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252
p. 358-359
ENIGME.
Début :
Je vous envoye une Enigme nouvelle. / Mon corps n'est composé que de longues arrestes, [...]
Mots clefs :
Éventail
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Je vous envoye une Enigme
nouvelle.
ENIGM E.
Mon corps n'est composé que de longues
arreftes ,
Etje n'eus de tout temps que la peau
fur les os
Je brille en compagnie , &fans aucun
repos ,
Dans lefort de l'Efté jefuis de toutes
Feftes.
Parun petit effort je caufe un doux
plaifir ,
Et dans plufieurs replis tout mon
carpsfe raffemble;
GALANT
359
feurs
gé à
= les
gme
i
Lj
YOON
AIR NOUVEAU.
Plus je bois , plus j'ayfoif, plus j'ay
foif,plus je bois .
358
MERCURE
Par un petit effort je caufe un doux
plaifir
Et dans
plufieurs replis tout mon
carpsfe raffemble;
GALANT
359
Mes os par un feul nerffe tiennent
tous enfemble ,
Etfans lesfeparer on peut les defunir.
Sans avoir du Serpens la Prudence
en partage ,
Comme luy quelquefois je puis
changer de peau ,
Et répandant aux yeux un nouvel
étalage
L'on ne me connoift plus tant je parois
nouveau.
nouvelle.
ENIGM E.
Mon corps n'est composé que de longues
arreftes ,
Etje n'eus de tout temps que la peau
fur les os
Je brille en compagnie , &fans aucun
repos ,
Dans lefort de l'Efté jefuis de toutes
Feftes.
Parun petit effort je caufe un doux
plaifir ,
Et dans plufieurs replis tout mon
carpsfe raffemble;
GALANT
359
feurs
gé à
= les
gme
i
Lj
YOON
AIR NOUVEAU.
Plus je bois , plus j'ayfoif, plus j'ay
foif,plus je bois .
358
MERCURE
Par un petit effort je caufe un doux
plaifir
Et dans
plufieurs replis tout mon
carpsfe raffemble;
GALANT
359
Mes os par un feul nerffe tiennent
tous enfemble ,
Etfans lesfeparer on peut les defunir.
Sans avoir du Serpens la Prudence
en partage ,
Comme luy quelquefois je puis
changer de peau ,
Et répandant aux yeux un nouvel
étalage
L'on ne me connoift plus tant je parois
nouveau.
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253
p. 398-400
ENIGME.
Début :
Je vous envoye une Enigme nouvelle, elle est de Mr Daubicourt. / Sans me vanter plus qu'il n'est necessaire, [...]
Mots clefs :
Tabatière
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Je vous envoye une Enigme
nouvelle , elle eft de Mr Daubicourt,
GALANT
210
ناش
ENIGME.
LION
FILLA,
Sans me vanter plus qu'il
n'eft neceffaire ,
Du beau Sexe je fuis celle qui fait
mieux plaire ,
Et l'interieur de mon corps
Plait plus encor que les
dehors ,
Quand l'Art ingenieux d'une riche
Structure
L'a paré d'une Mignature.
Parmy les gens de qualité ,
Comme par tout ailleurs , je fais
quelque figure ,
Quoyque de petite ftructure ,
Je tiens fort bien mon rang dans la
focieté:
si je ne fuis my fenfible ny
tendre
Llij
400 MERCURE
De mes Amans je contente
Pard :ur,
Pour eux je me laiſſe répandre
Sans eftre moins en bonne
odeur ;
Et quoy qu'à tous venans mon coeur
Je laiffe prendre ,
Je ne rifque jamais de perdre mon
bonneur.
nouvelle , elle eft de Mr Daubicourt,
GALANT
210
ناش
ENIGME.
LION
FILLA,
Sans me vanter plus qu'il
n'eft neceffaire ,
Du beau Sexe je fuis celle qui fait
mieux plaire ,
Et l'interieur de mon corps
Plait plus encor que les
dehors ,
Quand l'Art ingenieux d'une riche
Structure
L'a paré d'une Mignature.
Parmy les gens de qualité ,
Comme par tout ailleurs , je fais
quelque figure ,
Quoyque de petite ftructure ,
Je tiens fort bien mon rang dans la
focieté:
si je ne fuis my fenfible ny
tendre
Llij
400 MERCURE
De mes Amans je contente
Pard :ur,
Pour eux je me laiſſe répandre
Sans eftre moins en bonne
odeur ;
Et quoy qu'à tous venans mon coeur
Je laiffe prendre ,
Je ne rifque jamais de perdre mon
bonneur.
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256
p. 136-141
EXTRAIT Des Registres de l'Academie Royale des Sciences.
Début :
Tout ce qui regarde les choses necessaires à la vie & à la / Le Pere Sebastien, Mrs Homberg, Varignon, & des Billetes [...]
Mots clefs :
Surdité, Machines, Académie royale des sciences, Son
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT Des Registres de l'Academie Royale des Sciences.
Tout ce qui regarde les chofes neceffaires à la vie & à la
fanté , ne pouvant eftre trop
connuës ; je dois vous entretenir encore de deux Articles
dont je vous ay déja parlé , afin
de vous faire voir le progrés
des chofes dont ces Articles
traitent ; le premier regarde la
furdité.
GALANT 137
EXTRAIT
Des Regiſtres de l'Academic
Royale des Sciences.
Le PereSebaftien , Mrs Homberg, Varignon , &des Billetes
qui avoient efté nomméz pour
examiner des Machines de Mr
du Guet qui augmente le fon qui
s'apliquent fous la Perruque des
Hommes , fous la Coiffure
des Femmes , à des Sieges , &
dont l'effet augmente à proportion de leur volume en ayant
fait leur raport , la Compagnie à
jugé qu'elles eftoient nouvelles
Février 1710. M
138 MERCURE
ingenieufes & utiles à ceux qui
entendent difficilement ou pour
entendrede plusloin. Fait à Paris
ce 6 ° May 1709.fignéFontenelle
Secretaire perpetuel de l'Academie Royale des Sciences.
Le Roy , eh confideration
de l'invention particuliere de
ces Machines qui fervent tresutilement à ceux qui ont l'ouye
dure , & intereffent ceux qui
font obligez de leur parler , le
Roy a accordé un Privilege
exclufifà Mr du Guet , &pour
vous marquer le progrés de
fes Machines , je vous envoye
GALANT 139
une Lettre qui a cfté adreffée
audit Sieur du Guet.
COPIE DE LA LETTRE
du Pere Damien , Capucin ,
Confeffeur des Capucines ,
écrite à M' du Guet,
Novembre 1709.
Le 10.
Il eft jufte Monfieur , que
pour vostre fatisfaction & pour
procurer au Public l'utilité du
Secret que vous avez pour foulager aux perfonnes fourdes la
difficulté qu'elles ont d'entendre ,
je vous rende compte du fuccés
que vous avez eu dans le MoMij
140 MERCURE
naftere de nos Meres Capucines
enlaperfonne de Sœur Marie de
Saint Louis de Boulainvilliers
qui fe trouve parfaitementfoulagée de fa Surdité par l'ufage de voftre Machine. Toute
la Communauté qui s'aperçoit
bien de ce fuccés fe loüe fort de ce
fecret & Madame de Boulainvilliers mere de cette Religieufe , fut furprife de ce que fa
fille entendoit beaucoup mieux
depuis quelques mois qu'elle ne
l'avoit veuë , elle approuva fort
cette Machine dont fa fille fe
trouvoitfibien; fi ce temoignage
que je rends à la verité vous
GALANT 141
peut eftre utile , fervez vous- en
j'en auray autant de plaifir
que vous à quije voudrois de tout
moncœurrendre d'autresfervices
eftant , Monfieur, voftre , & c
fanté , ne pouvant eftre trop
connuës ; je dois vous entretenir encore de deux Articles
dont je vous ay déja parlé , afin
de vous faire voir le progrés
des chofes dont ces Articles
traitent ; le premier regarde la
furdité.
GALANT 137
EXTRAIT
Des Regiſtres de l'Academic
Royale des Sciences.
Le PereSebaftien , Mrs Homberg, Varignon , &des Billetes
qui avoient efté nomméz pour
examiner des Machines de Mr
du Guet qui augmente le fon qui
s'apliquent fous la Perruque des
Hommes , fous la Coiffure
des Femmes , à des Sieges , &
dont l'effet augmente à proportion de leur volume en ayant
fait leur raport , la Compagnie à
jugé qu'elles eftoient nouvelles
Février 1710. M
138 MERCURE
ingenieufes & utiles à ceux qui
entendent difficilement ou pour
entendrede plusloin. Fait à Paris
ce 6 ° May 1709.fignéFontenelle
Secretaire perpetuel de l'Academie Royale des Sciences.
Le Roy , eh confideration
de l'invention particuliere de
ces Machines qui fervent tresutilement à ceux qui ont l'ouye
dure , & intereffent ceux qui
font obligez de leur parler , le
Roy a accordé un Privilege
exclufifà Mr du Guet , &pour
vous marquer le progrés de
fes Machines , je vous envoye
GALANT 139
une Lettre qui a cfté adreffée
audit Sieur du Guet.
COPIE DE LA LETTRE
du Pere Damien , Capucin ,
Confeffeur des Capucines ,
écrite à M' du Guet,
Novembre 1709.
Le 10.
Il eft jufte Monfieur , que
pour vostre fatisfaction & pour
procurer au Public l'utilité du
Secret que vous avez pour foulager aux perfonnes fourdes la
difficulté qu'elles ont d'entendre ,
je vous rende compte du fuccés
que vous avez eu dans le MoMij
140 MERCURE
naftere de nos Meres Capucines
enlaperfonne de Sœur Marie de
Saint Louis de Boulainvilliers
qui fe trouve parfaitementfoulagée de fa Surdité par l'ufage de voftre Machine. Toute
la Communauté qui s'aperçoit
bien de ce fuccés fe loüe fort de ce
fecret & Madame de Boulainvilliers mere de cette Religieufe , fut furprife de ce que fa
fille entendoit beaucoup mieux
depuis quelques mois qu'elle ne
l'avoit veuë , elle approuva fort
cette Machine dont fa fille fe
trouvoitfibien; fi ce temoignage
que je rends à la verité vous
GALANT 141
peut eftre utile , fervez vous- en
j'en auray autant de plaifir
que vous à quije voudrois de tout
moncœurrendre d'autresfervices
eftant , Monfieur, voftre , & c
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Résumé : EXTRAIT Des Registres de l'Academie Royale des Sciences.
En février 1710, l'Académie Royale des Sciences a examiné des inventions de Monsieur du Guet visant à améliorer l'audition. Ces machines étaient conçues pour amplifier le son sous les perruques masculines et les coiffures féminines, ainsi que sur les sièges. Elles ont été jugées nouvelles, ingénieuses et utiles pour les personnes ayant des difficultés auditives. Le roi a accordé à Monsieur du Guet un privilège exclusif pour ces inventions. Une lettre du Père Damien, datée de novembre 1709, atteste du succès de ces machines, notamment auprès de la sœur Marie de Saint Louis de Boulainvilliers, dont la surdité a été soulagée. La communauté des Capucines et la mère de la religieuse ont également approuvé cette invention.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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257
p. 347-349
ENIGME.
Début :
L'on me voit aisément & mon estre est sensible, [...]
Mots clefs :
Chandelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
L'on me voit aisément & mon
eftre eftfenfible
348 MERCURE
Maispourmebien comprendre
fçavoir qui je fuis ,
La chofe eft mal aifée ,
impoffible ,
paroift
C'eft on demeurent court les plus
rares efprits.
Sans me diminuer l'on prendde m
fubftance,
ma
Que je donne à chacun pour eftre
en füreté,
Et quoique j'en fourniffe à tous
en abondance,
J'en ay toûjours chez moy la même quantité.
Je medonnefanspoids ,fans nombre, &fans mefure ;
Etdepuis le Bergerjufques auplus
grand Roy,
GALANT 349.
Il n'est petit ny grand dans toute
la nature
Qui n'implore mon aide, & n'ait
befoin de moy.
Tout le monde s'en fert, & tous
à la même heure,
Rien deplus merveilleux,quoyque
de plus commun,
L'on me portepar tout de demeure
en demeure ,
Etfi toft qu'on me voit j'éblouis
I un chacun.
L'on me voit aisément & mon
eftre eftfenfible
348 MERCURE
Maispourmebien comprendre
fçavoir qui je fuis ,
La chofe eft mal aifée ,
impoffible ,
paroift
C'eft on demeurent court les plus
rares efprits.
Sans me diminuer l'on prendde m
fubftance,
ma
Que je donne à chacun pour eftre
en füreté,
Et quoique j'en fourniffe à tous
en abondance,
J'en ay toûjours chez moy la même quantité.
Je medonnefanspoids ,fans nombre, &fans mefure ;
Etdepuis le Bergerjufques auplus
grand Roy,
GALANT 349.
Il n'est petit ny grand dans toute
la nature
Qui n'implore mon aide, & n'ait
befoin de moy.
Tout le monde s'en fert, & tous
à la même heure,
Rien deplus merveilleux,quoyque
de plus commun,
L'on me portepar tout de demeure
en demeure ,
Etfi toft qu'on me voit j'éblouis
I un chacun.
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258
p. 310-315
ENIGME.
Début :
On peut en plaisantant m'appeller une Ville. [...]
Mots clefs :
Coche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIG.ME.
ON peut en plaisantant
m'appeller une
Vflie.
Jouons doncsur ce mot>
putfque fIlM de cent
mille,
HomYMs, Femmes, Car»
çons, Filles,Vieillards,
Enfantsy
Pendantle cours d'un an
sefontmes habitants.
Chez, moy bravoure ni
Noblesse,
Vert,ni talents ni riches
fè,
Nedonnent point la primauté.
*
Le plus ancien Bourgeois
la prend d'autorité, -
Hors de mes murs,&par
prudence
Mon Gouverneur tient
saseance,
Et fournis à tousmes
BourgeoiJ,
Atix bestes seulement il
peut donner des loix.
jBeJles quon met dehors
pour estreplusutiles,
Hommesen mouvement,
f5 pourtant immobiles
Changeantde lieusansen
changer,
2slj demandent qu'à deloger.
Et fartant la mat par
Cohortes,
Ils vont dormir hors de
mes portes,
Etviennent lejourplusieursfois
Se mettreà couvert sosis
mes toits.
illaisme dira bientostun
Devineurhabile
L'Enigme à deviner me
paroist tropfacile.
Veicj le mot ,jel'ay trouvé,
Cette 'tlle,c'est un Caffe.
Peut-estre; dans Paris il
enestbienplus d'une,
Onyprend enpublieune
liqueurcommune.
Les Habitantsy sontci-
/ifs,
GrandsDisputeurs &
décisifs
; Mais hors deladispute
ilssonthumains,
affables;
Et s'ilsdebitoient moins.\
defables
, ;
Ils seroientgrandsHistoriens.
C'est un Caffesans doute,
a ce motjereviens,
Et depeur qu'onne le devine
Je , le disfranchement, cettefranchiseestfine
Carquipeutme croire asfezlot
Pour dire en mesme temps
(S)lEnigme &le mot.
ON peut en plaisantant
m'appeller une
Vflie.
Jouons doncsur ce mot>
putfque fIlM de cent
mille,
HomYMs, Femmes, Car»
çons, Filles,Vieillards,
Enfantsy
Pendantle cours d'un an
sefontmes habitants.
Chez, moy bravoure ni
Noblesse,
Vert,ni talents ni riches
fè,
Nedonnent point la primauté.
*
Le plus ancien Bourgeois
la prend d'autorité, -
Hors de mes murs,&par
prudence
Mon Gouverneur tient
saseance,
Et fournis à tousmes
BourgeoiJ,
Atix bestes seulement il
peut donner des loix.
jBeJles quon met dehors
pour estreplusutiles,
Hommesen mouvement,
f5 pourtant immobiles
Changeantde lieusansen
changer,
2slj demandent qu'à deloger.
Et fartant la mat par
Cohortes,
Ils vont dormir hors de
mes portes,
Etviennent lejourplusieursfois
Se mettreà couvert sosis
mes toits.
illaisme dira bientostun
Devineurhabile
L'Enigme à deviner me
paroist tropfacile.
Veicj le mot ,jel'ay trouvé,
Cette 'tlle,c'est un Caffe.
Peut-estre; dans Paris il
enestbienplus d'une,
Onyprend enpublieune
liqueurcommune.
Les Habitantsy sontci-
/ifs,
GrandsDisputeurs &
décisifs
; Mais hors deladispute
ilssonthumains,
affables;
Et s'ilsdebitoient moins.\
defables
, ;
Ils seroientgrandsHistoriens.
C'est un Caffesans doute,
a ce motjereviens,
Et depeur qu'onne le devine
Je , le disfranchement, cettefranchiseestfine
Carquipeutme croire asfezlot
Pour dire en mesme temps
(S)lEnigme &le mot.
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259
p. 15-27
EXTRAIT de la dissertation sur l'utilité de la soye des Araignées, par Mr Bon, Associé Honoraire de la Societé Royale des Sciences, & Premier President en survivance de la Cour des Comptes de Montpellier.
Début :
On sera surpris d'apprendre que les Araignées font une [...]
Mots clefs :
Vers à soie, Araignées, Bon, Découverte, Soie, Manufactures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT de la dissertation sur l'utilité de la soye des Araignées, par Mr Bon, Associé Honoraire de la Societé Royale des Sciences, & Premier President en survivance de la Cour des Comptes de Montpellier.
EXTRAIT
de la dissertationsurl'utilitédelasoye
des Araignées,
par Mr Bon,
AssociéHonorairede
la Société Royale des
Sciences , & Premier
President ensurvivance
de la Cour des Comptes
deMontpellier.
On fera surpris d'apprendre
que les Araignées
font une soye aussi belle,
aussi forte, & aussi luArec
que la soyc ordinaire. La
prévention ou l'on est contre
un Insecte aussi commun
que meprisé
,
est cause que
le Publica ignoré jusqu'icy
toute l'utilité qu'on pouvoir
en tirer ; & comment l'auroit-
il feulement soupçonné.
Celle de la foye si
considerable, a demeuré inconnuë
& négligée longtemps
après sa découverte.
Ce fut dans l'Isle de Cos que
Pamphilia,fille dePlatis,trouVa
la première l'invention delamertreenoeuvre;cette
;. découverte fut bientost
connuë chez les Romains.
On leur aporta de la soye
du Pays des Seres, où les vers
qui la font croissent naturellement.
Bienloin de profiter
d'une nouveauté si utile
ils ne purent jamais se persuader
queces vers produisissent
des filsaussi beaux &:
aussi pretieux, &tirerent sur
cela mille conjectures chimériques.
Leur ignorance
jointe à ieurparede, rendit
pend ant plusieurs siecles la
foye d'une rareté & d'une
chereté siextraordinaire,
qu'on la vendoit au poids
de l'or. Vopiscus assure que
l'Empereur Aurelicn refusa
par cette raison à l'Imperatrice
sa femme, un habit
de soye qu'elle lui demandoit
avec beaucoup
d'empressement. Cette rareté
dura fort longtemps,
& nous devons la maniere
d'élever les vers à soye à
desMoines qui en aporterent
des oeufs en Grecc fous le
Regne de rEmpcreurJufUnien.
Nous l'apprenons de
Godefroy dans ses Notes
sur laLoy premièreauCode
Livre quatriéme. Quoe res
venire nonpossunt, &la Loy
Emptori 37.d'Uipien paragraphe
premier au 21. Livre
du Dlgdle, assure que le
prix de la foye estoit égal
àcelui des Perles.
La France n'aprofité que
bien tard de cette découverte
, puisqu'HenryII,
porta aux Noces de sa fille
&desa soeur, les premiers
bas de soye qu'on eut veu
dans le Royaume. C'est à
ses soins & à ceux de ses
Successeurs que nous devons
l'ecabtinement des Manufactures
de Tours & de
Lyon, qui ont rendu les
Etoffes de foye si com- munes.&c
Ensuite Mr Bon fait observerque
lesmoindres découvertes
avoient souvent
donné lieu à des établissements
considerables
, par
exemple, dit-il. -
L'ingenieusefable d'Arachné,
ne fait elle pas bien
voirque cestaux Araignées
àqui l'on doit les premie- rsidées d'ourdir les toiles,
-& de tendre des Filets aux
animauxiaiiiifl'utilitéconftante
que j'assure qu'on en
peut tirer, les fera sans doute
regarder dans la suite
f comme les Vers à foye &
j
les Abeilles, qui sont de
tous les Insectes les plus necessaires
& les plus admirables
dans leurs ouvrages.
Mr Bon fait ensuite plusieursObservations
sur les
différentes efpcces d'Arai-
- gnées,& dit qu'on lesdistingue
par lenombre&par
l'arangement de leurs yeux,
t les unes en ayant [IX, lesautres
huit,les autres dix,
rangez differemment sur le
sommetde la teste;&qu'on
voit ces yeux sans aucun secours;
mais beaucoupmieux
avec celui de la Loupe.
En parlant desMamellons
de ces Insectes,ilfait obferver
une Mechanique fort
singuliere dont lesAraignées
se serventlorsqu'elles veulentpasser
d'un lieu à un aurre.
Elles se pendent perpendiculairement
à un fil; tournant
ensuite la teste du côté
du vent, elles en lancent
plusieurs de leurs-Anus., qui
partent comme destraits,
& si par hazard le vent qui
les allonge les cole contre
quelque corps solide ,ce
quelles sentent par. la resistance
qu'elles trouvent en
les tirant de temps en temps
avee leurs pattes,elles se fervent
decette espece de pont
pour alleràl'endroit où ces
fils se trouvent attachez ;
mais si ces fils ne rencontrent
rien à quoy ils puissent
se prendre, ellescontinuent
toûjours à les cacher jusqu'àce
que leur grande Ion..
gueur ,& la force avec U*
quelle le ventles pousse &
les agite, furmonrant l'équilibrede
leurscorps,elles
se sentent fortement tirer.
Alors rompant le premier
fil qui les tenoit suspendues,
elles se laissent emporter au
gré du vent, & voltigent
sur le dos,les pattesétendues;
c'est de ces - deux; manieres
qu'elles traversent les chemins
,
les rues & les plus
grandes Rivieres, &c.
Il s'étend en suite sur la ,
qualité des soyes & sur la
maniere de les fabriquer; il
conclud
conclud que les Araignées
fournissent beaucoup plus
queles Vers à foye;marque
-toutes les experiences qu'il
afaites,tant pourleurnourriture
, que pour l'oecono-
- - mic du fruit qu'on en pour-
, ra tirer.
- Ilajointàcela l'execution;
il aenvoyé des mitaines
& des basà l'Academie
- Royale des Sciences qui les
vit avec plaisir. Comme elle
cherche d'abord dans les
nouvelles découvertes cc
qui peut contribuer à l'utilité
publique, elle chargea
Mr de Reaumur de taire les
Observations làdessus,non
pas sur la possibilité de l'etablissement
;MrBon J'avoit
démontré d'une maniere
aussi certaine quecurieuse
; mais pour examiner si
les frais des Manufactures
n'emporteroient pas le profit
qu'on en tiretoiten un
mot pour compenser & pefer
en touteschoses si l'on
devoit préferer lesAraignées
aux Vers à soye.
Mr de Reaumur,après avoir
donné à Mr Bon tous
les éloges que les vrais Sçavantssedevroient
toûjours
donner les uns aux autres,
continua le discours donc
je vais vous donner un Extrait.
de la dissertationsurl'utilitédelasoye
des Araignées,
par Mr Bon,
AssociéHonorairede
la Société Royale des
Sciences , & Premier
President ensurvivance
de la Cour des Comptes
deMontpellier.
On fera surpris d'apprendre
que les Araignées
font une soye aussi belle,
aussi forte, & aussi luArec
que la soyc ordinaire. La
prévention ou l'on est contre
un Insecte aussi commun
que meprisé
,
est cause que
le Publica ignoré jusqu'icy
toute l'utilité qu'on pouvoir
en tirer ; & comment l'auroit-
il feulement soupçonné.
Celle de la foye si
considerable, a demeuré inconnuë
& négligée longtemps
après sa découverte.
Ce fut dans l'Isle de Cos que
Pamphilia,fille dePlatis,trouVa
la première l'invention delamertreenoeuvre;cette
;. découverte fut bientost
connuë chez les Romains.
On leur aporta de la soye
du Pays des Seres, où les vers
qui la font croissent naturellement.
Bienloin de profiter
d'une nouveauté si utile
ils ne purent jamais se persuader
queces vers produisissent
des filsaussi beaux &:
aussi pretieux, &tirerent sur
cela mille conjectures chimériques.
Leur ignorance
jointe à ieurparede, rendit
pend ant plusieurs siecles la
foye d'une rareté & d'une
chereté siextraordinaire,
qu'on la vendoit au poids
de l'or. Vopiscus assure que
l'Empereur Aurelicn refusa
par cette raison à l'Imperatrice
sa femme, un habit
de soye qu'elle lui demandoit
avec beaucoup
d'empressement. Cette rareté
dura fort longtemps,
& nous devons la maniere
d'élever les vers à soye à
desMoines qui en aporterent
des oeufs en Grecc fous le
Regne de rEmpcreurJufUnien.
Nous l'apprenons de
Godefroy dans ses Notes
sur laLoy premièreauCode
Livre quatriéme. Quoe res
venire nonpossunt, &la Loy
Emptori 37.d'Uipien paragraphe
premier au 21. Livre
du Dlgdle, assure que le
prix de la foye estoit égal
àcelui des Perles.
La France n'aprofité que
bien tard de cette découverte
, puisqu'HenryII,
porta aux Noces de sa fille
&desa soeur, les premiers
bas de soye qu'on eut veu
dans le Royaume. C'est à
ses soins & à ceux de ses
Successeurs que nous devons
l'ecabtinement des Manufactures
de Tours & de
Lyon, qui ont rendu les
Etoffes de foye si com- munes.&c
Ensuite Mr Bon fait observerque
lesmoindres découvertes
avoient souvent
donné lieu à des établissements
considerables
, par
exemple, dit-il. -
L'ingenieusefable d'Arachné,
ne fait elle pas bien
voirque cestaux Araignées
àqui l'on doit les premie- rsidées d'ourdir les toiles,
-& de tendre des Filets aux
animauxiaiiiifl'utilitéconftante
que j'assure qu'on en
peut tirer, les fera sans doute
regarder dans la suite
f comme les Vers à foye &
j
les Abeilles, qui sont de
tous les Insectes les plus necessaires
& les plus admirables
dans leurs ouvrages.
Mr Bon fait ensuite plusieursObservations
sur les
différentes efpcces d'Arai-
- gnées,& dit qu'on lesdistingue
par lenombre&par
l'arangement de leurs yeux,
t les unes en ayant [IX, lesautres
huit,les autres dix,
rangez differemment sur le
sommetde la teste;&qu'on
voit ces yeux sans aucun secours;
mais beaucoupmieux
avec celui de la Loupe.
En parlant desMamellons
de ces Insectes,ilfait obferver
une Mechanique fort
singuliere dont lesAraignées
se serventlorsqu'elles veulentpasser
d'un lieu à un aurre.
Elles se pendent perpendiculairement
à un fil; tournant
ensuite la teste du côté
du vent, elles en lancent
plusieurs de leurs-Anus., qui
partent comme destraits,
& si par hazard le vent qui
les allonge les cole contre
quelque corps solide ,ce
quelles sentent par. la resistance
qu'elles trouvent en
les tirant de temps en temps
avee leurs pattes,elles se fervent
decette espece de pont
pour alleràl'endroit où ces
fils se trouvent attachez ;
mais si ces fils ne rencontrent
rien à quoy ils puissent
se prendre, ellescontinuent
toûjours à les cacher jusqu'àce
que leur grande Ion..
gueur ,& la force avec U*
quelle le ventles pousse &
les agite, furmonrant l'équilibrede
leurscorps,elles
se sentent fortement tirer.
Alors rompant le premier
fil qui les tenoit suspendues,
elles se laissent emporter au
gré du vent, & voltigent
sur le dos,les pattesétendues;
c'est de ces - deux; manieres
qu'elles traversent les chemins
,
les rues & les plus
grandes Rivieres, &c.
Il s'étend en suite sur la ,
qualité des soyes & sur la
maniere de les fabriquer; il
conclud
conclud que les Araignées
fournissent beaucoup plus
queles Vers à foye;marque
-toutes les experiences qu'il
afaites,tant pourleurnourriture
, que pour l'oecono-
- - mic du fruit qu'on en pour-
, ra tirer.
- Ilajointàcela l'execution;
il aenvoyé des mitaines
& des basà l'Academie
- Royale des Sciences qui les
vit avec plaisir. Comme elle
cherche d'abord dans les
nouvelles découvertes cc
qui peut contribuer à l'utilité
publique, elle chargea
Mr de Reaumur de taire les
Observations làdessus,non
pas sur la possibilité de l'etablissement
;MrBon J'avoit
démontré d'une maniere
aussi certaine quecurieuse
; mais pour examiner si
les frais des Manufactures
n'emporteroient pas le profit
qu'on en tiretoiten un
mot pour compenser & pefer
en touteschoses si l'on
devoit préferer lesAraignées
aux Vers à soye.
Mr de Reaumur,après avoir
donné à Mr Bon tous
les éloges que les vrais Sçavantssedevroient
toûjours
donner les uns aux autres,
continua le discours donc
je vais vous donner un Extrait.
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Résumé : EXTRAIT de la dissertation sur l'utilité de la soye des Araignées, par Mr Bon, Associé Honoraire de la Societé Royale des Sciences, & Premier President en survivance de la Cour des Comptes de Montpellier.
Le texte de Monsieur Bon, Associé Honoraire de la Société Royale des Sciences et Premier Président en survivance de la Cour des Comptes de Montpellier, examine l'utilité de la soie produite par les araignées. Monsieur Bon note que, malgré ses qualités esthétiques et sa solidité, la soie d'araignée est peu connue en raison des préjugés contre cet insecte. Il compare cette situation à l'ignorance initiale des Romains concernant la production de soie par les vers à soie, qui étaient perçus comme précieux et rares. La découverte de la soie par les Romains est attribuée à Pamphilia, fille de Platis, sur l'île de Cos. Les Romains, bien que conscients de la soie, ne comprenaient pas sa production et la considéraient comme extrêmement rare et chère. Cette rareté persista jusqu'à ce que des moines apportent des œufs de vers à soie en Grèce sous le règne de l'empereur Justinien. En France, l'utilisation de la soie se développa tardivement. Henri II introduisit les premiers bas de soie lors des noces de sa fille et de sa sœur. Les manufactures de Tours et de Lyon, encouragées par Henri II et ses successeurs, rendirent les étoffes de soie courantes. Monsieur Bon souligne que les araignées, comme les vers à soie et les abeilles, sont des insectes admirables et nécessaires. Il décrit les différentes espèces d'araignées et leurs mécanismes de déplacement, utilisant des fils de soie pour se déplacer. Il affirme que les araignées produisent une quantité de soie supérieure à celle des vers à soie et présente des expériences pour prouver cette affirmation. L'Académie Royale des Sciences, intéressée par ces découvertes, chargea Monsieur de Reaumur d'examiner la viabilité économique de l'exploitation de la soie d'araignée. Monsieur de Reaumur, après avoir loué les travaux de Monsieur Bon, poursuivit les observations pour évaluer les coûts et les bénéfices potentiels.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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260
p. 195-198
Parapluies & Parasols nouvellement inventez, & qui se portent dans la poche.
Début :
Cette nouvelle invention me fait souvenir d'un soldat qui [...]
Mots clefs :
Parapluie, Parasol, Poche, Inventions
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texteReconnaissance textuelle : Parapluies & Parasols nouvellement inventez, & qui se portent dans la poche.
Faràpluies & jJaraJÓls
nouvellement inventeZ,
f5 qui se portent
dans lapoche. JGette nouvelle invention
me faitsouvenir
d'un loldat qui pendant
un orage affreux suivoit
tranquillement son che-
I min malgré la pluye qui
j le perçoit. Je luy criay
1
d'une maison où j'étois
qu'ilentraftpour se met,
trc à couvert. Vous ne
sçavez donc pasrécriat'il,
qu'un bon Soldat a
toûjours dans sa poche
dequoy se garentirdes
injures du temps
,
ëC
disant cela, il tira une
longue bouteille defer
blanc quil acheva de
vuider en me deman-
-'
dant dequoy la remplir.
Onpourra donc dire
à present très - [erieuiè'"j'
ment, j'ay dans ma
po-d
chedequoy me garantir I
des injures du temps ,
car ces nouveaux Parapluies
dont on peut faire
usage, ne tiennent
pas plus deplace que la
bouteille du Soldat. J'en
ferois bien icy la description
exacte
,
mais
elle seroit longue; on
n'a qu'à les acheter : c'est le plus court. Ils se
vendent proche la barriere
S. Honoré. Celuy
qui les a inventez cest
Mr Marius à qui on a
l'obligation de ces Claveflins
brisez qu'on
pourroit presque appel-
1eraussi des Clavessins
de poche. Je ne desespere
pas que son industrie
ne parvienne jusqu'à
nous donner pour nos
Armées des Tentes, ou
du moins des Baraques
de poche.
nouvellement inventeZ,
f5 qui se portent
dans lapoche. JGette nouvelle invention
me faitsouvenir
d'un loldat qui pendant
un orage affreux suivoit
tranquillement son che-
I min malgré la pluye qui
j le perçoit. Je luy criay
1
d'une maison où j'étois
qu'ilentraftpour se met,
trc à couvert. Vous ne
sçavez donc pasrécriat'il,
qu'un bon Soldat a
toûjours dans sa poche
dequoy se garentirdes
injures du temps
,
ëC
disant cela, il tira une
longue bouteille defer
blanc quil acheva de
vuider en me deman-
-'
dant dequoy la remplir.
Onpourra donc dire
à present très - [erieuiè'"j'
ment, j'ay dans ma
po-d
chedequoy me garantir I
des injures du temps ,
car ces nouveaux Parapluies
dont on peut faire
usage, ne tiennent
pas plus deplace que la
bouteille du Soldat. J'en
ferois bien icy la description
exacte
,
mais
elle seroit longue; on
n'a qu'à les acheter : c'est le plus court. Ils se
vendent proche la barriere
S. Honoré. Celuy
qui les a inventez cest
Mr Marius à qui on a
l'obligation de ces Claveflins
brisez qu'on
pourroit presque appel-
1eraussi des Clavessins
de poche. Je ne desespere
pas que son industrie
ne parvienne jusqu'à
nous donner pour nos
Armées des Tentes, ou
du moins des Baraques
de poche.
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Résumé : Parapluies & Parasols nouvellement inventez, & qui se portent dans la poche.
Le texte décrit une nouvelle invention, des parapluies portables, qui rappelle à l'auteur une anecdote impliquant un soldat. Durant un orage, ce soldat continua son chemin sans se soucier de la pluie. Lorsqu'on lui suggéra de se mettre à l'abri, il répondit qu'un bon soldat a toujours de quoi se protéger des intempéries, illustrant cela en sortant une bouteille de fer-blanc pour la recueillir. L'auteur compare ces parapluies à la bouteille du soldat, soulignant qu'ils offrent une protection similaire contre les intempéries. Ces parapluies sont vendus près de la barrière Saint-Honoré et sont l'œuvre de Monsieur Marius. L'auteur espère que l'inventivité de Marius puisse un jour aboutir à des tentes ou des baraques portables pour les armées.
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261
p. 137-144
Histoire generale de la Fonderie des Lettres & de l'Imprimerie, par PIERRE COT, Fondeur, & Imprimeur-Libraire ordinaire de l'Academie Royale des Inscriptions & Médailles. Volume in 4 o. que l'on doit mettre incessamment sous la Presse, à Paris.
Début :
L'Ouvrage est divisé en trois Parties. 1. On traite dans la premiere [...]
Mots clefs :
Imprimerie, Lettres, Gravure, Livres
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texteReconnaissance textuelle : Histoire generale de la Fonderie des Lettres & de l'Imprimerie, par PIERRE COT, Fondeur, & Imprimeur-Libraire ordinaire de l'Academie Royale des Inscriptions & Médailles. Volume in 4 o. que l'on doit mettre incessamment sous la Presse, à Paris.
Histoiregenerale de la Fonderie
des Lettres 0* de tlmprimerie,
par P IERRE COT,
Fondeur, 0* Imprimeur-Libraire
ordinaire de l'Academic
Royale des Inscriptions -C
Médailles. Volumein4°. que
l'on doit mettre incessamment
fous la Presse
,
à Paris.
L'Ouvrage est divisé
en trois Parties.
1#ON traite dans la
premiere
de l'origine de l'Ecriture,
& de Tes progrez.
-Aprés avoir parlé des Caracteres
dont les hommes
se sont servis dans les premiers
temps, on en donne
des Tables expliquées,
tant des Caracteres symboliquesdequelques
Peuples,
que des alphabetiques
des autres Nations.
En traitant de l'établissement
de plus anciennes
Bibliotheques,&des Maü'ufçtirs
dont elles étoient
composées, on examine
ce qui peut servir à juger
de ancienneté de ces
Manuscrits. Cela conduit
à ce qui regarde la méchanique
de l'ancienne
Librairie des Grecs, & des
Romains
,
les Ecrivains
ou Copistes des Livres
ausquels les Imprimeurs
ont succedé.
,
2. Laseconde Partiea
pourobjet la Méchanique
de la Fonderie des Caracteres,
& celle de l'Imprimerie
L'on y décrit de
quelle maniere, & quand
4
ces deux Arcs ont été inventez.
L'on y parlede la
Gravûre ou
taille
des Poinçons
de Lettres en acier,
des Matrices en cuivre,&
des Moules pour fondre
les Lettres. Les differens
Caracteres que l'on aemployé,
& que l'on employe
actuellement dansl'impression
des Livres, s'y
trouventplacez chacun
dans leurordre, avi-f- 'v
"Histoire;Onduplique en
passant la manierede graver
sur le cuivre, à l'Eadforte,
au Burin; d'imprimer
en Taille douce.Celle
; degraver sur le Bois, ou de buriner sur les Métaux
}n'y'efi: pas oubliée non
plus que la maniere d'imprimer
des Chinois. Enfin
l'ony joint des remarques sur la Compoficioiy-du
Métal des Lettressonduës:
surlesCaracteres de
Plainchant&deMusique:
sur lesfiguresd'Astrono-
^mie;les Signes de Chymie,
& de Medecine: sur les
Notes des Jurisconsultes,
& sur les Abbreviations
anciennes. 3. La troisiéme Partie
regarde uniquement le travail
de l'Imprimerie, c'està
dire, les dispositions necessaires
pour l'ornement
des Ouvrages:Lafigure des
différentes Impositions:
Les Marques dont les Auteurs
se servent pour corriger
les Epreuves: La maniere
de composer l'Encre.
La description de la
-
Presse, des CalTes. & de
plusieurs autres Ustanciles
f
qui concernent le faitde
l'Imprimerie. L'on donne
une idée de ce que les plus
habiles Fondeurs en Lettres
,
de Imprimeurs ont
fait de plus excellent en
chaque genre de Caraél:e..
re. L'on y fait connoître
ceux qui se font distinguez
par la beauté ou la correction
de leurs Ouvrages,
par leurs sçavoir dans les
belles Lettres, & dans let
recherches d'Antiquité.
L'on y voit avec quel foin
les Papes, les Empereurs,
& les Roisontsoûtenu
l'Imprimerie, & les dépenses
qu'ils yont faites. L'on
y traite de l'Approbation
des Livres, des Marques
des Libraires, des Privileges,
& de tout cequi y a
rapport. L'on donne une
Lifte generale de toutes les
Villes où il y a eu des
Livres imprimez; & l'on
finir par un Dictionnaire
des Termes propres aux
Arts de la Fonderie des
Lettres, de l'Imprimerie,
& de la Librairie,& aux
autres Arts qui en dépendent.
Cet Ouvrage est
prest à metre sous la Prêt
se,& il y aura plus de 100.
Planches.
des Lettres 0* de tlmprimerie,
par P IERRE COT,
Fondeur, 0* Imprimeur-Libraire
ordinaire de l'Academic
Royale des Inscriptions -C
Médailles. Volumein4°. que
l'on doit mettre incessamment
fous la Presse
,
à Paris.
L'Ouvrage est divisé
en trois Parties.
1#ON traite dans la
premiere
de l'origine de l'Ecriture,
& de Tes progrez.
-Aprés avoir parlé des Caracteres
dont les hommes
se sont servis dans les premiers
temps, on en donne
des Tables expliquées,
tant des Caracteres symboliquesdequelques
Peuples,
que des alphabetiques
des autres Nations.
En traitant de l'établissement
de plus anciennes
Bibliotheques,&des Maü'ufçtirs
dont elles étoient
composées, on examine
ce qui peut servir à juger
de ancienneté de ces
Manuscrits. Cela conduit
à ce qui regarde la méchanique
de l'ancienne
Librairie des Grecs, & des
Romains
,
les Ecrivains
ou Copistes des Livres
ausquels les Imprimeurs
ont succedé.
,
2. Laseconde Partiea
pourobjet la Méchanique
de la Fonderie des Caracteres,
& celle de l'Imprimerie
L'on y décrit de
quelle maniere, & quand
4
ces deux Arcs ont été inventez.
L'on y parlede la
Gravûre ou
taille
des Poinçons
de Lettres en acier,
des Matrices en cuivre,&
des Moules pour fondre
les Lettres. Les differens
Caracteres que l'on aemployé,
& que l'on employe
actuellement dansl'impression
des Livres, s'y
trouventplacez chacun
dans leurordre, avi-f- 'v
"Histoire;Onduplique en
passant la manierede graver
sur le cuivre, à l'Eadforte,
au Burin; d'imprimer
en Taille douce.Celle
; degraver sur le Bois, ou de buriner sur les Métaux
}n'y'efi: pas oubliée non
plus que la maniere d'imprimer
des Chinois. Enfin
l'ony joint des remarques sur la Compoficioiy-du
Métal des Lettressonduës:
surlesCaracteres de
Plainchant&deMusique:
sur lesfiguresd'Astrono-
^mie;les Signes de Chymie,
& de Medecine: sur les
Notes des Jurisconsultes,
& sur les Abbreviations
anciennes. 3. La troisiéme Partie
regarde uniquement le travail
de l'Imprimerie, c'està
dire, les dispositions necessaires
pour l'ornement
des Ouvrages:Lafigure des
différentes Impositions:
Les Marques dont les Auteurs
se servent pour corriger
les Epreuves: La maniere
de composer l'Encre.
La description de la
-
Presse, des CalTes. & de
plusieurs autres Ustanciles
f
qui concernent le faitde
l'Imprimerie. L'on donne
une idée de ce que les plus
habiles Fondeurs en Lettres
,
de Imprimeurs ont
fait de plus excellent en
chaque genre de Caraél:e..
re. L'on y fait connoître
ceux qui se font distinguez
par la beauté ou la correction
de leurs Ouvrages,
par leurs sçavoir dans les
belles Lettres, & dans let
recherches d'Antiquité.
L'on y voit avec quel foin
les Papes, les Empereurs,
& les Roisontsoûtenu
l'Imprimerie, & les dépenses
qu'ils yont faites. L'on
y traite de l'Approbation
des Livres, des Marques
des Libraires, des Privileges,
& de tout cequi y a
rapport. L'on donne une
Lifte generale de toutes les
Villes où il y a eu des
Livres imprimez; & l'on
finir par un Dictionnaire
des Termes propres aux
Arts de la Fonderie des
Lettres, de l'Imprimerie,
& de la Librairie,& aux
autres Arts qui en dépendent.
Cet Ouvrage est
prest à metre sous la Prêt
se,& il y aura plus de 100.
Planches.
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Résumé : Histoire generale de la Fonderie des Lettres & de l'Imprimerie, par PIERRE COT, Fondeur, & Imprimeur-Libraire ordinaire de l'Academie Royale des Inscriptions & Médailles. Volume in 4 o. que l'on doit mettre incessamment sous la Presse, à Paris.
L'ouvrage 'Histoire générale de la Fonderie des Lettres et de l'Imprimerie' de Pierre Cot est divisé en trois parties. La première partie traite de l'origine de l'écriture et de ses évolutions, présentant des tables de caractères symboliques et alphabétiques utilisés par diverses nations. Elle explore également l'ancienneté des manuscrits et la mécanique de la librairie antique des Grecs et des Romains, ainsi que le rôle des copistes avant l'imprimerie. La deuxième partie décrit la mécanique de la fonderie des caractères et de l'imprimerie, incluant les méthodes de gravure des poinçons, la création des matrices et des moules, et les différents types de caractères. Elle mentionne aussi les caractères de plain-chant, de musique, les figures d'astronomie, les signes de chimie et de médecine, ainsi que les abréviations anciennes. La troisième partie se concentre sur le travail de l'imprimerie, détaillant les dispositions pour l'ornement des ouvrages, les figures des différentes impositions, les marques des auteurs, la composition de l'encre, et la description des presses et des cales. Elle souligne les contributions des fondateurs et imprimeurs les plus habiles, le soutien des Papes, Empereurs et Rois à l'imprimerie, et les aspects légaux comme l'approbation des livres et les privilèges. L'ouvrage se termine par une liste des villes ayant des livres imprimés et un dictionnaire des termes relatifs à la fonderie des lettres, à l'imprimerie et à la librairie.
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262
p. 93-95
ENIGME NOUVELLE.
Début :
Pour remplir un certain vuide [...]
Mots clefs :
Bouchon de bouteille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME NOUVELLE.
ENIGME
NOUVELLE.
pOur remplir un certain
vuide
Précaution m'aposté
Prés d'un réduit où refide
L'Agentde la volupté;
Sans moy dans ce réduit
oùcertain Dieupréside
L'ennemisubtilentreroit,
L'amy du coeur ensortiroit
Sije rien gardois bien la
porte:
Mais helas un brutal,
pourtant industrieux,
Joignant l'effort a£art^
me chasse avec main
forte
Dece poste delicieux,
Sonfermefaitune bief sure,
Je cede
,
il faut enfin
contenterson desir ,
Alors un bruit de bon
augure,
S'il estsuivi d'un doux
murmure,
Aufripon qui me force
annonce auplaisir.
NOUVELLE.
pOur remplir un certain
vuide
Précaution m'aposté
Prés d'un réduit où refide
L'Agentde la volupté;
Sans moy dans ce réduit
oùcertain Dieupréside
L'ennemisubtilentreroit,
L'amy du coeur ensortiroit
Sije rien gardois bien la
porte:
Mais helas un brutal,
pourtant industrieux,
Joignant l'effort a£art^
me chasse avec main
forte
Dece poste delicieux,
Sonfermefaitune bief sure,
Je cede
,
il faut enfin
contenterson desir ,
Alors un bruit de bon
augure,
S'il estsuivi d'un doux
murmure,
Aufripon qui me force
annonce auplaisir.
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263
p. 67-69
ENIGME.
Début :
Ou pesant ou leger dans mon individu, [...]
Mots clefs :
Tuyau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
nesef<
ei) plus.rien% -. VvENKI,GME.1
pcfznt oulegerdans
monindividu,
<. .,
Art ou nature mefabrique,
Pt/ant, cuit auqour, ou
-
fondu,
sefersau Bourgeois ma- gnifque,
Léger, coupesec&batu,
Jefers à mulet&bourrique9
CI * Pesant, rangé, biensustendu,
Je fers aux faiseurs de
MusiqueJ
Leger, taillé, noircy,
sendu,
Je sers & Finance &
Pratique
ei) plus.rien% -. VvENKI,GME.1
pcfznt oulegerdans
monindividu,
<. .,
Art ou nature mefabrique,
Pt/ant, cuit auqour, ou
-
fondu,
sefersau Bourgeois ma- gnifque,
Léger, coupesec&batu,
Jefers à mulet&bourrique9
CI * Pesant, rangé, biensustendu,
Je fers aux faiseurs de
MusiqueJ
Leger, taillé, noircy,
sendu,
Je sers & Finance &
Pratique
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264
p. 6-21
RECETTE pour faire d'excellent Chocolat. Par M. H.
Début :
Prenez de Cacao de Caraque vingt livres, dont les amandes [...]
Mots clefs :
Chocolat, Sucre, Amandes, Odeur, Recette, Cacao, Goût, Cannelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RECETTE pour faire d'excellent Chocolat. Par M. H.
RE CETTE
pourfaire d'excellent
Chocolat.
Par M. H.
Prenez de Cacao de Caraque
vingt livres, dont
les amandes soient grosses
&bien nourries. ) '1
DesVanilles de Sososmuscoou
de Guatimala,
fraisches
,
& de bonne odeur
,
qui ne soient point
fourrées ny frottées de
baume du Perou: au nombre
de quarante brins qui
doivent peser environ cinq
-
ou (ix onces.
D'Ambre gris bien choisi
quatre vingt grains.
-
De Muse, huitgrains.
-
De Canelle fine,quatre
onces.
De Sucre Royal bien
sec, quinze livres seulemenc,
car si on met partie
c'^ale de Sucre &: de Cacao,
le Chocolat le çaste.
; METHO DE.
Epluchez bien vostre Cacao
pour en oster ce qu'il
y auroit ou de pourri,oude
meslé
;
mettez-le dans;
un chaudron de fer qui ait;
environ un pied & demy
de diametre sur un pied de
haur,& n'en bruflez que
cinq livres à la fois, faitesle
brusser à petit feu en remuant
tousjours avec une
cuëillere de bois, pour qu'il
foit bruslé également ôc
médiocrement. Cetteopération
se fait dans l'espace
d'une demy heure, ou
de trois. quarts d'heures.
