitieux se soutient toujours au Théatre [...]
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texteReconnaissance textuelle : « La Comédie Héroïque de l'Ambitieux se soutient toujours au Théatre [...] »
La Comédie Héroïque de l'Ambitieux
se soutient toujours au Théatre
François , et attire de nombreuses
Assemblées , malgré les chaleurs.
On prépare pour ce Théatre une Piece
n trois Actes , sous le titre des Caracte-
41. Vol.
res
1420 MERCURE DE FRANCE
res de Thalie , titre heureux , et qui ras
portera bien de la gloire à son Auteur ,
s'il est traité heureusement. Nous so-
rons attentifsà en donner unejuste Ana
lyse et à
raporter
les sentimens du Pu
blic que nous tâcherons de recueillir avec
l'impartialité dont nous faisons profes
sion.
se soutient toujours au Théatre
François , et attire de nombreuses
Assemblées , malgré les chaleurs.
On prépare pour ce Théatre une Piece
n trois Actes , sous le titre des Caracte-
41. Vol.
res
1420 MERCURE DE FRANCE
res de Thalie , titre heureux , et qui ras
portera bien de la gloire à son Auteur ,
s'il est traité heureusement. Nous so-
rons attentifsà en donner unejuste Ana
lyse et à
raporter
les sentimens du Pu
blic que nous tâcherons de recueillir avec
l'impartialité dont nous faisons profes
sion.
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7422
p. 1420-1421
« Le 15. Juin, les Comédiens Italiens remirent au Théatre une Comédie qui a [...] »
Début :
Le 15. Juin, les Comédiens Italiens remirent au Théatre une Comédie qui a [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Le 15. Juin, les Comédiens Italiens remirent au Théatre une Comédie qui a [...] »
Le 15. Juin, les Comédiens Italiens
remirent au Théatre une Comédie qui a
pour titre l'Italien marié à Paris. Cette
Piece qui est de la composition de M. Ric-
coboni le Pere , retiré du Theatre depuis
1729. fut jouée en Italien avec beau-
coup de succès en Juillet 1716. L'Aug
teur y jouoit le premier rôle , c'est-à- di-,
re , celui du Jaloux d'une maniere ini
mitable. La même Piece fut remise au
Théatre en cinq Actes au mois de No-
vembre 1728 traduite en Prose par l'Au-
teur , lequel fut remplacé dans son rôle
par le sieur Pagheti , autre excellent
Comédien mort en 173 2. Dans cette der-
niere reprise , la même Piece a été redui,
te à trois Actes , et mise en Vers libres
par M. de la Grange, connu par d'autres
Pieces qu'il a données au même Theatre.
Elle a été reçue très-favorablement du
Public. Le Sieur Romagnesy joue le pre-
II. Vol,
mier
*
JUIN.
II, Vol.
1737.
1421
mier rôle avec aplaudissement. La Piece
est terminée par un très-joli divertisse
ment dansé par les Acteurs et Actrices
de la Troupe , &c. L'execution en a été
generalement goûtée , ainsi que le Balet
composé par le sieur Riccoboni ; et la
Musique de la composition du sieur Du-
rocher,Auteur de plusieurs Ouvrages de
Musique reçus très favorablement du
Public. On peut voir un Extrait fort au
long de la même Piece dans le premier
Vol. de Décembre 1728 page 2701,
remirent au Théatre une Comédie qui a
pour titre l'Italien marié à Paris. Cette
Piece qui est de la composition de M. Ric-
coboni le Pere , retiré du Theatre depuis
1729. fut jouée en Italien avec beau-
coup de succès en Juillet 1716. L'Aug
teur y jouoit le premier rôle , c'est-à- di-,
re , celui du Jaloux d'une maniere ini
mitable. La même Piece fut remise au
Théatre en cinq Actes au mois de No-
vembre 1728 traduite en Prose par l'Au-
teur , lequel fut remplacé dans son rôle
par le sieur Pagheti , autre excellent
Comédien mort en 173 2. Dans cette der-
niere reprise , la même Piece a été redui,
te à trois Actes , et mise en Vers libres
par M. de la Grange, connu par d'autres
Pieces qu'il a données au même Theatre.
Elle a été reçue très-favorablement du
Public. Le Sieur Romagnesy joue le pre-
II. Vol,
mier
*
JUIN.
II, Vol.
1737.
1421
mier rôle avec aplaudissement. La Piece
est terminée par un très-joli divertisse
ment dansé par les Acteurs et Actrices
de la Troupe , &c. L'execution en a été
generalement goûtée , ainsi que le Balet
composé par le sieur Riccoboni ; et la
Musique de la composition du sieur Du-
rocher,Auteur de plusieurs Ouvrages de
Musique reçus très favorablement du
Public. On peut voir un Extrait fort au
long de la même Piece dans le premier
Vol. de Décembre 1728 page 2701,
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7423
p. 1421-1422
« L'Academie Royale de Musique continuë les representations du Balet des [...] »
Début :
L'Academie Royale de Musique continuë les representations du Balet des [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Academie Royale de Musique continuë les representations du Balet des [...] »
L'Academie Royale de Musique continuë
les representations du Balet des
Amours des Dieux , que le Public voit
toujours avec plaisir ; quoique ce Balet
soit composé d'un Prologue et de quatre
Entrées , on a été obligé de suprimer la
seconde , pour finir l'Opera de meilleure
heure , et donner ce temps à la prome-
nade ; les rôles ont été très-bien remplis
dans cette reprise ; la Dlle Julie , et les
sieurs le Page et Jelyou chantent les rôles
du Prologue. La Dlle Petitpas , et les
sieurs Dun et Tribou ceux de la premie-
re Entrée , la Dlle Pelissier joue le rôle
de Corones , et le sieur Tribou celui d'A-
pollon , dans la troisiéme Entrée ; et la
Dlle Antier , et le sieur Albert nouvel
Acteur
7422 MERCURE DE FRANCE
Acteur ( qu'on a déja entendu ici ) exe- \
cutent très- bien les rôles d'Ariane et de
Bacchus.
On prépare pour ce Theatre l'Opera de
Cadmus, Tragedie, la premiere que Qul-
nault ait donnée au Theatre Lyrique , et
le premier Poëme en ce genre que Lully
ait mis en Musique.
les representations du Balet des
Amours des Dieux , que le Public voit
toujours avec plaisir ; quoique ce Balet
soit composé d'un Prologue et de quatre
Entrées , on a été obligé de suprimer la
seconde , pour finir l'Opera de meilleure
heure , et donner ce temps à la prome-
nade ; les rôles ont été très-bien remplis
dans cette reprise ; la Dlle Julie , et les
sieurs le Page et Jelyou chantent les rôles
du Prologue. La Dlle Petitpas , et les
sieurs Dun et Tribou ceux de la premie-
re Entrée , la Dlle Pelissier joue le rôle
de Corones , et le sieur Tribou celui d'A-
pollon , dans la troisiéme Entrée ; et la
Dlle Antier , et le sieur Albert nouvel
Acteur
7422 MERCURE DE FRANCE
Acteur ( qu'on a déja entendu ici ) exe- \
cutent très- bien les rôles d'Ariane et de
Bacchus.
On prépare pour ce Theatre l'Opera de
Cadmus, Tragedie, la premiere que Qul-
nault ait donnée au Theatre Lyrique , et
le premier Poëme en ce genre que Lully
ait mis en Musique.
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7424
p. 1423-1424
« Le 28. Juin, l'ouverture de la Foire S. Laurent fut faite par M. le Lieutenant [...] »
Début :
Le 28. Juin, l'ouverture de la Foire S. Laurent fut faite par M. le Lieutenant [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 28. Juin, l'ouverture de la Foire S. Laurent fut faite par M. le Lieutenant [...] »
Le 28. Juin, l'ouverture de la Foire
S. Laurent fut faite par M. le Lieutenant
General de Police , avec les Ceremonies
accoutumes. Ce Magistrat avoit rendu
le 14. du même mois son Ordonnance
concernant ce qui doit être observé par
II. Vol.
1423
Hle
1424 MERCURE DE FRANCE
les Marchands qui y sont établis , et re-
nouvelle les défenses des Jeux , & c.
Le même jour , l'Opera Comique fit
aussi l'ouverture de son Theatre par
deux Pieces nouvelles d'un Acte chacu-
ne en Vaudeville , avec des divertisse
M
›
mens , intitulées l'Amour Paysan et la
Fée Brochure , précedées d'un nouveau
Prologue adressé au Public , pour se le
rendre favorable pendant le cours de la
Foire. Un nouvel Arlequin Anglois exe-
cute dans le divertissement une Danse
de Paysan yvrogne avec aplaudisse-
ment ; il y a encore quelqu'autres nou-
veaux Acteurs qui dansent differentes
Entrées dans les diversissemens , lesquels
sont terminés par un Acte pantomime
très bien executé par tous les Danseurs ,
et par quelques Acteurs de la Troupe.
S. Laurent fut faite par M. le Lieutenant
General de Police , avec les Ceremonies
accoutumes. Ce Magistrat avoit rendu
le 14. du même mois son Ordonnance
concernant ce qui doit être observé par
II. Vol.
1423
Hle
1424 MERCURE DE FRANCE
les Marchands qui y sont établis , et re-
nouvelle les défenses des Jeux , & c.
Le même jour , l'Opera Comique fit
aussi l'ouverture de son Theatre par
deux Pieces nouvelles d'un Acte chacu-
ne en Vaudeville , avec des divertisse
M
›
mens , intitulées l'Amour Paysan et la
Fée Brochure , précedées d'un nouveau
Prologue adressé au Public , pour se le
rendre favorable pendant le cours de la
Foire. Un nouvel Arlequin Anglois exe-
cute dans le divertissement une Danse
de Paysan yvrogne avec aplaudisse-
ment ; il y a encore quelqu'autres nou-
veaux Acteurs qui dansent differentes
Entrées dans les diversissemens , lesquels
sont terminés par un Acte pantomime
très bien executé par tous les Danseurs ,
et par quelques Acteurs de la Troupe.
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7425
p. 1424-1426
LETTRE écrite de Constantinople le 14. Février 1737.
Début :
Mr Fawkener, Ambassadeur d'Angleterre à la Por[t]e, se prépare à se rendre incessamment [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Constantinople le 14. Février 1737.
LETTRE écrite de Constantinople le
14. Février 1737.
Mr Fawkener, Ambassadeur d'Angleterre
à la Por[t]e, se prépare à se rendre incessamment
au Camp du Grand Visi , on dit qu'il
sera suivi de près par M. Calkoën , Ambassa-
deur d'Hollande.
11. Vol,
Soliman
simplicité.
JUI N.
1737.
1425
Soliman Pacha fut nommé le 20. Janvier
Capitan Pacha , où Amiral , il étoit ci- devant
Bey , ou Capitaine de Galere.
Le 4. de ce mois les Patriarches Armeniens
de Jerusalem et de Constantinople , et le Noncé
du Patriarche Armenien de Perse , accompa-
gaés d'un nombre de Metropolitains et de plu-
sieurs Personnes des plus notables de leur Na-
tion , vinrent dîner chés M. l'Ambassadeur de
France , qui les traita splendidement ; les deux
Patriarches en s'en retournant entrerent dans la
Chapelle du Palais , où ils firent leurs prieres
qu'ils accompagnerent de beaucoup de génu-
flexions , le Patriarche de Jerusalem alla même
baiser l'Autel. Ils admirerent les differentes Pein
tures dont cette Chapelle est ornée , et sur tout
le Mausolée qui renferme le Cœur de M. le
Comte des Alleurs , Ambassadeur de France a
la Porte , cet Ouvrage qui a été fait à Venise est
veritablement d'un grand goût et d'une noble
1
- Le 7. Février M. le Marquis de Villeneuve ,
Ambassadeur de France , eut une Audience de
Kajmakan dans une Maison de plaisance située,
au Fauxbourg de Youp.
Le 8. un Vaisseau de Guerre de Tripoly de
Barbarie entra dans le Port de Constantinople ,
il aporte au Grand Seigneur le tribut , ou pre-
sent, que cette Republique envoye à sa Hautese.
Le 9. M. l'Ambassadeur de France fit sa pre-
miere visite à Soliman , nouveau Capitan Pacha.
On a apris que M. Dahlman arriva le 21 .
Janvier au Camp du Grand Visir , et qu'il eut
le 26. une audience de ce premier Ministre qui
lui fit present d'une Pelisse de Samour , d'un
Cheval harnaché et d'un Sabre ; Mad. Dahlman .
II. Vel
Hij
qui
1426 MERCURE DE FRANCE
qui avoit pris la route de Vienne , dois , dit-on , a
revenir à Andrinople.
On travaille toujours avec beaucoup d'acti
vité dans l'Arsenal de cette Ville à la construç
tion d'un grand nombre de Galiotes , Brigan
eins et Bateaux plats , destinés à passer dans la
Mer noire dès que la Saison le permettra.
14. Février 1737.
Mr Fawkener, Ambassadeur d'Angleterre
à la Por[t]e, se prépare à se rendre incessamment
au Camp du Grand Visi , on dit qu'il
sera suivi de près par M. Calkoën , Ambassa-
deur d'Hollande.
11. Vol,
Soliman
simplicité.
JUI N.
1737.
1425
Soliman Pacha fut nommé le 20. Janvier
Capitan Pacha , où Amiral , il étoit ci- devant
Bey , ou Capitaine de Galere.
Le 4. de ce mois les Patriarches Armeniens
de Jerusalem et de Constantinople , et le Noncé
du Patriarche Armenien de Perse , accompa-
gaés d'un nombre de Metropolitains et de plu-
sieurs Personnes des plus notables de leur Na-
tion , vinrent dîner chés M. l'Ambassadeur de
France , qui les traita splendidement ; les deux
Patriarches en s'en retournant entrerent dans la
Chapelle du Palais , où ils firent leurs prieres
qu'ils accompagnerent de beaucoup de génu-
flexions , le Patriarche de Jerusalem alla même
baiser l'Autel. Ils admirerent les differentes Pein
tures dont cette Chapelle est ornée , et sur tout
le Mausolée qui renferme le Cœur de M. le
Comte des Alleurs , Ambassadeur de France a
la Porte , cet Ouvrage qui a été fait à Venise est
veritablement d'un grand goût et d'une noble
1
- Le 7. Février M. le Marquis de Villeneuve ,
Ambassadeur de France , eut une Audience de
Kajmakan dans une Maison de plaisance située,
au Fauxbourg de Youp.
Le 8. un Vaisseau de Guerre de Tripoly de
Barbarie entra dans le Port de Constantinople ,
il aporte au Grand Seigneur le tribut , ou pre-
sent, que cette Republique envoye à sa Hautese.
Le 9. M. l'Ambassadeur de France fit sa pre-
miere visite à Soliman , nouveau Capitan Pacha.
On a apris que M. Dahlman arriva le 21 .
Janvier au Camp du Grand Visir , et qu'il eut
le 26. une audience de ce premier Ministre qui
lui fit present d'une Pelisse de Samour , d'un
Cheval harnaché et d'un Sabre ; Mad. Dahlman .
II. Vel
Hij
qui
1426 MERCURE DE FRANCE
qui avoit pris la route de Vienne , dois , dit-on , a
revenir à Andrinople.
On travaille toujours avec beaucoup d'acti
vité dans l'Arsenal de cette Ville à la construç
tion d'un grand nombre de Galiotes , Brigan
eins et Bateaux plats , destinés à passer dans la
Mer noire dès que la Saison le permettra.
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7426
p. 1426-1428
EXTRAIT d'une autre Lettre écrite de Constantinople du 6. May 1737.
Début :
On a écrit de Babadag du 22. Mars, que le Kan des Tartares après son expedition en [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une autre Lettre écrite de Constantinople du 6. May 1737.
EXTRAIT d'une autre Lettre écrite
de Constantinople du 6. May 1737.
On a écrit de Babadag du 22. Mars, que le Kan des Tartares après son expedition en
devoit être de retour à Baccheseraï.
Ukraine avoit repris la roure de Crimée et qu'il
Le 28. Mars l'Armée Navale sortit de ce Port;
elle étoit composée de 15. Galeres , er de 200.
Galiotes , ou Brigantins , et de 6 Fregates.
Le 30. il y eut un Incendie à Constantino-
ple qui causa un grand dommage par une quan-
rité considerable de Ris , d'Huile , de Legumes
et autre provisions , qui ont été consumées par
le feu.
Le 29. le Mektoupgi , ou Secretaire du Grand
Visir arriva à Constantinople. Le 30. il fut te-
nu un grand Divan à la Porte, où assisterent les
Principaux des Gens de Loy et les Chefs des Mi-
lices. On y exposa la necessité de faire la Paix.
Le Mufty donna son Terfa, portant qu'il étoit
permis de faire la Paix avec les Infidéles , lors-
qu'on ne pouvoit continuer la Guerre sans s'ex-
poser à un peril évident ; sur cette décision , il
fut resolu de donner pouvoir aux Plénipoten-
tiaires du Grand Seigneur de faire la Paix aux
meilleures conditions qu'il seroit possible, On
II. Vol,
présume
JUIN.
prix que ce soit.
1737
1427
présumé qu'ils ont l'ordre de la faire à quelque
Le 26. du même mois , l'Ambassadeur d'An-
gleterre , qui étoit parti le 26. Février de Cons-
tantinople , arriva au Camp. On a apris que le
Grand Visir ayant voulu lui donner la Pelisse de
Samour , il l'avoit refusée , alleguant pour rai
son , qu'il ne devoit avoir cette marque de dis-
tinction qu'en qualité de Médiateur , et qu'il
n'auroit cette qualité que lorsque la Médiation
de Sa Majesté Britannique auroit été acceptée par
la Czarine , comme elle l'avoit été par la Porte.
Le s . Avril M. Stanidski alla à l'Audience
du Caïmakan , et le 7. à celle du Grand Sei-
gneur , en qualité d'Internonce , pour notifier à
la Porte Pavenement de l'Electeur de Saxe au
Trône de Pologne.
Le 17. Avril l'Ambassadeur d'Hollande afri
va à Babadag , il fit notifier son arrivée par son
Secretaire aux Ambassadeurs d'Allemagne et
d'Angleterre , ces Ambassadeurs lui envoyerent
leurs Secretaires , mais ils ne l'ont vû , ni l'un ,
ni l'autre.
Le 18. Avril M. Dahlman partit de Babadag
pour se rendre àKudak,qui a été fixé pour le lieu
des Conferences. Saïde- Effendy le suivit deux
jour après ; le Reys- Effendy devoit se mettre en
marche le 15. avec les autres Plenipotentiaires ,
et le Drogman de la Porte. On écrit du 23 Avril
de Babadag que l'Ambassadeur de Hollande
n'avoit pas encore eu audience du Grand Visir ;
que l'on disoit que cet Ambassadeur , ni celui
d'Angleterre n'iroient point à Kudac , et qu'ils
suivroient le Grand Visir , qui devoit partir de
Babadag vers le milieu du mois de May , passer
le Danube et s'avancer jusques à Castal.
Le Kan des Tartares dernier deposé, qui avoit
II. Pol.
Hiij
сн
1428 MERCURE DE FRANCE
eu la permission de resider à Hullipoly , a été
depuis quelques jours relegué de nouveau à
Scio.
On publie que le Kan des Tartares regnant ,
a refusé de se rendre au Camp du Grand Visir ,
et qu'il est occupé à fortifier Precops et Kilbour-
non , dans le soupçon où il est que la Porte ne
soit d'intelligence avec l'Empereur et les Mos-
covites , pour faciliter à ces derniers la Con-
quête de la Crimée.
Le 2. May , la Flote qui étoit encore à l'em-
bouchure de la Mer noire , mit à la Voile. On
a fait revenir dans ce Port deux Fregates , d'où
on a déchargé quantité de Canons de Campa-
gne , qui avoient été destinés pour l'Armée du
Grand Visir , et que l'on s'étoit proposé de faire
passer à Issatchi par la Mer noire et le Danube.
Les Bâtimens qui avoient été fretés pour trans-
porter les Troupes d'Asie à Taman , ont été en-
voyés à la traite du Bled. Toutes ces circonstan
ces semblent annoncer la Paix.
de Constantinople du 6. May 1737.
On a écrit de Babadag du 22. Mars, que le Kan des Tartares après son expedition en
devoit être de retour à Baccheseraï.
Ukraine avoit repris la roure de Crimée et qu'il
Le 28. Mars l'Armée Navale sortit de ce Port;
elle étoit composée de 15. Galeres , er de 200.
Galiotes , ou Brigantins , et de 6 Fregates.
Le 30. il y eut un Incendie à Constantino-
ple qui causa un grand dommage par une quan-
rité considerable de Ris , d'Huile , de Legumes
et autre provisions , qui ont été consumées par
le feu.
Le 29. le Mektoupgi , ou Secretaire du Grand
Visir arriva à Constantinople. Le 30. il fut te-
nu un grand Divan à la Porte, où assisterent les
Principaux des Gens de Loy et les Chefs des Mi-
lices. On y exposa la necessité de faire la Paix.
Le Mufty donna son Terfa, portant qu'il étoit
permis de faire la Paix avec les Infidéles , lors-
qu'on ne pouvoit continuer la Guerre sans s'ex-
poser à un peril évident ; sur cette décision , il
fut resolu de donner pouvoir aux Plénipoten-
tiaires du Grand Seigneur de faire la Paix aux
meilleures conditions qu'il seroit possible, On
II. Vol,
présume
JUIN.
prix que ce soit.
1737
1427
présumé qu'ils ont l'ordre de la faire à quelque
Le 26. du même mois , l'Ambassadeur d'An-
gleterre , qui étoit parti le 26. Février de Cons-
tantinople , arriva au Camp. On a apris que le
Grand Visir ayant voulu lui donner la Pelisse de
Samour , il l'avoit refusée , alleguant pour rai
son , qu'il ne devoit avoir cette marque de dis-
tinction qu'en qualité de Médiateur , et qu'il
n'auroit cette qualité que lorsque la Médiation
de Sa Majesté Britannique auroit été acceptée par
la Czarine , comme elle l'avoit été par la Porte.
Le s . Avril M. Stanidski alla à l'Audience
du Caïmakan , et le 7. à celle du Grand Sei-
gneur , en qualité d'Internonce , pour notifier à
la Porte Pavenement de l'Electeur de Saxe au
Trône de Pologne.
Le 17. Avril l'Ambassadeur d'Hollande afri
va à Babadag , il fit notifier son arrivée par son
Secretaire aux Ambassadeurs d'Allemagne et
d'Angleterre , ces Ambassadeurs lui envoyerent
leurs Secretaires , mais ils ne l'ont vû , ni l'un ,
ni l'autre.
Le 18. Avril M. Dahlman partit de Babadag
pour se rendre àKudak,qui a été fixé pour le lieu
des Conferences. Saïde- Effendy le suivit deux
jour après ; le Reys- Effendy devoit se mettre en
marche le 15. avec les autres Plenipotentiaires ,
et le Drogman de la Porte. On écrit du 23 Avril
de Babadag que l'Ambassadeur de Hollande
n'avoit pas encore eu audience du Grand Visir ;
que l'on disoit que cet Ambassadeur , ni celui
d'Angleterre n'iroient point à Kudac , et qu'ils
suivroient le Grand Visir , qui devoit partir de
Babadag vers le milieu du mois de May , passer
le Danube et s'avancer jusques à Castal.
Le Kan des Tartares dernier deposé, qui avoit
II. Pol.
Hiij
сн
1428 MERCURE DE FRANCE
eu la permission de resider à Hullipoly , a été
depuis quelques jours relegué de nouveau à
Scio.
On publie que le Kan des Tartares regnant ,
a refusé de se rendre au Camp du Grand Visir ,
et qu'il est occupé à fortifier Precops et Kilbour-
non , dans le soupçon où il est que la Porte ne
soit d'intelligence avec l'Empereur et les Mos-
covites , pour faciliter à ces derniers la Con-
quête de la Crimée.
Le 2. May , la Flote qui étoit encore à l'em-
bouchure de la Mer noire , mit à la Voile. On
a fait revenir dans ce Port deux Fregates , d'où
on a déchargé quantité de Canons de Campa-
gne , qui avoient été destinés pour l'Armée du
Grand Visir , et que l'on s'étoit proposé de faire
passer à Issatchi par la Mer noire et le Danube.
Les Bâtimens qui avoient été fretés pour trans-
porter les Troupes d'Asie à Taman , ont été en-
voyés à la traite du Bled. Toutes ces circonstan
ces semblent annoncer la Paix.
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7427
p. 1428-1429
AFRIQUE.
Début :
Les avis reçus depuis peu de la côte d'Afrique portent que le nouveau Dey de Tunis ayant apris [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AFRIQUE.
AFRIQUE.
Les avis reçus depuis peu de la côte d'Afrique
portent que le nouveau Dey de Tunis ayant apris
que l'ancien Dey s'étoit retiré dans les environs
d'Ausolette avec le petit nombre de Troupes qui
demeurent attachées à son Parti , il étoit allé
Pattaquer dans ses retranchemens , qu'il l'avoit
obligé de s'enfuir à Souza , Ville bâtie sur le bord
de la Mer , er que depuis peu le nouveau . Dey
s'est rendu devant cette Place dans le dessein
d'en entreprendre le Siége par Terre et par Mer.
Selon les dernieres Lettres écrites du Port de
Sainte Croix en Barbarie , il n'y a point d'apa-
rence qu'on puisse voir si tôt la fin des troubles
II. Vol
qui
JUIN.
1737
1429
qui agitent depuis long-temps le Royaume de
Maroc. La plus grande partie des Habitans du
plat Pays , est attachée aux interêts de Muley-
Lariba, que l'Armée des Noirs a élú à la place de
Muley Abdhalla ; mais les Habitans des Mon-
tagnes suivent le parti de ce dernier ; et il est
d'autant plus difficile de les en detacher , qu'ac-
coutumés au brigandage , ils ont le specieux
pretexte des droits de leur Chef pour commet
tre impunément toutes sortes d'excès. Muley-
Abdhalla a fait raser tous les Châteaux et dé-
ruire tous les Ouvrages exterieurs qui défen-
doient les aproches de la Ville de Fez , esperant
que les Habitans se trouvant par là plus exposés
aux insultes de ses Troupes , ils se determine-
roient plus facilement à abandonner le parti de
son Concurrent. Cependant il n'a point encore
tiré de cet acte d'hostilité l'avantage qu'il en
attendoit, et les Habitans , tout depourvûs qu'ils
sont de défenses , n'en sont pas moins fidéles à
Muley-Lariba. Ceux de Ste Croix et de Sophie
se sont déterminés à garder une exacte Neutra-
lité entre les deux prétendans au Trône ; et ayant
refusé de recevoir les Troupes de l'un et l'autre
de ces Princes , ils entretiennent des Garnisons à
leurs dépens , pour empêcher que l'un des deux
ne leur donne la Loy.
Il continue d'aborder à Ste Croix un nom-
bre extraordinaire de Vaisseaux qui vont y char-
ger des Grains , et le Bled y est toujours à un
prix modique , quoique les Saurerelles ayent
causé cette année que que dommage dans les
Campagnes voisines . On écrit de plusieurs au-
tres endroits de l'Afrique , que ces insectes y
ont fait beaucoup de ravage , et qu'on y étoit
menacé d'une très - grande disette.
Les avis reçus depuis peu de la côte d'Afrique
portent que le nouveau Dey de Tunis ayant apris
que l'ancien Dey s'étoit retiré dans les environs
d'Ausolette avec le petit nombre de Troupes qui
demeurent attachées à son Parti , il étoit allé
Pattaquer dans ses retranchemens , qu'il l'avoit
obligé de s'enfuir à Souza , Ville bâtie sur le bord
de la Mer , er que depuis peu le nouveau . Dey
s'est rendu devant cette Place dans le dessein
d'en entreprendre le Siége par Terre et par Mer.
Selon les dernieres Lettres écrites du Port de
Sainte Croix en Barbarie , il n'y a point d'apa-
rence qu'on puisse voir si tôt la fin des troubles
II. Vol
qui
JUIN.
1737
1429
qui agitent depuis long-temps le Royaume de
Maroc. La plus grande partie des Habitans du
plat Pays , est attachée aux interêts de Muley-
Lariba, que l'Armée des Noirs a élú à la place de
Muley Abdhalla ; mais les Habitans des Mon-
tagnes suivent le parti de ce dernier ; et il est
d'autant plus difficile de les en detacher , qu'ac-
coutumés au brigandage , ils ont le specieux
pretexte des droits de leur Chef pour commet
tre impunément toutes sortes d'excès. Muley-
Abdhalla a fait raser tous les Châteaux et dé-
ruire tous les Ouvrages exterieurs qui défen-
doient les aproches de la Ville de Fez , esperant
que les Habitans se trouvant par là plus exposés
aux insultes de ses Troupes , ils se determine-
roient plus facilement à abandonner le parti de
son Concurrent. Cependant il n'a point encore
tiré de cet acte d'hostilité l'avantage qu'il en
attendoit, et les Habitans , tout depourvûs qu'ils
sont de défenses , n'en sont pas moins fidéles à
Muley-Lariba. Ceux de Ste Croix et de Sophie
se sont déterminés à garder une exacte Neutra-
lité entre les deux prétendans au Trône ; et ayant
refusé de recevoir les Troupes de l'un et l'autre
de ces Princes , ils entretiennent des Garnisons à
leurs dépens , pour empêcher que l'un des deux
ne leur donne la Loy.
Il continue d'aborder à Ste Croix un nom-
bre extraordinaire de Vaisseaux qui vont y char-
ger des Grains , et le Bled y est toujours à un
prix modique , quoique les Saurerelles ayent
causé cette année que que dommage dans les
Campagnes voisines . On écrit de plusieurs au-
tres endroits de l'Afrique , que ces insectes y
ont fait beaucoup de ravage , et qu'on y étoit
menacé d'une très - grande disette.
Fermer
7428
p. 1430
POLOGNE.
Début :
On écrit de Curlande que les Etats du Duché de ce nom, devoient proceder le 11. de ce mois [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
On écrit de Curlande que les Etats du Duché
de ce nom, devoient proceder le 11. de ce mois
à l'Election d'un nouveau Duc , et que quel
ques Troupes de la Czarine sont entrées dans le
Pays , et ont été distribuées par leur Comman
dant dans les Bailliages sur lesquels le Douaire
de la Czarine a été assigné , lorsqu'elle épousa
le Duc Frederic Guillaume, Predecesseur du Duc
Ferdinand.
On a apris de Lithuanie , qu'il y avoit eu de-
puis peu un grand Incendie à Wilna , Capita-
le de ce grand Duché , et que cinq Convents
et plusieurs Palais avoient été reduits en cendres
avec la moitié des Maisons de la Ville.
Le Roy Auguste et la Republique de Polo
gne ayant consenti que le Congrès dans lequel
on doit regler les conditions de l'accommode-
ment proposé entre le Grand Seigneur et la
Czarine , se tint dans une Ville de ce Royaume ,
et Sa Hautesse étant convenue avec S. M. Cz.
que les Ministres Plenipotentiaires s'assemble-
roient à Niemirow , petite Ville située dans la
Podolie , et qui apartient au grand Général de
la Couronne , ce Seigneur a envoyé un Officier
au Grand Visir pour sçavoir de lui quand les
Ministres Plenipotentiaires du Grand Seigneur
partiroient de Kudack pour le lieu destiné aux
Conférences.
On écrit de Curlande que les Etats du Duché
de ce nom, devoient proceder le 11. de ce mois
à l'Election d'un nouveau Duc , et que quel
ques Troupes de la Czarine sont entrées dans le
Pays , et ont été distribuées par leur Comman
dant dans les Bailliages sur lesquels le Douaire
de la Czarine a été assigné , lorsqu'elle épousa
le Duc Frederic Guillaume, Predecesseur du Duc
Ferdinand.
On a apris de Lithuanie , qu'il y avoit eu de-
puis peu un grand Incendie à Wilna , Capita-
le de ce grand Duché , et que cinq Convents
et plusieurs Palais avoient été reduits en cendres
avec la moitié des Maisons de la Ville.
Le Roy Auguste et la Republique de Polo
gne ayant consenti que le Congrès dans lequel
on doit regler les conditions de l'accommode-
ment proposé entre le Grand Seigneur et la
Czarine , se tint dans une Ville de ce Royaume ,
et Sa Hautesse étant convenue avec S. M. Cz.
que les Ministres Plenipotentiaires s'assemble-
roient à Niemirow , petite Ville située dans la
Podolie , et qui apartient au grand Général de
la Couronne , ce Seigneur a envoyé un Officier
au Grand Visir pour sçavoir de lui quand les
Ministres Plenipotentiaires du Grand Seigneur
partiroient de Kudack pour le lieu destiné aux
Conférences.
Fermer
7429
p. 1430-1432
ALLEMAGNE.
Début :
On a apris de Vienne que le depart du Duc de Loraine pour l'Armée, étoit fixé au 12. de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
On a apris de Vienne que le depart du Duc
de Loraine pour l'Armée, étoit fixé au 12. de
ec mois , et que l'Empereur lui a assigné 500000.
II. Vol
Florins
1
JUIN.
1737.
1431
Florins pour les dépenses qu'il sera obligé de
faire pendant la Campagne.
1
L'Empereur a établi a Inspruck une Tonti-
ne , dont le Capital montera à deux millions de
Florins , et dont la Chambre du Commerce dur
Tirol aura la direction . Cette Tontine sera dis-
tribuée en quatre Classes, dans chacune desquel-
les il y aura mille actions , et chaque action sera
de foo. Florins. La premiere Classe doit être
composée d'Actionnaires au dessous de vingt-
cinq ans , qui retireront sept pour cent d'inte
rê ; la seconde de personnes depuis vingt- cinq
ans jusqu'à quarante , auxquelles ont donnera
un pour cent d'interêr ; de plus
la troisiéme
de personnes depuis quarante ans jusqu'à cin-
quante-einq, qui auront neuf pour cent ; et la
quatrième , d'interessés au dessus de cinquante-
cinq ans , qui jouiront du denier dix.
A mesure qu'il mourra des Actionnaires , la
moitié des revenus de leurs actions sera repartie
entre les survivans. Les Etrangers pouront s'in-
teresser dans cette Tontine , et S. M. I. leur
promet que leurs Dividens
seront exempts
dé toute diminution ou imposition , et qu'ils ne
seront saisis sous aucun pretexte , pas même en
cas de Guerre avec les Nations dont seront les
Actionnaires.
Le 18. de ce mois , il arriva à Dresde de Mit-
tau , un Seigneur Curlandois que les Etats du
Duché de Curlande , ont depêché au Roy Au-
guste de Pologne , pour lui donner avis que s'é-
tant assemblés le
2. afin de proceder à l'Elec-
tion d'un nouveau Duc , ils avoient élû pour
Souverain le Comte de Biron , grand Chain-
bellan de la Czarine.
On aprend de Toplitz que le Roy Auguste et
la Reine son Epouse y étoient arrivés au com-
11 Vol.
H v
mencement
1432 MERCURE DE FRANCE
mencement de ce mois , pour y prendre les Eaux
Minerales d'Eger ; que le ro. la Bourgeoisie tira
à l'Oiseau en presence de S. M. qui fit l'honneur
aux Habitans de tirer avec eux , et qui remporta
le prix.
