Oeuvre commentée (2)
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Résultats : 2 texte(s)
1
p. 40-41
VÉNUS ET ADONIS.
Début :
Vénus alloit d'Amathonte à Paphos ; [...]
Mots clefs :
Vénus, Berger, Amour, Adonis, Char, Regards, Terre, Ciel, Songe, Conte
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texteReconnaissance textuelle : VÉNUS ET ADONIS.
VENUS ET ADONIS.
VENUS alloit d'Amathonte à Paphos ,
Elle étoit fur fon char : fes colombes fidèles
La traînoient par les airs , volant à tire - d'aîles:
La déefle cherchoit les douceurs du repos ;
Mais en laiflant tomber fes regards fur la terre ,
Elle voit au bord d'un ruiffeau ,
Sous un ombrage folitaire ,
J
Un berger près de fon troupeau.
Quel berger ! Non , jamais la reine de Cythere' ;
An ciel ne vit rien de fi beau !
Il dormoit , & déjà l'immottelle foupire
NOVEMBRE. 1769 . 41
Adonis n'avoit pas encore ouvert les yeux ,
Elle eft auprès de lui , le contemple & l'admire
Et forme en fecret mille voeux .
Il s'éveille , il regarde.... Oſurpriſe nouvelle !
Il voit , il adore Vénus !
L'amour , le tendre amour la rend encor plus belle;
Les regards du berger au coeur de l'immortelle
Portent des tranfports inconnus.
Viens à ma cour , mortel aimable !
Que ta pudeur eft adorable !
Viens , c'eft une divinité
Qui t'abandonne fon empire ,
Dit-elle avec ce doux fourire
Qui foumit tant de fois Jupiter enchanté !
Dans fon char auſſi - tôt la charmante déeffe
Emporte l'objet de les feux ;
Elle vole , elle arrive , & toute à la tendreffe ;
Elle oublie & l'Olympe & Mars & tous les dieux.
De tout ceci que faut- il que j'infére ?
L'amour égale tout , les bergers & les rois ,
Le ciel , l'enfer , l'onde & la terre.
Qui peut fe fouftraire à fes loix ?
De Minerve empruntez l'Egide toute fois.
Par l'auteur du fonge d'Irus. *
Le fonge d'Irus ou le bonheur , conte en vers
à J. J. Rouffeau , fuivi de Silveftre , conte en
profe , de quelques apologues , &c . C'est le titre
d'un ouvrage du même auteur qu'on trouvera inceffamment
chez J. P. Coftard , libraire , rue St
Jean de Beauvais
VENUS alloit d'Amathonte à Paphos ,
Elle étoit fur fon char : fes colombes fidèles
La traînoient par les airs , volant à tire - d'aîles:
La déefle cherchoit les douceurs du repos ;
Mais en laiflant tomber fes regards fur la terre ,
Elle voit au bord d'un ruiffeau ,
Sous un ombrage folitaire ,
J
Un berger près de fon troupeau.
Quel berger ! Non , jamais la reine de Cythere' ;
An ciel ne vit rien de fi beau !
Il dormoit , & déjà l'immottelle foupire
NOVEMBRE. 1769 . 41
Adonis n'avoit pas encore ouvert les yeux ,
Elle eft auprès de lui , le contemple & l'admire
Et forme en fecret mille voeux .
Il s'éveille , il regarde.... Oſurpriſe nouvelle !
Il voit , il adore Vénus !
L'amour , le tendre amour la rend encor plus belle;
Les regards du berger au coeur de l'immortelle
Portent des tranfports inconnus.
Viens à ma cour , mortel aimable !
Que ta pudeur eft adorable !
Viens , c'eft une divinité
Qui t'abandonne fon empire ,
Dit-elle avec ce doux fourire
Qui foumit tant de fois Jupiter enchanté !
Dans fon char auſſi - tôt la charmante déeffe
Emporte l'objet de les feux ;
Elle vole , elle arrive , & toute à la tendreffe ;
Elle oublie & l'Olympe & Mars & tous les dieux.
De tout ceci que faut- il que j'infére ?
L'amour égale tout , les bergers & les rois ,
Le ciel , l'enfer , l'onde & la terre.
