Oeuvre commentée (2)
[empty]
[empty]
Détail
Liste
Résultats : 2 texte(s)
1
p. 1381-1388
Le Théatre des Grecs, &c. [titre d'après la table]
Début :
Il va bien-tôt paroître un Ouvrage intitulé LE THEATRE DES GRECS, dont le R.P. [...]
Mots clefs :
Théâtre grec, Ouvrage, Pièces, Comédie, Tragédie
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texteReconnaissance textuelle : Le Théatre des Grecs, &c. [titre d'après la table]
Il va bien-tôt paroître un Ouvrage intitulé
LE THEATRE DES GRECS , dont leR.P.
Brumoy Jefuite , qui en eft l'Auteur , a
donné par avance l'idée & le plan imprimé
C'eft un Ouvrage de goût , qui avoit
toujours manqué à la République des
Lettres . Quatre ou cinq Pieces , foit Tragiques
, foit Comiques , données féparément
par quelques Sçavans , n'en ont
donné qu'une legere idée. Il étoit donc
neceffaire de réunir tous les précieux
reftes que le tems nous a confervez pour en
II. Vol. F com1382
MERCURE DE FRANCE
"
compofer un corps vivant & animé , &
pour rebâtir le Theatre ancien fur fes propres
débris. C'eft ce que l'Auteur dit fort
modeftement avoir effayé de faire après
un travail de neufannées.
Il divife fon Ouvrage en trois Parties.
La premiere eft précedée de trois Difcours
également utiles aux Sçavans de
-Profeffion , & aux Gens d'efprit , & qui
rendent le refte de l'Ouvrage avantageux
aux uns & aux autres. Le premier Difcours
traite de la maniere de confiderer le
Theatre des Grecs. Le but du P. Brumoy.
eft de bien convaincre le Lecteur que dans
le Pays de l'Antiquité , il faut marcher
avec de grandes précautions , quand il
s'agit de prononcer fur des Ouvrages de
gout : S'il eft des regles pour les expofer,
il en eft auffi pour en juger. Le fecond
-Difcours préliminaire a pour Sujet l'origine
& l'accroiffement de la Tragedie
Grecque. Dans le troifiéme Difcours
l'Auteur fait voir l'étendue & les bornes
de la comparaiſon entre le Theatre antique
& le moderne , & difpofe l'efprit à
faire un parallele fans prévention & équitable
de l'un & de l'autre , en comparant
le caractere des Siecles & des Genies , des
Poëtes & des Spectateurs.
Après ce Difcours , l'Auteur entre dans
la premiere Partie de fon Ouvrage : Elle
II.Vol. 3. comprend
JUIN. 1730. 1383
comprend la Traduction entiere de fept
Tragedies , dont trois font de Sophocle
& quatre d'Euripide : il inftruit le Public
des raifons pour lefquelles il ne traduit
en entier aucune Piece d'Efchyle , le Pere
de la Tragedie. Quant à celles des deux
autres Poëtes , il n'a pas , dit- il , choiſi
les plus belles pour les traduire , mais
feulement celles qui lui ont paru avoir le
moins de ces manieres Grecques , fi capables
de nous choquer , à la reſerve de
celle d'Alceste , qu'il a traduite de deffein
formé , tout entiere : il rend raiſon de ce
qui l'a engagé à le faire.
Il explique enfuite fa penfée fur la Traduction
de ces Poëtes : & cette digreffion
fait voir la folidité du genie de l'Auteur ,
& combien il eft exact & judicieux. Défigurer
ces Pieces , dit-il , ce n'eft pas les
traduire ; c'eft là le défaut de la plûpart
des Traductions. Ce défaut vient de trois
caufes. La premiere eft une exactitude
fcrupuleuse à rendre mot pour mor le
Grec en François , & d'en fuivre les tours
dans la Traduction. La feconde confifte
à changer les expreffions reçûes dans le
bel ufage de l'antiquité en termes bas &
populaires , c'eſt une Parodie plutôt qu'u
ne Traduction. Le P. Brumoy reproche
cette malignité à M. Perrault. La troifié
me eft de rendre en François chaque Epi-
II. Vol.
Fij thete
1384 MERCURE DE FRANCE
2
thete & d'amortir par un allongement
vicieux tout le feu de la Poëfie Grecque.
L'Autheur développe enfuite la route
qu'il a fuivie dans fa Traduction : il a eu
foin de l'enrichir de Notes curieuſes , &
de mettre à la tête de chaque Tragedie le
Sujet expliqué , autant qu'il peut l'être
& à la fin quelques Obfervations fur le
gout & le tour de chacune de ces Pieces.