On écrit de Berlin que le 3. de ce mois ,
le
Roy de Prusse , dont la santé est entierement
retablie , fit la revûë generale des Troupes qu'il
avoit fait venir dans les environs de cette Ville.
Ces Troupes qui consistoient en quatorze Ba-
taillons , demeurerent sous les Armes pendant
quatorze heures. Quoique le Prince Royal eût
eu la veille un accès de Fiévre , il ne laissa pas
d'assister à cette revûë , et malgré la chaleur ex-
cessive il fut toujours à la tête de son Regiment,
mais aussitôt après la revûë il fut obligé de se
mettre au lit.
On a apris de Vienne que le depart du Duc
de Loraine pour l'Armée, étoit fixé au 12. de
ec mois , et que l'Empereur lui a assigné 500000.
II. Vol
Florins
1
JUIN.
1737.
1431
Florins pour les dépenses qu'il sera obligé de
faire pendant la Campagne.
1
L'Empereur a établi a Inspruck une Tonti-
ne , dont le Capital montera à deux millions de
Florins , et dont la Chambre du Commerce dur
Tirol aura la direction . Cette Tontine sera dis-
tribuée en quatre Classes, dans chacune desquel-
les il y aura mille actions , et chaque action sera
de foo. Florins. La premiere Classe doit être
composée d'Actionnaires au dessous de vingt-
cinq ans , qui retireront sept pour cent d'inte
rê ; la seconde de personnes depuis vingt- cinq
ans jusqu'à quarante , auxquelles ont donnera
un pour cent d'interêr ; de plus
la troisiéme
de personnes depuis quarante ans jusqu'à cin-
quante-einq, qui auront neuf pour cent ; et la
quatrième , d'interessés au dessus de cinquante-
cinq ans , qui jouiront du denier dix.
A mesure qu'il mourra des Actionnaires , la
moitié des revenus de leurs actions sera repartie
entre les survivans. Les Etrangers pouront s'in-
teresser dans cette Tontine , et S. M. I. leur
promet que leurs Dividens
seront exempts
dé toute diminution ou imposition , et qu'ils ne
seront saisis sous aucun pretexte , pas même en
cas de Guerre avec les Nations dont seront les
Actionnaires.
Le 18. de ce mois , il arriva à Dresde de Mit-
tau , un Seigneur Curlandois que les Etats du
Duché de Curlande , ont depêché au Roy Au-
guste de Pologne , pour lui donner avis que s'é-
tant assemblés le
2. afin de proceder à l'Elec-
tion d'un nouveau Duc , ils avoient élû pour
Souverain le Comte de Biron , grand Chain-
bellan de la Czarine.
On aprend de Toplitz que le Roy Auguste et
la Reine son Epouse y étoient arrivés au com-
11 Vol.
H v
mencement
1432 MERCURE DE FRANCE
mencement de ce mois , pour y prendre les Eaux
Minerales d'Eger ; que le ro. la Bourgeoisie tira
à l'Oiseau en presence de S. M. qui fit l'honneur
aux Habitans de tirer avec eux , et qui remporta
le prix.
On écrit de Berlin que le 3. de ce mois ,
le
Roy de Prusse , dont la santé est entierement
retablie , fit la revûë generale des Troupes qu'il
avoit fait venir dans les environs de cette Ville.
Ces Troupes qui consistoient en quatorze Ba-
taillons , demeurerent sous les Armes pendant
quatorze heures. Quoique le Prince Royal eût
eu la veille un accès de Fiévre , il ne laissa pas
d'assister à cette revûë , et malgré la chaleur ex-
cessive il fut toujours à la tête de son Regiment,
mais aussitôt après la revûë il fut obligé de se
mettre au lit.
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7430
p. 1432-1434
ITALIE.
Début :
Par les Lettres de Rome, on aprend que le 11. de ce mois, les Armes de Stanislas premier, [...]
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
Par les Lettres de Rome, on aprend que le
11. de ce mois, les Armes de Stanislas premier,
Roy de Pologne , Duc de Loraine et de
Bar , furent placées sur la porte de l'Eglise de
S. Nicolas des Lorains , où l'on chanta à cette
occasion une Messe solemnelle , et le Te Deum
?
auquel le Duc de Saint Aignan , Ambassadeur
du Roy de France , assista avec un grand nom
bre de Personnes de distinction.
Le Roy Stanislas a nommé le Chevalier Col-
trolini son Agent en cette Cour.
Il s'est commis à Rome depuis peu plusieurs
meurtres , entr'autres celui du Supérieur du
College des Ecossois , lequel a été assassiné par
un jeune Protestant , qui feignoit de vouloir fai-
ze abjuration entre ses mains ; et celui d'une
II. Vol
Tourie re
L
JUIN.
1727.
1433
Touriere des Religieuses Ursulines , qui a été
tuée à coups de coûteau par un Prêtre du Pays
de Liége. L'un et l'autre de ces assassins ont pris
la fuite , mais la diligence avec laquelle on les
a suivis , fait esperer qu'ils seront arrêtés.
On aprend de Naples que depuis le 22. du
mois de May , le Mont Vesuve a cessé de jetter
des flammes et des matieres bitumineuses . Peu
s'en est fallu que le principal des Torrens en-
flammés qui en sortoient , et dont la violence
étoit telle qu'ils parcouroient en une minute l'es-
pace de deux pas Géométriques , n'ait entiere-
ment enseveli le Bourg de la Torre del Greco.
Après avoir rempli une ravine très -profonde ,
il avoit déja gagné le grand chemin et renversé
l'Eglise du Purgatoire , ainsi qu'une partie de
celle des Religieux Carmes , et il eut causé de
plus grands ravages , si l'on n'eût pris le parti
de couper un Pont qui étoit sur la même ravi-
ne. Par ce moyen le Torent prit son cours vers
la Mer , et il ne s'arrêta qu'à une portée de fu-
sil du rivage , de sorte qu'apresent les Voya-
geur sont obligés de marcher tout proche de la
Côte pour aller du côté de Salerne. Ce Torrent
qui étoit large de plus de cinquante pieds , avoit
cinq toises de profondeur , et dans quelques en-
droits creux , cette profondeur étoit de plus de
vingt toises. La matiere dont il étoit composé
ressembloit à de l'écume de Fer , tant pour la
couleur que pour la dureté , et c'est un mélan-
ge de fer , de souffre , de sel commun , de sal-
pêtre et de pierres calcinées.
Pendant que les flammes étoient à leur plus
haut dégré de violence , les Provinces de la Ca
pitanate et de Monte- Fuscoli ont été envelopée
dans d'épaisses tenebres ; on y a senti plusieur
II. Val
H vj
secousse
1434 MERCURE DE FRANCE
secousses de tremblement de Terre assés fortes
et l'on entendoit de toutes parts des bruits sou-
terrains effrayans.
La Bourgade d'Ottaïano sur le penchant de
la Montagne a été fort endommagée par une
pluye continuelle de cendres et de pierres d'une
grosseur énorme ; presque toutes les Maisons y
sont devenues inhabitables , et dans un Convent
de Filles , il y a eu trois Religieuses de tuées et
deux de blessées dangereusement.
Toutes les Fermes des environs de Somma
qui produisent d'excellents Fruits et des Vins re
nominés , ont été ruinées , et on ne compte pas
d'y faire de Recolte cette année.
On attend des nouvelles plus détaillées de ce
qui est arrivé en plusieurs endroits du Royau-
ine de Naples. Cette Ville n'a souffert aucuu
dommage. Le Roy a envoyé un Corps d'infan-
terie pour garder les Maisons qui ont été aban➡
données par les Habitans de la Torre del Greco.
Par les Lettres de Rome, on aprend que le
11. de ce mois, les Armes de Stanislas premier,
Roy de Pologne , Duc de Loraine et de
Bar , furent placées sur la porte de l'Eglise de
S. Nicolas des Lorains , où l'on chanta à cette
occasion une Messe solemnelle , et le Te Deum
?
auquel le Duc de Saint Aignan , Ambassadeur
du Roy de France , assista avec un grand nom
bre de Personnes de distinction.
Le Roy Stanislas a nommé le Chevalier Col-
trolini son Agent en cette Cour.
Il s'est commis à Rome depuis peu plusieurs
meurtres , entr'autres celui du Supérieur du
College des Ecossois , lequel a été assassiné par
un jeune Protestant , qui feignoit de vouloir fai-
ze abjuration entre ses mains ; et celui d'une
II. Vol
Tourie re
L
JUIN.
1727.
1433
Touriere des Religieuses Ursulines , qui a été
tuée à coups de coûteau par un Prêtre du Pays
de Liége. L'un et l'autre de ces assassins ont pris
la fuite , mais la diligence avec laquelle on les
a suivis , fait esperer qu'ils seront arrêtés.
On aprend de Naples que depuis le 22. du
mois de May , le Mont Vesuve a cessé de jetter
des flammes et des matieres bitumineuses . Peu
s'en est fallu que le principal des Torrens en-
flammés qui en sortoient , et dont la violence
étoit telle qu'ils parcouroient en une minute l'es-
pace de deux pas Géométriques , n'ait entiere-
ment enseveli le Bourg de la Torre del Greco.
Après avoir rempli une ravine très -profonde ,
il avoit déja gagné le grand chemin et renversé
l'Eglise du Purgatoire , ainsi qu'une partie de
celle des Religieux Carmes , et il eut causé de
plus grands ravages , si l'on n'eût pris le parti
de couper un Pont qui étoit sur la même ravi-
ne. Par ce moyen le Torent prit son cours vers
la Mer , et il ne s'arrêta qu'à une portée de fu-
sil du rivage , de sorte qu'apresent les Voya-
geur sont obligés de marcher tout proche de la
Côte pour aller du côté de Salerne. Ce Torrent
qui étoit large de plus de cinquante pieds , avoit
cinq toises de profondeur , et dans quelques en-
droits creux , cette profondeur étoit de plus de
vingt toises. La matiere dont il étoit composé
ressembloit à de l'écume de Fer , tant pour la
couleur que pour la dureté , et c'est un mélan-
ge de fer , de souffre , de sel commun , de sal-
pêtre et de pierres calcinées.
Pendant que les flammes étoient à leur plus
haut dégré de violence , les Provinces de la Ca
pitanate et de Monte- Fuscoli ont été envelopée
dans d'épaisses tenebres ; on y a senti plusieur
II. Val
H vj
secousse
1434 MERCURE DE FRANCE
secousses de tremblement de Terre assés fortes
et l'on entendoit de toutes parts des bruits sou-
terrains effrayans.
La Bourgade d'Ottaïano sur le penchant de
la Montagne a été fort endommagée par une
pluye continuelle de cendres et de pierres d'une
grosseur énorme ; presque toutes les Maisons y
sont devenues inhabitables , et dans un Convent
de Filles , il y a eu trois Religieuses de tuées et
deux de blessées dangereusement.
Toutes les Fermes des environs de Somma
qui produisent d'excellents Fruits et des Vins re
nominés , ont été ruinées , et on ne compte pas
d'y faire de Recolte cette année.
On attend des nouvelles plus détaillées de ce
qui est arrivé en plusieurs endroits du Royau-
ine de Naples. Cette Ville n'a souffert aucuu
dommage. Le Roy a envoyé un Corps d'infan-
terie pour garder les Maisons qui ont été aban➡
données par les Habitans de la Torre del Greco.
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7431
p. 1434-1438
de l'[Is]le de Corse, &c. [titre d'après la table]
Début :
On écrit de la Bastie, Capitale de l'Ile de Corse, que la nouvelle qu'on y avoit reçuë au [...]
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texteReconnaissance textuelle : de l'[Is]le de Corse, &c. [titre d'après la table]
On écrit de la Bastie, Capitale de l'Ile de
Corse, que la nouvelle qu'on y avoit reçuë au
commencement de ce mois , de la détention du
principal Chef des Rebelles en Hollande , don-
noit lieu d'esperer qu'ils ne tarderoient pas à
rentrer dans leur devoir , et que M. Rivarola ,
dès qu'il eut été instruit de la consternation re-
pandue à cette occasion dans leur Camp, leur
fit sçavoir que la Republique leur offroit une
Amnistie generale , et les mêmes conditions qui
leur avoient été accordées ci-devant par la mé-
diation de l'Empereur. Ils auroient peut- être ac-
cepté les propositions de M. Rivarola , si pen
dant qu'ils étoient occupés à déliberer sur le
parti qu'ils prendroient , il n'étoit arrivé à la
Plage d'Aleria deux Officiers , par lesquels leur
II. Vol.
principal
JUIN.
1737.
1435
principal Chef leur donnoit avis qu'à la verité
il étoit arrêté pour dettes à Amsterdam ,
mais
qu'il seroit bientôt mis en liberté , et qu'il ne
tarderoit pas à revenir dans cette Isle. Les assu-
rances données par ces deux Officiers ayant
changé absolument la disposition des Esprits ,
les Rebelles se sont avancés en grand nombre
jusqu'au pied du Glacis de la Bascie malgré le
feu du Canon et de la Mousqueterie , et ils ont
crié aux Sentinelles , qu'ils étoient déterminés à
souffrir plûtôt les dernieres extremités que de
rentrer sous la Domination de la Republique
et que s'ils perdoient leur Chef ,
à recouvrer leur liberté.
•
ils lui trou-
veroient bientôt un Successeur qui les aideroit
Leur aproche a causé une grande allarme
dans cette Ville , mais le grand feu qu'on a fair
sur eux les a obligés de retourner à leur Camp ,
où ils ont emmené sept ou huit Prisonniers qu'ils
ont fait dans un Poste avancé. Quoiqu'ils soient
demeurés dans l'inaction depuis qu'ils se sont
retirés , M. Rivarola a redoublé les Gardes de
tous les principaux Postes , et on travaille avec
d'autant plus de diligence à prendre des mesures
pour s'oposer à leurs entreprises , qu'on a été
informé que leur Chef étoit en chemin pour
revenir les joindre , et que le bruit vient même
de se repandre qu'il est déja arrivé dans cette
Isle.
Les Rebelles ont fait publier par son ordre
un Manifeste , dans lequel il entreprend de ré-
pondre au Decret qui le
II. Vol.
eclare Seducteur des
Peuples , Fauteur des troubles , ennemi de la
Republique , et coupable de haute trahison . Il
dit dans ce Manifeste , qu'il ne merite pas les
diverses denominations qui lui sont données
dans
1436 MERCURE DE FRANCE
dans le Decret de la Republique , puisque ce
n'est pas lui qui a suscité les troubles dont la
Corse est agitée , et qu'ils n'ont d'autre source
que les divers mécontentemens que des Habitans
de l'Isle pretendent avoir reçûs des Genois ; que
si ceux-ci avoient eu veritablement à cœur la
tranquillité de cette Isle , ils auroient fait éprou-
ver d'autres traitemens à un Peuple qui ne s'é-
toit soumis qu'à condition que la Republique
seroit fidelle à des Conventions stipulées sous la
garentie de l'Empereur , que pour lui il n'est
venu en Corse qu'après y avoir été apellé par
les Habitans , et que quand il seroit tel que les
Genois pretendent l'insinuer, la Providence ne
feroit en cette occasion à l'égard d'une Na-
tion oprimée que ce qu'elle a fait ci-devant en
faveur de plusieurs autres Peuples , lorsqu'elle
leur a envoyé des Liberateurs , dont on n'avoit
pas lieu d'attendre , d'abord les grands succès
qu'on a vus dans la suite.
Il ajoûte en finissant , qu'en vertu du pouvoir
que la Nation lui a donné , il défend aux Ge-
nois de demeurer en Corse sous peine de la vie ,
et il declare que les Corses ne conclûront point
La Paix avec la Republique , à moins qu'el
le ne renonce à la Possession de leur Isle , et
qu'elle ne leur restitue tout l'argent qu'elle en a
tiré par les impositions.
Les Lettres de Genes du 11. de ce mois, por
tent qu'on n'y a point encore reçu d'avis cer-
tain du retour du principal Chef des Rebelles
dans l'Isle de Corse , mais la plupart des lettres
de la Bastie marquent qu'on croit qu'il y est arri-
vé , parce que le Chanoine Orticone , et quel-
ques autres de ses Adherans se sont rendus pré-
cipitamment à Aleria
IL. Val
ONE
où l'on dit qu'il a de-
barqué,
JUIN.
1737.
1437
barqué. On a apris , par ces Lettres, qu'un déta-
chement d'environ trente hommes de la Garni-
son de la Place avoit tué quelques uns des Ou-
vriers qui travailloient aux Salines retablies par
les Rebeles , et que ces derniers avoient fait di
re à M. Rivarola qu'ils traiteroient les Sujets de
la Képublique avec la même rigueur qu'on trai-
tait les personnes attachées à leur parti. Les mê
mes avis portent que le bruit couroit que le fa-
meux Louis Ciaferri , un des anciens Chefs des
Rebelles étoit mort dans leur camp.
T
Les Lettres du 18. portent que l'inaction dans
laquelle se tiennent les Rebelles de Corse , don-
ne lieu de conjecturer que leur principal Chef
n'y est pas encore revenu , comme on l'avoit
publié. On a apris en dernier lieu qu'il regne
beaucoup de division parmi eux , que leurs dif-
ferends sont souvent suivis de voyes de fait ,
quelquefois de meurtres, mais que remplis d'ani-
mosité dans leurs querelles particulieres, ils sem
blent être toujouts prêts à les oublier et à se réu-
nir , dès qu'il s'agit de leur interêt commun.
Leur obstination à persister dans leur revolte a
déterminé le Senat à attendre des occasions plus
favorables pour les soumettre , et à se contenter
de songer à la conservation des Places qui sont
demeurées sous la Domination de la Republique..
Les Salines d'Aleria , que les Rebelles ont ré-
tablies , sont si abondantes qu'ils comptent d'en
tirer assés de sel , non seulement pour leur con-
sommation , mais encore pour en fournir aux
Etrangers. Ils ont découvert dans une Mine de
Fer , située aux environs d'Alizani , une Mine
qui leur produit beaucoup de ce Metal . Leurs
Chefs ont établi à Orena une Manufacture de
Cuir, par le moyen de laquelle ils seront en étag
II. Vol.
et
de
T438 MERCURE DE FRANCE
de se procurer plusieurs commodités que les
Etrangers leur faisoient acheter fort cher.
Corse, que la nouvelle qu'on y avoit reçuë au
commencement de ce mois , de la détention du
principal Chef des Rebelles en Hollande , don-
noit lieu d'esperer qu'ils ne tarderoient pas à
rentrer dans leur devoir , et que M. Rivarola ,
dès qu'il eut été instruit de la consternation re-
pandue à cette occasion dans leur Camp, leur
fit sçavoir que la Republique leur offroit une
Amnistie generale , et les mêmes conditions qui
leur avoient été accordées ci-devant par la mé-
diation de l'Empereur. Ils auroient peut- être ac-
cepté les propositions de M. Rivarola , si pen
dant qu'ils étoient occupés à déliberer sur le
parti qu'ils prendroient , il n'étoit arrivé à la
Plage d'Aleria deux Officiers , par lesquels leur
II. Vol.
principal
JUIN.
1737.
1435
principal Chef leur donnoit avis qu'à la verité
il étoit arrêté pour dettes à Amsterdam ,
mais
qu'il seroit bientôt mis en liberté , et qu'il ne
tarderoit pas à revenir dans cette Isle. Les assu-
rances données par ces deux Officiers ayant
changé absolument la disposition des Esprits ,
les Rebelles se sont avancés en grand nombre
jusqu'au pied du Glacis de la Bascie malgré le
feu du Canon et de la Mousqueterie , et ils ont
crié aux Sentinelles , qu'ils étoient déterminés à
souffrir plûtôt les dernieres extremités que de
rentrer sous la Domination de la Republique
et que s'ils perdoient leur Chef ,
à recouvrer leur liberté.
•
ils lui trou-
veroient bientôt un Successeur qui les aideroit
Leur aproche a causé une grande allarme
dans cette Ville , mais le grand feu qu'on a fair
sur eux les a obligés de retourner à leur Camp ,
où ils ont emmené sept ou huit Prisonniers qu'ils
ont fait dans un Poste avancé. Quoiqu'ils soient
demeurés dans l'inaction depuis qu'ils se sont
retirés , M. Rivarola a redoublé les Gardes de
tous les principaux Postes , et on travaille avec
d'autant plus de diligence à prendre des mesures
pour s'oposer à leurs entreprises , qu'on a été
informé que leur Chef étoit en chemin pour
revenir les joindre , et que le bruit vient même
de se repandre qu'il est déja arrivé dans cette
Isle.
Les Rebelles ont fait publier par son ordre
un Manifeste , dans lequel il entreprend de ré-
pondre au Decret qui le
II. Vol.
eclare Seducteur des
Peuples , Fauteur des troubles , ennemi de la
Republique , et coupable de haute trahison . Il
dit dans ce Manifeste , qu'il ne merite pas les
diverses denominations qui lui sont données
dans
1436 MERCURE DE FRANCE
dans le Decret de la Republique , puisque ce
n'est pas lui qui a suscité les troubles dont la
Corse est agitée , et qu'ils n'ont d'autre source
que les divers mécontentemens que des Habitans
de l'Isle pretendent avoir reçûs des Genois ; que
si ceux-ci avoient eu veritablement à cœur la
tranquillité de cette Isle , ils auroient fait éprou-
ver d'autres traitemens à un Peuple qui ne s'é-
toit soumis qu'à condition que la Republique
seroit fidelle à des Conventions stipulées sous la
garentie de l'Empereur , que pour lui il n'est
venu en Corse qu'après y avoir été apellé par
les Habitans , et que quand il seroit tel que les
Genois pretendent l'insinuer, la Providence ne
feroit en cette occasion à l'égard d'une Na-
tion oprimée que ce qu'elle a fait ci-devant en
faveur de plusieurs autres Peuples , lorsqu'elle
leur a envoyé des Liberateurs , dont on n'avoit
pas lieu d'attendre , d'abord les grands succès
qu'on a vus dans la suite.
Il ajoûte en finissant , qu'en vertu du pouvoir
que la Nation lui a donné , il défend aux Ge-
nois de demeurer en Corse sous peine de la vie ,
et il declare que les Corses ne conclûront point
La Paix avec la Republique , à moins qu'el
le ne renonce à la Possession de leur Isle , et
qu'elle ne leur restitue tout l'argent qu'elle en a
tiré par les impositions.
Les Lettres de Genes du 11. de ce mois, por
tent qu'on n'y a point encore reçu d'avis cer-
tain du retour du principal Chef des Rebelles
dans l'Isle de Corse , mais la plupart des lettres
de la Bastie marquent qu'on croit qu'il y est arri-
vé , parce que le Chanoine Orticone , et quel-
ques autres de ses Adherans se sont rendus pré-
cipitamment à Aleria
IL. Val
ONE
où l'on dit qu'il a de-
barqué,
JUIN.
1737.
1437
barqué. On a apris , par ces Lettres, qu'un déta-
chement d'environ trente hommes de la Garni-
son de la Place avoit tué quelques uns des Ou-
vriers qui travailloient aux Salines retablies par
les Rebeles , et que ces derniers avoient fait di
re à M. Rivarola qu'ils traiteroient les Sujets de
la Képublique avec la même rigueur qu'on trai-
tait les personnes attachées à leur parti. Les mê
mes avis portent que le bruit couroit que le fa-
meux Louis Ciaferri , un des anciens Chefs des
Rebelles étoit mort dans leur camp.
T
Les Lettres du 18. portent que l'inaction dans
laquelle se tiennent les Rebelles de Corse , don-
ne lieu de conjecturer que leur principal Chef
n'y est pas encore revenu , comme on l'avoit
publié. On a apris en dernier lieu qu'il regne
beaucoup de division parmi eux , que leurs dif-
ferends sont souvent suivis de voyes de fait ,
quelquefois de meurtres, mais que remplis d'ani-
mosité dans leurs querelles particulieres, ils sem
blent être toujouts prêts à les oublier et à se réu-
nir , dès qu'il s'agit de leur interêt commun.
Leur obstination à persister dans leur revolte a
déterminé le Senat à attendre des occasions plus
favorables pour les soumettre , et à se contenter
de songer à la conservation des Places qui sont
demeurées sous la Domination de la Republique..
Les Salines d'Aleria , que les Rebelles ont ré-
tablies , sont si abondantes qu'ils comptent d'en
tirer assés de sel , non seulement pour leur con-
sommation , mais encore pour en fournir aux
Etrangers. Ils ont découvert dans une Mine de
Fer , située aux environs d'Alizani , une Mine
qui leur produit beaucoup de ce Metal . Leurs
Chefs ont établi à Orena une Manufacture de
Cuir, par le moyen de laquelle ils seront en étag
II. Vol.
et
de
T438 MERCURE DE FRANCE
de se procurer plusieurs commodités que les
Etrangers leur faisoient acheter fort cher.
Fermer
7432
p. 1438-1439
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
Le 2. de ce mois le Roy se rendit à la Chambre des Pairs, avec les cérémonies accoûtumées, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE-BRETAGNE.
Le 2. de ce mois le Roy se rendit à la Chambre
des Pairs, avec les cérémonies accoûtumées,
et S. M. ayant mandé la Chambre des
Communes , fit aux deux Chambres le discours
suivant.
MY LORDS , ET MESSIEURS ,
Je suis venu ici pour mettrefin à cette Séance
du Parlement , afin que vous ayez la liberté de
vous retirer dans vos Provinces, et de contribuer,
selon vos divers Emplois au maintien de la Paix
et du bien du Royaume. Je vous remercie des mar-
ques particulieres que vous m'avez données de
votre affection et de votre zele pour ma Person-
ne et pour mon honneur , etj'espere que la sagesse et
la justice que vous avez fait paroître à l'occasion
de quelques incidens
extraordinaires , prévien-
dront à l'avenir de pareils ar´entats. La conduite
de ce Parlement a été si égale dans toutes ses dé-
liberations sur les Affaires publiques , qu'il seroit
aussi injuste de n'en point avoir de reconnoissan-
ce, qu'il est inutile d'enraporter toutes lesparticu-
larités..
MESSIEURS DE LA CHAMBRE DES COMMUNES ,
Le soin que vous avez pris de lever les Subsides
nécessaires pour le Service de l'année courante ,
la maniere la moins onereuse à mon Peuple , est
une nouvelle preuve de votre attention toujours
égale à soutenir mon Gouvernement & les interêts
de votre Patrie.
1 MY LORDS ET MESSIEURS ,
Vous ne pouvez ignorer combien les honnêtes
II. Vol.
de
Gens
JUIN.
II. Vol.
1737.
1439
Genset les Personnes de bonnes mœurs se trouvent
justement scandalisés et offensés de la licence qui
regne dans le temps present , sous l'ombre et le pré-
texte de la liberté , et combien il est absolument
nécessaire de reprimer cet abus excessifpar unejus-
te et vigoureuse execution des Loix. C'est un usage
qui n'est devenu que trop général , que de braver
toute autorité , de mépriser la Magistrature, et mê
me de s'oposer à l'execution des Loix, quoi que celar
soit aussipréjudiciable aux libertés du Peuplequ'aux
Prérogatives de la Couronne , le soutien de l'une
étant inséparable de la Protection de l'autre. J'ai
pris les Loix du Pays pour regle constante de mes
actions , etje m'attends aussi que mes Sujets feront
leurprincipal devoir de la soumission que ces me-
mes Loix leur imposent , et qu'il est de leur interêt
d'avoir toujours pour mon Autorité et pour mon
Gouvernement.
Le Lord Chancelier prorogea ensuite le Par-
lement par ordre de S. M. jusqu'au 15.du mois
d'Août,
Le 2. de ce mois le Roy se rendit à la Chambre
des Pairs, avec les cérémonies accoûtumées,
et S. M. ayant mandé la Chambre des
Communes , fit aux deux Chambres le discours
suivant.
MY LORDS , ET MESSIEURS ,
Je suis venu ici pour mettrefin à cette Séance
du Parlement , afin que vous ayez la liberté de
vous retirer dans vos Provinces, et de contribuer,
selon vos divers Emplois au maintien de la Paix
et du bien du Royaume. Je vous remercie des mar-
ques particulieres que vous m'avez données de
votre affection et de votre zele pour ma Person-
ne et pour mon honneur , etj'espere que la sagesse et
la justice que vous avez fait paroître à l'occasion
de quelques incidens
extraordinaires , prévien-
dront à l'avenir de pareils ar´entats. La conduite
de ce Parlement a été si égale dans toutes ses dé-
liberations sur les Affaires publiques , qu'il seroit
aussi injuste de n'en point avoir de reconnoissan-
ce, qu'il est inutile d'enraporter toutes lesparticu-
larités..
MESSIEURS DE LA CHAMBRE DES COMMUNES ,
Le soin que vous avez pris de lever les Subsides
nécessaires pour le Service de l'année courante ,
la maniere la moins onereuse à mon Peuple , est
une nouvelle preuve de votre attention toujours
égale à soutenir mon Gouvernement & les interêts
de votre Patrie.
1 MY LORDS ET MESSIEURS ,
Vous ne pouvez ignorer combien les honnêtes
II. Vol.
de
Gens
JUIN.
II. Vol.
1737.
1439
Genset les Personnes de bonnes mœurs se trouvent
justement scandalisés et offensés de la licence qui
regne dans le temps present , sous l'ombre et le pré-
texte de la liberté , et combien il est absolument
nécessaire de reprimer cet abus excessifpar unejus-
te et vigoureuse execution des Loix. C'est un usage
qui n'est devenu que trop général , que de braver
toute autorité , de mépriser la Magistrature, et mê
me de s'oposer à l'execution des Loix, quoi que celar
soit aussipréjudiciable aux libertés du Peuplequ'aux
Prérogatives de la Couronne , le soutien de l'une
étant inséparable de la Protection de l'autre. J'ai
pris les Loix du Pays pour regle constante de mes
actions , etje m'attends aussi que mes Sujets feront
leurprincipal devoir de la soumission que ces me-
mes Loix leur imposent , et qu'il est de leur interêt
d'avoir toujours pour mon Autorité et pour mon
Gouvernement.
Le Lord Chancelier prorogea ensuite le Par-
lement par ordre de S. M. jusqu'au 15.du mois
d'Août,
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7433
p. 1439-1440
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Début :
Le 30. May, Anne-Joseph Comte de Tornielle et de Brionne, Marquis de Gerbeviller, [...]
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texteReconnaissance textuelle : MORTS DES PAYS ETRANGERS.
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Le 30. May, Anne-Joseph Comte de Tornielle
et de Brionne, Marquis de Gerbeviller,
Conseiller, Chevalier d'honneur en la Cour Sou-
veraine de Loraine et Barois , Grand - Bailly de
Nancy , Conseiller d'Etat , et Grand- Chambel-
lan du Duc de Loraine , mourut à Nancy , ou
il s'étoit rendu de Vienne depuis quelque temps
à l'occasion du Reglement de la cession du Du-
ché de Loraine. Il étoit âgé de 73. ans ; son
corps fut transporté le premier Juin à Gerbevil-
Jeri
1440 MERCURE DE FRANCE
ler , où il fut inhumé le lendemain dans l'Eglist
des Carmes , lieu de la sépulture de ses Ancêtres.
Il avoit épousé en 1700. Antoinette- Louise de
Lambertye, fille de Georgs , Marquis de Lim-
bertye, Baron de Cons, Conseiller d'Etat, Bailly
de Nancy , et Ma échal de Loraine , et de Chris-
tine de Lenoncourt de Blainville , sa premiere
femme. I. la laisse veuve sans enfans, n'en ayant
jamais cù d'elle. Henri- Hiacinthe , Comte de
Tornicile, Grand- Aumônier de Loraine , Grand
Doyen de l'Eglise Primatiale de Nancy, &c son
frere puîné , et le seul qu'il eut , mourut à Nan-
cy le 2 Avril de l'année derniere 1736. ainsi
ĉette Familie , originaire de Novare en Lombar-
die , et qui s'étoit etablie en Loraine sur la fin
du 16 siecle , se trouve éteinte. On en trouve la
Gé éalogie dans le Dictionaire de Morery de
1725. et dans le Suplément de 1735.. On månde
de Nancy que les grands biens du Marquis
de Gerbeviller passent au neveu de la Da-
me sa veuve , qui est fils du Marquis de Lam-
bertye , et qui prend à présent le titre de Comte
de Tornielle.
Le 16. Juin , la Duchesse Doüairiere de Nor-
thumberland , mourut à sa Terre de Trogmore,
près de Windsor , dans la 106° année de son âge,
Le 30. May, Anne-Joseph Comte de Tornielle
et de Brionne, Marquis de Gerbeviller,
Conseiller, Chevalier d'honneur en la Cour Sou-
veraine de Loraine et Barois , Grand - Bailly de
Nancy , Conseiller d'Etat , et Grand- Chambel-
lan du Duc de Loraine , mourut à Nancy , ou
il s'étoit rendu de Vienne depuis quelque temps
à l'occasion du Reglement de la cession du Du-
ché de Loraine. Il étoit âgé de 73. ans ; son
corps fut transporté le premier Juin à Gerbevil-
Jeri
1440 MERCURE DE FRANCE
ler , où il fut inhumé le lendemain dans l'Eglist
des Carmes , lieu de la sépulture de ses Ancêtres.
Il avoit épousé en 1700. Antoinette- Louise de
Lambertye, fille de Georgs , Marquis de Lim-
bertye, Baron de Cons, Conseiller d'Etat, Bailly
de Nancy , et Ma échal de Loraine , et de Chris-
tine de Lenoncourt de Blainville , sa premiere
femme. I. la laisse veuve sans enfans, n'en ayant
jamais cù d'elle. Henri- Hiacinthe , Comte de
Tornicile, Grand- Aumônier de Loraine , Grand
Doyen de l'Eglise Primatiale de Nancy, &c son
frere puîné , et le seul qu'il eut , mourut à Nan-
cy le 2 Avril de l'année derniere 1736. ainsi
ĉette Familie , originaire de Novare en Lombar-
die , et qui s'étoit etablie en Loraine sur la fin
du 16 siecle , se trouve éteinte. On en trouve la
Gé éalogie dans le Dictionaire de Morery de
1725. et dans le Suplément de 1735.. On månde
de Nancy que les grands biens du Marquis
de Gerbeviller passent au neveu de la Da-
me sa veuve , qui est fils du Marquis de Lam-
bertye , et qui prend à présent le titre de Comte
de Tornielle.
Le 16. Juin , la Duchesse Doüairiere de Nor-
thumberland , mourut à sa Terre de Trogmore,
près de Windsor , dans la 106° année de son âge,
Fermer
7434
p. 1440-1444
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le Roy a donné au Prince de Nassau, l'agrément du Régiment de la [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le Roy a donné au Prince de Nassau, l'agrément du Régiment de la
Marine , dont le Marquis de Mirepoix
étoit Colonel.
Le
1
t
JUIN.
1737.
1441
Le 4 de ce mois Madame la jeune Du-
chesse de Bourbon ,dont la santé se retablit
tous les jours , et qui aime beaucoup les
belles Fleurs , alla se promener dans le
Jardin du sieur le Fevre , qu'elle trouva
encore plus fleuri , qu'elle ne l'avoit es-
peré , la Saison étant déja bien avancée
pour les Fleurs du Printemps , dont l'ar-
deur du Soleil avoit précipité la durée
dans presque tous les Jardins feuristes
de Paris. S. A. S. s'y promena agréable
ment , s'y reposa et en sortit satisfaite
d'un Bouquet des plus belles Fleurs que
le sieur le Fevre eut l'honneur de lui
présenter.