Qui peut fe fouftraire à fes loix ?
De Minerve empruntez l'Egide toute fois.
Par l'auteur du fonge d'Irus. *
Le fonge d'Irus ou le bonheur , conte en vers
à J. J. Rouffeau , fuivi de Silveftre , conte en
profe , de quelques apologues , &c . C'est le titre
d'un ouvrage du même auteur qu'on trouvera inceffamment
chez J. P. Coftard , libraire , rue St
Jean de Beauvais
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Résumé : VÉNUS ET ADONIS.
Le poème 'Venus et Adonis' relate la rencontre entre la déesse Vénus et le jeune berger Adonis. Vénus, voyageant de Amathonte à Paphos sur un char tiré par des colombes, découvre Adonis endormi près d'un ruisseau. Éblouie par sa beauté, elle l'observe en secret avant de se révéler à lui. À son réveil, Adonis est captivé par Vénus et succombe à son charme. La déesse, séduite, l'invite à monter dans son char, oubliant temporairement l'Olympe et les autres dieux. Le poème souligne que l'amour surpasse toutes les distinctions sociales, unissant bergers et rois, et que nul ne peut échapper à ses lois. L'œuvre est attribuée à l'auteur du 'Songe d'Irus', dont un autre ouvrage sera bientôt disponible chez le libraire J. P. Costard, rue Saint-Jean de Beauvais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 13-15
EMILE ET LE SATRAPE.
Début :
Des rois & des bergers la fortune se joue ; [...]
Mots clefs :
Émile, Satrape, Métier, Mendier, Indépendance
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texteReconnaissance textuelle : EMILE ET LE SATRAPE.
EMILE * ET LE SATRAPE , **
Des rois & des bergers la fortune ſe joue ; ES
Il fuffit d'un tour de fa roue.
J'ai lu qu'un Satrape jadis ,
Nourri dans l'extrême molleffe ,
Perdit tout à-coup fa richeffe.
Il implora les grands , recourut aux petits5
Il efluya par-tout des refus , des mépris.
Et des affronts de toute espéce.
L'infortuné dans la détreffe
Eut beau payer les gens du peu qui lui reftoit ,
Le financier , fon fuifle & fa maîtreffe encore ,
Et les encenfer , qui pis eſt ,
On ne prit à fon fort qu'un ftérile intérêt.
Plein du chagrin qui le dévore ,
Il va maudiftant fon deftin ,
Lorsqu'il fait rencontre en chemin
D'un jeune homme au teint frais , à la démarche
vive ,
Un air fimple & content ; c'étoit Emile enfin.
Le Satrape l'aborde , & d'une voix plaintive
Il lui raconte fes malheurs ,
* On connoît l'émile de J. J. Rouffeau.
**Cette piéce eft du même recueil .
14 MERCURE DE FRANCE.
Non fans répandre quelques pleurs .
Vous ne m'étonnez point , lui dit le bon Emile ;
Moi-même , comme vous , je fus riche autrefois ,
Et j'ai fubi du fort les rigoureufes loix.
Hélas ! ici tout eft mobile
Et dans un Aux continuel.
Toutefois je rends grace au ciel !
J'eus un maître chéri ; c'étoit plutôt un pere ,
Il me tint lieu de l'auteur de mes jours.
Son zèle & fes foins pour toujours
M'ont armé contre la mifére.
Il exerça mon corps ; il forma mon eſprit ,
Et prévenant du fort la fatale inconſtance ,
Sans tant de myftere il m'apprit
A trouver en tous lieux la paix & l'abondance ,
A conferver l'honneur avec la probité.
Mes bras m'ont fecouru dans la néceffité ,
Sans manége , fans impofture.
Rapprochons nous de la nature
Pour écarter la pauvreté.
Venez , partagez mon aſyle ,
Bravez les préjugés , & devenez tranquille.
Pourquoi d'un fimple menuifier
Dédaigneriez - vous le métier ?
Vous n'étiez qu'un feigneur ; vous fortez de l'ivrefle
,
Soyez homme ; vivez honnête & fans baffeffe ,
Au lieu de foupirer fans cele
DECEMBRE. 1769. 15
Après un faux bonheur , & qui d'ailleurs n'eft
plus.