*-
La feconde Partie de l'Ouvrage eft com- ·
pofée d'environ 50. Pieces Theatrales . I
yen a fept d'Efchile , autant de Sophocle
, dix- huit d'Euripide , & autant d'Ariftophane
; l'Auteur ne les a pas traduites
au long , par l'impoffibilité qu'il y a
d'y réüffir , par rapport au gout de notre
fiecle : il en donne les preuves dans fon
Projet imprimé : il y a fuppléé par des
Analyfes raifonnées , ou prefque tout eft
traduction & où aucun trait confiderable
- n'eft obmis : & pour rendre ces Analyfes
auffi curieufes qu'utiles , le P.Brumoy a cu
foin de recueillir , en paffant , des traits
d'Hiftoire , & des pensées de divers Poëtes
qui y avoient quelque conformité , &
d'y joindre des caracteres & des tours
imités exprès , ou par hazard .
Le Theatre de Seneque fournit encore
à notre Auteur de quoi enrichir fon Ouvrage
, parce que la plupart des Pieces
Latines que nous avons fous ce nom , font,
II. Vol. .
dit-il ,
JUIN. 1730. 1283
dit-il , tirées des Grecs. Ainfi il en fait la
confrontation avec les Pieces Grecques ;
& il avertit le Lecteur qu'on regrettera
fans doute le Theatre Romain du fiecle
d'Augufte , que le tems nous a envié . Il
fait remarquer en paffant , que Seneque
& Lucain ont été en partie l'origine du
Theatre François : il fait à ce fujet une
belle comparaifon qui n'eft pas au défa
vantage de nos Poëtes , & qu'on peut voir
dans le projet auquel nous renvoyons.
Il n'a pas manqué de faire remarquer
les imitations qu'en ont fait les Modernes
, afin de jetter plus de lumieres fur les
Originaux qu'on veut connoître.
Le P. Brumoy ajoûte à ces deux Parties
du Theatre une troifiéme , qui concerne
le Theatre comique : elle comprend un
long Difcours fur la Comedie Grecque ;
les onze Pieces d'Ariſtophane rangées fuivant
l'ordre de leurs dattes , & une con
clufion generale de tout l'Ouvrage . Le
fujet du Difcours eft la perfonne & les
Ouvrages d'Ariftophane , fes partifans &
fes critiques , un jugement fur les uns &
les autres , la Comedie Romaine , & d'autres
Curiofités utiles. "
L'Auteur y joint des Obfervations neceffaires
pour lire avec fruit ce qu'il donne
d'Ariftophane ; les faftes de la guerre
du Peloponese , à laquelle prefque toutes
II. Vol.
Fii
les
1386 MERCURE DE FRANCE
les Pieces ont rapport. Dans le détail des
Pieces, outre la Traduction de tout ce qui
peut être traduit , ifexplique tous les évenemens
Hiftoriques qui y conviennent
& qui regardent pour la plupart le Gouvernement
d'Athénes. Enfin l'Auteur
dans la conclufion de fon Ouvrage , examine
le Theatre dans fes commencemens,
dans fon progrès & dans les diverfes décadences:
ils'attache à donner une vraïe idée
du genie d'Ariftophane , & de faire voir
le tour de fes railleries , fes défauts & les
beautés de fes peintures allegoriques , fur
tout celles du Peuple Athénien : il continuë
ces mêmes Réflexions à l'égard des
trois autres Poëtes , & donne ainfi une
nouvelle efpece de Poëtique par les faits.
Le feul Projet de cet Ouvrage fait connoître
le gout fin & l'exactitude des recherches
de l'Auteur du Theatre des
Grecs.
On a orné l'Ouvrage d'un Frontifpice ,
de plufieurs Vignettes , & d'une Carte.
Le fond du Frontifpice eft un Theatre
d'Ordre Ionien . Le Genie François qui
préfide à la Scene , leve leur rideau ; &
l'on voit la Déeffe d'Athénes fur un nuage.
Elle montre à Melpomene & à Thalie
, caracterifées par leurs Symboles , &
plus encore par les noms de nos plus illuftres
Poëtes François , un Olivier , dont
II. Vol.
le
UIN. 1730. 1387
le Tronc eft revêtu en Trophée de Théatre
, & des branches duquel pendent quatre
Médaillons où font les noms des qua
tre Poëtes Athéniens . Les Latins ne font
pas oubliez dans un Rouleau , porté par
un Génie.Quantité
d'autres petits Génies,
dont les vols & les attitudes fe contra
ftent , contribuent à animer le Deffein.
On a mis au bas ces deux Vers de Boi
leau.
Des fuccès fortunez du Théatre Tragi
que ,
Dans Athénes nâquit la Comédie antique.