1 Quand ces cinq livres
feront bruslées, vous en
bruslerezcinq autres, &
ainsi de suite. Il faut sur
tout prendre gardede ne
le pas trop brusler, parce
que cela seiche le fruit & lerendamer; ou dele
brusler trop peu; ce qui
luy laisse un goust de terre.
Lorsqu'il est bruslé à propos,
il a infinimét meilleur
goust
,
il nourrit & tem pere
& tient le ventre libre;
mais au contraire quand
il esttrop bruslé,il resserre
& échauffe beaucoup.
Lorsque le Cacao est
bruslé on l'étend à terre
sur un torchon blanc, on
l'écrase grossierement avec
le Rouleau, après quoy on
le vanne bien, & on le
passe par le crible pouroster
toutes les petites
queues qui sont dures Se
am rcs. Ensuiteon lemet
d.lns un mortierdefer,
oÙ on le pile après avoir,
mis du feu fous la pierre
ou table de fer. On l'y
pasle avec le Rouleau de
bois deux fois avant que
d'y mettre le sucre,que
l'on incorporeensuite dans
une Poësle à confitures auprés
du feu pour le passer
deux autres fois. La Canelle,
la Vanille, l'Ambre,
le Muse, meslez ensemble
& pilez,s'incorporent
comme le sucre, mais seulement
lorsqu'on le passe
pour la premiere fois.
Quoyque la Vanille soit
difficile à piler,parce IIu'-
elle est onétueulè
,
il ne
faut pas se la(Ter de la battre
pour Ki red uire en poudresubtile
, sans quoyle
Chocolat ne peut jamais
estre bon. Afin d'envenir
plus aisement à bout
,
on
peut y ad jouster une portion
de sucre pour le piler
en mesme temps, & les
passer par le ramis de soye.
Il faut de mesme réduis
re l'Ambre gris en poudre
subtile
, en le pillant avec
le triple de son poids de sucre.
Aprés que la préparation
fera achevée, vous
prendrez des moules de
fer blanc, carrez ou ronds,
de telle grandeur qu'il
vous plaira, que vous garnirez
de papier blanc.Vous
les remplirez deChocolat,
& vous les secouerez pour
les estendre exactement.
Vous l'y laisserez pendant
quatre ou cinq heures;ensuite
vous le retirerez des
moules,& le garderez dans
un lieu sec, où il n'y ait ny
odeur ny linge.
Quand on veut préparer
le Chocolat pour le
prendre,il faut que l'eau
ne bouille qu'un bouillon
ou deux. Pour faire une
tasse de Chocolat, il ne
faut qu'une pastille
,
dont
les douze ou seize doivent
com poser une livre. Ilfaut
avoir foin de bien faire
mousserleChocolatqu'on
ne doit jamais faire boüillir
ny rechauffer
, ce qui
luy fait perdre beaucoup
de son agréement.
On observera que le
Chocolat qui se fait au
Printemps, &en Automne,
est leplus excellent. Il
le faut garder au moins
deux mois, avant que de
s'en servir ; car quand on
l'a gardé un an & plus, il
n'en est que meilleur. 4.,,,
Il se trouve vingt com- posions différentes de
Chocolat. Les uns augmentent
les doses de la
Vanille & de la Canelle;
les autresdiminuent le sucre
,
& quelques -uns
retranchent absolument
l'Ambre & le Musc; mais
ces derniers ont tort. La
petite quantité qui yentre,
ne sert qu'à developper&
à pousser l'odeur delaVanille;
d'ailleurs l'odeur de
l'Ambre & du Musc devient
si im perceptible, quelle
est incapable de faire
le moindre mal à ceux
mesme qui font le plus sujets
aux vapeurs. A la rigueur
on peut retrancher
le Musc
, & augmenter la
dose de l'Ambre gris.Quelques-
uns y adjoustent sur
la quantitécy-dessus,de
la fleur de Muscade & du
Poivre long, de chacun
un gros;mais celaneconvient
pas tousjours pour la
santé ny pour le goust.
Les Espagnols préparent
un Chocolat qu'ils appellent
Chocolat de santé,
dont ils retranchent toutà-
fait la Vanille, & n'y
mettent que tres peu de
sucre; mais l'experiencea
apprisqu'unlongusage
estoit plus nuisible qu'utile.
Le
Le Chocolat se prépare
ordinairement dans de
l'eau defontaine ou de riviere.
Si Tonpi(Te cette
eau par dessus de la graine
de Melon d'Italie qu'on
aurapillée dans un mortier
de marbre, il n'en fera
que plus delicat. Quelques
malades y meslent moitié
de lait & un jaune d'oeuf:
d'autres enfin le font avec
le lait sans eau cela dé-,
pend du besoin.
Dans les pays froids on
prend pour le faire du vin
d'Espagne ou du vin blanc
au lieu d'eau. Mais il y a
lieu de croire que cela se
fait plustost: par un principe
de débauché quepour
se » vou loirconserver: la
santé,quiest l'unique but
qu'on doit avoir en sefaisant
habitudede prendre
du Chocolat.
Quelques-uns avant que
de prendre le Chocolat,
boivent un verre d'eau,
afin de n'en estre point
échauffez ; d'autres dans
une veue opposée, mettent
dans la tasse,en le prenant,
une pincée ou deux de
poudredes Indes.
Le Chocolat est une des
plus saines & des plus précieu
ses boissons dont on ait
usé jusqu'à present. Tout
ce qui y entre est tres saluta
ire & très cordial. Il cil
au ssi fortutile dans les maladies
qui font causées par
la foiblessedel'estomac
,
& convient à toute forte
de ordonnes languissantes
ib &foibles,met meauxvieil-
Iirds, auxensans, & aux
femmes <jro!U*s. Aprés en
avoir pris il faut éviter de.
boire,demanger & de faire
aucun exercice;on doit
au contraire demeurer
quelque temps en repos ôc
Ce tenir chaudement.
Il arrive en Hollande un
Chocolat de Gouaka, qui
vient dans des boëtes carrées
, petant une livre, qui
se vend un patagon. Pour
preuve qu'il est tel
,
il doit
estre marquédessus d'une
feuille des Indes,quon appelle
Poivre d'Espagne ou
Pimentum.
On en met quatre livres
sur vingt livres de la composition
cydessus, ce qui
augmente infiniment l'a*
grcement du Chocolat.
La poudre des Indes est
composée de Cacao, de
Vanille,d'Ambre, deCanelle,
de Sucre & d'Aviota
,
elle vient des Indes
dans de petits sacs gommez.
pourfaire d'excellent
Chocolat.
Par M. H.
Prenez de Cacao de Caraque
vingt livres, dont
les amandes soient grosses
&bien nourries. ) '1
DesVanilles de Sososmuscoou
de Guatimala,
fraisches
,
& de bonne odeur
,
qui ne soient point
fourrées ny frottées de
baume du Perou: au nombre
de quarante brins qui
doivent peser environ cinq
-
ou (ix onces.
D'Ambre gris bien choisi
quatre vingt grains.
-
De Muse, huitgrains.
-
De Canelle fine,quatre
onces.
De Sucre Royal bien
sec, quinze livres seulemenc,
car si on met partie
c'^ale de Sucre &: de Cacao,
le Chocolat le çaste.
; METHO DE.
Epluchez bien vostre Cacao
pour en oster ce qu'il
y auroit ou de pourri,oude
meslé
;
mettez-le dans;
un chaudron de fer qui ait;
environ un pied & demy
de diametre sur un pied de
haur,& n'en bruflez que
cinq livres à la fois, faitesle
brusser à petit feu en remuant
tousjours avec une
cuëillere de bois, pour qu'il
foit bruslé également ôc
médiocrement. Cetteopération
se fait dans l'espace
d'une demy heure, ou
de trois. quarts d'heures.
1 Quand ces cinq livres
feront bruslées, vous en
bruslerezcinq autres, &
ainsi de suite. Il faut sur
tout prendre gardede ne
le pas trop brusler, parce
que cela seiche le fruit & lerendamer; ou dele
brusler trop peu; ce qui
luy laisse un goust de terre.
Lorsqu'il est bruslé à propos,
il a infinimét meilleur
goust
,
il nourrit & tem pere
& tient le ventre libre;
mais au contraire quand
il esttrop bruslé,il resserre
& échauffe beaucoup.
Lorsque le Cacao est
bruslé on l'étend à terre
sur un torchon blanc, on
l'écrase grossierement avec
le Rouleau, après quoy on
le vanne bien, & on le
passe par le crible pouroster
toutes les petites
queues qui sont dures Se
am rcs. Ensuiteon lemet
d.lns un mortierdefer,
oÙ on le pile après avoir,
mis du feu fous la pierre
ou table de fer. On l'y
pasle avec le Rouleau de
bois deux fois avant que
d'y mettre le sucre,que
l'on incorporeensuite dans
une Poësle à confitures auprés
du feu pour le passer
deux autres fois. La Canelle,
la Vanille, l'Ambre,
le Muse, meslez ensemble
& pilez,s'incorporent
comme le sucre, mais seulement
lorsqu'on le passe
pour la premiere fois.
Quoyque la Vanille soit
difficile à piler,parce IIu'-
elle est onétueulè
,
il ne
faut pas se la(Ter de la battre
pour Ki red uire en poudresubtile
, sans quoyle
Chocolat ne peut jamais
estre bon. Afin d'envenir
plus aisement à bout
,
on
peut y ad jouster une portion
de sucre pour le piler
en mesme temps, & les
passer par le ramis de soye.
Il faut de mesme réduis
re l'Ambre gris en poudre
subtile
, en le pillant avec
le triple de son poids de sucre.
Aprés que la préparation
fera achevée, vous
prendrez des moules de
fer blanc, carrez ou ronds,
de telle grandeur qu'il
vous plaira, que vous garnirez
de papier blanc.Vous
les remplirez deChocolat,
& vous les secouerez pour
les estendre exactement.
Vous l'y laisserez pendant
quatre ou cinq heures;ensuite
vous le retirerez des
moules,& le garderez dans
un lieu sec, où il n'y ait ny
odeur ny linge.
Quand on veut préparer
le Chocolat pour le
prendre,il faut que l'eau
ne bouille qu'un bouillon
ou deux. Pour faire une
tasse de Chocolat, il ne
faut qu'une pastille
,
dont
les douze ou seize doivent
com poser une livre. Ilfaut
avoir foin de bien faire
mousserleChocolatqu'on
ne doit jamais faire boüillir
ny rechauffer
, ce qui
luy fait perdre beaucoup
de son agréement.
On observera que le
Chocolat qui se fait au
Printemps, &en Automne,
est leplus excellent. Il
le faut garder au moins
deux mois, avant que de
s'en servir ; car quand on
l'a gardé un an & plus, il
n'en est que meilleur. 4.,,,
Il se trouve vingt com- posions différentes de
Chocolat. Les uns augmentent
les doses de la
Vanille & de la Canelle;
les autresdiminuent le sucre
,
& quelques -uns
retranchent absolument
l'Ambre & le Musc; mais
ces derniers ont tort. La
petite quantité qui yentre,
ne sert qu'à developper&
à pousser l'odeur delaVanille;
d'ailleurs l'odeur de
l'Ambre & du Musc devient
si im perceptible, quelle
est incapable de faire
le moindre mal à ceux
mesme qui font le plus sujets
aux vapeurs. A la rigueur
on peut retrancher
le Musc
, & augmenter la
dose de l'Ambre gris.Quelques-
uns y adjoustent sur
la quantitécy-dessus,de
la fleur de Muscade & du
Poivre long, de chacun
un gros;mais celaneconvient
pas tousjours pour la
santé ny pour le goust.
Les Espagnols préparent
un Chocolat qu'ils appellent
Chocolat de santé,
dont ils retranchent toutà-
fait la Vanille, & n'y
mettent que tres peu de
sucre; mais l'experiencea
apprisqu'unlongusage
estoit plus nuisible qu'utile.
Le
Le Chocolat se prépare
ordinairement dans de
l'eau defontaine ou de riviere.
Si Tonpi(Te cette
eau par dessus de la graine
de Melon d'Italie qu'on
aurapillée dans un mortier
de marbre, il n'en fera
que plus delicat. Quelques
malades y meslent moitié
de lait & un jaune d'oeuf:
d'autres enfin le font avec
le lait sans eau cela dé-,
pend du besoin.
Dans les pays froids on
prend pour le faire du vin
d'Espagne ou du vin blanc
au lieu d'eau. Mais il y a
lieu de croire que cela se
fait plustost: par un principe
de débauché quepour
se » vou loirconserver: la
santé,quiest l'unique but
qu'on doit avoir en sefaisant
habitudede prendre
du Chocolat.
Quelques-uns avant que
de prendre le Chocolat,
boivent un verre d'eau,
afin de n'en estre point
échauffez ; d'autres dans
une veue opposée, mettent
dans la tasse,en le prenant,
une pincée ou deux de
poudredes Indes.
Le Chocolat est une des
plus saines & des plus précieu
ses boissons dont on ait
usé jusqu'à present. Tout
ce qui y entre est tres saluta
ire & très cordial. Il cil
au ssi fortutile dans les maladies
qui font causées par
la foiblessedel'estomac
,
& convient à toute forte
de ordonnes languissantes
ib &foibles,met meauxvieil-
Iirds, auxensans, & aux
femmes <jro!U*s. Aprés en
avoir pris il faut éviter de.
boire,demanger & de faire
aucun exercice;on doit
au contraire demeurer
quelque temps en repos ôc
Ce tenir chaudement.
Il arrive en Hollande un
Chocolat de Gouaka, qui
vient dans des boëtes carrées
, petant une livre, qui
se vend un patagon. Pour
preuve qu'il est tel
,
il doit
estre marquédessus d'une
feuille des Indes,quon appelle
Poivre d'Espagne ou
Pimentum.
On en met quatre livres
sur vingt livres de la composition
cydessus, ce qui
augmente infiniment l'a*
grcement du Chocolat.
La poudre des Indes est
composée de Cacao, de
Vanille,d'Ambre, deCanelle,
de Sucre & d'Aviota
,
elle vient des Indes
dans de petits sacs gommez.
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Résumé : RECETTE pour faire d'excellent Chocolat. Par M. H.
Le texte présente une recette de chocolat de haute qualité élaborée par M. H. Les ingrédients nécessaires incluent du cacao de Caraque, des vanilles de Socosmusco ou de Guatemala, de l'ambre gris, du musc, de la cannelle et du sucre royal. La préparation commence par la torréfaction du cacao, qui doit être bien épuré et torréfié à petit feu pour éviter toute brûlure excessive ou insuffisante. Ensuite, le cacao torréfié est écrasé, vanné et pilé avec du sucre. La vanille, l'ambre gris et le musc sont également pilés et incorporés au mélange. Le chocolat est ensuite moulé et laissé à sécher avant d'être conservé dans un lieu sec. Pour la consommation, le chocolat est dissous dans de l'eau chaude sans la faire bouillir. Le texte précise que le chocolat préparé au printemps et en automne est le meilleur et doit être conservé au moins deux mois avant utilisation. Différentes compositions de chocolat existent, certaines ajoutant de la muscade ou du poivre long, bien que ces ajouts ne soient pas toujours recommandés pour la santé. Le chocolat est considéré comme une boisson saine et bénéfique pour diverses conditions de santé, notamment les troubles digestifs. Le texte mentionne également le chocolat de Gouaka, importé en Hollande, et la poudre des Indes, composée de cacao, vanille, ambre, cannelle, sucre et aviota.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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265
p. 21-23
« L'origine du Chocolat vient de certains peuples de l' [...] »
Début :
L'origine du Chocolat vient de certains peuples de l' [...]
Mots clefs :
Chocolat, Amérique, Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'origine du Chocolat vient de certains peuples de l' [...] »
L'origine du Chocolat
vient de certainspeuples
de l'Amérique qui
faisoient d'abord une es-
,
pece de pain avec le Cacao,
& les friandes Ameriquaincsy
meslerent cilsuitequelques
aromates.
Les - - Espagnols ont rafiné
sur les Ameriquains,
& nous taschons de rafiner
sur les Espagnols.
Unautheur Espagnol
dit quon a éprouvé à
l'Amérique sur des criminels
condamnez à
mourir de faim
,
qu'une
once de Cacao les faisoit
[ùbfifier pluslongtemps
qu'une livre de viande,
ou qu'une livre de ris. - Cependant unilluiîr*
autheur Italien apprend
auxCasuistes que le Chocolat
ne rompt point le
jeune.
Un autre autheur,c'est
Maradon
,
je croy ,
dit
qu'il rafraischit les estomacschauds,
& échauf
se les estomacs froids.
vient de certainspeuples
de l'Amérique qui
faisoient d'abord une es-
,
pece de pain avec le Cacao,
& les friandes Ameriquaincsy
meslerent cilsuitequelques
aromates.
Les - - Espagnols ont rafiné
sur les Ameriquains,
& nous taschons de rafiner
sur les Espagnols.
Unautheur Espagnol
dit quon a éprouvé à
l'Amérique sur des criminels
condamnez à
mourir de faim
,
qu'une
once de Cacao les faisoit
[ùbfifier pluslongtemps
qu'une livre de viande,
ou qu'une livre de ris. - Cependant unilluiîr*
autheur Italien apprend
auxCasuistes que le Chocolat
ne rompt point le
jeune.
Un autre autheur,c'est
Maradon
,
je croy ,
dit
qu'il rafraischit les estomacschauds,
& échauf
se les estomacs froids.
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Résumé : « L'origine du Chocolat vient de certains peuples de l' [...] »
Le texte décrit l'origine du chocolat, préparé initialement par les peuples d'Amérique avec du cacao et des aromates. Les Espagnols ont ensuite amélioré cette recette. Un auteur espagnol note que le cacao prolongeait la survie des condamnés. Un Italien affirme que le chocolat ne rompt pas le jeûne. Maradon le décrit comme rafraîchissant les estomacs chauds et réchauffant les estomacs froids.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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266
p. 60-61
ENIGME.
Début :
Ma forme fait mon estre, & j'existe sans corps. [...]
Mots clefs :
Fenêtre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Maformefait mon estrej
&j'existesans corps.
On m'endonne pourtant
defoibles & deforts
Dont hors de moy les uns
en cerclese promenent Et les , autres en moy haut
-
(jf bas Je demenent.
Parmoy Jefit jadis quelque
amoureuxlarcin,
Etparmoy futsauvé jadis
quelque afjdffîn.
En toutpays jesuis d'une
mesmenature; Mais je change de noms
en changeant defigure.
Maformefait mon estrej
&j'existesans corps.
On m'endonne pourtant
defoibles & deforts
Dont hors de moy les uns
en cerclese promenent Et les , autres en moy haut
-
(jf bas Je demenent.
Parmoy Jefit jadis quelque
amoureuxlarcin,
Etparmoy futsauvé jadis
quelque afjdffîn.
En toutpays jesuis d'une
mesmenature; Mais je change de noms
en changeant defigure.
Fermer
267
p. 15-43
EXTRAIT. Du voyage de Mr Chambon dans les Mines de Pologne.
Début :
Etant en Pologne, je me ressouvins d'avoir Iû autre fois un Livre [...]
Mots clefs :
Mines de Pologne, Descente dans les mines, Technique minière, Découverte de minéraux, Fontaines et phénomènes naturels, Travail dans les mines
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT. Du voyage de Mr Chambon dans les Mines de Pologne.
EXTRAIT.
Du DoynTe de Mr Chambon
dans les Mines de Pologne.
Etant en Pologne, je
me ressouvins d'avoir Iù
autrefois un Livre qui
traite des Mines de Sel de)
ce Païs là, & je resolus de
voir la chose par moy
mesme, je communiquay,
mon dessein à deux de mes
amis , qui mepromirent
de m'y accompagner ; la
plus fameuse de ces Mines
n'étoitéloignée que d'une
journée, nous nous y ren
dimes le lendemain & nous
y trouvâmes plusieurs per
sonnes qui dévoient y des
cendre. J'examinay l'ouver
ture,les machines qui fer
vent à la descente des hom
nies, des chevaux, des ne
cessitez des uns & desautres
&au tirage des Sels. Cette
ouverture estquarrée
; les
Machines font des Rouës
qui ne different de celles
qui sont à nos Carrieres,
qu'en ce qu'elles font cou
vertes, la corde pour faire
la descente en: d'une bonne
grosseur. On nous demanda
si nous voulions descendre;
la profondeur de cette ou
verture a quelque chose
d'effrayant, mais moy qui
voulois voir,je répondis
brusquement que j'estois
prest à partir
; cette resolu
tion determinal'un de ceux
qui m'accompagnoient ;
mais l'autre fut plus timide
& refusa de nous suivre.
On descend la grosse
corde
;ceux qui ont fait ce
voyage en prennent de la
grosseur du petit doigt a£*>•
tachées à la grosse. Il faut
se representer les cordes
dont se fcrvent les Bateliers
qui tirent un Batteau pour
luy faire remonter la Ri
viere. Quand ils se furent
placez sur ces petitescordes,
il faut nous dirent ils s'as
seoir sur nous. Allons, dis
je à mon ami
, il n'est plus
question de s'en dédire
, je
me plaçay des premiers de
la maniere dont on me l'a
, & il en fit
autant. Tout le monde étant
voit montré
rangé,on descend :
à peine
étois je à trois toises de pro
fondeur, que ceux qui gou
vernoient la corde,arrête
rent tout court, & crierent
qu'il falloit prier Dieu, j'en
tendis dans le moment en
tonner un Salve : je fus
frapé d'une idée facheuse,
je me repentis de ma curio
sité, mais reflection faite,
je me rassuray, de maniere
cependant que nature pâ
tissoit. Nous coulâmes in
sensiblement, & on arriva
à bon port, cette premiere
descente estde vingt toises
ou environ.
Ceux qui travaillent dans
ces Mines, & qui avoient
entendu le signal, vinrent
nous recevoir avec des
branches de Pin raifi
neuxallumées en forme de
flambeaux. Ils nous con
duisirent à la Chapelle qui
est au bouc d'une Voute
soutenuë par des pilotis, &
appuyé par des travers de
distance en distance. A cin
quante pas delà sepresente
sur la main droite une fon
taine d'eau douce à l'usage
des hommes & desbestes
qui habitent dans ces sou
terrains, &. dont plusieurs
n'ont jamais vû le jour. Je
fis remplir une bouteille de
cette eau, je diray dans la
fuite ce que j'en fis, j'en
remplis une autre d'une eau
fallée qui se trouve un peu
plus avant sur la gauche,on
pompe cette derniere eau
que l'on monte par la corde
pour ladécuiredans un Vil
lage appelle Wieliska,qui
n'est pas bien éloigné de
l'entrée de la Mine, & l'on
en fait un Sel propre à fer
vir sur larable Enavançant
un peu plus du mesme côté
ontrouve unevoute aHe~
haute & a(kz large sous la-I
quelle il peut y avoir une I
vingtaine de Maisonnettes i
avec des Ecuries J'ayappris
que les Chevaux qui y ont
demeuré une quinzaine de
jours
, quelques maigres
qu'ils soient, y deviennenc
à pleine peau
; que les Ha
bitans y sont rarement ma
lades ; mais je conjecture
que leur santé peut proce
der des vapeurs salines en
nemies de la pourriture &
de la corruption, & que
leur corps s'affoiblit peu à
peu,& se trouveenfinnoyé
par la superiorité de ces
mesmes vapeurs qu'ils font
obligezde respirer, d'autant
plus qu'ils sont privez de la
lumiere qui préparéun bau
me qui ranime les nostres,
& les soutient.
Les hommes fervent à ta
coupe du Sel, à le conduire
& à le transporter, & les
chevaux à tirer une seconde
rouë en forme de tour qui
sert à faire la seconde des
cente dans un fond où l'on
coupele Sel en forme de co
lomne de la grosseur d'un
quartaut de vin, & de la
longueur d'une aune & de
mie ou environ. On y peut,
descendre si l'on veut par la 1
corde de la maniéré donc je
l'ay raporté ; mais il y a une
douzaine d'Echelles en zig
zagattachées à la muraille,
par lesquels je descendis. Le
Roy avoit fait faire des
Escaliers, qui faute d'appuy
sontruinez & fondus par
,
les eaux. Arrivédansce fond
qui cO: sort spacieux & fort
élevé,je goustay les murail
ks que je reconnus estre des
masses de Sel. Ce Selestde
lacouleur dela craye dont
les*
les Tailleurs se servent. Je
goustay la matiere sur la
quelle je marchois, & je re
marquay dans certaines ca
nelures, principalementà la
racine où est la premiere
ébauche du Sel, une terre
semblableàcelle desSalpe
triers fort chargée de Sal
pestre
: plus on creuse, plus
elle est pleinedeterrestreïté.
CeSel en pierre est tres caus
tique, très amertrèsde
fagreable à la langue; ceux
quienusents'yacoûtument;
les pcrfonnes de condition
n'ensontjamais servir sur
l urs tables. Il rougit Les
viandes comme le Salperre.
CeSel est tiré du fond de ces
Mines, par la mesme Ma
chine qui sertà la descente:
delà il est conduit sur des
Rouleaux jusqu'au premier
endroit d'où il esttiré delà
mesme maniere, puis on le
charge sur des charettes
pour le transporter dans
toutes lesProvincesde la
Pologne,dansla Hongrie,:
& dans la Silesie.
Il se rencontre beaucoup
4cSel gemme dansces Mi
nes
; ceSet est blanc comme
la neige, fort dur & cristalin,
on en fait des sallieres, des
Chapelets, de petites statues
& plusieurs autres ouvrages,
qu'on vendsur les lieux. IL
y a des veines dont on tire
de ces sels si solides & si
cristallins qu'ils ressemblent
à descristaux de roche ;
ils
ne tiennent de la nature du
sel que parce qu'ils n'onc
paseûlamesmecuite, peut
estre qu'avec le temps, la*
nature lesauroit portez auj
metallique ouàla pierre pre
tieuse. On peut conicâurer.
par la pureté & par la trans
parence dont ils font,qu'elle
l'auroit fait si ellen'avoit
point étéinterompuëQuoy
qu'il en foie, l'Auteur de :
cette nature n'a pas voulu
quetoutfût dansle plus haut
degré de perfc£tion,que
toute animalité fut un érac
,
excellent, quetout vegetal
fust balsamique,&quecouc
le métallique fust or. Le
;
Verjus, quoy que moins
parfait que le Raisin, a ses
proprictez: le cheval moins
parfait que l'homme a son :
v
mérité :
le fer quoy quIn-"
ferieur à l'or ne laissepas
d'estre d'une grande utilité.
On peut reconnoistre parce
que je viens de dire, bien
des especes de sel différentes
par leur cuitte & par leurs
filtrations
: 1°. ayant fait
k Il
évaporer à mon retour,
l'eau douce que j'emportay
avec moy dans une bouteille
elle se trouva chargée d'une
Imais
quantité assez considerable
|de sel presque insipide. 2.
°,
0 de l'eau de ma secondebou
iciite on en tire par decoc
rrion un sel blanc plus pic
I quant que ce premier sel,
beaucoup plus doux
que celuy que nous prepa
ronsde l'eau de la Mer. C'est
ce sel qu'on sert comme
nous avons dit sur les tables
des Gens de condition, &
on ne peut expliquer la
difference entre le premier
sel qui est insipide & celuy
cy ,
qu'en fupofant que le
le premier en tres-attenué
par une filtration plusétroite
& plus serrée. 3
°. Outre ces
fels dilayez, le sel gemme.
4°. Ce sel en greffes masses
tenant de la nature du salpê
tre,enfin ce sel rempli de ter
restreïtez quicfilaracine:",la
premiere ébauchedesautres.
Après estresorti decette
representationinfernale, je
remarquay que la neige
(c'étoit au fort de l'hiver)
sur la surface, de la terre qui
1:Jlli
environne £ette Mine &
la couvre, étoit aussi
dure que la pierre, & qu'il
y avoitune grande diffe
rence entre cellelà & celle
qui étoit dans des endroits
pluséloignez.Tout
le monde
sçait que la dureté vicnt des
sels. La vue de ces objets
augmenta ma curiosité : je
resolus d'aller plus loin.
Vichfkjt au Midi de Cra
covie n'est eloigné que de
deux lieües de cette Mine
qui n'est pas le seul endroit
où l'on tire le sel blanc. Il
s'en fait encore à Bokonia, à
Sambor,àHarosoli,àCalouche,
& en beaucoup d'endroits
des Monts Crapaks. J'allay
visiter une Mine de soufre
qui n'étoit pas fort éloignée.
Je vis avec plaisir une grande
étendue de terrain aux en
virons de l'ouverture sans
glace & sans neige
; j'y trou
vay l'air très temperé, on
auroit ci û efirÇ.dans unBain
Je me fis descendre dans
le tond de la Mine qui n'est
pas bien profonde. J'yvis
avec surprise un gros Ruis
seau portant Batteau qui la
traverse &qui en sort à une
demi lieue de là
,
l'eau en
est nitreuse & sulphurée. Il
y a des deuxcôtez du ruis
seau des chemins qui sont
plus enfoncez que sa surface,
& pour empêcher qu'il ne
les inonde, on a posé tout
le long du Canal des Pilotis
contre lesquels on a ataché
des planches pour soutenir
l'eau. La voute de la Mine
est aussi soutenuë par des
Pilotis avec des travers, &
les murailles par des plan
ches appuyéespar des solives
ce qui se pratique dans les
Mines métalliques sulphu
rées, au lieu que l'on se con
tente de soutenir la voute
des Mines de [el, parce
qu'on ne craint pas que les
murailles s'éboulent.
La terre de cette Mine
ressemble assez à la terre
gratte, & peu de gens s'avi
sent d'en tirer la pierre de
souffre. On la fait boüillir
dans l'eau
: par cette culte le
souffre se Icparc de la terre
& surnage; on la jetteen
fuite dans différents moules.
A la vue de ces preparations
j'étois convaincu qu'on pou
voittirer dufruit decegenre
d'étude, & que les Philoso
phes avoient eû raison d'en
faire un precepte. Rempli
de ces pensées, je me pro
menay longtemps dans ces
souterrains
, &je cherchay
de tous costez à profiter
: je
remarquay par le goust que
la racine de cette Mine par
ticipoit fort du sel de mi
nière ; je me perfuaday que
cette racine métallique ou
ce verjus mineral, étoit de
venu balsamique par la cuitc
qu'ilavoiteuë dela nature.
Voila mon principe
disois-jeàmoy-mesme, la
nature travaille par tout de la
, me
mesmemaniere,elle mene tou
joursses ouvragespardegrez.
Au forcir de cette Mine
j'en visitay de Vitriol
d'Antimoine, & de Marbre,
j'allay à des fontaines où le
,
fer battu en petites lames se
change en cuivre en cinq oa
six jours, & le bois en pierre:
ces fontaines font entre Ca
louche & Stry, aux environs
de Slochoufà une journée
:
ily en a beaucoup d'autres
minerales qui ont des vertus
particulieres. L'esprit metal
lique est tres puissant dans
cette Contrée
; on y voit
desMarais où le fer se forme:
il faudroit un volume en
tier pour décrire ce que j'y
ay vû :
il y a mesme quan
tité de Mines d'or & d'ar
gent. La plus abondante en
or & en argent est prés de
Slochouf
: elle est ordinaire
ment affermée à des Alle
mans & à des Anglois, par
ce que lesPolonois ne fc
piquent gueres d'industrieni
de soins. j'y achetay un mor
ceau de Mine afiez curieux,
de la grosseur d'un œuf de
poule
, formé pardescane
lures d'arsenic jaune
, de
sel, d'une pierre cristalline
de couleur d'agathc, & de
quelques unes d'or, que la
nature avoir jointes par des
dispositions bizarres qui se
rencontrent dans les en
trailles de la terre.
J'eus envie d'aller voir une
fontaine de bytume quiest
dans le mesme Palatinat de
Cracovie, voicy ce qu'on en
dit, & qui elt tres veritable.
Elle prend feu de temps en
tems, particulierement dans
le Printemps
: ce feu cil si
violent que les étincelles
étant emportées par le vent
brulent les bleds voisins
:&
mesme comme le fond de
cette fontaineest un bytume
assezépais, & que les veines
de cette matiere sont repan
duës tout autour à une
grande distance , ce feu s'il
n'est éteint se communique
à ce bytume terrestre qui
s'enflame dans les terres
; de
maniere que suivant la tra
dition du païs,
il brula toute
une forest, & qu'il enleva un
quart delieuë de la surfacede
la terre, faisant une caverne
assezvasté qui fut dans le
moment remplie d'eau, ce
qui donna la naissance au
Marais salé qu'on y voit au
jourd'huy. Ces accidents qui
intimident les Paysans, les
rend attentifs à ce qui se
passe sur certe fontaine, &¡
sur la riviere qu'elle forme
dés sa naissance. Ils ont soin
dés qu'il paroist quelques
étincelles,&mesme quel
que lueur, d'accourir avec
leurs fleaux ou delongues
verges dont ils battent l'eau
de toute leur force pour 1,1
faire élever par dessus le Bi
tume
; &pouren estreaver
tis ils y mettent des Senti
nelles, quid'ailleurs pren
nent garde que quelqu'un
par malice ou par curiosité
n'y mettent le feu avec quel
que bougieallumée, & à peu
prés commeonle met à rcali
de vie. Si quelques Seigneurs
Polonois ou des Etrangers
viennent voir cette fontaine
par curiosité , les Gardes
permettent qu'on mette le
feu avec la bougie allumée
sur la surface de l'eau
, mais
ils se munissent auparavant
de branches d'arbres pour
l'éteindre en battant l'eau.
Cette eau eO: cependant
froide au toucher, mais elle
ne se glace jamais, elle jette
une odeur tres agreable, &
a la faveurdu lait. La Mon
tagne sur laquelle elle est,
esi couverte de fleurs odo
riferentes.
Le Livre dont on a tiré cet
Extrait, contientune infi
nité d'autres détailstrés cu.
rieux sur differentes ma
tieres.Il se vend sur le second
Perron delaSain te Chapelle,
dans la boutique de Claude
Barbin.
Du DoynTe de Mr Chambon
dans les Mines de Pologne.
Etant en Pologne, je
me ressouvins d'avoir Iù
autrefois un Livre qui
traite des Mines de Sel de)
ce Païs là, & je resolus de
voir la chose par moy
mesme, je communiquay,
mon dessein à deux de mes
amis , qui mepromirent
de m'y accompagner ; la
plus fameuse de ces Mines
n'étoitéloignée que d'une
journée, nous nous y ren
dimes le lendemain & nous
y trouvâmes plusieurs per
sonnes qui dévoient y des
cendre. J'examinay l'ouver
ture,les machines qui fer
vent à la descente des hom
nies, des chevaux, des ne
cessitez des uns & desautres
&au tirage des Sels. Cette
ouverture estquarrée
; les
Machines font des Rouës
qui ne different de celles
qui sont à nos Carrieres,
qu'en ce qu'elles font cou
vertes, la corde pour faire
la descente en: d'une bonne
grosseur. On nous demanda
si nous voulions descendre;
la profondeur de cette ou
verture a quelque chose
d'effrayant, mais moy qui
voulois voir,je répondis
brusquement que j'estois
prest à partir
; cette resolu
tion determinal'un de ceux
qui m'accompagnoient ;
mais l'autre fut plus timide
& refusa de nous suivre.
On descend la grosse
corde
;ceux qui ont fait ce
voyage en prennent de la
grosseur du petit doigt a£*>•
tachées à la grosse. Il faut
se representer les cordes
dont se fcrvent les Bateliers
qui tirent un Batteau pour
luy faire remonter la Ri
viere. Quand ils se furent
placez sur ces petitescordes,
il faut nous dirent ils s'as
seoir sur nous. Allons, dis
je à mon ami
, il n'est plus
question de s'en dédire
, je
me plaçay des premiers de
la maniere dont on me l'a
, & il en fit
autant. Tout le monde étant
voit montré
rangé,on descend :
à peine
étois je à trois toises de pro
fondeur, que ceux qui gou
vernoient la corde,arrête
rent tout court, & crierent
qu'il falloit prier Dieu, j'en
tendis dans le moment en
tonner un Salve : je fus
frapé d'une idée facheuse,
je me repentis de ma curio
sité, mais reflection faite,
je me rassuray, de maniere
cependant que nature pâ
tissoit. Nous coulâmes in
sensiblement, & on arriva
à bon port, cette premiere
descente estde vingt toises
ou environ.
Ceux qui travaillent dans
ces Mines, & qui avoient
entendu le signal, vinrent
nous recevoir avec des
branches de Pin raifi
neuxallumées en forme de
flambeaux. Ils nous con
duisirent à la Chapelle qui
est au bouc d'une Voute
soutenuë par des pilotis, &
appuyé par des travers de
distance en distance. A cin
quante pas delà sepresente
sur la main droite une fon
taine d'eau douce à l'usage
des hommes & desbestes
qui habitent dans ces sou
terrains, &. dont plusieurs
n'ont jamais vû le jour. Je
fis remplir une bouteille de
cette eau, je diray dans la
fuite ce que j'en fis, j'en
remplis une autre d'une eau
fallée qui se trouve un peu
plus avant sur la gauche,on
pompe cette derniere eau
que l'on monte par la corde
pour ladécuiredans un Vil
lage appelle Wieliska,qui
n'est pas bien éloigné de
l'entrée de la Mine, & l'on
en fait un Sel propre à fer
vir sur larable Enavançant
un peu plus du mesme côté
ontrouve unevoute aHe~
haute & a(kz large sous la-I
quelle il peut y avoir une I
vingtaine de Maisonnettes i
avec des Ecuries J'ayappris
que les Chevaux qui y ont
demeuré une quinzaine de
jours
, quelques maigres
qu'ils soient, y deviennenc
à pleine peau
; que les Ha
bitans y sont rarement ma
lades ; mais je conjecture
que leur santé peut proce
der des vapeurs salines en
nemies de la pourriture &
de la corruption, & que
leur corps s'affoiblit peu à
peu,& se trouveenfinnoyé
par la superiorité de ces
mesmes vapeurs qu'ils font
obligezde respirer, d'autant
plus qu'ils sont privez de la
lumiere qui préparéun bau
me qui ranime les nostres,
& les soutient.
Les hommes fervent à ta
coupe du Sel, à le conduire
& à le transporter, & les
chevaux à tirer une seconde
rouë en forme de tour qui
sert à faire la seconde des
cente dans un fond où l'on
coupele Sel en forme de co
lomne de la grosseur d'un
quartaut de vin, & de la
longueur d'une aune & de
mie ou environ. On y peut,
descendre si l'on veut par la 1
corde de la maniéré donc je
l'ay raporté ; mais il y a une
douzaine d'Echelles en zig
zagattachées à la muraille,
par lesquels je descendis. Le
Roy avoit fait faire des
Escaliers, qui faute d'appuy
sontruinez & fondus par
,
les eaux. Arrivédansce fond
qui cO: sort spacieux & fort
élevé,je goustay les murail
ks que je reconnus estre des
masses de Sel. Ce Selestde
lacouleur dela craye dont
les*
les Tailleurs se servent. Je
goustay la matiere sur la
quelle je marchois, & je re
marquay dans certaines ca
nelures, principalementà la
racine où est la premiere
ébauche du Sel, une terre
semblableàcelle desSalpe
triers fort chargée de Sal
pestre
: plus on creuse, plus
elle est pleinedeterrestreïté.
CeSel en pierre est tres caus
tique, très amertrèsde
fagreable à la langue; ceux
quienusents'yacoûtument;
les pcrfonnes de condition
n'ensontjamais servir sur
l urs tables. Il rougit Les
viandes comme le Salperre.
CeSel est tiré du fond de ces
Mines, par la mesme Ma
chine qui sertà la descente:
delà il est conduit sur des
Rouleaux jusqu'au premier
endroit d'où il esttiré delà
mesme maniere, puis on le
charge sur des charettes
pour le transporter dans
toutes lesProvincesde la
Pologne,dansla Hongrie,:
& dans la Silesie.
Il se rencontre beaucoup
4cSel gemme dansces Mi
nes
; ceSet est blanc comme
la neige, fort dur & cristalin,
on en fait des sallieres, des
Chapelets, de petites statues
& plusieurs autres ouvrages,
qu'on vendsur les lieux. IL
y a des veines dont on tire
de ces sels si solides & si
cristallins qu'ils ressemblent
à descristaux de roche ;
ils
ne tiennent de la nature du
sel que parce qu'ils n'onc
paseûlamesmecuite, peut
estre qu'avec le temps, la*
nature lesauroit portez auj
metallique ouàla pierre pre
tieuse. On peut conicâurer.
par la pureté & par la trans
parence dont ils font,qu'elle
l'auroit fait si ellen'avoit
point étéinterompuëQuoy
qu'il en foie, l'Auteur de :
cette nature n'a pas voulu
quetoutfût dansle plus haut
degré de perfc£tion,que
toute animalité fut un érac
,
excellent, quetout vegetal
fust balsamique,&quecouc
le métallique fust or. Le
;
Verjus, quoy que moins
parfait que le Raisin, a ses
proprictez: le cheval moins
parfait que l'homme a son :
v
mérité :
le fer quoy quIn-"
ferieur à l'or ne laissepas
d'estre d'une grande utilité.
On peut reconnoistre parce
que je viens de dire, bien
des especes de sel différentes
par leur cuitte & par leurs
filtrations
: 1°. ayant fait
k Il
évaporer à mon retour,
l'eau douce que j'emportay
avec moy dans une bouteille
elle se trouva chargée d'une
Imais
quantité assez considerable
|de sel presque insipide. 2.
°,
0 de l'eau de ma secondebou
iciite on en tire par decoc
rrion un sel blanc plus pic
I quant que ce premier sel,
beaucoup plus doux
que celuy que nous prepa
ronsde l'eau de la Mer. C'est
ce sel qu'on sert comme
nous avons dit sur les tables
des Gens de condition, &
on ne peut expliquer la
difference entre le premier
sel qui est insipide & celuy
cy ,
qu'en fupofant que le
le premier en tres-attenué
par une filtration plusétroite
& plus serrée. 3
°. Outre ces
fels dilayez, le sel gemme.
4°. Ce sel en greffes masses
tenant de la nature du salpê
tre,enfin ce sel rempli de ter
restreïtez quicfilaracine:",la
premiere ébauchedesautres.
Après estresorti decette
representationinfernale, je
remarquay que la neige
(c'étoit au fort de l'hiver)
sur la surface, de la terre qui
1:Jlli
environne £ette Mine &
la couvre, étoit aussi
dure que la pierre, & qu'il
y avoitune grande diffe
rence entre cellelà & celle
qui étoit dans des endroits
pluséloignez.Tout
le monde
sçait que la dureté vicnt des
sels. La vue de ces objets
augmenta ma curiosité : je
resolus d'aller plus loin.
Vichfkjt au Midi de Cra
covie n'est eloigné que de
deux lieües de cette Mine
qui n'est pas le seul endroit
où l'on tire le sel blanc. Il
s'en fait encore à Bokonia, à
Sambor,àHarosoli,àCalouche,
& en beaucoup d'endroits
des Monts Crapaks. J'allay
visiter une Mine de soufre
qui n'étoit pas fort éloignée.
Je vis avec plaisir une grande
étendue de terrain aux en
virons de l'ouverture sans
glace & sans neige
; j'y trou
vay l'air très temperé, on
auroit ci û efirÇ.dans unBain
Je me fis descendre dans
le tond de la Mine qui n'est
pas bien profonde. J'yvis
avec surprise un gros Ruis
seau portant Batteau qui la
traverse &qui en sort à une
demi lieue de là
,
l'eau en
est nitreuse & sulphurée. Il
y a des deuxcôtez du ruis
seau des chemins qui sont
plus enfoncez que sa surface,
& pour empêcher qu'il ne
les inonde, on a posé tout
le long du Canal des Pilotis
contre lesquels on a ataché
des planches pour soutenir
l'eau. La voute de la Mine
est aussi soutenuë par des
Pilotis avec des travers, &
les murailles par des plan
ches appuyéespar des solives
ce qui se pratique dans les
Mines métalliques sulphu
rées, au lieu que l'on se con
tente de soutenir la voute
des Mines de [el, parce
qu'on ne craint pas que les
murailles s'éboulent.
La terre de cette Mine
ressemble assez à la terre
gratte, & peu de gens s'avi
sent d'en tirer la pierre de
souffre. On la fait boüillir
dans l'eau
: par cette culte le
souffre se Icparc de la terre
& surnage; on la jetteen
fuite dans différents moules.
A la vue de ces preparations
j'étois convaincu qu'on pou
voittirer dufruit decegenre
d'étude, & que les Philoso
phes avoient eû raison d'en
faire un precepte. Rempli
de ces pensées, je me pro
menay longtemps dans ces
souterrains
, &je cherchay
de tous costez à profiter
: je
remarquay par le goust que
la racine de cette Mine par
ticipoit fort du sel de mi
nière ; je me perfuaday que
cette racine métallique ou
ce verjus mineral, étoit de
venu balsamique par la cuitc
qu'ilavoiteuë dela nature.
Voila mon principe
disois-jeàmoy-mesme, la
nature travaille par tout de la
, me
mesmemaniere,elle mene tou
joursses ouvragespardegrez.
Au forcir de cette Mine
j'en visitay de Vitriol
d'Antimoine, & de Marbre,
j'allay à des fontaines où le
,
fer battu en petites lames se
change en cuivre en cinq oa
six jours, & le bois en pierre:
ces fontaines font entre Ca
louche & Stry, aux environs
de Slochoufà une journée
:
ily en a beaucoup d'autres
minerales qui ont des vertus
particulieres. L'esprit metal
lique est tres puissant dans
cette Contrée
; on y voit
desMarais où le fer se forme:
il faudroit un volume en
tier pour décrire ce que j'y
ay vû :
il y a mesme quan
tité de Mines d'or & d'ar
gent. La plus abondante en
or & en argent est prés de
Slochouf
: elle est ordinaire
ment affermée à des Alle
mans & à des Anglois, par
ce que lesPolonois ne fc
piquent gueres d'industrieni
de soins. j'y achetay un mor
ceau de Mine afiez curieux,
de la grosseur d'un œuf de
poule
, formé pardescane
lures d'arsenic jaune
, de
sel, d'une pierre cristalline
de couleur d'agathc, & de
quelques unes d'or, que la
nature avoir jointes par des
dispositions bizarres qui se
rencontrent dans les en
trailles de la terre.
J'eus envie d'aller voir une
fontaine de bytume quiest
dans le mesme Palatinat de
Cracovie, voicy ce qu'on en
dit, & qui elt tres veritable.
Elle prend feu de temps en
tems, particulierement dans
le Printemps
: ce feu cil si
violent que les étincelles
étant emportées par le vent
brulent les bleds voisins
:&
mesme comme le fond de
cette fontaineest un bytume
assezépais, & que les veines
de cette matiere sont repan
duës tout autour à une
grande distance , ce feu s'il
n'est éteint se communique
à ce bytume terrestre qui
s'enflame dans les terres
; de
maniere que suivant la tra
dition du païs,
il brula toute
une forest, & qu'il enleva un
quart delieuë de la surfacede
la terre, faisant une caverne
assezvasté qui fut dans le
moment remplie d'eau, ce
qui donna la naissance au
Marais salé qu'on y voit au
jourd'huy. Ces accidents qui
intimident les Paysans, les
rend attentifs à ce qui se
passe sur certe fontaine, &¡
sur la riviere qu'elle forme
dés sa naissance. Ils ont soin
dés qu'il paroist quelques
étincelles,&mesme quel
que lueur, d'accourir avec
leurs fleaux ou delongues
verges dont ils battent l'eau
de toute leur force pour 1,1
faire élever par dessus le Bi
tume
; &pouren estreaver
tis ils y mettent des Senti
nelles, quid'ailleurs pren
nent garde que quelqu'un
par malice ou par curiosité
n'y mettent le feu avec quel
que bougieallumée, & à peu
prés commeonle met à rcali
de vie. Si quelques Seigneurs
Polonois ou des Etrangers
viennent voir cette fontaine
par curiosité , les Gardes
permettent qu'on mette le
feu avec la bougie allumée
sur la surface de l'eau
, mais
ils se munissent auparavant
de branches d'arbres pour
l'éteindre en battant l'eau.
Cette eau eO: cependant
froide au toucher, mais elle
ne se glace jamais, elle jette
une odeur tres agreable, &
a la faveurdu lait. La Mon
tagne sur laquelle elle est,
esi couverte de fleurs odo
riferentes.
Le Livre dont on a tiré cet
Extrait, contientune infi
nité d'autres détailstrés cu.
rieux sur differentes ma
tieres.Il se vend sur le second
Perron delaSain te Chapelle,
dans la boutique de Claude
Barbin.
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Résumé : EXTRAIT. Du voyage de Mr Chambon dans les Mines de Pologne.