On trouve chés ledit sieur le Fevre
toutes sortes de Graines Médicinales
D
Potageres et de Fleurs ; des Oignons ,
des Plantes et des Semences de toutes les
especes , pour l'ornement des Jardins.
Son Jardin est Ruë de Vaugirard at-
tenant le mur du Luxembourget le Cer
ceau d'or , Fauxbourg S. Germain ; mais
sa demeure principale , et plus conmo-
de pour le Public , est au milieu du Quay
de la Mégisserie , à l'Enseigne du Coq
de la bonne Foy. On lit sur son Plafond
cette dévise. Sanat , nutrit, et ornat.
Le 16. les Députés des Etats d'Artois.
curent audience du Roy : ils y furent
11. Vol.
presentés
7442 MERCURE DE FRANCE
présentés par le Duc d'Elbeuf, Gouver-
neur de la Province , et par M. d'Anger
villiers , Ministre et Secretaire d'Etat,
et conduits en la maniere accoûtumée
par le Grand Maître et par le Maître des
Ceremonies. La députation étoit com-
posée de l'Abbé de la Grange , Grand-
Vicaire du Diocèse d'Arras pour le Cler-
gé , qui porta la parole ; du Comte de
la Bussiere pour la Noblesse , et de M.
Ansar , Conseiller et Pensionnaire de la
Ville d'Arras , Deputé du Tiers- Etat.
Le 18. Juin , les Maîtres de Musique
et Musiciens de Paris , firent celebrer
dans l'Eglise des grands Augustins une
Messe solemnelle à plusieurs Choeurs da
Musique ,, pour le repos des Ames da
leurs défunts Confreres.
Le 26. de ce mois , le Roy accompa-
gné de Monseigneur le Dauphin , fit
dans la cour du Château de Versailles la
revûë des deux Compagnies des Mous-
quetaires de la Garde de S. M. Le Roy
passa dans les rangs , et après qu'ils eu-
rent fait l'exercice , S. M. les vit défiler.
La Reine et Mesdames de France virens
cette revûë du Balcon de l'Apartement
du Comte de Clermont.
II. Vol.
Le
JUIN.
1737-
1443
Le 20. Juin, Fête du Saint Sacrement
le Roy et la Reine entendirent les Vê-
pres dans la Chapelle du Château de Ver
sailles , et Leurs Majestés assisterent au
Salut qui fut chanté par la Musique.
Le 27. jour de l'Octave , le Roy ac .
co mpagné du Duc d'Orleans , du Comte
de Clermont , du Prince de Dombes et
du Comte d'Eu , se rendit à l'Eglise de
la Paroisse du Château , et S. M. y en-
tendit la Grand'Messe , après avoir assis
té à la Procession .
Pendant l'Octave , le Roy a assisté
tous les jours au Salut, Le 25. et le 26. la
Reine l'a entendu dans la Chapelle, Le
22. Monseigneur le Dauphin assista aų
Salut dans l'Eglise de la Paroisse du Châ-
teau , et Mesdames de France y assiste-
rent dans l'Eglise de la Paroisse de Saint
Louis.
Le 30. de ce mois , Monseigneur le
Dauphin vint de Versailles à Paris se
promener au Cours et dans dans le Jar
din des Thuilleries.
Le Duc d'Ancenis , Capitaine des
Gardes du Corps en survivance du Duc
de Bethune son Pere , a été nommé par
le Roy , Mestre de Camp du Regiment
II. Vol.
de
#444 MERCURE DE FRANCE
de Cavalerie, dont le Duc de Chevreuse,
Mestre de Camp général de Dragons , a
été Mestre de Camp.
Le Roy a donné au Prince de Nassau, l'agrément du Régiment de la
Marine , dont le Marquis de Mirepoix
étoit Colonel.
Le
1
t
JUIN.
1737.
1441
Le 4 de ce mois Madame la jeune Du-
chesse de Bourbon ,dont la santé se retablit
tous les jours , et qui aime beaucoup les
belles Fleurs , alla se promener dans le
Jardin du sieur le Fevre , qu'elle trouva
encore plus fleuri , qu'elle ne l'avoit es-
peré , la Saison étant déja bien avancée
pour les Fleurs du Printemps , dont l'ar-
deur du Soleil avoit précipité la durée
dans presque tous les Jardins feuristes
de Paris. S. A. S. s'y promena agréable
ment , s'y reposa et en sortit satisfaite
d'un Bouquet des plus belles Fleurs que
le sieur le Fevre eut l'honneur de lui
présenter.
On trouve chés ledit sieur le Fevre
toutes sortes de Graines Médicinales
D
Potageres et de Fleurs ; des Oignons ,
des Plantes et des Semences de toutes les
especes , pour l'ornement des Jardins.
Son Jardin est Ruë de Vaugirard at-
tenant le mur du Luxembourget le Cer
ceau d'or , Fauxbourg S. Germain ; mais
sa demeure principale , et plus conmo-
de pour le Public , est au milieu du Quay
de la Mégisserie , à l'Enseigne du Coq
de la bonne Foy. On lit sur son Plafond
cette dévise. Sanat , nutrit, et ornat.
Le 16. les Députés des Etats d'Artois.
curent audience du Roy : ils y furent
11. Vol.
presentés
7442 MERCURE DE FRANCE
présentés par le Duc d'Elbeuf, Gouver-
neur de la Province , et par M. d'Anger
villiers , Ministre et Secretaire d'Etat,
et conduits en la maniere accoûtumée
par le Grand Maître et par le Maître des
Ceremonies. La députation étoit com-
posée de l'Abbé de la Grange , Grand-
Vicaire du Diocèse d'Arras pour le Cler-
gé , qui porta la parole ; du Comte de
la Bussiere pour la Noblesse , et de M.
Ansar , Conseiller et Pensionnaire de la
Ville d'Arras , Deputé du Tiers- Etat.
Le 18. Juin , les Maîtres de Musique
et Musiciens de Paris , firent celebrer
dans l'Eglise des grands Augustins une
Messe solemnelle à plusieurs Choeurs da
Musique ,, pour le repos des Ames da
leurs défunts Confreres.
Le 26. de ce mois , le Roy accompa-
gné de Monseigneur le Dauphin , fit
dans la cour du Château de Versailles la
revûë des deux Compagnies des Mous-
quetaires de la Garde de S. M. Le Roy
passa dans les rangs , et après qu'ils eu-
rent fait l'exercice , S. M. les vit défiler.
La Reine et Mesdames de France virens
cette revûë du Balcon de l'Apartement
du Comte de Clermont.
II. Vol.
Le
JUIN.
1737-
1443
Le 20. Juin, Fête du Saint Sacrement
le Roy et la Reine entendirent les Vê-
pres dans la Chapelle du Château de Ver
sailles , et Leurs Majestés assisterent au
Salut qui fut chanté par la Musique.
Le 27. jour de l'Octave , le Roy ac .
co mpagné du Duc d'Orleans , du Comte
de Clermont , du Prince de Dombes et
du Comte d'Eu , se rendit à l'Eglise de
la Paroisse du Château , et S. M. y en-
tendit la Grand'Messe , après avoir assis
té à la Procession .
Pendant l'Octave , le Roy a assisté
tous les jours au Salut, Le 25. et le 26. la
Reine l'a entendu dans la Chapelle, Le
22. Monseigneur le Dauphin assista aų
Salut dans l'Eglise de la Paroisse du Châ-
teau , et Mesdames de France y assiste-
rent dans l'Eglise de la Paroisse de Saint
Louis.
Le 30. de ce mois , Monseigneur le
Dauphin vint de Versailles à Paris se
promener au Cours et dans dans le Jar
din des Thuilleries.
Le Duc d'Ancenis , Capitaine des
Gardes du Corps en survivance du Duc
de Bethune son Pere , a été nommé par
le Roy , Mestre de Camp du Regiment
II. Vol.
de
#444 MERCURE DE FRANCE
de Cavalerie, dont le Duc de Chevreuse,
Mestre de Camp général de Dragons , a
été Mestre de Camp.
Fermer
7435
p. 1444-1448
FESTE donnée à Bayonne.
Début :
Le 11. jour du mois de Juin, troisiéme Fête de la Pentecôte, les deux [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : FESTE donnée à Bayonne.
FESTE donnée à Bayonne.
Le 11. jour du mois de Juin, troisiéme
Fête de la Pentecôte, les deux
Compagnies de Grenadiers du Regiment
de Chartres , en garnison à Bayonne ,
furent commandées avec un détachement
de 300. Hommes pour la Bénédiction des
Drapeaux ; la Troupe en bataille dans
l'Eglise et formant la Haye dans la Nef,
l'Evêque de Bayonne à la tête de tout
son Chapitre et du Clergé , suivi de M.
d'Adoncourt , Brigadier des Armées du
Roy , et Commandant à Bayonne , de
tout l'Etat Major de la Place , de M. le
Comte d'Estampes , Colonel- Lieutenant
du Regiment de Chartres , et tous les
Officiers du Regiment, arriva dans l'Egli-
se ; il prononça un très-beau et très élo-
quent Discours dans lequel il eut l'art de
persuader toutes les vertus de l'Hérois-
me par celles même de la Religion la
plus Chrétienne , il y fit entrer l'éloge
du feu Duc d'Orleans , Regent , du
Duc d'Orleans d'aujourd'hui , et de ces
deux exemples , joints aux dispositions
favorables et prématurées qu'on décou-
II. Vol.
vre
JUIN.
1737.
vre dans le Duc de Chartres ,
1445
il tira les
moyens pour montrer les hautes espe-
rances qu'on devoit concevoir de ce jeu
ne Prince ; après la Bénédiction des Dra-
peaux , on chanta un Te Deum au bruit
d'une nombreuse Artillerie , placée de-
vant la Cathédrale. Tous les Vaisseaux
qui étoient sur la Riviere répondirent
par plusieurs décharges de Canon.
Les Officiers du Régiment de Char-
tres étant bien
·
aises de donner au
Public des marques autentiques de la
joye qu'ils ont d'avoir le Duc de Char-
tres pour leur nouveau Colonel , et de
la grace que S. M. leur a faite de leur
rendre un nom qu'ils ont eu l'honneur
de porter depuis leur création, du vivant
du Duc d'Orleans Regent , et successi-
vement du Duc d'Orleans d'aujourd'hui,
donnerent , à cette occasion , une Fête
magnifique et parfaitement bien enten-
due , et ne crurent pouvoir choisir une
plus favorable, ni une plus auguste jour-
née pour la célébrer , persuadés que si
S. A. R. le Prince Emmanuel de Portu-
gal, qui étoit à Bayonne, vouloit l'hono-
rer de sa presence , rien ne manqueroit
à cette brillante Cérémonie. Ils prirent
la liberté d'aller l'en prier à son Palais en
corps ; le Prince , avec sa bonté ordinai
11. Vol.
1440 MERCURE DE FRANC
te , leur promit d'y venir. Toutes les
Dames de la Ville et les Messieurs y fu-
rent invités , ettous les differens Corps
Militaires.
Le même jour à cinq heures du soir
en representa une Comédie; ce Specta-
ele fut des plus brillants , et avec un
grand concours. Après la Comédie on
se rendit à l'Hôtel de Ville ; en passant
+
sur la Place de Grammont , on y cut
l'agréable surprise d'un Spectacle nou-
veau. La Bourse étoit le Lieu que les
Lieutenans du Régiment de Chartres
avoient choisi pour donner leur Fêre , à
l'exemple des Capitaines ; cette Place se
trouva toute illuminée et décorée de la
façon la plus galante. La Reine d'Espa
gne , informée du succès decette Déco-
ration
passa exprès sur le Pont Mayo
pour jouir du coup d'œil ; les Officiers ,
sensibles à cet honneur , n'oublierent
rien pour rendre à Sa Majesté tous ceux
qu'une conjoncture si fateuse , mais
si peu attenduë , pût leur permettre , on
la salua par un grand bruit de Boëtes et
de Canon , et la Reine remplie de bon-
té , leur députa aussi tôt un de ses Gen-
tilshommes pour les remercier de leurs
/ attentions.
Toute la Façade de l'Hôtel de Ville
11.Vol.
étoit
JUIN 1737
3447
étoit décorée et illuminée dans un autre
goût qui n'étoit pas moins galant , et de
plus, embellie d'un nombre de Trophées
très-convenables au sujet. Le Prince de
Portugal y arriva sur les neuf heures du
soir, et il fut reçû avec tout l'éclat dû à sa
Dignité , par une Garde composée d'un
Capitaine, d'un Lieutenant et d'un Ensei-
gne. Il fit l'honneur aux Officiers du Ré-
giment de Chartres de souper à une Table
de 150. Couverts , dressée en Fer-à-che-
val dans une des Salles de l'Hôtel de Vil
le , et à laquelle étoient invitées toutes
les Dames de distinction de la Ville ; il y
fut servi , pendant tout le repas , par M.
le Comte d'Etampes , de concert avec M.
le Marquis de Pinafuentes , Majordôme
de la Reine d'Espagne , que S. M. avoit
envoyé à cet effet. On cut attention de
laisser un intervalle entre le Prince et
ceux qui étoient à sa droite et à sa gau-
che ; la Santé du Roy et de la Reine , de
la Reine d'Espagne , celle du Prince de
Portugal et du Duc de Chartres y fu-
rent portées et bûës avec le respect et la
décence convenables, et annoncées au Pu-
blic par des décharges néirerées tant sur
Terre que sur Mer ; il y eut plusieurs au-
tres Tables servies avec abondance et dé-
licatesse.
11, Vol
Le
1
1448 MERCURE DE FRANCE
Le repas fini , le Prince se rendit dans
une Salle magnifique où S. A. R. voulut
bien ouvrir le Bal et en faire les hon-
neurs , et Elle dansa pendant une partic
de la nuit ; on n'oublia rien de toutes les
attentions et de toutes les recherches qui
peuvent rendre une Fête éclatante et
agréable : S. A. R. en se retirant donna
aux Officiers du Régiment de Chartres
des témoignages particuliers de tout l'a
grément qu'Elle y avoit eu.
L'intention des Officiers étant que
tout le Monde prît part à cette ré-
jouissance , on fit donner du vin à tous
les Soldats du Régiment ; cette distri
bution fut faite avec tant de regle , et
le Soldat usa de cette liberalité avec tant
de sagesse , qu'à travers la joye il fut aisé
de reconnoître la bonne discipline à la
quelle il est accoûtumé.
Le 11. jour du mois de Juin, troisiéme
Fête de la Pentecôte, les deux
Compagnies de Grenadiers du Regiment
de Chartres , en garnison à Bayonne ,
furent commandées avec un détachement
de 300. Hommes pour la Bénédiction des
Drapeaux ; la Troupe en bataille dans
l'Eglise et formant la Haye dans la Nef,
l'Evêque de Bayonne à la tête de tout
son Chapitre et du Clergé , suivi de M.
d'Adoncourt , Brigadier des Armées du
Roy , et Commandant à Bayonne , de
tout l'Etat Major de la Place , de M. le
Comte d'Estampes , Colonel- Lieutenant
du Regiment de Chartres , et tous les
Officiers du Regiment, arriva dans l'Egli-
se ; il prononça un très-beau et très élo-
quent Discours dans lequel il eut l'art de
persuader toutes les vertus de l'Hérois-
me par celles même de la Religion la
plus Chrétienne , il y fit entrer l'éloge
du feu Duc d'Orleans , Regent , du
Duc d'Orleans d'aujourd'hui , et de ces
deux exemples , joints aux dispositions
favorables et prématurées qu'on décou-
II. Vol.
vre
JUIN.
1737.
vre dans le Duc de Chartres ,
1445
il tira les
moyens pour montrer les hautes espe-
rances qu'on devoit concevoir de ce jeu
ne Prince ; après la Bénédiction des Dra-
peaux , on chanta un Te Deum au bruit
d'une nombreuse Artillerie , placée de-
vant la Cathédrale. Tous les Vaisseaux
qui étoient sur la Riviere répondirent
par plusieurs décharges de Canon.
Les Officiers du Régiment de Char-
tres étant bien
·
aises de donner au
Public des marques autentiques de la
joye qu'ils ont d'avoir le Duc de Char-
tres pour leur nouveau Colonel , et de
la grace que S. M. leur a faite de leur
rendre un nom qu'ils ont eu l'honneur
de porter depuis leur création, du vivant
du Duc d'Orleans Regent , et successi-
vement du Duc d'Orleans d'aujourd'hui,
donnerent , à cette occasion , une Fête
magnifique et parfaitement bien enten-
due , et ne crurent pouvoir choisir une
plus favorable, ni une plus auguste jour-
née pour la célébrer , persuadés que si
S. A. R. le Prince Emmanuel de Portu-
gal, qui étoit à Bayonne, vouloit l'hono-
rer de sa presence , rien ne manqueroit
à cette brillante Cérémonie. Ils prirent
la liberté d'aller l'en prier à son Palais en
corps ; le Prince , avec sa bonté ordinai
11. Vol.
1440 MERCURE DE FRANC
te , leur promit d'y venir. Toutes les
Dames de la Ville et les Messieurs y fu-
rent invités , ettous les differens Corps
Militaires.
Le même jour à cinq heures du soir
en representa une Comédie; ce Specta-
ele fut des plus brillants , et avec un
grand concours. Après la Comédie on
se rendit à l'Hôtel de Ville ; en passant
+
sur la Place de Grammont , on y cut
l'agréable surprise d'un Spectacle nou-
veau. La Bourse étoit le Lieu que les
Lieutenans du Régiment de Chartres
avoient choisi pour donner leur Fêre , à
l'exemple des Capitaines ; cette Place se
trouva toute illuminée et décorée de la
façon la plus galante. La Reine d'Espa
gne , informée du succès decette Déco-
ration
passa exprès sur le Pont Mayo
pour jouir du coup d'œil ; les Officiers ,
sensibles à cet honneur , n'oublierent
rien pour rendre à Sa Majesté tous ceux
qu'une conjoncture si fateuse , mais
si peu attenduë , pût leur permettre , on
la salua par un grand bruit de Boëtes et
de Canon , et la Reine remplie de bon-
té , leur députa aussi tôt un de ses Gen-
tilshommes pour les remercier de leurs
/ attentions.
Toute la Façade de l'Hôtel de Ville
11.Vol.
étoit
JUIN 1737
3447
étoit décorée et illuminée dans un autre
goût qui n'étoit pas moins galant , et de
plus, embellie d'un nombre de Trophées
très-convenables au sujet. Le Prince de
Portugal y arriva sur les neuf heures du
soir, et il fut reçû avec tout l'éclat dû à sa
Dignité , par une Garde composée d'un
Capitaine, d'un Lieutenant et d'un Ensei-
gne. Il fit l'honneur aux Officiers du Ré-
giment de Chartres de souper à une Table
de 150. Couverts , dressée en Fer-à-che-
val dans une des Salles de l'Hôtel de Vil
le , et à laquelle étoient invitées toutes
les Dames de distinction de la Ville ; il y
fut servi , pendant tout le repas , par M.
le Comte d'Etampes , de concert avec M.
le Marquis de Pinafuentes , Majordôme
de la Reine d'Espagne , que S. M. avoit
envoyé à cet effet. On cut attention de
laisser un intervalle entre le Prince et
ceux qui étoient à sa droite et à sa gau-
che ; la Santé du Roy et de la Reine , de
la Reine d'Espagne , celle du Prince de
Portugal et du Duc de Chartres y fu-
rent portées et bûës avec le respect et la
décence convenables, et annoncées au Pu-
blic par des décharges néirerées tant sur
Terre que sur Mer ; il y eut plusieurs au-
tres Tables servies avec abondance et dé-
licatesse.
11, Vol
Le
1
1448 MERCURE DE FRANCE
Le repas fini , le Prince se rendit dans
une Salle magnifique où S. A. R. voulut
bien ouvrir le Bal et en faire les hon-
neurs , et Elle dansa pendant une partic
de la nuit ; on n'oublia rien de toutes les
attentions et de toutes les recherches qui
peuvent rendre une Fête éclatante et
agréable : S. A. R. en se retirant donna
aux Officiers du Régiment de Chartres
des témoignages particuliers de tout l'a
grément qu'Elle y avoit eu.
L'intention des Officiers étant que
tout le Monde prît part à cette ré-
jouissance , on fit donner du vin à tous
les Soldats du Régiment ; cette distri
bution fut faite avec tant de regle , et
le Soldat usa de cette liberalité avec tant
de sagesse , qu'à travers la joye il fut aisé
de reconnoître la bonne discipline à la
quelle il est accoûtumé.
Fermer
7436
p. 1451-1454
BENEFICES DONNÉS, Feüille du 3. Juillet 1737.
Début :
L'Evêché de Nîmes, vacant par le décès de M de la Parisiere, à M. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNÉS, Feüille du 3. Juillet 1737.
BENEFICES DONNÉS,
Feüille du 3. Juillet 1737.
L'Evêché de Nîmes, vacant par le
décès de M de la Parisiere, à M.
de Becdelievre , Prêtre , Vicaire General
de Perigueux.
L'Evêché de Luçon , vacant par le dé-
cès de M. de Bussy Rabutin , à M. de
Verthamon de Chavagnac , Prêtre , Vi-
caire General de Limoges.
L'Evêché d'Angoulême , vacant par le
décès de M. de Bernard de Rezay , à
M. du Verdier, Prêtre, Doyen et Vicaire
General d'Angoulême.
L'Abbaye Commandataire de Buzaj j
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Nantes
vacante par le décès de M. de Caumartin ,
Evêque de Blois , à M. de Rosser de Ro-
cozel de Fleury , Clerc tonsuré du Dio
cèse de Narbonne.
L'Abbaye Commandataire de Simorre'}
Ordre de S. Benoît , Diocèse d'Auch ,
vacante par le décès de M. de Puget , à
M. de Grossoles de Flamarens , Prêtre ,
Vicaire General de Narbonne.
L'Abbaye Commandataire de la Fre
nade, Ordre de Cîteaux, Diocèse de Saint
IL. Vol.
Iiij
tes,
1452 MERCURE DE FRANCE
tes , vacante par la démission pure et
simple du dernier Titulaire Commanda-
taire , à M. de Montesquiou- Poylebon ,
Prêtre du Diocèse d'Auch .
L'Abbaye Commandataire de Flavigny ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse d'Autun , va-
cante par le décès de M.de Bussy Rabutin
Evêque de Luçon , à M. de Piolenc ,
Clerc tonsuré du Diocèse d'Aix.
L'Abbaye Commandataire de Tous-
saints d'Angers , Ordre de S. Augustin ,
vacante par le décès de M. de Brussy , à
M. de Grandhomme de Giseux , Prêtre
du Diocèse d'Angers.
L'Abbaye Commandataire de Bellefon
taine , Ordre de S. Benoît , Diocèse de la
Rochelle , vacante par le décès de M:
Maréchal , à M. de Blanes ...
du Diocèse de ....
L'Abbaye Commandataire de Bonne-
fontaine , Ordre de Cîtcaux , Diocèse de
Rheims , vacante par le décès de M. Ma-
réchal , à M. de Vienne ..... du Dio-
cèse de .... et Conseiller au Parlement
de Paris .
L'Abbaye Commandataire de Valsecret,
Ordre de Prémontré , Diocèse de Sois-
sons , vacante par le décès de M. de
Charmont , à M. le Clerc ...... du
Diocèse de .....
II. Vol.
• du
L'Abbaye
JU. IN.
II. Vol.
1737.
1453
L'Abbaye Commandataire de Valchré-
tien , Ordre de Prémontré , Diocèse de
Soissons , vacante par le décès de M. le
Begue de Majenville , à M. Richard ,
Prêtre , Chapelain du Roy.
L'Abbaye Commandataire de Cercan .
ceaux , Ordre de Citeaux , Diocèse de
Sens , vacante par le décès de M. Coëffy,
à M. de la Chabrerie , Prêtre du Diocèse
de ....
L'Abbaye Commandataire de S. Pierre
d'Auxerre , Ordre de S. Augustin , va-
cante par la démission pure et simple de
M. de la Chabrerie , à M. Hardoin, Prê-
tre , Chanoine de Sens.
L'Abbaye Commandataire de Belle-
vaux , Ordre de Prémontré , Diocèse de
Nevers , vacante par le décès de M. de
Bussy Rabutin , Evêque de Luçon , à
M. de Sollieres , Prêtre , Doyen de la
Cathédrale de Nevers.
L'Abbaye Commandataire de Juncels ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Beziers ,
›
vacante par le décès de M. de Massillan ,
à M. de Villevert , Clerc tonsuré du
Diocèse de Montpellier.
L'Abbaye Commandataire du Palais ,
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Limoges,
vacante par le décès de M. de la Deveze ,
à M. de Thouron ... du Diocèse de ...
I jiij
L'Ab.
1454 MERCURE DE FRANCE
L'Abbaye Commandataire de Tenail-
les
Ordre de Prémontré , Diocèse de
Laon , vacante par le décès de M. Tes-
sier des Farges , à M. Dandelau , Au-
mônier du Roy.
L'Abbaye Commandataire de S. Re-
main de Blaye , Ordre de S. Augustin
Diocése de Bourdeaux , vacante par la
démission de M. le Blond , à M. dư
Lau , Prêtre , Vicaire General de Noyon.
Le Prieuré Commandataire , Conven-
tuel et électif de Lespan , Ordre du Val-
des-Choux , Diocèse d'Auxerre , vacanť
par le décès de M. de Bussy Rabutin
Evêque de Luçon , à M. Des Guilles
d'Argence.
L'Abbaye de N. D. de Vignogore ,
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Mon-
tpelier
vacante par la démission de
La Dame de Bernis , à la Dame de Ves-
trie de Montales
Abbaye,
Feüille du 3. Juillet 1737.
L'Evêché de Nîmes, vacant par le
décès de M de la Parisiere, à M.
de Becdelievre , Prêtre , Vicaire General
de Perigueux.
L'Evêché de Luçon , vacant par le dé-
cès de M. de Bussy Rabutin , à M. de
Verthamon de Chavagnac , Prêtre , Vi-
caire General de Limoges.
L'Evêché d'Angoulême , vacant par le
décès de M. de Bernard de Rezay , à
M. du Verdier, Prêtre, Doyen et Vicaire
General d'Angoulême.
L'Abbaye Commandataire de Buzaj j
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Nantes
vacante par le décès de M. de Caumartin ,
Evêque de Blois , à M. de Rosser de Ro-
cozel de Fleury , Clerc tonsuré du Dio
cèse de Narbonne.
L'Abbaye Commandataire de Simorre'}
Ordre de S. Benoît , Diocèse d'Auch ,
vacante par le décès de M. de Puget , à
M. de Grossoles de Flamarens , Prêtre ,
Vicaire General de Narbonne.
L'Abbaye Commandataire de la Fre
nade, Ordre de Cîteaux, Diocèse de Saint
IL. Vol.
Iiij
tes,
1452 MERCURE DE FRANCE
tes , vacante par la démission pure et
simple du dernier Titulaire Commanda-
taire , à M. de Montesquiou- Poylebon ,
Prêtre du Diocèse d'Auch .
L'Abbaye Commandataire de Flavigny ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse d'Autun , va-
cante par le décès de M.de Bussy Rabutin
Evêque de Luçon , à M. de Piolenc ,
Clerc tonsuré du Diocèse d'Aix.
L'Abbaye Commandataire de Tous-
saints d'Angers , Ordre de S. Augustin ,
vacante par le décès de M. de Brussy , à
M. de Grandhomme de Giseux , Prêtre
du Diocèse d'Angers.
L'Abbaye Commandataire de Bellefon
taine , Ordre de S. Benoît , Diocèse de la
Rochelle , vacante par le décès de M:
Maréchal , à M. de Blanes ...
du Diocèse de ....
L'Abbaye Commandataire de Bonne-
fontaine , Ordre de Cîtcaux , Diocèse de
Rheims , vacante par le décès de M. Ma-
réchal , à M. de Vienne ..... du Dio-
cèse de .... et Conseiller au Parlement
de Paris .
L'Abbaye Commandataire de Valsecret,
Ordre de Prémontré , Diocèse de Sois-
sons , vacante par le décès de M. de
Charmont , à M. le Clerc ...... du
Diocèse de .....
II. Vol.
• du
L'Abbaye
JU. IN.
II. Vol.
1737.
1453
L'Abbaye Commandataire de Valchré-
tien , Ordre de Prémontré , Diocèse de
Soissons , vacante par le décès de M. le
Begue de Majenville , à M. Richard ,
Prêtre , Chapelain du Roy.
L'Abbaye Commandataire de Cercan .
ceaux , Ordre de Citeaux , Diocèse de
Sens , vacante par le décès de M. Coëffy,
à M. de la Chabrerie , Prêtre du Diocèse
de ....
L'Abbaye Commandataire de S. Pierre
d'Auxerre , Ordre de S. Augustin , va-
cante par la démission pure et simple de
M. de la Chabrerie , à M. Hardoin, Prê-
tre , Chanoine de Sens.
L'Abbaye Commandataire de Belle-
vaux , Ordre de Prémontré , Diocèse de
Nevers , vacante par le décès de M. de
Bussy Rabutin , Evêque de Luçon , à
M. de Sollieres , Prêtre , Doyen de la
Cathédrale de Nevers.
L'Abbaye Commandataire de Juncels ,
Ordre de S. Benoît , Diocèse de Beziers ,
›
vacante par le décès de M. de Massillan ,
à M. de Villevert , Clerc tonsuré du
Diocèse de Montpellier.
L'Abbaye Commandataire du Palais ,
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Limoges,
vacante par le décès de M. de la Deveze ,
à M. de Thouron ... du Diocèse de ...
I jiij
L'Ab.
1454 MERCURE DE FRANCE
L'Abbaye Commandataire de Tenail-
les
Ordre de Prémontré , Diocèse de
Laon , vacante par le décès de M. Tes-
sier des Farges , à M. Dandelau , Au-
mônier du Roy.
L'Abbaye Commandataire de S. Re-
main de Blaye , Ordre de S. Augustin
Diocése de Bourdeaux , vacante par la
démission de M. le Blond , à M. dư
Lau , Prêtre , Vicaire General de Noyon.
Le Prieuré Commandataire , Conven-
tuel et électif de Lespan , Ordre du Val-
des-Choux , Diocèse d'Auxerre , vacanť
par le décès de M. de Bussy Rabutin
Evêque de Luçon , à M. Des Guilles
d'Argence.
L'Abbaye de N. D. de Vignogore ,
Ordre de Cîteaux , Diocèse de Mon-
tpelier
vacante par la démission de
La Dame de Bernis , à la Dame de Ves-
trie de Montales
Abbaye,
Fermer
7437
p. 1456-1466
MORTS ET NAISSANCES.
Début :
Dame N. de Saint Simon, Veuve de N..... Marquis de Courcy, &c. [...]
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texteReconnaissance textuelle : MORTS ET NAISSANCES.
MORTS ET NAISSANCES.
Dame N. de Saint Simon, Veuve de
N..... Marquis de Courcy, &c.
mourut le 3. May dans son Château de
Plain - Marais , près Carentan en Basse
Normandie , dans un âge avancé , ne
laissant de son mariage avec le Marquis
de Courcy que deux Filles , dont l'Aînée
a épousé le Marquis de Thieuville , des
meilleures Maisons de Normandie ; et la
seconde est mariée au Marquis de Mon-
taigu , aussi d'une Naissance distinguée ,
Commandant pour le Roy à la Hogue,
M. la Marquise de Courcy a été fort re
IL. Vol.
gretée
JUIN.
1737.
1457
gretée à cause de ses grandes et belles
qualités,dont la principale étoit un grand
fonds de Religion ,accompagné d'un goût
naturel pour la vertu et pour les Gens
vertueux , aimant les Lettres et les cul-
tivant , ce qui rendoit son commerce
également utile et agréable.
Le 28. D. Loüise- Magdelaine du Poi-
rier Cottereau , Veuve depuis le 27. Mars
dernier de Loüis de Vivet de Montclus ,
Seigneur de Servesan , mourut à Bagnols
en Languedoc , âgée de 69. ans. Ön a
marqué de qui elle étoit fille en annon-
çant la mort de feu son Mari dans le
Mercure de May dernier p. 1040.
Le 10. Juin , Joseph- Henri , Marquis
de Segur , Sénéchal , Gouverneur et Lieu-
tenant Général pour le Roy des Pays et
Comté de Foix, Capitaine et Gouverneur
des Ville et Château de Foix , Lieutenant
Général au Gouvernement de Champa-
gne et Brie , et Grand- Croix de l'Ordre
Militaire de S. Louis , mourut à Paris ,
âgé de 76. ans. Il avoit commencé à ser-
vir en qualité de Mousquetaire du Roy ;
ensuite il fut Capitaine de Cavalerie et
successivement Sous- Lieutenanten 1690,
et Capitaine-Lieutenant de la Compagnie
des Chevau- Légers d'Anjou en 1693 .
Il eut le 4. Octobre de la même année
II. Vol
1 vj.
UnG
1453 MERCURE DE FRANCE
une jambe emportée d'un boulet de Ca-
non à la Bataille de la Marsaille en Pié
mont. La Croix de S. Louis lui fut ace
cordée le 6. Février 1694, et le feu Roy
le gratifia au mois d'Avril 1699. de la
Lieutenance Générale de Champagne et
Brie , vacante par la mort du Marquis
d'Escots. Il obtint au mois de Décembre
1701. un Brevet de retenuë de 20000.
livres sur cette Charge ; et il avoit eu au
mois de Juin précédent l'agrément de
S. M. pour traiter avec le Comte de Tal-
lard , depuis Maréchal de France
"
du
Gouvernement Général du Pays de Foix..
Il prêta serment pour cette Charge en-
tre les mains du Roy le 29. May 1703 .
Il fut fait Grand- Croix de l'Ordre de S..
Louis le 1. Janvier 1720. Il étoit Fils de
Jean Isaac de Segur , Seigneur de Pon-
chat et de Fouquerolles en Guyenne ,
dont la mort est raportée dans le Mer-
cure Gilant pour les mois de Novembre:
et Décembre 1707. et d'Anne- Marie de
Taillefer de Roussille et il avoit épousé
Claude Elizabeth Binet, restée Fille uni-
que et seule Héritiore de Henri Binet »
Seigneur de. S. Martin de la Garenne, des
Boullais
>
et de Châtres en Brie , Maître.
Ordinaire en la Chambre des Compres
de Paris, et Procureur Général de la Rei
II.Vol.
ne
JUIN.
1737.
1459
ne Marie-Therese d'Autriche, et de Clau-
de Jolly , sa Femme . Il en laisse Henri..