Les Vignettes repreſentent les plus frap?
pantes fituations des Tragédies aufquelles
on les
auffi variez les fujets .
rapporte.
que
Les ornemens en font
La Carte ne pouvant montrer aux
yeux toute la Grece , vû fa grandeur, n'en
fait voir qu'une partie , mais la plus effentielle
pour le Livre ,
le Livre , fur tout pour l'intelligence
d'Ariftophane.
On a gravé auffi quelques Monnoyes
les Athéniennes. Le tout a été fait par
plus habiles Maîtres.
Les Caracteres & les Papiers font les
mêmes que ceux du Projet imprimé.
Les Exemplaires, en grand papier , font
imprimez fur le plus beau Grand-Raiſin
d'Auvergne.
II. Vol. Fiiij Or
1588 MERCURE DE FRANCË.
On avertit enfin qu'on ne tirera qu'un'
tres petit nombre d'Exemplaires de cet
Ouvrage,
Et quoiqu'il foit d'une dépenfe confidérable
, les trois volumes in 4 ° . petit
papier , ne fe vendront que 20 livres en
feuilles , & 30 , en grand papier , à ceux
qui s'affureront des premiers Exemplaires
; ils auront outre cela l'avantage des
premieres épreuves des Figures & Vignettes.
On s'adreffera à Paris , aux Libraires
ci -deffus ; & dans les Provinces
chez les principaux Libraires.
2
L'Ouvrage entier paroîtra au mois
d'Octobre de cette année 1730. en trois
volumes in 49. avec Figures , chez Rollin
pere & fils , Quay des Auguftins , & chez
Coignard, fils , rue S.Jacques.
LE THEATRE DES GRECS , dont leR.P.
Brumoy Jefuite , qui en eft l'Auteur , a
donné par avance l'idée & le plan imprimé
C'eft un Ouvrage de goût , qui avoit
toujours manqué à la République des
Lettres . Quatre ou cinq Pieces , foit Tragiques
, foit Comiques , données féparément
par quelques Sçavans , n'en ont
donné qu'une legere idée. Il étoit donc
neceffaire de réunir tous les précieux
reftes que le tems nous a confervez pour en
II. Vol. F com1382
MERCURE DE FRANCE
"
compofer un corps vivant & animé , &
pour rebâtir le Theatre ancien fur fes propres
débris. C'eft ce que l'Auteur dit fort
modeftement avoir effayé de faire après
un travail de neufannées.
Il divife fon Ouvrage en trois Parties.
La premiere eft précedée de trois Difcours
également utiles aux Sçavans de
-Profeffion , & aux Gens d'efprit , & qui
rendent le refte de l'Ouvrage avantageux
aux uns & aux autres. Le premier Difcours
traite de la maniere de confiderer le
Theatre des Grecs. Le but du P. Brumoy.
eft de bien convaincre le Lecteur que dans
le Pays de l'Antiquité , il faut marcher
avec de grandes précautions , quand il
s'agit de prononcer fur des Ouvrages de
gout : S'il eft des regles pour les expofer,
il en eft auffi pour en juger. Le fecond
-Difcours préliminaire a pour Sujet l'origine
& l'accroiffement de la Tragedie
Grecque. Dans le troifiéme Difcours
l'Auteur fait voir l'étendue & les bornes
de la comparaiſon entre le Theatre antique
& le moderne , & difpofe l'efprit à
faire un parallele fans prévention & équitable
de l'un & de l'autre , en comparant
le caractere des Siecles & des Genies , des
Poëtes & des Spectateurs.
Après ce Difcours , l'Auteur entre dans
la premiere Partie de fon Ouvrage : Elle
II.Vol. 3. comprend
JUIN. 1730. 1383
comprend la Traduction entiere de fept
Tragedies , dont trois font de Sophocle
& quatre d'Euripide : il inftruit le Public
des raifons pour lefquelles il ne traduit
en entier aucune Piece d'Efchyle , le Pere
de la Tragedie. Quant à celles des deux
autres Poëtes , il n'a pas , dit- il , choiſi
les plus belles pour les traduire , mais
feulement celles qui lui ont paru avoir le
moins de ces manieres Grecques , fi capables
de nous choquer , à la reſerve de
celle d'Alceste , qu'il a traduite de deffein
formé , tout entiere : il rend raiſon de ce
qui l'a engagé à le faire.