L'auteur, lors d'un voyage en Pologne, décide d'explorer les mines de sel après avoir lu un livre sur le sujet. Accompagné de deux amis, il se rend à la mine la plus célèbre, située à une journée de route. Il examine les installations, notamment les machines et les cordes utilisées pour la descente. Malgré une certaine appréhension, il descend dans la mine, suivi par un ami. La descente se fait à l'aide de cordes, et ils sont accueillis par des mineurs munis de flambeaux. La mine est équipée d'une chapelle et d'une fontaine d'eau douce. L'auteur observe que les chevaux et les habitants des souterrains semblent en bonne santé, attribuant cela aux vapeurs salines. Les mineurs extraient le sel, le transportent et le conduisent vers la surface via des machines et des rouleaux. Le sel extrait varie en qualité, allant du sel gemme blanc et cristallin aux masses de sel terreux. L'auteur goûte et examine le sel, notant ses propriétés et ses usages. Il observe également que la neige autour de la mine est extrêmement dure en raison des sels présents. L'auteur visite ensuite d'autres mines, notamment une mine de soufre, où il observe des phénomènes naturels intéressants. Il note la présence de ruisseaux et de chemins souterrains, ainsi que des méthodes de soutènement des voûtes et des murailles. Il achète un échantillon de mine contenant divers minéraux, dont de l'or. Il mentionne également des fontaines où des transformations chimiques se produisent, comme la transformation du fer en cuivre. La région est riche en mines d'or et d'argent, souvent exploitées par des étrangers. Enfin, il évoque une fontaine de bitume qui s'enflamme parfois, causant des incendies et des transformations du paysage. Par ailleurs, le texte décrit une fontaine remarquable située sur une montagne couverte de fleurs odorantes. Les Gardes permettent aux curieux d'allumer une bougie à la surface de l'eau, mais ils se préparent avec des branches pour éteindre le feu en cas de besoin. Cette eau, bien que froide au toucher, ne gèle jamais et dégage une odeur agréable. Elle a également la particularité de se mêler au lait. Le livre d'où est tiré cet extrait contient de nombreux détails curieux sur diverses matières et est disponible à la vente sur le second perron de la Sainte-Chapelle, dans la boutique de Claude Barbin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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268
p. 187-192
LETTRE D'AVIS Sur une nouvelle machine inventée pour scier les marbres avec plus de simplicité & de promptitude qu'aucune des machines qu'on ait encore veuës.
Début :
Monsieur, Le hasard m'a fait sçavoir ce que toutes mes recherches [...]
Mots clefs :
Machines, Inventions, Marbre, Scie, Mécanique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE D'AVIS Sur une nouvelle machine inventée pour scier les marbres avec plus de simplicité & de promptitude qu'aucune des machines qu'on ait encore veuës.
LETTRE D'AVI
Sur une nouvelle machine
inventée pourscierlesmar- 1 bresavec plus desimplicité
* & de promptitude qu'aucune des machines qu'on ait
encore veuës.
MONSIEUR,
-il Lehasard m'a fait fça-«
voir ce que toutes mes re-n
c
herches n'avoient pu mep
»faire découvrir:j'ayen-
-fiii ~sceur le secret de'Mrvl
»
de Corvolles, de la ma-
"mère que je vais,ivousi.
»conter. Je l'aymené àq
»
Nostre. Dame y
voir le3
Ilouvel Autel ;
je luy ay
dit que j'estoissurp
ris que
»
l'on fust si long-temps à-s
»travailler le marbre,&
»
qu'il ne luy estoit par per~3
»mis, ayant eu les "privi':l
leD-es qu'il a
pleu au ~Roy
»iuy accorder, de ne les
»pasmettre en mouve-
ment depuis le temps
qu'il lesavoit.
Les reproches que je
«
luy ay faits qu'il n'est ja«
mais content de ce qu'ilfA:
imagine
,
& qu'il s'occute
pe tous les joursà des dé
eç.
couvertes nouvelles, sans«
les rendre publiques,l'ont«
piqué d'honneur;il ma«
respondu en ces termes
cen'est point pour refiifer au public la connoiC.CQ
sance deschoses que j'ay
inventées, que je ne fais
«
point faire d'ouvrages; «
mais comme il ne fuffic*
» pas de trouver dessecrets,
* & qu'il faut encore pour
»
les rendre utiles au pu-
»blic, trouver le moyen de
»les rendre d'un facile usa-
»ge & de peu de frais, je
»
n'ai pu merefoudre à met-
»trema machine en œuvre
»
qu'aprés quelques augmentat.ions que je n'ay
» pas pû trouver que de-
»
puis peu.
Il y a une machine pour
scier les marbres, & une
pour y
faire tous les profils
sans ciseau ni maillet; ellesont toutes deuxun mes-
me mouvement, celle à
faire les profils n'est autre
chose qu'un calibre de fer
fondu,sur lequel font marquées les differentes mouleures qu'on veut imprimer
sur le marbre: & celle pour
scier n'est autre chose qu'-
un chassisquarré long, aux
deux bouts duquel il y a
deux pieces de bois épaisses
de cinq à six pouces,&hau.
tes de douze, dans le milieu desquellesilya de petites fentes où on passe le
bout des scies. Ces scies l[ont trouéesdansleurs ex-
tremitez, & dans ce trou
on met une broche de fer,
entre laquelle & le bois on
fourre un cornu fendu par
le moyen duquel on tend
la scie de telle iorte qu'elle
ne se lasche point.
Je ne vous explique peutestre pas cela assez nettement; mais comme vous
entendez mieux la mecaniqueque moy ,
vous devinerez ce que je veux vous
faire entendre
Sur une nouvelle machine
inventée pourscierlesmar- 1 bresavec plus desimplicité
* & de promptitude qu'aucune des machines qu'on ait
encore veuës.
MONSIEUR,
-il Lehasard m'a fait fça-«
voir ce que toutes mes re-n
c
herches n'avoient pu mep
»faire découvrir:j'ayen-
-fiii ~sceur le secret de'Mrvl
»
de Corvolles, de la ma-
"mère que je vais,ivousi.
»conter. Je l'aymené àq
»
Nostre. Dame y
voir le3
Ilouvel Autel ;
je luy ay
dit que j'estoissurp
ris que
»
l'on fust si long-temps à-s
»travailler le marbre,&
»
qu'il ne luy estoit par per~3
»mis, ayant eu les "privi':l
leD-es qu'il a
pleu au ~Roy
»iuy accorder, de ne les
»pasmettre en mouve-
ment depuis le temps
qu'il lesavoit.
Les reproches que je
«
luy ay faits qu'il n'est ja«
mais content de ce qu'ilfA:
imagine
,
& qu'il s'occute
pe tous les joursà des dé
eç.
couvertes nouvelles, sans«
les rendre publiques,l'ont«
piqué d'honneur;il ma«
respondu en ces termes
cen'est point pour refiifer au public la connoiC.CQ
sance deschoses que j'ay
inventées, que je ne fais
«
point faire d'ouvrages; «
mais comme il ne fuffic*
» pas de trouver dessecrets,
* & qu'il faut encore pour
»
les rendre utiles au pu-
»blic, trouver le moyen de
»les rendre d'un facile usa-
»ge & de peu de frais, je
»
n'ai pu merefoudre à met-
»trema machine en œuvre
»
qu'aprés quelques augmentat.ions que je n'ay
» pas pû trouver que de-
»
puis peu.
Il y a une machine pour
scier les marbres, & une
pour y
faire tous les profils
sans ciseau ni maillet; ellesont toutes deuxun mes-
me mouvement, celle à
faire les profils n'est autre
chose qu'un calibre de fer
fondu,sur lequel font marquées les differentes mouleures qu'on veut imprimer
sur le marbre: & celle pour
scier n'est autre chose qu'-
un chassisquarré long, aux
deux bouts duquel il y a
deux pieces de bois épaisses
de cinq à six pouces,&hau.
tes de douze, dans le milieu desquellesilya de petites fentes où on passe le
bout des scies. Ces scies l[ont trouéesdansleurs ex-
tremitez, & dans ce trou
on met une broche de fer,
entre laquelle & le bois on
fourre un cornu fendu par
le moyen duquel on tend
la scie de telle iorte qu'elle
ne se lasche point.
Je ne vous explique peutestre pas cela assez nettement; mais comme vous
entendez mieux la mecaniqueque moy ,
vous devinerez ce que je veux vous
faire entendre
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Résumé : LETTRE D'AVIS Sur une nouvelle machine inventée pour scier les marbres avec plus de simplicité & de promptitude qu'aucune des machines qu'on ait encore veuës.
La lettre d'Avi présente une nouvelle machine destinée à scier les marbres de manière plus simple et rapide que les machines existantes. L'auteur, après avoir découvert le secret de la machine de Corvolles, l'a démontrée à Notre-Dame pour prouver son efficacité. Il critique Corvolles de ne pas rendre publiques ses inventions et de se concentrer constamment sur de nouvelles découvertes sans les partager. Corvolles justifie son silence en expliquant qu'il cherche à rendre ses inventions utiles, faciles à utiliser et économiques. La machine pour scier les marbres se compose d'un châssis carré long avec des pièces de bois aux extrémités, permettant le passage des scies tendues par une broche de fer et un cornu fendu. Une autre machine permet de créer des profils sur le marbre sans ciseau ni maillet, en utilisant un calibre de fer fondu avec des mouleures marquées. Les deux machines fonctionnent avec le même mouvement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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269
p. 253-264
L'HORLOGE DE SABLE, figure du Monde. Poëme.
Début :
Assemblage confus d'une arene mobile, [...]
Mots clefs :
Sable, Monde, Image, Horloge, Grains, Temps
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texteReconnaissance textuelle : L'HORLOGE DE SABLE, figure du Monde. Poëme.
L'HORLOGE DE SABLE
figure du Monde.
Poëme
Asfemblage confus d'une arene mobile,
Que l'art fçut enfermer
dans cevafe fragile ,
Image de mavie , horloge
dont le cours
Regle tous mes devoirs en
mefurant mes jours ;
Puifqu'à te celebrer ma
Mufe eft deſtinée ,
Fais couler pour mes vers
une heure fortunée ;
Février 1712.
Y
3
254 MERCURE
Et vous pour qui le monde.
a de fi douxappas ,
Qui mefme haïffez ceux
qui ne l'aiment pas ;
Mortels, venez icy , je veux
dans cet Ouvrage,
Du monde , tel qu'il eſt ,
vous tracer une image.
Qu'eft le monde en effet ?
c'eft un verre qui luit ,
Qu'unfoufle peut détruire,
& qu'unfouflea produit.
Que renferme le monde a
une vaine pouffiere
Que remue à fon gré le
poids de la matiere, ⠀
Qui tourne , va , revient ,
GALANT. 255
plus vifte que les flots ,
Et par fon mouvement ne
tend qu'à fon repos.
Que font tous les mortels?
autant de grains de fable ™
Qu'anime cependant une
ame raifonnable:
Mais qui du fable feul oc-
*** cupez ardemment
Font leur unique employ
defon accroiffement.
Onl'échange , on le vend,
on l'achete, on l'amaffe ,
Et monceaux fur monceaux l'avarice l'entaffe.
Lemarchand qui ne craint
nyles vents ny les eaux
•
Y ij
#56 MERCURE
Confiant fa fortune à de
frefles vaiffeaux ,
Court aux extremitez de la
plaine liquide.
Vendre un fable brillant
pourunfable folide.
L'Artifan que le fort ou
l'orgueil deshumains
Oblige à fe nourrir du travail de fes mains ,
Ne fait pendant le cours
d'une vie inutile
Que polir , que finir une
arene mobile.
Lefage examinant la nature des corps ,
Leurs caufes , leurs effets ,
GALANT. 257
leurs mutuels rapports ,
Cherchant un vuide en eux
qu'il peut voir en
luy mefme,
Croit embraffer le vray ,
dans une erreur qu'il
aime.
Il ne s'apperçoit pas, feduit
par fon orgueil ,
Qu'en voulant l'éviter , il
tombe dans l'écueil ,
Et quefon efprit faux remplyde vains phantofmes
N'amaffe qu'un trefor de
pouffiere & d'atomes ;
Etvous esclaves , efclavesnez devos propres
Y iij
258 MERCURE
fouhaits ,
Vous, Grands, qui baſtiſſez
de fuperbes palais ,
Que vous fert d'élever un
chafteau periffable
Plus haut que vos voisins.
C'eft mettre un peu
de fable
Qui devenant un jour la
victime des ans
Marquera par fa chute un
efpacede temps.
Quefaites-vous enfin vous,
maiftres de la terre ;
Vous portez en tous lieux
les fureurs de la guerre ,
Vous inondez nos champs
GALANT 259
de bataillons épars ,
Vous livrez des affauts ,
vous forcez des remparts.
D'un trop foible voifin
vous pillez la frontiere ,
Pour luy ravir un peu de
fable &depouffiere
Qui gliffant de vos mains
avec rapidité
Feradu moins connoiftre
la poſterité
Avides de fçavoir vos fuccez, vostraverſes ,
Du temps qui fuit toujours
les époques diverſes.
Mais rangeons - nous aux
« loix del'exacte raiſon,
* MERCURE
Et tafchons d'illuftrer noftre comparaifon.
Ce fable à chaque inſtant
prendde nouvelles
places ,
Et le monde en un jour
change de mille faces.
Ces grains font agitez de
mouvements divers ,
Telsfont auffi les corps de
ce vafte Univers.
Sans liaiſon entr'eux , non
plus que cette arene
Chacun fuit au hazard le
penchant qui l'entraifne ,
Et ce qui d'un peu d'air
dansce vafe eft l'effet ,
GALANT. 261
Levent de la fortune en ce
monde le fait.
Les uns font élevez fur les
débris des autres ,
Lesbiens de nos voisins fe
groffiffent des noſtres.
Dans la foule obfcurcis , les
Princes détronez ,
Contraints à refpecter des
fujets couronnez ,
Sont de triftes jouets du
fort toujours volage.
De fes renversemens noftre
Horloge eft l'image.
On la tourne , & bientoft
le fable fe confond..
Le plus bas monte en haut
262 MERCURE
le plus haut coule au fond ,
Et comme on voit ces grains
agitez dans leur verre
Peu libre dans l'enclos du vafé
qui les ferre ,
Vers leur centre communfaire
un commun effort ,
Et par la voye eftroite atteindre l'autre bord ,
Telle on voit des humains la
cohorte mortelle o
Dans le partage obſcur de la
nuit éternelle
Defes jours malheureux éteindre le flambeau ,
Se pouffer , s'enfoncer dans
l'horreur du tombeau
Nous y voyons tomber , d'unet
chute commune,
Le pauvre & ſon eſpoir , le
riche & fa fortune
GALANT. 261
Les jeunes , les vieillards , les
fujets & les Rois ,
Faits du mefme limon , fubir
les mefmes loix.
que dis - je , ce fablea fur
nous l'avantage ;
Mais
J
Au globe , dont il fort , il retrouve un paffage ,
Et lorfque nous quittons la lumiere du jour ,
Nous la quittons , helas ! fans
eſpoir de retour.
Aprés tant de leçons que fournit noftreHorloge ,
Luy peut- on juftement refufer
un éloge.
A toute la nature elle donne
des loix.
Pourveu qu'il ait des yeux , le
fourd entend ſa voix.
Au Prince , au Magiftrat , à
464 MERCURE
l'Orateur , au Sage ,
fans parler , entendre fon langage ;
Ellefait ,
:
En fufpend les Arrefts , les difcours , les travaux ; {
Annonce à l'Artifan l'heure de
fon repos.
Enfin reglant du temps la durée & l'efpace ,
Elle nous dit qu'il fuit , & qu'
£ avec luy tout paffe ,
Et moyqui tient toujours fur
luy les yeux ouverts ,
Je vois qu'il faut finir mon élo.
ge & ces vers.
figure du Monde.
Poëme
Asfemblage confus d'une arene mobile,
Que l'art fçut enfermer
dans cevafe fragile ,
Image de mavie , horloge
dont le cours
Regle tous mes devoirs en
mefurant mes jours ;
Puifqu'à te celebrer ma
Mufe eft deſtinée ,
Fais couler pour mes vers
une heure fortunée ;
Février 1712.
Y
3
254 MERCURE
Et vous pour qui le monde.
a de fi douxappas ,
Qui mefme haïffez ceux
qui ne l'aiment pas ;
Mortels, venez icy , je veux
dans cet Ouvrage,
Du monde , tel qu'il eſt ,
vous tracer une image.
Qu'eft le monde en effet ?
c'eft un verre qui luit ,
Qu'unfoufle peut détruire,
& qu'unfouflea produit.
Que renferme le monde a
une vaine pouffiere
Que remue à fon gré le
poids de la matiere, ⠀
Qui tourne , va , revient ,
GALANT. 255
plus vifte que les flots ,
Et par fon mouvement ne
tend qu'à fon repos.
Que font tous les mortels?
autant de grains de fable ™
Qu'anime cependant une
ame raifonnable:
Mais qui du fable feul oc-
*** cupez ardemment
Font leur unique employ
defon accroiffement.
Onl'échange , on le vend,
on l'achete, on l'amaffe ,
Et monceaux fur monceaux l'avarice l'entaffe.
Lemarchand qui ne craint
nyles vents ny les eaux
•
Y ij
#56 MERCURE
Confiant fa fortune à de
frefles vaiffeaux ,
Court aux extremitez de la
plaine liquide.
Vendre un fable brillant
pourunfable folide.
L'Artifan que le fort ou
l'orgueil deshumains
Oblige à fe nourrir du travail de fes mains ,
Ne fait pendant le cours
d'une vie inutile
Que polir , que finir une
arene mobile.
Lefage examinant la nature des corps ,
Leurs caufes , leurs effets ,
GALANT. 257
leurs mutuels rapports ,
Cherchant un vuide en eux
qu'il peut voir en
luy mefme,
Croit embraffer le vray ,
dans une erreur qu'il
aime.
Il ne s'apperçoit pas, feduit
par fon orgueil ,
Qu'en voulant l'éviter , il
tombe dans l'écueil ,
Et quefon efprit faux remplyde vains phantofmes
N'amaffe qu'un trefor de
pouffiere & d'atomes ;
Etvous esclaves , efclavesnez devos propres
Y iij
258 MERCURE
fouhaits ,
Vous, Grands, qui baſtiſſez
de fuperbes palais ,
Que vous fert d'élever un
chafteau periffable
Plus haut que vos voisins.
C'eft mettre un peu
de fable
Qui devenant un jour la
victime des ans
Marquera par fa chute un
efpacede temps.
Quefaites-vous enfin vous,
maiftres de la terre ;
Vous portez en tous lieux
les fureurs de la guerre ,
Vous inondez nos champs
GALANT 259
de bataillons épars ,
Vous livrez des affauts ,
vous forcez des remparts.
D'un trop foible voifin
vous pillez la frontiere ,
Pour luy ravir un peu de
fable &depouffiere
Qui gliffant de vos mains
avec rapidité
Feradu moins connoiftre
la poſterité
Avides de fçavoir vos fuccez, vostraverſes ,
Du temps qui fuit toujours
les époques diverſes.
Mais rangeons - nous aux
« loix del'exacte raiſon,
* MERCURE
Et tafchons d'illuftrer noftre comparaifon.
Ce fable à chaque inſtant
prendde nouvelles
places ,
Et le monde en un jour
change de mille faces.
Ces grains font agitez de
mouvements divers ,
Telsfont auffi les corps de
ce vafte Univers.
Sans liaiſon entr'eux , non
plus que cette arene
Chacun fuit au hazard le
penchant qui l'entraifne ,
Et ce qui d'un peu d'air
dansce vafe eft l'effet ,
GALANT. 261
Levent de la fortune en ce
monde le fait.
Les uns font élevez fur les
débris des autres ,
Lesbiens de nos voisins fe
groffiffent des noſtres.
Dans la foule obfcurcis , les
Princes détronez ,
Contraints à refpecter des
fujets couronnez ,
Sont de triftes jouets du
fort toujours volage.
De fes renversemens noftre
Horloge eft l'image.
On la tourne , & bientoft
le fable fe confond..
Le plus bas monte en haut
262 MERCURE
le plus haut coule au fond ,
Et comme on voit ces grains
agitez dans leur verre
Peu libre dans l'enclos du vafé
qui les ferre ,
Vers leur centre communfaire
un commun effort ,
Et par la voye eftroite atteindre l'autre bord ,
Telle on voit des humains la
cohorte mortelle o
Dans le partage obſcur de la
nuit éternelle
Defes jours malheureux éteindre le flambeau ,
Se pouffer , s'enfoncer dans
l'horreur du tombeau
Nous y voyons tomber , d'unet
chute commune,
Le pauvre & ſon eſpoir , le
riche & fa fortune
GALANT. 261
Les jeunes , les vieillards , les
fujets & les Rois ,
Faits du mefme limon , fubir
les mefmes loix.
que dis - je , ce fablea fur
nous l'avantage ;
Mais
J
Au globe , dont il fort , il retrouve un paffage ,
Et lorfque nous quittons la lumiere du jour ,
Nous la quittons , helas ! fans
eſpoir de retour.
Aprés tant de leçons que fournit noftreHorloge ,
Luy peut- on juftement refufer
un éloge.
A toute la nature elle donne
des loix.
Pourveu qu'il ait des yeux , le
fourd entend ſa voix.
Au Prince , au Magiftrat , à
464 MERCURE
l'Orateur , au Sage ,
fans parler , entendre fon langage ;
Ellefait ,
:
En fufpend les Arrefts , les difcours , les travaux ; {
Annonce à l'Artifan l'heure de
fon repos.
Enfin reglant du temps la durée & l'efpace ,
Elle nous dit qu'il fuit , & qu'
£ avec luy tout paffe ,
Et moyqui tient toujours fur
luy les yeux ouverts ,
Je vois qu'il faut finir mon élo.
ge & ces vers.
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Résumé : L'HORLOGE DE SABLE, figure du Monde. Poëme.
Le poème 'L'HORLOGE DE SABLE' utilise la métaphore de l'horloge de sable pour représenter le monde et la vie humaine. L'auteur décrit le monde comme un assemblage confus et mobile, comparable à une horloge fragile qui régule les devoirs et les jours. Le poème invite à célébrer la muse pour inspirer les vers et à tracer une image du monde tel qu'il est. Le monde est comparé à un verre fragile, renfermant une vaine poussière mue par le poids de la matière. Les mortels sont décrits comme des grains de sable animés par une âme raisonnable, mais occupés uniquement par l'accroissement de leur fortune. Le texte critique l'avarice et la quête de richesse, illustrant comment les marchands et les artisans sont soumis à des travaux inutiles pour polir des grains de sable. Les savants, aveuglés par leur orgueil, cherchent en vain à comprendre la nature des corps et tombent dans l'erreur. Les grands et les esclaves de leurs propres désirs bâtissent des palais éphémères. Les maîtres de la terre sèment la guerre et la destruction pour accumuler du sable et de la poussière. Le poème souligne l'instabilité du monde, où les grains de sable changent constamment de place, symbolisant les mouvements divers des corps dans l'univers. Les princes détrônés et les sujets couronnés sont des jouets du sort. L'horloge de sable illustre les renversements constants, où le plus bas monte en haut et le plus haut coule au fond. Tous les humains, qu'ils soient pauvres ou riches, jeunes ou vieux, sont soumis aux mêmes lois et finissent par tomber dans l'horreur du tombeau. Le sable, après avoir quitté la lumière du jour, ne revient jamais. L'horloge de sable donne des lois à toute la nature et rappelle que le temps fuit, emportant tout avec lui. L'auteur conclut en reconnaissant la nécessité de finir son élégie et ses vers.
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270
p. 311-313
ENIGME.
Début :
Non, je n'auray jamais l'esprit de m'atiffer, [...]
Mots clefs :
Quenouille
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Non, je n'aurai jamais
i'esPrit de m'atiffer,
Macoëffure eji toujours
pendante & négligée,
Jidescoè'ffeujes pourtant,
passentmaintejournée,
\A me coijfer& decoëffer,
Maisanssesoucier beaucoup
dema parure,
Uunerêve a quelque
avanture,
Celle-ci pense à bien,
celle-làpenseà mal,
Quoy qu'unrustique lieu
soit monpais natal,.
Polie avec droiture
J &
fermesans rudesse,
ÎeParvlensdans lecercle,
au rang de la Pri-ncelfe,
Souvent tejle levfé, on
m'ivoit dominer;
Mais malgré ma hauteur
teur,pouriezvous de.
viner,
Quelmanege est le mien,
pourparvenir àplaire,
J'aifaitcentmouvements
autour d'un llJcrcenaire,
Qui tenté du profit qu'il
efperqitdétmoj>
Aseu : me rendreenfin,
digne demon emploi.
Non, je n'aurai jamais
i'esPrit de m'atiffer,
Macoëffure eji toujours
pendante & négligée,
Jidescoè'ffeujes pourtant,
passentmaintejournée,
\A me coijfer& decoëffer,
Maisanssesoucier beaucoup
dema parure,
Uunerêve a quelque
avanture,
Celle-ci pense à bien,
celle-làpenseà mal,
Quoy qu'unrustique lieu
soit monpais natal,.
Polie avec droiture
J &
fermesans rudesse,
ÎeParvlensdans lecercle,
au rang de la Pri-ncelfe,
Souvent tejle levfé, on
m'ivoit dominer;
Mais malgré ma hauteur
teur,pouriezvous de.
viner,
Quelmanege est le mien,
pourparvenir àplaire,
J'aifaitcentmouvements
autour d'un llJcrcenaire,
Qui tenté du profit qu'il
efperqitdétmoj>
Aseu : me rendreenfin,
digne demon emploi.
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271
p. 91-94
ENIGME nouvelle.
Début :
Si mâle ou femelle je suis, [...]
Mots clefs :
Anneau ou bague
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME nouvelle.
ENIGME
nouvelle.
1
S1 måle ou femelle je
fuis,
Ceft ce qu'affirmer je ne
puis.
Simple , fans ornement
Hij
92 MERCURE
d'un nom male onm'appelle:
Mais orné richement je
porte un nom femelle.
Commej'aiplus d'un nom,
j'ai bien plus d'un
employ ;
Male on me voit porter
fous moy
Une espece de longue mante i
Femelle legere glißante
Je m'égarefouvent , quel
quefois je me perds
GALANT 93
Ermåle fervant une Retne,,
Uneadorable Souveraine,
Je porte&fais porter fes
fers.
Femelle étant l'objet de
2 maint Seigneur &
Prince;
Chacun d'eux me difpute
ainfi qu'une Province vincentova :
Enpublic le victorieux
De m'avoir et tout glocontio- rieux on t
Enfecret fille vertuenfe
94 MERCURE
De m'avoir eft toute hon
teuſe.
nouvelle.
1
S1 måle ou femelle je
fuis,
Ceft ce qu'affirmer je ne
puis.
Simple , fans ornement
Hij
92 MERCURE
d'un nom male onm'appelle:
Mais orné richement je
porte un nom femelle.
Commej'aiplus d'un nom,
j'ai bien plus d'un
employ ;
Male on me voit porter
fous moy
Une espece de longue mante i
Femelle legere glißante
Je m'égarefouvent , quel
quefois je me perds
GALANT 93
Ermåle fervant une Retne,,
Uneadorable Souveraine,
Je porte&fais porter fes
fers.
Femelle étant l'objet de
2 maint Seigneur &
Prince;
Chacun d'eux me difpute
ainfi qu'une Province vincentova :
Enpublic le victorieux
De m'avoir et tout glocontio- rieux on t
Enfecret fille vertuenfe
94 MERCURE
De m'avoir eft toute hon
teuſe.
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272
p. 193-198
Reflexions sur la maniere d'empescher l'eau d'entrer dans les caves,
Début :
Par Mr Duguet qui a esté envoyé de la Cour [...]
Mots clefs :
Eau, Caves, Inondations, Litres, Hydraulique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Reflexions sur la maniere d'empescher l'eau d'entrer dans les caves,
Reflexionsfurla maniere d'empefcher l'eau d'entrer dans
Les caves ,
Par Mr Duguet qui a eſté
envoyé de la Cour dans
les ports de mer , pour des
découvertes hydrauliques ,
& qui eft auffi l'autheur
des machines accouſtiques
propres à faire entendre
ceux qui ont l'oüye dure.
Premierement , on fçait
que l'eau filtre à travers
des terres , & paffe par deffous les fondements des
maifons pour entrer dans
May. 1712 .
R
194 MERCURE
les caves en cherchantfon
niveau. Ainfi lorſque l'on
veut deffecher une cave
avant l'écoulement de toutes les eaux qui l'environnent , on s'apperçoit qu'il
furvient autant d'eau dans
la cave que l'on en a retiré.
Aux caves où il n'entre
qu'environ un pied d'eau ,
il n'eft pas beſoin de
chercher d'autres moyens pour les deffecher que
d'adjoufter du fable pour
hauffer leur niveau.
2. On peut empefcher
l'eau d'entrer dans les ca
GALANT. 195
ves malgré fes plus hautes
recreuës , en adjouſtant un
corps qui luy ferve de digue , mais on rifqueroit de
faire une dépenſe inutile
fi l'on ne comptoit pas fur
l'effort de l'eau qui eft tousjours proportionnée à fa
hauteur perpendiculaire
& au diamettre de la bafe
de fon volume.
Suivant ce principe receu , il fera neceffaire de
rendre le corps que l'on
adjouftera , pour empefcher l'eau d'entrer dans
une cave , affez pefant ou
Rij
196 MERCURE
affez bien retenu pour refifter à la preffion que l'eau
luy fera par deffous ou par
les coftez pour l'enlever
ou pour le percer ; cette
preflion fera proportionnée à la quantité d'eau qui
entreroit dans la cave pour
chercher fon niveau dans
les plus grandes recreuës ,
s'il n'y avoit point d'oppofition.
En une cave de trois
toifes de longueur fur quatre de largeur , où il entreroit fix pieds d'eau
on doit s'attendre que le
>
GALANT. 197
guc
corps qui ferviroit de dià une maffe d'eau pareille , fouftiendroit le fardeau de 816480. liv. fupposé que le pied cube d'eau
des caves ne pefe que 70.
livres.
La plus forte dépenſe
ne paffera pas la fomme de
cinquante livres par toife quarrée.
Il eft de l'intereſt public , auffi bien que des
proprietaires des maiſons
baſties ou à baftir , de prévenir les accidens que peuvent caufer les frequenR iij
198 MERCURE
tes innondations qui arrivent à prefent , foit par
rapport à la ruine des fondements de leurs maiſons ,
foit à caufe des mauvaiſes
exhalaifons des eaux qui
fe corrompent dans les caves , qui peuvent empoifonner l'air , & produire
des maladies contagieufes
Les caves ,
Par Mr Duguet qui a eſté
envoyé de la Cour dans
les ports de mer , pour des
découvertes hydrauliques ,
& qui eft auffi l'autheur
des machines accouſtiques
propres à faire entendre
ceux qui ont l'oüye dure.
Premierement , on fçait
que l'eau filtre à travers
des terres , & paffe par deffous les fondements des
maifons pour entrer dans
May. 1712 .
R
194 MERCURE
les caves en cherchantfon
niveau. Ainfi lorſque l'on
veut deffecher une cave
avant l'écoulement de toutes les eaux qui l'environnent , on s'apperçoit qu'il
furvient autant d'eau dans
la cave que l'on en a retiré.
Aux caves où il n'entre
qu'environ un pied d'eau ,
il n'eft pas beſoin de
chercher d'autres moyens pour les deffecher que
d'adjoufter du fable pour
hauffer leur niveau.
2. On peut empefcher
l'eau d'entrer dans les ca
GALANT. 195
ves malgré fes plus hautes
recreuës , en adjouſtant un
corps qui luy ferve de digue , mais on rifqueroit de
faire une dépenſe inutile
fi l'on ne comptoit pas fur
l'effort de l'eau qui eft tousjours proportionnée à fa
hauteur perpendiculaire
& au diamettre de la bafe
de fon volume.
Suivant ce principe receu , il fera neceffaire de
rendre le corps que l'on
adjouftera , pour empefcher l'eau d'entrer dans
une cave , affez pefant ou
Rij
196 MERCURE
affez bien retenu pour refifter à la preffion que l'eau
luy fera par deffous ou par
les coftez pour l'enlever
ou pour le percer ; cette
preflion fera proportionnée à la quantité d'eau qui
entreroit dans la cave pour
chercher fon niveau dans
les plus grandes recreuës ,
s'il n'y avoit point d'oppofition.
En une cave de trois
toifes de longueur fur quatre de largeur , où il entreroit fix pieds d'eau
on doit s'attendre que le
>
GALANT. 197
guc
corps qui ferviroit de dià une maffe d'eau pareille , fouftiendroit le fardeau de 816480. liv. fupposé que le pied cube d'eau
des caves ne pefe que 70.
livres.
La plus forte dépenſe
ne paffera pas la fomme de
cinquante livres par toife quarrée.
Il eft de l'intereſt public , auffi bien que des
proprietaires des maiſons
baſties ou à baftir , de prévenir les accidens que peuvent caufer les frequenR iij
198 MERCURE
tes innondations qui arrivent à prefent , foit par
rapport à la ruine des fondements de leurs maiſons ,
foit à caufe des mauvaiſes
exhalaifons des eaux qui
fe corrompent dans les caves , qui peuvent empoifonner l'air , & produire
des maladies contagieufes
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Résumé : Reflexions sur la maniere d'empescher l'eau d'entrer dans les caves,
M. Duguet, envoyé par la Cour pour des découvertes hydrauliques, explique dans 'Réflexions sur la manière d’empêcher l’eau d’entrer dans les caves' que l’eau pénètre dans les caves en filtrant à travers les terres et en cherchant son niveau. Pour assécher une cave, il faut retirer toute l’eau environnante, mais l’eau continue de s’infiltrer en quantité égale à celle retirée. Pour des caves avec environ un pied d’eau, ajouter du sable pour élever leur niveau est suffisant. Pour empêcher l’eau d’entrer malgré les hautes marées, il est possible d’ajouter un corps servant de digue. Cette solution nécessite de calculer l’effort de l’eau, proportionnel à sa hauteur et au diamètre de sa base. Le corps ajouté doit être suffisamment pesant ou bien retenu pour résister à la pression de l’eau. Par exemple, dans une cave de trois toises de longueur sur quatre de largeur, avec six pieds d’eau, le corps doit supporter une masse d’eau équivalente à 816 480 livres, supposant que le pied cube d’eau pèse 70 livres. La dépense maximale ne dépassera pas cinquante livres par toise carrée. Prévenir les inondations fréquentes est dans l’intérêt public et des propriétaires, car elles peuvent ruiner les fondations des maisons et provoquer des exhalaisons nocives dans les caves, potentiellement sources de maladies contagieuses.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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273
p. 87-109
SUITE DU DISCOURS préliminaire sur la Lumiere, inseré das le Mercure précedent.
Début :
La lumiere entant qu'elle est contenuë dans le corps [...]
Mots clefs :
Corps lumineux, Lumière, Corps opaque, Ombres, Catoptrique, Dioptrique, Arc-en-ciel, Parélie, Microscopes, Couronnes célestes, Vision
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texteReconnaissance textuelle : SUITE DU DISCOURS préliminaire sur la Lumiere, inseré das le Mercure précedent.
SUITE DU DISCOURS
préliminairesur la Lumiere
,
inféré dans le Mercure'
précèdent,
La lumiere entant qu'elle est contenue dans le
corps lumineux, n'est autre chose que l'avion mesme du corps lumineux,
par laquelle il pouffe à la
ronde autour de luy la lumiere matérielle qui l'environne. Or cette action
du corps lumineux vient
de ce que sa surface estant
composée ou couverte d'u.
ne matière tres fluide, &
tres agitée
,
son mouvement tend tousjours à la
faire écarter de son propre
centre; desorte que sans
la matiere plus grossiere
qui resserreexterieurement
le corps lumineux, ilest
certain qu'il se dissiperoît
incontinent, ou du moins
sa su perficie.C'est pourquoy il y a une espece de
combat perpetuel entre la
matiere du corps lumineux
qui tend à s'estendre
,
&
celle de l'ether qui l'environne
,
laquelle tend à le
resserrer.
resserrer. Dans ce combat
chacun est vaincu, & vain.
queurtouràtour,sansque
jamais la victoire cede entièrement àaucun des deux,
si ce n'est peut- estre quand
le corps lumineux s'estend
tout à fait, ce qu'on peut
plustost attribuer au défaut d'alimens qu'à la prêt
sion de l'ether environnant. Cet effort du corps
lumineux pour s'estendre,
peut se comparer, si l'on
veut, à celuy dîme éponge que l'on presseroit, 6c
qu'on lafcheroit successi-
vemenr entre ses doigts, &
l'action par laquelle l'effort
que le corps lumineux fait
pour s'estendre, poulie la
lumiere autour de luy
,
a
beaucoup de rapportàcelle
par laquelle on dit que les
Porcs
-
épies lancent à la
ronde contre ceux qui les
poursuivent & qui les pres
,[enr,les poils, ou plustost
les dards donc leur peau est
toute herissée, quoy qu'on
ait tout droit de douter de
cet effet.
Il n'est pas difficileapre's
celad'imaginer comment
la lumierequi environne
le corps lumineux estant
pouffée, pouffe celie qui
e
st
plus esloignée qu'<)!e/&:
celle cy ce lle qui est encore plus loin, jusquaceque
cet effort à force de s'entendre, soit tour
-
à fait aneanti
; & comment il se
forme par ce moyen au
tour du corps lumineux des
spheres concentriques de
lumiere qui se poussentmutuel lement & continue ilement les unes les autres
,
comme on voitqu'ilarrive aux cercles qui sefor-
ment dans l'eau quand on
y
jetre quelque pierre. De
plus il est encore aisé de
concevoir par ce moyen
comment en quelque endroit qu'on mette l'oeil autour d'un corps lumineux,,
il parvient tousjours de la
lumiere jusques à nous. Enfin si l'on considere que
l'œil est composé de parties transparentes, telles
que sont la cornée, l'humeur aqueuse, le cristallin
,
l'humeur vitrée & la
retine, on verrasans peine
quci la lumière estant un
corps tres-subtil & tresfluide, pénétré avec facilité toutes ces humeurs*
pour venir faire son impression sur lesesprits ani-
-
maux qui font contenus
dans les membranes qui
tapissent le fond de l'oeil,
& c'est de cette manière
que la lumière découle du
corps lumineux, pour venir dans nos yeux..
-
Ce n'est pas que je prétende pour cela, qu'il faille
qu'à chaque fois que nous
voyons un corpslumineux,
la lumière qui l'environne
immédiatement parvienne
jusques à nos yeux; car si
cela estoitil faudroit peucestre
,
non pas un temps
de deux heures environ
,
-
pour qu'elle pust faire sentir son impression depuis
Saturne >ulcjues - ,
a nous
comme on la dir cy-devant ;
mais un temps de
plusieursjours, ou mesme
de plusieurs mois.
Pour imaginer donc comme cette impression peut
parvenir à nos yeux de si
loin dans un temps si court,
il faut considerer que tout
l'Univers estant rempli de
matière et herée
,
ce qui
reste de vuide enrre les parties de la lumiere
,
peut
estre réputé pour rien; &
c'est pour cela que les partics de lumiere qui sont
proche de nos yeux font
presque meuês en mefmc
temps quecelles qui environnent le corps lumineux.
Quant à lamaniere dont
la lumiere se fait sentir,
elle est peu différente de
celle en laquelle les objets
des autres sens s'apperçoi-
vent; desorte que pour bien
expliquer raébon de la lumiere au dedans du cerveau, on peut asseurer.
qu'elle n'est autre chose
qu'une motion ou un ébranlement qu'elle cause
dans les esprits
,
sur les
quels elle fait impression
en arrivant au fond de l'oeil;
car ces esprits, comme
ceux detous les autres sens,
n'arrivant au fond de l'œil,
que par de petits canaux
appeliez nerfs, qui respon-,
dentautond du cerveau,
il est aisé de concevoir
comme
comme les motions que la
lumiere cause dans ces esprits parviennent jusques
à la partie la plus reculée
de sa substance, &c'en est
assez pour que le corps lumineux puisse dit estre veu.
Comme c'est assez pour
qu'un corps sonore soit
entendu, ou un corps odoriférant senti,ou un corps
savoureux gousté,ou enfin
un corps doux ou rude
mou ou dur, apperceu par
le toucher, que l'ébranlement que ses parties, ou
ses sucs ou sa surface eau-
sent dans les esprits animaux qui abondent dans
les organes de l'ouie
,
de
l'odorat ;
du goust & du
toucher, arrive jusques au
fond du cerveau.
De la mesme maniere
dont un corps lumineux est
apperceu; on peut dire aussi
qu on voit tous les autres
corps: car la lumiere que
le corps lumineux chasse à
la ronde
,
arrivant sur des
objets qu'elle ne peut penetrer
,
cft obligée de se
réfléchir
,
comme l'experience des miroirs le fait
voir; & cette refléxion ne
changeant rien dans la nature dela lumiere,non plus
que le mouvement d'une
baie de jeu de paume ne
change pas de nature pour
réflechir sur le pavé ou sur
la raquette, il est évident
que nos yeux sont toucher
recette lumiere réflechie.
comme ils le seroient,sielle
parvenoit à eux immédiatement du corps lumineux;
c'estpourquoy elle forme
encore les mesmes modifications dans le cerveau.
Et. par la mesmeraison
que nous voyons les corps
lumineux par leur lumiere
immediate
,
on peut dire
que nous voyons les objets éclairez par les corps
lumineux
,
au moyen de
leur lumiere réflechie. Car
alors les corps qui réflechissent la lumiere peuvent
eux-mesmes estre regardez comme des corps lumineux.
Enfin le sentiment des
cou leurs ne differant de
celuy de la lumiere, qu'en
ce-qu'il est accompagné
de quelque circonstance
accidentelle
,
qui modifie
la sensation, il est confiant
qu'on doit l'expliquer aussi
de la mesme maniere que
celuy de la lumiere immediate, ou directe & de la ré- flechie. Ainsi ilfera vray
de dire, par exemple, qu'-
un corps paroist coloré,
parce qu'ily a un corps lumineux qui pouffe de la
lumiere sur luy, & que ce
corps réflechissant cette lumiere
,
luy laisse une certaine impression qu'elle
navoit pas auparavant,
comme il arrive aux vents,
qui passant par de certaines regions froides ou
chaudes, retiennent quelque chose de leur temperature.
On peut adjouster à cette explication celle de la
formation des ombres des
corps; & on dira qu'un
corps opaque devant empescher la lumiere du corps
lumineux de tomber immediatement sur les corps qui
font derriere luy
;
il ne faut
pas s'estonner si ces corps
ne se font point sentir du
tout; ou du moins que très*
peu; sçavoir à proportion
de la lumiere qu'ils peuvent recevoir par laréflexion des autres corps qui
les environnent; laquelle
lumiere appellée réflet, ne
venant dans nos yeux tout
au plus qu'après deux réflexions, n'y doit causer
que des motions bien plus
foibles.
Outre la.lumiere & l'ombre
,
il y a encore quelque
chose de moyen entre l'un
& l'autre qu'on appelle Pénombre, dont on parlera
dans la fuite.
Enfin il n'arrive pas seulement dela lumiere d'un
corps lumineux dans nos
yeux, par les réflections
qu'elle souffre sur les corps
durs,qu'elle ne peut penetrer; mais il y en vient
aussi aprèsqu'elle a
passé
au travers d'autres
,
qu'on
appelle transparents, tel
que sont les verres
,
les
cristaux
,
les pierres précieuses, les bois,les gomroes) les sels
,
& les liqueurs, dans lesquels ourre
qu'elle ceflfe de continuer
son chemin en ligne droi-
te
,
comme on le dira en
son lieu, elle contracte aussi decertaines qualitez qui
forment des couleurs.
De sorte
que pour traiter
le sujet de la lumiere dans
toute son estenduë
,
il ne
resteroit,aprèsavoirparlé
de l'origine de la lumiere
directe, de sa nature & de
son progrez, de continuer
dans les discours suivants
à parler des ombres & des
pénombres, qui sont des
effets de la lumiere directe, d'entreprendre ensuite
d'expliquer la lumiere ré-
flechie,& de finir par la
lumiere rompuë & par les
couleurs.
Dans le traité des ombres & des pénombres on
explique comment les figures des corps opaques
se trouvent representées
par leur moyen en grand,
ou en petit.
Dans celuy de la Catoptrique ou de la lumiere ré
flechie, on explique les
differentes proprietez des
miroirs plats, des convexes & des concaves, d'où
vient qu'ils grosissent,ou
qu'ils diminuent, qu'ils redressent, ou qu'ils renversent les objets, qu'ils les
representent au juste, ou
qu'ils les defigurent,qu'ils
les approchent, ou les éloignent,& d'où vientenfin que lesunsbruslent, Ôc
que les autres n'échauffent pas seulement,ou mesme causent du froid.
Enfin dans le traité de
la Dioptrique ou de la lu-
-
miere rompuë, on fait connoistre toutes les proprietez des verres plats
,
des
convexes, ôc des concaves ;
d'où vient qu'ils font les
mesmes effets par refraction, que les miroirs précedens par réflection
;
de
quelle maniere on enfait
des microscopes
,
& des
telescopes pour grossir ou
approcher lesobjets;comment se forment les couleurs primitives;quelle est
la mechanique de l'œil, &
comment on peut perfectionner la vision: & aprés
avoir developpé les miracles que la lumiere produit sur la terre ;
il reste
de nous élever à confide-
rer ceux qui se passent dans
les Cieux,tels que font les
Arcs en-ciels,les Parélies,
& les Couronnes celestes,
dont je me flatte que l'explication ne donnera pas
moins de plaisir que ces
phenomenes ont pû causer
d'admiration.
préliminairesur la Lumiere
,
inféré dans le Mercure'
précèdent,
La lumiere entant qu'elle est contenue dans le
corps lumineux, n'est autre chose que l'avion mesme du corps lumineux,
par laquelle il pouffe à la
ronde autour de luy la lumiere matérielle qui l'environne. Or cette action
du corps lumineux vient
de ce que sa surface estant
composée ou couverte d'u.
ne matière tres fluide, &
tres agitée
,
son mouvement tend tousjours à la
faire écarter de son propre
centre; desorte que sans
la matiere plus grossiere
qui resserreexterieurement
le corps lumineux, ilest
certain qu'il se dissiperoît
incontinent, ou du moins
sa su perficie.C'est pourquoy il y a une espece de
combat perpetuel entre la
matiere du corps lumineux
qui tend à s'estendre
,
&
celle de l'ether qui l'environne
,
laquelle tend à le
resserrer.
resserrer. Dans ce combat
chacun est vaincu, & vain.
queurtouràtour,sansque
jamais la victoire cede entièrement àaucun des deux,
si ce n'est peut- estre quand
le corps lumineux s'estend
tout à fait, ce qu'on peut
plustost attribuer au défaut d'alimens qu'à la prêt
sion de l'ether environnant. Cet effort du corps
lumineux pour s'estendre,
peut se comparer, si l'on
veut, à celuy dîme éponge que l'on presseroit, 6c
qu'on lafcheroit successi-
vemenr entre ses doigts, &
l'action par laquelle l'effort
que le corps lumineux fait
pour s'estendre, poulie la
lumiere autour de luy
,
a
beaucoup de rapportàcelle
par laquelle on dit que les
Porcs
-
épies lancent à la
ronde contre ceux qui les
poursuivent & qui les pres
,[enr,les poils, ou plustost
les dards donc leur peau est
toute herissée, quoy qu'on
ait tout droit de douter de
cet effet.
Il n'est pas difficileapre's
celad'imaginer comment
la lumierequi environne
le corps lumineux estant
pouffée, pouffe celie qui
e
st
plus esloignée qu'<)!e/&:
celle cy ce lle qui est encore plus loin, jusquaceque
cet effort à force de s'entendre, soit tour
-
à fait aneanti
; & comment il se
forme par ce moyen au
tour du corps lumineux des
spheres concentriques de
lumiere qui se poussentmutuel lement & continue ilement les unes les autres
,
comme on voitqu'ilarrive aux cercles qui sefor-
ment dans l'eau quand on
y
jetre quelque pierre. De
plus il est encore aisé de
concevoir par ce moyen
comment en quelque endroit qu'on mette l'oeil autour d'un corps lumineux,,
il parvient tousjours de la
lumiere jusques à nous. Enfin si l'on considere que
l'œil est composé de parties transparentes, telles
que sont la cornée, l'humeur aqueuse, le cristallin
,
l'humeur vitrée & la
retine, on verrasans peine
quci la lumière estant un
corps tres-subtil & tresfluide, pénétré avec facilité toutes ces humeurs*
pour venir faire son impression sur lesesprits ani-
-
maux qui font contenus
dans les membranes qui
tapissent le fond de l'oeil,
& c'est de cette manière
que la lumière découle du
corps lumineux, pour venir dans nos yeux..
-
Ce n'est pas que je prétende pour cela, qu'il faille
qu'à chaque fois que nous
voyons un corpslumineux,
la lumière qui l'environne
immédiatement parvienne
jusques à nos yeux; car si
cela estoitil faudroit peucestre
,
non pas un temps
de deux heures environ
,
-
pour qu'elle pust faire sentir son impression depuis
Saturne >ulcjues - ,
a nous
comme on la dir cy-devant ;
mais un temps de
plusieursjours, ou mesme
de plusieurs mois.
Pour imaginer donc comme cette impression peut
parvenir à nos yeux de si
loin dans un temps si court,
il faut considerer que tout
l'Univers estant rempli de
matière et herée
,
ce qui
reste de vuide enrre les parties de la lumiere
,
peut
estre réputé pour rien; &
c'est pour cela que les partics de lumiere qui sont
proche de nos yeux font
presque meuês en mefmc
temps quecelles qui environnent le corps lumineux.