François , Comte de Segur , Maréchal de
Gamp des Armées du Roy du 20. Fé-
vrier 174. qui lui succede dans ses Gou-
vernemens, et qui a été marié le 12. Sep
tembre 1718. avec D. Philipe Angelique
de Froissy ; Jean Charles de Segur , an-
cien Evêque de Saint Papoul , et Abbé
de N.D. de Vermand ,Diocèse de Noyon;
et D. Marie Anne-Françoise de Segur ,
Abbesse de l'Abbaye de Gif , O. S. B.,
Diocèse de Paris
Le 11. D. Louise- Antonine de Gon-
taut de Biron , Epouse de François Michel-
César le Tellier , Marquis de Montmi
rel , Comte de Tonnerre et de la Ferté-
Gaucher , &c. Capitaine Colonel de la
Compagnie des 100. Suisses de la Garde
Ordinaire du Corps du Roy , avec le
quel elle avoit éré mariée le 25 Février
1732, mourut à Paris au Palais du Lu-
xembourg , âgée de
blo Vol
19. ans , laissant
deux Enfans. Elle étoit Fille de François
Armand de Gontaut, Duc de Biron , Pair
de France, Brigadier des Armées du Roy,
et de D. Mirje Adelaide de Grammont,
Dame du Palais de la Reine,
Le 14. Silvestre Bisc, Conseiller Se-
cretaire du Roy ,, Maison , Couronne de
France
1460 MERCURE DE FRANCE
France et de ses Finances , mourut à Pa
ris , dans un âge avancé. Il étoit Veuf.
de Jeanne le Brun , morte le 19. Juin
1723. Il en avoit eu Marie Marguerite
Bosc , premiere Femme d'Eustache - Fran-
çois le Cousturier , President au Grand-
Conseil , Seigneur de Mauregard , mor
te le 25. Décembre 1727. âgée de 39. ans,
de laquelle il reste un Fils , et une Fille ,
mariée le 4. Novembre 1734. avec Char-
les
-
François de Montholon , Seigneur
d'Aubervilliers , Conseiller au Parlement
de Paris ; et Marie- Jeanne Bosc , morte
Femme de Louis - Nicòlas - Guillaume
Maurin , Conseiller en la Cour des Aides
de Paris , au mois de Janvier 1727. de
laquelle il reste trois Filles.
Le même jour,François de Rivoire, Mar
quis du Palais , Seigneur de la Ville de
Feurs,Civin - le-Mazoyer , &c. Brigadier
des Armées du Roy, et ci-devant Lieute-
nant d'une des Compagnies de ses Gardes
du Corps, mourut à Paris , âgé de 67. ans
sans laisser d'enfans. Il avoit été fait Mes-
tre de Camp d'un Regiment de Cavalerie
par Commission du 24. Octobre 1706.et
ce Regiment ayant été licentié en 1714. il
obtint alors sa réforme à la suite du Regi
ment du Maine. Il entra au mois de Mars
1716. dans les Gardes du Corps en qualité
II. Vola
d'Enseigne,
'JU IN.
1737.
1461
d'Enseigne , et monta depuis à une
Lieutenance. Il fut fait Brigadier à la
Promotion du premier Février 1719. On
a parlé de sa Maison , originaire d'Au-
vergne , dans le Mercure du mois de
Juin 1728. Vol. 1. p. 1256. à l'occasion
de son Mariage avec Dame Marie- Ca-
terine Dorotée de Roncherolles de Pont
S. Pierre. Il avoit eu un Frere aîné , dont
la mort est raportée dans le Mercure de
May 1727. p. 1042.
Le 18. Dame Anne- Catherine Brunet ;
Veuve sans Enfans de Charles de Mor-
nay , Marquis de Villarceaux , Chevalier
des Ordres du Roy , Brigadier de ses Ar-
mées , et Capitaine
Lieutenant de la
Compagnie des Chevau Legers Dau-
phins , qui fut tué à la Bataille de Fleu-
rus le premier Juillet 1690. mourut à
Paris dans la 78e année de son âge. Elle
avoit été mariée au mois de Mars 1683 .
et elle étoit Fille de Jean - Baptiste Bru-
net , Seigneur de Chailly , Serigny , & c.
Conseiller du Roy en son Conseil d'Etat ,
Secretaire de S. M. Maison Couronne de
France et de ses Finances , et Garde de
son Tresor Royal , mort le 21. Juillet
1703. et de Marie de Cadolu , morte en
1670. Elle laisse pour Héritiers Pierre
Brunet de Chailly , Comte de Serigny ,
II. Vol
Maître
1462 MERCURE DE FRANCE
Maître des Requêtes Honoraire de l'Hô
tel du Roy , et Président de la Cham-
bre des Comptes de Paris , son Frere , et
Charles- Jean Baptiste du Tillet , Sei-
gneur de la Bussière , et de Noyent , Pré-
sident Honoraire au Parlement de Paris ,
son Neveu.
Le 20. Pierre Delpech , Seigneur de
Cailly en Normandie , Président en la
Cour des Aides de Paris , Charge en la
quelle il avoit été recû le 5. Juin 1733
après avoir été Avocat général en la mê-
me Cour depuis le 27. Mars 1732. mou
Fut dans la 26. année de son âge , étant
né le 16. Septembre 171. Il étoit Fils
unique de Pierre Delpech , Seigneur de
Cailly, premier Avocat Général en la mê-
me Cour des Aides, mort le 9.Mars 1733 .
et de Marie Elizabeth le Fevre de Cau-
martin de Cailly , morte le 27. Août
1717. et il avoit été marié le 11. Février:
1733. avec la Fille de Christophe Alexan-
dre Pajot , Seigneur de Villers , Contrô
leur-Général des Postes et Relais de Fran-
çe , et d'Anne de Mailly- Charneüil . Il en
laisse un Garçon et une Fille.
Le 27. Dame Marguerite de Monchy
Epouse de Louis - François Vireau des
Epoisses , Seigneur de Villeflix et des
Arches , Maître de la Chambre aux De
II. Vols
niers
JUIN.
"
17375
1463
alers du Roy , avec lequel elle avoit été
mariée au mois d'Octobre 1708. mourut
dans la so. année de son âge , étant néé
le 6. Mars 1688. elle laisse deux Filles
تو
dont l'ainée Marie Marguerite Vireau de
Villefix , a été mariée le 29. Mars 1729,
avec Jacques- Marie- Jerôme Michau de
Montaran , Seigneur de Lisse , Beaure
paire , Brazeux , Conseiller au Parlement
de Paris , et Commissaire aux Requêtes
du Palais. La défunte étoir Fille de Phi
lipe de Monchy , Conseiller Secretaire
du Roy, Maison , Couronne de France et
de ses Finances , et ancien Fermier gene-
ral , mort le 18. Août 1731. âgé de 89 .
ans , et de Marguerite Normandeau , et
Seur aînée d'Anne-Magdeleine de Mon-
chy , mariée en 1713. avec Paul Delpech,
Seigneur de Chaumot, Keceveur general
des Finances en Auvergne , et ci devant
Fermier General.
Le 28. Dame Alfonsine Elizabeth de
Guenegand , Veuve depuis le 15. Décem-
bre 1709. de Hardouin de l'Isle , Marquis
de Marivaux , Seigneur d'Anseauvillier
la Koue , Lieutenant Général des Armées
du Roy , Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , avec lequel elle avoit été
mariée le 27. Mars 1692. mourut à Paris
dans la 80. année de son âge , ayant été
11. Vol.
baptisée
1464 MERCURE DE FRANCE
baptisée le 9. Mars 1658. Elle étoit Fille
de Claude de Guenegaud , Seigneur du
Plessis Belleville , Silly , &c. Conseiller
du Roy en ses Conseils et Trésorier de
P'Epargne , mort le 13. Décembre 1686.
et de D. Catherine- Alfonsine Martel de
Montpinson , morte le 20. Mars 1710.
Elle laisse un Fils , qui est Loüis - Jean-
Jacques de l'isle , Marquis de Marivaux ,
Sous Lieutenant de la Compagnie des
Gendarmes de Bretagne.
Le 20. May les Cérémonies du Baptê
me furent supléées à Jean- Baptiste- Joa-
chim Louis , né et ondoyé le 13. prece
dent , Fils de Louis du Plessis- Chastillon,
Marquis dudit lieu et de Nonant , Lieu-
tenant Général des Armées du Roy ,
Gouverneur pour S. M. des Ville et Châ-
teau d'Argentan en Normandie , et de
D. Catherine-Pauline Colbert de Crois-
sy. Le Parain , Jean Baptiste- Joachim
Colbert , Marquis de Croissy , Colonel
du Regiment Royal d'Infanterie , Bri-
gadier des Armées du Roy , et Capitaine
des Gardes de la Porte de S. M. son oncle
maternel. La Maraine D.Marie Brunet de
Rancy , épouse de Louis Henri- François
Colbert , Comte de Croissy , Lieutenant
General des Armées du Roy , et du Com
II. Vol.
té
JUIN.
1737.
1469
té Nantois , grande Tante maternelle.
Le 21. nâquit Marie Françoise , Fille de
Charles-François , Marquis de Sassenage ,
et de Pont en Royans , Sire de Vité et de
Brullon , Seigneur de Vouré et d'Yzeron,
second Baron de Dauphiné , Lieutenant
General pour le Roy dans la même Pro
vince , Brigadier de ses Armées , et Mes
tre de Camp d'un Regiment de Cavale-
rie , et de D. Marie - Françoise Camille de
Sassenage son Epouse.
Le 1. Juin , les Ceremonies du Bapë
tême furent supléées dans la Chapelle du
Palais de Luxembourg , à Marie Louise
Julie , Fille de Joseph - Yves Thibaud ,
Marquis de la Riviere , Comte de Cor
lay , et de D. Julie Louise- Celeste de la
Riviere, Dame du Palais de la Reine , se-
conde Doüairiere d'Espagne , mariés le 6.
Juin 1735. la Maraine fut la Reine secon-
de Douairiere d'Espagne , et le Paráin le
Duc d'Orleans.
Le 19. est né, et a été baptisé le même
jour en la Paroisse de S. Louis en l'Isle ,
Charles-Paul - Nicolas , Fils de Ch. Jean-
"
Pierre Barentin, apellé le Comte de Mont-
chal , Vicomté de la Motte , premier Cor-
nette de la Compagnie des Chevau - Le-
gers Dauphins , et de D. Louise Magde-
leine Bertin de Vaugien , ses Pere et Me-
II. Vol.
se ,
1466 MERCURE DE FRANCE
re , qui ont été mariés le 16. Mars 1735.
Il a eu pour Parain Nicolas Bertin , Sei-
gneur de Vaugien , Maître des Requê
tes Honoraire de l'Hôtel du Roy , son
Bisayeul maternel , et pour Maraine
Dlle Marie
Catherine de Montchal .
sa grande Tante paternelle. Le Pere de
cet enfant est frere puîné de Charles-
Amable Barentin , Maître des Requêtes
ordinaire de l'Hôtel du Roy , Inten
dant à la Rochelle depuis six mois , et
marié avec Marie - Catherine le Fevre
d'Ormesson , Fille de l'Intendant des
Finances.
Dame N. de Saint Simon, Veuve de
N..... Marquis de Courcy, &c.
mourut le 3. May dans son Château de
Plain - Marais , près Carentan en Basse
Normandie , dans un âge avancé , ne
laissant de son mariage avec le Marquis
de Courcy que deux Filles , dont l'Aînée
a épousé le Marquis de Thieuville , des
meilleures Maisons de Normandie ; et la
seconde est mariée au Marquis de Mon-
taigu , aussi d'une Naissance distinguée ,
Commandant pour le Roy à la Hogue,
M. la Marquise de Courcy a été fort re
IL. Vol.
gretée
JUIN.
1737.
1457
gretée à cause de ses grandes et belles
qualités,dont la principale étoit un grand
fonds de Religion ,accompagné d'un goût
naturel pour la vertu et pour les Gens
vertueux , aimant les Lettres et les cul-
tivant , ce qui rendoit son commerce
également utile et agréable.
Le 28. D. Loüise- Magdelaine du Poi-
rier Cottereau , Veuve depuis le 27. Mars
dernier de Loüis de Vivet de Montclus ,
Seigneur de Servesan , mourut à Bagnols
en Languedoc , âgée de 69. ans. Ön a
marqué de qui elle étoit fille en annon-
çant la mort de feu son Mari dans le
Mercure de May dernier p. 1040.
Le 10. Juin , Joseph- Henri , Marquis
de Segur , Sénéchal , Gouverneur et Lieu-
tenant Général pour le Roy des Pays et
Comté de Foix, Capitaine et Gouverneur
des Ville et Château de Foix , Lieutenant
Général au Gouvernement de Champa-
gne et Brie , et Grand- Croix de l'Ordre
Militaire de S. Louis , mourut à Paris ,
âgé de 76. ans. Il avoit commencé à ser-
vir en qualité de Mousquetaire du Roy ;
ensuite il fut Capitaine de Cavalerie et
successivement Sous- Lieutenanten 1690,
et Capitaine-Lieutenant de la Compagnie
des Chevau- Légers d'Anjou en 1693 .
Il eut le 4. Octobre de la même année
II. Vol
1 vj.
UnG
1453 MERCURE DE FRANCE
une jambe emportée d'un boulet de Ca-
non à la Bataille de la Marsaille en Pié
mont. La Croix de S. Louis lui fut ace
cordée le 6. Février 1694, et le feu Roy
le gratifia au mois d'Avril 1699. de la
Lieutenance Générale de Champagne et
Brie , vacante par la mort du Marquis
d'Escots. Il obtint au mois de Décembre
1701. un Brevet de retenuë de 20000.
livres sur cette Charge ; et il avoit eu au
mois de Juin précédent l'agrément de
S. M. pour traiter avec le Comte de Tal-
lard , depuis Maréchal de France
"
du
Gouvernement Général du Pays de Foix..
Il prêta serment pour cette Charge en-
tre les mains du Roy le 29. May 1703 .
Il fut fait Grand- Croix de l'Ordre de S..
Louis le 1. Janvier 1720. Il étoit Fils de
Jean Isaac de Segur , Seigneur de Pon-
chat et de Fouquerolles en Guyenne ,
dont la mort est raportée dans le Mer-
cure Gilant pour les mois de Novembre:
et Décembre 1707. et d'Anne- Marie de
Taillefer de Roussille et il avoit épousé
Claude Elizabeth Binet, restée Fille uni-
que et seule Héritiore de Henri Binet »
Seigneur de. S. Martin de la Garenne, des
Boullais
>
et de Châtres en Brie , Maître.
Ordinaire en la Chambre des Compres
de Paris, et Procureur Général de la Rei
II.Vol.
ne
JUIN.
1737.
1459
ne Marie-Therese d'Autriche, et de Clau-
de Jolly , sa Femme . Il en laisse Henri..
François , Comte de Segur , Maréchal de
Gamp des Armées du Roy du 20. Fé-
vrier 174. qui lui succede dans ses Gou-
vernemens, et qui a été marié le 12. Sep
tembre 1718. avec D. Philipe Angelique
de Froissy ; Jean Charles de Segur , an-
cien Evêque de Saint Papoul , et Abbé
de N.D. de Vermand ,Diocèse de Noyon;
et D. Marie Anne-Françoise de Segur ,
Abbesse de l'Abbaye de Gif , O. S. B.,
Diocèse de Paris
Le 11. D. Louise- Antonine de Gon-
taut de Biron , Epouse de François Michel-
César le Tellier , Marquis de Montmi
rel , Comte de Tonnerre et de la Ferté-
Gaucher , &c. Capitaine Colonel de la
Compagnie des 100. Suisses de la Garde
Ordinaire du Corps du Roy , avec le
quel elle avoit éré mariée le 25 Février
1732, mourut à Paris au Palais du Lu-
xembourg , âgée de
blo Vol
19. ans , laissant
deux Enfans. Elle étoit Fille de François
Armand de Gontaut, Duc de Biron , Pair
de France, Brigadier des Armées du Roy,
et de D. Mirje Adelaide de Grammont,
Dame du Palais de la Reine,
Le 14. Silvestre Bisc, Conseiller Se-
cretaire du Roy ,, Maison , Couronne de
France
1460 MERCURE DE FRANCE
France et de ses Finances , mourut à Pa
ris , dans un âge avancé. Il étoit Veuf.
de Jeanne le Brun , morte le 19. Juin
1723. Il en avoit eu Marie Marguerite
Bosc , premiere Femme d'Eustache - Fran-
çois le Cousturier , President au Grand-
Conseil , Seigneur de Mauregard , mor
te le 25. Décembre 1727. âgée de 39. ans,
de laquelle il reste un Fils , et une Fille ,
mariée le 4. Novembre 1734. avec Char-
les
-
François de Montholon , Seigneur
d'Aubervilliers , Conseiller au Parlement
de Paris ; et Marie- Jeanne Bosc , morte
Femme de Louis - Nicòlas - Guillaume
Maurin , Conseiller en la Cour des Aides
de Paris , au mois de Janvier 1727. de
laquelle il reste trois Filles.
Le même jour,François de Rivoire, Mar
quis du Palais , Seigneur de la Ville de
Feurs,Civin - le-Mazoyer , &c. Brigadier
des Armées du Roy, et ci-devant Lieute-
nant d'une des Compagnies de ses Gardes
du Corps, mourut à Paris , âgé de 67. ans
sans laisser d'enfans. Il avoit été fait Mes-
tre de Camp d'un Regiment de Cavalerie
par Commission du 24. Octobre 1706.et
ce Regiment ayant été licentié en 1714. il
obtint alors sa réforme à la suite du Regi
ment du Maine. Il entra au mois de Mars
1716. dans les Gardes du Corps en qualité
II. Vola
d'Enseigne,
'JU IN.
1737.
1461
d'Enseigne , et monta depuis à une
Lieutenance. Il fut fait Brigadier à la
Promotion du premier Février 1719. On
a parlé de sa Maison , originaire d'Au-
vergne , dans le Mercure du mois de
Juin 1728. Vol. 1. p. 1256. à l'occasion
de son Mariage avec Dame Marie- Ca-
terine Dorotée de Roncherolles de Pont
S. Pierre. Il avoit eu un Frere aîné , dont
la mort est raportée dans le Mercure de
May 1727. p. 1042.
Le 18. Dame Anne- Catherine Brunet ;
Veuve sans Enfans de Charles de Mor-
nay , Marquis de Villarceaux , Chevalier
des Ordres du Roy , Brigadier de ses Ar-
mées , et Capitaine
Lieutenant de la
Compagnie des Chevau Legers Dau-
phins , qui fut tué à la Bataille de Fleu-
rus le premier Juillet 1690. mourut à
Paris dans la 78e année de son âge. Elle
avoit été mariée au mois de Mars 1683 .
et elle étoit Fille de Jean - Baptiste Bru-
net , Seigneur de Chailly , Serigny , & c.
Conseiller du Roy en son Conseil d'Etat ,
Secretaire de S. M. Maison Couronne de
France et de ses Finances , et Garde de
son Tresor Royal , mort le 21. Juillet
1703. et de Marie de Cadolu , morte en
1670. Elle laisse pour Héritiers Pierre
Brunet de Chailly , Comte de Serigny ,
II. Vol
Maître
1462 MERCURE DE FRANCE
Maître des Requêtes Honoraire de l'Hô
tel du Roy , et Président de la Cham-
bre des Comptes de Paris , son Frere , et
Charles- Jean Baptiste du Tillet , Sei-
gneur de la Bussière , et de Noyent , Pré-
sident Honoraire au Parlement de Paris ,
son Neveu.
Le 20. Pierre Delpech , Seigneur de
Cailly en Normandie , Président en la
Cour des Aides de Paris , Charge en la
quelle il avoit été recû le 5. Juin 1733
après avoir été Avocat général en la mê-
me Cour depuis le 27. Mars 1732. mou
Fut dans la 26. année de son âge , étant
né le 16. Septembre 171. Il étoit Fils
unique de Pierre Delpech , Seigneur de
Cailly, premier Avocat Général en la mê-
me Cour des Aides, mort le 9.Mars 1733 .
et de Marie Elizabeth le Fevre de Cau-
martin de Cailly , morte le 27. Août
1717. et il avoit été marié le 11. Février:
1733. avec la Fille de Christophe Alexan-
dre Pajot , Seigneur de Villers , Contrô
leur-Général des Postes et Relais de Fran-
çe , et d'Anne de Mailly- Charneüil . Il en
laisse un Garçon et une Fille.
Le 27. Dame Marguerite de Monchy
Epouse de Louis - François Vireau des
Epoisses , Seigneur de Villeflix et des
Arches , Maître de la Chambre aux De
II. Vols
niers
JUIN.
"
17375
1463
alers du Roy , avec lequel elle avoit été
mariée au mois d'Octobre 1708. mourut
dans la so. année de son âge , étant néé
le 6. Mars 1688. elle laisse deux Filles
تو
dont l'ainée Marie Marguerite Vireau de
Villefix , a été mariée le 29. Mars 1729,
avec Jacques- Marie- Jerôme Michau de
Montaran , Seigneur de Lisse , Beaure
paire , Brazeux , Conseiller au Parlement
de Paris , et Commissaire aux Requêtes
du Palais. La défunte étoir Fille de Phi
lipe de Monchy , Conseiller Secretaire
du Roy, Maison , Couronne de France et
de ses Finances , et ancien Fermier gene-
ral , mort le 18. Août 1731. âgé de 89 .
ans , et de Marguerite Normandeau , et
Seur aînée d'Anne-Magdeleine de Mon-
chy , mariée en 1713. avec Paul Delpech,
Seigneur de Chaumot, Keceveur general
des Finances en Auvergne , et ci devant
Fermier General.
Le 28. Dame Alfonsine Elizabeth de
Guenegand , Veuve depuis le 15. Décem-
bre 1709. de Hardouin de l'Isle , Marquis
de Marivaux , Seigneur d'Anseauvillier
la Koue , Lieutenant Général des Armées
du Roy , Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , avec lequel elle avoit été
mariée le 27. Mars 1692. mourut à Paris
dans la 80. année de son âge , ayant été
11. Vol.
baptisée
1464 MERCURE DE FRANCE
baptisée le 9. Mars 1658. Elle étoit Fille
de Claude de Guenegaud , Seigneur du
Plessis Belleville , Silly , &c. Conseiller
du Roy en ses Conseils et Trésorier de
P'Epargne , mort le 13. Décembre 1686.
et de D. Catherine- Alfonsine Martel de
Montpinson , morte le 20. Mars 1710.
Elle laisse un Fils , qui est Loüis - Jean-
Jacques de l'isle , Marquis de Marivaux ,
Sous Lieutenant de la Compagnie des
Gendarmes de Bretagne.
Le 20. May les Cérémonies du Baptê
me furent supléées à Jean- Baptiste- Joa-
chim Louis , né et ondoyé le 13. prece
dent , Fils de Louis du Plessis- Chastillon,
Marquis dudit lieu et de Nonant , Lieu-
tenant Général des Armées du Roy ,
Gouverneur pour S. M. des Ville et Châ-
teau d'Argentan en Normandie , et de
D. Catherine-Pauline Colbert de Crois-
sy. Le Parain , Jean Baptiste- Joachim
Colbert , Marquis de Croissy , Colonel
du Regiment Royal d'Infanterie , Bri-
gadier des Armées du Roy , et Capitaine
des Gardes de la Porte de S. M. son oncle
maternel. La Maraine D.Marie Brunet de
Rancy , épouse de Louis Henri- François
Colbert , Comte de Croissy , Lieutenant
General des Armées du Roy , et du Com
II. Vol.
té
JUIN.
1737.
1469
té Nantois , grande Tante maternelle.
Le 21. nâquit Marie Françoise , Fille de
Charles-François , Marquis de Sassenage ,
et de Pont en Royans , Sire de Vité et de
Brullon , Seigneur de Vouré et d'Yzeron,
second Baron de Dauphiné , Lieutenant
General pour le Roy dans la même Pro
vince , Brigadier de ses Armées , et Mes
tre de Camp d'un Regiment de Cavale-
rie , et de D. Marie - Françoise Camille de
Sassenage son Epouse.
Le 1. Juin , les Ceremonies du Bapë
tême furent supléées dans la Chapelle du
Palais de Luxembourg , à Marie Louise
Julie , Fille de Joseph - Yves Thibaud ,
Marquis de la Riviere , Comte de Cor
lay , et de D. Julie Louise- Celeste de la
Riviere, Dame du Palais de la Reine , se-
conde Doüairiere d'Espagne , mariés le 6.
Juin 1735. la Maraine fut la Reine secon-
de Douairiere d'Espagne , et le Paráin le
Duc d'Orleans.
Le 19. est né, et a été baptisé le même
jour en la Paroisse de S. Louis en l'Isle ,
Charles-Paul - Nicolas , Fils de Ch. Jean-
"
Pierre Barentin, apellé le Comte de Mont-
chal , Vicomté de la Motte , premier Cor-
nette de la Compagnie des Chevau - Le-
gers Dauphins , et de D. Louise Magde-
leine Bertin de Vaugien , ses Pere et Me-
II. Vol.
se ,
1466 MERCURE DE FRANCE
re , qui ont été mariés le 16. Mars 1735.
Il a eu pour Parain Nicolas Bertin , Sei-
gneur de Vaugien , Maître des Requê
tes Honoraire de l'Hôtel du Roy , son
Bisayeul maternel , et pour Maraine
Dlle Marie
Catherine de Montchal .
sa grande Tante paternelle. Le Pere de
cet enfant est frere puîné de Charles-
Amable Barentin , Maître des Requêtes
ordinaire de l'Hôtel du Roy , Inten
dant à la Rochelle depuis six mois , et
marié avec Marie - Catherine le Fevre
d'Ormesson , Fille de l'Intendant des
Finances.
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7438
p. 1466-1468
ARREST NOTABLE.
Début :
ARREST du Conseil, du 11. Juin, dont la teneur suit. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARREST NOTABLE.
ARREST NOTABLE.
ARREST du Conseil, du 11. Juin, dont
la teneur suit.
Le Roy ayant été informé vers la fin de l'an-
née derniere , des difficultés qui commençoient
s'élever au sujet d'un Missel imprimé pour l'u
sage du Diocèse de Troyes , Sa Majesté auroit
juge à propos de le faire examiner par des per-
sonnes dignes de sa confiance , afin que sur le
compte qui lui en seroit rendu , elle fût en état
de prendre les résolutions les plus convenables à
sa sagesse , pour empêcher qu'on ne fît naître à
cette occasion de nouvelles disputes dans son
Royaume; et comme le sieur Archevêque de Sens
FI. Vol.
vient
1
i
JUI N.
1737.
1467
ient de faire paroître un Mandement ou Ins
ruction Pastorale sur le même Missel , qu'il a
adressé non seulement au Clergé de son Diocèse
mais aussi au Chapitre de l'Eglise Cathédrale de
Troyes , comme soumis immédiatement à sa Juris,
diction , Sa Majesté auroit consideré qu'il étoit
à craindre que ce Mandement ne donnât lieu à
des procédures judiciaires , qui faisant encore
plus éclater au - dehors une si grande oposition
de sentimens et de conduite entre un Evêque er
son Métropolitain , formeroient un spectacle
affligeant pour les gens de bien, capable de scan
daliser es foibles et qui ne pouroit plaire qu'aux
ennemis de la Religion et de la tranquillité pu
blique, à quoi étant nécessaire de pourvoir pour
étouffer , s'il se peut , dans sa naissance , toute
Nouvelle semence de dissention, Sa Majesté étant
en son Conseil , a évoqué et évoque, en tant que
besoin seroit , retient et réserve à sa Personne la
connoissance de toutes les poursuites , procédu
res, actes ou délibérations qui pouroient avoir
été , ou qui seroient faites à l'occasion dudit
Missel de Troyes, ou dudit Mandement du sieur
Archevêque de Sens , circonstances et dépendan-
ces , Sa Majesté défendant à toutes ses Cours et
autres Juges , d'en prendre connoissance , et à
toutes Parties d'y avoir recours,à peine de nullité
et de cassation de leurs poursuites et procédures.
Ordonne S.M.que led.Missel er led . Mandement,
ensemble les Memoires qui lui ont été envoyés
par le sieur Evêque de Troyes , pour justifier les
changemens de Rit ou de cérémonies qu'on lui
reproche d'avoir faits dans ledit Missel, et autres
nouveaux Mémoires qu'il poura y joindre , si
bon lui semble , seront remis entre les mains
de ceux que Sa Majesté jugera à propos de choi-
II. Vol
sir
488 MERCURE DE FRANCE
sir incessamment dans son Conseil, comme aussi
dans l'Ordre Episcopal , pour y être , sur leur
avis , pourvû par Sa Majesté , ainsi qu'elle esti-
mera le devoir faire pour le bien commun de
J'Eglise et de l'Etat.
ARREST du Conseil, du 11. Juin, dont
la teneur suit.
Le Roy ayant été informé vers la fin de l'an-
née derniere , des difficultés qui commençoient
s'élever au sujet d'un Missel imprimé pour l'u
sage du Diocèse de Troyes , Sa Majesté auroit
juge à propos de le faire examiner par des per-
sonnes dignes de sa confiance , afin que sur le
compte qui lui en seroit rendu , elle fût en état
de prendre les résolutions les plus convenables à
sa sagesse , pour empêcher qu'on ne fît naître à
cette occasion de nouvelles disputes dans son
Royaume; et comme le sieur Archevêque de Sens
FI. Vol.
vient
1
i
JUI N.
1737.
1467
ient de faire paroître un Mandement ou Ins
ruction Pastorale sur le même Missel , qu'il a
adressé non seulement au Clergé de son Diocèse
mais aussi au Chapitre de l'Eglise Cathédrale de
Troyes , comme soumis immédiatement à sa Juris,
diction , Sa Majesté auroit consideré qu'il étoit
à craindre que ce Mandement ne donnât lieu à
des procédures judiciaires , qui faisant encore
plus éclater au - dehors une si grande oposition
de sentimens et de conduite entre un Evêque er
son Métropolitain , formeroient un spectacle
affligeant pour les gens de bien, capable de scan
daliser es foibles et qui ne pouroit plaire qu'aux
ennemis de la Religion et de la tranquillité pu
blique, à quoi étant nécessaire de pourvoir pour
étouffer , s'il se peut , dans sa naissance , toute
Nouvelle semence de dissention, Sa Majesté étant
en son Conseil , a évoqué et évoque, en tant que
besoin seroit , retient et réserve à sa Personne la
connoissance de toutes les poursuites , procédu
res, actes ou délibérations qui pouroient avoir
été , ou qui seroient faites à l'occasion dudit
Missel de Troyes, ou dudit Mandement du sieur
Archevêque de Sens , circonstances et dépendan-
ces , Sa Majesté défendant à toutes ses Cours et
autres Juges , d'en prendre connoissance , et à
toutes Parties d'y avoir recours,à peine de nullité
et de cassation de leurs poursuites et procédures.
Ordonne S.M.que led.Missel er led . Mandement,
ensemble les Memoires qui lui ont été envoyés
par le sieur Evêque de Troyes , pour justifier les
changemens de Rit ou de cérémonies qu'on lui
reproche d'avoir faits dans ledit Missel, et autres
nouveaux Mémoires qu'il poura y joindre , si
bon lui semble , seront remis entre les mains
de ceux que Sa Majesté jugera à propos de choi-
II. Vol
sir
488 MERCURE DE FRANCE
sir incessamment dans son Conseil, comme aussi
dans l'Ordre Episcopal , pour y être , sur leur
avis , pourvû par Sa Majesté , ainsi qu'elle esti-
mera le devoir faire pour le bien commun de
J'Eglise et de l'Etat.
Fermer
7439
p. 1468
APROBATION.
Début :
J'ay lû par ordre de Monseigneur le Chancelier le second Volume du Mercure de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APROBATION.
APROBATION.
J'ay lû par ordre de Monseigneur le Chancelier
le second Volume du Mercure de
France du mois de Juin , et j'ay crû qu'on pou-
voit en permettre l'impression. A Paris , le 15.
Juillet 1737.
HARDION.
J'ay lû par ordre de Monseigneur le Chancelier
le second Volume du Mercure de
France du mois de Juin , et j'ay crû qu'on pou-
voit en permettre l'impression. A Paris , le 15.
Juillet 1737.
HARDION.
Fermer
7440
p. 1468-[1470]
TABLE.
Début :
PIECES FUGITIVES. L'Esprit et la Beauté, Dialogue, 1257 Histoire [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
PIECES FUGITIVES. L'Esprit et la Beauté,
Dialogue,
1257
Histoire abregée des Journaux de Jurispruden-
ce Françoise , & c.
1261
Stances à Mad. l'Abbesse de .... pour le jour
de sa Fête ,
1296
Septiéme Lettre sur quelques Sujets de Littera-
ture
A M. de C. de F. V'ers ,
Ode ,
Lettre au sujet d'une Pendule curieuse ,
Ole Sacrée ,
5. Louis ,
1298
1315
Lettre de M. le Chevalier de la T. sur la Pein-
ture , &c.
1218
1330
1333
1336
Réponse au sujet du Lieu de la Naissance de
1338
Plainte
Flainte et Remontrance à un Docteur , &c. 135f
Elog: de Dom Cl. Dupré ,
Epigramme ,
Diver issement sur la Paix ,
Enigine , Logogryphes , &c .
&c. Principes de l'Histoire , &c.
iblioth que l'alique, & c.
Discours Evangéliques , &c.
des Eaux et Forêts , &c.
Nouvelle Imprimerie à Lausanne , &c.
&c.
Prix de l'Académie des Jeux Floraux ,
1357
1368
1369
1375
NOUVELLES LITTERAIRES , DES BEAUX- ARTS, -
1379
1382
Lettre Critique sur la Vie de Pierre Gassendi ,
1396
1398
Mémorial Alphabétique sur toutes les Matieres
1399
ibid.
Lettre sur les Mémoires de M de Thou,&c. 1403.
Cours de Chymie démontré par Experience ,
1404
Académie de Peinture et Sculpture , &c. 1409,
1410
Académie de Soissons et Programme , &c. ibid.
Morts d'Hommes Illustres , & c.
Lettre sur les Pilules Mercurielles , &c.
Chanson notée ,
Spectacles. Tambourin , Parodie , &c.
ple,
D'Afrique ,
De Pologne et Allemagne ,
D'Italie , de l'Isle de Corse , &c.
Grande-Bretagne
Morts des Pays Etrangers ,
Fête donnée à Bayonne ,
Compliment en Vers , &c,
1412,
1413
1419
ibid.
Nouvelles Etrangeres , Lettre de Constantino-
>
1424
1428
1430
1432
1438
1439
France. Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
1440
1444
1448
Benefices
Benefices donnés par le Roy ,
L'Austrasie , Cantatille ,
Morts , Naissances ,
Arrêt Notable
PIECES FUGITIVES. L'Esprit et la Beauté,
Dialogue,
1257
Histoire abregée des Journaux de Jurispruden-
ce Françoise , & c.
1261
Stances à Mad. l'Abbesse de .... pour le jour
de sa Fête ,
1296
Septiéme Lettre sur quelques Sujets de Littera-
ture
A M. de C. de F. V'ers ,
Ode ,
Lettre au sujet d'une Pendule curieuse ,
Ole Sacrée ,
5. Louis ,
1298
1315
Lettre de M. le Chevalier de la T. sur la Pein-
ture , &c.
1218
1330
1333
1336
Réponse au sujet du Lieu de la Naissance de
1338
Plainte
Flainte et Remontrance à un Docteur , &c. 135f
Elog: de Dom Cl. Dupré ,
Epigramme ,
Diver issement sur la Paix ,
Enigine , Logogryphes , &c .
&c. Principes de l'Histoire , &c.
iblioth que l'alique, & c.