Il explique enfuite fa penfée fur la Traduction
de ces Poëtes : & cette digreffion
fait voir la folidité du genie de l'Auteur ,
& combien il eft exact & judicieux. Défigurer
ces Pieces , dit-il , ce n'eft pas les
traduire ; c'eft là le défaut de la plûpart
des Traductions. Ce défaut vient de trois
caufes. La premiere eft une exactitude
fcrupuleuse à rendre mot pour mor le
Grec en François , & d'en fuivre les tours
dans la Traduction. La feconde confifte
à changer les expreffions reçûes dans le
bel ufage de l'antiquité en termes bas &
populaires , c'eſt une Parodie plutôt qu'u
ne Traduction. Le P. Brumoy reproche
cette malignité à M. Perrault. La troifié
me eft de rendre en François chaque Epi-
II. Vol.
Fij thete
1384 MERCURE DE FRANCE
2
thete & d'amortir par un allongement
vicieux tout le feu de la Poëfie Grecque.
L'Autheur développe enfuite la route
qu'il a fuivie dans fa Traduction : il a eu
foin de l'enrichir de Notes curieuſes , &
de mettre à la tête de chaque Tragedie le
Sujet expliqué , autant qu'il peut l'être
& à la fin quelques Obfervations fur le
gout & le tour de chacune de ces Pieces.
*-
La feconde Partie de l'Ouvrage eft com- ·
pofée d'environ 50. Pieces Theatrales . I
yen a fept d'Efchile , autant de Sophocle
, dix- huit d'Euripide , & autant d'Ariftophane
; l'Auteur ne les a pas traduites
au long , par l'impoffibilité qu'il y a
d'y réüffir , par rapport au gout de notre
fiecle : il en donne les preuves dans fon
Projet imprimé : il y a fuppléé par des
Analyfes raifonnées , ou prefque tout eft
traduction & où aucun trait confiderable
- n'eft obmis : & pour rendre ces Analyfes
auffi curieufes qu'utiles , le P.Brumoy a cu
foin de recueillir , en paffant , des traits
d'Hiftoire , & des pensées de divers Poëtes
qui y avoient quelque conformité , &
d'y joindre des caracteres & des tours
imités exprès , ou par hazard .
Le Theatre de Seneque fournit encore
à notre Auteur de quoi enrichir fon Ouvrage
, parce que la plupart des Pieces
Latines que nous avons fous ce nom , font,
II. Vol. .
dit-il ,
JUIN. 1730. 1283
dit-il , tirées des Grecs. Ainfi il en fait la
confrontation avec les Pieces Grecques ;
& il avertit le Lecteur qu'on regrettera
fans doute le Theatre Romain du fiecle
d'Augufte , que le tems nous a envié . Il
fait remarquer en paffant , que Seneque
& Lucain ont été en partie l'origine du
Theatre François : il fait à ce fujet une
belle comparaifon qui n'eft pas au défa
vantage de nos Poëtes , & qu'on peut voir
dans le projet auquel nous renvoyons.
Il n'a pas manqué de faire remarquer
les imitations qu'en ont fait les Modernes
, afin de jetter plus de lumieres fur les
Originaux qu'on veut connoître.
Le P. Brumoy ajoûte à ces deux Parties
du Theatre une troifiéme , qui concerne
le Theatre comique : elle comprend un
long Difcours fur la Comedie Grecque ;
les onze Pieces d'Ariſtophane rangées fuivant
l'ordre de leurs dattes , & une con
clufion generale de tout l'Ouvrage . Le
fujet du Difcours eft la perfonne & les
Ouvrages d'Ariftophane , fes partifans &
fes critiques , un jugement fur les uns &
les autres , la Comedie Romaine , & d'autres
Curiofités utiles. "
L'Auteur y joint des Obfervations neceffaires
pour lire avec fruit ce qu'il donne
d'Ariftophane ; les faftes de la guerre
du Peloponese , à laquelle prefque toutes
II. Vol.
Fii
les
1386 MERCURE DE FRANCE
les Pieces ont rapport. Dans le détail des
Pieces, outre la Traduction de tout ce qui
peut être traduit , ifexplique tous les évenemens
Hiftoriques qui y conviennent
& qui regardent pour la plupart le Gouvernement
d'Athénes. Enfin l'Auteur
dans la conclufion de fon Ouvrage , examine
le Theatre dans fes commencemens,
dans fon progrès & dans les diverfes décadences:
ils'attache à donner une vraïe idée
du genie d'Ariftophane , & de faire voir
le tour de fes railleries , fes défauts & les
beautés de fes peintures allegoriques , fur
tout celles du Peuple Athénien : il continuë
ces mêmes Réflexions à l'égard des
trois autres Poëtes , & donne ainfi une
nouvelle efpece de Poëtique par les faits.
Le feul Projet de cet Ouvrage fait connoître
le gout fin & l'exactitude des recherches
de l'Auteur du Theatre des
Grecs.
On a orné l'Ouvrage d'un Frontifpice ,
de plufieurs Vignettes , & d'une Carte.
Le fond du Frontifpice eft un Theatre
d'Ordre Ionien . Le Genie François qui
préfide à la Scene , leve leur rideau ; &
l'on voit la Déeffe d'Athénes fur un nuage.