Quant à lamaniere dont
la lumiere se fait sentir,
elle est peu différente de
celle en laquelle les objets
des autres sens s'apperçoi-
vent; desorte que pour bien
expliquer raébon de la lumiere au dedans du cerveau, on peut asseurer.
qu'elle n'est autre chose
qu'une motion ou un ébranlement qu'elle cause
dans les esprits
,
sur les
quels elle fait impression
en arrivant au fond de l'oeil;
car ces esprits, comme
ceux detous les autres sens,
n'arrivant au fond de l'œil,
que par de petits canaux
appeliez nerfs, qui respon-,
dentautond du cerveau,
il est aisé de concevoir
comme
comme les motions que la
lumiere cause dans ces esprits parviennent jusques
à la partie la plus reculée
de sa substance, &c'en est
assez pour que le corps lumineux puisse dit estre veu.
Comme c'est assez pour
qu'un corps sonore soit
entendu, ou un corps odoriférant senti,ou un corps
savoureux gousté,ou enfin
un corps doux ou rude
mou ou dur, apperceu par
le toucher, que l'ébranlement que ses parties, ou
ses sucs ou sa surface eau-
sent dans les esprits animaux qui abondent dans
les organes de l'ouie
,
de
l'odorat ;
du goust & du
toucher, arrive jusques au
fond du cerveau.
De la mesme maniere
dont un corps lumineux est
apperceu; on peut dire aussi
qu on voit tous les autres
corps: car la lumiere que
le corps lumineux chasse à
la ronde
,
arrivant sur des
objets qu'elle ne peut penetrer
,
cft obligée de se
réfléchir
,
comme l'experience des miroirs le fait
voir; & cette refléxion ne
changeant rien dans la nature dela lumiere,non plus
que le mouvement d'une
baie de jeu de paume ne
change pas de nature pour
réflechir sur le pavé ou sur
la raquette, il est évident
que nos yeux sont toucher
recette lumiere réflechie.
comme ils le seroient,sielle
parvenoit à eux immédiatement du corps lumineux;
c'estpourquoy elle forme
encore les mesmes modifications dans le cerveau.
Et. par la mesmeraison
que nous voyons les corps
lumineux par leur lumiere
immediate
,
on peut dire
que nous voyons les objets éclairez par les corps
lumineux
,
au moyen de
leur lumiere réflechie. Car
alors les corps qui réflechissent la lumiere peuvent
eux-mesmes estre regardez comme des corps lumineux.
Enfin le sentiment des
cou leurs ne differant de
celuy de la lumiere, qu'en
ce-qu'il est accompagné
de quelque circonstance
accidentelle
,
qui modifie
la sensation, il est confiant
qu'on doit l'expliquer aussi
de la mesme maniere que
celuy de la lumiere immediate, ou directe & de la ré- flechie. Ainsi ilfera vray
de dire, par exemple, qu'-
un corps paroist coloré,
parce qu'ily a un corps lumineux qui pouffe de la
lumiere sur luy, & que ce
corps réflechissant cette lumiere
,
luy laisse une certaine impression qu'elle
navoit pas auparavant,
comme il arrive aux vents,
qui passant par de certaines regions froides ou
chaudes, retiennent quelque chose de leur temperature.
On peut adjouster à cette explication celle de la
formation des ombres des
corps; & on dira qu'un
corps opaque devant empescher la lumiere du corps
lumineux de tomber immediatement sur les corps qui
font derriere luy
;
il ne faut
pas s'estonner si ces corps
ne se font point sentir du
tout; ou du moins que très*
peu; sçavoir à proportion
de la lumiere qu'ils peuvent recevoir par laréflexion des autres corps qui
les environnent; laquelle
lumiere appellée réflet, ne
venant dans nos yeux tout
au plus qu'après deux réflexions, n'y doit causer
que des motions bien plus
foibles.
Outre la.lumiere & l'ombre
,
il y a encore quelque
chose de moyen entre l'un
& l'autre qu'on appelle Pénombre, dont on parlera
dans la fuite.
Enfin il n'arrive pas seulement dela lumiere d'un
corps lumineux dans nos
yeux, par les réflections
qu'elle souffre sur les corps
durs,qu'elle ne peut penetrer; mais il y en vient
aussi aprèsqu'elle a
passé
au travers d'autres
,
qu'on
appelle transparents, tel
que sont les verres
,
les
cristaux
,
les pierres précieuses, les bois,les gomroes) les sels
,
& les liqueurs, dans lesquels ourre
qu'elle ceflfe de continuer
son chemin en ligne droi-
te
,
comme on le dira en
son lieu, elle contracte aussi decertaines qualitez qui
forment des couleurs.
De sorte
que pour traiter
le sujet de la lumiere dans
toute son estenduë
,
il ne
resteroit,aprèsavoirparlé
de l'origine de la lumiere
directe, de sa nature & de
son progrez, de continuer
dans les discours suivants
à parler des ombres & des
pénombres, qui sont des
effets de la lumiere directe, d'entreprendre ensuite
d'expliquer la lumiere ré-
flechie,& de finir par la
lumiere rompuë & par les
couleurs.
Dans le traité des ombres & des pénombres on
explique comment les figures des corps opaques
se trouvent representées
par leur moyen en grand,
ou en petit.
Dans celuy de la Catoptrique ou de la lumiere ré
flechie, on explique les
differentes proprietez des
miroirs plats, des convexes & des concaves, d'où
vient qu'ils grosissent,ou
qu'ils diminuent, qu'ils redressent, ou qu'ils renversent les objets, qu'ils les
representent au juste, ou
qu'ils les defigurent,qu'ils
les approchent, ou les éloignent,& d'où vientenfin que lesunsbruslent, Ôc
que les autres n'échauffent pas seulement,ou mesme causent du froid.
Enfin dans le traité de
la Dioptrique ou de la lu-
-
miere rompuë, on fait connoistre toutes les proprietez des verres plats
,
des
convexes, ôc des concaves ;
d'où vient qu'ils font les
mesmes effets par refraction, que les miroirs précedens par réflection
;
de
quelle maniere on enfait
des microscopes
,
& des
telescopes pour grossir ou
approcher lesobjets;comment se forment les couleurs primitives;quelle est
la mechanique de l'œil, &
comment on peut perfectionner la vision: & aprés
avoir developpé les miracles que la lumiere produit sur la terre ;
il reste
de nous élever à confide-
rer ceux qui se passent dans
les Cieux,tels que font les
Arcs en-ciels,les Parélies,
& les Couronnes celestes,
dont je me flatte que l'explication ne donnera pas
moins de plaisir que ces
phenomenes ont pû causer
d'admiration.
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Résumé : SUITE DU DISCOURS préliminaire sur la Lumiere, inseré das le Mercure précedent.
Le texte explore la nature et la propagation de la lumière. La lumière, issue d'un corps lumineux, est décrite comme une action par laquelle ce corps émet de la lumière matérielle autour de lui. Cette émission résulte du mouvement d'une matière fluide et agitée à la surface du corps lumineux, qui tend à s'étendre. Un combat perpétuel oppose cette matière à l'éther environnant, chacun alternant entre victoire et défaite. La lumière se propage en poussant les couches de lumière environnantes, formant des sphères concentriques similaires aux cercles dans l'eau après un impact. La lumière pénètre facilement les parties transparentes de l'œil pour impressionner les esprits animaux au fond de l'œil, permettant ainsi la vision. Le texte distingue entre la lumière directe et la lumière réfléchie, expliquant que les objets sont vus grâce à la lumière réfléchie par leur surface. Les couleurs et les ombres sont également mentionnées comme des effets de la lumière. Le texte annonce une suite de discours sur les ombres, les pénombres, la lumière réfléchie et la lumière réfractée, ainsi que sur les propriétés des miroirs et des verres. Il mentionne également des phénomènes célestes comme les arcs-en-ciel et les parhélies, dont l'explication sera développée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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274
p. 192-195
ENIGME burlesque.
Début :
Tout ainsi qu'un Regent explique [...]
Mots clefs :
Selle
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME burlesque.
ENIGME
burlesque..
Tout ainsî qu'unRegent
explique
Quelemotdecannes'applique
uiubâtonfotuten du vieil.',
lard,
Comme à iponfe, du ca- nards
AïnsiCauteur de cette Erimtie
Quine,fiaitpoint derime
me en igme,
Faitparler sous un mot
plusieursindividus.
Si pareilsmots sont dl..
fendu?,
Et mêmeen Enigmecomique, Jeprens,pourm'excuser
licence énigmatique.
Jesuisfaitepour le reposé Jefatigue à la longueEcoliers & Héros ;
L'on me brode & ionme
rabotte; ,
Sansmoy le joli Savenir
Aurait moins de constance la motte,
-
Etrenoncerouan-métier.
Entredtuxammaux se
- fais de -longs voyages
J'babiteendepmw&t menagesy
Je brilledamnes carousels
J'aidis'vêitrnens telsqye
.cF
..1.,..
v
fteJs. vivante-guja >nsu
kmortc
JMefaitrepoferoutracer;
J'embrjfJe c?!mqui me
a.r>v
Et porte *Eî.p-ortebiencelui t:e/ui c^i
sçaitbienm*embraser*-
burlesque..
Tout ainsî qu'unRegent
explique
Quelemotdecannes'applique
uiubâtonfotuten du vieil.',
lard,
Comme à iponfe, du ca- nards
AïnsiCauteur de cette Erimtie
Quine,fiaitpoint derime
me en igme,
Faitparler sous un mot
plusieursindividus.
Si pareilsmots sont dl..
fendu?,
Et mêmeen Enigmecomique, Jeprens,pourm'excuser
licence énigmatique.
Jesuisfaitepour le reposé Jefatigue à la longueEcoliers & Héros ;
L'on me brode & ionme
rabotte; ,
Sansmoy le joli Savenir
Aurait moins de constance la motte,
-
Etrenoncerouan-métier.
Entredtuxammaux se
- fais de -longs voyages
J'babiteendepmw&t menagesy
Je brilledamnes carousels
J'aidis'vêitrnens telsqye
.cF
..1.,..
v
fteJs. vivante-guja >nsu
kmortc
JMefaitrepoferoutracer;
J'embrjfJe c?!mqui me
a.r>v
Et porte *Eî.p-ortebiencelui t:e/ui c^i
sçaitbienm*embraser*-
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275
p. 193-195
ENIGME.
Début :
Nous sommes deux jumeaux de pareille grandeur, [...]
Mots clefs :
Chenets
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Noussommes deuxjumeaux de pareille
grandeur,
Employez, à parer une
noire Maitresse
Nous sommes faits tous
deux pourla sèrvir
sans cesse,
Et pour elle Vulcain se
consomme d'ardeur,
On /raw*den'osfronts la
finsvivefptendeur,
Quandl'Epouxd'Orithie
ejieauJequ'on nous
greffe
Nos immobiles Corps marquent mjiYe paresse.,
Et plus ilfaitde chaud,
plusils ont defroideur.
Jîinji que le Soieil nous
portonsà toute heure
La couleur-du métnilque
l'avarice pleure,
QuandavecJèstréjors on
enleveJoncœur.
Nous tirons aprèsnous
une suite infimey
Etsi le Cieltoujoursexerçoitsarigueur
On nous verroit tous/oùrs
en banne compagnie.
Noussommes deuxjumeaux de pareille
grandeur,
Employez, à parer une
noire Maitresse
Nous sommes faits tous
deux pourla sèrvir
sans cesse,
Et pour elle Vulcain se
consomme d'ardeur,
On /raw*den'osfronts la
finsvivefptendeur,
Quandl'Epouxd'Orithie
ejieauJequ'on nous
greffe
Nos immobiles Corps marquent mjiYe paresse.,
Et plus ilfaitde chaud,
plusils ont defroideur.
Jîinji que le Soieil nous
portonsà toute heure
La couleur-du métnilque
l'avarice pleure,
QuandavecJèstréjors on
enleveJoncœur.
Nous tirons aprèsnous
une suite infimey
Etsi le Cieltoujoursexerçoitsarigueur
On nous verroit tous/oùrs
en banne compagnie.
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276
p. 75-96
Dissertation academique sur les Miroirs ardens.
Début :
L'Art perfectionne toûjours, & surmonte même souvent la nature. [...]
Mots clefs :
Miroirs ardents, Centre, Archimède, Rayons, Foyer, Feu, Lois de la réflexion, Défense, Miroirs concaves, Oeil
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texteReconnaissance textuelle : Dissertation academique sur les Miroirs ardens.
Dissertation académique sur
les Miroirsardens.
L'Art perfectionne toûjours, & surmonte même
souvent la nature. Le Miroir spherique concave,
que M. V** de Lyon mon-
tre publiquement aux curieuxy & celui que je vous
envoyé, le prouvent par
experience. La surface du
Miroir cte M. V*
*
a
trois
pieds & sept pouces de diametre. Il reçoit par consequent seize mille cinq cent
lignes quarrées des rayons
du Soleil, qu'il reünit, à
trois pieds & demi au- devant de soy dans l'espace
de dix ou douze lignes. Cet
espace de la concentration
des rayons est par analogie
appelle Foyer. C'est la veritable image du Soleil:
elle est si brillante, que les
yeux ne peuvent la fupporrer.
Le feu de la fâme du Soleil est si violent en ce foyer,.
qu'il embrase d'abord toutes les matieres combustibles, & en peu de momens
il fond le fer, l'or, l'argent,
& les autres metaux, &
vitrifiel'argile & la brique.
J'ai démontre en d'autres discours
,
que ce prodigieux effet n'est que la
terebration & violent poussement que les rayons de la
substance liquide, dont l'amas compote le Soleil, font
en passant serrez & condensez dans ce petit espace où
les loix de la reflexion les
reünissent Il en arrive de
même à l'eau
,
qui s'élance
avec violence d'autant plus
haut dans l'air, que sa
source est plus élevée & abondante, & que le diametre
du trou du jet fait sans ajustage, est plus petit.
Archimede, dont le seul
nom fait le panegyrique)
est l'inventeur des Miroirs,
ardens.
Cardan assure, sur le
rapport d'Anroine Gogava, qu'Archimede a
bien
démontré tout ce qui concerne cette forte de Miroirs. C'en: le même Gogava que le docte Rivaltus
dansla vie d'Archirmede dit
avoirété l'interprete de
son livre des Miroirs brûlans.
-
Personne n'ignore que
lors qu'Appius & Marcus
Marcellus assiegerent Syracuse, ville capitale de Sicile, ce grand Archimedc
foûrnit lui seul l'effort de la
-
plus puissante armée des
Romains. C'est Tire-Live
qui l'assure dans le quatriéme livre de la troisiéme Decade.Voici les termes, rendus en nôtre langue par M.
du Ryer. Et il ne fautpoint,
douter que,cette entreprise
ncût eu dusuccésy sans lesecours d'unseul homme pli étoit alors dans Syracuse.C'était le fameux Archimede,
personnage sçavant dans la.
connossance des cieux & des
djîres
: mais admirable surtout par l'invention des ma-,
chines de guerre f
avec lejl
quelles il détruisoitfacilement.
tout ce que les ennemis nepouvaient faire qu'avec beaucoup>
de peines & de grands tra
Vaux.Ce'venerable vieillard
combatant matllematique.
ment,auroitlui seul forcéles
Romains - à lever honteusement le siege si le traître
Mericus, Preret d'Acradine, n'eût pas livré une porte à Marcellus
,
qui avoic
ordonné à son armée de
sauver Archimede, comme
le fruit de la plus g
lorieuse
conquête des Romains.
Bien des gens veulent
qu'Archimede ait employé
les Miroirs, ardens pour la
défensedeSyracuse; ce qui
merite cette petite dissertation.
Diodore Sicilien dit qu'-
Archimede brûla les navires à la distance de troisstades, qui valent sept cent
trente-cinqpas :mais cet
auteur ne
fait
aucune mention du Miroir, bien que
dansle chapitre du premier
livre des Antiquitez il air
remarquéque lesEgyptiens
se servoient de la viz d'Archimede pour élever les.
eaux.
Polibe, qui dans son-huitiéme livre fait le détail des
artifices par lesquels Archimede ion contemporain
défendoit Syracuse, ne parle point des Miroirs.
Les Historiens plus jeunes que Diodore Sicilien,
n'en parlent non plus que lui, bien que Tite-Live
dans sa troisiéme Decade,
& Plutarque dans la vie de
Marcellus,ayent écritavec
foin l'histoire de ce qui se
passa au siege de Syracuse.
Galien dans les premiers pages de son troisiéme
livre, des Temperamens,
parle en cestermes :
On
ditquArchimede embrasa les
navires des ennemis par le
moyen de ses Miroirs brulans.
Dion Historien celebre,
& Tzezez Historien Grec*,
en disent autant. -
Zonaras,au troisiéme tome de ses Histoires dans
Anastase Dicoro
, parle
comme Galien. On dit que
Proclus, à l'imitation d'Llrchimede, fabriquadans Bysance, à present Conftantinople, des Miroirs brû-
tans, lesquels étant exposez
aux rayons du Soleil, lance--
rent des flâmes qui consumerent l'armée navale de Vita-" 1
lian.
Cardan ayant supposéce
que Galien n'avance que
par on dit, enseigna en l'anfit née 1559. dans le quatriéme
livre de la Subtilité,samaniere de construire des Miroirs concaves pour brûler
à mille pas loin. Ce fut avec
juste raison que le Docte
Napolitain Jean
-
Baptiste
Porta,auch.15.du dix-septiéme livre de saMagie na-
turelle, s'écria: Bon Dieu!
combien Cardan dit desotises
fit peu de mots! Il ajoute,
quil est impossible de faire des
Miroirs concaves qui brûlent
à trente pas loin.
Parlons maintenant des
effetsdesMiroirs concaves. Le premier est d'éclairer & de découvrir pendant les nuits les plus sombres les lieux & les objets
très- éloignez, en mettant
la flâme d'un flambeau au
foyer d'un Miroir; car puisque les rayons de chaque
point du disque du Soleil,
qui tombent physiquement
paralleles sur la surface du
Miroir concave, font roflechis convergens, 6c se
ramassenten un foyer; aussi
les rayons de la flâme du
flambeau mise dans le verger tombant divergens sur
la surface du Miroir, en
feront reflechis paralleles
en une colonne de lumiere
éclatante, donc une base est
en la superficie du Miroir,
& l'autre sur les objets éclairez. On les pourra ensuite reconnoître très-distinctement par une lunette
à quatre vers, donc nous
avons donné la construction en l'année 1665. &en
avoir la veritable vision
parfaite ou vue difiinéte)
avec un binocle de la bonne & facile construction
que Daniel Chorez inventa
& executa heureusement,
& qu'il presenta au Royen
l'annee 1625.
Lesecond effetest de
porter, pendant la nuit la
plus noire, telles figures ou
écritures qu'on voudra sur
une muraille éloignée de
plus de trois cent pas, aprés
les
les avoir écrites en ordre
renversé sur la surface du
Miroir, & allumant un
flambeau au point du foyer.
Le troisiéme effet est plus
surprenant
; car si avec de
l'encre ordinaire, qu'on appelle encre double & bien
gommée, vous tracez quelque image sur la surface du
Miroir, vous en jetterez
la representation à plus de
trois cent pas, loin, & lafaifant entrer dans une chambre obscure, la figureparoîtrad'une grandeur gigantesquesur la muraille,
& comme revêtuë de gloire, étant paréedemille,
couleurs que produit la differente refraction & modification de la lumiere.
Le quatriémeeffet est
plus ordinaire, quoique
trés-surprenant. Un objet
mis entre la surface & le
centre du Miroir
,
paroît
hors du Miroir comme un
fantôme suspendu en l'air,
à
ceux qui en sontéloignez
de quinze ou vingt pieds.
Ainsi une courte épée sanble sortir plusgrandedu
Miroir pour venir percer
* ..)[-::-:. t
le regardant, qui peut être
entelle distance qu'il croira que la pointe lui donne
dans l'œil. Si le Miroir de
M. V** étoitattaché au
plancher d'une salle, en
forte que sa surface regardât à plomb le pavé, &
qu'un homme fût directement au-dessous du Miroir, on le verroit en l'air
& comme pendu par les.
pieds. Que si on met quelque petite statuë renversée
au-devant du Miroir, l'image en paroîtra redressee
en l'air.
Enfin je ramasse en un
article tous les autres ef.:
fets furprenans des Miroirs
concaves. z>
L'objet mis entre la surface du Miroir concave Se
son centre, & l'œil étant
situé au-deçà du centre ;
il
en verra toujours l'image
droite plus petite & plus
enfoncée dans le Miroir,
que l'objet n'en est éloigné
par devant, & cela plus ou
moins, suivant lesdifférentes positionsou places de
l'oeit; ce quin'arrive pasaux
Miroirs plans, qui.repre-
sentent toujours les objets
aussi grands & autant enfoncez dans le Miroir,
qu'ils, font éloignez de si
surface.
Si vous mettez la tête,
entre le centre duMiroir.
& sa surface., vous verrez
vôtrevisage plus grand, &.
dans la situation ordinaire.
Eloignez-vous, peu à peu
du devant de la surface
du Miroir concave,limage de votre face s'agrandit jnfcjuà devenir d'unetaille gigantesque
,
& cela
est trés
-
commode pour
reconnoître & remedier
aux défauts du visage;
comme canes, rougeurs poils,&c.En vous éloignant peu a peu, l'image
de vôtre visage paroîtra
toujours droite, & s'agrandira en s'avançant sur
la surface du Miroir
,
jusques à ce que l'œil étant
arrive au centre du Miroir, il ne voit que son image
,
qui est aussi grande
que tout le Miroir. Enfin
vôtreœil s'étant un peuplus éloigné du Miroir, il
verra vôtre visage encore
fort grand, mais renversé & hors du Miroir; & à
mesure que vous vous err
éloignerez davantage, la
grandeur de l'image diminuëra jusqu'à devenir
égale à vôtre visage, &
enfin elle paroîtra d'autant plus petite, que vous
vous éloignerez davantage
du Miroir.
Le Miroir étant couché
horizontalement, sa concavité en haut, un objet
ou statuë suspenduë à plomb
sur sa concavité, entre sa
surface & son centre, vous
paroîtra droite ou renversée, suivant que vous serez plus ou moins éloigné
du Miroir.
les Miroirsardens.
L'Art perfectionne toûjours, & surmonte même
souvent la nature. Le Miroir spherique concave,
que M. V** de Lyon mon-
tre publiquement aux curieuxy & celui que je vous
envoyé, le prouvent par
experience. La surface du
Miroir cte M. V*
*
a
trois
pieds & sept pouces de diametre. Il reçoit par consequent seize mille cinq cent
lignes quarrées des rayons
du Soleil, qu'il reünit, à
trois pieds & demi au- devant de soy dans l'espace
de dix ou douze lignes. Cet
espace de la concentration
des rayons est par analogie
appelle Foyer. C'est la veritable image du Soleil:
elle est si brillante, que les
yeux ne peuvent la fupporrer.
Le feu de la fâme du Soleil est si violent en ce foyer,.
qu'il embrase d'abord toutes les matieres combustibles, & en peu de momens
il fond le fer, l'or, l'argent,
& les autres metaux, &
vitrifiel'argile & la brique.
J'ai démontre en d'autres discours
,
que ce prodigieux effet n'est que la
terebration & violent poussement que les rayons de la
substance liquide, dont l'amas compote le Soleil, font
en passant serrez & condensez dans ce petit espace où
les loix de la reflexion les
reünissent Il en arrive de
même à l'eau
,
qui s'élance
avec violence d'autant plus
haut dans l'air, que sa
source est plus élevée & abondante, & que le diametre
du trou du jet fait sans ajustage, est plus petit.
Archimede, dont le seul
nom fait le panegyrique)
est l'inventeur des Miroirs,
ardens.
Cardan assure, sur le
rapport d'Anroine Gogava, qu'Archimede a
bien
démontré tout ce qui concerne cette forte de Miroirs. C'en: le même Gogava que le docte Rivaltus
dansla vie d'Archirmede dit
avoirété l'interprete de
son livre des Miroirs brûlans.
-
Personne n'ignore que
lors qu'Appius & Marcus
Marcellus assiegerent Syracuse, ville capitale de Sicile, ce grand Archimedc
foûrnit lui seul l'effort de la
-
plus puissante armée des
Romains. C'est Tire-Live
qui l'assure dans le quatriéme livre de la troisiéme Decade.Voici les termes, rendus en nôtre langue par M.
du Ryer. Et il ne fautpoint,
douter que,cette entreprise
ncût eu dusuccésy sans lesecours d'unseul homme pli étoit alors dans Syracuse.C'était le fameux Archimede,
personnage sçavant dans la.
connossance des cieux & des
djîres
: mais admirable surtout par l'invention des ma-,
chines de guerre f
avec lejl
quelles il détruisoitfacilement.
tout ce que les ennemis nepouvaient faire qu'avec beaucoup>
de peines & de grands tra
Vaux.Ce'venerable vieillard
combatant matllematique.
ment,auroitlui seul forcéles
Romains - à lever honteusement le siege si le traître
Mericus, Preret d'Acradine, n'eût pas livré une porte à Marcellus
,
qui avoic
ordonné à son armée de
sauver Archimede, comme
le fruit de la plus g
lorieuse
conquête des Romains.
Bien des gens veulent
qu'Archimede ait employé
les Miroirs, ardens pour la
défensedeSyracuse; ce qui
merite cette petite dissertation.
Diodore Sicilien dit qu'-
Archimede brûla les navires à la distance de troisstades, qui valent sept cent
trente-cinqpas :mais cet
auteur ne
fait
aucune mention du Miroir, bien que
dansle chapitre du premier
livre des Antiquitez il air
remarquéque lesEgyptiens
se servoient de la viz d'Archimede pour élever les.
eaux.
Polibe, qui dans son-huitiéme livre fait le détail des
artifices par lesquels Archimede ion contemporain
défendoit Syracuse, ne parle point des Miroirs.
Les Historiens plus jeunes que Diodore Sicilien,
n'en parlent non plus que lui, bien que Tite-Live
dans sa troisiéme Decade,
& Plutarque dans la vie de
Marcellus,ayent écritavec
foin l'histoire de ce qui se
passa au siege de Syracuse.
Galien dans les premiers pages de son troisiéme
livre, des Temperamens,
parle en cestermes :
On
ditquArchimede embrasa les
navires des ennemis par le
moyen de ses Miroirs brulans.
Dion Historien celebre,
& Tzezez Historien Grec*,
en disent autant. -
Zonaras,au troisiéme tome de ses Histoires dans
Anastase Dicoro
, parle
comme Galien. On dit que
Proclus, à l'imitation d'Llrchimede, fabriquadans Bysance, à present Conftantinople, des Miroirs brû-
tans, lesquels étant exposez
aux rayons du Soleil, lance--
rent des flâmes qui consumerent l'armée navale de Vita-" 1
lian.
Cardan ayant supposéce
que Galien n'avance que
par on dit, enseigna en l'anfit née 1559. dans le quatriéme
livre de la Subtilité,samaniere de construire des Miroirs concaves pour brûler
à mille pas loin. Ce fut avec
juste raison que le Docte
Napolitain Jean
-
Baptiste
Porta,auch.15.du dix-septiéme livre de saMagie na-
turelle, s'écria: Bon Dieu!
combien Cardan dit desotises
fit peu de mots! Il ajoute,
quil est impossible de faire des
Miroirs concaves qui brûlent
à trente pas loin.
Parlons maintenant des
effetsdesMiroirs concaves. Le premier est d'éclairer & de découvrir pendant les nuits les plus sombres les lieux & les objets
très- éloignez, en mettant
la flâme d'un flambeau au
foyer d'un Miroir; car puisque les rayons de chaque
point du disque du Soleil,
qui tombent physiquement
paralleles sur la surface du
Miroir concave, font roflechis convergens, 6c se
ramassenten un foyer; aussi
les rayons de la flâme du
flambeau mise dans le verger tombant divergens sur
la surface du Miroir, en
feront reflechis paralleles
en une colonne de lumiere
éclatante, donc une base est
en la superficie du Miroir,
& l'autre sur les objets éclairez. On les pourra ensuite reconnoître très-distinctement par une lunette
à quatre vers, donc nous
avons donné la construction en l'année 1665. &en
avoir la veritable vision
parfaite ou vue difiinéte)
avec un binocle de la bonne & facile construction
que Daniel Chorez inventa
& executa heureusement,
& qu'il presenta au Royen
l'annee 1625.
Lesecond effetest de
porter, pendant la nuit la
plus noire, telles figures ou
écritures qu'on voudra sur
une muraille éloignée de
plus de trois cent pas, aprés
les
les avoir écrites en ordre
renversé sur la surface du
Miroir, & allumant un
flambeau au point du foyer.
Le troisiéme effet est plus
surprenant
; car si avec de
l'encre ordinaire, qu'on appelle encre double & bien
gommée, vous tracez quelque image sur la surface du
Miroir, vous en jetterez
la representation à plus de
trois cent pas, loin, & lafaifant entrer dans une chambre obscure, la figureparoîtrad'une grandeur gigantesquesur la muraille,
& comme revêtuë de gloire, étant paréedemille,
couleurs que produit la differente refraction & modification de la lumiere.
Le quatriémeeffet est
plus ordinaire, quoique
trés-surprenant. Un objet
mis entre la surface & le
centre du Miroir
,
paroît
hors du Miroir comme un
fantôme suspendu en l'air,
à
ceux qui en sontéloignez
de quinze ou vingt pieds.
Ainsi une courte épée sanble sortir plusgrandedu
Miroir pour venir percer
* ..)[-::-:. t
le regardant, qui peut être
entelle distance qu'il croira que la pointe lui donne
dans l'œil. Si le Miroir de
M. V** étoitattaché au
plancher d'une salle, en
forte que sa surface regardât à plomb le pavé, &
qu'un homme fût directement au-dessous du Miroir, on le verroit en l'air
& comme pendu par les.
pieds. Que si on met quelque petite statuë renversée
au-devant du Miroir, l'image en paroîtra redressee
en l'air.
Enfin je ramasse en un
article tous les autres ef.:
fets furprenans des Miroirs
concaves. z>
L'objet mis entre la surface du Miroir concave Se
son centre, & l'œil étant
situé au-deçà du centre ;
il
en verra toujours l'image
droite plus petite & plus
enfoncée dans le Miroir,
que l'objet n'en est éloigné
par devant, & cela plus ou
moins, suivant lesdifférentes positionsou places de
l'oeit; ce quin'arrive pasaux
Miroirs plans, qui.repre-
sentent toujours les objets
aussi grands & autant enfoncez dans le Miroir,
qu'ils, font éloignez de si
surface.
Si vous mettez la tête,
entre le centre duMiroir.
& sa surface., vous verrez
vôtrevisage plus grand, &.
dans la situation ordinaire.
Eloignez-vous, peu à peu
du devant de la surface
du Miroir concave,limage de votre face s'agrandit jnfcjuà devenir d'unetaille gigantesque
,
& cela
est trés
-
commode pour
reconnoître & remedier
aux défauts du visage;
comme canes, rougeurs poils,&c.En vous éloignant peu a peu, l'image
de vôtre visage paroîtra
toujours droite, & s'agrandira en s'avançant sur
la surface du Miroir
,
jusques à ce que l'œil étant
arrive au centre du Miroir, il ne voit que son image
,
qui est aussi grande
que tout le Miroir. Enfin
vôtreœil s'étant un peuplus éloigné du Miroir, il
verra vôtre visage encore
fort grand, mais renversé & hors du Miroir; & à
mesure que vous vous err
éloignerez davantage, la
grandeur de l'image diminuëra jusqu'à devenir
égale à vôtre visage, &
enfin elle paroîtra d'autant plus petite, que vous
vous éloignerez davantage
du Miroir.
Le Miroir étant couché
horizontalement, sa concavité en haut, un objet
ou statuë suspenduë à plomb
sur sa concavité, entre sa
surface & son centre, vous
paroîtra droite ou renversée, suivant que vous serez plus ou moins éloigné
du Miroir.
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Résumé : Dissertation academique sur les Miroirs ardens.
La dissertation académique examine les miroirs ardents, des dispositifs capables de concentrer les rayons du soleil pour générer une chaleur intense. Un miroir sphérique concave, mesurant trois pieds et sept pouces de diamètre, concentre les rayons solaires dans un point focal appelé foyer, créant une image lumineuse du soleil. Cette concentration de chaleur permet d'enflammer des matériaux combustibles et de fondre des métaux tels que le fer, l'or et l'argent. Le phénomène est expliqué par la réflexion et la concentration des rayons solaires dans un espace restreint. L'auteur compare ce processus à l'élévation de l'eau par un jet, où la hauteur et la violence du jet dépendent de la source et du diamètre du trou. Archimède est souvent crédité comme l'inventeur des miroirs ardents. Selon Cardan et d'autres sources, Archimède aurait utilisé ces miroirs pour défendre Syracuse contre les Romains lors du siège de la ville. Cependant, des historiens comme Polybius et Tite-Live ne mentionnent pas l'utilisation de miroirs ardents dans leurs récits du siège. La dissertation explore également divers effets des miroirs concaves, tels que l'éclairage de lieux éloignés pendant la nuit, la projection de figures ou d'écritures sur des murs distants, et la création d'images gigantesques ou renversées. Ces effets sont démontrés par des expériences et des observations précises.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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277
p. 228-230
ENIGME.
Début :
Je suis tantost Guillaume, & tantôt Magdelaine [...]
Mots clefs :
Cloche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
J Esuis tantost Guillaume
y
& tantostMadagdelaine
Etje ne fuis pourtant ny
fille ny garçon,
Aux Dames quelquefois
je donne la migraine
Quelquefois auxvieillards
,
je cause lefrisson
Je parle œJfeZj souvent
pour qui ne ri/entendpas.
Et plus souvent à qui ne
voudrait pas m'entendre.
Je ne marche que Jur mes
bras,
CJest par le col qu'il me
fautprendre -
Quand on me veutfaire
chanter,
En parlant aux gourmands, jescais les contenter.
Qucy que j'en desespere
aucuns quisonta table,
Etj'ay le talent admirable
De donner quelquefois des
conseils tres prudents,
Sans avoirraison ny bon
sens.
J Esuis tantost Guillaume
y
& tantostMadagdelaine
Etje ne fuis pourtant ny
fille ny garçon,
Aux Dames quelquefois
je donne la migraine
Quelquefois auxvieillards
,
je cause lefrisson
Je parle œJfeZj souvent
pour qui ne ri/entendpas.
Et plus souvent à qui ne
voudrait pas m'entendre.
Je ne marche que Jur mes
bras,
CJest par le col qu'il me
fautprendre -
Quand on me veutfaire
chanter,
En parlant aux gourmands, jescais les contenter.
Qucy que j'en desespere
aucuns quisonta table,
Etj'ay le talent admirable
De donner quelquefois des
conseils tres prudents,
Sans avoirraison ny bon
sens.
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278
p. 107-110
Parodie de Enigme, dont le mot est la Cloche.
Début :
Je suis tantôt Guillaume, & tantôt Madelaine, [...]
Mots clefs :
Cloche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie de Enigme, dont le mot est la Cloche.
Parodie de Enigme , dont
le mot eft la Cloche.
JE fuis tantôt Guillaume
, & tantôt Madelaine
,
Dit la Cloche , qui n'eſt
ni fille ni garçon
;
Car en les baptifant on
leur donne unfurnom.
Aux Dames quelquefois
je caufe la migraine ,
Sonnant un aigre caril
lon
is
F08 MERCURE
Quelquefois aux vieillards
je donne le
friffon ,
Enfonnant pourles morts,
qui ne peuvent m'entendre.
Je ne marche que fur
mes bras :
Braspourpivots fondeurs
ont coûtumede prendre.
Corde me pend au col
pour me faire chanter.
Cloche quifonne
GALANT . 109
L'heure gloutonne
Maintes gourmans fçait
contenter.
Je defefpere aucuns qui
font à table , a
En les forçant de la quit
ter ;
Et j'ai le talent admirable
De donner quelquefois
des confeils trésprudens
,
Sans avoir raiſon ni bon
fens ,
Puifque
la cloche
10 MERCURE
Aux coeurs de roche
Confeille fouvent de prier,
Et le travail à l'ouvrier.
le mot eft la Cloche.
JE fuis tantôt Guillaume
, & tantôt Madelaine
,
Dit la Cloche , qui n'eſt
ni fille ni garçon
;
Car en les baptifant on
leur donne unfurnom.
Aux Dames quelquefois
je caufe la migraine ,
Sonnant un aigre caril
lon
is
F08 MERCURE
Quelquefois aux vieillards
je donne le
friffon ,
Enfonnant pourles morts,
qui ne peuvent m'entendre.
Je ne marche que fur
mes bras :
Braspourpivots fondeurs
ont coûtumede prendre.
Corde me pend au col
pour me faire chanter.
Cloche quifonne
GALANT . 109
L'heure gloutonne
Maintes gourmans fçait
contenter.
Je defefpere aucuns qui
font à table , a
En les forçant de la quit
ter ;
Et j'ai le talent admirable
De donner quelquefois
des confeils trésprudens
,
Sans avoir raiſon ni bon
fens ,
Puifque
la cloche
10 MERCURE
Aux coeurs de roche
Confeille fouvent de prier,
Et le travail à l'ouvrier.
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Résumé : Parodie de Enigme, dont le mot est la Cloche.
Le texte décrit une cloche, qui peut être nommée Guillaume ou Madelaine, et n'est ni fille ni garçon. Elle cause des migraines et des frissons, sonne pour les morts, et se déplace sur ses bras. Une corde à son cou la fait sonner. Elle est qualifiée de gloutonne et donne des conseils prudents, souvent sans bon sens. Elle incite à la prière et au travail.
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279
p. 163-167
ENIGME.
Début :
De deux differentes matieres [...]
Mots clefs :
Râpe à tabac
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
DE deux différentes
matkres•
Mon corps est souvent
composé,
De. cruelles dents heriss黕
L'un briseroit jusqu'aux pierres,
L'autresuivant f5 le
goust& le choix
Jtfaiji dans la terre ou
dans les bois:
Jesuis tout r*empli d'yeux pourtant jen'en vois
goutte,
Mais pour suivre ma
: route
J'en aypeude besoin,
lisfontfaitspour un autre
foin:
Jay pour conduire mon
ménage
Un second, un associé
Pour les sens d'un utile
usage,
Avec qui jefais de mot*-
tic
De mes travaux i£ de
mespeines,
Mais helas lorsque je
myen fers
Il est environné de cloaifi
nés>
Deses liens f5 défissess
Il ne se devait qu'a mesure
\Que l'on voit par mes
soinsdépérirsa figure:
oS)il ne peut rienfans moy
jenepuis tiensans luy
[J\donpnvilegeejigroend9y
(5de plus d'un mary Je coupe & je finis. la
,
trame
Quand luy ria pas plus
d'unefemme.
Je nesuis pas veuve long
temps,
Etquoyque tres-peu bienfaifante,
Quemespremiers époux
demoysoientpeucontens,
Unautre bientostlJepresente
foursi briser contre mes
dents; -
Mes autresfoeursfontoccupees
A desemploisplusfriants
(ff plus doux,
Cesontdepetitessucrées
Quisontfaites pour da*
-: très gousts y
Aioy contente de mes é-":.
'-' poux -: Sans
-
les trop envier jé
vois leurs défîmes,
DE deux différentes
matkres•
Mon corps est souvent
composé,
De. cruelles dents heriss黕
L'un briseroit jusqu'aux pierres,
L'autresuivant f5 le
goust& le choix
Jtfaiji dans la terre ou
dans les bois:
Jesuis tout r*empli d'yeux pourtant jen'en vois
goutte,
Mais pour suivre ma
: route
J'en aypeude besoin,
lisfontfaitspour un autre
foin:
Jay pour conduire mon
ménage
Un second, un associé
Pour les sens d'un utile
usage,
Avec qui jefais de mot*-
tic
De mes travaux i£ de
mespeines,
Mais helas lorsque je
myen fers
Il est environné de cloaifi
nés>
Deses liens f5 défissess
Il ne se devait qu'a mesure
\Que l'on voit par mes
soinsdépérirsa figure:
oS)il ne peut rienfans moy
jenepuis tiensans luy
[J\donpnvilegeejigroend9y
(5de plus d'un mary Je coupe & je finis. la
,
trame
Quand luy ria pas plus
d'unefemme.
Je nesuis pas veuve long
temps,
Etquoyque tres-peu bienfaifante,
Quemespremiers époux
demoysoientpeucontens,
Unautre bientostlJepresente
foursi briser contre mes
dents; -
Mes autresfoeursfontoccupees
A desemploisplusfriants
(ff plus doux,
Cesontdepetitessucrées
Quisontfaites pour da*
-: très gousts y
Aioy contente de mes é-":.
'-' poux -: Sans
-
les trop envier jé
vois leurs défîmes,
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280
p. 92-95
ENIGME.
Début :
Quand de substance humaine on m'a formé le corps, [...]
Mots clefs :
Chandelle
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENI G M E.
Quand de fitbjtance
humaine on m'a forméle
corps,
On dit que les sorciers
avec moy sont bien
forts.
Le
Lougarotu
fait m'a
presence:
Le Filourdy fait mon essence:
Car sansluy mon corps
abatH
-
N'auroit pas la haute
vertu,
Quifait qu'avec refpeét
par fois on me contemple.
sefuisfimelle au Bal, (7 jefuismâleauTemple.
Véconome m'enferme un
temps danssa maifort,
Et me donne la vie en motant de prison.
Tant que je suis on me
mutile,
Excepté quandjesers lit,
Ville.
Lateste chaude& lepied
froid,
Jesuis chausséfort à Tetroit
Et lors qu'on me p-romène
avec mes camarades
, Le timide Bourgeois a de
tristesaubades
Mais il ritbienaussi
9 dans l'endroitoù nous pent.
Celuy qrù nousmonte, &
descend
Là nous mouronsfouvent
de ce derniersuplice ,
Pouravoir aupublicrendu
trop deservice.
Quand de fitbjtance
humaine on m'a forméle
corps,
On dit que les sorciers
avec moy sont bien
forts.
Le
Lougarotu
fait m'a
presence:
Le Filourdy fait mon essence:
Car sansluy mon corps
abatH
-
N'auroit pas la haute
vertu,
Quifait qu'avec refpeét
par fois on me contemple.
sefuisfimelle au Bal, (7 jefuismâleauTemple.
Véconome m'enferme un
temps danssa maifort,
Et me donne la vie en motant de prison.
Tant que je suis on me
mutile,
Excepté quandjesers lit,
Ville.
Lateste chaude& lepied
froid,
Jesuis chausséfort à Tetroit
Et lors qu'on me p-romène
avec mes camarades
, Le timide Bourgeois a de
tristesaubades
Mais il ritbienaussi
9 dans l'endroitoù nous pent.
Celuy qrù nousmonte, &
descend
Là nous mouronsfouvent
de ce derniersuplice ,
Pouravoir aupublicrendu
trop deservice.
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283
p. 131-133
ENIGME nouvelle.
Début :
Comme on coupe un gâteau des Rois, [...]
Mots clefs :
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME nouvelle.
ENIGME
nouvelle.
Comme on coupe un gâteau
des Rois
Jecoupe lecruelquiy met
l'homme aux abois;
Je mange à belles dents
celui
Quime mange avecmon
1 * étui.
Faisant envie à tous,
eS n'ayant nulle
envie,
Je vais tambourinant
mavie;
Car vie l'on peut appeller,
Dit moins parfaçon de
parler
> Le train dont jevais
par le monde,
En suivant la brune eS
la blonde,
Suivantaussi brun ê5
blondin
./1/ , ~/V Et mainte desoeuvré badin,
Quitrés-souventn'aime
que ma parure
Et qui sarnufe à m3'ôter
ma coifure
A la remettre, à me
lorgner,
Sans les coups qu'avec
lui je risque de gagner.
nouvelle.
Comme on coupe un gâteau
des Rois
Jecoupe lecruelquiy met
l'homme aux abois;
Je mange à belles dents
celui
Quime mange avecmon
1 * étui.
Faisant envie à tous,
eS n'ayant nulle
envie,
Je vais tambourinant
mavie;
Car vie l'on peut appeller,
Dit moins parfaçon de
parler
> Le train dont jevais
par le monde,
En suivant la brune eS
la blonde,
Suivantaussi brun ê5
blondin
./1/ , ~/V Et mainte desoeuvré badin,
Quitrés-souventn'aime
que ma parure
Et qui sarnufe à m3'ôter
ma coifure
A la remettre, à me
lorgner,
Sans les coups qu'avec
lui je risque de gagner.
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284
p. 133-136
II. ENIGME.
Début :
D'un pere sedentaire étant fille ambulante, [...]
Mots clefs :
Montre
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texteReconnaissance textuelle : II. ENIGME.
II. ENIGME.
D'un pere sedentaire
étant fille ambulante,
Desa nature aussijesuis
participante.
Mepromenantfort bien
sanssortirde chez
moy Me , promenant Atiflipar
ville & par campagne,
Des bons rameurs le signalm'accompagne.
Parfois mon fîul afPeél
causera de l'effroy
:.Aux poltrons qui foupent
enville.
A qui dort je suis inutile,
S'il n'a pris par avance
unsagearrangement,
Comme aucun Directeur
le prend communément.
Je dirige qui me dirige,
Avec lesfousj'ai le vertIge;
Je guide quelquefois
dans le spirituel
Pouracheminer vers le
Ciel,
Estant propre à monter,
non pAS a
descendre.
Ce que je ne sçai pas de
moy tu peuxl'apprendre.
Qui nous prend à la
mine a tort;
Car il en est de nous comme
des hypocrites
Desfemmestf)desch-, atemites,
Belle montre ,
(f peu
de rapport.
D'un pere sedentaire
étant fille ambulante,
Desa nature aussijesuis
participante.
Mepromenantfort bien
sanssortirde chez
moy Me , promenant Atiflipar
ville & par campagne,
Des bons rameurs le signalm'accompagne.
Parfois mon fîul afPeél
causera de l'effroy
:.Aux poltrons qui foupent
enville.
A qui dort je suis inutile,
S'il n'a pris par avance
unsagearrangement,
Comme aucun Directeur
le prend communément.
Je dirige qui me dirige,
Avec lesfousj'ai le vertIge;
Je guide quelquefois
dans le spirituel
Pouracheminer vers le
Ciel,
Estant propre à monter,
non pAS a
descendre.
Ce que je ne sçai pas de
moy tu peuxl'apprendre.
Qui nous prend à la
mine a tort;
Car il en est de nous comme
des hypocrites
Desfemmestf)desch-, atemites,
Belle montre ,
(f peu
de rapport.
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285
p. 73-134
Remarques sur l'eau de la pluie, & sur l'origine des fontaines ; avec quelques particularitez sur la construction des cîternes.
Début :
Tout ce qui regarde les eaux, tant pour les necessitez [...]
Mots clefs :
Eau, Terre, Pluie, Citernes, Fontaines, Neiges, Eaux , Superficie, Vapeurs, Mer, Cuvette, Rochers, Herbes, Expériences, Rivières, Tuyau, Vent, Plomb, Fiole, Pinte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Remarques sur l'eau de la pluie, & sur l'origine des fontaines ; avec quelques particularitez sur la construction des cîternes.
Remarquesfur l'eau de lapluie ,
fur l'origine des fontaines
; avec quelques particu
laritez fur la conftruction
des cîternes.
Tout ce qui regarde les
caux , tant pour les neceffitez
de la vie , que pour l'ornement
des Palais & des
Jardins , a toûjours été regardé
comme une des principales
connoiffances qui
fuffent neceffaires aux hommes.
On s'eft appliqué avec
grand foin à rendre de trés-
Mars 1714.
G
74
MERCURE
petites rivieres capables de
porter de grands bateaux ,
& de joindre par ce moyen
des mers fort eloignées l'une
de l'autre. On a conduit
des fontaines trés - abondantes
par de longs détours
& fur des aqueducs trés- élevez,
jufques dans des lieux,
où la nature avoit refufé
d'en donner. On a enfin inventé
un grand nombre de
machines propres à élever
T'eau , & la porter juſqu'au
haut des montagnes
, pour
la diftribuer enfuite fous
mille figures differentes ,
GALANT.
75
avec des mouvemens furnaturels
, & en donner un
fpectacle digne d'admiration.
inistrot as
C'en étoit affez pour le
commun des hommes :
mais la curiofité de ceux
qui recherchent
les fecrets
de la nature, n'étoit pas encore
fatisfaite , il faloit connoître
l'origine de ces fources
d'eau fi abondantes quon
rencontre par toute la
terre , & même fur des rochers
fort élevez ; & c'eſt
ce qui a donné tant d'exercice
aux Philofophes an-
Gij
76 MERCURE
cie ns & modernes.
Nous voyons deux principales
opinions fur l'origine
des fontaines , qui font fondées
chacune fur des experiences
dont il femble qu'on
ne puiffe pas douter ; car il
eft évident que plufieurs
fontaines ont pour principe
l'eau de la pluie & la fonte
des neiges fur les montagnes
: mais comment ces
pluies & ces neiges , qui
font trés-rares fur, des rochers
efcarpez & fort élevez
, & dans des pays fort
chauds , pourront- elles y ›
GALANT.
77
fournir des fontaines trésabondantes
&
permanentes
qu'on y voit en plufieurs
endroits ?
C'eft la plus forte objection
que faffent ceux qui ne
font du
fentiment que
pas
les pluies font les fontaines
, & ils admettent feulement
des cavitez foûterraines
en forme d'alembic ,
où les vapeurs des eaux qui
coulent dans la terre à la
hauteur de la mer , s'élevent
par les fentes des rochers
&fe condenfent par le froid
de la fuperficie de la terre.