Discours Evangéliques , &c.
des Eaux et Forêts , &c.
Nouvelle Imprimerie à Lausanne , &c.
&c.
Prix de l'Académie des Jeux Floraux ,
1357
1368
1369
1375
NOUVELLES LITTERAIRES , DES BEAUX- ARTS, -
1379
1382
Lettre Critique sur la Vie de Pierre Gassendi ,
1396
1398
Mémorial Alphabétique sur toutes les Matieres
1399
ibid.
Lettre sur les Mémoires de M de Thou,&c. 1403.
Cours de Chymie démontré par Experience ,
1404
Académie de Peinture et Sculpture , &c. 1409,
1410
Académie de Soissons et Programme , &c. ibid.
Morts d'Hommes Illustres , & c.
Lettre sur les Pilules Mercurielles , &c.
Chanson notée ,
Spectacles. Tambourin , Parodie , &c.
ple,
D'Afrique ,
De Pologne et Allemagne ,
D'Italie , de l'Isle de Corse , &c.
Grande-Bretagne
Morts des Pays Etrangers ,
Fête donnée à Bayonne ,
Compliment en Vers , &c,
1412,
1413
1419
ibid.
Nouvelles Etrangeres , Lettre de Constantino-
>
1424
1428
1430
1432
1438
1439
France. Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
1440
1444
1448
Benefices
Benefices donnés par le Roy ,
L'Austrasie , Cantatille ,
Morts , Naissances ,
Arrêt Notable
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7441
s. p.
« La Chanson notée doit regarder la page 1419 [...] »
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La Chanson notée doit regarder la page 1419 [...]
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La Chanson notée doit regarder la page 1419
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7442
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Errata du premier volume de Juin.
Début :
Page 1222. ligne 5. Hecquet, ajoûtez d'Abeville. Ibid. ligne 9. 74. lisez, 78. ans accomplis. [...]
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texteReconnaissance textuelle : Errata du premier volume de Juin.
Errata du premier volume de Juin.
Page 1222. ligne 5. Hecquet, ajoûtez d'Abeville. Ibid. ligne 9. 74. lisez, 78. ans accomplis. P. 1225. l. 8. 63. l. dans la 59e année.
villiers.
P. 1246. 1. 8. entrenus , 1. entretenus.
P..1254. 1. 24. bassecules , I. bascules.
Page 1222. ligne 5. Hecquet, ajoûtez d'Abeville. Ibid. ligne 9. 74. lisez, 78. ans accomplis. P. 1225. l. 8. 63. l. dans la 59e année.
villiers.
P. 1246. 1. 8. entrenus , 1. entretenus.
P..1254. 1. 24. bassecules , I. bascules.
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7443
s. p.
Fautes à corriger dans ce Livre.
Début :
Page 1317. ligne 12. moins, lisez, et. [...]
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7444
p. 1950-1955
EXPERIENCES curieuses sur la Glace artificielle.
Début :
Mettez dans une bouteille de verre quatre onces de sel Ammoniac réduit [...]
Mots clefs :
Thermomètre, Eau, Glace, Froid, Nitre, Sel
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texteReconnaissance textuelle : EXPERIENCES curieuses sur la Glace artificielle.
EXPERIENCES curieuses surla
Glace artificielle.
Ettez dans une bouteille de verre
quatre onces de sel Ammoniac ré
duit en poudre , séche , très-fine ; bou
chez- la exactement , afin que cette pou
dre ne contracte aucune humidité. Lais
sez la dans de l'eau exposée à l'air froid.
pendant la nuit , pour que le sel Am
moniac , l'eau et le verre soient égale
mentfroids. Le lendemain matin plon
gez le Thermometre de Fahrenheit dans
cette
SEPTEMBRE 1737 1951
cette eau , et remarquez à quel degré le
Mercure s'arrête. Versez alors dans dou
ze onces de cette eau les quatre onces de
sel Ammoniac qu'on a laissé se refroidir
dans la bouteille. Après l'avoir bien mêlé
et bien dissous , plongez votre instru
ment dans cette solution , vous verrez
le Mercure descendre de 28 degrés , si
l'air n'a que s1 degrés de chaleur. Donc
une partie desel Ammoniac dissous dans
trois parties d'eau , augmente le froid de
28 degrés , et par conséquent on peut
toujours faire un froid glacial , pourvûp
que la chaleur de l'air n'excede pas 60.
degrés. En effet l'eau commence àse ge
ler au 32 degré, suivant le Thermo
metre de Fahrenheit. Ainsi plus l'air se
refroidit en déclinant du 60. au 32. de
gré , plus il est aisé de faire de la glace ,
parce qu'alors l'eau est plus froide. D'où
il suit que si elle étoit déja prête àse gla
cer naturellement, le mélange dont nous
venons de parler feroit descendre la li
queur du Thermometre au 4e degré.
Veut on faire un froid bien plus consi
dérable ? il n'y a qu'à mettre dans un
large vaisseau , rempli de la premiere so
lution de sel Ammoniac, un autre vais
seau plus petit plein d'eau ; comme à
mesurequ'il se refroidit, il communi
que
1952 MERCURE DE FRANCE
que àcette eau leplusgrand froid qu'elle
puisse recevoir dece mélange, il estévi
dentquesi l'onjette de nouveau sel Am
moniacdans cette eau refroidie, on pou
ra faire, pendant les plus vives ardeurs
de la Canicule , un froid comparable
celui de l'hyver ; et par conséquent au
défaut de glace on pouroit ainsi rafraî
chir le vin & toutes sortes de liqueurs
durant l'Eté. Cette Expérience qu'on'
peut faire aisément , et à peu de frais,
est de M. Boheraave (a);
Envoici une autrede Fahrenheit , qui
est beaucoup plus surprenante,et qui est
raportée par le mêmeAuteur. Fahrenheit
s'avisaun jourd'hyver(1729)de répandre
sur de la glace deux onces d'Esprit de
Nitre y ayant aussi tôt plongé son in
strument', la liqueur descendit quatre
degrés plus bas qu'O. Lorsque cetEsprit
fut aussi refroidi que l'air , qui n'avoit
alors que 16 degrés de chaleur , il en
répandit encore sept onces ; son Ther
mometredescendit de 30 degrés , depuist
1 sur Ojusqu'à 14 sous O. Il versa une
troisième fois dumême Espritsur lereste
de la glace déja refroidie ; sur le champ
la liqueur du Thermoscope descendit à
29 au dessous d'O. Comme l'Esprit de
(a) Element, Chymia deigne
Nitre
SEPTEMBRE. 1737 1933
Nitre vint à manquer , il eut recours à
l'Esprit de sel Marin ,froidde 17 degrés.
Il n'en cut pas plutôt versé sur la glace
fondue , que le Thermometre s'arrêta à¹
8 degrés au-delà d'O; il en répanditune
seconde fois , le Mercure descendit jus
qu'à 14 sous O. L'évenementpiqua la
curiosité de cet industrieux Ouvrier. Il
fit acheter de nouvel Esprit de Nitre;
mais comme par malheur vint ledégel ,
il ne pensa plus qu'au moyen de consér
verlefroid artificiel qu'il venoit de faire.
Pour cela il fit faite trois vaisseaux de
cuivre cylindriques , larges de près de 6
pouces et demi chacun, dans lesquels il
mit trois autres vaisseaux de verre cy
lindriques , larges de trois pouces et dé
mi. Comme il yavoit entre le verre et
le cuivre un pouce et demi de vuide
tout , il eut soin de le remplir exacte
par
ment de cotton , afin d'émpêcher l'im
pression de l'air , et de conserver ainsi
sonfroid plus long-tems. Ensuite, après
avoir rempli les vaisseaux de verre de la
glace qui étoit en partie fondue , il mit
dans ces vaisseaux des tuyaux de verre
detrois quarts de pouce delargeur pleins
d'Esprit de Nitre temperé de 32 degrés
et de l'eau qui s'étoit separée de la glace
fondue. Il répandit ensuite de l'Esprit
de
1954 MERCURE DE FRANCE
de Nitre surla glace, à quatre reprises,
fe Mercure descendit jusqu'à 40 degrés
au dessous O. L'Esprit de Nitre s'étoit
lui-même tellement condensé , en se mê
lant avec la glace fondue, qu'il formoit
des cristaux minces, pointus , longs d'un
demi
pouce.
Est-il rien de si surprenant
dans la Nature! L'an 1709 , durant le
grand hyver , le Thermometre de Fah
renheit s'arrêta en Irlande au premier
degré. Le 16 Janvier 1729. il ne mar
quoit que s degrés dans le Jardin de l'A
cadémie de Leyde , comme M. Boer
haave l'a observé. Et voilà un froid arti
ficiel qui surpasse de 40 degrés le plus
grand froid que la Nature ait produit.
Ajoûtez40 à 32 degrés où la glacese for
me, vous sentirez une chaleur insup
portable. L'eau est donc devenuë plus
froide de 72 degrés qu'elle n'est ordinai
rement, lorsqu'elle commence à sechan
ger en glace. Il y a long-tems que les
Chymistes ont observé qu'on pouvoit
refroidir l'eau par le mélange de certains
sels : mais auroient ils pû prévoir qu'il
eût été possible defaire un sigrandfroid?
cependant quelfroid plus excessifencore
ne pouroit-on pas produire par d'autres
moyens qui nous sont inconnus ? et que
deviendroit toute la Nature , si son Au
teus
SEPTEMBRE. 1737 1958
teur ne lui avoit pas prescrit des bornes
qu'elle ne peut passer?
Glace artificielle.
Ettez dans une bouteille de verre
quatre onces de sel Ammoniac ré
duit en poudre , séche , très-fine ; bou
chez- la exactement , afin que cette pou
dre ne contracte aucune humidité. Lais
sez la dans de l'eau exposée à l'air froid.
pendant la nuit , pour que le sel Am
moniac , l'eau et le verre soient égale
mentfroids. Le lendemain matin plon
gez le Thermometre de Fahrenheit dans
cette
SEPTEMBRE 1737 1951
cette eau , et remarquez à quel degré le
Mercure s'arrête. Versez alors dans dou
ze onces de cette eau les quatre onces de
sel Ammoniac qu'on a laissé se refroidir
dans la bouteille. Après l'avoir bien mêlé
et bien dissous , plongez votre instru
ment dans cette solution , vous verrez
le Mercure descendre de 28 degrés , si
l'air n'a que s1 degrés de chaleur. Donc
une partie desel Ammoniac dissous dans
trois parties d'eau , augmente le froid de
28 degrés , et par conséquent on peut
toujours faire un froid glacial , pourvûp
que la chaleur de l'air n'excede pas 60.
degrés. En effet l'eau commence àse ge
ler au 32 degré, suivant le Thermo
metre de Fahrenheit. Ainsi plus l'air se
refroidit en déclinant du 60. au 32. de
gré , plus il est aisé de faire de la glace ,
parce qu'alors l'eau est plus froide. D'où
il suit que si elle étoit déja prête àse gla
cer naturellement, le mélange dont nous
venons de parler feroit descendre la li
queur du Thermometre au 4e degré.
Veut on faire un froid bien plus consi
dérable ? il n'y a qu'à mettre dans un
large vaisseau , rempli de la premiere so
lution de sel Ammoniac, un autre vais
seau plus petit plein d'eau ; comme à
mesurequ'il se refroidit, il communi
que
1952 MERCURE DE FRANCE
que àcette eau leplusgrand froid qu'elle
puisse recevoir dece mélange, il estévi
dentquesi l'onjette de nouveau sel Am
moniacdans cette eau refroidie, on pou
ra faire, pendant les plus vives ardeurs
de la Canicule , un froid comparable
celui de l'hyver ; et par conséquent au
défaut de glace on pouroit ainsi rafraî
chir le vin & toutes sortes de liqueurs
durant l'Eté. Cette Expérience qu'on'
peut faire aisément , et à peu de frais,
est de M. Boheraave (a);
Envoici une autrede Fahrenheit , qui
est beaucoup plus surprenante,et qui est
raportée par le mêmeAuteur. Fahrenheit
s'avisaun jourd'hyver(1729)de répandre
sur de la glace deux onces d'Esprit de
Nitre y ayant aussi tôt plongé son in
strument', la liqueur descendit quatre
degrés plus bas qu'O. Lorsque cetEsprit
fut aussi refroidi que l'air , qui n'avoit
alors que 16 degrés de chaleur , il en
répandit encore sept onces ; son Ther
mometredescendit de 30 degrés , depuist
1 sur Ojusqu'à 14 sous O. Il versa une
troisième fois dumême Espritsur lereste
de la glace déja refroidie ; sur le champ
la liqueur du Thermoscope descendit à
29 au dessous d'O. Comme l'Esprit de
(a) Element, Chymia deigne
Nitre
SEPTEMBRE. 1737 1933
Nitre vint à manquer , il eut recours à
l'Esprit de sel Marin ,froidde 17 degrés.
Il n'en cut pas plutôt versé sur la glace
fondue , que le Thermometre s'arrêta à¹
8 degrés au-delà d'O; il en répanditune
seconde fois , le Mercure descendit jus
qu'à 14 sous O. L'évenementpiqua la
curiosité de cet industrieux Ouvrier. Il
fit acheter de nouvel Esprit de Nitre;
mais comme par malheur vint ledégel ,
il ne pensa plus qu'au moyen de consér
verlefroid artificiel qu'il venoit de faire.
Pour cela il fit faite trois vaisseaux de
cuivre cylindriques , larges de près de 6
pouces et demi chacun, dans lesquels il
mit trois autres vaisseaux de verre cy
lindriques , larges de trois pouces et dé
mi. Comme il yavoit entre le verre et
le cuivre un pouce et demi de vuide
tout , il eut soin de le remplir exacte
par
ment de cotton , afin d'émpêcher l'im
pression de l'air , et de conserver ainsi
sonfroid plus long-tems. Ensuite, après
avoir rempli les vaisseaux de verre de la
glace qui étoit en partie fondue , il mit
dans ces vaisseaux des tuyaux de verre
detrois quarts de pouce delargeur pleins
d'Esprit de Nitre temperé de 32 degrés
et de l'eau qui s'étoit separée de la glace
fondue. Il répandit ensuite de l'Esprit
de
1954 MERCURE DE FRANCE
de Nitre surla glace, à quatre reprises,
fe Mercure descendit jusqu'à 40 degrés
au dessous O. L'Esprit de Nitre s'étoit
lui-même tellement condensé , en se mê
lant avec la glace fondue, qu'il formoit
des cristaux minces, pointus , longs d'un
demi
pouce.
Est-il rien de si surprenant
dans la Nature! L'an 1709 , durant le
grand hyver , le Thermometre de Fah
renheit s'arrêta en Irlande au premier
degré. Le 16 Janvier 1729. il ne mar
quoit que s degrés dans le Jardin de l'A
cadémie de Leyde , comme M. Boer
haave l'a observé. Et voilà un froid arti
ficiel qui surpasse de 40 degrés le plus
grand froid que la Nature ait produit.
Ajoûtez40 à 32 degrés où la glacese for
me, vous sentirez une chaleur insup
portable. L'eau est donc devenuë plus
froide de 72 degrés qu'elle n'est ordinai
rement, lorsqu'elle commence à sechan
ger en glace. Il y a long-tems que les
Chymistes ont observé qu'on pouvoit
refroidir l'eau par le mélange de certains
sels : mais auroient ils pû prévoir qu'il
eût été possible defaire un sigrandfroid?
cependant quelfroid plus excessifencore
ne pouroit-on pas produire par d'autres
moyens qui nous sont inconnus ? et que
deviendroit toute la Nature , si son Au
teus
SEPTEMBRE. 1737 1958
teur ne lui avoit pas prescrit des bornes
qu'elle ne peut passer?
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7445
p. 2643
Nouveaux Amusemens du Coeur & de l'Esprit, &c. [titre d'après la table]
Début :
NOUVEAUX AMUSEMENS du Coeur & de l'Esprit. Huitiéme Brochure. in-12. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouveaux Amusemens du Coeur & de l'Esprit, &c. [titre d'après la table]
NOUVEAUX AMUSEMENS du Coeur
& de l'Esprit. Huitième Brochure. in- 12 .
d'environ iso. pages. Le prix est de vingtquatre
sols , chés Bienvenu , Quai des Augustins.
1738.
Nous avons déja parlé de cet Ouvrage ,
que le Public continuë de recevoir favora
blement , ainsi nous nous bornerons à faire
connoître cette nouvelle Brochure par quelques
Morceaux de Poësie.
& de l'Esprit. Huitième Brochure. in- 12 .
d'environ iso. pages. Le prix est de vingtquatre
sols , chés Bienvenu , Quai des Augustins.
1738.
Nous avons déja parlé de cet Ouvrage ,
que le Public continuë de recevoir favora
blement , ainsi nous nous bornerons à faire
connoître cette nouvelle Brochure par quelques
Morceaux de Poësie.
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7446
p. 2646
« Parmi la Poësie, on trouve quelques Piéces en Prose, entr'autres, un quatriéme [...] »
Début :
Parmi la Poësie, on trouve quelques Piéces en Prose, entr'autres, un quatriéme [...]
Mots clefs :
Poésie, Prose, Géométrie naturelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Parmi la Poësie, on trouve quelques Piéces en Prose, entr'autres, un quatriéme [...] »
Parmi la Poësie , on trouve quelques Piéces
en Prose , entr'autres , un quatrième
Entretien sur la Géométrie naturelle , & dans
le genre des trois premiers , où regne un
esprit de discernement & de méthode
qui cherche la vérité , &c·
Cette huitiéme Brochure acheve le second
Tome des Nouveaux Amusemens , & c. dont
le Prix est de 3. liv. douze sols , & on promet
d'avertir le Public quand il y aura de
nouvelles Suites.
en Prose , entr'autres , un quatrième
Entretien sur la Géométrie naturelle , & dans
le genre des trois premiers , où regne un
esprit de discernement & de méthode
qui cherche la vérité , &c·
Cette huitiéme Brochure acheve le second
Tome des Nouveaux Amusemens , & c. dont
le Prix est de 3. liv. douze sols , & on promet
d'avertir le Public quand il y aura de
nouvelles Suites.
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7447
p. 1601-1613
Histoire du Ciel, &c. [titre d'après la table]
Début :
HISTOIRE DU CIEL, consideré selon les idées des Poëtes, des Philosophes & [...]
Mots clefs :
Matière, Terre, Monde, Figures, Ciel, Dieu, Corps, Origine, Soleil, Mouvement, Moïse, Philosophes, Païens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire du Ciel, &c. [titre d'après la table]
HISTOIRE DU CrEL, considerésea
lon les idées des Poëtes , des Philosophes&
de Moyse, &c. 2. Volumes in-12. AParis ,
chés la veuve Etienne , ruë S. Jacques , à la
Vertu M. D'CC. XXXIX.
2
L'intention générale de l'Histoire du Ciel
se déclare dabord par le Frontispice. Dans
une très-jolie Estampe , dessinée & gravée
par M. le Bas , on voit le Philosophe Démo
crite , retiré dans les Tombeaux d'Abdére
& fort occupé àtracer les figures des affais
semens par lesquels ils'imagine que les Atô
mes se sont raprochés & ontformé le Mon
de. Un Bourgeois d'Abdére , blessé par l'in
utilité de cette étude , prend une Ardoise
qui s'est détachée d'un Tombeau , & y écrie
ces paroles :
Démocrite, à quoipenses-tu ? l'Homme n'est
Ras.
1302 MERCURE DE FRANCE
pas fait pour construire la Terre , maispour la
cultiver. Les Laboureurs & les Passans qui
lisent ou entendent lire cette Epigram
me,semoquentdu Philosophe. L'un haus
se les épaules ; l'autre éclatte de rire ; tous.
sentent que nous avons reçû assés d'intelli
gence pour reglernotre travail & nos mœurs;
mais que nous avons peu de lumieres sur ce
quin'a pas été confié à nos soins , ni soumis
à notre gouvernement.
Ce principe si conforme à la sagesse de
Dieu,& à l'expérience que nous faisons de sa
conduite , ne paroît guere suivi dans les
Etudes ordinaires. On s'y occupe peu du
possible , du nécessaire & de l'usuel , mais
on yfait, avec apareil, des recherches péni
bles pour expliquer ce qui nous passe; &
c'est pourramener lesEtudes desjeunes gens
à leur véritable objet , que l'Auteur entre
prend de leur faire connoîtreles bornes & la.
portée de leur esprit sur la plus curieuse de.
toutes les questions. Il n'y apersonne qui ne
souhaite naturellement, de sçavoir quelle est
l'origine du Monde , comment le Ĉiel & la
Terre ont été construits , quelles sont les in-.
fluences du Ciel sur la Terre , & quelle est
la composition intime de tous ces differens.
corps,
Pour réunir sur cette matiere importante.
ce qu'il est possible d'en sçavoir, l'Auteur
commence
JUILLET. 1739 1603
commence par examiner ce que les plus
beaux génies de l'Antiquité Payenne nous
enont apris dans les Ecrits qui nous restent.
Il examine ensuite les opinions des Philoso
phes des differens âges , sur la structure du
Monde. Il compare en dernier lieu ce que
notre propre expérience nous en aprend '
avec ce que les Livres Saints nous en disent.
Il est vrai que les Payens ont converti en
autant de Fables ce qu'ils avoient apris de
leurs Peres sur les mouvemens du Ciel & sur
ses raports avec la Terre ; mais l'Auteur , en
recherchant l'origine de ces contes bizares
découvre une foule de témoignages rendus
par l'Antiquité Payenne , à la vérité de l'His
toire du Genre Humain & de la Création;
telle que Moyse nous la raporte. Il est bien
éloigné de penser que les Payens ayent ima
giné leurs Fables d'après les differens traits
raportés dans les Livres Saints, Livres dont
les Payens n'avoient aucune connoissance ;
mais il démontre que tout le Paganisme est
une altération sensible des vérités primitives
& des Coûtumes transmises aux Hébreux &
à toutes les Familles de l'Univers par les En
fans de Noé.
Tout sonpremier Tome tend àfaire voir,
1º. que les principales Coûtumes de l'Idola
trie étoient innocentes dans leur origine , &
les mêmes que celles des Hébreux , parce
qu'elles
1664 MERCURE DE FRANCE
qu'elles couloient de la même source }
relatives au culte du même Dieu &
fondées sur les mêmes esperances. 2°. Que
>
les figures bizarres que les Idolâtres ont ho
norées comme des Dieux , n'étoient dans
leur institution que des Symboles ou des Si
gnes populaires , destinés à regler l'ordre des
Fêtes & des travaux; mais qu'elles furent pri
ses dansla suite pour ce qu'ellesprésentoient
à l'œil , & converties en autant de Divinités,
dispersées dans les differentes parties du Ciel.
L'Explication donnée par quelques An
ciens aux Signes de l'Ecrevisse , du Capri
corne & dela Vierge , lui donne lieu de fai
re voir que tous les Signes duZodiaquesont
des figures Symboliques , destinées à faire
entendre aux Peuples ce qui se pratiquoit
dans la Societé, à mesure que le Soleil pas→
soit sous chacun de ces Signes. Il démontre
que ces Signes sont plus anciens que la
Colonie des Egyptiens , d'où il sait qu'ils
sont d'un établissement antérieur à la disper
sion des Enfans de Noé. Tel est le premier
échantillon des Symboles employés par les
premiers Hommes, pour se regler entre eux,
lorsque notre Ecriture courante n'étoit pas
encore inventée. Par le moyen de cesFigures
& debien d'autres d'un goût semblable, qui
étoient publiquement exposées en Egypte ,
pour avertir les Habitans , soit du moment
précis
JUILLE T. 1739 1609
précis oùle Nilse débordoit, soitdu coursdu
Soleil , ou de l'ordre des Fêtes , & de la sui
te des travaux rustiques ; l'Auteur fait voir
que les Anciens annonçoient au Peuple tout
ce quil'interessoit , en plaçant dans les As
semblées certaines Figures Symboliques, qui
étoient comme autant d'Affiches ou de Si
>
gnes , dont le sens étoit connu.
Ainsi pour faire entendre aux Egyptiens
que labrillante Etoile , nommée la Canicu
le , commençoit àse montrer le matin , &
qu'il étoit temps de se retirer avec des pro
visions sur des Terrasses elevées, pour s'y
garantir du débordement qui suivoit de près
le lever de cet Astre , on plaçoit dans l'As
semblée la Figure d'Anubis , c'est-à-dire ,
d'un Donneurd'avis. C'étoit un hommequi
faisoit un signe de la main droite , & à qui
on donnoit la tête & le nom de l'Animal fi
dele , qui avertit la Famille des aproches du
voleur. On lui mettoit des aîles aux pieds ,
pour annoncer le besoin d'une prompte re
traite, une marmite au bras, pour marquerle
besoin de provisions , & une perche à la
main , pouravertir d'observer la profondeur
de l'eau , d'où dépendoit le salut de l'E
gypte.
La Sphinx, composée d'uncorps deLion
couché, & d'une tête, de jeune fille , se pla
çoit sur untherme d'uneha uteurdéterminée!
pour
170 MERCURE DE FRANCE
pour marquer l'élevation précise qu'il falloit
›
donner aux Terrasses & pour avertir le
Peuple de demeurer en repos tout le temps
quele Soleil mettroit à parcourir les Signes
du Lion & de la Vierge. Differens Oiseaux
signifioient les differens vents dont il falloit
observer le retour, pour regler certaines Opé
rations communes, telles que l'Arpentage
des terres, après la retraite des Eaux , les Se
mailles , la culture des Légumes , &c.
L'extrême simplicité de ces premieres Ex
plications , conduit l'Auteur à examiner le
sens du Soleil , ou du Cercle qu'on voit sur
tant de Figures Egyptiennes. Il montre que
c'est le Symbole de Dieu ; que le Serpent
qu'on y joignoit ordinairement , & qu'on
nommoitEVA, servoit à peindre la vie; qu'un
Conducteur, armé d'un foüet ou d'un Scep
tre , étoit le Symbole du Soleil ou de l'an
née qui regle la Nature ; qu'une Mere fécon
de, portant differens feuillages , selon les
saisons , avec un Sistre ou un Inftrument de
réjouiffance , étoit le Symbole de la Terre &
des Fêtes qu'on célebroit en chaque saison,
pourremercier Dieu des productions de la
Terre; que le Croiffant de Lune , posé sur
la tête de cette Femme , étoit l'annonce de
la Fête de la nouvelle Lune , &c. Que cette
Femmeavec une faucille , annonçoit la Fête
du commencement des Moiffons ; avec un
grand
JUILLE T. 1739. 1607
grand Poisson, la Pêche de la fin de l'hyver;
avec une Corne de Chevre sauvage , d'où
sortent des Epis, des Fruits & des Pavots ,
l'abondance & le repos dont onjouit après
toutes les récoltes, à l'entrée de l'hyver.
Al'aide de ces premiers traits & d'une
foule d'autres , que nous ne pouvons rapor
ter , le Lecteur aperçoit tout d'un coup que
ces Figures , qui n'étoient que des Lettres
des Ecriteaux , ou des Enseignes , propres
avertir le Peuple , sont devenus des Dieux ,
qui on été diftribués dans tous les Aftres &
dans les differentes parties du Ciel & de la
Terre. On a peine à concevoir comment
l'esprit de l'homme s'eft porté jusqu'à cet
égarement. On demande quelle eft l'origine.
de cette étrange méprise.
L'Auteur démontre que c'eft l'ouvrage de
la cupidité & de l'ignorance ; que les Egyp
tiens & tous les Peuples qui imitoient leurs
Usages, plus sensibles aux biens terreftres &
au plaisir , qu'à la juftice , négligerent dans
leurs Fêtes , les leçons de Religion & les
avis de toute espece qu'on leur don
noit par ces Figures , que l'introduction de
l'Ecriture courante aida encore à faire négli
ger le sens de laSymbolique, qui se conferva
dans le cérémonial des Fêtes.
Que les Figures d'Hommes , de Femmes
d'Oiseaux,de Feuillages, de Serpens & d'au
tres
608 MERCURE DE FRANCE
tres Animaux , furent peu àpeu prises gros
sierement pour ce qu'elles présentoient à
l'œil, qu'on prit Osiris , surmonté d'un Cer
cle Solaire , pour un homme qui habitoit
dans le Soleil; qu'Isis , avec son Croiffant ,
fut prise pourune femme qui faisoit sa rési
dence dans la Lunes qu'Anubis , oule Don
neur d'avis , fut pris pour le Meffager, qui
étoit chargé de signifier leurs ordres ; que
tes Oiseaux avoient auffi commiffion d'a
prendre aux Hommes tout cequi les interes
soit. De-là l'Idolâtrie , la Divination , les
Augures , & toutes les folies du Paganisme.
L'Auteur entre ici dans un détail interes
sant. Chaque page présente une agréable
nouveauté; & , quoiqu'il ne donne ses pen
sées quepourdes conjectures , elles se trou
vent tellement liées & si conformesau sens
naturel de tous les noms des Dieux, qu'il en
résulte une démonstration satisfaisante. L'a
vantage qui revient de cette Explication du
Ciel Poëtique , n'est
pas
seulement de pou
voirenfin rapeller à une origine fort simple
tous ces Dieux & ces Usages si étranges, que
nous trouvons à chaque pas dans les Auteurs
Payens; mais c'est spécialement de voir que
les idées & les pratiques des Anciens avant
l'introduction de l'Idolâtrie , sont précisé
ment les mêmes qu'avoient les Enfans de
Noé &lespremiers Patriarches ; ce qui don
ne
JUILLET. 1739: 1609
ne une grande idée des Livres de Moyse:
Dans la discuffion que le sçavant Auteur
fait ensuite desdifferens Systêmes des Philo,
sophes sur l'origine réelle ou possible de lá
Terre & des Cieux, il prouve que tous se
réunissent en un point , qui eft de dire, que
le Monde eft composé d'une matiere com
mune, ou éternellement préexiftante , ou
sortie des mains de Dieu. Tous les Philoso
phes, & ensuite les Athées, en contrefaisant
les Philosophes, ont dit qu'une matiere muë
suffisoit pour produire le Monde. M. Plu
che et bien éloigné de penser que nos
grands Philosophes ayent voulu favoriser
PAthéisme.
Mais si l'on démontre àun Athéequi croit
l'éternité de la matiere & du mouvement,
que la matiere , muë d'une façon géné
rale , ne peutproduire ni un Monde, ni un
grain de Métal déterminé , l'Athéïsme eſt
sans reſſource , on lui enleve l'unique princi
pe qu'il ait de tout temps effayé de faire va
loir.
Or c'est ce qu'on entreprend ici, & on dé
truit ce principe imaginaire, nonpar des rai
sonnemens , mais par des Expériences , d'où
il résulte , non seulement contre les Athées,
mais contre les hypotheses des Philosophes,
qu'il n'y a point de matiere premiere , qu'il
'y anon plus de matiere en général , que
d'esprit
1610 MERCURE DE FRANCE
'd'esprit en général ; que si Dieu créoit des
Esprits , ce seroit des intelligences Angéli
ques ou humaines , & nondes Esprits indé
terminés; que, s'il crée un corps, c'eſt untel
corps , & nonun corps engénéral , quin'eſt
qu'une pensée ou une idée abstraite ; qu'à la
vérité , les corps mêlangés & les corps orga
nisés sont composés de differens Elemens ,
qui s'uniffent & se séparent , mais que ces
Elemens, comme l'Eau, l'Air, le Sel , le Feu,
chaque Métal, le Sable, la Terre, &c. sont
des corps invariables en leur nature , que le
mouvement n'a pû les convertir de matiere
premiere en matiere d'une telle nature, puis-'
qu'aucun mouvement imaginable ne peut
changer ungrain de fer en autre chose qu'à
ce qu'il eft , ni produire un grain d'or où il
n'y en avoit point, que le mouvement peut
entretenir le Monde , & en varier la Scene;
mais qu'il n'a pû le former , ni y rien pro
duire de nouveau; que c'eft donc un conseil,
une intention déterminée & non un mouve
ment qui a fait éclore chaque chose. Il suit
encore des Expériences raportées par l'Au
teur , que le nombre des especes d'Elemens.
eft déterminé & indeftructible dans la natu
re, quele nombre des especes organisées eft
également déterminé , ensorte que les Mons
tres sont tous sans fécondité, parce que cette
fécondité détruiroit les especes primitives ,
qui
JUILLE T. 1739. 1611
qui sont invariables , comme la volonté de
celui qui les a faites. Par- là il se trouve dé
montréquela poffibilité d'un Monde prove
nu d'une matiere miſe en mouvement d'une
façon générale , & tourbillonnant tant qu'on
voudra , eft une idée infoûtenable, que
le
plus petit grain d'or, comme les délinéamens
d'un Moucheron dans fon œuf, ont befoin
d'une créationfpéciale ; & que dans la natu
re, letout & les parties font l'ouvrage d'au
tant d'intentions qui leur ont affigné leur
être , leur nature , leur liaifon & leurs fonc
tions.
Onne comprend rien à ce qu'établiffent
les Philofophes , quand ils veulent conftrui
re le Monde par des affaiffemens , par des
tourbillons , ou par des attractions , parce
qu'on fent bien qu'un mouvement général ,
qui ne peut former les délinéamens d'un
poulet, ne peut pas, àplus forte raiſon, orga
nifer l'Univers. D'ailleurs il eft clair que ces
hypothéfes générales font une pure perte de
temps, puifque le Monde eft fait , & que
Dieune nous a donné des lumieres quepour
les chofes qu'il nous a chargés de faire ou de
gouverner. Mais comme il nous invite par
des présens perpétuels à une perpétuelle re
connoiffance, & à une continuelle activité
il nous a rendus très-clair-voyans fur fes in
tentions & fur l'uſage de fes dons. Ainsi no
Gret
1612 MERCURE DE FRANCE
tre vraye Physique eft de connoître notre
deftination & la portée de notre esprit , de
faire des tentatives , d'étudier la correspon
dance de tous les Etres qui nous environ
nent, avec nos besoins , & d'en faire valoir
les services pour le profit de la Societé. Cet
te Physique, dont l'excellence eft démontrée
par une Expérience de six mille ans , eft pré
cisément la Physique de Moyse , qui affigne
la création de chaque Elément & de chaque
espece organisées, à autant de volontés spa
ciales , & qui fait consifter le sçavoir de
l'homme , non à étudier la nature de ce qui
l'environne , mais à mettre en œuvre ce que
Dieu a fait pour lui,
C'eftainsi
nsi que
que M. Pluche a sçû tirer admi
rablement bien des Belles Lettres & de la
Philosophie , ce qui étoit le plus capable de
donner aux jeunes gens une vénération pro
fonde pour les Livres Saints, & pour leurin
culquer même avant qu'ils les ayent lûs , les
premieres vérités de la Révélation. Il finit
par quelques Reflexions très-mesurées, mais
intereffantes , sur les inconvéniens qu'il se- .
roit à desirer qu'on évitât dans la méthode
d'enseigner les Humanités & la Philosophie.
Il n'eft pas étonnant, au refte, que la Cour,la
Ville & laProvince,faffent un si bon accueil
à unAuteur qui joint partout la plus grande
modération aux vûës les plus nobles & les
plus
JUILLET. 1739. 1613
plus Chrétiennes. On ne pouvoit faire au Pu
blic un plus beau, ni un plus riche Présent
lon les idées des Poëtes , des Philosophes&
de Moyse, &c. 2. Volumes in-12. AParis ,
chés la veuve Etienne , ruë S. Jacques , à la
Vertu M. D'CC. XXXIX.