Elle montre à Melpomene & à Thalie
, caracterifées par leurs Symboles , &
plus encore par les noms de nos plus illuftres
Poëtes François , un Olivier , dont
II. Vol.
le
UIN. 1730. 1387
le Tronc eft revêtu en Trophée de Théatre
, & des branches duquel pendent quatre
Médaillons où font les noms des qua
tre Poëtes Athéniens . Les Latins ne font
pas oubliez dans un Rouleau , porté par
un Génie.Quantité
d'autres petits Génies,
dont les vols & les attitudes fe contra
ftent , contribuent à animer le Deffein.
On a mis au bas ces deux Vers de Boi
leau.
Des fuccès fortunez du Théatre Tragi
que ,
Dans Athénes nâquit la Comédie antique.
Les Vignettes repreſentent les plus frap?
pantes fituations des Tragédies aufquelles
on les
auffi variez les fujets .
rapporte.
que
Les ornemens en font
La Carte ne pouvant montrer aux
yeux toute la Grece , vû fa grandeur, n'en
fait voir qu'une partie , mais la plus effentielle
pour le Livre ,
le Livre , fur tout pour l'intelligence
d'Ariftophane.
On a gravé auffi quelques Monnoyes
les Athéniennes. Le tout a été fait par
plus habiles Maîtres.
Les Caracteres & les Papiers font les
mêmes que ceux du Projet imprimé.
Les Exemplaires, en grand papier , font
imprimez fur le plus beau Grand-Raiſin
d'Auvergne.
II. Vol. Fiiij Or
1588 MERCURE DE FRANCË.
On avertit enfin qu'on ne tirera qu'un'
tres petit nombre d'Exemplaires de cet
Ouvrage,
Et quoiqu'il foit d'une dépenfe confidérable
, les trois volumes in 4 ° . petit
papier , ne fe vendront que 20 livres en
feuilles , & 30 , en grand papier , à ceux
qui s'affureront des premiers Exemplaires
; ils auront outre cela l'avantage des
premieres épreuves des Figures & Vignettes.
On s'adreffera à Paris , aux Libraires
ci -deffus ; & dans les Provinces
chez les principaux Libraires.
2
L'Ouvrage entier paroîtra au mois
d'Octobre de cette année 1730. en trois
volumes in 49. avec Figures , chez Rollin
pere & fils , Quay des Auguftins , & chez
Coignard, fils , rue S.Jacques.
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Résumé : Le Théatre des Grecs, &c. [titre d'après la table]
Le Père Brumoy, jésuite, annonce la publication prochaine de son ouvrage intitulé 'Le Théâtre des Grecs'. Ce livre, résultant de neuf années de travail, a pour objectif de rassembler les vestiges précieux du théâtre grec afin de reconstruire le théâtre ancien à partir de ses propres ruines. L'ouvrage est structuré en trois parties. La première partie, précédée de trois discours préliminaires, présente la traduction intégrale de sept tragédies, incluant trois de Sophocle et quatre d'Euripide. Le Père Brumoy justifie ses choix de traduction et critique les défauts des traductions existantes. La deuxième partie regroupe environ cinquante pièces théâtrales, parmi lesquelles des tragédies d'Eschyle, Sophocle, Euripide et des comédies d'Aristophane, analysées de manière raisonnée. La troisième partie se concentre sur le théâtre comique, avec un long discours sur la comédie grecque et les œuvres d'Aristophane. L'ouvrage est enrichi de notes curieuses, d'observations sur le goût et le style de chaque pièce, ainsi que de comparaisons avec le théâtre romain et français. Il est illustré d'un frontispice, de vignettes et d'une carte. Les exemplaires seront disponibles en octobre 1730 chez Rollin père et fils, ainsi que chez Coignard fils.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 135-139
Suite des refléxions sur les Ballets.
Début :
Nous avons épargné à nos lecteurs bien des phrases Grecques & Latines au sujet de la [...]
Mots clefs :
Ballets, Habits, Théâtre, Modernes, Traité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des refléxions sur les Ballets.
Suite des reflexions fur les Bailets.