Giij
78 MERCURE
M. N ** qui a fuivi l'opinion
des premiers qui
prennent le parti de la pluie,
a fait un examen trés particulier
de l'eau de pluie &
de neige qui tombe fur l'étendue
de la terre, qui fournit
fes eaux à la riviere de
Seine ; & il trouve par fon
calcul qu'il y en a beaucoup
plus qu'il ne feroit necelfaire
pour entretenir la riviere
dans fon état moyen
pendant tout le cours d'une
année.
En examinant le Traité
de l'origine des Fontaines de
1
79
GALANT.
M. Plot Anglois , qui a été
imprimé en 1685. j'y fis plufieurs
remarques , & j'entrepris
de reconnoître par
moy- même ce que les eaux
de pluie & de neige pouvoient
fournir aux fontaines
& aux rivieres . Je commençai
d'abord à rechercher
quelle étoit la quantité
d'eau de pluie qui tomboit
fur la terre pendant toute
une anné , & j'en ai donné
depuis des memoires à l'Academie
à la fin de chaque
année ; ce qui fait connoître
que la hauteur de l'eau
Giiij .
80 MERCURE
qui tombe à l'Obſervatoire
Royal , où j'ai fait mes obſervations
, feroit dans une
année moyenne de dix- neuf
à vingt pouces , à peu prés
comme M. N** l'avoit fuppofé
dans fon examen .
Mais comme je doutois
que ce fût fur cette quantité
d'eau qu'on dût compter
pour l'origine des fontaines,
je fis les experiences
fuivantes pour m'en affurer.
Je choifis un endroit de
la terraffe baffe de l'Obfervatoire
, & fis mettre dans
T
GALANT . 81
terre , à huit pieds de profondeur,
un baffin de plomb
de quatre pieds de fuperficie.
Ce baffin avoit des
bords de fix pouces de hauteur
, & étoit un peu incliné
vers l'un de fes angles , où
j'avois fait fouder un tuyau
de plomb de douze pieds.
de longueur, qui ayant auffi
une pente affez conſiderable
, entroit dans un caveau
par
fon extremité . Ce baf
fin étoit éloigné du mur de
la cave , afin qu'il fût environné
d'une plus grande
quantité de terre femblable
82 MERCURE
à celle qui étoit au deffus ,
& qu'elle ne pût pas fe lecher
par la proximité du
mur. Je mis dans le baffin
ou cuvette de plomb , à l'endroit
de l'ouverture qui répondoit
au tuyau , plufieurs
cailloux de differentes groffeurs
, afin que cette ouverture
ne pût pas fe boucher
quand la terre auroit été
remiſe pardeffus à la hauteur
du terrein , c'eſt à dire
de huit pieds de hauteur.
Ce terrein eft d'une nature
moyenne entre le fable &
la terre franche , en forte
GALANT.
83
que l'eau le peut penetrer
affez facilement , & la fuperficie
exterieure eſt de niveau.
Je penfois que fi les eaux
de pluie & de neige fonduë
penetrent la terre juſqu'à
ce qu'elles rencontrent un
cufou une terre argilleuſe ,
qui ne la laiffe point paffer ,
comme difent ceux qui fuivent
la premiere opinion
de l'origine des fontaines ,
il devoit arriver la même
chofe à la cuvette de plomb
que j'avois enterrée , & qu'
enfin je devois avoir une
84 MERCURE
eſpece de fource d'eau , qui
devoit couler par le tuyau
qui répondoit dans le caveau.
Mais comme je n'étois
pas perſuadé que cela pût
arriver , je mis encore dans
le même temps une autre
machine en experience à
huit pouces feulement de
profondeur en terre. C'étoit
une cuvette qui avoit
foixante quatre pouces en
fuperficie , & des rebords
de huit pouces de hauteur.
J'avois choifi un lieu où le
foleil ni le vent ne donGALANT.
85
noient point , & j'avois eu
grand foin d'ôter toutes les
herbes qui croiffoient fur
la terre au deffus de cette
cuvette, afin que toute l'eau
qui tomberoit fur la terre
pût paffer fans empêchement
jufqu'au fond de la
cuvette , où il y avoit un
petit trou & un tuyau qui
portoit dans un vaiffeau
toute l'eau qui pouvoit penetrer
la terre. Cette cuvette
n'étoit pas expoſée à
l'air : mais elle étoit enterrée
dans une trés - grande
quaiffe remplie par les cô86
MERCURE
tez & par deffous de la même
terre qui étoit au dedans
, afin que la terre de
la cuvette ne pût pas fe défecher
par l'air.
Je remarquai premierement
dans certe petite cuvette
, que depuis le 12. Juin
juſqu'au 19. Février fuivant
l'eau n'avoit point coulé par
le tuyau au deffous de la
-cuvette , & qu'elle y coula
feulement alors , à cauſe
d'une grande quantité de
neige qui étoit fur la terre
& qui fe fondoit. Depuis ce
temps - là la terre de certe
GALANT. 87
cuvette étoit toûjours fort.
humide : mais l'eau ne couloit
point que quelques
-heures aprés qu'il avoit plû,
& elle ceffoit de couler
quand ce qui étoit tombé
étoit épuilé ; car il en reftoit
toûjours dans la terre
une certaine quantité , qui
ne palloit point à moins
qu'il n'y en cût de nouvelle
au deffus de la terre.
<
Un an aprés je refis la
même experience dans la
petite cuvette : mais je la
mis à feize pouces avant
dans terre , qui étoit une
88 MERCURE
锣
fois plus qu'elle n'étoit d'abord.
Il n'y avoit point
d'herbes fur la terre , & elle
étoit encore à l'abri du foleil
& du vent. Il arriva à
peu prés la même chose que
dans la precedente , excepté
feulement que lors
qu'il fe paffoit un temps
confiderable fans pleuvoir ,
la terre fe défechoit unpeu,
& une mediocre pluie qui
furvenoit enfuite , n'étoit
pas capable de l'humecter
fuffifamment avec ce qui
y reftoit pour la faire couler.
Enfin
GALANT. 89
il
:
Enfin je planta quel
ques herbes fur la terre au
deffus de la cuvette mais
quand les plantes furent un
peu fortes , non feulement
ne couloit point d'eau àprés
la pluie ; mais toute
celle qui tomboit n'étoit
pas fuffifante toute feule
pour les nourrir , & elles fe
fanoient & fechoient , à
moins qu'on ne les arrosât
de temps en temps.
Il me vint alors en penfée
de meſurer la diffipation
ou évaporation de l'eau au
travers des feuilles des plan-
Mars 1714.
H
90 MERCURE
tes , quand elles font expo- .
fées au foleil & au vent. Le
30. Juin , à cinq heures du
matin , je mis dans une
phiole de verre , dont l'ouverture
étoit petite , une livre
d'eau pefée fort exactement
avec la phiole , & je
cueillis deux feuilles de figuier
de mediocre grandeur
, lefquelles pefoient
enfemble 5. gros 48. grains,
& j'en fis tremper le bout
des queues dans l'eau de la
phiole. Ces feuilles étoient
trés fraîches & fermes
quand je les cueillis . EnGALANT.
St
fuite j'expofai la phiole &
les feuilles au ſoleil , qui
étoit clair & chaud , & en
un lieu où il faifoit un peu
de vent , & je bouchai exactement
avec du papier le
refte du col de la phiole ,
qui n'étoit pas occupé par
les queues des feuilles , afin
que l'eau de la phiole ne
pût pas s'évaporer par cette
ouverture .
A onze heures du matin
je pefai le tout enſemble ,
& je trouvai qu'il y avoit
une diminution de poids de
deux gros , que l'air & le
Hij
92 MERCURE
foleil avoient tiré d'eau de
cette feuille , laquelle ne
peut être reparée quand la
feuille eft attachée à l'arbre
, que par l'humidité de
la terre qui paffe par les racines.
Je fis auffi pluſieurs autres
experiences fur des
plantes , & je trouvai toûjours
une trés - grande difſipation
d'humidité ; & aprés
avoir mefuré la fuperficie
des feuilles , & avoir confideré
ce qui en couvre ordinairement
la terre , j'ai jugé
que l'eau de la pluie
GALANT .
93
fur. tout en été , quoy qu'
elle foit alors trés- abondante
, n'eft pas capable de
les entretenir fans un fecours
tiré d'ailleurs . Il eſt
vrai que l'air de la nuit fournit
aux grands arbres , &
même aux plantes , une
grande quantité d'humidité
qu'on voit preſque toûjours
fur les feuilles vers le
lever du foleil , laquelle paffant
juſques dans les racines
, peut entretenir ces
plantes une partie du jour :
mais cette humidité toute
ſeule ne pourroit pas ſuf.
94
MERCURE
fire pour leur nourriture ,
fi elles n'en tiroient de la
terre même & des pluies
qui y entrent , comme je
l'ai remarqué dans mes experiences
que je viens de
rapporter.
Toutes ces experiences
m'ont fait connoître que
l'eau des pluies qui tombent
fur la terre , où il où il y a toûjours
quelques herbes &
des arbres , ne peut pas la
penetrer jufqu'à deux pieds,
à moins qu'elle n'ait été ramaffée
dans des lieux fablonneux
& pierreux , qui
*
.
GALANT .
95
A
la laiffent paffer facilement:
mais ce ne peut être que
des cas particuliers , dont
on ne peut tirer de confequence
generale. On en
peut voir un exemple au
rocher de la fainte Baume
en Provence , où la pluie qui
tombe fur ce rocher , qui
eft tout fendu & crevaffé ,
& où il n'y a point d'herbes
, penetre dans la grotte
en trés- peu d'heures à foi
xante- fept toiles au deffous
de la fuperficie du rocher ,
& y forme une trés - belle
cîterne, qui feroit enfin une
a
96 MERCURE
fontaine quand la cîterne
feroit remplie ; & lors qu'il
fe rencontre fur de femblables
rochers & dans
ces fonds confiderables de
grandes quantitez de neiges
qui fe fondent en été
à la feule chaleur du foleil ,
on remarque de grands
écoulemens de l'eau de
fontaine pendant quelques
heures d'un même jour , &
même à pluſieurs repriſes ,
fi le foleil ne donne fur ces
neiges qu'à quelques heures
differentes de la jour
née , le refte du temps ces
neiges
GALANT. 97
neiges étant à l'ombre des
pointes des rochers , & ne
pouvant
pas fe fondre facilement.
C'eft fans doute la
raiion de ce qu'on a rapporté
, qu'il y avoit des fontaines
au milieu des terres
qui avoient un flux & reflux
comme la mer.
Ces experiences m'ont
perfuadé que je ne devois
point attendre que les eaux
de la pluie & des neiges
paffaffent au travers des
huit pieds de terre qui étoient
au deffus de la cuvette
de plomb que j'avois
Mars
1714.
I
98 MERCURE
enterrée fur une terraffe ;
auffi il n'eft pas coulé une
feule goutte d'eau par le
tuyau depuis quinze années.
On voit donc par là qu'il
ne peut y avoir que tréspeu
de fontaines qui tirent
leur origine des pluies &
des neiges , & il faut neceffairement
avoir recours
d'autres cauſes pour expli.
quer comment il fe peut
rencontrer des fources trésabondantes
dans des lieux
élevez , & à très- peu de pro.
fondeur dans terre , com
HEQUE
ME
LA
THÈQUE
DE
OPON
;
GALANT.
me eft celle de Rungis res
de Paris , qu'on ne peut
tribuer à ces grottes ou
alembics foûterrains , qui
fervent à faire diftiler l'eau
des vapeurs condenfées
car il n'y a point de rochers
dans les
environs
, comme
je l'ai reconnu par plufieurs
puits que j'y ai fait faire ,
& le terrain eft ſeulement
un peu élevé , où l'on a fait
quelques puits , dont l'eau
eft fort proche de la furface
de la terre , & plus éle
vée que l'endroit où l'on a
ramaffé les eaux. Cette four.
I ij.
100 MERCURE
ce fournit cinquante pouces
d'eau environ , qui coule
toûjours & qui fouffre peu
de changement , & tout
l'efpace de terre d'où elle
peut venir n'elt pas
affez
grand pour fournir l'eau
de cette fource en ramaffant
celle de la pluye, quand
il ne s'en diffiperoit point ;
& de plus il eft toûjours cultivé
& couvert d'herbes &
de blé . Il y a quelques vallons
affez proche de ce lieu,
où il faut creuſer fort bas
pour trouver l'eau.
On a crû pouvoir expli
GALANT. ΙΘΙ
quer ces fortes de fources
par des tuyaux & des canaux
naturels , qui conduifent
l'eau de quelque
petite
riviere élevée , & qui
paffant par des lieux hauts
& bas , & même au deſſous
de quelques rivieres qui les
traverſent , font fi bien foudez
& bouchez
, qu'ils ne
laiffent point échaper cette
cau en chemin , pour la
conduire jufqu'au lieu où
elle doit fortir hors de terre.
Mais quand il pourroit
fe rencontrer de ces lieux
foûterrains
, je fuis perfuadé
1 iij
102 MERCURE
qu'ils auroient ſeulement
une pente neceffaire pour
laiffer couler l'eau entre les
terres fur un fond de tufou
d'argille : mais pour s'imaginer
des tuyaux naturels
hauts & bas , c'est tout ce
que peut faire l'art dans l'étenduë
d'un petit jardin ;
encore y a t-il fouvent à refaire
à ces conduites .
Il me femble qu'on peut
faire encore une objection
confiderable à cette hypothefe.
Car fi ces grandes
fources élevées tirent leur
origine de quelques rivicGALANT.
103
rés , ces mêmes rivieres doivent
auffi tirer leurs eaux
d'autres fources encore plus
élevées; car celles des pluies
& des neiges fondues dans
les lieux dont le fond feroit
ferme , ne peuvent former
que quelques torrens qui
ne durent que peu de tems,
& qui ne peuvent pas fournir
à l'écoulement
continuel
de ces rivieres. Les
grands ramas d'eau , comme
des étangs qui font à la
tête des petites rivieres , ne
prouvent rien pour l'origi .
ne des rivieres ; car nous
I iiij
104 MERCURE
avons fait plufieurs experiences
, qui nous font connoître
qu'il fe diffipe beaucoup
plus d'eau de celle
qui cft exposée à l'air dans
un vaiffeau fort large , qu'il
n'y en peut tomber du ciel.
Il ne refte donc qu'un
feul moyen pour expliquer
comment ces fources abondantes
peuvent fe former
dans terre , encore s'y rencontre
- t- il quelques difficultez.
Il faut s'imaginer
qu'au travers de la terre il
paffe une grande quantité
de vapeurs , qui s'élevent
GALANT.
105
des eaux qui y font ordinairement
a la hauteur des
rivieres les plus proches ,
ou de la mer ; que ces vapeurs
paffent d'autant plus
facilement , qu'elles rencontrent
un terrein plus facile
à être penetré , comme
on le remarque en hyver à
l'ouverture de quelques caves
fort profondes . Les particules
de ces vapeurs peuvent
fe joindre enfemble ,
le froid de la fuperou
par
ficie
de la terre
, quand
elles
commencent
à s'en
approcher
, ou
quand
elles
106 MERCURE
rencontrent un terrein qui
eſt déja rempli d'eau à laquelle
elles fe joignent , ou
enfin fi elles trouvent quelque
matiere qui foit propre
à les fixer , comme nous
voyons que les fels étant expolez
à l'air retiennent les
particules d'eau qui y voltigent
C'eft alors que cette
eau qui s'augmente toû
jours , en rencontrant un
fond affez folide pour la
foûtenir , coule entre les
terres fur ce fond , jufqu'à
ce qu'elle s'échape ſur la
fuperficie de la terre où ce
GALANT. 107
fond fe termine, ou retombe
dans quelque lieu plus bas
en terre , s'il y a quelques
ouvertures à la ggllaaiiſſee ou au
tuf qui la foûtient. C'eſt
tout ce que je trouve de
plus vraisemblable dans ce
cas , encore faut il que
vapeurs ayent des conduits
particuliers pour paffer , par
ces
leſquels l'eau qu'elles forment
ne puiffe pas s'échaper.
J'ai voulu voir par experience
ce qu'on pouvoit
efperer de la maniere
de
condenfer les vapeurs de
108 MERCURE
l'eau lors qu'elles s'attacheroient
dans la terre contre
des pierres qui feroient
remplies de quelques iels ;
car c'étoit une pentée nouvelle
que j'avois eue pour
expliquer de quelle maniere
les eaux des vapeurs
qui font en terre pourroient
le ramaffer.
Je mis dans un des caveaux
du fond de la carriere
de l'Obfervatoire un
vaſe de verre , & j'attachai
fur le bord du vaſe un morceau
de linge que j'avois
trempé dans un peu d'eau ,
GALANT . 109
où j'avois fait diffoudre du
fel de tartre. Je choifis ce
fel , parce que je crus qu'il
étoit plus propre à fixer les
vapeurs que tout autre. Le
lieu paroît fort humide ,.
fur - tout en été. Quelque
temps aprés je trouvai au
fond du vafe une quantité
affez confiderable de liqueur
, qui n'étoit que l'eau
de la vapeur de l'air , laquelle
s'étoit attachée contre
le linge , & en ayant
été rempli , le furplus , qui
augmentoit toûjours , avoit
coulé au long des côtez du
110 MERCURE
vafe. J'aurois pouffé cette
experience plus loin , pour
voir fi fa liqueur auroit
continué de couler , & fi le
fel qui étoit dans le linge
auroit été entierement em.
porté par l'eau qui en couloit
, quoy qu'il puiffe arri
ver que des pierres qui auroient
des fels propres 3
fixer les vapeurs , auroient
pû conſerver toûjours leur
fel , & même s'en charger
de nouveau : mais on entra
dans le caveau en mon
abſence , on rompit le vaſe,
& mon experience fut interrompuë.
GALANT.
Je ne parle point de
quelques fontaines particulieres
& extraordinaires ,
qui fe trouvent , à ce qu'on
dit , fur le bord de la mer
& fur des rochers élevez ,
lefquelles ont un flux & un
reflux femblable à celui de
la mer , & qui ne laiſſent
pas d'être des eaux fort
douces. J'ai expliqué mecaniquement
de quelle maniere
cela fe pourroit faire ,
en ſuppoſant des reſervoirs
foûterrains un peu élevez
au deffus du niveau de la
mer , & que la cavité où
112 MERCURE
ces refervoirs font placez
ait communication par le
moyen de quelques canaux
avec la mer. Car il doit arriver
que lofque la mer
monte , elle comprime l'air
qui eſt dans cette cavité ,
lequel preffè l'eau du reſervoir
, & l'oblige de s'écha
per , & même de s'élever
par quelques fentes ou conduits
de ces rochers jufques
fur la fuperficie de la terre ,
où elle forme une fontaine
qui doit diminuer peu à peu
la mer fe re- à meſure que
tire , & que l'air comprimé
qui
GALANT. 113
qui la forçoit de monter fe
rétablit dans fon premier
état. Mais pour peu qu'on
fçache de mecanique , &
qu'on entende bien les
effets des corps liquides ,
on ne manquera pas de
moyens pour expliquer non
feulement les merveilles
qu'on voit dans la nature
fur cette mariere , mais
encore tout ce qu'on pourroit
imaginer.
1
C'eft affez parler de l'origine
des fontaines ; il me
faut maintenant expliquer
quelques remarques parti-
Mars
1714.
K
114 MERCURE
culieres que j'ai faites à
cette occafion fur l'utilité
qu'on peut retirer de l'eau
des pluies. L'avantage le
plus confiderable de l'eau
de la pluie , c'eft de la ra
maſſer dans des refervoirs
foûterrains qu'on appelle
citernes , où quand elle a été
purifiée en paffant au travers
du fable de riviere , elle
fe conferve plufieurs années
fans le corrompre. Cette
eau eft ordinairement la
meilleure de toutes celles
dont on peut ufer , foit ppour
l'employer dans plufieurs
"GALANT.
ufages , comme pour le
blanchiffage & pour les
teintures, en ce qu'elle n'eft
point mêlée d'aucun fel de
la terre , comme font preſque
toutes les eaux de fontaines,
& même celles qu'on
cftime les meilleures. Ces
cîternes font d'une trésgrande
utilité dans les lieux
où l'on n'a point d'eau de
fource , ou bien lorfque
toutes les eaux de puits font
mauvaiſes. Ce n'eſt pas ici
le lieu de parler de la conftruction
des cîternes , ni
du choix des materiaux
Kij
116 MERCURE
qu'on y doit employer ;
puis qu'il ne s'agit que d'avoir
un lieu qui tienne bien
l'eau , & que les pierres &
le mortier dont elles font
jointes , ne puiffent donner
aucune mauvaiſe qualité à
l'eau , qui y fejourne pendant
un temps confiderable.
Ceux qui ont des cîternes
, & qui font curieux
d'avoir de bonne eau , obfervent
foigneufement de
ne laiffer point entrer l'eau
des neiges fonduës dans la
cîterne , ni celles des pluies
GALANT.
117
d'orage. Pour ce qui eft de
celle des neiges fonduës ,
je crois qu'on a quelque
raifon de les exclure des
cîternes , non pas à cauſe
des fels qu'on s'imagine qui
font enfermez , & mêlez
avec les particules de la
neige: mais feulement parce
que ces neiges demeurent
ordinairement
C
plufieurs
jours , & quelquefois des
mois entiers fur les toits
des maiſons , où elles fe
corrompent par la fiente
des oifeaux & des animaux ,
& bien plus par le long
118 MERCURE
féjour qu'elles font fur les
tuiles qui font toûjours fort
fales . C'est pour cette raiſon
que lors qu'il commence à
pleuvoir , je voudrois que
la premiere eau qui vient
du toit , & qui doit entrer
dans la cîterne , fût rejettée
comme mauvaiſe , n'ayant
fervi qu'à laver les toits ,
qui font couverts de la pouffiere
qui s'éleve de bouës
défechées dans les ruës &
dans les grands chemins ,
& qu'on ne reçût ſeulement
dans la cîterne que celle
qui vient enfuite.
GALANT . 19
Il y a une autre remarque
fort confiderable pour les
eaux qu'on doit rejetter des
cîternes , & que le ſeul hazard
m'a fait connoître. Il
y a quelque temps que je
fus curieux de ramaffer de
F'eau de pluie qui tomboit
à
l'Obfervatoire , par le
moyen de la cuvette dont
je me fers pour meſurer la
quantité d'eau qui tombe
pendant l'année . Cette cu
vette eft de fer blanc bien
étamé , elle a quatre pieds
de fuperficie, & des rebords
de fix pouces de hauteur.
120 MERCURE
Il y a un trou & un petit
tuyau qui y eft foudé vers
l'un des angles par où l'eau
qui tombe dans la cuvette ,
qui eft un peu inclinée vers
cet angle , eft portée dans
un vaiffeau qui la reçoit ,
pour la meſurer enfuite , &
connoître par ce moyen la
quantité qui en eft tombée.
Je nettoyai & lavai la cuvette
& le vaiſſeau qui reçoit
l'eau , le plus proprement
qu'il me fut poffible ,
áu commencement d'une
pluie qui paroiffoit abondante,
& je ramaſſai enfuite
l'eau
GALANT. 121
l'eau dans des bouteilles de
verre bien nettes pour la
conferver. Mais comme je
voulus goûter de cette eau,
je fus furpris de ce qu'elle
avoit un fort mauvais goût,
& qu'elle fentoit la fumée :
ce qui me parut fort extraordinaire
; car j'en avois
fouvent goûté de celle qui
étoit ramaffée de la même
maniere , laquelle n'avoit
pas ce même goût. Je ne
voyois rien qui eût pû communiquer
cette odeur de
fumée à l'eau de pluie ; car
le lieu où je la ramaffe ef
Mars
1714
L
122 MERCURE
fort à découvert & élevé,
fort
& il n'y a point de fumée
qui n'en foit fort éloignée.
Mais enfin je confiderai
que cette eau de pluie étoit
tombée avec un vent du
nord ; ce qui n'eſt pas
ordinaire ; car il pleut rarement
de ce vent ; & comme
toute la ville eft au nord
de l'Obfervatoire, la fumée
des cheminées s'étoit mêlée
avec l'eau qui tomboit , &
qui paffoit enfuite pardeffus
le lieu où je la ramaffois ,
& qu'enfin c'étoit la vraye
caufe de la mauvaiſe odeur
GALANT.
123
de l'eau ; car on ſçait par
plufieurs
experiences que
l'eau prend trés facilement
l'odeur de la fumée En effet
je m'en affurai quelque
temps aprés car ayant
encore ramaffé de l'eau de
pluie qui tomboit avec un
vent de midi ou de fudoüeft
, je n'y remarquai rien
de femblable pour le goût ;
car il n'y a que de grandes
campagnes qui s'étendent
vers le midi de l'Obferva
toire.
30 Je conclus de là qu'on
doit aufli rejetter des cîter-
Lij
124
MERCURE
nes toutes les eaux de pluie
qui font apportées par des
vents fur des lieux infectez
de quelque mauvaiſe
odeur , comme des égoûts ,
des voiries , & même des
grandes villes à cauſe de la
fumée , comme je viens de
remarquer ; car les exhalaifons
& les mauvaiſes vapeurs
qui fe mêlent avec
l'eau qui entre dans la cîterne
, doivent corrompre
celle qui y eft entrée dans
un autre temps.
$ Enfin puifquel'on ne peut
pas douter par toutes les ex
GALANT .
-125
periences & par toutes les
épreuves qu'on a faites, que
l'eau de la pluie qui a été purifiée
dans du fable de riviere
, pour lui ôter le limon &
une odeur de terre qu'elle a
en tombant du ciel , ne foit
la meilleure & la plus faine
de toutes celles dont on
puiffe ſe ſervir , j'ai penſé de
quelle maniere on pourroit
pratiquer dans toutes les
maifons des cîternes qui
fourniroient affez d'eau
pour l'ufage de ceux qui y
demeurent.
Premierement il eft cer-
Liij
126 MERCURE
tain qu'une maiſon ordinaire
, qui auroit en fuperficie
quarantes toiſes , lef
quelles feroient couvertes
de toits , peut ramaſſfer chaque
année 2160. pieds cubiques
d'eau , en prenant
feulement dix huit pouces
pour la hauteur de ce qu'il
en tombe , qui eft la moindre
hauteur que j'aye obfervé
. Mais ces 2160. pieds
cubiques valent 75600. pintes
d'eau , à raifon de 35.
pintes par pied , qui eſt la
jufte mefure pour la pinte
de Paris, Si l'on diviſe donc
GALANT. 127
ce nombre de pintes par
les 365. jours de l'année
on trouvera 200. pintes par
jour. On voit par là que
quand il y auroit dans une
maiſon , comme celle que
je fuppofe , vingt - cinq perfonnes
, elles auroient huit
pintes d'eau chacune à dépenſer
, qui eſt plus d'un
feau de ceux d'ordinaire ,
& ce qui eft plus que fuffifant
pour tous les uſages de
la vie.
Il ne me reste plus qu'à
donner un avis fur le lieu
& fur la maniere de con-
Liiij
128 MERCURE
,
a
ftruire ces fortes de cîternes
dans les maiſons particulieres.
On voit dans plufieurs
villes de Flandres ,
vers les bords de la mer
où toutes les eaux des puits
font falées & ameres
cauſe que le terrain n'eft.
qu'un fable leger au travers
duquel l'eau de la mer ne
f purifie pas , que l'on fait
des cîternes dans chaque
maiſon pour ſon uſage particulier.
Mais ces cîternes
font enterrées , & ne font
que des caveaux où l'on
croit que l'eau le conferve
GALANT. 129
mieux qu'à l'air. Il eſt vrai
que l'eau , & fur- tout celle
de pluie , ne fe conferve pas
à l'air à caule du limon dont
elle eft remplie , & qu'elle
ne depofe pas entierement
en paffant par le fable , &
qu'elle fe corrompt , & qu'il
s'y engendre une espece de
mouffe verte qui la couvre
entierement. C'est pourquoy
je voudrois qu'on pratiquât
dans chaque mailon
un petit lieu dont le plancher
feroit élevé au deffus
du rez de chauffée de fix
pieds environ ; que ce lieu
130 MERCURE
n'eût tout au plus que la
quarantieme ou cinquantieme
partie de la fuperficie
de la maiſon , & qui feroit
dans nôtre exemple d'une
toife à peu prés. Ce lieu
pourroit être élevé de huit
à dix pieds , & bien vouté
avec des murs fort épais.
Ce feroit dans ce lieu où je
placerois un refervoir de
plomb , qui recevroit toute
l'eau de pluie aprés
qu'elle auroit paffé au travers
du fable. Il ne faudroit
à ce lieu qu'une tréspetite
porte bien épaiffe &
GALANT. 131
bien garnie de natte de
paille , pour empêcher que
la gelée ne pût penetrer
jufqu'à l'eau. Par ce moyen
on pourroit diſtribuer facilement
de trés bonne eau
dans les cuifines & les lavoirs.
Cette eau étant bien
enfermée ne fe corromproit
pas plus que fi elle étoit fous
terre, & ne geleroit jamais.
Son peu d'élevation au def
fus du rez de chauffée ferviroit
affez à la commodité
de fa diftribution dans tous
les lieux bas du logis.Ce reſervoir
pourroit être placé
132
MERCURE
dans un endroit où il n'incommoderoit
par fon humidité
, qu'autant que ceux
d'eau de fontaine qui font
dans plufieurs maiſons.
J'ai examiné depuis peu
les differentes eaux de pluie
que j'avois ramaffées autrefois
, & que j'avois confervées
dans des bouteilles de
verre. J'ai trouvé qu'il y en
avoit quelques - unes qui
étoient d'un mauvais goût,
& je ne fçaurois affurer fi
ce font celles qui avoient
d'abord une odeur de fumée
quand je les ai miſes
GALANT. 133
dans la bouteille ; les autres
étoient affez bonnes & agreables
, elles n'avoient
plus le goût de terre , qu'ont
toutes les eaux de pluie , &
c'étoit peut être parce qu'-
elles avoient dépolé un
certain limon , qu'on voit
ordinairement au fond des
vaſes où l'on a laiſſé pendant
quelque temps des
caux de pluie.
Jajoûterais encore une
remarque que j'ai faite fur
les eaux de fontaine qui font
fur le côteau de la butte de
Montmartre vers le fepten134
MERCURE
trion. Ces eaux font fort
claires & affez bonnes pour
boire. Cependant fi l'on
fait cuire de la viande &
des herbes à potage avec
cette eau , le bouillon eſt
d'une grande amertume ;
ce qu'on ne peut pas attribuer
à la nature des herbes
du lieu , puifque fi l'on
fe fert d'eau de pluie pour
faire le bouillon , il eſt trésbon
& n'a aucune amertume.
fur l'origine des fontaines
; avec quelques particu
laritez fur la conftruction
des cîternes.
Tout ce qui regarde les
caux , tant pour les neceffitez
de la vie , que pour l'ornement
des Palais & des
Jardins , a toûjours été regardé
comme une des principales
connoiffances qui
fuffent neceffaires aux hommes.
On s'eft appliqué avec
grand foin à rendre de trés-
Mars 1714.
G
74
MERCURE
petites rivieres capables de
porter de grands bateaux ,
& de joindre par ce moyen
des mers fort eloignées l'une
de l'autre. On a conduit
des fontaines trés - abondantes
par de longs détours
& fur des aqueducs trés- élevez,
jufques dans des lieux,
où la nature avoit refufé
d'en donner. On a enfin inventé
un grand nombre de
machines propres à élever
T'eau , & la porter juſqu'au
haut des montagnes
, pour
la diftribuer enfuite fous
mille figures differentes ,
GALANT.
75
avec des mouvemens furnaturels
, & en donner un
fpectacle digne d'admiration.
inistrot as
C'en étoit affez pour le
commun des hommes :
mais la curiofité de ceux
qui recherchent
les fecrets
de la nature, n'étoit pas encore
fatisfaite , il faloit connoître
l'origine de ces fources
d'eau fi abondantes quon
rencontre par toute la
terre , & même fur des rochers
fort élevez ; & c'eſt
ce qui a donné tant d'exercice
aux Philofophes an-
Gij
76 MERCURE
cie ns & modernes.
Nous voyons deux principales
opinions fur l'origine
des fontaines , qui font fondées
chacune fur des experiences
dont il femble qu'on
ne puiffe pas douter ; car il
eft évident que plufieurs
fontaines ont pour principe
l'eau de la pluie & la fonte
des neiges fur les montagnes
: mais comment ces
pluies & ces neiges , qui
font trés-rares fur, des rochers
efcarpez & fort élevez
, & dans des pays fort
chauds , pourront- elles y ›
GALANT.
77
fournir des fontaines trésabondantes
&
permanentes
qu'on y voit en plufieurs
endroits ?
C'eft la plus forte objection
que faffent ceux qui ne
font du
fentiment que
pas
les pluies font les fontaines
, & ils admettent feulement
des cavitez foûterraines
en forme d'alembic ,
où les vapeurs des eaux qui
coulent dans la terre à la
hauteur de la mer , s'élevent
par les fentes des rochers
&fe condenfent par le froid
de la fuperficie de la terre.
Giij
78 MERCURE
M. N ** qui a fuivi l'opinion
des premiers qui
prennent le parti de la pluie,
a fait un examen trés particulier
de l'eau de pluie &
de neige qui tombe fur l'étendue
de la terre, qui fournit
fes eaux à la riviere de
Seine ; & il trouve par fon
calcul qu'il y en a beaucoup
plus qu'il ne feroit necelfaire
pour entretenir la riviere
dans fon état moyen
pendant tout le cours d'une
année.
En examinant le Traité
de l'origine des Fontaines de
1
79
GALANT.
M. Plot Anglois , qui a été
imprimé en 1685. j'y fis plufieurs
remarques , & j'entrepris
de reconnoître par
moy- même ce que les eaux
de pluie & de neige pouvoient
fournir aux fontaines
& aux rivieres . Je commençai
d'abord à rechercher
quelle étoit la quantité
d'eau de pluie qui tomboit
fur la terre pendant toute
une anné , & j'en ai donné
depuis des memoires à l'Academie
à la fin de chaque
année ; ce qui fait connoître
que la hauteur de l'eau
Giiij .
80 MERCURE
qui tombe à l'Obſervatoire
Royal , où j'ai fait mes obſervations
, feroit dans une
année moyenne de dix- neuf
à vingt pouces , à peu prés
comme M. N** l'avoit fuppofé
dans fon examen .
Mais comme je doutois
que ce fût fur cette quantité
d'eau qu'on dût compter
pour l'origine des fontaines,
je fis les experiences
fuivantes pour m'en affurer.
Je choifis un endroit de
la terraffe baffe de l'Obfervatoire
, & fis mettre dans
T
GALANT . 81
terre , à huit pieds de profondeur,
un baffin de plomb
de quatre pieds de fuperficie.
Ce baffin avoit des
bords de fix pouces de hauteur
, & étoit un peu incliné
vers l'un de fes angles , où
j'avois fait fouder un tuyau
de plomb de douze pieds.
de longueur, qui ayant auffi
une pente affez conſiderable
, entroit dans un caveau
par
fon extremité . Ce baf
fin étoit éloigné du mur de
la cave , afin qu'il fût environné
d'une plus grande
quantité de terre femblable
82 MERCURE
à celle qui étoit au deffus ,
& qu'elle ne pût pas fe lecher
par la proximité du
mur. Je mis dans le baffin
ou cuvette de plomb , à l'endroit
de l'ouverture qui répondoit
au tuyau , plufieurs
cailloux de differentes groffeurs
, afin que cette ouverture
ne pût pas fe boucher
quand la terre auroit été
remiſe pardeffus à la hauteur
du terrein , c'eſt à dire
de huit pieds de hauteur.
Ce terrein eft d'une nature
moyenne entre le fable &
la terre franche , en forte
GALANT.
83
que l'eau le peut penetrer
affez facilement , & la fuperficie
exterieure eſt de niveau.
Je penfois que fi les eaux
de pluie & de neige fonduë
penetrent la terre juſqu'à
ce qu'elles rencontrent un
cufou une terre argilleuſe ,
qui ne la laiffe point paffer ,
comme difent ceux qui fuivent
la premiere opinion
de l'origine des fontaines ,
il devoit arriver la même
chofe à la cuvette de plomb
que j'avois enterrée , & qu'
enfin je devois avoir une
84 MERCURE
eſpece de fource d'eau , qui
devoit couler par le tuyau
qui répondoit dans le caveau.
Mais comme je n'étois
pas perſuadé que cela pût
arriver , je mis encore dans
le même temps une autre
machine en experience à
huit pouces feulement de
profondeur en terre. C'étoit
une cuvette qui avoit
foixante quatre pouces en
fuperficie , & des rebords
de huit pouces de hauteur.
J'avois choifi un lieu où le
foleil ni le vent ne donGALANT.
85
noient point , & j'avois eu
grand foin d'ôter toutes les
herbes qui croiffoient fur
la terre au deffus de cette
cuvette, afin que toute l'eau
qui tomberoit fur la terre
pût paffer fans empêchement
jufqu'au fond de la
cuvette , où il y avoit un
petit trou & un tuyau qui
portoit dans un vaiffeau
toute l'eau qui pouvoit penetrer
la terre. Cette cuvette
n'étoit pas expoſée à
l'air : mais elle étoit enterrée
dans une trés - grande
quaiffe remplie par les cô86
MERCURE
tez & par deffous de la même
terre qui étoit au dedans
, afin que la terre de
la cuvette ne pût pas fe défecher
par l'air.
Je remarquai premierement
dans certe petite cuvette
, que depuis le 12. Juin
juſqu'au 19. Février fuivant
l'eau n'avoit point coulé par
le tuyau au deffous de la
-cuvette , & qu'elle y coula
feulement alors , à cauſe
d'une grande quantité de
neige qui étoit fur la terre
& qui fe fondoit. Depuis ce
temps - là la terre de certe
GALANT. 87
cuvette étoit toûjours fort.
humide : mais l'eau ne couloit
point que quelques
-heures aprés qu'il avoit plû,
& elle ceffoit de couler
quand ce qui étoit tombé
étoit épuilé ; car il en reftoit
toûjours dans la terre
une certaine quantité , qui
ne palloit point à moins
qu'il n'y en cût de nouvelle
au deffus de la terre.
<
Un an aprés je refis la
même experience dans la
petite cuvette : mais je la
mis à feize pouces avant
dans terre , qui étoit une
88 MERCURE
锣
fois plus qu'elle n'étoit d'abord.
Il n'y avoit point
d'herbes fur la terre , & elle
étoit encore à l'abri du foleil
& du vent. Il arriva à
peu prés la même chose que
dans la precedente , excepté
feulement que lors
qu'il fe paffoit un temps
confiderable fans pleuvoir ,
la terre fe défechoit unpeu,
& une mediocre pluie qui
furvenoit enfuite , n'étoit
pas capable de l'humecter
fuffifamment avec ce qui
y reftoit pour la faire couler.
Enfin
GALANT. 89
il
:
Enfin je planta quel
ques herbes fur la terre au
deffus de la cuvette mais
quand les plantes furent un
peu fortes , non feulement
ne couloit point d'eau àprés
la pluie ; mais toute
celle qui tomboit n'étoit
pas fuffifante toute feule
pour les nourrir , & elles fe
fanoient & fechoient , à
moins qu'on ne les arrosât
de temps en temps.
Il me vint alors en penfée
de meſurer la diffipation
ou évaporation de l'eau au
travers des feuilles des plan-
Mars 1714.
H
90 MERCURE
tes , quand elles font expo- .
fées au foleil & au vent. Le
30. Juin , à cinq heures du
matin , je mis dans une
phiole de verre , dont l'ouverture
étoit petite , une livre
d'eau pefée fort exactement
avec la phiole , & je
cueillis deux feuilles de figuier
de mediocre grandeur
, lefquelles pefoient
enfemble 5. gros 48. grains,
& j'en fis tremper le bout
des queues dans l'eau de la
phiole. Ces feuilles étoient
trés fraîches & fermes
quand je les cueillis . EnGALANT.
St
fuite j'expofai la phiole &
les feuilles au ſoleil , qui
étoit clair & chaud , & en
un lieu où il faifoit un peu
de vent , & je bouchai exactement
avec du papier le
refte du col de la phiole ,
qui n'étoit pas occupé par
les queues des feuilles , afin
que l'eau de la phiole ne
pût pas s'évaporer par cette
ouverture .
A onze heures du matin
je pefai le tout enſemble ,
& je trouvai qu'il y avoit
une diminution de poids de
deux gros , que l'air & le
Hij
92 MERCURE
foleil avoient tiré d'eau de
cette feuille , laquelle ne
peut être reparée quand la
feuille eft attachée à l'arbre
, que par l'humidité de
la terre qui paffe par les racines.
Je fis auffi pluſieurs autres
experiences fur des
plantes , & je trouvai toûjours
une trés - grande difſipation
d'humidité ; & aprés
avoir mefuré la fuperficie
des feuilles , & avoir confideré
ce qui en couvre ordinairement
la terre , j'ai jugé
que l'eau de la pluie
GALANT .
93
fur. tout en été , quoy qu'
elle foit alors trés- abondante
, n'eft pas capable de
les entretenir fans un fecours
tiré d'ailleurs . Il eſt
vrai que l'air de la nuit fournit
aux grands arbres , &
même aux plantes , une
grande quantité d'humidité
qu'on voit preſque toûjours
fur les feuilles vers le
lever du foleil , laquelle paffant
juſques dans les racines
, peut entretenir ces
plantes une partie du jour :
mais cette humidité toute
ſeule ne pourroit pas ſuf.
94
MERCURE
fire pour leur nourriture ,
fi elles n'en tiroient de la
terre même & des pluies
qui y entrent , comme je
l'ai remarqué dans mes experiences
que je viens de
rapporter.
Toutes ces experiences
m'ont fait connoître que
l'eau des pluies qui tombent
fur la terre , où il où il y a toûjours
quelques herbes &
des arbres , ne peut pas la
penetrer jufqu'à deux pieds,
à moins qu'elle n'ait été ramaffée
dans des lieux fablonneux
& pierreux , qui
*
.
GALANT .
95
A
la laiffent paffer facilement:
mais ce ne peut être que
des cas particuliers , dont
on ne peut tirer de confequence
generale. On en
peut voir un exemple au
rocher de la fainte Baume
en Provence , où la pluie qui
tombe fur ce rocher , qui
eft tout fendu & crevaffé ,
& où il n'y a point d'herbes
, penetre dans la grotte
en trés- peu d'heures à foi
xante- fept toiles au deffous
de la fuperficie du rocher ,
& y forme une trés - belle
cîterne, qui feroit enfin une
a
96 MERCURE
fontaine quand la cîterne
feroit remplie ; & lors qu'il
fe rencontre fur de femblables
rochers & dans
ces fonds confiderables de
grandes quantitez de neiges
qui fe fondent en été
à la feule chaleur du foleil ,
on remarque de grands
écoulemens de l'eau de
fontaine pendant quelques
heures d'un même jour , &
même à pluſieurs repriſes ,
fi le foleil ne donne fur ces
neiges qu'à quelques heures
differentes de la jour
née , le refte du temps ces
neiges
GALANT. 97
neiges étant à l'ombre des
pointes des rochers , & ne
pouvant
pas fe fondre facilement.
C'eft fans doute la
raiion de ce qu'on a rapporté
, qu'il y avoit des fontaines
au milieu des terres
qui avoient un flux & reflux
comme la mer.
Ces experiences m'ont
perfuadé que je ne devois
point attendre que les eaux
de la pluie & des neiges
paffaffent au travers des
huit pieds de terre qui étoient
au deffus de la cuvette
de plomb que j'avois
Mars
1714.
I
98 MERCURE
enterrée fur une terraffe ;
auffi il n'eft pas coulé une
feule goutte d'eau par le
tuyau depuis quinze années.
On voit donc par là qu'il
ne peut y avoir que tréspeu
de fontaines qui tirent
leur origine des pluies &
des neiges , & il faut neceffairement
avoir recours
d'autres cauſes pour expli.
quer comment il fe peut
rencontrer des fources trésabondantes
dans des lieux
élevez , & à très- peu de pro.
fondeur dans terre , com
HEQUE
ME
LA
THÈQUE
DE
OPON
;
GALANT.
me eft celle de Rungis res
de Paris , qu'on ne peut
tribuer à ces grottes ou
alembics foûterrains , qui
fervent à faire diftiler l'eau
des vapeurs condenfées
car il n'y a point de rochers
dans les
environs
, comme
je l'ai reconnu par plufieurs
puits que j'y ai fait faire ,
& le terrain eft ſeulement
un peu élevé , où l'on a fait
quelques puits , dont l'eau
eft fort proche de la furface
de la terre , & plus éle
vée que l'endroit où l'on a
ramaffé les eaux. Cette four.
I ij.
100 MERCURE
ce fournit cinquante pouces
d'eau environ , qui coule
toûjours & qui fouffre peu
de changement , & tout
l'efpace de terre d'où elle
peut venir n'elt pas
affez
grand pour fournir l'eau
de cette fource en ramaffant
celle de la pluye, quand
il ne s'en diffiperoit point ;
& de plus il eft toûjours cultivé
& couvert d'herbes &
de blé . Il y a quelques vallons
affez proche de ce lieu,
où il faut creuſer fort bas
pour trouver l'eau.
On a crû pouvoir expli
GALANT. ΙΘΙ
quer ces fortes de fources
par des tuyaux & des canaux
naturels , qui conduifent
l'eau de quelque
petite
riviere élevée , & qui
paffant par des lieux hauts
& bas , & même au deſſous
de quelques rivieres qui les
traverſent , font fi bien foudez
& bouchez
, qu'ils ne
laiffent point échaper cette
cau en chemin , pour la
conduire jufqu'au lieu où
elle doit fortir hors de terre.
Mais quand il pourroit
fe rencontrer de ces lieux
foûterrains
, je fuis perfuadé
1 iij
102 MERCURE
qu'ils auroient ſeulement
une pente neceffaire pour
laiffer couler l'eau entre les
terres fur un fond de tufou
d'argille : mais pour s'imaginer
des tuyaux naturels
hauts & bas , c'est tout ce
que peut faire l'art dans l'étenduë
d'un petit jardin ;
encore y a t-il fouvent à refaire
à ces conduites .
Il me femble qu'on peut
faire encore une objection
confiderable à cette hypothefe.
Car fi ces grandes
fources élevées tirent leur
origine de quelques rivicGALANT.
103
rés , ces mêmes rivieres doivent
auffi tirer leurs eaux
d'autres fources encore plus
élevées; car celles des pluies
& des neiges fondues dans
les lieux dont le fond feroit
ferme , ne peuvent former
que quelques torrens qui
ne durent que peu de tems,
& qui ne peuvent pas fournir
à l'écoulement
continuel
de ces rivieres. Les
grands ramas d'eau , comme
des étangs qui font à la
tête des petites rivieres , ne
prouvent rien pour l'origi .
ne des rivieres ; car nous
I iiij
104 MERCURE
avons fait plufieurs experiences
, qui nous font connoître
qu'il fe diffipe beaucoup
plus d'eau de celle
qui cft exposée à l'air dans
un vaiffeau fort large , qu'il
n'y en peut tomber du ciel.
Il ne refte donc qu'un
feul moyen pour expliquer
comment ces fources abondantes
peuvent fe former
dans terre , encore s'y rencontre
- t- il quelques difficultez.
Il faut s'imaginer
qu'au travers de la terre il
paffe une grande quantité
de vapeurs , qui s'élevent
GALANT.
105
des eaux qui y font ordinairement
a la hauteur des
rivieres les plus proches ,
ou de la mer ; que ces vapeurs
paffent d'autant plus
facilement , qu'elles rencontrent
un terrein plus facile
à être penetré , comme
on le remarque en hyver à
l'ouverture de quelques caves
fort profondes . Les particules
de ces vapeurs peuvent
fe joindre enfemble ,
le froid de la fuperou
par
ficie
de la terre
, quand
elles
commencent
à s'en
approcher
, ou
quand
elles
106 MERCURE
rencontrent un terrein qui
eſt déja rempli d'eau à laquelle
elles fe joignent , ou
enfin fi elles trouvent quelque
matiere qui foit propre
à les fixer , comme nous
voyons que les fels étant expolez
à l'air retiennent les
particules d'eau qui y voltigent
C'eft alors que cette
eau qui s'augmente toû
jours , en rencontrant un
fond affez folide pour la
foûtenir , coule entre les
terres fur ce fond , jufqu'à
ce qu'elle s'échape ſur la
fuperficie de la terre où ce
GALANT. 107
fond fe termine, ou retombe
dans quelque lieu plus bas
en terre , s'il y a quelques
ouvertures à la ggllaaiiſſee ou au
tuf qui la foûtient. C'eſt
tout ce que je trouve de
plus vraisemblable dans ce
cas , encore faut il que
vapeurs ayent des conduits
particuliers pour paffer , par
ces
leſquels l'eau qu'elles forment
ne puiffe pas s'échaper.
J'ai voulu voir par experience
ce qu'on pouvoit
efperer de la maniere
de
condenfer les vapeurs de
108 MERCURE
l'eau lors qu'elles s'attacheroient
dans la terre contre
des pierres qui feroient
remplies de quelques iels ;
car c'étoit une pentée nouvelle
que j'avois eue pour
expliquer de quelle maniere
les eaux des vapeurs
qui font en terre pourroient
le ramaffer.