2
L'intention générale de l'Histoire du Ciel
se déclare dabord par le Frontispice. Dans
une très-jolie Estampe , dessinée & gravée
par M. le Bas , on voit le Philosophe Démo
crite , retiré dans les Tombeaux d'Abdére
& fort occupé àtracer les figures des affais
semens par lesquels ils'imagine que les Atô
mes se sont raprochés & ontformé le Mon
de. Un Bourgeois d'Abdére , blessé par l'in
utilité de cette étude , prend une Ardoise
qui s'est détachée d'un Tombeau , & y écrie
ces paroles :
Démocrite, à quoipenses-tu ? l'Homme n'est
Ras.
1302 MERCURE DE FRANCE
pas fait pour construire la Terre , maispour la
cultiver. Les Laboureurs & les Passans qui
lisent ou entendent lire cette Epigram
me,semoquentdu Philosophe. L'un haus
se les épaules ; l'autre éclatte de rire ; tous.
sentent que nous avons reçû assés d'intelli
gence pour reglernotre travail & nos mœurs;
mais que nous avons peu de lumieres sur ce
quin'a pas été confié à nos soins , ni soumis
à notre gouvernement.
Ce principe si conforme à la sagesse de
Dieu,& à l'expérience que nous faisons de sa
conduite , ne paroît guere suivi dans les
Etudes ordinaires. On s'y occupe peu du
possible , du nécessaire & de l'usuel , mais
on yfait, avec apareil, des recherches péni
bles pour expliquer ce qui nous passe; &
c'est pourramener lesEtudes desjeunes gens
à leur véritable objet , que l'Auteur entre
prend de leur faire connoîtreles bornes & la.
portée de leur esprit sur la plus curieuse de.
toutes les questions. Il n'y apersonne qui ne
souhaite naturellement, de sçavoir quelle est
l'origine du Monde , comment le Ĉiel & la
Terre ont été construits , quelles sont les in-.
fluences du Ciel sur la Terre , & quelle est
la composition intime de tous ces differens.
corps,
Pour réunir sur cette matiere importante.
ce qu'il est possible d'en sçavoir, l'Auteur
commence
JUILLET. 1739 1603
commence par examiner ce que les plus
beaux génies de l'Antiquité Payenne nous
enont apris dans les Ecrits qui nous restent.
Il examine ensuite les opinions des Philoso
phes des differens âges , sur la structure du
Monde. Il compare en dernier lieu ce que
notre propre expérience nous en aprend '
avec ce que les Livres Saints nous en disent.
Il est vrai que les Payens ont converti en
autant de Fables ce qu'ils avoient apris de
leurs Peres sur les mouvemens du Ciel & sur
ses raports avec la Terre ; mais l'Auteur , en
recherchant l'origine de ces contes bizares
découvre une foule de témoignages rendus
par l'Antiquité Payenne , à la vérité de l'His
toire du Genre Humain & de la Création;
telle que Moyse nous la raporte. Il est bien
éloigné de penser que les Payens ayent ima
giné leurs Fables d'après les differens traits
raportés dans les Livres Saints, Livres dont
les Payens n'avoient aucune connoissance ;
mais il démontre que tout le Paganisme est
une altération sensible des vérités primitives
& des Coûtumes transmises aux Hébreux &
à toutes les Familles de l'Univers par les En
fans de Noé.
Tout sonpremier Tome tend àfaire voir,
1º. que les principales Coûtumes de l'Idola
trie étoient innocentes dans leur origine , &
les mêmes que celles des Hébreux , parce
qu'elles
1664 MERCURE DE FRANCE
qu'elles couloient de la même source }
relatives au culte du même Dieu &
fondées sur les mêmes esperances. 2°. Que
>
les figures bizarres que les Idolâtres ont ho
norées comme des Dieux , n'étoient dans
leur institution que des Symboles ou des Si
gnes populaires , destinés à regler l'ordre des
Fêtes & des travaux; mais qu'elles furent pri
ses dansla suite pour ce qu'ellesprésentoient
à l'œil , & converties en autant de Divinités,
dispersées dans les differentes parties du Ciel.
L'Explication donnée par quelques An
ciens aux Signes de l'Ecrevisse , du Capri
corne & dela Vierge , lui donne lieu de fai
re voir que tous les Signes duZodiaquesont
des figures Symboliques , destinées à faire
entendre aux Peuples ce qui se pratiquoit
dans la Societé, à mesure que le Soleil pas→
soit sous chacun de ces Signes. Il démontre
que ces Signes sont plus anciens que la
Colonie des Egyptiens , d'où il sait qu'ils
sont d'un établissement antérieur à la disper
sion des Enfans de Noé. Tel est le premier
échantillon des Symboles employés par les
premiers Hommes, pour se regler entre eux,
lorsque notre Ecriture courante n'étoit pas
encore inventée. Par le moyen de cesFigures
& debien d'autres d'un goût semblable, qui
étoient publiquement exposées en Egypte ,
pour avertir les Habitans , soit du moment
précis
JUILLE T. 1739 1609
précis oùle Nilse débordoit, soitdu coursdu
Soleil , ou de l'ordre des Fêtes , & de la sui
te des travaux rustiques ; l'Auteur fait voir
que les Anciens annonçoient au Peuple tout
ce quil'interessoit , en plaçant dans les As
semblées certaines Figures Symboliques, qui
étoient comme autant d'Affiches ou de Si
>
gnes , dont le sens étoit connu.
Ainsi pour faire entendre aux Egyptiens
que labrillante Etoile , nommée la Canicu
le , commençoit àse montrer le matin , &
qu'il étoit temps de se retirer avec des pro
visions sur des Terrasses elevées, pour s'y
garantir du débordement qui suivoit de près
le lever de cet Astre , on plaçoit dans l'As
semblée la Figure d'Anubis , c'est-à-dire ,
d'un Donneurd'avis. C'étoit un hommequi
faisoit un signe de la main droite , & à qui
on donnoit la tête & le nom de l'Animal fi
dele , qui avertit la Famille des aproches du
voleur. On lui mettoit des aîles aux pieds ,
pour annoncer le besoin d'une prompte re
traite, une marmite au bras, pour marquerle
besoin de provisions , & une perche à la
main , pouravertir d'observer la profondeur
de l'eau , d'où dépendoit le salut de l'E
gypte.
La Sphinx, composée d'uncorps deLion
couché, & d'une tête, de jeune fille , se pla
çoit sur untherme d'uneha uteurdéterminée!
pour
170 MERCURE DE FRANCE
pour marquer l'élevation précise qu'il falloit
›
donner aux Terrasses & pour avertir le
Peuple de demeurer en repos tout le temps
quele Soleil mettroit à parcourir les Signes
du Lion & de la Vierge. Differens Oiseaux
signifioient les differens vents dont il falloit
observer le retour, pour regler certaines Opé
rations communes, telles que l'Arpentage
des terres, après la retraite des Eaux , les Se
mailles , la culture des Légumes , &c.
L'extrême simplicité de ces premieres Ex
plications , conduit l'Auteur à examiner le
sens du Soleil , ou du Cercle qu'on voit sur
tant de Figures Egyptiennes. Il montre que
c'est le Symbole de Dieu ; que le Serpent
qu'on y joignoit ordinairement , & qu'on
nommoitEVA, servoit à peindre la vie; qu'un
Conducteur, armé d'un foüet ou d'un Scep
tre , étoit le Symbole du Soleil ou de l'an
née qui regle la Nature ; qu'une Mere fécon
de, portant differens feuillages , selon les
saisons , avec un Sistre ou un Inftrument de
réjouiffance , étoit le Symbole de la Terre &
des Fêtes qu'on célebroit en chaque saison,
pourremercier Dieu des productions de la
Terre; que le Croiffant de Lune , posé sur
la tête de cette Femme , étoit l'annonce de
la Fête de la nouvelle Lune , &c. Que cette
Femmeavec une faucille , annonçoit la Fête
du commencement des Moiffons ; avec un
grand
JUILLE T. 1739. 1607
grand Poisson, la Pêche de la fin de l'hyver;
avec une Corne de Chevre sauvage , d'où
sortent des Epis, des Fruits & des Pavots ,
l'abondance & le repos dont onjouit après
toutes les récoltes, à l'entrée de l'hyver.
Al'aide de ces premiers traits & d'une
foule d'autres , que nous ne pouvons rapor
ter , le Lecteur aperçoit tout d'un coup que
ces Figures , qui n'étoient que des Lettres
des Ecriteaux , ou des Enseignes , propres
avertir le Peuple , sont devenus des Dieux ,
qui on été diftribués dans tous les Aftres &
dans les differentes parties du Ciel & de la
Terre. On a peine à concevoir comment
l'esprit de l'homme s'eft porté jusqu'à cet
égarement. On demande quelle eft l'origine.
de cette étrange méprise.
L'Auteur démontre que c'eft l'ouvrage de
la cupidité & de l'ignorance ; que les Egyp
tiens & tous les Peuples qui imitoient leurs
Usages, plus sensibles aux biens terreftres &
au plaisir , qu'à la juftice , négligerent dans
leurs Fêtes , les leçons de Religion & les
avis de toute espece qu'on leur don
noit par ces Figures , que l'introduction de
l'Ecriture courante aida encore à faire négli
ger le sens de laSymbolique, qui se conferva
dans le cérémonial des Fêtes.
Que les Figures d'Hommes , de Femmes
d'Oiseaux,de Feuillages, de Serpens & d'au
tres
608 MERCURE DE FRANCE
tres Animaux , furent peu àpeu prises gros
sierement pour ce qu'elles présentoient à
l'œil, qu'on prit Osiris , surmonté d'un Cer
cle Solaire , pour un homme qui habitoit
dans le Soleil; qu'Isis , avec son Croiffant ,
fut prise pourune femme qui faisoit sa rési
dence dans la Lunes qu'Anubis , oule Don
neur d'avis , fut pris pour le Meffager, qui
étoit chargé de signifier leurs ordres ; que
tes Oiseaux avoient auffi commiffion d'a
prendre aux Hommes tout cequi les interes
soit. De-là l'Idolâtrie , la Divination , les
Augures , & toutes les folies du Paganisme.
L'Auteur entre ici dans un détail interes
sant. Chaque page présente une agréable
nouveauté; & , quoiqu'il ne donne ses pen
sées quepourdes conjectures , elles se trou
vent tellement liées & si conformesau sens
naturel de tous les noms des Dieux, qu'il en
résulte une démonstration satisfaisante. L'a
vantage qui revient de cette Explication du
Ciel Poëtique , n'est
pas
seulement de pou
voirenfin rapeller à une origine fort simple
tous ces Dieux & ces Usages si étranges, que
nous trouvons à chaque pas dans les Auteurs
Payens; mais c'est spécialement de voir que
les idées & les pratiques des Anciens avant
l'introduction de l'Idolâtrie , sont précisé
ment les mêmes qu'avoient les Enfans de
Noé &lespremiers Patriarches ; ce qui don
ne
JUILLET. 1739: 1609
ne une grande idée des Livres de Moyse:
Dans la discuffion que le sçavant Auteur
fait ensuite desdifferens Systêmes des Philo,
sophes sur l'origine réelle ou possible de lá
Terre & des Cieux, il prouve que tous se
réunissent en un point , qui eft de dire, que
le Monde eft composé d'une matiere com
mune, ou éternellement préexiftante , ou
sortie des mains de Dieu. Tous les Philoso
phes, & ensuite les Athées, en contrefaisant
les Philosophes, ont dit qu'une matiere muë
suffisoit pour produire le Monde. M. Plu
che et bien éloigné de penser que nos
grands Philosophes ayent voulu favoriser
PAthéisme.
Mais si l'on démontre àun Athéequi croit
l'éternité de la matiere & du mouvement,
que la matiere , muë d'une façon géné
rale , ne peutproduire ni un Monde, ni un
grain de Métal déterminé , l'Athéïsme eſt
sans reſſource , on lui enleve l'unique princi
pe qu'il ait de tout temps effayé de faire va
loir.
Or c'est ce qu'on entreprend ici, & on dé
truit ce principe imaginaire, nonpar des rai
sonnemens , mais par des Expériences , d'où
il résulte , non seulement contre les Athées,
mais contre les hypotheses des Philosophes,
qu'il n'y a point de matiere premiere , qu'il
'y anon plus de matiere en général , que
d'esprit
1610 MERCURE DE FRANCE
'd'esprit en général ; que si Dieu créoit des
Esprits , ce seroit des intelligences Angéli
ques ou humaines , & nondes Esprits indé
terminés; que, s'il crée un corps, c'eſt untel
corps , & nonun corps engénéral , quin'eſt
qu'une pensée ou une idée abstraite ; qu'à la
vérité , les corps mêlangés & les corps orga
nisés sont composés de differens Elemens ,
qui s'uniffent & se séparent , mais que ces
Elemens, comme l'Eau, l'Air, le Sel , le Feu,
chaque Métal, le Sable, la Terre, &c. sont
des corps invariables en leur nature , que le
mouvement n'a pû les convertir de matiere
premiere en matiere d'une telle nature, puis-'
qu'aucun mouvement imaginable ne peut
changer ungrain de fer en autre chose qu'à
ce qu'il eft , ni produire un grain d'or où il
n'y en avoit point, que le mouvement peut
entretenir le Monde , & en varier la Scene;
mais qu'il n'a pû le former , ni y rien pro
duire de nouveau; que c'eft donc un conseil,
une intention déterminée & non un mouve
ment qui a fait éclore chaque chose. Il suit
encore des Expériences raportées par l'Au
teur , que le nombre des especes d'Elemens.
eft déterminé & indeftructible dans la natu
re, quele nombre des especes organisées eft
également déterminé , ensorte que les Mons
tres sont tous sans fécondité, parce que cette
fécondité détruiroit les especes primitives ,
qui
JUILLE T. 1739. 1611
qui sont invariables , comme la volonté de
celui qui les a faites. Par- là il se trouve dé
montréquela poffibilité d'un Monde prove
nu d'une matiere miſe en mouvement d'une
façon générale , & tourbillonnant tant qu'on
voudra , eft une idée infoûtenable, que
le
plus petit grain d'or, comme les délinéamens
d'un Moucheron dans fon œuf, ont befoin
d'une créationfpéciale ; & que dans la natu
re, letout & les parties font l'ouvrage d'au
tant d'intentions qui leur ont affigné leur
être , leur nature , leur liaifon & leurs fonc
tions.
Onne comprend rien à ce qu'établiffent
les Philofophes , quand ils veulent conftrui
re le Monde par des affaiffemens , par des
tourbillons , ou par des attractions , parce
qu'on fent bien qu'un mouvement général ,
qui ne peut former les délinéamens d'un
poulet, ne peut pas, àplus forte raiſon, orga
nifer l'Univers. D'ailleurs il eft clair que ces
hypothéfes générales font une pure perte de
temps, puifque le Monde eft fait , & que
Dieune nous a donné des lumieres quepour
les chofes qu'il nous a chargés de faire ou de
gouverner. Mais comme il nous invite par
des présens perpétuels à une perpétuelle re
connoiffance, & à une continuelle activité
il nous a rendus très-clair-voyans fur fes in
tentions & fur l'uſage de fes dons. Ainsi no
Gret
1612 MERCURE DE FRANCE
tre vraye Physique eft de connoître notre
deftination & la portée de notre esprit , de
faire des tentatives , d'étudier la correspon
dance de tous les Etres qui nous environ
nent, avec nos besoins , & d'en faire valoir
les services pour le profit de la Societé. Cet
te Physique, dont l'excellence eft démontrée
par une Expérience de six mille ans , eft pré
cisément la Physique de Moyse , qui affigne
la création de chaque Elément & de chaque
espece organisées, à autant de volontés spa
ciales , & qui fait consifter le sçavoir de
l'homme , non à étudier la nature de ce qui
l'environne , mais à mettre en œuvre ce que
Dieu a fait pour lui,
C'eftainsi
nsi que
que M. Pluche a sçû tirer admi
rablement bien des Belles Lettres & de la
Philosophie , ce qui étoit le plus capable de
donner aux jeunes gens une vénération pro
fonde pour les Livres Saints, & pour leurin
culquer même avant qu'ils les ayent lûs , les
premieres vérités de la Révélation. Il finit
par quelques Reflexions très-mesurées, mais
intereffantes , sur les inconvéniens qu'il se- .
roit à desirer qu'on évitât dans la méthode
d'enseigner les Humanités & la Philosophie.
Il n'eft pas étonnant, au refte, que la Cour,la
Ville & laProvince,faffent un si bon accueil
à unAuteur qui joint partout la plus grande
modération aux vûës les plus nobles & les
plus
JUILLET. 1739. 1613
plus Chrétiennes. On ne pouvoit faire au Pu
blic un plus beau, ni un plus riche Présent
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7448
p. 321
Dissertation sur la Musique, [titre d'après la table]
Début :
DISSERTATION sur la Musique moderne, par M. Rousseau, 8o. de [...]
Mots clefs :
Dissertation, Musique moderne
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texteReconnaissance textuelle : Dissertation sur la Musique, [titre d'après la table]
DISSERTATION fur la Mufique
, par M. Rouffean , 8 ° . de
100. pages , fans la Préface . A Paris , chés
Quillau , Pere , ruë Gallande , à l'Annon
ciation. 40 , fols.
, par M. Rouffean , 8 ° . de
100. pages , fans la Préface . A Paris , chés
Quillau , Pere , ruë Gallande , à l'Annon
ciation. 40 , fols.
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7449
p. 321-333
LETTRE de M. Rousseau à M. D.
Début :
M. quand j'inventai de nouveaux caractéres pour entretenir plus commodément [...]
Mots clefs :
Musique, Temps, Notes, Note, Sons, Point, Méthode, Durée, Ouvrage, Chiffres, Naturel, Tonique, Système, Savoir, Rapports, Majeur, Chiffre
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Rousseau à M. D.
LETTRE de M. Rouffeau à M. D.
M. quand j'inventai de nouveaux caracté
res pour entretenir plus commodément
notre commerce de Mufique , je n'imaginois
guére que la connoiffance de ce ſyſtême
pafferoit plus loin que chés vous & chés
moi : cependant je me vis bien - tôt dans le
cas d'en multiplier l'ufage , lorfqu'étant
venu à Paris , je fus follicité par mes amis
de Province de leur envoyer divers morceaux
de Mufique ; comme ces commiffious
revenoient fouvent , je pris le parti de leur
expliquer ma Méthode , ce qui me mit à
portée de fatisfaire leur curiofité plus facilement
, & fans augmenter le volume de mes
Lettres. Nous nous en fommes fi bien trouvés
, que nous continuons à nous envoyer
réci-
Fiij
322 MERCURE DE FRANCE
réciproquement en Italie & à Paris , ce qu'il
ya de plus curieux & de plus nouveau en
fait de Mufique , noté fuivant ma Méthode ,
Son extrême facilité comparée aux embarras
de la Mufique ordina re , m'engagea bien - tôt
d'en faire un parallèle , dans lequel la mienne
me fembloit gagner & mériter un examen
plus fericux . L'Académie Royale des Sciences
voulut bien m'accorder l'honneur de faire
čet examen. Elle en porta même un jugement
affés favorable , pour m'autorifer à
publier ma Méthode ; c'eft ce que je fais aujourd'hui
dans un petit Ouvrage intitulé
Differtation fur la Mufique Moderne , lequel
indépendamment de mon fyftême que j'y
explique , contient des réflexions fur l'Echelle
& les Notes ordinaires de la Mufique
, affés neuves , je crois , & affés intereffantes
pour mériter quelque attention . Je
vais , M. vous donner une idée de ce petit
Traité , en attendant que la lecture vous
mette en état de ne vous en rapporter qu'à
vous- même. Au refte , je ne vous cacherai
point que j'ai la foibleffe d'être du nombre
de ces Auteurs , qui s'imaginent que leurs
Ouvrages ne font point fufceptibles d'extrait
, & qu'il faut tout lire , pour en bien
juger.
›
Comme ma vûë n'eſt point d'anéantir les
Signes de la Mufique ordinaire , pour leur
fubftituer
FEVRIER 1743 325
fubftituer les miens , je devois être difpenfé
de répondre aux obiections qu'on fait ordinairement
, & même avec affés de raifon ;
contre toutes les entreprifes de ce genre :
cependant , je me fuis apperçû qu'on fe
plaifoit fi fort à répeter ces fortes d'objec
tions & avec tant de confiance , que j'ai
crû devoir montrer en détail combien peu
elles font appliquables à mon fyftême : mon
but n'eft que d'établir une Méthode plus
fimple & plus commode qui puiffe fervir
pour ainfi dire , d'aide & de fupplément à
l'ancienne . Il ne faut donc pas fe fatiguer à
prévoir ce que deviendra la Mufique déja
notée , fi la mienne a lieu , & il faut encore
moins m'oppofer la longueur du tems qu'il
faudroit perdre à apprendre la Mufique deux
fois , puifque , fondé fur l'extrême fimplicité
de ma Méthode , j'établis qu'on parviendroit
à les fçavoir toutes deux , en commençant
par la mienne , en moins de tems encore
qu'on n'en met à apprendre feule celle qui
eft en ufage. C'est ce que j'explique en
détail dans ma Préface : j'ai tâché d'y épuifer
ce qu'il y avoit de général à oppofer à
mon fyftême , & j'ofe croire qu'il faut aimer
à chicanner , pour renouveller les mêmes
objections , après l'avoir lûë.
L'Ouvrage commence par un examen des
Signes actuels de la Mufique , tels qu'ils ont
F iiij éré
324 MERCURE DE FRANCE
été fubftitués par Jean de Meurs ou par
Guy d'Arezzo aux chiffres de l'Arithmétique,
c'est -à - dire , aux lettres de l'Alphabet des
Grecs. Les motifs de cette fubftitution
m'ayant parû frivoles , j'explique le fondement
de mon opinion , & après avoir montré
que les chiffres peuvent conferver tous les
avantages des Notes , j'ajoûte que ces chiffres
étant l'expreffion qu'on a donnée aux
nombres , & les nombres eux- mêmes étant
les expofans de la géneration des fons , rien
n'eft fi naturel que l'expreffion des fons par
les chifres de l'Arithmétique,
La maniére d'employer ces chiffres ne
peut être relative qu'aux rapports des fons
ou à leurs intervalles , & il eft aifé de voir
que le fecond fens eft préferable pour la
pratique. Mais il s'agit de trouver un fon
fixe & fondamental auquel on puiffe rapporter
tous les autres & qui leur ferve de
terme commun de comparaifon. Il n'en eſt
poind de tel , proprement dit ; mais il en eſt
une infinité d'arbitraires , qui peuvent devenir
fondamentaux , chacun à fon tour : car
alors nuls des autres fons ne peuvent être
employés dans le Chant qu'en vertu de
certains rapports déterminés qu'ils ont avec
ce fon Tonique , & tous ceux qui n'ont pas
ces rapports - là , font pour lors exclus de la
modulation
Pr
FEVRIER. 1743. 325
Or , comme il n'y a que le mode majeur
qui nous foit indiqué par la Nature , je le
prends pour modéle dans ma nouvelle inftitution
, & j'établis le chiffre 1. pour la Bafe
& la Tonique de tous les Tons majeurs.
Nous avons dans le Clavier douze fons
principaux,fur chacun defquels on peut faire
rouler un Chant ; chacun de ces fons pourra
donc être exprimé par le chiffre 1 , & ce
fon particulier fera déterminé par fon nom
naturel qu'on écrira à la marge ; c'cft- àdire
, que fi l'on écrit ut nous ferons en ut
majeur , & l'ut fe marquera 1 ; fi l'on écrit
fol , nous ferons en fol majeur , & le fol
s'écrira 1 &c. Or , dès que le Ton ferą ainſi
déterminé , le chiffre ou la Tonique 1. s'appellera
toujours ut , fans égard pour fon nom
naturel ; la feconde Notte du Ton s'appellera
re & fe marquera 2 ; la troifiéme , mi
& fe marquera 3 &c. jufqu'à la feptiéme
qui s'appellera fi & fe marquera 7. Toutes
ces Nottes devront fe trouver entre elles &
avec la Tonique en mêmes rapports que
les Nottes de même nom dans la Gamme
naturelle entre elles & avec le C fol ut ; de
maniére qu'il y aura toujours un Ton entre
1 & 2 , un Ton entre 2 & 3 , un demi Ton
entre 3 & 4, &c. Ce qui retranche tout
d'un coup les Diézes & les Bémols des Clés,
& exprime toujours les mêmes intervalles ,
F Y tant
326 MERCURE DE FRANCE
tant majeurs que mineurs avec les mêmes
caractéres .
Ceci revient à peu près à cette Méthode
qu'on appelle tranfpofition dans la Mufique
vocale , & que les maîtres regardent ordinairement
comme une pratique d'ignorans ,
s'imaginant qu'il y a beaucoup plus de
fcience à chanter toujours au naturel; à plus
forte raifon ne l'adopteroient- ils pas dans la
pratique inftrumentale , puifque d'ailleurs
elle détruit ce rapport direct qu'ils fuppofent
toujours entre une telle pofition de Notte &
une telle touche de leur inftrument.
Mais ce rapport eft à chaque inſtant en
défaut , & doit plus fervir à induire en erreur
qu'à faciliter l'exécution , ce que j'explique
en détail , auffi bien que tout ce qui
concerne l'idée que l'on doit fe faire des
Nottes & des fons relatifs dans l'exécution
tant vocale qu'inftrumentale. S'il y a quel
que chofe de mal imaginé dans la Mufique ,
c'eft , fans contredit , la Méthode de chanter
& d'exécuter au naturel ; je crois l'avoir
démontré ; & s'il y a quelque chofe d'ingenieux
dans le Systême que je propoſe , c'eſt
l'expreffion des fons,toujours relative au Ton
dans lequel ils font employés. Vous jugerez,
M. de la folidité de mes preuves, en les examinant
dans l'ouvrage même.
Les paffages d'une Octave à l'autre ſe font
par
FEVRIER : 1743. 327
par des points placés au- deffus ou au- deffous
des Nottes , ou par des pofitions fur lignes ,
femblables
à celles de la Mufique ordinaire ,
avec cette difference,que l'éloignement
d'un
degré ne fait qu'un intervalle de feconde par cette Mufique , & qu'il n'en faut pas d'avantage
pour faire une Octave par la mienne ,
de forte qu'une feule ligne & fes deux eſpaces
contigus y fuffisent pour faire roûler une
partie dans l'étendue
de trois Octaves , pour
lefquelles il ne faudroit pas moins d'onze
lignes par la Méthode ordinaire.
,
A l'égard du mode mineur , comme le
rapport des fons , qui le conftituent , fe
trouve exactement dans l'Octave , compriſe .
entre deux la fur le Clavier naturel , cette
Octave en devient le modéle , & en appliquant
le chiffre 1 , & le nom d'ut à la
Médiante d'un ton mineur la Tonique .
s'appellera la & fe marquera par le chiffre 63
ainfi le nom écrit à la marge & qui indique
toujours la Note qui doit s'appeller ut
alors celui de la Médiante & non pas de la
Tonique c'eft ce qu'on connoît toujours
par un Signe ajoûté à ce mot , quand le Ton
eft mincur & cet arrangement a de plus.
l'avantage d'exprimer très- exactement l'analogie
qui fe trouve d'un côté, entre tout Ton
majeur & le mode mineur de fa fixiéme.
F vj Note
>
eft.
4
328 MERCURE DE FRANCE
Note , & de l'autre, entre tout Ton mineur
& le mode majeur de fa Médiante.
Le Dièfe accidentel s'indique par une
ligne oblique qui traverfe la Note , en montant
de gauche à droite, & le Bémol par une
autre femblable ligne qui la traverfe en defcendant
dans le même fens.
Voilà, M. une idée abrégée de la Méthode
dont je me fers pour l'expreffion de tous les
fons qui compofent le Clavier. Les avantages
que cette Méthode a pardeffus la Note
ordinaire , me paroiffent confidérables ; je
ne vous parlerai ici que des deux plus importans,
qui font , 1 °. L'identité d'idées toujours
confervée dans le même arrangement
de caractéres, ce qu'on ne trouve point dans
l'autre Mufique, où les mêmes pofitions de
Notes expriment à tout moment des fons &
des intervalles differens. 2°. La connoiffance
exacte des intervalles fimples & redoublés ,
tant par la difference des chiffres qui les expriment
, que par des renverfemens dont la
parfaite connoiffance dépend d'un quart
d'heure d'application.
L'examen de la manière dont on a déter
miné la durée des fons & la valeur des Notes
, occupe la feconde partie de l'Ouvrage.
Toutes ces differentes figures de Notes ;
relatives à la durée d'une ronde ou à celle
d'une mefure à quatre tems , n'ont rien de
dés
FEVRIER. 1743 329
déterminé quant à la durée , puifque rien
n'eft fi variable que le terme même auquel
on les compare . De -là naiffent mille défauts
nuifibles à la précifion des mouvemens.
D'ailleurs , pourquoi ce grand nombre de
mefures differentes , indiquées par tant de
chiffres bizarres , tandis que d'un autre côté
on n'a établi les rapports des Notes que par
une progreffion fous double , qui ne fait que
la moitié des combinaiſons ?
·
Je ne reconnois que deux mefures differentes
, fçavoir à deux & à trois tems , & je
reconnois de même deux divifions de tems
fçavoir , divifion fous double & divifion
fous-triple , auxquelles il faut néceffairement
avoir égard dans la diftribution des valeurs ,
faute dequoi , on tombe dans les exceptions
vicieufes dont je parle dans cet Ouvrage.
Comme nous n'avons point de fon fixe abfolu
, qui mérite par quelque proprieté par
ticuliére de fervir de fondement aux autres.
de même & par la même raiſon , nous n'avons
point de durée abfoluë qui doive ſervir
de mefure commune aux differentes valeurs
des Notes. Mais comme dans chaque Ton
j'établis pour fon fixe le fon fondamental de
ce Ton- là , dans chaque mefure differente
je prends auffi pour terme de comparaiſon
la durée même de la meſure dont il eft ques
tion ; j'en divife les tems par des virgules ;
chaque
330 MERCURE DE FRANCE
chaque tems comprend une Note , ou plu
fieurs ; s'il n'en comprend qu'une , cette
Note remplit tout ce tems & doit durer autant
que lui ; rien n'eft fi fimple : fi le tems
contient plufieurs Notes , divifez fa durée en
autant de parties égales qu'il y a de Notes ;
appliquez chacune de ces parties à chacune
de ces Notes , & paffez- les de forte que tous
les tems foient égaux.
Un tems eft- il divifé en parties inégales ?
Toutes les inégalités poffibles font déterminées
avec la plus exacte précifion , non par
une complication de figures bizarres , mais
par de fimples lignes horifontales ajoûtées
au- deffus ou au - deffous des Notes, pour lier
toutes celles qui ne font que des fubdivi
fions des parties égales , auxquelles par ce
moyen il eft aife de les comparer. Ces liaifons
font à peu près l'effet des croches , doubles-
croches & c . dans la Muſique ordinai
re , excepté qu'elles reviennent beaucoup
plus rarement & ne peuvent jamais être plus
de deux en nombre fur la même Note.
Je me fers du point , à peu près pour le
même ufage que dans la Mufique ordinaire
mais je lui donne un fens bien plus étendu ,
puifqu'il peut foutenir le fon de la Note qui
l'a précedé , non feulement pendant la moitié
de la durée de cette Note , ce qui ne fait
qu'un cas particulier , mais pendant toutes
Jes
FEVRIER 1743 331
les differentes durées dont la mesure où on
l'employe eft fufceptible ; le point, de même
que les Notes , n'ayant de valeur déterminée
que par la place qu'il occupe dans la meſure:
ou dans le tems où il eft.
Comme je n'ai pas befoin de diverfifier la
figure des Notes pour repréfenter leurs diffe
rentes valeurs , & que les mêmes régles font
appliquables à tous leurs filences relatifs , il
s'enfuit que le feul zéro fuffit avec les points
qui le peuvent fuivre , pour remplacer tous
ces foupirs,demi foupirs & autresSignes bizarres
qu'on eft contraint d'arranger à tout mo
ment à la file les uns des autres , faute d'avoir
voulu donner au point un ufage plus étendu .
Il n'eft pas néceffaire , M. de vous en
dire davantage , pour vous rappeller l'idée
d'une Méthode que vous avez cultivée avec
tant de plaifir. Vous m'avez fait l'honneur
de me dire autrefois que vous ne croyiez pas
qu'il fût poffible d'imaginer des Signes plus
fimples & plus expreffifs que les miens.
J'efpere, M. que fi le Public n'adopte pas en
tout un jugement auffi favorable , il les
trouvera , du moins , commodes & faciles ;
en quoi j'ofe me flatter d'avoir travaillé avec
un fuccès bien different de tous ceux qui ont
propofé jufqu'ici des projets en ce genre.
Au refte , il me paroît qu'on trouvera
dans ce fyftême bien des avantages de détail
qu'on
32 MERCURE DE FRANCE
qu'on fouhaite depuis long-tems. Il n'y a
peut-être pas un Amateur de la Mufique qui
n'ait cherché une fois en fa vie quelque
moyen plus commode de noter fous un plus
petit volume , & fans tout cet embarras de
lignes & de portées , foit pour porter fur foi
des Recueils , foit pour envoyer de la Mufique
en Province , foit enfin parce qu'on ne
trouve pas de papier reglé fous fa main , toutes
les fois qu'on a quelque air à noter.
Ce qu'il y a d'avantageux dans mon
fyftême , c'eft qu'il fuffit pour ceux qui fçavent
la Mufique de lire une fois mon Ouvrage
, pour pouvoir exécuter fur la mienne
avec lamême facilité que fur l'autre : à l'égard
de ceux qui ne la fçavent point, s'ils fe veulent
contenter de la mienne , ils doivent fçavoir
chanter à Livre ouvert tout au moins en huit
mois , & s'ils veulent outre cela fçavoir la Mufique
ordinaire , ils ne doivent pas employer
plus du double de ce tems-là pour toutes
deux, en commençant par la mienne , ce qui
n'arriveroit pas s'ils commençoient par l'autre;
car tout cet embarras de tranfpofitions, de
clefs , de valeurs , de pofitions , fait une confufion
qu'on ne doit développer à l'efprit
des Ecoliers , que quand leurs organes ont
acquis l'habitude de la mefure & de l'intonation,&
qu'ils commencent à entendre quelque
chofe à la théorie des tons & des modes.
Vous
FEVRIER 1743 935
Vous trouverez dans le Mercure prochain
un Air noté par mes caractéres ; je
n'ai point voulu le mettre dans celui - ci, parce
que cet Extrait ne fuffifant pas pour expliquer
mon Systéme , il falloit donner à mon
Livre le tems de fe répandre dans les Provinces
, afin que tout le monde fût en état de
déchiffrer. J'ai l'honneur d'être , &c.
A Paris ce 6. Janvier 1743 .