Nous avons épargné à nos lecteurs bien des
phrafes Grecques & Latines au fujet de la
Danfe. Nous ne parlerons plus des Anc ens , nous
ne vous propoferons que des Modernes fans pourtant
yous exhorter à lire Voffius de altatione ni l'é➡
136 MERCURE DE FRANCE.
norme collection du Lampas Artium composée de
nombreux & épais volumes ; imprimés en petit caractére
, mais nous vous indiquerons l'excellent
Théatre des Grecs du R. P. Brumoi Jefuite qui fait mention
des Ballets d'Athenes . Nous ferons un ufage
frequent du traité des Ballets anciens 5 modernes felon
les regles du Théatre du R. P. Meneftrier auffi Jefuite
qui a écrit dans la minorité de Louis le Grand
avant l'année 1682. Cet Auteur plein d'une érudition
qui n'eft point ennuyeufe quoique profonde
promene agréablement fon fujet depuis la plus haute
antiquité jufqu'au dernier fiécle. Les lecteurs
avides d'autorités impofantes trouveront dans ce
Traité curieux bien des noms refpectables que
nous fupprimons iei , qui démontrent géometriquement
que nous n'avançons pas une opinion nouvelle
quand nous difons que les Ballets de Théatre
doivent tous être des tableaux variés . Il eft furprenant
qu'il foit néceffaire de s'appuyer fur des citations
pour établir une idée fi fimple & f naturelle.
Tout le monde depuis Ariftote convient
que l'Eloquence , la Poëfie & la Mufique doivent
çavoir peindre ; pourquoi la Dante feroit- elle difpenfée
de le faire , elle à qui ce talent-là eft le
plus effentiel qu'à toutes autres fciences ? Pourquoi la
Danfe ne peindroit elle pas par l'arrangement de
fes attitudes & de fes pas elle qui n'a que ce langage
là feul pour fe faire entendre ? Mais ce n'eft
pas affés que d'avoir appellé pour garants de notre
opinionles Anciens les plus célebres & les Modernes
les plus dignes de l'être.Nous allons encore faire
préceder le refte de nos réflexions par des exemples.
Le fçavant Auteur du Traité des Ballets déja
nommé , nous en fournira une légion : on verra dans
fes agréables defcriptions qu'il ne fe borne pas à débiter
des idées feches & dénuées des détails les
AVRIL. 1745. 13
plus inftructifs . En décrivant l'ordre & les changemens
d'un Ballet il en peint les décorations , il
en taille les habits , il en circonftancie tous les
fymboles , parties effentielles dans les Ballets
que nos danfeurs négligent fouvent parce qu'ils
n'en connoiffent pas le mérite , & qu'ils font confifter
tout le leur à former des pas fans def
fein principal , fans ordre judicieux & fans gradation
raifonnée . Les habits & les ornemens ne font
pas indifferens fur le Théatre , puifqu'ils y parlent
aux yeux autant que les geftes du Pantomime , qui
ne peuvent jamais feuls expliquer intelligiblement
ce qu'ilsveulent dire . De même les décorations doivent
être topographiques & reconnoiffables par
les chofes affectées particulierement aux lieux qu'elles
repréfentent ; les campagnes de l'Egypte doi
vent être femées de pyramides ; le Nil doit être
au moins accompagné d'une de fes cataractes. L'Afie
doit avoir des Minarets , & l'Europe des Clochers.
L'Affrique fera peuplée de Negres & l'Amérique
de Sauvages : on ne mettra point de perroquets
& des finges fur les arbres des jardins de
France , ni des ferins & des roffignols fur les
rochers arides de la Laponie. Mais en peignant
les objets convenables aux Pays reprefen- .
tés , on n'imitera pas l'abfurdité d'une décoration
qui a paru fur le Théatre lyrique de Paris , où
un des monumens des plus lourds de la Thébaïde
étoit placé fur l'extrêmité d'un rocher coupé en demie-
voûte où une cabane de Bergers n'auroit pas
été batie fûrement . On n'a pas été moins furpris
dans l'Opéra de Perfée de remarquer un bas relief du
Palais de Cephée qui paroit au commencement du
cinquieme Acte , où cependant la petrification de
Phinée & de fes complices qui n'arrive qu'au dénoûment
fe trouve travaillée apparemment par un
138 MERCURE DE FRANCE.
Sculpteur prophétique. Les Peintres qui ont infulté
fi outrageufement la raifon & la chronologie ont
dequoi s'en confoler ; les plus fameux modèles des
Ecoles Romaines , Venitiennes , Florentines ,
Lombardes & Flamandes ont excufé leurs fautes
en les commettant les premiers . On a un pareil reproche
à faire aux plus précieux originaux .
Sans doute les Apelles & les Zeuxis de l'antiquité
n'ont pas été exempts de ces défauts ; heureufement
pour eux on n'en a pas tenu regiftre dans
le temple de mémoire , on n'y a infcrit que les miracles
de leur pinceau ; on ne parle que des portraits
d'Apelle & des raifins de Zeuxis.
Nos Peintres modernes fur les traces du correct
Lebrun obfervent régulierement le coftume & ne
bleffent pas l'Hiftoire dans leurs tableaux , & fur
les traces de l'élégant Wateau ils s'efforcent de
faifir les agrémens de la Nature.