Je mis dans un des caveaux
du fond de la carriere
de l'Obfervatoire un
vaſe de verre , & j'attachai
fur le bord du vaſe un morceau
de linge que j'avois
trempé dans un peu d'eau ,
GALANT . 109
où j'avois fait diffoudre du
fel de tartre. Je choifis ce
fel , parce que je crus qu'il
étoit plus propre à fixer les
vapeurs que tout autre. Le
lieu paroît fort humide ,.
fur - tout en été. Quelque
temps aprés je trouvai au
fond du vafe une quantité
affez confiderable de liqueur
, qui n'étoit que l'eau
de la vapeur de l'air , laquelle
s'étoit attachée contre
le linge , & en ayant
été rempli , le furplus , qui
augmentoit toûjours , avoit
coulé au long des côtez du
110 MERCURE
vafe. J'aurois pouffé cette
experience plus loin , pour
voir fi fa liqueur auroit
continué de couler , & fi le
fel qui étoit dans le linge
auroit été entierement em.
porté par l'eau qui en couloit
, quoy qu'il puiffe arri
ver que des pierres qui auroient
des fels propres 3
fixer les vapeurs , auroient
pû conſerver toûjours leur
fel , & même s'en charger
de nouveau : mais on entra
dans le caveau en mon
abſence , on rompit le vaſe,
& mon experience fut interrompuë.
GALANT.
Je ne parle point de
quelques fontaines particulieres
& extraordinaires ,
qui fe trouvent , à ce qu'on
dit , fur le bord de la mer
& fur des rochers élevez ,
lefquelles ont un flux & un
reflux femblable à celui de
la mer , & qui ne laiſſent
pas d'être des eaux fort
douces. J'ai expliqué mecaniquement
de quelle maniere
cela fe pourroit faire ,
en ſuppoſant des reſervoirs
foûterrains un peu élevez
au deffus du niveau de la
mer , & que la cavité où
112 MERCURE
ces refervoirs font placez
ait communication par le
moyen de quelques canaux
avec la mer. Car il doit arriver
que lofque la mer
monte , elle comprime l'air
qui eſt dans cette cavité ,
lequel preffè l'eau du reſervoir
, & l'oblige de s'écha
per , & même de s'élever
par quelques fentes ou conduits
de ces rochers jufques
fur la fuperficie de la terre ,
où elle forme une fontaine
qui doit diminuer peu à peu
la mer fe re- à meſure que
tire , & que l'air comprimé
qui
GALANT. 113
qui la forçoit de monter fe
rétablit dans fon premier
état. Mais pour peu qu'on
fçache de mecanique , &
qu'on entende bien les
effets des corps liquides ,
on ne manquera pas de
moyens pour expliquer non
feulement les merveilles
qu'on voit dans la nature
fur cette mariere , mais
encore tout ce qu'on pourroit
imaginer.
1
C'eft affez parler de l'origine
des fontaines ; il me
faut maintenant expliquer
quelques remarques parti-
Mars
1714.
K
114 MERCURE
culieres que j'ai faites à
cette occafion fur l'utilité
qu'on peut retirer de l'eau
des pluies. L'avantage le
plus confiderable de l'eau
de la pluie , c'eft de la ra
maſſer dans des refervoirs
foûterrains qu'on appelle
citernes , où quand elle a été
purifiée en paffant au travers
du fable de riviere , elle
fe conferve plufieurs années
fans le corrompre. Cette
eau eft ordinairement la
meilleure de toutes celles
dont on peut ufer , foit ppour
l'employer dans plufieurs
"GALANT.
ufages , comme pour le
blanchiffage & pour les
teintures, en ce qu'elle n'eft
point mêlée d'aucun fel de
la terre , comme font preſque
toutes les eaux de fontaines,
& même celles qu'on
cftime les meilleures. Ces
cîternes font d'une trésgrande
utilité dans les lieux
où l'on n'a point d'eau de
fource , ou bien lorfque
toutes les eaux de puits font
mauvaiſes. Ce n'eſt pas ici
le lieu de parler de la conftruction
des cîternes , ni
du choix des materiaux
Kij
116 MERCURE
qu'on y doit employer ;
puis qu'il ne s'agit que d'avoir
un lieu qui tienne bien
l'eau , & que les pierres &
le mortier dont elles font
jointes , ne puiffent donner
aucune mauvaiſe qualité à
l'eau , qui y fejourne pendant
un temps confiderable.
Ceux qui ont des cîternes
, & qui font curieux
d'avoir de bonne eau , obfervent
foigneufement de
ne laiffer point entrer l'eau
des neiges fonduës dans la
cîterne , ni celles des pluies
GALANT.
117
d'orage. Pour ce qui eft de
celle des neiges fonduës ,
je crois qu'on a quelque
raifon de les exclure des
cîternes , non pas à cauſe
des fels qu'on s'imagine qui
font enfermez , & mêlez
avec les particules de la
neige: mais feulement parce
que ces neiges demeurent
ordinairement
C
plufieurs
jours , & quelquefois des
mois entiers fur les toits
des maiſons , où elles fe
corrompent par la fiente
des oifeaux & des animaux ,
& bien plus par le long
118 MERCURE
féjour qu'elles font fur les
tuiles qui font toûjours fort
fales . C'est pour cette raiſon
que lors qu'il commence à
pleuvoir , je voudrois que
la premiere eau qui vient
du toit , & qui doit entrer
dans la cîterne , fût rejettée
comme mauvaiſe , n'ayant
fervi qu'à laver les toits ,
qui font couverts de la pouffiere
qui s'éleve de bouës
défechées dans les ruës &
dans les grands chemins ,
& qu'on ne reçût ſeulement
dans la cîterne que celle
qui vient enfuite.
GALANT . 19
Il y a une autre remarque
fort confiderable pour les
eaux qu'on doit rejetter des
cîternes , & que le ſeul hazard
m'a fait connoître. Il
y a quelque temps que je
fus curieux de ramaffer de
F'eau de pluie qui tomboit
à
l'Obfervatoire , par le
moyen de la cuvette dont
je me fers pour meſurer la
quantité d'eau qui tombe
pendant l'année . Cette cu
vette eft de fer blanc bien
étamé , elle a quatre pieds
de fuperficie, & des rebords
de fix pouces de hauteur.
120 MERCURE
Il y a un trou & un petit
tuyau qui y eft foudé vers
l'un des angles par où l'eau
qui tombe dans la cuvette ,
qui eft un peu inclinée vers
cet angle , eft portée dans
un vaiffeau qui la reçoit ,
pour la meſurer enfuite , &
connoître par ce moyen la
quantité qui en eft tombée.
Je nettoyai & lavai la cuvette
& le vaiſſeau qui reçoit
l'eau , le plus proprement
qu'il me fut poffible ,
áu commencement d'une
pluie qui paroiffoit abondante,
& je ramaſſai enfuite
l'eau
GALANT. 121
l'eau dans des bouteilles de
verre bien nettes pour la
conferver. Mais comme je
voulus goûter de cette eau,
je fus furpris de ce qu'elle
avoit un fort mauvais goût,
& qu'elle fentoit la fumée :
ce qui me parut fort extraordinaire
; car j'en avois
fouvent goûté de celle qui
étoit ramaffée de la même
maniere , laquelle n'avoit
pas ce même goût. Je ne
voyois rien qui eût pû communiquer
cette odeur de
fumée à l'eau de pluie ; car
le lieu où je la ramaffe ef
Mars
1714
L
122 MERCURE
fort à découvert & élevé,
fort
& il n'y a point de fumée
qui n'en foit fort éloignée.
Mais enfin je confiderai
que cette eau de pluie étoit
tombée avec un vent du
nord ; ce qui n'eſt pas
ordinaire ; car il pleut rarement
de ce vent ; & comme
toute la ville eft au nord
de l'Obfervatoire, la fumée
des cheminées s'étoit mêlée
avec l'eau qui tomboit , &
qui paffoit enfuite pardeffus
le lieu où je la ramaffois ,
& qu'enfin c'étoit la vraye
caufe de la mauvaiſe odeur
GALANT.
123
de l'eau ; car on ſçait par
plufieurs
experiences que
l'eau prend trés facilement
l'odeur de la fumée En effet
je m'en affurai quelque
temps aprés car ayant
encore ramaffé de l'eau de
pluie qui tomboit avec un
vent de midi ou de fudoüeft
, je n'y remarquai rien
de femblable pour le goût ;
car il n'y a que de grandes
campagnes qui s'étendent
vers le midi de l'Obferva
toire.
30 Je conclus de là qu'on
doit aufli rejetter des cîter-
Lij
124
MERCURE
nes toutes les eaux de pluie
qui font apportées par des
vents fur des lieux infectez
de quelque mauvaiſe
odeur , comme des égoûts ,
des voiries , & même des
grandes villes à cauſe de la
fumée , comme je viens de
remarquer ; car les exhalaifons
& les mauvaiſes vapeurs
qui fe mêlent avec
l'eau qui entre dans la cîterne
, doivent corrompre
celle qui y eft entrée dans
un autre temps.
$ Enfin puifquel'on ne peut
pas douter par toutes les ex
GALANT .
-125
periences & par toutes les
épreuves qu'on a faites, que
l'eau de la pluie qui a été purifiée
dans du fable de riviere
, pour lui ôter le limon &
une odeur de terre qu'elle a
en tombant du ciel , ne foit
la meilleure & la plus faine
de toutes celles dont on
puiffe ſe ſervir , j'ai penſé de
quelle maniere on pourroit
pratiquer dans toutes les
maifons des cîternes qui
fourniroient affez d'eau
pour l'ufage de ceux qui y
demeurent.
Premierement il eft cer-
Liij
126 MERCURE
tain qu'une maiſon ordinaire
, qui auroit en fuperficie
quarantes toiſes , lef
quelles feroient couvertes
de toits , peut ramaſſfer chaque
année 2160. pieds cubiques
d'eau , en prenant
feulement dix huit pouces
pour la hauteur de ce qu'il
en tombe , qui eft la moindre
hauteur que j'aye obfervé
. Mais ces 2160. pieds
cubiques valent 75600. pintes
d'eau , à raifon de 35.
pintes par pied , qui eſt la
jufte mefure pour la pinte
de Paris, Si l'on diviſe donc
GALANT. 127
ce nombre de pintes par
les 365. jours de l'année
on trouvera 200. pintes par
jour. On voit par là que
quand il y auroit dans une
maiſon , comme celle que
je fuppofe , vingt - cinq perfonnes
, elles auroient huit
pintes d'eau chacune à dépenſer
, qui eſt plus d'un
feau de ceux d'ordinaire ,
& ce qui eft plus que fuffifant
pour tous les uſages de
la vie.
Il ne me reste plus qu'à
donner un avis fur le lieu
& fur la maniere de con-
Liiij
128 MERCURE
,
a
ftruire ces fortes de cîternes
dans les maiſons particulieres.
On voit dans plufieurs
villes de Flandres ,
vers les bords de la mer
où toutes les eaux des puits
font falées & ameres
cauſe que le terrain n'eft.
qu'un fable leger au travers
duquel l'eau de la mer ne
f purifie pas , que l'on fait
des cîternes dans chaque
maiſon pour ſon uſage particulier.
Mais ces cîternes
font enterrées , & ne font
que des caveaux où l'on
croit que l'eau le conferve
GALANT. 129
mieux qu'à l'air. Il eſt vrai
que l'eau , & fur- tout celle
de pluie , ne fe conferve pas
à l'air à caule du limon dont
elle eft remplie , & qu'elle
ne depofe pas entierement
en paffant par le fable , &
qu'elle fe corrompt , & qu'il
s'y engendre une espece de
mouffe verte qui la couvre
entierement. C'est pourquoy
je voudrois qu'on pratiquât
dans chaque mailon
un petit lieu dont le plancher
feroit élevé au deffus
du rez de chauffée de fix
pieds environ ; que ce lieu
130 MERCURE
n'eût tout au plus que la
quarantieme ou cinquantieme
partie de la fuperficie
de la maiſon , & qui feroit
dans nôtre exemple d'une
toife à peu prés. Ce lieu
pourroit être élevé de huit
à dix pieds , & bien vouté
avec des murs fort épais.
Ce feroit dans ce lieu où je
placerois un refervoir de
plomb , qui recevroit toute
l'eau de pluie aprés
qu'elle auroit paffé au travers
du fable. Il ne faudroit
à ce lieu qu'une tréspetite
porte bien épaiffe &
GALANT. 131
bien garnie de natte de
paille , pour empêcher que
la gelée ne pût penetrer
jufqu'à l'eau. Par ce moyen
on pourroit diſtribuer facilement
de trés bonne eau
dans les cuifines & les lavoirs.
Cette eau étant bien
enfermée ne fe corromproit
pas plus que fi elle étoit fous
terre, & ne geleroit jamais.
Son peu d'élevation au def
fus du rez de chauffée ferviroit
affez à la commodité
de fa diftribution dans tous
les lieux bas du logis.Ce reſervoir
pourroit être placé
132
MERCURE
dans un endroit où il n'incommoderoit
par fon humidité
, qu'autant que ceux
d'eau de fontaine qui font
dans plufieurs maiſons.
J'ai examiné depuis peu
les differentes eaux de pluie
que j'avois ramaffées autrefois
, & que j'avois confervées
dans des bouteilles de
verre. J'ai trouvé qu'il y en
avoit quelques - unes qui
étoient d'un mauvais goût,
& je ne fçaurois affurer fi
ce font celles qui avoient
d'abord une odeur de fumée
quand je les ai miſes
GALANT. 133
dans la bouteille ; les autres
étoient affez bonnes & agreables
, elles n'avoient
plus le goût de terre , qu'ont
toutes les eaux de pluie , &
c'étoit peut être parce qu'-
elles avoient dépolé un
certain limon , qu'on voit
ordinairement au fond des
vaſes où l'on a laiſſé pendant
quelque temps des
caux de pluie.
Jajoûterais encore une
remarque que j'ai faite fur
les eaux de fontaine qui font
fur le côteau de la butte de
Montmartre vers le fepten134
MERCURE
trion. Ces eaux font fort
claires & affez bonnes pour
boire. Cependant fi l'on
fait cuire de la viande &
des herbes à potage avec
cette eau , le bouillon eſt
d'une grande amertume ;
ce qu'on ne peut pas attribuer
à la nature des herbes
du lieu , puifque fi l'on
fe fert d'eau de pluie pour
faire le bouillon , il eſt trésbon
& n'a aucune amertume.
Fermer
Résumé : Remarques sur l'eau de la pluie, & sur l'origine des fontaines ; avec quelques particularitez sur la construction des cîternes.
Le texte explore l'importance historique de la gestion de l'eau, tant pour les besoins quotidiens que pour l'ornementation des palais et jardins. Les hommes ont toujours cherché à rendre les rivières navigables et à construire des aqueducs pour transporter l'eau sur de longues distances. Ils ont également inventé des machines pour élever et distribuer l'eau de manière spectaculaire. Deux principales théories expliquent l'origine des fontaines. La première attribue les fontaines à l'eau de pluie et à la fonte des neiges, tandis que la seconde propose des cavités souterraines où les vapeurs des eaux se condensent. M. N** a calculé que l'eau de pluie et de neige fournit suffisamment d'eau pour entretenir les rivières comme la Seine. L'auteur a mené des expériences pour vérifier ces théories. Il a enterré des cuvettes de plomb à différentes profondeurs pour observer la pénétration de l'eau de pluie. Les résultats ont montré que l'eau ne pénètre pas profondément dans la terre, sauf dans des terrains sableux et pierreux. Les expériences ont également révélé que les plantes absorbent une grande quantité d'humidité, ce qui limite la pénétration de l'eau dans le sol. L'auteur conclut que peu de fontaines tirent leur origine des pluies et des neiges. Le texte traite également de l'origine des sources et de l'utilisation de l'eau de pluie. Il propose une explication des sources par des tuyaux et canaux naturels conduisant l'eau de rivières élevées, mais cette hypothèse est contestée. L'auteur suggère que les sources proviennent de vapeurs s'élevant des eaux des rivières ou de la mer, se condensant et s'écoulant à travers des terrains perméables. Il relate une expérience où il a recueilli de l'eau de vapeur dans un vase pour démontrer la formation des sources. L'auteur aborde l'utilité des citernes pour collecter et conserver l'eau de pluie, soulignant que cette eau est souvent de meilleure qualité que celle des fontaines ou des puits. Il recommande de ne pas collecter l'eau des neiges fondues ou des pluies d'orage, ainsi que celle apportée par des vents passant au-dessus de lieux infectés par des mauvaises odeurs. Il calcule la quantité d'eau de pluie que peut collecter une maison ordinaire et conclut que cela suffit amplement pour les besoins quotidiens des habitants. Enfin, le texte mentionne la construction de citernes dans les maisons particulières, notamment dans les villes de Flandres où les eaux des puits sont salées et amères en raison de la proximité de la mer. L'auteur propose un réservoir élevé au-dessus du rez-de-chaussée, couvert et bien isolé pour éviter la contamination et le gel. Ce réservoir recueillerait l'eau de pluie filtrée à travers un sable léger, permettant une distribution facile dans les cuisines et lavoirs sans risque de corruption ou de gel.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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286
p. 145-151
ESTAMPES.
Début :
Voicy la plus nombreuse suite de modes Etrangeres, & en [...]
Mots clefs :
Estampes, Tableaux, Turcs, Femmes, Filles, Monsieur de Ferriol, Suite, Officiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESTAMPES.
ESTAMPES.
V
Oicy la plus nombreu
fe fuite de modes Etran
geres , & en même temps la
plus finguliere qui ait encore
paru .
2
Elle eft compofée de cent
Planches differentes qui ont
chacunes treize pouces & demi
de hauteur , fur environ
neuf pouces de largeur.
Chaque Planche contient,
une , deux , trois ou quatre Fi-
N
Mars
1714.
146 MERCURE
gures , qui font toutes accom.
pagnées de fonds & de chofes
convenables à leurs habits &
à leurs dignitez ...
Cette fuite ne comprend
pas feulement le Grand Seigneur
, la Sultane Reine , les
principaux Officiers du Serail
en habit de ceremonie; mais
auffi le Moufti & tous les
gens de Loy , le Grand Vifir
& les Officiers de guerre de
Terre , le Capitant Pacha &
les Officiers de Marinebit
Aprés ceux-cy viennent les
differentes conditions des
Tures , des femmes & filles
K
GALANT , 147
Turques , des Marchands ,
Aprés quoy font les Juifs,
& Juives & autres fujets Tributaires
ou voifins des Turcs
en Europe , comme font les
Patriarches & autres Grecs ;
des femmes & filles Grecques,
les Hongrois & Hongroifes ,
Bulgares, Valaques , Albanois,
Tartares de Crimée , & entreautres
des filles de plufieurs
Ifles de l'Archipel , dont les
habits extraordinaires font un
fingulier plaifir à voir.
Differents Habitans d'Afie
viennent enfuite Arabes Armeniens
, Perfans & Indiens ,
Nij
148 MERCURE
& enfin des Afriquains & Afriquaines.
Chaque Eftampe de cette
grande fuite eft imprimée ſur
une demie feuille du plus beau
Papier du Nom de Jefus , à
la referve de la derniere Eftampe
qui eft imprimée fur une
Feuille entiere ; elle reprefente
la ceremonic d'un Mariage
Turc.
Monfieur de Ferriol , Ambaffadeur
Extraordinaire de
Sa Majesté à Conftantinople
par une curiofité toute louable
fit peindre d'ap és nature
& à grands frais ces differents
GALANT 149
habillemens en 1707. &
1708. par le fieur Vanmour
habile Peintre Flamand qui
les peignit avec tout le foin
& la fidelité imaginable ; &
aprés que ces Tableaux furent
achevez , Monfieur de Ferriol
les fic expofer à la cenfure pu
blique avant fon départ de
Conftantinople.
C'eft fur ces Tableaux O
riginaux que les Estampes qui
compofent ce Recücil ont été
gravées par les foins de Monfieur
le Hay , qui y a employe
d'excellens Graveurs. L'on
trouvera ce Recücil chez luy ,
Niij
119 MERCURE
4
ruë de Grenelle , Fauxbourg
S. Germain , proche la rue de
la Chaife , & chez Monfieur
du Change, Graveur du Roy,
ruë S. Jacques ; l'on y trouve,
ra auffi la même fuite enluminée
d'aprés les Tableaux
Originaux ; ce qui fera non
feulement connoiftre la forme
, mais encore la veritable
couleur de toutes les differentes
& riches étoffes , dont ces
habillemens font faits ; & l'on
mettra tous les foins poffibles
pour enluminer ces Eftampes
avec intelligence , afin de
leurs donner la verité & le
in
GALANT. 151
merite des Tableaux.
Cette fuite d'Eftampes
pourra fervir à orner des Cabinets
, des Galleries & des
Maifons de Campagne : on
efpere que les Sçavans , les
Curieux & le Gens de gouft
en feront affez de cas , pour
leur donner place dans leurs
porte feuilles ou dans leurs
Bibliotheques.
V
Oicy la plus nombreu
fe fuite de modes Etran
geres , & en même temps la
plus finguliere qui ait encore
paru .
2
Elle eft compofée de cent
Planches differentes qui ont
chacunes treize pouces & demi
de hauteur , fur environ
neuf pouces de largeur.
Chaque Planche contient,
une , deux , trois ou quatre Fi-
N
Mars
1714.
146 MERCURE
gures , qui font toutes accom.
pagnées de fonds & de chofes
convenables à leurs habits &
à leurs dignitez ...
Cette fuite ne comprend
pas feulement le Grand Seigneur
, la Sultane Reine , les
principaux Officiers du Serail
en habit de ceremonie; mais
auffi le Moufti & tous les
gens de Loy , le Grand Vifir
& les Officiers de guerre de
Terre , le Capitant Pacha &
les Officiers de Marinebit
Aprés ceux-cy viennent les
differentes conditions des
Tures , des femmes & filles
K
GALANT , 147
Turques , des Marchands ,
Aprés quoy font les Juifs,
& Juives & autres fujets Tributaires
ou voifins des Turcs
en Europe , comme font les
Patriarches & autres Grecs ;
des femmes & filles Grecques,
les Hongrois & Hongroifes ,
Bulgares, Valaques , Albanois,
Tartares de Crimée , & entreautres
des filles de plufieurs
Ifles de l'Archipel , dont les
habits extraordinaires font un
fingulier plaifir à voir.
Differents Habitans d'Afie
viennent enfuite Arabes Armeniens
, Perfans & Indiens ,
Nij
148 MERCURE
& enfin des Afriquains & Afriquaines.
Chaque Eftampe de cette
grande fuite eft imprimée ſur
une demie feuille du plus beau
Papier du Nom de Jefus , à
la referve de la derniere Eftampe
qui eft imprimée fur une
Feuille entiere ; elle reprefente
la ceremonic d'un Mariage
Turc.
Monfieur de Ferriol , Ambaffadeur
Extraordinaire de
Sa Majesté à Conftantinople
par une curiofité toute louable
fit peindre d'ap és nature
& à grands frais ces differents
GALANT 149
habillemens en 1707. &
1708. par le fieur Vanmour
habile Peintre Flamand qui
les peignit avec tout le foin
& la fidelité imaginable ; &
aprés que ces Tableaux furent
achevez , Monfieur de Ferriol
les fic expofer à la cenfure pu
blique avant fon départ de
Conftantinople.
C'eft fur ces Tableaux O
riginaux que les Estampes qui
compofent ce Recücil ont été
gravées par les foins de Monfieur
le Hay , qui y a employe
d'excellens Graveurs. L'on
trouvera ce Recücil chez luy ,
Niij
119 MERCURE
4
ruë de Grenelle , Fauxbourg
S. Germain , proche la rue de
la Chaife , & chez Monfieur
du Change, Graveur du Roy,
ruë S. Jacques ; l'on y trouve,
ra auffi la même fuite enluminée
d'aprés les Tableaux
Originaux ; ce qui fera non
feulement connoiftre la forme
, mais encore la veritable
couleur de toutes les differentes
& riches étoffes , dont ces
habillemens font faits ; & l'on
mettra tous les foins poffibles
pour enluminer ces Eftampes
avec intelligence , afin de
leurs donner la verité & le
in
GALANT. 151
merite des Tableaux.
Cette fuite d'Eftampes
pourra fervir à orner des Cabinets
, des Galleries & des
Maifons de Campagne : on
efpere que les Sçavans , les
Curieux & le Gens de gouft
en feront affez de cas , pour
leur donner place dans leurs
porte feuilles ou dans leurs
Bibliotheques.
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Résumé : ESTAMPES.
Le texte décrit une collection d'estampes intitulée 'Estampes', publiée en mars 1714. Cette collection se distingue par sa diversité et son caractère unique, comprenant cent planches de treize pouces et demi de hauteur sur environ neuf pouces de largeur. Chaque planche présente une à quatre figures, accompagnées de fonds et d'objets adaptés à leurs habits et dignités. La collection ne se limite pas aux figures du Grand Seigneur, de la Sultane Reine et des principaux officiers du Sérail, mais inclut également des personnages variés tels que le Moufti, des gens de loi, le Grand Vizir, des officiers de guerre et de marine, ainsi que des Turcs, des femmes et filles turques, des marchands, des Juifs, des Grecs, des Hongrois, des Bulgares, des Valaques, des Albanais, des Tartares de Crimée, des habitants de l'Archipel, des Arabes, des Arméniens, des Persans, des Indiens, des Africains et des Africaines. Les estampes sont basées sur des tableaux peints sur nature par le peintre flamand Vanmour, à la demande de Monsieur de Ferriol, ambassadeur à Constantinople en 1707 et 1708. Elles ont été gravées par Monsieur le Hay et ses graveurs. La collection est disponible chez Monsieur le Hay et chez Monsieur du Change, graveur du Roi. Une version enluminée permet de connaître les couleurs des étoffes utilisées dans les habits. Destinée à orner des cabinets, des galeries et des maisons de campagne, cette collection s'adresse aux savants, aux curieux et aux gens de goût, qui peuvent l'inclure dans leurs portefeuilles ou bibliothèques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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287
p. 133-135
Autre Enigme.
Début :
Quiconque s'est servi de moy, [...]
Mots clefs :
Éventail
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre Enigme.
Autre
Enigme.
Quiconque s'eftfervi de
moy ,
Scait combien à prefent
utile eft mon employ.
Mon corps eft fimple &
froid autant qu'on
le peut être ;
Il est pourvû de plufieurs
bras ,
Dont le nombre ne doit
faire aucun embarras
.
134 MERCURE
Qu'il fuffife
au lecteur
qui cherche
à meconnoître
Que demoyfans cela on
feroit peu de cas.
Il nefaut point que l'on
s'étonne
Si ce que je n'ai pas ,
quand on veut je
le donne :
De moy-mêmeje ne puis
rien ,
Parle fecours d'autrui je
rends le mien utile
Et je ne fais ni mal ni
bien
GALANT . 135
Tandis qu'on me laiſſe
inutile.
Enigme.
Quiconque s'eftfervi de
moy ,
Scait combien à prefent
utile eft mon employ.
Mon corps eft fimple &
froid autant qu'on
le peut être ;
Il est pourvû de plufieurs
bras ,
Dont le nombre ne doit
faire aucun embarras
.
134 MERCURE
Qu'il fuffife
au lecteur
qui cherche
à meconnoître
Que demoyfans cela on
feroit peu de cas.
Il nefaut point que l'on
s'étonne
Si ce que je n'ai pas ,
quand on veut je
le donne :
De moy-mêmeje ne puis
rien ,
Parle fecours d'autrui je
rends le mien utile
Et je ne fais ni mal ni
bien
GALANT . 135
Tandis qu'on me laiſſe
inutile.
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288
p. 145-194
REMARQUES sur les inégalitez du Mouvement des Horloges à Pendule.
Début :
Les Astronomes qui ont pris grand soin de regler leurs [...]
Mots clefs :
Pendule, Mouvement de la terre, Air, Vibrations, Eau, Terre, Ligne, Corps, Longueur du pendule, Cayenne, Poids, Pendule simple, Seconde, Gorée, Horloge, Axe, Particules, Cycloïde, Pôles, Expérience
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUES sur les inégalitez du Mouvement des Horloges à Pendule.
REMARQUES
Sur les inégalitez du Mouvement
des Horloges à Pendule.
L
Es
Aftronomes qui ont
pris grandfoinde regler
leurs Pendules à ſecon-
1 des , fur le Mouvement des
Aftres , y ont remarqué des
inégalitez , qu'ils n'ont pû réduire
à aucune regle certaine.
J'ay fait quelques remarques
fur ces inégalitez dans le Me.
moire que j'ay lû à l'Acadé-
N Avril
1714.
146 MERCURE
mie , & entr'autres fur celles
par
qui peuvent
venir d'une petite
lame de reffort , que j'avois
miſe à la place de la foye
pour foutenir
le Pendule ; car
j'avois cru que cette lame ,
n'étant pas ſujette aux alterations
qui arrivent
à la foye ,
la féchereffe
& par l'humidité
de l'air , les vibrations
du Pendule
pourroient
eftre
beaucoup
plus égales : Mais
enfin je fus obligé d'ofter la
lame & d'y mettre la foye , à
caufe que j'y remarquois
des
inégalitez
bien plus grandes
qu'auparavant
; & j'ay trouvé
GALANT. 147
depuis que l'Horloge alloit
affez juftement pour ne pas
s'écarter quelques fois du
moyen mouvement d'une
feule feconde dans l'efpace de
quatre jours , où le Pendule
fait 345600. vibrations . Mais
j'ay auffi remarqué quelques
fois , que d'un jour à l'autre
il y avoit des changemens af
fez confiderables pour embarraffer
un Obfervateur exact ,
& pour donner de l'exercice à
un Philofophe qui en voudroit
rechercher la caufe , la.
quelle ne peut
fique.
cftre que Phy-
Nij
148 MERCURE
Les differens états de l'air
femblent eftre les feules caufes
des changemens que nous
remarquons au Mouvement
des Pendules ; car il eſt chaud
ou froid , fec ou humide , leger
ou pefant , rare ou groffier
ou épais ; toutes ces differentes
qualitez fe mêlant enfemble
en differens degrez ,
peuvent caufer de grandes alterations
au Mouvement des
Horloges. Mais pour reconnoiftre
quelque chofe de ce
qui doit arriver , il faut confiderer
féparément ces états
differens .
GALANT 149
7 des
On fuppofe premierement ,
que fi la Cycloïde eft bien
faite fuivant les regles que Mr
Huggens en a données , tout
ce qui peut accelerer ou ralentir
le Mouvement des rouës ,
ne doit apporter aucun changement
à l'Horloge , puifqu'il
n'en pourroit arriver
vibrations plus longues , ou
plus courtes , lefquelles ne
laifferoient pas d'eftre fochrones
ou d'égale durée . Ainfi
le froid pouvant figer en quelque
façon le peu d'huile qui
eft attaché aux pivots des
rouës , fera
que
que leur Mouve-
Niij
So MERCURE
ment fera plus difficile que
dans un temps chaud ou
l'huile fera plus liquide , &
par confequent les vibrations
deviendront plus
courtes ;
elles ne
laifferont pas d'eftre
d'égale durée à celles qui font
plus longues , cftant rectifiées
par la figure de la Cycloïde.
L'humidité qui
s'attachera
aux touës , & aux pivots pourra
caufer à peu prés le même
effet fans qu'il arrive d'inégalité
au Mouvement
.
Mais quoique la Cycloïde
foit la figure neceffaire pour
faire que les vibrations
lonGALANT.
151
gues ou courtes , foient Ifochrones
, il falloit confiderer ,
qu'elle ne pouvoit avoir lieu
que lorsque la fufpenfion n'auroit
aucune groffeur ou épaiffeur,
ce qui eft impoffible dans
l'execution
; c'est pourquoy
,
puifqu'on fe fert d'un fil de
e
foye tortillé , qui eft affezgros
pour foutenir la lentille du
pendillon ou Pendule qui eft
pefante , & qu'on ne doit
rien négliger , de ce qui peur
contribuer à la jufteffe de ce
Mouvement ; il ne faut pas
que la figure foit une Cycloïde
, mais une ligne paralelle à
Niiij
152 MERCURE
la Cycloïde laquelle en foit
éloignée vers la partie concave
de la moitié de
l'épaiffeur du
fil , afin que l'axe où le milieu
de ce fil décrive exactement
la Cycloïde , comme je l'ay expliqué
dans mon Traité des
Epicycloïdes qui doivent fervir
au Mouvement des Machines.
On peut auffi
remarquer
que les petits filets de foye qui
compofent le fil , font fecs &
roides , & qu'ils peuvent par
confequent fouffrir tous enfembles
des alterations confi-
1
derables , & à
peu prés femblables
à celles de la lame de
GALANT . 153
reffort , qui eft plus roide dans
des temps froids , lecs & plus
molle dans des temps chauds ;
mais c'eſt un accident qu'on
ne peut éviter , quand on fe
fert d'une fufpenfion flexible
pour le Pendule ; c'eft pour
quoi on pourroit éprouver
celle que j'ay propofée dans
differens Memoires.
Si l'on confidere les diffe
& rens états de l'air par rapport
au Pendule , & non pas par
rapport au rouage de l'Horloge,
on y remarquera tant de
differens accidens , qu'à peine
pourroit- on croire que l'Hor
7.
154 MERCURE
loge pût aller également une
heure en terre , pendant laquelle
le Pendule fait 3600 .
vibrations ou battemens.
On fçait que la chaleur du
Soleil en Eté eft affezforte pour
échauffer une barre de fer de
fix pieds de longueur , & la
rendre plus longue qu'elle n'étoit
en Hiver , ayant efté expofée
à la gelée, de deux tiers
de ligne , comme je l'ay reconnu
par une experience tresexacte
que j'en ay faite autrefois.
C'est pourquoi ces deux
états differens de l'air fur la
longueur, de la verge du PenGALANT
. 155
-1
dule , qui doit eftre de trois
pieds huit lignes un deuxième
pour battre les fecondes , la
pourroit changer d'un tiers de
ligne , ce qui cauferoit une
difference tres- confiderable
dans la durée des vibrations
du Pendule , puifqu'elle pourroir
aller jufqu'à 32. par jour,
Mais comme ce cas ne pourroit
arriver que lorfque l'Horloge
feroit expofée à l'air , &
au Soleil dans ces deux faifons,
ce qui n'eft pas ordinairement,
on n'y remarque pas de fi
grands changemens . Il arrive
quelque fois d'affez grandes
156 MERCURE
differences de chaleur d'un jour
à l'autre , & de la nuit au jour
pour faire allonger ou racourcir
la verge du Pendule , qui
pourra ralentir ou accelerer
le Mouvement de l'Horloge,
de quelques fecondes , comme
nous le remarquons auffi quel
que fois , ce qui peut venir par
cette feule caufe. C'est pourquoi
dans l'ufage qu'on fait
des Horloges à Pendule pour
les obfervations celeftes , où il
eft neceffaire de connoiftre
l'heure dans la derniere juf
teffe , il faut les placer dans un
lieu où elles foient le plus à la
GALANT. 157
l'abri qu'il eft poffible , de
toutes les injures de l'air.
L'humidité , la féchereffe ,
la denfité , la rareté de l'air peuvent
auffi caufer des alterations
confiderables
auMouve-
3 ment du Pendule. Car lorfque
l'air fera humide , c'est- à- dire
lorſqu'il ſera rempli de quantité
de petites particules d'eau
qui y demeurent
fufpendues ,
ou lorsqu'il eft denfe ou épais,
le Pendule , aura plus de peine
à le fendre , & il femble que
fes vibrations doivent cftre
alors de bien plus longue durée
que lorsqu'il eft fec ou ra 31
158 MERCURE
re. Car nous fçavons par experience
qu'une plume treslegere
tombe dans un tuyau
dont on a pompé l'air,prefque
auffi vite qu'une pierre fait
dans l'air. Mais comme on ne
doit point juger de ce qui
doit arriver dans ces fortes de
rencontres fans en faire l'experience
lorsqu'il eft poffible
de la faire , j'ay cru que fi l'air
humide ou épais peut rendre
les vibrations de plus longue
durée qu'un air fec & rare ,
on devoit appercevoir une
tres grande difference entre le
Mouvement du Pendule dans
GALANT . 159
l'air & dans l'eau . Pour connoistre
ce qui en eftoit , j'ay
fait un Pendule à demi fecondes
avec une bale de plomb
de deux onces de
pefanteur ,
laquelle eftoit fufpenduë à un
fil delié , & je l'ay mis en.
mouvement dans l'eau . J'ay
remarqué dabord que les
grandes vibrations fe racourciffoient
, & que le mouvement
s'arreftoit infenfiblement
aprés une minute & un
peu plus. Mais comme je me
perfuadois que ces vibrations
dans l'eau devoient eftre au
moins d'une feconde chacune ,
160 MERCURE
lefquelles n'eftoient que d'une
demi feconde dans l'air , j'ay
efté fort furpris de voir
qu'elles me paroiffent prefqu'-
auffi promptes ou d'égale durée
à celles qui ſe faifoient
dans l'air. Pour les mefurer
exactement j'ay fair compter
les vibrations du Pendule de
l'Horloge à feconde , pendant
une minute , & à même
temps je comptois les vibrations
du Pendule à demi feconde
, dans l'eau d'un grand
vaiffeau plat , où la balc
eftoit enfoncée d'un demi
pouce environ , & j'ay trouvé
1
aptés
GALANT . 161
1
aprés avoir repeté plufieurs
fois la même experience , que
le Pendule dans l'eau ne faifoit
que 112. vibrations au lieu
des 120. qu'il auroit faites
dans l'air pour une minute.
J'ay fait auffi la même experience
avec un Pendule
fimple à fecondes , dont la bale
qui eftoit de plomb , peſoit
cinq onces , & j'ay trouvé
comme dans l'autre que les
grandes vibrations duroient
fort peu de tems , & que
Pendule s'arreftoit prefque entierement
aprés deux minutes ;
mais il ne faifoit dans l'eau
Avril 1714
.
le
162 MERGURE
que
que 114 vibrations pendant
le Pendule de l'Horloge
en faifoit i 20. dans l'air pour
deux minutes. Ainfi le retardement
que l'eau caufe aux
vibrations du Pendule eft de
trois par minute ; j'aurois fouhaité
de faire les obfervations
de ces differences de vibrations
dans l'eau & dans l'air
pendant
20. ou 30, pour connoiftre
plus exactement leur
difference , & voir quel rap
port il y avoit dans le retardement
des vibrations dans
l'eau , fur ces Pendules de difference
longueur ; mais je n'ay
GALANT . 163
pû aller plus loin.
Puifqu'un Pendule à fccondes
perd dans l'eau trois
par minute , il perdroit en un
jour 4320.
Mais fi nous
fuppofons que cette diminution
du mouvement des Pendules
, vient de la denfité du
milieu ; & fi l'air eft denſe , ou
épais par le poids dont il eft
chargé , fans avoir égard au
plus ou au moins de particules
d'eau qui y font mêlées , il
s'enfuivra
que fi la pefanteur
de l'air change feulement d'un
28 , comme on le remarque
affez fouvent dans le Baro-
O ij
164 MERCURE
-
metre, la vingt- huitième partie
de 4320. de retardement du
Pendale dans l'eau pour un
jour , laquelle eft 154. fera
la diminution ou bien le retardement
de l'Horloge dans
l'efpace d'un jour par rapport
à deux differents états de l'air ;
mais on n'a jamais remarqué
dans les Horloges à Pendule ,
une auffi grande difference
que celle- là; on ne peut donc
pass dire , que les differens
poids dont l'air peut eftre
chargé , puiffent caufer ſes differentes
denfitez ne font pas
fur le mouvement d'un PenGALANT
. 165
dule le même cffet que la
denfité de l'eau , ce qui peut
venir de la differente configuration
des parties de ces deux
corps , dont celles de l'air ,
quoique fort ferrées & preffées
, pourront cftre facilement
féparées , & au contraire
celles de l'eau le peuvent être
tres-difficilement , eftant adherentes
les unes aux autres.
On pourroit encore ajouter
que les dernieres vibrations
dans l'eau eftant plus courtes
que les premieres , elles vont
plus vite.
Ce feroit pour cette raiſon
166 MERCURE
que l'air , quoiqu'il fut rempli
de particules d'eau n'apporte
roit que peu ou point de retardement
au mouvement du
Pendule , en ce que toutes ces
particules n'ayant point de
liaifon les unes aux autres ;
mais eftant toutes féparées
par les particules de l'air, pourroient
eftre tres- facilement
deplacées entre les particules
de l'air , où elles font flotan-
>tes .
Maisfices particules d'eau ne
caufent point de retardement
au mouvement du Pendule
pár la difficulté à cftre déplas
GALANT . 167
cées ; elles peuvent y caufer
un changement affez confiderable
par un autre moyen. Si
l'air de fec qu'il devient humide,
il eft certain qu'une tresgrande
quantité de ces particules
d'eau doivent s'attacher
à la fuperficie de la verge , &
à celle du poids du Pendule ,
& même elles peuvent penetrer
un peu cette verge & ce
poids ; & par confequent elles
feront comme un enduit fur
la vergez& fur ia lentille du
poids , qui aura fon centre
Jd'ofcillation different de celui
du compofé de la verge &
168 MERGURE
du poids : c'eft pourquoi le
centre d'ofcillation étant alors
different de ce qu'il eftoit au
paravant
, la durée des vibrations
ne fera pas la même
qu'elle eftoit. Ce n'est pas
qu'on ne puiffe remedier en
quelque façon à cet accident ,
en fe fervant pour Pendule
d'un Cylindre dont la baffe
eftoit petite, ce qui foit homogene
dans toute fa longueur ,
lequel cftant fufpendu par
l'extrémité
de fon axe , auroit
à tres peu prés un même point
pour centre d'ofcillation de fa
fuperficie & de fon corps , &
par
GALANT. 169
par confequent quelque changement
qu'il arrivât à cette ſuperficie
pourvû qu'il fut égal
dans toutes fes parties , le
mouvement du Pendule n'en
feroit point alteré fenfiblement
. Ce feroit la même
chofe , fi au lieu d'un Cylindre
on fe fervoit d'un paralele
lipipede , pourvû qu'il
fut auffi fufpendu par l'extre
mité de fon axe.
Enfin fi la Cycloïde eftoit
mal faite , elle pourroit caufer
de nouvelles irrregularitez au
mouvement du Pendule , fuivant
que ces vibrations fe-
Avril 1714. P
170 MERCURE
roient plus longues ou plus
courtes dont il s'en formeroit
plufieurs autres par leur combinaiſon
, avec les premieres.
Pour ce qui regarde les differentes
longueurs du Pendule
dans differens climats , il
me femble qu'on y peut faire
quelques remarques ; car Mr
Picard avoit obfervé à Vranibourg
, & à Bayonne , où j'étois
avec lui , que la longueur du
Pendule fimple à ſeconde , étoit
exactement la même qu'à
Paris. On fit une grande attention
à cette obfervation de
Bayonne , à cauſe qu'on fçaGALANT.
171
voit ce que Mr Richer en avoit
rapporté de Cayenne. Vrani .
bourg & Bayonne font éloignez
l'un de l'autre en latitude
de plus de douze degrez,
& entre Bayonne & Cayenne ,
la difference de latitude eft
de 38. car Cayenne eſt à peuprés
à 5. de latitude de Borcale
, ce qui donne ſeulement
une difference à peu - prés triple
de la premiere , pour laquelle
on trouve cinq quarts
de ligne de diminution de la
longueur du Pendule . On
doit donc conclure de là que
cette difference de longueur
Pij
172 MERCURE
ne devient fort fenfible qu'en
s'approchant de la ligne.
Mais quelques années aprés
Mrs Varin , des Hayes & de
Glos, ayant été envoyez vers la
ligne , pour y faire quelques
obfervations Aftronomiques
,
trouverent que dans l'Ile de
Gorée , qui eft à 14. de latitude
de Borcale , la longueur
du Pendule fimple à feconde
devoit cftre plus courte qu'en
France de 2. lignes . Les obfervations
faites à Cayenne &
à Gorée , ne laiffent aucun lieu
de douter qu'elles ne foient
tres- certaines & tres - exactes
GALANT. 173
to
par toutes les circonstances
qui y font rapportées . Cependant
fi l'on avoit voulu
conclure cette difference de
longueur du Pendule pour
Gorée par celle de Cayenne ,
on auroit dit que celle de
Gorée devoit eſtre ſeulement
plus courte qu'à Paris de trois
quarts de ligne environ , &
l'obfervation la donne de 2.
lignes entieres. Au contraire ,
fi de celle de Gorée on avoit
conclu celle de Cayenne, on
l'auroit pofée de 3. lignes environ
, & elle n'a efté trouvée
que de cinq quarts de lignes .
Piij
174 MERCURE
Les grandes differences ne
peuvent s'accorder en aucune
façon avec les hypotefes que
Mr Mariette a faites dans fon
Traité du mouvement des Eaux ,
& Mr Huygens dans ſon Traité
de la Lumiere , & il faut en
chercher d'autres pour expliquer
pourquoi la longueur du
Pendule eft la même dans les
latitudes de 55. un quart & de
43. un tiers , & qu'à 14. deux
tiers elle eft de deux lignes plus
courte , & à 5. de cinq quarts
de ligne feulement . Mais ne
pourroit-on point foupçonner
que cette differente lonGALANT.
175
1
1
gueur
du Pendule n'eft point
réelle , mais feulement apparente,
& qu'elle ne vient que de
la mefure dont on s'eft fervi .
Car il est tres - vray que les
métaux , & generalement tous
les corpss s'étendent conſidera
ble ment à la chaleur , & fe
refferent au froid . Mr Picard
dit que fur un pied de longueur
il a obfervé un allongement
d'un quart de ligne ; & par
confequent fur la longueur du
Pendule ce feroit trois quarts
de ligne , au lieu que je n'ay
trouvé qu'un tiers de ligne.
Cette difference pourroit ve-
Piiij
176 MERCURE
nir des manieres differentes
dont les obfervations ont efté
faites ; car Mr Picard ayant
expofé les corps à la gelée , les
mettoient enfuite auprés du
feu ; & pour moy je les ay
feulement expofez au Soleil.
l'Eté fuivant . On pourroit
donc dire que vers la ligne ,
& entre les Tropiques où les
chaleurs font fort grandes , les
métaux s'étendent & s'allon.
gent tres- confiderablement
au- delà de ce qu'ils font dans
ccs Pays - ci , & peut - eſtre encore
par une cauſe particuliere
des vapeurs des exhalaiſons
GALANT 177
1
qui les penetrent , comme on
fçait qu'elles font tres - penetrantes
en ces Pays - là ; & enfin
plus dans un temps que
dans un autre , & plus dans un
lieu que dans un autre . C'eſt
pourquoy ces caufes d'extenfion
qui ne font pas
confiderables
dans ces Pays - ci , peu-
ES vent estre tres- differentes à
Gorée & à Cayenne , & dans
des temps differens , car on eft
I perfuadé que vers les Tropiques
les chaleurs font bien
plus fortes que vers la ligne.
Et fi la verge de fer de trois
pieds mefurée à Paris au temps
178 MERCURE
du départ de Mr Richer , s'eft
allongée à Cayenne de cinq
quarts de lignes , il doit avoir
trouvé la longueur du Pendule
fimple à feconde mefurée
avec cette verge plus courte
qu'à Paris de cinq quarts de
ligne , quoi qu'effectivement
elle ait efté la même dans ces
deux lieux .
De même , fi à Gorée la mefure
s'eft allongée de deux
lignes plus qu'elle n'eftoit à
Paris , la longueur du Pendule
fimple à feconde y aura paru
plus courte qu'à Paris de
deux lignes. C'eft ce qui me
paroift de plus vray - fèmblaGALANT
. 179
ble fur ce Phenomene. Si cela
eftoit ainsi , la meſure univerfelle
du Pendule demeureroit
toûjours la même , &
par toute la terre , & il fau
droit regler les mesures particulieres
fur cette meſure , en
prenant la longueur du Pendule
fimple pour trois pieds
ou pour une demie toife.
Examen de la Démonftration
que Meffieurs Mariotte ,
Huygens donnent des differentes
longueurs du Pendule
fimple à feconde , en differens
endroits de la Terre.
Il ne s'agit ici que de démontrer
fi les corps tombent
180 MERCURE
proplus
lentement fous l'Equinoxial
que par tout aillicurs ; &
s'ils tombent plus vîte à
portion qu'on s'approche plus
des Poles. C'est ce qu'il prétend
faire dans fon Traité
du mouvement des eaux , en
fuppofant le mouvement de
la Terre autour de fon Axe.
Il dit que le mouvement de
la Terre donne à l'air une im .
preffion qui le fait tendre à
s'écarter de fon Axe avec une
viteffe proportionnée à celle
de fon mouvement ; & que ce
mouvement eſtant plus grand
vers l'Equinoxial , que vers
GALANT, 181
les Poles , l'effort qu'il fait
vers l'Equinoxial eft plus
grand que celui qu'il fait vers
fes Poles ; & c'eſt de ce different
effort qu'il conclut que
les corps qui font dans l'air
font repouffez & écartez de
t la terre avec plus de force
proche de l'Equinoxial , pour
d les empêcher de tomber , que
lorfqu'ils font proche des 10
03
Poles.
Ceraifonnement n'eft fonfur
la ſuppoſition que
coll dé
que
uet l'air qui environne la terre, en
ran eft repouffé par fon mouve
ment autour de fon Axe ;
YCD
182 MERCURE
peut- cftre ayant efté perſuadé
de cet effet par une experience
commune , qui eft , que fi l'on
fait mouvoir dans l'air un
corps irregulier , l'air frappé
par fes inégalitez , tend à s'écarter
du corps par des lignes
perpendiculaires au mouvement
du corps : Mais il me
femble qu'il ne peut pas arriver
la même chofe au Globe
de la Terre , enfuppofant fon
mouvement journalier autour
de fon Axe .