M. quand j'inventai de nouveaux caracté
res pour entretenir plus commodément
notre commerce de Mufique , je n'imaginois
guére que la connoiffance de ce ſyſtême
pafferoit plus loin que chés vous & chés
moi : cependant je me vis bien - tôt dans le
cas d'en multiplier l'ufage , lorfqu'étant
venu à Paris , je fus follicité par mes amis
de Province de leur envoyer divers morceaux
de Mufique ; comme ces commiffious
revenoient fouvent , je pris le parti de leur
expliquer ma Méthode , ce qui me mit à
portée de fatisfaire leur curiofité plus facilement
, & fans augmenter le volume de mes
Lettres. Nous nous en fommes fi bien trouvés
, que nous continuons à nous envoyer
réci-
Fiij
322 MERCURE DE FRANCE
réciproquement en Italie & à Paris , ce qu'il
ya de plus curieux & de plus nouveau en
fait de Mufique , noté fuivant ma Méthode ,
Son extrême facilité comparée aux embarras
de la Mufique ordina re , m'engagea bien - tôt
d'en faire un parallèle , dans lequel la mienne
me fembloit gagner & mériter un examen
plus fericux . L'Académie Royale des Sciences
voulut bien m'accorder l'honneur de faire
čet examen. Elle en porta même un jugement
affés favorable , pour m'autorifer à
publier ma Méthode ; c'eft ce que je fais aujourd'hui
dans un petit Ouvrage intitulé
Differtation fur la Mufique Moderne , lequel
indépendamment de mon fyftême que j'y
explique , contient des réflexions fur l'Echelle
& les Notes ordinaires de la Mufique
, affés neuves , je crois , & affés intereffantes
pour mériter quelque attention . Je
vais , M. vous donner une idée de ce petit
Traité , en attendant que la lecture vous
mette en état de ne vous en rapporter qu'à
vous- même. Au refte , je ne vous cacherai
point que j'ai la foibleffe d'être du nombre
de ces Auteurs , qui s'imaginent que leurs
Ouvrages ne font point fufceptibles d'extrait
, & qu'il faut tout lire , pour en bien
juger.
›
Comme ma vûë n'eſt point d'anéantir les
Signes de la Mufique ordinaire , pour leur
fubftituer
FEVRIER 1743 325
fubftituer les miens , je devois être difpenfé
de répondre aux obiections qu'on fait ordinairement
, & même avec affés de raifon ;
contre toutes les entreprifes de ce genre :
cependant , je me fuis apperçû qu'on fe
plaifoit fi fort à répeter ces fortes d'objec
tions & avec tant de confiance , que j'ai
crû devoir montrer en détail combien peu
elles font appliquables à mon fyftême : mon
but n'eft que d'établir une Méthode plus
fimple & plus commode qui puiffe fervir
pour ainfi dire , d'aide & de fupplément à
l'ancienne . Il ne faut donc pas fe fatiguer à
prévoir ce que deviendra la Mufique déja
notée , fi la mienne a lieu , & il faut encore
moins m'oppofer la longueur du tems qu'il
faudroit perdre à apprendre la Mufique deux
fois , puifque , fondé fur l'extrême fimplicité
de ma Méthode , j'établis qu'on parviendroit
à les fçavoir toutes deux , en commençant
par la mienne , en moins de tems encore
qu'on n'en met à apprendre feule celle qui
eft en ufage. C'est ce que j'explique en
détail dans ma Préface : j'ai tâché d'y épuifer
ce qu'il y avoit de général à oppofer à
mon fyftême , & j'ofe croire qu'il faut aimer
à chicanner , pour renouveller les mêmes
objections , après l'avoir lûë.
L'Ouvrage commence par un examen des
Signes actuels de la Mufique , tels qu'ils ont
F iiij éré
324 MERCURE DE FRANCE
été fubftitués par Jean de Meurs ou par
Guy d'Arezzo aux chiffres de l'Arithmétique,
c'est -à - dire , aux lettres de l'Alphabet des
Grecs. Les motifs de cette fubftitution
m'ayant parû frivoles , j'explique le fondement
de mon opinion , & après avoir montré
que les chiffres peuvent conferver tous les
avantages des Notes , j'ajoûte que ces chiffres
étant l'expreffion qu'on a donnée aux
nombres , & les nombres eux- mêmes étant
les expofans de la géneration des fons , rien
n'eft fi naturel que l'expreffion des fons par
les chifres de l'Arithmétique,
La maniére d'employer ces chiffres ne
peut être relative qu'aux rapports des fons
ou à leurs intervalles , & il eft aifé de voir
que le fecond fens eft préferable pour la
pratique. Mais il s'agit de trouver un fon
fixe & fondamental auquel on puiffe rapporter
tous les autres & qui leur ferve de
terme commun de comparaifon. Il n'en eſt
poind de tel , proprement dit ; mais il en eſt
une infinité d'arbitraires , qui peuvent devenir
fondamentaux , chacun à fon tour : car
alors nuls des autres fons ne peuvent être
employés dans le Chant qu'en vertu de
certains rapports déterminés qu'ils ont avec
ce fon Tonique , & tous ceux qui n'ont pas
ces rapports - là , font pour lors exclus de la
modulation
Pr
FEVRIER. 1743. 325
Or , comme il n'y a que le mode majeur
qui nous foit indiqué par la Nature , je le
prends pour modéle dans ma nouvelle inftitution
, & j'établis le chiffre 1. pour la Bafe
& la Tonique de tous les Tons majeurs.
Nous avons dans le Clavier douze fons
principaux,fur chacun defquels on peut faire
rouler un Chant ; chacun de ces fons pourra
donc être exprimé par le chiffre 1 , & ce
fon particulier fera déterminé par fon nom
naturel qu'on écrira à la marge ; c'cft- àdire
, que fi l'on écrit ut nous ferons en ut
majeur , & l'ut fe marquera 1 ; fi l'on écrit
fol , nous ferons en fol majeur , & le fol
s'écrira 1 &c. Or , dès que le Ton ferą ainſi
déterminé , le chiffre ou la Tonique 1. s'appellera
toujours ut , fans égard pour fon nom
naturel ; la feconde Notte du Ton s'appellera
re & fe marquera 2 ; la troifiéme , mi
& fe marquera 3 &c. jufqu'à la feptiéme
qui s'appellera fi & fe marquera 7. Toutes
ces Nottes devront fe trouver entre elles &
avec la Tonique en mêmes rapports que
les Nottes de même nom dans la Gamme
naturelle entre elles & avec le C fol ut ; de
maniére qu'il y aura toujours un Ton entre
1 & 2 , un Ton entre 2 & 3 , un demi Ton
entre 3 & 4, &c. Ce qui retranche tout
d'un coup les Diézes & les Bémols des Clés,
& exprime toujours les mêmes intervalles ,
F Y tant
326 MERCURE DE FRANCE
tant majeurs que mineurs avec les mêmes
caractéres .
Ceci revient à peu près à cette Méthode
qu'on appelle tranfpofition dans la Mufique
vocale , & que les maîtres regardent ordinairement
comme une pratique d'ignorans ,
s'imaginant qu'il y a beaucoup plus de
fcience à chanter toujours au naturel; à plus
forte raifon ne l'adopteroient- ils pas dans la
pratique inftrumentale , puifque d'ailleurs
elle détruit ce rapport direct qu'ils fuppofent
toujours entre une telle pofition de Notte &
une telle touche de leur inftrument.
Mais ce rapport eft à chaque inſtant en
défaut , & doit plus fervir à induire en erreur
qu'à faciliter l'exécution , ce que j'explique
en détail , auffi bien que tout ce qui
concerne l'idée que l'on doit fe faire des
Nottes & des fons relatifs dans l'exécution
tant vocale qu'inftrumentale. S'il y a quel
que chofe de mal imaginé dans la Mufique ,
c'eft , fans contredit , la Méthode de chanter
& d'exécuter au naturel ; je crois l'avoir
démontré ; & s'il y a quelque chofe d'ingenieux
dans le Systême que je propoſe , c'eſt
l'expreffion des fons,toujours relative au Ton
dans lequel ils font employés. Vous jugerez,
M. de la folidité de mes preuves, en les examinant
dans l'ouvrage même.
Les paffages d'une Octave à l'autre ſe font
par
FEVRIER : 1743. 327
par des points placés au- deffus ou au- deffous
des Nottes , ou par des pofitions fur lignes ,
femblables
à celles de la Mufique ordinaire ,
avec cette difference,que l'éloignement
d'un
degré ne fait qu'un intervalle de feconde par cette Mufique , & qu'il n'en faut pas d'avantage
pour faire une Octave par la mienne ,
de forte qu'une feule ligne & fes deux eſpaces
contigus y fuffisent pour faire roûler une
partie dans l'étendue
de trois Octaves , pour
lefquelles il ne faudroit pas moins d'onze
lignes par la Méthode ordinaire.
,
A l'égard du mode mineur , comme le
rapport des fons , qui le conftituent , fe
trouve exactement dans l'Octave , compriſe .
entre deux la fur le Clavier naturel , cette
Octave en devient le modéle , & en appliquant
le chiffre 1 , & le nom d'ut à la
Médiante d'un ton mineur la Tonique .
s'appellera la & fe marquera par le chiffre 63
ainfi le nom écrit à la marge & qui indique
toujours la Note qui doit s'appeller ut
alors celui de la Médiante & non pas de la
Tonique c'eft ce qu'on connoît toujours
par un Signe ajoûté à ce mot , quand le Ton
eft mincur & cet arrangement a de plus.
l'avantage d'exprimer très- exactement l'analogie
qui fe trouve d'un côté, entre tout Ton
majeur & le mode mineur de fa fixiéme.
F vj Note
>
eft.
4
328 MERCURE DE FRANCE
Note , & de l'autre, entre tout Ton mineur
& le mode majeur de fa Médiante.
Le Dièfe accidentel s'indique par une
ligne oblique qui traverfe la Note , en montant
de gauche à droite, & le Bémol par une
autre femblable ligne qui la traverfe en defcendant
dans le même fens.
Voilà, M. une idée abrégée de la Méthode
dont je me fers pour l'expreffion de tous les
fons qui compofent le Clavier. Les avantages
que cette Méthode a pardeffus la Note
ordinaire , me paroiffent confidérables ; je
ne vous parlerai ici que des deux plus importans,
qui font , 1 °. L'identité d'idées toujours
confervée dans le même arrangement
de caractéres, ce qu'on ne trouve point dans
l'autre Mufique, où les mêmes pofitions de
Notes expriment à tout moment des fons &
des intervalles differens. 2°. La connoiffance
exacte des intervalles fimples & redoublés ,
tant par la difference des chiffres qui les expriment
, que par des renverfemens dont la
parfaite connoiffance dépend d'un quart
d'heure d'application.
L'examen de la manière dont on a déter
miné la durée des fons & la valeur des Notes
, occupe la feconde partie de l'Ouvrage.
Toutes ces differentes figures de Notes ;
relatives à la durée d'une ronde ou à celle
d'une mefure à quatre tems , n'ont rien de
dés
FEVRIER. 1743 329
déterminé quant à la durée , puifque rien
n'eft fi variable que le terme même auquel
on les compare . De -là naiffent mille défauts
nuifibles à la précifion des mouvemens.
D'ailleurs , pourquoi ce grand nombre de
mefures differentes , indiquées par tant de
chiffres bizarres , tandis que d'un autre côté
on n'a établi les rapports des Notes que par
une progreffion fous double , qui ne fait que
la moitié des combinaiſons ?
·
Je ne reconnois que deux mefures differentes
, fçavoir à deux & à trois tems , & je
reconnois de même deux divifions de tems
fçavoir , divifion fous double & divifion
fous-triple , auxquelles il faut néceffairement
avoir égard dans la diftribution des valeurs ,
faute dequoi , on tombe dans les exceptions
vicieufes dont je parle dans cet Ouvrage.
Comme nous n'avons point de fon fixe abfolu
, qui mérite par quelque proprieté par
ticuliére de fervir de fondement aux autres.
de même & par la même raiſon , nous n'avons
point de durée abfoluë qui doive ſervir
de mefure commune aux differentes valeurs
des Notes. Mais comme dans chaque Ton
j'établis pour fon fixe le fon fondamental de
ce Ton- là , dans chaque mefure differente
je prends auffi pour terme de comparaiſon
la durée même de la meſure dont il eft ques
tion ; j'en divife les tems par des virgules ;
chaque
330 MERCURE DE FRANCE
chaque tems comprend une Note , ou plu
fieurs ; s'il n'en comprend qu'une , cette
Note remplit tout ce tems & doit durer autant
que lui ; rien n'eft fi fimple : fi le tems
contient plufieurs Notes , divifez fa durée en
autant de parties égales qu'il y a de Notes ;
appliquez chacune de ces parties à chacune
de ces Notes , & paffez- les de forte que tous
les tems foient égaux.
Un tems eft- il divifé en parties inégales ?
Toutes les inégalités poffibles font déterminées
avec la plus exacte précifion , non par
une complication de figures bizarres , mais
par de fimples lignes horifontales ajoûtées
au- deffus ou au - deffous des Notes, pour lier
toutes celles qui ne font que des fubdivi
fions des parties égales , auxquelles par ce
moyen il eft aife de les comparer. Ces liaifons
font à peu près l'effet des croches , doubles-
croches & c . dans la Muſique ordinai
re , excepté qu'elles reviennent beaucoup
plus rarement & ne peuvent jamais être plus
de deux en nombre fur la même Note.
Je me fers du point , à peu près pour le
même ufage que dans la Mufique ordinaire
mais je lui donne un fens bien plus étendu ,
puifqu'il peut foutenir le fon de la Note qui
l'a précedé , non feulement pendant la moitié
de la durée de cette Note , ce qui ne fait
qu'un cas particulier , mais pendant toutes
Jes
FEVRIER 1743 331
les differentes durées dont la mesure où on
l'employe eft fufceptible ; le point, de même
que les Notes , n'ayant de valeur déterminée
que par la place qu'il occupe dans la meſure:
ou dans le tems où il eft.
Comme je n'ai pas befoin de diverfifier la
figure des Notes pour repréfenter leurs diffe
rentes valeurs , & que les mêmes régles font
appliquables à tous leurs filences relatifs , il
s'enfuit que le feul zéro fuffit avec les points
qui le peuvent fuivre , pour remplacer tous
ces foupirs,demi foupirs & autresSignes bizarres
qu'on eft contraint d'arranger à tout mo
ment à la file les uns des autres , faute d'avoir
voulu donner au point un ufage plus étendu .
Il n'eft pas néceffaire , M. de vous en
dire davantage , pour vous rappeller l'idée
d'une Méthode que vous avez cultivée avec
tant de plaifir. Vous m'avez fait l'honneur
de me dire autrefois que vous ne croyiez pas
qu'il fût poffible d'imaginer des Signes plus
fimples & plus expreffifs que les miens.
J'efpere, M. que fi le Public n'adopte pas en
tout un jugement auffi favorable , il les
trouvera , du moins , commodes & faciles ;
en quoi j'ofe me flatter d'avoir travaillé avec
un fuccès bien different de tous ceux qui ont
propofé jufqu'ici des projets en ce genre.
Au refte , il me paroît qu'on trouvera
dans ce fyftême bien des avantages de détail
qu'on
32 MERCURE DE FRANCE
qu'on fouhaite depuis long-tems. Il n'y a
peut-être pas un Amateur de la Mufique qui
n'ait cherché une fois en fa vie quelque
moyen plus commode de noter fous un plus
petit volume , & fans tout cet embarras de
lignes & de portées , foit pour porter fur foi
des Recueils , foit pour envoyer de la Mufique
en Province , foit enfin parce qu'on ne
trouve pas de papier reglé fous fa main , toutes
les fois qu'on a quelque air à noter.
Ce qu'il y a d'avantageux dans mon
fyftême , c'eft qu'il fuffit pour ceux qui fçavent
la Mufique de lire une fois mon Ouvrage
, pour pouvoir exécuter fur la mienne
avec lamême facilité que fur l'autre : à l'égard
de ceux qui ne la fçavent point, s'ils fe veulent
contenter de la mienne , ils doivent fçavoir
chanter à Livre ouvert tout au moins en huit
mois , & s'ils veulent outre cela fçavoir la Mufique
ordinaire , ils ne doivent pas employer
plus du double de ce tems-là pour toutes
deux, en commençant par la mienne , ce qui
n'arriveroit pas s'ils commençoient par l'autre;
car tout cet embarras de tranfpofitions, de
clefs , de valeurs , de pofitions , fait une confufion
qu'on ne doit développer à l'efprit
des Ecoliers , que quand leurs organes ont
acquis l'habitude de la mefure & de l'intonation,&
qu'ils commencent à entendre quelque
chofe à la théorie des tons & des modes.
Vous
FEVRIER 1743 935
Vous trouverez dans le Mercure prochain
un Air noté par mes caractéres ; je
n'ai point voulu le mettre dans celui - ci, parce
que cet Extrait ne fuffifant pas pour expliquer
mon Systéme , il falloit donner à mon
Livre le tems de fe répandre dans les Provinces
, afin que tout le monde fût en état de
déchiffrer. J'ai l'honneur d'être , &c.
A Paris ce 6. Janvier 1743 .
Fermer
Résumé : LETTRE de M. Rousseau à M. D.
M. Rouffeau adresse une lettre à M. D. pour présenter son invention de nouveaux caractères visant à simplifier la notation musicale. Initialement destiné à un usage personnel, ce système a été adopté par ses amis de province, ce qui l'a poussé à publier sa méthode dans un ouvrage intitulé 'Dissertation sur la Musique Moderne'. Rouffeau critique les signes musicaux actuels, qu'il trouve moins pratiques que l'utilisation des chiffres pour représenter les sons. Sa méthode repose sur le mode majeur, où le chiffre 1 représente la basse et la tonique de tous les tons majeurs. Les notes sont numérotées de 1 à 7, suivant les rapports de la gamme naturelle, ce qui élimine les dièses et les bémols. Rouffeau propose également de simplifier les mesures musicales en les réduisant à deux types (à deux et à trois temps) et deux divisions de temps (double et triple). Les durées des sons sont divisées en parties égales pour assurer l'égalité des temps, et les inégalités sont déterminées avec précision. La méthode utilise des lignes horizontales pour lier les subdivisions des parties égales, remplaçant ainsi divers signes complexes par un système plus simple basé sur le zéro et les points. L'auteur espère que cette méthode sera jugée commode et facile, offrant des avantages pratiques pour noter la musique de manière plus compacte et accessible. Le système est conçu pour être rapidement assimilable par ceux qui connaissent déjà la musique et accessible aux débutants en quelques mois. Un exemple d'air noté avec ce nouveau système sera publié dans le prochain Mercure pour illustrer la méthode.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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7450
p. 1551-1566
LETTRE de M. l'Abbé L. au R. P. D. Timothée Veyrel, Prieur de S. Evroul en Normandie, au sujet des Ouvrages de Gui Aretin, avec quelques Remarques en faveur de la mémoire de ce célebre Musicien.
Début :
Vous possedez, M. R. P. dans votre Abbaye un Manuscrit complet des [...]
Mots clefs :
Guido d'Arezzo, Gui Arétin, Chant, Sons, Noms, Temps, Notes, Lettres, Lettre, Corde, Nom, Gamme, Maître, Monocorde, Ouvrages, Mémoire, Commencement, Religieux, Peine, Chanter
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. l'Abbé L. au R. P. D. Timothée Veyrel, Prieur de S. Evroul en Normandie, au sujet des Ouvrages de Gui Aretin, avec quelques Remarques en faveur de la mémoire de ce célebre Musicien.
L Е TTR Е de M. l'Abbé L. au R. P. D.
Timothée Veyrel , Trieur de S. Evroul en
Normandie , au fujet des Ouvrages de Gui
Aretin, avec quelques Remarques en faveur
de la mémoire de ce celebre Aíuficien.
VOus políedez, M. R. P. dans votre
Abbaye un Manufcrit complet dee
OEuvres de Gui Aretin , fçavant Mufickn du
commencement de l'onzième fiéefc ; Se en
cela vous ères plus riche que les bibliothè
ques qui n'en ont que des fragmens , par le
moven defquels on ne peut connoître qu'im
parfaitement cet Auteur. Le terns eft venu,'
ce me ièmble , de rendre les Ouvrages de ce
grand Muficien plus communs qn-'ils ne le
font , & je fuis perfuadé que dès-lors que je
vous aurai expoie ce qui a été écrit depuis
peu contre la mémoire de ce Religieux, vous
voudrez bien prendre la peine de vous faire
inftruire de ce qui eft confervé à la Bihliothé- -
que du Roi, des OEuvres Muficales de Gui; •
pour y fournir ce qui y manque, afín que lea
Curieux de Paris puiflenc y avoir recour»
dans le befoin.
Vous n'aurez peut-être connu le nouveau
Livre de M. Roufleau, intitulé 1 Dijfertatua
fur.
MERCURE DE FRANCE
fnr la Mttpque moderne, que par l'Extraie
qu'en donnent les Journaux. Le grand nom
bre fc fera repofé , qHant au Syftême de la
maniere de chiffrer le Chant , fur ce que l'é
vénement & la fuite du tems pourront en
apprendrc.Mais je ne croi pas qu'aucun Journalifte
ait rapporté les propres termes de M.
Rouifeau.» Il n'eft pas aifé , dit-il , page i.
»» de fçavoir préciièment en quel état étoit la
» Mufiquc , quand Gui d'Arczze s'avifa de
»fupprimer tous les caradéres que l'on y
»remployoit, pour leur fubftituer les Notes
» qui font en .ufage aujourd'hui. Ce qu'il y a
» de vraifcmblable , eft que les premiers ca-
» ractéres étoient 1« mêmes avec lefquels
»»les anciens Grecs exprimoient cette Mufi-
» que mervolitufe , de laquelle , quoiqu'on
» endife ,1a nôtre n'approchera jamais, quant
» à fes effet": , Sc ce qu'il y a de fur, c'eft que
>» Gui rendu un fort mauvais fervicc à la Mu-
» fique i &c qu'il eft fâcheux pour nous qu'il
»» n'ait pas trouvé en foH chemin des Mufi-
» ciens lu(TÎ indociles que ceux d'aujourd'hui.
Plus bas, il s'étonne qu'on ne falTe pasau-_
jourd'hui pour la perfection de la Mufique ,
ее ¡ue Gui d'Arezxe a fait pour la gâter.
Il ine piroíó que M. Rouifeau n'a pas connu
fufhTamment Gui Aretin avant que d'entre
prendre d'en parler. Il auroit pû fe mettre au>
lait de 1д fituation où étoit l'arc d'écrire le
Chant
JUI LLE T. i74y; ijjj
Chant avant le terns de ce Religieux , en
confultant le Livre de votre Confrere Dorrt
Jacques le Clercq , imprimé à Paris , in 4.
en 1675. mais s'il a négligé de cirer même
le petit Livre du Pere SouhairryjCordeliefj je
fuis plus étonné qu'il air ignoré que Dom le
Clercq a fait graver des morceaux de Chant
notés , fuivantl'ufige obfervé avant le fiécle
de Gui Arerin , par le moyendc'quels on voit
qu'à la vérité les fept premieres lettres de
l'Alphabet Larin ont fervi à defigner les fons
dans le Chant Romain , mais qu'il y avoir en
même-tems des Notes de différentes foimes
qu'on plaçoit fur les paroles , à des diftances
arbitraires.Les lettres a, b, c, d. e, f g, éroient
les fept noms des fons ; les Notes quarrées
ou en équerre ou à queue, ou un fïmple trait
de plume tiré perpendiculairement , ou bien,
finiffant en crofle , avec des points entremê
lés étoient les Notes de ces fiécles , fans li
gnes ni fans clefs. Ainfi un même fon , quirevenoit
de tems en tems, étoit placé à la
fantaifie du Noteur ou Notatcur , de ma
niere que des Ecoliers à qui on avoir fait
chanter les fons de la Gamme a,b,c,d,e,f,g ,.
par intervalles disjoints , ne lçavoient plus à
quoi s'en tenir,& il étoit néceflaire à tout mo
ment que le Maître les remît en chemin , &
retraçât à leur mémoire, que tel figne devoir
produire le fon- b , celui-ci le fon d , cet
autre
tj54 MERCURE DE FRANCE
autre le fon f. Par exemple , fur l'Introït S№
luit , leur ayant dit que le premier fon étoic
le fon d,ils voyoient confufément que le fou
fuivant dévoie être plus aigu , mais ils né fçavoyent
pas de combien il devoit l'être ni
s'il falloit du d. proceder au g. ou à l'a» Il
falloit que le Maître prît la peine de
prononcer toujours la lettre de la Note qui
enindiquok le fon, de la faire fonner ou de
la voix ou fur fon Monocorde, Infiniment
alors fort ûfité , où la touche des Ion*
étoient marquée par le moyen des bandes de
différentes couleurs , alternativement. Si le
Maître s'en difpenfoit , tout à coup les Eco
liers fortoîent de leur chemin. Si pour s'éxemptercette
peine, il écrivoit les lettres fous
les .Notes » ou s'il fe contentoit d'employer
les ièpt lettres fur le Texte . les Ecoliers
avoient,àla vérité, des guides devant eux ,
mais c'étoient encore des guides muets, pout
ainfi-dire, &c qui ne repréfentoient qu'obfcu-'
rémentle fon, dont la lignification leur ctoie
attachée.
Que fit Gui Aretin ? Ce grand Maître , £
forée de travailler à infinuer & inculquer lç
Chant à la mémeirc des jeunes Moines de
Pompofc , s'apperçût qu'ils le rctenoiênt plus
aifément en voyant où il plaçoit fon doigt
fur le Monocorde,, pour former chaque fou
de la Gamme , qu'il vouloit qu'ils rendirent
confor
JUILLET.. 1743. 155 j
coRÍormcment aux Notes de la Pièce de
Chant qui étoit à exécuter. Il conclut de-là,
que l'imagination des Ecoliers feroit beau
coup foulagée & même invariablement fixée,
fi fur chaque fyllabe. du Texte à chanter , il
repréfentoit le (Monocorde , au moins par
extrait. Ainfi ^ par exemple , pour Pin-'
rroît Statuit , il imagina de figurer d'abord
fc'—гЩ-Ц- m И
puis _ puis —
Sta- tu • it , Sc ainfi da rede;
C'eft ainfi que fe forma ce qu'on' appella de
puis, une portée ou une pattée de la longueur
d'une ligne de paroles , par le moyen des
différentes repréfentations de la touche du
Monocorde, jointes & réunies enfemble. Ott
lui donna depuis le nom d'échelle , à caulè
de la reflemblancff.
Dès- lors, on put hardiment fe fer vir des
termes clairs de monter & de defeendre , de
chant haut 5 de chant bas, au lieu qu'aupara
vant on n'emplovoit que les termes obfcurs de
chant aigu, de chzut grave t aller dams
aller dans Je grave.
A mefure que cette clarté devint fenfiblc
clic fit plaifir aux gens portés pour le pro
grès des Sciences , & elle défbht ceux qui
apparemment auroient été bien aifes que le
Chant fût refté difficile à apprendre , foit afin
«l'être regardés comme des Maîtres néceflai
m^é MERCURE ÜE FRANCE
íes , (bit afin de mériter plus long tems PIich
noraire dû à leurs peines. Je ne vous appren
drai rien de nouveau , M. R. P. vous ères à
la lource. Mais qu'il me foit permis de faire
afage de ce que Dom le Clereq , & depuis
lui , Dom Mabillon ont ptiblié d'après votre
Manufcrit,
Ce ne fut pas en ce que Gui Aretin enfcigna
à commencer l'oAave par le fon С , faiîànt
fuivrc ainii les fignes en montant, с cl
*> f,g, a, b,c, qu'il rendit la Science du Chant
Grégorien ( alors qualifié Mufique ) plus aifee
à apprendre ; il contrevint en cela à l'étymologie
du mot de Gamme , qui étoit venue
de ce que le G,fc trenivoit au haut des fept let
tres , quand la plus balTe ou la plus graveé roic
la lettr с a ; ce qui faifoit alors a, b, с , d . e ¿
f, g. Ce ne fut pas non plus de ce qu'il ima-<
gina de donner de nouveaux noms aux tons li
gnifiés précédemment parjCjdjCjCgja/çavoir,
ut , ré, mi, fa, fol, la , lefqucls noms il prit au
commencement de chaque hemiftiche de la
premiere Strophe àUt tpteant taxis. Mais la
facilité vint de ce que fur chaque fyllabc de
la parole , ceux qni chantoient , voyoient à
3uel dégre ou à quel étage , pour ainfi-dire , ils
evoient porter leur voix: car il retint l'ufagc
des trois lettres anciennes , fçavoir , la lettre
C, qu'il plaça au commencement de la corde
•ù il vouloit qu'oH fit former ce qu'ilappel*.
loic
JUILLET. Î743. 1557
bit ttt ; la lettre F , qu'il plaça au commence
ment de la corde où il vouloit qu'on fit fonnetfa,
c'eftce qu'on a depuis appelle les Clefs
du Chinr , & enfin la lettre b, qui éroit deftinée
dans certains cas à être placée dans le
degré immédiatement inférieur à la corde c ,
pour fignifier que de cette corde с à la corde
l , l'intervalle étoit d'un ton. J'avouerai ce
pendant qu'il reftoit uncchofe à dçfirer dans
les nouveaux noms que Gui Aretin donnoit^
aux fons de la Gamme. On fait naturellement
fept fons confécutifs , jufqu'à ce qu'on attei
gne le huitième , appelle communément
Octave. Gui ne jugea à propos d'employer
que fix noms* il en reftoit un à fuppléer3& ce
fut en quoi peut-être les ennemis de ce Reli
gieux auraient été mieux fondés à combattre
fa Méthode , comme infuififante. Mais je me
doute que fi on examinoit exactement fes-
Ouvrages , on verrait qu'il ne fe conrentoit
pas de ces fix fyllabes ut re mi fa fol la , &
qu'il y en avoit une feptiéme qu'il faifoit pro
noncer be, dont le figne étoit % ou ï. Ainfi
voici quelle étoit l'Odave de Gui Aretin :
Ш re mifa fol la beut.
Quelques-uns de ceux, qui remarquèrent
que les quatre fons d'enhaut, ne font proporrionellement
pris } que la repetition des
quatre fons d'en bas,ne voulant retenir aucun
nom tiré d'une des fept premieres lettres feules
155» MERCURE Dt FRANCE
de l'alphabet , s'aviferent de propofer , com
me plus convenable , lorfqu'il y auroir , par
exemple , felon notre ufage »Auel, cette
progrcflîon à faire ,
ut re mi fa fol la fi ut ré mi ,
s'aviferent , dis- je , de propofer de chanter^
Ut re mi fa Jet la mifa Jol la.
'Ce fut ce qu'on appella chanter par les
muances , parce qu'avant que, de retrou
ver le fon huitième ou octave , on reprènoit
, pouf fignifier des fons qui larendiüenC
complette , des noms déjà employés une
fois s ces repetitions de noms avec muance
ott changement de fon, ctoient très-in
commodes , & cependant elles fubfifterent
jufqu'à ce qu'un particulier vainquit
Î'entêterrrent qu'on avoit de ne pa's don
ner le nom de ié гп feptiéme fon , &
vint à bout d'éliminer la répétition de la
fylhbe mi , en lui fubftiruant la fyllabc ß.
Mais pen reviens à dire , que tout cela
n'a pas dû être imputé à Gui Aretin , qui
fburnifiant fix. noms nouveaux , & confervant
le feptiéme , donnoit de quoi fatisfaire
les commençans. Il ne reftoit rien
que de clair dans fon Syftême , parce que
le feptiémede íes foni ctoit figuré ou J| ou
t , felon le different ion qu'il convenoit de
former dans l'intervalle du U à l'ut. L'é
chelle quiregnoit fur h parole d'un côté
JUILLET. 1743. » 15
fe la page à l'autre , fot un Ibulagemenc
admirable. Le Chant Grégorien fut appris
en peu de tems par les enfans de Choeur de
l'Eglife d"Arre«zo , & un petit enfant en fçût
pkis en un mois que les vieillards les pius
âgés de tous les autres Pays, (a) En effet
quand même un С hantjp eût vécu cent
ans , il n'auroit pû encore au bout du
íiécle fe tirer lui tout feul d'une An
tienne ( b ) Le Pape Jean XX. ayant
oui parler de ce prodige, fit venir à Ro
me le Moine Gui , avec l'Antiphonier no^
té à fa manière , pour s'affûrer lui même
de h vérité. Ce Souverain Pontife s'étanc
fait expliquer les nouvelles régies par l'Au
teur même, & ayant un peu refléchi deiTus 3
prit l'Antiphonier, fit l'ciTai fur un Verfct
qui éroit nouveau pour lui : il le chan
ta faus faute f & l'apprit à l'heure même .
( a ) Ectlefi» { Aretint ) etiatn pueri in modula»-
di /htdio perfeiles ahotum quarunque lócorum fitpi-
T»nt (enes, puide Ер. ad fheostald. Ер. Arft.
Quiitm eorum imitation» cloordt noflrarum no.
tarum uju exercitati ante unius tnenfis fpatiun invifes
inauditos cantus ita primo intuitu indubit agi
ter can:abant , ut maximum fpeäaculum plurimi*
plièrent. Ibid.
{ b ) Maximi dolui de noßris canforibus qui etß
centum annis in canendi ßudio perfeverent , numquam
temen -utl minimam Antipbenam per fe valent tfferre.
Ibid. -
ts¿o MERCURE DE FRANCE
en préfence du Réligieux. ( с ) Si c'eft-là
rendre un fort mauvais fervice к la Mtißque
, Ci c'eft-là gâter l'Art d'enfeigner le
Chant , je ne fçais pas cömmen^ il falloic
-qu'il s'y prit , pour réuflîr au goût de
M. Roufleau.
Il cft vrai que ces témoignages nous font
tranfmis par l'Auteur même ; mais ne convenoit-
il pas qu'd fe défendit contre fes
«mules que la jaloufic animoit plutôt qu'un
zélé véritable , felon qu'il fut facile de s'en
appercevoir i Auflî arriva-t'il que ces adverfaires
voyant le progrès immenfe que
fit le nouveau iecrct de peindre le Chant
& de l'apprendre , n'oferent rien écrire
contre Gui , à qui ils (è virent obligés de
laifler le champ libre.
J'allois finir ici cette Lettre , M. R. P.
lorfqu'un de vos Confreres , qui vifire affi-,
dûment tous les Manufcrits du Berry ,
pour donner l'Hiftoire de cette Province,
a eu la bonté de me faire part de quel
ques Extraits plus amples des Ouvra-
( с ) Tontifex noflrum velut tjuoddam frodigium
revolvcns Antifhonardum , prtfixasque ruminans re
gulas , non frius deßitit , яш de loco in que fedebat
aècejjtt , donec unum verficulum inaudnum volt
eempos edifeeret , ut quod vix créditai in aliis , tam
fubito in fe recognofeeret. Guido Ер. ad Michael
* Annal. Benei T. IV. P. 314.