Les habits des danfeurs exigent une pareille convenance
; ils doivent fuivre les ufages connus des
Nations & des tems , & ne pas nous préfenter des
Gaulois dans l'Attique comme nous l'avons remarqué
dans le Triomphe de Théfée ; on fçait pourtant
que cette regle a des reftrictions , &
que los
habits de Théatrene doivent pas être affés fcrupu
leufement exacts pour n'offrir jamais de Matelots
qu'avec leurs cappes Bretonnes , & des villageois
qu'avec leurs fabots crottés .
L'illuftre M. de Fontenelle dans fon difcours
auffi pbilofophique que délicat fur la nature de
l'Eclogue , nous a par occafion appris ce que nous
cherchons : Il en va , dit-il ce me femile , des Eclogues
comme des habits que l'onprend dans les Ballets pour repréfenter
des Payfas : ils font d'étoffes beaucoup plus
belles que ceux des Payfaus véritables ; ils font niême
ornés de Rubans & depoints , on les taillefoulon , at
en babits de Payfans..
AVRIL. 1745. 139
Si la forme des habits et un article à ne pas oublier
dans les Ballets ; les ornemens , coëffûre &
Amboles font encore moins à négliger , on peut
même affurer hardiment qu'ils caracterifent ceux
qui les portent plus que les habillemens : un Guerrier
avec le cafque & l'épée , un Matelot avec la
rame , un Berger avec la houlette & enfin un enchanteur
avec la baguette fe reconnoiffent d'abord.
Les fimboles valent des étiquettes . On les
lit auffi facilement . Ils font rarement équivoques.
Un très habile danfeur & une charmante danfeufe
qui a connu dès le berceau la ſcience & les graces
de fon talent , exécuterent autrefois en pas de deux
les Pelerines de Couprin qui s'eft immortalifé par
fes excellentes piéces de clavecin ; féduits par des
confeils ignorans ils ne danferent que la premiere
fois avec les coquilles & le bourdon , en les quittant
ils ôtérent la reffemblance du portrait charmant
qu'ils avoient offert .
Nous avons épargné à nos lecteurs bien des
phrafes Grecques & Latines au fujet de la
Danfe. Nous ne parlerons plus des Anc ens , nous
ne vous propoferons que des Modernes fans pourtant
yous exhorter à lire Voffius de altatione ni l'é➡
136 MERCURE DE FRANCE.
norme collection du Lampas Artium composée de
nombreux & épais volumes ; imprimés en petit caractére
, mais nous vous indiquerons l'excellent
Théatre des Grecs du R. P. Brumoi Jefuite qui fait mention
des Ballets d'Athenes . Nous ferons un ufage
frequent du traité des Ballets anciens 5 modernes felon
les regles du Théatre du R. P. Meneftrier auffi Jefuite
qui a écrit dans la minorité de Louis le Grand
avant l'année 1682. Cet Auteur plein d'une érudition
qui n'eft point ennuyeufe quoique profonde
promene agréablement fon fujet depuis la plus haute
antiquité jufqu'au dernier fiécle. Les lecteurs
avides d'autorités impofantes trouveront dans ce
Traité curieux bien des noms refpectables que
nous fupprimons iei , qui démontrent géometriquement
que nous n'avançons pas une opinion nouvelle
quand nous difons que les Ballets de Théatre
doivent tous être des tableaux variés . Il eft furprenant
qu'il foit néceffaire de s'appuyer fur des citations
pour établir une idée fi fimple & f naturelle.
Tout le monde depuis Ariftote convient
que l'Eloquence , la Poëfie & la Mufique doivent
çavoir peindre ; pourquoi la Dante feroit- elle difpenfée
de le faire , elle à qui ce talent-là eft le
plus effentiel qu'à toutes autres fciences ? Pourquoi la
Danfe ne peindroit elle pas par l'arrangement de
fes attitudes & de fes pas elle qui n'a que ce langage
là feul pour fe faire entendre ? Mais ce n'eft
pas affés que d'avoir appellé pour garants de notre
opinionles Anciens les plus célebres & les Modernes
les plus dignes de l'être.Nous allons encore faire
préceder le refte de nos réflexions par des exemples.
