PREFACE.
La précipitation avec laquelle
j'ai été obligé de former cet
Ouvrage, en même-tems que le
Mercure de May, doit m'attirer
quelque indulgence de la part de
mon Lecteur. Je crois la mériter par
le zele ardent, avec lequel je me
suis porté à correspondre à l'empres-
sement du Public, qui témoignoit
attendre de moi un prompt Détail
des Actions principales de SA
MAIESTE CZARIENNE, &
de son séjour en France. Quelque
difficile que me parût cette entre-
prise, par les bornes étroites dans
lesquelles je suis renfermé: je l'ai
risquée cependant, persuadé que l'on
auroit assés de bonté pour passer
certaines fautes, en faveur du mo-
tif qui m'y a déterminé. Ainsi j'ai
PREFACE.
facrifié la vanité de l'Auteur à l'im-
patience du Lecteur. J'avouë par
exemple de bonne foy, que dans la p.
23. M. Perry Auteur de l'Etat pre-
fent de la Grande Russie, dont j'ai
luivi les Mémoires en certains en-
droits de ce Livre, m'a fait avancer
un Fait qui doit re volter tout homme
judicieux, scavoir que les Monaste-
res, les Grands Seigneurs & un
grand nombre d'Eclesiastiques & non
d'Esclaves, furent taxex à faire batir
à leurs frais chacun, un Vaisseau. Qui
ne voit que c'est une exagération
dont la consequence est ridicule: A
la p. 42. l. 16. au lieu de dire quand
meme on en auroit abatu la quille, ce
que l'on ne comprend pas: il faut
rectifier la phrase de certe maniere;
quand même on auroit abatu le
Vaisse au pour en voir la quille; tout
Marin entendrapour lors ce que cela
signifie: p. 84. l. 5. Amiral de la
Moscovie, il faut dire, de Mo covie
ou de Russie. Au lieu du mot d'Am-
munition, corrigez de Munition.
Je demande grace pour quelques
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PREFACE.
autres expressions. Je serai trop con-
tent, si cet aveu sincere de mes
fautes, me tient lieu de justifica-
tion dans l'esprit des honnêtes gens.