JUILLET. 1743. i56i
gcs du même A retin , fur un Manuicrit
conicrvc dans l'Abbaye de Chezalbenoîr,
Je fuis perfuadé que vous avez déjà ceci
dans la collection qui eft parmi les Ma*
nuferits de S. Evroul. Je ne vous prie d'y
faire attention , qu'afin de nous confirmer
de plus en plus dans le fentiment que
Gui Aretin rendit un très- grand fervice à
J'Eglife & à tous les Chantres , en in
ventant une nouvelle manière claire & aifée
, de noter le Chant. La connoiiTance de
cette Science étoit fi obfcure & fi em
brouillée , que Gui fe vit obligé de dire
que de fon tems les Chantres » étoient
- les plus infenfés ou les plus à plaindre
»de tous les hommes, (л) Dans tousles
» Arts communément, dit il, on en apprend
» plus de foi-même que les Maîtres n'en ont
» enfeigné. Les enfans ayant appris à lire lg
{a) Temporibus noßris jupir omnes homines fatui
funt cantores. In omni enim arte plura funt valdi
qui. fenfu neßro eognofeimus qutm que. à magiflro
iidicimus. Ferfecio enim folo Pfaiterio , «mnium i:~
brorum Uniones cognofeunt puertdi ¡ (¡p Agricultu
re feientiam fubito intelligunt ruflici. <3jui enim
unam vineam future , unam arbufculam inferere
unum aßnum enerare cognovit , ßcut in in uno fá
cil , in omnibus ßmiliter , auf etiam melius facit fr
mon dubitat. Miferabiles autem cantores eorumque
olijcipuli , etiamfi per centum annos quotidie décan
tent , nunquam per fi fine mag'tßro vel parvulam
cant abunt Antiphonarn , &c.
. » Pfautier j
%fíi MERCURE DE FRANCE
*> Pfcaurier , lifcnt après cela feuls tou-
» tes fortes de Livres. Les Payfans ap-
» prennent en peu de lems Jes travaux de
" la Campagne. Quand ils fçavent railler
» une Vigne , planter ou enter un Arbre -,
» charger une Bête , Us fe règlent fur ce
» qu'ils ont fait une fois , pour Je faire tou-
» jours de même , & quelquefois encore
» mieux ; & ils font fùrs de réuilîr. Mais
» pour ce qui eft des miferables Chantres
n & de leurs Difciples , quand même ils
» chanteraient tous les jours pendant cent
h ans , jamais ils ne feront en état de
» chanter d'eux-mêmes, & fans le fecours
» du Maître , la moindre petite Antienne. . .
»> Et ce qui cft plus fatal , c'eft que plu-
» lleurs Clerps & Moines , voyant qu'ils
» perdent leur tems, en elïayant d'appren-
» dre à chanter , négligent l'aififtançe à
» l'Office Divin. En effet, ajoute- с il , lorf-
» qu'on l'entend célébrer, il femble qu'on
» voyc des gens difputer les uns con-
» tre les autres j à peine deux voix font-
9 elles à l'unifon f Le Difcipje ne s'açcpr-
» de ni avec fon Maître , ni avec fon Condifciple.
La maniere de noter , inventée
oar Arerin , remédia à rout cela ; le Chant
Grégorien , qui étoit la principale Mufique
de ces tems là , fut appris facile
ment , & fut chanté à l'unifon fans difcordance
¿
JUILLET. 174 3: 1 5 if j
cordance & même avec goût : & ce fût
cette facilité qui fit naître tous les rafinemens
qu'on trouva depuis. Que M. Rouffeau
ait donc la bonté d'effacer de fon
Livre , que Gui Aretin rendu un fon mau
vais fervice à 1л M fique , & qu'il eft à
propos de faire pour fa Perfection y ce
que Gui d'Arezze л fait four la gâter.
Enfin , que ce même Gui apprit aux hom
mes à chanter difficilement. Toutes ces Propofirions
étant taulîcs , ne peuvent que
défigurer un Livre, où l'Auteur tait profeifion
de vouloir dire la vérité : l'expérience fit
voir évidemment que le Chant étoit de
venu infiniment plus aifé à apprendre рас
fa méthode , que par les précédentes: c'eil
le feul Fait que j'ai entrepris de prouver ,
Si qui me proîr très bien établi par les
témoignages tirés des Ouvrages du tems
même de l'invention. Cette méthode con
tinuera , & acquerrera de nouvelles per
fections avec le tems. Loin qu'elle perde
de fon mérite , je fuis témoin qu'un fçavant
Magiibat de Pans a enchéri, deilus en don
nant des noms aux onze femitons qui fonC
entre l'ut inférieur à l'ut fupérieur } c'eftà-
dire , qu'outre les noms de re mi fajol
laß, il a admis les trois fyllabes ma fi fa t
de l'Annphonicr de Paris , auxquelles il
en a joint deux de fa fa$on , l'un pour l'ut
E dieze ,
i5¿4 MERCURE DE FRANCE
dièze , & l'autre pour Je fol dièze. Ces
multiplications de noms , qui font fi légiti
mes , que j'ai fi fort fouhaittés , & qui ferviroient
fi utilement à s'entendre claire
ment les uns les autres , lorfqu'on parle
de tranfpofitions de Chant , font bien op-
•pofées à la prétendue Amplification que
}A. RouiTeau propofe. L'idée qui m'eft ve
nue de peindre aux yeux des enfans qui corn»
mencent à apprendre le chantóles diftances
icelles des cordes de l'ancienne échelle d'Aretin
, & que j'ai communiquée au Pu
blie il y a deux ans , n'y eft pas moins
oppoféc. Ainfi , M. K, P. vous voyez que
je fuis jntereilé à foutenir ce que j'ai ima
giné pour la plus grande facilité de ceux qui
feront ufage de l'échelle d'Aretin, J'accor
derai Ыеп que les chiffres 1.2. 3 4.. 5. ¡S . 7.
rciTemblenr à ces fept premières lettres de
l'Alphabet Latin a b с de fg , & c'eft parce
qu'elles ne leur reiTemblent que trop, que
je prétends que l'une des méthodes n'elt
pas plus commode que l'autre , pour enfeigner
le Chant d'une manjéic claire
palpable , & intelligible aux enfans qui
commi ncent , & qui font , pour ainfi dire,
a la Croij: de par Dieu de la Mu fique.
Comme donc l'ufage d'employer feulement
les fept premières lettres de l'AlphabeC
Latin t a été reprouvé pour fpn infiiffifan•
.,y,î\U I;L i E T-, : Д743.\ ... ij;<5.
ce , iL y a tout lieu de craindre que lern"
ploi desfept premiers chiffres n'ait le même
ïorrj il en fera de ce leptiéme. comme des No
tes de Tiron , qu'on employe pour écrire
en abrégé , & écrire aulîj vite que l'O
rateur qui prononçoic un Difcours : on s'en
iervjra pour épargner le papier , pour évi
ter de former un Volume de ce qui peut
être cont.nu- eu quelques, pages -, pour en
voyer aulii beaucoup d'airs notés dans une
iimplc Lettre. On en agira ainfi de Maî
tre à Maître , mais non de Maître à éco
lier , & je ne croirai jamais qu'il le trouve4
(fes écoliers , qui n'ayant aucune teinrurc
de Chant, & qui étant absolument neufs
dans cet Art , apprennent facilement ' à
chanter (implement par i. 2 .}. 4 5 .6. 7.
fans échelle ; ou s'il s'en trouve , je ioutiens
que ces enrans auroit nr appris encore beau
coup plus facilement par la méthode
de l'Echelle- de 1 Gui * Arétin , *ték¿> qu'elle
a été perfectionné* ju(ques!ici & qu'elle
pourra l'être encore par la fuite.
Il ne me rede plus, M. R. P, qu'à vous
demander , fi vone Manufcnjde Gui Arctin
, eil aulli riche en Figu.es, que Ce
lui que je viens -de découvrir à Chezalbenoît
j c'eft-à-dire , fi on y trouve des
Figures de Jou urs de toute forte d'inftrumens
, à commencer par de petites do-
• » E ij ches,
tff& MERCURE DE>RANCE
ches, & qui font qualifiés Percujfíonales ¿
Tetjßbiles , Inflatiles f &c. Cela cft afféf
digne d'atrenuon dans le Manufcrit de
Çhezalbenoîr f que l'on dit être du XI,
ou XII. fiéclc. ,Ел même rems , fquffrez
que je vous prie de faire examiner, fi en
Quelque endroit de votre Exemplaire i Gui
eft appelle Guide Augens Aretinus , com
me le Pere de Monttaucon l'appelle dans
les Tables de fon Ouvrage , intitulé Bibliothec*
Bibliotbpcarum. И peut fe faire qu'il y
ait eû un Guido Augcnfis qui ait écrit fur ia,
Mufique , & que la reiTemblancc du nom foie
caufe que des deux on n'en aura fait qu'un;
J'ai l'honneur d'être , &c.
A I tris , ce 3« Juin t 1743.
Timothée Veyrel , Trieur de S. Evroul en
Normandie , au fujet des Ouvrages de Gui
Aretin, avec quelques Remarques en faveur
de la mémoire de ce celebre Aíuficien.
VOus políedez, M. R. P. dans votre
Abbaye un Manufcrit complet dee
OEuvres de Gui Aretin , fçavant Mufickn du
commencement de l'onzième fiéefc ; Se en
cela vous ères plus riche que les bibliothè
ques qui n'en ont que des fragmens , par le
moven defquels on ne peut connoître qu'im
parfaitement cet Auteur. Le terns eft venu,'
ce me ièmble , de rendre les Ouvrages de ce
grand Muficien plus communs qn-'ils ne le
font , & je fuis perfuadé que dès-lors que je
vous aurai expoie ce qui a été écrit depuis
peu contre la mémoire de ce Religieux, vous
voudrez bien prendre la peine de vous faire
inftruire de ce qui eft confervé à la Bihliothé- -
que du Roi, des OEuvres Muficales de Gui; •
pour y fournir ce qui y manque, afín que lea
Curieux de Paris puiflenc y avoir recour»
dans le befoin.
Vous n'aurez peut-être connu le nouveau
Livre de M. Roufleau, intitulé 1 Dijfertatua
fur.
MERCURE DE FRANCE
fnr la Mttpque moderne, que par l'Extraie
qu'en donnent les Journaux. Le grand nom
bre fc fera repofé , qHant au Syftême de la
maniere de chiffrer le Chant , fur ce que l'é
vénement & la fuite du tems pourront en
apprendrc.Mais je ne croi pas qu'aucun Journalifte
ait rapporté les propres termes de M.
Rouifeau.» Il n'eft pas aifé , dit-il , page i.
»» de fçavoir préciièment en quel état étoit la
» Mufiquc , quand Gui d'Arczze s'avifa de
»fupprimer tous les caradéres que l'on y
»remployoit, pour leur fubftituer les Notes
» qui font en .ufage aujourd'hui. Ce qu'il y a
» de vraifcmblable , eft que les premiers ca-
» ractéres étoient 1« mêmes avec lefquels
»»les anciens Grecs exprimoient cette Mufi-
» que mervolitufe , de laquelle , quoiqu'on
» endife ,1a nôtre n'approchera jamais, quant
» à fes effet": , Sc ce qu'il y a de fur, c'eft que
>» Gui rendu un fort mauvais fervicc à la Mu-
» fique i &c qu'il eft fâcheux pour nous qu'il
»» n'ait pas trouvé en foH chemin des Mufi-
» ciens lu(TÎ indociles que ceux d'aujourd'hui.
Plus bas, il s'étonne qu'on ne falTe pasau-_
jourd'hui pour la perfection de la Mufique ,
ее ¡ue Gui d'Arezxe a fait pour la gâter.
Il ine piroíó que M. Rouifeau n'a pas connu
fufhTamment Gui Aretin avant que d'entre
prendre d'en parler. Il auroit pû fe mettre au>
lait de 1д fituation où étoit l'arc d'écrire le
Chant
JUI LLE T. i74y; ijjj
Chant avant le terns de ce Religieux , en
confultant le Livre de votre Confrere Dorrt
Jacques le Clercq , imprimé à Paris , in 4.
en 1675. mais s'il a négligé de cirer même
le petit Livre du Pere SouhairryjCordeliefj je
fuis plus étonné qu'il air ignoré que Dom le
Clercq a fait graver des morceaux de Chant
notés , fuivantl'ufige obfervé avant le fiécle
de Gui Arerin , par le moyendc'quels on voit
qu'à la vérité les fept premieres lettres de
l'Alphabet Larin ont fervi à defigner les fons
dans le Chant Romain , mais qu'il y avoir en
même-tems des Notes de différentes foimes
qu'on plaçoit fur les paroles , à des diftances
arbitraires.Les lettres a, b, c, d. e, f g, éroient
les fept noms des fons ; les Notes quarrées
ou en équerre ou à queue, ou un fïmple trait
de plume tiré perpendiculairement , ou bien,
finiffant en crofle , avec des points entremê
lés étoient les Notes de ces fiécles , fans li
gnes ni fans clefs. Ainfi un même fon , quirevenoit
de tems en tems, étoit placé à la
fantaifie du Noteur ou Notatcur , de ma
niere que des Ecoliers à qui on avoir fait
chanter les fons de la Gamme a,b,c,d,e,f,g ,.
par intervalles disjoints , ne lçavoient plus à
quoi s'en tenir,& il étoit néceflaire à tout mo
ment que le Maître les remît en chemin , &
retraçât à leur mémoire, que tel figne devoir
produire le fon- b , celui-ci le fon d , cet
autre
tj54 MERCURE DE FRANCE
autre le fon f. Par exemple , fur l'Introït S№
luit , leur ayant dit que le premier fon étoic
le fon d,ils voyoient confufément que le fou
fuivant dévoie être plus aigu , mais ils né fçavoyent
pas de combien il devoit l'être ni
s'il falloit du d. proceder au g. ou à l'a» Il
falloit que le Maître prît la peine de
prononcer toujours la lettre de la Note qui
enindiquok le fon, de la faire fonner ou de
la voix ou fur fon Monocorde, Infiniment
alors fort ûfité , où la touche des Ion*
étoient marquée par le moyen des bandes de
différentes couleurs , alternativement. Si le
Maître s'en difpenfoit , tout à coup les Eco
liers fortoîent de leur chemin. Si pour s'éxemptercette
peine, il écrivoit les lettres fous
les .Notes » ou s'il fe contentoit d'employer
les ièpt lettres fur le Texte . les Ecoliers
avoient,àla vérité, des guides devant eux ,
mais c'étoient encore des guides muets, pout
ainfi-dire, &c qui ne repréfentoient qu'obfcu-'
rémentle fon, dont la lignification leur ctoie
attachée.
Que fit Gui Aretin ? Ce grand Maître , £
forée de travailler à infinuer & inculquer lç
Chant à la mémeirc des jeunes Moines de
Pompofc , s'apperçût qu'ils le rctenoiênt plus
aifément en voyant où il plaçoit fon doigt
fur le Monocorde,, pour former chaque fou
de la Gamme , qu'il vouloit qu'ils rendirent
confor
JUILLET.. 1743. 155 j
coRÍormcment aux Notes de la Pièce de
Chant qui étoit à exécuter. Il conclut de-là,
que l'imagination des Ecoliers feroit beau
coup foulagée & même invariablement fixée,
fi fur chaque fyllabe. du Texte à chanter , il
repréfentoit le (Monocorde , au moins par
extrait. Ainfi ^ par exemple , pour Pin-'
rroît Statuit , il imagina de figurer d'abord
fc'—гЩ-Ц- m И
puis _ puis —
Sta- tu • it , Sc ainfi da rede;
C'eft ainfi que fe forma ce qu'on' appella de
puis, une portée ou une pattée de la longueur
d'une ligne de paroles , par le moyen des
différentes repréfentations de la touche du
Monocorde, jointes & réunies enfemble. Ott
lui donna depuis le nom d'échelle , à caulè
de la reflemblancff.
Dès- lors, on put hardiment fe fer vir des
termes clairs de monter & de defeendre , de
chant haut 5 de chant bas, au lieu qu'aupara
vant on n'emplovoit que les termes obfcurs de
chant aigu, de chzut grave t aller dams
aller dans Je grave.
A mefure que cette clarté devint fenfiblc
clic fit plaifir aux gens portés pour le pro
grès des Sciences , & elle défbht ceux qui
apparemment auroient été bien aifes que le
Chant fût refté difficile à apprendre , foit afin
«l'être regardés comme des Maîtres néceflai
m^é MERCURE ÜE FRANCE
íes , (bit afin de mériter plus long tems PIich
noraire dû à leurs peines. Je ne vous appren
drai rien de nouveau , M. R. P. vous ères à
la lource. Mais qu'il me foit permis de faire
afage de ce que Dom le Clereq , & depuis
lui , Dom Mabillon ont ptiblié d'après votre
Manufcrit,
Ce ne fut pas en ce que Gui Aretin enfcigna
à commencer l'oAave par le fon С , faiîànt
fuivrc ainii les fignes en montant, с cl
*> f,g, a, b,c, qu'il rendit la Science du Chant
Grégorien ( alors qualifié Mufique ) plus aifee
à apprendre ; il contrevint en cela à l'étymologie
du mot de Gamme , qui étoit venue
de ce que le G,fc trenivoit au haut des fept let
tres , quand la plus balTe ou la plus graveé roic
la lettr с a ; ce qui faifoit alors a, b, с , d . e ¿
f, g. Ce ne fut pas non plus de ce qu'il ima-<
gina de donner de nouveaux noms aux tons li
gnifiés précédemment parjCjdjCjCgja/çavoir,
ut , ré, mi, fa, fol, la , lefqucls noms il prit au
commencement de chaque hemiftiche de la
premiere Strophe àUt tpteant taxis. Mais la
facilité vint de ce que fur chaque fyllabc de
la parole , ceux qni chantoient , voyoient à
3uel dégre ou à quel étage , pour ainfi-dire , ils
evoient porter leur voix: car il retint l'ufagc
des trois lettres anciennes , fçavoir , la lettre
C, qu'il plaça au commencement de la corde
•ù il vouloit qu'oH fit former ce qu'ilappel*.
loic
JUILLET. Î743. 1557
bit ttt ; la lettre F , qu'il plaça au commence
ment de la corde où il vouloit qu'on fit fonnetfa,
c'eftce qu'on a depuis appelle les Clefs
du Chinr , & enfin la lettre b, qui éroit deftinée
dans certains cas à être placée dans le
degré immédiatement inférieur à la corde c ,
pour fignifier que de cette corde с à la corde
l , l'intervalle étoit d'un ton. J'avouerai ce
pendant qu'il reftoit uncchofe à dçfirer dans
les nouveaux noms que Gui Aretin donnoit^
aux fons de la Gamme. On fait naturellement
fept fons confécutifs , jufqu'à ce qu'on attei
gne le huitième , appelle communément
Octave. Gui ne jugea à propos d'employer
que fix noms* il en reftoit un à fuppléer3& ce
fut en quoi peut-être les ennemis de ce Reli
gieux auraient été mieux fondés à combattre
fa Méthode , comme infuififante. Mais je me
doute que fi on examinoit exactement fes-
Ouvrages , on verrait qu'il ne fe conrentoit
pas de ces fix fyllabes ut re mi fa fol la , &
qu'il y en avoit une feptiéme qu'il faifoit pro
noncer be, dont le figne étoit % ou ï. Ainfi
voici quelle étoit l'Odave de Gui Aretin :
Ш re mifa fol la beut.
Quelques-uns de ceux, qui remarquèrent
que les quatre fons d'enhaut, ne font proporrionellement
pris } que la repetition des
quatre fons d'en bas,ne voulant retenir aucun
nom tiré d'une des fept premieres lettres feules
155» MERCURE Dt FRANCE
de l'alphabet , s'aviferent de propofer , com
me plus convenable , lorfqu'il y auroir , par
exemple , felon notre ufage »Auel, cette
progrcflîon à faire ,
ut re mi fa fol la fi ut ré mi ,
s'aviferent , dis- je , de propofer de chanter^
Ut re mi fa Jet la mifa Jol la.
'Ce fut ce qu'on appella chanter par les
muances , parce qu'avant que, de retrou
ver le fon huitième ou octave , on reprènoit
, pouf fignifier des fons qui larendiüenC
complette , des noms déjà employés une
fois s ces repetitions de noms avec muance
ott changement de fon, ctoient très-in
commodes , & cependant elles fubfifterent
jufqu'à ce qu'un particulier vainquit
Î'entêterrrent qu'on avoit de ne pa's don
ner le nom de ié гп feptiéme fon , &
vint à bout d'éliminer la répétition de la
fylhbe mi , en lui fubftiruant la fyllabc ß.
Mais pen reviens à dire , que tout cela
n'a pas dû être imputé à Gui Aretin , qui
fburnifiant fix. noms nouveaux , & confervant
le feptiéme , donnoit de quoi fatisfaire
les commençans. Il ne reftoit rien
que de clair dans fon Syftême , parce que
le feptiémede íes foni ctoit figuré ou J| ou
t , felon le different ion qu'il convenoit de
former dans l'intervalle du U à l'ut. L'é
chelle quiregnoit fur h parole d'un côté
JUILLET. 1743. » 15
fe la page à l'autre , fot un Ibulagemenc
admirable. Le Chant Grégorien fut appris
en peu de tems par les enfans de Choeur de
l'Eglife d"Arre«zo , & un petit enfant en fçût
pkis en un mois que les vieillards les pius
âgés de tous les autres Pays, (a) En effet
quand même un С hantjp eût vécu cent
ans , il n'auroit pû encore au bout du
íiécle fe tirer lui tout feul d'une An
tienne ( b ) Le Pape Jean XX. ayant
oui parler de ce prodige, fit venir à Ro
me le Moine Gui , avec l'Antiphonier no^
té à fa manière , pour s'affûrer lui même
de h vérité. Ce Souverain Pontife s'étanc
fait expliquer les nouvelles régies par l'Au
teur même, & ayant un peu refléchi deiTus 3
prit l'Antiphonier, fit l'ciTai fur un Verfct
qui éroit nouveau pour lui : il le chan
ta faus faute f & l'apprit à l'heure même .
( a ) Ectlefi» { Aretint ) etiatn pueri in modula»-
di /htdio perfeiles ahotum quarunque lócorum fitpi-
T»nt (enes, puide Ер. ad fheostald. Ер. Arft.
Quiitm eorum imitation» cloordt noflrarum no.
tarum uju exercitati ante unius tnenfis fpatiun invifes
inauditos cantus ita primo intuitu indubit agi
ter can:abant , ut maximum fpeäaculum plurimi*
plièrent. Ibid.
{ b ) Maximi dolui de noßris canforibus qui etß
centum annis in canendi ßudio perfeverent , numquam
temen -utl minimam Antipbenam per fe valent tfferre.
Ibid. -
ts¿o MERCURE DE FRANCE
en préfence du Réligieux. ( с ) Si c'eft-là
rendre un fort mauvais fervice к la Mtißque
, Ci c'eft-là gâter l'Art d'enfeigner le
Chant , je ne fçais pas cömmen^ il falloic
-qu'il s'y prit , pour réuflîr au goût de
M. Roufleau.
Il cft vrai que ces témoignages nous font
tranfmis par l'Auteur même ; mais ne convenoit-
il pas qu'd fe défendit contre fes
«mules que la jaloufic animoit plutôt qu'un
zélé véritable , felon qu'il fut facile de s'en
appercevoir i Auflî arriva-t'il que ces adverfaires
voyant le progrès immenfe que
fit le nouveau iecrct de peindre le Chant
& de l'apprendre , n'oferent rien écrire
contre Gui , à qui ils (è virent obligés de
laifler le champ libre.
J'allois finir ici cette Lettre , M. R. P.
lorfqu'un de vos Confreres , qui vifire affi-,
dûment tous les Manufcrits du Berry ,
pour donner l'Hiftoire de cette Province,
a eu la bonté de me faire part de quel
ques Extraits plus amples des Ouvra-
( с ) Tontifex noflrum velut tjuoddam frodigium
revolvcns Antifhonardum , prtfixasque ruminans re
gulas , non frius deßitit , яш de loco in que fedebat
aècejjtt , donec unum verficulum inaudnum volt
eempos edifeeret , ut quod vix créditai in aliis , tam
fubito in fe recognofeeret. Guido Ер. ad Michael
* Annal. Benei T. IV. P. 314.
JUILLET. 1743. i56i
gcs du même A retin , fur un Manuicrit
conicrvc dans l'Abbaye de Chezalbenoîr,
Je fuis perfuadé que vous avez déjà ceci
dans la collection qui eft parmi les Ma*
nuferits de S. Evroul. Je ne vous prie d'y
faire attention , qu'afin de nous confirmer
de plus en plus dans le fentiment que
Gui Aretin rendit un très- grand fervice à
J'Eglife & à tous les Chantres , en in
ventant une nouvelle manière claire & aifée
, de noter le Chant. La connoiiTance de
cette Science étoit fi obfcure & fi em
brouillée , que Gui fe vit obligé de dire
que de fon tems les Chantres » étoient
- les plus infenfés ou les plus à plaindre
»de tous les hommes, (л) Dans tousles
» Arts communément, dit il, on en apprend
» plus de foi-même que les Maîtres n'en ont
» enfeigné. Les enfans ayant appris à lire lg
{a) Temporibus noßris jupir omnes homines fatui
funt cantores. In omni enim arte plura funt valdi
qui. fenfu neßro eognofeimus qutm que. à magiflro
iidicimus. Ferfecio enim folo Pfaiterio , «mnium i:~
brorum Uniones cognofeunt puertdi ¡ (¡p Agricultu
re feientiam fubito intelligunt ruflici. <3jui enim
unam vineam future , unam arbufculam inferere
unum aßnum enerare cognovit , ßcut in in uno fá
cil , in omnibus ßmiliter , auf etiam melius facit fr
mon dubitat. Miferabiles autem cantores eorumque
olijcipuli , etiamfi per centum annos quotidie décan
tent , nunquam per fi fine mag'tßro vel parvulam
cant abunt Antiphonarn , &c.
. » Pfautier j
%fíi MERCURE DE FRANCE
*> Pfcaurier , lifcnt après cela feuls tou-
» tes fortes de Livres. Les Payfans ap-
» prennent en peu de lems Jes travaux de
" la Campagne. Quand ils fçavent railler
» une Vigne , planter ou enter un Arbre -,
» charger une Bête , Us fe règlent fur ce
» qu'ils ont fait une fois , pour Je faire tou-
» jours de même , & quelquefois encore
» mieux ; & ils font fùrs de réuilîr. Mais
» pour ce qui eft des miferables Chantres
n & de leurs Difciples , quand même ils
» chanteraient tous les jours pendant cent
h ans , jamais ils ne feront en état de
» chanter d'eux-mêmes, & fans le fecours
» du Maître , la moindre petite Antienne. . .
»> Et ce qui cft plus fatal , c'eft que plu-
» lleurs Clerps & Moines , voyant qu'ils
» perdent leur tems, en elïayant d'appren-
» dre à chanter , négligent l'aififtançe à
» l'Office Divin. En effet, ajoute- с il , lorf-
» qu'on l'entend célébrer, il femble qu'on
» voyc des gens difputer les uns con-
» tre les autres j à peine deux voix font-
9 elles à l'unifon f Le Difcipje ne s'açcpr-
» de ni avec fon Maître , ni avec fon Condifciple.
La maniere de noter , inventée
oar Arerin , remédia à rout cela ; le Chant
Grégorien , qui étoit la principale Mufique
de ces tems là , fut appris facile
ment , & fut chanté à l'unifon fans difcordance
¿
JUILLET. 174 3: 1 5 if j
cordance & même avec goût : & ce fût
cette facilité qui fit naître tous les rafinemens
qu'on trouva depuis. Que M. Rouffeau
ait donc la bonté d'effacer de fon
Livre , que Gui Aretin rendu un fon mau
vais fervice à 1л M fique , & qu'il eft à
propos de faire pour fa Perfection y ce
que Gui d'Arezze л fait four la gâter.
Enfin , que ce même Gui apprit aux hom
mes à chanter difficilement. Toutes ces Propofirions
étant taulîcs , ne peuvent que
défigurer un Livre, où l'Auteur tait profeifion
de vouloir dire la vérité : l'expérience fit
voir évidemment que le Chant étoit de
venu infiniment plus aifé à apprendre рас
fa méthode , que par les précédentes: c'eil
le feul Fait que j'ai entrepris de prouver ,
Si qui me proîr très bien établi par les
témoignages tirés des Ouvrages du tems
même de l'invention. Cette méthode con
tinuera , & acquerrera de nouvelles per
fections avec le tems. Loin qu'elle perde
de fon mérite , je fuis témoin qu'un fçavant
Magiibat de Pans a enchéri, deilus en don
nant des noms aux onze femitons qui fonC
entre l'ut inférieur à l'ut fupérieur } c'eftà-
dire , qu'outre les noms de re mi fajol
laß, il a admis les trois fyllabes ma fi fa t
de l'Annphonicr de Paris , auxquelles il
en a joint deux de fa fa$on , l'un pour l'ut
E dieze ,
i5¿4 MERCURE DE FRANCE
dièze , & l'autre pour Je fol dièze. Ces
multiplications de noms , qui font fi légiti
mes , que j'ai fi fort fouhaittés , & qui ferviroient
fi utilement à s'entendre claire
ment les uns les autres , lorfqu'on parle
de tranfpofitions de Chant , font bien op-
•pofées à la prétendue Amplification que
}A. RouiTeau propofe. L'idée qui m'eft ve
nue de peindre aux yeux des enfans qui corn»
mencent à apprendre le chantóles diftances
icelles des cordes de l'ancienne échelle d'Aretin
, & que j'ai communiquée au Pu
blie il y a deux ans , n'y eft pas moins
oppoféc. Ainfi , M. K, P. vous voyez que
je fuis jntereilé à foutenir ce que j'ai ima
giné pour la plus grande facilité de ceux qui
feront ufage de l'échelle d'Aretin, J'accor
derai Ыеп que les chiffres 1.2. 3 4.. 5. ¡S . 7.
rciTemblenr à ces fept premières lettres de
l'Alphabet Latin a b с de fg , & c'eft parce
qu'elles ne leur reiTemblent que trop, que
je prétends que l'une des méthodes n'elt
pas plus commode que l'autre , pour enfeigner
le Chant d'une manjéic claire
palpable , & intelligible aux enfans qui
commi ncent , & qui font , pour ainfi dire,
a la Croij: de par Dieu de la Mu fique.
Comme donc l'ufage d'employer feulement
les fept premières lettres de l'AlphabeC
Latin t a été reprouvé pour fpn infiiffifan•
.,y,î\U I;L i E T-, : Д743.\ ... ij;<5.
ce , iL y a tout lieu de craindre que lern"
ploi desfept premiers chiffres n'ait le même
ïorrj il en fera de ce leptiéme. comme des No
tes de Tiron , qu'on employe pour écrire
en abrégé , & écrire aulîj vite que l'O
rateur qui prononçoic un Difcours : on s'en
iervjra pour épargner le papier , pour évi
ter de former un Volume de ce qui peut
être cont.nu- eu quelques, pages -, pour en
voyer aulii beaucoup d'airs notés dans une
iimplc Lettre. On en agira ainfi de Maî
tre à Maître , mais non de Maître à éco
lier , & je ne croirai jamais qu'il le trouve4
(fes écoliers , qui n'ayant aucune teinrurc
de Chant, & qui étant absolument neufs
dans cet Art , apprennent facilement ' à
chanter (implement par i. 2 .}. 4 5 .6. 7.
fans échelle ; ou s'il s'en trouve , je ioutiens
que ces enrans auroit nr appris encore beau
coup plus facilement par la méthode
de l'Echelle- de 1 Gui * Arétin , *ték¿> qu'elle
a été perfectionné* ju(ques!ici & qu'elle
pourra l'être encore par la fuite.
Il ne me rede plus, M. R. P, qu'à vous
demander , fi vone Manufcnjde Gui Arctin
, eil aulli riche en Figu.es, que Ce
lui que je viens -de découvrir à Chezalbenoît
j c'eft-à-dire , fi on y trouve des
Figures de Jou urs de toute forte d'inftrumens
, à commencer par de petites do-
• » E ij ches,
tff& MERCURE DE>RANCE
ches, & qui font qualifiés Percujfíonales ¿
Tetjßbiles , Inflatiles f &c. Cela cft afféf
digne d'atrenuon dans le Manufcrit de
Çhezalbenoîr f que l'on dit être du XI,
ou XII. fiéclc. ,Ел même rems , fquffrez
que je vous prie de faire examiner, fi en
Quelque endroit de votre Exemplaire i Gui
eft appelle Guide Augens Aretinus , com
me le Pere de Monttaucon l'appelle dans
les Tables de fon Ouvrage , intitulé Bibliothec*
Bibliotbpcarum. И peut fe faire qu'il y
ait eû un Guido Augcnfis qui ait écrit fur ia,
Mufique , & que la reiTemblancc du nom foie
caufe que des deux on n'en aura fait qu'un;
J'ai l'honneur d'être , &c.
A I tris , ce 3« Juin t 1743.
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Résumé : LETTRE de M. l'Abbé L. au R. P. D. Timothée Veyrel, Prieur de S. Evroul en Normandie, au sujet des Ouvrages de Gui Aretin, avec quelques Remarques en faveur de la mémoire de ce célebre Musicien.
Timothée Veyrel écrit au R. P. pour discuter des œuvres de Gui Aretin, musicien du début du XIe siècle. L'abbaye du destinataire possède un manuscrit complet des œuvres de Gui Aretin, contrairement aux autres bibliothèques qui ne détiennent que des fragments. Veyrel souhaite rendre ces œuvres plus accessibles et demande au destinataire de consulter les œuvres musicales de Gui conservées à la bibliothèque du Roi pour compléter celles de l'abbaye. Veyrel critique un livre récent de M. Roufleau, 'Dissertation sur la musique moderne', qui conteste les contributions de Gui Aretin à la musique. Roufleau affirme que Gui Aretin a remplacé les caractères anciens de la musique par les notes modernes sans connaître précisément l'état de la musique à cette époque. Veyrel souligne que Roufleau n'a pas suffisamment étudié Gui Aretin et aurait dû consulter des ouvrages comme celui de Jacques le Clercq ou les travaux du Père Souhairy. Le texte décrit les méthodes anciennes de notation musicale, utilisant les sept premières lettres de l'alphabet latin pour désigner les sons et diverses formes de notes sans lignes ni clés. Gui Aretin a innové en représentant les positions des doigts sur le monocorde directement sur les syllabes du texte à chanter, facilitant ainsi l'apprentissage des jeunes moines. Cette méthode a conduit à la création des portées musicales, appelées 'échelles'. Gui Aretin est crédité d'avoir rendu le chant grégorien plus accessible en utilisant les lettres C, F, et b pour indiquer les positions des notes sur une corde. Il utilisait six syllabes (ut, ré, mi, fa, sol, la) et une septième syllabe optionnelle (be ou si). Sa méthode permit aux enfants du chœur de l'église d'Arrezzo d'apprendre rapidement le chant grégorien, impressionnant ainsi le pape Jean XXII qui adopta cette méthode. Le texte mentionne des critiques adressées à Gui, notamment par M. Roufleau, mais souligne que sa méthode a été bénéfique pour l'Église et les chantres. Un manuscrit trouvé dans l'abbaye de Chezal-Benoît confirme l'importance de la contribution de Gui. Le texte se termine par une demande à M. R. P. d'examiner un manuscrit de Chezalbenoît, riche en figures et illustrations d'instruments de musique, et de vérifier s'il contient des références à Guido Augens Aretinus.
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