Le fçavant Auteur du Traité des Ballets déja
nommé , nous en fournira une légion : on verra dans
fes agréables defcriptions qu'il ne fe borne pas à débiter
des idées feches & dénuées des détails les
AVRIL. 1745. 13
plus inftructifs . En décrivant l'ordre & les changemens
d'un Ballet il en peint les décorations , il
en taille les habits , il en circonftancie tous les
fymboles , parties effentielles dans les Ballets
que nos danfeurs négligent fouvent parce qu'ils
n'en connoiffent pas le mérite , & qu'ils font confifter
tout le leur à former des pas fans def
fein principal , fans ordre judicieux & fans gradation
raifonnée . Les habits & les ornemens ne font
pas indifferens fur le Théatre , puifqu'ils y parlent
aux yeux autant que les geftes du Pantomime , qui
ne peuvent jamais feuls expliquer intelligiblement
ce qu'ilsveulent dire . De même les décorations doivent
être topographiques & reconnoiffables par
les chofes affectées particulierement aux lieux qu'elles
repréfentent ; les campagnes de l'Egypte doi
vent être femées de pyramides ; le Nil doit être
au moins accompagné d'une de fes cataractes. L'Afie
doit avoir des Minarets , & l'Europe des Clochers.
L'Affrique fera peuplée de Negres & l'Amérique
de Sauvages : on ne mettra point de perroquets
& des finges fur les arbres des jardins de
France , ni des ferins & des roffignols fur les
rochers arides de la Laponie. Mais en peignant
les objets convenables aux Pays reprefen- .
tés , on n'imitera pas l'abfurdité d'une décoration
qui a paru fur le Théatre lyrique de Paris , où
un des monumens des plus lourds de la Thébaïde
étoit placé fur l'extrêmité d'un rocher coupé en demie-
voûte où une cabane de Bergers n'auroit pas
été batie fûrement . On n'a pas été moins furpris
dans l'Opéra de Perfée de remarquer un bas relief du
Palais de Cephée qui paroit au commencement du
cinquieme Acte , où cependant la petrification de
Phinée & de fes complices qui n'arrive qu'au dénoûment
fe trouve travaillée apparemment par un
138 MERCURE DE FRANCE.
Sculpteur prophétique. Les Peintres qui ont infulté
fi outrageufement la raifon & la chronologie ont
dequoi s'en confoler ; les plus fameux modèles des
Ecoles Romaines , Venitiennes , Florentines ,
Lombardes & Flamandes ont excufé leurs fautes
en les commettant les premiers . On a un pareil reproche
à faire aux plus précieux originaux .
Sans doute les Apelles & les Zeuxis de l'antiquité
n'ont pas été exempts de ces défauts ; heureufement
pour eux on n'en a pas tenu regiftre dans
le temple de mémoire , on n'y a infcrit que les miracles
de leur pinceau ; on ne parle que des portraits
d'Apelle & des raifins de Zeuxis.
Nos Peintres modernes fur les traces du correct
Lebrun obfervent régulierement le coftume & ne
bleffent pas l'Hiftoire dans leurs tableaux , & fur
les traces de l'élégant Wateau ils s'efforcent de
faifir les agrémens de la Nature.
Les habits des danfeurs exigent une pareille convenance
; ils doivent fuivre les ufages connus des
Nations & des tems , & ne pas nous préfenter des
Gaulois dans l'Attique comme nous l'avons remarqué
dans le Triomphe de Théfée ; on fçait pourtant
que cette regle a des reftrictions , &
que los
habits de Théatrene doivent pas être affés fcrupu
leufement exacts pour n'offrir jamais de Matelots
qu'avec leurs cappes Bretonnes , & des villageois
qu'avec leurs fabots crottés .
L'illuftre M. de Fontenelle dans fon difcours
auffi pbilofophique que délicat fur la nature de
l'Eclogue , nous a par occafion appris ce que nous
cherchons : Il en va , dit-il ce me femile , des Eclogues
comme des habits que l'onprend dans les Ballets pour repréfenter
des Payfas : ils font d'étoffes beaucoup plus
belles que ceux des Payfaus véritables ; ils font niême
ornés de Rubans & depoints , on les taillefoulon , at
en babits de Payfans..
AVRIL. 1745. 139
Si la forme des habits et un article à ne pas oublier
dans les Ballets ; les ornemens , coëffûre &
Amboles font encore moins à négliger , on peut
même affurer hardiment qu'ils caracterifent ceux
qui les portent plus que les habillemens : un Guerrier
avec le cafque & l'épée , un Matelot avec la
rame , un Berger avec la houlette & enfin un enchanteur
avec la baguette fe reconnoiffent d'abord.
Les fimboles valent des étiquettes . On les
lit auffi facilement . Ils font rarement équivoques.
Un très habile danfeur & une charmante danfeufe
qui a connu dès le berceau la ſcience & les graces
de fon talent , exécuterent autrefois en pas de deux
les Pelerines de Couprin qui s'eft immortalifé par
fes excellentes piéces de clavecin ; féduits par des
confeils ignorans ils ne danferent que la premiere
fois avec les coquilles & le bourdon , en les quittant
ils ôtérent la reffemblance du portrait charmant
qu'ils avoient offert .
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