Car premierement il y a
trop peu de terres , & leurs inégalitez
font trop petites par
GALANT. 183
•
rapport aux furfaces unies des
eaux pour écarter fenfiblement
l'air de la terre, & par
confequent
le mouvement
feul de la furface de la terre
feroit que tous les corps de
cette furface choqueroient
l'air avec une viteffe auffi ·
་
grande qu'eft celle de ces
corps , laquelle on pourroit
V
prendre pour un vent tresviolent
d'Orient en Occident ,
qui n'auroit pourtant aucune
determination à s'écarter de la
furface de la terre , & les cau-
! fes particulieres des vents ne
pourroient pas avoir aſſez de
•pa
184 MERCURE
force pour lui refilter. Si l'on
apperçoit entre les Tropiques
quelque mouvement d'Orient
en Occident , il y a auffi affez
fouvent de grands calmes , &
l'on pourroit donner d'autres
raifons Phyfiques de cemouvement
, que celuy de la
terre ; & de plus quel rapport
y a- t- il entre la viteffe de ce
vent & celle de la ſurface de
la terre qui fait en un jour
9000 licuës .
Il faut donc demeurer d'accord
que l'Atmoſphere qui
environne la terre de tous côtez
, ne fait que comme un
même
GALANT 185
SC
et
même corps avec elle ; &
dans la fuppofition du mouvement
de la terre autour de
fon Axe l'Atmoſphere eft em
portée comme la furface.
D'où il fuit qu'une pierre qui
tombe dans cette Atmoſphere
ne pourroit recevoir aucune
impreffion du mouvement de
la terre , comme il arriveroit
à une bale de plomb qu'on
laifferoit tomber dans un vaif.
feau plein d'eau , pendant que
le yaiffeau feroit emporté d'un
mouvement Horizontal fort
prompt ; car on ne fait aucun
doute que cette bale ne
Avril 1714. е
186 MERCURE
tombe dans le fond du vaiffeau
au même endroit où elle
tomberoit fi le vaiſſeau eftoit
en repos, puifqu'effectivement
l'eau qui eft contenuë dans le
vaiffeau y eftoit en repos par
rapport à la maffe d'eau , &
aux parois du vaiffeau pendant
qu'il eft en mouvement
Et s'il eftoit poffible que
l'air fut écarté de la furface
de la terre par le mouvement
de la terre , foit par une tangente
qui s'écarteroit de l'Orient
vers l'Occident , ſoit par
un rayon du centre vers la
circonference, il arrivera toûGALANT
187
B
ea
jours que le poids du Pendule
qui defcend & qui remonte
dans la même vibration
, qui va d'un coſté
dans une vibration , & de
l'autre dans la fuivante fera
autant accelerer en remontant
que retardé en defcendant , &
autant accelerer d'un cofté
que regardé de l'autre , d'où
il fuit qu'il ne doit arriver par
cette caufe aucun changement
à la durée des vibrations du
Pendule.
Mais enfin quand on accorderoit
à Mr Mariotre tout
'ce qu'il prétend conclure de
Qij
188 MERCURE
fon Hypothefe , il s'enfuivroit
toûjours que pour les degrez ,
qui feroient plus proches des
Poles , l'augmentation de viteffe
du mouvement du Pendule
feroit beaucoup plus
grande que pour les degrez
qui feroient vers l'Equateur ,
puifque cette augmentation
feroit dans la raifon de la diminution
du mouvement de
la matiere , qui feroit celle des
limes du complement des degrez
de latitude , lefquels diminuënt
bien plus vite en s'aprochant
des Poles que vers
l'Equateur , ce qui eft contre
GALANT . 189
it
d
l'obfervation faite à Vranibourg
& à Bayonne & encore
contre l'irregularité qui s'eft
trouvée entre Cayenne &
Gorée.
Mr Huygens , dans fon
Traité de la lumiere , dit , qu'on
ne peut douter que ce ne foit
une marque que les corps defcendent
plus lentement vers
l'Equinoxial qu'en France.
C'est ce que Mr Mariotte
avoit fuppofé, & pour la dé
VO
DE
monftration , il ajoûte , qu'il
connut auffi- tôt qu'on luy eut
communiqué ce nouveau
Phenomene , que la caufe en
190 MERCURE
pouvoit cftre rapportée au
mouvement de la terre , qui
eftant plus grand en chaque
Pays , felon qu'il approche
plus de la ligne Equinoxiale ,
doit produire un effet plus
grand à rejetter les corps du
centre , & leur ofter par là une
certaine partie de leur pefanteur.
Il eſt facile à voir par
fes propres paroles que je
viens de rapporter , qu'il fe
fert de la même Hypothefe
que Mr Mariotte , & il détermine
enfuite la quantité de la
diminution de cet effort par
fon Theoreme troifiéme de vi
GALANT . 191
che
Set
centrifuga. C'est pourquoi
toutes les raifons que j'ay
rapportées contre l'explication
de ce Phenomene par Mr
Mariotte,ferviroient aufficontre
celle ci , qui ne conclud
que la même choſe du même
principe . D'où enfin je dis
at qu'il doit y avoir quelqu'autre
caufe de cet effet , laquelle ne
dépend point du mouvement
de la terre.
Pour ce qui regarde l'obfervation
il femble d'abord
del qu'elle eft tres facile à faire ,
puifqu'on peut compter les
vibrations du Pendule fimple
•pal
192 MERCURE
pendant uue heure , où il demeure
toûjours en mouvement
aprés qu'il y a çſté mis
d'abord , & que fi le Pendule
devoit eftre plus court de 2 .
lignes , celui qui feroit de 2 .
lignes plus long , feroit en
une heure environ 8. vibrations
de moins que l'autre ,
ce qui eft une trop grande
difference
pour s'y tromper
.
Ce fera la même chofe dans
les autres longueurs
à propor
tion.
Cependant il faut remarquer
que fi l'on fe fert d'un
fil dépite pour foûtenir le
poids
GALANT. 193
ALL
poids , quelque delié que ce
fil puiffe eftre , il est toûjours
plat , & il arrive que les dernieres
vibrations deviennent
ordinairement tournantes de
droites qu'elles eftoient d'abord
comme je l'ay éprouvé,
à caufe que ce fil fendant l'air
obliquement dans ſon mouvement
, écarte le Pendule
'd'un colté en allant , & de
l'autre en revenant , ce qui lui
donne peu à peu une détermi
nation à tourner. Jay aufli ob.
fervé que ces dernieres vibrations
tournantes quidevroient
eftre plus courtes que les
Avril
1714.
R
1
194 MERCURE
premieres , à caufe qu'elles ont
moins d'étendue , font de plus
longue durée que les droites
,
ce qui peut impofer dans l'ob.
fervation.
Sur les inégalitez du Mouvement
des Horloges à Pendule.
L
Es
Aftronomes qui ont
pris grandfoinde regler
leurs Pendules à ſecon-
1 des , fur le Mouvement des
Aftres , y ont remarqué des
inégalitez , qu'ils n'ont pû réduire
à aucune regle certaine.
J'ay fait quelques remarques
fur ces inégalitez dans le Me.
moire que j'ay lû à l'Acadé-
N Avril
1714.
146 MERCURE
mie , & entr'autres fur celles
par
qui peuvent
venir d'une petite
lame de reffort , que j'avois
miſe à la place de la foye
pour foutenir
le Pendule ; car
j'avois cru que cette lame ,
n'étant pas ſujette aux alterations
qui arrivent
à la foye ,
la féchereffe
& par l'humidité
de l'air , les vibrations
du Pendule
pourroient
eftre
beaucoup
plus égales : Mais
enfin je fus obligé d'ofter la
lame & d'y mettre la foye , à
caufe que j'y remarquois
des
inégalitez
bien plus grandes
qu'auparavant
; & j'ay trouvé
GALANT. 147
depuis que l'Horloge alloit
affez juftement pour ne pas
s'écarter quelques fois du
moyen mouvement d'une
feule feconde dans l'efpace de
quatre jours , où le Pendule
fait 345600. vibrations . Mais
j'ay auffi remarqué quelques
fois , que d'un jour à l'autre
il y avoit des changemens af
fez confiderables pour embarraffer
un Obfervateur exact ,
& pour donner de l'exercice à
un Philofophe qui en voudroit
rechercher la caufe , la.
quelle ne peut
fique.
cftre que Phy-
Nij
148 MERCURE
Les differens états de l'air
femblent eftre les feules caufes
des changemens que nous
remarquons au Mouvement
des Pendules ; car il eſt chaud
ou froid , fec ou humide , leger
ou pefant , rare ou groffier
ou épais ; toutes ces differentes
qualitez fe mêlant enfemble
en differens degrez ,
peuvent caufer de grandes alterations
au Mouvement des
Horloges. Mais pour reconnoiftre
quelque chofe de ce
qui doit arriver , il faut confiderer
féparément ces états
differens .
GALANT 149
7 des
On fuppofe premierement ,
que fi la Cycloïde eft bien
faite fuivant les regles que Mr
Huggens en a données , tout
ce qui peut accelerer ou ralentir
le Mouvement des rouës ,
ne doit apporter aucun changement
à l'Horloge , puifqu'il
n'en pourroit arriver
vibrations plus longues , ou
plus courtes , lefquelles ne
laifferoient pas d'eftre fochrones
ou d'égale durée . Ainfi
le froid pouvant figer en quelque
façon le peu d'huile qui
eft attaché aux pivots des
rouës , fera
que
que leur Mouve-
Niij
So MERCURE
ment fera plus difficile que
dans un temps chaud ou
l'huile fera plus liquide , &
par confequent les vibrations
deviendront plus
courtes ;
elles ne
laifferont pas d'eftre
d'égale durée à celles qui font
plus longues , cftant rectifiées
par la figure de la Cycloïde.
L'humidité qui
s'attachera
aux touës , & aux pivots pourra
caufer à peu prés le même
effet fans qu'il arrive d'inégalité
au Mouvement
.
Mais quoique la Cycloïde
foit la figure neceffaire pour
faire que les vibrations
lonGALANT.
151
gues ou courtes , foient Ifochrones
, il falloit confiderer ,
qu'elle ne pouvoit avoir lieu
que lorsque la fufpenfion n'auroit
aucune groffeur ou épaiffeur,
ce qui eft impoffible dans
l'execution
; c'est pourquoy
,
puifqu'on fe fert d'un fil de
e
foye tortillé , qui eft affezgros
pour foutenir la lentille du
pendillon ou Pendule qui eft
pefante , & qu'on ne doit
rien négliger , de ce qui peur
contribuer à la jufteffe de ce
Mouvement ; il ne faut pas
que la figure foit une Cycloïde
, mais une ligne paralelle à
Niiij
152 MERCURE
la Cycloïde laquelle en foit
éloignée vers la partie concave
de la moitié de
l'épaiffeur du
fil , afin que l'axe où le milieu
de ce fil décrive exactement
la Cycloïde , comme je l'ay expliqué
dans mon Traité des
Epicycloïdes qui doivent fervir
au Mouvement des Machines.
On peut auffi
remarquer
que les petits filets de foye qui
compofent le fil , font fecs &
roides , & qu'ils peuvent par
confequent fouffrir tous enfembles
des alterations confi-
1
derables , & à
peu prés femblables
à celles de la lame de
GALANT . 153
reffort , qui eft plus roide dans
des temps froids , lecs & plus
molle dans des temps chauds ;
mais c'eſt un accident qu'on
ne peut éviter , quand on fe
fert d'une fufpenfion flexible
pour le Pendule ; c'eft pour
quoi on pourroit éprouver
celle que j'ay propofée dans
differens Memoires.
Si l'on confidere les diffe
& rens états de l'air par rapport
au Pendule , & non pas par
rapport au rouage de l'Horloge,
on y remarquera tant de
differens accidens , qu'à peine
pourroit- on croire que l'Hor
7.
154 MERCURE
loge pût aller également une
heure en terre , pendant laquelle
le Pendule fait 3600 .
vibrations ou battemens.
On fçait que la chaleur du
Soleil en Eté eft affezforte pour
échauffer une barre de fer de
fix pieds de longueur , & la
rendre plus longue qu'elle n'étoit
en Hiver , ayant efté expofée
à la gelée, de deux tiers
de ligne , comme je l'ay reconnu
par une experience tresexacte
que j'en ay faite autrefois.
C'est pourquoi ces deux
états differens de l'air fur la
longueur, de la verge du PenGALANT
. 155
-1
dule , qui doit eftre de trois
pieds huit lignes un deuxième
pour battre les fecondes , la
pourroit changer d'un tiers de
ligne , ce qui cauferoit une
difference tres- confiderable
dans la durée des vibrations
du Pendule , puifqu'elle pourroir
aller jufqu'à 32. par jour,
Mais comme ce cas ne pourroit
arriver que lorfque l'Horloge
feroit expofée à l'air , &
au Soleil dans ces deux faifons,
ce qui n'eft pas ordinairement,
on n'y remarque pas de fi
grands changemens . Il arrive
quelque fois d'affez grandes
156 MERCURE
differences de chaleur d'un jour
à l'autre , & de la nuit au jour
pour faire allonger ou racourcir
la verge du Pendule , qui
pourra ralentir ou accelerer
le Mouvement de l'Horloge,
de quelques fecondes , comme
nous le remarquons auffi quel
que fois , ce qui peut venir par
cette feule caufe. C'est pourquoi
dans l'ufage qu'on fait
des Horloges à Pendule pour
les obfervations celeftes , où il
eft neceffaire de connoiftre
l'heure dans la derniere juf
teffe , il faut les placer dans un
lieu où elles foient le plus à la
GALANT. 157
l'abri qu'il eft poffible , de
toutes les injures de l'air.
L'humidité , la féchereffe ,
la denfité , la rareté de l'air peuvent
auffi caufer des alterations
confiderables
auMouve-
3 ment du Pendule. Car lorfque
l'air fera humide , c'est- à- dire
lorſqu'il ſera rempli de quantité
de petites particules d'eau
qui y demeurent
fufpendues ,
ou lorsqu'il eft denfe ou épais,
le Pendule , aura plus de peine
à le fendre , & il femble que
fes vibrations doivent cftre
alors de bien plus longue durée
que lorsqu'il eft fec ou ra 31
158 MERCURE
re. Car nous fçavons par experience
qu'une plume treslegere
tombe dans un tuyau
dont on a pompé l'air,prefque
auffi vite qu'une pierre fait
dans l'air. Mais comme on ne
doit point juger de ce qui
doit arriver dans ces fortes de
rencontres fans en faire l'experience
lorsqu'il eft poffible
de la faire , j'ay cru que fi l'air
humide ou épais peut rendre
les vibrations de plus longue
durée qu'un air fec & rare ,
on devoit appercevoir une
tres grande difference entre le
Mouvement du Pendule dans
GALANT . 159
l'air & dans l'eau . Pour connoistre
ce qui en eftoit , j'ay
fait un Pendule à demi fecondes
avec une bale de plomb
de deux onces de
pefanteur ,
laquelle eftoit fufpenduë à un
fil delié , & je l'ay mis en.
mouvement dans l'eau . J'ay
remarqué dabord que les
grandes vibrations fe racourciffoient
, & que le mouvement
s'arreftoit infenfiblement
aprés une minute & un
peu plus. Mais comme je me
perfuadois que ces vibrations
dans l'eau devoient eftre au
moins d'une feconde chacune ,
160 MERCURE
lefquelles n'eftoient que d'une
demi feconde dans l'air , j'ay
efté fort furpris de voir
qu'elles me paroiffent prefqu'-
auffi promptes ou d'égale durée
à celles qui ſe faifoient
dans l'air. Pour les mefurer
exactement j'ay fair compter
les vibrations du Pendule de
l'Horloge à feconde , pendant
une minute , & à même
temps je comptois les vibrations
du Pendule à demi feconde
, dans l'eau d'un grand
vaiffeau plat , où la balc
eftoit enfoncée d'un demi
pouce environ , & j'ay trouvé
1
aptés
GALANT . 161
1
aprés avoir repeté plufieurs
fois la même experience , que
le Pendule dans l'eau ne faifoit
que 112. vibrations au lieu
des 120. qu'il auroit faites
dans l'air pour une minute.
J'ay fait auffi la même experience
avec un Pendule
fimple à fecondes , dont la bale
qui eftoit de plomb , peſoit
cinq onces , & j'ay trouvé
comme dans l'autre que les
grandes vibrations duroient
fort peu de tems , & que
Pendule s'arreftoit prefque entierement
aprés deux minutes ;
mais il ne faifoit dans l'eau
Avril 1714
.
le
162 MERGURE
que
que 114 vibrations pendant
le Pendule de l'Horloge
en faifoit i 20. dans l'air pour
deux minutes. Ainfi le retardement
que l'eau caufe aux
vibrations du Pendule eft de
trois par minute ; j'aurois fouhaité
de faire les obfervations
de ces differences de vibrations
dans l'eau & dans l'air
pendant
20. ou 30, pour connoiftre
plus exactement leur
difference , & voir quel rap
port il y avoit dans le retardement
des vibrations dans
l'eau , fur ces Pendules de difference
longueur ; mais je n'ay
GALANT . 163
pû aller plus loin.
Puifqu'un Pendule à fccondes
perd dans l'eau trois
par minute , il perdroit en un
jour 4320.
Mais fi nous
fuppofons que cette diminution
du mouvement des Pendules
, vient de la denfité du
milieu ; & fi l'air eft denſe , ou
épais par le poids dont il eft
chargé , fans avoir égard au
plus ou au moins de particules
d'eau qui y font mêlées , il
s'enfuivra
que fi la pefanteur
de l'air change feulement d'un
28 , comme on le remarque
affez fouvent dans le Baro-
O ij
164 MERCURE
-
metre, la vingt- huitième partie
de 4320. de retardement du
Pendale dans l'eau pour un
jour , laquelle eft 154. fera
la diminution ou bien le retardement
de l'Horloge dans
l'efpace d'un jour par rapport
à deux differents états de l'air ;
mais on n'a jamais remarqué
dans les Horloges à Pendule ,
une auffi grande difference
que celle- là; on ne peut donc
pass dire , que les differens
poids dont l'air peut eftre
chargé , puiffent caufer ſes differentes
denfitez ne font pas
fur le mouvement d'un PenGALANT
. 165
dule le même cffet que la
denfité de l'eau , ce qui peut
venir de la differente configuration
des parties de ces deux
corps , dont celles de l'air ,
quoique fort ferrées & preffées
, pourront cftre facilement
féparées , & au contraire
celles de l'eau le peuvent être
tres-difficilement , eftant adherentes
les unes aux autres.
On pourroit encore ajouter
que les dernieres vibrations
dans l'eau eftant plus courtes
que les premieres , elles vont
plus vite.
Ce feroit pour cette raiſon
166 MERCURE
que l'air , quoiqu'il fut rempli
de particules d'eau n'apporte
roit que peu ou point de retardement
au mouvement du
Pendule , en ce que toutes ces
particules n'ayant point de
liaifon les unes aux autres ;
mais eftant toutes féparées
par les particules de l'air, pourroient
eftre tres- facilement
deplacées entre les particules
de l'air , où elles font flotan-
>tes .
Maisfices particules d'eau ne
caufent point de retardement
au mouvement du Pendule
pár la difficulté à cftre déplas
GALANT . 167
cées ; elles peuvent y caufer
un changement affez confiderable
par un autre moyen. Si
l'air de fec qu'il devient humide,
il eft certain qu'une tresgrande
quantité de ces particules
d'eau doivent s'attacher
à la fuperficie de la verge , &
à celle du poids du Pendule ,
& même elles peuvent penetrer
un peu cette verge & ce
poids ; & par confequent elles
feront comme un enduit fur
la vergez& fur ia lentille du
poids , qui aura fon centre
Jd'ofcillation different de celui
du compofé de la verge &
168 MERGURE
du poids : c'eft pourquoi le
centre d'ofcillation étant alors
different de ce qu'il eftoit au
paravant
, la durée des vibrations
ne fera pas la même
qu'elle eftoit. Ce n'est pas
qu'on ne puiffe remedier en
quelque façon à cet accident ,
en fe fervant pour Pendule
d'un Cylindre dont la baffe
eftoit petite, ce qui foit homogene
dans toute fa longueur ,
lequel cftant fufpendu par
l'extrémité
de fon axe , auroit
à tres peu prés un même point
pour centre d'ofcillation de fa
fuperficie & de fon corps , &
par
GALANT. 169
par confequent quelque changement
qu'il arrivât à cette ſuperficie
pourvû qu'il fut égal
dans toutes fes parties , le
mouvement du Pendule n'en
feroit point alteré fenfiblement
. Ce feroit la même
chofe , fi au lieu d'un Cylindre
on fe fervoit d'un paralele
lipipede , pourvû qu'il
fut auffi fufpendu par l'extre
mité de fon axe.
Enfin fi la Cycloïde eftoit
mal faite , elle pourroit caufer
de nouvelles irrregularitez au
mouvement du Pendule , fuivant
que ces vibrations fe-
Avril 1714. P
170 MERCURE
roient plus longues ou plus
courtes dont il s'en formeroit
plufieurs autres par leur combinaiſon
, avec les premieres.
Pour ce qui regarde les differentes
longueurs du Pendule
dans differens climats , il
me femble qu'on y peut faire
quelques remarques ; car Mr
Picard avoit obfervé à Vranibourg
, & à Bayonne , où j'étois
avec lui , que la longueur du
Pendule fimple à ſeconde , étoit
exactement la même qu'à
Paris. On fit une grande attention
à cette obfervation de
Bayonne , à cauſe qu'on fçaGALANT.
171
voit ce que Mr Richer en avoit
rapporté de Cayenne. Vrani .
bourg & Bayonne font éloignez
l'un de l'autre en latitude
de plus de douze degrez,
& entre Bayonne & Cayenne ,
la difference de latitude eft
de 38. car Cayenne eſt à peuprés
à 5. de latitude de Borcale
, ce qui donne ſeulement
une difference à peu - prés triple
de la premiere , pour laquelle
on trouve cinq quarts
de ligne de diminution de la
longueur du Pendule . On
doit donc conclure de là que
cette difference de longueur
Pij
172 MERCURE
ne devient fort fenfible qu'en
s'approchant de la ligne.
Mais quelques années aprés
Mrs Varin , des Hayes & de
Glos, ayant été envoyez vers la
ligne , pour y faire quelques
obfervations Aftronomiques
,
trouverent que dans l'Ile de
Gorée , qui eft à 14. de latitude
de Borcale , la longueur
du Pendule fimple à feconde
devoit cftre plus courte qu'en
France de 2. lignes . Les obfervations
faites à Cayenne &
à Gorée , ne laiffent aucun lieu
de douter qu'elles ne foient
tres- certaines & tres - exactes
GALANT. 173
to
par toutes les circonstances
qui y font rapportées . Cependant
fi l'on avoit voulu
conclure cette difference de
longueur du Pendule pour
Gorée par celle de Cayenne ,
on auroit dit que celle de
Gorée devoit eſtre ſeulement
plus courte qu'à Paris de trois
quarts de ligne environ , &
l'obfervation la donne de 2.
lignes entieres. Au contraire ,
fi de celle de Gorée on avoit
conclu celle de Cayenne, on
l'auroit pofée de 3. lignes environ
, & elle n'a efté trouvée
que de cinq quarts de lignes .
Piij
174 MERCURE
Les grandes differences ne
peuvent s'accorder en aucune
façon avec les hypotefes que
Mr Mariette a faites dans fon
Traité du mouvement des Eaux ,
& Mr Huygens dans ſon Traité
de la Lumiere , & il faut en
chercher d'autres pour expliquer
pourquoi la longueur du
Pendule eft la même dans les
latitudes de 55. un quart & de
43. un tiers , & qu'à 14. deux
tiers elle eft de deux lignes plus
courte , & à 5. de cinq quarts
de ligne feulement . Mais ne
pourroit-on point foupçonner
que cette differente lonGALANT.
175
1
1
gueur
du Pendule n'eft point
réelle , mais feulement apparente,
& qu'elle ne vient que de
la mefure dont on s'eft fervi .
Car il est tres - vray que les
métaux , & generalement tous
les corpss s'étendent conſidera
ble ment à la chaleur , & fe
refferent au froid . Mr Picard
dit que fur un pied de longueur
il a obfervé un allongement
d'un quart de ligne ; & par
confequent fur la longueur du
Pendule ce feroit trois quarts
de ligne , au lieu que je n'ay
trouvé qu'un tiers de ligne.
Cette difference pourroit ve-
Piiij
176 MERCURE
nir des manieres differentes
dont les obfervations ont efté
faites ; car Mr Picard ayant
expofé les corps à la gelée , les
mettoient enfuite auprés du
feu ; & pour moy je les ay
feulement expofez au Soleil.
l'Eté fuivant . On pourroit
donc dire que vers la ligne ,
& entre les Tropiques où les
chaleurs font fort grandes , les
métaux s'étendent & s'allon.
gent tres- confiderablement
au- delà de ce qu'ils font dans
ccs Pays - ci , & peut - eſtre encore
par une cauſe particuliere
des vapeurs des exhalaiſons
GALANT 177
1
qui les penetrent , comme on
fçait qu'elles font tres - penetrantes
en ces Pays - là ; & enfin
plus dans un temps que
dans un autre , & plus dans un
lieu que dans un autre . C'eſt
pourquoy ces caufes d'extenfion
qui ne font pas
confiderables
dans ces Pays - ci , peu-
ES vent estre tres- differentes à
Gorée & à Cayenne , & dans
des temps differens , car on eft
I perfuadé que vers les Tropiques
les chaleurs font bien
plus fortes que vers la ligne.
Et fi la verge de fer de trois
pieds mefurée à Paris au temps
178 MERCURE
du départ de Mr Richer , s'eft
allongée à Cayenne de cinq
quarts de lignes , il doit avoir
trouvé la longueur du Pendule
fimple à feconde mefurée
avec cette verge plus courte
qu'à Paris de cinq quarts de
ligne , quoi qu'effectivement
elle ait efté la même dans ces
deux lieux .
De même , fi à Gorée la mefure
s'eft allongée de deux
lignes plus qu'elle n'eftoit à
Paris , la longueur du Pendule
fimple à feconde y aura paru
plus courte qu'à Paris de
deux lignes. C'eft ce qui me
paroift de plus vray - fèmblaGALANT
. 179
ble fur ce Phenomene. Si cela
eftoit ainsi , la meſure univerfelle
du Pendule demeureroit
toûjours la même , &
par toute la terre , & il fau
droit regler les mesures particulieres
fur cette meſure , en
prenant la longueur du Pendule
fimple pour trois pieds
ou pour une demie toife.
Examen de la Démonftration
que Meffieurs Mariotte ,
Huygens donnent des differentes
longueurs du Pendule
fimple à feconde , en differens
endroits de la Terre.
Il ne s'agit ici que de démontrer
fi les corps tombent
180 MERCURE
proplus
lentement fous l'Equinoxial
que par tout aillicurs ; &
s'ils tombent plus vîte à
portion qu'on s'approche plus
des Poles. C'est ce qu'il prétend
faire dans fon Traité
du mouvement des eaux , en
fuppofant le mouvement de
la Terre autour de fon Axe.
Il dit que le mouvement de
la Terre donne à l'air une im .
preffion qui le fait tendre à
s'écarter de fon Axe avec une
viteffe proportionnée à celle
de fon mouvement ; & que ce
mouvement eſtant plus grand
vers l'Equinoxial , que vers
GALANT, 181
les Poles , l'effort qu'il fait
vers l'Equinoxial eft plus
grand que celui qu'il fait vers
fes Poles ; & c'eſt de ce different
effort qu'il conclut que
les corps qui font dans l'air
font repouffez & écartez de
t la terre avec plus de force
proche de l'Equinoxial , pour
d les empêcher de tomber , que
lorfqu'ils font proche des 10
03
Poles.
Ceraifonnement n'eft fonfur
la ſuppoſition que
coll dé
que
uet l'air qui environne la terre, en
ran eft repouffé par fon mouve
ment autour de fon Axe ;
YCD
182 MERCURE
peut- cftre ayant efté perſuadé
de cet effet par une experience
commune , qui eft , que fi l'on
fait mouvoir dans l'air un
corps irregulier , l'air frappé
par fes inégalitez , tend à s'écarter
du corps par des lignes
perpendiculaires au mouvement
du corps : Mais il me
femble qu'il ne peut pas arriver
la même chofe au Globe
de la Terre , enfuppofant fon
mouvement journalier autour
de fon Axe .
Car premierement il y a
trop peu de terres , & leurs inégalitez
font trop petites par
GALANT. 183
•
rapport aux furfaces unies des
eaux pour écarter fenfiblement
l'air de la terre, & par
confequent
le mouvement
feul de la furface de la terre
feroit que tous les corps de
cette furface choqueroient
l'air avec une viteffe auffi ·
་
grande qu'eft celle de ces
corps , laquelle on pourroit
V
prendre pour un vent tresviolent
d'Orient en Occident ,
qui n'auroit pourtant aucune
determination à s'écarter de la
furface de la terre , & les cau-
! fes particulieres des vents ne
pourroient pas avoir aſſez de
•pa
184 MERCURE
force pour lui refilter. Si l'on
apperçoit entre les Tropiques
quelque mouvement d'Orient
en Occident , il y a auffi affez
fouvent de grands calmes , &
l'on pourroit donner d'autres
raifons Phyfiques de cemouvement
, que celuy de la
terre ; & de plus quel rapport
y a- t- il entre la viteffe de ce
vent & celle de la ſurface de
la terre qui fait en un jour
9000 licuës .
Il faut donc demeurer d'accord
que l'Atmoſphere qui
environne la terre de tous côtez
, ne fait que comme un
même
GALANT 185
SC
et
même corps avec elle ; &
dans la fuppofition du mouvement
de la terre autour de
fon Axe l'Atmoſphere eft em
portée comme la furface.
D'où il fuit qu'une pierre qui
tombe dans cette Atmoſphere
ne pourroit recevoir aucune
impreffion du mouvement de
la terre , comme il arriveroit
à une bale de plomb qu'on
laifferoit tomber dans un vaif.
feau plein d'eau , pendant que
le yaiffeau feroit emporté d'un
mouvement Horizontal fort
prompt ; car on ne fait aucun
doute que cette bale ne
Avril 1714. е
186 MERCURE
tombe dans le fond du vaiffeau
au même endroit où elle
tomberoit fi le vaiſſeau eftoit
en repos, puifqu'effectivement
l'eau qui eft contenuë dans le
vaiffeau y eftoit en repos par
rapport à la maffe d'eau , &
aux parois du vaiffeau pendant
qu'il eft en mouvement
Et s'il eftoit poffible que
l'air fut écarté de la furface
de la terre par le mouvement
de la terre , foit par une tangente
qui s'écarteroit de l'Orient
vers l'Occident , ſoit par
un rayon du centre vers la
circonference, il arrivera toûGALANT
187
B
ea
jours que le poids du Pendule
qui defcend & qui remonte
dans la même vibration
, qui va d'un coſté
dans une vibration , & de
l'autre dans la fuivante fera
autant accelerer en remontant
que retardé en defcendant , &
autant accelerer d'un cofté
que regardé de l'autre , d'où
il fuit qu'il ne doit arriver par
cette caufe aucun changement
à la durée des vibrations du
Pendule.
Mais enfin quand on accorderoit
à Mr Mariotre tout
'ce qu'il prétend conclure de
Qij
188 MERCURE
fon Hypothefe , il s'enfuivroit
toûjours que pour les degrez ,
qui feroient plus proches des
Poles , l'augmentation de viteffe
du mouvement du Pendule
feroit beaucoup plus
grande que pour les degrez
qui feroient vers l'Equateur ,
puifque cette augmentation
feroit dans la raifon de la diminution
du mouvement de
la matiere , qui feroit celle des
limes du complement des degrez
de latitude , lefquels diminuënt
bien plus vite en s'aprochant
des Poles que vers
l'Equateur , ce qui eft contre
GALANT . 189
it
d
l'obfervation faite à Vranibourg
& à Bayonne & encore
contre l'irregularité qui s'eft
trouvée entre Cayenne &
Gorée.
Mr Huygens , dans fon
Traité de la lumiere , dit , qu'on
ne peut douter que ce ne foit
une marque que les corps defcendent
plus lentement vers
l'Equinoxial qu'en France.
C'est ce que Mr Mariotte
avoit fuppofé, & pour la dé
VO
DE
monftration , il ajoûte , qu'il
connut auffi- tôt qu'on luy eut
communiqué ce nouveau
Phenomene , que la caufe en
190 MERCURE
pouvoit cftre rapportée au
mouvement de la terre , qui
eftant plus grand en chaque
Pays , felon qu'il approche
plus de la ligne Equinoxiale ,
doit produire un effet plus
grand à rejetter les corps du
centre , & leur ofter par là une
certaine partie de leur pefanteur.
Il eſt facile à voir par
fes propres paroles que je
viens de rapporter , qu'il fe
fert de la même Hypothefe
que Mr Mariotte , & il détermine
enfuite la quantité de la
diminution de cet effort par
fon Theoreme troifiéme de vi
GALANT . 191
che
Set
centrifuga. C'est pourquoi
toutes les raifons que j'ay
rapportées contre l'explication
de ce Phenomene par Mr
Mariotte,ferviroient aufficontre
celle ci , qui ne conclud
que la même choſe du même
principe . D'où enfin je dis
at qu'il doit y avoir quelqu'autre
caufe de cet effet , laquelle ne
dépend point du mouvement
de la terre.
Pour ce qui regarde l'obfervation
il femble d'abord
del qu'elle eft tres facile à faire ,
puifqu'on peut compter les
vibrations du Pendule fimple
•pal
192 MERCURE
pendant uue heure , où il demeure
toûjours en mouvement
aprés qu'il y a çſté mis
d'abord , & que fi le Pendule
devoit eftre plus court de 2 .
lignes , celui qui feroit de 2 .
lignes plus long , feroit en
une heure environ 8. vibrations
de moins que l'autre ,
ce qui eft une trop grande
difference
pour s'y tromper
.
Ce fera la même chofe dans
les autres longueurs
à propor
tion.
Cependant il faut remarquer
que fi l'on fe fert d'un
fil dépite pour foûtenir le
poids
GALANT. 193
ALL
poids , quelque delié que ce
fil puiffe eftre , il est toûjours
plat , & il arrive que les dernieres
vibrations deviennent
ordinairement tournantes de
droites qu'elles eftoient d'abord
comme je l'ay éprouvé,
à caufe que ce fil fendant l'air
obliquement dans ſon mouvement
, écarte le Pendule
'd'un colté en allant , & de
l'autre en revenant , ce qui lui
donne peu à peu une détermi
nation à tourner. Jay aufli ob.
fervé que ces dernieres vibrations
tournantes quidevroient
eftre plus courtes que les
Avril
1714.
R
1
194 MERCURE
premieres , à caufe qu'elles ont
moins d'étendue , font de plus
longue durée que les droites
,
ce qui peut impofer dans l'ob.
fervation.
Fermer
Résumé : REMARQUES sur les inégalitez du Mouvement des Horloges à Pendule.
Le texte aborde les inégalités observées dans le mouvement des horloges à pendule par les astronomes. Ces inégalités, impossibles à réduire à une règle certaine, ont été notées lors de la régulation des pendules sur le mouvement des astres. L'auteur a présenté des remarques sur ces inégalités dans un mémoire lu à l'Académie en avril 1714. Il a expérimenté avec une lame de ressort pour remplacer la fibre du pendule, mais a constaté des inégalités plus grandes et a dû réintroduire la fibre. L'horloge a ensuite montré une grande précision, ne s'écartant que rarement du mouvement moyen d'une seconde sur quatre jours. Les variations de l'air, telles que la chaleur, le froid, l'humidité et la densité, semblent être les principales causes des changements dans le mouvement des pendules. L'auteur suppose que si la cycloïde est bien réalisée, elle devrait corriger les accélérations ou ralentissements du mouvement des roues. Cependant, la fibre utilisée pour suspendre le pendule présente des variations en fonction des conditions climatiques, affectant ainsi la régularité des vibrations. L'auteur a également mené des expériences pour mesurer les vibrations du pendule dans l'eau et dans l'air, notant des différences significatives. Il a conclu que les particules d'eau dans l'air peuvent s'attacher à la verge et au poids du pendule, modifiant ainsi le centre d'oscillation et la durée des vibrations. Pour remédier à ces problèmes, il suggère d'utiliser un cylindre ou un parallélépipède homogène suspendu par son axe. Enfin, une cycloïde mal réalisée peut également introduire des irrégularités dans le mouvement du pendule. Le texte traite également des observations et des débats scientifiques concernant la longueur du pendule à secondes dans différentes latitudes. Monsieur Picard a observé que la longueur du pendule à Vranibourg et à Bayonne était identique à celle de Paris. Cette observation est notable en raison des rapports de Monsieur Richer sur les différences observées à Cayenne. Vranibourg et Bayonne sont séparés par plus de douze degrés de latitude, tandis que la différence entre Bayonne et Cayenne est de 38 degrés. Les observations à Cayenne et à Gorée montrent des variations dans la longueur du pendule, avec des différences de cinq quarts de ligne à Cayenne et de deux lignes à Gorée. Les différences de longueur du pendule ne sont pas expliquées par les hypothèses de Monsieur Mariotte et de Monsieur Huygens. Les variations pourraient être dues à des erreurs de mesure, car les métaux s'étendent à la chaleur et se contractent au froid. Monsieur Picard et l'auteur du texte ont observé des allongements différents en exposant les métaux à des conditions variées. Les observations à Gorée et à Cayenne soulèvent des questions sur la précision des mesures. L'auteur suggère que les variations de longueur du pendule pourraient être apparentes plutôt que réelles, en raison des différences de température et des conditions locales. Il propose que la mesure universelle du pendule reste constante et que les mesures locales soient ajustées en conséquence.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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289
p. 248-266
L'Academie Royalle des Sciences fit à l'ordinaire l'ouverture de ses exercices aprés Pasques, par une Assemblée publique qui se tinst le Mercredy 11. Avril.
Début :
Le premier qui parla fut Mr le Chevalier de Louville [...]
Mots clefs :
Académie des sciences, Gomme-laque, Geoffroy, Écarlate, Teinture, Petits corps, Cire, Animaux, Cochenille, Insectes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'Academie Royalle des Sciences fit à l'ordinaire l'ouverture de ses exercices aprés Pasques, par une Assemblée publique qui se tinst le Mercredy 11. Avril.
L'Academie Royalle des Sciences
fit à l'ordinaire l'ouverture
de fes exercices aprés
Pafques , par une Affemblée
publique qui ſe tinſt
le Mercredy 11. Avril.
LE premier qui parla
fut Mr le Chevalier de
Louville affocié pour l'ALtronomie.
Il donna des
obfervations fur le point
précis de l'Equinoxe du
Printemps de cette année ,
aprés avoir fait voir auparavant
la neceffité & l'utiGALANT.
249
lité de cette obfervation .
Mr de la Hirre le Pere
propofa une machine tres
fimple pour elever l'eau ,
fans beaucoup de dépenfe,
ayant pour mobile l'eau
d'un ruiffeau ou la fimple
deſcharge d'un refervoir
.
Monfieur Geoffroy le
jeune l'un des affociez Botaniftes
lut enfuite une Dif
fertation fur la gomme
lacque dont on fe fert dans
le Levant pour teindre en
écarlate , & fur les autres
matieres qui fourniſſent
250 MERCURE
cette teinture.
Il montra que la gomme
lacque eftoit mal nommée ;
puifqu'il eft certain que ce
n'eft point du tout une
gomme , & qu'elle ne coule
point des branches
de
l'arbre autour
desquelles
on la trouve , ce qui la fait
nommer lacque en baton .
C'est ce qui avoit déja
efté obfervé fur les lieux
par quelques
uns & entr'autres
par le Pere Tachard.
On avoit auffi remarqué
que cette ma icre
eftoit depofée par des InGALANT
. 291
B
fectes , qui au rapport du
meſme Pere font des
fourmis volantes .
Mais ce qu'on n'avoit
point encore découvert &
qui eft dit aux recherches
de Monfieur Geoffroy ;
c'eft que cette matiere qui
a fi long tems paffé pour
une gomme , est une veritable
Ruche femblable à
celles que travaillent les
Abeilles & quelques autres
infectes.
En effet cette lacque telle
qu'elle fe trouve autour
des petits batons qui la
252 MERCURE
fouftiennent , eft partagée
en petites cellules oblon
gues & a plufieurs pans
comme celles de nos ruches
dont les cloisons font
tres delicates & qui aboutiffent
toutes à plufieurs petits
trous dont la lacque
paroift criblée par deffus .
Ces Loges font occupés
par des petits corps
oblongs , ridez , terminez
d'un cofté par une pointe,`
& de l'autre par deux ou
trois , qui eftant' mis dans
l'eau s'y renflent comme
fait la cochenille & la teiGALANT
. 253
2
gnent d'une auffi belle
couleur.
Ces petits corps font ;
felon Mr Geoffroy , des
depouilles d'infectes nez
ou à naiftre , & qui par
confequent ne peuvent eftre
que les veftiges des
effains à quoy ces ruches
font destinées ; comme
nous voyons celles de nos
mouches à miel fervir au
mefme ufage.
Que ces petits corps
I foient des parties animales,
on n'en fçauroit douter en
eles bruflant à part ; car ils
254 MERCURE
repandent une odeur fetide
pareille à celle qui fort
des parties des animaux
qu'on bruſle , au lieu que
la lacque toute feule jette
en brûlant cette agreable
odeur qu'on connoiſt dans
la cire d'Eſpagne dont elle
fait la bafe.Y
Il faut bien
diftinguer
felon Mr Geoffroy ces petits
Animaux , quels qu'ils
foient , qui occupent
chacun
leur alveole , d'avec
d'autres vers qui s'infinuent
dans la lacque , y
rongent
les cellules & ce qu'elles
GALANT . 255
5
contiennent , & y depofent
leurs oeufs . Ceux - là
font eſtrangers à la lacque
comme les vers qui fe mettent
aux ruches de nos
mouches à miel , & l'y détruifenr.
Il s'enfuit donc que la
lacquefeparée de ces petits
corps eft une veritable cire .
C'eft ce que Mr Geoffroy
a fort bien prouvé par la
comparaifon qu'il en fait
avec une lacque de la mefme
nature , mais peu con
nuë , qui vient de l'Ile de
Madagaſcar. Celle - cy eft
256 MERCURE
toute femblable à de la
cire & on la prendroit
pour
l'ouvrage
de quelques
mouches à miel , fi l'on ne
la reconnoiffoit
pour de la
lacque à fes alveoles & aux
petits corps qu'elles renferment.
L'Analyfe chimique que
Mr Geoffroy a auffi employée
pour découvrir entierement
la nature de la
lacque prouve encore que
c'eft une cire ; car on en
tire les mefmes principes
qu'on tire ordinairement
de la cire , fçavoir un esprit
acide
GALANT. 257
acide & un beurre . Mais
à caufe des parties animales
qui y font renfermées
elles doit fournir quelque
eſprit volatil.
>
Pour s'en affurer Mr
Geoffroy a fait deux diſtillations
, l'une de la lacque
en baton avec les petits
animaux qu'elle contient
& l'autre de la lacque en
graine qui eft ainſi nommée
parce qu'elle a eſté
reduite en petits grains
fervir aux teintures , #pour
1 & qu'elle eft abfolument
depouillée des petits ani-
Avril 1714.
Y
258 MERCURE
maux qu'elle renfermoir
auparavant dans fes alveoles.
Car comme l'a fort bien
obfervé Mr Geoffroy , ce
font eux qui donnent cette
belle couleur écarlate que
fournit la lacque , en forte
qu'elle n'a de teinture qu'à
proportion qu'elle en reçoit
de ces petits corps.
Auffi celle qui s'en trouve
peu fournie n'a qu'une couleur
citrine affez pafle.
Mr Geoffroy en comparant
les diftillations des
deux lacques a trouvé que
1
GALANT . 259
l'efprit acide qu'on tire de
la lacque en baſtons eſt
meflé avec un efprit vola
til que les feules parties
animales peuvent fournir.
Ce qu'il a reconnu au precipité
blanc qui refulte de
fon mellange avec la ſolution
du fublimé corrofif ;
au lieu que l'efprit acide
tiré de la lacque en graine
ne fait point le mefme effet ;
parce qu'elle ne contient
aucune de ces parties añi
males.
Les autres obſervations
de Mr Geoffroy eftoient
Y ij
260 MERCURE
fur le Kermes autrement
dit graine d'écarlate qui eſt
une excroiffance qui naift
fur les feuilles de l'Ilex acculeata
efpeee de chefne verd,
par la picquure d'une forte
de moucherons qui y dépoſent
fes oeufs.
Il en donne une defcription
fort exacte . Des deux
fubftances qu'il y a remarquées
l'une rouge & l'autre
blanche , celle cy paroilt
un amas d'une infinité de
petits cornets d'où font
fortis les petits moucherons
qui y eftoient renfermcz.
GALANT. 261
Il parla enfuite de plufieurs
autres vermiffeaux
qui ont fervi à la teinture
d'écarlate , jufqu'à ce qu'on
ait découvert la cochenille
dans l'Amerique.
La defcription qu'il donna
de ce dernier infecte
prefque le feul en ufage
pour les teintures de pourpre
& d'écarlate , fut auffi
curieufe qu'elle eftoit exac
te. On avoit preſque toufjours
douté fi la cochenille
eftoit une infecte ou une
graine , & quoy qu'on fuſt
plus porté à croire que c'eſt
262 MERCURE
un petit animal femblable
à une punaife qu'on efleve
en Amerique fur une plante
qu'on appelle opuntium .
en François raquette ou figuier
d'Inde , l'autre opinion
avoit eu auffi fes partifans
. Mais la queſtion eft
abfolument dccidée par
Mr Geoffroy , qui ayant fait
renfler de la cochenille
dans de l'eau , y a découvert
les parties d'infecte &
principalement
les partes ,
trois de chaque cofté avec
leurs articulations bien for
mées.
GALANT . 263
Il fit encore une remarquefur
cet infecte , qui eft
que ceux qui naiffent ailleurs
que fur les feuilles de
figuier d'Inde , ne fourniffent
pas une fi belle teinture
rouge , quoy qu'on ne remarque
rien dans ces feuilles
qui doive la communiquer
à fes infectes. Mais il
obferva en meſme tems
que le fruit qui naiſt de
cette plante eft d'un rouge
dont la teinture eft fi
forte qu'elle colore meſme
l'urine de ceux quien mangent.
D'où Mr Geoffroy
264 MERCURE
conjecture que l'alteration
du fuc de la plante qui donne
au fruit cette belle couleur
, peut- eftre ſemblable
dans le corps de ces petits
infectes & mefme encore.
plus parfaite puifqu'ils font
propres à la teinture d'écarlate
, au lieu que les figues
d'Inde y font inutiles.
La
derniere
remarque
que
la
de Mr Geoffroy fut
belle teinture de pourpre
ou d'écarlate fi précieuſe
chez les Anciens fi eftimée
par tout , eft tousjours provenuë
des parties animales
&
GALANT. 265
ཟ་
ل
(
& jamais des matieres purement
vegetales.
Mr l'Abbé Bignon en
refumant ſes obfervations
le loua fort de fon exactitu
de & de fon application ,
& luy dit que c'étoit dommage
qu'il n'y euft point
fur les lieux où la lacque
croiffoit , d'auffi habiles
obfervateurs pour voir travailler
les animaux qui la
font , ou qu'il n'y euft point
icy ces mefmes animaux ,
pour les voir travailler ,
& y faire les mefmes obfervations
qu'on a faites
Avril 1714. Ꮓ
266 MERCURE
fur nos ruches à miel.
Enfin Mr de Lifle lut un
Memoire ayant pour titre ,
Juftification des mefures
des Anciens en matiere de
Geographie.
fit à l'ordinaire l'ouverture
de fes exercices aprés
Pafques , par une Affemblée
publique qui ſe tinſt
le Mercredy 11. Avril.
LE premier qui parla
fut Mr le Chevalier de
Louville affocié pour l'ALtronomie.
Il donna des
obfervations fur le point
précis de l'Equinoxe du
Printemps de cette année ,
aprés avoir fait voir auparavant
la neceffité & l'utiGALANT.
249
lité de cette obfervation .
Mr de la Hirre le Pere
propofa une machine tres
fimple pour elever l'eau ,
fans beaucoup de dépenfe,
ayant pour mobile l'eau
d'un ruiffeau ou la fimple
deſcharge d'un refervoir
.
Monfieur Geoffroy le
jeune l'un des affociez Botaniftes
lut enfuite une Dif
fertation fur la gomme
lacque dont on fe fert dans
le Levant pour teindre en
écarlate , & fur les autres
matieres qui fourniſſent
250 MERCURE
cette teinture.
Il montra que la gomme
lacque eftoit mal nommée ;
puifqu'il eft certain que ce
n'eft point du tout une
gomme , & qu'elle ne coule
point des branches
de
l'arbre autour
desquelles
on la trouve , ce qui la fait
nommer lacque en baton .
C'est ce qui avoit déja
efté obfervé fur les lieux
par quelques
uns & entr'autres
par le Pere Tachard.
On avoit auffi remarqué
que cette ma icre
eftoit depofée par des InGALANT
. 291
B
fectes , qui au rapport du
meſme Pere font des
fourmis volantes .