Chaffez des regrets fuperflus.
Travaillons. Vous avez rampé fans affiftance ,
J'ai vécu dans l'indépendance :
Sans vous reprocher rien , lequel des deux partis
Eft le plus noble , à votre avis ?
Le Satrape fuivit ce confeil falutaire" :
Il embrafla fon hôte , il apprit fon métier ;
Il eut bientôt le néceflaire ,
Et ne voulut plus mendier.
Des rois & des bergers la fortune ſe joue ; ES
Il fuffit d'un tour de fa roue.
J'ai lu qu'un Satrape jadis ,
Nourri dans l'extrême molleffe ,
Perdit tout à-coup fa richeffe.
Il implora les grands , recourut aux petits5
Il efluya par-tout des refus , des mépris.
Et des affronts de toute espéce.
L'infortuné dans la détreffe
Eut beau payer les gens du peu qui lui reftoit ,
Le financier , fon fuifle & fa maîtreffe encore ,
Et les encenfer , qui pis eſt ,
On ne prit à fon fort qu'un ftérile intérêt.
Plein du chagrin qui le dévore ,
Il va maudiftant fon deftin ,
Lorsqu'il fait rencontre en chemin
D'un jeune homme au teint frais , à la démarche
vive ,
Un air fimple & content ; c'étoit Emile enfin.
Le Satrape l'aborde , & d'une voix plaintive
Il lui raconte fes malheurs ,
* On connoît l'émile de J. J. Rouffeau.
**Cette piéce eft du même recueil .
14 MERCURE DE FRANCE.
Non fans répandre quelques pleurs .
Vous ne m'étonnez point , lui dit le bon Emile ;
Moi-même , comme vous , je fus riche autrefois ,
Et j'ai fubi du fort les rigoureufes loix.
Hélas ! ici tout eft mobile
Et dans un Aux continuel.
Toutefois je rends grace au ciel !
J'eus un maître chéri ; c'étoit plutôt un pere ,
Il me tint lieu de l'auteur de mes jours.
Son zèle & fes foins pour toujours
M'ont armé contre la mifére.
Il exerça mon corps ; il forma mon eſprit ,
Et prévenant du fort la fatale inconſtance ,
Sans tant de myftere il m'apprit
A trouver en tous lieux la paix & l'abondance ,
A conferver l'honneur avec la probité.
Mes bras m'ont fecouru dans la néceffité ,
Sans manége , fans impofture.
Rapprochons nous de la nature
Pour écarter la pauvreté.
Venez , partagez mon aſyle ,
Bravez les préjugés , & devenez tranquille.
Pourquoi d'un fimple menuifier
Dédaigneriez - vous le métier ?
Vous n'étiez qu'un feigneur ; vous fortez de l'ivrefle
,
Soyez homme ; vivez honnête & fans baffeffe ,
Au lieu de foupirer fans cele
DECEMBRE. 1769. 15
Après un faux bonheur , & qui d'ailleurs n'eft
plus.
Chaffez des regrets fuperflus.
Travaillons. Vous avez rampé fans affiftance ,
J'ai vécu dans l'indépendance :
Sans vous reprocher rien , lequel des deux partis
Eft le plus noble , à votre avis ?
Le Satrape fuivit ce confeil falutaire" :
Il embrafla fon hôte , il apprit fon métier ;
Il eut bientôt le néceflaire ,
Et ne voulut plus mendier.
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Résumé : EMILE ET LE SATRAPE.
Un satrape, autrefois riche, perdit sa fortune et fut rejeté lorsqu'il demanda de l'aide. Désespéré, il rencontra Émile, un jeune homme ayant connu la richesse puis la pauvreté. Émile, grâce à un maître bienveillant, avait appris à travailler dur et à vivre honnêtement, trouvant ainsi la paix et l'abondance. Il conseilla au satrape d'abandonner ses préjugés et d'apprendre un métier pour subvenir à ses besoins. Le satrape suivit ce conseil, apprit un métier et retrouva son indépendance financière.
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