Mais ce qu'on n'avoit
point encore découvert &
qui eft dit aux recherches
de Monfieur Geoffroy ;
c'eft que cette matiere qui
a fi long tems paffé pour
une gomme , est une veritable
Ruche femblable à
celles que travaillent les
Abeilles & quelques autres
infectes.
En effet cette lacque telle
qu'elle fe trouve autour
des petits batons qui la
252 MERCURE
fouftiennent , eft partagée
en petites cellules oblon
gues & a plufieurs pans
comme celles de nos ruches
dont les cloisons font
tres delicates & qui aboutiffent
toutes à plufieurs petits
trous dont la lacque
paroift criblée par deffus .
Ces Loges font occupés
par des petits corps
oblongs , ridez , terminez
d'un cofté par une pointe,`
& de l'autre par deux ou
trois , qui eftant' mis dans
l'eau s'y renflent comme
fait la cochenille & la teiGALANT
. 253
2
gnent d'une auffi belle
couleur.
Ces petits corps font ;
felon Mr Geoffroy , des
depouilles d'infectes nez
ou à naiftre , & qui par
confequent ne peuvent eftre
que les veftiges des
effains à quoy ces ruches
font destinées ; comme
nous voyons celles de nos
mouches à miel fervir au
mefme ufage.
Que ces petits corps
I foient des parties animales,
on n'en fçauroit douter en
eles bruflant à part ; car ils
254 MERCURE
repandent une odeur fetide
pareille à celle qui fort
des parties des animaux
qu'on bruſle , au lieu que
la lacque toute feule jette
en brûlant cette agreable
odeur qu'on connoiſt dans
la cire d'Eſpagne dont elle
fait la bafe.Y
Il faut bien
diftinguer
felon Mr Geoffroy ces petits
Animaux , quels qu'ils
foient , qui occupent
chacun
leur alveole , d'avec
d'autres vers qui s'infinuent
dans la lacque , y
rongent
les cellules & ce qu'elles
GALANT . 255
5
contiennent , & y depofent
leurs oeufs . Ceux - là
font eſtrangers à la lacque
comme les vers qui fe mettent
aux ruches de nos
mouches à miel , & l'y détruifenr.
Il s'enfuit donc que la
lacquefeparée de ces petits
corps eft une veritable cire .
C'eft ce que Mr Geoffroy
a fort bien prouvé par la
comparaifon qu'il en fait
avec une lacque de la mefme
nature , mais peu con
nuë , qui vient de l'Ile de
Madagaſcar. Celle - cy eft
256 MERCURE
toute femblable à de la
cire & on la prendroit
pour
l'ouvrage
de quelques
mouches à miel , fi l'on ne
la reconnoiffoit
pour de la
lacque à fes alveoles & aux
petits corps qu'elles renferment.
L'Analyfe chimique que
Mr Geoffroy a auffi employée
pour découvrir entierement
la nature de la
lacque prouve encore que
c'eft une cire ; car on en
tire les mefmes principes
qu'on tire ordinairement
de la cire , fçavoir un esprit
acide
GALANT. 257
acide & un beurre . Mais
à caufe des parties animales
qui y font renfermées
elles doit fournir quelque
eſprit volatil.
>
Pour s'en affurer Mr
Geoffroy a fait deux diſtillations
, l'une de la lacque
en baton avec les petits
animaux qu'elle contient
& l'autre de la lacque en
graine qui eft ainſi nommée
parce qu'elle a eſté
reduite en petits grains
fervir aux teintures , #pour
1 & qu'elle eft abfolument
depouillée des petits ani-
Avril 1714.
Y
258 MERCURE
maux qu'elle renfermoir
auparavant dans fes alveoles.
Car comme l'a fort bien
obfervé Mr Geoffroy , ce
font eux qui donnent cette
belle couleur écarlate que
fournit la lacque , en forte
qu'elle n'a de teinture qu'à
proportion qu'elle en reçoit
de ces petits corps.
Auffi celle qui s'en trouve
peu fournie n'a qu'une couleur
citrine affez pafle.
Mr Geoffroy en comparant
les diftillations des
deux lacques a trouvé que
1
GALANT . 259
l'efprit acide qu'on tire de
la lacque en baſtons eſt
meflé avec un efprit vola
til que les feules parties
animales peuvent fournir.
Ce qu'il a reconnu au precipité
blanc qui refulte de
fon mellange avec la ſolution
du fublimé corrofif ;
au lieu que l'efprit acide
tiré de la lacque en graine
ne fait point le mefme effet ;
parce qu'elle ne contient
aucune de ces parties añi
males.
Les autres obſervations
de Mr Geoffroy eftoient
Y ij
260 MERCURE
fur le Kermes autrement
dit graine d'écarlate qui eſt
une excroiffance qui naift
fur les feuilles de l'Ilex acculeata
efpeee de chefne verd,
par la picquure d'une forte
de moucherons qui y dépoſent
fes oeufs.
Il en donne une defcription
fort exacte . Des deux
fubftances qu'il y a remarquées
l'une rouge & l'autre
blanche , celle cy paroilt
un amas d'une infinité de
petits cornets d'où font
fortis les petits moucherons
qui y eftoient renfermcz.
GALANT. 261
Il parla enfuite de plufieurs
autres vermiffeaux
qui ont fervi à la teinture
d'écarlate , jufqu'à ce qu'on
ait découvert la cochenille
dans l'Amerique.
La defcription qu'il donna
de ce dernier infecte
prefque le feul en ufage
pour les teintures de pourpre
& d'écarlate , fut auffi
curieufe qu'elle eftoit exac
te. On avoit preſque toufjours
douté fi la cochenille
eftoit une infecte ou une
graine , & quoy qu'on fuſt
plus porté à croire que c'eſt
262 MERCURE
un petit animal femblable
à une punaife qu'on efleve
en Amerique fur une plante
qu'on appelle opuntium .
en François raquette ou figuier
d'Inde , l'autre opinion
avoit eu auffi fes partifans
. Mais la queſtion eft
abfolument dccidée par
Mr Geoffroy , qui ayant fait
renfler de la cochenille
dans de l'eau , y a découvert
les parties d'infecte &
principalement
les partes ,
trois de chaque cofté avec
leurs articulations bien for
mées.
GALANT . 263
Il fit encore une remarquefur
cet infecte , qui eft
que ceux qui naiffent ailleurs
que fur les feuilles de
figuier d'Inde , ne fourniffent
pas une fi belle teinture
rouge , quoy qu'on ne remarque
rien dans ces feuilles
qui doive la communiquer
à fes infectes. Mais il
obferva en meſme tems
que le fruit qui naiſt de
cette plante eft d'un rouge
dont la teinture eft fi
forte qu'elle colore meſme
l'urine de ceux quien mangent.
D'où Mr Geoffroy
264 MERCURE
conjecture que l'alteration
du fuc de la plante qui donne
au fruit cette belle couleur
, peut- eftre ſemblable
dans le corps de ces petits
infectes & mefme encore.
plus parfaite puifqu'ils font
propres à la teinture d'écarlate
, au lieu que les figues
d'Inde y font inutiles.
La
derniere
remarque
que
la
de Mr Geoffroy fut
belle teinture de pourpre
ou d'écarlate fi précieuſe
chez les Anciens fi eftimée
par tout , eft tousjours provenuë
des parties animales
&
GALANT. 265
ཟ་
ل
(
& jamais des matieres purement
vegetales.
Mr l'Abbé Bignon en
refumant ſes obfervations
le loua fort de fon exactitu
de & de fon application ,
& luy dit que c'étoit dommage
qu'il n'y euft point
fur les lieux où la lacque
croiffoit , d'auffi habiles
obfervateurs pour voir travailler
les animaux qui la
font , ou qu'il n'y euft point
icy ces mefmes animaux ,
pour les voir travailler ,
& y faire les mefmes obfervations
qu'on a faites
Avril 1714. Ꮓ
266 MERCURE
fur nos ruches à miel.
Enfin Mr de Lifle lut un
Memoire ayant pour titre ,
Juftification des mefures
des Anciens en matiere de
Geographie.
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Résumé : L'Academie Royalle des Sciences fit à l'ordinaire l'ouverture de ses exercices aprés Pasques, par une Assemblée publique qui se tinst le Mercredy 11. Avril.
Le 11 avril, l'Académie Royale des Sciences a inauguré ses exercices par une assemblée publique. Plusieurs membres ont présenté des observations et des inventions. Le Chevalier de Louville a discuté du point précis de l'équinoxe du printemps, en soulignant son importance. Monsieur de la Hirre père a proposé une machine économique pour élever l'eau, utilisant l'eau d'un ruisseau ou la décharge d'un réservoir. Monsieur Geoffroy le jeune, botaniste, a abordé la gomme laque utilisée dans le Levant pour teindre en écarlate. Il a démontré que la gomme laque est mal nommée, car elle n'est pas une gomme mais une véritable ruche produite par des insectes, similaires à celles des abeilles. Cette matière est déposée par des fourmis volantes et se présente sous forme de petites cellules oblongues contenant des dépouilles d'insectes. Geoffroy a également distingué ces insectes de vers étrangers qui endommagent la laque. Il a prouvé que la laque, séparée de ces corps, est une véritable cire, confirmée par une analyse chimique. Geoffroy a comparé cette laque à une autre de Madagascar, également similaire à de la cire. Il a également étudié le kermès, une excroissance sur les feuilles de l'Ilex, et a décrit la cochenille, utilisée pour les teintures de pourpre et d'écarlate, confirmant qu'il s'agit d'un insecte. L'Abbé Bignon a félicité Geoffroy pour son exactitude et son application, regrettant l'absence d'observateurs sur place pour étudier les insectes producteurs de laque. Enfin, Monsieur de Lisle a lu un mémoire justifiant les mesures des Anciens en géographie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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290
p. 280-283
ENIGME.
Début :
L'Enigme suivante est de la belle image .... / La main qui nous fait nous destine [...]
Mots clefs :
Ciseaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
L'Enigme suivante est de
la
labelle image
ENIGME.
LA main qui nous fait
nous destine
Amilleusagesdifférents,
Ellenous1 cuit, nous b7 at)
noustrempe f5 nous
rafine,
Pour nousfaireservir aux
petits comme aux
grands.
Nous femmes enfants de
laterre*
On nous arracie de [es
flancs:
Souvent notre merea la
guerre
Oste la vie a bien desgens.
Noussommes longs, aigus)
larges ,grands f5
petits,
Nousservons deux un mêmemaijîrey
1Et noussommes tous deux peut-estre
Leplusutiledes outils.
(,'estde nous que sifertla
hainede la Parque
Pour abbreger le fort des
malheureux mortels,
Enfin c'est nous (Ourvent
quon trattte de cruels,
Quandïimplacablemort
s'empare d'un Monarque.
AUTRE
la
labelle image
ENIGME.
LA main qui nous fait
nous destine
Amilleusagesdifférents,
Ellenous1 cuit, nous b7 at)
noustrempe f5 nous
rafine,
Pour nousfaireservir aux
petits comme aux
grands.
Nous femmes enfants de
laterre*
On nous arracie de [es
flancs:
Souvent notre merea la
guerre
Oste la vie a bien desgens.
Noussommes longs, aigus)
larges ,grands f5
petits,
Nousservons deux un mêmemaijîrey
1Et noussommes tous deux peut-estre
Leplusutiledes outils.
(,'estde nous que sifertla
hainede la Parque
Pour abbreger le fort des
malheureux mortels,
Enfin c'est nous (Ourvent
quon trattte de cruels,
Quandïimplacablemort
s'empare d'un Monarque.
AUTRE
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291
p. 236-237
Cas de conscience. [titre d'après la table]
Début :
Cas de conscience. J'ay pensé me faire un scrupule [...]
Mots clefs :
Tailleur, Habits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Cas de conscience. [titre d'après la table]
Cas de confciense. J'ay
pensé me faire un scrupule
d'annoncer au Public un Tailleur,
même un Tailleur extra^
ordinaire, cependant je m'y
fuis déterminé en faveur dela
nouveauté du cas.
,
- Le sieur le Pelletier,Maistre ;
Tailleur d'Habits, s'estavisé
d'un expedient utile,commode
,
&gascon si l'on veut. Il
a seul le secret de faire des habits.
sans envers, habits doubles
, ou portans leurs Surtouts,
de quelque étoffe que
ce soit, & de quelque maniere
qu'on les puisse souhaiter. Sa
demeure est ruë S. Marrin ;
cul de sac S Fiacre, chez Mr
Caboche, Marchand Chapelier,
vis à-vis S. Mederic.
pensé me faire un scrupule
d'annoncer au Public un Tailleur,
même un Tailleur extra^
ordinaire, cependant je m'y
fuis déterminé en faveur dela
nouveauté du cas.
,
- Le sieur le Pelletier,Maistre ;
Tailleur d'Habits, s'estavisé
d'un expedient utile,commode
,
&gascon si l'on veut. Il
a seul le secret de faire des habits.
sans envers, habits doubles
, ou portans leurs Surtouts,
de quelque étoffe que
ce soit, & de quelque maniere
qu'on les puisse souhaiter. Sa
demeure est ruë S. Marrin ;
cul de sac S Fiacre, chez Mr
Caboche, Marchand Chapelier,
vis à-vis S. Mederic.
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Résumé : Cas de conscience. [titre d'après la table]
Le texte traite d'un dilemme concernant la promotion d'un tailleur exceptionnel, le sieur Le Pelletier. Ce dernier a inventé une méthode pour créer des habits sans envers, doubles ou portant leurs surts, quelle que soit l'étoffe. Sa boutique est située rue Saint-Martin, cul-de-sac Saint-Fiacre, chez Monsieur Caboche, marchand chapelier, en face de Saint-Médéric.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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292
p. 333
AUTRE AVIS de grande consequence.
Début :
Le sieur Godeheult le fils, Marchand Tailleur, demeurant [...]
Mots clefs :
Habits, Marchand tailleur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE AVIS de grande consequence.
AUTRE AVIS
de grande conſequence.
د
د Le ſieur Godeheult le fils
Marchand Tailleur , demeurant
ruë Tirechappe, du côté de la ruë
Betizi , àl'Enseigne du Point du
jour , quartier de la ruë de la
Monnoye avertie le Public
qu'il fait&fournit toutes fortes
d'habits &ſurtouts tant brodez
que gallonez& unis : il habille
Regimens&Livrées ,il troque
toute forte de Garderobe , &enfin
il habille àl'année de toutes
façons, proprement,magnifiquement
& à juste prix.
de grande conſequence.
د
د Le ſieur Godeheult le fils
Marchand Tailleur , demeurant
ruë Tirechappe, du côté de la ruë
Betizi , àl'Enseigne du Point du
jour , quartier de la ruë de la
Monnoye avertie le Public
qu'il fait&fournit toutes fortes
d'habits &ſurtouts tant brodez
que gallonez& unis : il habille
Regimens&Livrées ,il troque
toute forte de Garderobe , &enfin
il habille àl'année de toutes
façons, proprement,magnifiquement
& à juste prix.
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293
p. 351-352
Avis en gros & en détail que tout le monde doit lire pour raison.
Début :
Le Sr Godeheult le fils Marchand Tailleur demeurant ruë Tirechappe, [...]
Mots clefs :
Marchand tailleur, Comédie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis en gros & en détail que tout le monde doit lire pour raison.
Avis engros& en détail que tout
le monde doit lire pour raiſon,
Le S Godeheult lefils Marchand
Tailleur demeurant ruë Tirechappe,
du côtéde la ruëBetizy,à l'enseigne
du Point du jour, avertit le public
qu'il habille à l'année, c'est à- dire ,
que moyennant la Somme dont on
convient avec lui, ilfournit deux ,
quatre ,fix & douze habits neufs
par an si l'on veut , & à tresbon
compte.
M. Dancourt vientdedonner encore
uneComedie nouvelleque lePublic
trouve maltaillée&mal cousue,
352 MERCURE
jen'en dirois rien ,ſi je n'étois pas
obligé de parler de toutes les pieces
qui fe preſentent , quoiqu'erles
n'aientpas defuccez , mais celle-cy
a Pignon fur ruë :Voicy l'histoire
deson eſtabliſſement.
M.Dancourt lût aux Comediens,
ilya environ unan , la Comedie du
Vert galant ;fes camarades qui ta
trouverent mauvaise,refuferent ab .
folument de la joüer : quandilvit
qu'ils n'en vouloientpoint,illa negligea
,&quelque tems aprés il avova
à ceux qui étoient deſonparty
qu'ilavoitfait courir dans lemonde
, le Conte de l'Abbé vert ,pour
donnerplus de credit àſapiece:Voila
ce qu'on appelle inventer àproposdes
Vauxdevilles pourleTheâtre.
Ils réüffent s'ils peuvent ,
qu'importe? les espritsfontroûjours
prévenus & voilàle Vert galant.
le monde doit lire pour raiſon,
Le S Godeheult lefils Marchand
Tailleur demeurant ruë Tirechappe,
du côtéde la ruëBetizy,à l'enseigne
du Point du jour, avertit le public
qu'il habille à l'année, c'est à- dire ,
que moyennant la Somme dont on
convient avec lui, ilfournit deux ,
quatre ,fix & douze habits neufs
par an si l'on veut , & à tresbon
compte.
M. Dancourt vientdedonner encore
uneComedie nouvelleque lePublic
trouve maltaillée&mal cousue,
352 MERCURE
jen'en dirois rien ,ſi je n'étois pas
obligé de parler de toutes les pieces
qui fe preſentent , quoiqu'erles
n'aientpas defuccez , mais celle-cy
a Pignon fur ruë :Voicy l'histoire
deson eſtabliſſement.
M.Dancourt lût aux Comediens,
ilya environ unan , la Comedie du
Vert galant ;fes camarades qui ta
trouverent mauvaise,refuferent ab .
folument de la joüer : quandilvit
qu'ils n'en vouloientpoint,illa negligea
,&quelque tems aprés il avova
à ceux qui étoient deſonparty
qu'ilavoitfait courir dans lemonde
, le Conte de l'Abbé vert ,pour
donnerplus de credit àſapiece:Voila
ce qu'on appelle inventer àproposdes
Vauxdevilles pourleTheâtre.
Ils réüffent s'ils peuvent ,
qu'importe? les espritsfontroûjours
prévenus & voilàle Vert galant.
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Résumé : Avis en gros & en détail que tout le monde doit lire pour raison.
Le texte annonce que le tailleur Godeheult, fils Marchand, résidant rue Tirechappe au coin de la rue Betizy, sous l'enseigne 'Le Point du jour', offre de fournir des habits neufs à l'année à des prix avantageux, avec une quantité variable selon l'accord avec le client. Parallèlement, l'auteur critique la comédie 'Le Vert galant' de Monsieur Dancourt, qualifiée de 'mal taillée et mal cousue' par le public. Malgré son manque de succès, l'auteur se sent obligé d'en parler. Il révèle que Dancourt avait présenté cette pièce aux comédiens environ un an plus tôt, mais elle avait été refusée. Pour la promouvoir, Dancourt aurait diffusé une histoire fictive, 'Le Conte de l'Abbé vert'. Malgré les refus initiaux, la pièce a finalement été jouée, démontrant comment les préjugés du public peuvent influencer la réception d'une œuvre théâtrale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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294
p. 357-358
Autre Avis.
Début :
Le sieur Pelletier, Maître Tailleur d'habits, s'est avisé d'un expedient [...]
Mots clefs :
Tailleur, Habits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre Avis.
Autre Avis ..
Le ficur Pelletier , MaîtreTailleur
d'habits , s'est avisé d'un expedient
utile , commode , & gascon
, commeje l'ay déja dit ; il a
feul le secret de faire des habits
Lans envers , habits doubles , ou
portants leurs furtouts , de quelque
maniere qu'on les puiſſefou358
MERCURE
haiter. Sa demeure est ruës. Martin
, cul-de-facS. Fiacre , chez M.
Caboche , Marchand Chapelier ,
vis-à-vis S.Mederic..
Le ficur Pelletier , MaîtreTailleur
d'habits , s'est avisé d'un expedient
utile , commode , & gascon
, commeje l'ay déja dit ; il a
feul le secret de faire des habits
Lans envers , habits doubles , ou
portants leurs furtouts , de quelque
maniere qu'on les puiſſefou358
MERCURE
haiter. Sa demeure est ruës. Martin
, cul-de-facS. Fiacre , chez M.
Caboche , Marchand Chapelier ,
vis-à-vis S.Mederic..
Fermer
295
p. 298-300
Autre Avis, dont l'usage me paroist assez impraticable.
Début :
Le Sieur Sireul, Valet de Chambre Tailleur de S. A R. [...]
Mots clefs :
Tailleur, Diamants, Altesses royales
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre Avis, dont l'usage me paroist assez impraticable.
jiutre Avis, dont l'usage me
paroijl ajtz impraticable.
,
Le Sieur Sireul
,
Valet de
Chambre TailleurdeS. A R.
Monsiegneur leDucd'Orléans
&deMoonseigneur le Duc de
Chartres,juge à propos de
vous apprendre qu'il est l'Auteur
des habits ébloüissants de
richesses & de diamants que
leurs Altcffcs Royales ont porté
le jour de l'Audience de
l'Ambassadeur de Per seà Versailles.
Il devoit ajoûter à cet
avis,qu'il en fait de pareilsà
juste prix, & vous donner son
adresse.
Je sçay un autre Tailleur
quin'est pas à beaucoup prés
de cette volée; il n'en csi cependant
pas moins un des plus
habiles hommes qu'il y ait à
Paris dans ce genre. Sa coupe
elt admirable,& ses desseins
en broderie &engallons fonc
nouveaux encres ingenieux. Il
s'appelle Henry Mestin. Il demeure
chez un Cordonnier,
prés l'Hostel de Mantouë, ruë
Betizy.
paroijl ajtz impraticable.
,
Le Sieur Sireul
,
Valet de
Chambre TailleurdeS. A R.
Monsiegneur leDucd'Orléans
&deMoonseigneur le Duc de
Chartres,juge à propos de
vous apprendre qu'il est l'Auteur
des habits ébloüissants de
richesses & de diamants que
leurs Altcffcs Royales ont porté
le jour de l'Audience de
l'Ambassadeur de Per seà Versailles.
Il devoit ajoûter à cet
avis,qu'il en fait de pareilsà
juste prix, & vous donner son
adresse.
Je sçay un autre Tailleur
quin'est pas à beaucoup prés
de cette volée; il n'en csi cependant
pas moins un des plus
habiles hommes qu'il y ait à
Paris dans ce genre. Sa coupe
elt admirable,& ses desseins
en broderie &engallons fonc
nouveaux encres ingenieux. Il
s'appelle Henry Mestin. Il demeure
chez un Cordonnier,
prés l'Hostel de Mantouë, ruë
Betizy.
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296
p. 279-280
ENIGME.
Début :
On me cache à demy, pour me faire paroître, [...]
Mots clefs :
Diamant monté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
ON me cache à demy,
pour me faire paroître,
Je fuis alors comme en
prison :
Peu degens sçavent me &::A3 connoitre. ; ->
CertainAnimal mâle a
quelquefois mon nom,
'~r~.
Qu'on nemecherche pas
dans l'onde,
J'habite en un autre élement.
Onm'estime par tout le
monde;
Mais avec le bas peuple
on me voit rarement:
Qui ne me connoîtpas,
bien souvent me méprise,
Et me prend pour celui
qui porte un nom
;.
d'Eglise.
ON me cache à demy,
pour me faire paroître,
Je fuis alors comme en
prison :
Peu degens sçavent me &::A3 connoitre. ; ->
CertainAnimal mâle a
quelquefois mon nom,
'~r~.
Qu'on nemecherche pas
dans l'onde,
J'habite en un autre élement.
Onm'estime par tout le
monde;
Mais avec le bas peuple
on me voit rarement:
Qui ne me connoîtpas,
bien souvent me méprise,
Et me prend pour celui
qui porte un nom
;.
d'Eglise.
Fermer
297
p. 259-262
ENIGME.
Début :
Voici les Enigmes de ce mois. / Du Maistre que je sers Esclave obéïssante [...]
Mots clefs :
Pendule
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Voici les Enigmes de ce
mois.
ENIGME.
Du Maistre que je fers Efclave
obéiffante
Jeſuis toujours en action ,
Et ma plus grande fonction
Eft de n'être jamais trop prompte
ni trop lente.
ॐ
Je nesçais ce que c'estque d'aller
au hazard,
Y ij
260 MERCURE
Mon corps renferme en joy differentes
parties
Delicatement afſforties.
Qui me rendent enſemble un chefd'oeuvre
de l'art.
Mais fi l'on veut de moy tirer
quelque ſervice ,
Ilnefaut pas menegliger ,
Carj ferois dans le danger
D'interrompreſouvent monfilele
exercice.
ॐ
Quoyqu'à l'abry toûjours des
injures du temps
Le grandfroid cependant & la
forte gelée
GALANT. 261
1
M'empêchent quelquefois d'achever
ma journée ,
Arrêtant tout à coup mes justes
mouvemens .
!
Veux- tu sçavoir mon nom , regarde
moy enface ,
F'ay deux Compagnes avec moy
Dont lefeul & l'unique employ
1. Eft de montrer aux yeux le travail
que je trace.
2.0
L'une porte avec ſoy quelque
marque Royale ,
Mais elle est fi lente en fon tour,
Qu'elle ne fait que dans unjour,
262 MERCURE
Ce que l'autre en une heure à nos
regards étale.
Les Auteurs font l'Abbé Inulaire
àl'Anagramme , Rubé
Caffe ,& le jeune Logicien de
la rue S. Loüis.
mois.
ENIGME.
Du Maistre que je fers Efclave
obéiffante
Jeſuis toujours en action ,
Et ma plus grande fonction
Eft de n'être jamais trop prompte
ni trop lente.
ॐ
Je nesçais ce que c'estque d'aller
au hazard,
Y ij
260 MERCURE
Mon corps renferme en joy differentes
parties
Delicatement afſforties.
Qui me rendent enſemble un chefd'oeuvre
de l'art.
Mais fi l'on veut de moy tirer
quelque ſervice ,
Ilnefaut pas menegliger ,
Carj ferois dans le danger
D'interrompreſouvent monfilele
exercice.
ॐ
Quoyqu'à l'abry toûjours des
injures du temps
Le grandfroid cependant & la
forte gelée
GALANT. 261
1
M'empêchent quelquefois d'achever
ma journée ,
Arrêtant tout à coup mes justes
mouvemens .
!
Veux- tu sçavoir mon nom , regarde
moy enface ,
F'ay deux Compagnes avec moy
Dont lefeul & l'unique employ
1. Eft de montrer aux yeux le travail
que je trace.
2.0
L'une porte avec ſoy quelque
marque Royale ,
Mais elle est fi lente en fon tour,
Qu'elle ne fait que dans unjour,
262 MERCURE
Ce que l'autre en une heure à nos
regards étale.
Les Auteurs font l'Abbé Inulaire
àl'Anagramme , Rubé
Caffe ,& le jeune Logicien de
la rue S. Loüis.
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298
p. 289-306
Entrée de M. le Comte de Ribeira, Ambassadeur Extraordinaire de Portugal en France. [titre d'après la table]
Début :
Le 18. M. le Comte de Ribeira, Lieutenant General, [...]
Mots clefs :
Ambassadeur extraordinaire, Portugal, Carosse, Chevaux, Ambassadeur, Étoffe, Marquis, Broderie, Duc, Argent, Écuyer, Velours, Duchesse, Sculpture, Comte de Ribeira
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texteReconnaissance textuelle : Entrée de M. le Comte de Ribeira, Ambassadeur Extraordinaire de Portugal en France. [titre d'après la table]
Lc 18. M. le Comte de Ribeira
, Lieutenant General
Grand Maiſtre de l'Artillerie
&AmbaſladeurExtraordinaire
de Portugal , fit ſon Entrée publique
en cette Ville. M. le
Maréchal de Tallard & M. le
Aoust 1715. Bb
290 MERCURE
Chevalier de Sainctor , Introducteur
des Ambaſſadeurs, furent
le prendredans lecarroffe
du Roy au Monastere de Picpus
, d'où la marche ſe fitdans
l'ordre ſuivant :
Le carroſſe de l'Introducteur
, celuy de M. le Marêchal
deTallard, vingtquatreValets
de pied de l'Ambaſſadeur , fon
Ecuyer & fix Pages à cheval
le carroffe du Roy , ceux de
Madamela Ducheſſe de Berry,
de Madame , de M. le Duc
d'Orleans , de Madame la Ducheſſe
d'Orleans , de Madame
laPrinceſſe deCondé, deMaGALANT.
19
1
dame la Ducheſſe Doüairiere ,
de M. le Duc & de Madame la
Ducheffe ,de Madamela Princeffe
de Conti Doüairiere , de
M. le Prince & de Madame la
Princeſſe de Conti , de M. le
Duc&deMadame laDucheffe
du Maine , de M. le Prince de
Dombes , de M. le Comte de
Toulouſe , deMadame laDuchelle
de Vendoſme , & celuy
du Marquis de Torcy , Mınıftre
& Secretaire d'Etat pour
les affaires étrangeres. A la
diſtance de trente à quarante
pas marchoient les cinq carroffes
de l'Ambaſſadeur prece-
A
F
Bbij
292 MERCURE
dez de ſes deux Suiſſes à cheval.
Nulle des plus ſuperbes
Entrées qu'on ait veuës depuis
longtemps en France, n'a étalé
tant d'éclat & tant de magnificence
que celle- ci . Voici un
abregé de cette brillante ceremonic.
M
La ſuite de M. l'Ambaſſadeur
conſiſtoit en un Ecuyer ,
deux Secretaires , dix Gentilshommes
, fix Pages, quatreValets
de Chambre,deux Suiffes ,
cingCochers , cinq Poſtillons,
&vingt quatre Valets de pied.
Leshabits des Gentilshommes
étoient de la derniere magnifi
GALANT. 223
cence , celui de M. l'Ambaffadeur
étoit enrichi de boutons
de diamans. Les habits
des Pages étoient d'un velours
autore avec les veſtes & paremens
de tiſſu d'or , le tout
brodé d'argent fur toutes
les coûtures . Ils avoient des
noeuds d'épaule d'or brodez
d'argent , des plumets blancs ,
des bas aurore à coins brodez
d'argent , & manchettes &
cravates de belles dentelles . La
livrée étoitd'un drap vert pâle,
#font fin, couvert partout d'un
galon d'or large de trois
doigts , au milieu de deux ga-
Bbiij
294 MERCURE
*
lons d'argent , qui , enſemble ,
faifoient à peu prés la même
largeur. Les paremens de leurs
habits étoit d'une belle étoffe
d'or de même que leursveſtes.
Les noeuds d'épaule étoient
d'argent avec des petits Acurons
de vertenbroderie. Leurs
bas étoient de ſoye aurore , &
les plumets de la même couleur:
Leurs cocardes étoient aurore&
blanches.
Il y avoit cinq carroffes
tirez par huit chevaux de
differentes couleurs: Le premier
étoit un carroffe à huit
glaces doublé d'une étoffed'or
GALANT•
295
des plus riches ,&des plus à la
mode , enrichie d'une grande
frange à graine d'épinart , ornée
de jaſmins & d'autres varietez
, avec une tête de carti-
- ſane relevée de la largeur d'environ
un pied. Dans le fondde
l'imperial fait en dôme il y
avoit un artichaut en broderie
entouré d'une cartiſane. Les
rideaux étoient de gros de
Tours vert brodé d'or en plein
ſans envers , & autour regnoit
une frange d'or haute de deux
doigts. Le marchepied eſtoit
de marqueterie , d'écaille & de
cuivre doré d'un deſſein ex-
Bb iiij
296 MERCURE
quis. Le dehors eſtoit de velours
vert tout couvert de broderie
d'or en relief fait par les
meilleurs ouvriers de Paris .
L'imperial eſtoit du même velours
& couvert de broderic
également comme le reſte du
carroffe.Autour de la goutiere
regnoit une cartiſane à laquelle
étoit attachée une frange,&
de distance en diſtance des
gros glands d'or de differentes
façons ,&c.
Les pomes étoient de bronze
doré d'or moulu ,reprefentant
un Dragon avec les aîles
ouvertes , qui eſt le blazon de
GALANT. 297
Portugal couronné par deux
Anges , & de la tête du Dra-
* gon ſortoit par le milieu de la
Couronne une gerbe d'or.
La broderie repreſentoit
dans les panneaux des portieres
lesArmes de l'Ambaſſadeur
& dans les autres panneaux
differentes idées au ſujet de la
Paix.
Les quatre montants des
coins du carrofile reprefentoient
en tres belle ſculpture
dorée les quatre parties du
monde duns lesquelles le
Portugal a des Domaines.
La ferrure de ce carroffe en
298 MERCURE
و
general eſt de bronze dorée
d'or moulu , cizelé & fini par
les meilleurs ouvriers tant
dans le train &dans le carroffe
que dans tous les harnois qui
étoientde velours vert couvert
d'un galon d'or . Le train étoit
generalement ſculpté & doré ,
les rouës d'une ſi nouvelle invention
qu'il ne s'en eſt encore
point vû de pareilles. L'arte.
lage étoitde huit chevaux couleur
d'ardoiſe à crin blanc ,
portant fur leurs têtes des toques
de plumes vertes &blanches
mouchetées d'aurore , &
de chaſle- mouches vert & or.
GALANT .
-
Les guides ,glands des cheviYON 5
*
& tous les cordons étoient de
foye verte , & or..
• Le ſecond carroffe étoit auſſi
doublé d'une étoffe d'or avec
une frange & une riche tête
de cartiſane. Le dehors de tresexcellente
peinture. Les bordures
, les extremitez , & les
montans étoit de belle ſculpture.
Le deffus eftoit couvert
de plaques cizelées & dorées.
Le train d'une belle fculpture
& tout doré. Les harnois de
maroquin jaune bordé de rouge.
Les guides rouges & or , &
les chevaux pies blancs tachetez
de noir.
300 MERCURE
Le troiſième étoit une cale
che doublée d'étoffe d'argent
avec une frange & belle carti
lane d'argent. Le dehors d'une
peinture tres belle ſur argent.
Toutes les bordures & montans
de belle ſculpture argen
tée. Le deffus couvert de pla
ques argentées. Le train de
ſculpture argenté & les rouës
peintes en vert & argent. H
eſtoit tiré par huit chevaux
cap de more à crin noir.....
Le quatrième carroffe doublé
de velours cramoiſi avec
une frange d'or & une broderie
des plus belles , eſtoit tiré
2
r
GALANT. 301
:
par huit chevaux Bays à crin
bbllaanncc.
* Le cinquiéme doublé d'un
velours rouge à fond d'argent
avec ſes franges d'argent , le
reſte bien doré comme le qua.
triéme, eſtoît tiré par huitches
vaux noirs. QUIDE
Le fiege du premier carroſſe
eſtoit de velours vert avec des
franges & des broderies d'or.
Lelſecondd'étoffe d'or avec
des franges & cartilanes d'or.
Le troiſième d'étoffe à fond
d'argent and som min
Pendant la marche M. de
Meryhomme de condition &
:
302 MERCURE
de merite ,& qui a fervi longtemps
avec diftinction en
France, qui eſt ſa Patrie, &
d'où la fortune l'a arraché
pour le conduire en Portugal,
où il a l honneur d'eſtre attaché
au ſervice du Roy , faiſant
dans la Ceremonie de l'Entrée
de M. le Comte de Ribeira
la fonction de ſon premier
Ecuyer ,jetta dans les places
publiques& carrefours de cette
Ville une prodigieuſe quantité
de Medailles d'or & d'argent
que le peuple avoit ſoin
deramaffer avecavidité,enbeniſſant
la Nobleffe & la geneGALANT.
303
- roſité d'un ſi magnifique Ambatfadeur
. Ces Medailles repreſentent
d'un coſté le Portrait
du Roy de Portugal , &
de l'autre un Olivier dont les
rameaux embraſſent deux
• Couronnes qui ſont celles de
- Portugal & de France réünies
par la Paix d'Utrecht. Avec
cette deviſe : Nectit &firmat .
La marche finie , en arrivant
à l'Hoſtel des Ambaſſadeurs ,
- M. le Comte de Ribeira fut
- complimenté de la part du
Roy, par M. le Duc de Trefmes
premier Gentilhomme de
- la Chambre ; de la part de
304 MERCURE
Madame la Ducheſſe , par M.
leChevalier de Hautefort, fon
premier Ecuyer ; de la part de
Madame , par M. le Marquis
de Mortagne , ſon premier
Ecuyer ; de la part de Monfieur
le Duc d'Orleans , par M. le
Marquis de Simiane , ſon premier
Gentilhomme de la
Chambre ; & de la part de
Madame la Ducheffle d'Orleans
, par Male Marquis de S.
Pierre , ſon premier Ecuyer .
Il a eſté logè & traité les trois
jours ſuivans à la maniere accoûtuméc.
M. le Comte de Ribeira qui
vient
GALANT. 305
vient de faire cette pompeuſe
Entrée eſt du coſté de M. fon
Pere d'une des plus illuſtres ,
des plus riches & des plus
grandes Maiſons de Portugal
&deM . fa mere,foeur deM. le
Cardinal de Rohan , & de Mrs
les Princes de Soubiſe & de
Rohan , parent & allié aux
plus anciennes & aux plus Nobles
Maiſons de France. Je ne
vous feray point icy l'éloge de
M. le Comte de Ribeira , il
n'y a qu'une voix pour luy ;
& tout Paris ſemble s'eftre
donné le mot pour luy rendre
la justice qui eſt dûë à ſes
Aoust 1715 .
Cc
306 MERCURE
grandes qualitez .
, Lieutenant General
Grand Maiſtre de l'Artillerie
&AmbaſladeurExtraordinaire
de Portugal , fit ſon Entrée publique
en cette Ville. M. le
Maréchal de Tallard & M. le
Aoust 1715. Bb
290 MERCURE
Chevalier de Sainctor , Introducteur
des Ambaſſadeurs, furent
le prendredans lecarroffe
du Roy au Monastere de Picpus
, d'où la marche ſe fitdans
l'ordre ſuivant :
Le carroſſe de l'Introducteur
, celuy de M. le Marêchal
deTallard, vingtquatreValets
de pied de l'Ambaſſadeur , fon
Ecuyer & fix Pages à cheval
le carroffe du Roy , ceux de
Madamela Ducheſſe de Berry,
de Madame , de M. le Duc
d'Orleans , de Madame la Ducheſſe
d'Orleans , de Madame
laPrinceſſe deCondé, deMaGALANT.
19
1
dame la Ducheſſe Doüairiere ,
de M. le Duc & de Madame la
Ducheffe ,de Madamela Princeffe
de Conti Doüairiere , de
M. le Prince & de Madame la
Princeſſe de Conti , de M. le
Duc&deMadame laDucheffe
du Maine , de M. le Prince de
Dombes , de M. le Comte de
Toulouſe , deMadame laDuchelle
de Vendoſme , & celuy
du Marquis de Torcy , Mınıftre
& Secretaire d'Etat pour
les affaires étrangeres. A la
diſtance de trente à quarante
pas marchoient les cinq carroffes
de l'Ambaſſadeur prece-
A
F
Bbij
292 MERCURE
dez de ſes deux Suiſſes à cheval.
Nulle des plus ſuperbes
Entrées qu'on ait veuës depuis
longtemps en France, n'a étalé
tant d'éclat & tant de magnificence
que celle- ci . Voici un
abregé de cette brillante ceremonic.
M
La ſuite de M. l'Ambaſſadeur
conſiſtoit en un Ecuyer ,
deux Secretaires , dix Gentilshommes
, fix Pages, quatreValets
de Chambre,deux Suiffes ,
cingCochers , cinq Poſtillons,
&vingt quatre Valets de pied.
Leshabits des Gentilshommes
étoient de la derniere magnifi
GALANT. 223
cence , celui de M. l'Ambaffadeur
étoit enrichi de boutons
de diamans. Les habits
des Pages étoient d'un velours
autore avec les veſtes & paremens
de tiſſu d'or , le tout
brodé d'argent fur toutes
les coûtures . Ils avoient des
noeuds d'épaule d'or brodez
d'argent , des plumets blancs ,
des bas aurore à coins brodez
d'argent , & manchettes &
cravates de belles dentelles . La
livrée étoitd'un drap vert pâle,
#font fin, couvert partout d'un
galon d'or large de trois
doigts , au milieu de deux ga-
Bbiij
294 MERCURE
*
lons d'argent , qui , enſemble ,
faifoient à peu prés la même
largeur. Les paremens de leurs
habits étoit d'une belle étoffe
d'or de même que leursveſtes.
Les noeuds d'épaule étoient
d'argent avec des petits Acurons
de vertenbroderie. Leurs
bas étoient de ſoye aurore , &
les plumets de la même couleur:
Leurs cocardes étoient aurore&
blanches.
Il y avoit cinq carroffes
tirez par huit chevaux de
differentes couleurs: Le premier
étoit un carroffe à huit
glaces doublé d'une étoffed'or
GALANT•
295
des plus riches ,&des plus à la
mode , enrichie d'une grande
frange à graine d'épinart , ornée
de jaſmins & d'autres varietez
, avec une tête de carti-
- ſane relevée de la largeur d'environ
un pied. Dans le fondde
l'imperial fait en dôme il y
avoit un artichaut en broderie
entouré d'une cartiſane. Les
rideaux étoient de gros de
Tours vert brodé d'or en plein
ſans envers , & autour regnoit
une frange d'or haute de deux
doigts. Le marchepied eſtoit
de marqueterie , d'écaille & de
cuivre doré d'un deſſein ex-
Bb iiij
296 MERCURE
quis. Le dehors eſtoit de velours
vert tout couvert de broderie
d'or en relief fait par les
meilleurs ouvriers de Paris .
L'imperial eſtoit du même velours
& couvert de broderic
également comme le reſte du
carroffe.Autour de la goutiere
regnoit une cartiſane à laquelle
étoit attachée une frange,&
de distance en diſtance des
gros glands d'or de differentes
façons ,&c.
Les pomes étoient de bronze
doré d'or moulu ,reprefentant
un Dragon avec les aîles
ouvertes , qui eſt le blazon de
GALANT. 297
Portugal couronné par deux
Anges , & de la tête du Dra-
* gon ſortoit par le milieu de la
Couronne une gerbe d'or.
La broderie repreſentoit
dans les panneaux des portieres
lesArmes de l'Ambaſſadeur
& dans les autres panneaux
differentes idées au ſujet de la
Paix.
Les quatre montants des
coins du carrofile reprefentoient
en tres belle ſculpture
dorée les quatre parties du
monde duns lesquelles le
Portugal a des Domaines.
La ferrure de ce carroffe en
298 MERCURE
و
general eſt de bronze dorée
d'or moulu , cizelé & fini par
les meilleurs ouvriers tant
dans le train &dans le carroffe
que dans tous les harnois qui
étoientde velours vert couvert
d'un galon d'or . Le train étoit
generalement ſculpté & doré ,
les rouës d'une ſi nouvelle invention
qu'il ne s'en eſt encore
point vû de pareilles. L'arte.
lage étoitde huit chevaux couleur
d'ardoiſe à crin blanc ,
portant fur leurs têtes des toques
de plumes vertes &blanches
mouchetées d'aurore , &
de chaſle- mouches vert & or.
GALANT .
-
Les guides ,glands des cheviYON 5
*
& tous les cordons étoient de
foye verte , & or..
• Le ſecond carroffe étoit auſſi
doublé d'une étoffe d'or avec
une frange & une riche tête
de cartiſane. Le dehors de tresexcellente
peinture. Les bordures
, les extremitez , & les
montans étoit de belle ſculpture.
Le deffus eftoit couvert
de plaques cizelées & dorées.
Le train d'une belle fculpture
& tout doré. Les harnois de
maroquin jaune bordé de rouge.
Les guides rouges & or , &
les chevaux pies blancs tachetez
de noir.
300 MERCURE
Le troiſième étoit une cale
che doublée d'étoffe d'argent
avec une frange & belle carti
lane d'argent. Le dehors d'une
peinture tres belle ſur argent.
Toutes les bordures & montans
de belle ſculpture argen
tée. Le deffus couvert de pla
ques argentées. Le train de
ſculpture argenté & les rouës
peintes en vert & argent. H
eſtoit tiré par huit chevaux
cap de more à crin noir.....
Le quatrième carroffe doublé
de velours cramoiſi avec
une frange d'or & une broderie
des plus belles , eſtoit tiré
2
r
GALANT. 301
:
par huit chevaux Bays à crin
bbllaanncc.
* Le cinquiéme doublé d'un
velours rouge à fond d'argent
avec ſes franges d'argent , le
reſte bien doré comme le qua.
triéme, eſtoît tiré par huitches
vaux noirs. QUIDE
Le fiege du premier carroſſe
eſtoit de velours vert avec des
franges & des broderies d'or.
Lelſecondd'étoffe d'or avec
des franges & cartilanes d'or.
Le troiſième d'étoffe à fond
d'argent and som min
Pendant la marche M. de
Meryhomme de condition &
:
302 MERCURE
de merite ,& qui a fervi longtemps
avec diftinction en
France, qui eſt ſa Patrie, &
d'où la fortune l'a arraché
pour le conduire en Portugal,
où il a l honneur d'eſtre attaché
au ſervice du Roy , faiſant
dans la Ceremonie de l'Entrée
de M. le Comte de Ribeira
la fonction de ſon premier
Ecuyer ,jetta dans les places
publiques& carrefours de cette
Ville une prodigieuſe quantité
de Medailles d'or & d'argent
que le peuple avoit ſoin
deramaffer avecavidité,enbeniſſant
la Nobleffe & la geneGALANT.
303
- roſité d'un ſi magnifique Ambatfadeur
. Ces Medailles repreſentent
d'un coſté le Portrait
du Roy de Portugal , &
de l'autre un Olivier dont les
rameaux embraſſent deux
• Couronnes qui ſont celles de
- Portugal & de France réünies
par la Paix d'Utrecht. Avec
cette deviſe : Nectit &firmat .
La marche finie , en arrivant
à l'Hoſtel des Ambaſſadeurs ,
- M. le Comte de Ribeira fut
- complimenté de la part du
Roy, par M. le Duc de Trefmes
premier Gentilhomme de
- la Chambre ; de la part de
304 MERCURE
Madame la Ducheſſe , par M.
leChevalier de Hautefort, fon
premier Ecuyer ; de la part de
Madame , par M. le Marquis
de Mortagne , ſon premier
Ecuyer ; de la part de Monfieur
le Duc d'Orleans , par M. le
Marquis de Simiane , ſon premier
Gentilhomme de la
Chambre ; & de la part de
Madame la Ducheffle d'Orleans
, par Male Marquis de S.
Pierre , ſon premier Ecuyer .
Il a eſté logè & traité les trois
jours ſuivans à la maniere accoûtuméc.
M. le Comte de Ribeira qui
vient
GALANT. 305
vient de faire cette pompeuſe
Entrée eſt du coſté de M. fon
Pere d'une des plus illuſtres ,
des plus riches & des plus
grandes Maiſons de Portugal
&deM . fa mere,foeur deM. le
Cardinal de Rohan , & de Mrs
les Princes de Soubiſe & de
Rohan , parent & allié aux
plus anciennes & aux plus Nobles
Maiſons de France. Je ne
vous feray point icy l'éloge de
M. le Comte de Ribeira , il
n'y a qu'une voix pour luy ;
& tout Paris ſemble s'eftre
donné le mot pour luy rendre
la justice qui eſt dûë à ſes
Aoust 1715 .
Cc
306 MERCURE
grandes qualitez .
Fermer
300
p. 138-140
ENIGME de M. T. R. E. T.
Début :
Je vais sans me lasser plus loin qu'on ne desire, [...]
Mots clefs :
Bateau échappé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME de M. T. R. E. T.
ENIGME
de M. T. RET
:
Jevaisfans me laſserplus loin
qu'on ne defire ,
Je marche en infenſeſans sçavoir
on jetuais, ca
Etfemblable au Soleil qui n'arrete
jamdis
Je vaisfans m'arrêter ,ſi l'on ne
me retire.
Le bien que l'on mefaitfemble.
4
GALANT. 139
roit un Martire ,
On me tire , on m'attache, on me
charge d'un faix ,
On me pique de pointe , &le bien
que je fais ,
Sans un trop long discours nese
pourroit écrire.
Souvent je suis couvert en la
Saiſon d'Esté,
Sans moy quelque Païsferoit inbabités
Celle qui me détruit je la rends
habitable ,
Oùje vaisſeul ,fans moypas un
n'ofe venir.
Il arrive ſouvent qu'on me voudroit
tenir,
1.
Mij
140 MERCURE
Pourfortir d'un danger quifemble
inevitable.
de M. T. RET
:
Jevaisfans me laſserplus loin
qu'on ne defire ,
Je marche en infenſeſans sçavoir
on jetuais, ca
Etfemblable au Soleil qui n'arrete
jamdis
Je vaisfans m'arrêter ,ſi l'on ne
me retire.
Le bien que l'on mefaitfemble.
4
GALANT. 139
roit un Martire ,
On me tire , on m'attache, on me
charge d'un faix ,
On me pique de pointe , &le bien
que je fais ,
Sans un trop long discours nese
pourroit écrire.
Souvent je suis couvert en la
Saiſon d'Esté,
Sans moy quelque Païsferoit inbabités
Celle qui me détruit je la rends
habitable ,
Oùje vaisſeul ,fans moypas un
n'ofe venir.
Il arrive ſouvent qu'on me voudroit
tenir,
1.
Mij
140 MERCURE
Pourfortir d'un danger quifemble
inevitable.
Fermer